La Nature
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- R2/&I&T EÏS
- CINQUANTE-NEUVIÈME ANNEE
- 1931
- PREMIER SEMESTRE
- MASSON ET C, ÉDITEURS
- LIBRAIRES DH L'ACADÉMIE DE MÉDECINE
- PARIS, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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- N° 2848»
- LA NATURE
- Ier Janvier 193 \
- LE SERPENT DE LA GENÈSE
- Depuis l’antiquité la plus lointaine, nous trouvons le serpent à l’origine de tous les mythes où il joue un rôle considérable, comme bon ou mauvais génie.
- Très dangereux par ses morsures et son venin, ce reptile a toujoui’s inspiré une crainte superstitieuse. Alin de se le concilier, se garantir contre ses maléfices, dès les
- leurs noms et les traitent comme des animaux domestiques (*).
- On voit en eux les corps où se réfugient, après la mort, les esprits de leurs ancêtres. De ce fait, ils deviennent les protecteurs, les dieux tutélaires de la famille, du village et de la tribu dont ils faisaient partie de leur vivant.
- F- Hippolyfc e-Bous s de del.
- Fig. 1. — Le Serpent Amoukouou. (Tombeau de Séti 1er).
- temps préhistoriques, l’homme primitif lui rendait un culte, multipliait sur lui talismans et amulettes protectrices où figurait son image peinte (*).
- A une époque plus rapprochée de nous, au 11e et au 111e siècle de notre ère, une secte gnostique, les Ophites, faisaient du serpent le symbole d’une puissance bienfaisante en souvenir du serpent d’airain de Moïse. Dans les cérémonies sacrées ces sectaires laissaient circuler librement des serpents apprivoisés sur leurs autels.
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- De nos jours encore, du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest du continent africain et même jusqu’à Madagascar, les populations indigènes ont conservé des croyances qui leur font considérer les serpents comme des totems patronymiques.
- Chez les Dinkas, ces reptiles sont l’objet d’une vénération qui n’est accordée à aucune autre créature. On leur prodigue de telles marques de respect qu’on ne saurait y voir autre chose que les restes d’un ancien totémisme.
- Manifestant la plus grande admiration pour les Pythons et tous les ophidiens en général, ils les oignent de beurre, les nourrissent de lait, les apprivoisent et les gardent dans leurs maisons où ils vont et viennent en toute liberté.
- Ils sont individuellement connus des chefs de la famille qui les appellent par
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- Des idées semblables se retrouvent dans l’ancienne Egypte où le serpent joue dans la religion un rôle prépondérant. Son culte s’était surtout concentré sur la vipère haje ou uræus, l’aspic de Cléopâtre.
- Là aussi on considérait les serpents comme des dieux protecteurs, parce qu’on les prenait pour le réceptacle de l’âme des dieux, après qu’ils s’étaient acquittés des actes de la vie terrestre.
- Au tombeau de Séti Ier, un passage de la destruction des hommes par les dieux dit textuellement : « l’âme de tout dieu est dans les serpents ».
- Il en est de même au temple de Denderah, où des inscriptions appellent ces reptiles « les âmes vivantes de Tentyris (°), les dieux augustes de Tentyris, les divins génies à face de serpents ».
- Des œuvres d’art viennent, en outre, illustrer ces textes. Au tombeau de Séti Ier, une sculpture nous montre le serpent Amoukouou (fig. 1), servant d’habitacle aux âmes des fils d’Horus, dont les quatre têtes sont figurées sur le dos du reptile. Dans une autre syringe, celle de Ramsès V, le serpent Schifiachach est le domicile de l’âme
- 1. Voir dans La Nature, n° du 1er mai 1927, page 338 : Les galets coloriés du Mas d’Azil, par P. Hippolyte Boussac.
- 2. G. Schweini'urth. Au cœur de l'Afrique, t. 1”, p. 157. Trad. Loreau.
- 3. Tentyris, nom antique de Denderah.
- Fig. 2. — Le serpent Schifiachah (Tombeau de Ramsès V).
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- J ig.3. — Ptolémée XIII, présentant leur nourriture aux Uræus sacrées. (Temple de Denderah).
- de plusieurs divinités, et porte leur image dans chacun de ses replis (fig. 2).
- Aussi voyait-on dans les serpents les protecteurs de l’Egypte entière, c’étaient eux qui présidaient à la protection des nomes, des villes, des temples et des personnes, parce qu’ils avaient été les totems d’une tribu égyptienne primitive.
- Le nome de Memphis avait pour protecteur le serpent Djet-fet, celui de Denderah, Sel-Hathor, le nome de Coptos, le serpent Neb-Aref, etc.
- Les dieux n’étant que des hommes divinisés avaient comme ceux-ci besoin d’être protégés.
- Au temple de Denderah, un serpent dressé de chaque côté de la porte défendait l’accès des cryptes, lesquelles étaient gardées par des génies à tête de serpent, armés d’énormes coutelas.
- Dans le même sanctuaire, un curieux bas-relief nous montre le roi d’Égypte, Ptolémée XIII, donnant aux uræus sacrées la nourriture divine (fig. 3) (').
- Voilà pourquoi les textes égyptiens et quelques auteurs grecs font mention de temples confiés à la garde des serpents. C’est parce que ceux-ci veillaient sur le dieu qui habitait le sanctuaire et auquel on rendait les honneurs divins.
- Ainsi s’expliquent ces longues théories formées de vipères, qui ornent la plupart des temples à l’intérieur aussi bien qu’à l’extérieur et forment, au-dessus des naos, de somptueux couronnements.
- Mais cette sollicitude des serpents ne s’étendait pas exclusivement aux nomes, aux villes, aux sanctuaires. Nous trouvons l’image protectrice de l’uræus, sur la personne même du pharaon, son casque d’airain en est entouré, elle enrichit ses vêtements d’apjDarat; le palan-
- 1. Le temple de Denderah, par Mariette, tome III, pl. 29 C.
- Fig. 4. — Le Dieu Grand (Tombeau de Séti Ier).
- p-w-n.
- quin royal, le dais à colonnettes qui surmonte le trône en font leur ornement.
- Ce rôle protecteur, les serpents l’exerçaient, aussi dans l’autre monde. De toute forme et de toute grosseur, ces reptiles pullulent dans l’Enfer égyptien, ils sont légion.
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- De même que chez les modernes Dinkas, les serpents ont chacun leur nom, mais qui est ici en rapport avec leur individualité propre et marque leur fonction : Amonou, le caché; Menhi, l’Enveloppeur ; Toka-her, face de flamme, Ankh-nouterou, la vie des dieux.
- Pour bien exprimer leur caractère allégorique, la plupart d’entre eux offrent les formes les plus hétéroclites, les plus bizarrement étranges. Voici le Dieu Grand, serpent tricéphale, muni de puissantes ailes et de jambes humaines (fig.4) ; voilà dressées sur leurs anneaux extrêmes, deux vipères qui, les mains levées, sont en adoration devant le disque du soleil (fig. 5). D’autres ont une tête humaine ou de génisse. Au temple de Denderah, dans une procession où figurent horoscopes et décans, des personnages allégoriques sont représentés par des serpents qui, munis de jambes et de bras humains, présentent des offrandes à Isis, Horus, ou à la déesse Hathor (fig. 6).
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- Suivant la croyance égyptienne, Ra (le Soleil), monté sur une barque divine, disparaît chaque soir et parcourt les heures de la nuit, d’Orient en Occident. En traversant cette région infernale, infestée de serpents, il remonte vers le Nord, pour renaître le matin à l’Orient. .
- Au cours de sa marche nocturne, il rencontre tous ces monstres et une multitude d’autres reptiles dont quelques-uns, vrais agathodémons, le protègent, veillent sur sa personne. D’autres, au contraire, puissances typho-niennes, dont le corps est le domicile de l’âme des compagnons de Set, ne cessent, dans cet abîme de ténèbres, de le harceler, de lui faire une guerre acharnée, pour arrêter sa marche, l’empêcher d’apparaître à l’Orient.
- Debout dans sa cabine, qu’enveloppe l’Agathodémon Menhi-Ra, pour se défendre, tient en main un serpent protecteur. v.
- Mais, de tous ces ennemis, le plus redoutable est Apap le Gigantesque, irréconciliable ennemi du soleil, le grand serpent en qui réside l’âme du dieu Set, esprit du mal, génie des ténèbres (fig. 7).
- En sa qualité de prêtre d’Osiris, Moïse étant initié à tous les mystères de la religion égyptienne n’ignorait point cette antique croyance; voilà pourquoi, dans la Genèse, il nous présente, sous l’aspect de ce reptile, l’esprit tentateur qui, pour le malheur du genre humain, incita la première femme à manger le fruit défendu.
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- Cette scène de la désobéissance a été l’objet de nombreuses représentations qui nous montrent nos premiers parents, dans les phases diverses de leur chute.
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- Le plus ancien monument où ligure ce sujet est un antique cylindre babylonien, en chlorite terreuse, duBri-tish Muséum. On y voit un arbre aux rameaux étendus horizontalement, d’où pendent deux gros fruits ('). De chaque côté du tronc, sont a^is, face à face, un homme et une femme, bien caractérisés par leur physique, tendant la main vers ces fruits pour les cueillir. L’homme occupe la droite, il a le corps robuste, solide, de larges épaules, la tête armée de cornes de taureau, attribut de la force. Du côté opposé, la femme, représentée sans attribut, est d’aspect plus Huet, plus gracile, plus élégant', les épaules sont tombantes, particularités qui dénotent bien une nature féminine. Un serpent est dressé sur sa queue derrière elle (fig. 8).
- Bien qu’aucun texte ne fournisse l’explication de ce sujet, il est difficile, en voyant cette image, de ne point songer au récit biblique de la tentation d’Adam et d’Lve. Quoique la partie du poème chaldéen de la création, qui
- devait parler de l’arbre de la science du bien et du mal, n’ait pas encore été retrouvée (1 2), on peut, je crois, pouvoir affirmer, grâce à ce précieux cylindre, que chez les Chal-déens l’esprit du mal était aussi représenté par un serpent et jouait le même rôle que dans la Bible.
- Le dessin de notre cylindre serait donc l’illustration du ércit chaldéen de la chute, lequel devait avoir la plus grande analogie avec celui de la Genèse biblique (3).
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- Dans les catacombes de Rome, une curieuse peinture du cimetière de Sainte-Agnès nous montre nos premiers parents dans le Paradis terrestre, après leur désobéissance. La physionomie de chacun d’eux, d’Êve surtout, exprime bien le remords d’avoir commis une faute à jamais irréparable. Satan, dont la partie supérieure est formée d’un buste humain, dresse sa tête hideuse au-dessus de l’arbre qu’il enserrre de ses plis tortueux et contemple ses victimes avec une joie féroce (fig. 9).
- Cette manière de figurer l’esprit du mal est trop con-
- 1. Cet arbre est un palmier stylisé et chaque gros fruit représente un régime de dattes.
- 2. A notre connaissance du moins.
- 3. L’interprétation de ce cylindre a été contestée par Joachim Menant, devant l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, dans la séance du 31 octobre 1879. Or, il eût suffi d’un simple coup d’œil sur les deux personnages, pour constater qu’ils n’appartiennent pas au même sexe et que cette image ne peut se rapporter qu’au récit de la chute.
- Fig. 5. — Vipères en adoration devant le soleil levant. (Tombeau de Ramsès V, Biban-el-Molouk).
- forme à la tradition de l’ancienne Égypte, pour voir ici une simple coïncidence, aussi croyons-nous pouvoir attribuer cette image à un chrétien d’Égypte, à un artiste copte.
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- A l’avènement du christianisme, l’Italie possédait depuis longtemps déjà des colonies égyptiennes (‘). Au ive siècle de notre ère, époque à laquelle remonte notre peinture, les Coptes, quoique convertis à la nouvelle doctrine n’étant point encore entièrement dégagés de l’ancienne croyance, leur christianisme offrait un mélange des deux religions où l’élément égyptien était resté prédominant (').
- Quoique étrangers, affiliés comme chrétiens à des associations religieuses, ils participaient aux travaux de la communauté, et l’un d’eux, chargé de l’exécution de la scène biblique, interpréta le texte sacré, suivant l’esprit de son ancienne religion.
- On a vu plus haut que, pour bien exprimer son caractère allégorique, on attribuait à chaque serpent divers éléments étrangers à sa nature, une tête, des pieds, des mains.
- Dans une syringe royale de Biban-el-Molouk, celle de Ramsès V, nous voyons deux serpents, d’une longueur, extrême, dont la partie supérieure est formée d’un torse à tête humaine (fig. 10).
- 1. Voir dans Le Recueil de travaux relatifs à la Philologie et à l’Archéologie égyptiennes et assyriennes, année 1915, p. 28 : Le culte de la déesse Bast, dans l’Italie méridionale et particulièrement à Pompéi, par P. Hippolyte Boussac.
- 2. Le christianisme chez les anciens Copies, par Amélineau.
- Fig. 1. — Apap ou Apophis, le grand serpent ennemi du Soleil. (Tombeau de Séti Ler à Biban-el-Molouk).
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- Fig. 6. Serpent génie présentant des offrandes à Horus et à la déesse Isis (Temple de Denderah).
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- Adam et Ève dans te Paradis terrestre.
- Fig. 8.
- Cylindre babylonien du British-Museum (deux lois et demie grandeur
- de l’original).
- Quand Fauteur de la peinture des catacombes eut à exécuter la scène biblique, il ne trouva rien de plus naturel, pour représenter Satan, que de s’inspirer des antiques images qui, de temps immémorial, sèrvaient dans l’ancienne religion à figurer le mauvais principe. Et malgré sa nouvelle foi, encore fortement imbu de l’idée que l’âme de tout dieu réside dans les serpents, il représenta l’esprit tentateur avec un torse à tête humaine, image en tout point semblable à celle de Biban-el-Molouk, conception bien égyptienne et fort ancienne, remontant à plus de mille ans avant notre ère.
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- En raison de son importance, cette scène de la chute est une de celles qui, à travers les siècles, ont le plus souvent hanté l’imagination des artistes, lesquels, s’en tenant à la lettre du récit de Moïse, ont toujours représenté l’esprit du mal par un serpent.
- Or ce serpent n’est pas un simple reptile, mais doit plutôt être considéré comme l’organe d’un mauvais esprit, ce qu’il est réellement.
- C’est ce qu’ont parfaitement compris deux artistes de génie, Raphaël et Michel-Ange, les^ quels ont peint cette scène au palais du Vatican, le premier dans les Loges, le second à la voûte de la chapelle Sixtine.
- Malgré la différence qui existe dairs leurs compositions, on reconnaît qu’une même idée les a inspirés, car ils ont l’un et l’autre re-
- Fig. 10. — Peinture du tombeau de Ramsès V, à Biban-el-Molouk.
- présenté Satan avec un torse humain, mais, au lieu d’une tête d’homme, le torse est muni d’une tête de femme.
- Les papyrus coptes nous apprennent que Satan avait une fille, fort belle personne d’ailleurs, exécrée des moines de Schnoudi et de Pachôme, à ca*ise des sévices qu’elle exerçait sur eux, et qui, de ce fait, rendait à son père d’éclatants services. Mais ce n’est point de cette légende, qu’ils ignoraient certainement, que se sont inspirés les deux artistes italiens.
- Tout le Moyen-Age a vécu dans l’épouvante par la crainte du diable et de l’enfer. Du xiie au xvie siècle, cette superstition avait pris des proportions tellement considérables que Satan était dépeint, décrit, étudié dans ses moindres détails; on connaissait ses mœurs, ses goûts, ses antipathies (') ; aussi fut-il l’objet de nombreuses légendes. L’une d’elles raconte qu’avant d’être chassé du ciel, déjà
- PHippolyteBoumc cfe|.
- Fig. 9. — Adam et Eue dans le Paradis terrestre.. (Peinture des catacombes.)
- rebelle, il avait pris VIniquité pour femme, dont il eut neuf filles, qu’en bon père de famille il maria fort avantageusement.
- L’aînée, Orgueil, fut mariée aux princes du siècle et aux princes de l’Église; Simonie, aux clercs de tout rang; Hypocrisie fut livrée par son père aux moines blancs, aux moines noirs, aux religieux de toute robe; Rapine épousa les chevaliers, les prévôts et les baillis qui, chargés de maintenir la paix, font la guerre à tout le monde; les bourgeois eurent Usure en partage; les marchands Fraude, les domestiques Faux-service, et les paysans Sacrilège. Il ne restait à caser que Luxure-, quand on lui proposa des maris de toute sorte, elle n’en voulut aucun en propre, préférant avoir en commun tous les individus de l’espèce humaine.
- 1. Les démoniaques d’autrefois, par Ch. Richet.
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- Cette légende, tout à fait oubliée aujourd’hui, était encore très populaire au xve siècle, où tout le monde croyait au diable, aux sorciers, aux sorcières, au sabbat, aux incubes, aux succubes et autres stupidités de même espèce. C’est l’âge d’or de Satan.
- En ce temps de fureur superstitieuse, il n’y eut guère, peut-on dire, que deux grands esprits qui résistèrent, Rabelais et Montaigne ; le premier se moque du diable et de l’Enfer, le second n’y croit pas ! Pour Luther, le diable est un maître absolu, un maître redoutable, c’est le prince de la terre. Ambroise Paré, l’un des plus grands hommes de la France, parle des sorciers avec conviction et de leurs transformations en serpents, en crapauds, boucs, chiens, loups et autres animaux de toute espèce.
- Malgré tout leur génie, Raphaël et Michel-Ange ne pouvaient manquer d’être fortement pénétrés des superstitions de leur époque, voilà pourquoi dans leurs tableaux, ils ont, l’un et l’autre, représenté Satan par un succube, se rapprochant ainsi, pour des raisons différentes, de la peinture de Biban-el-Molouk et de celle des Catacombes.
- Raphaël a traité sa composition plutôt en idylle et nous montre ses personnages dans un lieu de délices, véritable jardin, aux essences infiniment variées, où tout est gai, riant, plein de grâce. Debout à côté de l’arbre de la science du bien et du mal, Ève vient de cueillir le fruit défendu, représenté ici par une figue, et l’offre à Adam qui avance la main pour la prendre. Entourant l’arbre de ses replis, le serpent, muni d’un torse humain à tête de jeune femme, gracieuse, souriante, d’agréable aspect, regarde le couple avec sympathie et semble l’encourager dans l’accomplissement de son acte funeste (fig. 11).
- L’œuvre de Michel-Ange est d’aspect tragique et bien digne de ce sombre génie. Elle nous fait assister à une discussion d’une violence extrême entre le diable et Adam, qui s’opposait, sans doute, à ce que sa compagne cueillît le fruit défendu. Aussi dans ce tableau n’est-ce point Eve qui commet l’irréparable faute, mais le diable lui-même. L’artiste a placé ses personnages dans un site sauvage, aride, désolé, dépourvu de tout agrément. Son tableau nous offre deux actes distincts. A gauche, le serpent, enroulé autour de l’arbre, possède également un torse humain, mais avec une tête de femme en fureur, sans grâce, sans beauté, et dont la longue chevelure est fortement agitée par la brise, une vraie sorcière. Sous cet aspect, Satan s’entretient avec Adam qui, debout devant lui, appuyé sur une branche de l’arbre et fortement irrité, lui reproche avec colère sa maudite intervention.
- Assise sur un rocher, au pied de l’arbre, Ève ne paraît nullement émue de cette scène et se tourne vers Satan, pour obtenir de lui le fruit défendu qu’il tient dans sa main, et dont il ne se dessaisira qu’à la fin de la discussion, s’il l’emporte sur son adversaire.
- Du côté opposé, à droite, la discus-
- Fig. 11. — Adam el Ève dans le Paradis terrestre, d’après Raphaël (loges du Vatican).
- sion est close, Satan a triomphé, l’acte de désobéissance est un fait accompli, mais immédiatement suivi du châtiment représenté par l’Ange du Seigneur, qui, armé d’un glaive, chasse du Paradis les deux coupables (fig. 12).
- A elles seules, ces deux compositions géniales nous permettent d’établir sans la moindre hésitation la psychologie des deux artistes. Dans Raphaël, caractère aimable, doux, souriant, communicatif; chez Michel-Ange, au contraire, nature sombre, austère, silencieuse et farouche.
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- Les découvertes archéologiques de l’Assyrie nous ont révélé un récit de la création offrant une grande analogie avec celui de la Genèse. Il existe entre les deux versions une telle parenté qu’on ne peut l’expliquer qu’en admettant que l’une dérive de l’autre. Mais auquel de ces deux textes appartient l’antériorité? c’est ce que nous allons essayer d’établir.
- Le récit assyrien découvert à Ninive serait le moins ancien puisqu’il provient de la bibliothèque d’Assur-banipal, remontant de 668 à 626 avant Jésus-Christ. Mais comme ces inscriptions sont des copies d’origine plus ancienne, conservées à Babylone, ceci les ramène vers un passé beaucoup plus lointain. La date de ces originaux ne pouvant être sûrement établie, on peut, croyons-nous, la faire remonter au xne siècle avant notre ère.
- Or depuis les conquêtes de Thothmès III, XVIIIe dynastie, au xve siècle avant l’ère chrétienne, l’Assyrie était soumise à la domination égyptienne, laquelle a laissé dans le pays des traces profondes de son passage.
- Dans le Kurdistan, on trouve, encore de nos jours, un temple égyptien, où l’on rend un culte au dieu Set.
- Ecrite par Moïse, la Genèse remonte au xive siècle avant J.-C. Elle est donc plus ancienne que le récit chal-déen, lequel ne serait alors qu’une copie du récit biblique. Comme pour celui-ci, il est fait mention, dans la version chaldéenne d’un esprit du mal, Thiamat, le chaos personnifié, dont le rôle rappelle celui du dieu Set.
- D’après cette analogie, des assyriologues ont avancé que le serpent du récit biblique ne serait pas autre chose que Thiamat, le dragon de la mer, assertion qui ne peut en rien se soutenir.
- On a vu plus haut le rôle prépondérant que joue le serpent dans la religion égyptienne et la raison pour laquelle Moïse l’a présenté comme l’image du mauvais principe.
- Or il ne saurait en être de même pour Thiamat, monstre apocalyptique dû à l’imagination des Assyriens, Il avait du lion, le corps et les pattes de devant, la tête munie de longues oreilles était surmontée des cornes de l’argali, un bec court, très épais, tenait lieu de bouche. Il possédait en outre les ailes de l’aigle et tout l’arrière-train reposait sur les pattes et les serres d’un oiseau de proie. Dans un bas-relief de Persépolis, un scorpion remplace la queue.
- Cette création compliquée est des plus fantaisistes, mais n’a rien du serpent, lequel, d’ailleurs, était l’objet d’un culte à Babylone et fut empoisonné par le prophète Daniel.
- D’après ce qui précède, nous savons que si Moïse a placé le serpent dans la Genèse, c’est en souvenir de l’antique tradition qui, de temps immémorial, considérait ce reptile comme l’âme vivante de Set-Typhon, esprit du mal de l’ancienne Égypte.
- P. Hippolyte-Boussac,
- Membre de l’Institut d’Egypte.
- BARCELONE, CITÉ-MODÈLE
- Il a été beaucoup écrit ces temps-ci sur Barcelone, notamment à l’occasion de l’Exposition internationale dont elle a été le siège.
- On s’est, avec justice, longuement étendu sur cette
- Fig. 1. •— Plan d’ensemble de Barcelone.
- grande et splendide exposition, installée avec infiniment de goût dans le cadre incomparable du parc de Mont-juich, dessiné — et merveilleusement réussi — dans un style ibéro-mauresque modernisé par le Français Forestier, directeur des jardins de la Ville de Paris, auteur également des délicieux jardins Marie-Louise, à Séville, dans un style mauresque plus accentué, où était installée la seconde des expositions espagnoles, réservée, celle-là, aux nations latines de l’Amérique. On ne peut, à ce sujet, qu’exprimer le vif regret que de tels jardins n’aient été établis dans aucune ville du Midi de la France, et l’espoir que cette lacune soit bientôt comblée.
- On a dit aussi le charme de cette ville au climat et à la flore méditerranéens, gracieusement étalée entre deux montagnes et deux rivières, justifiant toujours, et sans doute plus que du temps, où elle était enfermée entre des fortifications rébarbatives, le mot de Cervantes la qualifiant «en site et en beautés inégalée», et'à qui on ne peut guère reprocher actuellement que de bouder un peu la mer, chose paradoxale pour un port et due à l’absence de promenades côtières. Ce défaut sera d’ail leurs prochainement corrigé par la construction, en cours, d’une corniche contournant le Montjuich et celle, projetée, d’un boulevard maritime entre le port et le Llobregat, l’une des deux rivières limitant le territoire de la ville.
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- On n’a pas assez parlé de ce qui constitue, à mon avis, la principale caractéristique de Barcelone et en fait, du point de vue urbanistique, une des cités les plus remarquables et, à ma connaissance, unique, parmi les grandes villes du monde : son Ensanche, c’est-à-dire sa partie moderne.
- Avant l’énumération des particularités du tracé et des règlements appliqués à cette zone, quelques mots d’histoire et de topographie sont nécessaires.
- Barcelone, l’antique Barcina, a été fondée, comme la plupart des ports anciens de la Méditerranée, havres-forts isolés autant que possible de la terre ferme et communiquant plus entre eux qu’avec l’arrière-pays auquel ils étaient étrangers, sur un promontoire rocheux dominant une crique voisine. Ces conditions d’emplacement sont tout juste l’inverse de celles des ports modernes, lesquels, sauf ceux d’escale des paquebots rapides, sont avant tout des ports d’estuaire, enfoncés le plus possible dans le continent dont ils vivent, et ayant avec lui les communications les plus nombreuses et les plus faciles possible. Mais là comme ailleurs, la tradition, soutenue fortement par les intérêts privés, l’a emporté sur la raison, et le port moderne a été créé dans des conditions difficiles et d’une façon tout artificielle, donc coûteuse, à côté de l’anse naturelle, depuis longtemps comblée, qui suffisait aux barques de l’antiquité. Il est vrai que n’existe pas à proximité, comme à Marseille, un immense port naturel parfaitement abrité et sûr, et que la côte voisine n’offre guère d’emplacement meilleur. Il est vrai aussi que Barcelone n’est pas restée seulement un port, mais est devenue entre temps grande ville et capitale d’un royaume, la Catalogne, qui fut important par son étendue et son influence.
- La ville actuelle s’étend sur une plaine ensellée comprise entre les deux rivières, le Besos et le Llobregat, oueds dont le second seulement conserve un peu d’eau en toute saison, sortant par des passages étroits de la chaîne montagneuse qui borde la côte à quelques kilomètres de distance : le Tibidabo, de 400 à 500 m d’altitude. En bordure de la mer, et sur un tiers seulement de la distance entre les deux rivières s’élève une colline longue, le Montjuich, haut au plus de 150 m, en pente douce vers l’intérieur et tombant à pic dans la mer.
- La ville se compose de trois zones :
- La vieille ville (casco viejo), autrefois entourée de remparts sur l’emplacement desquels sont maintenant de larges boulevards de ceinture, constituée de ruelles étroites et zigzagantes, percée seulement de deux grandes artères : les fameuses Ramblas (ce terme désigne le lit de rivière, presque toujourkA sec, qui sert encore actuellement de rue principale — etMe route dans la campagne — à beaucoup de villages espateiols) et la via Layetana (la Catalogne est l’ancienne Okyetane romaine), neuve, droite, à l’américaine, bordée de très hauts immeubles, et déjà trop étroite bien que les maisons neuves n’aient pas encore remplacé toutes les masures abattues (elle n’a que 20 m de large, étant la prolongation d’une rue des quartiers nouveaux);
- Les anciens villages de banlieue (Gracia, Sans, Sarria, etc.), situés à quelques kilomètres de la vieille ville
- Cour de
- 60 à 80 m.
- ..60 à 80 -
- Fig. 2.
- Plan d’un îlot de maisons, entouré de ses voisins, dans la ville moderne.
- et transformés peu à peu en faubourgs ouvriers, quartiers d’usines ou de résidences d’employés, constitués eux aussi, bien entendû, des ruelles étroites des anciens hameaux d’agricult|ârs ou des lotissements étriqués établis au hasard; Jfp::
- Enfiijjÿ'EEnsanche (Extension) qui comprend tout l’espacftntre la vieille ville et ses faubourgs, et déborde même mj, delà, et qui constitue la partie moderne, originale beaucoup la plus importante de Barcelone, en étendue sinon en population, et la plus intéressante au point de vue urbanistique. C’est d’elle qu’il sera uniquement question ci-après.
- LA VILLE MODERNE A BARCELONE
- L’Ensanche résulte du plan d’extension dressé par l’ingénieur Cerda et adopté par Real Orden (décret royal) du 7 juin 1859. On ne peut qu’admirer qu’à cette époque où la ville n’avait pas le quart des habitants qu’elle possède à présent (environ un million), où la circulation n’avait pas l’intensité actuelle, où l’industrie n’était pas développée comme maintenant, où les automobiles et les tramways n’existaient pas, un homme ait eu — dans cette seule ville d’Espagne —l’intuition des besoins futurs, l’audadKde voir large et d’innover radicalement et le rare bonheMde faire accepter ses idées par ses contemporains. iPfaut également admirer que ce plan — presque indéfiniment extensible — ait été jusqu’à présent scrupuleusement suivi et soit encore appliqué actuellement, avec les seules modifications et retouches que la pratique a montrées désirables.
- Extrêmement simple, il est constitué essentiellement d’un ' quadrillage de rues de 20 m de largeur, avec chaussées de 10 m et trottoirs de 5 m, tous plantés d’ar-
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- bres, distantes d’axe en axe de 140 m et enserrant des îlots carrés de. 120 m de côté. De-ci, de-là, des avenues plus larges, de 30 à 60 m, judicieusement placées, mais toujours dans le sens du quadrillage, canalisent le gros trafic, que reçoivent des places. Trois larges diagonales assurent les grandes liaisons obliques.
- Jusque-là, rien de bien particulier, semble-t-il, à part la largeur des rues, dont les moindres ont 20 m, ce qui dut paraître énorme à l’époque puisqu’elles nous paraissent encore relativement larges, car le plan en damier est connu depuis la plus grande antiquité.
- L’originalité consiste en ce que toutes les rues sont exactement orientées N.-E.-S.-O. ou N.-O. S.-E.
- Tous les coins des îlots sont abattus (ce qui n’a pas lieu en Amérique, pays d’élection des plans en damier) et tous les pans coupés ont 20 m de large. Leurs angles eux-mêmes sont très souvent émoussés par des pans
- coupés secondaires de 3 à 5 m ou des arrondis. La règle des nœuds (') est ainsi largement appliquée, puisque chaque carrefour forme une placette de 50 m de côté, ayant cinq fois la surface de la zone commune aux 2 voies.
- La zone ædificandi est de 30 m au maximum, mesurés depuis l’alignement de la rue, ce qui laisse à l’intérieur des îlots des cours carrées d’au moins 60 m de côté d’un seul tenant, car seul le rez-de-chaussée peut être couvert à l’intérieur de la cour.
- Tous les terrains ont été remembrés et toutes les limites de parcelles sont perpendiculaires aux rues. Toutes ces parcelles ont des dimensions raisonnables, environ dix mètres de façade, au moins, et s’étendent (sauf celles d’angle) jusqu’au milieu de l’îlot.
- 1. A chaque croisement de voies doit exister un élargissement, un nœud, mesurant au moins n fois la surface de la zone commune aux n voies qui s’y superposent.
- La hauteur des maisons est limitée à 5 étages dans les rues de 20 m qui sont la grande majorité.
- Il résulte de tout cela les conséquences suivantes :
- 1° La circulation est encore matériellement très facile dans ces voies relativement larges et ces vastes carrefours où la visibilité s’étend à 50 m. Je dis « encore » parce que, malgré la faible quantité relative des véhicules (il n’y a guère que 20 000 automobiles à Barcelone, mais il y a de très nombreuses voitures hippomobiles), la largeur de chaussée de 10 m, c’est-à-dire de 4 files ou courants de circulation, s’avère déjà insuffisante. C’est vrai à Barcelone, mais c’est aussi — ou plus — vrai partout ailleurs, dans n’importe quelle ville, dans l’ère de l’automobile; il faut compter en effet que 2 de ces files sont indisponibles, celles bordant les trottoirs, occupées qu’elles sont, partiellement ou totalement, par les véhicules arrêtés. Il n’en reste que 2 de libres, ce qui ne permet aucun doublement. Or le doublement dans les deux sens est indispensable, car les véhicules n’ont pas tous la même vitesse et les plus rapides doivent précisément, pour utiliser leur vitesse et remplir leur but, pouvoir dépasser les plus lents. On est donc conduit à un minimum de 15 m de largeur (correspondant à 6 files de voitures) pour toute chaussée de rue-ordinaire des quartiers de résidence, qui n’est pas une artère à grand trafic, et où ne passe aucune ligne de transport en commun à niveau. Minimum basé d’une part sur une densité de population peu élevée et qu’il faut s’attacher à ne pas augmenter, et une quantité d’automobiles très réduite (environ cinquante fois inférieure au point de saturation, qu’on peut évaluer à autos pour 4 ou 5 personnes), minimum qu’il faut donc augmenter pour tenir compte de l’augmentation inévitable du nombre des automobiles.
- Bien entendu, ceci n’est pas applicable aux quartiers d’affaires, où la densité diurne et nocturne (car ce sont aussi, en général, les quartiers de plaisirs de la population, bien que celle-ci soit constituée par des gens résidant dans d’autres quartiers ou en banlieue) et l’activité de circulation sont beaucoup plus considérables qu’ailleurs.
- Déjà dans ceux-ci, plusieurs rues (comme à Paris des avenues entières) ont dû être affectées à un sens unique (*). Plus radicalement encore des chaussées ont été portées de 10 à 15 m de largeur. Mais ainsi les trottoirs sont réduits à 2 m 50, ce qui est insuffisant pour la circulation des piétons, et les arbres sont supprimés, qui constituent la parure de la ville.
- Supposant rétablissle long de ces chaussées de 15 m les trottoirs de 5 m suffi ants pour la circulation des piétons,
- i. On a toutefois laissé subsister le double sens des tramways — et même quelquefois des autobus ce qui — sans jeu de mots — est un contresens.
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- Fig. 3. — Plan de la ville de Barcelone montrant le quadrillage régulier de la cité moderne, faisant contraste avec le labyrinthe de la vieille ville.
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- Fig. 4. — Barcelone. Photographie d’un îlot de la ville moderne. (Ph. Gaspar.)
- on obtient des voies types de 25 m. Cette largeur de trottoir paraît devoir suffire — supposé bien entendu que la densité de population ne soit pas augmentée — car un homme qui marche n’occupe guère que la dixième ou la quinzième partie de la superficie d’une voiture, lorsqu’il est seul dedans (d’où l’intérêt des transports en commun et la gêne causée par les taxis et voitures particulières dans les grandes villes) et le nombre des piétons diminue à mesure qu’augmente le nombre des moyens de transport publics ou privés.
- Il est donc sage de prévoir dès à présent, dans les plans d’extension des villes de quelque importance, des voies ordinaires de 30 m de largeur minima, avec chaussées de 20 m et trottoirs de 5 m de largeur. Ceci n’a — quoi qu’il puisse sembler à quelques-uns — rien d’excessif et est même puis longtemps, notamment en Allemagne (à Wiesbaden, par exemple, des rues de 30 m entre constructions existent dans les quartiers de résidence bourgeoise ou ouvrière). Provisoirement, en attendant que la circulation se développe à la fois par augmentation du nombre des véhicules et par développement ds la ville qui fait que les nouveaux quartiers,
- d’abord excentriques, font ensuite corps avec le cente accru de la ville agrandie, des jardins occupent les pieds des constructions, ce qui, d’ailleurs, ne fait qu’augmen-
- Fig. 5. — Barcelone. La place de la Paz et le port. (Ph. Delius.)
- y *
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- ter encore l’agrément de la ville. Quand la circulation s’intensifie, il suffit, pour lui donner la place nécessaire, de reculer à peu de frais les grilles des jardins, ou même de supprimer ceux-ci.
- Bien-entendu, les artères à grand trafic doivent être prévues à des dimensions très supérieures, au double au moins des rues ordinaires, soit une soixantaine de mètres, de façon à pouvoir suffire facilement non seulement à une circulation de piétons et de voitures privées bien plus intense, mais aussi à celle des transports publics, trams, autobus, métros, et aux emplacements de leurs issues et installations d’attente et de stationnement.
- Bien entendu aussi les chiffres indiqués ci-dessus ne sont que des minima, basés sur la seule considération de la circulation, et qui peuvent et doivent être dans beaucoup de cas, augmentés pour des raisons diverses, d’esthétique notamment.
- 2° La circulation est mentalement très facile, je veux dire qu’il est très facile de s’y diriger et de parvenir à un endroit quelconque, puisque, les rues conservant le même nom sur toute leur longueur, et tous les îlots réguliers, dans les deux sens, comprenant vingt numéros, il suffit de connaître une quarantaine de noms pour s’orienter parfaitement.
- 3° L’exposition des habitations — sauf celles des diagonales, qui sont toutefois plus larges — satisfait les hygiénistes qui, pour des raisons d’insolation, déconseillent les voies Nord-Sud et surtout Est-Ouest.
- 4° La densité de la population est au maximum de 1200 à 1500 personnes par hectare, réduite encore pour l’ensemble de l’Ensanche à moins de mille par les voies à grand trafic, diagonales, places, jardins, monuments publics, etc.
- 5° Etant donné la topographie de Barcelone et l’orientation des rues, toutes sont soit des lignes de niveau, parallèles au rivage, soit des lignes de plus grande pente, perpendiculaires à la chaîne du Tibidabo. Le plan quadrillé s’arrête aux pentes raides de la montagne.
- On peut, au sujet du plan de l’Ensanche de Barcelone, faire les observations suivantes :
- Il est trop régulier, mais il est établi sur un terrain presque plan, qui le permettait, et la très grande variété de style des constructions compense la monotonie du plan.
- Les diagonales sont trop rares. On s’en est aperçu et c’est ainsi qu’on vient d’en créer une, malheureusement trop courte et trop étroite('), entre deux monuments de style Gaudi, le célèbre architecte barcelonais mort il y a 3 ans, le Temple de la Sainte Famille et l’Hôpital Saint-Paul.
- A ce sujet il est plaisant de noter l’appellation populaire des diagonales. Comme dans tous les pays ibériques les voies principales ont deux noms : l’officiel qui change assez souvent avec les nécessités de la politique, et le populaire, qui est pour ainsi dire immuable. Inutile de dire que la coexistence de ces deux dénominations est une cause d’erreur pour l’etranger non prévenu. Deux des diagonales, orientées exactement à 45° par rapport au quadrillage du plan, sont donc exactement N.-S. et E.-O. La troisième a une direction quelcontque, commandée par un tronçon de la voie ferrée Barcelone-Madrid. Les deux premières s’appellent communément le Parallèle et la Méridienne (c’est d’ailleurs également le nom officiel de cette dernière) et la troisième est appelée tout simplement la Diagonale. Notons encore que la plus longue avenue de Barcelone (l’Avenue des Cortès. Catalanes) est nommée familièrement la Grande ,Voie.
- I
- Le zonage (2) n’est pas prévu. —• Et c’est jlà un défaut grave auquel il est difficile de porter maintenant remède. .................-....-_______________________
- II ri y a pas assez d’espaces libres, surtout de jardins d’enfants. C’est ce à quoi on remédie actuellement dans la mesure du possible.
- Georges Mesnard.
- 1. Elle n'a que 25 m de largeur.
- 2. Le zonage est la division de la ville en zones distinctes et séparées, correspondant aux diverses fonctions : administration, commerce, industrie, habitation, etc., régies par des règlements différents.
- LES EXTINCTEURS D’INCENDIE
- Dans un précédent article (n° 2831) nous avons étudié les moyens de lutter contre le feu et décrit un certain nombre d’avertisseurs d’incendie et d’extincteurs automatiques. Les extincteurs à main, que nous nous proposons d’étudier aujourd’hui, constituent le complément indispensable de toute installation d’avertisseurs.
- Ces. extincteurs sont généralement efficaces quand ils sont employés au début d’un incendie, mais ils sont insuffisants quand l’incendie s’est étendu. Il est donc nécessaire que le feu soit signalé dès l’origine; d’autre part le choix des appareils n’est pas indifférent, car le feu est un phénomène complexe qui doit être combattu dans chaque cas avec des moyens physiques et chimiques appropriés. -----
- Rappelons tout d’abord que l’on distingue différentes sortes de feux :
- 1° les feux secs, ou ordinaires, qui peuvent être éteints par l’eau (feux de bois, de papier, de fourrages... etc.).
- 2° les feux gras contre lesquels l’eau est impuissante et quelquefois dangereuse (feux d’essence, de pétrole, d’alcool, de vernis, de caoutchoucs, huiles... etc.)
- 3° les feux d’origine électrique, contre lesquels l’eau est non seulement impuissante, mais dangereuse, et qui doivent être combattus par des produits à la fois extincteurs et isolants.
- Pour lutter contre ces différentes sorles dé feux on dispose actuellement :
- 1° d’extincteurs ignifuges pour les feux secs;
- 2° d’extincteurs à mousse pour les feux gras;
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- 3° d’extincteurs à tétrachlorure de carbone pour les feux d’origine électrique et les feux gras;
- 4° d’extincteurs à neige carbonique;
- 5° d’extincteurs à poudre.
- A ces engins on peut ajouter les seaux-pompes que l’on emploie particulièrement contre les feux secs. Ils sc composent d’un récipient contenant environ vingt litres d’eau, dans lequel est aménagée une pompe à main dont le système de piston varie suivant les constructeurs, de manière à assurer le maximum de sécurité.
- EXTINCTEURS IGNIFUGES
- Au moyen de ces appareils on projette sur le loyer d’incendie une solution aqueuse, grâce à la pression du gaz carbonique produit par l’action d’un acide sur du bicarbonate de sodium.
- Le bicarbonate de sodium est contenu en dissolution saturée dans l’eau à projeter; l’acide est renfermé dans une ampoule scellée au chalumeau; par suite dans les conditions normales, le mélange accidentel et la réaction sont impossibles. Mais en brisant l’ampoule — généralement par percussion — l’acide attaque le bicarbonate, le gaz carbonique se dégage et la pression du gaz ainsi formé chasse le liquide extincteur. Au moment du fonctionnement, l’appareil contenant la solution de bicarbonate projette non seulement de l’eau, mais aussi le gaz carbonique dissous et le bicarbonate en excès que l’acide n’a pas attaqué.
- Par suite, à l’action extinctrice de l’eau s’ajoutent celle du gaz carbonique et l’action ignifugeante du bicarbonate. Ceci explique la puissance extinctrice de l’appareil par rapport à celle d’une pompe qui débiterait la même quantité d’eau dans le même temps à une pression identique, ainsi que la difficulté que l’on éprouve à rallumer un foyer même très légèrement arrosé de liquide extincteur.
- A noter que cette projection de liquide au moyen d’un appareil bien étudié et bien construit ne cause aucune détérioration, car l’excès du sel basique assure la neutralisation du liquide projeté et sup-
- Fig. 2. — Modèle prime les risques de projection d’extincteur ignifuge d’acide, tandis que l’état finement a percussion (Sipro). divisé des particules liquides atténue l’effet mécanique du jet.
- La séparation des deux éléments de réaction donne toute garantie de sécurité. Les seules causes pouvant empêcher lefonctionnement au moment voulu sont les suivantes :
- 1° transformation du bicarbonate en carbonate neutre sous l’influence de la chaleur (au-dessus de 40°).
- 2° fonctionnement antérieur accidentel ou dû à la malveillance, ou encore à la gelée (bris de l’ain-poule).
- 3° évaporation trop rapide de l’eau, quand le jet doit se produire par une tuyère ouverte à l’air libre et non par un robinet.
- Fig. 1. — Essais manométriques d’un exlincleur à main.
- A noter d’ailleurs que dans le premier cas, la réaction se produira tout de même, mais en dégageant deux fois moins de gaz carbonique qu’avec le bicarbonate. Dans le deuxième cas il suffira de prévoir un système de contrôle facile du fonctionnement et de diminuer la congé-labilité du liquide.
- Enfin dans le troisième cas, si l’on veut éviter d’employer un robinet pour produire le jet, il suffira de réduire autant que possible la surface du liquide en contact avec l’air extérieur.
- Dans les appareils ordinaires la pression au moment du fonctionnement varie de 3 à 5 kg par centimètre carré, mais si l’ajutage à travers lequel se produit le jet vient à s’obstruer accidentellement la pression peut atteindre 15 kg par centimètre carré; aussi est-il absolument nécessaire d’avoir des appareils très solidement construits pour éviter de les voir éclater entre les mains de l’opérateur (fig. 1, essai manométrique d’un extincteur).
- Généralement l’ampoule contenant l’acide est brisée par percussion, mais dans certains appareils il n’est pas nécessaire d’opérer par percussion : l’ampoule y est rem-, placée par un récipient ouvert et il suffit de renverser l’appareil pour obtenir le mélange de l’acide et du bicarbonate. Ces appareils sont dits « à renversement ».
- Les extincteurs ignifuges portatifs ont une capacité de 6 à 10 litres. On construit également des extincteurs sur roues ayant une capacité de 100 à 200 litres. Les extincteurs ignifuges donnent de très bons résultats dans de nombreuses circonstances, et sont d’un entretien facile.
- La figure 2 représente un extincteur ignifuge de forme cylindrique, à percussion; il est muni d’un simple ajutage latéral, placé à la partie supérieure, pour permettre la projection du liquide extincteur au moment du fonctionnement. La figure 4 représente un extincteur de forme conique. Il porte une tuyère d’éjection, à. sa partie
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- Fig. 3. — Mise en batterie d’un extincteur à liquides à muin.
- supérieure. Pour empêcher l’obturation accidentelle, par des poussières par exemple, de cette tuyère, celle-ci est recouverte d’un capuchon très léger qui est projeté par le jet (').
- Pour qu’un appareil ayant fonctionné' accidentelle-
- 1. Le dispositif anti-suintement indiqué sur la figure 4 a pour but d’équilibrer la pression intérieure et la pression extérieure pour éviter la montée du liquide dans le tube plongeur sous l’action de la pression interne; ce dispositif assure la communication entre la chambre d’air intérieure et l’air extérieur tout en empêchant la sortie du gaz carbonique au moment du fonctionnement.
- Fig. 4. — Extincteur ignifuge de forme conique (Minimax).
- Opercule, empêchant
- tbpturation delà tuyère en laiton
- ' \ Tube du dispositif 7 K anti-suintement
- Poignée
- Ressort du panier \
- -Ampoule
- Cuvette du \ dispositif' \ anti-suintement
- Rondelle du panier-
- ^Obturateur -Presse étoupe
- . Percuteur -
- ment ne puisse conserver l’aspect extérieur d’un appareil chargé, la tige du percuteur est entourée d’une plaquette métallique mince refermée par un lil plombé. Au moment de la percussion la plaquette s’écrase; son seul examen permet donc de vérifier si l’appareil a été percuté ou non. •
- EXTINCTEURS A MOUSSE
- Dans les extincteurs que nous venons de décrire, on projette sur le foyer d’incendie un mélange d’eau et de gaz carbonique, lequel fournit la pression nécessaire à l’éjection. Dans les extincteurs à mousse, le gaz carbonique est enrobé sous forme de bulles capables de surnager au-dessus des liquides et de se déposer en couches plus ou moins épaisses sur les surfaces à protéger. La couche de mousse doit avoir au moins 5 centimètres d’épaisseur; elle recouvre ainsi l’objet en feu d’une atmosphère incomburante. Les flammes s’éteignent là où la mousse s’est répandue et ensuite la chaleur manque pour enflammer les vapeurs qui flottent encore çà et là.
- La mousse, découverte par le chimiste russe Alexandre Laurent en 1906, prend naissance quand on fait agir un acide sur un carbonate ou un bicarbonate alcalin mélangé avec une matière saponifiante.
- Cette matière saponifiante doit pouvoir emprisonner le gaz dégagé, sous forme de bulles analogues aux bulles de savon, et offrant une assez grande résistance à l’éclatement.
- Elle peut être constituée par de l’extrait de bois de panama, de l’extrait de réglisse, de la saponine. Jusqu’à maintenant, les émulsifs employés sont des produits organiques, et, par conséquent, sujets à des fermentations, dédoublements ou dissociations d’autant plus à redouter que ces produits sont en dissolution dans de l’eau, et qu’ils peuvent être soumis à des températures favorisant encore leur altération. L’altérabilité de l’émulsif est donc un point faible des extincteurs à mousse quand la solution est préparée d’avance. Cette altérabilité dépend de la pureté du produit employé et, à cet égard, l’usage de la saponine paraît préférable, car il permet d’obtenir une durée de conservation plus grande. Enfin on peut augmenter la durée de conservation des produits en les mélangeant à sec et ajoutant l’eau au moment du besoin.
- Pour réaliser la réaction il est préférable d’employer des acides faibles. Le plus souvent même l’acide est remplacé par du sulfate d’aluminium et on a la réaction ci-après :
- (SO4)3 Al2 + 6 CO'Na H = 6 CO2 -f 3SOW + 2 Al(OH)3
- L’alumine hydratée fournie par cette réaction est une substance fortement visqueuse qui donne sous l’action de la saponine des bulles contenant l’acide carbonique naissant et permet d’obtenir une mousse tenace et résistante.
- Le poids spécifique de la mousse est de 0,15 environ, il est donc suffisamment faible pour que la mousse flotte sur tous les liquides. La mousse doit avoir une collé-
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- sion suffisante pour s’opposer à la tension de vapeur du liquide brûlant et d’autre part une puissance d’expansion qui lui permette de se répandre rapidement sur la surface à protéger.
- Pendant et après l’extinction une partie de la mousse se dissout et la solution s’enfonce dans le liquide sans aucun dommage pour celui-ci; elle est d’ailleurs facilement éliminée ensuite.
- La mousse peut s’employer contre les incendies de matières solides, mais elle est contre-indiquée dans le cas des feux électriques en raison de sa conductibilité.
- 11 est bon de noter en passant qu’elle est sans effet sur la peau, sur les muqueuses et sur les yeux, ce qui est un avantage appréciable qui facilite son emploi.
- Le volume de mousse produite est proportionnel au volume total des solùtions saturées. Avec un émulsif de bonne qualité et récemment préparé on peut obtenir des foisonnements égaux et même légèrement supérieurs à 10. On peut même atteindre un foisonnement égal à 12 en mélangeant au sulfate d’aluminium un peu d’acide oxalique, sulfurique, ou chlorhydrique.
- Le bicarbonate de sodium en solution, mélangé de 10 pour 100 de son poids de saponine, est placé dans un récipient en tôle.
- D’autre part une solution de sulfate d’aluminium à laquelle on peut ajouter un peu d’acide, est versée dans une bouteille en verre supportée par un panier au centre de l’extincteur. Quand on renverse le récipient les deux liquides se mélangent, la réaction s’effectue et, grâce à la pression du gaz carbonique dégagé, la solution mousseuse est projetée à l’extérieur
- (% V).
- Les extincteurs à mousse sont fabriqués par un grand nombre de maisons françaises.
- Les capacités courantes de ces extincteurs sont les suivantes :
- Extincteurs portatifs : 6 et 10 litres.
- Extincteurs sur roues : 50, 100 et 200 litres.
- Les volumes de liquide projeté sont de 8 à 10 fois supérieurs à ces nombres.
- Au lieu d’être employée dans des extincteurs portatifs ou sur roues, la mousse carbonique peut être mise en œuvre au moyen d’installations fixes, pour combattre les feux d’hydrocarbures. De telles installations ont été réalisées aux Etats-Unis pour protéger les réservoirs de pétrole brut dans les raffineries. Elle comprennent en principe :
- a) un réseau de canalisation double arrivant aux réservoirs.
- b) deux réservoirs dont la capacité peut atteindre 200 m3 par réservoir et contenant les liquides servant à la production de la mousse.
- En cas d’incendie les liquides sont refoulés des réservoirs dans les canalisations, et le mélange qui doit produire la mousse s’effectue dans des nourrices installées à proximité du lieu d’emploi.
- 5. — Extinction d’un bûcher avec des extincteurs portatifs.
- De telles installations existent également à bord des paquebots utilisant des chaudières à mazout (').
- EXTINCTEURS A TÉTRACHLORURE DE CARBONE
- Le tétrachlorure de carbone se produit quand on fait agir le sulfure de carbone sur le tétrachlorure de soufre. C’est un liquide limpide comme l’eau et qui sent le chloroforme. Son poids spécifique est d’environ" 1,6. Sous forme de liquide il est très difficilement inflammable; sous forme de vapeurs, il est complètement incombustible. Son point d’ébullition est à 76°, son point de congélation à environ — 30°. Le fonctionnement du tétrachlorure de carbone comme extincteur est le suivant :
- Les vapeurs étant de cinq à six fois plus lourdes que l’air, restent au contact des corps en combustion et, empêchant l’arrivée de l’air, provoquent l’extinction. Ces vapeurs sont très efficaces pour lutter contre les feux d’essence, présentant une large surface horizontale. Mais il faut que les vapeurs de tétrachlorure couvrent entièrement la surface à protéger; s’il y a des parties non recou-
- 1. Nous nous bornerons ici à ces indications sommaires sur les installations fixes à. mousse carbonique, dont la description fera l’objet d’une étude ultérieure.
- Fig. 6.
- Extincteur à mousse (Sipro).
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- vertes, l’incendie peut continuer. Gomme les vtrpeurs~scmt invisibles, il faut une certaine habileté pour les utiliser correctement. Par exemple, dans les incendies de liquides en réservoirs, il ne faut jamais projeter le tétrachlorure dans le liquide, car il s’y enfoncerait en grande partie sans être vaporisé; il vaut mieux le^pulvériser près du bord du réservoir et, dans le cas .ôù if y a du vènt, le projeter contre la direction du verit dé’ manière que les Vajaeurs soient poussées sur la surface du liquide.
- Un grand avantage du tétrachlorure de carbone, sur les autres extincteurs liquides, réside dans sa très grande rigidité diélectrique; il constitue un isolant parfait contre les courants électriques et peut être employé sans danger sur des conducteurs présentant entre eux une différence de potentiel de plus de 100 000 volts.
- Le tétrachlorure de carbone convient particulièrement pour combattre les feux de matières qui brûlent avec de longues flammes, sans être incandescentes, car une fois les flammes éteintes, il n’y a plus de chaleur rayonnante pour provoquer le dégagement de nouvelles quantités
- Fig. 7. — Mécanisme de fonciionnement d’un extincieur à mousse.
- de gaz combustibles. Mais il ne convient pas pour combattre les feux de matières incandescentes, ses vapeurs ne séparent que passagèrement les matières incandescentes de l’oxygène de l’air et ne peuvent supprimer totalement l’incandescence; l’oxygène pénétrant à nouveau active l’incandescence, puis par l’action prolongée1 de la chaleur le tétrachlorure subit une décomposition d’où résultent, suivant les circonstances, du gaz carbonique, du chlore, de l’acide chlorhydrique et du phosgène. Ces trois dernières substances sont toxiques, surtout le phosgène qui agit mortellement même à petite dose (').
- Le danger résultant de la production de ces. substances toxiques n’est pas très grand quand le feu éclate à l’air libre ou dans des locaux spacieux. Les gaz nocifs qui se forment pendant la décomposition du tétrachlorure, et particulièrement le chlore suffisent parfaitement pour avertir les personnes qui opèrent, de partir en temps utile, de manière à ne pas souffrir du dégagement de phosgène. Du reste il ne se forme du phosgène que dans des cas
- 1. On sait que le phosgène a été employé comme gaz de combat pendant la guerre.
- exceptionnels et en très petites quantités, par exemple dans les incendies de matières cellulosiques à l’état relativement divisé, telles que la paille, dans les feux de matières spiritueuses, tandis que dans la majorité des cas il ne se produit que des gaz beaucoup moins nuisibles (').
- Les vapeurs de tétrachlorure de carbone non décomposées ne sont pas nuisibles à la santé ni le tétrachlorure liquide. Il convient seulement de faire attention que rien n’atteigne les yeux qui seraient fortement irrités par le liquide ou les vapeurs.
- Le tétrachlorure de carbone ne se congelant qu’à — 30° peut servir au chargement d’extincteurs à l’épreuve de la gelée (*).
- Les extincteurs au tétrachlorure de carbone sont de plusieurs sortes qui se différencient par la manière dont le liquide est projeté à l’extérieur de l’appareil. Le plus souvent l’extincteur se compose d’un récipient muni d’un ajutage par lequel le liquide est projeté à l’extérieur au moyen d’une pompe (fig. 11).
- Il convient de veiller à la façon dont la pompe est montée, car le tétrachlorure attaque les garnitures qui ne sont pas spécialement faites pour cet usage, et l’on risque de ne pas pouvoir utiliser l’appareil au moment du besoin. Le tétrachlorure se combine avec tous les métaux non précieux, à l’exception du zinc, du plomb, du nickel et de l’étain; les récipients doivent donc comporter un solide revêtement intérieur constitué par l’un de ces quatre métaux. Si ce revêtement est insuffisant, ou s’il présente des lacunes, il se produit des attaques des parois du récipient, le liquide extincteur, au lieu de rester limpide, devient trouble et limoneiix et devient conducteur du courant électrique; il ne convient plus alors pour combattre les feux électriques, surtout quand il s’agit de haute tension.
- Ces attaques se produisent aussi par l’emploi de tétrachlorure impur et par suite il ne faut pas pour le remplissage des extincteurs s’adresser à un magasin de droguerie quelconque.
- Après fonctionnement, les extincteurs au tétrachlorure doivent être nettoyés à l’eau et séchés intérieurement avant remplissage.
- Au lieu d’employer une pompe pour expulser le liquide à l’extérieur de l’extincteur, on peut utiliser la pression d’un gaz, par exemple le gaz carbonique, obtenu en perforant une cartouche d’acide carbonique liquide. On peut aussi produire le gaz carbonique au moment du besoin, par l’action d’un acide sur du bicarbonate de sodium sec.
- Mais cette dernière méthode présente l’inconvénient suivant : à la fin de l’opération, des particules d’acide
- I. Il n’en reste pas moins vrai que l’emploi du tétrachlorure de carbone nécessite de grandes précautions lorsqu’il s’agit de combattre des incendies dans des locaux fermés. Ainsi on a relevé des cas d’indispositions graves et même de mort dans le cas d’emploi de tétrachlorure de carbone pour combattre les incendies dans la cale des bateaux et dans les compartiments des sous-marins aux Etats-Unis.
- ,2. Certaines maisons (Pyrène) emploient un liquide, vendu fort cher d’ailleurs, qui comprend du tétrachlorure de carbone contenant en dissolution du gaz carbonique avec un peu d’ammoniac et d’acide chlorhydrique.
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- libre sont entraînées par le gaz carbonique, cet acide se mélange ensuite au tétrachlorure qui devient conducteur de l’électricité; ce genre d’extincteurs ne convient donc pas pour combattre les feux électriques de haute tension, à moins que les constructeurs ne trouvent un moyen d’empêcher l’entraînement de l’acide ou le mélange de celui-ci avec le liquide extincteur (').
- D’une manière générale, la capacité des extincteurs à tétrachlorure de carbone ne dépasse pas 10 litres. De plus grands appareils ne doivent être utilisés que là où ils sont absolument nécessaires et où ils ne risquent pas d’être employés à faux et d’une manière inconsidérée, par exemple dans les usines de produits chimiques où le personnel est suffisamment instruit des dangers que peut offrir le tétrachlorure de carbone comme agent extincteur.
- Il serait bon de porter sur chaque extincteur les indications suivantes :
- A utiliser en cas de commencement d’incendie des matières suivantes : essence, pétrole, benzine, huile lourde, sulfure de carbone, naphtaline, installations électriques à haute et basse tension.
- A ne pas utiliser dans les caves et les espaces clos et étroits.
- Notons en passant que les extincteurs pour automobiles sont à base de tétrachlorure de carbone et rentrent dans un des deux types que nous avons décrits (*).
- EXTINCTEURS A NEIGE CARBONIQUE
- La neige carbonique se produit quand l’anhydride carbonique liquide, comprimé dans un- récipient, est brusquement détendu. La température de la neige carbonique étant de — 79°, celle-ci refroidit fortement la surface des corps qui brûlent. Dans les incendies de liquide, cet effet est encore augmenté du fait que, par suite de son faible poids spécifique, la neige carbonique flotte sur tous les liquides. L’effet de refroidissement est suffisamment intense pour que les surfaces des matières liquides et semi-liquides portent des cristaux de glace, après extinction de l’incendie.
- En même temps le gaz carbonique, qui se forme par fusion de la neige carbonique, étant
- 1. Dans l’extincteur à tétrachlorure Minimax Ac., on y est parvenu en obligeant le gaz carbonique naissant à traverser quelques tamis et deux chambres remplies de potasse et une autre contenant de la pierre ponce.
- 2. Nous avons vu que le tétrachlorure de carbone commercial a l’inconvénient d’attaquer la plupart des métaux non précieux. Cette corrosion est due à la dissociation du tétrachlorure sous l’influence de l’humidité, dissociation qui donne naissance principalement à de l’acide chlorhydrique. C’est cet acide qui produit les attaques reprochées au tétrachlorure lui-même.
- On emploie comme liquide extincteur un produit appelé slabglène à base de tétrachlorure de carbone et qui ne présente pas les mêmes inconvénients. Le staby-lène est un tétrachlorure traité spécialement au moyen de produits permettant d’obtenir une stabilisation complète du tétrachlorure et l’absorption de l’humidité. Les ' produits employés n’ont aucune action sur le pouvoir diélectrique du tétrachlorure de sorte que le stabylène convient parfaitement pour combattre les feux électriques.
- Fig. 8. — Extincteur à mousse, sur roues.
- beaucoup plus dense que l’air ambiant, enveloppe pendant un certain temps les objets incendiés et les isole de l’oxygène de l’air.
- Ce moyen d’extinction est particulièrement précieux pour combattre les feux électriques de toute nature, car la neige carbonique est un parfait isolant, qui ne détériore pas les objets et qui ne laisse aucun dépôt.
- La principale difficulté de construction des extincteurs à neige carbonique est d’empêcher la formation de glace dans l’ajutage de détente qui risque de s’obstruer.
- Ces extincteurs sont tout à fait indiqués pour combattre les incendies très localisés de conducteurs électriques que l’on ne veut pas mouiller.
- Fig. 9. — Couverture d’un réservoir d’hydrocarbures par de la mousse.
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- Leur emploi est également indiqué pour éteindre les incendies de moteurs électriques de moyennes dimensions et pour lutter contre les feux dans les standards téléphoniques.
- Enfin ces extincteurs conviennent également très bien pour lutter contre les incendies de liquides spiritueux.
- EXTINCTEURS A POUDRE
- La poudre employée dans ces extincteurs est composée principalement de bicarbonate de soude pulvérisé mélangé avec une poudre inerte quelconque. Le mélange comporte généralement de l’amidon ou de la craie pour l’empêcher de s’agglomérer sous l’influence de l’humidité.
- Beaucoup d’extincteurs ne se composent que d’une simple boîte en fer-blanc munie d’un couvercle que l’on enlève pour répandre la poudre sur le feu.
- Le plus souvent l’extincteur a la forme d’une qnille ou d’un cylindre de 50 à 80 centimètres de longueur,
- portant une poignée fixée au couvercle et au moyen de laquelle on accroche l’extincteur à un clou.
- En cas d’incendie, on tire vivement l’extincteur vers le bas de sorte que le couvercle reste accroché au clou et que la poudre soit projetée sur le foyer d’incendie à travers un treillis qui se trouve devant l’ouverture.
- * Il arrive parfois que le couvercle est rouillé et ne fonctionneras, ou que la poudre s’est agglutinée en bloc; mais, même si tout va bien, l’effet d’extinction est très minime et n’est guère plus appréciable que celui qu’on obtiendrait avec le même volume de sable.
- Quand il s’agit de petites flaques de liquide brûlant à la surface du sol ou de feux électriques (faible tension), il est encore possible d’obtenir un résultat, mais dans les feux de matières solides, ou de liquides dans des récipients ou encore quand le feu est à une certaine hauteur au-dessus du sol, l’effet est absolument nul.
- Au lieu de projeter la poudre en agitant l’extincteur,
- on peut placer dans celui-ci une cartouche d’anhydride carbonique liquéfié et briser cette cartouche au moment du besoin; la poudre est alors projetée par la pression du gaz carbonique, mais les résultats obtenus ne sont pas sensiblement meilleurs.
- En résumé ces extincteurs à poudre ne peuvent rendre quelques services que dans des cas bien limités et leur emploi n’est pas à conseiller dans la généralité des cas (*).. Mais il est bon de noter que même pour ces cas limités, il n’est pas nécessaire de payer les prix exagérés que demandent les fabricants d’extincteurs à poudre, et qu’il suffit d’acheter les poudres en gros à bien meilleur compte.
- EMPLOI DES EXTINCTEURS A MAIN
- Ces appareils sont pourvus d’une instruction, qui indique la manière de s’en servir. Mais, comme on n’a pas le temps de la lire au moment d’utiliser l’appareil, il importe que chaque usager soit familiarisé avec l’emploi des extincteurs qui se trouvent chez lui. Il est indispensable de faire de temps à autre une répétition au cours de laquelle chacun prend l’extincteur en main et se remémore la façon de s’en servir. 11 est également recommandable de vider tous les ans quelques extincteurs et de les remplir. De cette manière on pourvoit, en passant, au remplacement des accessoires qui peuvent être détériorés. Par ailleurs une expérience montre beaucoup mieux qu’une instruction la capacité de l’extincteur et contribue à augmenter la confiance qu’on peut avoir en lui.
- Il est bon de remarquer que l’extincteur ne doit pas être mis en œuvre à l’endroit où il est suspendu, mais seulement à l’endroit où se trouve le feu, de manière qu’il n’ait pas émis son jet avant qu’on arrive au foyer d’incendie. Les extincteurs à main sont très utiles à la campagne et partout où la lutte contre le feu ne peut être organisée qu’après un temps assez long et avec de faibles moyens. On peut former dans ce but des associations de protection contre le feu et à chaque incendie les possesseurs d’ex-, tincteurs qui habitent dans un certain rayon accourent avec leurs extincteurs sur le lieu du sinistre. De cette
- 1. Voici les résultats donnés par une enquête effectuée aux États-Unis sur l’efficacité de ces appareils.
- Peu de temps après l’incendie du Théâtre Iroquois à Chicago, M. Freeman, président de plusieurs compagnies d’assurances mutuelles contre l’incendie, s’est livré à une étude très complète sur la sauvegarde de la vie humaine dans les théâtres. Des extincteurs à poudre étaient répartis en différents étages du Théâtre Iroquois, et quand le feu se déclara, un des pompiers d’étage essaya promptement et courageusement d’éteindre le feu avec ces appareils, mais « ne fit rien d’autre que de perdre un temps précieux ». M. Freeman fit une enqqête complète sur tous les extincteurs à poudre qui étaient mis en vente à cette époque. Comme suite à ces recherches, et à celles qui ont eu lieu depuis, les compagnies d’assurances américaines déconseillent les extincteurs à poudre employés d’une façon générale contre les risques industriels. Essayer d’arrêter le feu avec ces extincteurs ne fait que retarder l’emploi de l’eau et d’autres agents d’extinction efficaces.
- Fig. 10. — Expérience d’extinction à l’Exposition des Arts décoratifs en 1925.
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- façon le temps est très bien utilisé jusqu’à l’arrivée de moyens de lutte plus puissants.
- EMPLACEMENTS A DONNER AUX EXTINCTEURS A MAINS
- Les appareils extincteurs doivent être disposés de telle sorte qu’on puisse facilement les atteindre en tout temps. Mais ce n’est pas toujours le cas et, trop souvent, la place qu’ils occupent est encombrée d’objets les plus hétéroclites.
- 11 n’y a pas, bien entendu, de règles valables pour tous les cas, pour déterminer le meilleur emplacement à donner aux extincteurs.
- Cependant on peut se baser sur les considérations suivantes pour cette détermination :
- 1° A quel endroit l’incendie a-t-il le plus de chances de naître ?
- 2° Dans quelle direction peut-il se propager ?
- 3° Par quel moyen la propagation pourrait-elle être arrêtée ou tout au moins retardée ?
- 4° Quelles parties des locaux seraient, en cas d’incen-, die, difficilement ou totalement inaccessibles à cause des flammes et de la fumée ? Dans quelle direction pourrait être détournée la fumée ?
- 5° Quels obstacles se trouvent sur les chemins les plus directs entre les portes d’entrée et les endroits les plus probablement atteints par l’incendie et de quelle manière ces chemins pourraient-ils être gardés libres ?
- 6° Pourrait-il arriver que ces chemins fussent aussi coupés par le feu et la fumée ?
- En se posant ces questions on détermine les besoins à satisfaire et par suite les emplacements qui conviennent le mieux pour lutter contre le feu dans les différentes hypothèses envisagées.
- COMPARAISON DES DIVERS EXTINCTEURS
- En ce qui concerne les résultats donnés par les différents systèmes d’extincteurs, citons les conclusions de l’article paru dans le Bulletin des Recherches et Inventions du 1er avril 1926 à la suite du concours institué par l’Office des Inventions :
- « Les appareils à eau acidulée projetée sous « pression de gaz carbonique et les seaux-« pompes ont paru donner les résultats les « plus rapides pour l’extinction des bûchers. A « noter cependant que les appareils à poudres,
- « à mousse et à tétrachlorure de carbone « ont également atteint le but visé, mais moins « facilement et moins rapidement.
- « En ce qui concerne les cuves d’hydrocar-« bures (mazout et essence), les appareils à « mousse se sont montrés en général supé=
- « rieurs aux autres ; cependant quelques essais « d’extinction ont réussi avec du tétrachlorure « de carbone et de la poudre. Par contre l’es-« sence mélangée de mazout, en nappe répan=
- « due sur le sol, a été plus rapidement éteinte « par la poudre ou le tétrachlorure de caret bone, à condition toutefois que le débit et
- Fig. 11. — Extincteur à tétrachlorure de carbone.
- Fig,
- « la force de projection fus-« sent suffisants. Dans ce cas « la mousse éteint également « mais plus lentement. L’eau ;t en grande masse peut aussi « donner des résultats inté-« ressants.
- « En ce qui concerne les « arcs électriques, on peut « considérer deux cas. Dans « le premier cas, l’arc jaillit « entre deux conducteurs « suffisamment espacés pour « que sa formation soit acte cidentelle; dans ce cas la « poudre et le tétrachlorure « suffisent pour éteindre l’arc,
- « étant entendu que les pro-« duits employés ne sont « pas conducteurs de l’élec-« tricité. ~
- « Mais lorsqu’il s’agit d’éteindre un arc qui jaillit « entre deux conducteurs rapprochés, comme c’est le cas \ dans un câble, le problème devient plus difficile.
- « Certaines mousses suffisamment consistantes et iso-« lantes l’ont résolu. Il y a lieu, toutefois, de remarquer « que T opérateur doit se tenir placé à une distance « suffisante pour échapper à tout danger d’électrocutiom « Le produit projeté crée, dans ce cas, un enrobement « à grande résistivité, suffisamment efficace, tout au « moins pendant le temps nécessaire pour effectuer les « manœuvres de mise hors circuit du câble atteint.,;
- « Il ne nous reste plus qu’à examiner les essais sur des « films cinématographiques. Là, le problème reste posé, « tout au moins, en ce qui concerne les incendies de films « emmagasinés.
- « Le film déroulé a pu être facilement éteint par les
- 12. — Essai d’extinction d’une cuve d’hydrocarbures à l'Office national des Recherches et Inventions.
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- « divers appareils qui ont participé au concours, mais la « bobine entière n’a pu, en aucun cas, être complètement « éteinte lorsque la température atteignait le degré de « décomposition spontanée du celluloïd. Dans ce cas, on « croit d’abord l’incendie maîtrisé, mais on constate la « formation de fumées jaunes de peroxyde d’azote qui
- « produisent des cheminées dans la matière, eau ou « mousse, qui recouvre le celluloïd; à partir de ce « moment aucun des moyens employés n’a pu obtenir « l’extinction complète. »
- H. Fougeret.
- DEUX LAMPES DE T. S. F. ORIGINALES =
- LA LAMPE A GRILLE TOURNANTE LA LAMPE A CATHODE ÉCLAIRÉE
- Nous avons montré dans des articles parus dans La Nature il y a déjà plusieurs mois (') comment la lampe à vide demeurait l’organe indispensable de tout appareil radiotechnique, et comment les modifications et les perfectionnements incessants des divers modèles de lampes ont une importance capitale pour les progrès de toutes les applications de la radiotechnique : radiophonie, phonographie, et cinématographie sonore surtout.
- En fait, les lampes actuelles ne ressemblent plus guère
- Coussinet
- Axe de rotation
- Coupelle de support
- Fentes
- verticales
- avec
- aubes
- Grille
- tournante
- Cathode
- GFFC P
- Fig. 1. — La lampe à grille tournante, a) forme de la grille tournante; b) coupe à travers la lampe.
- à l’audion primitif de De Forest ! Les modifications ont porté soit sur la nature de la cathode émettrice (lampes à faible consommation), soit sur le mode d’échaufïement de cette cathode (lampes-secteur décrites dans les articles déjà cités), soit sur l’adjonction de grilles auxiliaires ou même d’une plaque (lampes bigrille, lampes trigrille, lampes à grille-écran, etc...), soit encore sur la position de la grille par rapport aux autres électrodes (lampe à grille extérieure récemment décrite dans La Nature), etc...
- La plupart de ces modifications ont permis de réaliser des modèles déjà employés pratiquement en grand nombre et destinés quelquefois à jouer des rôles particuliers, mais il n’est pas moins intéressant de signaler les essais de laboratoire les plus originaux qui peuvent parfois aboutir également quelque jour à des réalisations industrielles importantes.
- Nous voudrions noter dans cet article l’apparition
- 1. Nos 2824 et 2828 de La Nature.
- de deux nouveaux types de lampes : l’un, américain, surtout remarquable par l’originalité de sa construction et de ses applications possibles, l’autre allemand, plutôt intéressant par le principe même de son fonctionnement.
- LA LAMPE A GRILLE TOURNANTE
- Cette lampe originale à trois électrodes a été imaginée par M. Du Mont, ingénieur de la Compagnie De Forest, et elle ne peut, d’ailleurs, être considérée encore que comme un appareil de laboratoire. Bien qu’elle puisse présenter extérieurement le même aspect qu’une lampe de puissance ordinaire, et qu’elle possède trois électrodes comme cette dernière, sa construction et ses applications sont tout à fait particulières.
- En effet, si la cathode chauffée directement ou non et la plaque entourant le filament et la grille peuvent ne pas présenter des caractéristiques, bien spéciales, la grille, ou du moins l’électrode qui en tient la place, est constituée par un cylindre métallique très mince, donc très léger, qui porte des fentes verticales tracées le long de génératrices munies de lames de volets obliques semblables à des aubes de turbine (fig. 1 a).
- L’ensemble n’est pas monté d’une manière fixe comme une grille ordinaire, il est seulement soudé à un bras horizontal disposé suivant un diamètre de la base supérieure du cylindre, et ce bras est lui-même solidaire d’un axe vertical. La pointe inférieure de cet axe repose dans une cuvette métallique, tandis que la partie supérieure peut tourner facilement dans un coussinet disposé de façon à éviter le jeu transversal (fig. 1 b). Ainsi ce dispositif, entouré d’ailleurs par une plaque de forme quelconque, peut facilement tourner sous l’action de la plus légère impulsion.
- Supposons maintenant que nous chauffions directement ou indirectement la cathode à oxyde, que nous portions la plaque à un potentiel positif, pt que nous donnions à la grille tournante elle-même un piotentie? négatif par exemple et assez faible. Que va-t-il se passere La cathode va émettre des électrons et le flux électronique traversera les fentes de la grille pour atteindre la plaqul (fig. 2). Or, nous avons déjà indiqué dans la revue en décrivant «la lampe haut-parleur» que ce flux électro-
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- Cathode
- Flux'
- électronique
- Grille tournante
- Fig. 2. — Coupc schématique en plan des électrodes, montrant le fonctionnement de la lampe.
- nique pouvait produire des effets thermiques ou mécaniques directement visibles, en dehoi’s de l’effet d’amplification habituel des tensions appliquées à la grille.
- Le flux électronique va donc produire une pression sur les « aubes » du cylindre tournant qui commencera à tourner, et nous aurons ainsi obtenu une sorte de
- « moteur à électrons ». Grâce aux faibles frottements du système de suspension de la grille tournante, celle-ci peut facilement atteindre une vitesse de rotation de 500 à 1000 tours par minute. On peut, d’ailleurs, faire varier très progressivement cette vitesse pour une grille et une plaque de formes déterminées en faisant varier le flux électronique, c’est-à-dire en modifiant le chauffage de la cathode, le potentiel de plaque et la tension ap= pliquée à cette grille elle-même.
- Ainsi, cette lampe originale peut tout d’abord être employée comme un moteur de très petite puissance mais à vitesse facilement réglable. On peut, par exemple, monter à l’extrémité de l’axe de la grille tournante, en modifiant un peu la forme de l’ampoule, un petit écran qui sera intercalé dans le faisceau lumineux d excitation d’une cellule photoélectrique, de manière à produire des courants musicaux de fréquence facilement variable
- (fig. 3).
- Si maintenant nous construisons une lampe pourvue d’une grille tournante à quatre aubes et de quatre plaques séparées montées comme le montre la figure 4, et alimentées par du courant alternatif, nous aurons réalisé un véritable moteur électronique rigoureusement synchrone.
- On peut ainsi, tout au moins théoriquement, établir une « horloge électronique » avec tout le système d’électrodes et d’engrenages contenu à l’intérieur d’une même
- ampoule de forme modifiée, le cadran et les chiffres de l’horloge étant tracés sur la partie supérieure de l’ampoule (fig. 5 a). Mais il serait encore plus intéressant d’é= tablir un s y s tè m e émetteur ou récepteur de télévision avec cylindre explorateur de Jenkins (qui j oue le même rôle que le disque de Nip-kow) et système de synchronisation exté-
- Fig. 4. — Schéma d’une lampe à grille tournante fonctionnant comme moteur synchrone.
- rieur à l’ampoule agissant par induction à travers celle-ci sur des anneaux fixés à l’extrémité de l’axe
- (fig- 5 b).
- D’autre part, dans une lampe à grille tournante pourvue d’une plaque cylindrique (fig. 2) la valeur du courant plaque ne varie évidemment pas si la vitesse de rotation demeure constante. M ais si, au lieu d’une seule plaque cylindrique, nous employons plusieurs plaques distinctes, il n’en est plus de même, le courant est périodiquement interrompu et chaque plaque balayée par un faisceau d’électrons périodiquement croissant et décroissant (fig. 6 a).
- On obtient ainsi un courant alternatif dont on peut faire varier à volonté la fréquence en réglant la vitesse de rotation de la grille et le nombre des éléments de plaque; ces derniers peuvent être simplement constitués par des tiges verticales disposées suivant les génératrices d’un cylindre (fig. 6 b).
- Enfin, toujours d’après le même principe, une telle lampe peut être utilisée pour transformer un courant continu en courant alternatif, problème qui se pose très fréquemment à l’heure actuelle lorsqu’il s’agit d’obtenir un courant de forte tension en utilisant le courant d’un secteur (fig. 6 c).
- Ainsi, les applications possibles de cette nouvelle lampe sont nombreuses, et les plus intéressantes semblent être, d’ailleurs, celles de la dernière catégorie. Il s’agit encore uniquement, répétons-le, d’essais de laboratoire qui n’aboutiront peut-être pas à des réalisations pratiques prochaines, mais ces conceptions originales valent tout au moins d’être notées.
- Cellule
- photoélectrique Ecran t
- d'excitation
- Lentille
- Ampoule
- Grille tournante
- Fig. 3. —- Un écran fixé à l’extrémité de l’axe tournant et intercalé sur le trajet d’un faisceau umineux excitant une cellule photoélectrique provoque un courant à fréquence variable.
- Fig. 5. — Applications curieuses des lampes à grille tournante: a) horloge électrique; b) appareil de télévision.
- Cylindre explorateur
- Anneaux moteurs
- Engrenages
- vers la source de. synchronisation
- Système
- optique
- Ampoule
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- Grille tournante
- Transfbrmateun élévateur de tension
- mpèremètre
- 'Courant continu
- Courant alternatif
- Batterie de tension plaque
- Fig. 6. — Transformalions de courants au moyen de la lampe à grille tournanle.
- a) lampe à 4 plaques donnant un courant alternatif à fréquence musicale, rendu audible par les écouteurs R.
- b.) lampe à plaques constituées par des tiges verticales; elle réalise un multiplicateur de fréquence.
- c) transformateur de courant continu en alternatif.
- LES LAMPES . SANS FILAMENT
- Il y a bien longtemps (dès avant 1920) qu’on a cherché à réaliser des tubes à vide sans filament, et dans lesquels l’émission électronique de la cathode serait obtenue à froid sans nécessiter l’emploi d’aucun courant de chauffage direct ou indirect, solution évidemment élégante du problème de l’alimentation par le courant d’un secteur !
- Les progrès des recherches effectuées depuis 1925 pour la fabrication des cellules photoélectriques devaient faire naître l’idée d’utiliser aussi le principe de ces cellules pour la réalisation de lampes à vide à cathode froide, et si les travaux exécutés en Allemagne (par M. Von Ar-denne surtout, semble-t-il) n’ont pas encore abouti à des résultats vraiment pratiques, du moins peuvent-ils faire espérer que leur succès ne sera nullement du domaine de l’utopie. Il y avait, d’ailleurs, déjà à l’exposition de T. S. F. de Berlin de cette année des modèles de lampes à cathode froide destinées à l’amplification musicale ou à la télévision.
- Rappelons tout d’abord qu’une cellule photoélectrique est une ampoule généralement en verre dont la forme dérive de la sphère ou du cylindre, et remplie le plus souvent d’un gaz à une faible pression. Une partie de la surface interne de l’ampoule est tapissée par une couche mince d’un métal alcalin (potassium par exemple) qui
- Fig. 8. — Un amplificateur à résislance-capacilé monté avec des lampes à cathode froide.
- 10 M £2
- 10 M£2
- 0,0005 mfd veps £tgges
- 11 T de sortie
- 0,0005 mfd
- forme la cathode du système. L’anode est formée généralement par un fil métallique rectiligne annulaire ou en forme de grillage qui traverse l’ampoule suivant un diamètre; enfin sur la surface de l’ampoule opposée à la couche métallique, on ménage une «fenêtre» claire par laquelle on fait passer un faisceau lumineux.
- Dans ces conditions, si l’on crée dans la cellule un champ électrique en appliquant à ses électrodes un potentiel accélérateur convenable, la cathode émet des électrons qui donnent naissance à un courant dit photoélectrique qui varie constamment suivant l’éclairement auquel elle est soumise.
- On sait que l’on emploie surtout les cellules photoélectriques pour la transmission des images et la cinématographie sonore. Dans ce dernier cas, elles jouent le rôle de traducteurs de variations lumineuses en variations sonores.
- Cependant, si nous maintenons le Üux lumineux constant, l’émission électronique demeure évidemment constante, et il peut venir à l’idée de réaliser ainsi un audion photoélectrique en intercalant une grille de con-
- Arr pif fia 'tic n
- 'ter. sic)
- g 0
- Courant grille (microampères )
- Potentiel de grille (volts)
- Fig. 7. — Caractéristiques des lampes à cathode froide :
- (1, illumination par le soleil; 2, par ampoule de 150 bougies).
- trôle entre la cathode et l’anode, la couche de métal alcalin éclairée jouant le rôle du filament d’une lampe de T. S. F. ordinaire. Ainsi nous avons remplacé le chauffage de la cathode par son éclairage !
- La cathode au potassium utilisée a une surface de quelques centimètres carrés, et elle est sensibilisée à l’hydrogène, l’ampoule est d’ailleurs remplie d’un gaz inerte, d’où des phénomènes ioniques assez complexes. La plaque est formée d’un treillis métallique de façon à permettre l’illumination de l’ampoule à travers sa surface et la grille est réalisée d’une manière analogue.
- Par suite de la très faible valeur de l’émission électronique, on ne peut encore utiliser ces triodes que comme amplificatrices de tension dans des appareils à liaison par résistance-capacité avec des résistances de plaque de valeurs élevées de l’ordre de 10 mégohms (fig. 7).
- A défaut d’éclairage naturel par les rayons du soleil, on adopte simplement pour l’illumination de la cathode
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- une ampoule à incandescence d’environ 50 bougies. Sans doute est-il préférable que cette lampe soit alimentée par du courant continu; mais, à condition d’employer un filament à forte inertie calorifique, le chauffage par le courant alternatif n’apporte pas de trouble marqué.
- On a pu réaliser jusqu’à présent des amplificateurs pour fréquences musicales donnant des résultats très satisfaisants, surtout quant à la pureté très grande de
- —......... -........-................. = 21 =
- l’audition; les étages de sortie sont constitués, dans ce cas, par des lampes de puissance ordinaires.
- Les perfectionnements des cellules amèneront sans doute également des perfectionnements dans la fabrication de ces lampes, et si l’on parvient à augmenter l’intensité du flux électronique, peut-être pourront-elles prochainement être utilisées pratiquement.
- P. Hémardinquer.
- COMMENT LES ABEILLES COMMUNIQUENT
- Dans son récent ouvrage sur l’anatomie et la physiologie des abeilles, qu’une traduction de M. George F. Jaubert vient de mettre à la disposition des lecteurs français, le Dr Fritz Leuenberger s’efforce de répondre à diverses questions que se posent, depuis longtemps, maints observateurs des extraordinaires mouches à miel. Dans un des plus intéressants chapitres de ce remarquable travail, il étudie, en particulier, le langage des diligentes butineuses. Comment entendent-elles ? Comment se com-
- cellules glandulaires avec l’extérieur. A l’état de repos l’organe olfactif émetteur se trouve caché tout entier, par la charpente cornée périphérique en chitine qui supporte le corps de l’insecte, mais à l’aide d’un jeu de muscles spéciaux, le dernier anneau peut basculer vers le bas. Alors le tissu souple reliant les deux anneaux se développe tandis que l’organe olfactif émetteur s’ouvre vers l’extérieur. A ce moment, selon von Frisch, l’hyméno-ptère envoie une odeur sui generis, qui affecte ses com-
- Fig. 1 (à gauche), -r- Comment on marque les abeilles pour les reconnaître en cours d’expériences.
- Fig. 2 (au milieu). — L’abeille immobilisée dans un anneau de tulle, on la marque sur le dos d’une tache colorée.
- Fig. 3 (à droite). — Une reine marquée.
- muniquent-elles leurs impressions ? Quel merveilleux instinct les guide vers telle ou telle fleur ? Comment les chefs de chaque ruche transmettent-ils leurs ordres ou les nouvelles aux laborieuses collectrices de pollen ?
- Pour résoudre ces délicats problèmes, le savant suisse, s’autorisant des nouveaux travaux du Dr von Frisch, de Munich, considère Vorgane olfactif, découvert par Naso-nofï en 1883, dans l’abdomen de chaque abeille, comme un minuscule poste émetteur de T. S. F. On prit d’abord ledit organe pour une glande sudorifique, puis, en 1901, l’anglais Sladen émit l’idée qu’elle jouait le rôle de glande émettrice d’une odeur rappelant le parfum caractéristique de la ruche maternelle. Après lui, Mac Indoo publia en 1914 la description anatomique de cet organe qui consiste en une masse de cellules glandulaires dissimulées d’ordinaire sous le tissu superficiel souple reliant les sixième et septième anneaux abdominaux d’une abeille. Des canaux très, déliés font cojnmuniquer chacune des
- pagnes d’une manière très sensible. En outre, d’après le Dr Fritz Leuenberger, les abeilles de chaque ruche auraient le pouvoir d’émettre un parfum d’une certaine longueur d’onde pour parler le langage des sans-filistes, parfum que d’autres essaims apicoles ne percevraient pas ou tout au moins ne remarqueraient pas.
- Quelle que soit la justesse de tels raisonnements; rapportons plusieurs observations susceptibles de les légitimer.
- Leuenberger refit d’abord l’expérience classique de Huber en y apportant certaines modifications. Dans son jardin, au voisinage de son rucher, il disposa, sur une petite table, une assiette contenant de l’eau sucrée. Or, malgré la chaleur et la beauté de la journée, plusieurs heures se passèrent sans qu’une seule des mouches butineuses remarquât l’appât. Mais vers la fin de l’après-midi, une abeille vint voltiger par hasard aux alentours de l’assiette, puis se posant sur le bord du récipient com-
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- mença à absorber le nectar sucré. Mais le savant expérimentateur troubla la fête. S’armant d’un petit tamis de tulle troué au milieu, il immobilisa la bestiole afin de la marquer sur le dos à l’aide d’un pinceau trempé dans du vernis à l’alcool. Alors, sans se soucier de la marque ainsi apposée sur son thorax, l’insecte se remit à table, continuant à étancher sa soif et retourna ensuite vers son home. « D’après les recherches de von Frisch et d’après mes propres observations également, je savais, écrit le Dr Leuenberger, qu’aussitôt arrivée à sa ruche, mon abeille allait dégurgiter le liquide sucré au moyen de sa trompe pour le repasser à quelques compagnes, puis qu’elle exécuterait ensuite plusieurs tours de valse, les uns à la suite des autres afin de communiquer à ses sœurs, au moyen de ce langage apicole, qu’il y avait là-bas quelque chose à récolter et qu’aussitôt plusieurs abeilles de la même ruche allaient se mettre en quête de la source du nectar. » Toutefois ces dernières ne s’orientèrent pas bien, car au bout de plusieurs minutes l’abeille marquée de jaune revint s’attabler seule. « Alors, poursuit le savant apiculteur, entre les deux derniers anneaux de son abdomen, je vis s’ouvrir une fente au fond de laquelle on apercevait une tache claire, un pli de la peau humide et brillante : c’était la glande découverte par Nasanofî et dont von Frisch mit récemment en valeur l’utilité
- biologique ». Grâce à cet organe olfactif, que M. Leuenberger surnomme Y émetteur de T. S. F. des abeilles, l’intelligente mouche complète l'imperfection de son langage et de ses gestes. Elle envoie des «trains d’ondes », que seules peuvent capter les compagnes de son essaim, comme le prouvent les suites de l’expérience. Bientôt, en effet, une des rôdeuses vint se poser également sur le bord de l’assiette pour prendre sa part du festin. Le Dr Fritz Leuenberger la marqua de la même façon que la précédente et les deux abeilles regagnèrent directement leur demeure. Là, continuant leurs ébats chorégraphiques et distribuant aussi quelques gouttes du nectar sucré aux amies, elles engagèrent d’autres habitantes de la ruche à les suivre, si bien, qu’au bout d’une demi-heure, des centaines d’abeilles se trouvaient assemblées autour de la miellée artificielle. Mais, chose curieuse, des vingt populations composant le rucher de l’habile expérimentateur, une seule tribu prit part à ce « pillage ». Enfin, lorsque l’assiette fût vidée, le flot des convives cessa peu à peu, les tours de valse devant la demeure apicole s’arrêtèrent, les sans-filistes attablées rentrèrent leur « poste émetteur » dans les replis annulaires de leur abdomen, n’ayant plus besoin d’indiquer à leurs compagnes la position exacte de « l’hôtel » des ripailles défuntes !
- Sans décrire toutes les observations de von Frisch
- Fig. 4. — Une allée de ruches d’expériences.
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- Fig. 5. — L'entrée d’une ruche. A droite, quelques abeilles, l'abdomen relevé, l’organe spécial ouvert, sont en position d’ « émission ».
- et autres de ses émules, qui militent en faveur de T originale théorie du Dr Fritz Leuenberger, notons encore qu’elles démontrent d’abord que le sens de l’odorat réside dans leurs antennes. Mais ces savants entomologistes ont pu constater, en outre, que si les diligents hyménoptères ne perçoivent le parfum des fleurs qu’à une faible distance, il en va tout autrement pour l’odeur répandue par leur organe olfactif émetteur. Les abeilles sont, en effet, extraordinairement sensibles aux effluves parfumées de cette glande. Aussi le Dr Leuenberger pense « qu’il ne s’agit pas là d’un parfum ordinaire que l’on se représente comme une émission de substance matérielle s’évaporant facilement... mais bien d’un véritable rayonnement dont l’orgàne de. réception, chez les abeilles, ne serait pas leur organe olfactif ordinaire. »
- Du reste, l’extraordinaire glande, découverte par Naso-noff il y a près d’un demi-siècle, mais sans qu’il en devinât l’usage, ne sert pas seulement aux abeilles à goûter les
- LE FOUR ÉLECTRIQUE
- GÉNÉRALITÉS SUR LES FOURS ÉLECTRIQUES
- Sous le nom de fours électriques, on englobe un nombre très grand de dispositifs qui peuvent être classés en trois types principaux : les fours à résistance, les fours à arc et les fours à induction.
- Fours à résistance. — Dans les fours à résistance, le courant parcourt un fd de platine ou plus simplement de ferro-nickel enroulé en hélice autour du tube ou du creuset à chauffer et recouvert d’amiante. On fabrique aussi des résistances chauffantes en charbon ou en agglo-
- joies de la table, elle leur permet également de retrouv leur route. Quand, par exemple, les jeunes habitant d’une ruche sortent pour la première fois, on peut renia quer sur la planche de vol quelques-unes d’entre elle avec leur organe olfactif émetteur ouvert et la poin de leur abdomen relevée. Ces minuscules « radiotél graphistes» semblent vouloir envoyer des messages travers l’espace afin d’avertir leurs sœurs en train c butiner au loin et de les ramener sûrement au berça: De même, lorsque la reine d’un essaim sort pour se marn dans les airs, on observe, a .l’orifice du rucher, plusieu: de ses sujets lui prodiguer non seulement des marqœ d’amitié, mais faire, en outre, de la « radiogoniométrie au moyen de leur « poste émetteur » abdominal, ind quant ainsi à leur monarque la meilleure voie pour sc prompt retour, après son hyménée aérien.
- Jacques Boyer.
- A HAUTE FRÉQUENCI
- mérés dans lesquels une poudre métallique de fer, d .nickel ou de chrome est noyée dans de l’argile.réfractaire C’est sur ce principe que reposent les divers dispositif de chauffage utilisés pour les besoins domestiques fourneaux de cuisine, fers à repasser, chaufferette, et< Dans les radiateurs électriques, la résistance chauffant est noyée dans la silice fondue et rayonne à travers celle-c La température maxima qu’un four à résistante pei mette d’atteindre est d’environ 1200° et encore à condi tion d’utilisér des ferro-nickels résistant à de très haute températures, tels que ceux que prépare, sous la dési
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- Fig. 1. — Schéma du four à arc de Moissan.
- gnation R. N. C., la Société des Aciéries d’Imphy.
- Fours à arc.— On
- obtient des températures beaucoup plus élevées par l’emploi d’un arc électrique j aillissant dans une enceinte close au-dessus 1 de la surface à chauf-
- fer. La température de l’arc est voisine de 3500°,tempéra-ure de fusion du carbone. Aussi dans les fours à arc peut-in obtenir des températures de cet ordre de grandeur. Le Dur à arc est le modèle classique du four électrique, celui ju’a illustré le nom de Moissan à qui il a permis de pré-jarer un nombre très grand de corps nouveaux (fig. 1). Il i subi de nombreux perfectionnements depuis l’époque jù il a été mis au point par le célèbre chimiste. Mais son jrincipe est resté le même : on y retrouve toujours deux jges de charbon enfermées dans un creuset en matière efractaire, par exemple en chaux vive, entre lesquelles aillit un arc électrique traversé par un courant de grande atensité. C’est au moyen de fours de ce genre qu’on préare le carbure de calcium en traitant un mélange de baux et de charbon. Sous l’influence de la température pès élevée réalisée dans le creuset, le charbon attaque ji chaux, s’empare de son oxygène, tandis qu’un excès b charbon s’unit au calcium pour donner le carbure.
- C’est également au four électrique qu’on prépare ette substance très dure, si intéressante pour bien des pplications, que constitue le carborundum, en faisant gir le charbon sur la silice : à très haute température i charbon réduit la silice et se combine au silicium libéré our donner le carborundum.
- C’est encore au four électrique qu’on prépare l’alumi-ium et un grand nombre d’autres métaux : magnésium, llcium, cérium, etc., dont les applications se sont dès |rs multipliées. En faisant éclater l’arc électrique dans bir sous des conditions convenables, on obtient l’acide ftrique servant à préparer les nitrates si précieux à agriculture. Le four à arc a été jusqu’ici l’appareil de ioix pour la grande industrie chimique dont il a permis p renouveler bien des fabrications. Mais il présente
- Ig. 3. — Schéma du montage de l’installation à étincelles utilisée par j professeur Ribaud pour la production de courants à haute fréquence• i Tj et T2, transformateurs ; S, self induction; C, condensateur;
- E, éclateur tournant.
- un inconvénient très gênant dans bien des cas. Toutes les réactions s’y effectuent en présence de vapeurs de carbone et les produits obtenus sont toujours souillés par cet élément. Il est impossible, en particulier, d’obtenir des métaux purs pourtant si intéressants pour bien des applications.
- Fours à induction. — Mais il existe un troisième modèle de four basé sur un principe tout différent. Son fonctionnement repose sur le phénomène de l’induction électromagnétique dont la découverte il y a cent ans, par le génie de Faraday, a rénové la science électrique en permettant l’invention de la dynamo : toute variation de courant dans un circuit engendre dans un circuit voisin, ou simplement dans toute masse conductrice voisine, des courants, dits courants induits, dont l’intensité est d’autant plus grande que le courant principal varie plus rapidement.
- C’est cette propriété qui est mise à profit sous des formes diverses dans les fours dits à induction. Les premiers modèles de fours à induction utilisaient du courant alternatif ordinaire à basse fréquence, mais depuis quelques années on tend à leur substituer des fours alimentés par des courants à haute fréquence analogues à ceux qu’utilise la T. S. F.
- Les fours à induction à haute fréquence comportent essentiellement une spirale parcourue par ùn courant alternatif de haute fréquence, donc très rapidement variable. La matière à chauffer est disposée dans un creuset situé au centre de la spirale et convenablement calorifugé pour éviter les pertes de chaleur. Pourvu que la substance soit conductrice, elle est le siège de courants induits très intenses qui permettent de la porter à une température élevée. S’il s’agit de chauffer une matière non conductrice de l’électricité, on la dispose dans un creuset métallique, en acier par exemple : les courants induits se produisent alors dans la paroi même du creuset qui s’échauffe et élève la température des substances qu’il contient.
- Nous nous proposons dans cet article d’indiquer l’état actuel du four électrique à haute fréquence et de signaler les possibilités très intéressantes qu’il offre pour un grand nombre d’applications.
- LE DÉVELOPPEMENT DU FOUR ÉLECTRIQUE A HAUTE FRÉQUENCE
- Le four électrique à haute fréquence imaginé pour la première fois en France, comme en fait foi un brevet pris en. 1905 par les établissements Schneider, ne reçut aucun développement jusqu’en 1916, époque à laquelle le technicien américain Northrup reprit la question. En
- Fig. 2. — Schéma indiquant le principe d’un four haute fréquence à étincelle.
- C, condensateur; E, éclateur; S, circuit d’alimentation constituant une bobine de self-induction. R, et R2 résistances de réglage ; F, creuset contenant le métal à fondre.
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- France, aussitôt après la guerre, M. Ribaud, professeur à la Faculté des Sciences de Strasbourg, et M. Dufour, professeur à la Sorbonne, étudièrent indépendamment l’un de l’autre les moyens de réaliser pratiquement le chauffage électrique par courants de haute fréquence. Ces physiciens arrivèrent presque simultanément à des solutions intéressantes. Vers 1920, les premiers modèles de ces fours étaient utilisés dans les laboratoires. Vers 1923-1924, ils commencèrent à pénétrer dans l’industrie grâce surtout aux efforts de M. Ribaud qui a fait preuve dans ces recherches difficiles d’un remarquable sens des nécessités industrielles. On verra dans la suite de cet article combien sont déjà importants les services rendus par les fours à induction à courant de haute fréquence.
- Pour produire les courants à haute fréquence destinés
- Fig. 5. — Photographie représentant l'installation d’un four à étincelles de 75 kilowatts alimenté en courant triphasé.
- à l’alimentation du four, on pourrait utiliser l’une quelconque des méthodes qui servent en T. S. F. à engendrer dans le circuit de l’antenne les courants de haute fréquence destinés à l’émission des ondes hertziennes. Pratiquement, il existe deux modèles de four à haute fréquence : les fours à étincelles et les fours à alternateurs.
- Fours à étincelles. — Les fours à étincelles (fig. 2) sont alimentés par une capacité C qui, chargée au moyen d’un transformateur, se décharge à intervalles de temps plus ou moins réguliers à travers un éclateur E dans le circuit d’alimentation du four S. Chaque décharge est constituée par un train d’oscillations amorties, en sorte que le circuit d’alimentation du four est parcouru, à intervalles de temps plus ou moins réguliers, par des séries de courants à haute fréquence d’amplitude rapidement amortie.
- Les divers modèles de fours construits sur ce principe différent surtout par la nature de l’éclateur utilisé, les autres organes de réglage ne jouant qu’un rôle secondaire. Un bon éclateur doit permettre la mise en œuvre de
- Couvercle réfractaire calorifuge
- Blocage __ réfractaire Creuset _ calorifuge
- Tube isolant
- Cale isolante Crochetât suspensfoi
- Carter
- Enroulemî
- inducteur
- Prise de courant
- ||p^ -Plaque isolanft tBâti support
- Fig. 4. —• Schéma montrant les diverses parties d'un four à haute fréquence du professeur Ribaud.
- grandes puissances, posséder un bon rendement, c’^ à-dire n’avoir qu’une très faible résistance d’étince et ne pas trop abaisser le facteur de puissance du < cuit. La plupart des éclateurs fixes, quoique parfois t ingénieux, présentent l’inconvénient d’avoir un mauv facteur de puissance. Les éclateurs tournants que M. ’ baud a préconisés dès le début de ses recherches ont contraire permis sans difficultés la réalisation de pi sances qui ont atteint 50 kilowatts en courant monoph; et pourraient être aisément dépassées; leur renderm est au moins égal à celui des éclateurs fixes et en régli convenablement le nombre des étincelles par alternai et des caractéristiques du circuit de charge, on p< obtenir un facteur de puissance atteignant facilerm 0,8.
- Comme la plupart des réseaux triphasés ne tolèr< sur une seule phase qu’une puissance réduite, il a fa imaginer des dispositifs permettant d’alimenter un éc teur tournant sur courant triphasé. Les divers montai qui ont été imaginés à cet effet constituent en somme tr
- Fig. 6. — Installation d’un four à alternateur pour la fusion de 250 kg d’alliages.
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- pe d’un four à haute fréquence pour la fusion de la silice sur moule.
- 1 Boîtier isolant; B, Sphère de aphite; C, Câble; D, Enroulement ! inducteur.
- groupes monophasés débita n t successivement dans un même enroulement de four.
- La Société générale d’applications électrothermiques a établi sur ce principe de nombreuses installations dont plusieurs groupes de 75 kilowatts qui semblent constituer les plus importantes unités à haute fréquence à étincelles actuellement en service industriel. On pour-
- lit d’ailleurs sans difficultés mettre sur pied is groupes monophasés ou triphasés de plus *ande puissance, mais le prix de ces groupes étincelles à partir de 100 kilowatts devient imparable à celui d’installations de même
- 9. — Vue montrant le début de l’opération de l'étirage e la silice fondue à la Sortie d’un four à haute fréquence.
- (Cliché delà Maison Quartz et Silice.)
- puissance alimentées par alternateurs, et leur emploi ne se justifie plus.
- Fours à alternateurs. — Les alternateurs pour courants de haute fréquence, qui ont fait de très grands progrès depuis leur emploi à l’émission d’ondes entretenues dans les postes de T. S. F. de grande puissance, conviennent parfaitement à l’alimentation des fours à haute fréquence. Ils permettent notamment l’emploi de tensions moins élevées entraînant ainsi un accroissement
- Fig. 8. — Vue montrant la fabrication d’un tube de silice par étirage d’un lingot. (Cliché de la Maison Quartz et Silice.)
- de sécurité pour le personnel et des facilités plus grandes dans la réalisation de l’isolement des spires de l’enroulement. Ils donnent de meilleurs rendements, en particulier pour le chauffage d’alliages très conducteurs, grâce à la suppression de la résistance de l’étincelle.
- APPLICATIONS INDUSTRIELLES DU FOUR A HAUTE FREQUENCE
- Bien que d’invention récente, le four à haute fréquence a déjà fourni d’importantes applications industrielles.
- Fusion industrielle de la silice. — La « Société Quartz et Silice » a réussi à adapter d’une manière parfaite l’emploi du four à haute fréquence à ses fabrications. La figure 7 indique sous forme schématique le principe utilisé pour la fusion de la silice sur moule. Une sphère de graphite B, noyée dans une masse de sable C, est chauffée par induction à une température qui atteint aisément 2000° C ; la masse de sable entourant la sphère est portée à la fusion et donne, après refroidissement, une pièce constituée par une sphère de graphite entourée d’une sphère creuse de silice fondue. On découpe cette sphère par un jet de sable de manière à obtenir deux coupes hémisphériques, et le moule en graphite peut servir à nouveau. Ce procédé est employé à la fabrication de supports électriques pour haute tension, de creusets, etc. La forme en graphite B comporte un trou permettant
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- l’échappement des gaz et une tige destinée à retirer le moule en lin d’opération.
- Le four haute fréquence permet également de fondre la silice dans un creuset de graphite, fournissant ainsi un produit entièrement fondu et vitreux qui peut être retiré du four et travaillé à la presse, ou encore étiré et filé. On peut aussi obtenir des tiges et des tubes de profils variés et de toutes sections, en sorte que les objets en silice fondue sont maintenant devenus d’usage courant dans tous les laboratoires où ils sont précieux à bien des
- Fig. 11. — InsiaUaiion d’un four haute fréquence pour laboratoire destiné à la fusion des métaux. (Cliché de la Société générale d’Applications électrothermiques.)
- égards, la silice étant absolument inattaquable à tous les réactifs et permettant l’utilisation des rayons ultras violets auxquels le verre de silice est particulièrement transparent.
- Les diverses installations delà Société Quartz et Silice sont alimentées par des groupes à étincelles dont la puissance unitaire est d’environ 50 kilowatts.
- Applications à la métallurgie. — Le four à haute fréquence constitue un appareil de choix pour l’obtention d’alliages à partir de leurs constituants. Il fournit des lingots très homogènes dans un grand état de pureté; il permet d’ailleurs très simplement d’opérer la fusion dans le vide ou dans une atmosphère inerte.
- 11 se prête tout particulièrement à l’affinage de l’acier. Les modèles de fours existants permettent d’opérer dans d’excellentes conditions l'affinage de 40 à 50 kilogrammes de métal et d’obtenir non seulement le fer, mais encore le ferro-chrome dont la préparation par les anciens procédés se heurte à des difficultés très sérieuses.
- La désoxydation du fer par les agents réducteurs habituels (silicium, manganèse, aluminium) s’effectue également avec une rapidité qu’on n’atteint dans aucun autre type de four; si l’on ajoute au métal ainsi obtenu les teneurs normales de manganèse et de silicium, on peut être assuré que ces additions fournissent réellement des alliages et ne restent pas dans l’acier sous forme oxydée.
- Dans le four à haute fréquence, les matières fondues sont soumises à un brassage énergique par suite des
- Fig. 10. •— Installation d’un four haute fréquence de 250 kg d’une puissance de 150 kw destiné à une aciérie. Elle permet de fondre de l’acier demi-doux auec une consommation de 700 kilowatts-heure par tonne. (Cliché de la Société générale d’Applications électrothermiques.)
- forces électro-magnétiques qui s’exercent dans leur masse. Cette particularité fait que ce modèle de four se prête tout particulièrement à la préparation des aciers à forte
- Fig. 12. — Installation d’un four haute fréquence pour laboratoire alimentant un four spécial destiné aux essais d’écrasement sous charge des matériaux réfractaires à haute température. (Cliché de la Société générale d’Applications électrothermiques.)
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- teneur en carbone. Pour cette fabrication, après enlèvement du laitier phosphoreux, on jette sur le bain des morceaux de charbon et on recouvre de laitier (chaux, spath-fluor, charbon). Le mouvement du bain amène au contact du charbon des couches de métal constamment renouvelées et les oxydes sont réduits. Les aciers ainsi obtenus ont été soumis à des essais de trempe et comparés à des aciers de même composition préparés au creuset d’argile, au creuset de graphite et au four électrique ; ces essais ont révélé que les aciers provenant des fours à haute fréquence sont comparables aux meilleurs aciers, même aux aciers au creuset.
- Pour les applications à la métallurgie, on emploie selon les cas, soit les fours à étincelles, soit les fours à alternateurs.
- Parmi les plus importantes installations à étincelles destinées au traitement métallurgique, il convient de citer les groupes triphasés de 75 kilowatts mis en service par la Société générale d’applications électrothermiques aux Aciéries réunies de Bürbach-Eieh-Dudelange, à Dommeldange, et aux Aciéries de Firminy, qui permettent en une seule coulée l’obtention de lingots d’acier dépassant 50 kilogrammes.
- Dans certains cas, on dispose côte à côte des installations à étincelles de puissance unitaire relativement faible.
- On peut citer comme exemple de telles installations : celle d’une usine anglaise du comté de Stafford où l’on a été amené à produire plusieurs tonnes d’un alliage fer-nickel de haute perméabilité magnétique (Mumetall) destiné aux câbles sous-marins, au moyen d’une batterie de 42 fours de 35 kilovolt-ampères fournissant chacun 9 kilogrammes par coulée.
- Mais on tend de plus en plus aujourd’hui vers l’emploi de fours de grande puissance alimentés par des alternateurs. Ainsi existe-t-il aux Etats-Unis une installation comportant deux alternateurs de 600 kilowatts qui alimentent 12 fours consommant 100 kilowatts et recevant chacun une charge de 270 kilogrammes de métal.
- COMPARAISON ENTRE LE FOUR A HAUTE FRÉQUENCE ET LES AUTRES MODES DE CHAUFFAGE INDUSTRIEL
- Sans insister sur la comparaison des fours à haute fréquence avec les fours chauffés au charbon, aux huiles lourdes ou au gaz, il n’en convient pas moins de signaler que le four à haute fréquence présente l’avantage de fournir des produits plus purs, non contaminés par les vapeurs sulfureuses ou autres, plus homogènes, plus constants, la température pouvant être réglée avec toute la précision désirable. Les dépenses relatives à l’entretien du four et à la main-d’œuvre nécessaire à sa manutention sont nettement plus faibles. En revanche, il convient de compter sur des frais d’installation plus élevés.
- En ce qui concerne les fours électriques, il ne semble pas davantage utile de comparer les fours à haute fréquence avec les fours à résistance chauffante dont les rendements sont toujours médiocres et qui ne permettent de réaliser que des températures assez basses. Jusqu’ici le véritable four électrique industriel était le four à arc dont le principal inconvénient est constitué par la présence d’électrodes en charbon qui souillent toujours les produits traités et empêchent de les.obtenir à l’état de pureté. Les fours à haute fréquence, qui ne comportent aucune électrode permettent la préparation d’aciers doux et d’alliages les plus divers à peu près complètement exempts de carbone.
- « Il semble bien, écrivait récemment M. Ribaud, que le four à haute fréquence ne soit pas appelé avant longtemps à supplanter le four à arc pour la plupart des opérations métallurgiques courantes, mais doive par contre lui être substitué pour toutes les préparations d’alliages dans de grandes conditions de pureté ou d’homogénéité. »
- Et le même auteur concluait : « Le four à haute fréquence est appelé au plus grand avenir, non seulement* dans les divers domaines métallurgiques, où il s’est acquis dès maintenant une place honorable, mais également dans des domaines extrêmement variés, où sa souplesse d’emploi en fait un instrument très précieux. »
- A. Boutaric.
- L’ORIENTATION DES FOURMIS
- L’article de M. le DT Icard paru dans le numéro de La Nature du 15 novembre dernier a suscité deux notes, l’une de M. le Dr Rabaud, professeur à la Sorbonne, l’autre de M. Cornetz, bibliothécaire de la Ville d’Alger, tous deux expérimentateurs connus de la biologie des insectes.
- Nous les publions ici.
- Le numéro de la Nature du 15 novembre 1930 renferme un article du Dr Icard sur l’orientation des Fourmis, qui est de nature à surprendre quiconque est au courant de la question.
- M. Icard se donne beaucoup de mal pour montrer que la lumière solaire sert de repère à certaines Fourmis et les main-
- tient dans une direction donnée. Les expériences ne manquent pas d’ingéniosité; mais elles ne fournissent pas une démonstration décisive : les insectes mis en expérience subissent des manipulations diverses, et rien ne prouve que les dispositifs utilisés ne modifient qu’une seule variable, l’éclairement. M. Icard aurait pris beaucoup moins de peine et aurait peut-être fait avancer la question, s’il s’était, au préalable, documenté. Sa bibliothèque paraît limitée au petit livre de Cornetz sur les Explorations des Fourmis. Les travaux de Cornetz sont, en tous points, remarquables; mais ils ne sont pas les seuls. Le Dr Santsclii, notamment, a démontré, sans discussion possible, le rôle du soleil. Santschi ne touche pas aux Fourmis, il n’introduit donc aucune cause d’erreur : il se borne à déplacer le soleil à l’aide d’un miroir; il modifie ainsi, à volonté, la
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- marche des Fourmis, L’analyse de Santschi, très pénétrante, ne laisse aucun doute, et il serait souverainement injuste de laisser tomber dans l’oubli ces expériences — d’autres encore — qui ont augmenté et précisé nos connaissances sur l’orientation des Fourmis.
- Etienne Rabaud, Professeur à la Sorbonne.
- Il
- Ayant lu avec grand intérêt dans la Nature du 15 novembre 1930, les expériences du Dr Séverin Icard, faites avec des fourmis, je vous prie de bien vouloir insérer les lignes suivantes. Ces expériences sont remarquablement bien conduites, avec une très grande précision, mais quelques remarques s’imposent L’auteur dit que ses observations viennent à l’appui d’une hypothèse de l’orientation par le soleil. Il n’y a pas là une hypothèse, mais une certitude. A l’époque.où mes premières observations avaient attiré l’attention des myrmé-cologues, l’un des plus éminents d’entre eux, le Dr Santschi (de Kairouan), a montré le rôle de ce puissant centre lumineux qu’est le soleil par une expérience positive. C’est celle du « miroir de Santschi ». Elle est reproduite à la page 93 de mon petit ouvrage intitulé « Les Explorations et les Voyages des Fourmis » (Flammarion, 1914). En plus, Santschi montre comment l’œil à facettes d’une fourmi sert à utiliser la vue d’un centre lumineux. Ensuite, par une hypothèse beaucoup plus récente, que je n’hésite pas à qualifier de géniale, Santschi pense que lorsque l’on a éliminé tous les excitants extérieurs, par transport de fourmis, etc., il reste encore à une fourmi même sans vue distincte (Messor, Tapinoma) la vue hypermétrope des étoiles en plein jour. Son idée est très belle, mais on n’a pas encore d’expérience positive à ce sujet. Quand une fourmi qui ne suit pas une piste odorante, un « chemin de fourmis », marche au soleil, ce renseignement prédomine sur tout autre, qu’il soit externe, ou interne (mémoire). Mais, dans la nature, une telle fourmi passant d’un endroit ensoleillé sur une plage d’ombre portée par des arbres, par un mur, par un écran opaque vertical disposé immobile et latéralement, n’a ni arrêt ni hésitation; sa direction reste la même quoique la vitesse de sa marche baisse quelque peu par suite de la différence de température entre les deux endroits. Le renseignement par le soleil est donc « surajouté », mais quand on fait tourner une fourmi au soleil, il domine tout. Il faut faire tourner l’insecte à l’ombre. Je ne dis pas « dans l’obscurité», car pour les espèces exclusivement diurnes la mise dans l’obscurité (boîtes, couvercles, tubes opaques, etc.) provoque une perturbation, un choc émotif. Mais avec la petite fourmi noire si commune (Tapinoma), qui par les étés chauds se manifeste aussi bien nocturne que diurne, les diverses expériences réussissent fort bien (‘).
- Le très intéressant travail de votre savant collaborateur contient une remarque très judicieuse à propos de ce que j’ai nommé jadis « sens des angles » ou « sens de l’angulation ». A l’époque, je në connaissais pas ce qu’avaient écrit sur l’orientation en général l’Autrichien Siegmund Exner et le Français Pierre Bonnier. Je n’emploie plus le terme susdit qui est mauvais, mâis je dis « faculté d’Exner », pour abréger. Exner a dit : « Tous les êtres vivants ont la sensation — et la mémoire — de la position dans l’espace du plan médian de leur cSrps » (1 2). Le Dr S. Icard fait voir très bien que la fourmi ne totalise pas
- 1. Voir La Feuille des naturalistes, n° 34, décembre 1926, Paris, Chiron, éd. V. Cornetz. Une vieille expérience avec les fourmis. Il s’agit là de l’expérience de Bonnet : rupture de piste odorante.
- 2. Voir Journal de Psychologie, 15 mai 1929, p. 354. Je montre là la nuance entre « ombre » et « obscurité » pour la fourmi, à la page 371.
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- les déplacements angulaires qu’on lui fait faire. Comme on va le voir, il arrive qu’à l’ombre elle ne le fasse pas non plus. Mais tout cela n’implique pas qu’elle n’ait pas sensation et mémoire de déplacements angulaires « faits par elle-même » dans la nature. Je pense que les fourmis ont à un haut degré la faculté d’Exner, mais cette idée n’est qu’une analogie avec les animaux dits supérieurs.
- Voici un exemple pratique qui corrobore à l’ombre ce qu’écrit le Dr S. Icard à propos de mon ancien terme « sens des angles ».
- Henri Piéron (1904) avait donc fait passer sur un support une fourmi isolée marchant vers la région de son gîte, par exemple avec direction ouest et avait constaté que porté autre part, sur terrain similaire, l’insecte continue dans le même sens. Mais l’expérience ainsi faite échoue bien souvent, car il y a perturbation, choc émotif, etc... Quoique ne connaissant à peu près rien des fourmis à cette époque (1909), je m’aperçus tout de suite qu’une fourmi portant un aliment devient comme insensible à ce qui se passe autour d’elle. On dirait qu’elle n’a qu’une idée : rapporter la provende au gîte. Or, la fourmi de Piéron, quand il la prenait, ne suivait pas une piste odorante; alors, pensant à voir ce qui pourrait bien arriver en prenant une fourmi du type « odorant » sur un « chemin » de fourmis, j’ai choisi des insectes rapportant des graines pour faire le transport latéral (').
- Ce fut ma première expérience de transport de Piéron (Mémoires de l’Institut général psychologique, 1910, p. 35). Dans ces conditions, l’expérience ne réussit pas à coup sûr et il faut choisir de grands individus, mais avec les espèces M essor, fourmi granivore que l’on trouve facilement dans le Midi de la France, on aura un grand pourcentage de réussite.
- Sur un «chemin» de Messor barbarus qu’on aura découvert, les insectes vont et viennent nombreux. Comme toujours la piste est bien droite; elle est dirigée par exemple ouest pour les fourmis rapportant des graines d’avoine. Cette piste très odorante, large de 2 à 3 doigts, passe sur des endroits ensoleillés et sur des plages d’ombres portées. Là la vitesse de marche diminue un peu, la terre n’est pas trop chaude au soleil. On prend délicatement par la pointe d’une graine un insecte qui y reste agrippé et on le pose latéralement à plus d’un mètre de la piste, mais toujours sur une plage d’ombre. La fourmi tourne sur elle-même plus ou moins longtemps, puis marche « parallèlement » à la piste, direction ouest. Ainsi ni la piste odorante, ni le soleil ne sont des nécessités ! C’est plus étonnant que pour la fourmi de Piéron. Mais ce n’est qu’une expérience liar « élimination »; elle montre qu’il y a autre chose, une ou plusieurs inconnues. Ce qui confirme les faits si bien observés au soleil par votre collaborateur, c’est que la fourmi ne totalise pas, en effet. Si je la pose la tête vers le sud, il arrive qu’elle compense l’angle droit en sens inverse, avant de prendre sa marche parallèle, mais il arrive le plus souvent qu’elle tourne auparavant plusieurs fois sur elle-même. Si par contre je fais en la transportant plusieurs tours sur moi-même, lentement, il arrive qu’elle se replace de suite dans la direction ouest comme elle peut tourner dans un sens ou dans l’autre avant de le faire. Elle n’a pas l’air de ten r compte des conversions que je lui ai fait faire. Un fait reste, la marche parallèle à l’ombre; quittant le domaine des faits et entrant dans celui des formules, j’ai dit à l’époque : on dirait qu’il y a une quantité d’« énergie dirigée » qui entraîne l’insecte dans le sens ouest, donc un vecteur, en mécanique on dit une force. En effet, si on dépose la fourmi à 15, 20, 30 centimètres latéralement et
- 1. Voir Mercure de France, 16 février 1914, p. 711, note 2. Dans un article intitulé « Utilité de l’observation des insectes » je fais voir qu’il faut toujours soigneusement vérifier les différences de température qui se produisent avec les expériences de -fourmis Tapinoma mises sous couvercle opaque.
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- = 30 ...—.......=
- sans vent, la forte odeur de piste et des congénères produit son effet : l’insecte retourne à la piste, mais toujours par un biais. Or le tropisme olfactif de la piste, agissant seul, ramènerait la fourmi par le plus court, perpendiculairement à cette piste. Ce biais a l’apparence d’une résultante de deux vecteurs. Il y aurait donc une composante ouest. Quelle est sa nature ? Il y a là matière à réflexions !
- Une dernière remarque pour finir. Votre collaborateur écrit page 452, p-emive colonne 3n haut du numéro de La Nature du 15 novtrabre 1930, que j’ai établi une « loi » de constance de l’orientation. C est le seul mot où il ne me cite pas exactement. Par ailleurs il m’a toujours remarquablement bien compris et cité. Je suis presque sûr de n’avoir jamais dit une « loi » mais toujours une « règle ». C’est important. Les fourmis ne sont pas comme les gouttes d’eau d’un jet d’eau parties d’un orifice. Dans ce dernier cas, il y a une loi. L’éminent myrme-cologue Dr Brun (Zurich) ayant observé d’autres espèces de fourmis a écrit « la règle de voyage de Cornetz est vérifiée
- en général ». J’insiste sur ce « en général ». J’ai établi statisti' quement une règle de constance chez la fourmi exploratrice» chez l’insecte qui s’en va seul à la découverte de provende, mais cela pour quelques espèces seulement. Les Messor, les Tapinoma, espèces sans vue distincte, tâtonnant à l’aveuglette avec leurs antennes pour retrouver une graine ronde et lisse qui échappe plusieurs fois à leur prise, se conforment le mieux à cette règle (voir V. Cornetz, Les Explorations, etc., ibid., p. 79, fîg. 35). Mais il y a des exceptions (voir Journal de Psychologie, ibid., le dessin, p. 395).
- Je pourrais montrer comment se pose aujourd’hui le problème de la fourmi exploratrice ainsi que les nombreuses expériences qui seraient à faire, facilement, en vacances d’été, dans le midi de la France, mais je crains qu’un tel sujet n’intéresse qu’un nombre bien minime de lecteurs.
- V. Cornetz,
- Bibliothécaire de la Ville d’Alger.
- L’INDUSTRIE DU CAVIAR
- Tout le monde connaît le caviar, sinon pour y avoir goûté, du moins pour l’avoir vu exposé dans les vitrines des commerçants spécialisés d.ans ce produit qui semble gagner chaque jour davantage les faveurs des bonnes cartes et des gourmets avertis.
- Il semble que l’on connaît moins l’origine et la préparation de ce condiment de luxe, aussi avons-nous cru intéressant d’en faire un rapide exposé.
- Constatons tout d’abord que le caviar est composé des œufs de l’esturgeon, poisson de l’ordre des Ganoïdes et comprenant entre autres : le Grand esturgeon ou Béluga ; l’esturgeon du Volga ou Sevruga e-t l’esturgeon Osetr.
- Toutes ces variétés sont des poissons de mer'qui viennent frayer dans les eaux douces, comme font chez nous les saumons et les aloses, pour réaliser sur des fonds convenables les meilleures conditions pour l’éclosion des œufs et le développement des alevins. C’est alors que les pêcheurs viennent leur tendre leurs engins pour les capturer.
- Cette capture se pratique dans des centres de pêche situés en Amérique, en Asie et en Europe. Parmi ces centres, ceux de la région Caspienne sont de beaucoup les plus remarquables, tant par la quantité que par la qualité des poissons que l’on y pêche chaque année.
- Ainsi qu’a bien voulu nous le dire M. R. Brunerye, l’aimable directeur de la « Romanoff Caviar Cie », à qui nous devons, du reste, toute notre documentation, la façon dont on pêche les grands poissons dépend de la profondeur des eaux et de la rapidité des courants.
- Aux embouchures et dans la mer où il y a peu ou point de courant, on se sert de fortes lignes armées d’hameçons, ou de fdets dont les mailles sont plus ou moins grandes selon la variété des poissons qu’on veut atteindre et dont les dimensions sont calculées d’après les profondeurs et les emplacements.
- Dans les eaux peu profondes, on pêche surtout au crochet. On tend sur une longueur de 100 à 200 mètres, sous
- les eaux, un câble auquel sont attachées de solides cordes de 0 m 75, espacées de 0 m 50, munies à leur extrémité d’hameçons aigus d’environ 15 à 20 cm de longueur sur 3 mm de filière, auxquels l’esturgeon s’accroche au passage.
- Si le courant est très fort, la pêche aux hameçons se pratique d’une autre manière. On attache, du bord de la rivière, le câble principal au milieu du courant, ou bien on le fixe en pleine eau avec des ancres. On repère les extrémités de ce câble avec des bouées, et on le charge dans sa longueur avec des pierres, des masses de plomb. En soulevant de proche en proche sur un bateau le câble développé en demi-cercle par le courant, on y fixe les cordes portant les hameçons, toujours à des intervalles de 50 cm, chaque hameçon étant maintenu à la surface de l’eau par un flotteur. Les poissons sont ainsi accrochés dans leur course par les pointes effilées.
- Pour la pêche au filet dont les maillons, nous l’avons dit, correspondent à la grosseur du poisson que l’on recherche, on descend le filet du bateau en l’opposant au courant ; les lièges fixés à son bord supérieur indiquent sa position aux pêcheurs qui le surveillent.
- Dès qu’un poisson s’est pris aux mailles, le pêcheur s’en aperçoit à la danse des flotteurs et la proie est saisie et arrimée à l’aide d’un harpon.
- Dans les fleuves de la mer Caspienne, la pêche au filet est très importante, pendant la période où les esturgeons viennent frayer. Il est nécessaire que le filet soit très solide pour retenir même les grands bélugas. Les pêcheurs du Volga et de la Kura emploient des filets dont la longueur atteint 1000 mètres et qui sont servis par trente ou quarante hommes.
- Signalons encore un autre mode de pêche pratiqué par les Cosaques de l’Oural (affluent de la mer Caspienne). Pour éviter la destruction on a établi des lois très sévères. Ainsi, il est interdit aux navires et particulièrement aux vapeurs de traverser le fleuve, et la pêche à laquelle
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- toute la population prend part n’est ouverte que pendant quinze jours, deux fois l’an.
- La première période a lieu en automne et on pêche au moyen de filets courts, ainsi que dans les autres affluents de la mer Caspienne. Comme plusieurs centaines de barques prennent part à cette pêche, les filets se suivent de très près.
- La pêche d’hiver se fait sous la glace. Les Cosaques attendent en grand nombre avec leurs harpons au bord de la rivière le signal donné par un coup de canon. Chacun pique son engin dans la glace pour harponner les esturgeons qui sont rejetés sur le glacis. Les femmes et les enfants des pêcheurs les ont accompagnés avec des traîneaux portant leur tente et leur matériel de cuisine.
- Le poisson est acheté aussitôt par des marchands, accourus eux aussi à la curée, et ayant amené sur des traîneaux tout ce qui est nécessaire à la préparation du caviar. La chair des esturgeons est débitée sur les marchés des villes voisines. Parmi ces esturgeons, certaines pièces atteignent une longueur de 4 mètres et un poids de 1200 kilogrammes, donnant jusqu’à 10 pouds (160 kg 380) de caviar, soit un rendement commercial de 35 à 40 000 francs.
- Dans la mer Caspienne on trouve des poissons de 2 m et de 200 kg, ainsi que d’autres de dimensions et de poids plus modestes.
- LA PRÉPARATION DU CAVIAR
- C’est le caviar du grand esturgeon qui est le meilleur et le plus cher, car ses œufs sont volumineux et donnent un produit à gros grains. Aussi le prépare-t-on séparément, tandis que les œufs des autres espèces sont généralement mélangés.
- Suivant la qualité des œufs de poissons et le mode de préparation qu’on leur applique, on trouve différentes sortes de caviar dans le commerce.
- Le caviar frais, grenu, est préparé avec des œufs de femelle du grand esturgeon.
- On commence par tuer la bête en lui appliquant un coup sur la tête, puis on la place sur le bord d’un tamis installé au-dessus d’une cuve. Ce tamis quadrangulaire comporte quatre bords entre lesquels est tendu un filet de gros fil, sans nœuds, avec des mailles distantes entre elles d’environ trois millimètres.
- On ouvre ensuite le ventre du poisson avec un couteau tranchant. On enlève les œufs qui ont la forme de grains réunis entre eux au moyen d’un tissu, pour les placer sur le tamis dont nous venons de parler. On frotte alors avec la paume de la main, afin de séparer et retenir les particules de graisse et de tissu conjonctif qui sont mélangées aux œufs. Au fur et à mesure que les œufs se séparent, ils tombent à travers les mailles du tamis. Dès qu’on a fini avec une portion, on les jette dans un seau qui se trouve près de la cuve.
- L’opérateur doit avoir soin de ne pas frotter le tissu trop brutalement, car il risquerait d’endommager les œufs et le caviar n’aurait pas une apparence régulière.
- Lorsqu’on a passé les œufs, on les remet dans la cuve pour les saler : en été, il faut une plus forte proportion de sel qu’en automne ou au printemps.
- ..1 31 ==
- On mélange bien le sel et les œufs en se servant d’une spatule en bois ; on laisse le mélange dans la cuve de cinq à huit minutes, pour l’enlever, portion par portion, le verser sur un tamis en fil de fer à mailles fines et enfin le décanter. Aussitôt décanté, on met le caviar dans des bocaux ou des tonnelets faits de bois de tilleul ou de chêne que l’on garde dans des endroits bien frais.
- Le caviar ainsi préparé est principalement consommé sur place. Celui qui est destiné à l’exportation est soumis à un salage plus prolongé et on le fabrique d’une manière quelque peu différente.
- On n’emploie pas de sel sec, mais une solution, très-concentrée de sel marin que l’on verse dans la cuve avec les œufs et qu’on fait passer au tamis comme ci-dessus. On laisse les œufs pendant plusieurs minutes dans la solution, jusqu’à ce que les grains deviennent plutôt rudes au toucher et fassent entendre, lorsqu’on les frotte les uns contre les autres, un léger bruit sec, semblable à celui que produisent les graines.
- L’opération exige un doigté spécial, car on risquerait facilement de trop saler le produit. Les œufs nagent dans la solution d’où on les enlève avec des tamis. On les laisse égoutter jusqu’à ce qu’ils soient complètement secs. On les verse alors directement dans les récipients, généralement des boîtes rondes de fer-blanc.
- Ce caviar a un goût plus salé que le caviar frais, mais il a un meilleur aspect, car les grains sont séparés les uns des autres, et on peut le garder sans préjudice pendant une période plus longue. On garnit les boîtes de couvercles étanches, munis intérieurement de bandes de caoutchouc.
- Enfin, on fabrique aussi du caviar pressé. On nettoie les œufs, comme nous l’avons indiqué plus haut, puis on le place dans de la saumure chaude où il séjourne un laps de temps qui dépend de la saison et de la qualité des œufs. Dans tous les cas, on les laisse un peu plus longtemps que pour les préparations précédentes, afin de les faire durcir davantage, non cependant au point qu’on ne puisse les écraser sous les doigts.
- On les passe ensuite dans des sacs de toile et on les soumet à l’action d’une presse, jusqu’à ce que la saumure soit complètement exprimée et que les grains ne présentent plus qu’une masse compacte. On met cette masse dans des tonnelets tapissés à l’intérieur d’un linge damassé. On presse la masse dans ces petits tonneaux soit avec les mains, soit avec des bâtons.
- Le caviar pressé a le même goût délicieux, le même arôme délicat que le caviar régulier. Afin d’empêcher le produit de se sécher, on l’enveloppe entièrement de papier huilé.
- Notons en passant que dans cette dernière prépara* tion la perte de poids est environ de 30 pour 100. Comme le prix du « gros grain » est très élevé on a cherché ces derniers temps à atténuer la déperdition de poids. A cet effet, au lieu de soumettre les sacs de caviar à la presse, on les suspend simplement jusqu’à l’écoulement complet de la saumure. Le produit ainsi obtenu est plus mou que celui qui sort de la presse, mais les consommateurs s’y habituent assez facilement.
- Mais direz-vous, une fois débarrassé de ces œufs, que devient donc l’esturgeon lui-même ?
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- Fig. 1. — Un esturgeon de 60 livres à côté d’un esturgeon de 800 livres. (Cette photographie a été prise dans une pêcherie de l’Amour inférieur et montre les 2 variétés d’esturgeon de l’Amour, en général peu connues, l’Ostr et le Kaluga).
- Même alors ce poisson et ses sous-produits donnent lieu à toute une industrie. Aussitôt dépouillés de leur précieux butin, on sale les poissons dans de grandes cuves en béton. Au bout de 12 à 14 jours on les lave au moyen de brosses dans leur propre saumure.
- On les emballe dans de la saumure fraîche et on les expédie pour la consommation.
- Tout le poisson n’est par consommé à l’état frais, on en fait également sécher une certaine quantité. A cet effet, on se sert principalement du dos de l’esturgeon, dénommé « balyk », très recherché en Russie.
- On utilise également l’esturgeon pour la fabrication de conserves dont il existe plusieurs usines en Russie. Ces conserves sont généralement, d’après le goût russe, associées à la sauce tomate.
- La vessie de l’esturgeon a une certaine valeur commerciale. On l’utilise pour la teinture de la soie et la clarification du vin.
- Signalons enfin que les grands bélugas possèdent une épaisse couche de graisse entre les viscères et la chair. » Cette graisse est fondue dans de grandes marmites et purifiée par le prélèvement de l’écume qui se forme à la cuis= son. Pendant le refroidissement, on écume à nouveau avec soin. On porte la graisse une seconde fois à l’ébullition, en ayant soin d’y ajouter
- quelques tranches de pain noir et d’oignon qui lui enlèvent le goût de poisson. On obtient alors une excellente huile claire d’un goût exquis. L. Kuentz.
- Fig. 2. — Le caviar destiné à Vexportation est salé avec une saumure concentrée de sel marin. On le laisse égoutter et on le verse directement dans des boîtes en fer-blanc.
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- RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
- PROBLÈME DU TESTAMENT entièrement le problème et la présence d’un animal sup-
- DE L’ARABE plémentaire permet de procéder à 'l’opération tout en la
- justifiant.
- Il n’est pas inutile de revenir sur le problème du testament de l’Arabe pour préciser la portée de l’intervention du cadi et PROBLÈME DES MESURES
- le rôle du chameau supplémentaire : la correspondance reçue DE LA LAITIÈRE ' ~
- à ce sujet montre en effet que ces deux points n’ont pas tou- ^
- jours été bien compris. ' M. Huyghebaert d’Anvers a envoyé la solution algébrique
- Rappelons d’abord les termes du problème : du problème des mesures de la laitière 'qui était ainsi conçu :
- Un Arabe meurt en laissant par testament à ses trois jils sa fortune composée de 17 chameaux; il en lègue la moitié à l’aîné, le tiers au cadet et le neuvième au plus jeune.
- On demande comment les trois fils ont effectué le partage des chameaux. ?
- Le cadi, aux lumières duquel se sont adressés les héritiers, a certainement dû rester perplexe en présence de ce testament.
- 11 devait d’abord délivrer à chacun des enîants un nombre entier de chameaux : or 17 étant un nombre premier n’est divisible ni par 2, ni par 3, ni par 9.
- Autre difficulté : si l’on additionne-,
- 2
- 1
- 3
- et -, on trouve
- comme total
- 9
- 18
- 6
- Ï8
- 2
- 18
- 17
- 18
- . La somme des trois parts
- , . 18 n’est point égale à la totalité de l’héritage — , et pourtant
- 1 O
- il faut délivrer aux fils les 17 chameaux.
- C’est ici qu’apparaît la sagesse du cadi qui, devant l’impossibilité du problème dans les termes du testament, l’a transformé en un autre ne présentant plus aucune difficulté. ’
- Remarquant que la somme des trois legs a pour numérateur 17, nombre égal à celui des chameaux, il lui a suffi de partager
- , , 1 1
- l’héritage proportionnellement aux parts de chacun -, - et
- Ji O
- 1 ^ , 9 6 2
- -. En remplaçant ces nombres par —, — et — , on trouve 9 r 18 18 18
- ainsi 9, 6 et 2 chameaux comme solution complète du problème.
- De plus, puisque le dénominateur de la même somme est 18, les parts se trouvent être précisément les $pêmes que s’il y avait 18 chameaux à partager. D’où l’heureuse idée du cadi de joindre son chameau aux 17 autres, non seulement pour effectuer le partage, mais encore pour le justifier aux yeux des héritiers..
- Chacun d’eux se voyant attribuer la moitié, le tiers ou le neuvième de 18 chameaux, au lieu de la moitié, du tiers ou du neuvième de 17, n’avait aucune objection à formuler, car il recevait ainsi une part plus grande que celle prévue au testament.
- Les mêmes considérations s’appliquent au cas où le nombre des animaux à partager est 11, 19 ou 23, avec les nombres 1 1 1 1. 1 1 111
- 2» 4’ g’ ou 2’ 4’ 5’ °U 2’ 3’ 8 P°Ur 1<3S partS de
- chacun.
- Le partage fait proportionnellement à ces parts résout
- 1. Voir La Nature du 15 novembre 1930.
- Une laitière a 8 pitres de lait à vendre, contenus dans une mesure de 8 litres. Elle possède encore deux autres mesures, l’une de 5 litres et l’autre de 3 litres. Une femme se présente, sans récipient, lui demandant 4 litres de lait.
- Comment la laitière vaA-elle s’y prendre pour lui mesurer ces 4 litres de lait?
- Après avoir remarqué que le récipient de 8 litres n’intervient pas dans la solution qui ne dépend que de remplissages et vidanges des mesures de 5 litres et de 3 litres, il suppose qu’il faut remplir x fois la mesure de 5 et y fois celle de 3 pour obtenir le résultat demandé 4 litres et pose l’équation suivante :
- 5 x -f- 3 y = 4.
- Cette équation à deux inconnues n’admet que des solutions entières, positives ou négatives ; sa résolution montre que celles-ci sont en nombre infini, les deux plus simples étant :
- x = — 1, —(— 2 y — -j- 3, — 2.
- La 1re solution indique qu’il faut remplir 3 fois la mesure de 3 et en ôter 1 fois 5 litres, conformément au tableau suivant :
- Opérations M. de 8 1. M. de 5 1. M. de 3 1.
- Départ . . . 8 0 0
- 1re opération 5 0 3
- 2e — 5 3 0
- 3e — 2 3 3
- 4e __ 2 5 1
- 5e — 7 0 1
- 6e — 7 1 0
- 7e — 4 1 3
- La 2e solution correspond à celle donnée dans le n° de La Nature mentionné plus haut.
- Il y a lieu d’ajouter que cette dernière solution est la plus simple de toutes, car elle ne nécessite que six opérations, tandis que la première en réclame sept.
- Léon David.
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- LES PLIAGES DE PAPIER
- LE CRABE
- Ce curieux pliage est très facile à exécuter et sa complication n’est qu’apparente.
- Prenez un papier quelconque. Si vous avez sous la main du papier de couleur brun verdâtre ou rosé, le résultat sera plus amusant. La dimension est indifférente, mais un carré de vingt centimètres donnera à l’exécution un crabe de dix centimètres de long.
- Votre papier étant bien coupé au carré, suivez la figure 1 et joliez d’abord CD, puis AB. Ces deux plis étant marqués, redressez la feuille, retournez-la et, de l’autre côté, faites les plis 2, 3 et 1, 4. Alors, soulevant les coins de la feuille, repoussez vers le centre les points CD. Cela se fera facilement puisque le pli
- figure 5. C’est la seule manœuvre un peu difficile dans tout le pliage. Vous faites de même pour les trois autres faces triangulaires et vous obtenez la figure 5, moins le pointillé. Vous replierez alors en deux, sur chacune des quatre faces ainsi formées, les plis T et S suivant la ligne R M. Au milieu de chacun des quatre groupes de pliages en pointe ainsi formés vous coupez avec des ciseaux la ligne médiane verticale RO jusqu’au milieu du pliage et vous avez 8 pointes qui vont former les pattes de l’animal.
- Comme le corps serait trop long, retournez O et glissez-le sous P. Retournez le pliage et occupez-vous des pattes. La figure générale vous guide suffisamment et montre que de
- CAD
- Fig. 1 à 6. —• Pliage du crabe.
- a été fait de l’autre côté de la feuille; vous aurez alors avec votre papier la forme n° 2.
- Mettez bien à plat sur la table le papier ainsi plié, prenez le coin 3 et dressez-le vers vous, puis aplatissez-le comme dans la figure 3. Dans cette situation le pli B est toujours à côté du pli C. Faites ensuite le même aplatissement pour le coin opposé 2. Il vous faudra faire la même opération pour les coins 3 et 4, mais il vous faudra les plier en deux pour les faire entrer à l’intérieur et avoir une sorte de parapluie fermé et aplati. Entre chacune des 4 faces formées par les coins 1, 2, 3, 4 se trouve une autre face triangulaire (fig. n° 4). Mettez cette face à plat devant vous et tout en maintenant en place les deux pointes T S avec le pouce gauche sur l’extrême pointe de T et l’index gauche sur l’extrême pointe de C, saisissez le point P avec la main droite, soulevez-le, puis abaissez-le vers O, de manière que T S se touchent et que vous obteniez la
- chaque côté les quatre plis formant les pattes doivent être retournés en biais, en arrière et chacun de moins en moins pour former l’éventail.
- Les pattes ainsi retournées, le pliage est terminé et le crabe existe, mais dans cette situation les pattes sont trop droites, trop raides. Vous leur communiquerez le mouvement, la vie nécessaire en faisant un second pli aux deux tiers de leur longueur. Si vous avez pris un papier assez fort et assez résistant, tout en étant mince pour supporter le pliage, le crabe se tiendra sur l’extrémité de ses pattes, bien détaché du sol.
- Comme dans cette figure, les plis tout en étant simples sont nombreux, je recommande de bien faire du papier initial un carré parfait, puis de plier avec soin surtout les premières lignes médianes, car c’est sur elles et sur leur régularité que repose toute la réussite des plis superposés.
- Alber.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOÛTE CÉLESTE EN FÉVRIER 1931 (‘)
- Mois planétaire par excellence : Mars encore très bien placé (l’opposition a eu lieu le 28 janvier) ; Jupiter très haut dans le ciel (son opposition avec le Soleil a eu lieu le 6 janvier) ; Vénus a sa plus grande élongation du Soleil le 2 février; Neptune en opposition le 24 février et les petites planètes Eros et Pallas, en opposition respectivement les 17 février et 23 février. Nous recommandons surtout de suivre les curieux phénomènes produits par les satellites de Jupiter, ce qui est d’autant plus agréable que les plus petites lunettes suffisent pour cette observation.
- pour l’observation de la lumière zodiacale en France. Noter les limites de cette lueur répérées par rapport aux étoiles. La période qui précédera la nouvelle Lune, c’est-à-dire du 8 au 17 février, est très recommandée pour cette observation.
- On pourra rechercher la lueur antisolaire, vers minuit, le 16, à l’Ouest de Régulus. Du 18 au 22, autour du Régulus.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de février, seront les suivantes :
- I. Soleil. — Le Soleil, en février, s’élève rapidement dans le ciel, sa déclinaison, de —17°18/ le 1er atteignant la valeur — 8° 13' le 28. La durée du jour augmente rapidement et de 9 “ 20 m le 1er elle atteint 1011 50 m à la fin du mois. Cette durée est celle de la présence du centre du Soleil au-dessus de l’horizon de Paris.
- La connaissance du temps moyen à midi vrai est très utile pour tracer une méridienne (par l’ombre d’un fil à plomb) ou pour orienter un cadran
- P.
- P.
- L.
- Q.
- le 3, le 9,
- 0 " 26 m 161110 m
- N.
- D.
- L.
- O.
- le 17, le 25,
- 13u 11 1611 42 :
- solaire. Le temps moyen à midi vrai est l’heure que marquent les horloges parfaitement réglées quand le centre du Soleil passe au méridien de Paris. Voici ce renseignement, de deux en deux jours pour le mois de février :
- Date Heure de Passage.
- Février
- |er 12" 4 m 17“
- 3 12 4 32
- 5 12 4 44
- 7 12 4 53
- 9 12 4 59
- 11 12 5 1
- 13 12 5 1
- 15 12 4 57
- 17 12 4 51
- 19 12 4 42
- 21 12 4 30
- 23 12 4 15
- 25 12 4 58
- 27 12 3 39
- XI1
- tv L / O N
- r.r-i
- Age de la Lune, le 1er février, à 0“ = 131,2; le 18 février, 4 0» = 0fi5. Pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 18.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en février : le 13 à 0 » = — 28° 23' ; le 27, à 16 " = H- 28° 30'.
- Périgée de la Lune, le 3 février, à 22". Diamètre = 33'22”.
- Distance = 358 500 1cm.
- Apogée de la Lune, le 18 février, à 22h.Diamètre =29 24”. Distance = 406 900 km.
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- XI
- XH
- Fig. 1. •— Marche apparente de la petite planète Pallas sur le ciel, du 27 janvier au 12 mars 1931, lors de son prochain passage en opposition.
- Au moment de l’opposition, l’éclat de Pallas sera de la 6" grandeur et demie. Une jumelle permettra donc de la suivre sur le ciel.
- Occultations d'etoiles par la Lune. — Le 4 février, occultation de 37 Lion (gr. 5,5). Émersion à 3" 53 m,0.
- Le 8, occultation de 86 Vierge (gr. 5,6). Émersion à 0 " 45 m,0.
- Le 10, occultation de 42 Balance (gr. 5,0). Émersion à 5h 21 m,5.
- Le 25, occultation de y Taureau (gr. 5,3). Immersion à 18" 54“,0.
- Le 27, occultation de 107 B.
- Cocher (gr. 6,5). Immei’sion à lh 25 m,5.
- Le 28, occultation de 49 Cocher (gr. 5 1). Immersion à 0 " 21 m,5.
- Observations physiques. — L’observation quotidienne du Soleil est particulièrement recommandée aux observateurs qui disposent d’une petite lunette, et mieux, naturellement, à ceux qui ont des instruments importants. La Société astronomique de France reçoit ainsi chaque mois des observations faites par ses correspondants, observations constituant, à la longue, une véritable histoire du Soleil. L’étude fréquente et en tout cas effectuée chaque jour de cet astre permet seule de déceler les phénomènes rapides et imprévus qui, autrement, pourraient risquer de passer inaperçus.
- Marées. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la pleine Lune du 3 février. Voici, pour Brest, les coefficients de quelques-unes de ces plus grandes marées, en centièmes :
- Dates. Matin. Soir.
- Février 3 92 98
- — 4 102 105
- — 5 107 107
- — 6 105 102
- — 7 97 91
- Lumière zodiacale, lueur anti-solaire. — Le mois de février est particulièrement favorable — astronomiquement parlant —
- 1. Toutes les heures données dans le présent «Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel, compté de 0h à 24" à partir de 0" (minuit). Le temps universel est le temps du méridien de Greenwich. C’est le temps légal en France.
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, qui est établi à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1931, contient tous les renseignements pour rechercher et observer les principales planètes pendant le mois de février. Nous le complétons par les indications suivantes :
- Mercure sera un peu visible le matin au début du mois,
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- Dates : Lever Passage Coucher Ascen- Déclinai- Diamètre Constellation
- ASTRE à au à sion et VISIBILITÉ
- Février Paris. Méridien de Paris (J) Paris droite son. apparent étoile voisine
- 5 7» 19m 12 h 4 ni 44» 16 h 51 m 21 h 13 m — 16° 8' 32 29'',6 Capricorne
- Soleil . . . < 15 7 3 12 4 57 17 7 21 52 — 12 55 32 26,0 Capricorne »
- ( 25 6 45 12 3 58 17 24 22 31 — 9 20 32 21,8 Verseau l
- Mercure . . ( 5 < 15 6 6 12 22 10 10 27 46 14 15 41 10 19 21 32 31 — 21 — 20 52 18 6,0 5,4 Sagittaire Capricorne Le matin au début du
- ( 25 6 26 11 10 15 55 21 34 — 16 36 5,0 y Capricorne . mois.
- i 5 4 23 8 47 13 12 17 53 — 20 2 24,2 Scorpion t Sagittaire / p Sagittaire Le matin. Plus grande élongation le 2.
- Vénus . . . < 15 ( 25 4 4 31 35 8 9 85 1 13 13 16 26 18 19 38 25 — 20 — 19 25 59 21,8 19,8
- 5 15 14 23 17 7 21 8 29 + 23 41 13,8 y Cancer < Cancer > Toute la nuit. En
- Mars . . . 15 14 17 22 24 6 32 8 15 + 24 17 13,2
- 25 13 27 21 36 5 45 8 5 + 24 28 12,4 Cancer opposition.
- Jupiter . . 15 12 59 20 59 5 6 48 + 23 13 41,2 s Gémeaux Toute la nuit.
- Saturne . . 15 5 20 9 34 13 49 19 21 — 21 49 13,8 Sagittaire Inobservable.
- Uranus . . 15 8 37 15 0 21 23 0 48 + 4 26 3,4 189 P. Poissons Dès l’arrivée de la nuit.
- Neptune . . 15 17 50 0 42 7 33 10 27 + 10 29 2,4 p Lion Toute la nuit. Opp. le 24.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- dans des conditions peu favorables d’ailleurs. Il est arrivé à sa plus grande élongation du matin le 28 janvier. On ne pourra donc l’observer que pendant quelques jours en février.
- Vénus brille d’un vif éclat dans le ciel du matin. Elle atteindra sa plus grande élongation du Soleil, le 2 février, à 10h à 46° 49' à l’Ouest du Soleil. Sa déclinaison australe rendra lés observations de cette planète peu profitables à cette époque, en raison de l’agitation des images.
- Mars s’est trouvé en opposition avec le Soleil le 27 janvier. Il est donc visible toute la nuit dans d’excellentes conditions : très grande hauteur au-dessus de l’horizon et assez grand diamètre.
- Les configurations martiennes sont visibles dans les petits instruments (lunettes de 0m,075 et plus). Pour réaliser des observations réellement profitables, il faut déjà de grands instruments (0m,160 à 0m,240). Mais pour faire des recherches nouvelles, les plus grands instruments (0 m,50 et plus) sont nécessaires.
- Eros, la 433e petite planète, dont nous avons parlé le mois dernier, arrivera en opposition le 17 février. Elle atteindra la grandeur 7,3. Nous donnons ci-dessous la suite des éphé-mérides du Rechen-Institut de Berlin. :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison.
- 1931 Février 4 10 » 16m 7 — 7° 55'
- — 12 10 5, 0 — 15 9
- — 20 9 53, 1 — 20 31
- — 28 9 43, 1 — 23 57
- Voir la carte publiée au dernier « Bulletin astronomique », n° 2846. On remarquera que la petite planète Eros et la petite planète Pallas, dont nous allons maintenant parler, se trouvent en opposition, au même moment, presque dans la même région du ciel.
- Pallas, la seconde des petites planètes découvertes entre Mars et Jupiter, arrivera en opposition le 23 février, à la limite des constellations du Sextant et de l’Hydre (fig. 1). Au moment de l’opposition, Pallas sera visible dans une simple jumelle, atteignant la grandeur 6,6.
- Voici quelques positions de Pallas, d’après les éphémérides publiées par l’Institut astronomique de Leningrad. Ces positions peuvent être erronées de 5' à 6', en plus ou en moins.
- Dates. Ascension droite. Déclinaison
- 1931 Février 4 1011 31 m,3 — 16° 26'
- — 12 10 26, 7 —14 7
- — — 20 10 21, 3 — 11 16
- — — 28 10 15, 7 Ol 00 1 1
- Jupiter est encore parfaitement placé pour les observations, très haut dans le ciel et visible presque toute la nuit. La plus petite lunette est suffisante pour voir son disque aplati, reconnaître les bandes nuageuses qui traversent son disque et suivre les curieux phénomènes produits par les quatre principaux satellites dans leur révolution autour de la planète.
- Nous en donnons la liste à la page suivante, pour le mois de février.
- Il y a lieu de signaler, parmi ces phénomènes, quelques aspects particuliers, sur lesquels l’Annuaire astronomique Flammarion appelle l’attention.
- Le 7 février, de 19“ 4m à 19" 49 m, disparition des satellites I, II et III de Jupiter (placés devant ou, derrière la planète).
- Le 14 février, de 20h 51,n à 23 h 6 m, disparition des quatre satellites de Jupiter.
- Le 21 février, de 2211 39 m à 2311 42 m, disparition des satellites I, II et III de Jupiter.
- Le 28. février, à 22h45m, curieuse disposition des satellites I, II et III, autour et près de Jupiter.
- Saturne est inobservable ce mois-ci.
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- Phénomènes du système des satellites de Jupiter
- Date Heure Satel- lite Phéno- mène Date Heure Satel- lite Phéno- mène
- 1 17 “ 23 » 1 E. f. 14 20 » 24“ IV P. c.
- 3 23 50 111 P. c. 14 20 24 ni E. c.
- 4 2 34 m O. c. 14 20 51 i P. c.
- 4 3 9 III P. f. 14 21 44 i Ü. c.
- 4 4 1 II lrn. 14 23 6 i P. f.
- 5 3 21 1 Im. 14 23 20 IV P. f.
- 5 22 27 II P. c. 14 23 49 ni E. f.
- 5 23 55 II O. c. 14 23 59 i O. f.
- 6 0 38 I P. c. 15 0 1 ii E. f.
- 6 1 15 II P. f. 15 18 2 i Im.
- 6 1 20 I O. c. 15 21 14 i E. f.
- 6 2 44 II ü. f. 16 17 32 i P. f.
- 6 2 52 I P. f. 16 18 27 i O. f.
- 6 3 35 I O. f. 16 18 42 h ü. f.
- 6 19 3 IV E. c. 20 3 12 il P. c.
- 6 21 48 I lm. 21 1 24 i lrn.
- 6 22 16 IV E. f. 21 20 21 m Im.
- 7 0 50 I E. f. 21 21 50 ii Im.
- 7 17 10 II Im. 21 22 39 i P. c.
- 7 19 4 I P. c. 21 23 38 i O. c.
- 7 19 49 III E. f. 21 23 42 m Em.
- 7 19 49 I O. c. 22 0 24 m E. c.
- 7 21 19 I P. f. 22 0 5 i P. f.
- 7 21 26 II E. f. 22 1 53 i O. f.
- 7 22 4 1 O. f. 22 2 36 ii E. f.
- 8 19 19 I E. f. 22 19 51 i Im.
- 11 3 16 III P. c. 22 23 9 i E. f.
- 13 0 48 II P. c. 23 3 26 IV Im.
- 13 2 24 I P. c. 23 18 7 I O. c.
- 13 2 33 II O. c. 23 18 30 II O. c.
- 13 3 15 I O. c. 23 19 12 II P. f.
- 13 3 36 II P. f. 23 20 22 I P. f.
- 13 23 35 I Im. 23 21 20 II O. f.
- 14 2 45 I E. f. 24 17 38 I E. f.
- 14 19 29 II Im. 25 17 57 III O. f.
- 14 20 10 III Em. 28 23 58 III Im.
- Uranus est visible aussitôt l’arrivée de la nuit. Voici quelques positions où l’on pourra le rechercher.
- Dates Ascension droite Déclinaison Diamètre.
- Février 5 0“46
- — 15 0 48
- — 25 0 49
- 4° 16' 3 ',4
- -h 4° 26 3 ,4
- + 4° 37 3 ,4
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- Neptune se trouvera en opposition avec le Soleil le 24 février à 0 “. Il est visible, en conséquence, toute la nuit. Voici également quelques positions où l’on pourra le trouver.
- Dates Ascension droite Déclinaison Diamètre
- Février 5 10“28m -4- 10° 23 2",4
- — 15 10 27 4- 10° 29 2 ,4
- — 25 10 26 -+-10» 35 2 ,4
- IV. - Phénomènes divers. — Conjonctions
- Le 1er, à 19 “, Mercure en conjonct. avec Saturne, à 0° 57' S.
- Le 2, à 11h, Mars — la Lune, à 00 19' S.
- Le 4, à 9", Neptune — •— à 2° 55' S.
- Le 13, à 811, Vénus — à 7° 55'N.
- Le 14, à 6“, Saturne — à 5° 27' N.
- Le 15, à 15“, Mercure — à 3° 33' N.
- Le 21, à 9“, Uranus — à 0° 31' S.
- Le 25, à 2“, Vénus Saturne, à 1° 43' N.
- Le 28, à 5“, Jupiter la Lune, à 40 56' S.
- Étoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (fl Persée), visibles à l’œil nu : le 12 février, à 1“ 33 “; le 14, à 22 “ 22 m; le 17, à 19“ 11 m.
- Temps sidéral. — Voici quelques valeurs, pour 0“ du méridien de Greenwich, du temps sidéral :
- Le 1er février 1931. . 8“ 40“ 57“
- Le 6 —- — . . 9 0 40
- Le 11 -- — . . 9 20 23
- Le 16 - - . . 9 40 5
- Le 21 -~ - . . 9 59 48
- Le 26 - - - . . 10 19 31
- Etoiles filantes. ----- Un seul radiant est signalé comme actif en février par Y Annuaire du Bureau des Longitudes, le 16, et ses coordonnées sont : Ascension droite = 74°; déclinaison = 48°. Il est situé près de la belle étoile Capella, a Cocher.
- V. — Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le 1er février, à 21 h, ou le 15 février à 20“, est le suivant :
- Au Zénith, presque exactement, se trouve [3 du Cocher. Autour du Zénith, les constellations des Gémeaux, du Taureau et de Persée.
- A l’Est, le Lion; la Vierge a l’horizon; le Bouvier.
- Au Sud, resplendissant, Orion; le Grand Chien; le Petit Chien.
- A l’Ouest : Le Bélier; la Baleine; Pégase.
- Au Nord : Le Cygne (Deneb frôle l’horizon) ; le Dragon, dont la tête est juste au-dessous du Pôle.
- Em. Touchet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- IMPRÉGNATION DD BOIS PAR LE SOUFRE
- Cette imprégnation s’opère très simplement en plongeant le bois et en le maintenant dans un bain de soufre fondu. La durée de cette immersion varie de 10 à 12 heures suivant la nature et le diamètre des pièces de bois traitées. La température initiale du bain est de 150°, on la laisse baisser progressivement de telle sorte qu’elle atteigne 120° à la fin de l’opération.
- L’imprégnation au soufre améliore considérablement les qualités d’un bois; c’est ainsi que la résistance à l’écrasement augmente d’environ 75 pour 100 et la dureté de 300 à 400 pour 100, c’est-à-dire qu’elle est triplée ou quadruplée. Dès lors, des essences de bois tendres et mécaniquement peu résistants comme le sapin, le pin, le peuplier, le tremble, etc., se trouvent transformés èn bois très durs. En même temps le bois acquiert diverses autres qualités : résistance aux acides, augmentation de la résistance électrique, un plus beau poli, etc.
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- L’AUTOMOBILE PRATIQUE
- LES INDICATIONS DU SALON DE 1930
- Il fallait s’attendre à ce que les progrès de la fabrication en série, et, aussi, comme il est naturel, les difficultés économiques actuelles, imposent aux constructeurs d’automobiles non pas des recherches et des tâtonnements continuels, mais bien plutôt des réalisations pratiques et une organisation efficace de la production et de la vente. On a pu donner ainsi au Salon de 1930, encore plus qu’au Salon de 1929, le nom de « Salon de la Stabilisation ».
- Mais les automobilistes, et même les aspirants automobilistes, n’ont guère le droit de se plaindre de ne pas constater cette année de transformation essentielle dans la construction des châssis. Tout d’abord, la technique de la construction, ainsi stabilisée, est désormais arrivée à un tel degré de perfectionnement qu’elle assure déjà des qualités de sûreté, d’économie, de souplesse, de rapidité, de confort et d’élégance vraiment très satisfaisantes. D’ailleurs, l’usager de l’automobile a intérêt à choisir un modèle mis au point par le constructeur et amélioré peu à peu pendant plusieurs mois,
- Fig. 1. — Sculptures des bandes de roulement dans les nouveaux Igpes d’enveloppes.
- Elles augmentent l’adhérence et diminuent le bruit.
- plutôt que d’adopter à la légère une voiture qu’il n’a pu examiner qu’à l’Exposition, et qui n’a jamais subi la grande épreuve de la route, ni montré ses qualités de durée.
- L’amortissement peut, à l’heure actuelle, être considéré comme un des facteurs les plus coûteux du budget d’un automobiliste; c’est maintenant l’importance de cet amortissement qui entrave souvent le fonctionnement normal du marché des voitures d’occasion, comme nous l’avons déjà montré dans nos chroniques.
- Cet amortissement est d’autant plus élevé, en général, que les modifications apportées chaque année aux différents types d’une même marque sont plus importantes; aussi, ces modifications étant réduites, la dépréciation annuelle d’une voiture devient moins élevée, la revente en est plus facile, d’où un double avantage pour l’usager et le constructeur.
- Il ne faut donc pas s’étonner que les recherches destinées à assurer un meilleur confort, une plus grande durée, à augmenter l’économie, à améliorer la tenue de route, plutôt qu’à modifier complètement les châssis, soient au premier rang des préoccupations des constructeurs.
- La vogue du moteur six cylindres n’a pas diminué, et la pratique a démontré, d’ailleurs, les qualités que lui attribuait la théorie. On peut constater cependant que, pour les
- véhicules utilitaires ou les peliles voitures populaires, nombre de constructeurs sont demeurés fidèles au moteur quatre cylindres, ensemble robuste et peu complexe. Nous savons, d’ailleurs, que les qualités indéniables du moteur à six cylindres, souplesse et silence, sont surtout marquées dès que l’on dépasse une certaine cylindrée moyenne.
- D’autre part, beaucoup de ces moteurs destinés aux voitures populaires sont encore équipés avec des magnétos d’allumage qui conservent leur avantage de simplicité et de sûreté malgré les grands progrès faits, cependant, dans la réalisation des appareils d’allumage à bobines d’induction.
- Ces voitures économiques, d’un prix relativement modique, mais pourtant assez confortables et même quelquefois élégantes, ont été, évidemment, en ces temps difficiles, un très gros élément d’intérêt pour le public. Il est juste de constater que nombre de constructeurs ont fait cette année un effort réel pour établir un type de voiturette vraiment populaire, et, malgré les difficultés de toutes sortes qu’ils rencontrent en France, malgré les charges croissantes des impôts, les cotisations d’assurances sociales, malgré le taux élevé des salaires, ils ont réussi à mettre au point des modèles vraiment intéressants; certes, ils ne constituent pas encore des concurrents très sérieux pour les motocyclettes, dont le succès ne cesse de croître par suite de leurs qualités d’économie, la diminution des frais d’impôts et de garage, qu’elles permettent d’obtenir. Nous nous acheminons pourtant vers une réalisation vraiment pratique qui seule permettra, grâce à la vente à crédit; une diffusion encore plus large de l’automobile dans les classes moyennes de la population.
- Pour les voitures de grand luxe, au contraire, qu’il s’agisse de modèles étrangers ou français, on remarque souvent l’adoption de moteurs à 8 ou même à 12 cylindres, ensembles magnifiques, d’une puissance et d’une souplesse vraiment incomparables, mais qui sont réservés à l’heure actuelle à quelques privilégiés relativement peu nombreux.
- Pour les voitures de tourisme moyennes, on continue à réagir de plus en plus contre les moteurs trop « poussés », et à vitesse de régime trop rapide; on reconnaît, en général, la nécessité de revenir à des cylindrées plus larges et à des vitesses de rotation plus normales. On simplifie, de même, la construction au maximum; on revient pour cette raison aux soupapes latérales inclinées ou non. et les blocs moteurs, l’embrayage à disque unique sont de plus en plus en faveur. Nous voyons des constructeurs, fidèles jusqu’à présent à la boîte de vitesses séparée, qui se sont décidés à adopter cette solution simple.
- La boîte de vitesses, dont le rôle est primordial pour la suppression des vibrations et des bruits, est de plus en plus améliorée ; des vitesses silencieuses à prise directe sont adoptées sur les voitures de prix un peu élevé, et la poussée centrale par tube de transmission est de plus en plus en faveur.
- On constate peu de changements dans les carrosseries; la tôle avec enduit cellulosique garde toujours sa suprématie; on conserve, en général, la même ligne de carrosserie très confortable, mais qui est de plus en plus surbaissée. On peut noter pourtant l’apparition d’un modèle de carrosserie en tôle avec panneaux mobiles à joints de caoutchouc assurant plus de souplesse et plus de silence, mais il faut noter aussi que le public, prend de plus en plus l’habitude d’acheter des voitures toutes carrossées, et que les carrosseries particulières réservent désormais leur production aux privilégiés de la fortune.
- Les efforts persévérants des fabricants de pneumatiques ont amené la réalisation de nouveaux types d’enveloppes
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- d’une durée de service encore très augmentée et qui surtout assurent un eadhérence bien supérieure sur un terrain défavorable en diminuant les risques de dérapage, grâce à leurs bandes de roulement d’un profil spécial (fig. 1).
- Mais c’est surtout dans la caidmration que les plus grands progrès semblent avoir été obtenus, en dehors de perfectionnements accessoires intéressants. Nous voyons apparaître un nouveau principe, du moins en pratique, pour le montage et le fonctionnement des carburateurs : c’est le principe de carburation par en dessus ou de down-draft, ce qui signifie littéralement courant vers le bas.
- Le carburateur n’est plus disposé dans ce système au-dessous de la tuyauterie d’admission, mais au-dessus, ce qui assure une bien meilleure accessibilité des différents organes (fig. 2). Les modèles montés suivant ce principe sont évidemment munis de particularités spéciales sur lesquelles nous reviendrons dans nos chroniques ; elles leur assureraient, en même temps qu’une diminution de la consommation d’essence, une augmentation de puissance réelle de 10 pour 100 environ, sans qu’il soit besoin d’autres modifications du moteur.
- On peut enfin noter quelques essais, qui doivent être considérés encore comme des essais de laboratoire, pour l’alimentation des moteurs d’automobiles par des carburants lourds comme le gas-oil. Allons-nous vers une transformation du moteur d’automobile en moteur Diesel, ce qui assurerait, en même temps qu’une économie très appréciable de carburant, une simplification de tous les organes? Il est encore trop tôt pour le savoir, mais en tout cas l’idée seule est déjà fort intéressante.
- L’OUTILLAGE DE L’AUTOMOBILISTE
- A l’heure actuelle presque tous les propriétaires d’automobiles conduisent eux-mêmes leur voiture, et le nombre des chauffeurs professionnels est donc assez restreint par rapport à la masse des véhicules en circulation. D’ailleurs, pour conduire une voiture moderne, il n’est nullement besoin de notions techniques, aussi la plupart des automobilistes sont-ils simplement des usagers, dont les connaissances mécaniques sont, le plus souvent, très réduites.
- Il est heureux que les « pannes » soient assez peu à craindre maintenant, grâce aux progrès de la construction et aux perfectionnements de la fabrication en série. Il n’en est pas moins vrai que, si les soins d’entretien sont réduits au minimum, un bon conducteur doit pourtant vérifier de temps en temps tous les organes du châssis, et même les parties mobiles de la carrosserie.
- Il y a, de plus, des réparations de petites pannes fâcheuses, mais sans gravité, et des réglages très faciles à réaliser que tout automobiliste devrait pouvoir exécuter sans l’aide d’un mécanicien, ce qui lui procurerait un gain de temps considérable, du moins dans les villes où les spécialistes sont, généralement, surchargés de travail. Sur la route, l’usager ne devrait pas non plus être arrêté par le moindre incident, et il est, à ce propos, des pièces de rechange indispensables que l’automobiliste devrait toujours se procurer avant de partir en voyage; parmi celles-ci, nous citerons par exemple les bobines d’induction pour dispositif d’allumage par batterie, et des joints de culasse du moteur.
- Etant donné le caractère très restreint des réglages et îles réparations que peut effectuer lui-même un usager, l’ou-lillage indispensable correspondant est également très réduit,
- ' t c’est presque toujours le constructeur qui le fournit en même temps que le châssis.
- Nous pensons pourtant qu’il est utile de rappeler sa composition, non seulement parce que l’usager devra la vérifier
- Calibrage ce l'air
- Y Calibrage \de l'essence
- ' Réglage de f ralenti
- Fig. 2. — Montage d'un carburateur inversé.
- a) Emplacement au-dessus de la tuyauterie d’admission.
- b) Représentation schématique du fonctionnement.
- avant la livraison, mais encore parce que le constructeur peut parfois livrer avec le châssis des outils de qualité suffisante, mais de modèle peu pratique. Dans ce cas, le client ne devrait avoir aucune hésitation pour les remplacer par d’autres plus perfectionnés ; la .dépense correspondante est relativement infime, si on la compare au prix d’achat de la voiture, et on regrette rarement par la suite d’avoir effectué cet achat lorsqu’il s’agit d’exécuter sur la route une réparation urgente pour laquelle cet outillage est indispensable.
- Tout d’abord, un cric et une clé démonte-roue constituent deux outils essentiels, dont il existe d’ailleurs des modèles assez divers.
- Les démonte-pneus livrés avec le châssis sont généralement du modèle ordinaire classique établi par le fabricant de pneumatiques, mais le cric fourni par le constructeur de l’automobile est rarement suffisant, du moins quant à la commodité de son emploi, et il est préférable, le plus souvent, de le remplacer par un modèle plus perfectionné, soit
- à vis et à écrou, soit mieux Fig. 3. — Cric hydraulique à double encore hydraulique, ce qui levée simultanée des deux colonises permet de soulever les plus télescopiques et clé à douille-rallonge grosses voitures dans le mi- permettant d'atteindre le pont arrière nimum de temps, et avec le minimum d’effort (fig. 3).
- Le vilebrequin démonte-roue peut être souvent remplacé par une clé beaucoup plus pratique, dont il existe d’assez nombreux modèles.
- De même, s’il est rarement nécessaire de regonfler un pneu sur la route, il faut prévoir cependant cet accident, et il est bon de se munir d’un système de gonfleur automatique, dont nous avons décrit des modèles très pratiques dans nos chroniques (fig. 4).
- Les clés de bougie sont également indispensables, et la solution la plus pratique consiste à adopter un jeu de clés à douille se télescopant et n’occupant qu’un faible volume lorsqu’elles ne sont
- de pare-chocs.
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- = 40 =....................................-...-..........==
- pas utilisées. Un jeu de clés plates, une grande et une petite clé à crémaillère, un marteau ordinaire et une massette en cuivre, deux tournevis, quelques limes et un arrache-gou-pilles compléteront, sans oublier les burettes et les seringues à graisse et à huile, cet ensemble simple d’outillage de première nécessité.
- Il ne suffît pas, d’ailleurs, d’avoir dans sa voiture un outillage suffisant, complété par quelques pièces de rechange, il faut encore que cet outillage soit placé de telle sorte qu’il soit
- à l’abri des agents atmosphériques, et immédiatement utilisable.
- Dans certaines voitures, le coffre à outils est disposé sous la banquette avant; dans d’autres, les coffres sont montés sous le plancher arrière, de part et d’autre de l’arbre de transmission; dans d’autres encore, ils sont placés dans les bavolets de marche-pied; enfin on en trouve maintenant au-dessus de la malle arrière.
- La meilleure solution à notre avis consisterait sans doute à ne pas disposer tout l’outillage dans le même endroit de la voiture, mais à le fragmenter en deux ou trois parties suivant le degré de fréquence dé leur usage et leur nature.
- 11 paraît rationnel, par exemple, de disposer sous Je capot le cric avec son vilebrequin, la clé démonte-roues, les clés à tube avec les bougies de rechange et la burette à huile; on disposera de même, dans une pochette placée sous l’auvent, les tournevis, la petite clé à crémaillère, la pince universelle et la massette en cuivre. Enfin, le reste de l’outillage : le gonfleur et les pièces détachées seront renfermés dans un coffre placé sous la banquette avant, ou disposés à l’arrière de la carrosserie.
- L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Cric hydraulique, Etablissements Dron, 189, rue du Château-des-Rentiers, Paris.
- Clé démonte-roues, Argus, 10, rue Pergolèse, Paris.
- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- OCTOBRE 1930, A PARIS
- Le mois d’octobre 1930 a été chaud, très pluvieux, avec grains orageux fréquents, pression barométrique et insolation légèrement déficitaires.
- La moyenne de la pression barométrique, 761 mm, 2, au niveau de la mer, est inférieure de 0 mm, 7 à la normale (Parc Saint-Maur).
- La température moyenne, 11°9 est en excès de 1°,9 et classe le mois qui vient de s’écouler parmi les mois d’octobre franchement chauds. 21 journées dont 12 consécutives (du 13 au 24) ont présenté des températures supérieures à la normale. Celles des journées des 16 et 17 sont les plus hautes que l’on ait notées à pareille date, au Parc Saint-Maur, depuis 1874. Le 27, jour où s’est produit le minimum absolu, 0°,8 correspond à la première gelée blanche de l’automne. Il n’y a pas eu un seul jour de gelée à glace. Le maximum absolu, 22°,4 a été enregistré le 17.
- Les pluies ont été exceptionnellement fréquentes : 24 journées de pluie appréciable, au lieu de 15, nombre moyen au Parc Saint-Maur, ont donné 93 mm, 3 d’eau, soit 60 pour 100 de
- plus que la normale. La journée du 5 en a fourni à elle seule 15 mm, 8. Le total de 24 jours pluvieux en octobre n’a été atteint ou dépassé que trois fois depuis le début de la série d’observations de Saint-Maur, en 1903 (24 jours), en 1882 (25 jours), et en 1907 (27 jours).
- Les plus fortes quantités de pluie en 24 heures ont été notées du 8 au 9 et ont été : pour Paris, 16 mm, 2 à l’hôpital Saint-Antoine; pour les environs, 26 mm, 6 à Vaucluse.
- Au Parc Saint-Maur, l’humidité relative moyenne a été pour le mois de 86,9 pour 100 et la nébulosité moyenne de 69 pour 100.
- Il a tonné dans la région, les 4, 5, 6, 10, 24, 25 et 26 et grêlé les 5, 6, 22, 23, 24, 25 et 26.
- Les vents à composante Est ont été très rares.
- Le 6, une violente bourrasque a causé des dégâts au Bourget.
- Les brouillards n’ont pas été nombreux pour la saison.
- Au Parc Saint-Maur, les dernières hirondelles ont été vues le 15.
- Em. Roger.
- CHRONIQUE D’AVIATION
- Avion de reconnaissance de nuit Wibault 220.
- Les usines Wibault ont sorti récemment un appareil bi-mo-teur triplace, étudié spécialement pour la reconnaissance de nuit. Les performances réalisées par cet avion ne sont pas
- encore connues; ses caractéristiques de forme et de structure sont originales et intéressantes.
- La voilure du Wibault 220 est monoplanc et entièrement en porte à faux. Elle est formée d’une partie centrale fixée directement sur le dos du fuselage et de deux parties latérales, de
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- largeur et de proül régulièrement décroissants vers l’extérieur.
- La structure de la voilure, classique chez les avions Wibault, comporte deux longerons en I ; les semelles de ces longerons sont en profilés de duralumin, les âmes en tôle de duralumin; les nervures sont en tôle ajourée, elles sont pincées et rivées dans des plis du revêtement métallique. Les rivets fixant le revêtement sont ainsi extérieurs : ils peuvent être facilement vérifiés et remplacés « pli pincé »; enfin des entretoises et des diagonales de duralumin assurent la rigidité de l’aile.
- Le fuselage, de section rectangulaire, porte un carénage supérieur et un carénage inférieur facilement démontables : la structure du fuselage et les commandes peuvent être ainsi facilement vérifiées. La construction est réalisée au moyen de profilés de duralumin réunis par goussets rivés, et de tôle ondulée formant recouvrement.
- Conçu pour porter un équipage de trois hommes, le fuselage comporte à l’avant le poste du navigateur, portant une tourelle de mitrailleuses; à hauteur du bord d’attaque de l’aile, se trouve le poste du pilote, dont les vues sont ainsi parfaitement dégagées; à l’arrière un dernier poste est réservé à l’observateur, il est armé d’une tourelle de mitrailleuses, et d’une mitrailleuse prévue pour le tir sous le fuselage.
- Ce dernier poste peut recevoir les appareils réglementaires de T.S.F. et de photographie. Il semble à certains points de vue assez anormal de placer l’observateur à l’arrière, plus confortable pour l’observation, et en particulier pour l’observation de nuit; le poste arrière ne permet pas à l’observateur de diriger le pilote, et cet inconvénient rend difficile une manœuvre bien coordonnée de l’équipage.
- Les empennages, montés en porte à faux, sont de construction analogue à celle du plan. Le plan fixe horizontal est réglable en vol au moyen de câbles, vis sans fin et cames.
- Le Wibault 220 est équipé de deux moteurs Jupiter développant 420 ch, fixés de part et d’autre au fuselage et sous le plan, à la partie inférieure d’une pyramide de tubes d’acier.
- Le train d’atterrissage, à large voie (4 m 80), est formé, pour chaque roue, d’un Y en tubes d’acier carénés articulé à la base du fuselage, et d’un montant télescopique à frein oléo-pneumatique, s’appuyant sur le support moteur.
- Les caractéristiques principales de l’avion sont les suivantes :
- Envergure.........................18 m 80
- Longueur..........................12m
- Surface portante..................52,5 m2
- Poids vide........................ 2750 kg
- Poids en ordre de vol............. 3450 kg
- Avion d’observation Potez 39 A. 2.
- S’il est vrai que les biplans d’observation utilisés actuellement sont doués de qualités de vol et de performances remarquables, il faut avouer que leurs qualités d’ « observatoires volants » sont plus que médiocres ! Le plan inférieur, si réduit soit-il, d’un sesquiplan, le corps de section circulaire d’un fuselage, rendent la visibilité vers l’avant et à la verticale à peu près nulle; cette visibilité est pourtant indispensable à l’observation, à la photographie et à la défense de l’appareil.
- A ce point de vue, comme en ce qui concerne les performances, le biplan d’observation Potez 39 A. 2 semble marquer un progrès important.
- Cet appareil est un monoplan parasol haubané par mâts en V.
- L’aile, de forme rectangulaire, à extrémités largement arrondies, est de profil Clark YII du N. A. C. A. (National Advisry Committee for Aeronautics U. S. A.). Elle est formée
- Fig. 1. — Avion de reconnaissance de nuit Wibault 220.
- de deux longerons en acier à haute résistance, de nervures triangulées en duralumin et d’un revêtement porté par des lisses. La triangulation est.rigide. Le bord d’attaque, démontable rapidement, et des fenêtres larges, permettent la vérification facile de l’intérieur du plan.
- Le fuselage, entièrement en duralumin, comporte-à l’avant le support-moteur, en tôle rivée; le reste du fuselage est formé de profilés assemblés en treillis au moyen de goussets rivés. Le revêtement est en tôle de duralumin. Les empennages sont classiques; venus de construction avec la partie arrière du fuselage, ils sont également recouverts de tôle d’alliage léger.
- Le train d’atterrissage comporte, pour chaque roue, deux mâts en V, articulés sous le fuselage, et une jambe élastique s’appuyant sur la partie supérieure du fuselage.
- Un moteur de 500 ch quelconque équipe l’avion; monté avec moteur Hispano-Suiza, l’appareil possède les caracté-
- ristiques suivantes :
- Envergure......................16m
- Longueur ......................10m
- Surface portante...............35 m-
- Poids total en vol............. 2 250 kg
- Vitesse maximum.................. 236 lcm-h
- — minimum.................... 75 km-h
- — ascensionnelle.............. 6 m-sec
- Plafond ....................... 7 500 m
- Fig. 2. — Avion d’observation Potez 39 A. 2.
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- LIVRES NOUVEAUX
- La technique industrielle, par L. de Launay, 1 vol. 337 p., 69 fig. Ch. Béranger, Paris, 1930. Prix : 85 fr.
- Ce volume renferme la substance d’un cours professé à l’École des Sciences politiques. L’auteur s’y attache à dégager d’abord en quelque sorte la philosophie de l’évolution industrielle moderne et à mettre en évidence les tendances entre lesquelles elle oscille. Puis il dresse, à grands traits, un tableau de l’état actuel de la technique industrielle : son but étant de donner à son auditoire ou à ses lecteurs des vues d’ensemble, ou de larges leçons de choses, l’auteur ne vise pas à rédiger une encyclopédie; il parcourt le vaste champ de l’industrie moderne pour dégager, dans les divers domaines, les traits essentiels de ses méthodes de travail et en mettre en évidence le but commun:l’utilisation rationnelle et économique des ressources naturelles ; il dresse d’abord l’inventaire de celles-ci : minerais métalliques, engrais minéraux, combustibles, matières premières végétales, forces naturelles. 11 indique rapidement le principe des machines motrices, puis étudie quelques industries-clés : la mine de charbon, l’exploitation de l’acier, la métallurgie, les industries fondamentales de la chimie minérale : acide sulfurique et soude, les industries ayant trait à l’utilisation de produits végétaux et celles qui se rattachent aux dérivés de la houille, les industries alimentaires utilisant les ferments. L’ouvrage se termine par un aperçu rapide sur les industries mécaniques et par des prophéties bien pessimistes sur l’avenir de la civilisation.
- Photoelectric Cells and their Applications, par John S. Anderson, 1 vol. illustré, 236 p., published by the Physical and Optical Societies, 1, Lourther, Gardens. Exhibition, Road, South Kensington, London, S.W. 7. Prix : 12 s. 6 p.
- Ce volume réunit un grand nombre de communications suivies de discussions, faites aux Sociétés de physique et d’optique de Londres, en juin 1930. Dues à d’excellents techniciens anglais, américains et allemands, elles résument l’état de nos connaissances actuelles sur la théorie des effets photoélectriques, sur 'la construction des éléments photoélectriques aux métaux alcalins ou au sélénium, sur leurs propriétés. Quelques-unes de leurs applications, notamment à la photo-métrie, y sont étudiées et discutées d’une façon approfondie.
- Annales de l’Institut de physique du globe de l’Université de Paris, publiées par Ch. Maurain (Tome VIII), 1 vol., 150 p. Les Presses Universitaires de France, Paris, 1930.
- Ce volume contient les résumés des observations magnétiques de L928 au Val Joyeux par M. Eblé, à Nantes par M. Taberse, dans nos possessions du Pacifique par le lieutenant de vaisseau Laurent; les résumés des observations météorologiques, séismologiques, et actino-métriques du Parc Saint-Maur, par MM. Brazier et Eblé; un mémoire de MM. Mathias, Maurain et Eblé sur la distribution générale des éléments magnétiques en France ; un mémoire de M. Kostitzin sur les relations de l’agitation magnétique avec l’activité solaire, un mémoire de M. Grenet sur le magnétisme des roches, une étude de Mlle Daudé sur les particules en suspension dans l’atmosphère, le compte rendu des mesures magnétiques effectuées dans le Sud-Ouest de la France et en Corse, par MM. Jacquet et Bellocq.
- Etude sur l’utilisation de l’énergie des marées en France, par G. Moreau, 1 vol., 102 p., 30 fig. Delagrave, éditeur, Paris, 1931. Prix : 25 fr.
- Le doyen de la faculté des Sciences de Rennes résume ici, avec beaucoup de talent didactique, les principales solutions envisagées jusqu’ici pour l’utilisation de l’énergie des marées et il analyse dans leurs grandes lignes les projets formés pour utiliser à cet effet certaines régions privilégiées du littoral de la France. L’auteur conclut son étude en réclamant un effort immédiat de mise en valeur de cette énergie naturelle; on peut regretter, à ce point de vue, qu’il ne se soit pas appliqué à serrer d’un peu près les devis manifestement optimistes des promoteurs de projets. Il en aurait pu, sans doute, dégager l’explication d’un fait réellement paradoxal ; il ne s’est encore révélé, en aucun pays, aucune initiative privée pour exploiter cette richesse apparemment gratuite, cette source d’énergie que Ton déclare beaucoup plus économique que les hautes chutes d’eau. Tous les projets de réalisation présentés font appel au concours et à la garantie de l’État. Est-ce bien le moyen de résoudre le problème capital de l’économie moderne, c’est-à-dire produire de l’énergie industrielle réellement à bon marché ?
- La variation et Vévolution, par Émile Guyénot. Tome II. L’évolution. 1 vol. in-16, 414 p., 5 fig. Encyclopédie scientifique. Doin, Paris, 1930. Prix : 32 fr.
- Voici un maître livre du professeur de l’Université de Genève. Dans une revue critique approfondie, l’auteur montre que ni la théorie
- de Lamarck, ni la conception de Darwin ne nous apportent une représentation adéquate du mécanisme de la transformation des êtres organisés.
- Seules, les mutations permettent de construire une théorie moderne du transformisme. L’auteur montre, en particulier, comment ces mutations ont pu former des familles ou races nouvelles, comment les conditions secondes d’isolement ou de changement de milieu ont pu favoriser leur persistance ou leur extension.
- Toutefois, une semblable explication, basée sur l’apparition au hasard de variations héréditaires désordonnées, n’est que partielle. Elle permet de comprendre comment ont pris naissance ces multiples variations sur un même thème fondamental constitué par le plan d’organisation, qui caractérisent les races, les espèces ou ordres voisins. Par contre, l’apparition de plans d’organisation nouveaux, avec des parties fonctionnelles, coordonnées, soulève un autre problème, tant au point de vue philosophique que scientifique, dont la solution n’apparaît pas encore.
- Traité de toxicologie, par le Dr Fonzes-Diacon, 5° édition. 1 vol. in-16, 469 p., 1 5 fig., 2 pl. en couleurs. Bibliothèque de l’étudiant en pharmacie. Maloine, Paris, 1930. Prix : cartonné, 45 fr.
- Dans cette 5° édition, indépendamment d’une brève étude résumant l’état actuel de nos connaissances sur la fonction poison, ont été jointes les données les plus récentes, les réactions les plus sensibles, les méthodes les plus précises permettant de résoudre les problèmes d’expertises. Les médecins, les pharmaciens, les vétérinaires prendront dans cet ouvrage les éléments de toxicologie indispensables à la préparation du diplôme ou du certificat d’hygiène. Les étudiants en pharmacie, pour lesquels il a été plus spécialement écrit, y trouveront les donnéesn éces-saires à la préparation de leurs examens et, plus tard, dans leur laboratoire, y puiseront les directives pouvant leur permettre de mener à bien les recherches toxicologiques. Une longue expérience de l’expertise a été mise à profit par l’auteur pour leur faciliter ces recherches pleines de difficultés et lourdes de responsabilités.
- L’activité psychique chez les animaux. Instinct et intelligence, par L. Bretegnier, 1 vol., in-8, 386 p., 23 fig. Vigot frères, Paris, 1930. Prix : 50 fr.
- Après un historique, riche de citations, l’auteur expose les méthodes expérimentales de la psychologie comparée, puis traite des tropismes, des réflexes, des instincts, de l’intelligence chez les animaux. Il s’étend sur cette intelligence en observant la lutte pour la vie des animaux sauvages de nos pays et en relatant les précautions, les ruses et les initiatives qui distinguent ceux d’un certain âge et que leur dicte leur expérience. L’esquisse psychique de quelques animaux domestiques (cheval, âne et mulet, chien, éléphant), montre également la part de l’intelligence dans leurs réactions psychiques et fait ressortir l’influence sur eux de la domestication et du contact de l’homme. Enfin, les dernières recherches du comportement des singes supérieurs (anthropoïdes) font nettement ressortir qu’ils se rapprochent, intellectuellement, davantage de l’homme que des singes inférieurs et des autres animaux. C’est un bon livre, riche de faits, prudent en ses conclusions.
- Analyse ethno-géographique de la culture matérielle de deux tribus indiennes du Gran Chaco,
- par Erland Nordenskiôld. Traduit de l’anglais par la marquise de Luppé. 1 vol. in-8, 310 p., 69 fig., 43 cartes. Bibliothèque d’études ethnographiques. Éditions Genet. Paris, 1930. Prix : 100 fr.
- Ce livre est la traduction du premier tome d’une série d’études « d’ethnographie comparée » publiées en anglais par le professeur de l’Université de Goteborg. Ayant observé personnellement les tribus du Gran Chaco, entre l’Argentine et la Bolivie, l’auteur a noté les signes de leur culture matérielle : habitations, lit, plantes cultivées, outils, armes, engins de pêche, loyers, distractions, vêtements, bijoux, jeux, instruments de musique, etc. Il a dressé des cartes de la distribution géographique de chaque particularité et il aboutit ainsi à une analyse remarquablement précise de l’ethnographie et du peuplement du continent sud-américain.
- Synthèse de la tectonique de la Bretagne, par le
- général Jourdy. 1 brochure, 190 p. Imprimerie Barneoud. Laval, 1930.
- Après une description de la tectonique de la Bretagne telle qu’elle résulte des investigations modernes, l’auteur4propose de nouvelles théories orogéniques très personnelles : les modifications dans la répartition de la matière pesante, à la surface de la terre, modifications dues à des phénomènes électrolytiques et magnétiques, provoqueraient des déplacements des pôles et des modifications du renflement équatorial, déformations d’où proviendraient les poussées tangentielles qui ont fait surgir le relief terrestre.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- CHIMIE
- Le désétamage.
- L’étain est presque un métal précieux : actuellement il vaut 19 francs (*) le kilo. On conçoit donc que, depuis longtemps, sa récupération dans tous les déchets dans lesquels il se trouve ait préoccupé vivement l’industriel et le chimiste. On sait que plus sont prospères les industries de l’essence, des conserves, etc., plus sont abondants les déchets provenant de la fabi’ication des boîtes, les boîtes elles-mêmes. Au début de ces industries, on se contentait de brûler les vieilles boîtes, en tas, pour récupérer la soudure qui coulait en un bac déterminé. Puis on a étudié des procédés dont nous allons donner des détails, pour récupérer, partiellement du moins, l’étain du l'ecouvrage. Celui-ci atteignait, il y a 40 à 50 ans, 3 à 4 pour 100. Actuellement, on arrive à des fers-blancs qui sont descendus à 1 à 2 pour 100 maximum comme teneur en étain.
- Pour donner une idée de la production actuelle en déchets d’étain, disons qu’en 1912 seulement le Bureau des Mines des Etats-Unis estimait, pour ce pays, à 150 tonnes journalières, la production de déchets d’étain. On peut admettre le même cbilïre, à la même époque, pour l’Europe.
- Ces 300 tonnes multipliées par 300 jours X 300 livres sterling X 2 pour 100 d’étain, constituent une somme annuelle de L. 40 000, soit 67 millions de francs, d’étain récupéré par an dans le monde entier.
- Et il ne s’agit encore là que des déchets de fer-blanc; car si l’on tient compte des « drosses » ou crasses de la métallurgie proprement dite de l’étain, accumulées sans emploi, depuis de longues années, on arriverait à des chiffres encore augmentés.
- Nous considérerons, dans ce qui va suivre, deux des procédés les plus employés pour la récupération de l’étain de ses estampages :
- a) Le procédé électrolytique.
- b) Le procédé au chlore.
- Pour I’un comme pour l’autre, des conditions économiques s’imposent : minimum de transport, c’est-à-dire : 1° usines d’estampage les plus voisines que possible de celles de désétamage.
- 2° Maximum de tonnage à traiter.
- 3° Exutoire certain et aux prix les meilleurs (2) des tôles désétamées qui, servant aux fours Martin, doivent supporter le minimum de transport depuis l’usine de désétamage jusqu’aux aciéries. Voici bien des conditions difficiles à réaliser, et dont l’absence a causé la ruine de bien des petites entreprises. La variabilité considérable du prix des « paquets » désé-tamés est des plus grandes. Les usines Goldschmidt, à Essen, se sont spécialisées dans ce travail.
- Nous avons nous-même désétamé, il y a 30 ans passés, des déchets d’étain dans une petite usine, dont l’exiguïté de la production était, comme nous l’avons dit plus haut, une certi-
- 1. Il a valu le double.il y a quelques années.
- I. The Ind. Chemist, Nov. 1926, p. 148.
- tude d’insuccès. Les frais exagérés du transport aller et retour, la faible teneur en étain, les bas cours des « paquets » se sont conjurés pour assurer l’insuccès en quelques mois. Néanmoins, comme au point de vue technique l’appareil était satisfaisant, et que nous avons fait de notre mieux pour qu’il fonctionnât, nous allons en dire quelques mots. Il consistait en 6 cuves de tôle de 6 m* de capacité chacune. Chacune d’elles contenait 6 paniers en gros grillage qui constituaient les anodes (paniers de 1 m 50 de profondeur par 1 m de largeur et 0,30 d’épaisseur), contenant de 15 à 18 kg d’estampages, suivant le tassement. Les anodes étaient des plaques de fer. L’électrolyte était de la lessive de soude caustique à faible concentration, que l’on maintenait constante par un apport, après chaque opération, de 2 kg de soude caustique en plaques.
- L’étain déposé sur les cathodes était gratté, recueilli, centrifugé, lavé, puis pressé à la presse hydraulique, en cylindres.
- Ces derniers, quand il y en avait suffisamment, étaient passés au bas foyer en atmosphère réductrice convenable. A Essen, Goldschmidt arrivait à traiter par jour 50 tonnes d’estampage.
- Nous passions, par 24 heures, de 1800 à 2000 kilos d’estampages à 2 pour 100 d’étain, avec 6 à 8 ouvriers. Chauffage des bains par un petit foyer à barreaux, genre Godillot, pour assurer les 90° de température nécessaires comme électrolyse convenable.
- Le courant était fourni par une dynamo donnant les 8-10 volts nécessaires, sous 1000 ampères. Il était fourni par une turbine Fourneyron (vieux modèle) marchant sur un bief.
- Depuis cette époque, on emploie le procédé Goldschmidt, au chlore, dont nous allons dire quelques mots.
- Les déchets doivent être parfaitement secs, sinon le procédé ne réussit pas ; ils doivent aussi être exempts de matières grasses et de résines. On les comprime dans de grands récipients cylindriques à fermeture hermétique.
- On introduit alors le chlore, sous une pression de 3,7 atm. Dans ces conditions, Sn Cl4 liquide, se forme. Quand la pression reste constante, l’attaque de l’étain est complète. On élimine le chlore par solution et on lave à fond les « paquets ». Le fer n’est, pour ainsi dire, pas attaqué si les déchets et le chlore sont parfaitement secs.
- Il existe ces derniers temps, une méthode appliquée dans les usines qui possèdent des fours Martin; elle a lieu au four à réverbère. On récupère l’étain à l’état de SnO; ce serait la plus économique, dit-on.
- On a aussi désétamé par attaque à l’acide chlorhydrique, qui malheureusement attaque partiellement le fer. Les solutions sont traitées par des rognures de tôles galvanisées. L’étain précipite en boues. On le lave comme il a été dit plus haut : on lave à part, et on bottelle comme à l’habitude les ferrailles. Comme les déchets de tôles galvanisées ne coûtent que l’enlèvement, ce procédé serait intéressant si l’on avait la vente facile des solutions concentrées de chlorure ferreux pour la désinfection, ce qui n’est malheureusement pas le cas.
- Albert Hutin.
- SCIENCE APPLIQUEE
- ÉLECTRICITÉ
- La construction moderne des moteurs électriques en France.
- L’électrification de la France se poursuit, on le sait, très acti-
- vement. La plupart des communes de France sont aujourd’hui rattachées à un réseau de distribution électrique, qui leur amène la lumière et la force. L’agriculteur, comme l’industriel des villes, peut maintenant se procurer commodément et économiquement la force motrice, élément essentiel de tout
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- Fiq. 1. •— Série de stators de moteurs asynchrones, en tôle emboutie et soudée à l’arc.
- progrès. C’est dire que le moteur électrique, et surtout le moteur de petite ou de moyenne puissance, voit s’ouvrir devant lui un champ d’applications de plus en plus vaste.
- Le moteur électrique est une machine qui, depuis longtemps, est parvenue à un état de quasi-perfection. Les éléments qui le constituent n’ont pas changé depuis de longues années. Mais, en raison de la multiplication de ses débouchés, il se pose pour lui, comme il s’est posé pour l’automobile, le problème de la construction en grande série, en vue d’obtenir un matériel bon marché, accessible à une vaste clientèle, et offrant cependant Jes plus hautes garanties de qualité.
- Ce problème a été abordé avec succès par plusieurs constructeurs français. Nous exposerons ici comment il a été résolu par l’un d’eux, les établissements Japy frères qui ont eu le mérite de mettre en œuvre,' après mûre étude, tout un ensemble logique de procédés qui constitue une véritable et remarquable innovation en la matière.
- *
- * *
- La substitution de l’acier a la fonte.
- Les socles et carcasses des moteurs électriques sont en général exécutés en fonte douce pour le matériel à courant alternatif, en acier coulé pour le matériel à courant continu; il faut donc faire appel pour eux à la fonderie : ce mode de construction exige des modèles en bois coûteux, et qu’il faut relever en métal, dans ie cas de séries importantes. La coulée est elle-même une opération délicate et toujours aléatoire, donnant lieu à plus ou moins de rebuts. lies pièces qu’elle fournit exigent presque toujours un usinage avant d’être utilisables. Enfin, comme pour tous les métiers difficiles, la main-d’œuvre experte
- s’est raréfiée en ces dernières années.
- Ces deux considérations ont conduit les établissements Japy à substituer à la fonte l’emploi presque exclusif de l’acier « extradoux Martin » et à réaliser les pièces qui lui étaient nécessaires par les procédés suivants, qui mieux que tous autres se prêtent à l’obtention rapide de pièces interchangeables et au travail à la chaîne : emboutissage, estampage, étirage, mandrinage; dé-
- eoupage, soudure électrique à l’arc au moyen de dynamos type « Soudure », soudure par « superposition » et « juxtaposition ».
- La substitution de l’acier à la fonte offre encore d’autres avantages, du point de vue de la solidité, de la facilité d’usinage et de la résistance aux agents chimiques et à la rouille .
- La soudure électrique.
- Les constructeurs tendent de plus en plus à substituer la soudure « électrique » au rivetage dans la construction « navale , métallique et électrique ».
- La construction du cuirassé allemand Scheer, si imprudemment autorisée par le Traité de Versailles quand il concéda à la marine allemande le droit d’équiper les navires de 10 000 tonnes de canons de 280 mm de diamètre, a causé en France une véritable révolution.
- En France, la marine nationale et les chantiers privés ne sont pas restés en arrière et l’emploi des aciers spéciaux et des méthodes de soudure à l’arc, si chères aux Allemands, a été, ces derniers temps, largement appliqué sur les nouveaux croiseurs lancés récemment.
- Les constructeurs d’outre-Rhin préconisent le système de groupes fixes de très forte puissance avec dispositif de connexions permettant des branchements rapides.
- Nos constructeurs français, par contre, ont généralisé l’emploi de groupes mobiles montés sur roues, donc facilement transportables, pouvant être utilisés à l’endroit nécessaire.
- Récemment, il a été lancé une passerelle d’une portée de 10 mètres entre appuis, entièrement soudée à l’arc, sous une charge de 4500 kg; les enregistreurs ont montré qu’elle se comportait comme une pièce parfaitement élastique.
- Nos amis américains appellent ce mode de construction de soudure à l’arc « le Silencieux ».
- La Nature a déjà signalé les avantages essentiels de la soudure électrique : suppression du fracas du rivetage qui permet le travail de nuit dans les villes, réduction de section résultant du perçage des trous, économie de temps, de métal et de main-d’œuvre.
- En France, pour la soudure à l’arc on utilise soit le système avec électrodes enrobées, soit le système avec électrodes non enrobées, beaucoup moins coûteux, qui permet de fixer aisément au point voulu la quantité de métal d’apport nécessaire.
- Les soudeuses automatiques du type « superposition et juxtaposition » fonctionnent maintenant comme de véritables machines à coudre.
- On constate donc, dans la construction mécanique, une tendance de plus en plus marquée à se libérer entièrement de l’emploi de pièces obtenues par coulée qui donnent des produits manquant d’homogénéité et dont les défauts internes, difficiles ou impossibles à déceler avant usinage, ne se révèlent parfois que sur la machine en service.
- Des carcasses d’alternateurs de 20 000 lcv-a et même davantage sont maintenant couramment construites au moyen de tôles soudées. (Voir La Nature, n°2781,15 mars 1928.) Une pièce qui, en fonderie, demanderait un délai de 2 mois pour l’exécution du modèle et de la coulée, est obtenue, à bien meilleur compte, en moins de 8 jours, avec une économie de poids appréciable.
- La fabrication en série des moteurs électriques de petite puissance.
- Les nouveaux procédés de construction que nous venons d’énumérer exigent pour leur mise en œuvre un matériel puissant et perfectionné.
- Il est réconfortant de constater que certains constructeurs
- Fig. 2. — Moteur asynchrone type ouvert, rotor en court-circuit, construit par les Etablissements Japy frères {de 0,25 à 5 ch).
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- français ont compris la nécessité de s’adapter à ces progrès et ont su le faire rapidement.
- La construction en série des petits moteurs électriques incassables que réalisent depuis quelques mois les Etablissements Japy frères va nous en donner un intéressant exemple. La gamme des moteui's en question va de 0,5 à 5 ch.
- Ils sont fabriqués à la chaîne, et sont rigoureusement interchangeables.
- Les Etablissements Japy se sont attaqués au problème de la modernisation de leur construction en décembre 1929 et six mois plus tard, de leurs usines sortaient leurs premiers moteurs « emboutis ». .
- Les stators de ces moteurs sont emboutis dans des tôles d’acier extra-doux « Martin ». Rigoureusement incassables, ils ne craignent rien des chutes ou des chocs si dangereux pour les pièces de fonte.
- Un autre avantage non négligeable de cette fabrication emboutie est un allégement notable du poids du moteur : on gagne 4 pour 100 sur un moteur de 1 ch, 5 pour 100 sur un moteur de 2 ch et 9 pour 100 sur un moteur de 5 ch.
- I.es pièces annexes sont réalisées par des procédés de découpage, d’estampage et de soudure au moyen d’un outillage ultra-moderne de provenance exclusivement française.
- De puissants fours thermiques fonctionnant soit au mazout, soit a\i moyen de courant électrique furent construits pour le traitement judicieux des arbres.
- Au système désuet de rabotage et de fraisage, fut substituée la machine à surfacer, qui permet un usinage rigoureux et précis et assure une production qui atteint présentement 50 moteurs par jour.
- Des presses hydrauliques furent installées pour les travaux de mandrinage et de serrage des tôles.
- L’équilibre dynamique des parties tournantes, exigé par la marine nationale pour le matériel électrique de bord, est exécuté sur des machines de précision et à grand rendement.
- Ces procédés rationnels d’équilibrage ont été généralisés pour le matériel de série.
- Les moteurs de petite puissance sont montés exclusivement avec des roulements à billes-à cage, soit du type à gorge profonde, soit du type à double rangée à rotule sur billes.
- Ce mode de montage fut adopté à la suite d’un voyage d’étude en Suède qui convainquit le service technique des ateliers de construction de matériel électrique Japy, de l’avantage inconstestable de ce genre de montage en vue d’obtenir le faible entrefer exigé pour l’obtention d’un facteur de puissance élevé.
- Les moteurs de moyenne et grande puissance dont les paliers sont munis de coussinets avec graissage à bagues ont été également l’objet de soins tout particuliers, tant en ce qui concerne la partie mécanique que la partie électrique proprement dite.
- Les paliers sont passés dans des dispositifs spéciaux sous pression de 22 kg effectifs, fonctionnant à l’eau de soude, permettant d’obtenir des boîtes à huile parfaitement propres.
- Les boîtes à huile sont recouvertes de vernis cellulosique inattaquable aux huiles au moyen de pistolets aérographes fonctionnant à l’air comprimé.
- Les méthodes suivantes ont été appliquées pour l’exécution des paliers : mandrinage des coussinets, coussinets anti-friction usinés par centrifugation, rectification d’alésage des paliers en ligne système Hutto, essais des moteurs à pleine charge au moyen de dynamos-frein, graissage au moyen du lubrifiant graphitique Oildag.
- Les mesures indiquées ci-dessus ont permis d’obtenir une notable diminution d’échaufîement des paliers.
- Fig. 3. — Moteur asynchrone type ouvert, rotor bobiné, de 3 à 5 ch.
- Les enroulements comportent également des particularités intéressantes; ils sont exécutés avec du fil électrolytique recouvert d’émail et guipé au coton.
- Le stand d’étuvage et d’imprégnation comprend le matériel suivant :
- 3 autoclaves horizontaux de séchage sous vide et à ventilation forcée avec condenseurs, 3 étuves verticales d’injection à cœur avec condenseurs, 1 polymériseur grand modèle, 1 étuve spéciale pour traitement de bois, fibro-ciment, carton, amiante, 4 étuves de séchage, modèle Intégral à ventilation forcée. Il permet l’exécution de moteurs impeccables au point de vue isolation.
- Les procédés d’isolation Japy « hydrofuge » ou « tropique » permettent de livrer des moteurs pouvant fonctionner industriellement dans des milieux saturés d’humidité, cas fréquent dans les teintureries, filatures et fabriques de produits chimiques.
- Les indications qui précèdent suffisent à montrer l’exemple d’une industrie française qui a su se régénérer rapidement en mettant en œuvre des procédés de fabrication qui non seulement ne le cèdent en rien à ceux d’outre-Atlantique, mais sont même nettement en avance sur ces derniers.
- Les Français sont portés en général à admirer sans réserve les initiatives étrangères et à réserver leurs critiques à leurs propres compatriotes. Il n’est pas inutile de montrer que certains de nos grands industriels savent, aussi bien qu’aux Etats-Unis, marcher à l’avant-garde du progrès.
- Montperreux.
- Fig. 4. — La série des moteurs asynchrones, en construction emboutie, des Etablissements Japy frères.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Fours électriques à haute fréquence. Société Générale d’Applications électrothermiques, 2, Square Émile-Zola, Paris.
- Montage d’un poste à changement de fréquence avec étage réflexe.
- A l’heure actuelle, la technique de la construction des appareils à changement de fréquence est à peu près stabilisée, et l’emploi général de lampes bigrilles changeuses de fréquence rend plus aisé leur montage. On peut, d’ailleurs, trouver dans le commerce des transformateurs moyenne fréquence et des bobines oscillatrices bien étudiées qui rendent cette opération relativement rapide.
- Sans doute, comme vous nous l’indiquez, quelques constructeurs ont tenté d’établir des appareils dans lesquels les étages moyenne fréquence étaient utilisés en même temps par l’amplificateur haute fréquence suivant un système réflexe, et, en théorie, ce procédé est extrêmement intéressant, puisqu’il permet^d’obtenir une amplification plus grande avec un nombre d’étages réduit.
- Nous devons cependant vous indiquer que l’emploi de ce système rend plus délicate la réalisation des appareils, et il est bien évident qu’une lampe remplissant à la fois plusieurs fonctions différentes a un fonctionnement plus irrégulier; il faut donc craindre, non seulement les irrégularités de fonctionnement du système, mais encore des déformations acoustiques finales.
- Si vous voulez augmenter l’amplification, tout en n’utilisant au maximum qu’un ou deux étages moyenne fréquence, nous vous conseillons plutôt d’adopter des lampes à grille écran sur ces étages. Leur emploi n’est pas fort difficile, il suffit d’avoir un appareil assez grand ou, du moins, de blinder les organes de montage et surtout d’adopter des transformateurs moyenne fréquence, dont les enroulements aient une impédance convenable. Vous pouvez, d’ailleurs, trouver maintenant dans le commerce des éléments de liaison de ce genre.
- Réponse à M. Cervier, à Marseille.
- Rôle des bobines de choc dans les montages.
- Nous avons indiqué plusieurs fois des montages dans lesquels sont employées des bobines de choc, et spécialement dans le circuit de plaque de la lampe détectrice. Ces bobines ont pour but de s’opposer au passage des courants de haute fréquence, et de les diriger vers le circuit haute fréquence ou moyenne fréquence en les empêchant de passer vers le circuit basse fréquence.
- Leur rôle peut donc être utile dans les systèmes de réaction capa-citaire ou mixte, ou bien pour éviter la saturation dans les montages détecteurs lorsque la détectrice est précédée de plusieurs étages haute fréquence ou moyenne fréquence, afin d’éviter la distorsion. Vous pouvez maintenant trouver dans le commerce de nombreux modèles de bobines de choc, et, en particulier, aux Établissements Dyna, 43, rue Richer, Paris, des modèles spécialement destinés à la réception des ondes courtes.
- Réponse à M. Chomel, à Asnières (Seine).
- Emploi d’un montage à changement de fréquence sur antenne.
- En principe, on emploie généralement des montages à changement de fréquence sur cadre, d’abord parce qu’ils sont généralement extrêmement sè'~'!ibles, et ensuite parce que le cadre permet d’obtenir une sélectivité e.icore plus accentuée.
- Il n’y a cependant rien d’impossible à employer un montage de ce genre sur antenne, mais il est bon de remarquer que, si l’appareil est très sensible, il ne donnera guère de meilleurs résultats sur antenne que sur cadre, bien au contraire; et, dans ce dernier cas, il est recommandé d’utiliser une antenne très courte ou même une antenne intérieure.
- Vous n’indiquez pas le nombre de lampes que comporte votre appareil; s’il comporte seulement un étage moyenne fréquence, sa sensibilité est évidemment à peine suffisante pour entendre sur cadre normal la plupart des émissions européennes; aussi vous pourrez augmenter sans doute les qualités des résultats obtenus en utilisant une antenne de longueur moyenne bien établie.
- ET RÉPONSES -
- Nous ne vous conseillons pas, pourtant, de choisir un montage d’accord en direct, mais bien plutôt un système d’accord en Tesla ou plutôt avec primaire apériodique ou du type Bourne.
- L’adaptation de ce montage sur votre poste à changement de fréquence est extrêmement facile : il vous suffira de relier les deux extrémités d’une bobine quelconque, en nids d’abeille par exemple, et de quelque 50 spires pour les ondes courtes et 200 spires pour les ondes moyennes aux deux bornes de votre appareil destiné à la connexion avec le cadre. Puis, vous enroulerez autour de ce premier bobinage quelques spires de fil isolé en reliant une extrémité de ce fil à l’antenne et une autre à une bonne prise de terre; c’est ce système très simple qui sans doute vous donnera les meilleurs résultats, bien que vous puissiez également adopter un tesla classique avec primaire apériodique à couplage variable.
- Vous pourriez d’ailleurs trouver dans La Pratique Radio-électrique (Masson, éditeur) des détails sur ce système d’accord.
- Réponse à M. Collin, à Fleurus (Belgique).
- Installation d’un appareil récepteur sur courant continu. **
- La plupart des postes-secteur actuels sont construits exclusivement pour être alimentés par le courant alternatif d’un secteur, d’une part parce que la distribution d’électricité par courant alternatif se répand de plus en plus, et, d’autre part, parce que la transformation d’un tel courant est évidemment beaucoup plus facile.
- Ainsi que nous l’avons indiqué déjà dans la revue, la plupart des appareils présentés au Salon de. la T. S. F. de 1930 étaient construits de façon à être alimentés par le courant alternatif d’un secteur et étaient munis de lampes à chauffage indirect. La première solution que vous pourriez adopter, mais qui semble un peu compliquée, consiste à utiliser un appareil de ce genre, mais à employer, en outre, une commutatrice transformant le courant continu de votre secteur en courant alternatif de même tension.
- Il y a encore une autre solution qui consiste à adopter un poste à lampes ordinaires à faible consommation, à filtrer le courant du secteur de façon à le rendre propre à alimenter les plaques, et, d’autre part, à abaisser sa tension en le filtrant ou en plaçant un accumulateur tampon pour le chauffage des filaments.
- Comme vous le savez sans doute, d’autre part, la recharge des batteries d’accumulateurs sur le courant continu est extrêmement simple, puisqu’il suffit dans ce but d’intercaler en série dans le circuit une résistance convenable. On peut simplement lui reprocher d’exiger une consommation d’électricité assez coûteuse; vous pourriez d’ailleurs consulter utilement à ce propos La Pratique Radio-électrique (Masson, édit.)
- D’autre part, vous pouvez vous adresser utilement aux maisons suivantes :
- Établissements Radio-L-L, 5, rue du Cirque, Paris; Établissements Lemouzy, 121, boulevard Saint-Michel, Paris; Radiola, 79, boulevard Haussmann, Paris; Gody, à Amboise (Indre-et-Loire), etc.
- Réponse à M. A. F. à Montpellier (Hérault).
- Appareils de recharge pour accumulateurs.
- Il est bien difficile de vous donner des renseignements commerciaux sur des appareils de diverses marques, et nous préférons évidemment vous indiquer surtout des questions de principe.
- Il est bien évident qu’à l’heure actuelle les chargeurs entièrement métalliques du type oxymétal, genre cupoxydc ou rectox, par exemple, de même que les appareils à valve de redressement monoplaque ou biplaque et à vapeur de mercure ou à atmosphère d’argon, sont d’un usage plus pratique et d’un entretien beaucoup moins difficile que les appareils à soupapes électrolytiques à liquide.
- Nous pensons donc que vous pourrez fixer votre choix, soit sur un appareil à soupape oxymétal, soit sur un dispositif à valve thermoionique à lampe. Nous avons, d’ailleurs, décrit dans nos chroniques de nombreux modèles de ces chargeurs.
- Réponse à M. V. à Mussidan (Dordogne).
- Les qualités d’un poste d’usager.
- Il est bien évident que, même si l’on veut ne pas rechercherjnutes
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- les émissions européennes, et si l’on se contente d’entendre les émissions principales, il est pourtant nécessaire d’utiliser un poste sélectif, surtout si l’on veut l’installer dans une ville. Un auditeur de T. S. F. n’a pas généralement les mêmes goûts qu’un amateur constructeur. Il veut écouter les radio-concerts dans un but artistique ou récréatif et son poste doit donc lui permettre avant tout d’obtenir des auditions pures.
- Les postes-secteur actuels, extrêmement pratiques, permettent d’écouter les émissions sans craindre de ronflements, comme vous semblez le penser. Il faut seulement prendre garde qu’ils n’augmentent pas l’influence des parasites industriels transmis par les lignes du secteur, et il faut, en outre, qu’ils permettent d’éliminer les émissions des stations radiophoniques voisines.
- Nous vous conseillons donc de faire un essai du poste dont on vous propose l’achat avant son adoption définitive.
- Pour l’étude des différentes qualités d’un poste, ainsi que pour sa modification éventuelle et son amélioration, vous pouvez consulter utilement La T. S. F. des Usagers (Masson, éditeur).
- Réponse à M. A. B. à Toulouse.
- Pour enlever les taches d’encre à stylo.
- Le plus souvent, les encres à stylos sont à base de bleu de méthylène et il ne faut pas s’effrayer si une fâcheuse goutte d’encre s’est déposée sur une étoffe ou un objet.
- Dans le cas où le tissu est blanc, on peut faire disparaître la tache en l’imbibant de quelques gouttes du mélange suivant :
- Extrait de Javel.......................... 20 cm"’
- Eau ordinaire............................ 75 —
- Acide chlorhydrique........................ 5 —
- Quand la tache a disparu, on rince à fond pour éliminer toute trace d’acide.
- Pour une étoffe teinte, remplacer l’acide chlorhydrique par de l’acide acétique (vinaigre), la tache disparaît moins rapidement, mais le résultat est le même.
- Enfin pour des couleurs très fragiles, n’employer aucun acide qui agirait sur le fond et se contenter d’une macération dans l’alcool dénaturé, en renouvelant à plusieurs reprises le traitement, ce qui aura pour effet d’atténuer progressivement la teinte bleue, de manière à la rendre presque invisible après séchage. M. Daniel, à Nice.
- N. B. — Les taches d’encre ordinaire noire se traiteraient de la même manière.
- Comment on prépare économiquement de la terre à modeler.
- Prendre :
- Poix de Bourgogne...................... 35 grammes
- Térébenthine de Venise................. 50 —
- • Cire d’abeilles......................270
- Beurre de cuisine...................... 65 —
- Huile de table......................... 25 —
- Amener doucement à fusion, rendre homogène, puis incorporer :
- Fécule de pommes de terre............. 540 grammes
- Rouge d’Angleterre..................... 15 —
- Continuer le malaxage jusqu’à refroidissement complet pour éviter la séparation de la fécule et du rouge d’Angleterre.
- Réponse à M. Pallordet, à Lyon.
- Qu’est-ce que le crésyl?
- Le mot crésyl ne désigne pas .une substance chimique définie. C’est une marque de fabrique qui appartient à la Société Française des Produits Sanitaires et Antiseptiques, et qui désigne un produit complexe riche en acide crésylique et naphtaline. Ce produit, vendu sous le nom de Crésyl-Jeyes (Jeye^ est le nom de l’inventeur) et sous diverses formes, est un antiseptique très énergique, mais non vénéneux dans les conditions normales d’emploi, c’est-à-dire mélangé à une forte proportion d’eau ou de lait de chaux.
- On l’emploie avec succès, en solution, pour les désinfections de locaux : planchers de pièces d’habitation, étables, pigeonniers, poulaillers, clapiers; on procède par lavage et par pulvérisations. Il est très efficace aussi dans la lutte contre les'maladies cryptogamiques, de la igné et des arbres fruitiers, ainsi que contre les insectes nuisibles : on en détruit les œufs, larves ou chrysalides par badigeonnages des souches ou des troncs au moment convenable. De même le lavage au crésyl permet de débarrasser les animaux domestiques des insectes parasites : poux, puces, etc. Réponse à M. P. F. à Sedan.
- De tout un peu.
- M. de Briey, à Paris. — Les phénomènes de précipitation des sels calcaires contenus dans l’eau, se produisent de la même manière, qu’il s’agisse d’un générateur industriel ou d’un radiateur d’auto, l’alumi-nate de baryte doit, dans ce dernier cas, se comporter d’une façon satisfaisante et sans danger pour le métal.
- Mme A. B., à Dax. — Le réactif d'Esbach pour la recherche et le dosage de l’albumine dans les urines se prépare ainsi :
- Dans environ 800 centimètres cubes d’eau distillée, on fait dissoudre à chaud 10 grammes d’acide picrique et 20 grammes d’acide citrique.
- Après dissolution, on laisse refroidir, complète le volume d’un litre, rend homogène et filtre.
- L’expérimentation se fait au moyen d’un tube de verre fermé par un bout, portant une graduation spéciale.
- Pour l’essai, on remplit jusqu’à la marque 15 avec de l’urine à essayer, puis on complète jusqu’à la marque R avec le réactif dont la préparation a été donnée ci-dessus.
- On mélange en fermant le tube avec le pouce et en retournant plusieurs fois, sans secouer, puis on laisse reposer 24 heures. Il ne reste plus qu’à lire sur la graduation au point où s’est arrêté le dépôt, la quantité d’albumine par litre.
- P.-S. — Vous trouverez des-tubes d’Esbach chez tous les pharmaciens à des prix très abordables; les grandes pharmacies parisiennes : Canonne, 90, boulevard Sébastopol; Bailly, 15, rue de Rome, etc., livrent ce petit appareil pour 5 francs environ.
- M. De La Boulaye, à Martenet. — La Galalilhe est moulée de suite avec sa forme définitive; sa richesse en matières minérales ne permet pas d’y apporter de modifications.
- Nous pensons que les branches de vos lunettes sont plutôt en celluloïd. Dans ce cas, il suffirait de les tremper dans l’eau chaude, pour les ramollir; vous leur donnerez alors, pendant qu’elles sont encore chaudes, la courbure désirée, que vous maintiendrez jusqu'à refroidissement complet.
- N. B. — Se rappeler que le celluloïd est très inflammable par conséquent, faire chauffer l'eau à part, de façon que le celluloïd ne vienne pas à proximité du foyer.
- M. Tanaré, à Neuville. — Le but poursuivi, en appliquant cet enduit sur [la monture de votre lampe, est de donner à celle-ci un grand pouvoir réflecteur.
- Vous obtiendrez un résultat analogue, en appliquant sur la partie à recouvrir une peinture à l’huile courante, au blanc de zinc ou au lithopone.
- Lorsque cette peinture commencera à sécher, c’est-à-dire sera encore poisseuse, vous pratiquerez au moyen d’un tampon de coton, un rechampissage à la poudre d’aluminium, ce qui assurera une diffusion parfaite de la lumière incidente.
- M. Nicolle, à Paris. — Pour réparer l’ébonile, on commence par prendre 100 grammes de résine ordinaire (colophane) que l’on fait fondre doucement en évitant son inflammation jusqu’au moment où elle émet des vapeurs; on introduit alors dans la masse en remuant constamment 50 grammes de gutta-percha coupée en petits morceaux.
- Le mastic ainsi préparé est coulé sur un marbre en plaquettes minces qui se conservent indéfiniment.
- Quand on veut employer ce mastic on le ramène à l’état liquide par chauffage dans une petite casserole et on enduit du liquide chaud les parties d’ébonite à recoller, on serre fortement pendant que le mastic est encore liquide, on enlève les bavures avec une lame de couteau chauffée qui sert en même temps à lisser la surface, puis on laisse refroidir.
- “M. TensBrs, à Bruxelles. — A notre avis, vous réaliserez de la façon la plus pratique, l’herméticité de vos boîtiers de montres, en déposant, au moyen d’un pinceau fin, sur le raccordement, une mince couche de dissolution de caoutchouc servant pour les réparations de pneus, convenablement étendue par de la benzine.
- Nous vous rappelons qu’il est essentiel de bien dégraisser au préalable les parties devant recevoir la dissolution, si on veut qu il y ait adhérence; se servir pour cela d’un quelconque des dissolvants des matières grasses; benzine, éther sulfurique ou éther de pétrole, en prenant toutes précautions contre l’inflammation.
- N. b.__Quoique le tétrachlorure de carbone soit agréable à employer
- à cause de son ininflammabilité, nous ne vous le conseillons pas à cause de la facile combinaison de son chlore avec le cuivre des roues d’engrenage. ^
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Fig. 1. — Le puits de Temimoun, aux confins du Sahara, surmonté d’une tour en argile séchée et poreuse qui maintient la fraîcheur de l’eau. (Ph. Keystone View.
- Fig. 2. — Réservoirs de 3 millions de mr> de la~N iederwarllia-Des pompes de 27 000 ch g refoulent de l'eau aux heures creuses, pour l'utiliser aux heures de pointe. (Pli. Keystone View.)
- Fig. 3.
- Les travaux de la gare de Milan qui sera la plus grande d’Europe (Ph. Keystone View.)
- Fig. 4. — L’installation de décantation de la rivière Emscher à Essen. Les boues séchées, riches en charbon, servent comme combustible. (Ph. Keystone.)
- Fig. 5. — Construction du Zeppelin ZRS-4 à Ahron (États-Unis). Ce dirigeable, le plus grand du monde, mesurera plus de 240 mètres de long. (Ph. Wide World.)
- Fig. 6. — Un pneu gigantesque, construit dans un but expérimental et promené à New-York (Ph. Wide World.)
- Le Gérant : G. Masson.
- 174. — Paris. Imp. Lahure. — 1-1-19.31.
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- LA NATURE
- de
- l'Aéronautique
- N° 2849. — 15 Janvier 1931
- Prix du Numéro : 3 francs f
- bour la vente en France.
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- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n"), 70 fr. ; — 6 mois (12 n"), 35 fr.
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- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n**|, 85 fr. ; — 6 mois (12 n”), 43 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarif n* 1 I Un an.
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- Un an. Six mois
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- Tarif extérieur 11° 1 valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 400 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Costa-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Honduras, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d'Afrique du Sud Uruguay, Venezuela. ,
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- N°2849
- LA NATURE
- 15 Janvier J93 J
- CE QU’EST DEVENU LE KLONDYKE
- Prononcer ce nom, c’est évoquer le plus formidable rush de l’or qui ait jamais précipité des foules à la conquête du métal jaune, événement qui date de nos jours, bien qu’il s’entoure déjà de fabuleuses légendes.
- HISTORIQUE
- Nous rappellerons brièvement les faits. Dès la découverte du Yukon (terme indien signifiant « la plus grande rivière ») vers le milieu du siècle dernier, Robert Campbell avait trouvé des pépites dans ses sables. Mais ce ne fut qu’à partir de 1872 que des mineurs s’aventurèrent dans l’intérieur inexploré de l’Alaska. En 1886, on comp-
- point peu éloigné (Gold-Bottom) et, selon la coutume des prospecteurs, les invita à prendre des claims (concessions) près de celle qu’il avait choisie, ce qu’ils firent quelques jours plus tard. Il leur conseilla d’aller prospecter dans une creek voisine, en demandant à Carmack de lui dépêcher un des Indiens, si les résultats étaient encourageants.
- Le 17 août, Carmack et ses compagnons atteignirent cette rivière, devenue fameuse du jour au lendemain sous le nom de Bonanza Creek : ils n’eurent qu’à remuer le sable pour ramasser des pépites à la poignée. Oubliant la promesse faite à Henderson, ils se hâtaient, après
- Fig. 1. — Vue panoramique de Dawson City, le centre de l'industrie de l’or au Klondyke.
- tait une centaine de prospecteurs installés sur les rivages de la Stewart, à quelque distance au sud-ouest du Klondyke; ils y récoltaient, dit-on, jusqu’à cent dollars d’or par tête et par jour, durant le bref été de trois mois.
- D’autres découvertes prirent place dans la région, au cours des années suivantes. En 1887, le nombre des mineurs dans la partie canadienne de la vallée du Yukon s’élevait à cinq cents; la plupart se retiraient vers le sud aux premiers signes de l’hiver.
- La région n’était encore qu’imparfaitement explorée en 1894, quand une petite expédition, conduite par Robert Henderson, Canadien de la Nouvelle-Écosse, s’aventura plus au nord dans la vallée. Elle découvrit cet été-là des alluvions qui lui donnèrent 54 dollars de poudre d’or, résultat dont la médiocrité ne la découragea point. L’été suivant, elle en recueillit pour 600 dollars dans les creeks (torrents) de l’Indian River.
- En juin 1896, Henderson descendit le Yukon à la recherche d’une rivière que les Indiens appelaient Tron-diuk (dont les blancs firent ensuite Klondyke). Il rencontra à son embouchure un certain George W. Carmack et deux Indiens nommés Taghish Skookum et Taghish Charlie, occupés à pêcher le saumon. Il leur annonça qu’on venait de découvrir des alluvions aurifères sur un
- avoir, ainsi que l’exige la loi, planté les poteaux portant leurs noms, de gagner le poste de Fortymile, où ils firent enregistrer leur déclaration le 24 septembre.
- La nouvelle de la fantastique trouvaille se répandit aussitôt. Tous les prospecteurs qui travaillaient dans la région de Fortymile se précipitèrent à la curée : en moins de trois semaines, toute la creek de Bonanza, de sa source à son embouchure, fut divisée en concessions. Quand le malheureux Henderson, resté à Gold-Bottom, apprit la découverte, il accourut, mais trop tard : il ne restait plus la moindre parcelle de terrain libre.
- Le temps pour la nouvelle de se répandre dans le monde, et la ruée s’accomplit. Elle battit son plein dès le mois de juin 1898. Ce fut alors par milliers que des aventuriers, venus du Canada oriental, des Etats-Unis et d’Europe, s’acheminèrent vers le nouveau Pactole. Vancouver était leur grand camp de concentration. De ce port, ils pouvaient gagner aisément, en huit ou dix jours de navigation, le village de Skagway, près de la frontière commune à l’Alaska américain et au Yukon canadien.
- Les difficultés commençaient aussitôt. Il leur fallait escalader la trop fameuse passe de Chilkoot en transportant sur leur dos tous leurs bagages. Seuls, les plus fortunés pouvaient louer les services des Indiens et de leurs
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- Fig. 2. — Les tailings, résidus du traitement des alluvions aurifères, à Muulh of Bonanza qui fut le plus riche placer du Klondyke.
- traîneaux. Mais tous, les riches comme les pauvres, avaient à braver des dangers mortels. En juillet de cette même année 1898, une avalanche ensevelit d’un seul coup soixante voyageurs, dont les corps ne furent retrou* vés qu’au printemps suivant.
- Quand ils avaient enfin franchi le col, les chercheurs d’or étaient rançonnés par une bande de brigands qui n’hésitaient pas à jouer du revolver. Leurs exploits ne prirent fin qu’en 1899, avec l’arrivée d’un détachement de la royale gendarmerie canadienne. Au delà de la passe, les caravanes de prospecteurs devaient se procurer des pirogues ou des radeaux pour suivre un chapelet de rivières et de lacs. Ils atteignaient enfin le Yul ion et n’avaient plus qu’à s’abandonner au courant qui les amenait au confluent de ce fleuve et du Klondyke, emplacement où s’éleva bientôt Dawson, capitale actuelle du Territoire du Yukon.
- On a calculé que, durant les trois mois de l’été 1898, plus de dix mille personnes suivirent cette route que je viens de décrire sommairement. La population du Yukon, qui ne comptait guère, avant le gold-rush, qu’un millier d’âmes (la plupart de race indienne), s’éleva rapidement
- Fig. 3. — Exploitation hydraulique d’un placer de la Yukori Gold C°,
- à quarante mille. Si je note qu’elle est redes= cendue, de nos jours, à 4 000 âmes, j’aurai déjà fourni au lecteur une preuve de la décadence économique de cette vaste région.
- L’ÉVOLUTION DE L’EXPLOITATION AURIFÈRE
- La cause de cette dépopulation est commune à tous les gisements aurifères et, plus spécialement, à ceux qui sont d’origine alluvion= naire : il arrive un moment où les parties les plus riches sont à ce point épuisées que leur exploitation ne peut plus être poursuivie avec un outillage sommaire. Le mineur qui travaillait à son compte doit alors céder la place à la compagnie, seule capable d’appliquer des méthodes industrielles ultra-modernes.
- C’est ce qui s’est produit en Alaska; et c’est aussi ce qui se prépare en Guyane française où de puissantes compagnies (telle, la Société franco-équatoriale minière et industrielle) vont s’atta= quer aux gisements aurifères avec un outillage et des procédés perfectionnés.
- On n’a jamais su exactement quelle quantité d’or ont produite les placers du Yukon. L’administration du territoire ne fut organisée qu’à partir de 1899; durant les deux années précédentes, les sorties de métal jaune échappèrent à tout contrôle. On évalue à 200 000 000 dollars la valeur de l’or extrait de ces terrains. Comment les caprices de la Fortune distribuèrent-ils cette somme énorme ? Si plusieurs centaines de mineurs s’enrichirent en quelques semaines durant l’éphémère apogée (soit de 1898 à 1904), ceux qui ne recueillirent que des déceptions sur ces champs d’or (quand ils n’y laissèrent pas leurs os), se comptent certainement par milliers. Le dernier rapport (1929) de la Royale Gendarmerie à cheval du Canada nous donne sur le sujet quelques lamentables précisions :
- «... Le district de Dawson se dépeuple progressivement. Les placers sont épuisés... Un grand nombre de vieux prospecteurs sont répandus sur tout le territoire, et ils nous causent un gros surcroît de besogne, car il nous faut veiller sur eux. Beaucoup sont affaiblis par l’âge et la misère; nous les amenons à Dawson pour qu’ils y meurent en paix dans le confort d’un hôpital.
- «U en est, parmi eux, qui prospectaient déjà dans cette région avant la découverte des placers du Klondyke et qui participèrent au fameux gold-rush-, ils ont maintenant de 70 à 75 ans, mais s’entêtent à chevaucher leur chimère. Leur rêve ne s’éteint qu’avec eux, sur le lit de l’hospice... »
- Nous avons sous les yeux un tableau de la production d’or dans le Yukon, dressé par le Bureau de Statistiques du Dominion, et qui montre avec quelle rapidité ces placers se sont épuisés. Il énumère, pour chaque année écoulée de 1885 à 1924, la quantité d’onces d’or recueillie annuellement et sa valeur en dollars. Pour ne pas abuser de l’attention du lecteur, nous ne donnerons que cette valeur en dollars, en nous contentant de mentionner les années riches et de sauter trois années pauvres sur quatre :
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- 1888
- 1892
- 1896
- 1897
- 1898
- 1899
- 1900
- 1901
- 1902
- 1903
- 1904
- 1905 1909 1913 1917 1921 1924,
- .......................... 40.000 dollars
- .......................... 87.500 —
- ......................... 300.000 —
- ....................... 2.500.000 —
- ... ............... 10.000.000 —
- .................... 16.000.000 —
- ...................... 22.275.000 —
- .................... 18.000.000 —
- ...................... 14.500.000 —
- ..................... 12.250.000 —
- ...................... 10.500.000 —
- ....................... 7.876.000 —
- ....................... 3.960.000 —
- ....................... 5.846.780 —
- . . ................... 3.672.703 —
- ....................... 1.364.217 —
- ......................... 722.005 —
- LA SITUATION PRÉSENTE
- Comme nous l’avons indiqué, les exploitations « individuelles » et celles qu’avaient organisées de petites compagnies tendent à disparaître. Cependant, on comptait encore, en 1926, vingt-trois chantiers occupant respectivement de 2 à 27 mineurs travaillant en association. La rivière Klondyke, bien déchue de son ancienne activité, n’occupait plus que. trois hommes, tandis que la non moins célèbre Bonanza Creek en retenait vingt et un.
- La plus puissante des compagnies qui poursuivent l’exploitation des placers est la Yukon Gold Company, fondée en 1906 par- des capitalistes américains. Elle détient 350 concessions, qu’elle exploite par différents procédés. Pour son groupe de concessions de Gold Run Creek, elle emploie une drague qui traite environ 5000 m3 de terre par jour. La force motrice est fournie par une usine hydroélectrique installée par la compagnie à l’embouchure de la rivière Little Twelvemile.
- Partout ailleurs, l’exploitation s’effectue par la méthode hydraulique : projection de jets puissants qui rongent la masse de terre, les déblais étant entraînés vers les sluices par l’écoulement naturel de l’eau. Durant la saison de travail, qui ne dure que trois mois, la compagnie traite ainsi environ 3 000 000 mètres cubes. Les conduites de distribution ont jusqu’à 30 pouces (0 m. 75) de diamètre; certaines atteignent 900 mètres de longueur. La pression de l’eau varie entre 40 et 150 livres par pouce carré.
- Là encore, on constate une diminution progressive de la production. L’application du système hydraulique sur les chantiers de la compagnie commença en 1910 et donna une quantité d’or valant 226 025 dollars. Ce chiffre s’éleva l’année suivante à 298 007 dollars. 1912 marqua l’apogée avec 628 874 dollars. Quatre ans plus tard, la production tombait à 435 666 dollars, et pour descendre finalement, en 1923, à 197 842 dollars.
- Deux autres compagnies, bien moins puissantes que la précédente, exploitent les placers du Yukon à l’aide de dragues et de machines excavatrices. Elles sont de fondation récente (1921) et ont repris chacune les concessions de sociétés anciennes.
- Outre ses placers, le Yukon est riche de gisements
- Fig. 4. — L’usine hydroélectrique de Nortli Filk Klondyke.
- filoniens. C’est à peine si l’on a prospecté méthodiquement la cinquième partie de ce vaste territoire et l’on y a déjà découvert une grande variété de filons : quartz aurifère, plomb argentifère, antimoine, tungstène, cuivre, etc. Mais les difficultés et le coût de l’extraction en ont retardé la mise en valeur. Jusqu’ici, le district de Mayo est le seul en exploitation.
- Ce gisement argentifère est situé sur le Stewart, affluent du Yukon, à moins de 200 kilomètres à vol d’oiseau de Dawson. Découvert en 1906, il fournit tout d’abord 59 tonnes de minerai à haute teneur qui, expédié à la fonderie de Trail (Colombie Britannique) donna 269 dollars à la tonne en or, argent et plomb. Une nouvelle expédition de 1180 tonnes eut lieu à la fin de 1914 : elle donna par tonne 3 dollars d’or, 270 onces d’argent et 31 pour 100 de plomb. D’autres quantités du même minerai furent expédiées en 1915 et en 1916; mais le filon s’appauvrissait, et les chantiers (Silver King Mine) furent abandonnés en 1917.
- Cependant, les résultats obtenus sur ce gisement avaient attiré dans la région de nombreux prospecteurs. I ’un d’eux, L. Beauvet, découvrait en 1919, à Keno, un filon de grande richesse que la Yukon Gold Company mettait en exploitation dès la fin de l’année suivante. D’autres veines non moins riches étaient découvertes quelque temps plus tard. En l’espace de trois ans, le
- Fig. 5. — Le fleuve Klondyke à Dawson Cily.
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- = 52 =-..........................................:.=
- groupe produisait 10 000 tonnes de minerai d’une teneur de 200 onces d’argent à la tonne et de plus de 50 pour 100 de plomb.
- Les différentes compagnies organisées pour exploiter ces filons se heurtèrent à la difficulté des transports : ils revenaient à 30 dollars la tonne pour les 26 ou 27 kilomètres séparant Keno de Mayo, d’où le minerai était chargé sur des radeaux ou sur des barges que des vapeurs remorquaient vers les hauts fourneaux de la côte du Pacifique. Une première amélioration fut obtenue en organisant des trains avec tracteurs à chenilles. Le coût du transport descendit à 8,50 dollars la tonne. Plusieurs compagnies ont monté des usines qui débarrassent le minerai de sa gangue. Il est désormais possible d’exploiter des filons d’une richesse moyenne, au lieu de se contenter, comme on l’a fait pendant quelques années, d’extraire le minerai de haute teneur.
- A la fin de 1928, ces gisements de la région de Mayo avaient produit un total de 8 000 000 dollars en argent et de 2 000 000 dollars en plomb. On peut ajouter à ces chiffres 2 000 000 dollars de cuivre produits par deux autres groupes miniers du Yukon (Twelvemile et White-horse). Il convient de signaler, en outre, que le Yukon possède d’énormes gisements de houille qui ne sont encore exploités que pour les besoins locaux et dont la capacité est évaluée à près de 6000 millions de tonnes.
- L’industrie minière du Yukon n’atteindra son plein développement qù’avec l’utilisation intensive de ses nombreux rapides et chutes d’eau. Déjà, comme nous l’avons signalé plus haut, la Yukon Gold Company possède une station hydro-électrique qui fournit de la force motrice à ses dragues, par une transmission d’une distance de 58 kilomètres. Une usine plus puissante, élevée sur la rivière Klondyke, en fournit à d’autres groupes de dragues, ainsi qu’à divers établissements de Dawson, ville qui lui doit aussi son éclairage. Différents projets à l’étude fourniront un supplément de force calculé à 14 000 ch pour les six mois d’hiver et à plus de 30 000 ch pour les six autres mois.
- AGRICULTURE, CHASSE ET TOURISME
- Le territoire du Yukon pourra-t-il jamais nourrir une population industrielle ? Jusqu’en ces dernières années, il aurait été normal de répondre par la négative. Mais la ferme expérimentale établie à Swede-Creek, non loin de Dawson, par le Ministère de l’Agriculture du Dominion, a démontré que ces régions, que l’on croyait condamnées à la stérilité, pourraient fournir des récoltes intéressantes. Le terrain aménagé par cette station a donné par acre (40 ares) 60 boisseaux de blé, 134 boisseaux et demi d’avoine, 66 boisseaux et quart d’orge et 21 boisseaux et tiers de pois.
- Plusieurs fermes fondées dans cette même région de Dawson par des particuliers sont devenues en peu d’années des affaires très profitables. Elles obtiennent de magnifiques récoltes de foin qui leur permettent d’élever du bétail sur une grande échelle; elles vendent le foin compressé à des prix variant entre 80 et 100 dollars la tonne. Elles s’adonnent aussi à la culture de la pomme
- de terre qui leur assure des récoltes magnifiques : 42 tonnes d’énormes tubercules par acre.
- Cette industrie très moderne qu’est le tourisme tend à devenir une importante source de revenus pour le Yukon. Partant de Seattle (Etat de Washington) ou des ports canadiens de Victoria et de Vancouver, à bord des somptueux vapeurs des Canadian National Railways, les voyageurs empruntent la route appelée « Inside Passage » qui leur fait longer le rivage du Pacifique à travers un admirable labyrinthe d’îles verdoyantes. Des villages indiens, ornés de leurs mâts totémiques, ajoutent leur note pittoresque au charme du paysage. Bientôt, de gigantesques glaciers annoncent les abords de l’Alaska dont la capitale, Juneau, est un point d’escale.
- Continuant sa course, le steamer pénètre dans le goulet connu sous le nom de Lynn Canal, que bordent de hautes montagnes. Au fond de ce fjord s’étale Skagway, ville célèbre dans les annales du Klondyke : ce fut de ce port que des milliers d’aventuriers partirent à la conquête de la fortune en affrontant l'escalade des cols de Chilkoot et de White-Pass. Le touriste n’est plus exposé aux fatigues et dangers qui décimèrent les caravanes de chercheurs d’or : en descendant du vapeur, il n’a plus qu’à s’asseoir dans un wagon du White-Pass-and-Yukon-Railway qui, après un trajet de 177 kilomètres effectué à travers de splendides paysages, le débarquera au pied des rapides de Whitehorse.
- De ce point, des vapeurs à roues emportent les voyageurs vers Dawson, par un pittoresque chapelet de lacs et de rivières, trajet de 740 kilomètres qui prend un jour et demi. Les nuits d’été sont brèves et claires, dans la région du Yukon, si bien que le paysage n’est jamais invisible.
- Dawson et Whitehorse sont devenus d’actifs centres de tourisme et de chasse. Le gros gibier abonde dans le territoire du Yukon. On se fera une idée de sa variété par le « tableau » qu’un permis, coûtant 100 dollars, accorde au chasseur : il a droit à un élan, deux caribous (rennes), deux cerfs, un mouflon, un chamois (mountain goat), et peut abattre encore autant d’ours, de lynx et autres carnassiers qu’il voudra. Une expédition pour deux chasseurs, d’une durée de 60 jours, coûte 4600 dollars, tous frais compris; elle comporte 2 guides, un cuisinier, un palefrenier, 6 chevaux de selle et 10 chevaux de bât.
- Il convient de signaler aussi que les cours d’eau et les lacs du Yukon sont très poissonneux. Le lac Tagish et les petits lacs voisins reçoivent la visite annuelle des fervents de la ligne: ils y capturent des truites pesant jusqu’à quinze kilogrammes ! On rencontre dans ces lacs une espèce de hareng d’eau doucè qui forme des bancs considérables.
- Après avoir mentionné que les animaux à fourrure précieuse restent nombreux dans le Yukon (40 000 rats musqués, 3000 castors, 4000 lynx, etc., abattus en une seule saison), je signalerai la toute dernière industrie née dans ces solitudes : la récolte de fossiles.
- L’exploitation hydraulique des pïacers de l’Alaska (ces jets dont la puissance désagrège et balaie des collines jusqu’au ras de leurs assises de roche) met à nu
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- des quantités d’ossements provenant d’espèces éteintes. Une expédition organisée l’été dernier par le Muséum d’Histoire naturelle de New York, conjointement avec le Collège d’Alaska, a pu recueillir en quelques semaines une telle quantité de fossiles qu’il fallut 28 grandes caisses pour les contenir. Le jet d’eau avait mis à jour, rangés côte à côte, une énorme défense de mammouth et le fémur d’un équidé du Pléistocène.
- La plus importante trouvaille est certainement le crâne d’un lion « Félis atrox alaskensis », identique à celui du grand félin d’Afrique, découverte qui, d’après M. Childs Frick, l’auteur de l’article de Natural History auquel nous empruntons ces renseignements, pourrait expli-
- .....-..............-............ - 53 =
- suivirent leur évolution dans les régions sub-arctiques, La collection comprend trente crânes de bison, d’une espèce nouvelle en paléontologie; elle est surtout remarquable par le développement extraordinaire des cornes, comparables, tant pour leur longueur que pour leur forme, à celles du buffle asiatique. On mentionne encore le crâne d’un chameau pléistocène (Camelops), plusieurs crânes de mammouth, dont l’un est encore muni d’une défense, deux autres défenses de mammouth, longues respectivement de 11 pieds 8 pouces et de 10 pieds, 10 pouces (soit 3 m 54 et 3 m 29).
- Arrêtons là l’inventaire et constatons que, si les pla-cers du Yukon et de l’Alaska s’appauvrissent, ils pro-
- Fig. 6. — Caribous paissant devant Dawson City.
- quer cette crinière léonine qui, sous le climat africain, nous apparaît comme une anomalie.
- Ce qui n’est plus qu’une parure sexuelle aurait eu jadis son utilité quasi vitale, si les ancêtres du lion pour-
- mettent, par contre, d’enrichir les galeries paléontolo-giques de nos muséums — ce qui n’est pas une mince compensation !
- Victor Forbin.
- LA GEOGRAPHIE PHONETIQUE
- ET LA QUESTION DES SUBSTRATS
- Le problème des substrats est un des plus captivants parmi ceux que pose la linguistique moderne; c’est un de ceux, aussi, que la méthode géographique et cartographique est appelée plus particulièrement à éclairer.
- La théorie du substrat est relativement récente. Elle a remplacé des hypothèses assez vagues sur les influences ethniques. La science du langage a reconnu qu’on ne pouvait relever aucun rapport certain entre la race et
- la parole. C’est l’unité de civilisation qui est le principal facteur de l’unité linguistique. D’autre part, quand un peuple change de langue pour adopter le langage.des conquérants ou un langage, socialement supérieur, parlé sur son sol, il conserve, à la fois, des mots de son idiome primitif et un ensemble d’habitudes linguistiques, de tendances, qui se manifestent, pendant une période souvent très longue, dans le domaine de la phonétique,
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- de la morphologie, de la syntaxe ('). Vocables appartenant à une couche plus ancienne, tendances et habitudes phoniques et grammaticales : autant de manifestations du substrat.
- On conçoit l’utilité que présente pour la linguistique la recherche des substrats. Non seulement l’analyse de ces éléments, de ces vestiges précieux, permet de reconstituer la vie d’anciennes langues, dont l’histoire révèle l’existence et qui ont disparu depuis longtemps, mais elle peut pénétrer plus loin encore dans le passé, atteindre des couches préhistoriques et retrouver des communautés linguistiques très archaïques dont l’histoire ne fait pas mention.
- Pour les substrats correspondant à un idiome plus ou moins connu, la méthode est relativement simple : on cherchera à relever des séries de concordances bien établies, tant au point de vue linguistique que géographique : il faut que le fait linguistique se retrouve dans la langue disparue ou dans son groupe, et qu’il
- Fig. 1. — Phonétismes d’origine gauloise*
- corresponde à l’habitat de la population qui parlait cette langue.
- Quant aux idiomes inconnus dont on croit retrouver des substrats, on doit procéder très prudemment et par inductions progressives : l’existence, par exemple, de racines caractéristiques ou de traits phonétiques communs à certaines régions archaïsantes et qui ne sont propres à aucune des langues historiquement connues, parlées tour à tour sur ces territoires, peut permettre de conjecturer une unité linguistique antérieure englobant ces diverses régions.
- M. Bertoldi a formulé quelques hypothèses de ce genre, assez hardies, d’après l’étude du lexique et des noms de lieux (1 2). Nous ne nous occuperons ici que des faits d’ordre phonétique, qui paraissent fournir une base plus sûre : car les tendances de prononciation se
- 1. Voir notamment A. Meillet, Les langues dans l’Europe nouvelle, Paris, Payot, 2e édit. 1928, chap. VII et suivants.
- 2. Voir notamment Revue de linguis ique romane, IV, 223-250.
- conservent avec une ténacité remarquable et les faits phonétiques se déplacent moins que les mots.
- Il ne faudrait pas croire d’ailleurs à la fixité géographique absolue de tels faits. Ils sont susceptibles d’extension ou de restriction sous l’influence de facteurs sociaux. Lorsqu’une langue bénéficie d’un prestige d’ordre politique, social, littéraire, etc., son phonétisme gagne peu à peu sa zone d’influence. A l’inverse, les tendances de prononciation qui sont l’héritage d’une langue déchue et vouée à la disparition, deviennent vulgaires, rurales et reculent peu à peu vers les régions les plus arriérées : voilà pourquoi nous retrouvons, presque toujours, les débris, les vestiges des plus anciens substrats dans les contrées archaïsantes, soit au cœur des massifs montagneux, soit à la périphérie, à l’écart des grandes voies de communication et loin des grands centres qui ont été les foyers des langues importées, des influences nouvelles.
- Ces principes posés, nous allons les illustrer par des exemples concrets, empruntés à l’Europe occidentale et de préférence à la Gaule.
- *
- * *
- Le substrat gaulois est le mieux connu, celui qui se révèle par un ensemble de faits particulièrement imposant. Les moyens de contrôle sont assez nombreux : si notre connaissance de la phonétique gauloise est encore imparfaite, en revanche le groupe celtique, dont le gaulois faisait partie, a pu être bien étudié dans son évolution et ses caractères: géographiquement enfin, nous savons très ap proximativement quels ont été l’habitat des Gaulois et leurs migrations en Europe.
- Nous observons trois types de phonétismes gaulois, suivant leur extension géographique.
- Voici d’abord le type à extension maxima. Je prendrai, pour exemple l’évolution et —> yt yt, qui se manifeste, par exemple, dans l’évolution du latin vulgaire factu(m) -*-*faytu-ï-*faytuC). Phénomène indubitablement gaulois (le gaulois l’avait en commun avec le germanique), puisqu’il est attesté, par les inscriptions du début de l’Empire, dans les noms propres indigènes. Ce phonétisme, qui s’est développé à l’époque où le gaulois, au commencement de la conquête romaine, avait encore une grande force d’expansion, a gagné le latin vulgaire de toute la Gaule, de la Cisalpine, et même de l’Espagne, où les Celtibères l’avaient importé. — La sonorisation des consonnes sourdes intervocaliques, c’est-à-dire le passage, en latin vulgaire, de p k b, t à d, c à g, quand la consonne se trouvait entre deux voyelles à l’intérieur d’un mot (sapa —y saba, amata -> amada, securus -4- segurus), était effectué à la fin du vie siècle dans le même rayon :
- 1. Je note par la lettre grecque y un son fricatif voisin du ch dur allemand. Dans les inscriptions gauloises, il est noté par x, qui semble une adaptation du y grec. — L’évolution ultérieure du groupe yt a divergé suivant les régions : il y a eu métathèse en Castille, Languedoc et Lombardie (l’espagnol pecho, par exemple, postule l’évolution * peytu -A- * pelyu —* pecho).
- Phonétismes d'originegauloiso
- Celtisme a extension minims :
- (diphtongaison de a ,e,o toniques libres).
- Régions ou le phénomène est incomplet.
- Celtisme a extension moyenne : ou -—y a
- Celtisme à extension maxima : et —(phénomène commun au celtique et au germanique). Aire actuelle des idiomes celtiques .
- Limite des langues romanes
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- or ce phénomène se produit très généralement dans les langues celtiques, tandis que l’italique, le germanique l’ignorent (ainsi que le basque, résidu de l’ibère).
- Voici maintenant les celtismes à extension moyenne. Le type le plus caractéristique est le changement de la voyelle latine écrite u mais prononcée ou, prononciation conservée en italien, espagnol, portugais, roumain : en Gaule, la voyelle, dont la notation graphique s’est conservée, s’est palatalisée (par bombement de la langue vers le palais), pour aboutir à l’u français. Ascoli, le premier, a signalé la concordance de ce phénomène avec l’habitat gaulois, mais il s’était trompé en croyant que l’évolution était contemporaine de la précédente et qu’il s’agissait d’une prononciation du latin à la gauloise, sous l’Empire : on a établi, depuis, que la transformation n’était pas accomplie au vne siècle, époque où le c s’est palatalisé devant a ('), et on a tiré argument de ce fait pour contester la celticité de cette tendance. Mais depuis qu’on a reconnu que les tendances phonétiques peuvent se conserver pendant des siècles, l’objection est tombée.
- L’origine gauloise de cette évolution s’appuie sur un ensemble de présomptions également probantes. Les idiomes celtiques qui ont vécu connaissent l’évolution ou -> u, voire u -> i, tandis que le groupe germanique et le groupe italique l’ignorent. Géographiquement, le changement ou -> u s’est opéré sur tout le territoire habité par les Gaulois : Gaule romane et divers idiomes germaniques limitrophes (1 2 3), Gaule cisalpine jusqu’à l’Adige; on retrouve enfin l’u. dans les parlers germaniques de la région rhénane ou ouest-rhénane et dans les dialectes anglais de l’ouest, tous à fort substrat celtique.
- Les phonétismes à extension minima affectent les régions qui ont reçu la colonisation gauloise la plus forte, ou mieux celles où l’élément gaulois a été et est resté prépondérant : territoire de la langue d’oïl et du franco-provençal, et Italie du nord-ouest. A cette catégorie appartiennent : 1° la diphtongaison de é, ô, a toniques libres (r’) (le dernier phénomène ne s’étant pleinement développé qu’en langue d’oïl) : ainsi sérum -> seir (->- soir en fr.), en vieux français, franco-provençal, piémontais, etc.; 2° l’afîriquement des consonnes sonores intervocaliques, b, g, d, dont le domaine est un peu plus vaste, puisque le provençal l’a partiellement connu (notamment pour d latin) : ainsi, en français, entre deux voyelles, le d latin, ou l’ancien t changé en d comme
- 1. L’u étant une voyelle plus antérieure que l’a, le c [k), au moment où il se palatalisait devant a, se serait, à fortiori, palatalisé devant u : or nous avons curé, cuve...
- (et non churè, chuve) (abbé Rousselot, Meyer, Lübke, etc.).
- 2. La limite de l’u, qui passe au nord du Roussillon, coïncide exactement avec la limite de la colonisation gauloise, telle que l’a établie M. Camille Jullian d’après des données purement historiques (Hist. de la Gaule, I,
- 310 et II, 457-458).
- 3. C’est-à-dire non suivis dans le mot de deux consonnes formant entrave. — Les romanistes tendent désormais à expliquer le passage de a tonique libre latin à é français {faba —> fève) comme une ancienne dipthon gaison (aa —>-aè—>-é), qui rend compte, en outre, de nombre de faits mal expliqués.
- Le substrat germanique
- asm Limite méridionale actuelle du flamand.
- m » de! ‘extension approximative
- du flamand auxsiècles.
- " extrême approximative de la con-
- servation c'3 c devante latin .
- (canfur-— canton) '-..SOMME
- - Oirect°Pde la migrai ion franque ^skfNE-irYF..
- Fig. 2. —- Le substrat germanique.
- on l’a vu plus haut, était devenu interdental dès le xe siècle : cette prononciation, voisine de celle du th doux anglais, nous est confirmée par les graphies du poème de Saint-Alexis (xie siècle) : espethe, épée; rnan-dethe, mandée (latin mandata)-, ce son s’est ensuite effacé. De même b a passé à p, qui est resté : faba s- fève, comme sapa -> saba sève. —Les deux évolutions se retrouvent dans les langues celtiques.
- Le substrat germanique en pays roman se présente de façon differente. Ici ce sont les conquérants qui ont été assimilés linguistiquement par la population préexistante. L influence de cet apport a été sensible aussi bien dans le domaine phonétique, négligé jusqu’ici par les romanistes, que sur le terrain, bien exploré, du vocabulaire : comment s’en étonner si l’on songe que cet élément, représentant la classe dirigeante, avait une importance sociale particulière?
- Sans compter la réintroduction en Gaule d’un son nouveau, Y h, d’un son en position nouvelle (w initial), ou d’influences phonétiques directes du germanique encore parlé (!), de nouvelles orientations s’accusent dans la phonétique française à partir du ixe siècle, époque où la fusion linguistique des Francs se para-
- 1. Voir l’influence de l’Umlaui -hari -v -heri qui seule peut expliquer l’aboutissement de -arius à -ier en français (A. Thomas, Nouveaux Essais, 119 sq.).
- Fig. 3. — Phonétismes d'origine ibère.
- Phonétismes d'origine ibère
- Aire actuelle du basque
- ____. Limite des langues romanes
- Foyer de / 'évolution y —»•6 ou - • > v bilabial.
- Régions gagnées aujourd'hui par le phénomène.
- Foyer de i 'évolution f-
- Régions gagnées aujourd'hui par le phénomène .
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- chève : la plus remarquable est l’arrêt des palatalisations consonantiques (mouillement de c, g devant e, i, de l, n, t, d devant un i en hiatus -> y, etc.), phénomène inconnu au latin préhistorique et classique, et qui paraît dû, en Italie et en Gaule, au double substrat ombrien et gaulois. Le germanique est rebelle à ces palatalisations, et il a fait obstacle, aux viie-vme siècles, à la palatalisation de c devant a en normanno-picard, région où la colonisation saxonne et franque était particulièrement dense (français chanter, picard canter-, les régions peu ou point celtisées, au sud, ont gardé aussi le k) ('). Cette répulsion devient si grande que même le groupe l -f- i en hiatus, dans des mots empruntés au latin d’église, ne se palatalise pas (cf. palea paille, mot traditionnel, et pallium pâlie paile, poêle [cordons du = ] ; vieux français apostoile, d'apostolium, etc.). La palatalisation reparaît au xvne siècle : a-t-il fallu huit siècles pour éliminer le substrat germanique?
- La carte ci-jointe (la deuxième), montre bien la direction de la migration des Francs Saliens, qui a glissé comme une vaste coulée devant le barrage stratégique établi par les Romains, en avant de la chaussée de Bavai à Maestricht (1 2) : ce barrage a été débordé, puis rompu au nord-ouest, mais le flot est allé s’affaiblissant, en sorte que la germanisation n’a été durable qu’en Flandre, tandis qu’elle a été passagère .dans le Boulonnais, et que dans le Hainaut, la Picardie, le pays de Caux, l’élément franc s’est romanisé, tout en restant encore assez important pour apporter des tendances phonétiques plus importantes que dans la région parisienne, la Champagne, etc., où il était beaucoup moins nombreux.
- 1. Cf. mes Essais de géographie linguistique, 2 e série, Paris, 1928, p. 56-60.
- 2. Communication de M. F. Rousseau au Congrès de géographie historique (Bruxelles, 12 août 1930). On croyait naguère avec G. Kurth que le barrage était constitué par la « forêt charbonnière »; mais des géographes (M. Vanderlinden...) ont démontré que cette forêt était orientée nord-sud : elle a contenu vers l’est la migration franque et isolé le wallon du picard.
- En outre, la côte boulonnaise et normande (bas Calvados et Cotentin actuels) recevait, vers la même époque, une importante colonisation saxonne, dont l’histoire et les noms de lieux font foi.
- L’assourdissement des consonnes sonores à la finale des mots (ard -> art, latin navem -> nev -> nef), qui se produit aux alentours du xe siècle, ne peut manquer d’être rapproché d’une des tendances les plus caractéristiques de la phonétique germanique : bien que le fait soit limité, en français et en provençal, à la position la plus favorable, la coïncidence ne saurait être fortuite. Il est remarquable aussi que l’évolution uo ue, bien connue en germanique, se soit développée en pays romans dans quatre foyers de colonisation germanique : France du Nord, région toulousaine, nord de la Castille (où les Wisigots avaient reflué) et Lombardie.
- Avec Y ibère, nous abordons les idiomes inconnus. Mais nous pouvons repérer assez bien, par l’histoire, le foyer originaire (bassin de l’Ebre) et l’expansion des conquêtes ibériques. Or une évolution, tout à fait isolée dans les langues romanes — l’élimination des labio-dentales /, v, dont la première s’aspire en h dans ce domaine, tandis que la seconde devient bilabiale, affri-quée {? bilabial) ou occlusive (b) — correspond de façon frappante à l’habitat des Ibères.
- Du côté français, le second phénomène, limité d’abord à la Gascogne et à l’est pyrénéen, s’est étendu, à la fin du moyen âge, au nord-est et à l’est, jusqu’au Lioran et aux approches de Nîmes : limites extrêmes assignées par les historiens à l’expansion ibère (') (nouvelle rencontre, combien suggestive !).
- Du côté espagnol, les deux faits, qui ont pour foyer la région cantabrique et la haute vallée de l’Ebre, se sont étendus sur la péninsule avec la reconquista espagnole : le premier, plus limité, n’a gagné ni l’ouest, ni l’est (c’est-à-dire ni le portugais ni le catalan), tandis que le second a un foyer originaire qui s’étendait jusqu’aux Pyrénées orientales (donc catalan inclus). Si l’on ajoute que le basque, résidu linguistique de l’ibère, ignore les labio-dentales, et que les foyers d’expansion précités, sur les deux versants, sont en contact avec le basque, la démonstration paraît faite. M. Menendez Pidal l’a établie pour f—,h h, en Espagne, avec une richesse d’argumentation péremptoire (2).
- Substrats obscurs. — D’anciennes évolutions divergentes de l nous mettent sur la piste de divers substrats.
- L d peut se palataliser, en tendant vers l mouillé, se vélariser, en tendant vers w (w anglais), ou devenir vibrant en passant à r. La dernière évolution s’observe surtout en cas de dissimilation (par exemple, ululare -yhurler). La palatalisation a lieu essentiellement devant une voyelle ou semi-consonne palatale (surtout
- 1. Jullian, Histoire de la Gaule, I, 266.
- 2. Origenes del espanol, 2e éd., Madrid, 1929, pp. 219-241, et les cartes. — La répulsion de l’ibère pour les labio-dentales pourrait être due au prognathisme.
- Fig. 4. — Traitements divergents de l.
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- Groupes consonantiques à premier élément nasal
- —Aires d'expansion I——-I mb—*~mm^nd —*-nn
- r^r771 Phénomène anciennement mp—±mb, nb -+-nd
- attesté(ancien iranien) et disparu. Hü Coexistence des deux ____Limite des langues romanes. phénomènes.
- Fig. 5. — Groupes consonantiques à premier élément nasal.
- devant e, i en hiatus) ; inversement la vélarisation se produit presque toujours en position implosive, c’est-à-dire devant consonne ou à la finale du mot : mais ces deux tendances physiologiques inverses (dans le premier cas, la langue se bombe, pointe baissée, dans le second elle se retire et se creuse, pointe relevée), ne coexistent pas dans une même langue, tout au moins à la même époque.
- En dehors du cas de dissimilation, le changement de l en r est localisé, dans les langues romanes, en roumain, d’une part, dans les Alpes occidentales de l’autre (*). Faisant abstraction du roumain, où le phénomène est antérieur aux influences slaves (2), nous constatons que le phénomène occidental recouvre exactement Faire du ligure à l’époque historique : il affecte l intervocalique (J) et l devant consonne, le phénomène, dans cette dernière position, ayant une extension géographique un peu plus grande et se retrouvant également en Sicile et dans le langage populaire à Rome et à Florence. Il est manifestement en recul depuis le moyen âge, où on l’observait dans les textes milanais. Il serait prématuré de conjecturer un substrat commun au ligurien, au sicilien et au roumain : la question est à étudier.
- La vélarisation, qui a affecté l implosif dans un domaine très vaste (phénomène communément désigné par « vocalisation » : ancien français altre -> autre), s’observe pour l intervocalique dans trois régions archaïsantes toutes différentes des précédentes. A l’extrême ouest, la chute de l intervocalique en portugais a eu pour
- 1. Sur le versant italien des Alpes, on le retrouve, vers l’est, jusqu’en Tyrol.
- 2. O. Densusianu, Hisl. de la langue roumaine, II, 113; A. Rosetti, Elude sur le rhotacisme en roumain, Paris, 1924.
- 3. LV intervocalique, originaire ou provenant de /, est tombé ultérieurement en génois.
- origine une vélarisation dont le foyer était en Galice (E. Bourciez). — Dans le Massif Central, où j’ai fait une enquête approfondie dont je publierai bientôt les résultats, le phénomène affecte le sud-ouest du Puy-de-Dôme, le Cantal (sauf le sud-ouest), la pointe nord de l’Aveyron, la Lozère (sauf la région de Florac), et la Haute-Loire (sauf le nord-est). Les débuts de l’évolution sont anciens, puisque Y II latine, qui a cessé d’être géminée à l’époque franque, n’est jamais affectée. A une époque récente l’évolution s’est poursuivie avec divergences : seuls certains points de la périphérie (Vic-sur-Cère et le pays de Barrez, Champeix), sont restés à l’étape w; le son est tombé dans une petite contrée (nord de l’Aveyron) ; au nord-est et au nord-ouest (Velay, Puy-de-Dôme), w a passé à v, tandis qu’au centre (Gévaudan, Cantal, Luguet jusqu’à Vodable), il a suivi le processus w gw -A- g, le g lui-même s’étant affriqué en y dans la région de Murat et Saint-Flour. — Enfin, dans une partie du Valais roman (val de Bagnes, Savièse, etc.), on observe la même évolution qu’en portugais, quoique avec la chute plus tardive (xvne s., au lieu du xne) ('). Dans le Massif Central et le Valais, le phénomène est en recul, tandis que l’expansion du galicien-portugais l’a fait progresser au sud-ouest de la péninsule ibérique.
- Il est remarquable que la ligne Galice-Massif Central-Valais forme à peu près l’axe des parlers romans qui ont vélarisé (vocalisé) l implosif : Espagne, Gaule,' Rhétie. Il semble bien que nous soyons en présence d’une couche brisée d’un ancien substrat, qui se rencontre avec le précédent dans la région valaisanne.' L’extension du phénomène en Valais à l initial pourrait faire présumer que Yl à tendance vélaire dans toutes1 les positions régnait autrefois sur un domaine étendu.
- 1. Voir l’étude classique de Cornu sur le bagnard {Romania 1877), ' et le Petit allas phonétique du Valais roman de Gilliéron.
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- Les groupes de consonnes à premier élément nasal permettent enfin de jalonner, avec toute chance de probabilité, un substrat pré-indo-européen très vaste. L’assimilation progressive de ces groupes s’est opérée par sonorisation de la sourde (mp -> mb, nt -> nd, nk ng), et par assimilation de la sonore (mb -> mm, nd nn) : par exemple le provençal cambo, jambe, devient camo (réduction de camma) en gascon du sud-ouest ; à l’italien campo, gamba correspond le napolitain cambu, gamina. L’aire géographique est plus restreinte pour le premier phénomène que pour le second (qui le déborde plus ou moins), dans les langues romanes : il s’observe en basque et en ibéro-roman (gascon, catalan, foyer nord du castillan), en Sardaigne et dans l’Italie méridionale ('). On le retrouve en albanais (d’où il a passé en grec moderne), ainsi qu’en arménien et en ancien iranien. M. Meillet, qui a complété et précisé, à la Société
- 1. Voir l’ouvrage précité de IÆ. Ménendez Pidal (p. 295-305) et les fascicules publiés de Y Allas linguistique italien de MM. Jaberg et Jud. — Aspoli, qui avait signalé ces faits encore mal connus, avait attribué à tort cet ensemble d’évolutions à des influences climatiques communes au sud des trois péninsules : ibérique, italique, balkanique. Or, ce qu’il ignorait, les foyers étaient au nord et non au sud de la première et de la troisième péninsule (sans compter l’arménien et l’ancien iranien dont il n’avait pas fait état). Les « lignes isothermes » qu’il avait tracées étaient donc fausses.
- de Linguistique, le 20 avril 1929, les faits signalés par moi-même à ce sujet, a confirmé que les faits italiques dérivaient de l’osque et que celui-ci devait hériter, sur ce point, comme l’illyro-albanais, l’arménien et l’iranien, d’un substrat antérieur, apparenté sans doute aux Ibères.
- Il n’est pas sans intérêt de rappeler, à ce propos, que les linguistes cherchent à établir, en ce moment, la parenté de l’ibère, de l’étrusque, des langues asiatiques anciennes (lydien, etc.) et des langues caucasiques actuelles : ce groupe, qui paraît bien correspondre au substrat précédent, aurait été disloqué et progressivement submergé par les langues indo-européennes.
- Par la recherche des substrats et la cartographie des aires phonétiques, qui fait apparaître d’anciennes couches brisées, d’époque plus ou moins reculée, on voit quelles lumières la géographie phonétique peut projeter sur l’histoire du langage. Mais il ne faut jamais perdre de vue que ces recherches séduisantes ne sont encore qu’à leur début : extrêmement délicates, elles doivent être conduites avec la plus grande prudence, sous peine de discréditer la méthode et de compromettre les résultats.
- Albert Dauzat, Directeur d’études à l’École pratique des Hautes Études.
- LE CUIVRE
- Le cuivre, utilisé dès la plus haute antiquité, à l’aube même des civilisations, a vu ses emplois se multiplier dans l’industrie moderne. Sans doute les tonnages de cuivre aujourd’hui consommés n’approchent pas de ceux du fer et de l’acier. Le cuivre n’en est pas moins un métal essentiel à notre civilisation, à tel point que l’état de
- son marché peut être considéré comme un baromètre de l’activité économique du monde.
- Les concurrences qui ont surgi à l’époque moderne, comme celles de l’aluminium et de certains alliages ferreux, n’ont pas enrayé l’essor du cuivre : la production mondiale, de 20 000 tonnes environ au début du xixe siècle, est passée à 491000 tonnes en 1900, à 866 000 en 1910, 1916 000 en 1928, et 2 136 000 en 1929, année record marquant un maximum qui ne sera sans doute pas atteint à nouveau avant un certain délai.
- ROLE DU CUIVRE DANS L’HISTOIRE DES INDUSTRIES
- Connu sous forme d’alliages grossiers dès la primitive civilisation dite « du bronze », et peut-être isolé, sinon dis= tingué des airains, avant même l’âge du fer, le cuivre joua aussitôt des rôles techniques dignes de remarque. Il fut arme, outil, ustensile. Plus de mille ans avant notre ère, les Chinois l’utilisaient en monnaies, coulées mais non frap= pées; et l’Egypte semble en avoir façonné les objets usuels figurés en rouge sur ses plus antiques monuments.
- Fig. 1. — La plus grande mine de cuivre du monde à ciel ouvert. La mine de Bingham dans l’Utah. C’est une gigantesque carrière exploitée sur un grand nombre d'étages.
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- En Grèce et à Rome encore, le bronze était plus répandu que le fer : les scories résiduaires de l'immémoriale exploitation des minerais de Chypre, les vestiges de fours à réverbère de l’Espagne romaine et les descriptions détaillées de cette métallurgie dues à Pline l’Ancien, permettent de suivre Passez rapide et florissante évolution de cette industrie qui perfectionnait le cuivre pur aussi bien que l’« aurichalque », alliage au zinc, ou les combinaisons avec l’étain, le plomb argentifère, l’or même (airain de Corinthe). Tous ces laitons et bronzes se confondaient, d’ailleurs, sous le nom générique d’aes, que nous traduisons par airain.
- Dès lors, on tirait aussi du cuivre un produit chimique, en préparant, à Chypre, en Ibérie, en Gaule, le sulfate, l’acétate, le carbonate cupriques, pareillement confondus sous le vocable à'ærugo (ce qui revient à dire : rouille d’airain). Ce fut même, paraît-il, pour démasquer les premières falsifications de ces dérivés du cuivre qu’on inventa une sorte de papier réactif imprégné à la noix de galle et décelant, par noircissement, l’addition frauduleuse de sulfate de fer. Le fameux bleu d’Alexandrie, dont Vi-Iruve décrit en détail la fabrication, s’obtenait en fondant avec l’oxyde de cuivre un carbonate alcalin, tandis que, selon les analyses d’Humphry Davy, l’acétate et le carbonate de cuivre fournissaient déjà les couleurs vertes aux peintres de Pompéi.
- Aussi bien l’alchimie ne négligeait-elle pas la « fleur d’airain » (sulfate de cuivre) : et le philosophe alexandrin Olympiodore enregistre une vague synthèse de l’émeraude, qui s’opérait en fondant ensemble un oxyde de cuivre et du cristal.
- Après de tels progrès dans l’art de tirer parti des minerais cuprifères, le moyen âge n’eut guère d’autre mérite que d’apercevoir l’action des réactifs acides sur le métal. L’illustre chimiste arabe Djabar-al-Koufi (alias Geber) analysait en termes presque scientifiques les propriétés du cuivre, indiquait la possibilité d’amalgame avec le fer (oubliée jusqu’au xvme siècle), et formulait même la préparation de l’acide nitrique par réaction distilla-toire entre le salpêtre, l’alun de Jameni et le «vitriol de Chypre », lequel est évidemment le sulfate de cuivre, encore connu naguère sous le nom de vitriol bleu.
- Cependant, pour subvenir aux utilisations pratiques de ces primitifs produits chimiques, et aussi pour extraire le métal réclamé par les chaudronniers ou d’autres artisans, l’exploitation minérale des pyrites et des oxydes cuivreux se développait en Occident. Sans parler de l’Angleterre, des Allemagnes, de la Hongrie, de l’Espagne, la France possédait alors des gîtes de cuivre assez importants au voisinage de Lyon. Ces mines de la vallée d’Azer-gues, à Chessy et Sain-Bel, où besognaient des équipes soumises à une très singulière discipline quasi monastique, 11e contribuèrent pas peu à fonder la fortune de leur concessionnaire, le grand argentier Jacques Cœur.
- Il semble bien que, dès avant la Renaissance, on ait connu (par quelle intuition de l’empirisme ?) l’effet protecteur des sels de cuivre contre les fléaux de la vigne. Déjà, dans chaque logis de vigneron du Languedoc, on avait coutume de garnir un pot d’une ou deux pintes avec des couches alternées de lames de cuivre et de marcs
- Fig. 2. — Four de grillage du minerai de cuivre système Wedge.
- de vendange ; ce qui donnait à bon compte le « verdet » fungicide.
- Aussi, quand l’Epistémon de Rabelais, au cours d’une plaisante énumération, nous dit que « Livie estoit racleresse de verdet », ne faut-il pas entendre (comme fît l’illustrateur Jules Garnier) que cette ombre impériale épluchait des légumes, mais bien qu’elle raclait le vert-de-gris sur les plaques de cuivre, comme l’avait vu faire le doctor medicus de Montpellier à l’entour de la cité universitaire.
- Aux siècles suivants, chimie et métallurgie progressant en parallèle, les emplois du cuivre se mutiplièrent encore. Les fonderies elles-mêmes préparaient avec l’« huile de vitriol » (acide sulfurique) ou d’autres réactifs les « sucs concrètes » utilisés en teinture, peinture, émaillerie, verrerie, céramique, tandis que les forts gaillards du Plateau central s’en allaient, parfois jusqu’au delà des frontières, martelant le métal rouge et l’étamant au besoin, comme faisait encore le « magnien » ambulant d’hier.
- Et, quand naquirent avec le xixe siècle le moteur à vapeur et le machinisme industriel, puis et surtout cinquante ans plus tard l’industrie électrique, le métal rouge, peu sensible aux effets de l’air, de l’eau ou de la vapeur, et doué d’exceptionnelles propriétés de conductibilité électrique, ne pouvait manquer d’obtenir large accès dans le nouvel équipement des métiers, d’y devenir même indispensable.
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- Fig. 3. — Convertisseur horizontal modèle Peirce-Smilh.
- LES PAYS PRODUCTEURS DE CUIVRE
- Depuis bien longtemps déjà le continent américain tient, de loin, la première place dans la production du cuivre, et au premier rang se placent les Etats-Unis qui sont aujourd’hui les véritables maîtres du marché de cuivre ; non seulement en effet les Etats-Unis, à eux seuls, fournissent la moitié du tonnage mondial (768 000 tonnes en 1927 sur 1 517 900), mais leurs industriels contrôlent également les gisements importants du Chili et une partie de ceux du Canada.
- Les principaux gisements des Etats-Unis se trouvent aux environs du Lac Supérieur, et dans les Montagnes Rocheuses : au nord le district de Butte dans le Montana, au centre les districts de Bingham et Tintic dans l’Utah, les mines du Nevada et de la Californie, au sud les puissants gîtes de l’Arizona.
- La 2e place est occupée par le Chili (240 000 tonnes en 1927). L’exploitation du cuivre, très active vers le milieu du xixe siècle, a ensuite traversé dans ce pays une période de stagnation, puis a repris un vif essor
- précisément sous l’impulsion des industriels ou finan= ciers des Etats-Unis.
- L’Amérique, à côté de ces deux champions, compte encore plusieurs autres producteurs importants : le Canada (64000 t. en 1927) qui ne cesse d’accroître son extraction et ses usines de traitement, le Mexique (57 800 t. ), le Pérou
- (47 500 t.), Cuba (14 000 t.), la Bolivie (7 100 t.).
- L’Afrique, nouvelle venue dans l’histoire du cuivre, y occupe une place importante et appelée à grandir dans les années qui viennent : déjà les gisements du Congo belge (Katanga) se placent aujourd’hui au 3e rang parmi les producteurs de cuivre (90 000 t. en 1927, et 110 000 t. en 1928); bientôt la Rhodésie et, espérons-le, le Congo français seront en mesure d’apporter également un contingent important.
- L’Asie n’est actuellement représentée que par le Japon (63 400 t.) dont la production reste stationnaire.
- L’Australie qui produisait 52 000 tonnes en 1913 est en déclin rapide (11 600 t. en 1927). Quant à l’Europe, elle est relativement pauvre en minerais de cuivre et c’est une de ses faiblesses économiques à l’heure présente : le principal producteur est l’Espagne; la province d’Huelva (Rio Tinto, Tharsis) avec la région contiguë du Portugal a donné 55 000 t. de cuivre en 1927. L’Allemagne a tiré de ses mines sept fois centenaires de Mans-feld 28 400 t. ; la Norvège, la Yougoslavie (mines de Bor), la Russie (Oural, Caucase, Sibérie), chacune 12 0001. environ. La Russie semble, du reste, posséder de très considérables ressources qui, quelque jour, pourront la mettre en tête de la production mondiale.
- La France n’a qu’une production insignifiante.
- LES MINERAIS DE CUIVRE ET LEURS GISEMENTS
- Le cuivre se rencontre presque toujours dans la nature à l’état de combinaisons sulfurées : sulfures (chalcosine, chalcopyrite) associés à la pyrite de fer, combinaisons complexes de sulfures de cuivre et d’antimoine ou d’arsenic (cuivre gris, enargite, termantite, panabase).
- Parfois, par suite de transformations métamorphiques, on trouve le cuivre à l’état de combinaisons oxydées et de carbonates (Katanga et Congo français) ou de cuivre natif. Ce dernier cas est celui des mines célèbres du Lac Supérieur (Michigan, Etats-Unis), où le cuivre s’exploite jusqu’à 2000 mètres de profondeur, disséminé à très faibles teneurs dans des gangues rocheuses ; il est cependant extrait avantageusement grâce à la simplicité du traitement ultérieur et à la pureté des produits obtenus.
- Les gisements se classent en deux types principaux : les amas pyriteux plus ou moins lenticulaires, dont le type est le gisement de Huelva, et plus fréquents : les fdons (Montana, Utah, Arizona, etc.). Le minerai de cuivre est généralement associé à des porphyres, roches éruptives plus ou moins anciennes et répandues dans les terrains les plus variés. On connaît aussi quelques gisements sédimentaires : Mansfeld en Allemagne, Boleo au Mexique.
- Quelles que soient Ja nature et la composition du gisement, la teneur 'en métal est en règle générale très faible; dans la majorité des mines exploitées elle se tient entre 1,5 et 2 pour 100. Les minerais à 6 et 8 pour 100 sont des minerais riches. Aussi la concentration du minerai et l’extraction du métal sont-elles des opérations onéreuses qui expliquent le prix élevé du produit final.
- Fig. 4. — Coupe du convertisseur Peirce Smith.
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- LA MÉTALLURGIE JDU CUIVRE
- Le minerai extrait de la mine est tout d’abord concentré mécaniquement pour éliminer le maximum de gangue parasite : après broyage on procède en général par lavage. Dans ces dernières années, on a fait d * plus en plus appel au flottage pour séparer de ce minerai brut la pyrite ou sulfure de fer, Ce sous-produit est parfois utilisé pour donner par grillage de l’acide sulfureux destiné à fabriquer de l’acide sulfurique, tandis que l’oxyde de fer résiduel est vendu comme minerai de fer.
- Le problème est maintenant d’éliminer du minerai
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- cède donc dans des fours à soles munis de bras de râblage réfrigérés (four Wedge) à un premier grillage partiel qui n’élimine qu’une partie du soufre; puis le produit grillé est concentré au moyen d’une fusion en atmosphère réductrice au-dessus de 1100°; une grande partie du fer et du zinc ainsi que les gangues terreuses passent dans la scorie silicatée elle-même liquide, mais qui, plus légère que la masse cuivreuse, est séparée par gravité. On obtient alors ce qu’on appelle une matte dite matte bronze qui contient de 25 à 40 pour 100 de cuivre à l’état de sulfure Cu2S, associé à du sulfure de fer et aux sulfures dés autres métaux contenus dans le minerai. La fusion
- Fig. 5. — La raffinerie de cuivre d'El Paso (États-Unis) où se traite le cuivre de l'Arizona.
- ainsi traité les gangues siliceuses ou calcaires qui subs-sistent, ainsi que le soufre et les divers métaux ou métalloïdes, intimement associés au cuivre. On n’y parvient que par étapes successives. Le traitement se fait le plus souvent par voie ignée, parfois par dissolution pour les minerais pauvres.
- a) Traitement par grillages et fusions. — Le soufre disparaît aisément de ses combinaisons par grillage oxydant; cependant on ne peut l’éliminer d’un seul coup sous peine de transformer en oxydes difficiles à séparer ultérieurement les métaux associés au cuivre. On pro-
- s’efîectue dans des fours à cuve à water-jacket ou dans des fours à réverbère, ces derniers convenant mieux aux minerais pulvérulents.
- Les opérations suivantes visent à éliminer le soufre et le fer de la matte bronze : autrefois elles s’effectuaient par une succession graduéè de fusions et réductions, qui aboutissaient au cuivre pur. Aujourd’hui, elles s’effectuent en général dans un appareil dit « convertisseur » qui rappelle par sa forme et son fonctionnement le convertisseur Bessemer employé en sidérurgie : c’est un appareil d’origine française : imaginé par Manhés pour le
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- Fig. 6.— Vue extérieure d’une usine américaine d’éleclrohjse du cuivre, côté arrivée du métal bru*. L’usine de Chrome, à Carteret (N.-Y.), propriété de la U. S. Métal Refining C°.
- nickel, il a été mis au point par David à l’usine d’Eguilles (Vaucluse). Dans la matte portée à la température de fusion, on insuffle, en présence de scorifiants siliceux capables de s’emparer de l’oxycle de fer, un violent courant d’air au moyen de tuyères. Le soufre brûle, dégageant une chaleur suffisante pour maintenir le bain à l’état liquide, le fer entre dans la scorie; on élimine celle-ci par coulée en basculant le convertisseur et on continue le soufflage, pour éliminer tout le soufre. Il reste dans le convertisseur du cuivre brut liquide que l’on coule en lingots : c’est le cuivre noir qui peut encore contenir jusqu’à 10 pour 100 d’impuretés à faire disparaître par
- le travail ultérieur de raffinage. Les convertisseurs modernes ont des revêtements basiques en briques de magnésie qui n’interviennent pas dans les réactions d’affinage, ces revêtements sont eux-mêmes protégés par une sorte d’émaillage d’oxyde de fer qui, à la tem= pérature du four, reste très adhérent à la magnésie; les additions de silice, sous forme de quartz, sont faites par des dispositifs de chargement spéciaux. Les charges sont de l’ordre d’une centaine de tonnes de mattes ; l’opération com= porte une série de périodes de soufflage avec additions successives de scorifiants.
- b) Traitement humide. — C’est le traitement qu’on applique au Rio Tinto aux minerais pauvres, formés exclusi= vement de pyrite FcS4, de chalcosine Cu2S et d’un peu de chalcopyrite Fe S’Cu.
- On forme avec le minerai des tas maintenus humides et aérés; les sulfures s’oxydent et se transforment en sulfates cuivrique et ferrique solubles qu’on élimine de la masse par lavage : au bas des tas, on recueille l’eau chargée de ces sulfates. On y sépare le cuivre du fer, en la faisant passer sur des masses de fer : le fer prend la place du cuivre qui se préci= pite.
- Cette méthode, peu dispendieuse, qui fait surtout appel à l’énergie atmosphérique, a le défaut d’être très lente : elle dure 6 ans et exige évidemment de très grandes immobilisations de capitaux.
- Des méthodes analogues par lessivage et précipitation sont appliquées en grand également dans d’autres régions pour le traitement des minerais pauvres. Le cuivre brut est ensuite raffiné.
- RAFFINAGE DU CUIVRE BRUT
- Le cuivre brut n’est propre à aucun usage industriel; il faut le débarrasser des impuretés qu’il contient; certaines, comme l’or et l’argent qui accompagnent parfois le cuivre, ont une grande valeur et constitueront un sous-produit rému= nérateur.
- Comme il a été dit plus haut, cette purification ou affinage se pratiquait autrefois par voie ignée, au four à ré= verbère et se complétait par la curieuse opération du perchage pour faire disparaître le gaz sulfureux dissous dans le cuivre en fusion. Aujourd’hui encore on pratique parfois par voie ignée un premier affinage du cuivre issu des convertisseurs ; mais le plus souvent on procède par électrolyse, que le cuivre brut pro= vienne d’un convertisseur basique ou du traitement par voie humide; dans ce dernier cas on peut même appliquer
- Fig. 7. — Le départ des plaques de cuivre à l’usine de raffinage de Chrome (Élals-Unis).
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- directement l’électrolyse aux solutions cuivriques fournies par le lessivage.
- Le raffinage électrolytique du cuivre brut s’effectue comme suit : le cuivre brut au sortir du convertisseur est coulé en plaques destinées à servir d’anodes; on plonge celles-ci dans une solution acidulée de sel de cuivre; des plaques de cuivre pur servent de cathode. Dans le montage en parallèle, toutes les anodes sont réunies entre elles, il y a autant de cathodes, également montées en parallèle, que d’anodes. Le courant passe sous faible tension, le cuivre est transporté de l’anode à la cathode, l’anode se dissout lentement, et les impuretés se rassemblent au fond des bacs d’électrolyse en boues anodiques qui seront reprises ultérieurement pour en extraire l’or et l’argent qu’elles peuvent contenir. On peut aussi monter les anodes en série : une des faces de l’anode sert de cathode pour l’élément qui la précède : l’anode se dissout sur sa face positive et se charge de cuivre pur sur la face négative; l’opération est plus difficile à conduire que dans le montage en dérivation, mais elle évite la fabrication de nombreuses cathodes en cuivre pur, et elle permet l’emploi de courant à tension relativement élevée, ce qui réduit le diamètre des conducteurs.
- Fig. 8. — Appareil mécanique pour chargement des fours à fondre les cathodes dans une usine américaine d’éleclrolijse.
- (Usine de Baltimore de la Baltimore Copper Smelting and Rolling C°.)
- Les cathodes à plonger dans le bain electrolytique sont de minces feuilles de cuivre pur, préparées elles aussi par voie électrolytique, en faisant déposer du cuivre sur des plaques de plomb graissées, d’où on les détache en
- Fig. 9. — Une salle d’électrolyse à l'usine de Bail;more.
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- Fig. 10 — Salle d’êleciroyse des boues pour extraction de l’argent à l’usine de Chrome.
- fin d’opération. Ces milices feuilles servent d’âme au dépôt ultérieur de cuivre pür.
- Les cathodes .sorties du bain peuvent être livrées telles quelles au cqmmerce (fîg. 7) ; mais elles devront subir encore un traitement pour fournir un métal utilisable dans les fabrications : ce traitement consiste simplement à les fondre et à les couler en lingots (fig. 8).
- Le cuivre électrolytique a pris aujourd’hui la première place sur le marché du cuivre : il se prépare dans d’immenses ateliers que l’on rencontre surtout aux Etats- Unis et qui fournissent individuellement jusqu’à 100 000 tonnes de métal par an. Il existe en Belgique pour traiter le cuivre du Katanga une installation de cet ordre. Le cuivre électrolytique, grâce à sa pureté (99,93 pour 100 de cuivre pur en moyenne) est- surtout employé en électricité et pour la fabrication des alliages soignés.
- LES USAGES DU CUIVRE
- Le cuivre est utilisé dans l’industrie à l’état pur, et plus encore sous forme d’alliages avec le zinc (laitons)
- Fig. 11. — Fusion et coulée du cuivre raffiné électrolgliquemenl à l’usine de Chrome (États-Unis).
- avec le zinc et l’étain (bronzes), parfois avec l’aluminium (bronze d’aluminium).
- Plus ductile que le fer, laminable à température du rouge sombre et malléable même à froid, ce qui dès les origines lui valut en chaudronnerie une préférence bien justifiée, le cuivre est, en revanche, assez lourd (densité : 8,9 — 8,95 au lieu de 7,4 — 7,8 pour le fer pur), insuffisamment dur et tenace pour des constructions soumises à efforts violents ou répétés, et d’ailleurs sujet à des variations marquées dans les propriétés mécaniques selon le sens du laminage et selon les températures subies : de 0°C. à 300°, par exemple, sa résistance diminuera de plus de 33 pour 100. S’il est du moins durcissable par addition de phosphore ou de silice, et se prête pour finissage à un beau poli, le métal pur ne se soude que difficilement à lui-même, et devient même insoudable pour peu qu’il contienne du carbone. Enfin, il ne donne par simple coulée qu’un métal trop poreux et d’autant plus attaquable. Par contre, ses alliages se prêtent bien au travail de fonderie.
- C’est l’électricité qui, aujourd’hui, offre au cuivre ses plus vastes débouchés.
- Ce métal est aussi bon conducteur à l’égard du courant que pour la chaleur : en effet, la résistivité dans ce métal se chiffre à 1,593 microhm-centimètre, et tombe même à 1,54 pour les cuivres électrolytiques, alors qu’elle atteint presque 3 pour l’aluminium, dépasse 9 pour le fer pur et 15 pour l’acier.
- Aussi comprend-on aisément que la moitié de la production mondiale du métal rouge (1 400 000 t. annuelles) soit aujourd’hui consommée dans la fabrication des fils et câbles pour distribution ou transmission électriques.
- Le cuivre a encore beaucoup d’autres usages dans tous les domaines de la construction mécanique, il serait trop long de les énumérer ici ; la fabrication des monnaies en consomme une certaine quantité. Enfin l’industrie chimique en emploie sous diverses formes et pour des buts divers de grandes quantités.
- RÉSISTANCES ET FAIBLESSES CHIMIQUES DU CUIVRE PUR
- Ce n’est pas seulement pour les sels, souvent préparés à partir de déchets, que le cuivre intéresse la chimie industrielle. Il joue toujours, et spécialement dans les branches parachimiques, un rôle considérable pour l’équipement des usines. Les. propriétés chimiques associées aux qualités physiques du métal rouge justifient assez bien cette faveur dans les cas où une corrosion violente n’est pas à craindre.
- Le très ancien succès culinaire du cuivre, malgré le risque du « vert-de-gris », était encourageant pour les industries de l’alimentation, distillerie, sucrerie, brasserie, en quête d’un métal pour récipients exposés à la morsure des acides organiques. Aux objections sanitaires, la Faculté elle-même répondait, parla voix autorisée de Bouchardat: « Au point de vue de l’hygiène, le plomb a fait plus de mal que de peur, le cuivre plus de peur que de mal. »
- Certes, le cuivre ne peut être tenu pour un métal de haute résistance chimique, et ses oxydes ou autres produits de corrosion sont des poisons assez violents. Mais le métal
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- rouge, qui peut d’ailleurs s’étamer commodément, possède aussi l’avantage de s’oxyder beaucoup moins vite que le fer ou l’acier sous les effets atmosphériques : il doit cette protection au léger revêtement d’oxyde qui, dans l’air humide et à température normale, se forme bientôt à sa surface.
- Si l’on admet (et elle est ici fort séduisante) la théorie électrolytique des corrosions, on s’expliquera les attaques parfois marquées sur le cuivre ou ses alliages communs par la création de pôles locaux, résultant soit du contact avec des conducteurs, soit de l’aération différentielle (irrégularités de surface, dépôts de corps étrangers, gouttes liquides sur métal sec), les points abrités de l’oxygène devenant alors anodiques et donc attaqués, soit enfin de l’enlèvement des sels cupriques en certains points, ce qui produit une « pile de concentration »
- geurs de température. Seule la robinetterie, plus exigeante sur les propriétés mécaniques ou même chimiques, préfère les alliages du cuivre au métal rouge. Quant à l’eau de mer, elle corrode assez nettement le cuivre : n’empêche que la construction navale consomme ce métal en grandes quantités, d’abord parce que l’entrée en jeu de cet élément peut compenser l’effet des eaux salines sur le fer, puis aussi parce que le métal rouge ou certains alliages sont en ce cas beaucoup plus résistants que les métaux ferreux. Pour la même raison, avant les récents progrès des peintures et de la métallisation, les feuilles de cuivre servaient souvent de toiture dans les régions côtières.
- En général, l’industrie n’emploie pas les tubes de cuivre avec les solutions chlorurées, qui attaquent lentement ce métal. Il redoute d’ailleurs, même à des con-
- Fig. 12. — Une gigantesque usine américaine pour la fabrication de produits en cuivre : tréfilés, laminés, etc., à partir de métal provenant des raffineries. L’usine de Waterbury de l’« American Brass C° ».
- et fait attaquer comme anodes les points découverts. En tous les cas, l’enlèvement de la pellicule protectrice d’oxyde permet seul une corrosion profonde et progressive. C’est pourquoi les attaques par l’eau sont fortes quand le liquide circule à grande vitesse localisée (tubes de condenseur) et pourquoi, par effet de gravité ou de force capillaire, l’attaque par les acides est prononcée à la ligne de séparation entre air et liquide.
- Assez indifférent à l’eau par conséquent, et même à la vapeur jusqu’à des températures élevées, ce métal est donc utilisable non seulement pour coquemars et casseroles à ébullitiôn, mais encore pour de nombreux appareils industriels, notamment ceux soumis à la surchauffe en vaporisation, tandis que ses qualités diathermiques l’ont fait triompher dans le système du chauffage par serpentin comme aussi pour les tubes ou parois d’échan-
- centrations assez faibles, et surtout en présence d’air ou d’autres agents oxydants, tous les acides minéraux; le gaz carbonique, en formant à sa surface un film d’oxyde, le protège avec perte, mais l’oxyde de carbone et les autres gaz réducteurs le rendent bientôt faible et friable, sans doute par réduction des grains d’oxyde intercristallins. Quant aux alcalis, jusqu’à la concentration de 50° Baumé, et même bouillants, si du moins on met à part l’ammoniaque très corrosif même à froid, ils ne sont pas très agressifs à l’égard du métal rouge : pourtant, par crainte de contaminer les solutions alcalines par introduction de cuivre soluble difficile à éliminer, la manipulation des alcalins choisit pour son appareillage d’autres matériaux. Il en va de même avec les halogènes, qui formeraient trop aisément et promptement des chlorures, iodures, et autres dérivés du cuivre. L’hydrogène, par action di-
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- recte du gaz réducteur, et l’eau oxygnée par rôle catalyseur en présence d’acides, accélèrent tous deux la corrosion de ce métal.
- Mais dans la branche organique, si l’appareillage en cuivre est à déconseiller avec les colo ants des séries th'^zine, oxazine ou azine, avec les composés bi-ou triha-logénés, avec les solutions photographiques (risques de voile), avec l’acide citrique auquel le fer résiste mieux, et m.me avec les huiles minérales à température élevée, en revanche ni l’acide,ni l’anhydride acétique à température modérée, et surtout en l’absence d’air n’attaquent fortement le métal rouge. Moyennant quelques précautions, l’acide lactique le respecte également. Si bien que, dans la laiterie et la vinaigrerie, comme aussi dans la brasserie, la sucrerie, la distillerie, les fabriques d’essences aromatiques et les savonneries, toutes usines où les chaudrons, serpentins, alambics', et appareils divers en cuivre rouge furent longtemps prédominants, ce métal
- ne pourrait craindre d’être banni peu à peu sous le seul prétexte du risque de corrosion ou des inconvénients sanitaires, >i désormais l’a’.uminium ne pouvait, là encore, lui imposer une concurrence de plus en plu; sévère.
- De même que le fer, son rival multimill naire et plus plébéien enco.e dans la catégorie des métaux vulgaires, le cuivre, dont pourtant on ajoute aujourd’hui que'que tra e aux ferro-niclcel-chrome, ne conserve d’importantes positions industrielles en dehors de la distribution d’électricité, que pour s’être soumis de longue date à la technique souvent protectrice, et tantôt anoblissante, tantôt économique, de l’alliage. Il lui a même fallu consentir à pactiser avec son pire adversaire, l’aluminium, pour étendre son champ d’application grâce à un ensemble remarquable de propriétés physiques et chimiques. Mais c’est là l’histoire des laitons et bronzes, qui vaut d’être contée pour elle-même.
- Am. Matagrin.
- L’INSTITUT INTERNATIONAL D’AGRICULTURE
- Au moment où cette utile institution internationale que le Roi d’Italie a installée à Rome vient de fêter par des cérémonies particulièrement brillantes le vingt-cinquième anniversaire de sa fondation, il est opportun de jeter un regard sur cette société de nations dont la Société des Nations est la soeur cadette. Rien ne peut mieux nous donner une idée juste sur le but et sur le fonctionnement de cet Institut quun exposé succinct dun ancien collaborateur qui a su en apprécier Vintérêt pour la vie du monde, de ce monde civilisé dont Rome est la capitale historique où tous les siècles passés nous parlent, où Virgile, notre maître à tous, enseigne toujours Vagriculture par ses impérissables poèmes, les Géorgiques.
- Les préoccupations des agriculteurs sont si variées et les progrès de la science agricole si rapides et si dispersés dans le monde, que l’agriculteur moderne est obligé de se tenir au courant de ce qui se passe en agriculture dans tous les pays. Les gouvernements qui ont la charge de plus en plus lourde, à l’heure actuelle, d’assurer le ravitaillement de leurs sujets, sont préoccupés au plus haut point par les problèmes de la production agricole.
- La concurrence entre les producteurs atteint une âpreté de plus en plus accusée, témoin la lutte à laquelle nous assistons sur le marché français entre la viande produite sur notre sol et celle que des agriculteurs d’outre-mer veulent offrir à nos consommateurs.
- Les mesures de protection contre des fléaux : maladies cryptogamiques, insectes, etc..., exigent une entente internationale.
- Pour toutes ces raisons, ainsi que pour beaucoup d’autres, il importe qu’un centre international d’études techniques et économiques agricoles fonctionne en permanence dans le monde.
- Cette idée qui nous paraît toute naturelle, il fut un temps
- où des esprits très clairvoyants étaient seuls à se la partager.
- C’est à un philanthrope des Etats-Unis, David Lubin, que revient l’honneur d’avoir conçu l’Institut International d’Agriculture.
- Au début du xxe siècle, David Lubin a proposé à divers gouvernements d’organiser sur leur territoire une pareille institution. Il a reçu d’eux des réponses diverses, peu favorables, sauf une toutefois. S. M. Victor-Emmanuel III fut l’autre esprit clairvoyant qui encouragea la création de l’Institut International d’Agriculture. Le roi d’Italie convoqua en 1905 une conférence internationale à Rome. Il soutint le projet de création, offrit le terrain et installa dans un palais superbe, qu’il a fait construire au milieu des verdures de la merveilleuse villa Borghèse, ce centre d’études et de discussion des questions agricoles internationales, auquel adhèrent à présent environ 75 États, c’est-à-dire la presque totalité des pays de la terre.
- La langue de F Institut est, depuis le début, la langue française conservée après la première réunion sur la proposition de M. Louis Dop, et à laquelle l’anglais a été ajouté il y a quelques années.
- C’est donc à Rome que se réunissent les représentants de la science agricole ou de la politique agricole des divers pays. A Rome, c’est-à-dire dans la capitale historique du monde où la vue de tant de témoins des origines de notre civilisation incite à concevoir et à décider des mesures durables pour favoriser la production agricole, c’est-à-dire pour assurer au monde le pain quotidien.
- Quelles sont les attributions, les méthodes de l’Institut et les résultats obtenus depuis 1905 ?
- L’Institut est constitué par une assemblée générale, périodique, par un Comité Permanent de délégués des nations résidant à Rome, par un Conseil Scientifique
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- international et par un corps de fonctionnaires résidant à Rome.
- L’Assemblée générale réunit tous les deux ans des envoyés spéciaux des gouvernements adhérant à l’Institut. Cette assemblée trace les grandes lignes du programme des études qui seront entreprises ou poursuivies, elle recommande à la vigilance des membres du Comité permanent un certain nombre de questions qui préoccupent les agriculteurs ou les gouvernements des divers pays.
- Le Comité permanent est composé de délégués des Etats adhérents. Il siège à Rome une ou deux fois par mois et ses commissions travaillent entre temps. Il étudie d’une façon effective, avec l’aide des fonctionnaires de l’Institut, toutes les questions qui lui sont soumises par l’Assemblée générale ou qu’il juge opportun de suivre.
- Le Comité comprend une cinquantaine de membres.
- Il est inutile d’insister sur l’intérêt des divers gouvernements à envoyer à Rome des délégués très capables
- sur les travaux à entreprendre. Les plus fructueux résultats sont déjà donnés par cette collaboration entre savants qui apprennent à se mieux connaître, et qui décident des études concertées, où la connaissance personnelle mutuelle est un élément incontestable et puissant de réussite.
- Immédiatement après le Comité permanent dans la direction des travaux de l’Institut, vient le Secrétaire général : c’est lui qui dirige les services techniques et administratifs.
- Récemment, on vient de nommer à ces hautes et délicates fonctions M. Brizi, ancien directeur de l’Agriculture et professeur à l’Institut Royal Supérieur d’Agriculture. Il est déjà connu, et sympathiquement, dans le monde agricole international, sa grande compétence ayant été prouvée lors du Congrès International d’Agriculture tenu à Rome en 1927.
- L’Institut est divisé ainsi :
- Service du secrétariat général et de la bibliothèque;
- Fig.l.—- Palais de l'Institut international d’agriculture, situé au milieu des verdures de la célèbre villa Borghèse, bois de Boulogne de Rome, en face des jardins du Pincio et de la villa Mêdicis occupée par l’Académie de France.
- de profiter de leur mission à l’Institut pour transmettre à leur propre pays leurs impressions sur l’état actuel et les tendances de l’agriculture des autres pays. Par leur compétence, leur habileté à trouver des solutions aux problèmes internationaux qui se posent à l’Institut, ces délégués acquièrent une autorité dont le renom rejaillit sur la nation qu’ils représentent. Je ne citerai, bien entendu, aucun exemple, mais je m’en voudrais de ne pas dire que, si la présidence du Comité permanent appartient selon les usages de la courtoisie au délégué de l’Italie, Son Excellence G. de Michelis qui a su lui donner un grand éclat, le vice-président est le sympathique délégué de la France, M. Louis Dop qui, grâce à ses qualités personnelles et à son esprit conciliant, a été constamment réélu depuis 1905.
- Un conseil international scientifique composé de savants des divers pays se réunit à Rome pour étudier en commun les problèmes d’agronomie et émettre des avis
- Service de la statistique générale;
- Service des renseignements agricoles et des maladies des plantes ;
- Service des études économiques et sociales.
- A la tête de chacun de ces services est un chef dont la nationalité importe en fait autant que la compétence, comme il convient dans une institution à laquelle pàrtici-pent un grand nombre d’Etats. Le chef du service des renseignements est un Français, M. le Professeur GeprgesjRay.
- Diverses « sections » à l’intérieur des services ' consacrent leur activité aux différentes branches de l’agriculture ou de l’économie : agriculture trofû'câlé, sylviculture, législation, etc... Aucun chef de section n’est français. Par contre, plusieurs rédacteurs principaux et rédacteurs sont français. Il existe 7 à 8 fonctionnaires français en tout. Le nombre total dé-personnes de tous grades composant les services dé l-’-Institut est d’environ cent cinquante. 0..0J:
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- Est-il besoin de souligner l’intérêt supérieur qui réside dans le choix de candidats aussi capables et distingués que possible pour ces divers postes ? Si, en effet,
- conque pour l’accomplissement de ses fonctions, il n’en est pas moins vrai qu’il constitue un échantillon, un spécimen, aux yeux de tous les autres : de ce fait les eonsé-
- Fig. 2 (en haut, à gauche). — Le vestibule d’entrée un four de réunion. Fig. 3 (à droite). — Vestibule d’entrée, vue prise de l’intérieur. Fig. 4 (au milieu, à gauche). — Bord de la terrasse devant l’Institut. Fig. 5 (à droite). — Vestibule d'entrée.
- Fig. 6 (en bas, à gauche'. — L’amphithéâtre, salle des séances du Comité permanent. Fig. 7 (à droite). — Le grand salon de réception.
- le statut même de la maison interdit à tout fonctionnaire de se considérer comme le représentant de son pays ou de recevoir des instructions d’une autorité nationale quel-
- quences sont évidentes. J’ajoute qu’il règne un parfait esprit de collaboration et qu’entre fonctionnaires de nationalités diverses il s’établit des amitiés fortes et durables,
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- Fig. S (en haut, à gauche). — Plafond du grand salon. Fig. 9 (à droite). — Le «salon vert », pelil salon d'allenle. Fig. 10 (en bas, à gauche). — Le petit salon de réception. Fig. 11 (à droite). — Un coin de la bibliothèque.
- enfin que la vie dans le milieu international de l’Institut est loin de manquer de charme.
- Pour l’avenir de la paix du monde, il y a beaucoup à attendre de la multiplication de semblables foyers de collaboration où les élites pensantes apprennent à se mieux connaître. Ce point de vue est d’autant plus intéressant que le monde des Instituts Internationaux n’est pas fermé : ce sont des champs d’études pratiques internationales d’une grande efficacité pour développer entre les nations l’esprit de collaboration.
- LES TRAVAUX
- DE L’INSTITUT
- On peut diviser les travaux de l’Institut en trois groupes :
- 1° La préparation des réponses aux questions posées par les gouvernements. C’est la partie la plus importante, quoique la moins connue, de son activité.
- 2° La préparation de publications périodiques régulières.
- 3° La publication d’études spéciales sur des sujets d’intérêt interna= tional.
- 4° Des travaux spé= ciaux à l’occasion des conférences ou des congrès internationaux i n t é r e s-sant l’agriculture, spécialement de celles de ces manifestations qui ont lieu à Rome.
- Les publications périodiques comprennent :
- 1° Des annuaires : l’annuaire de statistique agricole internationale, recueil volumineux de données
- Fig. 12. — Pavillon ancien dans le jardin de l'Institut.
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- sur les surfaces cultivées, les productions, les rendements, l’utilisation des engrais dans le monde. Le texte est édité en français et en anglais.
- L’Annuaire international de législation comprend les lois, décrets et règlements concernant l’agriculture dans les divers pays. Edité en français et en anglais.
- 2° Des revues mensuelles :
- Revue internationale d’agriculture composée d’une partie technique, d’une partie économique, d’une partie statistique.
- La partie technique comprend le résumé des principaux travaux publiés dans le monde sur les diverses questions agricoles : sols, engrais, cultures des pays tempérés, cultures des pays tropicaux, génie rural, industries agricoles, sylviculture.
- La partie économique étudie les conditions de la production, la législation agricole, les assurances, les associations agricoles, la main-d’œuvre, etc...
- Un bulletin mensuel de la protection des plantes rend compte des études faites et des mesures prises pour la lutte contre les fléaux des cultures. L’importance de cette publication est évidente; elle est dirigée par l’éminent projfesseur G. Trinchieri et une série de correspondants phyto-pathologistes disséminés dans le monde envoient régulièrement des informations précieuses pour organiser la lutte concertée contre les ennemis des cultures.
- En outre, l’Institut publie des études spéciales : techniques comme par exemple :
- La lutte contre les sauterelles;
- La prévention de l’infection charbonneuse parmi les troupeaux ;
- Le contrôle des engrais dans le monde.
- Ou économiques, par exemple sur :
- L’intensification de la production agricole dans les divers pays.
- Souvent aussi il édite les communications à des conférences internationales ou à des congrès qui se tiennent dans le Palais même de l’Institut, comme la Conférence internationale du blé en 1927, le Congrès international
- d’Agriculture, le Conseil international scientifique de l’Institut.
- Toutes ces publications sont éditées en plusieurs langues. Outre le texte français, il existe des éditions anglaise, allemande, espagnole et italienne de la plupart d’entre elles, notamment de la « Revue internationale d’Agriculture ».
- L’édition est faite par une imprimerie spécialement organisée.
- Un bureau de poste spécial fonctionne dans le Palais de l’Institut pour le service de l’énorme correspondance et des expéditions volumineuses exigées par son fonctionnement.
- L’adresse postale complète de l’Institut est : Villa Umberto 1° Roma 110.
- La bibliothèque de l’Institut, consacrée à l’agriculture et à ses annexes, est riche de 200 000 volumes. Elle reçoit 3500 publications périodiques !
- Une des activités importantes de l’Institut est sa collaboration aux travaux concernant l’agriculture dans les études de la Société des Nations et du Bureau international du travail. Entre ces trois organismes internationaux, dont l’aîné est l’Institut international d’Agriculture, il y a un constant échange de vues et des réunions ont lieu, soit à Genève, soit à Rome. A la dernière Assemblée générale qui vient de se tenir à Rome, en octobre 1930, l’union entre la Société des Nations et l’Institut a été encore resserrée.
- Voilà donc, en quelques mots, l’histoire de l’Institut et un aperçu de son activité. Son rôle dans l’avenir ne peut que s’affirmer à une époque où le problème des subsistances se pose dans un grand nombre de nations. Les gouvernements soucieux de l’avenir de leurs populations ont donc besoin de plus en plus d’être aux écoutes dans ce merveilleux observatoire agricole mondial de Rome (*).
- Laurent Rigotard.
- 1. Les photographies illustrant cet article sont dues à la maison Bettini Bragaglia, 22, Bocca di Leone, Rome.
- i LE SALON INTERNATIONAL DE L’AÉRONAUTIQUE DE 1930
- Le 12e Salon de l’aéronautique a attiré la foule au Grand Palais dans le courant du mois de décembre. Chacun a pu y admirer l’abondance des appareils exposés et constater par là que l’aviation donne lieu à une industrie active et bien vivante. Cette exposition, qui constituait pour les moins avertis une merveilleuse leçon de choses, n’offrait pas un moindre intérêt pour les techniciens. Par rapport aux expositions précédentes, elle mettait immédiatement en relief les caractéristiques générales suivantes :
- 1° Progression constante des dimensions et du tonnage des appareils.
- 2° Prépondérance de la construction métallique.
- 3° Augmentation des appareils civils comparativement aux appareils militaires.
- 4° Développement de l’aviation de tourisme.
- 5° Effort en faveur de l’hydraviation.
- Sans vouloir entraîner le lecteur dans une description détaillée, nous allons examiner quels sont les principaux enseignements qui se dégagent de cette exposition, puis nous dirons quelques mots des appareils nouveaux qui ont retenu notre attention.
- AÉRODYNAMIQUE
- 1° Monoplans et biplans. — Au point de vue forme extérieure, la tendance évolue nettement vers la solution
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- Fig. 1. — L’avion de raid Dewoiline. D. 33 (Le Trait d’Union). Monoplan à aile surbaissée. Moteur Hispano, 650 ch. Allongement 9,8.
- monoplane, bien que certains constructeurs et non des moindres restent fidèles au biplan ou au sesquiplan.
- Si le bilan aérodynamique de l’aile monoplane à grand allongement est meilleur que celui de la cellule biplane, il semble que le biplan permette de construire plus léger.
- Il est d’ailleurs curieux de voir que les deux avions français vainqueurs de l’Atlantique, le Bernard d’Assol-lant (monoplan en porte-à-faux) et le Breguet de Costes (sesquiplan haubané) consacrent respectivement la réussite des deux formules.
- 2° Les ailes à grand allongement. — La construction des ailes à grand allongement a eu sa répercussion
- sur l’aérodynamique des profils. Pour loger la poutre qui encaisse la flexion et la torsion de l’aile, on a dû utiliser des profils épais; de plus, la construction à longeron unique se généralisant, on a été amené à choisir des profils à faible Cm0 pour limiter le couple de torsion en piqué.
- La loi de l’allongement, primordiale en aérodynamique, nous apprend que, pour un monoplan, plus la valeur du
- rapport ), =
- — du carré de
- O
- l’envergure à la surface de
- l’aile est grande, plus la finesse de l’avion sera élevée. Comme la finesse est un facteur très important qui
- Fig. 2. — L'avion Wibault. — Trimoteur 280 T-10, monoplan à aile surbaissée.
- Avion de transport public pour 10 passagers. 3 moteurs 300 ch refroidis à l’air ; poids total : 5310 kg (ph. Roi).
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- Fig. 3. — Le Caudron trimoteur C. 180. Monoplan à aile parasol. Avion de transport totalement métallique. 3 moteurs Lorraine de 300 ch; envergure 24 m 50; longueur 14 m 60, surface 70 m2, poids à vide 2690 kg, poids total : 4500 kg. Cabine pour 10 passagers (ph. Roi).
- influe sur les performances de l’avion, on aura donc intérêt à rechercher le plus grand allongement possible. Pratiquement, pour des questions de poids de construction et de déformations pouvant amener des vibrations, les allongements sont limités de 6 à 8 pour les avions normaux et de 8 à 10 pour les avions de raid.
- 3° Monoplan parasol. Monoplan à aile surbaissée. — Ces dispositions devenues maintenant classiques, ayant chacune leurs avantages et leurs inconvénients, sont employées indifféremment et voisinent souvent chez le même constructeur.
- Les avantages de l’aile surbaissée (fig. 2) sont les sui-
- vants : réduction de la hauteur des jambes du train d’atterrissage qui offre ainsi moins de résistance nuisible — possibilité de l’escamoter en vol — ; bénéfice de l’interaction du sol au décollage et à l’atterrissage; enfin moindres dégâts en cas de capotage par écrasement du train d’atterrissage.
- Les partisans de l’aile au-dessus du fuselage (fig. 3), par contre, invoquent en faveur de ce mode de construction ;
- 1° Une meilleure visibilité pour les passagers; une plus grande facilité de centrage et de maniabilité; une interaction entre l’aile et le fuselage moins importante puisque le fuselage intercepte une partie de l’intrados moins
- Fig. 4. — L’avion Couzinet (pli. Roi). Monoplan à train d’atterrissage relevable en vol, 3 moteurs 40 ch Salmson.
- Fig. 5. — Le Blériot 111 à train d’atterrissage relevable.
- Avion monomoteur de grand tourisme ou de transport : moteur Ilispano de 400 ch; cabine pour 4 passagers (ph. Roi).
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- l'S
- sensible à la perte de distribution de sustentation que la partie équivalente de l’extrados.
- 4° Réduction des résistances passives, — L’adoption des ailes à grand allongement est une étape vers le meilleur rendement aérodynamique, mais il y a encore beaucoup à faire pour éliminer toutes les résistances nuisibles et gagner en vitesse sans augmenter la puissance.
- Dans cet ordre d’idées, la possibilité de relever le train d’atterrissage en vol pour l’escamoter est une heureuse solution, à condition, bien entendu, que le dispositif soit solide, rapide et sûr.
- La finesse maxima de la maquette d’un trimoteur passant de 12 à 14 et celle d’un avion de raid de 16 à 19, on peut avoir une idée du gain réalisé en vitesse et en rayon d’action lorsque le train d’atterrissage est escamoté.
- Une source d’amélioration des performances que les constructeurs français hésitent à expérimenter, alors
- Fig. 7. — L’hydravion Dornier Do S. Vue de l’arrière, montrant les empennages de queue (ph. Roi).
- qu’elle a fait ses preuves à l’étranger, est le carénage des moteurs en étoile à refroidissement par air à l’aide de capots NACA ou d’anneaux Townend. Ces dispositifs, réduisant de moitié la traînée propre du groupe moteur sans nuire pour cela à son refroidissement, amènent un gain de vitesse maxima, qui peut aller jusqu’à 20 km pour les avions de chasse (fig. 6). (Rapports américains).
- On ne voit pas pourquoi ce mode de refroidissement par circulation guidée par le capotage, qui est utilisé couramment pour les petits moteurs à quatre cylindres en ligne des avions de tourisme, ne donnerait pas de bons résultats sur les cylindres des moteurs en étoile.
- 5° Les gouvernes. — Pour augmenter leur efficacité, les ailerons ont maintenant une pro= fondeur réduite et une envergure plus grande tandis que, sur les avions de transport, le stabilisateur est rendu mobile pour régler les réactions sur les commandes, suivant la répartition du poids emporté.
- Sur les multimoteurs, pour compenser le couple en cas d’arrêt d’un des moteurs, la dérive est également réglable.
- Fig. 6. — L’anneau Townend disposé sur un moteur Jupiter cl formant collecteur d’échappement.
- (Les panneaux latéraux se démontent rapidement et facilitent l’accessibilité du moteur.)
- Pour les très gros appareils, des dispositifs spéciaux de compensation sont prévus et les empennages du Dornier Do S en sont une illustration frappante (fig. 7).
- 6° La sécurité. — Bien que le désir de nous limiter nous oblige à passer sous silence les nombreuses solutions intéressantes envisagées au Congrès de Sécurité qui s’est déroulé conjointement au salon, nous devons noter cependànt que les problèmes de sécurité commencent à occuper les constructeurs qui jusqu’ici ne s’intéressaient qu’aux performances.
- Au point de vue atterrissage, le train sans essieu à roues indépendantes type « Spirit St-Louis » se généralise de plus en plus, facilitant l’atterrissage en campagne ou sur mauvais terrain (fig. 8).
- Les pneus superballons de petit diamètre et faible
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- Fig. 9. — Le monoplan biplace de tourisme Potez à bec de sécurité.
- Moteur Renault, 95 ch, ailes repliables, envergure maxima 10 m44; longueur 1 m 35; surface portante : 20 m2, poids total en ordrh de vol : 720 kg (ph. Roi.)
- pression, et les amortisseurs oléopneumatiques diminuent considérablement les fatigues dues aux chocs tandis que les freins sur roues et les roues de queue permettent de réduire le roulement au sol.
- Au point de vue sécurité en vol et perte de vitesse, l’aile à fente commence à apparaître timidement sur quelques avions de tourisme, alors qu’elle devrait être rendue obligatoire sur presque tous les avions au même titre que le parachute ou l’extincteur (fig. 9).
- En comparant avec les résultats obtenus par les Anglais qui munissent de fentes de nombreux avions (du petit Moth de tourisme au quadrimoteur Handley-Page de 2200 ch pour 40 passagers, en passant par Hawker Hart de bombardement diurne qui fait du 300 km-h de vitesse maxima), on peut s’étonner que l’aile à fente soit si négligée en France.
- M. Verdurand, qui a ici même exposé très clairement les avantages de l’aile à fente, nous dira qu’il faut payer la licence au constructeur anglais. C’est vrai, mais la vie des équipages, le prix toujours plus élevé du matériel ne valent-ils pas une légère dépense supplémentaire.
- Cette économie-là revient malheureusement bien cher et de nombreux camarades, victimes de la perte de vitesse, seraient encore parmi nous, si l’opinion publique avait été alertée plus tôt.
- Même sans parler de la perte de vitesse, l’aile à fente
- permettant le décollage et l’atterrissage dans un terrain court présente une amélioration qui pourrait d’elle-même justifier son emploi.
- 7° Les hydravions. — L’intérêt des liaisons transatlantiques a poussé les constructeurs à étudier les hydravions de gros tonnage. Si nous ne pouvons encore rivaliser avec les productions Dornier, d’heureuses réalisations sont actuellement chez nous en cours de construction (Lioré-Olivier H. 27).
- Pour ces gros appareils et pour les amphibies, la coque, avec courtes nageoires ou ballonnets assurant la stabilité nautique, est presque exclusivement employée, alors que le train de flotteurs en catamaran subsiste pour les tonnages moyens et les hydravions rapides (Late 28 Bernard 41 d’entraînement à la coupe Schneider).
- Bien que la construction de la coque se rapproche de plus en plus de celle du bateau pour faire de l’hvdra-
- Fig. 10. — Sesquiplan Breguet < Tout Acier » (ph. Roi).
- Avion militaire d’observation et de reconnaissance.
- vion un bateau volant et non un avion qui se pose sur l’eau, il est regrettable que l’empirisme règne toujours dans le tracé des coques et des flotteurs; des essais devraient être entrepris au plus vite en soufflerie et au bassin pour renseigner l’ingénieur sur les questions primordiales des résistances aéro- et hydrodynamiques.
- CONSTRUCTION
- Fig. 11. — Structure d’une aile Dewoiline.
- 1° Les matériaux. — Un fait important qui frappe le visiteur du 12e salon est la prépondérance marquée de la construction métallique qui a envahi tous les domaines : de l’avion gros porteur à l’avion de tourisme (fig. 10). Cependant elle semble surtout intéressante pour les très gros tonnages, l’aviation légère et l’aviation de travail s’en accommodent moins bien par suite de son prix plus élevé et des difficultés de réparation qu’elle entraîne (si l’accessibilité et le démontage des pièces constructives ne sont pas bien compris).
- L’avion intégralement métallique a de chauds partisans. Cependant il semble que le revêtement en toile soit
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- plus léger et n’offre pas l’inconvénient de certains revêtements métalliques munis de rivets et de raidisseurs extérieurs qui amorcent des décollements nuisibles au
- Fig. 13. — Le moteur 100 ch Chaise (moteur inversé) (ph. Roi). 4 cylindres refroidis par l’air disposés en quinconce.
- rendement aérodynamique (gain de près de 20 km en remplaçant sur le même avion un revêtement à plis pinces par un revêtement lisse).
- La construction en acier inoxydable à haute résistance, employée en tôles minces embouties, pour la construction des nervures, en semelles pour les longerons, en tubes ou en cornières pour les fuselages, fait de très rapides progrès.
- La soudure autogène, donnant des résultats remarquables à l’étranger, commence à sortir de sa disgrâce officielle pour revenir en France.
- Le souci constant de l’allégement a amené les métallurgistes à d’heureuses découvertes en rendant possible l’obtention industrielle de l’électron (alliage à base de magnésium; densité 1,8) et de métaux légers résistant à la corrosion de l’eau de mer (alclad-vetal — duralumin recouvert d’une couche d’aluminium Pur)-
- Malgré ces possibilités, les constructeurs utilisant soit le bois seul (coques moulées, longerons toupillés, contreplaqué), soit le bois raidi par cordes à piano, sont restés nombreux, probablement par souci d’éviter un outillage compliqué et d’abaisser le prix de revient.
- Cependant en utilisant des pièces normalisées, comme le demande le Service technique, des moyens d’assemblage simples et en utilisant la soudure autogène partout où elle peut être introduite, on peut prévoir le grand avenir de la construction métallique, surtout avec l’usinage en série.
- 2° Les méthodes de construction. — Chaque cons= tructeur ayant ses méthodes personnelles, il est difficile d’en dégager une tendance bien nette. Cependant, pour
- Fig. 12. — Brasseur de gaz. Ventilateur centrifuge du Gnôme-Rhône Titan assurant un mélange homogène régulièrement distribué grâce à la surpression.
- Fig. 14. — Le monoplan Blériot 125, à double fuselage.
- 2 moteurs Hispano de 500 ch, 2 cabines de 6 passagers, poids total en vol’: 6 tonnes (ph. Roi).
- J
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- Fig. 15.
- Le monoplan Farman 190.
- Moteur Farman 240 ch. C’est sur un appareil de ce type que Goulelte et Lalcmette ont fait récemment le voyage Paris-Saigon et au retour ont ramené à Paris en 6 jours le gouverneur général de l’Indochine, M. Pasquier (ph. RoJ).
- la construction métallique moderne, on note généralement que la structure interne est composée d’un longeron unique formé de semelles ou d’une poutre en treillis sur laquelle viennent se fixer à l’avant le bord d’attaque et à l’arrière les queues de nervures jusqu’au faux longerons permettant la fixation de l’aileron.
- Cette construction facilite grandement la mise en place et la visite des organes essentiels (fig. 11).
- Pour les ailes à recouvrement en toile, de construction bois ou mixte, le système classique à 2 longerons et à nervures contreventées intérieurement de barres de compression est toujours employé.
- La construction tend également à prévoir le démontage de l’aile en plusieurs éléments pour faciliter le transport et les réparations.
- 3° Le confort.—-Pour que l’aviation de transport qui s’adresse à une clientèle riche fasse recette, il faut que les voyages s’effectuent confortablement.
- Pour cela nos constructeurs n’ont pas hésité à décorer et aménager les fuselages avec des rideaux, des tentures aux riches coloris, des fauteuils, qui n’ont rien à envier à ceux des Pulmann.
- On s’est préoccupé aussi d’améliorer la visibilité et l’espace mis à la disposition des passagers et le Wi-bault 280 semble être construit dans ce sens (fig. 2).
- Il faut encore s’efforcer de diminuer le bruit des moteurs et les essais de silencieux en cours actuellement donneront, il faut l’espérer, de bons résultats.
- MOTEURS
- 11 est rassurant de voir que nous avons en France, du 12 cli au 1500 ch, toute une gamme d’excellents moteurs. L’éloge des productions Hispano, Gnome et Rhône, Salmson, Lorraine, Renault, d’une valeur confirmée par les raids, d’une utilisation intensive sur les lignes aériennes et dans l’armée, n’est plus à faire. Ces résultats remarquables sont obtenus par une sélection sévère des matériaux, un usinage de grande précision et un contrôle rigoureux.
- Un coup d’œil jeté sur les nombreux moteurs présentés en coupe pour en expliquer le mécanisme montre quel degré de précision on est arrivé à atteindre.
- Les améliorations les plus remarquées sont, pour la construction, l’emploi sans cesse croissant des aciers nitrurés, des carters en électron et des culasses en aluminium.
- Tandis que, pour la conception même du moteur, les carburateurs multiples, les brasseurs de gaz (fig. 12) assurant un bon mélange, les compresseurs à commande mécanique pour suralimentation se généralisent de plus en plus.
- Fig. 16. — Le monoplan de tourisme Farman 230. Biplan, moteur Renault, 95 ch (ph. Roi).
- La solution moteur inversé permettant une meilleure visibilité paraît faire de nouveaux adeptes (Farman — Gipsy — Argus).
- Parmi les nouveaux venus, il faut citer Panhard, grand spécialiste du sans soupape et Chaise qui présente 2 petits moteurs inversés de 12 et de 100 ch qui feront certainement parler d’eux (fig. 13).
- A signaler également dans les moteurs Diesel d’essai, le Clerget 200 ch déjà connu des lecteurs de La Nature et le Peugeot Junkers de 600 ch, construit par la Société lilloise de moteurs. Ce dernier est du type décrit dans le récent article de M. Fournier sur les moteurs Diesel. Le modèle exposé pèse 700 kg et tourne à 1600 tours par minute, entraînant au moyen d’un démultiplicateur une hélice à 1100 tours.
- LES HÉLICES
- Le bois est en régression marquée dans la construction des hélices et même sur les petits avions de tourisme, les hélices métalliques à pales en duralumin font leur apparition. D’intéressants dispositifs de changèment de pas au
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- sol ou en vol sont également exposés; il est certain que la généralisation de ces moyens permet de gagner beaucoup de temps soit à l’adaptation de l’hélice sur le prototype, soit pour l’amélioration des performances de montée des avions de série.
- LES ÉQUIPEMENTS
- Il serait trop long d’entrer dans le détail des accessoires. Signalons seulement les nouveaux vêtements parachutes et les progrès constants de la T. S. F. et de la photo aérienne.
- QUELQUES APPAREILS NOUVEAUX
- Dans l’impossibilité de donner une description complète des nombreux appareils exposés, contentons-nous de dire quelques mots de ceux qui nous ont semblé les plus intéressants, rencontrés au hasard des stands.
- 1° Avions civils. — a) Les avions de transport. — La solution trimoteur donnant une grande sécurité
- Fitj. 19. —-Le monoplan Morane 230, avion de spori, gagnant la coupe Michelin à 200 kin-h de moyenne. Moteur Salmson, 230 ch (ph. Roi).
- de vol est a l’honneur et de nombreux constructeurs (Wibault —- Potez — Caudron — Farman — Latecoère — Couzinet •— SPCA) s’y sont distingués.
- Une mention spéciale doit être faite au petit Couzinet
- constructeurs (Morane — Farman — Potez Caudron — Weymann Lepère chez nous ; De Havilland — Breda Roméo —- BFW — Junkers à l’étranger).
- Chacun y a apporté une solution différente, laissant à l’utilisateur le soin de faire son choix suivant qu’il désire un avion de promenade ou un avion de sport.
- d) Les avions de raid. — Bien qu’ils ne soient représentés au Salon que par des maquettes ou des photographies, les 3 avions de record de distance (Blériot 110, (fig. 18) — Dewoitine D. 33 (fig. 1) —-Bernard) (fig. 17), sont tout à l’honneur de la technique française et sont appelés aux plus belles performances.
- e) Les hydravions. — Dans les gros tonnages le Dor-nier DoS et la coque du Lioré (LoOH. 27) dominent par leurs dimensions imposantes tandis que les hydravions de transport moyens sont représentés par C. A. M. S. et Latecoère.
- L’hydravion de tourisme Schreck F. B. A. (fig. 20) et le Bernard d’entraînement à la coupe Schneider ont attiré particulièrement l’attention du public.
- 2° Avions militaires. — a) Chasse. — L’avion de chasse, appareil des plus difficiles à réussir, a été abordé par plusieurs constructeurs. Dewoitine avec le fameux D. 2/ (fig. 22) que Doret a si souvent conduit au succès; Morane avec le MoS 221 descendant d’une famille
- qui avec ses 3 moteurs de 40 ch est certainement le mieux dessiné du Salon (fig. 4).
- La solution originale présentée par Blériot avec son bimoteur bifuselage type 125 est très séduisante ; elle permet une excellente visibilité des passagers, les éloigne des moteurs et aura certainement un bon rendement en vol (fig. 14).
- Cependant, grâce à la sécurité toujours plus grande des moteurs, les monomoteurs de transport subsistent toujours avec Nieuport — Dewoitine et Bernard.
- b) Les avions de faible tonnage et de grand tourisme. — Le Farman 190 (fig. 15j et le Morane 230 (fig. 19) sont bien connus par leurs raids et courses alors que le Nieuport et le Dewoitine D 30 donnent d’excellents résultats aux essais.
- c) Les avions de tourisme. — Le problème de l’avion de tourisme a tenté de nombreux
- Fig. 20. — L’hydravion de tourisme Schreck F. B.A (ph. Roi).
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- Fig. 21. — L’avion de chasse léger Bernard 70 C-l.
- dont les qualités de maniabilité sont remarquables; Bernard avec l’avion de chasse léger 70 C. en ont donné d’excellentes solutions (fig. 21).
- A l’étranger il faut noter le Fokker D. XVI, le Bristol « Bulldog » et l’avion polonais PZL dont l’aile en forme de V devant l’habitacle du pilote permet une grande visibilité.
- b) Observation. — Le Breguet « Tout Acier » (fig. 10) comporte des innovations très heureuses tant par sa construction et son aménagement pratique que par sa poutre de queue qui dégage nettement le champ de tir du mitrailleur.
- Potez dont on connaît la belle technique présente le 39 Aa et le 37 R2 très sérieusement conçus.
- c) Multiplaces de combat et de bombardement. —- Pour sa pureté de ligne, l’admiration de tous va au S.E.C.M., bimoteur de combat (fig. 23) qui semble vraiment inattaquable, tandis qu’une nouvelle version du Lioré de bombardement muni de 4 moteurs à air de 230 ch est également remarquée.
- LES EXPOSITIONS
- Le Grand Palais abritait pendant le Salon plusieurs expositions fort instructives et très bien présentées.
- Les Services officiels montraient :
- 1° L’utilité et le fonctionnement des divers instruments de bord employés (enregistreurs de vitesse, compte-tours, manomètres, etc...), des appareils anémo-dérivomètre Le Prieur, dérivomètres-viseurs) et de méthodes de navigation (procédés Loth — guidage par goniomètres — méthode Rougerie de vol sans visibilité.
- 2° Différentes solutions présentées au Congrès de Sécu-
- Fig. 23. — Le monoplan de combat multiplace Amiot S. E. C. M. entièrement métallique. 2 moteurs Lorraine 700 ch. Envergure 24 m 16, longueur 17 m, surface portante, 100 ma. poids à vide : 4200 kg, en charge : 5690 kg; 900 kg de bombes.
- rite (dispositifs avertisseurs sonores de perte de vitesse Odier et Constantin, stabilisation automatique latérale et transversale par girouettes Constantin employée par Farman — hypersustentation obtenue par l’aile à surface variable Gérin — ailerons élastiquesBréguet, etc., etc...).
- 3° Des expériences effectuées au service des Recherches de l’Aéronautique : essais d’hélices à la grande soufflerie d’Issy-les-Moulineaux, détermination du nombre de tours parla méthode stroboscopique — maquette du manège hydrodynamique de F Institut aérotechnique de St-Cyr aménagé par M. Toussaint pour l’essai des coques et des flotteurs d’hydravion — maquette de la petite soufflerie d’étude de forme elliptique établie au Service technique et qui doit servir de modèle expérimental à la soufflerie géante de 6 m sur 10 actuellement en projet, expériences faites au laboratoire de Mécanique des fluides par MM. Bénard et Riabouchinsky sur la formation des tourbillons alternés et la stabilité des tourbillons isolés.
- De son côté, le Ministère de l’Air italien présentait la maquette d’un centre d’examen médical de l’aéro-
- Fig. 22. — L'avion de chasse Dewoitine D. 27.
- (Gagnant du record de vitesse sur 1000 km a la moyenne de 286 km-h.)
- drome de Montecellio et diverses réductions de productions italiennes.
- Enfin des entreprises industrielles exécutaient sous les yeux du public le nickelage des pièces mécaniques, le traitement thermique des aciers spéciaux — la nitruration des aciers employés dans les moteurs — et le revêtement anodique des tôles de duralumin.
- CONCLUSION
- Sans révéler de nouveautés sensationnelles, le 12e Salon marque une évolution progressive vers un meilleur rendement et une plus grande sécurité.
- Nos productions nationales soutiennent honorablement la comparaison avec les appareils étrangers et les dépassent même au point de vue dessin, présentation et fini d’exécution. Si la nécessité de la politique des prototypes adoptée par le Ministère de l’Air se trouve indiscutablement démontrée, il reste encore beaucoup à faire. Espérons qu’après deux ans de travail le Salon de 1932 nous apportera l’aile volante pure avec moteurs accès,sibles en vol, la généralisation obligatoire des dispositifs de sécurité tels que l’aile à fente, et enfin l’avion de tourisme à faible puissance pour bourses moyennes. J. Lacaine.
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- LE BALISIER COMESTIBLE
- Ce balisier (Caussa edulis), originaire du Pérou, donne des tiges très élevées, émises par des rhizomes tubéreux. volumineux, riches en fécule : il porte, dans son pays, les noms de Achira, Toloman et Capacho. Le feuillage est ornemental et les fleurs sont peu apparentes, néanmoins, cette espèce est à cultiver dans les jardins, où elle donne ses turbercules énormes, vers le mois de septembre, époque où , à demi formés, ils produisent un mets apprécié. Même sous le climat de Paris où je l’ai cultivé, ce balisier émet de grosses racines, comme légume, mais aussi en novembre des racines remplies d’une fécule qu’on appelle Chouchoute Tolomane ou Toloman.
- Du Pérou, ce balisier s’est répandu un peu partout où l’on s’en sert comme ci-dessus.
- A l’île de la Trinité, cette fécule est vendue dans les boutiques sous le nom de Tous les mois, et offre une assez grande analogie avec l’arrow-root (moins constipant cependant) dont les Anglais font une grande consommation pour la nourriture des enfants et des vieillards. La fabrication de la Tolomane est très facile, aussi la plante s’est-elle répandue dans la plupart des régions où elle végète, presque sans arrêt, donnant plusieurs récoltes dans l’année, tandis que sous le climat de Paris on n’en obtient qu’une seule. J’ai eu ce Caussa en culture; dans mes essais sur une dizaine de touffes, j’ai obtenu de 8 à 10 kg par pied, ce qui est fort beau et représenterait, en grande culture, pas loin de 200 000 kg à l’hectare. Malgré ce rendement possible dans la région parisienne, il ne faut considérer cette plante comme cultivable au point de vue industriel que depuis la Loire jusque sur les bords de la Méditerranée et en Afrique du Nord, etc.
- Il est certain que la culture et le climat doivent influer sur la qualité des rhizomes, et cependant, ceux que je récoltais, sous le climat de Paris, étaient aussi agréables que possible.
- Et pourquoi n’en serait-il pas ainsi? Ne cultive-t-on pas dans nos jardins des espèces ou variétés, qui ornent pendant la belle saison, donnant aussi des rhizomes, pour la multiplication, non comestibles pourtant ?
- Comme légume, le Caussa edulis ne laisse rien à désirer, si l’on a soin de prendre les tubercules en formation, non encore pourvus de racines; ils sont alors très tendres et délicats et leur cuisson est rapidement achevée. Les racines plus âgées sont fibreuses et immangeables, mais servent à la confection de la fécule Tolomane.
- Ces rhizomes de Caussa ont une saveur approchant de l’artichaut, ils acquièrent par l’assaisonnement qu’on leur donne un goût très fin : c’est une racine tendre, farineuse, un peu aqueuse. On peut l’utiliser pour l’usage de la table et de l’étable, hommes ou animaux en sont également satisfaits.
- Son assaisonnement peut être de diverses sortes : bouilli, on le mange au beurre avec du persil haché; préparé en sauce blanche, à la poulette, avec du jus de citron; on en confectionne de délicieux beignets et, enfin, l’industrie qui en extrait la farine citée plus haut nous fournit un produit qu’on peut transformer en potages exquis ou en fines pâtisseries.
- Sa culture est bien simple : sous le climat de Paris, la plante se traite comme tous les autres types du genre; ailleurs, dans les régions plus chaudes, on plante en plein champ sur rigoles d’arrosages, en espaçant les pieds à un mètre en tous sens. Traitée au point de vue industriel, pour l’extraction de la fécule, c’est une plante de grande valeur qu’on peut exploiter sans beaucoup de frais.
- Il existe d’autres espèces de Caussa comestibles, mais ils sont peu productifs, et ne valent pas le C. edulis, dont je viens de parler.
- R. de Noter.
- A PROPOS DE L’AILE A FENTE
- Nous recevons de M. Constantin, Vinventeur de l'aile à fente et des girouettes, l'intéressante lettre qui suit :
- Monsieur le Rédacteur en Chef,
- J’ai lu avec un particulier intérêt l’article paru dans le dernier numéro de La Nature, sous la signature de M. Abel Yerdurand et je remercie sincèrement l’auteur d’avoir bien voulu rappeler la part que j’ai prise, dès 1912, à la création de l’aile à fente. Voulez-vous me permettre d’ajouter, à l’usage de vos lecteurs, quelques précisions sur la technique de ce dispositif et sur une façon très moderne en même temps, je pense, que très efficace d’en concevoir l’emploi ?
- Si oui, je dois en premier lieu, après l’éloquente plaidoirie de M. Abel Verdurand, m’imposer la tâche ingrate d’écrire ici une espèce de réquisitoire.
- Une aile à fente, lorsque la fente est ouverte, a un immense avantage sur les ailes ordinaires. Cet avantage est la possibilité de voler aux très grands angles d’attaque avec un coefficient de portance très élevé. Malheureu-
- sement il faut payer cela cher, bien cher, par une augmentation considérable de la résistance à l’avancement, ou traînée, c’est-à-dire par une diminution de la finesse et du rendement. Il en résulte que l’énergie fournie par le moteur est mal utilisée au point de vue aérodynamique, d’autant plus mal d’ailleurs que l’hélice est ordinairement médiocrement adaptée aux vitesses d’avancement réduites. De telle sorte, par exemple, qu’un avion très tangent pourrait se soutenir fente fermée, alors qu’il descendrait nécessairement vers le sol fente ouverte. De telle sorte aussi qu’il faudrait bien se garder de vouloir battre le record d’altitude fente ouverte.
- Ce n’est pas tout. La fente automatique constitue un ensemble extrêmement ingénieux, mais assez imparfait cependant. Les forces en action pour ouvrir et fermer la fente passent d’une valeur positive à une valeur négative après avoir rencontré la valeur 0 sur leur chemin. De plus, pour un même angle d’attaque, elles sont proportionnelles au carré de la vitesse, c’est-à-dire au poids total de l’avion. Or le «Point d’interrogation», par exemple, lorsqu’il a brûlé tout son combustible,
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- s’est délesté de 64 pour 100 de son poids. Il est clair dans ces conditions que le jeu de ces forces, au départ et à l’arrivée d’un grand raid, ne peut plus être le même s’il est complètement soustrait à l’action du pilote. Il est clair aussi que toute imperfection d’ajustage, tout choc un peu violent, toute accumulation de poussière, de neige ou d’eau dans les articulations en augmenteront l’incertitude.
- Et, parfois, la fente ne s’ouvrira pas alors qu’on la voudrait ouverte; parfois, elle ne se fermera pas alors qu’on la voudrait fermée; parfois enfin elle s’ouvrira
- rouette, pourra déterminer lui-même à chaque instant l’angle d’attaque de déclenchement et prévenir ainsi les ouvertures et fermetures intempestives auxquelles je faisais allusion ci-dessus.
- Enfin, pourquoi faire servir l’aile à fente à la correction de « la perte de vitesse » ? L’angle de « perte de vitesse » est placé sur la polaire 6 à 7 degrés au delà du dernier angle utile, qui est l’angle pratique de vol au plafond. Tous les angles intermédiaires sont des angles de très mauvais rendement et il n’y a jamais, jamais, sauf au moment de l’atterrissage, intérêt à les utiliser. Il suffira
- L’aile 1, représentée en coupe, possède une surface auxiliaire 2 susceptible par exemple de tourner autour de l’axe 3 porté par le support 4. Suivant que la fente 5 ainsi constituée est ouverte ou fermée, les qualités aérodynamiques de l’aile changent et il est avantageux que la fente, fermée pour les faibles angles d’attaque, soit ouverte pour les angles d’attaque élevée, 8 à 10 degrés par exemple et au-dessus.
- Une girouette 6, de préférence une girouette Constantin supportée par le support 7, porte, invariablement lié à l’un de ses bras oscillants 8, un levier 9 qui commande au moyen d’une biellette 10 un levier 11 solidaire de l’axe pivotant 3.
- Il est clair que si la girouette est calée de 10 degrés, en avant par rapport à la verticale, la corde de l’aile étant supposée horizontale, cette girouette restera immobile tandis que l’angle d’attaque sera inférieur à 10 degrés et la fente restera fermée, les surfaces ayant une incidence négative. Pour un angle d’attaque supérieur à 10 degrés, la girouette déviera vers le haut jusqu’à la position 12, le levier 9 viendra en 9', la biellette 10 en 10', le levier 11 en 11' et la surface auxiliaire 2 en 2'. La fente sera et restera ouverte jusqu’à ce que l’angle d’attaque retombe à moins de 10 degrés.
- Le fonctionnement sera entièrement automatique.
- Au moment où la fente s’ouvre, il peut être intéressant d’abaisser l’aileron 13 et de le relever quand la fente se ferme. Les bielles 14 et 16 et les leviers 15 et 17 permettent d’exécuter ce mouvement automatiquement en conjugaison avec le premier.
- De plus, le pilote agissant, au moyen du levier 18, et de la bielle 19 et du levier 20, peut décaler à son gré la girouette, c’est-à-dire provoquer le mouvement automatique de l’ensemble, à volonté, à l’angle d’attaque qu’il aura choisi.
- d’un côté et non de l’autre, toutes circonstances qui peuvent être déplaisantes pour le pilote.
- Le remède est simple. On sait que la girouette Constantin fournit, à chaque variation de l’angle d’attaque, une puissance considérable. Si donc on lui confie la mission d’ouvrir et de fermer la fente, elle le fera exactement à l’angle choisi sans se préoccuper de la vitesse et cela en faisant agir des forces surabondantes, capables de vaincre très facilement toutes les petites imperfections du mécanisme.
- De plus, le pilote, en décalant convenablement la gi-
- donc d’employer un indicateur d’incidence avec avertisseur sonore pour que le pilote, prévenu à temps, n’arrive jamais jusqu’à la « perte de vitesse ».
- L’ouverture de la fente sera alors exclusivement réservée à l’atterrissage, pour en diminuer la vitesse. Et qu’on ne s’y trompe pas : le progrès ainsi obtenu sera très important, car toute diminution de la vitesse d’atterrissage permet une augmentation -de la vitesse de route, ce qui constitue, par rapport aux autres moyens de transport, un des avantages les plus marqués de l’aviation. L. Constantin.
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- = LES SAISONS DU CALENDRIER = NE SONT PAS LES SAISONS RÉELLES
- De tout temps les hommes ont divisé l’année en saisons. Cette division fut d’abord très simpliste : suivant les variations de la température moyenne, il y avait la « belle saison » constituée par la partie de l’année où le temps est beau et la « mauvaise saison » où le temps est froid et pluvieux.
- Les premiers astrologues indiens, arabes et grecs avaient reconnu trois saisons : le printemps, l’été et l’hiver. Les Romains et les Gaulois ajoutèrent une quatrième saison, intermédiaire entre l’été et l’hiver, qu’ils appelèrent l’automne.
- Les saisons astronomiques. — Au point de vue astronomique, la classification des saisons est très précise : les saisons sont caractérisées par la date des solstices et des équinoxes. Rappelons que le mouvement apparent du soleil autour de la terre se développe dans un plan appelé l’écliptique qui fait avec le plan de l’équateur un certain angle : l’intersection de ces deux plans détermine la date des équinoxes, l’équinoxe de printemps et l’équinoxe d’automne qui ont lieu respectivement vers le 21 mars et vers le 22 septembre. A ces moments-là, il y a égalité entre la durée du jour et de la nuit sur toute la terre.
- La fixation des deux autres saisons : l’été et l’hiver, résulte d’une autre considération astronomique, celle des solstices. Quand le soleil a franchi le point équinoxial, c’est-à-dire après le 21 mars, sa hauteur méridienne va en croissant pour aller ensuite en décroissant; le solstice d’été est déterminé par le temps où cette hauteur méridienne passe par son maximum, 64037,, qui se produit vers le 21 juin. Pareillement, le solstice d’hiver correspond au moment où la hauteur méridienne du soleil passe par son minimum, 17°43', qui a lieu vers le 21 décembre.
- Il est bon de faire remarquer qu’au moment du solstice d’été le soleil est arrivé à son plus grand éloignement de la terre, tandis qu’au solstice d’hiver le soleil est à son plus faible éloignement; le soleil nous paraît donc plus gros en hiver qu’en été, son diamètre apparent étant d’autant plus grand que sa distance à la terre est plus petite. On pourrait penser, comme le font bien des personnes, que les saisons sont d’autant moins chaudes que le soleil est plus loin : or c’est le contraire qui se produit pour l’hémisphère terrestre que nous habitons. Le soleil est plus près de nous en hiver, et si nous avons moins chaud à cette époque de l’année, c’est que les rayons solaires nous arrivent très obliques en hiver, le soleil étant bien plus bas sur l’horizon : ses rayons suivent la loi du cosinus de l’inclinaison, p oduisant alors des effets calorifiques bien moins intenses.
- Ainsi dor c, d’après la classification astronomique des saisons, le commencement de l’été est déterminé par la date du solstice d’été vers le 21 juin; le commencement de l’hiver, par la date du solstice d’hiver, vers le 21 décembre, tandis que les commencements du printemps et de l’automne coïncident respectivement avec le moment des équinoxes, c’est-à-dire le 21 mars et le 22 septembre. Les saisons ainsi déterminées n’ont pas des durées égales : ainsi, le printemps et l’été durent ensemble 186 jours, 11 heures; au contraire, l’automne et l’hiver durent ensemble 178 jours 19 heures, soit environ 8 jours de moins !
- Les saisons vraies. — Cette classification des saisons, reposant sur des données astronomiques, répond-elle à ce que nous observons au cours d’une année ? Pas du tout, comme nous allons le démontrer. Entrons-nous en hiver seulement au 21 décembre, c’est-à-dire vers la Noël ? Entrons-nous en été seulement le 22 juin, c’est-à-dire vers la Saint-Jean ? La
- question peut se poser autrement au point de vue hygiénique et climatologique : attendons-nous à la Noël pour allumer nos cheminées ou nos calorifères et pour revêtir nos habits d’hiver ? De même, attendons-nous à la Saint-Jean pour nous habiller « en été » ?
- La réponse à ces questions montre immédiatement que le calendrier astronomique n’est pas conforme à la réalité des faits observés.
- La classification que je propose pour établir un calendrier des saisons part du principe suivant dont les conséquences, on va le voir, cadrent exactement avec ce qu’on observe. Ce principe est le suivant : les saisons doivent être établies de façon que le milieu de l’été corresponde au moment où les jours sont le plus longs, donc vers la Saint-Jean; le milieu de l’hiver au moment où les jours sont le plus courts, donc vers la Noël. Ce principe étant admis, nous allons voir comment vont être fixées les dates qui marquent le commencement et la fin de chaque saison.
- Pour donner à chacune d’elles une durée voisine de 91 jours, il faudra que l’été commence environ 45 jours avant la Saint-Jean, soit vers le 12 mai, et finisse 45 ou 46 jours environ après la Saint-Jean, soit vers le 10 août. De même, il faudra que l’hiver commence 45 jours avant la Noël, vers le 11 novembre, et finisse vers le 10 février. Les limites ainsi tracées des deux saisons dominantes de l’année déterminent automatiquement la durée et l’époque des saisons intermédiaires, le printemps et l’automne : le printemps ira du 10 février au 12 mai ayant ainsi une durée de trois mois, l’automne du 10 août au 11 novembre avec une durée égale.
- Voyons maintenant si cette classification répond bien à la réalité envisagée du point de vue climatologique et hygiénique.
- L’hiver. — Commençons par l’hiver : cette saison, avons-nous dit, débute vers le 11 novembre : c’est précisément l’époque de ce qu’on appelle «l’été de la Saint-Martin». Et, en effet, c’est après cet été « qui réchauffe mais qui ne brûle pas », que l’on sort les habits d’hiver, que l’on revêt des vêtements plus chauds, que les dames sortent leurs fourrures et qu’on allume les feux. C’est à partir de cette époque que la nature va s’endormir, que le mouvement ascensionnel de la sève s’arrête et que l’on peut faire des plantations et des transplantations d’arbres et d’arbustes. Les feuilles des arbres sont déjà tombées !
- Mais il n’y a pas que la nature qui entre en sommeil à cette époque de l’année : les animaux hibernants manifestent à ce moment-là, et sans attendre l’arrivée de l’hiver astronomique à la Noël, un engourdissement profond pendant lequel leur température s’abaisse et où la circulation ainsi que le rythme respiratoire se ralentissent. On sait que les mammifères chez lesquels se produit le sommeil hibernal sont, parmi les rongeurs, les marmottes, les loirs, les muscadins; parmi les insectivores, le hérisson. Ces animaux dorment tout l’hiver, défini comme il vient d’être dit, une fois passé l’été de la Saint-Martin. C’est à cette époque aussi qu’on voit les jolies mouettes descendre la vallée du Rhône, quitter Genève pour Lyon.
- L’hiver ainsi commencé vers le 11 novembre dure jusqu’au 10 février environ : les jours vont d’abord en diminuant progressivement pour passer par un minimum qui a lieu pratiquement aux environs de la Noël (en réalité deux ou trois jours avant la Noël), puis la durée du jour va en augmentant, d’abord très peu, le 8 janvier : « A la Sainte Luce,
- Du saut d’une puce, »
- dit le dicton populaire.
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- Le printemps. — Nous arrivons ainsi au mois de février. Pour comprendre que ce n’est pas au 22 mars que nous entrons réellement en printemps, comme le veut le calendrier,
- 11 faut avoir une notion exacte de cette saison. Le printemps peut être défini ainsi : c’est le moment où cesse le sommeil de la nature; c’est le moment où la sève remonte. Celui qui a observé ces manifestations de la nature sait que c’est vers le 10 février que se voient les premières fleurs des amandiers, même dans des régions réputées peu chaudes (comme Lyon), que les pâquerettes fleurissent, que les cognassiers du Japon montrent leurs jolies fleurs écarlates; c’est aussi à ce moment que les hibernants voient finir leur sommeil après avoir assuré leur nutrition pendant l’hiver par la désassimilation des graisses accumulées en été.
- Tout nous démontre qu’un peu avant le 15 février l’hiver est terminé. On a noté que, les plus grands froids s’observant en général en janvier et jusqu’aux premiers jours de février, la durée de la nuit vers la Noël, ne diminue pas vite, la nuit est longue et le froid s’accumule pour se manifester plus tard, en janvier. A partir du 10 février, la décroissance rapide de la nuit permet- à la terre de se réchauffer pendant le jour : c’est ce qui explique l’apparition des premières fleurs et la cessation du sommeil des hibernants.
- L’été. — Après le printemps vient l’été. Dans notre classification, le commencement de l’été a lieu vers le 12 mai, avons-nous dit. Il est très remarquable que cette date coïncide avec la fin de la période qu’on appelle « les Saints de glace » et qui sont saint Mamert, saint Pancrace, et saint Servais : leur nom vient de ce que la période qui va en général du 9 au
- 12 ou 13 mai, est accompagnée d’un vent froid et de violentes perturbations atmosphériques. C’est certainement à ces perturbations qu’est due la perte des braves aviateurs Nun-gesser et Coli; ils sont partis pour tenter la traversée de l’Atlantique le 9 mai, en pleine période des Saints de glace; on ne peut que déplorer que ces héros de l’air n’aient pas attendu, comme l’a fait Lindbergli, la fin de cette période, si néfaste aux hommes et aux plantes...
- Il y a un proverbe bien connu qui dit : « En avril ne quitte pas un fil, mais en mai quitte ce qui te plaît. »
- Ce proverbe serait tout à fait vrai si l’on disait : « En mai quitte ce qui te plaît, mais après les Saints de glace ». Et, en effet, c’est après cette période que l’été commence : c’est la saison où l’on s’habille « en été », où les chapeaux de paille sont arborés, remplaçant les coiffures d’hiver et de printemps, etc...
- En faisant commencer l’été vers le 12 mai, son milieu coïncide avec le moment où les jours sont le plus longs, pratiquement aux environs de la Saint-Jean (en réalité deux ou trois
- jours avant la Saint-Jean). C’est pour marquer cette période des plus grands jours de l’année que dans bien des pays on allumait, il n’y a pas bien longtemps encore, des feux de joie la veille de la Saint-Jean. L’été finit vers le 10 août après avoir duré trois mois.
- L’automne. — A partir de ce moment-là, nous entrons en automne, et cela est si vrai qu’à cette époque de l’année les matinées et les soirées prennent leur caractère automnal. Dans les vallées on observe du brouillard qu’on ne voyait f)as se produire pendant les mois précédents.
- Une fois le 10 août passé, on a remarqué, en effet, que la décroissance rapide du jour amène un refroidissement de la terre pendant les nuits : c’est là la cause du brouillard dû à la condensation de la vapeur d’eau dans les couches basses de l’atmosphère.
- Si le printemps est la saison des fleurs, l’automne est la saison des fruits, prunes, pêches, poires d’automne, pommes, etc. Et c’est précisément dans les deux denriers tiers du mois, d’août que commencent à se récolter ces fruits; ce n’est donc pas au 22 septembre, comme le veut le calendrier astronomique, que l’on attend pour entrer en automne : cette saison va du 10 août au 11 novembre, sa durée est ainsi de trois mois. Comme je l’ai dit plus haut, c’est l’été de la Saint-Martin qui marque la fin de l’automne et le commencement de l’hiver.
- Conclusion. — Le cycle des saisons est alors entièrement parcouru. Par ce qui précède on voit que la classification que je propose correspond exactement aux observations et aux réalités climatologiques et hygiéniques. L’hygiène vestimentaire en particulier est strictement régie par le passage d’une saison à l’autre, entendue et définie comme il vient d’être exposé.
- Pour compléter ces considérations, il y aurait encore une autre dérogation logique à faire subir au calendrier : il ne resterait plus qu’à adopter, comme on vient de le proposer récemment, une date fixe pour la fête de Pâques. On sait que, d’après les données astronomiques, Pâques tombe le premier dimanche après la pleine lune qui suit l’équinoxe de printemps; en sorte que cette fête varie, suivant les années, entre le 22 mars, date la plus précoce, et le 25 avril, date la plus tardive. Il y aurait grand intérêt, pour les commodités de la vie sociale et économique, à ce que la date de Pâques soit à peu près fixe. Il me semble que le deuxième dimanche d’avril conviendrait parfaitement; du même coup, les fêtes de la Pentecôte tomberaient aussi à une date à peu près fixe, soit dans les premiers jours de juin, c’est-à-dire un mois et demi avant la fête nationale qui est devenue aujourd’hui le signal des grandes vacances. j)r Henry Bordier,
- Professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Lyon, Correspondant de l’Académie de Médecine.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- EXTRACTION DE LA NICOTINE
- On humecte copieusement le tabac ; on le presse plusieurs fois, en le mouillant à chaque fois. Ces divers jus sont concentrés jusqu’à consistance sirupeuse et additionnés de lait de chaux.
- La nicotine mise en liberté est ensuite entraînée par la vapeur d’eau. On y ajoute ensuite de l’acide oxalique en quantité suffisante pour avoir de l’oxalate de nicotine qui cristallise par refroidissement.
- On traite ce dernier séparé, par la soude caustique concentrée. La nicotine impure vient à la surface en une couche huileuse brunâtre.
- Une faible partie de nicotine reste encore en solution : on la concentre, on la refroidit et on la bat avec de l’éther. La couche éthérée contient la nicotine récupérée : on la distille. Pour avoir la nicotine pure on la distille sous pression réduite d’hydrogène.
- Le sulfate de nicotine, une des formes commerciales de la nicotine s’obtient en faisant passer des vapeurs de nicotine au travers de récipients contenant de l’acide sulfurique et maintenus à une haute température, cela afin d’éviter de trop diluer.
- Actuellement, on épuise le tabac, avec du bichlorure d’éthylène, et ensuite on évapore sous pression réduite. La nicotine pure est incolore, transparente et oléagineuse. A l’air elle se colore et s’épaissit. Elle est soluble dans l’eau, et la plupart des dissolvants usuels.
- Elle bout vers 250°, en commençant à se décomposer. La nicotine en solution, vendue par l’État, sert de plus en plus comme anti-cryptogamique.
- Si elle était moins chère, ses emplois s’étendraient considérablement en horticulture.
- A. H.
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- L’AUTOMOBILE PRATIQUE
- UN SYSTÈME DE FREINAGE HYDRAULIQUE PERFECTIONNÉ
- Le système de freinage intégral sur les quatre roues est maintenant employé presque sur toutes les voitures modernes et même sur les véhicules industriels. On utilise en outre, de plus en plus, les dispositifs permettant de réduire au minimum l’effort exercé par le conducteur pour la mise en fonctionnement des quatre freins, et ces dispositifs comportent un système de servo-frein, c’est-à-dire la mise en action d’un relais d’énergie produisant l’effort efficace appliqué sur les sabots de freins.
- L’énergie peut, d’ailleurs, être d’origine mécanique, et nous avons décrit à ce propos des appareils à patins auto-freineurs s’appuyant soit sur le tambour de frein lui-même, soit sur l’arbre de transmission.
- On peut aussi utiliser la dépression ou la compression produite par le. moteur, et l’on connaît les systèmes actuels que Dewandre-Repusseau ou Westinghouse présentent; en-lin, il est encore possible d’adopter un système de commande hydraulique avec un réseau de circulation d’huile et une pompe centrale agissant sur des pistons reliés aux freins eux-mêmes.
- Un de ces dispositifs appliqué depuis longtemps aux États-Unis, et qui commence à être utilisé aussi en France, consiste essentiellement en une pompe de commande actionnée par la pédale de frein.
- Cette pompe transmet la pression reçue à des pistons ré-cepteurs contenus dans les cylindres de roues, au moyen de canalisations rigides métalliques et de tuyaux flexibles interposés là où il est nécessaire pour permettre le libre mouvement de la direction et des ressorts.
- La commande des freins dépend ainsi seulement du principe fondamental du déplacement hydraulique; le réglage et la surveillance sont donc minimes dans les cas normaux de fonctionnement.
- Comme le montre la figure 1, la pompe de commande contenue dans la cuve de distribution comporte un cylindre général compensé dans lequel se trouve un piston de commande; quant aux cylindres de roues, ils comportent chacun deux pistons opposés entre eux.
- Tous les pistons sont précédés d’une coupelle, de forme évasée, en matière moulée à base de caoutchouc agissant comme garniture, et qui sert à maintenir la pression, afin d’éviter absolument toute perte de liquide du frein.
- La pression s’exerce dans chaque cylindre par l’intermédiaire du liquide et entre les pistons opposés, ce qui les fait mouvoir vers l’extérieur contre les mâchoires de frein. Ces mâchoires se trouvent alors en contact avec les tambours et le serrage est progressif.
- Lorsque la pression sur la pédale est augmentée, une plus grande pression hydraulique est transmise aux cylindres de roues, et par conséquent un effort plus grand est aussi exercé sur les mâchoires.
- D’après le principe même du système, la pression exercée sur un liquide étant répartie également et sans perte à toutes les surfaces, la pression appliquée par le pied sur la pédale est également transmise à chacun des quatre cylindres de roues et par conséquent non moins également sur chaque mâchoire.
- Quand on relâche la pression sur cette pédale, les ressorts de rappel des mâchoires de freins se rétractent et ramènent les pistons des cylindres à leur position de départ. Le liquide se trouve alors comprimé en sens inverse, et retourne à tra-
- vers les tuyaux flexibles et les canalisations jusqu’au cylindre de commande central.
- C’est le principe de la presse hydraulique, et on peut diminuer ainsi au minimum l’effort exercé par le pied du conducteur sur la pédale de commande centrale.
- Le cylindre général de commande est dit compensé, parce qu'automatiquement il maintient constamment plein de liquide F ensemble du dispositif de freinage, et permet aussi l’expansion ou la contraction du liquide due aux variations de température.
- On peut, d’ailleurs, adopter deux systèmes différents : dans le premier, (fig. 1) une cuve de distribution B renferme le cylindre central A constamment immergé dans le liquide. Dans le second, la pompe de commande est alimentée par un petit réservoir séparé, placé généralement sous le capot et relié à ce cylindre par une tubulure distincte.
- Dans le premier cas, le piston G reçoit l’effort exercé sur la pédale de frein par l’intermédiaire d’un levier intérieur monté sur un axe I qui passe à travers la cuve B ; dans le
- Fig. 1. •—• Système de commande hydraulique des freins sans réservoir séparé.
- deuxième, le piston est attaqué directement par une tige fixée sur la pédale de frein.
- Un trou de petit diamètre J est ménagé à travers la paroi du cylindre central et à sa partie supérieure. Cette ouverture est placée de telle sorte qu’elle soit complètement dégagée dans la position de retour complet du piston G contre la butée.
- Une élévation de température dilatant le liquide permet pourtant son expansion dans le trou J de la cuve, ou dans le réservoir séparé.
- Une contraction du liquide produit le mouvement inverse.
- Il est indispensable que ce trou J soit complètement démasqué à la position de retour de la pédale, c’est-à-dire qu’au repos le piston doit toujours être appliqué contre la butée.
- La pédale de frein doit donc être très libre, et un léger jeu K est même indispensable avant l’attaque directe du piston; ce jeu de sécurité s’évalue facilement à la main. Le retour du piston à sa position de repos s’accomplit sous l’action du
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- ressort C enfermé dans le cylindre central, la pédale de frein revient d’elle-même à sa position primitive, ou, dans certains cas, sous l’action d’un léger ressort séparé.
- Un bouchon de remplissage empêche l’évaporation des matières volatiles contenues dans le liquide de la cuve de distribution, et assure sa fermeture étanche par l’intermédiaire d’un joint.
- A la partie antérieure du cylindre, se trouve une soupape maintenue en place par la pression du ressort C ; cette soupape comporte, en outre, un clapet central appliqué sur son siège par un autre ressort intérieur.
- Lorsque le piston du cylindre central est repoussé à l’intérieur sous l’action de la pédale, le liquide provoque l’ouverture du clapet central, et pénètre alors dans les tubulures reliées aux cylindres des roues.
- Au contraire, quand la pédale se relève, ce clapet se referme et le piston revient en arrière sous l’action du ressort C. En même temps, la pression du liquide provenant des cylindres de roues ouvre le clapet sous l’action des ressorts de rappel des mâchoires de frein, et le retour du liquide s’opère donc à travers celui-ci jusqu’à ce que la pression soit inférieure à celle du ressort C.
- Quand ce dernier commande l’action, il ferme le clapet; il subsiste alors dans les canalisations et dans les cylindres des roues une pression de 0 kg. 500 environ, qui interdit
- toute rentrée d’air nuisible.
- A ce moment, si le volume du liquide rentré dans le cylindre est insuffisant pour égaler le déplacement total de retour du piston, un vide se trouve ainsi créé dans le cylindre.
- Le liquide passe alors à travers de petits trous inclinés qui se trouvent sur le piston central, fait fléchir le bord extérieur de la coupelle, spécialement destinée à cet effet, et pénètre dans le cylindre, ce qui compense un manque éventuel de liquide.
- D’autre part, les clapets fonctionnent également lors du remplissage du système avec le liquide de frein.
- Dans ce cas, les vis d’écoulement S des cylindres de roues étant desserrées, aucune pression n’est possible, et seule la soupape centrale laisse passer le liquide sans qu’il puisse revenir en arrière, le clapet restant fermé sous l’action du ressort C.
- Examinons, maintenant plus en détail comment sont construits les cylindres particuliers de chaque roue. Ces derniers sont montés d’une façon rigide sur le plateau ou flasque de frein et portent chacun deux pistons opposés P, dont les tiges ou poussoirs sont reliés aux extrémités des mâchoires de frein.
- Les extrémités opposées des cylindres de roues, qui sont donc ouvertes, reçoivent des capuchons en caoutchouc spécial, les protégeant efficacement contre l’eau, le sable et l’huile.
- Le liquide arrive dans le cylindre de telle sorte qu’il pénètre à l’intérieur entre les coupelles Q des pistons. A la position supérieure et également entre ces coupelles, se trouve un orifice d’écoulement R pour l’expulsion de l’air au moment du remplissage et de la purge.
- En fonctionnement normal, cet orifice est maintenu obturé par une vis d’écoulement S à pointeau bloqué à demeure.
- Cette vis d’écoulement desserrée de quelques tours permet l’évacuation de l’air lorsqu’il y a lieu (fig. 2 et 3).
- Il est essentiel, évidemment, que l’installation soit complètement purgée d’air avant sa mise en fonctionnement, et en cas de détérioration accidentelle; sur cha- Fig.2.-Commande des mâchoires que cylindre de roues se yu fre[n hydraulique.
- trouve donc une vis d’écoulement S à pointeau, dont l’orifice de sortie est obturé par une vis bouchon T, dont le rôle est d’éviter toute introduction de corps étrangers.
- Pour obtenir l’évacuation de l’air, on retire la vis bouchon T et on visse à sa place un petit tuyau d’écoulement U par son raccord fdeté (fig. 4).
- En appuyant sur la pédale lentement- et à la main plusieurs fois, on produit une action de pompage qui envoie le liquide à travers les tubes et en dehors des cylindres, entraînant avec lui tout l’air qui peut être présent.
- On continue de donner quelques coups de pédale jusqu’à disparition complète des bulles d’air dans le liquide; ces bulles d’air sont facilement visibles à travers le liquide écoulé dans un récipient; on répète cette opération, s’il y a lieu, pour les autres pistons.
- Il n’est pas nécessaire d’effectuer un réglage pour égaliser le freinage sur les quatre roues, d’après le principe même du système indiqué plus haut. Un réglage est uniquement nécessaire pour compenser l’usure des garnitures, et il est opéré en approchant simplement la mâchoire du tambour au moyen d’une came.
- Au repos cette came est en contact avec une butée faisant corps avec la mâchoire; il existe une came par mâchoire : soit deux pour chaque roue.
- Il est évidemment indispensable d’employer dans le réseau de commande un liquide spécial, et la consommation de ce liquide est d’ailleurs peu importante.
- Il suffit d’effectuer une vérification des tambours et des sabots de frein tous les 20 000 km environ; on enlève la poussière qui peut s’y trouver et on vérifie en même temps si aucune fuite ne s’est produite.
- Par son principe même, ce système de freinage intégral, encore peu connu en France, semble susceptible de donner de bons résultats.
- Sa simplicité et son efficacité sont d’ailleurs reconnues depuis longtemps et il suffisait de réaliser une construction industrielle bien étudiée.
- L. Picard.
- Adresse relative aux
- APPAREILS DÉCRITS :
- Freins hydrauliques,
- Lockheed., 27, rue Jules-Verne, à Saint-Ouen (Seine).
- Fig. 4. — La purge d'air des canalisations du système de commande hydraulique.
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- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- NOVEMBRE 1930, A PARIS
- Le mois de novembre 1930 a été très chaud pour la saison, exceptionnellement pluvieux et venteux, avec insolation sensiblement normale malgré le nombre très élevé des jours de précipitation.
- La hauteur barométrique moyenne, 761 mm 4, au niveau de la mer, est en déficit de 1 mm au Parc Saint-Maur et la température moyenne, 8°4 présente un excédent de 2°6 et n a été dépassée que trois fois en novembre, depuis 1874. Le mois s’est terminé par une période exceptionnellement chaude qui a débuté à la date du 19 et au cours de laquelle les moyennes journalières ont à quatre reprises, les 20, 21, 22 et 28 largement dépassé les températures des journées les plus chaudes observées à pareille date depuis 1874. La plus remarquable est celle du 21 qui a atteint 15°1 dépassant la normale de 10°. Le minimum absolu, —- 1°7 s’est produit le 17 et le maximum absolu, 18°2, a été noté le 21. On n’avait pas relevé, jusqu’à présent en novembre, un maximum aussi élevé à une date aussi avancée ; à Paris même, on a eu jusqu’à 18°8 et 19°0 dans les environs.
- La pluviosité a été exceptionnelle. Le total des jours de pluie appréciable, 22, surpasse de 7 le nombre moyen et n’avait été atteint ou dépassé que 5 fois au cours des 56 dernières années.
- Au Parc Saint-Maur on a recueilli 113 mm 6 d’eau; ce total est égal à 2,36 fois la normale. Il faut remonter jusqu’à 1910 pour en trouver un semblable et jusqu’à 1882 pour en rencontrer un qui soit plus élevé (114 mm 6).
- Il est tombé un peu de grêle mêlée à la pluie, le 3 à Marly et il a éclairé, le 22 au soir, dans l’ouest de la région.
- La moyenne mensuelle de l’humidité relative de l’air a été de 85,7 pour 100 et celle de la nébulosité de 69 pour 100.
- Les vents d’entre S. et O. ont été plus fréquents et ceux d’entre N. et E. beaucoup plus rares que de coutume. Le vent a soufflé en tempête les 2, 3, le 20 et dans la nuit du 22 au 23; il a causé des dégâts importants à Paris et dans la banlieue.
- On a signalé assez fréquemment des brouillards, une dizaine de jours, mais aucun n’a persisté toute la journée.
- RÉSUMÉ DE L’ANNÉE MÉTÉOROLOGIQUE 1930
- (Du Ie1 décembre 1929 au 30 novembre 1930)
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur la température, moyenne, 11°4, pour l’année 1930, classe celle-ci parmi les années les plus chaudes connues, du moins depuis 1806, pour le climat de Paris; seule, celle de 1822 la surpasse avec une moyenne de 12°0; 1834 et 1921 lui sont sensiblement égales, moyennes 11°5 et 11°4; 1811 a offert une moyenne de 11 °3 ; 1899 et 1911 de 11°2.
- En cette année 1930, sauf les mois de février, mai et juillet, tous les autres ont donné une température moyenne supérieure à la normale. La moyenne des minima a été très élevée et a atteint 7°4, elle a beaucoup contribué à relever ainsi la moyenne annuelle; celle des maxima a été de 15°7 en léger excès d’un peu plus d’un demi-degré.
- L’année 1921, semblable comme température moyenne à celle de 1930, n’avait alors fourni que 276 mm 9 de hauteur de pluie pour 109 jours de chutes et reste l’année la plus sèche connue jusqu’ici, tandis que l’année 1930 avec 214 jours de
- pluie appréciable, plus 19 autres de chutes inappréciables et de gouttes d’eau seulement, pour une hauteur totale de 884 mm 3 d’eau, est la plus pluvieuse de toutes jusqu’à présent; on y a compté 31 jours d’orages, 9 de grêle et 6 de neige.
- Il y a eu 81 jours de brouillard, 45 de gelée blanche, 31 de gelée à glace dont un seul sans dégel en décembre 1929 ainsi qu’un jour de verglas.
- La moyenne de la pression barométrique, au niveau de la mer, a été de 760 mm 8; celles de l’humidité relative de l’air et de la nébulosité ont été respectivement de 80,1 pour 100 et 65,9 pour 100.
- L’année 1921 a donné comme moyennes pour l’humidité 74,1 pour 100 et pour la nébulosité 55,0 pour 100; autant le mois de novembre y a été froid (moyenne 2°7 seulement), autant en 1930 il y fut très chaud (moyenne 8°4).
- Em. Roger,
- Membre de la Société Météorologique.
- ACCROISSEMENT DIURNE ET HORAIRE D’UN PIN
- Un patient forestier d’Iielsingfors, M. Martti-Harz, a eu la patience de mesurer l’accroissement horaire de pins de 5 à 12 ans, hauts de 1 à 6 mètres.
- Il a trouvé comme allongements moyens diurnes de 0 à 16 millimètres en mai, 6 à 27 millimètres en juin, 1 à 2 millimètres en juillet.
- C’est en juin que l’allongement est le plus rapide.
- En mai et juin, il est proportionnel à la température moyenne diurne.
- En juillet, cette proportionalité n’existe plus. La température continue à monter, mais l’arbre pas; il a jeté sa gourme et commence sans doute « à meubler » les nouvelles cellules créées et constituer des réserves alimentaires pour la mauvaise saison.
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- Mais l’allongement n’est pas continu durant vingt-quatre
- heures. Il a lieu surtout à certaines heures. Par exemple, de 8 à 13 heures, il fut en moyenne, en juin, de 1 mm 53 à l’heure.
- De 13 à 20 heures il fut de 2 mm 73 à l’heure.
- Dans la nuit, de 8 heures du soir à 8 heures du matin, il fut de 1 mm 76 à l’heure.
- On peut donc dire que l’arbre grandit surtout durant les après-midi du mois de juin !
- Le maximum a lieu vers 4 ou 5 heures du soir.
- La pluie du mois n’intervient pas. On a même observé qu’un orage ralentissait la croissance en abaissant la température.
- Il n’en est pas tout à fait de même pour les salades de nos jardins qui « montent » sous l’orage.
- Mais interviennent en sylviculture les pluies des saisons précédentes. Au point de vue température, le pin est un enregistreur décalé de quelques heures; au point de vue plu-viométrique, il est décalé de quelques mois.
- Pierre Larue.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Matter and Radiation, by John Buckingham. 1 vol., 144 p. Oxford University Press, Humphrey Milford, London, 1930. Prix : 7 sh. 6 d.
- Ouvrage de claire vulgarisation exposant les propriétés fondamentales des ondes lumineuses et leur explication par la théorie électromagnétique, puis les idées modernes sur la constitution électronique de l’atome et le mécanisme atomique de la radiation. L’auteur consacre un chapitre spécial à l’étude des rayons infrarouges et à leurs applications.
- Tourbillons, forces acoustiques, circulations diverses (Tome 1), par II. Bouasse, avec la collaboration expérimentale de MM. Fouché et Marty, 1 vol. 424 p., 220 üg. Dela-grave, Paris, 1931.
- Ce nouveau volume du professeur de Toulouse comporte deux parties : dans la première réduite du reste à un chapitre, il résume la théorie hydrodynamique classique des tourbillons, mais pour montrer dans la suite de l’ouvrage que cette théorie est physiquement fausse et ne représente pas les phénomènes. Puis il passe à l’étude expérimentale des phénomènes tourbillonnaires réels,, ensemble extraordinairement complexe dans lequel il s’efforce de mettre de l’ordre et de la lumière : il examine d’abord les tourbillons à axe rectiligne que Ton peut produire expérimentalement, et il en indique les propriétés; puis, après avoir rappelé comment se présente dans ses grandes lignes l’étude de l’équilibre de l’atmosphère, il passe à l’étude des phénomènes tourbillonnaires de l’atmosphère, d’abord les phénomènes localisés : trombes et tornades qui ressemblent le plus aux tourbillons artificiels, puis les phénomènes de très grande aire de base : les typhons, enfin les cyclones et anticyclones; il traite ces questions en physicien cherchant, à partir des observations et descriptions des météorologues, à dégager le mécanisme des phénomènes. Puis il se livre à une étude approfondie du tourbillon des fumeurs, étude exclusivement expérimentale à laquelle M. Marty, collaborateur de l’auteur, a apporté une importante contribution; dans le même esprit il décrit les phénomènes de convection thermique et mécanique, les jets, et dans chacun de ces domaines il apporte une ample moisson d’observations, dont certaines, dues à MM. Fouché et Marty, ainsi qu’à l’abbé Carrière, sont neuves.
- Précis de chimie analytique, par G. Denigès, Louis Chelle et André Labat. 6e édition. Vol. I, 850 p., 154 fig., 3 pl. en noir et en couleurs. Bibliothèque de pharmacie. Maloine, Paris, 1930.
- Tous les chimistes connaissent le précis de chimie analytique de Denigès : c’est un de leurs livres de chevet, l’un des plus clairs et des plus commodes pour guider les opérations sur la table du laboratoire. En voici la 6° édition mise à jour avec le concours de deux autres professeurs de l’Université de Bordeaux. Le plan original du Précis de Chimie analytique a été conservé : La première partie est consacrée aux généralités et à l’analyse qualitative; on y a introduit la description d’appareils nouveaux et la description minutieuse de réactions nouvelles dont beaucoup sont le fruit du travail incessant du professeur Denigès; la microchimie y tient une place très importante. La deuxième partie traite de l’analyse quantitative générale; on y a élargi l’étude de la théorie des ions et introduit l’étude de l’exposant d’hydrogène, d’une portée si inattendue. Cette étude a été développée sous la forme la plus simple possible, afin d’être comprise et assimilée par les élèves les moins préparés.
- Les minerais, par Ch. Bertiielot et J. Orcel. 1 vol., 544 pages, 155 figures, 24 planches hors texte. J.-B. Baillière et C10, Paris, 1930. Prix : 105 francs.
- Ouvrage très important qui expose d’une façon claire et complète les diverses questions relatives aux minerais : tout d’abord l’étude des minerais : un très intéressant chapitre traite des diverses méthodes d’examen microscopique; les auteurs passent ensuite en revue les essais pyrognostiques, chimiques et spectrographiques. On trouve ensuite une remarquable étude de la situation actuelle du marché de la métallurgie des métaux non ferreux. Le reste de l’ouvrage est consacré à l’étude détaillée de la technique de préparation et de concentration des minerais.
- Das Wasser, par Hans Heinze, 1 vol. in-8, 164 p., 58 fig., 2 pl. Collection der Weg zur Natur. Herder et Cie, Fribourg-en-Brisgau, 1930. Prix : 3,60 M.; cartonné 4,20 M.
- Consacrer un livre de vulgarisation à l’eau sous toutes ses formes est une excellente idée, puisque cet élément joue le rôle principal à la surface du globe. Celui-ci le fait d’une manière élémentaire et peut-être insuffisamment coordonnée en passant en revue le modelé du terrain par les eaux courantes, la végétation et la vie animale, les eaux de mer, de source, de fleuves, minérales, etc., l’utilisation des forces hydrauliques, etc.
- Das Lebens-Problem im Lichte der modernen Forschung, par O. 1vestner,L. Rhumbler, J. von Uexhull, !.. Weickmann et P. Mildner, G. Wolff, R. Woltereck. Édité par Hans Driescii, avec le concours de Heinz Woltereck, 1 vol. in-8, 472 p., 22 fig. Quelle et Meyer, Leipzig, 1931. Prix : relié toile, 20 R. M.
- Le problème de la vie présente de multiples faces et pour l’exposer dans toute sa complexité, ce n’est pas trop d’une équipe de collaborateurs. Dans cet exposé d’ensemble, très au courant, et aussi très allemand en ce sens que les savants étrangers y tiennent une place bien minime, MM. Weickmann et Mildner exposent les conditions cosmiques de la vie, M. Rhumbler ses fondements physiques et chimiques, M. Kestner, ses fonctions, M. von Uexhüll, sa place dans l'univers, dans le plan mécanique et énergétique jusqu’au plan subjectif et même « übersubjektive » ; M. Woltereck aborde la transmission de la vie et l’hérédité, M. Wolff le côté psychologique, M. Driesch discute les théories explicatives jusqu’à la métaphysique. L’ensemble donne un bon aperçu des points de vue actuels auxquels se placent les biologistes pour essayer de comprendre la grande énigme.
- Entwicklungsphysiologie der Ticre, par le Dr Paul Weiss, 1 vol. in-8, 138 p., Collection Wissenschaftliche For-schungsberichte. Theodor Steinkopf, Dresde et Leipzig, 1930. Prix: broché, 11 M.; relié, 12,20 M.
- Depuis la guerre, la physiologie du développement des animaux a donné lieu à un très grand nombre de recherches. Voici un bon exposé des méthodes nouvelles employées et de leurs principaux résultats. On y trouve le groupement et l’analyse des travaux récents sur les changements colloïdaux et chimiques pendant le développement, l’organisation de l’œuf, l’embryogenèse (potentiel de développement, développement de la forme, structure du germe, ébauches des organes, différenciation, croissance, développement fonctionnel, polarité et symétrie), les métamorphoses, la régénération, les théories de la forme et du développement. Comme les autres volumes de la même collection, c’est une précieuse mise au point d’une branche de la biologie particulièrement fouillée en ce moment.
- Les échanges respiratoires au niveau des poumons et des tissus. Physiologie, physiopathologie, par Lucien Dautrebande, 1 vol. in-8, 448 p. ,95 fig. Collection : Les problèmes biologiques. Presses universitaires de France, Paris, 1930. Prix : cartonné, 90 fr.
- La question des échanges respiratoires, à l’état normal comme en pathologie, a beaucoup évolué en ces dernières années et les appareils d’enregistrement et d’analyse de l’air expiré ont même trouvé place en clinique. Voici un exposé très complet et ordonné de la question, fait par un de ses meilleurs ouvriers. Après avoir rappelé les éléments de la physiologie de la respiration, l’auteur expose la grande question de la respiration vraie, tissulaire, au delà des poumons, et de sa régulation par le pH du milieu sanguin. Il analyse ensuite ses troubles : acidoses et alcaloses, qui se traduisent en clinique par toute une série de maladies connues. Il termine par l’examen des méthodes d’analyse de l’air expiré et du sang, et discute, in fine, la nature de l’excitant respiratoire : pli, acide carbonique ou autres acides. C’est un très bon livre, très clair, très ordonné, fait de main d’ouvrier.
- Ars Americana. /. L’archéologie du bassin de T Amazone, par Erland Nordenskiold, 1 vol. in-4, 73 p., 13 fig., 57 pl. hors texte en noir et en couleurs. Éditions G. Van (Est, 3 et 5, rue du Petit Pont, Paris, 1930. Prix : 350 fr.
- Professeur à l’université et conservateur du musée de Goteborg, l’auteur est un américaniste célèbre par ses explorations et ses études en Amérique du Sud. Dans cette splendide publication, ornée de nombreuses planches, il attire l’attention sur l’archéologie du bassin de l’Amazone, en présentant nombre d’objets recueillis lors des fouilles de M. Nimuendajer ou photographiés dans diverses collections, notamment au Brésil par M. Rivet. Il les fait précéder d’une étude sur le bassin de l’Amazone, l’histoire de sa découverte, d’une description des céramiques et objets de pierre recueillis, et d’une discussion des affinités de ces produits avec ceux des 'civilisations voisines.
- Annuaire statistique de la France, 45<> volume, année 1929, 1 vol., 436 p. Imprimerie Nationale, Paris, 1930.
- Ce précieux ouvrage statistique réunit sur la France, ses colonies, et protectorats une foule de renseignements d’ordre démographique, économique, politique, financier, groupés en tableaux et relatifs aux années 1927, 1928 et parfois 1929. Il comprend en outre une importante partie rétrospective relative à la France et aux pays étrangers. On ne peut résumer le contenu de ce volume indispensable à quiconque s’intéresse aux affaires publiques, ou aux questions économiques.
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- CHRONIQUE D’AVIATION
- Voyage Paris=Saïgon=Paris.
- Les aviateurs français Goulette et Lallouette ont effectué en novembre et en décembre dernier, sur le parcours Paris-Saïgon-Paris une fort belle démonstration des possibilités actuelles de l’avion de transport de puissance moyenne.
- Partis le 8 novembre du Bourget, ils atterrissaient le 13 à Saïgon, après avoir fait escale à Brindisi, Alep, Bassorah, Karachi, Calcutta, Moulmen, Bangkok.
- Ayant pris à bord M. Pasquier, gouverneur général de l’Indochine, les aviateurs repartent de Saïgon le 1er décembre; ils font escale successivement à Bangkok, Rangoon, Calcutta, Allahabad, Karachi, Djast, Bassorah, Alep, Athènes, Hyères, Marseille et atteignent le Bourget le 8 décembre.
- L’apjjareil utilisé était un Farman 190 équipé d’un moteur Lorraine en étoile de 230 ch.
- L’horaire fixé au départ a été respecté scrupuleusement durant les premières étapes; il a été devancé légèrement à la fin du voyage.
- Parachute américain à agrafage rapide.
- Les parachutes utilisés actuellement, s’ils présentent une sécurité de descente à peu près parfaite, n’en ont pas moins des inconvénients graves. Embarrassants et lourds, ils ne peuvent être gardés par les utilisateurs en position d’alerte et doivent être bouclés au moment de l’accident. Or attacher la ceinture et les bretelles d’un parachute est une opéi’ation relativement délicate, qui peut devenir impossible lors de la chute de l’avion.
- Un constructeur américain vient de proposer, dans le but de simplifier la manœuvre, un parachute dont le sac vient s’agrafer sur un harnachement porté continuellement par l’usager.
- Pour utiliser l’appareil, il suffit d’engager la ferrure portée par le sac dans celle correspondante du harnachement. Le verrouillage s’obtient en faisant tourner le sac d’un quart de tour.
- Le parachute lui-même de forme triangulaire présente, au dire du constructeur, des caractéristiques intéressantes : rapidité et sécurité d’ouverture, choc minimum, et oscillations x’éduites.
- Hélicoptère américain Curtiss-Bleecker.
- La réalisation d’un hélicoptère pose de nombreux problèmes : problème de stabilité, problème mécanique de transmission de la puissance, problème de résistance des éléments constructifs. Ces problèmes sont demeurés jusqu’à présent sans solution définitive; aussi, la plupart des constructeurs ont-ils abandonné leurs recherches.
- Aux Etats-Unis, la « Curtiss Aéroplane Motor » vient de terminer, cependant, la construction d’un appareil d’expérience intéressant à la fois par sa conception et par la puissance des moyens dont disposent ses constructeurs.
- L’hélicoptère Curtiss-Bleecker est composé d’une voilure à quatre pales fixée au-dessus d’une nacelle, très légère, en forme de fuselage. Chaque pale de la voilure de forme trapézoïdale est constituée de six longerons de spruce portant des nervures de contreplaqué.
- Le recouvrement est en contreplaqué dans la région du bord d’attaque, en toile vers le bord de fuite. Une pyramide de mâts obliques sert de haubanage à la voilure.
- Les pales sont articulées autour d’un axe parallèle à leur envergure et placé au voisinage du centre de poussée. Le contrôle de l’incidence est assuré par un volet mobile situé en arrière de chaque pale et formant son gouvernail de profondeur.
- L’incidence de chacune des pales est ainsi rendue indépendante, ce qui permet, par inclinaison de la voilure, le déplacement horizontal de l’appareil, les virages, les mouvements de montée et de descente, ainsi que l’atterrissage par « ressource ».
- L’appareil est équipé d’un moteur Pratt et Whitney, moteur en étoile, à refroidissement par l’air, d’une puissance de 420 ch à 2100 tours-minute. Ce moteur, placé horizontalement au-dessous de la voilure, est refroidi au moyen d’un ventilateur à deux pales.
- L’arbre du moteur entraîne, par engrenages d’angles et
- Fig. 1. — Hélicoptère américain Curtiss-Bleecker.
- arbres horizontaux, quatre hélices placées en avant du bord d’attaque de chacune des pales.
- Le fuselage fixé au-dessous de la voilure est construit en tubes de duralumin et entoilé. Un gouvernail, placé à l’arrière et formant déflecteur, empêche ce fuselage de tourner en même temps que la voilure.
- Le poste de pilotage est disposé comme celui d’un avion, les commandes étant assurées au moyen d’un manche à balai et d’un palonnier. Un levier permet de faire varier simultanément l’incidence des pales.
- Les caractéristiques principales de l'appareil sont les suivantes :
- Envergure........................................14 m 50
- Surface portante.................................30 m2
- Poids vide......................................... 1240 kg
- Charge utile........................................ 300 kg
- F. Gruson.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de Novembre 1930.
- CHIMIE PHYSIQUE
- Sur l’exposant d’hydrogène de l’eau (MM. A. Kling et Lassieur). — Dans leurs premiers essais, les auteurs ont opéré soit par voie colorimétrique, soit par voie électrique, en utilisant le procédé potentiométrique, l’eau étant rendue conductrice par une addition de chlorure alcalin. Tous les résultats s’accordaient pour fixer à l’exposant d’hydrogène la valeur 5,8.
- Il semblait que cette légère acidité pouvait s’attribuer aux faibles quantités d’anhydride carbonique, solubilisé et équilibré avec le même gaz répandu dans l’air atmosphérique, comme le veut la loi de Henry. MM. Kling et Lassieur ont repris leurs expériences en opposant alors deux cellules à hydrogène, l’une renfermant l’eau étudiée, l’autre un liquide de pH connu (quand un électromètre capillaire indique que la f. é. m. de la pile ainsi constituée est nulle, on conclut à l’égalité du pH de chacun des deux éléments). Pour opérer sur un liquide dépouillé de toute trace d’anhydride CO3, ils distillaient, dans un alambic de platine, de l’eau chargée d’un peu de soude, et recueillaient directement le distillât dans la cellule, l’appareil étant constamment parcouru par un courant de gaz hydrogène pur. Les mesures ont confirmé encore le chiffre 5,8.
- Les auteurs ont établi aussi que l’exposant est indépendant de la température dans des limites assez étendues : un petit ballon étant rempli d’eau, additionnée d’un peu de bromothy-mol bleu, est maintenu aux environs de 95°, sans qu’on aperçoive le moindre changement de coloration, et le même fait se reproduit quand on refroidit jusqu’à la congélation, en dépassant même la période de surfusion.
- GÉOLOGIE
- Sur Vâge des formations calcaires de VIndochine centrale (M. J. H. Hoffet). — Il s’agit de la partie du pays
- 1
- comprise dans la feuille de Hué-Tourane au —- , qui
- 1 5UU Dût)
- renferme des massifs calcaires répartis en trois zones distinctes. Bordée vers le S.-O. par une dorsale parallèle, qui joint sensiblement Tchépone à Tourane, une première bande coupe la carte, dans sa partie supérieure, dans le sens N.-O.-S.-E. La seconde formation qui se prolonge vers l’ouest, dans des plis anciens, sous la forme d’une lentille, se présente dans les Montagnes de marbre. Enfin, quelques pointements constituent la troisième zone, au nord de Saravanne.
- Jusqu’ici, on admettait les conclusions de Bourret considérant ces calcaires comme ouraliens, les granités de la dorsale cristalline se rattachant à l’âge permien. Pour M. Hoffet, l’étude de certains fossiles infirme nettement ces conclusions. Il estime que le synclinal du Ban-Kung est viséen et mosco-vien et la région de Saravanne de l’Ouralien supérieur ou du Permien supérieur, la seule certitude que présentent les marbres de Tourane étant leur âge plus reculé que la précédente formation.
- Du point de vue structural, les conclusions de M. Hoffet sont aussi à retenir.
- La limite inférieure du Quaternaire dans les Pyré= nées orientales (M. Oct. Mengel). —Les arguments produits par Haug, Gignoux et Depéret s’opposent les uns aux autres : si le premier de ces géologues regarde l’apparition brusque de types d’origine asiatique dans le Villafranchien comme suffisante pour admettre une coupure placée en étage dans le quaternaire, M. Gignoux conclut à la continuation du
- cycle de remblaiement pliocène jusqu’à la partie supérieure de cette assise, dite étage Calabrien, équivalente ainsi du Pliocène supérieur continental; Depéret, enfin, range dans le Pliocène les rivages supérieurs à 100 m, et c’est au niveau de 60 m qu’il fait débuter le quaternaire dans les Pyrénées orientales.
- Or, M. Mengel a signalé, dès 1914, deux coi'dons littoraux, l’un, d’altitude variant entre 150 et 225 m, du Sud au Nord, appartenant au Pliocène supérieur, l’autre d’altitude uniforme, 280 m, et qui, n’existant qu’au débouché des vallées principales, s’accuse en quelques points, comme dans la vallée de l’Ayly par des falaises portant encore l’empreinte de l’usure par les flots, alors qu’ailleurs — du Boulou à Céret ou au cap de Creus — il présente des méplats alluvionnaires, propres aux diverses cultures. Un tel horizon se retrouve sur le revers méridional de la chaîne pyrénéenne comme sur le revers N. et N.-E. du Montseny... et le cailloutis, reposant sur un substratum étranger à tout dépôt pliocène ou sur les dépôts discordants de l’Astien, est toujours horizontal ou faiblement ondulé.
- Le niveau 280 m paraît ainsi indépendant du Pliocène et M. Mengel le rapporte au début du quartenaire pour voir d’ailleurs en lui le représentant du Calabrien.
- MÉDECINE EXPÉRIMENTALE
- La transmission de la fièvre exanthématique (M. E.
- Brumpt). Dans plusieurs pays du bassin méditerranéen, comme en Portugal, on signale, pendant la saison chaude, une maladie dénommée fièvre boutonneuse par Conor et Bruch, et qui, depuis les travaux de ces auteurs en Tunisie (1910), a été étudiée par Carducci, en Italie, et par Olmer, dans le pays marseillais. Les malades vivant fréquemment au contact de chiens couverts de tiques présentent quelquefois une escarre — tache noire de Pieri — au point même, où ils ont arraché une tique; l’opinion émise par Olmer, Raybaud, Goldlewski... a été reconnue exacte par Durand et Conseil, qui ont, tout récemment, pu donner la maladie à l’homme, par inoculation sous-cutanée du broyage de quinze tiques méridionales (Rhipicephalus sanguineus), récoltées sur un chien, dont le sang s’était montré non infectieux. Le rôle étiologique de la tique ne saurait être discuté et M. Brumpt s’est préoccupé de savoir si la fièvre exanthématique, bénigne et non contagieuse, qu’elle transmet pourrait, comme le paludisme et les fièvres récurrentes provoquées, intervenir en pyrétothérapie. Il lui importait, enfin, de savoir si le mal est dû à l’inoculation fortuite d’un germe symbiote des tiques, ou si celles-ci tiennent leur infection de quelque mammifère ou oiseau.
- Les deux expériences réalisées depuis octobre dernier ont établi d’abord que le virus de la fièvre exanthématique ne provient pas d’un parasite constant des tiques, et que le virus peut passer de la nymphe à l’adulte, en conservant ses pro-priétés dans le milieu extérieur, même à une température assez basse. Reste à chercher le réservoir du virus, l’animal le plus suspect, du point de vue épidémiologique, paraissant être le chien, ce qui n’exclut en rien, d’ailleurs, divers animaux domestiques — chat, lapin, oiseaux de basse-cour — ou sauvages — rongeurs et insectivores. Une première forme de la lutte contre les tiques, transmettant la fièvre exanthématique, peut s’effectuer soit par un procédé chimique (bain dans des liqueurs arsenicales et ixodicides), soit par un procédé biologique (emploi d’un hyménoptère parasite, Ixodiphagus cau-curtei). Paul Baud.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- CHIMIE
- La question de Vhèlium.
- L’accident du dirigeable anglais /MOI qui a coûté la vie à tant de victimes aurait sans doute été moins meurtrier si l’aéronef avait été gonflé, non pas à l’hydrogène, mais à l’hélium, gaz ininflammable. Le choc du bâtiment contre le sol n’aurait pas entraîné l’incendie total et un grand nombre de personnes auraient été vraisemblablement sauvées.
- Malheureusement, l’hélium est un gaz rare; jusqu’ici il n’est produit en quantité industrielle qu’aux Etats-Unis et ceux-ci, pour des raisons de défense nationale, en interdisent, ou plutôt en interdisaient l’exportation. A cet égard, la situation est en effet modifiée. Comme le signale M. H. B. Milner dans un excellent article que publie la revue anglaise Nature, le « Department of Commerce », des Etats-Unis, après s’être assuré que la Marine et l’Armée américaines disposaient maintenant d’approvisionnements suffisants pour le gonflement de leurs dirigeables militaires, a publié, le 11 octobre dernier, un mémorandum indiquant les conditions sous lesquelles l’exportation de l’hélium serait désormais autorisée : ces conditions, très normales, impliquent seulement pour l’exportateur l’obligation d’indiquer la quantité à exporter, l’emploi réservé à l’hélium et le pays destinataire.
- Cette décision, dont le caractère humanitaire n’a pas besoin d’être souligné, a été rendue possible par l’augmentation considérable des ressources en hélium aux Etats-Unis.
- Jusqu’en 1928, en effet, toute la production d’hélium des Etats-Unis provenait de l’usine de Fort Worth (Texas), où ce gaz est extrait du gaz naturel issu des puits de pétrole.
- En 1928, une convention intervenait entre le Gouvernement américain et l’Amarillo Oil C° d’Amarillo (Texas) pour exploiter les gaz naturels qui se dégagent dans cette région. Une usine fut construite à Soncy à 10 km d’Amarillo, la Compagnie creusa un nouveau puits donnant plus de 27 000 m” de gaz par jour, avec une teneur en hélium de 1,75 pour 100 environ en volume. En mai 1929, l’usine commençait à produire. En septembre elle avait déjà préparé 23 000 m’ d’hélium, à 97,7 pour 100 de pureté. En janvier 1930, la production totalisait plus de 27 000 mr’; le taux de pureté montait à 97,85 pour 100, et le prix tombait à 35 cents le m3.
- Le gaz produit précédemment par l’usine de Fort Worth n’avait que 95 pour 100 de pureté. On saisira l’importance du progrès réalisé à Amarillo, par ce fait que l’emploi du gaz à 98 pour 100 de pureté dans un dirigeable de la Marine américaine de 175 000 m3 augmente de 5 tonnes au moins le pouvoir ascensionnel du ballon.
- Pendant l’exercice fiscal d’un an clos le 30 juin 1930, il a été produit près de 270 000 m3 d’hélium, bien que l’usine de Soncy n’ait pas, pendant ces 12 mois, fonctionné constamment à sa pleine capacité.
- Une communication du « Department of Commerce » du 20 août 1930 signale que le gonflement des dirigeables militaires américains est maintenant moins coûteux à l’hélium qu’à l’hydrogène.
- M. H. B. Milner indique que les plans du nouveau dirigeable LZ-128 mis en chantier par la Cie Zeppelin ont été modifiés, en prévision du gonflement exclusif à l’hélium. En outre, le combustible employé pour les moteurs de ce bâtiment sera l’huile lourde au lieu du « Blau gaz » précédemment utilisé. Ce nouvel aéronef présentera donc les meilleures garanties contre les risques d’incendie.
- Rappelons à ce propos que le i?-101 employait également des huiles lourdes et qu’après la catastrophe on a retrouvé
- intacts un certain nombre de réservoirs pleins de ce combustible.
- MINÉRALOGIE
- Les gisements de cuivre de France.
- On sait que la France est malheureusement très pauvre en mines de cuivre. Cependant cinquante-quatre concessions existantes sont données pour le cuivre, dont cinq : Sain-Bel (Rhône), Fosse-et-Saint-Martin (P.-O.), les Fosses (Savoie), et Frangone (Corse), sont plutôt des mines de pyrite de fer avec un peu de pyrite de cuivre. Deux autres donnent des minerais mixtes, comme La Manère (P.-O.) et Montbelleux (I.-et-V.), celle-ci exploitée surtout pour le wolfram.
- Il resterait une cinquantaine de concessions données uniquement pour le cuivre. Combien y en a-t-il en activité à l’heure actuelle sur ce nombre élevé?
- Nous avons peu de renseignements sur les concessions suivantes :
- Adèle (Haut-Rhin), Le Bousquet-d’Orb (Hérault, cuivre, car il y a une concession du même nom pour houille), Lastours (Aude), Prunelli (Corse), Puy-Merle (Aude, qui cependant paraît fort intéressante), Ranet (Ariège), malheureusement impossible à boiser, Saléon (Htes-Alpes), San-Quilico (Corse) et Saint-Jean-du-Gard (Gard).
- Quelques-unes cependant mériteraient d’être étudiées et pourraient être rejarises.
- Une dizaine de concessions paraissent inexploitables, soit à cause de leur altitude trop élevée ne permettant l’exploitation que pendant de trop courts mois de l’année, soit pour d’autres raisons. Ce sont : l’Alp (Hautes-Alpes) dont le minerai cependant est bien intéressant et riche, Chardonnet (Htes-Alpes), Clay (Alpes-Maritimes, eau souterraine trop abondante), Closis (Hautes-Alpes), Crozet (Loire, aujourd’hui noyée), La Fare (Isère), Lautaret (Hautes-Alpes), Montagne de l’Homme (Hautes-Alpes) et Pelvoz (Savoie).
- Une quinzaine d’autres concessions minières sont également inactives et ici nous croyons bien que dans ce nombre les deux tiers au moins sont complètement épuisées, et le dernier tiers n’a certainement qu’une teneur en minerai des plus problématiques, ce sont :
- Auriac (Aude), Azerat-et-Agnat (Hte-Loire), Bonneterre (Aveyron), Chapeau (H.-A.), Cerisier (A.-M.), Cardo (Corse), Charontes (A.-M.), Elisa (Ht-Rhin), Ponte-Leccia (Corse), Sainte-Marie-de-Fouilly (Hte-Savoie, l’exploitation en avait commencé en 1786), Sirieis (Hérault), Vieussan (Hérault), Villaron (A.-M.), Villecelle (Hérault) et Vinas (Héraultj.
- Il nous reste à dire un mot d’une quinzaine de concessions données pour cuivre et métaux connexes :
- Alzen (Ariège) est un gîte intéressant, composé de cuivre gris, qui est toujours en exploitation, et dont M. de Launay écrit « qu’on en a tiré quelqes milliers de tonnes de minerais triés tenant 7 à 9 pour 100 de cuivre, et 3 ou 4 kilos d’argent ».
- Aspeich (B.-P.). — Il y a là de nombreuses veinules de minerai de cuivre pyriteux compact et très pur : exploitation qui mériterait d’être reprise après une étude sérieuse.
- Bai%orry (B.-P.). — On ne s’explique pas clairement les raisons de l’abandon de cette mine bien connue et bien étudiée depuis longtemps. On en a retiré des quantités de cuivre importantes, entendez bien qu’on en a retiré des milliers de tonnes de cuivre, le minerai lui-même contenant 7 à 8 kilos d’argent par tonne. Malheureusement, par suite de la profondeur des travaux situés au-dessous du niveau de la Nive, cette rivière elle-même passe, peut-on dire, entièrement dans la mine. Il y aurait donc des travaux considérables à faire pour la remettre
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- en activité; mais ces travaux ne sont pas au-dessus de ce que peuvent faire aujourd’hui nos ingénieurs, et quel, que soit l’ordre de grandeur des sommes ainsi immobilisées, il paraît certain que la mine pourrait payer largement ces travaux.
- Camares (Aveyron), pourrait être une affaire intéressante, mais est toujours inactive. Il y a là cependant des minerais assez riches, si nous en croyons les analyses faites à Saint-Etienne.
- Canaveilles (P.-O.), est une petite affaire, malheureusement mal située dans la tranchée profonde où coule la Têt, mais qui donne toujours assez de cuivre pour faire vivre cette petite concession.
- Cap-Garonne (Var). — Voilà une concession dont on ne s’explique pas le sommeil. Il y a là plus de 50 000 tonnes d’un minerai donnant au moins 2 pour 100 de cuivre tout venant à l’état de carbonate de cuivre entièrement soluble dans des solutions d’acide sulfurique, sans aucune perte d’acide possible, puisque le cuivre se trouve uniquement contenu dans la silice pure.
- Charrier (Allier). —- Affaire intéressante toujours, qui est aujourd’hui en exploitation et où le cuivre fait un peu l’effet du parent pauvre à côté de l’étain. Néanmoins la contribution en cuivre de cette mine n’est pas négligeable.
- Chessy (Rhône). — Saluons au passage cette aïeule des mines du monde qui, comme antiquité, vient tout de suite après les mines du Laurium et de Tharsis. En effet Chessy a été travaillée à toutes les époques, on peut le dire, sans arrêt. Les Romains en extrayaient le cuivre par lixiviation et l’on sait quels bénéfices considérables en retira Jacques Cœur. Elle est toujours exploitée par la Compagnie de Saint-Gobain, mais c’est la pyrite de fer qui fait aujourd’hui la richesse principale de cette concession.
- F aveyrolles (Aveyron). — Cette concession a été achetée par la Société des Mines du Viala, dont nous allons parler.
- La Finosa (Corse). — Gîte de minerai de cuivre argentifère dont la masse ne paraît pas avoir encore été bien reconnue. L’affaire est en exploitation et produit quelques centaines de tonnes de cuivre.
- Gelon (Savoie). — Il y a un peu de cuivre, mais dans une masse de pyrite de fer. Les travaux ont repris récemment.
- Izazein (Ariège). — Concession inactive où cependant les minerais contiennent jusqu’à 10 pour 100 de cuivre et plusieurs kilos d’argent à la tonne de cuivre.
- Padern et Montgaillard (Aude). — Affaire en excellente marche et qui produit un tonnage intéressant de plomb et de cuivre. Ce dernier métal s’y trouve en amas barytiques contenant de 1,60 à 3 ou 4 pour 100 de cuivre avec 500 gr d’argent à la tonne.
- Sain-Bel (Rhône). — Encore une très vieille affaire, mais où le cuivre disparaît de plus en plus pour faire place à la pyrite de fer. Disons en passant qu’on extrait la pyrite de fer de Sain-Bel depuis 1860 et que le tonnage extrait depuis cette époque est évalué à douze millions de tonnes.
- Salsigne (Aude) est une mine de mispickel aurifère où le cuivre n’est qu’un métal subordonné. Il en est produit tout de même plus de cent tonnes par an.
- La Viala (Aveyron) est une fort intéressante mine où le premier filon reconnu sur une dizaine qui existent dans les deux concessions réunies du Viala et de Faveyrolles, — où le filon des Raminiers est évalué à plus de 200 000 tonnes d’un minerai carbonaté dans les grès siliceux. Des essais y ont été faits pour prouver une chose que tout le monde savait parfaitement bien, à savoir que le carbonate de cuivre est soluble dans l’acide sulfurique et que le fer précipite ensuite le cuivre de ses solutions ! Aussi, après avoir ainsi prouvé le mouvement en marchant, la Société procède-t-elle à une installation qui lui permettra de traiter cent tonnes de minerai par jour, produisant ainsi 700 tonnes de cuivre métal par an.
- Nous avons puisé ces renseignements dans Y Annuaire du Sous-Sol de la France (*).
- AGRONOMIE
- Réactions des chaux sulfatées.
- Le mélange de sulfate de cuivre et de chaux s’emploie, soit à sec, soit à l’état humide (bouillie bordelaise).
- Les poudres préparées d’avance conservent mal leur activité ; elles se carbonatent. Ainsi dès sa préparation le mélange renferme déjà 0,3 pour 100 d’acide carbonique (CO2)
- L’analyse de poudres commerciales a donné en Ohio une moyenne de 3,1 pour 100 d’acide carbonique, ce qui montre que la chaux était en grande partie carbonatée.
- L’adhérence fut de 10 à 15 pour 100 moindre que celle de la poudre préparée immédiatement.
- Même la bouillie préparée tout de suite avec la chaux vive se carbonate très vite, surtout par temps sec. C’est pourquoi on a intérêt à poudrer sur la rosée.
- Par temps sec, M. Tilfort a trouvé que dès son arrivée sur la feuille de pomme de terre, la chaux n’existe déjà plus active que dans la proportion de 75 pour 100; au bout de quatre heures, dans la proportion de 56 pour 100. Le lendemain, tout est carbonaté.
- La bouillie bordelaise n’influence pas seulement le mildiou par contact. Elle a des effets physiques indirects en modifiant la couleur de la feuille, la rugosité de sa surface et la nature de celle-ci.
- Au moyen de thermomètres électriques très sensibles introduits sous forme d’aiguilles au sein des tissus de la pomme de terre, le même expérimentateur de l’Ohio a trouvé que la présence des taches de bouillie bordelaise abaissait de 1°4 (degré centigrade) la température de la feuille de pomme de terre par temps chaud et serein. Il n’y a pas de différence par temps couvert.
- Or, de même que la pomme de terre n’aime pas les sols alcalins, elle n’aime pas la chaleur excessive. Cette atténuation de la température est peut-être un facteur favorable dans l’action de la bouillie, d’autant que le mildiou, lui, aime la chaleur.
- Mais il aime aussi l’humidité et l’action de la température est nulle par temps couvert de sorte que ce facteur jouerait peu vis-à-vis du cryptogame lui-même.
- L’action anticryptogamique des poudres et bouillies est donc loin d’être proportionnelle seulement à leur teneur en cuivre.
- Pierre Larue.
- DIVERS
- Le Cinquantenaire du « Génie Civil ».
- Notre confrère le « Génie Civil » vient de fêter le cinquantième anniversaire de sa fondation. Cette belle publication technique hebdomadaire a été fondée en 1880 par l’illustre chimiste J.-B. Dumas et par Emile Muller, professeur à l’Ecole Centrale. Son premier rédacteur en chef fut Max de Nansouty. Au banquet destiné à fêter ce cinquantenaire, M. L. Guillet, membre de l’Institut et directeur de l’Ecole Centrale, a loué, à juste titre, la belle tenue que le « Génie Civil » a su garder en toute circonstance, aussi bien au point de vue de la présentation que de la qualité des articles publiés, ainsi que l’esprit éclectique qui préside au choix de ces articles, embrassant tout le domaine de l’art de l’ingénieur. Ajoutons que notre confrère a tenu à marquer la date de son cinquantenaire par une remarquable jiublication, consacrée à résumer l’évolution et le développement des principales industries depuis 50 ans. Nous en publierons sous peu le compte rendu.
- 1. En vente à l’Office Général Minier, 85, rue Taitbout, Paris.
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- PETITES INVENTIONS
- CHIMIE
- Mesure des débits gazeux par voie chimique.
- Lorsque industriellement la connaissance du débit d’une conduite présente un certain intérêt et qu’on ne possède aucun appareil courant de mesure, compteur, Venturi, etc., on se trouve démuni pour effectuer la mesure avec rapidité et précision.
- La méthode la plus employée, le tube de Pitot-Ritter, exige un grand nombre de déterminations et un choix d’emplacement qu’on n’a pas toujours, nous avons été amené à rechercher une solution simple et rapide (tout en étant exacte) à ce problème.
- Nous avons tenu à nous adresser à une méthode connue des électi'ochimistes pour la mesure du débit des torrents.
- Voici en quoi consiste cette méthode très exacte du reste et la seule applicable dans le cas d’un torrent.
- On ajoute à l’eau du torrent (dont on a préalablement déterminé les chlorures) une quantité connue de chlorures par unité de temps.
- Quelques mètres plus bas on fait un prélèvement, on retire les chlorures. De la dilution subie par la solution ajoutée on déduit le débit.
- Il apparaît théoriquement qu’on peut opérer de même avec
- fiConduite
- Fig. 1. .— Appareillage pour la mesure des débits gazeux par voie chimique.
- un gaz, mais une difficulté se présente : le gaz est en pression ou en dépression et l’introduction régulière d’un élément gazeux est difficile, d’autant plus que la pression dans une conduite n’est pas rigoureusement constante, pour réaliser facilement l’introduction du gaz dans la conduite sans être gêné par les variations de pressions.
- Voici le dispositif que nous avons été conduit à adopter et dont le fonctionnement nous a toujours donné satisfaction.
- L’appareillage fort simple se compose d’un gazogène à acide carbonique (ou tout autre gaz), d’un compteur d’essai et d’un manomètre.
- Un tel appareillage permet de débiter du gaz dans la conduite dont on veut mesurer le débit, à une pression très faible (') ce qui évite toute correction de pression si on a un grand volume à mesurer.
- On règle le débit de gaz par la pince R, on détermine, à l’aide du compteur et du chronomètre, la quantité passée par unité de temps, soit t litres par minute.
- Quelques mètres plus loin on fait un irrélèvement de gaz et on dose le gaz carbonique, soit p pour 100 le taux trouvé.
- Si primitivement le gaz tenait n pour 100 de gaz carbonique, le débit de la conduite est donné par T :
- ^ /ioo x u
- \p —
- 1. La pression nécessaire au fonctionnement du compteur est de I™ à lcm,5 d’eau en pratique.
- — t.
- (Les volumes étant ramenés à la même pression lors du dosage de CO2).
- Nous avons fait plusieurs essais au laboratoire, en voici un. Durée de l’essai (les appareils étant branchés sur la conduite) : quatre minutes.
- CO2 avant -— 4 p. 100 CO2 pendant — 23,4 p. 100 Quantité de CO2 injectée : TSO1'1"3 par minute.
- Débit de la conduite :
- T =
- 100 X 756 19^4
- — 756 = 3 1. 14.
- Le débit mesuré avec un compteur d’essai nous a donné la valeur : T = 3 1. 17 par minute.
- Si on tient compte que dans l’ignorance du débit on a injecté une forte quantité de CO2, que le dosage effectué par absorption avec la soude caustique n’est pas rigoureux, et que le débit à mesurer était relativement faible, on peut conclure que, en employant une méthode de dosage pondéral et en injectant un autre gaz 1RS ou C2H’, on pourra serrer de plus près la réalité du débit par cette méthode; cependant, telles quelles, les erreurs commises ne sont pas plus élevées que celles fournies par toute autre méthode et à notre avis celle-ci est infiniment plus rapide et plus économique.
- M. Velut.
- CHAUFFAGE
- Radiateur à eau chaude chauffé électriquement.
- Le chauffage électrique possède de grands avantages : propreté, élégance, mise en marche et arrêt instantanés, suppression des combustibles encombrants ou dangereux, absence de tout dégagement nuisible, simplicité d’installation.
- Ces avantages suffisent, dans de très nombreux cas, à balancer le seul inconvénient du chauffage électrique, à savoir le prix élevé du courant consommé.
- Ce dernier inconvénient est lui-même atténué quand le dispositif de chauffage est rationnellement réalisé : on dit souvent que le rendement de tous les chauffages électriques est de 100 pour 100, et rxAxe affirmation est parfaitement exacte, puisque le courant absorbé est intégralement transformé en chaleur dans les résistances qu’on lui fait traverser. Mais cette chaleur peut être plus ou moins heureusement distribuée dans la pièce à chauffer.
- La plupart des appareils de chauffage électrique actuellement répandus comportent une résistance à l’air libre ou dans une ampoule de verre; au fiassage du courant elle est portée à température élevée; elle devient incandescente et rayonne sa chaleur à travers l’air ambiant.
- Ce mode de distribution de la chaleur produite est peu heureux : en effet, le problème du chauffage d’une pièce se réduit en définitive à en chauffer l’air; or l’air absorbe médiocrement les radiations rouges ou infra-rouges émises par le filament; la chaleur ainsi rayonnée est surtout absorbée par les objets solides qui se trouvent sur le passage des rayons, elle est retransmise à l’air par convection. Il est bien difficile de réaliser ainsi rationnellement le chauffage d’une pièce : ce sont en général les meubles et surtout les murs qui absorberont le plus de chaleur : ces derniers en laisseront perdre uxre grande partie vers l’extérieur; quant aux personnes, les parties de leur corps directement exposées au rayonnement pourront ressentir une impression de chaleur excessive!, tandis que le reste sera plongé dans de l’air froid. Une très
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- faible proportion seulement de l’air de la pièce s’échauffera par convection au contact du filament chaud.
- Pour réaliser un chauffage électrique rationnel, il faut, au contraire, viser à supprimer la transmission de chaleur par radiation, et lui substituer une transmission faite intégralement par convection de l’air, au moyen d’un corps de chauffe conçu spécialement dans ce but.
- Or ce corps de chauffe existe depuis longtemps et a fait ses preuves à la satisfaction générale. C’est le radiateur à eau chaude de chauffage central. D’où l’idée, toute naturelle, d’adapter cet organe au chauffage électrique. C’est ce qui a été réalisé par M. Sautereau dans l’appareil dénommé Calhydrom.
- Il est constitué par un radiateur de construction usuelle; on peut, du reste, se servir des radiateurs déjà existants.
- L’élément électrique chauffant est inséré dans le radiateur à la partie inférieure, à travers les joints des différents éléments qui constituent celui-ci. Le radiateur est ensuite rempli d’eau, en y laissant toutefois un peu d’air pour permettre l’expansion de l’eau, lors du chauffage. Il suffit alors de brancher la fiche de prise de courant de la résistance sur le secteur pour mettre l’appareil en marche. L’eau s’échauffe au contact de la résistance chauffante, monte dans le radiateur par les colonnes du milieu et redescend par les colonnes extérieures.
- Bien entendu, le radiateur est autonome et ne comporte aucune tuyauterie extérieure, à la différence du radiateur relié à une chaudière de chauffage central à eau chaude : on peut donc le déplacer aisément d’une pièce à une autre.
- L’élément chauffant est constitué par une résistance enfermée dans une enveloppe de quartz qui l’isole électriquement de la colonne d’eau à chauffer : la chaleur dégagée par effet Joule dans la résistance est transmise par rayonnement à l’enveloppe qui s’échauffe et échauffe l’eau à son tour par conductibilité et convection. Les fds de résistance étant entièrement à l’abri de l’air et de l’eau ne peuvent s’oxyder et durent très longtemps.
- Ce système fonctionne également bien sur courant continu
- ou alternatif : dans le cas
- Fig. 4. — Ferme-porte AF.
- d’une distribution de courant triphasé, le montage du radiateur sur une seule phase du courant pourrait créer des difficultés ; il a été prévu pour ce cas un montage spécial en étoile, les résistances du corps chauffant permettant d’utiliser les trois phases du réseau. La consommation de courant est d’environ 1150 watts pour un radiateur de 15 éléments, pouvant
- chauffer une pièce de 50 à 60 m3 à une température de plus de 15°, pour une température extérieure de -J- 5°.
- Constructeur : Lefebure et C10, 5, rue Mazet. Paris.
- CAMPING
- Le réchaud « Campingo ».
- Tout le monde connaît aujourd’hui les réchauds à vapeur de pétrole ou d’essence surpressée, qui ont l’avantage de dégager beaucoup de chaleur et sont précieux quand on ne dispose pas du gaz.
- En ces temps de tourisme intensif, un réchaud de ce genre a sa place tout indiquée dans l’auto, le bateau, le nécessaire de campement.
- En voici, sous le nom de « Campingo » une nouvelle présentation qui a le mérite de la commodité de transport. C’est une valise en tôle, munie de poignées, qui s’ouvre en formant un réchaud. A l’avant, un réservoir peut être empli d’essence ou de pétrole; il est surmonté d’une pompe de compression : il distribue le mélange inflammable à un ou deux brûleurs dont on peut régler le débit par vis latérales. Les brûleurs sont surmontés d’une grille supportant les casseroles et les
- Fig. 3. — Le réchaud » Campingo ».
- plats. Ce réchaud transportable, très pratique, a obtenu le premier prix au concours du T. C. F.
- Constructeur : L’incandescence par l’essence et le pétrole, 15, rue de Marseille, Paris.
- OBJETS UTILES Ferme-porte « AF ».
- En cuivre fondu et poli, ce ferme-porte se distingue des appareils existants par sa forme gracieuse, son poids minime, sa pose facile et son adaptation à droite, à gauche ou en tirant.
- Utilisant un ressort spirale à lame d’acier plate, son réglage au 1/4 de tour par son axe central permet une fermeture sans choc, très douce. La durée des ressorts — une moyenne de 40 000 fermetures — n’a été obtenue par le constructeur qu’après de longs essais ; le ferme-porte est par lui-même inusable et le remplacement des ressorts est d’une extrême facilité.
- Il se fait en deux tailles : l’un pour portes intérieures; bureaux, salles à manger, offices, w.-c., etc.; son poids est de 250 grammes; l’autre pour portes plus lourdes, magasins, vestibules, portes vitrées, etc. ; son poids est de 350 grammes. Cet appareil présente une grande puissance sous un petit volume.
- Constructeur : A. Froly, à Autrey-lès-Gray (Haute-Saône).
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos de l’aile à fente (voir a0 2846, 1er déc. 1930). d’une aile à fente reproduites sur nos figures 6, 7, 8 ont été obtenues
- par M. Toussaint, au moyen de modèles d’ailes à fente exécutés M. L,achmann de la Société I-ïandley-Page de Londres, nous suivant les profils dont M. Lachmann est le créateur. Nous lui en
- signale que les photographies du mouvement des filets d’air autour donnons acte bien volontiers.
- QUESTIONS ET REPONSES
- Construction d’un phonographe.
- Il est assez facile de se procurer dans le commerce des pièces phonographiques détachées, telles que moteurs à ressort ou électriques, plateaux, porte-disques, bras acoustiques, diaphragmes et pavillons, permettant de réaliser facilement un phonographe à reproduction mécanique, qui peut, d’ailleurs, être aisément transformé en un phonographe à reproduction électrique.
- Voici quelques adresses de constructeurs de pièces détachées de phonographes :
- Établissements Diedrichs (marque Thorens), 13, rue Bleue, Paris.
- Moteurs phonographiques Era, maison Ragonot, II, rue de Milan, Paris (9°).
- Établissements Broadcast, 31, rue des Salles, à Courbevoie (Seine).
- Établissements Sidi-Léon, 86, rue de Grenelle, Paris.
- Réponse à M. Bombois, à Marseille (Bouches-du-Rhône).
- Dispositif d’enregistrement phonographique pour amateur.
- L’appareil que nous avons décrit dans la Revue, dans notre chronique phonographique, permet l’enregistrement des sons sur des disques de carton recouvert de cire; l’enregistrement est, d’ailleurs, du type à saphir, c’est-à-dire avec sillons à variations verticales et la reproduction est obtenue également avec un diaphragme à saphir à pointe mousse monté sur l’appareil.
- L’enregistrement des disques est très facilement réalisé en parlant devant le cornet acoustique, mais la profondeur de la gravure est assez faible; la reproduction est donc également assez faible, bien qu’elle soit suffisante pour une perception distincte, et que la qualité des sons enregistrés soit assez bonne.
- Cet appareil est surtout intéressant par sa simplicité, puisqu’il peut être adapté sur n’importe quel phonographe ordinaire. Cependant, les disques de cire étant constitués par une matière d’une résistance insuffisante ne peuvent permettre la reproduction électrique d’un pick-up. Pour obtenir ce résultat, il faut utiliser des disques en matière cellulosique ou en métal, et nous aurons, d’ailleurs, l’occasion de décrire dans la Revue des dispositifs d’enregistrement électrique fonctionnant avec des disques de ce genre.
- Vous pouvez examiner l’appareil en question en France aux établissements « Radio-Amateurs », 46, rue Saint-André-des-Arts, à Paris (6e). Réponse à M. A. H., à Paris.
- Projection cinématographique sonore pour amateur.
- Il existe déjà aux États-Unis de petits appareils de projection cinématographique pour amateurs comportant un petit projecteur accouplé avec un phonographe à reproduction électrique, et nous verrons sans doute bientôt en France des appareils de ce genre. Dès à présent, il est possible, comme nous l’avons déjà indiqué dans la Revue, de réaliser des projections sonores, en combinant des projections lumineuses obtenues avec un petit appareil d’amateur et des reproductions de disques du commerce bien choisis réalisés avec un phonographe à reproduction électrique. Il est plus difficile d’obtenir des projections sonores en utilisant exclusivement des enregistrements cinématographiques et des enregistrements acoustiques réalisés par l’amateur lui-même. Pourtant, on peut déjà tenter des essais intéressants en adoptant une petite « caméra » cinématographique d’amateur, dont il existe de nombreux modèles pratiques, et en essayant d’obtenir des enregistrements phonographiques correspondants par le système du double enregistrement à l’aide d’appareils d’enregistrement électrique sur disques cellulosiques ou métalliques indiqués dans la ré-
- ponse précédente. Nous donnerons d’ailleurs prochainement, dans lu Revue, des indications à ce sujet.
- Réponse à M. Cholet, à Chaville (Seine-et-Oise).
- Choix d’un poste secteur.
- Vous n’indiquez pas la nature de votre courant de distribution fourni par le secteur, mais nous pensons qu’il s’agit du courant alternatif. Étant donné que vous habitez la banlieue, il est sans doute moins nécessaire d’utiliser un poste extrêmement sélectif; mais, par contre, il est possible que le poste de transformation du secteur électrique très voisin de votre immeuble puisse causer quelques troubles. C’est là sans doute une question d’espèce, sur laquelle nous ne pouvons vous renseigner à priori.
- Comme vous désirez uniquement recevoir les émissions des postes parisiens, vous pouvez vous contenter d’utiliser un appareil à quatre lampes comportant une lampe haute fréquence à grille écran, une lampe détectrice et deux lampes basse fréquence, ou même un appareil à trois lampes, si vous vous contentez d’utiliser un seul étage basse fréquence. Dans le même esprit, vous pourriez également choisir un appareil à changement de fréquence, comportant une lampe bigrille changeuse de fréquence, une lampe moyenne fréquence à grille écran, une lampe détectrice et un étage basse fréquence.
- Ces deux appareils peuvent fonctionner soit sur antenne très courte, soit sur cadre et le deuxième est sans doute un peu plus sélectif que le premier. Ils sont tous les deux de réglage très facile.
- Voici quelques adresses de constructeurs qui pourraient vous fournir les postes désirés :
- Établissements Radio-L-L, 5, rue du Cirque, Paris.
- Établissements Lemouzy, 121, boulevard Saint-Michel, Paris.
- Établissements Gody, à Amboise (Indre-et-Loire).
- Établissements Bouchet et Aubignat, 36, rue Cauchy, Paris (5e).
- Établissements Hervor, 13, passage des Tourelles, Paris.
- Réponse à M. Gruzelle, à Courbevoie (Seine).
- Montage d’un radiorécepteur dans un meuble.
- Il est bien évident qu’on peut donner aux postes de réception des formes très originales sans modifier en rien leurs qualités radioélectriques. Les postes-meubles contiennent non seulement le poste de réception lui-même, mais tous les accessoires nécessaires à son fonctionnement, et même le haut-parleur. Depuis quelque temps on constitue également des radiophonographes contenant non seulement le récepteur radiophonique, mais encore un mouvement phonographique électrique avec pick-up connecté aux étages basse fréquence du radio-récepteur, et permettant la reproduction phonographique.
- Il n’est donc rien de plus facile que de dissimuler sous une apparence élégante un radio-récepteur dans un appartement, de telle façon qu’il ne nuise en rien à l’esthétique de l’ameublement. Vous pourrez, par exemple, le placer dans une bibliothèque, dans une horloge, dans un bahut, etc.
- Vous pourriez, d’ailleurs, si la question vous intéresse, trouver à ce sujet d’utiles indications dans «La T. S. F. des Usagers» (Masson, éditeur). Réponse à M. Roger, à Paris.
- Les avantages des aiguilles phonographiques en bois.
- Nous avons déjà donné souvent dans nos chroniques phonographiques des renseignements sur les différents types d’aiguilles que l’on pouvait employer pour la reproduction des disques. Les aiguilles en bois sont sans doute celles qui usent le moins les disques, et elles ont l’avantage de pouvoir être retaillées un grand nombre de fois.
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- Par contre, elles ne peuvent donner une reproduction d’intensité très grande, et surtout il semble difficile qu’elles puissent permettre une reproduction parfaite des notes aiguës, par suite de l’amortissement assez grand qu’elles produisent.
- Ces aiguilles en forme de prisme triangulaire, dont la pointe est taillée en biseau, sont en fibre de bambou; elles glissent sur la surface interne du sillon sans l’égratigner, comme le font les aiguilles en acier, et il en résulte aussi qu’elles permettent d’atténuer les bruits de grattement d’aiguille. On peut donc conseiller leur emploi aux discopliiles qui veulent entendre avec le maximum de douceur et d’harmonie un morceau d’orchestre aux tonalités assourdies ou un solo d’instruments à cordes. 11 est plus difficile de les recommander pour lu reproduction de paroles ou de chants. Vous pourriez, d’ailleurs, également consulter à ce sujet « Le phonographe et ses merveilleux progrès » (Masson, édit.). Réponse à M. Blantard, à Lyon.
- Pour détruire sans danger les mauvaises herbes.
- On trouve dans le commerce un certain nombre de préparations destinées à détruire les mauvaises herbes, qui pour la plupart renferment des substances dangereuses pour l’homme ou les animaux, en particulier des arsénites de soude, de chaux ou de plomb, ce qu doit nous rendre très circonspects dans leur emploi.
- Voici une mixture qui ne présente pas les inconvénients ci-dessus et que chacun peut préparer avec facilité :
- Prendre :
- Chaux vive............................... 10 kg.
- Eau ordinaire............................100 litres
- Fleur de soufre........................... 8 kg.
- On commence par éteindre la chaux en l’humectant d’un peu d’eau, elle s’échauffe considérablement, fuse et tombe en poussière.
- On tamise alors la poudre de chaux éteinte pour en séparer les incuits, puis on en forme un lait, en ajoutant progressivement le reste de l’eau de manière à obtenir un liquide bien homogène, que l’on porle à l’ébullition dans un récipient en fer.
- Peu à peu, on projette dans le lait la fleur de soufre, et on maintient l’ébullition jusqu’à ce que la dissolution soit complète.
- Le liquide une fois refroidi est étendu d’un volume d’eau égal au précédent, la solution ainsi obtenue peut alors servir pour arroser les endroits où on veut détruire toute végétation.
- Réponse à M. Duflos, à Vitry-en-Artois.
- Préparation d’un savon liquide pour lavabos.
- L’emploi du savon liquide contenu dans un flacon à bascule est non seulement plus économique, mais aussi plus hygiénique puisque le savon déversé sur les mains est neuf, propre et exempt des souillures habituellement déposées à la surface des savons en pains par les précédents usagers.
- Voici'comment on peut obtenir une bonne préparation de ce genre.
- Prendre :
- Savon noir................................100 grammes
- Carbonate de potasse...................... 50 —
- Borax pulvérisé . . ..................... 2 —
- Glycérine à 30°........................... 50 —
- Eau distillée........................... 2000 —
- Faire dissoudre d’une part le savon dans la moitié de l’eau distillée chaude et le carbonate de potasse dans l’autre moitié.
- D'autre part, mettre en solution le borax dans la glycérine; ajouter le parfum choisi, mélanger doucement, sans agiter pour ne pas faire mousser, filtrer au papier filtre. Teinter par une trace de bleu au molleton, ce qui avec le jaune du savon donnera du vert.
- Réponse à M. Avignon, à Vitry-sur-Seine.
- Préparons nous=mêmes une délicieuse farine phos= phatée.
- Les préparations de ce genre destinées à l’alimentation des vieillards, des débilités ou des convalescents, sont en général vendues fort cher et il peut être intéressant de les préparer soFmême, si leur consommation doit durer longtemps, parfois plusieurs mois.
- On peut prendre comme type de préparation, la formule suivante :
- Cacao torréfié et moulu.................... 40 grammes
- Sucre en poudre............................200
- Farine de manioc............................ 8
- Farine de blé.............................. 30
- Fécule de pommes de terre..................110
- Vanille pulvérisée.......................... 2 —
- Phosphate bicalcique....................... 10 —
- Mélanger intimement, mettre en boîte et assurer la fermeture hermétique du couvercle par collage d’une bande de papier avec de la colle de pâte additionnée de 5 pour 100 de chlorure de zinc au dixième.
- Si la préparation doit être conservée pendant un temps prolongé, il sera prudent de stériliser le contenu des. boîtes en passant celles-ci à l’étuve chauffée aux environs de 120°.
- A défaut d’une étuve, on peut passer quelques minutes dans un four de cuisinière, mais il faut surveiller avec soin la température, car si elle devenait trop élevée, le mélange prendrait un goût désagréable.
- Réponse à M. Bernède, à Bordeaux.
- Comment on blanchit les farines.
- Depuis quelque temps, on a préconisé, pour le blanchiment des farines de céréales, certains produits dont l’usage tend à se répandre dans l’industrie minotière; bien que les doses employées de ces substances soient minimes et de l’ordre de 15 à 20 grammes par sac, nous ne pensons pas qu’au point de vue hygiénique, eu égard à la grande consommation du pain en France, leur usage soit à recommander; cet emploi aurait d’autre part pour résultat de faire passer comme farines de première qualité des produits qui autrement seraient classés comme de seconde catégorie, d’où une fraude commerciale évidente du genre de celles que la loi du lor août 1905 s’efforce de réprimer.
- Le produit le plus employé pour le blanchiment de farines est le peroxyde d’azote désigné sous le nom d’Elec-tric gaz; viennent ensuite par ordre d’importance les persullates de potasse ou d'ammoniaque et le peroxyde de benzoyle.
- Pour déceler la présence de ces agents de blanchiment on utilise la propriété qu’ils possèdent de mettre facilement en liberté l’iode de l’iodure de potassium, en opérant de la façon suivante :
- On délaye environ 5 grammes de farine dans une capsule en porcelaine, avec quantité suffisante pour former une pâte d’une solution d’iodure de potassium à 10 pour 100 environ; la pâte aqueuse est étendue sur la capsule, puis le tout est chauffé au bain-marie bouillant pendant un quart d’heure.
- Après refroidissement la présence des peroxydes ou des persels est révélée par des taches brunes à la face inférieure du gâteau de farine.
- Si le peroxyde de benzoyle et un persulfate existent simultanément, on extrait ce dernier par l’eau froide et on exécute l’essai précédent sur le résidu séparé par filtration, ce qui permet de conclure à la présence ou à l’absence du peroxyde de benzoyle.
- Réponse à M. Duflos, à Vitry-en-Artois.
- Prolongeons l’usage de nos jeux de cartes.
- Les cartes à jouer, au bout de quelque temps deviennent d’un aspect peu engageant, par suite des traces de doigts et de la présence à leur surface des poussières plus ou moins grasses qu’elles ont récoltées pen^ dant la manipulation.
- Si le carton lui-même n’est pas trop fatigué, on peut redonner aux cartes une prolongation de service en les traitant ainsi :
- Dans une assiette creuse, en se plaçant loin de tout foyer, on verse de l’essence pour autos, sur une hauteur de 2 à 3 centimètres, puis on introduit les cartes une à une dans le liquide et l’on recouvre d’une plaque de verre.
- De temps à autre, on agite l’assiette latéralement comme s’il s’agissait d’un développement photographique de manière à changer les surfaces de contact. Quand on juge que toutes les matières grasses ont été dissoutes (temps variable suivant l’état des cartes), on prépare un tampon d’ouate très propre, puis les cartes étant encore dans le bain, on frotte doucement chacune des faces avec le tampon pour en détacher les impuretés.
- La carte ainsi nettoyée est retirée de l’essence et mise à sécher à l’air en l’appuyant presque verticalement contre un support quelconque, livre par exemple revêtu d’un papier blanc.
- On procédera ensuite à la même opération pour les cartes restées dans le bain, à mesure qu’elles se présenteront, en changeant le tampon de coton si on s’aperçoit qu’il est un peu sali.
- Une fois sèches, il reste à redonner aux cartes le poli qui leur permettra de glisser, on y arrive facilement en mettant la carte sur un papier propre, puis en frottant chacune des faces, avec un autre tampon d’ouate imprégné de talc (pierre à savon des bottiers et des gantiers). Passer enfin une flanelle de laine blanche pour lustrer et les cartes seront prêtes à fournir une nouvelle carrière. Rép. à M. Courbet, à Lyon.
- A notre avis, les taches que vous nous signalez sur vos tissus de soie ne doivent pas être dues à des excréments de mouches, car pendant l’opération du tissage les battements du métier doivent éloigner
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- celles-ci; la cause doit être tout autre, mais il ne nous est pas possible, à distance, de la déterminer.
- Le mieux selon nous serait que vous vous adressiez à l’un des teinturiers si nombreux dans votre ville, l’expérience que possèdent ceux-ci des remèdes à apporter aux souillures de fabrication vous permettra certainement de résoudre cette question.
- Quelques formules pour la toilette.
- Crème de massage pour le visage :
- Prendre :
- Lanoline................................. 50 grammes
- Vaseline blanche.........................100 -—
- Eau oxygénée à 12 volumes................ 5 —
- Styrax liquide........................... 30 —
- Extrait alcoolique d’iris................ 10
- Glycérine blanche........................ 10 —
- On commence par fondre au bain-marie la lanoline, la vaseline et la glycérine, puis on ajoute l’eau oxygénée et on amène à consistance de crème en fouettant avec un appareil mécanique comme s’il s’agissait de préparer une mayonnaise ; finalement on incorpore le styrax et l’extrait d’iris jusqu’à ce que la masse soit complètement refroidie pour éviter la séparation des éléments, il ne reste plus qu’à mettre en pots que l’on bouchera hermétiquement.
- L’extrait d’iris s’obtient par macération pendant une quinzaine, de 100 gr de poudre d’iris dans 200 gr d’alcool à 95°.
- Crème au glgcéré d’amidon :
- Prendre :
- Poudre d’amidon de riz.................. 10 grammes
- Eau de roses........................... 10 —
- Glycérine blanche........................150 —
- Oxyde de zinc pulvérisé................. 10
- Délayer dans une capsule l’amidon dans l’eau de roses froide, ajouter la glycérine, puis chauffer doucement au bain-marie, en remuant constamment jusqu’à obtention d’une gelée transparente.
- D’autre part arroser l’oxyde de zinc avec l’essence choisie et broyer soigneusement au mortier, puis incorporer à la gelée de façon à rendre le prouuit bien homogène et conserver comme ci-aessus.
- Comme parfum on peut employer le benjoin, la vaniline, l’hélio-tropine, associés par exemple de la façon suivante :
- Infusion de benjoin............... 3 cm3 50
- — de bois de Panama..........4,00
- Vaniline.............................0,25
- Héliotropine.........................0,50
- L’infusion de benjoin est elle-même obtenue en faisant macérer quelques jours une partie de benjoin de Siam dans cinq fois son volume d’alcool à 95°, le bois de Panama a pour but de maintenir l’émulsion.
- Réponse à Mlle Bernède, à Bordeaux.
- P.-S. — Vous trouverez le « Damastum » pour nappes de table qui vous intéresse à la Société Générale d’Exclusivités (SOGEVEX), S0, L.ubourg Saint-Denis, Paris (10°).
- De tout un peu :
- M. Bloch, à Montmorency. — Le procédé le plus efficace pour que le goût du vin ne soit pas modifié dans les cuves en ciment, est de recouvrir leur surface interne de plaques de verre, ainsi que cela se fait aujourd’hui d’une façon courante. Cependant dans une certaine mesure on peut affranchir les cuves en ciment par la fluatation en opérant ainsi :
- Lorsque le ciment est sec, on passe au pinceau une couche de fluate de magnésie à 20°, 25° Baumé, puis douze heures après une autre couche, puis douze heures après la deuxième couche, on en passe une troisième mais étendue de 50 pour 100 d’eau. On laisse bien sécher et peut ensuite utiliser les cuves.
- N. R. — La Maison Teisset-Kessler de Clermont-Ferrand s’est spécialisée depuis de longues années dans la préparation des fluates.
- M. Govare, à Butot. — Le procédé auquel vous faites allusion pour la destruclion des souches, consiste à faire dans celles-ci un certain nombre de trous profonds au moyen d’une tarière de charpentier, puis à bourrer ces trous de nitrate de potasse pulvérisé (salpêtre); on obture les trous avec un peu d’argile pour empêcher que les pluies entraînent le salpêtre et on attend quelques jours afin qu’il soit transporté, par la sève résiduelle, dans toutes les parties delà souche. Lorsqu’on pense qu’il en est ainsi, on allume sur la souche un peu de bran-
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- chage, le feu gagne de proche en proche jusque dans les parties les plus profondes, grâce à l’oxygène apporté par le nitrate; l’enlèvement des quelques morceaux de bois qui ont échappé à la combustion complète ne présente alors aucune difficulté.
- M. B., à Nantes. — Le meilleur moyen de délanniser le vin est de lui faire subir un collage sérieux à la gélatine.
- On emploie habituellement environ 5 gr de gélatine blanche dite blanc-manger par hectolitre de vin. Cette gélatine est d’abord mise à gonfler pendant douze heures dans l’eau froide, puis on ajoute environ un litre d’eau et on liquéfie au bain-marie; le liquide à peine tiède est alors introduit dans le tonneau et mélangé au vin par un brassage parfait avec une baguette de rotin fendue. On laisse bien reposer et on soutire le vin clair dans la huitaine, temps qu’il ne faut pas excéder sans quoi la colle remonterait.
- N. B. — La température du vin au moment du collage ne doit pas être supérieure à 12°C pour les vins rouges et à 10°C pour les vins blancs.
- MM. Agustin Albesa Portolès, à Magallos et Grenier, à
- Lyon. — Ainsi que nous l’avons signalé à plusieurs reprises particulièrement dans le n° 2789 du 15 juillet 1928, page 94, la plupart des produits commerciaux vendus pour Y entretien de la carrosserie d’aulo-mobiles sont constitués par de l’huile de vaseline, diluée par du pétrole et colorée par un peu de jaune au stéarate. Il vous sera facile sur ces données d’obtenir une mixture aussi efficace tout en étant plus économique.
- M. Le Dr P., à Paris. — 1° Dans la préparation du savon à détacher que nous avons indiquée (n° 2758, la bile est utilisée telle qu’elle est extraite de la vésicule biliaire de l’animal, les éléments chimiques ajoutés, savon, essence de térébenthine, benzine, suffisent pour assurer la conservation du produit déjà stérilisé, du reste, par l’ébullition.
- 2° L’alun entrant dans la composition de l’encre pour stylos (voir n° 2827 du 15 février 1930), agit comme fixatif de la matière colorante sur le papier. A ce sujet, un de nos abonnés nous a signalé qu’il avait avantageusement porté la dose de 3 gr à 10 gr et augmenté également la quantité d’alcool, la formule réajustée serait la suivante :
- Bleu de méthylène. 5 grammes
- Alun pulvérisé..........................................10 —
- Eau distillée......................................... 500 •—
- Alcool à 95°............................................30 cent cub.
- Empâter le bleu avec l’alcool, puis le faire dissoudre de la moitié
- de l’eau environ, d’autre part mettre en solution l’alun dans le reste de l’eau, mélanger et ajouter :
- Glycérine...............................................25 grammes
- Après homogénisation, filtrer pour que i’tncre soit absolument limpide.
- M. Révol, à Paris. — Si vous possédez déjà le moule en cuivre, rien ne vous sera plus facile que d’en reproduire les détails en vous servant du plâtre à modeler, gâché assez clair, et que vous trouverez chez tous les marchands de couleurs.
- Pour éviter l’adhérence, graisser légèrement le moule avant l’opération au moyen d’un pinceau doux imbibé d’huile.
- Une fois en possession du moulage, le laisser bien sécher soit au soleil, soit à l’étuve de façon qu’il ne contienne plus d’eau d’interposition, puis le plonger dans un bain d’acide stéarique fondu, très faiblement teinté par une trace de jaune au stéarate, faire égoutter soigneusement quelques minutes au-dessus du bain chaud afin d’éviter l’empâtement des creux par l’acide stéarique.
- Une fois refroidi et poli à la flanelle de laine, l’objet aura l’aspect de l’ivoire.
- N. B. — Les vieux bouts de bougies vous fourniront à bon marché l’acide stéarique nécessaire.
- M. Chardin, à Pantin. — 1° Les taches d’acide picrique peuvent être traitées par l’un des trois moyens suivants :
- a. Solution aqueuse de carbonate de lithine à 1/150.
- b. Eau boriquée additionnée de 1 pour 100 de benzoate de soude.
- c. Solution saturée de borate de soude.
- 2° Vous trouverez du crésylol sodique chez tcus les marchands de produits chimiques, par exemple Pointet et Girard, 30, rue des Francs-Bourgeois; Pelliot, 24, place des Vosges, etc.
- M. Aigrot, à Lavallade.—Le point capital dans la construction de votre barrage réservoir est d’éviter la production de fissures par déplacement relatif des éléments de la construction, ce qui sera réalisé avec le maximum de sécurité par l’emploi de ciment armé avec pare-
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- ment final en ciment lissé. Dans la suite, les parcelles d’argile que charrient toujours les eaux superficielles, se chargeront de colmater les interstices en donnant une imperméabilité parfaite sans qu’il soit nécessaire de recourir à un enduit spécial.
- Bibliothèque des Officiers à Dakar Sénégal. — 1° Le recordage des raquettes de tennis a été traité à deux reprises dans les n°* 2633, page 94 et 2790, page 143, veuillez bien vous y reporter.
- 2° Vous trouverez des cordes en boyau pour raquettes à la Manufacture française d’armes et cycles de Saint-Etienne, 42, rue du Louvre, à Paris.
- Cette maison fournit en particulier des cordes en soie pour pays chauds et humides.
- M. Fromentin, à Saint-Leu d’Esserent. — 1° Les maisons suivantes sont susceptibles de vous installer les fours industriels que vous avez en vue, pour la production de l’acide sulfureux : Loy et Aubée, 63, avenue des Champs-Elysées, Çambray, 24, rue de Dunkerque ; Royer, 247, rue Saint-Honoré, 1° ; Charlier et Kingessen, 7, Impasse du Moulin-Vert; Demarigny et Stampa, 68, boulev. de la Gare, 13e, Paris.
- 2° Le soufre colloïdal s’obtient facilement par les deux méthodes suivantes :
- a. D’après le procédé de Von Heyders par mélange d’un sulfure alcalin et d’acide sulfureux en présence d’albumine.
- b. Ainsi que l’a indiqué Maillard en faisant passer un courant d’hydrogène sulfuré dans une solution aqueuse d’acide sulfureux.
- Dans les deux cas, les bacs et tonneaux en bois employés d’une façon courante dans la fabrication des produits chimiques, sont parfaitement suffisants et il n’est nullement besoin d’un appareil industriel.
- 3° Tout séchage de poudres humides leur donne toujours une certaine cohésion, ce sera le cas du sulfate de baryte précipité, mais un effort très faible, mieux, un simple tamisage, aura tôt fait de libérer les particules.
- Ecole Normale de Laval. — 1° A notre avis, le ton le plus favorable pour la peinture des murs d’un laboratoire est le blanc bleuté, que vous réaliserez facilement avec une solidité parfaite sans craindre le brunissement aux vapeurs d’hydrogène sulfuré, en vous servant du lithopone, produit courant dans le commerce, composé de sulfure de zinc, 30 pour 100 et sulfate de baryte, 70 pour 100.
- Vous pourrez par exemple prendre comme type de préparation :
- Huile de lin........................... 200 grammes
- Lithopone.............................. 700 —
- Essence de térébenthine................. 70 —
- Siccatif................................ 30
- N. B. — Suivre de très près le professionnel, chargé de l’exécution du travail, qui, dans une bonne intention, voudra toujours mettre un peu de céruse afin que cela couvre mieux, ce qui donnerait avec l’hydrogène sulfuré du sulfure de plomb noir.
- 2° Nous avons indiqué dans le n° 2817, page 287 de La Nature le moyen de détruire les fourmis, veuillez bien vous y reporter.
- M. Pazet, à Paris. — Le pyrèl lire peut effectivement être employé en agriculture et horticulture comme insecticide; la formule survente vous donnera très probablement satisfaction : prendre :
- Savon noir............................... 600 grammes
- Eau chaude................................. 2 litres
- Eau froide................................ 18 —
- Faire préalablement dissoudre le savon noir dans l’eau chaude, puis diluer avec l’eau froide.
- Délayer ensuite progressivement 300 gr de poudre de pyrèthre fraîche avec la mixture savonneuse ainsi préparée, c’est-à-dire former d’abord une pâte épaisse, bien imbibée avant de diluer définitivement.
- Le produit homogène ainsi réalisé constitue une solution-mère, dont on prendra 3 à 4 litres pour mettre dans un hectolitre d’eau, ce qui donnera le liquide à pulvériser sur les plantes pour la destruction des insectes.
- J. N., à Brest. — Colle pour caoutchouc et cuir :
- Sulfure de carbone.................... 500 grammes
- Essence de térébenthine................. 50 —
- Gutta percha............................ 75 —
- Gomme laque............................. 50 —
- Laisser digérer assez longuement en flacon bien fermé (le sulfure de carbone étant très volatil) jusqu’à obtention d’une masse pâteuse que l’on pourra au besoin fluidifier par addition d’un mélange sulfure de carbone — essence de térébenthine dans les mêmes proportions.
- Appliquer la colle sur parties bien dégraissées à la benzine, en prenant toutes précautions contre une inflammation intempestive.
- M. ie D1 Fédou, à Saint-Simon. — 1° Si votre compteur 10 becs s’est montré insuffisant à cause du manque de pression, il est évident qu’un compteur 5 becs, de débit moindre, augmentera encore la difficulté d’alimentation, nous ne vous conseillons pas le changment.
- 2° Les allumoirs à mousse de platine perdent assez rapidement leur propriété de condensation; à ce point de vue, lesjallumoirs à pierre sont de beaucoup préférables.
- 3° Les poêles à frire en aluminium se comportent mal et laissent brûler les mets, à cause de la grande conductibilité de ce métal qui ne laisse pas aux échanges de chaleur le temps de s’effectuer ; vous rencontrerez les mêmes inconvénients avec les alliages où il domine.
- 4° Pour enlever, sur les objets en cuivre, les taches dues aux excréments de mouches, le mieux est de se servir d’eau seconde très chaude (soude caustique à 5 pour 100), on rince, sèche et revernit avec un vernis à métaux de teinte appropriée.
- Mme Rogue-Thevenard, à La Rivière. — Si du sel marin a été entreposé pendant quelque temps en tas le long de votre mur, il est évident que celui-ci est gorgé de chlorure de sodium, sel éminemment hygrométrique dont la présence explique le manque de séchage du mur après application du badigeon.
- Le traitement doit consister en un dessalage le plus poussé possible, par lessivage à l’eau tiède au moyen d’une éponge, l’opération étant répétée à quelques jours d’intervalle.
- Donner ensuite une ou deux couches d’une solution d’acide sulfurique à 5 pour 100 environ qui transformera le chlorure de sodium en sulfate moins hygrométrique.
- Laisser enfin sécher le mieux possible en aérant bien la pièce, puis appliquer une couche de vernis à parquet à base de résine ou gomme laque.
- Le travail ayant été bien exécuté dans ces conditions, il est probable que le badigeon ou la peinture se comporteront alors de façon normale.
- M. Avignon, à Vitry-sur-Seine. — 1° L’épilation par l’électrolyse consiste à appliquer le pôle négatif du générateur de courant continu à la racine de chaque poil, le pôle positif étant relié par une plaque de cuivre à une autre partie du corps.
- Cette électrolyse provoque une destruction définitive des poils, mais l’opération est lente, pénible et laisse parfois des cicatrices.
- 2° Nous décrirons prochainement dans les recettes et procédés utiles une façon simple de construire à peu de frais une marmite norvégienne.
- 3° Vous trouverez d’autre part dans les réponses une formule de savon liquide pour lavabos.
- M. Beaugé, à Rouen. — La préparation suivante vous donnera très probablement satisfaction pour l’entretien de votre simili-cuir :
- Cire d’abeilles..........................100 grammes
- Paraffine................................ 20 —
- Essence minérale........................ 800 cm3
- Laisser la dissolution se faire à froid puis ajouter :
- Alcali volatil......................... 10 cm3
- Appliquer au moyen d’un tampon de toile, laisser sécher, brillanter à la flanelle.
- M. x., à Evreux. — Le trouble de votre limonade doit être dû au développement abondant de cellules de levure, nous pensons que vous pourriez empêcher cette prolifération en additionnant la préparation d’une trace d’acide sulfureux ainsi que cela se pratique pour les vins, à la condition de ne pas excéder la dose de 30 milligrammes d’acide sulfureux libre par litre.
- M. Cornaud, à La Rochelle. — Pour blanchir les pierres calcaires de votre vestibule, commencez par les savonner énergiquement à la brosse et rincez à fond.
- Ensuite pendant que la pierre est encore fraîche, la saupoudrer de peroxyde de sodium pulvérisé.
- Laisser en contact jusqu’au lendemain, ce que l’on peut réaliser en opérant le soir, puis rincer à nouveau.
- M. Goethals, à Wolverthen. — Si on veut éviter, dans la préparation de l’insecticide liquide au pyrèthre, la présence d’un résidu d’aspect gras, après évaporation, il est de toute évidence qu’il faut employer un pétrole rectifié, autrement dit un pétrole de qualité et non le produit quelconque vendu chez l’épicier et dont le suintement se manifeste sur les lampes. En prenant un produit de marque, vous n’aurez pas cet inconvénient.
- Quant à l’emploi d’essence d’auto, rien ne s’oppose à ce que l’on s’en serve, pour une préparation de ce genre; mais alors, il faut considérer que l’on a en mains un liquide très inflammable et prendre toutes précautions lors de l’usage qui en sera fait.
- Le Gérant : G. Masson.
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- N" 2850.
- LA NATURE
- 1" Février 1931.
- —-—— LA GRANDE VOLIÈRE
- DU MUSÉUM D’HISTOIRE NATURELLE DE PARIS
- La grande volière est la plus belle construction de la Ménagerie du Muséum d’Histoire Naturelle de Paris, et tant par la variété que par le nombre de ses habitants ailés, c’est elle qui offre le plus d’attraits aux visiteurs. L’histoire de la grande volière se confond naturelle-
- Cette idée de créer une ménagerie dans le Jardin du roi, nous commençons de la voir germer en 1790; elle faisait partie d’un projet soumis à l’Assemblée Constituante, par Daubenton. Mais il n’y eut vraiment un commence-ment de réalisation qu’en 1793; des plans furent élaborés,
- Fig. 1, — Un aspect de la grande volière du Muséum.
- ment avec l’histoire de la ménagerie; cependant elle comprend quelques particularités intéressantes.
- Nous rappellerons d’abord que l’idée de créer une ménagerie dans un établissement scientifique d’Etat et dans un but d’instruction du public est essentiellement française. Autrefois, il y eut des ménageries, dans tous les temps et sous toutes les latitudes, mais elles appartenaient à des particuliers et ce n’étaient que des installations de pur agrément plus ou moins luxueuses.
- mais l’Etat était très pauvre et l’on ne trouva pas l’argent nécessaire à l’édification et à l’entretien d’une ménagerie.
- Cependant le Gouvernement fit envoyer quelques animaux au Jardin des Plantes; les tout premiers furent les cinq hôtes de la Ménagerie du Roy, à Versailles, parmi lesquels figurait un Pigeon huppé. Puis, en 1793, les professeurs attachés au Muséum virent arriver, un jour, tous les animaux des forains se trouvant à Paris. On garda les vingt-six animaux et... leurs propriétaires en qualité
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- Fig. 2. — Autre aspect de la grande volière du Muséum. (L’arbre aux Hérons.)
- de soigneurs. Puis ce fut le tour des trente-six animaux provenant de la propriété du duc d’Orléans, au Raincy. La Ménagerie comptait alors G5 Mammifères et 20 Oiseaux, mais elle fut presque anéantie par la famine en 1795.
- Elle se releva grâce aux efforts d’un nouveau directeur : le citoyen Mordant-Delaunay. Il proposa aux professeurs du Muséum d’acheter un LIocco mâle, ceci en monnayant un lingot d’or saisi à Chantilly, au château des Condé. Le Hocco devait compléter un groupe de Hoccos femelles que l’on attendait de Hollande. En effet, la Convention fit transporter à Paris les animaux de la Ménagerie du stathouder de Hollande, saisis après nos victoires, soit : 11 Mammifères et 36 Oiseaux. L’histoire ne dit pas si les Hoccos se multiplièrent.
- En 1797, un convoi d’animaux vint de Tunis, il comprenait des Autruches. Puis, le Muséum reçut des Oiseaux de mer, don d’un citoyen d’Abbeville. On cite un Sander-ling apprivoisé.
- La Ménagerie Nationale prenait tournure. Dans son Histoire des Ménageries, Gustavè Loisel nous conte que, à cette époque, il y eut une volière et une faisanderie le long de la rue Cuvier (ancienne rue de-Seine). Sur l’emplacement de la cour de la Baleine, un couple d’Autruches et un Casoar se promenaient à l’air libre. Sur l’actuel bassin des Otaries (sans Otarie, hélas!), évoluaient de nombreux Oiseaux aquatiques, ainsi que sur d’autres petits bassins extérieurs. Et des Paons se promenaient en complète liberté. Malheureusement, en 1799, une nouvelle famine éprouva durement les hôtes de la Ménagerie.
- Le sauveur fut Bonaparte. Sous le Consulat, on commença de construire la Ménagerie Nationale d’après les
- plans de l’architecte Molinos, plans. datés de 1802. La grande volière dut être édifiée en 1820. Lui fut-il donné alors toute l’ampleur que nous lui connaissons? Nous ne le savons pas. En tous cas, la grande volière était en 1870 dans un état tel qu’il fallut procéder à d’urgentes réparations; les dépenses qu’elles nécessitèrent parurent inopportunes aux yeux des politiciens dans un temps de misère publique et, en 1871, M. Thiers fut interpellé à la Chambre des Députés à ce sujet!.... Nous tenons ces précisions de l’obligeance de M. Bourdelle, directeur du Laboratoire de Mammalogie et professeur au Muséum. Comme on le voit, les crédits ont toujours été accordés avec la plus grande parcimonie à notre Muséum d’Histoire Naturelle.
- Si l’on s’en rapporte aux dires de Loisel, la première grande volière n’aurait pas atteint les dimensions que nous voyons aujourd’hui, puisqu’il existerait un mémoire, signé de Déclemy, relatif à la construction d’une volière de haut vol, et daté de 1868.
- Ce qui est certain c’est que, en 1888, à la veille de l’Exposition Universelle de Paris, le directeur éminent du Muséum qu’était Alphonse Milne-Edwards fit reconstruire la grande volière qui tombait en ruines, et dans ce but réalisa un petit coup d’Etat en prenant sur lui de commander l’exécution des travaux et en prélevant les fonds sur le budget ordinaire de la Ménagerie.
- Les frais furent d’ailleurs très minimes au regard du résultat obtenu : ils ne s’élevèrent qu’à dix mille francs.
- Milne Edwards voulait, avec juste raison,-que les étrangers et les habitants des départements attirés à Paris par l’Exposition eussent bonne opinion du Muséum
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- National dont il considérait la grande volière comme le principal ornement.
- Du reste, même de nos jours, la grande volière est la plus belle construction de ce genre. Elle en est aussi la plus spacieuse et la mieux comprise. Elle offre au visiteur un large'ensemble qu’il peut saisir d’.un seul regard. Et les Oiseaux y jouissent de l’illusion de la liberté. Elle couvre une surface de 925 mètres carrés. Sa largeur est de 25 mètres et sa longueur de 35 mètres. Elle a douze mètres de hauteur.
- Plantée de quelques grands arbres, elle renferme une pièce d’eau alimentée par un petit ruisseau murmurant. Ainsi aménagée, en ses harmonieuses proportions, elle présente un gracieux aspect.
- Actuellement la grande volière abrite une centaine d’Oiseaux : Échassiers, Palmipèdes et Gallinacés.
- Les plus nombreux sont les Mouettes et les Canards qui forment des groupes d’une trentaine d’individus. Puis, il y a une dizaine de Coqs et Poules Bankiva, une dizaine s de Grues. Les autres Oiseaux : Flamants, Ibis, Héroffs, Rallidés, Paons... sont au nombre d’une demi-douzaine environ pour chaque famille.
- La troupe des Laridés est surtout constituée par la Mouette rieuse dont le vol constant et les appels animent la volière en tous temps. Au cours des hivers rigoureux, les Mouettes qui remontent la Seine jusqu’à Paris viennent répondre aux cris de leurs sœurs captives, elles encerclent la volière de leur tournoiement éperdu, cherchant une issue pour se joindre aux heureux prisonniers dont la table est toujours servie. Nous ne décrirons pas Larus ridibundus Linné, dont le manteau gris bleu, la tête tachée de noir en été et blanche en hiver, sont trop connus. Tourmentées par les Paons, elles ne peuvent pas se reproduire. Nous avons assisté à un drame entre une Mouette et un Paon, celui-ci piétinant le nid de la couveuse, avec une visible méchanceté et malgré les cris désespérés de la victime.
- Le Goéland à manteau bleu se défend mieux, puisque plusieurs sujets sont nés à la Ménagerie.
- Larus argentatus Brunn a la tête blanche pendant l’été et tachetée de brun en hiver. Non seulement les Goélands se défendent, mais ils attaquent les autres espèces et sont dangereux pour les Poussins.
- Les Laridés, au vol puissant, nagent bien, mais plongent assez rarement. Ils se nourrissent principalement de Mollusques.
- A rapprocher des Goélands est le Stercoraire ou Labbe de France (Stercorarius catarractes), quoique les espèces soient ennemies puisque les Labbes, qui aiment la besogne toute faite, ont la singulière habitude de poursuivre les Goélands pour leur dérober le Poisson qu’ils ont capturé, habitude qui leur a valu le surnom de «Mouettes ravisseuses ». Habitant de la haute mer arctique, le Labbe ne vient sur nos côtes que pour l’hiver. Les adultes sont de couleur foncée; ils ont le cou et la face brun foncé, le dessus du corps presque noir, les ailes brunes, avec un miroir blanc, et dépas-
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- sant très peu la queue. Les jeunes sont bruns et roux. Le bec des Labbes est crochu.
- Les Canards appartiennent à quatre espèces exotiques : le Canard du Japon, le Canard à bec jaune, le C. Pilet et le C. musqué. Comme beaucoup d’autres Oiseaux de la grande volière, ils ont été offerts au' Muséum par M. Delacour.
- Le C. du Japon ou C. à bec tacheté (Anas zonorhyncha), d’assez forte taille, est gris fauve tacheté de brun noirâtre ; le bec est noir taché de jaune à la pointe. Il habite le Japon et la Chine. Ce Canard a été importé du Japon en 1926 et il s’est reproduit abondamment en France, chez M. Delacour.
- Le C. à bec jaune (Anas undulala) ressemble par le plumage au précédent ; il a également les pattes orange ; mais le bec est jaune taché de noir au milieu. Il habite l’Afrique, au sud de l’Equateur. Il est robuste et se multiplie facilement en captivité.
- Non moins prolifique est le Canard pilet du Chili (Anus spinicauda), originaire de l’Amérique du Sud et seulement de la région comprise au sud du bassin de l’Amazone. Le plumage est fauve clair tacheté de brun. Le bec est jaune, ayec la pointe gris bleu et une barre noire en dessus. Les pattes sont grises. Ce gentil Oiseau est du groupe des Canards silïleurs.
- Le Canard musqué de Barbarie (Cairina moschala) est un Canard percheur qui monte souvent et niche dans les arbres. Il habite l’Amérique centrale et le nord de l’Amérique du Sud. C’est une très belle espèce, à plumage brun foncé rehaussé de reflets violets et verts. Les couvertures de l’aile sont blanches. Le bec est noir et rose, les pattes noires. Le mâle est deux fois plus grand que la femelle. Le Canard musqué est dit rustique et batailleur.
- Près des Canards, s’ébattent deux espèces de Sarcelles : la Sarcelle d’hiver et la Sarcelle formose, bien gracieuses toutes deux. La Sarcelle d’hiver (Anas crecca), très petite,
- Fig. 3. — Un groupe de Flamants.
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- est brune et tachetée. Le mâle en parure a la poitrine fauve tachetée de brun, le manteau et les côtés finement rayés de noir, et de blanc, pattes et queue blanc noir. A l’aile, un miroir vert barré de fauve. La tête porte une huppe en arrière, brun acajou, et sur les côtés une large bande verte lisérée de blanc. Il siffle comme le pilet. Nord de l’Europe et de l’Asie.
- La Sarcelle formose (Anus formosa) est sibérienne mais hiverne en Chine et au Japon. Elle est fort jolie, le mâle ayant la tête bariolée de vert, de fauve, de noir et de blanc; l’arrangement des taches est très remarquable : il donne au petit animal l’aspect d’un jouet au décor moderne. Le reste du plumage est brun, gris bleu, noir et blanc. Le bec est gris, les pattes gris jaune. En éclipse, les deux sexes sont brun tacheté. Le cri est bref et très spécial.
- 11 y a deux espèces de Dendrocygnes, Canards ainsi nommés parce qu’ils se perchent et nichent parfois sur les arbres. Ils ont la queue courte, le bec et le cou allongés, les ailes arrondies. Tel est le Dendrocygne du Mexique ou D. à bec rouge (Dendrocygna autumnalis), qui a la tête et le cou gris rayé de brun, le ventre et la queue noirs, les ailes gris pâle, le dos roux, les pattes et le bec roses. Il a été donné par le parc zoologique de Chapultepec à Mexico. L’espèce habite toute l’Amérique centrale.
- L’autre espèce est le Dendrocygne de l’Inde (Dendrocygna javanica) dont le plumage est fauve et brun, les pattes et le bec sont gris foncé. Nous ne croyons pas que ces espèces se soient reproduites en Europe.
- Tout ce monde d’Anatidés semble vivre en bonne intelligence.
- Pour terminer la série des Palmipèdes de la volière, nous citerons maintenant l’Oie de Gambie ou Oie armée (Plectropterus gambensis), belle espèce africaine, qui passe pour être méchante et, de plus, délicate, sensible au froid. De grande taille, elle est d’un noir bronzé, à reflets métalliques, avec le ventre blanc, le bec à caroncule rose, les pattes roses. L’Oie de Gambie du Jardin des Plantes s’est bien acclimatée puisqu’elle a été importée en 1925.
- Le groupe des Echassiers est le plus important. Il y a, d’abord, une famille de Flamants roses qui apporte là comme un reflet du soleil africain. Six ou huit individus restent réunis dans un coin de l’étang, uniquement occupés d’eux-mêmes. Les longues jambes roses à demi immergées, les longs cous flexibles qui s’inclinent ou ondulent, le corps effilé et étroit composent des silhouettes bien caractéristiques et étrangement plaisantes. Le plumage à peine rosé et presque blanc sur le ventre est relevé par le rose carminé des ailes touché d’un peu de noir : c’est une joie des yeux. On sait que le nom *de Flamant est une corruption de flambant,l’Oiseau semble,, en effet, une vivante flamme passant du rose pâle au rouge ardent. La Camargue est une des stations de nichai-son fréquentées par le Flamant (Phoenicopterus antiquorum Temm). Il habite le sud de l’Europe, l’Afrique et l’ouest de l’Asie. Ce superbe Oiseau s’habitue très aisément à la captivité, il est rustique, mais il ne se reproduit qu’en liberté.
- II nous semble que. la palme de l’élégance devrait être accordée à la Grue de Numidic (Anthropoides virgo .1 ..).•
- Son port fier, sa' démarche gracieuse, l’harmonie parfaite de son plumage gris clair et gris foncé, ses formes élancées, sa petite tête fine parée d’une aigrette blanche, ses yeux rouges si éveillés, tout parle en sa faveur, tout retient l’attention. L’espèce est originaire de l’Europe orientale, de l’Asie occidentale, de l’Afrique. En captivité elle devient très privée et très attachante.
- La Grue couronnée ou Baléarique pavonine (Balearica paoonina L.) porte une couronne de plumes filiformes or et noir. Elle habite l’Afrique centrale. C’est ce splendide Oiseau qui exécute des sauts et des danses, au dire des explorateurs.
- Nous ne connaissons en France que la Grue cendrée (Grus grus L.) et même il est rare que nous puissions la voir, quoique les prudentes voyageuses s’arrêtent parfois pour s’alimenter d’herbes et de grains, car les Grues sont surtout végétariennes. Le plus souvent, on se borne à entendre les cris sonores des belles passagères qui, à l’automne voyagent en bandes nombreuses et disposées en triangle; elles vont hiverner au Soudan, puis en mars elles remontent pour nicher dans les régions tempérées du Nord.
- La grande volière renferme aussi des Ibis, l’Ibis à tête noire (Threskiornis melanocephala Lath.) de l’Inde, et l’Ibis sacré (Threskiornis oethiopica Lath.) du. Haut-Sénégal, au plumage blanc, aux sous-caudales noires.
- On ne peut pas voir l’Ibis sacré sans penser immédiatement au rôle qu’il tint dans l’antique Égypte. Le respect que lui témoignèrent les Anciens prit sa source dans le fait que l’Ibis paraissait quand les eaux du Nil bienfaisant commençaient à monter. Et aussi ce respect était fait de reconnaissance parce que l’Oiseau détruisait les Serpents et les Sauterelles. Et encore, sans doute, on aimait l’Ibis parce qu’il est doux et gracieux j on lui trouve une allure digne et prudente. Toujours est-il que l’Ibis eut l’honneur de la momification; d’incroyables quantités de momies d’ibis furent déposées dans la pyramide de Sakàhra. Et pourtant, on croyait alors que l’Ibis vivait très vieux, qu’il était presque immortel! D’autre part, l’Ibis était consacré à la Lune et l’on pensait qu’il réglait le temps de sa couvaison sur la marche de l’astre des nuits. De ces récits fabuleux, il ne subsiste que le souvenir poétique attaché au nom de l’Ibis.
- Sur l’arbre qui étend ses branches par-dessus l’étang, un groupe d’Àrdéidés se tient, figé dans l’immobilité. Le Héron cendré domine (Ardea cinerea L.) dont la jolie parure, aux tons discrets, s’allie si bien aux paysages de France. Le cou replié, la tête dans les épaulés, le Héron semble à jamais plongé dans un rêve mélancolique.
- Le H. Bihoreau (Nycticorax nycticorax L.) de la grande volière est une espèce ubiquiste. Il provient de l’Exposition coloniale de Marseille (1922). Il a le dessus du corps noir à reflets métalliques et gris, le dessous blanc, de longues plumes blanches sur la nuque.
- Non moins digne d’intérêt est le Héron garde-bœuf (Bubulcus ibis L.), Garde-bœuf ibis ou Héron des Bœufs, ainsi nommé parce qu’il suit les grands Mammifères pour capturer les Insectes qui les tourmentent. Pour chasser plus à l’aise, ilse pose sur le dos duBuffle ou de l’Eléphant. Les formes du Garde-bœuf sont courtes et un peu lourdes,
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- mais son plumage d’un blanc pur orné de roux, son bec orange composent un ensemble séduisant. Le Garde-bœuf habite l’Afrique, notamment la Guinée, le sud de l’Asie, le sud de l’Europe. L’espèce passe pour aimable et familière.
- Au bord de l’étang, on voit marcher, à grandes enjambées plusieurs Rallidés. Nommons le Râle de France (Rallus aquaticus L.), le Râle du Brésil (Aramides cayanea Mull.), le Râle de l’Amérique du Sud (Aramides saracura Spix.), en robe brun roux, avec le dessous gris, le bec gris, les pattes roses. Timides et silencieux, les Râles paraissent très affairés à chercher leur nourriture, c’est-à-dire des Insectes et de petits Mollusques.
- A rapprocher de ce groupe, est la gentille Poule d’eau de France (Gallinula chloropus L.) qui, légère, se faufile dans 'les herbes et les roseaux. Elle est coquettement habillée de noir olivâtre et de gris ardoisé, avec des raies blanches sur les côtés; elle a le bec jaune, la plaque frontale rouge, les pattes verdâtres. Elle nage et plonge, se perche et grimpe. Elle s’apprivoise aisément.
- M. Morlot, commis de la Ménagerie, qui a bien voulu m’accompagner dans l’une de mes visites à la grande volière, nous a dit que d’autres petits Echassiers allaient y être transportés, très prochainement : ce seront des Vanneaux, des Huîtriers-pies, des Combattants, des Barges, espèces d’autant plus intéressantes pour le public qu’elles appartiennent à la faune de France.
- Les Paons, qui vivaient jadis en complète liberté, ont été enfermés par mesure de prudence. Quelques beaux sujets se promènent noblement parmi les hôtes habituels de la grande volière qui s’écartent sur leur passage comme les courtisans de seigneurs très redoutés. Ces Phasianidés sont certainement les plus beaux Oiseaux du monde, qu’il s’agisse du Paon ordinaire (Pavo cristatus), de l’admirable Paon blanc, qui dérive de l’espèce ordinaire, ou qu’il s’agisse du Paon spicifère. Ce dernier surtout atteint à la perfection dans la beauté; il est plus haut que le Paon ordinaire, ayant les pattes plus longues, ses couleurs sont plus vives et plus riches, la huppe de sa tête est droite, en épi. La femelle ressemble au mâle, mais elle a la queue
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- courte. Le Paon spicifère, ou P. mutique, P. géant (Pavo muticus) habite l’Indo-Chine, le Siam, les Iles malaises, tandis que le Paon ordinaire est originaire de l’Inde et de Ceylan. Le P. spicifère est moins rustique que l’espèce ordinaire, il supporte moins bien le froid. Il est aussi plus agressif. M. Delacour dit même qu’il est dangereux pour les enfants. Mais il est le plus bel ornement d’un parc.
- Une compagnie de Coqs et Poules de Bankiva (Gallus bankiva, Temm.) met de l’animation dans la volière. En dépit de sa petite taille, le Coq de Bankiva prend des mines d’important personnage, et il a raison d’être fier, car il est très finement joli. Ce Phasianidé habite l’Inde et la Malaisie, et l’on voit en lui la souche de notre Coq domestique.
- Ainsi peuplée, la grande volière offre un régal des yeux et une charmante leçon de choses qui fortifie notre opinion, à savoir que les Oiseaux sont, de toutes les créatures du monde animal, les plus ravissantes et intéressantes. On ne se lasse pas de regarder vivre ces formes si diverses de la faune ailée qui évoquent les paysages proches ou lointains dont elles sont l’harmonieux complément. Si le visiteur apporte quelques friandises, il voit immédiatement accourir une bande de solliciteurs disparates dont il peut observer les attitudes et le caractère propre. Depuis les amusants petits Canards d’Asie, jusqu’à l’élégante Grue d’Afrique, chacun fait preuve d’une aimable familiarité.
- Mais si le mélange des groupes si variés est agréable pour le visiteur, on devine qu’il n’est pas propice à la reproduction des espèces. Isolées dans de petites volières, quelques espèces se sont pourtant reproduites, au Muséum, et notamment les Aigrettes des Antilles.
- Les amis du Jardin des Plantes apprendront avec plaisir que de nouvelles cages de présentation leur permettront d’admirer des Oiseaux, et peut-être certains Mammifères. Non loin de la grande volière, M. Bourdelle fait construire une longue pergola grillagée et vitrée qui ajoutera une note moderne au charme du vieux parc, toujours si cher aux Parisiens. A. Feuielée-Billot.
- - QUELQUES PROGRES RECENTS =. DU BÉTON ARMÉ
- LA DÉSAÉRATION - LA COMPOSITION GRANULOMÉTRIQUE
- LA VIBRATION
- Quoique le béton armé et surtout le béton ordinaire s’emploient depuis assez longtemps déjà, la technique de leur mise en œuvre, particulièrement de la fabrication du béton, est encore loin d’être fixée. Si l’on est parvenu en France à construire des arches en béton armé qui dépassent 100 mètres et qui approchent de 200, des hangars à dirigeables d’une hardiesse et d’une légèreté qui font l’admiration du monde entier, il faut reconnaître
- que la plupart de ces travaux ont été projetés et dirigés par le même savant ingénieur, M. Freyssinet, suivant des méthodes de fabrication très personnelles qui n’ont pas encore reçu toutes les applications qu’elles méritent. Cependant, ces méthodes ont fait école et l’on peut leur rattacher un certain nombre de procédés récents pour la fabrication des pièces en béton armé, qui représentent un progrès certain dans cette branche de la construction.
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- Il y a bien longtemps que l’on s’est avisé de frapper sur les coffrages des pièces en béton armé pour tasser le béton, mais il semble que l’emploi de vibrateurs, donnant des coups réguliers et très rapprochés sur des moules à béton, de manière à faire vibrer les parois — et par conséquent le béton jusqu’à une certaine profondeur — ait été fait pour la première fois en 1917 par M. Freyssinet. C’est par vibration qu’ont été préparés les bétons des ouvrages précités du même ingénieur.
- M. Séailles fit ensuite breveter l’utilisation pour la fabrication en usine des pièces moulées d’avance, de bétons humides vibrés, d’une consistance particulière, qui se démoulent immédiatement à l’état plastique, avant toute prise ; ce procédé connu sous le nom d’Auto-bloc est exploité dans de nombreuses usines en France et à l’étranger, il permet la réutilisation immédiate des
- moules et, comme le démoulage a lieu à l’état plastique avant la prise, on évite les inconvénients qu’il y aurait à faire subir à un béton déjà pris mais de très faible résistance des efforts de démoulage souvent importants.
- En 1927, la vibration superficielle, brevetée par M. Bérenguier, fut exploitée par la Société « La Route ». En 1928, M. Deniau inventait un procédé de mise en vibration, non plus des parties voisines des parois du moule ou d’une plaque vibrante, mais du centre même des massifs de maçonnerie. Ce procédé, dit de la « pervibration », est exploité par la Société des Procédés techniques de Construction.
- Enfin, tout dernièrement, trois procédés : l’un anglais, dû à M. Knipe, exploité par la firme « Modem Concrète Development C° Ltd »; l’autre, autrichien, dû au Dr Em-perger de Vienne; le troisième français imaginé par MM. Freyssinet et Séailles, tendent à former le mélange
- constituant le béton dans une enceinte dont l’air a été raréfié.
- Remarquons, tout de suite, que la vibration provoque aussi une désaération du béton, susceptible de diminuer les vides et par conséquent d’augmenter la compacité.
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- Toutefois, avant de décrire ces nouveaux procédés d’utilisation et de désaération des bétons, nous rappellerons l’importance essentielle que conserve en tous cas l’emploi d’un agrégat convenablement divisé et dosé.
- Le béton est composé, comme on le sait, d’un mélange d’agrégats inertes, cailloux, graviers, sable et d’une sorte de colle, la pâte de ciment, lian t de tous ces matériaux, qui durcit plus ou moins vite (‘).
- Les liants hydrauliques (chaux, ciments portland, ciments alumineux ou fondus, ciments de laitier, etc.) ont fait de grands progrès dans ces dernières années. Leur fabrication est encore en voie de perfectionnement et l’on peut espérer qu’on obtiendra bientôt des résistances à la compression des pâtes pures durcies sous l’eau ou à l’air humide, de l’ordre de 1000 kg par cm'. Comme il est assez facile de trouver des pierres qui résistent à 1500 kg/cm2, on voit que la résistance des bétons peut assez facilement atteindre et même dépasser 1000 kg/cm*.
- (lue faut-il pour cela? Il suffit que chaque élément participe à la résistance générale en étant parfaitement collé sur toute sa surface aux autres éléments. 1! est indispensable, en outre, que la couche de colle (pâte de ciment) soit aussi mince que possible pour donner la prédominance aux éléments inertes plus résistants que le liant. Enfin et surtou!, il faut que la masse ne contienne aucune discontinuité, sans quoi la séparation au droit de ces amorces de fissures ne lardera pas à se produire dès que les efforts deviendront notables.
- L’absence de vides est donc la première condition de la solidité des bétons. Il s’agit ici, non seulement de la solidité mécanique mais encore de la résistance aux décompositions chimiques du liant, car il est bien évident que si des filtrations d’eaux séléniteuses ou d’eaux trop pures ne peuvent pénétrer dans la mase, celle-ci restera indemne. L’imperméabilité doit, en outre, être recherchée dans la plupart des ouvrages, particulièrement dans ceux qui ont pour objet de retenir de grandes masses d’eau comme les barrages de grande hauteur.
- Or, le mode de préparation usuel, le malaxage dans les bétonnières, ne peut assurer qu’une certaine homogénéité, même si on prolonge ce malaxage beaucoup plus
- 1. Les liants, par Ed. Marcotte (Gauthier-Yillars)..
- Fil!. 1. — Bétonnière Knipe pour désaérer le bélon.
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- qu’on ne le fait sur les chantiers. Cela est évident. Des bétons faits de matières dont le poids spécifique est de l’ordre de 2700 kg par m3, n’ont qu’une densité apparente de 2250 à 2350. ils contiennent donc 15 pour 100 au moins de vides, d’où leur faible résistance. Ces vides peuvent être réduits par pilonnage énergique en couches minces, mais on est loin de gagner par ce moyen une résistance suffisante pour compenser la grande dépense supplémentaire de mise en œuvre. S’il y a toujours des vides, cela provient de l’air introduit surtout avec le ciment et avec le sable; sa viscosité est telle qu’on ne peut le chasser par les moyens ordinaires et qu’il faut employer pour cela le malaxage ou l’agitation dans une atmosphère raréfiée.
- Appareil Knipe de la Cie « Modem Concrète Development ». — L’appareil Knipe comprend essentiellement une bétonnière à laquelle est ajoutée une pompe à vide (fig. 1).
- Voici, d’après le Bulletin n° 9, avril 1930, de la Société d’études de la route en béton, la description de cet appareil, que M. Alavène a pu voir en fonctionnement sur un chantier à Bedford.
- La bétonnière fonclionne d’abord comme une bétonnière ordinaire à sec, puis à l’eau. Le mélange étant ainsi préparé, on ferme hermétiquement et l’on met en action la pompe à air qui fait le vide en une minute environ. Lorsque le malaxage dans le vide est terminé, le béton peut être déversé comme à l’ordinaire, l’air ne rentre plus, ce que l’on conçoit bien si l’on songe combien il faut fouetter une eau désaérée pour lui faire tenir, de nouveau, une certaine quantité d’air. Un malaxage à l’air libre longuement poursuivi n’a ainsi fait tomber que de 1 pour 100 la résistance d’un béton -préalablement désacré.
- Les avantages des bétons désaérés sont ceux que nous connaissons déjà :
- Augmentation notable de la résistance mécanique ;
- Imperméabilité.
- En outre, le béton désaéré se prête mieux aux travaux qu’un béton ordinaire de même humidité. Aussi n’est-il plus nécessaire, pour avoir un béton ouvrable, d’employer autant d’eau; la diminution de la teneur en eau est, on le sait, un des moyens les plus efficaces d’augmenter la résistance des ciments dès lors qu’il reste assez d’eau pour les réactions physico-chimiques d’hydrata= tion.
- Les résultats comparatifs d’essais de cubes de bétons ordinaires et de bétons désaérés de même dosage, effectués par R. IL Harry Stanger, précisent les avantages de l’appareil.
- Il s’agissait de bétons composés de :
- 1 partie de ciment de Portland;
- 2 parties de sable de la rivière Ham;
- 4 parties de cailloux de même pro-
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- Fig. 2. — Méthode de désaération du Dr Emperger.
- venance, dont le calibre était, au moins, égal à 2 centimètres.
- Le malaxage était fait : à sec, pendant 2 minutes; avec mouillage pendant 5 minutes. Le vide était de 27 1/2 pouces de mercure (95 pour 100 environ).
- La résistance à la compression du béton désaéré est supérieure (de 1/3 aux 2/3) à la résistance du béton ordinaire. C’est d’ailleurs aux courtes périodes que le gain est le plus sensible, ce qui permet d’escompter une économie sur les coffrages.
- Le béton désaéré est pratiquement imperméable sous une pression de 15 kg/cmL
- L’usure par frottement est à peine le tiers de l’usure du béton ordinaire.
- Les essais par traction sont particulièrement instructifs, car ils donnent la meilleure preuve de la cohésion de la matière. A l’âge de 7 jours un béton ordinaire 4 = 2 = 1 s’étant rompu sous une tension de 11 kg/rnr, un béton
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- au même dosage 4 = 2 = 1, mais désaéré ne s’est rompu que sous une tension de 17,42 kg/cm2. L’accroissement de résistance résultant de la désaération est ainsi de 55 pour 100 environ.
- La bétonnière en question est robuste; un seul homme suffit à sa manœuvre. Son seul inconvénient c’est de se vendre cher, mais il faut espérer que ce prix s’abaissera.
- Méthode du Dr Etnperger. — Pour éviter la pompe à air sur chantier, le Dr Emperger préconise la méthode suivante (fig. 2).
- Un malaxeur est rempli de gravier jusqu’à la ligne aa. On introduit'de l’eau bouillie faiblement agitée afin d’éviter l’air. Le malaxeur est ainsi complètement rempli jusqu’en bb, puis fermé hermétiquement, ensuite l’eau est pompée. Un indicateur de niveau permet de contrôler le niveau auquel on doit s’arrêter pour que la teneur en eau soit convenable.
- (L’eau introduite passe à travers un filtre à sable pour être débarrassée de ses poussières).
- Dès que l’eau est ramenée au niveau voulu, on ajoute le ciment, puis on fait le mélange suivant la méthode ordinaire.
- Il est bon de n’ajouter le ciment que sous la forme d’un lait de ciment, non de poudre qui introduirait de l’air.
- L’opération se fait avantageusement si l’on emploie deux tambours malaxeurs, l’un malaxe pendant que l’on fait sur l’autre toutes les opérations préparatoires. Celles-ci exigent un certain temps, mais on gagne ensuite la suppression de tous les travaux supplémentaires, damage, malaxage, battage, qui avaient pour but de chasser l’air introduit lors de la fabrication ordinaire.
- Les constructeurs de malaxeurs s’ingénient à améliorer les machines nécessaires à cette méthode de préparation,
- COMPOSITION GRANULOMÉTRIQUE
- Procédé Freyssinet-Séailles. — Ce procédé diffère des deux autres en ceci que, partant du béton déjà malaxé, les auteurs assurent sa désaération en provoquant l’écoulement du mélange en lame mince dans le vide.
- Si l’expulsion de l’air est un bon garant des propriétés du béton, elle ne peut suffire seule à assurer la compacité complète qu’il s’agit d’obtenir. Il faut, en outre, évidemment que les intervalles entre les éléments constitutifs du béton soient remplis par des éléments plus fins et ainsi de suite jusqu’aux plus fines poussières de ciment.
- Fig. 4. •— Fabrication de pièces moulées par le procédé Aulobloc.
- ) la pièce dans le moule après vibration.
- ) la pièce retournée sur l’aire de démoulage.
- c) la pièce hors du moule, cales en place.
- d) la pièce démoulée.
- (Le cycle total des opérations dure 6 minutes.)
- Pièce dans Je moule
- Cales
- retirées
- Après
- démoulage
- moulé
- retourné
- La granulométrie des ciments ne doit pas être négligée, mais il est bien évident que la granulométrie des agrégats inertes a encore beaucoup plus d’importance.
- Le principe de cette composition granulométrique optimum et les règles à suivre pour l’obtenir ont été énoncés par différents auteurs, MM. Féret, chef du laboratoire des Ponts et Chaussées à Boulogne, Abrams en Amérique, Bolomey en Suisse, etc. Diverses formules ont été ainsi préconisées sur lesquelles nous ne pouvons nous étendre (‘).
- Si l’on ne peut toujours réaliser sur un chantier la meilleure composition granulométrique, on peut s’en rapprocher pratiquement en faisant quelques corrections simples, notamment en mélangeant des agrégats de.deux provenances voisines. Nous en donnons un exemple dans le tome III de notre ouvrage « Les Matériaux des Constructions civiles et des Travaux publics », qui concerne les matériaux à employer dans la construction du port de Dakar, étude faite par la Société des Ciments français, soucieuse d’assurer le meilleur emploi de ses ciments. A peu de frais, on peut obtenir ainsi des bétons de qualité très satisfaisante sans augmenter le dosage en ciment.
- Lorsque la composition granulométrique est convenable, la résistance des bétons n’est plus conditionnée
- ciment
- que par la valeur du rapport ------, en supposant toute-
- câu
- fois un malaxage convenable du mélange, la désaération pouvant d’ailleurs augmenter sensiblement les résistances comme nous l’avons vu.
- LA VIBRATION
- Il existe encore un autre moyen d’accroître la résistance, c’est de soumettre le mélange à une série de chocs régulièrement répétés, communiquant à l’ensemble une vibration assurant une mobilité extrême de tous les éléments, de sorte que les petits viennent d’eux-mêmes se loger dans les intervalles des gros sous l’influence de la pesanteur et, si l’on voulait des bétons extrêmement résistants, d’une pression extérieure. Un béton mis en vibration se comporte à la manière d’un liquide. Les frottements entre les particules sont si bien supprimés que l’on peut, par exemple, enfoncer un bâton et le déplacer dans cette masse où il ne pourrait pénétrer sans cela : il suffit d’arrêter la vibration pour assurer l’immobilisation immédiate de ce bâton.
- Employée dès 1917 par M. Freyssinet, la vibration fut utilisée par cet ingénieur distingué dans ses ouvrages osés, hangars à dirigeables d’Orly, pont de Saint-Pierre-du-Vauvray, pont de Plougastel-sur-l’Elorn, qui font l’admiration du monde entier.
- Jusqu’à présent, M. Freyssinet employa des vibrateurs pneumatiques frappant sur les coffrages, solution qu’il reconnaît lui-même insuffisante, mais qui constitue cependant un progrès sensible sur les errements antérieurs.
- Trois procédés nouveaux sont venus améliorer encore la vibration : l’un pour la vibration superficielle des bétons routiers, breveté par M. Bérenguier, est exploité
- 1. Voir à ce sujet : Les Matériaux, t. II et III, par Ed. Marcotte (Gauthier-Villars, édit.h
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- par la Société La Roule depuis 1927 ; l’autre breveté par M. Séailles en 1927 consiste à faire vibrer le moule tout entier sur des machines à vibrations mécaniques; le troisième, breveté par M. Deniau en 191 S, concerne la vibration dans la masse, dite « pervibration ».
- Vibropil Bérenguier. C’est une poutre métallique, droite ou en forme de cercle, sur laquelle sont fixés deux ou trois vibra leurs pneumatiques ou électriques protégés par un cartel1. Deux hommes saisissent l’appareil par ses poignées extrêmes et le posent successivement soi1 les surfaces de béton à pilonner.
- Les vibrations de la poutre se communiquent au béton jusqu à une certaine épaisseur qui présente ensuite une compacité remarquable, car tous les vides se trouvent remplis.
- Ce procédé est bien préférable, évidemment, au pilonnage ordinaire ou au cylindrage puisque son contrôle est immédiat et qu’il permet — tout en épargnant de la latigue aux ouvriers — de réaliser une triple économie de ciment, de main-d’œuvre et d’air comprimé.
- Cet appareil a permis déjà d’établir environ 20(MK)(I nr de chaussées en béton, notamment dans les voies parisiennes. Quoique les appareils soient simples et d'une manœuvre facile, la Société « La Route » ne les confie qu à son propre personnel spécialisé afin de pouvoir donner aux administrations pour lesquelles elle travaille, des garanties précises de durée.
- Des essais comparatifs montrent que les bétons vibro-pilonnés ont des résistances sensiblement supérieures à celles des bétons eylindrés ou battus par pilettes. Un obtient aisément des résistances à la compression de 700 kg/cnr avec un dosage en ciment qui n’excède pas oOO kg au m’. Le revêtement ainsi exécuté, dit « vibronné » est antidérapant. 11 coûte 50 à 70 francs par m2.
- Les hautes résistances obtenues et la durée qui en découle, proviennent de ce que le vibropilonnage empêche les vides et chasse les bulles d’air. Nous reviendrons sur ce dernier point.
- Procédés autobloc de M. Séailles. Les procédés autobloc, imaginés par M. Séailles, s’appliquent essentiellement à la fabrication des pièces en béton moulé dont le développement a pris depuis quelques années une ampleur considérable.
- Dans ce genre de fabrication il est extrêmement important d’éviter l’emploi des mélanges secs ou demi-secs qui permettent une réutilisation rapide des moules, mais donnent des produits dans lesquels l’adhérence aux aciers est médiocre et qui, faute de plasticité, sont sujets à se fissurer aux efforts de démoulage. D’autre part, d’emploi de mélanges humides et plastiques oblige à des immobilisations de moule extrêmement onéreuses.
- Le procédé Séailles consiste à utiliser un mélange humide, à en emplir des moules qui sont soumis à une vibration rapide et courte et à démouler immédiatement avant tout commencement de prise. Sous l’action de la vibration le béton prend une consistance particulière et extrêmement curieuse. Il demeure plastique, défo'rmable, sous l’action d’un elfort extérieur, mais garde au moment du démoulage et pendant tout le durcissement la forme qu’il avait dans le moule, même en porte-à-faux (fig. 4).
- Fi y. Ti. — ( Ut les rn acier inoxydable Ijour muinlcnir les unmituira à bonne ilishmcc des coffra y es.
- C’est ainsi que des pièces en forme d 1 fabriquées avec un seul moule au rythme de dix à l’heure, et démoulées par conséquent avant tout phénomène de prise, demeurent sur l’aire de démoulage sans que les bords présentent d’affaissement.
- Cependant le béton de la pièce ainsi démoulée est plastique et le moindre effort du doigt le déforme.
- Un avantage important du procédé est d’ailleurs précisément dans cette plasticité qui permet à la pièce de se prêter sans se rompre ou se fissurer à tous les efforts de démoulage .
- D’autre part, le béton démoulé étant parfaitement plastique élirais, toutes les réparations demeurent extrêmement faciles, la question si délicate des reprises ne si* posant pas.
- De grands poteaux pour lignes électriques sont ainsi réalisés avec un seul moule rempli et vidé à une cadence journalière qui varie de 15 à 30 suivant l’importance du modèle (30 poteaux de 8 mètres, 15 poteaux de 15 mètres). Des panneaux de clôture s’exécutent au rythme de 40 à 50 par jour avec un seul moule.
- D’autre part, la qualité et la compacité du béton sont évidemment améliorés par la vibration.
- Ce procédé présente ainsi un progrès analogue a celui qui a été réalisé en fonderie par l’introduction de la fonte en coquille; il permet l’emploi de personnel non spécialisé et s’est développé largement au cours de ces dernières années.
- D’autre part, le fait de réutiliser constamment le même moule avec un béton plastique réalisant des adhérences excellentes avec les armatures, permet de ne pas hésiter devant le prix et la complexité du moule et de réaliser des pièces armées allégées au maximum.
- PERVIBRATEUR DENIAU
- M. Deniau a remarqué que les vibrations extérieures des coffrages ou la vibration superficielle pouvaient donner de bons résultats dans les maçonneries de faible épaisseur ou sur les routes dont la couche d’usure doit
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- être la plus serrée, les vibrations s’amortissent à une assez faible distance des pièces vibrantes et que c’est dans la masse même des massifs de maçonnerie qu’il faut placer le vibrateur.
- Puisque le béton, même très peu mouillé, est un quasi-liquide, sous l’elïet des vibrations, tout flotteur doit s’y comporter suivant le principe d’Archimède. Et c’est ainsi que M. Deniau a fait breveter son « pervibrateur » sorte d’œuf en tôle contenant un vibrateur et remontant de lui-même au fur et à mesure des apports d’agrégats, de liant et d’eau auxquels il communique la vibration de ses parois. Il semble que cette méthode automatique et très sûre soit plus économique que la vibration extérieure. La Société des procédés techniques de construction a mis au point divers pervibrateurs pour les piliers, les piédroits, les petites surfaces (pervibrateur à main) les poutres et certains agglomérés (pervibrateur en peigne).
- CONCLUSION.
- CONJUGAISON DES DIVERS PROCÉDÉS
- Quels que soient les mérites des diverses méthodes que nous venons de passer rapidement en revue, aucune, croyons-nous, ne pourra assurer seule la préparation d’un béton de résistance optimum.
- Que faut-il pour avoir un excellent béton? Une bonne composition granulométrique, un mélange homogène, aussi peu d’eau que possible, la plus grande compacité, notamment la moindre quantité de pâte de ciment entre les agrégats, cela sans vides, avec un « collage » parfait de toutes les surfaces.
- Rien ne pourra remplacer la bonne composition granulométrique. Il faut l’assurer par des triages préalables convenables. La teneur en eau est un autre point à considérer, il faut la calculer et vérifier par la mesure de la fluidité du mélange, à l’aide de méthodes simples comme le slump-test, que l’on ne s’écarte pas du meilleur pourcentage. Le malaxage est avantageux pour la réalisation d’un mélange homogène, mais qu’il faut désaérer si l’on veut avoir une compacité suffisante. La désaération donne des bétons compacts qu’il n’est plus nécessaire de pilonner sauf, tout juste, pour qu’ils remplissent bien les moules ou coffrages.
- Mais la vibration est aussi un autre moyen de chasser l’air.
- M. Freyssinet, estimant que les vibrations ne se transmettent pas facilement à l’intérieur de la masse, parce que la présence de l’air nuit à la continuité de la matière, pense que les bétons désaérés vibreraient mieux — les
- vibrations s’y amortiraient moins — et préconise la conjonction des deux méthodes, désaération d’abord, vibration ensuite.
- Nous avons vérifié, M. Imbault et moi, qu’un béton vibré convenablement, c’est-à-dire à l’aide de plaques ou de cloches vibrantes en accord avec la fréquence des coups qu’elles reçoivent, perd rapidement une grande partie de l’air introduit avec les matériaux. Pour parachever la désaération il suffit de raréfier l’air de l’enceinte où l’on fait vibrer le béton et l’on obtient ainsi, rapidement économiquement, un béton parfaitement compact et résistant. Ce procédé est également breveté.
- Ainsi, divers appareils et divers principes sont mis en avant pour le perfectionnement des bétons. On peut espérer que de grands progrès dans la résistance et dans l’étanchéité permettront de réaliser des ponts encore plus grands et des barrages encore plus hauts que ceux qui viennent d’être construits. Les nouvelles méthodes serviront à des applications moins prestigieuses pour la construction de nos habitations. Tout contrôle ne sera pas supprimé, mais il deviendra plus facile, puisqu’une grande partie de la préparation ne sera plus à la merci d’un ouvrier négligent.
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- 11 restera encore cependant un [joint inquiétant dans les constructions en ciment armé, remplacement correct des armatures. On sait que les calculs de résistance assignent à ces aciers des places bien déterminées dont il est dangereux de les écarter : en les éloignant des bords on diminue leur effet; en les rapprochant on risque de les voir s’oxyder et se détruire sous les intempéries, contre lesquelles une couche trop mince de mortier ne peut les protéger.
- M. Ponsolle, a donc inventé d’ingénieux calibres ou cales en acier inoxydable que l’on enfile sur les armatures et qui maintiennent celles-ci à la distance convenable des coffrages et par conséquent des parements futurs de la pièce moulée (fig. 5). Les formes de ces cales sont établies pour éviter toute solution de continuité dans la pièce en béton armé. Ces cales devraient être imposées aux constructeurs; tous ceux qui ont vu des ouvriers écarter à leur convenance les armatures qui peuvent gêner le remplissage du béton, en conviendront. Il était donc bon de signaler, à côté des nouvelles théories sur la confection des bétons, un moyen élégant d’assurer le centrage précis des armatures.
- Edmond Marcotte.
- LES RONDS DE SORCIERES
- On sait ce que les gens de la campagne nomment ainsi ; ce sont, soit dans les prés, soit dans les bois, des cercles de champignons disposés avec une régularité souvent presque parfaite et d’un diamètre fort variable, mais qui atteint parfois des dimensions considérables.
- L’origine de l’expression? Elle est légendaire, comme
- on peut bien le supposer. La nuit, content les bonnes gens, des bandes de sorcières s’attroupent et, se tenant par la main, tournent, tournent en une ronde folle jusqu’aux premières lueurs de l’aube qui, traditionnellement, les dispersent en les chassant dans leurs repaires. Sur l’emplacement de leurs ébats nocturnes, à l’endroit même où
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- elles ont foulé le sol au cours de leur ronde infernale, surgissent des anneaux de champignons dont la présence révèle aux humains le sabbat de la nuit précédente.
- L’explication scientifique? Elle est simple, mais elle ne laisse pas que de donner lieu à quelques considérations accessoires assez intéressantes. Plusieurs mycologues n’ont pas craint de consacrer de longues recherches à élucider ce problème qui ressortit à la biologie mycolo-gique et, grâce à eux, on est actuellement tout à fait renseigné sur le mode de formation de ces cercles jadis mystérieux ou, tout au moins, inexpliqués.
- D’abord, comme point de départ, une spore. Cette spore, dont chacun sait qu’elle est, chez les cryptogames, l’homologue de la graine chez les phanérogames, donne naissance en germant à une nappe filamenteuse souterraine, le mycélium, qui rayonne dans toutes les directions et sur laquelle, tôt ou tard, naîtront des carpophores ou, en langage plus simple, des champignons. Ici, le lecteur fera immédiatement une objection. Pourquoi, dans ces conditions, dira-t-il, les carpophores sont-ils disposés en anneau et non pas suivant une surface discoïde? Ceci nous amène à parler d’une curieuse particularité mycélienne : le mycélium sécrète une toxine, une toxine autotoxique, i. e. qui empoisonne le sol aussi bien pour lui-même que pour les autres végétaux qui peuvent s’v trouver. On comprend alors que le centre du disque mycélien se détruise rapidement puisqu’il est désormais impropre à entretenir la vie, et que, seuls, les bords en demeurent fertiles; d’où la forme annulaire et non discoïde des « ronds de sorcières ».
- On voit aussi que, pour vivre, le mycélium est obligé de se propager toujours plus loin de son point d’origine et de fuir les lieux qu’il empoisonne. Il s’ensuit que l’anneau va sans cesse s’élargissant, exactement comme les cercles d’ondes produits par la chute d’un caillou dans l’eau : la propagation du mycélium est centrifuge. La première apparition des carpophores ayant lieu au début de l’existence du mycélium, afîeetei’a la forme d’un anneau de faible diamètre, mettons, pour fixer les idées, 0 m 30 à 1 m de diamètre. L’année suivante (car on
- S -» .
- Fig. 1. — Montreuil l’élargissement d’un rond de sorcières au cours de 4 années successives en même temps que la disparition de sa régularité première. S, spore primitive —• Les points sablés représentent les carpophores. Les croix symbolisent les obstacles divers (arbres, pierres, etc.) que le mycélium rencontre dans sa progression centrifuge et qui le fragmentent en arcs de cercle.
- sait que le mycélium est pérenne) le cercle se sera élargi de toute la progression qu’aura réalisée le mycélium entre temps, au cours de son cheminement souterrain. Il aura, par exemple, de 1 à 2 m de diamètre. Dans des conditions optima, il pourra atteindre jusqu’à 15-20 m et même davantage. Il n’y a pas, en effet, de limites théoriques à son extension indéfinie et nous nous souvenons avoir vu dans le Haut Beaujolais, sous une sapinière d’une soixantaine d’années, un « rond de sorcières » d’une régularité impressionnante, d’un diamètre approximatif de 16 à 18 m, composé de près de 300 individus de Clitocybe nebularis groupés par petits mouchets de trois ou quatre sujets. Nous avons toujours
- Fig. 2. — En A, le mycélium n’a pas encore atteint les radicelles de l’herbe dont la hauteur est normale. —En B, première alluque mycélienne qui stimule la végétation : l'herbe y croît avec luxuriance. — En C, l’action toxique du mycélium atteint son maximum : la végétation herbacée disparaît presque complètement. — En D, le mycélium sous-jacent étant décomposé fonctionne comme engrais et la poussée de l'herbe trahit son
- action bienfaisante.
- Végétation
- herbacée
- Niveau du sol
- Mycélium...
- Son sens de _ propagation
- " V -V'\" ' V-5 1
- Mycélium décomposé
- D
- Végétation luxuriante
- Mycélium actif
- C
- Végétation détruite
- Filaments mycéliefrs explorateurs
- /• . B Végétation stimulée
- Zone encore dépourvue de mycélium
- A
- Végétation normale
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- regretté que l’équipement, déjà lourd et embarrassant, dont doit se munir tout mycologue désireux de récolter du matériel utilisable pour l’étude ne nous ait pas permis de nous charger d’un kodak et de lixer par un bon cliché cette vision véritablement plaisante.
- Nous avons écrit, il n’v a qu’un instant, qu’il n’existait aucune limite théorique s’opposant à l’extension indéfinie de ces cercles fongiques, mais on suppose bien que, pratiquement, cette extension ne saurait se poursuivre sans terme. Au cours de son développement, le mycélium rencontre des bornes et on va voir qu’elles sont nombreuses, si nombreuses et si fréquentes, en vérité, que rien n’est plus rare que de rencontrer un cercle qui soit en mémo temps vaste et entier, sans déformation ni rupture.
- D’abord, s’il s’agit d’espèces croissant en forêt : les arbres; autant d’arbres, autant d’obstacles; une grosse roche en constituera un autre, de même qu’une vieille souche, une racine enterrée, un lilet d’eau, ou même un sentier dont la terre battue, foulée et rendue compacte par le passage de ceux qui l’utilisent, ne permettra pas au mycélium de faufiler ses ramifications. Les espèces praticoles rencontreront moins d’obstacles et c’est pourquoi les cercles de champignons d’une certaine étendue sont bien moins rares dans les prairies que dans les bois.
- Que fait le mycélium lorsqu’il vient se heurter contre ces souches, roches, chemins qui lui barrent le passage? 11 s’y brise et continue sa progression à droite et à gaucho de l’obstacle, divisé désormais en deux tronçons affectant chacun la forme d’un arc de cercle. Plus tard, ces tronçons se fractionneront à leur tour, et, finalement, à force de se fragmenter, le cercle primitif verra disparaître entièrement la régularité de sa disposition à mesure que son diamètre augmentera démesurément et ceci au point que, seul, l’observateur averti pourra, en présence de cette série de courtes lignes n’ayant presque conservé aucune courbure, soupçonner l’existence antérieure d’un « rond de sorcières «jadis régulièrement ordonné dont elles sont, si l’on peut dire, la naissance, la vie et la mort (fig. 1).
- Mais ce n’est pas tout. On désigne également sous le même nom de « ronds de sorcières », et en leur attribuant la même origine, des anneaux formés non plus par des champignons, mais simplement par une zone d’herbe drue, dense et foncée contrastant, au milieu d’une prairie, avec la couleur plus pâle et une moindre luxuriance du gazon environnant. L’aspect en est exactement celui que l’on obtiendrait si, à l’entrée de l’hiver, on répandait de l’engrais dans un pré suivant une étroite ligne annulaire. De champignons, nulle trace. Comment faut-il interpréter ce phénomène et se rattache-t-il en quelque manière à celui dont nous avons donné plus haut l’explication? On se doute bien que oui et que les champignons, pour rester invisibles et demeurer dans la coulisse, n’en sont pas moins à son origine.
- Il ne faut pas perdre de vue, en effet, que les champignons, les carpophores, ne sont que la manifestation très temporaire, très éphémère et, surtout, très intermittente de la vie mycélienne qui, elle, est ininterrompue et se poursuit sous terre alors même qu’aucune fructification émergeante ne la signale à l’attention. Et c’est peut-être ici la partie la plus singulière de notre sujet.
- Parmi les différents champignons, il en est dont le mycélium est bienfaisant, accroît la vitalité des plantes herbacées dont il enlace les radicules dans son cheminement. Il en est d’indifférents, dont la présence n’affecte la végétation ni en bien ni en mal. Il en est, enfin, de, nuisibles qui anémient les graminées en les empoisonnant . Aux mycéliums bienfaisants correspondent des anneaux d’herbe vert foncé; aux mycéliums indifférents ne correspond aucune manifestation à la surface du sol; rien ne trahit leur présence; aux mycéliums nuisibles se superposent des zones pelées bien marquées par une herbe jaune et rare.
- Outre ces trois types de mycéliums, il en est un autre dont l’action est étrangement plus complexe et que l’on n’a su analyser que depuis peu. Parmi les auteurs qui l’ont tirée au clair, il n’est que juste de citer .1. Bayliss Elliott dont les observations judicieusement interprétées se sont doublées d’expériences intelligemment conduites. V oyons, par exemple, le cas de Marasmius oreades (fig. 2).
- L’extrême front de progression du mycélium de cette espèce, par conséquent, la partie la plus externe du cercle, est marquée par une vitalité du gazon tranchant nettement avec le milieu environnant. C’est qu’il ne fait que ressentir les toutes premières atteintes de l’action mycélienne, atteintes insuffisantes pour le détruire et qui, au contraire, déclenchent chez lui une réaction végétative extraordinaire tout comme l’organisme humain réagit à une faible dose de toxine microbienne en produisant immédiatement une anti-toxine de défense. C’est, en somme, toute la théorie de la vaceinothérapie qu’on ne s’attendait guère à voir évoquée en la circonstance. Donc, d’abord, une zone de végétation touffue et pleine de sève. Si, maintenant, l’on s’éloigne un peu de la périphérie eu se rapprochant du centre de quelques décimètres, on observe — contraste — une zone dénudée où une herbe étiolée trahit une sérieuse perturbation. C’est que, au niveau de cette deuxième zone, les radicelles des herbes n’ont plus affaire à la simple avant-garde de l’armée mycélienne, mais bien au gros de la troupe. La toxine est sécrétée surabondamment par un réseau mycélien très fourni et la croissance des graminées et autres plantes praticoles qui, à petite dose, était comme excitée par le poison est maintenant, à haute dose, complètement inhibée par lui. Pour reprendre notre comparaison, l’homme (ou l’animal) qui développe une vive réaction humorale génératrice d’anti-toxine lorsqu’il subit une injection de microbes partiellement dévirulisés, succombe rapidement ou, tout au moins, présente de graves manifestations morbides, s’il est soumis à une invasion bactérienne massive.
- Ce n’est point là tout ce que nous montre le mycélium de Marasmius oreades. Poursuivons. Nous avons vu que le mycélium produit une auto-toxine; c’est dire qu’à l’intérieur du cercle le sol est impropre à assurer son existence, aussi y meurt-il et s’y décompose-t-il très vite, se transformant ainsi, après putréfaction, en un engrais excellent et dont on n’aura pas de peine à saisir l’efficacité si l’on réfléchit qu’il est disposé d’une façon absolument exceptionnelle pour produire le maximum d’effet. De fait, il est étroitement accolé aux moindres radicelles
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- qu’il joint et enlace parfaitement de chacun de ses filaments. Ce contact intime qu’aucun agriculteur ne parviendra jamais à réaliser, quelque perfectionnés que puissent être les procédés de fumure qu’il emploie, permet une utilisation intégrale des produits fertilisants mis en liberté par la putréfaction. La conséquence en est qu’une troisième zone, intérieure aux deux premières, se manifeste par une végétation herbacée drue et vigoureuse, tout comme au niveau de la première zone.
- En résumé, l’aspect d’un tel « rond de sorcières » se traduit à la surface du sol de la façon suivante : une zone stérile médiane, correspondant à une action toxique maxima du mycélium sous-jacent, comprise entre deux
- = LES PROGRÈS DE
- L’éclairage des mines de houille a toujours présenté des difficultés spéciales à cause de la présence du grisou dans les galeries et de son dégagement par certaines poches à l’abatage.
- On lutte contre les dangers d’accumulation du grisou par une ventilation énergique et ordonnée.
- Enfin, on supprime, ou tout au moins on réduit beaucoup, les risques d’explosion par l’emploi exclusif de lampes de sûreté pour l’éclairage.
- ' ' ==7=r-".r-': = 109 =
- zones de luxuriance provoquées, en ce qui concerne a zone externe, par une hypervitalité d’ordre réactif, et, en ce qui concerne la zone interne, par l’action fertilisante du mycélium auto-détruit, transformé en engrais.
- Nous n’avons fait que résumer les résultats de recherches récentes pratiquées par un certain nombre de mycologues modernes sans pouvoir entrer dans le détail de leurs observations ou de leurs expériences que l’on trouvera consignées dans les revues spéciales, mais nous croyons que ce très bref exposé aura suffi à donner aux lecteurs de La Nature une idée exacte de ce petit à côté de la science mycologique si étendue et si fertile en sujets d’étude.
- M. .JOSSKKANI).
- C’est vers 1815 que Davy d’une part, George Stephen-son d’une autre (l’inventeur de la locomotive était alors ouvrier dans une mine de Newcastle), imaginèrent d’envelopper la flamme de la lampe à huile d’une toile métallique continue. Cette toile disperse la chaleur de la flamme par conductibilité, si bien qu’en aucun point, la température d’inflammation du grisou n’est atteinte.
- Peu à peu, la lampe de Davy fut perfectionnée de façon à devenir plus éclairante, puis, vers la fin du siècle der-
- LA LAMPE DE MINE =
- Fig. 1. — Quelques types de lampes de sûreté à flamme actuelles (cliché Arras).
- De gauche à droite : lampe à huile à fermeture magnétique (à verrou de coincement); lampe à huile } lampe à essence (
- lampe A essence à fermeture magnétique A verrou de coincement : lampe à essence Standard de la Commission française du grisou.
- à fermeture au rivet de plomb;
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- nier, elle évolua rapidement dans le même sens que l’éclairage ordinaire.
- De 1890 à 1900, l’antique lampe à huile fut supplantée par la lampe à essence, puis après 1910, et surtout après la guerre, celle-ci fut à son tour remplacée par la lampe électrique à accumulateur.
- LES LAMPES A FLAMME
- Si la lampe à huile chauffe peu, use moins de verres et s’éteint moins facilement, la lampe à essence par contre, présente un pouvoir éclairant presque double — environ 0,6 bougie — et peut être rallumée au fond au moyen de bandes d’amorces paraffinées; celles-ci sont le seul procédé de rallumage autorisé en France dans les milieux grisouteux, elles doivent être fusantes et non fulminantes. Les manipulations et remplissages d’essence à la lampisterie demandent un local isolé et certaines précautions, mais une fois les lampes égouttées, l’essence est maintenue seulement par l’ouate du réservoir et ne présente plus aucun danger.
- descendues au fond, et on a imaginé dans ce but plusieurs fermetures de sûreté. Aujourd’hui, le rivet de plomb est peu à peu abandonné, car il n’empêclie pas, mais révèle seulement après — et pas toujours nettement —- une ouverture frauduleuse. La fermeture magnétique est partout adoptée et de plus en plus renforcée, pour éliminer totalement les fraudes, ce qui conduit à employer à la lampisterie — au lieu d’aimants permanents — des électro-aimants plus puissants. Une prescription ministérielle de juin 1.927 impose un effort minimum de 400 grammes pour comprimer le ressort du verrou et il existe maintenant plusieurs types de fermeture magné-
- Fig. 2. — Lampes à acétylène, de la lampe de carrier à feu nu à la lampe de sûrelê pour milieux non grisouteux (cliché Arras).
- Les lampes actuelles ont la plupart un double tamis et une cuirasse protectrice au-dessus du verre. L’alimentation d’air qui avait lieu précédemment par le haut se fait actuellement plutôt par le bas : la couronne inférieure d’admission d’air comporte aussi une double toile métallique, elle assure une meilleure évacuation des gaz brûlés et surtout des fumées produites par les amorces au rallumage, dans le cas des lampes à essence. Le rallu-meur est le plus souvent manœuvré par une clé latérale, en raison du danger que présentait le modèle à tirant vertical inférieur quand ce rallumeur avait pu être repoussé en haut — en cas de mauvais état de l’organe de retenue — et mettre ainsi en communication directe l’intérieur de la lampe avec l’extérieur.
- Un des soucis de tous les constructeurs est d’empêcher absolument la possibilité d’ouvrir les lampes une fois
- tique puissants et éprouvés, par exemple : la fermeture Arras à verrou de coincement horizontal qui s’ouvre sous un effort moyen de 600 grammes; la fermeture Villiers-Petit à verrou vertical, qui s’ouvre sous un effort moyen de 7 kg et qui a été adoptée pour la lampe « Standard » de la Commission française du Grisou.
- Les lampes à flamme, dérivées du prototype Davy, comportaient en 1912 les types principaux ci-après agréés par le Ministère des Travaux publics :
- A huile : Marsaut, Fumât (3 variantes), Thomas G.rey. -
- A essence : Marsaut, Fumât (2 variantes), Wolf, Muller, Arras, f
- Elles n’ont subi depuis que des modifications de détail, l’effort des constructeurs s’étant porté sur la lampe électrique.
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- Fig. 3. — Lampes de sûreté électriques (cliché Arras).
- De gauche à droite : deux lampes à accumulateur au plomb; trois autres lampes à accumulateur-pot alcalin.
- LES LAMPES ÉLECTRIQUES
- Leur pouvoir éclairant est plus grand, de 1 à 3 bougies suivant le système optique et l’intensité de l’ampoule; elles donnent une sécurité très supérieure par suite de l’absence de flamme et de combustion et par la suppression des organes délicats tels que galerie, joints, tamis, séparant les atmosphères intérieure et extérieure ; même avec les lampes mal entretenues, le seul danger
- Fig. 4. —
- d’accident par le grisou reste la rupture instantanée du verre protecteur et de l’ampoule avant l’extinction totale du filament ; On a d’ailleurs cherché à éliminer ce risque exceptionnel par un dispositif assurant l’extinction préalable. Leur construction extérieure est plus simple et plus robuste, et par suite moins sujette à dérangements et réparations. Enfin, elles permettent une sensible économie d’exploitation, le prix de revient de la lampe-poste étant, dans les modèles récents perfectionnés,
- Lampes électriques de ronde (cliché Arros).
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- à peine la moitié de celui de la lampe à essence, et l’entretien étant plus simple et plus rapide. Leur seul inconvénient est de ne pas révéler la présence du grisou, ce <[ui oblige à conserver comme témoins des lampes à flamme.
- Les premières lampes électriques, à piles ou à accumulateurs, étaient construites un peu dans le même esprit que les lampes à flamme : faible intensité, matériaux légers pour obtenir iin poids réduit : de 1 kg 500 à 2 kg 500, c’est-à-dire à peine plus que la lampe à essence.
- Par la suite, on s’est appliqué à réaliser une enveloppe plus robuste, presque toujours circulaire, une intensité lumineuse plus grande avec un accumulateur assez large pour assurer non seulement une décharge plus longue que le poste de 8 heures, mais une durée utile des plaques assez grande pour réduire les frais de remplacement : la lampe actuelle la plus courante en France atteint un poids d’environ 3 kg avec une ampoule de 1,75 watt (consommant un peu plus de 1 watt par bougie). 11 existe bien des lampes un peu plus faibles (1,2 watt), soit en vue d’en réduire le poids et le prix, soit en vue d’allonger la vie des plaques, mais la tendance actuelle va plutôt,, comme à l’étranger, vers la lampe plus lourde et plus puissante : avec une lampe de 4 kg et 3,5 watts, le mineur est placé dans de meilleures conditions de travail et de rendement, d’autant plus que l’ampoule plus puissante a un meilleur rendement lumineux.
- L’enveloppe de lampe affecte à peu près toujours la même forme : un pot cylindrique contenant l’accumulateur et surmonté d’une tête ajourée renfermant le verre, l’ampoule et les organes de contact. L’accumulateur est souvent fixé dans le pot de façon que la lampe en ser-
- Fig. fi. — A gauche, lampe grisonmélriquc Chcsnrnu; i) rlrnilr, grisoinnf'lre « Daloz-Arras ».
- vice courant ne se démonte qu’en 2 parties essentielles : la tête et le pot qui, ayant un emplacement unique sur un chevalet servant à la fois d’étagère et de banc de chargement, réduisent au minimum les manipulations à la lampisterie. La tête est vissée sur le pot et maintenue par un verrou magnétique de sûreté ; on cherche en outre à atténuer l’éclat du filament de l’ampoule par des verres dépolis ou striés et à supprimer en atmosphère grisou-teuse le danger — excessivement rare d’ailleurs — de bris de l’ampoule par un dispositif de rupture automatique du circuit.
- L’accumulateur qui constitue l’âme même de la lampe a fait l’objet de recherches très poussées.
- On en distingue deux catégories principales.
- Le type le plus classique, à plaques circulaires au plomb, utilise soit l’acide libre, soit l’acide immobilisé au silicate de soude ou à la laine de verre; ce dernier système, agissant seulement physiquement et non chimiquement sur l’électrolyte, assure une plus longue conservation des plaques, mais demande un peu plus de soins pour la mise en service et la surveillance.
- Le type plus récent, à plaques planes au fer-nickel ou au oadmium-nickel, emploie comme électrolyte une solution de potasse; il a une constitution aussi mécanique (pie la lampe elle-même et conduit à l’emploi exclusif de pièces d’acier, de sorte que le pot de lampe peut servir en même temps de bac d’accumulateur : c’est l’accumulateur-pot par excellence où les révisions intérieures, très rares du reste, sont extrêmement faciles; il suffit; de dévisser la bague bloquant le plateau qui ferme le pot pour soulever hors du liquide l’ensemble des plaques, de sorte que celles-ci sont visibles et remplaçables individuellement.
- L’accumulateur alcalin présente sur l’accumulateur au plomb l’avantage de peser moitié moins à capacité égale et d’avoir une vie utile trois ou quatre fois plus longue. En outre, il ne s’altère pas chimiquement en cas d’abandon prolongé ou de négligence d’entretien.-
- En 191.2, les types de lampes agréés par le Service des mines étaient lès suivants : Cotté, Lux, Universelle, Trin, Jons.
- Depuis cette date, beaucoup d’autres modèles ont été adoptés dont les principaux sont : Arras-LD, Lemaire, Mariemont, Friemann et Wolf, Concordia, C. F. A. M.
- Récemment, M. Daloz, inventeur déjà célèbre, notamment par ses recherches avec M. Constantin sur le bateau à hélice aérienne, a imaginé un dispositif de sécurité pour les lampes électriques de mines, qui a été agréé par la Commission française du Grisou et qui élimine le risque déjà bien faible de mise en contact accidentelle du filament incandescent avec l’atmosphère explosive extérieure. Le contact entre l’accumulateur-pot. et la lampe est assuré par un rupteur spécial qui ne peut être réenclenché qu’à la lampisterie; l’espace compris entre l’ampoule et le verre cloche protecteur est rempli d’àir sous pression et cette pression seule maintient le rupteur en circuit, si bien que la lampe s’éteint dès que l’air peut s’écouler à la moindre cassure du verre.
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- Fig. 6. — Les indications de la flamme de la lampe grisoumèlrique Chesneau.
- LA DÉTECTION DU GRISOU
- La lampe électrique de sûreté ne donnant aucun renseignement sur l’atmosphère extérieure dont elle est isolée, force est donc de conserver au fond des lampes à flamme et des grisoumètres, pour connaître à tout instant l’état de l’atmosphère et ses dangers d’explosion, et l’on utilise généralement pour cette mesure de la teneur en méthane la lampe grisoumétrique Chesneau, brûlant de l’alcool, dont la flamme s’allonge quand la teneur en grisou -augmente (fig. 6).
- Récemment, M. Daloz a réalisé une solution différente en utilisant le principe de l’appareil Coquillon-Le Chatelier. Il a construit un grisoümètre qui mesure, après combustion, la contraction d’un certain volume d’air prélevé dans l’atmosphère, contraction qui est égale au double du volume du grisou, dans les mêmes conditiohs de pression et de température (fig. 5).
- Le grisoümètre Daloz est constitué essentiellement par une petite chambre close reliée à la branche de petit diamètre d’un manomètre en U à liquide coloré; la combustion du mélange gazeux est provoquée dans cette chambre eudiométrique par un filament de platine porté au rouge par le courant emprunté à l’accumulateur d’une lampe de sûreté; l’ensemble, complété par un dispositif de lecture à graduation, un interrupteur et divers organes de sécurité, est fixé sur une lampe électrique LD Arras, à accumulateur alcalin, et pèse au total 3 kg 750, lampe comprise. Il présente l’aspect d’un tube en cuivre à
- fenêtres, ayant environ 3 cm de diamètre et de la hauteur de la lampe au flanc de laquelle il est fixé.
- Il fonctionne de la façon suivante : l’appareil est transporté dans la position fermée sur le lieu de prélèvement où l’on ouvre la chambre-cloche en dévissant la tige supérieure; le gaz y pénètre, y est brassé par quelques va-et-vient de la vis, puis y est enfermé en revissant la tige à bloc. Dans cette position seulement, le contact du dessous permet l’allumage du platine, et la combustion dure environ 10 secondes; le contact est alors libéré et après une minute d’attente on lit sur la graduation la dénivellation dans le tube fin (éclairé par la fente et l’ampoule de la lampe) qui traduit la teneur en grisou (environ 20 mm pour 1 pour 100 de grisou).
- Cette grande sensibilité est obtenue pour des teneurs jusqu’à 3 pour 100 de grisou, c’est-à-dixe la majeure partie des cas en pratique. Si, toutefois, on veut pouvoir mesurer de plus hautes teneurs, l’appareil est muni d’un « tâteur » permettant de faire simultanément 2 mesures à faible et à forte sensibilité, avec le même tube manométrique.
- Comme sécurité, le grisoümètre et la lampe sont équivalents, puisqu’on ne peut provoquer la combustion que dans la position fermée de la cloche, et même si celle-ci, appuyant sur une surface malpropre, n’est pas étanche, elle est encore éloignée de l’atmosphère par un chemisage assez long pour empêcher toute combustion extérieure (mais dans ce cas la mesure est faussée et l’on s’en aperçoit immédiatement, car la dilatation pendant la com-
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- bustion ne reste pas constante); si le tube manomé-trique vient à être cassé ou vidé, la combustion ne peut pas davantage se propager à l’extérieur, en raison de l’étroitesse du canal reliant la chambre au manomètre.
- Comme sensibilité, les essais effectués à la Station de Montluçon du Comité des Houillères de France ont montré qu’avec un appareil en bon état, et une montre à secondes ordinaire pour les temps de combustion et d attente, la teneur en grisou de l’air examiné peut être mesurée à 1/1000 près en valeur absolue.
- L’appareil, d’un maniement très simple, peut être confié à un agent quelconque, tant soit peu soigneux, qui peut ainsi inspecter très rapidement divers chantiers et relever périodiquement les teneurs grisouteuses aux endroits qui lui sont indiqués.
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- Comme on voit, la question de l’éclairage et de la sécurité dans les mines grisouteuses a fait en ces dernières années de sérieux progrès et l’on s’éloigne de plus en plus de l’époque, vieille à peine de plus d’un siècle, où l’on en était réduit, pour diminuer les risques, à entretenir au fond de la mine un condamné de droit commun, « pénitent » ou « fireman », qui allait à plat ventre, portant une torche enflammée au bout d’un bâton, allumer les poches de gaz pour éviter la diffusion du mélange explosif dans les galeries.
- A. B.
- COMPARAISON ENTRE LES DIRIGEABLES
- ET LES AVIONS
- A la suite d’une série de catastrophes dont la plus douloureuse a peut-être été celle toute récente du R-101, la conviction semble s’être établie chez beaucoup d’esprits en France que le dirigeable a fait faillite et que notre époque voit la fin du rôle de transition qu’il a joué entre le ballon libre et l’avion. Cependant de grandes nations persistent à construire de puissants dirigeables en mettant en oeuvre tous nos moyens d’action propres à augmenter la sécurité et la portée. Cela se produit notamment en Allemagne, en Italie, en Angleterre, aux Etats-Unis, dont les techniciens de l’Aéronautique continuent à penser que le dirigeable poursuit une évolution progressive pouvant lui permettre de concurrencer un jour l’aéroplane.
- Dans une étude récente ('), M. Max Yerneuil, ingénieur du corps de l’Aéronautique, a fait une discussion impartiale et très documentée sur les qualités respectives des dirigeables et des aéroplanes afin de rechercher si le discrédit dont les dirigeables semblent frappés auprès de nos techniciens est tout à fait justifié. Il nous a paru intéressant de résumer ici quelques-uns des aspects de cette discussion.
- M. Verneuil a envisagé successivement la régularité et la rapidité des voyages, leur durée, la valeur de la charge transportée et les qualités techniques du fonctionnement.
- Les voyageurs tiennent moins à abréger la durée du parcours qu’à être assurés de sa régularité. Cette régularité est liée à la distance maxima qu’il est possible de couvrir sans escale, à la vitesse de l’appareil et aux limites inférieure et supérieure de cette vitesse. Les atterrissages intermédiaires, par les risques qu’ils font courir et par les retards qu’ils entraînent, constituent peut-être le facteur le plus important de la régularité. La vitesse intervient principalement en ce qu’elle rend l’appareil indépendant des conditions atmosphériques et du vent et permet d’effectuer le parcours en un temps déterminé sans avance ni retard. Or l’avion de transport est pratiquement obligé de faire escale tous les 500 ou 1000 kilomètres, s’il veut pouvoir transporter autre chose que la charge de combustible qui lui est nécessaire, tandis que le dirigeable possède au contraire un rayon d’action très considérable. Sans doute la vitesse de l’avion actuelle 1. Voir Le Génie Civil, 29 novembre 1930, p. 538.
- est-elle supérieure à celle du dirigeable. Mais l’avion n’est soutenu que par sa vitesse, alors que le dirigeable, grâce à ses ballonnets, peut faire varier cette vitesse à volonté depuis une valeur très faible jusqu’à sa limite supérieure. Il n’est pas prouvé, indique M. Yerneuil, que l’avantage provenant de la vitesse de l’avion suffise à compenser l’obligation où il se trouve d’atterrir fréquemment.
- Actuellement la charge utile totale : équipage, passagers, fret, combustible, provisions, installations spéciales destinées aux passagers, tend, dans les avions de transport, à égaler le poids à vide de l’appareil aérien, et dans les avions de raids dépasse le double de ce poids. Ainsi le Point-d’Interrogation de Costes et Bellonte, qui pèse à vide 1780 kilogrammes, peut enlever 4370 kilogrammes. Sous le même rapport le dirigeable est peu avantagé : dans le Graf Zeppelin la charge utile dépasse à peine le poids à vide et dans le R-101 la charge utile n’égalait même pas la moitié de ce poids! Par contre, le dirigeable est beaucoup plus intéressant que l’avion sous le rapport de la charge transportée ramenée à l’unité de puissance : pour les divers dirigeables qui existent actuellement, la charge transportée varie de 13 kilogrammes à 29 kilogrammes par cheval, tandis que pour les avions et hydravions elle reste généralement inférieure à 4 kilogrammes par cheval, le Point-d’Interrogation battant un record avec 7,3 kilogrammes par cheval. On conçoit qu’une telle supériorité dans la valeur de la charge transportée par unité de puissance présente le plus grand intérêt du point de vue des frais d’exploitation d’une ligne.
- En ce qui concerne les qualités techniques de fonctionnement, les différences caractéristiques qui existent entre le vol statique des dirigeables et le vol dynamique des avions se répercutent sur leurs départs et leurs atterrissages. L’accroissement continu de la charge par unité de surface des ailes, d’où résulte un accroissement continu des vitesses de décollage et d’atterrissage, exige pour l’avion de grands espaces de terrain dont le sol soit spécialement préparé, souvent bétonné. De même le départ et l’ammérissage d’un hydravion nécessitent de grandes étendues d’eau calme, et c’est là précisément une des objections les plus sérieuses soulevées par les projets d’établissement d’îles flottantes destinées à l’abri
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- aériens. Les pluies de sang s’apparentant à la chute récente doivent leur coloration à des particules argileuses riches en sesquioxyde de fer; mais quelquefois aussi leur teinte est provoquée par des algues minuscules (Proto-coccus). Quant aux pluies de soufre elles ont pour composition des pollens et les pluies d'encre des terres, ou des matériaux volcaniques répandus à profusion dans l’atmosphère après de violentes éruptions. Dans tous les cas, suivant les circonstances météorologiques, ces diverses particules sont susceptibles d’être charriées parfois fort loin de leur origine. Citons quelques exemples à ce sujet. En 1875, des cendres rejetées par un volcan d’Islande tombèrent à Stockholm, ayant ainsi accompli un parcours de 1900 kilomètres. Les alizés entraînent jusqu’au milieu de l’Atlantique des sables du Sahara, que le sirocco transporte aussi sur les contrées méridionales de l’Europe. Sans doute la chute du 28 novembre a une même origine. En effet d’après le récit qu’en donne un abonné de notre excellent confrère Y Illustration, une violente tempête de sable a, le 27 novembre, englobé le Nord africain, particulièrement le département d’Oran. Le ciel couvert d’un voile sanglant parut alors embrasé d’un immense incendie, tandis que, dans l’atmosphère épaissie, tout bruit était amorti, et que l’impression était celle d’étouffer dans de l’ouate rouge.
- Il est vraisemblable de voir dans ce dernier événement le point de départ du phénomène constaté le lendemain dans nos régions. Luçien Rudaux.
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- Les renseignements qui nous ont été fournis par certains de nos observateurs dans les stations climatiques dépendant de l’Institut d’Hydrologie et de Climatologie nous ont permis de déterminer, non seulement le périmètre des régions soumises à cette pluie de poussière, mais encore de recueillir des échantillons de poussières dans de bonnes conditions.
- Tel est le cas pour la poussière récoltée sur une terrasse par M. Raymond à Antibes pendant une violente tempête par vent d’E-NE qui a sévi à cette époque.
- Analyse des poussières d’Antibes.
- Résultats rapportés à 100 g. de matière sèche :
- Matières organiques................. 4,4
- SiO2..................................32,74
- SO'Ca.................................17,55
- CO Ca.................................14,28
- FesO '................................20,98
- Al O3............................... 2, 53
- NaCl. . . . •......................... 4,37
- Mg O............................• . 2,49
- Nous constatons que la poussière tombée le 27 novembre 1930 offre de très grandes analogies avec celles que nous avions signalées aux mois de novembre 1926 et de janvier 1928 (*), lesquelles avaient une très grande similitude de composition avec celles recueillies par Dupasquier en 1847 (2) et Rouis en 1835 (s).
- 1. F. Bordas et A. Desfemmes, Comptes rendus, 159, 1928, p. 159.
- 2. Dupasquier, Comptes rendus, 24, 1847, p. 625.
- 3. Bouis, Comptes rendus, 70, 1870, p. 1035.
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- A la suite de l’article de M. Rudaux, nous croyons utile de reproduire la noie communiquée sur ce sujet à l’Académie des Sciences le 22 décembre 1930 par M. F. Bordas.
- On a signalé à maintes reprises des pluies, plus ou moins abondantes, de poussières dans le Midi de la France ainsi que dans les vallées du Rhône, de l’Isère et même jusque dans le bassin de la Seine à 15 kilomètres de Provins.
- Cette année, on a observé, dans la nuit du 27 au 28 novembre, une chute de boue rougeâtre à Paris, malheureusement une pluie à allure orageuse n’a permis de recueillir qu’une très faible quantité d’un sédiment rouge orangé délavé.
- M. Besson nous a transmis l’eau d’un de ses pluviomètres ainsi que l’eau ayant servi à nettoyer les instruments exposés à l’air et qui avaient été souillés par la pluie de boue.
- Ces échantillons joints à ceux que nous avons recueillis sur une verrière ont donné à l’analyse les résultats suivants :
- Résultats rapportés à 100 g. de matière sèche
- Echantillons.
- - Montsouris. Verrière.
- Matières organiques . . . 8,74
- Chlore en Na Cl . . . . . 0,51 0,360
- Fe203 . . 21,4 16,77
- Al O3 . . . 7,2 1,17
- SiOa . . 63,8 51,72
- Fig. i. — Aspect, au microscope, des éléments sableux de la pluie de boue du 28 novembre (Paris et Donville). L’échelle des dimensions est donnée par le diamètre du cercle de l'image, correspondant à une largeur de un millimètre.
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- Notons, une fois de plus, l’importance des chlorures que nous avions déjà signalée pour la première fois en janvier 1928.
- Cette pluie de poussière s’est répandue d’Antibes à Bordeaux, elle a été observée à Pau, Toulouse, Béziers, Montpellier.
- Il est possible que cette chute de poussière ait passé inaperçue dans la vallée du Rhône balayée par des vents du Sud qui soufflaient avec violence à cette date.
- Quoi qu’il en soit, il y a identité de composition entre les poussières recueillies à Paris èt celles récoltées dans le Midi de la France.
- Faut-il en chercher l’origine dans les troubles atmosphériques si profonds qui ont été enregistrés dans la, province d’Oran et la chute de poussières ocreuses constatée ensuite à Barcelone ?
- Les mines de fer de la région ouest d’Oran, à la Tafna, ainsi que les vastes régions salées à l’est d’Oran, pourraient peut-être justifier, dans une certaine mesure, cette hypothèse. Mais alors la rapidité du transport de ces poussières du nord de l’Afrique jusque dans la région parisienne est difficilement explicable.
- Nous pensons, néanmoins, qu’étant donnée la fréquence relative de ces phénomènes de transport de poussières, il y aurait lieu d’attirer l’attention des observateurs situés en Algérie afin d’enregistrer bien exactement la date et l’heure de phénomènes météorologiques analogues à ceux observés en Oranie et de s’enquérir en outre si ces mouvements atmosphériques ont été produits sur place ou si, au contraire, ils n’ont pas eu une origine plus méridionale. F. Boudas.
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- Enfin, M. L. Bacconnier, professeur au collège de Privas, nous a envoyé la note suivante :
- Lieu de l’observation. — Al kilomètre au sud de Privas, un point d’où je pouvais étendre ma vue dans toutes les directions, jusqu’à 10 kilomètres environ.
- L’ÉLEVAGE
- Nul n’ignore que l’élevage en Amérique du Sud est conçu suivant des proportions merveilleuses et qu’il faut y concevoir la production animale sur la plus vaste échelle.
- Nous avons lu les récits enthousiastes des voyageurs et des chroniqueurs... Mais il faut reconnaître que la réalité dépasse encore ces descriptions.
- Rien ne saurait donner une idée de l’impression de puissance et d’immensité .que procurent la pampa et les grandes estancias de F Uruguay et de l’Argentine.
- Pour ces deux nations américaines, l’élevage du bétail constitue une source de richesses inégalables.
- Favorisé par un climat propice, soutenu par une terre d’une fertilité merveilleuse, l’élevage, l’engraissement des bovidés et des moutons se pratiquent sur des étendues de terre considérables.
- Appelé en Uruguay par une mission officielle, j’ai pu examiner attentivement l’exacte physionomie de cette gigantesque spéculation zootechnique.
- La principale race exploitée en Uruguay est le Hereford et ensuite le Shorthorn que nous appelons en France «Durham ».
- Circonstances. — Depuis au moins 5 jours, sans discontinuer, un vent du sud soufflait avec une force constante, assez violemment. Ce vent était très chaud, même la nuit : dans la journée à l’ombre le thermomètre montait jusqu’à 20° C.
- Dès le jeudi 27, les nuages, venant du sud, avaient une teinte cuivrée.
- La chute. — 1° Dans la nuit du jeudi 27 au vendredi 28, vers 1 heure du matin, quelques averses, violentes, se produisirent :
- Au lever du jour on pouvait observer sur les vitres, du côté du sud, des traînées jaunâtres causées par la pluie mélangée à de la boue, sur les légumes du jardin, en particulier dans les cavités des « choux de Milan », des dépôts jaunâtres.
- Ces matières, d’un jaune un peu brun, très douces au toucher, à peu près impalpables, extrêmement fines.
- 2° Dans la journée du vendredi 28, quelques nuages, de teinte cuivrée, puis vers midi, plus de nuages, jusque vers 15 heures.
- En revanche, une poussière extrêmement fine pouvait s’observer de tous côtés, faisant croire à certaines personnes qu’il pleuvait tout autour de Privas, alors qu’en réalité il n’y avait aucune gouttelette, ni de pluie, ni de brume. Cela formait une sorte de brouillard, parfois assez opaque pour voiler complètement le soleil, en particulier vers 10 heures du matin, 13 heures, 15 heures. On percevait une légère odeur de poussière calcinée; aux lèvres, une sensation rappelant celle que produit l’argile sèche.
- Le lendemain samedi 29, des nuages couraient ericorè, vers le nord, avec la même teinte cuivrée.
- Ces averses rappellent celles qui s’étaient produites à Privas, il y a 5 ou 6 ans, à peu près à la même époque, après une période d’une semaine environ au cours de laquelle un fort « sirocco » avait soufflé.
- Les deux phénomènes paraissent semblables.
- L. Bacconnier.
- y- . /. •
- EN URUGUAY
- L’estancia de Toledo notamment, si judicieusement dirigée par MM. Vidiella, produit les grands champions Shorthorn des Expositions du Prado à Montevido et même de Palermo à Buenos Ayres.
- Le père de l’actuel propriétaire de Toledo, M. A. Villedia, fut ministre à Londres. Ainsi l’estancia uruguayenne pouvait-elle s’enrichir des meilleurs sangs de l’élevage anglais.
- J’ai eu enfin le plaisir de visiter l’estancia de San Pedro de Timote qui appartient à M. Alexandre Gallinal.
- L’estancia de San Pedro couvre exactement 92 000 hectares. L’élevage est divisé en trois fermes ou « estancias » : San Pedro, Santa Clara, et Rincon.
- On y élève 30 000 bovidés, 120 000 moutons, prodigieux troupeau surveillé par des « peones » à cheval; la cavalerie: chevaux, mules,.... comprend environ 3000 têtes.
- Descendu à la petite gare de Cerro Colorado où nous-attendaient les automobiles de M. Gallinal, nous nous engageons dans une longue avenue d’eucalyptus.
- Ces beaux arbres ont été plantés par M. Alexandre Gallinal lui-même et cette superbe avenue s’étend sur 25 kilomètres de long avec une largeur de 250 mètres.
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- Peu à peu se découvre à nos yeux le paysage merveilleux de la pampa. C’est une immense étendue de pâturages légèrement accidentée, d’où émergent de temps à autre des rocs grisâtres, dessinant parfois de légers vallonnements où circule l’eau bruissante de quelque cours d’eau.
- Sur toutes les crêtes se profile la ligne onduleuse des arbres. Ce sont des eucalyptus que M. Gallinal a plantés pour arrêter les vents, le fameux pampero, le vent froid du sud.
- Par la piste sinueuse nous continuons notre course, traversant les verts espaces et bientôt nous parvenons à l’estancia de San Pedro.
- Sur un plateau se dressent les bâtiments de la ferme : la maison du maître, l’église, l’école et le dispensaire. Car, philanthrope dévoué, M. Gallinal a voulu assurer à tous ses serviteurs le maximum de bien-être.
- L’aspeet de ces bâtiments est charmant : ils découpent sur le fond du ciel bleu leurs courbes harmonieuses inspirées du style espagnol ogival, leurs crépis blancs, leurs toits plats à tuiles rondes et les grillages des hautes fenêtres. L’habitation du maître est la reproduction exacte d’un patio andalou du xviie siècle. Les murailles sont revêtues de ces jolis carrelages de faïence bleu azur, les célèbres azulejos. La cour sablée, ornée d’arceaux où grimpent les rosiers, traversée de palmiers, conduit à la salle de réception. Tout respire la paix et le studieux labeur.
- Mais bientôt M. Gallinal reparaît, monfé sur son cheval créole préféré. Il a fière allure, feutre en tête, son fouet à la main, entouré d’une meute de douze lévriers. On m’offre un cheval créole et nous partons visiter le domaine.
- C’est tout d’ahord la traversée du parc, parc de 300 hectares s’étendant sur 5 lieues de long et que M. Gallinal, ami fervent des arbres, a peuplé lui-même de 2 millions d’essences diverses, parmi lesquelles j’ai le plaisir de reconnaître nos arbres de France, nos chênes, nos frênes, nos charmes...
- Estancia de San Pedro de Timote. Maison du maître de style colonial espagnol.
- Bientôt nous parvenons au premier potrero où sont rassemblés les Herefords. Sous la garde des peones à cheval, le beau bétail à manteau rouge, à tête blanche, paît l’herbe savoureuse.
- Mais quels sont ces oiseaux au long cou, aux pattes qui s’enfuient à notre approche dans une allure si curieuse? Ce sont des nandous, les autruches de l’Amérique du Sud qui, en grand nombre, peuplent les pâtures.
- On les respecte avec fidélité, laissant les sujets vivre et prospérer par une sorte de superstition charitable. Les nandous détruisent d’ailleurs les criquets, les sauterelles; aussi les laisse-t-on se propager en toute sécurité. C’est ainsi que San Pedro donne asile à 6000 nandous....
- Fig. 3. — Un * domador » donnant le premier galop à un cheval « criollo ».
- Fig. 2. — Aspect des pâtures à San Pedro de Timote.
- Au premier plan, pont de bois construit en pin blanc et en quebracho. A l’époque des pluies, l’eau passe de plusieurs mètres au-dessus, mais l’inondation ne dure que quelques heures.
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- Fig. 4. — Moulon Lincoln uruguayen.
- Plus loin, dans les régions éloignées de l’estancia, vers les centres plus déserts, vivent également 400 gazelles du type (f invernæ », animaux rapides et sauvages qu’on aperçoit rarement, mais que l’on entretient avec soin, car leur peau donne un cuir inestimable, très recherché par les peones comme tapis de selle.
- Nous poursuivons notre marche au galop des petits criollos.
- Les rodéos, les troupeaux de bovidés ou de moutons, sont essaimes à travers la plaine. Voici même une manade de mules, car les mules sur l’exploitation sont employées à tirer les chars tandis que tout le service de ferme est assuré par les chevaux créoles.
- Exploitation extensive, certes, puisque cet immense domaine de 92 000 hectares, de 30 000 bovins — il y a même place pour 40 000 têtes — et de 120 000 moutons mérinos, lincoln ou corriedales, est servi simplement par 125 hommes, groupés en 52 familles, logés avec sollicitude dans de charmantes maisons...
- C’est seulement pendant la saison de tonte des moutons que le personnel s’augmente jusqu’à 600 hommes.
- Fig. 6. •— Taureau Hereford, champion de l'Exposition agricole de Montevideo.
- Précisément nous arrivons au bâtiment de tonte, vaste enclos où les moutons, savamment canalisés par des barrières, passent rapidement entre les mains des peones, qui, avec leurs tondeuses mécaniques, peuvent opérer sur 3500 moutons par jour. La laine, soigneusement triée, est rassemblée dans un grenier situé au-dessus de la salle de tonte.
- Nous parvenons maintenant au bain des moutons, à la piscine spéciale où mérinos et lincolns sont baignés à la saison chaude pour les délivrer des parasites, de la gale.
- Le domaine est ainsi divisé, sur chacune des trois estancias, en vastes parcours appelés potreros, dont la superficie varie entre 600 et 1200 hectares.
- Ces potreros sont séparés par des clôtures, car suivant la fatigue de l’herbe ou l’état des bovidés, on établit un roulement d’utilisation entre les pâtures.
- Ces clôtures sont établies à San Pedro avec de larges pieux de pierre granitique soutenant les cinq rangées de fil de fer, maintenues en outre dans l’intervalle par des piquets de bois. Le quatrième rang de fil de fer seul est barbelé.
- Ces fils barbelés se trouvent à la hauteur même où un
- Fig. 5. — Taureau Shorlhorn élevé en Uruguay.
- bœuf de stature moyenne peut s’appuyer conti*e lui. La masse du troupeau exerçant une certaine pression contre les fils de fer pourrait faire tomber les piquets, mais la légère piqûre exercée par les pointes empêche les bovins de se livrer à cet exercice dangereux. ^
- Au sommet de quelques pieux de granit s’élève une boule grisâtre qui semble prolonger leur profil. C’est le nid d’un oiseau curieux, le hornero, qu’on appelle ici le « père du ciment armé ».
- • Car cet industrieux volatile construit lui-même avec la boue séchée un aimable logis avec pièce centrale et couloir en spirale. Inutile d’ajouter que les Uruguayens respectent ce sympathique et intelligent auxiliaire.
- Les potreros communiquent par des barrières rustiques que les peones ont accoutumé d’ouvrir ou de fermer sans descendre de cheval.
- Ce qu’il y a de remarquable à San Pedro, c’est cette alliance de l’esprit classique et du modernisme. M. Galli-nal qui est un des esprits les plus éminents de l’Uruguay — il est directeur de la Banque d’État de l’Uruguay —
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- conféra-t-il, en 1812, avec le titre de duc d’Albuféra, les revenus de cet important domaine qui, à la chute de l’Empire, fit retour à la couronne espagnole.
- Aujourd’hui ce qui, en plus du gibier aquatique et du poisson, constitue la principale richesse de cette région, ce sont les travaux d’irrigation qui ont transformé tout le pourtour de cette vaste nappe d’eau peu profonde en rizières où se cultive en grand la précieuse céréale.
- A perte de vue, l’immense plaine est découpée en petits rectangles, séparés les uns des autres par de légères levées de terre, tandis qu’un réseau complexe de canaux plus ou moins importants, en général bordés de roseaux, distribue l’eau sur les terrains vaseux où se cultive le riz. De loin en
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- n’était sa voile latine, ressemblerait assez à une jonque chinoise avec son chargement de paille de riz.
- Les principales agglomérations sont, sur la rive nord, le petit village de Soler, au sud-est, la curieuse île de Palmar, presque exclusivement habitée par des pêcheurs, enfin, vers l’embouchure, Perello. Au cours d’une mission, en octobre 1929, j’ai parcouru cette région en compagnie d’un jeune biologiste espagnol, M. F. Bosca. Ce qui m’a tout de suite frappé, c’est la ressemblance entre le paysage de l’Albuféra et certains grands lacs, vus jadis par moi, avoisinant l’embouchure du Danube.
- Les habitants se livrent avec ardeur à la pêche. A F Isla del Palmar, il m’a été donné de voir les curieux regis-
- loin, on aperçoit de blanches constructions avec une haute cheminée, ce sont des moulins où se pratique la décortication du riz. Çà et là, sont aussi ménagées des aires spacieuses pour le battage. Il existe, en outre, nombre d’appareils élévateurs, les uns actionnés mécaniquement par un moteur, d’autres de système plus primitif, mus par le manège d’un cheval et destinés à monter l’eau dans les bassins situés au-dessus du niveau habituel du lac.
- Seules, les parties centrales de l’Albuféra, bien que parsemées d’un certain nombre d’îlots, sont plus ou moins libres et accessibles à la navigation, de même que divers grands canaux où circulent des bateaux de type pittoresque, tel celui dont je donne ici la photographie et qui,
- très de l’antique corporation des pêcheurs. Le lac est divisé en un certain nombre de lots tirés au sort entre les habitants qui seuls ont droit de pêche. Comme bien on pense, la plupart ne savaient nilire ni écrire, aussi avaient-ils adopté pour leurs engins un signe distinctif particulier : rectangle, traits parallèles, cercle, carré, surmontés ou non d’une croix, etc., fidèlement reproduits sur les registres et qui constituaient, en quelque sorte, une signature. Aujourd’hui un simple numéro d’ordre a remplacé tout cela.
- Les habitations de l’Isla del Palmar, sont, en général, des plus simples, ce sont des chaumières aux murs blanchis à la chaux, avec une seule ouverture, la porte, aux toits recouverts de roseaux. L’intérieur de l’une d’elles,
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- dans laquelle je suis entré au hasard, m’a paru propre et bien tenu, avec son mobilier rudimentaire et fort ancien, à part une machine à coudre qui servait à la maîtresse de céans, une robuste paysanne, entourée de bambins.
- Le.s maris sont à la pêche. Les Poissons peuplant l’Al-buféra appartiennent surtout à des espèces euryhalines, c’est-à-dire supportant sans difficulté les plus grands changements de salinité et, en réalité, passant une partie de leur existence en eau douce, l’autre en mer.
- De beaucoup la plus importante est l’Anguille qui constitue la principale ressource aquicole du lac et qu’on capture surtout au moyen de nasses. Les animaux, une fois pêchés, sont placés dans des caisses de bois, des boutiques à Poissons qui restent dans les canaux en attendant l’expédition sur le marché. A Soler, chaque propriétaire a un vivier personnel où il resserre ses caisses et dont il est seul à posséder la clé. Ces légères constructions de planches, établies sur pilotis et recouvertes de roseaux, forment un
- une confusion avec la Tanche qui y est absente, le Poisson rouge ou Carassin de Chine, le Chevaine commun, une sorte de Hotu, le Chondrostome de Willk et deux Barbeaux décrits jadis par le savant ichtyologiste de Vienne Stein-dachner, le Barbeau de Graells et le Barbeau de Bocage.
- Parmi les petites espèces, sans valeur alimentaire, mentionnons encore, sans nous arrêter, la Loche de rivière et l’Epinoche, mais insistons davantage sur deux autres Poissons appartenant à la famille des Cvprinodontidés, groupe cosmopolite à aspect de Cyprins, mais à mâchoires garnies de dents, de formes variées.
- L’un est le Cyprinodon d’Espagne, aux dents tricus-pides, c’est-à-dire à trois pointes, l’autre est la Fundule ou Hydrargyre d’Espagne, à dents toutes coniques et aiguës. Le premier se retrouve dans quelques autres points de la péninsule ibérique et en Algérie, dans le département d’Oran; le second paraît confiné à l’Albuféra où il existe en abondance.
- Fig. 4. Fig. 5. Fig. 6.
- Viviers à anguilles à Soler. Boutiques à anguilles à l'Jsla del Palmar. Barque de pêche arrivant à l'isla del Palmar.
- ensemble extrêmement pittoresque, comme le montre la photographie prise par moi.
- C’est un ail y pebre (ail et poivre) d’Anguilles, sorte de matelote épicée qu’on ne manque pas de vous servir dans toutes les auberges de l’Albuféra, avec la paella, le mets régional de la province de Valence, riz safrané, garni de divers légumes (artichauts, fèves), de morceaux de poulet, de Mollusques et coquillages (petits calmars, escargots) et pour que le régal soit complet de quelques tronçons d'Anguille, le Poisson si apprécié des Espagnols.
- Parmi les autres espèces euryhalines comestibles de l’Albuféra, il faut encore mentionner les Bars, les Muges et les Athérines de plus petite taille dont j’ai vu des bancs énormes remonter le chenal de Perello.
- Mais, à côté de ces Poissons à habitat varié, le lac comprend aussi un certain nombre de formes dulcaquicoles indigènes ou acclimatées. Ce sont des Cyprinides comme la Carpe, de type plutôt rustique et qu’on appelle là-bas, je ne sais pourquoi, Tinca, ce qui ne manque pas de créer
- Ces jolis petits Poissons, faciles à élever en aquarium, — j’en conserve chez moi depuis plus d’un an, — bien que restant ovipares, présentent déjà un dimorphisme sexuel assez accentué, le mâle plus vivement coloré que la femelle a la nageoire caudale barrée de traits ou de lignes de points.
- L’Hydrargyre d’Espagne, qui mesure tout au plus 5 ou 6 centimètres de longueur, comme un autre petit Cyprinodontidé ovovivipare américain, la Gambusie, est un excellent destructeur de larves de Moustiques, Anophèles, etc. A ce titre, elle mérite d’être protégée et acclimatée, surtout dans les régions circumméditerra-néennes dont elle est originaire et où sévissent ces redou-, tables Insectes propagateurs de diverses maladies et principalement du paludisme.
- Dr Jacques Pellegrin,
- Sous-Directeur du Laboratoire de Zoologie au Muséum national.
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- RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
- Nous sommes bien en retard pour donner la solution des problèmes parus dans La Nature du lni' octobre (n° 2842). L’un d’eux était assez difficile et nous avons attendu un peu pour avoir des solutions.
- Reprenons l’énoncé de ces problèmes :
- Quelqu’un achète des moineaux, des tourterelles et des colombes, en tout 30 oiseaux pour 30 deniers ; 3 moineaux coûtent 1 denier, de même 2 tourterelles, et 1 colombe coûte 2 deniers. Combien y avait-il d’oiseaux de chaque espèce?
- Ce problème d’oiseaux a beaucoup plu et nous avons reçu d’assez nombreuses solutions. L’un de nos correspondants qui a l’âme poétique écrit : « En ce temps où bien des facteurs ont chassé de nos banlieues ces pauvres oiseaux, rien ne peut être plus charmant que le problème que vous pioposez. »
- 11 est d’ailleurs facile à résoudre; il s’établit en 2 équations â 3 inconnues : c’est de l’analyse indéterminée du premier degré. Si on désigne par x les moineaux, y les colombes et : les tourterelles, on à l’équation :
- (1 ) x -f- y z = 30
- (2) | + | -f 2z = 30.
- La résolution donne x = 0 moineaux.
- y = 10 tourterelles, z — 11 colombes.
- Ont envoyé une solution juste :
- MM. Lods, Montrouge (Reine); Filippi, à Constantine; de Broyer à Uccle (Belgique); iïoorickx, Bruxelles; Léon David, Beaussoleil, Ingénieur à Guéret; Paul Alby, ingénieur, Paris; Thiebaud à Porrentruy (Suisse); Dreyer à Roussillon (Isère); Félix David, aux Ternes (Cantal); Georges Bloch, Paris; Arnaud André, Marseille; Marti à Montbéliard; René Culinam, Paris; Gouparis à Fontenay-le-Comte (Vendée).
- Le fameux problème de Léonard de Pise : « Trouver un nombre carré qui, diminué ou augmenté de 5 soit toujours un carré » a exercé la sagacité de bien des lecteurs; quelques-uns ont envoyé des solutions just.es; d’autres après bien des considérât ons exactes ont dû abandonner la partie; d’autres ont donné des solutions inexactes. C’est aussi un problème d’analyse indéterminée, mais du 2” degré. Les mathématiciens du moyen âge excellaient dans ce genre de problèmes.
- Nous ont envoyé des solutions justes : Abbé Huelle, à Amiens; A. Moyen, capit. d’artillerie, à Amiens; Filippi à Constantine; Léon David, Paul David aux Ternes (Cantal); et Gouparis à Fontenay-le-Comte.
- Nous en emprunterons la solution à M. l’abbé Huelle, en abrégeant un peu ses curieuses déductions.
- Le problème de Léonard se rattache à la question plus générale qui est la suivante :
- Trouver trois nombres carrés parfaits qui soient en progression arithmétique.
- En effet, soient z2, x~, y*, les trois nombres de Léonard, on a bien
- Ce qui fait l’originalité de ce problème, c’est que Léonard s’impose la raison qui est 5. Il ne -e contente pas d’écrire
- ?/2 -Æ2 = Æ2 — Z2.
- Sous cette dernière forme on reconnaît l’équation î/2 —{— z2 = 2xi
- laquelle est un cas particulier de l’équation plus générale ?/2 -f- z2 = kx2
- Le problème de Léonard, par sa date, prouve que les mathématiciens du moyen âge se préoccupaient, bien avant Fer-
- mât, de la résolution, en nombres entiers, des équations de la forme
- y" -f- z" — x" sans connaître l’algèbre.
- Pour en revenir au problème de Léonard, comment celui-ci a-t-il pu le résoudre ?
- , r 60 60 x 12 720
- il a pose : a — — —---------— ------
- 12 12 X 12 144
- La différence des deux carrés extrêmes étant 10, cette
- , . 720 X 2 1440
- différence devenait ------- — ------
- 144 144
- Il fallait maintenant trouver deux carrés dont la différence fût 1440; il fallait de plus qu’entre ces deux carrés s’en intercalât un autre constituant avec les deux premiers une pro-
- gression arithmétique, x- = -—2--------
- Voyons comment un bon élève de mathématiques élémentaires s’y prendrait pour réussir.
- La différence des deux carrés étant 1440, on a y • — z‘ = 1440. (y -f z) (y — 2) = 1440,
- L’élève alors décompose 1440 en ses facteurs premiers 1440 = 2 ’ X 32 X 5,
- Les diviseurs de 1440 sont alors faciles à former. Ceux dont le produit donne 1440 sont
- 1440
- 720
- 480
- 360
- 288
- 240
- 8
- 9
- 10
- 12
- 15
- 16
- 180
- 160
- 144
- 120
- 96
- 90
- 18
- 20
- 24
- 30
- 32
- 80
- 72
- 60
- 48
- 45
- et il n’y en a pas d’autres.
- Le problème étant indéterminé, on a le droit de choisir. Encore faut-il le faire intelligemment. D’abord il faut écarter les produits dont les facteurs sont l’un pair, l’autre impair,
- 1 X 1440 3 X 480 5 X 288 9 X 160 15 X 96 32 X 45
- qui donneraient pour y et z des valeurs fractionnaires.
- En tâtonnant un pou on arrive finalement à :
- 492 = 2401 312 = 961
- 18 x 80 donne y -f- 3 = 80 y — z = 18
- ïy
- y
- 62
- 31
- 98
- 49
- 2401 + 961
- 2
- 1681 =
- 3362
- o
- 1681
- 412
- Le problème est résolu. Le nombre cherché est
- En effet :
- 41 ,3 / 41
- + 5 = ( — ' 12
- (ii)
- +
- V12
- — 5 =
- 60
- 12
- 41
- 1681 720
- 144 + Ï44
- \ 12
- 720
- 144
- 961
- 144
- 2401
- 144
- 31
- 12
- Au cours de la démonstration on peut remai'quer que Léonard de Pise avait trouvé une solution en nombre entier de l’équation xr -f- y- — 2z2 puisque
- 24(H + 96,1 = 2 X 1681
- 49^ + 31$ = 2 X 412
- Constatation fort intéressante :
- M. Gouparis, caissier de la Banque de France à Fontenay-le-Comte, fait suivre sa longue démonstration , de la curieuse note ci-après :
- Il se peut qu’il existe une méthode plus expéditive, mais les
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- = 130
- anciens mathématiciens effectuaient les opérations les plus fastidieuses avec une facilité étonnante : Wallis raconte que « nocturnis tenebris » il calcula de tête avec vingt décimales la racine carrée de 3 et avec vingt-sept décimales, « eadem nocte » celle d’un nombre de cinquante-trois chiffres qu’il s’était proposé au hasard.
- Léonard de Pise était un spécialiste de la décomposition des nombres en sommes de carrés et on lui attribue l’identité suivante qui en donne la solution générale
- (** + y'1) K2 + v'% ) = — yyV + (*%' +
- Ce même Léonard avait trouvé pour tt la valeur 1440
- —-— = 3,1418, ce qui est loin des 707 décimales que trouva 458 1
- 3
- Shanks en 1873.
- M. Armand, de Marseille, nous a envoyé le problème ci-après dont l’énoncé paraît très compliqué mais dont la solution est relativement facile; il s’apparente au curieux rébus Hubert d’une précédente récréation. L’ingéniosité de nos lecteurs s’exercera sur ce problème.
- PROBLÈME
- On demandait à Mme X... Quel âge avez-vous ?
- Elle répondit, non sans détours :
- — Prenez un certain nombre de six chiffres, vous le divisez en tranches de 2 chiffres :
- •— La lre tranche à gauche vous donne l’Age de ma mère, dont le chiffre des unités est un 1.
- — La dernière à droite, celui de mon père.
- — Mon garçon a le 1/3 de celui de mon père moins 1 an.
- — Si on divise l’âge de ma mère par le chiffre des unités de l’âge de mon père, on trouve l’âge de ma fille (dont le chiffre des unités est 4) et il reste 1.
- — On trouve également l’âge de ma fille en déduisant l’âge de ma mère de celui de mon père.
- — Pour connaître le mien, divisez le nombre par le produit de la somme de l’âge de mon père et de ma fille, multiplié par la somme de nos personnes (5) et additionnez ensemble tous les chiffres (pris en valeur absolue) du dividende, du diviseur et du quotient.
- — La somme de tous nos âges égale 255.
- — A l’inspection de ce nombre, vous lisez l’âge de chacun de nous, ainsi que mon nom.
- Les 2 premiers chiffres de gauche donnent l’âge de ma mère.
- Le 2e et le 3e chiffre de gauche celui de ma fille.
- Le 4e et le 5“ chiffre de gauche celui de mon garçon.
- Le 5e et le 6e (derniers), celui de.mon père,
- Et le mien se lit sur les 2 extrémités en plaçant le chiffre de droite le 1er et celui de gauche le 2e.
- Virgile Brandicourt.
- Président de la Société des Antiquaires de Picardie.
- PETITE MENAGERIE FAMILIALE
- Des oiseaux au doux ramage, aux gestes prompts, aux plumages divers, aux yeux vifs, carnivores et granivores, tels ont' été nos premiers hôtes.
- D’abord leur rôle se borna à embellir notre vie, puis ils devinrent pour nous de passionnants sujets d’étude.
- Aubade au lever du jour; puis, le défilé où chacun tient sa place, fait queue pour arriver à la baignoire convoitée; car se baigner est la grande affaire de la gent ailée.
- Autour de la cage, c’est une pluie de perles liquides, irisées par le soleil; c’est à ses rayons que se sèchent les plumes hérissées; c’est lui qui fait jaillir des frêles gosiers les chants les plus beaux !
- *
- * *
- Mais la pluie de perles se complète de l’éparpillement de débris de graines qui attirent la gente trotte-menue, souris prolifiques auxquelles tout est bon : le linge des armoires, les provisions, les livres des bibliothèques, etc., au point de nous faire craindre la dévastation du foyer. Comment en restreindre le nombre ? Comment nous en débarrasser ?
- Et c’est en réponse à cette interrogation angoissée que l’on vit apparaître, souple, charmant et léger « Où es-tu ? » jeune exemplaire de chat de gouttière mitigé de chat persan. Sa robe, nettement dessinée de noir et de blanc, son museau rose, ses pattes frêles, ses gestes câlins, son instinct délié •— j’aimerais mieux écrire son intelligence — , eurent vite raison des suspicions; il devint grand favori de la maisonnée.
- Chat et souris vivent depuis longtemps en inimitié, quelques exécutions faites avec maestria dans le camp des rongeurs, en même temps qu’elles établirent l’autorité de « Où es-tu », provoquèrent la disparition de toute la horde rattiere. Elle
- disparut sans qu’on put deviner le lieu de sa retraite et aussi sans que nous ayons éprouvé la quiétude d’un exode définitif : sans doute tapies dans l’épaisseur des murailles, les souris attendaient-elles la défection du chat pour reparaître en rangs pressés : les vieilles maisons offrent des cachettes innombrables, asiles bénis des rongeurs.
- Mais la présence de notre jeune chat nous inquiétait pour nos oiseaux.
- Pour « Où es-tu», j’en eus bientôt l’assurance, la robe foncée de nos petits amis ailés ressemblait étrangement au pelage de ses ennemies d’hier, des souris qu’on l’avait chaudement félicité de croquer.
- Pourquoi, alors ?...
- Perché sur le dossier d’un fauteuil, face à la cage, « Où es-tu » roule dans sa tête cette interrogation et d’autres encore. Quelle volupté de croquer ces corps fragiles, de sentir craquer sous ses dents solides leurs délicates carcasses, de... et sa langue passe sur ses lèvres roses comme si déjà il se pourléchait ! Tout à coup ses yeux rencontrent les miens et immédiatement, il quitte son poste, roule en boule le long du dossier, saute d’un siège à l’autre, s’étale sur le tapis. Qui donc a dit que « Où es-tu » pensait aux oiseaux ? Qui donc a suggéré qu’il les croquerait avec délices ? N’est-il pas l’animal le plus inoffensif de la terre, l’élu dont la préoccupation unique est de courir, de sauter, de jouer ? Amusante hypocrisie que le lendemain dément, car « Où es-tu » d’un saut magnifique s’est perché au sommet de la volière et de sa patte souple cherche à pêcher quelques-uns de ses habitants.
- Les jours passent et, avec le temps, les vélléités meurtrières de notre chat s’atténuent. A-t-il compris qu’un oiseau n’est pas comparable à une souris, ou n’est-ce pas plutôt que nos gestes et nos menaces lui ont démontré que « les maîtres »
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- seraient, fâchés s’il osait y toucher. Sa finesse est extrême, sa gentillesse sans égale; il n’aime que nous, ne songe qu’à nous, vit au milieu de nous sans que rien ne révèle sa présence, à moins qu’il ne se soit rendu compte qu’un peu de gaieté ne messiérait pas, et alors ce sont des bonds prodigieux, des courses variées, des jeflx improvisés et toujours nouveaux, dont un dé, une pelote de laine font les frais.
- *
- * *
- Et la petite ménagerie, — le traité de paix conclu entre «Où es-tu», qui prend les allures de chat bien nourri sans rien perdre de sa légèreté incroyable et de sa fantaisie charmante, et les habitants de la volière moins effarouchés à son aspect —, semble près de s’assoupir dans la quiétude des êtres heureux, lorsqu’un nouveau personnage fait son apparition. ~
- 11 est petit, d’un noir complet, d’un noir d’ébène et pèse si peu à la main qu’on dirait un paquet de plumes.
- Timide, il se glisse avec des aplatissements de couleuvre, sous le premier meuble venu. On le cherche, on l’appelle sans le trouver, sans recevoir de réponse.
- «La Nuit» est une petite chatte craintive qui de suite éveille l’attention de « Où es-tu », adolescent mâle que le ciel semble protéger particulièrement en lui envoyant à point nommé, l’élément femelle qui lui faisait défaut. Et dès le premier jour, chose amusante, c’est un malentendu qui préside aux relations des deux chats : « Où es-tu » ne voit en « La Nuit » que l’être femelle qu’il désire. « La Nuit », elle, considère « Où es-tu » comme un camarade de jeux auquel elle allonge de ses pattes noires de gentilles tapes d’amitié.
- 'La venue de cette petite bête anime la maison étrangement: ce ne sont que galopades, sorties et entrées à la queue-leu-leu, jeux de cache-cache, concours de sauts, de courses, que sais-je?
- « La Nuit » a subi l’attirance des hôtes de la cage durant les premiers jours; on l’a trouvée allongeant ses fines pattes pour
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- happer celui qui passerait à sa portée. Sans doute « Où es-tu» l’a-t-il renseignée sur les inconvénients d’une pêche semblable, car voici, sans que les maîtres s’en soient mêlés, qu’elle les abandonne, qu’elle semble vraiment les ignorer. Par contre, elle devient chaque jour plus familière, vivant presse-papier de ma table à écrire, compagnon préféré de la cuisinière qui en veut à « Où es-tu » de quelques larcins commis avec trop d’habileté.
- Mais, ce qui me paraît extraordinaire et place la psychologie des chats sous un angle particulièrement intéressant, c’est que, depuis l’arrivée de « La Nuit », « Où es-tu » a changé de manière d’être avec nous.
- Il était, avant, tout sucre et tout miel, patte de velours toujours, même lorsque le maître se fâchait, même lorsqu’il défendait à minet de prendre telle ou telle friandise; c’étaient les gambades folles, les sauts merveilleux, les allongements esthétiques, les gestes adorables, tout ce qui pouvait plaire à ce maître, tout ce qui pouvait attirer son attention, et. valoir à minet son admiration et ses compliments.
- Et maintenant que « La Nuit » est là, le Maître a passé à l’arrière-plan. C’est avec une sorte de dédain que « Où es-tu » le considère, avec une sorte de brutalité qu’il s’évade de ses bras. Il dédaigne aujourd’hui de jouer pour lui les comédies où il excellait hier, le maître — et j’entends par là l’ensemble de la famille — n’est qu’un homme, être inférieur qui ne sait même pas attraper une souris et la croquer; il ne compte pas; il n’existe plus, maintenant qu’une chatte de sa race, ayant les mêmes facultés, les mêmes supériorités que lui, a fait son entrée dans la maison. C’est à elle que vont ses sauts, ses courses, ses jeux, ses mignardises, et cela bien qu’elle ne lui ait pas octroyé les faveurs qu’il en attendait.
- Étonnés, nous qui fîmes si tendrement fête à «Où es-tu», qui l’avons soigné, nourri, aimé, nous restons ahuris de sa psychologie si semblable à celle de beaucoup de ces humains qu’il dédaigne, et qui, peut-être injustement, le lui rendent.
- Augusta et Maurice Moll-Weiss.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- UNE TEINTURE VÉGÉTALE INOFFENSIVE POUR LES CHEVEUX
- Prendre :
- Henné en poudre............................150 grammes
- Noix de Galles........................... 100
- Feuilles de noyer.......................... 50 —
- Couvrir d’alcool et laisser macérer huit jours. Epuiser ensuite par l’eau bouillante dans un entonnoir de verre ou de grès, de façon à obtenir un litre de liquide.
- Ajouter enfin :
- Glycérine neutre . ........................ 20 grammes
- On peut parfumer à volonté par un demi-gramme environ de l’essence préférée, cette essence étant d’abord dissoute dans là glycérine.
- Cette teinture ne doit s’employer que sur des cheveux préalablement dégraissés, au moyen d’une solution de carbonate de soude (vulgairement « cristaux ») à 5 grammes par litre environ.
- RAVIVONS LA COULEUR DES BILLES DE BILLARD
- On sait que la teinte rouge vif donnée à l’une des billes a pour but de faire trancher nettement celle-ci sur le fond vert du tapis, les deux couleurs étant complémentaires. Malheureusement par suite du frot-
- tement la coloration rouge toute superficielle disparaît par places et la bille présente alors un aspect disgracieux.
- Pour lui redonner une belle coloration rouge uniforme, on commence par préparer le bain suivant :
- Cochenille pulvérisée.......................... 30 grammes
- Bitartrate de potasse (crème de tartre). ... 10 —
- Sulfate d’alumine et de potasse (alun) .... 10 •—
- Placer le tout dans un nouet de mousseline et faire bouillir pendant quelque temps dans un récipient étamé.
- D’autre part préparer la bille en la savonnant soigneusement pour la débarrasser de toute matière grasse, la rincer, puis la plonger quelques secondes dans une eau additionnée d’une trace d’acide azotique (la saveur de l’eau doit être à peine acide), essuyer avec un linge de façon à ne pas toucher la bille avec les mains, puis introduire dans le bain colorant préparé en premier, laisser la coloration s’effectuer jusqu’au moment où on jugera que l’intensité désirée est atteinte, on obtiendra ainsi une belle coloration rubis.
- Au cas où on préférerait une teinte écarlate il suffirait d’ajouter au bain, goutte à goutte, une solution de chlorure d’étain jusqu’à virage convenable et ne pas s’effrayer, si dépassant la dose, la coloration passait à l’orangé ou au jaune ; l’addition de quelques gouttes d’une autre solution de carbonate de soude permettrait de revenir au rouge désiré.
- Après avoir enlevé la bille du bain celle-ci sera essuyée, puis enveloppée dans un linge de manière qu’elle se refroidisse lentement ; cette condition est essentielle, car autrement il pourrait se produire des gerçures qui enlèveraient à l’objet ses qualités.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOÛTE CÉLESTE EN MARS 1931 (*)
- Beaucoup de phénomènes en perspective ce mois-ci, qui vont retenir l’attention des observateurs du ciel.
- De nombreuses occultations d’étoiles par la Lune, de nombreuses conjonctions de planètes, les phénomènes si variés offerts par les satellites de Jupiter, les planètes Mars et Jupiter encore bien placées pour l’étude, la lumière zodiacale; la lumière cendrée de la Lune, magnifique du 22 au 24 mars. Voilà, n’est-ce pas, un bien joli programme. Et cependant, il y a des gens qui ne savent pas comment employer leur temps et s’ingénient à inventer des plaisirs factices quand la nature vient leur en offrir de magnifiques, à profusion et à si bon compte !
- I. Soleil. — En mars, la déclinaison du Soleil augmente rapidement. De —7° 51' le 1er mars, elle passe à + 3° 53' le 31, La durée du jour croît fortement pendant ce mois. Elle sera de 10 11 53 m le 1er et de 12 11 44m le 31. Ces durées sont celles de. la présence du centre du Soleil au-dessus de l’horizon de Paris.
- Le printemps commencera le 21 mars à 14".
- Voici le temps moyen à midi vrai, pendant le mois de mars, o’est-à-dire l’heure marquée par les horloges bien réglées, lorsque le centre du Soleil passe au méridien de Paris.
- Dates. . Heure du passage. Dates. Heure du passage.
- Mars 1er 12" 3 m S Mars 17 11 h 59 ™ 20s
- — 3 12 3 53 — 19 11 58 45
- —- 5 12 2 27 — 21 11 58 10
- 7 12 1 59 — 23 11 57 34
- -- 9 12 1 30 — 25 11 56 47
- — 11 12 0 59 — 27 11 56 21
- - 13 12 0 27 — 29. 11 55 44
- - 15 11 59 54 — 31 11 55 7
- L’ombre d’un fil à plomb, aux heures ci-dessus, dessine sur le sol, très exactement, la Irace du méridien de Paris.
- Observations physiques. — L’étude fréquente du Soleil permet de déceler les phénomènes rapides ou imprévus dont cet astre serait le siège et qui, sans une observation renouvelée fréquemment, risqueraient de passer inaperçus. Voir dans le Bulletin de la Société astronomique de France les variations de l’activité solaire d’après les observations faites chaque mois à l’Observatoire de Meudon.
- II. Lune. Les phases de la Lune pendant le mois de mars seront les suivantes :
- P. L. le 4, à 10" 36 D. Q. le 11, à 5 " 15'
- N. L. le 19, à 7" 51 » P. Q. le 27, à 5" 4“
- Age de la Lune, le 1er mars, à 0 " = 111,5; le 20 mars, à 0" — 01,7. Pour avoir Page de la Lune, à une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 20.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune : le 12 mars, à 6" = -— 28° 33’; le 27 mars, à 0" = + 28° 30'.
- Périgée de la Lune, le 4 mars, à 11 ". Diamètre = 33' 30”. Distance = 357 420 km.
- Apogée de la Lune, le 17 mars, à 23". Diamètre = 29' 24”. Distance = 407 200 km.
- Occultations d étoiles par la Lune. — Le 1er mars, occultation de c Gémeaux (gr. 5,5). Immersion à 2 " 20 »*. —- Le 9, occultation de 64 G. Balance (gr. 5,8). Emersion à 2 11 20 m,5. — Le 23, occultation de ; Bélier (gr. 4,8). Immersion à 18" 41 m,5. — Le 29, occultation de 134 B. Gémeaux (gr. 6,5). Immersion à 0" 29"',.). Le 29, occultation de À Cancer (gr. 5,9). Immersion à 1"19m. - Le 30, occultation de 107 B. Lion (gr. 6,3). Immersion à 18" 48»,5. — Le 31, occultation de 37 Lion (gr. 5,5). Immersion à l"13m.
- Marées. Les plus grandes marées du mois se produiront à 1 époque de la pleine Lune du 4 mars. Voici, pour Brest, les coefficients, en centièmes, de quelques-unes de ces plus grandes marées.
- Dates. Matin. Soir
- Mars 3 82 91
- — 4 100 107
- — 5 112 I 15
- — 6 117 116
- — 7 113 109
- - - 8 102 94
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1931, contient les principaux renseignements pour rechercher les planètes pendant le mois de mars.
- Mercure sera en conjonction supérieure avec le Soleil le 15 mars, à 0". Il est inobservable ce mois-ci.
- Lumière zodiacale. — La lumière zodiacale se présente dans les conditions les plus favorables pour être observée le soir, dès l’arrivée de la nuit, en l’absence de toute lumière artificielle.
- Elle apparaît comme un long fuseau vaporeux couché au milieu des constellations zodiacales. Son bord austral paraît plus net que le bord boréal. Noter les limites de la lueur repérées par rapport aux étoiles.
- La meilleure période pour observer la lumière zodiacale sera celle de la nouvelle Lune du 19 mars, c’est-à-dire celle qui s’étendra du 10 au 20 mars.
- 1. Toutes les heures données dans le présent « Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel, compté de 0" à 24", à partir de 0" (minuit). Le temps universel est le temps du méridien dé Greenwich. C’est le temps légal en France.
- Vénus est encore très bien visible le matin et brille d’un magnifique éclat à l’arrivée de l’aurore.
- Mars est encore visible presque toute la nuit. Son diamètre diminue, il est encore accessible aux instruments moyens. Mars sera stationnaire le 8 mars, à 14".
- On pourra observer les petites planètes Eros, Gérés et P allas aux positions ci-après :
- Eros, la 433e des petites planètes, dont nous avons entretenu nos lecteurs dans les précédents « Bulletins astronomiques « sera, le 8 mars, à cette position :
- Date. Ascension droite. Déclinaison.
- Mars 8 9"36m,7 — 25° 47' '
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- ASTRE lentes • JV1 ars Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (]) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. ' Diamètre apparent Constellation et étoile voisine. VISIR1LJTÉ
- 5 6“ 29 12 11 2 >“ 27s 17 1 37 23“ 1 — G° 19' 32 18 ',0 Verseau )
- Soleil . . . 15 0 9 11 59 54 17 52 23 38 ..... _ 2 24 32 7,2 Poissons »
- 25 0 48 11 5 G 57 18 7 - 0 14 + i 33 32 7,2 Poissons
- 5 0 2 G 11 4 16 37 22 27 — 12 4 4,8 Verseau y
- Mercure. 15 G 14 12 1 17 45 • 23 35 4 27 5,0 Poissons 1 nobservable.
- 25 G G 12 32 18 58 0 4 G + 4 45 5,2 Poissons
- r» /, 30 9 7 13 38 20 3 - 19 1 18, G Capricorne j
- Vénus . . . 15 4 23 9 15 13 57 20 51 17 1 17,2 Capricorne Le malin, à l’aube.
- 25 4 IG 9 23 14 19 21 38 — 14 12 1G,0 y Capricorne
- 5 12 54 21 1 5 9 8 2 + 24 22 11,6 Cancer
- Mars . . . 15 12 18 20 23 4 28 8 2 + 24 0 10,G Cancer Presque toute la nuit.
- 25 11 48 19 49 3 51 8 7 J- 23 24 9,6 Cancer
- Jupiter . . 1 5 11 G 19 7 3 8 G 4 G + 23 18 38,0 ( iémeaux Presque toute la nuit.
- Saturne. 15 3 39 7 55 12 1 1 19 32 — 21 29 14,2 Sagil taire Avant l’aurore.
- Cranus . . 15 G 50 13 15 19 40 0 53 + '» 59 3,2 189 P Poissons Inobservable.
- .Neptune . . 15 15 51 22 44 5 37 10 24 4- 10 4 G 2,4 i Lion Presque toute la nuit.
- 1. Celle colonne donne l’heure, en Icm/jts universel, du passage au méridien de Paris.
- Cérès, la première des peliles planèles, découverte par Pia/./.i, le 1er janvier 1801, punira être recherchée aux empla-
- céments ci-dessous
- Dates. Ascension droite. Déclinaison.
- Mars 8 13“ 14 111,4 4- 9° 27'
- — 10 13 9, G + 10 14
- - 24 13 3, G 4- 10 58
- I/erreur de l’éphéméride, en déclinaison, peut, atteindre ' 8\2.
- Cérès arrivera en opposition le 5 avril prochain et atteindra la grandeur 7,1.
- Pallas, la seconde des petites planètes, pourra être reeher-
- ehée aux oppositions ci-après :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison
- Mars 8 10 “ 10 m,5 — 4° 33
- • — IG 10 6, 4 — 1 2
- Jupiter est observable la plus grande partie de la nuit. Rappelons que cette planète, en raison de son grand diamètre angulaire, peut être observée avec les plus petits instruments. Ceux-ci permettent, également de suivre les très curieux phénomènes produits par les satellites dans leur révolution autour de la planète centrale. En voici la liste pour le mois de mars (voir tableau ci-contre)
- On remarquera la curieuse disposition des satellites I, 11 et IV à gauclie de Jupiter, le 20 mars, à 22".
- Nous rappelons ci-après en quoi consistent les phénomènes du système des satellites de Jupiter :
- 1J. c. — Commencement du passage d’un satellite devant la planète.
- P. f. — Fin du passage d’un satellite devant la planète.
- O. c. — Commencement du passage de l’ombre d’un satellite sur le globe de la planète.
- O. î. — Fin du passage de l’ombre d’un satellite sur le globe de la planète.
- Im. Disparition d’un satellite derrière le globe de Jupiter.
- Em. - Réapparition d’un satellite après son passage derrière le globe de Jupiter.
- Phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Date Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Date Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 1 0“ 14“ il lin. 11 22“ 47 m IV Em.
- 1 0 28 1 P. c. 12 1 57 111 O. L
- 1 1 33 1 O. c. IG 1 24 1 lui.
- 1 2 43 1 P. f. IG 22 38 1 P. c.
- 1 i 2 I 41 1 Im. 16 23 51 1 O. c.
- •> 1 5 1 E. L 16 23 53 11 P. e.
- 2 18 52 11 P. c. 17 0 53 I P. L
- -> 18 5 G 1 P. c. 17 19 52 1 Im.
- •> 20 l) 1 O. c. 17 23 25 1 E. i.
- •> 21 8 11 U. c. 18 18 20 1 O. c.
- *> 21 0 J P. f. 18 18 23 II Im.
- 2 21 39 11 P. f. 18 19 21 I P. f.
- 2 22 17 1 O. I. 18 20 35 I O. L
- 2 23 58 11 O. L 18 21 31 III P. e.
- 3 19 34 I E. f. 18 23 40 11 E. 1.
- 3 22 35 IV O. c. 19 0 50 III P. L
- 4 1 59 IV U. L 20 18 33 11 O. L
- 4 18 29 11 E. L 20 20 8 IV O. L
- 4 18 33 1.11 O. c. 22 19 54 111 E. L
- 4 21 57 111 O. L 24 0 31 I P. e.
- 8 2 19 1 P. c. 24 21 46 1 Im.
- 8 23 32 I Im. 25 1 21 1 E. L
- 9 20 47 1 P. c. 25 19 0 1 P. c.
- 9 21 22 II P. c. 25 20 15 1 O. c.
- 9 21 57 I Ü. c. 25 20 55 11 Im.
- 9 23 1 I P. L 25 21 14 I P. f.
- 9 23 46 II U. c. 25 22 30 I O. L
- 10 0 9 II P. L 26 1 24 III P. c.
- 10 o 11 I O. L 26 19 49 I E. f.
- 10 18 0 I Im. 27 1.8 32 11 P. f.
- 10 21 30 1 E. L 27 21 11 II O. 1.
- 11 18 40 1 0. f. 29 1 13 IV E. e.
- 11 19 44 IV Im. 29 18 36 III Em.
- 11 21 1 III P. f. 29 20 2G 111 E. e.
- 11 21 4 II E. f. 29 22 54 ni E. L
- 11 22 33 III O. c. 31 23 41 i Im.
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- E. c. — Commencement de l’éclipse d’un satellite dans le cône d’ombre de Jupiter.
- E. f. — Fin de l’éclipse d’un satellite après son passage dans le cône d’ombre de Jupiter.
- Jupiter sera stationnaire le 7 mars, à 8h.
- Saturne est un peu visible le matin, avant l’aurore, dans la constellation du Sagittaire. Il faut attendre un mois ou deux pour l’observer dans des conditions assez satisfaisantes.
- Uranus est inobservable.
- Neptune, qui s’est trouvé en opposition le 24 du mois dernier, est encore visible presque toute la nuit. Voici quelques
- positions où on pourra le rechercher.
- Date. Ascension Déclinaison Diamètre
- droite. apparent.
- Mars 5 10 " 25 m + 10° 40' 2",4
- — 15 10 24 + 10 46 2, 4
- — 25 10 23 -f 10 51 2, 4
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 1er, à 10 u, Mercure en conjonct. avec i Verseau (gr. 4,3)
- Le 1er, à 10", Mars,
- Le 3, à 19", Neptune Le 9, à 13", Vénus
- Le 13, à 16 ", Saturne Le 15, à 5 h, Vénus Le 19, à 16", Mercure Le 20, à 18", Uranus Le 26, à. 7“, Mercure Le 27, à 14", Jupiter Le 28, à 22", Mars Le 31, à 5", Neptune
- à 0° 4- S. la Lune, à 1° 12 S.
- à 2° 56' S. p Capricorne (gr.4,8) à 0° 10' S. la Lune, à 5° 34' N.
- à 5° 37' N. à 0“ 8' N. à 0° 43' S. Uranus, à 0° 47 N. la Lune, à 5° 0' S.
- à 2° 12' S. à 3° l'S.
- Etoiles variables. — Les minima suivants de l’étoile variable Algol (fi Persée) sont visibles à l’œil nu : le 7, à 0 " 7 111 ; le 9, à 20 " 56 “ ; le 29, à 22 h 41 ».
- Etoiles filantes. — Deux essaims d’étoiles filantes sont surtout actifs en mars. En voici la liste d’après l’Annuaire du Bureau des Longitudes :
- Dates. Ascension Déclinaiso n Etoile
- droite. voisine.
- Mars 7 233° — 18° P Scorpion
- — 7 244° + 15° y Hercule
- Temps sidéral. — Le temps sidéral, à 0" du méridien
- Greenwich, aura les valeurs suivantes :
- Le 1er mars 1931 10" 31 » 21s
- Le 6 — 10 51 3
- Le 11 — 11 10 46
- Le 16 — 11 30 29
- Le 21 — - 11 50 12
- Le 26 — 12 9 54
- Le 31 12 29 37
- V. Constellations.
- L’aspect de la voûte céleste le
- 1er mars, à 21 ", ou le 15 mars à 20", est celui-ci :
- Au Zénith : La Grande Ourse; les Gémeaux; le Cocher. Au Nord : La Petite Ourse; Céphée ; Cassiopée.
- A l’Est : Le Bouvier; la Vierge; la Chevelure de Bérénice. Au Sud : L’Hydre; le Corbeau; la Coupe; le Petit Chien. A l'Ouest : Le Taureau et le Bélier descendent sur l’horizon;
- Orion s’incline et va bientôt disparaître ainsi que la constellation de la Baleine. Nous allons jeter un dernier coup d’œil au ciel d’hiver qui se couche pour faire place aux étoiles du printemps, moins éclatantes peut-être, mais non moins belles.
- Em. Tou ch et.
- -......LA RADIOPHONIE PRATIQUE =
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES CONSTRUCTION D’UN APPAREIL SIMPLE
- L’EMPLOI ACTUEL DES POSTES A GALÈNE
- Les postes à galène ont été les premiers utilisés par les amateurs de radiotélégraphie d’abord, et de radiophonie ensuite. Ils sont demeurés les plus simples et les moins coûteux, puisqu’une installation complète d’un poste récepteur de ce genre avec ses accessoires ne coûte guère plus de 100 francs à l’heure actuelle.
- Un appareil à galène n’est sans doute ni très sensible, ni sélectif, et ce manque de sélectivité provient de sa résistance ohmique relativement faible, puisqu’elle ne dépasse guère quelques centaines d’ohms. Tout débutant qui veut utiliser un tel appareil ne peut tenter ainsi de recevoir que des émissions locales avec un casque téléphonique, bien qu’on signale quelquefois d’excellentes réceptions de grandes émissions européennes obtenues avec un simple poste à galène, à la campagne, il est vrai, et au moyen d’antennes de grande longueur bien dégagées.
- La plupart des auditeurs de T. S. F. veulent à l’heure actuelle non seulement recevoir les émissions des principales stations
- européennes, mais encore écouter ces émissions en haut-parleur ; on conçoit donc que la vogue de tels récepteurs ne puisse augmenter, mais il demeure encore, il faut le reconnaître, une masse assez grande du public qui continue, et avec raison, à employer ces appareils. Il faut noter, d’autre part, que l’établissement de stations d’émission régionales de plus en plus puissantes dans certaines villes de province a pu amener dans ces villes mêmes et dans leur banlieue l’établissement correspondant d’un très grand nombre de postes à galène. Le réseau de radio-diffusion coloniale dont l’organisation est prévue dans un avenir prochain, peut provoquer également l’emploi d’un très grand nombre de récepteurs de ce genre, puisqu’ils semblent tout spécialement désignés pour être utilisés par les indigènes, et même par les colons, l’emploi des postes à lampes étant toujours rendu difficile par la rareté relative des secteurs de distribution, et les difficultés d’emploi des accumulateurs et des piles dans les contrées tropicales.
- Le manque de sélectivité de ces détecteurs est dû, nous l’avons noté,-à la fqiblesse relative de leur résistance interne et, d’autre part, la détection se fait sans aucune amplification,
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- Fig. 1.
- Différents montages de postes à galène.
- 1. Accord en direct. — 2. Accord en Tesla. —3. Montage Bourne. — 4. Emploi d’un circuit filtre intermédiaire. — 5. Circuit filtre en série.— 6. Deux filtres intermédiaires. — 7. Circuit filtre agissant par induction.
- (Les schémas 4 et 6 ont été indiqués dans La Nature il y a plusieurs années,
- par M. Duroquier.)
- ce qui n’est pas le cas, on le sait, pour les lampes détectrices à réaction par utilisation de la courbure de caractéristique grille, qui se comportent comme des détecteurs « suivant la loi du carré », c’est-à-dire que la tension redressée est alors proportionnelle au carré de la tension appliquée à la gri lie.
- Il ne semble pas possible, dans les conditions actuelles, d’augmenter la sensibilité des appareils à galène, sinon en adoptant des cristaux sélectionnés ou sensibilisés artificiellement. De même, l’utilisation des relais microphoniques plus ou moins complexes n’a jamais donné de résultats bien probants. Par contre, il est assez facile d’augmenter leur sélectivité, du moins dans certaines limites.
- Au lieu d’utiliser un simple montage d’accord « en direct » on peut adopter un montage d’accord en Bourne, en Tesla, ou même utiliser des circuits-fdtres plus» ou moins complexes (fig. 1).
- Cependant, la plus grande qualité d’un poste à galène est justement sa simplicité, aussi, en général, ne convient-il pas de compliquer par trop le réglage d’accord, lorsqu’on veut augmenter la sélectivité, et
- il vaut mieux se contenter la plupart du temps d’utiliser un montage en autotransformateur, qui est, en réalité, le montage en Oudin primitivement employé sur (les postes à galène, mais réalisé sous une forme beaucoup plus moderne (fig. 2).
- Les montages en Oudin adoptés sur les premiers postes à galène étaient, en effet, formés de bobinages cylindriques effectués à l’aide de fil émaillé enroulé en hélice sur des cylindres en carton, isolés ou non par un vernis. Les spires de fil étaient dénudées, suivant deux génératrices, et des curseui'S venaient glisser le long de ces génératrices en permettant de mettre en circuit le nombre de spires nécessaires dans le primaire d’antenne, et le secondaire relié au détecteur.
- A l’heure actuelle, il est beaucoup plus simple de se servir comme bobinages d’accord d’enroulements en nids d’abeille du type ordinaire ou duo-latéral ou encore de bobines en fond de panier avec une prise sur ce bobinage qui peut simplement être médiane, ou placée, par exemple, au tiers du bobinage comme le montre la figure 3.
- L’antenne est donc couplée en auto-transformateur avec le circuit d’accord, et le circuit d’antenne n’est formé que par la moitié, le tiers, ou les deux tiers du bobinage. Le circuit du détecteur peut être, d’autre part, branché, de même, sur une partie séulement du bobinage, afin de réduire l’amortissement du circuit d’accord, et d’augmenter la sélectivité. Le circuit secondaire est accordé à l’aide d’un condensateur variable à air, de modèle très simple, de 0,5 millième à 1 millième de microfarad.
- Un tel montage olîrc ainsi le .maximum d’avantage qui peut être réalisé pratiquement, et, d’autre part, il est facile de monter dans un même poste deux bobines à prise médiane fixes placées à angle droit, et qu’on peut mettre à volonté en
- circuit au moyen d’un commutateur à deux directions.
- On augmenterait sans doute encore un peu la sélectivité en accordant aussi exactement le primaire d’antenne à l’aide d’un condensateur variable, ou bien; plus simplement, si l’antenne est assez longue, en mettant un petit condensateur fixe en série. C’est même ce procédé qu’il est indispensable d’utiliser si l’on adopte comme antenne un fil du secteur. On pourrait, comme nous l’avons déjà indiqué, adopter un montage d’accord encore plus complexe, mais cela ne semble pas présenter d’avantages très grands (fig. 4).
- On reproche aussi quelquefois au poste à galène la difficulté et l’instabilité du réglage du détecteur; en effet, la position de la pointe du chercheur sur un point sensible du cristal, et la pression de cette pointe sur la surface doivent être réglées avec très grand soin. Une telle recherche ne permet pas, pourtant, en général, dans les détecteurs ordinaires, d’obtenir un résultat constant, parce que la moindre trépidation peut modifier ce réglage minutieux. Il est bon, pour cette raison, d’adopter des cristaux artificiels, sensibilisés, présentant une « plage » très large de points sensibles, et, autant que possible, des détecteurs à « chercheurs » multiples, et nombreux points de contact, qui, par leur principe même, réduisent l’instabilité de ce réglage.
- Fig. 3.
- Schémas de postes à galène modernes réalisés avec des bobinages en nid d’abeilles ou en fond de panier à « prise » fixe.
- 1. Montage classique avec bobine à prise médiane. — 2. Le déplacement de la connexion du détecteur permet de réduire l’amortissement. 3. La prise pratiquée au tiers de l’enroulement de la bobine augmente la sélectivité.
- Fig. 2.
- Le poste en Oudin, de type classique, réalisé avec une bobine à deux curseurs.
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- D’autre part, on pourrait se demander s’il n’est pas possible de substituer au cristal de galène ordinaire une autre matière possédant les mêmes propriétés détectrices, mais per-
- Monlayc perfectionné de punie à yalenc.
- Bobinage à prises multiples de 60 spires pour les ondes courtes, de 150 à 200 pour les ondes moyennes (suivant longueur de l’antenne et rapacité du condensateur variable).
- mettant d’obtenir un réglage beaucoup plus stable, et l’on a proposé, par exemple, d’employer des détecteurs à cristal de carborundum, à cristal de zincite, etc.
- Ces détecteurs sont, en général, réalisés de façon très différente du détecteur à galène parce que le contact rectifiant réalisé par un métal ou par un autre cristal est obtenu dans ce cas non pas à l’aide d’une faible pression, comme dans les détecteurs à galène, mais par un serrage énergique qui peut atteindre deux kg de pression au minimum; ce sont donc des appareils beaucoup plus indéréglables.
- Cependant, ces détecteurs présentent l’inconvénient d’être beaucoup moins sensibles, et c’est pourquoi il semble difficile de conseiller leur emploi pour remplacer le détecteur à galène ordinaire (lig. 5). Par contre, il semble intéressant de les utiliser pour réaliser la détection, non pas dans les postes à galène, mais... dans les postes à lampes !
- Il pourrait être sou vent recommandable, en effet, de substituer à la détection par lampe la détection par galène dans les postes à lampes, lorsqu’on veut obtenir une très grande pureté
- Détecteur
- Fig, 6.
- Comment on peut transformer une lampe détectrice classique en amplificatrice haute fréquence ou moyenne fréquence suivie d’un détecteur au carborundum.
- d’audition et diminuer les « bruits de fond»; il faut bien entendu, dans ce cas, avoir un détecteur très stable, , mais la sensibilité devient beaucoup moins essentielle. Il n’y a rien de plus facile que de remplacer dans un montage quelconque une
- lampe détectrice par un détecteur au carborundum de ce genre (lig. 6). La résistance de ce détecteur est relativement assez grande, et, on peut de cette manière obtenir de bons résultats; en particulier, lorsqu’on veut réaliser un amplificateur haute fréquence, ou même un appareil à changement de fréquence destiné à être placé en avant d’un amplificateur de puissance genre amplificateur phonographique, pour obtenir une audition en haut-parleur très pure et avec une grande puissance, il est fort intéressant d’établir un montage de ce genre comportant, par exemple, une lampe haute fréquence et un détecteur au carborundum, monté suivant le schéma indiqué par exemple par la ligure 7.
- LA SÉLECTIVITÉ, QUALITÉ DE PLUS EN PLUS DIFFICILE A OBTENIR
- ( )n nous annonce eniin que les grandes stations d’émissions parisiennes ; lladio-Paris, le Pelil Parisiei^ sinon, semble-t-il, le poste de l’Ecole supérieure des P. T. T., vont être' trans-
- 1 ?3i*56789!9
- FîtJ. 5.
- Le déiecleur au carborundum.
- En haut : Aspect du détecteur. — Au-dessous : Courbes montrant la conduction unilatérale du système : AB est obtenue dans le sens de la conduction, la courbe AC dans le sens inverse.
- portées dans la banlieue. Cette nouvelle doit être bien accueillie des amateurs parisiens, puisqu’elle leur permettra beaucoup plus facilement l’écoute des émissions étrangères sans être gênés par les émissions locales.
- Mais, si nous considérons la plupart des émissions européennes, nous voyons pourtant que leurs longueurs d’ondes, ou plutôt leurs fréquences, puisque c’est la fréquence et non la longueur d’onde qu’il faut considérer lorsqu’il s’agit de discuter les problèmes de la sélectivité, sont très souvent très proches les unes des autres, et quelquefois même diffèrent d’une quantité inférieure aux 10 lcilocycles réglementaires.
- L’amateur qui veut donc entendre la plupart des émissions européennes doit toujours posséder un poste très sélectif, et ce problème de la construction des postes très sélectifs devient de plus en plus difficile à résoudre, on peut le noter, depuis une période assez récente, en raison de l’apparition de deux facteurs dont l’importance est rapidement devenue essentielle.
- D’une part, les amateurs de T. S.. F. ont pris l’habitude, et nous l’avons déjà noté dans la revue à plusieurs reprises, d’entendre avec plaisir les reproductions phonographiques
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- réalisées avec des appareils électriques, et ils veulent en radiophonie obtenir des auditions de qualité équivalente, donc sans distorsion notable; d’autre part, l’emploi des postes-secteur
- 80v
- Détecteur
- Vers amplificateur de puissance
- Fig. 7.
- Schéma d’un montage récepteur radiophonique comportant une lampe haute fréquence à résonance suivie d'un détecteur au car-borundum et destiné à être placé en avant d'un amplificateur phonographique,
- A. Bobinage d’accord. — B. Bobine de résonance à prise médiane. — T. Transformateur basse fréquence.
- se généralise peu à peu, du moins pour les usagers, malgré les difficultés de toutes sortes soulevées par leur réalisation.
- Il est bien difficile d’établir un appareil très sélectif permettant d’obtenir en même temps une audition très puissante sans aucune distorsion, et il est encore plus difficile d’établir un appareil-secteur qui possède ces deux qualités. Nous avons déjà donné sur ce sujet quelques indications' dans les numéros précédents-; rappelons seulement que l’appareil du type secteur est plus ou moins indirectement relié à la terre par ses
- Aux Etats-Unis, on a pris l’habitude d’utiliser de nombreux étages d’amplification haute fréquence à résonance, accordés, en général, au moyen de plusieurs condensateurs que l’on manœuvre à l’aide d’un bouton unique, et, au contraire, de ne pas avoir, en réalité, de systèmes de montage d’accord réglable ; on se contente souvent d’intercaler dans le circuit d’antenne une bobine de choc ou même simplement une résistance (fig. 8). De la sorte, on diminue les difficultés du réglage d’accord, et l’on peut réaliser des appareils à réglage unique fonctionnant assez bien. Mais il faut considérer que, dans ce pays, on ne considère qu’une seule gamme de longueur d’onde de 200 à 500 mètres environ, et qu’on adopte généralement comme antenne un simple fil isolé de quelques mètres de longueur. C’est un procédé que l’on commence aussi à utiliser en France sur quelques appareils sensibles, et nous avons pu voir récemment des appareils, comportant plusieurs étages haute fréquence à résonance munis de lampes à grille écran alimentés par le secteur, établis pour fonctionner de cette manière.
- Il semble que c’est là, d’ailleurs, la seule solution que l’on puisse recommander pour résoudre ce problème de la sélectivité dans les postes-secteur. On a sans doute essayé à l’étranger d’avoir recours à des montages assez compliqués à filtres complexes sur lesquels, d’ailleurs, nous aurons l’occasion de revenir. Il est encore trop tôt pour se prononcer sur la valeur de ces montages, bien que leur principe soit déjà ancien. Peut-être, n’ont-ils pas donné aux Etats-Unis les résultats que l’on en attendait, puisque nous voyons actuellement une tendance assez nette de retour du public vers les montages superhétérodynes, ce qui semble très curieux, puisque ces montages avaient été à peu près complètement abandonnés, au profit justement des dispositifs à haute fréquence à résonance réalisés avec des lampes à grille écran.
- Ce qu’on reproche souvent en France à l’heure actuelle à certains postes à changement de fréquence, c’est leur sélectivité trop accentuée, qui mutile parfois la bande des fréquences acoustiques, et produit une déformation musicale marquée, sensible aux oreilles exercées des amateurs mélomanes.
- Il est sans doute difficile de concilier là sélectivité accentuée, nécessaire pour l’élimination des émissions locales dans les grandes villes où sont établis des postes émetteurs, avec les qualités « musicales » exigées aujourd’hui à juste raison, mais il semble pourtant possible, et l’expérience le confirme, de réaliser un appareil de ce type possédant ces deux qualités plus ou moins contradictoires.
- La valeur des résultats obtenus dépend, semble-t-il, du soin avec lequel est étudiée la construction générale du poste, et surtout des constantes du « Tesla » de liaison et dés transformateurs moyenne fréquence. Ces organes doivent jouer, en effet, le rôle de filtres passe-bande, et laisser passage seulement, mais en totalité, à la bande des fréquences musicales de 10 à 12 ltilocycles. Cette question fait également partie du problème intéressant et très général de la réalisation des filtres en T. S. F., sur laquelle nous reviendrons prochainement.
- P. Hémardinquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits
- Fig. 8.
- Poste récepteur américain à trois lampes haute fréquence à résonance et circuit
- d’antenne apériodique.
- Condensateurs de résonance accordés
- 0.001? M FO 0,00016 M FO
- o y-
- OJMFB
- vers le secteur
- 00000.? iooooo.
- Postes et détecteurs à galène et au carborundum.
- connexions d’alimentation, ce qui augmente les difficultés de HUrm,14,rue Jean-Jacques Rousseau, Paris; Chalot, 43, rue Richer,
- l’accord et, entre autres inconvénients, diminue le pouvoir Paris. Radio-Amateurs, 46, rue Saint-André-des-Arts, Paris. Etablis-directif du cadre. sements Lefébure, rue Mayet, Paris (6e).
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- LIVRES NOUVEAUX
- La mécanique ondulatoire et les nouvelles théories quantiques, par A. Haas, traduit de l’allemand par . A. Bogros et F. Esclangon. 1 vol., 198 pages, Gauthier-Villars et Cie, Paris, 1930. Prix : 30 i'r.
- L’ouvrage de M. Haas a eu en Allemagne un grand succès, justifié par ses remarquables qualités de clarté. Sous une l'orme élémentaire, accessible à tout lecteur quelque peu cultivé, il expose les idées directrices des théories nouvelles, mécanique ondulatoire de Louis de Broglie et de Schrôdinger, mécanique quantique de Heisenberg, mécanique des matrices de Born et Jordan, principe d’indétermination de Heisenberg, principe d’exclusion de Pauli, mécaniques statistiques de Bose-Einstein et de Fermi. Il met en relief la genèse de ces théories diverses, ainsi que les liens profonds qui les relient les unes aux autres. Enfin il montre comment elles répondent aux faits connus et fait ressortir les remarquables confirmations numériques qu’elles ont reçues de l’expérience ainsi que les phénomènes nouveaux qu’elles ont fait découvrir. Les uns et les autres impliquent un appareil mathématique assez complexe, que l’auteur se borne à indiquer, se contentant de mentionner les résultats, sans entrer dans le détail des démonstrations, mais il s’attache à bien mettre en évidence l’enchaînement des idées fondamentales et, par là, à donner un aperçu d’ensemble, juste et complet, du mouvement qui révolutionne actuellement la physique moderne. Ce petit livre parfaitement traduit constitue donc un guide excellent, non seulement pour ceux qui ne désirent que des vues générales sur les théories récentes, mais peut-être plus encore pour ceux qui veulent en aborder l’étude complète dans les ouvrages spéciaux et les mémoires originaux.
- Etoiles et atomes, par A. S. Eddingtôn, traduit de l’anglais par J. Rossignol. 1 vol. IX-188 p., 13 fig. Hermann et Cie, Paris, 1930. Prix : 35 i'r.
- L’astronome anglais Eddingtôn, aujourd’hui illustre par ses recherches théoriques sur la constitution des étoiles, est en même temps qu’un savant aux vues profondes un vulgarisateur d’immense talent, qui sait mettre à la portée d’un vaste public les questions en apparence les plus abstraites et les plus hérissées de difficultés. L’ouvrage « Etoiles et atomes » dont M. Rossignol nous offre une excellente traduction est d’une lecture réellement passionnante; l’auteur y présente, en les dégageant de tout appareil mathématique, les conclusions souvent surprenantes, mais vérifiées expérimentalement auxquelles l’ont conduit sur la structure des étoiles ses recherches théoriques, fondées sur les données les plus récentes et les plus sûres de la physique atomique. Il nous fait assister au bouleversement qu’ont, produit dans l’astronomie, des découvertes récentes comme la détermination directe du diamètre de la composante brillante de l’étoile triple Algol qui a apporté une'remarquable vérification de la relation établie par la théorie entre la masse et l’éclat d’une étoile, comme la détermination de la masse et de l’éclat du compagnon de Sirius qui nous révèle une matière 60 000 fois plus dense que l’eau.
- Non moins remarquables sont les conséquences qui se dégagent de l’étude des spectres stellaires interprétés à la lumière des connaissances récentes acquises .dans les laboratoires; ils nous donnent les plusprécieux renseignemènts sur l’état de la-matière dans les étoiles, et nous révèlent des transformations jusqu’ici inaccessibles à nos moyens terrestres. L’auteur arrive ainsi à exposer ses propres vues sur la constitution et l’évolution des étoiles, conditionnées par leur rayonnement et leur circulation au milieu de la matière intersidérale dont l’existence est aujourd’hui prouvée, brouillard subtil répandu dans tout l’espace et qui constitue les nébuleuses, là où il s’accumule.
- Bref on trouve dans ce beau livre sous une forme accessible à tous un magnifique tableau des plus récentes conquêtes de l’astronomie stellaire et des spéculations théoriques qui s’échafaudent sur elles.
- L’astronomie de l’amateur, par E. Doublet. 1 vol., 94 pages, 26 fig. J.-B. Baillière et fils, Paris 1930. Prix : 6 fr.
- I,'auteur n’a pas eu l’intention d’enseigner l’astronomie à ses lecteurs; il a simplement voulu attirer leur attention sur l’importance des questions que cette science étudie, sur l’intérêt qu’elles offrent à quiconque est doué d’un esprit curieux et réfléchi.
- Traité des maladies du ver à soie, par A. Paillot. 1 vol. in-8, 286 p., 99 fig. G. Doin et Cie, Paris, 1930. Prix : 40 fr.
- Ce livre, dit M. Marchai dans la préface, marque une étape des plus importantes vers la solution des problèmes posés par la pathologie du ver à soie. Une à une, l’auteur aborde dans une étude approfondie, toutes les formes morbides qui sévissent dans les magnaneries, envisageant chaque question sous toutes ses faces et la soumettant aux divers procédés d’analyse que peut aujourd’hui suggérer la méthode expérimentale. Tous les chapitres même ceux qui traitent des maladies antérieurement les mieux connues, telles que la pébrine et la musc.ar-dine, portent la marque d’un travail personnel et essentiellement
- original. Mais c’est principalement dans l’étude qu’il consacre à la grasserie et aux dysenteries microbiennes que M. A. Paillot fait œuvre de novateur, en montrant le rôle insoupçonné que jouent les virus filtrants associés aux bactéries dans la genèse des maladies à polyèdres et des maladies intestinales qui jusqu’ici avaient été plus ou moins confondues sous le nom de ilacherie.
- Experimental-Zoologie, par Hans Phzibram, vol. vu, Zootechniken. 1 vol. in-8, *269 p., 10 pl. Franz Denticke, Leipzig et Vienne, 1930. Prix : 30 M; relié, 45 M.
- Le 7° volume de la Zoologie expérimentale du professeur de l’université de Vienne est un excellent manuel de technique zoologique et biologique. L’auteur expose la méthode expérimentale, puis énumère les moyens de recherche : musées, ménageries, stations maritimes, d’eau douce, terrestres, spéléologiques, polaires, tropicales, laboratoires expérimentaux. Il décrit ensuite les moyens de capture, de transport, de conservation, d’élevage des animaux, puis les possibilités d’expérimentation qu’ils offrent. Il indique les principales techniques d’analyse et de mesure et les moyens d’expression des résultats. 11 termine enfin par des listes de manuels, de périodiques où se trouvent publiées les recherches de cette nature.
- Agenda aide-mémoire agricole et viticole pour 1931, par G. Wery, 1 vol. in-18, 432 p. J.-B. Baillière et lils, Paris. Prix : 11 fr. ; relié, 22 fr.
- L’agriculture moderne a sans cesse besoin de renseignements qui se traduisent par des chiffres, dont les colonnes longues et ardues ne peuvent s’enregistrer dans son cerveau. Aussi lui laut-il un aide-mémoire qui puisse lui apporter instantanément ce qu’il réclame. Ce manuel doit être présenté sous une forme particulière : celle de l’agenda de poche. C.’est peut-être sur son champ même que le cultivateur en aura subitement besoin. C’est ce qu’a bien compris M. G. Wery. Son Agenda aide-mémoire est une œuvre de fine précision scientifique et de solide pratique culturale.
- On connaît la grande valeur de cet agenda dans lequel le cultivateur trouve tous les renseignements dont il a besoin : des tableaux pour la composition des produits agricoles et des engrais, pour les semailles et rendements des plantes cultivées, la création des prairies, la détermination de l’âge des animaux domestiques, l’hygiène et le traitement des maladies du bétail, la laiterie et la basse-cour, la législation rurale, les constructions agricoles, les tarifs de transports applicables aux produits agricoles, des tableaux de comptabilité pour les assolements, les engrais, les ensemencements, les récoltes, l’état du bétail, le contrôle des produits, les achats, les ventes et les salaires et même la météorologie, l’électricité et la T. S. F.
- La petite vénerie ou la chasse au chien courant
- par Adolphe d’Houdetot, 1 vol. in-4, 282 p., 40 dessins d’Horace Vernet. Librairie cynégétique Nourry, Paris, 1930. Prix : 75 fr.
- La belle collection des Maîtres de la Vénerie vient de s’enrichir d’un nouveau volume, illustré comme tous les précédents par un artiste contemporain de l’auteur. Horace Vernet et Adolphe d’Houdetot sont deux maîtres qui, chacun dans leur domaine, éveillent une idée d’élégance, de jeunesse et de vie; ils étaient faits l’un pour l’autre. La Petite Vénerie est un livre tout à fait original. Il s’adresse aux chasseurs sans fortune ou à demi fortunés, dont tout l’équipage se réduit à quelques bons , chiens. Adolphe d’Houdetot est persuadé, pour l’avoir expérimenté, que l’on peut chasser le cerf, le chevreuil, le1 sanglier, le loup et vingt autres bêtes plus ou moins rapides, et les forcer, sans posséder un nombreux équipage. L’hallali pour être moins bruyant n’en est pas moins victorieux. L’auteur décrit chaque espèce de chasse, dans un style limpide et agréable, avec le ton familier et la gaieté d’un vieux praticien s’adressant à de jeunes confrères.
- Relief photographique à vision directe, photographies animées et autres applications des réseaux lignés ou quadrillés, par E. Estanave. l vol. in-8, 143 p., 59 fig. Meiller, 71, boulevard Lamouroux, Vitry-sur-Seine, 1930. Prix : 18 fr. 75.
- Nos lecteurs connaissent les travaux de l’auteur par l’exposé qu’il en fit dans La Nature du 30 juin 1926. Il expose ici le principe de la méthode et les applications multiples qu’il en a su trouver à la vision du relief, à la photographie animée, à l’obtention de la couleur et du relief sur une même plaque, aux couleurs changeantes, aux synthèses d’ombres, à la radiographie stéréoscopique, etc. Une des réussites les plus remarquables est certainement la photographie intégrale d’un filament de lampe électrique au moyen de 1150 clichés pris sur une même plaque.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- MÉCANIQUE
- Le nouveau funiculaire aérien du Schauinsland : premier funiculaire suspendu établi suivant le système circulaire.
- Le funiculaire aérien du Schauinsland (Forêt-Noire), installé par la maison Heckel, à Sarrebruck, est le premier chemin de fer suspendu d’après le système circulaire, affecté au service des voyageurs, où les voitures, accouplées à l’arrêt, se suivent à des intervalles donnés et constituent un cycle fermé, il a son point de départ près de Friedrichshof, à 474 m, et son terminus
- Fonctionnement au maximum, 900 m; moyen, 1800 m; au minimum, 3600 m.
- Nombre de voitures sur la ligne : fonctionnement au maximum, 8; moyen, 4; au minimum, 2.
- Nombre total des voitures à voyageurs : 10, dont 2 au moins à l’arrêt aux stations.
- Pour le transport des bagages (skis, etc.), on a prévu, en outre, une voiture circulant en cas de besoin.
- Les câbles porteurs sont subdivisés au milieu de la ligne, ce qui réalise une excellente compensation des différences de tension. Solidement ancrés aux deux stations, ils sont main-
- Fig. 1. — Le funiculaire du Schauinsland.
- sur la crête de Schauinsland, à environ 1220 m d’altitude. Les principales données de cette installation sont : Longueur du funiculaire, environ 3600 m.
- Différence d’altitude entre les stations, environ 746 m. Rendement dans les deux sens, par heure, 660 personnes. Vitesse de marche de 0 à 4 m/seconde.
- Durée de la course :
- Fonctionnement au maximum (8 voitures), 17-1/2 minutes; moyen (4 voitures), 16-3/4 minutes; au minimum (2 voitmes) 15-1/2 minutes.
- Capacité de chaque voiture, 27 personnes.
- Intervalle entre voitures, à service maximum, 4-1/2 minutes. Distance entre voitures :
- tenus à tension constante par des contrepoids librement suspendus.
- A l’entrée et à la sortie des stations, où les voitures passent du câble aux rails stationnaires, on a prévu des selles dites déviatrices, comme l’inclinaison de l’aiguille du rail par rapport au câble porteur n’est que de 1 pour 100, le passage est parfaitement insensible.
- Deux câbles tracteurs assurent la propulsion des voitures, en sorte qu’en cas de rupture d’un câble, il en reste un autre pour retenir leur poids ; le dispositif d’arrêt ne constitue alors qu’une réserve supplémentaire augmentant la sécurité du service. Le moteur actionnant les câbles tracteurs se trouve à la station supérieure; leur dispositif tendeur, à la station
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- Fig. 2. — Une voiture montante.
- inférieure. Le moteur commande, par un engrenage cylindrique et conique, un disque de 5 m de diamètre. Outre un frein électromagnétique et un frein manuel, on a prévu, à la périphérie de ce disque, un frein principal à fonctionnement manuel. Un régulateur de vitesse actionne le frein
- Fig. 3. — La station supérieure. Au centre : cabine du mécanicien.
- électromagnétique, dès que la vitesse devient excessive.
- Les cabines sont en métal léger, ce qui i'éduit leur poids; elles comportent 12 places assises. Un téléphone permet de communiquer avec le mécanicien posté à la station supérieure.
- En entrant dans la station, les voitures se découplent automatiquement. Les câbles tracteurs sont disposés de façon que les voitures puissent passer librement sur eux. Les voyageurs ayant quitté la voiture, le mécanicien conduit celle-ci sur le rail suspendu jusqu’à l’endroit où se fait l’accouplage.
- Dr Alfred Gradenwitz.
- Vhélicoptère d’Ascanio.
- Malgré de nombreux échecs, le problème de l’hélicoptère n’est pas abandonné par les inventeurs. Récemment, à Milan, un appareil italien imaginé par M. d’Ascanio, et dont nous reproduisons ci-dessous la photographie, a réussi a battre
- Fig. 1. — L’hélicoptère d’Ascanio en vol à Milan (ph. Keystone).
- les principaux records pour ce genre d’appareils. Monté par le pilote Marinello Nelli, il a tenu l’air 8 m 45 s; il a volé sur une distance de 1078 m et a atteint l’altitude de 18 m. Records bien modestes encore. Mais, il y a moins de 25 ans, quand l’avion faisait ses débuts, des records du même ordre étaient, ne l’oublions pas, accueillis avec enthousiasme.
- PHYSIOLOGIE
- Pourquoi le lapin meurt=il quand on le tient verticalement ?
- En 1868, Regnard avait observé qu’un lapin meurt lorsqu’on le place verticalement, la tête en haut. Salathé, puis Richat avaient expliqué ce fait par l’anémie cérébrale résultant du trouble de la circulation. M. Miguel Ozorio de Almeida vient de reprendre la question et il en donne une autre explication dans les Comptes rendus de la Société de Biologie. Le lapin mis debout meurt par épuisement des muscles respiratoires thoraciques; en cette position les viscères abdominaux descendant tirent sur le diaphragme, l’immobilisent, et comme-la respiration du lapin est surtout diaphragmatique, il s’asphyxie. La preuve qu’il en est bien ainsi, c’est qu’il suffit de serrer le ventre par une ceinture pour que l’animal continue de respirer normalement et survive. Le lapin placé la tête en bas ne s’épuise pas et ne meurt pas.
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- PETITES INVENTIONS
- CHAUFFAGE
- Chauffe=eau à accumulation au gaz « Otermal ».
- Jusqu’à présent le chauffage de l’eau dans les habitations se faisait soit avec une chaudière, soit et surtout à l’aide d un
- Fig. 1. — L’Otermal.
- chauffe-bains. Ce dernier appareil est resté classique durant de longues années, malgré ses très nombreuses imperfections et son danger réel. Il n’est pas inutile de rappeler que lé chauffe-bains exige toujours un très gros compteur à gaz, des canalisations de très fortes sections et une évacuation que les règlements de police en vigueur obligent à monter au niveau du toit de la maison où est employé l’appareil.
- Le chauffe-bains a de plus certains inconvénients de fonctionnement : son rendement est le plus souvent médiocre, son débit d’eau chaude, quoique continu, est relativement faible; enfin il présente malheureusement des dangers que de nombreux accidents ont mis en évidence: le calage de la valve à gaz avec éclatement de l’appareil, ou bien le refoulement dans la conduite de ventilation avec le risque d’asphyxie, ou encore l’extinction de la veilleuse à la fermeture du robinet de puisage, le gaz se répandant ensuite à flots dans la pièce au moment de la réouverture de ce robinet, etc.
- Pour démocratiser la distribution de l’eau chaude dans les maisons et faciliter par là la diffusion des installations sanitaires, il fallait donc créer des générateurs d’eau chaude automatiques, sans aucun danger, d’un rendement élevé, pouvant s’installer sans changement ni de compteur, ni de canalisations et sans exiger une évacuation des gaz brûlés; enfin ces appareils devaient rester d’un prix abordable.
- Tel est le problème que s’est posé la Société Crystal et qu’elle a résolu au moyen de l’appareil « Otermal ».
- Le chauffage économique de l’eau par cet appareil repose sur le principe suivant : on chauffe lentement la quantité d’eau chaude nécessaire pour les besoins normaux correspondant.à une durée égale au temps de cette chauffe, par exemple, si en cinq heures on a besoin de 100 litres d’eau à 85 degrés, on prendra un appareil de 100 litres et on chauffera en cinq heures au plus; cette eau chaude s’accumulera dans le réservoir. Lorsque toute la masse sera chaude, le brûleur se mettra de lui-même en.veilleuse par une valve thermostatique très sensible, et ensuite l’eau se conservera indéfiniment chaude1 grâce à la très faible chaleur dégagée par la veilleuse et surtout à cause de l’enveloppe calorifuge du réservoir qui limite les déperditions à une très faible valeur.
- Disons de suite que ce mode de chauffage est des plus écono-j miques, puisque le litre d’eau à 85° revient, à Paris, à deux’ centimes et demi environ. L’Otermal est entièrement automatique, on n’a jamais à s’en occuper ; tout fcdanger est complètement aboli, aucune manœuvre n’est à faire : l’appareil chauffe son eau, se met en veilleuse et tient son eau indéfini-
- ment prête pour tous les besoins, avec une dépense insignifiante.
- Cet appareil ne nécessite pas de ventilation; il est toutefois préférable de le placer, si cela est possible, dans une pièce possédant une aération naturelle, telle que cuisine, etc.
- Il est établi po"ur recevoir la pression d’eau de la ville; on peut, si on le désire, l’alimenter seulement par un réservoir placé au-dessus du par une bâche à flotteur, ou bien encore par la pression d’eau de la ville directement.
- La sortie d’eau chaude s’effectue à la partie supérieuie derrière la cheminée, il suffit de raccorder cette sortie d’eau à la distribution d’eau chaude sans autre précaution si l’appareil marche sous la pression de la ville.
- Pour un temps de chauffe de 5 heures environ, la consommation horaire maximum est de 410 litres de gaz environ pour la chauffe et de 40 litres de gaz à l’heure pour la veilleuse. Le gaz fermé, la température baisse de 1° à l’heure.
- Avant livraison, chaque appareil a été éprouvé à une pression de 10 kg; il a été également essayé soigneusement à chaud et réglé.
- Constructeur : Société anonyme Crystal, 15, rue Hégésippe-Moreau, Paris.
- La tablette rationnelle pour radiateurs de chauffage central.
- Le chauffage central par radiateurs à eau chaude possède de grands avantages. Il présente aussi quelques petits inconvénients. Tout le monde a remarqué que la poussière se déposait sur les murs ou les tentures au-dessus des radiateurs; on aperçoit au bout de quelque temps, sur des papiers neufs, par exemple, des traînées noirâtres d’effet bien désagréable. Ce curieux phénomène semble pouvoir s’expliquer par le fait que les fines poussières restent mieux en suspension dans l’air chaud que dans l’air froid : la viscosité de l’air, comme celle de tous les gaz, augmente en effet avec la température. L’air chaud qui monte au-dessus des radiateurs contient donc plus de jmussières que l’air plus froid du reste de la pièce; mais il se refroidit au contact des murs et alors les particules trop grosses ne peuvent rester en suspension. Elles tombent et une partie d’entre elles s’accroche aux parois. Il y a là un phénomène comparable à certains égards à celui de la condensation de la vapeur d’eau sur les parois froides.
- Un autre désagrément du chauffage central est qu’il crée dans
- Fig. 2. — L'armature de la tablette rationnelle
- T atmosphère de la qfièce chauffée une sécheresse relative. La quantité de vapeur d’eau que peut contenir un même volume d’air augmente en effet rapidement avec la température,
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- un volume d’air saturé à la température extérieure, par exemple, qui ne peut plus provoquer l’évaporation d’eau, sera très éloigné de la saturation si on le réchauffe de 15 ou 20 degrés, ou même davantage en hiver. Cette sécheresse relative provoque, dans les pièces chauffées, une évaporation active de toutes les substances susceptibles d’émettre de la vapeur d’eau : le corps humain d’abord, le bois des meubles qui, de ce fait, subissent des retraits susceptibles de les détériorer, etc. En ce qui concerne le corps humain, les hygiénistes ont établi qu’à chaque température correspondait un certain degré d’humidité nécessaire dans l’atmosphère de la pièce pour réaliser le confort maximum.
- D’où la nécessité d’humidilier artificiellement l’air des pièces chauffées par radiateurs. Il existe, aux Etats-Unis, des systèmes automatiques pour satisfaire ce besoin. Mais on peut bien souvent se contenter du système primitif qui consiste à placer sur le radiateur un récipient de surface suffisante, rempli d’eau qui s’évapore naturellement, et d’autant plus que la température est plus élevée.
- L’inventeur de la « Tablette rationnelle » a eu 1 idée de
- Fig. 3. — Disposition du filtre et du réservoir saturateur.
- combiner un appareil, du reste très simple, assurant à la fois la protec tion des murs contre les poussières et l’humidification de l’air.
- C’est une tablette, d’aspect élégant, que l’on dispose à la partie supérieure du radiateur qu’elle recouvre sur toute sa longueur. Elle est formée d’un réservoir, indépendant bien entendu de la circulation du chauffage et qui recevra l’eau destinée à l’évaporation : cette eau sera au besoin parfumée et antiseptisée. Le réservoir est en contact direct avec les radiateurs et l’eau s’échauffe par convexion et conductibilité.
- La tablette, par sa présence, a déjà pour effet de dévier le courant d’air chaud ascendant et de l’écarter du mur, au moins partiellement. Mais, la tablette rationnelle est construite de telle sorte que l’air qui aurait tendance à monter entre le radiateur et le mur rencontre dans son parcours et est forcé de traverser un filtre placé à côté du réservoir; ce filtre retient une grande partie des poussières; il les retient d’autant mieux que ce filtrage s’effectue à proximité immédiate de la vapeur d’eau issue du réservoir, et que celle-ci facilite l’agglomération des poussières sur le filtre, qu’il suffira de nettoyer de temps à autre.
- • Constructeur : La Tablettej rationnelle, 24, rue des Tourelles, Paris.
- OBJETS UTILES Le Stylofixol.
- Voici un petit appareil formant à la fois pot à colle et pinceau sans poils. La forme extérieure est celle d’un petit obus, muni à la partie supérieure d’une molette en caoutchouc. Lorsqu’on désire se servir du stylofixol, on retourne l’appareil, la colle vient au contact de la molette qui, appuyée sur le papier,
- Fig. 4. — Lue extérieure et coupe du Stylofixol.
- trace une raie de colle nette, sans bavures ni poils de pinceau.
- L’appareil est hermétique et la colle ne se dessèche point.
- Pour le transport et avant le premier emploi, une rondelle de papier serrée entre les parties filetées supérieures et inférieures, isole la molette.
- L’appareil est en bakélite qui a l’avantage d’empêcher la fermentation de la colle, et aussi le collage de la molette au repos. Celle-ci au contact du papier se déforme et brise la pellicule de fixol qui a pu se former.
- En vente, 210.6/s,- avenue du Général-Michel-Bizot, Paris et Librairie Hachette, 79, boulevard Saint-Germain, Paris.
- Appareil électrique pour rhume de cerveau.
- Un appareil récemment imaginé utilise une résistance électrique pour assurer le traitement des muqueuses nasales, au moyen d’un courant léger d’air sec et chaud.
- L’appareil est composé d’un récipient en aluminium avec une partie supérieure isolante qui s’applique sur le nez et la bouche. Le pied de l’appareil renferme une résistance chauffante électrique sur laquelle doit passer l’air inhalé.
- Pour tenir l’appareil commodément et sans fatigue, même en lisant si on le désire, on a prévu une poignée. Naturellement un fil souple électrique raccorde le système à une prise de courant et la consommation est insignifiante.
- Lorsque l’appareil vient d’être branché, il faut attendre quelques minutes, 5 environ, pour que la chauffe soit suffisante.
- On prend alors l’appareil par la poignée et l’on emboîte intérieurement le nez et la bouche en partie dans l’ouverture oblongue de l’appareil. On respire alors d’une façon normale par le nez, s’il est seul atteint; par la bouche entr’ouverte, si la gorge est enflammée. On active l’effet du traitement en étendant sur la plaque perforée une gaze hydrophile imbibée de quelques gouttes d’une solution appropriée.
- Constructenr : Rupafiey, 27, rue de Liège, Paris.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Orientation des fourmis (N°“ 2845 et 2848).
- « M. le Dr Rabaud, professeur à la Sorbonne, répondant à notre article sur l’orientation des fourmis, fait observer que « nous nous sommes donné beaucoup de mal pour montrer que la lumière solaire sert de repère à certaines fourmis et les maintient dans une direction donnée «. « Les expériences, écrit-il, ne manquent d’ingéniosité, mais elles ne fournissent pas une démonstration décisive ». M. le Professeur Rabaud s’est mépris sur le but principal que nous poursuivions, qui était non pas de démontrer que le soleil sert de guide à la fourmi, mais bien de faire la preuve que cette dernière n’obéit pas à un sens des angles-, et il nous a paru que nos expériences démontrent bien l’absence de ce prétendu sens chez la fourmi. Lorsque nous écrivions : « C’est la lumière solaire et non un sens des angles qui, au retour, permettra à la fourmi isolée de retrouver son orientation vers le nid », c’est ce dernier point que nous voulions démontrer, et ce n’est qu’in-directement que nous sommes arrivé à cette conclusion que la fourmi
- demande au soleil les éléments de son orientation, conclusion qui avait été formulée avant nous et que nos expériences semblaient simplement confirmer.' Nous n’avons jamais eu l’intention de laisser dans l'oubli les très remarquables travaux du DrSantschi, pas plus que ceux de V. Cornetz. Nous reconnaissons pleinement le mérite de ces deux éminents auteurs dont les observations sur l’orientation des fourmis font autorité, et que nous considérons personnellement comme des maîtres. »
- Dr SÉVERIN ICARD.
- La télévision à l'Exposition de T. S. F. de Berlin (voir n° du 15 nov. 1930).
- L’auteur nous prie d’indiquer, à propos des appareils de la Fernseh A.G., que cette Société dont le Baird Télévision Ltd à Londres, fait partie, exploite en Allemagne les procédés Baird, bien connus maintenant de nos lecteurs.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Rectification.
- Le Crgolilhe. (Voir n° 2847. Une mine unique au monde). La formule de ce lluorure douille d’aluminium et de sodium est Al-F°, 6 NaF et non A1*F4, 0 NaF, comme il a ôté imprimé par suite d’une coquille.
- Pourquoi le ciel est bleu.
- On admet aujourd’hui que la couleur bleue du ciel est due principalement à la diffusion de la lumière par les molécules gazeuses de la haute atmosphère. Lord Rayleigh père a prouvé que le rapport entre l’intensité de la lumière ainsi diffusée et celle du faisceau lumineux incident, pour les diverses radiations, varie en raison inverse de la 4° puissance de la longueur d’onde. La diffusion ne s’exerce donc pratiquement que sur les radiations violettes. Vous trouverez une étude complète de la question dans l’article de M. Boutaric : « la couleur bleue du ciel et des mers », La Nature, n° 2782, 1er avril 1928, pages 315 à 317.
- Réponse à M. Eiirman à Paris.
- Comment traiter le linge piqué de moisissures.
- Lorsque par suite de circonstances indépendantes de la volonté de la ménagère, le linge reste quelque temps humide et en tas, il s’y développe avec facilité toute une flore de moississures dont la matière colorante exsudée se fixe sur la fibre et que les savonnages sont parfois impuissants à faire disparaître.
- Si le mal n est pas trop accentué, le procédé anodin suivant donne le plus souvent un bon résultat :
- Faire dissoudre dans un verre d’eau tiède :
- Sel ammoniac : 15 grammes.
- Sel de cuisine 15 grammes.
- Imbiber les taches de cette solution, puis exposer au grand air jusqu’au lendemain, laver ensuite à l’eau chaude et répéter au besoin l’opération.
- Au cas où ce traitement se serait montré insuffisant, on préparerait un bain tiède en prenant :
- Eau ordinaire : 1000 centimètres cubes
- Eau oxygénée : 200 centimètres cubes. «
- Ammoniaque liquide : 15 centimètres cubes.
- Le linge piqué y sera immergé et maintenu pendant 3 à 5 heures en « poignassant » fréquemment suivant l’expression des teinturiers-dégraisseurs.
- Après quoi, on fera une exposition à l’air ainsi qu’il a été dit précédemment, il ne restera plus alors qu’à rincer à l’eau claire, les taches ayant très certainement disparu, .
- N. B. — Bien entendu, s’il s’agissait de tissus teints du genre des tissus-de table mauve, bleu-clair, citron, etc., tout traitement énergique serait à éviter, car la couleur pourrait disparaître avec la tache.
- Réponse à M. Clerc à Bordeaux.
- Préparons nous=mêmes une bonne encre pour tirages de cyclostyles.
- Tout le monde connaît le système d’obtention d’épreuves multiples, par encrage au travers d’une feuille de papier préparé, perforée au moyen d’une molette minuscule ou cyclostyle; les encres nécessaires pour cette opération sont parfois vendues très cher alors qu’en réalité elles sont de préparation extrêmement facile, il suffit en effet de prendre :
- Savon de Marseil le............................. 200 grammes
- Eau non calcaire..............................150 —
- Glycérine..................................... 250 —
- Violet de Paris.................................. 70 —
- Le savon réduit en copeaux est mis à macérer au bain-marie, dans l’eau jusqu’à dissolution complète (remplacer à mesure l’eau qui aurait pu s’évaporer), faire ensuite dissoudre le violet de Paris et après celui-ci ajouter la glycérine.
- Une fois en possession de la niasse pâteuse, y incorporer successi-
- vement :
- Huile de lin siccativée..................... 200 grammes
- Kaolin en poudre impalpable.................130 —
- N. B. — Le broyage doit se faire longuement au mortier de façon à assurer une grande finesse aux molécules, ce qui permettra à l’encre de passer au travers des perforations. Là est seulement la condition essentielle de réussite, c’est ce qui fait la supériorité des produits commerciaux préparés au moyen de broyeurs mécaniques, mais un peu de patience peut, chez l’amateur, suppléer facilement à ce handicap.
- Moulins Nielsen à Malines.
- Un schampoing réellement économique.
- La plupart des produits de parfumerie nous sont offerts à des prix qui, s’ils sont justifiés par la qualité des parfums, ne le sont guère, le plus souvent, par les éléments réellement essentiels qui en justifient l’emploi.
- C’est ainsi que l’on pourra préparer un excellent schampoing à très bon marché, en prenant :
- Dose pour un lavage de tête :
- Savon noir................................... 10 grammes
- Carbonate dépotasse............................. 10 —
- Eau non calcaire................................150 —
- Eau distillée de roses.......................... 40 —
- Glycérine....................................... '5 —
- Faire dissoudre le savon et le carbonate de potasse dans l’eau tiède, laisser refroidir, puis incorporer successivement l’eau de roses et la glycérine; conserver en flacons bien bouchés jusqu’au moment de l’emploi.
- N. B. — Choisir de préférence un savon noir peu odorant de façon
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- que son odeur propre soit complètement masquée par celle de l’eau de roses.
- Réponse à M. Corin à Liège.
- Pour coller le caoutchouc au cuir.
- La préparation suivante permet de coller très solidement le caoutchouc au cuir, prendre pour cela :
- Gomme para pure........................... 95 grammes
- Gomme laque ................................. 55 —
- Térébenthine de mélèze. . ................... 55 —
- Cire de candelila............................ 40 —
- Sulfure de carbone...........................755
- Faire digérer le caoutchouc dans le sulfure de carbone pendant plusieurs jours dans un flacon bien bouché, en agitant fréquemment, ajouter ensuite les résines pulvérisées, ainsi que la cire en copeaux et laisser à nouveau macérer avec agitations répétées, jusqu’à obtention d’un produit homogène.
- N. B. — Dans l’industrie, la dissolution est favorisée par intervention de chaleur en autoclaves, mais l’amateur doit se contenter d’une digestion à froid, le chauffage du sulfure de carbone présentant de grands dangers d’incendie.
- Réponse à M. Hourcastagné à Ortiiez.
- Mettons des titres dorés au dos de nos livres.
- L’application des titres dorés au dos des livres ne présente pas de grandes difficultés et chacun avec un peu d’habileté peut réussir ce petit travail qui présente en outre l’avantage d’ôtre fort peu coûteux. Voici comment il faut opérer :
- On enduit la partie qui doit porter le titre d’une solution de blanc d’œuf, faite en délayant un blanc d’œuf dans trois fois son volume d’eau. On laisse bien sécher et passe avec un pinceau une légère couche d’huile d’olives, puis on applique une feuille d’or battu qui est ainsi retenue par l’huile.
- Eu égard au prix de la matière, on a soin de décoüper la feuille d’or juste aux dimensions, le transport se-fait avec un pinceau à poils longs et doux que l’on passe légèrement sur la joue que l’on a frottée d’un peu de graisse. .....
- Ensuite, on tamponne avec -un coton pour faire adhérer la feuille. R reste alors à fixer l’or aux endroits voulus, pour cela on chauffe le fer à dorer ou le composteur portant le titre et on appuie fortement.
- I.’or qui a été en contact avec le métal chaud reste sur le cuir et résiste au frottement ; au contraire, dans les parties non chauffées, l’or inutile peut être enlevé avec un tampon d’ouate.
- Le chauffage du fer demande un peu d’habitude, mais elle s’acquiert facilement; s’il y a excès de chaleur la dorure est ternie, l'insuffisance empêche l’or de prendre. L’outil doit être posé bien d'aplomb et sans pression exagérée, qui empâterait les caractères.
- • - Réponse à M. Posada, Colombie. p,-S. — La préparation des papiers décalcomanies nécessite un outillage industriel spécial; dans le cas qui vous occupe, le mieux serait, à notre avis, de fixer par la chaleur sur les cierges le papier doré découpé et estampé.
- 2° La corne se ramollit dans l’eau chaude légèrement alcalinisée par l’ammoniaque.
- 3° Nous avons donné dans le n° 280S, page 430, le moyen de faire des tampons imprimeurs en caoutchouc. Veuillez bien vous y reporter.
- Comment on peut préparer une poudre phospho= rescente.
- D’après les recherches de Verneuil, les meilleurs résultats sont obtenus, pour réaliser un produit phosphorescent en prenant : Coquilles d’Llippopus vulgaris . . . . ... • 100 grammes
- (Huîtres pied de cheval)
- Soufre pulvérisé............... 30 —
- Sous-nitrate de bismuth................... 1) gr. 20
- Alcool à 95°. . . ........................100 cent, cubes.
- On laisse s’évaporer l’alcool, puis on chauffe le mélange au rouge cerise pendant vingt minutes.
- Réponse à M. Bouillon à Sens.
- N. B. — On trouve dans le commerce des produits phosphorescents spécialisés, par exemple :
- « L’Irradiante ». Etablissements Cohendy, 26 bis, rue Charles-Baudelaire, Paris.
- « Radiana ». Maison Sauvage, 23, boulevard des Italiens, Paris.
- De tout un peu.
- Filature de Bischwiller. — La formule que nous avons reproduite, d’après la Revue de chimie industrielle, pour l’obtention des planchers magnésiens est une formule brute des éléments constituants : magnésie et chlorure de magnésium, mais ceux-ci doivent être employés sous certaines conditions sous peine de non réussite. Voici, d’après la documentation que nous possédons, quelles sont les principes essentiels à observer :
- La magnésie calcinée est mélangée avec de la sciure de bois dur dans la proportion de une de magnésie pour trois et demi de sciure en volumes. Le mélange est peu à peu arrosé d’une solution de chlorure de magnésium à 22 pour 100 jusqu’à ce qu’une poignée, serrée dans la main, reste assemblée, mais cependant, ne laisse pas suinter le liquide.
- La matière humectée est étendue aussi régulièrement que possible sur l’aire, à l’aide d’un outil en bois léger.
- Puis la surface est finalement travaillée avec une truelle en fer et la masse est abandonnée au durcissement, ce qui demande deux ou trois jours.
- Si on désire une masse colorée, on ajoute du rouge indien, de la terre de Sienne ou de l’ocre à la magnésie, avant de commencer l’opération.
- La qualité de la magnésie dépend de la calcination dans un four spécial entre 750° et 950°, d’un minerai 1res pur.
- La concentration de la solution de chlorure de magnésium doit être observée avec soin elle doit être de 22 pour 100, car employé à 24 pour 100, il y aurait une dilatation lâcheuse de lu couche après son application.
- Vous pourrez vous procurer les matériaux magnésiens dans les maisons suivantes : Blanc, 88, boulevard Magenta; Etablissements Teneé, 34, rue de la Justice, à Aubervilliers; lven, 22, rue des Acacias, Villemonble, Seine. Société des produits magnésiens de Villeneuve d’Aveyron, 136, rue de Vaugirard, à Paris.
- M. C. Jean à Paris. — Les fougères ont leurs organes de fructification placés à la face inférieure des feuilles, ils ont l’aspect de points jaunâtres constituant les sporanges lesquels renferment les spores.
- De cette observation, il résulte que pour détruire les fougères, il faut pratiquer un fauchage des tiges avant maturité des spores et leur diffusion. Les tiges coupées doivent être transportées au dehors et brûlées. Ces opérations devront être répétées à mesure de l’émission de nouveaux rejets par les rhizomes traçants.
- D’autre part, comme les fougères vivent suitout en terrains acidc-s, il convient de modifier leur habitat en répandant sur l’endroit où elles se sont établies de la chaux éteinte en poudre. Avce un peu de persévérance on obtient assez facilement la disparition de ces végétaux.
- 1VI. Loison à Clichy. — Nous ne connaissons pas la spécialité à laquelle vous faites allusion, il serait nécessaire de nous en faire parvenir un échantillon pour que nous ayons sur ce produit une appréciation.
- M. Peyrac à Lyon. — Vous obtiendrez très facilement un produit analogue aux compositions vendues pour lisser le bord tranchant des faux cols et manchettes en prenant :
- Talc en poudre ................... 35 grammes
- Paraffine . . . ........................ 65 —
- Amener la paraffine à fusion au bain-marie (80° C) incorporer le talc, continuer à remuer jusqu’à consistance pâteuse, pour éviter la séparation üu talc, couler en moules cylindriques ou tout simplement en petites boites de carton, laisser refroidir et démouler.
- M. Boutan à Courbevoie. — Pour remettre en état votre statuette de plâtre patinée en terre cuite, commencer par enlever l’ancienne patine dont les écailles produiraient des surépaisseurs du plus disgracieux effet.
- Passer ensuite une couche de blanc gélatineux que l’on trouve chez tous les marchands de couleurs et que Ton aura délayé dans un peu d’eau tiède, de façon à obtenir un lait demi-fluide. Teinter suivant le ton que Ton veut réaliser, avec une couleur minérale en poudre telle que rouge d’Angleterre, ocre jaune, vert minéral employée seule ou en mélange et rabattue au besoin par une pointe de noir de fumée.
- Donner successivement deux couches de cet enduit en prenant soin de laisser bien sécher la première couche, avant d’appliquer la suivante.
- Le Gérant G. Masson.
- 356. — Paris, lmp. Lahure. — 2-1-1931.
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et O, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI • C Seine : /5.a3^ Tel Littré 48-92 et 48-93,
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- Tarif intérieur, France et Colonies 12 mois (24 n°4),' 70 fr. 5 — 6 mois (12 n#,b 35 fr.
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- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n01), 85 fr. ; — 6 mois (12 n°*), 43 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarif n° 1 \ “................. 90 fr.
- — ..... ( Six mois.................................. 45 fr.
- Tarif extérieur n° 1 valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques ; Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Costa-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Estkonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Honduras Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Nicaragua, Panama Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie {U. R, S. S.}, San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud Uruguay, Venezuela.
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- N" 2851
- LA NATURE
- 15 Février \ 93 \
- = L’ASTRONOMIE FRANÇAISE DEPUIS 1870 =
- Après la révocation de Le Verrier en tant que directeur de l’Observatoire de Paris (5 février 1870), on lui donna pour successeur le plus éminent de ses adversaires, Charles Delaunay (1810-1872), bien connu pour ses immenses travaux sur les mouvements de la Lime. Celui-ci avait conçu de grands projets, mais la guerre ne lui permit pas de les réaliser.
- Dès qu’on ne put se dissimuler l’imminence d’un siège
- instruments et on allait se lïàler enlin d’en faire usage, mais on n’avait pas prévu la Commune. Pour ne pas être forcés de la servir, les jeunes astronomes se retirèrent, et il ne resta que MM. Delaunay et Marié-Davy. Ce dernier était chef du service météorologique. Ils coururent de grands dangers, car peu s’en fallut que les insurgés ne lissent de l’Observatoire une forteresse, usage auquel l’épaisseur de ses murs le rendait très
- Fig. 1. — Observatoire de Paris. — La grande coupole et le bâtiment principal.
- de Paris, les instruments furent démontés et mis en lieu sûr; les astronomes prirent part, selon leur âge et leurs forces physiques, à la défense nationale. Plusieurs, notamment, se firent les auxiliaires du colonel Laussedat, qui, chaque jour, dressait un plan des travaux de l’ennemi, d’après les rapports des observatoires militaires et les vues panoramiques qu’on y dessinait à grande échelle en s’aidant de lunettes puissantes. Parmi ces astronomes, il faut nommer MM. Lœwy, Périgaud, Folain, Albert Lévy, les frères Henry et, enfin, Sonrel, qui devait finir emporté par une maladie que lui fit contracter son excès de zèle. *
- Après la capitulation, on s’empressa de remonter les
- propre; il y eut même un commencement d’incendie, mais, par bonheur, on parvint à se rendre maître du feu. Il n’y eut à déplorer que la perte d’une petite lunette méridienne étudiée avec le plus grand soin par Yvon-Villarceau. On frémit à la pensée que la bibliothèque et la collection de manuscrits, qui n’a pas d’égale au monde, auraient pu être la proie des flammes. La principale occupation du directeur, pendant les deux sièges, avait consisté à mettre cette collection en oi'dre.
- La paix revenue, M. Delaunay voulait terminer la réobservation des étoiles du catalogue de Lalande, ainsi que la confection de l’Atlas écliptique, entrepris par Chacornac, puis continué par les frères Henry, déter-
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- Fig.
- Observatoire de Toulouse.
- miner les longitudes, par rapport à Paris, de plusieurs villes françaises et étrangères, enfin, donner, dans l’intérêt de la navigation et de l’agriculture, un vif élan aux études météorologiques (1). Le résultat de ces dernières études aurait été condensé dans un grand Atlas physique et statistique de la France, qui aurait rendu de grands services s’il eût été achevé, mais dont Le Verrier fit interrompre la publication; il n’en a paru qu’un petit nombre de cartes.
- C’est alors qu’on monta le grand télescope de 1 m 20 d’ouverture, dont le miroir, que Foucault avait commencé à tailler, fut achevé par Adolphe Martin. Ce télescope n’a jamais rendu les services qu’on en attendait, son miroir se déformant sous l’influence de la pesanteur. Toutefois, il importe de dire que le nouveau directeur de l’Observatoire, M. Esclangon, pense qu’il n’est pas impossible d’en tirer un meilleur parti et il demande qu’on lui donne les moyens de le transformer. A l’heure actuelle, le laboratoire d’optique s’occupe de corriger les défauts de ce miroir. Quant à la monture, il faudra la
- 1. A ce moment, l’observatoire consacré à la physique du globe, que M. Duruy avait créé dans le parc de Montsouris, était rattaché au grand Observatoire.
- refaire presque complètement, car elle est en très mauvais état.
- A cette époque encore, on aménagea, dans la tour de l’Est, de petits logements, à l’usage des jeunes observateurs.
- Mais, aux yeux de M. Delaunay, tout cela n’était que provisoire et son intention formelle était de transporter l’Observatoire en dehors de Paris, du côté de Fontenay-aux-Roses. La mort vint suspendre ses projets; il se noya dans la rade de Cherbourg, le 5 août 1872.
- Après quelques mois où l’interrègne fut confié à M. Loewy, Le Verrier fut réintégré dans ses fonctions. Peut-être sa nomination n’était-elle pas tout à fait régulière, mais le Président de la République, très lié avec le grand astronome, mit le poids de son autorité dans la balance.
- On lira peut-être avec intérêt une lettre (x) que Le Verrier écrivait à M. Thiers, peu après la mort de Delaunay.
- Paris, 1er septembre 1872.
- « Monsieur le Président,
- « Vous avez bien voulu témoigner à mon égard des intentions bienveillantes pour lesquelles je vous prie de recevoir mes remerciements.
- « J’ai dû, pour y répondre, m’inquiéter de savoir si je pourrais remplir cette mission en paix, d’une façon utile à la science et ainsi conforme à vos désirs.
- « Cette information a été rendue facile par la déclaration spontanée des principaux astronomes. Nous avons pensé et conclu que nous pourrions établir une entente sérieuse et donner à la science astronomique le développement désirable.
- « Il me sera donc permis, Monsieur le Président, de me tenir à votre disposition sans abuser de votre bienveillance.
- « Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de mes sentiments de dévouement et de respect.
- « Le Verrier ».
- Fig. 3. — Observatoire de Besançon.
- Delaunay, on le voit, avait réussi à faire regretter son illustre prédécesseur, ce qui eût semblé impossible avant 1870. Pendant cette seconde direction, pour empêcher Le Verrier de céder trop facilement aux impulsions de son mauvais caractère, M. Thiers intervenait personnellement (2). Il n’y réussit pas toujours et plu-
- 1. M. Thiers gardait toutes les lettres qu’il recevait et les faisait relier année par année; cette collection est conservée à la Bibliothèque nationale. Malheureusement, on n’y trouve pas la copie de ses réponses.
- 2. L’astronome et l’homme d’État restèrent en relations jusqu’à la fin. Voici un extrait d’une lettre du directeur de l’Observatoire, datée du 29 janvier 1875 :
- Mon illustre maître,
- Nos affaires scientifiques étant reconstituées, nous rétablissons aussi, comme le dit l’invitation ci-jointe, la soirée mensuelle artistique et scientifique.
- Mon ambition serait d’y voir apporter chaque mois les nouveautés scientifiques, ainsi que cela a lieu à la soirée
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- sieurs astronomes jeunes et pleins de mérite,
- Rayet, Tisserand, Gruey, quittèrent l’Observatoire et cherchèrent des situations en province. Nous les retrouverons.
- Pendant ce temps, que faisait le Bureau des Longitudes?
- Le déci’et de 1854 lui avait enlevé toute ingérence dans les travaux des observatoires.
- Pour la nomination des directeurs de ceux-ci, il n’était pas consulté; de ses anciennes attributions, il ne lui restait plus que la publication de la Connaissance des Temps et de son Annuaire. 11 n’avait même plus de local particulier pour tenir ses séances, en vue desquelles une salle de l’Observatoire, celle dont les fenêtres regardent le palais du Luxembourg, était mise à sa disposition, le reste de l’édifice lui étant interdit. Le Verrier était membre du pjfJ% 4. Bureau, mais on ne le voyait jamais siéger avec ses confrères. Il faisait d’ailleurs très bien, car ses rapports avec ceux-ci étaient de telle nature qu’on aurait pu craindre, aux séances auxquelles il aurait assisté, l’oubli de toute habitude d’urbanité. Depuis 1870, le Bureau a obtenu une installation convenable dans les dépendances du Palais-Mazarin.
- Pour se créer des occupations dignes de lui, le Bureau voulut, de concert avec le Dépôt de la Guerre, entreprendre des travaux ayant pour but de compléter la partie astronomique du réseau géodésique français, et, d’autre part, organiser, avec le concours de la Marine, la détermination précise des positions géographiques de points situés surtout dans les contrées les plus éloignées de l’Europe.
- Mais, pour atteindre ce dernier but, il aurait fallu disposer d’un observatoire où se seraient formés les observateurs et cet établissement était bien difficile à obtenir, vu la dépense nécessaire. Chose singulière, c’est après 1870 que le Bureau réussit à se donner ce laboratoire indispensable. Il possédait bien quelques instruments, mais n’avait point d’emplacement où il pût les installer. On en construisit d’autres, en vue des passages de Vénus sur le disque du Soleil (8 décembre 1874, 6 décembre 1882), qui rappelèrent l’attention du public sur les questions astronomiques. On mit ces instruments à la disposition du Bureau, à qui fut de plus accordée une surface de 3000 mètres carrés dans le parc de Montsouris, en sorte que, grâce à la bienveillance de diverses admi= nistrations et de la Ville de Paris, il eut la jouissance d’un petit observatoire où, sous sa direction, des Officiers de Marine et d’Etat-Major s’initièrent à l’art d’observer. Ils avaient à leur disposition deux salles méridiennes,
- mensuelle du Président de la Société Royale de Londres.
- Ma plus grande ambition serait que vous nous accordiez quelquefois votre précieuse présence. Lorsque telle serait votre intention, je vous serais reconnaissant de m’en informer afin que nous puissions vous attendre avec les égards qui vous sont dus et le dévouement que nous vous portons tous, etc...
- Observatoire de Bordeaux : la grande coupole et les bâtiments méridiens.
- un équatorial de huit pouces d’ouverture et un de six, une lunette photographique et ses accessoires, enfin un pendule pour la mesure de la pesanteur.
- Les observations étaient enregistrées électriquement, ce qui avait l’avantage d’obliger les officiers de Marine à se familiariser avec les piles et les conducteurs électriques, chose de la plus grande utilité, aujourd’hui surtout, car c’est l’électricité qui fait marcher les sous-marins. Un autre avantage était la proximité de l’observatoire météorologique, où les mêmes officiers pouvaient s’exercer aux déterminations du magnétisme terrestre et se préparer à diriger les observations météorologiques, faites jusqu’alors en mer avec trop peu de méthode.
- On créa, vers cette même époque, des Annales où furent publiés les travaux des membres du Bureau ainsi que les observations faites à Montsouris, notamment celles qui concernent la détermination des longitudes de nombreuses villes françaises et étrangères, car ce n’est pas le moindre des services qu’a rendus l’observatoire
- Fig. 5. — Observatoire de Lyon : équatorial coudé.
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- créé par le Bureau des Longitudes que la formation d’observateurs recrutés surtout parmi les officiers de nos armées de terre et de mer, auxquels on doit le lever des cartes de nos colonies et la délimitation de leurs frontières, aussi bien que la révision de la méridienne de France. Parmi ces observateurs, qu’il nous suffise de nommer Crevaux, Flatters, Marchand, Foureau, etc.
- Il y avait jadis, dans nos villes de province, de nombreux observatoires qui n’étaient pas sans avoir rendu à la science des services appréciables, mais, vers le milieu du xixe siècle, il n’en subsistait guère que l’observatoire municipal de Toulouse et celui de Marseille, dont LeVerrier avait fait une succursale rattachée au grand Observatoire de Paris, mais qui, en 1875, reconquit son indépendance sous la direction de Stéphan. L’observatoire de Marseille fut pourvu d’instruments modernes qui ont servi surtout à l’étude des nébuleuses, mais, sans doute faute de moyens pécuniaires, cet, observatoire a peu publié.
- A Toulouse, il y "avait aussi de vieux instruments ne pouvant rendre que peu de services, mais, l’un après
- l’autre, ils retournèrent à Paris où ils figurent au Musée astronomique créé par l’amiral Mouchez, et on leur donna des remplaçants dignes de notre époque. C’est seulement en 1891 qu’à la vieille lunette méridienne, construite par Ramsden pour Cassini IV, fut substitué un cercle méridien de Paul Gautier.
- L’Observatoire de Toulouse a publié sept beaux volumes in-4°, dont le dernier date de 1907. La publication des autres travaux sera sans doute reprise prochainement.
- Parmi les astronomes qui se sont formés à Toulouse, sous la direction de Tisserand et de M. B. Baillaud, il faut nommer Perrotin (1844-1904), mort directeur de l'Observatoire de Nice, et M. Bigourdan, aujourd’hui membre de l’Institut, et qui a dirigé, dès sa fondation, en 1920, le. Bureau international de l’heure, qui, par l’intermédiaire de la Tour Eiffel, transmet, sur toute la surface ‘du globe, des signaux faisant connaître l’heure du premier méridien et donne ainsi aux marins de toutes les nations le moyen de^ déterminer, avec une précision inespérée, la position géographique du point où ils se
- trouvent. C’est un service incomparable rendu aux navigateurs. Depuis le 1er mars 1929, M. Bigourdan s’est retiré et c’est le directeur de l’Observatoire qui surveille en personne cette importante institution.
- Un décret daté du 11 mars 1878 a créé des observatoires à Lyon, à Bordeaux et à Besançon. Ce dernier établissement a ceci de particulier qu’il est à la fois astronomique, météorologique et chronométrique; car, en le créant, on a voulu qu’il fût utile à la principale industrie de la Franche-Comté. Sous la direction de M. Gruey (1837-1902), puis de M. Lebeuf (1859-1929) qu’a remplacé depuis peu M. René Baillaud, l’observatoire de Besançon a poursuivi assidûment l’étude des chronomètres de marine en même temps que celle des montres de poche et nos horlogers français sont maintenant aussi bien pourvus que leurs rivaux de Genève.
- Les observatoires dont nous venons de parler sont, en général, dans de meilleures conditions que celui de Paris. C’est ainsi que celui de Bordeaux se trouve à 6 km du centre de la ville, sur une colline qui s’élève à 72 in au-dessus du niveau de la Garonne et que le terrain de l’observatoire a une surface de 11 hectares environ. Son fondateur et premier directeur, M. G. Rayet (1838-1906), s’était préparé à ses fonctions par un voyage en Italie. 11 visita tous les observatoires de ce pays et les a décrits dans un intéressant volume. Son successeur est M. L. Picart.
- Ce n’est pas à dire que l’Observatoire de Paris soit dans des conditions absolument défavorables pour toutes les observations. En ce qui concerne l’astronomie de position (observations méridiennes, étoiles doubles, parallaxes), les images, bien qu’un peu diminuées en éclat, y sont d’une stabilité parfaite et exceptionnelle.
- Le matériel de ces établissements est partout à peu près le même : un cercle méridien et un ou deux équatoriaux; parfois une lunette photographique. Ajoutons que, pendant longtemps, on y a étudié le magnétisme terrestre, mais qu’on n’a pu continuer, à cause du développement de l’industrie électrique, qui trouble les observations, et, que presque toujours, le directeur de l’observatoire est président de la commission météorologique départementale. Il surveille la publication des observations que cette commission fait faire en ayant recours à la bonne volonté des instituteurs, curés, gardes-forestiers ou agents des ponts et chaussées.
- L’observatoire d’Alger existait avant 1870, mais il avait donné peu de résultats, les moyens d’observation lui faisant défaut. On le confia, en 1880, à M. Trépied (1844-1907), mathématicien de valeur qui avait appris la pratique à Montsouris. Sous sa direction et sous celle de'M. Gonnessiat, son successeur (’), cet établissement
- 1. Antérieurement, M. Gonnessiat avait rempli une mission honorable pour lui et pour la France en dirigeant pendant quelques années l’observatoire de Quito, qui se trouve presque exactement sous l’équateur.
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- a rendu à la science les services que sa position méridionale permettait d’en espérer.
- A Paris, pendant sa seconde direction, Le Verrier continua ses grands travaux de mécanique céleste, bien que sa santé laissât de plus en plus à désirer. Avec une célérité prodigieuse, il donna une suite de mémoires où se trouve la théorie des quatre planètes supérieures, qui présente des difficultés toutes spéciales. 11 mourut le 23 septembre 1877 et, un mois plus tard, Tresca présentait à l’Académie des Sciences ses Tables de Neptune, achevées par son très dévoué et très capable secrétaire,
- M. Caillot.
- On eut quelque peine à la remplacer parce que, des deux candidats possibles, l’un, Tisserand, semblait trop jeune, et, d’autre part, la naturalisation de M. Lœwy, israélite d’origine autrichienne, paraissait trop récente. On se tira d’affaire en nommant un digne et excellent homme, le contre-amiral Mouchez (1821-1892), qui n’était pas astronome, à proprement parler, mais qui s’était fait connaître par ses beaux travaux hydrographiques sur les côtes du Brésil et de l’Algérie, ainsi que par sa remarquable observation du passage de Vénus, faite en 1874 à l’île Saint-Paul, îlot volcanique qui se trouve à peu près exactement entre l’Australie et la pointe méridionale de l’Afrique.
- C’est à la mort de Le Verrier que la météorologie quitta l’Observatoire et fut confiée à un institut distinct, le Bureau central, aujourd’hui Office national météorologique, placé d’abord sous la direction de Mascart (1837-1908), qui prit sa retraite le 31 décembre 1906, et fut remplacé par Angot (1848-1924), auquel a succédé, en 1921, M. le général Delcambre.
- Signalons, à propos de l’O. N. M., une importante innovation due à M. Deslandres : depuis le mois de décembre. 1928, cet établissement reçoit chaque jour, par téléphone, un compte rendu succinct de l’état de l’activité solaire (taches, plages faculaires, protubérances, etc.). Ces renseignements, venant de l’observatoire de Meudon, ne peuvent que faciliter à l’Office le travail nécessaire pour arriver à prédire le temps probable.
- La direction de M. Mouchez fut signalée par un événement important, l’application de la photographie aux observations astronomiques.
- Chacornac, nous l’avons dit, avait commencé à construire un Atlas où l’on aurait trouvé la représentation très détaillée de la partie du ciel où l’on a le plus de chances de trouver des petites planètes ; cette carte s’étendait sur une largeur de 5 degrés de chaque côté de l’écliptique, mais Paul Henry (1848-1905), et son frère Prosper (1849-1903), chargés de continuer cette carte que Chacornac avait dû abandonner quelques années avant sa mort, arrivée en 1873, parvinrent bientôt à des régions où les étoiles étaient si nombreuses, si rapprochées les unes des autres, qu’ils durent renoncer à employer les procédés ordinaires- Ils firent alors appel à leur talent d’opticien et réussirent à construire de
- grands objectifs photographiques permettant d’obtenir la représentation des plus faibles astres, grâce à des poses suffisamment prolongées.
- L’impression fut grande dans le monde astronomique, et une entente internationale s’établit pour la confection d’une carte représentant toute la surface du ciel, ainsi que d’un catalogue où se trouvent les positions, non plus, comme jadis, de quelques milliers d’étoiles, mais de plusieurs millions. Cette innovation transforme complètement le travail des astronomes, car les étoiles ne se relèvent plus une à une, par l’observation directe; ce que l’on étudie maintenant, e’est ce qu’a donné la photographie et il suffit que, sur chaque plaque photographique, il y ait quelques étoiles déterminées par des observations méridiennes. Toutes les autres sont rapportées à celles-là.
- Fig. 8. — La grande coupole de V observatoire de Nice
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- Nous n’insisterons pas davantage sur les applications de la photographie à l’étude du ciel. Ce sujet demanderait un article spécial. Disons seulement que si, à l’heure actuelle, on connaît plus de mille petites planètes, c’est aux travaux des frères Henry qu’on en est redevable.
- M. Mouchez mourut le 25 juin 1892. Son successeur fut Félix Tisserand (1845-1896), astronome de premier mérite, qui était revenu de Toulouse après la mort de Le Verrier, qu’il avait remplacé à l’Institut. Le malheur a voulu que sa direction ait été si courte qu’il ne put guère que continuer les entreprises de son prédécesseur, tout en rédigeant son Nouveau Traité de Mécanique céleste qui continue et complète le grand livre de Laplace.
- Mais l’astronomie de position n’était pas seule cultivée en France. Grâce à Janssen, on avait fait une place importante à l’astronomie physique, ou, comme on dit aujourd’hui, à l’astrophysique.
- Né en 1824, Janssen s’était d’abord destiné aux affaires et il était devenu employé de banque. Mais ses occupations professionnelles ne l’empêchèrent pas de compléter ses études et, à vingt-quatre ans, il fut reçu bachelier ès lettres; en 1860, il était docteur ès sciences et il est un des plus beaux exemples d’autodidactisme que l’on puisse citer.
- 11 se voua presque exclusivement à l’étude du Soleil et mit à profit, pour atteindre son but, les si rares éclipses totales de cet astre, qu’il allait observer dans les contrées les plus lointaines; aussi, peu d’hommes ont-ils voyagé autant que lui. En 1868, notamment, le 18 août, étant aux Indes, il reconnut que les protubérances qu’on voit autour du disque solaire se composent d’hydrogène, découverte capitale qui fut d’ailleurs faite aussi le même jour par M. Rayet, futur directeur de l’Observatoire de Bordeaux, qui se trouvait dans le royaume de Siam. Le 20 octobre 1868, sans avoir connaissance de ces résultats, sir Norman Lockyer fit la même découverte à Londres.
- Le château de Meudon avait été incendié non pas pendant le siège de Paris, mais le 31 janvier .1871, 48 heures après la signature de l’armistice (la combustion dura trois journées entières). Il se trouva qu’il était encore possible de tirer parti de ses ruines et on les transforma en un magnifique observatoire d’astronomie physique; c’est là que Janssen travailla désormais, ce qui ne l’empêcha pas, en 1900 et même en 1905, d’aller, octogénaire, observer des éclipses totales du Soleil en Espagne, ce qui n’était qu’une promenade pour lui. Faute de place, nous ne dirons rien de l’observatoire qu’il créa au sommet du Mont-Blanc.
- M. Janssen resta directeur de cet observatoire jusqu’au 23 décembre 1907, jour de sa mort; sa fille unique, qui lui a survécu dix-sept ans, a, pour honorer sa mémoire et encourager les études d’astrophysique, fondé un prix important.
- Son successeur fut M. Deslandres, ancien officier d’Etat-Major qui avait démissionné pour se consacrer entièrement à l’étude de la physique.
- Tisserand avait été remplacé par M. Lœwy, qui, d’un bout à l’autre de sa carrière, s’est surtout attaché à perfectionner l’art des observations. On lui doit, entre
- autres, l’introduction des équatoriaux coudés, dont il existe plusieurs spécimens, soit à Paris, soit en province. Un de ces instruments lui a servi, avec l’aide de M. Puiseux, à construire un magnifique atlas représentant la Lune à toutes les phases possibles. C’est la photographie qui a permis d’obtenir ce beau résultat, et il importe de dire que, pour un cliché qu’on a jugé digne de la publication, il y en a dix autres que l’on a rejetés.
- M. Lœwy mourut subitement le 15 octobre 1907, au ministère de l’Instruction publique. M. Baillaud, qui avait remplacé Tisserand à Toulouse, fut son successeur. Sa direction ayant été profondément troublée par la guerre, nous dirons seulement que, comme Le Verrier à une certaine période de sa vie, comme l’amiral Mouchez, le nouveau directeur avait rêvé de transporter l’Observatoire à la campagne, du côté de Longjumeau, car, dans les conditions actuelles, avec son horizon restreint, avec l’éclairage de Paris, les trépidations et le bruit causés par les automobiles, l’Observatoire de Paris, sans être impropre à sa destination, laisse à désirer. Il sera toujours facile de trouver au magnifique bâtiment de Perrault un emploi scientifique digne de son glorieux passé si ce transport devait jamais se faire.
- M. Baillaud a pris sa retraite le 31 décembre 1926. Un décret réunit en un seul établissement les deux observatoires de Paris et de Meudon, que M. Deslandres a dirigés jusqu’au 25 juin 1929, jour auquel il se retira aussi. M. Esclangon, ancien astronome à l’observatoire de Bordeaux, puis directeur de celui de Strasbourg après la fin de la grande guerre, fut alors appelé au poste le plus élevé qui puisse échoir à un astronome français.
- Les Allemands, quand ils avaient créé un observatoire dans la capitale de l’Alsace, l’avaient installé dans le parc de l’université. Cette position pouvait convenir à l’origine, mais l’agrandissement de la ville a changé l’état des choses. Le principal instrument est un équatorial dont l’objectif a 0 m 487 de diamètre. Il y a un demi-siècle, cette dimension était exceptionnelle; aujourd’hui, il y a beaucoup plus grand.
- Nous dirons seulement de cet observatoire qu’il a fallu y faire beaucoup de réparations et de transformations, car le matériel avait vieilli, et, d’autre part, il avait été quelque peu négligé pendant les hostilités. Bornons-nous à dire que M. Esclangon a publié, en 1926, les travaux effectués sous sa direction en un beau volume in-4°.
- Le nouveau directeur est M. Danjon, qui a été le chef de la mission que l’Observatoire de Strasbourg (ainsi que celui de Marseille) (x) a envoyée à l’île Poulo-Condore pour observer l’éclipse totale de Soleil du 9 mai 1929. Les résultats obtenus par cette mission sont importants.
- Les mécènes sont rares en France; non que les sentiments altruistes fassent défaut chez nous, mais la fortune y est très divisée; par suite, dans notre pays, les grandes libéralités sont nécessairement peu nombreuses.
- Un exemple que l’on peut citer est celui de M. Raphaël Bischofîsheim (1823-1906), qui avait amassé une fortune
- 1. Le chef de la mission marseillaise était le directeur même de l’observatoire, M. J. Bosler.
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- considérable dans des spéculations commerciales relatives surtout à la vente des terrains situés aux environs de Nice. Le hasard l’avait mis en relation avec Le Verrier, qui lui confia que l’Observatoire aurait besoin, pour pouvoir faire certains travaux avec toute la précision possible, d’un cercle méridien de grande dimension mais réversible, avantage que n’a point l’instrument installé en 1863, qui est d’ailleurs le plus grand du monde en son genre; M. Bischoffsheim se chargea immédiatement des frais nécessaires. Il donna aussi à l’observatoire de Lyon son cercle méridien.
- Quelques années plus tard, il voulut faire mieux et il créa l’observatoire de Nice, situé aux environs de cette ville, dans un site merveilleux, à 378 m au-dessus de la mer; une succursale, dite du Mont-Mounier, s’élève à 2740 m. L’instrument qui fait la gloire de cet institut est une lunette qui a 16 m de distance focale. Ce qu’on appelle à Nice « le petit équatorial » est une lunette dont l’objectif a 380 mm d’ouverture (Q, égale à celle de Poulkova, qui, pendant bien des années, a été considérée comme un « colosse optique ».
- Le célèbre financier Osiris avait, de son côté, eu l’idée de consacrer une somme de quatre millions à la création d’un observatoire qu’aurait dirigé M. l’abbé Moreux; mais ce ne fut qu’un projet.
- L’observatoire de Nice a eu pour premier directeur M. Perrotin, auquel a succédé le général Bassot (1841-1917), ancien directeur du Service géographique de l’Armée; le directeur actuel est M. Fayet.
- Cet observatoire n’a pas un personnel assez nombreux. Cela ne l’a pas empêché de publier une belle suite de quatorze volumes. En 1899, il a été rattaché à l’Université de Paris.
- L’exemple de M. Bischoffsheim a été suivi par M. et Mme Assan Dina (1 2 3), d’origine indienne, mais grands amis de la France. Grâce à eux, pendant plusieurs années, un très habile opticien originaire des Etats-Unis, M. Ritchey, s’est occupé, avec l’aide de Mme Ritchey et de leur fds, de construire des miroirs de télescope d’une étonnante grandeur, même par rapport à celui de Foucault. Pour que le poids de la masse de verre ne s’oppose pas à la manœuvre du télescope, on donne à cette masse une contexture tout à fait analogue à celle d’une brique creuse; on a ainsi ce qu’on appelle des miroirs cellulaires. Malheureusement, le but qu’on se proposait n’a pas été atteint, et un miroir qui devait avoir 1 m 50 de diamètre s’est cassé au recuit (J). A la suite de cet insuccès, M. Ritchey s’est retiré et le laboratoire d’optique, qui occupe le second étage de l’Observatoire, est confié à M. Couder, aide astronome; à l’heure actuelle, il s’occupe de corriger les objectifs des instruments existant déjà.
- Il y a longtemps qu’il est question de donner à l’Observatoire une succursale située à une latitude notablement inférieure à celle de Paris et jouissant d’un ciel moins
- 1. Il y a à Bordeaux un instrument identique, qui est le « frère » de celui de Nice.
- 2. M. Assan Dina est mort en 1928.
- 3. Le plus grand des miroirs dus à M. Ritchey est celui du télescope Hooker (observatoiie du Mont-Wilson). Il a 2 m 56 de diamètre.
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- brumeux. L’observatoire de Marseille a été jadis une telle succursale, mais il est devenu indépendant, «t, aux nombreux astronomes parisiens, on ne saurait donner trop de moyens de travail.
- Dès 1924, M. Esclangon avait signalé les qualités exceptionnelles du ciel en Haute-Provence. Tout en jouissant des avantages du climat méditerranéen, on s’y trouve affranchi des inconvénients d’un voisinage trop immédiat de la mer. Des études systématiques et comparatives faites par des méthodes astronomiques dans diverses localités de cette région ont pleinement confirmé ces vues. L’atmosphère y est d’une pureté extraordinaire, le nombre de jours de beau temps très élevé, même et peut-être surtout en hiver. D’autre part, au-dessus de Sisteron, où le terrain est alluvionnaire, l’absence de poussière est à peu près complète; le climat est extrêmement sec; la visibilité va, comme dans le vide, jusqu’à une distance de 100 km.
- Il y a donc là des emplacements de choix pour un grand observatoire moderne, où les astronomes trouveraient des éléments de travail fécond et la continuité du beau temps nécessaire à leurs recherches.
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- Mais, pour bien faire, pour rendre l’astronomie française digne de son passé, des sacrifices d’argent sont nécessaires ; il faut une cinquantaine de millions et c’est une telle somme que demande M. Esclangon pour réaliser ce grand projet. Qu’on ne dise pas que l’opinion publique se récriera à la pensée d’une pareille dépense ; grâce à la création de la Société astronomique de France, due à Flammarion, elle est plus éclairée que jadis et comprend mieux l’utilité de certaines dépenses, inutiles aux yeux des gens qui ne réfléchissent pas.
- Sait-on que lorsque Louis XIV et Colbert, dans l’intérêt de la gloire de la France et pour l’utilité des navigateurs, ont créé l’Observatoire actuel, la dépense s’est élevée environ à 800 000 livres, et, comme poids de métal, la livre valait dix à douze de nos francs actuels. Les recettes qui entraient chaque année dans les caisses du Trésor étaient d’environ 90 millions et si on songe que, dans nos budgets actuels, on compte par dizaines de milliards, on verra que la dépense proposée, qui sera d’ailleurs répartie sur plusieurs exercices, est relativement beaucoup plus faible.
- Et puis, si on prélevait cette somme sur les ressources fournies par l’exécution du plan Young, nous ne ferions qu’imiter la conduite des Allemands après 1871. C’est, en effet, avec des subventions prises sur les milliards que nous avons payés rubis sur l’ongle, sans aucune espèce de récriminations, qu’ils ont créé, entre autres établissements scientifiques, la Deutsche Seewarte, grand institut consacré à la Météorologie maritime, qui se trouve à Hambourg, et l’observatoire d’astronomie physique de Potsdam, un des plus remarquables du monde entier.
- Fus est et ab hoste doceri.
- E. Doublet.
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- E UNE ARAIGNÉE SÉDENTAIRE
- (L’ULOBORE DE WALCKNAER)
- Près de mon village, s’étend un bois où, par-ci, par-là, des émergences de calcaires entravent le développement des arbrisseaux. En une de ces clairières, des prunelliers
- O 0 ° O
- O ° r. ° O O
- 0° O O O > O O
- Fig. 1.
- Une colonie d’Ulobores, composée de 17 pièges.
- et des bruyères voisinent avec les lychnis, les sauges bleues et les œillets rouges. Cent insectes divers accourent là, se gorger de nectar, se charger de pollen. Les convives bruissent,. tourbillonnent, de l’aurore au crépuscule, et transforment le parterre sauvage en une salle de banquet. Banquet perfide ! Les bestioles qui se régalent, dans la joie de la lumière, dans le calme de juin, ne peuvent ni visiter une fleur, ni s’arrêter sur une feuille, sans s’exposer à des embûches, à des coups de poignard, silencieusement frappés.
- C’est que, prêts au meurtre, des affamés font le guet, sur le sol, dans les touffes d’herbe, partout. Leurs techniques d’assassins diffèrent. Les uns atteignent, d’un bond, les victimes et les immobilisent. Les autres s’arment de merveilleux pièges, pour emmaillotter leurs proies et les paralyser.
- Très souvent, ces pièges dissimulés avec art passent
- inaperçus dans la journée, aux heures du butin. Aussi, convient-il de les rechercher, le matin, avant la disparition des gouttelettes de rosée qui les décèlent.
- 1er juin. — J’en découvre un, parsemé de perles scintillantes. En son milieu, gît quelque chose de teinte grisâtre, une feuille desséchée, sans doute. Il s’agit d’une araignée é-trange, si peu farouche qu’elle se laisse examiner sans essayer de fuir.
- Grosse comme un pépin de pomme,
- allongée, longue de 5 mm environ (pattes non comprises), elle repose, sous une petite toile, presque horizontale et suspendue à des brins de bruyère en pleine floraison. Sur son dos, s’étend tin manteau de velours blanc, rayé de quatre lignes ou côtes longitudinales, ornées de poils abondants. A sa face ventrale et à son plastron, ondulent des bandes noires et jaunâtres contribuant, avec les pattes, à lui donner un aspect caractéristique.
- Piquetées de points bistres et de points rougeâtres, les pattes offrent de curieuses particularités. Elles sont, d’abord, d’inégale longueur : la première paire dépasse de beaucoup les trois autres. Elles se distinguent, ensuite, par leur disposition, très spéciale, à l’état de repos. Celles de la première paire se déploient, droites, à peu près parallèles, très rapprochées, non accolées pourtant; elles doublent, en extension complète, la dimension de la bête. Moitié moins étendues, les pattes de la deuxième paire croisent leurs métatarses, d’amusante façon : elles représentent assez bien deux avant-bras, disposés en croix de Saint-André et ligotés — la corde manque ! Celles de la troisième et quatrième paire se contentent de contourner l’abdomen, à l’imitation de tant d’arachnéens.
- Je m’empare de ma troiivaille et reconnais une femelle adulte accablée d’un état civil rébarbatif. On la nomme Uloborus Walcknaerius.
- Uloborus W alcknaerius a d’autres singularités que les précédentes. Son dos forme une bosse antérieure, disgracieuse. Ses huit yeux noirs, diurnes, s’étalent en deux lignes de quatre. La première ligne, à demi masquée par des poils, se développe en une légère courbe; la seconde, très incurvée, comprend deux gros yeux centraux et deux minuscules yeux latéraux très brillants.
- Destiné à filer une soie distincte de la soie des filières, son cribellum apparaît entre celles-ci, telle une plaque blanche, circulaire, criblée de trous infimes. Tout ce qui sort de cet organe est cardé par le calamistrum ou régulateur de diamètre, situé à la face externe du métatarse de la quatrième paire de pattes. L’appareil se compose d’une cinquantaine de poils rigides, courts et trapus.
- Voilà ma prisonnière. Laissons-la méditer et allons inspecter le lieu où elle a été capturée.
- 2 juin. — L’Ulobore d’hier ne vivait pas seule. L’exploration de la clairière amène la découverte de seize autres femelles — une colonie ! Toutes chassent avec des filets, fixés à des bruyères, à 0 m 40, 0 m 50 du sol. Quelques-unes ont leurs toiles contiguës, la plupart aiment mieux s’isoler, toujours à une faible distance les unes des autres : 1 à 2 m.
- Ce petit monde s’éparpille, en une bande étroite, nord-sud, d’une trentaine de mètres de longueur. L’orientation résulte, peut-être, de la brise qui favorisa l’essaimage, en automne, l’année dernière. Alors, un souffle emporta les jeunes d’un cocon, là où se trouve la colonie
- Fig. 2.
- Secteur d’un piège.
- Centre
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- d’aujourd’hui. Beaucoup moururent, peu après. L’hiver en a tué un grand nombre. Plus heureux que leurs camarades, les dix-sept adultes de notre troupe ont survécu, en ce coin paisible, protégés contre les intempéries, réchauffés dès que luit le soleil, et combien à l’abri des importuns ! 11 faut, pour les surprendre, l’instinct de l’ennemi héréditaire ou la patience du naturaliste. Les personnes inhabituées à ce genre d’observations ne les distinguent pas. Si on les leur montre, elles croient à un débris de feuille. Elles prennent, d’autre part, pour des exereta d’oiseaux ou d’insectes le blanc stabilisateur du piège. Bel exemple de mimétisme.
- L’harmonie des couleurs de la bête et du milieu cesse, parfois. Sous l’influence des perturbations atmosphériques, des fatigues de la maternité, le noir et le blanc de l’habit s’effacent. Lue coloration jaunâtre paraît. Le changement chromatique fait supposer, à certains, que deux variétés constituent la colonie, l’une grise, l’autre bistre.
- Près des adultes grises, arrive, de temps en temps, un individu qui ne leur ressemble en rien. De taille médiocre, fluet, vêtu de brun agrémenté de blanc, campé sur de longues pattes corail, l’étranger tisse un très modeste blet, à peu près vertical, qu’encadrent des lils disposés en triangle. C’est le mâle. Le gaillard attend, des jours et des jours, à 0 m 15, 0 m ‘20 de l’engin d’une femelle, tout à seS(amours; il ne bouge ni ne chasse.
- LE PIÈGE DE LA FEMELLE
- Fig. 4.
- A, Rayon;
- B, Fil de la spirale externe ;
- C, Espace intermédiaire;
- D, Spirale interne ;
- O, Centre.
- 12 juin. — Un peu plus spacieux que l’espèce de hamac de son compère, le piège de la femelle offre des irrégularités curieuses. Je voudrais bien qu’Ulobore me les explique en édifiant un appareil, mais elle répugne à faire du neuf. Par bonheur, on sait le moyen de l’obliger à travailler; il suffit de ravager son logis, dans la journée : le soir venu, elle remplace l’œuvre détruite. Je romps donc, en temps opportun, la toile d’une vigoureuse adulte de la colonie et me mets en observation, à la tombée de la nuit.
- L’attente est longue. La propriétaire, lésée, se méfie, rumine des projets. Enfin, la voici. Elle va, elle vient, d’une tige de bruyère à une tige voisine, sans but apparent. Tantôt elle monte, tantôt elle descend; elle s’arrête puis repart, en laissant toujours un fil derrière elle. Après avoir cheminé une demi-heure, l’ouvrière se fixe en un point du piège commencé. Des jeux de la lumière finissante me permettent de constater qu’elle a créé un cadre composé d’une multitude de fils calamistrés, gros, laiteux, de diamètre inégal.
- La besogne reprend bientôt. Ulobore se laisse tomber, remonte, allant du centre au cadre ou du cadre au centre. Elle établit, évidemment, des rayons que je ne parviens pas à voir. A un moment, elle cesse son manège, se met à tourner en rond, et dispose ses deux spirales interne et externe. Brusquement, elle se précipite à son cadre,
- Fig. 3. — Un piège avec son stabilisateur.
- A, Spirale interne;
- B, Espace intermédiaire;
- C, Spirale externe;
- D, Stabilisateur.
- et s’y immobilise, bloquée là, c’est évident, par une crainte dont elle connaît, seule, la cause.
- L’interruption importe peu. Elle en a fait assez pour nous apprendre que sa technique évoque celle des Epeires.
- 13 juin. — Le filet édifié, hier soir, n’a aucune déchirure, ce matin. Très légèrement oblique, maintenu au moyen d’une forêt de solides supports, il mesure 0 m 12 de largeur. Ses 21 rayons s’allongent, ici, se raccourcissent là, parce que le centre est près du cadre, non au milieu de l’appareil : la règle des constructions uloboriennes le veut ainsi (x).
- Jeté à la diable, sur les rayons, le fil spiralaire se développe de manière à former deux spirales distinctes (2), séparées par une zone intermédiaire. La spirale interne ou centrale représente la première phase du déroulement du fil. Son aspect ne correspond point à la figure géométrique qui lui a valu sa dénomination. Ce n’est pas, en réalité, une spirale, mais une série de fils répartis sans ordre. Ulobore s’y tient à l’aise, soit au repos, soit à l’affût : il n’y a pas de glu.
- A un centimètre de la spirale interne part, d’un rayon, le fil gluant de la spirale externe, territoire de chasse. Ce fil se dirige, à son origine, tantôt à droite, tantôt à gauche; il s’accroche, ensuite, à chaque rayon rencontré, décrivant avec beaucoup de caprice la spirale que l’instinct voudrait impeccable.
- Rayons inégaux, surfaces dissemblables des secteurs, fouillis de la spirale interne, situation anormale du
- 1. Les autres pièges de la colonie ont de 18 à 22 l’ayons.
- 2. Les mathématiciens les confondent en une spirale logarithmique, les arachnéologues les admettent, pour plus de clarté, dans les descriptions.
- Fig. 5.
- Un élément du stabilisateur.
- * *
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- centre ne sont pas les seules irrégularités qui impriment un air fantaisiste à la toile. Le stabilisateur apporte sa note pittoi'esque.
- Le stabilisateur, de facture correcte, comprend deux sortes d’ailes blanches ou bandes d’amas de fds calamistrés, apposées l’une à l’autre, en travers de la spirale externe — chaque bande, vaguement triangulaire, dirigeant son sommet vers le centre.
- Cet organe bizarre n’a pas toujours une conformation aussi symétrique. Il subit des altérations dues à l’âge, à la robustesse ou à la débilité de l’araignée. Rectiligne chez les jeunes, fréquemment complet chez les adultes bien alimentés, il se réduit à une bande chez les mères mal nourries. Des pauvresses le négligent au point de le rendre méconnaissable. Les plus malheureuses le suppriment. A quoi leur servirait-il? Les forces leur manquent; elles ne peuvent chasser.
- Une Ulobore en bonne santé a besoin, au contraire, du stabilisateur pour augmenter la résistance d’un appareil dont l’obliquité de 20° à 50° favorise, semble-t-il, la capture du gros gibier. Si, en effet, les filets verticaux, pareils à des écrans, arrêtent tout ce qui vole horizontalement, c’est-à-dire de menues proies en général les filets obliques engluent souvent les assez gros insectes qui volent de bas en haut, de haut en bas ou qui sautent. Ulobore prend, pour sa part, libellules, papillons, épi-phigères et criquets.
- Fil gluant et fil sec. —-Le lil capteur d’Ulobore diffère, histologiquement, des fils gluants qui servent à la plu-
- Fig. 7.
- Piège, suns stabilisateur, d’une vieille Ulobore.
- A, Spirale interne;
- B. Espace intermédiaire;
- G, Spirale externe;
- D, Rayon.
- part de nos lilandières. 11 ne s’hydrate, par exemple, que peu. Sa siccité relative lui donne une rigidité presque égale à celle du fil sec. Aussi ne colle-t-il pas au verre. Si, en conséquence, vous désirez en recueillir des spécimens, vous devrez user d’un stratagème, car rien ne reste sur la lame promenée sous les échelons. Non seulement ceux-ci ne se détachent point, à l’intersection des rayons, mais ils glissent, et roulent, au lieu d’adhérer comme chez les Argiopides.
- Le fil sec du cadre, des rayons, de la spirale interne est dur, floconneux, très blanc.
- La chasse. — Le piège connu, apprenons la manière dont Ulobore l’utilise. La bête y chasse, à l’affût. Son poste d’observation est au milieu de la spirale interne, en ce point sacré du centre où convergent tous les rayons — supports de la toile et transmetteurs des vibrations qui s’y produisent. Elle s’installe là, nuit et jour, tête en bas, ventre en l’air, surveillant une large partie de son réseau. Le vent, la pluie, le soleil ardent ne l’expulsent pas. Elle ne se déplace que lorsqu’un étourdi se butte à ses barres gluantes. Vous la voyez, alors, avancer lentement vers la victime, et s’immobiliser, à 1 ou 2 cm de celle-ci. Après une inspection rapide, elle secoue son filet, sans mouvoir un seul article de ses pattes. Les oscillations, très rapides, durent de quelques secondes à quelques minutes, selon le degré d’incertitude de la maîtresse du logis. Ulobore ne sait pas exactement ce qui vient de lui échoir. Est-ce un corps inerte ? Les battements de filet le rejetteront. Est-ce un insecte bien englué par ses griffes ? Sa manœuvre le laissera en place.
- En ce dernier cas, Ulobore s’approche de l’animal, le saisit avec ses pattes antérieures (lre paire), le fait tourner comme un rôtisseur fait tourner un poulet à la broche, en l’enveloppant d’une nappe soyeuse que ses pattes postérieures (4e paire), extraient par traction de ses filières. Les deux actes s’accomplissent simultanément et fort vite : eu vingt, trente secondes, un petit prisonnier disparaît, sous un voile blanc. Le paquetage ne laisse rien à désirer, à mon sens. L’araignée pense autrement, puisqu’elle continue à enrouler pendant des secondes et même des minutes. Ce n’est certes point pour mieux maîtriser l’empêtré, réduit à l’impuissance dès les premiers jets de soie. Ce n’est pas davantage pour l’isoler de l’air, éviter ainsi une décomposition organique possible. L’insec le vit encore et, d’ailleurs, le venin qui va être injecté servira d’antiseptique, si la mort survient. Le linceul n’a, sans doute, d’autre objectif que la compression, la réduction de volume d’un corps gênant par ses membres et ses ailes.
- Le « tournebroche » a parfois un arrêt brusque. Ulobore ne tourne plus parce que la chute d’une brindille l’inquiète. Elle bat son piège avec fureur, puis, tranquillisée, reprend sa besogne. L’opération terminée, elle fixe ses pattes antérieures autour du paquet neigeux et enfonce ses chélicères, ici, là, ailleurs. De ces crochets s’écoule un liquide qui paralyse le système nerveux, mais ne tue pas.
- Le patient, désormais « préparé », est placé en réserve, avec d’autres ballots suspendus à l’engin ou mangé, tout de suite, circonstance fréquente. L’araignée consi-
- Fig. 6.
- Élément grossi.
- A, Rayon ;
- B, Fil de la spirale externe.
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- (1ère le volume de l’individu. S’il est gros, difficile à traîner, elle l’absorbe à l’endroit de la capture; s’il est petit, elle l’emporte à son centre et l’y déguste. Assistons à son repas.
- IJlobore dispose d’abord le paquet entre ses quatre pattes antérieures, plus ou moins écartées. Elle le perfore ensuite, avec ses chélicères, l’avance à ses lèvres et finit par le mobiliser dans tous les sens. Elle le « cuisine », l’inonde d’une bave dont l’action chimique devient promptement visible : le corps blanc, consistant, se transforme en une masse noire et molle que maintiennent les chélicères et les pattes-mâchoires. La bouche puise cette bouillie, sans se lasser, sans répit. Après deux, trois heures de jouissances gastronomiques, le festin s’achève. Du criquet dodu, il ne subsiste qu’une insignifiante et sèche boulette.
- Non rassasiée, Ulobore se met à nouveau à table; elle se suralimente afin d’enrichir les glandes destinées à fournir des œufs et de la soie. Son appétit, toujours vif, l'entraîne à multiplier les prises. De nombreuses ruptures de rayons, d’échelons, s’ensuivent. Or, notre gourmande répugne à reconstruire son appareil, moins par paresse que par économie. Que fait-elle donc de son filet délabré? Elle le répare en comblant, avec des hls, les plus larges trous. Oh, à la hâte et à prix réduit ! Quoique mal raccommodé, le piège suffit à sa tâche. On y observe même des scènes violentes qui disent combien il est solide. En voici une, observée aux premiers jours de juin.
- 12 juin. — Long de deux centimètres, grassouillet, un Epipliigère tombe sur le bord de la spirale externe. Ulobore, de garde à son centre, redresse les pattes antérieures, va vers le géant, s’arrête et attend. L’Epiphigère devine en elle une ennemie et a recours à une ruse bien connue : il fait le mort. Les deux antagonistes réfléchissent. Tout à coup, l’Orthoptère lance une puissante ruade pour rompre les fils qui lui engluent les griffes. Fâcheuse idée, car il s’emmaillotte plusieurs tarses. Le voilà faisant encore le mort. Ulobore ne s’illusionne pas, elle comprend la supercherie et sait que son énorme adversaire, plein de vie, ripostera par des cahots à des tentatives de paralysie. Elle n’ignore point, non plus, qu’il serait absurde d’essayer de « tourner » un tel monstre. La tactique prescrite par l’instinct lui vaudrait un insuccès évident : elle la néglige, .avec raison, et lui substitue une ruse due entièrement à son initiative.
- Ulobore se rapproche, à pas comptés, d’une des pattes de l’Epiphigère, la guette et, subitement, l’enveloppe de soie. Quelle trouvaille ! L’assaillante attaque, en détail, le mastodonte contre lequel un assaut général serait vain. Mais son opération a-t-elle réussi ? La patte est-elle solidement amarrée ? Pour s’en assurer, Ulobore bat sa toile. Tout va bien; le captif reste en place. Il n’y a qu’à poursuivre l’entreprise. Hélas, l’autre longue patte s’allonge, sous un abdomen rebondi : impossible de la dégager et de la ficeler, si on n’immobilise pas le corps entier. L’araignée tente l’aventure. Arc-boutant ses tarses sur des rayons, elle s’évertue à porter l’Epi-phigère vers la spirale interne; elle tire avec force, ainsi que tirerait un homme. Efforts infructueux. L’insecte
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- accroche à la toile ses cinq pattes disponibles et s’y cramponne en désespéré. Je ne connaîtrai pas le dernier acte du drame. La nuit m’oblige à m’éloigner d’un spectacle passionnant qui finira parla défaite de l’Epiphigère.
- 13 juin. — L’affaire a eu l’issue prévue. L’Epiphigère a été mangé, ses débris s’accumulent en un coin du piège.
- Des baLlemenls de toile les projettent hors du logis, dans la matinée.
- Cette victoire d’un être de taille ridicule sur un gros Orthoptère n’étonne point, si on se rappelle ce principe de chasse, chez les araignées à rayons gluants : « Tout individu bien englué est un individu dévoré ». Bien englué signifie bien collé aux fils à glu, par les grifîettes. Si le piège est vieux, si les pattes adhèrent mal aux échelons, l’insecte peut s’échapper. J’ai assisté à maintes évasions de ce genre. Je citerai celle-ci :
- Une Ulobore chasse avec une toile en loques sur laquelle s’empêtre un criquet. L’infortuné s’enchevêtre au milieu de la masure, mais comme ses pattes sont assez libres, il se démène follement et brise les liens qui le retiennent. La maîtresse de céans bat l’appareil, s’avance, craintive, aperçoit le diable qui gigote : elle recule, les quatre pattes antérieures dressées par la peur. L’hôte involontaire continue à secouer toute la charpente de la maison. Ulobore décrit alors un demi-tour et s’enfuit. Parvenue aux confins de la spirale externe, elle s’immobilise, les filières tournées vers l’énergumène. Elle ne veut pas le voir ! Le criquet cesse enfin de ruer. De son côté, la peureuse ne hasarde aucun mouvement. On croirait à une trêve. Tout à coup, Ulobore se précipite sur son adversaire et lui envoie un réseau de soie. But manqué. D’un bond suprême le criquet sort du piège, emportant rayons, fils gluants et une partie du cadre. L’araignée, frappée de stupeur, reste « clouée » sur place. Son dépit dissipé, elle tend des fils à travers les trop spacieuses lacunes de sa demeure, gagne le centre et surveille les événements.
- Rien ne justifie la terreur qui a désarmé si vite la fuyarde, mise en présence d’un débonnaire criquet.
- Qu’avait-elle à craindre ? Tout au plus des coups de tarses, distribués au hasard. Un insecte englué ne se défend jamais, quelles que soient sa vigueur, son agilité. Il ne songe cpa’à se débarrasser de ses entraves. On se demande donc quel est le secret motif de tant d’effroi, chez une bête sûre de vaincre, si elle ose
- Fig. 8.
- AHd d'Ulobore.
- A, Goulot.
- B. Un des fils d’attache.
- Fig. 9.
- Groupe de jeunes autour du goulot.
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- attaquer. Je crois que l’araignée a beaucoup moins peur du volume, de la conformation extérieure d’un insecte que des trépidations qu’il détermine. Si ces secousses ne dépassent pas une certaine amplitude, la fileuse juge son piège peu en péril; si elles sont considérables, elle suppose l’ennemi capable de tout détruire et s’en écarte frappée de crainte. Le rythme, l’intensité des vibrations qu’elle recueille provoquent ses manifestations émotives.
- Perturbée par les tempêtes, elle aime les tremblotements légers, prometteurs de captures faciles. Ulobore procède, en cette circonstance, selon la méthode classique. Deux minuscules moucherons s’engluent-ils à un échelon, la bête agite, deux secondes, ses pattes-mâchoires, s’approche du condamné, le couvre de soie et le mord. Elle traite le second de la même manière, puis réunit les deux pièces en un colis, suspendu à la toile, sans retard.
- LA PONTE ET L’ESSAIMAGE
- 22 juin. — Depuis un mois, je visite, chaque jour, une Ulobore adulte. Elle n’a jamais déserté son poste central, jusqu’à présent. Or, ce matin, personne ! En la cherchant, . je découvre à 0 m 10 du piège un objet allongé, vertical, maintenu au moyen de fils rigides qui s’accrochent à des tiges de bruyère. A l’extrémité supérieure de ce quelque chose est mon amie, brunie, ridée, squelettique. Aussi peu farouche qu’au temps de ses fraîches couleurs, elle se prête à mon inspection le plus complaisamment du monde.
- Elle se tient parallèle à ce corps énigmatique qui, vu de près, se révèle un sac ovigère ou cocon, long de 0 m 03, large de 0 m 005. Ses filières reposent sur un tampon de soie blanche obturant le goulot de ce nid, membraneux, grisâtre, orné de taches sombres, à ses deux bouts. A la surface, une dizaine d’épines servent d’attaches à des fils suspenseurs, horizontaux, bien tendus.- L’amphore est si solidement amarrée que les doigts ne l’enlèveraient pas sans dommage. Il faut des ciseaux pour la détacher, intacte. Curieux d’en connaître le contenu, je dérobe un cocon proche et l’ouvre : entre des parois lisses, blanchâtres, roulent, les uns sur les autres, 60 œufs de teinte laiteuse, ayant 2 mm de diamètre. C’est tout.
- Les fils d’attache offrent plus d’intérêt. Leur but consiste à ménager au nid une direction verticale et à fournir un berceau aux jeunes, à l’éclosion. Ils satisfont, ingénieusement, à ces deux conditions. Fixés, d’une part, au cocon, et de l’autre, à des points d’appui robustes, fis exercent une traction égale et contraire, dans tous les sens, ce qui assure la verticalité, c’est-à-dire une bonne exposition au soleil — car la verticalité n’a d’autre raison que le doux chauffage des œufs, et, plus tard, des embryons.
- Du cadre attenant aux tiges de bruyère partent une foule de cordelettes entre-croisées sur lesquelles s’é-
- battront les jeunes, à leur première sortie. L’ensemble de' la construction évoque une grossière pyramide polygonale, à sommet renversé et reliée à des supports étrangers.
- 2 juillet. — Du 22 juin au 2 juillet, la mère élit domicile au goulot. Elle ne s’alimente pas, se désintéresse de tout. Je la touche avec un brin d’herbe : elle ne réagit pas. Je la secoue : pas un mouvement. Serait-elle morte ? Je la saisis entre deux doigts; elle remue péniblement les pattes. Remise sur ses fils, elle regagne cahin-caha la demeure de ses enfants. Sa faiblesse ne lui permet certes pas de les défendre, mais elle ne joue point là un rôle de protectrice.
- 3 juillet. — Douze jours après sa nidification, la matrone tisse, à 0 m 15 de son cocon, un deuxième piège, moins oblique et encore plus irrégulier que le premier. La surface des secteurs varie beaucoup; les fils de la spirale externe se développent, désordonnés, en dépit de la formule logarithmique; il n’y a pas de stabilisateur. Pauvre en soie, exténuée, Ulobore n’a pu faire mieux. Voyez à son centre cette petite chose, déformée, décolorée par la maternité. N’est-elle point à son dernier jour ? Non. Elle va chasser et se réconforter.
- 9 juillet. — Elle part, le soir. L’obscurité m’empêche de la suivre. Elle se propose, peut-être, de préparer la sortie de ses jeunes. J’ai surpris plusieurs mères, la tête près du goulot, peu avant l’abandon du cocon.
- 11 juillet. —- Les jeunes quittent leur sacoche, en l’absence de la mère.
- Ils s’évadent par une étroite lucarne, pratiquée au bas du goulot et barrée, peut-être accidentellement, de deux fils qui se croisent à angle droit.
- L’un s’échappe en bondissant, un autre en sautillant, un troisième marche à pas de sénateur. Tous s’agrippent aux fils disséminés, près du nid et trottinent sans bousculade.
- Les nouveau-nés sont de gentils personnages. Ils portent, sur le dos, une lévite serin à l’abdomen, et rayée de deux bandes grises au thorax. Un tablier de velours noir recouvre leur face ventrale. Un peu de gris colore les pattes antérieures, tandis que le bistre prédomine aux pattes postérieures.
- Ouvrons la sacoche qu’ils viennent de délaisser. Elle est encombrée de défroques de mues et de vestiges d’œul's. A sa partie supérieure s’ouvre la fenêtre libératrice. C’est une déchirure, non un éclatement. Les jeunes, inermes créatures, n’ont point accompli une telle effraction. La mère, seule, a pu ouvrir la porte, grâce à ses chélicères pointues. Oui, mais quel mystérieux signal l’a conduite à intervenir, au moment opportun ? Elle n’a pas la notion du temps, elle ne sait pas qu’à une heure précise, ses petits frapperont les murs de leur prison pour demander la liberté. Répondre quelle a été avertie par l’instinct n’explique rien. Il est probable qu’Ulobore a procédé à une série d’inspections du sac jusqu’à l’instant où elle a perçu, avec ses pattes, le grouillement des jeunes. Le frémissement de la cloison lui a indiqué la nécessité
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- Fig. 10.
- Groupe de jeunes disposés en rectangle.
- Fig. 12.
- Groupe de jeunes disposés en demi-cglindre.
- Fig. 11.
- Groupe de jeunes disposés en cône.
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- d’élargir les détenus. Le goulot déchiré, elle est retournée à son filet, détachée de sa famille pour toujours. Que ses fils et ses filles suivent leurs destinées!
- Cette marmaille se débrouille. Après avoir essayé ses forces, elle se groupe, sur les cordelettes du cocon, tantôt en boule, tantôt en nappe, en cône, en demi-cylindre. Chaque jeune est là, suspendu à un fil, ventre en l’air, pattes allongées, béatement exposé à l’action tonique du soleil. Deux jours plus tard, si l’atmosphère favorise l’opération, il y a branle-bas. La compagnie s’ébranle et se disperse dans une direction unique, celle de la brise. C’est l’essaimage, la rupture de l’association fraternelle, le début de la lutte individuelle.
- Une difficulté se présente tout de suite. Où aller, pour ne pas être gêné, dans ses chasses, par des camarades trop nombreux ? Les évadés trouvent plusieurs solutions à ce grave problème de l’émigration. Les uns lancent des câbles aériens, à la façon des Epeires et suivent ces câbles qui les mènent, parfois, très loin. D’autres émettent un fil court et se contentent d’un bref voyage. Quelques-uns préfèrent la sédentarité. Ceux-là m’instruisent de leurs coutumes. Si je les emprisonne dans un tube, ils vivent des semaines, sans manger, ce qui prouve qu’en liberté ils peuvent subir des privations prolongées. Si je les laisse à leurs bruyères, ils édifient de ravissantes toiles. Les rayons, d’égale longueur, aboutissent au centre géométrique de l’édifice; les secteurs se succèdent, identiques; le fil gluant décrit ses tours de spire, de manière à satisfaire le mathématicien le plus exigeant; le stabilisateur étale, enfin,
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- toutes droites, ses deux petites ailes blanches. De ces 15 à 20 cm2 de soie où règne l’harmonie, se dégage l’idée de perfection.
- Pourquoi existe-t-il un si vif contraste entre l’irréprochable dentelle de l’enfant et les incorrections criantes du piège débraillé de la mère ? C’est que, dès sa première semaine, la jeune Ulobore, devenue orpheline, ne bénéficie d’aucun secours. Sa débilité la condamnerait à périr, si l’instinct ne veillait sur elle. Protecteur tyrannique mais puissant, l’instinct lui enseigne l’art de tisser la toile indispensable à sa vie. Ulobore obéit docilement et travaille comme un automate. Elle ne transgresse jamais les ordres mystérieux qu’elle reçoit et ne commet, par suite, aucune erreur matérielle. Le magnifique filet qu’inconsciente elle édifie, lui ménage d’abondantes proies.
- Bien nourrie, la jeune araignée grandit, a besoin d’aliments plus substantiels. Elle doit augmenter l’étendue de son engin, choisir des endroits plus fréquentés par les insectes. 11 lui faut apprécier les périls et les avantages de ses nouveaux terrains de chasse, éviter des catastrophes, exploiter des circonstances favorables, s’adapter, en somme, aux circonstances. Elle acquiert, ainsi, de l’expérience et cette expérience lui apprend que l’égalité de longueur de ses rayons ne s’impose pas, que son centre peut se déplacer, que le fil gluant, mal posé, n’empêche point les captures. Plus elle vieillit, plus elle modifie, librement, ses constructions. L’esclave s’affranchit un peu.
- Dr M. Vincent.
- = COMMENT ON ENREGISTRE LES FILMS =
- SONORES
- LE PROBLÈME DE L’ENREGISTREMENT DES FILMS SONORES
- Nous avons déjà indiqué dans La Nature les principes de l’enregistrement des sons synchronisés avec l’enregistrement des images par la réalisation des films sonores. Rappelons que cette opération électro-acoustique, rendue possible par l’emploi des procédés radiotechniques, peut être effectuée sur disques à l’aide de procédés électromécaniques, ou sur films sensibles, à l’aide d’un système optique. Dans ce dernier cas, l’enregistrement peut être à densité variable et à surface constante (types Western-Electric, Movietone et Fox-Film, Tobis, Klang-Film, etc.) ou à densité constante et à surface variable (types Gaumont-Petersen-Poulsen, R. C. A. Photophone, Pathé-Natan).
- Il faut, d’ailleurs, distinguer les films sonorisés avec enregistrements cinématographiques et sonores séparés, et les films sonores proprement dits, pour lesquels les enregistrements des images et des sons ont été obtenus simultanément.
- Malgré la part de plus en plus grande réservée aux décors naturels dans l’art cinématographique, la plupart des films muets étaient enregistrés dans des « studios » spécialement établis, dans lesquels étaient placés les décors et les appareils d’éclairage nécessaires.
- Ainsi, la plupart des scènes cinématographiques qui sont censées se passer dans une chambre, dans un salon, dans une église, au tribunal, dans une salle de spectacle, etc... ou certains tableaux qui paraissent enregistrés en plein air (même sur mer et dans les airs !) sont, en réalité, réalisés au studio devant des décors spéciaux. Ce sont surtout les scènes documentaires et les « actualités » ou « journaux filmés » qui sont réellement enregistrés au dehors.
- De même, les films parlants enregistrés en plein air ne sont encore qu’en minorité, et c’est pourquoi il convient surtout de décrire les dispositifs d’enregistrement des films au studio. Cet enregistrement soulève, d’ailleurs, non seulement des problèmes d’ordre photographique, mais aussi d’ordre acoustique, ce qui augmente les difficultés des .techniciens.
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- SALLES DE REGLAGE DU SON ET D’AMPLIFICATION
- Enrégistreur cinématographique isolé acoustiquement et synchronisé avec l'appareil dénnègistrement acoustique
- l*?* li/u
- intensité a enregistrement
- témoin
- SALLE D'ENREGISTREMENT
- O O Appareil
- I *--------d enregistrement
- à (S à films et d disques
- STUDIO
- Fig. 1. —• Disposition schématique d’une installation fixe d’enregistrement de films sonores.
- Le studio contient les microphones, l’enregistreur cinématographique, isolé acoustiquement, et les appareils d’éclairage. Les appareils de réglage, d’amplification, et d’enregistrement acoustique sont placés dans une ou plusieurs autres salles. '
- Qu’il s’agisse, d’ailleurs, d’enregistrement des sons sur disque ou plutôt sur la bande photophonique d’un fdm, l’appareil d’enregistrement acoustique proprement dit est rarement placé dans le studio lui-même, mais dans une pièce séparée et bien isolée. Dans le studio, on dispose les microphones reliés par des lignes téléphoniques aux appareils enregistreurs, et l’appareil de prises de vues
- qui doit être rendu ^absolument silencieux (fi g. 1).
- 1 • \
- LES STUDIOS DE CINÉMATOGRAPHIE SONORE
- Les studios cinématographiques sont analogues sous certains rapports à des ateliers de photographie, et rappellent également les scènes théâtrales par les décors, la machinerie, les accessoires, les procédés de figuration; ce sont, en général, de vastes constructions métalliques.
- A côté des halls où sont enregistrés les images et les
- Fig. 2. •— Les studios Tobis à Epinaijrsur-Seine.
- sons, se trouvent les ateliers de décoration, de développement, de tirage, de montage des films, les loges d’artistes, etc., qui occupent ainsi très souvent une grande superficie (fîg. 2).
- C’est presque uniquement à l’éclairage artificiel plus sûr, plus régulier, et plus réglable que la lumière solaire, que l’on a recours pour la prise de vues cinématographiques. On n’emploie plus guère de lampes à arc qui sont trop bruyantes pour la cinématographie sonore, mais surtout des ampoules à incandescence très puissantes montées dans des projecteurs orientables.
- L’étude des caractéristiques « photographiques » du studio ne suffit plus, de même que les artistes choisis doivent posséder des qualités « phonogéniques » éprouvées.
- Un studio de cinématographie sonore doit donc être complètement isolé au point de vue acoustique; aucun bruit parasite ne doit s’y faire entendre durant les enregistrements, et enfin il doit être construit de façon que les sons enregistrés’i puissent avoir une intensité suffisante sans risque de distorsion.
- On a ainsi été obligé de construire des bâtiments entièrement nouveaux ou de modifier complètement leç anciens studios existants pour les films muets. L’importance du rôle joué par les ingénieurs spécialistes et les soundmen (opérateurs chargés de l’enregistrement des sons) est donc maintenant aussi grande que celle du metteur en scène.
- C’était ce dernier qui dirigeait autrefois l’enregistrement des films muets en donnant verbalement les indications nécessaires aux artistes, soit directement, soit à l’aide d’un porte-voix, soit même au moyen d’un microphone relié à des haut-parleurs. Il n’est plus possible désormais que d’employer des signaux lumineux et l’on a supprime aussi les orchestres qui souvent rendaient plus aisés les efforts des artistes en les encourageant par l’exécution de morceaux plus ou moins bien adaptés.
- On ne doit entendre dans le studio que des bruits utiles, devant être enregistrés, les artistes doivent seulement prononcer les paroles correspondant à leurs rôles, les assistants gardent un silence complet.
- Aucune vibration sonore, aucun murmure ne doit pénétrer dans le studio. On avait,, parait-il, même interdit aux avions de survoler Hollywood, la cité du cinéma américain, pendant les premiers enregistrements de films sonores, et elle était devenue ainsi la « ville du silence » !
- Les parois du studio sont doubles, garnies de matériaux isolants tels que le bois, l’isolite (aggloméré de pâte de bois contenant de l’air Très divisé), le eelotex (fibres de bois de bambou), des tissus de coton, etc.; entre ces parois on tasse de la bourre de varech desséché, de la poudre de liège, du coton, etc.
- En s’inspirant de ces principes, on a pu rendre étanches au son les anciens studios cinématographiques, et l’on a surtout évité l’emploi de matériaux massifs, l’isolement par couches d’air est adopté autant que possible (fig. 3).
- L’opérateur de prise de vues et sa « caméra » étaient toujours enfermés au début de la
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- cinématographie sonore dans une grande cabine isolée acoustiquement, afin d’éviter tout bruit provenant du mécanisme de l’appareil cinématographique, la prise de vues étant réalisée à travers une glace.
- A l’heure actuelle, on a pu rendre plus mobile la « caméra » en la plaçant dans un petit bâti imperméable au son, et la mobilité obtenue est à peu près la même que pour l’ancien enregistrement muet.
- Il ne suffit pas d’avoir un studio dans lequel les bruits parasites soient complètement supprimés, il faut encore que les sons utiles produits puissent être transmis conve-
- ..:..:....v:. ... —.........= 159 =
- problèmes modernes relatifs à Yacoustique des salles, problèmes dont l’importance croît continuellement. Nous espérons pouvoir publier prochainement dans Lu Nature un article sur cette question, en même temps, d’ailleurs, que sur les difficultés que soulève l’établissement des auditoriums phonographiques ou radiophoniques, des salles de projection sonore ou même de celles des théâtres modernes.
- Notons seulement que le problème pratique de la construction des studios d’enregistrement est heureusement moins difficile que la théorie pourrait le faire prévoir.
- Fig. 3. — L'intérieur d’un studio Tobis.
- Remarquer la disposition du plafond et les rideaux sur les parois. Au centre : un décor; à droite et au plafond : un projecteur,
- à gauche, une cabine isolée acoustiquement.
- nablement aux microphones sans aucun risque de distorsion.
- Les principaux défauts acoustiques à éviter sont la réverbération des sons provenant de réflexions sonores trop intenses empêchant la netteté de l’enregistrement, la formation de « nœuds » et de « ventres » sonores par suite d’interférences, ce qui produit en certains points de la salle des renforcements et en d’autres des affaiblissements, et, enfin, un affaiblissement, un amortissement général des tonalités dus à une trop grande absorption des ondes sonores par les parois.
- L’étude phonographique de la construction d’un studio sonore fait partie de toute cette vaste catégorie de
- On applique bien, en général, les principes d’acoustique indiqués par les techniciens pour l’agencement général des salles, mais on détermine au mieux les détails d’installation d’après les résultats d’expériences suffisamment nombreuses.
- Il ne suffit pas, d’ailleurs, d’établir convenablement l’auditorium au point de vue acoustique, il faut encore disposer soigneusement les artistes par rapport aux microphones, et déterminer auparavant la position de ces microphones.
- Ces derniers sont placés sur de légers supports ou souvent suspendus par un dispositif antivibrateur. Il faut déterminer également l’orientation de la plaque vibrante,
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- car une même onde sonore n’agira pas de la même façon suivant son orientation par rapport à cette plaque. On avait l’habitude, il y a quelque temps, d’employer trois ou quatre microphones, de positions et d’orientations différentes, qui étaient connectés à volonté suivant les mouvements des artistes devant les décors.
- Actuellement, on n’emploie plus généralement qu’un seul microphone, mais ce dernier est mobile, il est suspendu à une sorte de potence, « la girafe » et peut suivre aisément les mouvements des acteurs (fig. 4).
- la projection en province et surtout dans certains pays de l’Europe centrale. La plupart des éditeurs réalisent donc simultanément des enregistrements sur disques et sur films.
- On connaît le principe de l’enregistrement électrique des disques, synchrone de l’enregistrement des images sur fdms. Le mécanisme cinématographique et le dispositif d’entraînement du disque sont alors simplement actionnés par des moteurs électriques synchrones branchés sur le même secteur de distribution (d’une tension de
- Fig. 4. — Enregistrement d’une scène sonore en plein air.
- Remarquer la disposition du microphone suspendu à l’extrémité du bras horizontal d’une potence (ph. Paramount).
- L’adoption de microphones sensibles à « grande profondeur de champ » permet également de ne pas trop rapprocher les acteurs de la plaque vibrante, et de conserver au groupement des instruments de musique, s’il y a lieu, un ordre à peu près classique.
- L’ENREGISTREMENT DES SONS SUR DISQUES
- A l’heure actuelle, le dispositif d’enregistrement optique sur bande photophonique prend peu à peu la prépondérance; il n’en est pas moins vrai que le procédé à disques phonographiques conserve des avantages pour
- 110 volts et d’une fréquence de 48 périodes par exemple dans les studios Tobis).
- Les microphones sont connectés à un tableau de contrôle dit « chef d’orchestre » manœuvré par le soundman-, les courants micropnoniques plus ou moins intenses réglés de cette façon sont amplifiés par un appareil à lampes à vide et actionnent un système graveur électromécanique agissant sur un disque de cire vierge (fig. 5 et 6).
- Le disque utilisé mesure 43 centimètres de diamètre et ne tourne qu’à une vitesse de 33 1/3 tours par minute,
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- ce qui permet d’obtenir une audition de f:1 minutes au maximum. Le style graveur parcourt le disque du centre à la périphérie ; la gravure est de profondeur constante et les variations du sillon sont transversales à son axe, comme dans tous les disques à aiguille
- (% 7).
- On exécute seulement, d’ailleurs, au studio l’enregistrement des disques de cire initiaux, et l’on n’effectue pas la fabrication des disques-épreuves par les procédés galvanoplas= tiques ordinaires. Ces procédés doivent être appliqués par des spécialistes disposant d’un matériel complexe et coûteux, aussi envoie-t-on les disques originaux dans une grande usine d’édition phonographique.
- Les machines à enregistrer employées sont de grande précision; elles sont munies d’un système d’embrayage pratique, et d’un changement de vitesse permettant de faire varier la vitesse de translation du chariot portant
- l’rmtil movoiir jFj'é/* 5. — La disposition du système régulateur de sons dit « chef d’orchestre »
- dans un des premiers studios d'enregistrement sonore.
- A droite : le système de prise de vues (p/i. Gaumont).
- i UUUt glÛVCUi.
- Ce dispositif est utile, par exemple, pour
- Fig. 6. — Actuellement le réglage de l’amplification se fait dans une salle séparée : l’opérateur écoute au casque ou à l’aide d'un haut-parleur témoin (ph. Paramount).
- effectuer les spires initiales et finales non enregistrées et servant simplement de repères. Un microscope permet, en outre, un contrôle immédiat des sillons enregistrés (fig. 8). .
- Les microphones adoptés sont du type à grenaille de charbon à montage différentiel, dans lesquels la membrane vibrante est placée entre deux cuvettes à grenaille, de sorte que la pression sur la grenaille varie en sens inverse de chaque côté, ce qui permet de s’opposer au manque de proportionnalité de la variation de résistance en fonction de la pression.
- On emploie également des microphones électro-dynamiques à bobine mobile en aluminium disposée dans le champ d’un électfo-aimant et surtout des microphones
- électrostatiques, en principe . simples condensateurs à capacité variable sous l’action des ondes sonores. Ces derniers sont connectés en série avec une résistance, et ce sont les variations de tension recueillies aux bornes de cette résistance que l’on amplifie.
- L’ENREGISTREMENT OPTIQUE DES SONS
- Nos lecteurs connaissent les principes de la « photographie des . sons », c’est-à-dire de l’enregistrement des sons par des procédés optiques sur une bande sensible. La disposition des appareils, daxis cè cas est, en principe, analogue à celle que nous avons indiquée pour l’enregis-trement des sons sur disques, puisque l'enregistrement, sinon la reproduction acoustique est effectué maintenant
- Fig. 7. — Un disque phonographique ordinaire, à .gauche, et un disque de cinéma sonore à droite. Pour ce dernier,'le'diamètre est plus grand et l’inscription se fait du centre vers la périphérie.
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- Fig. 8. — Appareils pour enregistrer les sons sur disques (ph. Tobis ),
- à l’aide d’un film sensible complètement séparé du film d’images.
- A l’heure actuelle, on peut donc voir très souvent les appareils enregistreurs sur films et sur disques réunis dans une même salle et fonctionnant en même temps sous l’action des courants microphoniques provenant de l’amplificateur commun. L’enregistreur optique est, d’ailleurs, commandé également par un moteur synchronisé avec le moteur de l’enregistreur cinématographique (fig. 9).
- On ménage, d’autre part, sur la bande négative des images une bande marginale non enregistrée sur laquelle on appliquera au tirage l’impression positive correspondant à l’enregistrement photophonique exécuté sur le film séparé portant inversement une large bande non enregistrée, de largeur égale à celle des images. Finalement^ on obtient le film positif complet à bande marginale (fig. 10 et 11).
- Fig. 10. — 1) Le film négatif sur lequel on enregistre séparément les images. .2) Le film sur lequel on enregistre séparément le son.
- Il y a un décalage latéral entre la bande des images et la bande des sons, parce que la reproduction acoustique est effectuée par un dispositif placé en dessous du projecteur cinématographique; ce décalage- atteint 36 à 37 centimètres.
- Les caractéristiques des films sonores actuels sont maintenant à peu près standardisées (fig. 10). La bande cinématographique est du type universel de 35 millimètres de large, l’image a 18 millimètres de hauteur et l’intervalle entre les axes des images est de 19 millimètres.
- Cependant la largeur réelle de l’image est réduite à 21,2 millimètres par la bande marginale phonographique de 2,5 millimètres de large et qui comporte une ligne opaque d’un côté et une ligne blanche de l’autre; d’où une largeur totale d’environ 3,8 millimètres (fig. 11).
- LES « PRISES DE VUES * SONORES
- Seules, la plupart du temps, les paroles des artistes
- Fig. 9. — La salle des amplificateurs el enregistreurs photophoniques sur pellicule aux studios Tobis.
- cinéastes et quelques bruits sont réellement enregistrés en même temps que les images correspondantes, la « sonorisation » de la musique étant réalisée postérieurement.
- Malgré cette simplification relative, une prise de vues sonores constitue une opération longue et délicate qui impose un effort très grand aussi bien aux techniciens qu’aux artistes et le public ne se doute pas, en général, du travail pénible et fastidieux exigé de ces derniers. Il ne suffit plus, en effet, de répéter plusieurs fois les mêmes gestes et les mêmes « jeux » de physionomie d’une même scène, il faut essayer aussi les paroles une fois, cinq fois, dix fois de suite sans se lasser jusqu’à ce que les intonations entendues par le « soundman » dans son haut-parleur de contrôle lui aient paru entièrement satisfaisantes.
- Avant de « tourner » et d’enregistrer acoustiquement les phases du scénario, ou même avant de commencer les essais proprement dits, il faut effectuer une longue série d’opérations préliminaires.
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- Lorsque l’auteur du scénario s’est entendu avec le metteur en scène, on choisit les acteurs et on leur demande d’étudier leur jeu (gestes et paroles) sous le contrôle de l’auteur, du metteur en scène, du « soundman » et quelquefois du directeur de la partie musicale. On commence d’abord par déterminer la durée de chaque scène, à « minuter » le hlm ahn d’éviter toute longueur inutile, et l’on répète aussi longtemps que les expressions mimiques et parlées ne semblent pas absolument parfaites.
- Il faut ensuite édifier les décors de chaque scène, ce qui exige une collaboration étroite entre l’architecte spécialiste, le metteur en scène et même quelquefois l’opérateur acoustique. Lorsque les décors sont en place, on dispose le ou les microphones et, s’il y a lieu, les tentures mobiles nécessaires pour obtenir le meilleur effet lumineux et sonore. Les acteurs commencent alors seulement à répéter réellement, mais sans prise de vues encore, et simplement pour contrôler une dernière fois les résultats acoustiques.
- On sait qu’on est souvent obligé pour obtenir un enregistrement satisfaisant des images donnant l’illusion de
- la réalité, et même malgré l’emploi récent des films panchromatiques, d’avoir recours à des « truquages » optiques, parce que la bande sensible ne pos= sède pas les mêmes caractéristiques que l’œil humain. Le maquillage subit, par exemple, des lois spéciales, et nous serions quelquefois épouvantés en voyant directement, revêtus de leurs enduits colorés, les visages char= mants des fameuses « stars » dont les photographies animées pig- n,— Le film sonore positif type vues par l’objectif Slandurd actuel, t.Enregistrement sonore
- Western Electric.)
- Fig. 12. —' Un enregistrement de film sonore au studio Paramounl.
- Au premier plan : les operateurs, metteurs en scène, auteur, techniciens. En arrière : Jes acteurs. On aperçoit les appareils silencieux de prise de vue et le microphone à l’extrémité du bras de la « girafe ».
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- nous paraissent idéalement belles ! Il ne faudrait pas croire, de même, qu’on enregistre uniquement des sons réellement produits dans le studio ou en plein air, et tels qu’ils seraient entendus par un auditeur normal; il existe presque toujours un truquage phonographique, nécessaire ou volontaire, comme il existe un truquage photographique.
- Les bruits de la nature : vent, pluie, grêle, tonnerre seront bien souvent produits au studio par des moyens artificiels de théâtre, les effets d’éloignement, d’échos, d’orientation sonore sont obtenus, non pas en faisant varier la position de la source sonore ou des artistes, mais
- Fig. 13. — Camionnette Fox Movietone News équipée pour l’enregistrement de films sonores.
- L’opérateur des actualités parlantes Fox-Film au travail.
- simplement en modifiant l’intensité du courant microphonique transmis au graveur du disque ou à la lampe modulatrice de la bande photophonique.
- Une revue américaine nous donne quelques précisions intéressantes et même amusantes sur la manière dont on réalise différents bruits en cinématographie sonore ou pour la radiodiffusion.
- Ne soyez pas trop terrifiés lorsque vous entendrez au cours d’un drame de terribles cliquetis d’épée, ils ont été produits simplement avec les manches de deux « cuillers à dessert » heurtés l’un contre l’autre. Horreur, nous entendons un fracas de portes rompues, les malfai-
- teurs vont s’élancer dans la pièce... ce n’est qu’une inoffensive corbeille d’osier dont les brins ont été brisés entre les doigts de l’opérateur !
- Les pas d’un homme se font entendre sur la neige durcie, non... ce n’est qu’un peu d’amidon qu’on écrase dans un bol. La chute d’eau rugit et va submerger la ville, à moins que l’opérateur ne cesse de froisser dans sa paume un morceau de papier de soie. L’usine est au travail et bourdonne, on entend ses machines qui ronflent ou halètent, les craquements de ses marteaux-pilons... dans le studio on tourne la manivelle d’un moulin à café. Voici le terrible roulement de la canonnade, la bataille fait rage... et on frappe tranquillement un tambour devant le microphone.
- Enfin, « l’opérateur de bruits », tel Jupiter, est maître de la Nature ; une « machine à bruits » bien faite comporte des rideaux de fer pour le tonnerre, des pois secs pour la pluie, des sirènes pour le vent, sans compter une corde résinée pour les cris d’animaux...
- Il vaut mieux oublier tout cela et conserver nos illusions, sans quoi la vérité nous paraîtrait trop banale !
- C’est le soundman, nous l’avons indiqué, qui contrôle et dirige la partie sonore du film. Il écoute les paroles, les bruits et la musique par l’intermédiaire d’un système téléphonique permettant de discerner toutes les nuances produites par l’acoustique du studio, l’emplacement du microphone et l’amplification. Normalement les caractéristiques électriques de ce circuit de contrôle doivent être établies de façon que la qualité des sons entendus dans le haut-parleur soit la même que celle de l’audition obtenue finalement dans une salle.
- La tâche du directeur général de l’enregistrement ou supervisor est ingrate et complexe. Il doit diriger et surveiller en même temps les acteurs, les figurants, les photographes, les musiciens, les « sonoristes », les techniciens, etc. Il ne peut plus s’exprimer que par gestes ou signaux lumineux, aussi réduit-il au minimum ses observations durant l’enregistrement, d’où une raison supplémentaire pour augmenter le nombre des répétitions préalables.
- Lorsque tout est prêt, les éclairages déterminés soigneusement, les microphones bien disposés, les répétitions bien mises au point, la prise de vues et de sons peut réellement commencer enfin.
- On éclaire les décors normalement, les « caméras » de prises de vues sont braquées et leurs moteurs d’entraînement automatiquement couplés avec ceux des enregistreurs de sons. Le soundman donne alors le signal de mise en route et des lampes rouges s’allument à l’intérieur et à l’extérieur du studio, signaux avertisseurs du silence absolu qui doit être observé (fig. 12).
- Les moteurs des appareils enregistreurs de vues et de sons sont mis en marche et leur fonctionnement synchrone commence.
- Il est indispensable, d’autre part, d’imprimer sur le film d’images et sur le film photophonique ou le disque des repères permettant de les synchroniser convenablement à la reproduction et d’assembler les différentes parties très nombreuses du scénario.
- Avant de cinématographier chaque scène, on photo-
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- Fig. 14. — Un enregistrement de films sonores en plein air.
- A droite : les appareils de prise de vue. A gauche : la camionnette reliée par câble à ceux-ci (photo Paramount).
- graphie un tableau sur lequel sont inscrits le numéro d’ordre de la scène, le nom de l’auteur et des opérateurs; les indications inscrites sur le tableau sont lues en même temps par un opérateur et enregistrées phonographiquement.
- De plus, un appareil automatique marque des repères de 10 en 10 images sur la bande cinématographique et la bande photophonique, afin de permettre l’assemblage final.
- Les scènes à enregistrer ne sont jamais longues, elles sont divisées en fragments dont l’exécution n’excède pas cinq à six minutes, et chaque fragment d’enregistrement optique ou sonore va jusqu’à un certain geste et à un certain mot fixé à l’avance. Chaque fragment est enregistré plusieurs fois et l’on prend généralement plusieurs versions en diverses langues.
- Et souvent, après contrôle et audition des fragments enregistrés, l’auteur et le « superviser » décident qu’il faut recommencer les prises de vues et de sons...
- On voit combien cette nouvelle technique impose d’opérations complexes et longues.
- Sans doute les sommes gagnées par les vedettes de l’écran sont-elles souvent énormes; mais on ne peut prétendre qu’elles ne les gagnent pas littéralement à « la sueur de leur front », et en exposant même leur santé, car sans parler des accidents possibles au cours de l’enregistrement de scènes dramatiques et des fatigues excessives qui leur sont imposées, l’éclairage trop brutal peut avoir à la longue une influence nocive pour les yeux.
- LES FILMS SONORISÉS
- Il arrive très souvent que l’accompagnement sonore des images comporte seulement de la musique, du chant, ou des bruits. Il n’est plus indispensable, dans ce cas, d’enregistrer simultanément les sons et les images, et l’on peut ainsi « sonoriser » un ancien film muet, ou même un film parlant pour lequel on n’a réalisé en synchronisme que l’enregistrement des paroles des acteurs.
- Un cinéaste américain aurait même réussi à verbaliser après coup en français, en allemand ou en espagnol une première version originale anglaise, mais cette méthode du double enregistrement ne représenterait pour la parole qu’une régression vers les procédés primitifs et non un progrès. Ce procédé ne pourrait être appliqué à la rigueur que dans les skctches comiques, pour lesquels la mimique est aussi importante que l’articulation et la diction.
- Le film sonorisé présente cependant des difficultés de réalisation beaucoup moins considérables que le film parlant, puisque l’enregistrement cinématographique est d’abord effectué séparément suivant les procédés ordinaires; la pellicule est développée normalement et une bande positive tirée.
- Les musiciens et les « bruiteurs » sont placés dans une salle de projection comportant un écran sur lequel on effectue la projection du film à sonoriser. Un chef d’orchestre d’accord avec le metteur en scène dirige les brui-
- teurs et les musiciens selon le rythme et le sujet de la scène qui se déroule sur l’écran.
- Des microphones sont placés dans la salle de projection disposée en auditorium et les courants microphoniques amplifiés actionnent des appareils d’enregistrement acoustique sur disques ou sur bandes photophoniques placés dans une salle voisine.
- On pourrait penser qu’il y a décalage entre l’action visible sur l’écran et la sonorisation. Leur coïncidence n’est pourtant qu’une question de rapidité des réflexes du chef d’orchestre, et ce décalage très réduit pourrait, d’ailleurs, être corrigé une fois pour toutes; les moteurs
- Fig. 15. — Une interview pour les actualités parlantes.
- M. Paul Morand donnant quelques détails sur son livre « New-York » (appareils Western Electric).
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- entraînant le projecteur du film muet et l’enregistreur du disque ou du lilm étant évidemment actionnés en synchronisme.
- Cette séparatiominitiale des enregistrements rend plus aisé l’enregistrement du film d’images, et surtout permet de réaliser des effets cinématographiques très originaux au moyen de « truquages » optiques et acoustiques effectués plus librement.
- Mais il est nécessaire d’effectuer aussi d’assez nombreuses répétitions pour obtenir la synchronisation convenable de la musique, des bruits et des images. C’est, d’ailleurs, le chef d’orchestre qui joue le rôle principal dans cette opération et bien souvent même les musiciens sont placés le dos à l’écran que seul regarde leur chef.
- LES DESSINS ANIMES ET SONORES
- Il faut sans doute mentionner les dessins animés
- sonores parmi les films sonorisés les plus originaux. , Les dessins animés datent presque des débuts du
- Fig. 16. — Agrandissements de bandes photophoniques.
- En haut : enregistrement à surface constante et densité variable. En bas : enregistrement à surface variable et densité constante.
- cinématographe, mais leur grande vogue récente est due au talent de dessinateurs américains tels Max Fleisher et Patt Sullivan, auxquels on doit la naissance de ces silhouettes arbitraires et fameuses de « Mutt and Jeff », de « Coco », et surtout de Félix le Chat, dont le succès fut immense dans le monde entier.
- La réalisation de ces dessins animés est, d’ailleurs, un véritable labeur de bénédictin, puisque le film correspondant est enregistré image par image, et que chaque film comporte de 10 000 à 20 000 images ! L’appareil de prise de vues est placé verticalement au-dessus d’une planche à dessin sur laquelle sont épinglées les feuilles de papier portant les différents dessins à reproduire. Un dessinateur trace un dessin, déclenche l’appareil enregistreur, modifie légèrement son dessin, prend une autre vue et ainsi de suite.
- C’est une véritable équipe de dessinateurs qui est nécessaire pour réaliser un tel travail, chacun d’eux se charge de mettre au point un fragment du scénario le mieux adapté à son talent. Ces artistes sont, d’ailleurs, aidés par des calqueurs qui exécutent les images finies d’après ]es esquisses des artistes.
- Une fois la bande des images enregistrées, et une épreuve positive obtenue, on la sonorise maintenant suivant les procédés indiqués plus haut. Cependant, la bande cinématographique ne porte plus les images d’objets réels, mais uniquement des dessins arbitraires; il est donc facile d’imaginer des dessins destinés spécialement à accompagner de la musique et des bruits, et aussi des motifs musicaux destinés spécialement à accompagner les dessins, d’où un assemblage, une sorte de cohésion parfaite entre les sons et les images, qui fait l’intérêt spécial des films actuels de ce genre au point de vue de l’art cinématographique sonore.
- C’est ainsi que Félix étonne et amuse les spectateurs par ses cris tout autant que par ses acrobaties surréalistes, et que Michey, créature irréelle et trépidante due à la plume de M. Iweks, a fait sur l’écran une victorieuse apparition. ^
- \ LES ACTUALITÉS PARLANTES
- Depuis plusieurs années déjà, les journaux cinématographiques édités par les grandes firmes françaises et étrangères font défiler sur l’écran les actualités du monde entier et ces informations ont, du moins, le mérite de l’exactitude et de la stricte vérité, puisqu’il n’est même plus possible dans ce cas d’utiliser les « truquages photographiques » que nous avons indiqués plus haut,
- L’intérêt documentaire de ces films est aussi très grand, un service « d’archives cinématographiques » existe dans toutes les grandes maisons d’édition, et il faut souhaiter que l’Etat se décide à créer officiellement une organisation générale analogue.
- Mais c’est surtout dans le domaine du reportage que le cinématographe peut jouer un rôle de premier plan. On sait, d’ailleurs, commènt il a pu servir durant la guerre, d’une part comme moyen de propagande, d’autre part comme réalisateur de documents historiques.
- L’adjonction de sons enregistrés simultanément d’après la réalité elle-même, ou ajoutés par les procédés ordinaires, a donné à ces journaux cinématographiques un intérêt encore plus grand, et il est sans doute bon nombre de spectateurs qui considèrent les « actualités parlantes » comme une des formes les plus merveilleuses du film sonore.
- S’il s’agit de sonoriser une bande muette, on peut se contenter d’adjoindre aux images un accompagnement de bruits et de musique, mais on a pris aussi l’excellente habitude de supprimer la plupart des titres et sous-titres de ces bandes, et de les remplacer par un commentaire verbal beaucoup plus intéressant et qui maintient constante l’attention du spectateur.
- Le problème de l’enregistrement des sons, dans le cas général de la prise de vues et de sons synchronisée, est différent du problème correspondant qui se pose dans le studio et que nous venons d’étudier. Il n’est plus nécessaire, en effet, de se protéger des bruits extérieurs, et il faut, au contraire, chercher à les enregistrer le mieux possible.
- On retrouve dans les appareils mobiles d’enregistrement sonore et lumineux les organes essentiels décrits antérieurement, mais allégés et simplifiés. La « caméra »
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- Fig. 17. — La salle d’assemblage et de montage des films aux studios Tobis.
- d’enregistrement des images avec son moteur synchronisé, et le microphone placé sur un léger support sont facilement transportables. L’appareil d’enregistrement des sons est placé dans une camionnette automobile qui contient également un groupe électrogène et les ap= pareils de transformation nécessaires. Un câble à rames multiples réunit les microphones et le moteur de la caméra de prise de vues à l’ap= pareil d’enregistrement des sons et au groupe électrogène (fig. 13).
- On a tenté, pour augmenter encore la légèreté du matériel, d’enregistrer les sons et les images directement sur la même bande sensible, mais les inconvénients de ce système sont assez nombreux, et d’ailleurs évidents, du moins en ce qui concerne le développement et le tirage.
- Les nouveaux appareils établis spécialement par les sociétés lobis, Pathé, R. C. A. Photophone, Western Electric, Fox-Film, etc., d’un encombrement réduit, peuvent se plier à toutes les exigences de l’art cinématographique et être transportés rapidement là où les besoins de la mise en scène l’exigent.
- On ne peut guère prendre pour l’enregistrement que des dispositions optiques, et il est bien malaisé de concevoir des précautions acoustiques spéciales réalisables dans ces conditions (fig. 14 et 15). On ne cherche pas, d’ailleurs, le plus souvent, à obtenir un résultat artistique mais uniquement un enregistrement sonore net et compréhensible et l’on y parvient fort bien.
- LE DÉVELOPPEMENT ET LE TIRAGE DES FILMS SONORES
- Il ne faut pas croire que le développement de la bande photophonique impressionnée, même si elle est séparée du fdm d’images, soit une opération facile. Les conditions actiniques ne sont pas les mêmes, en effet, suivant le système lumineux d’enregistrement adopté. L’oscillographe, la light-vaîve, la cellule de Kerr, la lampe modulatrice, etc., ne produisent pas, en effet, des rayons de même couleur et de même pouvoir actinique.
- Les bandes à opacité constante sont plus faciles à développer, d’autre part, que les bandes à surface constante parce que, dans ce dernier cas, il faut conduire le développement de façon à conserver toutes les finesses des demi-teintes qui sont indispensables pour ne pas supprimer à la reproduction les harmoniques des sons enregistrés (fig. 16).
- Les opérations purement photographiques du développement des bandes négatives, et ensuite du tirage des bandes positives, permettent d’atténuer les^ défauts acoustiques qui consistent dans un bruit de fond plus ou moins sensible sur toutes les fréquences musicales considérées, et dans des effets de distorsion dus à des caractéristiques optiques ou électromécaniques du système adopté.
- On réduit ces bruits de fond en utilisant des bandes sensibles positives, à grain très fin, pour constituer les bandes négatives phonographiques, et aussi des révélateurs aussi peu granuleux que possible.
- Dans les films à opacité variable, le volume des sons reproduits pour une source de lumière déterminée varie directement en même temps que l’opacité moyenne de cette bande photophonique, et le pourcentage de modulation de cette densité moyenne.
- Pour que la modulation finale soit correcte, il faut considérer la courbe d’opacité obtenue en fonction de l’exposition du film et de son émulsion. Cette courbe n’est une droite que si le développement est réglé de façon à produire un rapport de contraste photographique appelé techniquement « gamma » d’une unité.
- Fig. 18. — L’essai et le contrôle des films sonores (ph. Tobis).
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- En pratique, le développement des bandes négatives photophoniques est dirigé de façon à obtenir un rapport ! de contraste supérieur à l’unité. Le rapport de contraste du développement du négatif est réciproque de celui obtenu pour la bande positive; ainsi le rapport final peut ^ être ramené à l’unité et la distorsion provenant de cette cause particulière est éliminée.
- : Maisfil faut que le temps d’exposition de la bande soit
- correct; il y a heureusement une assez grande tolérance d’exposition, et le négatif est satisfaisant lorsque la transmission lumineuse non modiilée est comprise entre des limites assez écartées.
- Il est, par contre, absolument nécessaire d’obtenir une densité uniforme de tirage de la partie non modulée : de la bande photophonique, cette densité est de l’ordre 5 de 35 pour 100 environ pour les bandes positives. Mais ' il faut avant tout éviter une sous-exposition de l’émulsion,- car il serait alors impossible de corriger les défauts acoustiques qui en résulteraient.
- Toutes les opérations de développement, lavage, fixage, se font au laboratoire éclairé à la lumière rouge, et doivent être effectuées avec le plus grand soin; la moindre éraflure de la bande, le moindre dépôt de produit chimique ou de poussière sur sa surface peuvent se traduire finalement par des bruits parasites désastreux.
- Une fois la bande négative obtenue, il s’agit de réaliser par tirage photographique un nombre très grand de copies positives. Le tirage de ces copies s’effectue en deux phases successives : dans la première, on impressionne la bande des images, et, dans la seconde, la bande phonogra-phique, en utilisant chaque fois des « caches » convenables.
- Pour le tirage de la bande phonographique, il est évidemment essentiel d’utiliser une source lumineuse d’intensité rigoureusement constante une fois réglée, afin d’éviter toute modulation; aussi la lampe de tirage
- -esIr-eHe alimentée par une batterie d’accumulateurs.
- Le tirage s’effectue d’une façon continue pour la bande phonographique et image par image pour la bande cinématographique. L’intensité lumineuse de la lampe d’éclairage est réglée d’une façon variable, mais automatique; pendant le tirage, grâce à un système de bandes perforées en papier se déroulant en même temps que le film, et perforées à l’avance par un opérateur habile suivant les caractéristiques du négatif.
- Le développement des bandes positives complètes est aussi , une opération fort délicate, dont la réussite doit être parfaite, mais qui est rendue plus aisée et plus rapide également par l’emploi d’appareils semi-automatiques.
- Les bandes obtenues n’ont généralement qu’une longueur d’une cinquantaine de mètres au maximum; il faut donc les monter, les assembler, placer les signes de repère et les titres s’il y a lieu. Les collages des films à bande photophonique doivent être particulièrement soignés.
- Les films terminés sont enfin essayés non seulement au point, de îvue optique, mais aussi acoustique à l’aide d’ün appareil traducteur, comportant une cellule photoélectrique et un petit amplificateur (fig. 18).
- On voit combien toutes ces opérations sont minutieuses et longues; il ne suffit pas au technicien des films sonores d’avoir des connaissances précises et étendues en acoustique, en électricité, en radioélectricité, en optique, il faut aussi qu’il soit très averti des problèmes photographiques et soit un bon chimiste.
- Il n’y a, d’ailleurs, pas à considérer que les enregistrements synchronisés dans le studio, des problèmes particuliers se posent, comme nous l’avons montré, pour la réalisation des « actualités parlantes », des films sonorisés, des dessins animés et sonores et aussi pour la reproduction. Il nous restera surtout à étudier plus en détails les problèmes acoustiques correspondants,
- P. Hémardinquer.
- A PROPOS DE L’HYDRAVION DORNIER =
- DE 50 TONNES
- La formule du « bateau volant » est-elle vraiment celle du paquebot aérien de l’avenir?
- Le Docteur Dornier, au cours d’un voyage de propagande à travers l’Europe, a récemment présenté à Bordeaux son très remarquable « bateau volant » de 50 t et 8000 ch : l’hydravion DO-X.
- Les observations faites au cours de ces intéressants vols de démonstration posent devant l’opinion des techniciens la question du paquebot aérien de l’avenir.
- L’hydravion de gros tonnage représente, parmi toutes les formules possibles, celle qui est la plus classique, celle qui répond le mieux aux tendances naturelles de l’esprit humain.
- Par une pente bien naturelle nous avons presque tous tendance à chercher la solution des problèmes nouveaux parmi les formules auxquelles notre esprit est accoutumé
- de longue date. De toutes les lois naturelles, celle du moindre effort n’est-elle pas la plus universelle?
- La question du paquebot aérien pouvait d’autant moins échapper à son influence que cette loi ne conduit pas toujours dans la pratique aux solutions les plus mau1 vaises. Il était donc bien naturel de se dire : « La terre étant recouverte d’eau sur les trois quarts de sa surface, le paquebot aérien de l’avenir doit nécessairement résulter de l’accouplement d’un bateau et d’un avion. Ne faut-il pas en effet qu’il puisse tenir la mer si jamais il est contraint de se poser en cours de voyage? Et pour tenir la mer avec le maximum de sécurité, un bateau ne doit-il pas avoir le plus gros tonnage possible? Le paquebot aérien de l’avenir sera donc nécessairement un hydravion de gros tonnage. »
- Le principal intérêt de la très belle réussite technique.
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- que le Docteur Dornier présente actuellement aux techniciens de l’Europe, sera peut-être de démontrer que ce raisonnement, séduisant par sa simplicité et sa logique, a de grandes chances de conduire à une impasse.
- Nos lecteurs s’en rendront compte facilement s’ils veulent bien nous suivre dans la comparaison que nous allons exposer entre le problème du paquebot maritime et celui du paquebot aérien. Nous verrons ensuite que les constatations faites au cours de la présentation du gros hydravion Dornier confirment bien les conclusions pratiques auxquelles aboutit cette comparaison.
- Tandis que le problème de l’hydravion est double (avion et bateau) le problème du paquebot maritime est simple.
- Un paquebot maritime n’est pas autre chose qu’une longue poutre creuse dont la charpente est combinée pour résister aux efforts que l’eau exerce sur ses parois, et dont les formes extérieures répondent à la double condition d’assurer l’équilibre du bateau dans toutes les
- ........-t 169 =
- Toutes les difficultés que nous allons voir apparaître viennent de l’accouplement de ces deux organes dont un seul est utile pour chacun de ces cas. Les conditions posées par ces deux cas d’utilisation sont en effet contradictoires, et ces contradictions vont en s’aggravant à mesure que s’accroissent les dimensions de la machine. Le compromis assez facile à établir pour des hydravions de moins de quinze tonnes devient de plus en plus délicat à mesure que l’on dépasse davantage ce tonnage.
- Le grand intérêt de l’expérience audacieuse réussie par le Docteur Dornier est en particulier de vérifier combien il sera difficile de dépasser le poids de 50 tonnes pour les hydravions, si l’on ne trouve pas le moyen de sortir des conceptions classiques actuellement en vigueur.
- Ilâtons-nous d’ajouter que l’hydravion est loin d’être le seul type de machine volante qu’on puisse envisager en l’état actuel de la technique aéronautique pour résoudre à bref délai le problème des grands voyages
- Fig. 1. — L’hydravion DO-X. en vol (ph. Wide World).
- positions, et de réduire au minimum la résistance que l’eau qui le supporte oppose à ses déplacements.
- Il est relativement facile, dans la recherche de la meilleure solution, de concilier les nécessités imposées par ces trois conditions, et l’on peut même dire que la solution est d’autant plus facile que le bateau est plus gros, parce que, à mesure que le tonnage s’accroît, l’espace utilisable à l’intérieur du bateau croît encore plus rapidement. La facilité que le technicien éprouve à résoudre ce problème tient à ce que le paquebot marin étant appelé à se mouvoir constamment dans le même fluide, ce problème doit être résolu pour un seul cas d’utilisation pratique.
- Au contraire, dans le cas d’un hydravion, les trois conditions de résistance de la charpente aux efforts extérieurs d’équilibre de sustentation et de minimum de résistance ci l’avancement doivent être respectées dans les deux cas de voyage aérien et de déplacement sur l'eau.
- Dans le premier cas, l’organe de sustentation c’est 1 aile, dans le second cas c’est la coque.
- aéronautiques. C’est là un point capital sur lequel nous reviendrons à la fin de notre exposé.
- L’AMMÉRISSAGE DES HYDRAVIONS ET LEUR TENUE A LA MER
- Auparavant nous allons étudier quelques-unes des conditions contradictoires posées par les deux problèmes de la tenue en vol et de la tenue à la mer, et nous verrons ensuite leurs effets dans un cas concret comme celui de l’hydravion Dornier de 50 tonnes.
- Un grand hydravion n’a pas besoin d’une aile de grande dimension pour se maintenir en vol horizontal. Au contraire, plus son aile est petite, moins elle offre de résistance à l’avancement et plus l’appareil est rapide.
- Malheureusement il a besoin d’une grande surface d’aile pour descendre sous une faible pente et pour ammérir sans danger. En effet, si l’aile est trop petite, l’appareil ne peut se maintenir en vol qu’à condition de conserver une vitesse très élevée, car la portance qui
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- diminue proportionnellement à la surface de l’aile croît proportionnellement au carré de la vitesse. Supposons que le pilote d’un hydravion qui a des ailes trop petites arrête ses moteurs au moment où il veut descendre et ammérir. Afin de conserver à ses ailes une portance suffisante pour maintenir l’équilibre de sa machine, il sera obligé de descendre à grande vitesse et sous une forte pente. Au moment où son hydravion touchera l’eau, il sera animé d’une vitesse de haut en bas telle qu’un choc violent se produira sur le fond de la coque qui s’en trouvera défoncée.
- Tel est l’accident inévitable en cas de panne des moteurs sur un hydravion dont les ailes sont trop petites.
- Si le pilote conserve ses moteurs en marche, le danger sera atténué. En effet il pourra, grâce à la traction que les hélices exercent sur l’appareil, conserver à celui-ci une vitesse suffisante pour maintenir son équilibre sans
- La sécurité de l’ammérissage, opération toujours dangereuse par grand vent et par mer agitée, exige donc une surface d’aile aussi grande que possible pour permettre au pilote d’amener sa coque au voisinage des vagues à xine vitesse aussi réduite que possible.
- Malheureusement une fois l’ammérissage réussi, la bonne tenue à la mer exige des ailes aussi petites que possible et cela se comprend facilement.
- De grandes ailes sont comme les vastes voilures d’un de ces voiliers dont étaient composées les flottes d’autrefois.
- Elles offrent une grande prise air vent. Lorsque celui-ci souffle en tempête, il peut faire chavirer l’appareil après son ammérissage, si jamais il vient à le prendre de côté. Le danger s’aggrave en outre de ce que le mouvement de roulis expose à chaque instant tantôt un bout de l’aile, tantôt l’autre bout à recevoir le choc d’une lame
- Fig. 2. — Le DO-X. flottant sur le lac de Constance (ph. Keystone View).
- être contraint de descendre sous une pente trop forte. Le choc sur le fond de la coque au moment dé son contact avec la surface de l’eau pourra alors être très faible si le pilote est habile, car il pourra ainsi amener son appareil à effleurer l’eau tangentiellement, avant d’arrêter ses moteurs. L’ammérissage en eau calme pourra donc, avec un bon pilote, s’effectuer sans danger.
- Il n’en sera pas de même sur une mer agitée, car l’hydravion conservera une vitesse de translation élevée jusqu’au moment où la coque viendra au contact de la crête des vagues. La prise de contact à grande vitesse ne se fera pas alors avec une surface bien lisse comme en eau calme, mais avec une surface hérissée de grosses vagues. Que l’une d’elles vienne heurter la coque alors que l’appareil est encore à grande vitesse et le violent freinage qui en résultera entraînera le capotage de la machine.
- qui aurait pour effet soit de faire chavirer l’avion, soit de le placer vent de côté.
- Ainsi tandis que la sécurité de l’ammérissage exige des ailes aussi grandes que possible, la bonne tenue à la mer exige au contraire des ailes aussi petites que possible.
- L’ingénieur qui dessine un hydravion marin est donc obligé de réaliser un compromis entre ces deux exigences contradictoires. Mais ce compromis est de plus en plus difficile à trouver à mesure que, le tonnage de l’hydravion augmentant, il devient nécessaire d’employer des ailes d’une surface et d’une envergure de plus en plus considérables. L’une des raisons de ces difficultés est la suivante.
- L’envergure d’un petit hydravion est beaucoup plus petite que l’intervalle qui sépare les crêtes des deux grandes vagues marines. Si l’une de ces vagues passe par-dessus l’appareil elle abordera donc simultanément les deux bouts d’ailes et les submergera simultanément.
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- Ce double choc ne tendra donc ni à faire chavirer l’hydravion, ni à le faire virer vent de côté.
- Au contraire, si l’envergure est de l’ordre de la distance qui sépare deux vagues successives il pourra arriver qu’une vague submerge l’extrémité d’une aile bien avant d’atteindre l’extrémité de l’autre. Il est donc évident que le danger de chavirement sera plus grand avec un hydravion de grande envergure qu’avec un hydravion de petites dimensions.
- LES AILES DES GRANDS HYDRAVIONS
- Il semble qu’on pourrait, dans les gros hydravions, réduire le danger d’immersion des bouts d’ailes en les relevant très au-dessus de la surface de l’eau. Ma:s ce faisant on relèverait en même temps le centre de gravité de l’appareil et le point où s’applique la force du vent qui tend à faire chavirer le bateau. On est donc rapidement limité dans cette voie, et pratiquement il est impossible d’éviter les risques d’immersion des bouts d’ailes dont les conséquences sont toujours d’être graves.
- Il y a bien un moyen de construire un gros appareil avec des ailes de surface relativement petite tout en lui conservant des qualités de « planement » suffisantes pour qu’il ne descende pas suivant une pente trop rapide en cas d’arrêt des moteurs. Mais nous allons voir que, dans le cas de l’hydravion, cette solution n’évite pas l’un des principaux inconvénients des ailes de grande surface : le risque d’immersion des bouts d’ailes.
- Pour rendre notre explication plus facilement compréhensible, nous nous servirons précisément du cas de l’hydravion Dornier. Cet appareil a des ailes de surface relativement faibles. En outre, pour réduire leur envergure au minimum, le constructeur leur a donné la forme d’un rectangle relativement peu allongé puisque la profondeur
- Fig. 3. — Poste de pilotage du DO-X. (ph. Keystone View).
- de l’aile qui est de 9 mètres est égale au cinquième de l’envergure (voir figure 1). Cette forme comporte naturellement des bouts d’ailes épais et profonds. Ces gros bouts d’aile creusent derrière eux, pendant le vol, deux jDoches de vide qui les aspirent fortement vers l’arrière, et qui par conséquent freinent puissamment l’avion. Cet effet de freinage augmente la puissance nécessaire au vol, et dans le cas où les moteurs s’arrêtent, il réduit immédiatement la vitesse dans des proportions considérables ; naturellement la portance de l’aile se trouve réduite dans la même proportion, si bien que l’hydravion s’enfonce alors sous une pente assez forte et risque ainsi de défoncer sa coque au moment où celle-ci entrera brutalement en contact avec l’eau.
- Fig. 4. •— Ensemble du Dornier DO-X.
- Poids à vide, 28 700 kg; poids équipé : 30 500 kg ; poids total normal: 48 000 kg. Puissance totale : 7800 ch en 12 moteurs. Envergure : 48 ni. Longueur : 40 m 05. Hauteur : 9 m 60. Surface portante nageoires comprises : 491 m2.
- Aménagement prévu pour 70 passagers et 12 hommes d’équipage.
- 0 2 k 6 m.
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- Le remède à cet inconvénient consisterait à diminuer l’épaisseur et la profondeur des bouts d’ailes tout en conservant à celles-ci la même surface. Cela conduirait à leur donner la forme d’un trapèze dont la grande base serait au contact de la coque et la petite base au bout extérieur de l’aile.
- Il est évident que l’effet de freinage décrit ci-dessus serait considérablement réduit, et que les qualités de pla-nement de l’avion seraient très sensiblement améliorées.
- Malheureusement cette amélioration serait payée de deux inconvénients sérieux. L’adoption d’ailes trapézoïdales amènerait à augmenter l’envergure de l’avion. Comme cette envergure est déjà énorme sur les gros hydravions (48 mètres sur le Dornier) le danger d’immersion des bouts d’ailes serait augmenté. Or, comme nous le verrons, ce danger existe déjà sur l’hydravion Dornier, et ne saurait être accru sans devenir très grave.
- En outre l’augmentation de longueur des ailes, en accroissant leur porte-à-faux, obligerait à renforcer leur charpente et donc à augmenter leur poids. Or pour un poids total de 48 tonnes l’hydravion Dornier pèse déjà
- tration de l’hydravion Dornier aient mis en relief des inconvénients que les hydravions de gros tonnage ne pourront probablement jamais éviter.
- Quoique l’appareil n’ait pas été chargé au maximum prévu de 48 tonnes, il montait lentement, malgré les 7800 ch de ses douze moteurs. Une fois en vol horizontal, il est obligé d’utiliser encore la plus grande partie de cette puissance. Et lorsque le pilote veut descendre, il est obligé de conserver encore une importante puissance de traction pour éviter que l’appareil ne s’engage sur une pente trop forte. Il est ainsi contraint de conserver une vitesse élevée jusqu’au moment où le fond de la coque prend contact avec la surface de l’eau. Cet inconvénient est sans danger pour un ammérissage en eau calme. Mais si l’appareil était obligé d’ammérir en plein Océan par mauvais temps, on peut se demander si de telles conditions ne lui seraient pas fatales. Et à supposer que l’ammérissage ait été réussi, un incident survenu au cours de l’un des vols d’essai pose la question de la tenue à la mer pour des appareils d’aussi grande envergure. L’hydravion ayant été contraint à la fin cl’un
- Entrepont des
- Centrale des machines
- ( cabin es, salons/ cuisine,fumoir, etc... y
- Compartiments des réservoirs
- Fig. 5. — Coupe en long du DO-X.
- 30,5 tonnes à vide. Dans ces conditions, son rayon d’action maximum, sans passagers ni fret, n’est pas suffisant pour franchir les 3500 kilomètres qui séparent les Açores des Bermudes ou bien Dakar de Natal. Il est donc très loin d’être utilisable même pour des essais à vide de service transatlantique. Les perfectionnements à lui apporter doivent donc être recherchés du côté d’un allégement et non pas du côté d’un alourdissement de la charpente.
- L’EXPERIENCE DU DO-X
- C’est pour arriver à concilier dans toute la mesure du possible ces diverses conditions contradictoires que le Docteur Dornier a été obligé d’adopter une aile de surface relativement faible et de faible allongement. Cette aile arrive ainsi à porter plus de 100 kg par mètre carré avec un allongement égal à 5 fois sa profondeur.
- Dans les avions de transport en service sur les lignes aériennes, on ne dépasse pas jusqu’à présent la charge de 80 kg par mètre carré, et l’on ne descend pas au-dessous de 7 pour le rapport de l’allongement de l’aile à sa profondeur.
- Il n’est donc pas surprenant que les vols de démons-
- vol d’ammérir par vent de côté, le mouvement de roulis qui fut la conséquence de cette manœuvre fît plonger dans l’eau l’une de ses nageoires. L’appareil se trouvant brusquement freiné d’un seul côté effectua immédiatement un virage très brusque au cours duquel il s’inclina si fortement que l’extrémité de l’aile frôla la surface de l’eau. Quoique la secousse ait été violente par suite de la grande vitesse de l’appareil au moment de ce brusque virage, la résistance de la charpente ne fut pas compromise. Mais on peut se demander ce qui serait arrivé si un ammérissage de ce genre avait été effectué en pleine mer par mauvais temps. Il est probable que l’aile qui s’était inclinée si fortement aurait été submergée à son extrémité par une vague, et le choc éprouvé eût été beaucoup plus violent et plus dangereux.
- Or il ne faut pas perdre de vue qu’un hydravion en difficulté peut être contraint d’ammérir avec vent de côté. Après une saute de vent, la direction de la houle ne concorde plus avec celle du vent, et cette discordance dure pendant plusieurs heures. En pareil cas le pilote peut se trouver contraint par la direction des vagues d’ammérir avec vent de côté. L’hydravion se trouve alors
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- exposé au grave danger dont l’incident que nous venons de rapporter a donné un avant-goût aux passagers du Dornier.
- L’ÉQUILIBRE DE L’HYDRAVION EN VOL
- Une autre remarque intéressante concerne le centrage de l’avion en vol. Ceux qui ont volé sur l’hydravion Dornier ont remarqué que la principale occupation du commissaire de bord consistait à empêcher les passagers de se promener dans les pièces mises à leur disposition. C’était là une précaution indispensable pour assurer l’équilibre de l’appareil en vol. En effet, sur une longueur de coque de 40 mètres, 17 mètres sont réservés aux appartements des passagers (fig. 5). Comme leur nombre peut atteindre le chiffre de 70, leur ensemble représente une charge totale de plus de 5 tonnes. Si une telle charge se déplaçait non pas de 17 mètres, mais seulement de 4 ou 5 mètres, le pilote ne serait plus maître de l’équilibre de son appareil. Celui-ci piquerait ou se cabrerait de telle façon qu’un accident serait inévitable.
- Il faut bien noter ici que ce défaut n’est pas particulier à l’hydravion Dornier. Il se retrouvera sur tous les avions dont les passagers se trouveront répartis sur une grande longueur de part et d’autre du centre de gravité de l’appareil. Et ceci montre que le confort qui semble devoir être assuré aux passagers par un grand hydravion est presque entièrement illusoire : comme des écoliers surveillés par le maître pendant la classe, ils ne pourront quitter leur place qu’avec la permission du commissaire de bord.
- Pour remédier à cet inconvénient, la seule solution
- Moteur
- lrecabine
- Pilotes
- Moteur
- Trappe
- d’accès
- Moteur
- 2ecabiw
- Fig. 6. — Détails de l’aménagement de l’avion Dyle et Bacalan,
- D. B. 70.
- qu’on puisse actuellement envisager consiste, au lieu de répartir les passagers sur une grande longueur, à réunir toutes les pièces qui leur sont réservées dans un emplacement circulaire ou carré tout autour du centre de gravité. C’est ce qui a été réalisé par la Société aérienne bordelaise sur son grand trimoteur qui comprend au centre un tronçon d’aile épaisse dans lequel sont réunis les appartements des passagers (voir figure 6). De cette façon, lorsque ceux-ci se promènent, ils ne peuvent jamais s’écarter suffisamment du centre de gravité de l’appareil pour lui faire perdre son équilibre.
- LE POIDS DES HYDRAVIONS Remarquons enfin que le bateau volant qui constitue
- Fig. 7. — L'avion Dyle et Bacalan 70, trimoteur. (Poids 14 tonnes.)
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- la coque d’un grand hydravion doit être de construction très robuste pour pouvoir résister aux efforts qu’il aurait à subir sur une mer démontée, ou même tout simplement à ceux que lui infligerait un ammérissagc un peu dur. Cette robustesse est obtenue au prix d’un alourdissement d’autant plus grand que la coque d’un grand hydravion doit être nécessairement très longue pour que les gouvernails de profondeur et de direction qui sont situés à son extrémité aient une efficacité suffisante, et aussi pour que l’équilibre : de l’appareil amméri soit assuré en toutes circonstances. Une coque d’hydravion sera donc toujours un organe beaucoup plus lourd qu’un fuselage d’avion qui n’a à résister qu’aux efforts que les vagues d’air lui appliquent. Un hydravion aura donc toujours un poids à vide beaucoup plus élevé qu’un avion. Par conséquent il aura un rayon d’action beaucoup moins grand. On remarquera en effet que, à une époque donnée, le record de distance atteint par les avions est presque toujours le double de celui des hydravions. Et, d’autre part, le prix de revient de la tonne-kilométrique sur les lignes commerciales d’hydravions est double du prix de revient avec les avions terrestres.
- Voilà encore deux indices importants qui contribuent à démontrer que la solution des transports aériens au long cours sera réalisée par les avions terrestres avant de l’être par les hydravions à coque.
- L’AVION TERRESTRE ET LES VOYAGES TRANSOCÉANIEN
- Nous devons attirer l’attention sur la portée très générale de l’expérience réalisée par le Dr Dornier.
- Cette expérience est d'autant plus instructive que les graves inconvénients que nous venons de signaler tiennent à la nature même du problème et non pas à la façon dont il a été résolu par le Dr Dornier.
- Son grand hydravion est extrêmement remarquable, aussi bien dans son ensemble que dans tous les détails qui ont été l’objet d’études approfondies et de solutions très originales. Au total c’est une belle réussite. Et cette réussite est d’autant plus notoire que des hydravions d’un tonnage pourtant moindre, établis par d’autres constructeurs, avaient donné auparavant de sérieux mécomptes dus précisément aux grandes difficultés du problème.
- Le succès du Dr Dornier permet donc de penser, si paradoxale que cette conclusion puisse paraître, que l'accouplement d'un grand bateau et d'une grande aile ne donnera jamais qu'un bateau médiocre et qu'un planeur médiocre.
- On peut donc se demander si la solution du grand paquebot aérien transocéanique ne doit pas être cherchée dans une autre formule que celle du bateau volant.
- Nous avons tous eu jusqu’ici l’obsession de cette formule, parce que nous avions l’obsession de la panne qui oblige à ammérir.
- Mais les progrès récents de la technique aéronautique permettent de prévoir que le jour n’est pas très éloigné où les risques de panne pour un avion ne seront pas plus nombreux par exemple que les risques d’abordage par un iceberg pour un paquebot transatlantique.
- Lorsque ce jour sera arrivé, faudra-t-il, pour parer à
- un risque de probabilité aussi faible, sacrifier des. facteurs de sécurité beaucoup plus importants?
- La réponse à cette question ne paraît pas douteuse. Admettons qu’on ait rendu infimes non seulement les dangers de panne, mais aussi les dangers du vol et de l’atterrissage dans la brume et les risques d’erreur de navigation. Admettons que, sans faire du paquebot aérien un bateau volant, on lui ait donné des formes qui, en cas d’ammérissage forcé lui permettent de flotter comme un l'adeau. Une fois ces problèmes résolus, il n’y a pas de doute qu’il vaudra infiniment mieux ne pas sacrifier les qualités aérodynamiques, dont la machine a un besoin constant, aux qualités marines dont elle ne fera qu’un usage infiniment rare.
- Sommes-nous très loin de la solution idéale dont nous venons d’énumérer les conditions?
- Les perfectionnements récents aux avions multimo-teurs, I’établissementdemoteurs de plus en plus robustes, les améliorations innombrables apportées chaque jour à leurs dispositifs accessoires, la possibilité de surveiller et de réparer ces accessoires en vol rendent les pannes de plus en plus rares sur les avions de transport.
- Les améliorations considérables apportées à la stabilité des avions en vol, les instruments et les méthodes nouvelles qui permettent au pilote de maintenir l’équilibre de l’avion sans voir le sol ont rendu faciles les voyages dans le brouillard.
- Les méthodes de navigation qui permettent d’éviter les erreurs de route deviennent de plus en plus sûres.
- Enfin les prévisions météorologiques concernant les routes aériennes permettent aux avions de transport de choisir presque à coup sûr pour chaque voyage le parcours le plus favorable.
- Seule la question de l’atterrissage par temps de brume n’a pas encore réalisé le progrès décisif qui permettrait de la considérer comme résolue. Mais tout permet de penser que le moment approche où elle le sera effectivement. Et en attendant, le guidage des avions par T. S. F. permet de les diriger sur un aéroport qui ne soit pas plongé dans la brume.
- Il paraît donc bien probable que la solution du grand paquebot aérien sera trouvée dans l’emploi non pas d’hydravions, mais d’abord d’avions multimoteurs et peut-être par la suite d’avions monomoteurs, les moteurs étant sous la surveillance permanente de mécaniciens prêts à parer aux très rares incidents qui pourraient encore se produire.
- C’est pourquoi nous pensons qu’on peut trouver, en France même, des avions qui se rapprochent, plus que l’hydravion Dornier, de la solution du grand paquebot aérien.
- Pour ne citer que celui dont les aménagements et les dimensions se rapprochent le plus de ceux d’un paquebot aérien, il nous suffira d’indiquer, par exemple, le grand avion trimoteur de 2000 ch DB 70 de la Société aérienne Bordelaise (fig. 7).
- Mais il y a une considération qui est plus importante encore que celle des avions déjà réalisés. C’est celle des méthodes employées pour arriver au but.
- Si l’on réfléchit bien, on s’aperçoit que, en dépit de tout
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- ce qui a été écrit pour discréditer les grands raids, c’est en France qu’on applique la méthode la plus féconde pour atteindre un résultat pratique. Dans un domaine où, comme nous venons de le montrer, les préjugés risquent de conduire à une voie sans issue, les problèmes à résoudre ne peuvent, sans de graves mécomptes, être abordés en dehors de la méthode expérimentale, seule capable de départager sans erreur les conceptions pratiques et les conceptions utopiques.
- Or, dans la matière qui nous occupe, quelle expérience peut être complètement concluante en dehors du raid exécuté sur le parcours même où le grand paquebot aérien est appelé à naviguer dans l’avenir?
- Il est juste de reconnaître que trop de raids ont été entrepris dans des conditions qui étaient celles d’un coup de poker plutôt que d’un voyage d’expérience, et les conséquences désastreuses et stériles de telles folies expliquent le discrédit dans lequel étaient tombés les grands raids il y a deux ans.
- Mais quelle suite d’expériences fécondes par exemple que les admirables raids de Costes!
- Et quelle meilleure justification de cette méthode expérimentale que leur constante réussite et que les
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- précieux enseignements qu’ils nous ont rapportés! (')
- C’est bien ce qu’ont pressenti obscurément tous ceux qui, en France et aux Etats-Unis et dans le monde entier, ont acclamé nos deux héros.
- Mais s’il était possible d’exposer le détail des innombrables perfectionnements qui ont été apportés entre deux raids à tous les éléments de l’expérience, et s’il était possible de mettre en regard les conséquences pratiques de chacun d’eux, il apparaîtrait avec une évidence aveuglante que Costes et Bellonte ont bien fait la preuve que la méthode la plus sûre et la plus rapide pour résoudre le problème des voyages aériens au long cours est celle qu’ils ont découverte.
- Voilà pourquoi il faut souhaiter qu’elle soit appliquée encore plus largement dans l’avenir en utilisant toutes les ressources du génie inventif de nos constructeurs (2).
- A. Verdurand.
- 1. Un prochain article de La Nature exposera les principaux détails de la préparation des raids de Costes et Bellonte, et les précieux enseignements pratiques que les techniciens en ont tirés pour le progrès de la navigation aérienne au long cours.
- 2. C’est ce que permettront de faire les derniers types d’avions de raid actuellement à l’essai (Blériot, Bernard, Dewoitine) ou en fabrication (trimoteur Couzinet). Les rayons d’action de ces appareils dépasseront en effet 10 000 kilomètres.
- OSEILLES TANNIFERES
- Le « Cuir » du 1er octobre 1930, p. 368, signale l’étude faite par M. Paul Sors de Simantornga sur l’utilisation des « Ru-mex », alias Oseilles sauvages, abondants en tous pays, et formant des peuplements denses, à la fois, comme nourriture des animaux, et par leurs racines volumineuses comme matière tannante.
- Il borne son étude à une douzaine d’espèces de « Rumex », mais surtout aux_3 suivantes, de beaucoup les plus abondantes : Rumex acelosa, Rumex palientia et Rumex hydrolapalhum.
- tanin
- L’auteur a étudié le rapport —--------;— de ces différentes
- non-tanin
- espèces, et il est arrivé à cette conclusion :
- Main-d’œuvre d’extraction des racines, élevée.
- Matières colorantes des racines indésirables, tanin
- Rapport ---------:— faible.
- non tanin
- Jus tanniques trop facilement fermentescibles.
- Ces matières auraient à être raffinées, et conservées. Néanmoins, en considérant ces racines comme un sous-produit et les feuilles broyées comme un aliment très bon marché riche en vitamines et très digestible, la question pourrait encore être intéressante pour les industries du cuir. 11 y a déjà longtemps, on avait envisagé l’utilisation de la formidable Racine de la Bardane commune ou Lappa ou Herbe à poux, ou Herbe qui s’accroche, ainsi que celle de la Canaigre, mais sans succès. Les difficultés des industries, la rareté des matières premières, la cherté des transports, rendent cependant utile, pour les industries locales, l’utilisation à temps perdu, des ressources qu’on peut avoir sous la main dans les campagnes.
- C’est encore un point de vue à considérer,
- A. H.
- = NOUVELLES GRAVURES =
- DE LA GROTTE DE GANTIES A MONTESPAN
- Nous avons à plusieurs reprises entretenu les lecteurs de La Nature de l’état des recherches que nous effectuons dans la grotte de Ganties à Montespan. (La Nature du 1er avril 1927 et du 15 septembre 1928.)
- Ce souterrain comprenant de nombreuses arrivées d’eau calcifiées débouchant dans la rivière centrale, le
- dégagement de ces galeries est long et difficile et la grotte ne livre que peu à peu les vestiges de l’habitat magdalénien.
- En 1930, à proximité de travaux de déblaiement en cours et à une distance moyenne d’environ 650 m de l’entrée de la rivière, nous avons pu relever sur des
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- 176
- Fig. 1.
- Oiseau (canard ?) tenant un poisson dans son bec.
- parois de calcaire très corrodées quelques nouvelles gravures.
- L’une (fig. 1) se trouve près du lit de la rivière, à quelques mètres en surplomb; mais la pierre étant à cet endroit spongieuse et recouverte sur toute sa surface d’une fine couche d’argile, les traits de gravure certainement profonds à l’origine n’apparaissent maintenant sur la paroi que sous un éclairage bien déterminé.
- Les autres dessins sont plus facilement visibles et sont situés dans un couloir latéral très voisin de ce que nous avons appelé la salle du chaos (voir le plan de la grotte dans La Nature du 1er avril 1927).
- La figuration la plus originale est sans aucun doute la première citée.
- M. l’abbé Breuil, professeur au collège de France, auquel nous avons soumis le calque reproduit ici, a bien voulu nous dire ce qu’il en pensait. Il s’agit sans aucun doute d’un oiseau (peut-être un canard), tenant un poisson dans son bec.
- L’inclinaison des pattes et les traits fuyants du dessin
- Fig. 3.
- Bison femelle.
- indiquent très nettement un mouvement en avant de l’animal, et il semble que l’artiste ait voulu le représenter volant ou nageant (une cavité naturelle de la roche a été utilisée pour figurer l’œil).
- Cette reproduction d’oiseau sur paroi rocheuse est très rare dans l’art magdalénien et il est à regretter que sa réalisation un peu simplifiée et très usée par les agents naturels ne permette pas une détermination plus précise.
- Les autres gravures représentent deux bisons, un mâle et une femelle; les deux animaux sont dessinés en face l’un de l’autre sur les parois opposées d’un même couloir. Le bison mâle est précédé de plusieurs figurations dont on ne peut encore donner d’interprétaton satisfaisante.
- Les dessins de bisons sont déjà très nombreux dans la grotte et leur facture est toujours sensiblement la même.
- Notons toutefois que le dessin représentant la femelle (lig. 3) est fait d’un seul trait avec une sûreté d’exécution qui dénote chez l’artiste magdalénien une grande habileté manuelle et un sens très aigu de l’observation.
- *
- * *
- Toutes ces gravures, comme nous l’avons déjà signalé,
- Fig. 2. Bison mâle.
- se trouvent dans une position correspondant à un accident naturel du souterrain (bifurcation de galerie cheminée, coupure d’un plancher de galerie par la rivière, entrée de salle, etc.).
- Nous avons été amenés, à la suite de ces constatations, à entreprendre le déblaiement d’une galerie latérale profonde, dont l’entrée porte un dessin grossier de bison et des signes certainement plus anciens que les figurations décrites précédemment.
- Le remplissage de terre et de rocs qui obstrue le fond de ce couloir est dû à une arrivée d’eau très importante actuellement tarie, mais postérieure malgré tout aux signes décrits, car ceux-ci sont en partie recouverts par le niveau d’écoulement de l’eau.
- Le dégagement de cette galerie n’a pu être terminé en 1930 et sera poursuivi en 1931.
- Félix Trombe et G. Dubuc.
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- LES VIEUX SAVANTS QUAND ILS ETAIENT JEUNES1’
- IX. L’ “ ESPRIT SCIENTIFIQUE ” DANS TOUTE UNE FAMILLE
- L’esprit scientifique apparaît dans certains cerveaux à la suite de circonstances variées, s’épanouit avec l’âge adulte, mais passe rarement aux descendants. Il est même très rare que le fils d’un savant soit aussi un savant (2) ou, si le fait se produit, on peut l’attribuer, bien souvent, à l’esprit « d’entraînement » et à 1’ « influence du milieu » familial, plutôt qu’à l’hérédité. L’esprit scientifique, tel un éclair jaillissant dans la nuit, brille un moment dans une famille, puis, à l’instar de 1’ « étrange rêverie » de Musset, elle « s’efface et disparaît ». Mais, cependant, comme il n’y a pas de règles sans exceptions, on peut citer quelques familles où la vocation scientifique a duré deux ou plusieurs générations, avec, d’ailleurs, un éclat assez varié suivant les descendants ou les collatéraux. Ici peuvent, par exemple, prendre place les Bernouilli, Cassini, de Jussieu, Carnot, Richard, Geoffroy Saint-Hilaire, Bron-gniart, Milne-Edwards, et, jusqu’à un certain point, — bien que cela soit moins net que dans les cas précédents, —- Darwin; il faudrait y ajouter les Becquerel, mais je ne m’y arrêterai pas parce que deux de leurs descendants sont encore nos contemporains et que, de plus, à ma connaissance, il n’a pas été publié une biographie d’ensemble de ces très remarquables physiciens, lignée que continue, dans le même esprit, l’un des Becquerel actuels, professeur au Muséum d’histoire naturelle de Paris, dont, par ailleurs, le cousin, mon collègue et ami de l’Université de Poitiers, est, lui aussi, un savant de mérite mais ayant évolué vers la Botanique ou, plutôt, la Physiologie végétale.
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- Si les mathématiciens, par principe et par définition, sont destinés à mettre de l’ordre dans les choses les plus ardues et les plus embrouillées, il faut bien avouer que les Bernouilli n’ont pas suivi cette ligne de conduite quant à leur généalogie, car celle-ci a été rendue singulièrement obscure par les prénoms identiques qu’ils ont donnés à plusieurs de leurs descendants, alors qu’il leur eût été, cependant, si facile de ne pas plonger les amateurs de biographies dans un pareil casse-tête. Mais, après tout, se souciaient-ils, sans doute, peu de la postérité et ne pouvaient-ils deviner, en baptisant leurs rejetons, que ceux-ci deviendraient leurs émules...
- Voici, en résumé (5), quelle est cette généalogie, où ceux qui furent plus ou moins mathématiciens — on en compte huit — sont indiqués, dans le tableau ci-contre, en italiques.
- De cette collection de mathématiciens, les plus célèbres furent le Jacques Bernouilli de 1654 et le Jean Bernouilli de 166 7. Je reviendrai sur le premier dans un prochain chapitre (XII) qui montrera, chose curieuse, que sa famille était nettement hostile à ce qu’il fît des études. Quant à son frère Jean, né à Bâle en 1667, que ses contemporains mettaient sur le même plan que Leibnitz et Newton, il semble être devenu mathématicien, non spontanément comme Jacquep, mais sous l’influence de celui-ci, qui lui donna des leçons; il se fit aussi remarquer par son caractère haineux et vindicatif (4).
- 1. Voir La Nature depuis le N° 2808.
- 2. On pourrait en citer des centaines d’exemples, mais la liste en serait fastidieuse. Contentons-nous de rappeler que le fils de Pasteur, à ma connaissance, ne chercha jamais à taquiner la science et fit sa carrière, sauf erreur, dans la diplomatie. Il semble, d’ailleurs, en être de même pour les littérateurs et les artistes, qui le sont rarement de père en fils.
- ' 3. Florian Cajori, A History of Mathematics, New York, 1895.
- 4. Il eut une dispute célèbre avec son frère Jacques au sujet du pro-
- Nicolas Bernouilli (le père)
- 4- 4 4'
- Jacques Bernouilli Nicolas Jean Bernouilli (1654-1705) Bernouilli (1667-1748)
- Nicolas I Nicolas Bernouilli Bernouilli i (1695-1726)
- (1687-1759) J Daniel Bernouilli j (1700-1782)
- I Jean Bernouilli [, (1710-1790)
- ____ I _ __
- Daniel Jean Jacques
- Bernouilli Bernouilli Bernouilli
- (1744-1807) (1758-1789)
- Le troisième frère, Nicolas Bernouilli, n’était pas attiré par les mathématiques, mais, par contre, son fils, prénommé, comme lui, Nicolas Bernouilli (1687-1759), s’y livra avec une certaine ardeur en cherchant les solutions de divers problèmes posés par ses oncles, qui semblent ainsi — Jacques (1654), en particulier *— avoir « déteint » sur le reste de la famille.
- A citer encore, dans la descendance de Jean Bernouilli (celui-ci né en 1667), trois frères mathématiciens : Nicolas Bernouilli (né en 1695), d’une importance assez faible; Daniel Bernouilli (né en 1700 à Groningue), qui reçut des leçons de mathématiques de son père, lequel, cependant, finit par être jaloux de lui (il faut croire que les mathématiques n’adoucissent pas les mœurs) et lui reprocha «son manque de respect » pour avoir partagé avec lui un prix de l’Académie des Sciences (sur la déclinaison des planètes), et s’occupa aussi de médecine, de physiologie, de philosophie, de physique et de botanique; enfin Jean Bernouilli, né à Bâle en 1710, qui s’occupa, à là fois, de mathématiques et de jurisprudence.
- Ce dernier (Jean), eut trois fils : Daniel, dont l’histoire ne parle pas; Jean (né en 1744 à Bâle), qui, encore très jeune, acquit une grande réputation comme mathématicien, astronome et philosophe (il fut, paraît-il, docteur en philosophie à 13 ans, ce qui est un peu suspect); Jacques (né en 1758, à Bâle), qui devint professeur de mathématiques à Saint-Pétersbourg.
- Par ailleurs, il est intéressant, au point de vue de l’hérédité intellectuelle, de noter, dans la même famille des Bernouilli, mais dans d’autres lignées collatérales, la présence d’un Jérôme Bernouilli (1715-1829), fils d’un marchand droguiste de Bâle, qui devint naturaliste, et d’un Christophe Bernouilli (1782-1863)", qui fut, à la fois, physicien, naturaliste, économiste, technologiste, et s’occupa de toutes sortes de sujets scientifiques, ainsi que son frère Jean-Gustave Bernouilli, né en 1811 à Bâle, qui publia un ouvrage de vulgarisation (Vade-mecum du mécanicien), qui, à l’époque, eut de nombreuses éditions.
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- Les Cassini (*) constituent le meilleur exemple que l’on puisse citer d’une famille de savants qui furent astronomes — ou à peu près — de père en fils pendant environ quatre générations.
- blême des isopérimètres, pour lequel, d’ailleurs, il finit par reconnaître avoir commis, lui-même, quelques erreurs dans la solution.
- 1. Pour essayer de s’y reconnaître dans leur généalogie, on les désigne parfois, — tels des souverains —, sous les dénominations de Cassini I, Cassini II, Cassini III, Cassini IV.
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- Le plus ancien de la série est Jean-Dominique Cassini (1825-1712), né à Périnaldo, dans la partie du comté de Nice qui n’a pas été réunie à la France et qui avait appartenu, autrefois, à la Provence; il se fit, plus tard, naturaliser français et mourut à Paris. Ce savant, dont nous avons déjà dit quelques mots dans le chapitre IV, était bon observateur, mais cherchait surtout à faire des découvertes sensationnelles, propres à frapper l’esprit public, plutôt que de développer des points particuliers encore mal connus. Il avait été élevé chez les Jésuites de Gênes, où il ne se fit nullement remarquer par ses connaissances géométriques ou analytiques (il ne brilla guère qu’en poésie latine). Grâce aux relations qu’il entretint avec le sénateur marquis Malvasia, auquel il montra l’absurdité de l’astrologie, il succéda à Cavalieri, qui fut un des précurseurs de Newton et de Leibnitz dans l’invention du calcul infinitésimal, dans la chaire d’astronomie et, tout de suite, chercha à attirer l’attention sur lui en disposant un énorme gnomon à l’église de Saint-Pérone, instrument démodé qui, cependant, lui permit de faire quelques observations sur le soleil et les planètes (').
- Son fils, Jacques Cassini (1677-1756), s’occupa surtout, par un travail opiniâtre, de la forme de la Terre et fit de nombreux voyages au cours desquels il se lia avec Newton, Halley, Flamsteed, etc. Il fut membre de l’Académie des Sciences do Paris, à 17 ans et de la Société Royale de Londres à 19 ans (2).
- Jacques Cassini eut un fils, César-François Cassini de Thury (1714-1784), qui, s’occupant surtout de géodésie, entreprit une carte de France en 180 feuilles, que, après 45 ans de travaux, devait achever son fils Jacques-Dominique, comte de Cassini (1748-1845), lequel eut, lui-même un fils, Alexandre-Henri-Gabriel, vicomte de Cassini (1784-1832) qui, abandonnant l’Astronomie et la Géodésie, s’occupa surtout de Botanique (5). La famille des Cassini, après avoir évolué dans le ciel, était redescendue sur la terre, ce qui, d’ailleurs, ne lui fut pas favorable, car le dernier de ceux dont nous venons de parler mourut, prématurément, du choléra.
- Les Cassini laissèrent des descendants qui ne se firent pas remarquer dans les mathématiques et furent plutôt militaires. Dans la dernière guerre, même, l’un d’eux, le lieutenant de Vuillcroy Cassini, fut l’objet d’une très brillante citation.
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- •f
- Un cas cité souvent comme typique — en apparence — du sujet traité dans ce chapitre est celui des Jussieu qui, d’environ 1640 à 1853, ont donné à la science quatre botanistes de valeur et un insignifiant, famille dont nous allons résumer l’histoire — quant à leurs jeunes années — en partie d’après Flourens (4), et dont on trouvera, ci-après, le tableau généalogique, qui éclairera ce que nous en disons plus loin, et qui montrera que, parmi eux, il n’y en a guère qu’un — Antoine de Jussieu — qui devint, spontanément, disciple de la botanique et qui entraîna les autres dans cette science : ce fut lui seul, pourrait-on dire, qui fut l’animateur.
- 1. Pour plus de détails, voir : E. Doublet, le tricentenaire de Cassini I, La Nature, n° 2652, 31 janvier 1925. Cassini, contrairement à ce que l’on dit souvent, ne fut jamais Directeur de l’Observatoire de Paris; il n’en fut qu’une personnalité de premier ordre.
- 2. Le frère de Jacques, Jean-Christophe, entra dans la marine et fut tué à la bataille de la Hougue.
- 3. Un genre de plantes de la famille des Composées, les Cassinies, porte son nom; ces végétaux poussent en Australie, à la Nouvelle-Zélande et dans l’Afrique Australe.
- 4. Flourens, Eloges historiques, Seconde série. Garnier, édit. Paris,
- MDCCLVII.
- Laurent de Jussieu
- 1 t- i 1 '
- Christophe Antoine Bernard Joseph
- de Jussieu . + Antoine-Laurent de Jussieu 4-. Adrien de Jussieu de Jussieu de Jussieu de Jussieu
- L’ancêtre le plus immédiat de cette lignée était Laurent de Jussieu, qui se fit recevoir docteur en médecine et vint s’établir, vers 1680, maître en pharmacie — c’est le seul point par lequel il touche à la Botanique — à Lyon. Sa famille était originaire d’un petit bourg situé au milieu des monts du Lyonnais, qui séparent le bassin de la Loire de celui de la Saône, bourg où, depuis des années, les de Jussieu exerçaient, de père en fils, la profession de notaire. S’étant marié, Laurent eut seize enfants.
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- Le fils aîné, Christophe de Jussieu, seul, se maria et reprit la boutique de son père ; il publia un traité sur la thériaque.
- •1:
- Le fils cadet, Antoine de Jussieu (1686-1758), fut le premier botaniste parmi les de Jussieu. Destiné à l’état ecclésiastique et élevé au collège des Jésuites, Antoine avait, dès son jeune âge, pris un grand plaisir à l’observation des plantes. Ce goût, très prononcé chez l’enfant, devint une passion chez le jeune homme. « Il passait, à la recherche des plantes, dit un de ses biographes ('), Grand-Jean de Fouchy, tout le temps que ses devoirs lui laissaient libre, et, peut-être, un peu plus qu’ils auraient pu réclamer. » Dès l’âge de 14 ans, il parcourait, en herborisant, les environs de Lyon, la Bresse, le Bugey, le Forez, etc., et, même, une partie du Dauphiné. Pour parvenir à classer les plantes qu’il recueillait, il s’adressa à M. Goif-fon, médecin célèbre (2), qui mit entre ses mains les Eléments de botanique de Tournefort. Ce livre fixa ses idées et, dès ce moment, le séminariste disparut. Sa « philosophie » étant achevée, il déclara à son père qu’il lui était impossible de tourner sa pensée vers un autre objet que l’étude de la nature. Après un moment de déception et d’irritation, le père, reconnaissant l’ardeur de son fils, se laissa fléchir et permit à Antoine de passer du séminaire à l’Ecole de Médecine de Montpellier. Une place, retenue dans la voiture publique, assura le transport du fugitif, qui fit, malgré la rigueur du froid, la route de Lyon à Montpellier à pied et en herborisant, ne réservant son droit de voyageur que pour abriter les plantes qu’il recueillait. Des études sérieuses et brillantes, le titre de docteur, quelques années de pratique ne l’éloignèrent en rien de la botanique, car il avait entendu le célèbre botaniste Magnol. Désormais, aborder Tournefort était sa plus chère ambition. Dès qu’il fut libre, il se rendit à Paris dans l’espoir d’assister au cours que ce grand botaniste faisait, chaque année, au Jardin Royal. C’était en 1708. Déjà atteint du mal qui ne devait pas tarder à l’enlever (3), Tournefort ne pro-
- 1. Eloge d’Antoine de Jussieu (Mém. de l’Acad. royale des Sc., 1758).
- 2. Docteur en médecine de la faculté de Montpellier, agrégé au collège de médecins de Lyon et échevin de cette ville.
- 3. « Comme il allait à l’Académie des sciences, Tournefort eut la poitrine violemment pressée par l’essieu d’une charrette, qu’il ne put éviter. Il mourut le 20 décembre 1768, âgé seulement de 53 ans. » (Mémoire historique et littéraire sur le Collège royal de France, par l’abbé Coujet). Cette mort est à rapprocher de celles de Curie et de Dastre.
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- fessait pas; et, dès l’année suivante, Antoine se vit, à sa grande surprise, placé à 23 ans, après un court intérim d’Isnard, dans la chaire où, précisément, il avait espéré recevoir la suprême instruction. Dans son Discours sur les progrès de la botanique, prononcé par Antoine de Jussieu en 1718, et dédié à M. Goiffon, il rend un juste hommage à ceux qui l’ont poussé dans cette carrière. « C’est vous, écrit-il, qui avez excité et perfectionné en moi le goût que j’ai eu dès l’enfance pour la botanique; c’est vous qui, après m’avoir initié, pour ainsi dire, dans la médecine, m’avez remis à Montpellier entre les mains de ce célèbre professeur (Chirac) que nous avons aujourd’hui l’avantage de voir à notre tête en qualité d’intendant du Jardin Royal; c’est à vous que j’ai dû la protection et la faveur de feu M. Fagon (’) qui, sur le témoignage des herborisations que j’avais faites avec vous, m’honora d’une place à laquelle le mérite de mon prédécesseur m’aurait détourné de jamais penser. » Antoine s’occupa, en particulier, des plantes fossiles, dont l’origine était, alors, à peine entrevue, et de diverses plantes vivantes, le café, par exemple.
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- Son jeune frère, Bernard de Jussieu (1699-1777), le fondateur de la Méthode naturelle, était né à Lyon. « Chez cet homme d’une trempe si rare, a écrit Flourens, l’enfance, la jeunesse se passèrent sans qu’aucun indice pût faire pressentir un goût, une aptitude, bien moins encore une supériorité.Il avait fait ses premières études au grand collège des Jésuites de Lyon. A la fin de la rhétorique, en 1714, son frère Antoine le fit venir à Paris pour qu’il achevât sa philosophie. Etre laissé tranquille, afin de rêver tout à l’aise, était alors toute l’ambition du jeune philosophe. Cependant, en 1716, Antoine, ayant formé le projet de visiter les provinces méridionales de la France, l’Espagne et le Portugal, associa Bernard à cette excursion. C’est pendant ce voyage et surtout pendant son exploration du Lyonnais et de Saint-Chaumont qu’Antoine fit ses belles observations d’histoire naturelle. « Son jeune frère connaissait alors peu les plantes, et n’avait pas pour la botanique un goût bien décidé, nous dit son neveu Laurent; les plantes qu’il trouva furent pourtant examinées avec tant d’attention qu’il ne les oublia plus, et que, dans un âge fort avancé, il se souvenait encore parfaitement du lieu où il avait cueilli chacune d’elles. » Au retour d’Espagne, Bernard rentra dans sa famille. Il avait 18 ans, et il fallait choisir un état. « L’embarras où je suis de me déterminer est ce qui préoccupe aujourd’hui tout mon esprit et ce qui cause ma mélancolie, écrit-il à un de ses frères; j’étais prêt à donner dans le négoce, mais l’un me dit ceci, l’autre cela; j’entends marmotter de tous côtés, et je ne laisse pas que d’être fort agité. »
- Quel expédient imaginera-t-il pour retrouver le calme de ses pensées ? « Je vous ai mandé, écrit-il un peu plus tard, que j’étais comme dans le dessein de me jeter dans le commerce, mais je n’y songe plus; je ne me trouve que deux partis, ou la médecine ou la pharmacie, et c’est pour faire de plus sérieuses réflexions que, le 4 de ce mois, je dois commencer une retraite au couvent de Saint-Lazare. »
- A l’abri de ce faux-fuyant, notre rêveur indécis goûta pendant quelques jours le charme des tranquilles et libres méditations : mais, au sortir du couvent, ne se trouvant pas plus avancé, il ne vit rien de mieux à faire que de prendre ce qui se trouvait le plus sous sa main, c’est-à-dire la pharmacie. « Je crois être appelé, s’écriait-il. » Bientôt, résolution, inspiration s’en allèrent ensemble; mais, au milieu de son embarras timide, il laissa échapper quelques mots qui décèlent
- 1. Surintendant du Jardin Royal.
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- sa confiance en un secret ressort qu’il était encore seul à soupçonner. « Connaissant la plupart des conditions, écrit-il à son frère, vous pourrez m’expliquer celle qui convient le mieux à mon genre de génie, que vous connaissez aussi. Les sciences, où l’on voulait me pousser, et où je me serais bien poussé moi-même sans l’aide de qui que ce soit, ne sont à cette heure, pour moi, qu’une ardeur qui s’est ralentie et qui s’abat par plusieurs raisons. »
- Son père, lassé enfin de tant d’irrésolution, enjoignit à son fils de suivre la médecine. Bernard se laissa faire et fut reçu docteur en 1720. Appelé bientôt à Paris par Antoine, déjà illustre, Bernard y vint et n’en bougea plus, si ce n’est pour deux très courts voyages en Angleterre ('). En 1722, Antoine le fit nommer sous-démonstrateur de sa chaire de botanique au Jardin Royal, et en voilà pour toute sa vie. Bernard restera toujours sous-démonstrateur, d’abord sous son frère, puis sous son élève Lemonnier, puis sous son propre neveu Laurent; il ne quittera plus la place qu’Antoine lui a donnée. « Les fonctions de Bernard au Jardin Royal, écrit Laurent, consistaient à diriger la culture des plantes et à mener à la campagne les élèves qui suivaient les cours, en leur nommant les plantes qu’ils lui présentaient. Bernard dirigeait lui-même les jardiniers, ne se reposant sur personne du soin de recueillir les graines... Ce serait ici le lieu de parler de sa patience inaltérable dans l’étude des plantes; il les examinait sous toutes les formes qu’elles affectent dans les divers états de croissance. »
- En somme, Bernard de Jussieu était un timide, voire même un peu sauvage, et, sans son frère Antoine qui lui procura une place de tout repos, il n’eût jamais fait de la botanique, bien qu’il en eût 1’ « étoffe ».
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- Joseph de Jussieu (1704-1779), le plus jeune des frères de Jussieu, n’a que peu marqué sa trace dans la botanique et, sans Antoine et Bernard, on n’eût, sans doute, jamais parlé de lui. « Usant, a écrit Flourens, du privilège qui, dans toutes les familles, semble appartenir au plus jeune, il n’imita point la sage constance que ses deux aînés avaient mise dans leur carrière; il fut successivement ou tout à la fois, botaniste, ingénieur, médecin, voyageur, et sa vie fut aussi agitée que celle de ses deux frères avait été tranquille. En 1735, il partit pour le Pérou, accompagnant, en qualité de botaniste, les astronomes que l’Académie envoyait, alors mesurer, à l’équateur, un degré du méridien; mais il ne revint point avec eux. Dans ces régions si riches et si nouvelles, sa curiosité le retint captif, et plus d’une fois il joignit les travaux de l’ingénieur aux rechei’ches du botaniste. Une épidémie qui survint lui donna occasion de faire apprécier aux habitants du pays toute l’utilité que pouvait avoir la présence d’un médecin habile : aussi, pendant de longues années, opposèrent-ils toutes sortes d’obstacles à son départ. L’Europe lui doit plusieurs plantes nouvelles, l’Héliotrope, le Cierge du Pérou, etc.; ses herbiers ont fourni des espèces curieuses et jusqu’alors inconnues. »
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- Le quatrième botaniste, parmi les de Jussieu dont nous avons à parler, est Antoine-Laurent de Jussieu (1748-1836), fils de Christophe de Jussieu et, par suite, neveu d’Antoine, de Bernard et de Joseph. Né à Lyon, il a raconté lui-même l’histoire de ses débuts : « Après avoir fini mes études à Lyon,
- 1. «Je me souviens, écrit Laurent.de Jussieu, de lui avoir entendu dire qu’il avait rapporté de Londres, dans son chapeau, un pot qui contenait deux pieds de cèdre du Liban, qui n’avait pas encore paru en France. » C’est un de ces deux cèdres que tout le monde a admiré au labyrinthe du Jardin des Plantes.
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- ma patrie, en 1764, je suis venu à Paris, en 1765, chez mon oncle Bernard de Jussieu, pour étudier la médecine et les sciences accessoires; j’y ai employé les quatre années suivantes. Dans ces travaux, la botanique était par moi généralement peu suivie; je m’occupais plus particulièrement de ceux qui étaient nécessaires pour être admis dans la Faculté de Médecine où j’entrai en licence en mars 1770. Auparavant, dans une visite faite avec mon oncle à M. de Buffon, intendant du Jardin du Roi, celui-ci rappela à mon oncle que M. Lemonnier, professeur, étant premier médecin ordinaire de Louis XV, et obligé, en cette qualité, de remplir les fonctions de premier médecin pendant la maladie grave de M. Sénac, titulaire, il était nécessaire de trouver un suppléant pour faire dès leçons au Jardin. Mon oncle le surprit beaucoup quand il me présenta pour suppléant. C’est ainsi que, pour remplir ses vues, jé fus obligé de faire les leçons de la même année 1770. Il me fallut étudier sérieusement cette science, et comme la méthode de Tournefort, enseignée dans ce Jardin, était très facile, et que les élèves étaient tous nouveaux, il me fut
- aisé de leur débiter le lendemain ce que j’avais étudié la veille. Mon oncle, qui avait toujours disposé les plantes dans le Jardin, soit pour son frère Antoine, soit pour M. Lemonnier, son successeur, me rendit encore le même service, et me donna de mémoire les caractères des principales espèces des premières leçons, je pus seul terminer ce cours. » (')
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- Le dernier des de Jussieu fut Adrien de Jussieu (1797-1853), fds du précédent, lequel lui laissa sa chaire du Muséum en 1826. Il fit des travaux remarquables par leur précision et leur soin sur diverses familles végétales, en particulier sur les Euphorbiacées, les Rutacées, les Méliacées et les Malpighiacées. Il avait un esprit fin et quelque peu malicieux, chose assez rare chez les anciens botanistes, qui étaient plutôt « ronchons».
- (A suivre.) Henri Coupin.
- 1. Voir aussi VEloge d’Antoine-Laurent de Jussieu par Flourens dans le Tome XVII des Mémoires de l’Académie royale de l’Institut de France, Paris, 1840
- LE MOIS METEOROLOGIQUE
- DÉCEMBRE 1930, A PARIS
- Décembre 1930, à l’observatoire du Parc Saint-Maur, a été un mois sec, avec température en léger excédent sur la normale et insolation sensiblement égale à la moyenne.
- Fig. 1. — Moyennes de température.
- La moyenne mensuelle de la température, 4°0, présente un excédent de 0°,6 et cet excédent est attribuable principalement à la faiblesse du refroidissement nocturne. Le minimum absolu, relevé le 18, a été de — 2°,8. Le maximum absolu, 11°,4, a été noté le 27.
- Le total pluviométrique mensuel, 36 mm 3,présente un déficit de 30 pour 100 sur la moyenne de décembre. Il a été recueilli en 13 journées pluvieuses au lieu de 17, nombre normal. La journée la plus pluvieuse a été celle du 11 où il est tombé 7 mm 6 de pluie accompagnée de neige et de grésil.
- La pression barométrique, 761 mm 4, au niveau de la mer, est inférieure de 1 mm 1 à la normale.
- La moyenne de l’humidité relative de l’air a été de 88,5 pour 100 et celle de la nébulosité du ciel de 79 pour 100.
- Il y a eu 9 jours de gelée dont un de gelée totale, 10 de gelée blanche, 10 de brouillard et 13 de brume.
- Le vent dominant a été celui des régions Sud.
- Variations par périodes décennales depuis 1874, à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, des moyennes de la température,
- Fig. 2. — Hauteurs de pluie.
- de la pluie, du nombre de jours de pluie, de la nébulosité, de 1 humidité de l’air et de la pression barométrique, pour le mois de Décembre :
- Tempé- Jours Nébu- Humi- Pression
- Périodes rature Pluie de losité dité baro-
- pluie métrique
- 1874-1883 2°S7 47,2 17 76 89,9 758,01
- 1884-1893 2°00 48,2 15 67 88,4 759,48
- 1894-1903 3°48 41,0 16 71 87,4 757,74
- 1904-1913 4°27 54,4 15 74 88,3 757,93
- 1914-1923 4°74 67,5 20 79 87,5 756,86
- 1924-1930 3°77 52,5 16 76 87,1 758,33
- moy. gén. 3°43 51,8 16,5 73,8 88,1 758,05
- * . Em. Rqger,
- Membre de la Société Météorologique.
- * A l’altitude de 50 m.
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- LA RADIOPHONIE PRATIQUE —1
- NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES - CONSEILS PRATIQUES CONSTRUCTION D’UN APPAREIL SIMPLE
- UN POSTE ÉMETTEUR RÉCEPTEUR A ONDES COURTES MONTÉ SUR AUTOMOBILE
- Le mode particulier de propagation des ondes courtes, et l’aisance relative avec laquelle on peut transmettre et recevoir à grande distance des messages radio-téléphoniques ou rudiotélégrapliiques en employant la gamme de 15 à 60 m par exemple permet de réaliser des postes émetteurs-récepteurs mobiles, à ondes courtes, de puissance relativement faible et capables d’assurer des radiocommunications régulières, même à grandes distances.
- C’est ainsi que, dans un camion d’encombrement relativement faible, un constructeur vient d’établir un poste émetteur récepteur à ondes courtes possédant des caractéristiques particulièrement intéressantes. La puissance d’alimentation du poste émetteur est de 1 kilowatt—émission, en télégraphie modulée six cents périodes. La gamme de longueurs d’onde qui peut être couverte est de 15 à 60 m.
- L’alimentation est assurée à l’aide d’un groupe électrogène,
- Fig. 1. •— Vue d’ensemble du poste émetteur récepteur Radio L-L moulé sur automobile, en position de fonctionnement.
- La longueur commune de l’antenne et du câble servant de contrepoids est de 50 m; cet ensemble collecteur et émetteur d’ondes est tendu à l’aide d’un mât télescopique fixé à la voiture et de deux autres enfouis dans le sol. L’élévation du premier, de type pneumatique, s’effectue par gonflage en une dizaine de coups de pompe; sa hauteur une fois déployée est de 8 m, la descente est obtenue par l’ouverture d’un simple robinet; les deux autres mâts démontables en deux parties mesurent chacun six mètres de hauteur (fig. 1).
- La gamme de longueurs d’onde de travail des postes de ce genre fixée par les P. T. T. est de 41 m à 42 m 80; 20 m 80 à 21 m 40, et 85 m à 86 m 10, suivant la distance séparant les deux postes, et suivant les heures de la journée. Comme les conditions de propagation varient, les longueurs d’onde de travail différentes sont donc choisies dans les gammes fixées
- Fig. 2. — L’intérieur du camion. Position des appareils récepteur et émetteur et des machines d’alimentation.
- composé d’un moteur à essence Aster de 5 ch, dont la vitesse de régime est de 1400 tours minute, du type monocylindrique à refroidissement par radiateur, et entraînant par courroie un alternateur de 600 périodes, de 1,5 kilowatt et son excitatrice ; un accouplement semi-élastique avec l’alternateur permet d’entraîner une génératrice pour l’alimentation du filament des ti’iodes émettrices (fig. 1 et 2).
- Le poste récepteur utilisé est du type superhétérodyne « toutes ondes », permettant une gamme de réception de 15 à 3000 m, et comportant une bigrille changeuse de fréquence, trois lampes moyenne fréquence, une détectrice et deux lampes basse fréquence. La réception est effectuée sur l’antenne d’émission à l’aide d’un inverseur. L’alimentation de ce récepteur est, d’ailleurs, fournie par les deux premiers éléments de la batterie de 12 volts servant à l’éclairage de l’automobile, la tension-plaque étant elle-même assurée par une batterie de piles d’une très forte capacité, d’une tension de 90 volts.
- Fig. 3. — Comment travaille l’opérateur dans la voilure.
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- Fig. 4. —Appareil d’alimentation avec commutatrice-et filtres, permettant de transformer le courant continu d’un secteur en courant alternatif.
- d’avance. La liaison est établie à des heures fixées à l’avance.
- Les cabines contenant les appareils sont soigneusement fixées sur les longerons de la carrosserie, et placées au milieu du châssis, c’est-à-dire dans la partie la mieux suspendue; les parties lourdes, telles que le moteur à essence et la génératrice, reposent directement sur l’essieu arrière; le récepteur est fixé sur une tablette par l’intermédiaire d’un matelas en caoutchouc mousse et de deux sandows (fig. 3).
- C’est à l’aide, d’ailleurs, d’un poste émetteur-récepteur semblable qu’ont été obtenues les radio-difïusions sportives les plus récentes, et, par exemple, les radio-difïusions des étapes du Tour de France cycliste.
- UN COFFRET D’ALIMENTATION TRANSFORMANT LE COURANT CONTINU EN COURANT ALTERNATIF
- La vogue des postes de réception du type secteur augmente chaque jour, grâce surtout à la mise au point des lampes à chaufïage indirect. 11 y a même, à l’heure actuelle, des constructeurs qui réalisent uniquement des postes-secteur de ce type.
- D’un autre côté, la plupart des appareils de reproduction phonographique électriques sont destinés à être alimentés directement par le courant alternatif d’un secteur. C’est, de même, le courant alternatif qui est, de beaucoup, le plus facile à utiliser pour assurer le fonctionnement des appareils de cinématographie sonore.
- Il y a pourtant, dans les villes et dans les campagnes, de nombreux secteurs de distribution qui fournissent encore du courant continu à leurs abonnés et il devient difficile aux auditeurs de T. S. F. ou aux discophiles qui n’ont à leur disposition que du courant continu d’alimenter leurs appareils du type secteur ou leurs phonographes électriques. Dans ce cas, une solution consiste à adopter une commutatrice transformant le courant continu du secteur en courant alternatif,
- qu’on peut utiliser comme s’il provenait directement d’un secteur de distribution alternatif.
- On pourrait croire, à première vue, qu’il suffit, pour atteindre ce but, d’employer une commutatrice ordinaire avec filtre; mais, en réalité, le problème est beaucoup plus complexe.
- En effet, si une commutatrice permet, à la rigueur, d’alimenter un amplificateur à fréquence musicale, elle ne donne pas un courant assez pur pour un poste de réception haute fréquence, et les harmoniques de commutation, se transmettant par l’excellente antenne que constituent les canalisations électriques locales, émettent un train d’ondes hertziennes qui, en raison de la proximité de sa source, trouble quelquefois les réceptions.
- Pour éviter cet inconvénient, un constructeur a établi un coffret d’alimentation spécial qui fournit un courant très pur et dénué de parasites, grâce à deux filtres, dont l’un est monté sur le réseau, et dont l’autre est traversé par le courant alternatif obtenu (fig. 4).
- Le courant continu du secteur traverse deux cellules filtrantes spéciales qui suppriment la propagation par les canalisations des parasites de transformation; le courant alternatif, produit par la commutatrice, traverse un transformateur antiparasite présentant, d’autre part, une capacité très faible entre ses enroulements.
- Ces différents organes sont réunis dans un coffret métallique formant écran, et feutré intérieurement afin d’éviter les trépidations. Grâce à cette dernière disposition, et aux soins apportés à l’exécution de la commutatrice, on ne peut entendre directement les bruits produits par la rotation de la machine, ce qui est également essentiel. La partie extérieure du coffret présente deux prises : l’une est destinée à recevoir les fils d’alimentation du secteur, et l’autre, les connexions du poste de T. S. F., un rhéostat permet de régler exactement la tension nécessaire.
- Cet appareil bien étudié est sans doute assez coûteux encore, mais il constitue à l’heure actuelle un des seuls qui permettent une réception parfaite avec un phonographe électrique ou un poste radio-secteur, lorsqu’on ne dispose que du courant continu.
- ÉLÉMENTS BLINDÉS POUR LE MONTAGE DES LAMPES A GRILLE ÉCRAN
- Nous avons mentionné plusieurs fois déjà les avantages des lampes à grille écran en haute fréquence, et même en moyenne fréquence. On peut en effet, grâce à elles, obtenir, dans les postes à changement de fréquence, une sensibilité plus grande avec le même nombre d’étages, diminuer beaucoup le « bruit de fond », et augmenter les
- facilités de réglage. Cepen- Fig. 5. — Elément de montage blindé dant, il est assez difficile, dans dit « Magnétoïd » pour l’emploi en le cas ordinaire, nous le sa- moyenne fréquence des lampes à grille vons,de monter des appareils écran.
- comportant de multiples étages munis de ces lampes, d’une part, parce qu’il faut utiliser des systèmes de liaison étudiés spécialement, d’autre part, parce qu’il faut blinder ces étages d’amplification,afin d’éviter les réactions des étages les uns sur les autres, et les liaisons entre les circuits grille et les circuits plaque de ces lampes.
- Depuis quelque temps les constructeurs de pièces détachées ont pu mettre à la dis-
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- position des constructeurs amateurs des transformateurs ou des bobines de liaison bien établis, dont l’impédance est étudiée pour correspondre à la grande résistance interne de ces lampes à grille écran. Il restait pourtant a établir les blindages spéciaux pour chaque poste, et cette opération, bien qu’assez aisée, en réalité, embarrassait souvent les débutants.
- On peut maintenant trouver également dans le commerce des éléments de liaison comportant non seulement les bobinages et condensateurs nécessaires, mais encore le blindage tout préparé. Par exemple, le modèle représenté par la figure 5 se présente sous la forme d’un carter en balcelite dont l’aspect rappelle celui des aimants d’une magnéto.
- A l’intérieur de ce carter, sont placés les organes de liaison d’un étage d’amplification aboutissant à un groupe de broches placées sur la partie inférieure du carter, de façon à la rendre facilement amovible. Une des faces latérales est constituée par un blindage en aluminium comportant une coupure ayant pour but de supprimer tout amortissement en s’opposant au passage des courants de Foucault. Ce blindage est complété par un écran horizontal percé d’une ouverture à travers laquelle s’engage l'ampoule de la lampe, et qui assure la protection rationnelle de cette lampe à écran placée entre deux éléments de ce genre.
- Ainsi, par simple juxtaposition de ces blocs, les étages d’amplification qu’ils contiennent se trouvent, non seulement blindés les uns par rapport aux autres, mais encore placés dans les con-
- Fig. 7.— Bloc changeur de fréquence el moyenne fréquence avec lampes à grille écran réalisé avec des éléments A.C.E.R, type ordinaire.
- Fig. 6.— Connexions des différents éléments de montage « Magnétoïd ».
- 1. Testa accordé moyenne fréquence. — 2. Transformateur accordé moyenne fréquence. — 3. Elément de liaison à résonance à réaction. •— 4. Liaison basse fréquence, choc, résistance, capacité.
- comportant des éléments blindés renfermant les lampes moyenne fréquence à grille écran avec leurs éléments de liaison (fig. 7 et 8). Ce montage était également très facile à établir, et rendait à peu près immédiate la réalisation d’un poste sensible à changement de fréquence.
- UN CHANGEUR DE FRÉQUENCE TRÈS RÉDUIT
- Grâce à l’emploi des lampes à grille écran en moyenne fréquence, on sait qu’on peut augmenter l’amplification, à égalité du nombre d’étages et réaliser ainsi un appareil d’une sensibilité suffisante, ne comportant guère que quatre lampes, c’est-à-dire une lampe bigrille ehangeuse de fréquence, une lampe moyenne fréquence à grille écran, une détectrice et une lampe basse fréquence, de préférence une lampe trigrille de puissance, afin d’avoir une audition d’intensité suffisante avec un seul étage.
- Il est ainsi possible de réaliser un appareil relativement
- ditions qui correspondent au maximum de rendement.
- On peut donc réaliser très facilement la partie moyenne fréquence ou même haute fréquence d’un poste récepteur qui est évidemment la plus difficile à établir (fig. 6). Comme ils sont toujours immédiatement interchangeables, ces blocs permettent, en outre, en cas d’accident, la localisation et la réparation immédiate de toute panne possible.
- Jusqu’à présent ces éléments sont réalisés sous forme de Tesla accordé moyenne fréquence, de transformateur moyenne fréquence, de self accordée à réaction et d’élément pour la première liaison basse fréquence par bobine de choc et résistance capacité.
- Avec ces accessoires, on peut donc établir très facilement et très rapidement un poste quelconque à changement de fréquence, et, d’ailleurs, le constructeur a pris soin de réaliser des schémas de montage, dont la lecture est très facile pour un amateur constructeur, même dépourvu de connaissances techniques. L’aspect d’un montage de ce genre, terminé, est à la fois très simple et extrêmement esthétique, et ne ressemble pas à un montage d’amateur plus ou moins bien fini.
- Il y avait, d’ailleurs, déjà longtemps que ce même constructeur avait établi à l’usage des amateurs un bloc changeur de fréquence et moyenne fréquence
- Fig. 8. — Schéma du bloc de la figure 7.
- Ptîe de polarisation
- Jack
- Z/ampes Interrupteui
- CV Hétérodyne = 0.5
- CV d'accord =0.75
- Cadre de
- © ô © © (s/ Transt'o BF'
- @ Douille
- Douille Oscillatrice
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- simple et de dimensions très réduites, comme le montre la ligure 9. D’autre part, le réglage est très simple, et il sulïit, en plus des condensateurs d’accord et de modulation habituels, d’avoir un commutateur grandes ondes petites ondes, et un dispositif potentiométrique pour la Iiy.9.' Pelit poste à change- détermination de l’intensité so-mml de fréquence Moduladyne. nQre_ Un td appareil) très léger,
- est facilement transportable, et nous avons d’ailleurs déjà décrit dernièrement une valise réalisée par le môme constructeur, extrêmement réduite et établie suivant le même principe bien qu’elle ne contenait pas d’amplification basse fréquence, puisqu’elle était destinée, en principe, à être placée en avant d’un amplificateur phonographique.
- UN RÉCEPTEUR BIEN ÉTÜDIÉ POUR LA RÉCEPTION DES ONDES COURTES
- L’augmentation du nombre des postes émetteurs radiophoniques sur ondes courtes, sur la gamme de 10 à 100 mètres, et l’établissement prochain des grandes stations de diffusion coloniale, dont l’une d’elles, la station de Saigon, est déjà en service et a pu être entendue dans presque toutes les parties du monde, augmentent de plus en plus, non seulement dans les colonies, mais encore dans la métropole, la diffusion des postes récepteurs destinés à la récep tion de cette catégorie d’émissions.
- Nous avons déjà décrit divers modèles de postes récepteurs pour ondes courtes, et nous avons indiqué qu’on pouvait réaliser dans ce but des appareils à changement de fréquence. Mais on peut obtenir des résultats déjà intéressants, en employant simplement une lampe détectrice d’un modèle un peu spécial, suivie d’étages d’amplification basse fréquence.
- Sans doute, avec ces appareils, le réglage est-il, en général, un peu plus délicat, puisqu’il faut obtenir le maximum d’amplification en maintenant le système de réaction à la limite d’accrochage; cependant, on a l’avantage d’avoir un poste plus simple, et surtout de supprimer complètement «le bruit de fond»; on sait, d’ailleurs, qu’il serait également possible de faire précéder la lampe détectrice d’un étage d’amplification haute fréquence avec une lampe à grille écran.
- Ces appareils très simples en principe exigent une exécution mécanique et électrique excellente, si l’on veut obtenir, à la fois, des résultats d’audition satisfaisants et un réglage facile; en particulier, les condensateurs doivent être choisis et isolés soigneusement et munis d’un système de démultiplication à la fois précis et robuste.
- Le poste de modèle récent représenté par la figure 10 est établi par un spécialiste des ondes courtes; il comprend seulement trois lampes, soit une lampe détectrice et deux lampes basse fréquence, mais il donne, grâce à un montage spécial dérivant du montage Reinartz, une audition puissante et pure, avec une sélection très satisfaisante, permettant de séparer deux postes voisins d’un même réglage, ou très proches du poste de réception.
- Les organes de réglage qui sont, d’ailleurs, en petit nombre, sont fixés sur le panneau avant en aluminium enduit d’un vernis, et les lampes et bobines sont placées sur un panneau isolant, à l’intérieur de la boîte du poste.
- Les bobines d’accord et de réaction sont étudiées pour éviter toute perte en haute fréquence, aussi les spires sont-elles non jointives et bobinées «sur air», sans mandrin; afin d’éviter également les pertes, on utilise des bobinages interchangeables, mais la gamme couverte par ces bobinages est relativement
- assez grande, par exemple une bobine couvre la gamme de 10 à 21 m sur une première position d’un inverseur, et 13 à 28 m sur la deuxième position, et avec une deuxième bobine, on obtient la gamme de 24 à 54 m ou de 38 à 120 m.
- Sur le panneau avant, on a disposé à gauche le condensateur d’accord et à droite le condensateur de réaction, les rhéostats de chauffage, un pour la détectrice et un pour les lampes amplificatrices, l’inverseur PO-GO, et au-dessus de lui une résistance variable qui permet de régler la « brutalité » de l’accrochage. Deux jacks sont prévus pour permettre l’écoute avec un seul étage basse fréquence ou avec deux étages.
- Le poste complet sans les lampes ne pèse guère que 0 kg 600, et il est monté dans une ébénisterie de 35 X 25 X 16 cm.
- Pour l’écoute aux grandes distances, il est bon de se servir d’une antenne de quelque 30 mètres à deux brins ou même à un seul brin, aussi bien isolée et aussi bien dégagée que possible; on peut employer un contrepoids électrique avec un fil d’amenée aussi court et aussi gros que possible, mais, si on utilise une grande antenne et dans les colonies, il est possible de supprimer la prise de terre, surtout lorsque celle-ci ne peut être établie d’une façon satisfaisante.
- Pour le réglage, la manœuvre est facilitée par une fiche d’étalonnage accompagnant chaque appareil, ce qui permet de déterminer à peu près à l’avance, pour une longueur d’onde donnée, la position du condensateur d’accord. L’accrochage s’obtient pour deux positions du condensateur, et l’on a intérêt à se maintenir près du « décrochage » pour faire apparaître le sifflement de l’onde porteuse; puis, on décroche en se maintenant près de l’accrochage pour faire apparaître convenablement la téléphonie. Le rhéostat de chauffage de la détectrice permet, d’ailleurs, de rendre plus souple à volonté cet accrochage.
- P. IIÉMAKDINQUEK.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Appareil d’alimentation sur courant continu.
- Établissements Ragonot, 15, rue de Milan, Paris (9e).
- Éléments de montages blindés pour lampes à grilles-écran. Établissements A. C. E. R., 4 ter, avenue du Chemin-de-Fer, Rueil-Malmaison (Seine-et-Oise).
- Poste récepteur réduit à changement de fréquence, type Moduladyne. Hurm, 14, rue Jean-Jacques-Rousseau, Paris.
- Poste récepteur à ondes courtes. Comptoir général de T. S. F., 11, rue Cambronne, Paris (15°).
- Fig. 10. — Poste récepteur ù ondes courtes MC-18.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de Novembre et de Décembre 1930.
- CHIMIE PHYSIQUE
- Mécanisme du revenu de la martensite (MM. P. Cheve-nard et A. Portevin). — Au cours de la trempe, la formation d’austénite accompagne toujours celle de la martensite : on enregistre, au revenu, la résultante des effets de la chauffe sur deux constituants hors d’équilibre, ce qui explique la diversité des opinions émises à leur sujet, certains auteurs faisant état de constituants nouveaux, comme l’osmondite de Hcyn, ou les martensites a et (3 de Honda. Pour simplifier la question, MM. Chevenard et Portevin ont étudié d’abord le revenu de l’austénite; puis, faisant varier les teneurs en carbone et les vitesses de refroidissement, ils ont préparé des aciers trempés renfermant des proportions variables de martensite, pour les étudier selon la technique des revenus isothermes.
- Il semble ainsi que le revenu de la martensite s’opère dans les aciers hypereutectoïdes selon la réaction :
- 1) martensite cémentite + martensite moins carburée, une contraction lente, qu’accompagne une baisse progressive de la résistivité, indiquant la précipitation du nouveau constituant cémentite, dont la formation se poursuit régulièrement, avec l’élévation de température, pour s’achever, par exemple, à 500°, si la chauffe dure sept heures. Les courbes propriété-température de revenu, relatives à un acier trempé, s’interprètent donc, par la superposition à la réaction 1), des réactions de revenu de l’austénite :
- 2) austénite -> cémentite + austénite moins carburée, austénite —>- cémentite -j- martensite.
- Cette nouvelle interprétation des phénomènes de revenu, tout à fait conforme aux lois générales qui intéressent les alliages, écarte ainsi tout constituant nouveau et toute réaction nouvelle.
- CHIMIE ORGANIQUE
- Les synthèses de Vacide cyanique et de Purée par oxy= dation ammoniacale du carbone (M. Georges Laude).— Malgré certaines idées jusqu’alors admises, M. R. Fosse a établi, en 1920 et 1921, que les protides et glucides, le gly-cérol et l’aldéhyde formique engendrent des quantités notables de carbimide quand on les'oxyde en présence d’ammoniaque. M. Georges Laude, généralisant la méthode, a montré que, pour la plupart, les fonctions de la chimie organique donnent des substances susceptibles de se transformer en acide cyanique, et les derniers essais ont employé, comme matière première, du charbon de camphre et du charbon d’acétylène, produits tenant de 97 à 99,6 pour 100 de carbone.
- La note soumise à l’Académie indique le mode opératoire, l’agent d’oxydation étant le permanganate MnCPK. Dans le cas du charbon de camphre, par exemple, la durée d’oxydation, pour un décigramme, dure une trentaine d’heures, la température étant maintenue entre 40 et 45°; après l’opération, l’acide cyanique peut être transformé en urée par le chlorure d’ammonium, l’amide étant alors dosée à l’état de xanthydrol.
- Il apparaît ainsi qiie la synthèse de l’acide cyanique peut être réalisée à partir de l’élément fondamental de la chimie organique.
- ENTOMOLOGIE
- L’existence d’une génération estivale chez le Criquet pèlerin (MM. Régnier et Lespes). — On tenait jusqu’ici pour certain que les Criquets pèlerins adultes (Schistocerca gregaria Forsk), venus des pontes déposées par les migrateurs arrivés du sud, ne se reproduisaient pas dans les territoires au nord
- des chaînes atlantiques. Et l’on citait cependant les résultats acquis, en 1928, par M. Abdel Méjid Mistilcawy qui avait obtenu expérimentalement deux générations de ces descendants directs d’immigrants, et cela en Egypte.
- MM. Régnier et Lespes se sont préoccupés de la question, pour le Maroc septentrional, en partant d’œufs recueillis sur le terrain. L’éclosion commença dès le 30 août dernier, deux tiers des Criquets nouvellement nés présentant la coloration blanc sale normale, les autres une teinte vert franc indiquant un caractère de transition vers la phase solitaire flaviventris. La plupart de ces échantillons verts retournèrent rapidement au type gregaria, noir verdâtre, sans doute, parce que confinés dans les cages d’élevage, mais l’un d’eux conserva, au deuxième âge, de larges plages vert intense.
- Ces résultats confirment nettement ceux de M. Abdel Méjid Mistilcawy, sur l’existence d’une génération estivale et retiennent l’attention des entomologistes sur trois points : l’extrême rapidité des imagos à atteindre la maturité sexuelle; la brièveté de l’incubation des œufs pondus par les descendants directs des immigrants, enfin, la faible influence que paraissent avoir, sur la durée totale d’évolution, entre les éclosions des deux générations, les conditions du milieu extérieur.
- BOTANIQUE
- Sur la formation des lichens (M. R. G. Werner). — Pour résoudre le problème de la synthèse hellénique, l’auteur s’est adressé à des lichens croissant sur des supports mous et faciles à couper en séries : types Xanlhoria parietina, Calo-placa vitellinula et Lecania cyrlella, récoltés sur des agaves, aux environs de Rabat.
- On sait ainsi que le développement de cette symbiose d’une algue et d’un champignon comporte plusieurs étapes. Les filaments germinatifs, sortis de la spore, rampent sur la cuticule de l’agave, vers les cryptes stomatifères où se localise l’algue, pour l’enlacer et s’insinuer entre elle et le substratum, cette première partie du travail se traduit par une forte augmentation du volume de l’algue et sa division. Ensuite, quelques éléments de Xanthoria parietina formés d’articles courts et renflés, pénètrent, pour les séparer, entre les gonidies-filles ; d’autres s’éloignent, à la recherche de nouvelles algues. La troisième phase correspond à la constitution d’une couche corticale autour des gonidies, la jeune plante présentant alors l’aspect d’un petit amas arrondi, appliqué par toute sa base contre le support. Puis vient l’élargissement par croissance intercalaire de la couche corticale, la jeune colonie présentant alors l’aspect d’une petite feuille épaisse. Les gonidies arrivent sous le cortex, transportées par des filaments enlaçants qui forment, en même temps, une couche médullaire lâche. A la cinquième phase, le Xanthoria s’épaissit et s’élargit et, après allongement et réunion à la périphérie des rhizines, son "accroissement s’arrête. Enfin, le développement du cortex étant polarisé et les hyphes de la médulle poussant de jeunes gonidies sous les nouvelles parties du cortex, encore dépourvues d’algues, la colonie s’affaisse et présente, à ce moment, la forme foliacée caractéristique. Le Xanthoria définitivement constitué continue à s’agrandir avec des alternances de repos et de croissance, sans nouvelles modifications internes.
- M. R. G. Werner estime que la forme du Lichen est déterminée par le Champignon et que le rôle de l’Algue y est secondaire.
- Paul Baud.
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- LIVRES NOUVEAUX
- L’évolution et le développement des principales industries depuis cinquante ans.— Numéro spécial du « Génie Civil » publié à l’occasion de son cinquantenaire. 1 vol. illustré, 236 pages. Le Génie Civil, 5, rue Jules Lefebvre, Paris. Prix : 25 francs.
- Ce beau fascicule réunit une série d’études, rédigées par des savants et ingénieurs éminents, et dont l’ensemble constitue un frappant tableau des progrès industriels accomplis depuis la fondation de notre confrère. M. Le Chatelier définit le rôle de la science dans l’industrie et le caractérise par quelques exemples topiques; il montre comment les progrès des méthodes de mesure réagissent sur le progrès industriel. M. D’Ocagne résume les progrès des procédés mécaniques et graphiques de calcul; M. de Freminville traite de l’organisation du travail; M. Rin-gelmann du matériel agricole; le général Challéat, des progrès de l’artillerie ; M. Matignon, de la grande industrie chimique; M. Janet montre l’évolution de la grande industrie électrique; M. Gall, celle de l’électrochimie et de l’électrométallurgie; M. Blondel, celle de la radioélectricité ; le général Perrier étudie les progrès de la géodésie et de la cartographie; M. de Launay, ceux de la géologie; MM. Charpy, Guillet, Bâclé, ceux de la métallurgie; M. Séjourné, ceux de la construction des grandes voûtes en maçonnerie; M. Caquot montre l’orientation moderne des théories de la résistance des matériaux; M. Mesnager décrit les progrès dans l’art des travaux publics, etc., etc.
- La lumière monochromatique. Sa production et son emploi en optique pratique, par Ch. Fabry (2e édition). 1 brochure, 40 p., 16 fig. Editeurs : Revue d’Optique, 165, rue de Sèvres, Paris, 1930.
- Après avoir montré par quels moyens on peut obtenir une lumière monochromatique, c’est-à-dire ne s’étendant que sur une bande étroite de longueurs d’onde, l’auteur décrit les applications de cette lumière dans l’optique industrielle : réalisation d’interférences pour les mesures précises d’épaisseur, étude des aberrations des instruments d’optique, mesure des indices de réfraction, etc.
- Précis de métallurgie, thermométallurgie et électrométallurgie, à l’usage des écoles d’Arts et Métiers, des instituts miniers, des métallurgistes et des chefs d’atelier de forges et de fonderies, par LI. Pécheux (4e édition). 1 volume in-16, 650 p., 167 fig., J.-B. Baillière et fils, Paris, 1930. Prix, broché : 32 fr.
- La première partie de l’ouvrage est un résumé de métallurgie générale : choix, préparation, analyse des minerais usuels, fours métallurgiques, principales machines-outils utilisées pour le travail des métaux.
- La deuxième partie est consacrée à la fabrication de la fonte, du fer et des aciers, d’après les données les plus récentes.
- La troisième partie étudie les autres métallurgies dans leur état actuel.
- Enfin la quatrième partie expose les propriétés générales des alliages et la fabrication des alliages industriels (métaux antifriction, bronzes et laitons). L’auteur a introduit dans son livre les notions de chimie physique et d’électricité indispensables à l’intelligence des phénomènes, et des méthodes métallurgiques modernes; et ensuite donne une large place aux essais divers (chimiques, physiques, mécaniques, électriques, magnétiques) qui permettent de juger de la valeur des métaux ou des alliages obtenus.
- L’art de bâtir une maison agréable et saine, par
- E. Marcotte. 1 vol., 572 pages, 274 fig. Ch. Béranger, Paris, 1930. Prix : 95 fr.
- Le titre de cet ouvrage est un peu trompeur, car la majeure partie du livre relève plus de l’urbanisme que de l’art de la construction proprement dite. L’auteur examine d’abord l’influence du sol sur la salubrité des habitations, puis il étudie dans leur ensemble les problèmes de la distribution de l’eau potable et de l’évacuation des eaux usées dans les villes, les impuretés de l’air, l’orientation des rues et des façades, l’organisation des cités-jardins; il reprend dans son ensemble le problème de l’éclairage rationnel des locaux, mais surtout des ateliers, il étudie assez brièvement le problème du chauffage et ne consacre que trois chapitres un peu sommaires à l’organisation de la maison salubre, à la ville, à la campagne, aux colonies. Un chapitre traite de la lutte contre la tuberculose, un autre de la désinfection en général. Le livre se termine par un résumé de la législation.
- Microscopie pratique, par G. Deflandre, 1 vol. in-16, 373 p., 115 pl. noires, 20 pl. en couleurs. Encyclopédie pratique du naturaliste. Paul Lechevalier, Paris, 1930. Prix : cartonné toile, 50 fr.
- Les amateurs auraient grand intérêt à se servir largement du microscope; ils y trouveraient de multiples joies. Ce livre leur apprend ce qu’est l’instrument, comment on s’en sert, comment on fait les prépa-
- rations, comment on les fixe, on les colore, on les monte sur lames. Cela dit, l’auteur passe en revue tous les objets que l’on rencontre communément : tissus et cellules, animaux de toutes sortes, plantes, l'aune et flore d’eau douce et d’eau de mer, microbes, diatomées, sans compter les applications diverses à la géologie, à la chimie, à l’hygiène. De très nombreuses figures représentent 1800 aspects microscopiques différents et servent de guide à l’observateur.
- The Formenkreis theory and the progress of the organic worlds, par O. Kleinschmidt. Traduction de J. C. R. Jourdain, 1 vol. in-8,192 p., 53 fig., 16 pl. H. I. et G. Witherby, Londres, 1930. Prix : relié toile, 10 sh. 6 d.
- Le sous-titre de l’ouvrage porte : « Remise en forme de la théorie de la descendance et de l’étude des races pour préparer la voie ù une conception harmonieuse de la réalité universelle ». Et c’est l’exposé d’une nouvelle conception, essentiellement métaphysique, de la descendance et de l’évolution que l’auteur soutient et discute avec ardeur. 11 serait difficile de la résumer en quelques mots.
- Guide pratique d’analyses pour l’urine, le sang, le suc gastrique, les matières fécules, etc., par
- René Clogne. 3° édition, 1 vol. in-16, 472 p., 66 fig. Le François, Paris, 1930. Prix : 32 fr.
- Présentation sous une forme schématique des techniques d’analyse simplifiées donnant le principe, le matériel, les réactifs nécessaires et les valeurs normales. Cette troisième édition est enrichie de chapitres nouveaux de parasitologie, bactériologie, hématologie, et donne une place prépondérante à la chimie biologique. Elle est précédée de conseils pour les prélèvements et de renseignements fournis à la clinique par les examens de laboratoire.
- Die Tierwelt der Nord- und Ostsee, par G. Grimpe et E. Wagler, 18° fascicule, 1 vol. in-8, 148 p., 149 fig. Phyllopodes et ïsopodes. Akademische Verlagsgesellschalt, Leipzig, 1930. Prix : 3,50 Marks.
- Nous avons maintes fois dit le mérite de cette œuvre collective décrivant toute la faune de la Mer du Nord et de la Baltique et donnant sur chaque groupe les renseignements biologiques les plus utiles et les plus circonstanciés Voici le 18° fascicule consacré à l’énumération des Phyllopodes par M. Walter Rammner, des ïsopodes et des Aniso-podes, par MM. H. J. Nierstrasz et J. IT. Scliuurmans Stekhovcn. On y trouve la classification, la description des espèces, la distribution géographique, le développement, la nourriture, présentés d’une manière complète, suivis d’une bibliographie suffisante pour approfondir les recherches, agrémentés de figures très claires qui facilitent beaucoup l’identification.
- Almanach de sécurité 1931, publié sous le patronage de l’Association des industriels de France contre les accidents du travail et du Bureau central de prévention des compagnies d’assurances. 1 broch., 64 p., 28 fig. Editions Stamm-Nion, 9, rue Bleue, Paris. Prix : 1 fr.
- Sous une forme saisissante, cet opuscule montre un grand nombre d’accidents figurés par des dessins reproduisant la photographie de 28 affiches de sécurité publiées dans différents pays industriels (France,, Angleterre, Etats-Unis, Hollande, Belgique, Italie, Allemagne, Russie, Canada, etc.). Chacune de ces affiches, avec son commentaire, forme une leçon de sécurité qui produira un effet salutaire et créera dans l’usine l’esprit de prudence désirable.
- La science et le bonheur, par Georges Lakhovski, 1 vol. X-276 p., 36 fig. — Gauthier-Villars, Paris, 1930. Prix : 25 fr.
- Cet ouvrage comprend deux parties bien distinctes : la première est morale et philosophique : l’auteur y donne d’excellents préceptes d’hygiène physique et morale dont l’observation assure, selon lui, la longévité. Il envisage le problème de la mort, et partant de théories physiques très personnelles, voyant dans la vie et dans la pensée des phénomènes vibratoires électromagnétiques provoqués par les ondes cosmiques, il déduit l’immortalité de l’âme et retrouve les enseignements essentiels de la religion sur la vie future. La seconde partie du livre est consacrée aux recherches expérimentales de l’auteur sur les oscillations électriques de la cellule vivante et leurs rapports avec les rayonnements cosmiques, et à l’exposé des résultats prophylactiques qu’il a obtenus sur des plantes ou sur l’homme au moyen d’ondes électriques très courtes produites artificiellement ou captées au détriment des ondes cosmiques. Les théories de l’auteur prêtent sans doute le flanc à la critique et les expériences n’ont pas encore un caractère qui force la conviction. En tout cas l’ouvrage se lit avec grand intérêt et ouvre des perspectives curieuses.
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- CHRONIQUE D’AVIATION
- Avion de raid Blériot 110.
- Les usines Blériot viennent de terminer la mise au point d’un appareil de raid, le Blériot Zappata 110.
- Cet avion est un monoplan de grand allongement, à ailes épaisses et haubanage souple. La voilure est construite entièrement en bois (longerons, caissons et nervures en contreplaqué). Elle est recouverte de toile.
- Le bord d’attaque est rectiligne; le bord de fuite, sensiblement elliptique; les bouts d’ailes étant arrondis. L’allongement de la voilure atteint huit.
- Encastrée sur le dos du fuselage, l’aile est haubanée au-dessous par deux paires de haubans fuselés allant s’attacher à la base du fuselage; au-dessus, par deux paires de haubans fuselés, fixés à l’extrémité supérieure de deux mâts jouant le rôle de cabane. Les ailerons placés aux extrémités du plan sont compensés. Ils s’articulent autour de faux longerons parallèles au bord de fuite.
- Le fuselage très étroit est formé d’une poutre triangulaire sur laquelle sont fixés des couples transversaux supportant une coque, de contreplaqué. De l’avant à l’arrière, le fuselage porte le moteur, les réservoirs principaux, le poste de pilotage à double commande en tandem (placé au droit du bord de fuite); enfin, une chambre avec couchette. Les empennages, de forme triangulaire à angles arrondis, sont construits également en bois, les volets étant compensés.
- Un moteur Hispano-Suiza de 600 ch, sur l’arbre duquel est calée une hélice métallique, équipe l’avion.
- Les réservoii’s sont placés dans le fuselage et dans l’épaisseur de l’aile.
- L’appareil est monté sur un train d’atterrissage à roues indépendantes. Ce train comporte pour chaque roue un V articulé, à la base du fuselage, et une barre télescopique oblique.
- Les principales caractéristiques de l’appareil sont les suivantes :
- Envergure : 26 m 60 Longueur : 14 m 60 Surface portante : 81 m2 Poids vide : 2500 kg Poids total en vol : 7000 kg Vitesse maximum : 193 km/h Rayon d’action : 11 000 km.
- Piloté par Bossoutrot et Rossi, le Blériot 110 a couvert les 15, 16, 17 et 18 novembre dernier environ 7800 km en circuit fermé, en 67 h 53 m. Le record de durée, qui appartient aux aviateurs italiens Maddalena çt Cecconi, a été ainsi dépassé de 40 minutes, sans être d’ailleurs officiellement battu. (Il aurait fallu, suivant le règlement, dépasser d’une heure les
- Fig. 1.
- Avion de raid Blériot 110.
- 67 h 13 m réalisées par les Italiens.) L’appareil a cependant révélé, au cours de ce vol, ses belles qualités d’avion de performances.
- : RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- COMMENT S’Y PRENDRE POUR COLLER DES IMPRIMÉS SOUS VERRE
- Lorsque l’on veut réunir d’une façon intime la feuille de papier et la lame de verre pour en faire un tout résistant, sujet de réclame par exemple, on éprouve en général une certaine difficulté, par suite de l’occlusion de bulles d’air, d’un effet disgracieux.
- Pour réussir, on commence par faire une solution de gélatine blanche à 5 pour 100 environ en mettant celle-ci à tremper dans l’eau froide pendant douze heures puis, liquéfiant au bain-marie, au produit fluide on ajoute alors 10 pour 100 de silicate de potasse à 31°-33° du commerce.
- Cette solution tiède doit être abondante et placée dans une cuvette photographique de dimensions assez grandes pour pouvoir y immerger à plat la feuille de papier et la lame de verre.
- Le verre sera au préalable bien nettoyé au blanc d’Espagne et plongé le premier dans le bain gélatineux; par des oscillations convenables, on fait évacuer toutes les bulles d’air; ensuite on immerge à son tour le papier déjà mouillé, dessin en dessous, en prenant les mêmes précautions. Il ne reste plus qu’à relever la vitre, sur laquelle reposera l’image.
- On s’assure qu’aucune bulle d’air n’est restée emprisonnée, puis on laisse égoutter sur un support analogue à ceux employés pour les plaques photographiques et on laisse sécher.
- Pour mettre à l’abri de toute altération due à l’humidité, il suffit ensuite de tremper un quart d’heure, dans l’eau formolée à 5 pour 100, l’ensemble obtenu ; la gélatine devient ainsi insoluble et résistera parfaitement, si elle venait à être mouillée accidentellement.
- N. B. — Le nettoyage à fond de la plaque de verre est tout à fait indispensable si on veut assurer l’adhérence.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- SCIENCES SOCIALES « Boîtes à idées ».
- Les boîtes à idées en Amérique consistent en des boîtes où le personnel des usines peut déposer des lettres pour communiquer à la direction toute suggestion sur des améliorations ou économies à apporter dans la marche de l’établissement. Ces lettres sont signées mais la plus grande dierétion est observée par la direction. Les suggestions d’économies et d’améliorations dans la fabrication, expédition, vente, etc., sont récompensées par des prix en espèces qui varient suivant l’importance des idées nouvelles signalées par les ouvriers, employés, voyageurs, contremaîtres, etc.
- Ce procédé, qui encourage l’initiative du personnel subalterne et surtout entretient le goût du métier, présente d’incontestables avantages et il serait intéressant de le voir s’implanter en France où il n’a été jusqu’ici que timidement expérimenté.
- Il aiderait sans doute à combattre le détachement, trop souvent obsei’vé aujourd’hui, que l’ouvrier manifeste pour sa tâche quotidienne. Il l’amènerait à s’intéresser davantage à l’affaire dont il fait partie et qui le fait vivre.
- Pour le patron : tous avantages puisque les prix ou récompenses donnés ne devraient pas dépasser les recettes.
- Cet ingénieux système, toutefois, n’a pas que des avantages : on me signalait aux Etats-Unis l’inconvénient de faire des mécontents parmi ceux qui ne sont pas récompensés et qui croient avoir trouvé une invention, une idée intéressante. D’autre part en plus des idées naïves, on trouve parfois dans la « boîte à idées » des lettres anonymes, mais pas plus là qu’ail-leurs on ne doit y attacher d’importance.
- La Compagnie des chemins de fer de l’Est a créé, il y a un an ou deux, des «boîtes à idées» qui chaque semestre lui procurent plus de 100 suggestions dont certaines très intéressantes. Les prix distribués par cette Compagnie varient entre 1000 francs et 50 francs.
- Elle se félicite des résultats obtenus, tant au point de vue technique que pour l’entretien de l’esprit de collaboration si désirable dans l’industrie.
- De même, signalons de bons résultats que M. Schneider a obtenus au Creusot avec les comités d’usine.
- Au moment où plus que jamais nos prix de revient ont besoin d’être réduits, il serait intéressant de savoir ce qui a été fait en France dans ce domaine de la collaboration intellectuelle du personnel et les résultats obtenus.
- A côté des boîtes à idées, j’ai vu également aux Etats-Unis beaucoup de tableaux illustrés avec des maximes dans ce genre : « Ayez l’orgueil de votre usine. — En jouant aux cartes vous faites attention, faites de même dans votre travail. — Sauvez vos .yeux avec des lunettes. — Incendies par homme sans soins. — Lavez-vous les mains avant les repas. — Il y a toujours [trop d’accidents, pensez-y», etc., etc. Il y a toute une éducation du personnel à faire avec des maximes et figures de même qu’avec de petites bibliothèques d’usines comprenant des ouvrages et revues techniques.
- • L’industriel a tout intérêt à avoir des collaborateurs instruits et qui collaborent non pas exclusivement avec les mains, mais avec l’esprit et le cœur. P. de M.
- AGRICULTURE Un légume... entremets.
- Très cultivé jadis, on le trouvait alors sur tous les marchés, le Chervis ou Chirouis, mérite de redevenir un de nos bons légumes,
- encore qu’il est en même temps un délicieux entremets, dont nos ancêtres faisaient le plus grand cas.
- Le Chervis (Sium sisarum) fait partie de la famille des Ornbel-lifères, où nous trouvons le Céleri, la Carotte, le Panais et autres plantes utiles. 11 a des racines tubéreuses, fusiformes, fascicu-lées, longues de 0 m 20, charnues, roussâtres à l’extérieur, très blanches intérieurement. Les tiges n’ont aucune valeur culinaire et ne sont bonnes que pour la récolte des graines qui mûrissent en août-septembre. Cette plante, d’après Jacques et Hérincq, fut introduite de la Chine vers 1548. D’autres prétendent que le Chervis était connu des Anciens, ce qui, d’après Mertens, ne serait nullement prouvé. Poiret, au contraire, ne le met pas en doute, parce que Pline indique dans son Histoire naturelle, que l’Empereur Tibère, dans son voyage en Allemagne, trouva les racines de Chervis si exquises, qu’il en exigea chaque année, sous forme de tribut, une certaine quantité.
- Mais après avoir cité Poiret, A. Dupuis ajoute : « Il paraît que le Chervis des Anciens n’est autre que le Panais. »
- Enfin, d’après de Candolle, la patrie de cette plante potagère est la Sibérie d’Asie, d’où elle a passé en Allemagne. L’assertion de Jacques et Herincq, après celle de Linné est donc fausse en ce qui concerne son origine chinoise. Il en est de même de Loureiro, qui indique le Chervis comme spontané en Chine et en Cochinchine. Pour mettre les savants d’accord, c’est bien difficile !
- Quoi qu’il en soit, ce légume délectable n’est plus guère connu que de nom, et parce qu’il figure encore dans quelques manuels de culture potagère. C’est une plante à deux fins, dont on peut manger les racines d’abord et les pousses étiolées comme salade : cette dernière, un peu aromatique, est excellente et se mange seule ou mélangée.
- Pour sa culture, le Chervis demande une terre doüce, bien fumée de l’année précédente et bien défoncée. On sème clair et sur place, en mars, en rayons espacés de 0 m 25 et profonds de trois ou quatre centimètres, en recouvrant les graines au râteau.
- Lorsque les plants sont assez forts, on les éclaircit, n’en laissant qu’un‘tous les 0 m. 10 environ.
- On sarcle et on bine.
- C’est un légume d’hiver, qui se consomme depuis septembre-octobre, jusqu’au moment où il se remet à végéter, au printemps, c’est alors qu’on butte pour obtenir la salade dont j’ai parlé plus haut.
- Quoique vivace, le Chervis est meilleur lorsqu’on le renouvelle tous les ans.
- Voici la recette que l’on trouve dans les Délices de la campagne, publication datant du milieu du xvue siècle :
- « Cette racine est si délicate, qu’elle ne veut presque qu’entrer dans l’eau chaude (bouillante) pour ôter sa peau (fort mince) puis on la frit, l’ayant poudrée de farine et trempée dans la pâte comme la scorsonère. Le jus d’orange est sa vraie sauce. Si étant cuite et pelée, vous la mangez au beurre, à la sauce tournée ou d’Allemagne, ou bien à l’huile en salade, avec du Cerfeuil d’Espagne, au temps qu’il commence à pousser sa feuille, c’est un manger délicat et friand. »
- C’est exact !
- Le Chervis n’a jamais donné de variétés, comme la plupart de nos autres légumes, mais je ne doute pas‘que si l’on s’en donnait la peine, on parviendrait certainement, au moins à le perfectionner, au grand profit de nos menus qui seraient bien misérables en hiver, si nous n’avions les primeurs méridionales. Cultiver le Chervis, c’est s’assurer le plaisir d’avoir un bon légume et, en même temps, une friandise appréciée.
- R. de Noter.
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- PETITES INVENTIONS
- MECANIQUE Le tracteur Le Bos.
- Un tracteur entièrement au,point, économique, de fonctionnement facile, vient d’être présenté à Montlhéry. Cet appareil a été spécialement créé pour permettre à tout propriétaire de jardins, de vignes, à tout maraîcher, de labourer et cultiver complètement sa terre, en réalisant une économie considérable de main-d’œuvre. Ce tracteur est muni d’un porte-outils pouvant'entraîner toutes les machines agricoles, généralement actionnées par un cheval. Son maniement est très simple et n’exige qu’un effort minime : il peut être actionné par une femme ou un vieillard.
- L’appareil est monté sur deux roues, dont les génératrices sont formées par des cornières donnant l’adhérence au sol. Ces roues portent sur chaque face une roue à rochet. Aux extrémités de l’essieu extensible, s’articule un levier extensible aussi, permettant selon les besoins, de faire varier l’écartement des roues entre 30 et 50 centimètres. Muni d’un porte-outils, il remorque également toutes les machines agricoles ordinairement actionnées par un cheval telles que : décavaillonneurs, herses, semoirs, bineuses, arracheuses, etc... Ainsi, ce tracteur convient et s’adapte à tout travail et à toutes façons du sol.
- Le fonctionnement est le suivant; on obtient l’avancement de l’appareil en imprimant de haut en bas un mouvement alternatif au levier qui fait tourner les roues et avancer le tracteur. Pour reculer ou transporter le tracteur et la machine agricole qui le remorque, on relève les cliquets le long des bras de levier où ils restent fixés par la pression des ressorts et on engage le crochet dans la barre transversale du levier. En abaissant ce dernier, le brabant, si tel est l’emploi du tracteur, se trouve soulevé de terre; débrayé, l’appareil se trouve eii
- Fig. 2. — Travail de labourage effectué par le Iracleur Le Bos.
- quelque sorte transformé en voiture à bras. On peut ainsi le pousser devant soi ou le transporter très facilement.
- Avec un tel appareil, on réussit à faire 5 fois plus de travail
- Fig. 1. — Le Iracleur Le Bos, au travail, remorquant un brabanl.
- qu’avec les outils à mains. En terrain moyen, on laboure un are à l’heure. Le tracteur Le Bos permet en outre comme il a été dit plus haut, de faire tous les travaux accessoires et tous les travaux de jardinage. Il assure une économie de main d’œuvre considérable.
- Constructeur : L. Putois, au Coudray-Montceau, par Plessis-Chenet (Seine-et-Oise).
- OPTIQUE
- Appareil analyseur de couleurs.
- Il existe une multitude et une très grande variété de teintes, et il est bien difficile, à première vue, d’apprécier la proportion de couleurs fondamentales qui interviennent pour définir et réaliser une teinte détermirfée.
- Ce problème a été étudié déjà de manière à caractériser les couleurs pour les diverses industries, mais en général il s’agit d’appareils scientifiques de prix élevé, qui sont un peu complexes pour des services courants.
- Un inventeur a présenté au Concours Lépine un petit appareil très simple qui, suivant les échelles de couleurs reportées sur les divers secteurs de disques transparents, peut s’appliquer à la peinture, à la teinture ou à diverses industries qui ont à fixer des caractéristiques d’une manière suffisamment précise pour les teintes variables qu’elles emploient.
- L’appareil présenté a été établi pour déterminer la composition d’une encre d’imprimerie de couleur par rapport aux encres premières, rouge, bleue et jaune, mais le principe de l’appareil peut, comme nous l’avons dit, s’adresser à toutes sortes d’industries.
- Dans le cas des encres d’imprimerie, on a 3 disques transpa-
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- = 190 —: ——
- rents, qui sont divisés en secteurs portant la couleur de référence avec une intensité croissante. Des chiffres déterminent empiriquement cette intensité et correspondent au nombre de
- Fig. 3. — Appareil analyseur de couleurs.
- grammes de la couleur qu’il faudra mélanger pour obtenir la teinte qu’on étudie.
- Le nombre maximum est 100 et décroît par 5 unités jusqu’à 0.
- 0 indiquera, par exemple pour la couleur rouge, qu’il n’y a aucun colorant rouge dans la teinte qu’on analyse. En face de ce secteur qui correspond sur la référence au 0 ou neutre, se trouve la fenêtre ajourée de sorte que l’on regarde par transparence les disques superposés.
- On vérifie que la teinte observée correspond bien à celle que l’on cherche et lorsqu’on est arrivé à la reconstituer dans la fenêtre, les disques ont tourné chacun de la quantité convenable et se sont arrêtés devant le numéro de référence que l’on note.
- On trouvera par exemple que le rouge s’est arrêté devant le chiffre 10, le jaune devant le chiffre 95 et le bleu devant le chiffre 70, le blanc devant le chiffre 25 et le noir devant le chiffre 5. La teinte obtenue est une sorte de violet.
- Ces chiffres indiquent le nombre de gammes de chaque colorant à mélanger, ils caractérisent donc par une formule la couleur cherchée. Cette formule peut être conservée, on peut facile-
- Neutre
- Fenêtre
- Fig. 4. — Appareil pour l’élude des encres de couleurs.
- ment l’écrire et la communiquer par poste, sans erreur possible.
- Suivant les différentes teintes, il y a évidemment une couleur qui domine. Àu début on met toutes les languettes dans la case neutre, mais pour la couleur dominante, on mettra la languette du disque correspondant dans la case 100.
- Par exemple pour un vert clair ou un orange, la couleur dominante sera le jaune ; pour un violet ou un bistre ce sera le rouge ; pour un vert foncé ou un bleu marine ce sera le bleu. On fei’a tourner successivement les disques de manière à obtenir le ton cherché. Bien entendu, chaque fois qu’un disque tourne, les autres doivent être maintenus en place.
- Pour obtenir plus facilement jxar transparence dans l’ouverture aménagée, on rabat au besoin le côté droit de l’appareil, de manière à ne pas être gêné par d’autres coloris.
- Cet appareil a obtenu une médaille d’argent.
- Picliolle, 6 bis, impasse du Pont-Royal, à Bagneux (Seine).
- HYGIÈNE
- La nicotine dans la fumée de tabac et les dénicotinisateurs.
- Depuis le xvne siècle, l’usage du tabac, dans tous les pays du monde, a pris une extension de plus en plus considérable, mais c’est depuis la dernière guerre que la consommation s’est accrue d’une façon telle que le monde médical s’est ému devant le nombre croissant d’accidents dus au tabagisme.
- De tous temps, la faveur du public s’est partagée entre le cigare et la cigarette : à l’heure actuelle, c’est sous cette dernière forme que se consomme la plus grande partie du tabac.
- Lors de la préparation des feuilles de tabac, une première fermentation détruit une partie de la nicotine qu’elles renferment, mais il en reste une quantité relativement considérable, qui en rendrait l'emploi dangereux, si cet alcaloïde n’était pas détruit en grande partie, lors de la combustion lente à laquelle il est soumis. Une partie de l’alcaloïde est entraînée par la fumée avec les produits de pyrogénation (bases pyridiques, crésols, ammoniaque), produits qui deviennent nocifs chez les grands fumeurs et contribuent à provoquer les accidents dits de « nicotisme ».
- Pour obvier à cet inconvénient, la Régie a mis en vente des tabacs, privés de la plus grande partie de leur nicotine, par divers procédés industriels. Ces tabacs dénicotinisés présentent l’inconvénient d’être privés de l’arome qui provoque la sensation recherchée par le fumeur.
- Des travaux récents ont permis d’obtenir par une autre voie des résultats identiques — sinon supérieurs —, c’est-à-dire, diminution considérable des produits nocifs dans la fumée de tabac, tout en n’apportant aucune modification de l’arome. Le principe de la méthode consiste à injecter profondément dans le cigare ou la cigarette un liquide approprié qui fixe les bases toxiques, cause des accidents du nicotisme.
- Des travaux, commencés à Vienne sous l’instigation du Dr Hermann, ont été entrepris et contrôlés dans différents instituts et facultés européens (Vienne, Paris, Madrid, Berlin).
- Les résultats obtenus, en appliquant une méthode d’analyse uniforme, avec un outillage identique, se sont montrés concordants. Le taux de disparition de la nicotine dans la fumée*a, dans tous les cas, varié, suivant l’origine des tabacs employés, entre 78 et 86 pour 100; celui des bases pyridiques, entre 30 et 70 pour 100 et celui de l’ammoniaque, entre 60 et 80 pour 100. Il semble donc, d’après ces résultats, qu’il y ait un grand progrès dans l’emploi du dénocotinisateur, tel que celui qui a été préconisé par le Dr Hermann.
- Ces produits doivent rendre de grands services aux fumeurs on les mettant, partiellement, à l’abii des accidents dus à l’abus du tabac, ainsi qu’aux médecins, qui pourront trouver, dans leur emploi, un moyen thérapeutique pour atténuer chez leurs malades, fumeurs invétérés, les effets de cette passion.
- Produits dénicolinisateurs. — La Société Française « Bonicot », 34, rue Taitbout, Paris. -
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- BOITE AUX LETTRES i= : 1..........m
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- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Erratum.
- A propos de l’Albuféra (n°2850). — Nos lecteurs ont certainement corrigé l’erreur qui s’est glissée dans cet article. Le maréchal Soult était duc de Dalmatie et c’est le maréchal Suchet qui lut fait duc d’Albul'éra.
- Rectification :
- Chauffe-eau à accumulation « Olermal ». (n° 2850, 1er lévrier 1931, P- 141.)
- Le cliché qui illustre cet article, ayant été par erreur mal placé à l’impression, l'appareil est représenté horizontal, alors qu’il doit être vertical. Nos lecteurs auront rectifié d’eux-mêmes cette erreur.
- Mauvais fonctionnement d’une batterie d’accumula= teurs de tension plaque.
- Il est évident qu’une batterie de tension plaque, ayant une capacité généralement très laible, est, de ce fait, plus fragile qu’une batterie de chauffage, dont les plaques sont plus robustes. Pourtant, une batterie de ce genre bien soignée peut fournir un usage de plusieurs années, sans aucune détérioration grave.
- Avant tout, il est nécessaire de vérifier de temps en temps la densité de l’électrolyte qui se trouve dans les bacs, et cette opération est très facile à exécuter à l’aide d’un petit pèse-acide, en particulier; nous avons déjà signalé, dans nos chroniques radiophoniques, des appareils très simples permettant d’obtenir ce résultat. Nous vous indiquons, par exemple, l’aspiromètre Dyna (43, rue Richer, Paris).
- Il se peut, cependant, que le degré de votre électrolyte soit correct, et que le défaut que vous constatez provienne du mauvais état des plaques. Nous ne pensons pas, pourtant, a priori, que les éléments qui se chargent le plus vite soient justement ceux qui sont sulfatés. Au contraire, la sulfatation augmente la résistance interne de la batterie et diminue la rapidité de la charge. Un examen superficiel de la couleur des plaques, qui ne doit pas présenter de taches ou de superficies blanches, peut déjà vous renseigner sur ce point.
- Le remplacement des plaques détériorées, s’il y en a, dans les batteries de tension plaque, comportant un couvercle mobile, est extrêmement facile, puisqu’il suffit de retirer par leur extrémité en U les plaques détériorées, et de les remplacer par des plaques neuves et sèches fournies par le fabricant.
- Pour effectuer cette opération dans les meilleures conditions de propreté, vous pourriez, cependant, à l’aide d’une pipette, retirer le liquide des bacs avant d’effectuer le changement des plaques.
- Réponse à M. Bardet, à Cette (Hérault).
- L’émission des radio=concerts de T. S. F.
- Nous ne comprenons pas bien la question que vous nous posez. Vous savez, sans doute, que les orchestres, exécutant les radio-concerts transmis par les postes de radiodiffusion, sont placés dans des salles spéciniapient disposées au point de vue acoustique, et qu’on appelle des » auditoriums ». Ces salles sont généralement séparées du poste éme^pur lui-même, auquel elles sont reliées par des lignes téléphoniques spéciales.
- Dans ces salles, les différents artistes musiciens, avec leurs instruments, sont disposés autour d’un microphone de la manière la jfïus convenable au point de vue acoustique, et suivant les caractéristiques des sons émis par leurs instruments.
- Les ondes sonores ainsi produites vont frapper le microphone, et on utilise les variations de courants électriques produites par ce microphone pour moduler les ondes hertziennes émises par la station. Nous consacrerons, d’ailleurs, à cette question de la « modulation » un article prochain de La Nature.
- Au poste récepteur, on amplifie ou non les ondes reçues, et on les délecte de façon à faire apparaître de nouveau la modulation, c’est-à-dire les courants musicaux produits justement par le microphone émetteur.
- Si cette question particulière vous intéresse, vous pourrez trouver; au sujet de la disposition des auditoriums eiv général, des renseignements dans .le « Phonographe et ses merveilleux progrès » (Masson, éditeur).
- Réponse à M. Argiropais, à Elassona (Grèce).
- Oscillographe pour l’étude des vibrations acous= tiques et récepteurs téléphoniques.
- Nous croyons que vous pourrez vous procurer un oscillographe sensible et robuste, d’usage pratique, et permettant d’étudier les fréquences de 0 à 3.000 périodes, aux établissements Rhodéra, 218, avenue de Jette, à Bruxelles, Belgique.
- Il y a, sans doute, en France, de nombreux constructeurs d’appareils de précision réalisant des oscillographes de ce genre, mais nous ne savons si ces appareils sont établis spécialement pour l’étude des vibrations acoustiques rapides, et d’un usage aussi pratique.
- Vous pourrez vous procurer des récepteurs téléphoniques Baldwin, dont le principe a été indiqué dans le numéro 2841 de La Nature, aux Établissements Sidi-Léon, 86, rue de Grenelle, à Paris.
- Réponse à M. Chambionnat, à Sevran-Livry (Seine-et-Oise).
- La réception des ondes courtes par changement de fréquence.
- Il y a, vous le savez, sans doute, des procédés assez nombreux qui permettent de recevoir des émissions sur ondes courtes sur la gamme de 10 à 100 mètres et, en particulier, les postes à une lampe détectrice à réaction plus ou moins modifiée du type Reinartz, Schnell, ou Bourne, sont les plus simples, puisqu’ils permettent la réception des émissions les plus lointaines avec une antenne de quelques mètres de longueur et, en haut-parleur plus ou moins puissant, avec deux ou trois lampes au maximum.
- Le seul inconvénient de ces postes simples, et qui sont d’ailleurs adoptés par la majorité des amateurs avertis, consiste dans la difficulté de leur réglage, puisque, pour obtenir une bonne audition assez intense, il faut se maintenir toujours à la limite d’accrochage. C’est pourquoi on a essayé depuis longtemps déjà, soit d’amplifier les ondes courtes en haute fréquence avant leur détection, soit d’opérer un changement de fréquence, afm de pouvoir les traiter comme des ondes de longueur moyenne. Nous avons donné, à ce sujet, des renseignements assez détaillés dans le numéro 2841 de La Nature.
- L’amplification à haute fréquence est maintenant possible, grâce à l’emploi des lampes à grille écran et, dans ce cas, on n’emploie pas, le plus souvent, d’accord d’antenne, et l’on se contente d’utiliser dans le circuit d’antenne une bobine de choc ou une résistance afin de diminuer les difficultés du réglage, l’amplification haute fréquence servant surtout à diminuer les difficultés de réglage.
- Le changement de fréquence, procédé sans doute plus complexe, permet, en réalité, de diminuer encore les difficultés du réglage, et un poste à changement de fréquence à ondes très courtes n’est guère plus difficile à régler pour un amateur un peu averti qu’un poste ordinaire à ondes moyennes, parce que les plages de réglage sont relativement larges.
- Il y a plusieurs procédés qui permettent d’adapter un poste à changement de fréquence à la réception des ondes courtes. On peut utiliser une lampe oscillatrice séparée, une lampe bigrille changeuse de fréquence, ou même une lampe détectrice ordinaire montée en autodyne et produisant également des changements de fréquence, avec un décalage qui est beaucoup moins sensible pour ces très grandes fréquences.
- Le procédé le plus simple consiste, à notre avis, à utiliser une lampe bigrille changeuse de fréquence montée, soit de la manière ordinaire avec bobine de grille et bobine de plaque à faible capacité, par exemple, en fond de panier, ou bien disposée suivant le montage Hartley, qui a l’avantage de permettre des oscillations plus faciles avec n’importe quel type de lampe.
- Les étages moyenne fréquence servant dans ce cas peuvent être quelconques et l’on peut fort bien adapter un poste ordinaire à la réception des ondes courtes en plaçant en avant de l’appareil un bloc changeur de fréquence spécial; on trouve dans le commerce d’assez nombreux types de ces appareils. Il est bon, pourtant, d’insister sur ce fait que les appareils à changement de fréquence de ce genre doivent être exempts, autant que possible, de bruits de fond, afm de permettre l’écoute au casque, sans une fatigue trop grande de l’opérateur.
- On obtiendra ce résultat en choisissant convenablement les transformateurs moyenne fréquence, et en les blindant de façon à empêcher la transmission directe des courants parasites par les-circuits moyenne
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- fréquence. On aura aussi, en général, de meilleurs résultats en adaptant des lampes à grille écran sur des étages moyenne fréquence, afin d’obtenir une amplification suffisante, sans trop « pousser » les différents étages. Réponse à M. Jules Roger, à Paris.
- De tout un peu.
- R. S. à Bruxelles. — Pour les conditions que vous indiquez, c’est-à-dire en milieu alcalinisé par la soude caustique, seul un mastic au caoutchouc sera susceptible de résister, la préparation suivante vous donnera probablement satisfaction :
- Prendre :
- Caoutchouc pur Para.......................100 grammes
- Pétrole................................. 1200 —
- Asphalte (Gilsonite)..................... 200 —
- Faire digérer le caoutchouc coupé en petits morceaux dans le pétrole pendant une quinzaine de jours, dans un ballon en verre bien bouché pour le gonfler, au bout de ce temps surmonter le ballon d’un tube de verre, pour empêcher le départ du solvant et chauffer doucement au bain-marie pour amener à dissolution.
- Cela fait, fondre l’asphalte dans un vase en fer, éloigner ensuite du feu et y faire couler en remuant, la solution de caoutchouc, en un mince filet, rendre bien homogène et couler en moules.
- Pour l’emploi faire fondre la composition à feu très doux d’abord au bain-marie, puis porter vers 150° C et appliquer la mixture sur les parties à joindre parfaitement propres.
- N. B. — Au cas où on désirerait donner à la masse plus de plasticité, il suffirait d’y ajouter un peu de pétrole après liquéfaction.
- On trouve dans le commerce des préparations de ce genre sous le nom de glu marine, mais il. faudra vous assurer qu’elles sont bien à base de caoutchouc.
- Arts graphiques à Nancy. — Pour répondre d’une manière précise à votre question, il faudrait nous faire connaître les éléments qui entrent dans la préparation de vos laques, afin que nous nous rendions compte de leur aptitude à attaquer le ciment.
- D’une manière générale, nous pensons que vous pourriez employer comme enduit protecteur la dissolution courante de caoutchouc pour pneus, étendue d’une quantité suffisante de benzine.
- Appliquer ensuite une couche de solution de chlorure de soufre à 5 pour 100 dans le sulfure de carbone pour vulcaniser le caoutchouc et lui donner plus de solidité.
- Bien entendu pendant ces opérations nécessitant la manipulation de produits très inflammables, prendre toutes précautions contre l’incendie et ne pas faire descendre l’opérateur dans les cuves de crainte d’intoxication, autrement dit, badigeonner avec une brosse à long manche.
- M. Martirtval à Paris. — 1° Les soudures employées pour souder l’aluminium ont une composition voisine de la suivante :
- Etain.................................. 860 grammes
- Zinc .................................. 90 —
- Aluminium.............................. 50 —
- On empêche l’oxydation pendant l’opération au moyen de décapants qui sont appliqués de la même façon que s’il s’agissait de braser, en voici une bonne formule :
- Cryolithe (A12F6, 6 NaF)................ 10 grammes
- Chlorure de potassium................. 60
- Chlorure de calcium................... 30 —
- Chlorure de sodium.................... 15 —
- Chlorure de lithium .................. 20 —
- Bisulfate de potasse................... 5 —
- Mélanger intimement, fondre au creuset, couler sur une plaque métallique, réduire en poudre après refroidissement.
- 2° La préparation des vernis à craqueler est trop délicate pour être à la portée de l’amateur, le mieux est de se procurer ces vernis dans les maisons spécialisées, par exemple, Clément et Rivière, 42, rue Beaure-paire, à Pantin (Seine).
- 3° Nous avons traité très longuement dans le n° 2814, page 142 la question de l’affûtage et des angles de coupe, veuillez bien vous y reporter. En ce qui concerne les ciseaux de couturière, cet angle doit être voisin de 65°.
- 4° Le meilleur résultat vous sera donné par la gélatine, pour donner de la rigidité à votre abat-jour d’étoffe, tout en lui conservant sa transparence.
- 5° La galalithe se travaille avec les mêmes outils que le bois, le collage s’effectue avec une colle à la caséine.
- M. Dufour à Paris. — Le coefficient de viscosité des huiles et par
- conséquent leur aptitude au graissage varie considérablement avec la température; aucune huile à notre avis, ne sera susceptible de satisfaire à une bonne lubrification avec des écarts de l’ordre de ceux que vous indiquez. Le mieux serait de poser la question à des fournisseurs d’huiles spécialisés, par exemple à la Société Franco-Egyptienne, 125, avenue des Champs-Élysées ; Standard Motor Oil, 82, même avenue.
- M. Breton à Paris. — 1° La capacité des bouteilles à air comprimé varie avec les fournisseurs de cet article, de même que le débit des ajutages; vous aurez tous renseignements à ce sujet en vous adressant aux maisons suivantes : Compagnie de l’Air comprimé, 5, rue de Liège, 9°; Ateliers de Reuilly, 30, rue Amelot; L’Air liquide, 48, rue Saint-Lazare; Ateliers des Mureaux, 49 bis, avenue Hoche, Paris.
- 2° Comme ouvrages sur l’air comprimé, nous pouvons vous indiquer : Mécanique spéciale des fluides (compresseurs, conduites d’air, appareils récepteurs) par Guillot. Etudes diverses : Horloges pneumatiques. Machines à comprimer l’air. Installations des Compagnies parisiennes d’air comprimé. Joints pour canalisation d’air comprimé, etc. Editeur Béranger, 15, rue des Saints-Pères.
- 3° Parmi les métaux légers, outre l’aluminium D = 2,60 dont l’emploi est aujourd’hui généralisé, on peut envisager dès maintenant comme susceptibles d’utilisation industrielle, le magnésium D = 1,74, le calcium D = 1,58, enfin le lithium D = 0,59.
- Quant au glucinium le minerai qui le renferme est trop peu abondant pour qu’il puisse être question d’une extraction économique.
- Chacun de ces métaux a ses qualités ou ses défauts, tout dépend de l’application que l’on a en vue.
- M. Perroy à Saint-Saturnin (Puy-de-Dome). — L’allongement ou le raccourcissement des cordes à l’humidité ne dépend pas seulement de la nature des fibres (soie, chanvre, coton, etc.), mais aussi et surtout de la torsion qui a été donnée à celles-ci, pour constituer le filé, la ficelle ou le câble, torsion élémentaire (filage) et retors; la détermination des variations de longueur de chaque article nécessite une étude particulière.
- ML Bénard à Creil. — 1° A maintes reprises, nous avons signalé l’intérêt qu’il y avait à préparer soi-même les solutions insecticides à base de pyrèthre employées en pulvérisation, puisqu’il suffit de faire digérer pendant une huitaine de jours 100 grammes de poudre de pyrèthre fraîche dans 900 cm5 de pétrole rectifié, puis de filtrer et parfumer par exemple avec un peu d’essence de lavande (huile d'aspic) qui masque bien l’odeur du pétrole.
- 2° Le coupe-circuit genre Gardy a justement pour but d’éviter que l’usager ne remplace le fil fondu par un fil quelconque non calculé pour l’installation, autrement dit le coupe-circuit est ainsi établi pour remplir à coup sûr son rôle protecteur d’une façon intangible.
- MIV1. Rousseau-Piot à Chalandray (Vienne). — Le parasite de vos futailles est le Lycte caniculé, nous avons traité assez longuement l’étude de ce coléoptère dans une réponse précédente faite à la Société des Automobiles Saurer, à Suresnes, n° 2843, p. 383, nous vous prions de vous y reporter.
- Quant aux parties attaquées, il n’y a guère de remède à y apporter, vu la difficulté de faire pénétrer les insecticides dans l’intérieur du bois; tout au plus peut-on tenter quelques badigeonnages avec une brosse dure, en employant une solution saturée de sulfate de cuivre (vitriol bleu).
- M. Christiaens à Paris. — La préparation suivante. peut être employée pour reboucher les fentes de parquets.
- Cire jaune.............................. 350 grammes
- Suif..................................... 50 —
- A-
- Ocre rouge . , . . .................... 7 —
- Ocre jaune.............................. 15 — ’
- Blanc d’Espagne.......................... 200 —
- Ce mastic s’applique encore chaud dans les rainures, on laisse durcir quelques heures, puis on racle l’excédent, avec une lame mousse d’abord, ensuite avec un morceau de verre de forme arrondie.
- Les proportions d’ocres jaune et rouge peuvent varier suivant la teinte du parquet, on peut même si besoin est y ajouter une pointe de noir de fumée.
- M. Pionian à Tauris. — 1° La Maison Barbou fils, 52, rue Montmartre, ne fournit plus, depuis la guerre, les produits nécessaires pour fabriquer une bière de ménage.
- 2° Vous aurez tous renseignements techniques sur la fabrication industrielle de la bière en vous adressant au Laboratoire des fermenta-, tions à l’Institut Pasteur de Paris, rue Dutot, 15e.
- Le Gérant: G. Masson.
- 432. — Paris, lmp. Lahure. — iS-z-içSi.
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- LA NATURE
- N° 2852. — Ier oh(Cars 1931 \/ Prix du Numéro : 3 francs 5 C
- Paraît le Ier et le i5 de chaque mois. pour la vente en France
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
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- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n"), 70 fr. ; — 6 mois (12 n"), 35 fr.
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- Adresser ce qui concerne la rédaction à M.V1. les Rédacteurs en chef de La. Nature, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI*.
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- N° 2852.
- LA NATURE
- 1“ Mars 1931
- L’ASSECHEMENT DU ZUIDERZÉE
- Un travail de géants, aussi grandiose dans son ensemble que les plus hardies d’entre toutes les créations humaines, comparable à ce que fut le percement des isthmes de Suez et de Panama, est en voie d’exécution par l’un des plus petits pays de l’Europe : la Hollande supprime le Zuiderzée.
- Le Zuiderzée est plus qu’un golfe. C’est une mer inté-
- Terrains à dessécher
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- Leuwgrden
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- rieure qui constitue la dernière emprise de la mer du Nord dans les terres de l’Europe septentrionale.
- Il fut longtemps un immense lac d’eau douce séparé de la mer par des terres habitées. Mais en 1282 un terrible raz de marée provoqua une inondation où périrent 100 000 personnes et qui fit du lac un golfe d’eau salée. On sait quels grands travaux de protection les Hollandais ont poursuivis au cours des âges pour garantir leurs territoires contre de nouvelles invasions de la mer et pour récupérer peu à peu et patiemment une partie des terrains submergés en bordure de leurs côtes.
- Des digues ont été élevées et la plupart des lacs côtiers asséchés. De telle sorte que, au commencement du siècle
- dernier, le dernier lac, celui de Haarlem, d’une superficie de 18 000 hectares demeurait le seul témoignage d’une époque héroïque. Après trois ans de travail, de 1849 à 1852, son sol fut également rendu à la culture.
- Restait le Zuiderzée, immense étendue de 350 000 hectares dont la disparition était désirée, mais toujours différée à cause de l’énormité de l’entreprise. Il appartenait à
- ENSEMBLE DES TRAVAUX EXECUTES du ZUIDERZÉE
- Harlingen
- 12 km Juin 1930
- TEXEL
- Ports
- de Breezand
- Den Helder
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- . v’iLus RI Terrains „ vtrefoulés
- Den Oever /
- Stavoren
- 2000*
- US écluse
- d ’évacuâtion K S te!u se de
- SS écluse ësas *
- G Pompes
- mmm Digues nouv^ourenforcées
- == Canaux dragués Seuils sous-marins
- Fig. 1 (à gauche). — Carte générale du Zuiderzée montrant les polders à assécher.
- Fig. 2 (à droite). — Ensemble des travaux exécutés actuellement pour l’assèchement du Zuiderzée.
- un jeune ingénieur, M. Lély, de dresser le bilan du travail et d’en assurer lui-même l’exécution. Son projet fut déposé en 1891 et c’est seulement en 1918 qu’il eut la satisfaction de signer lui-même, comme ministre des Travaux Publics, la loi ordonnant l’exécution des travaux.
- C’est qu’une forte opposition s’était révélée contre le projet. Les milieux agricoles, redoutant l’apport d’immenses terrains neufs, manifestaient la crainte d’assister à une diminution de la valeur des terres; les pêcheurs riverains craignaient la fin de leur industrie; enfin les financiers étaient en quelque sorte sidérés par le chiffre des dépenses, évaluées, avant la guerre, à 200 millions de florins. A la longue toutes les objections tombèrent, si
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- Q) Harlingen
- TEXEL
- Makkum ESITJ Temiins secs à basse ES3 dedàdjim. « hu„m 3 é!?-SàS m
- de 5 à 8 m.
- plus ded m.
- Breezand
- Workum
- Lemmer
- Kolhonn
- 150 km.
- femblic)
- Fig. 3. — Tracé général de la digue de fermeture accompagné des profondeurs marines aux abords du tracé.
- bien qu’en 1918 l’accord se fit sur l’urgence de la mise en exécution du projet.
- LE PROJET LELY
- Le projet Lély est caractérisé par la construction d’une digue fermant complètement l’entrée du Zuiderzée sur la mer du Nord en se basant, non sur la plus courte distance entre les deux côtes, mais sur la plus faible profondeur de la mer dans ces parages. La profondeur maximum du Zuiderzée ne dépasse pas 6 mètres; elle est inférieure à 4 mètres entre l’île Wieringen et la côte de la Frise. C’est entre ces deux rives que se construit la digue, sur une longueur de 32 kilomètres; elle est complétée entre l’île Wieringen et la côte de la province Noord-Holland par une digue de 2 km 5.
- Cependant l’assèchement intégral du Zuiderzée n’est pas prévu. On se contentera d’apporter à l’agriculture un certain nombre de polders d’une superficie totale de 225 000 hectares dont le prix de vente permettra de récupérer une grande partie des dépenses engagées. Les 120 000 hectares non asséchés prendront le nom de « Mer d’Yssel » du nom du principal cours d’eau qui se jette dans le Zuiderzée et dont les eaux douces remplaceront peu à peu les eaux salées actuelles. Cet immense réservoir d’eau douce permettra d’y puiser à discrétion pour l’alimentation de la population et les besoins agricoles. Il recevra également les eaux de pluie que l’on continuera à pomper des polders asséchés.
- Enfin la digue de fermeture servira de passage à une
- Fig. 4. — Coupe transversale de la digue de fermeture.
- {§£££& Argile à blocaux E222Z3 Argile
- Perré Plateau de fascinage
- voie ferrée reliant les deux provinces de Noord-Holland et de la Frise.
- En réalité la digue ne sera fermée qu’à marée montante. A marée basse des écluses s’ouvriront pour permettre l’évacuation des eaux apportées par les rivières qui continueront à se déverser dans la mer d’Yssel. Il était également nécessaire de réserver des passes navigables pour les navires : deux écluses de navigation sont établies dans ce but, une à chaque extrémité de la digue.
- Près d’Amsterdam est encore réservé un lac de 8000 hectares environ qui reste en relation avec le canal d’Yssel par un canal à écluses séparant les deux grands polders S. O. et S. E. et par des réserves canalisées entre ces polders et la côte par lesquelles les eaux du continent pourront se rendre à la nouvelle mer.
- Comme tous les polders sont au-dessous du niveau de la mer, des digues, moins massives que la digue de fermeture, les entoureront complètement pour les mettre à l’abri des inondations imprévues pendant les marées de tempêtes.
- LA DIGUE DE FERMETURE
- Par un hasard providentiel, les ingénieurs ont trouvé, dans le Zuiderzée, à peu près tous les matériaux nécessaires à la construction des digues constituées, du côté de la mer, par une large bande aussi élevée que possible, d’argile caillouteuse. Du côté du Zuiderzée, la digue est élargie avec du sable recouvert ensuite d’argile compacte. On a trouvé des bancs de ces argiles dans l’île Wieringen et près de la côte méridionale de la Frise ainsi qu’en divers points du Zuiderzée. Le matériau résiste parfaitement aux érosions. Il est apporté par des chalands et déchargé sur place à l’aide de grues à grappins. Le sable, extrait de la mer par des dragues à succion, est également apporté par des chalands à clapets qui le déversent derrière la protection d’argile. Quand la construction commence à s’élever au-dessus du niveau de la mer, on procède par projection de sable mélangé à de l’eau : cette dernière s’écoule et le sable reste en place. Ce dernier procédé a déjà été employé à la construction du barrage de Gatun sur le canal de Panama.
- Enfin les talus de la digue sont protégés, dans l’eau, par des plates-formes en fascines lestées de pierres et à la partie supérieure exposée à la houle, par un revêtement en pierres calcaires provenant des carrières belges ou par du basalte; enfin à la partie supérieure, un gazonne-ment recouvre la digue.
- Il pouvait paraître logique de commencer la construction de la digue en s’appuyant sur l’une quelconque des deux côtés et de la poursuivre ensuite vers l’autre rivage. A ce procédé on a préféré celui d’une construction fragmentée, par sections indépendantes, en se basant sur la vitesse des courants de marée.
- Les premiers chantiers ont été établis sur les bancs les plus relevés présentant, pour cette raison, des courants plus faibles qu’aux endroits profonds. Au Breezand, situé
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- Fig. 5. — La digue de Wieringenmeer : Constructions à Oudezeug, en pleine mer, 4 mai 1928. (Pli. Koninklijke. Luchtvaart. Matschappig, Rotterdam.)
- à mi-chemin entre les deux rivages, a été édifié un tronçon primitif qui a servi ensuite de point de départ dans les deux directions.
- Les passes profondes se sont trouvées ainsi resserrées peu à peu.
- En 1928, la digue était entièrement terminée entre la fouille de l’écluse de navigation et la côte de la Frise, sur une longueur de 3600 mètres ; en 1929 fut terminé le tronçon de digue, de 2000 mètres, entre l’île de Wieringen et le banc de Kornwerder. Une autre passe profonde, à 5 kilomètres de Wieringen, est en voie de resserrement.
- Mais, en réduisant la largeur de ces passes, on augmente fatalement la vitesse des courants. C’était là un gros inconvénient qui a été évité par la construction, dans chacune de ces passes, d’un seuil en argile caillouteuse qui relève le sol et ramène la vitesse des courants à une valeur non préjudiciable à l’exécution des travaux. A la condition, toutefois, que les forts courants de marée ne détériorent pas le seuil au moment de la jonction des deux tronçons de digue où ils subissent plus fortement les effets des eaux. On évite les affouillements de cette origine en recouvrant les seuils de fascines surchargées de pierres, dans les mêmes conditions que le côté de la digue qui fait face à la mer.
- La première passe profonde, celle de l’Amsteldeep, entre l’île Wieringen et la côte Ouest, fut fermée en 1924 et c’est en 1927 que commencèrent les travaux de la grande digue de 32 kilomètres.
- LES ÉCLUSES
- A l’est de Wieringen, en face de Den Oever, trois groupes de chacun cinq écluses, larges chacune de 12 mètres et longues de 50 mètres, assureront l’évacuation d’une partie des eaux de la mer d’Yssel dans la mer du Nord à marée basse. Chaque groupe est supporté par un radier unique en béton armé de 1 m 30 d’épaisseur, 88 mètres de longueur et 50 mètres de largeur; ce radier repose directement sur le sol maritime constitué à cet endroit par de l’argile compacte. En plus, une écluse à sas, destinée
- Fig. 6. •— La digue de Wieringenmeer : Construction près de Medemblick, 4 mai 1928. (Pli. Koninklijke. Luchtvaart Matschappig.)
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- Fig. 7. — La digue du Wieringenmeer.
- Les constructions près de Den Oever — vues du Nord. — Au loin en pleine nier : Oudezeug, et plus loin lu côte près de Medemblick,
- le 11 mai 1929. (Pli. Koninklijke. Luchtvaart. M.).
- Fig. 8. — La digue de Wieringenmeer.
- Avancement de travail à Oudezeug, en juillet 1929. Réunion de la digue à la partie commencée à Medemblick (à droite au fond). Au premier plan, la portion de digue venant de Oudezeug. (Ph. Koninklijke. Luchtvaart. M.)
- à la navigation, située près de ee groupe, aura 14 mètres de largeur et 144 mètres de longueur utile pour permettre l’éelusage d’un bateau de 200 tonnes avec son remorqueur. Cette écluse sera à portes intermédiaires.
- Sur le banc de Kornwerder, à 4 kilomètres environ de la côte de la Frise, deux autres groupes de cinq écluses d’évacuation de même largeur que les précédentes, sont complétés par deux écluses de navigation. L’une de celles-ci aura 14 mètres de large avec portes intermédiaires, l’autre 9 mètres seulement et 70 mètres de longueur avec sas ordinaire destiné aux bateaux de 600 tonnes.
- A la suite de sondages, il a été reconnu que ces écluses ne pouvaient être fondées sur le sol maritime ; leur radier est supporté par 12 000 pilotis. Les travaux ont commencé en 1928.
- Les groupes d’écluses d’évacuation sont situés à 90 mètres les uns des autres et reliés par des tronçons de la digue maritime. Pour leur construction, des emplacements de 30 hectares ont d’abord été entourés de digues à l’abri desquelles les épuisements ont été effectués et les fouilles exécutées. Ces digues ont été démolies ensuite au fur et à mesure de la mise en service des écluses.
- Les écluses à sas seront prêtes à fonctionner avant la fermeture complète de la digue.
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- Fig. 9. — L’asséchemeni du Wieringenmeer (mai 1930).
- Après achèvement de la digue et mise en route de la station de pompage de Medemblick, le Wieringenmeer se vide et les premières
- parties du fond deviennent visibles. (Ph. Koninklijke. Luchtvaart. M.)
- LE POLDER DE WIERINGEN
- Ce premier polder sera prochainement livré à la culture ; nous pouvons donc nous étendre sur les dispositions prises en vue de son assèchement.
- L’existence d’une digue entre l’île Wieringen et la côte de la province Noord-Holland devait avoir pour conséquence un rehaussement du niveau de la basse mer et un exhaussement des terres au voisinage de la digue. Aussi les premiers travaux de ce côté portèrent-ils sur la construction d’un canal dit de Balgzand, parallèle à la côte jusqu’à Ostoever, qui reporte à cette extrémité l’estuaire d’évacuation des eaux dans la mer du Nord. Ce canal constitue en outre la section extrême d’un grand canal de dérivation qui reçoit l’eau de tous les anciens polders, lesquels, avant les travaux, les évacuaient directement dans le Zuiderzée. Ce canal, convenablement dragué, est également utilisé par la navigation intérieure en reliant les petits ports de cette côte entre eux et avec la mer.
- Pour franchir le canal au droit de la digue, un pont a été construit et livré à la circulation en 1929 ; il permettra le passage de la voie ferrée à aménager sur toute la longueur de la digue maritime.
- Ce premier travail, qui ne paraît, au premier abord, présenter aucune urgence exceptionnelle, fut cependant
- Fig. 10. — Les fouilles de conslruction des écluses et ponts à l’est de Wieringen.
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- Ponts routants
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- Fig. 11. — Ports de Breezartd.
- commencé en même temps que la digue maritime parce qu’il permettait de résoudre une première partie du problème agricole qui est à la base du projet.
- Voyons rapidement comment ce problème se présentait aussitôt après la guerre.
- Depuis 1816, les assèchements et endiguements successifs ont permis à la Hollande de récupérer environ 99 290 hectares de terres cultivables auxquels il convient d’ajouter 310 000 hectares obtenus par le défrichement de terres incultes. Mais, entre 1853 et 1922, les agglomérations urbaines se sont développées à tel point que leur
- superficie s’est accrue de 31 000 hectares. La construction de nouvelles routes, de canaux, de chemins de fer, de ports, a encore soustrait à l’agriculture 24000 hectares. De sorte que, l’accroissement de la population rurale aidant, le manque de terres cultivables se fait sentir de plus en plus chaque année. Le nombre des acquéreurs de terrains augmente, et, par voie de conséquence, le prix de ces terrains s’élève.
- Il y a, il est vrai, en Hollande, 460 000 hectares de terres en friche, mais beaucoup ne sont pas cultivables. Le problème agricole ne peut donc trouver sa solution que dans l’assèchement du Zuiderzée. Celui de la mer de Wieringen a paru nécessaire, dans le plus bref délai possible, pour apporter un premier remède à la crise par l’apport de 20 000 hectares représentant 6000 exploitations agricoles.
- Commencée en 1927, la digue de Wieringen, en bordure du Zuiderzée, était fermée le 29 juillet 1929 et l’asséche-ment du polder fut effectué aussitôt.
- Mais, entre le continent et l’île de Wieringen existait une passe trop profonde pour en permettre l’incorporation au nouveau polder. On se décida à constituer là un lac bordé au nord par la digue maritime et au sud par une autre dite digue de l’Amstelmeer, du nom du nouveau lac ainsi délimité et dont la superficie est de 700 hectares.
- Pour ne pas perdre de temps on procéda, en même temps qu’à la construction de la digue, au dragage du réseau de canaux de drainage destinés à amener l’eau aux stations de pompage; 9 millions de mètres cubes de terre furent ainsi extraits du polder avant son assèchement pour creuser les canaux principaux et 6 millions de mètres cubes pour les fossés. D’ailleurs le plan de ces canaux prévoyait en même temps l’emplacement des routes, des stations de pompage, des écluses et même du centre d’habitation principal. Donnons la physionomie du polder.
- Les canaux d’écoulement principaux et les canaux de navigation sont tracés en général, à la limite des sections; ils communiquent entre eux par l’intermédiaire de 6 écluses à sas et par quatre écluses de navigation avec les voies d’eau entourant le polder. Deux de ces dernières écluses sont prévues pour le passage de péniches de 80 à 100 tonnes et celui de bateaux à moteur de 40 tonnes. Elles sont situées à De Haukes et Den Oever, dans l’île de Wieringen; les deux autres, à Kolhorn et Me-demblik, se trouvent à l’extrémité du canal qui relie ces deux localités à travers le polder et qui pourra recevoir des péniches de 200 à 300 tonnes et des bateaux à moteur de 80 tonnes.
- Une route partira de Den Oever pour rejoindre l’agglomération centrale du polder d’où d’autres routes se ramifieront vers les localités les plus importantes de la côte. Ces routes seront bordées par 1200 km de fossés et les rigoles, à l’intérieur du polder, situées à 5 km 1 es unes des autres, au-
- Fig. 12. —• La grande digue septentrionale. Construction en pleine mer à Breezand (mai 1929). (Pli. Koninklijke. Luchtvaart. M.)
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- ront un développement total de 40 000 kilomètres.
- Un tertre, d’une hauteur de deux mètres au-dessus du zéro de la mer et d’une superficie de 20 000 mètres carrés, constituera l’amorce de la future cité centrale située à la limite des 3e et 4e sections et servira de refuge aux habitants du voisinage en cas d’inondation par rupture d’une digue. Les petites agglomérations seront situées à 4 kilomètres les unes des autres.
- Quant au lotissement, il sera pratiqué par portions de 20 hectares, chacun des lots étant limité d’un côté par une route empierrée, d’un autre par un fossé de drainage accessible aux petits bateaux et, enfin, sur les deux autres côtés, par des rigoles de drainage. On réserve cependant quelques lots de superficie double.
- En raison des différences de cote du sol naguère encore maritime, on a dû adopter un plan d’eau différent dans les canaux de chaque section. Les niveaux ont été provisoirement fixés à 4 m 60, 5 m 30, 6 m et 6 m 70 au-dessous du zéro de la mer.
- L’ASSÈCHEMENT DU POLDER
- L’épuisement des eaux s’effectue dans deux stations de pompage situées : l’une à Medemblick et l’autre près de Den Oever, utilisées ensuite à l’épuisement des eaux de drainage. Les pompes fonctionnent depuis le commencement de l’année 1930; prochainement le travail d’épuisement sera terminé. On a jugé prudent d’installer deux stations de pompage indépendantes et différemment équipées pour obtenir une grande sécurité.
- Les pompes de Medemblick sont commandées électriquement tandis que celles de Den Oever sont actionnées par des moteurs Diesel. Si une défaillance se produit
- Digue provisoire Jf
- Ecluses à sas
- Ecluses
- devacuaiiom
- Digue provisoire
- 250 500 750
- Fig. 13.
- Les fouilles de construction des ouvrages de Kornwerderzand.
- dans l’arrivée de l’un ou l’autre combustible, houille et huile lourde, un groupe assurera toujours l’épuisement.
- A Medemblick, la station « Lély » comprend trois groupes composés chacun d’une pompe centrifuge à axe vertical débitant 400 mètres cubes par minute. Elles tournent à la vitesse de 107 tours par minute. La hauteur de refoulement est de 6 mètres. Chaque groupe est affecté à l’épuisement d’une section du polder, mais l’un quelconque d’entre eux peut être attribué à l’une quelconque des trois sections.
- La station de Den Oever, dite « Leesmans » comporte deux pompes accouplées chacune à un moteur Diesel à 6 cylindres; les pompes sont à axe horizontal et à arrivée
- Fig. 14. — La grande digue septentrionale. Première phase de construction des ouvrages de Kornwerderzand (juillet 1927).
- (Pli. Koninklijke. Luchtvaart. M.)
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- d’eau latérale; elles tournent de 125 à 175 tours par minute et refoulent 250 mètres cubes d’eau par minute à 5 m 50 de hauteur. Ici également les sections des pompes d’épuisement sont interchangeables. Remarquons encore que dans chaque station une pompe travaille à l’épuisement de la 3e section qui est la plus étendue.
- La capacité de ces stations est donc de 1700 mètres cubes par minute, soit 2 500 000 mètres cubes par journée de 24 heures. Comme la hauteur d’aspiration est moins grande au début qu’à la fin de l’épuisement, le débit a pu être augmenté au cours des premiers mois; il a été porté, en effet, à 4 millions de mètres cubes par jour.
- LE POLDER D’ESSAI D’ANDIJK
- On ne sait ce qu’il faut admirer le plus dans le travail d’assèchement du Zuiderzée : l’importance et la hardiesse de F entreprise ou l’esprit méthodique qui a présidé à l’organisation de la mise en valeur des terres conquises sur la mer. C’est là, en effet, le but poursuivi et que l’on désire atteindre le plus vite possible pour éviter l’émigration des jeunes cultivateurs ne trouvant plus de terres à mettre en valeur.
- Or était-il prudent de leur livrer telles quelles ces terres encore tout imprégnées de l’eau de mer, toutes chargées de sel, pour les mettre en valeur au gré de leur fantaisie, tout au moins de leur empirisme ?
- La commission supérieure ne l’a pas pensé. Les centaines de millions enfouis dans la résurrection des polders devaient être récupérés, au moins partiellement, le plus
- vite possible et sans aléa, en travaillant à coup sûr. Pour atteindre un tel résultat un polder d’essai s’imposait. Il fut choisi à Andjik, au sud de Medemblick; ses 40 hectares furent asséchés en trois ans et une ferme construite avec un laboratoire d’essais.
- Ces essais ont porté sur les analyses physique et chimique du sol, sur la transformation du sol salin en sol arable, le rôle des micro-organismes et enfin l’établissement de champs d’expériences permettant de déterminer la nature des cultures à confier au sol aux différents stades de sa transformation.
- D’autres problèmes se sont posés en même temps réclamant une solution urgente. Celui des rigoles, par exemple. Ouvertes dans les anciens polders, elles exigent des soins d’entretien continuels; ne pourrait-on les remplacer par un drainage souterrain ? A Andijk on compare les deux systèmes et le dernier a déjà donné des résultats intéressants.
- Passant au chapitre des ensemencements, il a été observé dès 1928 que des mélanges d’herbes et de trèfle donnaient des plantes vigoureuses à production élevée, que, par contre, le développement des vesces est médiocre. En 1929 presque tout le polder fut mis en culture et il a été reconnu que dans ces terres vierges la fumure n’est pas nécessaire. Puis des essais de culture maraîchère ont été tentés ainsi que des plantations d’arbres au bord des routes.
- Comme les essais continuent, la mise en exploitation du premier grand polder pourra s’effectuer sans passer par une période de transition, fatalement obligatoire si le polder d’essais n’avait pas existé.
- De telle sorte que le million de florins qu’il a coûté sera largement récupéré par la mise en pleine culture des autres polders au fur et à mesure de leur assèchement.
- Fig. 15. — L’île artificielle de Kornwerderzand et sa jonction à la cote de Frise par une digue de 2,5 km de long.
- Vue prise de l’Est, le 11 mai 1929. (Ph. Koninklijke. Luchtvaart. M.)
- CE QUE COUTERA L’ASSÈCHEMENT DU ZUIDERZÉE
- Il est impossible de dire actuellement par combien de millions de florins se chiffrera la mise en culture du Zuiderzée.
- Toutes les évaluations antérieures ont été largement dépassées jusqu’ici.
- On pense que la digue maritime absorbera environ 125 millions de florins, soit 1 250 000 000 de francs ; l’endiguement de la mer de Wieringen, y compris les travaux accessoires, coûtera environ 60 000 000 de florins.
- Ce sont là les seuls chiffres que l’on puisse donner avec une approximation suffisante.
- Constatons simplement, pour terminer, que le total des florins, qui se convertira en un nombre imposant de milliards de francs, aura été jeté dans la balance économique d’un tout petit peuple pour garder ses enfants chez lui en favorisant son agriculture.
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- Fig. 16. — Les ouvrages de Kornwerderzand. Construction des écluses d’évacuation, vue prise le 12 juillet 1929. (Ph. Koninklijke Luchtvaart. M. à Rotterdam.)
- Les Pays Bas pourront, à l’issue de ces travaux gigantesques, s’enorgueillir à juste titre d’avoir agrandi leur territoire, par des moyens pacifiques et sans rien
- prendre à leurs voisins. Puissent, tous les problèmes économiques recevoir de telles solutions !
- Lucien Fournier,
- = CURIEUSES EMPREINTES ^ PRODUITES PAR L’ÉLECTRICITÉ
- LES IONS DANS LES GAZ
- Dans les conditions normales, les gaz dépouillés de poussières constituent d’excellents isolants électriques. Mais ils deviennent conducteurs et ils acquièrent la propriété de décharger les corps électrisés lorsque interviennent certains facteurs : action d’un grand nombre de radiations (rayons ultra-violets ou lumineux, rayons X, rayons cathodiques, rayons émis par les corps radioactifs), présence de corps portés à l’incandescence et de flammes, réactions chimiques, barbotage du gaz dans certains liquides, action d’une pointe reliée à un corps fortement électrisé, etc. On dit que le gaz s’est ionisé.
- Les théories modernes de la matière nous représentent
- les atomes comme des édifices complexes constitués par un certain nombre de corpuscules élémentaires ou grains d’électricité négative appelés électrons qui gravitent autour, d’un noyau central électrisé positivement, de la même manière que les planètes gravitent autour du soleil. Le nombre des électrons satellites est tel que la charge négative totale qu’ils transportent compense exactement la Charge positive du noyau, en sorte qu’en leur état normal les atomes sont électriquement neutres. Il en est de même des molécules qu’ils forment en se groupant diversement.
- Mais soiis les influences que nous avons mentionnées, un certain nombre de molécules perdent un des électrons que renferment leurs atomes, ces électrons leur étant en quelque sorte arrachés par l’énergie extérieure mise
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- en jeu, et elles se comportent alors comme un corps neutre auquel on enlève de l’électricité négative et prennent par suite une électrisation positive ; elles se sont transformées en ions positifs.
- Les électrons qu’elles ont perdus se fixent après une très courte vie libre sur des molécules neutres auxquelles ils communiquent une électrisation négative et qu’ils transforment en ions négatifs.
- On conçoit que la présence de molécules ainsi électrisées positivement et négativement, c’est-à-dire d’ions des deux signes, rende le gaz conducteur de l’électricité. Mis entre deux plateaux chargés l’un positivement, l’autre négativement, les ions négatifs vont cheminer vers le plateau positif et les ions positifs vers le plateau négatif, constituant ainsi un courant de convection. D’une manière générale, les ions négatifs se précipiteront sur les corps électrisés positivement tandis que les ions positifs seront attirés par les corps chargés négativement.
- Les propriétés des gaz ionisés ont fait depuis trente ans l’objet d’un nombre considérable de recherches tant expérimentales que théoriques et leurs principales propriétés sont aujourd’hui bien établies. Cependant il nous a paru intéressant de rapporter ici les expériences extrêmement curieuses réalisées récemment par M. A. La-fay, l’éminent professeur de physique de l’Ecole Polytechnique, qui permettent de rendre en quelque sorte
- tangibles les ions des deux signes existant dans les gaz ionisés et de garder des empreintes des actions qu’ils sont susceptibles d’exercer. Ces expériences ont des conséquences théoriques sur lesquelles je ne m’étendrai pas ici, renvoyant
- les lecteurs que cela pourra intéresser au travail original de M. A. Lafay (Annales de physique, avril 1930). Je me contenterai d’insister tout particulièrement sur les expériences elles-mêmes qui sont relativement faciles à réaliser et qui pourront tenter quelques-uns de mes lecteurs ayant à leur disposition un modeste cabinet de physique.
- UNE EXPÉRIENCE ANCIENNE DU SAVANT BELGE DE HEEN
- Le savant belge P. de Heen, qui occupa avec tant d’éclat, jusqu’à sa mort survenue en 1914, la chaire de physique de l’Université de Liège et qui fut l’un des physiciens les plus éminents de cette période féconde comprise entre 1880 et 1910, avait, au cours de ses nombreuses recherches sur les effluves électriques, réalisé la très curieuse expérience suivante, qui n’avait peut-être pas attiré l’attention des chercheurs autant qu’elle le méritait.
- Ayant coulé sur une plaque de verre ou de carton une couche de résine d’épaisseur bien uniforme, P. de Heen électrisait la lame isolante ainsi obtenue en la balayant sur toute sa surface avec les effluves émis par les pointes d’un peigne métallique à manche isolant mis en relation avec l’un des pôles d’une machine électrostatique, par exemple une machine de Wimshurst. Ayant disposé ensuite la plaque ainsi préparée entre trois bougies F1} F , F. dont les flammes arrivaient à la hauteur du milieu de trois des côtés de la plaque (fig. 1), il constata, en projetant avec un petit soufflet à la surface de la résine une poudre très fine telle que lycopode, sciure de bois, soufre, etc., que cette poudre se répartissait de manière à dessiner une sorte d’Y dont les branches très fines servaient de frontière aux domaines d’action des trois flammes.
- Ces effets s’expliquent par une désélectrisation de la plaque sous l’influence des ions émis par les flammes; mais comme les ions émis par les diverses flammes se repoussent mutuellement, il en résulte l’existence sur la plaque de régions qui n’ayant pas été atteintes par les ions conservent leur électrisation. Ces régions se rétrécissent au fur et à mesure que l’on prolonge l’action des bougies et, pour une durée parfaitement réglée de l’expérience, elles peuvent se réduire à de véritables lignes très fines, surtout si l’on a soin de substituer à l’action des flammes celle de pointes métalliques aiguës en relation avec le même pôle d’une machine électrique, qui ionisent fortement l’air dans leur voisinage.
- LES EXPÉRIENCES DE M. A. LAFAY
- Dans l’expérience précédente on électrise une plaque par balayage au moyen d’un pinceau métallique ou d’un peigne en relation avec une machine électrostatique, et on désélectrise celle-ci par l’action de sources ionisantes, la poudre projetée sur la plaque se fixant sur les parties qui sont demeurées électrisées. Mais on conçoit que le procédé d’électrisation des plaques mis en œuvre ne permette pas d’obtenir dans diverses expériences la même électrisation et qu’il soit difficile de reproduire exactement les mêmes effets.
- C’est ce qui a engagé M. Lafay à reprendre les expé-
- Fig. 1. — Expérience de P. de Heen.
- Les trois bougies F,, F2, Fs sont disposées sur trois côtés d’une plaque recouverte de résine et électrisée. Une poudre très fine répandue avec un soufflet sur la plaque se répartit de manière à dessiner une sorte d’Y représenté par des hachures.
- Fig. 2. — Dispositif de M. A. Lafaij.
- La plaque P recouverte de résine est reliée au pôle négatif B d’une machine de Wimshurst dont le pôle positif A communique avec la pointe d disposée en face d’un trou percé dans le plateau Po en communication avec le sol.
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- Fig. 3. — Photographies d’empreintes électriques obtenues avec trois trous disposés au sommet d’un triangle équilatéral.
- (Cliché de M. A. Lafay.)
- riences de P. de lleen, mais en procédant en quelque sorte en sens inverse. Au lieu d’obtenir les figures par neutralisation d’une plaque préalablement électrisée, M. Lafay a eu l’idée de les réaliser en déposant des ions
- elle est mise en relation avec l’un des pôles d’une machine électrostatique, disons, pour fixer les idées, le pôle positif. On en approche ensuite des pointes mises en communication avec le sol. Ces pointes s’électrisent par in-
- Fig. 4. — Photographies d’empreintes électriques obtenues avec trois fentes identiques placées sur les milieux des côtés d’un triangle équilatéral.
- (Cliché de M. A. Lafay.)
- électrisés sur une plaque de résine qui est, au début, à l’état neutre.
- Voici donc la technique utilisée par M. Lafay. La lame de métal recouverte de résine est disposée sur un plateau métallique posé sur un bloc d’ébonite ou de paraffine de manière à être convenablement isolée et
- fluence en prenant une charge de sens contraire à celle du plateau, c’est-à-dire négative dans l’exemple choisi. La pointe ainsi électrisée crée une ionisation intense de l’air dans son voisinage, ce qui explique les propriétés bien connues et décrites dans tous les ouvrages élémentaires sous le nom de pouvoir des pointes. Les ions de
- Fig. 5. — Photographies d’empreintes électriques.
- a) Obtenues avec le dispositif de la figure 2, mais en ayant soin d’intervertir les connexions électriques quelque temps après les débuts de l’expérience. 6) Obtenues avec un écran percé de quatre trous et d’une fente fine en intervertissant les connexions électriques quelque temps après les résultats de l’expérience, c) Obtenues avec un trou en faisant subir à la tension électrique appliquée entre les plateaux Po et P des diminutions successives, d) Obtenues avec 3 trous en faisant subir à la tension électrique appliquée entre les plateaux Po et P des diminutions successives. (Cliché de M. A. Lafag.)
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- signe contraire à la pointe, ainsi produits dans l’air, sont attirés par celle-ci et contribueraient à la neutraliser si elle n’était pas soumise à l’action d’une source électrique constante. Les ions de même signe que la pointe sont repoussés par elle avec une force d’autant plus grande qu’elle est plus fortement électrisée et ils viennent s’incruster sur la résine, y formant une sorte d’image latente qu’on pourra mettre en évidence tout à loisir par un révélateur convenable, après avoir éloigné les pointes et relié le plateau à la terre. Comme révélateur on peut employer un mélange de soufre et de minium finement pulvérisés. Une telle poudre projetée sur la plaque fait apparaître des dessins qui, pour une disposition donnée des pointes, ont une forme indépendante du signe de l’électrisation et se peignent en jaune ou en rouge suivant que les couches électriques qui les constituent sont positives ou négatives.
- Pour réaliser l’expérience, il est commode, nous dit M. A. Lafay, de fixer parallèlement au plateau qui porte la lame de résine une plaque métallique percée de quelques petits trous, dans lesquels on peut introduire les pointes métalliques. La plaque métallique forme avec celle qui supporte la résine une sorte de condensateur dans lequel le champ électrique serait uniforme sans l’action des pointes.
- En retirant ces pointes à des intervalles de temps très courts et progressivement croissants à partir du début de l’expérience, on peut suivre l’évolution du phénomène avec le temps et constater qu’il se forme, aux points où le prolongement de chaque pointe vient rencontrer la résine, une tache électrisée qui, d’abord très petite et sensiblement circulaire, s’agrandit peu à peu en même temps qu’elle se déforme sous l’influence des taches voisines. Ces déformations sont dues aux répulsions mutuelles qu’éprouvent les ions de même signe issus des diverses pointes qui viennent se fixer sur le pourtour grandissant de la tache correspondante. Au bout d’un temps suffisant il arrive que, sous l’effet antagoniste des charges déposées sur la résine qui diminuent le champ au voisinage des pointes, l’ionisation produite par celles-ci s’atténue de plus en plus et finisse par disparaître.
- On obtient des résultats encore plus nets en disposant les pointes au-dessus des trous de manière que ceux-ci servent de limite aux flux d’ions projetés par chaque pointe. A cet effet, on réunit la plaque P (fig. 2) portant la résine au pôle négatif B d’une machine de Wimshurst dont le pôle positif A communique avec la pointe d destinée à produire les ions qui passent à travers les trous percés dans le plateau P0. Ce plateau est lui-même mis en communication avec le sol afin d’être parfaitement neutre et de n’exercer aucune action sur les ions qui cheminent à travers les trous sans rien perdre de leur vitesse.
- Chaque trou livre passage à un flux très étroit d’ions se propageant en ligne droite. On peut les remplacer par des fentes et obtenir ainsi des pinceaux lamellaires. L’avantage de ce dernier dispositif où les faisceaux d’ions sont limités par des ouvertures étroites, c’est qu’il permet d’obtenir des résultats très nets avec des lames de résine de dimensions beaucoup plus faibles.
- Ainsi alors que de Heen utilisait un carré résiné de 40 cm de côté, M. Lafay a pu obtenir des images très compliquées et extrêmement régulières sur des disques de 9 cm de diamètre.
- Nous reproduisons, grâce à l’extrême amabilité de M. Lafay, les photographies de quelques-unes de ces images électriques qu’il a obtenues au cours de ses expériences. Nos lecteurs seront frappés certainement par la beauté et la régularité de ces images. Sur toutes ces photographies on a représenté en noir la projection des ouvertures portées par la plaque P0 et destinées à limiter les flux d’ions émis par les pointes situées au-dessus.
- Les figures 3, obtenues avec trois trous disposés au sommet d’un triangle équilatéral, permettent de suivre le développement des petites taches initiales qui croissent en se déformant mutuellement.
- En employant des trous de sections différentes, on peut observer les effets dus à des effluves dont les intensités sont dans un rapport donné, ce qui est pratiquement impossible avec des pointes ou des flammes.
- Trois fentes identiques placées sur les milieux des côtés d’un triangle équilatéral donnent, pour des poses croissantes, la série des figures 4.
- Quand une image est depuis un certain temps en voie de formation, il suffit de permuter les connexions avec la machine électrostatique pour désélectriser, puis électriser en sens inverse, les régions centrales des plages déjà impressionnées et, en répétant de telles inversions un certain nombre de fois à des intervalles de temps de plus en plus rapprochés, M. Lafay a obtenu des dessins du plus curieux effet, constitués par des zones successives alternativement jaunes (positives) ou rouges (négatives).
- La figure 5 a résulte de l’application de ce procédé aux trois trous qui ont donné la figure 3, en partant d’une pose initiale positive.
- La figure 5 à a été réalisée de la même manière, avec un écran percé de quatre trous et d’une fente fine.
- Il est également possible de modifier la forme des images sans changer le sens de l’électrisation, en abaissant brusquement la tension électrique établie entre les plateaux P0 et P du condensateur. Les anneaux de la figure 5 c ont été réalisés de cette manière, en faisant subir à la tension électrique plusieurs sauts successifs. Avec un plus grand nombre de trous (fig. 5 d) on a naturellement des images plus complexes.
- Donnons, pour terminer, d’après M. Lafay lui-même, quelques indications pratiques pour ceux qui voudraient essayer de répéter ces très jolies expériences. Elles n’exigent qu’un appareillage des plus modestes : une petite machine de Wimshurst, quelques lames de zinc et de la paraffine pour construire un condensateur, du fil métallique et des aiguilles. On ne peut obtenir de bons résultats, indique M. Lafay, qu’avec des lames fabriquées avec un bon isolant, non hygrométrique; la résine, l’orca, le brai, l’ébonite, la paraffine, la cire, satisfont à ces deux conditions dont la seconde est la plus importante.
- La résine employée seule donne des lames qui se fendillent par refroidissement, mais on évite facilement
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- cet accident en lui ajoutant de la cire. La colophane du commerce, additionnée suivant la saison, de 10 à 20 pour 100 de cire d’abeille, donne aussi de bons résultats. On coule ce mélange, sous une épaisseur de 1 à 2 mm, sur des plaques de carton de verre ou de métal, et l’on obtient des lames qui se conservent bien et peuvent être employées un assez grand nombre de fois. Lorsqu’on ne tient pas à garder une épreuve, il n’y a qu’à enlever, avec un linge, la poudre déposée sur la résine et à dés-
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- électriser cette dernière en la passant rapidement au-dessus de la flamme d’une lampe à alcool ou d’un bec Bunsen, pour avoir une plaque régénérée, prête à servir de nouveau.
- Quand on tient, au contraire, à conserver un cliché pendant longtemps, on le fixe en le chauffant avec précaution, de manière à permettre à la poudre de s’incruster dans la résine ramollie.
- A. Boutaric.
- LES GRATTE-CIEL
- C’est dans la vieille Edimbourg qu’apparut, il y a plus d’un demi-siècle, le premier gratte-ciel. A vrai dire, sa hauteur ne dépassait pas une quarantaine de mètres, et les Américains lui refuseraient, à coup sûr, la dénomi-
- L’ « Empire State Building », commencé le 1er février 1930, comprendra 85 étages de bureaux, plus une tour-observatoire de 17 étages; il pourra loger 20 000 locataires qui disposeront de 62 ascenseurs; enfin les 56 000
- Fig. 1. — New-York et ses buildings vus de Gouernor-lsland. — Vue prise le 11 juillet 1930. (Pii. Wide World.)
- nation de a sky-scraper » qu’ils réservent à leurs buildings de plusieurs centaines de mètres.
- En Amérique, le Woolworth Building, de 767 pieds, soit 236 mètres, construit en 1912, garda, jusqu’en 1930, le record de la construction verticale dans le monde. Il résista victorieusement aux assauts des architectes américains, qui en 1929 élevèrent des buildings de près de 600 pieds de haut. Le voici détrôné 3 fois, dans la même année, tant il est vrai qu’en Amérique les villes sont toujours en train d’être refaites. Successivement le record est passé au « Manhattan Building » de 252 mètres, au « Chrysler » de 323 mètres, avec ses 77 étages, ses 32 ascenseurs et enfin tout récemment, à 1’ « Empire State Building » qui ne sera terminé qu’en mars de cette année avec ses 400 mètres et constitue actuellement le plus haut édifice du monde. Quelques nombres feront encore mieux ressortir l’énormité de cette dernière construction.
- tonnes de fer qu’a nécessitées sa construction auraient permis d’établir une voie ferrée de New-York à Montréal et retour (soit 1200 kilomètres).
- On peut se demander quelles sont les raisons de cette gigantesque poussée verticale ? Elles sont au nombre de trois, d’ordre financier, pratique et psychologique.
- Tout d’abord le prix fantastique du terrain, qui atteint parfois 120 000 francs le mètre carré, pousse naturellement à la construction d’édifices géants. Si de nombreux urbanistes affirment que la législation actuelle, autorisant la construction des gratte-ciel, détermine cette élévation insensée du prix des terrains, la plupart des techniciens maintiennent au contraire que cette tendance verticale dans la construction est devenue une nécessité devant la valeur actuelle du terrain; toujours est-il que le « Bank of Manhattan Building » ou plus récemment T « Empire State Building » occupent un terrain d’une superficie de
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- 8000 mètres carrés, dont le prix de revient atteint 400 millions de francs (soit une moyenne de 50 000 francs le mètre).
- Par ailleurs, le besoin de grouper les affaires sur un terrain qui allait faire défaut dans l’île de Manhattan par exemple qui constitue, à elle seule, tout New-York, le reste de la ville Queens, Brooklyn, le Bronx, n’étant que des faubourgs surajoutés, le besoin de grouper sous un même toit tous les services d’une grande administration
- cette course fantastique aux records, qui passionne tant la foule américaine.
- COMMENT SE FAIT UN GRATTE-CIEL?
- Si l’on songe aux sommes considérables que nécessite la construction de tels buildings (500 millions de francs pour le « Chrysler », 1375 pour 1’ « Empire ») on conçoit l’importance d’une réalisation rapide, pour arriver à une rémunération immédiate du capital engagé. Et, de fait,
- Fig. 2. —• Vue d'ensemble du quartier des buildings à New-York.
- Le grand sky-scraper à peu près au centre et en avant est le Chrysler, un peu à gauche à l’arrière-plan l’« Empire State Building » presque achevé; il mesure 400 mètres de haut. (Ph. Wide World.)
- (téléphone, garage, journal, compagnie d’assurances, etc.) constituent une deuxième raison, d’ordre technique, de l’édification des gratte-ciel.
- Mais, de plus, un autre facteur, d’ordre psychologique intervient, c’est le culte de la publicité : la rivalité des banques, des industriels et des diverses associations, leur satisfaction de créer un ensemble colossal dont l’importance est déjà un élément de publicité, expliquent, peut-être mieux que toute autre raison d’utilité publique,
- la construction d’un « Sky-scraper » de 400 mètres tel que F « Empire State Building » ne nécessite guère plus d’une année. Cette rapidité qui stupéfie l’entrepreneur et l’architecte européen est le fruit d’une méticuleuse organisation du travail.
- Tout d’abord il faut utiliser un matériau de construction demandant peu de travail, de surveillance, de main-d’œuvre sur le chantier : le fer s’imposait évidemment, de préférence au béton; son emploi était par ailleurs
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- rendu possible par le sol très dur de Manhattan.
- Pour la même raison, on utilisera au maximum les engins mécaniques de chantier, puissants et multiples (monte-charge dont la vitesse atteint 3 mètres à la seconde) ; le personnel disposera également d’un petit outillage très perfectionné (scies, perceuses électriques, etc.).
- Avant tout, on procède à une étude de tous les détails de construction dans les agences d’architectes qui s’assurent le concours de techniciens spécialisés dans les problèmes posés par l’aménagement de bâtiments aussi importants : les matériaux ne sont pas encore extraits de la carrière, la charpente est encore à l’usine, que déjà tout est prêt sur le papier dans le double domaine du temps et de l’espace : l’état de l’immeuble à telle date, la paye des ouvriers et jusqu’à la position des tuyauteries de gaz et d’eau.
- Les 6 à 12 mois consacrés à cette étude permettent de réaliser un bâtiment de 30 étages en moins d’une année; actuellement, les entrepreneurs de la « Starett Corporation » qui ont mené à bien en 1930 la construction de 36 gratte-ciel, pouvaient promettre, le 1er février 1930, alors qu’ils commençaient la construction de 1’ « Empire » que tout serait fini 13 mois plus tard.
- Fig. 4. — Le Chrgsler-Building en cours de construclion (achevé en 1930). (Ph. Wide World.)
- LE POINT DE VUE TECHNIQUE
- Notons tout d’abord ce point intéressant : les charges à la base des piliers sont parfois de l’ordre de 2500 tonnes et l’emploi d’un radier général exercerait des pressions de 2,5 à 3 kilogrammes par centimètre carré qu’un sol de résistance moyenne ne pourrait supporter en toute sécurité : seul, donc le sol très dur de Manhattan pouvait permettre l’édification de pareils géants.
- Comme nous l’avons dit, l’ossature des gratte-ciel est essentiellement métallique; elle comprend des profilés, livrés tout usinés de façon à réduire au minimum la main-d’œuvre et la perte de temps sur le chantier (certains éléments de poteaux profilés, en acier spécial, sont susceptibles de supporter des charges de ÎOOO tonnes que des renforcements permettent de porter à 2500 tonnes).
- Le contreventement horizontal des planchers est obtenu par des dalles en béton armé reposant sur le dessus de poutres.
- Les murs ont disparu, c’est-à-dire qu’ils ne jouent plus aucun rôle de soutien : ils sont la plupart du temps montés en briques creuses, n’apportant pas de surcharge supplémentaire et se prêtant à une construction très rapide. Les éléments de maçonnerie constituant la façade sont ancrés à l’ossature métallique, de façon à former un tout solidaire que la rage des tempêtes atlantiques pourra faire osciller sans entraîner de rupture. La distribution intérieure de la maçonnerie est réalisée comme en France; toutefois des dispositifs accessoires apportent des perfectionnements de détail : planchers à matelas d’air, emploi généralisé de la menuiserie métallique et du métal déployé, tant il est vrai que le bois est interdit, même dans la décoration.
- Un point important est à noter : on cherche le maximum d’air utilisable sur chaque palier par un large emploi de l’acier et de l’aluminium dans les parois; la Construction de F « Empire » a battu le record à ce sujet comme à bien d’autres : pour 200 mètres cubes de bâtiment, on est arrivé à réduire le cubage de maçonnerie à 1 mètre cube.
- L’ensemble des travaux est habituellement assuré par un entrepreneur général, coordonnant la mise en œuvre
- Fig. 3. — L’Empire State Building en voie d’achèvement.
- Vue prise le 18 novembre 1930. (Ph. Wide World.)
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- sous la direction de l’architecte. Il comporte, comme nous l’avons noté, un nombre considérable d’engins mécaniques, de chantiers puissants et multiples. Un problème que n’a pas à se poser, en général, l’entrepreneur européen, c’est l’amenée rapide d’un nombre d’ouvriers considérable à pied d’œuvre, c’est-à-dire à des centaines de mètres au-dessus du sol : des ascenseurs provisoires placés dans les cages des ascenseurs définitifs assurent cette tâche importante.
- La suite des travaux est différente de celle des chantiers français : dès les massifs de fondation terminés, la charpente est mise au levage; les canalisations d’eau, de vidange, de chauffage, d’électricité font suite; on réalise ainsi un gain de temps énorme, chaque corps de métier travaillant simultanément, ce qui constitue une différence essentielle avec l’Europe où l’électricien, par exemple, travaille dans une maison qu’a quittée depuis longtemps le maçon.
- Enfin, une autre économie de temps résulte de l’emploi au maximum d’articles standardisés, toujours en stock chez les fournisseurs.
- DISPOSITIONS INTÉRIEURES
- Les accès aux étages supérieurs se font uniquement par des ascenseurs à grande vitesse : l’Américain du Nord ne sait attendre, et un bon service nécessite des départs d’ascenseurs, toutes les 20 secondes, à une vitesse de 20 kilomètres à l’heure, soit plus de 5 mètres à la seconde ;
- Fig. 5. — Un exemplaire du style pyramidal : le gralle-ciel du théâtre Paramount à New-York. (Ph. Wide World.)
- en une minute, un ascenseur vous conduit au sommet des 85 étages de Y « Empire State Building ». Pourvus de moyens de signalisation très perfectionnés, les ascenseurs ne laissent aucun souci de sécurité de fonctionnement; bien entendu, leur nombre croît avec l’importance du building envisagé : il est passé de 32 pour le « Chrysler » à 62 pour 1’ « Empire », soit près du double. Quant aux escaliers, leur usage n’est prévu qu’en cas d’incendie.
- L’eau chaude, froide et glacée alimente tous les étages par des canalisations en fer galvanisé avec des réservoirs placés en relais.
- Le chauffage est généralement un chauffage à vapeur sous basse pression. L’énergie électrique (courant de 220 volts) est très souvent assurée par des moteurs Diesel qui tendent à se substituer aux machines à vapeur d’installation très coûteuse; toutes les canalisations, prises de courant, interrupteurs sont encastrés.
- Le sol des étages consiste en des applications de carrelage, mosaïque granit, ciment magnésien, linoléum ou caoutchouc posé sur la chape de ciment; le parquet de bois est très rare.
- Le problème de la ventilation devient très important dans des édifices aussi formidables : toutes les pièces et dégagements, ne prenant pas jour directement, sont pourvus d’une bouche de ventilation raccordée à des gaines horizontales de dérivation branchées sur les collecteurs verticaux.
- Enfin, les ordures ménagères sont évacuées par chute jusqu’au sous-sol où elles sont incinérées.
- INFLUENCE SUR L’HYGIÈNE ET LA CIRCULATION
- Une question se pose immédiatement : quelle facilité de circulation et quelle hygiène offrent à l’Américain ces buildings qui envahissent à présent tout New-York ?
- Pour répondre à la question, il faut se rappeler, que, dans xine ville comme Manhattan, les rues et les avenues numérotées, se coupant à angle droit, forment un quadrillage parfait; leur largeur atteint 30 mètres pour les avenues et 18 mètres pour les rues ; elle permet un trafic très important et très rapide. Les métros transportent par heure, dans une seule direction, 100 000 personnes, alors que, dans les mêmes conditions, ces nombres pour Londres et Paris tombent respectivement à 30 000 et 20 000. Mais, malgré ces artères de communication spacieuses, malgré la rapidité des moyens de locomotion, le développement du trafic commence à être compromis par le fait de l’existence de ces buildings qui abritent une énorme population de « businessmen » : la plupart possèdent des voitures qui encombrent les voies entourant le bâtiment : ne faut-il pas compter sur 4800 voitures pour les employés du Woolworth. Il est vrai qu’ac-tuellement nombre de buildings prévoient l’aménagement de garages devant uniquement subvenir aux besoins de leurs locataires.
- Mais la question de l’éclairage et de l’aération soulève de plus grandes difficultés. L’ombre minimum projetée par un de ces gratte-ciel occupe 30 000 mètres carrés de sorte que les bâtiments avoisinants, de hauteur plus modeste, ne connaissent jamais le soleil. Une large avenue, bordée de buildings de 30 à 40 étages, ne semble
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- à Mussolini la construction de
- Fig. 6. — L’effet architectural des gratte-ciel modernes : la maquette du nouvel hôtel Wuldorf-Astoria à New-York (hôtel de 50 étages). (Pli. Wide World.)
- plus qu’une ruelle : elle ne reçoit le soleil que lorsqu’il se trouve dans son axe. On comprendra aisément qu’une enquête du préfet de New-York ait constaté que plus de 2 millions d’habitants de cette ville vivent dans de mauvaises conditions d’hygiène.
- RÉACTION CONTRE LES GRATTE-CIEL.
- LÉGISLATION
- Dans ces conditions, si l’on ajoute par surcroît la lassitude du publie devant ces tra= jets continuels à grande hauteur, on conçoit d’une part que les magasins, les hôtels à voyageurs ne se soient pas lancés à corps perdu dans cette voie, d’autre part qu’une sérieuse réaction se soit fait jour contre l’édification des gratte-ciel. Sous l’inlluence de l’urbanisme européen, la municipalité de New-York s’est préoccupée, pour la première fois, en 1916, de l’esthétique de la ville : par la loi dite « zoning law » elle obligeait les nouvelles constructions à s’effacer à une certaine hauteur et à développer des terrasses en retrait. Cette loi qui brisait la monotonie architecturale a été inspirée par le célèbre architecte Cass Gilbert, auteur de la portée d’architecture du Hudson-Bridge (c’est également cet architecte qui a déconseillé
- gratte-ciel à Rome). La loi du 25 juillet 1916 régit, dans l’île de Manhattan, la hauteur des immeubles, par un règlement variable selon les quartiers : pour les rues de 30 mètres de largeur, la hauteur est limitée à 75 mètres, mais elle peut être majorée selon le retrait de la façade, retrait qui peut n’affecter qu’une partie de la construction; dans certains cas, la latitude est de 5 mètres en hauteur, pour 1 mètre en profondeur; en outre, le quart de la superficie peut être surélevé d’une hauteur quelconque.
- Quels ont été les résultats de cette législation ? Tout d’abord elle n’a pas nui à la construction des immeubles élevés, puisque dans Manhattan le nombre de buildings de plus de 20 étages est passé de 61 en 1918 à 194 en 1928. D’autre part, si elle s’est montrée légèrement avantageuse au point de vue éclairage et aération, elle est restée sans influence sur l’encombrement des voies de circulation.
- LA VALEUR ARTISTIQUE DU SKY-SCRAPER
- 11 est assez difficile d’apprécier la beauté architecturale que confèrent, à la cité américaine, ses gratte-ciel, en nombre toujours croissant; l’œil manque de recul, les bâtiments masquent la vue générale et l’impression d’ensemble fait défaut. Bien entendu, fera exception le merveilleux spectacle qui surprend l’Européen, découvrant, de la baie de F Hudson, un New-York qui lui paraît une vision des temps futurs, tant il est vrai que cette architecture, qui rompt avec les plus vieilles traditions, est plus conforme au siècle.
- Tout l’effet actuel résulte de la loi de 1916, qui en
- imposant le développement des terrasses en retrait, dans un but d’hygiène, substitua aux vieux gratte-ciel cubiques « pareils à des piles de planches dans les scieries mécaniques a:u bord des rivières » les nouveaux sky-scrapers « avec leurs étages en retrait, comme pour escalader les nuages » (Morand). L’effet résultant est l’ensemble harmonieux qui semble caractéristique de New-York. La décoration, des plus simples, répond à ce principe américain, qu’un building correspond, non à une œuvre d’art, mais à un placement d’argent et que la beauté n’est que l’expression de l’efficacité. L’architecte américain n’est pas parvenu, du premier coup, à cet heureux effet : pendant longtemps, il adoptait, pour la façade, certaines dispositions très critiquables : tels sont ces pastiches démesurés des styles classiques de l’Europe ancienne ou moderne (la tour gothique du Woolworth Building), ces colonnes que rien ne justifie,
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- ces sculptures dont l’œil ne peut apprécier les détails, parce que, vus de trop loin, sans le recul nécessaire, ces effets communs (des rehauts d’or ornant les tours). Et l’on doit féliciter l’architecte d’être revenu à une conception plus logique, en cherchant l’effet surtout dans la composition des masses, par l’emploi des gradins ou des retraits successifs, transformant le parallélépipède banal en une sorte de pyramide.
- LA TENDANCE ACTUELLE DU GRATTE-CIEL
- A présent que les Américains ont vaincu la tour Eiffel, qu’ils considéraient comme un défi, vont-ils s’arrêter ou au contraire cette poussée verticale qui va subir un temps d’arrêt (contre-coup des successives dépressions financières) reprendra-t-elle un nouvel élan ? Les ingénieurs et les architectes pourraient élever des édifices beaucoup plus hauts que les gratte-ciel les plus récents : aucune difficulté technique sérieuse ne se présenterait et l’on a d’ailleurs formé le projet d’un « Noyés and Shulte Building » atteignant 500 mètres de hauteur, pouvant abriter 50 000 personnes et doté d’une terrasse, formant terrain d’atterrissage pour aéroplanes.
- Mais il ne faut pas oublier que le « sky-scraper » est avant tout une affaire financière. Or, si le prix fantastique du terrain impose des hauteurs de l’ordre de 300 mètres, il existe des limites d’ordre économique à cette poussée verticale, parce que le prix de revient d’un étage est
- fonction croissante de la hauteur du bâtiment (500 millions de francs pour les 323 mètres du « Chrysler » contre 1375 pour les 400 mètres de 1’ « Empire ») et parce que la construction des ascenseurs n’a pas suivi les progrès de la construction métallique. Il semble donc que vouloir dépasser 300 ou 400 mètres soit une folie financière et une pure vanité, qui ne paie pas.
- La tendance sera, sans doute, une extension dans le domaine horizontal : les sky-scrapers occuperont un bloc entier compris entre 2 rues et 2 avenues, formant une véritable ville, avec hôtel, garage et bureaux; tel était le projet d’un « Palais de France » de 60 étages, occupant tout un bloc entre Central Parle et Broadway, projet que la dépression économique a fait abandonner.
- Il fallait, sans doute, l’audace américaine pour tenter une aussi formidable entreprise, la plus grande qu’ait jamais élevée la volonté humaine; mais, ce que l’on sait moins, c’est que c’est à l’esprit inventif de l’Europe que l’Amérique doit le gratte-ciel et le colonel W. C. Starrett de la société qui élève 1’ « Empire State Building » reconnaît dans son livre sur « les gratte-ciel et leur construction » que c’est un Français, Le Duc, qui, avant 1880, écrivait dans un « Essai sur l’architecture » qu’on pouvait concevoir un édifice « dont l’armature serait de fer et dont l’enveloppe de pierre ne servirait qu’à l’enclore et à la préserver ».
- J. Arnoüx.
- APPLICATIONS DES RAYONS X
- A L’ÉTUDE DES MÉTAUX
- Dans un article précédemment paru (*), nous avons exposé la théorie de la diffraction des rayons X et décrit les méthodes qui permettent l’analyse de la structure des cristaux. Ces méthodes sont susceptibles d’applications pratiques surtout en ce qui concerne la métallo-graphie et certaines usines allemandes sont actuellement équipées d’un appareillage radiographique qui permet l’examen des métaux concurremment avec les procédés micrographiques.
- On sait qu’un métal est constitué par un magma de petits cristaux enchevêtrés les uns dans les autres et que ses propriétés mécaniques : dureté, élasticité, malléabilité, etc..., dépendent beaucoup de l’homogénéité de ce mélange, ainsi que de la forme, de l’orientation et de la grosseur des cristallites. Il est donc de la plus haute importance d’être renseigné sur ces divers points.
- Nous pouvons classer de la façon suivante les résultats que permet d’atteindre l’analyse radiographique :
- 1. Examen des défauts grossiers.
- 2. Détermination de la structure atomique des cristallites et des phases du magna cristallin.
- 3. Evaluation de la grosseur du grain.
- 4. Recherche de l’orientation des cristallites.
- 5. Recherche des tensions internes.
- ,1. La Nature, n° 2845, 15 nov. 1930.
- 1. EXAMEN DES DÉFAUTS GROSSIERS
- La recherche des défauts d’homogénéité se fait en projetant l’ombre de la pièce étudiée sur une plaque photographique. C’est le principe même de l’examen radiographique médical et cette méthode est assez connue pour que nous n’insistions pas. On peut ainsi déceler des fêlures ou des matières étrangères à l’intérieur du métal. Une bulle d’air, un grain de sable se traduiront par une tache sombre sur fond plus clair. Avec un tube alimenté sous 200 000 volts, on peut étudier des épaisseurs d’acier allant jusqu’à 7 cm (fig. 1).
- 2. DÉTERMINATION DE LA STRUCTURE ATOMIQUE DES CRISTALLITES ET DES PHASES DU MAGMA CRISTALLIN
- Nous avons déjà vu comment on détermine la structure de la maille du réseau cristallin pour un corps simple. Il est rare qu’un métal fournisse des cristaux assez gros pour être étudiés par la méthode de Laüe. Aussi la méthode la plus généralement utilisée est-elle celle de Debye-Sherer (fig. 2, 3, 4, 5). L’échantillon est amené à la grosseur voulue en l’attaquant par un acide, ce qui ne modifie aucunement sa structure cristalline. On est naturellement conduit à opérer sur des parcelles de
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- métal dont l’épaisseur n’est que de quelques dixièmes de millimètre et qu’on présente à l’extrémité du collimateur (1).
- L’examen radiographique nous fournit une méthode sûre pour aborder les phénomènes d’allotropie qui jouent un rôle si important dans l’étude des métaux. La figure 6 représente les diagrammes du fer obtenus en spectrogra-phiant un fil de 0 mm 3 à des températures variables. Le fer a, qui se présente à la température ordinaire, appartient au système cubique centré (a —
- 2,87 Â). A 800° le
- fer a perdu ses propriétés magnétiques. On voit cependant que les raies sont exactement les mêmes, quoiqu’un peu plus serrées à cause de la dilatation du métal (a = 2,90 Â).
- Vers 1100°, le spectre est celui du fer y ou austénite qui cristallise dans le système cubique à faces centrées. Enfin à 1450°, phénomène inconnu jusqu’à ce que l’analyse radiographique fait révélé, on voit apparaître le fer o qui semble bien être le même que le fer a. Les raies sont simplement un peu floues à cause de la température élevée.
- Les alliages donnent lieu eux aussi à une étude très intéressante. Rappelons que, comme un métal simple, un alliage est constitué par un magma de petits cristaux.
- Mais, en général, ces cristallites ne sont pas tous de même composition et l’on nomme phase l’ensemble des cristaux qui ne diffèrent que par la dimension et la forme extérieure. Une phase peut être constituée soit par un corps simple, soit par un composé défini, soit encore par une solution solide. On appelle ainsi des cristaux appartenant à un système bien défini et constitués par un mélange des deux corps dans des proportions
- 1. Ou désigne ainsi Je tube de plomb qui sert à canaliser les rayons.
- Fig. 2. — Matériel pour l’exécution d’analyses cristallines ou métallo-radiographiques par les rayons X. Le Radiolimitaleur à 16 faisceaux de la Compagnie générale de Radiologie. -
- Une ampoule Coolidge à rayons X, à anticathode refroidie par l’eau, est placée verticalement dans l’axe de l’appareil. Les faisceaux de rayons X, issus de l’ampoule, sont utilisés par des ouvertures latérales ménagées dans la paroi et séparées l’une de l’autre par des parois verticales (un certain nombre d’entre elles ont été enlevées pour rendre visibles les ouvertures sur lesquelles se fixent les châssis limitateurs porte-films). Cet appareil permet d’effectuer simultanément un grand nombre d’analyses radiologiques.
- Fig. 1. — Radiographie d’une soudure autogène électrique.
- Cette soudure réunit deux plaques d’acier de 20 mm d’épaisseur. La surcharge de soudure a été meulée sur la moitié de la longueur (région claire).
- La moitié où la surcharge n’a pas été meulée est demeurée opaque aux rayons X et est marquée en noir sur cette reproduction par tirage sur papier. On voit des taches et des lignes claires qui décèlent la présence de petits amas d’oxyde dans le 1110131 d’apport de la soudure dont la réalisation avait été très soignée. (Phot. communiquée par la Cie générale de Radiologie.)
- qui peuvent varier d’une façon continue entre certaines limites.
- Considérons les alliages qui ne comprennent qu’une seule phase. Les cristaux à composition. définie fourniront aux rayons X un diagramme caractéristique que l’on pourra interpréter d’après les méthodes habituelles. Au contraire l’étude des solutions solides conduit à des résultats nouveaux.
- Prenons par exemple les alliages de cuivre et de nickel dont les mailles ont respectivement 3,60 et 3,54 ang-stroms. Ces deux métaux cristallisent dans le système cubique à faces centrées et leurs mailles sont de dimensions très voisines. Les diagrammes obtenus en lumière monochromatique montrent que l’on passe d’une façon continue de la maille du cuivre à la maille du nickel. Pour une composition quelconque de l’alliage les diagrammes sont parfaitement nets et les raies occupent des positions intermédiaires entre celles des métaux purs. Leur place exacte peut d’ailleurs se calculer par une simple règle de trois.
- Fig. 3. — Le matériel pour l’élude cristallographique de produits en poudre par la méthode Debye et Sherer. — Châssis limitateur porle-film semi-circulaire.
- Cet accessoire se place, par exemple, devant l’une des ouvertures d’un radio-limitateur. Il comporte un tube muni de deux fentes qui limitent le faisceau de rayons X. L’échantillon de poudre à étudier est placé sur le' support réglable qui coulisse verticalement en avant de la seconde fente. Les rayons X diffractés viennent impressionner le film enroulé sur le support circulaire centré sur l’échantillon. (Photo communiquée par la Cie générale de Radiologie.)
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- Fiy. 4. — Le matériel pour l’élude cristallographique de produits en poudre. Porle-film cylindrique à plaie-forme oscillante.
- Dans certains cas, il y a intérêt à communiquer à l’échantillon de poudre un mouvement d’oscillation pour accentuer l’effet d’homogénéité de répartition des grains. Le support porte-film reçoit un mouvement d’oscillation communiqué par un moteur électrique ou mécanique. (Ph. communiquée pur la Cie générale de Radiologie.)
- Voici comment s’expliquent ces résultats. Si nous partons du nickel pur et que nous ajoutons des proportions croissantes de cuivre, les atomes de cuivre vont successivement prendre la place des atomes de nickel sans déformer le réseau, mais en augmentant progressivement la maille. Il est d’ailleurs probable que pour certaines concentrations les atomes de cuivre et de nickel ne sont pas distribués au hasard, mais rangés avec une certaine symétrie.
- Si au contraire les mailles des deux réseaux sont de dimensions notablement différentes (par exemple Cu : 3,60 À et Au : 4,075 À), le phénomène n’est plus exactement le même. Tant que l’un des métaux n’entre dans l’alliage que pour une faible proportion, sa présence influe peu sur la dimension de la maille et ce n’est que pour des concentrations moyennes qu’on assiste à des variations rapides de l’arête du cube.
- Dans le cas où les constituants cristallisent dans des systèmes différents, un phénomène analogue se produit pour les concentrations extrêmes. Considérons par exemple les alliages de cuivre et de zinc (laiton). Le cuivre cristallise, comme nous l’avons vu, dans le système cubique à faces centrées et le zinc dans le système hexagonal compact. Tant que la concentration en zinc ne dépasse pas 32 pour 100, les radiographies révèlent la structure du cuivre, la dimension de la maille variant très peu. Pour des concentrations supérieures apparaissent d’autres réseaux visibles d’ailleurs simultanément sur les diagrammes, sauf pour certaines concentrations
- Fiy. ü. — Diagramme de fer a, fi, y, 6 (d’après M. J.-J. Trillal.
- Les applications des rayons X.)
- où on a affaire à un composé défini. Enfin pour 95 pour 100 de zinc, le réseau devient celui du zinc pur.
- Comment expliquer que le réseau du cuivre subsiste lorsqu’on ajoute des proportions notables de zinc? On peut envisager deux hypothèses : ou bien les atomes de zinc se faufilent entre les atonies de cuivre sans les déranger, ou bien ils prennent leur place aux nœuds du réseau. Des. mesures comparatives de densité ont confirmé pleinement la seconde hypothèse.
- Dans les cas aussi complexes que celui-ci, l’analyse thermique aide puissamment à reconnaître les diagrammes des phases pures. Mais il arrive que l’identification des phases puisse se faire uniquement par radiographie. C’est en particulier le cas des alliages de cuivre et magnésium. On peut obtenir facilement les diagrammes des
- Fig. 5. — Matériel pour les éludes cristallographiques ou métallo graphiques par rayons X. Tube Coolidye démontable à 5 faisceaux, utiles.
- (G. Baudoin, Constructeur.)
- Ce remarquable appareil permet de placer dans le tube même les échantillons à étudier. 11 fonctionne sur pompe à vide élevé; son extrémité anticathodique est entièrement métallique, refroidie par un courant d’eau et munie de 5 fenêtres qui visent le foyer d’émission sous un angle de 12°. Cet appareil fonctionne au laboratoire de M. le professeur G. Urbain.
- phases pures ; Cu, Cu2 Mg, Cu Mg'2, Mg. Dès lors, quand on se trouve en présence d’un alliage inconnu, l’examen radiographique montre la superposition d’un certain nombre de ces diagrammes élémentaires et permet ainsi de déceler les phases constituantes.
- Dimensions des cristallites. — Deux méthodes peuvent être, utilisées pour reconnaître les dimensions des cristallites :
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- Cu
- Cu+Cu*Mg
- CuaMg
- Cu2Mg+CuMg
- CuMg2
- CuMg2+Mg
- Mg
- Fig. 7. — Exemple d'identification des phases par les diagrammes de. poudres cristallines, d’après un mémoire de Bunquisl, Arnfell el Weslgren.
- 1. Envoyons sur l’échantillon un mince faisceau de « lumière blanche ». Si ce faisceau ne rencontre qu’un cristal, nous aurons un diagramme de Laüe composé de taches distinctes. S’il rencontre plusieurs cristaux le nombre de taches augmente. Lorsque le nombre de cris-tallites rencontrés devient très grand on ne peut plus distinguer les taches qui se sont fondues en un halo flou dont la largeur et l’aspect permettent d’estimer le nombre de cristallites rencontrés par le faisceau (fig. 8). Clark (*) a utilisé ce procédé pour étudier l’influence de la grosseur du grain sur les pertes par hystérésis dans les tôles de transformateur. Ces pertes sont d’autant plus
- 1. G. Clark, Applied X Bags, Mc Graw Hill Rook Co, éditeur, New York, 1927.
- Fig. 8. — Évaluation de la grosseur des cristaux par la méthode de Laüe.
- a) un cristal d’aluminium; b) deux cristaux; c) 5 cristaux; d) 120 cristaux; e) 2000 cristaux; f) 1 000 000 de cristaux (d’après Czochralski).
- faibles que les cristallites sont plus gros et le meilleur rendement serait atteint avec un seul cristal.
- 2. La méthode de Debye-Sherer doit également
- Fig. 9. — Diagrammes de Laüe de cuivre laminé recuit à différentes températures.
- A gauche : cuivre écroui. Au centre: recuit à 600° C. A droite : recuit à 1000° C. (Travail exécuté par M. J. Loiseau, au Laboratoire de la chaire de Métallurgie et Travail des Métaux du Conservatoire National des Arts et Métiers.)
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- Fig. 10. — Diagrammes de Laide de l’aluminium.
- A gauche : aluminium laminé. A droite : aluminium trempé. (Document communiqué par la Cie générale de Radiologie.)
- donner des taches distinctes réparties sur des anneaux tant que le nombre de cristallites rencontrés par le faisceau monochromatique n’est pas très grand. Lorsque ce nombre augmente les anneaux deviennent des lignes continues qui finissent par s’élargir et devenir floues lorsque les cristallites atteignent les dimensions des particules colloïdales. La figure 11 laisse très bien voir le grain de l’aluminium dans les clichés du bas. Les cristallites sont alors de l’ordre du dixième de millimètre.
- OrientatVon des cristallites. — La plupart des traitements mécaniques ont pour effet d’orienter les microcristaux à l’intérieur du métal. Ainsi le passage à la filière dirige en général un axe du cristal dans le sens de l’étirement. Des fils fins peuvent être étudiés par la méthode de Debye-Sherer en orientant le fil perpendiculairement au faisceau de rayons X. On obtient ainsi des Faserdiagrammes comme nous l’avons expliqué précédemment. De plus on peut comparer l’orientation dans les couches superficielles et dans les couches profondes. Pour cela il suffit d’attaquer le fil par un acide dont on arrête l’action au moment voulu. On constate que les cristallites sont beaucoup mieux orientés à l’intérieur du fil qu’à la surface.
- Le laminage se traduit aussi par une orientation des microcristaux. En général ce sont les plans réticulaires
- Fig. 12. — Effets d’astérisme dans un cristal de gypse (d’après Czochralski).
- Fig. 11. — Recristallisalion d’un fil d’aluminium à différentes températures (d’après J.-J. Trillat).
- les plus chargés en atomes qui se placent perpendiculairement à la direction du laminage.
- Un choc agissant sur un cristal du système cubique à faces centrées oriente une diagonale d’une des faces suivant la direction de la pression. Au contraire une torsion appliquée à un corps du même système oriente une diagonale du cube suivant l’axe.
- On sait que les divers traitements mécaniques ont pour effet d’écrouir le métal. L’écrouissage se traduit par une fragmentation des cristallites et par leur orientation suivant certaines directions. Or on peut faire disparaître l’écrouissage par le recuit. L’analyse radiographique a montré que le recuit est accompagné d’une recristallisation désordonnée. L’orientation des cristallites disparaît donc en même temps que leur grosseur augmente. C’est ce que montre la figure 11. L’aluminium écroui présente un Faserdiagramme dont les taches sont assez nettes, mais où les cristallites sont assez petits pour qu’on ne puisse
- Fig. 13. — Variation des spectres obtenus avec un faisceau de rayons X blancs au cours du recuit d’un échantillon d'acier doux (M. et Mme Mathieu).
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- distinguer le caractère granulaire de ces taches. Au fur et à mesure que l’on recuit le métal on s’aperçoit que l’orientation disparaît. L’intensité diiïractéc devient uniforme le long des anneaux. En même temps lés cristallites deviennent de plus en plus gros et l’on distingue les taches données par chacun d’eux.
- Tensions internes. — Lorsqu’un cristal est soumis à des tensions, les plans réticulaires se déforment et les taches du diagramme de Laüe s’allongent comme le montre la figure 12 obtenue avec un cristal de gypse . Ce phénomène porte le nom d’astérisme. Lorsqu’on étudie avec un rayonnement « blanc » un métal soumis à des tensions, la somme des diagrammes élémentaires dus à chacun des cristallites donne un diagramme résultant analogue à celui que représente la figure 13. Le recuit fait disparaître les tensions internes. L’analyse par la méthode Debye-Sherer d’échantillons réduits en poudre donne égale-
- Fig. 14.— Examen par la méthode Debye-Sherer d'un acier doux brui de forge (tensions internes).
- Cliché de M. Mathieu, extrait de la Revue de la Cie générale de Radiologie (juillet-août 1930).
- ^ CONSIDÉRATIONS
- Dans un des plus intéressants volumes de sa magnifique Bibliothèque de l’ingénieur et du technicien, M. Bouasse a écrit à propos du système métrique les lignes suivantes :
- « Pour ce qui est de la longueur du pendule, on la repoussa parce que la seconde est une unité de temps arbitraire, et parce qu’il ne faut pas faire intervenir le temps et la pesanteur dans une unité de longueur. Raisons qui n’ont aucune valeur pour un savant moderne. Leur en donner serait réduire à néant tout le travail de ces dernières années — que pour ma part je crois bon. »
- Et l’éminent et caustique savant ajoute que « la longueur du pendule à seconde est autrement facile à retrouver que celle du méridien » ou plutôt d’« un des méridiens terrestres ».
- En somme, les considérations sur lesquelles on s’est appuyé pour choisir commei unité de longueur le mètre, dix-millionième partie du quart d’un méridien terrestre déterminé, n’ont aujourd’hui plus aucune valeur scientifique.
- Le mètre est l’étalon de Breteuil. Un point, c’est tout.
- .....:..........................215 =====
- ment à ce point de vue de précieux renseignements, comme le montrent les photographies des figures 14 et 15, obtenues sur des échantillons d’acier par M. Mathieu. On conçoit tout l’intérêt que ces phénomènes présentent pour l’étude des pièces métalliques soumises à des efforts. On peut ainsi prévoir les lignes de rupture et améliorer par conséquent la construction de ces pièces (').
- J. Bernamont,
- agrégé de l’Université.
- 1. Nous remercions ici M. J.-J. Trillat qui nous a permis d’emprunter quelques figures à son ouvrage : Les Applications des rayons X (Les Presses Universitaires de France). Nous remercions également la Compagnie générale de Radiologie (anciens Établissements Gaiffe-Gallot-Pilon et Ropiquet Mazard et Roycourt), ainsi que son ingénieur M. Laborde qui nous ont obligeamment communiqué une part ie des documents photographiques qui illustrent cet article.
- Fig. 15. •— Examen par la méthode Debye-Shercr d’un collel de mêlai embouti (orientations).
- Cliché de M. Mathieu, extrait de la Revue de la Cie générale de Radiologie (juillet-août 1930).
- MÉTROLOGIQUES
- La révolution métrique gronde !...
- La question de l’unité de longueur semble être aujourd’hui à l’ordre du jour.
- Dans un ouvrage de compilation publié récemment par le Ministère du Commerce français et intitulé le Système métrique décimal, sa création en France, son évolution et ses progrès, un des auteurs examine quel étalon naturel pourrait être substitué au mètre. Avec M. Pérard, adjoint du Bureau international des Poids et Mesures, il rejette l’étalon quartz, réserve l’étalon onde lumineuse et conclut au maintien provisoire de l’étalon platine iridié de Breteuil.
- Provisoire semble bien indiquer que la mise à la retraite du Mètre sera décidée dès que l’étalon « longueur d’onde lumineuse » aura pu réunir les conditions assez nombreuses qu’on exige de lui.
- On estime que, si ces conditions sont réunies, on atteindra dans la mesure de l’étalon de longueur « une précision mille fois
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- = 216 =.......................................;.=
- plus grande que celle de 1/200 de millimètre considérée en 1799 comme une limite infranchissable. C’est-à-dire 1/200 000 de millimètre. Ou un deux-cent-millionième de l’unité métrique.
- En attendant, dit l’ouvrage précité, « la précision à espérer du prototype international (Règle n° 6) est de l’ordre de 0:^,2 », soit 0,000 000 2.
- Or, on construit actuellement des régulateurs qui, à température constante et dans un vide très poussé, donnent l’heure à 2 centièmes de seconde par jour.
- Les pendules de ces instruments horaires battant 86 400 secondes, l’erreur indiquée est de 1/4 320 000, soit presque exactement de 0,000 000 2.
- Si 1’ on veut bien noter que les régulateurs dont je viens de parler sont de construction courante chez les grands maîtres de l’heure, on peut très bien prévoir un jour où cette erreur sera encore-sensiblement diminuée, et deviendra inférieure à celle du prototype de Breteuil.
- On reconnaîtra d’autre part sans peine qu’une machine chronométrique du meilleur fabricant coûte infiniment moins cher qu’un étalon métrique de platine iridié. Aux cours actuels, en effet, un mètre, du poids de 3 kg environ, comporte, seulement comme matière première, pour 92 000 fr de platine (2 kg 700) et 60 000 fr d’iridium (0 kg 300).
- Un étalon qui serait parfait, si... mais !...
- L’étalon naturel basé sur la longueur d’onde lumineuse est très séduisant au premier abord. ~
- Les travaux de Michelson (1892-93) et de Perot, Fabry et Benoit (1906) ont donné pour la valeur déduite de la raie rouge du cadmium des résultats très concordants, fixant la longueur du mètre à 1 553 163 longueurs‘ ^onde, avec une demi-longueur seulement d’écart.
- Mais, dans la pratique, il faut tenir compte d’un nombre considérable de conditions de la lumière monochromatique employée :
- De l’état hygrométrique de l’air;
- De la température;
- De la pression;
- De la pureté du cadmium employé;
- De la présence de raies satellites;
- Du renversement spontané des raies;
- De la forme de la lampe;
- De sa grandeur;
- De sa température et de sa pression intérieures;
- De la fréquence du courant;
- Du procédé d’excitation et d’observation;
- Du champ électrique;
- De la présence d’isotropes;
- Etc...
- Que de Si, que de Mais dans cette ultra-précision !
- On voit que la question est loin d’être aussi simple qu’elle apparaît au premier examen. Et l’on conçoit très bien que des savants avertis, comme M. Pérard, considèrent Y étalon-longueur d’onde comme du « domaine de l’avenir » seulement.
- Tout est relatif, Vespace comme le temps.
- On dit et on répète qu’il y a une grosse différence entre l’espace et le temps. Celui-ci est insaisissable. L’autre est mesurable avec une précision qui peut être considérée théoriquement comme indéfinie.
- Il n’est, pourtant pas besoin de réfléchir bien longtemps pour se rendre compte que l’espace et le temps absolu sont aussi incommensurables l’un que l’autre.
- Imaginons que dans l’espace il n’existe aucun corps. Rien que du vide. Du vide parfait, complet, sans l’ombre d’un atome. L’espace n’en existera pas moins pour notre esprit ; mais comme une immensité obscure et dans laquelle aucune mesure de
- longueur ni do temps ne sera possible, faute de points de comparaison. On dira qu’il est impossible de s’imaginer cela.
- Et pourtant, si nous voulons encore bien réfléchir à ce qui existe dans l’immensité infinie ou indéfinie de l’espace, nous voyons une chose : cet infini constellé de soleils, dont il existe quelque trente milliards dans ce que nous appelons la voie lactée !
- Ces soleils sont sans doute comme le nôtre. Ils sont accompagnés de planètes et se refroidissent peu à peu. La science ne peut pas nous dire d’où ils viennent ni pourquoi ils sont là. Mais nous pouvons parfaitement nous figurer qu’à force de se refroidir ils arriveront à ne plus donner aucune lumière. Et alors nos successeurs, s’il en est, seront dans le noir absolu.
- Le noir absolu dans lequel l’esprit ne conçoit pas plus la possibilité de définir et de mesurer l’espace que lè temps.
- D’ailleurs, les astronomes n’ont-ils pas marié depuis longtemps l’espace et le temps quand ils ont imaginé cette mesure qu’ils appellent Année-Lumière ? L’année-lumière représente quelque chose comme dix mille milliards de kilomètres. Et dans l’infini de l’espace cette longueur formidable est infiniment moins qu’un dix-mille milliardième de millimicron sur une règle métrique.
- En réalité, tout est relatif. L’espace comme le temps. L’un et l’autre sont sans limite. C’est tout ce que nous savons de sûr à leur sujet.
- Le Bureau des Mesures de demain.
- Le Bureau international des Poids et Mesures, tel qu’il existe en vertu de la Convention du Mètre n’avait jusqu’ici dans ses attributions que les étalons de longueur et ceux de masse, et accessoirement ceux de thermométrie.
- Lors de la dernière session de son Comité, il lui a été confié le soin de s’occuper des unités électriques. Il est à présumer que, petit à petit, toutes les mesures deviendront du ressort de ce Bureau. Il semblerait en effet absurde que reste en dehors de lui l’étude de l’étalon-temps, actuellement du domaine du Bureau international de l’Heure.
- La simple logique demande que le Bureau international des Poids et Mesures devienne le Bureau international des Mesures, c’est-à-dire de toutes les mesures. On comprend d’ailleurs mal maintenant que dans son titre figure encore le terme « Poids », expulsé depuis longtemps et remplacé par celui de Masses.
- D’autre part, dans les nouvelles mesures déjà confiées aux soins et à la sollicitude de cet organisme international, figurent des étalons pour la détermination desquels le facteur temps joue un rôle capital.
- Qu’est-ce par exemple que Vampère ? Le tableau annexé à la Loi du 2 avril 1919 répond : « L’ampère international est l’intensité du courant uniforme qui dépose, par seconde, 0 gr 001 118 00 d’argent, par électrolyse d’une solution aqueuse de nitrate d’argent ».
- Le seconde de temps est donc quelque chose d’essentiel dans cette définition. Or, avec quoi le Bureau international des Mesures appréciera-t-il cette seconde fondamentale, dont la présence influe sur les autres étalons électriques comme le Coulomb, le Volt et l’Ohm ?
- Elle l’est aussi fondamentale, cette seconde, dans les unités de Force. Le Sthène n’est-il pas la « force qui en une seconde communique, à une Masse, un accroissement de vitesse de 1 mètre par seconde »?
- Le Bureau international des Mesures aura à chaque instant à se servir de la seconde, et il serait extraordinaire qu’il fût obligé de l’aller chercher chez un confrère en internationalisme !
- Le bon sens et la logique demandent que demain le Bureau international des Poids et Mesures soit le Bureau international des Mesures tout court. Léopold Reverchon,
- Rédacteur en chef de L’Horloger.
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- CE QU’UN ENFANT DOIT MANGER = 217
- ENTRE 4 ET 14 ANS
- La question de l’alimentation de l’homme est constamment d’actualité en raison de l’immense intérêt qu’elle présente.
- Nous voudrions signaler quelques recherches sur cette question, faites dans ces dernières années. Cependant, tandis qu’on faisait une mise au point très précise de ce que doit être l’alimentation rationnelle chez le nourrisson d’une part et chez l’adulte d’autre part, on a laissé ou presque dans une demi-obscurité l’alimentation entre ces deux âges.
- Et pourtant cette question gouverne la pédiatrie. Elle est souvent l’étiologie d’un grand nombre des manifestations anormales que le médecin est appelé à constater et presque toujours elle constituera l’essentiel du traitement qu’il prescrira. M. Charles Richet fils l’a nommée avec à propos : un point important de physiologie sociale.
- Rappelons tout d’abord qu’un nourrisson à un mois prend par jour 500 gr de lait maternel, 800 gr à cinq mois et un litre au sevrage. Nous donnons ces chiffres sans tenir compte évidemment des variations individuelles conditionnées par le nourrisson et la qualité du lait de la mère. Donc à huit mois le litre de lait contenant 20 gr de matières protéiques absorbé par l’enfant lui donne environ 630 calories; comme il pèse approximativement 8 kg, cela lui fait 80 calories, et 2 gr 5 de matières protéiques par kg.
- D’autre part un adulte pesant 70 kg a besoin quotidiennement de :
- 500 grammes d’hydrates de carbone,
- 70 grammes de graisses,
- 100 grammes de matières protéiques, ration qui équivaut à 3000 calories ou 45 calories et 1 gr 40 de matières protéiques par kg, pour entretenir convenablement la vie sans changement de poids.
- Voilà les deux notions limites de cet exposé puisque partant de l’un il faut aboutir à l’autre.
- Or il s’agit d’enfants; et enfants veut dire : êtres en
- Fig. 2. — Augmentations de poids annuelles.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 \2 13 14 15 16 17 18 18 20 Ans Age
- pleine évolution continuelle mais irrégulière.
- Aussi devra-t-on leur donner constamment double ration; entendons par là : une ration d’entretien plus une ration de croissance.
- Fixons dans l’esprit par deux courbes cette croissance; l’une traduite en kg en fonction de l’âge (fig. 1); l’autre en augmentation de poids en fonction des années
- (fig- 2).
- La seconde de ces deux courbes offre un intérêt Fig. 1. — Croissance en poids de remarquable : elle mon- l'enfant de la naissance à 15 ans. tre qu’après l’âge d’un
- an jusqu’à la troisième année l’augmentation de poids par année de l’enfant décroît. De 30 grammes par jour à la fin de la première année elle tombe à 26, puis à 20, puis à 16 gr; de trois ans jusqu’à neuf ou dix, l’enfant n’augmentera que de 1 à 2 kg par an, ce qui ne fera plus que 5 à 6 gr par jour.
- Et tout d’un coup avec ce cap si important de la dixième année, l’enfant va croître de plus en plus vite, augmentant son poids sans arrêt; il gagne 2 kg 1/2 pendant cette année-là, 3 kg 1/2 au cours de la suivante, puis 4 kg 1/2 à 14 ans; gagnant sans cesse jusqu’à 16 ans, son développement sera bien plus intense que de 4 à 10 ans.
- Nous devons apporter une petite rectification à ces dernières données. Il s’agit de l’accroissement en poids des garçons. Celui des filles est identique mais plus précoce. L’augmentation se fait déjà de la huitième à la dixième année ; très prononcée jusqu’à 14 ans, elle diminue dès la quinzième année et devient presque nulle à 16 ou 17 ans, car à cet âge la fillette est devenue femme. Ce décalage s’explique très facilement; la croissance précède et prépare la puberté, or celle-ci apparaît à 12 ou 13 ans chez les filles et à 15 ou 16 chez les garçons.
- Cette courbe de croissance illustre assez que la ration alimentaire n’est pas fonction du poids de l’enfant qui à certaines heures critiques de sa vie doit être suralimenté; il a en effet besoin d’une plus grande quantité de matières nutritives pour se développer.
- Nous allons considérer successivement chacun des principaux éléments qui font partie essentielle de la ration alimentaire des enfants :
- 1° La ration calorique;
- 2° La ration protéique; *
- 3° Les sels minéraux et particulièrement le phosphate de chaux;
- 4° Les vitamines de croissance.
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- ===== 218 ===== =
- 1° La ration calorique d’un enfant est la somme de trois besoins, de trois dépenses : la dépense de vie ou encore de fond, appelée métabolisme basal, plus la dépense de travail, plus la dépense de croissance.
- La définition du métabolisme basal est la suivante : dépense en calories par heure et par mètre carré de surface d’un sujet dans des conditions idéales de température, de repos et de jeûne. Nous préférons plutôt que des chiffres donner un graphique montrant le métabolisme chez l’enfant à partir de la naissance (fig. 3).
- Pourvoir à la dépense de fond constituera évidemment le gros de la ration calorique à fournir quotidiennement à l’enfant. A celle-ci vient s’ajouter la dépense de travail : celle-ci est loin d’être nulle, car si le travail utile de l’enfant, est somme toute, très faible, sa dépense n’en est pas moins beaucoup plus élevée que celle de l’adulte. Les recherches sur ce sujet sont rares; toutefois Mrs. Benedict et Talbot ont constaté que l’activité musculaire des enfants de 7 ans au lit augmente de 70 pour 100 leur métabolisme basal. D’autre part, Sonden et Tigerstedt ont contrôlé que la dépense en calories d’un gar çon assis et lisant est de 75 pour 100 supérieure à son métabolisme basal et seulement de 50 pour 100 chez une fillette du même âge dans la même position.
- Il y a enfin une dépense calorique de croissance, qui, moindre en quantité, reste la plus difficile à apprécier. Le physiologiste allemand Rubner a montré que, pour tout accroissement de poids, l’organisme brûle une certaine énergie, et il a évalué cette énergie dépensée à 3,4 cal. pour un gain de 1 gramme, ce qui l’a amené à préciser que la dépense de croissance est sensiblement de 2 à 10 pour 100, en moyenne 5 pour 100 des dépenses totales.
- Ce sont là des données théoriques, mais elles montrent que l’enfant doit manger, proportionnellement à son poids, davantage que l’adulte.
- C’est également à cette conclusion qu’aboutissent les données pratiques ; nous les résumerons sous la forme du tableau suivant publié par le Dr Mouriquand :
- 1200 calories à 6 ans.
- 1600 calories à 9 ans.
- 2200 calories à 13 ans.
- 2400 calories à 14 ans.
- 2800 calories à 18 ans.
- Ce qui donne, si on divise cette ration calorique par le poids, de 70 à 60 calories par kg.
- M. le professeur Nobécourt arrive à peu près aux mêmes chiffres. Cependant, le Dr Gephart, qui aux États-Unis a fait des contrôles sur une école de 300 élèves en éliminant toutes les causes d’erreur possibles, donne le chiffre de 100 calories par kg. M. Charles Richet fils admet 85 cal. par kg en moyenne, ou plutôt 100 calories par kg et par jour pour un enfant de la campagne et seulement 68 calories pour un enfant de la ville.
- L’idée quantitative de ration calorique fixée, il faut en donner le détail qualitatif; celui-ci est proportionnellement le même que chez l’adulte : environ 55 pour 100 des calories sont fournies par les hydrates de carbone, 30 pour 100 par les graisses, 15 pour 100 par les matières
- protéiques; il est évident que ces proportions peuvent varier sans inconvénients dans certaines limites.
- 2° Le point le plus important est de déterminer la quantité optima de matières protéiques que doit prendre un enfant. Dans ce but M. Lesné, en collaboration avec M. Charles Richet fils, a mesuré l’azoturie basale, c’est-à-dire la quantité d’urée éliminée par jour en fonction du poids par un sujet à jeun et à l’état de repos. Cette azoturie basale est environ deux fois plus grande chez l’enfant que chez l’adulte (fig. 4).
- Un enfant de 13 à 14 ans doit donc manger deux fois plus de matières protéiques, ce qui fait environ 3 grammes par kg avec un maximum à 14 ans; de ces matières protéiques il est utile que la plus grande part (au moins 60 pour 100) soit d’origine animale car celles qui nous viennent des végétaux semblent de moindre valeur biologique.
- Abordons maintenant le chapitre des sels minéraux; abondants et multiples dans tous les aliments, certains jouent un rôle de premier plan : tels sont le chlorure de sodium, le chlorure de potassium, les sels de fer qui existent en quantité suffisante dans les divers aliments; il est donc inutile de s’appesantir sur la quantité à en donner aux enfants : la nature s’en charge.
- Il est cependant un sel qu’il est nécessaire de donner aux enfants avec générosité : c’est le phosphate de chaux.
- Ce sel qui forme une grande partie des os (un enfant de 18 ans en possède 3000 grammes) joue un rôle tel que sa déficience dans l’organisme détermine des maladies diverses (rachitisme, ostéomalacie).
- L’enfant devra donc, de sa naissance à 18 ans, en fixer par jour 0 gr 40, plus l’équivalent de ce qu’il désassimilera pendant cette longue période. Il en tirera une grande partie du'pain, du lait; mais pas toujours avec un profit constant pour lui, car le pain, par exemple, détermine un chimisme acide plus favorable à la désassimilation du phosphate de tchaux qu’à son assimilation. Le lait lui en apporte 1 gr 60 par litre, ce qui est considérable et sous une forme facilement utilisable et agréable.
- Mais de petites quantités de phosphate de chaux données en nature assureront une croissance qui pourrait sans cela se faire mal ou d’une façon désordonnée. Toutefois il ne faut pas croire que l’ingestion du phosphate de chaux suffise pour qu’il pénètre dans l’orgânisme.
- Les rayons ultra-violets sont nécessaires pour que le phosphate de chaux soit fixé sur les os. Pour contrôler ce fait, on a élevé de jeunes animaux avec une nourriture abondante dans l’obscurité ; ils ne se développaient pas; d’où on conclut que si l’enfant a besoin d’une ration calorique il a autant besoin d’une ration de soleil. Il est souvent bien difficile de procurer ce soleil en nature; aussi a-t-on recours à des pis-aller destinés à en jouer le rôle; le plus vieux d’entre eux est vraisemblablement l’huile de foie de morue dont l’usage est de première nécessité dans les villes.
- Il est délicat de parler de son mode d’action; on l’a longtemps étudié et aujourd’hui même cette importante question n’est pas encore suffisamment claire pour qu’on l’expose comme une chose définitivement établie. On peut dire toutefois qu’il s’agit de corps chimiques ayant
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- la faculté de fixer les rayons ultra-violets auxquels ils sont exposés, et de conserver cette modification et les propriétés qui y sont attachées.
- 4° 11 ne nous reste plus qu’à parler des vitamines pour avoir fait le tour de l’alimentation rationnelle des enfants. C’est à beaucoup près le point le plus délicat de cet exposé. Celles qu’on a découvertes jusqu’à présent sont au nombre de trois; l’une que l’on appelle vitamine B ou antibéri-bérique est fournie par les légumes et certaines cuticules de graines en assez grande quantité; la vitamine C ou antiscorbutique également. La vitamine A dont l’importance est telle qu’elle a été nommée à bon escient : vitamine de croissance, n’existe que dans les graisses dites vivantes, dont le type est le beurre; elle manque dans d’autres graisses animales, comme le saindoux ou bien encore le blanc de baleine.
- Voici une des expériences faites aux États-Unis, qui met clairement en évidence leur rôle très actif. Un premier lot de rats fut élevé avec une alimentation comprenant une certaine quantité de beurre; leur croissance fut en tout point normale; un second lot de rats du même âge et issus des mêmes portées fut nourri d’une façon identique, à cela près que la ration de beurre fut remplacée par une ration, égale en poids, de saindoux : on constata alors que chez les derniers la croissance était nulle; mais toutefois si à partir d’un certain moment on inversait l’expérience, c’est-à-dire qu’on donnait du beurre au second lot et du saindoux au premier la croissance s’arrêtait chez ceux qui en étaient privés et s’accélérait chez ceux qui en étaient nourris. Ces expériences mettent assez en valeur l’utilité du lait et son rôle de premier plan. Aux études qui ont été faites sur cet aliment est attaché le nom du grand physiologiste américain Mac-Collum, qui a fait, pour contrôler sa richesse en vitamines de croissance, une série d’expéi'iences aussi simples et aussi concluantes que celle rapportée plus haut. Voici encore l’une d’elles très probante : des enfants fréquentant une école dont les ressources provenaient de la charité publique y étaient nourris avec des aliments très médiocres ; Mac Collum eut l’idée de remplacer chez un groupe de ces enfants une partie des aliments par une quantité de lait équivalente au point de vue calorique et au point de vue richesse en matières protéiques; un second groupe d’enfants subissait l’alimentation normale de l’école pour servir de témoin. Manifestement le lot
- Fig. 4. — Variations de Vélimination d’urée selon l’âge.
- 100°/j
- 0 -57 10 18 17 20
- „ 60
- Cj «s | 50 -ë [T 40 % £30 eu s g 20 t'° i /
- 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22Ans Age
- Fig. 3. — Production de chaleur de l'enfant par unité de surface.
- soumis au lait augmenta de poids et de taille bien davantage que le lot témoin.
- Mac Collum, très circonspect, n’osa pas dire que cette si sensible différence entre les deux groupes d’enfants était due uniquement à la richesse du lait en vitamines de croissance. Nous croyons cependant que sans la présence de ces vitamines le lait ne mériterait pas ce nom d’aliment complet qu’il porte depuis toujours.
- Voilà ce qu’on sait depuis peu de cette question primordiale de la nourriture de l’enfant pendant dix ans de sa vie. Nous n’avons passé sous silence qu’un seul point : celui du vin ; mais là-dessus il est difficile de donner autre chose qu’un avis, faute de travaux précis. Sa nécessité ne paraît pas évidente. Il est bien des enfants, appartenant aux meilleures classes de la société, qui jusqu’à l’âge de 16 à 18 ans n’en boivent pas une goutte et leur croissance n’en est ni moins rapide ni moins complète.
- Si nous nous sommes abstenu de donner sur les deux derniers points des précisions numériques; c’est qu’à vrai dire cela importe peu : en effet le phosphate de chaux que la nature nous offre est largement abondant; mais il est trop souvent présenté sous une forme peu assimilable ; aussi est-il prudent pour en prévenir un manque brusque regrettable pour l’organisme de l’offrir en plus large part; sans qu’il soit jamais à craindre d’en donner trop, ce corps n’étant nocif à aucune dose.
- Quant aux vitamines A, elles agissent en très petites quantités ; leur présence étant loin d’être constante dans tous les aliments il est très recommandable d’en donner sous une des multiples formes qu’elles présentent aux enfants. '
- Si nous ne craignions pas de nous répéter, il est deux points essentiels de cet exposé que nous voudrions faire ressortir tout spécialement : 1° L’enfant qui grandit doit manger beaucoup, davantage même que son père; il doit manger beaucoup de viande (au moins une fois par jour) et cela en un minimum de quatre repas afin d’éviter à son estomac toute fatigue qui évidemment serait nuisible à sa croissance ; 2° Il n’y a pas de croissance normale sans phosphate de chaux et sans vitamines qui doivent être offerts continuellement aux enfants; la carence de l’un d’eux menace d’un péril imminent et qu’à tout prix on doit s’efforcer d’éviter : le Rachitisme.
- Jacques Blaizot.
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- LES TRANSFORMATIONS APPARENTES DES PEINTURES EN SCULPTURES
- Le dispositif décrit par M. le Dr G. Le Bon réalise une illusion stéréoscopique monoculaire. Il peut sembler paradoxal de parler de stéréoscopie monoculaire. Cependant il n’y a là aucun mystère. Un appareil stéréoscopique monoculaire produit une certaine déformation de l’image plane observée, et cette déformation nous aide à mieux juger des distances en profondeur. Ce qui fait, d’ailleurs qu’un appareil stéréoscopique monoculaire ne vaudra jamais l’appareil stéréoscopique binoculaire courant, dans lequel on sent les distances en profondeur avant même d’en juger.
- Voyons maintenant quelle déformation de l’image se produit lors du passage des rayons au travers de la lentille, dans le dispositif du Dr G. Le Bon. C’est tout simplement la déformation bien connue « en barillet », et l’image réelle formée en avant de la lentille est plus ou moins bombée, comme on peut
- Fig. 1.
- I. Profil. — O, objet renversé; I, image droite; E, écran, F,, F.,, foyers.
- II. Plan. — S, source lumineuse.
- s’en assurer en examinant une figure formée de carrés contigus : elle apparaît comme les méridiens et les parallèles de nos cartes de géographie. Autrement dit, les parties de l’image qui se trouvent dans le voisinage de l’axe optique se forment un peu en avant des autres. Si, par exemple, on examine deux portraits, placés l’un à côté de l’autre, et qu’on déplace la tête de droite à gauche et de gauche à droite, les deux personnages sembleront avancer et reculer alternativement. — Autre preuve : l’illusion stéréoscopique ne se réalise bien et du pre-
- 1. Voir l’article du Dr Gustave Le Bon, n° 2847, du 15 décembre 1930.
- mier coup que si les objets qui occupent le milieu de l’image sont au premier plan. Si, au contraire, le milieu de l’image est en arrière-plan, il n’y a pas d’illusion stéréoscopique. Mais celle-ci apparaît quand on déplace la tête de façon à amener l’axe optique sur les bords de l’image, lesquels doivent être vus en avant. Et une fois que l’on « tient » l’illusion, on la conserve très facilement.
- Un autre facteur peut encore intervenir dans bien des cas : c’est l’éclairement moindre de la rétine. Chacun sait que l’éclairement trop fort nuit à la perception des détails. Fermez un œil, diminuez le champ de l’autre en regardant à travers un tube court ou à travers la main à demi fermée, et examinez une image, une photographie quelconques. Vous saisirez beaucoup mieux le relief des détails, et ceci, sans l’aide d’aucun système dioptrique.
- Maintenant on peut encore se demander pourquoi on est obligé de regarder avec un seul œil l’image vue à travers le dispositif du Dr G. Le Bon. C’est parce que l’image réelle fournie par la lentille se produit en avant de celle-ci (voir la figure). Dans ces conditions, les deux yeux convergent vers la lentille elle-même et le regard ne peut se fixer sur l’image. Cette image est alors vue double, en « diplopie croisée ». Il nous faut donc fermer un œil pour supprimer l’une des images.
- Mais il est facile d’obvier à cet inconvénient en plaçant un écran percé d’une ouverture d’un diamètre voisin du diamètre apparent de la lentille, à l’endroit où se forme l’image. On peut opérer de la façon suivante : mesurer avec un foco-mètre de Silbermann (que l’on peut aisément construire soi-même) la distance focale de la lentille; déterminer les distances de l’objet et de l’image aux foyers en appliquant la formule classique de Newton :
- ZtZ2 = cp2,
- où : o — distance focale;
- Z, — distance de l’objet au foyer-objet;
- Z2 distance de l’image au foyer-image.
- On établira ainsi une échelle où, pour des valeurs progressives de Zt on aura les valeurs correspondantes de Z.,, ce qui permettra d’obtenir des grossissements divers sans tâtonner. Enfin on placera l’écran percé un ou deux millimètres en deçà des plans où se forme l’image... et l’on aura la surprise d’observer, en fixant l’ouverture de l’écran, une très jolie reproduction de l’objet qui semblera flotter dans l’espace immédiatement derrière l’écran.
- Il est utile de prendre une lentille de grand diamètre. Les lentilles trop petites ne permettent de voir qu’une 'partie de l’objet trop restreinte sous un grossissement suffisant.
- Hâtons-nous de dire que l’observation avec les deux yeux améliore seulement un peu le mode de stéréoscopie précédemment décrit. Il ne faut pas lui demander ce qu’il ne peut donner.
- G. Viaud.
- - LA SULFURISATION........
- PRÉCÉDANT LE SÉCHAGE DËS FRUITS COUPÉS
- Le séchage des fruits doit être précédé d’un traitement à l’acide sulfureux dont le but est non seulement d’empêcher les diastases de noircir la pulpe, mais aussi de donner à cette dernière plus de fermeté.
- On use du soufre dans le séchage des pêches. On en abuse même dans le séchage des abricots dont les « marmelades » sentent trop la « mèche » soufrée.
- Nos photographies montrent en 1 une demi-pêche
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- sortant du séchoir sans sulfuration. Elle est noire et violette.
- La pêche 2 a été durant une heure soumise aux émanations de SO2. Elle est violette.
- La pêche 3 a subi l’anhydride sulfureux durant 4 h. Elle est jaune à cœur violet.
- La pêche 4 est restée toute une nuit exposée aux vapeurs soufrées. Sa chair est jaune, la place du noyau est rose comme au naturel, mais peut-être sent-elle trop le soufre.
- Evidemment, on éviterait le noircissement en séchant les fruits entiers comme les « pruneaux », mais le noyau représente un poids considérable et n’est pas apprécié du consommateur.
- La coupe des fruits et l’enlèvement du noyau permettent d’éliminer les fruits parasites ou indésirables, et aussi d’activer beaucoup le séchage.
- l)u reste, les déchets sont, utilisés, par exemple pour la fabrication de liqueurs ou de sirops à goût de noyau.
- Le traitement à la vapeur ou par trempage dans une
- La quantité de gaz absorbée n’est pas augmentée par le mouillage des fruits. Pratiquement elle est à peu près doublée après quatre heures d’exposition par rapport à ce qu’elle est au bout d’une heure, et n’augmente plus utilement ensuite.
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- Les cossettes de pommes si blanches, qui nous étaient venues de Californie en l’année déficitaire 1928, sont obtenues par exposition d’une heure à l’acide sulfureux avant séchage. C’est généralement la pomme toute entière ou parfois les quartiers qu’on expose au soufre avant de les couper, puis de les sécher.
- Aussi renferment-elles moins de SO2 que les pêches ou abricots : 100 à 150 mgr seulement par kg au lieu de 200 à 500 mgr.
- La teneur en eau de ces cossettes est d’environ 22 pour 100.
- La pomme ne peut pas être séchée au soleil, mais on arrive à sécher les poires comme les ligues parce qu’on
- Demi-pêches séchées au soleil. “
- 1. Sans sulfuration. 2. Après une heure en chambre soufrée. 3. Après quatre heures en chambre soufrée. 4. Après une nuit.
- lessive préalablement au séchage, n’a pas donné des résultats aussi pratiques que l’acide sulfureux à l’état gazeux surtout pour éviter le noircissement.
- On tolère en France et au Japon 1 gr d’acide sulfureux (SCF) par kg de fruits secs, en Europe centrale
- 1 gr 25, en Angleterre et aux Etats-Unis 2 gr, au Canada
- 2 gr 50.
- Quand le séchage a lieu au soleil, les fruits « sulfités » ne sont pas attaqués par les insectes.
- Une partie de l’acide sulfureux s’évapore. Au bout de six mois il y a réduction de moitié.
- La rapidité de séchage, facilitée par le traitement et la coupe du fruit, aide à l’entretien des vitamines du fruit frais.
- Le sulfurage se fait dans des chambres de bois où les vapeurs gazeuses sont apportées par un tuyau de poêle, le soufre^brûlant à l’extérieur pour éviter des incendies.
- Le tuyau débouche à la partie supérieure de la chambre où le gaz chaud se répand en surface avant de descendre sur les claies en se refroidissant.
- Au contraire, quand le soufre est brûlé dans la chambre, le gaz s’élève d’abord par suite de sa faible densité à température élevée pour redescendre ensuite à travers les claies garnies de fruits coupés.
- les récolte plus tôt quand le soleil est encore haut.
- Nous rappelons que le séchage des fruits, comme celui du linge du reste, exige non seulement de la chaleur, mais un courant d’air enlevant les vapeurs au fur et à mesure de leur exhalaison.
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- Grâce à l’anhydride sulfureux, on a pu envisager le séchage des pêches pelées, mais cela revient cher.
- Pêches et abricots conservent la faveur des sécheurs au soleil parce que récoltés en saison précoce et parce que leur « marmelade » ultérieure est plus a bouquetée » que celle des fruits à pépins.
- Pour obtenir de beaux fruits on met les moitiés sur le dos en une seule couche sur des claies ayant environ 0 m 90 sur 1 m 80, claies faites de lattes de pin ou de sapin de 25 mm distantes de 20 mm.
- Ce sont les mêmes claies qui passent de la chambre à soufre sur Faire d’insolation. Elles doivent être brossées à grande eau et séchées entre chaque opération, c’est-à-dire chaque semaine environ.
- Ces règles sont dues en partie aux recherches de la Dried Fruit Association of California.
- Pierre Larue.
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- LA VALEUR ALIMENTAIRE DE LA BANANE
- Si la puissance sur le public d’une publicité méthodique, intensive, continue, prolongée n’avait déjà maintes fois été constatée, on se demanderait réellement pourquoi la consommation de la banane fraîche et de la farine de bananes se sont aussi rapidement diffusées et maintenues en Europe, et pourquoi ce fruit tend dans bien des cas à supplanter nos fruits indigènes.
- La publicité est la seule cause du succès de la banane dans l’alimentation, car rien dans sa constitution chimique ne justifie la place qu’elle y a prise. Cette publicité a pu être continue en raison de ce fait que ses régimes nous privent à peu près régulièrement pendant toute Lg.nnée et qu’elle n’a pas de saison limitée comme la plupart des autres fruits.
- Cette publicité fut, en outre, méthodique et intensive parce qu’elle constituait le seul moyen pour les puissantes compagnies coloniales qui cultivent la banane d’écouler en Europe le produit de leurs plantations qui fournissent jusqu’à 20 000 et 25 000 kg à l’hectare; mais elle fut surtout un bluff bien organisé, auquel on fit^p'articiper des savants sérieux, des médecins, qui en imposèrent.
- On a ainsi fait passer pour un aliment de premier ordre un fruit évidemment agréable mais qui ne possède, en réalité, qu’un jÆivoir nutritif très faible, qui étant donné son prix de revient et surtout son prix de vente aux consommateurs, ne devraitêtre qu’un fruit de luxe, paraissant exceptionnellement sur nos tables.
- Pour comprendre ce phénomène extravagant, il faut considérer les intérêts en jeu. L’United Fruit C°, la plus puissante concentration agricole mondiale, avait déjà en 1913 mis en culture plus de 150 000 hectares desservis par 150 locomotives avec 4000 wagons et une flotte de 50 navires spécialement construits pour le trafic bananier. La France est spécialement travaillée et alimentée par une grande société anglaise qui y a établi une succursale et inonde les vitrines des commerçants de bananes factices fort artistiques. Une propagande intense se fait de tous côtés, par tracts, articles de journaux, affiches, etc., on dépense sans compter, mais les résultats sont là : la- consommation française s’est élevée en 1926 à 622 000 quintaux, en 1927 à 801 000 et en 1928 à 1 114 000. Personne ne s’en étonne, seuls de temps à autre les coloniaux se plaignent de ne pouvoir en fournir un peu eux-mêmes, faute de matériel de transport. Ils voudraient bien eux aussi participer aux bénéfices mirifiques de ce fruit d’or. Pendant ces trois derniers ans, les Français ont dépensé pour des bananes 614 millions ! La banane est et sera toujours un fruit cher, car il est grevé de frais de transport et,d’emballage considérables; il est cueilli avant sa maturité complète et doit être transporté en cales froides, en wagons isothermes. Lorsque la banane arrive en régimes complets chez le détaillant, celui-ci doit la conserver un certain temps en magasin, pour ne la mettre en vente qu’à maturité suffisante et très souvent pendant cette période son pédoncule noircit, est attaqué par des champignons et des moisissures qui se propagent au fruit lui-même et le rendent rapidement invendable ou obligent à le vendre à bas prix. Contrairement à ce qu’on a écrit de tous côtés, ce n’est pas un aliment complet, c’est simplement un alimefit trompe-l’œil.
- Les régimes de bananes pèsent de 25 à 30 kg et le pédoncule fait environ le sixième du poids total. Ils sont constitués par dix à douze « mains », ou rangées de fruits, comprenant chacune jusqu’à 20 bananes qui sont d’ordinaire vendues à la pièce à des prix variant suivant leur grosseur, leur aspect et leur maturité.
- En moyenne, ou peut admettre qu’une banane pèse 100 à 125 gr, l’écorce constitue 30, 35 et même 40 pour 100
- du poids du fruit entier; on peut compter sur un déchet minimum d’un tiers. La partie comestible contient de 71 à 80 pour 100 d’eau. En réalité une banane de 125 gr renferme environ 21 gr de matière sèche utilisable.
- Ces 21 gr sont constitués en presque totalité par des matières hydrocarbonées : amidons, dextrose, lévulose, saccharose qui prennent naissance pendant la maturation et dont les taux respectifs varient suivant l’état de maturité du fruit .Le total fait environ 17gr80 dont un tiers d’amidon.
- Les 3 gr 20 restant sont constitués par : matières azotées 1 gr 25, matières grasses 0 gr 15, cellulose 1 gr 10, matières minérales 0 gr 90, ce sont donc des quantités insignifiantes qui ne comptent pas dans la ration alimentaire.
- Ce n’est pas l’aliment complet annoncé par la publicité et l’individu qui se nourrit avec six bananes par jour ne doit pas pouvoir fournir un travail bien important; il est plutôt sous-alimenté.
- Il existe dans la littérature scientifique un grand nombre d’analyses concordantes qui montrent que la valeur alimentaire d’une banane ne correspond donc pas même à celle de 40 gr de pain ordinaire, qui contiendraient à peu près la même quantité d’hydrocarbonés et renfermeraient en outre huit fois plus de matières azotées assimilables.
- Non seulement ce n’est pas un aliment complet en raison des minimes quantités de matières azotées et de graisses qu’elle contient, mais la minéralisation de ce fruit est faible et très inférieure comme qualité; les cendres sont constituées en grande partie par des sels de chaux et ne renferment qu’une quantité insignifiante de phosphore qui se trouve à l’état minéral, les bananes de culture ne renfermant pas de graines et par conséquent pas de phosphore organique, le seul qui compte en alimentation.
- On a préconisé l’usage de la banane dans l’alimentation des enfants à la période de sevrage ; c’est peut-être le seul cas où elles soient utiles, car c’est un fruit propre et sain, dont la pulpe pâteuse est commode à manger, facile à digérer et dont le parfum constitué par de minimes proportions de butyrate et d’acétate d’éthyle est inofîensif et bien toléré.
- Par contre, on a tort de vouloir utiliser la farine de bananes pour eux de même que pour les adultes, car elle possède une valeur nutritive bien inférieure à celle de toutes nos farines de céréales et de légumineuses indigènes au point de vue nutritif et elle ne présente aucun avantage prouvé.
- D’autre part, si l’on veut bien se rendre compte de la manière dont cette farine est obtenue et préparée, il sera difficile de lui attribuer toutes les qualités d’un produit hygiénique pour l’alimentation des jeunes enfants.
- Les bananes sont récoltées non mûres ; leur pulpe est séparée de l’écorce et découpée en rouelles plus ou moins épaisses par les indigènes, celles-ci sont mises à sécher plus ou moins rapidement sur des claies, au soleil ou dans des séchoirs à air chaud plus ou moins primitifs.
- Ces cossettes de bananes — c’est le nom sous lequel on les désigne commercialement — présentent le plus souvent à leur surface des taches noirâtres ou jaunâtres provenant de moisissures superficielles. Elles sont ainsi transportées en Europe dans des sacs grossiers, d’ordinaire usagés et arrivent dan§|i les usines où le plus souvent elles doivent être étuvées pour leur enlever l’humidité qu’elles ont réabsorbée et faire passer parfois le goût de moisi qu’elles ont contracté, avant de les réduire en farine. ^ ^ IV. ♦ '
- Au point de vue hygiénique cette farine n’offre donçjspas toute sécurité et la simple farine de froment ou celle de maïs est toujours bien plus propre. K ,
- De plus sa valeur alimentaire est de beaucoup inférieure.
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- Il y a longtemps que E. Konig l’a déclaré : si on représente par 100 la valeur alimentaire de la farine de blé, celle de la farine de banane n’est que de 64,4 et celle de la pomme de terre de 64,5.
- La farine de banane contient d’ordinaire 11,90 pour 100 d’humidité, 78,4 de matières amylacées, 30,09 de matières azotées, 0,60 de matières grasses, 2,50 de cellulose et 1,80 de cendres. Pour Balland cette farine est équivalente à celle de manioc et coûte trois à quatre fois plus cher.
- C’est donc une farine très ordinaire, somme toute de l’ami-
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- don presque exclusivement, dont l’emploi en Eurojie n’est nullement indiqué, étant donné son coût.
- Elle est toujours, ou presque, vendue additionnée de sucre, aromatisée de cacao, etc. Elle est alors préconisée avec force publicité comme un aliment complet, reconstituant.
- Ce n’est malheureusement qu’une farine de conserve, excellente pour les nègres lorsqu’ils n’ont pas autre chose à manger; mais les Européens ont mieux et moins cher et il faudrait réagir contre le bluff de la banane.
- D1 J. Chevalier.
- LE DÉCOUPAGE DES NAVIRES COULÉS
- Les progrès réalisés dans l’emploi de l’acétylène ont permis d’entreprendre et de mener à bien des travaux sous-marins extrêmement importants.
- M. Maurice Lebrun, ingénieur, nous raconte, dans la Revue de la Marine de Commerce (') comment on arrive actuellement à découper les navires coulés à des profondeurs considérables pour pouvoir en retirer les cargaisons précieuses qu’ils ont entraînées au fond de la mer.
- Ces travaux ne vont pas cependant sans danger. On se souvient, à ce sujet, que le 9 décembre 1930, le vapeur italien Artiglio, outillé à cet effet et travaillant près de l’ile de Houat à retirer des caisses de munitions de guerre des cales du cargo Florence coulé en 1918 dans les passes de Quiberon, a sauté par suite de l’explosion des munitions déjà enlevées de l’épave et déjiosées sur son pont. 10 membres de l'équipage ont péri dans cette catastrophe, parmi lesquels les deux scaphandriers occupés à l’opération de sauvetage.
- C’est ce même Artiglio qui depuis deux ans avait vainement tenté de retirer une importante cargaison d’or des flancs du paquebot anglais Egypt coulé par un sous-paarin allemand par 110 m de fond, dans les parages d’Ouessant.
- Mais par ces profondeurs, et même à partir de 20 m, le chalumeau oxyacétylénique ne peut plus être employé, la pression trop forte décomposant alors l’acétylène.
- M. Maurice Lebrun explique comment on a été conduit à employer pour les découpages des tôles à des profondeurs supérieures à 25 mètres à employer un appareil oxy-électrique. Et voici à quelle occasion.
- Pendant la guerre, les Allemands, désireux d’intensifier
- 1, Revue de la Marine de Commerce, Le Havre, n° de janvier 1931.
- E RUBANS
- Vous promenant à la campagne par un froid sec, si peu que vous soyez observateur, vous ne tarderez pas à remarquer autour des tiges de certaines plantes aromatiques de curieux dessins rappelant vaguement les festons dont le givre décore les rameaux des arbres et des ^|>mssons.
- ILhie^nous, cesïornements ne sont, la plupart du temps, ?quë totiLà fait rudimentaires ; mais, comme veut bien nojis le dirfele Dr Humphreys, du Bureau météorologique (^Washington (E.-U.), il n’en est pas de même chez le
- M. v ..................— --------
- leur propagande et leurs moyens d’informatjon en Amérique du Sud, décidèrent d’y envoyer 1 500 000 pièces d’or de 20 marks.
- Ce trésor fut embarqué sur un vapeur hollandais Tubantia de 15 000 tonnes, et pour le soustraire aux perquisitions des navires alliés, on plaça les pièces dans des tubes en fer, puis on les introduisit astucieusement au sein d’honnêtes fromages de Hollande.
- Mais ces beaux calculs furent déjoués. On avait oublié de prévenir les sous-marins allemands du départ de Tubantia et quelques heures après avoir quitté Rotterdam, ce navire coulait sous les coups d’une torpille germanique en pleine mer du Nord par 35 m de fond.
- Une entreprise française retrouva l’épave après la guerre, mais il ne fut pas possible, avec le chalumeau oxyacétylénique, d’atteindre le trésor, et c’est à cette occasion que fut employé pour la première fois le chalumeau sous-marin oxy-électrique.
- On a réussi, par ce moyen, à découper et enlever une centaine de tonnes de tôle du Tubantia. Mais jusqu’à présent, on n’a pu arriver jusqu’aux fromages en or.
- Le chalumeau oxy-électrique rend des services de plus en plus étendus. Il a servi notamment, nous dit M. M. Lebrun, au découpage de 119 palplanch.es qui entouraient une pile de pont, puis à percer deux tôles distantes de 20 cm. Il pourrait être utilisé, par exemple, pour faire passer de l’air dans un sous-marin coulé. L’arc s’allume sous l’eau à n’importe quelle profondeur. L’oxygène peut être comprimé sans danger à n’importe quelle pression. On peut avec cet instrument percer en 3 secondes un trou de 8 à 10 mm dans une tôle de 10 mm d’épaisseur. Ct Sauvaire-Jourdan.
- DE GLACE
- die laine américain (Cunila origanoides), une plan te très aromatique de la famille des Labiée^ assez voisine des menthes et de notre origan, encorêulit marj olaine sauvage.
- Ce dictante, que le Bonhomme Hiver entoure de véritables rubans de glace, est une plante herbacée haute de 45 cm, produisant en’abondance, A» la fin de l’été, de petites fleurs pourpre (fig. 1). Elle est très commune à l’est des Etats-Unis, surtout dans les Monts Apalaches. Sa tige, en quelque sorte angulaii%* se compose d’un cœur moelleux et d’une enveloppe ligneuse traversée
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- Fig. 1. -— Le diclame américain (Cunila origanoïdes).
- par de longs et gros vaisseaux dans lesquels eireule la sève et qui jouent le rôle principal dans la formation des rubans de glace.
- En automne, alors que les racines continuent à vivre, la tige meurt et, grâce à un phénomène de capillarité, les vaisseaux servant de véhicule à la sève restent gonflés
- o
- d’eau, jusqu’à plusieurs centimètres au-dessus du sol. Puis, lorsqu’il survient une gelée, un ou plusieurs rubans de glace, plus généralement deux, se forment sur l’un des côtés de la tige.
- Ces rubans ont à peu près l’épaisseur d’une lame de couteau de table, une largeur de 2 à 5 cm et ils sont de longueur variable; on en trouve mesurant jusqu’à 17 cm, comme ceux de notre deuxième photographie (lig. 2). Ils sont parfois transparents; mais, le plus souvent, ils sont blanc de neige.
- Composés de fibres longitudinales d’un éclat soyeux, ces rubans sont gracieusement incurvés et vus d’une petite distance, on les prendrait pour autant de fleurettes blanches.
- Ce fut le physicien J. Le Conte, de l’université de Géorgie (E.-U.) qui, en 1850, signala, pour la première fois, l’existence de ces rubans qu’il avait rencontrés sur des plants d’héliotrope et de chardon.
- Dans une communication à F (v Association pour l’avan-
- cement de la Science » il disait que ces curieuses formations n’étaient provoquées, ni par une action physiologique, ni par un dépôt de givre, mais par une congélation progressive d’une certaine quantité d’eau tirée du sol par la moelle poreuse du centre de la tige, par l’intermédiaire des rayons mêmes de celte moelle. Il ajoutait également que les rubans ne se formaient pas sur des craquelures longitudinales qui auraient pu se produire sur la tige même.
- Soixante ans plus lard, plusieurs botanistes distingués étudièrent, à leur tour, la question des rubans de glace, en particulier M. Coblentz de Washington.
- Ce savant conlirma les conclusions de Le Conte, mais il démontra que l’eau est puisée dans le sol, par l’intermédiaire des gros tubes à sève qui parcourent la mince enveloppe ligneuse de la tige et non par la moelle centrale. Il expliqua, en même temps, que les rubans se manifestent rapidement sur des liges mortes qu’on enfonce dans un sol humide ou dans un vase rempli d’eau, prouvant ainsi que les racines ne sont pas indispensables à leur formation.
- 11 ajouta, enfin, que les rubans commencent par être une simple rangée de cristaux de glace placés tout près les uns des autres. Ces cristaux ne tardent pas à se souder entre eux au moyen de feuillets de glace, le tout s’étendant, ensuite, plus ou moins, pour constituer, d’abord, une frange, puis un ruban de glace qui se forme en plusieurs fois, au fur et à mesure des gelées et toujours au même endroit de la tige.
- > L. Kuhntz.
- Fig. 2. — Ruban de glace de 17 cm de long.
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- RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
- VARIATIONS SUR 10 989
- 225
- Nous demandions dans La Nature du lei octobre 1930, par quels chiffres il fallait remplacer les lettres pour que cette addition fût possible :
- THUBER + UBERTH = HUBERT
- Nous donnions G solutions, basées sur deux nombres remarquables connus et nous demandions quelles étaient les autres solutions. En voici le tableau, avec le groupement méthodique des nombres, établi d’une certaine manière qui nous permettra de mettre rapidement en lumière les remarques curieuses auxquelles il donne lieu.
- Il est enfin — a = 10 989
- et l’on nous attendait à ce tournant 142 857
- 13
- Chacune des 30 additions du tableau est caractérisée par un N° d’ordre reproduit entre parenthèses, au début de chaque ligne — de (1) à (30)— L’ordre numérique ainsi adopté est l’ordre même, par croissance, du 1er élément additif.
- Ajoutons à ces prémisses que ce tableau accuse les nombres périodiques ou cycliques suivants :
- — Cycle (1) : 021.978, avec (1), (12) et (29)
- Cycle (I') : 879.120ouCycle (I) inversé,avec (6), (7) et (30):
- (I) (1 ) 2 a, ou : 021.978 + 18 a, ou : 197.802 = 20 a : 219.780
- (12) 18 a, ou : 197.802 + 71 a, ou : 780.219 = 89 a : : 978.021
- (29) 2 a, ou : 021.978 -j- 71 a, ou : 780.219 = 73 a : : 802.197
- (!') ( 6) 8 a, ou : 087.912 + 72 a, ou : 791.208 = 80 a : : 879.120
- ( 7) 8 a, ou : 087.912 -j- 11 a, ou : 120.879 = 19 a : : 208.791
- (30) 72 a, ou : 791.208 + 11 a, ou : 120.879 = 83 a : : 912.087
- (11) ( 2) 3 a, ou : 032.967 + 27 a, ou : 296.703 = 30 a : : 329.670
- (16) 27 a, ou : 296.703 + 61 a, ou : 670.329 = 88 a : : 967.032
- (27) 3 a, ou : : 032.967 -f 61 a, ou : 670.329 = 64 a : 703.296
- (H) ( 5)' 7 a, ou : 076.923 + 63 a, ou : : 692.307 = 70 a : 769.230
- (13) 7 a, ou : 076.923 + 21 a, ou : : 230.769 = 28 a : 307.692
- (28) -j- 63 a, ou : : 692.307 + 21 a, ou : 230.769 = 84 a : 923.076
- (III) ( 3) 4 a, ou : 043.956 -f 36 a, ou : 395.604 = 40 a : : 439.560
- (20) 36 a, ou : : 395.604 + 51 a, ou : 560.439 = 87 a : : 956.043
- (23) 4 a, ou : 043.956 + 51 a, ou • : 560.439 = 55 a : : 604.395
- (HT) "( 4) 6 a, ou : 065.934 -f 54 a, ou : 593.406 = 60 a : 659.340
- (17) 6 a, ou : 065.934 +- 31 a, ou : 340.659 = 37 a : : 406.593
- (26) 54 a, ou : : 593.406 + 31 a, ou : 340.659 = 85 a : 934.065
- (IV) (8) 13 a, ou : 142.857 + 26 a, ou : 285.714 = 39 a : 428.571
- (15) 26 a, ou : : 285.714 + 52 a, ou : 571.428 = 78 a : : 857.142
- (24) 13 a, ou : 142.857 + 52 a, ou : 571.428 = 65 a : : 714.285
- (IV') (H) 16 a, ou : 175.824 + 53 a, ou : 582.417 = 69 a ; : 758.241
- (14) 16 a, ou : 175.824 + 22 a, ou : 241.758 = 38 a : : 417.582
- (25) 53 a, ou : : 582.417 + 22 a, ou : 241.758 = 75 a : : 824.175
- (V) ( 9) 14 a, ou : 153.846 + 35 a, ou : 384.615 ' = 49 a : 538.461
- (19) 35 a, ou : : 384.615 + 42 a, ou : 461.538 = 77 a : 846.153
- (21) 14 a, ou : 153.846 + 42 a, ou : 461.538 = 56 a : 615.384
- (V') (10) 15 a, ou : 164.835 -f-44 a, ou : 483.516 = 59 a : 648.351
- (18) 15 a, ou : 164.835 + 32 a, ou : 351.648 = 47 a : 516.483
- (22) 44 a, ou : 483.516 + 32 a, ou : 351.648 = 76 a : 835.164
- Qu’est le nombre a, générateur de ces surprenantes addi- — Cycle (II) : 032.967, avec (2), (16) et (27)
- tions ? Cycle (II ) : 769.230 ou cycle (II) inversé, avec (5), (13)
- — Il est expressément, < et en dernière analyse : et (28)
- a = 10 9 89 = 35 X 11 X 37
- - Il est aussi, avec plus d’élégance '+ a = 10 989 = 99 X 111
- - Il est encore et surtout :
- 999 999
- a = 10 989 = ———
- 91
- Cycle (III) : 043.956, avec (3), (20) et (23)
- Cycle (III') : 659.340, ou cycle (III) inversé, avec (4) (17) et (26)
- Cycle (IV) : 142.857, avec (8), (15) et (24) — cycle connu Cycle (IV') : 758.241, ou cycle (IV) inversé, avec (H), (14) et (25)
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- = 226 =............................................-
- — Cycle (V ) : 153.846, avec (9), (19) et (21)
- Cycle (Y') : 648.351, ou cycle (V) inversé, avec (10), (18) et (22)
- Nous observons :
- 1° Et la constatation est devenue banale, que, dans chaque nombre, les 2 tranches de trois chiffres, si on les totalise, forment 999 :
- 021 + 978 - 999, etc...
- 2° Que les 30 additions de 2 nombres ne comportent l’emploi que de 30 éléments additifs différents, chaque élément étant employé 2 fois, ainsi que le fait ressortir la disposition typographique du tableau.
- 3° Qu’aucun des 30 nombres différents formant les totaux, ne se retrouve dans les 30 nombres additifs.
- 4° On a employé (tableau général) d’après les 2 remarques précédentes, les quantités suivantes de facteurs de a :
- pour les éléments additifs..........................30
- pour les totaux...............................•. . . 30
- nombre de facteurs (<^ 90) de a inemployés..........30
- Total, inférieur à 91, diviseur de 999 999........ . 90
- Nous ne nous occuperons pas des 30 derniers facteurs, desquels découlent, d’ailleurs, des additions curieuses, mais qui sont du type Hubebu (avec répétitions) au lieu d’être du type Hubert.
- 5° L’un quelconque des cycles, dans ses additions, met en oeuvre 3 éléments additifs qui sont de la forme : x.a, y.a, z.a et tels que : x -f- y + z = 91.
- Exemples :
- Cycle I : 2 + 18 + 71 = 91
- Cycle I' : 8 + 72 + 11 = 91
- Cycle IV : 13 + 26 + 52 = 91
- 6° Et (c’est un corollaire de (5°), le total des facteurs qui
- affectent a dans les résultats de chacune des 3 additions de chaque cycle, est égal à : 91 X 2 = 182.
- Exemple : Cycle 1 : 20 -)- 89 -f- 73 = 182.
- 7° Corollaire de (4°) et de (5°) :
- x, a -J- y, a -f- z, a = 91 a — 999 999 Exemple : Cycle 1 :
- 021 978 -f- 197 802 + 780 219 = 999 999 8° Corollaire de (4°) et de (6°) : les totaux des résultats des 3 additions de chaque Cycle forment 91 a X 2 = 999 999 X 2 = 1 999 998.
- Exemple : Cycle 1 :
- 219 780 -f 978 021 -f 802 197 = 1 999 998 9° Autre corollaire. Le total de l’addition d’un cycle a
- toujours son complément à 999 999 dans un des éléments de l’addition précédente du cycle. En d’autres termes, les facteurs correspondants de a se complètent à 91. Exemples, cycle 1 :
- 2 (lre ligne) -f 89 (total 2e ligne) = 91
- 18 (2e ligne) -f 73 (total 3e ligne) = 91
- 71 (3e ligne) -f- 20 (total lre ligne) = 91
- Totaux : 91 X 1 -j- 91 X 2 = 91 x 3
- Il va de soi que le total majoré de 3 unités des 6 nombres différents investis dans les additions de cycle est toujours : (91 a x 3) + 3 = (999 999 X 3) + 3 = 3 000 000
- 10° Dans les 6 nombres différents qui sont investis dans les éléments additifs et totaux de chaque cycle, chacun des 6 chiffres différents occupe successivement les 6 positions possibles, selon une loi que l’on dégagera aisément de l’examen de l’un quelconque des cycles.
- 11° Le simple examen des formations d’un cycle :
- x a y a = p a
- y a -j- z a = q a
- x a -f- y a — r a
- nous révèle que : q — p — z — x r p = z y
- q r — y x
- Appliquons par exemple la lre de ces équations au 1er cycle :
- 89 a — 20 a = 71 a — 2 a = 69 a. Ou :
- 978 021 — 219 780 = 780 219 — 021 978 = 758 241.
- Encore que nombre d’autres remarques curieuses solliciteraient notre attention, nous laisserons aux lecteurs amoureux des chiffres le soin de se pencher davantage sur ces investigations.
- Pour abréger, nous avons fait grâce de toutes démonstrations, celles-ci ne présentant au surplus aucune difficulté.
- Tels sont quelques-uns des développements auxquels prêtait cette addition fort simple en apparence :
- THUBER -(- UBERTH = HUBERT.
- Ont trouvé les 30 solutions : Mlle Denise H., élève à l’Ecole Normale du Mans; MM. Fernand Aubry à Saint-Gratien, Albert Noüel, maire de Bârbezieux. Solutions partielles : M. Internet à Carmaux.
- Nous donnerons ultérieurement les solutions du 2e problème que nous posions dans La Nature du 1er octobre dernier. i
- Constant Hubert.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- A QUOI EST DUE L’INCOMBUSTIBILITÉ DE CERTAINES FEUILLES DE TABAC BRUTES
- Lorsque se pose la question d’une bonne fabrication, il est de toute évidence que le fabricant de tabac à fumer doit chercher à mettre à la disposition du consommateur un produit dont la combustibilité est suffisante pour que celui-ci n’ait pas à répéter trop souvent l’aspiration de la pipe ou du cigare dont il veut entretenir la combustion.
- Or, on constate que certaines feuilles de tabac brûlent bien, tandis que d’autres brûlent mal; la cause de cette différence de comportement a été révélée avec la plus grande clarté par Schlœsing qui a constaté que les cendres des tabacs combustibles contenaient du carbonate de potasse, alors que les tabacs incombustibles renfermaient la potasse, sous forme de sulfate ou de chlorure. Il a en même temps montré que les carbonates utiles résultaient de la dissociation des sels organiques : malate et citrate de potasse que le tabac contient parfois en proportion considérable.
- Par expérience, il. a vérifié qu’en l’absence de malate ou de citrate, on pouvait leur substituer d’autres sels organiques, tartrate ou oxa-late de potasse, qui employés à la « mouillade » des feuilles, donnent des cendres boursouflées et légères, qui assurent une combustion complète des feuilles défectueuses n’ayant pas subi d’autres préparations.
- Comme, dans la pratique courante, on cherche également à obtenir une grande régularité de fabrication, par mélange de feuilles d’origines diverses, ce que l’on réalise en faisant macérer le tout dans l’eau, pendant au moins vingt-quatre heures (procédé Lediberder et Goupil), il en résulte que les feuilles arrivent à contenir des quantités identiques de sels de potasse à acides organiques par mise en équilibre, d’autre part les sulfates et chlorures s’éliminent en majeure partie dans les jus de macération.
- Enfin, avantage complémentaire, les tabacs trop riches en nicotine reviennent à une dose convenable, ce qui fait disparaître leur âcreté.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN AVRIL 1931 (l)
- La belle éclipse totale de Lune qui va se produire le 2 avril — et dont on trouvera plus loin les données — est le phénomène astronomique le plus important de ce mois-ci.
- Tous les instruments peuvent convenir pour observer cette éclipse : jumelles, longues-vues et lunettes astronomiques.
- On s’attachera à noter les colorations de la Lune complètement éclipsée.
- La Société astronomique de France, 28, rue Serpente, à Paris (6e), centralisera toutes les observations de ce beau phénomène et les signalera dans son Bulletin mensuel.
- I. — Soleil. — En avril, la déclinaison boréale du Soleil augmente rapidement. De -j- 4°17' le 1er, elle atteindra -f- 14°34'le 30. Aussi, la durée du jour augmente-t-elle très vite, et passe de 12ll45"1 le 1er à 14ll25111 le 30.
- Voici le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure que marquent les horloges bien réglées quand le Soleil passe au méridien de Paris.
- Dates. Heure du passage.
- Avril ^er lli l541’1 '49*
- — 3 11 54 13
- — 5 11 53 37
- — 7 11 53 3
- •— 9 11 52 29
- — 11 11 51 56
- — 13 11 51 24
- — 15 11 50 53
- — 17 11 50 24
- — 19 11 49 56
- — 21 11 49 30
- — 23 11 49 6
- — 25 11 48 43
- — 27 11 48 23
- •— 29 11 48 4
- Observations physiques.— Pour l’orientation des dessins et des photographies du Soleil, on utilisera le tableau suivant dans lequel P désigne l’angle de position de l’axe de rotation du Soleil (compté vers l’Est à partir du point nord du disque) ; B0 et L0 la latitude et la longitude héliocentrique du centre du disque, c’est-à-dire du centre de la Terre vu du centre du Soleil.
- Fig. 1. — Aspect schématique de l'éclipse totale de la Lune du 2 avril 1931.
- Points de contact de la Lune avec l’ombre de la Terre au début et à la fin de l’éclipse totale. (Dessin de L. Rudaux.)
- Lumière zodiacale. — La lumière zodiacale se présente dans les conditions les plus fovorables pour l’observation, le soir, en avril.
- La période de meilleure visibilité sera celle du 7 au 19 avril, pendant laquelle la Lune, au dernier quartier ou nouvelle, ne gênera pas les observations.
- Eclipse partielle de Soleil, — Une éclipse partielle de Soleil par la Lune se produira les 17 et 18 avril. Elle commencera à 22h57"‘ le 17 avril, atteindra sa plus grande phase (0,511) à 0h45"‘ le 18 avril et finira à 2ll32m. Cette éclipse, qui, on vient de le voir, sera d’un peu plus de la moitié du diamètre solaire, sera invisible en France. On pourra l’observer de l’Asie, dans l’Océan glacial arctique et dans l’extrême nord de l’Amérique septentrionale.
- IL — Lune. — Les phases de la Lune pendant le mois d’avril seront les suivantes :
- P. L. le 2, à 20h 6m D. Q. le 9, à 20h 15'”
- N. L. le 18, à lh O'11 P. Q. le 25, à 13h 40111
- Age de la Lune le 1er avril, à O11 = 121,7 ; le 18 avril, à 0h = 01,0.
- On obtiendra aisément l’âge de la Lune, à une autre date du mois, en ajoutant 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 18 aux valeurs précédentes.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en avril : le 8 à 12h — — 28°36' ; le 23, à 6h = + 28°34'.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre) le 1er à 22h. Parallaxe = 61'0 '. Distance = 359 470 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre) le 14 avril, à 9h. Parallaxe = 54'2". Distance = 405 820 km.
- Périgée de la Lune, le 30 avril, à 4h. Parallaxe — 6029". Distance = 362 550 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 6 avril, occultation de l’étoile A Scorpion (gr. 4,6). Emersion à 4h33m.
- Le 22, occultation de 406 B. Taureau (gr. 5,6). Immersion à 19h52m,5.
- Dates P B0 L0
- Avril ler — 26°,25 — 6°,54 258°,38
- — 6 — 26 40 — 6 25 192 41
- — 11 — 26 37 — 5 91 126 42
- — 16 — 26 15 — 5 53 60 40
- — 21 . — 25 75 — 5 11 354 37
- — 26 — 25 17 — 4 65 288 32
- 1. Toutes les heures données dans le présent « Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel, compté de 0“ à 24'1 à partir de 0h (minuit). L’heure d’été sera mise en vigueur ce mois-ci. A partir de cette application, ajouter 1 heure à toutes les heures données dans ce Bulletin pour établir la concordance entre les faits astronomiques et nos horloges.
- Le 25, occultation de 4 Cancer (gr. 6,2). Immersion à
- 0h20m.
- La lumière cendrée de la Lune. — La lumière cendrée de la Lune sera très remarquable du 21 au 23 avril. Observer à l’aide d’une bonne jumelle ou d’une petite lunette, si possible en cachant la partie éclairée de la Lune par un écran un peu éloigné (toit, cheminée, etc.).
- Eclipse totale de Lune. — Magnifique éclipse de Lune qui se produira le 2 avril et sera bien visible en France. Voici les heures des différentes phases :
- Entrée de la Lune dans la pénombre ........ 17h27m,l
- Lever de la Lune à Paris .................. 18 12
- Coucher de Soleil à Paris .. . ............ 18 19
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- = 223
- Entrée dans l’ombre de la Terre ............... 18u23m,2
- Commencement de l’éclipse totale................ 19 22, 3
- Milieu de l’éclipse ............................ 20 7, 4
- Fin de l’éclipse totale ........................ 20 52, 6
- Sortie de l’ombre .............................. 21 51, 7
- Sortie de la pénombre .......................... 22 47, 9
- La grandeur de cette éclipse sera de 1,509, le diamètre de la Lune étant pris pour l’unité. U Annuaire astronomique Flammarion indique que, pour Paris, le crépuscule civil se terminera à 18h54'n et le crépuscule astronomique à 20h12'“.
- D’après la loi trouvée par M. A. Danjon, le directeur de de l’observatoire de Strasbourg, loi qui relie la luminosité de la partie éclipsée de la Lune à la phase de l’activité solaire, cette éclipse doit être très lumineuse et fortement colorée en rouge.
- Arrivée du Mascaret à :
- Date Coefficient de la Marée Quillebeuf Villequier Caudebec
- Avril 2 110 19ll27,“ 1 ^ O <M 29ll13m
- — 3 114 7 45 8 22 8 21
- — 3 116 20 4 20 41 20 50
- — 4 116 8 23 9 0 9 9
- — 4 114 20 43 21 20 21 29
- — 5 110 9 2 9 39 9 48
- III. - - Planètes. — - Le tableau ci-après, établi à l’aide des
- données de VAnnuaire astronomique Flammarion pour 1931, contient les renseignements nécessaires pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois d’avril.
- ASTRE Dates : Avril Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (') Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine VISIBILITÉ
- 6 5h23m Hh 53,n 20“ 18U 2 51,1 0“ 58"> + 6° 11' 32' 0",8 Poissons
- Soleil 16 5 2 11 50 38 18 40 1 35 + 6 9 53 31 55,2 Poissons »
- 26 4 43 11 48 33 18 55 2 12 + 13 18 31 50,0 Bélier \
- 6 5 57 13 1 20 14 2 3 + 14 42 6,8 Bélier , Le soir du 5 au 15.
- Mercure . , . 16 5 20 12 54 20 27 2 37 + 18 31 9,0 Bélier / Plus grande élongation
- 26 4 46 12 10 19 35 2 35 + 17 11 11.2 Bélier le 10 Avril
- 6 4 12 9 29 14 47 22 33 — 9 57 14,8 t Verseau
- Vénus 16 3 59 9 36 15 13 23 18 — 5 51 14,0 © Verseau Le matin, à l’aube.
- 26 3 44 9 41 15 37 0 2 — 1 26 13,2 Poissons
- 6 11 18 19 14 3 9 8 18 + 22 26 8,6 6 Cancer ,
- Mars 16 10 58 18 47 2 36 8 31 + 21 26 8,0 y Cancer / Première partie de la nuit.
- 26 10 41 18 23 2 5 8 46 + 20 15 7,4 v Cancer
- Jupiter .... 16 9 11 17 11 1 11 6 56 + 23 8 35,4 Ç Gémeaux Première partie de la nuit
- Saturne ... 16 1 38 5 56 10 14 19 39 — 21 14 15,0 7r Sagittaire Le matin.
- Uranus .... 16 4 47 11 16 17 44 1 0 + 5 41 3,2 73 Poissons Inobservable.
- Neptune . . 16 13 42 20 36 3 30 10 22 + 11 1 2,4 45 Lion Presque toute la nuit.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- L’attention des observateurs est attirée sur cette luminosité de la Lune éclipsée.
- La figure 1 montre d’une manière schématique les points d’entrée et de sortie de l’ombre terrestre.
- Marées, Mascaret. —- Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la nouvelle Lune du 2 avril. Elles seront très importantes comme le montre le tableau suivant (pour Brest) :
- Date Marée du Matin Marée du Soir
- — Heure Coefficient Heure Coefficient
- Avril 2 3h29m 105 15''50n‘ 110
- — 3 4 11 114 16 31 116
- — 4 4 51 116 17 11 114
- — 5 5 30 110 17 48 104
- — 6 6 9 96 18 28 88
- Le mascaret, avec ces grandes marées, se produira pendant plusieurs jours de suite. Voici les heures d’arrivée du mascaret dans plusieurs localités :
- Mercure arrivera à sa plus grande élongation du soir, à 19°16' à l’Est du Soleil, le 10 avril. Il sera donc observable 5 à 6 jours avant et après cette date. Voici la phase et la gran-
- deur stellaire de Mercure : Date Disque illuminé Diamètre Grandeur stellaire
- Avril l®r 0,75 6",0 — 0,9
- — 6 0,57 6 ,7 — 0,3
- — 11 0,38 7 ,7 + 0,4
- — 16 0,22 9 ,0 + 1,0
- — 21 0,10 10 ,2 + 1,8
- — 26 0,02 11 ,3 + 2,7
- Par suite de sa forte déclinaison boréale, Mercure se pré'
- sentera dans de bonnes conditions pour être observé à cette élongation. Mercure se trouvera en conjonction inférieure avec le Soleil le 30 avril, à 10h.
- Vénus est encore bien visible le matin dans l’aurore.
- Voici, comme pour Mercure, la phase et la grandeur stellaire.
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- Date Disque illuminé Diamètre G randeur stellaire
- Avril 1er 0,73 15",2 — 3,6
- — 6 0,75 14, 7 — 3,5
- — 11 0,76 14, 3 — 3,5
- — 16 0,78 13, 9 — 3,5
- — 21 0,79 13, 5 — 3,4
- — 26 0,81 13, 2 — 3,4
- Mars est encore bien visible, en de très bonnes conditions.
- car il est très haut sur l’horizon. Son diamètre diminue et il faut se hâter d’observer cette curieuse planète.
- U Annuaire astronomique Flammarion donne toutes les indications utiles pour l’observation physique de Mars.
- Jupiter sera en quadrature orientale avec le Soleil le 2 avril à 5h. On sait qu’une petite lunette suffit pour observer cette planète et reconnaître les bandes nuageuses de sa surface. Les satellites par leur révolution autour de Jupiter donnent lieu à de curieux phénomènes dont voici la liste pour ce mois-ci.
- Phénomènes du système des satellites de Jupiter
- Date Avril Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Date Avril Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 1 20» 54m I P. c. 12 20» 44™ II E. f.
- 1 22 10 I O. c. 12 23 16 III Im.
- 1 23 8 I P. f. 14 19 17 IV E. c.
- 1 23 29 II Im. 14 23 5 IV E. f.
- 2 0 25 I O. f. 16 22 0 III O. f.
- 2 21 45 I E. f. 16 22 2 I Im.
- 3 18 54 I O. f. 17 19 15 I P. c
- 3 20 59 II O. c. 17 20 29 I O. c.
- 3 21 10 II P. f. 17 21 19 I P. f.
- 3 23 49 II O. f. 17 22 44 I O. f.
- 5 19 13 III Im. 17 23 42 II P. c.
- 5 22 36 III Em. 18 20 5 I E. f.
- 5 22 47 IV P. c. 19 23 20 II E. f.
- 6 0 26 III E. c. 22 20 36 IV P. f.
- 8 22 49 I P. c. 23 20 59 III P. f.
- 9 0 5 I O. c. 23 22 32 III O. c.
- 9 20 6 I Im. 24 21 12 I P. c.
- 9 23 41 1 E. f. 24 22 24 I O.c .
- 10 19 33 I P. f. 24 23 27 I P. f.
- 10 20 49 I O. f. 25 22 0 I E. f.
- 10 21 1 II P. c. 26 20 42 II Im.
- 10 . 23 37 II O. c. 28 21 1 II O. f.
- 10 23 49 II P. f. 30 21 48 III P. c.
- Saturne se trouvera en quadrature occidentale avec le Soleil le 13 avril, à 21h. Il se déplace dans la constellation du Sagittaire. Voici les éléments de l’anneau à la date du 15 avril :
- Grand axe extérieur............................. 37",70
- Petit axe extérieur............................. +14 ,48
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau + 22°36' Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau . + 24° 8
- On pourra observer Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, lors de ses élongations.
- Date Elongation Heure
- Avril 2 Occidentale 16ll,9
- 0 Orientale 9h,7
- — 18 Occidentale 16»,3
- — 26 Orientale 8h,8
- Une petite lunette de 0m, 05 de diamètre permet d’apercevoir l’anneau de Saturne et de voir Titan au moment de ses élongations.
- Uranus, dans les Poissons, sera en conjonction avec le Soleil le 6 avril, à 2“. Il est donc inobservable ce mois-ci.
- Neptune est encore bien placé, en avril, pour les observations. Pour le rechercher, on s’aidera de la petite carte spéciale de l’Annuaire astronomique Flammarion (M ou encore d’une bonne carte et des positions ci-après :
- Date Ascension droite Déclinaison Diamètre apparent
- Avril 6 10“22 m + 10°57' 2",4
- — 16 10 22 + 11 1 2 ,4
- — 26 10 21 + 11 3 2 ,4
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 10, à 2», Saturne en conjonction avec la Lune, à 5°35' N
- Le 14, à 14», Vénus à 1°32' N
- Le 17, à 4», Uranus — à 0°52' S
- Le 19, à 9», Mercure — à 0°22' N
- Le 24, à 1», Jupiter — à 4°58’ S
- Le 25, à 19», Mars — à 2°44' S
- Le 27, à 12», Neptune — à 3°1' S
- Etoiles variables. — Minimum de l’étoile variable Algol (fi Persée) : le 21 avril, à 21ll14,n. Ce minimum est visible à l’œil nu.
- Etoiles filantes. — Quelques essaims de météores sont actifs en avril, notamment l’essaim des Lyrides qui donne, du 19 au 22, des météores rapides, émanant de la région de l’étoile 104 Hercule.
- Voici la liste de ces essaims :
- Dates Ascension droite Déclinaison Etoile voisine
- Avril 9 255° + 36° 7r Hercule
- — 16 au 30 206 + 13 Tj Bouvier.
- — 19 au 22 271 + 33 104 Hercule.
- — 29 et 30 326 — 2 a Verseau.
- Etoile Polaire et temps sidéral. — Voici quelques passages de l’Etoile polaire au méridien de Paris :
- Dates. Passage Heure Temps sidéral à 0»
- Avril 1 1 nférieur 0»52m51s 12»33"'34*
- — 11 — 0 13 32 13 12 59
- — 14 — 0 1 44 —
- — 14 — 23 57 48 —
- — 21 — 23 30 18 13 52 25
- V. — Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le 1er avril, à 21h ou le 15, à 20», est celui-ci :
- Au Zénith : La Grande Ourse, le Lion.
- Au Nord-Est : Le Dragon.
- Au Nord : La Petite Ourse; Céphée; Cassiopée.
- A l’Est: Le Bouvier; la Chevelure de Bérénice; la Balance; 1a. Vierge.
- Au Sud : Le Corbeau; l’Hydre; la Licorne; le Petit-Chien. A l’Ouest : Les Gémeaux; Orion; le Taureau et les Pléiades.
- Em. Touchet.
- 1. On trouve cet annuaire à la permanence de la Société astronomique de France, 101, rue de Rennes, Paris (6e).
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- L’AUTOMOBILE PRATIQUE
- LES DIFFICULTÉS DE LA. MISE EN MARCHE DU MOTEUR ET SES CAUSES DIVERSES
- Lorsqu’un moteur d’automobile est froid, il est parfois difficile de le mettre en route, et l’on recommande, la plupart du temps, de ne pas employer dans ce but le démarreur électrique, ce qui aurait généralement pour effet de décharger plus ou moins complètement la batterie et de l’exposer, en conséquence, à des risques de détérioration rapide; cet inconvénient est encore plus sensible l’hiver que l’été, et, d’ailleurs, varie suivant les types de moteurs; on peut heureusement remarquer que le système d’allumage par bobine d’induction, en produisant théoriquement une étincelle d’intensité constante, même pour un faible régime de rotation, facilite beaucoup la mise en marche.
- S’il est normal que dans un moteur froid la carburation s’effectue d’une manière plus défectueuse, et que, d’autre part, la viscosité plus grande de l’huile rende le démarrage plus difficile, il y a cependant des limites, et il est des cas dans lesquels la nécessité de la mise en marche à la manivelle est tout à fait anormale. Il faut alors l’attribuer soit à un défaut de carburation, soit à un défaut d’allumage.
- La plupart des voitures automobiles sont munies d’un dispositif spécial de carburation permettant la mise en marche lorsque le moteur est froid. Nous rappellerons, d’ailleurs, à ce propos, qu’il existe des petits réchauffeurs catalytiques ou même des appareils chauffants à résistance électrique, dont nous avons déjà décrit plusieurs modèles dans nos chroniques, et qui permettent d’assurer au moteur, quelle que soit la tempé rature du garage, une température optimum de mise en marche.
- Quoi qu’il en soit, on ne dispose généralement, pour faciliter la mise en route, que d’un système d’obturation de l’arrivée d’air au carburateur; il faut se servir de ce système avec circonspection, et, à plus forte raison, du moyen qui consiste à injecter de l’essence dans les cylindres. On risque ainsi de diluer dans l’huile du carter une certaine quantité d’essence, ce qui en diminue beaucoup les qualités lubrifiantes.
- Dans les conditions normales, cette manœuvre d’arrêt de l’arrivée d’air au carburateur, même réalisée seulement pendant quelques secondes, peut suffire à permettre la mise en marche du moteur, à condition, bien entendu, que l’essence arrive normalement, et que le papillon d’arrivée soit ouvert dans la position convenable. Certains conducteurs s’imaginent qu’au départ on doit ouvrir en grand l’admission des gaz; c’est une erreur complète; la manette d’avance à l’allumage doit être de même, si elle existe, placée environ au milieu de sa course, et une arrivée trop rapide des gaz « étouffe » le moteur, au lieu de permettre sa mise en marche.
- Lorsque ces opérations sont effectuées d’une façon convenable, un défaut de mise en marche, dans ces conditions, dénoté certainement un défaut de système d’allumage ou un défaut de carburation. En empêchant l’arrivée d’air, soit au moyen d’un système spécial adapté sur le carburateur, soit au moyen d’un système de fortune, d’un chiffon par exemple,
- on empêche bien l’arrivée d’air normale, mais il peut arriver aussi dans les voitures actuelles qu’il y ait des fuites additionnelles par où l’air puisse pénétrer en excès dans le carburateur malgré cette fermeture.
- Beaucoup de voitures sont, en effet, munies d’accessoires fonctionnant sous l’effet de la dépression, par exemple d’exhaus-teurs, d’essuie-glace, de servo-freins, etc.; on conçoit donc qu’il est indispensable que toutes les tuyauteries correspondantes soient absolument étanches au moment de la mise en marche.
- Lorsqu’on constate une anomalie dans la mise en marche, il faut donc, tout d’abord, vérifier si tous les raccords de ces tuyauteries de dépression sont en bon état, et comme quelquefois elles comportent des parties souples en caoutchouc, il peut fort bien arriver que celles-ci soient détériorées, fendues, coupées, etc.
- Un moyen simple de se rendre compte de ce défaut consiste à dévisser le raccord de tuyauterie placé, en général, sous le tuyau d’aspiration, et à fermer l’ouverture correspondante avec un bouchon quelconque. Si l’on obtient ainsi une mise en marche normale, et, au contraire, si, en replaçant la tuyauterie dans la position primitive, on constate une variation de la rotation du moteur, on peut en déduire qu’il y avait antérieurement une fuite dans cette dernière.
- Cependant, la plupart des difficultés de mise en marche ne proviennent pas toujours de la carburation, mais bien plutôt du dispositif d’allumage. En théorie, les appareils d’allumage modernes à bobine d’induction et à batterie d’accumulateurs permettent d’obtenir une étincelle très chaude et très efficace, même au ralenti, mais il est évident que cette étincelle n’est obtenue réellement que si la tension de la batterie est constante, puisque au ralenti la dynamo ne charge pas la batterie.
- Or, un moteur froid contient dans son carter une huile de graissage très visqueuse et difficile à entraîner. Il en résulte que l’effort demandé au dispositif de démarrage est très intense. Dans ces conditions, l’intensité du courant exigé de la batterie d’accumulateurs est également très intense. Très souvent aussi la capacité de la batterie n’est pas, pour des raisons d’économie et de poids, en rapport suffisant avec cette intensité.
- Ainsi, il se produit au moment du démarrage une chute de tension considérable, et, d’un autre côté, à froid la résistance interne des accumulateurs augmentant, cette chute de tension est encore amplifiée. Nous pouvons donc constater qu’au moment du démarrage à froid, si l’on veut employer un système de démarrage électrique, il se produit dans la batterie une chute de tension considérable qui peut atteindre facilement 3 à 4 volts.
- L’étincelle d’allumage produite par la bobine d’induction est, de ce fait, beaucoup moins efficace, et cette raison, assez peu connue des automobilistes en général, devrait à elle seule leur indiquer pourquoi il est préférable de mettre en route à la manivelle les voitures froides.
- En tout cas, il est intéressant d’avoir au moment du démarrage une étincelle aussi chaude que possible, et, par conséquent, d’augmenter la tension du courant qui passe à travers la bobine d’induction. Un technicien connu a eu l’idée de supprimer à ce moment l’effet de la résistance de réglage placée généralement en série avec la bobine d’induction sur un grand nombre de voitures; il suffit donc à ce moment de court-circuiter cette résistance et de la remettre ensuite en circuit, ce qui peut s’effectuer facilement au moyen d’un simple commutateur (fig. 1).
- Bobine d'induction
- Fig. 1. — Dans le système d’allumage Delco, la bobine d’induction comporte souvent une résistance de protection dans son circuit primaire. Pour faciliter l’allumage à froid, on court-circuile celte résistance.
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- On peut aussi adopter une deuxième solution intéressante dont la réalisation paraît facile'. Cette solution consiste très simplement à mettre en série avec la batterie d’accumulateurs une petite pile de lampe de poche au moment du démarrage (fig. 2). La capacité de cette pile peut être très faible, puisqu’elle n’est utilisée que pendant un temps très court, et uniquement pour l’allumage ; elle suffit très largement pourtant, le plus souvent, à procurer une amélioration très notable du dispositif pendant un temps assez long.
- Enfin, il serait encore préférable, mais ce moyen est plus complexe, d’adopter une batterie de démarrage et une batterie d’allumage séparées; de cette façon la batterie d’allumage conserverait toujours une tension constante. On peut ainsi utiliser une batterie ferro-nickel qui sert en même temps de batterie de rései've, et qui est maintenue constamment en parallèle avec la batterie au plomb, et rechargée par la même dynamo avec système de sécurité à soupape et mise en circuit, soit à la volonté du conducteur pour les démarrages, soit lorsque la batterie de la voiture a été mise hors d’usage pour une raison quelconque. Nous rappelons à ce propos avoir déjà signalé ce dispositif dans une récente chronique, en décrivant le système de sécurité dit Reserwatt.
- Il y a enfin une cause aux mises en marche difficiles, peut-être plus simple, mais également peu connue, et qui provient de l’humidité produite lorsque la voiture a séjourné longtemps dans un garage. Les vapeurs d’eau de condensation forment alors à l’intérieur des bougies des gouttelettes qui s’interposent entre les électrodes et rendent parfois très difficile et même impossible l’allumage. Le remède est évident : il suffit de démonter les bougies et d’essuyer leur pointe. De même, après lavage de la voiture, quelques gouttelettes peuvent être introduites dans l’appareil distributeur qu’on doit alors sécher au moyen d’un chiffon.
- Enfin, l’humidité peut produire une couche relativement conductrice à la surface extérieure des bougies et le long des fils de distribution; cette couche conductrice provoque, à la longue, une chute de tension en dérivant les courants vers la masse; il serait donc bon d’essuyer en temps humide le système de distribution avant la mise en route.
- LES PERFECTIONNEMENTS DES CALORSTATS
- Nous avons déjà indiqué les avantages des dispositifs thermorégulateurs du genre dit calorstats, ou thermostats, permettant de maintenir toujours la température de l’eau du radiateur au degré optimum même en hiver, par leur action sur la circulation d’eau ou sur la variation de surface de refroidissement du radiateur. Les différents modèles de ces petits accessoires ont été évidemment peu à peu modifiés. Le modèle le
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- plus simple consiste, à l’heure actuelle, en un soufflet métallique C monté dans un boîtier E à l’aide d’un étrier D et qui porte à sa partie supérieure un clapet A obturant ou découvrant un siège B. La pose de cet accessoire est extrêmement facile sur n’importe quelle voiture : il suffit de l’intercaler dans la circulation d’eau par les deux embouts G (fig. 3).
- Tant que l’eau qui coule dans le boîtier est à une température inférieure à 65 degrés, le clapet A reste appliqué sur son siège, mais lorsque la température s’élève, le soufflet C se dilate et soulève le clapet A en laissant passer l’eau de refroidissement dans des quantités proportionnées à la chaleur.
- Lorsque, au contraire, la température baisse, la manœuvre inverse se produit : le clapet A se rapproche de son siège, et le courant d’eau est plus ou moins arrêté.
- D’un prix extrêmement modique, cet accessoire robuste semble donc destiné à une grande diffusion.
- Il existe, d’autre part, un modèle basé également sur le même principe, qui agit, non pas sur le passage d’eau du moteur au radiateur, mais en réglant le passage d’air frais à travers le faisceau de celui-ci.
- Dans ce système, le radiateur est donc muni d’un système de volets mobiles permettant de faire varier plus ou moins le volume d’air passant à travers les tubes (fig. 4).
- Le calorstat proprement dit est intercalé entre le moteur et le radiateur sur la tubulure de circulation, à l’endroit le
- Fig. 4.— Calorstat commandant Vinclinaison des volets d’un radiateur.
- a) Coupe de l’appareil. — b) Montage sur la tuyauterie, c) Aspect des volets du radiateur.
- plus sensible au changement de température. En volatilisant le liquide contenu dans son soufflet métallique, la chaleur crée une force de déplacement qui est transmise par une commande mécanique aux volets placés devant le faisceau du radiateur en provoquant une ouverture ou une fermeture plus ou moins grande. L’air frais traversant le faisceau du radiateur est ainsi admis en plus ou moins grande quantité, d’où un refroidissement variable de l’eau contenue dans ce radiateur. .
- La pose de cet appareil est un peu plus difficile que celle du dispositif précédent, et son prix est plus élevé; cependant, son action est encore plus progressive et beaucoup de constructeurs l’ont même déjà adopté sur des voitures de série.
- Le calorstat proprement dit est construit très simplement. Le piston P contenu dans le boîtier C et maintenu par l’étrier I se dilate plus ou moins, comprime un ressort D, et fait manœuvrer un levier J auquel il est attaché en G. L’appareil est contenu dans un boîtier avec couvercle.
- Il existe un autre système encore plus simple et qui comporte un dispositif également à soufflet métallique d’une seule pièce sans soudure muni de deux fonds. Cet appareil n’est pas branché sur la circulation d’eau, mais directement appliqué sur la face arrière du faisceau du radiateur. L’autre face commande dans ses déplacements une biellette intérieure à l’appareil, qui est solidaire du levier de traction du câble de commande des volets (fig. 5).
- Distributeur d'allumage
- Pile
- Y
- Bobine
- d'induction vers batterie
- Fig. 2. — Une pile de poche placée en série avec la bobine d’induction permet d'augmenter la tension primaire et facilite le départ à froid du moteur.
- Fig. 3. — Calorstat réglant l’intensité de la circulation d’eau du moteur.
- a) Coupe de l’appareil. — 6) Sa pose sur la tuyauterie.
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- Levier de . commande
- \ Câble de commande
- Pond fixe du soufflet /Tubes du faisceau du radiateur
- Biellette
- Fond mobile du' soufflet Liquide volatil
- Sodff/et
- Fig. 5. — Modèle simplifié de calorslat à pose immédiate, a) L’appareil monté à l’arrière du radiateur.—b) Coupe de l’appareil.
- L’intérieur du soufflet contient comme précédemment une petite quantité d’un liquide volatil, dont la pression de la vapeur produite par la chaleur du radiateur dilaté le soufflet, en déplaçant le fond mobile solidaire de la biellette du levier de commande. Sous l’action d’un refroidissement du radiateur, la pression de la vapeur contenue dans le soufflet diminue, et le ressort de rappel existant sur les volets ferme ceux-ci.
- L’appareil offre donc la particularité d’être entièrement et directement en contact avec le faisceau du radiateur, et de pouvoir ainsi suivre très vite les variations de température de l’eau. D’autre part, il ne nécessite aucune transformation du radiateur, et il est donc spécialement destiné à actionner les volets amovibles qui ont été installés sur des voitures qui n’en étaient pas munies auparavant. Il est simplement fixé par quatre vis sur la face arrière du faisceau, et sa pose très rapide peut être effectuée sans outillage ni connaissances spéciales.
- UNE SOLUTION MIXTE DU GRAISSAGE CENTRAL
- Nous avons déjà décrit dans nos chroniques plusieurs systèmes de « graissage centralisé », et nous avons indiqué les avantages de ces dispositifs qui permettent de réduire au minimum l’entretien de la voiture, puisque le graissage des différents organes, et, en particulier, de toutes les articulations des ressorts, des tringleries de frein, de la direction, etc., est effectué automatiquement grâce à l’huile provenant d’un réservoir central qu’il suffit de remplir à des intervalles très éloignés.
- Ces dispositifs de graissage constituent évidemment la solution la plus parfaite, du moins en théorie; ils offrent seulement l’inconvénient d’être assez coûteux, et aussi de nécessiter la pose d’un système de tuyauterie assez étendu exposé aux trépidations de toutes sortes, à la boue, et à la poussière.
- On a donc eu l’idée récemment de combiner à la fois les avantages du système de graissage centralisé et la simplicité des systèmes antérieurs de graissage individuel sous pression
- Fig. 6. — Graisseur à réservoir type Dian.
- a) Vu en élévation. — b) Coupe. — c) Montage sur un pivot de roue avant.
- de chaque articulation. Les nouveaux procédés employés qui constituent ainsi une solution mixte sont du type de graissage continu à réservoirs individuels.
- Grâce à ce nouveau système de graissage, on peut conserver l’emploi de la pompe à main du type ordinaire, et assurer en même temps un graissage continu et automatique pour une très grande distance pouvant atteindre facilement 4000 à 5000 kilomètres.
- L’originalité de la réalisation réside dans la disposition particulière des graisseurs; ceux-ci, une fois chargés avec une pompe, assurent une distribution bien réglée et continue du lubrifiant pendant plusieurs mois d’un service journalier.
- On voit, par exemple, sur la figure 6, un graisseur de ce genre, vu extérieurement et en coupe. Il comporte simplement un réservoir métallique fermé qu’un bec arrondi permet de remplir facilement au moyen de la pompe; un pied fileté traversé par une mèche sert, d’autre part, à le fixer sur l’organe à graisser; enfin, un chapeau à ressort ferme, en service normal,
- Fig. 7. — Pompe de remplissage des graisseurs. Son fonctionnement.
- a) La pompe et le chargeur. — b) Compression de l’air contenu dans le réservoir. — c) L’air comprimé s’échappe entre la tête de raccordement du graisseur et l’embout du chargeur. — d) Le réservoir est rempli d’huile, et celle-ci est refoulée à travers la mèche. — e) L’huile est appelée automatiquement dans l’organe à graisser.
- le bec de remplissage, et s’oppose à l’entrée de l’eau et de la poussière. On voit au fond du réservoir une mèche qui assure par capillarité le graissage continu de l’articulation. On peut adapter un freineur, organe de dosage à l’intérieur duquel est serrée une mèche; sa fonction est de contre-balancer les effets de la chaleur du moteur sur les graisseurs montés sous le capot de la voiture, en ralentissant leur débit.
- Le chargeur à haute pression est une pompe de graissage et de surcompression qui se manœuvre d’une seule main; chaque coup de piston envoie 1/2 centimètre d’huile dans le graisseur sous une pression allant jusqu’à 300 kg par centimètre carré. Un raccord spécial assure l’étanchéité du joint entre la pompe et le graisseur, et permet l’orientation conve* nable par rapport à ce dernier.
- On voit, sur la figure 7, les diverses phases du remplissage d’un graisseur. Au bout de quelques coups de piston, l’air qui est enfermé dans le réservoir commence à se comprimer, puis l’air qui a été comprimé par les charges successives s’échappe
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- entre la tête de raccordement du graisseur et l’embout du chargeur. Lorsque le réservoir est rempli et l’air complètement expulsé, l’huile est refoulée à travers la mèche dans les articulations des organes sous la haute pression exercée par le piston du chargeur. Enfin, lorsque le réservoir est en usage, après quelques centaines de kilomètres, sous l’action de la pression atmosphérique qui s’exerce à travers un chapeau spécial, le dispositif assure que l’organe frottant soit continuellement enrobé d’huile qui est appelée sous l’action de la capillarité de la mèche, d’une façon automatique et proportionnelle au travail effectué.
- On n’emploie naturellement pas les mêmes types de graisseur pour tous les organes de la voiture; il y en a pour lesquels le graisseur à pression, à soupape et sans réservoir, s’applique encore. Pour ceux-là, on utilise des graisseurs du même type, mais sans réservoir et pour lesquels la même pompe est adoptée. Il existe, de même, des parties d’une voiture pour lesquelles le graissage continu est avantageux, mais à très faible dose, par exemple pour les distributeurs d’allumage. On utilise encore dans ce cas le graisseur à réservoir, mais on le munit d’un organe freineur de débit qui se compose d’une allonge traversée par une seconde mèche, et vissée entre l’organe et le graisseur. Les diamètres du canal et de la mèche sont calibrés pour le réglage voulu (ûg. 8).
- On emploie, bien entendu, uniquement de l’huile pour ce graissage; les inconvénients dus à l’emploi de l’huile n’existent pas dans ce système puisque le graissage est continu et le lubrifiant se renouvelle automatiquement.
- La pose de ces graisseurs est immédiate; il en existe, en effet, des types prévus pour toutes les voitures existantes.
- Dans un autre système de graissage analogue, le réservoir d’huile est toujours vertical, quelle que soit la position du graisseur; le couvercle du réservoir est orientable bien que non détachable, de façon à présenter le graisseur dans les meilleures positions pour le graissage. Enfin, le débit de chaque point graissé est réglé exactement par un dispositif calibré.
- Fig. 9. — Graisseur à réservoir à couvercle orientable type Trimesl Alcyl.
- a) Modèle pour axe horizontal. — b) Fonctionnement et remplissage du graisseur. — c) Dispositifs calibrés réglant le débit en chaque point à graisser.
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- La vis qui sert à fixer le graisseur en place permet en même temps de régler le débit d’huile; il existe trois débits : petit, moyen et grand; on choisit donc le débit voulu pour chaque point à graisser (fig. 9).
- Dans ce système, il existe, d’ailleurs, des dispositifs particuliers extrêmement intéressants qui permettent de graisser d’une façon continue la butée d’embrayage et l’axe du distributeur d’allumage dont l’entretien régulier est absolument indispensable, mais dont le graissage était généralement assez difficile.
- En particulier, un petit réservoir alimente le graisseur de la butée par une canalisation unique, et son montage sur toutes les voitures est instantané. Il assure un fonctionnement de l’embrayage toujours doux et silencieux sans aucun souci pour le conducteur.
- UN ESSUIE-GLACE A VITESSES VARIABLES
- Les essuie-glace sont devenus des accessoires presque indispensables dans toutes les « conduites intérieures » actuelles, et nous avons déjà eu l’occasion de noter les avantages des modèles à entraînement électrique ou mécanique qui ont peu à peu remplacé les modèles à dépression. Il est bon d’ailleurs de se rendre compte que la vitesse de déplacement de la palette pourvue d’une lame de caoutchouc essuyant régulièrement le pare-brise devrait, en réalité, varier avec l’intensité de la pluie venant frapper la glace, et la vitesse de la voiture.
- Il est, en effet, évident que plus la quantité d’eau qui tombe sur le pare-brise est grande, plus la vitesse de déplacement de la palette doit être également intensifiée.
- Pourtant, dans les appareils ordinaires, il n’existe pas de système de réglage de la vitesse, de même d’ailleurs qu’il n’existe pas non plus de système de graissage, de telle sorte que la plupart de ces accessoires produisent au bout de quelque temps un bruit assez intense et désagréable.
- Nous avons pu voir récemment au Salon de l’Automobile un modèle d’essuie-glace électrique vraiment très perfectionné, et qui comporte, d’une part des trous de graissage très accessibles permettant un graissage continu, d’autre part un dispositif permettant d’obtenir deux vitesses différentes de transmission.
- De plus, le bras comporte une vis de réglage permettant de régler progressivement et à volonté la pression de la lame de caoutchouc sur le pare-brise; cet accessoire semble donc extrêmement perfectionné (fig. 10).
- L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Calorstats, Etablissements Frank, 14, rue Crespin-du-Gast, Paris (11e).
- Graisseurs à réservoir, Établissements Dian, 189, rue du Château-des-Rentiers, Paris (13e).
- Graissage Alcyl, 18, rue Brunei, Paris (17e).
- Essuie-glace, Stromberg, 29, rue de la République, Puteaux (Seine).
- Fig. 8. — a) Graisseur à soupape sans réservoir. •— b) Graisseur muni d’un frein de débit.
- Trou de graissage Relier de Taxe Ressort de Taxe
- Manivelle de secours
- Fig. 10. — Essuie-glace électrique à deux vitesses.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Cours de physique (Tome I. Acoustique-Electricité), par M. A. Lafay. 1 vol., 666 p., nombreuses fig. Gauthier-Vuliars. Paris, 1930. Prix : 125 fr.
- Ce volume réunit les leçons d’acoustique et d’électricité que M. Lafay professe à l’École Polytechnique. La clarté et la sobriété de l’exposé, la solide et logique composition de l’ensemble en font un excellent ouvrage classique d’une lecture facile et profitable. Il débute par deux leçons sur l’élasticité des solides et des fluides, puis aborde l’acoustique par la description rapide des procédés expérimentaux pour l’étude des vibrations sonores; il traite ensuite les cordes vibrantes, les tuyaux sonores et l’interférence des ondes sonores. Ces leçons n’ont pas la prétention d’être un cours complet d’acoustique, mais donnent une idée claire des méthodes que la physique met en œuvre dans ce domaine. Pour l’électricité, l’auteur a conservé avec raison l’ordre traditionnel qui débute par l’étude des phénomènes électrostatiques et des charges électriques élémentaires. Celle-ci conduit naturellement et simplement aux notions mathématiques de champ électrique et de potentiel en même temps qu’elle fournit une partie des éléments nécessaires pour aborder les théories électriques modernes : les premières leçons sont consacrées au champ électrique, à l’équilibre et à la distribution des charges sur les conducteurs, à l’énergie électrostatique, aux diélectriques. Une leçon traite ensuite l’étude générale du magnétisme. Puis partant des lois de Volta, l’auteur introduit la notion de courant électrique; il en expose les lois fondamentales en dix leçons. De brèves notions sont données sur les applications industrielles des phénomènes d’induction (dynamos, courants alternatifs, transformateurs, etc.). L’ouvrage se termine par une leçon consacrée aux oscillations électriques et trois leçons très élémentaires pour les phénomènes liés au passage de l’électricité dans les gaz et aux électrons.
- La mesure des rayons de courbure des surfaces sphériques employées en optique, par Albert Arnulf. Préface de M. Ch. Fabry, Membre de l’Institut. Un in-8, 178 pages, 85 fig. La Revue d’Optique, Paris 1930. Broché : 26 fr.
- La correction des aberrations, souci principal de l’ingénieur-opticien, ne peut être réalisée avec précision que si les surfaces ont exactement les courbures prévues par le calcul. Il s’agit donc du problème général du contrôle des instruments d’optique. M. Arnulf expose dans cet ouvrage les résultats de ses recherches de plusieurs années et décrit les différents types d’appareils qu’il a fait construire à l’Institut d’Optique. Certaines méthodes servent à la mesure des grands rayons de courbure, d’autres à la mesure des petits rayons. Certaines méthodes sont longues, mais précises, d’autres moins précises, mais plus expéditives. L’ouvrage est divisé en trois parties: 1 méthodes de contact. Appareils à palpeurs (sphéromètres). II. Méthodes de contact. Appareils sans palpeur, (dièdres, sphères tangentes, interférences). III. Méthodes d’autocollimation.
- Données numériques^ de radioélectricité, [par R. Mesny, extrait du vol. VII des Tables annuelles de constantes et données numériques (années 1925-26). 1 vol. XVIII-18 p. Gau-thier-Villars. Paris, 1930. Prix broché : 35 fr.
- Ce volume réunit de précieuses données numériques, empruntées à des mémoires faisant autorité, et relatives aux tubes électroniques, à la propagation des ondes, aux mesures de rayonnement, à la résistance des bobines en haute fréquence, aux antennes, etc.
- Lignes électriques^ et postes à haute tension, .par A. Soulier, 1 vol. 284 p., 85 fig. Garnier frères, Paris, 1930, Prix : 10 fr.
- Dans ce livre très bien composé, l’auteur décrit très clairement le mode de distribution aujourd’hui employé pour l’énergie électrique; il énumère et décrit les différents organes des lignes et postes de distribution et en explique parfaitement le rôle, en insistant sur les accidents possibles. La fin du livre reproduit les règlements administratifs concernant les installations électriques. Pourquoi l’auteur y fait-il figurer les instructions périmées du 9 octobre 1913 sur les soins à donnër aux victimes dés accidents, alors qu’il existe un décret de 1927 qui rend obligatoires des méthodes entièrement différentes?
- Etude théorique et pratique sur le transport et la manutention mécaniques des matériaux et marchandises (Tome III), par G. von Hanffstengel, traduit de la 3® édition, par G. Lehr, 1 vol., 362 p., 531 fig. Ch. Béranger, Paris, 1930. Prix : 59 fr.
- Ce 3® tome de l’ouvrage excellent de M. Hanffstengel comprend trois parties dont chacune a été rédigée par un spécialiste qualifié : l’ingé-
- nieur Meves a traité la construction et le calcul des grues à bâti rigide, ainsi que des bennes preneuses et des treuils; le professeur Franke, les grues à câbles; l’ingénieur Schmarje, les installations mixtes de transport, notamment les transports dans les salles de chauffe, les usines à gaz et cokeries, les usines chimiques et les mines. Cet ouvrage rendra de précieux services non seulement aux constructeurs, mais à tous les industriels et ingénieurs en présence d’un problème de transport ou de manutention de matériaux.
- Introduction à la biologie expérimentale. Les êtres organisés, activités, instincts, structures,
- par Paul Vignon, 1. vol. in-8, 731 p., 890 fig. 21 pl. en noir et 3 en couleurs. Encyclopédie biologique. Paul Leclievalier. Paris, 1930. Prix : 210 fr.
- Admirablement illustré par l’auteur lui-méme, professeur à l’Institut catholique de Paris, cet ouvrage longuement médité présente les questions de biologie sur un plan nouveau, en utilisant les données les plus diverses de la zoologie, de la paléontologie et de la botanique. Il étudie d’abord « les vivants tels qu’ils sont et se comportent », depuis « les bêtes d’en haut », chats, chiens, éléphants, singes, jusqu’aux protozoaires et passe en revue leurs instincts, ceux qui touchent à l’idée personnelle et psychique qu’il trouve jusque chez les infusoires. Cette corrélation entre le psychisme, l’instinct, la morphologie le conduit à l’étude du mimétisme qu’il a particulièrement approfondi et dont il analyse de nombreux cas remarquables, jusqu’aux sauterelles-feuilles de l’Amérique tropicale. Cela le conduit à une synthèse sur les types en biologie transformiste. Et il termine par un essai de synthèse des points de vue aristotélicien et cartésien de la vie et du monde.
- L’œuf et les facteurs de l’ontogenèse, par A. Brachet.
- 2® édition revue, corrigée et augmentée. 1 vol. in-16, 438 p., 59 fig. Encyclopédie scientifique. G. Doin et Cle, 1931. Prix. : 32 fr.
- Professeur à l’université de Bruxelles, l’auteur est mort pendant l’impression de cette 2® édition, laissant une œuvre importante et le souvenir d’un esprit remarquablement clair et instruit.' Outre son traité d’embryologie des vertébrés, on lui doit cet exposé qu’il venait de mettre à jour, pour tenir compte des nombreux travaux de ces dernières années. L’œuf est la cellule qui assure la continuité de la vie et à partir de laquelle se construit tout l’organisme. L’organisme y est-il préformé, ou seulement en puissance ? Comment de cette unique cellule naissent par divisions successives les organes, les tissus, les cellules, selon une organisation spécifique ? L’auteur examine ces questions, les expériences qu’on a imaginées pour y répondre, les hypothèses nombreuses qu’on a bâties pour expliquer, et il le fait avec tant d’ordre et de simplicité que le livre est accessible à tous et doit être lu par tous ceux qui réfléchissent au problème de la vie.
- La grotte d’Isturitz. I. Le magdalénien de la salle de Saint-Martin, par le Dr René de Saint-Périer. — 1 vol. in-4, 124 p., 101 fig., 13 planches dont une en couleurs. Archives de l'Institut de paléontologie humaine. Masson et Cie, Paris, 1930. Prix : 120 francs.
- Cette grotte des Basses-Pyrénées est déjà connue. L’auteur y fouille depuis 1928 et y a trouvé de nombreux objets intéressants : pierres taillées, os polis, parures, gravures sur os et pierres, sculptures. Il donne ici la description et l’histoire du gisement et présenteles résultats remarquables de ses propres recherches.
- Ethiopie, empire des negres blancs, par Alexandre Liano. — 1 vol. in-8, 291 p., 10 pl. et carte. Pierre Roger, Paris, 1930. Prix : 15 francs.
- Récit des mœurs et de la vie éthiopienne par un voyageur qui a longuement séjourné dans le pays.
- Les Berbères en Amérique. Essai d’ethnocinésie préhistorique, par le Commandant Cauvet, 1 vol. in-8, 455 p. Librairie Ferraris, Alger, 1930.
- Les Berbères auraient une part dans le peuplement de l’Amérique, à en juger par la nomenclature des tribus homonymes des deux rives de l’Atlantique que l’auteur a dressée. A titre d’exemple, l’auteur rapproche les Parisis du Brésil, les Parechis et Pariagotos du Vénézuéla, les Parixas du Pérou, les Parisiens de Paris (France), de Bari (Italie) et des Barika de Tunisie et du Hodna, de Barèche des Barek algériens, etc., pour conclure : « il n’y a de doute que pour savoir si ceux qui le portaient (ce nom) se sont embarqués en Europe ou, comme je le crois, en Berbérie. » Cela suffit pour juger de la méthode employée par l’auteur.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE
- Sir Charles Algernon Parsons.
- Le 11 février dernier est mort au cours d’une croisière aux Antilles sir Charles Algernon Parsons, créateur de la turbine à vapeur. On sait le développement pris par cette forme de machine à vapeur; de nombreux ingénieurs ont contribué à ses progrès; Parsons en fut non seulement le pionnier, mais c’est lui qui sut l’amener au stade d’exploitation industrielle, en résolvant lui même les problèmes essentiels que posaient la construction, le fonctionnement et l’emploi de ce type de machine entièrement nouveau. Dans cette tâche de longue haleine, à laquelle il se consacra depuis 1884 jusqu’à sa mort, il déploya les dons les plus remarquables d’ingénieur et d’expérimentateur, appuyés sur une haute culture scientifique. Il avait, du reste, de qui tenir. Son père, William Parsons, comte de Rosse, était un astronome illustre. Son fils Charles, né en 1854 à Birr Castle (Irlande) où le comte de Rosse avait fait édifier un observatoire célèbre, fut élevé dans un milieu exclusivement scientifique. Son père se chargea lui-même d’une partie de son instruction, aidé par quelques professeurs, eux-mêmes savants éminents, comme Sir Robert Bail, astronome royal.
- Le comte de Rosse construisait lui-même ses instruments astronomiques, et le jeune Charles put ainsi trouver l’occasion d’exercer, de bonne heure, dans l’atelier paternel, ses dispositions à la mécanique et d’affirmer sa vocation. Il compléta son instruction scientifique par d’excellentes études supérieures à l’Université de Cambridge. Puis il débuta dans l’industrie à 22 ans par un apprentissage aux ateliers Armstrong à Elswick. Il construisit à cette époque une machine à vapeur à cylindres tournants qui fut exploitée par M1. Kiston de Leeds. C’est cette machine qui l’orienta vers la turbine à vapeur. En 1884, inspiré par l’exemple de la turbine hydraulique, il construisait sa première turbine à vapeur : elle présentait déjà les caractères essentiels des turbines Parsons, qui plus tard devaient se répandre à tant d’exemplaires dans le monde ! C’était une machine à réaction, à roues multiples, à écoulement axial de la vapeur. Sa puissance était de 4 kilowatts. En même temps, Parsons créait une dynamo à grande vitesse de rotation pouvant s’accoupler directement à la turbine : le turbogénérateur électrique était né. Son créateur rencontra ensuite de très grandes difficultés matérielles pour en assurer la construction industrielle, en même temps que pour l’amener au degré de perfectionnement nécessaire pour lui créer des débouchés : aucun des déboires habituels aux grands novateurs ne lui fut épargné. Mais rien ne le découragea.
- Après s’être dégagé d’une association malheureuse, il fondait lui-même à Heaton un atelier de construction qui depuis lors n’a pas cessé de prospérer. Grâce à l’expérimentation patiente et méthodique de Parsons, la turbine à réaction devint peu à peu un engin d’excellent rendement et ses qualités propres apparurent nettement. Ses applications à terre à partir de 1894 se multiplièrent d’abord lentement, puis très rapidement en synchronisme avec le développement des centrales électriques.
- Parsons eut également le mérite de distinguer le premier l’intérêt de la turbine à vapeur pour la propulsion des navires. En 1894, il équipait ainsi le célèbre navire le « Turbinia ». Il fallut 3 ans de dur travail pour arriver à un résultat décisif; mais en 1897, le « Turbinia » muni de 3 hélices dessinées par Parsons en vue d’éviter les effets de cavitation, chacune d’elles commandée par une turbine, donnait une vitesse de 34 nœuds. Après ce succès, la turbine à vapeur conquérait très rapidement un vaste domaine dans la marine.
- Fig. 1. — L’appareil servant à photographier les arcs électriques.
- Rappelons que peu d’années après Parsons, un autre grand inventeur, le suédois G. de Laval, créait un autre type de turbine à vapeur : la turbine à impulsion que plus tard perfectionna Rateau et qui a pris, elle aussi, un vaste développement.
- PHYSIQUE INDUSTRIELLE
- Un appareil photographique pour analyser les arcs électriques.
- De même que certains éclairs, certains arcs électriques forment au moment d’éclater un tracé des plus délicats, une image d’une finesse remarquable formée de bandes lumineuses brillantes et sombres émergeant d’un halo brumeux.
- On réalise ces bandes en rapprochant suffisamment les bornes d’un conducteur électrique soumis à une tension suffisamment élevée pour qu’un arc puisse éclater entre elles. Une fois amorcé, l’arc persiste pour mourir au fur et à mesure que l’on augmente la distance entre les bornes.
- Fig. 2. — Une belle photographie d’un arc à 150000 volts.
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- Fig. 3. —• Un arc sirié caractéristique.
- On peut aujourd’hui étudier les formes changeantes de l’arc grâce à un nouvel appareil photographique réglé électriquement.
- Cet appareil, nous dit M. Hundley N. Blaclcman, de la Westinghouse Co, comporte un obturateur synchrone formé par un disque mû par un moteur et marqué de quatre fentes radiales, dont la rotation règle l’appareil de manière à lui faire prendre des images de l’arc sur n’importe quelle partie de la vague de potentiel.
- Les images ainsi réalisées montrent la forme et la structure de l’électricité déchaînée et elles renseignent les savants sur les effets des décharges électriques.
- La figure 2 montre comment l’obturateur synchrone fait disparaître les halos. Dans la deuxième (fig. 4) on voit les diverses phases de la vie de l’arc. Celui-ci jaillit à droite au moment où les électrodes se trouvent à une distance de 0 m 45 l’une de l’autre pour s’éteindre finalement à gauche, au moment où les électrodes sont à une distance de 2 m 40. La troisième image (fig. 3) représente un arc strié caractéristique. L. K.
- PHYSIQUE INDUSTRIELLE
- La source chaude d’Aïn=EI=Atrous (Tunisie).
- Son utilisation comme source thermique de force motrice.
- Dans le golfe de Tunis, sur la côte occidentale du Cap Bon, à 48 km de Tunis, dans une pittoresque chaîne montagneuse, entaillée par de courtes et étroites vallées, se trouve la station thermale et balnéaire de Korbous. De novembre à mai, et
- Fig. 4. — Un arc strié de 2 m 40 de long (il commence à droite et se termine à gauche).
- surtout en janvier, février et mars, les Tunisiens y affluent, pour y trouver le repos ou pour demander à ses sources radioactives d’eaux chaudes le remède à bien des maladies. Us renouent ainsi une tradition romaine : Korbous était dans l’antiquité occupé par les Thermes romains de Carthage et portait le nom de Aquae Carpitanae.
- Aux environs immédiats de la station, affleurent en effet un certain nombre de sources donnant des eaux fortement minéralisées, de température variant suivant la source entre 45° et 60°.
- Quelques-unes sont utilisées pour les bains et les traitements, à l’établissement thermal.
- L’une d’entre elles, particulièrement abondante, Aïn Atrous, a en ces derniers temps retenu l’attention à un autre point de vue. Sortant de la montagne à une température de 60°, avec un débit constant de 27 litres-seconde, ne pourrait-elle constituer la source chaude d’une usine Claude-Boucherot, dont la source froide serait la mer, située à proximité immédiate ?
- M. Ginestous, du service météorologique de Tunisie, a suggéré cette application dans un récent article de la Dépêche Tunisienne.
- Il y aurait en effet, semble-t-il, place à Korbous pour une intéressante utilisation des différences de température mises en présence par la nature; comme il n’y aurait pas à aller chercher l’eau froide à grande profondeur, et qu’un captage bien fait suffirait pour amener l’eau chaude à l’usine, les frais d’installation de celle-ci ne semblent pas, à première vue, devoir être prohibitifs. Il ne saurait être question, du reste, d’une installation de très grande envergure. Si par exemple l’on n’utilise que 10 degrés de la différence de température disponible, et 27 litres à la seconde, le calcul montre aisément que l’on peut compter, rendement compris, sur une puissance effective d’environ 600 chevaux-vapeur. M. Claude qui a pu faire une étude plus précise évalue à 300 kilowatts la puissance utile qui pourrait être captée. Si le prix des travaux le permet, ce serait bien certainement un utile appoint pour l’antique station de Korbous, aujourd’hui renaissante après un sommeil de plusieurs siècles.
- TRAVAUX PUBLICS Une autoroute souterraine internationale.
- Le premier tunnel international pour automobiles vient d’être ouvert : c’est le tunnel qui réunit la ville de Detroit, aux Etats-Unis, métropole de l’automobile, à la ville de Windsor au Canada. Les deux villes sont séparées par la rivière Detroit, et le tunnel passe sous cette rivière. C’est un ouvrage considérable qui a coûté 625 millions de francs et dont la construction a duré 2 ans et demi. Il a été calculé pour livrer passage à 1000 automobiles par heure dans chaque direction. Il mesure plus de 1500 mètres d’une entrée à l’autre. Il livre passage à une chaussée de près de 7 mètres de largeur, permettant le passage de deux files d’automobiles circulant en sens inverse.
- Le passage de la rivière s’est effectué au moyen de tubes en acier : ces tubes, mesurant 75 m de long et 9 m 30 de diamètre étaient bétonnés, puis descendus dans une tranchée draguée au fond de la rivière. Le tunnel sous les deux rives a été exécuté par la méthode du bouclier. Il existe aux Etats-Unis deux autres autoroutes souterraines passant sous un fleuve : le tunnel Holland qui relie New York à Jersey, et le tunnel Posey à Alameda (Californie). Il existe également deux tunnels sous-fluviaux pour voie ferrée réunissant les Etats-Unis au Canada : l’un d’eux relie précisément Detroit et Windsor au moyen de deux tubes jumeaux. Il a été achevé en 1909. L’autre, construit depuis 1890, appartient au chemin de fer « Grand Tronc » et passe sous la rivière Saint-Clair.
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- PETITES INVENTIONS
- MÉCANIQUE
- Lime et meule en tôle défoncée.
- Voici un nouveau système de lime qui évite d’avoir une masse d’acier dans laquelle on a prévu des entailles, et qui
- Fig. 1. — Lime plaie et lime demi-ronde en tôle d’acier défoncée
- est constituée simplement par une tôle d’acier pouvant adopter toutes les formes connues des limes.
- Cette tôle est placée sur une monture munie d’un manche comme à l’habitude.
- Pour obtenir les aspérités nécessaires au travail de la lime on a poinçonné la plaque, mais incomplètement, de façon que la partie défoncée reste adhérente à la plaque et forme autant d’outils susceptibles de travailler la matière sur laquelle la lime agit.
- Cette lime est spécialement applicable au travail du cuivre, de l’aluminium, du zinc, du plomb; également pour les matières plastiques, pour le bois, le cuir, l’ébonite et les pierres.
- Elle a l’avantage de ne jamais s’encrasser, puisque les fragments détachés peuvent passer à l’intérieur des ajours et être évacués.
- Sur le même principe, on peut combiner des meules, au moyen d’une bande de tôle d’acier qui est poinçonnée égale-
- Fig. 2. — Meule en tôle,
- ment et qui forme la surface latérale d’un disque cylindrique constituant le corps de la meule.
- J. Vernaz, 1, place de la Reconnaissance, à Lyon.
- Tour drille.
- Un dispositif très ingénieux présenté au concours Léplne donne la possibilité à un amateur de mécanique de tirer le plus grand parti possible d’une perceuse à main.
- Cet appareil peut servir naturellement de perceuse d’établi. Il peut être utilisé comme tour à bois, à la rigueur comme tour à métaux et également pour actionner une petite scie circulaire une petite meule, un polissoir; enfin il s’applique merveilleuse-
- ment au bobinage de dimensions courantes, comme pour l’éta-r blissement d’organes de T.S.F.
- L’appareil est constitué par uixe sorte de bâti qui porte deux oreilles de fixation pi'enant la perceuse à main et la maintenant solidement, comme l’indique la figure 3.
- Le bâti peut se fixer sur une table ou sur un établi au moyen de vis à bois qui passent dans des trous prévus à cet effet. Il peut être également simplement maintenu entre les mors d’un étau.
- La partie libre du bâti porte une rainure formant glissière où peuvent coulisser la poupée fixe et le support d’outils. Ces pièces sont maintenues en place au moyen d’écrous à oreilles se montant sur une tige filetée et formant pression.
- Pour tourner du bois, de l’os, de l’ébonite, on place dans le mandrin une mèche à 3 pointes, et la pièce à tourner est soutenue à l’autre extrémité par la poupée fixe. On tourne la manivelle de la perceuse sur la grande vitesse dans le même sens que pour percer et l’outil appuyé sur le support est tenu de la main droite. La pièce est finie en la polissant au papier de verre.
- Si l’on veut tourner du métal, il ne faut pas espérer obtenir un travail mécanique important comme sur un tour véritable. Il faut noter en effet que le seul moteur que l’on emploie est la
- Fig. 3. — Le tour-drille.
- main gauche qui tourne la manivelle. L’inventeur a alors imaginé, pour permettre d’utiliser la lime comme outil de tour, un disque de calibre et des supports à rouleaux. On tourne la manivelle de la main gauche et on lime de la main droite.
- S’il s’agit de réduire le diamètre d’une pièce déjà ronde, au lieu du chapeau à contre-pointe, on installe le disque à calibres où la pièce à travailler viendra s’emmancher dans un trou correspondant à son diamètre. Bien entendu, le trou choisi de ce disque est amené dans le prolongement de l’axe du porte-foret.
- Quand on veut tourner une pièce qui n’est pas ronde, on n’utilise plus le disque à calibres, mais on engage dans le porte-foret un mandrin à métaux avec un petit toc de tour d’horloger. La pièce est alors entre deux pointes.
- On monte des supports à rouleaux devant la pièce à travailler, les rouleaux étant placés, le haut de façon qu’il soit un peu au-dessous du niveau des angles saillants de la pièce. On immobilise alors le mandi'in avec la main gauche et on lime les angles supérieurs de la pièce jusqu’à ce que la lime, arrivant au contact des 2 rouleaux, ne morde plus sur la pièce.
- Bien entendu, on abaisse progressivement et petit à petit les deux rouleaux, jusqu’à ce que la pièce soit fortement dégrossie. On continue ensuite en tournant et en limant jusqu’à ce qu’on obtienne une pièce ronde. On peut même lui donner le dia-
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- mètre voulu en retirant les rouleaux, et en appliquant le principe de travail sur une pièce déjà ronde, comme il a été expliqué précédemment.
- Le bâti du tour drille peut être utilisé pour rendre le service d’une perceuse d’établi.
- On se sert pour cela d’un support-glissière en hêtre qui se fixe bien perpendiculairement à un établi au moyen d’équerres en fer, maintenues par des vis de fixation. Le support ne dépasse pas le niveau de l’établi et il peut rester à poste fixe sans gêner.
- Le support de la perceuse à main coulisse dans la glissière
- et il peut être arrêté à hauteur voulue, que l’ouvrier ici règle avec son genou au moyen d’une vis de pression.
- Pour le perçage, on exerce la pression nécessaire soit avec la main gauche, soit avec le pied, par une chaînette et un étrier.
- Bien entendu, on pourrait également avancer la perceuse horizontalement en fixant la glissière sous l’établi contre un des pieds, après avoir supprimé la partie qui rentre sous l’établi dans la position verticale. Cela permet de percer étant assis en pressant avec la poitrine contre la conscience du porte-foret.
- On n’utilise qu’un seul bâti, quels que soient les systèmes de perceuses à main. Avec des rondelles ou des petites lamelles on corrige les différences qui peuvent exister dans l’épaisseur du métal.
- Le porte-foret est con-venablement installé lorsqu’il est placé horizontalement et lorsque le centre du mandrin est exactement dans l’alignement avec la contre-pointe du chariot. Au moyen d’une vis de réglage on règle la position de la perceuse dans le sens vertical.
- Chappuis, 4, rue Larribe à Paris.
- OBJETS UTILES Le tabouret Mopco.
- Le problème du travail assis a été longuement étudié par différents spécialistes et plus particulièrement par les fabricants de sièges.
- Le personnel astreint par ses fonctions à conserver toute la journée la position assise doit pouvoir trouver dans cette position le plus de confort et le moins de fatigue possible.
- Un siège bien compris facilite le travail de l’employé, augmente son rendement et ménage sa santé.
- Le tabouret Mopco a été imaginé et mis au point pour résoudre cet intéressant problème.
- Son principe réside dans une application nouvelle du ressort agissant comme vis élévatoire.
- Un ressort, calculé à la résistance de 140 kg, donne au siège une élasticité remarquable en même temps qu’il permet, par le moyen d’un ergot cheminant dans ses spires, de placer le siège instantanément à une hauteur proportionnée à la taille de la personne qui l’utilise.
- Une personne assise sur un siège de ce système ressent moins de fatigue que sur un siège ordinaire, le mouvement du ressort déplaçant constamment la position du corps et procurant ainsi une détente des nerfs.
- C’est, d’ailleurs, le même souci qui a amené les constructeurs d’automobiles à adopter pour leurs voitures des coussins à ressort.
- En substituant à un appui ferme un siège élastique ils diminuent la fatigue résultant d’une position assise prolongée.
- Dans la position assise, ce sont les reins qui ont le plus à souffrir.
- Lorsqu’une personne se lève, après être restée assise pendant quelques heures consécutives, son premier mouvement est de porter ses mains aux reins en rejetant le buste en arrière pour détendre les muscles rénaux endoloris.
- Pour cette raison, les créateurs du tabouret Mopco se sont attachés à réaliser des sièges à dossier mobile ou à dossier fixe épousant bien le buste et ne dépassant jamais le haut des reins; de telle sorte que la personne assise puisse, en s’appuyant simplement contre le dossier de son siège, redresser ses reins engourdis et provoquer une sensation agréable de délassement.
- Enfin, les dactylographes, qui souffrent fréquemment d’affections intestinales et nerveuses provoquées par la frappe à la machine à écrire, voiënt leur état de santé amélioré par le siège Mopco, chaque mouvement des mains frappant sur le clavier de la machine ayant sa répercussion, non plus sur le corps lui-même, mais sur le ressort du siège.
- Les sièges Mopco se font avec piétement en tube d’acier pour les usines, avec piétement bois pour les bureaux.
- Suivant leur destination ils comportent ou non un dossier fixe ou mobile. De même, le siège peut être fourni avec fond bois ou fond garni.
- En vente à la C‘° Mopco, rue de Richelieu, 86, Paris (2°).
- Fig. 6. — Le tabouret Mopco.
- Ressort
- Fig. 5. — Mécanisme du tabouret Mopco.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- L'hydrocarburateur et le carburant national
- (voir n° du 15 novembre 1930).— Nous recevons la lettre suivante que nous publions par souci d’impartialité :
- On ne peut nier l’ingéniosité du dispositif de carburation de M. Frank Lioud permettant d’utiliser non pas l’alcool pur, mais un mélange d’alcool et d’eau. Il est juste de convenir que la présence d’une certaine quantité d’eau dans l’alcool, en apportant des modifications dans les phénomènes si complexes de la combustion, est peut-être susceptible d’amener une meilleure utilisation des calories de l'alcool. Ceci est toutefois assez peu vraisemblable étant donné la forte proportion de vapeur d’eau qui se produit précisément lors de la combustion elle-même.
- Il semble donc que les inventeurs de ce système d’utilisation d’alcool hydraté aient eu surtout pour but de rendre possible l’emploi d’un carburant moins coûteux parce que moins concentré. Une telle idée implique une méconnaissance complète de l’état actuel de la technique de la distillation de l’alcool.
- En effet, tout le monde est d’accord sur la nécessité d’utiliser comme carburants des alcools bien exempts d’impuretés. On a vérifié que certaines des impuretés existant habituellement dans les alcools bruts provoquent des attaques des moteurs ou des réservoirs. Au contraire, avec des alcools bien épurés, on n’a jamais décelé la moindre corrosion, ainsi qu’en font foi d’innombrables attestations émanant de diverses personnalités étrangères.
- Or, il est bien connu que pour obtenir des alcools très purs il faut d’abord les concentrer. Mais les méthodes modernes permettent de réaliser à la fois et à peu près gratuitement, cette épuration et cette concentration. En effet, la dépense de chaleur nécessaire pour « sortir » l’alcool des moûts alcooliques est à peu près suffisante pour permettre ultérieurement cette concentration et cette épuration. Dans ces conditions, l’avantage de pouvoir utiliser des alcools hydratés dans les moteurs est purement illusoire et ce mode d’emploi de l’alcool ne semble offrir aucun intérêt particulier. H. Guinot,
- Melle, le 16 février 1931. Chef du Laboratoire de Recherches,
- Distillerie des Deux-Sèvres.
- A propos des progrès de la lampe de mine
- (n° 2850). — M. Daloz, inventeur de la lampe de sûreté électrique, nous écrit :
- « Je viens de recevoir La Nature et de lire l’article intitulé : La sécurité dans les mines. Je vous remercie infiniment de la participation importante que vous voulez bien m’y attribuer; mais, comme je vais vous le démontrer, vous me faites la part trop belle.
- Avant moi, et sans que je le sache, d’autres avaient eu la même idée, mais, comme beaucoup d’inventions qui viennent trop tôt, elle ne fut pas appliquée.
- Il y a quarante ans on pouvait songer à utiliser les lampes électriques avec accumulateurs à l’éclairage des mines, mais les accumulateurs et les lampes à bas voltage n’étaient pas, à cette époque, matière industrielle courante et ce n’est que 25 ans après les premières tentatives que des résultats pratiques furent obtenus.
- Mais ce n’est pas tout et je tiens à dire ici la part qui revient à La Nature dans mes inventions.
- Depuis 50 ans environ je lis régulièrement et assidûment votre belle revue et c’est en lisant dans La Nature un article sur les résultats d’essais entrepris au Laboratoire des mines aux Etats-Unis que la haute opinion que j’avais sur la sécurité des mineurs depuis l’emploi des lampes électriques fut considérablement amoindrie.
- Ces essais avaient montré que l’on pouvait allumer, avant rupture du filament, jusqu’à onze fois le mélange grisouteux, avec une lampe à incandescence dont l’ampoule avait été volontairement brisée.
- Le lendemain, je prenais mon premier brevet de perfectionnement aux lampes électriques de mine; et, depuis cinq ans, grâce à l’appui de la Société « Arras » et aux bons conseils de M. Pesez, son directeur, et à ceux de MM. Audibert, Delmas et Le Sueur, ingénieurs en chef des mines, nous sommes arrivés aux résultats que vous avez publiés.
- Je profite donc de l’occasion pour exprimer toute ma gratitude aux directeurs de La Nature qui se sont succédé depuis Gaston Tissandieri car c’est par la lecture assidue de La Nature que j’ai acquis les connaissances qui m’ont permis de créer un anémomètre-étalon, une boussole de dérive pour avion, enfin une lampe de mine avec grisoumètre. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Choix d’un poste récepteur.
- Les postes les plus faciles à employer par les usagers, c’est-à-dire par tous ceux qui n’ont pas beaucoup de connaissances radiotechniques, sont, sans doute à l’heure actuelle, les postes-secteur. Mais, comme nous l’avons montré déjà dans La Nature, on peut maintenant trouver des postes de ce genre à amplification haute fréquence directe ou à changement de fréquence, comme les postes à batterie ordinaire. Et, d’autre part, tout poste à batterie d’un type ancien déjà possédé par l’amateur ou acheté actuellement dans le commerce, peut être transformé immédiatement en un appareil alimenté par le secteur, à l’aide d’une boîte d’alimentation fournissant du courant redressé et filtré.
- A l’heure actuelle, un auditeur qui désire recevoir les radio-concerts locaux, dans une ville où se trouve un ou plusieurs postes d’émission, peut donc adopter un poste secteur comportant simplement deux ou trois lampes : soit une lampe détectrice et une ou deux lampes basse fréquence, soit une lampe haute fréquence, une lampe détectrice et une basse fréquence. S’il désire recevoir les émissions lointaines, il peut également employer un poste à amplification haute fréquence comportant quatre ou cinq lampes, mais il est préférable qu’il choisisse un appareil à changement de fréquence à cinq ou six lampes, qui lui permettra d’entendre les émissions étrangères sans être gêné par les émissions locales.
- A la campagne et avec une antenne suffisante, un poste secteur à amplification haute fréquence à quatre lampes, ou même à trois lampes, permet d’entendre la plupart des émissions européennes, mais on peut également adopter dans ce but un poste à changement de fréquence comportant une lampe changeuse de fréquence, une lampe moyenne fréquence, une lampe détectrice et une lampe basse fréquence.
- Si l’on veut recevoir les émissions très lointaines, ou avoir une sélectivité supérieure, on peut adopter, soit un poste à haute fréquence comportant au moins deux étages haute fréquence à lampe à grille écran, soit un poste à changement de fréquence à cinq ou six lampes au minimum et, dans ce cas, il est préférable d’adopter la réception sur cadre.
- Vous pourrez, d'ailleurs, trouver à ce sujet des renseignements dans la T. S. F. des Usagers (Masson, éditeur).
- Réponse à M. Rebo, à Marseille.
- Construction d’un poste à cinq lampes à amplifica= tion haute fréquence.
- Nous pensons que vous désirez réaliser un appareil comportant deux étages haute fréquence à lampes à grille écran, une lampe détectrice et deux étages basse fréquence, et nous devons vous signaler tout d’abord qu’un montage de ce genre est plutôt destiné à fonctionner sur antenne courte que sur cadre. Si vous désiriez spécialement un poste fonctionnant sur cadre, il vaudrait, sans doute, beaucoup mieux que vous adoptiez un appareil à changement de fréquence, comportant par exemple, une lampe bigrille changeuse de fréquence, deux étages moyenne fréquence, une lampe détectrice et un ou deux étages basse fréquence.
- Bien que cela semble, à première vue, un peu surprenant, il est pourtant beaucoup plus facile de réaliser un appareil à changement de fréquence qu’un appareil à lampe à grille écran à amplification haute fréquence directe, et l’on trouve relativement peu de modèles de transformateur haute fréquence pour lampes à grille écran dans le commerce, alors que l’on trouve très facilement de nombreux types de transformateurs moyenne fréquence.
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- Quoi qu’il en soit, nous pensons que vous trouverez facilement dans les numéros de « La T. S. F. pour Tous » (Chiron, éditeur), 40, rue de Seine, Paris), des schémas de poste à changement de fréquence ou à amplification haute fréquence directe, qui pourront vous convenir; vous trouverez également dans cette revue la nomenclature des pièces détachées nécessaires.
- Nous pouvons vous signaler comme fabricants de pièces détachées les Établissements Bardon, 5, rue Sextus Michel, à Paris, les Établissements Brunet, rue des Usines, à Paris, les Établissements Dyna. 43, rue Richer, à Paris, etc.
- Réponse à M. Crépet, à Fraisses (Loire).
- Adaptation d’un pick=up sur un poste récepteur de T. S. F.
- Lorsqu’on veut utiliser un poste récepteur de T. S. F. pour l’amplification phonographique, on emploie simplement en général les étages basse fréquence de l’appareil et on leur transmet les courants musicaux produits par le pick-up.
- Ce pick-up, uniquement électromagnétique à l’heure actuelle, est disposé sur le phonographe à la place du diaphragme ordinaire, et il suffit de le relier à la grille de la lampe détectrice et au pôle négatif du filament de cette dernière qui joue ainsi le rôle de première amplificatrice basse fréquence. Si l’on désirait une reproduction moins intense, on pourrait appliquer les courants venant du pick-up, non pas sur la détectrice, mais sur la première basse fréquence; on n’aurait plus ainsi que deux lampes amplificatrices au lieu de trois (le nombre des étages basse fréquence d’un radio-récepteur normal étant de deux).
- Dans les appareils d’amateur qui ne comportent pas de lampes de puissance alimentées avec une tension supérieure à 120 volts environ, ou à 150 volts pour les appareils fonctionnant sur le secteur, il vaut mieux, et c’est le système employé dans les appareils du commerce, relier simplement le pick-up à la lampe détectrice.
- Pourtant, pour que cette adaptation soit exécutée dans les conditions convenables et permette d’obtenir des résultats satisfaisants, il faut que l’impédance du pick-up soit bien déterminée; si le pick-up a une impédance trop peu élevée, on ne peut l’intercaler directement dans le circuit de grille de la lampe, et on est obligé d’employer un transformateur d’entrée de rapport 2 à 5.
- Le moyen le plus simple pour réaliser cette adaptation, si l'appareil employé ne comporte pas une prise spéciale ou des bornes disposées à cet effet, consiste à utiliser un bouchon coupe-grille se plaçant sur les douilles de l’appareil destinées à la lampe détectrice, c’est-à-dire entre ces douilles et les broches de la lampe détectrice elle-même. On peut ainsi séparer le circuit grille de cette lampe du circuit de liaison du poste, et on applique directement les courants musicaux sur ce circuit grille, par l’intermédiaire du transformateur ou non.
- On pourrait régler l’intensité du son en disposant en shunt ou en potentiomètre une résistance de 0 à 50.000 ohms sur les enroulements du pick-up, ou sur le secondaire du transformateur, mais cette précaution est inutile, en général, si le volume de son produit de cette manière est déjà relativement faible, ou, en tout cas, juste suffisant'pour un appartement de dimensions moyennes.
- H va sans dire que la qualité des résultats obtenus dépend essentiellement non seulement de la qualité du pick-up employé, mais encore de la qualité des étages d’amplification et du haut-parleur. On peut obtenir pourtant une audition d’une grande pureté, à défaut d’une intensité très grande, si la lampe de sortie est une lampe de puissance de modèle convenable avec une tension de 90 à 120 volts, par exemple, et une polarisation de grille bien déterminée.
- Nous avons déjà donné d’ailleurs des indications sur ce problème dans nos chroniques et dans des articles de La Nature.
- Réponse à M. Vignat à Bordeaux (Gironde).
- De tout un peu.
- F. Fonseranes.— 1° Le siphon pourra rester indéfiniment amorcé, si son réservoir d’amont reste lui-même indéfiniment rempli.
- 2° Appareils à frire de grande capacité : Navarre, 18, rue Ballu, Paris. Allez frères, 1, rue Saint-Martin, Paris.
- M. le Dr Gontier à Nice. — Le produit qui a servi à noircir le cuir de votre bureau doit être une mixture à l’aniline de composition ana-
- logue à la suivante :
- Noir d’aniline soluble à l’alcool..........150 grammes
- Vésuvine................................... 40 —
- Alcool à brûler........................... 200 cm3
- Huile d’aniline........................... 500 cm0
- L’inconvénient de cette préparation est que l’huile d’aniline transsude du cuir et vient tacher en jaune les tissus ou papiers qui sont mis en contact, ce n’est donc qu’au bout d’un certain temps que le cuir" se trouve débarrassé de l’excès d’aniline.
- Le seul remède à apporter, dans ces conditions, est de frotter à sec longuement avec un tampon de flanelle que l’on renouvelle jusqu’à ce que le cuir ne dégorge plus, puis on passera une légère couche d’encaustique qui une fois sèche empêchera tout contact intempestif.
- M. Guillebaud àr Pantin. — 1° La décoloration des vins se fait au moyen du noir animal que l’on trouve couramment chez les marchands de produits oenologiques sous forme de noir en pâte, ayant la composition suivante :
- Humidité................................... 82
- Charbons................................... 15
- Matières minérales.......................... 3
- La dose à employer varie de 200 à 500 grammes par hectolitre de vin suivant l'intensité de la coloration.
- Vous pourrez vous procurer ce produit en toutes quantités en vous adressant à la Société anonyme des Noirs en Auvergne, à La Faye près Menât, Puy-de-Dôme (ancienne Maison Voiret) ou à son représentant, M. Gronotayski, 86, rue Bonaparte, Paris 6°.
- 2° L’enduit de rebouchage employé par les peintres en bâtiment se compose de :
- Blanc de céruse........................... 435 grammes
- Huile de lin...............................110 —
- Blanc d’Espagne pulvérisé................. 450 —
- Siccatif liquide........................... 10 —
- Pour couvrir un mètre superficiel, il faut environ 1 kg 500 de cet enduit. 3° L’encaustique du type que vous indiquez se prépare avec :
- Cire d’abeilles............................100 grammes
- Paraffine.................................. 20 —
- Essence minérale......................... 1000 cm3
- Après dissolution ajouter :
- Alcali volatil.......................... 10 grammes
- 4° Nous donnons d’autre part dans les « Recettes et procédés utiles » deux formules de vins à l’Angustura.
- 5° Le produit désigné sous le nom de Méta ou charbon blanc est la métaldéhyde, nous avons traité cette question dans le n° 2540, 2e semestre 1922, page 373, veuillez bien vous y reporter.
- M. R. Kéou à Bruxelles.'—L’industrie peut fournir aujourd’hui toute une série de dérivés chlorés en vue de la dissolution des matières grasses, les plus courants sont le trichloréthylène, le tétrachloréthane et le tétrachlorure de carbone, les cours actuels de ces deux derniers sont pour le tétrachloréthane d’environ 380 fr les 100 kg et pour le tétrachlorure de carbone de 530 fr.
- Voici à toutes fins utiles quelles sont les caractéristiques des principaux carbures chlorés :
- 1° Dichloréthylène C‘-H2C12. Point d’ébullition (PE) 55°; densité (D) 1.250, peu soluble dans l’eau, dissout outre les matières grasses, le caoutchouc avec facilité.
- 20 Perchloréthylène C2C14. PE = 121°; D = 1.620; convient particulièrement au détachage, porte également dans le commerce les noms de perchlorure d’éthylène et d’éliline.
- 3° Pentachloréthane C2H Cl5. PE = 159°; D = 1.700; est aussi désigné Penlaline et pentachlorure d’éthane.
- 4° Tétrachloréthane C2H2C14. PEo= 144°; D = 1.600; est parfois appelé tétraline, tétrachlorure d’éthane, Westron.
- 5° Têtrachlorélhylène C2C14. PE = 121°; D = 1.610.
- 6° Tétrachlorure de carbone CCI4. PE = 76°; D = 1.620; porte en Allemagne les noms commerciaux de : Télracol, Tétraforme, P/ié-nixine, Benzinoforme, Nalarine. D’après W. Main, le Rénol serait du tétrachlorure de carbone additionné d’un peu d’alcool éthylique et le Spectrol un tétrachlorure parfumé.
- 7° Enfin le Trichloréthylène C2H Cl3. PE = 88°; D = 1.470; appelé aussi Trichlorure d’élhyle et Triéline, constitue un bon solvant non seulement des matières grasses, mais des hydrocarbures retirés des pétroles ou des schistes : paraffine, vaseline, cérésine, ozokérite, etc.
- D’une manière générale les carbures chlorés sont incombustibles, ce qui est un grand avantage dans les manipulations industrielles, puisqu’ils ne présentent pas les dangers d’inflammation des hydrocarbures légers : éthers de pétrole, gazolines, etc.
- IVJ. Richard à Toulon. — Le produit désodorisant dont vous p arlez est simplement la solution commerciale de formol à 40 pour 100 d’aldéhyde formique.
- Le Gérant : G. Masson.
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- N" 2853
- LA NATURE
- 15 Mars 1931
- NOTRE FLOTTE NOUVELLE
- Lorsque, la guerre terminée, il fallut établir le bilan de la Marine française, il apparut clairement qu’un grand parti était à prendre.
- Notre flotte comprenait encore à ce moment malgré d’importantes pertes, un groupe assez nombreux de navires cuirassés. Mais la plupart de ces unités, démodées ou usées par un dur service, ne pouvaient plus trouver place dans une flotte moderne.
- A côté des cuirassés figurait une masse considérable de petites unités, de tous modèles, torpilleurs, sous-marins, chalutiers, dragueurs, chasseurs, poseurs de filets, poseurs de mines, etc., qu’il avait fallu se procurer en grand nombre en raison de la tournure spéciale qu’avaient prise les hostilités maritimes, et sur lesquelles le poids de la guerre avait surtout porté.
- De cette poussière navale, qui d’ailleurs avait rendu des servi= ces éclatants, rien ou presque rien ne pou= vait figurer honnêtement dans les rangs d’une flotte qu’il s’agissait de régénérer. Non pas, cependant, que les types qui y étaient représentés devinssent inutiles, bien au contraire, mais l’état de fatigue de la plupart de ces bâtiments les condamnait sans rémission au marteau du démolisseur.
- Du groupe des cuirassés pouvaient seules être conservées les 3 unités du type Jean-Bart et 3 du type Bretagne, datant de 1913 et jaugeant 23000 tonnes.
- Devant cette situation, que convenait-il de faire pour donner à la France la flotte dont elle ne pouvait se passer, compte tenu de la situation politique créée par l’heureuse issue de la guerre, et aussi de la nécessité de serrer le plus fortement possible les cordons d’une bourse bien éprouvée ? Comment en un mot fadait-il orienter la politique navale du pays ?
- Il se trouvait qu’en cette matière les considérations d’ordre politique agissaient dans le même sens que celles imposées par le souci de l’économie.
- L’Allemagne vaincue et contrainte à ne plus avoir sur mer qu’une force secondaire, il était clair qu’aucune menace directe d’ordre maritime ne pouvait affecter la politique française entourée de nations qui avaient
- combattu à ses côtés. Il était donc tout indiqué de renoncer, pour un temps indéterminé, aux navires chers, c’est-à-dire aux cuirassés, dont l’utilité au moins immédiate n’apparaissait plus.
- LA COMPOSITION DE LA FLOTTE
- C’est dans cet esprit que l’ordre fut donné de cesser tous travaux relatifs aux 5 cuirassés de 25 000 tonnes du type Normandie dont la construction avait été décidée avant la guerre, et dont quelques unités avaient été mises
- en chantier. Notons en passant que ces navires étaient conçus dans un esprit très moderne et auraient fait grand honneur à notre marine, tant par leurs dispositions générales, que par leur puissant armement de 12 canons de 340mm et 24 de 155" On aurait vu notamment à leur bord, pour la première fois, la tourelle à 4 canons.
- On renonça donc à achever les 5 Normandie et à construire d’autres « capital ships ». Il fut décidé, cependant, de finir l’un d’eux, le Béarn, lequel, modifie en conséquence, deviendrait un porte-avions.
- Les 6 cuirassés, encore utilisables, pouvaient et devaient constituer le centre, le noyau, certes très puissant, autour duquel se grouperait la flotte nouvelle qu’il s’agissait de créer.
- D’ailleurs il fut convenu qu’ils seraient transformés au vu des leçons nombreuses et importantes fournies par les engagements et batailles où les navires de combat avaient figuré : Falkland, Jutland, Dardanelles, et qu’ils recevraient toutes les installations et modifications propres à les mettre à la hauteur des exigences de la guerre moderne, cloisonnement, augmentation de la portée des canons, chauffe au mazout, appareils de conduite de tir, etc.
- Ce travail est près d’être terminé : et il faut bien redire, qu’ainsi modernisés, nos 6 cuirassés représentent encore et pour pas mal d’années une force redoutable.
- Pour discerner ce qu’il convenait de leur adjoindre, on fut guidé par des considérations relevant de la situation particulière de la France. Elle présente, sur deux mers,
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- Fig. 1. — Plan et profil des croiseurs de 10 000 tonnes du type Duquesne.
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- Fig. 2. — Plan el profil des croiseurs de 7500 tonnes du type Duguay-Trouin.
- un front étendu dont il importe d’assurer la sécurité. Elle possède des colonies, nombreuses et lointaines dont, de plus en plus, elle doit tirer une part importante de ses subsistances, et avec lesquelles, par conséquent, il est indispensable que ses relations restent assurées, en tout état de cause. Son armée est dans l’obligation de recevoir en cas de mobilisation, dès les premiers jours, des contingents considérables provenant de la Côte Nord de l’Afrique, et postérieurement de l’Afrique centrale, de Madagascar, et même de l’Indo-Chine.
- A quels types de navires devait-on avoir recours pour assurer la continuité des échanges avec les colonies, la sûreté des convois de troupes arrivant de toute part ?
- A ce programme seuls convenaient des navires légers, assez puissants pour être à même de repousser les attaques ennemies, très rapides pour pouvoir gagner dans le temps minimum les points de départ des convois, rechercher et poursuivre les navires hostiles de même classe. Le croiseur répondait à ces desiderata, et il fut décidé d’en construire le nombre nécessaire.
- En ce qui concernait leurs dimensions, on se trouvait limité par la décision de la Conférence de Washington de 1922 qui fixait à 10 000 tonnes le déplacement maxi-
- mum de ce genre de bâtiment, déplacement qui convient d’ailleurs fort bien pour l’ensemble des qualités correspondant au service requis.
- A côté de ces croiseurs il importait de placer le nombre de torpilleurs et contre-torpilleurs nécessaire pour assurer l’éclairage de l’escadre cuirassée, appuyer les missions des croiseurs, veiller à la sécurité de nos côtes en en interdisant l’approche aux navires malintentionnés.
- Cette dernière tâche devait être particulièrement confiée à ces sous-marins contre lesquels les nations à grande puissance navale n’ont cessé depuis la fin de la guerre de mener une offensive puissante.
- Il nous a fallu résister à la pression que l’Angleterre, appuyée par les Etats-Unis, le Japon, ont exercée sur nous à ce sujet et établir bien clairement que rien ne vaincrait notre opposition. Il nous était impossible, en effet, de renoncer à une arme convenant si particulièrement à un pays à littoral très étendu, et qui, dépourvu de toute idée mauvaise envers ses voisins, entend toutefois garder le droit de se protéger contre des aggressions que le malheur des temps rend toujours possibles.
- Le sous-marin est donc resté un des éléments importants de notre flotte nouvelle, sous les formes dont nous parlerons ci-après.
- Pour la réalisation de cette flotte qu’il s’agissait de créer, deux lois de mars 1923 et .décembre 1924, ont servi de cadre aux lois successives votées chaque année et au vu desquelles la reconstitution de notre flotte se poursuit par tranches annuelles de la façon la plus satisfaisante. Actuellement 165 unités sont entrées en service ou vont y entrer incessamment.
- Elles se répartissent en 11 croiseurs, 30 contre-torpilleurs, 26 torpilleurs, 1 sous-marin de croisière, 40 sous-marins de l'e classe, 27 de 2e classe, 6 sous-marins mouilleurs de mines, 2 porte-aéronefs, 8 bâtiments divers.
- Fig. 3. — Le Suffren, croiseur de 10 000 tonnes.
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- Fig. 1. — Schémas des trois atomes H. Na, Cl.
- voyageant en sens inverse. Cette conception se précisa petit à petit dans le courant du xxxe siècle ; il fallut d’abord admettre que les ions existaient avant le passage du courant ; on peut par exemple faire passer un courant dans une cuve contenant une solution de sulfate de cuivre avec une tension électrique aussi petite qu’on veut à condition d’employer des électrodes de cuivre. C’est Arrhénius qui formula en 1887 l’hypothèse de la dissociation électrolytique : dès que l’électrolyte est dissous dans l’eau, il est décomposé en ses ions ; d’après Arrhénius celte décomposition n’est complète qu’en solution très étendue. On appelle degré de dissociation le quotient (inférieur à l’unité) du nombre des molécules dissociées au nombre total des molécules dissoutes.
- Il nous sera commode pour la suite d’adopter les conceptions moléculaire et atomique de la matière ; l’acide chlorhydrique par exemple est formé à l’état gazeux de molécules toutes semblables dont le nombre N dans une molécule-gramme (HCl = 36 g. 5) a été évalué de diverses manières; ce nombre N (nombre d’Avogadro) est 6,06 X 10'\ Chacune de ces molécules contient un atome H et un atome Cl. Il est également commode d’adopter pour ces atomes la représentation électronique : un noyau central chargé positivement et un certain nombre d’électrons extérieurs, tous ayant la même charge négative égale à 1,59 X 10-19 coulombs.
- La figure 1 représente les schémas des atomes H, Na (sodium) et Cl : H (1 seul électron extérieur, le noyau, porte une charge égale et de signe contraire à celle d’un électron); Na (noyau portant une charge égale à 11 fois celle du noyau de H, 3 groupes d’orbites ou niveaux portant successivement 2, 8, 1 électrons, en tout 11); Cl (charge du noyau 17; 2, 8, 7 électrons extérieurs, en tout 17). Si on dissout HCl dans l’eau, les ions formés
- seraient H et Cl, ils ne seraient autre chose que l’atome H qui aurait perdu son électron extérieur et l’atome Cl qui en aurait gagné 1, d’où les schémas des ions qu’indique
- la figure 2 ; l’ion H est évidemment chargé -f- ; l’ion Na possède une charge + 11 et 10 électrons, d’où un excès
- de charge -f- ; l’ion Cl possède une charge -j- 17 et 18 élec-trons, d’où un excès de charge—. Il s’agit ici d’ions monovalents, où l’excès de charge -j- et — est égal en valeur absolue à la charge d’un électron. Comme exemples
- Fig. 2. — Schémas des trois ions H, Na, Cl.
- P •
- d’ions bivalents, citons Ca (calcium) : charge -f- 20;
- 2, 8 et 8 électrons et S (soufre) : charge + 16; 2, 8 et 8 électrons ; il y a aussi des ions à structure beaucoup
- plus complexe comme SO* (des sulfates). On trouve aussi + + +
- des ions trivalents : Al (aluminium), des ions tétravalents : Th++H + (thorium), des ions complexes polyvalents comme
- (Fe"(CN)6J (des ferrocyanures). Ces notations ont l’avantage de rappeler la loi de Faraday, loi fondamentale de l’électrolyse, comme va nous le montrer le schéma de la décharge des ions aux électrodes.
- Le bac électrolytique contenant HCl dissous (fig. 3) a ses deux électrodes de charbon en A et C; une pile P fournit le courant; ses pôles sont marqués; la flèche en traits pleins indique le sens conventionnel adopté pour le courant. Dans les idées actuelles, le courant dans les conducteurs métalliques et le charbon est constitué par le déplacement des électrons ; ceux-ci étant des charges négatives, leur sens de déplacement est l’inverse du précédent; c’est celui de la flèche pointillée. Le mécanisme de décharge des ions est alors le suivant; l’ion H arrive à la cathode, capte un électron qui arrive de l’extérieur par l’électrode et donne un atome H ; la réunion de deux atomes H donne une molécule d’hydrogène ; celui-ci apparaît alors avec les propriétés habituelles; l’ion Cl arrive à l’anode, perd un électron qui circule ensuite à l’extérieur, deux atomes Cl donnent une molécule de
- chlore. Dans le liquide intermédiaire, les ions H et Cl ‘représentent quelque chose de très différent de l’hydrogène et du chlore des chimistes (‘). C’est leur mouvement qui crée le courant dans l’électrolyte et non, comme on l’a cru longtemps, le courant qui crée les ions. La matière hydrogène n’apparaît que si on fournit un certain nombre d’électrons à la cathode; la matière et l’électricité sont ainsi nettement liées ; pour récolter un atome-gramme d’hydrogène (1 g), il faudra fournir 6,06 X 10+2-J X 1,59 X 10~19 coulombs, soit environ 96 500 coulombs ; la même quantité sera nécessaire pour récolter un atome-gramme d’un métal monovalent quelconque comme l’argent;
- 1. Na est de même très différent du métal sodium; la présence des 8 électrons extérieurs rapproche le schéma de l'ion de celui d’un
- atome Ne (néon); on s’explique ainsi l’inertie chimique de Na et on lève l’objection, faite à Arrhénius, d’une action chimique de l’ion sodium sur l’eau.
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- pendant ce temps, il se dégagera à l’anode la quantité de chlore correspondante, soit un atome-gramme de chlore (35 g 5). La même quantité 96 500 coulombs donnera 1 at. g. de chlore dans CaCl* (chlorure de cal-1
- cium), donc seulement - at. g. de Ca (calcium); c’est A
- précisément la loi de l’équivalent électrochimique de Faraday.
- Nous venons de dire que la conductibilité, assurée dans les métaux par le déplacement des électrons, résulte dans les électrolytes du déplacement simultané dans les deux sens des ions -f- et —. La grandeur de la conductibilité dépend du nombre des ions qui traversent une section donnée entre les électrodes dans l’unité de temps, c’est-à-dire de la mobilité des ions. On appelle ainsi la vitesse que prend l’ion dans un champ électrique unité, celui qui existe entre deux électrodes distantes de 1 cm et qui présentent la différence de potentiel de 1 volt. Ces mobilités sont en général différentes pour les deux ions d’un acide (ou d’un sel) ; on a l’habitude d’appeler U celle du cation (ion qui va vers la cathode), V celle de l’anion (ion qui va vers l’anode). A l’aide de ces nombres, on peut, d’après Kohlrausch, calculer une donnée importante au point de vue théorique, la conductibilité équivalente du liquide. On appelle équivalent de l’électrolyte la quantité qui contient 1 atome-gramme d’élément monovalent; c’est celle que les chimistes représentent par les symboles HCl, NaCl (chlorure de sodium), 1/2 BaCl2 (chlorure de baryum), etc. Ce poids d’électrolyte, par ex. 36 g. 5 de HCl est dissous dans une quantité d’eau suffisante pour obtenir un volume total v cm5 ; on suppose ensuite que tout ce liquide est enfermé entre deux électrodes distantes de 1 cm, elles ont nécessairement une surface de v cm2. Ce cylindre de solution possède dans ces conditions une conductibilité qui est précisément la conductibilité équivalente L de notre électrolyte dilué au volume v. A cette dilution, l’électrolyte possède le degré de dissociation a; appelons n le nombre de molécules de notre électrolyte (HCl par ex.) dans 1 cm3. Sur la figure 4 sont représentées les deux électrodes A et C entre lesquelles on applique 1 volt; le champ est alors notre unité ci-dessus et les ions s’y meuvent avec les vitesses U et V. Découpons dans l’électrolyte un cylindre de base 1 cm2 sur les électrodes; une section M de ce cylindre est traversée de gauche à droite par les ions + ; en une seconde, ceux qui traversent M proviennent du cylindre hachuré de longueur U, de volume U cm . Ce
- cylindre contient n X U molécules; donc nU X a ions H, chargés de raUa X 1,59 X 10-19 coulombs; cette valeur
- est l’intensité du courant dû, à travers M, aux ions H.
- De même celui dû aux ions Cl sera nVa X 1,59 X 10 19 coulombs. L’effet d’un courant d’ions -f- dans un sens est égal à celui d’un courant égal d’ions — dans le sens inverse ; on doit donc ajouter les deux courants ci-dessus pour avoir le courant total qui est ainsi no (U + Y) X 1,59 X HT19
- coulombs dans la section M ; le courant entre A et C est v fois plus grand, puisque la surface de A et C est v cm2, donc nav (U -f V) X 1,59 X ÎO-19 coulombs, n repré-
- sente le nombre de molécules de HCl dans 1 cm3, np le nombre dans notre équivalent, c’est donc N et, comme N X 1,59 X 10-lÿ = 96 500 coulombs, on arrive ainsi à la formule de Kohlrausch.
- (1) L = a (U + V) X 96 500 la conductibilité sous 1 volt est en effet égale au courant (loi d’Ohm).
- La conductibilité L est déterminable par expérience; à chaque valeur du volume v de dilution, il correspond une valeur de L. Si on construit (fig. 5) le graphique des
- /I
- valeurs de L en fonction de l’inverse de v l - représente
- la concentration), on obtient, suivant l’électrolyte, deux types de courbes très différents. HCl, le chlorure de sodium et d’une façon générale tous les électrolytes qui rendent l’eau très conductrice donnent une courbe du type (a) ; L diminue quand la concentration augmente et on peut prolonger sans grande erreur la courbe jusqu’à l’axe des L. Il y aurait ainsi une conductibilité limite
- L0 = OA pour une dilution très grande; la courbe (a) caractérise les électrolytes forts. Les acides faibles, comme l’acide acétique, les bases faibles comme l’ammoniaque, donnent une courbe du type (à); quand la concentration décroît, L augmente d’abord lentement et il faut arriver aux dilutions très grandes pour voir la courbe se relever, trop rapidement d’ailleurs pour qu’il soit possible de prolonger la courbe sans erreur jusqu’à l’axe ; la courbe (b) caractérise les électrolytes faibles. Dans les deux cas, L diminue quand la concentration de la solution croît; pour rendre compte de ce fait fondamental, Arrhénius a supposé que, dans la formule (1), U et V étaient constants, la mobilité des ions étant indépendante de la concentration et que, par contre, a diminuait quand la concentration augmentait, ce qui est l’hypothèse déjà soulignée plus haut. En admettant la constance des mobilités, la conductibilité limite L0, qui est atteinte quand tout est dissocié (a = 1), doit être donnée par
- 4 = (U + V) X 96 500 ;*on a donc a = (2), formule
- L°
- qui permet de déterminer le degré de dissociation pour la dilution v, à l’aide du graphique des conductibilités. La formule (2) indiquait un degré de dissociation très faible pour l’acide acétique, environ 0,004 pour une solution contenant 60 g d’acide au litre, et au contraire un degré de dissociation élevé, mais cependant nettement inférieur à 1 pour HCl, environ 0,79 pour une solution contenant 36 g 5 au litre. Les électrolytes faibles se présentaient donc comme fort peu dissociés, [es électrolytes forts au contraire comme fortement dissociés déjà aux concentrations courantes. L’hypothèse d’une mobilité constante a été soumise à des vérifications directes; nous indiquerons brièvement un procédé de mesure des mobilités qui s’applique à HCl et qui a l’avantage de pré ciser comment se fait le transport de l’électricité.
- Soit une solution de HCl (fig. 6), l’anode en A, la cathode en C; un plan S entre les deux est traversé par
- les ions H (ronds clairs) de gauche à droite, par les ions Cl (ronds noirs) de droite à gauche; l’expérience a montré
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- que l’ion H voyage à peu près 5 fois plus vite que l’ion Cl ;
- c’est pourquoi on a figuré 5 H et 1 Cl traversant S dans le même temps ; la même figure s’applique à deux plans Sj et S2 très voisins des électrodes. Dans le milieu du vase, les ions défilent d’une façon régulière et se remplacent au fur et à mesure de leur départ, de sorte que, dans un volume déterminé, leur nombre est constant; le titre de la solution est fixe, ce qui est d’accord, comme nous l’avons déjà dit, avec les dosages chimiques. 11 n’en est pas de même près des électrodes; près de A, le
- 4-
- départ de 5Id laisse sur place 5 Cl qui se déchargent aussitôt à l’anode; dans le même temps, 1 Cl traverse S,
- venant de droite; cela fait en tout 6 Cl, d’où un dégagement de 6 atomes de chlore. Près de C, le départ de
- 1 Cl laisse sur place 1 H qui se décharge, en même temps que les 5 H qui traversent S. venant de l’intérieur de la
- solution; en tout 6 H, d’où un dégagement de 6 atomes d’hydrogène. Ce schéma montre comment se fait en réalité l’apparition des produits de la décomposition; il disparaît 5 fois plus d’acide chlorhydrique à l’anode qu’à la cathode pendant le même temps. C’est un résultat facile à vérifier en dosant chimiquement HCl par la soude ; on trouve une perte pa en HCl à l’anode (par cm'1 de solution par exemple) ; une perte pc à la cathode ; on peut mesurer en même temps la quantité totale d’électricité qui a circulé pendant ce temps; elle correspond à G HCl dans notre exemple. D’une façon générale, pa est proportionnel à la mobilité U des cations, pc à V, ce qui donne la proportion :
- n\ Pa + Pc
- 11 U V U + V
- Les pertes (p) une fois mesurées, on voit qu’on peut
- U V
- en tirer facilement les 2 nombres ^ ^ ÿ et —- - ; ils
- représentent la part prise séparément par chaque ion dans le transport du courant; ce sont les nombres de transport des ions. Si Arrhénius dit vrai, ces nombres doivent être indépendants de la concentration de la Fig. 4. —- Définition solution; l’expérience montre que
- c’est inexact; dans le cas de HCl par V
- exemple, le nombre T- qui cor-
- de la conductibilité équivalente.
- A
- M
- V
- Icm >
- U + V
- respond à Cl varie de 0,170 à 0,156 quand la concentration croît de 0 g 365 à 36 g 5 par litre. La mobilité n’est donc pas constante; des procédés de
- Fig. 3. — Électrolyte de l'acide chlorhydrique. (HCl)
- Une discordance plus grave entre la théorie et l’expérience a été trouvée à propos de la formule de dilution. D’après Arrhénius la dissociation électrolytique n’est pas complète; c’est une réaction limitée analogue à celle qu’on rencontre très fréquemment en chimie organique et quelquefois en chimie minérale ; on le rappelle en écrivant (4) HCl JH + Cl, où le signe indique qu’il s’agit d’un équilibre chimique, susceptible de se déplacer dans un sens ou dans l’autre. Ces équilibres chimiques obéissent, au moins en solution moyennement concentrée à la loi d’action de masses ; le quotient du produit
- des concentrations de II et Cl par la concentration de HCl non dissocié doit être constant à une température donnée. Cet énoncé se traduit par une formule; si une molécule-gramme de HCl est diluée dans le volume v
- 1 — a
- et si le degré de dissociation est a, il reste ---- mol.-g
- a a
- non dissociées, et il apparaît - ion. g. H et - ion g. Cl
- par unité de volume, d’où la « formule de dilution » dite d’Ostwald.
- (5)
- = K
- (1 — *+
- Pour vérifier cette formule, on tirera a des mesures de conductibilité à l’aide de la formule (2) ; on formera la fractio+du 1er membre et on devra trouver une valeur constante à une même température. Les deux tableaux qui suivent montrent les valeurs de K pour l’acide acétique et l’acide chlorhydrique.
- Acide acétique (25°)
- mesure plus directs que le précédent v (litres) L a lv x 104
- permettent d’avoir les valeurs U et — — — —
- V elles-mêmes et on constate que 0,39 0,725 0,00187 0,090
- la mobilité diminue quand la concen- 0,99 1,443 0,00372 0,1405
- tration augmente. Dans notre relation 3,95 3,221 0,0083 0,1759
- (1), la diminution de L résulte donc, 7,91 4,618 0,0119 0,1814
- au moins en partie, de la diminution 15,82 6,561 0,0619 0,1841
- des mobilités, dans le cas de HCl et 126,5 18,30 0,0472 0,1847
- plus généralement des électrolytes 506,1 35,67 0,0920 0,1841
- forts. La théorie d’Arrhénius est déjà 2024 68,22 0,176 0,1853
- en défaut sur ce point fondamental. L0 = = 387,9
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- Acide chlorhydrique (18°)
- 0(1) L a K
- 1000 377 0,992 0,123
- .100 370 0,973 0,351
- 10 351 0,923 1,105
- 2 327 0,860 2,64
- 1 301 0,791 2,99
- 0,1 64,4 0,169 3,44
- L0 : = 380,5
- Pour l’acide acétique, à partir de la dilution o = 7.
- K est bien constant; ce sera le cas pour les électrolytes faibles en solution assez étendue ; au contraire K varie constamment pour HCl; il augmente avec la concentration et c’est toujours le cas pour les électrolytes forts. La formule de dilution ne s’applique donc pas du tout pour ceux-ci et c’est très grave car ce sont les plus importants au point de vue pratique; ce sont d’ailleurs les plus nombreux puisque tous les sels, même d’acides ou de bases faibles rendent l’eau très conductrice.
- Il est intéressant de calculer combien il y a d’ions H par litre dans une solution d’acide acétique qui suit la formule; la dilution o = 15,82 correspond à 3,8 g d’acide par litre, l’acide est dissocié seulement dans la proportion 0 017
- de 0,017, ce qui donne - ’ = 0,00107 g d’hydrogène à
- 15,oi
- ’état d’ion par litre. Dans la solution la moins concentrée
- en HCl du tableau, il devrait y avoir de même
- 0,992
- IÜÔ0
- soit
- 0,000992 g d’ions H; c’est à peu près le même poids; on pourrait garder l’espoir que, en considérant des solutions encore moins concentrées, on arriverait peut-être à un domaine où la formule s’appliquerait tant bien que mal. Des considérations dans lesquelles nous ne pouvons entrer montrent que le désaccord est irréductible; il vaut mieux ne pas insister et convenir franchement que quelque chose ne va pas dans la théorie appliquée aux électrolytes forts.
- D’ailleurs les discordances se retrouvent dans d’autres domaines. La théorie d’Arrhénius avait séduit beaucoup de
- physico-chimistes parce qu’elle donnait une explication des anomalies signalées par Raoult dans la cryoscopie des électrolytes. On sait que Raoult a étudié l’abaissement du point de congélation d’un liquide où l’on dissout un corps étranger; par exemple l’eau sucrée se congèle au-dessous de 0° et l’abaissement du point de congélation est proportionnel à la concentration de la solution ; il dépend aussi du poids moléculaire du corps
- Fig. 5. -— Courbes représentant la con-duciibilié équivalente L en fonction de la
- 1
- concentration -
- a) Electrolytes forts.
- b) Electrolytes faibles.
- dissous; pour une solution d’un corps comme le sucre, l’urée, la glycérine, dans l’eau, l’abaissement est proportionnel au nombre de molécules dissoutes. On trouve un abaissement de 1°,86 quand on dissout une molécule-gramme dans un litre d’eau. La mesure de la dépression cryoscopique donne le nombre de molécules, c’est-à-dire le poids moléculaire du corps dissous. Quand Raoult voulut appliquer sa méthode aux solutions d’électrolytes, il rencontra une anomalie; le nombre de molécules dissoutes avait toujours l’air plus grand que celui qu’on avait cru mettre en solution. Par exemple dissolvons 1 mol.-g. (58,5 g) de sel marin (NaCl) dans 1 litre d’eau; l’abaissement devrait être 1°,86; il est supérieur à 3°. Arrhénius supposa que l’abaissement était proportionnel au nombre total des particules dissoutes, égal ici à celui des molécules non dissociées augmenté de celui des ions; par exemple, pour KC1 (chlorure de potassium), la formule (2) indique, à la concentration de 0,1 molécule-gramme (7,45 g par litre) un degré de dissociation cf = 0,860 ; on peut dire que, dans un litre, on a 0,14 X 0,1
- mol.-g.; non dissociées et 2 X 0,86 X 0,1 ions (K et Cl), en tout 0,186 au lieu de 0,1 mol.-g; l’abaissement doit être 0,186 X 1°,86 X 0,1 = 0°,0346; l’expérience donne ce nombre à 1 pour 100 près. Quelques coïncidences de ce genre se produisent avec d’autres sels; mais ce n’est pas général; qualitativement, l’hypothèse d’Arrhénius explique bien que l’abaissement soit plus fort pour les électrolytes, mais l’accord quantitatif, bon pour KC1, est mauvais pour le chlorure de cadmium, pour le sulfate de cuivre où la discordance dépasse 30 pour 100 entre l’abaissement calculé comme nous venons de le faire pour KC1 et l’expérience.
- Les partisans de la théorie des ions faisaient grand état également de certaines observations thermochimiques. Quand on mélange des solutions étendues de sels tels que le nitrate de potassium et le chlorure de sodium, on n’observe ni dégagement, ni absorption de chaleur; c’est la thermoneutralité (Hess 1842) ; les ionistes invoquent cet effet à l’appui de la dissociation complète en solution
- étendue; ce qu’on mélange, c’est d’une part (NO’) et K,
- d’autre part Na et Cl; les ions se mélangent sans plus et ils restent séparés dans le mélange comme avant. L’ennui est que cette thermoneutralité s’observe aussi pour des
- solutions concentrées où a = — est voisin de 0,50 et on
- L°
- ne peut plus en déduire que les ions sont seuls en solution puisqu’il y a seulement la moitié des molécules dissociées. Même remarque pour la chaleur de neutralisation des bases fortes et des acides forts; en chimie élémentaire, on écrit :
- HCl + NaOH = NaCl + H20 + 13,6 calories 3t on remarque que le même dégagement de chaleur s’obtient avec la potasse au lieu de la soude, avec l’acide aitrique au lieu de l’acide chlorhydrique. Les ionistes font remarquer ensuite que, en solution très étendue,
- HCl est dissocié en H et CL NaOH en Na et OH; après
- la réaction, NaCl est dissocié en Na et Cl; on retrouve ainsi ces ions inaltérés ; mais l’eau n’est pas dissociée et
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- la chaleur apparue serait tout simplement la chaleur de combinaison pour :
- H + OH = I PO ;
- il n’est pas étonnant alors de trouver la même dans tous les cas. L’ennui est que, d’après les mesures de Thomsen, antérieures pour certaines à Arrhénius, la chaleur de formation est aussi constante pour une concentration de 1/2 mol.-g par litre, où la dissociation de NaOH ne dépasse pas 70 pour 100 et comment expliquer alors que NaOH non dissocié n’intervient pas?
- Pour terminer ce réquisitoire contre la théorie de la dissociation partielle, nous citerons un dernier fait, invoqué d’abord à l’appui de cette théorie et qui, comme les précédents, s’est retourné contre elle ; il s’agit de la couleur des solutions. Tout le monde connaît la belle couleur bleue du sulfate de cuivre; on sait aussi que les solutions de sulfate de soude sont incolores; ces solutions contiennent les ions [SO4] et Na; ces deux ions doivent être incolores ; les solutions de
- sulfate de cuivre contiennent [SO4] et Cu; l’ion cuivre serait donc bleu. Pour tous les sels colorés, il y aurait ainsi au moins un ion coloré. Jusqu’ici pas de difficulté; celle-ci apparaît quand on veut chiffrer la couleur. Le sulfate de cuivre absorbe le rouge et le jaune; on peut choisir une lumière monochromatique, celle du sodium par exemple et évaluer numériquement l’absorption; pour cela on dissoudra une quantité déterminée de sulfate qu’on regardera dans un tube de 1 cm* de section. Si ce sont les ions Cu qui absorbent, il n’est pas indifférent d’employer une molécule de sulfate à telle ou telle concentration; à la concentration de 0,1 molécule-gramme au litre, la dissociation, d’après (2) serait a = 0,40; les 4/10 seulement du cuivre total absorberaient; en solution très étendue, tout le cuivre absorberait. L’expérience
- Fig. 6. — Mesure de la mobilité des ions dans une solution de HCl.
- montre que l’absorption est pratiquement indépendante de la concentration, à tel point que le sulfate solide absorbe de la même façon qu’une solution étendue, à condition que le rayon lumineux rencontre autant de molécules de sulfate dans les deux cas. Nous voici donc en présence d’une propriété que la théorie attribue aux ions et qui est pratiquement indépendante de la dissociation; il n’y a qu’un moyen de sortir de la difficulté; on gardera l’hypothèse de la coloration des ions et on admettra que la dissociation est constante, égale à sa valeur en solution étendue, c’est-à-dire toujours complète. C’est le point de vue de la nouvelle théorie des électrolytes forts.
- (A suivre.) * E. Darmois,
- Professeur à la Sorbonne.
- VIE ET MŒURS DES ELEPHANTS D’AFRIQUE
- Si, dans toute l’étendue du continent asiatique, l’éléphant est considéré comme un précieux collaborateur de l’homme, il n’en est pas ainsi en Afrique, où cet énorme pachyderme est considéré comme un gibier malfaisant.
- Aux Indes, au Siam, de grands troupeaux de ces colosses sont tantôt libres, tantôt soumis au dressage d’une horde de cornacs, pygmées chevauchant des monstres et les maîtrisant à volonté.
- Pendant une période de l’année, ils serviront aux travaux des cultures, au transport des bois ou de caravanes qui sur leurs dos élevés pourront franchir la jungle et défier le tigre, son royal habitant.
- Lorsque, à la case de l’indigène ou au palais du Radjah, il n’y aura plus pour eux quelque emploi, ils seront purement et simplement renvoyés dans la forêt où plusieurs semaines, même plusieurs mois plus tard, un cornac monté sur un éléphant « guide » viendra rassembler et emmènera le troupeau sans difficulté.
- Cette domestication a permis, dans ces pays accidentés, aux forêts infranchissables, de réaliser au cours des siècles bien des travaux.
- Durant le dernier quart de siècle de notre colonisation en Afrique, des rêveurs ou des novateurs ont voulu jeter les bases de l’élevage et du dressage de l’éléphant.
- Quelques-uns réussirent. Pas dans nos colonies malheureusement.
- Par contre, dans cet immense territoire qu’est le Congo belge, qui s’étend du quatorzième degré de latitude Sud, au cinquième degré de latitude Nord, des novateurs, presque toujours des indépendants, ont admirablement su venir à bout de la méfiance et de la sauvagerie de l’éléphant d’Afrique.
- Ceci prouve donc l’erreur d’opinion de certains Africains qui prétendent que cet animal est indressable-.
- La puissance de ce pachyderme, mise au service de nos colons et de nos colonisateurs, rendrait des services incalculables, en même temps que l’emploi de cette mon-
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- == 252 —....................—............—. =
- ture permettrait aux prospecteurs et aux voyageurs de pénétrer dans des régions inconnues, marécageuses et couvertes de forêts infranchissables.
- J’ai vu chez nos amis du Congo belge quelques troupeaux très bien dressés qui sont employés, au transport des bois lors du défricbage.
- Au Congo français un de ces animaux, d’une taille colossale, tirait des billes de bois de plusieurs mètres cubes.
- Tous les éléphants dont je parle étaient merveilleusement dressés et n’importe quelle personne pouvait les approcher et les caresser
- Toutes ces constatations m’incitèrent, lors de mon dernier voyage au Gabon, à me livrer à une étude concernant l’utilisation possible de ce riche cheptel, qui n’a servi jusqu’à ce jour qu’à détruire les plantations des indigènes et des colons.
- Plusieurs milliers de proboscidiens peuplent les forêts de nos colonies de l’Equateur africain, comprenant deux
- Fig. 1. — Eléphants d’Afrique employés au défrichement de la forêt.
- variétés assez distinctes, qui semblent, d’après les constatations que j’ai pu faire, et les renseignements que j’ai recueillis de divers côtés, ne jamais se mélanger.
- La première de ces variétés comprend l’éléphant A’Tibou, nom que lui donnent les indigènes du Gabon.
- Cette espèce a beaucoup de ressemblance avec celle de l’Asie, quoique en général l’animal adulte soit d’une taille plus élevée et plus massive.
- Celui-ci se distingue de l’autre espèce par ses oreilles qui ont la forme d’un trapèze irrégulier.
- D’autre part, cet éléphant a comme son congénère asiatique, de très grosses défenses.
- Les indigènes appellent la deuxième espèce Attiala, faux éléphant.
- Ce dernier, dont la taille ne se différencie point de l’autre variété, porte très peu d’ivoire.
- J’ai tué plusieurs grands mâles dont la taille dépassait trois mètres qui étaient d’un grand âge comme l’indiquaient la dimension de leurs pieds, la forme de leurs défenses ainsi que la contexture de leur rugueux épiderme
- qui était raboté et poli par un long frottement contre le tronc des arbres.
- Ces énormes bêtes portaient à peine une dizaine de kilogrammes d’ivoire. Par contre, celui-ci était de très bonne qualité.
- Chez ces deux espèces, je rencontrais invariablement des individus de robe différente, allant du gris blanchâtre au noir uniforme.
- J’ai même, sur la Gambie et au Gabon, rencontré quelques spécimens de couleur rougeâtre.
- Je ne puis dire, n’ayant pu me renseigner d’une façon suffisante, si cette pigmentation est accidentelle et passagère, ou si ces individus représentaient une troisième variété.
- La vie de cet énorme pachyderme dont le poids atteint plusieurs tonnes est fort curieuse à observer.
- Au cours des nombreuses poursuites que j’infligeais à ces géants des grandes solitudes et des sombres forêts, il m’a été permis de faire quelques remarques assez intéressantes :
- Lorsque l’eau vient à disparaître dans un cercle assez éloigné, l’éléphant, à l’aide de sa trompe dont il utilise le doigt, a vite creusé un puits. Celui-ci sera toujours de la dimension de son appendice nasal, et descendra jusqu’à un mètre cinquante de profondeur si cela est nécessaire pour atteindre la couche liquide.
- Presque toujours ce trou sera pratiqué dans un réseau de racines. J’ai toujours pensé que l’animal le creusait à cette place difficile pour éviter qu’il ne soit comblé par les sangliers et les buffles.
- Les éléphants préfèrent les endroits marécageux aux endroits secs. Dans la vase ces bêtes énormes se meuvent avec facilité, là où un être humain ne pourrait se sortir.
- Un jour, tirant un grand mâle de trois mètres vingt-cinq de hauteur, sa femelle, qui s’enfuit au grand galop, au bruit de la détonation, franchit à cette allure un tronc d’arbre, formant une barrière sur son passage, de un mètre vingt-trois centimètres de hauteur. Le plus grand saut de ces pachydermes que j’avais enregistré à cette date, n’était que d’un mètre seize.
- Les éléphants se nourrissent de tout ce que produit la forêt : jeunes pousses, plantes aquatiques, palmiers, feuilles, fruits; parfois même l’herbe de la prairie à une certaine époque de l’année.
- Par la grosseur des fientes, la dimension de l’empreinte des pieds, un vrai chasseur d’éléphants peut dire quelle est la taille de l’animal et son sexe.
- Pour mettre bas, la femelle cherche un endroit retiré au sol sec qu’elle débarrasse de tous les débris qui pourraient blesser sa progéniture
- Après la naissance de son petit, la mère restera à cet emplacement environ vingt-quatre heures, puis elle partira accompagnée de l’éléphanteau, qui suit alors ses parents avec une grande insouciance.
- Très souvent le petit s’arrêtera pour contempler une chose quelconque et n’accourra même pas à l’appel de la mère.
- Par contre, un seul cri du petit et le père et la mère arriveront, à la vitesse d’une locomotive, broyant tout sur leur passage.
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- 253
- Malheur alors à l’imprudent, homme ou animal, qui se serait attaqué au nouveau-né.
- Poursuivi par les chasseurs, l’éléphant fera preuve pour les dépister d’une intelligence extraordinaire.
- Au cours de mon dernier voyage je tirai un mâle énorme et lui traversai la trompe à la base de la mâchoire.
- Cette blessure provoqua une hémorragie considérable; pendant trois kilomètres il me fut facile de suivre l’animal, bien qu’il traversât une région dans laquelle plusieurs troupeaux avaient laissé de nombreuses traces.
- A un endroit je constatai un arrêt de la bête ainsi que deux petites cavités faites dans le sol par le doigt de la trompe m’indiquant que l’animal avait procédé à un pansement sommaire.
- Je ne m’étais point trompé, car à partir de cet endroit je ne trouvai plus une trace de sang.
- Ce qui me surprit davantage, c’est qu’à partir de cet endroit il me fut très difficile de suivre sa trace en ce sens que l’énorme corps passait au travers des branches et des arbres sans rien briser, alors que, pendant la première période de sa marche, je trouvais branches brisées, écorces arrachées, etc...
- Un autre cas plus typique concerne l’habileté de ces animaux :
- Un grand chef indigène de l’Afrique Equatoriale avait organisé une chasse à l’éléphant à la sagaie à laquelle je pris part.
- Les sagaies au manche petit et poli étaient tirées avec ces vieux fusils que possèdent les indigènes.
- Ces armes pourvues de barbes sont très pénétrantes et fort dangereuses.
- La bête dont je vais parler avait reçu une de ces armes tirée avec douze grammes de poudre noire, dans le côté droit de l’abdomen, vers la base du poumon.
- Le fer de l’arme était entré à plus de quarante centimètres.
- Après deux kilomètres de poursuite, nous trouvâmes le manche de la sagaie sur le sol, brisé en deux morceaux.
- A cette même place la trompe avait remué la terre fraîche.
- Un chasseur m’affirma, que là, la bête avait bouché sa blessure, mais, comme cela se passait en 1912, au début de mes chasses à l’éléphant, je restais très sceptique.
- Deux heures plus tard je dus me rendre à l’évidence.
- Le cadavre de l’éléphant était couché au bord d’un marécage, L’énorme pachyderme avait succombé à une hémorragie interne provoquée par le fer de l’arme qui était resté dans le poumon.
- Ce qui me surprit bien davantage, ce fut de trouver l’énorme blessure fermée par deux grosses boules de terre et de feuilles d’arbres amalgamées, qui avaient été enfoncées avec le doigt de la trompe.
- Combien d’autres cas il m’a été permis d’examiner depuis cette date lointaine, concernant cet intelligent animal, dont il est temps, en Afrique française, de faire un compagnon de l’homme !
- Je sais bien que pour mettre cette oeuvre au point, il y a à lutter contre de nombreuses difficultés. Néanmoins, il me semble assez facile de créer un premier parc de dres-
- Fig. 2. — Un éléphant du Congo de l’espèce nommée attiala.
- sage et d’élevage, si l’administration veut, comme toujours elle a su le faire, en assumer l’exécution, et en assurer les premières bases.
- Pour créer un ou deux parcs d’élevage et de dressage, avec un homme compétent à la tête, une somme de deux cent cinquante mille à trois cent mille francs serait suffisante.
- Il me semble donc assez facile de parfaire cette somme en frappant chez ceux qui trouvent dans nos colonies de l’Equateur une bonne hospitalité et le moyen d’élaborer de rapides fortunes. . >
- Le dressage de ces animaux servirait d’ailleurs bien plus à la colonisation qu’à l’administration elle-même. 11 ne me semble donc pas douteux que chacun y apporterait son effort avec cœur, donnant ainsi, à une de nos plus riches colonies, un moyen de transport dédaigné jusqu’à ce jour. Des éléphants aux côtés des tracteurs automobiles, et les colons et les coupeurs pourront aller aux endroits les plus difficiles de ce Klondyke du bois.
- Pierre Magard.
- Fig. 3. — Le dépeçage d’un éléphanl d’Afrique.
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- = ORIGINALE INSTALLATION POUR MISE A L’EAU DES PÉNICHES
- Les établissements Ramez et Dumez viennent de réaliser à Hautmont (Nord) un original appareil pour la mise à l'eau des péniches. Cette installation complète un chantier fluvial en bordure de la Sambre, ne gêne nullement la navigation et n’a nécessité aucune retouche à la rive de ladite rivière, qui décrit une courbe en cet endroit.
- L’ensemble comprend deux parties principales : un pont-roulant- et un berceau métallique destiné à soutenir les chalands en cours de montage ou de réparations. ,
- Le pont-roulant, d’une puissance de 70 tonnes, chemine sur deux rails parallèles ayant une longueur de 92 m 475 et un écartement de 42 m. Des porte-à-faux de 25 m 50 surplombent la Samhre à une hauteur de 20 m 50 au-dessus du niveau des eaux normales. Les poteaux de soutien reposent chacun sur des massifs en béton armé s’appuyant eux-mêmes sur des pieux du système Franki, car en ce lieu les rives sont formées par des remblais sur fond marécageux. Les constructeurs ont calculé les rails de roulement pour recevoir une charge totale de 140 tonnes. Le mécanisme de levage comprend : un moteur électrique semi-blindé d’une puissance de 35 ch alimenté par du courant triphasé 220 v 50 périodes, deux réducteurs de vitesse à vis sans fin accouplés directement à la dynamo et des arbres de roues hélicoïdales munis de pignons qui engrènent avec les roues clavetées sur les deux arbres transversaux. Ceux-ci portent également, à chaque bout, un pignon engrenant avec les couronnes boulonnées sur les 4 tambours de levage. Deux câbles d’acier, s’enroulant par chacune de leurs extrémités sur ces derniers et disposés pour un double mouflage à 4 brins avec poulies d’équilibrage, donnent au pont une course de 17 m en hauteur. La
- vitesse de translation du pont peut atteindre 15 m par minute. L’un des manchons d’accouplement, entre le moteur et un des réducteurs, sert de poulie de freinage qu’un électro-aimant actionne à volonté. En outre, le pont porte 4 crochets à commande entièrement mécaniques et électriques ainsi qu’un interrupteur de fin de course. Quant au mécanisme de translation, il se compose de 4 roues en acier moulé de un mètre de diamètre roulant sur rail Columéta, de 2 moteurs semi-blindés d’une puissance de 20 ch et à chaque extrémité du pont, d’un moteur muni de réducteurs de vitesse à engrenages droits et de manchons d’accouplement servant de freins. Tous ces organes qui assurent le fonctionnement du pont d’une manière parfaite, se trouvent, ainsi que la cabine des conducteurs, fixés à mi-hauteur des poutres principales de l’ossature métallique, formée elle-même de 2 poutres verticales à treillis en N et de 4 poutres transversales contreventées horizontalement. La cabine abrite, en particulier, le wattman, le tableau électrique, les résistances électriques et le mécanisme de levage, En outre, vers la partie médiane de l’installation régnent des passerelles métalliques avec platelage en bois pour faciliter les manœuvres.
- D’autre part, deux poutres verticales longues de 39 m, larges de 4 m 50 et écartées de 5 m 50 constituent le berceau métallique. Cette sorte de filet en treillis se trouve suspendue aux 4 crochets du pont par l’intermédiaire d’étriers forgés dans la masse et un seul contreven-tement horizontal existe dans le plan des membrures supérieures. Cette liaison permet le balancement des poutres sans aucun effort secondaire sous l’action des démarrages ou des freinages en translation.
- Sous es membrures inférieures des poutres verticales 1 se trouve une voie monorail avec courbes aux abouts, de façon à épouser la silhouette de la péniche et sur laquelle circulent des palans de une tonne pour le montage des éléments de celle-ci.
- Cette description achevée, voyons comment l’installation va permettre la mise à l'eau d'une péniche en moins d’une demi-heure.
- Après avoir enlevé les entretoises pendulaires inférieures, on amène le pont roulant au-dessus de l’embarcation, puis on descend le berceau qui vient emboiter cette dernière.
- Replaçant alors les entretoises inférieures, on lève le filet métallique avec le chaland jusqu’à ce qu’il puisse passer au-dessus des autres péniches se trouvant sur les cales voisines du chantier fluvial.
- La manœuvre dure environ 5 minutes.
- Le pont se dirige ensuite vers la Sambre, ce qui exige à peu près le même temps; la des» cente à l’eau prend le quart d’heure suivant. La péniche flotte avec son enfoncement à
- Fig. l. — Installation pour la mise à l'eau des péniches à Haulmonl (Nord).
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- vide normal et l’on tire alors le chaland de son berceau.
- Toutes ces opérations s’effectuent en moins d’une demi-heure.
- La reprise s’opère de même.
- On descend dans l’eau le berceau garni de ses entretoises inférieures, on y fait entrer le chaland et on lève. D’ailleurs, le nouveau dispositif imaginé par Ramez et Dumez rendra surtout service dans les chantiers fluviaux où l’on répare les péniches métalliques par suite d’avaries ou de vétusté. En effet, lorsque son habitation flottante sera sur cale, le batelier pourra, grâce à cette originale installation, continuer sa vie de famille sans changer de logement et sans rien enlever de son mobilier. Toutes les manœuvres s’opèrent avec tant de douceur et de facilités qu’il n’aura même pas besoin de déplacer sa vaisselle ou autres objets fragiles. J. de la Cerisaie.
- LA BOTANIQUE ET LA GUERRE
- Fig. 2. — Mise à l’eau d'une péniche.
- Dans La Nature du 21 juillet 1917, nous avons fait connaître les plantes étrangères à la flore de la Somme que nous avions récoltées aux alentours d’Amiens pendant la période de guerre de 1914 à 1917.
- Depuis nous n’avons cessé d’herboriser dans ces mêmes parages et nous venons donner le résultat de nos découvertes.
- A l’est d’Amiens, près du cimetière St Acheul, dans un grand terrain vague, une formation d’artillerie séjourna plus de deux ans pendant lesquels se succédèrent des corps de troupes bien différents.
- Pendant les années 1917 et 1918 nous récoltâmes là plus de 30 plantes appartenant aux flores les plus diverses. En voici la liste :
- Rœmëria hybrida, papavéracée du Midi, déjà signalée en 1917 à l’autre extrémité d’Amiens, Anthémis mixta, Sapo-naria vaccaria, Sisymbrium pannonicum, déjà signalé aussi et que j’ai retrouvé sur les ruines de la basilique d’Albert, sur les ruines d’Arras, de Reims, comme si cette plante venue des Empires centraux était caractéristique de la dévastation teutonne; Vicia lutea, Anacyclus velutinus, élégante composée du Midi.
- Planlago lagopus, Echinospermum lappula, Trifolium resupinatum, retrouvé plusieurs fois autour d’Amiens. Tur-genia lalifolia, Convolvulus versicolor, Aslragalus sesamus, Vicia peregriria, 2 légumineuses venues évidemment avec des fourrages. Cynosurus cristalus, Silene muscipula, Ambrosia artemi-sifolia, A. trifida du Canada que nous avons retrouvées à Poix, à 27 kilomètres d’Amiens, en compagnie d’une autre chénopodée de Sibérie : le curieux Axiris amarantoïdes. Des chevaux avaient séjourné quelques mois à l’endroit où nous les avons récoltées.
- Bupleurum rotundifolium, Lathyrus sphericus, L. hirsutus, Linum alpinum, Anethum graveolens, Phalaris nodosa, Scolymus aculeatus, une composée très robuste munie d’aiguillons acérés qui avait élu domicile aussi à Saleux à 10 kilomètres d’Amiens.
- En dehors de ce paradis des plantes adventices qu’était la rue Abladène, d’autres endroits autour d’Amiens nous ont offert des plantes curieuses. Notre ami M. Hugues, botaniste
- très consciencieux, a trouvé à 20 kilomètres d’Amiens, dans des prairies où ont cantonné des Anglais : Myagrum perfolia-tum, Rumex rupestris, Artemisia chamælifolia, une proche parente de la fausse absinthe aux feuilles très découpées, Chrysanlhemum coronarium, Chenopodium filicium, Elymus caput-medusæ, une impressionnante graminée comme l’indique son nom.
- Sisyrincliium Bsrmudiana, est une iridée étrangère qui ne vient pas tout de même des Bermudes, mais qui montre ses jolies petites fleurs bleues sur les routes de Provence et fut trouvée à l’est et à l’ouest d’Axniens.
- Près de la gare d’Abancourt, l’importante garé de jonction de la ligne de Paris au Tréport, les Américains établirent une très vaste gare de triage. Après l’armistice, toutes ces voies démontées se couvrirent d’une végétation très variée. Au milieu des plantes autochtones se montrèrent des plantes étrangères telles : Galeopsis ochroleucum, Sisymbrium pannonicum, toujours lui, Lepidium qirginicum.
- A la suite de quelles pérégrinations des plantes du Midi sont-elles venues s’épanouir à Montières-lès-Amiens, telles Grun-delia squarrosa, et une gentille Malvacée, Sida abutilon?
- Un endroit qui fournit bon nombre de plantes curieuses non pas toutes étrangères à la Flore de France, mais au moins à la Flore des environs d’Amiens, ce sont les francs bords du Canal de la Somme sur lesquels le service des ponts et chaussées dépose les produits des dragages du canal. Sur cette boue fertilisante une végétation extraordinaire se développe. On marchait dans un champ de chanvre; on écrasait des tomates et des melons, au moins des feuilles, sinon des fruits. Nous avons noté sur nos comptes rendus d’herborisation plus de 57 plantes qu’on ne trouvait pas là habituellement. Il y avait même des pieds de tabac.
- On explique facilement la présence de ces plantes : les ordures ménagères, les balayures sont chassées daus les ruisseaux qui le déversent dans les égouts, lesquels les amènent dans le canal. Toutes ces graines venues de cages à serins, à pigeons, à chardonnerets, chènevis, millet, graines de tomates ou de melon qui possèdent une enveloppe résistante, peuvent
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- Fig. 1. — Quelques plantes apportées dans la Somme par la guerre.
- En haut, de gauche à droite. Solarium sodomeum, Sisgmbrium pannonicum, Anthémis mixta. En bas, Roemeria hybrida, Polypogon monspelliense, Ambrosia trifida et A. artemisifolia.
- séjourner dans l’eau un assez long temps sans perdre leurs qualités germinatives.
- Déposées sur terre, au milieu de cette boue qui est un excellent engrais, elles prospèrent et envahissent tout le terrain. Le persicaires, quelques composées sont particulièrement nombreuses et vigoureuses. Quelques céréales : blé, seigle, orge, avoine élisent aussi volontiers domicile dans cette pampa. La troisième année, la végétation autochtone, les graminées de prairies ont à peu près chassé les intruses.
- Nous avons pu récolter cependant Glaucium flavum, une curieuse papavéracée à la capsule très longue et qu’on ne rencontre guère que sur le bord de la mer, à Cayenne-s-Mer, Erodium ciconium, Hyosciamus niger, la sombre jusquiame,
- habituellement très rare et là très abondante, Neslia panicu-lata, Chenopodium ambrosioïdes, var. anthelmenticum et toujours le fameux Sisymbrium pannonicum.
- Nous serions heureux que des confrères botanistes, placés dans des circonstances analogues aux nôtres, puissent nous adresser des observations de ce genre, dont la comparaison serait très intéressante pour la géographie botanique.
- Au centre même d’Amiens, dans la rue la plus commerçante, les importants magasins des Grandes Galeries, le passage du Commerce, furent détruits par un bombardement suivi d’un incendie.
- En peu de temps les ruines furent couvertes de végétation. Au bout de 5 ou 6 ans c’était une sorte de jungle dans laquelle
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- s’élevaient des saules de plusieurs mètres de haut. On se promenait au milieu d’armoises, de persicaires, de composées de toutes sortes. Les lauriers de Saint-Antoine (Epilobium spi-catum), faisaient admirer leurs hampes d’un beau violet d’évêque. On y trouva même une cucurbitacée du Midi, la Momordique (Ecbalium elaterium) donL le fruit se détache brusquement de son pédicelle : les graines sont lancées assez loin par l’ouverture.
- Elle est assez amusante l’histoire qui nous est arrivée avec une petite composée radiée trouvée au mois d’août au milieu de décombres,, sur un boulevard extérieur, à Amiens; nous n’avions jamais rencontré cette plante dans la région. Les Flores de France consultées ne nous permettaient pas de trouver le nom de cette belle inconnue, lorsqu’un jeune étudiant en pharmacie que nous initiions à la botanique nous dit, en voyant cette plante : « M'ais je sais ce que c’est, vous en trouverez une figure très exacte dans l’ouvrage de M. Gadeceau, Les fleurs des moissons et des cultures, édité chez F. Lechevalier. « C’était exact. A la page 30 dudit ouvrage, nous avons trouvé une représentation très fidèle de notre plante : c’était le Galinsoga parviflora du Pérou.
- Et le plus piquant de l’histoire, c’est que la description de cette -plante, qui se trouve au milieu de plantes exclusivement françaises, est suivie de cette note : Ne paraît pas avoir été constatée jusqu’ici en France — ce qui est faux du reste, car un de nos amis, excellent botaniste, l’a rencontrée au début de la guerre près de Rouen : il a pu l’identifier au Jardin bo-
- tanique de Rouen. Elle existait en si grande quantité qu’il a cru qu’il s’agissait d’une plante industrielle ou fourragère nouvellement introduite. Cette plante préoccupe depuis longtemps les botanistes qui ne s’expliquent pas bien sa présence en Europe. Le Bulletin de la Société botanique de France (mai, juin 1930) s’occupe assez longuement de ce Galinsoga qui a été signalé en 1905 en Russie, en 1928 parfaitement naturalisé à Bellinzona, en Italie. Depuis plusieurs années il se répand en Suisse. « En résumé, dit le Bulletin cité, cette plante signalée dès 1800 par de Candolle a été l’objet de nombreuses observations dans la première partie du xix® siècle; elle semble depuis 1910 suivre une marche envahissante. Il est remarquable qu’on ait déjà attribué son extension aux guerres : elle est appelée Racine française en Allemagne parce qu’elle est arrivée au moment des invasions en Poméranie, Hanovre et Brandebourg. »
- Cette année, va s’ouvrir l’Exposition coloniale qui occasionnera un grand déplacement de peuples, avec des bagages, des caisses remplies d’emballages végétaux, venus de tous les pays d’outre-mer. Quand l’exposition aura fermé ses portes, que les palais auront été démolis, il se développera certainement une flore adventice très curieuse, analogue à celle qui s’est montrée au Trocadéro après l’exposition coloniale de 1900 et qui a inspiré à M. Henri Lavedan une chronique étincelante (L’Illustration, 1907), contribution magnifique et inattendue à la grande question de la dissémination des plantes.
- Virgile Brandicourt.
- LES ACCUMULATEURS ELECTRIQUES
- L’ACCUMULATEUR « IRONCLAD »
- L’accumulateur électrique est une machine qui s’apparente étroitement à la pile électrique. Celle-ci, on le sait, fournit de l’énergie électrique par voie chimique; mais les matières consommées dans les piles usuelles, zinc en général, sont fort coûteuses, ce qui explique que ce générateur d’électricité soit resté confiné dans des emplois modestes.
- L’accumulateur n’est, au fond, qu’une pile particulière, à tel point qu’on l’appelle souvent « pile secondaire », mais avant tout, c’est une pile qui possède la propriété d’être réversible, c’est-à-dire de pouvoir, après épuisement, être régénérée dans son état initial par le simple passage d’un courant (courant de charge), de sens inverse au courant de décharge.
- Considérons, par exemple, une pile Daniell : l’électrode négative est du zinc plongeant dans de l’eau acidulée par de l’acide sulfurique et l’électrode positive est en cuivre immergé dans une solution de sulfate de cuivre, contenue dans un vase poreux. Si l’on fait débiter du courant par cette pile, le zinc se dissout en donnant du sulfate de zinc, pendant que le sulfate de cuivre est réduit à l’état de cuivre qui se dépose sur l’électrode positive,
- Zinc -j- Sulfate de cuivre -> Sulfate de zinc -f- Cuivre.
- Si, à présent, on fait passer dans la pile un courant de sens opposé à celui qu’elle tend à produire, quand elle est active, le sulfate de zinc est réduit et le zinc se
- dépose tandis que le cuivre se dissout à l’état de sulfate de cuivre.
- Sulfate de zinc -f- Cuivre —>- Zinc -j- Sulfaté de cuivre.
- La pile est ainsi régénérée et ramenée à sa composition primitive; elle est prête à fonctionner de nouveau.
- Tout se passe, comme si, dans la deuxième opération (charge), on avait accumulé une certaine quantité d’énergie électrique qui peut être restituée par la pile, lorsqu’on la fait débiter, comme dans la première partie de l’expérience. Cette pile particulière est un accumulateur et le fait qui le distingue de la pile ordinaire, d’où découle toute sa suprématie, c’est qu’il est susceptible d’être régénéré et qu’ainsi il ne nécessite pas un remplacement de matière active après décharge.
- Pour qu’un tel dispositif pût rendre de véritables services, il fallait :
- Fig. 1. — Coupe schématique d’un groupe de plaques d’un accumulateur Ironclad.
- Plaque négative
- ~vx tt Matière active
- Plaque Ame conductrice
- positive [ywjk V02/ÀM1—7û6e en èbonite
- Séparateur Nervure de renfort
- en bois
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- 0 !23%56789 10 Temps (heures)
- Fig. 2. — Courbe de décharge d’un accumulateur Ironclad.
- 1° Que les matières employées ne réagissent pas à circuit ouvert (c’est-à-dire ne débitent pas de courant, de façon à permettre un fonctionnement discontinu), ou tout au moins que les réactions soient minimes;
- 2° Que le rendement ne soit pas mauvais, c’est-à-dire que l’on retrouve la plus grande partie de l’énergie absorbée lors de la charge;
- 3° Que la capacité d’un élément, c’est-à-dire la quantité d’électricité qu’il peut pratiquement fournir à la décharge, soit assez considérable.
- Cette triple condition permet de comprendre que, bien que la réversibilité des piles ait été observée pour la première fois en 1801, par un physicien français, Gautherot, ce n’est qu’en 1859 que Planté, entreprenant des recherches systématiques, devait aboutir à la découverte de l’accumulateur au plomb, lequel est encore, à l’heure actuelle, le plus employé. Et c’est pourquoi il nous a paru intéressant d’en rappeler le fonctionnement.
- L’ACCUMULATEUR AU PLOMB
- Planté remarqua que, si l’on envoie un courant continu, sous potentiel constant à travers une solution d’acide sulfurique, à l’aide de deux électrodes en plomb, ce courant, d’abord très intense, diminue progressivement, jusqu’à prendre une certaine valeur constante, comme si le système considéré débitait un courant de sens contraire à celui que l’on fait passer. On constate en même temps que l’électrode reliée au pôle positif s’est transformée superficiellement en peroxyde de plomb,
- Fig. 3. — Graphique montrant les variations de la tension en fonction du régime de décharge pour un accumulateur au plomb ordinaire et un accumulateur Ironclad.
- 01 2-3 45 67 89 10
- Durée de la décharge (heures)
- tandis que, sur l’autre électrode, la surface primitivement recouverte d’une légère couche d’oxyde a été ramenée à l’état de plomb spongieux. Si, à ce moment, on interrompt ce courant de charge, on constate que les deux électrodes présentent une différence de potentiel voisine de 2 volts et si l’on relie ces électrodes par un circuit extérieur, on constate la production d’un courant de sens inverse au courant de charge et d’une durée limitée : lorsque le courant de décharge cesse, les deux électrodes sont recouvertes de sulfate de plomb.
- Tel est le principe de l’accumulateur au plomb. Disons un mot de la formation des plaques. Celle-ci peut être ou naturelle ou artificielle, dite encore à oxyde rapporté.
- 1° Formation naturelle. — Lorsque l’on charge un élément après l’avoir déchargé une première fois, on constate que la couche de peroxyde de plomb qui se forme sur le pôle positif est plus considérable, parce que la couche réduite est poreuse et laisse pénétrer plus avant l’action chimique; la plaque négative, de son côté, s’est recouverte d’une couche spongieuse de plomb réduit qui se prête mieux aux actions chimiques que la surface lisse initiale. Par suite de ces deux circonstances, la seconde charge ainsi que la décharge consécutive, ont une durée plus grande.
- En renouvelant un grand nombre de fois ces deux opérations on est ainsi arrivé à former des couches actives assez épaisses pour que les quantités de matières intéressées dans les réactions fournissent des courants de longue durée. Cette série d’opérations constitue la formation naturelle des plaques d’accumulateurs : ce système a l’inconvénient d’être long et coûteux, et Planté s’est préoccupé, dès le début, d’activer la formation des éléments et de la rendre plus économique.
- 2° Formation rapide ou autogène. — Au lieu de s’en remettre au soin des décharges successives pour adapter mieux les surfaces lisses initiales aux actions chimiques, on ajoute dans la première charge des substances chimiques qui libèrent des substances favorisant la peroxydation des lames de plomb des plaques positives. Les plaques négatives sont obtenues en partant des plaques positives que l’on réduit par le courant, réduction qui rend le métal plus spongieux, plus apte à réagir.
- Ces procédés sont délicats à employer : il faut, en effet, avoir soin d’éliminer complètement, de la plaque ainsi formée, toute trace de matière ajoutée, sous peine de voir les matières actives se désagréger très rapidement. On y arrive par des lavages soignés et répétés.
- 3° Plaque à oxyde rapporté. — Au lieu de provoquer le dépôt des matières actives par l’un des procédés déjà décrits, procédés toujours longs, coûteux ou délicats à employer, M. Faure a eu l’idée d’appliquer directement sur les plaques de plomb, ou dans des orifices ménagés, une pâte composée d’oxyde de ce métal malaxé avec une solution sulfurique qui transforme partiellement l’oxyde en sulfate, lequel sert de liant et cimente la masse. Le minium sert à recouvrir les plaques positives et la litharge les plaques négatives.
- Il suffit alors d’une seule charge lente et prolongée
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- dans un bain d’acide sulfurique faible pour amener le sulfate à l’état de peroxyde à l’anode et de plomb réduit à la cathode. Ainsi l’on dispose tout de suite d’un accumulateur contenant une grande quantité de matières actives et doué par conséquent d’une capacité considérable.
- L’ACCUMULA.TEUR FER-NICKEL
- L’accumulateur au plomb a joui longtemps d’un véritable monopole. U y a une vingtaine d’années il a vu surgir un concurrent dans l’accumulateur fer-niclcel ou accumulateur « Edison » qui, très utilisé en Amérique, est encore discuté en Europe.
- Un élément « Edison » chargé se compose :
- D’une électrode négative dont la matière active est constituée par du fer métallique à l’état spongieux;
- D’une électrode positive dont la matière active est constituée par un oxyde de nickel hydraté;
- D’un électrolyte constitué par une solution de potasse à 20 pour 100 qui reste invariable pendant les réactions
- COMPARAISON
- DES DEUX TYPES D’ACCUMULATEURS
- Avant d’établir la comparaison des deux systèmes, cherchons les différentes qualités à demander à un bon accumulateur. Ce sont :
- 1° Une tension aux bornes, variant peu pendant la décharge. — En effet, si l’on veut utiliser, par exemple, l’accumulateur à la traction électrique, la vitesse du véhicule est sensiblement proportionnelle à la tension appliquée au moteur. Il faut que cette vitesse varie peu pendant le même parcours total du véhicule; si la tension fournie par les accumulateurs baisse d’une façon appréciable, il faudra augmenter le courant, pour maintenir le véhicule à la même vitesse : or les moteurs électriques fonctionnant à plus faible tension et plus grande intensité de courant ont un rendement moindre et la consommation d’énergie par tonne-km est plus élevée.
- 2° Résistance électrique faible. — On sait qu’un accumulateur consomme intérieurement une énergie proportionnelle à sa résistance, énergie non utilisable et d’effet nuisible puisqu’elle ne tend rien moins qu’à échauffer l’accumulateur. Cette perte est d’autant plus forte que le courant débité est plus grand, c’est-à-dire que la décharge est plus courte. On étudiera par conséquent, la tension aux bornes, ou la capacité en fonction, soit du courant débité, soit du temps de décharge.
- 3° Robustesse très grande. — Cette qualité est nécessaire surtout pour les accumulateurs destinés à la traction électrique.
- 4° Longue durée. — C’est-à-dire la possibilité d’un grand nombre de charges et décharges sans aboutir à une diminution trop forte de capacité.
- 5° Un bon rendement en énergie et en quantité d’électricité.
- 6° Un prix et un poids acceptables.
- Comment se comportent les accumulateurs au plomb et au fer-niclcel devant ces six conditions ?
- Rendement en quantité
- Durée de la décharge (heures)
- Fig. 4. — Graphique montrant la constance du rendement de l'accumulateur Ironclad aux différents régimes de décharge.
- Plomb Fer-niclcel
- Variation de tension
- pendant la décharge bonne :
- Résistance intérieure 15 pour 100 faible
- Rendement en énergie 75 pour 100
- — en quantité 90 pour 100
- Prix (à égalité d’éner- gie)
- Robustesse faible
- Durée faible
- mauvaise :
- 30 pour 100 forte
- 55 pour 100 60 à 80 pour 100
- 2 à 3 fois plus cher bonne bonne
- Ce tableau fait ressortir la supériorité technique de l’accumulateur au plomb et par contre la plus grande robustesse (vis-à-vis des chocs et des vibrations) et la plus grande durée de l’accumulateur au fer-nickel.
- La solution idéale serait donc un accumulateur au plomb, à la supériorité technique reconnue, dont on aurait amélioré la durée et la robustesse. C’est à cette double exigence que répond l’accumulateur « Ironclad » qui a reçu la consécration de la pratique depuis de nombreuses années en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Avant d’étudier ce type particulier d’accumulateur, nous voudrions insister sur ce point : on croit souvent que le développement de la traction par accumulateurs est lié à la découverte d’un élément plus léger que celui que nous connaissons. C’est une erreur. Un accumulateur, cent fois plus léger que les types actuels, ne donne
- Fig. 5. — Graphique montrant la faible variation de tension de l'accupile dans le temps.
- 50 H
- Durée de la décharge
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- 260
- rait encore que 5 kw-h, soit 4300 grandes calories par kg, alors qu’un kg d’essence représente 11 000 calories. Mais là n’est pas la question et M. Jumau a montré, que, pour un camion parcourant Paris à une vitesse de 20 km à l’heure, sur un parcours limite de 80 km, ce qui correspond sensiblement aux besoins pratiques d’une journée de fonctionnement d’une camionnette de livraison, une batterie ne pesant que les 13 pour 100 du poids total serait suffisante. Le problème de la traction par accumulateurs est avant tout un problème d’ordre économique et non une question de poids.
- L’ACCUMULATEUR « IRONCLAD »
- On sait que, dans tout accumulateur au plomb, mais principalement dans ceux comportant des plaques à oxyde rapporté, c’est l’électrode positive qui en limite la durée. La matière active tombe peu à peu de son support et la plaque périt, par insuffisance de matière active, alors que l’électrode négative permettrait encore un usage prolongé. Cette chute provient, en grande partie, du foisonnement dû à l’augmentation de volume que subit la matière active, pendant son fonctionnement. En effet le phénomène de la décharge peut se résumer ainsi : une molécule d’oxyde, pesant 239 gr donne une molécule de sulfate de poids 303 gr. Or, la densité du sulfate est de 6,2 alors que celle de l’oxyde est de 9,4, si bien que le rapport des volumes après et avant décharge est de :
- 303 X 9,4 239 X 6,2
- 1,925.
- On a cherché à retenir mécaniquement la matière active sur le support; on a essayé par exemple, des plaques entièrement recouvertes d’une enveloppe poreuse (pour laisser passage à l’électrolyte) telle que de la porcelaine ou de l’amiante, mais on a dû reconnaître qu’il filtrait, au travers de cette enveloppe, une quantité importante de matière, composée principalement de sulfate de plomb à l’état très ténu. De plus, il fallait trouver un diaphragme inattaquable à l’acide de l’électrolyte et l’amiante elle-même est attaquée et introduit dans l’électrolyte des traces de fer nuisibles. On a employé du coton de verre, mais il comporte des sels alcalins qui se dissolvent dans l’électrolyte et apportent certains troubles dans le fonctionnement.
- Une autre difficulté surgissait : on a vu que la charge et la décharge faisaient subir à la matière active des variations de volume dans un sens ou dans l’autre, amenant des déformations dans les plaques; de ce fait, il devenait impossible d’employer des plaques planes sur lesquelles on appliquerait d’une façon permanente des diaphragmes.
- Ces deux inconvénients ont été évités dans la fabrication de l’accumulateur « Ironclad »; voici quelle est la forme qu’on a donnée à l’électrode positive : elle est constituée par un assemblage de petites électrodes cylindriques comportant elles-mêmes :
- 1° Une âme conductrice ou « épine » en alliage de plomb inoxydable;
- - 2° Un tube en ébonite portant, le long de deux géné-
- ratrices opposées, deux nervures de renforcement ainsi que le montre la coupe schématique (fig. 1).
- La matière active est introduite dans le volume libre entre le tube en ébonite et le conducteur central. Pour assurer le passage de l’électrolyte, le tube d’ébonite est muni de fentes très fines et très nombreuses et qui vont de l’une à l’autre des nervures de renforcement. On réalise ainsi les quatre avantages suivants : la matière active est maintenue au maximum; la résistance n’est pas augmentée par suite des fentes qui assurent le passage de l’électrolyte; il n’y a pas à craindre d’attaque du diaphragme d’ébonite; la forme en tube très allongé, donc très élastique, permet les variations de volume de la plaque.
- La plaque négative diffère peu d’une plaque négative ordinaire à oxyde rapporté; la seule particularité à signaler est la suivante : il arrive souvent, dans les accumulateurs ordinaires que les fines particules de matière positive, en suspension dans l’électrolyte, se déposent sur la tranche supérieure des plaques négatives, se réduisent à l’état de plomb spongieux et provoquent des courts-circuits entre les parties supérieures des électrodes positives et négatives. Pour obvier à cet inconvénient, on a enrobé la nervure supérieure horizontale de la plaque négative par une feuille de caoutchouc vulcanisé.
- Enfin, pour éviter tout court-circuit entre les plaques, on a appliqué des feuilles de bois traitées spécialement, d’un côté directement sur les plaques négatives, et de l’autre côté sur les nervures des tubes d’ébonite.
- La maison Tudor fabrique actuellement un élément I A E7 dont les principales caractéristiques sont :
- Nombre de plaques : positives, 7; négatives, 8.
- Capacité au régime de décharge : en 5 heures, 226 ampères-heure; en 1 heure, 147 ampères-heure; en 0 h. 5, 115 ampères-heure.
- Intensité du courant de charge : au début, 38 ampères ; à la fin, 15 ampères.
- Intensité du courant de décharge : en 5 heures, 45 ampères; en 1 heure, 147 ampères.
- Poids total de l’élément en marche : 24,1 kg.
- Nous allons montrer que l’accumulateur « Ironclad » obéit aux six conditions énoncées plus haut :
- 1° La tension aux bornes varie peu pendant la décharge, comme le montre le graphique (fig. 2) : pendant les six premières heures, la tension reste comprise entre 2,1 et 2 v.
- 2° La tension aux bornes varie peu suivant le régime de débit : quand la durée de la décharge diminue, c’est-à-dire quand l’intensité du courant débité augmente, la tension aux bornes varie peu, comme le montre le graphique (fig. 3).
- 3° La disposition adoptée réduit au minimum les pertes de matière active, conséquences inévitables des chocs et des vibrations, dans les accumulateurs au plomb ordinaires.
- 4° L’accumulateur « Ironclad » est susceptible d’une très longue durée. Il peut supporter plus de 1000 cycles complets de charge et décharge, sans réduction importante de capacité, alors qu’un accumulateur ordinaire
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- au plomb comporterait déjà une diminution de 20 pour 100 dans sa capacité.
- 5° Le rendement est celui d’un accumulateur au plomb : 90 pour 100 en quantité d’électricité et 75 pour 100 en énergie et cela dans un domaine de décharge assez étendu, comme le montre le graphique 3.
- 6° Quant au poids, il est inférieur à celui d’un accumulateur ordinaire, pour des capacités équivalentes :
- L’accumulateur I A E7 d’un poids total de 24,1 kg a une capacité de 226 A-h au régime de 5 h.
- L’accumulateur Tudor SB 3 pèse49,2kgpourunecapa-cité de 180, A-h au môme régime.
- On comprend ainsi l’intérêt particulier qu’offre ce type d’accumulateur dans toutes les applications à la traction : camions, chariots, automotrices de chemin de fer, d’une façon générale, chaque fois qu’il faut allier des qualités de robustesse et de longue durée aux qualités techniques et économiques de l’accumulateur au plomb. D’ailleurs, et il faut bien insister là-dessus avec M. Jumau, l’accumulateur « Ironclad » n’est pas un élément nouvellement sorti des laboratoires, mais un accumulateur qui a victorieusement résisté aux épreuves d’une longue pratique : il a pris la première place dans les pays où la traction par accumulateurs est particulièrement développée comme en Angleterre et aux Etats-Unis. Les Américains ont en effet reconnu depuis longtemps les avantages propres à la traction par accumulateurs. A la fin de 1925, 15 000 camions, 15 000 chariots d’usine et 3000 locomotives en service fonctionnaient à l’aide d’accumulateurs « Ironclad ».
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- D’autres accumulateurs, devant remédier également à la chute trop rapide de l’oxyde rapporté des plaques positives, ont vu le jour, sous l’impulsion des besoins de la traction électrique. Tels sont l’accumulateur S. M. protégé par une enveloppe d’ébonite, qui contient autour d’une âme en plomb antimonié un alliage spongieux de plomb et de sodium. L’accumulateur de French-Willard comporte des séparateurs en ébonite traversés par des mèches de coton, perméables à l’eau acidulée, mais capables de maintenir indéfiniment l’oxyde de la plaque positive. Mais là. une longue pratique n’est pas encore venue confirmer ces conditions avantageuses.
- L’ACCUPILE
- Il restait jusqu’à présent des applications où l’accumulateur ne pouvait remplacer la pile : dans les batteries de chauffage des filaments des lampes de T. S. F. les horloges électriques, les sonneries électriques, la télégraphie et la téléphonie, d’une façon générale là où l’on n’a besoin que d’un très faible courant. Les piles assurent pai'faitement ce service, pendant de nombreux mois sans soins particuliers. Au contraire, des accumulateurs électriques ordinaires ne pourraient être conservés longtemps en service, parce qu’en circuit ouvert, c’est-à-dire, sans débiter de courant, ils s’épuisent complètement en peu de mois, par suite d’actions internes ou locales.
- Il a paru intéressant de réaliser des accumulateurs présentant des actions locales excessivement réduites de façon à substituer aux piles des accumulateurs, ce qui constitue toujours une économie.
- L’accupile répond à ce but et permet ainsi des applications à courant faible, dans lesquelles la recharge n’est possible qu’à des intervalles de temps très éloignés.
- Pour réduire au minimum les actions locales, on a agi sur tous les facteurs possibles : pureté des matières premières employées; montage spécial des électrodes dans le bac (grand écartement évitant toute possibilité de court-circuit par détachement de matières actives, cloisons de verre séparant le bac des plaques, évitant de la même façon les court-circuits par le dépôt de la matière active), etc.; par ailleurs, c’est un accumulateur au plomb ordinaire.
- en existe trois types :
- ’ype Capacité en régime de décharge de 0 à 2000 heures.
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- AC 20 ampères-heure.
- AC 40 —
- AD 80 —
- Le graphique 5 montre bien la faible variation de la tension aux bornes, mesurée soit aussitôt après la charge, soit un an après. La différence n’est que de 0,1 v soit 5 pour 100 du voltage.
- L’accupile peut ainsi donner et assurer une utilisation de plusieurs mois sans recharge et rester longtemps au repos sans perte notable de sa capacité. Arnoux.
- CE QU’ON VERRA A L’EXPOSITION COLONIALE INTERNATIONALE DE PARIS
- Maintenant que se dressent, au milieu des arbres du bois de Vincennes, les pittoresques pavillons dans lesquels on pourra bientôt admirer les productions, les merveilles artistiques et les curiosités si diverses des colonies françaises et étrangères, il nous semble indiqué de jeter un coup d’œil d’ensemble sur l’œuvre que le gouvernement a chargé le maréchal Lyautey de mener à bien.
- Quel est le but de cette Exposition coloniale internationale de Paris et qu’y verront les visiteurs quand elle ouvrira ses portes au printemps prochain ?
- L’idée d’une telle manifestation fut émise voilà une quinzaine d’années, mais naturellement on n’y songea plus au milieu des préoccupations de tout autre ordre qui assaillirent l’Europe au cours de la Grande Guerre. Après
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- la tourmente on reprit le projet, que justifiait, d’ailleurs, le remarquable développement de nos possessions d’outremer. Depuis 1870, en effet, le Coq Gaulois ne se contenta plus de quelques « arpents de sable à gratter », selon une ironique et malheureuse prophétie de nos rivaux de jadis. Mais grâce à ses hardis explorateurs et à ses valeureux officiers, la France a étendu son empire colonial sur plus de 60 millions d’habitants, qui occupent 12 millions et demi de kilomètres carrés.
- En outre, les importants services que nos diverses
- de nos colonies, puis finalement on élargit le programme primitif en l’internationalisant, de manière que les visiteurs puissent se documenter également sur les possessions coloniales des principales nations civilisées. En principe, le Commissariat général de l’Exposition acceptera les produits agricoles et industriels ainsi que les objets artistiques provenant de l’Algérie, des colonies françaises ou étrangères et des pays de protectorats ou sous mandat d’une Puissance. On y exposera également une importante documentation relative au déve-
- téi Fig. 1. — Plan de l’Exposition coloniale internationale.
- 1, pÂf Section métropolitaine. — 2. Musée permanent des colonies.— 3. Cité des informations. — 4. Madagascar. — 5,v3 JJ, Restaurants.
- — 6. Somalis. — 7. Inde française. — 8. Guyane. — 9. Missions. — 10. Océanie. — 11. Nouvelle-Calédonie. — 12. Martinique. — 13. Réunion. — 14. Guadeloupe. — 15. Palais d’Angkor. — 16. Indochine. — 17. Diorama. — 18. Tonkin. — 19. Coehinchine. — 20. Commissariat.
- — 21, 23. Presse. — 22. Laos. — 24. Annam. — 25, 26. Cambodge. — 27. A. O. F. •— 28. A. E. F. — 29. Forces d’outre-mer. — 30. Maroc.
- — 31. Tunisie. — 32. Algérie. — 33. Saint-Pierre et Miquelon. —34. Tourisme. — 35. Belgique. — 36. Togo et Cameroun. — 37. Suez. — 39. Levant.-—40. Danemark. —41. Jardin zoologique. — 42. Italie. — 43. Hollande. — 44. Beaux-Arts. — 46. États-Unis. — 47. Portugal.—
- 48. Gares intérieures.
- colonies ont rendus à la mère-patrie attaquée légitiment une telle manifestation.
- Mais indépendamment des sentiments de reconnaissance, la Métropole a tout intérêt à mettre en lumière et à activer les échanges avec ses colonies. Actuellement le commerce de la France avec ses possessions d’outremer atteint environ 15 milliards et les exportations métropolitaines aux colonies dépassent les importations d’environ 2 milliards, ce qui contribue grandement à équilibrer notre balance commerciale.
- On décida donc de dresser l'inventaire des ressources
- loppement physique, moral, intellectuel et social des races vivant dans ces diverses régions. D’autre part, les produits agricoles, industriels ou artistiques que la France exporte aux colonies y figureront en bonne place tandis qu’une documentation très étendue montrera faction matérielle, morale et intellectuelle de la France dans ces territoires. Enfin on y verra encore les objets manufacturés par la Métropole avec les matières premières coloniales.
- Actuellement une armée d’architectes, de techniciens, d’ouvriers spécialisés et de décorateurs travaillent à réaliser, de façon artistique, sur une étendue de 110 hec-
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- tares dans le bois de Vincennes aux portes mêmes de Paris, des constructions variées où viendront loger des naturels de toutes races. Chaque habitation possédera son architecture caractéristique. Les Algériens et les Tunisiens vivront dans des maisons de style arabe. Les nègres de l’Ouest africain vaqueront à leurs occupations habituelles dans des huttes en paille copiées sur celles qui se dressent dans le Cameroun ou sur les bords du Congo. Les Indo-Chinois pourront se livrer aux exercices de leur culte dans une pagode représentant en petit une des ailes du Temple d’Angkor. Les Ilovas et les Malgaches travailleront dans des cases analogues à celles qu’on rencontre à Madagascar tandis que d’authentiques Tahitiens s’abriteront dans des cabanes rappelant celles des villages de la merveilleuse île d’Océanie. En quelques heures, le promeneur de l’Exposition coloniale pourra faire son « tour du monde » et se familiariser avec presque toutes les races humaines.
- L’entrée principale se dresse à la Porte de Picpus à l’extrémité de l’avenue Daumesnil. A droite, se trouve la Cité des informations formée de deux longs bâtiments contenant les offices des pays participants, des diverses colonies, des associations et des entreprises privées. Dans ces bureaux, les visiteurs pourront se renseigner sur tous les sujets d’ordre colonial. Le hall monumental de ladite cité abritera, en outre, une salle de lecture, des guichets des banques, des compagnies de chemins de fer et de navigation, des agences de tourisme et une salle de cinématographie où l’administration fera projeter des films documentaires relatifs aux colonies et à leur activité sous toutes ses formes. Là, se tiendront aussi les congrès réunis à l’occasion de l’Exposition.
- De l’autre côté de l’avenue Daumesnil, sur l’emplacement des anciennes fortifications, on a édifié un vaste palais de 80 mètres de largeur et de 500 mètres de long, dont une tour en béton armé de 80 mètres de hauteur surmonte l’entrée. Cet édifice abritera les sections métropolitaines et à proximité, se voit le Musée permanent des Colonies, le seul bâtiment qui survivra à l’exposition;
- Fig. 2. —- L’escalier monumental du Temple d’Angkor.
- il occupe une superficie de 5 400 mètres carrés et sa façade principale précédée d’une galerie de 30 colonnes est revêtue d’un immense bas-relief représentant des scènes de la vie exotique. Dans les trois étages de ce Musée, on exposera de très intéressants documents
- Fig. 3. — Le palais de l'Indochine, représentation exacte du temple d’Angkor-Vai.
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- Fig. 4. — Le palais de l’Afrique Occidentale Française, dont la tour centrale s’élève à 45 m.
- rétrospectifs et actuels susceptibles de donner une idée précise de la colonisation française depuis ses origines jusqu’à nos jours. Dans une salle du rez-de-chaussée une mappemonde géante montrera l’importance de notre empire colonial et un planisphère lumineux mesurant 12 mètres sur 6 mètres la complétera : plongeant dans une cuve profonde, il comportera plusieurs surfaces en verre taillé dont un dispositif électrique permettra d’illuminer les zones successives. Ces dalles vitrées représenteront les différentes parties du monde où flotte le drapeau français. Dans le voisinage de ce planisphère, se déroulera un film très précis, qui situera, dans le temps,
- Fig. 5. —
- les sujets ainsi présentés dans l’espace. A chaque étape de nos conquêtes coloniales correspondront la date de notre prise de possession, le nom de la contrée et la figure du principal fondateur dudit établissement. Enfin dans ce Musée, le Pr Gruvel, est en train d’organiser un splendide aquarium qu’il se propose de peupler des plus remarquables habitants des fleuves, des rivières et des lacs de nos principales colonies.
- Dans la partie du bois de Vincennes comprise entre le lac et l’avenue de Gravelle, les sections françaises dévoileront leurs richesses. Entre tous ces pavillons, se distingue le Palais de VIndochine, reproduction exacte du
- L’allée de la grande avenue des colonies. Vue vers les pavillons de la Guadeloupe, de la Réunion, de la Martinique et de l’Océanie.
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- Fig. 6. — Village [étichisle entouré d'habitations lacustres rappelant celles des lagunes du Dahomey et de la Côle d’Ivoire. Fig. 7. —- Pavillon de la Côte des Somalis et pavillon des Indes françaises.
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- Temple d’Angkor-Vat avec ses escaliers presque verticaux, ses galeries disposées en cloîtres, ses cinq coupoles couronnées de tiares dentelées s’élançant dans le ciel à 50 et 60 mètres. Au-dessus d’un soubassement carré de 70 mètres de côté et de 14 mètres de haut, des salles et des galeries enchâssent quatre cours intérieures spacieuses. A l’extérieur, une galerie d’enceinte de 120 mètres de côté, flanquée de tours, s’ouvre en son milieu dans l’axe de l’esplanade. Aucun monument ne convient mieux par la majesté de ses lignes et de ses perspectives, par la grâce de ses dentelures, de ses fines colonnettes, de ses frises ouvragées, pour symboliser dans la grandeur de son passé le prestige de notre grande possession asiatique. Dans cette enceinte et sous ces voûtes, brillera, selon les paroles du gouverneur général Pasquier, non seulement « l’Indochine des pagodes, mais aussi celle des usines, des mines, des plantations et des grands ports, l’Indochine des palanquins et des éléphants, mais aussi celle des grandes voies ferrées, des grands postes de T. S. F , et des lignes de navigation aérienne; une Indochine traditionnaliste, infiniment touchante, enveloppée dans un linceul de forces défaillantes, mais aussi une Indochine jeune, frémissante, s’éveillant sous le regard de la France à tous les progrès, une Indochine prête à l’action où sourd de toutes parts la force vive d’un admirable renouveau ».
- De leur côté, les Palais de la France méditerranéenne : Algérie, Tunisie, Maroc et Syrie ne le céderont pas à la reconstitution d’Angkor. Dans un grand hall carré de 22 mètres de côté en particulier, l’agriculture algérienne se trouvera glorifiée avec les dioramas de ses vignobles, de ses forêts, de ses plantations de tabac ou de palmiers-dattiers, de ses orangeraies, de ses champs de primeurs et de fleurs tandis que dans des petits pavillons annexes figurant des souks, on verra des artisans indigènes, des tisseurs de tapis tunisiens et autres « gagne-petit » ai’abes.
- Du terrain en forme de potence attribué au Maroc à Yincennes, les architectes Fournez et Laprade ont su tirer parti fort habilement pour mettre en vedette l’empire du Maghreb. Sur son grand axe s’échelonnent les étages que le visiteur devra suivre en commençant par la salle réservée à la commémoration des fastes du Gouvernement chérifien, associé par la France à l’œuvre de régénération entreprise dans le pays. Les arts indigènes apparaîtront dans un joli salon marocain avec une voûte en carène de navire, décorée de peintures et percée de deux larges baies s’ouvrant sur de vastes panoramas dont l’un représente Fez avec ses maisons entassées et l’autre la rouge Marrakech se détachant sur le fond neigeux des cimes de l’Atlas. En opposition avec ces richesses succédera une cour du Dar el Mahkzen, aux murs blancs et nus, d’aspect sévère et rude, surmontée de créneaux caractéristiques, évoquant la grandeur de certaines époques de l’histoire marocaine.
- Plus loin, des deux côtés d’une esplanade centrale, seront disposées des petites boutiques en bordure d’un canal d’eau, s’étendant sur toute la longueur de l’esplanade et qu’entoureront de très curieux jardins avec pergolas, copiés sur ceux des célèbres « Oudaïas » de Rabat.
- Puis sur la place de l’Afrique du Nord ainsi appelée parce qu’elle groupera, autour du Pavillon du Maroc, ceux de l’Algérie et de la Tunisie, s’ouvriront, à gauche un café et à droite un restaurant tous deux, bien entendu, marocains comme tout l’ensemble. Dans le café, les amateurs pourront goûter au thé à la menthe et savourer la boisson douce, parfumée, que n’oublie aucun de ceux qui y ont trempé leurs lèvres.
- La série des petits gâteaux, des bonbons, sucreries de Moulay Idris, seront présentés aux palais délicats. Le restaurant offrira de son côté la série inoubliable des plats moghrebins : les couscous, les méchoui et les tadjui aux olives, entre autres.
- Parcourons maintenant la ville soudanaise qui occupe un emplacement de près de 4 hectares situé au nord du lac Daumesnil. Au centre, le Palais de l’Afrique occidentale française se dresse avec sa tour de 45 mètres de hauteur dans laquelle les visiteurs pourront monter, grâce à un ascenseur, afin de contempler le panorama de l’Exposition. Après avoir traversé un grand vestibule, on entre dans une vaste cour, plantée de palmiers africains et commune aux 9 stands particuliers des colonies du groupe. Après avoir cheminé dans les ruelles étroites de la ville musulmane de Djenné fidèlement reconstituée avec sa mosquée, ses maisons aux murs grossiers de pisé rouge et sa population d’artisans nègres, le promeneur atteindra un village fétichiste, où des habitations lacustres rappe-leront celles qui donnent aux lagunes du Dahomey et de la Côte d’ivoire un aspect si original. Là se tiendra une exposition des pêches africaines.
- Sur le lac artificiel, parmi le va-et-vient des piroguiers, circuleront en liberté, canards, grues, ibis, marabouts et pélicans.
- Pour construire le Palais de l’Afrique équatoriale française, son architecte Fichet s’est inspiré du style en honneur dans la région du Logoue, la patrie des célèbres « négresses à plateaux ». Au centre, il a édifié une case circulaire en forme d’obus avec galeries circulaires. Là se trouvera groupé tout ce qui a trait au commerce, aux grandes chasses aux fauves, aux produits locaux, aux efforts faits par nos médecins coloniaux pour lutter contre la terrible maladie du sommeil, aux remarquables travaux de nos ingénieurs et de nos techniciens pour établir.le chemin de fer Congo-Océan, pour outiller les ports de Brazzaville, de Port-Gentil ou de Pointe-Noire qui sont déjà des villes florissantes.
- Passons rapidement sur la maison polynésienne construite sur pilotis en roncs de cocotiers par MM. Billecocq père et fils ; on y logera les merveilles des Etablissements français du Pacifique tandis que la petite Mosquée avec un patio central abritera les exposants de la Côte française des Somalis. Délaissons encore le Pavillon de l’Inde française dont le style classique hindou, la véranda fleurie et les meubles magnifiques nous rappelleront le souvenir de nos riches comptoirs de l’Inde dent nous n’avons conservé, hélas! que Pondichéry, Karikal, Mahé, Chandernagor et Yanaon.
- Abordons, enfin, pour terminer notre rapide visite, à la grande île de Madagascar.
- Dans l’eau calme d’un lac artificiel, un double por-
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- tique se reflétera et près de là partiront sous l’effet ordonné des pagayeurs, les pirogues à balancier venues de Nossi-Bé. Un peu plus loin, se dresseront les cases de la cité industrielle, peintes de vives couleurs et dans lesquelles des artisans malgaches travailleront comme chez eux. Une poterne fermée par un rocher roulant, copie fidèle des barrières fortiliées des vieux hovas marquera l’entrée de cette agglomération indigène entre des massifs d’arbres et des prairies où paîtront des bœufs de Madagascar. Devant ce lac, un Palais sobre et sévère dans le style des anciennes demeures des rois malgaches érige sa masse imposante. Bâti sur un soubassement de pierres, rouges comme le sol de l’Emyrne, il élèvera vers le ciel le faîte aigu de son toit couvert de ces tuiles de bois qui prennent, en veillissant, des teintes admirables. Montant d’un seul jet, un escalier monumental ressemblant à ceux de Tananarive mènera à la première terrasse, prolongée vers la gauche par une aile en retour, enfermant une cour ombragée.
- Un « aloalo » votif de 45 mètres le flanquera, immense colonne sommée de trophées de bœufs, car, à Madagascar, mêlé au folklore, aux superstitions locales, le bœuf tient une place essentiel e.
- Le Palais contiendra un hall aux vastes dimensions sur lequel des galeries en balcon permettront l’exposition des souvenirs archéologiques, les précieuses cohec-
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- tions de l’Académie malgache et, surtout, les documents du Gouvernement général, et des stands, des vitrines, des tableaux où tous les produits du pays affirmeront leurs riches variétés.
- Enfin autour du lac Daumesnil se donneront de splendides fêtes nautiques. Le visiteur fréquentera tel restaurant dans equel les meilleurs plats français lui seront servis, et tels autres où son palais se familiarisera avec la cuisine épicée indochinoise, arabe ou nègre. Et dans vingt théâtres il ira écouter des musiques étranges, des chants nostalgiques et assister aux ébats chorégraphiques des danseurs ou des danseuses exotiques.
- Mais, dans l’esprit des organisateurs de l’Exposition coloniale, dont les participations de la Belgique, de la Hollande, de l’Italie, de la Grande Bretagne et de l’Italie rehausseront l’éclat en lui donnant un cachet d’universalité, cette manifestation ne doit pas être seulement prétexte à réjouissances et à amusements; elle doit servir (Tenseignement au public. Il faut que ces spectacles divers, que la contemplation raisonnée de ces ensembles architecturaux et que l’observation des genres de vie de ces peuplades parfois un peu primitives mais encore jeunes, fassent naître chez tous les Français, le désir de favoriser la mise en valeur des immenses richesses de notre vaste empire colonial.
- Jacques Boyer.
- CORRECTION DE LA VUE DES TIREURS
- A LA CIBLE
- UNE NOUVELLE LUNETTE DE TIR
- Il peut paraître superflu, au premier abord, de vanter les avantages du tir, — du tir de précision en particulier, — aussi bien au point de vue individuel qu’au point de. vue social. Tout le monde, semble-t-il, s’accorde à reconnaître que c’est une merveilleuse école de sang-froid, qui demande de la volonté, du calme, du jugement, de la patience et développe au plus haut point l’adresse, la précision des gestes, la maîtrise de soi.
- Il est bon cependant de rappeler ces avantages, car, malheureusement, depuis la guerre surtout, mais déjà auparavant, à la suite de l’avènement, puis du développement du cyclisme, et plus encore, de l’automobilisme, le tir a été de plus en plus délaissé au profit d’autres exercices ou d’autres distractions, souvent moins nobles et aussi moins utiles.
- Dans un pays à faible natalité, comme le nôtre, il faudrait remplacer la quantité déficiente par un surcroît de qualité. Les jeunes générations, plutôt attirées vers d’autres manifestations dans lesquelles le côté spectacle entre pour une large part, se détournent peu à peu du tir et les amateurs de ce sport se recrutent plus difficilement qu’autrefois. Les stands, qui s’étaient multipliés après la guerre de 1870 et qui étaient très fré-
- quentés alors, sont de plus en plus désertés aujourd’hui.
- L’Union des Sociétés de tir de France, association nationale fondée en 1866 et reconnue d’utilité publique, groupe cependant encore environ 3000 sociétés, qui représentent 400 000 membres, mais cela fait à peine un tireur pour 100 habitants, surtout si l’on tient compte de ce que certains des sociétaires inscrits ne le sont qu’à titre de membres honoraires et ne tiennent jamais une arme. De plus, si l’on compare ces chiffres à ceux d’autres pays, on peut voir tout le retard que nous avons vis-à-vis d’eux. La Suède et la Norvège, l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, l’Italie, la Suisse développent leurs sociétés de tir. Pour ne parler que de ce dernier pays, qui compte au maximum 3 millions et demi d’habitants, on y trouve plus de 250 000 tireurs, soit un pour 14 habitants.
- Il y aurait un intérêt évident à ne pas nous laisser distancer par nos voisins et à tâcher de ramener à la pratique de ce sport tous ceux qui sont susceptibles de s’y intéresser et de faire figure honorable dans un tournoi par exemple. Or ils sont plus nombreux qu’on ne se l’imagine généralement. Beaucoup de personnes croient en particulier qu’il est nécessaire d’avoir une vue absolument normale pour pouvoir obtenir des résultats appré-
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- ciables dans un concours et préfèrent s’abstenir, plutôt que d’essayer, si elles ne l’ont pas. D’autres, qui arrivaient à être bien classées, voyant diminuer leurs succès aux approches de la cinquantaine, quand l’effet de la presbytie commence à se manifester et les empêche de voir nettement la mire, quittent définitivement un exercice pour lequel elles avaient cependant des dispositions particulières.
- Il est certain qu’une bonne vue est un atout considérable pour pratiquer avec fruit le tir de précision. Mais il n’est pas du tout indispensable que cette bonne vue soit naturelle, c’est-à-dire qu’elle soit due à l’œil seul. La correction optique des vices de réfraction : myopie, hypermétropie, astigmatisme, presbytie, à l’aide de verres bien choisis, assure déjà, souvent, une acuité
- peuvent obtenir une acuité, ou excellente, ou au moins suffisante. Mais il est nécessaire, comme il vient d’être dit, que ces moyens soient employés convenablement. On a, en effet, placé des sténopés sur le canon de l’arme même, où ils ne remplissent que très imparfaitement leur but. Ils sont alors beaucoup trop loin de l’œil pour constituer un bon diaphragme, et la netteté relative qu’ils donnent dans cette situation est encore diminuée, au bout de peu de temps, par les effets de réfraction des différentes couches d’air chaud qui montent de l’arme. Aussi un grand nombre d’amateurs, après avoir essayé de s’en servir, les ont abandonnés.
- Placés tout près de l’œil comme un verre de lunette, ou contre celui-ci quand le tireur en porte, ils doivent être exactement centrés pour ne pas gêner la position
- Fig. 1. — La lunette de tir Schmutz-Vandelle.
- visuelle noi'male ou suffisante. Mais on peut y ajouter l’effet du trou sténopéique, encore appelé sténopé. C’est, on le sait, un orifice circulaire, une sorte de diaphragme, de petites dimensions qui doit être placé à peu de distance de l’œil, aussi près que possible,’ même, pour garder tous ses avantages, et dont les bords doivent être bien nets. On le perce généralement dans une plaque métallique noircie et on lui donne un diamètre de un à trois millimètres. Placé correctement devant l’œil, comme un verre de lunette, de façon que l’axe visuel passe par son centre, il permet de voir les objets plus nettement quelle qu’en soit la distance et précise, par exemple, les contours du cran de mire, du guidon et de la mouche.
- Grâce à ces différents moyens, presque tous ceux dont la vue est anormale par suite d’un défaut de réfraction
- normale de la tête au moment de la visée. Enfin, et ceci a une grosse importance, il faut qu’ils soient bien perpendiculaires à l’axe visuel, de même que les verres correcteurs d’ailleurs.
- Or, cette orientation convenable est déjà loin d’être toujours réalisée avec les montures de lunette ordinaires, même dans la position du tireur debout. L’inclinaison de la tête contre ’arme fait le plus souvent que le verre a une certaine obliquité par rapport à cet axe. Dans le tir à genou, et surtout dans le tir couché, cette obliquité est encore bien plus grande et les déviations que subissent alors les rayons lumineux sont très préjudiciables à la précision du tir.
- Il était donc indiqué de remédier à ces défauts par une monture de lunette qui permît le déplacement des verres
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- ou des plaques sténopéiques pour que leur orientation fût toujours correcte quelle que soit la position du tireur.
- Cette monture existe depuis peu de temps. Elle a été imaginée par un inventeur français, M. Schmutz-Van-delle. Elle a été dénommée lunette de tir E. N. M. parce qu’elle a été adoptée, après une longue et minutieuse étude, par l’Ecole nationale des Matches (Union des Sociétés de tir de France) (x), pépinière des tireurs d’élite qui défendent les couleurs françaises aux matches internationaux.
- Robuste, bien que légère et peu encombrante, cette lunette, construite en nickel durci, inoxydable, ressemble un peu aux montures d’essai employées par les oculistes et les opticiens; mais, au lieu des drageoirs fixes qu’ont en général ces modèles, elle comporte des drageoirs, ou plutôt des demi-drageoirs, mobiles dans tous les sens grâce à des articulations à rotule sur lesquelles ils sont montés. Devant l’œil viseur, ces demi-drageoirs, formant ressort, peuvent ainsi recevoir instantanément :
- a) des verres correcteurs si le tireur a un défaut de réfraction ;
- b) des verres colorés, de teintes variées, qui peuvent augmenter la netteté de la vision et éviter l’éblouissement par les grandes lumières;
- c) enfin des trous sténopéiques, dont tout un jeu, allant de un à trois millimètres de diamètre, est fourni avec la lunette pour répondre aux différentes intensités d’éclairement qui peuvent exister au moment du tir.
- Devant l’œil non-viseur on peut également placer un verre de couleur ou une plaque métallique pleine qui
- ]. 46, rue de Provence, à Paris (9e).
- sert à éviter la fatigue causée par le clignement prolongé des paupières.
- Enfin un nez-selle mobile se place entre les deux yeux, à la hauteur que l’on désire, grâce à une tige réglable dans le sens vertical.
- Les mouvements, très étendus dans tous les sens, que l’on peut imprimer facilement et rapidement aux drageoirs, permettent toujours de centrer exactement et de placer correctement, tout près de l’œil et dans une direction bien perpendiculaire à l’axe visuel, les verres et les trous sténopéiques.
- On peut s’étonner, à première vue, que le jeu des plaques sténopéiques n’ait pas été remplacé par un diaphragme-iris. Réglable à volonté, celui-ci aurait en outre l’avantage de pouvoir être laissé à demeure sur la monture, puisqu’à lui seul il tiendrait lieu, et au delà, de toute la série des disques perforés. Mais, les bords de l’orifice, constitués, dans ce diaphragme par la réunion d’un grand nombre de lames, ne forment pas une ligne aussi nettement circulaire que ceux des trous percés à l’emporte-pièce et donnent un halo très important et par conséquent très gênant. Les inconvénients de ce diaphragme seraient donc beaucoup plus grands que ses avantages.
- La lunette E. N. M. répond à tous les desiderata des tireurs de précision dont un certain nombre l’emploient déjà avec succès et elle est appelée à rendre de très grands services à la cause du tir. Soumise à la Commission supérieure des Inventions, l’Office national des Recherches scientifiques et industrielles et des inventions l’a transmise au Ministère de la Guerre dont les services compétents l’examinent actuellement.
- D1 G. Quentin,
- Ophtalmologiste des Hospices de Reims.
- LA TOUR QUI CHANTE
- ET SON SANCTUAIRE DES OISEAUX
- Le premier février 1929, à 3 h. 45 après-midi, le président Coolidge, accompagné de Mme Coolidge et de son état-major, après un voyage de 3600 km en chemin de fer, arrivait dans une délicieuse petite propriété d’une vingtaine d’hectares, baptisée du nom de Mountain Lake, et sise sur le point le plus élevé de l’Etat de Floride, à égale distance de l’Atlantique et du golfe du Mexique, à hauteur de Jacksonville.
- Mountain Lake est dans le voisinage de la ville de Lake Wales.
- Que venait faire, à pareille distance de son habituel séjour, le chef de l’Etat américain ?
- Il venait inaugurer, la Tour qui chante et le Sanctuaire des Oiseaux — The Singing Tower and the Bird Sanc-tuary — don princier au peuple américain d’un citoyen parvenu, comme on parvient là-bas, à force d’énergie et d’activité, M. Edward W. Bok.
- Né en Hollande, à Helder, l’an 1863, Edward W. Bok
- avait 6 ans quand ses parents l’amenèrent à Brooklyn. Il fréquenta l’école publique et débuta comme tout petit employé à la Western Union Company. En 1882, il entrait chez l’éditeur Henry Holt et, quatre ans plus tard, fondait The Bok Syndicale Press qui le mena à la fortune.
- Ayant pris sa retraite d’activité en 1919, il s’occupa très activement d’œuvres sociales et fit profession d’« ami de la beauté » — lover of beauty — et de champion de la « coopération des peuples en vue d’assurer la paix du monde ». En cette seconde qualité, il fonda, en 1923, un prix américain de la Paix, de 100 000 dollars. En la première, il créa, en 1921, Y American Foundation qui vient d’inaugurer le Sanctuaire et la Tour de Mountain Lake.
- A quel but répondait cette fondation ?
- Pour s’en rendre compte, il suffit de lire l’inscription de la plus grosse des cloches du carillon de la Tour qui
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- = 270 =" "........... ----------———...............: —
- pèse le poids coquet de 10 544 kg, et la petite préface écrite par M. Bok en tête de la jolie brochure illustrée qui résume son œuvre.
- Sur la cloche sont gravés ces mots :
- « Ce carillon est un hommage affectueux de Edward William Bok à ses grands-parents : Amis de la beauté. »
- Dans la préface, on peut lire :
- « Le Sanctuaire et la Tour sont nés d’une inspiration analogue à celle des rêves. Les deux réalisent ce rêve de continuer l’œuvre de mon grand-père qui, il y a cent ans, transforma l’affreux désert qu’était une île de la mer du Nord, à dix milles de la côte des Pays-Bas, en un vert bocage de prairies et d’arbres, où sont venus des oiseaux qui ont rendu l’île fameuse.
- « Une inspiration n’a que peu de valeur si on ne la réalise pas. Pour moi, j’ai eu la bonne fortune de trouver deux collaborateurs sympathiques qui ont réalisé ce que voient maintenant les visiteurs. Ces deux hommes sont, pour le Sanctuaire,
- M. Frederik Law Olms= ted; pour la Tour, M. Milton B. Medary.
- « C’est grâce à ces deux hommes particulièrement qualifiés que j’ai pu exécuter mon projet d’offrir au peuple américain un lieu d’excursion capable de toucher, par la beauté de ses fleurs, de ses plantes, de ses oiseaux, la superbe architecture de sa tour, l’harmonie de la musique de ses cloches, les âmes des visiteurs en les pénétrant de calme reposant et les tenant sous l’impression du beau.
- « Cette création m’a, en même temps, permis de réaliser le vœu de ma grand’mère qui disait à ses enfants et petits-enfants : « Où que vous passiez votre existence, rendez le monde un peu plus beau ou un peu meilleur en souvenir du temps que vous y aurez passé. »
- Voilà qui explique pourquoi le Sanctuaire de Mountain
- Lake est consacré aux plantes, aux fleurs, aux oiseaux, et pourquoi la Tour chante.
- Parmi les arbres, arbustes et fleurs qui ont été introduits dans ce domaine où l’on ne voyait que des pins, on peut citer 1000 chênes de 6 à 12 m de hauteur, 100 palmiers, 300 magnolias, 500 gordonias, 10 000 fougères
- 8000 azalées, des iliacées de la tribu des houx, des éléagnées, des ver-bénacées, etc.
- Parmi les oiseaux, il convient de signaler en particulier des oiseaux-moqueurs, des rossignols et des flamants.
- C’est, en somme, une sorte de paradis terrestre que M. Bok a voulu créer dans un site enchanteur.
- Les comptes rendus des cérémonies du 1er février rapportent que le prési= dent a bien voulu planter lui-même un palmier dont il a entouré la racine de douze bonnes pelletées de terre. Mme Coolidge a tenu à suivre l’exemple de son éminent époux. De plus, elle a eu la bonne fortune de voir • les rossignols, d’ordinaire fort distants, accepter de sa main quelque nourriture.
- M. Coolidge a prononcé ensuite un important discours dans lequel il a célébré la Floride au nom enchanteur, et l’œuvre de M. Bok et de. ses collaborateurs.
- Puis les cloches se sont mises à sonner, actionnées par les poings habiles du maître carillonneur Anton Brees, d’Anvers, un des virtuoses de l’art campa-naire.
- Ces cloches sont au nombre de 61. Elles constituent quatre octaves chromatiques représentant un poids de bronze de 55 850 kg.
- La dernière octave est double. Ce procédé de duplication des notes aiguës à poids très faible — la plus petite ne pèse guère que 7 kg — permet le renforcement du son.
- Le carillon a été fondu en Angleterre par la vieille et célèbre maison Taylor, de Loughborough, dont le chef
- Fig. 1. — La Tour qui chante.
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- actuel est M. Denison Taylor, frère cadet de feu John Taylor, dont plusieurs fils ont été tués en France, où ils servirent pendant la guerre.
- On sait que, depuis quelques années, les Américains se sont engoués de la musique des cloches. Ils ont un écrivain qui s’est enthousiasmé pour cette musique, et publie à son sujet de fort intéressants ouvrages, M. W. Gorham Rice. En ce moment même, M. Gorham Rice a sous presse un travail qui fera suite à Carillon music and singing Towers of the old World and the New.
- Parmi les installations faites par cette maison, ces tous derniers temps, aux Etats-Unis, je citerai les suivantes :
- Birmingham (Alabama), Eglise presbytérienne : 25 cloches, la plus grosse 77 kg.
- Andover (Massachusetts), Académie Phillips:30cloches, la plus grosse, 1064 kg.
- Gloucester (Massachusetts), Eglise portugaise : 31 cloches, la plus grosse, 1281 kg.
- Morristown, Eglise Saint-Pierre : 35 cloches, dont la plus grosse pèse 2038 kg (New Jersey).
- Germantown (Pensylvanie), Eglise : 48 cloches, la plus grosse, 3020 kg.
- Cranbrook (Michigan), Eglise du Christ : 48 cloches, la plus grosse, 3048 kg.
- Springfield (Massachusetts), Eglise de la Trinité : 48 cloches, la plus grosse, 3591 kg.
- Albany (New York), Hôtel de Ville : 47 cloches, la plus grosse, 5082 kg.
- Indianapolis (Indiana), Cathédrale : 48 cloches.
- En tenant compte du doublement des cloches de l’octave aiguë dans un certain nombre de ces carillons, on trouve qu’Albany, Springfield, Germantown, Indianapolis, Cranbrook ont en réalité, la première, 60, les quatre autres 61 cloches.
- Le jeu des cloches peut s’effectuer de trois manières.
- Tout d’abord par le système ordinaire des Flandres, avec clavier à coup de poing, dont il a été question dans les colonnes de La Nature à diverses reprises; ensuite, par l’intermédiaire d’un clavier analogue à celui d’un piano, dans lequel les doigts du joueur mettent simplement en action des pistons électropneumatiques qui se chargent de lancer ces marteaux (ces marteaux sont parfois fort lourds, le plus puissant à Mountain Lake pèse plus de 200 kg); enfin, automatiquement, par l’intermédiaire
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- d’une bande dans le genre de celles qui sont utilisées dans les pianolas.
- Les cloches de Mountain Lake sont installées dans la Tour, au-dessus des six étages en lesquels elle est partagée, et qui sont desservis par un petit ascenseur. La chambre du carillonneur est immédiatement au-dessous des grosses cloches. L’artiste a d’ailleurs à sa disposition toutes les commodités désirables, en particulier un cabinet de toilette avec salle de bains.
- La Tour s’élève en un site fort pittoresque et sur le bord d’un lac charmant dans lequel elle se reflète. De son sommet on aperçoit la Floride à perte de vue et l’on peut compter, paraît-il, 36 lacs.
- Elle est carrée et mesure 15 m 50 de côté à la base. A peu près aux trois quarts de sa hauteur, elle change de physionomie et devient octogonale.
- Elle a été dressée sur 160 piles de ciment et mesure 62 m de hauteur. Sa construction a nécessité l’emploi de 444 tonnes d’acier avec 47 246 rivets, 600 tonnes de pierre et 1692 tonnes de briques. Commencée en juillet 1927, elle a été complètement terminée en juillet 1928.
- Parmi les œuvres d’art remarquables qu’elle comporte, figure la grande porte d’entrée qui représente, en bronze, en une série de panneaux, l’histoire de la création du monde depuis la Genèse.
- L’heure est donnée par un magnifique cadran solaire vertical déclinant.
- Notons encore que la Tour renferme deux citernes de cuivre et d’acier pouvant contenir 120 tonnes d’eau, laquelle est amenée du lac voisin par des pompes et appareils fonctionnant électriquement. Ces citernes servent au service du Sanctuaire.
- L’inauguration de ce monument assurément singulier s’est faite devant une assistance de 50 à 60 000 personnes.
- Ce chiffre est considérable, la Floride étant un Etat fort éloigné des régions les plus actives des Etats-Unis.
- Chaque jour, depuis l’inauguration, il vient des visiteurs. Et on présume que Mountain Lake deviendra un lieu de pèlerinage laïque, une sorte de Temple de la Nature, où celle-ci se montrera communiquant avec la pensée humaine.
- C’est, en tout cas, une bien curieuse manifestation du Love of beauty au pays du business et de la rationalisation à outrance.
- Léopold Reverchon.
- ON ENTEND, AU HAUT-PARLEUR
- L’HERBE CROITRE, LES CŒURS BATTRE ET LES POUMONS RESPIRER
- On a fait, dernièrement, de « Radio-Wien »,la station de T. S. F. de la capitale d’Autriche, par les principales stations allemandes, une retransmission d’un rare intérêt. Les battements du cœur, les bruits respiratoires et d’autres phénomènes tels que le passage des courants dits d’action qui accompagnent le fonctionnement de nos or-
- ganes, étaient présentés aux auditeurs par le Dr F. Schelminzky. professeur à l’Université de Vienne, qui, dans une conférence très remarquée, expliquait les méthodes dont il se servait.
- Les difficultés s’opposant à la transmission, par T. S. F., des battements du cœur sont dues à leur faible intensité
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- 272
- Fiij. 1. — La transmission de courants musculaires.
- acoustique et à l’interférence de vibrations mécaniques de la poitrine. Aussi convient-il de se servir de systèmes électro-magnétiques, plutôt que de microphones à grenaille de charbon.
- L’électro-stéthoscope mis au point par M. Schelminzky comporte une espèce de boîte de haut-parleur dans laquelle on insère une membrane de fer spéciale et un cône de caoutchouc appliqué contre le thorax aux différents points à ausculter. Aussi les vibrations sonores correspondant aux palpitements du cœur induiront-elles des courants électriques dans la bobine du système, tandis que les vibrations purement mécaniques se trouvent absorbées. Un amplificateur à trois étages donne aux vibrations sonores enregistrées par ce système l’intensité d’un bon écouteur; en y joignant un autre amplificateur, on peut même réaliser une intensité de haut-parleur.
- Chaque battement du cœur se compose de deux sons se succédant en suite rapide et l’un d’eux (le premier ou le dernier) est plus accentué, suivant l’endroit qu’on examine. L’appareil est d’une sensibilité suffisante pour faire entendre même les battements du cœur de petits animaux ; ils sont d’autant plus rapides que l’animal est plus petit : (500-700 dans le cas de la souris, 150-200 dans celui du lapin, tandis qu’une personne d’âge moyen n’en a que 70 par minute). Il va sans dire que les suites rapides de battements se fondent en un bourdonnement continu.
- Fig. 3. — Dispositif pour faire entendre la croissance des plantes.
- D’une façon analogue, on fait, au moyen de l’électro-stéthoscope, la démonstration des bruits respiratoires; l’entrée et la sortie bourdonnante de l’air se distinguent parfaitement.
- On fait également, avec ce même appareil, la démonstration des courants électriques accompagnant les processus vitaux, fonctionnement des organes, mouvements des muscles, etc. Un ruban de feuille métallique, recouvert d’une bande trempée dans une solution de sel marin, enveloppe le bras à deux endroits convenablement choisis (et x'eliés aux bornes) ; on entendra alors, dans le haut-parleur, un bourdonnement très marqué, toutes les fois qu’on serrera le poing ou qu’on déjffacera la main d’une façon quelconque.
- Après la conférence et les expériences de M. Schelminzky, on a procédé à des démonstrations particulièrement suggestives : il s’agissait de mouvements d’une petitesse extrême qu’on transmettait par T. S. F., grâce à un ultra-inicromètre, construit par le regretté Prof. Richtera, d’après un principe imaginé par Whiddington. Il consiste à produire des interférences entre deux circuits vibratoires, reliés à un haut-parleur, dont la membrane n’émet que le son différentiel.
- Fig. 2. — L’ultramicromèlre. '
- Au fond, à gauche : le dispositif pour faire entendre la croissance des plantes.
- Lorsqu’il s’agit, par exemple, d’observer la croissance d’une plante, la racine de celle-ci s’attache au bout d’un levier léger en matière isolante, portant, d’autre part, un disque de condensateur; l’autre disque, faisant face à celui-ci, est fixe. Quand la racine de la plante est en croissance, le disque supérieur, s’approchant du disque inférieur, modifie la capacité du condensateur et, par conséquent, la hauteur de la note différentielle.
- Ces expériencès ont fait voir que la croissance d’une plante n’est nullement uniforme ; bien au contraire, des périodes de croissance rapide alternent avec d’autres de repos en apparence, absolu. Cet appareil est assez sensible pour indiquer même l’allongement minime dû à quelques secondes de contact de la main avec le disque mobile du condensateur. Dr Alfred Gradenwitz.
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- CALENDRIER PERPÉTUEL
- Lundi Mardi Merci'. Jeudi Vend. Same. Dim a.
- / 2 3 4 S 6 7
- Quantièmes 1 8 2 9 3 10 4 11 5 12 6 13 7 14
- 15 16 17 18 19 20 21
- 22 23 24 25 26 27 28
- 29 30 31 i -
- Mois Févr. Sept. Avril Octob Janv. Août Mars
- Juin Déc. Juillet Mai Nov.
- u / > <Ü ^ si 13 53 ' «n *5!N u § 1 \ 600 500 400 300 200 100 00
- C. julien 1300 2000 1200 1900 1600 1100 1800 1500 1000 1700 900 1600 800 1500 700 1400
- ^ f C.gré- 2000 1900 1800 1700
- B! *0 û, \ gorien 2400 2300 2200 2100
- 01 02 03 04 05 06
- .S 07 08 09 10 11
- 12 13 14 15 16 17
- 18 19 20 21 22 23
- 24 25 26 27 28
- s 29 30 31 32 33 34
- 35 36 37 38 39
- 40 41 42 43 44 45
- •Si Q> 46 47 52 53 48 54 49 55 50 51 56
- *3 c 57 58 59 60 61 62
- c BS 63 64 65 66 67
- 0> 68 69 70 71 72 73
- •Ü 74 75 76 77 78 79
- 4 80 81 82 83 84
- 85 86 87 88 89 90
- 91 92 93 94 95
- 96 97 98 99
- Le calendrier que nous donnons ici permet de déterminer facilement et rapidement le jour de la semaine correspondant à une date quelconque, passée ou future, —- ainsi que les dates des fêtes mobiles — depuis le commencement de l’ère chrétienne.
- Mode d’emploi. — Ce calendrier est divisé en sept colonnes numérotées en tête.
- Pour trouver le jour correspondant à une date donnée, on prend les numéros des quatre colonnes contenant respectivement :
- 1° Le quantième du mois;
- 2° Le nom du mois;
- 8° La partie séculaire du millésime;
- 4° Sa partie annuelle.
- On fait la somme de ces quatre numéros; puis on se reporte à la série des quantièmes, et l’on cherche la colonne qui contient le total obtenu. Le jour qui figure en tête de cette colonne est le jour demandé.
- Exemple : Quel jour est tombé le 30 mai 1868 ?
- On trouve :
- 30 colonne 2
- mai — 5 /
- 1800 (cal. grégorien) — 5
- 68 — — — 1
- Total 13
- Le nombre 13 figure, comme quantième, dans la 6e colonne, le jour cherché est un samedi.
- Observation importante. — Pour les dates de janvier et de février on doit prendre Vannée précédente. (Pour éviter les complications résultant des années bissextiles, l’année, sur le calendrier, est supposée commencer le 1er mars; par conséquent, janvier et février représentent le 13e et le 14e mois de l’année écoulée.)
- Exemple : Mort de Charlemagne; 28 janvier 814.
- On procède comme si la date était 28 janvier 813. On ob-
- tient :
- 28 7
- J anvier 5
- 800 (cal. julien) 6
- 13 2
- 20
- La réponse est : un samedi.
- On doit avoir soin d’observer si la date considérée appartient au calendrier julien ou au calendrier grégorien.
- Nous rappellerons que le calendrier julien a été en usage dans tous les pays chrétiens jusqu’au 4 octobre 1582. Il a été ♦remplacé par le calendrier grégorien à partir du 15 octobre 1582 (*) dans les pays catholiques (sauf l’Irlande, qui ne l’a adopté qu’en 1782).
- En Allemagne protestante, le calendrier grégorien est en vigueur depuis 1700, et en Angleterre depuis 1752. Enfin les pays de religion grecque suivent encore actuellement le calendrier julien (dit vieux style).
- On doit tenir compte de ces particularités si l’on considère des événements concernant les pays étrangers.
- Exemple : Mort de Charles Ier d’Angleterre. 30 janvier 1649.
- A cette époque, l’Angleterre n’avait pas encore adopté la réforme grégorienne. On comptera donc :
- 30 2"
- janvier 5
- 1600 (c. julien) 5
- 48 4
- 16
- Ce qui donne un mardi.
- On peut remarquer que ce calendrier — sous son format restreint — est réelleinent perpétuel, c’est-à-dire qu’il peut s’appliquer à une année à venir quelconque, aussi lointaine que l’on voudra.
- 1. Les dates du 5 au 14 octobre 1582 n’existent pas dans le calendrier grégoiien.
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-
-
-
- = 274 ..................-=: :.......—=
- Proposons-nous, par exemple, de trouver quel jour tombera le 25 août 3927 (à supposer que le calendrier grégorien soit encore en usage).
- Nous voyons, sur le calendrier, que les années séculaires occupent : la 2e, la 3e, la 5e, ou la 7e colonne, suivant que le nombre des centaines, divisé par 4, donne pour reste 0, 3, 2, ou 1. Le nombre 39 ayant 3 pour reste, 3900 doit figurer dans la 3e colonne. Nous aurons donc :
- 25 4
- Août 6
- 3900 3
- 27 5
- 18
- Le 25 août 3927 sera un jeudi.
- Fêtes mobiles. — Il est facile de déterminer pour chaque année la date de Pâques — et, par conséquent, les dates des autres fêtes mobiles — au moyen du calendrier perpétuel et du tableau des Lunes Pascales qui figure ici.
- 1° En 1954, 2049, 2106..., Pâques sera le 18 avril (au lieu du 25).
- 2° En 1609, 1981, 2076, 2133..., Pâques a été ou sera le 19 avril (et non le 26).
- Connaissant la date de Pâques, on détermine les dates des autres fêtes mobiles de l’année en observant que :
- la Quinquagésime (dimanche gras) tombe le 7e dimanche avant Pâques;
- l’Ascension tombe le 6e jeudi après Pâques;
- la Pentecôte tombe le 7e dimanche avant Pâques;
- la Trinité tombe le 8e dimanche après Pâques;
- la Fête-Dieu tombe le 9e jeudi après Pâques.
- La connaissance des dates de Pâques pour les siècles écoulés de l’ère chrétienne peut être d’un grand intérêt pour les historiens.
- En effet, beaucoup de dates anciennes nous ont été transmises non par mois et quantièmes, mais relativement à des fêtes.
- Quand il s’agit de fêtes mobiles, il est nécessaire de déter miner la date de Pâques pour connaître les dates des événe-
- TABLEAU DES LUNES PASCALES m, mars; a, avril.
- Reste de la Division du Millésime par 19
- Années 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18
- G. julien 5 a. 25 m 13 a 2 a 22 m 10 a 30 m 18 a 7 a 27 m 15 a 4 a 24 m 12 a Ie' a 21 m 9 a 29 m 17 a
- 1583 à 1699 e 12 a 1er a 21 m 9 a 29 m 17 a 6 a 26 m 14 a 3 a 23 m 11 a 31 m 19 a 8 a 28 m 16 a 5 a 25 m
- 0) *S J3 1700 à 1899 bD 13 a 2 a 22 m 10 a 30 m 18 a 7 a 27 m 15 a 4 a 24 m 12 a 1er a 21 m 9 a 29 m 17 a 6a 26 m
- ü 1900 à 2199 14 a 3a 23 m 11 a 31 m 19 a 8 a 28 m 16 a 5 a 25 m 13 a 2 a 22 m 10 a 30 m 18 a 7 a 27 m
- Voici la façon de procéder :
- On commence par diviser le millésime de l’année donnée par 19, et l’on prend le reste de la division. Puis on cherche, sur le tableau des Lunes Pascales, là date qui correspond à ce reste.
- On détermine ensuite, à l’aide du calendrier perpétuel, le jour de la semaine correspondant à la date trouvée. Pâques tombe le dimanche suivant.
- Exemple : Quelle sera la date de Pâques en 1932 ?
- En divisant 1932 par 19, on trouve comme reste 13, qui correspond à la date du 22 mars. D’autre part, d’après le calendrier perpétuel, le 22 mars 1932 sera un mardi; donc Pâques tombera le 27 mars.
- Remarque. — La règle qui vient d’être donnée offre les quelques exceptions suivantes :
- ments rapportés. Or, le calcul ordinaire de la date de Pâques, par épachtes et lettres dominicales, est beaucoup plus compliqué que celui qui est indiqué ici et il peut donner lieu à des erreurs. Exemple :
- On sait que l’événement historique connu sous le nom de Vêpres siciliennes s’est produit le lundi de Pâques 1282. A quelle date ce jour correspond-il ? L’Art de vérifier les dates indique le 30 mars, tandis que le Grand Dictionnaire Larousse donne le 31.
- Il est facile de trancher ce différend. 1282, divisé par 19, donne pour reste 9, qui correspond au 28 mars (calendrier julien). Le 28 mars 1282 était un samedi; donc Pâques est tombé le 29 mars, et la date exacte des Vêpres siciliennes est le 30 mars.
- E. Thibout.
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-
-
-
- PLIAGES DE PAPIERS
- L’ÉCHELLE DE BAMBOU
- 275
- Fig. 1.
- Lorsque je recherchais à la Bibliothèque du Musée Guimet la véritable origine non pas des ombres chinoises découpées, mais des ombres avec les mains (La Nature du 29 septembre 1894) j’eus la bonne fortune de découvrir un pliage de papier que je crois inédit. Ce pliage chinois peut faire bonne figure parmi les pliages japonais dont j’ai entrepris la description, et c’est le moment de le faire connaître.
- C’est l'échelle de bambou, en papier. Pour faire cette échelle, ou du moins cette apparence d’échelle, il faut prendre une bande de papier mesurant environ quinze centimètres de large. Si vous la preniez d’une dimension plus grande, vous réussiriez moins bien, les barreaux de l’échelle devenant trop longs ne présenteraient plus la résistance nécessaire. La longueur de la bande est indifférente; plus elle sera longue et plus l’échelle sera haute. Il est cependant une proportion qu’on ne peut guère dépasser et soixante-dix-huit à quatre-vingts centimètres me semble un maximum.
- Cette longueur peut faire une échelle de dix-sept à dix-huit échelons, avec des montants de trente-cinq centimètres.
- Placez votre feuille de papier, le sens long en face de vous, puis prenant un crayon, commencez à rouler votre bande. Aussitôt que vous avez fait un tour ou deux, ne vous occupez plus du crayon qui n’était là que pour commencer le rouleau, mais continuez à rouler bien régulièrement, mais sans serrer. J’insiste sur ce point qu’il ne faut pas serrer, car alors le glissement final dont je vais parler s’opérerait mal. Le rouleau terminé peut avoir environ deux centimètres de diamètre. Pour qu’il ne se déroule pas, vous le fixez avec du papier gommé.
- Prenez maintenant de bons
- Fig. 2.
- ciseaux et sur le rouleau, à quatre centimètres des extrémités, faites les coupures CC, CC (fig. 1). Rejoignez ces deux coupures par une troisième qui enlèvera la moitié du diamètre du rouleau.
- De suite, l’échelle va pren-
- dre forme : Vous pliez les extrémités M, qui vont former les montants (fig. 2), mais ayez soin de ne pas déchirer en faisant ce pli, car si les coupures CC ont été un peu prolongées, la déchirure est sollicitée. Vous amenez le pli jusqu’à l’angle droit; puis avec adresse et patience vous tirez les montants MM, en haut, en bas, l’un d’abord un peu, puis l’autre; vous revenez au premier et au bout d’un instant vous êtes en possession de l’échelle complète (fig. 3).
- Prenez du papier un peu ferme sans être cassant. Le papier que l’on emploie maintenant dans le commerce pour le paquetage fait en général bien l’affaire, car il est mince et glacé.
- Le papier roulé comme pour l’échelle a été employé aussi en prestidigitation pour faire le cierge qui sort du chapeau. Il consiste en une bande de fort papier blanc glacé, large de dix à douze centimètres et longue de plusieurs mètres, qui a été roulée, peu serrée
- et fixée pour ne pas se dérouler. Dans le premier tour qui est naturellement au centre du rouleau, on a fixé, dans un mince tube de métal dépassant un peu, une allumette bougie dite «cinq minutes». C’est un jeu, pour un prestidigitateur que d’introduire sans être vu ce petit rouleau dans un chapeau. Au moment voulu, passant un papier de verre sur l’allumette, il l’enflamme, et, tirant le papier par le centre au moyen du petit tube (fig. 4) porteur de l’allumette, il allonge le cierge qui atteint une longueur de deux mètres et semble sortir tout allumé du chapeau.
- Le Prestidigitateur Alber.
- Fig. 4
- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- JANVIER 1931, A PARIS
- Mois doux, pluvieux, très peu ensoleillé et avec pression barométrique basse.
- La moyenne mensuelle de la température, 4(>,1, à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, est en excédent de 1°,5, excès dû principalement aux minima qui ont été plus élevés que d’ordinaire. Les températures journalières n’ont été inférieures à leurs normales respectives que du 6 au 15, période pendant laquelle on a noté 9 jours de gelée successifs dont 2 de gelée totale et le minimum absolu — 4°,0, le 11, supérieur de 4°,0 au minimum absolu moyen de janvier. Le maximum absolu 12a,9, supé-
- rieur également (de 0°,7), un maximum absolu moyen s’était produit le 3.
- La hauteur totale d’eau recueillie à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, 67 mm 4 surpasse la normale de 76 pour 100. Depuis 1874, il n’y a eu que 6 mois de janvier qui ont fourni une quantité d’eau supérieure (maximum, 77 mm 7 en janvier 1927). Le nombre de jours de pluie appréciable, 24, est le plus élevé que l’on ait observé à la même époque depuis 57 ans; du 12 au 31, il a plu tous les jours, sauf le 22 où l’on a cependant noté la chute de quelques gouttes. A l’Observa-
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- toire de Montsouris, la durée totale de chute de pluie, 77 h 25, est supérieure de 32 pour 100 à la moyenne des 25 années 1898-1922.
- On a signalé fréquemment sur divers points de la région du grésil ou de la grêle; quelques chutes de neige se sont produites à 4 dates différentes; seule celle du 9 a recouvert le sol d’une couche persistante dont l’épaisseur n’a d’ailleurs pas dépassé 1 centimètre.
- 13 jours de brouillards, ils ont été quotidiens du 5 au 13, mais rares le reste du mois. Aucun n’a persisté tout le jour.
- Le tonnerre s’est fait entendre le 17 à Sevran et à Ville-Evrard et le 25 au Parc Saint-Maur.
- Des obscurcissements se sont produits sur le sud de Paris, les 4, 17 et 30.
- Au Parc Saint-Maur, la pression barométrique moyenne, 761,5 (au niveau de la mer), a été inférieure de 31'1"1 5 à la normale; les moyennes de l’humidité relative et de la nébulosité ont été de 85,6 pour 100 et 83 pour 100.
- On a vu quelques pâquerettes ouvertes le 27 et la première primevère le 28.
- Le vent, fréquemment fort, a soufflé beaucoup plus souvent que d’ordinaire d’entre O. et N. à Montsouris.
- Fig. 1. — Moyennes de température.
- Variations, par périodes décennales depuis 1874, à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, des moyennes de la température, de la pluie, du nombre de jours de pluie, de la nébulosité, de l’humidité de l’air et de la pression barométrique pour le mois de janvier :
- Temp. Pluie Jours de pluie Nébul. llumid. Pression barom.
- 1874-1883 2°,11 37""",9 13 69 88,8 761 '"‘",84
- 1884-1893 1",49 30,2 15 71 87,5 760,07
- 1894-1903 3",19 38,6 14 72 85,4 759,82
- 1904-1913 2’,67 41,6 14 69 86,8 761,72
- 1914-1923 3',74 43,4 17 74 85,8 758,71
- 1924-1930 4°,18 45,2 16 73 86,4 759.94
- moy. gén. 2IJ,89 39,5 141,8 71,3 86,8 760,35
- Em, Roger.
- Membre de la Société météorologique.
- Fig. 2. — Hauteurs de pluie.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- POURQUOI LE SULFATE DE QUININE PEUT PROTÉGER NOS AQUARELLES
- La plupart des couleurs employées pour l’aquarelle sont actuellement dérivées de la houille et très fugaces à la lumière, de sorte que les teintes s’affaiblissent bientôt d’une façon sensible.
- Pour éviter cet inconvénient il suffit de badigeonner la vitre qui recouvre le tableau d’une solution saturée à froid de sulfate de quinine, dont l’action est parfaitement explicable, si l’on considère que l’affaiblissement des couleurs à la lumière solaire ou artificielle est surtout due aux radiations de faible longueur d’onde inférieures à 0 u. 40 situées dans le violet et l’ultra-violet.
- Or, Stockes a constaté que les corps dits fluorescents, placés dans cette région d,u spectre solaire, s’illuminaient en restituant l’énergie lumineuse sous forme de radiations à plus grande longueur d’onde. C’est ainsi qu’une solution de sulfate de quinine placée dans l’ultraviolet invisible pour notre œil s’éclaire immédiatement en bleu.
- Il suit de cette observation que si on dépose à la surface du verre qui recouvre une aquarelle une trace de sulfate de quinine, les radiations nuisibles de l’ultra-violet seront transformées en radiations à longueur d’onde plus grande, sinon inoffensives pour les couleurs sous-jacentes, tout au moins peu préjudiciables.
- Le sulfate de quinine à emplo.s er est le sulfate basique officinal (C20 H24 Az202) S04H2 + 8H20 qui est soluble dans 570 parties d’eau froide, par conséquent un litre de solution saturée à 15° C. contient 1 gr. 75 de sulfate officinal.
- N. B. — Pour assurer une adhérence parfaite sur la vitre il est avantageux d’incorporer, à la solution de sulfate de quinine, 2 à 3 grammes par litre de gélatine blanche (blanc-manger des épiciers) que l’on fera gonfler pendant 12 heures dans l’eau froide avant de liquéfier au bain-marie.
- QU’EST-CE QUE L’EAU D’ALIBOUR?
- Cette préparation, souvent très efficace dans les affections de la peau et dont on attribue la formule à Alibour, médecin d’Henri IV, s’emploie en bassinages au moyen d’un tampon de coton, contre les dermatoses suppuratives, l’impétigo, l’ecthyma et surtout contre l’impétigo tenace connu sous le nom de gourme; pour l’obtenir très
- facilement, on prend :
- Sulfate de cuivre (vitriol bleu)................. 20 grammes
- Sulfate de zinc (vitriol blanc)..................... 70 —
- Camphre............................................. 10 —
- Safran.............................................. 4 •—
- Eau distillée..................................... 2000 •—-
- Faire macérer le camphre et le safran pendant 24 heures, ajouter les sulfates de cuivre et de zinc, dissous séparément, puis laisser en contact pendant encore un jour et filtrer.
- On obtient ainsi une solution mère qu’il faut par l’usage étendre dans la proportion de un de solution mère pour quatre d’eau.
- Après avoir imbibé la partie malade, on laissé sécher sans recouvrir et répète souvent l’imbibition, les croûtes se détachent d’elles-mêmes.
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- L’AUTOMOBILE PRATIQUE
- UN RÉTROVISEUR PERFECTIONNÉ
- Etant donné les difficultés actuelles de la circulation, surtout dans les villes, il ne suffit même plus pour un conducteur de regarder devant lui, à droite et à gauche, il est encore souvent nécessaire de regarder par derrière, et cette opération est bien difficile s’il ne dispose pas d’un système de rétroviseur pratique.
- Sans doute, le plus simple de ces appareils consiste en un petit miroir plan orientable, placé au-dessus du pare-brise et vis-à-vis de la glace arrière. Mais l’angle de visée que permet l’adoption de ce dispositif est extrêmement réduit, aussi ses avantages sont-ils souvent trop illusoires. Nous avons déjà noté dans nos chroniques qu’on pouvait employer pour augmenter les facilités de conduite un système optique permettant d’augmenter le champ de visée; ces dispositifs ont été récemment perfectionnés. Un appareil de ce genre se compose, simplement d’une combinaison optique (lentille plan-convexe placée dans une monture métallique) qui se fixe rapidement contre la glace arrière (fig. 1).
- Cette lentille donne des images réduites des objets placés à l’arrière de la voiture, mais permet d’étendre énormément le champ de visée.
- Un petit miroir plan placé comme d’habitude en avant
- précis et rapide des quatre freins.
- Dans le cas ordinaire, il est d’ailleurs impossible à une seule personne de régler les freins, puisqu’il faut qu’un premier opérateur appuie sur la pédale, et qu un deuxième j7[g_ 2. — Autorégleur pour freins permettant règle en même temps le réglage par un seul opérateur.
- le serrage des mâchoires.
- Un petit accessoire permettant d’éviter cet inconvénient peut donc rendre d’assez grands services; il s’adapte instantanément sur n’importe quelle voiture entre le pare-close et la pédale, et la pression plus ou moins grande sur celle-ci est simplement obtenue par le déplacement d’un écrou mo-letté sur une vis agissant sur un parallélogramme articulé métallique.
- Toute la gamme d’écartement s’obtient facilement par le déplacement avant et arrière de deux coulisseaux maintenus en place par les quatre vis molettées (fig. 2).
- Fig. 1. — Glace arrière munie d’une combinaison optique augmentant le champ de visée du rétroviseur.
- a) Champ de visée ordinaire à travers la glace arrière. b) Champ de visée créé par le dispositif optique.
- du conducteur permet d’obtenir une image de la glace arrière, et d’utiliser ainsi les images produites par le dispositif optique.
- Cet appareil peut donc rendre les plus grands services, d’autant plus qu’il a également un effet anti-éblouissant très net pour les rayons des projecteurs des voitures placées en arrière.
- Il faut cependant que le conducteur prenne peu à peu l’habitude des indications données par un tel système; il est bien évident que, s’il regarde à travers cette lentille, les objets lui paraissent en même temps plus réduits et plus lointains qu’ils ne le sont en réalité. D’ailleurs, comme généralement la glace arrière des voitures modernes est assez large, il peut voir en même temps les objets rapprochés à l’échelle exacte, et les objets éloignés avec un angle de visée plus grand.
- UN SYSTÈME AUTO-RÉGLEUR POUR FREINS
- On règle généralement les freins d’une automobile d’une manière empirique en étudiant l’effet produit par la pédale de freinage sur les différentes mâchoires, et il n’y a encore que dans les grands garages très importants, ou « les stations-service » qu’il existe des « ponts » perfectionnés pour le réglage
- UN FILTRE D’ESSENCE PERFECTIONNÉ
- Le filtre d’essence, peut-être encore plus que le filtre à air, et, en tout cas, autant que le filtre à huile, est devenu un accessoire normal de l’automobile, mais encore faut-il que cet accessoire soit efficace, facilement démontable, et facile à nettoyer.
- Nous pouvons donc noter encore un nouveau modèle qui semble bien présenter ces qualités.
- On voit sur la figure 3 que ce filtre comporte deux entrées A et B, et une sortie C vers le carburateur. L’entrée B est employée si le filtre est placé directement sous l’exhaus-teur, 1 entrée non utilisée étant évidemment fermée par un bouchon.
- On voit sur la coupe de cette figure que l’essence ayant passe sous le clapet traverse la cloche, et en sort par la toile métallique très fine; les impuretés se déposent dans la cloche.
- Le nettoyage est une opération facile et rapide : il suffit de desserrer la vis molettée pour fermer l’essence, et ensuite de dévisser l’écrou papillon, ce qui libère la cloche; on enlève enfin la toile métallique pour la nettoyer.
- LA MAISON DÉMONTABLE DE L’AUTOMOBILISTE
- Il n’y a peut-être pas encore beaucoup d’automobilistes qui font de l’auto-cam-ping, mais ce sport semble présenter des avantages tels, du
- Fig. 3.
- Filtre à essence Stromberg.
- Arrivée d'essence pour voitures sans exhausteur (bouchée dans le cas d'exhausteur
- Clapet de fermeture
- Raccord a l'exhausteur
- Toile métallique Fine a grande suMhce
- Ressort du clapet de fermeture Chambre de dépôt
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- Fig. 4. — Remorque contenant une tente et le matériel de camping.
- moins pour les fervents de la vie en plein air, qu’il se répandra sans doute peu à peu. Signalons donc un nouveau type de tente démontable et de chalet également démontable qui se replient facilement dans une remorque de très petites dimensions, pouvant être placée rapidement à la suite de n’importe quelle voiture.
- La remorque articulée de 1 m 40 de longueur, de 1 m 05 de largeur, et de 0 m 80 de hauteur ne pèse que 280 kg, c’est-à-dire qu’elle peut être facilement remorquée par une voiture de petite puissance.
- La tente permet le montage d’un abri de 9 mètres de long, de 5 mètres de large et de 3 m 50 de haut comprenant trois pièces : une chambre à coucher-salon avec lit élastique à sommier isolé à 1 m 20 du sol, une salle à manger avec table pliante et une cuisine toilette avec table et réservoir d’eau (fig., 4).
- L’ensemble est constitué par un système de deux tentes superposées avec mât télescopique à montage rapide. La toile imperméable garantit d’une façon satisfaisante contre les intempéries.
- UN MIROIR A PLUSIEURS USAGES
- On a souvent besoin dans une automobile d’un miroir orientable et facilement amovible, soit comme rétroviseur supplémentaire, soit simplement comme miroir de toilette. Nous pouvons signaler à ce propos un modèle très original qui se fixe sur toute surface lisse par simple succion grâce à sa ventouse de forme bien étudiée.
- En raison de l’angle que fait la ventouse avec le plan du miroir, ce dernier peut prendre n’importe quelle position par simple rotation; ce dispositif permet donc la meilleure utilisation, comme rétroviseur ou comme glace de toilette (fig. 5).
- La forme du bord, du côté de la glace, est prévue pour la protéger efficacement en voyage ou en cas de chute ; d’autre part, une petite ventouse de sécurité empêche la glace de tomber, même si elle devait être détachée accidentellement.
- Sur ce principe, est également réalisé un cendrier amovible qui se fixe de même, grâce à une ventouse, sur toute surface lisse, et peut ainsi demeurer constamment à portée de la main
- du conducteur.
- APPAREIL DE LEVAGE FIXE POUR
- AUTOMOBILES
- On peut mainte -nant trouver dans le commerce des crics mécaniques ou
- Fig. 5.-— Miroir amovible à plusieurs usages à fixation par ventouse.
- hydrauliques d’un emploi très facile, et dont la manœuvre ne demande qu’un effort minime. 11 faut pourtant convenir que la mise en place, le levage et le démontage d’un cric sont des opérations relativement longues, surtout pour un usager, et qui demeurent quelquefois désagréables; aussi, la solution idéale consisterait sans doute à utiliser des crics solidaires du châssis.
- Ces accessoires seraient, d’ailleurs, non seulement utiles pour la réparation d’une crevaison, mais encore pour vérifier l’état des organes mécaniques ou même pour nettoyer la voiture.
- Les appareils de ce genre, qui sont encore employés partout en nombre restreint, fonctionnent soit à la main, soit au moyen d’élévateurs mécaniques, hydrauliques, ou même électriques commandés quelquefois du siège même du conducteur. Leurs avantages sont donc indéniables, mais il est nécessaire qu’ils soient simples et de fonctionnement absolument indéréglable. Les appareils mécaniques qui sont les plus robustes et les moins coûteux paraissent donc théoriquement aussi les meilleurs, parce qu’ils sont les plus sûrs.
- Signalons par exemple un appareil de ce genre qui se
- Pied rentré
- Rgmpe sur laquelle coulisse
- lextrémi
- la pièce bronze P
- Boulon six pans commandant la vis sans fin
- Vis sans
- Tube fixe de protection de la vis sans fin Bie/lette formant fourche articulées dd'c
- Position intenmêd/y^X^P du pied
- Position du pied ê fond de course
- Patin -----------•
- rs if in-^L
- .ut—t**" /
- ... V' N i
- \
- J
- Fermé
- Ouvert
- Fig. 6. — L’appareil de levage « Sancric ».
- a) Vue de l’appareil monté au-dessous du ressort. — b) Coupe partielle. — c) Positions successives du pied support. — d) L’appareil monté sous le châssis.
- compose d’un bâti en tôle B de 7 mm d’épaisseur, fixé en deux points sur le ressort par des ferrures appropriées comportant une jumelle libre J d’une part, et d’autre part, une jumele à dents de loup J' (fig. 6).
- Dans ce bâti, on peut faire osciller un pied P dont le déplacement est effectué de haut en bas ou inversement au moyen d’une vis sans fin que commande un boulon à six pans A; l’appareil est placé sous le châssis comme le montre kla figure 6, et il renferme dans son bâti le mécanisme de levage.
- Ce bâti B porte deux flasques latéraux réunis par des entretoises et évidés chacun intérieurement, de façon à former une glissière légèrement incurvée dans laquelle vient coulisser à frottement doux l’axe d’une douille en bronze A. Il est traversé dans toute sa longueur, parallèlement aux deux flasques, par une vis sans fin soutenue d’un côté par un palier butée et guidé à l’autre par la douille filetée A qu’elle traverse en son milieu.
- La vis sans fin est protégée de la poussière et de la boue par un tube maintenu par la pression d’un ressort, et emmanché également dans la douille ; une bielle prend appui sur la partie fixe du bâti en d et] d' et sur le pied de la béquille en c; elle
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- se termine en forme de fourche à deux branches pour permettre le passage du tube protecteur, et sert de jambe de force quand la béquille se développe.
- Pour faire fonctionner l’appareil, on adapte au boulon six pans un vilebrequin analogue à celui qui sert au démontage des roues, et on fait ainsi tourner la vis sans fin qui commande le déplacement de la douille en bronze A solidaire du pied B. Ce pied quitte progressivement la position horizontale occupée à l’intérieur du bâti et descend vers le sol en décrivant une courbe guidée par la glissière G, jusqu’au moment où le patin articulé par lequel il est terminé touche la terre.
- Au moment où ce patin articulé touche terre le premier, il se cale au sol, et le travail réel de soulèvement de la voiture commence. Entraînée par la vis, la béquille se redresse peu à peu en pivotant sur l’axe du patin, et en prenant appui sur la biellette servant de jambe de force. Lorsque la vis est à fond de course, la béquille est droite, la voiture est soulevée et il est possible de soulever une roue sans craindre qu’un brusque mouvement amène la chute de la voiture comme il arrive avec les crics ordinaires. Cette opération de levage est effectuée en moins d’une minute.
- Pour ramener la voiture à terre, on effectue simplement la manœuvre inverse en dévissant; la béquille est rappelée par la vis et revient à sa position de départ. En donnant un léger effort sur les derniers filets de la vis, on effectue un blocage intégral de l’ensemble, et on supprime les risques de vibration, en cours de route.
- —.................:....' - .....—— — 279 =
- Pour entretenir l’appareil, il suffit de verser quelques gouttes d’huile dans la gaine protectrice de la vis, et il est parlcerisé de façon à être à l’abri de la rouille. Son encombrement de 5 centimètres seulement, une fois replié, lui permet de ne pas déparer les carrosseries et de ne constituer de gêne pour aucune manœuvre.
- Le montage sur le châssis est extrêmement simple, et s’exécute sans percer de trou, ni changer de place un seul boulon : l’appareil s’applique simplement sous l’essieu en utilisant le serrage des écrous et contre-écrous de la bride de ressort, et, d’autre part, sur le boulon de fixation des lames de ressort par l’intermédiaire d’une jumelle libre. Les pièces nécessaires ont d’ailleurs été étudiées pour permettre le montage sur n’importe quel type de voiture.
- Le prix de l’appareil étant relativement peu élevé, on peut penser que son adoption rendra de grands services à beaucoup d’usagers, surtout à ceux possédant une voituiœ assez lourde.
- L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Rétroviseur, type Dio, 4, rue des Poissonniers, Neuilly-sur-Seine.
- Filtre à essence, même adresse.
- Chalet-remorque Stella, 111, faubourg Poissonnière, Paris.
- Miroir et cendrier, Appa, 17, rue Brunei, Paris.
- Le Sancric, Sonia, 7, rue des Ternes, Paris.
- LES TERRES DECOLORANTES
- On utilise, dans les industries des huiles végétales et minérales, des terres douées d’un certain pouvoir décolorant, soit pour atténuer la couleur de ces produits, soit pour les décolorer complètement.
- On sait, et cela depuis déjà plus de 20 ans, que les terres à foulon possèdent de remarquables propriétés décolorantes, tandis que les kaolins, et autres terres analogues n’en ont aucune, et pourtant si l’on pratique l’analyse chimique centésimale de ces différentes substances, on ne trouve que très peu de différences dans leur composition; si bien que le mécanisme du processus de la décoloration des produits huileux est à l’heure actuelle presque inconnu.
- Plusieurs auteurs ont émis des hypothèses sur le mécanisme de la décoloration.
- On a tout d’abord prétendu que le pouvoir décolorant des terres à foulon était dû à la présence de matières organiques qui pouvaient activer une terre inerte ou presque.
- Cette hypothèse, qui n’a jamais été contrôlée très sérieusement, explique pourquoi les kaolins ont un pouvoir décolorant nul.
- On sait que ces derniers sont d’une époque géologique beaucoup plus ancienne que les terres à foulon, et les impuretés organiques qu’ils avaient pu contenir à leurs origines ont eu largement le temps d’être complètement détruites par l’action, soit d’agents physiques, soit encore d’agents chimiques oxydants.
- Certains chimistes ont cru voir dans le phénomène de la décoloration, à côté du phénomène d’adsorption, phénomène purement physique, une action chimique, et ils ont prétendu que la magnésie contenue dans les terres à foulon pouvait
- passer en solution dans les huiles et amener par là, la précipitation de leurs substances colorées. On parle aussi d’action catalytique.
- A l’heure actuelle, on admet que la terre à foulon décolore les huiles en absorbant purement et simplement les impuretés colorées par ses pores, qui seraient d’autant plus nombreux que la terre est plus fine.
- Il est possible de doubler et même de tripler le pouvoir décolorant d’une terre à foulon, en la traitant par un acide qui décompose les silicates en produisant un gel de silice.
- Nous prenons comme exemple le traitement appliqué à la bentonite de Californie.
- La bentonite, connue seulement depuis une quinzaine d’années, est employée en Californie comme succédané de la terre à foulon dans le raffinage du pétrole.
- C’est un silicate double d’alumine et de magnésie contenant 1 à 2 pour 100 de fer.
- On la sèche à 110“, puis on la broie en une poudre impalpable que l’on traite par 50 pour 100 de son poids d’acide sulfurique chaud.
- Le gel de silice, obtenu après 3 heures de malaxage, est lavé à l’eau, puis séché à 150".
- La poudre obtenue, ajoutée dans une proportion de 4 à 6 pour 100 à une huile de pétrole colorée, la rend incolore après un malaxage de 1 ou 2 heures.
- Toutes les huiles blanches médicinales (huile de paraffine) sont décolorées de cette façon.
- H. Soyer.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Annuaire astronomique et météorologique Camille-Flammarion, publié par l’Observatoire de Juvisy, 1931. 1 vol. de 432 p. avec 92 cartes, diagrammes et fig. Flammarion, Paris. Prix : 12 fr.
- Comme chaque année, nous signalons avec le plus vif intérêt la publication de ce guide indispensable à l’observateur, qui y trouvera, avec les habituelles tables, cartes de la marche des planètes, etc., tous les renseignements désirables sur les phénomènes célestes. Mais il importe aussi de souligner que le présent volume est enrichi d’importantes modifications par rapport aux précédents. Grâce à une disposition nouvelle, il comporte des indications complémentaires et de très nombreuses adjonctions, figures ou graphiques, se rapportant à toutes les données physiques utiles aux astronomes.
- Probabilités et statistiques, par R. de Montessus de Ballore. 1 vol., 212 p., 17 fig. Hermann et Cie, Paris, 1931. Prix : 60 fr.
- Après avoir rappelé les définitions fondamentales du calcul des probabilités, l’auteur aborde le problème de la probabilité de la survenance d’événements de probabilité connue dans des épreuves répétées. Cette probabilité s’exprime par la fonction dite « binomiale », dont le‘calcul jusqu’ici ne s’effectuait que d’une façon plus ou moins approchée, en faisant intervenir des hypothèses simplificatrices, en vue d’éviter des calculs inextricables. Mais ces simplifications ont le défaut de ne pas être applicables, en fait, aux statistiques. L’auteur montre comment on peut, grâce à l’emploi de formules nouvelles, représenter les statistiques par la fonction binomiale, et il appuie son exposé par de nombreux exemples tirés de l’astronomie, la météorologie, la démographie, qui font ressortir le puissant intérêt de cette méthode nouvelle.
- H&ndbuch d r Spectroscopie, par H. Kayser et il. Kohen. Tom) VII, fasc. 2. Hirsel édit. Leipzig, 1930. Prix : 28 Marks.
- L’apparition d’u i nouveau fascicule du Traité de Spectroscopie, de Kayser et Kohen, est certainement un événement important. Ce traité classique, qui j >uit d’un monopole de fait comme ouvrage de référence pour les spectr )scopistes du monde entier, avait déjà été complété depuis la guerre parla publication du fascicule I du tome VIL Le présent fascicule contient i i documentation récente relative à un certain nombre de spectres, et tout particulièrement aux spectres très importants de l'hydrogène, de l’hélium et du mercure. Il est hors de doute qu’il rendra les plus grands services. Nous ne pouvons pourtant dissimuler les énormes lacunes qui s’y manifestent. La plus fâcheuse est l’arrêt de la documentation à l’année 1927, c’est-à-dire au moment où les progrès de la spectroscopie ont été plus rapides que jamais, particulièrement dans l’étude des trois spectres fondamentaux signalés plus haut. Les auteurs ont si bien senti ce défaut qu’ils se proposent, dans le prochain fascicule à paraître, de se remettre à jour d’une façon complète. En second lieu, bien que la documentation jusqu’en'1927 soit remarquablement soignée, elle prend trop souvent l’aspect d’une compilation pure et simple dont l’élément critique est par trop absent : beaucoup des travaux cités sont depuis longtemps dépassés, les travaux essentiels ne sont pas mis suffisamment en valeur. Enfin, sur divers points spéciaux, l’importance et la fécondité de certaines méthodes modernes ne paraissent pas appréciées avec exactitude. Tel est le cas, par exemple, pour la méthode de classification des spectres d’étincelle par la décharge oscillante, qui est présentée (p. 666), comme une technique vague et confuse alors qu’elle s’est affirmée en de multiples circonstances (mercure, gaz rares, halogènes, soufre, sélénium, tellure) comme la technique de choix, à la fois par sa sécurité et par sa précision.
- Pathologie)der Pflanzenzelle, Teil I. Pathologie des Protoplasmas, par Ernst Küster. 1 vol. in-8, 200 p., 36 fig. Collection : Protoplasma Monographien. Gebrüder Borntraeger, Berlin, 1929. Prix : cartonné toile, 15 R. M. *
- Cette collection de monographies a débuté par l’étude de chimie colloïdale cellulaire d’Heilbrunn. Voici le deuxième volume consacré à la pathologie de la cellule végétale. C’est une étude de morphologie expérimentale exposant les modifications de forme et de structure dues aux agents extérieurs : plasmolyse, fragmentation, vacuolisation, taxies, nécrose, liquéfaction, etc. Les travaux récents, très nombreux, sont bien analysés et une bibliographie abondante rend le volume fort utile pour tous les cytologistes.
- A year on the Great Barrier Reef. The story of Corals and of the greatest of their créations,
- par C. M. Yonge. 1 vol. in-8, 246 p., 6 cartes, 17 fig., 69 pl. Putnam, Londres et New York, 1930. Prix : relié toile, 21 sh.
- Depuis Darwin, le problème des coraux reste sans réponse générale satisfaisante. Géologues, hydrographes, biologistes s’essaient à expliquer la formation des récifs, des barrières frangeantes, des atolls. C’est pour contribuer à cette étude que fut organisée l’expédition à la Grande Barrière d’Australie, sous la direction du Dr Yonge, du laboratoire maritime, de Plymouth. La Grande Barrière est de beaucoup la plus grande formation corallienne, puisqu’elle s’étend sur 1260 milles. L’expédition anglaise s’installa au centre, dans une petite île, Low Island, où elle passa plus d’un an, rayonnant aux alentours et allant jusqu’au détroit de Torrès. Ce fut une grande oeuvre, unique dans l’histoire, et dont on peut imaginer les mérites et les difficultés, puisqu’il fallait tout apporter, Peau et les vivres et que, cependant, on fit non seulement oeuvre d’observation, mais aussi des expériences dans un laboratoire et des élevages dans un aquarium. Ce livre est le récit, alerte, vivant, extraordinairement intéressant, de l’installation à Low Island, de la vie qu’on y mena, des randonnées dans la région et surtout de tout ce qu’on acquit sur la faune des coraux, la vie, la croissance des récifs, leurs multiples aspects, même vus en aéroplane et en scaphandre.
- Faune de France. 21. Mollusques terrestres et fluviatiles (première partie), par Louis Germain. 1 vol. in-8, 486 p., 470 fig., 13 pl. hors texte. Paul Lechevalier, Paris, 1930. Prix : 150 fr.
- L’office central de Faunistique, créé par la Fédération française des Sociétés de sciences naturelles, pour publier la Faune de France, vient de faire paraître son 21° volume consacré aux mollusques terrestres et fluviatiles. La malacologie a toujours été fort en honneur en France et bien des naturalistes amateurs s’y sont consacrés. Mais la récolte et la collection des coquilles ne suffisent pas pour déterminer exactement les espèces, étant donné leur variabilité; d’autres caractères doivent être considérés, notamment les mâchoires, la radula et les organes génitaux. L’ouvrage de M. Germain a le grand mérite de rétablir Tordre dans une classification devenue confuse, par l’étude simultanée de tous les détails d’organisation véritablement spécifiques. Cette œuvre considérable de révision est présentée dans la forme habituelle à la Faune de France : notions anatomiques et écologiques, distribution géographique, puis séries de tableaux de classification dichotomique conduisant aux familles, aux genres, aux espèces qui sont décrites et figurées avec précision, avec indication de leur habitat.
- L’Art nègre à l’Exposition du Palais des Beaux-Arts, par J. Maes et H. Lavachery. 1 vol. in-8, 32 p., 48 pl. hors texte. Librairie nationale d’art et d’histoire, Bruxelles; éditions G. van Oest, Paris, 1930. Prix : 30 fr.
- A l’occasion de l’exposition du Congo belge, à Bruxelles, on a réuni un grand nombre d’objets d’art nègre dont 48 planches reproduisent les plus intéressants spécimens. La notice préliminaire explique les conditions de leur réalisation : modes de pensée et de vie, conditions d’initiation et de travail des artistes congolais. On sait la vogue rapide de l’art nègre, en Europe, depuis la guerre : ce livre suffirait à la justifier.
- Villages et kasbas berberes, par Robert Montagne. 1 vol. ix-22 p., 80 pl. et 1 carte hors tpvt,e. Félix Alcan. Paris 1930. Prix : 50 fr.
- Ce livre qui réunit de magnifiques photographies des régions et des localités les plus caractéristiques du « Sous », du Haut-Atlas et de T Anti-Atlas marocains, est le complément illustré du beau livre de M. Montagne sur les Berbères et le Makhzen. L’image est ici utilisée pour mettre en évidence d’une façon concrète l’évolution politique du monde berbère, dont l’auteur a fait une minutieuse analyse dans ce dernier ouvrage. Les titres des chapitres sous lesquels sont groupées ces figures en indiquent nettement l’esprit : aspects essentiels de la vie humaine dans le Sous :maisons, hameaux, villages; les républiques berbères; les magasins collectifs; villages et demeures de petits chefs; comment naît et se développe le pouvoir d’un grand chef berbère (Les Gontafi); les grands caïds du Makhzen: la transformation du pays berbère.
- La vie mystérieuse des océans, par Charles Epry. 1 vol. in-l6, 233 p., 18 fig., 17 pl. Renaissance du Livre, Paris. 1930. Prix : 15 fr.
- L auteur, qui avait déjà écrit un livre : A la mer, intitule celui-ci : Noies d un curieux. C est^ 1 œuvre d’un curieux très bien documenté et qui a vu lui-même beaucoup de choses. Il conte successivement la reproduction de l’anguille, la dérive des continents, l’île Dumet, centre des continents, le Goua de la baie de Bourgneuf, le raz de marée, la perle, les ripple-marks, la houille bleue, le Morbihan et ses îles, tous sujets maritimes fort intéressants.
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- CHRONIQUE D’AVIATION
- Le trimoteur Couzinet.
- Bien que ce type d’avions présente de nombreux avantages, il n’existe encore que très peu d’appareils multimoteurs de faible puissance. Aussi y a-t-il lieu de noter la sortie du trimoteur Couzinet de 120 ch, type 20, avion postal ou de tourisme équipé de trois moteurs Salmson de 40 ch.
- Les formes générales de cet appareil sont à peu de chose près celles du Couzinet transatlantique « Arc en ciel », dont les essais, on s’en souvient, se terminèrent tragiquement.
- Comme 1’ « Arc en Ciel », le Couzinet 20 est un monoplan à aile surbaissée en porte-à-faux. Cette aile est de profil épais, décroissant du fuselage aux extrémités; vue en plan, elle est trapézoïdale et porte des ailerons de grand allongement encastrés dans le bord de fuite.
- La structure de l’aile comporte deux longerons caissons, des nervures, des lattes croisées et des lisses, le tout en bois, et recouvert d’un contreplaqué de bouleau.
- Le fuselage, d’une construction analogue, est formé de couples transversaux, légers et nombreux, portant des lisses et un recouvrement de contreplaqué. Il est ainsi très léger et
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- Fig. 1. — Le trimoteur Couzinet.
- rigide; dégagé à l’intérieur de tout croisillon, il s’aménage facilement.
- D’avant en arrière, le fuselage porte le moteur central, le poste de pilotage, à deux places côte à côte, installé en conduite intérieure, une soute à bagages, une cabine où peuvent être installés soit trois fauteuils, soit deux brancards et un fauteuil dans le cas de l’utilisation de l’avion pour un service sanitaire.
- A l’arrière, le fuselage est aplati verticalement, formant ainsi le plan de dérive; il se termine par un gouvernail de direction d’une surface de 0,76 m2.
- L’empennage horizontal, de construction analogue à celle de l’aile, mesure 2 m2 de surface. L’appareil étant en ligne de vol, l’empennage est placé très au-dessus de l’aile, ce qui assure aux gouvernes une efficacité remarquable.
- Le Couzinet 20 est équipé de trois moteurs Salmson de 40 ch à 9 cylindres en étoile; le moteur central est placé à l’avant du fuselage; les moteurs latéraux sont montés dans des fuseaux dépassant largement du bord d’attaque du plan; les hélices sont ainsi bien dégagées et susceptibles de travailler dans les meilleures conditions de rendement. Le même appareil peut d’ailleurs être monté avec trois moteurs Walter de 85 ch (type 21).
- Le train d’atterrissage, sans essieu, est formé pour chaque roue de deux tubes articulés au fuselage et d’un montant
- télescopique à amortisseur oléo-pneumatique. Une commande par câbles permet de relever l’atterrisseur pendant le vol; les roues viennent alors s’encastrer dans les fuseaux moteurs, les tubes du train étant appliqués sous le plan.
- Les roues du train d’atterrissage possèdent des freins ; une petite roue, placée sur la béquille, facilite les manœuvres au sol et réduit la fatigue du fuselage au cours de ces manœuvres.
- Les caractéristiques du Couzinet 20 sont les suivantes :
- Envergure : 16,06 m Longueur : 10,50 m Surface : 31,50 m2 Poids vide : 1012 kg Poids en charge : 1540 kg Vitesse maxima : 165 kms/h Vitesse de route : 100 kms/h Hayon d’action : 2000 km.
- L’appareil étant équipé avec des moteurs de 85 ch, sa vitesse maxima est portée à 200 km-het sa vitesse de route à 180 km-h (type 21).
- Le Couzinet 20 vole d’ailleurs et évolue avec l’un quelconque des moteurs arrêtés, ce qui indique à la fois le rendement aérodynamique élevé de sa cellule, et l’efficacité de ses gouvernes.
- U Aviation allemande en Asie
- Avec cet esprit de suite qui caractérise nos anciens ennemis, l’aviation allemande s’efforce de conquérir les routes aériennes entre l’Europe et l’Extrême-Orient.
- La firme Junkers, de Dessau, avait signé avec le roi Ama-noullah un contrat lui accordant le monopole des transports aériens en Afghanistan. Le Times apprend que le souverain actuel vient d’avaliser ce contrat en lui fixant une durée de quarante ans. Les terrains d’atterrissage sont prêts. Le réseau comporte une ligne principale qui traverse tout le royaume, de Hérat à Kandahar et à Caboul, et des lignes secondaires joignant ces deux dernières villes à la frontière de l’Inde, soit aux portes de la fameuse passe de Khyber.
- La même firme, qui est soutenue financièrement par le gouvernement allemand, a déjà le monopole du transport aérien des voyageurs en Perse, service en plein fonctionnement depuis 1928.
- Cette ligne persane, reliée vers l’ouest à Bagdad, le sera bientôt vers l’est au réseau afghan.
- D’après le même journal, il est bruit que la compagnie allemande étudie l’organisation d’une ligne qui, partant des abords de la passe de Khyber, atteindrait la Chine par la seule voie qui dispenserait ses appareils de survoler des territoires britanniques ou soviétiques.
- Mais l’établissement de cette route thibétaine présente des difficultés, en raison de la très grande hauteur des chaînes de montagnes qu’il faudra franchir.
- On peut signaler encore qu’une autre compagnie allemande, la Deutsche Lufthansa, qui assure les transports aériens entre Berlin et Constantinople, étudie la prolongation de son réseau jusqu’à Angora, en attendant de le relier au réseau persan de la compagnie Junkers.
- Enfin, on a dévoilé récemment à la Chambre des Communes les négociations qui se poursuivent entre le gouvernement chinois et la Deutsche Lufthansa pour la création d’une ligne aérienne entre Berlin et les principales villes chinoises : Péking, Changha. et Nanking.
- V. F.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- SISMOLOGIE
- Le tremblement de terre de la Nouvelle-Zélande.
- Le 3 lévrier dernier, l’Ile septentrionale de la Nouvelle-Zélande a été éprouvée par un violent tremblement de terre qui se classe parmi les grandes catastrophes sismiques. L’importante ville de Napier, située sur la rive de la baie de Iiawke a été entièrement ruinée et l’on a à déplorer la mort de plus de 140 personnes, ainsi que de nombreux blessés. La ville de Hastings à 20 km au Sud-Sud-Ouest de Napier a été également très éprouvée.
- D’après notre confrère anglais Nature, la secousse principale s’est produite dans la nuit à 10 h. 48 et a duré environ 2 minutes.
- Les maisons qui ont le plus souffert sont situées dans le quartier des affaires; la plupart étaient construites sur du terrain reconquis sur la mer. La zone des destructions s’étend sur une bande de 72 km de long et de 20 à 25 km de large, dirigée Sud-Sud-Ouest à partir de Napier, puis parallèlement à la cote à Waipukurau.
- Les dommages les plus graves se trouvent au voisinage de Napier.
- Un fait remarquable est le rehaussement du sol provoqué par le séisme dans la région de Napier. Une anse qui servait de port aux embarcations de pêche et aux petits vapeurs est maintenant à sec. En certains points, le fond du port s’est élevé de 6 m 40.
- La Nouvelle Zélande est une contrée sujette aux séismes. Depuis le début duxixe siècle, elle a éprouvé 4 grands tremblements de terre en 1826, 1848, 1855 et 1929, mais aucun d’entre eux n’a eu les graves conséquences de celui du 3 février 1931.
- Quant à la région de Napier, de 1848 à 1890, 26 secousses au moins, du reste légères, y ont pris naissance.
- MARINE
- Les navires à moteurs.
- D’après le « Lloyd’s Register », le tonnage des navires à moteurs lancés en 1930 a dépassé de 330 000 tonnes celui des navires à vapeur.
- En 1929, il y avait seulement 84 pour 100 de navires à moteurs et 63 pour 100 en 1927.
- Sur 1 250 000 tonnes de vapeurs lancés en 1930, 552 000 sont équipés pour la chauffe au mazout.
- CHIMIE INDUSTRIELLE
- Nouveaux disques de phonographes extra=minces.
- On nous signale de nouveaux disques de phonographes ayant l’avantage d’une épaisseur infime par comparaison avec les anciens. Chacun sait que les disques habituels sont constitués d’une pâte d’une composition à base de résines copals, de gomme laque, parfois additionnée de résine ordinaire, le tout chargé en pigments minéraux divers et noirci par du noir de gaz ou un produit connexe. Le mélange est effectué dans un malaxeur à palettes et à réchauffage, soit par le gaz, soit par la vapeur. Le dernier moyen de chauffage est le plus employé, car il évite la surchauffe des résines surtout de la gomme laque, qui est des plus préjudiciable à la qualité des disques obtenus.
- Les déchets de disques cassés sont Utilisables, mélangés à de la matière neuve, en petites quantités. <
- Mais ces disques ont l’inconvénient d’être trop épais.
- L I. O. P. vient de mettre, dit-on, sur le marché des disques de phonographes, qui n’ont qu’une épaisseur de 5 millimètres, si l’on en croit le Chemiker Zeitung, du 29 janvier et du 19 février 1930 d’après l’article de la Revue des produits chimiques de novembre 1930.
- Six disques ont la même épaisseur et le même poids qu’un disque de matière habituelle à base de gomme laque.
- Cette matière ne craint pas le contact de l’eau et, de plus, elle est ininflammable. On dit que les aiguilles s’usent très peu et que l’on peut jouer les disques même avec des aiguilles à pointe émoussée. On parle même de la possibilité de jouer 200 fois sur le même disque, ce qui nous étonne bien un peu.
- Nous pensons qu’il s’agit d’une pâte à base d’acétate de cellulose bien que nous n’ayons pas eu en main ces disques.
- Mais ce que nous savons personnellement, c’est qu’il existe deux firmes anglaises qui manufacturent des disques et en vendent à Paris même, disques qui sont à base d’acétate de cellulose.
- Ce sont les firmes « Cristallate » et « Lithène », sans compter celles que nous pouvons ignorer aux Etats-Unis et ailleurs.
- Le Chemiker Zeitung signale qu’il y a trente années, la fabrique de celluloïd Johann Arns à Crefeld (Prusse rhénane), avait employé le celluloïd inflammable pour des cylindres de phonographe. Il ajoute que la Oesterreichiche A. C. für cel-luloid fabrikation à Blumau fabrique des disques tant en acétylcellulose qu’en celluloïd pour la maison Goodson qui a des filiales de vente en Italie et en Autriche. La plaque autrichienne serait, dit-on, la meilleure quant à la pureté des sons, étant donné l’absence presque complète de parasites. Quant à l’usage il serait pratiquement presque indéfini.
- A. IL
- Le désencrage des vieux papiers pour leur réutilisation.
- On peut employer les vieux papiers pour la fabrication de -papiers communs d’emballage et connexes; mais le plus souvent, l’encre d’imprimerie, qui ne peut en être éliminée totalement, en empêche l’utilisation pour des papiers de qualité.
- 11 faut, quand on emploie de vieux papiers, que le prix d’achat soit très bas, et que, en outre, l’élimination des encres d’imprimerie soit efficace et peu onéreuse.
- Sinon, il y aurait avantage à employer du papier neuf.
- On arrive bien à éliminer les constituants des encres d’imprimerie en tant que solvants et vernis, mais il n’en est pas de même des noirs de fumée. On avait compté, pour ce faire, sur la tétraline ou dérivé hydrogéné de la naphtaline, mais il semble que ce produit n’ait pas donné les résultats que l’on en attendait.
- Le Chemiker Zeitung a publié un article de K. Stephan, dans son numéro du 24 février 1926, traduit par « La Revue des Produits Chimiques ».
- D’après ces sources, l’auteur préconise le remplacement des encres à base de noir de fumée, par certaines encres d’imprimerie susceptibles d’être détruites par les agents chimiques. Dans les brevets D. R. P. 415535 et 405929, il parle d’une encre composée de pyrolusite (MnO9) et d’hydrocarbures chlorés gras ou aromatiques, ou d’un dérivé chloré d’addition de la naphtaline. La décoloration de telles encres aurait lieu par SO2 ou par l’acide formique. L’auteur ajoute que de telles encres ne seraient pas plus chères que les encres d’imprimerie étant donnée leur utilisation. Des décolorations en grand de journaux effectuées à Berlin auraient fait réaliser, dit-on, des économies de 15 à 20 pour 100. A. H.
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- PETITES INVENTIONS
- ENSEIGNEMENT SCIENTIFIQUE Le catascope, nouvel appareil de projection.
- Les appareils de projection jusqu’ici en usage exigent toujours l’emploi d’un écran et ne fonctionnent bien que dans l’obscurité. Utilisés en general pour accompagner une leçon ou une conférence, ils exigent le concours d’un assistant. Les incessantes alternances de lumière et d’obscurité gênent l’orateur et plus encore les auditeurs qui ne peuvent qu’avec beaucoup de peine prendre des notes au cours de la conférence.
- Le catascope nous paraît appelé à remédier à ces inconvénients. Il rendra des services particulièrement précieux, toutes les fois qu’il s’agira de projeter de petits objets, cristaux, miné-
- Fig. 2. — Le catascope donnant, en salle éclairée, une image réelle, renversée et agrandie, d’une agate. (On aperçoit, au premier plan, l’agate elle-même, très petite.)
- raux, échantillons de métal, monnaies, tissus, plantes, animaux, préparations botaniques, zoologiques, médicales, etc. Il permet aussi de projeter des dispositifs tout entiers d’expériences physiques, chimiques ou biologiques.
- Toutes ces projections se présentent librement dans l’espace, avec une telle luminosité et clarté, en couleurs si brillantes et avec un relief si saisissant, qu’on a parfaitement l’impression d’une réalité — fortement agrandie. Les images sont visibles non seulement dans l’obscurité, mais à la lumière du jour; Le catascope n’a ni système de lentilles, ni condenseurs; c’est ce qui évite les pertes de lumière et ce qui permet d’employer, au lieu des sources de lumière excessivement intenses (chauffant l’objet à projeter), des lampes à incandescence normales.
- Fig. ]. — Le catascope.
- Aussi, point n’est-il besoin de prévoir des dispositifs refroidis-seurs. Le catascope présente de nombreux avantages non seulement pour les spectateurs, mais aussi pour le conférencier lui-même, celui-ci peut installer l’appareil à proximité immédiate de son pupitre, de façon à avoir à tout moment l’objet à projeter sous sa main; aussi, durant la conférence, pourra-t-il mairier à volonté cet objet, le retourner, le subdiviser, le chauffer, le refroidir, etc. Les spectateurs pourront observer les effets de toutes ces manipulations sur l’image projetée dans l’espace.
- Le catascope est d’une construction excessivement simple : Un miroir concave poli avec grande précision, d’environ
- Fig. 3. — Le catascope donnant en salle obscure l’image réelle, renversée et agrandie, d’un cristal de nitrate d’argent.
- (On aperçoit, au premier plan, devant l’image, le petit cristal lui-même.)
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- Fig. 4 et 5. — Images agrandies d’un bouquet de fleurs et d’un papillon projetées dans l’espace par le catascope.
- 600 millimètres de diamètre intérieur, lui sert d’optique; deux petits projecteurs à lampes incandescentes servent à éclairer l’objet. Le porte-objet très simple est facilement ajustable suivant toutes les directions; aussi permet-il de donner à l’objet la position la plus favorable par rapport au centre du miroir. L’appareil tout entier se pose, de préférence, sur de petits rouleaux.
- Suivant que l’objet se trouvera placé devant ou derrière le foyer (dans l’axe optique du miroir), on observera soit une image rée'.le, renversée, soit une image virtuelle (irréelle), redressée de l’objet. En faisant tourner le porte-objet autour de son axe vertical, on pourra contempler, à tour de rôle, tous les côtés de l’objet. Les rayons lumineux des deux petits projecteurs à lampes à incandescence, tombant sur le miroir, y sont concentrés et dirigés sur l’objet. D1 A. G.
- Constructeurs : Usines Siemens-Schuckert. Siemens-Schuckert-werke), à Berlin-Siemenstadt.
- OBJETS UTILES
- Le 'lanamètre : dispositif pour déterminer l’épaisseur des fibres de laine ou autres.
- Le nouvel appareil mis au point par M. Herbert Doehner, de l’Ecole Polytechnique de Munich, permet de déterminer l’épaisseur de la laine ou d’autres matières textiles. Grâce à sa
- Fig. 7. — Le lanamètre.
- construction fort simple et à son fonctionnement sûr, il peut même être confié aux profanes.
- U y a deux façons de se servir du lanamètre, suivant qu’il s’agit, soit d’estimer l’épaisseur approximative, soit de la déterminer par une mesure exacte. Dans le premier cas, on procède par comparaison avec 8 étalons : un microscope projette l’image 60 fois agrandie de la fibre sur le panneau central d’une boîte dont la face est divisée en 9 panneaux carrés. Chacun des panneaux entourant l’écran de projection du centre renferme la photographie sur verre 60 fois agrandie d’une fibre étalon. La comparaison de l’image, projetée au centre, avec ces 8 étalons, permet de classer la fibre immédiatement en lui assignant une limite supérieure et une inférieure.
- Les échantillons de laine qu’il s’agit d’examiner, nettoyés, au préalable, avec un pinceau plongé dans l’éther, sont insérés dans l’intervalle de deux plaques de verre, qu’on introduit dans une cuvette. L’image projetée peut se photographier.
- Lorsqu’il s’agit, au contraire, de faire une mesure exacte, on complète cet appareil par un objectif puissant, agrandissant 500 fois. L’image, projetée sur un disque-écran, se mesure en millimètres ; chaque millimètre sur ce disque correspond, évi-
- Fig. 6. — Verrou de sûreté pour bicyclette.
- demment, à 2/1000 de millimètre d’épaisseur de la fibre. Avec un peu de pratique, on peut, grâce à cette méthode, faire, sans la moindre fatigue, 100 essais en 10 minutes. Combiné à un dispositif micro-photographique, cet appareil se prête parfaitement aux recherches scientifiques. D1' A. G.
- Fabricants : Usine optique, C. Reichert,à Vienne VII1/2 (Autriche).
- Verrou de sûreté pour bicyclette
- On a toujours quelque inquiétude lorsqu’il faut abandonner momentanément sa bicyclette sur la voie publique. Votre monture d’acier peut tenter quelque passant sans scrupule.
- Le dispositif de sûreté très simple en même temps qu’efficace imaginé par M.Gaillard empêchera le vol de la bicyclette.
- Il consiste en un collier qui se monte sur le tube extérieur du guidon et qui porte un pointeau commandé par un verrou à clé. On perce tout d’abord avec une mèche américaine de 6 mm un trou qui traverse le tube extérieur et le tube du guidon. On place alors le collier en faisant entrer le pointeau dans le trou et on bloque avec les deux vis le collier sur le tube du cadre. Le collier est alors réglé; quand le pointeau reste enfoncé dans les deux trous, le guidon est bloqué; si on veut le débloquer, on ramène le pointeau en arrière à l’aide du verrou à clé. La bicyclette est alors en ordre de marche; à l’arrêt on enfonce simplement le pointeau comme il vient d’être dit et on enlève la clé molletée du verrou. Impossible alors à un voleur d’enfourcher la bicyclette et de s’enfuir. Quant au propriétaire, au moment du départ, il n’aura qu’à débloquer le pointeau avec sa clé.
- Constructeur : Etablissements Gaillard, 65, rue Bonnet, Lyon.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Nouvelle lunette de tir. — Maison M. Vandelle, 83, place d’Erlon, Reims.
- Étalonnage d’un poste.
- Pour étalonner convenablement un poste d’un modèle pour leque cette opération n’a pas déjà été laite auparavant par le constructeur, n est bon de posséder un ondemètre. Mais on peut pourtant effectuer aussi des mesures approximatives de longueur d’onde, ou môme de capacité et de sell'-induction, sans posséder cet accessoire. 11 suffit pour cela d’utiliser la réception sur cadre, ou même l’accord en Tesla sur antenne, et d’avoir un appareil avec un bon condensateur d’accord à variations précises.
- Pour cela, on se sert du circuit oscillant formé par le cadre ou le secondaire du système récepteur comme du circuit de mesure d’un ondemètre, et on établit des courbes d’étalonnage des circuits en fonction de la capacité variable. On peut obtenir facilement des points de repère permettant d’établir la courbe au moyen des réceptions d’émissions de longueurs d’onde bien connues, telles que celles de Radio-Paris des P.T.T., de la Tour Eiffel, etc.
- Une fois ces courbes facilement établies, on peut évidemment trouver immédiatement les longueurs d’onde d’émissions reçues à l’aide des graduations de la capacité notées au moment de la réception, et qu’on reporte sur la courbe. On peut également mesurer des capacités en les plaçant en parallèle sur le condensateur, ou même des self-inductions avec des bobinages montés en série dans le circuit, comme s’il s’agissait d’un ondemètre. Il est bon d’utiliser un condensateur étalonné pour faciliter les mesures, et les résultats reportés sur ces courbes doivent être notés avec un couplage très lâche du système d’accord, lorsqu’on reçoit sur antenne.
- De la même manière, si nous pouvons mesurer d’une façon plus ou moins approximative, et à chaque instant, l’intensité de réception dans le haut-parleur, nous pourrons établir des courbes en portant les capacités en abscisses, et en ordonnées les intensités de réception. Nous obtiendrons ainsi des courbes plus ou moins étalées de résonance, et l’accord obtenu est d’autant plus précis que la courbe est plus resserrée. En étudiant ces courbes, on pourra déduire de leur aspect la syntonie plus ou moins accentuée obtenue par le poste, et on pourra apprécier les caractéristiques de réception. En particulier, si nous constatons une déformation des sons musicaux à la réception, il sera possible, par l’examen de ces courbes, de déterminer si ces déformations proviennent d’une résonance trop aiguë. Dans le cas contraire, elles doivent évidemment être imputées à une autre cause plus complexe.
- Vous pourriez, d’ailleurs, trouver sur l’établissement de ces courbes des renseignements très complets dans La Pratique radioélectrique. (Masson éditeurs). Réponse à M. Gibaut à Paris.
- Charge d’un accumulateur de tension plaque.
- L’électrolyte formé d’eau distillée acidulée par de l’acide sulfurique purifié qui est contenu dans un accumulateur doit toujours affleurer au niveau supérieur des plaques, et on doit souvent s’assurer qu’il en est bien ainsi. Dans le cas contraire, il suffit, en général, d’ajouter de l'eau distillée pour rétablir ce niveau.
- Rien de plus facile, d’ailleurs, que de composer soi-même de l’électrolyte de remplacement, si un peu de liquide avait été renversé par suite d’un choc ou d’un transport. Il faut seulement avoir soin de verser l’acide dans l’eau, et non l’eau dans l’acide, pour éviter les éclaboussures dangereuses. Il faut prendre trois parties d’eau distillée pour une partie d’acide, ou plus exactement 1 1 d'acide pour 3,125 1 d’eau. La densité normale du liquide est de 26° Baumé; à fin de charge, elle est de 28° Baumé; on peut déterminer, d’ailleurs, très rapidement la densité d’un électrolyte au moyen d’un petit pèse-acide. Cet appareil en verre se compose d’une partie inférieure en forme d’ampoule, lestée généralement avec des grains de plomb; sur la tige supérieure sont marquées les graduations Baumé,
- Pour mesurer la densité du liquide de l’accumulateur, on en verse une petite quantité dans une éprouvette à pied, et l’on y plonge le
- pèse-acide. Le degré d’afllëuremenL du liquide sur la tige indique le degré de densité.
- Cependant, lorsqu’il s’agit d’accumulateurs de faible capacité dont les plaques et les bacs sont également de surface réduite, il est incommode de verser le liquide de l’accumulateur dans une éprouvette; aussi est-il préférable d’employer un appareil que l’on peut trouver maintenant dans le commerce, et qui comporte une grande ampoule en verre dans laquelle se trouve un petit pèse-acide; au moyen d’une poire en caoutchouc on peut aspirer le liquide de l’accumulateur dans l’ampoule et mesurer sa densité.
- Nous avons déjà décrit dans nos chroniques des appareils de ce genre et en particulier l’Aspirodyna (43, rue Riclier, Paris).
- La durée de service effective d’un accumulateur pour chaque recharge ne dépend évidemment pas seulement de l’intensité du courant d’utilisation, elle dépend aussi de la capacité de cet accumulateur. Or, si vous nous indiquez bien la tension de votre batterie, vous n’indiquez pas sa capacité. Celle-ci est, d’ailleurs, rarement supérieur à un ampère-heure pour ces modèles.
- Vous nous indiquez également que votre appareil récepteur comporte 6 lampes, mais vous n’indiquez pas les types de ces lampes; or l’intensité du courant de plaque varie suivant les types de lampes employés, et surtout elle est fortement modifiée suivant les types de lampes de puissance adoptés. Vous voudrez bien nous fournir ces précisions pour que nous puissions vous donner un renseignement utile. Réponse à M. R. Jacquot, à Metz.
- Ronflements d’un poste secteur.
- Vous ne nous indiquez pas si votre appareil fonctionne sur antenne avec une prise de terre normale, ou, au contraire, si vous employez seulement un cadre. 11 est, en effet, évident, dans ce dernier cas, qu’il faudrait placer à la terre la masse de l’appareil. Il y a, d’ailleurs, généralement une borne prévue à cet effet. Si cette précaution a été déjà effectuée, les ronflements dont vous vous plaignez ne peuvent provenir que des irrégularités du courant d’alimentation, ou d’un défaut du système de redressement et de filtrage. 11 conviendrait de vérifier l’état normal de votre valve de redressement. Vous nous indiquez, d’autre part, que la tension du courant d’alimentation est de 130 v, et nous pensons que votre appareil est bien établi pour cette tension. Peut-être auriez-vous intérêt à adopter, en avant de ce poste et avant le système d’alimentation, un simple transformateur survolteur-dévolteur qui permettrait d’obtenir du courant à la tension la plus convenable. 11 existe, comme nous l’avons indiqué dans nos chroniques, des appareils très simples de ce type. Nous pouvons vous indiquer, par exemple, les appareils Ferrix, 5, rue Mazet, Paris (6e).
- Ce sont là des essais à tenter dont le résultat peut être plus ou moins net, car dans ces questions délicates il s’agit avant tout de cas d’espèces qu’il faut examiner sur place.
- Réponse à M. A. D. à Gembloux (Belgique).
- Poste récepteur à ondes courtes.
- Voici les adresses des constructeurs de postes récepteurs à ondes courtes, que vous demandez :
- Comptoir général de T. S. F., Il, rue Cambronne, à Paris.
- Société Française Radioélectrique, 79, boulevard Haussmann, à Paris.
- Établissements Dyna, 43, rue Richer, Paris.
- Vous avez pu trouver également sans doute dans nos chroniques de Radiophonie pratique, la description d’assez nombreux types de postes à ondes courtes; comme vous avez pu le voir, il est relativement facile de réaliser des appareils simples de ce genre.
- Réponse à M. Arribert, à Nemours (Seine-et-Marne.)
- Choix d’un poste de T. S. F.
- Comme vous l’indiquèz, à l’heure actuelle, un auditeur a le choix entre deux solutions différentes; tout d’abord adopter un poste très simple à trois ou quatre lampes du type « local », généralement alimenté complètement par le secteur alternatif, et muni de lampes
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- à chauffage indirect qui lui permettra d’entendre les émissions locales, mais aura aussi le plus souvent une sélectivité peu accentuée, et ne pourra recevoir les émissions étrangères qu’en utilisant une antenne convenable.
- D’autre part, il reste toujours la solution si intéressante en France du poste à changement de fréquence qu’on peut, d’ailleurs, à l’heure actuelle, alimenter aussi entièrement par le courant d’un secteur alternatif. Il y a des modèles comportant des lampes à chauffage indirect, mais il y en a aussi, et ils ne sont nullement inférieurs, qui sont simplement munis d’un système d’alimentation par courant redressé et filtré, et de lampes du type ordinaire à faible consommation.
- Cependant, le prix d’un poste à changement de fréquence, bien établi et alimenté entièrement par le courant alternatif, demeure encore relativement élevé, car c’est à la condition seulement que sa construction soit très soignée qu’on peut obtenir une audition régulière, et surtout de bonne qualité musicale, en choisissant évidemment un haut-parleur de qualité correspondante.
- Enfin, il y a aussi des appareils à amplification haute fréquence directe munis de lampes à chauffage indirect à grille écran, alimentés ntièrement par le courant d’un secteur alternatif qui sont des postes sensibles et permettent sur petite antenne la réception des émissions étrangères. Ce sont également des appareils coûteux qui peuvent sans doute donner aussi d’excellents résultats, mais pas supéi'ieurs, semble-t-il, à ceux des appareils à changement de fréquence bien étudiés.
- L’auditeur qui veut avoir une audition d’excellente qualité, mais sait se contenter d’entendre des émissions de postes locaux ou en tout cas nationaux, peut avoir d’excellents résultats avec un poste simple et de prix modique du premier type. Mais si vous voulez entendre toutes les émissions européennes, nous ne vous conseillons pas de choisir un poste à la fois complexe et bon marché, car dans cette matière comme dans beaucoup d’autres le bon marché est souvent beaucoup trop cher. Réponse à M. Bonhoure, Boulogne-sur-Seine.
- De tout un peu.
- IVl. P. Bernard à Lausanne. — La solubilité dans l’eau des glycérophosphates commerciaux est très variable et d’autant plus grande, qu’ils retiennent davantage d’acide phosphorique, les sels acides étant plus solubles que les sels neutres. Il suffit du reste parfois d’ajouter une trace d’acide citrique pour obtenir une solution concentrée, limpide et stable.
- Bien entendu les solutions de glycérophosphates doivent toujours se préparer à froid, toute élévation de température au-dessus de 30° C amenant la précipitation du sel.
- M. R.-B. à Berchem . — 1° Nous ne connaissons aucun moyen de courber les panneaux d’Eternit, les pièces à surface courbe ne peuvent être réalisées qu’au moment de la fabrication, lorsque les matériaux constitutifs sont encore à l’état pâteux et n’ont pas encore fait prise.
- 2° Le meilleur calorifuge que vous puissiez employer pour garnir l’espace entre toit et plafond de mansarde, sans qu’il y ait danger de combustion est la laine de laitier de hauts fourneaux que vous devez pouvoir trouver assez facilement dans votre région.
- IVl. Poulain à Bosc-Roger (Eure). — Le craquelé ne s’obtient pas avec un vernis quelconque tel que le vernis Japon, ainsi que vous le supposez, mais avec des vernis spéciaux lorsque l’on superpose à une couche de vernis initial une nouvelle couche, riche en pigment et dont le solvanC est très volatil.
- Comme condition essentielle le solvant des vernis craquelants doit être aussi un solvant du vernis support, le retrait de la pellicule de surface laisse alors apparaître le vernis de fond.
- Eu égard à la délicatesse de réalisation de ces conditions, le mieux est de s’adresser à des maisons spécialisées dans cette fabrication, par exemple : Clément et Rivière, 42, rue Beaurepaire, à Pantin, Seine; Mouquet, 83, boulevard Richard-Lenoir, Paris, 11e.
- IVl. d’Esorienne aux Buissons (Calvados). — Dans l’une ou l’autre formule, l’essence de pétrole ou le pétrole lampant ne servent que comme diluant de l’huile de vaseline, pour permettre de l’étendre en couche très mince, le résultat est donc le même dans les deux cas; mais il est évident que le pétrole lampant est le plus économique en même temps que le plus odorant.
- M. Dupont des Loges à Morhange. — L’aluminate de baryte n’est pas un composé rare et la plupart des grands marchands de produits chimiques seront en mesure de vous le fournir. Quant à la dose à
- employer, elle dépend naturellement de la mir.éialisalion de l’eau, en se basant sur les équations chimiques que nous avons indiquées.
- IVl. Giteau à Haiphong-Tonkin. — 1° Le produit spécialisé désigné sous le nom de quinosol est le sulfate neutre d’oxyquinoléine et de potassium Cy II7 OAz H S04K d’odeur peu accusée, empêchant nettement le développement des bactéries ; une solution à 1 pour 40 000 entrave le développement du staphylocoque pyogène doré.
- Le D1 Kossmann qui a en particulier étudié cet antiseptique comparativement avec l’acide phénique et le sublimé n’a jamais observé de phénomènes d’intoxication ou d’eczéma.
- Employé en poudre pour le traitement des plaies sécrétant en abondance, le quinosol n’a exercé aucune action irritante ou caustique. Le seul inconvénient du quinosol ainsi employé est de tacher le linge en jaune, mais cette coloration disparaît sans difficulté au lavage.
- Habituellement, le quinosol est présenté sous forme de pastilles de 50 centigrammes très solubles dans l’eau qu’il suffit de faire dissoudre à la dose de 1 à 4 comprimés par litre d’eau pour obtenir la solution antiseptique d’usage courant.
- D’après l’expérimentateur précité, le quinosol convient tout spécialement dans la pratique gynécologique par la facilité de son emploi, étant donné qu’il est sans danger.
- 2° Le permanganate de potasse convient très bien pour la stérilisation de l’eau, en ajoutant à celle-ci une trace dudit sel suffisante pour que l’eau soit colorée en rose; l’addition de sucre n’est pas indispensable, si cette eau est employée avec du vin, ou toute autre boisson contenant des matières organiques qui produisent instantanément la décoloration.
- Par expérience personnelle, nous avons constaté que dans ces conditions l’usage continu d’une eau ainsi traitée est sans inconvénient.
- 3° La teinture d'iode s’altère avec le temps par transformation d’une partie de l’iode en acide iodhydrique et iodure d’étliyle, ce qui rend la préparation caustique; cette altération dépend des conditions de conservation : température, lumière et surtout de la pureté de l’alcool éthylique employé.
- On a proposé, pour retarder l’altération, d’additionner la teinture d’iodure de potassium ou d’iodate de potasse, mais le mieux est de ne pas faire de provision trop grande et de repréparer, vu la facilité d’obtention (iode 10 grammes, alcool à 95° 90 grammes), ladite teinture, aussitôt que l’on juge que la précédente a un peu d’ancienneté.
- M. Haberer à Strasbourg. — 1° Le dépôt qui s’est produit dans les bouteilles ayant contenu du vin rouge est constitué par du tartrate de potasse qui, peu soluble dans l’alcool, s’est précipité, entraînant avec lui la matière colorante du vin (œnocyanine ou œnoline).
- Pour redissoudre ce dépôt il suffit de saturer l’acidité du bitartrate par un alcalin, soude ou potasse; le plus souvent le carbonate de soude courant (cristaux des ménagères), en solution tiède à 5 % suffit parfaitement et un co p de goupillon enlève les dernières parcelles adhérentes.
- N. B. — Le même traitement peut être appliqué aux fûts dans lesquels on a logé du vin rouge; si l’opération est bien conduite et le fût rincé à fond, on peut ensuite s’en servir pour les vins blancs.
- 2° La formule suivante de décapant au tétrachlorure de carbone, pour peintures, vous donnera très probablement satisfaction :
- Acétone..................................... 450 grammes
- Alcool méthylique............................ 200 —
- Tétrachlorure de carbone..................... 300 —
- Paraffine...................................... 50 —
- N. B. — Les solutions obtenues se troublent souvent aussitôt qu’il y a abaissement de température, il ne faut pas s’en inquiéter.
- 3° Nous pensons que vos tuiles mécaniques trop poreuses pourraient être améliorées par la fluatation, consulter à ce sujet la Maison Teisset-Kessler de Clermont-Ferrand qui s’est spécialisée dans ces applications.
- IVl. Forgés à Paris. — Nous sommes surpris que les fabricants de piles « type de poche » n’aient pas montré plus d’empressement à étudier pour vous une fabrication plus soignée.
- Il n’y a aucune raison, si on veut s’en donner la peine, pour ne pas réaliser une pile à liquide immobilisé avec certitude.
- La préparation suivante utilisée dans une pile bien établie, en petit bac celluloïd, doit, à notre avis, donner satisfaction.
- Dans un litre d’eau froide, faire gonfler pendant quelques heures 20 grammes d’agar-agar, coupée en petits morceaux.
- Chauffer ensuite doucement, jusqu’à ébullition, que l’on maintient de façon à amener une solution complète.
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- A ce moment, ajouter en remuant 200 grammes de chlorhydrate d’ammoniaque (sel ammoniac) pulvérisé.
- Il ne reste plus qu’à couler le liquide autour du bloc dépolarisant (mélange de bioxyde de manganèse et de coke), puis à laisser refroidir pour qu’il se prenne en une masse stable.
- Ml. Hyvert à Carcassonne. — Il y a eu effectivement erreur typographique, lors de la composition de la formule donnée dans lp n° 2817 du 15 septembre 1929, p. 286, relativement à la destruction des mauvaises herbes par le sel marin; le 6 étant de trop, il faut lire :
- Eau tiède..................................100 litres
- Sel dénaturé...............................10 kg et non 610 kg.
- Nous avons du reste déjà fait cette rectification dans le n° 2827 du 15 février 1930, page 191.
- IVt. Le Dr Estreicher à Cracovie. — Les chiffres que nous avons donnés dans le n° 2838 du 1er août 1930 sous forme de trabelle résumant les caractéristiques de l’oxyde et du chlorure de méthyle, ont été empruntés à l’ouvrage de Vauclin et Long « Le Frigoriste, pages 72 et 73, constantes des différents gaz ; nous ne pouvions supposer que ces chifffres étaient sujets à caution et vous remercions d’avoir attiré notre attention sur ce point.
- M. IV1. de B. à St-Vaury.— L'alcool dénaturé du commerce est constitué par :
- Alcool éthylique...............................90 litres
- Méthylène Régie................................10 —
- On ajoute ensuite au mélange :
- Benzine lourde................................. 0 lit. 5
- Le méthylène type Régie, résultant de la distillation du bois, doit lui-même obligatoirement avoir pour composition :
- Alcool méthylique..............................65 %
- Acétone........................................25 —
- Impuretés pyrogénées...........................10 —
- et marquer 90° G. L.
- La benzine employée bout entre 150° et 250°.
- L’ensemble de ces produits dénaturants a été choisi de telle façon que, pratiquement, la revivification de l’alcool à l’état « bon goût » ne soit pas possible, car les traitements pour l’épuration coûteraient plus cher que l’acquisition directe d’alcool consommable; ainsi qu’il est dit vulgairement, « le jeu n’en vaudrait pas la chandelle ».
- M. J.-H. au Poiré. — 1° Si des chats viennent mettre à mal vos cultures de plantes délicates, le mieux est de les attirer dans un endroit où leur fouissage peut être sans inconvénient, par exemple une autre partie du jardin où sont entreposés les débris végétaux tels que feuilles mortes destinées à faire du terreau.
- Pour cela il suffit d’arroser la place choisie avec la solution obtenue en faisant bouillir, dans deux litres d’eau environ, une poignée de valérianç^votre tranquillité sera ainsi assurée.
- 2° D’après M. Hardy, directeur de l’Ecole nationale d’Harticulture, l’appât le plus efficace pour les limaces consiste en tartines de beurre rance ou de graisse. On les fait sur des feuilles de choux ou de salade, que l’on pose le soir dans le jardin à huit ou dix mètres de distance les unes des autres.
- Le lendemain matin tout est couvert de limaces qu’on peut faire tomber dans un seau contenant du pétrole ou détruire d’une autre façon.
- 3° Pour conserver souples les pinceaux après qu’ils ont servi à la peinture ou même pour lèur rendre leur souplesse quand ils ont été abandonnés et que les soies se sont durcies, un moyen très simple pour les remettre en état consiste à les immerger complètement dans l’ammoniaque ou alcali volatil.
- A mesure que le ramollissement se produit, on malaxe les soies de manière à les séparer les unes des autres et bientôt l’instrument a retrouvé ses qualités primitives.
- M. Pépin à Paris. — Le mastic suivant vous donnera, pensons-nous, satisfaction pour assurer l'étanchéité de votre aquarium : Prendre :
- Résine ordinaire...........................150 grammes
- Litharge................................... . 50 —
- Sable blanc............................: . 50
- Plâtre fin............................. 50 —
- Pulvériser le mélange pour le rendre bien homogène. Au moment de l’emploi, en délayer la quantité nécessaire au moyen du vernis blanc français que l’on trouve chez tous les marchands de couleurs, de façon à obtenir une pâte semi-consistante dont on garnira les feuillures avant d’y appliquer la vitre.
- N. B. — La condition indispensable pour une bonne réussite est que toutes les parties verre ou métal devant recevoir le mastic soient absolument sèches; faute d’observer cette précaution on n’aurait que des mécomptes; il ne suffit pas d’essuyer, mais il faut sécher réellement.
- ML Le Dr Fédou à St-Simon par Toulouse. — 1° Le meilleur moyen d’enlever l'encaustique, est de passer à l’eau seconde des peintres (solution de soude caustique à 5 %) puis de bien rincer.
- 2° Nous avons traité avec détails la question du vernissage au tampon dans le n° 2646 du 20 décembre 1924, page 199, veuillez bien vous y reporter.
- IVIIVI. Gauchas, à Paris. — Les indications que vous nous donnez sont insuffisantes pour nous rendre compte du procédé auquel vous faites allusion, veuillez nous soumettre un échantillon de l’article ainsi traité.
- M. H. Bruneau, à Bourges. — A notre avis la disparition du caoutchouc dans les pliures de votre imperméable ne comporte aucune réparation qui puisse être durable et de bon aspect, seule la réforme est indiquée pour votre vêtement.
- M. Haberer, à Strasbourg. — 1° Nous ne connaissons pas la spécialité strasbourgeoise dont vous parlez.
- 2° Vous trouverez du chlorure de méthyle aux Etablissements Gaillard, 134, boulevard Félix-Faure, à Aubervilliers (Seine).
- IVI. Lapointe, à Arcueil.— Le nettoyage des tulipes, manchons, ou globes dépolis utilisés dans la lustrerie, ne présente aucune diffic u.lté il suffit de faire tremper les pièces dans une eau de savon tiède, additionnée d’environ 5 % de lessive de soude caustique à 36° (potassium des peintres). Après séjour de quelques heures, suivant état d’encrassement, frotter avec une brosse douce pour déloger les poussières retenues dans les interstices, puis rincer également à l’eau tiède.
- N. B. — Ne pas employer d’eau trop chaude qui pourrait provoquer l’éclatement de la verrerie.
- Ml. Bosché, à Nantes. — 1° La coloration artificielle de l’eau de Javel lui est donnée par addition d’une trace de bichromate de potasse ou de soude.
- 2° Les mélanges employés pour la préparation de l'outremer artificiel peuvent être à base de carbonate de soude ou de sulfate de soude, suivant que l’on veut utiliser le carbonate tout formé ou l’obtenir par réduction du sulfate, tantôt on fait intervenir la colophane, tantôt on s’en dispense. Voici sur ces données, deux exemples types :
- Kaolin.......................................37 — 25
- Sulfate de sodium anhydre....................15 — 00
- Carbonate de sodium..........................22 — 22
- Soufre pur...................................18 — 25
- Charbon de bois.............................. 8 — 14
- Colophane.................................... 0 — 14
- Le mélange est introduit dans des creusets pouvant contenir environ 10 kg, ces creusets empilés dans un moufle sont chauffés lentement jusqu’au rouge sombre dans le premier cas et on maintient cette température 48 heures environ; dans le second cas, la température est élevée rapidement jusqu’au point de fusion d’un alliage à parties égales d’or et d'argent, puis on maintient le feu six à huit heures. On laisse ensuite refroidir lentement, ce qui demande environ 36 heures, puis on pulvérise la masse qui à ce moment est verte et friable; on la réchauffe à nouveau à température modérée dans un second moufle chauffé par la chaleur perdue du four à calcination, la couleur bleue se développe et on l’accentue au besoin par un léger grillage. Finalement le produit est lavé par décantation, puis classé d’après sa finesse par blutage ou sédimentation.
- Ml. Nicolas, à Lillebonne. — Vous trouverez certainement là préparation bitumineuse désirée en vous adressant aux maisons suivantes : Société l’Asphalte, 26, rue de Bassano, 16e. — Compagnie parisienne des Asphaltes, 33 bis, rue de Moscou, 8e.— Les Asphaltes du Centre, 26, rue Cambon, Ve.— Société Asphalted, 10, rue Duvergier, 19e.
- Ml. Domange, à Paris.— L’addition d’un produit conservateur quel qu’il soit à votre- farine de viande est toujours susceptible de présenter des inconvénients lors de la consommation. A notre avis le système le meilleur est la conservation en caisses réfrigérées; les progrès réalisés dans cette voie, au cours de ces dernières années, permettent aujourd’hui de disposer d’installations de ce genre à prix très raisonnables; vous trouerez dans l’article que nous avons publié il y a quelque temps (n° 2§09, 15 mai 1929; p.'-490) sur les différents types courants d’appareils frigorifiques domestiques, toutes indications sur les possibilités répondant à votre désir.
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Fig. l. — Lancement du premier ravilaiüeur de sous-marins :
- Le Jules-Verne.
- M. Jean-Jules Verne, petit-fils du romancier, remet un portrait de son grand-père au commandant du bâtiment. (Ph. Roi.)
- Fig. 2.
- Le Jules-Verne avant son lancement, à Lorient. (Pb. Pnl.1
- Fig. 3. — Un sous-marin qui pourra atteindre le Pôle Nord.
- Le sous-marin « L-12 » avec lequel Sir Hubert Wilkins essaiera d’atteindre le Pôle Nord est en construction a Philadelphie.
- (Ph. Keystone View.)
- Fig. 4. — Un essai de stabilité des nouveaux autobus londoniens aux ateliers de Chiswick à Londres.
- (Ph. Keystone View.)
- Fig. 5. — L’automobile la plus rapide du monde.
- La voiture avec laquelle le capitaine anglais M. Campbell vient de battre touslesrecords de vitesse Elle est équipée avec le moteur d’avion Napier à sura-limenteur, 1450 ch, gagnant de la coupe Schneider. (Ph. Wide World.)
- Fig. 6. — Le canot-automobile le plus rapide du monde.
- Monté par Kaye Don, a réalisé une vitesse supérieure à 177 km-h. (Ph. Forbin.)
- Le Gérant : G. Masson.
- 554- — Paris, lmp. Lahure. — 15-3-*q3i .
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- LA NATURE
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- N• 2854.
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- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n*‘), 85 fr. ; — 6 mois (12 n”), 43 fr.
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- Un an. .
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- Tarif extérieur n 1 valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Costa-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Honduras, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Nicaragua, Panama. Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie ( U. R. S. S.}, San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud Uruguay, Venezuela.
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- Règlement par mandat, chèques postaux (compte n* 599, Paris) ou chèque à Ibrdre de Masson et Cu, sur une banque de Parié.
- Les |i)onnements sont payables d’avance et partent du l*r de chaque mois.
- Pour tout changement d’adresse, joindre la bande et un franc.
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- N° 2854,
- LA NATURE
- 1er Avril 1931
- LES LAÏKI
- Les chiens laïki, peu connus dans la plupart de l’Europe, ceux que l’on attelle aux traîneaux dans l’extrême Nord (lîg. i et 2), sont très communs dans tout le Nord de la Russie et en Sibérie. Ils ressemblent beaucoup aux bergers allemands ou belges, et même aux loups, car ils sont plus trapus que les bergers. Une particularité de leur conformation est que leur queue, au repos, s’enroule en forme de cor de chasse et s’applique sur leurs fesses en faisant un tour et demi. Leur pelage est généralement gris-loup, tout noir (fig. 3), tout roux ou tout blanc. Dans l’extrême Nord, ils sont ordinairement blancs et certains gris. Plus on descend dans les régions tempérées, moins on rencontre de laïki blancs, et plus on en voit de gris, noirs ou roux. Quand on croise deux sujets de couleur différente, les produits sont parfois naturellement plus ou moins bariolés (fig. 4).
- Les laïki, entre toutes les races canines, sont remarquablement intelligents et sages de leur nature. Prenez un laïka élevé dans une cabane en pleine forêt et habitué à vivre dehors, ame-nez-le subitement dans une salle à manger somptueuse et laissez-le seul auprès d’une table garnie des mets les plus appétissants, non seulement il ne prendra rien, mais il empêchera le chat d’y monter.
- Plus que d’autres races canines, celle-ci garde des marques ataviques de ses ancêtres sauvages. Les laïki ne se battent jamais entre eux dans l’attitude commune à tous les autres chiens, mais ils se cabrent l’un contre l’autre, et c’est debout qu’ils essayent de mordre leur adversaire dans sa gorge, exactement comme des loups.
- Les services que ces chiens rendent à l’homme, notamment dans les pays lointains du Nord, chez les Lapons, Esquimaux, Ostiaks, Zirians, etc., sont si nombreux et si précieux, qu’aucun autre animal domestique ne pourrait rivaliser avec eux. Ils gardent les huttes, ainsi que les petits enfants de leurs maîtres; attelés aux traîneaux, ils transportent leurs maîtres, et diverses cargaisons : peaux, animaux tués, bois, etc. (fig. 4). Il arrive même souvent,
- 1. L’ouvrage dont ces pages résument un des chapitres, paraîtra prochainement, sous le patronage de la Société nationale d’Acclima-tatioh de France, aux Éditions Bossard, Paris.
- et cette constatation a quelque chose de pénible, que, dans les expéditions arctiques, après avoir utilisé le service de ces chiens pour le transport, les explorateurs les tuent et les mangent pour se sauver de la famine et d’une mort certaine ! (x).
- Dans ces pays du Nord où la chasse est pour l’homme l’unique moyen de subsistance, ils aident leur maître à retrouver une martre ou un écureuil et le sauvent parfois des griffes de l’ours; d’ailleurs ils sont les seuls chiens qui
- s’emploient à la chasse de l’ours.
- Comme ils vivent dans une nature vierge, tous leurs sens se développent forcé ment plus que chez les au très races canines. Outre l’odorat, ils ont l’ouïe et la vue extrêmement fines. Si c’est avec son flair que le laïka suit sur le sol la piste d’un coq de bruyère, c’est avec son ouïe et ses yeux qu’il le retrouve perché sur la branche d’un sapin à une trentaine de mètres au-dessus du sol, ou qu’il suit à travers les branches les sauts d’une martre ou d’un écureuil d’un arbre sur l’autre.
- Dès qu’il a découvert un gibier, le laïka donne de la voix. Cependant il n’a pas le même aboiement pour un coq de bruyère branché, pour de petits fauves tels qu’écureuils, zibelines ou martres et enfin pour l’ours. Sur celui-ci sa voix est exactement la même que sur l’homme, mais avec plus d’insistance.
- Un bon laïka est un auxiliaire inestimable pour la chasse de l’ours. Il facilite beaucoup la recherche de la tanière, notamment dans un taillis serré, un fourré de résineux ou de bois-chablis. Sa voix vous guide dans 1^ poursuite d’un ours blessé ou non, et vous évite touà détours inutiles et fatigants. Il vous met en garde contré un ours blessé et dangereux, dont vous ignorez la proximité et qui vous attend dans un fourré pour vous attaquer. Enfin, souvent il saute sur l’ours au moment où celui-ci bondit lui-même sur vous, et il détourne sur lui la colère de la bête en furie.
- Cependant un chien rendant tous ces services est
- 1. On trouvera en France les meilleurs laïki de Sibérie au chenil de Mlle S. Robert, 16, rue de l’Ouest, à Colombes (Seine). |
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- Fig. 2. — Trois traîneaux attelés chacun de sept laïki, utilisés pour lalchasse à l'ours au Kamtchatka.
- absolument exceptionnel et je dirai franchement que je ne l’ai jamais rencontré. En effet, celui qui convient à la recherche des tanières, c’est-à-dire un chien calme et non mordant, n’attaque pas l’ours. Par contre, un chien mordant, non seulement donnera de la voix sur l’ours avec une persévérance inlassable, en mettant sa tête dans l’orifice de la tanière, mais, si l’ours est couché sous un tronc d’arbre tombé ou sous de petits résineux, il essayera de l’aborder par derrière et de lui mordre la cuisse ou le dos. En d’autres termes, il le fera presque toujours déguer-
- Fig. 3. — Un laïka tout noir. Province de Viatka [Nord de la Russie).
- pir de sa tanière, avant que le chasseur ait su s’approcher, et celui-ci ne verra rien.
- Quand un laïka cherche une tanière, il enfonce souvent son museau dans la neige jusqu’aux oreilles. On sait qu’entre une neige profonde et le sol il existe toujours un petit espace vide, et vraisemblablement le chien l’utilise pour éventer ainsi et d’assez loin une tanière. En outre il s’arrête souvent et écoute. Sans doute la puissance de son ouïe lui permet-elle d’intercepter de loin des respirations ou des ronflements de l’ours, insaisissables pour les oreilles humaines.
- Le laïka qui attaque et poursuit l’ours a généralement le caractère très sauvage et méfiant. Il ne veut connaître personne, sauf son maître, et refuse toute nourriture offerte par une autre main.
- Le chasseur qui sait conduire son chien ne doit pas le lâcher sur la piste d’un ours par une neige trop profonde, sauf quand le gel a formé une croûte assez épaisse pour porter son compagnon. La plus dangereuse profondeur pour lui est de 50 cm à 1 m : l’ours, plus haut sur pattes et infiniment plus puissant, y progresse aisément; votre chien, par contre, s’y enfonce entièrement et avance avec peine. Un vieil ours, profitant de cet avantage, ne tardera pas à le tuer. D’ailleurs, en pareil cas, les laïki intelligents, refusent de marcher : ils ne s’éloignent pas à plus de 10 ou 20 m du chasseur, selon la nature du bois. A cette distance déjà, ils peuvent vous rendre grand
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- Fig. 4. — Un laïka noir avec la poitrine blanche. Province de Vologda {Nord de la Russie).
- service dans la poursuite d’un ours blessé, en vous signalant l’animal qui, caché dans un fourré, vous guette.
- Les accidents de chasse, c’est-à-dire les blessures causées par les dents ou les grilles de Tours, produisent chez les laïki des effets psychologiques variables suivant les sujets. L’un, après avoir mesuré les moyens de défense de son adversaire, devient très prudent et méfiant. L’autre, par contre, s’enhardira encore, en témoignant une haine acharnée contre les ours.
- J’ai possédé un laïka, « Lapka », qui avait déjà fait connaissance avec les dents et les griffes de plusieurs ours, avant que je l’eusse acheté. Il avait une oreille brisée et pendante, la cicatrice d’une morsure au cou et le dos labouré d’un coup de griffes. Quand il aboyait devant une tanière, il semblait devenu enragé : ses yeux luisaient comme des charbons ardents et la mousse ruisselait de sa gueule. Dès qu’apparaissait la tête de l’ours, il s’élançait et la mordait soit à l’oreille, soit en plein museau. Une fois l’ours tué, « Lapka » s’accrochait indéfiniment à lui, les yeux fermés, comme un mort. On avait toutes les peines du monde à l’arracher et le ramener, sans se faire mordre.
- Nous fîmes un jour échange de politesse : il s’interposa devant une grande ourse blessée qui se ruait sur moi, et je logeai ma balle dans la tête de cette ourse au moment même où, après avoir, d’un coup de patte, aplati mon a Lapka » dans la neige, elle ouvrait déjà la gueule pour lui broyer la nuque. Cet accident n’empêcha pas mon chien de poursuivre le lendemain un jeune ours de près de 80 kg, qui se sauvait d’une tanière mal repérée et de lui mordre la croupe. Le jeune imbécile, stupéfié de l’insolence, au lieu de s’enfuir sagement, se retourna contre « Lapka ». Ce dernier battit en retraite et l’attira presque dans mes jambes, où il encaissa ma balle (fig. 6).
- Le caractère de ce chien était des plus sauvages. Dans les maisons où je logeais au cours de mes déplacements de chasse, il se tenait toujours caché dans un coin, ou de préférence sous mon siège. Jamais il ne voulait prendre place dans un traîneau, même avec moi, préférant courir pendant des dizaines de km.
- Par contre, je possédais un autre laïka « Otgadaï » (fig 7) qui n’attaquait pas l’ours, mais qui était sans rival pour la recherche des tanières. Je l’avais acheté à l’âge de dix mois pour l’obstination avec laquelle il refusait de s’éloigner de la porte d’une grange où l’on avait déposé quelques ours tués par moi. C’est moi qui le dressai et je m’abstins de l’exciter à attaquer l’ours, ou à donner de la voix sur d’autres animaux.
- Il procédait à la recherche d’une tanière comme un chien d’arrêt quêtant une bécasse ou un perdreau. Dès qu’il sentait la proximité de l’animal, il ralentissait son pas, comme s’il craignait de le faire lever. Arrivé à une vingtaine de mètres de la tanière, il lançait deux ou trois aboiements brefs. Si je poursuivais ma marche, il avançait doucement jusqu’à la tanière, se plaçait devant l’orifice et aboyait avec persistance. Quand l’ours sortait, non seulement il ne se lançait pas contre lui, mais il reculait et ne
- gênait nullement mon tir. Dès qu’un ours était tué, il s’approchait de lui, le flairait attentivement, léchait quelques gouttes de son sang et revenait me demander des caresses.
- Son caractère était très doux et très familier. Il se laissait caresser par n’importe qui et voyageait toujours dans le traîneau, où il s’empressait de monter le premier. Il avait ses entrées libres dans ma maison, mais n’y restait jamais longtemps. D’ailleurs tous les laïki n’aiment pas demeurer longtemps dans une chambre où ils semblent bientôt souffrir de la chaleur.
- En dehors des ours, mon « Otgadaï » était enragé contre les rats. Il passait parfois plus de six heures sans bouger près du trou d’un rat, mais il le prenait toujours. Il témoignait la même passion pour les taupes. C’est par son ouïe, et non par son flair qu’il repérait sous terre l’endroit précis où fouissait la taupe, et il n’était pas long à la déterrer. Je lui permettais ces distractions parce que, ni rats, ni taupes n’existant dans nos forêts, le chien ne pouvait contracter ainsi une habitude nuisible à son travail sur
- Fig. 5. — Enfant gakoute ramenant une provision de bois sur uni raîneau traîné pa'r un laïka.
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- Fig. 6. —- Lapka couché en rond [au fond à gauche) et ses deux vaincus : un ours de 80 kg (à gauche) et une ourse de 135 kg (à droite) qui avait failli tuer le chien. Conservation Vischenskaia, province de Tombor (Russie Centrale).
- l’ours. Au commencement de son dressage, il essayait de donner de la voix sur les martres et les petits-gris, mais comme je feignais de ne pas y prêter attention, il en conclut que ce gibier ne valait pas la peine d’être remarqué et, en forêt, il ne donnait plus que sur l’ours.
- J’ai possédé plusieurs autres laïki, bons sans plus. Je ne les employais que pour la poursuite des ours, et toujours sous la conduite de « Lapka » qui leur donnait l’exemple du courage.
- Il ne faut pas croire que tous les laïki conviennent à la chasse de l’ours. Loin de là, car ils ne font pas exception à la règle générale, selon laquelle les aptitudes cynégétiques d’un chien sont un don naturel de naissance, que l’homme ne fait que mettre en valeur par un dressage judicieux. On peut gâter un chien bien doué, on ne peut rendre bon un chien déshérité par la nature. Parmi tant d’autres superstitions, les paysans du Nord croient qu’on peut rendre un laïka courageux en lui faisant manger du cœur d’ours cru.
- Fig. 7. — Otgadaï, laïka gris-loup.
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- Faut-il dire que cette croyance ressemble comme une sœur jumelle à celle des anthropophages qui veulent se rendre plus braves en mangeant le cœur des guerriers ennemis tués au combat...
- Les autres races de chiens ne témoignent aucune velléité de s’engager sur la piste d’un ours. Or, bien que celui-ci ne dégage aucune odeur forte ou désagréable, comme les autres fauves et notamment le loup, le renard et les félins dont l’odeur spécifique est perçue même par l’homme, le fait que les laïki éventent l’ours de loin piouve assez que ses émanations n’échappent pas au flair d’un chien. Mais elles ne l’intéres= sent pas.
- Les chiens d’arrêt, rencontrant au lieu de gelinottes ou de coqs de bruyère une piste d’ours, expriment plutôt de l’étonnement, et semblent dire : « Voici quelque chose de singulier, mais ce n’est pas du gibier ».
- Fait plus frappant encore, les chiens courants entraînés sur le loup, le sanglier, le renard, etc., ne mènent pas l’ours. Presque tous les amis que j’avais parmi les conservateurs des forêts domaniales habitées par les ours, ainsi que certains gardes principaux avaient chacun de deux à six de ces chiens courants. Sauf un inspecteur de plusieurs conservations, dont les quatre chiens menèrent un jour un petit ours pestoune (x), aucun de ces fonctionnaires ne vit jamais sa meute prendre une piste d’ours, sur laquelle pourtant on devait tomber bien souvent en menant à travers bois des renards et des lièvres.
- Mais je ne saurais ici passer sous silence les exploits d’un petit roquet, bâtard de toutes les mauvaises races canines, appartenant à mon ami le garde principal Chromtzofï. Chaque hiver, celui-ci me signalait une ou deux tanières découvertes par son minuscule compagnon.
- Nous lui demandions toujours, mes chasseurs et moi, de nous raconter comment il avait trouvé la tanière. Seule variait la description du bois et du temps, mais le récit finissait toujours en ces termes : « Tout à coup, je vois mon chien accourir, la queue entre les jambes. Hé ! pensai-je, à coup sûr, il y a un ours près d’ici. Je commence à exciter le chien, mais il ne veut rien savoir et reste assis à mes pieds tout tremblant. Pour lui donner du courage, je commence à avancer dans la direction d’où il est venu : il reste toujours assis et tremble de plus en plus. Après quelques recherches, j’aperçois un petit fourré avec un arbre déraciné. J’ai jugé que l’ours est là, mais comme la neige était encore peu profonde, j’ai remis mes vérifications à plus tard, afin de ne pas risquer de le faire lever.
- « Et votre chien, Chromtzofï ? » demandions-nous.
- « Oh, lui, en rentrant à la maison je l’y trouvais déjà rentré depuis longtemps et caché dans la remise. »
- Pendant que mon personnel riait, Chromtzofï nous affirmait que ce chien était justement celui qu’il fallait pour la recherche des tanières, « parce qu’il a peur de l’ours et que par conséquent il ne le fait pas lever ».
- W. Kazeeff.
- 1. Jeune ours de trois ans.
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- LES FORTIFICATIONS DES ANCIENS “ 2,3 ET LEURS MACHINES DE GUERRE
- Fig. 1. — Lipse s'imaginait continues les 3 lignes qui enserraient une ville avant l'escalade générale. Devant la première ligne, de gauche à droite, sont figurées deux tortues humaines, un manlelel roulant [sa couverture est insuffisante), deux autres tortues, deux arbalétriers et trois échelles. El tout cela, pour combattre les 22 défenseurs qu'on voit sur les remparts ! Celle gravure rend ridicule l'armée des assiégeants.
- Vous qui traduisez, à coups de dictionnaires classiques, les auteurs grecs et latins, vous n’arrivez (et au prix de quels efforts !) qu’à aligner des mots sans aucun sens précis pour vous quand votre version par quelqu’une de ses phrases touche aux fortifications des anciens et à leurs machines de guerre. Vous, qui plus âgés et d’une science plus mûrie, lisez ces auteurs, leurs traducteurs ou leurs commentateurs, vous désespérez de créer dans votre esprit des images cohérentes des sièges et des machines, surtout quand vous faites appel à vos propres souvenirs de guerre.
- Pourquoi donc ? C’est que les textes que vous lisez ont été écrits par des historiens : la plupart, n’ayant pas vécu les luttes qu’ils racontent, ont commis des erreurs, les autres n’ont pas jugé bon de décrire des objets et des actes communs à leur époque, totalement inconnus depuis. Les traducteurs du grec en latin, puis du latin en langues modernes, ont multiplié ces erreurs. Les commentateurs ont essayé en vain d’y voir clair; Juste Lipse de Louvain, l’un des plus grands érudits du xvie siècle, a disserté en latin du sens des mots grecs et latins au cours de 5 livres sur l’art de prendre les villes (Poliorcétique) et sur les machines de jet. Il s’est souvent trompé, bien que méthodes d’attaque et machines de jet n’eussent été définitivement transfonnées ou totalement remplacées par le canon que depuis 100 ans à peine ; et ses gravures, dont quelques-unes sont reproduites ici, sont honnêtement fausses; ceux qui l’ont suivi l’ont scrupuleusement copié. Il faut arriver à 1728 pour trouver le Chevalier de Folard, mestre de camp d’infanterie, qui, après de nombreuses campagnes et après lecture de plus de 300 auteurs latins et français, ait eu assez de métier et de réflexion pour redresser les fausses interprétations. Depuis, de Rochas, officier du génie, et Lacoste, ingénieur, ont su traduire vers 1880 les textes d’ingénieurs grecs dont les copies manuscrites, gravement altérées, avaient fait le désespoir des hellénistes les plus distingués. Mais leurs ouvrages restent couverts de poussière aux plus hauts rayons des bibliothèques. Essayons, d’après eux, de donner une idée, très condensée d’ailleurs, des forteresses de l’Asie Mineure et de l’Europe, et des machines qu’on employa pour les défendre ou les prendre jusqu’au xve siècle, où lès armes à feu devinrent d’un usage courant et transformèrent radicalement les unes et les autre?.
- LES MURAILLES
- Certains murs de Jérusalem étaient laits de blocs de marbre blanc de 10 m sur 5, soigneusement ajustés sans mortier; mais ce luxe des Juifs fut exceptionnel. Les murs des villes, d’abord de terre soutenue par des claies et des fascines (fagots), puis de lits croises de
- grosses poutres mélangées de pierres et de terre, furent le plus souvent de briques ou de maçonnerie. Le parement intérieur des murs était nu et non « terrassé » (soutenu par des massifs de terre), comme l’exigea ultérieurement l’emploi du canon. On construisit aussi de très longues murailles : celle de Chine, vieille de 22 siècles, s’étend sur 300 km. On cherchait à dominer nettement l’assaillant en s’établissant en site élevé et en haussant les murs à 15 m. Il y avait jusqu’à trois enceintes. Ces enceintes,
- Fig. 2. — Trois tortues humaines s’approchent pour l'attaque : celle de droite, à 2 étages, arrivera au niveau des défenseurs quand la tortue inférieure se dressera. Les tortues comprenaient en réalité plus de rangs que n’en figure Lipse.
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- d’abord continues, se parèrent ensuite de tours, de 20 ou 25 m de hauteur, largement saillantes, dont les défenseurs battaient de flanc, par leurs armes de jet, le pied des murailles devenues discontinues. Devant l’enceinte courait un fossé, sec ou plein d’eau, de 15 à 30 m de large, de 7 m de profondeur; chacun de ses bords était longé par un petit fossé, plus ou moins enterré, identique à nos « tranchées », dont les parapets étaient tenus par des claies d’osier et des fascinages, semblables aux nôtres. Au sommet des murs et des tours, les défenseurs, protégés par un parapet en pierre, et probablement par des toitures à l’épreuve des projectiles ennemis, disposaient de petites « balistes » (que nous décrivons plus loin) lançant « traits » et pierres sur l’assaillant au cours de sa progression; ils déversaient des liquides bouillants, des pièces de fer brûlantes, des quartiers de bois, des tonneaux de terre, des blocs de pierre sur l’agresseur arrivé au pied des remparts ; ils avaient en outre des armes individuelles de jet (arcs et frondes) et des armes de combat rapproché.
- Par des créneaux du pied des remparts, les défenseurs lançaient des poutres atteignant 4 m, à l’aide de grosses « balistes ». Derrière celles-ci étaient installées les « catapultes » lourdes dont les projectiles à trajectoire courbe passaient par-dessus le rempart et démolissaient les engins de l’adversaire. Au pied des tours et à droite une porte permettait des sorties homme par homme, bouclier en avant, pour l’exécution des coups de main : on rentrait par une porte de gauche de la tour suivante pour conserver toujours la protection du bouclier. Le pied des murs pélasgiques de Tyrinthe et de ceux de Sardes contient dans son épaisseur une galerie étroite qui communique
- Fig. 3. Une échelle observatoire, décrite par Héron, “pue par Lipse.
- Fig. 4. -r- Deux cages (tollenones) à bascule, vues par Lipse.
- avec le dehors par plusieurs portes espacées de 2 m : les défenseurs groupés dans la galerie sortaient tous ensemble, exécutaient leur mission et rentraient par le même chemin; les assaillants qui s’engageaient à leur suite ne pouvaient déboucher dans la ville que par la sortie unique de la galerie, donc un par un : ils étaient abattus l’un après l’autre.
- Les défenseurs accumulaient dans les villes des vivres pour des années, des outils, des cordes, des munitions en quantités considérables : pierres, bois, fer, matières inflammables ; des médicaments et des désinfectants (que distribuaient, déjà, des médecins militaires); des poisons pour corrompre les eaux de l’ennemi et garnir les flèches, des engins de signalisation optique, etc...
- Les châteaux forts du Moyen Age présentaient les caractéristiques des villes fortifiées : c’étaient de petites forteresses, souvent à plusieurs enceintes, maçonnées, puissamment organisées et en général pourvues d’un donjon où se faisait l’ultime défense.
- L’ATTAQUE
- Les moyens des agresseurs variaient en quantité et en puissance avec leurs ressources, leur nombre, leurs desseins, la nature des forteresses à attaquer, le temps qu’ils pensaient y consacrer. Outre leurs armes pour le combat en rase campagne, ils avaient un outillage important de terrassiers, carriers, bûcherons, charpentiers, menuisiers, forgerons et ouvriers de tous métiers ; exploitant les ressources locales, ils en tiraient les pierres et les bois dont ils faisaient leurs projectiles et leurs engins d’attaque. Il leur en fallait de telles quantités qu’ils épuisaient les forêts. Moïse interdit aux Hébreux de ravager les campagnes en coupant dans ce but les arbres fruitiers, car « ce n’est que du bois, leur disait-il et non pas des hommes capables de vous faire la guerre ». Ce précepte du Deutéronome semble avoir été totalement inconnu des Allemands pendant la guerre mondiale !
- Les agresseurs tramaient aussi parfois avec eux des engins (de très gros béliers par exemple), dont la fabrication eût été impossible sur place.
- La ruse, la corruption des défenseurs et de leurs chefs, l’achat de traîtres, l’entretien d’espions, l’emploi de troupes déguisées étaient choses recommandées par les Anciens : on pouvait ainsi enlever une ville par surprise.
- Si on n’y parvenait pas, on essayait, à l’aide d’échelles, d’escalader les remparts en plusieurs endroits, tandis qu’on attirait la garnison sur d’autres points par une fausse attaque : on ne réussissait que si la garnison était faible en nombre ou peu riche en courage.
- Echouait-on, on recourait à l’escalade générale; l’armée d’attaque formée sur trois lignes enserrait la ville et s’en rapprochait : la lre ligne, légèrement armée, comprenait archers et frondeurs; la 2e se composait des gens pesamment armés ; la 3e des gens à cheval. Ces lignes étaient naturellement discontinues en raison des effectifs (ceux de la cavalerie n’étaient que du dixième du total).
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- Arrivés à portée du jet, archers et frondeurs couvraient les défenseurs des remparts et des tours, de flèches et de pierres; les pesamment armés descendaient dans le fossé (l’escalade générale nécessitait qu’il fût sec). Les uns dressaient les échelles; n’étaient-elles pas renversées, ils y montaient sous un déluge de liquides bouillants ou de grosses poutres rondes, de tonneaux de terre, de paniers de pierres qui écrasaient les échelles et leurs occupants; parvenaient-ils en haut, il leur fallait engager le corps à corps avec les défenseurs; s’ils s’en débarrassaient, ils levaient haut les échelles, les appliquaient à l’intérieur de la ville et redescendaient sous les projectiles pour engager un combat de rues. D’autres fois, pressés les uns contre les autres, et couverts de leurs boucliers sur la tête et sur les côtés, ils formaient « la tortue » dont la profondeur était parfois très grande; arrivés au pied du mur, ils ployaient les genoux et une deuxième tortue grimpait sur la première; la première se relevait au commandement et la deuxième hissée au niveau des défenseurs les attaquait. Parfois la tortue s’accroupissait au pied du mur; et à l’aide de pics, de leviers, de pioches, les premiers rangs sapaient la muraille pour en provoquer l’écroulement, travail d’ailleurs fort long. Ailleurs on s’attaquait aux portes avec des pics et des béliers légers; le défenseur faisait tomber sur l’assaillant la herse ou encore l’orgue formée de grosses poutres verticales appointées et fermées.
- TRAVAUX DES ASSIÉGEANTS
- Si l’entreprise ne réussissait pas, l’armée se retirait hors de portée des projectiles de la place et établissait un camp tout autour de la ville. Elle se défendait des sorties possibles de l’assiégé par une « contrevallation » et, des ennemis qui viendraient du dehors, par une « circonvallation ». L’une et l’autre de ces lignes étaient faites comme notre fortification de campagne dite de position : chacune était un retranchement en terre et clayonné avec gradins et rampes, surmonté d’une solide palissade en bois, précédé d’un fossé et d’abatis d’arbres aux branches en= trelacées; sur cette ligne s’espaçaient des « tours» qui n’étaient qu’un retranchement surélevé et fermé, renforcé de bois. L’opération se prolongeait-elle, on remplaçait ces travaux, sur chaque ligne, par deux murailles en briques (et non en maçonnerie) espacées de 5 m, hautes de 4 m, bordées d’un parapet en clayonnage, avec des « tours » de même construction tous les 30 m ; ces murailles étaient rarement bâties à chaux et à sable ; les tours étaient surmontées de constructions en robuste charpente et cou= vertes. Voyez comme Lipse comprenait l’installation de César devant Alésia; les notes vous diront quelques-unes des erreurs que son imagination et son défaut de « tech-
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- Fig. 5. — Une balisle que Lipse dit n’avoir pas vue, mais il reproduit cette image qu’on lui a dit retrouvée avec certitude d'après des ouvrages très anciens. — La coiffure des servants de cette balisle semble plus perfectionnée que la mécanique.
- Fig. 6. — Le Blocus d'Alésia, vu par Lipse.
- 1. Fortifications d’Alésia sur la colline (l’escarpement est [manifestement- exagéré). — 2. Fossé au pied de la colline établi par César. — 3. Chausse-trapes : bâtons enterrés sur 30 cm dont la pointe ferrée sortait seule de terre. — 4. Lys : Huit rangs (espacés de 1 m) de trous en quinconce, profonds de 1 m; de chaque trou sortait un pieu, de 0 m 20 de diamètre, enfoncé de 1 m en terre, et dont la pointe aiguisée et durcie au feu dépassait de 7 cm le sol recouvert de broussailles. •— 5. Abatis : cinq rangs d’arbres abattus ou de grosses branches; leurs bases liées entre elles étaient enterrées; leurs têtes avaient toutes leurs branchettes aiguisées et entrelacées. — 6. Fossé de 5 m de large : il n’y avait en réalité qu’un fossé (et sec) devant la circonvallation; le 2e rempli d’eau est mal placé; il était à l’intérieur de la contrevallation et à son pied. — 7. Terrassement en surélévation de 4 m, avec gradins et rampes d’accès intérieures, revêtu de fascines et surmonté d’une palissade en bois munie de créneaux de tir. — 8. Ramure faite de gros troncs très branchus et appointés. Ces troncs n’étaient pas dressés au pied du terrassement, mais fichés dans celui-ci à hauteur de la naissance de la palissade et inclinés légèrement sous l’horizontale pour s’opposer à l’escalade. — 9. Campement des assiégeants entre la contrevallation (intérieure) et la circonvallation (extérieure). •—• 10. Tours (espacées de 25 m), probablement en terrassements élevés, revêtus de fascinages et surmontés parfois de tours en charpente pour l’observation et le combat. — 11 y avait 300 m entre le fossé (6) extérieur à la circonvallation et le fossé qui est en avant des chausse-
- trapes (3) extérieures.
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- Fig. 7. — Les défenseurs arrosent les assaillants de liquides brûlants, essayent de basculer les échelles, de mettre le feu (mais à quoi?), de coiffer de filels les gens sur les échelles; les camarades de ceux-ci (en bas à gauche) tirent à l’arc ou lancent des pierres avec leurs frondes. Au milieu vous voyez une colonne d’assaut (ou l'envoie donc Lipse?) qui reçoit des meules de pierre. A droite, cachés sous un manlelet roulant, quelquestravailleurs sapent le pied de la muraille : ce manlelet tiendra-t-il longtemps, avec ses roues avant dressées par le graveur humoriste contre la muraille, sous le choc des meules, des poutres, des pierres, des tonneaux? Les défenseurs se sont donné probablement beaucoup de mal pour envoyer des haltères avec crocs, d’énormes pierres et une poutre entre les deux plus hautes rangées de heurtoirs où il n’y a personne pour en souffrir, spectacle dont se gaussent probablement les deux soldats de l’angle droit inférieur: ils attendent d’ailleurs bien tranquillement que leurs camarades aient fini de se battre.
- nicité » lui ont fait commettre. L’armée faisait ainsi le « blocus » de la ville (fig. 6).
- Ce blocus pouvait être fort long. Aussi l’assaillant essayait-il de l’abréger : il entreprenait des travaux
- « d’approche » pour arriver par un « siège pied à pied » à couvert au bord du fossé. Ces travaux commençaient à la portée extrême des projectiles des défenseurs : c’était ni plus ni moins que des boyaux de communication et des tranchées (vinea) analogues aux nôtres; creusés dans la terre, soit à découvert par des terrassiers alignés, soit par deux hommes accroupis en tête de la fouille et avançant peu à peu (sape), ils étaient rectilignes (car les projectiles, massifs, ne projetaient pas d’éclats et les tirs d’enfilade étaient exceptionnels). Ils étaient assez larges pour plusieurs hommes de front ou pour le transport des matériaux et des engins; ils étaient revêtus de claies et de fascines; les boyaux étaient couverts de « blindes », toitures en planches, madriers ou claies recouverts de terre; les tranchées voisines du fossé (on en voit sur la colonne Trajane et l’arc de Sévère) étaient garnies par les troupes de garde; les autres qui débouchaient dans les boyaux contenaient les « balistes » et les « catapultes » lourdes et légères, réunies en « batteries ». On montait ces engins à l’abri de « mantelets » (boucliers roulants) (plutei) et de rideaux de peaux ou de câbles. Les balistes ( la colonne Trajane en montre un schéma) lançaient par des créneaux du parapet qui les couvrait des « traits » de 10 cm de diamètre et de 2 m de long et quelquefois des poutres ou des boulets.
- La catapulte (tormentum) ne servait pas à battre les murs, mais à lancer, le plus souvent par un tir vertical, des boulets de pierre ou de métal (?) dont le poids, difficile à préciser, atteignait peut-être 500 kg, et qui défonçaient dans la ville toitures et planchers, obligeant les habitants à se réfugier dans les celliers et les caves; on faisait jeter aussi à la catapulte (début de la guerre bactérienne) des « chevaux morts et autres charognes infectes » et, au siège de Carlotin en 1422, « les corps des soldats tués et deux mille tombereaux d’ordures, qui firent tomber les dents à la plupart des défenseurs et ébranlèrent tellement celles
- Fig. 8. — Du camp (4) compris entre la circonvallation et la contrevallation, l’assaillant se rend aux approches par des boyaux (S) blindés d’où il débouche dans les tranchées (6 et 2j. L’un des boyaux (3) aboutit derrière la tortue bélière (7) avancée sur le comblement (S) du fossé
- pour battre le mur en brèche (Folard).
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- des autres, qu’elles ne se conservèrent que par l’adresse d’un apothicaire de Bohême, lequel fit couler à force d’argent dans Carlotin des remèdes et des préservatifs » : comme quoi il est établi que, contrairement à l’opinion commune, ce sont, depuis des siècles, les marchands qui sauvent la vie des combattants et non l’inverse. La catapulte était nécessairement solidement charpentée ; le bras mobile, terminé en cuiller, était introduit dans un faisceau de cordes qu’on tordait à l’aide de l’engrenage à cliquet; les cordes étaient de nerfs, à défaut de crins de cheval, ou mieux de cheveux de femmes : celles-ci sacrifièrent leur chevelure aux sièges du-Capitole de Rome, de Thasos, de Salone, d’Aquilée et de Byzance (dans ces deux dernières villes, les femmes combattirent aussi avec les défenseurs) ; le treuil permettait d’abaisser le bras et de l’arrêter sur le crochet de la détente; il suffisait de lever ce crochet pour que le bras se relevât violemment jusqu’au coussinet amortisseur et lançât la charge.
- La haliste de siège avait deux bras rigoureusement égaux se mouvant horizontalement que le treuil ramenait contre l’arbrier axial; dans le canal de l’arbrier était logé le trait qui était brusquement lancé quand on lâchait les bras.
- Pour approcher plus encore des murailles, on comblait
- Fig. 9.— Abrités derrière des manlelets (3) en peaux crues et flottants, les travailleurs apportent, pour la construction du cavalier, les matériaux de remplissage (fascines, arbres, terres, pierres) entre les 2 piles (4) de lits croisés de poutres mêlées de terres et de pierres (celles-ci non figurées par Folard).
- Fig. 10. — Celte vue du siège de Massada est donnée par Folard. — Partis de leur camp dans la vallée, les Romains arrivent en colonnes denses sur la brèche (9). Derrière, les défenseurs ont élevé un deuxième mur (10) et accourent à l’attaque. La brèche a été faite par le grand bélier (8) d’une tour avancée bâtie sur le roc (7). Ses occupants étaient protégés par ceux de la tour (5); celte tour de 30 m, armée en outre de machines de jet, avait été construite sur un cavalier (4) de 25 m de haut élevé lui-même sur un remblai (2) haut de 50 m, dont les terres étaient soutenues par une maçonnerie (3) bâtie sur le roc. Derrière, les colonnes arrive une balisle de siège, auprès de laquelle on voit en réserve une catapulte.
- Trmi -3
- * *
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- ronde, espacés, retenaient une couche de terre; elles étaient munies d’un auvent mo= bile solide devant lequel pendaient des peaux crues : la terre empêchait l’incendie de la tortue (des auteurs prétendaient rendre la tortue incombustible en la frottant de vinaigre), la charpente résistait aux lourds projectiles, les peaux flottantes arrêtaient les flèches. On avait auparavant aplani et couvert de. madriers le terrain d’accès et l’emplacement des tortues. Les hommes qu’elles contenaient comblaient le fossé devant elles.
- Sur ce comblement (ou sur le fond du fossé) on avançait parfois un « musculus », galerie roulante (ou non) de charpente blindée ininflammable qui atteignait le pied du rempart qu’on sapait ainsi à l’abri; le plus souvent on approchait des » tortues bé-lières » : c’étaient des tortues analogues aux
- Fig. 11. — L’assiégé, dont les catapultes s’attaquent archers à ses occupants des étages, a construit une galerie souterraine et une chambre A sous le cavalier (ju’il fera effondrer par l’incendie des boisages. L’assaillant qui s’en est aperçu a commencé une contre-galerie B qui devra promptement aboutir dans les travaux ennemis. (Folard).
- le fossé : ou bien, partant d’une tranchée en arrière, on gagnait, par une galerie souterraine (vinea, encore) boisée comme dans les mines métalliques, le fond du fossé et on le remplissait de terres, de pierres, de matériaux lourds ; ou bien on amenait sur le bord du fossé des « tortues » (testudo), charpentes robustes, montées sur roues, recouvertes d’épais madriers (sur les côtés et le toit) sur lesquels de gros clous à tête
- Fig. 13. — Les engins de traction, supposés par Folard, de l'hélépole de Dèmélrius Poliorcète au siège de Rhodes (IIIe siècle avant J.-C.).
- au sommet de la tour et les
- Fig. 12. — Tours à pont employées à Jérusalem
- ( Folard).
- précédentes, plus grandes, dans lesquelles était un bélier (aries) ; celui-ci, suspendu par des cordes à des poulies ou glissant sur des galets, manœuvré à bras d’homme, était une énorme pièce de poutres assemblées et frettées, munie d’une tête en fer qui, par percussions répétées, ébranlait les murailles en maçonnerie, les dissociait et produisait la brèche. Dans les murailles en briques, le bélier avait peu d’effet, car les briques amortissaient le choc. On utilisait aussi des trépans (terebra) de 25 m de long, posés sur des rouleaux, et mus par des treuils.
- Sur le comblement . du fossé, ou si ce comblement n’était pas possible,^sur le bord du fossé, des travailleurs abrités des coups exécutaient aussi "des cavaliers (agger), ter-
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- Tassements d’un volume considérable parfois, exigeant une grosse main-d’œuvre, beaucoup de temps, de terres et de matériaux. Sur ces cavaliers et leurs accès aplanis, on avançait des échelles observatoires (périscopes) articulées au sommet desquelles un homme entièrement abrité par un bouclier fixe examinait les défenses des murailles et l’intérieur de la ville; mais ces cavaliers recevaient surtout les tours (turris, helepolis) : c’était d’énormes constructions en bois de 30 m de haut, qui dominaient les remparts; leur base atteignait jusque 25 m de côté; mobiles sur roues ou sur rouleaux, elles étaient halées à bras d’hommes à l’aide de cordages fixés sur les tours, glissant sur des rouleaux enterrés en avant d’elles et s’enroulant sur des cabestans installés hors de portée de l’ennemi. Les tours pesaient jusqu’à 2000 tonnes, nécessitant un terrain solide, aplani, renforcé d’un plancher en gros madriers. Elles étaient couvertes de bois, et, pour être incombustibles, revêtues de fer, de clous espacés à grosses têtes retenant une couche d’argile, frottées de vinaigre et d’alun (l’effi-
- cacité de ces produits paraît incroyable) ou protégées par des mantelets suspendus en peaux ou en cordes. Leur partie supérieure, couverte, parfois à éclipse, renfermait archers et arbalétriers, comme les étages inférieurs qui étaient munis de fenêtres avec auvents et de balcons. On y trouvait parfois des béliers non suspendus; presque toutes avaient un « pont », articulé vers la base ou à mi-hauteur, qu’on rabattait sur la brèche ou sur le haut des remparts dès que la tour était arrivée à la distance voulue : ce pont qui, en attente, s’élevait jusqu’au haut de la tour, avait la largeur de celle-ci et les assaillants s’avançaient dessus en colonnes larges et profondes.
- Pour créer la brèche, l’assaillant s’avançait aussi par des galeries souterraines boisées sous le fossé, et créait de vastes chambres sous les murailles qu’il étançonnait. Après avoir rempli les chambres de matériaux combustibles, il y mettait le feu et se retirait; les murailles cessant d’être soutenues s’effondraient : c’est probablement ainsi
- Fig. 14. — Ce bélier suspendu est représenté ici seulement avec sa charpente, d’après Folard.
- qu’opérèrent les mineurs de Josué pendant que son armée, son peuple silencieux, l’arche d’alliance et les sept prêtres-trompettes tournaient sept jours autour de Jéricho; ce spectacle extraordinaire détournait l’attention des habitants qui, attirés sur les remparts, oubliaient d’écouter les bruits souterrains; à la mise du feu, tout le peuple poussa de grands cris et les murs tombèrent avec fracas.
- L’ASSAUT
- Les brèches faites, on donnait 1’ « assaut », attaque massive, vive et violente. Les assaillants s’avançaient en colonnes denses et profondes, parfois formant la tortue qui leur offrait la protection de la carapace des boucliers, et ils escaladaient les décombres. Les ponts des tours s’abaissaient sur ces décombres ou sur le haut des remparts ; des cages (tollenones) à bascule soulevées par un fléau ou un treuil amenaient aussi, face au sommet du rempart, des assaillants armés ; tous essayaient d’arriver au corps à corps sous les traits, les flèches, les liquides bouillants ou enflammés; les défenseurs déversaient sur les ponts du
- Fig. 16. — La catapulte de batterie reconstituée par Folard.
- Fig. 15. — Les forces mouvantes du bélier non suspendu, d’après Folard.
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- Fia. 17. — La catapulte de campagne (Folard).
- ennemis par les gros projectiles des catapultes, en les incendiant, enfin en creusant des galeries souterraines qui de l’intérieur de la ville allaient sous les cavaliers, sous les machines, sous les tours mobiles : on enlevait les terres progressivement, les évacuant dans la ville; l’assaillant, croyant à des tassements, remblayait infatigablement et n’arrivait pas au bout de ses peines. S’il arrivait à en découvrir la cause, il s’y opposait par des contre-galeries qui allaient couper celles des défenseurs. On créait aussi souvent de vastes chambres étançonnées : ou bien on enle vait les étais, ou bien on y mettait le feu après les avoir goudronnés et avoir entassé des matières inflammables; et terres, cavaliers, machines et tours s'effondraient dans la fouille : les tours formant cheminée d’aspiration, le feu gagnait immédiatement les étages supérieurs et la garnison de la tour périssait dans les flammes ou se tuait en sautant au dehors.
- On ne se défendait des effets des catapultes qu'en se
- sénégré (fenu grec) cuit qui les rendait glissants : les assaillants tombaient à terre ou étaient foulés aux pieds par leurs camarades pressés les uns contre les autres et poussés en avant. On arrivait ainsi à prendre pied dans la ville. Les défenseurs reculaient de maison en maison; aidés des habitants, ils tiraient des fenêtres et des terrasses; ils passaient de l’une à l’autre par les communications qu’on avait faites entre les caves; l’assaillant tuait, massacrait, pillait...
- Il lui arrivait aussi de pénétrer dans la ville par des galeries boisées souterraines qui passaient sous les fossés, les remparts, les maisons et débouchaient dans des endroits déserts ou des temples ; on en sortait la nuit et on se répandait dans la ville en y semant la terreur, tandis que des fractions couraient aux portes et aux brèches.
- LA DÉFENSE
- Quels moyens opposaient les défenseurs à ceux de l’adversaire ? Avant que le blocus fût total (et il arrivait qu’il restât toujours partiel, faute d’effectifs), les défenseurs essayaient de recevoir de l’extérieur des renforts, des vivres, des munitions. Ils effectuaient des sorties générales pour battre, diminuer ou démoraliser l’assaillant. Ils faisaient des coups de main sur les travaux, les batteries, les camps de celui-ci. Ils chicanaient le passage, le comblement, la descente du fossé, en défonçant les engins
- Fig. 18. — La batiste de siège (Folard).
- réfugiant dans les caves; mais on opposait aux projectiles des balistes des « offices » (cilicium) suspendus devant les murs; ces cilices étaient des rideaux doublés en tissu de crin de cheval et de poil de chèvre, remplis de bourre ou d’herbes marines.
- On essayait de saisir le bélier par des cordes à lacets ou par des pinces (lupus) ; pris, il était tiré vers le haut et sur le côté pour empêcher tout mouvement, puis brûlé. On opposait à ses coups des matelas, des sacs de cuir, des poutres de plomb ; on suspendait des ballots de paille ou de laine; on laissait tomber sur lui brusquement de grosses poutres suspendues, qui le brisaient ; au cours des sorties on mettait le feu aux tortues-bélières.
- On tentait de cueillir dans des filets les assaillants au sommet des échelles ou sur les ponts abaissés des tours; sur ces derniers on lançait aussi des traits attachés à des cordes : le trait se fichait dans un bouclier, on tirait la corde; l’assaillant venait avec le bouclier et était poignardé; ou bien il lâchait son bouclier et, découverl, vite blessé, tombait du pont ou succombait sous les coups.
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- On mettait le feu aux tours avec des matières enflammées ou des traits incendiaires. On les défonçait avec les balistes. On s’opposait à l’abaissement du pont en le clouant avec une longue poutre armée d’une pointe de fer et soutenue fermement par une charpente robuste.
- Quand on prévoyait que l’assaillant ferait brèche en un point, on entassait derrière des matières inflammables : au moment de l’assaut, l’agresseur reculait devant un brasier impénétrable. On avait le temps d’édifier un mur en retrait, en général en V appuyé aux lèvres de la brèche, fait de décombres, de pierres, de haies d’arbres appointés, durcis au feu, de lits de poutrelles, de terre, et précédé d un nouveau fossé obligeant l’ennemi à de nouveaux travaux. Faisait-il une brèche, on élevait un troisième mur, ou bien on se défendait pied à pied dans les maisons, ou encore on attendait l’assaillant de pied ferme : serrés les uns contre les autres et armés de longues piques, les défenseurs abaissaient simultanément celles-ci vers les assaillants dispersés par leur marche dans les ruines et armés de leurs seules armes courtes : les défenseurs étaient inabordables et il fallait reculer pour permettre l’emploi des machines de jet.
- ses troupes aux mains du duc de Normandie qui l’assiégeait dans Angoulême en 1346, le gouverneur, Jean de Norwich, se présenta seul aux remparts la veille de la Purification de la Vierge, ht le signal des parlementaires et, ayant fait venir au pied du mur le duc qui, comme lui (dit-il), avait beaucoup de dévotion pour la Sainte Vierge, lui demanda une suspension d’armes des deux côtés pour la sainte journée du lendemain. Le duc y consentit volontiers. Lors le lendemain à l’aube, Norwich avec sa garnison et tous ses bagages sur chariots sortit de la place, marcha sur le camp où il expliqua au duc, qui en rit, être bien aise de se promener au grand air après une si longue privation. Le duc, fidèle à sa promesse, le laissa continuer sa promenade et oncques ne le revit, non plus que son armée. Les
- Les défenseurs finissaient par lasser la patience et le courage des assiégeants et il arrivait que ceux-ci levassent le camp. Mais il arrivait plus souvent que la ville fût prise; et, dans des temps plus récents où le pillage, l’assassinat des habitants et l’esclavage n’étaient plus d’usage, qu’elle se rendît à l’ennemi avec sa garnison.
- Cette reddition n’était guère du goût des militaires et ils cherchaient à y échapper par tous les moyens, parfois en se frayant un passage par surprise la nuit à travers les gardes et les lignes adverses. L’un d’eux un jour trouva un moyen inédit : les vivres lui manquant, ne voulant pas tomber avec
- Fig. 20. — Vue d'ensemble d’un assaut (Folard) : elle nous montre l’escalade par échelle, la tortue de boucliers, la tortue bèlière, /’irruption par la brèche, une tranchée clayonnée, deux tours, une batterie de catapultes, son approvisionnement en projectiles.
- bourgeois, le lendemain, demandèrent quartier; on le leur accorda ; et le duc se contenta d’occuper la ville.
- Pourquoi toutes les guerres ne finissent-elles pas ainsi ?
- L. Montigny.
- LES IONS ÉLECTROLYTIQUES
- D’APRÈS LES THÉORIES RÉCENTES (smu du n° 2853.)
- II. — L’HYPOTHÈSE DE LA DISSOCIATION COMPLÈTE DES ELECTROLYTES FORTS
- A la suite de ses recherches sur l’absorption de la lumière par les sels colorés, le savant danois Bjerrum formula en 1909 l’hypothèse de la dissociation complète. A toute concentration, on aurait a = 1. Cette hypothèse explique immédiatement que certaines propriétés des ions
- puissent être indépendantes de la dilution; c’est le cas de l’absorption moléculaire. Des faits connus sont également d’accord avec la nouvelle conception. Par exemple les solutions de HCl et de ses homologues HBr et ldi émettent une vapeur qui est un mélange de vapeur d’eau et de gaz chlorhydrique par exemple; la pression en gaz HCl est tout à fait négligeable tant que la concentration de la solution ne dépasse pas 5 molécules-grammes par
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- litre. Or, la vapeur émise est formée de molécules non dissociées ; il est naturel d’admettre qu’elle est en équilibre avec les molécules non dissociées de la solution; celles-ci seraient donc en nombre négligeable tant que la concentration n’est pas très forte.
- L’hypothèse d’une dissociation complète des sels dissous doit être rapprochée des idées actuelles sur la constitution de certains cristaux. Le sel gemme NaCl aurait, d’après les études aux rayons X, une constitution où l’on ne voit pas apparaître la molécule neutre; le cristal résulterait d’un arrangement cubique régulier
- + - 4-
- d’ions Na et Cl, chaque ion Na étant entouré à égale
- distance par six ions Cl et réciproquement. NaCl serait donc dissocié entièrement en ions à l’état solide; on conçoit que cette dissociation puisse subsister à l’état dissous. Il est à peu près certain d’ailleurs que l’ion dissous diffère de l’ion dans le cristal et que le dissolvant doit jouer un rôle important dans le phénomène de la dissolution. Les sels peuvent se dissoudre dans d’axitres solvants que l’eau pour donner des solutions conductrices : alcool éthylique, alcool méthylique, acétone, pyridine, gaz liquéfiés comme l’ammoniac et le gaz sulfureux; on a étudié à l’heure actuelle plus de 100 solvants. La plupart de ces solvants sont ce que l’on nomme actuellement des liquides polaires; l’eau, qui est le type de ces solvants aurait une molécule à moment électrique permanent; cela signifie que les charges positives et négatives qui constituent la molécule n’ont pas leur centre de gravité . au même point. La charge -fi totale serait en un point, la charge — en un point voisin, l’ensemble formant un doublet électrique susceptible de s’orienter dans les champs électriques. Or, au voisinage des ions, il existe des champs considérables ; en admettant pour rayons des ions des nombres de l’ordre de grandeur de 1/108 cm et pour charge de l’ion monovalent celle de l’électron, on calcule facilement que, dans l’eau, le champ dans le voisinage de l’ion atteint des valeurs de l’ordre de 1 million de volts par cm, celui qui existerait entre 2 plateaux distants de 1 cm et portés à la tension de 1 million de volts. Dans ces champs énormes, le doublet ou dipôle LEO doit venir se coller à l’ion, tantôt par son bout négatif, sur l’ion -f-, tantôt par son bout positif sur l’ion — (fig. 1). L’ion dissous sera donc environné d’une couronne de molécules du solvant qu’il entraînera dans son mouvement à travers la solution et qui a été mise en évidence par diverses expériences que nous laisserons de côté pour éviter d’allonger outre mesure cet article.
- Si l’hypothèse de la dissociation complète explique immédiatement les propriétés indépendantes de a, les difficultés se retrouvent dans les propriétés que l’on considérait autrefois comme dépendant de a, c’est-à-dire celles qui varient avec la dilution. D’une façon générale,
- on cherchera à expliquer cette variation par les actions électriques considérables qui se produisent entre le§ ions. Ces actions électriques sont conformes à la loi de Coulomb
- qui s’écrit F = — ; la force qui s’exerce entre deux
- JlV CL
- charges électriques q et q est proportionnelle au produit des charges, inversement proportionnelle au carré de leur
- distance; elle dépend en outre de la constante diélectrique K qui varie d’un solvant à l’autre (K — 80 pour l’eau, 30 pour l’alcool, etc.). L’effet des charges doit faire intervenir celui de la valence des ions ; l’ancienne théorie ne distingue pas entre NaCl par exemple et SOl Mg (sulfate de magnésium), les deux sels donnent deux ions; la nouvelle théorie faisant intervenir les forces électriques, celles-ci sont 4 fois plus grandes dans le 2e cas, les charges étant doublées. L’effet de la valence a été remarqué depuis longtemps dans l’étude des conductibilités; la différence L0 — L est, pour une concentration donnée, très variable avec le sel et nettement plus grande pour SO'Mg que pour NaCl.
- D’une façon générale, le nouveau point de vue conduira à envisager les propriétés ioniques de la façon suivante : étant donnée une propriété quelconque, par exemple la conductibilité équivalente, du moment qu’on admet la dissociation totale, on aura pour cette propriété une valeur limite P0, celle que donnait l’ancienne théorie pour a = 1 ; cette valeur sera atteinte quand les actions électriques seront négligeables, c’est-à-dire en solution très étendue, où les ions sont très éloignés les uns des autres. A une dilution finie, la propriété aura une valeur
- P
- différente P; le quotient --variera avec la dilution
- 1 o
- suivant une courbe analogue à celles de la figure 5. 11 faudra montrer que l’hypothèse a = 1, combinée avec le calcul des actions électriques, permet de retrouver cette courbe. Le calcul de ces actions électriques a été abordé en 1912-1913 par Milner qui fut arrêté par des difficultés mathématiques; un savant hindou l. C. Ghosh donna en 1918 une théorie qui ne resta en faveur que peu de temps; elle était basée sur une conception trop simplifiée de la constitution d’une solution saline; l’auteur pensait que les ions de NaCl conservent dans l’eau une sorte de symétrie rappelant celle du cristal. Debye et Iïuckel, alors professeurs à l’Ecole polytechnique de Zurich, ont donné en 1923 un procédé de calcul des forces interioniques qui semble avoir donné actuellement des résultats très intéressants. Nous ne pouvons songer à donner le détail de ces calculs dans cet article; nous essayerons seulement d’exposer les principes de la nouvelle théorie.
- Prenons une solution de NaCl; elle contient en quantités égales des ions Na et Cl; ces ions sont constamment en mouvement; si on pouvait suivre un ion déterminé, on le verrait zigzaguer à travers la foule des molécules d’eau et des autres ions, qu’il heurterait fréquemment. Si, dans la solution, on considère un petit volume fixe dans Vespace, ce volume contiendra toujours une charge totale nulle, autant de charges positives que de charges négatives; le volume sera neutre au point de vue électrique; les ions entreront et sortiront du volume et, comme on dit actuellement, la probabilité de trouver
- 4-
- dans le volume à un instant donné un ion Na sera égale à celle d’y trouver un ion Cl. Si on prend maintenant un
- ion Na déterminé et un petit volume fixé à l’ion et le suivant dans son mouvement à travers la solution, la
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- probabilité précédente n’a plus la même valeur. À cause des attractions électriques entre ions, il sera venu à proxi-
- mité de l’ion Na un nombre plus grand d’ions Cl, attirés +* + par Na, que d’ions Na, repoussés par notre ion Na. On
- peut donc dire qu’en moyenne, notre petit volume
- contiendra un excès de charges négatives; l’ion Na sera donc soumis dans la solution, même en l’absence d’un champ extérieur, à des forces venant de ces charges négatives; tout se passera comme si l’ion était entouré d’une certaine « atmosphère » négative. Le calcul montre que tout se passe comme si une charge égale et de signe contraire à celle de l’ion considéré se trouvait répartie sur une sphère ayant pour centre l’ion et pour rayon une quantité R que l’on peut appeler « épaisseur de l’atmosphère ionique ». On trouve la formule :
- où A est une certaine constante universelle, indépendante du solvant employé, K la constante diélectrique du solvant, T la température absolue, S une certaine somme qu’on obtient en faisant pour chaque ion le produit de sa concentration par le carré de sa valence. La somme S joue un rôle très important dans la théorie; sa moitié représente la force ionique de la solution; les valences, négligées dans l’ancienne théorie, joueront ici un rôle considérable, à cause de leur carré. Cette force ionique est assez 'différente de la concentration dès que la valence des ions est élevée; par exemple pour le sulfate de cuivre à la concentration 1 molécule par litre, la force ionique est
- - (1 X 4+1 X 4) = 4; en général elle sera donc 4 fois 11
- plus forte que la concentration pour les sels du type S04Cu. Pour l’eau, K est exactement 78,2 à 20°; T =
- 1223
- 273 + 20 == 293°; le calcul donne A = d’où pour
- le rayon de l’atmosphère ionique :
- 3,06
- (7) R = -4zr X lü~h cm
- . . yF
- où F est la force ionique. On obtient ainsi des rayons qui sont tout à fait de l’ordre de grandeur de ceux que les recherches sur les rayons X attribuent aux atomes.
- Par exemple, dans une solution de force ionique
- 1
- ÏÔÔ
- (solution de HCl contenant 0 g, 365 par litre), on a R — 30,6 X 10~H cm; c’est à peu près 15 à 20 fois le rayon d’un atome. Les forces électriques se font donc sentir à distance assez grande. La notion d’atmosphère ionique suffit pour montrer dans quel sens vont se modifier certaines propriétés des solutions d’électrolytes. Nous commencerons par le point de congélation.
- ABAISSEMENT DU POINT DE CONGÉLATION
- Dans l’ancienne théorie des ions, on avait trouvé commode d’introduire la pression osmotique. On sait que si on dépose de l’eau pure sur une solution concentrée de sucre, l’eau finit par se mélanger à la solution beaucoup plus dense, même si oh n’agite pas. On admet que
- -... ........ ——.................303 ==
- les molécules de sucre ne sont pas au repos, qu’elles peuvent pénétrer petit à petit dans l’eau, à la manière des molécules d’un gaz qui occupent immédiatement un espace vide qui leur est offert. La pression osmotique traduit la tendance à la diffusion de sucre vers une solution moins concentrée. Vant’Hoff a même montré que la pression osmotique pouvait s’exprimer à l’aide de la formule utilisée pour les gaz; une molécule-gramme de sucre (342 g) étant par exemple dissoute dans 22 1, 4, la pression osmotique est de 1 atmosphère, comme la pression d’une molécule d’hydrogène (2 g) occupant le volume de 22 1, 4 dans les conditions ordinaires. La théorie montre que l’addition d’une substance étrangère diminue la pression de vapeur du solvant d’une quantité proportionnelle à la pression osmotique de la solution; il est facile alors de montrer que le point de congélation du solvant doit être abaissé aussi proportionnellement à la même quantité. La pression osmotique étant proportionnelle à la quantité de corps dissous dans un volume donné, c’est-à-dire à la concentration, l’abaissement doit être proportionnel à la concentration ('). Nous
- Ions dans l'eau.
- Fig. 1.
- avons vu plus haut les difficultés que l’on trouve pour les solutions électrolytiques; il est facile d’imaginer que la tendance à la diffusion des ions vers une solution moins concentrée doive être réduite en présence de l’atmosphère ionique, qui s’oppose au mouvement des ions. On devra donc, en solution concentrée, trouver une pression osmotique relativement plus faible qu’en solution étendue, autrement dit le rapport P/P0 de la pression osmotique réelle à la pression qu’on observerait en l’absence des forces électriques, sera inférieur à l’unité. La théorie permet de calculer ce « coefficient osmotique » P/P0’> en solution très étendue, on trouve, dans l’eau à 20°, la formule :
- (8) 1 — ^ = 0,372 \JF
- où v et sont les valences des deux ions de sel et F de nouveau la force ionique de la solution. Dans un autre solvant que l’eau, les forces électriques sont généralement plus grandes, à cause de la petitesse de la constante diélectrique. Dans le cyclohexanol par exemple, le coefficient numérique est 12 fois plus grand que dans l’eau, ce qui permet des vérifications assez précises de la for-
- 1. En fait, la théorie complète est un peu plus compliquée (Voir E. Darmois, Leçons sur la conductibilité des électrolytes, Vuibert, éditeur).
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- = 304 . — ......—... -.....=
- mule. Cette formule exige que l’abaissement observé t soit lié à l’abaissement i0 (obtenu pour a = 1 dans
- t
- l’ancienne théorie) par la relation 1--= k V F. L’expé-
- rience montre une certaine différence; on a pu faire voir que, dans les solutions moyennement concentrées, cette différence tenait à ce qu’on avait assimilé les ions à des
- points ; en réalité leur charge serait située à une certaine distance de leur centre et on a pu ainsi calculer des rayons des ions qui sont en assez bon accord avec ceux qu’on trouve par d’autres procédés.
- E. Daumois, Professeur à la Sorbonne.
- LES BALAIS DE SORCIERE
- Parmi les accidents de végétation dont est redevable, chez les plantes qui constituent la flore indigène ou cultivée de notre pays, l’intervention, en cours de croissance, soit de facteurs écologiques défavorables, soit de parasites animaux ou végétaux, les Balais de sorcière occupent une place primordiale; de tout temps, d’ailleurs, l’aspect très curieux et quelque peu mystérieux, qu’exprime bien d’ailleurs le nom sous lequel elles sont communément désignées, de ces productions tératologiques compliquées, assez fréquentes sur les arbres de nos forêts comme aussi sur certaines plantes herbacées de nos friches ou de nos cultures, a tout à la fois intrigué l’observateur et séduit le chercheur ; les considérations qui suivent suffiront, pensons-nous, à montrer que ne saurait être en rien déçue, dans l’étude et la recherche des
- causes des Balais de
- Fig. 1. — Balai de sorcière du Taphrina turgida sur Betula verrucosa.
- Fig. 3. — Trois jeunes Balais de sorcière du Taphrina epiphylla sur Alnus incana.
- sorcière, la curiosité bien « naturelle » du naturaliste.
- Les Balais de sor= cière ne sont autre que ces amas plus ou moins touffus, plus ou moins volumineux que montrent parfois certaines plantes au niveau des ramifications constitutives de leur appareil aérien, et qui ressemblent étrangement à de petits buissons qui se seraient développés, parun caprice de la nature, aux dépens d’une branche, soit à l’extrémité de celle-ci, soit à mi-hauteur.
- Les Balais de sorcière, qui sont le plus souvent situés très haut sur les arbres sur lesquels ils donnent l’impression d’être accrochés ou suspendus, et dont la fréquente inaccessibilité a longtemps entravé leur étude et nui à la découverte de leur origine, ont pour cause déterminante essentielle, tantôt l’action parasitaire d’un champignon phytophage, tantôt la piqûre ou la morsure d’un insecte prédateur; parfois aussi, cette cause nous échappe encore aujourd’hui.
- Ceux des Balais de sorcière dont l’origine fungique est certaine relèvent du parasitisme de champignons appartenant presque exclusivement aux deux grands groupes des Exoascées et des Urédinées; seuls, quelques rares Balais de sorcière ont été attribués à l’action pathogène de cryptogames appartenant à d’autres groupes que ceux que nous venons d’indiquer.
- LE GROUPE DES EXOASCÉES
- Le groupe des Exoascées, qui est redevable de son nom à ce fait que les organes reproducteurs ou asques prennent naissance librement à la surface de l’organe végétal parasité, ne comprend qu’un nombre relativement peu important de champignons, mais dont la plupart provoquent une déformation profonde des plantes ou parties de plantes auxquelles ils s’attaquent.
- Cette action déformante se manifeste, tantôt sous la forme de boursouflures des feuilles ou de l’extrémité des pousses et rameaux (Cloque du Pêcher, de l’Amandier, du Poirier, de l’Orme, du Chêne, du Peuplier, etc...), tan-
- Fig. 2. — Balais de sorcière du Taphrina turgida sur Bouleau.
- Fig. 4. — Balai de sorcière â.gè du Taphrina epiphylla sur Alnus incana.
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- Fig. 5.
- Balai de sorcière du Taphrina carpini sur Charme.
- tôt par une hypertrophie des inflorescences femelles (chez l’Aulne, le Peuplier) ou des fruits (chez le Prunier, le Prunellier) de certains arbres, tantôt enfin sous l'aspect de Balais de sorcière plus ou moins nettement caractérisés.
- De nombreux arbres de nos forêts sont sensibles à cette action parasitaire spéciale, s’extériorisant sous la forme de Balais de sorcière, plus
- ou moins touffus, plus ou moins volumineux.
- De tels Balais de sorcière s’observent fréquemment, en Europe centrale et septentrionale, sur les Bouleaux parasités par le Taphrina hetulina; mais on connaît aussi les Balais de sorcière du Taphrina turgida sur Betula verrucosa et Betula pub es cens dans toute l’Europe, du Taphrina bacteriosperma sur Betula nana et Betula glan-dulosa en Europe et en Amérique du Nord, du Taphrina alpina sur Betula nana et Betula oerrucosa en Suède, Groenland, Laponie, du Taphrina nana sur Betula nana en Scandinavie, Laponie, Islande, du Taphrina betulicola sur Betula Ermani var. japonica au Japon.
- Sur l’Aulne ont été observés les Balais de sorcière du Taphrina Tosquinetii sur Alnus glutinosa, Alnus incana, etc... en Europe et en Amérique du Nord, du Taphrina epiphylla sur Alnus incana en Europe et au Japon, du Taphrina. media, sur Alnus glutinosa en Suède, du Taphrina japonica sur Alnus japonica, au Japon.
- Fig. 7. — A gauche. Balai de sorcière du Taphrina insitiliae sur Prunier culliué.
- Fig. S. — A droite. Balai de sorcière, d’origine inconnue, sur Prunus spinosa.
- (Échantillon recueilli par l’auteur à Famechon (Somme), le 10 juin 1929.)
- Les Balais de sorcière du Taphrina ace-rina ont été rencontrés sur Acer plata-noïdes et Acer lataricum en Scandinavie, mais il n’a pas été possible de rapporter d’une manière certaine, à ce champignon, les Balais de sorcière observés en Allemagne sur certains Erables dont Acer da-sycarpum et Acer pseu-do-platanus.
- Les Charmes {Carpi-nus betulus et Carpinus orientalis) montrent assez fréquemment, en Scandinavie, Danemark, Allemagne, Hongrie, Dalmatie, les Balais de sorcière du Taphrina carpini; ceux-ci sont presque sphériques, très ramifiés et touffus et peuvent atteindre parfois jusqu’à 1 mètre de diamètre; leurs pousses de croissance ne sont pas douées du géotropisme négatif habituel en pareil cas.
- En France, Italie, Dalmatie, Afrique du Nord s’observent sur Quercus ilex, Quercus coccifera et Quercus pubes-cens les Balais de sorcière du Taphrina Kruchii, en Amérique du Nord ceux du Taphrina quercus lobatae sur Quercus lobata.
- Si le Taphrina aesculi, dont le mycé ium est pérennent dans les branches de VAesculus californica, est bien responsable des Balais de sorcière rencontrés sur cet arbre en Amérique du Nord,
- Fig. 9. — Balai de sorcière du Taphrina Bussei, sur Cacaoyer.
- Fig. 6. — Cerisier japonais complètement transformé en Balai de sorcière par le Taphrina cerasi.
- (Photographie prise au Potomac Park, à Washington, en avril 1917.)
- on ne saurait affirmer par contre qu’il est
- aussi l’auteur de ceux que montre, quoique très rarement, Y Aesculus hippocastanum en nos régions.
- Les Balais de sorcière visibles çà et là sur les Ormes ne sont certainement pas dus au parasitisme du Taphrina ulmi, dont l’action pathogène se limite à la production de boursouflures sur les feuilles ; quant aux Balais de sorcière, de différents types, signalés en certains pays (Allemagne) sur le Hêtre (Fagus sylva-
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- tica), leur cause demeure encore inconnue.
- Le parasitisme des Exoascées s’exerce activement aussi aux dépens des Prunus, dont il existe de nombreuses espèces fruitières, forestières ou ornementales. C’est ainsi que les Cerisiers indigènes de nos pays (Prunus aviurn, Prunus cerasus, Prunus chamaecerasus, beaucoup plus rarement Prunus padus et Prunus serotina) hébergent parfois, en Europe, en Amérique du Nord, au Japon, de volumineux Balais de sorcière, pouvant atteindre jusque 2 mètres de haut, à ramifications très longues en même temps que très épaisses et renflées à la base, avec géotropisme négatif très net des rameaux et mort fréquente des jeunes pousses; il n’est pas sans intérêt, à ce sujet, de signaler que Heinricher a pu reproduire expérimentalement de nouveaux Balais de sorcière par greffage, sur Cerisiers à fruits doux sains, de Balais de sorcière récoltés chez ce même arbre malade.
- La localisation géographique du Taphrina cerasi, responsable de ces Balais de sorcière des Cerisiers, est également intéressante à préciser; il se montre, en effet, très commun sur le Cerisier cultivé en Allemagne, assez commun dans l’Est de la France, inexistant ailleurs en notre pays.
- Le Taphrina insititiae se comporte, à l’égard des Pruniers cultivés ou sauvages (Prunus domestica, Prunus insititia) qu’il envahit, de même manière que le Taphrina cerasi à l’égard des Cerisiers; les Balais de sorcière dont il détermine l’apparition, et qui ne sont pas rares dans les plantations de Pruniers du Sud-Ouest de la France, sont, eux aussi, caractérisés par un géotropisme négatif très accusé des branches, qui sont longues et épaisses, par
- la mort des rameaux, survenant moins fréquemment toutefois que chez le Cerisier, par la déformation et la chute prématurée des feuilles. Peut-être les rares Balais de sorcière observés à ce jour sur le Prunellier sauvage (Prunus spinosa), et dont nous avons eu le plaisir de rencontrer récemment un très curieux exemplaire à Famecbon (Somme), sont-ils causés par le même champignon (fig. 8) ?
- Si le Taphrina insititiae possède une aire géographique très vaste, englobant l’Europe, l’Amérique du Nord et le Japon, les Balais de sorcière du Taphrina mexicana sur Prunus microphylla au Mexique, du Taphrina Reichei sur Prunus serotina f. salicifolia au Mexique, du Taphrina pseudo-cerasi sur Prunus pseudo-cerasus et Prunus Mique-liana au Japon, apparaissent beaucoup plus localisés.
- 11 convient de mentionner aussi, comme Balais de sorcière déterminés par les Exoascées parasites sur les arbres ou arbustes, ceux du Taphrina crataegi sur l’Aubépine (Crataegus oxyacantha et Crataegus monogyna) en France et dans toute l’Europe, et ceux du Taphrina Bussei sur le Cacaoyer (Theobroma cacao) au Cameroun.
- Enfin, il serait injuste de passer sous silence, à l’occasion d’une étude du parasitisme des champignons appartenant au groupe des Exoascées, la curieuse particularité biologique qui caractérise ces derniers et qui leur permet de s’attaquer, en même temps qu’aux arbres ou arbustes de nos forêts, à certaines des plantes croissant sous leur ombrage, nous voulons dire aux Fougères; si la plupart des Taphrina s’attaquant aux Ptéridophytes se bornent à la production de taches ou de boursouflures foliaires (parmi ceux-ci, une seule espèce a été signalée en France: c’est Taphrina Vestergrenii sur Aspidium filix mas, également connu en Suède, Danemark, Lithuanie, Allemagne, Suisse, Japon), le Taphrina Laurencia détermine la formation, sur les feuilles de certains Pteris (Pteris quadriaurita, Pteris aspericaulis, Pteris Blumeana, Pteris nemoralis) et Polystichum (Polystichum aristatum) croissant en Assam, Ceylan, Indes, Polynésie, des excroissances plus ou moins volumineuses ramifiées en Balais de sorcière.
- (.A suivre.) A.-L. Guyot.
- Fig. 10.— Balai de sorcière du Taphrina Laurencia sur Pteris quadriaurita.
- LE LUXMÈTRE “ FILMOGRAPH
- Depuis quelques années, les sources de lumière artificielle semblent avoir atteint un degré de perfection difficile
- Fig. 1. — Schéma de principe du luxmèlre.
- à dépasser. Il ne faudrait pas croire, cependant, que l’art de l’éclairage cesse de progresser : jamais on ne s’est tant préoccupé d’utiliser au mieux la lumière. Une technique nouvelle, Y éclairagisme, s’attache, tout en mettant hors du champ visuel les filaments incandescents afin de prévenir l’éblouissement, à disposer les foyers lumineux de façon à éclairer le travail dans les meilleures conditions possibles, à mettre en valeur les objets sur lesquels on désire que se fixe le regard. L’ingénieur éclairagiste détermine l’intensité des sources lumineuses, établit les courbes de répartition de la lumière, mesure les éclairements. Ces opérations impliquent, bien entendu, l’emploi d’instruments spéciaux; la dernière en particulier, qui est celle à laquelle il a le plus souvent recours, exige un luxmèlre.
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- Cet instrument comporte une lampe étalonnée et un dispositif permettant de ramener aisément à une même valeur les deux éclairements à comparer. Le procédé le plus simple consiste à éclairer, au moyen d’un verre dépoli derrière lequel se trouve une lampe étalonnée, un plan incliné blanc mat, au-dessus duquel est tendue horizontalement une bande de papier présentant une série de taches d’huile (fig. 1). La brillance des plages lumineuses formées par les taches translucides est d’autant plus faible que celles-ci se trouvent plus éloignées du verre dépoli; l’endroit où la tache cesse d’être plus lumineuse que le papier qui l’encadre marque le point où l’éclairement est égal sur les deux faces; une échelle graduée indique le nombre de lux correspondant.
- Le luxmètre a reçu, depuis son invention, bien des perfectionnements : on lui a adjoint un voltmètre et un rhéostat et certains dispositifs permettant d’embrasser une gamme d’éclairements très étendue. Dans certains modèles on a eu recours à une tache d’huile unique, et l’éclairement procuré par la lampe a été rendu variable, soit par déplacement de la source, soit par occultation d’une fraction plus ou moins longue d’un filament rectiligne incandescent; il est même des luxmètres qui sont de véritables photomètres portatifs. C’est à cette dernière classe qu’appartient le luxmètre « Filmograph ».
- Le constructeur de ce nouvel instrument, M. Lobel, a appliqué à la photométrie le prisme gris ou coin de Gold-berg utilisé en sensitométrie et a eu recours à un système optique concentrant dans l’œil de l’observateur la totalité des flux lumineux transmis par deux éléments diffusants d et d' (fig. 2) frappés, l’un par le rayonnement du plan dont on se propose de mesurer l’éclairement, l’autre par celui de la lampe étalonnée. Cette dernière est alimentée par une pile de 4,5 v; un rhéostat circulaire, dont le curseur est commandé par un bouton rotatif extérieur, permet de limiter à 2,5 v la tension appliquée au filament et de la maintenir à cette valeur en dépit de l’affaiblissement de la pile ; un voltmètre fixé sur le couvercle de l’instrument renseigne l’opérateur. Le circuit d’alimentation comporte un internipteur i qui, automatiquement, coupe le courant lorsque la lunette de visée est complètement rentrée.
- Une glace b, argentée sur la moitié de sa largeur, placée dans le champ de la lentille a, avec l’axe optique de laquelle elle forme un angle de 50 grades, permet de voir côte à côte, sans aucune séparation, les éléments diffusants d et d'.
- Le coin gris c, qui est placé entre la glace et l’élément diffusant d', est l’organe grâce auquel on peut rendre le flux reçu de la lampe étalon égal à celui transmis par l’élément d. Ce coin est monté sur un chariot à crémaillère engrené avec un pignon dont l’arbre est pourvu d’un bouton de commande extérieur au coffret.
- L’emploi du luxmètre « Filmograph » est extrêmement simple; soit, par exemple, à mesurer l’éclairement reçu par une table de travail : il suffit de placer sur celle-ci un verre opale diffusant, qui est fourni avec l’instrument, de tirer la lunette de la quantité voulue pour voir, avec toute la netteté désirable, les deux plages de comparaison juxtaposées, de tourner le bouton du rhéostat de façon à amener
- Fig. 2. — Schéma du luxmètre « Filmograph ».
- à 2,5 v l’aiguille du voltmètre et d’amener à égalité, au moyen du coin, les flux lumineux transmis par les deux demi-cercles que l’on aperçoit dans la lunette. Lorsque l’éclairement à mesurer est compris entre 0,2 et 150 lux, on en lit directement la valeur sur l’échelle graduée (fig. 3) qui accompagne le coin dans ses déplacements. Lorsque l’éclairement est plus considérable, il faut interposer sur le trajet du flux à mesurer un filtre gxâs neutre réduisant la lumière transmise au 1/10, au 1/100 ou au 1/1000, selon le cas. Il eût certes été possible, en recourant à un coin de constante plus élevée, c’est-à-dire présentant pour une même longueur un écart plus considérable entre les densités extrêmes, d’éviter cette petite complication, mais au détriment de deux des avantages essentiels de l’instrument, la sensibilité et la précision .Si le luxmètre « Filmograph » permet de mesurer, avec une approximation de 5 pour 100 des éclairements inférieurs à 1 lux, ce n’est pas seulement parce que les éléments de comparaison sont très lumineux et parfaitement isolés de la lumière ambiante, c’est aussi en raison des judicieuses caractéristiques du coin.
- Fig. 3. •— Le luxmètre « Filmograph ».
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- Le luxmètre « Filmograph » a déjà trouvé de nombreuses applications. En très sensible progrès sur ses devanciers, il se prête beaucoup mieux à la mesure des éclairements les plus divers. Nous citerons, en particulier, deux problèmes que cet instrument a permis de résoudre dans d’excellentes conditions : la détermination du diaphragme à utiliser dans un studio cinématographique sous un éclairage donné et le réglage de la position de la lampe dans les phares
- d’automobiles. Ce luxmètre est, avons-nous dit, un véritable photomètre portatif : il n’est pas étonnant que l’on ait pu, moyennant une légère modification le mettant à même de mesurer les éclairements de petites surfaces, l’utiliser pour déterminer l’intensité de la lumière sur telle ou telle partie d’une scène, pour évaluer, aux fins de correction, les inégalités d’éclairement projetées par un .phare sur un mur blanc. André Bourgain.
- = UN ASCENSEUR A DOUBLE CABINE =
- DEUX CABINES D’ASCENSEUR DANS LE MÊME PUITS
- Un nouveau système d’ascenseur vient de trouver sa première application au siège administratif de la
- Société Westinghouse, à East Pitts-burg, Pa., Etats-Unis. M. F. J. Spra-gue, l’éminent électricien, a pris une part importante à l’élaboration et au développement de ce système.
- Il s’agit d’un ascenseur double, où deux cabines, se déplaçant dans le même puits, permettent d’effectuer deux services simultanés, — service express et service local.
- On sait que les gratte-ciel américains d’au moins 20 étages ont, pour accélérer le service, deux types d’ascenseurs : ascenseurs locaux des-servantles dix premiers étages, et ascenseurs express, montant sans arrêt jusqu’au dixième (ou au 20e, au 30e, etc.), étage, à partir duquel ils s’arrêtent à chaque étage voulu. Or, depuis longtemps déjà, on se rendait compte de l’économie d’espace que permettraient deux cabines d’ascenseurs fonctionnant simultanément dans le même puits. La superficie ainsi économisée et utilisée pour l’installation de bureaux rapporterait:, en loyers, dans les grands centres américains, 35 000 à 85 000 dollars par an, soit l’intérêt de capitaux d’un demi-million à plus d’un million de dollars.
- Dans celui de gauche les deux cabines, arrivées à la limite supérieure de leur course, sont prêtes à descendre. Dans celui de droite elles sont prêtes à monter.
- Les grandes difficultés techniques s’opposant à la réalisation de cette idée ont pu être vaincues, en sorte que les nouveaux ascenseurs doubles assurent un service sûr et régulier. La description succincte du système que nous donnons ci-après se rapporte, en particulier, à une maison de 20 étages; certains détails seulement se modifient dans les bâtiments plus bas ou plus élevés.
- La cabine supérieure, destinée au service express, part du niveau de la rue, va sans s’arrêter jusqu’au 11e étage, à partir duquel elle s’arrête à tout étage voulu, la seule restriction de ses mouvements consiste dans l’impossibilité où elle est de descendre, pendant que la cabine inférieure monte. On peut toutefois, même alors au besoin, la monter ou la descendre à la main, en actionnant un cabestan. Dès que la cabine express estpartie,lacabineinférieure, la locale, ayant attendu dans le sous-sol, monte au niveau de la rue, après quoi elle dessert les dix étages inférieurs. Elle aussi n’est sujette, dans ces mouvements, qu’à une seule restriction, celle de ne pouvoir approcher de la cabine supérieure au delà d’une distance donnée. Toutes les fois que le conducteur tâcherait de faire monter la cabine inférieure contre la supérieure, sa marche se ralentirait automatiquement et elle s’arrêterait, automatiquement aussi, à l’endroit voulu. Ce n’est qu’au moment où le conducteur se remet à descendre — ou que la cabine supérieure se remet à monter — qu’elle reprend sa marche.
- Le service des deux cabines est réglé de façon à faire atteindre aux deux cabines à peu près simultanément leurs limites de marches supérieures. Si la cabine supérieure arrivait avant l’inférieure, elle attendrait que celle-ci, ayant accompli sa course, se remette à descendre.
- La descente des deux cabines est soumise aux mêmes mesures de sûreté. La cabine inférieure ne saurait donc monter contre la supérieure et celle-ci s’arrête toutes les fois qu’elle approche de trop près de la cage inférieure.
- On a prévu trois systèmes de sûreté, l’un électrique, les deux autres mécaniques. Une lampe signal, dans chacune des cages, annonce au conducteur, à tout moment, l’endroit où il se trouve et où l’autre cabine en est de sa course; elle l’avertit aussi, dans le cas où sa cabine, pour une raison quelconque, aurait ralenti où arrêté sa marche.
- La première installation, faite à East Pittsburg, ne dessert que 11 étages. Les cabines fonctionnent à la vitesse de 180 mètres par minute ; elles peuvent transporter, chacune, 1350 kilogrammes. Alfred Gradenwitz.
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- A PROPOS DES SERPENTS D’ÉGYPTE =
- Fig. 1. — Plaques céphaliques de Naja haje (d’après M. Pliisalix).
- L’intéressant article de M. P. Hippolyte Boussac, intitulé « Le Serpent de la Genèse », paru dans le N° 2848 de
- La Nature, nous incite à dire quelques mots des Serpents de l’Egypte antique.
- Il est assez courant de lire dans les ouvrages d’histoire des appellations erronées, telle que celle-ci : « la Vipère Haje ». M. P.-Hippolyte Boussac emploie ce terme, et la figure 5 qui illustre son article porte la légende suivante : « Vipères en adoration devant le soleil levant ».
- Qu’il soit permis au naturaliste d’ajouter quelques précisions au travail de l’historien, et de faire remarquer que l’IIaje n’est pas une Vipère, l’Uræus n’est pas une Vipère : c’est une Couleuvre. Et quant au Serpent surnommé « Aspic de Cléopâtre », si tant est qu’il ait existé, on ignore complètement à quelle espèce il appartenait.
- Parmi les Serpents venimeux d’Egypte, les plus nombreux appartiennent au genre Naja, et aux genres Vipera, Cerastes et Echis.
- Les Najas sont de la famille des Colubridés. Les Vipères, Cérastes et Echis sont des Vipéridés.
- On sait que les Colubridés ont le corps allongé, la tête assez grosse et assez peu distincte du corps, le museau est obtus et arrondi. La pupille est généralement ronde.
- Au contraire, les Vipéridés ont le corps trapu, la tête aplatie, triangulaire, plus large que le cou, le museau tronqué; la queue est courte et conique. La pupille est généralement verticale. Le maxillaire supérieur, très réduit, porte un ou deux crochets sillonnés.
- Les Vipéridés se divisent en deux sous-familles : les Vipérinés ou Vipères proprement dites, qui habitent l’ancien continent, et les Crotalinés, qui habitent le nouveau continent (à quelques exceptions près).
- Les Vipérinés du Nord de l’Afrique, comme nous venons de le dire, sont du genre Vipera Laurenti (Vipera latastei, V. ammodytes, V. lebetina, petits Serpents qui ressemblent aux Vipères d’Europe), ou du genre Cerastes Wagler (Cerastes cornutus qui a deux cornes érectiles au-dessus des yeux et le C. pipera, plus petit et sans cornes), ou enfin du genre Echis Merrem (Echis carinatus et E. coloratus).
- L’Egypte connaît surtout le Céraste cornu et l’Echide carénée.
- Les Cérastes sont très dangereux, car ils s’enfoncent dans le sable, dont ils ont, d’ailleurs, la couleur ; ils montrent beaucoup d’activité pendant les nuits d’été. Un feu de campement les attire en grand nombre. La Vipère cornue a été fréquemment représentée sur les monuments de l’Egypte ancienne.
- Fig. 3.
- Le Naja haje.
- L Echide carénée est aussi appelée Efa ou Vipère des pyramides. C’est un petit Serpent qui ne dépasse guère 60 centimètres de longueur; sur un fond couleur de sable, il porte des lignes ondulées blanchâtres et des dessins, taches ou raies brun foncé.
- Une sorte! de croix se voit sur la tête. Très commun en Egypte, ce Serpent s’introduit dans les villes et les villages et pénètre dans les habitations. Très vif et irascible, il est fort redouté. Le 'venin de Céraste et d’Echide est très actif. Heureusement, à cause de leur petite taille, ces Vipères ne peuvent pas inoculer à l’Homme une forte dose de venin entraînant la mort; du moins, la blessure qu’elles infligent n’est-elle mortelle que dans 20 pour 100 des cas environ. Elle est foudroyante pour les petits animaux ; elle tue le Cheval et le Chameau.
- Plus dangereux encore que les Vipères est le Naja d’Egypte, Naja haje ou haïe. C’est un Colubridé protéro-glyphe élapiné.
- Les colubridés protéroglyphes possèdent des dents venimeuses cannelées, placées au-devant de la mâchoire supérieure. Les Elapinés sont terrestres.
- Le nom de Naja vient du nom indien du fameux Serpent à lunettes : Naga ou Noja. Le Naja haje, voisin du Cobra de l’Inde, a le cou moins dilatable et qui ne présente pas le curieux dessin de lunettes si caractéristique des espèces asiatiques. De coloration variable, le Naja haje est le plus souvent jaune ou olive, ou brun foncé, en dessus. Il est jaunâtre en dessous. Il porte une bande brune sur le cou et la tête est noirâtre.
- Le corps est cylindrique, couvert d’écailles lisses, disposées obliquement, L’œil est assez grand, à pupille ronde.
- L’Haje mesure de 1 m 18 à 1 m 50, dont 0 m 30 pour la queue. Il peut cependant atteindre une plus grande longueur.
- Ce Naja est commun dans le bassin du Nil; il devait y abonder autrefois. 11 se cache dans les broussailles et sous les pierres, à l’abri des ruines.
- Très irritable, le Naja haje ne craint pas de faire face à son adversaire, de le poursuivre et de se jeter sur lui.
- Inquiet, il se dresse, gonfle son cou, siffle bruyamment, prêt à s’élancer et à mordre.
- Ses mouvements sont extrêmement vifs.
- On prétend que le Naja d’Egypte peut lancer son venin à distance comme le font certains Serpents cracheurs de l’Afrique du Sud.
- En captivité, le Naja vit
- Fig. 4. — L’uræus, uraüs ou ara des Egyptiens (d’après Mariette).
- Fig. 2. — Plaques céphaliques du Céraste cornu (d’après M. Phisalix, Venins et animaux venimeux).
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- peu de temps. Nous avons vu des sujets conservés au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris qui manifestaient une constante irritabilité et qui se jetaient sur les parois de verre de leur cage à l’approche d’un visiteur. 11 faut des cages spacieuses à ces Serpents remuants et vifs ; ils aiment beaucoup à se baigner et à demeurer longtemps dans leur bassin rempli d’eau pure. Le Naja haje en sa robe brillante aux reflets dorés ou cuivrés, est un beau Serpent; lorsqu’on le voit se dresser, le cou dilaté, on comprend que son aspect ait frappé les Anciens d’une sorte de crainte admirative.
- Les Psylles, ou« charmeurs », exhibent des Najas qui se dressent à demi hors de leur panier respectif pour écouter le son d’une flûte monotone et bizarre. Parfois les Serpents semblent exécuter des mouvements cadencés.
- Le Naja peut devenir raide comme un bâton, s’il est touché en comprimant un point de la nuque ; il tombe dans une torpeur cataleptique. Ceci explique le prodige accompli par les magiciens des Pharaons lorsqu’ils changeaient les verges en Serpents.
- Les Grecs et les Romains surnommaient « Aspics » plusieurs espèces de Serpents venimeux, et, entre autres, le Naja haje.
- Le célèbre Uræus des anciens Egyptiens est la représentation du Naja haje. On le trouve gravé ou sculpté sur la pierre des monuments, peint sur les fresques, les vases, les étoffes. Il orne le pschent des pharaons.
- D’où vient le respect qu’inspire le redoutable Naja ? De la frayeur qu’il fait naître : on sait qu’il inflige une blessure mortelle. De la reconnaissance : il dévore les Rongeurs nuisibles aux récoltes; les Rats abondent et l’on confie aux Najas la garde des céréales. Enfin, aux yeux des artistes, le Naja n’est pas sans beauté : il nous est resté un témoignage de l’art grec, un très bel Uræus de bronze, sans doute inspiré de l’art égyptien (conservé à la Bibliothèque Nationale).
- L’Uræus fut le symbole de la divinité et de la royauté, et peut-être aussi le symbole des deux divisions du ciel, l’orient et l’occident.
- Si nous revenons, maintenant, à la légende de Cléopâtre, le Naja aurait-il été le Serpent choisi par la trop fameuse reine ? Nous ne le croyons pas. Le Naja est un
- trop grand Serpent pour être dissimulé dans une corbeille de fruits, il est trop vif et irritable. De plus, on raconte que la reine connaissait les effets des poisons, elle les avait essayés sur de malheureux esclaves. Elle n’ignorait donc pas combien est douloureuse la mort consécutive à la morsure du Naja : frappé de paralysie des centres respiratoires, le blessé meurt dans l’angoisse, en conservant sa connaissance jusqu’au dernier instant. L’Aspic de Cléopâtre fut plutôt un Céraste, cette petite Vipère, si indolente pendant le jour, et facile à cacher dans un panier. Mais qu’y a-t-il d’exact dans ce conte poétique ?
- Ce qui était bien réel, c’est l’immunité de l’Ichneumon, ou Rat des Pharaons, la grande Mangouste d’Egypte qui attaquait le Naja sans crainte des morsures du terrible Serpent. L’Ichneumon était très commun, autrefois en Egypte. Destructeur de Serpents et d’œufs de Crocodiles, l’Ichneumon, fut vénéré en raison de son utilité; il fut momifié et conservé dans des temples.
- Il est curieux de constater que ce petit Mammifère résiste aux effets du venin de Naja, alors que quatre gouttes de ce même venin suffisent à tuer rapidement un Cheval ou un Dromadaire.
- M. P. Hippolyte Boussac a parlé des Agathodsemons. Ce nom d’Agathodæmon (bon génie) est le nom grec du dieu égyptien Kneph, symbole du Nil, dieu de la fécondité et de la bienfaisance. Il était représenté sous l’aspect d’un Serpent coiffé d’un diadème, le corps replié en nombreux anneaux et terminé par une fleur de lotus ou par un bouquet d’épis. Sans doute pour honorer ce dieu (?), on élevait dans des temples des Serpents « qui ne font jamais de mal aux Hommes ». On ne sait pas du tout à quelles espèces appartenaient ces Serpents.
- De tous temps, le Serpent a été l’objet d’un culte, lié au culte de l’arbre. Le symbole antique et universel du Serpent se retrouve sur les monuments préhistoriques de toutes les parties du monde. Par exemple, dans un temple du Yucatan, on voit un Crotale enroulé autour d’un arbre, comme le Serpent de la Genèse hébraïque.
- Enfin, le cercle formé par un Serpent qui se mord la queue est le symbole de l’éternité, — de l’unité de la matière, et de l’éternel recommencement des choses.
- A. Feuillée-Billot.
- LA MISE EN VA,LEUR DU CONGO BELGE
- La Belgique a fêté l’an passé avec éclat le centenaire de son indépendance et parmi les manifestations les plus imposantes figuraient les expositions internationales de Liège et d’Anvers. Le grand port de l’Escaut a mis au premier rang de ses préoccupations la section coloniale, afin que les visiteurs puissent se rendre compte de l’effort fait au Congo belge depuis un demi-siècle.
- On peut dire que rares sont les colonies qui ont connu un essor aussi rapide et qui offrent d’aussi belles perspectives. Hier encore, l’Afrique équatoriale était la contrée mystérieuse, presque impénétrable, celle que les récits de Stanley révélaient à la jeunesse émerveillée autour
- des années 1880. Aujourd’hui, elle fait figure de.Nouvel Eldorado. Certes, le pittoresque d’autrefois demeure. La nature reste splendide et attirante : le Congo bondit impétueusement vers l’Océan à travers les chutes de Livingstone, tandis que son cours supérieur s’attarde à travers les champs mélancoliques de papyrus; la forêt vierge étage ses essences géantes, acajous et faux-cotonniers lourds des lianes gorgées de latex; à l’horizon oriental se dressent les sommets neigeux des volcans du Ruvenzori et des Virunga; et les tornades de l’après-midi éclatent, aussi brutales qu’au temps des premiers explorateurs. La vie indigène garde ses curio-
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- Fig. 1. — Carie du Congo Belge.
- sites : nains de l’Uele tirant de l’arc, chasseurs aux lances primitives, faiseurs de pluie des régions où la sécheresse est un fléau, joueurs de gong et sorciers, chefs de tribus aux costumes extraordinaires.
- Mais à côté, les usines multiplient entre le Lualaba et le Lufira, des centaines de steamers circulent sur le Congo; peu à peu la forêt recule, éventrée par les routes, mordue par les cultures, tandis que des services réguliers d’aviation relient en quelques heures les villes qui grandissent sans arrêt. Un monde qu’on croyait voué à la torpeur et à l’immobilité s’éveille sous l’impulsion de la Belgique. C’est cette transformation qu’on voudrait étudier ici.
- I. - L’INSTALLATION BELGE AU CONGO
- Un premier Belge, Pierre Van den Brouck, s’établit, au xvne siècle, commerçant près de l’embouchure du Congo qu’avait découverte en 1485 le navigateur Diego Cam; mais il ne fut guère imité : ce sont des Portugais qui s’installèrent aux deux extrémités du fleuve. Dans le courant du xixe siècle, plusieurs explorateurs anglais, en particulier Livingstone, reconnurent une partie du bassin. De 1874 à 1877, dans un raid gigantesque, Stanley, parti de Bagamoyo sur l’Océan Indien parvint à Borna sur l’Atlantique, ayant exploré le cours du fleuve. A partir de cette époque, la Belgique s’intéresse à l’Afrique équatoriale. Inaugurant au palais de Bruxelles la Conférence internationale de 1876, le roi Léopold II déclarait :
- « Ouvrir à la civilisation la seule partie de notre globe où elle n’ait pas encore pénétré, percer les ténèbres qui enveloppent des populations entières, c’est, j’ose le dire, une croisade digne de ce siècle de progrès. » L’année suivante, pour répondre à ce vœu, il créait Y Association internationale africaine et s’adjoignait Stanley. Le célèbre explorateur fonde les premiers postes ainsi que Léopold-ville. Déjà, au premier groupement a succédé un Comité d? Etudes du Haut Congo qui, en 1882, prend le titre
- Fig. 2. — Une vue du fleuve Congo.
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- Dès lors, le Congo est une colonie dépendant du gouvernement de Bruxelles.
- L’occupation d’un territoire grand comme 80 fois la métropole et dont les frontières dépassent 9000 km n’a pas été sans difficulté. La révolte des Arabes esclavagistes fut particulièrement grave. Au début du xixe siècle, des musulmans venus de l’Océan Indien se mirent à faire la traite des noirs. Pour assurer leur autorité, ils étaient arrivés à recruter de véritables armées d’indigènes. La Conférence de Bruxelles de 1890, dans l’Acte des cent articles, décida la suppression de l’esclavage en Afrique, mais il fallut de nombreuses expéditions, où s’illustra en particulier Dhanis, pour venir à bout de la résistance. Les échecs que subirent les Anglais en face du Madhi, au Soudan égyptien, eurent leur retentissement dans le Congo où une colonne opéra contre ses partisans. 11 n’y eut plus que des révoltes locales et le pays
- Fig. 3. — Le steamer « Luxembourg » sur le Congo.
- à? Association internationale du Congo. Grâce à une politique active, Stanley, Coquilhat,
- Thys et les autres pionniers signent plus de 1000 traités avec les chefs noirs et font adopter le drapeau bleu étoilé d’or de la Société de colonisation. L’occupation succède à l’exploration. En 1885, l’Association fait place à Y Etat indépendant du Congo dont Léopold II devient souverain à titre personnel.
- On multiplie les expéditions sur l’Oubangui, en direction du Nil, vers le Katanga où Cecil Rhodes, venant du Cap, pousse vigoureusement vers le Nord, dans la région du Ka-saï où s’avancent les Portugais. Peu à peu les frontières se précisent. L’Etat indépendant reçoit des avances de la Belgique, moyennant la promesse d’une annexion ultérieure qui a lieu en 1908. F‘9- 4. — Matadi : Vue d’une partie des magasins du chemin de fer.
- Fig. 5. — L’ancien Albertville, vue prise par avion en 1917. était à peu près pacifié lorsque éclata la guerre
- de 1914. Bien que peu nombreux, les Belges organisèrent une offensive dans le Tanganyika et remportèrent en 1916 la victoire de Tabora. Au traité de Versailles (1919) ils obtinrent le mandat de la S. D. N. sur les territoires du Ruanda et de l’Irundi.
- II. - LES PROVINCES DU CONGO BELGE
- On aurait tort d’imaginer, sur la foi d’une géographie simplifiée, le Congo belge comme une simple région naturelle aux paysages uniformément somptueux. L’immense cuvette est partagée administrativement en quatre provinces qui, au point de vue colonial tout au moins, offrent des visages assez différents.
- A l’ouest, le Congo-Kasaï, la plus petite unité, la seule qui possède un littoral, la première colonisée et celle qui, à l’heure actuelle, concentre plus du tiers de la population blanche. Forêt du Mayumbé, cacaoyers et caféiers, coton
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- et diamants du Kasaï lui assurent un développement économique rapide. Son chef-lieu, Léopoldville, est aussi la capitale de la colonie. Elle s’enorgueillit d’être, avec
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- cacao. Sa capitale, Coquilhatville, groupe près de 10000 habitants, dont 600 blancs. Là, on peut observer sur le vif le travail des Belges dans la nature équatoriale. Le long
- Fig. 6 à 10.
- 1. Pêcheries indigènes dans les rapides de Stanley-ville. — 2. Les tisserands indigènes, province du Kasaï. — 3. Nyansa. Ruanda; Danses chez le sultan Musinga. — 4. Enfants du Ruandà-Irundi.
- 5i Chefs du Kasaï.
- ses 2760 Européens et ses 37000 indigènes, la plus grande ville moderne de l’Afrique équatoriale. Doublée du port fluvial de Kinshasa, elle a un important trafic commercial que la construction de quais permettra de porter à 500 000 tonnes.
- La province de l’Équateur (560000 km2) n’a pas plus de 2000 blancs ; pays où la forêt'couvre une grande partie du territoire, où la main-d’œuvre noire est rare ; pays de cueillette du copal, du caoutchouc, du palmiste, de l’ivoire et où se développe la culture du coton et du
- des fleuves, ils créent des postes, ici et là, des entreprises qui grignotent la forêt. C’est l’exploitation en
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- de nombreux points dispersés ou sporadisme. Puis les taches de culture s’élargissent, et on les relie par un réseau de plus en plus serré de pistes et de routes.
- La province orientale couvre 750 000 km2 et, si sa population ne compte encore que 3500 Européens, ses ressources lui assurent un brillant avenir. Forêts vierges, savanes herbeuses, hauts reliefs des Virunga, autant de climats différents. Le café réussit au Kivu où l’on compte 1 500 000 arbustes et où poussent le riz, l’arachide et jusqu’aux betteraves sucrières. Le coton et l’or sont la richesse de l’Oubangui et de l’Uele. Son chef-lieu, Stanleyville, commande le bief navigable du Moyen
- Fig. 11. — Un copalier (province de l’Équateur).
- Congo, tandis qu’Albertville fait la jonction avec le Tan-ganyika et l’Océan Indien.
- C’est vers le Katanga que se porte le plus volontiers l’imagination du public. Région de savanes bombée de termitières géantes, devenue en moins de vingt ans un formidable district industriel. Royaume du cuivre, de l’étain, du cobalt, du charbon, du radium. Hier, le silence de la prairie déserte; aujourd’hui, l’animation d’une ruche en plein travail. A l’emplacement où le général Wanger-mée plantait sa tente en 1910, une capitale, Elisabeth-ville, qui compte 4100 Européens et 22 000 indigènes.
- Au nord, les agglomérations industrielles et le centre de Likasi autour duquel vivent plus de 25 000 travailleurs.
- Les deux territoires accolés du Ruandi et de l’Irundi mettent dans le Congo belge une note originale. Plateaux faillés très élevés, de climat salubre, où paissent un million de bêtes aux immenses cornes, ils sont habités par une population exceptionnellement nombreuse qu’on évalue à 5 millions d’habitants. L’étain, le fer, les salines, l’élevage promettent un essor rapide. En attendant, les rois indigènes, appuyés sur leurs lances, continuent à se faire obéir et à présider les cérémonies religieuses au milieu de leurs troupeaux sacrés.
- III. - LA VIE AGRICOLE
- A l’heure actuelle, la colonie exporte encore certains produits de cueillette, mais les cultures européennes se développent et modifient peu à peu le paysage végétal.
- La forêt équatoriale fournit en abondance les bois d’ébénisterie. Le Mayumbé, qui possède un débouché direct vers le Bas Congo, a été exploité le premier. Les expéditions ont dépassé 8000 tonnes en 1928, mais ce n’est qu’un début. L’effort s’est concentré sur quelques espèces forestières. Le caoutchouc recueilli sur des arbres comme le Funtumia ou sur les lianes basses qui couvrent les savanes, assurait une grosse exportation avant la guerre. Depuis, les plantations de Malaisie ont jeté sur le marché de telles quantités de caoutchouc que les envois du Congo diminuent chaque année; en 1928, on ne comptait plus que 200 tonnes. C’est le chiffre d’exportation d’une autre ressource naturelle, l’ivoire, dont la production a faibli par suite des chasses inconsidérées d’éléphants. Les indigènes continuent à tuer ces animaux à leur guise, mais les blancs doivent payer des droits élevés. Au contraire, la recherche du copal est en plein développement. Le Copalier pousse dans les sols marécageux et, sous l’influence d’une cause externe — piqûre d’insecte par exemple — laisse couler une résine qui, lorsqu’elle est fraîche, ne présente pas une grande valeur marchande : c’est le copal vert. Mais il existe, dans les régions inondées, des quantités considérables de copal fossile qui proviennent d’arbres depuis longtemps disparus. Les nègres cherchent ce produit au fond des lits de rivières ou sur les terrasses d’alluvions. On l’expédie à Anvers (16 000 t en 1928). De tous les arbres de la forêt, c’est le palmier à huile qui donne les plus beaux bénéfices. On sait quelle est son importance pour nos colonies de l’A. O. F. et quels efforts nous faisons pour en organiser la culture. Au Congo belge, le domaine de VElœis s’étend sur le centre et l’ouest du pays. La noix de palme, grosse comme une prune, pousse sur un régime qui contient des centaines de fruits et pèse de 15 à 50 kg. Sa pulpe donne Yhuile de palme, à raison d’environ 20 pour 100 de son poids. Les noirs s’en tiennent à cette utilisation sommaire, alors que le noyau enferme une amande ou coconote dont on extrait 45 à 50 pour 100 d’une substance grasse, Yhuile de palmiste, meilleure que l’huile de la pulpe. Aussi les exportations se font-elles sous forme de noix palmistes. De 40 000 t en 1920, on est
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- passé à 72 000 t en 1928, valant 150 millions de francs ('). Devant ces résultats, on a songé à faire des plantations régulières, dont le rendement serait plus grand. Diverses expériences ont réussi dans le Kasaï, l’Equateur et la Province orientale, grâce aux efforts de la Société des « Huileries du Congo belge ».
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- Parmi les cultures, les unes intéressent avant tout l’alimentation indigène, les autres sont au contraire des éléments d’exportation. Les farines que préfèrent les nègres sont faites avec le maïs, le sorgho, le millet, ce dernier étant surtout employé à la fabrication de la bière. Les bananiers qui ombragent chaque village donnent des fruits volumineux que l’on mange cuits à moins qu’on ne les fasse sécher ou qu’on n’eh tire une sorte de vin. Le manioc amer est également très répandu et un hectare peut fournir jusqu’à 5000 kilogrammes de farine préparée.
- Les tubercules frais sont vénéneux : pour enlever l’acide prussique qu’ils contiennent, on les pile et on les laisse séjourner quelques jours dans l’eau. On commence à planter des variétés non vénéneuses, qui donnent un rendement moins élevé. Si l’on ajoute à ces cultures faites à la houe le riz de montagne introduit par les Arabes dans l’est de la colonie,,l’arachide, le sésame des savanes de l’Uele; la canne à sucre dont les indigènes mâchent les tiges sucrées, on aura une idée approximative de l’alimentation végétale des noirs. Quant à la viande, elle est fournie par la pêche, particulièrement fructueuse dans les grands lacs et par la chasse des animaux de la savane. Avant l’arrivée des blancs, l’élevage du gros bétail n’existait pas, sauf dans les territoires à mandat, où les troupeaux sont le signe essentiel de la richesse. Il est vrai que vieilles ou jeunes, grasses ou maigres, toutes les bêtes ont même valeur aux yeux des indigènes ! Partout ailleurs, on ne trouve que les petits porcs à soies noires, des chiens et des moutons, de la volaille, bref, le troupeau en miniature des régions équatoriales.
- Les Belges ont développé un certain nombre de cultures que favorisait le climat. Quelques produits de cueillette sont fournis par des plantations : c’est le cas de l’huile de palmiste et du caoutchouc. Il y a des heveas dans la partie la plus arrosée, régions de l’Equateur et du Mayumbé. Mais les besoins du marché ont orienté les efforts vers d’autres plantes : le café, le cacao et le coton. Après de multiples essais, on a reconnu que l’espèce de café Robusta donnait les meilleurs résultats. Elle résiste mieux aux maladies que l’espèce Arabica et donne au bout de quatre ans un rendement de 1000 kg à l’hectare. Les plantations sont surtout nombreuses autour de Stanley ville. Les Eloeis servent d’arbres d’ombrage et toute une organisation industrielle permet de traiter sur place les grains de café obtenus. L’exportation est passée
- 1. Tous les chiffres de cet article sont donnés en francs belges, dont la valeur actuelle est environ 7 dixièmes de celle de notre franc stabilisé.
- de 276 tonnes en 1927 à 576 tonnes en 1928, mais la surproduction mondiale oblige à procéder par étapes. On peut en dire autant du cacao. Le cacaoyer, qui réclame beaucoup d’humidité, pousse admirablement dans la province de l’Equateur, à l’ombre des palmiers à huile. Mais les expéditions (850 tonnes en 1928) ne sauraient se comparer à celles de la Côte d’Or anglaise qui détient une sorte de monopole avec 200 000 tonnes. Le coton, par contre, offre les plus beaux espoirs. Là encore, les stations d’essais, suivant la leçon des agronomes hollandais de l’Insulinde, ont recherché patiemment les espèces qui conviennent le mieux aux conditions locales. Le choix s’est porté sur le type Upland, variété Triumph, à fibres courtes, plus robuste que le Sea-Island. L’Uele, l’Oubangui le Kasaï sont les grandes régions productrices. Jusqu’à présent, la culture est faite uniquement par l’indigène qui vend sa récolte dans les marchés de district, à un prix contrôlé par l’État. De 4 tonnes en 1916, la production s’est élevée à 7500 tonnes de coton brut en 1928, mais le système actuel comporte de sérieux inconvénients. L’arrivée de centaines de nègres portant chacun sur leur tête une corbeille de coton est un spectacle pittoresque,
- Fig. 13. — Région du lac Kivu.
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- mais qui ne saurait faire oublier les fatigues qu’occasionne le transport de la récolte depuis le champ jusqu’au plus proche marché, puis jusqu’au point d’embarquement. C’est pour réduire le portage que l’on multiplie les machines à égrener dans les régions de production. La qualité du coton obtenu n’est pas toujours satisfaisante et le rendement de cette culture à la houe est médiocre. Aussi cherche-t-on à répandre l’emploi des semences sélectionnées et des sociétés belges projettent d’organiser des plantations de coton pourvues d’un matériel agricole moderne.
- Dans le domaine de l’élevage, les efforts sont encore
- limités à l’approvisionnement des villes en viande fraîche et en produits laitiers. Les essais furent d’abord malheureux. Le gros bétail supporte mal le climat équatorial, à moins que l’altitude n’apporte un rafraîchissement et une plus grande salubrité au troupeau. Dans les parties basses, la mouche tsé-tsé exerce de véritables ravages. On a cependant réussi à acclimater les races de l’Irundi, ainsi que des vaches laitières européennes, grâce à de rigoureuses pratiques d’hygiène. C’est ainsi que dans le Katanga s’est répandu l’usage hebdomadaire des bains arsenicaux pour le bétail.
- Avec la question du troupeau, nous saisissons un des aspects les plus caractéristiques de la vie agricole du Congo. Celui-ci possède d’immenses ressources naturelles, mais demeure essentiellement un pays équatorial. Ce sont des produits de pays très chauds qu’il peut livrer et les denrées des régions tempérées s’y paient fort cher, malgré le voisinage de l’Union Sud-Africaine. En juillet 1929, le pain valait à Léo-poldville 10 francs le kg, le beurre frais 60 fr. le kg, le lard fumé 45 francs, la bière 10 à 12 francs la bouteille. Ne parlons pas du vin ! A la même époque, le savon de Marseille coûtait 18 francs le kg à Albertville, l’huile d’olive 45 francs le litre...
- IV. - LES RICHESSES MINIÈRES
- Elles légitiment dans une certaine. mesure le nom de Nouvel Eldorado qu’on a donné au Congo belge. En moins de vingt ans, ce pays a conquis une place de premier plan dans le marché du cuivre et du diamant. L’or et le radium lui assurent une situation privilégiée et déjà d’autres ressources, pétrole, fer, cobalt, ont fait naître de grands espoirs.
- Le cuivre est à l’heure actuelle la principale richesse. Son exportation en 1928 représente en poids près de la moitié et en valeur le tiers des exportations totales. C’est au Katanga que se trouvent les gisements, dans des régions plissées où alternent des schistes, des calcaires et des conglomérats. Le minerai ne se rencontre pas sous la forme habituelle de sulfures, mais à l’état de carbonate hydraté (malachite) et plus rarement d’oxyde noir. Le Comité spécial du Katanga, chargé de hâter la mise en valeur, fit prospecter la province par le Tanganyika Concession Limited, dont une filiale, Y Union minière du Haut-Katanga, constitue aujourd’hui la principale société métallurgique du Congo. La zone d’exploitation s’étend sur 15 000 km2 et on a reconnu des réserves de métal qui s’élèvent à plus de 5 millions de tonnes. Les usines sont situées entre la Lufira et la Lualaba à Likasi, Luishia, La Panda et près d’Elisabeth-ville à Ruashi et Lubumbashi. On travaille généralement à ciel ouvert, sur d’immenses gradins que le minerai teinte en vert. L’Union minière
- Fig. 15. — Manutention de lingots de cuivre dans une usine de VUnion minière du Haut Katanga.
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- possède un puissant outillage, en particulier des pelles à vapeur qui enlèvent 2 m3 d’un seul coup et peuvent produire jusqu’à 600 et 800 tonnes par jour. Pour actionner une de ces machines, 20 travailleurs suffisent, alors qu’il faudrait 200 hommes pour faire le même travail à la main. 11 y a quelques années, le cuivre s’exportait sous forme de minerai, mais on a équipé le Katanga afin de transformer sur place la malachite et d’expédier le métal en lingots. Les minerais riches sont traités directement aux foürs water-jacket de la Lubumbashi, les autres sont soumis au préalable à un enrichissement mécanique. Enfin, ceux dont la teneur en cuivre est très faible subissent un traitement électro-chimique dans une usine qu’on vient d’achever à la Panda ('). La production de métal brut n’était que de 1000 tonnes en 1911, elle dépasse aujourd’hui 120 000 tonnes, plaçant le Congo au 3e rang dans le monde, après les Etats-Unis et le Chili. L’Union minière anime d’une vie intense une région jusque-là peu connue. De nombreuses villes naissent autour des mines et des fours qui occupent plus de 18 000 travailleurs. Pour mettre au point un pareil organisme industriel, la compagnie a construit des routes, des chemins de fer, édifie des villages entiers avec restaurants, clubs et cinémas. Les progrès rapides ne font qu’exciter les initiatives et déjà la Société belge industrielle et minière du Katanga (Simkat) se propose d’exploiter de riches gisements à l’ouest du lac Moero.
- Il faut associer au Cuivre roi, le cobalt que l’on extrait du même minerai et dont les emplois sont nombreux dans la céramique et la fabrication des aciers spéciaux. Les matières utilisées comme fondants par l’industrie cuprifère sont le calcaire qui permet aussi d’obtenir de la chaux et des ciments, et le fer qui abonde entre Elisabethville et la Rhodésie (100000 tonnes en 1928). Les charbonnages sud-africains de Wankee fournissent le coke nécessaire, mais plusieurs gisements de houille sont maintenant exploités au Katanga. Les réserves dépassent 1 milliard de tonnes et en 1927 on a extrait 80 000 tonnes de charbon.
- L’étain n’a pas encore donné lieu à une industrie aussi brillante. On le rencontre sous la forme de cassitêrite du 7e au 11e parallèle Sud, dans les éludions, produits de désagrégation des filons et des roches encaissantes. Les dépôts stannifères se présentent en bancs dont l’épaisseur varie de 0 m 5 à 7 m. Ils donnent 1 à 7 kg de cassitéride à la tonne. Aussi s’agit-il tout d’abord de séparer le minerai des matières inutiles grâce aux sluices, chenaux parcourus par un courant d’eau. Dans certaines mines, on pratique l’abatage mécanique de la roche au Monitor qui utilise l’eau sous pression. Les expéditions de cassitêrite vers Hoboken (Belgique) ne représentent encore que 1100 à 1200 tonnes de métal, alors que la production mondiale s’élève à 150 000 tonnes environ.
- Si le S.-E. de la colonie apparaît comme un énorme bloc métallique, les autres régions ne sont pas dépourvues de richesses minières. Dans les graviers des cours d’eau et sur les terrasses d’alluvions du Kasaï et de la province orientale, le diamant se rencontre en abondance. La prospection reste délicate, mais le Congo a conquis le second rang
- 1. Elle possède 10 bacs à acide sulfurique et un hall d’électrolyse comprenant 160 cuves garnies chacune de 150 cathodes.
- Fig. 16. — Exploilation de l’étain.
- parmi les producteurs. Il vient après l’Union Sud-Africaine avec 1 400 000 carats en 1928 contre 1 million en 1927. L’une des compagnies, la Forminière, occupe 23 000 indigènes et centralise 1/4 du chiffre global. Les diamants, généralement petits, sont envoyés à Anvers où l’industrie de la taille s’est établie.
- L’or fait la richesse et peut-être le bonheur du Haut-Uele et des abords du lac Albert. On le trouve dans les alluvions et sous forme de filons encore peu exploités. De 3000 kg en 1912, l’exportation est passée à 4100 en 1926, à 5378 en 1929. La Société des Mines d'or de Kilo-Moto possède un matériel perfectionné comprenant des dragues électriques et des moulins chiliens pour le broyage des quartz aurifères. Par son effectif de 21 000 indigènes, par
- Fig. 17. — Production du cuivre au Congo Belge.
- 140000
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- 1311 12 13 14 15 16 17 18 13 20 21 22 23 24 25 26 2728 23 Années
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- son souci du bien-être de ses travailleurs, par la mise en valeur agricole de ses concessions, elle peut être rapprochée des grandes sociétés de colonisation du Congo. Quant au radium, la Belgique en contrôle le marché grâce aux mines du Katanga et à ses usines d’Olen, près d’Anvers où on envoie la matière brute extraite par les soins de l’Union Minière. Le minerai contient une partie utile pour 10 à 20 millions de parties inertes et la production de radium oscille de 25 à 50 grammes par an.
- V. - L’ESSOR COMMERCIAL
- Les chiffres du commerce soulignent le rapide développement du bassin congolais. Les exportations, infimes jusque vers 1896, ont fait un bond dans les premières années du xxe siècle, puis ont marqué un temps d’arrêt : 55 millions de francs en 1913. Depuis dix ans, la progression a repris de plus belle et leur total s’élève à 1 227 millions. Les importations n’ont grandi que depuis la guerre. Outillage, matériel, combustible sont introduits depuis
- Fig. 18. — Dressage d’éléphants à la station de Buta ( U été).
- quelques années en grandes quantités, et les arrivages ont atteint, en 1928, 1624 millions. Les oscillations du franc belge modifient sensiblement l’élan de la courbe du commerce en valeur, mais si l’on examine le poids des marchandises, donnée stable entre toutes, on fait les mêmes remarques. De 24 000 tonnes à l’exportation en 1913 on passe à 300 000 en 1929, tandis que les importations s’élèvent de 170 000 à 814 000 tonnes, dont 46 000 tonnes de charbons rhodésiens. Au total, le commerce spécial a presque quadruplé en moins de dix ans : 281 000 tonnes en 1920; 835 000 tonnes en 1926; 945 000 tonnes en 1928.
- La répartition du trafic suivant les pays fait ressortir la place prépondérante qu’occupe la Belgique : en valeur, 50,8 pour 100 des arrivages, 47,9 pour 100 des expéditions, soit près d’un milliard et demi de francs. Remarquons que c’est Anvers qui bénéficie à peu près exclusivement de ce mouvement commercial : on se rend compte du rapport étroit qui existe entre les progrès du grand port
- belge et ceux du Congo. Pour importante qu’elle demeure, la part de la métropole suscite quelque inquiétude. On craint un fléchissement. Il n’y a rien là d’éton-nant. Au fur et à mesure que la mise en valeur progresse dans une colonie, ses relations avec les états voisins s’organisent, son horizon commercial s’élargit. Le pays colonisateur voit se créer en dehors de lui de nouveaux courants d’échange. N’est-ce pas ce qui s’est passé, dans une certaine mesure, pour l’Indochine?
- Parmi les autres fournisseurs, la France ne vient qu’au 5e rang avec 77 millions, devancée par les Etats-Unis. Elle expédie surtout des vins et des liqueurs, des automobiles et de la quincaillerie. Dans la liste des clients, nous occupons une place infime, avec moins de 3 millions de francs ! Ces constatations ne vont pas sans mélancolie.
- "VI. - LES PROBLÈMES ACTUELS
- Les résultats obtenus ont justifié l’espoir que Léopold II avait mis dans le Congo, mais divers problèmes se posent, qu’il faut résoudre sans retard si l’on veut que l’élan économique ne se ralentisse pas.
- Parmi ces difficultés, les plus importantes sont la rareté de la main-d’œuvre et la question des communications.
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- Pour une superficie de 2350000 km5, on ne compte guère que 10 millions d’habitants soit un peu plus de 4 au km2. Si l’on met à part les districts où l’industrie a fait sensiblement augmenter la densité, on s’aperçoit que d’immenses contrées restent à peu près vides d’occupants. Le climat, d’autre part, ne permet pas un peuplement intense de blancs : on en trouve actuellement 25000 dont 17600 Belges, groupés surtout dans les centres urbains. Non seulement la population est faible, mais son rendement est médiocre. A côté des Batetele vigoureux, des habiles forgerons Mongo, on rencontre des Pygmées chasseurs dont on ne peut attendre ni impôt, ni travail régulier. Les occupations agricoles sont dévolues en général aux femmes et aux domestiques; le nègre se réserve les palabres, la chasse, toutes choses qui ne concourent guère à la mise en valeur. Des* maladies terribles déciment les villages, en particulier la maladie du sommeil. Les famines, les pratiques fétichistes combattues pourtant par les Missions, l'hébétement que procure le chanvre fumé encore par certaines tribus, contribuent à diminuer l’effort possible.
- Le remède essentiel consiste à assurer une meilleure existence aux noirs. Avant de les faire travailler, il faut lés nourrir. Dans une population sous-alimentée, la mortalité est énorme, on peut au contraire la faire diminuer par une nourriture plus saine et plus abondante. Le gouvernement belge s’efforce de répandre les cultures vivrières. Il a construit des minoteries qui livrent des farines de manioc et de maïs. L’habitude de manger de la viande de bétail se développe et succède aux anciennes pratiques de l’anthropophagie. Grâce à la station agricole
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- du lac Kivu, on distribue des plants de quinquina afin que l’indigène consomme de la quinine. On a organisé la lutte contre la maladie du sommeil. Compagnies, Missions, Gouvernement ont des hôpitaux et des postes de secours. Au 1er janvier 1928, on comptait 250 médecins et plus de 800 auxiliaires et infirmiers. Le développement de l’instruction facilite la modernisation des pratiques agricoles et répand les soins d’hygiène. On évalue à 150 000 le nombre des nègres qui fréquentent les écoles officielles ou privées.
- Afin de réduire au minimum les besoins de main-d’œuvre, on a vu que les sociétés coloniales emploient de plus en plus des machines. L’usage de l’automobile a fait sensiblement diminuer le portage à dos d’homme. Pour les cultures, on utilise, lorsque c’est possible, des véhicules au gaz pauvre. Enfin, on a réussi, dans le Nord-Est, à domestiquer l’éléphant d’Afrique. Api, dans l’Uele, possède une station modèle de 64 éléphants qui servent au transport du coton, à l’abatage des arbres et même au labourage. La réussite est si complète qu’une autre station d?élevage est en formation au Gangara.
- Ces moyens de combattre l’insuffisance de la population ne donneront des résultats qu’à longue échéance. Il en est de même chaque fois qu’on ne peut remédier au mal par une immigration massive : l’exemple de notre Soudan et de notre A.E.F. le prouve plus nettement encore. Une mise en valeur rationnelle demande des travailleurs nombreux et vigoureux. L’exportation n’est pas le seul élément de prospérité d’un pays; elle-même est fonction de la richesse des habitants. Le gouvernement belge l’a compris et cherche à maintenir un certain équilibre entre les cultures indigènes et européennes d’une part, entre la vie agricole et industrielle d’autre part.
- Un immense pays qui ne possède que quelques kilomètres de côtes; un fleuve magnifique, mais coupé de chutes; un climat et une végétation qui entravent la circulation : autant de conditions défavorables aux communications. Qu’elle paraît loin, cependant, l’époque où Stanley et ses compagnons créaient, au prix de quels efforts, la route des caravanes évitant les chutes de Livingstone ! A présent, steamers, chemins de fer, automobiles et avions sillonnent la colonie et Léopoldville est à moins de 3 jours du Katanga !
- , Le Congo reste l’artère maîtresse du bassin. Avec ses affluents, c’est une voie navigable de 12 000 km, interrompue par trois chutes. Des voies ferrées contournent ces obstacles de Kindu à Kongolo, de Stanleyville à Ponthierville, de Léopoldville à Matadi. Ce dernier tronçon, le plus ancien de la colonie, suffit à peine au trafic. On est en train de refaire la ligne par un itinéraire plus court et qui permettra de plus grandes vitesses. On projette même de doubler le chemin de fer par un canal comportant 7 barrages et des écluses, mais sa réalisation exigera plusieurs milliards. Sur le Congo, l’Oubangui, le Kasaï, et les Grands Lacs circulent des vapeurs jaugeant jusqu’à 500 tonnes et assurant un service régulier entre les principaux ports fluviaux.
- 2900 2800 2700 2600 2500 2400 2300 2200 2100 2000 1900 1800 1700 1600 1500 8 1400 g 1300 1200 1100 1000 900 800 700 600 231 2mîl ior
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- Fig. 19. •— Commerce du Congo belge (en millions de francs belges), total des importations et exportations.
- Fig. 20. — Principaux c’ienls et fournisseurs du Congo belge en 1928.
- I. Importation
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- H. Exportât»
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- Pendant longtemps, cette voie royale a été la seule communication entre les diverses régions congolaises. Depuis 20 ans, on a multiplié les routes et tel district du Kasaï soutiendrait honorablement la comparaison avec certains pays européens. Les chemins de portage se développent sur 8400 km et on a construit près de 6000 km de routes pour automobiles. Un Français habitué aux grandes voies centralisées de son pays aurait quelque peine à se reconnaître dans ces tronçons innombrables qu’on dirait construits au hasard. Comme les premiers chemins de fer, ils réunissent souvent deux biefs de navigation. Les routes importantes sont surtout nombreuses dans les districts industriels qui ne possèdent par de cours d’eau navigables.
- Dans la province orientale, elles font la jonction avec le Tanganyika et le Soudan Egyptien. Dans le Katanga, elles rayonnent autour des centres miniers et vers la frontière portugaise. La navigation aérienne a permis de réduire au minimum l’isolement des parties éloignées de la mer : des services réguliers unissent, par avions trimoteurs, Borna à Léopoldville en 2 heures et demie et la capitale aux principaux centres.
- Pour les communications avec l’extérieur, les ports du Bas-Congo sont encore l’organe commercial essentiel. Trois villes s’échelonnent sur l’estuaire. A l’extrémité, Banana, escale maritime dont le mouvement dépasse 1 700000 tonneaux; Borna, sur la rive droite, débouché du Mayumbé et qui atteint 1 550 000 tonneaux, enfin Matadi (800 000 tonneaux), à 150 km de l’embouchure, recueille le trafic du chemin de fer de Léopoldville, et on l’a doublé
- par le port d’Ango-Ango. Beaucoup de marchandises évitent aujourd’hui la voie trop longue du fleuve et s’acheminent parla Rhodésie, le Tanganyika, le Mozambique et l’Angola. Des voies ferrées mènent vers Boulowayo, Beïra et Dar-el-Salam. C’est pour éviter aux produits du Katanga l’immense boucle du Congo qu’un chemin de fer a été construit entre Elisabethville et Port-Francqui. Les express qui circulent sur la nouvelle ligne sont confortables et possèdent wagons-lits et wagons-restaurants. Ces progrès n’empêchent pas la multiplication des voies étrangères, posées comme autant de suçoirs autour du Congo belge. Notre Brazzaville-Océan intéresse la Belgique comme la France. Les Portugais, bien placés dans l’Angola, poussent deux tentacules : l’un de Saint-Paul-de-Loanda au Ivasaï, l’autre de Lobito-Bay en direction du Katanga. Cette dernière voie est achevée pour toute la partie portugaise (1300 km) et lorsque le tronçon belge sera terminé, Benguella deviendra le terminus du plus court itinéraire entre le Katanga et l’Atlantique.
- L’aviation va permettre des relations beaucoup plus rapides entre la métropole et sa colonie. On met au point actuellement un projet de grande envergure pour relier, en une semaine, Anvers à Léopoldville par Oran, Niamey et Bangui. Manifestation moderne des liens étroits qui unissent désormais la Belgique au Congo (').
- Maurice Debesse.
- 1. Les photographies qui illustrent cet article nous ont été obligeamment communiquées par notre confrère l'Expansion Belge, de Bruxelles, que nous remercions ici très vivement.
- = L’AGE ET L’ORIGINE DE L’ALPHABET =
- Il n’est pas exagéré de dire que le monde scientifique suit avec un intérêt passionné les travaux que poursuivent nos archéologues en Syrie : les tablettes qu’ils ont mises à jour dans les ruines de Ras Chamra, près du port de Latakia, promettent d’éclaircir enfin cette double question de haute importance que sont l’âge et l’origine de l’écriture alphabétique.
- Le chef de la mission française qui conduit ces travaux, M. Schœfîer, soupçonna, dès le premier moment, la grande valeur de la découverte; pour en établir nettement l’authenticité, il invita plusieurs membres du gouvernement syrien à assister aux fouilles qui suivirent la trouvaille de la première tablette, précaution utile après les comédies de Glozel. Deux savants étrangers, présents en Palestine, furent également conviés.
- Un nombre considérable de tablettes fut recueilli. Les plus grandes présentaient„quatre colonnes de texte serré ; d’autres, en leur ensemble, formaient une véritable encyclopédie; d’autres encore composaient un dictionnaire bilingue. Tous ces précieux documents faisaient partie, probablement, de la bibliothèque d’un collège attaché au temple dont les fondations ont été mises à jour par la mission française.
- Après de laborieux efforts M. Virolleaud, ex-directeur du Service archéologique de Syrie, avec la collaboration de M. Thureau-Dangin, a pu déchiffrer ces tablettes. Elles sont écrites en un alphabet qui comprend 28 lettres, dérivant de l’écriture cunéiforme qui comptait plusieurs centaines de signes syllabiques.
- Ces tablettes, de l’avis unanime des savants qui les ont étudiées, datent du xive siècle de l’ère ancienne, alors que les plus vieilles inscriptions en écriture phénicienne, découvertes jusqu’ici, ne datent que du xe siècle. La priorité de l’invention de l’alphabet, attribuée jusqu’alors aux Phéniciens, reviendrait donc au peuple qui vécut à Ras Chamra.
- Nous ignorons encore quel était ce peuple. Appartenait-il à la race sémitique ? ou constituait-il un rameau de la famille hellénique ?
- L’un des conservateurs du département assyriolo-gique du Britisb Muséum, M. C. J. Gadd, émet l’espoir que l’étude approfondie, des tablettes de Ras Chamra permettra de déchiffrer enfin les sceaux et tablettes de l’île de Crète, qui ont bravé jusqu’ici la science des archéologues.
- Victor Forbin.
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- LES VIEUX SAVANTS QUAND ILS ÉTAIENT JEUNES1’
- IX. L’“ ESPRIT SCIENTIFIQUE ” DANS TOUTE UNE FAMILLE (Suite)
- Après avoir étudié, chronologiquement, les Bernouilli, les Cassini et les de Jussieu, nous en arrivons à la belle famille des Carnot, dont le tableau ci-dessous fixe la généalogie, quant à ses traits essentiels (les Carnot plus spécialement scientifiques sont indiqués en italiques (*) ) :
- Claude Carnot
- Joseph-François Lazare Carnot Claude-Marie
- Carnot /\ Carnot
- N icolas-Léonard-Sadi liippolyte
- Carnot Carnot
- Sadi Carnot Adolphe Carnot.
- Le plus ancien (3) de ce tableau généalogique est Claude Carnot (1752-1835), qui fut avocat au Parlement, juge et bailli de Nolay et notaire de ce petit bourg de la Côte-d’Or.
- C’était le 20e homme de robe de la famille depuis le xvie siècle, ce qui représente une certaine valeur intellectuelle et, en tout cas, une grande droiture, qualité éminemment héréditaire qui se transmet dans de nombreuses générations, par la dignité de la vie et par l’a honnêteté » avec laquelle on fait tout ce que l’on entreprend. Quels que soient les mérites présumés de l’ancêtre Claude Carnot, on ne peut supposer qu’il ait eu, plus qu’un autre, des goûts scientifiques, à moins de considérer comme tels les opérations qu’il devait faire pour calculer les revenus de ses clients, ce qui, à la rigueur, peut rentrer dans les mathématiques... Une autre constatation à faire est qu’à cette époque, on était plus prolifique que de nos jours, car ledit Claude Carnot n’eut pas moins de 19 enfants, dont 14 garçons, lesquels étaient sans doute de santé assez faible, — à moins, ce qui est peu probable, qu’ils n’aient été mal soignés—, car, de ces 18 rejetons, 10 seulement survécurent au premier âge.
- Les trois héritiers mâles du nom furent : Joseph-François Carnot (1752-1835), qui devint conseiller à la Cour de Cassation et publia plusieurs ouvrages de droit; Claude-Marie Carnot (1755-183G), dit Feulint ou Carnot-Feulins, général et homme politique, qui se signala comme orateur remarquable ; Lazare Carnot (1735-1823), auquel on a donné le beau nom d'Organisateur de la victoire et qui, malgré ses fonctions militaires et diplomatiques, trouva le temps de philosopher sur les problèmes scientifiques, ce qui l’amena à écrire un admirable Essai sur les machines et une non moins extraordinaire Métaphysique du calcul infinitésimal ; il serait difficile de trouver un plus bel exemple de vocation scientifique apparaissant brusquement — tel un baril de poudre qui éclate lors-
- 1. Voir La Nature depuis le N° 2808.
- 2. Pour plus de détails, voir : Léon Mac-Auliffe, L’hérédité, la personnalité et la famille. (Bulletin de la Société d’études des formes humaines, 1929, n09 1, 2, p. 1.)
- 3. Je suis bien forcé, faute de documents, de négliger les dix mille générations qui Font précédé, comme il en est, paraît-il, de même pour n’importe qui d’entre nous d’après les dernières estimations scientifiques (la Terre étant estimée avoir 300 000 ans d’existence)...
- qu’on jette sur lui un tison enflammé ou l’eau d’un lac qui ondule sous le choc d’une feuille tombant à sa surface—, dans une lignée qui, par ailleurs, ne semblait pas devoir en constituer le terrain, tout au moins sous une forme aussi spéciale.
- Lazare Carnot, sur la jeunesse duquel nous reviendrons dans un prochain chapitre, eut trois enfants, dont l’un mourut à l’âge de 2 ans, le deuxième fut N icolas-Léonard-Sadi Carnot (1796-1832), ou, plus simplement, Sadi Carnot, qui, malgré la brièveté de sa vie — il mourut du choléra à l’âge de 36 ans — fut un des plus grands savants français et, même, du monde entier, car on lui doit la fondation de la Thermodynamique ; c’est lui l’auteur du Principe de Carnot qui porte son nom et qui est aujourd’hui classique. Il avait d’abord été capitaine, puis s’était consacré à la science, ce qui l’amena à écrire ses immortelles Réflexions sur la puissance motrice du feu, qui, malgré leur valeur de premier ordre, demeurèrent longtemps méconnues. Il est difficile de ne pas admettre que cet esprit scientifique tenait héréditairement de son père. Mais, peut-être, que si Lazare Carnot n’avait pas écrit son Essai sur les machines, Sadi Carnot n’aurait pas eu l’idée de faire ses Réflexions sur la puissance du feu{').
- Le troisième fils de Lazare Carnot, liippolyte Carnot (1801-1888), par contre, n’eut rien d’un savant et embrassa la carrière politique; il fut, successivement député de Paris, Ministre de l’Instruction publique, sénateur et membre de l’Académie des Sciences morales et politiques.
- Ce dernier eut deux fils, qui entrèrent tous deux à Polytechnique et étaient admirablement doués pour les mathématiques. L’aîné, Sadi Carnot (1837-1894), devint Président de la République, après avoir été député de la Côte-d’Or, Ministre des Finances, puis des Travaux publics (2). Le plus jeune, Marie-Adolphe Carnot (1839-1920), fut Ingénieur des Mines, puis Directeur de l’Ecole des Mines; c’est dans sa descendance que se placent notre compatriote, le D1 Paul Carnot, professeur à l’Ecole de médecine de Paris, dont je m’honore d’avoir été le camarade à la Sorbonne, où il passa son doctorat ès sciences, ainsi que M. Jean Carnot, Ingénieur civil des Mines.
- *
- * *
- Comme l’a dit Cuvier (3), le botaniste Cluude-Louis Richard (1754-1821) qui fut de l’Ac'adémie des Sciences, offre « l’exemple
- 1. L’Académie des Sciences a publié, récemment, sur les travaux de Sadi Carnot, une très intéressante brochure, préfacée par M. Emile Picard, lequel démontre que Sadi Carnot ne fut pas seulement l’inventeur du « principe de Carnot », mais aussi celui de l’équivalence de la chaleur et du travail, second principe capital de la Thermodynamique .
- Sadi Carnot, si scientifique qu’il fût, ne dédaignait pas de philosopher et la brochure que nous venons de signaler Cite quelques-uns de ses aphorismes, parfois malicieux, par exemple les suivants, dont le premier en particulier, me ravit, tant il répond à mes sentiments :
- « Le temps qu’on passe à rire est le mieux employé. »
- « Parler peu de ce qu’on sait et point du tout de ce qu’on ne sait pas. »
- « Pourquoi ne pas dire plus souvent : « Je ne sais pas ».
- « Quand une discussion dégénère en dispute, prenez le parti du silence : ce n’est pas vous avouer battu. »
- « Combien-la modestie ajoute au mérite ! Un homme de talent, qui cache son savoir, semble une branche inclinée sous le poids de ses fruits. »
- « Plus un objet approche de la perfection et plus on s’aperçoit de ses légers défauts. »
- 2. Le Président Sadi Carnot eut une fille, Mme Cunisset-Carnot et trois fils qui devinrent, l’un colonel, l’autre Ingénieur civil des Mines et le troisième Ingénieur des Arts et Manufactures.
- 3. Mémoires de iAcadémie royale des sciences de l’Institut de France, tome VIL Paris, 1827.
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- d’un accord bien rare entre les inclinations et la naissance. »
- « La position de ses parents et son génie ( ), ajoute Cuvier, ont semblé également le destiner à devenir un grand botaniste; et aucun obstacle n’a pu s’opposer à ce qu’il répondît à cette double impulsion. Depuis plus d’un siècle sa famille était en quelque sorte vouée axi service de l’histoire naturelle. Le nom de son bisaïeul, chargé du soin de la ménagerie de Versailles sous Louis XIV, avait acquis une certaine célébrité par les plaisanteries burlesques du comte de Grammont, celle à'An-toine- Richard, son grand-père, fut d’un meilleur genre. C’était lui qui dirigeait, sous les ordres de Bernard de Jussieu, ce beau jardin de botanique de Trianon où Louis XV venait chaque jour oublier un instant et les pompes de la cour et les soucis de son gouvernement. Les chefs des colonies, les navigateurs, se faisaient un devoir d’olïrir en tribut au monarque les végétaux les plus rares des pays lointains, et le prince, à son tour, s’en faisait un de distribuer ces richesses aux plus fameux botanistes. C’est ainsi que le jardinier Richard correspondait avec les Linnæus, les Haller, les Jacquin, et tout ce que la science possédait alors d’homme de génie et de talent. Ses fils étaient aussi employés à ce commerce scientifique. Le plus jeune, nommé Antoine Richard comme son père, fut un des voyageurs que Louis XV chargea d’enrichir sa collection de plantes vivantes. Il visita l’Auvergne et l’île de Minorque, et y fit de riches récoltes. Son aîné, Claude Richard, père de notre académicien, fut placé à la tête d’un jardin que le Roi avait acquis à Auteuil, et qui était une sorte de succursale de celui de Trianon. C’est dans ce jardin que naquit Claude-Louis Richard. Il naquit donc au milieu des plantes; il apprit aies connaître plus tôt que les lettres de l’alphabet, et il dessinait déjà des fleurs ou des plans du jardin avant d’écrire correctement. Aussi peut-on dire de lui sans figure (?) qu’il avait sucé la botanique avec le lait; il ne se souvenait pas d’un moment de sa vie où il n’eût déjà été une sorte de botaniste; et si jamais il fit d’autres études, ce fut toujours à la botanique qu’il les rapporta. C’était pour elle qu’il se perfectionnait dans le dessin, et presque pour elle seule qu’il se donnait la peine de suivre ses classes et d’apprendre le latin et le grec. Cependant ses progrès n’étaient guère moindres que ceux d’enfants qui auraient appris ces choses pour elles-mêmes. A douze ans, il savait les Géorgiques par cœur; la finesse et la pureté de ses dessins avaient quelque chose d’étonnant.
- » M ais ces talents précoces, qui auraient dû lui attacher ses parents et lui procurer une jeunesse heureuse, furent précisément les causes des premières contrariétés qu’il éprouva et qui, peut-être, en altérant son humeur (3) et sa santé, préparèrent celles du reste de sa vie. L’archevêque de Paris, M. de Beaumont, visitait quelquefois le jardin d’Auteuil, et il en aimait le directeur. L’intelligence et l’instruction de cet enfant lui inspirèrent de l’intérêt et il lui promit de l’avancer si on le vouait à l’église. C’était lui ouvrir la seule carrière où le talent sans naissance et sans fortune pût alors se promettre d’arriver aux honneurs et à l’aisance; et c’était la lui ouvrir sous les auspices les plus favorables. Il n’était rien qu’il ne pût espérer des bontés du prélat secondées par la protection
- 1. « Génie » est, peut-être, exagéré, car, en réalité, Richard fut un botaniste assez ordinaire.
- 2. Il me semble, pourtant, que Cuvier parle « au figuré » !
- 3. Il est à noter que la plupart des anciens botanistes se sont fait remarquer par un caractère assez hargneux, ce qui. pourtant, ne s’accorde guère avec la douceur des fleurs... Et je pourrais en citer bon nombre, tout aussi « mauvais coucheurs » dans les temps récents. Je me souviens même de l’un d’eux qui avait juré de me faire un mauvais parti parce que j’avais cueilli une plante sauvage sur laquelle il avait jeté son dévolu. Je n’eus que le temps de me soustraire à son piochon vengeur, par une retraite rapide que j’opérai avec la vélocité d’un être jeune et naïf qui croit encore à l’intérêt que présente la vie...
- que le Roi accordait à sa famille; et M. Richard le père, qui avait encore neuf autres enfants, et qui n’était pas riche, même pour un jardinier, ne pouvait manquer de saisir avec ardeur de pareilles espérances : mais son fils en avait décidé autrement. Rien ne put fléchir l’invincible résolution de cet enfant. Sans hésiter et sans varier il déclara qu’il serait botaniste; qu’il serait jardinier s’il le fallait, et rien de plus. Ni les prières, ni les menaces, n’eurent d’effet sur lui; et le mécontentement de son père en vint au point qu’il le mit hors de sa maison, ne lui accordant que dix francs par mois pour ses aliments. Le jeune Richard n’avait pas alors tout à l'ait, quatorze ans;- et combien d’enl'ants de cet âge une pareille disgrâce n’eût-elle pas conduits aux désordres les plus avilissants, ou, peut-être, à une mort misérable ! Pour lui, il montra le courage et la prudence d’un homme fait. Il se rendit tranquillement à Paris dans le quartier latin, y loua un coin de grenier; parcourut la ville pour trouver un architecte qui lui donnât des plans de jardin à copier; consacra à ce travail une partie de ses nuits; et après avoir ainsi assuré sa subsistance, il employa les jours à suivre avec régularité les leçons du Collège de France et du Jardin du Roi. Mais il ne se borna pas à ces premières précautions. La beauté de ses dessins, la fidélité qu’il mettait à les exécuter au temps voulu, lui procurèrent beaucoup d’ouvrage. Petit à petit on le chargea de diriger par lui-même l’exécution des plans qu’il avait tracés; et, en même temps qu’il faisait ainsi des produits considérables, il mit tant d’ordre et d’économie dans sa manière de vivre, qu’au bout de quelques années, ne demandant plus même à son père, le misérable subside qui lui avait été promis, non seulement il s’était soutenu avec décence (il avait accumulé plus de 80.000 livres), mais ses épargnes avaient le même but que ses études; elles se rapportaient toujours à la botanique. Ainsi que la plupart des hommes épris de l’amour de la nature, il voulut agrandir la sphère de ses observations, et alla chercher des plantes nouvelles dans les pays lointains. C’était pour atteindre ce but, sans être à charge à personne, qu’à 15 et 18 ans, et au milieu de Paris, il menait la vie d’un anachorète, et ne se donnait d’autre délassement que de changer de travail. Il ne manquait surtout à aucune des leçons et des herborisations de Bernard de Jussieu, de cet homme le plus modeste et peut-être le plus profond des botanistes du xvme siècle; qui, sans avoir presque rien publié, n’en est pas moins le génie inspirateur des botanistes modernes. Bernard de Jussieu n’était pas seulement un grand homme, il était encore un homme bienveillant, adoré de ses élèves, parce que lui-même les aimait, et s’occupait de leur sort, non moins que de leur instruction. Un jeune homme aussi passionné pour la science que M. Richard, et qui mettait tant d’esprit dans sa passion, ne pouvait échapper à son attention. Il l’admit dans son intimité, l’initia dans ses vues, et dirigea même les premières recherches qu’il se hasarda de faire sur les nombreuses familles du règne végétal dont l’organisation n’était pas encore entièrement.connue. »
- Une occasion se présenta à Richard pour réaliser le projet qu’il nourrissait depuis son enfance d’aller faire de la botanique dans les pays lointains. Neclcer et de Castries, désirant envoyer dans nos colonies d’Amérique un homme capable d’y propager les plantes des Indes que Poivre et Sonnerat s’étaient procurées, choisirent Richard, présenté par l’Académie et par Louis XIY. Il partit alors pour Cayenne, n’hésitant pas à faire, sur son petit capital, toutes les avances du voyage. Bel exemple de dévouement à la science et de désintéressement ;
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- Etienne Geoffroy Saint-Hilaire (1772-1844), une des illus-
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- trations de la zoologie française et particulièrement célèbre par les discussions auxquelles donnèrent lieu ses idées sur la philosophie des sciences naturelles (son débat avec Cuvier est bien connu), appartenait à une famille ayant évidemment l’esprit scientifique puisque deux de ses représentants s’étaient déjà fait un nom, l’un en botanique et l’autre en chimie et avaient, tous deux, compté au nombre des membres de l’Académie des sciences. Ces deux ancêtres étaient Etienne-François Geoffroy, professeur de chimie au Jardin des Plantes et professeur de médecine au Collège de France, et Claude-Joseph Geoffroy, frère du précédent, qui s’occupa surtout de chimie pharmaceutique et de botanique, science où il se fit remarquer par un mémoire sur la structure et les principales parties des fleurs. Etienne-François n’eut qu’un fils, Etienne-Louis Geoffroy, qui fut médecin et naturaliste et eut, lui-même, un fils, Claude-René Geoffroy, qui fit plusieurs voyages scientifiques.
- C’est de la famille de ce dernier qu’est issu Etienne Geoffroy Saint-Hilaire, le plus illustre des Geoffroy, qui naquit à Etampes. Le futur savant avait une grand’mère qui était très fière de sa lignée scientifique et qui, bien qu’il fût délicat et très étourdi, sut lui communiquer le désir de devenir célèbre. «C’est ainsi, a écrit Flourens (*), qu’Etienne Geoffroy Saint-Hilaire rêvait à sa future illustration lorsque son père lui déclara que, ayant obtenu pour lui une bourse au collège de Navarre, il allait l’y placer. Le pauvre enfant trouva alors que le chemin de la gloire était encombré de thèmes et de versions qui l’ennuyaient très fort. Il fut un écolier assez peu appliqué et ne montra de goût que pour la physique. A sa sortie du collège, pour le décider à entrer dans la carrière ecclésiastique, on lui offrit de grands avantages. Il refusa très résolument. Son père, qui était avocat, lui demanda d’apprendre la jurisprudence. 11 tenta, mais le dégoût vint bientôt. Du droit il passa à la médecine. L’essai ne fut pas plus heureux. Il fallait à ce jeune homme ardent une carrière plus libre, plus éloignée des sentiers battus, où l’esprit aventureux qui le dominait déjà, pût trouver à se satisfaire.
- » Poussé vers les sciences par une impulsion secrète (1 2 3 4), Geoffroy voulut suivre les cours de haut enseignement, et vint prendre place parmi les pensionnaires libre du collège du cardinal Lemoine. Les professeurs de cet établissement appartenaient à l’Eglise. C’est là que le bon et judicieux Lhomond avait consacré sa vie à l’établissement de l’enfance; c’est là qu’il écrivit ces ouvrages, si supérieurs par leur simplicité même, et qui sont restés des modèles. Après l’enfance, Lhomond n’aimait rien tant que les plantes. Haüy ( ’), régent de seconde dans le même collège, avait pour cet homme rare une vénération filiale. Il avait appris la botanique pour lui plaire, puis avait été entraîné à la minéralogie. Il venait de faire, dans cette science, une découverte qui en changeait la face. Déjà la renommée écrivait son nom parmi ceux des plus beaux génies. A tout cet éclat, Haüy préférait sa modeste cellule et la douceur de ses conversations avec Lhomond. Un jeune élève suivait de loin leurs paisibles promenades. La pensée de se rapprocher de deux hommes célèbres le ravissait. Le hasard lui en offre enfin l’occasion; il les aborde et laisse s’épancher une admiration si naïve, qu’Haüy et Lhomond, touchés de ce candide hommage, l’admettent désormais dans leurs entretiens. Sous l’inspiration d’Haüy, Geoffroy ne tarda pas à se passionner pour la minéralogie. Daubenton (*) faisait, alors, au Collège de France, un cours sur cette science. Il avait l’habitude, après chaque leçon, d’interroger ses élèves. Un jour il
- 1. Eloges historiques, première série. Paris MDCCCLVI.
- 2. Evidemment héréditaire.
- 3. Le futur et célèbre minéralogiste.
- 4. Qui, plus tard, devait s’occuper, d’abord, de zoologie, puis, surtout, d’agriculture.
- Z—................ .... — 323 =±=
- questionna Geoffroy sur la cristallographie. Etonné de sa réponse, il lui dit avec bonhomie : « Jeune homme, vous en savez plus que moi. » — « Je ne suis que l’écho de M. Haüy », répondit Geoffroy. Ce mot si simple, mais où se peignait si bien la reconnaissance, valut à notre jeune élève l’intérêt de Daubenton.
- » Une circonstance nouvelle fit bientôt succéder à cet intérêt une vive affection. On était en 1792; Geoffroy avait 20 ans; il commençait sa vie sérieuse au milieu de tristes déchirements de notre patrie. Il devait tout ce qu’il avait acquis d’instruction à l’enseignement des prêtres. A cette époque déplorable, il suffisait de porter ce titre pour être désigné aux persécutions. Ses anciens maîtres du collège de Navarre sont arrêtés et enfermés dans l’église de Saint-Firmin, transformée en prison. Geoffroy parvient à s’introduire auprès d’eux. Il les supplie d’accepter un moyen d’évasion qu’il leur a préparé. Ceux-ci, par un sentiment généreux de solidarité envers leurs compagnons d’infortune, refusent. Il réussit pourtant à sauver plus tard quelques-uns de ces malheureux. Mais ce qui, dans ces jours funestes, le frappa le plus douloureusement, ce fut l’incarcération d’Haüy. A cette nouvelle, il court chez Daubenton. Tandis que celui-ci s’empresse, il vole chez tous les autres membres de l’Académie des Sciences. Haüy est réclamé au nom de ce Corps, dont il faisait partie. Un ordre d’élargissement est signé à 10 heures du soir. Geoffroy se fait ouvrir les portes de la prison. Il veut entraîner Haüy. Cet homme, d’une pénétration étonnante, avait le cœur le plus simple : « Ces grands hommes, disait celui qui les a le mieux connus, Fontenelle, ces grands hommes sont des enfants. » Au milieu de tant de périls qui le menaçaient, Haüy était surtout préoccupé du désordre jeté dans ses collections par la visite domiciliaire qui avait précédé son arrestation; il était parvenu à se faire apporter ses chers minéraux; il les remettait en ordre, dans cet ordre savant qui fut longtemps de lui seul connu, et déclara qu’il ne consentirait, à aucun prix, à ce qu’ils fussent transportés à cette heure. Il annonça, d’ailleurs, l’intention d’entendre, le lendemain, la messe avant son départ. Le lendemain, la messe ayant été entendue, Haüy alla tranquillement retrouver sa petite cellule et le bon Lhomond qui, lui aussi, avait été délivré par un ancien élève. Mais les cellules voisines ne devaient plus revoir leurs habitants : on était à la veille des horribles journées de septembre.
- » Epuisé par des secousses si violentes, Geoffroy se retira dans sa famille. Il y tomba malade. Pendant son absence, les amis qu’il avait laissés à Paris, quoique tout meurtris encore de la tempête, se consolaient en s’occupant de lui. Haüy lui écrivait : « Dès votre lettre reçue, j’en ai fait part à M. Lhomond. Nous n’avions jamais été si gais depuis que vous n’êtes plus avec nous. » Ce même Haüy disait à Daubenton : « Aimez, adoptez notre jeune libérateur. » Et Daubenton se le tenait pour bien dit. En effet, à son retour, en 1793, Geoffroy fut accueilli par le bon vieillard avec l’empressement le plus tendre. A cet âge où les espérances personnelles s’éteignent, dans l’amitié vouée à la jeunesse, il entre un peu le besoin de croire que, par la reconnaissance qu’on leur inspire, on pourra se survivre. M. de Lacépède ayant laissé vacante, au Jardin des Plantes, une place de garde du cabinet de zoologie, Daubenton la demanda et l’obtint pour son jeune ami. »
- Geoffroy, dans son honnêteté scientifique, se jugeait trop jeune et hésitait à accepter. « Je prends sur moi la responsabilité de votre inexpérience, lui dit Daubenton; j’ai sur vous l’autorité d’un père : osez entreprendre d’enseigner la zoologie, et qu’un jour on puisse dire que vous en avez fait une science française. » Geoffroy avait, à peine, 21 ans. « Geoffroy, rapporte Flourens, nous peint très naïvement lui-même l’embarras où il se trouva d’abord. « Tenu de tout créer, j’ai acquis, dit-
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- il, les éléments de l’histoire naturelle, en rangeant et en classant les collections qui étaient confiées à mes soins. » Il ouvrit le 6 mai 1794, le premier cours de zoologie qui ait été fait en France. Il accrut rapidement nos collections. Sa bouillante activité doublait ses succès. La ménagerie demandée par Bernardin de Saint-Pierre n’arrivait pas assez vite, au gré de son impatience. Il en improvisa une. Un matin, on vient lui annoncer qu’il a, à sa porte, un léopard, un ours blanc, plusieurs mandrilles, une panthère, etc. L’exhibition publique de ces animaux venait d’être défendue par la police. Le Muséum n’avait encore, pour sa ménagerie, ni fonds, ni local. Qu’importe? Geoffroy accepte tout, place, tant bien que mal, sous ses fenêtres, ses chers et terribles hôtes, et court faire part de sa bonne fortune à ses confrères, qui, un peu surpris, et presque alarmés, consentent bien vite à pourvoir
- —I LA CONQUÊTE
- On a souvent affirmé que le rossignol ne s’apprivoise pas, et qu’à l’obstination des éleveurs, il oppose la fin de non-recevoir la plus définitive : la mort.
- C’est de là que partirent les divergences d’opinion et de compréhension des différents membres de la famille; les jeunes, qui ne croient que peu à l’expérience et... n’en profitent jamais, opinant pour la mise en cage de quelques rossignols, la plus expérimentée rappelant ce que je viens de dire... sans être écoutée.
- Et la volière vit, successivement ou simultanément, par groupes de cinq ou six, cinquante rossignols ! A leur arrivée, on les logeait isolés, dans de petites cages en prenant grand soin de voiler celles-ci en les alimentant selon les règles les plus étudiées, on les tenait éloignés de tout bruit... en leur disant :
- « Vis, vis ! d’abord parce qu’il fait bon vivre, ensuite parce que les anciens prétendent que tu ne peux vivre en cage. » Soins et exhortations aboutirent quarante-huit fois au même résultat : la mort du chanteur des bois qui en était l’objet. Tapi immobile dans un angle de la cage, il se nourrissait à peine, se baignait rarement, ne chantait jamais ! Puis, la perle de ses yeux se ternissait et au matin son frêle cadavre gisait sur le sol.
- Et le désespoir de ses jeunes bourreaux était grand car il se doublait de quelque remords et cependant ils ne voulaient pas s’avouer vaincus, ils auraient tant désiré opposer au chant du rossignol du Japon celui des forêts natales si belles, si ruisselantes d’harmonie, quand il s’y fait entendre !
- Et voici que deux rossignols survécurent et s’adaptèrent; ils vécurent deux années dans l’étroit espace où l’esprit d’observation des hommes les avait confinés.
- Le premier était superbe : robe impeccable, admirablement lustrée, admirablement teintée, taille normale, bec robuste, yeux brillants. Mis en cage tout jeune, il commençait à s’exercer timidement à ses premières vocalises et il était émouvant de voir avec quelle lente patience il reprenait le thème ébauché, pour le ciseler, pour le polir, pour le rendre pur et magnifique ainsi que doit être un chant de rossignol.
- Le miracle enchanta la maisonnée : « Le rossignol s’essaie à chanter ! le rossignol chante ! ».
- Il chantait, mais ce n’était que chant de début, doucement murmuré, essai souvent interrompu pour être repris avec plus de sûreté, pour préparer la suprême virtuosité !
- Et le rossignol ne faisait pas que s’exercer au chant, doucement il s’apprivoisait. Son régal, personne ne l’ignore, ce sont les vers de farine. A l’heure où son jeune ami lui apportait sa ration, on pouvait le voir sur le pas de sa porte, — la porte de sa cage — attendant son père nourricier. Cette porte ouverte,
- aux moyens d’enfermer solidement ces formidables richesses.»
- Un peu plus tard, il alla en Egypte, et, durant quatre ans, y accumula d’énormes collections après avoir menacé de les brûler si, comme il en était question, elles passaient aux mains des Anglais.
- Isidore Geoffroy Saint-Hilaire eut un fils, Etienne Geoffroy Saint-Hilaire, qui naquit à Paris le 16 octobre 1805 et s’occupa, lui aussi, de zoologie, science où il ne se fit pas beaucoup remarquer. Etienne passa toute sa vie au Jardin des Plantes, et, contrairement à son père, qui avait une âme de feu, ne se signala que par un tempérament lent, mais, cependant, capable de faire un travail consciencieux. La foi scientifique était passée, tel un diapason qui, au bout d’un certain temps, finit, de lui-même, par ne plus vibrer...
- (A suivre.) Henri Coupin.
- DU ROSSIGNOL ....................................._
- il s’avançait. Ses yeux admirables se fixaient sur la baguette qu’on lui tendait ; il y grimpait et de là, sans bâte allait prendre le ver tenu par une pince, puis retournait à sa cage, baguenaudait sur le seuil de la porte, et enfin rentrait au bercail. Parfois même, il voletait un peu, se posait sur le toit de sa demeure, pour, au bout de quelques instants, retourner « at home »,
- Et pendant que de nouveaux progrès s’affirmaient chaque jour, le second survivant chaque jour s’étiolait davantage, au point de nous faire pressentir sa fin prochaine, dernier hommage aux expériences des anciens. Son trépas prévu ne peinerait pas outre mesure ceux de la jeune école, n’avaient-ils pas pleine satisfaction après une longue et patiente attente de deux ans — en la personne du rossignol apprivoisé, du rossignol artiste, chanteur en formation, du rossignol triomphateur de toutes les routines ?
- Et les amis admiraient, et les savants discutaient, et le rossignol soumis et satisfait continuait sa préparation artistique en courtes et harmonieuses émissions, en trébuchantes roulades, admirable exemple de patientes et laborieuses recherches devant conduire au triomphe ?...
- Les jours passaient; un matin, à l’heure du repas de vers, c’est en vain qu’on ouvrit la portière de la cage, personne ne parut sur le seuil; c’est en vain qu’on siffla les deux notes d’appel, personne n’y répondit, le rossignol n’était plus là !
- Où avait-il passé, les puissances sylvestres émues de l’infraction à la tradition séculaire étaient-elles intervenues ? Tous se perdaient en d’inutiles conjectures : la cage était hermétiquement close, la pièce dans laquelle elle se trouvait était bien fermée, aucun chat ne s’y était introduit; l’oiseau s’était évanoui tel un trop beau rêve qui disparaît au moment précis où l’on pensait enfin le réaliser.
- Restait le moribond. Toute l’attention se fixa alors sur lui.
- Certes, il était loin d’avoir l’éclat du disparu, ni sa robe un peu terne, un peu déplumée, ni sa voix à peine perceptible, ne valaient l’autre robe, l’autre voix, mais c’était un rossignol et l’expérience commencée pouvait se continuer par lui.
- Peu à peu, ô miracle ! il semble reprendre goût à la vie; il aime la main qui le soigne, il l’appelle à son aide pour défendre sa baignoire des autres oiseaux et lui ménager le bain adoré; il commence à franchir le seuil de la volière et à gravir la baguette aux vers. 11 risque même de temps à autre une promenade sur la table familiale. Son développement artistique sera-t-il comparable à celui que nous avions observé ? L’avenir nous l’apprendra, mais dès à présent, nous pouvons dire que la « conquête du rossignol est un fait accompli ».
- Augusta et Maurice Moll-Weiss.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN MAI 1931 (')
- Nous n’avons pas, en mai, une liste de phénomènes aussi riche que celle du mois dernier. A signaler cependant la visibilité de Mercure à la fin du mois, comme étoile du matin; la visibilité encore favorable de Mars; des planètes Vénus, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune; de quelques phénomènes du système des satellites de Jupiter; les étoiles filantes Aquarides-, la visibilité de la lumière cendrée de la Lune; d’un grand nombre de conjonctions et surtout d’une intéressante occultation de l’étoile a du Lion, le 25 mai.
- Il y a là de quoi occuper sérieusement l’activité d’un observateur des curiosités du ciel.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en mai, croît encore rapidement et passe de + 14°52' le 1er à + 21°49' le 31. La durée du jour augmente fortement et, à Paris, varie de 14h28m le 1er à 15 “46® le 31.
- Le tableau ci-dessous donne le temps moyen à midi vrai ou encore l’heure du passage du centre du Soleil au méridien de Paris, de deux en deux jours. Il offre un moyen excellent pour tracer, avec une montre bien réglée, le méridien de Paris, à l’aide de l’ombre d’un fil à plomb.
- Dates Heure du passage Dates Heure du passage
- Mai 1er Uh 47® 47s Mai 17 Uh 46® 53s
- — 3 11 47 32 — 19 11 46 57
- 5 11 47 19 -.. 21 11 47 3
- ..... 7 11 47 9 -- 23 11 47 11
- — 9 11 47 1 — 25 11 47 21
- — 11 11 46 56 — 27 11 47 32
- — 13 11 46 52 —- 29 11 47 46
- — 15 11 46 52 — 31 11 48 2
- Observations physiques. — Voici les données utiles pour orienter les dessins et photographies du Soleil (voir au « Bulletin astronomique» du n° 2852 la signification des lettres P,B0, L0), pour 0h :
- Dates P B0 L0
- Mai 1 — 24o,40 — 4°,16 222°,24
- — 6 — 23°,46 — 3°,65 156o,15
- — 11 — 22°,33 — 3o,ll 90°,04
- — 16 — 210,04 — 2°,55 23o,92
- — 21 — 190,58 — 1®,97 3170,78
- — 26 — 17°,96 — lo,38 2510,63
- — 31 — 16°, 21 — 0°,78 185o,47
- Lumière zodiacale. — L’observation de la lueur zodiacale est fortement contrariée, en mai, par la longueur du crépuscule. On pourra essayer de l’observer le soir, au milieu du mois, du 10 au 19, période pendant laquelle la Lune ne gênera pas.
- La lueur antisolaire, très basse sur notre horizon, ne pourra être recherchée ce mois-ci.
- IL Lune. — Les phases de la Lune pendant le mois de mai seront les suivantes :
- P. L. le 2, à 5 “14® P. Q. le 24, à 19 “39®
- D. Q. le 9, à 12“48® P. L le 31, à 14“33®
- N. L. le 17, à 15 “28®
- 1. Toutes les heures données dans ce «Bulletin astronomique » sont mentionnées en temps universel (T. U.), compté de 0“ à 24“ à partir de 0“ (minuit). L’heure d’été étant maintenant en service, ajouter une heure à toutes les heures indiquées ici pour qu’il y ait concordance entre la production des phénomènes et l’heure calculée.
- Age de la Lune le 1er mai, à 0“ — 13i,0; le 18 mai, à 0“=0i,4. On sait que pour obtenir l’âge de la Lune à une autre date du mois, il suffit d’ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 18.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, en mai : le 5, à 22“ = — 28°32'; le 20, à 10“ = + 28°28'.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre) le 12 mai, à 1 “. Parallaxe = 54 10 '. Distance = 404 820 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 27 mai, à 16 “. Parallaxe = 59'39". Distance = 367 610 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. -— Le 21 mai, occultation de c Gémeaux (gr. 5,5). Immersion à 22 “38®,5.
- Le 25, occultation de a Lion (gr. 4,2). Immersion à 21 “4®.
- La Lune présentera la phase du lendemain du premier quartier et l’étoile disparaîtra derrière le limbe encore éclairé par la lumière cendrée.
- Le 28, occultation de g vierge (gr. 5,6). Immersion à 0“29®,5.
- Lumière cendrée de la Lune. — La lumière cendrée de la Lune sera admirable du 19 au 21 mai. Cacher si possible, pour bien la voir, la partie la plus lumineuse de la Lune par un écran éloigné (toit, cheminée, etc.).
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées se produiront au début du mois, à l’époque de la pleine Lune du 2 mai. Voici quelques-unes de ces plus grandes marées, pour Brest.
- Dates. Marée du Matin. Marée du soir.
- — Heure Coefficient Heure Coefficient
- i 1er 3 “ 1® 100 15“23® 104
- 2 3 43 106 16 5 106
- 3 4 25 105 16 45 102
- 4 5 6 97 17 27 92
- 5 5 47 85 18 9 79
- Voici les heures d’arrivée du Mascaret dans plusieurs localités.
- Date Coefficient _ Arrivée du Mascaret_à_:___________^
- de la marée Quillebeuf Villequier Caudebec
- Mai 2 106 7 “ 20® 7“57® 8“ 6®
- — 2 106 19 40 20 17 20 26
- III. Planètes. — Le tableau ci-contre, qui est établi à l’aide des données de l’Annuaire astronomique Flammarion pour 1931, contient les renseignements nécessaires pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois de mai.
- Mercure arrivera à sa plus grande élongation du matin le 27 mai, à 19 “, à 24°43' à l’Ouest du Soleil. Il sera très favorablement placé pour être observé, en raison de sa déclinaison boréale assez élevée. On pourra le rechercher une dizaine de jours avant le 27 mai et sans doute le suivre encore 5 à 6 jours apres
- Voici la phase et l’éclat stellaire de Mercure :
- Date Disque illuminé Diamètre Grandeur stellaire.
- Mai 1er 0,00 11",9 + 3,4
- — 6 0,03 11 ,8 + 2,6
- — 11 0,09 11 ,2 + 2,0
- — 16 0,18 10 ,4 + 1,5
- — 21 0,26 9 ,4 + 1,1
- — 26 0,35 8 ,5 + 0,8
- — 31 0,45 7 ,6 + 0,5
- Sauf dans certaines conditions très favorables, Mercure est
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- ASTRE Dates : Mai Lever cl Paris. Passage au * Méridien de Paris (') Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son Diamètre apparent Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 6 4 u 26m 11h4 7 m14S 19 11 9m 2 11 50 m , ..p 16°21 ' 15'53 ' Bélier
- Soleil . . . 16 4 11 11 46 52 19 23 3 29 + 18 56 15 50 Taureau
- 26 4 0 11 47 26 19 30 4 9 + 21 1 15 49 Taureau
- 6 4 10 11 11 18 12 2 15 + 12 41 11",8 Baleine
- Mercure . . 16 3 40 10 29 17 18 ' 2 10 + 10 1 10 ,4 c1 Baleine In; matin, plus grande
- 26 3 16 10 12 17 7 2 32 + 11 1 8 ,4 ^ Baleine élongation le 27.
- 6 3 28 9 46 16 3 0 46 + 3 7 12 ,6 o Poissons
- Vénus . . . 16 3 12 9 51 16 29 1 31 + 7 37 12" ,2 t1 Poissons Le matin, à l’aube
- 26 2 58 8 57 16 56 2 17 + Il 54 11 ,6 ç1 Baleine
- G 10 26 18 0 1 35 9 3 + 18 54 7 ,0 À Lion
- Mars. . . . 16 10 13 17 39 1 5 9 21 + 17 21 6 ,6 7 Lion > Dès l’arrivée de la nuit.
- 26 10 1 17 18 0 35 9 39 + 15 39 6 ,2 a. Lion ’
- Jupiter. . . 16 7 35 15 33 23 30 7 15 + 22 40 31 ,8 x Gémeaux Dès l’arrivée de la nuit.
- Saturne . . 16 23 41 3 59 8 16 19 40 + 21 15 15 ,8 / Sagittaire Seconde partie de la nuit.
- Uranus. . . 16 2 52 9 24 15 55 1 5 + 6 17 3 ,4 88 Poissons Avant l’arrivée du jour.
- Neptune . . 16 11 43 18 37 1 32 10 21 + 11 5 2 ,4 45 Lion Dès l’arrivée de la nuit.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- assez difficile à trouver et une bonne jumelle est très utile pour cela.
- Vénus brille toujours d’un bel éclat dans le ciel du matin. Elle se rapproche du Soleil et sa phase diminue peu à peu (la partie illuminée augmente). Voici la valeur du disque éclairé et de la grandeur stellaire :
- Date Disque illuminé Diamètre Grandeur stellaire
- Mai 1er 0,82 12",9 — 3,4
- — 6 0,83 12 ,6 — 3,4
- — 11 0,84 12 ,3 — 3,4
- — 16 0,86 12 ,1 — 3,3
- — 21 0,87 11 ,8 — 3,3
- — 26 0,88 11 ,6 — 3,3
- — 31 0,89 11 ,4 — 3,3
- Rappelons que la grandeur ou magnitude stellaire 1,0 (étoile type Aldébaran, grandeur = 1,0) est inférieure de une grandeur à la magnitude 0,0, elle-même inférieure de une grandeur à la magnitude — 1,0, etc. La grandeur stellaire —3,4 de Vénus au début de mai surpasse donc celle d’Aldébaran de 4,4 unités.
- Mars est encore bien visible dans la première partie de la nuit, où il brille dans la constellation du Lion.
- Mars sera en quadrature orientale avec le Soleil le 2 mai, à 12».
- Il- s’éloigne de la Terre et son diamètre se trouve dès à présent bien réduit par la distance.
- Dès maintenant, l’observation utile des détails de la surface est réservée aux instruments puissants.
- Jupiter devient de moins en moins facilement visible, se rapprochant du Soleil. Toutefois on pourra encore suivre, dès l’arrivée de la nuit, un certain nombre des curieux phénomènes produits par les satellites dans leur révolution autour de la planète.
- Phénomènes du système des Satellites de Jupiter.
- Date : Mai Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Date: mai Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 2 20 11 28m I I m. 12 2111 16m II P. c.
- 2 19 54 I P. f. 14 20 26 II E. f.
- 3 21 3 I O. f. 17 21 37 I P. c.
- 4 19 58 III E. f. 17 21 47 IV lin.
- 5 20 48 II O. c. 18 20 23 III Im.
- 5 21 20 II P. f. 18 22 15 I E. f.
- 9 22 27 I Im. 25 20 57 I Im.
- 9 22 40 IV O. c. 26 20 23 I P. f.
- 10 19 38 I P. c. 26 20 41 IV O. f.
- 10 20 42 I O. c. 26 21 17 I O. f.
- 10 21 53 I P. f. 28 21 0 II Im.
- 11 20 20 I E. î. 30 20 48 II O. f.
- 11 20 27 III E. c.
- Saturne, dans le Sagittaire, se lève avant minuit, et peut être observé dans la seconde moitié de la nuit. Nous voyons toujours la face boréale de l’anneau, mais celui-ci se referme peu à peu. En voici les éléments à la date du 17 mai.
- Grand axe extérieur..................... 39",72
- Petit axe extérieur..................... -f- 15",26
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau.............................. + 22° 35'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de
- l’anneau....................... +23° 56'
- Rappelons qu’une lunette de 0m,057 permet bien de distinguer l’anneau, qu’une lunette de 0m,075 permet de constater que l’anneau extérieur est plus foncé que l’intérieur et qu’avec une lunette de 0m,095 on reconnaît la division de Cassini.
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- On pourra voir Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, lors de ses élongations. Les voici pour le mois de mai :
- Date. Elongation. Heure.
- Mai 4 Occidentale 1.5\1
- — 12 Orientale 7 ,4
- - 20 Occidentale 13 ,5
- — 28 Orientale 5 ,6
- Uranus est un peu visible le matin, dans l’aurore. Il faut toutefois attendre le mois prochain pour pouvoir mieux l’observer.
- Neptune se trouvera en quadrature orientale avec le S oleil le 15 mai à 5U. Il sera presque stationnaire à environ 1° au-dessus de l’étoile 45 du Lion. Nous publierons ultérieurement une petite carte de sa marche sur le ciel. Voici toutefois quelques-unes de ses positions en mai :
- Date Ascension droite. Déclinaison. Diamètre apparent.
- Mai 6 10h 21m + 11°5' 2' ',4
- — 16 10h 21m + l'l°5 2 ,4
- — 26 101' 21m + U04 2 ,4
- IV. Phénomènes divers. - — Conjonctions :
- Le 7, à 11’1, Saturne en conjonction avec la Lune, à 5°28' N.
- Le 10, à 2’1, Vénus — Uranus, à 1°31 S.
- Le 14, à 14’1, Uranus la Lune, à 1° 4 S.
- Le 15, à 2h, Vénus — la Lune, à 2°51 S.
- Le 16, à 111, Mercure — la Lune, à 5°10 s.
- ....=~: 1..............................= 327 =====
- Le 18, à 9h, Vénus en conjonction avec o Poissons (gr. 4,8),
- à 0°8 S.
- Le 21, à 141', Jupiter — la Lune, à 4°50 S.
- Le 23, à 2211, Mars — la Lune, à 2°41 S.
- Le 24, à 18h, Neptune -.. le Lune, à 2°52 S.
- Etoiles filantes. — Du 1er au 6 mai, étoiles filantes Aquarides, radiant r{ Verseau. Ces étoiles filantes sont rapides, avec traînées.
- Le 22 mai, étoiles filantes, radiant : a Couronne.
- Etoile Polaire et temps sidéral. — Voici quelques passages de l’étoile Polaire au méridien de Paris :
- Dates. Passage. Heure Ti mips sidéral à 011
- Mai 1er Inférieur 22 h51m ls 14 »31m50s
- — 11 — 22 hllm48s 15 hllm16B
- — 21 — 21 h32m36s 15 h50m41s
- — 31 — 20 u53m25s 16 h30m 7S
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le 1er mai
- à 23 “, ou le 15 mai à 22 11, est le suivant :
- Au Zénith : La Grande Ourse; le Bouvier; Les Chiens de chasse; la Chevelure.
- Au Nord : La Petite Ourse; la Girafe; Céphée; Cassiopée; le Cocher.
- Au Nord-Est : Le Cygne.
- A l’Est : Le Sagittaire; le Scorpion; l’Aigle; la Lyre; Hercule; la Couronne.
- Au Sud : Ophiuchus; la Vierge; la Balance; le Corbeau.
- A l’Ouest : le Lion; le Cancer; les Gémeaux.
- Em. Touchet.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- POUR ENLEVER LE FEU DU RASOIR
- On trouve dans le commerce, pour enlever l’irritation que peut causer sur la peau le passage du rasoir, des blocs cristallins paralléli-pipédiques ayant environ 6 cm X 4 cm X 2 cm 5, qu’il suffit de frotter légèrement sur la peau humide pour obtenir ce résultat en même temps qu’une agréable sensation de fraîcheur se manifeste.
- Rien de p.us facile que de préparer soi-même ces blocs, pour un prix minime en opérant ainsi :
- Prendre un kilogramme d’alun commercial qui est chimiquement parlant un sulfate double d’alumine et de potasse cristallisé avec 24 molécules d’eau AP (So4)3, K2S04, 24 IT-O; le concasser en petits morceaux et le placer dans une capsule avec 10 grammes d’eau d’hamamélis. Mettre au bain-marie bouillant, ce qui amène la liquéfaction de la masse par fusion de l'alun dans son eau de cristallisation.
- Pendant ce temps on a fait dissoudre d’autre part un demi-gramme de menthol dans environ 5 cc d’alcool à 95°, on verse le menthol dans l’alun liquéfié, rend bien homogène et coule dans des moules démontables aux dimensions voulues; puis on laisse complètement refroidir, avant de démouler.
- Les produits destinés au commerce sont habituellement passés quelques secondes dans l’eau tiède pour faire disparaître les aspérités, arrondir les angles et lustrer la surface, afin que le premier contact avec la peau se fasse avec toute la douceur désirable.
- MANIÈRE DE PRÉPARER SOI-MÊME L’ENCRE DE CHINE LIQUIDE
- Cette préparation se fait assez facilement en amenant la gélatine à l’état de gélatose non susceptible de se prendre en gelée.
- Pour cela, on prend de la colle forte de Cologne que l’on fait gonfler dans son poids d’eau, additionnée de 5 pour 100 de sel de cuisine, pendant vingt-quatre heures.
- Ensuite on maintient au bain-marie, en remplaçant au fur et à mesure l’eau qui s’évapore jusqu’à ce qu’une goutte de la solution refroidie sur une assiette ne se prenne plus en gelée, on amène à
- consistance de sirop et on incorpore 40 grammes de miel par kilogramme de colle mise en œuvre.
- Cela fait, on prend du noir de lampe calciné en vase clos, que l’on broie finement à la molette et peu à peu on l’empâte avec le sirop de colle, ce qui doit être réalisé d’une façon parfaite.
- Il ne reste plus qu’à délayer avec de l’eau pure jusqu’à consistance convenable pour l’écoulement facile au tire-lignes. On y ajoute comme conservateur un demi-gramme de bichlorure de mercure dissous dans dix centimètres cubes d’eau à la faveur de 2 grammes de sel de cuisine, on mélange intimement, passe finalement au travers d’un tamis n° 90 pour séparer les grumeaux et met en flacons.
- N. B. — Le seul point délicat de cette préparation est d’amener la gélatine sous la forme convenable pour qu’elle ne prenne plus en gelée, l’expérience seule permet d’apprécier quand ce résultat est atteint.
- COMMENT ON ARGENTE LES MIROIRS
- L’argenture des miroirs, qui autrefois se faisait uniquement au mercure, se pratique maintenant le plus souvent par réduction d’un sel d’argent par le formol ou le glucose; on peut prendre comme type le modus operandi suivant :
- Une dissolution de 10 grammes de nitrate d’argent dans 200 centimètres cubes d’eau est exactement saturée avec de l’ammoniaque, versée goutte à goutte jusqu’au moment où le précipité qui s’était d’abord formé se dissout brusquement.
- On prépare ensuite une dissolution de formol à 1 % d’aldéhyde formique; comme le formol commercial est à 40 % on prendra 2 cc., 5 de formol du commerce dans 100 cc. d’eau pour avoir la solution au titre voulu.
- Au moment d’argenter la lame de verre bien nettoyée on mélange les deux solutions préparées précédemment et on verse le tout sur la lame placée par exemple au fond d’une cuvette photographique.
- Il est essentiel que le liquide recouvre d’un seul coup la surface à argenter.
- Le dépôt d’argent se fait alors dans l’espace de 5 à 6 minutes, on lave ensuite à grande eau, fait sécher verticalement, puis on applique au dos du miroir un vernis de protection.
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- 8 LA RADIOPHONIE PRATIQUE "=
- NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES - CONSEILS PRATIQUES CONSTRUCTION D’UN APPAREIL SIMPLE
- DISPOSITIF SURVOLTEUR-DÉVOLTEUR
- L’alimentation des postes du type secteur et des amplificateurs phonographiques exige l’utilisation d’un courant
- alternatif de tension très régulière, ne s’écartant guère de plus de 5 pour 100 en plus ou en moins de la tension normale ; malheureusement, sur beaucoup de réseaux français, les écarts de tension de 10 pour 100 ou même de 20 pour 100 ne sont pas rares.
- Nous avons déjà décrit dans nos chroniques des dispositifs plus ou moins complexes , permettant le réglage de cette tension d’une manière à peu près automatique ; ces dispositifs très ingénieux sont malheureusement encore assez souvent d’un prix élevé, et l’auditeur de T. S. F. qui ne veut pas consacrer une somme importante à la réalisation de son installation, est obligé de négliger cet organe, pourtant indispensable.
- Il existe pourtant des dispositifs très simples sans doute, non pas automatiques, mais réglables à la main, suivant les indications d’un voltmètre, et qui, s’ils ne présentent pas tous les avantages des premiers, sont cependant très recommandables; souvent, en effet, la tension d’un secteur reste à peu près la même à une heure déterminée, et ne varie que lentement suivant les heures; on peut donc s’habituer à faire la correction nécessaire.
- Un appareil survolteur-dévolteur de ce genre est simplement un auto-transformateur possédant un commutateur à 7 plots permettant d’obtenir trois tensions de survoltage, et trois tensions de dévoltage, ce qui suffit dans presque tous les cas.
- Cet appareil est muni d’un voltmètre, ce qui permet de faire varier la tension à l’aide du commutateur, suivant les indications lues à chaque instant, pour la ramener dans les limites normales (fig. 1).
- CONSTRUCTION D’UN POSTE A ONDES COURTES
- AVEC
- DES PIÈCES DÉTACHÉES DU COMMERCE
- Nous avons décrit un poste à ondes courtes d’un modèle simple et satisfaisant que l’on peut maintenant trouver dans le commerce, mais tout amateur peut assez facilement désormais réaliser également par ses propres moyens un poste à ondes courtes, à condition de choisir convenablement les pièces détachées entrant dans sa composition.
- Le plus simple consiste d’ailleurs à réaliser un montage à deux lampes comportant une lampe détectrice du type « Schnell » avec accord du genre Bourne, à réaction à la fois électrostatique et électromagnétique, et un étage basse
- fréquence qui peut être muni d’une lampe trigrille de puissance.
- Pour ce montage, on emploie, comme nous l’avons déjà noté, des bobines d’accord et de réaction qui sont formées de spires de grand diamètre placées sur un support à broches, mais bobinées « sur air » sans mandrin, c’est-à-dire permettant d’avoir le minimum de pertes en haute fréquence, le minimum de capacité répartie, et le minimum de résistance ohmique, à condition d’employer du fil d’assez gros diamètre et d’avoir des spires assez écartées.
- Les bobines représentées par la figure 2 sont réalisées avec du fil de cuivre d’un diamètre de 16/10e non isolé, ou à la rigueur vernissé rouge et maintenu simplement par trois brides en celluloïd intercalées dans l’enroulement, permettant d’obtenir une rigidité mécanique suffisante sans nuire en rien aux qualités radioélectriques du bobinage.
- De plus, ces bobines peuvent être fractionnées plusieurs fois sans crainte de les détériorer, des barrettes intercalaires étant collées entre chaque spire, les fractions de bobinages obtenues restent toujours homogènes sans modification de forme.
- On peut donc ajuster les enroulements à un tour près, ou obtenir un nombre déterminé de spires, sans avoir à l’avance toute une gamme de bobinages différents, ce qui permet de réaliser une économie appréciable.
- En plus de ces bobinages d’accord et de réaction, il faut presque toujours utiliser une bobine de choc, qui a pour but de bloquer les ondes haute fréquence passant dans le circuit plaque de la lampe détectrice, afin de permettre au système de réaction d’avoir toute son efficacité.
- La bobine de choc spéciale que nous indiquons également sur la figure 2 agit d’une façon efficace sur les ondes comprises entre 10 et 100 mètres; elle est, en effet, constituée par un enroulement cylindrique à spires non jointives de faible diamètre en une seule couche, sur mandrin d’ébonite. Sa capacité répartie est donc infime, et son champ réduit lui donne une grande valeur.
- L’enroulement est simplement protégé par une enveloppe transparente, et deux bornes permettent le serrage de fils de connexion sans soudure.
- Il faut enfin se procurer des condensateurs bien étudiés
- Fig. 2. — Accessoires pour le montage de postes à ondes courtes.
- I. Bobine d’accord et de réaction dite « Dynactance ». — 2. Bobine de choc haute fréquence spéciale pour ondes courtes.
- j RESEAU SurvoJtage
- fbsition normale
- VOLTMETRE
- Ô INSTALLATION <5
- Fig. 1. — Petit appareil survolteur-dévolteur, schéma de principe.
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- pour ondes courtes pour l’accord et pour la réaction, munis de démultiplicateurs avec cadran bien construit mécaniquement. i
- Ceci posé, le schéma d’un poste à ondes courtes à deux lampes est extrêmement simple et il peut être établi simplement comme le montre la ligure 3.
- L’accord est établi avec une bobine L1 d’antenne, couplée d’une manière variable avec la bobine L2 d’accord et de réaction.
- Le circuit secondaire d’accord est accordé au moyen d’un condensateur pour ondes courtes Cl qui peut avoir environ 0,08 millième à 0,3 millième de microfarad.
- Enfin, la réaction est obtenue par un bobinage L3, par une bobine de choc S intercalée dans le circuit plaque de la détectrice, et par un condensateur de réaction C2 de 0,15 millième de micro-
- C.V 0.15/1000
- Choc S
- Fig. 3. -— Schéma d’un montage à deux lampes pour la réception des ondes courtes.
- farad.
- En réalité, la bobine secondaire d’accord et la bobine de réaction sont conjuguées, avec différentes prises permettant de réaliser le montage, et sont munies de broches de façon à être facilement changées suivant les longueurs d’onde considérées.
- La résistance de grille est de quatre mégohms comme à l’ordinaire et le condensateur de détection intercalé dans la grille de 0,15 microfarad (à air).
- L’amplification basse fréquence est réalisée de la manière ordinaire avec un bon transformateur T blindé, de rapport 1/3 par exemple. Si l’on désire obtenir une amplification basse fréquence suffisante, on peut utiliser une tension plaque de 120 volts sur la lampe de sortie, avec, bien entendu, une polarisation de grille convenable, alors qu’au contraire il est bon de ne pas employer une tension plaque de plus de 40 volts sur la lampe détectrice.
- Les différents organes de montage sont disposés comme le
- Fig. 4. — Plan de câblage du poste Océdgne à ondes courtes.
- c.v. 0,15/1000
- _ A la borne du culot de lu lampe
- -^Antenne<
- montre la figure 4. Sur le panneau avant, on disposera le condensateur de réaction, le condensateur d’accord, le rhéostat de chauffage et un jack de haut-parleur ou de casque téléphonique, qui pourra en même temps servir à l’allumage des lampes ; il suffirait d’ailleurs d’employer un rhéostat à coupure de 40 ohms.
- Ce panneau d’ébonite pourra avoir 400 sur 200 mm. Sur la planchette horizontale arrière, on disposera les organes comme le montre la figure 4, les connexions d’alimentation étant toutes réunies sur une petite plaquette d’ébonite et les supports des bobines avec les quatre broches fixes et le support variable étant placés sur une plaquette d’ébonite surélevée au moyen de quatre colonnes également en ébonite.
- Le bobinage d’accord primaire sera manœuvré par le panneau avant à l’aide d’une tige séparée (fig. 4).
- Le choix de la lampe détectrice a surtout de l’importance.
- On emploiera par exemple une R 76 Radiotechnique, une A 415 Philips, une L 410 Gécovalve, ou une Fotos D 15.
- Pour a gamme de 12 à 35 m le bobinage primaire pourra comporter deux spires, le bobinage secondaire également deux spires et le bobinage de réaction trois spires. Pour la gamme de 35 à 55 m le primaire aura deux spires, le bobinage d’accord 4 spires: le bobinage de réaction également 4 spires. Enfin pour la gamme de 45 à 90 m le bobinage primaire aura deux spires, le bobinage d’accord 8 spires et le bobinage de réaction 10 spires.
- Le nombre de spires pour la bobine primaire est d’ailleurs indiqué pour une antenne normale de 20 à 25 m de long.
- Le nombre de ces spires pourra être un peu augmenté si l’on utilise une antenne très courte.
- Avec quelque habitude, la manœuvre de l’appareil n’est pas très difficile ; il faut cependant prendre la précaution, comme nous l’avons dit plus haut, de maintenir toujours le système de réaction à la limite « d’accrochage » en se plaçant d’abord sur l’onde porteuse, et en décrochant ensuite pour entendre la téléphonie.
- P. Hémardinquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Survollcur-Dévolteur. Établissements Lefébure, rue Mayet, Paris (G<0.
- Pièces détachées pour montage de postes à ondes courtes cl poste Océ-dgne. Établissements Dyne, 43, rue Richer. Paris.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Géométrie industrielle, par Nachtergal. 1 vol. 214 pages, 443 fig. Ch. Béranger, Paris. A. Boeck, Bruxelles, 1930. Prix : 25 ïr.
- Par géométrie industrielle, il faut entendre les constructions géométriques qu’il faut effectuer pratiquement dans l’industrie : la mesure d’une longueur le tracé d’une parallèle ou d’une perpendiculaire ne s’effectuent pas sur une pièce réelle comme sur une feuille de papier. Ce sont les plus simples de ces problèmes géométriques pratiques, ceux dont la connaissance est indispensable à tous les ouvriers de la mécanique ou du bâtiment dont les solutions sont indiquées dans cet ouvrage qui constitue un excellent guide et aide-mémoire. Voici les principaux sujets traités : mesure et report des longueurs et des angles; tracés des perpendiculaires, des parallèles, des bissectrices, propriétés, mesure et résolution des triangles, du carré, du rectangle, des polygones, propriétés et tracés du cercle, centrage, courbes usuelles, surfaces, volumes.
- Distribution générale des éléments magnétiques en f rance. Formules générales. Lé finition numérique des anomalie#, par E. Mathias, Ch. Maurain et L. Eblé. (Extrait des Annales de l’Institut de Physique du globe de l’Université de Paris, t. VIII, 1930). 1 brochure, 26 p.
- 1 carte hors texte. Les Presses universitaires de France, Paris, 1930.
- The National Phpsical I aboratory. Collected Researches (vol. XXII, 1930). 1 vol. illustré, 418 p. His Majesty’s Stationery Office. Adastral House, Kingsway. London WC, 2. Prix : 1 £.
- Ce volume contient une série de 21 mémoires dus à des chercheurs du grand Laboratoire national anglais et consacrés à divers problèmes électriques, le plus grand nombre traite de questions de radioélectricité : études de M. Wilmotte sur les antennes dirigées, sur la mesure des pertes dans les condensateurs, de M. Colebrook sur la théorie des antennes réceptrices, de M. Thomas sur les essais d’amplificateurs, de M. Dye sur la mesure des faibles voltages à haute fréquence et sur la mesure de la résistance des condensateurs pour les hautes fréquences, de M. Vigoureux sur les oscillateurs à quartz, de M. Hartshorn sur la mesure des caractéristiques internes des lampes thermioniques, de MM. Hartshorn et Oliver sur la mesure de la constante diélectrique des liquides; les autres études dues à MM. Melsom et Booth, Melsom et Beer, Arnold ont trait à l’étude du passage du courant dans les conducteurs métalliques et dans les câbles sous plomb.
- The Titanotheres of ancicnt Wycming, Dakotaand Nebraska, by Henry Fairfield Osborn. Vol. I et IL 1929. U. S. Geological Survey. Monograph. 55.
- L’imposant ouvrage de deux gros volumes que ti. F. Osborn vient de consacrer aux Titanothériens déborde largement du sujet strict mentionné dans le titre du livre. Les Titanothériens sont des Ongulés Périssodactyles différant aussi bien des Hippidiens que des Rhino-céridiens ou des Tapiridiens : ils ont vécu à la fin de l’Éocène inférieur, à l’Éocène moyen et récent, ainsi qu’au début de l’Oligocène. Essentiellement caractéristiques du centre-ouest des États-Unis, ils sont connus aussi du Gobi et de la Transylvanie.
- A propos de l’étude détaillée de ces animaux, H. F. Osborn envisage quantité de questions générales de paléobiologie : il illustre ses exposés synthétiques d’une riche documentation technique et d’une abondante iconographie. L’éminent professeur de New York est ainsi amené à traiter minutieusement de T « adaptive radiation », avec nombreux exemples à l’appui de son concept général des processus de l’évolution des êtres vivants : si les Titanothériens constituent un bon type de filiation rayonnante, l’auteur n’hésite pas, pour concrétiser ses raisonnements, à faire appel, en outre, aux données fournies par les Antilopes, les Rhinocéros, les Tapirs, etc.
- Le premier volume de l’ouvrage de H. F. Osborn comprend enfin la description complète des Titanothériens nord-américains.
- Le texte du second volume est de caractère plus général encore. Il débute par une reconstitution de l’anatomie des muscles de ces Ongulés, d’après W. K. Gregory. Vient ensuite un exposé théorique sur le mécanisme de la locomotion des membres de ces animaux, accompagné d’une esquisse comparative des os des ceintures pectorales et pelviennes chez les Tapiridiens, Hippidiens, Rhinocéridiens et Titanothériens.
- Un important chapitre est consacré à la synthèse des théories sur l’origine et sur l’adaptation rayonnante des Ongulés, spécialement des Titanothères. Il précède une vue générale sur les causes d’extinction et la sélection naturelle dans les grands groupes de Mammifères.
- Enfin, en appendice, sont décrits les Titanothères éocènes et oligocènes de Mongolie. Une riche illustration termine l’ouvrage.
- A history of applied entomology (somewhat
- anecdotal), par L. O. Howard. 1 vol. in-8, 564 p., 51 pl. Smithsonian Institution, IVashington, 1930.
- M. Howard est universellement connu comme le directeur du Bureau d'entomologie appliquée des États-Unis; on lui doit la création, l’organisation du service le plus étendu et le plus puissant pour la lutte contre les insectes nuisibles et aussi maintes découvertes scientifiques qui ont sauvé bien des récoltes dans le monde entier. Il a beaucoup voyagé, fréquenté les naturalistes de bien des pays et c’est ainsi que l’idée lui est venue d’écrire une histoire de l’entomologie appliquée, rappelant tous les travaux anciens des zoologistes, les débuts des recherches utilitaires, le développement des services spéciaux. Il le fait avec beaucoup de sagesse et de bonne humeur, ntroduisant dans son récit ses souvenirs personnels dont les plus iaimables et les plus étendus sont pour notre compatriote Paul Marchai.
- Manuel pratique de sylviculture, par A. Jacquot. 2e édition. 1 vol. in-16, 334 p., fig. J.-B. Baillière et fils, Paris, 1931. Prix : 15 lr.
- Ce manuel enseigne aux régisseurs de domaines forestiers, aux possesseurs de domaines, aux cultivateurs, l’exploitation rationnelle des peuplements sylvestres et le moyen de créer de fructueux reboisements. Sous une forme simple, il va de l’arbre aux massifs, et explique les phases successives de la gestion, depuis la régénération naturelle ou artificielle jusqu’à la vente des coupes.
- L’ologenèse. Nouvelle théorie de l’évolution et de la distribution géographique des êtres vivants, par Daniel Rosa. 1 vol in-8, 368 p. Bibliothèque de philosophie contemporaine. Alcan, Paris, 1931. Prix : 35 fr.
- Ce livre, fort important, présente, en français, la théorie du professeur de Modène, dont les premiers linéaments parurent en 1909, et dont le Dr Montandon fit déjà en France une application étendue à l’ologenèse humaine. Aux théories explicatives de l’évolution par les facteurs externes, l’auteur oppose une évolution interne, indépendante du milieu, se produisant par division d’une espèce en deux nouvelles, du fait d’un changement dans les cellules germinales. Il montre que les arrêts de développement et même les régressions ne sont pas des objections à sa théorie qu’il développe, en plusieurs chapitres, et dont il montre la valeur explicative pour l’adaptation et la distribution géographique. Si l’ologenèse ne conduit pas à une possibilité de vérification expérimentale, elle est cependant un effort intéressant pour comprendre la multiplicité des formes vivantes et ce livre sera lu avec beaucoup d’intérêt par tous ceux que préoccupent les problèmes fondamentaux de la biologie.
- L’année psychologique, par Henri Piéron. 30e année. 1929. 2 vol. in-8, 936 p., fig. Félix Alcan, Paris, 1930. Prix : 120 fr.
- L’Année psychologique est un des plus précieux recueils dont on dispose pour suivre les constants progrès d’une science. Grâce à l’énorme travail de son directeur et de ses collaborateurs, il réunit chaque année tout ce qui a paru dans le monde sur les multiples questions de psychologie et de physiologie nerveuse et il en donne des comptes rendus clairs, exacts, vivants, souvent agrémentés de réflexions critiques. Ces analyses bibliographiques (1458 pour l’année 1929) intéressent un public très étendu : philosophes, neurologistes, psychologues, biologistes et aussi ceux qui s’occupent de psychologie appliquée, de sélection professionnelle, d’apprentissage, de pédagogie, de criminalité.
- L’ouvrage débute par des mémoires originaux de Piéron sur la dissociation des douleurs cutanées et sur la sommation spatiale des impressions lumineuses, de Foucault sur les associations locales et la loi de fixation des images, de Koht sur un test d’imagination étudié chez des écoliers parisiens, de Durup et Fessard sur l’acuité visuelle et l’énergie lumineuse, de Leurquin sur l’habilité motrice, de Kowarski et François sur l’apprentissage, de Chweitzer sur une expérience relative au même sujet. Des notes plus courtes suivent et l’ensemble forme un magistral exposé de l’activité du laboratoire de physiologie des sensations du Collège de France.
- Bread. A collection of popular papers on wheat, flour and bread, par Harry Snyder. 1 vol. in-8, 293 p., 20 fig. hors texte. Macmillan Co, New York, 1930. Prix : relié toile : 2,50 $.
- Snyder fut un grand praticien de la chimie, qui passa sa vie à étudier la principale nourriture de l’homme : le blé, la farine, le pain. Il fut, durant 40 ans, le grand spécialiste de la question qu’il examina sous toutes ses faces à l’Université de Minnesota. Ses amis rappellent ici ses origines, sa vie de labeur et réunissent ses principales publications, vulgarisant les notions qu’il avait découvertes sur la chimie du sol, la culture, la conservation des récoltes, la mouture, la boulangerie, les qualités du pain.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de lancier
- ÉLECTRICITÉ
- Sur un nouvel aspect de la décharge en haute fréquence
- (Mlle M. Chenot). •— L’appareillage comprend un tube de verre de 50 cm de longueur, pour un diamètre intérieur de 18 mm et muni de deux électrodes extérieures et cylindriques en papier d’étain, qu’on relie à une boucle de fil couplée à un oscillateur à deux lampes triodes, du modèle Métal E4. Le tube vidé à l’aide d’une trompe à mercure et le chauffage <les triodes permettant de faire varier les différentes intensités d’excitation, en prenant pour tension de plaque 1100 v, on accorde le circuit (tube et oscillateur) en modifiant la longueur de la boucle du fil.
- La pression restant supérieure au millième de millimètre de mercure, avec un oscillateur de longueur d’onde 340 cm, un observe, si l’excitation est assez intense, une série de fuseaux brillants, présentant l’aspect d’un système d’ondes stationnaires et d’autant plus allongés que les filaments des triodes sont maintenus à plus haute température et que la décharge est plus forte. Mlle Chenot a ainsi obtenu des faisceaux de longueur variable — 5, G, 8, 14 cm — cette longueur ne paraissant pas dépendre de la distance des électrodes. En approchant seulement Lune de ses extrémités d’une des triodes de l’oscillateur, on peut illuminer le tube et, sur toute sa longueur, on voit la luminosité s’étendre, lorsqu’on augmente lentement l’amplitude des oscillations. Le tube restant excité sans électrodes, si l’on déplace, parallèlement ou normalement à son axe, un résonateur de Hertz accordé sur la fréquence de l’oscillateur, on observe les mêmes effets que le long d’un fil métallique, siège d’ondes stationnaires dont l’internœud est de longueur égale à celle des fuseaux lumineux : les centres de courant correspondent au milieu des fuseaux, les nœuds aux espaces sombres qui les séparent .
- Ainsi, il se produit une propagation par ondes, le long du tube, à partir do l’extrémité excitée et une réflexion à l’autre exti'émité. A ce sujet, le général G. Ferrié a fait remarquer que les phénomènes récemment signalés par MM. Mahout et Guillet peuvent être déterminés par une propagation de mouvements des électrons libres d’un métal analogue à celle qu’a signalée Mlle Chenot pour un milieu discontinu, formé de particules électrisées.
- GÉOLOGIE
- Sur la stratigraphie du Trias de la zone du Brian= çonnais (MM. Gignoux et Raguin). — On croyait jusqu’ici que, de haut en bas, cette zone comprenait, comme l’avait indiqué W. Kilian, les termes qui suivent : Rhétien, Trias supérieur, Trias moyen et Trias inférieur, les points de repère les plus facilement reconnaissables étant fournis par les deux niveaux de cargneules et gypses, inférieurs et supérieurs.
- Il semblait cependant qu’en certaines régions des gypses attribués au niveau supérieur venaient se fondre avec d’autres qui paraissaient appartenir au niveau inférieur, ce qui donnait à admettre la disparition de la masse des calcaires francs, par une gypsification de ces roches, comme l’expliquait Marcel Bertrand. De plus, on n’acceptait de séparer, dans les calcaires du Briançonnais, une partie basique d’une partie triasique que si l’on pouvait placer entre elles les gypses keupériens.
- Les observations faites par MM. Gignoux et Raguin, depuis la Haute-Isère jusqu’au Guil, établissent trois faits nouveaux :
- 1° dans la zone du Briançonnais, on ne doit reconnaître qu’un seul niveau stratigraphique : les gypses inférieurs qui, mélan-
- et de février 1931.
- gés de cargneules et de schistes, surmontent plus ou moins les quartzites de base; 2° du Trias au Lias, le passage se fait sans interposition d’un horizon gypseux : les bancs supérieurs des dolomies à Gyroporelles ont pris le caractère des dolomies capucin; on y voit des intercalations schisteuses auxquelles s associent quelques lumachelles rhétiennes : certains bancs de dolomies capucin sont parfois un peu cargneulisés en surface, mais on ne trouve pas de gypses; 3° partout où l’on croyait voir autrefois des gypses supérieurs, superposés aux grandes masses de calcaires, il y a eu superposition anormale :
- gypse a « changé d’étage », ou « pris de l’avance tectonique » et les points où l’on voulait admettre une réunion des gypses supérieurs et inférieurs constituent les racines nourricières des injections gypseuses.
- LITHOLOGIE
- Un nouveau minéral de l’île Rouma (Guinée française)
- (M. A. Lacroix). — La longue note du Secrétaire perpétuel de l’Académie établit tout d’abord une classification des pegmatites, rencontrées en taches ou traînées, à travers la syénite feldspathoïdique, très riche en soude, qui constitue l’île. L’ossature de la roche consiste en lames de feldspaths alcalins, laissant entre elles des intervalles remplis par les minéraux qui suivent. Dans le cas le plus simple, il s’agit de sodalite incolore ou jaunâtre, parfois de néphéline. On rencontre encore l’astrophyllite et l’arfvedsonite, puis l’eucolite accompagnée de williaumite. La blende se rencontre quelquefois, plus fréquente que la molybdénite, mais moins répandue que l’œgyrine. Due à une phase zéolitique, et englobant les minéraux précédents, l’analcime se montre, comme le mésotype, surmontée de petites aiguilles d’œgyrine de seconde formation.
- C’est là la roche normale, mais des phénomènes pneuma-tolytiques, postérieurs à sa formation, expliquent la présence de cristaux d’eucolite, rouge orangé, de plusieurs centimètres de diamètre, devenus caverneux et partiellement changés en un agrégat miarolitique de cristaux de catapléite, de couleur crème.
- Parmi les minéraux décrits par M. Lacroix, il en est un nouveau, qu’il dédie à M. Sérard. Optiquement positif, il forme des cristaux longs parfois de 5 cm, monocliniques, d’une fraîche couleur fleur de pêcher, et répondant à la composition (pour 100) :
- SiO, 48,72 — ARO3, 0,29 — Fe2CF + FeO, 1,36 — MnO, 28,99 — MgO 0,06 — CaO, 10,42 — Na^O, 7,38 — 26 IOO, 0,26.
- Ce sont là les chiffres habituels de la j>ectolite, où une partie de la chaux serait remplacée par de la magnésie, et la séran-dite, quelque peu voisine de la manganpectolite de Magnet Cove (Arkansas) s’en sépare par une densité supérieure (3,215 au lieu de 2,78).
- ÉLECTIONS
- Au cours du mois de janvier, l’Académie a appelé à elle M. Richard Fosse, professeur au Muséum d’Histoire naturelle, dont on connaît les magnifiques travaux sur l’urée. Ce savant occupe le fauteuil rendu vacant, dans la section d’Eco- . nomie rurale, par le décès de M. A. Th. Schlœsing.
- M. Eugène Fabry a été élu Correspondant pour la section de Géométrie en remplacement de M. Riquier.
- Paul Baud.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- TRANSPORT S
- L'entretien mécanique des voies ferrées
- Le travail régulier d’entretien et de réparation des voies ferrées représente une lourde dépense de main-d’œuvre. En effet, jusqu’à ces dernières années, en France tout au moins, ce travail s’exécutait entièrement à bras d’homme, au moyen d’équipes que l’on déplace le long des voies suivantles besoins. L’importance de ces travaux de réfection a été chiffrée par M. Tettelin, dans une récente conférence à la Société des Ingénieurs civils consacrée aux méthodes plus modernes récemment mises en œuvre par les chemins de fer du Nord.
- Il faut remplacer progressivement les rails usagés, et renouveler le ballast : le rythme de ces réparations est de 3 pour 100 environ pour l’ensemble des réseaux français; ceci représente une substitution annuelle de 1800 km. de voie principale, dépense de 300 millions environ ; lourde non seulement par son prix, mais à un degré au moins égal par la gêne que les travaux, pendant leur exécution, imposent à l’exploitation.
- Les 1800 km à remplacer annuellement représentent en effet environ : 838 000 tonnes de rails anciens à déposer et de rails neufs à leur substituer, et 3 600 000 tonnes de ballast à renouveler. Il conviendrait encore d’ajouter à ce poids celui des traverses à déplacer ou à remplacer.
- On comprend qu’un tel travail fait à bras d’homme soit coûteux et lent. Il y a un intérêt manifeste à faire intervenir la machine; mais le problème était malaisé à résoudre en raison de la dissémination et de la mobilité obligées des chantiers.
- La Cie des Chemins de fer du Nord en a abordé l’étude en 1927 celle-ci a été menée à bien par MM. Tettelin, Dautry; et Cambournac, avec la collaboration de deux entreprises privées. En 1929, les chemins de fer du Nord disposaient d’un outillage mécanique sur wagons capable d’effectuer à pied d’œuvre presque toutes les manutentions pénibles que l’on demandait autrefois à l’ouvrier.
- Les travées de rails sont amenées toutes montées, venant de l’atelier et posées sur la voie par des grues; la vieille travée est enlevée et ramenée pour démontage à l’atelier, le ballast est enlevé par des chaînes à godets, déversé sur un tapis roulant qui le transporte dans un trommel où il s’épure, et d’où il est rejeté sur la plate-forme par un autre jeu de tapis mobiles, tandis que les déchets sont évacués hors de la voie.
- Avec ce matériel on effectue couramment, en 8 heures, 600 et même 800 mètres de réparation avec un chantier de 125 hommes, au lieu de 200 m. avec 140 hommes dans le cas du travail à la main. C’est donc une réduction de 70 pour 100 dans la main-d’œuvre et aussi, grâce à la rapidité du travail, la suppression presque complète des ralentissements de trains qui franchissent la section dont on effectue la substitution.
- MÉTÉOROLOGIE La mer qui fume
- Je fus témoin à Biarritz, le 6 janvier dernier, d’un phénomène curieux et assez rare, celui de la mer qui fume.
- Seul sur la grande plage à 9 heures du matin, le visage fouetté par une bise glaciale du nord, je vis avec étonnement que le thermomètre marquait deux degrés au-dessous de zéro, fait bien rare au bord de la mer, surtou t à Biarritz ! Comme la baisse de la température s’était produite brusquement pendant la nuit, la mer n’avait pas eu le temps de se refroidir,
- elle était donc sensiblement à sa température habituelle dans ces régions, c’est-à-dire à 12° C. environ. C’est grâce à cette grande différence de température avec l’air extérieur que le phénomène put se produire.
- La surface de l’Océan semblait en ébullition à perte de vue, de petits nuages blancs de plus d’un mètre de hauteur surmontaient la crête des vagues qui les entraînaient jusqu’au rivage. L’effet n’était vraiment pas banal, il rappelait en grand celui qu’on voit à la Fontaine chaude de Dax. La fumée de la mer diminua ensuite progressivement, et disparut vers 10 heures, quand le soleil eut suffisamment réchauffé l’atmosphère.
- Ce spectacle est assez rare, car il exige la réunion de circonstances physiques peu fréquentes. En effet, l’air doit être sec et subitement refroidi au-dessous de zéro. Ce refroidissement ayant lieu dans un temps suffisamment court, la mer... peut fumer ! Dans les pays septentrionaux où l’air est souvent à une température très basse, la mer est également très froide; aussi l’effet ne se produit-il pas. Inversement, dans les pays tropicaux où la mer et l’air sont tous deux très chauds, la condensation des vapeurs ne peut se produire. Il nous a semblé intéressant de préciser davantage les conditions dans lesquelles le phénomène peut se produire; et voici quelques données numériques à ce sujet. A— 2° C.la tension do la vapeur d’eau est de 7 cent. 38, et à 12° C. cette tension est de 10,40. En d’autres termes, un mètre cube d’air froid à — 2° ne renferme au maximum que 4 gr de vapeur d’eau à l’état invisible, tandis qu’un mètre cube d’air tiède à 12° C. en renferme 10 gr. Si on admet que la crête des vagues soit à 12° C. et qu’elles entraînent dans leur mouvement ascensionnel une colonne d’air saturé de vapeurî celle-ci pénétrant brusquement au sein d’une masse d’air froid à —2° C., abandonne aussitôt une quantité de vapeur correspondant à la différence entre les deux points de saturation, à 12° C. et— 2° C., c’est-à-dire environ 6 gr. d’eau par mètre cube d’air, et cette condensation se fait sous forme de buées et de légers nuages. Comme ce sont des millions de mètres cubes d’air qui subissent à chaque instant ces effets de condensation, on s’explique aisément l’importance des nuées ondulant à perte de vue sur la crête des vagues; spectacle suggestif au possible, que je vous engage à aller contempler dès que l’occasion s’en présentera. Albert Nodon.
- CHIMIE INDUSTRIELLE Parasiticides nouveaux.
- Parmi les agents fungicides de destruction des parasites de l’homme et des animaux il nous faut citer au premier rang, ou tout au moins dans les premiers, l’emploi de l’oxyde d’étliylène en fumigations.
- De copieux détails ont été donnés à ce sujet par J. M. Russ dans 1 ’Ind. Eug. Chem. N° 4, avril 1930. Ce corps est liquide à la température ordinaire, puisqu’il bout à 10°,5. Sa densité est de 0,887. Son point de congélation est à — 14°. S’il est trop concentré, il peut être nuisible pour l’homme, mais son emploi, concurremment avec l’anhydride carbonique, atténue la cyanose qu’il pourrait, employé seul, produire sur l’homme. Un demi-kilogramme de ce produit dilué dans 90 litres d’air Luc la mite ordinaire des vêtements, le charançon' du riz, la mite indienne du blé, le charançon du blé et celui de la farine. On peut aller, pour être sûr d’atteindre la totalité de ces parasites, jusqu’à 0,9 kg par 90 litres d’air. Ce traite, ment fumigène ne développerait' dans les aliments aucun
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- mauvais goût ni odeur. D’après le Bureau of Entomology, il apparaîtrait que la proportion d’oxyde d’éthylène peut être sensiblement abaissée par l’adfonction d’anhydride carbonique. On suppose que cette adjonction de CO2 provoque une respiration intensive néfaste aux parasites : 453 gr. d’oxyde d’éthylène mélangés à 3,171 kg d’anhydride carbonique produisent le même effet en 16 heures que l’oxyde d’éthylène seul en 20 heures employé en quantité égale. Un tel mélange est ininflammable, mélangé en quelques proportions que ce soit avec l’air.
- L’anhydride carbonique peut être employé soit à l’état liquide, soit à l’état solide. Aux Etats-Unis, un certain produit porte le nom de « Carboxyde», il est constitué par des mélanges d’oxyde d’éthylène et d’anhydride carbonique liquide prêts à l’emploi, et se conservant assez longtemps sans altération sensible.
- On opère ainsi la fumigation des trains, des maisons, des magasins et des wagons frigorifiques.
- On fait aussi des fumigations sous vide relatif, qui produisent des effets intéressants.
- Puisque nous sommes sur ce chapitre bien utile des insecticides, nous dirons quelques mots des insecticides fluorés, dont l’emploi se généralise de jour en jour. Le Chemical Trade N° 2231, du 21-2 1930, signale que, d’après les recherches de Markowitch et de Stanley, la cryolithe et le fluosilicate de baryum sont des insecticides de haute valeur; ils présentent cet avantage sur le fluosilicate de sodium, qu’ils ne sont pas toxiques pour l’homme, et n’attaquent pas les feuilles grâce à leur solubilité bien moindre que celle du sel de soude. Le fluosilicate de baryum est plus toxique pour les insectes adultes que la cryolithe.
- Rappelons la formule du fluosilicate de baryum :
- Si F6 Ba
- et celle de la cryolithe qui est
- AU F0 + 3 NaF.
- Généralement on emploie 453 gr (livre, anglaise) de l’un de ces corps dissous dans 37 litres d’eau. Pour augmenter l’ahdé-rence sur les feuilles et rameaux, on émulsionne de l’huile de poisson avec du sulforicinate d’ammoniac en très petite quantité, mettons 112 gr, pour la proportion indiquée ci-dessus. C’est surtout dans la lutte contre les insectes parasites du tabac et du haricot que ces procédés ont donné de bons résultats.
- Pour les parasites de la maison, et particulièrement les mites qui causent des déprédations se chiffrant par des sommes fabuleuses chaque année dans le monde entier, à tel point que des recherches ont été poursuivies durant des années sur ce seul sujet au Mellon Institute (Etats-Unis) pour le compte d’une association de teinturiers et nettoyeurs à sec. A l’I. G. Farbenindustrie, en Allemagne, des recherches ont été entreprises et ont conduit à employer un insecticide appelé « Fulan » qui a donné de bons résultats.
- Voici d’après YInd. Engin Chem, d’octobre 1927 les multiples qualités exigées d’un « antimite ».
- 1° Il doit être inodore. 2° Il doit s’appliquer également aux fibres. 3° Il ne doit pas être visible ou presque. 4° Il ne doit pas être susceptible de faire de la poussière. 5° Il ne doit pas altérer les qualités physiques du tissu. 6° Il doit être soluble dans un dissolvant bon marché, tel que les produits légers tirés du pétrole et doit aussi être soluble dans l’eau. 7° Il ne doit pas être dangereux pour l’homme. 8° Il doit être bon marché. On a examiné des centaines de produits. Il en est bien peu qui remplissent tous ces « desiderata ».
- Pratiquement, actuellement le plus employé en France est la Paradichlorobenzène, qui, sous les noms de « Mormit »
- ..' -.... =—.....:= 333 =====
- « Tue-Mites », « lcillmites », « Tucafemite », etc., etc., mélangé ou non à d’autres matières, a la faveur du public. Son évaporation dans les armoires est lente, efficace et bon marché relativement aux pertes de matières de valeur qu’il évite.
- Citons aussi le paratoluène sulfamide, dont nous allons parler ci-après : mais disons quelques mots des alcaloïdes du quinquina, après que l’on en a extrait la quinine, et qui ont été jusqu’ici sans emploi; nous voulons parler des dérivés de la cinchonine et connexes.
- Ainsi le sulfate de quinidine a protégé par imprégnations de sa solution alcoolique, des tissus de laine, durant quatre années, de l’attaque des mites et il en a été de même ou presque de tous les alcaloïdes résiduaires du quinquina. Pour les employer au mieux, on les transforme en sels de certains acides gras, ce qui les rend solubles dans les produits légers dérivés du pétrole. On a ainsi des combinaisons mono et dibasiques excessivement actives contre les mites. L’alcaloïde antimite résiduaire du quinquina le meilleur marché est encore la qui-noïdine sauf l’inconvénient qu’elle a d’être colorée en brun. On emploie tous les alcaloïdes résiduaires du quinquina en solutions, soit dans l’eau, soit en pseudosolutions dans l’essence de pétrole légère ou dans le tétrachlorure de carbone.
- Ce dernier excipient présente le grand avantage d’être ininflammable. On peut employer comme mode d’imprégnation des laines et tissus, soit l’immersion, soit la pulvérisation au pistolet. On assure que 18 000 litres de solutions des alcaloïdes du quinquina peuvent traiter contre les mites 72 000 kg de laines, fourrures et plumes, etc.
- W. Herzog [Chem. Zeilung, n° 5 du 15 Janvier 1930) signale comme antimite excellent, ainsi que parasiticide d’une application très étendue : le paratoluène sulfochlorure. Il le signale comme étant des plus actifs contre : vers, limaces, fourmis, rongeurs, scarabées, chenilles, taons, pucerons et moustiques. Pour l’emploi, on broie le parasulfochlorure avec des poudres fines inactives, mais surtout avec des carbonates de calcium ou de magnésium qui fixent l’acide. On pulvérise sur les feuilles à protéger, ou bien on pulvérise dans les tanières et trous où se réfugient les bêtes à supprimer. (Voici les numéros de deux brevets de la Farbenindustrie : D. R. P. 449126 et 450 418.) On brosse les deux côtés de l’article laineux à protéger avec du paratoluène-sulfochlorure ou avec un mélange de celui-ci avec le disulfochlorure de naphtalène. Ce dernier est parfois aussi dissous dans le trichloréthylène ou le trichlorobenzène, ou quelquefois avec leur mélange. On opère aussi quelquefois, par simple pulvérisation. La Badische Anilin und Sodafabrik, dans son brevet D. R. P. 334 576, copule le paratoluène-sulfochlorure avec certaines anilines plus ou moins substituées; il s’ensuit des anilides avec lesquelles on fait des colles contre les insectes nuisibles; l’antiseptique tant employé durant la guerre, qui a soigné tant de grands blessés, et connu pour être la base de la liqueur dite de Dakin est la chloramide T, qui est le sel de sodium du paratoluène sulfochloralide, c’est un orungicide très puissant. Mélangé intimement à du soufre, il combat effectivement un champignon parasite de la canne à sucre. Les brevets D. R. P., de Baeyer, nos 359 587 et 339 588, sont aussi du genre de la chloramide T. Elle sert aussi de stérilisatrice des semences, et est employée en injections pour la conservation des bois.
- Ces produits sont des sous-produits presque sans utilisation et partant sans grande valeur, de la fabrication de la saccharine.
- Mélangés aux graviers et aux sables, ils débarrassent les terrains de tennis et allées des jardins des mauvaises herbes; mais nous nous en tiendrons là, n’ayant voulu qu’effleurer un sujet si utile pour l’agriculture autant que pour l’économie domestique. A. H.
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- PETITES INVENTIONS
- Fig.
- Projection horizontale et vertèçgtls d’un cube.
- Fi y. 1.
- L’appareil pour tracer les perspectives.
- DESSIN
- Appareil pour tracés en perspective.
- Pour dessiner un objet en perspective linéaire, on suppose l’œil placé en un certain point et observant les diverses parties
- de l’objet.
- S ’il s’agit d’un cube par exemple, les rayons visuels qui partent de
- l’œil et aboutissent aux difïérents som*n$$& traversent un plan vertical supposé et l’on mar<|UQ les points où ces rayons traversent le plan.
- En joignant ces différents points, on obtient un® représentation perspective de l’objet.
- Le plan horizontal dans lequel l’œil se trouve coupe le plan vertical suivant la ligne d’horizon.
- Un inventeur, M. Launay, a imaginé un appareil qui permet de déterminer pour ainsi dire immédiatement sur une feuille de dessin, la position des arêtes verticales par rapport à la ligne d’horizon et la position des sommets au-dessus ou au-dessous du rayon visuel perpendiculaire au plan, qui se trouve donc au milieu de la ligne d’horizon, d’une projection verticale et d’une projection horizontale de l’objet.
- Voyons comment l’appareil est constitué et nous examinerons ensuite comment il fonctionne.
- Fig. 3. Opérations successives effectuées au moyen de l'appareil pour restituer la perspective du cube.
- a) Première position des deux T. b)Repérage de x, y, z, v. c)’-Repérage de Z'+ et Z'^. d) Repérage de Y'+ et Y'_. e) Repérage de V'+ et V'_. f) Repérage de X'+ et X'_g). Perspective reportée sur une feuille de dessin.
- Qi Ligne_______( y_
- |v d’horizon
- Gauche
- Droite
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- Sur la planche à dessin, on a deux T gradués, dont l’un mobile glisse sur le bord de la planche. Ils déterminent par la position de leur graduation, la situation de tous les points de la figure par rapport à un point médian qui correspond à l’intersection du rayon visuel horizontal, et par rapport à la ligne d’horizon.
- Un T est démontable et il se fixe par une disposition spéciale sur la planche. L’une de ses branches est graduée, de manière à permettre la lecture des rayons visuels, à droite ou à gauche du point principal, intersection du rayon visuel horizontal.
- Par suite ce T se placera de manière que l’arête graduée soit placée suivant le plan de la perspective ou plan vertical que doivent traverser les rayons visuels. La branche principale est également graduée, de sorte qu’on peut y déplacer un curseur, dont la position correspondra à celle de l’œil de l’observateur.
- Pour matérialiser les rayons visuels, un fil part de l’œil de l’observateur, il passe sur un poids de fixation et de direction muni d’un viseur, puis de là vient sur un guide-fil, et son extrémité qui tombe dans le vide au bord de la planche soutient un poids de tension.
- Supposons qu’il s’agisse de représenter un cube observé dans une certaine position lorsqu’il est placé sur un plan horizontal.
- La ligne d’horizon intersection du plan horizontal de l’œil avec le plan vertical de projection de la vue perspective est à une certaine hauteur du plan horizontal sur lequel repose le cube.
- Nous plaçons donc sur la planche le tracé en plan du cube qu’on observe dans la position convenable par rapport à l’œil.
- Le T mobile coulisse de manière que son arête graduée coïncide avec la trace du plan perspectif et l’on fait coïncider avec lui le petit T de manière que les zéros de chacune des deux divisions coïncident.
- On place alors le curseur sur la branche médiane du petit T, ce qui représente la position de l’œil, et sur une feuille de papier à dessin, on trace au milieu la ligne d’horizon, puis perpendiculairement à cette ligne la trace PP' qui se passe à la position de l’œil sur la ligne d’horizon.
- On déplace le poids avec viseur de manière à amener le fil visuel successivement sur chacun des points V, X, Y, Z, du plan du cube, et cela nous donne sur le T les points x y z v qui correspondront au passage des arêtes verticales du cube sur la ligne d’horizon.
- On porte ces points sur cette ligne par rapport au point guide et l’on mène des verticales.
- Il faut maintenant déterminer la position des sommets tels que Y'—, V' +,l’un en dessous, l’autre au-dessus de la ligne d’horizon, et ainsi de suite pour les 4 arêtes. Opérons par exemple pour l’arête Z.
- Nous amenons le T mobile en contact avec le point Z et nous portons sur les divisions de ce T les hauteurs d’arêtes ZZ -j-, ZZ — à partir de la ligne d’horizon comme on les trouve sur la projection verticale du cube.
- Le T n’a pas bougé, on amène alors le fil visuel au passage de Z + et de Z —, ce qui détermine les points 3 + 3'—, qui donnent les distances à porter sur l’arête z sur la feuille de dessin.
- On trouve ainsi tous les sommets supérieurs et tous les sommets inférieurs, on n’a plus qu’à les joindre pour avoir la vue perspective du cube.
- Sur la figure on a représenté ces diverses opérations. Tout d’abord la fixation des distances horizontales, puis le repérage des distances verticales pour les sommets Z, Y, V et X.
- .... = 335 =
- Cet appareil très ingénieux a valu à son auteur le grand prix du concours Lépine.
- Il est évidemment d’un emploi extrêmement intéressant pour les travaux d’architecture, car il supprime tout tracé et point de fuite dans l’exécution de toute perspective linéaire exacte.
- Constructeur : J. Henry, à Bulguevillé (Vosges).
- AGRICULTURE
- Le transport en long des machines agricoles.
- Les machines agricoles en'« tiennent », de plus en plus larges, mais les chemins creux existent toujours, et chacun veut aller de plus en plus vite et on ne tolère plus un outil occupant plus de moitié de la largeur du chemin.
- Fig. 4. — Appareil pour le transport en long des machines agricoles.
- C’est pourquoi on transporte en long et non suivant leur direction de travail en travers, les moissonneuses-lieuses, les distributeurs d’engrais, les semoirs, même les rouleaux.
- Notre figure représente un de ces derniers. En position de travail, il porte ses roues sur le dos. En position de transport, les roues ont été « descendues » par rotation de leur essieu coudé.
- Le timon a été placé en long grâce à des chevilles spéciales.
- Un petit treuil permet de soulever le rouleau par rapport aux roues.
- Un seul homme peut donc effectuer l’opération en plein champ.
- Outre la facilité de passage et la rapidité de la circulation, cette disposition évite le « tintamarre » et l’usure du rouleau sur la route, usure qui ne nuit pas seulement à la traction mais dénature la surface, crée des irrégularités des trous où s’attache la terre. Le rouleau « traîne » alors au lieu de se contenter de « plomber » le sol. Pierre Larue.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Vibrations d’un diaphragme de phonographe.
- Le diaphragme reproducteur est un accessoire très délicat, mais dont le rôle est évidemment essentiel pour la bonne qualité de la reproduction; en particulier, la tension de sa membrane doit rester absolument constante. Les vibrations parasites, dont vous vous plaignez, peuvent provenir, soit d’un défaut de tension de cette membrane, soit simplement du mauvais serrage de l’aiguille dans son mandrin ; ce dernier défaut est facile à déceler, et son remède est évidemment immédiat. Vous pouvez remarquer, d’ailleurs, qu’une aiguille usée ou dont la pointe n’a pas une forme convenable par rapport aux dimensions des sillons peut également entraîner des vibrations parasites. Il en est de même lorsqu’il s’agit d’une aiguille très flexible qui, par ailleurs, permet d’obtenir une audition très douce, mais peut également produire des vibrations propres.
- Un diaphragme à membrane métallique, comme on en emploie très souvent aujourd’hui, est encore plus délicat qu’un diaphraeme à membrane de mica; le réglage de la tension d’une membrane ne peut être effectué par l’usager lui-même, parce que c’est une opération extrêmement délicate, et il doit, au contraire, être confié à un spécialiste.
- En général, un diaphragme à membrane métallique ne se dérèale pas sans cause, et les détériorations de cette membrane proviennent le plus souvent du manque de précaution de l’usager qui a infligé des chocs violents au levier porte-aiguille, au risque de produire une déformation constante de la surface vibrante.
- Réponse à M. Crétet, à Lyon.
- Choix d’un phonographe.
- Le plus grand avantage des appareils reproducteurs, à fonctionnement radioélectrique, consiste sans doute en ce qu ils permettent d’obtenir une audition d’intensité réglable presque à volonté. D’autre part, s’ils sont bien montés, on peut éliminer ou, du moins, atténuer les bruits parasites et réaliser une reproduction plus constante des différentes fréquences acoustiques. Cependant, pour pouvoir obtenir ces résultats, il faut adopter des appareils soigneusement étudiés, et, en particulier, comportant des organes : reproducteur, électromagnétique, amplificateur et haut-parleur, généralement électrodynamiques, soigneusement adaptés les uns aux autres. 11 en résulte qu’à l’heure actuelle les phonographes électriques sont encore, le plus souvent, des appareils assez coûteux.
- Les appareils à reproduction acoustique sont beaucoup nlus simules évidemment. 11 en existe également d’excellents, bien qu’on ne puisse jamais obtenir avec eux des résultats comparables à ceux des appareils électriques. Comme vous le savez, sans doute, ils sont réalisés sous forme d’appareils portatifs, et c’est la forme la plus employée à l’heure actuelle, sous forme d’appareils-meubles, ou sous forme d’appareils-coffrets.
- Pour juger des qualités musicales d’un phonographe, il serait bon sans doute d’employer des disques spéciaux portant des enregistrements exécutés avec les différents instruments de musique; mais il est difficile généralement de se procurer ces disques. Nous en avons, d’ailleurs, déjà noté l’emploi dans nos chroniques, ou dans la «Boîte aux lettres ».
- On peut souvent se contenter de jouer plusieurs disques quelconques mais de genres très différents; par exemple, un chant de ténor, un disque d’orchestre, un chœur, un chant de basse, un solo d’orgue, un chant de soprano, un solo de violon.
- Si l’on a obtenu une audition satisfaisante lors de l’audition de tous ces disques, on peut en conclure assez nettement que l’appareil est satisfaisant. Il faut, bien entendu, prendre garde aussi à sa réalisation mécanique, à la qualité du moteur d’entraînement, aux détails du coffret en ébénisterie, etc. Vous pourrez, d’ailleurs, trouver des renseignements sur toutes ces questions dans Le Phonographe et ses merveilleux progrès (Masson, éditeur).
- Réponse à M. Bozal, à Cannes.
- Applications de la lampe à grille tournante.
- La lampe à grille tournante, décrite dans le numéro 2848 de La
- Nature est, comme nous l’avons indiqué, encore un appareil de laboratoire, et n’a pas, croyons-nous, été réalisée commercialement d’une manière industrielle.
- Si vous désirez des renseignements plus complets sur cet appareil, vous pouvez, sans doute, en obtenir auprès du constructeur, en écrivant à la Compagnie De Forest, Radio-Telephon and Telegraph, Central Avenue, Jersey City, New Jersey, Etats-Unis.
- Nous ne connaissons guère, d’autre part, de constructeur de lampes s’occupant spécialement de travaux de laboratoire. Vous pourriez peut-être, pourtant, tenter de vous adresser à la Radiotechnique, à Suresnes ou à « La Compagnie des Lampes », rue de la Boétie, à Paris.
- Réponse à M. Roche, à Lyon.
- De tout un peu.
- M. Blaud, à St-Flour.— Vous pouvez dépiquer votre vin, c’est-à-dire faire disparaître l’excès d’acidité résultant de l’acétification par addition de tartrate neutre de potasse qui donne lieu à la réaction suivante :
- C4H40(K- + C2H402 = C2H302K + C4HsOüK
- tartrate neutre de K ac. acétique acétate de K bitartrate de K Le bitartrate de potasse étant peu soluble dans le liquide alcoolique que représente le vin, se dépose et il suffit de soutirer le vin ainsi traité.
- On doit remarquer qu’il ne s’agit que d’une amélioration passagère, car le ferment acétique poursuivra son action, à moins que l’on ne procède à une pasteurisation comportant un appareil spécial, non à la portée de l’amateur; il faut donc boire le vin rapidement et se rappeler qu’il doit être réservé à la consommation personnelle, sans être mis dans le commerce.
- N. B. —La proportion de tartrate neutre à employer dépend de la quantité d’acide acétique à neutraliser, il faut compter 0 gr. 376 de tartrate par décigramme d’acide acétique (0 gr. 10).
- M. Lavigerie, à Soissons.— Le ciment à la litharge glycérinée, employé d’une façon courante pour les scellements métalliques sur la porcelaine dans les installations électriques industrielles, vous donnera très probablement satisfaction, ce ciment est obtenu en prenant :
- Litharge pulvérisée ......................... 50 grammes
- Liquide de gâchage........................... 60 cent, cubes
- Le liquide ci-dessus est un mélange de :
- Glycérine....................................50 cent, cubes
- Eau ordinaire................................20 —
- Pour une bonne réussite, les proportions indiquées doivent être observées très soigneusement, au bout de dix minutes, la masse doit avoir déjà une dureté appréciable, au bout de trois heures, la solidité est complète.
- M. Coupard, à Toulon-sur-Mer.— 1° Il y a eu effectivement omission d’un alinéa dans la formule de préparation du carmin aluné, donnée dans le n° 2840, la quantité d’eau à employer est de 150 cent, cubes.
- 2° Nous vous remercions des recettes que vous nous avez communiquées et en ferons bénéficier les lecteurs de notre journal à la prochaine occasion.
- M. Meunier, à Nice. — Le vernis cellulosique appliqué sur les ampoules électriques est du type suivant :
- Acétate de cellulose............................ 60 grammes
- Alcool éthylique................................125 —
- Acétone........................................ 675 —
- Benzine.........................................125 —
- Alcool benzylique............................... 15 —
- L’alcool benzylique agit comme gélatinisant des acéto-celluloses et donne d’autre part du brillant aux pellicules.
- Ce vernis peut être coloré par toute couleur d’aniline au choix, soluble dans l’alcool. Si on désire imiter le dépolissage, il suffit de l’additionner d’un pigment blanc opaque tel que kaolin, talc, sulfate de baryte, carbonate de chaux en quantité suffisante.
- Un vigneron de Nantes. — Il est difficile d’apprécier à distance le goût anormal que peut présenter votre vin, et le remède à y apporter. A notre avis, le mieux serait de vous adresser à la station œnologique de la Charente à Cognac ou au professeur d’agriculture de Nantes.
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- N° 2855
- LA NATURE
- 15 Avril 1931
- —— LES AURORES POLAIRES -.......-=
- L'OBSERVATION ET LA PHOTOGRAPHIE DES AURORES
- Tous les explorateurs des régions arctiques ont été les témoins émerveillés de phénomènes lumineux d’une très grande beauté, s’allumant sur une partie plus ou moins étendue du ciel et qui, lorsqu’ils se produisent près de l’horizon, rappellent le point du jour ou aurore. Dans l’hémisphère boréal, cette lumière apparaît du côté nord ou boréal du ciel, d’où le nom d’aurore boréale sous lequel elle est souvent désignée. Mais dans l’hémisphère austral elle se montre du côté sud. Il semble donc préférable d’adopter le terme général d’aurore polaire pour désigner ces manifestations lumineuses qu’on observe dans le ciel des régions polaires des deux hémisphères.
- D’ailleurs les aurores ne se produisent pas exclusivement au voisinage immédiat des pôles et même les régions où elles sont les plus fréquentes n’entourent pas exactement les pôles. Dans l’hémisphère nord, la zone de fréquence maxima est limitée par une large bande passant près du cap Nord de la Norvège, le haut de la Nouvelle-Zemble, la pointe nord-est de la Sibérie, l’Alaska, la baie d’Hudson et le Labrador, le sud du Groenland et de l’Islande, pour se fermer sur elle-même près du cap
- Fig. 2. — Aurore observée à Bygdb, dans la nuit du 22-23 mars 1920. (Photographie communiquée par le Professeur Stormer.)
- Fig. 1. — Appareil photographique utilisé par M. Stormer pour la photographie des aurores polaires.
- Nord. Sans doute observe-t-on des aurores polaires en dehors de cette zone, jusqu’en France et même en Italie. Mais le nombre moyen de celles qui se produisent chaque année est maximum dans la zone dont nous venons de fixer le contour et il diminue quand on la traverse, qu’on aille vers le sud ou vers le nord. De tous les pays civilisés, c’est la Norvège qui est le plus favorisé pour l’observation des aurores. Aussi est-ce à des savants norvégiens que nous sommes redevables de la plupart des données précises que nous possédons sur les particularités qu’elles présentent et ce sont eux qui ont fourni les premières explications vraiment scientifiques qu’on ait pu en donner.
- LES ASPECTS DES AURORES POLAIRES
- C’est un gros livre qu’il faudrait écrire si l’on voulait rapporter toutes les descriptions qui ont été données des aurores polaires par les savants et les explorateurs à qui il a été donné d’en observer. Citons au hasard ce qu’a écrit à leur sujet l’explorateur anglais, Dr. Bruce :
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- Fig. 3. — Aurore observée à Bygdo, dans la nuit du 15-16 octobre 1926. (Photographie communiquée par le Professeur Stürmer.)
- « On ne peut guère comparer l’aurore polaire qu’à un ballet imaginaire, qui serait dansé dans le ciel, où les figures sont animées d’un mouvement extraordinaire-
- Fig. 4. — Aurore observée à Bygdo, dans la nuit du 15-16 octobre 1926. (Photographie communiquée par le Professeur StOrmer.)
- ment rapide, passant et repassant d’une façon continue, où toute une rangée de danseurs se mêle avec une autre et où toute une série de lumières éclatantes et de couleurs différentes passent vivement à travers une draperie de mousseline étincelante. L’effet d’ensemble est d une beauté surnaturelle et est connu depuis longtemps dans les pays montagneux de l’Ecosse sous le nom très approprié de « les Joyeux Danseurs ».
- Les aurores revetent les apparences les plus variées et les plus complexes, comme le montrent les photographies reproduites dans cet article. Elles sont parfois animées de mouvements rapides et incessants. Souvent, au contraire, elles restent sensiblement immobiles.
- Parmi les aurores fixes, certaines présentent des lueurs faibles sans formes définies ; d’autres, des lueurs plus nettes, assemblées en taches offrant l’apparence de nuages; d’autres, enfin, forment des arcs bien limités, constitués par une masse lumineuse homogène, s’appuyant sur l’horizon par ses deux extrémités.
- Parmi les aurores animées de mouvement, il en est qui revêtent l’aspect d’arcs non homogènes, dont l’éclat n’est pas uniforme, d’où s’élancent des rayons d’une manière intermittente. D’autres sont constituées par des rayons isolés les uns des autres, plus ou moins rapprochés, qui semblent converger vers un point bien déterminé du ciel, et forment quelquefois, autour de ce point, une sorte de couronne. D’autres, enfin, sont des bandes de rayons serrés les uns contre les autres, qui, parfois, se replient de manière à donner naissance aux « aurores en draperies », une des manifestations les plus splendides des aurores polaires.
- La plupart des aurores ont une coloration blanc jaunâtre. Si la clarté est faible, cette teinte devient laiteuse ; elle passe au jaune lorsque la clarté devient vive. Parfois même, la partie centrale de l’aurore étant jaune,' les extrémités sont l’une rouge carmin et l’autre verdâtre.
- LA PHOTOGRAPHIE DES AURORES POLAIRES
- Pour étudier un phénomène variable et fugitif, la méthode la plus sûre consiste à en fixer l’image par la photographie. C’est la seule qui permet d’obtenir un document objectif qu’on puisse ensuite étudier à loisir. Mais la photographie des aurores a présenté de grandes difficultés qui n’ont été résolues complètement qu’à une date toute récente grâce aux efforts persévérants du Professeur Stormer de l’Université d?Oslo (Christiania), qui est le savant du monde entier dont la contribution personnelle a le plus fait pour la connaissance que nous avons aujourd’hui des aurores polaires. C’est qu’en effet les aurores polaires sont des phénomènes nocturnes d’une faible luminosité et souvent très mobiles. En fait, tous les essais antérieurs aux recherches du Professeur Stormer avaient-ils échoué à l’exception d’un seul dû à l’astronome allemand Brendel, qui, nous dit le Professeur Stormer lui-même avait obtenu, en 1892, à Bossekop, dans la Norvège septentrionale, une photographie d’une draperie d’aurore intense, avec une pose de sept secondes.
- Après avoir essayé différents objectifs et diverses plaques, M. Stormer s’est arrêté à l’emploi d’un objectif
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- de cinéma très lumineux avec ouverture de 5 mm et distance focale de 50 mm, combiné avec les plaques hypersensibles Lumière (étiquette violette). C’est ainsi qu’il a réussi à prendre des photographies d’aurores intenses avec une pose ne durant qu’une fraction de seconde. En général, on obtient cependant de bonnes photographies avec des poses plus longues lorsque l’aurore n’est pas particulièrement mobile. La figure :1 montre l’un des appareils photographiques qu’utilise M. Stormer pour les photographies d’aurores. 11 est muni d’un enregistreur de temps. On photographie, en effet, le cadran éclairé d’une montre en même temps que l’aurore. On peut ainsi facilement connaître l’heure exacte à laquelle la photographie a été prise et, d’après le secteur décrit par l’aiguille à secondes, la durée de la pose.
- Après avoir mis au point le dispositif permettant de photographier les aurores, le Professeur Stormer entreprit en 1910 et 1913 deux expéditions, particulièrement fécondes par les résultats qu’elles ont donnés, à la station de Bosselcop, petit village du nord de la Norvège, à 70° de latitude, tout près de la zone des aurores boréales. C’est là que s’était rendue en 1838-1839, sur la corvette Recherche, la mission scientifique française qui, sous la direction du physicien Bravais, entreprit d’intéressantes recherches sur les aurores polaires.
- Depuis, de nombreux observateurs, dans tous les pays septentrionaux, ont photographié les aurores polaires. Lors du Congrès de géodésie et de géophysique qui eut lieu à Prague en 1927, un Comité présidé par le Professeur Stormer fut désigné pour publier un atlas comprenant les photographies des divers types d’aurores et des instructions détaillées sur la pratique de ces observations. Cet atlas vient de paraître à Oslo et nous devons à l’extrême obligeance du Professeur Stormer de pouvoir reproduire quelques-unes des magnifiques photographies d’aurores qu’il renferme.
- Les aurores ont été groupées en trois classes principales :
- 1° Les aurores formées d’arcs homogènes comme ceux qu’on voit sur les figures 10 et 11.
- 2° Les aurores formées de rayons plus ou moins longs et disposées de manières très variables suivant les cas : à ce type appartiennent les aurores reproduites sur les photographies des figures 2, 3, 4, 5, 6, 7, cette dernière révélant un aspect assez singulier de l’aurore : c’est une bande lumineuse composée de courts rayons verticaux juxtaposés, traversant le ciel de l’ouest à l’est et ayant une longueur de plus de 1000 km.
- 3° Les aurores dites à flammes extrêmement mobiles formées de vagues lumineuses successives s’élançant vers le zénith l’une après l’autre. A ce type appartient l’aurore représentée sur la figure 8 photographiée à Bygdo, près d’Oslo le 23 mars 1920, au cours de laquelle, nous dit le Professeur Stormer, apparurent des couronnes d’abord rouges, plus tard jaune vert, et, peu avant l’aube, d’une couleur bleue tout à fait ravissante.
- ALTITUDE A LAQUELLE SE PRODUISENT LES AURORES POLAIRES
- On doit également au Professeur Stormer de très belles recherches en vue de déterminer d’une ma-
- Fig. 5. — Aurore observée à Byydo, dans la nuit du 22 au 23 mars 1920. (Photographie communiquée par le Professeur Stormer.)
- nière précise la position et l’altitude des aurores.
- Cette méthode, basée également sur l’emploi de la photographie, consiste en une sorte de triangulation dans laquelle on détermine, de deux stations A et B, les directions Ax et B y sous lesquelles on voit un point P de l’aurore. Ayant ainsi déterminé les angles que forment ces droites avec l’horizon, on peut construire le triangle APB qui détermine la position du point P
- Fig. 6. — Aurore observée à Oslo, dans la nuit du 27 au 28 février 1,929. (Photographie communiquée par le Professeur StOrmer.)
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- Fig. 7. — Aurore polaire photographiée à Bossekop, le 3 mars 1910.
- _ (Photographie communiquée par le Professeur Stormer.)
- (fig. 8). Comme dans toute triangulation, les résultats sont d’autant plus précis que la base AB est plus étendue. Pour ses observations, M. Stormer a utilisé des stations dont la distance a varié entre 27 et 258 km. Les mesures sont alors très précises.
- Voici d’ailleurs, d’après le Professeur Stormer lui-même, comment s’effectue la mise en œuvre de la méthode. On établit deux stations d’observation des aurores reliées téléphoniquement de manière que les observateurs puissent communiquer entre eux. Après entente au téléphone, chaque observateur pointe son appareil photographique vers une même étoile, située aussi près que possible de l’aurore. Les*poses se font simultanément, lors d’un commandement transmis dans le téléphone, et on note l’heure exacte. On obtient ainsi deux clichés de l’aurore, un à chaque station, sur lesquels on distingue les étoiles en même temps que l’aurore polaire, la situation de celle-ci par rapport aux étoiles différant d’une plaque à l’autre. Connaissant l’heure de la pose et l’emplacement des stations, la mesure de la position de l’aurore sur les clichés fournit toutes les données nécessaires au calcul de l’altitude de l’aurore et de sa situation dans l’espace. Cependant, les calculs sont laborieux et il faut souvent des mois pour terminer l’étude des clichés pris pendant une seule nuit.
- Les figures 10 et 11 reproduisent deux photogrammes relatifs à une même aurore et pris à la même heure (11 h, 41 m, 30 s) l’un à Bygd(') (fig. 10), l’autre
- à Domhaas (fig. 11), qui est situé beaucoup plus près de l’arc; l’intensité de celui-ci est bien plus grande qu’à Bygdd, où l’atmosphère a notablement réduit l’action photographique à cause de la faible élévation de l’arc au-dessus de l’horizon.
- Il résulte des mesures faites presque sans interruption depuis 1911 par le Professeur Stormer, ainsi que de celles effectuées suivant la même méthode en Norvège et en Suède par d’autres observateurs, que les aurores se produisent dans des régions très élevées de l’atmosphère. Les altitudes calculées ont été rarement inferieures à 100 km. Quelques-unes atteignent et dépassent 500 km; certains sommets des rayons auroraux peuvent même s’élever jusqu’à 800 km. Ainsi les aurores se produisent-elles dans des régions de l’atmosphère où la pression est extrêmement faible. Les altitudes les plus élevées (au-dessus de 400 km) se trouvent dans la partie de
- Fig. 9. — Aurore observée à Bygdd, dans la nuit du 22 au 23 mars 1920. (Photographie communiquée par le Professeur Stormer.)
- l’atmosphère directement éclairée par le soleil, c’est-à-dire en dehors du cône d’ombre projeté par la terre. Toute théorie des aurores polaires devra donc tenir compte de la raréfaction de l’atmosphère dans la région où elles se produisent et d’une action possible des rayons solaires.
- PHÉNOMÈNES DIVERS ACCOMPAGNANT LA PRODUCTION DES AURORES POLAIRES
- On a parfois signalé, lors de l’apparition des aurores polaires, la perception de bruits divers constitués généralement par une sorte de sifflement. Ainsi, le 15 octobre 1926, M. Yelstrup et son assistant, observant près d’Oslo une magnifique aurore jaune verdâtre en éventail, qui ondulait de haut en bas depuis le zénith, eurent l’occasion de noter un léger son sifflant extrêmement
- Fig. 8. — Principe de la méthode de triangulation utilisée pour mesurer l'altitude des aurores.
- Sur les photographies prises des points A et B on repère la position d’un même point P de l’aurore, par rapport à une même étoile fixe, qui permet de construire le triangle APB et par suite d’obtenir l’altitude du point P.
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- curieux, dont les modulations semblaient suivre les vibrations de l’aurore.
- A dire vrai, il s’agit là d’une particularité curieuse mais qui ne semble pas très fréquente et dont on n’a pas jusqu’ici fourni d’explication plausible. Du point de vue de la théorie des aurores polaires, il est beaucoup plus important de signaler, comme on l’a remarqué depuis longtemps, que les aurores polaires s’accompagnent souvent d’orages magnétiques et de courants telluriques intenses : lors d’une aurore, l’aiguille aimantée, qui généralement n’éprouve que des déplacements très lents au cours de la journée, se met à osciller d’une manière folle et les graphiques relatifs aux stations où sur l’ensemble du globe l’on enregistre la position de l’aiguille
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- présentent des perturbations extrêmement accentuées ; en même temps des courants électriques parcourent la surface du globe et notamment les réseaux télégraphiques et téléphoniques, rendant souvent impossible toute communication normale.
- Ainsi aurore polaire, orage magnétique, courant tellurique, semblent des phénomènes liés entre eux. Les uns et les autres augmentent de fréquence et d’intensité en même temps que l’activité solaire caractérisée par le nombre et l’importance des taches, si bien que toute théorie des aurores polaires devra rattacher la production de celles-ci à une manifestation solaire liée à cette activité. C’est ce que nous examinerons avec quelques détails dans un prochain article. A. Boutaric.
- Fig. 10 (à gauche). — Aurore du 18 avril 1920, observée à Bygdô. (Photographie du Professeur Stôrmer.)
- Fig. 11 (à droite). — Aurore du 18 avril 1920 observée à Dombaas.
- (Photographie du Professeur Stormer.) L’ensemble des photographies 10 et 11 constitue deux photogrammes permettant de calculer la hauteur d’un point quelconque de l’aurore. Sur les deux on voit le même arc auroral et les étoiles de la constellation de Persée.
- LES BALAIS DE SORCIÈRE
- LE GROUPE DES URÉDINÉES
- Les Urédinées, dont le nombre actuellement connu a été évalué par Paul Hariot, en 1908, à 3500 environ, et qui ainsi représentent l’un des groupes les plus importants de champignons, sont des parasites endo-phytes, pénétrant les tissus des plantes auxquelles ils s’attaquent, et susceptibles, pour la plupart, de provoquer des déformations plus ou moins marquées des organes végétaux qu’ils envahissent; en raison de la coloration habituelle des lésions que ces champignons déterminent chez les plantes qui les hébergent, les maladies dont ils se montrent responsables sont communément désignées sous le nom de Rouilles.
- Si, dans des cas nombreux, les feuilles ou les tiges sont seulement épaissies, hypertrophiées ou contournées, il peut arriver que l’hypertrophie atteigne des proportions considérables ou que les déformations prennent des caractères spéciaux; les plantes peuvent ainsi être suffisamment modifiées pour que leur aspect nouveau les rende plus ou moins complètement méconnaissables.
- Ainsi, la forme écidienne de VUromyces Pisi déforme profondément certaines Euphorbes (Euphorbia Cypa-rissias, Euphorbia Esula, Euphorbia Peplus) dont les tiges s’allongent considérablement, se ramifient peu ou point et ne fleurissent pas; de même, VUromyces scutel-latus est un parasite déformant des Euphorbes, dont il fait avorter la floraison, tandis que VUromyces proemi-
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- nens, qui paraît être assez fréquent en Provence, déforme Y Euphorbia Cha-maesyce dont les tiges demeurent droites alors que la plante saine est toujours couchée sur le sol.
- L’ Endophyllum Semper-vivi est fréquent sur les Joubarbes cultivées qu’il déforme et dont les feuilles pâlissent en s’allongeant et en se rétrécissant ; le Puccinia Passerinii détermine, en même temps qu'un changement de géotropisme des pousses du Thesium humijusum qu’il parasite, la castration florale de la plante qui l’héberga.
- On observe pareillement de profondes modifications du type produites par Puccinia montana sur Centaurea montana, qui montre un allongement anormal des entrenœuds, par Puccinia Vossii sur Sta-chys recta, dont les feuilles demeurent assez grêles et prennent une teinte pâle à leur face supérieure, par Puccinia caulincoia sur Thymus Serpyllum, par Puccinia majoricen-sis sur Teucrium capitatum, que l’m-l'eetion rend habituellement stérile, par les formes éci-diennes du Puccinia Prunispinosae ou de V Ochropsora Sorbi sur Anémone nemorosa qui ne fleurit pas.
- Le nanisme, le gigantisme ou la stérilité ne sont cependant pas les seules conséquences d’une infection généralisée ou d’une contamination précoce des plantes qui hébergent les Uré-dinées ; le parasitisme de ces champignons peut aussi, lorsqu’il s’exerce aux dépens d’or-
- ganes très jeunes tels les bourgeons, déclencher un développement anormal de ces bourgeons qui, au lieu d’évoluer suivant le processus habituel, donnent alors naissance à des Balais de sorcière plus ou moins nettement caractérisés.
- Les Sapins de l’Est de la France montrent fréquemment des Balais de sorcière, déterminés par le Melampso-rella Caryophyllacearum, Urédinée hétéroïque s’attaquant, d’une part aux Sapins (Abies pectinata, Abies Nordmanniana, Abies Pinsapo, Abies balsamea, Abies lasiocarpci, etc...) sous sa forme écidienne (— Aecidium elatinum), d’autre part à certaines Caryophyllacées de
- Fig. 3. — Feuilles et fruits de Pomacées diverses déformés par le Gymnosporangium Blasdaleanum.
- nos forêts (Arenaria, Cerastium, Stellaria, Malachium, Moehringia), sur lesquelles elle constitue ses urédospores et ses téleutospores (fig. 1).
- C’est aux recherches d’Eü. Fischer (1901) en Suisse, confirmées ultérieurement par celles de vonTubeuf (1901) et Klebahn (1902) en Allemagne, puis par celles d’Arthur (1912) en Amérique, que nous devons de nous avoir fait connaître le lien générique qui, sur l’un et l’autre continent, unit la Rouille jaune des Caryophyllacées à la Rouille déformante du Sapin.
- Le mycélium vivace du champignon parasite pénètre jusque dans la zone cambiale des pousses de Sapin; le bois se développe de façon anormale et le point attaqué se gonfle de façon démesurée; ces renflements, souvent
- Fig. 1. — Balai de sorcière de /'Aecidium elatinum sur Abies sibirica.
- Fig. 2. — Balai de sorcière du Gymnosporangium gracile sur Juniperus oxycedrus.
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- accompagnés de gerçures ou de déchirures profondes de l’écorce, sont bien connus sous les noms de chaudrons ou dorges et se rencontrent assez communément sur le tronc des Sapins, quel qu’en soit l’âge.
- Sur les jeunes pousses, l’altération prend l’aspect tout spécial des Balais de sorcière. En leur premier état, ceux-ci sont constitués par des pousses terminales ou axillaires, à sommet dirigé en haut, naissant sur des rameaux de un à quatre ans; la direction des pousses, n’étant plus horizontale, fait que l’ensemble simule un petit arbrisseau nain qui semble sortir d’une branche de l’arbre.
- Les aiguilles portées par ces pousses malades prennent elles-mêmes une configuration particulière; plus courtes et plus larges, elles demeurent pâles et jaunâtres et apparaissent éparses au lieu d’être régulièrement disposées; au surplus, elles tombent à la fin de l’été, ce qui est un
- Fig. 4. — Balais de sorcière du Gymnosporangium Kernianum sur Juniperus utahensis.
- susceptible de contaminer les Stellaria borealis et longi-folia, est identique au Melampsorella Caryophyllacearum, ce qui apparaît très vraisemblable.
- Peu éloigné systématiquement du Melampsorella Caryophyllacearum est le Pucciniastrum Goeppertianum (— Calyptospora Goeppertiana), qui constitue ses écidies (= Aecidium columnare) sur les feuilles de divers Sapins dont YAbies pectinata, ses téleutospores sur l’Airelle (Vaccinium Vitis-idaea), dont les tiges et les rameaux s’allongent et se gonflent, en prenant une consistance spongieuse et une coloration d’abord rosée, puis brun foncé; en Amérique, où peut-être les Airelles indigènes réagissent plus fortement au parasite que celles de nos pays, cette déformation a été comparée à celle qui caractérise habituellement les Balais de sorcière. Cette Uré-dinée hétéroïque est, d’ailleurs, comme le Melampsorella
- Fig. 5. — Balai de sorcière du Gymnosporangium Nelsoni sur Juniperus scopulorum.
- exemple remarquable de la transformation, par voie de parasitisme, de feuilles persistantes en feuilles caduques.
- Le mycélium hiverne dans l’écorce des parties déformées et, au printemps suivant, se développe dans les nouvelles pousses; il en est ainsi chaque année. Par suite de cette formation répétée de nombreux jets latéraux, il se constitue peu à peu, autour de la pousse malade originelle, une sorte de broussin.
- Au bout d’un certain nombre d’années, le Balai périt; le plus âgé qu’ait vu de Bary avait 70 centimètres de hauteur sur 6 centimètres et demi et présentait à sa partie inférieure seize couches annuelles.
- Assez commun dans l’Est de la France, le Melampsorella Caryophyllacearum s’observe dans les diverses régions où croissent côte à côte Sapins et Caryophyllacées ; c’est ainsi qu’on peut le rencontrer, non seulement dans toute l’Europe, mais aussi en Sibérie, au Japon, dans l’Amérique boréale, au Mexique.
- Il n’a pas encore été possible de préciser, d’une manière certaine, si Y Aecidium coloradense qui, au Canada, aux Etats-Unis et au Mexique, s’attaque à diverses espèces de Picea dont le Picea excelsa ou Epicéa, et qui est aussi
- Fig. 6. — Balai de sorcière du Gymnosporangium Blasdaleanum sur Cèdre.
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- Fig. 7 (en haut). — Puccinia Rübsaa-meni, parasite de la Marjolaine (Origanum vulgare), dont il transforme certaines pousses en Balais de sorcière. (Dessins accompagnant le travail original de Magnus.)
- Fig. 9 (en bas). — Pousse de Marjolaine transformée en Balai de sorcière par le Puccinia Rübsaameni. (Echantillon recueilli par l’auteur, à Famechon (Somme), le 2 avril 1929.)
- Caryophyllacearum, redevable à la dispersion de ses deux hôtes respectifs d’une aire géographique assez vaste, qui englobe toute l’Europe, la Sibérie ainsi que l’Amérique boréale.
- On connaît, par ailleurs : au Chili, les Balais de sorcière du Puccinia araucana sur Solanum cyrtopodium et Solanum valdivia-num et du Puccinia Cynoctoni sur Cynoctonum sp. ; en Amérique Nord et Sud ceux du Ravenelia Hieronymi sur divers Acacia ; en Equateur, ceux du Ravenelia pyg-maea sur Phyllanthus sp. ; en Afrique, ceux du Puccinia Schwein-furthii sur divers Rhamnus.
- Aux Etats-Unis et au Mexique, les Ephedra supportent des Balais de sorcière au point d’infection des rameaux par la forme écidienne du Peridermium ephedrae, dont n’ont point encore été rencontrées les urédospores ni les téleutospores. En Amérique boréale occidentale ont été décrits les Balais de sorcière du Peridermium fila-mentosum (forme écidienne du Cronartium coleosporioides dont les urédospores et téleutospores croissent sur Castilleia sp.), sur P inus ponderosa, au Brésil ceux de YAecidium Xylopia sp.
- Sur l’Epine-vinette (Berberis vulgaris) s’observent deux Urédinées déformantes :
- —- D’une part Y Aecidium Berberidis, qui n’est autre que la forme écidienne du Puccinia graminis, responsable de la Rouille des Céréales et de nombreuses Graminées, et qui limite son action à la production de petites taches arrondies, d’un pourpre roux et bordées de jaune,
- Fig. 8. — Action déformante du Puccinia Rübsaameni sur la Marjolaine :
- a) à gauche : pousse normale;
- b) à droite : pousse transformée en Balai de sorcière. (Echantillon recueilli par l’auteur, à Famechon (Somme), le
- 3 septembre 1928.)
- quelque peu épaissies et légèrement déformantes ;
- —- D’autre part Y Aecidium graveolens, qui se relie au Puccinia Arrhenatheri parasite de l’Avoine élevée ou Fromental (Arrhenatherum elatius = Avena elatior) et qui, par ses écidies très nombreuses et rapprochées sur les feuilles et sur les organes floraux, déforme violemment les rameaux transformés en Balais de sorcière.
- U Aecidium graveolens, observé à ce jour seulement en Allemagne, Autriche-Hongrie, Suisse, Suède, Finlande, Turkestan, est à distinguer systématiquement de Y Aecidium magellanicum de l’Amérique australe, avec lequel il fut un moment confondu, mais qui, s’attaquant seule-
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- ment aux feuilles de Berberis ilicifolia, ne produit pas de Balais de sorcière; il convient néanmoins d’indiquer que de nombreuses Epines-vinettes exotiques peuvent évoluer en Balais de sorcière sous l’action du parasitisme de certains champignons : c’est le cas de Berberis buxi-folia contaminé par Aecidium Jacobsthalii-Henrici en Chili et Patagonie, de Berberis ruscifolia infecté par Aecidium Berberidis-ruscifoliae dans la province de Cordoba en Argentine, de Berberis sp. parasités par Aecidium montanum en Himalaya.
- Mais les Urédinées déformantes et hypertrophiantes au plus haut degré appartiennent, sans conteste, au genre Gymnosporangium, qui comprend un certain nombre d’espèces hétéroïques vivant à l’état de téleutospores sur les Genévriers, sous la forme écidienne sur les Poma-cées. Si les feuilles et les fruits des Cognassiers, Pommiers, Poiriers, Sorbiers, Néfliers, Aubépines qui portent cette forme écidienne sont plus ou moins boursouflés et déformés sous l’action du parasite, les déformations corres-
- Fig. 11. — Balai de sorcière de Z’Apiosporina collinsii sur Amelanchier.
- pondantes sur les Genévriers sont encore plus remarquables sous ce rapport, car elles peuvent atteindre parfois la grosseur du poing (fig. 2 à 6).
- Ainsi, les rameaux des Juniperus communis, nana, phoenicea, oxycedrus sont hypertrophiés et crevassés par le mycélium du Gymnosporangium claoariaeforme dont les écidies s’observent sur le Poirier, l’Aubépine, l’Amélanchier, le Cotonéaster, divers Sorbiers; le Gymnosporangium Sabinae, responsable de la Rouille du Poirier, détermine des hypertrophies fusiformes des rameaux des Juniperus Sabina, phoenicea, virginiana, oxycedrus-, etc...
- Dans la France méridionale, comme aussi en Corse et en Afrique du Nord, les rameaux du Juniperus oxycedrus, envahis par le Gymnosporangium gracile, assimilé par certains mycologues au Gymnosporangium clavariae-jorme ci-dessus mentionné, ne montrent ni tubérosités
- Fig. 10. — Balai de sorcière à Puccinia Rübsaameni inséré latéralement sur une touffe saine d’Origanum vulgare. (Échantillon recueilli par l’auteur, à Famechon (Somme), en septembre 1929.)
- ni courbures, mais présentent simplement, d’après M. Patouillard, « une diminution dans la longueur des axes et une production d’un nombre considérable de petites branches serrées formant des touffes denses, aisément reconnaissables à distance au milieu des parties élancées et saines du Genévrier »; il y a, dans ce
- Fig. 12. — Balai de sorcière, d’origine inconnue, sur Pin.
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- Fig. 13. — Balai de sorcière, d’origine inconnue, sur Cytise (Cytisus Laburnum).
- . (Échantillon recueilli par l’auteur, à Famechon (Somme), en i septembre 1928.)
- Remarquer la ramification divergente du Balai de sorcière, qui a pris naissance à l’extrémité d’une branche dont le bourgeon terminal a évolué anormalement et bilatéralement, vraisemblablement à la 'suite d’une lésion provoquée par un insecte.
- cas particulier, production d’un véritable Balai de sorcière.
- Les Gymnosporangium américains, comme ceux de nos pays, se comportent en parasites violemment déformants des Gymnospermes auxquels ils s’attaquent, et parmi lesquels il convient de citer surtout :
- Fig. 14. — Détail de la ramification du Balai de sorcière précédent.
- — Juniperus virginiana ou « common cedar », dont sont bien connues les déformations très curieuses désignées, en raison de leur aspect particulier, sous les noms de « cedar apples » (pommes de cèdre) ou « cedar flowers » (fleurs de cèdre) ; celles-ci sont dues à l’infection des rameaux par le Gymnosporangium juniperi-virginianae, qui vit aussi sur le Pommier chez lequel il détermine une Rouille réputée comme dangereuse, et dont se plaignent vivement les arboriculteurs des diverses régions fruitières des Etats-Unis, du Canada et de l’Alaska.
- Le Juniperus virginiana se montre aussi, en Amérique boréale, sensible aux attaques des Gymnosporangium juvenescens et Nidus-avis, qui ont l’Amélanchier comme second hôte et qui, l’un et l’autre, provoquent, chez le « common cedar », l’apparition de Balais de sorcière de dimensions variables.
- — Juniperus utahensis qui, au Colorado, montre des Balais de sorcière pouvant atteindre 60 centimètres de diamètre et dus au parasitisme du Gymnosporangium Kernianum, dont le second hôte n’est pas exactement connu.
- Ce même Genévrier, comme aussi les Juniperus mono-sperma et scopulorum, sont parfois aussi, en Amérique boréale occidentale, déformés en Balais de sorcière par le Gymnosporangium Nelsoni, parasite de l’Amélanchier, du Cognassier et du Poirier.
- —• Le Cèdre américain (Libocedrus decurrens), qui révèle, en Orégon, les Balais de sorcière du Gymnosporangium Blasdaleanum, lequel, par ailleurs, provoque une redoutable Rouille des Pommiers, Poiriers et Cognassiers, dont les tiges, les feuilles et les fruits sont profondément déformés, ceux-ci parfois étant affectés dans la proportion de 50 pour 100.
- Enfin, l’un des plus curieux et des plus intéressants parmi les Balais de sorcière attribuables au parasitisme des Urédinées est celui que détermine le Puccinia Rübsa-ameni sur la Marjolaine (Origanum vulgare) qui, durant tout l’été, égaie nos coteaux de ses touffes compactes de fleurs roses odorantes, mêlées souvent au Thym Serpolet, aussi suave mais plus discret (fig. 7, 8, 9, 10).
- Dès 1883 déjà, Rostrup, au Danemark, avait décrit l’aspect fort singulier que présentent parfois les touffes à’Origanum vulgare, lorsqu’elles sont parasitées par un certain champignon alors décrit sous le nom de Puccinia caulincola et connu comme s’attaquant aussi à diverses espèces de Thymus; ces pousses montrent une ramification exagérée donnant à la tige l’allure d’une baguette effilée, les feuilles demeurent très petites et les fleurs sont arrêtées dans leur évolution, toute la plante présente une grande ressemblance avec une Labiée voisine, le Calamintha Acinos.
- Mais c’est en 1904 que fut, pour la première fois, réalisée l’étude précise de ce champignon, par Magnus, en Allemagne, qui, examinant un échantillon de Marjolaine, profondément déformé, recueilli à Remagen-am-Rhein par SW. H. Rubsaamen, reconnut que celui-ci était contaminé, non pas précisément par le Puccinia caulincola, parasite des Thyms, mais par une Urédinée voisine, distincte de la précédente par les dimensions plus grandes de ses téleutôspores (30,7 X 19,7 p. chez
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- la Marjolaine contre 26,6 X 16,7 p. chez le Thym) et à laquelle, en souvenir de celu qui ava t découvert l’échantillon porteur de ce champignon nouveau, il donna le nom de Puccinia Rübsaameni.
- Cette Urédinée fut, par la suite, retrouvée çà et là en certains pays : Suisse, Espagne, tout en demeurant néanmoins fort rare ; elle n’avait pas encore été signalée en France quand nous eûmes la bonne fortune, dans le courant de l’été de 1928, d’observer à Famechon (Somme) une touffe d’Origanum bulgare dont la plupart des tiges étaient transformées en Balais de sorcière sous l’effet du Puccinia Rübsaameni.
- Cette touffe parasitée de Marjolaine était située au fond d’une cavité, récemment creusée sur le flanc d’un coteau calcaire et contrastant, par l’humidité qui y
- Fig. 16. —• Balai de sorcière sur Robinia pseudacacia.
- régnait, avec l’aridité naturelle des pentes mêmes du coteau.
- L’humidité, lorsqu’elle est considérable et surtout durable, est précisément l’un des facteurs stationnels les plus importants dont dépend l’évolution des Urédinées et favorise grandement l’infection; R. Maire rapporte que dans les olivettes de Sousse (Tunisie), où croît en abondance le Puccinia Mégathérium sur le Gynandriris Sisyrinchium, les pieds infectés sont localisés dans les petites dépressions où peut persister pendant quelque temps l’eau pluviale, alors que la plante-hôte apparaît au contraire uniformément répartie. •
- Les pousses de Marjolaine envahies par le Puccinia Rübsaameni montrent cette déformation tératologique compliquée, essentiellement caractérisée par une exagération de la ramification et une allure de rabougrissement ainsi communiquée au végétal, par quoi se reconnaissent aisément les Balais de sorcière des végétaux. La tige et les ramifications latérales du végétal contaminé apparaissent comme tordues sous l’action du parasite et ne montrent pas nettement la structure prisma-
- Fig. 15.
- Balai de sorcière de la Pomme de terre. (Probablement d’origine infectieuse, parce que transmissible par le tubercule, par la greffe, par les pucerons.)
- tique caractéristique des axes des Labiées ; les entre-nœuds sont quelque peu raccourcis, les feuilles petites et contournées; la ramification est exagérée, la floraison près que nulle.
- On comprend que les premiers auteurs, peu initiés à la connaissance des déformations parfois très profondes de certains végétaux sous l’action des champignons parasites, aient pu assimiler YOriganum vulgare infecté par le Puccinia Rübsaameni à quelque malformation due à l’action du milieu ou à quelque variété ou espèce distincte du type. Pareille méprise, d’ailleurs bien concevable en raison de l’état de nos connaissances scientifiques à l’époque où elle fut commise, a été faite non seulement en ce qui concerne le cas particulier dont il est question ici, mais aussi au sujet de modifications accentuées du type survenant, chez certains végétaux, à la suite de l’intervention de parasites tant animaux que végétaux.
- Certaines de ces modifications du type, d’origine parasitaire, se montrent rares; c’est le cas du Balai de sorcière causé parle Puccinia Rübsaameni, dont l’aire de dissémination actuelle ne comprend que quelques pays de l’Europe occidentale : France, Espagne,
- Suisse, Allemagne, Danemark, Autriche, Belgique (avec seulement quelques rares localités connues dans chacun de ces pays), alors que l’aire géographique de son hôte englobe toute l’Europe et une bonne partie de l’Asie; cette rareté est vraisemblablement en relation avec les conditions particulières qui interviennent dans la genèse et l’évolution des Balais de sorcière.
- En dehors des Exoas-cées et des Urédinées, il est d’autres champignons, appartenant à des groupes différents, qui ont été
- Fig. 17. — Balai de sorcière sur Robinia pseudacacia.
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- considérés par certains mycologues comme étant à l’origine de Balais de sorcière observés chez des plantes variées ; mais leur action influente est moins certaine que dans les cas précédents, et il est vraisemblable que certains d’entre eux tout au moins méritent simplement d’être envisagés en tant que parasites de faiblesse évoluant au détriment d’organes en mauvais état de végétation.
- En Italie, V. Peglion a signalé (1910) des ramifications en Balais de sorcière de diverses Graminées (Glyce-ria festucaeformis, Crypsis aculeata, Crypsis alopecuroides, Crypsis Schonoides), parasitées par Sclerospora macro-spora.
- En Chine, des Balais de sorcière sur Bambous ont été rapportés à une Hypocréacée : Loculistroma Bambusae-, deux autres champignons : Colletotrichum luxificum et Marasmius perniciosus, ont été l’un et l’autre considérés comme responsables de Balais de sorcière observés sur le Cacaoyer, plante chez laquelle, avons-nous déjà dit, est connu, au Cameroun, le Balai de sorcière du Taphrina Bussei.
- En Amérique, enfin, ont été décrits les Balais de sorcière de YApiosporina collinsii sur Amelanchier florida, comme aussi ceux du Fusctrium rubi sur Bubus (fig. 11).
- Les parasites animaux sont, de même, assez fréquemment, les auteurs indéniables de Balais de sorcière observés sur de nombreux végétaux; à ce point de vue, il importe d’incriminer plus particulièrement les morsures de certains insectes broyeurs ou les piqûres de pucerons, produites au niveau d’organes jeunes en voie d’évolution tels les bourgeons.
- Bornons-nous simplement à esquisser une rapide énumération des végétaux sur lesquels ont été observés de tels Balais de sorcière, et qui sont les suivants :
- Plante Organisme responsable
- Pinus sylvestris Salix divers Celtis australis Syringa vulgaris Calluna oulgaris Pistacia
- Solanum dulcamara Lonicera xylosteum
- insectes s’attaquant aux bourgeons
- Phytoptus
- id.
- id.
- Eriophyes
- id.
- id.
- Aphide
- Signalons aussi que certains mycologues (Dufrenoy, etc...) envisagent volontiers l’hypothèse bactérienne pour expliquer la genèse de Balais de sorcière évoluant chez certains végétaux ligneux, en particulier chez les Conifères.
- Quant aux Balais de sorcière, de cause inconnue, signalés en de nombreux pays sur les plantes les plus variées, leur nombre suffit à montrer l’insuffisance actuelle de nos connaissances sur cette branche particulière de la tératologie végétale. Nos recherches bibliographiques nous permettent d’établir comme suit, en plus des végétaux déjà cités dans le cours de cette étude, la liste des plantes-hôtes de Balais de sorcière à cause mystérieuse (fig. 12 à 17).
- Pins (Pinus sylvestris, Pinus montana, Pinus hale-pensis, Pinus Cembra, etc...), Sapins, Mélèze, Epicéa, Cyprès, Taxodium distichum, Tsuga canadensis, Peuplier, Catalpa, Acacia et Robinier pseudo-Acacia, Cytisus Laburnum (observation personnelle), Orme (Ulmus campestris), Bruyère, Pommier et Poirier communs, Quercus rubra, Myrtus ugni, Bibes sanguineum, Pernet-tya furens, Hevea brasiliensis (à Java), Caféier (en Uganda), Théier (à Cèylan), Morus, Gleditschia triacanthos, Broussonetia, Solanum tuberosum (aux Etats-Unis et au Canada).
- Dans le domaine pratique, la lutte contre les Balais de sorcière représente un problème important de la pathologie végétale; on ne connaît d’ailleurs, en raison de l’évolution particulière des parasites responsables, d’autres méthodes de lutte que les suivantes :
- — Suppression des Balais de sorcière par section pratiquée sur la branche porteuse, à 30-50 centimètres environ au-dessous du point d’insertion;
- — Destruction des plantes sauvages susceptibles d’hé-berger le parasite (dans le cas particulier des Urédinées hétéroïques ou des champignons polyphages) ;
- — Hygiène rigoureuse des plantations fruitières ou forestières.
- A. L. Guyot.
- Ingénieur-Agronome.
- LE CENTENAIRE DE LA SEINE NAVIGABLE
- Il y a un siècle à peine que furent entrepris les premiers travaux sur la Seine. Depuis, ils se sont succédé pour ainsi dire sans interruption, mais jusqu’à 1910 sans autre objectif que la navigation. C’est à la crue de 1910, en effet, que nous sommes redevables de la conception actuelle qui lie les intérêts de la navigation à la protection des riverains contre les inondations. Celle de 1656, la seule qui puisse se comparer à la précédente, n’avait laissé qu’un trop lointain souvenir dans la mémoire des ingénieurs pour leur permettre d’en concevoir le retour.
- Les travaux actuels ont donc pour but de réparer un siècle d’erreurs.
- Ce n’est d’ailleurs pas pour faire ressortir les erreurs du passé que nous avons entrepris d’écrire cette importante histoire du fleuve qui arrose les plus belles et les plus riches provinces de France. La Seine a été en quelque sorte la pierre de touche de toutes les innovations présentées dans le but d’améliorer la navigation intérieure. Elle a constitué, pour tous les peuples, le meilleur et le plus utile des champs d’expérience. Tous les types de
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- barrages sont représentés en un point ou un autre de son cours et c’est seulement après les essais en Seine qu’ils ont conquis l’Allemagne, l’Angleterre, les Etats-Unis, le Canada. Constatons ce fait, une fois de plus, que ce sont encore les ingénieurs français que l’on trouve en tête de ce progrès d’ordre essentiellement économique.
- LA NAVIGATION SUR LA SEINE AU COURS DU SIÈCLE DERNIER
- A l’aube du siècle dernier, Paris ne s’était pas encore suffisamment industrialisé pour souffrir de l’irrégularité de la navigation sur la Seine. Les crues, la sécheresse, rendaient le fleuve impraticable entre Rouen et la capitale pendant six mois de l’année. Par « bonnes eaux », les bateaux les plus rapides mettaient de quatre à cinq jours pour remonter le fleuve jusqu’à Saint-Denis; les autres étaient en route pendant plus de quinze jours, quelquefois même plus d’un mois.
- Pour tirer un bateau, il fallait de 6 à 8 chevaux qui changeaient de rive plusieurs fois par jour pour retrouver
- Barre d'appui
- Aiguille
- -Sarre de réunion des fermettes
- W///////////////MMmA
- Fig. 2. — Barrage à aiguilles el à fermette Poirée.
- le chenal, d’une irrégularité déplorable. En bonnes eaux, les changements s’effectuaient douze fois entre les ports extrêmes et cinquante-deux fois en basses eaux ! Enfin certains passages particulièrement étroits, comme les pertuis de la Morue à Bezons, du Petit Andilly, de Poses, de Martot, ainsi que les ponts à arches étroites de Vernon, de Pont-de-1’Arche, de Mantes, de Meulan, de Poissy, exigeaient le concours de trente à quarante chevaux pour les franchir, aidés souvent par une partie de la population riveraine ainsi qu’en fait foi un curieux vitrail du xvie siècle de la petite église de Pont-de-1’Arche.
- Tel était encore, il y a juste cent ans, l’état de la navigation sur la belle rivière de Seine aux « bords fleuris ».
- Mais, il y a juste cent ans aussi, le progrès scientifique et industriel s’annonçait énorme. L’électricité et surtout la vapeur commençaient à naître à la vie industrielle. Paris, étendant de plus en plus son domaine, envisageait déjà l’absorption des bourgades environnantes et les matériaux de construction affluaient vers la capitale : il fallait, de toute évidence, favoriser leur acheminement.
- Certains mots, certaines expressions, transportés du langage technique dans la langue courante, peuvent prêter à des confusions, laisser tout au moins des imprécisions qui déroutent le lecteur. Rien n’est plus dangereux, à notre avis, que l’usage de ces mots sans les accompagner de définitions précises. Si personne ne peut commettre d’erreur en matière de chenal, qui est la partie d’une voie d’eau permettant aux embarcations de progresser sans rencontrer d’obstacles, il n’en est plus de même pour ce qui concerne le mouillage, par exemple, qui représente la hauteur de l’eau dans le chenal.
- Il faut, pour qu’un chenal demeure navigable, que son mouillage soit toujours supérieur d’au moins 20 centimètres à l’enfoncement maximum des bateaux qui y circulent. C’est de l’importance de cet enfoncement, que l’on nomme le tirant d’eau, que dépend la navigation.
- Lorsqu’une rivière a un cours très rapide qu’elle tient d’une pente trop raide, elle est difficilement navigable, non seulement parce que son lit est encombré par les apports de matériaux venus de l’amont, mais surtout parce que la hauteur de l’eau dans son chenal n’est pas suffisante pour permettre le mouillage des bateaux chargés de marchandises. On pourrait pallier à cet inconvénient en construisant des barrages qui, retenant une partie des eaux à leur amont, relèvent le plan deau d’une quantité suffisante pour obtenir un bon mouillage. On créerait ainsi des biefs — intervalle entre deux barrages successifs — sur lesquels des bateaux d’un tirant d’eau approprié pourraient circuler. Mais les barrages — qui ne peuvent être franchis par les chalands — entraînent la construction d’autant d’écluses, à côté, pour permettre le passage d’un bief à un autre puisque dans chaque bief le plan d'eau est à un niveau différent.
- Il n’est donc possible de rendre navigables que les rivières à faible pente qui permettent la construction de barrages à des distances assez éloignées les uns des autres. La Seine est de celles-là. Ses huit barrages entre Paris et Rouen, sur 242 kilomètres d’étendue, ont suffisamment relevé le plan d’eau dans les biefs pour que la navigation y soit permanente, sauf en temps de crue importante.
- Cependant son cours sinueux n’a pas permis de la rendre
- Fig. 3. — Aiguille Guillemain.
- Aiguille
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- docile sans difficultés. C’est là un inconvénient des rivières en pente douce qui se promènent, indécises, dans les campagnes. Quand une rivière coule sagement en ligne droite, ses eaux respectent assez les rives qu’elles détériorent seulement lorsqu’elles sont en crue. Bien peu peuvent se flatter d’une existence aussi régulière. Notre Seine surtout, entre Paris et Rouen, est manifestement désordonnée. Et ses gracieux méandres ont eu pour conséquences, au cours des siècles, de raviner certaines berges et d’ensabler les autres avec une fantaisie déconcertante, faisant passer la plus grande profondeur—le thalweg, qui peut être considéré comme l’axe du chenal — d’une rive à l’autre en laissant, de loin en loin, des îles éminemment peu favorables à la navigation et à l’écoulement des eaux abondantes. Voilà pourquoi tant de travaux sont nécessaires sur la Seine.
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- * *
- Un premier ouvrage fut exécuté en 1813 au Pont-de-l’Arche. Il comportait une dérivation sur la rive droite du fleuve, avec une écluse qui resta en service jusqu’en 1856, à la reconstruction du pont.
- Ce bien modeste début ne fut d’ailleurs suivi d’aucune autre tentative d’amélioration avant l’année 1834 qui
- Fig. 6. — Barrage mobile à hausse.
- Chevalet
- Arrêt de lare boutant
- Articulation
- Arc boutant
- Heurtoir de l'arc boutant
- Heurtoir du panneau
- vit naître le premier barrage à aiguilles sur l’Yonne.
- Ce barrage avait été imaginé par l’ingénieur Poirée lequel, devant le succès de l’invention, se vit chargé, en 1838, de l’étude d’un premier projet de canalisation de la Seine. A titre d’essai il édifia d’abord, en 1838, le barrage de Bezons et construisit ensuite une écluse à Bou-gival.
- Le premier ouvrage ayant donné pleine satisfaction les ti’avaux d’amélioration du cours de la Seine se poursuivirent sans interruption par la construction du barrage d’Andrésy, de l’écluse de Denouval, du barrage et de l’écluse de Notre-Dame-de-la-Garenne, des barrages de Poses et de Meulan. Cet ensemble de retenues (un barrage est une retenue d’eau) assurait à la navigation, sur toute la longueur du fleuve entre Paris et Rouen, un mouillage de 1 m 60, alors qu’auparavant il tombait à 0 m 50 par basses eaux.
- Mais l’amélioration obtenue parut bientôt insuffisante
- Fig. 5. — Barrage à vannes glissantes Boulé.
- parce que, aux basses eaux, le mouillage descendait encore à 1 mètre. Il fut décidé de le porter à 2 mètres par l’exhaussement du barrage d’Andrésy, de celui de Bezons et la construction de deux nouveaux barrages éclusés à Suresnes et à Villez.
- Puis la navigation s’enhardit; les chalands se firent de plus en plus lourds au fur et à mesure qu’on leur facilitait les déplacements. Leur tirant d’eau augmentait et il fallut se résoudre à compléter l’œuvre commencée en leur assurant un mouillage de 3 m 20 qui est encore le mouillage actuel de la Seine.
- D’après le programme établi à cette époque, la Seine fut partagée en dix biefs par neuf barrages pour la plu-
- Chassis porte rideau
- _ I______
- ^ vers le treuil
- 4y)jl v_________-
- Rideau
- enroulé
- Sabot
- Fig. 4.
- Coupe d'un barrage rideau Caméré.
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- part encore existants. Ils sont restés en l’état jusqu’en 1924, année qui vit une nouvelle crue menaçante de la Seine et détermina les pouvoirs publics à accomplir le grand effort qui avait fait l’objet du projet élaboré par la Commission Picard en 1910.
- Voici, de Paris à Rouen, quels sont ces barrages avec leurs caractéristiques.
- Barrage de Suresnes. Il comprend trois passes d’une longueur totale de 197 m 14 dont l’une relie les écluses à l’île de Puteaux. Ces passes sont fermées par des rideaux Caméré ou des vannes du système Boulé —nous
- Barrage de Meulan. Il fut construit de 1882 à 1886 un peu en amont de l’ouvrage de 1853. Le bief qu’il ferme a une longueur de 18 kilomètres. Hauteur de retenue : 3 m 30; hauteur des rideaux : 4 m 50.
- Barrage de Sandrancourt. Construit en 1886, il mesure 148 m 48 de longueur et ferme un bief de 26 kilomètres. La hauteur de retenue est de 4 m 63 et celle des rideaux de 4 m 98.
- Barrage de Villez. Terminé en 1880 il comporte une passe déversoir de 81 m 50 de longueur, et deux passes profondes d’une longueur totale de 119 m 75. Son bief
- Fig. 7. — La suite des opérations de relevage de la hausse d’un barrage à hausse.
- I. La hausse repose sur le radier par l’intermédiaire de taquets en bois qui font corps avec elle. Elle est effacée à l’aval du seuil. — II. Traction sur la culasse d’une hausse; soulevée, la culasse a facilement échappé le seuil. Le pied de l’arc-boutant est au milieu de sa course dans la glissière. — III. La traction continue. Le pied de
- l’arc-boutant vient de tomber devant le heurtoir de la glissière. Le premier temps du relevage est terminé. — IV. Deuxième temps de relevage. On appuie sur la culasse. Celle-ci va être prise par le courant et se rabattra brutalement contre le seuil. —- V. Hausse relevée vue d’amont. — VI. Hausse relevée vue d’aval. — VII. Traction sur la tête d’une hausse reposant sur le radier. La culasse bute contre le seuil, de sorte que le relevage est impossible.
- étudions plus loin la technique de ces fermetures. — La longueur du bief formé par
- ce barrage et celui de Port-à-1’Anglais, en amont de Paris, est de 28 kilomètres. La retenue d’eau au-dessus du seuil est de 4 m 56 et la hauteur des vannes de 5 m 18.
- Barrage de Bezons. C’est l’ancien barrage à aiguilles > de Poirée amélioré successivement en 1879 et en 1892. Le bief qu’il limite est de 31 kilomètres. Hauteur de retenue au-dessus du seüil : 3 mètres ; hauteur des aiguilles : 4 m 30 Barrages de Carrières sous Poissy et d’Andrésy. Construits en 1896, ilé limitent un bief de 28 kilomètres avec une hauteur de retenue de 3 m 30 ; les aiguilles ont 4 m 50 de hauteur.
- a une longueur de 24 kilomètres. La hauteur de retenue est de 4 m et celle des rideaux de 4 m 75.
- Barrage de Port Mort-, C’est un ouvrage à six passes de 178 m 68 de longueur totale. Construit en 1886, il limite un bief de 16 km avec une hauteur de retenue de 4 mètres, celle des aiguilles étant de 4 m 30.
- Barrage de Poses. Il remplace les anciens ouvrages d’Anet et d’Amfreville-sous-les-Monts et constitue le plus important de tous les barrages ep Seine avec cinq passes d’une longueur totale de 150 m 83. Il limite un bief de 41 km avec une hauteur de retenue de 5 mètres, celle des aiguilles étant de 5 m 35. Lorsque le barrage est ouvert les deux passes de la rive gauche sont livrées à la navigation qui évite ainsi l’éclusage.
- Barrages de Saint-Aubin-Martot. Le barrage de Saint-Aubin est séparé de celui de Martot par un déversoir de 70 m 50 de longueur. Les deux ouvrages ferment
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- Fig. 8. — Début des opérations de relevage de la passe de Melun (hausse Chanoine).
- L’homme armé de la gaffe tâtonne pour accrocher son extrémité à la partie postérieure de la hausse qu’il veut relever.
- le dernier bief sur la Seine avant Rouen; ce bief a une longueur de 15 km. La hauteur de retenue est de 3 mètres et celle des aiguilles de 4 m. Entre ce barrage et celui de Port-à-1’Anglais la distance est de 225 kilomètres.
- A ces ouvrages il convient d’ajouter les écluses qui permettent aux chalands et à leurs remorqueurs de passer d’un bief à l’autre. Les groupes les plus importants sont ceux de Suresnes, de Bougival et de Carrières-sous-Poissy.
- Quant aux ponts, qui font également partie des ouvrages sur la Seine, mais constituent autant d’obstacles à la navigation et à l’écoulement des eapx des crues, ils sont au nombre de 56 entre Paris et Rouen. Le pont de Sèvres est le plus dangereux parce qu’il a seulement
- 4 m 47 de tirant d’air au-dessus des eaux moyennes; tous les ponts en aval de celui de Sèvres ont au moins
- 5 m 50 de tirant d’air (hauteur entre la voûte du pont et le niveau de l’eau).
- LA TECHNIQUE DES BARRAGES
- La simple nomenclature qui précède est insuffisante pour donner une idée de l’importance des travaux que représente la construction de barrages sur la Seine. Ils sont d’ailleurs très différents les uns des autres et de l’étude que nous leur consacrons ressortira l’histoire de la navigation intérieure par la canalisation des rivières, puisque c’est en France et en particulier sur la Seine que les premiers types de tous les anciens barrages ont été d’abord mis en service.
- Nous ne rappelons que pour mémoire les barrages fixes, maintenant à l’état d’exception sur les rivières navigables. De faible hauteur parce qu’ils s’opposaient à l’écoulement des eaux des crues, ils étaient toujours flanqués d’écluses livrant passage aux bateaux. Et les biefs qu’ils limitaient ne possédaient jamais qu’un mouillage insuffisant.
- Un ingénieur français, Poirée, conçut la première idée des barrages mobiles dits à fermettes (petites fermes) soutenant d’abord des aiguilles qui furent remplacées ensuite par des rideaux ou par des vannes.
- Un barrage à fermettes est contitué par un ensemble de petites fermes métalliques pourvues d’un axe de base dont les deux extrémités sont engagées dans des cra-paudines logées dans le seuil ou radier du barrage. L’axe de rotation des fermettes étant parallèle au courant, elles sont placées les unes à côté des autres pour constituer, relevées, une sorte de poutre métallique rendue rigide par des barres de réunion qui supportent des aiguilles sur toute la largeur du cours d’eau (fig. 2).
- La construction d’un tel barrage comporte donc, avant toute chose, celle d’un radier de largeur appropriée, au niveau du lit de la rivière et qui sert de support aux fermettes, avec, en avant de celles-ci, un heurtoir qui peut être en bois, contre lequel s’appuie la base des aiguilles. Les fermettes sbnt reliées les unes aux autres à leur partie supérieure par des barres de réunion indépendantes (une à l’amont et une à l’aval) que l’on enlève au moment d’abattre les fermettes. Enfin, entre les barres de réunion on installe une passerelle utilisée pour les manœuvres.
- Les barres de réunion amont remplissent en même temps les fonctions de barres d’appui contre lesquelles on descend les aiguilles jusqu’à ce que leur base rencontre le heurtoir qui leur sert également de barre d’appui inférieure.
- Seules les aiguilles constituent le barrage. Ce sont des pièces de bois de section carrée de 8 centimètres de côté et de 2 m 50 à 3 m 50, ou plus, de longueur. Elles sont toujours disposées obliquement en amont des fermettes, c’est-à-dire face au courant.
- Lorsque l’on doit déboucher le barrage, si les eaux sont assez hautes pour permettre la navigation en lui évitant l’éclusage, ou bien si une crue s’annonce, on enlève toutes les aiguilles et on fait basculer toutes les fermettes les unes après les autres, après
- Fig. 9. — Fin des opérations de la fermeture du barrage de Melun (hausse Chanoine).
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- avoir enlevé les barres de réunion; elles se couchent sur le radier.
- Pour reconstituer le barrage, l’opération est plus longue, car il faut repêcher toutes les fermettes pour les ramener à la position verticale, les relier avec les barres de réunion, procéder à l’installation de la passerelle de service et enfin remettre les aiguilles en place.
- Les aiguilles primitives étaient posées à la main ; leur longueur ne dépassait pas 2 m 50. Mais le besoin de créer des retenues de plus en plus élevées conduisit à augmenter leur longueur. 11 en existe qui pèsent 20 kilogrammes et plus. Elles portent, à leur partie supérieure, un anneau et un peu plus bas un crochet qui permettent leur enlèvement et leur pose à l’aide d’un treuil. Ce perfectionnement est dû à l’ingénieur français Guillemain (lig. 3).
- Ces barrages ne sont pas étanches. On remédie à cet inconvénient par un dépôt de sable ou de foin devant les aiguilles; la pression de l’eau permet d’obtenir une étanchéité suffisante. Parfois on place une toile goudronnée contre leur face amont; cette toile est enroulée sur un cylindre métallique qui glisse le long des aiguilles et y applique la toile que l’on fixe en haut avec des ficelles.
- M. Caméré a fixé cette toile sur de petits liteaux en bois, très rapprochés les uns des autres, comme des stores de fenêtres. La toile ne risque plus comme précédemment de s’engager entre les aiguilles et de se déchirer. Le même ingénieur a ensuite remplacé ce système par des rideaux sans toile, les liteaux étant articulés les uns sur les autres. Ce sont, en somme, des aiguilles disposées horizontalement. La première application en fut faite au barrage de Port-Villez. Le rideau est enroulé sur un cylindre métallique qui le déroule en tombant devant les fermettes. On le relève également à l’aide d’un treuil qui tire sur une chaîne de manœuvre (fig. 4).
- Un autre ingénieur français. M. Boulé, a imaginé les barrages à vannes dont le premier fut installé au barrage de Port-à-1’Anglais en 1875 (fig. 5).
- Les fermettes constituent toujours l’ossature métal-liquè de l’ouvrage, mais les rideaux sont remplacés par des panneaux de chêne superposés entre les montants obliques de deux fermettes successives. Sur la face amont une poignée métallique permet de saisir le panneau soit pour le relever, soit pour le descendre. Quatre, cinq panneaux peuvent être placés les uns au-dessus des autres ; leur nombre permet de régler la hauteur de la retenue. Naturellement un treuil est encore nécessaire pour effectuer toutes les opérations de pose et de relève en raison du poids des panneaux et de la poussée de l’eau sur chacun d’eux.
- Cette question des barrages a passionné tous les ingénieurs de la navigation, les uns après les autres. MM. Lavol-lée et Vender ont simplifié le système précédent en réduisant les dimensions et le poids des panneaux pour permettre d’effectuer toutes les manœuvres à la main. De plus les précédents panneaux glissaient simplement sur les cornières des fermettes tandis que, cette fois, le frottement est remplacé par le roulement de galets sur billes. Les premiers essais de ce système eurent lieu en 1895 au barrage de Marolles et les applications en sont aujourd’hui très nombreuses.
- Hausse
- Plaque métallique 'Hausse abaissée
- Ouverture.
- amont
- Ouverture'
- 'aval
- Contre hausse abaissée
- 'Seuil
- Contre hausse
- Fig. 10. — Schéma du barrage à tambour Desfoniaines.
- Nous allons étudier maintenant un autre genre de barrage dont l’idée première remonte à l’ingénieur en chef des ponts et chaussées Thénard qui en fit l’essai à Courbeton en 1850 et qui est représenté actuellement par le barrage de Conflans construit en 1857. Quelques perfectionnements lui ont été apportés par la suite par les ingénieurs Chanoine et Pasqueau.
- Dans ce système, le seuil est plus large que dans les précédents et d’une construction plus compliquée parce que chaque élément de barrage, au lieu d’être appliqué contre les fermettes, est constitué par un panneau articulé qui se couche sur toute la largeur du radier pour laisser passer l’eau (fig. 6).
- Le panneau, en bois ou en métal, la hausse comme on dit, est porté par un cadre métallique, le chevalet, articulé à la base du heurtoir et, d’autre part, sur la hausse elle-même, du côté de l’aval, un peu au-dessous de la ligne médiane. Enfin, un arc-boutant, également métallique et articulé sur Taxe supérieur du chevalet, vient buter contre un deuxième heurtoir prolongé par une glissière en fonte scellée dans le radier.
- Supposons le barrage fermé, toutes hausses relevées, Si une crue se présente nécessitant l’ouverture du barrage, on agit, depuis la rive et avec un cric, sur une tige
- Fig. 11. — Schéma du barrage Caméré.
- Fbnt de suspension
- Pont de manœuvre
- / , Rideau
- Cadre relevé enroulé
- fhsserelle
- Rideau
- 'abaissé
- ** *
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- Fig. 12. — Vue partielle du barrage ae Poses. Barrage Caméré.
- A gauche : on voit le cadre abaissé et les rideaux enroulés. En haut et à droite : les cadres sont relevés horizontalement et leurs éléments de passerelles occupent une position verticale. Ces éléments sont invisibles à gauche, les rideaux enroulés les masquent.
- immergée en face du deuxième heurtoir. Cette tige porte un talon, qui, sous l’action du cric, vient à un moment donné rencontrer le pied de l’arc-boutant et l’oblige à abandonner son heurtoir pour s’engager dans la glissière.
- Fig. 13. — Barrage à pont Derôme.
- Pont supérieur
- tissage dans la maçonnerie de la pib ~
- Passerelle
- abaissée
- Retenue
- amont
- Van nettes
- Retenue aval
- La poussée de l’eau sur la hausse l’oblige à basculer autour des axes d’articulation du chevalet qui participe lui-même au mouvement et à se coucher sur le radier (fi g. 7).
- Pour relever la hausse, on la saisit à l’aide d’une tige par un anneau placé à sa base et un treuil la soulève jusqu’à ce que le pied de l’arc-boutant vienne se placer et s’immobiliser devant son heurtoir. A ce moment elle flotte dans le courant. Il suffira donc d’exercer soit une poussée sur sa base, soit une traction sur sa partie supérieure pour qu’elle bascule et vienne s’appliquer contre son heurtoir.
- Le treuil nécessaire aux manœuvres peut être porté par une embarcation ou mieux encore par une passerelle sur fermettes établie spécialement dans ce but à l’amont du barrage (fig.8et9).
- Voici encore un autre système de barrage imaginé par M. Louiche-Desfontaines, inspecteur général des ponts et chaussées, et appliqué pour la première fois au barrage de Damery en 1857. Tous les déversoirs de la Marne, entre Epernay et Charenton ont été ainsi équipés depuis cette époque (fig. 10).
- Ces barrages sont dits à tambour. Dans leur radier est ménagée une cavité dont l’une des faces prend la forme d’un quart de cylindre, les autres étant rectilignes. Cette cavité, qui constitue le tambour, a une longueur de 1 m 50, égale à la largeur de la hausse ; elle est séparée de ses voisines par un diaphragme en fonte percé de deux ouvertures disposées : verticalement à l’aval et horizontalement à l’amont et qui peuvent être mises en communication soit avec l’eau d’amont, soit avec l’eau d’aval par des canalisations appropriées. Les tambours sont fermés à leur partie supérieure par des plaques métalliques. Les vannes, en tôle, sont mobiles autour d’un axe horizontal porté par les diaphragmes ; elles comportent une hausse extérieure et une contre-hausse, incurvée dans le tambour.
- Quand la hausse est verticale, la contre-hausse s’applique contre le seuil. On pourrait croire, à l’examen de notre dessin schématique (fig. 10) que la pression de l’eau sur la hausse doit la faire basculer. Il n’en est rien parce que l’ouverture amont du tambour est en relation avec l’eau d’amont qui exerce sur la contre-hausse une pression supérieure à celle que supporte la hausse, en raison de la différence de hauteur d’eau.
- Pour effacer la hausse il suffit de permettre à l’eau d’amont de pénétrer dans les ouvertures d’aval du tambour pendant que l’eau d’aval se rend dans celles d’amont.
- Dans tous ces barrages les manœuvres s’effectuent soit à l’aide d’embarcations, soit à partir de passerelles provisoires supportées par des fermettes. M. l’Ingénieur en chef Tavernier, au cours d’une étude relative à la cana^ lisation du Rhône, avait imaginé de faire porter les supports de vannage par un pont passerelle jeté à une certaine hauteur au-dessus , dans le but de simplifier les manœuvres.
- Cette idée fut réalisée en 1885 au barrage de Pose s par MM. de Lagréné et Caméré; elle a été appliquée
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- ensuite à différents ouvrages français et étrangers.
- L’édification du pont nécessite la construction de piles et de culées de rive. D’autre part ce pont doit être assez élevé pour permettre la navigation dans les passes lorsque le débit de la rivière est suffisant, le barrage étant ouvert.
- Dans le système Caméré, le pont est double (fig. 11 et 12). L’un, dit pont de suspension, porte un axe horizontal sur lequel sont articulés des cadres qui, remplaçant les fermettes, viennent buter contre le heurtoir du radier. Sur ces cadres se déroulent les rideaux descendus et relevés à l’aide d’un treuil qui parcourt la passerelle de service elle-même solidaire des cadres et faite, par conséquent, de tronçons indépendants.
- Le pont de manœuvre, à l’amont du premier, reçoit un autre treuil dont les chaînes sont accrochées aux cadres pour les relever horizontalement sous le tablier, après l’enroulement des rideaux. Les manœuvres sont très simples, mais de telles installations deviennent beaucoup plus coûteuses que les précédentes.
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- D’ailleurs tous les perfectionnements apportés à cette technique tendent à accompagner les barrages de puissants travaux d’art. Nous en trouvons encore un exemple dans le système Derôme mis en application sur certains barrages de l’Oise qui appartiennent au type Caméré (fig. 13).
- L’ingénieur Caméré a imaginé la passerelle mobile dans le sens vertical. 11 existe un élément de passerelle pour chaque travée de barrage; dans les piles sont ménagés des couloirs de liaison entre les éléments mobiles. Ceux-ci reposent à la fois sur les piles et sur des chaînes qu’actionnent des treuils. On soulève ainsi aisément la passerelle après la mise en place ou l’enlèvement des vannes à galets qui constituent ici le barrage.
- Dans la suite de cette étude, nous parlerons des nouveaux ouvrages que l’on construit actuellement sur la Seine, ainsi que des travaux destinés à éviter les inondations.
- (A suivre.) Lucien Fournier.
- COMMENT ON PEUT FAIRE GOUVERNER AUTOMATIQUEMENT UN NAVIRE
- L’emploi des appareils automatiques dans la navigation a pris, depuis quelques années, une importance particulière.
- Nous avons eu l’occasion de donner ici une description du très ingénieux appareil inventé par le lieutenant de vaisseau Ber-tin, qui trace mécaniquement la route d’un navire sur la carte.
- Le compas gyroscopique, aujourd’hui si employé, est encore un exemple de l’automatisme appliqué à l’art de naviguer.
- Il est un autre appareil mécanique qui présente un caractère non moins intéressant.
- C’est celui auquel peut être confiée de façon absolument sûre la mission, cependant si importante, de régler la route du navire en agissant sur le gouvernail.
- On lui a donné en France le nom de pilote automatique. Les Anglais l’appellent helms-man, « l’homme de barre ».
- Les avantages d’un pareil instrument sont évidents. Le principal repose sur le fait suivant.
- C’est à des hommes sûrs, dressés à ce travail et appartenant à la spécialité des timoniers qu’est confié le soin de manœuvrer le gouvernail et d’assurer ainsi la rectitude de la route que le navire doit suivre.
- Ils doivent, à cet effet, veiller à ce que le cap du bâtiment soit maintenu, aussi exactement que possible, sur la division du
- compas (boussole) correspondant à la route à suivre,
- Fi;/. 1. — Le pilote automatique Brown sur la passerelle de /'Ile-de-France.
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- Fig. 2. — Schéma de l’installation de la figure 1.
- A moteur qui reçoit son impulsion du « controller » et agit à son tour sur le mécanisme de la barre;
- B controller;
- C chaîne de transmission.
- route tracée d’avance sur la carte par le commandant.
- A cet effet, ils ont entre les mains une petite roue à manettes qui a remplacé la ou les grandes roues en bois d’autrefois, lesquelles agissaient directement sur les palans de la barre du gouvernail.
- Cette petite roue commande un télémoteur hydraulique qui détermine l’action de l’appareil mécanique fixé sur la barre du gouvernail et par suite les mouvements de ce gouvernail lui-même.
- L’art de gouverner droit n’est point facile. Tous les marins savent qu’une des principales préoccupations du commandant et de l’officier de quart d’un navire est d’avoir un navire qui gouverne bien « en route ».
- Ceci exige des timoniers entraînés, connaissant bien la réaction du navire sous l’effet de la barre, capables d’une attention constante et soutenue.
- En fait et malgré tout le soin et l’habileté qu’ils peuvent apporter à leur tâche, on peut dire qu’il est impossible de maintenir exactement et constamment le navire sur sa route idéale. Les moindres mouvements du bâtiment, roulis et tangage, et il s’en produit toujours, même par très beau temps, tendent à déplacer l’axe longitu-tudinal à droite et à gauche de la direction qu’il doit suivre.
- Un des rôles de l’homme de barre consiste à contrarier ces mouvements de l’axe du navire, qu’on nomme embardées. Mais il est facile de comprendre que l’action du gouvernail qu’il déclenche ne peut se faire sentir instantanément. D’autre part, l’homme de barre lui-même ne peut manœuvrer la roue placée entre ses mains pour
- remédier à l’embardée, que lorsque celle-ci s’est déjà produite, c’est-à-dire lorsque le navire a quitté la bonne direction d’un nombre de degrés plus ou moins grand.
- Ces conditions entraînent inévitablement que la trace laissée par le navire sur la mer, et qui théoriquement devrait se dessiner par une ligne droite (') est, loin de là, une sinusoïde d’autant plus marquée que l’homme de barre sera plus ou moins adroit, ou plus ou moins attentif, que le navire répondra plus ou moins rapidement à l’action de son gouvernail et encore que les mouvements de roulis et de tangage auront rejeté, de quantité plus ou moins grande et plus ou moins fréquemment, l’axe du navire en dehors de sa route.
- Avec le compas gyroscopique, qui décèle immédiatement tout commencement d’embardée, un homme de barre attentif peut déjà diminuer la valeur de cette amplitude de la sinusoïde dans de fortes proportions, et c’est ce qui explique, entre autres raisons dont nous ne parlerons pas ici, l’adoption de plus en plus généralisée du compas gyroscopique.
- Si au terme d’une traversée un peu longue on s’avise île comparer le développement de la sinusoïde de la route réelle avec la ligne droite idéale qui aurait dû
- 1. L’expression ligne droite n’est employée ici que dans un esprit de simplification. 11 est bien évident, en effet, que la trace laissée par un navire sur la sphère terrestre ne saurait être qu’une courbe.
- Fig. 3. -— Le « Controller » ou appareil de commande automatique à la barre. (Système Brown.)
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- être suivie, on trouve que le navire a, en réalité, parcouru une distance très sensiblement supérieure à celle que le compas avait mesurée, et qu’il y a eu, par conséquent, perte de temps, perte de combustible et, somme toute, mauvais rendement.
- De plus, chaque fois que le gouvernail est porté à droite ou à gauche, pour modifier la route du navire, il provoque l’abattée demandée, mais il amène aussi, naturellement, par suite de la résistance qu’il oppose aux filets d’eau, un effet de retardement à la marche. Cet effet, qui pourrait être négligeable, dans une courte traversée, prend au contraire une importance sérieuse dans un long voyage au cours duquel ces mouvements du gouvernail seront, comme nous venons de le voir, presque incessants.
- A tous ces inconvénients que présente la manœuvre à main de la barre, il faut ajouter encore la fatigue et l’usure des mécanismes divers, télémoteurs, pignons de transmission, moteurs de la barre, que ne peut manquer de produire l’abus des efforts qu’on exige de ces divers appareils.
- Mais si l’homme de barre, avec ses réflexes forcément lents, maniant un engin qui n’a pas un rendement instantané, et lui imprimant des mouvements souvent excessifs, si cet homme de barre est, disons-nous, remplacé par un mécanisme qui, lui, agira automatiquement et directement sur le gouvernail, dans la seule mesure utile, et à l’instant précis où l’axe du navire commence à
- Fig. 5. — Moteur de commande à la barre (système Brown) placé à l'arrière dans le comparliment de la barre (Ile-de-France).
- Fig. 4. — L’intérieur du « conlroller » vu sur la face arrière.
- A manette de mise en route; B contacts de renversement de marche; D galets de contact; E tambour à contacts entraîné par le moteur répétition; G moteur répétition; H pignon entraîné (par chaîne Galle) par le moteur qui entraîne la barre et agissant (par différentiel) sur le tambour à contact en sens inverse du moteur répétition; I caisse renfermant le moteur qui entraîne la barre; K fusibles; L coupe circuit de sécurité et sonnerie; M coupe-circuit d’angle de barre maximum.
- s’écarter de la bonne direction, on peut concevoir que la majeure partie, sinon la totalité des inconvénients que nous venons de signaler, vont disparaître.
- Dans ce cas, le navire, s’il ne suit pas mathématiquement la ligne droite qui devrait être sa route, ne s’en écartera que de quantités assez petites. Le gouvernail manœuvré sans à-coups brusques, et sous des angles très faibles, n’opposera plus qu’une très faible résistance à la marche du navire, l’usure des organes mécaniques de commande à la barre et des machines motrices elles-mêmes sera réduite à sa plus simple expression et le navire bénéficiera ainsi d’une marche plus rapide, but particulièrement recherché dans toutes les traversées, d’une notable économie de combustible et d’éléments divers de durée qui ne sont pas, non plus, négligeables.
- De très intéressantes et concluantes expériences ont été faites à ce sujet, à bord du paquebot Ile-de-France, qui porte un pilote automatique. On a installé sur sa passerelle un appareil spécial qui enregistre à la fois les variations de cap du navire et les angles de barre ; il est donc facile, en gouvernant pendant un certain temps à bras, puis ensuite avec le pilote automatique, de comparer les courbes tracées sur l’enregistreur dans les deux cas; les comparaisons faites ont permis d’arriver
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- aux conclusions que nous venons d’indiquer, et qui peuvent se résumer ainsi : l’homme de barre gouverne mieux avec un compas gyroscopique qu’avec un compas magnétique; le « pilote automatique » gouverne mieux que le meilleur timonier.
- L’utilité de cet appareil enregistreur est démontrée par ce fait que les timoniers l’appellent « le mouchard ». Il suffit, en effet, à l’officier de quart d’un simple coup d’œil sur l’appareil enregistreur pour voir si l’homme de barre gouverne bien ou non : avec un homme de barre distrait, l’appareil inscrit une ligne à sinuosités nombreuses et amples; au contraire, le bon timonier enregistre une ligne presque droite.
- Ce problème du helmsman automatique a éveillé l’attention des ingénieurs depuis quelques années et a reçu plusieurs solutions.
- Parmi celles qui ont retenu l’attention des armateurs, nous citerons l’appareil de l’ingénieur anglais Brown.
- Il repose sur un dispositif d’asservissement par lequel les écarts qui se produisent entre l’axe du navire (matérialisé sur le socle du compas par un repère nommé ligne de foi) et le point du compas correspondant à la route voulue sont transmis au moyen de différents organes, dont nous parlerons plus loin, jusqu’au moteur qui lui-même agit sur la barre du gouvernail. Ce principe est, on le voit, très simple. Son application mécanique, pour l’être un peu moins, a été réalisée cependant par M. Brown dans des conditions telles que le fonctionnement de l’appareil peut être considéré comme parfait et assurant toute la sécurité désirable.
- Voici quelques détails complémentaires sur la façon dont s’opère ce premier travail élémentaire du pilote automatique.
- Le dispositif d’asservissement entre en action, nous l’avons dit, dès que la position de la ligne de foi varie par rapport à la graduation de la rose du compas. Son mouvement se transmet à un petit moteur à impulsion qui commande à son tour, par l’intermédiaire d’un engrenage différentiel, un tambour portant des contacts de part et d’autre de son plan méridien.
- En tournant, ce tambour ferme le courant dans des relais qui, à leur tour, font tourner le moteur en relation directe avec l’appareil à gouverner, exactement comme agirait l’homme de barre.
- Il faut évidemment que ce dernier moteur arrête de lui-même son action dès que le gouvernail arrive à l’angle voulu : à cet effet, il entraîne des engrenages auxiliaires qui ramènent le tambour à sa position neutre au bout d’un certain nombre de tours du moteur; le tambour, arrivant à sa position neutre, coupe le courant du moteur, qui s’arrête, laissant le gouvernail à la position où il l’a mis. Sous l’action du gouvernail, le navire revient en sens inverse ; le compas, ses répétiteurs et le tambour du pilote automatique suivent le mouvement; sous l’action du tambour, le moteur se met en marche en sens inverse et ramène le gouvernail à zéro, et ainsi de suite à chaque embardée du navire.
- Le pilote automatique possède encore d’autres particularités intéressantes sur le mécanisme desquelles nous ne pouvons nous étendre.
- Nous dirons seulement que, pour tenir compte et de la façon dont le navire gouverne, et de l’état de la mer, le pilote automatique est muni de dispositifs de réglage permettant de faire varier et la valeur de l’angle de barre qui sera appliqué pour une variation de cap donnée, et la rapidité avec laquelle cet angle de barre sera obtenue. 11 faut aussi que l’appareil, tout comme un timonier, sache « rencontrer », c’est-à-dire que, lorsque, par exemple, le navire ayant fait une embardée sur la gauche revient à droite sous l’effet du gouvernail, celui-ci soit remis légèrement à gauche pour arrêter le mouvement vers la droite du navire, lorsque celui-ci arrive à son cap.
- 1/appareil comporte aussi un dispositif permettant de rattraper les jeux existant dans la transmission entre l’appareil à gouverner et le moteur du pilote automatique.
- Un voit que le pilote conçu par M. Brown s’adapte parfaitement à la façon dont chaque navire, obéit à sa barre, tient compte de l’état du temps et de la mer, etc. Il réalise l’automate parfait, qui agit, prévoit et semble penser. Bien plus, il pense qu’il pourra être indisposé. Si, en effet, quelqu’un de ses organes se trouve dans l’iinjjossibilité d’accomplir la fonction qui lui est confiée, une sonnerie se met en branle et prévient l’officier de quart qui avise aussitôt au remède.
- Le pilote automatique est représenté sur la passerelle de la timonerie par une sorte de petite armoire renfermant les organismes dont nous venons de donner une nomenclature sommaire, moteur à impulsion, tambour, relais, etc., et qui constituent l’organe principal baptisé par M. Brown le « Controller » (fig. 1 et 2). Elle porte encore une petite roue qui permet de gouverner à mains, c’est-à-dire qui agit directement sur le moteur de la barre, sans l’intermédiaire du pilote automatique.
- Pour passer de la commande à main ordinaire qui agit sur le télémoteur hydraulique commandant à la barre, à la commande par le pilote automatique, il suffit simplement de manœuvrer un interrupteur.
- Le moteur du pilote automatique commandé par les relais du « Controller» et qui agit sur l’appareil à gouverner peut être placé soit sur la passerelle, soit dans le compartiment de l’appareil à gouverner lui-même. Dans le cas où le moteur est placé sur la passerelle, il agit sur le télémoteur hydraulique, tout comme le fait l’homme de barre, et le télémoteur agit à son tour sur la commande de l’appareil à gouverner.
- Dans le second cas, le moteur placé à proximité de l’appareil à gouverner lui-même agit directement sur la commande de celui-ci.
- Sur certains grands navires, Y Ile-de-France, par exemple, le « pilote automatique » comporte deux moteurs, l’un placé sur la passerelle, l’autre dans le compartiment de l’appareil à gouverner, et l’appareil de commande du pilote automatique peut actionner l’un ou l’autre des moteurs. *
- Le pilote automatique conjugué avec le compas gyroscopique Brown fonctionne avec la plus grande régularité à bord de VIle-de-France, du Lafayette, et sera également placé sur le Champlain, actuellement en construction.
- Ct Sauvaire-Jourdan.
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- LA CHASSE AUX LOUPS EN LITHUANIE 359
- Tandis que nous subissons en maugréant notre chétif hiver d’Occident, la saison mauvaise exerce en Europe centrale et orientale des rigueurs abaissant parfois la température à —50° centigrades dans la région de Moscou. Sans atteindre à ce point extrême, qui marque presque la limite où puisse vivre un être humain, on aimera peut-être à trouver ici quelques indications sur le froid sévissant dans la région balte.
- Dans ces contrées, et notamment en Lithuanie, le thermomètre est descendu cet hiver jusqu’à 28° au-dessous de zéro. Lacs, rivières, fleuves, sont pris sous une carapace de glace atteignant un mètre et demi d’épaisseur, et dont l’on n’espère pas la débâcle — grosse de périls — avant le temps de Pâques. Une couche de trois mètres de neige couvre les campagnes, y ralentissant la vie dans les proportions qu’on peut imaginer. Seuls circulent, par les solitudes immaculées, de rares traîneaux, de plus rares passants chaussés de skis, engoncés dans trois pelisses superposées... et des loups.
- La Lithuanie, couverte avant la guerre des plus épaisses forêts de l’Europe, et demeurée très boisée, malgré les dévastations allemandes, est l’un des habitats préférés du loup. Elle en voit venir de Russie, qui s’ajoutent aux troupeaux indigènes; elle en exporte, si j’ose dire, en Pologne. Et ce n’est pas de petits animaux qu’il s’agit.
- Toutes les variétés du Canis lupus, dans l’Europe septentrionale, sont à peu près semblables; mais celle de Lithuanie l’emporte par la taille. Ces fauves mesurent quelquefois, pour un poids de 50 kg, une hauteur de 0 m 85, et 1 m 95 de long, de la pointe du museau à l’extrémité de la queue; la largeur de leur tête entre les oreilles est particulièrement remarquable. Tels quels, ils inspirent aux animaux domestiques une insurmontable terreur. En présence d’un loup, le cheval est littéralement affolé; et il sera même impossible de tenir le trotteur le plus docile à l’habitude, si vous placez devant lui un loup empaillé. L’expérience a été cent fois tentée.
- Les louveteaux naissent en mai. Avant de mettre bas, la louve cherche au fond des halliers une retraite
- Fig. 2. — La forêt sous la neige.
- Fig. 1. — L’hiver en Lithuanie. Le château de glace à Palangu.
- aussi reculée que possible; quand elle l’a trouvée, elle ne la quitte plus, demandant sa vie au gibier des environs immédiats, et ne s’approchant en a\icun cas des lieux habités par l’homme.
- Quand l’automne arrive avec septembre, les lou-varts s’exercent à chasser à la suite de leurs parents : ils ne les quittent qu’aux premières neiges. Alors commence une vie de vagabondage, au cours de laquelle ils couvriront sans peine en une seule nuit d’incroyables distances. Les loups vivent alors par petits groupes de quatre ou cinq au plus ; on ne les voit réunis en bandes nombreuses que par les grands froids ou quand la famine les presse.
- Les loups ont faim ! Malheur au gibier de toute nature ! Dans les régions où ces fauves abondent, les chiens, bientôt, auront disparu. Voulez-vous savoir comment procède messire Ysengrin, auquel on ne saurait, en dépit de son crâne aplati, dénier une réelle capacité de ruse ? Un loup s’approche des villages situés à proximité de la forêt; il a tôt fait d’entraîner sur sa piste les chiens du lieu, puis il les ramène sous le couvert, où d’autres loups, qui guettaient, se ruent sur les victimes et les dépècent après un combat inégal.
- Avec les chevaux et les moutons isolés, ils emploient une tactique à peu près semblable : coupant la retraite à ces animaux, ils les entraînent et les égorgent au profond des taillis. Ce sont pour eux les grandes chasses d’automne. Les pertes ainsi accumulées sont importantes : dans le seul district de Panevézys, en un an les loups ont dévoré 6 vaches, 12 porcs, 14 chevaux, 49 chiens, 55 poulains, 59 volailles diverses et 279 moutons. Si les ovins sont l’objet d’une préférence caractérisée, ils le doivent à leur douceur native et surtout à leur nombre. Les ravages, pour ce district, ont été évalués à 55 000 fr, qui doublent au moins si l’on y ajoute la valeur du gibier sauvage, lièvres, chevreuils et daims, dont les loups, au fond des bois, font de véritables hécatombes.
- Mais l’houmie ? De caractère moyennement audacieux, le loup, en général, craint l’être humain et l’attaque rarement. ^Cependant je sais, parmi d’autres blessés, certain garde forestier dont le bras fut déchiqueté par les
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- morsures d’une louve qui, craignant pour son louveteau, se jeta sur l’homme un jour de chasse. Et en 1911,-les Russes, maîtres du pays, ayant confisqué toutes les armes à feu, les loups se rendirent compte promptement de l’état d’infériorité où se trouvaient les hommes, et dirigèrent de véritables expéditions contre les villages désarmés. Incapables de se défendre, les paysans souffrirent cruellement cet hiver-là. Leurs pertes furent nombreuses.
- La Lithuanie, devenue indépendante par la victoire des Alliés, institua aussitôt la lutte contre ces redoutables bandits de la forêt. L’organisation de la campagne fut confiée à la Société de Chasse et de Pêche, que préside M. Ivanauskas, le distingué professeur de zoologie à l’Université de Kaunas, Les règlements édictés par cette société rappellent assez nos ordonnances de louveterie.
- En raison du danger présenté par les loups, on les chasse toute l’année; mais l’époque la plus favorable est l’automne; c’est également le temps où leur pelage est le plus fourni. L’industrie lui reconnaît une certaine valeur; elle en fabrique des tapis, et surtout des pelisses de voyage extrêmement résistantes, et très chaudes, lorsqu’on a soin de porter le poil en dedans. Elles présentent d’ailleurs l’inconvénient d’être fort lourdes. Afin de pousser à la destruction de ces dangereux animaux, une prime, récemment portée à 50 litas (125 fr), est accordée par le gouvernement pour chaque bête abattue.
- Par temps de neige, la présence des fauves vagabonds est décelée par leurs traces. En automne, l’ingéniosité des chasseurs supplée à l’invisibilité des pistes. Dans la forêt, au soir, des spécialistes imitent le cri du loup,
- Fig. 3. — Louve et son louveteau de 5 semaines {il sera adulte à 6 mois).
- généralement avec une surprenante habileté. Si du fond de la futaie répond une sorte d’aboi caractéristique, long et rauque — le staugimas — la battue est décidée pour le lendemain.
- Parfois ce n’est qu’une petite chasse, réunissant 60 ou 100 rabatteurs seulement. Mais le Lithuanien, chasseur dans l’âme, répond avec empressement à l’appel lancé par la Société, et si le village est important l’on peut réunir aisément une troupe de 3 à 400 rabatteurs. Alors se déroule le rite imposant de la battue aux fanions.
- Les chasseurs se réunissent dès l’aube, car ils ont un grand travail devant eux. Chaque section de la Société de Chasse et de Pêche possède une corde longue de 5 km (!) et portant de place en place des fanions aux couleurs éclatantes et variées. Cette corde est roulée sur une énorme bobine, que vers sept heures du matin une voiture ou un traîneau commence de dérouler, au rythme de sa course, sur trois côtés du quartier de chasse choisi parce que les spécialistes y ont reconnu des entrées de loups et pas de sorties. A mesure, la corde est tendue au sommet de piquets hauts de 60 à 70 cm, puis on l’imprègne au pinceau d’un liquide répandant une forte odeur — généralement du lysol. A midi seulement ces préparatifs sont terminés.
- Alors la battue commence. Les rabatteurs sont placés les uns à côté des autres, près de la corde, à l’intérieur de l’espace embrassé par elle, et marchent en ligne droite vers l’ouverture demeurée libre, où les chasseurs se postent de 20 en 20 m, à des emplacements tirés au sort. Les cris des rabatteurs, les coups de bâton qu’ils assènent sur les buissons et sur les halliers, font se lever les loups, qui cherchent à fuir par les côtés. Mais le claquement des fanions bigarrés, l’odeur du lysol et l’éclat du grand jour effrayent les fauves, qui s’enfuient et se laissent pousser vers les chasseurs. Ceux-ci les tirent de près, sans peine, mais non pas sans péril, on le devine.
- Un autre mode de chasse, plus rare, mais exigeant beaucoup moins de monde, est celui qui se pratique en traîneau, de nuit, avec le concours involontaire d’un porc. Celui-ci, attaché à une corde longue de plusieurs mètres, est entraîné par la course vive du traîneau. Il témoigne de sa désapprobation par des cris perçants qui font accourir tous les loups du voisinage; les chasseurs montés dans le traîneau n’ont plus qu’à les fusiller. Chasse périlleuse s’il en est ! Les choses se passent, en effet, telles que nous venons de le dire, en principe ; mais en réalité, il en va tout autrement. Les chevaux attelés s’emballent à l’approche des loups, renversent dans la neige le traîneau et les hommes, sur lesquels se jettent les loups affamés et irrités. 11 faut dans cette circonstance un grand sang-froid et beaucoup d’adresse aux chasseurs, pour sortir sains et saufs de cette aventure.
- Dans les régions de l’ancien front russe, on utilise pour la chasse au loup les tranchées équipées en chausse-trapes. Au fond du fossé sont disposés des pieux aigus; les chasseurs y attachent des canards vivants, qui cancanent désespérément dans la nuit, attirant eux aussi les loups des environs.
- Le poids des fauves fait céder le mince clayonnage
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- Fig. 4 (à gauche). —• M. Ivanauskas, professeur à V Université de Kaunas, président de la Société de chasse et de pêche.
- Fig. 5 (au milieu). — Un beau coup de fusil. — Fig. G (à droite). — Un louveteau vivant, entre scs parents morts, à la fin d’une chasse.
- disposé pour recouvrir la fosse et ils s’empalent au fond du piège.
- Tous ces procédés de destruction aboutissent à supprimer une cinquantaine de loups par an. Nos lecteurs jugeront peut-être ce chiffre minime; mais s’ils réfléchissent qu’il est environ le décuple du tableau dont s’enorgueillissent nos.louvetiers, et que la Lithuanie est presque dix fois moins vaste que la France, ils remarqueront qu’au pays du Niémen on tue, proportionnellement, cent fois plus de loups que chez nous.
- Ajoutons, à titre de curiosité, que, malgré les déprédations qu’il commet, la Lithuanie voit le loup d’un assez bon œil. Elle dit couramment qu’il est « son lion », et je crois bien qu’elle est fière, en somme, de loger abondamment ce gibier d’envergure. Un régiment de dragons lithuaniens a pris le nom de « Loups de fer ». Le général Zeligowski, qu’ils furent près de capturer à Giedraitiai, et qui prit la fuite en leur abandonnant son sabre, juge que ce surnom est dignement porté.
- Jean Mauclère.
- = QUATRE SIECLES DE COLONISATION =
- FRANÇAISE
- VISITE A LA RÉCENTE EXPOSITION DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE
- L’ensemble des documents historiques, réunis actuelle- l’érudit organisateur de cette très intéressante exhibition
- ment dans la Galerie Mazarine, constitue, comme le note M. de la Roncière, conservateur du Département des
- Fig. 1. •— Restes du château des Croisés à Saïda (en Syi’ie, ancienne Sidon).
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- Fig. 2. — Gérard K remer, dit Mercalor (1512-1594), fondateur de la Géographie mathématique moderne.
- Imprimés à la Bibliothèque Nationale de Paris, une sorte de préface à l’Exposition internationale des Colonies, qui s’ouvrira prochainement à Vincennes.
- Notre race possède depuis longtemps le « sens de la colonisation ». Dans combien de pays ou de villes du monde, en effet, ne trouve-t-on pas des traces de la domination passagère des Français ? Que de randonnées militaires ou pacifiques, nos nationaux n’ont-ils pas entreprises en divers points du globe depuis le Moyen Age jusqu’au premier Empire. Ici un nom de ville, là, un édifice ou un monument commémoratif ; en d’autres endroits, quelques mots de notre langue rappellent notre génie colonisateur ou notre domination éphémère.
- Fig. 4. — Attaque d’un village fortifié par les Iroquois. (Dessin extrait des voyages du Sieur de Champlain, publiés en 1619.)
- Les portraits, les gravures, les manuscrits ou les livres momentanément exposés à la Bibliothèque Nationale, vont nous raconter, de façon originale et parfois inédite, les hauts faits de ces explorateurs, de ces missionnaires, de ces savants, de ces soldats ou de ces marins. Des dessins ou des tableaux nous montrent l’aspect des lieux témoins de leurs souffrances, de leurs luttes, de leurs triomphes et souvent, hélas ! de leur glorieux trépas.
- Bien avant les Croisades, certains de nos compatriotes ont eu l’humeur voyageuse. Dès 1066, Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, débarque en Angleterre avec une armée de 60 000 hommes composée non seulement de Normands, /nais d’Angevins, de Tourangeaux, de Français de diverses provinces, voire d’étrangers. Il bat et tue à Hastings le roi des Anglo-Saxons, Harold, puis s’empare du trône du vaincu. Alors chevaliers ou aventuriers, moines et manants français qui formaient la cohorte conquérante colonisent, en quelque sorte, la Grande-Bretagne. Des seigneurs français reçoivent en liefs d’importants domaines, des prêtres français occupent des sièges épiscopaux, des bourgeois français s’installent dans les villes, Hugues
- Fig. 3. — René de Laudonnière conversant avec le gigantesque cacique Satouriova devant un padron fleurdelysé, symbole de la France
- (d’après une gravure originale de 1564).
- le tailleur, Guillaume le charretier et autres paysans ou roturiers français deviennent les souches des nobles familles anglaises.
- A peu près vers la même époque, d’autres Normands conduits par Robert Guiscard et Roger fils de Tancrède de Hauteville commencent la conquête de l’Italie méridionale et de la Sicile, tandis que la chevalerie de France se rend à l’appel du roi de Castille Alphonse VI, qui luttait péniblement contre les Arabes d’Espagne. Parmi ces volontaires, se distingue Henri, fils d’un duc de Bourgogne, qui conquit d’abord un petit pays sur les bords du Minho. Puis, après avoir remporté dix-sept victoires, il ionda, en 1143, le royaume du Portugal.
- Toutefois les premiers essais de colonisation des Français datent surtout des Croisades. Dans les pays conquis par eux, les Croisés fondèrent des états chrétiens. La première croisade amena la création, en Palestine, du royaume de
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- .Jérusalem, de la principauté d’Antioche, des comtés d’Edesse et de Tripoli sous la suzeraineté desquels se constituèrent une multitude de petites seigneuries.
- Fig. r>. — Jean-Barl, le célèbre corsaire du temps de Louis XI 1. (D’après une gravure (le T. Johannot.)
- seize ans plus tard. D’artistiques chefs-d’œuvre de la cartographie de cette époque, exposés dans la Galerie Maza-rine, font revivre également sous nos yeux, quelques ligures originales de voyageurs français.
- Yoici entre autres le splendide portulan sur lequel le -juif converti Mecia de Viladestes a consigné en 1413 les étapes des pistes, suivies par le toulousain Anselme d’Ysal-guier jusqu’à Tenbut (Tombouctou) et Geugen (Gao) au Niger. Dans une vitrine voisine se voit la reproduction photographique de VImago Mundi, le célèbre ouvrage du cardinal français Pierre d’Ailly qui provoqua la découverte de l’Amérique. La bibliothèque de Séville possède l’exemplaire original de ce volume imprimé à Louvain en
- Peu après, lors du déclin de ces principicules, la Fig. 7. - Gravure représentant des Bayadères dans l’Inde française.
- dynastie des Lusignan commence à régner sur l’île de Chypre (1191) tandis que le champenois Villehardouin plante notre drapeau en Morée, que le bourguignon Othon de la Roche est proclamé duc d’Athènes et que des chevaliers, originaires de notre patrie, s’installent dans l’île de Rhodes. On rencontre, dans tout le Levant, des vestiges de notre passage. A Tyr (aujourd’hui Sour), et à Sidon (aujourd’hui Saïda), par exemple, les flots de la mer battent encore les ruines de châteaux féodaux bâtis par les Croisés.
- Puis bientôt nos compatriotes s’enhardissent à la suite de la découverte du Nouveau Monde et du xv,! au xvi" siècle, nos navigateurs entreprennent de nombreuses expéditions transocéaniques. Arrêtons-nous, en particulier, devant ce gentilhomme normand Jean de Béthencourt et son compagnon poitevin Gadifer de la Salle qui partirent, en 1402, pour conquérir les îles Canaries, tombées sous la domination espagnole,
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- 1481 et annoté par Christophe Colomb, dont il fut le livre de chevet. L’Atlas portugais, antérieur au fameux voyage de Magellan autour du monde et auquel participèrent une quinzaine de Français, ne le cède pas en intérêt au joyau cartographique précédent. Ce manuscrit enluminé renferme toutes les « singularités » des différentes parties du monde, entre autres une carte du Brésil ornée de singes et de perroquets se jouant dans les forêts où des sauvages coupent le fameux bois brésilien que des Européens emportent vers des galions.
- Mais nos « peintres cartographes » ne tardent pas à dépasser les hydrographes portugais ; leurs œuvres rivalisent même avec celles du fondateur de la géographie mathématique moderne, le flamand Gérard Krerner dit Mercalor (1512-1594). Guillaume Le Testu, du Havre et André Thevet « natif d’Angoulesme » s’attachent à faire connaître la flore, la faune et l’ethnographie de la France antarctique, appelée « Amérique » du nom d'Americ Vespace le navigateur florentin, qui visita quatre fois le Nouveau Monde, déjà découvert par Christophe Colomb et peut-être, dès 1488, par notre compatriote Jean Cousin.
- De leur côté, les riches armateurs dieppois, les Ango, surent grouper autour d’eux de hardis capitaines : entre autres Denis de Honfleur, Gainart de Rouen et les deux frères Parmentier qui explorent les côtes de l’Afrique, de l’Amérique et de l’Hindoustan. Jean Parmentier visite
- Fig. 8. — Jean-François de La Pérouse, célèbre navigateur français massacré dans l’Ile de Vanikoro en 1788.
- (D’après une gravure du temps.)
- Sumatra, les Moluques, les Maldives et Madagascar (1528) pendant qu’une expédition, organisée aux frais des négociants en soieries de Lyon, explore la Floride. En 1534-35 Jacques Cartier, de Saint-Malo, découvre l’embouchure du Saint-Laurent, et remontant le cours de ce grand fleuve; il prend possession au nom de François Ier de la vaste «Nouvelle France» qui s’appellera plus tard le Canada. De 1541 à 1544, son successeur Jean de la Roque, sieur de Roberval, continue son œuvre dans l’Amérique du Nord, puis sous Charles IX l’amiral Villegnon, envoyé par Coli-gny, cherche à fonder une colonie au Brésil afin que les protestants persécutés en France puissent y trouver asile 11555). Cette tentative ayant échoué, il essaie de la recommencer en Floride avec Jean Ribault et René de Laudon-nière (1562) qui construisirent sur la « rivière de Mai », un fort, détruit par les Espagnols (1565). Un peintre-soldat, Jacques Le Moyne de Morgues, nous a conservé en même temps que la carte de cette colonie française éphémère, de jolies miniatures des combats, du scalp des vaincus et d’autres scènes curieuses de la vie indienne. L’un de ces tableautins rarissimes appartient à M. James Hyde, qui l’a prêté pour la durée de l’exposition parisienne actuelle et représente René de Laudonnière conversant avec le gigantesque cacique Satouriova devant un padron fleurdelisé, symbole de la France.
- Samuel de Champlain, le fondateur de Québec (1608) était également un « peintre cartographe » de valeur et les planches de ses « Voyages en la Nouvelle- France ès années 1615 et 1618», telle, par exemple, l’attaque d’un village fortifié par les Iroquois, disent assez la finesse de son crayon.
- Sous Henri IV et surtout sous Richelieu, l’empire colonial français commence à faire bonne figure sur les atlas généraux dont les cartes débarrassées de leurs fioritures artistiques deviennent des guides topographiques plus précis.
- La Ravardière et Rasilly reconnaissent la Guyane, Belin d’Esnambouc occupe dans les Antilles, Saint Christophe, la Martinique, la Guadeloupe et les flibustiers français s’établissent à l’île de la Tortue, puis dans l’île de Saint-Domingue. A la mort du grand Cardinal (1642) des milliers de colons français disputent partout aux Espagnols, aux Portugais et aux Anglais les régions nouvellement découvertes. Génial précurseur, Richelieu a jeté les fondations de notre Afrique occidentale qu’il répartit entre des compagnies à charte. Pronis prend possession, dans l’Océan Indien, de la grande île de Madagascar qu’il baptise du nom de France Orientale et peu de temps après il annexe, au nom du roi, l’île Bourbon (la Réunion) où Gobert avait planté le drapeau français dès 1638. De leur côté, les Antilles se peuplent de colons, d’engagés volontaires pour trois ans venus de France et d’esclaves nègres importés d’Afrique.
- Sous Louis XIV, Jean Baptiste Colbert s’efforce de continuer la tradition. Estimant que les colonies apportent une aide puissante au développement de la marine et du commerce, il organise des compagnies privilégiées dont les plus importantes sont les Compagnies des Indes occidentales, des Indes Orientales et du Levant. Les deux premières exerçaient tous les pouvoirs royaux sur les régions coloniales qu’on leur concédait en leur imposant certaines
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- charges. Elles installaient les gouverneurs et les juges, elles pouvaient déclarer la guerre aux indigènes et signer avec eux des traités de paix et elles avaient le droit d’arborer le pavillon blanc fleurdelisé sur leurs navires. La Compagnie des Indes Occidentales, fondée en 1664 et dont le siège central était au Havre, possédait le monopole exclusif du trafic avec nos établissements de l’Amérique du Nord, des Antilles, de la Guyane et du Sénégal. La Compagnie des Indes orientales, issue de sociétés similaires antérieures créées successivement en 1604, 1627 et 1642, fut réorganisée aussi en 1664 et son centre était à Lorient. Elle avait seule le droit de commerce dans tout le grand Océan depuis le Cap de Bonne-Espérance jusqu’au détroit de Magellan, y compris nos colonies de Madagascar, des îles de France et de Bourbon ainsi que nos comptoirs de l’in-doustan. Quant à la Compagnie du Levant datant de 1670 et ayant son siège à Marseille, elle disputa pendant vingt ans aux armateurs anglais, hollandais ou vénitiens le trafic dans tous les ports de la Turquie, de l’Asie Mineure, de la Syrie, de l’Egypte et des Etats Barbaresques.
- Ce fut alors la période héroïque des corsaires et des boucaniers qu’évoquent, très originalement, les gravures, les autographes, les cartes ouïes portraits rassemblés aujourd’hui dans la Galerie Mazarine. Les exploits des Jean Bart, des Surcouf, des Duguay-Trouin et leurs émules sont restés célèbres dans les annales de la guerre de course. Voici, par exemple, Y Histoire des aventuriers flibustiers écrite par l’un d’eux, le belge Oexmelin (1645-1710). Elle nous montre des corsaires s’emparant des galions espagnols chargés d’or et d’argent, elle nous fait connaître les mœurs et les coutumes des populations des Indes. Parmi les originales gravures qui illustrent ce livre, maintes fois réimprimé en français, en anglais ou en hollandais, distinguons celle d’un boucanier français de Saint-Domingue, habile chasseur de taureaux sauvages et tireur merveilleux avec un fusil plus haut que lui !
- Nos navigateurs, nos naturalistes et les peintres qui les accompagnent dans leurs explorations scientifiques, les héroïques défenseurs de nos colonies et dans un genre moins sévère le défilé pittoresque des indigènes, depuis les sorciers des Antilles et les fumeurs de petun (tabac) du Far-West ou de la Floride jusqu’aux barbaresques dégustateurs de café et aux Bayadères de l’Inde française n’ont pas été non plus oubliés à Y Exposition de la Bibliothèque Nationale.
- Citons au hasard de la rencontre, quelques-unes de ces pièces typiques. Voici le célèbre navigateur La Pérouse que les naturels de Vanilcoro massacrèrent, voici Mahé de la Bourdonnais, volant au secours de Dupleix bloqué dans Pondichéry, voici Montcalm qui lutta glorieusement au Canada contre les Anglais, mais qui fut tué devant Québec. Un peu plus loin, une charmante gravure du temps nous représente Bougainville, imbu des idées de Jean-Jacques Rousseau, s’extasiant devant les naturels de la Nouvelle-Cythère (Tahiti) tandis que des spécimens de tissus peints importés jadis par la Compagnie des Indes nous révèlent l’origine lointaine des toiles de Jouy fabriquées par Oberkampf et qui eurent une si grande vogue en France, à la fin du xvme siècle. La vue du Jardin des Pamplemousses à l’Isle de France, représente le lieu
- Fi y. 9. — Marabout Mandingue du Sénégal.
- (D’après une esquisse de l’abbé Boilat, missionnaire apostolique, figurant à l’Exposition de la Bibliothèque Nationale.)
- témoin de l’idylle de Paul et Virginie, le chef-d’œuvre de Bernardin de Saint-Pierre. Une collection des dessins de Geringer et Chabrelie nous renseigne sur les divinités, les temples, les cérémonies religieuses, les coutumes et les mœurs des populations de l’Inde française.
- Mais arrêtons là notre trop courte visite à travers quatre siècles de colonisation française dont il est difficile de raconter en peu de lignes l’histoire à la fois glorieuse, extraordinaire et remplie de tristesses. Hélas ! nous devons clore notre esquisse en parlant de nos échecs. Le traité d’Utrecht (1713) nous enlève dans l’Amérique du Nord Terre-Neuve,l’Acadie,la Baie d’Hudson,nous laissant seulement la Louisiane et le Canada. Puis le désastreux traité de Paris (1763) nous chasse complètement de l’Amérique du Nord en livrant le Canada à l’Angleterre et la Louisiane à l’Espagne', il anéantit notre empire dans les Indes dont nous ne conservons que les cinq villes de Chandernagor, Pondichéry, Mahé, Yanaon et Karikal; il nous enlève aussi une partie des Antilles. Enfin sous le Premier Empire, malgré l’héroïsme de nos corsaires qui, de 1793 à 1815, capturèrent 10 871 navires de commerce anglais, nous perdons la Louisiane, Saint-Domingue et dans le sud de l’Océan Indien, l’île de France (aujourd’hui île Maurice). Au début du xixe siècle, il ne nous restait donc plus que quelques îlots ou comptoirs répartis, çà et là, à travers le monde. Depuis lors, la France eut heureusement sa revanche. Elle a su reconquérir un empire colonial dont l’étendue et les richesses la dédommagent de celui qu’elle a perdu jadis et que la récente exposition vient de faire revivre pendant quelques semaines d’une manière érudite, brillante et anecdotique pleine de charmes.
- Jacques Boyer.
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- LES RADIOCOMMUNICATIONS
- PAR ONDES EXTRA-COURTES
- La radioélectricité employait jusqu’à présent des longueurs d’onde dont le minimum était de l’ordre de plusieurs mètres. L’appellation d’ondes courtes s’appliquait à des longueurs ne descendant pas au-dessous de 10 m. Ainsi les liaisons radiotéléphoniques à ondes courtes établies entre Madrid et Buenos-Ayres, entre Londres et New-York, entre la Grande-Bretagne et ses colonies, etc., fonctionnent sur une longueur d’onde variant entre 15 et 30 m. D’autre part, les postes émetteurs qui équipent les auto-chenilles de transmission affectées à- la mission Haardt-Audoin-Dubreuil dans le Centre-Asie, sont prévus pour des longueurs d’onde allant de 15 à 60 m. Quant aux ondes dites très courtes leur longueur demeurait, dans les essais effectués jusqu’à présent, supérieure au mètre.
- Des ondes de cette longueur avaient été réalisées dès les débuts des travaux sur les ondes hertziennes, par Hertz tout d’abord, puis par Righi, Jagadis Chunder Bose, etc. Mais il ne s’agissait pour ces savants, que d’expériences de laboratoire destinées à mettre en évidence l’identité des ondes électromagnétiques et des ondes lumineuses ; aucune application pratique n’était envisagée. Le générateur d’ondes était du type bien connu de l’éclateur de Hertz, fournissant uniquement des ondes amorties. Puis est venu le règne de la T. S. F. et l’avènement de la lampe thermionique. En 1917, MM. Gut-ton et Touly ont pu tirer d’une lampe à cornes de la télégraphie militaire des ondes entretenues de l’ordre de 2m de longueur. Le savant allemand Barkhausen, d’autre part, a montré que dans une lampe à 3 électrodes, avec une grille positive et une plaque négative, on pouvait faire exécuter aux électrons de véritables danses rythmiques autour de la grille, et engendrer ainsi des oscillations dont la longueur d’onde ne dépend que des dimensions de la lampe. C’est le procédé de Barkhausen qui a inspiré la plupart des chercheurs qui se sont attachés en ces dernières années, au problème des ondes très courtes. On est ainsi arrivé à faire aisément des ondes de 2 à 5 m.
- En 1928, un savant français, M. Pierret, avec un montage original, mais utilisant comme celui de Barkhausen les danses d’électrons, a réalisé des ondes de 14 cm. et les a utilisées dans des essais de transmission. Les appareils ont été exposés à la Société de Physique la même année. Le Laboratoire National de Radioélectricité a fait faire des essais de portée par M. Beauvais en janvier 1929, puis en 1930. M. Gutton enfin, qui depuis quelques mois dirige ce laboratoire, a fait lui-même, avec M. Pierret, des expériences dans la banlieue de Nancy, au mois d’août dernier.
- Et voici que trois jeunes ingénieurs français, MM. Dar-bord, Fournier et Clavier, viennent de mettre au point, sous la direction de M. Deloraine, dans les laboratoires du Matériel téléphonique, un système de liaison à ondes extra-courtes, dites « micro-rayons », qui a été expérimenté ces jours derniers avec succès à travers la Manche, entre Calais et Douvres.
- Une station était installée sur la falaise du Cap-Blanc-Nez et l’autre sur la falaise de Saint-Margaret’s Bay. Chaque station comprenait un émetteur et un récepteur et l’appareillage terminal destiné à les connecter pour assurer le caractère bilatéral — ou duplex — de la liaison. La longueur d’onde utilisée au cours de la démonstration était de 18 cm, correspondant à une fréquence de 1 600 000 000.
- Voici la constitution essentielle de l’appareillage.
- Les signaux à envoyer sont appliqués à un oscillateur spécial, appelé « lampe micro-radion », dans lequel sont produites les oscillations de haute fréquence, suivant une méthode qui rappelle les montages de M. Pierret, tout en y apportant de nouveaux perfectionnements. Une courte ligne de transmission assure la connexion de cette lampe micro-radion et du système d’émission qui a reçu le nom de « doublet » et dont la longueur n’est que de 2 cm environ. Nous voici loin des dimensions imposantes que revêtent les antennes annexées aux stations d’émission travaillant sur des longueurs d’onde d’ordre élevé.
- Le doublet est placé au foyer d’une calotte métallique en forme de paraboloïde de 3 m de diamètre, qui a pour but de concentrer les ondes émises dans un angle très petit et dirigé avec précision vers le récepteur de la station opposée. Dans ce réflecteur — il y a bien réflexion, en effet — le rapport entre la distance focale et le diamètre est calculé de manière à donner le meilleur rendement. Pour augmenter encore ce rendement, d’ailleurs, en évitant toute perte de radiation à l’extérieur de l’angle utile, on a placé un second réflecteur, de forme hémisphérique celui-là, en face de la calotte parabolique. Le doublet occupant ainsi le foyer de la parabole et en même temps le centre de la demi-sphère, tous les rayons qu’il émet sont finalement projetés dans la direction voulue.
- Quant au récepteur, il est en tous points semblable à l’émetteur. Il comporte, comme celui-ci, un doublet de 2 cm de longueur connecté par une petite ligne de transmission à une lampe micro-radion, jouant le rôle de détecteur. Des réflecteurs, parabolique et sphérique, pareils à ceux de l’émetteur, concentrent tous les rayons reçus de la station opposée sur le doublet. La lampe détectrice est placée dans une cabane à quelques mètres du miroir, et les courants qu’elle débite sont simplement amplifiés au moyen d’un amplificateur à deux lampes basse fréquence.
- Pour écarter tout risque d’interférence entre l’aller et le retour de la liaison bilatérale, le récepteur est situé à une centaine de mètres de l’émetteur et dans son ombre électro-optique, si l’on peut appeler ainsi la zone extérieure au paraboloïde de révolution dont fait partie le réflecteur parabolique.
- La même longueur d’onde est utilisée dans les deux directions de la liaison.
- Les expériences, qui portaient sur une distance de
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- Fig. I, 2, 3. — Les appareils de téléphonie par radiations extracourtes, expérimentés à Calais, lin haut : L’émetteur et le récepteur. — Au moyen du réflecteur de 3 m de diamètre que l’on voit en avant de la baraque, des rayons à une fréquence de 1600 millions sont envoyés au poste correspondant à Douvres.
- Au milieu : Vue rapprochée de l’émetteur de Calais. — Le tube oscillateur « micro-radion » est situé dans une petite boîte métallique que l'on peut voir au premier plan. Devant cette boîte est située l’antenne, longue de 2,5 cm.
- En bas : Le récepteur de Calais. — Les fils traversant le centre du récepteur servent à transmettre les signaux reçus du tube « micro-radion » situé dans la petite boîte métallique, jusqu’à la personne qui écoute.
- m
- 40 km environ, ont été faites avec une puissance dans l’antenne d’environ un demi-watt.
- La lampe émettrice micro-radion qui alimente l’antenne consomme 25 watts : moins qu’une lampe à incandescence usuelle. Un dispositif ingénieux permet de mesurer le débit en haute fréquence de l’émetteur. Au centre du réflecteur parabolique du poste d’émission, on a ménagé une ouverture à travers laquelle passe une partie de la radiation émise. En donnant à ce trou un diamètre légèrement inférieur à celui du réflecteur hémisphérique placé en face de lui, il n’en résulte aucune perte de la puissance utile. Les radiations traversent alors l’ouverture et atteignent un ondemètre étalonné et réglé pour la fréquence employée. Et, par le jeu d’une petite antenne de réception et d’un couple thermo-électrique, on peut faire sur un galvanomètre
- des lectures donnant une indication de la puissance émise.
- Ces ondes extra-courtes présentent des particularités remarquables que l’agencement même de l’appareillage employé met en relief. Par exemple, l’emploi des réflecteurs fait ressortir leur parenté avec les ondes lumineuses. De même, des dispositifs de réfraction tels que les prismes et les lentilles pourraient leur être appliqués. Mais comme cette parenté avec la lumière ne vient qu’en complément de leur caractère électromagnétique, les prismes ou les lentilles destinés à la réfraction des micro-rayons pourraient très bien être constitués d’une substance opaque et bon marché telle que le bois. Pour la même
- raison, les phénomènes atmosphériques comme la pluie ou le brouillard ne sauraient les influencer. En fait, on n’a jusqu’ici observé aucun fading dans la transmission de ces ondes courtes. Par contre, leur propagation exige du point de vue de l’optique que l’on dispose d’un chemin « optique » franc entre l’émetteur et le récepteur et, du point de vue électrique, qu’il n’y ait entre ceux-ci
- aucun obstacle conducteur de grandes dimensions.
- Les expériences ont porté jusqu’ici sur la téléphonie, l’audition étant d’une qualité au moins égale à celle des meilleurs circuits téléphoniques et sur la transmission
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- DOUVRES
- CALAIS
- MANCHE
- Fig. 4.
- Le trajet des ondes ultra-courtes entre les deux postes de part et d’autre du Pas de Calais.
- i
- des images. En ce qui concerne cette dernière application des micro-rayons, on peut dire que pratiquement il n’y a pas de limite à la vitesse à laquelle les messages peuvent être transmis, ou plutôt la seule limite réside dans l’agencement mécanique de l’appareil employé pour envoyer ou recevoir ces messages. Mais déjà cette vitesse est très intéressante. Ainsi, les machines pour la transmission des images ayant été installées pour transmettre, de Calais à Douvres, des pages imprimées, placées dans la machine de Calais, ont été reproduites de l’autre côté de la Manche, à la vitesse d’une page à la minute, ce qui représente non seulement un grand progrès par rapport à la vitesse des systèmes télégraphiques existants, mais une économie dans les dépenses d’exploitation, puisqu’il n’y a aucune opération de manipulation, dactylographie ou autre préparation des messages lors de la transmission.
- En résumé, la réussite parfaite des expériences faites entre Calais et Douvres montre d’une façon définitive que la bande de longueurs d’onde comprise entre 10 cm et 1 m est désormais utilisable dans la pratique courante des radiocommunications. Du point de vue de l’encombrement de l’éther, une différence de 10 kilocycles devant, d’après les conventions internationales, séparer deux stations voisines, un calcul simple montre que le nombre de fréquences utilisables dans cette bande est de l’ordre
- Fig. 6.
- Schéma de l’échange des communications par ondes extra-courtes entre deux postes.
- I______RéçeËtear____i
- CALAIS
- ___ HsfémettsiilL _ _ J
- DOUVRES
- de 250 000 au moins. Plus d’un quart de million d’émetteurs pourront croiser leurs faisceaux dans la même région sans se gêner mutuellement. 11 y a là une précieuse ressource pour le jour où l’éther sera encombré par les postes de longueur d’onde usuelle.
- On objectera sans doute que la portée des ondes extracourtes est limitée, sinon par la puissance des phares émetteurs, au moins par les obstacles et par{la courbure de la terre. Mais étant donné la simplicité des postes, rien n’empêche de concevoir, aménagés sur des points hauts, une chaîne de postes se relayant automatiquement.
- La télévision trouvera, peut-être, elle aussi dans les ondes extracourtes, le véhicule qui lui a manqué jusqu’ici pour sortir du laboratoire et aborder le domaine pratique. On sait que pour pouvoir transmettre les
- Réflecteur
- parabolique
- Lignes de transmission
- Doublet
- Réflecteur hémisphérique,
- Ondemètre
- Tube
- micro-radion
- Connexions venant de l'équipement terminal
- V///////////77////////777777777777?
- Fig. 5.
- Coupe d’un poste émetteur.
- innombrables signaux qu’elle .exige, il faut envisager toute une série d’ondes porteuses de longueurs d’onde différentes, et non susceptibles de se mélanger. L’encombrement actuel de l’éther, pour les ondes hertziennes de longueur usuelle, s’oppose à cette solution. La difficulté serait tournée avec les ondes de très courte longueur.
- Enfin on peut entrevoir pour elles de nombreuses applications militaires et navales : communications secrètes sur les champs de bataille, liaisons téléphoniques entre les diverses unités d’une escadre, etc.
- Pour la radioélectricité sous toutes ses formes, les ondes extra-courtes s’avèrent donc dès maintenant comme très précieuses. Les résultats qu’elles font espérer justifient les études approfondies, actuellement poursuivies dans nos laboratoires français.
- Cl-G. Bossière.
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- RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
- Solution du problème proposé dans La Nature du 15 février 1931 (n° 2850). Rappelons-en l’énoncé :
- On demandait à Mme X... : « Quel âge avez-vous ? »
- Elle répondit, non sans détours : « Prenez un certain nombre de six chiffres, vous le divisez en tranches de deux chiffres.
- « La première tranche à gauche vous donne l’âge de ma mère, dont le chiffre des unités est un 1.
- « La dernière à droite, celui de mon père.
- « Mon garçon a le 1/3 de celui de mon père, moins 1 an.
- « Si on divise l’âge de ma mère par le chiffre des unités de l’âge de mon père, on trouve l’âge de ma fille (dont le chiffre des unités est 4) et il reste 1.
- « On trouve également l’âge de ma fille en déduisant l’âge de ma mère de celui de mon père.
- « Pour connaître le mien, divisez le nombre par le produit de la somme de l’âge de mon père et de ma fille multiplié par la somme de nos personnes (5) et additionnez ensemble tous les chiffres (pris en valeur absolue) du dividende, du diviseur et du quotient. La somme de tous nos âges égale 255.
- « A l’inspection de ce nombre vous lisez l’âge de chacun de nous, ainsi que mon nom.
- « Les 2 premiers chiffres de gauche donnent l’âge de ma mère.
- « Le 2e et le 3e chiffre de gauche donnent celui de ma fille.
- « Le 4e et le 5e chiffre de gauche celui de mon garçon.
- « Le 5e et le 6e (derniers) celui de mon père.
- « Et le mien se lit sur les deux extrémités en plaçant le
- chiffre de droite le premier et celui de gauche le deuxième. »
- (Problème proposé par M. André Arnaud, de Marseille. On avait écrit par erreur Armand.)
- Ce problème a paru intéresser nos lecteurs, si nous en jugeons par le nombre de solutions qui nous sont parvenues des quatre parties du monde, comme on pourra en juger par la liste ci-après. Ont envoyé des solutions justes :
- MM. Marcel Godard, ingénieur T. P. E., à Amiens; Capitaine Moyen, de l’Etat-Major, à Amiens; Pierre Marin, professeur, L. Landrais, tous deux pensionnat Saint-Gabriel, à Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée) ; M. Sinturel, licencié ès sciences, à Saint-Julien-en-Genevois (Hte-Savoie) ; Depail-lier, Paris; Émile Lods, à Montrouge (Seine); Zamamiri, à Lausanne; R. de la Mahotière, Paris; Jean de Lavallée, Bordeaux; Bois, à Pélussin (Loiret); Cosmi, à Sidi-Abdallah (Tunisie) ; Wittsmanora, à Plzen (C. S. R.) ; Liautaud, à Draguignan (Var); Leteur, à Cellule (Puy-de-Dôme); Dr Lœser, à Dillinger an der Saar (solution en allemand) ; Coste, Dandelot, à Pau; Dufîer, à Besançon; Hergott, à Meudon; Bouvaist, Schaeffer, à Lausanne; Mayère, au Raincy; Abbé Morrier, professeur à Huy; Veysserre, à Strasbourg; Faucher, séminaire du Sacré-Cœur, à Saint-Victor (Canada); Weber, à Mutzig (Bas-Rhin) ; Gervot, à Dakar (Sénégal) ; Barsy, à Anvers ; Dreyer, Roussilon (Isère) ; Brenot frères, à Paris ; G. Val, à Sao Paulo (Brésil), Ac. Ac. à Ispahan (Perse).
- Ce problème était plus effrayant par la complication de l’énoncé que de difficile solution. Des données supplémentaires la facilitaient beaucoup. Bon nombre de correspondants n’avaient pas eu connaissance ou avaient oublié le curieux problème HUBERT, qui fournissait le nom de la dame qui a tant de peine à avouer son âge et l’entoure de tant de mystère. Espérons que Mme X... n’a pas rempli ses feuilles de recensement avec cet énoncé.
- Nous choisissons, parmi toutes les solutions envoyées, celle de M. Pierre Marin, comme une des plus simples et des plus élégantes. ______
- Soit le nombre de 6 chiffres abcdef.
- Age de ma mère : ab, comme b = 1, on a : al.
- Age de la fille : bc ou le.
- Age du garçon : de.
- Age du père : ef.
- Age de Mme X : fa.
- D’autre part le problème donne 4 comme chiffre des unités de l’âge de la fdle, donc celle-ci a : le — 14.
- L’âge de la fdle, 14 ans, peut être, d’après le problème, représenté de la façon suivante :
- _Tl l_10a + l — l_10a
- ~1 1 7 T
- d’où : = a
- 10
- De ce fait on a / <^ 10, donc il ne peut valoir que 0, ou 5, car a est entier, ce qui entraîne 14 /, terminé par 0. Or / — O est inadmissible, car a égalerait 0 et le nombre n’aurait que 5 chiffres. Donc / = 5 et a — 7.
- Age de ma mère : al = 71 ans.
- Age de Mme X : fa = 57 ans.
- Age de mon père : 14 -f- 71 = 85 ans.
- . , ... 81 — 1
- Age du fils : —-— = 28 ans.
- O
- Vérification.— Somme : 85 -f 71 + 14 + 28 + 57 = 255.
- On a aussi le nombre 714 285 divisé par 99 X 5 = 495, donne 1443. On a donc bien :
- 7 + l-f4-f-2 + 8-f5 + 4 + 9-)-5 + l+4-)-4-f-3 — 57.
- Le nombre étant 714 285, il provient du nombre 142 857 multiplié par 5. Or, 142 857 est doué de propriétés particulières, en ce sens que, multiplié par 1, 2, 3, 4, 5, 6, il donne des produits dont les chiffres se suivent dans l’ordre même de ceux du nombre générateur.
- En conséquence 714 285 peut s’écrire :
- 428 571 + 285 71^= 714285.
- Ce problème s’apparente au problème Hubert.
- La solution suivante :
- BERTHU + ERTHUB = HUBERT, convient à la question.
- Nom de Mme X... : Mme Hubert.
- Pour cette fois nous proposerons à nos lecteurs ce qu’on appelle en picard une amuserolle, une récréation assez simple, empruntée au savant livre de M. Kraitchick, la Mathématique des jeux, qui vient de paraître et dont nous parlerons plus longuement une autre fois.
- « Pendant que Jean-Pierre faisait une division, sa sœur Martine s’amusait à recouvrir avec des pions de dames les chiffres que son frère alignait laborieusement. Deux chiffres de cette division sont restés visibles. Cela suffira-t-il à nos lecteurs pour reconstituer la division ? »
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- Virgile Brandicourt.
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- = LA CASÉINE ET LE BEURRE =
- LA SITUATION DANS LA CRISE ÉCONOMIQUE DES DEUX PRODUITS LAITIERS FRANÇAIS
- On m’a demandé : comment se fait-il que la France, grand pays laitier, voit son marché beumer envahi par un apport de plus en plus considérable de beurres étrangers, de qualité égale ou supérieure à celle de nos meilleurs beurres, et qui trouvent acheteurs à des cours normaux ?
- Le fait est assurément d’apparence paradoxale. Pour l’expliquer, il faut un peu de recul, et dans le temps et dans l’espace, car il ne regarde pas seulement le marché du beurre, mais encore l’industrie laitière française qui traverse actuellement une crise des plus graves et des plus dangereuses.
- La vente du lait pour la consommation en nature est soumise à certains aléas et variations dans les prix que nous connaissons et qui restent en quelque sorte dans le domaine national, voire régional. L’industrie laitière qui, elle, s’occupe des produits et sous-produits extraits du lait, subit l’influence mondiale : la différence est énorme.
- Le sujet est complexe, et, pour répondre à la question posée peut-être sera-t-il suffisant de soulever le voile d’un seul côté, et de laisser dans l’ombre les fromages, le lactose, le lait sec, les laits condensés, etc.
- Envisageons un groupe de l’industrie laitière : le beurre et la caséine; il forme un ensemble dont l’étude économique actuelle sera un sujet édifiant ! Le cycle est simple, le point de départ est le lait; on écréme complètement ce lait, avec la crème on fait le beurre, et dans le lait écrémé on retire la caséine, soit par acidification, soit par emprésurage. Le sérum final est soit rejeté, soit donné pour l’élevage.
- On doit donc retirer de la vente du beurre et de la caséine un minimum permettant de couvrir les frais généraux et le prix initial du lait, matière première.
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- Nous assistons actuellement à une énorme surproduction laitière dans toute l’Europe, le cultivateur se tourne de plus en plus vers l’élevage, pour de multiples raisons. C’est ainsi que pour la France, la production annuelle a atteint 125 millions d’hectolitres de lait dont l’emploi se décompose à peu près comme suit : consommation en nature, 30 millions; en fromages, 20 millions; en beurre, 45 millions; en élevage, 30 millions. On voit que c’est sous la forme beurre que nous consommons le plus de lait.
- Supposons maintenant que l’on retire 30 gr de caséine et 45 gr de beurre, en produits marchands, par litre de lait payé 0 fr 80, ce qui est un bas prix, on aura une idée du point de départ.
- Cette énorme production a trouvé écoulement en France et par l’exportation jusqu’au printemps 1930, époque à laquelle la situation a commencé à devenir inquiétante.
- La France et l’Argentine sont les deux grands producteurs mondiaux de caséine; ces deux pays trouvaient de larges débouchés, en Allemagne et aux Etats-Unis. En 1929, la caséine départ France valait 650 à 700 fr les 100 kg; à son arrivée aux États-Unis elle était taxée d’un droit de douane de 140 fr les 100 kg. Or, ce droit d’entrée a été porté, l’an dernier, à 310 fr, en même temps que le prix de la caséine baissait légèrement. Cette muraille protectrice a donc fermé la porte dès États-Unis pour la caséine de France et celle d’Argentine, principales exportatrices. L’Argentine ayant besoin d’écouler ses produits s’est retournée vers l’Allemagne, principale cliente de la France. Personne n’y a gagné, les prix de la caséine ont
- continué à s’effondrer et actuellement, on peut acheter de la caséine à 150 fr les 100 kg.
- Cet effondrement qui a commencé à se déclencher à l’apparition de la barrière douanière dressée par les États-Unis, a trouvé une accélération imprévue dans la crise mondiale générale et la diminution du pouvoir d’achat du consommateur.
- Si donc il faut environ 3000 litres de lait payé 0 fr 80 pour produire 100 kg de caséine valant 150 fr, on se rend compte que c’est le beurre qui doit supporter le principal du prix d’achat du lait, autrement .dit, que la valeur du lait écrémé, si elle excède 5 centimes, ne permet pas de couvrir les frais de fabrication. La situation est donc tragique, aussi les syndicats producteurs de caséine recommandent-ils de réduire considérablement la production pour éviter le pire. Voici en conséquence le lait écrémé pour ainsi dire sans valeur et destiné à l’élevage ou à être rendu pour rien au cultivateur.
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- * *
- Et le beurre ? Le beurre subit de rudes assauts et maintient difficilement ses prix, la production mondiale s’est accnie, et il y a diminution de la demande, le marché est largement ouvert aux beurres étrangers : danois, argentins, hollandais, les margarines animales ou végétales sont de plus en plus utilisées au fur et à mesure que les modes de fabrication ou de présentation se perfectionnent.
- Les beurres étrangers sont grevés d’environ 4 fr par kg, pour frais divers : douane, transport, etc. Les beurres danois rivalisent avec nos meilleurs beurres des Cliarentes, et actuellement ils leur sont même préférés parce qu’ils sont plus lisses et moins granuleux. Cela tient à une question de saison et de nourriture des animaux, et sous peu, le beurre danois, trop mou, ne pourra être mis sur le marché français, mais nous le retrouverons à la saison froide.
- Pourquoi cette invasion de beurres étrangers ? Elle s’explique. Ces beurres se dirigeaient auparavant vers les États-Unis, l’Angleterre, l’Allemagne; or, ou bien ces pays ont établi des droits de douane protecteurs, ou bien ils se trouvent dans un marasme économique plus grand que celui où se trouve la France, qui passe encore pour un pays de bien-être. Il n’est donc pas surprenant que la Hollande, que le Danemark viennent chez nous vendre leurs produits. Ceux-ci, comme les produits français, restent soumis au jeu de l’offre et de la demande. Or, beaucoup de personnes ont pu apprécier la qualité des beurres danois, il est tout naturel que trouvant acheteur le marché en soit de mieux en mieux approvisionné.
- La fabrication du beurre danois est, dans son ensemble, conduite plus scientifiquement que chez nous où nous avons le plus grand mal à nous soumettre à des observances, raisonnées, comprises ou simplement acceptées. Le gouvernement danois s’intéresse d’une manière particulière aux coopératives beur-rières qui constituent les seuls centres de fabrication, les encouragements scientifiques ou commerciaux sont donnés sans compter, il en résulte une technique de fabrication bien suivie et des résultats commerciaux intéressants. En France chacun opère à sa guise, et nous pouvons trouver sur le marché des beurres de toutes les catégories; il y a beaucoup de beurres médiocres, mais aussi quelques-uns de très bonne qualité. La fabrication de beurre de conserve ou d’exportation est une opération qui doit être conduite scientifiquement, et non par à peu près. La brave fermière normande qui baratte tous
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- les deux ou trois jours, et souvent moins fréquemment, une crème qui a subi la maturation au, petit bonheur, qui en retire un beurre qui sera mal délaité, lavé plus ou moins bien avec de l’eau malpropre ou trop chaude, cette fex’mière dis-je, devrait comprendre qu’elle doit garder son produit pour la consommation familiale. Qu’elle vende son lait au beurrier, que celui-ci connaisse l’écrémage, la pasteurisation de la crème, son ensemencement avec des ferments sélectionnés, la conduite de la fermentation, les conditions d’un bon barattage, la nécessité d’une bonne eau de lavage et d’un malaxage soigné, avec tout cela il aura un bon beurre de garde, supérieur à celui de la fermière, et qui fera honneur à la production française.
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- * *
- En résumé, la crise laitière est particulièrement grave, par
- .' ' '= 371 =
- excès de protection douanière d’une part (Etats-Unis) et absence totale ou insuffisance de protection, d’autre part (France). Elle peut devenir plus grave encore si la production laitière continue à augmenter et à plus forte raison si le pouvoir d’achat ne s’améliore pas chez le consommateur français qui, on l’a vu, semble cependant être considéré comme le moins mal partagé. C’est cette dernière appréciation qui nous vaut les apports de l’étranger, apports que nous favorisons, puisque à prix égal nous les préférons à nos produits. Faut-il protéger la médiocrité ou encourager les perfectionnements par une concurrence étrangère, sagement surveillée. Faut-il envisager une diminution dans le prix du lait à la ferme, il est voisin ou supérieur au coefficient 10 et au-dessus de celui pratiqué en Danemark et en Argentine ? Marc Fouassier,
- Chimiste-Expert près les Tribunaux.
- PLIAGES DE PAPIERS
- LE SAC A BONBONS
- Voici un pliage amenant une feuille de papier à former une boîte. Il a une certaine analogie avec le pliage « Bonbonnière Japonaise » décrit dans le n° 2847 de La Nature, mais il est plus simple, et donne un meilleur résultat : la boîte est plus solide et plus profonde comme forme.
- Il devait figurer dans notre collection de pliages.
- Prenez un carré ABCD (fig. 1), faites les plis EF et GH, puis marquez les points RMNP au moyen d’un crayon.
- Ces points sont respectivement au milieu de EO, GO FO, HO.
- F aites alors les plis RM, MN, NP,
- PR, en ayant soin de ne pas prolonger ces plis au delà des points marqués.
- Vous constaterez qu’en faisant le pli RM, les côtés de la pointe C qui se dirige vers D viennent passer par NP et ainsi de suite, pour les trois autres. A ce moment vous avez obtenu la figure 1.
- Retournez la feuille et marquez les plis BM, MC, CR, RA, AP, PD, DN, NB de la fig. 2 en vous arrêtant autant que possible exactement aux points M, N, P, R.
- Retournez encore la feuille, relevez les quatre pointes
- ADBC, vers le centre jusqu’à ce qu’elles se touchent et vous aurez exactement l’aspect de la figure 3.
- Ma intenant sur chaque angle ST, l’intervalle entre les deux pointes étant pris comme milieu, (fig. 4), appliquez la poche ST.
- Lorsque vous aurez fait cela poulies quatre angles, vous serez en possession d’une pyramide et si vous considérez un des côtés de cette pyramide, il vous apparaîtra comme la figure 5.
- Pliez les quatre pointes en dehors sur VV et le sac à bonbons sera terminé vous donnant l’aspect de lafigure 6.
- Faite en papier de couleur et même plus ou moins riche-ment enluminée, elle est d’un bon effet décoratif sur une table de salon.
- Plusieurs pliages ayant une grande analogie m’ont été envoyés par différents lecteurs, MM. Larrier, à Marseille, E. J., à W., etc.
- Comme il y a trop de ressemblance avec le sac ci-dessus, je ne publierai pas ces pliages, mais je remercie sincèrement les envoyeurs de leurs communications.
- Alber.
- Ftg. 1 à 6. — Les six phases du pliage.
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- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- FÉVRIER 1931, A PARIS
- Février 1931 a été très légèrement plus froid que la normale, avec pression déficitaire. Les pluies ont été très fréquentes et l’insolation exceptionnellement faible.
- La moyenne mensuelle de la pression barométrique 760"'"',7 au niveau de la mer, est inférieure de 2“"",6, à la normale.
- Celle de la température, 3°,70, n’est inférieure à la normale que de 0°,13, mais elle est notablement inférieure à celle du mois de janvier précédent. Il n’y a eu aucune journée très froide et on n’a pas noté un seul jour de gelée totale. Le minimum absolu —- 2°,0, obsei'vé au Parc Saint-Maur et qui s’est produit à la date du 5, est l’un des moins bas que l’on a observés en février depuis 1874. Le maximum absolu, 12°,9, noté également au même observatoire, a été enregistré le 26. Dans les environs on a eu, — 3°,8 à Saint-Cloud et 14°,0 à Saint-Ouen.
- Le nombre de jours de gelée a été de 11.
- Dix-neuf jours de précipitation appréciable, au lieu de 13,
- Fig. 1. — Moyennes de température.
- nombre moyen, ont fourni une hauteur d’eau qui atteint 48"'m,2 et dépasse la normale de 36 pour 100. On a noté 5 jours de neige et le sol en a été deux fois complètement couvert les 6-7 et 18-19; l’épaisseur maxima de la couche a été de 1 à 3 cm le 19 à 9 heures, en banlieue. A l’observatoire de Montsouris, la durée totale de chute de pluie, 53 h 5, est supérieure de 10 pour 100 à la moyenne des 25 années 1898-1922.
- Au Parc Saint-Maur on a noté 6 jours de grésil, mais on a observé de la grêle ou du grésil à quatorze dates différentes dans la région, d’après les indications fournies par le Service météorologique de la Ville de Paris. 8 jours de brouillard généralement peu épais. Aucun n’a persisté tout le jour. On a observé à Paris un nombre inusité d’obscurcissements (7).
- La nébulosité a été extrêmement élevée et il y a eu 14 jours où le soleil est resté complètement caché par les nuages. Aussi la durée de l’insolation n’a atteint que les 52 centièmes de celle que l’on enregistre normalement à cette époque de l’année. Le mois qui vient de s’écouler est, après février 1923, le moins ensoleillé des 57 mois de février qui se sont succédé depuis le début de la série des observations du Parc Saint-Maur.
- L’humidité relative moyenne a été de 83,5 pour 100 et la nébulosité moyenne de 80 pour 100.
- Le vent a soufflé d’entre N. et O. avec une fréquence anormale et a présenté, en moyenne, une force assez grande.
- Variations par périodes décennales depuis 1874, à l’observatoire du Parc Saint-Maur, des moyennes de la température, de la pluie, du nombre de jours de pluie, de la nébulosité, de l’humidité de l’air et de la pression barométrique pour le mois de février.
- Fig. 2. — Hauteurs de pluie.
- Tempé- rature Pluie mm Jours de pluie Nébu- losité Humi- dité Pression baromé- trique mm
- 1874-1883 . 4°, 25 37,1 15 72 85,8 758,97
- 1884-1893 . 3°,27 33,6 13 63 81,8 759,05
- 1894-1903 . 3°,33 29,6 10 61 80,3 759,40
- 1904-1913 . 4°,00 36,4 14 68 81,6 758,49
- 1914-1923 . 4°,26 40,2 13 63 81,8 757,91
- 1924-1930 . 4°,10 43,6 14 64 81,0 758,43
- moy. génér. 3°,86 36,7 13,2 65,1 82,0 758,70
- à l’altitude de 50 m. [Em. Roger.
- Membre de la Société Météorologique.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- ENLÈVEMENT DES TACHES PRODUITES PAR LES FRUITS DU MARRONNIER D’INDE
- Les taches produites par contact des fruits frais du marronnier d’Inde sont dues à l’oxydation à l’air des tanins incolores qui y sont contenus, oxydation qui se fait avec une facilité d’autant plus grande que le milieu est plus alcalin.
- Comme ces tanins sont très solubles dans le carbonate de soude, il
- vous suffira très probablement pour enlever les taches de traiter par une solution tiède de ce sel à environ 5 pour 100.
- Au cas où une légère coloration aurait persisté après rinçage immerger dans une solution d’acide oxalique ou de sel d’oseille préparée dans les-mêmes conditions. Terminer également par un rinçage à fond.
- N. B. — Si le tissu était teint, s’assurer avant traitement général,, par essai sur un brin de fil teinté, que l’acide oxalique ou le sel d’oseille (bioxalate de potasse) n’ont pas d’action modificatrice sur la couleur.
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- t— LA RADIOPHONIE PRATIQUE ~=J
- NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES - CONSEILS PRATIQUES CONSTRUCTION D’UN APPAREIL SIMPLE
- MOYENNE FRÉQUENCE ET HAUTE FRÉQUENCE
- Les appareils à changement de fréquence, malgré toutes leurs qualités, n’ont plus maintenant qu’une suprématie discutée. A côté des appareils sensibles à multiples étages moyenne fréquence permettant de recevoir facilement les ondes lointaines sur cadre, nous avons vu, en effet, récemment apparaître en France une autre catégorie d’appareils récepteurs comportant des étages haute fréquence à amplification directe.
- Ce fait est dû, comme on le sait, d’une part, à l’emploi des lampes à grille écran qui permettent de réaliser des appareils à amplification haute fréquence directe à multiples étages relativement stables, et donnant des résultats satisfaisants, et, d’autre part, à l’adoption des systèmes d’alimentation par le courant d’un secteur, et spécialement des lampes à chauffage indirect, qui se prêtent fort bien à la réalisation des étages d’amplification haute fréquence directe.
- C’est ainsi qu’on réalise à l’heure actuelle des postes à amplification haute fréquence directe, comportant deux étages au minimum, quelquefois suivis d’une lampe détectrice de puissance, qui permettent d’obtenir la réception des émissions européennes les plus importantes sur cadre, ou du moins sur antenne courte de quelques mètres seulement de long.
- Sans doute, les réceptions obtenues avec ces appareils offrent-elles un caractère de fidélité musicale satisfaisante; ce qui est plus difficile à obtenir c’est la sélectivité, qualité d’autant moins aisée à réaliser que ces appareils sont alimentés par le secteur et, par conséquent, sont réunis plus ou moins directement à cette antenne particulière que constituent les fils du réseau.
- Il ne faut pourtant rien exagérer et, moyennant des précautions très grandes, prises pour réaliser les blindages, et aussi pour éviter les capacités dans les transformateurs d’alimentation et dans les connexions du poste lui-même, on peut arriver à obtenir des montages d’une sélectivité suffisante. Par contre, ces montages sont assez coûteux, et les postes qui en sont munis sont d’un prix au moins aussi élevé que les anciens radiorécepteurs sensibles à changement de fréquence.
- Nous voyons pourtant appliquer pour la construction de ces appareils deux catégories de principes différents. Dans certains appareils américains, et aussi dans quelques appareils que l’on voit apparaître sur le marché français, on en est arrivé, en réalité, à supprimer le réglage du système d’accord, et l’on utilise simplement en série dans l’antenne, non pas une bobine accordée, mais une simple bobine de choc et quelquefois même une résistance. Par ce moyen, on arrive à simplifier le réglage et l’on se fie simplement, pour obtenir la sélectivité, à la résonance des circuits d’amplification haute fréquence, dont le réglage est simplement effectué au moyen de condensateurs accouplés, ce qui permet de réaliser des appareils à réglage unique.
- Ce procédé est évidemment le plus simple, mais il semble difficile qu’il permette la réalisation d’appareils vraiment sélectifs; c’est ce que les Américains semblent aussi avoir compris, puisqu’on les voit revenir, du moins en partie, aux montages superhétérodynes, comme il apparaît d’une façon assez nette par la lecture des articles actuels de leurs revues techniques.
- En France, la question de la sélectivité est encore plus
- angoissante, bien que l’on nous annonce maintenant d’une façon certaine que les grands postes urbains, et, en particulier, les postes parisiens vont être déplacés dans la banlieue, ce qui atténuera beaucoup la gêne produite par leurs émissions pour les amateurs des grandes villes, et permettra une réception plus facile des émissions étrangères, même avec des appareils moins sélectifs.
- D’autres recherches effectuées aux Etats-Unis et en Angleterre, et dont le principe était déjà aussi connu depuis longtemps, ont permis d’établir des systèmes d’accord à filtre passe-bande, dont le réglage est relativement simple, et qui permettraient d’ajouter une sélectivité supplémentaire à celle qui est produite par les circuits de résonance des étages haute fréquence. La réalisation de ces filtres est assez délicate également, si l’on veut que leur efficacité soit certaine, mais il semble qu’ils aient l’avantage de ne pas nuire à la qualité d’audition du poste, ce qui est fort appréciable, et il y a peut-être là une solution prochaine du problème de la sélectivité.
- Mais il faut bien se rendre compte que la réalisation convenable d’un poste à multiples étages haute fréquence, à la fois stable, sensible, et facile à régler et, d’autre part sélectif, sans nuire à la fidélité d’audition, est une tâche beaucoup plus ardue que celle de la réalisation d’un poste à changement de fréquence possédant la plupart des qualités correspondantes.
- On comprend donc que beaucoup de constructeurs soient encore restés fidèles au système à changement de fréquence, en utilisant simplement une alimentation par courant redressé, ou même, puisque les constructeurs de lampes ont mis maintenant les modèles cori’espondants à leur disposition, en employant tout simplement sur les postes à changement de fréquence des lampes à chauffage indirect.
- LA RADIOPHONIE SUR LES TRAINS
- U y a déjà quelque temps qu’on a essayé d’établir sur des trains en marche des appareils radiophoniques, soit pour permettre aux voyageurs de correspondre avec les différentes gares du réseau, ou même avec des abonnés quelconques, soit pour maintenir une liaison constante entre les employés de la Compagnie et les gares.
- On a essayé aussi d’établir des systèmes récepteurs avec différents circuits reliés aux wagons du train, de façon à assurer pendant le parcours à tous les voyageurs une réception assez régulière des radio-concerts provenant des postes nationaux et au besoin une diffusion phonographique de disques intéressants au moyen d’un reproducteur électrique et aussi, s’il était besoin, la transmission de renseignements intéressants spéciaux à la ligne de chemin de fer suivie, ou aux gares traversées.
- Cette deuxième pai’tie du problème est la plus facile, et il semble que c’est elle aussi qui, au point de vue pratique, a pu être la première réalisée de la façon la plus intéressante. On sait, par exemple, que sur les chemins de fer de l’Etat et bientôt sur d’autres réseaux : l’Orléans, le Nord, etc., ont été organisés, ou seront organisés prochainement, des services de ce genre, fonctionnant régulièrement sur les grandes lignes. C’est la Compagnie « Radio-Fer » qui, jusqu’à présent, s’est chargée d’établir la plupart de ces installations.
- En général, un appareil de ce genre placé dans un fourgon
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- Fig. 1. — Appareil Radiophonographique « Radio-Sigma » utilisé sur les trains.
- A gauche : le mouvement phonographique avec pick-up et le casier à disques. A droite : le radiorécepteur à changement de fréquence.
- ou un wagon ordinaire rattaché au train, est donc à la fois un récepteur radiophonique, un amplificateur phonographique ou microphonique; il est relié par des lignes téléphoniques normales à des prises de courant disposées dans les compartiments de voyageurs, et auxquelles peuvent être adaptées des fiches de casques téléphoniques. On a, en effet, renoncé évidemment à utiliser des haut-parleurs pour ne pas gêner la tranquillité des voyageurs qui ne veulent pas jouir de ces agréments facultatifs et l’on a simplement pensé à les utiliser dans les couloirs, lorsqu’il est besoin, par exemple, d’annoncer l’arrivée en gare, des incidents de route quelconques, etc.
- Un appareil d’essai de ce genre qui a été installé avec succès sur la Compagnie des Chemins de fer de l’Etat, peut être disposé, par exemple, comme le montre la photographie de la figure 1 ; il comporte réunis dans un même bâti en ébénisterie, un mouvement phonographique avec plateau porte-disque et pick-up, et, d’autre part, un récepteur radiophonique muni d’étages basse fréquence de puissance. Ces étages de puissance peuvent être utilisés pour l’amplification phonographique ou pour la diffusion microphonique à l’aide d’un microphone ordinaire à grenaille de charbon. Dans le même bâti, se trouvent des casiers pour les disques.
- Un appareil de ce genre muni de trois lampes de puissance avec un étage push-pull de sortie peut alimenter environ 250 casques, et, d’autre part, on a prévu un blindage des étages haute fréquence de l’appareil, afin d’éliminer complètement l’action possible des parasites, et, en particulier, l’action des courants parasites du moteur phonographique sur les réceptions radiophoniques. Une clé très simple permet de passer à chaque instant de la diffusion radiophonique à la diffusion phonographique ou microphonique.
- On dispose pour l’alimentation d’un appareil de ce genre d’un courant continu d’une tension d’environ 20 volts fournie par les dynamos de recharge des batteries d’éclairage des wagons. Aussi emploie-t-on, pour l’alimentation plaque, une tension de 140 v que l’on obtient à l’aide de batteries d’accumulateurs que l’on recharge par groupes montés en parallèle et à l’aide de cette même dynamo.
- En prenant des précautions suffisantes pour l’établissement des connexions dans les wagons, il semble que l’audition fournie aux voyageurs soit d’excellente qualité. La rétribution qui leur est demandée, est, d’autre part, très modique. Elle consiste seulement, en réalité, dans le prix de location de casques, d’ailleurs soigneusement nettoyés et désinfectés, qui leur sont livrés au début du trajet dans chaque gare.
- Le problème semble donc à peu près résolu, et il en est
- de même du problème plus complexe de la transmission entre les trains, ou des communications entre les trains et les gares. Il faut, en effet, non seulement empêcher les interférences, mais encore assurer une communication régulière malgré les irrégularités géographiques des pays traversés ou tous les obstacles métalliques ou autres, par exemple, les ponts, les rideaux de fds télégraphiques, etc., qui se trouvent sur le passage des ondes.
- On ne peut songer à utiliser que des ondes très courtes, et on a réussi récemment à obtenir de cette façon, semble-t-il, des radio-communications parfaitement régulières. C’est l’emploi de longueurs d’onde courtes facilement variables à volonté, d’émetteurs et de collecteurs d’ondes de formes particulières qui ont permis de résoudre le problème.
- NOUVEAUX ACCESSOIRES POUR L’ENTRETIEN DES ACCUMULATEURS
- Malgré les progrès de fabrication des postes-secteur, il y a encore bon nombre d’usagers qui possèdent des accumulateurs; et ce mode d’alimentation est, d’ailleurs, le meilleur au point de vue technique, son emploi ayant été, d’autre part, rendu beaucoup plus aisé, comme nous l’avons montré plusieurs fois, par l’adoption de rechargeurs permanents ou automatiques de fonctionnement très régulier.
- L’entretien des accumulateurs se borne, à l’heure actuelle, à maintenir constant le niveau de l’électrolyte dans les bacs, et à contrôler de temps en temps la densité de cet électrolyte. Il convient aussi de vérifier l’état des bornes de connexion, de les nettoyer et de les graisser, s’il y a lieu. Signalons donc un petit appareil très simple et de prix modique, destiné à effectuer rapidement ces vérifications indispensables, car, si l’on ne prend pas la précaution de maintenir l’électrolyte au degré de densité voulu, les plaques se sulfatent rapidement, et la batterie devient hors d’usage.
- Cet appareil comporte une chambre tubulaire en verre, contenant un densimètre, et terminée par une poire de caoutchouc servant à l’aspiration; elle est, d’autre part, prolongée par un tube de caoutchouc se terminant par un tube portant une embouchure de verre amovible.
- Cette embouchure de verre est de forme et de diamètre variables suivant le type d’accumulateurs à vérifier et un ajutage spécial est prévu pour les accumulateurs de tension plaque. Cet organe permet donc d’atteindre le liquide, même à travers un trou de quelques millimètres de diamètre seulement.
- Grâce à la forme spéciale de l’ajutage placé dans le bouchon, il ne se produit pas d’effet de clapet empêchant le refoulement du liquide, et le système est protégé et rendu presque incassable par un carré de caoutchouc disposé autour du tube en verre qui empêche l’appareil de rouler et de se briser en tombant, celui-ci étant préservé d’un côté par la poire en caoutchouc et de l’autre par ce carré (fig. 2.)
- Le densimètre contenu dans l’ap-
- Fig. 2. — Petit appareil « Aspirodgna » permettant le remplissage des bacs d’accumulateurs et la vérification rapide de la densité de l’électrolyte.
- A gauche : l’appareil en fonctionnement.
- A droite : le densimètre.
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- pareil est étalonné deux fois ; au moment de la pose des pointes et après l’obturation. 11 est muni d’aspérités en verre évitant l’adhérence le long des parois intérieures du tube, et, d’autre part, l’échelle colorée en trois couleurs indique instantanément l’état du liquide de l’accumulateur, sans avoir à lire le degré exact, qui n’a pas d’intérêt pour l’usager.
- Les aspérités ne sont pas étirées en pointe à même le verre : ce sont des boules de verre rapportées, qui peuvent frotter contre un corps dur sans se briser.
- Pour se servir de ce petit accessoire, on plonge simplement l’extrémité effilée du tube de verre dans l’eau acidulée, et l’on presse la poire en caoutchouc ; en la relâchant lentement, on aspire le liquide jusqu’à ce que le densimètre flotte ; le chiffre de la graduation marquée sur le densimètre au point où il émerge de la solution indique le degré Baumé de l’électrolyte.
- Une fois l’opération effectuée, on refoule doucement le liquide dans l’élément, et on rince soigneusement l’appareil dans l’eau distillée.
- L’appareil permet aussi de maintenir constant le niveau du liquide qui doit toujours dépasser les plaques de 5 mm environ. La densité d’un électrolyte, à fin de charge, est de 28° Baumé,
- Fig. 4. •— L’intérieur du poste Philips.
- A droite : la lampe à grille écran; au centre en avant la détectrice.
- A gauche, la lampe de sortie (trigrille de puissance!. Remarquer le blindage intérieur.
- lorsque l’accumulateur est déchargé, elle n’est que de 24 à 25°; la graduation de couleur rouge indiquée par le flotteur du densimètre montrera donc que l’accumulateur est déchargé ou que son électrolyte est à un degi’é trop faible, et il faudrait verser une solution acidulée pour obtenir le degré voulu. La couleur verte de la graduation montrera que l’accumulateur est en bon état, et enfin une couleur jaune que le degré d’acide est trop élevé : on retirera une partie de la solution, et on la remplacei’a par de l’eau distillée pure.
- Le même constructeur établit des boîtes nécessaires très pratiques, qui contiennent non seulement un appareil de ce genre, mais encore tous les accessoires permettant le nettoyage des bornes, leur graissage et l’entretien des plaques, etc.
- UN POSTE TRÈS SIMPLE A ONDES COURTES
- L’adoption des lampes haute fréquence à grille éçran, dans les appareils destinés à la réception des ondes courtes, permet d’obtenir un réglage plus simple, en même temps qu’une sensibilité un peu augmentée. Les appareils de ce genre comportent généralement à l’heure actuelle, trois à quatre lampes au maximum : soit une lampe haute fréquence à grille écran,
- Fig. 3. — Poste Philips à 4 lampes, à ondes courtes, à réglage simplifié. (1 étage II F à grille écran.)
- Changement des bobines de résonance et de réaction du poste.
- une lampe détectrice, et deux lampes basse fréquence, ce qui permet d’obtenir une amplification basse fréquence assez grande pour permettre l’emploi d’un pick-up pour la reproduction phonographique électrique.
- Parmi les appareils de ce genre les plus simples, nous pouvons signaler le modèle représenté par la figure 3. Cet appareil, comme on le voit sur la photographie, ne comporte, en réalité, que deux réglages essentiels : celui du bouton S du condensateur de résonance et celui du bouton R du condensateur de réaction. Les autres boutons S. F. pour la mise au point exacte du réglage de résonance, et le bouton V pour le réglage du volume sonore et de la sélectivité ne sont qu’accessoires. Cet appareil est entièrement blindé, les cadrans de repère étant seulement apparents sur la face antérieure, et il fonctionne à l’aide de bobines interchangeables. Il est très intéressant de noter le système de changement de ces bobines, qui comportent simplement des
- Fig. 5. — Courbe de syntonisation permettant à l’avance le réglage du condensateur de résonance pour la recherche d’une émission de longueur d’onde déterminée.
- 0 20 40 60 80 100 120 140 160 1B0
- Fbsition du condensateur de syntonisation en degrés
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- F'ig. 6. — Poste toutes ondes (15 à 2000 mètres) à changement de fréquence.
- Cinq boutons de réglage : en haut, boutons de réglage des condensateurs d’accord et de modulation. En bas : à gauche, •chauffage des lampes; au centre, réglage du volume du son; à droite, choix de la gamme des longueurs d'onde.
- anneaux permettant le remboîtement immédiat dans une sorte de petite boîte disposée sur la paroi antérieure de l’appareil, de façon à rendre extrêmement rapide leur remplacement. Une première bobine, qui sert à la fois pour l’accord et la réaction, est employée pour les ondes de 10 à 38 m; une autre, pour les ondes de 15 à 50 et une troisième, enfin, pour les ondes de 45 à 160. Le même appareil pourrait évidemment être utilisé sur presque toute la gamme radiophonique, et il suffirait de remplacer ces hobines pour ondes courtes par d’autres bobines comportant un nombre de spires plus grand, qui sont également fournies •par le fabricant.
- Pour la réception des émissions radiophoniques sur ondes •courtes, il faut se tenir, comme à l’habitude, aux approches de la position d’accrochage-, mais, grâce à l’emploi de la lampe à haute fréquence à grille écran, cette manœuvre est extrêmement facilitée. L’alimentation est réalisée à l’aide de piles •et de batteries ou d’un appareil de tension anodique à courant ,redressé (fig. 4). D’autre part, des courbes de repère établies à l’avance par le fabricant, permettent de trouver rapidement sla position approximative du condensateur de résonance, •pour rechercher une émission de longueur d’onde déterminée (fig. 5).
- Enfin, les étages basse fréquence peuvent être facilement utilisés pour la reproduction phonographique en adaptant un •pick-up à deux bornes disposées à cet effet.
- UN POSTE TOUTES ONDES A CHANGEMENT DE FRÉQUENCE
- Nous avons déjà décrit plusieurs fois sommairement des appareils de réception permettant la recherche des émissions sur toute la gamme de 10 à 2000 m, et fonctionnant en changeurs de fréquence, grâce à l’emploi d’une lampe bigrille chan-.geuse de fréquence, montée d’une manière un peu spéciale pour la réception des ondes coui’tes.
- Signalons encore un poste de ce genre, d’aspect et de réglage •particulièrement simples et réalisé par un constructeur de province. Cet appareil permet très facilement la réception rsur toute cette gamme très étendue, avec emploi du cadre, •pour les ondes moyennes au-dessus de 200 m, et emploi d’une antenne pour les ondes très courtes. Les réglages des condensateurs d’accord et de réaction sont effectués au moyen de condensateurs à tambours de repère commandés par des boutons molletés, ce qui rend la manœuvre plus aisée (fig. 6).
- UN POSTE TYPE AMÉRICAIN
- Les constructeurs français ont souvent un peu imité les solutions américaines, en adoptant des appareils à lampes à chauffage indirect, comportant un bloc de réception haute fréquence à amplification directe.
- Ces appareils du type américain fonctionnent avec des antennes de courte longueur, et, grâce à leurs multiples étages à résonance, permettent cependant d’obtenir la réception des
- émissions assez lointaines, avec une sélectivité généralement suffisante. Ils sont réalisés, le plus souvent, nos lecteurs le savent déjà, dans des meubles de type particulier, dits « consoles », renfermant non seulement l’appareil de réception lui-même avec ses lampes, mais encore les organes d’alimentation, et un haut-parleur quelquefois du type électrodynamique. Très souvent aussi, le radio-récepteur est combiné avec un phonographe électrique, les étages d’amplification de puissance servant à la fois pour l’amplification des réceptions i‘adio-plioniques et des reproductions phonographiques.
- Des constructeurs européens ont commencé, à établir des postes de ce genre en grande série, et nous avons pu voir récemment, par exemple, un poste entièrement type américain réalisé en série par une grande Société italienne.
- Ce poste comportait un bloc haute fréquence à quatre lampes blindées et une détectrice, un deuxième bloc basse fréquence avec deux lampes et une valve reïjresseuse, un haut-parleur électrodynamique, une prise pour emploi d’un pick-up et le tout assemblé dans un meuble en noyer. L’alimentation était réalisée directement à l’aide du courant d’un secteur d’une tension de 110 à 220 v.
- UN RADIOPHONOGRAPHE TRÈS RÉDUIT
- Les radiophonographes, qui sont des combinaisons d’un poste récepteur radiophonique avec un phonographe à reproduction électrique, sont généralement des appareils assez complexes et de grand prix, souvent contenus dans un meuble de luxe; il est possible pourtant de réaliser un appareil de ce genre sous une forme extrêmement simple et d’un prix modique.
- On peut, par exemple, constituer un appareil de ce type à faible puissance, en utilisant un poste du type « local » à trois lampes, avec une lampe détectrice et deux étages basse fréquence, et dans lequel les étages basse fréquence sont employés pour l’amplification phonographique. Le moteur du phonographe à ressort ordinaire peut parfaitement être placé dans la boîte en ébénisterie de l’appareil, et le bras porte-pick-up fixé simplement sur le dessus de la boîte.
- La figure 7 montre un appareil qui, sans doute, n’a pas le même aspect esthétique qu’un appareil de grand prix, mais peut parfaitement permettre d’obtenir à la fois des réceptions radiophoniques et des reproductions phonographiques d’excellente qualité, à condition évidemment d’utiliser un haut-parleur de modèle bien choisi.
- P. Hémardinquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Accessoires pour l’entretien des accumulateurs. Maison Dyna, 43, rue Richer, Paris.
- Postes à ondes courtes.
- Philips-Radio 2, cité Fig. 7. — Radiophonographe de modèle réduit. Paradis, Paris.
- Poste à changement de fréquence toutes ondes. Etablissements Choupoy, place des Marchés, Reims.
- Poste radiophonique type meuble américain.
- Société des Magnétos Marelli, 77, boulevard Gouvion - Saint - Cyr ,
- Paris (17 e).
- Radiophonographe de modèle réduif.Yxadyne-Radio, 28, rue de la Condamine, Paris (17e).
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- LIVRES NOUVEAUX
- Applications du calcul différentiel et intégral,
- par D. Leib. Traduit de l’anglais et adapté par A. Sallin. 1 vol., 306 p. Librairie scientifique Albert Blanchard. Paris, 1930. Prix 48 i'r.
- Recueil d’exercices progressivement gradués, et permettant à l’étudiant d’acquérir le parfait maniement des formules fondamentales du calcul différentiel et intégral.
- Leçons sur le calcul vectoriel, par T. A. Ramos. l vol., 122 p. Librairie Scientifique Albert Blanchard. Paris, 1930. Prix- : 25 fr.
- Le calcul vectoriel est de plus en plus employé dans de nombreuses branches de la physique mathématique et de la mécanique, où il apporte de grandes simplifications dans les formules et leur maniement. Le cours élémentaire professé par l’auteur à l’École Polytechnique de Sao-Paulo a le mérite d’être fort logiquement composé et clairement exposé. Il rendra service à tous les étudiants.
- Où en est l’électrochimie, par Paul Bary. 1 vol. in-12, 200 p., 61 fig. Collection des mises au point. Gauthier-Villars et Cie, Paris, 1931. Prix : 30 fr.
- Depuis la pile de Volta et les idées de Faraday sur les solutions, la chimie a largement utilisé l’électricité comme énergie de transformation des composés, sans parler des réactions chimiques productrices de courant électrique. Voici une étude succincte et claire de ces questions précédée d’un exposé de l’électrolyse. L’auteur passe en revue les piles et accumulateurs, l’électrolyse en solution (galvanoplastie, affinage, séparation du chlore et de la soude, etc.), l’électro-lyse par voie sèche (préparation des métaux légers), l’électrothermie (carbures, cyanamides, phosphore), l’électrophorèse et l’électrodyalise (précipitations et purifications). C’est une bonne mise au point.
- Practical Examples of Polar Front Analysis over the British Isles, in 1925-6. by J. Bjerknes. 1 brochure, 52 p. 13 fig. et 20 cartes et 4 pl. hors texte. Editeur : His Majesty’s Stationery Office. Adastral llouse Kingsway-London, W.C.2., 1930. Prix : 3 sh.
- Le savant dicecteur de l’Institut de Bergen analyse ici le mécanisme de trois situations météorologiques remarquables : l’une, celle de 30 mars au 1er avril 1925, marquée par la transformation à la hauteur de Valentia d’un front froid unique en un front double; la seconde, celle du 10-11 février 1925 marquée par la formation d’un front froid net à partir d’un front diffus; la troisième, 22-23 janvier 1926, par l’existence d’un front chaud, ayant le caractère d’une occlusion.
- Les principes de la méthode statistique,parL. March 1 vol. 808 + XII pages — 50 fig. et graphiques. F. Alcan, Paris. 1930. Prix relié : 125 fr.
- La statistique joue un rôle de plus en plus important dans la conduite des affaires publiques et privées. La compréhension exacte des méthodes employées dans cette science est donc nécessaire aujourd’hui à un public de plus en plus nombreux; sans un minimum de connaissances générales on est exposé à interpréter à faux les données statistiques. M. L. March présente ici, sous une forme très claire, en ne faisant usage que de connaissances mathématiques élémentaires, les principes de la méthode statistique. Il rappelle que le but principal de cette méthode est de déceler, dans de longues séries d’observations, des régularités et des relations qui permettront ensuite d’établir des prévisFons sur le retour de ces phénomènes. C’est dire que la statistique ne trouve pas sa seule application dans les sciences politiques ou économiques, mais encore dans tous les domaines de la science, la méthode statistique étant la seule méthode d’analyse satisfaisante dans les cas qui échappent à la méthode expérimentale des laboratoires. Le solide ouvrage de M. March sera donc lu avec le plus grand fruit et rendra de précieux services à des catégories très diverses de lecteurs : statisticiens de métier et actuaires, économistes, administrateurs, ingénieurs et comptables.
- Oxydations et réductions, par René Wurmser. 1vol. in-8, 381 p., 63 fig. Collection Les Problèmes biologiques. Presses universitaires de France, Paris, 1930. Prix : cartonné, 95 fr.
- Cette monographie expose les recherches les plus récentes relatives aux conditions physico-chimiques qui déterminent les oxydations et les réductions au sein des organismes. Elle est divisée en trois parties : énergétique des oxydations et réductions, vitesse des oxydations et réductions, potentiels d’oxydo-réduction. C’est une mise au point remarquable d’une des questions les plus importantes de la biologie vue par son côté physico-chimique.
- Dictionnaire de sylviculture, par A. Bruttini. l vol. in-8, 384 p. Encyclopédie économique de sylviculture. Lechevalier. Paris, 1930. Prix : 100 fr.
- Dictionnaire expliquant 4600 termes relatifs à la forêt, son exploitation, sa protection, donnant leurs équivalents en cinq langues, établi avec précision par le chef du service de sylviculture de l’Institut international d’agriculture de Rome.
- Histoire des bois et forêts de Belgique, par le comte Goblet d’Alviella. Des origines à la fin du régime autrichien. T. IV. 1 vol. in-8, 448 p., pl. hors texte. Lechevalier, Paris; Lamertin, Bruxelles, 1930.
- Le tome II étudiait les bois domaniaux aux xvne et xvnie siècles. Celui-ci est consacré aux bois et forêts des communes et des particuliers à la même époque, jusqu’à l’établissement du régime révolutionnaire français. Basé sur le dépouillement d’archives très nombreuses, il permet déjuger l’étendue des propriétés, leur aménagement, leur gestion, la législation les concernant, les défrichements, les conditions économiques qui rendaient le régime féodal encore existant favorable au maintien des forêts. C’est une histoire remarquablement documentée qui éclaire la situation forestière actuelle en Belgique et fournit de nombreux sujets de méditation sur les rapports des terres avec les régimes de propriété et de succession.
- Le pois de senteur. Culture, emplois, variétés, par E. Le Gra-verend. 1 vol. in-12, 126 p., 23 fig. Librairie Agricole de la Maison Rustique, Paris, 1930. Prix : 7 fr.
- L’auteur, depuis vingt ans, s’intéresse à cette jolie fleur, si goûtée du grand public, à ses progrès, à ses diverses cultures, à ses emplois.
- Sommairement, voici les points principaux traités dans ce livre : préparation du sol; mise en place; pincement; buttage; cueillette des fleurs; cultures spéciales en pots, en quenouille, sur palissade, en suspension; culture à la très grande fleur; culture du pois de senteur de Noël; culture sous verre; récolte des graines; choix et obtention des variétés; maladies.
- L’enfant sain et l’enfant malade, Manuel pour mères et infirmières, par P. Rohmer et Mme le Dr G. Ph. Bellocq. 1 vol. in-8°, 42 p., fig. et 1 pl. en couleurs. Gaston Doin et Cie, Paris, 1931. Prix : 45 fr.
- Enseignement fait aux infirmières à la Clinique infantile de la Faculté de Médecine de Strasbourg, s’adressant aussi aux mères et aux médecins. La première partie traite de l’enfant normal, des prématurés et des débiles, envisageant successivement le développement, l’hygiène, l’allaitement, l’alimentation, le sevrage. La deuxième est consacrée à l’enfant malade, à ses troubles digestifs ressortissant de causes si diverses, aux maladies infectieuses et à leur prophylaxie, au rachitisme, à la tuberculose, à la syphilis, etc.
- Enfin, un chapitre de technique thérapeutique permet d’exécuter correctement les prescriptions formulées.
- Le piégeage des animaux de rapine, par Jean-Marie Guerrier. 1 vol. in-12, 255 p., fig. Librairie cynégétique Nourry, Paris, 1930. Prix : 18 francs.
- Bien écrit, plein de verve, expérimenté, ce livre dit tout ce qu’il faut savoir de la vie des bêtes de rapine et des procédés propres à s’en débarrasser. Les pratiques indiquées ont fait leurs preuves, sont à la portée de tous, partout et toujours.
- Paris et ses environs, avec 16 cartes, 42 plans et un indicateur des rues. In-12 cartonné, 522 p. Prix : 80 fr. (Collection des Guides Baedeker, 20 e édit, refondue. Leipzig-Paris, Messageries Hachette, 1931.)
- Ce nouveau guide, qui est actuellement le plus à jour des guides relatifs à Paris, est enrichi d’une introduction très documentée de M. Jacques Mesnil, sur l’histoire de l’art dans la région parisienne. Au courant des dernières transformations, en ce qui concerne les musées, monuments, services de transports, services aériens, etc., il est à la fois pratique et complet.
- Essai sur la grammaire Banda, par le R. P. Charles Tisserant. 1 vol. in-8, 185 p., 1 carte. Travaux et Mémoires de l’Institut d’Ethnologie. T. XIII. Institut d’Ethnologie, 191, rue Saint-Jacques, Paris, 1930. Prix : cartonné toile, 30 fr.
- Le peuple banda est un ensemble de tribus indépendantes, ordinairement hostiles, au nord de l’Oubangui. Il parle une série de dialectes que le R. P. Tisserant a recueillis et dont il donne la grammaire et la syntaxe, après avoir noté l’histoire et l’évolution des Banda.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- MARINE
- Les nouveaux navires à propulsion électrique.
- Parmi les diverses combinaisons possibles pour assurer la liaison entre les machines motrices d’un bateau et l’hélice, c’est la commande directe, ou encore la réduction de vitesse par engrenages qui sont le plus souvent adoptées.
- Cependant on a souvent préconisé l’emploi d’une ti'ans-mission électrique : les machines motrices principales du bâtiment sont uniquement employées à mouvoir des génératrices électriques qui envoient ensuite leur courant à des moteurs accouplés à chaque hélice. Le rendement global d’une telle installation est nécessairement inférieur à celui d’une commande par engrenages : cependant des avantages importants sont revendiqués en sa faveur : suppression des longues lignes d’arbres porte-hélice, possibilité de grouper chaufferies et machines motrices en tel endroit de la coque qui sera jugé le plus favorable, indépendamment de tout souci de la commande des hélices ; faculté de donner aux hélices la vitesse la plus avantageuse, tout en maintenant une vitesse de rotation élevée pour les machines motrices principales ; suppression des machines de marche arrière, etc. Il existe aujourd’hui à flot un certain nombre de navires de ce type : les résultats d’exploitation ne se sont pas sans doute révélés défavorables, puisqu’on vient de lancer aux Etats-Unis un nouveau navire de commerce à propulsion électrique, qui, du reste, détiendra le record de cette catégorie et au surplus en sera le premier paquebot à voyageurs.
- Le Président-Hoover, destiné au service transatlantique, possède deux turbines à vapeur de 14 000 ch chacune, actionnant chacune une génératrice électrique triphasée de 10 100 kw; le navire est mû par deux hélices dont chacune est commandée par un moteur électrique synchrone de 13 250 ch, tournant à 133 t/mn. Il peut atteindre une vitesse de 20 nœuds.
- Signalons que, dans ces trois dernières années, il a été équipé environ 317 000 ch pour la propulsion électrique de navires à turbines. Auparavant les équipements réalisés ne se rapportaient qu’à des batiments d’expériences.
- On commence en outre à s’orienter vers l’emploi de la transmission électrique sur les navires à moteurs Diesel; quelques bâtiments de petit tonnage ont été, en ces derniers temps, équipés avec ce système.
- Un nouveau type de pompes.
- Une révolution en perspective dans la construction navale.
- Dans la revue qu’elle publie, la Sté Américaine Westinghouse, passant en revue les progrès accomplis au cours de l’année 1930, signale comme présentant une importance exceptionnelle, la mise au point dans ses ateliers d’un nouveau type de pompes : les pompes à propulsion axiale ou pompes à hélice.
- Il s’agit de pompes dont le mobile est constitué par une hélice et qui refoulent le fluide parallèlement à l’axe de rotation. Ce type de machine s’applique du reste aux gaz (compresseurs axiaux) aussi bien qu’aux liquides.
- A vrai dire, il ne s’agit pas là d’une invention originale, personnelle à la Société Westinghouse. Depuis plusieurs aimées, la plupart des constructeurs de turbines, pompes, compresseurs rotatifs, ventilateurs, inspirés par les succès de la turbine hydraulique à hélice et guidés par les recherches sur les hélices aériennes qu’a provoquées l’aviation, ont entrepris des études sur ce type nouveau de machines. Déjà il existe,
- dans le commerce, des ventilateurs à hélice, dont les ailes ont été tracées en s’inspirant des profils étudiés en aviation.
- L’avantage de ce type de machine est de se prêter aux grandes vitesses de rotation, de permettre une construction simple et peu encombrante, tout en assurant un rendement bien supérieur à celui dès machines centrifuges, sous réserve, bien entendu, que la machine soit bien dessinée et bien construite.
- La Sté Westinghouse annonce qu’elle a mis en service à l’usine Ford de Rivière Rouge quatre pompes de 1 m 60, de ce type. Chacune d’elles peut refouler 708 000 litres à la minute à 4 m 35 de hauteur, à la vitesse de 277 tours par minute. L’hélice a 1 m 50 de diamètre; elle est placée dans un tube conique dont l’orifice d’entrée a 2 m 10 de diamètre; l’orifice de sortie 1 m 80. L’axe de rotation est vertical. L’ensemble a une hauteur de 5 m 10 et une largeur maxima de 3 m 15. Le rendement est de 85 pour 100.
- Ces précisions numériques ont l’intérêt de faire saisir le très faible encombrement relatif du nouveau type de machines.
- Cet avantage, joint à celui du bon rendement, lui ouvre de remarquables perspectives, en particulier dans l’équipement des navires.
- Lorsqu’un navire sombre par suite d’une voie d’eau, s’il pouvait lutter contre l’envahissement de l’eau en consacrant au pompage une partie de la puissance de ses machines, il resterait en général à flot; il pourrait sans graves inquiétudes attendre les secours appelés par T. S. F.; s’il s’agit d’un navire de guerre au combat, il pourrait, quoique condamné à l’immobilité, continuer à tirer et à jouer un rôle dans la bataille. Jusqu’ici on n’a pu envisager une telle méthode de sauvetage, à cause du prix et de l’encombrement excessifs des types de pompes usuels. Il n’en est plus de même aujourd’hui. L’organe de la Sté Westinghouse envisage, par exemple, le cas d’un bateau de 30 000 tonnes dans lequel une voie d’eau fait pénétrer 10 000 tonnes par heure. Ce bâtiment pourrait être maintenu à flot avec une seule pompe axiale, pesant moins de 4 tonnes 1/2, et dont l’encombrement serait inférieur à celui d’un cube de 2 m 70, 1 m 50 et 1 m 50 de côté. Une pompe de cette puissance aurait certainement sauvé le Titanic et les 1500 passagers qui périrent à son bord, à la suite d’une collision avec un iceberg le 14 avril 1912. La Sté Westinghouse estime que de tels équipements de pompage sauveraient au moins 90 pour 100 des navires qui actuellement périssent en mer.
- Il faut souhaiter que le problème des pompes axiales soit étudié en France avec autant d’ardeur qu’il l’est à l’étranger, notamment aux Etats-Unis, en Allemagne, en Suisse. Il ouvre, en effet, des perspectives d’importants progrès dans de nombreux domaines et laisse envisager de multiples applications.
- CHIMIE INDUSTRIELLE L'Or Mussiî.
- Ce nom désigne un corps connu des alchimistes du moyen âge, et qui n’a pas manqué de nous émerveiller, quand, jeunes gens, nous nous arrêtions aux devantures des pharmaciens. Ce corps, qui imite si bien la couleur et le ton mat de l’or, n’est autre chose que du sulfure stannique, apte à toutes les applications où l’on veut faire des ors faux ou ors en coquilles, ainsi qu’on les appelle. Voici quelques-uns de ses synonymes d’après l’Index des Produits Chimiques de la Revue du même nom. Les Anglais l’appellent Artificial Gold, Mosaïc Gold, Aurum musivum. Les Allemands lui donnent le nom Zinc bronze, Mosaïsches gold, Muschel gold, Unechtes gold, et les Espagnols, celui de Oro de mosaïco. Certes actuellement on a
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- fait beaucoup d’ors faux pour les décorations d’articles bon marché. Les uns sont des poudres obtenues par la réduction de l’oxyde de cuivre ou d’un mélange de celui-ci avec d’autres corps, par des gaz réducteurs à chaud, le gaz d’éclairage particulièrement, et le gaz à l’eau; on les désigne généralement sous" le nom générique de Brocarts. Leurs couleurs sont des plus belles et des plus diverses. C’est un vrai régal des yeux allant du rose au rouge, du lilas au violet, suivant'le goût de l’artisan qui les emploie.
- Actuellement on a réussi à faire, dans certaines' conditions, la pulvérisation de fils de métaux divers par des pistolets spéciaux destinés à déposer sur des surfaces appropriées des poudres de couleur. Mais la fabrication de ces argents et ors faux, fera l’objet d’un article spécial, où nous parlerons aussi de l’aluminium et de l’étain en poudre.
- Revenons à « l’or mussif ». Il se présente en paillettes couleur de l’or à s’y méprendre, n’était sa densité qui est de 4,50 contre les 19,4 de l’or pur.
- Il est, comme l’or lui-même, inattaquable aux acides chlorhydrique et nitrique et à peine à l’eau régale. Mais il est soluble dans les alcalis, l’hydrogène sulfui'é est sans action sur lui.
- Il est aisément sublimable : il se prépare par voie sèche et aussi par voie humide, mais c’est le premier procédé qui donne seulement de beaux produits. Voici comment on le prépare :
- On mélange, suivant H. Hadert, Chem. Zeiiung, n° du 2 janvier 192G, traduit par la Revue des produits chimiques, 14 kg d’étain en copeaux avec 6,5 kg de mercure; on chauffe au bain de sable dans un pot de grès bien émaillé, et on agite tout le temps. Une fois l’amalgame obtenu, on le laisse refroidir et on le pulvérise le plus finement possible. On fait ensuite un mélange de 8 kg de soufre le plus finement pulvérisé qu’il est possible avec 6,8 kg de chlorhydrate d’ammonium bien sec. On ajoute l’amalgame en poudre à ce dernier mélange et on mélange le tout intimement dans des tubes en terre réfractaire. Le tout est chauffé au bain de sable graduellement. Après 4 heures de chauffe, le dégagement gazeux cesse et l’on porte alors les tubes au rouge. Cela fait, on arrête le chauffage et on laisse refroidir.
- L’or mussif le plus beau se trouve au sommet du tube. Il est mis à part. Il semble que, dans cette réaction, il se forme du sulfure mercurique ou cinabre artificielle qui est volatilisé à cette haute température et que le chlorure d’ammonium ajouté ne sert qu’à diluer la réaction d’ailleurs assez peu explicable. C’est ici le type de la réaction des vieux alchimistes où l’expérience seule jouait un rôle sans explications « à priori ».
- Rien n’y a été changé, et si pour une raison ou une autre on avait besoin de grandes quantités de ce produit, il n’y aurait qu’à imiter sei’vilement, sans en changer un iota, le procédé de nos ancêtres aux bonnets pointus ponctués d’attributs divers.
- L’or mussif est le plus stable des ors faux. On le soumet à une lévigation pour la finesse. Une fois séché, on le mélange à 4 fois son poids de carbonate de soude impalpable et sec. Le bronzage a lieu par simple frottement des objets à bronzer. Les objets^ enfer sont recouverts,préalablement au bronzage, d’une couche galvanique de cuivre que l’on brunit ensuite. Après application de l’or mussif au tampon, on recouvre l’objet d’un vernis clair. Si l’on ajoute à l’or mussif une solution de gomme arabique, on a l’or en « coquilles », artificiel. Le commerce a des ors mussifs qui vont, comme teinte, depuis le jaune clair jusqu’à l’orangé, tout comme les ors vrais. On a modernisé un peu cette antique préparation pour le cas des jaunes clair, en chauffant 48 kg de sel d’étain avec 26 kg de soufre impalpable et effectuant un mélange intime avant le chauffage. Pour un ton plus rougeâtre, on fait réagir 24 kg d’étain sur 24 kg de mercure, par quoi on obtient 48 kg d’amalgame.
- On mélange ensuite intimement cet amalgame en poudre fine, avec un mélange de 26 kg de sel d’étain, 35 kg de soufre impalpable et 34 kg de chlorure d’ammonium pur. Pour le reste de la préparation, tout se passe comme il a été indiqué plus haut.
- Ainsi que nous l’avons dit ci-dessus, nous reviendrons d’ici peu, sur la préparation des brocarts et poudres de divers métaux et alliages divers.
- A. II.
- MÉCANIQUE
- Le Graissage au graphite et les huiles graphitées.
- Le graissage au graphite est connu depuis longtemps et universellement employé. C’est ainsi que les machines à tisser le tulle comportent des navettes lubrifiées au graphite, car les huiles tacheraient les marchandises et les rendraient invendables.
- Ce mode de graissage a surtout été utilisé dans le graissage des objets portés à haute température, par exemple pour les tourillons soumis à des températures élevées, et pour les roues de chariots transporteurs des séchoirs tunnels à avancement automatique.
- 11 y a déjà de nombreuses années qu’Acheson a proposé d’utiliser, à la place de graphite sec, du graphite maintenu à l’état colloïdal dans des huiles minérales ou même dans l’eau. Les produits ainsi obtenus ont rencontré d’abord peu de faveur. Us commencent aujourd’hui à recevoir d’intéressantes applications. On peut grâce à eux introduire du graphite dans toutes les machines, le cai’bone colloïdal ne se déposant pas. Les surfaces des pistons et des coussinets absorbent ce graphite colloïdal dans leurs pores et sur leurs surfaces ; il se forme ainsi une couche de graphite d’une épaisseur de l’ordre du millième de millimètre, permettant d’employer, par la suite, une huile de graissage ordinaire avec 35 à 30 pour 100 d’économie.
- Les solutions colloïdales de graphite colloïdal peuvent s’obtenir par des moyens physiques ou par des moyens chimiques.
- La préparation par les moyens physiques consiste à réaliser un broyage à mort du graphite cristallin, au moyen d’un moulin broyeur colloïdal, de manière que le grain de graphite ne réfléchisse plus la lumière, il a alors un aspect mat.
- Le graphite ainsi obtenu est broyé énergiquement avec une solution benzénique de.latex (caoutchouc) jusqu’à parfaite incorporation. Le latex joue le rôle de colloïde protecteur, et empêche le graphite de s’agglomérer à lui-même. La mixture graphite et catoucliouc est ensuite introduite dans une huile minérale très visqueuse, et on malaxe violemment pour obtenir un mélange très homogène. La solution colloïdale obtenue conserve indéfiniment son état.
- La fabrication par voie chimique est plus délicate : on commence par purifier le graphite au moyen de l’acide fluorhy-drique qui dissout la silice, puis on l’oxyde par l’acide sulfurique et le permanganate de potasse; la durée de l’attaque est de 6 jours. Les gros grains de graphite ont été diminués par l’oxydation et ils ont atteint l’état colloïdal, il suffit alors de les laver, puis de les protéger comme précédemment par une solution de latex.
- Il y a plusieurs autres méthodes pour protéger ces solutions, mais nous en resterons là pour aujourd’hui.
- Le graissage aux huiles graphitées présente un gros intérêt, puisqu’il permet de réduire la consommation en huile par suite de la réduction de 10 pour 100 du coefficient de frottement.
- A l’heure actuelle ces méthodes présentent un gros attrait et sont à l’ordre du jour.
- H. Soyer.
- Ingénieur-chimiste E. C. I. L
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- PETITES INVENTIONS
- Fig. 1. — L’ampoule dans son support.
- PHOTOGRAPHIE
- Une lampe pour éclair photographique.
- Un ingénieur de la « Westinghouse Lamp Co » vient d’inventer une ampoule électrique destinée à remplacer les poudres inflammables à l’air libre utilisées jusqu’ici, pour prendre les photos à la lumière artificielle.
- Cette lampe consiste en une ampoule de 7 cm de diamètre remplie d’une atmosphère d’oxygène pur quelque peu en dessous de la pression normale.
- Elle contient une feuille d’aluminium froissée qui la remplit presque entièrement.
- On enflamme cette feuille au moyen d’un court filament garni d’un oxyde d’une matière spéciale brûlant presque instantanément, sous n’importe quel voltage compris entre 1, 5 et 125.
- Au passage du courant, la feuille d’aluminium s’enflamme et brûle en produisant un éclair brillant de lumière blanc bleu qui dure l’espace de 1/100e de seconde et permet de prendre des photographies instantanées.
- Les fils de plomb de l’ampoule sont garnis d’un vernis isolant pour éviter la formation d’un court-circuit par la feuille d’aluminium.
- La surface intérieure de l’ampoule comporte une mince couche d’une matière particulière qui, si le verre vient à casser lors de la production de l’éclair, empêche l’éparpillement des morceaux.
- On allume la lampe au moyen d’une pile sèche, d’une batterie d’accus ou bien en la branchant sur le secteur lumière. Elle fonctionne indifféremment sous courant continu ou courant alternatif.
- Au moment de la production de l’éclair, la lampe dépense environ trois ampères, mais la durée de cet éclair est si courte, que l’énergie consommée est minime.
- Pour obtenir le maximum d’efficacité avec la nouvelle lampe, l’inventeur préconise l’emploi d’un réflecteur en aluminium, préférablement de forme parabolique et, pour faciliter sa manipulation, il conseille de lui adjoindre un support.
- On peut, du reste, aisément fabriquer soi-même ces deux accessoires de la manière suivante.
- Pour le réflecteur, prenez un bol en aluminium de 25 cm environ de diamètre. Ternissez l’intérieur de ce bol en y laissant séjourner, pendant une heure, une forte solution de lessive. Lavez ensuite à fond pour enlever le dépôt noir qui s’est formé,
- s'écliez et pratiquez, sur le bord, un trou assez grand pour que vous puissiez y passer un étui de lampe de poche de forme tubu-*laire.
- Fixez l’étui au réflecteur avec un moyen quelconque.
- Dans la partie du tube où pose le réflecteur, mettez une douille de lampe. Sondez l’un des fils de la douille à la lame de laiton reliant le commutateur de la lampe de poche au fond de l’ampoule de la lampe pour éclair photographique.
- Passez l’autre fil par une fiche de bois que vous fixez à l'intérieur de l'étui juste en dessous de la douille. Cette fiche est nécessaire pour maintenir en place l’élément de votre pile.
- Le contact central de l’élément reposera sur une vis que vous introduirez dans un trou pratiqué dans la fiche de bois, de manière à former contact avec le fil.
- Fixez la douille au moyen d’un ciment ou d’une vis. Glissez votre élément de pile dans l’étui, rabattez le capuchon inférieur et votre « pistolet » est prêt à fonctionner.
- Comme de juste, la lampe ne peut servir qu’une seule fois, mais elle a l’avantage sur les autres photopoudres pour photos éclairs d’êti'e utilisable n’importe oû, à n’importe quel moment et pratiquement sous n’importe quelles conditions.
- De plus, ne produisant aucun bruit et brûlant beaucoup plus rapidement que le magnésium, généralement employé, les expressions des sujets vivants photographiés sont bien plus naturelles.
- Enfin, au point de vue optique, l’éclair est sans danger pour l’opérateur comme pour le sujet; il ne se produit ni fumée, ni parcelles enflammées capables de provoquer des brûlures ou même des incendies. L. K.
- Fig. 2. — Vue de l’ampoule avec sa feuille intérieure d'aluminium.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- M. V. Brandicourt, collaborateur à La Nature, préparant un travail Ses comédies de jeunesse (Pailles rompues, Auberge des Ardennes, etc.
- sur Jules Verne serait reconnaissant aux lecteurs de La Nature qui l’intéresseraient particulièrement, pourraient lui procurer des renseignements sur le grand romancier.
- QUESTIONS ET REPONSES
- Les émissions et 1es appareils de télévision en France.
- 1° Comme nous l’avons annoncé déjà dans la revue, la Société anglaise de télévision Baird aurait conclu un accord avec la Société Pathé-Nathan pour l’organisation prochaine d’émissions régulières de télévision en France.
- Ces émissions seraient exécutées par le poste de diffusion Radio-Vitus, qui appartient actuellement à la Société Pathé, et qui a été récemment transporté à Romainville. La longueur d’onde choisie serait sans doute voisine de 220 mètres. Un accord technique aurait d’ailleurs été également conclu entre ce groupe, et la Société allemande Fernseh A. G.
- Ces émissions pourront être reçues avec les appareils de construction anglaise construits par la Société Baird, et probablement aussi avec des appareils allemands.
- D’autre part, l’ingénieur français Barthélémy a réalisé, dans les laboratoires de la « Compagnie des Compteurs », des dispositifs de télévision qui semblent fort intéressants, et qui seront sans doute employés pratiquement dans un avenir prochain.
- 2° Nous ne pensons pas qu’il existe déjà en France dans le commerce, des appareils de télévision. Vous pouvez cependant consulter à ce propos la revue française La Télévision (Chiron édit., 40 .rue de Seine, Paris).
- D’autre part, l’adresse de la Société Bair'd est la suivante : Baird Télévision Lld., 133, Long Acre, London, W. C. 2.
- Nous pouvons également vous indiquer l’adresse d’un fabricant anglais vendant des pièces détachées pour appareils de télévision : S. Lee Bapty, 60, Craven Park Road, N. W. 10. London.
- Réponse à M. Barraud, à Lyon (Rhône).
- Antenne ou cadre.
- Une antenne, même de courte longueur, recueille en général, beaucoup plus d’énergie qu’un cadre de petites dimensions. Elle peut donc être employée avec un appareil moins sensible, mais, par contre, ses qualités sélectives et directives sont beaucoup moins accentuées, et c’est pourquoi le cadre est demeuré jusqu’à présent, en France, par excellence le collecteur d’ondes des amateurs urbains, qui veulent réaliser des installations réceptrices possédant le plus de sélectivité possible, pour pouvoir recevoir les émissions étrangères sans être gênés par les émissions locales.
- D’un autre côté, il est évident qu’un cadre fonctionne sans prise de terre, et peut être facilement transporté, d’autant plus qu’il existe des modèles pliants. Vous trouverez, d’ailleurs, sur cette question des qualités comparées du cadre et de l’antenne des renseignements détaillés, si vous le désirez, dans La Pratique Radioélectrique (Masson édit.).
- Les appareils modernes à changement de fréquence, qu’ils soient alimentés par des batteries d’accumulateurs, par des dispositifs d’alimentation fournissant du courant redressé et filtré ou même entièrement par le courant du secteur, si l’on utilise des lampes à chauffage indirect, fonctionnent le plus souvent sur cadre, et il n’y aurait même pas d’intérêt à employer une antenne, la sensibilité de l’appareil étant suffisante, même si l’énergie recueillie est très faible. Au contraire, on produirait souvent des effets de saturation gênants, et la sélectivité serait fortement diminuée.
- R y a seulement quelques modèles d’appareils comportant au maximum quatre lampes, soit une lampe bigrille changeuse de fréquence, une lampe moyenne fréquence à grille écran, une lampe détectrice, et une lampe trigrille de puissance, qui peuvent fonctionner
- avec une antenne intérieure courte, et sont d’ailleurs en généra lali-mentés entièrement par le courant alternatif.
- Nous vous signalons, pourtant, d’autre part, qu’il existe à l’heure actuelle des petits blocs d’accord destinés spécialement à permettre l’adaptation d’une antenne courte sur un système à changeur de fréquence sans inconvénient. Vous pouvez noter par exemple, le bloc d’accord Ribet et Desjardins, 10, rue Violet, Paris (15e).
- Il existe pourtant, à l’heure actuelle, et nous l’avons déjà montré dans la revue, une autre catégorie d’appareils sensibles qui ne sont pas des appareils à changement de fréquence, mais à amplification haute fréquence directe. Ce sont des postes secteur comportant au moins deux étages d’amplification haute fréquence à lampe à grille écran, et qui sont en général blindés intérieurement avec beaucoup de soin. Ces appareils fonctionnent assez mal à l’aide de cadres, et au contraire les résultats sont en général bien meilleurs, si l’on utilise une antenne intérieure, même de courte longueur, associée avec une bonne prise de terre. La sensibilité obtenue est alors très grande, mais il faut que l’appareil soit bien étudié pour que la sélectivité soit comparable à celle des appareils à changement de fréquence fonctionnant sur cadre.
- Si l’on considère maintenant, non pas seulement la sélectivité et la qualité musicale de reproduction, mais aussi la facilité de réglage du système, on peut constater qu’elle est à peu près équivalente dans les deux systèmes. Il existe aujourd’hui de nombreux modèles d’appareils à changement de fréquence à réglage essentiel unique, et, d’autre part, la plupart des appareils de luxe à amplification haute fréquence multiples sont également à réglage essentiel unique. Les deux catégories d’appareils présentent donc des avantages à peu près équivalents, et leur adoption est surtout, semble-t-il, un cas d’espèce et une question de préférences personnelles.
- Réponse à M. R. à Pau (Basses-Pyrénées).
- L’usure des disques de phonographe.
- Nous avons déjà donné quelques indications dans nos chroniques phonographiques sur l’usure des disques, et les moyens de l’atténuer. Cette usure varie, non seulement suivant la nature du disque et le poids du diaphragme ou du reproducteur électromagnétique, mais aussi suivant la nature de l’enregistrement, et surtout suivant le modèle d’aiguille adopté.
- Plus l’aiguille est forte en général et rigide, plus la reproduction sonore est intense, mais aussi plus l’usure est rapide.
- Pourtant, il ne faudrait pas en déduire qu’une aiguille à pointe très fine mal établie use beaucoup moins le disque qu’une bonne aiguille plus forte; en effet, dans ce cas, la surface par laquelle l’aiguille appuio sur le fond du sillon est très réduite et la pression est très grande: Si la matière du disque est assez tendre, l’aiguille s’enfonce donc peu à peu dans le sillon jusqu’à ce que ses bords viennent s’appuyer sur les bords internes du sillon.
- Au contraire, avec une aiguille dont la pointe est assez large pour venir s’appuyer non pas sur le fond seul du sillon, mais aussi sur ses parois, la pression réelle est beaucoup moins grande, et l’usure n’est pas plus rapide.
- Il est évident, d’autre part, que si l’on utilise des aiguilles très dures, par exemple du type semi-permanent, l’usure du disque est plus rapide, et c’est pourquoi il est encore préférable d’utiliser des aiguilles ordinaires en acier que l’on doit changer après chaque audition. Les aiguilles qui usent le moins le disque sont sans doute les aiguilles en bois et en corne, et, pour atténuer l’usure du disque, on peut seulement essayer de couvrir sa surface d’une couche d’encaustique, ou mieux
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- d’un mélange de poudre de graphite et d’antimoine qu’on peut maintenant se procurer dans le commerce.
- Vous trouverez, d’ailleurs, sur ce sujet, des détails plus complets dans une prochaine chronique phonographique.
- Réponse à M. Ferment, à Toulouse.
- Livres sur la télévision.
- Nous ne connaissons pas encore de livres français pratiques sur la télévision; il en existe seulement sur la téléphotographie. En attendant leur parution, vous pourrez trouver sans doute des détails qui vous seront utiles dans nos chroniques régulières de télévision.
- Réponse à M. Dousseau, à Paris.
- Montage d’un poste secteur.
- L’amateur constructeur qui veut réaliser à l’heure actuelle un poste de réception fonctionnant entièrement à l’aide du courant d’un secteur alternatif a le choix entre deux solutions différentes.
- La première consiste à adopter un montage du type ordinaire utilisé normalement avec des batteries, et à se servir de lampes du type normal à faible consommation. Cependant, au lieu d’alimenter cet appareil avec des batteries, on l’alimente avec un dispositif d’alimentation redressant et filtrant le courant du secteur, et produisant ainsi du courant redressé et filtré à la tension convenable pour assurer le chauffage des filaments, et l’alimentation en courant de plaque.
- La deuxième solution consiste à réaliser un montage un peu spécial, à employer des lampes d’un type particulier à chauffage indirect dont la cathode est alimentée directement à l’aide du courant alternatif non redressé, le courant plaque étant assuré comme précédemment par un système d’alimentation fournissant du courant redressé et filtré à l’aide du courant du secteur.
- Au point de vue des résultats obtenus, un poste du premier type bien établi donne évidemment des réceptions au moins aussi bonnes qu’ui]j poste du deuxième; ses qualités de sensibilité, de sélectivité, et de fidélité musicale sont au moins aussi grandes et les avantages de cçtte solution sont donc très marqués.
- Saps doute, un poste secteur à lampes à chauffage indirect présente pour un usager de la T. S. F. l’avantage de pouvoir être établi sous une forme compacte et d’une utilisation pratique, mais, dans les conditions actuelles de la technique, nous ne pensons pas qu’il soit vraiment extrêmement intéressant pour un amateur constructeur qui veut réaliser lui-même un appareil sensible de tenter la construction d’un poste secteur à lampes à chauffage indirect; cette réalisation étant en réalité assez délicate, et beaucoup plus difficile, en tout cas, que celle d’un montage ordinaire.
- A notre avis, et étant donné surtout que vous n’avez pas encore des connaissances très étendues en T. S. F., nous pensons qu’il vous sera beaucoup plus facile de construire, surtout si vous voulez avoir un poste sensible, un appareil par exemple à changement de fréquence suivant un montage ordinaire, et d’utiliser des lampes également du type ordinaire à faible consommation qui sont, d’ailleurs, beaucoup moins chères que les lampes à chauffage indirect.
- Vous pourrez alimenter cet appareil à l’aide d’un dispositif d’alimentation fournissant du courant redressé et filtré, et supprimant complètement l’emploi des accumulateurs. Vous pourrez trouver de nombreux modèles de ces dispositifs dans le commerce, ou même le réaliser vous-même assez facilement à l’aide de pièces détachées.
- Parmi les livres qui pourront vous servir à apprendre les notions nécessaires nous vous signalons-.
- La Pratique Radioélectrique (Masson, édit). Les Montages Modernes en Radiophonie (Chiron, édit., 40, rue de Seine, Paris). Les Récepteurs Modernes (Chiron, édit.). Le Poste de l’Amateur (Chiron, édit.), et les Revues de montage, par exemple : La T. S. F. pour 7’ous ou La T. S. F. Moderne. Réponse à M. Roux, à Nancy.
- Construction d’un poste récepteur de T. S. F.
- Vous ne nous indiquez pas si vous désirez recevoir sur antenne ou sur cadre, mais, comme vous habitez une ville dans laquelle les parasites sont assez intenses en général, nous pensons qu’il est préférable que vous réalisiez un appareil fonctionnant sur cadre.
- Dans ces conditions, et comme vous voulez recevoir en haut-parleur la plupart des émissions européennes, il nous semble nécessaire que vous construisiez un appareil à changement de fréquence assez sensible. Vous pouvez établir, par exemple, un poste comportant une
- bigrille changeuse de fréquence, deux étages moyenne fréquence, une lampe détectrice et deux étages basse fréquence.
- Comme lampe moyenne fréquence, vous pourriez, si vous le désirez, utiliser deux lampes à grille écran, ou une lampe à grille écran et une lampe triode ordinaire, en adoptant évidemment des transformateurs moyenne fréquence convenables et soigneusement blindés.
- Vous pourriez utiliser un seul étage basse fréquence en adoptant une seule lampe trigrille basse fréquence de puissance, mais il nous semble encore préférable, pour la qualité de l’audition, d’employer deux étages basse fréquence, dont le dernier muni d’une lampe de puissance genre P. T. 425 Gécovalve, B 40G Philipps, D 9 Fotos, etc.
- Le moyen le plus simple d’alimenter entièrement un tel poste à l’aide du courant d’un secteur alternatif consiste à adopter des lampes ordinaires ù liiaments à oxyde à faible consommation, et un dispositif d’alimentation fournissant du courant redressé et filtré, à la fois pour le chauffage des filaments et pour la tension plaque. On trouve maintenant dans le commerce de nombreux types de ces dispositifs qui comportent le plus souvent un élément redresseur du type oxymétal, avec circuit-iiltre, à condensateurs électrolytiques de très grande capacité pour le courant de chauffage et une valve à vide ou également des éléments redresseurs oxymétal pour le courant de plaque, avec circuit filtre, impédance à fer et capacités de quelques microfarads. Nous avons décrit plusieurs fois des dispositifs de ce genre dans la chronique de « Radiophonie Pratique » et nous en avons indiqué des constructeurs dans la Boîte aux Lettres.
- Voici, d’autre part, des adresses de fabricants qui pourront vous adresser des catalogues de pièces détachées pouvant servir à la réalisation d’un appareil de ce genre:
- Établissements Bardon, 61, boulevard National, à Clicliy.
- Établissements Brunet, 5, rue Sextius-Michel, Paris (15*-).
- Établissements Unie (Ribet et Desjardins), 10, rue Violet, Paris (15“).
- Établissements Gamma, IG, rue Jacquemont, Paris, etc.
- Étant donné que les pièces détachées de montage que l’on trouve à l’heure actuelle sont d’un emploi très facile, nous pensons qu’il vous sera aisé de monter vous-même un appareil de ce genre, d’autant plus que, malgré les apparences, un appareil à changement de fréquence assez complexe est peut-être plus facile à mettre au point qu’un poste comportant moins d’étages, mais à amplification haute fréquence directe.
- Les maisons dont nous vous indiquons les adresses peuvent vous adresser des schémas de montage. Vous en trouverez aussi quelques-uns, ainsi que des conseils pour cette exécution, dans nos chroniques de « Radiophonie Pratique », et dans La Pratique Radioélectrique (Masson, éditeur).
- Comme livre spécial de montages, vous pouvez consulter « Les Montages Modernes » et « Les Montages Types en Radiophonie » (Chiron, édit., 40, rue de Seine, Paris). Réponse à M. B., à Marseille.
- Usage d’un accumulateur de tension plaque et ano= malie de fonctionnement d’un récepteur.
- 1° Un accumulateur de 120 volts de tension plaque, comportant trois blocs d’éléments de 40 volts, peut évidemment être utilisé pour fournir une tension de 80 volts seulement, sans inconvénients. Il résulte pourtant de ce fait qu’un des blocs d’éléments de 40 volts demeure constamment en dehors du circuit d’utilisation, et dans ces conditions, il se décharge de lui-même sans effectuer un travail effectif. Il convient donc de le vérifier soigneusement, de façon à éviter la sulfatation, et d’alterner le sens des connexions de façon à le mettre de temps en temps en circuit.
- 2° Si nous comprenons bien ce que vous nous indiquez, la lampe modulatrice bigrille de votre changeur de fréquence ne vous permet pas de recevoir les postes petites ondes, lorsque vous mettez le commutateur en face du repère-petites ondes. Et, au contraire, vous les entendez relativement d’une façon satisfaisante lorsque vous employez la combinaison « petites ondes » du cadre et la combinaison « grandes ondes » de l’inverseur du poste.
- Cette anomalie peut provenir, sans doute, soit d’une détérioration de la lampe bigrille, soit du mauvais état des bobinages de modulation petites ondes, ou même de leur mauvaise disposition. Il convient donc de vérifier ce fait. Quant à la possibilité de recevoir les petites ondes en plaçant le commutateur sur le repère grandes ondes, elle est due, sans doute, à la formation d’harmoniques dans vos circuits de modulation. Réponse à M. C. J., à Trept (Isère).
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- Réalisation d’une soupape électrolytique.
- Les soupapes électrolytiques du type ordinaire comportant deux électrodes avec une anode en plomb et une cathode en aluminium ou en alliage de ce métal plongeant dans une solution de phosphate d’ammonium à 11° Baumé, le plus souvent, ne laissent sans doute passer le courant que dans un sens allant du plomb à l’aluminium tant que la tension indiquée est intérieure à la tension critique.
- Théoriquement, le rendement de cette soupape est généralement assez bon, mais son entretien est délicat, car il arrive souvent que l’électrolyte chauffe pendant la charge, ce qui amène très vite la mise hors d’usage du liquide. Pour les grands modèles il est môme nécessaire d’établir une circulation d’eau autour des bacs afin d’activer leur refroidissement.
- Il semble, d’ailleurs, que l’on puisse demander plutôt à ces appareils le redressement d’un courant de tension élevée, mais de très faible intensité; c’est pourquoi ils sont beaucoup plus pratiques pour charger les batteries de plaque que les batteries de chauffage; or vous nous indiquez bien que vous voulez obtenir du courant 45 volts redressé à l’aide du courant alternatif 110-50 périodes, mais vous ne nous indiquez pas quelle intensité de courant vous désirez; si cette intensité est relativement considérable, nous vous déconseillons d'employer ce mode de redressement.
- Nous avons déjà traité cette question dans nos chroniques de Radiophonie, mais vous pourrez vous adresser plus particulièrement à des spécialistes de la question, par exemple à M. Schérer. Établissements Lefébure, 5, rue Mazet, Paris, 0°.
- Réponse à M. Demarchy, à Paris.
- Charge d’accumulateurs sur le courant continu.
- 1° Lorsqu’on plonge deux fils métalliques dénudés reliés à une prise de courant d’un secteur continu dans de l’eau ordinaire non distillée ou de préférence légèrement salée, on voit se produire autour des extrémités de chaque fil un dégagement de bulles gazeuses. Ces bulles sont beaucoup plus abondantes du côté négatif, ce qui permet de le distinguer. L’eau (H40) a, en effet, été décomposée, et l’ion H* s’est porté du côté du pôle négatif. Le volume de gaz dégagé de ce côté est ainsi double de celui de l’oxygène dégagé au pôle positif.
- 2° Une pile de polarisation destinée à produire sur la lampe basse fréquence de sortie une polarisation négative convenable doit avoir son pôle positif relié au pôle négatif de la batterie de chauffage. Le retour du circuit grille s’effectue sur une fiche que l’on peut déplacer à l’extrémité négative de la batterie de piles.
- La polarisation négative de grille ainsi obtenue varie non seulement suivant la tension appliquée sur la plaque de la lampe, mais encore suivant le type de cette lampe. Comme vous ne nous l’indiquez pas, nous ne pouvons donc vous faire connaître a priori quelle estl a polarisation à adopter, mais celle-ci est toujours indiquée sur le catalogue du constructeur de la lampe, et, même le plus souvent, sur une petite notice qui se trouve dans l’étui en carton renfermant la lampe au moment de la livraison.
- 3° On peut déterminer facilement le type et le nombre d’ampoules à incandescence qui doivent servir de résistance dans le cas simple de la recharge sur courant continu. Si l’on appelle V la tension de la batterie à charger, et I l’intensité du courant de charge qui doit la traverser, intensité normalement égale au dixième de sa capacité et si K est la tension du courant du secteur, et R la résistance à intercaler, la loi d’Ohm nous donne pour trouver cette résistance la relation très K — V
- simple: R ----------Supposons, par exemple, que nous voulions char-
- ger un accumulateur de 6 volts 40 ampères-heures sur le courant d’un
- secteur de 220 volts, cette formule nous donnera R
- = 53 ohms environ puisqu’il faudra obtenir un courant d'une intensité de 4 ampères.
- En connaissant la résistance des différents types d’ampoules à incandescence, on pourra de suite en déduire quel est le nombre de lampes en parallèle à adopter. Remarquez à ce propos, qu’en général, on ne monte pas les ampoules à incandescence en série comme vous nous l’indiquez, mais seulement en parallèle, parce que ces ampoules présentent une résistance généralement beaucoup trop élevée, et qu’en les montant en série ôn additionne leurs résistances tandis qu’en les montant en parallèle on la diminue suivant l’expression bien connue
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- I/R = I/r' + I/r", etc., si R est la résistance totale et r', r" etc. sont les résistances des lampes.
- Une lampe de 16 bougies à filament de carbone a, pour le courant 220 volts, une résistance de 880 ohms. Il faudrait donc environ 16 lampes de 16 bougies en parallèle ou 8 lampes de 32 bougies pour obtenir le résultat désiré.
- Pour charger une batterie de tension-plaque de 80 volts, l’intensité du courant à obtenir dépasse rarement 1/10 d’ampère et la résistance
- £tf)Q _ gQ
- doit être trouvée par la formule R = —----------- — 1400 ohms. On
- 1 0,1
- pourra utiliser dans ce cas une lampe de 25 bougies à filament métallique dont la résistance est d’environ 1600 ohms.
- On voit que, si la charge d’une batterie de 80 volts est pratique et peu coûteuse, il n’en est pas de même de la recharge d’une batterie de 220 volts; certes l’opération est facile, mais la dépense d’électricité relativement importante. On pourrait peut-être la diminuer en utilisant, d’ailleurs, le courant servant normalement à l’éclairage des lampes de l’appartement.
- Vous pourrez trouver sur ce sujet des renseignements extrêmement complets dans La Pratique Radioélectrique (Masson, édit.). Vous trouverez également dans ce livre les différentes résistances des modèles de lampes à incandescence, ainsi que des conseils pour les soins à donner aux batteries d’accumulateurs.
- Réponse à M. Heizmann, à Colmar (Haut-Rhin).
- De tout un peu.
- M. Mauriy, à Poitiers.— 1° Vous trouverez des métaux purs (tantale, plomb, etc.) à la Société des Produits chimiques purs Guichard, Chatenay et C10, 5, square Arago, à Paris.
- 2° Les maisons suivantes sont susceptibles de vous fournir du celluloïd sous toutes formes : Acétoïde, 20, boulevard Saint-Denis, Paris. Société française du Celluloïd, 6, rue Albouy — Convert, 177, rue de Bagnolet — Faré, 73, rue Turbigo — Greenhill, 69, rue de Chabrol — Lafon, 4, passage Moulin — L’Oyonithe, 32, avenue de Saint-Mandé.
- M. Tourneur à Makatea. — Si nous avons bien compris votre demande, votre intention est de faire de la photographie avec plaque d’acier comme support de l’émulsion, nous pensons que l’ouvrage Traité pratique de Phototypie, par Ris-Pagnot, édité par la Librairie De Francia, 118 bis, rue d’Assas, à Paris, VIe, vous donnera satisfaction.
- M. Giliiard, à Suresnes. — 1° Le ciment pour mosaïque employé par les spécialistes italiens est paraît-il composé de :
- Pouzzolane.................................... 1000 grammes
- Brique pilée.................................... 400 —
- Chaux éteinte................................... 700 —
- Eau............................................. 200 —
- 2° Vous trouverez la question mosaïque traitée d’une façon intéressante dans le petit ouvrage les Industries d'amateur, par Graffigny; Editeur Baillière, 19, rue Hautefeuille.
- N. B. — Les pouzzolanes sont des composés argilo-siliceux ayant subi soit naturellement, soit artificiellement l’action d’une température élevée, mélangées en certaines proportions à la chaux grasse éteinte, elles acquièrent la propriété de durcir et de faire prise au contact de l’eau au bout d’un temps plus ou moins long, ce qui en rend le maniement facile.
- Mme Hugo Berta, à Porto Ancon. — La proportion d’eau à employer dans la recette parue au n° 2799 du 15 décembre 1928 relativement au tannage des peaux de serpents est bien de dix litres, mais nous avons donné dans le n° 2823, page 576 (Réponse à M. Geay de Grenoble) une méthode plus simple et plus moderne appliquée du reste industriellement dans ce cas : veuillez bien vous y reporter.
- M. Réginault, à Paris. — Il ne faut pas compter réparer l’enduit de votre imperméable en caoutchouc; s’il est fissuré, tout ce que vous pouvez faire est d’en aviver l’aspect en passant une couche très légère d’encaustique, au moyen d’un tampon de toile fine.
- M. Planchât, à Pèrigueux. — 1° Suivant l’usage auquel elles sont destinées, les peintures cellulosiques présentent des compositions très variables en solvants et plastifiants, leur préparation n’étant pas du domaine de l’amateur; le mieux est de demander aux fabricants spécialisés, par exemple Clément et Rivière, 42, rue Beaurepaire, à Pantin, de vous fournir les vernis répondant aux applications que vous avez en vue.
- 2° Un revêtement pour enduit des cuves en ciment destinées à contenir
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- de la saumure, ne nous paraît devoir présenter qu’une durée éphémère quel que soit le produit employé, car il se produira certainement au bout de peu de temps des lézardes ou des soulèvements. Le seul procédé qui nous paraît indiqué est l’application de feuilles de verre ainsi que cela se pratique couramment pour les cuves destinées à la fermentation vinaire.
- M. Le Dr Sainmont, à Saïnt-Gobain. — La stérilisation du linge par la chaleur avant lessivage est absolument contre-indiquée attendu que la coagulation de l’albumine qui accompagne la plupart des souillures, s’amorce à 59° C et est définitive à 73° G de sorte que les taches sont cuites et devenues insolubles.
- Il faut donc d’abord débarrasser le linge des matières albuminoïdes, en pratiquant l’essangeage. C’est de^cette opération que l’on peut profiter pour faire une stérilisation par anti'êçptique ajouté à l’eau savonneuse alcaline ; l’eau tiède javellisée, de manière à titrer 0°,20 à 0°,25 (degrés chlorométriques), est parfaitement suffisante pour qu’un contact de trois à quatre heures, avec brassage, pour changer les contacts, assure ce résultat.
- Le linge peut alors être lessivé, savonné, manipulé par le personnel, sans danger; toutefois il est préférable que ces opérations se fassent mécaniquement comme cela a lieu dans les installations modernes; c’est seulement quand le linge aura été blanchi et débarrassé de ses taches, qu’une stérilisation par la chaleur, à l’étuve, pourr.v être envisagée, mais uniquement alors comme mesure de sécurité.
- N. B. — A toutes fins utiles, nous vous signalons un modèle d’appareil permettant de faire toutes les opérations successives dont nous venons de parler sans sortir le linge et qui peut être livré émaillé.
- Cet appareil établi sur le principe du « turbulent » du travail de peausserie, a retenu tout particulièrement notre attention par sa forme originale, qui est celle d’un tétraèdre à l’intérieur duquel le linge est soumis à des mouvements divers, sans risques de détérioration.
- Désigné sous le nom de machine à laver AJT, ce modèle que nous avons vu aux Magasins de la Place Clichy à Paris, nous paraît susceptible d’un emploi très judicieux.
- IV!. De Tersant, à Paris. — 1° Pour répondre utilement à votre demande, il faudrait connaître la nature du noir qui s’est transporté sur l’étoffe blanche. Toutefois comme il s’agit certainement d’une couleur d’aniline et que la plupart de celles-ci sont très solubles dans l’alcool, il est fort probable que vous pourrez enlever les taches en vous servant de ce dissolvant.
- 2° Les fils lamés argent noircissent par sulfuration et non par oxydation, les teinturiers-dégraisseurs emploient simplement pour enlever le sulfure d’argent ainsi formé, la poudre sèche de magnésie calcinée.
- N. B. —- L’argenture des fils lamés est généralement protégée par une mince couche de collodion appliquée lors de la fabrication; on ne pourrait répéter l’enduisage sans danger pour l’étoffe support, une fois le lamé appliqué.
- (VIIle Feuillofey à Yvetot. — 1° L’aspect neigeux que prend le blanc d’œuf battu est dû à l’occlusion de nombreuses bulles d’air, la marche de la lumière se trouve ainsi modifiée un très grand nombre de fois, par suite des réfractions successives, la masse perd de sa transparence et atteint ainsi une opacité de plus en plus grande.
- 2° Dans la préparation de la mayonnaise, l’action est inverse de celle que vous supposez, en réalité c’est le jaune d’œuf qui favorise la dispersion de l’huile, c’est-à-dire sa mise en émulsion à l’état de gouttelettes infiniment petites.
- M. Marino Biltette, à Santiago. — 1° L’ébonite se vend en planchettes, bâtons ou tubes qu’il est facile de tourner fraiser, décolleter avec les outils courants sans trempe spéciale.
- Le polissage se fait en plusieurs fois, d’abord sur une meule en drap humide avec de la poudre de pierre ponce impalpable, pour enlever les coups et traces d’oùtils, puis au moyen de disques de coton humides sur un bord, secs sur l’autre.
- Quant à la ciselure, elle se fait avec une pointe de diamant noir en se servant de machines spéciales.
- 2° L’ébonite se protège par un vernis à la gomme laque, assez étendu pour que la couche soit très mince et ne produise pas d’irrégularités.
- (VI. P. J. — Pour obturer les fuites de radiateur d'automobiles, on peut préparer soi-même une mixture très efficace avec de la simple farine de lin achetée chez le premier herboriste venu. Une poignée de cette farine est délayée dans l’eau froide, puis la bouillie est versée dans le radiateur par le bouchon, la circulation d’eau étant assurée, les débris solides de la farine tenus en suspension par le mucilage arrivent
- jusqu’à la fissure et l’obstruent rapidement en formant à l’extérieur une croûte très adhérente et à l’intérieur un bouchon résistant fort longtemps.
- M. Andry à Paris. — 1° Si les arbustes sont peu développés le mieux est de procéder à leur arrachement; au cas où ils auraient une certaine grosseur, sectionner le tronc au ras du sol et opérer comme nous l’avons indiqué dans une précédente réponse à M. Govare de Butot pour la destruction des souches.
- 2° Vous détruirez facilement les orties qui poussent au pied de votre mur en répandant largement du sel ordinaire à la surface du sol après avoir opéré, bien entendu, un fauchage avant fructification.
- Pour opérer économiquement se servir du sel dénaturé, mis ù la disposition de l’agriculture et que vous trouverez à très bon marché chez tous les marchands d’engrais.
- M. Povert à Bruxelles. — 1° Les gravures piquées, moircies ou jaunies avec le temps sont mises à tremper au large dans un baquet d’eau, après quoi on les applique sur une feuille de verre lace en dessus et on verse à la surface un mélange à parties égales d’eau oxygénée et d’eau ordinaire, mélange que l’on additionne de quelques gouttes d’ammoniaque.
- On entretient ainsi humide la gravure pendant au moins une heure, de façon qu’aucune partie du papier ne se dessèche; quand le blanchiment est obtenu on rince à fond, toujours sur la feuille de verre pour éviter les déchirures, on essore avec du papier à filtrer neuf et laisse bien sécher, sans séparer du support.
- 2° Vous dissimulerez facilement les taches noires que présente votre meuble en lui donnant une teinte « vieux bois » par application d’une ou deux couches de brou de noix que vous trouverez chez tous les marchands de couleurs, ou pourrez préparer vous-même en prenant :
- Terre de Cassel.............................. 50 grammes
- Carbonate de potasse................. . . . . 50 —
- Eau de pluie................................. 1000 —
- Faire bouillir dix minutes, laisser reposer, filtrer sur un linge fin.
- Pour l’usage, étendre d’eau en quantité suffisante suivant intensité désirée, appliquer au pinceau.
- (VI. B. à Lyon. —Nous avons donné précédemment (Réponse aux Moulins Nielsen à Malines) le moyen de préparer soi-même une encre pour tirages de polycopies au cyclo-style; si vous voulez donner plus de résistance à la lumière, il vous suffira de remplacer la couleur d’aniline trop fugace, par une couleur minérale telle que Vert Guignet, violet de Mars, bleu d’outremer, etc., finement broyée, non seulement à l’avance, mais en outre après incorporation à la masse fluide de façon à assurer une grande finesse qui permette le passage de l’encre au travers des perforations.
- M. Bosché à Nantes. — 1° Pour augmenter le pouvoir décolorant de la terre à foulon (argile blanche) on la chauffe dans une chaudière en fonte émaillée à la température de 300° à 400° pendant une demi-heure et on l’introduit encore chaude dans le corps gras à traiter. Le pouvoir décolorant devient environ trente fois plus grand que celui que présentait la terre au début.
- La bauxite rouge granulée passant entre les tamis n08 20 et 90 peut également être activée de la même façon et donne des résultats analogues.
- 2° Dans la fabrication électrolytique du chlore, l’anode est habituellement constituée par des prismes en charbon aggloméré, coiffés d’une calotte en terre réfractaire, où se rassemble le chlore.
- Les prismes sont alignés au centre de la cuve et encadrés de part et d’autre par des séries de tubes en fer entourés de toile métallique amiantée, cette seconde série de pièces forme la cathode; les têtes de fer sont elles-mêmes serties dans une chape en fonte formant cloche, qui reçoit l’hydrogène résultant de l’action du sodium libéré sur l’eau, en même temps qu’il donne de la soude caustique par la réaction secondaire.
- Na + H20 = NaOIi + H.
- Les deux gaz ainsi séparés sont acheminés par deux conduites dont l’une en plomb pour le chlore vers leurs lieux d’utilisation, préparation d’hypochlorite, compression en bouteilles pour l’industrie ou l’aviation; quant à la lessive caustique elle est envoyée à la concentration.
- Cercle des employés du Creusot. •— Le moyen le plus simple de conserver et même redonner dans une Certaine mesure la souplesse aux vêlements de caoutchouc est de les suspendre quand on ne les porte pas dans une écurie ou une étable. A défaut d’une possibilité de ce genre passer de temps à autre à la surface une petite éponge imbibée d’eau ammoniacale au dixième, laisser sécher sans essuyer.
- 087 —
- Le Gérant : G. Masson.
- Paris, lmp. Lahure — 15-4-1931.
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- N° 2856. Ier ü&ai 1931 Prix du Numéro : 3 francs 5(
- Paraît le Ier et le 15 de chaque mois. St pour la vente en France.
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Cie, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VJ9 (1{. C Seine : i5.z34) Tel. "Littré 48-92 et 48-93.
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies i* 12 mois (24 n*'), 70 fr. ; — 6 mois (12 n“), 35 fr.-j
- Prix du numéro vendu èn France : 3 fr. 50
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n*1), 85 fr. ; — 6 mois (12 n“), 43 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarif n° 1
- Un an . Six mois
- 90 fr. 45 fr.
- Tarif n* 2
- Un an. Six mois
- 110 fr.
- 55 fr.
- valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour iOO sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Costa-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Honduras. Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Turquie, Union d’Afrique du Sud Uruguay, Venezuela.
- Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
- Règlement par mandat, chèques postaux (compte n* 599, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et Cu, sur une banque de Paris.
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- N" 2856
- LA NATURE
- Ier Mai 1931
- LA SEINE NAVIGABLE
- LES TRAVAUX DE PROTECTION LOCALE
- CONTRE LES INONDATIONS
- A la suite delà crue de 1910, l'opinion publique, émue par les désastres matériels dont cette crue avait été la cause, exigea des pouvoirs publics des mesures susceptibles d’éviter le retour d’inondations.
- Une commission, placée sous la présidence de M; Alfred Picard, décida qu’il y avait lieu de ramener à 6 le nombre des barrages en aval de Paris, de porter le mouillage de la Seine à 5 m au lieu de 3 m 20, de creuser un canal de dérivation de la Marne qui permettrait de diriger les eaux de crues directement dans la Seine à l’aval de Paris, de porter le tirant d’air des ponts à 6 mètres et enfin de construire d’accumulation.
- Mais avant la réunion de la Commission Picard, il importait de donner satisfaction à l’opinion publique par des mesures immédiates. Aussi l’État et la Ville de Paris entreprirent-ils des travaux de toute première urgence, comme la fermeture permanente ou temporaire de toutes les
- 0) Suite du n° 2855.
- Fig. 2. — Le barrage de Chalou pendant sa construction.
- Vue de la culée (l’amont est à gauche).
- des
- Fig. 1.
- réservoirs
- Carte de la Seine entre Bezons et Bougival (travaux en cours sur le bras de la Rivière Neuve).
- ouvertures ayant donné accès aux eaux sur la voie publique ou dans le sous-sol parisien. Les débouchés des égouts et des canalisations furent munis de fortes portes que l’on ferme dès que les crues se préparent.
- A la porte de Bercy, au quai d’Austerlitz, au quai de la Râpée, à la pointe amont de l’île Saint-Louis, au quai des Tuileries, au quai de la Conférence, à l’Avenue de Tokio, au quai d’Auteuil, les parapets ont été relevés à une hauteur supérieure à la crue de 1910. Partout ailleurs, aux accès des ports, par exemple, des fondations permanentes permettent d’élever rapidement de solides ouvrages temporaires de protection.
- Puis, à partir de l’année 1924, qui vit une autre crue, il est vrai moins importante que celle de 1910, un quai nouveau a remplacé l’ancienne berge naturelle d’Auteuil; le long-dès quais d’Orsay et de Grenelle, en bordure du chemin de fer des Invalides, de solides murailles ont été construites et les anciens parapets relevés. Près des portes d’Issy-les-Moulineaux, de Billancourt, de 1-a gare de Bercy, le long du quai de la Gare, les chaussées ont été relevées et des quais protecteurs édifiés.
- Enfin des stations de pompage, dont les plus importantes sont celles de la place Mazas et du pont de l’Alma, permettent d’abaisser le niveau des égouts qu’il e6t impossible de soustraire complètement à la pénétration des eaux d’infiltration. Au cours de la crue de 1930, ces
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- Fig. 3. — Le barrage de Chatou en construction, vu de l'aval.
- stations se sont révélées insuffisantes; il y aura donc lieu d’augmenter leur nombre et leur puissance.
- Quant à la protection de la banlieue, elle a été assurée par la construction de digues ; mais il était impossible de leur donner une hauteur suffisante pour mettre complètement les riverains à l’abri d’une crue aussi importante que celle de 1910, car leur relèvement eût entraîné celui du niveau des eaux dans le fleuve, autre danger à éviter. Tout ce que l’on a pu faire a été de construire des digues capables de contenir les eaux d’une crue semblable à celle de 1924.
- Pour fixer les idées sur l’importance de l’ensemble de ces travaux, il nous suffira de publier quelques chiffres de dépenses. Avant 1924, la protection de la voie publique par le relèvement de parapets et les fermetures permanentes ou temporaires ont absorbé 7 300000 fr., tandis que l’amélioration des égouts existants et la construction de nouveaux ont coûté 20 millions de francs. Entre 1924 et 1930, les travaux de même ordre ont exigé une dépense de 28 millions. Il y a lieu, évidemment, de tenir compte de la dépréciation de l’argent au cours de cette dernière période.
- Le programme de la commission Picard, tout à fait en dehors des travaux que nous venons d’énumérer, avait été perdu de vue après la guerre; mais la crue de 1924 rappela aux pouvoirs publics combien il était dangereux de pratiquer l’oubli des enseignements du passé. Il fut repris et entièrement refondu en raison des conditions économiques actuelles, car il devenait impossible de l’exécuter intégralement.
- Pour ce qui concerne le mouillage de la Seine, par exemple, qui devait être porté à 5 mètres au lieu de 3 m 20, cela sur une largeur de 80 mètres et sur toute la longueur de la Seine entre Paris et Rouen, il est bien évident qu’un tel travail, exigeant l’enlèvement de 35 millions de mètres cubes de déblais, eût entraîné une dépense impossible à engager.
- On s’est alors contenté de draguer la Rivière Neuve qui est le nom du bras droit de la Seine entre Bezons et Bou-gival. II est fermé à l’amont par le barrage de Bezons, tandis que l’autre bras, dit Bras de Marly, est fermé à l’aval par le barrage de Marly et les trois écluses de Bou-gival (fig. 1).
- Normalement, la navigation emprunte le bras gauche
- Fig. 4. — Le barrage de Chatou en construction, vu de l'amont.
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- du lleuve ; mais dès que le débit le permet, le barrage de Bezons est effacé et les bateaux descendants empruntent la Rivière Neuve pour éviter les écluses de Bougival. (tuant aux convois montants, ils continuent à suivre le bras gauche dans lequel la vitesse des eaux est beaucoup ralentie par la présence du barrage de Marly.
- Les travaux de calibrage de la Rivière Neuve ont déjà eu un effet salutaire sur la crue de 1930, abaissée de 0 m 50 à Bezons et de 0 m 20 à Suresnes.
- Pour bien comprendre le phénomène d’abaissement du plan d’eau qui se produit aux points où l’on effectue les dragages et qui se répercutent très en amont du travail d’approfondissement, il suffit de l’opposer à celui provoqué par la présence d’un barrage qui relève le plan d’eau sur une longue distance. L’approfondissement crée ce que l’on nomme un remous (Tabaissement très caractéristique qui obéit aux mêmes lois qu’un remous produit par une retenue.
- Le calibrage de la Rivière Neuve a imposé la reconstruction du barrage de Bezons. En réalité ce barrage sera supprimé et remplacé par un nouvel ouvrage très moderne, qui s’élève à Chatou, à 4 kilomètres en aval de l’ancien ouvrage. Nous le décrivons plus loin.
- Une autre question est celle de l’emmagasinement des eaux. Il est bien évident que l’accumulation d’une grande partie des eaux de crue dans des réservoirs résoudrait le problème d’une manière très élégante puisque ces eaux en réserve pourraient être envoyées dans le fleuve pendant les périodes de sécheresse que la navigation redoute presque autant que les crues. De plus, elles assureraient l’alimentation en eau potable de toute une région, notamment de la Ville de Paris et enfin pourraient encore être utilisées pour la production du courant électrique.
- Cette solution n’est pas pratique au voisinage immédiat de Paris, à cause de la grande largeur de la vallée de la Seine. Pour trouver des emplacements de réservoirs, il faut remonter les affluents, entre autres la Marne et l’Yonne. Bien que leur efficacité ne soit plus démontrée en raison de leur éloignement des points menacés par les crues, le département de la Seine a décidé néanmoins
- Fig. 6. — Le barrage de Chalou. Élévation
- CHARRIOT DE ROULEMENT
- PASSERELLE
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- / VANNE SUPÉRIEURE
- Fig. 5. — Le barrage de Chalou. — Élévation el coupe schématique.
- de construire des barrages réservoirs à Champaubert-aux-Bois, dans la haute Vallée de la Marne, à Pannesière, sur l’Yonne, et d’utiliser également dans le même but les réservoirs de la Cure qui sont construits par une société privée. La triple considération que nous avons exposée plus haut a décidé l’Etat à participer aux dépenses à engager.
- Un autre travail, d’une importance exceptionnelle au vue de l’aval el coupe dans l'axe du radier.
- rive: droite
- RIVE GAUCHE
- PONT SUPERIEUR AVAL
- DOUBLE PONT ROULANT TRANSBORDEUR
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- CAISSON MÉTALLIQUE
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- NORMALE AVAL
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- VANNES EN POS/T/QfV NORMALE ( CàS cég-S 6<9sse5 y
- VANNES EN POS/r/ON DE RELEVAGE COMPLET (CruesJ
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- point de vue du dégagement des eaux de crues dans Paris, rélargissement du bras de la Monnaie, était également compris dans le programme, mais sa réalisation a dû être ajournée en raison de la question financière.
- La conception première comportait un élargissement pris sur les terrains de la rive gauche, entraînant l’expropriation de nombreux immeubles du quai Montebello et du quai Saint-Michel, ainsi que le déplacement des voies de chemin de fer de la Compagnie d’Orléans. Une autre solution, envisagée ensuite, encore fort coûteuse puisqu’elle se chiffrerait par une centaine de millions, consiste à faire porter l’élargissement sur la rive droite. Peut-être s’y résoudra-t-on plus tard ?
- Dans ces conditions, le mieux était de répartir les travaux en divers points de la traversée de Paris par le fleuve, en supprimant certains obstacles et en amélio-
- LES GRANDS TRAVAUX DE PARIS
- Nous devons constater, ici, que le génie français a subi une défaillance en matière de barrages.Alors que, jusqu’en 1890, les vannes françaises s’étaient imposées partout, on leur préfère actuellement les vannes étrangères, en particulier les vannes anglaises Stoney, beaucoup plus modernes, il faut bien en convenir.
- La lignée de .nos grands inventeurs paraissait éteinte et nous nous accommodions, sans effort inverse apparent, des progrès réalisés ailleurs que chez nous. Il ne s’agissait, heureusement, que d’une éclipse.
- Si, en effet, les barrages de Chatou et de Suresnes consacrent une fois de plus le succès des vannes Stoney, une réaction s’est pourtant opérée, puisque le service de la navigation fait actuellement un retour heureux à
- rant la forme des rives. La démolition de l’écluse et du barrage de la Monnaie, la construction d’un mussoir à la pointe aval de la Cité, le dragage du bras Marie, la reconstruction du pont de la Tournelle, le rescindement des banquettes de quelques quais en amont de la Cité ont été exécutés comme palliatifs. Le pont de l’Hôtel-de-Ville sera également reconstruit ainsi que les ponts des Saints-Pères et de l’Alma. Quant au pont de la Concorde, son élargissement a été uniquement coih-mandé par les besoins de la circulation terrestre.
- Entre Asnières et Paris, d’importants travaux sont également
- en voie d’exécution dans le bras de Levallois-Perret et aux environs du pont de Neuilly et de l’île de Puteaux.
- Enfin il n’a pas été reconnu actuellement possible de dériver la Marne par un canal à creuser entre Annet et Epinay-sur-Seine ; l’aménagement du souterrain de Saint-Maur lui servira d’exutoire pour abaisser les grandes crues, à l’entrée du souterrain, de 0 m 90. On sait que ce canal réunit les deux branches de la boucle de la Marne à Saint-Maur, pour éviter à la navigation d’en suivre tout le parcours.
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- Fig. 7. •— Le fonctionnement d'un modèle du nouveau type de hausse des barrages de Varennes et de Vives-Eaux.
- I. La hausse repose sur le seuil par sa culasse. Elle s’appuie en outre sur deux butoirs incorporés au radier.
- II. Manoeuvre de relevage.
- III. Hausse relevée au cran supérieur.
- IV. La glissière. Vue prise pendant le relevage. Au cours de l’abatage, l’extrémité de l’arc-boutant descend dans le conduit d’échappement en forme de gouttière, visible au premier plan.
- l’ancienne hausse française.
- Arrêtons-nous quelque peu à ces nouveaüx barrages, ne serait-ce que pour marquer la transition entre les anciens types de vannes et ceux qui viennent d’être imaginés.
- Le barrage de Chatou constitue un important ouvrage d’art dans lequel la maçonnerie est représentée par deux piles en rivière de 20 m de longueur dans le sens du courant sur 4 m 50 de largeur, deux culées de rive de 17 m de longueur et trois radiers d<^ 18 m de longueur. Les piles et les culées ont été fondées à l’air comprimé tandis que la construction des radiers a eu lieu à l’abri de batardeaux constitués par des palplanches métalliques de 10 m de hauteur. La largeur des pertuis fermés par les vannes est de 30 m 50. Cette portée est la plus grande qui ait été réalisée jusqu’ici par les vannes Stoney (fig. 2, 3, 4, 5, 6).
- Les piles et les culées supportent deux ponts en béton armé, l’un à l’aval, l’autre à l’amont du barrage. Le premier est réservé aux manœuvres des vannes. Un portique mû électriquement pourra circuler sur les deux ponts; il est destiné d’abord à la mise en place des vannes et ensuite à permettre leur enlèvement en cas d’avarie.
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- Fig. 8. — Le barrage de Varennes, vu d’aval.
- A l’extrémité gauche, on aperçoit une partie conservée du vieux barrage, munie de hausses de l’ancien type.
- Si une telle éventualité se produit, une vanne de secours, garée en temps normal sous une quatrième travée qui prolonge le pont d’environ 35 m sur la terre ferme, sera saisie par le portique et transportée en amont de la vanne à réparer. Le portique reprendra ensuite cette dernière pour l’amener à la place de la vanne de secours où se feront les réparations.
- Voici maintenant en quoi consistent les vannes Stoney.
- Chaque passe est fermée par deux vannes, l’une supérieure, l’autre inférieure, s’appuyant de part et d’autre sur des chemins de roulement en acier moulé encastrés dans des logements verticaux ménagés dans les piles. Elles se terminent à chaque extrémité par un train de galets engagé dans le chemin de roulement : on évite ainsi les frottements à la descente et à la remontée.
- La vanne inférieure repose normalement sur un seuil en fonte encastré dans le radier ; l’autre reste suspendue au-dessus mais de telle sorte que sa flasque amont fasse suite à la flasque aval de la première. Les deux « bouchures », comme on dit, ou encore les « bordés » sont donc placées sur un même plan vertical. La vanne supérieure permet de régler la hauteur d’eau à l’amont par sa manœuvre verticale effectuée à l’aide de treuils électriques. Quant à la vanne inférieure dont les déplacements sont beaucoup moins fréquents, elle est commandée par des vérins hydrauliques (fig. 5).
- Les vannes sont constituées l’une et l’autre par une poutre horizontale en treillis; le bordé de la vanne inférieure est représenté par une tôle de 8 mm d’épaisseur en haut et de 14 mm en bas cela en raison des différences de pression de l’e,au; celui de la vanne supérieure a 12 mm d’épaisseur.
- Ce sont, on le voit, de très solides poutres métalliques qui pèsent, d’ailleurs, l’une 150 tonnes et l’autre 100 tonnes. Quant à la vanne de
- secours, construite comme les précédentes, elle pèse 140 tonnes. Ajoutons qu’il a été prévu pour l’aval une deuxième vanne de secours qui permettrait, avec la première, de mettre le radier complètement à sec pour y effectuer des réparations.
- Enfin, une passerelle mobile par travée peut être descendue à 0 m 80 au-dessus de la flottaison normale. On y accède par un couloir ménagé dans les culées et les piles, couloir qui peut également servir de liaison entre les passerelles des trois travées. De là il sera possible d’accéder à certaines parties de l’ouvrage et de retirer les corps flottants entraînés par le courant.
- Une autre application des vannes Stoney est égale-
- Fig. 9. — Vue latérale du barrage de Varennes.
- Au premier plan l’écran qui serait utilisé en cas de réparation. En cartouche : le mécanicien dans sa nacelle.
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- Fig. 10. — Le barrage de Vives-Eaux.
- Vue du chantier prise pendant le montagë des hausses. Remarquer les trois positions différentes des hausses.
- ment faite au barrage de Suresnes, qui commande le bief de Paris. Mais l’ouvrage est moins important que le précédent.
- A cet endroit, la Seine est partagée en trois bras par deux îles contiguës en tête desquelles le barrage est construit. Des trois passes, deux, de 62 m 50, sont simplement surélevées; l’autre, de 73 m 38, accolée à l’écluse, est réservée à la navigation.
- Comme les deux passes non navigables étaient simplement des déversoirs avec radiers en saillie, des barrages fixes, par conséquent, elles créaient un obstacle à l’écoulement des eaux de crue. C’est pourquoi il a été décidé de remplacer l’un de ces radiers par des appareils de manœuvre. Quant à la passe navigable, sa modernisation s’imposait également, puisque, lors de la crue de 1910,
- Fig. 11. — Le barrage de Vives-Eaux.
- Les hausses vues d’amont avant la remise en eau du chantier.
- il fut impossible d’abattre toutes les hausses à cause de la lenteur des manœuvres.
- Le nouveau barrage comportera donc deux passes de 30 m 50 d’ouverture chacune qui seront fermées par des vannes doubles Stonev de 7 m de hauteur reposant sur un radier foncé à 3 m 30 au-dessous du niveau de celui qu’il remplace.
- Un pont de service réunira les deux culées et la pile unique : il portera un chemin de roulement sur lequel circulera un pont roulant double qui permettra d’effectuer toutes les manœuvres, y compris le déplacement des deux éléments de vannes de secours. Quant à la passe navigable, elle sera fermée par des hausses de 7 m de hauteur, du nouveau système de la Haute-Seine, dont nous parlerons plus loin.
- A cet endroit les travaux de réfection comportent également le calibrage du fleuve dans le bief de Suresnes; ils intéresseront la passe de la rive droite du barrage ainsi que la passe navigable.
- LES OUVRAGES DE LA HAUTE SEINE
- La Haute Seine comprend — en navigation-------toute
- la partie du fleuve située en amont de Paris jusqu’à Montereau, sur une étendue de 98 kilomètres. Elle fut canalisée entre 1865 et 1870 avec un mouillage de 1 m 60 porté ensuite à 3 m 20 jusque Corbeil et à 2 m de Corbeil à Montereau.
- Douze barrages avaient été jugés nécessaires, à l’époque, pour racheter les 20 m 40 de différence de niveau qui existe entre les barrages de Suresnes et de Varennes.
- Comme la pente est très faible, 0 m 20 par kilomètre, la retenue de Suresnes peut se faire sentir jusque Port-à-l’Anglais qui est le premier barrage en Haute Seine en amont de Paris.
- Chacun de ces douze ouvrages est, en général, à deux passes : l’une, navigable, accolée à l’écluse, est fermée par des hausses Chanoine en bois; l’autre, constituant un simple déversoir, est équipée d’après le vieux système Poirée à fermettes et à aiguilles. On a décidé la reconstruction de quelques-uns de ces barrages avec un équipement moderne pour assurer le service de la navigation avec sept barrages seulement tout en obtenant un meilleur écoulement des eaux des crues.
- Il a paru intéressant, au service de la navigation,- de reprendre l’ancienne formule des barrages à hausses. Nos lecteurs ont pu remarquer que les barrages avec vannes Stoney sont des ouvrages extrêmement coûteux qui ne résolvent pas le problème de la liberté des cours d’eau puisqu’ils imposent la présence d’énormes piles très rapprochées, dans les rivières.
- Avec les anciennes hausses, ces inconvénients n’existent pas; mais le système était
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- handicapé par la lenteur, les difficultés et même le danger des manœuvres exigeant le concours de 8, 10, quelquefois 12 hommes montés sur des embarcations. Il importait donc de trouver un procédé de manœuvre de hausses rapide, beaucoup plus souple que le précédent et surtout capable de débarrasser le lit de la rivière d’ouvrages de maçonnerie surélevés. Les ingénieurs de la Haute Seine ont trouvé une solution élégante qui a déjà reçu deux applications : l’une au barrage de Varennes et l’autre à celui de Vives-Eaux (fig. 7).
- La hausse, qui conserve sa forme primitive, a cependant reçu une légère modification qui réside dans l’allongement de sa partie inférieure pour qu’elle puisse se reposer en permanence sur le seuil, lequel a été arrondi. Quand la hausse est relevée, l’arc-boutant est arrêté à l’origine d’une crémaillère en acier munie d’une dent placée sur le côté de la glissière habituelle.
- Pour abattre la hausse, il suffit de la relever légèrement par la tête : et le talon de l’arc-boutant abandonne l’origine de la crémaillère et s’engage dans la glissière ; la hausse, poussée par l’eau d’amont, s’incline sur le radier où elle est reçue par deux massifs de béton légèrement surélevés.
- Pour la relever, on exerce une traction continue sur la chaîne de tête qui lui est attachée en permanence ; le talon de l’arc-boutant s’engage alors sur la dent et bloque la hausse.
- Le barrage de Varennes comporte 46 hausses construites comme nous venons de l’expliquer, par conséquent indépendantes les unes des autres et ayant 3 m 55 de hauteur et 1 m 25 de largeur (fig. 8).
- Cet ensemble est surmonté d’une passerelle métallique de 64 m 60 de portée et de 3 m 60 de large sous laquelle peut se déplacer une cabine mobile contenant un groupe électrogène à essence et deux moteurs électriques. L’un de ces moteurs assure la translation de la cabine; l’autre actionne le treuil de relevage des hausses; sous la cabine, une poutre oblique se termine par une nacelle d’acier de laquelle un aide mécanicien peut saisir les chaînes des hausses pour les engager sur le treuil de relevage.
- Ainsi qu’on le voit sur l’une de nos photographies ces chaînes sont reliées deux à deux par une chaînette qui permet de saisir aisément la chaîne de la hausse à relever après le relèvement de la précédente (fig. 9).
- Le chariot pèse 8 tonnes et le treuil peut exercer un effort de traction de 3 tonnes, suffisant dans tous les cas pour relever une hausse.
- On voit que le progrès réalisé est énorme puisque deux hommes seulement peuvent relever très rapidement toutes les hausses d’un barrage.
- Ce système, déjà fort intéressant, a encore subi une nouvelle modification appliquée pour la première fois au barrage de Vives-Eaux situé à 6 kilomètres en aval de Melun.
- Les hausses sont construites comme les précédentes, mais la crémaillère est à trois dents au lieu d’une dent unique et la chaîne de rele-
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- Fig. 12. — Le barrage de Vives-Eaux.
- Vu d’aval, on aperçoit le mécanisme de relevage des hausses. Quelques hausses sont relevées au cran supérieur.
- vage a pu être évitée par une nouvelle combinaison mécanique. Il en est résulté la suppression de la cabine inférieure de l’aide mécanicien, de sorte que le relevage de toutes les hausses est désormais confié au seul mécanicien de la cabine. De plus, des tôles souples encadrant latéralement les hausses assurent à l’ensemble du barrage une étanchéité complète (fig. 12 et 13).
- Fig. 13. — Vue latérale du barrage de Vives-Eaux.
- Le chariot de manœuvre traverse la pile en rivière.
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- Voici en quoi consiste le nouveau dispositif de manœuvre.
- Le chariot, qui se déplace toujours sous une passerelle, porte un bras métallique fait de deux leviers articulés. L’extrémité du levier inférieur est pourvue de deux griffes qui à la commande viennent s’engager sous la tête arrondie de la hausse et un câble, actionné par le treuil, relié d’autre part au levier porte-griffes, relève la hausse directement sans aucune aide extérieure. La manœuvre inverse descend la hausse sur le radier.
- De la cabine, le mécanicien agit simplement sur deux leviers; des repères lui indiquent l’emplacement de chacun de ses arrêts en face de toutes les hausses. De telle sorte qu’il lui serait possible, si le besoin en était, de relever ou d’abaisser une ou plusieurs hausses séparément en un point quelconque du barrage et de donner à chacune d’elles une inclinaison différente qui dépend de l’appui de l’arc-boutant sur l’une ou l’autre des trois dents de la crémaillère.
- Quant aux réparations, elles peuvent s’effectuer sans recourir à la mise à sec d’une partie quelconque du lit de la rivière; on descend de simples écrans s’appuyant sur les deux voisines de la hausse endommagée et un sca-
- —— ............ AU PÔLE EN
- En 1919, M. Simon Lake, le constructeur américain bien connu de sous-marins, avait conçu le projet d’un sous-
- phandrier dévisse les deux boulons de base. On l’enlève alors sans difficultés avec le treuil.
- L’emploi de ces hausses permet d’ailleurs d’éviter de nombreux accidents, car sous le choc des corps flottants un peu volumineux, les hausses s’inclinent vers l’aval, en pivotant autour de l’essieu supérieur du chevalet, laissent passer l’obstacle et se relèvent aussitôt. L’expérience a même montré qu’un bateau descendant, chargé, pouvait passer au-dessus de ce barrage sans provoquer de dégâts.
- Les résultats obtenus à Vives-Eaux ont été si encourageants que l’on a décidé d’équiper ainsi d’autres barrages en Seine. L’économie sur tous les autres systèmes est considérable, puisque l’on évite la construction de piles en rivière.
- A tous ces travaux il convient encore d’ajouter la réfection et la construction d’un certain nombre d’écluses, autres ouvrages d’art fort coûteux,4 mais parfaitement irremplaçables. On peut dire que de Montereau à Rouen la Seine constitue un immense chantier dont il n’est pas encore possible de prévoir la fermeture.
- Lucien Fournier.
- SOUS-MARIN -
- marin destiné à l’exploration des régions polaires (Voir La Nature n° 2736, 11 oct. 1919).
- Fig. 1. — Le « Naulilus » et les paiins qui lui permettront de glisser contre les parois de glaces sous-marines.
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- Fig. 3. — La perforatrice en acier. (A gauche Sir Hubert Wilkins, à droite M. Simon Lake). (Phot. Keystone.)
- les banquises. Il devait aussi être en mesure de regagner la surface malgré le manteau de glace qui la protège; et à cet effet, M. Simon Lake avait imaginé de munir le sous-marin d’un brise-glace placé dans un tube que l’on pourrait faire sortir, en cas de besoin, hors du bâtiment.
- Il avait prévu pour ce sous-marin un tonnage de 500 tonnes, une vitesse en surface de 12 nœuds, un rayon
- Fig. 5. — Essai à Philadelphie, d'un équipement de scaphandrier destiné au « Naulilus ».
- (Le futur commandant du sous-marin, le capitaine Hoan Danenhover, va revêtir le casque de l’appareil. (Phot. Keystone.)
- Fig. 2. — Vue en coupe du tube périscopique au sommet duquel fonctionnera la perforatrice.
- Ce bâtiment devait pouvoir naviguer jusqu’à 90 m de profondeur, et passer ainsi sous l’obstacle que constituent
- Fig. 4. — Comment les explorateurs sortiront du sous-marin, à travers le tube périscopique, après perforation d’un puits dans la glace.
- (D’après Popular Science Monthly.)
- *
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- d’action de 6000 milles en surface, et de 200 milles en plongée.
- M. Simon Lake n’a pu exécuter lui-même ce projet qui avait fait l’objet d’une étude approfondie. Mais l’idée en a été reprise par l’explorateur anglais sir Hubert Wilkins, célèbre par ses explorations aériennes au Pôle Sud.
- Sir Hubert Wilkins a fait équiper aux Etats-Unis à Camden avec la collaboration de M. Simon Lake un sous-marin qui comporte toutes les dispositions que celui-ci avait autrefois préconisées.
- La coque du sous-marin est munie à sa partie supérieure de grands patins qui lui permettront de glisser contre les parois immergées des murailles de glaces à franchir.
- La navire est muni, comme l’avait prévu M. Lake, d’une perforatrice placée dans un tube périscopique : c’est une scie rotative commandée par un moteur électrique; elle taillera dans la glace une cheminée par où les explorateurs pourront gagner la surface et déboucher à l’air libre.
- Parmi les autres particularités de l’équipement du Naulilus, nom donné par sir Hubert Wilkins à son bâtiment en hommage à Jules Verne, signalons une chambre de compression permettant à d’équipage de sortir du navire immergé, à l’aide de scaphandres qui seront alimentés par un mélange d’air et d’hélium. L’équipage sera d’une douzaine de personnes.
- L’objectif de sir Hubert est de pratiquer l’exploration
- aùssi complète que possible d’une route entre le Spitzberg et la mer de Behring.
- Les considérations qui ont déterminé l’audacieux explorateur à recourir au sous-marin sont les suivantes :
- Il n’y a pas dans la mer Arctique d’icebergs de grande taille. On n’y a jamais vu, en été, de grandes masses d’icebergs ininterrompues. Sauf au voisinage des côtes, où les glaces peuvent descendre jusqu’à J0 m en dessous du niveau de la mer, l’épaisseur de la glace n’est pas en général supérieure à 10 m en été. La glace arctique étant fortement brisée en été, le navigateur anglais estime que le quart du trajet pourra s’effectuer en eaux libres, et qu’en tout endroit le sous-marin pourra remonter en surface tous les 10 milles.
- Sir Hubert Wilkins s’est tracé pour son exploration polaire un programme très complet d’investigation scientifique : observations météorologiques générales, études de la haute atmosphère au moyen de ballons-sondes ; mesures de la pesanteur dans le sous-marin à l’aide d’appareils de Meinetz, sondages au moyen d’appareils soniques et mécaniques, études océanographiques, mesures du magnétisme terrestre, étude de la distribution des glaces, etc. Le navire sera, bien entendu, muni de la T. S. F.
- On voit <pxc l’expédition polaire de sir Hubert Wilkins est une entreprise mûrement réfléchie, et qui, mettant en œuvre des moyens intéressants et nouveaux, doit nous apporter une moisson scientifique de premier ordre, en quantité et qualité. R. Vituers.
- = LES IONS ELECTROLYTIQUES ^
- D’APRÈS LES THÉORIES RÉCENTES (SuUe 2863 * 2854;.
- FORCES ÉLECTROMOTRICES DES PILES
- L’explication donnée par Nernst et ses continuateurs, de la force électromotrice des piles est basée sur les propriétés osmotiques des solutions électrolytiques. Nernst suppose que la dissolution du zinc au pôle négatif d’une pile est due à une certaine pression de dissolution du zinc. Le zinc métallique passe en solution à l’état d’ions Zn+H~; on peut supposer que le métal est dissocié en ions Zn++" et en électrons, les ions ayant tendance à passer dans la solution ; dès que le circuit extérieur de la pile est fermé, les électrons se précipitent dans le fil extérieur et les ions passent dans la solution. Ce dernier passage est d’autre part assimilé à une véritable détente du gaz Zn++- qui passe de la pression P qu’il a dans l’électrode à la pression osmotique p des ions Zn++ dans la solution. La thermodynamique donne une formule pour calculer le travail qu’on peut récupérer dans cette détente; on écrit qu’il est égal à l’énergie électrique recueillie en volts X coulombs et on obtient, pour la
- 0,058 /P'
- température de 20°, la formule e = —— log (
- qui donne en voll.s la f. e. m. au contact du zinc et d’une solution d’un de ses sels; n est la valence du métal
- P
- (ici 2), le logarithme du rapport - est pris dans le système vulgaire.
- Cette formule a joué un grand rôle dans la théorie des piles; elle est encore à la base des déterminations de la concentration des ions hydrogène. On peut montrer sur un exemple simple qu’elle ne peut pas s’appliquer aux solutions, même étendues, des électrolytes forts et qu’il est nécessaire encore siir ce point de modifier l’ancienne théorie.
- Imaginons une pile dont le liquide est une solution de HCl; le pôle positif est une lame d’argent recouverte de chlorure d’argent (AgCl), le pôle négatif est une électrode d’hydrogène. On sait qu’on appelle ainsi une lame recouverte de noir de platine saturé d’hydrogène gazeux; une telle lame se comporte comme une lame massive
- -4-
- d’hydrogène qui peut envoyer en solution des ions, H* On a l’habitude de représenter une telle pile par le symbole :
- ~Pt(IP) ] HCl | AgCl | Ag+
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- Quand la pile fonctionne, le courant passe à l’extérieur
- dans le sens -<—, à l’intérieur dans le sens -4-. Les ions H vont dans le sens du courant; ils réduisent AgCl en donnant 1IC1 et Ag; on peut dire qu’au pôle -f-, le chlore
- passe en solution à l’état d’ion Cl; les ions Cl vont au C contraire en sens inverse du courant ; ils attaquent l’hydrogène de l’électrode en donnant HCl; l’hydrogène a
- passe donc à l’état d’ion H. On peut dire que 1’electrode est une électrode d’hydrogène, l’électrode -|- «ne électrode de chlore. La formule de Nernst s’applique des deux côtés et la f. e. m. totale E est la somme de celles des 2 électrodes, donc égale à :
- E = 0,058 log (5\ + 0,058 log (-A
- \ P111 V VJ a
- (ici n = 1 pour H et Cl).
- Les pressions P sont inconnues pour H et Cl, mais constantes à 20°; les pressions osmotiques sont proportionnelles, d’après la théorie des ions, à la concentration
- des ions H et Cl. Ces deux concentrations sont d’autre part égales et chacune d’elles est égale à la concentration C de HCl, multipliée par le degré de dissociation a. On peut donc écrire E = E0 — 0,058 log (C" a2) ou (10) E = E0 — 0,116 log(Ca),
- d’après la propriété du log d’un carré.
- On a mesuré la f. e. m. de la pile ci-dessus pour des concentrations de HCl allant de valeurs très faibles à la concentration maximum; les mesures sont très précises, elles donnent pour E une série de valeurs qu on peut mettre dans un tableau en face des valeurs correspondantes de C. Dans la formule (10), E0 n est pas connue; mais on peut la déterminer graphiquement. Pour cela on forme à l’aide des valeurs de E et C, les quantités y=E + 0,116 log C et on construit le graphique des quantités yen fonction de C; c’est une courbe qui part du voisinage de l’axe des y (fig. 1). On peut, sans grande erreur, prolonger cette courbe jusqu’à l’axe des y
- et mesurer la longueur (JA ; d’après la formule, on doit avoir :
- y = E0 — 0,116 log a
- Or, dans toutes les théories, a = 1 quand C = 0,
- Fig. 2.
- log a = 0; il en résulte que OA n’est autre que E0 qui est ainsi connu dans la formule; on l’y remplace par sa valeur et la formule permet alors de calculer a pour chaque couple de valeurs de E et de C. Ce sont les résultats
- de ce calcul que donne le tableau ci-dessous ; C est évaluée en molécules par litre.
- C 0,001 0,01 0,1 0,4 1,0
- a 0,966 0,910 0,801 0,760 0,817
- 2 5 7 9 10 16
- 1,03 2,51 4,66 8,32 10,65 43,2
- On trouve bien, au début, des valeurs de a inférieures à
- Fig. 1.
- 1, ce qui indiquerait une dissociation incomplète; mais a est minimum pour C = 0,4 et il augmente ensuite, atteignant bientôt 1 et le dépassant considérablement. Pour la concentration de 16 molécules par litre, tout se passe comme si une molécule HCl donnait en se disso-
- ciant 43 ions H. C’est évidemment absurde ; on pourrait dire que l’assimilation de la solution à un gaz n’est plus exacte à ces concentrations; mais elle n’est pas exacte non plus aux concentrations faibles. Il suffit de comparer les valeurs de a à celles déduites plus haut de la formule
- pour voir que la différence est considérable. Que
- conclure de cela et qu’y a-t-il de faux dans la formule de Nernst ? On est tombé d’accord que ce n’est pas la thermodynamique qui a tort; ce sont les hypothèses de la théorie osmotique ; la quantité a ne peut plus désigner un degré de dissociation; on l’appelle coefficient d'activité de l’électrolyte ; le produit Ca est l’activité de l’électrolyte. On a réussi à montrer, par des calculs malheureusement trop compliqués pour être même résumés ici, que ce coefficient est calculable quand on admet la dissociation totale et les forces électriques entre ions. Le calcul redonné quantitativement la diminution de a en solution étendue ; des hypothèses supplémentaires ont même permis de retrouver le minimum et l’augmentation en solution concentrée. Le résultat le plus curieux de ce paragraphe est que HCl qui, d’après l’ancienne théorie n’est pas dissocié en solutions concentrées, se comporte au contraire comme très actif pour la production des forces électromotrices. On trouve des résultats absolument analogues pour tous les autres électrolytes forts et on peut même montrer que la diminution initiale de l’activité a lieu si, conservant la concentration de HCl
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- = 396 ................. ~........... ., =
- constante, on ajoute clans la solution un autre électrolyte, comme le sulfate de magnésium par exemple. Nous utiliserons plus loin cette remarque.
- SOLUBILITÉ DES SELS
- La dissolution d’un solide dans un liquide, bien que très familière à tous, est restée un phénomène assez mystérieux; pourquoi certains solides comme le sucre sont-ils très solubles dans l’eau, alors que d’autres comme les résines le sont très peu? Notre théorie des ions ne fournit pas de réponse générale à cette question, mais elle rend compte des variations qu’éprouve la solubilité sous certaines influences. A une température donnée, on sait qu’un solide se dissout jusqu’à ce que la solution soit saturée ; même en présence d’un excès du solide, la concentration du corps dissous ne dépasse pas une certaine valeur. A partir de ce moment, on pourrait penser qu’il ne se passe plus rien entre le solide et le liquide ; on admet au contraire que cet équilibre apparent est dû à un effet statistique ; des molécules du solide passent constamment vers la solution et une quantité égale de molécules dissoutes viennent pendant le même temps se fixer sur le solide. Si celui-ci est un sel donnant une solution ionisée, cet échange incessant a lieu individuellement pour les ions.
- Sous sa forme ancienne, la théorie des ions prévoyait certaines propriétés des sels peu solubles, comme le chlorure d’argent AgCl. Celui-ci envoie en solution des molé-
- +- —•
- i cules AgCl qui se dissocient en ions Ag et Cl, la loi d’action de masses déjà invoquée ci-dessus exige que le
- produit des concentrations de Ag et Cl divisé par la concentration de AgCl non dissocié donne un quotient Constant. Or, AgCl non dissocié est en présence de AgCl solide en excès ; on admettait alors que la saturation concernait AgCl non dissocié, c’est-à-dire que la concentration de celui-ci était constante à une température donnée, même en présence d’autres substances que
- •4* ——
- AgCl. T e produit des concentrations de Ag et Cl (produit de solubilité) devait être constant, en présence de AgCl solide, quelle qixe fût la composition de la solution.
- Or, à celle-ci on peut ajouter des ions Cl en dissolvant par exemple du chlorure de potassium; on devait cons-
- iater que la quantité d’ions Ag diminuait, ce qui revenait à une diminution de la solubilité de AgCl. On exprimait cela en disant : l’addition d’un siel homoionique diminue la solubilité de AgCl. L’expérience vérifie bien le fait qualitativement ; mais pas quantitativement ; on connaît même des cas où la solubilité augmente. De plus la théorie ne prévoyait rien pour l’addition d’un sel hétéroionique, n’ayant aucun ion commun avec AgCl. Or, on connaît des cas où la solubilité augmente par addition d’un sel hétéroionique, comme le montrent les quelques chiffres ci-dessous relatifs à la solubilité du chlorure thalleux
- (T1C1) en présence de nitrate de potassium NO'K (mol. par litre) (NOsK).
- 0 0,02 0,05 0,10, 0,30, T1C1 (solubilité) 1,00
- 0,0161 0,0172 0,0183 0,0196 0,0231 0,0301
- Dans tous les cas analogues, l’ancienne théorie admet-
- tait qu’il y avait réaction chimique, formation de substances complexes.
- Dans la théorie nouvelle, il n’y a plus de partie non dissociée; le fondement de la constance du produit de solubilité disparaît. Mais la thermodynamique montre que l’activité du sel dissous, cette quantité qui remplace la concentration, doit rester constante en présence du sel en excès. Or, cette activité est essentiellement variable avec la composition de la solution; c’est le produit de la concentration du sel dissous par le coefficient d’activité qui, nous l’avons montré, diminue quand on ajoute des sels étrangers ; la concentration du sel dissous doit donc augmenter pour que le produit reste constant. On a trouvé des corps peu solubles, généralement des complexes dont la solubilité augmente ainsi considérablement dans une solution saline; par exemple le cobaltocyanure de cobaltamine [Co (CN)6] [Co (NH3)fi| est environ 300 fois plus soluble dans le sulfate de magnésium à 1/2 molécule par litre que dans l’eau, ce qui est tout à fait incompréhensible avec l’ancienne théorie. Si on se représente l’équilibre statistique dont nous parlons ci-dessus, on conçoit que les forces électriques entre ions puissent faciliter le passage des ions du solide vers la solution; un ion donné sera en quelque sorte attiré par les charges de signe contraire de son atmosphère ionique. L’effet des forces électriques est donc opposé à l’elîet de l’augmentation de concentration qui tend vers l’expulsion du solide de la solution.
- Le raisonnement qui précède s’applique sans difficulté pour l’addition d’un sel hétéroionique; quand on ajoute un sel qui a un ion commun avec AgCl par exemple, on fait varier, outre l’activité, la concentration de l’ion commun; on peut montrer alors que la solubilité doit d’abord diminuer, puis atteindre un minimum et augmenter ensuite. De tels cas sont connus; l’inversion de solubilité se produit quand les forces électriques entre le solide et le liquide sont assez intenses. Tous les effets d’augmentation de solubilité sont d’autant plus forts que la valence des ions est plus grande; dans le cas du complexe formulé plus haut, les ions portent 3 charges et le sel ajouté en solution (SO1 Mg) possède aussi des ions portant chacun 2 charges, d’où une force G fois plus
- grande qu’entre deux ions tels que Na et CL
- CALCUL DE LA CONDUCTIBILITÉ D’UNE SOLUTION ÉLECTROLYTIQUE
- Alors que, dans l’explication des propriétés précédentes, la notion d’atmosphère ionique avait suffi, il faut, pour expliquer la conductibilité et sa variation avec la concen tration, une notion nouvelle, celle du « temps de relaxa tion ». La formation de l’atmosphère ionique n’est pas instantanée, sa disparition non plus. Si on suppose par exemple qu’à un certain moment on supprime l’ion central, les autres ions qui formaient l’atmosphère doivent se réarranger de façon à redonner une densité électrique nulle dans tout élément de volume; le calcul permet de se rendre compte du temps nécessaire pour ce réarrangement; on trouve que ce temps est proportionne]
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- à la fraction où R est le rayon de l’atmosphère
- ionique, T la température absolue et p le coeflïcient de frottement des ions sur l’eau ('). La valeur de ce temps
- 1
- est de l’ordre de grandeur de -— seconde; il est inver-
- sement proportionnel à la force ionique de la solution; on peut dire que, l’ion central enlevé, l’atmosphère ionique disparaît en un temps de l’ordre de 1 milliardième de'seconde. En l’absence d’une force électrique extérieure, l’ion central n’est soumis qu’au mouvement brownien et l’atmosphère doit avoir une symétrie sphérique autour de l’ion. Dans un champ électrique extérieur, l’ion est de plus entraîné dans une direction fixe et on peut dire qu’il doit à chaque instant bâtir une nouvelle atmosphère, en même temps qu’en arrière de l’ion l’atmosphère s’évanouit. Autrement dit, en avant d’un ion -fi, la densité négative n’a pas encore atteint sa valeur définitive; c’est comme s’il y avait dans ces régions un excès de charge -fi- ; en arrière au contraire, l’atmosphère persiste trop longtemps, il reste un excès de charges —. La dissymétrie ainsi créée par le mouvement de l’ion est représentée sur la ligüre 2, où F est la force électrique; les charges -fi- et — agissent en même temps pour freiner l’ion -fi. Le calcul montre que ce freinage est proportionnel à la racine carrée de la force ionique. La théorie prévoit d’ailleurs une deuxième cause de freinage; c’est l’effet dit d’électrophorèse. L’électrophorèse ou osmose électrique est un phénomène très anciennement connu; on place dans les deux vases d’une pile Daniell la même solution électrolytique, primitivement au même niveau dans les deux; on fait passer un courant dans la solution ; suivant le sens de ce courant, le niveau monte ou descend dans le vase poreux; il y a transport en bloc du liquide dans un sens ou dans l’autre, à travers les capillaires du vase poreux. Pour expliquer ce transport, on considère un de ces capillaires ; il y a une différence de potentiel entre la solution et la paroi; une couche double d’électricité se forme à cet endroit et, quand on établit un champ électrique, la partie de la couche double qui est dans le liquide est entraînée, le liquide avec elle. Dans le voisinage de notre ion central, la présence de l’atmosphère ionique détermine un déplacement d’ensemble du dissolvant dans le sens opposé à celui de l’ion central; la vitesse de l’eau par rapport à cet ion étant augmentée, le coefficient de frottement augmente. Le calcul montre que ce nouvel effet de freinage est lui aussi proportionnel à la racine carrée de la force ionique. L’effet total se traduit donc par une diminution de la mobilité de l’ion, diminution proportionnelle à \/F. On arrive ainsi à une formule du genre L L0 — a \/F, où a est calculable quand ou connaît la température, la constante diélectrique du solvant, la valence des ions du sel. La formule ci-dessus est précisément celle que Kohlrausch avait proposée pour représenter empiriquement la conductibilité. Les expériences s’accordent assez bien avec cette formule.
- 1. Le produit <le ro coefficient par la vitesse donne la force de frottement qui s’oppose au mouvement de l’ion.
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- La théorie permet donc d’expliquer pourquoi la conductibilité diminue quand la concentration augmente, bien que le nombre des ions reste constant. Elle a permis en outre de découvrir deux nouveaux effets que la théorie ancienne est tout à fait incapable de prévoir.
- Effet de fréquence. — On mesure généralement la résistance d’une solution électrolytique par la méthode du pont de Wheatstone, mais en alimentant le pont avec du courant alternatif. Dans un champ électrique alternatif, un ion oscille avec la fréquence du courant; si c’est un ion -fi, quand il va de gauche à droite, la dissymétrie envisagée ci-dessus se crée avec le sens de la figure 2 ; quand il va en sens inverse, la dissymétrie se renverse. Or, il faut, pour créer cette dissymétrie, un temps fi qui est du même ordre de grandeur que le temps t de relaxation envisagé ci-dessus. Si la fréquence du courant de mesure augmente assez, la demi-période dure un temps qui est de l’ordre de fi ; si la fréquence augmente encore, la demi-période du courant devient insuffisante pour la création de la dissymétrie. A très haute fréquence, il ne doit plus y avoir de dissymétrie du tout; la théorie montre que l’effet doit devenir sensible quand la fréquence est de l’ordre de 1 million. Les expériences ont été faites sous des fréquences qui ont atteint jusqu’à 3 X 108 (1 mètre de longueur d’onde); la conductibilité augmente fortement quand la fréquence augmente puisque l’un des effets de freinage de l’atmosphère est supprimé. L’augmentation de conductibilité va jusqu’à 33 pour 100 de la conductibilité à faible fréquence pour des sels à ions polyvalents comme le ferro-cyanure de baryum (Fe Gy'1 Ba2).
- Effet de champ. — Dans un champ de 1 volt par cm, pour tous les ions dans l’eau, la vitesse de translation est de l’ordre de 1 /1000 cm à la seconde. Supposons qu’on puisse placer les ions dans un champ de 100 000 volts par cm, la vitesse devient alors 1 m à la seconde. Pendant le temps l nécessaire à la formation de l’atmosphère ionique, l’ion parcourt dans ces conditions environ
- 1
- 100 000 Cm’ a^01S ffue rayon de l’atmosphère ionique
- est environ 100 fois plus petit que ce parcours. L’ion va donc beaucoup trop vite pour qu’il puisse bâtir son atmosphère; il en résulte que, dans les grands champs, les deux effets de l’atmosphère ionique doivent disparaître à la fois et que la conductibilité doit se rapprocher pour les grands champs de la valeur L0 en solution diluée. La théorie montre que l’effet doit se faire sentir pour un champ d’autant plus faible que la valence des ions sera plus élevée. Les expériences sont assez difficiles; on ne peut songer à appliquer une différence de potentiel élevée constante à l’électrolyte, à cause du grand courant et de la grande chaleur dégagée qui amènerait à elle seule une variation de conductibilité. On a opéré avec des champs élevés appliqués pendant un temps très faible
- iüiToïïu 4 iooiTôûü,,e s‘‘coudc) 1,1 a comiKU'é ral
- exemple les effets produits sur I\Cl et Fe GyfiBa?; pour ce dernier, à la concentrai,ion de 1/100 molécule par litre, l’augmentation de L peut atteindre 50 pour 100.
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- Aux erreurs près, la conductibilité maximum atteinte est L0. La, théorie est donc pleinement vérifiée.
- Cette théorie a'été appliquée à d’autres propriétés que celles que nous avons passées en revue ; notre article est déjà suffisamment long pour qu’on nous croie dorénavant sur parole si nous disons que, dans ces nouvelles applications, les résultats confirment la nécessité de tenir compte des forces électriques entre" ions. Naturellement
- aussi, l’accord n’est pas toujours complet entre la théorie et l’expérience, et il est bien qu’il en soit ainsi; c’est pour expliquer les nouvelles anomalies que les perfectionnements s’introduisent dans les théories, comme vient de nous le montrer l’histoire, peut-être un peu longue qui précède.
- E. Daumois, Professeur à la Sorbonne.
- LE NOUVEL INSTITUT DE BIOLOGIE = PHYSICO-CHIMIQUE DE PARIS
- En bordure dé la rue Pierre-Curie, au voisinage de l’Institut du radium, de l’Institut de chimie appliquée et autres foyers .‘scientifiques de • création récente, se dresse depuis peu la massive silhouette de l’Institut de b iologie physico-chimique, dû aux libéralités du baron Edmond de Rothschild et au don, par l’Université de Paris, du terrain sur lequel s’élève le nouvel établissement. Construit d’après lès plans de l’architecte Germain Debré, cet édifice d’un style sobre et utilitaire comporte deux pavillons à quatre étages, abritant de nombreux laboratoires pourvus d’un outillage des plus perfectionnés.
- Dans ces salles claires, aérées et confortables qui contrastent singulièrement avec les « tanières » obscures dans lesquelles néanmqins les Claude Bernard et les Pasteur surent faire tant d’immortelles découvertes, leurs successeurs se proposent* à leur tour, de se pencher sur les mystères de la vie. Puissent quelques-uns d’entre eux, plus heureux que leurs illustres devanciers, ne pas disparaître avant d’avoir « réalisé leur rêve » ! En tout cas, M. Edmond de Rothschild, leur fournit de puissants moyens pour marcher sur les traces de Claude Bernard, dont il fut l’ami et dont il jugea utile de continuer l’œuvre. Le généreux Mécène pense, en effet, qu’il faut reprendre les travaux biologiques, quelque peu délaissés pour les études microbiennes, mais en s’inspirant des conceptions scientifiques acquises, qui montrent nettement que la vie est sinon engendrée, du moins conditionnée par des réactions physico-chimiques.
- Selon les intentions du donateur, le nouvel Institut, aux destinées duquel préside l’habile jdiysicien Jean Perrin, s’orientera dans cette voie féconde. Autour de ce
- savant, qui dirige na turellement le rayo n de sa spécialité, se groupent quatre chefs de service : le physiologiste André Mayer, le chimiste Urbain, membre d e l’Académie des Sciences et le biologiste Pierre Girard qui assume, en outre, les fonctions d’administrateur. Ces excellents maîtres forment une commission permanente, chargée de la coordination constante des recherches qu’ils effectueront avec l’aide de collaboratrices et de collaborateurs d’élite, possédant pour la plupart des diplômes de licence ou de doctorat.
- Au cours de notre rapide visite, nous avons remarqué d’abord la salle d’opérations pour les grands animaux toujours anesthésiés avant l’expérimentation. Rien, à première vue, ne distingue le matériel de cette.pièce de ses analogues des hôpitaux dans lesquelles les chirurgiens travaillent à soulager les misères humaines. On y voit des tables thèrmostatiques, des étuves destinées à stériliser les instruments ou les bocaux dont se serviront les savants biologistes dans leurs expériences sur nos « frères inférieurs ». Quoique de dimensions plus réduites, la salle opératoire du service de cytologie n’est pas moins bien outillée que la précédente. Voici, par exemple, comment on injecte une solution saline à un lapin. Le savant et ses deux aides prennent les mêmes précautions aseptiques pour introduire le trocart dans une veine de
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- Fig. 2 à 7 (De gauche à droite et de haut en bas.)
- Fig. 2. — Injection d'une solution saline à un lapin au moyen du trocart. — Fig. 3. — Un des laboratoires du service de chimie. (La chimiste effectue une mesure d’absorption de l’oxygène par des solutions de glucides. — Fig. 4. — Étude de cataphorèse. Éleclrolyse dans les suspensions colloïdales. (La physicienne fait une mesure à l’électromètre capillaire.)— Fig. 5. — Mesure des potentiels d’oxydo-réduclion. (Derrière l’opérateur, on aperçoit les diverses étuves employées dans ce laboratoire.) -— Fig. 6. — Générateur d’ondes électromagnétiques de 100 à 200 m de longueur, pour l’étude de la diathermie et des constànies diélectriques. (L’opérateur met en évidence les oscillations du champ de haute fret quence par la luminescence d’un tube sans électrodes contenant un gaz raréfié.) — Fig..7.— Petite serré servant à cultiver les Philodendrons,
- ies Pothos, les Poivriers et autres plantes dés régions tropicales.
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- maître Jeannot que s’il s’agissait de pratiquer une appendicite ou toute autre intervention chirurgicale sur un être humain. L’expérimentateur revêt une blouse blanche ainsi que ses collaboratrices et se couvre le visage d’un masque laissant seulement ses yeux à découvert. Il évite de la sorte les projections microbiennes.
- Dans les laboratoires de cytologie expérimentale, on s’occupera surtout de cultiver les tissus en dehors de l’organisme animal. Cette méthode, perfectionnée par Carrel voici quelque vingt ans, permet de suivre la vie des cellules in vitro. On peut aborder, de la sorte, dans des conditions simples, de très intéressants problèmes, entre autres le conditionnement des transformations cellulaires, les propriétés spécifiques des différentes races cellulaires, la régénération ou les limites de la taille et de la croissance. Ainsi, au moyen d’une machine à disséquer, on prélève un minuscule fragment sur le cœur d’un très jeune poulet, pris dans l’œuf d’une des couveuses perfectionnées de l’Institut de biologie avant l’éclosion de ce poussin. On place ensuite ledit fragment (dont un seul millimètre carré renferme des millions de cellules) sur une lame de verre au milieu de quelques gouttes d’un bouillon spécial et on constate qu’il peut vivre plusieurs mois, à condition d’être repiqué, tous les deux jours, sur une autre lamelle avec une goutte de bouillon neuf. En observant au microscope ce cœur embryonnaire sous un fort grossissement, on le voit très nettement se contracter, puis se dilater tour à tour.
- Les études cytologiques que poursuivront, selon cette méthode, les savants du nouvel Institut de biologie, apporteront sans doute de très utiles contributions à nos connaissances sur l’étiologie du cancer, car on sait que les affections cancéreuses se traduisent par, une intense prolification cellulaire. Ce procédé d’expérimentation présente, en outre, un intérêt général, tout être organisé se composant d’un conglomérat d’innombrables cellules possédant chacune une existence propre que des lois physico-chimiques paraissent régir.
- D’autre part, comme de nombreux phénomènes osmotiques interviennent dans le fonctionnement de notre organisme, plusieurs laboratoires de l’Institut de biologie se chargeront d’étudier les colloïdes d’une façon spéciale tandis que d’autres s’attacheront à déceler les influences respectives des agents chimiques, des manifestations électriques et des diverses radiations. Ces savants spécialistes se sont déjà mis à la besogne. Ainsi, le jour de notre visite, une gracieuse chimiste observait Y absorption de Voxygène par des solutions de glucides tandis qu’une de ses collègues physiciennes faisait une étude de cataphorèse ou électrolyse qui s’opère dans les suspensions colloïdales. Les granules nageant au milieu de l’eau ou des autres liquides de grand pouvoir inducteur spécifique portent d’ordinaire une charge négative, mais parfois aussi de signe contraire. Dans le premier cas, le passage du courant à travers le magma colloïdal entraîne les granules vers l’électrode positive ou cathode et dans le second vers l’anode. Dans ces phénomènes, les granules se. comportent comme des ions; toutefois, vu leurs dimensions beaucoup plus fortes que celles des ions élec-
- trolytiques ordinaires et leur nombre plus minime, la résistance électrique de ces liquides devient très élevée. De son côté, la quantité d’électricité nécessaire pour produire un poids donné de dépôt est très faible et on doit la mesurer avec un électromètre capillaire d’une extraordinaire sensibilité.
- Dans un autre pavillon de la nouvelle fondation, les physiologistes mesureront des potentiels d’oxydo-réduction pour mieux connaître le déterminisme des êtres vivants. Le service de physique s’occupera, entre autres sujets intéressants, des courants électriques à haute fréquence envisagés au point de vue biologique. On a donc installé, dans deux laboratoires, un ensemble de 6 oscillateurs couvrant la gamme des longueurs d’onde depuis 3 m jusqu’à 300 m et divers dispositifs potentiométriques complètent l’appareillage de contrôle. Grâce à cette remarquable instrumentation, on mesure avec une très grande précision les forces électromotrices et les pouvoirs inducteurs spécifiques des matières protéiques. Comme on le sait effectivement, l’organisme animal ou végétal contient, suivant les cas, 60 à 75 pour 100 de son poids d’eau et seule une faible partie de celle-ci se trouve à l’état liquide dans la circulation et dans les diverses sécrétions; le reste forme les complexes hydrophiles colloïdaux constituant le protoplasma. Sans entrer dans des détails théoriques ou techniques hors de saison, on peut admettre maintenant que le pouvoir inducteur spécifique en fonction de la longueur d’onde suffit à déterminer, même in vivo, la part d’eau engagée dans un tissu.
- De son côté, le générateur d’ondes électromagnétiques de 100 à 200 m sert à observer les phénomènes de diathermie sur l’organisme animal ou végétal. On met en évidence les oscillations du champ de haute fréquence par la luminescence que présente un tube sans électrodes contenant un gaz très raréfié. Les diverses espèces de protoplasma réagissent différemment pour une fréquence donnée. Des ondes de 6 m, par exemple, produisent sur le corps humain une excitation nerveuse que suit, deux heures plus tard, une dépression très notable, alors que la haute fréquence de longueurs d’onde comprises entre 100 et 200 m ne réagit sur un organisme identique que par une augmentation de la température et par une accélération marquée des battements du cœur. Quant à Yoscillateur entretenu par deux triodes d’émission et alimenté par une tension de 3500 v, il rayonne très puissamment. Le champ de haute fréquence produit atteint plus d’un kilowatt et, grâce à l’énergie rayonnée, l’assistant allume encore un tube sans électrodes Qu’il tient en main, à une distance de 1 m du citcuit oscillant. !
- Dans d’autres laboratoires de physique, on étudiera l’action des rayons X, des diverses radiations aux effets biologiques encore peu connus et un énorme héliostat, en cours d’installation à l’étage supérieur, rendra aisée la concentration des rayons solaires. Enfin dans une petite serre voisine, on cultivera des Philodendrons, des Pothos, des Poivriers et autres plantes des régions tropicales,
- Jacques Boyer.
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- L’EFFET ANTIOXYGÈNE
- ET L’EXTINCTION DES INCENDIES
- Fig. 1.
- Action du tétrachlorure de carbone.
- Certaines substances jouent, vis-à-vis des oxydations, un rôle de catalyseur négatif. Présentes en proportion iniime parmi les corps qui se trouvent dans les conditions voulues pour s’unir à l’oxygène, elles empêchent cette combinaison. Le mécanisme de l’elîet antioxygène a été étudié en détail par le regretté chimiste Moureu et son élève Du-fraisse.
- Celui-ci, en collaboration avec M. K. Horclois, vient de présenter à l’Académie des Sciences une application des plus intéressantes de l’effet antioxygène. 11 s’agit, en effet, de l’employer à la lutte contre l’incendie. Celle-ci jusqu’ici se pratique à peu près exclusivement en noyant le foyer avec une substance qui doit empêcher ou diminuer l’accès de l’air. Les substances anti-incendiaires de ce genre ne seront efficaces qu’employées en grandes masses. Combien plus séduisant serait l’emploi de substances dont de faibles quantités suffiraient pour paralyser les combustions ?
- Les travaux de MM. Dufraisse et Horclois ne sont jusqu’ici que des recherches de laboratoire. Ils n en
- ouvrent pas moins Fig. 3. de très intéressan-
- Aclion du gaz carbonique. tes perspectives.
- Aussi croyons-nous intéressant de reproduire leur note du 2 mars 1931 à l’Académie des Sciences.
- « Les expériences qui font l’objet de la présente Note ont porté sur l’ignition d’un combustible fixe, le charbon de bois ; d’autres sont en cours sur les flammes.
- a. Un petit fourneau cylindi’ique, vertical, étanche,
- Fig. 2. — Action du tétrachlorure de carbone en présence d’air suroxygéné,
- est muni en bas d’une tuyère et latéralement d’une fenêtre longitudinale étroite, fermée par du mica transparent. On le charge de braise de boulanger allumée, et l’on assure l’embrasement de la masse par injection d’air à une vitesse réglée. Dès que l’incandescence est devenue uniforme, on substitue à l’air insufflé le gaz ou le mélange gazeux soumis à l’étude. Les
- répercussions sur le régime de la combustion sont appréciées par l’un des procédés pyrooétriques usuels (pile thermo-électrique).
- Pour la mesure des concentrations actives minima, ou seuils d’activité, on remplace l’observation pyrométrique par l’observation visuelle, beaucoup plus sensible (disparition de la flamme d’oxyde de carbone).
- Chaque série d’essais comporte, à titre de comparaison, une extinction par étouffement proprement dit : on l’obtient en arrêtant brusquement l’adduction d’air-., en même temps qu’on obture la gueule du fourneau.
- b. Nous avons expérimenté d’abord les extincteurs commerciaux, afin de rechercher si, en dehors de leur action massive
- bien connue, ces Fig. 4-
- corps n’auraient Action de l’oxychlorure de phosphore.
- pas également sur le feu une action d’ordre catalytique.
- Sans préjuger de ce qui peut avoir lieu réellement dans la pratique des extinctions, nous croyons être en mesure d’affirmer que l’un des a n t i i n c e n d iaires les plus appréciés, le tétrachlorure de carbone, CCP, est un catalyseur négatif de l’ignition.
- L’air qui en est
- JC
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- chargé par barbotage détermine la même extinction que l’étouffement (lig. 1). En d’autres termes, il est équivalent pour un brasier d’être complètement privé d’air ou bien d’être alimenté avec de l’air chargé de vapeurs de tétrachlorure.
- Or, dans les conditions de nos expériences, les vapeurs de ce corps n’atteignent que la concentration de 5 pour 100 environ; par suite la concentration de l’oxygène ne se trouve abaissée que de 21 à 20 pour 100. Un appauvrissement en oxygène aussi peu marqué ne saurait évidemment expliquer l’extinction du charbon : d’ailleurs, vérification laite, la diminution à 20 pour 100 de la teneur en oxygène, quand le seul diluant est l’azote, n’atténue qu’à peine l’incandescence.
- On s’est assuré, d’autre part, que l’on ne rétablissait pas une combustion normale en ajoutant au mélange air-vapeurs un appoint d’oxygène, jusqu’à atteindre et même dépasser largement la teneur de l’air atmosphérique. Ainsi, un air chargé de vapeurs chlorocarboniques et enrichi en oxygène jusqu’au titre de 31 pour 100 possède encore un pouvoir extincteur notable (fig. 2), tandis qu’à la même concentration, si le diluant est l’azote pur, l’oxygène non seulement consume énergiquement le charbon, mais commence même à brûler le fer du four.
- Enfin le seuil d’activité a été trouvé au 1 /10e de la saturation, soit à une teneur en volume de 1 / 100e environ. Le pouvoir extincteur du tétrachlorure de carbone se manifeste donc à des doses très faibles, et, dès lors, il ne paraît guère admissible de le rapporter à une action physique massive,
- et, en particulier, à une raréfaction de l’oxygène par dilution. Les conclusions sont plus douteuses en ce qui concerne l’anhydride carbonique, CO!, autre extincteur préconisé (fig. 3).
- De nombreux autres corps ont été essayés. Certains se comportent plu# ou moins comme le tétrachlorure de carbone ; ce sont les suivants : chloroforme, chlorure d’éthylène, éthylène dichloré, éthylène trichloré, bromure d’éthyle, chloroformiate d’éthyle, chlorure de soufre, chlorure de thionyle, chlorure de sulfuryle, trichlorure de phosphore, tribromure de phosphore, chlorure d’arsenic, chlorure de silicium, chlorure de titane, chlorure d’étain, chlorure de bore, diéthylamine, anhydride sulfureux, etc. D’autres n’ont que des actions très faibles; nous ne les mentionnerons pas.
- Par contre nous signalerons la haute activité de l’oxychlorure de phosphore, POC13. Malgré la faible tension de vapeur de ce corps, l’air qui en est chargé éteint le charbon (fig. 4). Or, la teneur en vapeurs nocives pour le feu n’est plus ici que de 1 pour 100 en volume ; de plus, le seuil se trouve au 120e de la saturation, soit à environ l/2000e en volume. Des effets aussi marqués, obtenus avec aussi peu de matière, nous semblent être la preuve irrécusable d’une action catalytique.
- En résumé, tout comme les oxydations à basse température, l’ignition peut être entravée par des catalyseurs négatifs. Il n’y a donc aucune impossibilité théorique à la réalisation de procédés d’extinction basés sur la catalyse antioxygène. Dufraisse et Horclois.
- = LE PREMIER PHONOGRAPHE A FILM
- LE SÉLÉNOPHONE
- L’ENREGISTREMENT DES SONS SUR DISQUES ET SUR FILMS
- Il existe aujourd’hui en pratique deux catégories de procédés pour l’enregistrement phonographique. Le plus ancien est réalisé sur des disques en matière plastique; mais au moyen de dispositifs mécaniques ou électromécaniques que nous avons déjà décrits; le deuxième est adopté plus spécialement poûr la cinématographie sonore, c’est le système d’enregistrement photographique des sons sur une bande sensible, sous forme d’images d’opacité variable et de surface constante, ou sous,forme d’images de surface variable et d’opacité constante.
- Nous avons déjà indiqué dans La Nature quelles sont les qualités respectives, économiques et techniques, de ces deux catégories de dispositifs, du moins en ce qui concerne les appareils de cinématographie sonore; et, malgré la faible vitesse relative de déroulement de la bande photophonique des films sonores 'qui n’atteint guère que 27 mètres environ par minute, on sait que les résultats obtenus et l’étendue de la gamme des fréquences acoustiques reproduites sont déjà excellents.
- L’idée d’utiliser uniquement dans un but phonographique les bandes photophoniques de la cinématographie
- Fig.J. — Disposition schématique d’appareils reproducteurs de sons.
- a) Traduction phonique par films sonores.
- b) Reproduction électrique par disques de phonographe.
- Source lumineuse dïntensitè constante
- Cellule
- photoélectrique
- Préamplificateur alimenté par batteries ou courant u/m/ma redressé
- Dispositif
- optique
- Bande •
- phonographique
- Amplificateur de puissance
- Haut-
- parleur
- Pick-up électromagnétique
- Disque
- enrégistré
- Amplificateur de puissance
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- sonore semble toute naturelle, et nous pouvons même remarquer avec surprise que le phonographe à disques a été employé pratiquement bien avant l’avènement réel de la cinématographie sonore, alors que le phonographe à film est employé en cinématographie sonore depuis plusieurs années, et qu’on n’utilise pas encore pratiquement les bandes photophoniques dans un but uniquement acoustique.
- Pourtant, les avantages du phonographe à film sur le phonographe à disques sont évidents en théorie et un phonographe à film permettrait, en tous cas, d’obtenir une audition d’une durée presque aussi grande que l’on voudrait, tandis que les enregistrements seraient exécutés sur des bandes souples enroulées sur des bobines facilement transportables, s’usant moins rapidement que les disques, 11e nécessitant pas de changement d’aiguille, et supprimant le bruit de grattement de celle-ci.
- LES DIFFICULTÉS DE RÉALISATION DU PHONOGRAPHE A FILM
- La première difficulté qui s’oppose jusqu’à présent à la réalisation pratique d’un phonographe à film, c’est le
- Fig. 3.
- Aspect de la bande photophonique du « Sêlénophone ».
- On voit les quatre bandes phonographiques dentelées séparées.
- prix de revient relativement élevé d’une bande photophonique sur celluloïd ou acétate de cellulose. Sans doute, le coût de la « photographie des sons » est déjà, en général, plus élevé que celui d’un enregistrement acoustique sur disque, mais surtout les films-épreuves positifs sont reproduits d’après le film négatif à l’aide de procédés photographiques très délicats, qui ne peuvent être employés que par des spécialistes, et qui ne permettent de réaliser ces épreuves qu’en nombre relativement limité et assez peu rapidement.
- D’autre part, la longueur d’une bande photophonique normale serait assez grande, si l’on voulait obtenir une assez longue audition, puisque nous venons d’indiquer que 30 mètres de bande correspondent, environ, à une minute d’audition.
- Ce qui est plus grave encore, c’est que la reproduction des sons enregistrés sur une bande photophonique est difficile à obtenir par des procédés simples. Nous savons, en effet, qu’on emploie en général une lampe à intensité lumineuse constante envoyant un faisceau de rayons très fin sur la bande photophonique; à l’aide d’un dispositif optique ce faisceau est « modulé » par les différences d’opacité ou de surface de la bande et vient frapper une cellule photoélectrique. Cette cellule photoélectrique est reliée à un premier amplificateur, dit préamplificateur, qui est connecté enfin à l’amplificateur de puissance habituel, agissant sur des haut-parleurs ((fig. la).
- La cellule photoélectrique est un organe assez coûteux
- Bande
- Source lumineuse phonognaphique
- alimentée en courant
- alternatif
- 9^
- Système optique ou même simplement mécanique
- Amplificateur de puissance faut alimenté entièrement par parfet le courant alternatif
- Fig. 2.
- Comment un phonographe à film phonique pourrait être simplifié.
- et délicat, et le dispositif de préamplification, qui est absolument nécessaire, doit être alimenté, en général, par des batteries d’accumulateurs ou de piles, de façon à obtenir un fonctionnement absolument régulier. La reproduction des sons enregistrés sur disques est beaucoup plus simple au contraire, puisque le pick-up, qui est un organe extrêmement robuste, est relié directement à un amplificateur de puissance (fig. là).
- Dans ces conditions, pour qu’un phonographe à film pût donner des résultats pratiques, il faudrait :
- 1° Adopter comme support de bande photophonique une matière moins coûteuse que le celluloïd ou l’acétate de cellulose.
- 2° Imaginer un procédé de reproduction des films-épreuves à partir de la première bande négative beaucoup plus rapide, moins délicat, et plus « automatique ».
- 3° La cellule ou le dispositif quelconque de traduction lumière-sons utilisé devrait permettre d’obtenir un courant plus intense, de façon à pouvoir supprimer l’emploi
- Fig. 4. — Les deux modèles de Sêlénophone.
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- = 404 ............—— .- ;r;-:;r==r'=
- du préamplificateur de modulation, et, si ce dispositif de traduction était, en même temps, presque aussi robuste qu’un pick-up, on voit que le phonographe à film ainsi réalisé ne serait guère plus complexe qu’un phonographe électrique d’un modèle bien connu aujourd’hui (flg. 2).
- LE SÉLÉNOPHONE
- Deux techniciens autrichiens, Thirring et Richtera, constructeurs spécialistes d’appareils de cinématographie sonore, viennent de réaliser un appareil qu’ils ont baptisé du nom de Sélénophone, et qui semble constituer la première tentative vraiment pratique de construction d’un phonographe à film.
- Cet appareil fonctionne à l’aide de bandes de papier enroulées sur des bobines analogues à celles des appareils cinématographiques. Trois cents mètres de bande, grâce à des artifices ingénieux, représentent une audition de 70 minutes. Ces ingénieurs ont, d’ailleurs, réalisé deux types de phonographes : le premier est un appareil professionnel qui joeut même être associé à un projecteur cinématographique quelconque, le deuxième est plus spécialement destiné aux amateurs.
- Le système d’enregistrement photophonographique utilisé est le procédé bien connu à surface variable et opacité constante. Chaque dent de scie de l’image représente un cycle de l’onde sonore. La proximité plus ou moins grande des dents dé scie entre elles varie avec la fréquence des sons enregistrés, et l’intensité des sons est déterminée par la longueur de la dentelure.
- Les courants microphoniques actionnent un galvanomètre à corde et le fil vibrant d’un dixième de millimètre de diamètre et de 20 millimètres de long a une fréquence propre de Tordre de 15 000 périodes par seconde seulement. Il est placé dans uii champ magnétique intense avec un intervalle polaire d’environ 6/10 de millimètre. Un système de lentilles permet de projeter l’image d’une fente très fine et très lumineuse sur le film sensible, et cette image se déplace suivant les impulsions microphoniques qui sont transmises au galvanomètre.
- Dans le système pour amateur, la bande positive a 12 millimètres de large, et elle porte, en réalité, quatre enregistrements photophoniques séparés, qui sont reproduits l’un après l’autre sans interruption d’une maniere automatique (fig. 3). Chaque bande a 300 mètres de long, ce qui représente donc en réalité 1200 mètres d’enregistrement et correspond, avec une vitesse relativement rapide de déroulement, à environ 35 minutes d’audition. On peut, d’ailleurs, songer également à imprimer des enregistrements photophoniques sur le revers de la bande, ce qui double la durée d’audition obtenue avec un même rouleau.
- Ces bandes en papier, fabriquées avec une matière spéciale ne sont pas sensibilisées, mais l’enregistrement phonographique est imprimé sur leur surface d’après le procédé « offset » qui consiste à exécuter un « cliché » de l’original sur une plaque métallique, et à le reporter par encrage sur un bloc de caoutchouc qui vient ensuite imprimer le papier. Ce procédé permet évidemment de reproduire rapidement et à peu de frais un très grand nombre d’épreuves.
- 11 était pourtant difficile de faire traverser cette bande de papier, peu transparente et pouvant renfermer des impuretés, par le faisceau de lumière qui vient ensuite frapper la cellule reproductrice, d’autant plus qu’il aurait été ainsi impossible d’imprimer des images sur le revers de la bande. Les inventeurs ont donc songé à utiliser non pas la lumière traversant la bande, mais un faisceau de lumière réfléchi par elle.
- D’après les inventeurs, le prix d’une bande do papier ainsi constituée, et permettant une audition de 70 minutes (si elle est imprimée des deux côtés), ne dépasserait pas celui d’un disque ordinaire de phonographe.
- Cependant, il était nécessaire d’employer, comme nous l’avons vu plus haut, une cellule plus sensible que les cellules photoélectriques ordinaires utilisées dans les appareils de cinématographie sonore. Les constructeurs ont eu recours â une cellule au sélénium d’un type spécial. Cette cellule ne donnerait, paraît-il, pas de bruit de fond trop intense, et elle fonctionnerait sous l’action d’un faisceau de lumière agissant sur une surface réduite. Quant à son inertie,'qui empêche, en général, la reproduction des fréquences élevées, elle serait atténuée au moyen de montages spéciaux dans l’amplificateur de puissance.
- Là, sans doute, réside encore la difficulté de fonctionnement du système. Une telle cellule permet peut-être d’obtenir des résultats suffisants, mais il semble difficile, étant donné les caractéristiques photoélectriques du sélénium, qu’il permette vraiment, du moins dans ce cas particulier, d’obtenir des résultats très satisfaisants et constants. Les détails de réalisation de ce phonographe à film que nous venons d’indiquer sont donc déjà fort intéressants, mais il semble qu’ils seraient encore mieux mis en valeur, si Ton pouvait leur adjoindre une cellule photoélectrique sensible d’un autre type que la cellule au sélénium. Des recherches récentes sur les cellules photovoltaïques et les cellules à contact imparfait, que nous aurons sans doute l’occasion d’étudier prochainement, sont peut-être mieux de nature à permettre la solution vraiment intéressante du problème du phonographe à film.
- Il y a déjà fort longtemps que de nombreux techniciens ont cherché à réaliser des phonographes permettant d’obtenir une longue audition, soit en utilisant des disques de grand diamètre à sillons resserrés, soit plutôt des bandes souples de grande longueur en matières diverses.
- L’enregistrement était réalisé par des procédés uniquement mécaniques, électro-mécaniques ou magnétiques, mais, jusqu’à présent, des résultats vraiment pratiques ne semblent pas avoir pu être réalisés. L’avenir du phonographe à film phonique semble à la fois plus certain et plus vaste.
- L’audition intégrale et facile d’opéras, de symphonies, dé discours, de pièces de théâtre quelconques deviendrait alors aisée. Le journal parlé, et le livre parlé, qu’avaient déjà rêvés les prophètes du phonographe, pourraient aussi devenir réalités et nous aurons même peut-être à ce moment des journaux ou des livres que nous pourrons à volonté lire ou entendre grâce à l’impression phonique !
- P. Hêmardinquer.
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- UNE AUTOMOBILE POUR LA ROUTE
- ET LE RAIL
- Le London Midland and Scottish RaiUvay vient de procéder aux essais d’une originale automobile, la « Ro-Railer » pouvant rouler indifféremment sur terre ou sur rails. Cette invention a pour but de résoudre le problème des transports à bon marché, en profitant à la fois des avantages de la voie ferrée et de ceux des véhicules routiers, qui évitent les transbordements. La nouvelle voiture passe de l’un à l’autre des systèmes de traction en n’importe quel point du parcours et n’exige aucun équipement spécial. La manœuvre s’effectue en 5 minutes. Il faut toutefois qu’à l’endroit du changement, le niveau du
- maxima de 120 chevaux, comporte une série d’engrenages supplémentaires, permettant d’accroître la vitesse pour les longs parcours sur rails. On entre dans le véhicule par deux portes latérales se faisant vis-à-vis et dont des marchepieds facilitent l’accès. Pour permettre d’opérer le changement de traction, des roues ordinaires de wagons sont montées sur des coussinets, près de roues à bandages pneumatiques qui, adaptées à un prolongement des essieux communs, roulent à l’extérieur des précédentes. Lorsque la Ro-Railer marche sur route, les roues caoutchoutées se trouvent fixées concentriquement aux roues à
- Fig. 1 et 2. — A gauche : La « Ro-Railer » équipée pour la marche sur roule.
- A droite : La môme voilure transformée en automolrice pour le transport de 26 personnes par voie ferrée.
- terrain, sur quelques mètres, soit à peu près à la hauteur du sommet des rails.
- La première Ro-Railer construite (fig. 1) est un car fermé pour 26 voyageurs, mais les mêmes dispositifs peuvent s’appliquer en principe, soit à des voitures d’un gabarit supérieur, soit à des camions de marchandises jusqu’à une capacité de 10 tonnes, soit à des plates-formes de chemins de fer. L’ingénieur J. Shearman qui a dessiné les plans du nouvel autobus a eu surtout en vue son utilisation pour desservir les petites villes et les villages qui se trouvent à quelque distance de certaines gares du « London Midland and Scottish Railway ». De cette façon, les voyageurs peuvent être pris et déposés à proximité de leur résidence et sans que la compagnie ait besoin d’installer de coûteuses stations. Ces voitures rendraient, en particulier, de précieux services pour l’accroissement dé trafic du « week-end » et de la saison d’été, car on pourrait les attacher à des trains et les en détacher aux endroits désirés.
- Sur route, la Ro-Railer se différencie très peu d’une automobile ordinaire. Son moteur, qui développe une puissance
- rails qui, ayant un diamètre plus petit, ne portent pas alors sur le sol. Quand, au contraire, on veut passer de la route à la voie ferrée (fig. 2), on amène le car de façon que ses roues métalliques entrent en contact avec les rails. A ce moment, le conducteur relève les roues routières libérées et les fixe au cadre du châssis, au moyen d’une clavette, pendant tout le parcours sur la ligne. Dans les essais effectués sur plusieurs embranchements du « London Midland and Scottish RaiUvay », la Ro-Railer a atteint sans peine la vitesse de 80 kilomètres à l’heure.
- Indépendamment des avantages qu’il présente pour le transport des voyageurs et des marchandises, cet original système pourra servir dans l’exploitation des chemins de fer quand les ingénieurs voudront diriger, en un point cl’un réseau, des hommes ou du matériel pour procéder soit à des réparations, soit à de nouvelles installations ferroviaires. On conduira le véhicule par la route ou par le rail jusqu’à l’endroit le mieux approprié au déchargement des travailleurs, de leurs outils et de leurs matériaux sans gêner le trafic des voies. J. de la Cerisaie.
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- = LES SUPERSTITIONS MÉDICALES
- AUX ENVIRONS DE PARIS
- Les mœurs s’unifient, prétend-on, bientôt le voyageur verra dans toutes les cités du mondé le même spectacle de gens vivant de même façon; tous les peuples, en se mettant à l’unisson du progrès, s’uniformiseront. Sans doute la mode impose sa tyrannie à tous les peuples, même les paysans abandonnent leur costume traditionnel et leurs femmes troquent la coiffe contre le chapeau des citadines.
- Mais il ne faut pas généraliser. En premier lieu, même si la civilisation uniformise les mœurs,- les.'différences qui tiennent au climat persistent. Ainsi,''dans les pays méditerranéens, la vie est toute., extérieure grâce au soleil; dans les pays du Nord, le froid oblige à vivre chez soi.
- De plus, l’homme civilisé n’abandonne pas aussi aisément ses croyances, voire ses superstitions et il les exprime par son comportement, comme disent les philosophes.
- Non, les mœurs de nos paysans ne se sont pas aussi profondément modifiées que certains imaginent. Pour le comprendre, il ne suffit pas de parcourir les routes en automobile; la folie de la vitesse, la préoccupation de l’espace à dévOrer et du but à atteindre empêchent de rien voir.
- Redevenons piétons ; ouvrons nos yeux, sachons voir. Dans ce but, a été fondée, au siècle dernier, par Gabriel de Mortillet,, la Société d’excursions scientifiques. Elle se compose surtout de préhistoriens, de chercheurs de cailloux comme on les dénomme plaisamment, mais il y a aussi des archéologues, des ethnographes et tous s’intéressent à toutes les manifestations de la pensée humaine. Ils ne se contentent pas d’admirer les dolmens, les pierres levées, les grottes, les ateliers de silex préhistorique, ils contemplent les vieilles maisons, les églises, les anciens monuments. Un d’eux, qui a voulu garder l’anonymat, m’a donné une série de photographies prises surtout dans la Beauce, qui prouvent que les vieilles croyances n’ont pas disparu. Ce sont elles que je veux présenter aux lecteurs de La Nature.
- ' '... ; > -.
- Parcourons ensemble, si vous le voulez, l’Eure-et-Loir, Ne nous/contentons pas des grandes villes; visitons les villages, entrons dans leurs églises, souvent modestes, mais parfois ariciennes, artistiques et méritant notre attention. Une particularité vous frappera : les statues de la Sainte Vierge, des saintes, des saints, sont souvent couvertes de rubans. Et si vous questionnez quelque habitant, il répondra que c’est en vue de la guérison d’un malade : le mal dont il souffre est lié au moyen de ce ruban à la statue, désormais celle-ci le garde, l’ancien possesseur en ést délivré. Chaque lieh attache une maladie. Il faut éviter de la délier, ce qui équivaudrait à ouvrir à un malfaiteur la porte de sa prison.
- Voici, dans l’église de Gohory, saint Eutrope qui guérit les enflures; son bras droit et le bec de sa crosse sont couverts de cès liens (fig. 1).
- A Saint-Maurel-sur-Loir, la statue de saint Maur a son piédestal garni de liens semblables : sans doute elle était trop élevée pour que les fidèles pussent l’atteindre (fig. 2).
- A la Meynière, le bâton des trois bonnes Marie est serré de nombreux liens (fig. 3).
- Et à Saint-Evroult, le saint de même nom en compagnie de saint Ambroise et de saint Antoine avec son cochon sont couverts de rubans (fig. 4).
- Dans ces humbles églises de village persistent, ignorés des théologiens, des saints locaux, que le peuple a créés et auxquels, il tient farouchement. Il est même des saints sans nom.
- Ainsi l’église du Poislay a une statue de bois qui représente un savant, car, attentif et l’air sérieux, il lit dans un gros livre; lui aussi est garni de liens et par surcroît son cou et sa cuisse sont piqués d’épingles (fig. 5).
- L’épingle, en effet, est une variante utilisée dans le même but : au lieu de nouer le mal, on le fixe en le piquant.
- Ce ne sont pas seulement les statues des saints que l’on invoque ainsi, on s’adresse de même façon à la croix, symbole du Christ. Voici à Montigny-le-Ganelon la croix à laquelle de nombreux liens tiennent fixées autant de maladies (fig. 6 et 7). Et à Saint-Evroult une grande croix, en dehors de l’église, dans le bois de laquelle on a piqué les maladies avec des épingles (fig. 8).
- La même superstition s’étend aux menhirs, aux pierres levées. A Fleury-Saint-Andelle, modeste chef-lieu de canton de 1500 habitants, existe un menhir, la Pierre de Saint-Martin, qui en certains endroits présente des trous. On passe par ces Trous des liens pour guérir et préserver les enfants'du carreau, noni populaire de la péritonite tuberculeuse (fig. 9).
- Ici se placent deux observations. La .première est que souvent le peuple agit en se guidant d’après une intuition homéopathique. Ainsi saint Roch, qui montre le bubon pesteux à la racine de sa cuisse, est le patron des pestiférés. Sainte Agathe à qui furent arrachés les seins en guérit les maux. Saint Lazare qui subit le supplice du gril guérit les brûlures. .Saint Mamèrt qui présente ses entrailles sorties de son ventre est invoqué pour les maux d’intestin, etc.
- Une homonymie ou même une simple assonance suffit pour faire attribuer à un saint le pouvoir de guérir une maladie : saint Loup est invoqué pour la rage, saint Ouen pour les maux de l’ouïe, saint Aignan pour la teigne, saint Atourin pour les étourdissements, saint Cloud pour les furoncles, saint Etanche pour les hémorragies, saint Acaire pour adoucir lés gens acariâtres, etc.
- En second lieu cette superstition à l’égard des menhirs a ceci de bon qu’elle assure leur conservation ; car autrement les paysans ne se font point faute de les détruire s’ils les gênent pour la culture.
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- Le clergé s’acharna, durant tout le moyen âge, à supprimer ces vestiges du paganisme que les paysans s’obsti-
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- de saints : ainsi le culte qu’on leur rendait devint chrétien, et ils furent, de ce fait, protégés.
- v
- Fig. 1. — Statue de saint Eulrope dans l’église de Gohorg (Eure-et-Loir). Le bras cl la crosse du saint sont garnis de liens. Saint Eulrope guérit les enflures.
- Fig. 2. — Statue de saint Maur à l'église de Saint-Maurel-sur-Loir.
- Fig. 3. — Eglise de la Meunière.
- Le bâton des trois Bonnes Maries est garni de liens.
- Fig. 4. —- Eglise de Saini-Evroult. De gauche à droite saint Ambroise, saint Antoine, saint Evroult.
- Fig. 5. — Eglise de Poislag. Statue garnie de liens, dont le cou et la cuisse sont piqués d’épingles.
- Fig. 6. — Montignij-le-Ganelon. Croix aux liens.
- Fig. 7. — Le pied de la croix de Montigny-le-Ganelon.
- naient à vénérer. Puis il éleva à leur sommet des croix Maintenant il faut expliquer cette superstition du
- et il s’en servit comme piédestaux pour ériger des statues transfert. Elle est très générale, et s’observe chez tous
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- Fig. 8 (à gauche). — La croix aux épingles de Saini-Evroull.
- Fig. 9 (à droite)..— La pierre de saint Mar-tin, à Fleury. On passe des liens dans les trous du menhir
- pour préserver les enfants du carreau.
- les peuples, même sauvages. Elle est basée sur celle
- croyance que la maladie est un être réel, existant par lui-même. On pourra donc s’en débarrasser comme on se délivre d’un animal mauvais en l’enchaînant ; il faudra l'empêcher de revenir à la charge.
- Ainsi le paysan qui a mal aux dents transfère ce mal à un saule en enlevant quelques fibres de bois qu’il enfonce dans sa gencive malade; puis il les remet en place,
- en les recouvrant de l’écorce. Le goutteux prend des rognures d’ongles de ses pieds et des poils de ses jambes, perce un chêne d’un trou profond, y met les rognures et les poils, bouche avec une cheville du même bois, et recouvre avec de la bouse de vache.
- Souvent le malade, sans prendre la peine de percer un trou dans l’arbre, y enfonce un coin, une cheville, cloue la maladie dans le bais.
- Le Mecklernbourgeois, atteint de fièvre, fait à une branche d’un arbre autant de nœuds que sa fièvre a duré de jours.
- Cette croyance fut l’origine du cataplasme, du sinapisme, des ventouses; car ces remèdes enlèvent le mal du corps du malade et s’en emparent. Chez plusieurs peuples, la superstition se précise en une pensée égoïste et mauvaise : pour guérir d’ur.c maladie, il faut la transférer à un autre être. Ce dernier peut être un animal qui deviendra le bouc émissaire. Il peut être un homme qui sera ainsi chargé des maladies qui frappent ses concitoyens et qu’on sacrifiera.
- Le paysan beauceron a spiritualisé cette superstition. Il n’a plus besoin de matérialiser son mal par un objet.
- Fig. 10, 11 et 12.
- La statuette de saint Jean l’Evangéliste, près du porche de l'église d'Auncau. Un paysan el une paysanne touchant la slaluc.lte.
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- 11 lui suffit d’en prononcer le nom ou simplement d’y penser; car le mot est pour lui une réalité comme l’admettaient les anciens et nos ancêtres du moyen âge. Il peut donc ainsi la lier sur le saint qui la retiendra efficacement.
- Ces croyances sont absurdes. Il n’en résulte pas qu’elles soient inefficaces. Chez certaines matures exaltées et mystiques, la suggestion et l’émotion peuvent guérir des maux imaginaires, et même parfois réels.
- Continuons notre excursion. Auneau, bourg de 2000 habitants, connu des historiens par la victoire qu’en 1587 le duc de Guise remporta sur les protestants, possède une statue de saint Jean l’Evangéliste, près du porche de son église (fig. 10). On l’a grillagée pour lui éviter l’usure, car les pèlerins, après avoir fait le tour de l’église, la touchent ou la frottent avec un mouchoir pour lui prendre son pouvoir. Nous avons vu un pèlerin toucher la statue à travers le grillage (fig. 11), puis une Beauceronne, reconnaissable à son bonnet, frotter un linge qu’elle mit ensuite précieusement dans son panier (lig. 12). •- »
- A Saint-Jean-Pierrefixe, la fontaine Saint-Jean est l’objet d’un culte assidu : on y plonge les bébés chétifs afin, dit-on, de « les faire aller ou venir », ce qui veut dire vivre ou mourir (fig. 13).
- Ce ne sont pas en effet, les seuls Spartiates qui se sont débarrassés de leurs enfants chétifs et mal venus, les sauvages font de même. Et nos paysans, pour employer un moyen plus détourné, y réussissent aussi.
- Quelle conclusion tirerons-nous de cette promenade ? D’abord une leçon de modestie. L’homme s’est orgueilleusement décerné l’épithète de sapiens, alors qu’il est surtout imaginatif et absurde. Quelques ethnologues, dont Lévy-Bruhl, croient que le sauvage seul a de ces superstitions ridicules et que l’homme civilisé possède une mentalité toute différente. Une simple promenade aux environs de Paris prouve le contraire. Si l’homme blanc paraît plus sage que son frère sauvage, c’est que
- Fig. 13. — La fontaine Saint-Jean, à Saint-Jean-Pierrefixe. où. l'on plonge les jeunes enfants.
- son imagination est bridée par le milieu de science et de progrès qui l’entoure, et qui constamment redresse les erreurs qu’il se forge.
- Je terminerai par un vœu. Pourquoi les lecteurs de La Nature ne feraient-ils pas comme nos excursionnistes préhistoriens ? Beaucoup d’entre eux ont vu des actes de superstition paysanne, ils ont même pu, sans doute, en fixer parfois les images sur des plaques photographiques. Qu’ils nous les envoient et nous pourrons ainsi ajouter plusieurs chapitres à celui-ci.
- Dr Félix Régnault.
- LA RADIOTELEGRAPHIE DANS LES TRAINS
- Les Chemins de fer de l’Etat qui, avec lè concours de la Société Radio-Fer, ont été les premiers en France à mettre les voyageurs à même d’écouter les émissions radiophoniques, Viennent de réaliser un nouveau progrès : il est maintenant possible de rester, d’un train en marche, en liaison télégraphique avec un poste fixe. Des expériences très encourageantes avaient été faites l’an dernier, mais des . difficultés techniques et administratives s’étaient alors opposées à la mise en exploitation immédiate.
- l es divers problèmes posés ont été heureusement résolus par-M. Toussaint, directeur, technique de la Société Radio-Fer' et les-voyageurs utilisant certains trains der la ligne: de "Paris au Havre peuvent maintenant télégraphier à un instant quelconque.'
- L’émetteur utilisé-est un Mesny à ondes courtes d’une fréquence de 5500 kilocycles pcette fréquence a été choisie
- en raison de la grande régularité de transmission qu’elle permet d’atteindre, de jour comme de nuit,et quelle que soit la distance. Afin d’éviter toute variation inopinée de la fréquence sous l’influence des trépidations du train, on a eu soin de suspendre élastiquement l’émetteur, qui repose d’ailleurs sur du caoutchouc-mousse.
- L’émetteur comporte deux triodes oscillateurs Philips TB 2 250, à filament thorié, dont l’émission électronique est très élevée. Le chauffage du filament exige 3,8 ampères sous 11 volts; la tension anodique est de 2000 volts; la puissance utile est de 250 watts, mais peut, au besoin, être doublée. L’alimentation est assurée par une dynamo spéciale qui débite sous 40 volts sur une batterie Tudor normale de 150 ampères-heure montée en parallèle avec un groupe moteur-générateur pouvant fournir 700 milliampères sous 2500 volts.
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- L’antenne d’émission s’étend sur deux véhicules; elle est supportée par des isolateurs capables de tenir 60 000 v sous la pluie.
- La réception peut se faire au moyen de deux appareils différents; l’un est du type à double changement de fréquence; l’autre est un Philips du modèle le plus récent, qui couvre toute la gamme comprise entre 10 mètres et 2000 mètres. Ce dernier récepteur comporte 4 lampes : une haute fréquence à grille-écran, une détectrice et 2 basse fréquence dont une trigrille de puissance ; toutes ces lampes sont des « Miniwatts » Philips.
- Le collecteur d’ondes consiste en une petite antenne intérieure.
- L’écoute se fait au haut-parleur, ce qui réduit notablement la fatigue de l’opérateur.
- Le fonctionnement du nouveau service radiotélégra-phique est combiné de façon telle que le voyageur n’éprouve aucune difficulté spéciale et que la transmis-
- Fig. 1.
- Schéma des communications avec les trains radio.
- sion du télégramme atteigne la plus grande célérité possible.
- Le voyageur dépose son télégramme au guichet, absolument comme dans un bureau ordinaire et en acquitte le prix. L’opérateur appelle aussitôt le poste de réception des P. T. T. sis à Villejuif et lui transmet le radio qui est ensuite acheminé par la voie téléphonique jusqu’à sa destination définitive, via Central-Radio, à Paris.
- Dans le sens inverse, le télégramme peut être soit déposé à un bureau de télégraphe quelconque, qui le transmet aussitôt au Central-Radio, à Paris, soit téléphoné à ce même bureau; dans un cas comme dans l’autre le télégramme est téléphoné au centre de Villejuif qui commande à distance le poste émetteur de Pontoise.
- Les télégrammes échangés entre le train et le poste terminus bénéficient d’une priorité du fait que la possibilité de réception ou de transmission est limitée dans le temps; l’existence de liaisons directes entre Central-Radio d’une part et tous les bureaux de télégraphe d’autre part permet d’ailleurs des communications rapides.
- La pratique a d’ores et déjà démontré qu’un radio adressé du train à une personne abonnée au téléphone parvient à destination en 10 minutes pour Paris, en 30 à 40 minutes pour la province ; la célérité est aussi grande dans le sens inverse.
- Le nouveau service sera certainement très bien accueilli par les personnes que leurs occupations obligent à rester en communication aussi constante que possible avec leur maison ou avec leur centre d’informations; le prix des télégrammes, 6 fr par mot, étant quelque peu élevé, l’opérateur ne risquera pas d’être débordé par un afflux de dépêches injustifiées.
- La sécurité ni la régularité n’ont guère à y gagner, surtout sur la ligne de Paris au Havre, où des agents régulateurs, reliés par fils directs spéciaux avec toutes les gares et stations et même avec certains postes d’aiguillage particulièrement importants, contrôlent constamment la circulation, et peuvent, à tout instant, appeler leurs correspondants, soit individuellement au moyen de clés de sélection, soit même globalement à l’aide d’une clé d’appel général.
- Il n’en est pas moins vrai que la liaison radiotélégraphique . permettra à un train en difficulté ou dans lequel un incident est survenu, d’alerter plus rapidement encore la prochaine gare d’arrêt en vue d’en obtenir dès l’arrivée une assistance
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- Poste, émetteur de Pontoise
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- Train en marche
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- Centre d’écoute de Villejuif Réception et commande directe à distance du Poste émetteur de Fbntoise
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- Fig. 2. — La nouvelle voilure radiolélégraphique des chemins de fer ' de l'Elai.
- Fig. 3. — Cabine radiolélégraphique du train du Havre.
- quelconque : personnel de remise en état, machine de secours, médecin ou force publique.
- Nous croyons d’ailleurs savoir que certaines compagnies de chemins de fer, qui ne possèdent pas encore de bureaux régulateurs, s’intéressent tout particulièrement à rétablissement de relations radioélectriques réciproques avec les trains en marche.
- André Bourgain.
- LA GROTTE AUX VERS LUISANTS
- Les grottes de stalactites modernes ne se visitent plus à la lueur des bougies ou des flambeaux, pas même à celle du magnésium. A l’égal des constructions faites de
- main d’homme, elles ont maintenant leur éclairage électrique parfaitement aménagé. Ceci s’applique aussi aux magnifiques grottes de Waitomo, Ruakuri et Arnui,
- Fig. 1. — Les fils luisants pendant au plafond de la grotte.
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- situées à proximité d’Auckland et qui comptent parmi les principales merveilles de la nature que possède la Nouvelle-Zélande. C’est donc à la lumière électrique qu’on y admire les concrétions les plus diverses : formes animales, cathédrale, salle de fêle, orgues gigantesques, etc.
- *
- Or l’une de ces grottes occupe, à cet égard, une situation exceptionnelle parmi celles du monde entier : c’est qu’elle n’a besoin d’aucun éclairage artificiel, les insectes qui la peuplent — vers luisants d’un genre particulier — la plongent dans une lumière magique incessante. Le toit tout entier de cette grotte parcouru par un
- recouverts de petites gouttelettes de mucus ; leur longueur est d’environ 60 centimètres. Ces fils sont destinés à prendre les petits insectes (mouches, moustiques, etc.), qui abondent dans les grottes aux fleuves souterrains. Attirés par la lueur du fil, ils sont victimes de leur curiosité : le fil visqueux les prend et en prévient la larve luisante, celle-ci ou bien monte immédiatement sa proie ou la laisse dans sa position peu enviable, collée contre le fil, jusqu’au moment où viendra l’appétit.
- Ces mêmes fils de soie remplissent, du reste, une autre fonction, celle de réagir aux bruits et à d’autres vibrations sonores et de prévenir le ver d’un danger imminent, après quoi l’insecte pourra réduire l’intensité de sa lampe ou l’éteindre totalement.
- Cette lampe, organe lumineux de la larve luisante, est
- Fig. 2. — La grotte de Ruakuri, en Nouvelle-Zélande.
- fleuve souterrain, où les visiteurs font des promenades en bateau, est parsemé de myriades de ces insectes lumineux, jetant leur pale lueur sur les stalactites et les stalagmites.
- L’insecte dont il s’agit et que la science connaît sous le nom de Boletophela luminosa, fait, par son appétit vorace, penser aux araignées. C’est, du reste, à l’état de larve plutôt qu’à l’état adulte, qu’il se charge de l’éclairage de la nuit éternelle des cavernes. Cette larve a la peau si transparente qu’on voit parfaitement, au travers, tous les organes internes de l’insecte. Elle se fabrique une enveloppe de soie, disposée horizontalement au toit de la caverne et saturée d’un liquide visqueux. A l’intérieur de ce cocon temporaire, la larve se déplace d’un mouvement de va-et-vient. A tout cocon de ce genre, sont suspendus plusieurs (bien des fois, de 15 à 20) fils de soie,
- un organe visqueux, transparent, situé au bout postérieur et qui peut prendre les formes les plus diverses. Le mécanisme intime du phénomène luminescent n’a pas, du reste, été élucidé encore.
- Dès que la larve a atteint ses dimensions définitives, ce qui, en général, prend plusieurs mois, elle retire tous ses fils verticaux et, après avoir filé un cocon, se transforme en chrysalide, d’où sortira l’insecte adulte, semblable aux libellules, insecte ailé, mais évitant la lumière et qui, par conséquent, ne se voit que rarement au dehors de la caverne.
- Pondant ses œufs au toit de la grotte, l’insecte assurera la continuité de son espèce et, en même temps, l’éclairage perpétuel de la caverne aux vers luisants.
- C’est une curiosité de plus à ajouter à toutes celles que provoque la lumière froide des animaux lùminescents.
- D1' Alfred Grapenwitz.
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- BIPLACE DE TOURISME “ FARMAN 230
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- Détenteur des records de vitesse sur 100 km (150 km-li), de distance et de durée (1000 1cm en 7 h 34 min 48 sec), pour avions biplaces pesant moins de 280 kg, le monoplan Farman 230 se présente comme l’un de nos meilleurs appareils de tourisme.
- Cet avion est un monoplan à ailes surbaissées, en canli-lever.
- La partie centrale de l’.aile est rectangulaire, elle est venue de construction avec le fuselage. Les parties latérales sont en forme de trapèze, elles sont fixées chacune à la partie centrale par huit ferrures.
- Construite entièrement en bois, l’aile comporte quatre longerons, des éléments de nervures et des barres diagonales, le tout recouvert de contreplaqué d’épaisseur variable ( 3 à 9 mm). .
- Le fuselage est de section rectangulaire, il est formé d’un certain nombre de cadres, de quatre longerons, et d’un recouvrement de contreplaqué. Un carénage arrondit le dos du fuselage.
- Les deux postes de l’équipage sont placés en tandem au-dessus de l’aile. On y accède par deux portes latérales. A
- I arrière, une soute est réservée aux bagages.
- L’empennage horizontal est de forme trapézoïdale, l’empennage vertical ne comporte pas de plan de dérive : il est formé d’un simple gouvernail de direction rectangulaire.
- L’appareil est monté sur un train d’atterrissage sans essieu.
- II est équipé normalement d’un moteur de 40 ch Salmson à 9 cylindres en étoile.
- Les caractéristiques principales du Farman 230 sont les suivantes :
- Envergure. . . .
- Longueur ....
- Surface portante .
- Poids vide. . . .
- Poids total en vol
- Vitesse maximum
- Vitesse minimum.
- 8 m 10 5 m 60 11 m2 273 kg 456 kg 170 km-h 70 km-h
- Renault de 95 ch (F. 231). Sur un appareil de ce type, légèrement modifié, les aviateurs Lallouette et de Permangle se sont attribué le 12 février dernier, le record mondial de
- Le biplace Farman 230.
- distance pour avions légers, en parcourant ;2.920 km (Istres, Villa-Cisneros). L’avion emportait, au départ, 575 litres d’essence et 23 litres d’huile. Il pesait un peu moins de 1100 kg. Il put, cependant, décoller en 350 m environ.
- L’appareil peut être également monté avec un moteur
- F. Gruson.
- ^ LA PLANÈTE ÉROS ET LA DISTANCE DU SOLEIL
- On a beaucoup parlé, depuis quelque temps, de la planète Éros, et de l’importance qu’en ce moment le monde astronomique attachait à son observation.
- L’intérêt de cette question nous incite à l’exposer ici, au moins dans ses grandes lignes, car dans le cadre restreint d’un simple article, il serait impossible de lui donner un développement très complet, qui serait par ailleurs trop technique et un peu sévère.
- LA. PETITE PLANÈTE ÉROS
- Cette planète n’est connue que depuis 1908. Découverte par Witt à l’ohscrvatoire Urania de Berlin, elle fait partie de ces très nombreux astéroïdes qui forment le groupe dit des petites planètes. Mais tandis que la majorité de ses célestes sœurs (on en connaît maintenant près de 2000, Éros étant la 433e dans 1’ ordre chronologique) sont situées entre Mars et Jupiter, Éros offre cette parti-
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- • ÊR05
- de la
- Fig. 1. — L’orbilc d'Éros, par rapport à celles de la Terre, de Vénus et de Mars.
- cularité de circuler, en 643 jours, sur une orbite si excentrique qu’à son périhélie elle est beaucoup moins éloignée du Soleil que Mars (fig. 1). Tant et si bien que parmi les planètes actuellement connues, c’est, après la Lune, notre plus proche voisine à certaines époques. En effet, tandis que 56 millions de kilomètres nous séparent de Mars, au minimum, et 40 millions de Vénus, c’est à 17 millions seulement que peut s’abaisser l’éloignement d’Éros. C’est de ce rapprochement exceptionnel que l’on a tant parlé, mais sans doute d’une façon assez peu explicite, car ses conséquences ne semblent pas avoir été bien comprises par une certaine partie du public; du moins il
- Fig. 2. — Principe de la mesure des dislances inaccessibles.
- est permis de le supposer, d’après la question qui m’a été posée par une personne alarmée de cette proximité, et pensant qu’à tout le moins elle pourrait être la cause du mauvais temps persistant de cet hiver!...
- Éros est un monde très petit, dont le diamètre ne paraît pas excéder 25 km, soit une masse absolument insignifiante; il présente de très curieuses vaiiations d’éclat, qui restent encore à étudier. Mais pour intéressants que soient ces problèmes se rattachant à la constitution physique des astéroïdes, ils sont dépassés dans le cas d’Éros par le service que peut rendre sa proximité, comme c’est le cas actuellement. Cette proximité, nous allons le voir, doit permettre, en effet, de déterminer avec une grande exactitude la distance de la Terre au Soleil. Car, disons-le de suite, cette distance n’est encore connue qu’avec une certaine approximation seulement. Avant d’y insister davantage, rappelons en quelques mots le principe de la détermination des distances, ou, comme on dit en astronomie, la mesure des parallaxes.
- MESURE DES DISTANCES
- La détermination de la distance d’un point inaccessible est une opération très simple en théorie.
- De deux points A et B, dont l’écartement est connu — par mesure directe ou calcul — on vise le point C dont l’éloignement est à déterminer. On construit, en somme, un triangle (fig. 2) dont les angles en A et B, mesurés par rapport à une direction fixe, permettent de déduire la valeur du troisième, en C, et finalement de calculer grâce à la valeur de ces angles et de la longueur connue du côté AB, la hauteur du triangle, ou distance du point C. L’ouverture de l’angle C, sous lequel depuis ce lieu on verrait la largeur de la base AB, c’est la parallaxe du point C.
- Si le procédé est susceptible d’une grande exactitude sur le terrain des opérations topographiques, parce qu’aïors, en raison du voisinage relatif des points en cause, les angles assez largement ouverts peuvent être mesurés avec une suffisante rigueur, il en est tout autrement lorsqu’il s’agit de rappliquer à l’estimation des distances astronomiques. Dans ce cas nous n’avons à notre disposition qu’une base limitée au diamètre du globe terrestre (en supposant que deux observateurs puissent opérer aux antipodes l’un de l’autre). Or, sauf pour la Lune, si voisine, cette base est infime par rapport aux distances des autres mondes du système solaire, et le triangle ainsi construit est tellement allongé que la valeur de son ouverture au sommet est un angle de quelques secondes d'arc, tout au plus.
- Ces conditions constituent un obstacle sérieux à la sûreté des résultats. Il est aisé de Jè comprendre au simple examen de la figure 3, où l’on voit qu’il suffit de la plus minime divergence des lignes de visée, depuis A et B, pour que le point C soit estimé occuper une position plus reculée C'. Les parallaxes des astres, angles très petits, devraient donc pouvoir être mesurés avec une précision mathématique.
- A propos de parallaxes, précisons maintenant que ce
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- terme, dans le langage astronomique, s’applique, lorsqu’il s’agit des astres du système solaire, à l’angle sous lequel serait vu non le diamètre du globe terrestre, mais bien son rayon. D’autre part les dimensions de la Terre étant nulles par rapport aux distances des étoiles, les parallaxes de ces dernières se rapportent alors au rayon de Vorbite terrestre, le déplacement de notre globe dans l’espace, autour du Soleil, permettant seul de réaliser une base appréciable en regard de ces distances prodigieuses.
- LA DISTANCE DU SOLEIL
- Les quelques explications ci-dessus ont rappelé le principe élémentaire de la mesure des distances. Dans la pratique, en ce qui concerne les astres, on se heurte à des difficultés que nous ne saurions toutes envisager sans développement trop technique.
- L’éloignement du Soleil est si considérable que sa parallaxe, très délicate, est presque impossible à déterminer directement, du moins d’une façon satisfaisante. Mais l’obstacle peut être tourné par divers procédés, qu’il suffira de résumer.
- Les lois de Képler permettent de connaître exactement les proportions existant entre les orbites des planètes du système solaire. Nous savons donc que si la distance de la Terre au Soleil est prise comme unité, soit 1, celle de Vénus est 0,723, et en raison de son orbite très elliptique, celle de Mars au périhélie, 1,382. Si maintenant on arrive à traduire par des chiffres ces écarts proportionnels, on obtient ensuite, par extension, la distance du Soleil, centre du système. Les parallaxes de Mars et de Vénus pouvant être mesurées assez exactement, à cause de la proximité relative de ces astres, le problème a donc été attaqué dans ce sens par deux méthodes dont la figure 4 (1) et (2) expose le principe.
- Si de deux points A et B sur la Terre (2) on vise simultanément Mars (ou mieux Éros, comme nous l’apprécierons plus loin), il paraîtra « décalé » par rapport aux étoiles devant lesquelles il se voit en perspective, et qui peuvent être considérées comme des repères invariables, par suite de leur recul dans l’infini. Ce décalage, figuré exagérément sur le schéma par les lignes ponctuées EE' (et aussi sur la figure 5), se mesure’ avec une bonne précision et correspond à la parallaxe. Entre 1670 et 1680, Flamsteed et Cassini ont ainsi mesuré la parallaxe de Mars, qui a fait connaître, pour la première fois, la distance du Soleil avec une- approximation suffisante, permettant d’en apprécier Tordre de grandeur : ce chiffre fut estimé à 138 millions de kilomètres, alors qu’il est, d’après les déterminations modernes, d’environ 149 millions de kilomètres.
- Vénus étant plus voisine que Mars, Halley exposa, dès 1716, une méthode utilisant les passages de cette planète devant le Soleil (fig. 4 (1)). Deux observateurs A et B, la voient différemment traverser le disque solaire, où elle semble, à cause de la perspective, se projeter en V ou V'. La longueur des deux cordes ainsi parcourues est déterminée par la durée de chaque passage ; leur écartement qui est fonction de leurs dimensions, se détermine ainsi exactement et fait connaître la parallaxe de Vénus, à laquelle il correspond.
- 415 =====
- C’est dans l’espoir de ce résultat que de nombreuses missions, réparties sur les points du globe les plus appropriés, ont observé les passages de Vénus de 1761 à 1769, puis, ceux plus récents de 1874 et 1882, à l’aide de moyens supérieurs. Mais, malgré sa perfection théorique, cette méthode n’a pu atteindre à l’extrême rigueur requise. On se heurte à de nombreux obstacles, dont le principal est la difficulté de noter avec une certitude absolue l’instant des contacts entre la planète et le bord du Soleil devant lequel elle se projette, afin de déterminer exactement les cordes parcourues. La cause de cette difficulté réside dans la qualité de l’image du bord solaire, rendu onduleux ou irrégulier par les troubles aériens, puis dans l’appréciation des contacts, un « ligament » ou « pont » s’établissant entre les bords après l’instant du phénomène, à l’entrée, ou (les réunissant avant celui de la sortie (fig. 6).
- Différentes autres méthodes, les unes d’ordre plutôt mathématique, c'est-à-dire basées sur des perturbations dans les mouvements planétaires, les autres sur Y aberration de la lumière, les éclipses des satellites de Jupiter, etc., ont été utilisées également; nous ne saurions entreprendre de les définir ici avec détails.
- Enfin les principes déjà exposés de l’observation de Mars ont été repris et appliqués également à diverses petites planètes x astres qui offrent la qualité précieuse de se présenter comme des points
- Fig. 3. — La moindre divergence dans l’esti-maiion des angles en A et B modifie la hauteur du triangle construit avec C, auquel on attribuera, par exemple, une position plus reculée C'.
- Terre
- . l/e nus
- Soleil
- ^Fig.4.
- Principe de la mesure des distances de Vénus (1 ) et de Mars ou d'Éros (2).
- Mars
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- Fig. 5. — Exemple schématique montrant comment sur des photographies prises de deux stations, Éros {dont le mouvement pendant la pose se traduit par un trait), paraîtrait décalé par rapport aux étoiles.
- minuscules facilitant la précision des mesures.
- La moyenne générale de tous les résultats acquis par ces diverses méthodes a fait admettre pour la parallaxe solaire la valeur de 8",80, cornespondant, en chiffres ronds, à une distance de 149 500 000 km.
- LES NOUVELLES MESURES DE LA DISTANCE DU SOLEIL
- Dès la découverte d’Eros, des possibilités nouvelles de précision supérieure furent envisagées, la moyenne ci-dessus indiquée représentant seulement une valeur très approchée.
- Mais le mouvement d’Éros, sur son orbite très elliptique, est tel que sa combinaison avec celui de la Terre se traduit par des conditions très variables d’éloignement aux époques de conjonction. Les circonstances de grand rapprochement se reproduisent seulement tous les 37 ans, quoique intermédiairement d’autres circonstances assez favorables encore puissent se retrouver. C’est ce qui s’est produit en 1900-1901, et une campagne internationale fut alors entreprise dans le but de reprendre, grâce à Eros, une détermination plus précise de la parallaxe solaire. Sans entrer dans le détail du travail considérable entrepris par M. Hinks pour dégager le résultat des documents ainsi rassemblés, résumons-en les conclusions. La parallaxe solaire a été trouvée de 8",806 zh 0",004, ce qui correspond à une distance comprise entre 149469868 et 149 334 000 km : moyenne 149 402 257 km.
- Mais cette incertitude de près de 136 000 km, soit environ dix fois le diamètre du globe terrestre (fig. 7), semble encore trop grande eu egard à l’importance capitale que l’on attache, pour la mécanique céleste, à la connaissance de la distance exacte du Soleil, (/est pourquoi la très grande proximité d’Eros, qui est passé fin janvier dans notre voisinage, en même temps qu’il se trouvait non loin de son périhélie, suscite tant d’intérêt.
- Une deuxième campagne internationale, minutieusement préparée depuis plusieurs années, a entrepris, par tous les moyens de plus grande précision, l’utilisation de ce rapprochement favorable. Si le mauvais temps généralement régnant n’en compromet pas le succès, on est en droit d’espérer obtenir un résultat capable de faire
- Fig. 6. — L'incertitude de l’estimation du contact entre le Lent du Soleil et celui de Vénus. Ondulations de l’image et ligament reliant les bords.
- connaître la distance du Soleil à moins de 20 000 km près.
- .11 faut maintenant attendre les conclusions du long dépouillement, et des non moins longues réductions de tous les documents qui auront été rassemblés.
- Lucien RuDaux.
- Fig. 7. — Dans quelles proportions, par rapport à la dimension de la Terre, la distance du Soleil reste encore incertaine.
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- RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
- LA DATE DE NAISSANCE
- Cette récréation a pour but de trouver la date de naissance d’une personne à l’aide d’un seul nombre calculé par elle-même sur vos indications, nombre dans lequel il est impossible, à qui n’est pas initié, de reconnaître les trois éléments constituants de cette date, c’est-à-dire le quantième du mois, le mois lui-même et l’année de la naissance.
- Pour traduire en chiffres le nom de chaque mois, on convient de les numéroter de 1 à 12 selon leur ordre dans le calendrier, comme le fait maintenant l’administration des postes sur le cachet de nos lettres.
- Adressez-vous de préférence à une personne qui ne puisse se trouver gênée par la connaissance de son âge et invitez-la à effectuer secrètement au crayon, sur un papier quelconque, les opérations suivantes :
- 1° Inscrire le quantième du mois de la naissance, le doubler, ajouter 11 et multiplier par 50.
- 2° Ajouter le numéro du mois, puis doubler, ajouter 11 (13, si la naissance est antérieure à 1900) et multiplier par 50.
- 3° Retrancher du résultat l’âge atteint ou devant l'être pendant l’année courante et ajouter 36 pour l’année 1931 (en général un nombre formé par les 2 chiffres de droite de l’année, augmenté de 5).
- Ce calcul terminé, priez la personne d’énoncer à haute voix le résultat que vous prenez vous-même par écrit.
- Il vous suffira maintenant de retrancher de ce Tésultat le nombre 55 555 (nombre facile à retenir comme étant composé de 5 fois le chiffre 5). pour avoir sous les yeux, dans le reste de la soustraction, les éléments constituants de la date de naissance.
- En effet, si vous partagez ce reste en tranches de 2 chiffres à partir de la droite, la lre tranche à gauche est le quantième du mois, la 2e donne le mois et la dernière est l’année de la naissance, représentée seulement par ses 2 derniers chiffres de droite.
- Une personne née un 14 décembre et devant avoir 62 ans en 1931 fera le calcul suivant :
- Quantième du mois....................................... 14
- X 2................................................... 28
- + 11.................................................. 39
- X 50 ......................................... 19 50
- + 12 (numéro du mois)..............; . . . . 19 62
- X 2 .......................................... 39 24
- -j- 13 (naissance antérieure à 1900).......... 39 37
- X 50 ......................................... 19 68 50
- — 62 (âge).................................... 19 67 88
- -f 36 ........................................ 19 68 24
- La soustraction finale vous donnera :
- Résultat ................................ 19 68 24
- —5 55 55
- Reste.................. .......................14.12.69
- La date de naissance est donc le 14 décembre 1869, ce qui répond bien à celle supposée.
- Pour comprendre la raison des opérations conduisant au résultat final, il suffit de désigner par des lettres les 3 éléments de la date de naissance, soit par q le quantième, m le mois et a l’âge actuel. L’égalité suivante résume alors tous les calculs effectués :
- } |'(?.2 + 11) 50 + m) 2 + 13 j 50 — a + 36 =
- 10.000 q + 100 m + 131— a + 55.555.
- On voit qu’après avoir soustrait 55.555, il reste un nombre où le quantième est multiplié par 10.000 et occupe par suite la tranche gauche, où le mois est multiplié par 100 et se trouve à la tranche du milieu, tandis que les 2 derniers chiffres de l’année de naissance figurent à la tranche droite, représentés par le nombre 131 — a que l’on peut aussi écrire 1931 — a — 1800.
- Le procédé employé ici pour trouver la date de naissance suppose que chaque élément de cette date ne comporte qu’un ou deux chiffres; il n’est donc applicable que jusqu’à 99 ans.
- Il pourrait être généralisé et appliqué à des no mbres de plus de 2 chiffres; mais la grandeur croissante des produits lui enlèverait alors son caractère récréatif, en lui faisant perdre sa simplicité primitive. Il est préférable de le faire servir à la recherche de nombres d’un seul chiffre, comme les points des 9 premières cartes d’un jeu de whist, de l’as au neuf, ou les 9 premiers nombres pensés par plusieurs personnes ; le procédé devient alors tout à fait élémentaire.
- Supposez que 6 personnes aient pris individuellement l’une des 9 cartes mentionnées ci-dessus :
- La lre inscrit sur un papier volant le nombre de points de sa carte, le double, ajoute 1, multiplie par 5 et passe à la 2e; celle-ci ajoute au résultat le nombre de points de sa carte, puis double, ajoute 1, multiplie par 5 et passe à la 3 e qui opère de même et ainsi jusqu’à la 6e qui ajoutera seulement au résultat le nombre de points de sa carte.
- Du résultat final annoncé par cette dernière, vous retrancherez 55.555, c’est-à-dire un nombre composé d’autant de 5 qu’il y a de cartes inscrites moins une, et les chiffres du reste, lus de gauche à droite, vous donneront le nombre des points de chaque carte choisie, dans l’ordre de leur inscription.
- s Léon David.
- SAVEZ-VOUS REGARDER UNE PHOTO ?
- Savez-vous regarder une photo ? Voici une question bien ridicule, semble-t-il, car enfin, chacun de nous a déjà eu maintes fois l’occasion d’admirer ce merveilleux produit du génie humain : une photographie. Et cependant...
- Choisissez '-dans votre collection une « bonne » photoj c’est-: à-diro une photo non voilée; comportant d’assez forts contrastes d’ombres et de lumières. Il s’agit ici, bien entendu, de photographiés ordinaires, et non pas, de vues stéréoscopiques..
- Placez-vous alors, de préférence de façon que votre épreuve
- soit éclairée du coté, qui correspond à la position du soleil sur la photo ; mais ceci n’est pas indispensable.. Et maintenant, regardez la photographie en ne vous servant qu.e d’un seul œil. Vous serez frappé du relief avec lequel le sujet delà photo vous apparaîtra, donnant parfaitement la vie et la richesse des vues plastiques que nous offre le stéréoscope.
- - Ce phénomène peut étonner tout d’abord ceux qui savent que c’est précisément la vision binoculaire qui .-donne la sensation du relief. Dr, dans le cas qui nous occupe, que nous révèle
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- == 418 ... ............ =r:........... =
- cette vision binoculaire ? Le relief, non pas du sujet que représente notre photo, mais le relief réel de l’objet que nous regardons, c’est-à-dire d’un rectangle de papier ou de carton. Personne n’aurait l’idée de photographier un dessin ou une toile de maître avec un appareil stéréoscopique.
- Au contraire, lorsque nous regardons la photo avec un seul œil, celui-ci no voit pas le relief réel de l’objet qu’il a devant lui; mais il perçoit sur la photographie, outre les contours et les teintes, les effets de la perspective, ainsi que les ombres propres et portées; et l’esprit interprète ces derniers renseignements, conformément aux souvenirs qu’il a emmagasinés toutes les fois que notre œil a contemplé le monde réel.
- Insistons bien sur ce fait, c’est qu’il s’agit ici d’une interprétation de la part de notre esprit, et que ce relief peut, en quelque sorte, être appelé « psychologique », alors que le relief que donne le stéréoscope est essentiellement « physiologique » : une personne qui n’aurait jamais vu que des photographies, et jamais les sujets eux-mêmes, serait incapable de voir en relief une photographie ordinaire en la regardant d’un seul œil; au contraire une vue stéréoscopique lui donnera toujours
- la sensation de relief (à condition naturellement que cette personne jouisse d’un usage normal des deux yeux).
- 11 va sans dire que ce que nous venons de dire d’une épreuve photographique s’applique aussi bien à un cliché autochromc, un tableau, un dessin, etc.
- Qu’il me soit permis de rappeler ici un souvenir personnel.
- Je montrais un jour, il y a une quinzaine d’années de cela, a un ami, des vues stéréoscopiques que mon père avait rapportées de voyage, et qui représentaient précisément des vues de la ville dans laquelle il avait séjourné. Nous nous servions, naturellement, pour regarder ces vues, d’un appareil approprié. Or, mon ami me dit qu’il lui était impossible d’accommoder pour voir en même temps les deux vues nettes, et qu’il préférait regarder avec un seul œil; que d’ailleurs cela ne l’empêchait nullement de voir le relief, l'ort de mes connaissances relatives à la vision binoculaire, je lui déclarai péremptoirement que pareille chose était impossible, et que. sûrement il s’imaginait voir du relief là où il ne pouvait en voir.
- Je m’excuse auprès de mon ami de mon incrédulité.
- P. Seltzeh.
- LE HARICOT TEPARY
- Le Haricot Tépary (Phaseolus acutijolius, A. Gray) est une plante alimentaire, qui fut introduite en Europe, il y a un peu plus de 20 ans et qui se perdit, parce que l’on n’en comprit pas la valeur. Je considère donc ce Phaseoliis comme de premier mérite pour le Sud de l’Europe, l’Afrique du Nord et toutes les régions sèches et arides de l’Amérique, de l’Asie, etc. L’introduction de cette espèce curieuse et remarquable a une importance très grande pour les régions où les autres espèces ou vai’iétés de Haricots réussissent mal, à cause du manque d’eau.
- Ce Haricot a été introduit du Sud-Ouest de l’Amérique du Nord. Cette légumineuse, par elle-même, offre de nombreuses variétés, car l’espèce type est très polymorphe. Le Haricot Tépary, sauvage, ne se rencontre que dans les parties désertiques du Sud-Oest de l’Amérique du Nord et diffère de la ou des variétés cultivées. On le rencontre sur les pentes des montagnes et dans les vallées étroites, dans la direction Ouest, à partir du fleuve Pécos, jusqu’au Sud du Nouveau Mexique, de P Arizona et dans la direction du Mexique central.
- Je ne doute pas que cette espèce véritable n’ait été cultivée depuis les temps les plus anciens, par les Peaux-Rouges des tribus Pinsa et Papago. Elle formait assurément la plus importante de leurs récoltes alimentaires. Ces tribus semblent d’ailleurs disparues, mais elles ont laissé, après elles, des restes de grands travaux hydrauliques agricoles qui montrent— d’après les dernières recherches américaines— leur habileté culturale.
- La supériorité du Tépary sur les autres Haricots est démontrée par sa plus grande productivité dans les régions chaudes et arides. De toutes les expériences faites aux Etats-Unis, il résulte que le rapport du Tépary, en grains secs, est d’un peu plus de quatre fois plus abondant que celui des Haricots ordinaires.
- « Tépary » est la corruption probable des mots indiens « States » et « pare » qui veulent dire « Haricot blanc » dont les Mexicains ont fait Tépary, nom généralement adopté par les Américains.
- Les énormes rendements du « Tépary » sont dus à son adaptation physiologique, et au milieu climatérique où il se développe; il est facile de se rendre compte de cette faculté en notant les faits suivants, d’après les professeurs Geo G. Free-mann et Tueson :
- 1° Pouvoir de germer vite quand le sol est sec. Ainsi péut-il
- profiter, des pluies soudaines du désert qui mouillent la terre, puis s’évaporept rapidement. Le Tépary qui germe et pousse en trois à cinq jours de moins que le Haricot ordinaire, peut ainsi pousser les racines dans le sol, et les feuilles en l'air, par le fait de pluies tout à fait insuffisantes pour une plante moins bien adaptée pour résister à la sécheresse. Si l’on plante les Téparys dans un sillon humide, et si on les couvre immédiate-* ment, ils absorbent en cinq minutes assez d’eau pour en faire rider la peau. Les autres haricots demandent plusieurs heures, pour arriver au même point. Cette rapide absorption de l’eau facilite la distinction des Téparys et des Haricots ordinaires.
- 2° Quand le Tépary s’est bien établi dans le sol, il peut résister aux longues sécheresses, sans en éprouver des injures permanentes. Le Haricot ordinaire ne se remet pas facilement des effets d’une sécheresse prolongée.
- Ju Le Tépary, en Arizona, supporte les chaleurs extrêmes des étés, il y porte des fleurs et des gousses depuis mai jusqu’à novembre. Au contraire, les Haricots ordinaires fleurissent pendant la grande chaleur, mais la plupart des fleurs coulent sans nouer leurs graines.
- La valeur du Haricot Tépary comme aliment est indiscutable, étant affirmée par la force et la résistance à la fatigue des Indiens qui le consomment et s’en nourrissent la plus grande partie de l’année. Quand ils excursionnent loin de leurs demeures dans le désert, ils n’emportent avec eux que des Téparys et ils assurent qu’ils peuvent faire des voyages très longs, en n’ayant avec eux qu’un poids donné de cette nourriture, à l’exclusion de toute autre.
- T,o Haricot Tépary se cultive en plein champ, comme nos haricots d’Europe, en espaçant cependant les touffes de 1 m dans i ni yns, cl, à 0 m 75 dans l'aol rc. Il va sans dire qu’uni' bonne fumure est indispensable. Lue seule plante fournit — j’eir ai fait l’expérience — plus de 2000 fleurs, sur lesquelles —-sous le climat de Paris — un quart arrive à produire.
- En A rique du Nord, le résultat est aussi beau qu’en Amérique. Les grains secs sont gros comme notre Haricot riz, d’un blanc grisâtre, de saveur exquise ; en vert, on ne les estime pas, la cosse n’étant qu’un parchemin. C’est une nouvelle richesse agricole pour l’Afrique du Nord, mais nulle, assurément, pour nos régions du Nord. R. de Noter. 7"
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- 419
- LA VOUTE CÉLESTE EN JUIN 1931 (*)
- lia longueur des jours, pendant le mois de juin, met un obstacle très sérieux aux observations astronomiques.
- Cependant, l’exposé qui va suivre montre que les laits astronomiques, ce mois-ci, sont encore d’un grand intérêt.
- Le Soleil, pour une partie de la France, ne descend pas, au moment du solstice d’été, à 18 degrés au-dessous de l’horizon.
- La conclusion est celle-ci : la nuit n’est pas complète en eelLe période île l’année, et le crépuscule est encore visible, à minuit, juste au Nord.
- 11 faut arriver à la latitude de 48° 18' pour que le bord supérieur du Soleil soit à 18 degrés au-dessous de l’horizon (c’est, à peu de chose près, la latitude de Brest).
- A Paris (48° 50'), on voit donc que le crépuscule est légèrement visible à minuit et ce crépuscule est d’autant plus intense que l’on s’élève vers le Nord.
- A Dunkerque (latitude 51° 2'), il est très sensible.
- La nouvelle Lune, se produisant le 16 juin, ne gênera pas celte observation du crépuscule de minuit que nous recommandons, à tous nos lecteurs habitant au Nord de Paris, de faire par les belles nuits du 19 au 27 juin.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, ce mois-ci, atteindra son maximum, + 23° 27' le 22 juin. Elle sera de -j- 21° 58' le 1er et de + 23° 13' le 30.
- La durée du jour sera de 15 h 48m le 1er, de 16“ 7m du 18 au 27 et d3 16 » 4m le 30.
- L’été commencera le 22 juin, à 9".
- Le tableau ci-dessous donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure que marqueront les horloges bien réglées,
- L0, qui sont les éléments permettant d’orienter les dessins et photographies du Soleil :
- Dates. P. B0 K
- Juin 5 • 14°,3 2 — 0°,18 119°, 30
- - - 10 -- 12 ,32 + 0 ,12 53 ,12
- — 15 — 10 ,23 + 1 ,02 346 ,94
- 20 — 8 ,06 -!- 1 ,62 280 ,76
- 25 — 5 ,83 -F 2 ,20 214 ,59
- - - 30 3 ,57 + 2 ,76 148 ,39
- Fig. 1. — Marche de la planète des Poissons, du 1er Juin
- lorsque le centre du Soleil passera au méridien de Paris
- Dates. Heure du passage. ! Dates Heure du passage
- Juin 1er 11 48m 10e Juin 17 11 » 51m 108
- O — O 11 48 28 L- 19 11 51 36
- — 5 11 48 48 — 21 11 52 3
- — 7 11 49 9 — 23 11 52 29
- — 9 11 49 31 — 25 11 52 55
- — 11 11 49 55 — 27 11 53 20
- — 13 11 50 19 — 29 11 53 44
- — 15 11 50 45
- L’ombre d’un fil i plomb, aux heures ci-dessus, à Paris
- donnera la direction du méridien.
- Observations physiques.— Nous avons donné au «Bulletin astronomique » du n° 2852 la définition des termes P, B0,
- 1. Toutes les heures données dans ce « Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel (T. U.) compté de 0 h à 24 h: à partir de 0 h (minuit). Pendant la période d’application de l’heure d’été, ajouter 1 heure à toutes les heures indiquées ici, pour établir la concordance entre les phénomènes et l’heure calculée.
- L’observation du Soleil est une des plus faciles et une des plus attrayantes qu’il soit donné de faire. La méthode la plus pratique consiste à recevoir l’image du Soleil, donnée par. une lunette munie de son oculaire, sur un écran blanc placé perpendiculairement à l’axe.
- L’observation directe, l’œil à l’oculaire muni de son verre noir, donne une meilleure définition aux détails.
- Lumière zodiacale-, lueur anliso-laire. — La lumière zodiacale et la lueur antisolaire, en raison de la longueur des jours, sont inobservables, ce mois-ci, en France.
- IL Lune. — Les phases de la Lune pendant le mois de juin 1931 seront les suivantes :
- D. Q. le 8, à 6» 18m N. L. le 16, à 3» 2m P. Q. le 23, à 0“ 23m P. L. le 30, à 0» 47m
- Age de la Lune, le 1er juin, à 0 » = 141,4 ; le 17 juin, 0h =üi ,9. On doit remarquer, que pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois, il faut ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ouïe 17, et pour une heure déterminée, ajouter en outre, 01,0417 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, en juin : le 2, à 6» = — 28° 26'; le 16, à 16 » = + 28° 23'; le 29, à 14» = — 28° 23'. On pourra essayer, ce qui est extrêmement difficile, de voir le croissant lunaire, excessivement fin et délié, à environ
- 5 degrés au Nord du Soleil, le 16 juin. Ce sera le moment de la nouvelle Lune. 11 faudra pour cela un temps d’une pureté remarquable, et, sans doute, des écrans colorés (jaune foncé ou rouge), pour éteindre le bleu du ciel.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le
- 6 juillet, à 15». Parallaxe = 54' 15". Distance = 404 200 km. Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le
- 18, à 12». Parallaxe = Distance = 365 570 1cm.
- Occultations d’étoiles par la Lune. -— Le 6 juin, occultation de x Capricorne (gr. 4,8). Emersion à 3»5m.
- Le 9 juin, occultation de 24 Poissons (gr. 6,1). Emersion à 1 » 55m,5.
- Le 22 juin, occultation de 27 B. Vierge (gr. 6,5). Immersion à 20 » 56m,5.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront surtout au début du mois, au moment de la pleine
- Uranus, à travers ta constellation 1931 au 1er Janvier 1932.
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- 420
- ASTRE Dates : Juin Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*). Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 1 5 3 h 52m 11 11 48m48s 19 u 46m 4 n 5Qm + 22° 28' 31'34",6 Taureau
- Soleil . . . 15 3 48 11 50 45 19 53 5 31 + 23 17 31 32,4 Taureau > ))
- ( 25 3 49 11 52 55 19 56 6 13 + 23 25 31 31,2 Gémeaux
- i 5 3 1 10 16 17 32 3 15 + 15 6 6,8 Taureau
- Mercure . . 15 3 0 10 46 18 32 4 19 + 20 7 5,8 u Taureau [Le malin, dans l’aube, au
- 25 3 24 11 30 19 35 5 45 + 23 57 5,2 Ç Taureau ^ début du mois.
- 5 2 46 10 5 17 24 3 4 + 15 45 11,2 Taureau
- Vénus . . . 15 2 38 10 14 17 51 3 53 + 18 59 11,0 Taureau Le matin, dans l’aube.
- 25 2 36 10 26 18 16 4 43 + 21 25 10,6 t Taureau
- 5 9 51 16 58 0 5 9 59 J- 13 46 5,8 oc Lion
- Mars. . . . 15 9 42 16 39 23 36 10 19 + 11 45 5,6 Lion / Un peu observable le soir
- 25 9 34 16 20 23 7 10 40 + 9 35 5,4 Lion dans le crépuscule.
- Jupiter. . . 15 6 7 13 59 21 51 7 40 + 21 51 30,2 x Gémeaux Le soir, au crépuscule.
- Saturne . . 15 21 39 1 56 6 12 19 35 — 21 29 16,4 Sagittaire Seconde partie de la nuit.
- Uranus. . . 15 0 57 7 30 14 4 1 10 + 6 45 3,4 Poissons Le matin, dans l’aube.
- Neptune . . 15 9 47 16 40 23 34 10 22 + 10 59 2,4 45 Lion Pratiquement inobservable.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Lune, puis du 15 au 20, à l’époque de la nouvelle Lune. Elles seront très faibles, leur coefficient ne dépassant pas 89 centièmes, à Brest. En conséquence, le phénomène du mascaret n’est pas annoncé pour le mois de juin 1931.
- III. Planètes. — Le tableau ci-dessus, établi à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1931, contient les renseignements nécessaires pour rechercher et observer les principales planètes pendant le mois de juin.
- Mercure, dont la plus grande élongation du .matin s’est produite le 27 mai, sera visible dans l’aube dans les premiers jours du mois, en de mauvaises conditions toutefois, en raison de la clarté de l’aube. Voici la phase et la grandeur stellaire de Mercure, en juin :
- Grandeur
- Date. Disque illuminé. Diamètre. stellaire.
- J uin 5 0,55 6,"9 + 0,2
- — 10 0,65 6,3 — 0,2
- 15 0,77 5,8 — 0,6
- — 20 0,88 5,4 — 1,1
- — 25 0,97 5,1 — 1,6
- — 30 1,00 . 5,0 — 1,8
- Vénus brille d ans le ciel du matin. Elle se lève tout ce
- mois-ci vers 211 40 m du matin, alors que l’aube est déjà intense.
- En conséquence, les observations de cette planète seront
- difficiles et sans £ çrand intérêt. La planète s’achemine vers sa
- conjonction supérieure avec le Soleil, sa phase diminue et son
- diamètre aussi.
- Grandeur
- Date. Disque illuminé. Diamètre. stellaire.
- Juin 5 0,90 11", 2 — 3,3
- • - 10 0,91 11 ,0 * 3?o
- • 15 0,92 10 ,9 — 3,3
- 20 0,93 10 ,7 3,3
- 25 0,94 10 ,6 — 3,3
- — 30 0,94 10 ,5 — 3,3
- Mars est encore un peu observable, le soir, dans le crépuscule, se couchant à présent avant minuit. Son diamètre diminue et l’observation des détails de la surface est réservée, à présent, aux grands instruments.
- Vesta, la quatrième des petites planètes gravitant entre Mars et Jupiter, va se trouver en opposition le 8 juillet prochain. Elle brillera d’un éclat d’environ 6e grandeur dans la constellation de Sagittaire. Le 25 juin, elle passera à environ 15' au Nord de l’étoile 50 du Sagittaire. Voici quelques positions où l’on pourra rechercher Vesta :
- Date. Ascension droite. Déclinaison.
- 1931 Juin 12, à 0“ — 20, — — 28 —
- 19“ 30m,6 19 25 ,6 19 18 ,9
- 20° 22' 21 5
- 21 53
- Les personnes douées d’une bonne vue parviennent à reconnaître Vesta à l’œil nu, au moment de son opposition. Mais, pour la trouver, une jumelle sera de la plus grande utilité.
- Jupiter est visible au crépuscule, au début du mois. Voici encore quelques phénomènes produits par les satellites et que l’on pourra essayer d’observer :
- Date. Heure. Satellite. Phénomène.
- J uin 2 2011 7m I P. c.
- 2 20 56 I O. c.
- — 3 20 34 I E. f.
- - 6 20 33 II O. c.
- — 15 20 9 II E. f.
- Jupiter sera en conjonction avec le Soleil le 25 du mois prochain.
- Saturne, dans le Sagittaire, devient de mieux en mieux visible, malgré sa faible hauteur au-dessus de l’horizon. Voici les éléments de l’anneau, à la date du 18 Juin :
- Grand axe extérieur . . . ................... 4L',26
- Petit axe extérieur..........................+ 16, 14
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-
-
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau.................................-j- 23° 1 '
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de
- l’anneau.................................-f- 23° 44'
- Le 16, à 10 h, Mars en conjonction avec Neptune, à 0° 28' N. Le 18, à 5", Jupiter —- la Lune, à 4° 38' S.
- Le 21, à 1h, Neptune — à 2° 46' S.
- Le 21, à 5 ", Mars — à 2° 2'
- Saturne se trouvera en opposition avec le Soleil le 13 juillet prochain.
- Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, est surtout visible lors de ses élongations maxima. Voici ces élongations pour le mois de juin.
- Date. Elongation. Heure.
- J ui n 5 occidentale 11 \5
- - - 13 orientale 3 ,5
- — 21 occidentale 9 ,2
- — 29 orientale 1 ,o
- Uranus devient visible le matin, dans l’aube. Les observations de cette planète vont pouvoir commencer. Pour la trouver on s’aidera utilement de la petite carte ci-contre (fig. 1) et d’une jumelle. Uranus étant de la 6e grandeur, quelques personnes parviennent à le suivre à l’œil nu, mais reconnaissons que c’est là un exercice quelque peu difficile. Avec un grossissement suffisant, Uranus présente un petit disque bleuâtre, de 4' de diamètre environ.
- Neptune, dans le Lion, se déplacera très peu, en juin, à environ 1° au Nord-Est de l’étoile 45 Lion.
- Voici quelques positions où l’on pourra rechercher Neptune :
- Ascension Diamètre
- Date. droite. Déclinaison. apparent.
- Juin 5
- — 15
- — 25
- 10 11 21m 10 22 10 23m
- + 11° 2' + 10 59 + 10 55
- 2",4 2 ,4 . 2 .4
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 1er, à 15h, Vénus en conjonction avec a Bélier (gr. 5,6), à
- 0° 17' S.
- Le 3 à 19 11, Saturne — la Lune, à 5° 17' N.
- Le 11, à 0 “, Uranus — à 1° 21' S.
- Le 14, à 8", Vénus — à 5° T S.
- Le 14, à 21 ", M'ereure à 5° 35' S.
- Etoiles variables. — Minimum (visible à l’œil nu), de l’étoile variable Algol ((3 Persée) : le 21 juin, à 2h 21m.
- Etoile Polaire et temps sidéral. — Il est fort utile de connaître les heures de passage de l’Etoile Polaire au méridien de Paris. En voici quelques-uns :
- Date. Passage. Heure. Temps sidéral
- à 0 ".
- Juin 10 Inférieur 20 U 14m 15S 17" 9m 33s
- 20 — 19 35 7 17 48 58
- — 30 — 18 56 0 18 28 24
- — 30 Supérieur 6 57 58
- Etoiles filantes . — Peu d’ essaims sont actif: s en juin, et la
- longueur des jours met un obstacle important à l’observation des météores. On relèvera sur des cartes tous ceux que l’on pourra observer, en notant en même temps toutes les particularités utiles : heure précise, durée d’apparition (si possible), traînée, couleur, points extrêmes de la trajectoire par rapport aux étoiles, etc.
- V. Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le 1er juin, à 23", ou le 15 juin, à 22 ", est le suivant (les lettres entre parenthèses indiquent les curiosités principales visibles avec de petits instruments) :
- Au Zénith : Hercule (x, x, p, 95, o, amas M. 13); le Dragon (v, J;, o, p.).
- Au Nord : La Petite Ourse (la Polaire, 5, 71) ; Céphée (o, (3, x, %, p.) ; Cassiopée (-q, t, tj/). Le. Cocher et Persée glissent à l’horizon nord.
- A l’Est : Le Cygne ((3, o, p., 61e) ; le Dauphin (y, p) ; l’Aigle (15h, y, Voie lactée) ; la Lyre (a, s, 7, o, rj.
- Au Sud-Est : Le Sagittaire.
- Au Sud : La Couronne boréale: le Serpent (o, 0, v, amas) ; Ophiuchus (36 A, 70, 67, p, 39); le Scorpion (x, v, io, [3, g, H); la Balance (x, o).
- A l’Ouest : Castor et Pollux se couchent; le Lion (y, a, 54, nébuleuses) ; la Viei’ge (y) ; la Grande Ourse ÇÇ, \, v, 23 h, g, 57). Em. Touchet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- POUR RECHARGER LES TAMPONS A COULEUR D’ANILINE DITS TAMPONS PERPÉTUELS
- Comme auxiliaires des cachets en caoutchouc, on se sert habituellement de tampons imprégnés d’encre rouge, violette ou noire, qui malgré leur qualificatil de « tampons perpétuels » ne tardent pas, après quelque temps d’usage, à se dessécher assez rapidement, voici comment on peut facilement remédier à cet inconvénient en opérant de la façon suivante que nous indique un de nos plus anciens abonnés.
- Fuchsine ou autre colorant d’aniline soluble dans l’alcool : un gramme;
- Alcool à 90° : 10 cent, cubes;
- Glycérine à 30° : 10 cent, cubes.
- Faire dissoudre d’abord la matière colorante dans l’alcool à froid, ajouter ensuite la glycérine; après mélange, la solution est parfaite.
- Quand le tampon encreur est desséché, il n’y a qu’à verser à sa surface, une petite quantité de la solution, que l’on étale avec le bouchon du flacon; après quelques instants d’imbibition, le tampon peut être remis en service.
- Dans le cas où il s’agirait d’un tampon encré à l’encre grasse qui se serait épaissie, on obtiendrait sans difficulté le réassouplissement
- en versant quelques gouttes d’un mélange à parties égales de pétrole lampant et d’essence minérale, qui redonnera de la fluidité à l’huile s’étant resiniûée au contact prolongé de l’air.
- A PROPOS DES LITHOGRAPHIES COLORIÉES IMITANT LES PEINTURES A L’HUILE
- Comme suite au procédé que nous avons décritdans le n°2838,p. 144, un lecteur de La Nature nous signale qu’au lieu de mousseline, il emploie avec succès la toile à voile, le gaufrage est d’autant plus accentué qu’il colle la lithographie sur la toile qui lui sert ainsi de support, la ressemblance avec un tableau est encore plus frappante.
- Quant au vernis, il se sert d’une solution de gomme Kauri dans l’alcool à 90° à poids égaux; le résultat, dit-il, est surprenant et durable.
- N. B. — La gomme Kauri est une résine fossile que l’on extrait du sol en Nouvelle-Zélande, principalement dans la province d’Auckland. L’âge paraît être la cause des différentes qualités, la meilleure s’extrait surtout des couches les plus voisines de la surface; on procède dans les ports d’embarquement à un classement suivant que la couleur est pâle (dial), ou brun foncé, les débris sont désignés sous le nom de chips.
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- 2 LA RADIOPHONIE PRATIQUE
- NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES - CONSEILS PRATIQUES CONSTRUCTION D’UN APPAREIL SIMPLE
- LE CHOIX DES PILES DE TENSION PLAQUE
- Beaucoup d’amateurs emploient encore des piles pour obtenir le courant de plaque nécessaire au fonctionnement
- de leurs postes, soit parce qu’ils ne disposent pas du courant d’un secteur pour la recharge d’une batterie d’accumulateurs, soit parce qu’ils veulent éviter les ennuis d’entretien d’une batterie de ce genre, sans avoir recours, d’autre part, à l’adoption d’un poste-secteur. En réalité, les inconvénients de l’alimentation par les piles de tension plaque résident surtout dans le prix élevé de celles-ci, et dans leur remplacement plus ou moins fréquent. Si les amateurs savaient pourtant déterminer à l’avance quel est le type de pile qui convient le mieux à leurs appareils, il est hors de doute que ce remplacement serait moins fréquent, et, par conséquent, les frais d’entretien très réduits.
- Avant tout, un amateur qui veut utiliser une batterie de piles pour l’alimentation doit connaître l’intensité du courant de plaque utilisé par son appareil. Cette intensité varie suivant le nombre de lampes utilisées sur le poste et surtout suivant le type de ces lampes. Et l’on comprend qu’un poste équipé avec des lampes qui consomment 10 ou 20 milliampères chacune, usent la pile de plaque beaucoup plus vite, que s’il était monté avec des lampes dont la consommation est voisine seulement de 2 milliampères !
- D’autre part, l’intensité du courant de plaque varie aussi avec la tension sous laquelle on fait travailler cette lampe. Sous 90 v, le débit est plus fort que sous 45 v. On commet donc une erreur absolue, lorsque la batterie semble trop faible pour le poste, en choisissant une autre batterie comportant des éléments semblables en plus grand nombre, donc
- d’une tension plus élevée; il faudrait, au contraire, diminuer la tension, donc le nombre d’éléments, et utiliser des éléments de plus grande capacité.
- La capacité d’un élément est, d’ailleurs, la quantité totale d’électricité que peut produire cet élément par réaction chimique. En principe,, plus' l’élément, d’un, type déterminé est gros, plus sa capacité est grande. Il est bon de savoir, d’autre part, que la capacité1 se mesure en ampères-heure, l’ampère-heure étant la capacité d’un élément pouvant assurer un débit de un ampère pendant une heure. Un élément pouvant assurer un débit de 0,5 ampère-heure pendant 100 h,
- Jours
- Fig. 2. — Courb’e'dë décharge d’un élément de pile en service intermittent.
- lv5 Iv 0v5 0
- I 2 3 4 5 6 Jours
- Fig. 1. — Courbe de décharge d’un élément de pile en service continu.
- a donc une capacité de 100 x 0,5 — 50 ampères-heure.
- Toutes les batteries de piles vendues dans le commerce portent, en général, l’indication de leur capacité et c’est sur cette indication que doit se baser l’amateur, pour choisir le type de piles qui convient à son appareil.
- Il semblerait, a priori, que la capacité d’une pile soit une constante absolue; il n’en est pourtant pas ainsi pratiquement. La capacité d’une pile dépend, dans une certaine mesure, de son débit; si la pile travaille.sur un débit trop grand, sa capacité diminue; si elle travaille par intermittence, sa capacité est meilleure que si elle fonctionne sans arrêt. U y a donc intérêt à employer une pile de grande capacité, même si son prix d’achat est un peu plus élevé, puisque, finalement, il en résultera une économie.
- A titre d’exemple, considérons un poste à changement de fréquence, comportant une lampe oscillatrice bigrille alimentée avec une tension de 40 v, deux lampes moyenne fréquence alimentées avec une tension de 80 v, une lampe détectrice et une première lampe basse fréquence alimentées sous la même tension et enfin une lampe de sortie de puissance alimentée sous 150 v; nous pourrons constater que l’intensité du courant exigée par la lampe bigrille est de 3 milliampères ; l’intensité des lampes moyenne fréquence, détectrice et basse fréquence de 16 milliampères et qu’enfin la dernière lampe de puissance à elle seule exige 20 milliampères.
- Il est évidemment difficile d’alimenter de tels postes avec des batteries de piles, parce qu’il faudrait normalement augmenter beaucoup trop leur capacité et c’est pourquoi, en pratique, lorsqu’on veut employer ce genre d’alimentation il faut se contenter de lampes de sortie d’un modèle plus réduit, et surtout ne pas augmenter outre mesure la tension plaque.
- Considérons, par exemple, une lampe basse fréquence de sortie de type moyen, nous pourrons constater que sous 40 v, elle exige un débit do 4 milliampères; sous 80 v de 15 milliampères et sous 120 v enfin, de 20 milliampères.
- On peut diminuer, pourtant, le débit de la pile de plaque, en polarisant la grille, c’est-à-dire en donnant à cette grille une polarité négative de quelques volts; celle-ci est, d’ailleurs, indispensable avec des lampes de puissance, si l’on veut obtenir une audition sans, distorsion. Par ce moyen, on ramène le débit de la pile de plaque à une valeur acceptable.
- Cependant, pour bien employer une pile, il faut non seulement bien la choisir, diminuer au minimum l’intensité du courant plaque nécessaire, mais encore utiliser très judicieusement sa courbe de décharge, afin de réaliser, avec la plus grande pureté possible, le maximum d’économie.
- Quand la pile fonctionne, en effet, sa courbe de tension descend assez rapidement au début, puis, peu à peu, elle se stabilise, et il s’établit un palier (fig. 1). On voit ainsi, sur la figure 1 l’allure générale de la courbe pour un élément qui travaille sans interruption ;“ si cette même pile travaillait par intermittence, il y aurait des remontées de tension après chaque période de repos, sans modifier, d’ailleurs, l’allure des tensions moyennes (fig. 2). . „
- Supposons qu’un poste de T. S. F. exige une tension de 80 v sur les plaques, si nous l’alimentons avec une pile de 90 v, il est facile de voir, en considérant la courbe, qu’au bout de peu de temps, la tension de la pile est devenue inférieure à
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- Fig. 3. — Courbe de décharge d’une pile de tension plaque de 90 voit s.
- 80 v et l’ali-mentation se fera dans des condi -lions défec-tueuses.
- (%• 3).
- Si nous supposons , au contraire, que le poste récepteur puisse fonctionner
- dans des conditions acceptables, avec 60 v de tension plaque, cette môme pile pourra assurer un long service parce qu’elle sera utilisable lorsque sa courbe de décharge aura atteint soit palier normal.
- Lorsqu’on dispose d’une batterie de capacilé suffisante, elle travaillera donc dans des conditions optimum, si son point de stabilisation correspond à la tension normale qu’elle doit fournir.
- D’ailleurs, même si l’on dispose d’une pile de tension supérieure à la tension normale nécessaire, par exemple d’une pile de 90 v pour une tension de 70 v environ, il ne faut pas brancher tout de suite l’appareil sur la totalité de la pile, d’abord, parce qu’il est inutile d’user des éléments, lorsqu’il n’cst pas nécessaire, et ensuite, parce que le débit de la pile augmente, nous l’avons noté, avec la tension, et par conséquent il en résulterait une usure exagérée sans avantage marqué.
- Enfin, une tension trop élevée peut produire des crépitements et des troubles d’audition; il faut donc, au contraire, utiliser de préférence une pile comportant des prises de courant intermédiaires nombreuses, de telle sorte que, lorsque la pile est neuve, on peut la brancher sur la prise de courant marquée 70 v ou 80 v à la rigueur, les autres éléments demeurant en réserve. Il y a donc grand intérêt, pour obtenir par exemple une tension de 80 v, à acheter une pile de 120 v, quitte à ne pas utiliser tous les éléments au début de l’utilisation.
- L’amateur qui veut donc utiliser des piles de tension plaque doit, en résumé, suivre ces deux préceptes : 1° adopter une pile de capacité correspondant au débit nécessaire; 2° adopter une pile de tension toujours supérieure à la tension normale d’alimentation.
- Fig. 5.
- Condensaleurs variables à tambours de repère.
- a) Boutons de réglage sur le panneau antérieur du poste, commandant indirectement la rotation des lames mobiles.
- b) boutons de réglage latéraux à commande directe.
- antérieur des postes récepteurs et portant, soit une aiguille de repère, se déplaçant devant un cadran gradué, soit une alidade avec fenêtre (fig. 4). Ces organes sont souvent munis d’un système démultiplicateur commandé au moyen du même bouton, ou au moyen d’un deuxième bouton concentrique. Pourtant, à l’exemple de la technique américaine, il semble qu’il y ait maintenant une tendance très nette à employer, non plus des cadrans fixés sur le plan du panneau antérieur, mais des tambours dont le plan est perpendiculaire à ce panneau. Cette adoption permet de diminuer la surface du panneau occupé par les cadrans, de donner ainsi à l’appareil un aspect beaucoup plus simple, et d’accoler les cadrans de repère, de façon à permettre un repérage beaucoup plus facile. D’autre part, ces tambours de repère sont généralement éclairés à l’aide d’une petite ampoule de lampe de poche alimentée par la batterie de chauffage elle-même ou l’appareil d’alimentation.
- Les deux condensateurs qui peuvent être accouplés ou non, sont placés latéralement de part et d’autre des cadrans, et maintenus par des entretoises métalliques rigides. La rotation des lames mobiles est commandée par deux boutons molletés situés latéralement de part et d’autre du poste, ou bien placés sur le panneau antérieur, grâce à un système de renvoi avec pignon et vis sans fin (fig. 5 et 6).
- L’emploi de ces modèles se généralise chez les constructeurs ; ils présentent aussi pour l’amateur des avantages certains, et leur montage n’offre aucune difficulté particulière.
- DES POSTES A UNE LAMPE POUR AUDITION EN HAUT-PARLEUR
- NOUVEAUX SYSTÈMES DE COMMANDE DES CONDENSATEURS
- On emploie encore très souvent, à l’heure actuelle, des boutons de commande des condensateurs placés sur le panneau
- Fig. 4. —• Nouveaux modèles de boulons de commande de condensaleurs avec cadrans de repères gradués.
- L’emploi de lampes de réception perfectionnées, par exemple du type à grille écran, permet de diminuer le nombre d’étages d’amplification nécessaires pour obtenir une sensibilité déterminée. Cependant, si l’on veut réaliser une audition en haut-parleur, il n’en est pas moins indispensable d’employer plusieurs étages d’am-
- plification.
- Est-il possible, cependant, de réaliser des appareils à une seule lampe, permettant d’obtenir des auditions en haut-parleur, du moins s’il s’agit de la réception des émissions locales ?
- Il y a d’abord un moyen qui est tout à fait indirect, d’ailleurs, et qui consiste
- Fig. 6. — Panneau antérieur d’un poste monté avec un condensateur de la figure 5.
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- Fig. 7. — Montage réflexe à une lampe. Détection par galène ou carborundum.
- à utiliser des lampes multiples, c’est-à-dire des lampes comportant, dans une même ampoule, plusieurs groupes d’électrodes avec leurs éléments de liaison. C’est un moyen qui est assez bon, et que nous avons d’ailleurs signalé déjà à plusieurs reprises dans nos chroniques, mais qui offre l’inconvénient d’obliger à utiliser des lampes assez coûteuses.
- Un deuxième moyen consisterait à employer un système de relais, par exemple un relais microphonique, mais jusqu’à présent ces dispositifs — et on les a surtout essayés lorsqu’on ne pouvait disposer que de postes à galène — n’ont pas permis d’obtenir des résultats suffisants en téléphonie.
- On peut également songer à utiliser des montages réflexes, c’est-à-dire des appareils dans lesquels la même lampe est employée à la fois comme amplificatrice haute fréquence et basse fréquence, la détection étant produite généralement au moyen d’un détecteur à galène ou au carborundum. On peut employer un dispositif de réaction capacitaire ou électromagnétique, et, en théorie, un poste de ce genre correspondrait donc à un appareil ordinaire à trois lampes.
- En pratique, pourtant, il n’en est pas ainsi, parce que le dispositif de rétroaction et de détection est beaucoup moins efficace. On peut, pourtant, espérer avoir la même amplification qu’avec deux lampes, et ce résultat serait déjà fort intéressant.
- Il faut noter, pourtant, que le montage d’un tel appareil doit être effectué soigneusement, et que son fonctionnement est rarement absolument régulier, surtout pour la réception
- Fig. 9. •—Poste anglais à une lampe trigrille, à chauffage indirect.
- A gauche : système d’accord à filtre passe-bande.
- A droite : dispositif blindé d’alimentation (d’après Wireless World).
- Prise de courant
- Blindage
- des émissions assez fortes, ce qui nous intéresse essentiellement au contraire, dans le cas actuel.
- Notons, à titre d’exemple, un schéma d’appareil réflexe, d’ailleurs relativement connu. L’accord est réalisé suivant le type « direct » ordinaire ou en Bourne, et les oscillations à haute fréquence recueillies par l’antenne agissent entre la grille et l’extrémité négative du filament. Elles sont transmises par l’intermédiaire d’un condensateur Cp de deux millièmes de microfarad, et la lampe joue alors le rôle d’une amplificatrice haute fréquence (fig. 7).
- Les oscillations ainsi amplifiées sont transmises par l’intermédiaire d’un transformateur à haute fréquence Tp à un détecteur à galène ou au carborundum D, qui est intercalé dans le circuit secondaire de ce transformateur.
- Fig. 8. — Principe du montage en détcc-Irice d'une lampe trigrille de puissance.
- Il y a alors détection et les courants basse fréquence provenant du détecteur viennent agir de nouveau entre la grille et l’extrémité négative du filament de la lampe, qui joue alors le rôle d’amplificatrice basse fréquence. Le récepteur téléphonique ou le haut-parleur est intercalé dans le circuit de plaque de la lampe.
- Il est essentiel pour le bon fonctionnement de l’appareil que la lampe ne détecte pas, et, dans ce but, on rend son potentiel de grille légèrement négatif ; on peut obtenir, d’autre part, un effet de réaction capacitaire au moyen d’un condensateur variable de quelques dix-millièmes de microfarad. Il vaut mieux utiliser un transformateur à basse fréquence T„ qui permettra de mieux amplifier après la détection par la galène; on choisira un transformateur de rapport 1/3 ou 1/4, et dont les enroulements présentent, autant que possible, une faible capacité, surtout entre primaire et secondaire.
- Il y a déjà longtemps que l’on a tenté d’utiliser ces montages avec plus ou moins de succès, d’ailleurs, mais l’apparition des lampes trigrille de puissance beaucoup plus récente, nous offre maintenant un nouveau procédé permettant de réaliser d’une façon beaucoup plus régulière de petits postes à une lampe qui permettront d’entendre en « petit » haut-parleur les émissions locales puissantes.
- Un tel poste est très facile à monter avec une de ces lampes qui comportent, comme on le sait, pue grille de contrôle, une grille de protection portée à un potentiel positif, et une grille « de sûreté » placée entre la grille de contrôle et la plaque, et qui a pour but d’empêcher le retour des électrons de la plaque vers la grille.
- Dans le montage indiqué sur la figure 8, on voit que la première'des grilles de la lampe, c’est-à-dire la grille de contrôle, permet de réaliser la détection par courbure de grille avec interposition simplement dans le circuit de gi'ille d’un condensateur de 0,1/1000 de microfarad, shunté par une résistance de 500 000 ohms. Cette résistance a une valeur moins élevée que dans la détection avec des lampes ordinaires, mais elle est nécessaire pour éviter d’obtenir des sons trop aigus. La grille auxiliaire de protection est alimentée par une résistance de 15 000 ohms, de façon à obtenir la tension nécessaire, et un condensateur de dérivation de deux microfarads empêche les oscillations.
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- Aucune tension auxiliaire de grille de contrôle n’est, d’ailleurs, appliquée.
- Dans le circuit de plaque, on place une bobine de choc basse fréquence à prise médiane de 35 henrys, et une bobine de choc haute fréquence du type ordinaire. Un condensateur de fuite de 0,001 de microfarad dérive les oscillations haute fréquence, tandis qu’un petit condensateur variable de 0,003 de microfarad assure l’effet de rétroaction. Un condensateur de sortie de deux microfarads dérive vers le haut-parleur les oscillations basse fréquence.
- Il est bon d’appliquer sur la plaque de la lampe une tension assez forte, de l’ordre de 120 à 160 v au minimum. D’autre part, lorsqu’on pourra obtenir facilement en'France des lampes trigrille de puissance à chauffage indirect, alimentées par le secteur alternatif, il sera très facile d’avoir un poste de ce genre complètement alimenté par le courant d’un secteur comme le montre la figure 9.
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- Grâce à sa simplicité, un tel poste pourra rendre de grands services à l’amateur des villes qui veut se contenter d’entendre les émissions locales en haut-parleur de petite intensité, mais avec une qualité de réception assez marquée.
- L’effet de sélectivité dépend naturellement du système d’accord utilisé; il ne peut évidemment être aussi accentué qu’avec un appareil à multiples étages haute fréquence, il est pourtant suffisant avec une petite antenne intérieure ou un cadre, surtout si l’on ne tente pas de recevoir les émissions étrangères, ce qui nécessiterait, d’ailleurs, l’utilisation d’une bonne antenne extérieure. P. Hémardinquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Piles de tension plaque de toutes capacités. Pile Hydra, 165, rue du Président-Wilson, Levallois-Perret.
- Nouveau type de condensateurs variables à tambours de repère. Établissements Aréna.
- = DETONATIONS INCONNUES =
- PRÉCÉDANT LES PERTURBATIONS ATMOSPHÉRIQUES
- ET SOLAIRES
- Dans l’après-midi du 16 février 1931, entre 15 h. 30 et 16 h.30, j’entendis à Bordeaux des détonations lointaines et puissantes, paraissant provenir de la région de l’Océan. Ces détonations ressemblaient à des décharges d’artillerie ou à des explosions de mines, elles se succédaient avec des intensités variables à des intervalles assez réguliers de 3 à 4 minutes, dans une atmosphère calme et brumeuse.
- D’autre part, d’après nos observations solaires du 15 et du 17 février, il semble fort probable qu’un gros foyer solaire prit naissance dans la région Est de l’astre, précisément dans l’après-midi du 16 février.
- Ce foyer composé de taches multiples et de plages facu-laires importantes, prit rapidement une grande extension et devint visible à l’œil nu, pendant les jours suivants. Il fut en évolution et en transformations continuelles, et des troubles électriques et magnétiques commencèrent à se manifester dès ce moment, tandis que la pression atmosphérique subissait une rapide dépression.
- D’importantes perturbations atmosphériques furent ensuite signalées dans l’Europe entière, elles furent accompagnées de tempêtes, de pluies très abondantes, de chutes de neige et d’inondations dans un grand nombre de localités. Ces perturbations atmosphériques et électromagnétiques persistèrent pendant une dizaine de jours; elles ne cessèrent qu’après la disparition du foyer solaire au bord ouest de l’astre, qui eut lieu du 25 au 26 février. Les détonations atmosphériques perçues au début de ces troubles ne furent du reste plus entendues pendant la durée des perturbations.
- J’avais déjà eu l’occasion de signaler à diverses reprises, depuis une quinzaine d’années, à la Société astronomique de Bordeaux, ainsi qu’à celle de Paris, des détonations entendues dans des circonstances semblables aux précédentes.
- Du reste, des observations analogues ont été faites depuis longtemps déjà dans de nombreuses localités telles que le Golfe du Bengale, le Brésil, la Colombie, la Syrie, l’Allemagne, la Bohême, l’Italie et la mer du Nord. Ces détonations ont été désignées en Angleterre sous le nom de « Barist Guns », et en Belgique sous celui de « Miet Zœfîers ». Toutefois, il est
- regrettable, que ces diverses observations n’aient pas été accompagnées d’autres remarques relatives à l’état de l’atmosphère et du soleil. Cependant divers observateurs remarquèrent que pendant ces mystérieuses manifestations l’atmosphère était calme ainsi que la mer et qu’on ne constatait généralement pas d’effets orageux.
- Ce phénomène fut observé dans les régions les plus diverses telles que celles voisines de la mer, des massifs montagneux, des exploitations minières. Les observateurs leur ont attribué les origines les plus diverses telles que terrestres, sismiques, atmosphériques et électriques sans qu’il ait été encore possible de les préciser davantage.
- Les détonations entendues à Bordeaux le 16 février furent généralement attribuées à des tirs d’artillerie au camp de Souge où ont lieu de fréquentes manœuvres militaires. Désireux d’être renseigné avec plus de précision sur ce point important, je m’en informais le jour même auprès de la Direction de l’Etat-Major de la 18e région. Après une minutieuse enquête, l’Etat-Major m’annonça, le 4 mars suivant, qu’il n’avait été exécuté aucun tir d’artillerie dans la région, pendant la journée du 16 février 1931 et qu’aucun exercice de bombardement n’avait été exécuté ce jour-là aux centres d’aviation de Cazaux et d’Houtin, enfin, que la destruction par explosifs n’avait pas eu lieu au port autonome ou à Pauillac, mais que par contre, des tirs d’artillerie avaient été exécutés entre 13 h. et 16 h. les 14 et 29 janvier, et le 24 février 1931.
- Il résulte de cette enquête que les détonations signalées le 16 février ne peuvent vraisemblablement être attribuées à des causes connues. Il semble cependant probable, d’après nos diverses observations, que la cause mystérieuse de ces explosions peut être rapprochée de celle des troubles électromagnétiques se manifestant également lors de la formation des foyers solaires importants et précédant de profondes perturbations atmosphériques.
- De nouvelles observations plus complètes permettront sans doute de mieux préciser la cause de ces singulières manifestations naturelles.
- Albert Nodon.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Mécanique des fluides, par II. Villat. l vol. 175 p.,85 flg.
- Gauthier-Villars et Cie, Paris, 1931. Prix : 50 Ir.
- L’enseignement de la mécanique des fluides, trop longtemps négligé en France, a pris un rapide développement en ces dernières années sous l’impulsion du ministère de.l’Air. Nous devons à ce mouvement la publication récente de plusieurs ouvrages de haut enseignement scientifique, dus notamment à MM. Painlevé, Roy et Villat. Dans son nouveau livre, M. Villat expose, avec la précision et la concision qui caractérisent en général les publications mathématiques françaises, les principales méthodes mathématiques dont on s’est servi jusqu’ici pour essayer d’édiiier les théories hydro- ou aérodynamiques. L’auteur ne présente pas de résultats nouveaux; il s’agit ici d’un cours pour les élèves de l’Ecole supérieure d’aéronautique; mais son exposé de théories devenues classiques est, en bien des endroits, entièrement original. Il rappelle d’abord les équations générales de l’hydrodynamique classique, du fluide parfait et ses principales conséquences : puis il résume les propriétés des fonctions harmoniques et le problème de la représentation conforme qui joue un rôle essentiel dans les théories modernes. Le reste de l’ouvrage traite des sujets suivants : théorème de Kutta-Joukowski, théorie de Prandtl et les surfaces portantes, les tourbillons alternés de Benard-Karman, la théorie des sillages; le dernier chapitre donne quelques indications sur la façon dont Oseen a abordé la théorie des fluides visqueux.
- Cours d'optique, par C. Bruiiat. 1 vol. 756 p., 657 fig. Masson
- et Cie. Paris, 1931. Prix, broché : 100 i'r.
- Le professeur Bruhat à qui l’on doit déjà deux excellents cours, l’un d’électricité, l’autre de thermodynamique destinés à l’enseignement supérieur continue cette série par un cours d’optique où l’on trouve les mêmes qualités de clarté, de rigueur et de solide composition que dans les ouvrages précédents. Le livre est surtout consacré à l’optique ondulatoire classique : il se borne à rappeler tout d’abord sommairement les définitions et les théorèmes fondamentaux de l’optique géométrique. Puis après trois chapitres d’introduction consacrés à l’étude mathématique générale des vibrations, de leur propagation et de leurs interférences, il aborde l’étude détaillée des interférences lumineuses : franges d’interférence, interféromètres et leurs applications, puis celle de la diffraction de la lumière. La quatrième partie du livre est consacrée tout d’abord aux preuves expérimentales de la transversalité des vibrations lumineuses, puis à l’étude de la théorie classique de la propagation de la lumière dans les milieux isotropes : réflexion et réfraction par les corps transparents et par les corps à absorption métallique, dispersion, absorption. La cinquième partie est de même consacrée à l’optique des milieux anisotropes : la sixième à des notions de spectroscopie suffisamment développées pour permettre au lecteur d’aborder ultérieurement l’étude' plus approfondie de ce domaine de la physique qui est actuellement le théâtre d’une prodigieuse activité de recherches.
- Viscosité et rigidité des liquides, par Jacques Duclaux,
- 1 broch. in-8, 72 p., 6 fig. Société d’éditions scientifiques, Paris
- 1930. Prix : 9 fr. 50.
- Cette conférence faite devant la Société de chimie physique reprend la question de la viscosité par le principe et elle conduit le lecteur très simplement des liquides purs et des solutions de cristalloïdes aux suspensions et aux liquides visqueux sans structure, puis aux liquides anormaux à structure, aux colloïdes, aux gelées, aux gels réversibles, cas de plus en plus complexes pour lesquels les notions physiques et les mesures habituelles perdent leur sens en même temps qu’apparaît le besoin de connaître les microstructures qui feraient comprendre les anomalies.
- Précis de chimie analytique, par G. Denigès, l. Chelle
- et André Labat, 6e édition revue et augmentée. T. II, 766 p., 40 fig.
- Maloine, Paris, 1931. Prix des deux tomes cartonnés : 175 fr.
- Le Précis de Chimie analytique du Professeur Denigès atteint aujourd’hui sa sixième édition ; ce chiffre est la démonstration même de l’utilité et de la valeur de cet ouvrage. Composé à l’origine pour les étudiants en pharmacie, le nombre de ses lecteurs s’est considérablement étendu et beaucoup de chimistes en France le regardent en quelque sorte comme un livre de chevet. C’est pourquoi l’auteur, tout en lui conservant sa forme didactique, s’est vu obligé de tenir compte dans la plus large mesure possible des progrès de la chimie analytique dont le domaine s’agrandit sans cesse. La nouvelle édition occupe deux volumes; elle a été revue avec le concours de deux professeurs de la Faculté de Bordeaux. Le tome II est consacré aux analyses quantitatives des principales espèces chimiques, des boissons, terres, engrais, eaux potables et aux analyses biologiques et médicales.
- Métabolisme et fonctions des cellules. Esquisse d’une physiologie des réactions productives d’énergie dans la cellule vivante, par L. gènevois. 1 vol. in-8, 118 p. Masson et Cie, Paris, 1931. Prix : 26 fr.
- Depuis quelques années, les cultures de tissus, l’étude des œufs en développement, les microméthodes ont permis d’analyser les échanges cellulaires. Meyerliof et Warburg ont montré que la vie est avant tout une fermentation et que la respiration n’a pour but que d’assurer la continuité du métabolisme; les deux phénomènes peuvent être dissociés et mesurés indépendamment. On a alors découvert qu’ils sont observables dans toutes les cellules vivantes, animales et végétales et qu’on peut les définir par le coefficient de Pasteur-Meyerhof qui lie la respiration, la fermentation aérobie et la fermentation anaérobie. Bien plus, ce coefficient est sensiblement le même, qu’il s’agisse des cellules embryonnaires, ou cancéreuses, ou en culture, des levures, des inucors, des ferments lactiques, des embryons ou des cotylédons de plantes. C’est donc là un phénomène absolument général qui fait pénétrer profondément dans les mécanismes des échanges vitaux. L’ouvrage de M. Gènevois expose clairement toutes ces nouvelles acquisitions et montre leur importance.
- Discovery Reports, issued by the Discovery Committee. Vol. II, 482 p., 185 fig., 7 pl. Cambridge University Press, 1930-1931. Prix : L 2, 8 sli. 3 d.
- La Nature a déjà parlé à plusieurs reprises de l’importante expédition anglaise dans l’Atlantique sud pour étudier la vie et la pêche des baleines. Elle lit aussi de nombreuses observations zoologiques et récolta beaucoup d’animaux. Le 2e volume qui vient de paraître contient une série d’intéressants mémoires consacrés à quelques-uns de ceux-ci. M. C. C. A. Monro décrit 245 espèces d’Annélides polycliètes dont certaines nouvelles; M. C. A. Nilsson-Cantell décrit 17 espèces de Cirrhipèdes dont 3 nouvelles, certaines fixées à la peau des baleines; M. J. R. Norman présente les nombreux poissons recueillis dont il fait la systématique; M. G. C. Robson étudie les Octopodes, M. J. F. G. Wlieeler discute les moyens de connaître l’âge des baleines; on sait, par son précédent mémoire en collaboration avec Mackintosh, qu’elles sont sexuellement mûres à l’âge de deux ans; il cherche dans l’ankylose des épiphyses et dans le nombre des corps jaunes des données précises sur leur âge. Enfin M. IL Graham Cannon fait l’anatomie détaillée d’un ostracode, Cypridina levis.
- L’hérédité, par Emile Guyénot, 2e édition revue et augmentée. 1 vol. in-16, 470 p., 47 fig. Encyclopédie scientifique. G. Doin et Cie, Paris, 1931. Prix : 32 fr.
- Le livre du professeur de l’université de Genève est un exposé remarquable de la question de la continuité de la matière vivante. 11 a dépouillé l’immense littérature écrite sur l’hérédité et a su en extraire les notions fondamentales. Celles-ci se présentent sous forme de lois et constituent une doctrine, le mendélisme, qui explique la transmission héréditaire par des caractères, des déterminants, des gênes, contenus dans les chromosomes du noyau des cellules sexuelles. Les exemples de transmission selon les lois de Mendel ne manquent pas et l’on en trouvera dans ce livre de nombreux exemples, même chez l’homme; ils servent d’ailleurs de guide à la génétique. Cette 2e édition, mise à jour, publiée si peu de temps après la première, montre que le sujet intéresse tous les savants, tous les philosophes, tous les praticiens de la biologie. C’est un livre fondamental.
- Contribution à l’étude du peuplement des îles britanniques, par w.-S. Bristowe, J. Cardot,W.-E. China, L. Dupont, H. Heim de Balsac, L. Joleaud, Martin E. Moseley, J. Sainte-Claire Deville, B.-P. Uvarov et A.-J. Wilmott. 1 vol. in-8, 193 p., fig. Paul Lechevalier, Paris, 1930. Prix : 60 fr.
- L’active Société de Biogéographie qui a déjà étudié le peuplement de la Corse et celui des hautes montagnes, vient de consacrer sa 3e publication aux Iles Britanniques. Après une esquisse des rapports de ces îles avec le continent aux diverses époques géologiques, établi par Joleaud, toute une série de spécialistes français et étrangers étudient la répartition géographique des mammifères, des oiseaux, des araignées, des orthoptères, des trichoptères, des hétéroptères, des lépidoptères, des coléoptères, des mousses et de la flore en général. Cette vaste enquête fournit, comme les précédentes, nombre de faits précis pour discuter les grands problèmes biologiques de l’origine et de la distribution des faunes et des flores.
- L’eau souterraine, par V. Petit. 1 vol. 130 pages, 65 fig., Ch. Beranger, Paris. A. de Boeck, Bruxelles, 1930. Prix : 52 fr.
- Dans ce livre d’un praticien on trouvera de brèves, mais utiles indications sur la technique du sondeur hydrologue.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de février et de mars 1931.
- PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE
- La sensibilité des Laminaires aux actions extérieures et Viodovolatilisation (M. P. Dangeard). — Les divergences qui séparent les différents auteurs tels que Hendrick, Tressler, Cameron, Stanford, dont les travaux ont porté sur l’analyse des plantes marines, source d’iode, s’expliquent, en partie, comme l’ont montré G. Sauvageau et P. Freundler, par l’influence de la région, de l’âge et de la partie de la plante étudiée, et la restitution, entière ou partielle, que chaque espèce fait à la mer à des époques déterminées. Les expériences récentes de M. Pierre Dangeard insistent sur la sensibilité des Laminaires aux actions extérieures d’ordre mécanique, thermique ou chimique, en montrant les causes susceptibles d’influencer l’iodovolatilisation naturelle, c’est-à-dire capables d’agir à l’échelle des phénomènes naturels et normaux de la vie de ces plantes marines.
- Quand on coupe un pied de Lam. flexicaulis immergé et qu’après l’avoir retiré de l’eau, on le laisse égoutter à l’air libre, en le tenant par la hase du stipe sectionné et par le sommet des lanières, les gouttes d’eau de mer, qui s’écoulent, bleuissent l’empois d’amidon dès qu’elles commencent à s’espacer. Le même fait se produit quand on retire de l’aquarium une Laminaire coupée qu’on y a conservée depuis peu. L’émersion permet donc de constater une production d’iode libre, mais elle a pour conséquence naturelle une sorte d’épuisement du pouvoir iodogène : on en peut conclure soit qu’elle agit dans le sens d’une augmentation de l’iodovolatilisation, soit qu’elle la provoque si elle n’existait pas auparavant. Des essais de même ordre indiquent la sensibilité aux actions mécaniques (étirement) ou thermiques (léger échauffement au contact de la main).
- On en peut conclure que les Laminaires vivant, dans les conditions naturelles présentent une sensibilité très grande à diverses actions extérieures, et qu’il faut faire intervenir les alternatives d’émersion et d’immersion, les variations de température et le choc des vagues, comme susceptibles de provoquer l’iodovolatilisation ou de faire varier son intensité.
- HYGIÈNE
- Stérilisation des eaux par les métaux (MM. F. Dienert et P. Etrillard) . — En opérant avec des spirales d’argent, de zinc, d’aluminium ou de nickel, les auteurs infirment d’abord une théorie physique, récemment émise et qui admet que les spires du métal viennent altérer la fréquence d’une oscillation cellulaire, et ils indiquent combien le mode opératoire est plus simple quand on agit avec du sable argenté, suivant le procédé de Kayser.
- Au bout de quelques minutes de contact, le Bact. coli disparaît, et le même résultat s’obtient avec des germes pathogènes après une demi-heure. L’eau ayant passé sur le sable argenté contient moins de 0,003 mg d’argent par litre. Elle reste bactéricide pour les germes non sporulés et le bactériophage y est rapidement détruit. Mais elle est sans action sur les diastases comme la présure, la sucrase, la pepsine et la pancréatine. Pour lui enlever ses propriétés microbicides, il suffit de filtrer de nouveau sur sable ordinaire qui peu à peu acquiert ainsi des propriétés antiseptiques. Le pouvoir abiotique, le fait est à noter, n’est altéré ni par le temps, ni par l’ébullition, mais fortement ralenti par l’introduction de sel marin. Si la teneur en cet élément ne dépasse pas 0,2 gr au litre, le seul contact avec le sable métallisé par l’argent, pen-
- dant quelques minutes, suffit à détruire tout germe pathogène. Ensuite, il convient de laisser l’eau dans un réservoir quelconque et de la filtrer rapidement à travers du sable ordinaire pour qu elle sorte épurée, sans goût ni odeur, et débarrassée des substances microbicides.
- GÉOLOGIE
- La constitution de la chaîne du Semnoz (M. Léon Moret). — Aux carrières de Volvray, au sud d’Annecy, où la montagne forme une voûte dissymétrique urgonienn'? et néocomienne, déjetée vers l’ouest, l’exploitation du Valan-ginien coralligène a fourni à l’auteur une coupe fraîche qui, de haut en bas, en allant vers le sud, offre xne série d’assises calcaires, au nombre de huit, à partir des marno-calcaires hauteriviens à Toxaster qui affleurent vers l’entrée du tunnel de la voie ferrée Annecy-Albertville.
- Au total, en montrant des complications assez inattendues du point de vue tectonique, par l’examen de la base du front de taille, M. Léon Moret signale les variations du valanginien, suivant l’axe de la chaîne du Semnoz. Au nord, à Vovray, le jurassien domixe (Purbeckien), tandis qu’au sud, au Nivollet, il s’efface devant le type mixte dauphinois (Berriasien). Les faciès sont nettement obliques aux lignes tectoniques et les calcaires lacustres à Char a représentent, vers l’est et dans une chaîne tectoniquement alpine, la dernière marque des lagunes purbeckiennes qui se sont étendues, au sud, jusqu’aux environs de Voreppe.
- CHIMIE BIOLOGIQUE
- La teneur des plantes alimentaires en aluminium
- (M. G. Bertrand et Mme G. Lévy).— Ayant signalé les divergences qui séparent, dans des recherches de même nature, les précurseurs connus, Mac Collum, Raslc, Becker, Kahlen-berg et Closs, les auteurs ont fait porter leurs analyses sur des échantillons contenant de 25 à 50 g de matière sèche, qui, soigneusement débarrassés des particules de terre et des poussières adhérentes, ont été séchés, puis incinérés au rouge naissant, le métal étant dosé dans la solution acide des cendres à l’état de phosphate et le précipité obtenu ne pouvant contenir que 5 pour 100 d’impuretés, comme la silice ou l’acide titanique.
- Les graines (maïs, flageolets, lentilles, soja, malt, chou), sont en général fort pauvres. Si le café donne 46 mg 2 (par kg de matière sèche), dans le cas de l’arachide, 100 g de graines ne donnent pas un phosphate en quantité pondérable. Les feuilles présentent des teneurs relativement élevées, en particulier la mâche (96 mg), l’épinard (de 96 à 104 mg), l’oseille (121 mg), le radis (de 157 à 280 mg) et le thé de Ceylan (465 mg). Les racines comestibles sont moins riches que les racines ordinaires, la culture ayant développé considérablement le tissu parenchymateux; on rencontre des teneurs du même ordre de grandeur dans les tubercules, les bulbes et les fruits charnus ou succulents : la banane est particulièrement pauvre dans la partie comestible (1 mg 4), alors que l’on peut trouver 185 mg dans la frake.
- Les auteurs reconnaissent une certaine proportionnalité dans les feuilles entre la teneur en métal et la teneur en chlorophylle, les feuilles vertes étant les mieux favorisées. Sans doute, le fait peut-il s’expliquer par une intervention du métal dans les phénomènes nutritifs de la plante, qui viendrait appuyer l’emploi du sulfate d’aluminium comme engrais catalytique. Paul Baud.
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- CHRONIQUE D’AVIATION
- Les lignes aériennes de la Compagnie générale Aéropostale.
- Le Parlement a été saisi, il y a quelque temps, des difficultés financières de la Compagnie générale aéropostale; ce fut l’occasion de vifs combats politiques dont la presse quotidienne s’est fait l’écho. Mais personne n’a fait ressortir l’admirable effort technique déployé par cette Compagnie pour l’exploitation de ses lignes aériennes; on n’a retenu que les critiques faites contre ses dirigeants, que du reste on a laissé sombrer sans pitié.
- Dans Le Génie Civil, M. Delimal réagit contre cette injustice en décrivant l’organisation réalisée par la Compagnie générale Aéropostale.
- Celle-ci, on le sait, a repris en 1927 l’ancienne ligne du Maroc : Toulouse-Casablanca, créée en 1919 par M. Laté-coère; mais elle l’a prodigieusement développée, en étendant son service postal à une grande partie de l’Amérique du Sud et en poussant à un haut degré de perfection l’organisation des lignes.
- Les principales lignes exploitées par la Compagnie Aéropostale sont Toulouse-Casablanca; Casablanca-Dakar; Dakar-Natal (Brésil) par avisos; lignes aériennes de l’Amérique du Sud.
- La ligne Toulouse-Casablanca (1845 km.) par Barcelone, Alicante, Tanger, Rabat est exploitée avec une très grande régularité; le trajet s’effectue en 9 heures de vol, parfois moins; départs tous les jours dans les deux sens. La route est bien balisée sur toute sa longueur : en France, en Espagne, au Maroc.
- Elle est pourvue de nombreux postes de T. S. F. et permet les trajets de nuit aussi bien que de jour, et jusqu’à un certain point le vol par temps de brume.
- La ligne de l’Afrique Occidentale (Casablanca, Agadir, Cap Juby, Villa Cisneros, Port Etienne, Saint-Louis-Dakar) est longue de 2850 km. ; elle traverse dans le Rio del Oro et la Mauritanie des régions sauvages, quasi désertes, mais parcourues par des bandes de pillards prêts à rançonner les aviateurs contraints à quelque atterrissage. Grâce au perfectionnement des appareils, les incidents de ce genre sont devenus rares : la ligne comporte un grand aéroport à Agadir avec hangars, ateliers et station de T. S. F.; service hebdomadaire : durée du parcours Toulouse-Dakar : 41 heures et Dakar-Toulouse : 45 heures.
- En mars 1928, la Compagnie Aéropostale, concessionnaire depuis 1927 de divers services en Amérique du Sud, décida de réaliser la liaison postale Toulouse-Buenos-Ayres ; faute d’hydravions susceptibles d’assurer d’une façon régulière la traversée entre Natal et Dakar (3200 km), il fallut recourir à des navires (depuis octobre dernier le service est effectué par 4 petits avisos à moteurs Diesel, spécialement construits à cet effet, et qui effectuent la traversée en 105 heures environ).
- En Amérique du Sud, de Natal à Buenos-Ayres, la ligne suit la côte par Pernambouc, Bahia, Rio-de-Janéiro, Montevideo; à Buenos-Ayres elle se prolonge sur Santiago de Chili, avec traversée de la Cordillère des Andes à 6000 ou 7000 m d’altitude.
- La longueur totale de la ligne principale, de Natal à Santiago, est de 5850 km.
- Cette ligne est parfaitement équipée : balisage, station de T. S. F., terrains d’atterrissage, aérodromes, rien n’a été négligé, dit M.. Delimal, pour assurer la régülarité et la rapidité des services.
- A Buenos-Ayres et Santiago ont été créés deux grands aérodromes : celui de Buenos-Ayres a été équipé de nombreux ateliers de réparation.
- Le trajet de Buenos-Ayres-Natal prend aujourd’hui 41 heures environ, et la durée moyenne du trajet d’une lettre entre Buenos-Ayres et Toulouse est abaissée à 8 jours; elle dépasse très rarement 10 jours. Quand on pourra assurer un service aérien régulier sur l’Atlantique Sud, cette durée tombera à
- 4 jours.
- En Amérique du Sud, la Compagnie Aéropostale exploite encore, par des liliales, une ligne de Buenos-Ayres à Ascencion du Paraguay et une ligne de Buenos-Ayres à Rio Galegos (Patagonie), traversant du Nord au Sud toute l’Argentine; elle a de petites lignes en Bolivie et au Venezuela. Enfin en France elle exploite encore : Paris-Biarritz-Madrid; Bordeaux-Toulouse, Alger-Casablanca et Marseille-Alger (800 km en
- 5 heures par hydravion).
- La Compagnie dispose de 190 appareils volants environ, dont une cinquantaine d’anciens Breguet-14, gardés en réserve et 140 avions et hydravions Latécoère, 4 avisos mentionnés plus haut, 4 petits cargos de ravitaillement, des vedettes de dépannage, etc.
- Le réseau a été équipé par 55 stations radio-électriques, dont 44 de service régulier et 11 de secours.
- Chacune d’elles est munie de radiogoniomètres permettant de relever la position des appareils en panne et de signaler aux avions leur position quand pour une raison quelconque, la brume par exemple, ils ne peuvent faire leur point eux-mêmes. R. V.
- Record du monde de durée.
- Le monoplan de raid « Blériot-Zappata 110 », qui avait déjà effleuré, en novembre dernier, le record du monde de durée des aviateurs italiens Maddalena et Cecconi, vient de s’attribuer ce record en le portant à 75 h 23 m (le record précédent était de 67 h 13 m). ,
- Au cours du même vol, le record du monde de distance en circuit fermé a été élevé à 8805 km.
- Ces performances ont été réalisées les 26, 27 et 28 février et 1er mars derniers par l’équipage Bossoutrot-Rossi sur les circuits : Lourmel, La Sénia, Blad, Touaria, et Lourmel-La Sénia, Pont-aux-Poules (230 km 450, et 164 km 330).
- Le « Blériot-Zappata 110 » emportait au départ 6250 litres d’essence et 300 litres d’huile. R pesait 7500 kg.
- Dispositif de sauvetage.
- On essaie actuellement, en Angleterre, un dispositif qui doit permettre à un avion de surnager en cas de panne le forçant à descendre à l’eau.
- Il consiste en sacs disposés autour du fuselage et appelés à jouer le rôle de la vessie natatoire des poissons.
- Au cours des expériences, l’avion a commencé par s’enfoncer jusqu’à la partie supérieure, puis sous l’action des flotteurs, il émergea jusqu’au fuselage, laissant au pilote la possibilité de quitter son poste.
- Ces essais ont été jugés assez satisfaisants pour qu’il ait été décidé de munir de ces flotteurs tous les nouveaux types d’appareils.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ASTRONOMIE
- L’éclipse de lune du 2 avril dernier.
- Ainsi que nos lecteurs l’ont appris, une éclipse de Lune, particulièrement intéressante par sa longue durée, s’est produite le 2 avril dernier. En effet, cette éclipse, commençant à 17 h 27 m, ne se terminait qu’à 22 h 47 m et la période de totalité, pendant laquelle la Lune se pare de sa merveilleuse coloration cuivrée bien connue, s’étendait de 19 h 22 m à 20 h 52 m.
- A l’Observatoire de la Société Astronomique de France, les préparatifs les plus minutieux avaient été pi’is pour photographier cette éclipse dans les meilleures conditions possibles. De plus, les aspects successifs du phénomène devaient être transmis par l’intermédiaire de plusieurs stations de radiodiffusion.
- Malheureusement, le mauvais temps persistant, prévu
- Fiçi. 2. — Phtographie obtenue à 21 h 10 m. (Cliché A. Budry.)
- d’ailleurs par la baisse continue du baromètre, a considérablement réduit l’efficacité de ce programme. M. Em. Touchet, vice-président de la Société, prit cependant la parole devant le microphone et, après avoir espéré que les conditions météorologiques défavorables ne s’étendaient pas à toute la France, il donna aux auditeurs les conseils nécessaires pour profiter d’une éclaircie éventuelle.
- En fait, on ne vit que peu de chose; pourtant vers 20 h 15 ni la Lune se montra quelques instants entre deux nuages et l’on put admirer sa belle nuance orangée caractéristique.
- L’appareil photographique à long foyer, monté depuis peu sur la lunette équatoriale, étant maintenu constamment prêt à opérer, il fut possible d’enregistrer quelques images assez satisfaisantes vers la fin de l’éclipse. Celles que nous reproduisons ci-contre (fig. 2 et fig. 3), obtenues respectivement à 21 h 10 et 21 h 38, alors que la pénombre obscurcissait encore la surface du disque lunaire, montrent bien l’allure générale du phénomène.
- Fig. 1. — L’arrière de la lunette équatoriale montrant le porte-plaque du grand appareil photographique.
- Souhaitons qu’à la prochaine éclipse de Lune, qui aura lieu dans des conditions presque semblables le 26 septembre de cette année, de meilleures conditions météorologiques permettent de mieux profiter, à tous points de vue, de ce beau spectacle céleste. A. IIamon.
- PHYSIQUE DU GLOBE
- Le tremblement de terre de Managua (Nicaragua).
- Le 31 mars dernier, un très bref, mais très violent tremblement de terre a jeté bas la majeure partie de la ville de Managua, capitale du Nicaragua. La principale secousse se fit sentir à 11 h 2; d’autres secousses violentes se produisirent le même jour à 21 h 15 et le 1er avril à 5 h 15, achevant la des-
- Fig. 3. — Photographie obtenue à 21 h 38 m. (Cliché A. Budry.)
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- truction due au premier choc et aux incendies qui le suivirent.
- On estime le nombre des victimes à 500 au minimum, le total atteignant peut-être 2000. Managua était autrefois une ville prospère et paisible de 50 000 habitants environ. Il n’en reste plus que des ruines. Si l’Amérique Centrale, dans son ensemble, a été fréquemment érpouvée par les tremblements de terre, et si le Nicaragua possçde deux zones sismiques, du l'este assez éloignées de Managua, il ne s’était jamais révélé de centres sismiques actifs au voisinage immédiat de la capitale et celle-ci pouvait se croire en sécurité : ce n’était malheureusement qu’une illusion.
- AÉRONAUTIQUE
- Les causes de la destruction du R=101.
- Après la catastrophe du R-101, survenue à Allonne, près Beauvais, le 5 octobre 1930, et qui coûta la vie à 50 personnes, dont le ministre de l’Air anglais, Lord Thomson, le gouvernement anglais constitua une commission d’enquête chargée d’élucider les causes de l’accident. Celle-ci vient d’achever ses travaux et d’en publier les résultats; le compte rendu de ses laborieuses investigations forme un document du plus haut intérêt pour les spécialistes de la navigation aérienne. Il fait, en effet, l’historique de la conception et de la construction du R-101 et met en évidence toutes les particularités nouvelles qui caractérisaient ce bâtiment; lorsqu’il fut achevé les constructeurs éprouvèrent une forte déception, le poids en était trop élevé, et laissait une marge trop faible au poids utile pour permetti’e d’envisager un voyage sans escale d’Egypte aux Indes, conformément au programme en vue duquel le navire était conçu. On tenta de remédier à ce défaut par deux procédés : tout d’abord allégement de la structure de l’aéronef, par suppression d’organès non indispensables et par simplification du système d’arrimage des ballonnets inférieurs; mesure sans doute fâcheuse, car c’est précisément à ce mode d’arrimage que la commission croit pouvoir imputer la catastrophe.
- Une autre mesure consista à accroître la force ascensionnelle en accroissant le volume du ballon par adjonction d’une section supplémentaire au centre de l’enveloppe. Toutes ces modifications exigèrent de longs mois de travail : quand elles furent achevées, on se contenta d’un court essai de navigation, pour donner au bâtiment son certificat de navigabilité, sans même attendre le rapport écrit des experts chargés de contrôler l’essai, et aussitôt l’on entreprenait le grand raid qui devait se terminer si promptement d’une façon tragique, tant on avait confiance dans le nouveau bâtiment.
- La Commission d’enquête, après avoir analysé méticuleusement toutes les circonstances de ce voyage et pesé toutes les hypothèses, conclut qu’une seule explication est plausible : c’est celle qui attribue la catastrophe à une perte rapide de gaz provenant de l’un des principaux ballonnets d’avant, perte venant s’ajouter à l’alourdissement graduel dû à des fuites de gaz provoquées par le frottement des ballonnets contre l’enveloppe. !
- Un violent courant d’air de haut en bas a fait piquer du nez à l’engin, mouvement qui peut avoir provoqué, ou accéléré une usure de l’enveloppe extérieure. L’air se précipitant à travers l’ouverture ainsi produite peut avoir fait naître ou élargi une fissuré dans le ballonnet interne. Le vent était alors violent et variable. Le ballon a dû être surpris par la bourrasque dirigée de haut en bas au moment où le pilote cherchait à corriger, par la manœuvre des gouvernails de profondeur, une trop brusque ascension.
- Il semble donc bien que ce soit la défaillance desJa«ynnets intérieurs qui, en diminuant peu à peu le pouvo^^^^slsionnel du dirigeable, ait finalement entraîné la catastrophe.
- HYGYÈNE
- La lutte contre les rats par la scille.
- La scille maritime (Urginea maritima) ou oignon de mer, est une plante de la famille des Liliacées, dont le bulhe fournit un extrait, qui a la précieuse propriété d’être un violent toxique pour les rongeurs, tout en étant à peu près inoffensif pour l’homme et les animaux domestiques.
- Cette propriété est connue et a été mise à profit depuis longtemps. Un grand nombre de raticides actuellement en faveur sont fabriqués avec des extraits de scille. Cependant, on reproche aux préparations à base de scille, d; ne pas avoir une toxicité constante : celle-ci peut varier beaucoup suivant le traitement auquel a été soumis le bulbe à partir de sa récolte. On a donné d’abord la préférence aux extraits et préparations liquides, à cause de leur plus grande stabilité, les produits en poudre, d’emploi cependant plus commode, étant très variables dans leurs effets.
- Le Département de l’Agriculture des Etats-Unis a entrepris, depuis 1923, une étude de la scille, en vue de la lutte contre les rongeurs et son effort a porté en particulier sur la mise au point de produits en poudre. La conclusion est que l’on obtient une poudre de toxicité maxima en séchant, à une température constante de 80° C, les bulbes découpés en tranches ; on obtiendrait ainsi des résultats d’une parfaite régularité. On fait actuellement aux États-Unis une très grande consommation de ces poudres. Il est à noter que la scille maritime croît en abondance en Algérie et au Maroc; elle doit constituer pour nos possessions de l’Afrique du Nord une ressource intéressante, et en même temps apporter une aide précieuse à l’agriculture métropolitaine.
- CONSTRUCTION
- Adjonction de carbonate de baryum aux briques.
- Les briques présentent souvent des efflorescences blanches après leur cuisson ou bien après leur exposition à l’air humide.
- Ces efflorescences déprécient les briques auprès des entre-, preneurs, et en rendent mauvais le jointement et l’hydrofuga-tion. Elles semblent dues à du sulfate de chaux hydraté qui se forme, et aussi à la présence dans les argiles de pyrites de fer qui, à la cuisson, dégagent de l’anhydride sulfureux, qui se combine à la chaux et à la magnésie ou même à la soude contenue dans l’argile. Il peut aussi y aVuir d’autres causes telles que le gâchage de l’argile avec des eaux par trop séléni-teuses.
- On y remédiera en ajoutant, au gâchage, d’après W. Dietrich:
- (<Chemical Trade du 22-111927, traduit de La Reçue des Produits Chimiques) une quantité minime de carbonate de baryum calculée d’après le dosage dans les briques de l’acide sulfurique combiné à la chaux et à la magnésie, de manière à produire dans la masse la double décomposition suivante :
- CO’Ba SO’Ca ou SO’Mg = SO'Ba + CO'Ca ou CO"'Mg.
- On pourrait aussi employer du chlorure de baryum gâché dans la masse au lieu de C03Ba. Mais dans le premier cas, on a tous corps insolubles alors que dans le second, on a :
- SO!Ca ou SO’‘Mg + BaCl2 = SOlBa + CaCP ou MgCP soit deux corps solubles.
- On peut même ajouter du carbonate de baryum en sensible excès sur la quantité réactionnelle sans inconvénient. Au contraire, dit-on, la brique s’en trouve améliorée au point de vue des propriétés physico-chimiques. Le grain devient fin et la couleur s’uniformise.
- A. H.
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- PETITES INVENTIONS
- CARROSSERIE Timons contreplaqués.
- On connaît les panneaux de bois contreplaqués. Ils sont composés habituellement de deux feuilles de bois renfermant entre elles une troisième feuille à fibres placées dans un sens perpendiculaire aux fibres des feuilles extérieures. Ainsi le bois ne peut « travailler », c’est-à-dire s’étendre ou se rétrécir suivant qu’il y a moins ou plus d’humidité. Le panneau reste plan et peut être léger car la résistance est augmentée.
- Le placage a lieu habituellement sous pression avec collage à la caséine insoluble dans l’eau.
- Une application plus récente est celle des flèches ou timons de machines agricoles. En France on les fabrique surtout en frêne, bois nerveux, élastique et assez léger. Mais il peut se présenter un défaut rompant la régularité de résistance. Dans un tournant une ornière peut retenir une roue et la flèche casse.
- Si on débite le timon en trois planches, qu’on retourne bout pour bout celle du milieu et reboulonne le tout, on aura aug-
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- Fig. 1. — Essai d’un limon contreplaqué.
- mente l’élasticité puisque le « défaut » intéressant l’épaisseur du timon sera réparti en deux points de la longueur.
- Si on colle sous pression les trois morceaux par les procédés du contreplacage, on aura encore augmenté davantage l’élasticité. Couché sur le côté, et encastré, le timon chargé prendra une courbe régulière (fig. 1). Ce procédé est adopté par une fabrique de faucheuses et moissonneuses qui n’a pas pu encore arriver à remplacer le bois par l’acier dans les timons.
- Le bois tient bon quand on sait l’employer.
- Pierre Larue.
- CONSTRUCTION
- Le « Murunic » élément constitutif de mur en béton armé.
- Le problème de la construction économique est plus que jamais à l’ordre du jour. Il ne peut être résolu qu’en réduisant la main-d’œuvre nécessaire, ou, ce qui revient en général au même, en réduisant le temps de la construction.
- Le système « Murunic », imaginé par MM. Charbonnier et Bardot, apporte à ce problème une contribution originale et des plus intéressantes. Il réside dans l’emploi d’un élément toujours identique à lui-même, donc susceptible d’être fabriqué en grande série et à bon marché, et qui cependant se prête à
- Fig.
- — Éléments Murunic assemblés sous différents angles.
- toutes les combinaisons de montage, permettant de réaliser aisément les formes de construction les plus diverses :
- L’élément « Murunic » se présente sous la forme d’un panneau ou dalle en béton armé dont l’une des extrémités est renforcée par une tête évidée polygonale pourvue d’une ouverture verticale en fer à cheval pour recevoir suivant une orientation et jusqu’à une profondeur variable l’élément adjacentB. Celui-ci peut ainsi coulisser horizontalement pour faciliter l’espacement des points d’appui ou verticalement pour permettre au besoin la dénivellation des travées.
- Il suffit de superposer les pièces ainsi assemblées pour construire un mur : la liaison des éléments s’effectue par un simple remplissage en béton de ciment des têtes d’assembla -ges : celles-ci constituent alors de véritables colonnes continues qui of-rent une s tabilité et une liaison parfaites en même temps qu’une grande ré-' sistance à la compression. Grâce à l’évidement en fer à cheval de la tête d’assemblage, l’élément peut être orienté suivant toute direction désirée et l’on peut ainsi, sans avoir rien à modifier à l’élément, obtenir des changements de direction sous n’importe quel angle, et par suite réaliser toutes les formes en plan que l’on désire.
- Un seul type de moule, à noyau pivotant, suffit à la fabrication de tous les éléments. L’élément est à la fois léger et résistant, il permet des constructions dont le poids mort est réduit au minumum, ce qui réduit notablement le prix des fondations, celles-ci étant réduites, dans la plupart des cas, à un simple dé en béton sous chaque colonne.
- L’élément « Murunic » peut être employé nu, par exemple pour des bâtiments industriels, agricoles, murs de clôture, etc.
- Il peut aussi recevoir en application sur l’une ou l’autre de ses faces une paroi
- Fig. 4. — Mur à double paroi.
- Fig. 3. — Exemple de montage.
- supplémentaire, en ciment projeté sur lattis métallique et constituer un mur hydrofuge et isotherme (fig. 3).
- Explcypftion du procédé ru-
- ine, 35, ruflÊj^îe&yNp-tits - Champs, Paris.
- Lattis métallique
- Lattis métallique
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Expériences de « lecture au son ».
- On trouve facilement des manipulateurs pour des expériences de transmission de signaux télégraphiques dans la plupart des maisons qui vendent des accessoires de T. S. F. Nous pouvons vous signaler en particulier la maison Péricaud, 85, boulevard Voltaire, et 6, rue Lafayette, à Paris; la Société française radioélectrique, 79, boulevard Haussmann, à Paris; la Maison Chabot, 43, rue Richer, à Paris, etc.
- Il existe des livres qui indiquent les méthodes pour apprendre rapidement la lecture au son. Vous pourrez trouver des renseignements à ce sujet dans Le poste de l’amateur de T. S. F. (Chiron, éditeur). A cette même librairie, il existe une Méthode mnémotechnique pour l’apprentissage de la lecture aux sons.
- D’autre part, on peut réaliser soi-même ou trouver dans le commerce des appareils plus ou moins automatiques, permettant de s’exercer rapidement dans l’envoi ou la réception des messages télégraphiques ou radiotélégraphiques. Vous pourrez par exemple trouver la description d’un appareil très simple de ce genre dans La pratique radioélectrique (Masson, éditeur). Il existe aussi des appareils plus complexes dans les écoles de radioélectricité, en particulier l’appareil Lesclin.
- Réponse à M. P. de L. à Soissons (Aisne).
- Choix d’un poste pour la réception dans les colonies.
- Comme nous l’avons expliqué plusieurs fois dans la revue, les conditions particulières de la propagation des ondes hertziennes dans les contrées tropicales imposent presque toujours la nécessité d’utiliser des ondes très courtes, de la gamme de 10 à 60 mètres environ, aussi est-il nécessaire, lorsqu’on veut installer dans les colonies un poste récepteur, permettant non seulement la réception des émissions locales, mais encore celles des postes des autres parties du monde, d’établir un appareil adapté pour la réception de ces émissions sur .ondes courtes.
- Il est, d’autre part, utile de prévoir une construction mécanique de l'appareil étudiée suivant les conditions locales, c’est-à-dire, par exemple, que l’on devra éliminer toutes les pièces d’ébénisterie pouvant être altérées par la chaleur et l’humidité, et aussi qu’on devra proscrire, en général, les métaux sensibles aux mêmes agents atmosphériques, en particulier l’aluminium. De plus, l’appareil choisi devra être généralement peu encombrant afin de permettre un transport facile.
- Le type de poste qui semble donc convenir dans ces conditions est le montage à une lampe détectrice à réaction plus ou moins modifiée, suivie d’un ou deux étages basse fréquence, et qui peut être précédée d’un étage d’amplification haute fréquence à lampe à grille écran, afin d’augmenter la sensibilité et de diminuer la difficulté de réglage.
- Il existe, d’ailleurs, une autre solution qui consiste à adopter un montage à changement de fréquence avec une lampe changeuse de fréquence faisant osciller sur les très hautes fréquences correspondant à ces ondes très courtes. Mais, en général, ce montage comporte un nombre d’étages plus grand que celui de la première catégorie, et c’est pourquoi il nous semble préférable que vous adoptiez un appareil du premier type.
- Ce montage pourra d’ailleurs être disposé dans une boîte entièrement métallique qui assurera sa protection à la fois contre les chocs mécaniques et les agents atmosphériques; d’autre part, il semble possible de prévoir l’alimentation par batterie d’accumulateurs ou piles amorçables, et, d’un autre côté, l’utilisation éventuelle d’une boîte d’alimentation fournissant du courant redressé et filtré et pouvant être connectée à un secteur de distribution quelconque.
- Nous pouvons vous signaler, parmi les fabricants spécialisés dans la construction de ces appareils, le Comptoir général de T. S. F., 11, rue Cambronne, à Paris; les Etablissements Dyna, 43, rue Richer, à Paris; les Etablissements Gody, à Amboise (Indre-et-Loire); la Société française radioélectrique, 79, boulevard Haussmann à Paris, etc.
- Réponse à M. R. D., à Bécon-les-Bruyères (Seine).
- Construction d’un poste récepteur destiné à recevoir les émissions au casque.
- Il est assez difficile de construire un poste assez £,$Jjpjgj|f et devant être assez sensible pour permettre la réception d#Ha majorité des
- émissions européennes avec un collecteur d’ondes réduit, sans employer un nombre de lampes suffisant.
- Le poste que vous aviez réalisé tout d’abord est excellent par son principe, mais il est bien évident que l’absence de tout étage d’amplification haute fréquence devait à la fois réduire la sensibilité et la sélectivité, aussi les résultats que vous aviez déjà obtenus étaient relativement intéressants.
- Nous pensons que vous ne voulez pas employer un appareil comportant beaucoup d’étages, et c’est pourquoi nous pouvons vous conseiller de tenter la réalisation d’un poste comportant une lampe bigrille changeuse de fréquence, une lampe moyenne fréquence à grille écran et une lampe détectrice. Un tel appareil doit vous permettre d’obtenir une sensibilité suffisante pour recevoir au casque la plupart des émissions européennes. D’autre part, il a, par son principe même, une sélectivité bien plus grande que votre appareil primitif.
- Cependant, pour augmenter cette sélectivité, il paraît indispensable de déterminer soigneusement le système d’accord d’antenne à utiliser, d’autant plus que cette antenne est une antenne spéciale de fortune qui doit provoquer un amortissement assez intense, et dont la longueur d’onde propre n’est sans doute pas extrêmement bien définie.
- Vous pourrez donc utiliser soit un montage d’accord avec primaire apériodique, soit un montage Bourne, soit même un montage en Tesla, qui pourrait encore être perfectionné par l’adoption d’un filtre de bande. Réponse à M. Rolland, à Paris.
- De tout un peu.
- M. Faure à Béziers. —• Voici comment on peut avec facilité préparer un écran pour projection :
- Sur le cadre en bois, aux dimensions appropriées, on cloue un calicot, en ayant soin d’interposer entre le châssis et l’étoffe, un carton blanc mat. Pour éviter que la cloüure soit visible, on fait celle-ci sur les côtés du châssis au moyen de semence.
- On donne alors à la toile une couche de peinture blanche ordinaire qui a pour but d’empêcher le gondolement par humidité, puis une fois la peinture bien sèche on applique l’enduit suivant calculé pour un
- mètre carré :
- Collodion à5%............................. 250 grammes
- Carbonate de chaux précipité . .......... 15 —
- Poudre d’aluminium........................ 25 —
- Alcool à brûler q. s. pour obtenir 500 cc.
- On broyé au mortier le carbonate de chaux et la pondre d’aluminium, on ajoute le collodion, en agitant bien, on met en flacon à col large et complète par la quantité convenable d’alcool d’après l’indication ci-dessus.
- Enduire la boîte de cette préparation avec une queue de morue large, en employant la moitié de la préparation;.veiller à la régularité d’application, bien imbiber la toile et finir en passant tous les coups de pinceau dans le nfême sens.
- Laisser bien sécher, passer une seconde couche avec la moitié restante de la préparation maintenue homogène, laisser enfin sécher complètement la toile qui se retendra d’elle-même en donnant un écran parfait pour projection par réflexion.
- M. Libes à Nîmes. — L'huile de baleine extraite des animaux aussitôt après leur prise, ainsi qu’il est relaté dans l’article de notre revue du 15 octobre 1930, ne présente pas d’odeur nauséabonde et peut servir à la fabrication des savons fins, mais il n’en est pas de même de l’huile retirée des baleines tüées depuis un certain temps et dont le dépeçage n’est effectué qu’une fois les cétacés amenés à la côte.
- C’est, croyons-nous, beaucoup aux produits secondaires, malheureusement trop odorants, en particulier à l’acroléine et aux ammoniaques composés que cette huile de baleine doit ses propriétés insecticides; l’en priver serait très probablement la rendre sinon inefficace, tout au moins peu active.
- Eventuellement, toutefois et sans pouvoir vous assurer un résultat certain, nous vous conseillons d’essayer l’addition d’un peu de chlorure de chaux (poudre de chlore) à votre savon pour le désodoriser et en permettre l’emploi sans trop d’inconvénients; quelques essais systématiques vous fixeront sur la quantité minima à incorporer.
- Le Gérant : G. Masson.
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- Paris. Imp. Lahure — i-5-i93i.
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- Prix du Numéro : 3 francs
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- Paraît le 1er et le 15 de ^charme mois (48 pages par numéro)
- LA
- MASSON et C'®, Editeurs, 120, Boulevard Saiht-Gefm/dn,L PAJJJ’S, VIe (T{. C Seine : j5.234) Têt. Littré 48-92 et 48-93.
- p' î-1, «•
- PRIX DE L’ÀBONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n"), 70 fr. ; — 6 mois (12 n“), 35 fr.
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- Un an.. Six mois
- 90 fr. 45 fr.
- Tarif n* 2
- Un an. 110 fr.
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- Tarif extérieur n‘ 1 niable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Costa-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Estkonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Honduras. Hongrie. Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U. R. S. S,), San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Turquie, Union d’Afrique du Sud Uruguay, Venezuela.
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- LA NATURE 15 H“ T
- LES CHASSE-NEIGE
- Au cours de l’hiver dernier, se sont déroulées les épreuves du 2e concours d’appareils chasse-neige, organisé par le Touring Club, dans la région de Font-Romeu. Les concurrents furent servis par un concours de circonstances favorables, car il se produisit, à point nommé, d’abondantes chutes de neige qui bloquèrent même la caravane.
- Successivement, les appareils de la série dite légère, puis les appareils dits lourds s’évertuèrent à déneiger les routes couvertes de neige en épaisseurs variables. En certains points, où le vent rassemble les flocons, on trouve, en effet, ce qu’on appelle des congères, énormes amoncellements de plusieurs mètres d’épaisseur, dans lesquels
- à l’heure. La neige est ainsi projetée en gerbe et non tassée sur les bas côtés de la route.
- Il est regrettable que cet appareil n’ait pu donner sa mesure, d’autant plus qu’il faut prendre en considération le prix d’achat des divers engins. Le Latil, très efficace, revient à 77 000 francs, tandis que le Citroen léger à étrave atteint 156 000. L’appareil Roui tout compris ne dépasse pas 36 000.
- Le prix d’achat est évidemment un facteur non négligeable. En effet, le déneigement des routes, par les appareils légers et rapides, exige malgré tout, pour être efficace, un nombre convenable d’engins par région. Il est forcément limité, dans le cas d’un budget fixé à l’avance si
- Fig. 1. — Appareil Degiorge Fig. 2. — Appareil léger Roui Fig. 3. — Appareil Laplanl-Choale
- sur tracteur Latil (Ph. Roi). à étrave en forme de soc. (Ph. Roi).
- l’appareil doit se tailler un passage en grignotant la neige glacée et compacte.
- En principe, les appareils doivent circuler rapidement et enlever une couche de neige relativement peu épaisse. Dans ces conditions, l’étrave fixée à l’avant du véhicule, ou réalisée sur un traîneau remorque, est suffisante pour obtenir le résultat. Cette année, des systèmes perfectionnés ont été présentés. C’est ainsi que sur l’appareil Latil, par exemple, des ailerons latéraux, qu’on peut régler en hauteur, sont destinés à écrêter les bourrelets formés par l’étrave. Eventuellement, ils peuvent, en position basse, élargir la voie ouverte par l’étrave et supprimer ainsi l’usage du traîneau difficile à transporter à pied d’œuvre s'il faut emprunter des routes sans neige.
- L’appareil Citroën est simplement réalisé par un tracteur à chenilles équipé avec un chasse-neige de construction norvégienne.
- Par contre, l’appareil Roui, de conception française, présente des particularités intéressantes. L’étrave, en effet, a une forme d’aile étudiée, s’inspirant de la charrue brabant, appropriée à la vitesse, et susceptible de projeter la neige à une dizaine de mètres si l’on atteint 25 km
- l’on s’adresse à des appareils de prix élevé, bien que plus efficaces.
- La même remarque s’impose moins pour les appareils lourds, car alors il s’agit d’intérêts généraux, militaires ou autres, pour des routes particulièrement exposées, dans les cols, par exemple, et une forte dépense trouve sa justification.
- Si l’on veut préparer un passage dans de grandes congères, il faut, pour ainsi dire, creuser une tranchée, et, dans ce cas, l’appareil à étrave seul semble insuffisant. Ainsi le modèle Labourier, qui ne coûte, il est vrai, que 39 000 francs et qui est très employé en Suisse, semble plutôt applicable à de la neige fraîche, peu compacte. Il s’est trouvé, au contraire, arrêté par des couches très épaisses de neige durcie.
- Il en a été de même de l’appareil à chenille Laplant-Choate, de construction américaine, qui s’est trouvé également bloqué par une congère de plus de 2 mètres.
- Il fait merveille, cependant, en Amérique où il déneige de larges routes. Très probablement, ce travail est surtout efficace pour de la neige relativement molle sur des voies peu encaissées. Le prix indiqué est de
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- Fig. 4. — Appareil Clelrac-Rotarg-King vu de l’avant (Pli. Roi).
- 255000 fr, ce qui ne fait après tout, que 10000 dollars.
- L’appareil lourd Citroen à chenilles, avec étrave en V, de construction norvégienne (160 000 francs au total), fut également inefficace pour les couches épaisses de neige compacte.
- La véritable solution de l’appareil lourd susceptible de se frayer un passage dans les congères et de préparer une route bordée de hautes murailles de neige, est celle qui consiste à accompagner le travail de l’étrave par la désagrégation de la neige durcie au moyen d’outils rotatifs. Il faut aussi que l’évacuation de cette neige puisse être faite assez loin de la route, et à volonté d’un côté ou de l’autre, notamment pour les routes encaissées en montagne où se présentent justement les congères.
- Fig. 6. — Appareil à turbines Crosli sur tracteur Pavesi (Ph. Roi).
- Aussi, les appareils de ce genre, le Clétrac-Rotary-King présenté par M. Juste et les engins de l’ingénieur Crosti donnèrent-ils les meilleures percées. Leur principe est d’utiliser des chasse-neige rotatifs, qui donnent de si bons résultats sur les locomotives, en les disposant latéralement de chaque côté de l’étrave. On supprime et on atténue ainsi les pressions latérales qui risquent de bloquer l’étrave. La neige désagrégée est projetée par les turbines latérales, mais des chemises ou goulottes d’évacuation permettent de la canaliser à volonté du côté voulu.
- Il faut évidemment un effort moteur supplémentaire, de sorte que dans l’appareil Clérac-Rotary-King, le moteur du tracteur qui doit naturellement actionner la turbine a une force de 125 ch.
- L’ensemble pèse 13 tonnes et coûte 350 000 francs, mais l’efficacité est remarquable, car au cours de l’attaque d’une masse de neige de 3 mètres d’épaisseur cet appareil enleva, en 17 minutes, 120 mètres cubes de neige, ce qui correspond à 15 jours d’ouvrier.
- Fig. 5. — Appareil Cletrac-Rotary-King dans une congère (Ph. Roi.)
- Dans les appareils Crosti, dont le prix varie, de 140 cà 150 000 francs, un moteur supplémentaire de 40 à 50 ch est affecté à la commande des turbines, qui projettent également la neige par des goulottes orientables. Très efficaces également, les appareils italiens n’ont été arrêtés que par une congère de dimensions, vraiment exceptionnelles.
- Il semble donc que la solution soit très nette pour le déneigement des routes en hiver. Il faut l’étrave étudiée sur des véhicules rapides pour des couches relativement faibles de neige molle. Quant aux masses compactes, aux congères des montagnes, seuls des moyens mécaniques de désagrégation et d’évacuation sont capables d’en venir à bout. C’est tout à l’honneur du Touring Club d(avo'ir pris l’initiative de concours qui permettent ainsi de préciser les conditions que doivent remplir les appareils chasse-neige.
- Toutefois, maintenant que la question est dégrossie, il paraît indispensable de la serrer de plus près du point de vue économique, de faire intervenir davantage, pour le classement des facteurs pratiques qui ne sont pas négligeables comme le prix d’achat de l’appareil, sa consommation et ses frais d’entretien. E. Weiss.
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- LA TENSION SUPERFICIELLE ET SA MESURE
- La tension superficielle, cette curieuse propriété des corps qui empêche une goutte de liquide de tomber quand elle est suspendue à l’extrémité d’un tube de petit diamètre, présente un grand intérêt au point de vue pratique. Il existe sur ce sujet une importante littérature et il serait impossible de résumer en quelques lignes les raisons de l’importance théorique du sujet; en ce qui concerne son intérêt pratique, nous nous bornerons à rappeler un certain nombre de faits bien connus.
- D’abord, la tension superficielle est une propriété caractéristique d’un corps, de même que ses points de fusion et d’ébullition, sa densité, son indice de réfraction, etc. Un
- fente pour l’élargir, sur une longueur de 1 cm, peut être grossièrement assimilée à la valeur de la tension superficielle.
- Cette propriété des liquides est en relation directe avec certaines autres propriétés d’un intérêt pratique considérable, telles que le pouvoir lubrifiant, par exemple : la qualité d’une huile de graissage dépend dans une certaine mesure de sa tension superficielle. La qualité des savons, des vernis et peintures, également. Un corps à basse tension superficielle répandu à la surface de la mer empêche les lames de déferler et protège les bateaux : c’est un phénomène bien connu des marins qui savent combien le
- Fig. 1 et 2. — Deux aspecls de l’appareil de mesure automatique de la tension superficielle de Lecomle du Noüy.
- corps pur possède une tension superficielle déterminée à une certaine température (par exemple, l’eau à 18° a une tension de 73,7 dynes) et cette tension s’exprime en dynes par centimètre (la dyne est l’unité de force du système C.G.S. et correspond à très peu près à un milligramme. Exactement, un gramme vaut à Paris 981 dynes). Une image incorrecte, mais suffisamment approchée, permet de comprendre pourquoi la tension superficielle s’exprime en dynes par centimètre : si l’on recouvre un verre à boire d’une membrane de caoutchouc tendue, la tension s’exerce dans tous les sens. Si l’on fait, au moyen d’un couteau, une fente de 1 centimètre de longueur au centre du caoutchouc, cette fente prendra aussitôt l’apparence d’un fuseau plus ou moins large, sous l’influence des forces perpendiculaires : la somme des forces agissant sur la
- filage de l’huile peut rendre de services par gros temps. Et c’est pour ces raisons — et pour bien d’autres encore — qu’il est intéressant de pouvoir mesurer la tension superficielle.
- Il existe pour cela une vingtaine de méthodes, plus ou moins différentes les unes des autres ; les plus connues sont la méthode d’ascension capillaire (on mesure la hauteur à laquelle monte le liquide dans un tube de verre très fin) et la méthode des gouttes, ou méthode stalagmométrique, qui consiste à faire écouler lentement des gouttes à l’extrémité d’un orifice capillaire ; on tire la valeur de la tension superficielle, soit en appliquant certaines formules, soit en comparant le nombre de gouttes du liquide étudié qui s’écoulent dans un temps donné à celui obtenu avec de l’eau dans les mêmes conditions.
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- Ces méthodes sont lentes, délicates, sujettes à de nombreuses erreurs, cependant elles ont été les seules employées jusqu’en 1919 où, ayant un très grand nombre de mesures de tension superficielle de solutions colloïdales à effectuer en série, nous avons été conduit, devant l’impossibilité d’utiliser les méthodes courantes, à rechercher parmi les anciennes méthodes abandonnées s’il n’en existait pas quelqu’une de mieux adaptée à nos problèmes.
- C’est ainsi que nous avons repris et modernisé une technique alors complètement négligée, d’ailleurs peu pratique sous la forme que lui avaient donnée les premiers expérimentateurs—1865 à 1890— : la méthode d’arrachement d’un cadre ou d’un anneau. Oh comprend que si l’on peut mesurer avec précision la force nécessaire pour arracher un anneau de métal mince de la surface d’un liquide, il sera facile d’en tirer la valeur de la tension superficielle.
- Nous avons décrit notre premier appareil dans La Nature, n° 2391, p. 63, 1920. Depuis cette époque nous avons effectué plus de 250 000 mesures à notre laboratoire de l’Institut Rockefeller de New York, et nous avons pu, grâce à cela, jeter quelque lumière sur les solutions dites « colloïdales » (x).
- Un grand nombre de phénomènes nouveaux ont pu ainsi être découverts. Les mesures se font en 20 secondes au lieu de 3 heures, et deux centimètres cubes de liquide suffisent.
- Nous avons récemment perfectionné notre Tensiomètre et en avons fait un appareil entièrement automatique, muni d’un moteur électrique. La mesure se fait seule, et il suffit de lire le résultat en dynes par centimètre sur un cadran gradué (fig. 1).
- Cette modification représente plus qu’une simple économie de temps ou d’effort. En effet, dans toute mesure de précision, le « facteur individuel » ou « coefficient personnel » entre en jeu, et introduit des erreurs variables selon l’opérateur, et suivant les conditions où se trouve l’opérateur au moment où il effectue la mesure. S’il est nerveux, fatigué, dérangé par le bruit, le mouvement de sa main ne sera pas toujours identiquement semblable, surtout s’il n’a pas l’entraînement nécessaire. Un nouvel expérimentateur, peu au courant d’un appareil quelcon-conque, obtiendra des valeurs légèrement différentes de celles qu’obtiendra une personne très entraînée. Pour le Tensiomètre en particulier, surtout quand il s’agit de mesurer la tension superficielle de solutions colloïdales, les erreurs sont de l’ordre de plusieurs dixièmes de dyne. Le moteur électrique, au contraire, ne possède pas de personnalité. Il mettra toujours le même temps à effectuer une mesure, et s’arrêtera de la même manière aussitôt que le courant est coupé. La précision s’en trouve donc sérieusement accrue. L’expérience nous a prouvé que, dans ces conditions, un opérateur totalement inexpérimenté obtient des mesures qu’il peut répéter indéfiniment à 1/10 de dyne près.
- Il y a donc là gain réel de précision.
- Il est inutile d’ajouter que, de même que son prédéces-
- 1. Lecomte du Noüy, Equilibres superficiels des solutions colloïdales, New York, 1926 et Paris, Masson, 1929.
- seur à main, le Tensiomètre automatique permet de mesurer la tension dynamique (c’est-à-dire la tension superficielle d’une solution que l’on peut considérer comme homogène, par suite d’agitation, et où la concentration est la même dans la couche superficielle et dans les couches profondes) et la tension statique, c’est-à-dire celle de la même solution quand, par suite d’adsorption positive ou négative, l’homogénéité est détruite. On sait en effet que les substances capables de diminuer la tension superficielle (savons, protéines) se concentrent aux surfaces, tandis que celles qui l’augmentent (sels) abandonnent la surface pour se concentrer dans la masse. La mesure statique se fait de façon identique, mais sur une solution qu’on a laissé reposer pendant quelque temps (de 20 minutes à 2 heures dans un verre de montre par exemple).
- C’est grâce au Tensiomètre que nous avons pu mettre en évidence la lente diminution de tension superficielle des solutions colloïdales en général et l’existence de minima absolus dans certaines conditions de concentration et de surface d’adsorption. Ces minima nous ont conduit à mesurer les dimensions de la molécule de certains corps et à calculer directement le nombre d’Avogadro.
- Il nous a permis de comprendre pourquoi toutes les méthodes dynamiques (telle que la méthode des gouttes) sont complètement inapplicables dans le cas des liquides physiologiques (le sérum entre autres) et des solutions dites colloïdales en général, et du meme coup, la raison des valeurs contradictoires de la tension superficielle des humeurs de l’organisme qui encombraient la littérature médicale.
- En effet, on Se rend bien compte que, si les colloïdes s’adsorbent en fonction du temps à la surface du liquide, c’est-à-dire s’y concentrent, la valeur de la tension superficielle déduite du poids des gouttes dépendra du temps qu’une goutte aura mis à se former, et ne pourra en aucune façon être considérée comme constante.
- La valeur statique, au contraire, atteinte pour du sérum dans des verres de montre en vingt minutes possède une signification bien définie.
- Pour juger de l’importance, surtout en biologie pure et appliquée, des mesures précises de la tension superficielle, il suffit d’envisager que toute substance vivante est composée en majeure partie de corps possédant la propriété de diminuer considérablement la tension superficielle de l’eau dans laquelle elles sont en solution dans les organismes.
- Le Tensiomètre présente donc les avantages suivants :
- Il permet l’emploi d’une très petite quantité de liquide : deux centimètres cubes.
- Il s’étalonne en unités C. G. S. absolues au moyen de poids, et non au moyen d’un liquide témoin; les mesures à la main s’effectuent en 20 secondes, et au motêur'en 1 minute, à 0,1 dyne près.
- Enfin il est robuste et élimine totalement le facteur individuel.
- P. Lecomte du Noüy.
- Chef du Service de Biophysique moléculaire de l’Institut Pasteur.
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- LA FORTIFICATION PERMANENTE MODERNE
- ET LES MOYENS ACTUELS D’ATTAQUE
- LE BUT DE LA FORTIFICATION PERMANENTE
- Les possibilités nouvelles d’attaque dans les armées modernes compliquent singulièrement le problème de la défense d’un pays. Les armées ne disposaient autrefois que de moyens terrestres : on leur opposait des résistances terrestres sur des lignes de défense successives et les fortifications permanentes édifiées en temps de paix en constituaient l’ossature.
- Aujourd’hui les armées peuvent mouvoir d’importants éléments, et par suite attaquer l’adversaire, dans tout le volume aérien qui couvre le sol national .
- Sur cette surface et dans ce volume il faut disposer de moyens de défense antiaériens. En France, le Gouvernement a confié, le 10 février dernier, à M. le maréchal Pétain « le soin de coordonner toutes les mesures prises par les différents ministères, en exécution des directives du Gouvernement, en vue de parer à l’extrême danger que ferait courir au pays une forme d’agression dont l’emploi se généralisera dans les conflits futurs, et en vue d’organiser la guerre des arrières, étendue à la totalité du pays, parallèlement à la guerre conduite sur le front par les armées ». Sur quels moyens pourra-t-on compter pour cette organisation?
- Dans le volume aérien où oxi ne peut faire aucune installation fixe, on enverra au moment du besoin les formations d’observation et celles de reconnaissance de l’aviation de renseignements et les escadrilles de chasse de l’aviation de combat; cette dernière portera aussi la riposte sur la surface
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- ennemie à l’aide de ses escadrilles de bombardement.
- Sur la surface nationale, on édifiera dès le temps de paix des installations de défense, et on préparera la mise en oeuvre de moyens nouveaux. La progression des avions
- et dirigeables de l’agresseur sera entravée par des brouillards artificiels, des lialos lumineux ; leur repérage sera gêné par la construction de faux objectifs; on tendra des rideaux de ballons captifs dont la seule existence impressionne fortement les aéronautes ; on installera des batteries de canons antiaériens et des postes de mitrailleuses auprès des points sensibles ; on . donnera aux habitants des masques et des vêtements protecteurs contre les gaz ; on construira des abris à l’épreuve des gaz, du feu et des bombes pour toute la population exposée aux coups de l’aviation adverse ; on organisera des services de renseignements, d’alerte, de secours; enfin des formations armées s’opposeront aux opérations des détachements débarqués par les aéronefs.
- Dans l’état actuel de l’aéronautique, il ne semble pas que l’agresseur puisse avant longtemps donner une grande importance à ces détachements ni leur amener les renforts et les ravitaillements nécessaires à des opérations d’envergure sérieuse et de durée prolongée.
- Aussi, malgré l’importance grandissante des forces aériennes des divers états, la mise à merci d’une nation ne pourra-t-elle être obtenue que par l’anéantissement de ses armées et par l’envahissement de son territoire par des forces terrestres importantes : le problème de défense d’un pays reste le même que dans le
- Fig. 1.
- Fortifications permanentes de la France.
- FORTIFICATIONS PERMANENTES DE LA FRANCE
- Rideaux.places et forts du programme de 1875 " Barrage défensif du programme de JS26-
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- passé et des solutions, sinon identiques, du moins de même ordre, doivent être recherchées. Elles consisteront à pprter les armées de campagne vers celles de l’agres-sem? et à s’opposer par tous les moyens à l’entrée de ces dernières sur le territoire national.
- Or il est évident que cet agresseur cherchera à obtenir une décision immédiate avec des forces puissamment encadrées, solidement étoffées, rapidement transportées et motorisées. La France ne dispose en permanence que d’une classe sous les drapeaux; la moitié, ayant au moins 6 piois de service, est partiellement instruite, mais l’autre moitié, plus jeune, n’est pas apte à entrer en campagne. Le rappel des disponibles et des hommes des l'° et 2e réserves peut seul fournir les effectifs nécessaires à une résistance en rase campagne.
- Or on a vu en 1914 qu’un délai de plusieurs semaines est nécessaire pour rassembler aux centres de mobilisation cette masse énorme de plusieurs millions d’hommes, les habiller, les équiper, les armer, les constituer en unités cohérentes, les transporter et les concentrer avec leurs
- Fig. 2. — Type d'ouvrage de fortification permanente allemande.
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- équipages et leurs parcs sur le lieu des opérations, les former en grandes unités (divisions et corps d’armée), les engager dans la bataille. Quel délai supplémentaire serait nécessaire pour organiser le terrain sur une position où ils puissent efficacement résister à l’agresseur? Les campagnes de 1917 et de 1918 ont démontré qu’il faut pour cela au moins deux mois d’efforts acharnés de la part de défenseurs entraînés à ces travaux spéciaux; il faut en outre une quantité formidable d’outils et une centaine de milliers de tonnes de matériel; le transport à pied d’œuvre de ceux-ci exige un nombre de trains et de véhicules automobiles et hippomobiles que le lecteur imaginera facilement; en supposant qu’on en disposât, ils ne feraient qu’ajouter à l’encombrement des voies ferrées et des routes causé par les transports de mobilisation et de concentration définis ci-dessus, et les ravitaillements.
- Même en admettant la possibilité de ces opérations, les délais qu’elles entraînent sont inacceptables : le barrage doit être immédiat et entrer en action dès que la menace d’agression est caractérisée; il doit n’exiger qu’un personnel réduit, et rester dans son intégrité jusqu’à la fin des mouvements définis ci-dessus.
- LES ÉLÉMENTS DE LA NOUVELLE FORTIFICATION PERMANENTE
- De quelle nature sera ce barrage? Ce sera un barrage de feux, feux latéraux, feux denses de canons, d’obusiers, de mitrailleuses, de mortiers, de lance-bombes. La densité sera obtenue non pas en multipliant ces engins, mais en leur donnant des cadences de tir rapides, exigeant un approvisionnement et un chargement automatiques. Ces engins, vraies machines-outils, seront donc nécessairement lourds; ils devront être stables, donc scellés dans des fondations.
- Eux et leurs munitions devront être à l’abri de la destruction par l’agresseur : les seules protections actuellement réalisables sont le béton armé et le cuirassement. On est conduit à la construction de blocs bétonnés ou cuirassés. Leur volume et leur constitution varieront avec la nature et le nombre des armes qu’ils couvriront. Le plus souvent un bloc n’en contiendra qu’une ou deux; les servants en seront peu nombreux; il suffira de quelques locaux pour le personnel et le matériel. En certains points où les accidents de terrain sont difficiles à battre, il faudra plusieurs engins et de nature différente : les blocs qu’on y élèvera seront plus importants. En raison de leur situation stratégique ou de la valeur tactique de la position, quelques organes du barrage dont ils formeront les môles, seront de grande puissance et fortement armés; leur garnison sera nombreuse et devra être protégée non seulement contre les projectiles, mais aussi contre les gaz, les flammes, les brouillards, les bactéries et les bombes aériennes; non seulement pendant les périodes de service auprès des engins de feux, mais en permanence, pour que cette garnison puisse en toute sécurité vivre, respirer, dormir, se reposer, se nourrir, se soigner. Les locaux nécessaires à la vie et au repos des servants, les magasins de munitions et de vivres, les réservoirs d’eau, les cuisines, les infirmeries devront être à l’épreuve* Puisé
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- au dehors, l’air sera purifié et distribué à l’aide d’appareils chimiques et mécaniques.
- Le service des engins et toutes ces installations mécaniques ou automatiques nécessiteront une source d’énergie importante qui ne peut être qu’électrique. L’électricité sera produite par une centrale thermique ou reçue de l’extérieur sur des transformateurs. La centrale thermique comprendra, à côté des générateurs, des dépôts de combustibles, des ateliers dé réparation et d’entretien, des machines secondaires.
- Tout l’ensemble sera encore dans des locaux indestructibles.
- Le tir des engins ne peut être aveugle : il faut des observatoires bétonnés ou cuirassés. Le tir doit être dirigé : il faut encore des locaux pour le calcul de ses éléments et pour le commandement.
- Tous ces organes ont besoin d’être reliés les uns aux autres et de communiquer de même avec la zone en arrière du barrage et avec l’intérieur, tant pour le commandement et l’observation que pour le ravitaillement en munitions et en vivres et, dès que possible, pour la relève des hommes. Ces liaisons et ravitaillements nécessiteront des lignes de transmission nombreuses et des communications variées.
- Les blocs moyens et les blocs puissants se présenteront donc comme de véritables usines à l’épreuve qui exigeront des mécaniciens, des électriciens, des téléphonistes, des ouvriers en bois et en fer, en sus des servants des engins de feu. Tout ce personnel devra être choisi avec soin, habitué à un genre de vie tout spécial, et connaître à fond le service qu’il aura à assurer. Ses chefs devront avoir les mêmes qualités et en outre un moral élevé et une énergie inébranlable.
- L’EMPLACEMENT DES FORTIFICATIONS
- La guerre de 1914-1918 a démontré la valeur de la moindre parcelle du territoire national : aussi le barrage sera-t-il édifié au plus près de la frontière, là où les besoins tactiques l’exigeront, et ses éléments s’adapteront au terrain. Son ossature sera donc variable avec la nature de ce dernier.
- Tout le Nord de la France jusqu’à Montmédy est souvent cloisonné de rivières et de canaux favorables à l’établissement d’inondations infranchissables; en d’autres points s’étendent des forêts importantes, pratiquement impénétrables : dans toute cette zone on n’aura qu’à
- Verdun, ses forts et ses ouvrages dans la bataille de 1916.
- condamner les passages praticables à l’aide de petits ouvrages bétonnés ; les intervalles seront, au moment du besoin, organisés comme l’étaient les positions réalisées de 1915 à 1918 à l’aide des ressources des parcs mobiles de fortification : ceux-ci sont des stocks, approvisionnés à distance relativement faible et dès le temps de paix, comprenant les outils, les matériels, les matériaux nécessaires. La grande étendue des interminables agglomérations industrielles du Nord rendra difficile le choix du tracé de la position à adopter.
- De Montmédy à Boulay, au bord même de la frontière, dans une région sans obstacles naturels, se dresse une suite ininterrompue d’usines et d’établissements industriels qu’il faut couvrir par le barrage; comme celui-ci sera à proximité immédiate du territoire étranger, il devra être presque entièrement préparé dès le temps de paix : ses petits blocs, nombreux, seront les petits grains d’un chapelet dont les gros grains seront ses six blocs puissants.
- Les feux de quelques blocs d’importance variée compléteront le barrage naturel formé par étangs et forêts parsemant la région qui va de Boulay à l’ouest de Bitche.
- De ce point au Rhin le barrage, longeant la rive Sud de la Lauter, sera un morceau de chapelet à deux ou trois gros grains.
- Tournant à angle droit, la frontière plonge ensuite dans le Rhin, de Lauterbourg à Bâle. Le Rhin est un obstacle liquide de 300 mètres de large, bordé, sur ses rives, de forêts au sol généralement détrempé; de l’antiquité à l’époque moderne, il a été plusieurs fois franchi par des
- Douaumont
- Thiaumont
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- Froideterre
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- Fig. 3.
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- armées de campagne. Mais celles-ci avaient-elles à combattre pendant le franchissement un adversaire en éveil, armé, abrité? Les armées actuelles le traverseraient-elles sous les feux croisés des petits blocs bétonnés qu’on édifie sur sa berge? Admettons-le, elles se heurteraient ensuite en marchant de front à cet autre obstacle difficilement perméable que constituent les Vosges.
- Plus difficile encore est le Jura avec ses plis parallèles et son manque de voies d’invasion : on admet pour le moment que le barrage constitué par ces monts est suffisant par lui-même, renforcé qu’il est par les forts du Lomont, de Larmont, de Joux, de Saint-Antoine, des Rousses, du Risoux, de l’Ecluse, édifiés presque tous dans le roc il y a une cinquantaine d’années.
- Pour étonnant que cela paraisse, les Alpes n’ont pas été jugées un barrage aussi satisfaisant que le Jura; c’est que, d’une part, des voies de communications importantes les traversent, à des altitudes parfois grandes d’ailleurs; c’est que, d’autre part, la défense en plein air de ces voies pourrait être prise du territoire italien sous les feux d’ouvrages sous roc ou sous béton. Aussi moder-nisera-t-on les anciennes places qui commandent les voies d’accès au territoire national. La nature particulière du terrain dans la région de Nice, pleine de ressources naturelles et industrielles, oblige à y dresser un barrage analogue à celui qui couvre la région industrielle de Briey.
- On aménagera en dernière urgence un barrage des voies de pénétration de la frontière pyrénéenne.
- Les barrages de feux ainsi constitués devront tenir au moins jusqu’à la fin de la concentration des armées de campagne. Les blocs se ravitailleront en munitions, matériel, vivres, engins de toutes sortes, sur l’arrière du territoire avec lequel ils resteront en communication constante; mais ils ne devront pas compter sur un renfort en personnel ou une relève de leurs servants et de leurs techniciens avant un temps assez long.
- Ces blocs seront analogues aux nœuds immobiles d’une corde vibrante ; les ventres de cette corde seront tenus par les troupes de campagne soumises, dès que l’attaque se déclenchera, aux fluctuations du combat. Ces troupes, au fur et à mesure de leur arrivée, utiliseront les ressources des parcs mobiles de fortification stockées aux endroits favorables; protégées dès que nécessaire par le barrage des feux des blocs, elles s’attelleront à la construction de positions défensives, semblables à celles de 1917, qui engloberont ces blocs.
- LA VALEUR DES NOUVELLES FORTIFICATIONS
- La construction des blocs est en cours depuis deux ans. Elle a naturellement attiré l’attention de l’étranger. Veut-on connaître comment elle a été présentée il y a quelques mois par un journaliste à l’opinion allemande?
- Pour lui « ce système de défense est une grande merveille stratégique, inconnue jusqu’à ce jour du monde entier, qui a été créée par le corps des officiers du génie militaire français ; elle dépasse toute imagination ; ses grands blocs sont construits comme les plus puissantes forteresses et sont absolument imprenables ». Il tient d’ailleurs ces organes de défense contre un agresseur brutal pour une « menace non déguisée faite à l’Allemagne et à l’Italie».
- Le sentiment de ce journaliste allemand sur notre système de barrage est-il partagé par toute l’opinion française? Le problème de la défense de la France, dont 10 des plus riches départements envahis pendant 4 ans nous revenaient anéantis, se posa aux esprits avertis les plus qualifiés avant 1919 et les premières études parurent au cours de la guerre. Dès 1920 plusieurs systèmes étudiés dans leur ensemble et dans leurs détails présentaient des solutions entièrement divergentes, s’appuyant sur des thèses radicalement opposées. Les uns ne voulaient que de gros ouvrages, rapprochés, à l’épreuve de tous les engins, puissamment armés, dotés d’artillerie lourde à longue portée sous cuirassement. Les autres ne voulaient pas entendre parler de béton qu’ils affirmaient avoir fait faillite ; ils demandaient, le long de la frontière, des dépôts de pelles et de pioches, la construction d’emplacements de batteries en terre, de routes et de voies ferrées d’accès; ils estimaient possible, dès que le tocsin sonnerait, la construction immédiate, par les armées rassemblées sans délai aux frontières, de positions de
- Fig. 4. — Le fort de Douaumoni vu à 1400 m d’altitude le 29 avril 1916.
- (La grande ligne blanche centrale représente la façade verticale de la caserne:)
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- campagne. Parmi les uns comme parmi les autres il y avait à la fois des chefs de guerre éminents et d’obscurs « poilus »; il y avait aussi à la fois des gens n’ayant vu les bombardements que de loin, et des héros ayant effroyablement souffert durant quatre ans dans leur corps et dans leur âme. Où était la vérité? Vauban, ce maître de la défense des Etats, n’a-t-il pas écrit : « Ceux qui n’ont été qu’à des actions particulières et qui n’ont eu d’autre talent que de tracer quelques dessins ou de conduire quelques travaux doivent être regardés comme suspects et dangereux, si d’ailleurs ils ont le talent de bien écrire ; mais ceux qui ont vu beaucoup d’actions de guerre, s’ils n’ont pas beaucoup de jugement, mais seulement de la bravoure et de la suffisance, sont encore plus dangereux parce qu’ils sont plus en droit d’en imposer, non seulement à ceux qui ont peu d’expérience de la guerre, mais encore à ceux qui en font leurs occupations ordinaires. » Des discussions interminables s’élevèrent; on étudia de très près le rôle, souvent insoupçonné, joué de 1885 à 1918 par les forteresses dans la défense des États; on étudia aussi les résistances offertes par les bétons et les cuirassements; on constata les défauts de conception réalisés dans les forts; on soumit des bétons à des expériences décisives; et du heurt de tous les esprits ainsi éclairés naquit la solution adoptée que nous avons exposée, formule souple dont les bases sont l’adaptation de la défense au terrain et aux nécessités stratégiques. M. Bouil-loux-Lafont a déclaré que les principes ont été fixés dans les avis du 4 juillet et du 12 octobre 1927 du Conseil supérieur de la guerre ; créée en septembre 1927, la Commission d’organisation des régions fortifiées fut chargée des études; la réalisation a commencé en 1928; le programme d’organisation des frontières a été arrêté le 17 janvier 1929. A la suite de l’examen par la sous-commission de la défense nationale de la Commission des Finances de la Chambre et par la Commission de l’Armée, et de la discussion devant les Chambres, les crédits nécessaires à son exécution ont été votés par le Parlement. La réalisation est en cours.
- LE ROLE DES FORTIFICATIONS PERMANENTES FRANÇAISES PENDANT LA GUERRE
- , Lecteur, vous êtes peut-être un « poilu » et peut-être de ceux qui souriraient dans leur barbe, si elle n’avait disparu, en disant : « J’étais à Vaux, à la Laufée, à Douau-mont, à Moulainville ; j’ai vu leur béton crevé en maints endroits, leurs fossés comblés, leurs coffres de flanquement inutilisables, leurs tourelles coincées, leurs casemates de Bourges sans action, leurs parapets d’infanterie et leurs abris de combat pulvérisés, leurs abords inaccessibles. Pas un fort n’a tenu. Nous, au contraire, nous avons tenu pendant quatre ans dans les tranchées (que nous méprisions d’ailleurs en août 1914), et dans les « sapes » du génie, sous des bombardements inouïs. La même aventure recommencera avec vos bétons et vos cuirassements qui ne serviront à rien ».
- 1 Avant de nous intéresser à l’histoire future, étudions ensemble l’histoire passée, non pas sur une expérience personnelle limitée, mais sur des documents certains.
- Le général Séré de Rivières, directeur du Génie, fit
- Fig. 5. — Le fort de Vaux vu à 2000 m d’altitude le 25 octobre 1916.
- (Nos troupes le réoccupent huit jours plus tard, retrouvent les communications crevées par le bombardement français, l’observatoire et le couloir de la caserne sont détruits par les Allemands à l’aide de charges explosives, les autres organes bétonnés sont intacts.)
- adopter en 1875 son système de défense de la France ; il ne prévoyait pas un barrage continu, mais des morceaux de barrage; chacun de ces rideaux défensifs devait comprendre une ligne de forts détachés à feux croisés, à faible garnison, et se terminer à chaque extrémité par une place à forts détachés; ces rideaux s’étendraient de Lille à Maubeuge, de Verdun à Toul, d’Epinal à Belfort; on escomptait l’attirance des trouées, séparant les rideaux, sur les armées de campagne qu’on attendrait dans celles-ci; on condamnerait dans ces trouées les grandes voies ferrées et routières par des forts d'arrêt : Hirson, les Ayvelles, Longwy, Frouard, Manonvillers, Pont-Saint-Vincent, Pagny, Bourlémont, et plus en arrière on dresserait une deuxième ligne de rideaux : La Fère-Reims, Langres-Dijon. Le long du Jura on construirait les forts dont il a été question plus haut; sur les Alpes, les places de Grenoble, Briançon, Nice et quelques forts. Plus loin l’ennemi se heurterait aux forts détachés des ceintures de Paris et de Lyon. . .
- A cette date l’artillerie est pratiquement impuissante sur les ouvrages en maçonnerie et sur les parapets èn terre : aussi peut-on édifier des forts sur ce type de Construction, y concentrer l’artillerie, laisser celle-ci à ciel ouvert. Mais vers 1880 l’extension de l’emploi des obus à mitraille et des fusées à double effet obligé à retirer l’artillerie des forts et à la disséminer dans les intervalles où elle risque d’ailleurs beaucoup plus des attaques
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- d’infanterie. Puis vers 1885 apparaît l’obus en acier mince, chargé en explosifs brisants (mélinite) qui crève les maçonneries ordinaires et pulvérise les massifs de terre : les fortifications édifiées depuis 1875 deviennent intenables. Il eût fallu les démolir, les reconstruire en béton armé et en béton spécial dont des épaisseurs de 2 m 50 se montrent inattaquables; il eût fallu abaisser le niveau général des ouvrages, disperser l’artillerie, construire des abris à l’épreuve par les défenseurs. Faute d’argent on se contente de transformer, au fur et à mesure des ressources, en recouvrant les maçonneries d’une épaisseur de béton
- qui protégeront la France et qui « pleines de mordant » iront porter la lutte en territoire ennemi (songe-t-on que leur « mordant » aura à s’exercer sur les forts cuirassés de Metz et de Strasbourg?) Les efforts pour mettre les forts et les places à même de résister à l’artillerie adverse se limitent, avec une lenteur marquée, aux ouvrages les plus essentiels de Verdun, Toul, Epinal et Belfort et à un ou deux ouvrages de Maubeuge. Tout le reste est laissé dans l’état où il était en 1885, conformément au projet de loi déposé en 1900 qui laissait ouverte notre frontière du Nord. M. Millerand, ministre de la guerre, écrit, le 2 août
- Fig. 6. — Le fort du Camp des Romains vu le 30 juillet 1918 à 2500 m d’altitude.'
- Situé sur les Hauts de Meuse, dans le rideau défensif Verdun-Toul. il fait partie du programme de 1875. Il a été pris par les Allemands en août 1914.
- aussi économique que possible; on ne conserve dans les forts que quelques tourelles cuirassées et des casemates à canons, bétonnées, dites de Bourges, destinées au flanquement des intervalles; tout le reste de l’artillerie est rejeté dans des batteries extérieures; on construit en outre des abris de combat bétonnés, dans les forts et dans eurs intervalles. Or, en même temps que l’artillerie, les conceptions stratégiques et tactiques évoluent sous des influences diverses ; malgré les enseignements des guerres, en particulier celles de Mandchourie et des Balkans, les rideaux défensifs ne sont plus considérés que comme des outils de seconde qualité : ce sont les armées en campagne
- 1912, à M. Mercier que « des considérations d’intérêt supérieur, national, ont amené ses prédécesseurs, conformément à l’avis émis à ce sujet par le conseil supérieur de la guerre, à envisager le déclassement du camp retranché de Lille qui ne répond plus aux nécessités de l’heure actuelle; un projet de loi dans ce sens a été déposé à la Chambre; et il estime, avec ses prédécesseurs, qu’il y a lieu de le faire aboutir ».
- M. Messimy propose de raser Lille et Hirson, Maulde et Flines : le général Herment pousse en 1913 un cri d’alarme et montre le danger de l’affaiblissement progressif depuis 1885 de la valeur défensive de nos places
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- et de nos forts, de Calais à Verdun, et de la méconnaissance des principes de Séré de Rivières. Cette méconnaissance eut des conséquences capitales : Y invasion des armées allemandes par la Belgique en 1914 et la ruine de 10 départements français. Le général allemand von Bernhardi, des généraux français les avaient annoncées; le général von Kuhl dans son livre : « L’Etat-major général allemand dans la préparation et la conduite de la guerre mondiale » a écrit : « Le feld-maré-chal comte von Moltke, chef d’état-major général jusque 1888, tenait pour très difficile une offensive contre la France en raison de son système fortifié. Peu après 1891 dans les
- parut favorable de chercher, dans la préparation de ses plans, la décision dans l’Ouest et de rester sur la défensive à l’Est. Cette décision devait être rapide : elle était
- vues de Schlieffen, deuxième successeur de von Moltke, s’effectua un changement : il lui
- Fig. 10. •— Un magasin à vivres du fort, intact le 26 décembre 1916 après un an de violents bombardements.
- (Ph. Archives photographiques d’Art et d’Histoire.)
- Fig. 9.
- Le 7 décembre 1918. Il ne reste que du béton.
- impossible si on s’attaquait au puissant front fortifié français, il fallait opter pour la marche à travers la Belgique et le nord de la France ».
- En même temps qu’il modifie son plan, qui ne fut réalisé que 15 ans plus tard, Schlieffen, puis ses successeurs, dotent les armées allemandes du canon de 105 long en 1901, de l’obusier de 105 en 1909, du canon long de 130 et du mortier de 210 en 1910, d’un obu-sier de 150 en 1913. A l’époque même où l’armée allemande reçoit secrètement le mortier de 420 tracté, dont
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- l’obus de 800 kg porte à 9 km et l’obus de 400 kg àl2 km, l’artillerie française est dotée bruyamment d’une petite rondelle appelée plaquette Malandrin, qui a pour effet de raccourcir à moins de 4 km la portée du canon de campagne de 75, mais dont on se félicite, car cette « ingénieuse » rondelle fait économiser « les 80 millions prévus pour la construction des obusiers de campagne» (x).
- L’année suivante, 1914, c’est la guerre. Nos armées, pleines de « mordant », sont arrêtées avant d’être à portée des canons de Metz et de Mutzig-Molsheim. Les places fortes belges, Liège, Namur, Anvers, tombent l’une après l’autre ; leur résistance eut cependant une influence considérable : celle de Liège retarda de 10 jours l’avance alle-
- en ciment, n’avait pas une résistance suffisante. L’expérience a révélé en outre que les places fermées ne pouvaient résister longtemps en raison des quantités insoupçonnables de munitions et de matériel que les longues luttes modernes ont exigées depuis 1914 et qu’on ne pouvait approvisionner, en raison aussi de l’impossibilité de réconforter, renforcer et relever leurs garnisons soumises au tir effroyable et déprimant des obus de 420 totalement inconnus. En France, Lille est abandonnée, Maubeuge (en majorité du type de 1885 non renforcé) est prise; le fort bétonné de Manonvillers est enlevé en 54 heures; par contre, le vieux fort maçonné de Troyon résiste victorieusement au 305 : ces deux derniers faits
- Fig. 11 à 14 (de gauche à droite et de haut en bas.) Le fort de Vaux.
- Fig. 11. — L’entrée du fort avant l’attaque allemande de 1916.
- Fig. 12. — La cour de la façade de la caserne le 22 novembre 1916.
- (Le mur de façade désagrégé a disparu, la voûte et les piédroits subsistent.)
- Fig. 13. —: Le fort en 1917 après sa reprise à l’ennemi.
- Fig. 14. •— La casemate de Bourges après la reprise du fort, vue prise en juillet 1917.
- Les artilleries allemande et française se sont successivement acharnées sur elle. (Ph. Archives photographiques d’Art et d’Histoire.)
- mande et compromit la manœuvre escomptée foudroyante des lre et 2e armées allemandes qui devaient envelopper par sa gauche l’armée française attardée à Mézières. Pourquoi ces places sont-elles tombées ? On a reconnu depuis, que le béton belge, moins riche que le français
- 1. Rapport de M. Clémentel à la Commission du budget le 18 mars 1913.
- montrent l’influence de l’énergie du commandant d’un ouvrage. L’ennemi contourne prudemment Verdun à l’ouest et au sud-est, mais ne s’attaque pas à la place, non plus qu’à Toul, Epinal, Belfort : leur réputation suffit à tenir l’ennemi éloigné d’elles.
- En août 1915, le Président de la République met à la disposition du général en chef les places fortes, leurs res-
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- sources et leurs chefs et aucun élément ne doit s’y laisser enfermer à aucun prix. Le général en chef, estimant que les places n’ont de valeur qu’autant qu’elles facilitent les opérations des armées en campagne, et que les places fermées ne doivent plus jouer aucun rôle, prescrit d’utiliser leurs forts et ouvrages comme des éléments des positions de campagne qui les englobent. « L’application de ces prescriptions conduisit, dira le général Mangin dont l’esprit offensif était bien connu, à de fâcheuses exagérations » : on enleva les canons des casemates et des tourelles, on retira les approvisionnements en vivres et en munitions et les garnisons des forts ; à Verdun on ordonna le 24 février 1916 de charger d’explosifs les organes en vue de la destruction des ouvrages; le 26 février 1916 à 13 heures la destruction du fort de Vaux fut ordonnée : heureusement un obus allemand fit sauter les engins de mise de feu et la destruction ne put être réalisée.
- « La destruction de tous les organes de défense du fort, de Douaumont était préparée ; sur le mur d’escarpe de gorge, six puits de mine avaient été creusés à deux
- Fig. 16. — Le fort de Moulainuille en janvier 1916.
- (Observatoire cuirassé et tourelle pour 2 canons de 75)
- (Ph. Archives photographiques d’Art et d’Histoire).
- mètres du mur; un sergent du 9e génie arriva au fort le 25 février à 6 heures pour préparer les foyers d’explosion, l’ordre d’exécution devait être apporté du Haut Commandement par un officier » (*).
- Cet officier n’arriva jamais : les Allemands étaient entrés dans le fort sans combat le 25 février à 17 heures faisant prisonniers ses 58 occupants : un gardien de batterie, 40 servants des tourelles, 12 observateurs, 4 sous-officiers et brigadiers, et un lampiste auxiliaire d’infanterie ; il n’y avait aucune garnison combattante, aucun élément des troupes de campagne voisines... Le 26 février à 0 heure le général Pétain remplace le commandant de la Région fortifiée de Verdun; il rappelle immédiatement les esprits à une juste conception de la fortification permanente, prescrit d’enlever les explosifs et de défendre les ouvrages même après investissement, de les réarmer, de 1. Récit du gardien de batterie Chenot.
- Fig. 15. — Au fort de Vacherauville, 15 février 1917.
- (Ph. Archives photographiques d’Art et d’Histoire.
- les réapprovisionner, d’y mettre une garnison et un commandant . Sous les bombardements intenses ces opérations ne purent être jamais faites que partiellement; en particulier la remise en place des canons de flanquement ne put avoir lieu. Les forts rendirent cependant des services hautement appréciés par les unités et les états-majors : Vaux résiste jusqu’au 7 juin et n’est vaincu que par la soif (x); Froideterre immobilise l’avance de l’ennemi fauché brusquement par les boîtes à mitraille de la tourelle cuirassée de 75 qu’il croyait anéantie; et la dernière tentative allemande vers la ville de Verdun échoue le 12 juillet 1916 devant Souville. Les tourelles de Moulain-ville et de Vacherauville ont une activité intense, malgré les violents bombardements de 420 qu’elles subissent. Entre les forts les 34 abris qui n’ont que 1 m 50 de béton résistent; ils sont en permanence encombrés, comme les forts, de combattants heureux de s’y réfugier.
- 1. Les 5000 litres d’eau auraient permis à la garnison théorique de 250 hommes de tenir jusqu’au 20 juin et au fort d’être dégagé; mais 670 hommes y étaient réfugiés au 31 mai.
- Fig. 17. — La Caserne du fort de Trogon.
- Construit en maçonnerie en 1879, ce fort a résisté en 1914 à une attaque appuyée par des canons de 305.
- (Ph. Archives photographiques d’Art et d’Histoire.)
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- Les bombardements incessants de 1916 et de 1917 ont ^ transformé tout le terrain en champs d’entonnoirs j contigus; les ouvrages en terre sont pulvérisés, les maçon- j neries des ouvrages sont crevées ou soufflées, les bétons / minces également, les façades de gorge de Douaumont et de Vaux sont émiettées par le 4Q0^français malgré leurs 2 mètres d’épaisseur en béton spécial; mais les dalles et les voûtes épaisses en béton spécial et en béton armé ne sont pas percées, même par le 420; dans les tourelles aucune calotte en fer laminé ou en acier spécial n’a été fendue ou brisée, même sous des coups directs, cependant les avant-cuirasses en acier moulé ont été percées, les collerettes en béton armé ont été pulvérisées à 1 m 65 de profondeur; les observatoires cuirassés en acier moulé de 24 cm ont été faussés mais non détruits ni percés; les tourelles pour mitrailleuses en fer laminé de 12 cm ont naturellement été en général détruites.
- Le souffle des projectiles était extrêmement violent; les vibrations ont produit des décollements et des fissures ; elles avaient des effets physiologiques marqués sur les occupants.
- Néanmoins les forts et leur garnison ont tenu; Douaumont a reçu 120 000 obus dont 2 000 supérieurs au 270 : mais la partie Ouest de la caserne recouverte de 2 m 50 de béton est percée en un seul point; la partie Est l’est en quatre endroits seulement ; sur 18 casemates du 1er étage,
- 5 seulement sont inutilisables ; au rez-de-chaussée tout est occupable; la dalle d’un seul coffre sur les trois existants est percée; la tourelle de 155 et celle de 75 sont en parfait état de fonctionnement.
- Les « poilus » de Verdun connaissaient si bien la valeur des forts qu’ils s’y entassaient au mépris de toutes les règles de défense : le commandant d’infanterie Tournés ne trouve-t-il pas, en mars 1916, 2 000 poilus dans Vaux construit pour 150 hommes?—«Comment, dit-il, avoir le courage de les en chasser? Pour le soldat qui combat à l’extérieur, pour le coureur perdu dans le chaos, pour le blessé, le fort répand la confiance, il attire, il réconforte...
- Quand nous y entrâmes, le spectacle était impressionnant: cette masse muette, immobile, d’hommes debout, serrés, pressés, entassés, se trouvait dans l’impossibilité absolue de se mouvoir, d’avancer ou de reculer : territoriaux, chasseurs, fantassins, artilleurs, sapeurs, blessés, corvées chargées de vivres et de munitions. Pour avancer nous employons successivement la persuasion, la raison, les hurlements, les bourrades, il nous faut 3/4 d’heure pour monter l’escalier... » Qui osera soutenir encore que la fortification de campagne est plus appréciée que la permanente ? (') que la guerre a montré la faillite de celle-ci ? Des conducteurs d’hommes, dont nul ne conteste la qualité, le maréchal Pétain, le général Mangin, des chefs à.'infanterie qui ont vécu dans la fortification permanente, le colonel Raynal, l’héroïque défenseur du fort de Vaux, le capitaine Gilson, commandant à Douaumont de 1917 à 1918, ont proclamé la valeur de Voutil qu’on leur avait préparé.
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- Cette valeur de l’outil ancien sera celle de l’outil nouveau, valeur qui a été et qui sera nulle par elle-même, qui ne sera faite que de celle des hommes et de leurs chefs, que de leur croyance en sa vertu et en sa nécessité.
- Vertu due au fait que pour le façonner on emploie toutes les ressources de la science moderne;
- Nécessité imposée par celle de la création immédiate sur la frontière, à la première menace, d’un barrage de feux produit par un effectif réduit au minimum.
- Louis Bance.
- 1. Les forts et ouvrages intermédiaires ne sont pas les seuls éléments de la fortification permanente qui ont joué un grand rôle dans la bataille de Verdun : il faudrait citer outre les abris de combat des intervalles, les abris à munitions qui ont été constamment utilisés comme abris de troupes ou postes de commandement et surtout l’admirable citadelle de Verdun, cité souterraine capable d’abriter, en toute sécurité, d’importantes réserves à proximité immédiate de la ligne de feu.
- LA COURONNE SOLAIRE
- EN DEHORS DES ÉCLIPSES
- LA COURONNE SOLAIRE ET LES ÉCLIPSES
- Les éclipses totales du Soleil offrent, d’après tous ceux qui en sont témoins, un spectacle inoubliable.
- Lorsque le moment de la totalité approche, le mince croissant solaire, que la Lune laisse encore à découvert, s’amincit rapidement, se raccourcit et se résout bientôt en quelques points très brillants qui disparaissent presque aussitôt, à l’instant qui a été calculé. L’observateur peut, seulement alors, contempler, sans être ébloui, les alentours immédiats du Soleil. A travers une lunette munie d’un faible grossissement, le spectacle est admirable.
- L’observateur voit, tout d’abord, des sortes de flammes très brillantes, de couleur rose- violacée, les protubé-
- rances qui paraissent, en général, jaillir du bord même de la Lune et s’élèvent parfois jusqu’à une hauteur égale au quart de son diamètre ou même davantage.
- Le Soleil se montre également entouré d’une auréole blanche, la couronne, dont l’observation présente une importance considérable. Cette auréole est moins brillante que les protubérances. Son éclat égale pourtant celui de la pleine Lune, tout près du bord solaire, mais il diminue très rapidement vers l’extérieur; il est réduit au centième à une distance du bord égale, environ, au rayon solaire, et il devient, en général, insensible à une distance d’une dizaine de rayons.
- La couronne n’est pas homogène et sa forme générale se modifie d’une manière périodique, en rapport avec
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- l’activité du Soleil. Aux époques d’activité minimum, espacées en moyenne de 11 ans et 3 mois, la couronne semble formée de jets lumineux très longs issus des régions voisines de l’équateur solaire; les pôles sont garnis d’aigrettes fines et courtes qui laissent entre elles des espaces sombres. Aux époques d’activité maximum, les jets, beaucoup plus nombreux, paraissent, au contraire, jaillir tout autour du Soleil ; ils se confondent en partie pour former une couronne d’apparence à peu près circulaire. Pendant les périodes intermédiaires, les jets partent, de préférence, des régions de latitude moyenne et la couronne tend à prendre une forme carrée.
- Ce magnifique spectacle dure, malheureusement, très peu de temps. Au bout d’une ou deux minutes en moyenne, de cinq à six minutes si l’éclipse est exceptionnellement favorable, une ligne brillante, dont l’éclat est insoutenable, surgit du bord de la Lune, le ciel s’éclaircit et la couronne extérieure cesse aussitôt d’être visible.
- L’observateur voit encore, pendant une ou deux minutes, la basse couronne à l’opposé du croissant solaire, puis tout disparaît.
- La couronne ne sera plus visible que dans quelques années, très loin de l’endroit d’où l’on vient de l’observer, peut-être même aux antipodes.
- L’observateur d’éclipses devra, d’ici là, consacrer la plus grande part de son temps à étudier, à constituer et à régler un matériel adapté spécialement aux recherches qu’il se propose de faire. Il entreprendra un voyage long et coûteux pour s’installer, un mois d’avance, dans une région où les ressources manquent, en général, totalement. Malgré tous ces efforts, le résultat de l’entreprise est loin d’être assuré puisqu’il suffit d’un nuage, au moment de la totalité, pour tout compromettre.
- TENTATIVES POUR OBSERVER LA COURONNE SOLAIRE
- EN DEHORS DES ÉCLIPSES
- En présence de telles difficultés, les astronomes et les physiciens ont cherché, depuis plus d’un demi-siècle, une méthode permettant d’observer la couronne en dehors des éclipses.
- Les premières tentatives dans cette voie remontent à 1878; il serait trop long de citer toutes celles qui ont été faites depuis cette date, le plus souvent par d’éminents observateurs. La plupart d’entre eux photographiaient simplement la région du ciel où se trouvait le Soleil soit directement, soit en filtrant la lumière avec des écrans colorés placés contre la plaque. Un disque métallique, un peu plus grand que l’image du Soleil, recouvrait
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- le centre de la plaque* pour arrêter les rayons solaires directs et pour éviter ainsi le halo photographique. Les radiations bleues et violettes furent seules utilisées au début, mais les progrès de la sensibilisation des plaques photographiques permirent, ensuite, d’employer les radiations rouges et celles du début de l’infra-rouge qui, en raison de leur plus grande longueur d’onde, sont beaucoup moins fortement diffusées par notre atmosphère. Les photographies obtenues par ce procédé, souvent dans des stations très élevées où l’atmosphère est très pure, montrent en général des halos dont certains ressemblent beaucoup à la couronne.
- D’autres clichés ont été également obtenus par Deslandres et par Haie en isolant, au moyen du spectrohélio-graphe, la lumière des raies les plus noires du spectre solaire. La lumière du ciel, qui présente ces raies d’absorption, doit, ainsi, paraître plus affaiblie que celle de la couronne qui, en général, ne les montre pas. Ce procédé a donné également des images d’apparence coronale.
- Malheureusement aucun des halos qui ont été photographiés ne peut être attribué à la couronne. En effet, les temps de pose avec lesquels ils ont été obtenus sont des dizaines et même des centaines de fois trop courts pour permettre d’enregistrer la vraie couronne pendant une éclipse. Aucune de ces photos ne montre les protubérances qui, sur certaines d’entre elles, devraient apparaître beaucoup plus intenses que la couronne. Enfin, les épreuves prises pendant les éclipses partielles montrent des couronnes qui s’étendent même sur la Lune. Le bord lunaire n’a pu être photographié, en dehors du disque solaire, que pendant les éclipses dont la grandeur dépassait 0,98 et qui, par conséquent, étaient presque totales.
- Des tentatives d’un autre genre ont été faites par Deslandres et par Haie pour déceler, en dehors des éclipses, le rayonnement infra-rouge de la couronne. Ce rayonnement tombait sur un thermomètre très sensible constitué soit par un bolo-mètre, soit par une pile thermoélectrique. Ces tentatives n’ont donné aucun résultat certain, en partie, sans doute, parce que le rayonnement infra-rouge est très faible.
- Les causes de ces échecs ont été longuement discutées. Notre atmosphère a, tout d’abord, été rendue seule responsable. Elle diffuse, en effet, une lumière intense qui doit voiler celle de la couronne. Pourtant, si cette atmosphère était parfaitement pure, le ciel aurait, dans toutes les directions, la teinte bleue que nous lui connaissons; son éclat serait très uniforme et il aurait, près du Soleil,
- Fig. 1. — Coupe du polarimètre [à franges de M. B. Lyot, monté sur une lunette (d’après la Revue d’Opiique).
- O, oculaire de la lunette. P, polariscope à franges. L„ lame de verre mobile autour de l’axe DE. F, aiguille de repère de la lame L,. G, secteur gradué. La, lame de verre mobile autour de l’axe HI. N, bouton de commande de la lame La. R, ressort permettant d’immobiliser le polariscope.
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- une valeur seulement double de celle qu’il possède à 90° de celui-ci, à une même hauteur bien entendu. Puisque la Lune est facilement visible le jour, les parties basses de la couronne, aussi brillantes que la pleine Lune, seraient observables en dehors des éclipses, surtout avec les radiations rouges et infra-rouges.
- Malheureusement, même lorsqu’il fait très beau, le Soleil apparaît entouré d’un halo blanc plus ou moins étendu et diffus mais dont les parties intérieures sont toujours beaucoup plus brillantes que le reste du ciel. Ce halo est très important à cause de la brillance énorme du Soleil qui vaut environ un million de fois celle de notre atmosphère. Quelques grains de poussières situés entre le Soleil et l’observateur suffisent pour le produire; ils envoient, par diffraction, une quantité de lumière qui est égale à celle qu’ils reçoivent du Soleil et qui est concentrée, tout entière, dans les directions voisines de celles des
- réunis nulle part ailleurs. Il est facilement accessible en été. Son altitude est très élevée, 2860 mètres. Grâce à cette circonstance, l’observateur n’a plus, au-dessus de sa tête, que les deux tiers de notre atmosphère tandis qu’il a, sous ses pieds, les poussières de la plaine et les couches d’air les plus chargées en nébulosités diverses, en un mot toute la vase atmosphérique. Il est au Sud du 43e degré de latitude, ce qui lui permet d’observer le Soleil très loin de l’horizon, pendant un temps plus long que dans les autres Observatoires français. Il peut, enfin, disposer d’une lunette double de 6 mètres de long dont la monture est extrêmement stable et sur laquelle on peut fixer commodément ses appareils pour les maintenir pointés sur le Soleil.
- J’ai pu profiter, au Pic du Midi, de 27 journées d’observation entre le 9 juillet et le 11 août 1930. La mer de nuages s’étendait, en général, à quelques centaines de mètres au-dessous de la coupole tandis que le ciel restait
- 29 Juillet à ÎA-^30
- 29 Juillet à 12 h.
- 31 Juillet a 12h
- Fig. 2. -— Proportion de lumière polarisée, exprimée en millièmes, mesurée à 80" du bord solaire dans les divers angles de position.
- rayons incidents. De légers cirrus ou des nébulosités invisibles agissent de même par les particules qu’ils contiennent. Si l’observateur est armé d’une lunette, la diffusion par les verres vient encore renforcer ce halo. Ces fausses couronnes se superposent à la vraie dont elles possèdent les apparences et la masquent entièrement.
- Néanmoins, en réduisant ce halo à son minimum, il doit être possible de distinguer la vraie couronne grâce aux propriétés particulières de sa lumière : sa polarisation et son spectre de raies brillantes.
- C’est ce que j’ai essayé de faire pendant les mois de juillet et août 1930 à l’observatoire du Pic du Midi.
- L’OBSERVATION DE LA COURONNE SOLAIRE PAR LA POLARIMÉTRIE ET .. : L’ANALYSE SPECTRALE
- L’observatoire du Pic du Midi présente, pour l’étude de la couronne solaire, des avantages que l’on ne trouve
- souvent d’un bleu parfait. On pouvait même masquer le Soleil par un écran éloigné sans voir, autour de lui, aucun halo.
- Grâce à ces conditions excellentes, j’ai réussi à analyser la polarisation de la couronne intérieure et à étudier deux raies brillantes de son spectre.
- L’image du Soleil était formée par un dispositif optique approprié, sur un disque métallique qui dépassait, très légèrement, le bord solaire. L’observateur, abrité par cet écran, pouvait examiner les alentours immédiats du Soleil, jusqu’à 30" du bord, sans être ébloui, même lorsqu’il employait un oculaire faible.
- Dans ces conditions, les protubérances étaient visibles sans le secours du spectroscope et même sans l’interposition d’aucun écran coloré. Elles apparaissaient avec la couleur rosée qu’elles présentent pendant les éclipses. A l’aide d’un verre rouge, on pouvait les observer sur un ciel très foncé et voir de fins détails grâce à ce procédé direct,
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- malgré la faible ouverture utilisée (4 cm). 11 était aisé de suivre leurs contours jusqu’à moins de 30" du bord solaire.
- J’ai observé ainsi les transformations des plus remarquables d’entre elles; l’une, située au Sud-Est, présentait le 13 et le 14 juillet une structure très complexe, formée d’arches multiples. Une autre, au Nord-Ouest, parut relativement calme le 26 juillet; mais, le 27, elle s’éleva très rapidement en s’amincissant à la base et se détacha du bord, puis sa base se reforma. Sa hauteur atteignit 0,28 rayons solaires.
- Une série de clichés, pris le 11 août, sur plaques panchromatiques, à travers un écran rouge léger, montre une protubérance petite, mais extrêmement intense; cette protubérance apparaît, avec une hauteur de 70", sur les clichés pris à Meudon, le 12 août, au spectrohéliographe. En plus des protubérances, on voyait, autour du Soleil, même dans les meilleures conditions atmosphériques, un léger halo attribuable, en partie, à la diffusion, en partie à la couronne. Pour reconnaître la part due à la couronne, j’ai analysé la lumière de ce halo avec le polarimètre et avec le spectroscope.
- Le polarimètre à franges employé pour cette recherche est représenté schématiquement fîg. 1. L’oculaire O de la lunette ou de l’instrument d’observation est suivi d’un polariscope P, construit en spath d’Islande, qui a la propriété de produire des franges lorsqu’il est éclaii’é par de la lumièi’e polarisée. Ces franges apparaissent à l’infini, sur l’objet que on étudie, sous forme de lines bandes parallèles alternativement claires et sombres. Le contraste de ces franges est d’autant plus marqué que la proportion de lumière polarisée contenue dans la lumière étudiée est plus grande : s’il n’y a que de la lumière polarisée, les franges sont noires et blanches. S’il y a seulement 1 pour 100 de lumière polarisée et 99 pour 100 de lumière naturelle, les franges sont très pâles et à peine visibles.
- S’il y a moins de 1 pour 100 de lumière polarisée, elles sont totalement invisibles.
- Même lorsque la proportion de lumière polarisée est inférieure à 1 pour 100, on peut encore déceler la polarisation en inclinant la lame L . Cette lame, transparente, plane et mince, polarise la lumière qui la traverse obliquement et fait réapparaître les franges.
- On fait ensuite tourner la lame h_2 de 90° autour de l’axe de la lunette, sans changer son inclinaison. Cette rotation, limitée à 1/4 de tour par 2 butées, a pour effet de changer le sens de la polarisation. Si la lumière de l’objet étudié est naturelle, les franges ont la même intensité dans les deux positions de la lame L,.'Si elle est très légèrement polarisée, dans une direction convenable, sa polarisation s’ajoute à celle de la lame ou s’en retranche et la rotation de la lame fait varier l’intensité des franges. Ce procédé, très sensible, permet de déceler une proportion de lumière polarisée de 1 pour 1000.
- Fig. 3. —• La raie ver le de la couronne.
- (Cliché pris par M. B. Lyot, le 10 août 1930 à 10 h, sur plaque orthochromatique, avec pose de G minutes.)
- La proportion de lumière polarisée peut être mesurée en orientant convenablement le polarimètre et en inclinant une autre lame, L,, identique à la première, jusqu’à ce
- Fig. 4. —- Aspects schématiques de la couronne solaire.
- 1. Aux époques de maximum de l’activité solaire.
- 2. Aux époques de minimum. (Dessin de L. Rudaux.)
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- que celle-ci annule la polarisation de l’objet étudié. L’angle d’incidence des rayons lumineux sur cette lame est donné par l’aiguille F, mobile sur le cercle G; il permet de calculer la proportion de lumière polarisée (').
- Pour l’étude de la couronne, notre polarimètre était précédé d’une lentille qui formait, dans l’oculaire, l’image du bord du disque métallique et celle des parties voisines du ciel. Il pouvait tourner de manière à déplacer les franges sur le ciel, tout autour de l’image solaire. Un cercle donnait, rapporté au centre du Soleil, l’angle de position du point observé. Des fils fixes, tendus dans l’oculaire, permettaient d’évaluer la distance de ce point au bord solaire. Les mesures ont été faites lorsque le Soleil était à plus de 50° de l’horizon, elles ont donné les résultats suivants.
- Au delà de 7" du bord solaire, la polarisation du ciel était nulle; il en était de même de celle des halos blancs produits par les poussières. La polarisation commençait à apparaître à 6' du bord, elle augmentait rapidement vers le Soleil, puis elle restait constante au-dessous de 3’ ; elle était d’autant plus forte que le ciel était plus transparent ; au, contraire, le passage de nuages, même assez légers, la rendait insensible. Le plan de polarisation paraissait radial.
- On peut conclure, de ce qui précède, que la polarisation trouvée n’est pas d’origine atmosphérique; l’étude, en laboratoire, du système optique employé, a montré qu’elle n’était pas instrumentale. C’est donc bien la polarisation de la couronne que l’on observe ainsi; la proportion de lumière polarisée se trouve réduite par le mélange de la lumière coronale avec la lumière naturelle provenant du ciel, des poussières ou des appareils.
- Les graphiques de la figure 2 donnent les proportions de lumière polarisée mesurées dans les diverses directions, à une distance constante du bord solaire égale à 80" environ. Les mesures relatives à chacun d’eux ont été faites aussi rapidement que possible (le tour du Soleil demandait moins d’un quart d’heure), de sorte qu’elles correspondent, en général, à une même transparence atmosphérique. Malgré cette précaution, le 29 juillet, vers 14 h 30, l’état du ciel s’est modifié, de sorte que la courbe correspondante ne s’est pas refermée. Les graphiques sont d’autant plus grands que le ciel était plus transparent. Ils présentent sensiblement la même forme, leurs sinuosités correspondent, sans doute, aux inégalités de brillance de la couronne intérieure plutôt qu’à des inégalités de sa proportion de lumière polarisée. Ils montrent deux minima, vers 10° et 190°, dirigés très sensiblement suivant la ligne des pôles du Soleil.
- La forme générale de ces graphiques présente probablement une certaine analogie avec celle de la couronne ; elle paraît en bon accord avec l’activité du Soleil qui est en décroissance depuis deux ou trois ans.
- De même que la polarimétrie, l’analyse spectrale peut servir à reconnaître, en tout temps, la couronne intérieure. Formons, pendant une éclipse totale, l’image de la couronne sur la fente d’un spectroscope. La lumière qui a
- 1. On trouvera des indications plus complètes sur ce polarimètre dans la Revue d’Optique théorique et instrumentale, mai 1926, p. 108, et dans les Annales de l’observatoire de Meudon, t. 8, l'asc. I, p. 12.
- traversé cette fente est dispersée par les prismes sous forme d’une bande lumineuse continue qui contient toutes les radiations visibles, du rouge au violet. Sur ce fond lumineux, très affaibli, en raison de son étalement, se détachent quelques raies plus brillantes. Les plus facilement observables sont produites par une radiation monochromatique verte (de longueur d’onde 0,53031 micron) et une rouge (de longueur d’onde 0,6374 micron).
- En dehors des éclipses, la lumière diffuse du ciel donne un spectre continu qui se superpose à celui de la couronne et le masque entièrement. Les raies brillantes doivent, cependant, rester observables grâce à leur éclat plus élevé, lorsque les conditions atmosphériques sont très favorables.
- J’ai tenté l’expérience en formant l’image des alentours immédiats du Soleil sur la fente d’un spectroscope à vision directe.
- Le 30 juillet et les jours suivants, on voyait, en plus des raies noires du spectre solaire dues à la lumière diffuse, une raie brillante dans le vert, non loin de. la raie E. Elle était longue et intense au Nord-Ouest où on la suivait jusqu’à 4' du bord solaire, plus faible au Sud-Est et à peine observable au Nord et au Sud. Cet aspect, qui persista les jours suivants, s’accorde bien avec les graphiques de polarisation du 29 et du 31 juillet : la raie avait son intensité maximum aux endroits où la polarisation était la plus forte.
- Le 3 et le 4 août, par une transparence atmosphérique remarquable, j’ai vu une deuxième raie brillante, dans le rouge, entre la bande et la raie C. Elle était moins intense, mais presque aussi longue que la raie verte, et présentait, tout autour du Soleil, les mêmes variations de longueur et d’intensité.
- Le 7 août et principalement le 10, la raie verte offrait un aspect beaucoup plus uniforme, comme ) 3 montre le cliché reproduit sur la figure 3. Ce cliché a été pris le 10 août, à 10 heures, sur plaque orthochromatique avec une pose de 6 minutes. La fente était tangente au bord Est du Soleil, elle coupait légèrement le disque métallique en donnant naissance à la bande noire centrale. Le disque était bordé d’une fine frange de diffraction dont la section, par la fente, a produit les deux bandes lumineuses latérales. La raie brillante apparaît, au milieu des raies solaires, un peu à gauche de la raie E. A cette même date, la raie rouge, au contraire, était invisible ; on la distingue cependant, faible et courte, sur deux clichés pris au bord Est, le 10 août, avec une fente large, et des poses respectives de 20 et 45 minutes.
- Les intensités de ces deux radiations varient donc différemment; leurs variations sont considérables, non seulement d’une année à l’autre, comme les observateurs d’éclipses l’ont constaté, mais aussi en l’espace de quelques jours seulement.
- La longueur d’onde de la raie verte, obtenue àFoculaire par rapport aux raies solaires qui l’entourent, est de 5303,2 + 0,1 angstroms internationaux. Les mesures des deux clichés du 7 et du 10 août, moins précises à cause de la faible dispersion employée (30 A par millimètre), fournissent les chiffres 5302,4 et 5302,5. Les mesures micrométriques directes de la raie rouge, difficiles en raison de la faiblesse des groupes de raies solaires voisins, donnèrent
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- 6375 A tandis que les deux clichés du 10 août donnent respectivement 6370 et 6373,5.
- Les deux raies brillantes étudiées correspondent donc bien aux deux radiations les plus intenses de la couronne, observées pendant les éclipses et pour lesquelles on admet les longueursd’onde 5303,1 et 6374.
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- Ces premiers résultats montrent qu’il est, désormais, possible d’étudier la couronne intérieure en tout temps, soit au moyen du polarimètre, avec la lumière de son spectre continu, soit au moyen du spectroscope, avec la lumière de ses raies brillantes. L’observateur disposera, non seulement des quelques minutes offertes par les
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- éclipses totales, mais, fréquemment,, de plusieurs heures consécutives. Il pourra suivre régulièrement les variations de la couronne et de ses raies spectrales, étudier sa rotation, déterminer les liens qui l’unissent aux taches, aux lacules et aux protubérances. Il pourra également aborder des problèmes qui nécessitent de longues poses photographiques tels que la détermination précise des longueurs d’onde des raies coronales, l’étude des vitesses radiales en chaque point de la couronne et l’obtention d’images monochromatiques au spectrohéliographe.
- Ces avantages ne doivent pas, cependant, nous faire abandonner les éclipses totales de Soleil qui resteront, longtemps encore, le seul moyen d’atteindre les parties extérieures de la couronne.
- Bernard Lvot,
- LA FOULQUE
- Beaucoup plus grosse que la poule d’eau, la foulque est l’oiseau sédentaire de nos étangs du Nord et du Midi de la France; on la trouve également un peu partout en Sologne, surtout dans les endroits où elle n’est pas trop dérangée par le chasseur. La foulque, si elle n’a pas l’éclatant coloris à reflets métalliques du canard sauvage, a cependant quelques reflets qui miroitent sur son corps : sa livrée est sombre et tranche d’une tache noire sur l’étang d’argent qui scintille aux derniers rayons du soleil couchant. Sa tête et son cou sont entièrement noirs, son bec est assez court, un peu arqué et très fort, terminé sur le front par une sorte de protubérance cornée blanche en toutes saisons, sauf au moment des amours où elle revêt une teinte de corail. Le dessus du dos de l’oiseau est d’un brun très foncé, noirâtre, où se jouent et ondoient quelques reflets d’un vert mordoré foncé, tandis que le ventre et les flancs sont d’un joli gris cendré tirant sur le bleu. Les pattes sont placées assez en arrière du corps *et les doigts, d’un vert mat et gris, sont agrémentés d’une membrane ridée, rayée, analogue à de la peau de gant; l’iris de l’œil est d’un beau rouge. En somme, la foulque est un de nos jolis oiseaux aquatiques; elle est d’une belle grosseur et quand on la ramasse, avec toute cette plume ébouriffée, elle paraît de la taille d’une petite poule.
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- Voulez-vous, cher lecteur, quelques détails sur sa vie
- privée ? C’est un oiseau agréable, qui met de la vie et do l’animation sur nos pièces d’eau et dans nos marais; la foulque vit en bandes parfois innombrables ; elle peuple à
- elle seule tout l’étang; onia voit partout, tantôt se glissant sous les saules qui tendent leurs branches jusque dans l’eau, tantôt immobile, dormant au coin d’une touff e de roseaux ou prenant ses ébats au beau milieu de l’onde tranquille. Peu farouche, elle se laisse facilement approcher, attendant l’extrême limite du danger pour se mettre à l’essor et si l’homme ne la poursxiivait pas chaque année de son plomb meurtrier, la foulque deviendrait pour lui un oiseau domestique, qui aimerait sa compagnie et viendrait jusque sous son toit se disputer le pain que sa main charitable lui jetterait. Oiseau tranquille, vivant en sybarite, aimant la compagnie de ses congénères et ne détestant pas celle de l’homme, la foulque vit en très bonne intelligence avec ses semblables; il semble, sur cet étang qui abrite tout un monde d’oiseaux aquatiques, que toutes ces foulques qui sans cesse passent et repassent au travers du dédale des roseaux ne soient qu’une seule et même grande famille!...
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- Mais voici les premiers frimas, les gelées déjà ont orné les grands roseaux de cristaux de glace, qui pendent après leur duvet comme autant de paillettes d'argent; peu à peu le froid devient plus intense, et maintenant le marais se rétrécit, se dessèche sous l’action de cette gelée qui
- La Foulque.
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- semble pétrifier la terre elle-même, gluante de boue hier encore et aujourd’hui creusée de sillons où de toutes parts éclatent les rides comme si elle portait là les traces de sa souffrance sous l’étreinte d’un souffle qui glace ! L’étang, lui aussi est scellé par la gelée, et nos oiseaux qui l’habitent vont maintenant fuir ses rives où les derniers roseaux et les joncs courbent la tête, jaunissent et meurent !... C’est pour notre foulque l’époque de la migration : c’est alors qu’au crépuscule d’un soir où la bise d’Eole solidifie peu à peu de son haleine glacée l’eau qui arrête déjà son mouvement rythmique habituel, c’est alors que les foulques se sont réunies par bandes pour le départ annuel vers des régions au climat plus tempéré; toute la troupe s’envole au moment où la nuit étend son voile sur la terre et c’est à la clarté de son (lambeau, de cette lune au disque blafard, que nos oiseaux se dirigent vers une eau vive dans laquelle ils trouveront asile et nourriture : ils traversent ainsi la France du Nord au Sud ou de l’Est à l’Ouest, ne voyageant que de nuit, se reposant de jour soit au coin d’un bois humide, soit dans une prairie touffue, parsemée de joncs ou d’ajoncs et ne s’arrêtent que lorsque leur idéal leur est apparu sous forme d’une rivière à l’onde rapide et claire qui roule sur les cailloux arrondis, parsemée çà et là de tapis verts d’herbes aquatiques qui leur fourniront une table toujours copieusement servie !... Une vie nouvelle s’ouvre à cette époque pour la foulque qui va gagner une chair quelque peu meilleure; elle va, cette fois, prendre plus d’exercice dans la rivière au courant torrentueux que sur l’étang immobile; elle va lutter sans cesse contre ce courant, elle va prendre aussi des petits mollusques délicieux pour elle et cherchera dans les cressonnières la fétuque dont elle est friande, et elle restera dans cet éden jusqu’aux beaux jours : n’est-ce point naturel de s’attarder un peu là où il fait si bon vivre ?
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- Cependant, la Nature reprend petit à petit, elle aussi, le cours de son existence; l’eau dormante a quitté son manteau de glace, voici les premirs rayons d’un soleil printanier, qui viennent caresser les arbres et les petites plantes d’où les bourgeons éclatent de toutes parts, et, tandis qu’avril nous offre ses premières fleurs, nous donne les premières aubades de nos passereaux qui chantent leur joie de vivre, ce printemps qui renaît vient aussi rappeler à toute la gerrt aquatique que le temps des amours est revenu et la foulque regagne l’étang qui l’a vu naître, songeant au devoir de la reproduction de l’espèce. Toute la petite cohorte revient par la même route aérienne, avec cette orientation merveilleuse que nous admirons sans réserve chez tous les migrateurs, et retrouvé dans tout ce labyrinthe de roseaux le saule que l’oiseau venait de quitter il y a quelques mois. Et voici que ces foulques, d’ailleurs si tranquilles, viennent tout à coup de prendre un aspect de colère; les mâles, par paquets de trois ou quatre, se poursuivent et se livrent d’homériques combats ; les voyez-vous, là-bas, sur cette flaque, dressés tout debout, agitant leurs ailes, se faisant face, frappant du bec et griffant des pattes, jusqu’à ce que le vaincu s’enfuie,
- honteux, quêtant plus loin un bonheur incertain ? C’est l’histoire de la conquête pour eux d’une compagne, et quand celle-ci a choisi son époux, aussitôt les couples se forment, le mâle se livre à toutes sortes de manœuvres comiques autour de la femelle, puis le nid s’édilie; chacun contribue à sa confection ; voici le couple- qui arrache des brins de fétuques, puis les emporte dans un coin retiré sous une touffe de joncs, mais toujours à l’abri de l’inondation, c’est-à-dire que cette demeure flottante suivra les caprices de l’eau, montant ou descendant avec elle : après les herbes d’un vert tendre, voici les roseaux secs qui forment la carcasse de cette habitation, et pour tpie le mimétisme soit, complet,, l’oiseau n’emploie que des matériaux recueillis sur place; enlin, l’ouvrage est terminé; dans ce berceau (pii se balance au gré du flot et sous l’aile des zéphyrs, la femelle pond de 8 à 12 œufs (on en trouve même jusqu’à 15), d’un jaune terreux et très piqueté d’infinies petites taches plus foncées. Bientôt les petits naissent couverts de duvet noir et commencent à suivre les parents; puis l’éducation vient en son temps, et ces foulques si tranquilles trouvent encore en elles le sentiment d’un amour maternel profond pour défendre leurs petits contre le rapace à l’aile sifflante et rapide qui sillonne l’étang ! Enfin, en juillet ou vers le milieu de l’été, chacun se suffit à lui-même et se sépare. Et pendant toute la belle saison, ce ne sont que des jeux et des ébats sans trêve au milieu de l’eau qui reflète tout ce petit monde ailé; chacun semble heureux de vivre en ce séjour enchanteur...
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- Mais hélas ! Saint Hubert, un beau matin, plaça la foulque, sinon au rang des gibiers fins, du moins il la déclara très comestible et voici que ses disciples sur terre sont venus troubler la quiétude de nos oiseaux. D’une admirable défense, se faufilant au travers des grandes laîches, la foulque était décidée à donner du fil à retordre au chasseur, sachant que son vol droit et peu rapide lui coûterait la vie ; elle piète donc inlassablement, se cale dans un coin, revient sur ses pas, pour fuir à nouveau dans une autre direction sous la voûte protectrice de l’exubérante végétation aquatique, et il faut un très bon chien, patient, tenace et lent, pour arriver à la mettre à l’essor. L’oiseau, très emplumé, est assez dur à tuer; il faut du 6 ou du 5 comme plomb pour le tuer raide; c’est évidemment une chasse fort amusante, mais il ne faut pas oublier que la foulque n’est et ne doit être pour le vrai chasseur qu’un gibier de consolation, sur lequel on tire de loin en loin, au retour d’une chasse infructueuse, et ne point oublier non plus que ce rallidé aux mœurs si débonnaires et au naturel si sociable disparaîtrait complètement de nos marais et de nos étangs si on lui faisait une chasse trop acharnée (*).
- Robert Guinot.
- 1. En fait, deux espèces de Foulques vivent dans notre pays : Fulca alra, abondante dans toutes les régions, et F. cristata, beaucoup plus rare, qu’on ne rencontre qu’accidentellement dans le midi. La foulque commune est appelée judelle, morelle, macreuse dans le midi, macrolle ou quedrelle en Basse-Normandie.
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- L’AVION POUR SOUS-MARIN
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- Il y a déjà plusieurs années, l’idée s’est fait jour qu’un sous-marin, disposant des services d’un avion, verrait accroître singulièrement sa valeur militaire et qu’il y avait lieu de rechercher comment on pourrait lui assurer ces services.
- Le sous-marin en effet, de par sa nature propre, est un demi-voyant. S’il est sous l’eau son périscope ne lui procure qu’une vue médiocre; s’il est en surface, les yeux de ses guetteurs, si bons soient-ils, étant situés à faible hauteur au-dessus (h; l’eau, ne peuvent scruter l’horizon à plus de quelques milles.
- Ce n’est donc que tardivement, souvent trop tardivement, que le sous-marin peut avoir conscience de ce qui se passe autour de lui dans un rayon encore assez peu étendu. De ce fait il est exposé à de graves dangers si un torpilleur rapide court sur lui pour le détruire, sans qu’il dispose encore du temps nécessaire pour échapper à ses coups en plongeant profondément. D’autre part, il laissera passer des occasions d’attaquer lui-même un ennemi circulant dans son rayon d’action, mais qu’il n’aura pu apercevoir.
- Le problème à résoudre réside donc dans l’augmentation du rayon de visibilité du sous-marin et dans ce rôle l’emploi de l’avion paraît s’imposer. S’élevant de quelques
- Fig. 1. — Llujdrauion américain pour sous-marin.
- L’appareil est repliable en 3 minutes et se loge dans un tube de 1 m 80 de diamètre.
- (Ph. Keystone-View.)
- centaines de mètres et décrivant des cercles au-dessus des eaux, l’observateur aérien notera et indiquera très rapidement au commandant du sous-marin, la position et la nature des navires en vue dans le rayon le plus étendu et ses renseignements permettront à celui-ci de conduire son action en connaissance de cause. Mais on conçoit qu’il est impossible de songer à faire escorter un sous-marin en
- Fig. 2. — Sous-marin anglais cl son hydravion de reconnaissance.
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- croisière de façon permanente par un avion dont le rayon d’action est si limité. Il n’y a donc de solution que dans l’installation, à bord du sous-marin lui-même, d’un petit hydravion, qui serait mis à l’eau lorsque les circonstances le permettraient, prendrait son vol par ses moyens propres, accomplirait rapidement sa courte tournée de reconnaissance, reviendrait ammérir près du sous-marin, et reprendrait sa place à bord dans l’abri qui lui aura été ménagé. 11 n’y a aucune possibilité, en effet, de faire envoler un avion du pont d’un sous-marin, et il faut de toute nécessité recourir à l’hydravion.
- Mais le sous-marin est déjà encombré par une machinerie des plus compliquées : accumulateurs, moteurs thermiques pour la marche en surface, électriques pour la marche en plongée, ballast nombreux, torpilles et tubes de lancement, et, sur son pont même, on trouve les panneaux de descente, le kiosque du commandement, la tourelle du ou des canons. Comment donc y loger encore un engin par état fort volumineux dans des conditions qui lui assurent la maniabilité et l’eflicacité nécessaires ?
- C’est aux Etats-Unis que la question a été étudiée pour la première fois, il y a 7 ou 8 ans. On y a établi d’aborcl que le type d’avion à créer devait être assez petit pour pouvoir trouver à se loger dans un tube étanche d’à peu près 1 m 80 de diamètre. Il était très important en effet que cet appendice nouveau fût de dimensions aussi réduites que possible pour ne pas diminuer encore la vitesse déjà bien faible que ne peut dépasser un sous-marin immergé. Par voie de conséquence, l’hydravion ne devait emporter qu’un seul homme, à la fois pilote et observateur. Ce serait un biplan, un monoplan comportant une trop grande envergure des ailes. Pas de canons, provision d’essence suffisante pour un vol de 2 heures, réduction de tous les organismes au poids minimum. On est arrivé ainsi à un engin ne pesant pas plus de 500 kg et capable de circuler, avec sa machine de 60 ch à la vitesse de 110 km à l’heure. L’appareil moteur est un 3 cylindres Wright à air refroidi. Les ailes ont environ 6 m 60 de longueur, et sont, bien entendu, démontables. Cette étude serrée a.permis d’obtenir un engin assez facilement logeable dans le petit tube de 1 m 80. Le fusc-
- Fiy. 3. — L’hydravion démontable Besson pour sous-marin.
- lage en occupe le centre avec son moteur attaché à la partie avant. Les ailes en 4 parties trouvent leur logement à la périphérie du tube et les flotteurs entre le fuselage et les ailes. 9 minutes suffisent pour monter l’appareil et quelques minutes pour le démonter.
- Pour l’envol, le pont du sous-marin se dérobe de quelques centimètres sous l’appareil, et celui-ci mis à flot par cette manoeuvre prend son départ comme tout hydravion ordinaire. Le retour à bord peut s’effectuer parle mouvement inverse, mais il est nécessaire que la mer soit calme ou à peu près.
- L’Amirauté anglaise a, comme il convenait, suivi avec soin les expériences entreprises à ce sujet aux Etats-Unis, puis s’est mise à étudier le problème pour son propre compte. On a vu figurer, en effet, à l’exposition aéronautique internationale qui s’est tenue à Londres à l’Olympia, en juillet 1929, un petit aéroplane spécialement construit pour faire partie de l’équipement d’un sous-marin.
- Notre gravure 2 montre le sous-marin anglais M 2 procédant à des expériences avec un de ces appareils. Le logement n’est plus un tube comme aux Etats-Unis, mais une sorte de petit hangar placé contre le kiosque de commandement. Une grue est utilisée pour les mouvements de mise à l’eau et du retour à bord. Ces manoeuvres deviennent ainsi plus aisées et permettent l’utilisation de l’avion par temps maniable, mais sans qu’il soit nécessaire de compter sur le calme plat, toujours rare.
- En France, l’idée de placer un avion sur un sous-marin n’a pas, tout d’abord, suscité beaucoup d’enthousiasme, les difficultés à vaincre paraissant l’emporter de loin sur les avantages possibles.
- Cependant, dès 1926, un constructeur d’avant-garde, M. Marcel Besson, exposait au salon de l’aviation un très intéressant hydravion dit Passe-Partout ou Besson MB 35, de dimensions réduites, spécialement étudié en vue d’un démontage et montage rapides, d’un garage sous un faible volume, et par conséquent particulièrement propre à être placé à bord d’un sous-marin.
- Cet hydravion est, contrairement au modèle américain, un monoplan bi-place et voici ses caractéristiques principales : surface de l’aile : 16 m 50; envergure : 9 m 85; longueur 9 m 30 ; encombrement : (replié) 2 m X 2 m X 6 m 50, moteur Salmson de 120 ch. Poids à vide : 540 kg, poids enlevé 225 kg, poids total : 765 kg, en ordre de marche. Vitesse au sol : 163 km-h. Montée à 2000 m en 11 minutes. Plafond : 4200 m. Distance franchissable : en biplace 325 km, en monoplace (le second passager remplacé par de l’essence) 700 km. Démarreur, appareil photographique, poste de T.S.F.
- Les manœuvres de démontage et de remontage de l’hydravion, y compris le temps de la rentrée dans le tube-hangar, ou de la sortie ne prennent que 10 minutes. Par ses dispositions si spéciales et si intéressantes, cet appareil de poche apparaît comme susceptible d’une utilisation très intéressante en beaucoup de circonstances, notamment pour la photographie aérienne, en vue des travaux hydrographiques ou de cadastre, en matière de pêche dans la recherche rapide des bancs de poissons, et encore les services postaux, la surveillance des exploitations à grandes étendues, etc.
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- Fig. 4. — L’hydravion Besson replié dans son lube de bord. à gauche : vu par l’avant. à droite : vu par l’arrière.
- Dans Pordre militaire, il se prêle particulièrement bien à l’embarquement sur les sous-ma-rins, ou les croiseurs, comme appareil de reconnaissance, d’entraînement des pilotes, de surveillance des côtes.
- Enfin il constitue un très commode et très agréable instrument de tourisme.
- La marine qui hésitait encore à placer un hydravion sur ses sous-marins, adopta le Passe-partout de M. Marcel Besson pour ses unités légères.
- Lu de ces appareils a été embarqué sur le croiseur Duguay-T rouin, et a effectué de nombreux vols au cours de plusieurs croisières en Méditerranée orientale. Un autre à bord du Jules-Michelet a subi victorieusement l’épreuve du dur climat des mers de Chine. Celui du La-motte-Picquet a vivement intéressé les populations et les dirigeants du Brésil et de la République Argentine.
- Mais celui qu’a emmené le Primauguet, dans sa dernière croisière autour du monde, mérite une mention particulière. En effet le croiseur ne disposait pas de la caisse-hangar spéciale où l’hydravion démonté trouve un abri. L’appareil replié restait donc tout simplement arrimé sur le pont, et eut à subir pendant tout le voyage les intempéries les plus variées, et une certaine quantité de violents coups de mer.
- En dépit de quoi, il se trouva parfaitement dispos en toutes les circonstances, et elles furent nombreuses, où le commandement fit appel à lui.
- A chaque relâche, ou à peu près, il dut prendre l’air. Dans les îles du Pacifique il fit l’admiration des indigènes, comme aussi à Djibouti. De Saïgon, il vola jusqu’à Angkor (1200 km). Au total le Passe-partout du Primauguet a effectué, sans avarie ni incident, plus de 100 heures de vol, couvrant à peu près 15 000 km.
- Les qualités et l’endurance du Passe-partout étant ainsi démontrées, la Marine, ayant par ailleurs acquis la conviction qu’un pareil engin pouvait être installé à bord d’un sous-marin et lui rendre les plus précieux services, décida
- d’en doter son unité la plus importante. C’est ainsi que le grand sous-marin de croisière Surcouf (2880 tonnes en surface, 4034 en plongée) actuellement en essais, doit recevoir deux hydravions Besson, qui seront logés, comme leurs similaires américains dans des tubes étanches fixés sur le pont du bâtiment.
- Si la réalité répond aux espérances conçues à cet égard, il n’est pas douteux que le sous-marin ainsi doté d’un moyen d’étendre considérablement le champ de sa vision verra s’agrandir dans de larges proportions les limites de son emploi tactique.
- Outre les facilités qu’il y trouvera, en effet, dans la tâche qui lui est particulièrement dévolue: destruction des navires de guerre au large ou sur les côtes, escorte des convois, etc., on peut envisager encore qu’il rendra de très importants services pour les reconnaissances de toutes sortes et aussi dans la surveillance des bases ennemies. Il lui sera facile, en effet, tout en restant hors des vues de l’adversaire, d’envoyer son avion recueillir sur ce qui se passe chez lui une foule de renseignements qui pourront être d’un haut intérêt.
- Ct Sauvaire Jourdan.
- L’INDUSTRIE DES RAISINS SECS
- EN CALIFORNIE
- L’industrie des raisins secs californiens a pris naissance à Fresno où elle débuta très modestement il y a une soixantaine d’années. Elle s’est accrue peu à peu, mais très régulièrement : de 500 tonnes en 1878, elle a atteint 30 000 tonnes en 1892, dépassant celle de l’Espagne, et aujourd’hui la production moyenne est de 250 000 tonnes.
- Cette progression est due surtout à 1’ « Association des producteurs de raisins secs », une coopérative qui compte actuellement 17 500 membres vendant en commun toute leur récolte qui est préparée dans plusieurs usines dont la principale est à Fresno, siège social de l’association. Véritable modèle du genre, cette usine qui couvre une
- superficie de huit hectares, traite quotidiennement plus de 1000 tonnes de raisins secs avec un appareillage entièrement automatique, et, étant donné la nature même de la matière première, d’une ingéniosité vraiment remarquable.
- LES RAISINS FRAIS
- La culture des raisins employés à la fabrication des raisins secs exige un sol fertile, un terrain suffisamment humide, des été longs avec beaucoup de soleil et de chaleur. Une combinaison harmonieuse de ces conditions essentielles assure aux grains une saveur plaisante, un
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- Fig. 1. — L’irrigation est de règle dans les vignobles californiens.
- arôme agréable et des sucres abondants. Pour sécher les fruits, il faut un automne frais et du temps sec.
- Ces conditions très spéciales se trouvent heureusement réalisées dans la vallée de San Joaquim, Californie centrale. L’industrie américaine des raisins secs se trouve presque exclusivement limitée à ' cette contrée et cela sur une superficie assez restreinte, -— une bande de GOG km de long sur 130 km de large.
- Un cultive trois variétés principales de raisins : le
- « muscat » (aux grains gros comme l’extrémité d’un pouce), le « Thompson seedless » (sans pépins) et le « Sultana »; ce sont des raisins blancs de table, riches en sucre, à la peau très line.
- On plante les vignes en rangées parallèles distantes entre elles de 2 m 50 à 3 m. Mlles commencent à donner au bout de trois ou quatre ans et continuent à produire pendant 25.à ;10Q ans, selon Jes. soins qu’on leur accorde et si elles ne sont pas attaquées par la maladie.
- Le rendement varie suivant la nature du sol. 11 faut environ 4 kg 500 de raisin frais pour faire 1 kg de raisin sec, lorsque le raisin a poussé dans des terrains frais, riches.
- DESSICCATION AU SOLEIL
- La récolte se fait lorsque les grappes ont atteint leur pleine maturité : fin août, tout le mois de septembre pour la variété Thompson ; mi-septembre, tout le mois d’octobre pour les muscats.
- Comme il pleut très rarement dans la partie de la Californie où l’on produit les raisins secs, au moment dès vendanges, la dessiccation est pratiquée à peu près uniquement au grand air. A cet effet, les vendangeurs coupent avec soin la grappe en la tenant par la queue;.ils Enlèvent de suite les grains défectueux et disposent les grappes, le côté le plus serré en dessus, sur des panneaux de 1 m de long sur 0 m 80 de large, portant à chaque bout des tasseaux de 4 à 5 cm de hauteur.
- Lu cas de brouillards nocturnes.ou de pluie, on recouvre les raisins de toiles blanches. Ces toiles sont simplement étendues sur le raisin et retenues de place en place par des
- Fig. 2. —• La vendange dans une plantation de .« Thompson seedlers », raisin sans pépins.
- mottes de terre. Le matin on lès relève et on les maintient verticales sur des piquets ou bien on les dépose simplement sur les rangées de ceps.
- 'Quand la dessiccation est faite à moitié, on retourne les raisins de la manière suivante : deux ouvriers posent un panneau vide sur le panneau à retourner; ils les soulèvent ensemble et leur impriment un mouvement de rotation. Cette opération s’effectue le matin avant que la rosée soit disparue.
- Après le retournement, la dessiccation est rapide ; elle est complète en quatre ou cinq jours ; il faut alors surveiller le raisin pour que sa dessiccation ne soit pas poussée trop loin.
- Lorsqu’on juge la dessiccation suffisante, on met les raisins dans des boîtes un peu plus grandes que les claies et profondes de ü m 30. On porte ces caisses, « sweet boxes », dans une grande chambre noire munie seulement de quelques fenêtres pour la ventilation; on les y empile et on les y laisse ressuer pendant une dizaine de jours.
- PRÉPARATION DES RAISINS
- On transporte les raisins ressués à l’usine où
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- un élévateur les conduit à un premier appareil composé de deux cribles, l’un circulaire et l’autre mobile. Les grappes sont serrées en Ire ces deux cribles (pii les dépouillent de leurs grains pendant qu’un ventilateur chasse les grappes, la poussière et les grains verts ou légers.
- Les fruits passent ensuite au « calibreur », un énorme crible muni de Irons de diverses grandeurs.
- On lave alors les « Thompson seedless », on les fait sécher,
- rouleaux, l’un en caoutchouc, l’autre en métal muni de fines dents pointues. On fait passer les raisins entre les deux rouleaux; la pression exercée par le caoutchouc pousse les fruits dans les dents, et comme les pépins sont durs ils résistent et s’accrochent sur les extrémités des dents d’où un ingénieux dispositif les chasse dans un récipient préparé à cet elîet, tandis (pie les raisins glissent entre les dents et tombent sur une courroie sans fin.
- Fig. 3. — L’emballàge automatique des raisins. ' .
- Les machines forment les carions, les remplissent "et les ferment à raison de 75 et 45 cartons à la minute.
- on les stérilise, puis ils sont emportés par une courroie sans fin aux machines à emballer.
- Quant aux Muscats et aux Sultanes ils sont emportés par des élévateurs automatiques au sommet du bâtiment où sont installés les sécheurs. On y sèche les raisins à l’air chaud, puis on les refroidit brusquement pour les durcir, ce qui permet d’enlever les rafles plus facilement. Les rafles enlevées, on ramollit à nouveau les raisins pendant quélques instants dans des cuves remplies d’eau bouillante. Ils sont alors prêts pour passer aux machines à enlever les pépins.
- Ces machines se composent essentiellement de deux
- Cette courroie les transporte dans une salle où un traitement spécial qui les pasteurise leur rend leur forme soufflée primitive, les empêche de coller tout en maintenant la saveur et l’arome des raisins frais et retarde la cristallisation, ce qui leur permet de conserver bien plus longtemps toute leur fraîcheur.
- Les « raisins soufflés » — on les tend couramment sous cette appellation — sont alors prêts pour l’emballage. On les livre en cartons ou en sacs de 140 ou de 240 grammes, au commerce de détail; ou encore en caisses de bois ou de fibre de 25 livres anglaises au commerce en gros.
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- L’EMBALLAGE DES RAISINS
- L’emballage des raisins est fait automatiquement par des machines (il y en a 36 pour ceux de 140 grammes, 6 pour ceux de 240 grammes) qui forment les cartons, les remplissent et les ferment, respectivement et en moyenne, à raison de 75 cartons jet 45 cartons à la minute. Chaque appareil comporte un dispositif de contrôle, le « sélecteur ». Au moment où les cartons quittent l’appareil, ils passent sur le sélecteur qui les pèse automatiquement. Ceux dont le poids est exact glissent sur une petite courroie qui les porte à une équipe d’ouvriers; ceux-ci les placent dans des caisses en bois ou en fibre qu’ils chargent sur un convoyeur par gravité qui les descend à l’étage inférieur pour la fermeture.
- Les caisses de bois fabriquées à l’atelier de menuiserie, à raison de 20 000 à 30 000 par jour, en pleine saison, descendent du 3e étage au moyen de chutes. Un convoyeur les amène sous les machines qui les remplissent
- de 25 livres de raisins, à raison de 12 caisses à la minute. On rabat les extrémités du papier de doublure imperméable et on envoie les caisses sous une presse qui tasse les fruits, facilitant ainsi la mise en place des couvercles qu’un appareil fixe avec huit clous en moins d’une seconde.
- Les caisses en fibre sont, elles aussi, garnies et scellées automatiquement. Une fois remplies, on les envoie aux appareils à sceller où elles passent sur un jeu de rouleaux tournant dans une solution de colle qu’ils appliquent sur les rebords de chaque caisse. On garnit les caisses de leurs couvercles, qui sont scellés à leur tour, par l’intermédiaire d’un rouleau.
- On place alors les caisses sur un convoyeur entre deux courroies qui les compriment et maintiennent les couvercles jusqu’à ce que la colle soit séchée.
- Un dernier convoyeur transporte les caisses remplies de cartons et les caisses de 25 livres au hall d’expédition d’où elles partent dans tous les coins de l’univers.
- L. Kuentz.
- LE CHEMIN DE FER DE LA BAIE D’HUDSON
- ET SON TERRITOIRE
- Il y a deux ans La Nature a publié (n° 2802) un article sur le chemin de fer de la baie d’Hudson, alors en construction. Ce chemin de fer réunit la ville de « Le Pas » dans le Manitoba du Nord à la baie d’Hudson. Il avait été réclamé depuis cinquante ans par les Canadiens du nord-ouest, en particulier par les gens du Manitoba, désireux de voir leur pays posséder un accès à la mer et un port convenable pour l’exportation des grains des grandes plaines. Ce chemin de fer est maintenant construit et toute la saison d’été 1930 a été employée à des travaux de dragage et de construction de magasins et de docks au port de Churchill.
- La voie ferrée permettra de manipuler et de transporter chaque jour pendant la saison 800 000 boisseaux de grain à destination des grands cargos de haute mer. Par ce chemin de fer et par le port de Churchill sur la baie d’Hudson, la grande métropole du blé Edmonton se trouve à un millier de milles plus près de Liverpool que par la route du Saint-Laurent et de Montréal.
- « Le Pas », le point de départ du chemin de fer de la baie d’Hudson, est situé à la jonction de la Saskatchewan et de la rivière Opasquia à 483 milles de Winnipeg, dans la direction nord-ouest. C’est une ville frontière dont la population n’est encore que de 4500 habitants, mais qui possède déjà cinq bons hôtels, cinq banques, trois églises, une fabrique de pâte à papier et de nombreux magasins généraux, car elle constitue un centre de ravitaillement pour la contrée qui est au nord de la rivière Saskatchewan. « Le Pas » est en effet non seulement le point de départ
- 1. Nous remercions la direction de Canadian National Railway et en particulier le sympathique directeur de la publicité M. G. Melançon pour les belles photographies qui illustrent cet article et qui proviennent de l’immense collection de documents de la Compagnie.
- du chemin de fer de la baie d’Hudson, mais aussi le terminus du nouveau chemin de fer du nord du Manitoba qui est une branche du Canadian National Railway. « Le Pas » est également en été le point d’embarquement pour les services de bateaux sur la Saskatchewan qui conduisent au Cedar-Lake, Moose-Lake et Grand Rapide.
- Le chemin de fer du Nord-Manitoba transporte des milliers de tonnes de matériaux ou de minerai pour le service des grandes entreprises métallurgiques de Flin-Flon et de Sherritt-Gordon. Le territoire minier de Flin-Flon contient une quantité de minerai évaluée à 18 000 000 tonnes au-dessus du niveau de 300 mètres ; au-dessous la quantité de minerai n’a pas encore été estimée. Ce minerai est composé de cuivre, zinc, or et argent. Tous ceux qui se sont occupés de recherches minières dans le Manitoba estiment qu’on n’a fait pour ainsi dire qu’une égratignüre dans la masse minérale cachée dans la roche précambrienne. Nul doute que l’établissement de la voie ferrée ne facilite singulièrement les recherches des prospecteurs. A elle seule la question minière justifierait l’établissement de la voie.
- En quittant « Le Pas » le chemin de fer de la baie d’Hudson traverse la rivière Saskatchewan sur un pont métallique de près de 300 mètres de long, il va ainsi dans la direction générale nord-est, pendant 356 milles, jusqu’à Amery où il incline dans la direction nord jusqu’à Churchill. Dans sa course il franchit 5 grandes rivières, car cette contrée a un réseau de rivières et de torrents sensiblement parallèles qu’on peut comparer à un gril, la contrée est merveilleuse aussi par le nombre de ses lacs de toutes grandeurs. Les trois principaux collecteurs de ce réseau fluvial sont la rivière Churchill, la Nelson, la Hayes. Ces trois rivières, plus grandes que nos fleuves d’Europe,
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- ont un cours très vif entremêlé de rapides et de puissantes cataractes; il y a là des possibilité sans limites pour l’organisation de puissances hydrauliques qui seront réclamées successivement par le développement du pays.
- Toute la région traversée par le chemin de fer de la Baie d’Hudson est une région plate; les plus hautes collines ne dépassent guère 60 mètres de hauteur; elle est en grande partie dénudée, en partie boisée avec de l’épinette blanche et noire, du sapin baumier, du tremble, du tremble baumier, etc. Ces arbres sont trop grêles pour fournir vraiment du bois de charpente ou de
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- cipalement de la culture maraîchère. Des fermes expérimentales ont déjà été aménagées et elles semblent pleines de promesses. A « Stanley Mission », juste au Nord du Lac La Rouge, le blé, l’avoine, l’orge ont mûri. Dans la vallée de Nelson, le blé a mûri à « Maison Norvégienne » et au Lac de la Croix, l’orge a été cultivée avec succès à Oxford llouse; ces localités étant situées entre le 54e et le 55e degré de latitude. D’une façon générale la région est propice à la culture des pommes de terre et des principaux légumes.
- Toutes les rivières, les torrents et les lacs sont exlrême-
- Fig. 1 à 6 (de gauche à droite et de haut en bas)
- (d’après des photographies du Canadian National Railway).
- Fig. 1. — Une grande ville de demain : Sherritt-Gordon sur l’embranchement de Flin-Flon de l’Hudson Bay Railway. Fig. 2. -— Un aspect de la rivière Nelson. Fig. 3. — Aspect des territoires du nord traversés par le rail.
- Fig. 4. —• Un pont du chemin de fer sur les rapides du Manitou. Fig. 5. —• Formation de glaces sur la rivière Nelson. Fig. 6. —• Départ pour une partie de pêche sur la rivière Churchill.
- gros œuvre, mais ils conviennent parfaitement pour les traverses de chemin de fer, pour les poteaux de mines ou de télégraphes et pour les petites industries locales de bois, fabrication de bobines, de sièges en bois tournés, etc. Eh certaines régions on pourra fabriquer également de la pâte à papier.
- A mesure que le pays s’ouvrira à la civilisation, on pourra, dans les vallées protégées, faire de la culture, prin-
- ment riches en poissons de toutes sortes : truites, poissons blancs, esturgeons, yeux-d’or, perches, etc... les truites de lacs, en particulier la variété mouchetée, sont remarquables par la fermeté de leur chair et leur goût exquis; elles sont très appréciées sur les marchés des grandes villes et même jusqu’à New York. Le territoire parcouru par le chemin de fer de la baie d’Hudson constitue maintenant pour les pêcheurs un terrain de sport magnifique
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- l’excellence de l’herbe et des facilités d’embarquement des animaux.
- Le gibier à plume foisonne dans ce territoire : canards sauvages, eiders, cygnes, bécasses, grouses, etc., etc.
- En somme le ruban d’acier qui va de Le Pas à Port Churchill a non seulement ouvert au commerce une voie nouvelle de transit, mais aussi élargi dans une proportion considérable les territoires canadiens déjà si vastes où pêcheurs, trappeurs, chasseurs, mineurs, agriculteurs peuvent développer sans contrainte les qualités d’initiative, de courage, d’endurance qui font les pionniers hardis et les grands peuples.
- 1*. I )i;srossi;s.
- car, en pratique, toutes ces étendues d’eau n’ont jamais été pour ainsi dire pêchées, aussi les pêcheries présentent un intérêt non seulement sportif, mais aussi commercial.
- Si riches cependant que soient ces pêcheries d’eau douce, elles ne sont rien en comparaison des possibilités des pêcheries d’eau salée de la baie d’Hudson, où abonde la truite de mer, le saumon, le poisson que les Canadiens appellent le « tullibee » qui passe l’hiver dans l’eau salée et remonte dès le dégel dans presque toutes les rivières. Les eaux de la baie d’IIudson nourrissent aussi des phoques et des morses; avec quelques précautions de prudence dans l’exploitation on pourrait organiser une industrie considérable. Les baleines blanches fréquentent l’embouchure des rivières en nombre suffisant pour donner lieu à une exploitation rationnelle.
- La zone traversée par le chemin de fer de la baie d’Hudson constitue non seulement un merveilleux terrain de sport pour les pêcheurs, mais aussi un territoire de choix pour les chasseurs et les trappeurs.
- Les principaux animaux à fourrures de la région sont la loutre, la martre, le rat musqué, le skunk, la belette, l’hermine, le lynx, le glouton, le coyotte, le renard, le loup, l’ours.
- Comme gros gibier herbivore, on trouve l’élan, le caribou, le cerf, le bœuf musqué. Stefanson, le grand explorateur arctique, estime que la région de Churchill, celle qu’on appelle les'terres nues, devrait servir de territoire pour l’élevage en grand du bœuf musqué en raison de
- Fi U. 8. — Un Indien trappeur le long de la ligne.
- Fig. 7. — Dans les faubourgs de Port Churchill, groupe d'enfants Indiens.
- LETETANOS ET LE SERUM ANTITETANIQUE
- Un médecin s’est vu récemment intenter un procès pour avoir omis, sciemment d’ailleurs, de pratiquer la sérothérapie antitétanique dans un cas de plaie qui, .contrairement aux prévisions, a entraîné la mort par tétanos. Ce procès a décidé l’Académie de Médecine, sur la proposition du professeur Hartmann, à nommer une commission qui a émis, puis fait voter, à l’unanimité, les conclusions que voici :
- « Dans tous les cas de plaies anfractueuses, dans les plaies importantes, lorsqu’elles sont compliquées de corps étrangers ou souillées de terre, dans toutes les plaies même minimes de la plante du pied, dans les plaies sous-unguéales, en particulier du membre inférieur, il est indiqué de pratiquer la sérothérapie antitétanique.
- « On est autorisé à s’abstenir dans les plaies superficielles
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- faciles à nettoyer, dans les plaies nettes, sans corps étrangers et non souillées de terre. »
- Quelques commentaires sur ce sujet ne seront certainement pas inutiles, car ce texte, pour ceux qui ne sont pas exactement au courant de la question difficile soulevée par le tétanos, d’une part, et par la sérothérapie antitétanique d’aiitre part, ne comprendraient pas l’importance des questions en jeu.
- Le bacille de Nicolaier auquel le tétanos est dû, a, pour habitat, le sol. 11 se retrouve donc fréquemment dans tout ce qui entre en contact intime et fréquent avec la terre. Les animaux domestiques comme les produits du sol sont souvent infestés par le bacille. On comprend que, dans ces conditions, une plaie souillée de terre puisse, plus facilement qu’une autre> déterminer le tétanos. Mais la fréquence du tétanos est d’autant plus grande que la plaie est plus anfractueuse et déchiquetée. Le bacille de Nicolaier pousse bien lorsqu’il est enfoui dans un recoin où ni air, ni sang oxygéné n’arrive facilement. Au contraire, des plaies nettes sont beaucoup moins aptes à favoriser la pullulation du germe.
- Ainsi s’explique que, de toutes les plaies, celles qui sont dues à des éclats d’obus et d’une manière générale toutes les plaies par armes à feu, soient plus fréquemment que d’autres, compliquées de tétanos. Pendant la guerre on a pu se rendre compte que cette complication survenait chez les soldats du front, aussi bien en France qu’en Allemagne, une fois sur dix quand la sérothérapie antitétanique n’était pas pratiquée pour une raison ou pour une autre. Quant à la mortalité du tétanos une fois déclaré elle atteint parfois, d’après un récent travail de Kalvin et Goldberg, 84 pour 100. C’est dire assez clairement la gravité de la maladie.
- Les ouvriers ou les cultivateurs qui entrent en contact quotidien avec le sol ou avec des animaux de boucherie ou de trait figurent encore parmi ceux qui sont le plus menacés par le tétanos quand ils se font une plaie un peu importante.
- Pour des raisons analogues, les membres inférieurs, facilement souillés pai; la poussière du sol ou, à la campagne, par des déjections d’origine animales, sont plus dangereuses que les plaies de la face ou des membres supérieurs. Mais il est un genre de plaies d’apparence souvent fort anodine qui a cependant; été spécialement visé par les conclusions de l’Académie. Ce sont les épanchements de sang qui se font sous les ongles. Dans ces plaies, en effet, se trouvent réalisées, pour le bacille de Nicolaier, les conditions dans lesquelles il se développe le mieux : il est protégé à la fois contre l’air et contre l’arrivée de sang oxygéné. Ces plaies sont dangereuses également du fait que les ongles, surtout des orteils, sont, même avec la meilleure volonté, difficiles à nettoyer.
- Par contre, en ville, les plaies sont rarement compliquées de tétanos. Plus spécialement, dans l’industrie, Wainwaight a compté 250 cas de tétanos sur des millions de plaies de ce genre. On voit ici combien nous sommes loin des conséquences terribles engendrées par les plaies de guerre. De même les piqûres d’aiguilles, les déchirures provoquées par des échardes sont très rarement envahies par le terrible bacille.
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- D’autre part, le sérum antitétanique n’est pas complètement inofîensif. C’est précisément ce qui fait la difficulté du prc-
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- blême et ce q,ui a motivé les directives de l’Académie de Médecine. La sérothérapie, quelle que soit d’ailleurs la maladie pour laquelle le sérum est utilisé, comporte une série de dangers. Je passe d’abord sur des accidents du genre de celui que Corcket a observé il y a peu d’années à Caen. Il s’agissait en effet d’un sérum antitétanique vraisemblablement souillé par un germe pathogène qui entraîna la mort. Ce sont là des accidents, qui, fort heureusement, deviennent toujours plus rares.
- Mais il en est d’autres que, malgré les efforts concertés de tous les sérologistes du monde, on n’arrive pas à éliminer complètement. Ce sont d’abord des poussées d’urticaire avec ou sans douleurs articulaires et érythème cutané, qui provoquent simplement une invalidité de quelques jours. La sérothérapie pi’ovoque aussi des paralysies parfois tenaces. Il semble même, d’après Lépine, qu’on en ait observé d’inguérissables.
- Mais, chose plus grave encore, il arrive que cette injection de sérum provoque un choc extrêmement violent et immédiatement mortel. On pare à cet accident, en grande partie, en faisant une première injection à très petite dose, qui empêche la dose normale de provoquer, quelques heures plus tard, des accidents graves. Néanmoins cette complication s’observe, d’après les statistiques étudiées par Bauman, environ trois fois sur 10 000.
- Tant qu’il est question de plaies de guerre, il n’y a donc pas d’hésitation à avoir puisque le syndrome n’entraîne que trois cas de mort, là où le tétanos en entraînerait mille. Mais quand il s’agit de plaies industrielles soignées dans toutes les règles de l’art, au cours de l’heure qui suit l’accident et où par conséquent le tétanos est, comme on l’a vu, à coup sûr,
- 10 000 fois moins fréquent, une très grave question se pose, puisqu’alors pour éviter un mal, on tombe dans un autre qui peut être plus sérieux.
- Cette question se pose d’une façon egalement grave quand
- 11 s’agit par exemple d’hommes de sport, de joueurs de football, qui reviennent toutes les semaines avec des plaies, pas toujours très superficielles et souillées de terre. 11 ne saurait en effet être question de faire de la sérothérapie antitétanique hebdomadaire. Les dangers que ferait courir cette méthode seraient grands et ses résultats fort problématiques.
- C’est pourquoi, au lieu de sérothérapie prophylactique, il serait préférable de recourir à une vaccination active, provoquant un tétanos en petit qui, au lieu d’avoir des effets pendant une dizaine de jours seulement, en aurait pendant des années comme c’est le cas pour la vaccination jennérienne contre la variole. De nombreuses recherches ont été faites dans ce sens, notamment par Ramon. Elles sont extrêmement intéressantes. Il ne semble pas, cependant, qu’elles aient dépassé le stade des préliminaires toujours longs en pareille matière.
- .Quoi qu’il en soit, on voit qu’entre deux extrêmes, l’un où la plaie exige de toute évidence une sérothérapie, et l’autre où la sérothérapie ne peut guère avoir que des inconvénients, il y a tous les intermédiaires et c’est pour aider le praticien au milieu de ces difficultés vraiment considérables que l’Académie de Médecine a voté les directives qu’on a vues.
- Il est important, on l’avouera, que le grand public soit au courant de ces questions et sache au milieu de quelles difficultés proprement insolubles se débat parfois le médecin,
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- difficultés qui sont la rançon du progrès et des innombrables vies humaines sauvées par la méthode.
- Dans cette circonstance, on l’a vu, un praticien a été condamné pour avoir, au dire des experts, commis une erreur « par omission ». Le fait est extrêmement rare. Le plus souvent les procès dont les médecins sont l’objet, n’ont en vue qu’une erreur «par action» : le traitement ayant, par suite de réactions
- individuelles imprévisibles, un résultat autre que celui qui était espéré. Des poursuites pour erreur par omission sont toutes à l’honneur de la médecine et des sciences médicales, prises dans leur ensemble. Elles montrent, mieux que tous les raisonnements, que nos moyens d’action sur la maladie sont parfois d’une efficacité que personne ne peut mettre en doute.
- D1’ P.-E. Morhardt.
- LÉ SUCRE DANS LE MONDE
- Les années 1928 à 1930 ont été marquées par une énorme surproduction, dans le monde entier, de tous les produits végétaux. Dans l’ensemble, les récoltes dépassent partout les possibilités de consommation immédiate; et il en résulte une baisse générale des prix qui pèse lourdement sur l’agriculture de tous les pays. Cette situation est celle du blé, du maïs, du vin, du caoutchouc, etc. C’est aussi celle du sucre. Les seuls remèdes qui aient été entrevus jusqu’ici sont de réaliser, soit par des accords entre producteurs, soit par le jeu naturel de la concurrence et de la baisse des prix, une limitation de la production.
- C’est la première solution qui vient d’être partiellement mise en œuvre pour le sucre; un groupe important de pays producteurs de sucre viennent en effet de conclure des accords pour limiter la production et contingenter les exportations.
- 11 nous paraît intéressant à ce propos de donner quelques chiffres sur la production mondiale du sucre; nous les emprun-
- tons à l’excellent Bulletin mensuel de l’Institut International d’Agriculture de Rome. En 1930-31, il a été produit dans le monde 162134775 quintaux de sucre de canne contre 173 288548 dans la précédente campagne et 114 466 110 quintaux de sucre de betterave contre 91 767 099.
- Les plus gros producteurs de sucre de canne sont les Indes Britanniques : 32 290 000 quintaux (en 1930-31) ; Cuba : 31 721 000; Java : 29 689 570; Hawaï : 8 300 000; Formose : 7 940 000; Philippines : 7 900 000; Porto-Rico : 7 450 000. Toutes ces contrées, sauf les Indes, exportent une grande partie de leur production.
- Pour le sucre de betterave, les plus importants producteurs sont l’Allemagne : 25 088 410 quintaux; PU. R. S. S. : 17 millions 700 000; les États-Unis : 12 216 000 (auxquels il faut ajouter 1 885 550 quintaux de sucre de canne produits en Louisiane); la France : 11 870 000; la Tchéco-Slovaquic : 11 311 180; la Pologne : 7 600 000.
- E LES MANGEURS DE BOIS ï
- LES PROTOZOAIRES DES TERMITES
- Si paradoxal que cela puisse paraître, le bois est un aliment complet. La preuve en est aisée à fournir. Qui ne connaît les vers des vieux meubles qui n’ont pour tout aliment que le bois sec ? Ce dernier, en effet, se compose de cellulose, dont la formule chimique diffère peu de celle de l’amidon que nous trouvons dans le blé et de substances azotées correspondant au gluten de notre pain. Le nombre des animaux vivant de bois est extrêmement élevé; presque tous sont des Insectes. Les Capricornes, aux antennes majestueuses, les Cétoines dorées, les Buprestes étincelants, plusieurs beaux Papillons tels que les Sésies ont passé la plus grande partie de leur vie à l’état de larve, dans le bois qu’ils rongeaient.
- Mais si le bois est réellement un aliment complet, il est aussi terriblement indigeste. L’autruche elle-même, malgré sa réputation, peut-être imméritée, est tout à fait incapable d’en tirer un bon parti... Beaucoup de biologistes prétendent qu’il n’y a pas d’animal capable de digérer le bois. Les sucs digestifs sécrétés par les animaux seraient, d’après eux, impropres à liquéfier, à décomposer la substance ligneuse, autrement dit, à la rendre assimilable. Rien n’est plus exact que cette assertion ; mais alors comment la concilier avec le fait que des animaux peuvent se développer, fabriquer de la matière vivante, des
- graisses en quantité, tout en se repaissant exclusivement de bois ?
- Un naturaliste allemand, Büchner, a entrepris de montrer qu’en réalité le bois n’est pas digéré par l’Insecte qui le mange, mais par les microbes qui se trouvent constamment dans le tube digestif du xylophage. Il existerait entre eux et leur hôte une association obligatoire, constante, harmonieuse, à bénéfices réciproques, que les savants appellent une « symbiose ».
- On a, en effet, remarqué la présence de ces microbes chez presque tous les mangeurs de bois. Dans le tube digestif des larves de Capricornes, il y a des levures tout à fait analogues à la levure de bière; dans les larves de Buprestes (larves à corps aplati et à tête volumineuse, larves marteaux), on trouve, au commencement du tube digestif, deux petits sacs pleins de champignons microscopiques. Nous pourrions, si nous ne craignions pas de fatiguer le lecteur, énumérer toute la longue série des cas connus.
- Mais le plus intéressant de tous et assurément le mieux étudié est celui de la symbiose qui existe entre les Termites mangeurs de bois et certains Protozoaires. Nul n’ignore que les Protozoaires sont des animaux microscopiques ou très petits, formés d’une seule cellule, si
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- compliqués soient-ils. Le grand public les connaît surtout par les maladies qu’ils provoquent : le paludisme, la maladie du sommeil, la dysenterie amibienne... Quant aux Termites, il nous paraît inutile de les présenter aux lecteurs de La Nature qui savent déjà que ce sont des sortes de Fourmis blanches, vivant en société soit dans des arbres, soit dans des nids de dimensions parfois considérables. Notre but, ici, n’est pas de faire connaître les mœurs si curieuses de ces chétives bestioles. Nous voulons nous occuper spécialement de leur mode d’alimentation, vraiment étonnant.
- On pourrait croire que les Termites n’ont qu’un seul aliment, le bois. A l’heure actuelle, on leur en connaît trois. Le premier, c’est naturellement le bois dans lequel ils creusent des galeries en s’aidant de leurs puissantes mandibules. Le bois est à la fois leur demeure et leur aliment. Le rat de la fable, si bien installé dans son fromage, vivait à la manière des Termites. Ils ont, eux aussi, « au fond de l’hcrmitage, le vivre et le couvert ».
- Dans leur demeure aux galeries sinueuses, toujours plongée dans d’épaisses ténèbres, les Termites pratiquent sans cesse l’entr’aide . A chaque instant, ils échangent de la nourriture. A la manière des pigeons donnant la becquée à leurs petits, ils régurgitent un liquide fluide qu’un congénère aspire avec avidité. Ce mode d’alimentation s’observe chez beaucoup d’autres Insectes sociaux; les Fourmis, les Guêpes par exemple. Mais les Termites disposent d’un aliment qui n’a son équivalent chez aucun autre animal.
- Dans les élevages de Termites on assiste parfois à un spectacle bien curieux. Un Termite s’approche d’un de ses congénères et lui caresse l’abdomen avec ses antennes : sous l’effet de cette excitation, qui paraît d’ailleurs s’accompagner d’une sensation agréable, l’animal rejette un liquide blanchâtre dont l’autre s’empare goulûment. Ce liquide n’est pas, comme on le pourrait croire, formé d’excréments; ceux-ci sont éliminés purement et simplement sous la forme de petites boulettes de sciure de bois agglomérée. Ces excréments ne jouent aucun rôle dans l’alimentation de la termitière.
- Nous devons maintenant décrire le tube, digestif des Termites, pour que le lecteur puisse comprendre le mécanisme de cette alimentation surprenante. L’œsophage aboutit à un renflement dans lequel s’observent des pièces chitineuses, qui forment un appareil de fdtration, ayant pour effet, semble-t-il, d’arrêter les particules de bois trop volumineuses (fig. 1). Dans la bouche s’ouvrent les canaux salivaires qui proviennent de glandes bien développées (fig. 1 Sv). La salive paraît constituer la plus grande partie du liquide régurgité. Le reste de l’intestin n’offre qu’une seule particularité, mais elle est tout à fait frappante. Avant d’arriver à l’anus (fig. 1. An), l’instestin s’élargit considérablement pour former une poche dont les dimensions dépassent souvent celles de la tête de l’animal. Cette dilatation suggère à l’esprit l’idée d’une panse de ruminant qui, au lieu de s’attacher à l’œsophage, se serait fixée au rectum (voir fig. 1 A.). Cette vaste ampoule est pleine d’une pâte fluide, formée par un liquide dans lequel nagent, pêle-mêle, des particules de bois et des millions de microbes que nous décrirons très brièvement
- plus bas. C’est cette pâte que défèque le Termite excité par son congénère. Elle constitue, avec le bois, l’aliment essentiel des Termites.
- Les microbes de la vaste ampoule sont tout à fait remarquables. On peut dire, si les deux mots ne jurent pas d’être ainsi accouplés, que ce sont des microbes géants. Ils appartiennent à des catégories très variées. Les uns sont des microbes vrais, analogues aux Bacilles et aux Bactéries, que l’on trouve dans les matières organiques en décomposition ou dans le corps des animaux atteints d’une maladie infectieuse. Les autres se présentent comme de grands fils spiralés et mobiles; ce sont des Spirochètes, analogues à ceux si ténus et cependant si redoutables de la syphilis, du pian ou de la fièvre jaune. Mais ces microbes ne représentent qu’une toute petite partie de la population grouillante de la panse ; le gros de la masse est constitué par des Protozoaires flagellés. Un caractère bien curieux de ces derniers est leur appareil de locomotion formé par de longs fouets ou flagelles, qui battent rythmiquement. Certains d’entre eux atteignent des tailles dépassant trois ou quatre dixièmes de millimètre ce qui, pour des êtres microscopiques, est une énorme dimension.
- Ces Flagellés affectent les formes les plus invraisemblables; les uns sont des sortes de sacs surmontés d’un rostre mobile hérissé d’un nombre considérable de flagelles (fig. 2). D’autres sont plats et lancéolés comme une feuille de laurier; autour d’eux s’enroulent de nombreuses spires d’oùnaissent les flagelles (fig. 3 et 4). Wells ne devait sûrement pas connaître ces êtres de cauchemars, ces Trichonymphines pour leur donner leur nom savant, car il en aurait peuplé les astres que visitaient les héros de ses romans. Si, par l’imagination, on donne à ces animalcules des dimensions dix mille, cent mille fois plus grandes, on a l’impression d’évoquer des êtres bâtis sur un plan spécial et n’appartenant pas à notre planète. Ces monstres se déforment sans arrêt. Nouveaux Pro-tées, ils imposent à leurs corps toutes les métamorphoses. Ils glissent entre les fragments de bois , tout en vibrant de leurs milliers de flagelles, ou s’étalent pour englober une particule ligneuse souvent plus grosse qu’eux-mêmes (fig. 5). Les naturalistes ont décrit minutieusement les structures de ces Protozoaires et ils ont montré,que dans une seule cellule peuvent se former de petits organes analogues à ceux que l’on rencontre dans les animaux supérieurs. Souvent d’ailleurs, ces Flagellés sont coloniaux et dans leur masse on voit des centaines de noyaux. La planche, qui accompagne cet article, donne une idée approximative de l’aspect de ces Trichonymphines si singulières. On a montré qu’elles sont capables de digérer le bois constituant la partie principale, mais non pas exclusive de leur nourriture; elles peuvent, en effet, englober de plus petits microbes ou même se dévorer entre elles.
- Des expériences précises permettent d’affirmer que les Trichonymphines jouent un rôle prépondérant dans la vie de leurs hôtes, les Termites.
- Il y a de nombreuses années, le savant italien Grassi remarqua que les Protozoaires des Termites ne résistent pas à une température de 36° pendant plus de 24 heures,
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- Fig. 1. — Tube digestif d’un Calotermes.
- O. œsophage, Sv. glandes salivaires. A. Ampoule rectale, An. Anus, F. Filtre; T. M. Tubes de Malpighi.
- température qui laisse indemne le Termite. On a donc, par ce procédé, la possibilité de le défauner, autrement dit de le débarrasser de ses parasites, les Protozoaires. Grassi réussit à conserver vivants pendant quelques semaines les Termites ainsi traités. Il en concluait que les Flagellés ne sont pas indispensables à la vie de leur hôte.
- Récemment un Américain, L. R. Cleveland, a repris les expériences de Grassi et est arrivé à des conclusions opposées. Il défaune ses Termites soit par la chaleur, soit par le jeûne, soit encore par l’oxygène; ce dernier procédé consiste à faire vivre les Termites dans l’oxygène sous des pressions variant de une à quatre atmosphères. L’Insecte n’est pas incommodé par le gaz; par contre, les Protozoaires sont tués.
- Cleveland constate que la survie des Termites dé-faunés, nourris avec du bois ordinaire, ne dépasse g;uère trois à quatre semaines. Si on donne à ces Termites la possibilité de se réinfester, par exemple en les plaçant avec des Termites non dél'aunés, on constate que dans ces conditions, leur longévité redevient normale. Si les Termites défaunés sont nourris avec de l’humus ou avec de la cellulose prédigérée par des champignons, leur lon-
- gévité est accrue, mais elle est loin d’atteindre celle des Termites porteurs de Protozoaires.
- Cleveland pense donc que les Termites xylophages sont incapables de digérer le bois par eux-mêmes et ne peuvent vivre sans le secours de leurs Flagellés.
- Si le bénéfice résultant de l’association apparaît clairement pour les Termites, il n’en est pas de même pour les Protozoaires. Sans doute, la panse de leur hôte leur offre un abri spacieux et ils y trouvent en abondance le bois trituré dont ils s’emparent. Mais à chaque instant nous savons que le Termite vide partiellement son rectum, évacuant des milliers de Protozoaires qui sont immédiatement mangés et digérés par un congénère; pour les Microorganismes, le bénéfice est plutôt mince.
- Nous pourrions, en manière de conclusion, rappeler le proverbe : « Ne nous fions pas aux apparences ». En effet, on pouvait penser que les Termites ne se nourrissaient que de bois ; or, nous voyons que celui-ci est utilisé indirectement, qu’en somme l’Insecte mange de la matière vivante sous forme de Protozoaires. Nous avons là un de ces cas où la Nature, pour arriver à ses lins, recourt à des moyens détournés que l’humble logique humaine serait incapable de prévoir. F. C.
- Fig. 2. — Prolozoa ires de la panse des Termites.
- 1. Grand Spirochète, 2. Triehonymphipe, 3. Joenia, 4. Holomas-ligates; 5. Joenia ayant absorbé un gros fragment de bois, 6. Spiro-trichongmpha, 1. Pyrsonympha, S. Trichomonas, 9. Trimitus. X 1200. Tous ces Flagellés vivent dans le tube digestif de nos deux Termites français : le Termite à cou jaune et le 'l’ermite lucifuge.
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- LES POUSSIERES PROFESSIONNELLES = 465
- CELLES QU’ON TROUVE DANS LES MONTRES LEUR SIGNIFICATION MÉDICO-LÉGALE
- Toute personne qui a séjourné longtemps dans un milieu poussiéreux, garde sur elle l’empreinte de ce milieu. Dans un précédent article (n° 2857), nous avons parlé des poussières qui lentement pénètrent dans le conduit auditif externe et s’y déposent, se mélangeant au cérumen dans lequel elles se trouvent retenues. Nous avons démontré comment ces corps étrangers, examinés avec soin après qu’ils ont été retirés avec le cérumen dans lequel ils sont emprisonnés, sont susceptibles d’indiquer le milieu dans lequel le sujet a vécu, et, par suite, peuvent devenir un élément d’identification.
- Les résultats que nous avons obtenus ont toujours été concluants, et nous avons acquis la conviction que les signes professionnels fournis par l’examen du cérumen pourraient être appelés, dans certains cas, à rendre quelque service au médecin légiste. Celui-ci, par le simple examen du cérumen, pourra se renseigner sur l’industrie à laquelle appartient ou a appartenu un ouvrier, alors même que ce dernier aurait abandonné tout travail depuis longtemps. Chez un journalier qui avait travaillé quelques mois sur les quais à décharger du charbon, nous avons très nettement constaté dans le cérumen la présence abondante de poussières charbonneuses, bien que cet ouvrier eût cessé tout contact avec le charbon depuis plus d’un an. Chez un ouvrier d’une usine à torréfaction de café, nous avons trouvé dans le cérumen des poussières végétales très caractéristiques provenant de la pellicule qui entoure le grain de café, pellicule qui, au moment de la torréfaction, se détache et se répand dans l’atmosphère. Or cet ouvrier ne fréquentait plus l’usine depuis plusieurs mois. Nous avons aussi trouvé des segments de cheveux dans le cérumen d’un coiffeur, et des grains d’amidon dans le cérumen d’un boulanger, alors que ces deux ouvriers avaient depuis longtemps abandonné leurs professions.
- Mais les poussières pénètrent partout : elles envahissent les mailles des tissus et se montrent sur les différents objets familiers que le sujet porte habituellement sur lui, et c’est pourquoi nous n’avons nullement été surpris de trouver, en très grande quantité, des poussières dans les montres. Or, on brosse et on quitte un vêtement, mais on garde et on porte sur soi toujours la même montre sans qu’on n’en fasse jamais la toilette à moins qu’elle ne cesse de marcher régulièrement. C’est pourquoi nous avons pensé que, dans certains cas, l’examen de la montre ne devait pas être négligé et devait faire partie de l’expertise médicolégale.
- 1° Comment les poussières pénètrent dans les montres. — Une montre peut être considérée comme un vase clos, mais non absolument étanche, dans lequel l’air entre et sort suivant les différences de température auxquelles il est soumis. Or il existe toujours une différence assez marquée entre la température du gousset dans lequel se trouve la montre et la température du milieu dans lequel se trouve le sujet. Des expériences nombreuses nous ont permis de constater qu’il existe dans ces deux milieux une différence de température assez prononcée qui peut aller jusqu’à 18 degrés : un thermomètre gardé dans la poche de notre gilet marquait 33 degrés alors que la température ambiante était de 20 degrés. Il arrive alors inévitablement que l’air se contracte et diminue de volume dans la montre lorsque celle-ci est tirée du gousset. Le vide qui se produit est comblé par l’air extérieur qui pénètre dans la montre entraînant avec lui les poussières qu’il tient en suspension. Les poussières peuvent, d’autre part, encore arriver à la
- montre sans que celle-ci sorte du gousset. La température du vêtement, en effet, varie suivant la température extérieure, et la même cause qui attire les poussières dans la montre les attire aussi dans les mailles du tissu et dans les poches. De ce fait, le gousset, surtout dans les vêtements des ouvriers, est rempli de poussières, et ces poussières pénètrent dans la montre lorsque le sujet passe d’une température plus élevée à une température plus basse ou qu’il quitte au vestiaire le vêtement dans lequel se trouve la montre.
- Cela est nettement mis en évidence par les expériences suivantes.
- Sur le couvercle d’une marmite contenant de l’eau en ébullition, nous déposons une petite boîte en carton dans laquelle nous avons placé une montre recouverte d’une légère couche de farine. Nous attendons que la température de l’air dans la boîte atteigne 35 degrés environ. Nous retirons alors la montre et nous l’examinons immédiatement, c’est-à-dire tandis qu’elle reste à la même température : nous constatons qu’aucune poussière de farine n’a pénétré dans la montre. Nous recommençons l’expérience ; mais, au lieu d’examiner aussitôt la montre, nous portons la boîte sur le balcon de l’appartement, et attendons que la montre se soit refroidie; nous constatons alors que la farine a pénétré dans la montre : nous en trouvons partout dans la cuvette, sur le cadran et dans l’intérieur, sur les différentes pièces du mouvement.
- Nous obtenons le même résultat en procédant de la façon suivante.
- Nous déposons la montre recouverte d’une couche de poudre de charbon dans une boîte hermétiquement close. A l’aide d’une seringue, nous aspirons une petite quantité d’air de manière à diminuer légèrement et durant quelques secondes à peine la pression dans l’intérieur de la boîte. A l’examen, nous constatons que la poudre de charbon, comme précédemment la farine, a pénétré dans l’intérieur de la montre. Le résultat est le même si, au lieu de diminuer la pression dans l’intérieur de la boîte, nous l’augmentons en y refoulant une petite quantité d’air.
- La différence de température, déterminant une différence de pression, nous permet de nous rendre compte de la facilité avec laquelle les poussières ambiantes pénètrent dans les montres, et ainsi s’explique, pour ceux qui séjournent dans des milieux poussiéreux, la nécessité où ils se trouvent de faire procéder plus fréquemment au nettoyage de leur montre.
- Toute montre, même la plus soignée dans sa fabrication, présente des points faibles qui s’opposent à une étanchéité complète. La poussette sur laquelle on presse de l’ongle pour la remise à l’heure, et la couronne qui se trouve à l’extrémité du pendant, au-dessous de la bélière et qui sert à remonter la montre, sont l’une et l’autre mobiles dans un canal, et ces deux canaux inévitablement mettent l’air du boîtier en communication avec l’air extérieur. Les charnières, d’autre part, ne peuvent assurer aucune étanchéité puisqu’elles sont destinées par leur jeu à permettre l’ouverture des cuvettes. Il en est de même de l’onglet dans lequel on introduit l’ongle oû une lame pour ouvrir les cuvettes ; mais le point le plus vulnérable, celui par lequel plus particulièrement l’air extérieur arrive dans l’intérieur de la montre, c’est la rainure circulaire du boîtier, laquelle fait joint avec les deux cuvettes pour assurer la fermeture de la montre. Au début la fermeture est hermétique; mais, à la longue, à la suite de l’ouverture réitérée des cuvettes,
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- l’étanchéité de la montre disparaît. Bien que les poussières dont nous nous occupons, puissent être décelées à la loupe et même souvent à l’œil nu, notons que la plus grande quantité de ces poussières sont d’ordre microscopique, et c’est ce qui explique leur facile pénétration dans l’intérieur de la montre, alors même que celle-ci serait garantie en apparence par une fermeture des plus parfaites.
- 2° Les poussières que l’on trouve dans les montres : leur signification médico-légale. — Nous avons procédé à l’exa-ment d’un très grand nombre de montres, et, en cette circonstance, nous avons été largement aidé par un micrographe des plus compétents, M. Jean Maurel, dont le concours nous avait •déjà été si précieux lors de nos recherches sur les poussières trouvées dans le cérumen. Les résultats que nous avons obtenus ont toujours été constants, et nous avons acquis la conviction que les poussières extraites delà montre, au même titre que les poussières extraites du cérumen, pouvaient nous renseigner sur la profession du sujet et par suite nous aider à établir son identification.
- Pour que les poussières trouvées dans la montre soient caractéristiques et offrent une signification, il faut qu’elles soient vraiment professionnelles, et, pour cela, il est nécessaire que par leur quantité ou par leur qualité, l’une et l’autre anormales, elles se distinguent des autres poussières ordinairement trouvées dans les montres, et que leur présence, par suite, ne puisse s’expliquer que par un séjour prolongé du sujet dans un milieu spécial.
- Une poussière banale par elle-même et dont la nature ne présente rien de caractéristique, deviendra nettement significative par sa grande abondance. C’est ainsi, par exemple, qu’il est rare de ne pas trouver quelques grains de poussières charbonneuses chez un ouvrier qui travaille dans une usine où fonctionnent des machines à vapeur. Ces quelques grains de poussières charbonneuses, disséminés dans la montre, ne permettent pas alors de spécifier le genre de travail; mais si, au lieu de quelques grains, nous constatons une quantité très abondante de charbon, ce dernier alors, non par sa qualité mais par sa quantité, deviendra anormal, et nous indiquera que la montre examinée appartient ou a appartenu à un charbonnier, à un chauffeur de machine à vapeur, à un mineur ou à tout autre ouvrier travaillant dans le charbon. La constatation de quelques grains de poussières végétales ne sera pas caractéristique, mais nous serons en présence d’un signe professionnel si, au lieu de quelques grains, nous trouvons dans la montre des poussières végétales en très grande quantité, comme c’est le fait pour les batteurs en grange et les vanneurs, pour les dockers qui déchargent les navires chargés de graines d’arachides, de blé ou autres céréales, pour les ouvriers qui travaillent dans les scieries ou dans les usines de trituration de végétaux. De même, nous ne considérerons pas comme absolument caractéristique la présence de quelques menus débris de cheveux; mais si la montre, ainsi que nous l’avons constaté maintes fois, est envahie par une si abondante quantité de débris de poils et de cheveux que ceux-ci réalisent comme un véritable feutrage, nous serons autorisé à affirmer que la montre est ou a été celle d’un coiffeur.
- D’autres fois la poussière sera significative par le seul fait de sa qualité, alors même qu’elle serait très pauvre en quantité et qu’on constaterait à peine la présence de quelques grains. C’est ainsi, par exemple, que des poussières végétales, minérales ou animales, de nature très spéciale (amidon, pellicule de grain de café, et autres graines, poils de laine brute, cuivre, aluminium, nacre, soufre, bauxite, verre, argile cuite, etc.) ne peuvent se rencontrer que dans la montre des ouvriers qui manipulent ces matières.
- Dans les montres de deux abbés morts depuis plusieurs
- années et qui étaient de grands priseurs, nous avons trouvé en quantité du tabac à priser. Nous avons trouvé aussi en quantité dans d’autres montres : de la sciure de bois chez des menuisiers, de là farine chez des boulangers et des meuniers, du charbon chez des charbonniers et des chauffeurs-mécaniciens, du plâtre et du ciment chez des maçons et des cimentiers et chez des ouvriers travaillant dans les usines où se fabriquent ces matières, de l’argile cuite chez les tuiliers et les briquetiers, du fer et du cuivre chez les tourneurs sur métaux, des débris d’écorces végétales (amandes, arachides, céréales et autres graines) chez des ouvriers manipulant ces marchandises à l’état sec ou travaillant dans des usines à trituration, des segments de poils et de cheveux chez des coiffeurs, des poils de laine brute chez les laveurs de laine, etc., etc.
- Pour compléter nos recherches, nous avons fait une enquête auprès de plusieurs horlogers. Tous nous ont déclaré qu’ils considéraient l’encombrement des rouages par les poussières, comme une cause très fréquente du dérangement des montres.
- Les montres portées en bracelet n’échappent pas à cet inconvénient; on y trouve de la poudre de riz chez les dames et de la poudre de colophane chez les violonistes. Sur certaines montres dites américaines, les charnières ont été supprimées ; les cuvettes sont fixées au boîtier par un pas de vis. Cette disposition, au dire de l’horloger qui nous a donné ce renseignement, n’est pas un obstacle à la pénétration des poussières dans la montre.
- 3° Comment recueillir et reconnaître les poussières qui se trouvent dans la montre. — Pour recueillir les poussières, on ouvrira les deux cuvettes, et, la montre étant renversée, le mouvement faisant face à une feuille de papier blanc, on tapotera sur le verre avec l’ongle : c’est, d’ailleurs, le procédé qu’emploient les horlogers lorsque, pi’éludant à l’examen d’une montre, ils commencent parla débarrasser en partie des poussières qu’elle contient. Mais les poussières microscopiques sont le plus souvent adhérentes, et il sera nécessaire d’avoir encore recours pour les détacher à un autre moyen qui est celui-ci. On promène sur les différentes parties de la monti'e, y compris le cadran, un petit pinceau ou petit plumasseau fait d’un morceau de coton hydrophile enroulé à l’extrémité d’une tige, pinceau ou plumasseau qu’au préalable on aura eu soin d’hu-mecter d’eau distillée. Le pinceau ou le plumasseau sont ensuite lavés dans un tout petit godet contenant de l’eau distillée : ils se dépouillent des poussières qu’ils ont entraînées et celles-ci, par le repos, se déposent au fond du godet à l’exception de certaines poussières qui, plus légères que l’eau, restent à la surface. Les poussières ainsi collectées sont reprises par aspiration à l’aide d’un compte-goutte pour être soumises à l’exa-ment. On ne manquera pas aussi de gratter, à l’aide d’une plume à écrire, la rainure circulaire correspondant aux joints et dans laquelle, avons-nous dit, s’accumulent les poussières. Il ne faut pas oublier non plus que c’est surtout au niveau des charnières que l’on trouve les poussières en plus grande quantité, soit parce que c’est par ces points qu’elles s’infiltrent dam l’intérieur des cuvettes, soit parce que, ces points étant les plus déclives et formant cul-de-sac, c’est sur cette partie que les poussières descendent sous l’action de la pesanteur et s’y rassemblent.
- On procédera à l’examen des poussières de la montre de,la même façon que nous avons indiqué pour l’examen des poussières du cérumen.
- La nature des poussières sera déterminée soit à l’aide de l’examen microscopique, soit à l’aide de 1 ’analyse chimique. Le premier procédé nous permettra le plus souvent de déterminer les poussières végétales et aussi de constater la présence de cristaux dont les formes caractéristiques nous fixeront sur l’identité d’un grand nombre de corps.
- L’examen microscopique sera tout d’abord fait avec un faible
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- grossissement (80 à 90 diamètres) ; puis, s’il est nécessaire de mieux préciser, avec grossissement beaucoup plus fort dont le diamètre variera suivant la nature de la poussière à examiner.
- Cette épreuve nous permettra de constater la présence de corps étrangers noirs, grisailles, transparents, amorphes ou de forme cristalline. Les corps noirs seront des poussières de charbon ou des poussières métalliques (fer, cuivre, aluminium, etc.). Le charbon présente des arêtes vives, tranchantes, tandis que le fer, l’aluminium et surtout le cuivre offrent des bords irréguliers, déchiquetés. Les corps grisailles seront des poussières minérales (calcaire, chaux, ciment, plâtre, etc.) : ils seront reconnus à la forme de leur cristaux. Les corps transparents seront le plus souvent des cristaux de nature diverse, des poussières d’origine végétale (débris de feuilles, de fibres, de graines, coton, lin,-chanvre, etc.), ou des poussières d’origine animale (soie, laine, poils, duvet, etc.).
- L’examen chimique sera plus spécialement consacré à reconnaître les poussières d’origine minérale (chaux, ciment, plâtre, etc.).
- Certaines substances végétales telles les farines ou autres poussières amidonnées pourront encore être décelées par des réactions chimiques. C’est ainsi qu’en faisant agir sur ces substances une goutte d’une solution iodo-iodurée (0,50 d’iode dans une solution d’iodure de potassium au cinquantième) on arrive à colorer en violet les grains d’amidon libres. De même, on colore en violet la cellulose des fibres végétales et les grains d’amidon inclus dans ces fibres en faisant agir le chlorure de zinc iodo-ioduré en solution concentrée.
- Les poussières de fer, avec une goutte d’acide chlorhydrique et une goutte de ferricyanure de potassium, donneront une coloration bleu de Prusse ou une coloration verte intense, suivant que le fer se trouvera à l’état d’oxyde ferreux ou d’oxyde ferrique.
- Les poussières calcaires (carbonate de chaux) sont attaquées instantanément et transformées immédiatement en azotate de chaux soluble avec dégagement effervescent d’acide carbonique.
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- Les poussières de cuivre, au contact de l’acide azotique, s’accusent par une coloration bleue. Ces mêmes poussières, avec une goutte d’acide azotique et une goutte d’une solution de potasse, donneront un précipité bleu d’hydrate de cuivre : ce précipité sera dissous dans une goutte d’ammoniaque et on obtiendra une belle coloration bleue.
- Les sels de plomb (céruse) avec une goutte d’une solution d’iodure de potassium, donneront une coloration jaune d’or; s’il s’agit d’un oxyde (minium), il faudra, au préalable, ajouter une goutte d’acide acétique.
- Pour mieux distinguer les colorations obtenues, l’opération devra être faite dans une capsule de porcelaine ou sur une plaque de verre reposant sur une feuille de papier blanc.
- L’aluminium, avec une goutte d’acide sulfurique suivie d’une goutte d’une solution de sulfate de soude, donnera des cristaux d’alun. Ces cristaux sont très nettement visibles et on peut même assister à leur formation en opérant sous le microscope (*).
- Notons en terminant que les poussières peuvent aussi se déposer sur d’autres objets familiers que l’on porte habituellement sur soi : lunettes (sur les rebords), étui de lunettes, chaîne de montre, couteau (dans les rainures), chaton de bague, bracelet, broche, collier, etc. Nous avons trouvé des poussières professionnelles sur tous ces objets.
- La présence des poussières professionnelles dans le cérumen et dans les montres a encore un autre enseignement : elle nous indique avec quelle facilité les poussières pénètrent dans les cavités organiques qui communiquent avec l’air extérieur et plus spécialement dans les poumons. On voit combien est grave le danger qu’elles peuvent présenter par leur abondance ou leur toxicité. Dr Séverin Icard.
- Lauréat de l’Institut.
- 1. On trouvera dans le très remarquable travail de E. Locard : L’analyse des poussières criminalistiques, la nomenclature de toutes les poussières dont la recherche est susceptible d’intéresser la médecine légale, et aussi la description des différents procédés à utiliser pour déterminer la nature de ces poussières, en Revue internationale de criminalistique, septembre 1929.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- LA COLORATION DES CIMENTS POUR LA DÉCORATION
- On peut colorer les ciments soit en masse, soit en surface, avec des couleurs qui doivent résister à l’alcalinité de la chaux contenue dans les ciments. Parmi les couleurs qui résistent le mieux, nous citerons pour le bleu, l’outremer même commun, puisqu’on sait que l’outremer a surtout pour ennemi l’acidité même faible.
- Pour les verts, l’oxyde de chrome serait le meilleur, mais son prix est trop élevé pour sa puissance colorante : 10 à 12 fr le kg.
- Les silicates verts de la glauconie, du genre de la céladonite, seraient intéressants, parce que très bon marché, malheureusement ils sont de nuance foncée. Pour toutes couleurs variant entre le jaune, le brun jaune et les rouges foncés, les différentes qualités d’oxyde de fer se recommandent. Pour le brun violacé, les résidus de pyrites peuvent faire l’affaire. Pour les ocres, il faut faire un choix prudent et judicieux. A notre avis, les oxydes de fer du genre de ceux appelés de Malaga, sont excellents. Pour les noirs, les noirs de fumée, le noir de gaz (gas black), le noir de fer (oxyde salin), le noir d’os (noir d’ivoire), peuvent être employés après un jugement pondéral et colorimétrique en rapport avec le résultat à obtenir, et surtout le prix de revient. On dit seulement que le gaz black, employé dans les 1,5 à 2 pour 100, diminuerait de 15 pour 100 la résistance du ciment alors que des proportions infiniment plus grandes de rouges, à base d’oxydes de fer, seraient sans effet sur la résistance du ciment.
- Nous avons vu employer de 5 à 7 pour 100 de rouges de fer, sans altére'r en rien la qualité des ciments, dans la fabrication de carreaux de ciment.
- Car il ne faut pas oublier que les manufacturiers de carreaux de ciments doivent vendre à un prix relativement assez bas des carreaux devant résister à une abrasion assez élevée.
- Le carbonate de baryte et le sulfate de baryte, surtout le premier, donnent un blanc augmenté et à un bon marché relatif, car il ne saurait être question en matière de carreaux, de ciments ou de chapes en ciment coloré, de mettre de l’oxyde de zinc extra-blanc, à 5 fr le kg dans un mélange.
- Nous ne voudrions pas quitter ce sujet de la coloration des ciments sans dire un mot du procédé L. F. Goodwin, dit « Dyecrete process », coloration des ciments et bétons à l’aide de certaines matières colorantes organiques jusqu’ici inemployées (Cf. Canadian Chemistry and Metallurgy, septembre 1926). Beaücoup de matières colorantes organiques introduites dans le ciment ne résistent pas à l’action de la chaux libre qui s’y trouve contenue. Ce sont surtout les couleurs de la série dite Calédonienne, qui résistent le mieux à l’action de la chaux et des intempéries.
- Trois parties de sable, une de ciment et 0,01 pour 100 partie de couleur sont habituellement employées, soit 1 de matière colorante pour 400 du mélange, soit 2,5 pour 1000.
- On a poussé jusqu’à 4/1000. On a, dans certains cas, ajouté la couleur à 3 pour 100 de mica extra-fin à 97 pour 100 de ciment + sable.
- Des expériences ont été faites par l’auteur avec du ciment de Keene, du Portland ordinaire et du ciment blanc. Il faut surtout que la finesse de la couleur pigmentaire ajoutée soit plus grande que celle du ciment lui-même. On s’est bien trouvé pour l’homogénéité de coloration, de gâcher le mélange de sable et de ciment avec la couleur en solution.
- Les colorations peuvent être faites, soit en surface, soit dans la masse. Les renseignements sur les prix de revient par le procédé « Dyecrete » de L. F. Goodwin manquent jusqu’ici. Nous donnons la source au cas où nos lecteurs seraient intéressés par de plus amples détails.
- A. Hutin.
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- PRESTIDIGITATION
- EXIMIUS
- LE MERVEILLEUX AUTOMATE
- La mode est aux automates et l’on en voit un peu partout. Voici un des plus curieux.
- Le montreur entre en scène et explique que depuis de longues années, il a travaillé à fabriquer un automate extraordinaire, qu’il n’a pas encore réalisé tous les perfectionnements qu’il voudrait y apporter, mais qu’on voudra bien l’excuser d’avoir un peu manqué de patience et accepter son travail dans l’état actuel. Il va au fond de la scène et enlevant un voile découvre assis sur un fauteuil un petit nain grotesque, vêtu mi-partie vert et rouge comme un des fous classiques de François Ier ou de Henri III. « Le voici, je le nomme Eximius ».
- Prenant le personnage sous les bras, il l’apporte à l’avant-scène et écartant un peu le vêtement montre vers l’omoplate la plaque de cuivre où se trouvent les clés de remontage. Puis
- Fig. 1.
- Le mécanisme du merveilleux automate.
- embarrassé du bonhomme, il l’assied sur le coin d’une table et va chercher le fauteuil qui est au fond de la scène. Il roule ce fauteuil en avant, mais pendant ce temps le petit nain tourne la tête pour le regarder.
- — Vous êtes bien là ? (L’automate fait non avec sa tête). « Vous aimeriez mieux être autre part ? » (il fait signe que oui) Mais où donc ? (avec le bras, il indique le fauteuil).
- Alors le montreur reprend le petit nain et le porte jusqu’au fauteuil où il l’assied. Puis il actionne plusieurs clés dans la plaque de cuivre et déclare son automate en état de fonctionner. En effet la tête dit oui et non, les yeux remuent ainsi que la bouche. Un spectateur demande un chiffre ; aussitôt, l’automate lève et abaisse un bras autant de fois qu’il est nécessaire pour indiquer ce chiffre.
- L’opérateur donne ensuite un jeu de cartes à un spectateur et le prie de sortir une carte en disant : Je n’ai pas encore pu automatiquement faire deviner une carte, mais vous allez placer la carte que vous avez choisie au nombre que vous voudrez, vous indiquerez ce nombre et l’automate sortira la carte.
- En effet après que le spectateur a mis sa carte au nombre qu’il indique, l’opérateur pose le jeu sur un plateau et
- s’approche de l’automate. On voit celui-ci lever les bras, prendre le jeu d’une main sur le plateau et de l’autre prendre les cartes une par une et les laisser tomber, jusqu’à ce qu’il soit arrivé au nombre désigné. Alors il garde la carte en main.
- Tous les mouvements sont saccadés, mais bien réguliers. Au courant de la présentation, l’automate s’arrête : alors le présentateur donne quelques tours de clés et le mouvement reprend.
- Je n’insiste pas sur tout ce que peut faire l’automate et j’arrive à l’explication.
- Ee montreur raconte qu'on a fait des simili automates, tels que le joueur d’échec, l’écrivain dessinateur dans lesquels l’automatisme n’existait pas, les mouvements étant produits par une personne cachée dans l’appareil. « Ici, dit-il, rien de pareil et voici la preuve ». Il s’approche de l’automate et lui enlève la tête. Il prend le corps, le met sous son bras et s’en va en saluant. Au moment où il enlève la tête on entend une sorte de déclanchement métallique de rouages et de ressorts qui ne sont plus maintenus.
- Contrairement à l’assertion du montreur, la mécanique joue un très petit rôle dans Eximius et tout réside dans un truc bien présenté. Dans le fauteuil est caché un enfant. Lorsque l’automate est assis, l’enfant ouvre une ou plusieurs trappes dans le dossier du fauteuil. L’étoffe à grands ramages qui recouvre le fauteuil dissimule parfaitement ces trappes. Passant ses bras dans les manches de l’automate et ses mains dans les mains en peau peinte, il peut lui donner toute l’apparence d’une poupée mécanique. La tête assez grimaçante est véritablement une merveille grâce à l’emploi d’un tissu caoutchouté qui empêche toute solution de continuité. Quelques leviers font agir les yeux et la bouche.
- Tout est fait et combiné pour produire l’illusion : le déplacement du fauteuil alourdi par l’enfant et paraissant léger grâce à des roulettes à billes, la station de l’automate sur le coin de la table ou abandonné à lui-même (il a cependant quelques mouvements), le remontage inutile de la mécanique, etc. Une chose simple mais qu’il fallait trouver, c’est le moyen d’actionner l’automate lorsqu’il est assis sur le coin de la table : Dans la tête se trouvent fixées deux plaquettes de métal indiquées AA dans le plan coupe horizontale de la tête (fig.l-a).Elles sont dans la partie face de la tête à hauteur du nez de façon à ne pas gêner les tirettes des yeux et de la bouche. La tête est montée sur double cercle C qui s’emboîte dans le corps et D plus petit, véritable cou de la tête qui bascule sur les pivots PP.
- Lorsque le personnage est assis sur le coin de la table, un aide, placé dans le dessous de la scène, pousse une tige de métal qui traverse le pied de la table de bas en haut. Cette tige pénètre dans l’automate et suffisamment guidée par une armature arrive entre les deux plaquettes de métal. Cette tige est terminée par une partie plate (fig. 1-6) • Si la tige est poussée jusque-là et que l’aide la fasse tourner de droite à gauche, puis de gauche à droite, la tête tournera dans son cercle C faisant ainsi un signe de dénégation. Si la tige est poussée plus haut et légèrement tournée, elle appuiera en RR sur les plaquettes et fera dire oui à la tête qui est équilibrée pour reprendre d’elle-même sa position normale.
- Alber.
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- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- MARS 1931, A PARIS
- Mars 1931 a été un mois assez froid, neigeux au début, puis sec et bien ensoleillé avec pluviosité un peu inférieure à la normale et pression barométrique plutôt basse. L’état hygrométrique de l’air a été remarquablement faible.
- La température a été au-dessous de ïa normale du 1er au 16,
- Fig. 1.
- Moyennes de température.
- sauf le 4, et du 29 au 31, en tout 18 jours. La première de ces deux périodes comprend 5 jours consécutifs très froids, du 7 au 11. Les minirna du 9 et du 10, à peu près égaux, sont les plus bas du mois et à la fois les températures les plus basses de l’hiver 1930-1931.
- Au Parc Saint-Maur l’on a eu —5°,9 ces deux jours; en ville l’on constata des minima compris entre — 4°,8 (Square Saint-Jacques et Office national météorologique) et — 6°,3 (Belleville) et en banlieue de —5°,2 (Choisy-le-Roi) à —7°,8 (Saint-Cloud).
- On a noté le 20, à peu près partout, le maximum absolu, 19°,8 au Parc Saint-Maur avec une moyenne journalière de 13°,9, supérieure de 7°,2 à la normale.
- A cet observatoire, la température moyenne du mois a été de 5°,7 en déficit de 0°,5 et à Montsouris de 6°,2 en déficit de 0°,6.
- Des chutes de neige ont été notées à cinq dates différentes; quatre d’entre elles ont été suffisantes pour recouvrir le sol d’une couche continue.
- Un petit orage (éclairs et tonnerre) a été observé le 1er, vers 18 h. 50, 18 h. 55, dans toute la région et accompagnait une chute de neige qui a fourni une couche dont l’épaisseur atteignait 5 cm en certains points.
- A l’observatoire du Parc Montsouris, la durée totale de chute de pluie pour le mois, 44 h. 5 minutes est inférieure de 21 pour 100 à la moyenne des 25 années 1898-1922.
- Les l8r, 6 et 11 on a singalé de la grêle ou du grésil.
- 14 jours de gelée, 12 de brouillard, 10 de brume, 5 de rosée et 16 de gelée blanche.
- Les vents de N. E. ont été très dominants.
- La nébulosité moyenne de l’état du ciel a été de 56 pour 100.
- On a noté le réveil de la chauve-souris le 19.
- Variations par périodes décennales depuis 1874, à l’observatoire du Parc Saint-Maur, des moyennes de la température, de la pluie, du nombre de jours de pluie, de la nébulosité, de
- Fig. 2.
- Hauteurs de pluie.
- l’humidité de l’air et de la pression barométrique pour le mois de mars.
- L’état hygrométrique moyen de l’air, a été de 69 pour 100 à Saint-Maur et de 63 pour 100 seulement à Montsouris, où il est le plus faible observé depuis mars 1880, en cette année-là il avait été de 60 pour 100. Tempé- rature Pluie mm Jours de pluie Nébu- losité Humi- dité Pression mm
- Les 6 derniers jours ont été remarquablement secs, le 30, 1874-1883 6°,48 36,6 13 59 75,1 757,93
- surtout, où l’on constata un minimum de 15 à Montsouris et 1884-1893 5°,41 . 40,3 14 55 74,1 757,20
- de 19 à Saint-Maur. 1894-1903 6°, 37 38,6 13 60 75,1 756,06
- La hauteur barométrique moyenne, 759 mm, 8 au niveau de 1904-1913 6°,40 41,9 15 65 77,1 756,60
- la mer, à l’observatoire du Parc Saint-Maur, est en déficit de 1914-1923 6«,59 49,0 16 62 76,1 755,70
- 1 mm, 4 sur la normale. 1924-1930 6°,81 43,9 14 63 75,4 757,58
- Douze jours de précipitations appréciables, contre 14, nombre moyen, ont fourni au Parc Saint-Maur une hauteur d’eau égale à 35 mm, 9, soit 87 pour 100 de la quantité que l’on moyenne génér. 6°,34 à l’altitude de 50 m. 41,7 14,2 60,7 75,5 Em. Roger, 756,84
- recueille en moyenne en mars. Membre de la Société météorologique
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- L’AUTOMOBILE PRATIQUE
- AUTOMOBILES ET MOTOCYCLETTES
- On ne se rend pas toujours un compte assez exact du développement de la motocyclette en France; le nombre de ces véhicules dépasse actuellement le chiffre impressionnant de 400 000.
- Rarement employée comme moyen de transport utilitaire, la motocyclette apparaît surtout comme un engin de promenade et de tourisme à la portée des budgets modestes : les premiers avantages et les caractéristiques essentielles de la motocyclette, ce sont sans doute, en effet, les économies qu’elle permet de réaliser : économie de frais d’achat et d’amortissement, économie d’impôts, économie d’alimentation en essence et en huile, et surtout économie de garage;.
- Fig. 1. — Les deux formes de la motocyclette moderne.
- a) Bicyclette à moteur de prix modique; b) Motocyclette de tourisme à bloc moteur, transmission par cardan, éclairage électrique, etc., mais de prix assez élevé.
- D’un autre côté, les motocyclettes modernes peuvent transporter au moins deux personnes en tandem à une vitesse moyenne souvent beaucoup plus grande qu’une voiture de petite puissance correspondante; leur moteur souple et nerveux permet des accélérations rapides, et la montée des côtes à grande vitesse quel que soit le profil de la route.
- Le grand inconvénient de la motocyclette, par contre, c’est d’abord son manque de confort : c’est un engin presque exclusivement réservé aux sportifs, et aux voyageurs très jeunes; il est évident que la position du voyageur en tandem, par exemple, derrière le conducteur (ce voyageur est généralement une femme) n’est nullement agréable, et le motocycliste ne jouit pas comme le conducteur d’automobile de la protection d’une carrosserie confortable, il est exposé à toutes les intempéries.
- De plus, malgré les perfectionnements de la suspension et l’emploi des pneumatiques à grosse section et à basse pression, les secousses sont toujours beaucoup plus violentes que sur une voiture. Lorsque le sol est humide, il est bien difficile d’obtenir un freinage rapide et une stabilité absolue de la marche sur route, aussi les accidents de motocyclettes sont-ils malheureusement beaucoup trop fréquents.
- Les constructeurs d’automobiles s’efforcent à l’heure actuelle de réaliser des modèles de petite puissance, robustes et économiques, construits en grande série et d’un prix de vente relativement très bas. Certaines voiturettes légères ne sont guère plus chères que certaines motocyclettes puissantes et de grande marque. Mais il paraît difficile d’abaisser encore le prix de ces voiturettes au niveau de celui des motocyclettes ordinaires de tourisme.
- Sans doute, les organes de la motocyclette : pneumatiques, bloc moteur, transmission, freins, etc., sont-ils modifiés aussi peu à peu, à mesure que sont modifiés les organes de la voiture eux-mêmes, et il finit par y avoir une certaine similitude entre la technique de construction de l’automobile et la technique de construction de la motocyclette (fig. 1). Cependant, jamais le moteur de motocyclette n’a besoin d’être aussi complexe que le moteur d’une automobile, et il y a bien des organes : pont arrière, différentiel, etc., qui sont inutiles sur la motocyclette, qui ne comport'era jamais évidemment que deux roues! Si les progrès de la fabrication en série ont permis d’abaisser le prix de vente des automobiles, il n’y a d’ailleurs aucune raison pour que ces mêmes progrès ne permettent pas aussi d’abaisser le prix de revient de la motocyclette, aussi celle-ci demeurera-t-elle toujours un engin essentiellement économique et, malgré ses inconvénients, conservera-t-elle des adeptes.
- Il y a bien des modèles de motocyclettes d’un prix élevé, mais ce sont des types tout à fait spéciaux destinés uniquement à des sportifs désirant réaliser des vitesses moyennes très rapides qu’on ne pourrait obtenir avec des voitures automobiles de même prix et de cylindrée équivalente.
- Pour qu’un modèle de voiture automobile puisse avoir une diffusion vraiment populaire, et soit adopté par un public analogue à celui qui utilise actuellement les motocyclettes, il faudrait réaliser non pas une véritable automobile, mais une sorte de « cyclecar », véhicule à quatre roues, sans doute suffisamment au point, mais de prix à peine plus élevé que celui d’une motocyclette, soumise à un impôt très faible, consommant peu d’essence et peu d’huile, et dont le prix de garage soit peu élevé.
- LE BUDGET D’UN AUTOMOBILISTE COMMENT ESSAYER DE DIMINUER LES DÉPENSES
- Les dépenses les plus impoi'tantes de l’automobiliste sont formées par les frais fixes d’amortissement, d’intérêt du capital engagé, d’assurances, d’impôts et de garage d’une part, d’autre part par les frais variables d’entretien et d’alimentation en essence et en huile.
- Les premiers dépendent uniquement du type de voiture choisi, c’est donc au propriétaire d.e l’automobile à les déterminer une fois pour toutes avant de choisir son modèle de voiture et d’après ses moyens pécuniaires. Les autres peuvent varier, et l’on peut considérer qu’ils représentent, en réalité, de 60 à 70 pour 100 du montant total des dépenses : il est donc extrêmement important de les contrôler pour les réduire au minimum. On peut, d’ailleurs, considérer que la dépréciation
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- de la voiture et les réparations sont également des frais variables, puisqu’ils dépendent essentiellement de la façon dont le conducteur entretient sa voiture, et de son habileté technique.
- Ces dépenses varient évidemment au prorata du nombre de kilomètres parcourus dans l’année; mais d’autres facteurs interviennent également et sont fonction de ces précautions observées par le propriétaire pour l’entretien et la conduite.
- Avant tout, pour pouvoir obtenir des résultats certains, il convient d’établir une comptabilité des frais journaliers et d’avoir un petit carnet sur lequel on note, d’une part les kilomètres parcourus, d’autre part les frais correspondants d’entretien, d’essence, d’huile, et de réparations, de pneumatiques, etc. Nous noterons, d’ailleurs, à propos des réparations, que quelques marques ont établi des carnets imprimés sur lesquels sont indiqués les frais correspondants à chaque réparation courante, de façon à éviter toute discussion entre le propriétaire et le garagiste.
- Y a-t-il intérêt à avoir une assurance « tous risques », protégeant non seulement contre les accidents causés aux tiers, mais encore contre tous les accidents qui vous sont causés ? C’est là un cas d’espèces, croyons-nous. La prime d’assurance « tous risques » est, en effet, très élevée, même pour une voiture moyenne, et, avec la somme ainsi versée, on peut certes effectuer ou faire effectuer un très grand nombre de petites réparations. Cependant, un automobiliste voyageant constamment dans une ville, et plus ou moins adroit fera bien de s’assurer cette excellente garantie; elle a, en outre l’avantage de permettre d’inscrire dans son budget une somme totale absolument fixe, et par conséquent d’éviter toute erreur d’appréciation fâcheuse.
- Avant tout, l’automobiliste qui veut soigneusement contrôler ses dépenses doit posséder sur sa voiture des appareils de mesure bien établis, non seulement pour pouvoir déterminer sa consommation et le nombre de kilomètres parcourus, mais encore le fonctionnement des différents organes de la voiture.
- Il est facile de se rendre compte que, malgré sa facilité de conduite et d’entretien, l’automobile moderne est devenue une véritable usine mobile et même un ensemble de plusieurs usines : mécanique, thermique et électrique. On comprend donc la nécessité de mettre constamment devant les yeux du conducteur les appareils de contrôle et de mesure qui lui permettent de vérifier à chaque instant le bon fonctionnement des organes des diverses usines constituant en réalité son automobile.
- Presque tous les appareils de contrôle nécessaires sont, d’ailleurs, maintenant livrés par les constructeurs eux-mêmes sur les châssis de série, ce qui évite à l’acheteur une dépense supplémentaire pourtant indispensable. Cependant, il ne suffit pas d’avoir sur sa voiture tous les instruments de contrôle nécessaires, il faut encore que ceux-ci soient soigneusement vérifiés et bien exacts. On pourra se contenter le plus souvent de vérifier deux accessoires essentiels : l’indicateur de vitesse et l’indicateur de niveau d’essence.
- Chacun sait que les indicateurs de vitesse dont sont normalement munies les voitures ont une avance plus ou moins grande, c’est-à-dire qu’ils indiquent presque toujours une vitesse supérieure à celle qui est réellement réalisée. Il est indispensable, en général, à un automobiliste de savoir dans quelle proportion ses appareils de contrôle ne donnent pas des indications réelles. Cette proportion varie, en général, avec la vitesse; il est rare qu’un compteur ne soit pas exact jusque vers 30 km à l’heure environ; l’erreur croît à partir de ce moment pour atteindre 8 pour 100 et même plus à £0 ou 90 à 'heure. Pour vérifier un compteur, il ne suffit donc pas de le
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- vérifier pour une seule vitesse, mais il faut l’étalonner à toutes les vitesses usuelles; on pourra dresser ensuite un petit tableau de zéro à 30 km par exemple, de 30 à 40 km, de 40 à 50, de 50 à 60, de 60 à 70, et de 70 à 80 km à l’heure qui indiquera le facteur de correction dans ces gammes de vitesses. On pourrait savoir ainsi, par exemple, que lorsque le compteur marque 70 km à l’heure, on ne fait en réalité que 70 — 70 X 0,08, c’est-à-dire environ 64 km à l’heure.
- Pour étalonner un compteur, on choisira une belle route droite, presque sans côtes, et on lancera la voiture à une vitesse aussi constante que possible, puis on notera le nombre de minutes et de secondes nécessaires pour parcourir un certain nombre de kilomètres en se repérant d’après les bornes kilométriques de la route.
- S’il faut, par exemple, 5 minutes pour parcourir 6 km., on en déduira qu’on fait 1200 m à la minute, soit 72 km à l’heure, et si, à ce moment, le compteur marque 76, on en conclura qu’entre 70 et 80 km il avance de plus de 5 pour 100, etc.
- On pourrait, d’ailleurs, remarquer théoriquement que les indications du compteur sont fonction du diamètre des pneumatiques; c’est ainsi que, plus les pneus sont gonflés, plus le chemin parcouru par tour de roue est grand.
- La plupart des voitures modernes sont munies, demême, d’indicateurs de niveau d’essence à cadran avec aiguille indicatrice ou à jauge directe (fig. 2). Ces accessoires fonctionnent en général simplement àl’aide d’un flotteur lorsque le réservoir est monté à l’avant, ou à l’aide d’un système à pression lorsque le réservoir est placé à l’arrière. Mais, quel que soit le modèle considéré, il est, de même, indispensable de le vérifier au moment où l’on prend livraison de la voiture; cette vérification peut s’effectuer à l’aide delà jauge fournie par le constructeur, ou en versant de l’essence bidon par bidon dans le réservoir préalablement vidé.
- Quelques-uns de ces indicateurs sont réglables; dans ce cas, il convient évidemment de régler le système de façon qu’il indique un peu plus et non un peu moins que le niveau réel. Y a-t-il en effet une panne plus stupide et plus désagréable que la panne d’essence ? 11 vaut donc mieux croire qu’on n’a plus d’essence dans son réservoir alors qu’il en contient encore 5 ou 10 litres par exemple, plutôt que de croire qu’il en reste 10 litres alors qu’il n’en contient plus !
- L’indicateur d’essence et le compteur kilométrique permettent de se rendre compte très facilement de la consommation de la voiture, et d’obtenir, en même temps, un meilleur réglage du carburateur. Comme nous avons déjà eu l’occasion de l’indiquer dans nos chroniques, on ne doit pas efïectuer cette opération de vérification dans une ville, parce que la consommation est alors évidemment extrêmement variable suivant les difficultés de circulation. On choisit un itinéraire comportant une route peu encombrée, de profil noimal. Pour que l’opération ait un sens, elle doit porter sur une distance d’une centaine de kilomètres environ, car autrement les pro-
- Fig. 2. — Indicateurs de niveau d'essence à aiguille de contrôle ou à jauge à lecture directe.
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- portionnalités que l’on serait tenté d’établir n’auraient aucune valeur. On pourra ainsi déterminer la vitesse optimum de consommation de la voiture ; car il existe pour la plupart des automobiles une vitesse au-dessus et au-dessous de laquelle la consommation d’essence est plus grande, de même que l’usure des pneumatiques varie dans un sens à peu près parallèle.
- Nous avons déjà eu l’occasion de noter également que la plupart des voitures modernes usent peu d’huile, et que la plus grande partie de cette consommation provient surtout de la vidange qui doit être faite régulièrement; cependant, pour certaines voitures et surtout pour celles qui sont munies de moteurs sans soupape, il convient de vérifier également la consommation d’huile. Il ne servirait à rien en effet de dépenser peu d’essence si l’économie en essence avait pour contrepartie une consommation exagérée en huile. La plupart des voitures sont munies d’un système de graissage sous pression et d’un manomètre d’huile, en tout cas, presque toutes ont un thermomètre permettant de vérifier la température de l’eau du radiateur et quelquefois de l’huile du carter.
- Le contrôle de ces instruments permet d’éviter les plus graves accidents, et de maintenir toujours le moteur dans le meilleur état; l’indication de la pression normale que doit déceler le manomètre d’huile est généralement fournie par le constructeur; il est évident que la pression est d’autant plus grande que l’huile est plus épaisse, et plus froide et que le moteur tourne plus vite; pourtant, il est prévu généralement un dispositif de sûreté limitant dans une certaine mesure la compression de l’huile dans les canalisations.
- Lorsque la pression semble monter ou descendre brusquement, on peut en déduire que la circulation d’huile ne se fait plus normalement, et il est prudent d’arrêter pour vérifier la cause de ce phénomène.
- Certaines automobiles comprennent dans leur tuyauterie de circulation d’huile une sorte de soupape formée par une bille en acier appuyée sur un ressort : si cette bille se coince, la circulation cesse lorsque le moteur ne tourne pas à une grande vitesse, et l’aiguille du manomètre de contrôle tombe à zéro; il faut alors vérifier, démonter la bille, et la nettoyer.
- Le thermomètre d’eau est également un excellent appareil de contrôle dans ce cas; il peut indiquer si le graissage s’effectue normalement. Dès que l’on constate une élévation brusque de température, il faut arrêter la voiture, et vérifier tout d’abord la circulation d’huile, car on s’exposerait à des grippages pouvant être très dangereux et entraîner de graves réparations.
- La consommation en essence des automobiles est, d’ailleurs, une question très délicate, et bien souvent on se fait d’elle une idée très fausse en énonçant les chiffres les plus fantaisistes; avant tout, il faut bien déterminer ce qu’on appelle consommation d’une voiture aux cent kilomètres.
- En effet, la consommation ne dépend pas seulement du type de la voiture mais aussi de l’usage qu’on en fait : service de route, ou service de ville, et surtout de la moyenne de vitesse à laquelle on roule pour cette consommation. Il ne faut donc jamais oublier lorsqu’on parle de consommation de préciser la moyenne de vitesse horaire atteinte.
- Le facteur essentiel qui influe le plus sur la consommation est évidemment la cylindrée du moteur, mais il faut aussi mettre en ligne de compte la vitesse de rotation : un moteur de petite cylindrée qui tourne vite peut consommer, dans des conditions particulières, presque autant qu’un moteur de grosse cylindrée qui tourne lentement, et, pour une voiture d’un type déterminé, en supposant que l’allumage soit correct, la consommation dépend évidemment du réglage du carburateur.
- La dépense correspondant à la consommation d’essence est sans doute un facteur notable du budget d’un propriétaire
- d’automobile, mais il ne faut pas la considérer comme un facteur essentiel. Si l’on considère en effet le prix d’achat de la voiture et son amortissement, les frais de garage, d’entretien, les réparations, les pneumatiques, les impôts, les assurances, on s’aperçoit vite qu’une augmentation ou une diminution de quelques litres d’essence aux 100 kilomètres peut être considérée, malheureusement d’ailleurs, comme relativement négligeable.
- Cette remarque ne doit nullement nous inciter à négliger le bon réglage du carburateur de notre voiture; on constate, en effet, quelquefois des consommations d’essence vraiment par trop exagérées surtout sur des voitures neuves ou au contraire très usagées. Une consommation exagérée d’essence dénote, en outre, soit une détérioration d’un organe du moteur, soit une mauvaise carburation pouvant entraîner peu à peu des désordres très graves dans la marche du moteur.
- Pour diminuer au minimum les dépenses variables, il convient sans doute, et nous venons de le montrer, de régler tous les organes du moteur, mais il est indispensable aussi d’entretenir soigneusement la voiture et de contrôler le fonctionnement de tous les organes du châssis. En effet, l’usure des différentes parties d’une automobile ne produit pas seulement un danger réel et l’augmentation du nombre des réparations, en même temps qu’une dépréciation de plus en plus grande en cas de revente, elle est cause le plus souvent d’une augmentation de la consommation d’essence et d’huile.
- En particulier, l’usure des segments des pistons et des parois des cylindres, le calaminage du moteur et des soupapes produisant des fuites de vapeur d’essence et des remontées d’huile, un mauvais réglage de l’allumage, augmentent la consommation d’essence.
- Le propriétaire d’une automobile devrait donc avant tout, et même avant de considérer la dépense directe en essence, suivre avec une attention scrupuleuse tous les conseils qui lui sont donnés pour l’entretien de la voiture, de façon à diminuer les dépenses, lorsque la voiture est neuve, et à ne pas les augmenter dans de trop grandes proportions au fur et à mesure de son usage.
- Les soins pris pour la conduite de la voiture sont également essentiels pour le bon fonctionnement de tous les organes de l’automobile et pour la longue durée des pneumatiques.
- D’autre part, l’adoption d’une essence ou d’une huile de qualité inférieure ne constitue nullement une économie, parce qu’elle amène très rapidement un encrassement du moteur et peut même à la longue nécessiter des réparations coûteuses.
- Un bon conducteur devrait avant tout éviter de « pousser » trop son moteur pendant trop longtemps et de donner des coups de frein brusques. Il faut déterminer, comme nous l’avons dit, suivant le type de voiture et suivant l’usage que l’on veut en faire, la vitesse moyenne la plus convenable, tant au point de vue du fonctionnement que de la consommation, et se tenir sur la route le plus constamment possible aux environs de cette vitesse qui est généralement voisine de 50 à 60 et dépasse rarement 70 km à l’heure.
- Vouloir demander à son automobile un effort trop grand pendant trop longtemps augmente la consommation d’essence, l’usure des pistons et des cylindres, les risques d’échauf-fement et de grippage, sans compter les risques d’accidents. Les coups de freins, d’un autre côté, produisent les effets les plus graves, non seulement au point de vue externe pour la bande de roulement, mais encore des effets internes à l’intérieur même des enveloppes, parce que les toiles travaillent les unes contre les autres, ce qui amène peu à peu des déchirures produisant des crevaisons que l’on croit à tort à ce moment tout à fait spontanées, et imputables à la mauvaise qualité de l’enveloppe. L. Picard.
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- CHRONIQUE D’AVIATION
- Record du monde de distance en circuit fermé.
- Le record du monde de distance en circuit fermé, qui appartenait, depuis quelque temps, au monoplan Blériot 110, de Bossoutrot et Rossi (8800 km), vient d’être enlevé par le monoplan Bernard 80, piloté par Paillard et Mermoz, au cours du vol effectué les 30 et 31 mars, 1er et 2 avril derniers autour de l’aérodrome de la Sénia.
- La distance parcourue s’élève à 9100 km environ, la durée du vol étant de 59 h. 13 m.
- L’appareil était équipé d’un moteur Ilispano-Suiza de G50 ch, actionnant une hélice métallique. 11 emportait, au départ, 7200 litres d’essence et 250 litres d’huile, ce qui lui donnait un poids total de 9 tonnes (un peu moins de 130 kg par mq). Le décollage a été, cependant, effectué sans grande difficulté en 1600 mètres et 62 sec.
- La vitesse réalisée au cours du vol s’échelonne de 180 km-h., au début, à 155 km-h., environ, à la fin.
- Les deux derniers vols de record, effectués par le Blériot 110 et le Bernard 80, démontrent que ces machines sont à peu près équivalentes, toutes deux remarquables et parfaitement au point.
- Records du monde pour avions légers.
- Les aviateurs français Fréton et de Lavergne ont enlevé, le 8 avril dernier, les records du monde de durée et de distance en circuit fermé pour avions biplaces pesant moins de 400 kg.
- Le record de durée, qui appartenait à Donati et Capannini et s’élevait à 29 h. 4 m., a été porté à 29 h. 38 m. ; le record de distance, qui était détenu, également, par Donati et Capannini avec 2746 km, a été porté à 3467 km.
- Les aviateurs français étaient montés sur un monoplan Farman 231 équipé d’un moteur Renault de 95 ch. L’appareil était chargé, au départ, de 660 litres d’essence et 30 litres d’huile.
- Avion de chasse roumain I. A. R.
- Les usines de Brasov (Roumanie) ont sorti récemment un appareil de chasse qui peut être classé, d’après ses performances, comme l’un des avions les plus intéressants de cette catégorie.
- Cet avion, le monoplan I. A. R., possède une voilure surbaissée en cantilever. Cette voilure, de forme trapézoïdale, est d’un profil épais, variable suivant l’envergure. Elle est composée d’une partie centrale venue de construction avec le fuselage et de deux parties latérales, fixées par clavettes et boulons.
- Les ailerons, très allongés, sont encastrés au bord de fuite de l’aile, dont ils occupent une grande partie de l’envergure. Ils sont commandés rigidement par tubes et biellettes.
- De construction mixte, bois et métal, l’aile comporte deux longerons de duralumin, en caissons, deux entretoises tubulaires, également en duralumin, et un croisillonage de haubans.
- Les nervures sont en bois (épicéa et contreplaqué de bouleau). Le recouvrement est en toile enduite.
- Le fuselage est formé de quatre longerons, de cadres et de barres diagonales, en épicéa, réunis par goussets de duralumin et rivets tubulaires.
- Le cadre avant est en duralumin et reçoit le bâti-moteur. Le fuselage est recouvert à l’avant de duralumin, à l’arrière, de contreplaqué.
- Les empennages, construits, eux aussi, en épicéa, sont en porte-à-faux.
- L empennage horizontal est trapézoïdal. L’empennage vertical, qui rappelle celui des avions Cousinet, est composé d un plan de dérive important, formant arête sur le dos du fuselage, et d’un volet de direction non compensé.
- Le poste de pilotage, placé au droit du longeron arrière de 1 aile, présente des vues bien dégagées vers l’avant et au-dessus de 1 avion. La visibilité vers le bas semble, par contre, assez médiocre, en raison de la largeur de l’aile.
- L’atterrisseur, à large voie, comporte, pour chaque roue, un essieu coudé, fixé sous le ventre du fuselage; un mât télescopique, a amortisseur caoutchouc, s’appuyant sur le longeron avant du plan ; une barre oblique articulée sur le longeron arrière.
- Fig. 1. •— Avion de chasse roumain I. A. R.
- L’appareil I. A. R. est monté normalement avec un moteur Lorraine donnant 600 ch à 2000 tours-minute.
- Ce moteur, à 12 cylindres en W, est refroidi par l’eau. Il est légèrement surcomprimé.
- Le réservoir d’essence est placé dans le fuselage, à la partie centrale de l’aile. Le réservoir d’huile est fixé directement à l’arrière du moteur.
- Les caractéristiques principales de l’appareil sont les
- suivantes :
- Envergure............................... 11 m 50
- Longueur................................. 7 m
- Surface portante........................ 19 mq 8
- Poids vide.............................1100 kg
- Poids en ordre de vol..................1510 kg
- Vitesse maximum au sol................. 325 km-h
- Vitesse à 5000 m....................... 302 km-h
- Plafond............................... 9000 m
- Montée à 500 m......................8 min 30 s
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- LIVRES NOUVEAUX
- Sphinx. — Revue périodique de questions récréatives, publiée par M. Kraïtchik, 75, rue Philippe-Baucq, Bruxelles. — Prix du numéro : 3 francs belges, 2 fr. 50 français.
- Nous n’avons pas besoin de reprendre ici, après notre collaborateur Brandicourt, la défense des récréations mathématiques. Le nombre de nos lecteurs qui veulent bien prendre, part aux exercices que nous leur offrons de temps à autre prouve que la cause est gagnée.
- Un éminent mathématicien belge, M. Kraïtchik, lauréat de l’Académie des Sciences pour ses travaux sur la théorie des nombres, n’a pas jugé indigne de son talent de consacrer un gros livre à la mathématique des jeux. Et voici qu’il entreprend la publication d’un périodique exclusivement consacré aux récréations mathématiques et qui fera une grande part aux communications de ses lecteurs. Des problèmes y sont posés, des solutions sollicitées. Nous souhaitons plein succès à notre nouveau confrère.
- Industrial Research Laboratories of the United States, 4e édition compiled by Clarence J. West et Callie Iiull. 1 vol. 278 pages. — National Academy of Sciences, Washington, D. C., 1931.
- Le National Research Council des Etats-Unis a entrepris le recensement de tous les laboratoires industriels privés, se consacrant partiellement ou totalement à la recherche. L’édition précédente publiée en 1927 avait enregistré 1000 laboratoires environ; le présent recueil en mentionne 1620. Cette augmentation tient surtout aux progrès réalisés dans le recensement lui-même. Néanmoins ce chiffre imposant témoigne de l’importance que l’industrie américaine accorde au travail de recherche. Les plus importants des laboratoires ici mentionnés sont ceux bien connus de la Bell Téléphoné (plus de 3000 chercheurs), des sociétés chimiques du Pont de Nemours (plus de 1500 travailleurs), de la General Electric C°, de la Westinghouse, etc.; mais à parcourir la liste de ces 1620 laboratoires, on s’aperçoit que toutes les industries y sont représentées : métallurgie, caoutchouc, pétrole, produits chimiques, parfumerie, produits alimentaires, moteurs, aviation, etc., etc.
- Le Conservatoire des Arts et Métiers (programmes). 1 vol. illustré 216 p. Vuibert, Paris.
- On sait les immenses services que rend l’enseignement si varié du Conservatoire des Arts et Métiers, véritable Sorbonne de l’enseignement technique, mais avec cette caractéristique d’être accessible à tous. Il offre au public 28 Cours, professés par des maîtres éminents. On en trouvera dans ce volume les programmes détaillés, accompagnés de l’historique et du plan général de chaque chaire; on y trouvera aussi tous les renseignements sur les différents diplômes accordés aux élèves en fin d’études.
- Les accumulateurs. Leur usage pratique, par
- Baudry de Saunier. 1 vol. 312 p., 108 fig. Flammarion, Paris. Prix : 20 fr.
- Avec son habituelle clarté et son grand talent d’exposition, M. Baudry de Saunier explique en un style imagé le fonctionnement des accumulateurs au plomb et des accumulateurs alcalins : il décrit les éléments qui les constituent et analyse avec précision les phénomènes dont ils sont le siège au cours de la charge ou de la décharge. Il indique les moyens pratiques qui peuvent être employés pour la recharge des accumulateurs, et consacre un excellent chapitre au problème de l’usage, de l’entretien et de la réparation. L’ouvrage constitue un guide sûr, en même temps que de compréhension aisée. Il rendra de grands services à tout propriétaire d’accumulateur.
- Métaux, bétons, revêtements routiers, par E. Marcotte. 1 vol. 422 p., 191 fig. Gauthier-Villars, Paris 1931. Prix: 80 fr.
- Ce volume complète l’étude des matériaux des constructions civiles et des travaux publics qui a fait l’objet de deux volumes précédents du même auteur.
- Notre collaborateur traite ici de l’acier et du béton; pour l’acier il rappelle sommairement le principe de sa fabrication; puis il étudie en détail et très clairement les méthodes de réception et les différents essais mécaniques et métallographiques auxquels on soumet le métal pour en déterminer les caractéristiques; il indique également les propriétés, la constitution et la structure des différents métaux et alliages ferreux, ainsi que les modifications qui interviennent à la suite des traitements thermiques. Pour les bétons, après le rappel de leur composition, il passe de même en revue les procédés d’analyse et d’essai qui permettent d’apprécier les qualités de leurs constituants et celles des mélanges, et il décrit les procédés les plus récents de mise en œuvre de ce matériau. Il termine en examinant les différents revê-
- tements routiers aujourd’hui en usage. Des annexes contiennent d’intéressants renseignements sur divers matériaux et outillages de création récente.
- Leçons de chimie analytique, par Alcide Jouniaux.
- 1 vol. in-8°, 350 p., 65 fig. Hermann et Cie, Paris, 1931. Prix : 60 fr.
- Ce livre est la reproduction de l’enseignement de l’auteur à la Faculté des Sciences de Lille. Sa lecture laisse constamment apparaître le souci de montrer que les techniques de l’analyse chimique sont dominées par les disciplines de la chimie générale, imposées par les propriétés physicochimiques des composés en réaction. Il s’efforce d’abord de préciser les règles de la précipitation saline : en quelques chapitres il étudie la solubilité dans les électrolytes liomoïoniques, l’évolution des substances minérales, l’adsorption des sels en dissolution par les précipités, les particularités présentées par le traitement des insolubles colloïdaux. Après avoir développé rationnellement les précautions à prendre dans le lavage, la filtration et la pesée des précipités, il insiste sur la nature et l’importance des erreurs expérimentales, ainsi que sur l’interprétation des résultats analytiques. Ces généralités sont appliquées au dosage pondéral des anions, des cations et des composés organiques. L’ouvrage se termine par l’analyse électrolytique dont l’application au dosage des métaux usuels et de leurs alliages est précisée par le rappel des lois et des caractéristiques de l’électrolyse aqueuse.
- D’une rédaction claire et précise, tenu au courant des dernières acquisitions de la science, cet ouvrage présente un réel intérêt tant du point de vue de la netteté d’exposition des phénomènes en jeu que de la valeur des modes opératoires soigneusement étudiés.
- Le mécanisme nerveux des plantes, par sir Jagadis
- Chunder Bose, traduit par Edouard Monôd-Herzen. 1 vol. in-8,
- 228 p., 80 fig. Gauthier-Villars et Cie, Paris, 1931. Prix : 45 fr.
- Apres avoir montré que toute plante et, même que chaque organe d’une plante est excitable, puis mis en évidence les réactions motrices des plantes, le physiologiste de Calcutta a établi, de deux manières différentes et indépendantes le caractère « nerveux » de la propagation, au sein des tissus végétaux, de la perturbation due h l’application d’un excitant. L’auteur a pu localiser et isoler le tissu conducteur végétal, homologue du tissu conducteur animal, et il a vu que le système nerveux de la plante est capable d’évoluer, et que, chez le Mimosa, par exemple, il atteint le haut degré de différenciation caractérisé par l’arc réflexe, c’est-à-dire par la présence de deux influx, et la transformation de l’influx afférent ou sensoriel en influx efférent ou moteur. Les caractéristiques respectives des deux influx, et les voies définies et distinctes pour leur conduction, peuvent même être étudiées avec plus de précision chez la plante que chez l’animal.
- La parthénogenèse, par A. Vandel. 1 vol. in-16, 414 p.,
- 42 fig. Encyclopédie scientifique. G. Doin et Cie, Paris, 1931. Prix :
- 32 fr.
- Les cas de parthénogenèse, c’est-à-dire de développement d’un œuf non fécondé, sont loin d’être rares : et leur étude constitue l’un des chapitres les plus intéressants de la biologie moderne. Le présent ouvrage contient l’exposé détaillé de ces recherches en même temps qu’il donne la liste de tous les cas de parthénogenèse connus jusqu’à ce jour. Aucun naturaliste n’avait jusqu’ici rassemblé en un ouvrage d’ensemble ces données multiples, capitales pour les théories de la sexualité.
- Le feu à la maison, par le colonel Pouderoux, 1 broch. in-8,
- illustrée, 31 p. Œuvre d’encouragement à la prévention du feu,
- Grand Palais, Paris. Prix : 2 fr.
- Nul mieux que le colonel commandant le régiment des sapeurs-pompiers de Paris ne connaît les drames du feu. Il entreprend ici de les faire connaître et surtout d’apprendre à s’en préserver et à les limiter et, dans une série de vivantes causeries, pleines de verve et de belle humeur, il dit ce que chacun doit savoir pour organiser la prévention domestique contre le feu : l’éducation de la femme et des enfants, les premiers secours, l’appel des pompiers, la lutte contre le feu de cheminée. Sous une forme charmante, ses conseils sont précieux, ils devraient être répandus partout. Et c’est pourquoi l’Œuvre d’encouragement à la prévention du feu qui vient d’être constituée pour développer la lutte contre ces dangers, a luxueusement édité cette plaquette.
- Tous les procédés de façonnage des bois, par
- A. Carpenter. 1 vol. 132 p., 198 fig. Ch. Beranger. Paris 1930.
- Prix : 20 fr.
- Description des diverses opérations ayant trait au façonnage des bois : sciage, rabotage, perçage, tournage, clouage.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- T. S. F.
- Le Studio de T. S. F. de Hambourg.
- Berlin vient d’inaugurer son Palais du Broadcasting. Hambourg', la métropole du Nord allemand, n’a pas voulu rester en arrière; son centre de T. S. F., de moindre envergure, mais d’une perfection technique au moins égale, commence à fonctionner à peu près en même temps.
- Signalons surtout le grand studio, qui est une véritable merveille de technique et de beauté et qui se distingue nettement de celui de Berlin par la solution qu’on y a donnée au problème de l’acoustique variable à volonté : tandis qu’à Berlin, on laisse les dimensions de la salle constantes, en ne variant que les draperies ou les garnitures des murs, le studio de Hambourg est de dimensions variables, grâce à une paroi roulante, laquelle peut s’arrêter à une distance quelconque de l’orchestre.
- C’est ainsi qu’on peut donner à la salle les dimensions d’une église ou celle d’un simple salon.
- Fig. 1. •— Le nouveau studio de T. S. F. de Hambourg.
- Vue extérieure. Architectes: Puis et Richter à Hambourg, {Ph. Norog.)
- Fig. 2 (à gauche). — L’intérieur du studio : la paroi du fond peut être déplacée hydrauliquement et sans bruit,
- pour faire varier les dimensions de la salle. {Ph. Norog.)
- Fig. 3 (à droite). — La paroi mobile a été ramenée à la hauteur de l’orchestre. {Ph. Norog.)
- Fig. 4. — Le studio, vu par le côté. {Ph. Norog.)
- Le metteur en scène, assis sur la plate-forme roulante, n’a, du reste, qu’à presser un bouton pour relever ou abaisser les garnitures en bois ou en célotex.
- D’autre part, la plate-forme portant l’orchestre peut également s’abaisser ou se relever au gré de l’opérateur; c’est ainsi qu’on a, à volonté, l’illusion d’une musique venant des profondeurs d’une cave ou de plus en plus haut, allant, pour ainsi dire, jusqu’aux nues.
- Le plafond, qui admet une abondance de lumière colorée toutes les fois que les artistes ont besoin d’une inspiration quelconque , à travers la forêt suspendue des stalactites, donne l’illusion d’une salle comble —- le public remplacé par des ornements artificiels.
- Les artistes et les techniciens, les rédacteurs, les speakers et les directeurs, toute l’armée de ceux qui collaborent à la réussite des radio-diffusions, et l’on sait combien ils doivent être nombreux, ont à leur disposition une centaine de confortables bureaux.
- ; f
- Dr. A. Gradenwitz.
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- MARINE
- Le nouveau « Cunarder » pourra=t=iI être tancé ?
- On sait que la rivalité qui existe entre les principales compagnies de navigation transatlantique porte sur la double question de la vitesse et du confort. Pour s’assurer la victoire, la Compagnie Cunard avait commandé l’année dernière aux chantiers John Brown and C° un paquebot gigantesque, long de 305 mètres et jaugeant 75 000 tonnes. Il est presque terminé. On s’était proposé de le lancer dans les premiers jours d’avril; mais on s’est aperçu que l’opération pourrait se terminer par un désastre si on ne lui donnait pas, comme préface, le dragage et l’élargissement de la rivière Clyde.
- Il y a quelque temps, le navire de guerre liood, jaugeant 45 000 tonnes avec une longueur de 304 mètres (soit 1 mètre et 30 000 tonnes de moins que le nouveau Cunarder), fut lancé de ces mêmes chantiers de l’Admiralty Shipyard où ce dernier a été construit. Or, on constata, après l’opération, que la poupe frôla presque le lit de la Clyde : en un certain point, l’intervalle se réduisait à une trentaine de centimètres. Etant données les dimensions du nouveau paquebot, il courrait le risque de « se briser le dos », selon l’expression d’un expert anglais, si l’on ne procédait pas auparavant à l’amélioration de la rivière.
- Les ingénieurs de John Brown et C° et ceux du Clyde Navigation Trust collaborent actuellement à l’élaboration du projet d’amélioration. Les travaux prévus coûteront un minimum de 75 000 livres, soit 10 millions de francs. Ils se concentreront sur le confluent de la Clyde et du Cart, qui forme un bassin naturel situé en face de l’énorme cale de lancement de l’Admiralty Shipyard. Les autorités du port de la Clyde prennent la moitié des dépenses à leur charge.
- Le Daily Mail complète ces informations en nous apprenant que plusieurs compagnies se sont enfin entendues pour assurer le navire en partie, la somme qu’elles acceptent de souscrire étant de 2 720 000 livres sterling, soit environ 340 000 000 de francs. La somme totale exigible approche de 5 millions de livres; le gouvernement britannique s’est engagé à prendre à son compte le surplus.
- Jamais, remarque le journal anglais, on n’avait encore souscrit une pareille somme pour assurer un navire de com-
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- merce. v . x .
- GÉOGRAPHIE
- Les Etats=Unis vont=ils construire le Canal de Nicaragua ?
- Bien avant l’inauguration du Canal de Panama, les Américains avaient envisagé l’établissement d’une voie interocéanique à travers le Nicaragua, projet qu’avaient étudié des voyageurs dès le xvme siècle. L’idée prit forme le 18 février 1916, date du traité signé entre le Nicaragua et les Etats-Unis qui accordait à ceux-ci, en échange d’une somme de 3 millions de dollars, un droit d’option sur la route que suivrait le canal; la grande république acquérait du même coup le droit d’établir une base navale dans la baie de Fonseca (sur la côte du Pacifique) et une seconde sur la rive de Great-Corn, île située dans l’Atlantique. Le traité ne fut ratifié par le Sénat de Washington que le 24 juin 1926.
- Depuis lors, plusieurs commissions américaines étudièrent sur place le projet, mais sans aboutir à une solution. Dès son avènement au pouvoir suprême, le président Hoover appliqua son activité à la mise sur pied du projet. Chargé de recommencer l’enquête, un officier du génie, le capitaine Bartley M. IJarloe, se rendit au Nicaragua en octobre 1929, accompagné de 25 officiers et de 240 soldats de la même arme.
- Au début de cette année, il déposa son rapport concluant formellement en faveur du projet. Le président Hoover cons-
- titua aussitôt une commission. Elle vient de visiter les travaux de prospection. Plusieurs de ses membres, interviewés par un représentant do la Chicago Tribune, lui ont fait des déclarations que nous résumerons comme suit :
- Il est maintenant hors de doute que le canal interocéanique du Nicaragua est faisable, au double point de vue de la technique de l’ingénieur et de la salubrité. L’itinéraire choisi a une longueur de 180 milles (soit 288 km), dont 70 milles (112 km) traverseront le lac Nicaragua et ne comporteront aucun travail d’excavation. Ce lac, bien qu’encombré çà et là de champs de lave, est assez profond pour recevoir les plus grands navires; son rivage occidental n’est qu’à 32 km de la côte du Pacifique.
- Le coût de la construction est évalué à 700 millions de dollars. On remarque qu’il abrégera d’un jour et demi la durée du voyage pour les navires allant de New-York à San-Francisco, ou vice versa, par rapport à la route de Panama. Comme il empruntera le niveau de la mer dans toute sa longueur, il se dispensera de ces écluses aux mécanismes délicats qui jalonnent le canal de Panama et qui pourraient être facilement détruites ou détériorées, en temps de gueri'e. En outre, les experts croient pouvoir affirmer que les séismes sont moins fréquents et beaucoup moins violents dans cette partie du Nicaragua que dans l’isthme de Panama; et l’on sait que la navigation dans le canal inter-océanique a été fréquemment interrompue par des glissements de terrain engendrés par des secousses sismiques.
- Actuellement, la compagnie du génie américain stationnée à Brito, qui sera le débouché du futur canal sur le Pacifique, a terminé ses études sur l’aménagement de ce port et sur l’itinéraire jusqu’au lac; la seconde compagnie, cantonnée à Graytown sur la rive de la mer des Antilles, a établi la topographie de la partie orientale de l’itinéraire.
- On peut donc s’aventurer à prédire que le canal à écluses de Panama sera doublé tôt ou tard par le canal à niveau du Nicaragua. Victor Forbin.
- ZOOLOGIE
- Les cigognes et la grêle.
- La nouvelle que nous apportent les journaux de l’Afrique du Sud est de nature à retenir l’attention des ornithologues; elle ne laissera pas indifférents tous les Français qui s’intéressent au sort de la cigogne, cet oiseau si cher à nos compatriotes alsaciens.
- On sait que ce gracieux échassier est, par excellence, un oiseau migrateur; s’il fait son nid et élève ses petits pendant la belle saison dans maintes régions de l’Europe tempérée, il est doué d’une puissance de vol qui lui permet d’aller hiverner en Afrique, où son espèce est répandue depuis les rives de la Méditerranée jusqu’au Cap de Bonne-Espérance.
- Le Natal est l’une des stations hivernales que semblent préférer les cigognes. Elles y ont une place de rassemblement située aux abords de la montagne de Cathkin et s’y réunissent par centaines de milliers, vers la fin de l’été austral, avant d’entreprendre le long voyage qui les ramène en Europe.
- Or, dans les derniers jours de février, des gendarmes qui traversaient cette région désertique furent intrigués par une grande tache blanche qui s’étendait sur le flanc de cette montagne. L’hypothèse d’une chute de neige était inadmissible sous pareille latitude. Pour satisfaire leur curiosité, ils escaladèrent la pente et firent cette stupéfiante constatation : les rochers étaient couverts d’un énorme amas de cigognes, empilées les unes sur les autres par milliers, ailes et pattes étendues. Il y avait là, selon l’expression du rapport, d’innombrables milliers (countless thousands) de cigognes mortes !
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- En plein rassemblement, les échassiers avaient été surpris par un violent orage de grêle qui s’était iait, d’ailleurs, sentir sur d’autres points du Natal.
- Et voilà pourquoi de nombreux nids de cigognes resteront vides cet été, en Alsace comme dans bien d’autres régions de l’Europe. V. F.
- ETHNOGRAPHIE La civilisation océanienne.
- Puisque d’une part, la race noire est à la mode, — n’illustre-t-elle pas nos actuels timbres-poste ? — et que d’autre part, il est beaucoup parlé de la civilisation océanienne, en ce moment, nous citerons deux des conférences publiques du Musée Guimet qui se rapportent à ces questions ; étant donnée l’affluence des auditeurs, il est permis de croire qu’elles intéressent une grand nombre de personnes.
- Qui n’est demeuré songeur devant la tête géante, longtemps conservée sous le péristyle du Musée de Géologie, au Muséum, et qui vient d’être transférée au Musée du Trocadéro ? Qui n’a souhaité connaître l’histoire de ce témoignage d’une civilisation disparue ?... Or, toutes les hypothèses peuvent naître, et l’une d’elles voudrait qu’un continent océanien eût existé et eût été détruit par un gigantesque cataclysme, ne laissant subsister que des chapelets d’îles, telle que la mystérieuse lle-de-Pâques, d’où provient la tête de pierre dont nous venons d’évoquer l’étrange profil.
- Au Musée Guimet il n’a nullement été fait allusion à l’hypothèse d’un continent océanien disparu.
- Le 18 janvier, M. Mauss, professeur au Collège de France, a parlé des cerfs-volants et des mâts de cocagne dans le monde du Pacifique, et il a insisté sur l’unité du Pacifique. Parlant de la poésie polynésienne, la première connue, et qui est fort belle, la conférencier a fait remarquer que les blancs ne sont pas les fondateurs de la civilisation : ils sont seulement parmi les fondateurs de la civilisation. Nous avons trop tendance à nous hypnotiser sur l’Europe, et à nous croire le centre du monde.
- C’est aussi l’avis de M. le Docteur Rivet, professeur au Muséum National d’Histoire Naturelle et directeur du Musée d’Ethnographie au Trocadéro. Le 1er février, au Musée Guimet, le Docteur Rivet traita de l’origine des peuples océaniens, en s’appuyant sur des données scientifiques, spécialement sur des études de squelettes fossiles.
- M. Rivet démontra que les peuples océaniens, si dissemblables les uns des autres qu’ils puissent paraître, ont une unité linguistique certaine et sont issus d’un même territoire.
- Qu’ils soient franchement noirs, comme les Mélanésiens ou les Australiens, proches des blancs ou des jaunes, comme les Indonésiens, ces divers groupes ethniques, selon le Docteur Rivet, seraient originaires de l’Asie du Sud, ou Insulinde (Archipel Malais). De là, ils auraient été refoulés et dispersés dans les îles du Pacifique, à une époque extrêmement ancienne.
- Mais comme nous l’avons dit, d’autres supposent, au contraire, que les diverses populations survivantes d’un continent océanien englouti se seraient éparpillées dans les îles épargnées et en Australie, en Asie, en Amérique. N’insistons pas davantage sur cette hypothèse, il suffit de la citer.
- Le professeur Rivet a montré que les Océaniens ont exercé une influence sur l’Amérique et ont participé au peuplement du Nouveau Monde. Les Australiens ont atteint l’extrême-sud américain par les terres antarctiques, dont le climat n’a pas toujours eu la rigueur actuelle. Et les Mélanésiens, d’île en île, ont gagné la terre américaine, plus au nord, y laissant des traces de leur civilisation et jusqu’à des indices pathologiques, — sans parler de la langue.
- Du l’este l’expansion océanienne s’est étendue en un vaste éventail vers l’est de l’Amérique, le nord du Japon, vers l’Europe et l’Afrique. D’après M. Rivet, les migrateurs seraient partis de P Insulinde et, par voie maritime, ils se seraient répandus presque sur tout le globe.
- La voie maritime fut la plus accessible aux peuples primitifs : « Dès que l’homme vit flotter un morceau de bois, dit M. Rivet, il eut l’idée du radeau qui lui permit de circuler le long des côtes. »
- Par contre, la voie terrestre présentait maintes difficultés. Très tardivement on sut utiliser la traction animale. L’invention du harnais des animaux de trait est d’époque récente.
- En Europe, dans le bassin méditerranéen, aux temps préhistoriques, il y eut des Nègres, notamment dans le sud de la France.
- Le Docteur Rivet croit à l’unité de la race noire. Les langues des noirs forment « une unité linguistique qui est le bloc le plus considérable réalisé dans l’espèce humaine ».
- A ce bloc seraient apparentées les langues sumérienne et égyptienne. Et les langues indo-européennes et sémitiques contiennent des mots qui proviendraient d’un substrat océanien.
- Dans l’ère de disti'ibution des peuples océaniens, on retrouve les vestiges de leur civilisation qui se caractérise par des armes, des outils, des objets usuels, et aussi des coutumes.
- Voici quelques exemples typiques : Le boumerang et la fronde, la coquille-monnaie, la pirogue à balançoire, en roseaux, la rame en béquille, la proue décorée de dessins représentant des yeux, la trompe de chasse faite d’une coquille, la flûte de pan, le tambour en bois, le manteau de pluie en fibre végétale, les jardins en terrasse, l’irrigation, la pratique de la trépanation, l’habitude chez les fe.mmes de s’amputer un doigt en signe de deuil, etc...
- A l’appui de sa thèse, le docteur Rivet a souligné la fréquence de la tache mongolique (tache pigmentaire à la naissance des enfants) constatée en Amérique et en Afrique, exceptionnellement chez les blancs.
- Quant aux monuments mégalithiques, pétroglyphes, mounds, ils semblent jalonnés sur le chemin parcouru par les Océaniens.
- Les quelques notes ci-dessus résument à peine la très remarquable conférence de M. Rivet. Elles n’ont pour but que d’inciter nos lecteurs à connaître les travaux du savant anthropologue, qui ouvrent des horizons nouveaux et passionnants aux yeux de ceux qui s’intéressent aux origines des races humaines. A. Feuillée-Billot.
- DIVERS
- La statistique des noms des rues de Paris.
- M. Roeland, conseiller municipal de Paris, a demandé au préfet de la Seine, le nombre des nies de la capitale ayant reçu le nom de personnages célèbres. L’administration préfectorale s’est livrée, à ce propos, à un amusant travail de statistique.
- Plus de 2000 voies portent des noms d’individus : 334 se rattachent aux lettres, 312 à la politique et l’administration, 303 aux sciences, 289. aux arts, 284 à la guerre, 25 aux explorations et voyages, 91 à divers (inventeurs, bienfaiteurs, artisans). En outre, 855 voies, la plupart privées, portent des noms de personnages sans notoriété spéciale.
- En ce qui concerne les autres dénominations, on trouve : géographie : 260; histoire : 138; et également 941 dénominations présentant un intérêt topographique (monuments, lieuxdits, localités voisines, enseignes, etc.), et 164 de fantaisie, dont on ignore, pour la plupart, les origines.
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- PETITES INVENTIONS
- ÉLECTRICITÉ
- Vallumette électrique Solor.
- L’allumette chimique, malgré sa commodité, a bien des inconvénients, l’un des moindres n’est pas son prix devenu excessif, depuis qu’elle sert avant tout à aider l’équilibre de notre budget surchargé.
- Aussi, voit-on dans les ménages lui substituer, pour allumer les réchauds, et autres foyers à gaz, des allumeurs à ferro-cérium, de divers genres.
- On a essayé aussi autrefois les allumeurs à mousse de platine qui au contact du gaz, par un effet catalytique, est portée à la température du rouge.
- Ce dispositif à disparu à cause de l’irrégularité de son fonctionnement et de son prix.
- Il est assez curieux de constater que malgré la présence du courant électrique dans toutes les pièces de la plupart des appartements, on ait bien rarement recours à l’électricité pour assurer l’allumage du gaz. Les inventions cependant ont été nombreuses dans
- cette voie, mais il est sans doute assez difficile de concilier deux conditions indispensables : la sécurité et la commodité de fonctionnement d’une part, l’économie d’autre part,l’appareil devant être d’un prix d’achat assez modique.
- Il semble bien que l’allumette électrique Solor ait réussi à résoudre le problème; le principe en est très simple : c’est un appareil à produire des étincelles; il a l’aspect d’un long tube en tôle que l’on tient à la main et que l’on relie par un fil souple à une prise de courant; lorsque le courant passe, il suffit de secouer le tube au-dessus de l’orifice par où s’échappe le gaz : des étincelles chaudes se produisent à la partie supérieure de l’appareil et enflamment le gaz.
- Voici comment la chose est réalisée :
- Dans le circuit qui s’embranche sur la prise de courant est insérée une résistance à fil très fin reliée à une tige rigide qui se termine par un anneau en métal inoxydable supportant de hautes
- températures ; le deuxième conducteur est relié à un ressort à boudin en cuivre à la partie supérieure duquel est emmanché un petit cylindre de charbon de cornue; le ressort est fixé sur une plaque d’ébonite qui forme le bâti intérieur de l’appareil; il est monté de telle sorte que le cylindre de graphite, au repos, se trouve au centre de l’anneau.
- Si l’allumette est immobile, il n’y a pas contact entre le graphite et l’anneau : donc aucun courant ne passe; si on secoue l’allumette, il se produit une série de contacts entre ces deux pièces, contacts rapidement interrompus par les vibrations du ressort, et il en résulte autant d’étincelles.
- D’après le constructeur, cet ingénieux appareil est d’une durée indéfinie, peut effectuer plus de 10 000 allumages, pour une dépense de 0 fr 05.
- Il fonctionne indifféremment sur courant alternatif ou continu.
- En vente chez Lefébure, 5, rue Mazet, Paris.
- OBJETS UTILES Le clou à double tête.
- Il n’y a pas de petites économies : on cite volontiers l’exemple du richissime propriétaire d’un grand magasin de Paris qui
- Fig. 3. — Arrachage du clou à double lête.
- jusqu’à ses derniers jours veillait à faire recueillir les ficelles des colis. L’économie ainsi réalisée n’était nullement négligeable.
- Dans les travaux de construction et de charpente, notamment dans les coffrages pour béton, on fait grand usage de clous pour réaliser des assemblages provisoires, ces clous sont généralement perdus; enfoncés à fond, jusqu’à ce que la tête soit en contact intime avec le bois, il est difficile ensuite de les dégager sans les déformer et les endommager; aussi quand ils ont été arrachés, ils se prêtent bien rarement à un nouvel emploi:
- Il n’en est pas de même du clou à double tête dont une grande usine de Mohon (Ardennes) a récemment entrepris la fabrication.
- Notre figure indique très clairement le mode d’emploi de ce clou.
- Grâce à sa double tête, il reste toujours une partie en saillie, offrant prise à une pince.
- On peut donc très facilement procéder à l’extraction; une pince recourbée comme celle qui est représentée sur la figure permet de retirer le clou sans lui faire subir de déformation.
- En vente chez Emile Lévy et Cie, 33, avenue Michelet, Saint-Ouen (Seine).
- Anneau métallique
- p-—Charbon de
- >o cornue >o
- ----Ressort
- métallique
- Ebonite
- Résistance.
- Ebonite
- .Prise de courant
- g. 1. — Coupe schématique
- de l’allumette électrique Solor.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos des Laïki
- M. Paul Petit, professeur agrégé de l’Université, nous écrit :
- « Les Laïki que M. Kazeel' a présentés aux lecteurs de La Nature dans le n° du lor avril 1931, ne sont pas les seuls chiens nordiques que les amateurs élèvent dans les régions tempérées; les chiens de traîneau sibériens sont caractérisés surtout par leur museau de renard, leur belle fourrure, la queue de conformation particulière et souvent par une belle robe blanche à reflets argentés.
- On connaît en France les Samoyèdes et les Grands Loulous, qui relativement ne sont pas rares, puisque, à Auxerre, en juillet 1930, dans une simple présentation canine organisée par la Société canine de Champagne (Aube et Yonne), les visiteurs ont pu admirer un couple de “Samoyèdes gris-loups et un couple de Grands Loulous blanc pur; les premiers appartenaient à Mme Lepreux à Sens, les seconds à Mme Saunier Raverat à Etivey (Yonne).
- Les Samoyèdes ont conservé le nom de leur tribu d’origine où ils représentent surtout les chiens de luxe pour les traîneaux légers destinés à la promenade; ils sont caractérisés par leur museau de renard et surtout par la queue qu’ils portent allongée sur le dos.
- Les Grands Loulous doivent leur nom à ce fait qu’ils ont la prestance des petits Loulous ou Loulous poméraniens connus depuis plusieurs siècles surtout en Angleterre et en Allemagne. Cette race est le résultat de croisements entre plusieurs races nordiques, Samoyèdes, Laïkii Ostiaks et comme les autres races sibériennes ils ont un museau de renard, et de plus ils portent comme les Laïki la queue enroulée et appliquée sur le dos; en général ils sont blancs ou noirs unicolores; les poils de la collerette sont très développés; ceux du chien de Mme Saunier atteignent 26 cm de long, les poils de la cuisse constituent une large culotte, et ceux de la queue enroulée sur le train d’arrière constituent une rosace contournée analogue à certaines fleurs de chrysanthèmes japonais.
- Le couple appartenant à Mme Saunier est de race pure, les deux bêtes sont inscrites au L. O. F. de la Société centrale canine.
- La race des Grands Loulous est bien fixée aujourd’hui, la chienne Princesse Léna a eu des petits en septembre dernier, elle a élevé trois chiots présentant tous les caractères du standard de la race, deux sont partis, l’un près de Troyes, le second dans la Côte-d’Or, et le troisième qui a bientôt sept mois, est de toute beauté et d’excellent caractère, il trouvera aussi preneur.
- Ces grands Loulous ont conservé les instincts de leurs ancêtres des régions arctiques aussi bien que leurs formes; très caressants et très iidèles, ils gardent la maison avec une vigilance»toujours en éveil servie par une ouïe fort subtile, Ils sont bien acclimatés et pas plus difficiles à élever que les autres chiots de race pure, un bon coup de brosse le matin suffit pour conserver la blancheur de leur robe. Pour les avoir en bonne santé il faut éviter l’humidité trop prolongée et cependant leur tenir de l’eau pour boire à volonté et leur procurer de l’ombrage pendant les chaleurs de l’été et avec ces précautions ils acceptent volontiers le séjour à la maison.
- Si quelques lecteurs de La Nature désirent plus de détails ils les trouveront dans le N» de la Vie à la Campagne (Hachette) du 15 avril 1926 consacré aux chiens d’agrément. »
- A propos des saisons.
- L’article du Prof. Bordier publié dans La Nature, du 15 janvier 1931, n° 2849, p. 81, lui a valu une lettre très intéressante d’un missionnaire catholique habitant la Chine à Chia choang tse (Tsun hoa), le P. Meijs : nous nous faisons un plaisir de reproduire les principaux passages de cette lettre.
- « Vos vues, dit-il, concordent parfaitement avec la pratique du peuple chinois. Voici en effet comment le calendrier chinois divise l’année en saisons; celles-ci chevauchent sur les équinoxes et les solstices. Dans chaque saison il y a ce que les Chinois appellent des o stations » qui se succèdent de 14 en 14 jours.
- Saisons Stations
- Commencement de l’hiver, 8 novembre.
- 23 nov. Petite neige.
- 7 déc. Grande neige.
- Milieu de l’hiver, 22 décembre.
- 6 janv. Petit froid.
- 20 janv. Grand froid.
- Commencement du printemps, 4 février.
- 19 l'év. Pluie.
- 8 mars. Réveil des insectes.
- Milieu du printemps, 21 mars.
- 5 avril. Clarté.
- • 20 avril. Pluie des céréales.
- Commencement de l’été, 6 mai.
- 21 mai. Petite plénitude.
- 6 juin. Céréales à barbe.
- Milieu de l’été, 21 juin. /
- 7 juill. Petite chaleur.
- 23 juill. Grande chaleur. Commencement de l'automne, 8 août.
- 24 août. Fin des chaleurs.
- 8 sept. Rosée blanche.
- Milieu de l’automne, 23 septembre.
- 9 oct. Rosée froide.
- 24 oct. Commencement de la gelée.*
- Hiver, S novembre.
- Remarque curieuse, le peuple chinois, si revêche à adopter le calendrier solaire, suit pour tout ce qui regarde l’agriculture toutes ces dates. Les stations sont d’ailleurs non arbitraires, mais presque toujours en concordance avec la réalité des phénomènes indiqués par elles. Voici donc vos vues partagées par un peuple innombrable et éminemment pratique ».
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Qu’est=ce que la glycyrrhizine ?
- La tige souterraine delà Glycyrrliiza glabra (légumineuse),habituellement appelée bois de réglisse, doit son goût agréable à un principe sucré aromatique, la glycyrrhizine, que l’on y rencontre en combinaison ammoniacale; le plus souvent on se contente de faire une macération dans l’eau pour édulcorer les tisanes, ou pour préparer une boisson rafraîchissante, le bienfaisant « coco », en associant à la réglisse, une petite quantité de coriandre, mais cette préparation demande un certain temps, c’est pourquoi on lui substitue volontiers des produits concentrés dans lesquels le glycyrrhizate d’ammoniaque est en quantité plus grande, ce qui permet de préparer instantanément la boisson populaire.
- Voici comment on procède à l’extraction de la glycyrrhizine ammoniacale :
- On fait macérer deux fois le bois de réglisse débité en menues lamelles par exemple 1000 grammes dans le double de son poids d’eau. Les liquides exprimés et portés à l’ébullition, pour coaguler l’albumine sont précipités après refroidissement par une quantité suffisante d’acide sulfurique officinal étendu de quatre fois son poids d’eau.
- Le dépôt formé est lavé avec de l’eau distillée, puis dissout au bain-marie dans la plus petite quantité d’ammoniaque officinale environ quinze parties; on étend de son volume d’eau et évapore jusqu’à consistance suffisante, puis on étend en couches minces sur des assiettes. On sèche à la température de 40° environ, ce qui donne des écailles brunes, très solubles dans l’eau en communiquant à celle-ci, même à petite dose la saveur du bois de réglisse.
- Le conditionnement commercial ne présente alors aucune difficulté, puisqu’il suffit de mélanger la préparation avec la quantité convenable
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- de sucre soit en poudre, soit cristallisé, pour qu’une dose déterminée par expérience, permette de réaliser la boisson économique par une dilution convenable dans l’eau.
- Comment on peut se rendre compte des proportions relatives de sable et d’argile dans une terre.
- Par un essai très simple, on peut apprécier la quantité de sable contenue dans une terre en prenant un poids connu de celle-ci, cent grammes par exemple que l’on place dans un grand verre avec trois à quatre fois son volume d’eau; on ajoute quelques centimètres cubes d’ammoniaque (alcali volatil) pour rendre alcalin, puis on délaye soigneusement et laisse reposer quelques minutes; le sable gagne le fond; quant à l’argile elle reste en suspension.
- On décante l’eau boueuse, jusqu’à un ou deux centimètres du sable, puis on redélaye à nouveau avec de l’eau, on laisse reposer et décante, une seconde fois.
- L’opération ci-dessus est répétée autant qu’il est nécessaire pour que l’eau surnageante soit limpide, il ne reste plus qu’à faire tomber le sable sur une feuille de papier buvard qui absorbe rapidement son humidité.
- Le sable séché est pesé, le résultat donne immédiatement le pourcentage du produit essayé; par un examen à la loupe, on se rendra ensuite compte de la grosseur des grains de sable, de leur forme arrondie ou anguleuse, des avantages ou des inconvénients qu’ils peuvent présenter.
- N. B. — L’argile se détermine par différence. Si on désirait également la peser, il suffirait de recueillir les liquides décantés, de coaguler l’argile par addition d’acide chlorhydrique, jusqu’à réaction acide, puis de recevoir le dépôt sur un filtre en papier, mais alors il conviendrait de calciner, dans une capsule tarée, pour chasser la quantité d’eau très grande que l’argile a la propriété de retenir énergiquement.
- Réponse à M. Dorsemagen à Nimègue (Hollande).
- Emploi du carbonate de baryte pour la destruction des rats, taupes, etc.
- Cette mixture très efficace se prépare en mélangeant intimement :
- Carbonate de baryte........100 grammes
- Farine de froment..........150 —
- Sucreen poudre............. 50
- Suif fondu................. 1000 —
- Essence d’anis............. 5
- On enduit de cette préparation des tartines de pain que l’on découpe en petits morceaux et place dans les endroits fréquentés par les rongeurs, de préférence en des points élevés pour éviter qu’ils ne soient consommés par les animaux domestiques.
- Réponse à M. Petit, à Etivez (Yonne.)
- Déjtout un peu.
- fVl. Benest à Nantes. — D’après les renseignements que nous possédons, la cire à modeler dont vous parlez aurait une composition voisine de la suivante :
- Poix de Bourgogne.................... 35 grammes
- Térébenthine de Venise...................... 50 —
- Cire d’abeilles............................ 270 —
- Beurre de cuisine .......................... 65 —
- Huile de table.............................. 25 —
- Après fusion et homogénisation, incorporation de :
- Fécule de pommes de terre................. 540 grammes
- Rouge d’Angleterre.......................... 15 —
- Si le produit que vous avez en main et qui a durci est une composition de ce genre, vous devez pouvoir lui rendre de la plasticité en y ajoutant une petite quantité d’huile et malaxant énergiquement ; au besoin faire intervenir également un peu d’essence de térébenthine destinée à agir sur les résines; quelques essais en petit vous fixeront sur les quantités à employer.
- M. Bessette à Orizaba. — 1° La préparation suivante pour collage de bandages pleins vous donnera très probablement satisfaction :
- Caoutchouc gomme Para................... 300 grammes
- Gomme laque............................. 500 —•
- Benzinp lourde.......................... 1500 —
- Mettre dans un ballon que l’on peut bien fermer avec un bouchon et laisser gonfler le caoutchouc en agitant fréquemment pendant une quinzaine de jours environ.
- Chauffer ensuite au bain-marie vers 50 à 60° en surmontant alors le ballon d’un autre bouchon percé d’un trou par lequel passe un tube de verre de un mètre de long environ, destiné à éviter le départ de
- la benzine. Après obtention d’une masse homogène couler en boîtes à fermeture hermétique.
- Pour l’emploi, liquéfier à nouveau, de préférence au bain-marie pour éviter l’inflammation, enduire la jante préalablement chauffée et appliquer le bandage.
- 2° Le goût de térébenthine que présente votre essence de citron est dû à la présence d’hydrocarbures non oxygénés appelés « terpènes », principalement les sesquiterpènes C10H10 et Cl5H-4, leur presque insolubilité dans l’alcool dilué permet de les éliminer assez facilement.
- Dans ce but, on agite mécaniquement pendant plusieurs heures l’essence brute avec de l’alcool à 45° G. L., puis on laisse reposer et sépare le liquide alcoolique qui contient l’essence épurée des terpènes insolubles.
- La solution alcoolique peut servir telle quelle à la préparation de produits commerciaux par addition d’alcool concentré, on peut également en chasser l’alcool par distillation de manière à retrouver l’essence ainsi déterpénée, l’alcool récupéré pouvant être utilisé pour une purification subséquente.
- 3° Le traitement qui a été reconnu le plus efficace pendant la dernière guerre, pour débarrasser les chevaux et les mulets de la gale, a été le séjour dans une atmosphère d’acide sulfureux.
- L’animal, ayant été préalablement tondu, était placé dans une logette de préférence en maçonnerie présentant une ouverture pour laisser passer la tête, l’étancliéité étant assurée au raccordement par un bourrelet de toile garnie de paille ou de frisure de bois, on allumait alors à l’intérieur quelques centaines de grammes de fleur de soufre, dont la combustion produisait de l’acide sulfureux qui étdnt gazeux pénétrait dans l’épaisseur de la peau, pour détruire l’acarus.
- Complémentairement la tête et les parties du cou restées à l’extérieur étaient traitées à leur tour par un savonnage au savon noir, suivi d’une lotion au sel de Barèges (sulfure de potassium), à 20 gr par litre, en évitant bien entendu d’en introduire dans les yeux.
- Le point capital après ce traitement est un nettoyage à fond de tout le harnachement pour éviter une réinfection, les harnais doivent également être savonnés et passés à l’eau sulfureuse; on brûlera les litières et aura soin de passer au lait de chaux les murs de l’écurie.
- IVI. Muracciole à Constantine. — Vous trouverez tous les verres d’Iéna à la Société Optica, 18 et 20, faubourg du Temple, à Paris.
- M. Bonfils à Birol. •—- 1° Nous ne connaissons pas de fournisseurs livrant actuellement le chlorate de soude en dessous de 4 fr. 50 le kg.
- 2° Pour réparer le trou de brûlure sur votre imperméable, le mieux est, croyons-nous, de découper très finement au canif une ouverture rectangulaire et de la même façon dans l’étoffe de remplacement, une pièce ayant exactement les mêmes dimensions.
- . Cela fait, placer le vêtement à plat sur une table, endroit en dessous, mettre la pièce préparée dans l’ouverture, poser dessus un rectangle plus grand en feuille mince de caoutchouc pur Para, couvrir le tout d’un morceau de taffetas assorti à la couleur de l’envers, puis en interposant une feuille de papier, passer un fer à repasser modérément chaud, qui amènera la liaison entre les divers éléments.
- N. B. — Pour assurer une bonne réussite, se faire la main par quelques essais préalables sur une étoffe sacrifiée.
- M. Roehrich à Saint-Léger-du-Bois. — Les ouvrages suivants vous donneront satisfaction : 1° et 2° Les produits d’entretien par A. Chimist chez Béranger, 15, rue des Saints-Pères; 3° Les matières plastiques par Clément et Rivière, éditeur Baillière, 19, rue Haute-feuille. — 4° Formulaire François, éditeur Dunod, 92, rue Bonaparte. — 5° Les cires par Cherchefsky, chez Baillière.
- M. Mouard à Saint-Amand (Cher). — Le phosphure de zinc, employé en agriculture pour la destruction des parasites animaux des plantes, agit en se décomposant au contact de l’eau, pour dégager de l’hydrogène phosphoré PH3 qui est l’agent toxique.
- L’hydrogène phosphoré est un gaz incolore d’odeur fétide, rappelant celle de l’ail, sa densité est de 1.18, il est très vénéneux et brûle avec une flamme blanche, très éclairante en produisant de l’eau et de l’acide phosphorique.
- La dose de phosphure de zinc à employer est d’environ 100 grammes à l’are, il doit être répandu de préférence par temps sec et incorporé superficiellement au sol de manière que la décomposition se fasse lentement, par l’humidité seule de la terre.
- Le phosphure de zinc est pratiquement sans danger pour l’homme et les animaux domestiques.
- Vous trouverez du phosphure de zinc agricole par toutes quantités chez Pelliot, 24, place des Vosges, Paris, IIIe
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- 87g. — Paris. Imp. Lahure — 15-5-ig3i.
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- N" 2858. — !” Juin 1931 l/ Plix du Numéro : 3 francs 50
- Paraît le i" et le 15 de chaque mois. pour la vente en France.
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- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n08), 70 fr. ; — 6 mois (12 n°8), 35 fr.
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- Tarif pour l’étranger : Tarif n° 1 \ yN AN>
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- valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Costa-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haiti, Honduras, Hongrie, Lettonié, Liberia, Lithuanie, Mexique, Nicaragua, Panama. Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U. R. S. S.),' San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Turquie, Union d’Afrique du Sud Uruguay, Venezuela.
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- N° 2858.
- LA NATURE
- 1“ Juin 1931
- LES NOUVEAUX DIRIGEABLES AMÉRICAINS
- La catastrophe du grand dirigeable anglais, le JÏ-101, détruit l’an dernier près de Beauvais, n’a nullement réglé le sort des plus légers que l’air. Les conclusions de la commission d’enquête anglaise sont loin de constituer une condamnation définitive de ce type de bâtiment
- Le premier de ces deux bâtiments est en voie d’achèvement dans les chantiers de la « Goodyear-Zeppelin Corporation », à AkronjJiiLdoit recevoir très prochainement le baptême dpdjj^ii^
- Le Congrès desCÈtats^înis,'wi 1927, ayant voté un
- Fig. 1. — L’achèvement du nouveau dirigeable américain le ZR-W dans les ateliers d’Akron (ph. Wide-World).
- aérien. D’autre part, la Société Zeppelin en Allemagne poursuit la construction d’un nouveau dirigeable, tandis que le Graf-Zeppelin continue de temps à autre ses excursions au-dessus de l’Europe.
- Enfin les Etats-Unis poursuivent, pour leur marine de guerre, la construction de deux dirigeables géants du type Zeppelin, le Z. R. S. 4 et le Z. R. S. 5, qui battront tous les records de dimensions.
- crédit de 8 millions de dollars (200 millions de francs) pour la construction de deux grands dirigeables" celle du Z. R. S. 4 a été adjugée à la Goodyear-Zeppelin Corporation, et la mise en chantier effectuée en octobre 1928.
- Le Z. R. S. 4. sera le plus grand et le plus puissant des dirigeables actuellement en service, son volume et son pouvoir ascensionnel dépassant de beaucoup ceux du « Graf-Zeppelin » qui fit naguère le tour du monde.
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- Fig. 2. — Le modèle de ZR-W (ph. Wide-World).
- Il cubera 184 000 m5, contre 105 000 m3 pour le navire allemand, son pouvoir ascensionnel total sera de 183 tonnes contre 117; sa capacité ascensionnelle utile sera de 83 tonnes.
- Le Z. R. S. 4, ne sera pas beaucoup plus long que le « Graf-Zeppelin » : 238 m 65 contre 236 m ; mais son profil sera beaucoup plus renflé, plus pisciforme : son diamètre au maître-couple est de 44 m 55, contre 30 m 40.
- Le navire sera mû par 8 moteurs d’une puissance totale de 4480 ch; sa vitesse maxima sera de 135 km à l’heure, son rayon d’action de 17 000 km, à la vitesse de croisière de 90 km à l’heure.
- Comme tous les dirigeables du modèle zeppelin, le nouveau navire aérien possède une charpente métallique formée de couples transversaux, de poutres longitudinales et de haubans d’entretoisement; sur cette carcasse est tendue une enveloppe en étoffe, métallisée et recouverte d’un enduit imperméable.
- Le gaz, l’hélium en l’espèce, est renfermé à l’intérieur de douze ballonnets, aussi étanches que possible et revêtus à cet effet d’un vernis spécial. Chacun de ces ballonnets est muni de soupapes automatiques (4 pour les plus grands) permettant l’échappement de gaz dans le cas où surviendraient des surpressions accidentelles; il est muni en outre d’une soupape manœuvrable mécaniquement à partir du poste de navigation.
- LA CHARPENTE
- Voici tout d’abord, d’après Scientific American, quelques détails sur la charpente métallique : les couples transversaux sont des polygones de 36 côtés sur la majeure partie de la longueur du bâtiment, de 24 côtés au voisinage de la queue. Ils sont de deux catégories, les couples principaux et les couples intermédiaires.
- Les premiers sont espacés de 22 m 20, et dans chacun de ces intervalles se place un ballonnet.
- Ces couples principaux sont d’une forme nouvelle : ils sont constitués par deux polygones métalliques extérieurs, reliés par des barres de treillis à un polygone intérieur; l’anneau ainsi formé a donc une section triangulaire. Cette construction lui donne une grande rigidité propre.
- Les poutres longitudinales qui relient les couples sont des pièces de treillis, courant d’une extrémité à l’autre de la charpente, et qui dessinent le profil du navire. Sur toute la longueur du bâtiment courent trois longs couloirs de forme triangulaire, l’un à la partie inférieure de la charpente, les deux autres latéraux à 45° de la verticale; ils permettent de circuler aisément d’un bout à l’autre du navire et d’accéder facilement aux locaux des passagers, de l’équipage, aux salles des moteurs, etc.
- LES MOTEURS
- A la différence du « Graf-Zeppelin » qui porte ses moteurs dans des nacelles suspendues aux flancs du dirigeable, le Z. R. S. 4 a installé les siens à l’intérieur même de la coque. L’hélium étant ininflammable ne craint rien, en effet, de la proximité des moteurs.
- Ceux-ci, au nombre de 8, actionnant chacun
- Fig. 3. — Fabrication de l’enveloppe extérieure du dirigeable. (Découpage des toiles)
- (ph. Wide World).
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- une hélice, sont placés dans autant de chambres disposées le long des couloirs latéraux :
- 4 d’un côté du ballon, 4 de l’autre.
- Chaque moteur fait tourner un long arbre horizontal commandant l’hélice; cet arbre est muni d’un embrayage et d’un dispositif de changement de marche, permettant à volonté la marche avant ou la marche arrière. L’hélice n’est pas montée directement sur cet arbre; mais sur un axe indépendant et orientable, placé à 90° de celui-ci et entraîné par lui au moyen d’engrenages d’angles. Cette disposition toute nouvelle permet de faire tourner, si on le désire, l’hélice dans son plan horizontal ; elle agit alors comme appareil de sustentation.
- On compte que ce mécanisme donnera au dirigeable une plus grande souplesse de manœuvre et, en particulier, facilitera les atterrissages.
- Le combustible employé pour alimenter les moteurs est l’essence de pétrole; on n’a pas redouté les dangers d’incendie qu’elle comporte : grâce à l’hélium, le péril n’est pas plus grand qu’à bord d’une automobile.
- Au fur et à mesure que le combustible brûle dans le moteur et disparaît sous forme de gaz d’échappement, le poids du ballon diminue, il se déleste, ce qui entraîne, si on veut le maintenir à l’altitude choisie, l’obligation de compenser cette perte de poids, par une diminution du pouvoir ascensionnel, en laissant échapper une quantité correspondante du gaz sustentateur. Mais celui-ci est trop précieux pour que l’on puisse accepter cette perte : on se souvient que dans le « Graf-Zeppelin », cette difficulté avait été tournée dhme façon ingénieuse en employant comme combustible le « gaz bleu » ou gaz d’huile, qui a même densité que l’air. Le combustible étant remplacé par de l’air au fur et à mesure de sa consommation, le poids du ballon ne change pas.
- Dans le dirigeable américain, on a eu recours à une solution toute différente : les produits de combustion de l’essence sont presque exclusivement du gaz carbonique et de la vapeur d’eau; le poids de vapeur d’eau produite ainsi est supérieur au poids d’essence brûlé, en raison de la forte proportion d’oxygène de l’air fixé sur elle. On a donc pris le parti de condenser et de recueillir cette vapeur d’eau : on réalise ainsi non seulement l’équilibre du ballon, mais on se crée une réserve de lest qui peut être très utile au cours du vol.
- Les gaz d’échappement du moteur passent d’abord dans un refroidisseur disposé entre la chambre du moteur et la coque : c’est un appareil tubulaire à contrecourant : les gaz chauds y abandonnent leur chaleur à travers les tubes à de l’air frais venu du dehors : tandis que les gaz abaissent leur température de 80 pour 100 environ, l’air frais s’échauffe. On l’utilise pour chauffer la chambre de navigation
- et les chambres de l’équipage. De ce l’efroidisseur les gaz passent dans le condenseur; c’est un panneau à ailettes horizontales, appliqué à l’extérieur du bâtiment, contre la charpente d’un couple : les ailettes disposées dans le sens du courant d’air, provoqué par l’avancement du ballon, ne créent qu’une faible résistance à l’avancement : le condenseur est pour ainsi dire moulé sur la carcasse du dirigeable. Le séparateur d’eau est placé à la partie basse du condenseur et l’eau recueillie est dirigée dans des water-ballasts placés le long des couloirs latéraux.
- * ♦
- Le collage des bandes d'éloffe destinées à former un ballonnet intérieur (ph. Wide-World).
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- Fig. 6. — Vérification d’un ballonnet: recherche des fuites (ph. Wide-World).
- Le Z. R. S. 4 est jun engin militaire : parmi ses nombreuses particularités signalons encore celle-ci : il est disposé pour recevoir 5 avions entièrement montés, on
- a ménagé dans ce but, environ au tiers de sa longueur, à partir de l’avant, une chambre longue de 22 m 50, large de 18 m. Des portes glissantes dans le fond de la chambre recouvrent une ouverture en forme de T, à travers celle-ci. On peut soulever ou abaisser un trapèze auquel est suspendu l’avion. L’aéroplane peut se détacher lui-même du trapèze, ou au contraire venir s’y accrocher en vol.
- Si le dirigeable américain avait été destiné à des transports civils, on aurait pu l’aménager confortablement pour plus de 100 passagers, avec de spacieuses cabines, des salles à manger, salons et fumoirs spacieux, des promenoirs de grande longueur.
- Les performances de ce nouveau et colossal bâtiment offriront un très vif intérêt, et permettront sans doute de préciser ce que l’on est en droit d’attendre du dirigeable, comme engin de guerre et comme moyen de transport.
- Pour terminer, signalons quelques particularités du hangar géant qui abrite le Z. R. S. 4. Ce bâtiment métallique est la construction la plus gigantesque du monde : il mesure 360 m de long, 98 m de large, 62 m de haut. Sa charpente est constituée par des cintres métalliques reliés par des longerons horizontaux : aucune colonne, aucun pilier à l’intérieur. Il est pourvu de deux portes géantes : chacune d’elles comporte deux battants ayant la forme d’un demi-quartier d’orange et tourne sur un rail circulaire. Chaque battant pèse 800 tonnes et exige, pour sa manœuvre, un moteur de 125 ch.
- R. VlLLERS.
- Fig. 7. — Le dirigeable dans son hangar géant. *r
- Des hommes montés sur des échelles de 60 m de haut achèvent le vernissage de l’enveloppe (ph. Keystone View).
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- GESTES DE FEUILLES
- Nous avons eu l’occasion de relater dans cette revue, certains « gestes de fleurs » (x) et certains « gestes de feuilles » (2) qui nous semblaient inexplicables par le simple jeu des tropismes végétaux, notamment du phototropisme considéré comme une action mécanique directe de la lumière sur la croissance ou la turgescence des tissus de la plante.
- Les faits expérimentaux nous ont amené d’eux-
- un cavalier en fil de fer; puis, afin d’éviter l’action de la lumière, disposons sur le pied de fraisier tout entier une boîte hermétiquement close.
- Au bout de 2 à 6 heures, suivant la saison, nous verrons ceci : les t3 folioles se sont légèrement éloignées du sol en relevant leur pointe par suite d’une incurvation de leur nervure centrale.
- Peu à peu cette incurvation se propagera le long de la
- Fig. 2.
- Fig. 1.
- Fig. 3.
- mêmes à abandonner cette hypothèse de l'action directe pour celle de Vexcitation transmise, encore trop imparfaitement connue malgré les belles expériences de Czapek, Vochtung, Rdthert, Steyer, Noll, Francis Darwin, etc.
- Nous avons vu que la fleur, comme la feuille, possédait des centres de perception et des centres de réaction phototropique.
- Nous avons vu que, la fleur et son pédicelle, d’une part, comme la feuille et son pétiole, d’autre part, formaient un tout cohérent au point de vue réactif. Jamais, nous l’avons vu, l’organe n’accomplit ce geste illogique : fuir le soleil et cela malgré les excitations contraires
- face dorsale du pétiole commun jusqu’à ce que la feuille soit suffisamment éloignée du sol pour avoir ses gestes libres ; ensuite le pétiole commun se tordra sur lui-même de telle façon que la feuille, basculant autour de la nervure de la foliole centrale en guise d’axe, se rétablira suivant la normale, c’est-à-dire sa face vernissée tournée vers le ciel.
- Ce geste de la feuille de fraisier ne diffère en rien du geste classique du géotropisme et nous savons que l’hypothèse la plus généralement admise à ce sujet est l’hypothèse statolithique.
- « Sous l’action de la pesanteur, nous dit-on, les grains
- Fig. 5.
- Fig. 7.
- Fig. 4.
- Fig. 6.
- agissant sur l’organe en même temps que sur son support.
- Ceci, nous l’avons dit, ne peut s’accomplir que grâce à une sorte d'auto-régulation entre les diverses excitations reçues et transmises au centre moteur.
- Les quelques gestes de géotropisme que nous allons relater aujourd’hui ne pourront que confirmer cette idée en la transposant : la feuille, bien que ne possédant aucun centre nerveux nettement différencié, réagit pourtant à l’excitant comme un tout coordonné.
- Renversons une feuille de fraisier commun en courbant son pétiole, sans le tordre sur lui-même de telle façon que la face supérieure du limbe vienne s’appliquer étroitement sur le sol (fig. IA).
- Maintenons-la dans cette position anormale (A') par
- 1. N° 2778, 1er février 1928.
- 2. N° 2797, 15 novembre 1928.
- d’amidon contenus dans l’endoderme tombent, lorsqu’on incline l’organe, sur les parois latérales des cellules qui les contiennent et y provoquent soit des réactions hydrauliques pures, soit des irritations protoplasmiques qui en agissant opposément, soit sur la turgescence, soit sur la croissance des régions actives, déterminent finalement le redressement vertical de l’organe incliné. »
- Nous n’entreprendrons pas ici la critique de cette hypothèse. Nous nous contenterons de souligner ceci : « Quelle que soit l’hypothèse admise pour expliquer le redressement de la feuille du fraisier sous l’action de la pesanteur, nous devrons admettre que le rétablissement normal de la feuille n’est pas le résultat de réactions isolées et successives des 3 folioles et du pétiole commun; mais résulte d’une coordination manifeste entre les divers gestes des diverses parties de ce système foliaire. »
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- La première remarque que nous pourrons faire au sujet de ce geste de feuille est, en effet, celle-ci : le rétablissement complet de la feuille comporte deux gestes tout à fait différents :
- 1° La feuille s’éloigne du sol en coudant la face dorsale de ses trois nervures, puis de son pétiole.
- 2° La feuille bascule en tire-bouchonnant son pétiole commun.
- Il nous sera facile ensuite de nous rendre compte que
- Fig. 11.
- chacun de ses deux gestes est indépendant et complémentaire de l’autre.
- Si le pétiole est libre et peut se tordre sur lui-même, c'est par ce moyen radical que la feuille se rétablira.
- Si le pétiole est immobilisé, s'il ne peut se tordre, ce sont les nervures et les pétiolules qui se cintreront sur la face dorsale.
- Voici quelques expériences qui nous en fourniront la preuve :
- a) Refaisons la première expérience, mais au lieu d’appliquer la face supérieure de la feuille contre le sol, arrangeons-nous pour que la feuille, bien que retournée comme précédemment, reste suspendue dans le vide. Plaçons le cavalier de telle façon que la région de croissance du pétiole ne subisse aucun contact et puisse librement se torsader (fig. 2 et 3).
- Dans ce cas, le 1er geste, la courbure des nervures, n'aura
- pas lieu et la feuille se rétablira par une simple torsion du pétiole.
- b) Refaisons la même expérience, mais, cette fois-ci, lions le pétiole au cavalier de fil de fer de manière à gêner tout mouvement de bascule (fig. 4).
- Dans ce cas c'est par une incurvation très accentuée de ses pétiolules et de ses nervures que le limbe reprendra son horizontalité.
- c) Refaisons l’expérience précédente, mais fixons maintenant la pointe de la foliole centrale au moyen d’une épingle et lions comme précédemment le pétiole au cavalier. De cette façon nous entraverons à la fois tout mouvement de bascule du pétiole et toute incurvation de la foliole centrale (fig. 5).
- Dans ce cas les 2 folioles laissées libres se relèveront par la pointe en cintrant leurs pétiolules, utilisant au mieux les possibilités de cette situation anormale.
- d) Fixons l’une quelconque des 3 folioles à la fois par la base et par la pointe de la nervure centrale; la feuille relèvera par le bord les deux moitiés de son limbe.
- e) Déposons sur une feuille retournée un petit caillou; la feuille relèvera ses 3 folioles par la pointe en enveloppant le caillou (fig. 6).
- /) Dépouillons une feuille du limbe de ses trois folioles et ne conservons que les 3 pétiolules et le pétiole commun. Inclinons horizontalement cette feuille ainsi amputée comme nous l’avons fait à la figure 1 ; mais, pour éviter toute torsion du pétiole commun, bloquons-le en le liant au cavalier de fil de fer que nous placerons sur la région de croissance active (fig. 7).
- La feuille normale placée dans les mêmes conditions se relèverait en incurvant ses pétiolules, puis la face dorsale du pétiole commun.
- La feuille amputée de son limbe ne s’incurvera pas par la pointe. Elle ne réagira pas, ce qui pourrait laisser croire que le limbe joue un rôle prépondérant dans le geste d’incurvation. (Nous nous garderons toutefois d’être trop affirmatif à ce sujet. Il y a eu traumatisme par ablation du limbe : d’où peut-être paralysie de certaines réactions locales.)
- Par contre, nous verrons
- Fig. 12.
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- que le mouvement de torsion du pétiole commun n’est nullement affecté par l’ablation du limbe.
- En effet, si au lieu de bloquer le pétiole comme précédemment, nous nous contentons de renverser la feuille amputée en plaçant le cavalier plus bas que la région de croissance active (fig. 7), nous verrons le pétiole commun se tire-bouchonner et se rétablir comme si le limbe de la feuille existait encore.
- Ces diverses expériences sont suffisantes, il nous semble, pour montrer sous leurs divers aspects les deux grands moyens employés par la plante pour rétablir sa norme. Elles suffiront également à nous montrer que si le geste d'incurvation des nervures est relativement rapide, le geste de torsion du pétiole est bien plus lent. En 2 heures, en bonne saison, nous verrons la pointe d’une foliole se relever, en cintrant sa nervure, suivant un angle de 35 à 40° avec l’horizontale, tandis que la torsion du pétiole ne peut être évaluée qu’au bout de plusieurs heures (8-10 ou 12 heures).
- *
- * *
- Or voici la question qui se pose à l’esprit, et c’est, à notre avis, la plus importante.
- L’incurvation des nervures étant 5 à 6 fois plus rapide que le geste de torsion du pétiole, comment se fait-il que cette incurvation n'ait lieu que lorsque la torsion du pétiole est rendue possible? Pourquoi le geste le plus rapide ne précède-t-il pas toujours le geste plus lent?
- Recommençons la même expérience. Renversons une feuille en la fixant au moyen d’un fil de lin noué à la base des pétiolules et attaché à un petit support (fig. 8). Pour que la nervure centrale reste bien dans l’axe de la rotation, lions-la par la pointe au fil d’attache.
- Que va faire la feuille?
- Logiquement, pour rester dans l’axe de l’hypothèse statolithique et des observations antérieures, nous devrions noter les réactions suivantes :
- 1° La feuille relève par la pointe ses 2 foliole ; latérales restées libres ainsi qu’elle sait si bien le faire (voir fig. 4).
- 2° Elle torsade son pétiole commun (ce geste étant beaucoup plus lent que l’autre).
- Eh bien ! il n’en sera rien et si nous suivons heure par heure ce qui va se passer sous la cloche obscure, nous verrons que les 2 folioles latérales au bout de plusieurs
- .. . —~............. :...... ...........—= 487 =
- heures auront à peine relevé leur pointe lorsqu’un léger mouvement de bascule se manifestera.
- Nous verrons peu à peu la feuille se retourner autour de son axe de fil et nous verrons alors nettement que tandis que l'une des folioles latérales s'élèvera du côté du zénith, la seconde, contrairement à toute loi géotropique, se rapprochera du nadir pour atteindre la verticale (fig. 9), puis reprendre l’horizontale lorsque le pétiole aura terminé sa torsion (fig. 10).
- Nous voici donc en face du fait vital dans sa simplicité brutale. Pour se retourner la feuille dispose de 2 moyens, l’un rapide mais imparfait, l’incurvation, l’autre lent mais radical : la torsion du pétiole. Chaque fois que ce dernier sera possible c’est celui-ci qui prévaudra.
- Tout se passera comme si l’excitation géotropique, en amorçant la réaction par torsion, neutralisait en même temps la réaction par incurvation.
- Nous obtiendrons aussi souvent que nous le voudrons la confirmation de cette interaction entre les pétiolules et le pétiole commun. Bloquons celui-ci pour gêner la torsion, ce sont les pétiolules qui commenceront à s’incurver. Uébloquons-le ; aussitôt tout geste d’incurvation cessera dès que le pétiole commencera de se torsader.
- Voilà l’exposé des faits tels que nous les offre l’expérience.
- Qui nous donnera l’explication de ce mécanisme coordinateur et régulateur? L’anatomie? L’étude anatomique de la feuille (fig. 11) nous montre que la nervure centrale de chacune des 3 folioles aboutit à un faisceau libéro-ligneux facilement isolable dans le pétiole commun. Le faisceau dorsal (a) correspond à la foliole centrale (A), les deux faisceaux latéraux (c et b) aux deux autres folioles (C et B). Une série de coupes pratiquées : 1° dans la région de croissance qui est, nous l’avons vu, le lieu de la réaction par torsion; 2° au point de jonction les 3 pétiolules n’offrent rien de particulier. Aucun contact, aucun croisement de fibres ne peuvent laisser envisager une explication purement mécanique (hydraulique ou statolithique). Les 3 faisceaux libéro-ligneux se côtoient mais ne se joignent pas.
- L’interaction a lieu, la fonction s’accomplit sans qu’aucun tissu plus ou moins différencié permette de soupçonner le canal qu’elle emprunta. Il en est souvent ainsi dans le monde végétal.
- J.-G. Millet.
- L’EXPLOITATION INDUSTRIELLE DES TABACS
- HISTORIQUE ET ORGANISATION
- L’habitude de fumer remonte à la plus haute antiquité, peut-être même au déluge, puisque certains lui attribuent l’ivresse de Noé... On fuma toutes sortes d’herbes aromatiques, du chanvre, et de tout temps en Orient, l’opium.
- Mais le tabac, qui devait définitivement s’imposer, ne nous a été révélé qu’avec l’Amérique : les compagnons de Christophe Colomb, remarquant que les indigènes fumaient
- les feuilles grossièrement roulées d’une plante poussant là-bas à l’état sauvage, y goûtèrent d’abord, puis rapportèrent quelques pieds à leur retour en Europe. Là, le tabac connut d’abord un succès de curiosité, puis on ne tarda pas à apprécier ses qualités thérapeutiques; c’est à ce titre qu’il fut officiellement consacré quand Jean Nicot, ambassadeur de France à la cour de Lisbonne, eut l’idée d’en envoyer quelques feuilles à sa reine Catherine de Médicis alors atteinte de migraines violentes; le
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- traitement ayant réussi, « l’herbe à Nicot » se répandit, employée à peu près à tous les usages pharmaceutiques, malgré la méfiance des facultés.
- Puis le tabac devint le vice à la mode aux temps de Louis XIII et de Louis XIV, consommé surtout sous forme de poudre à priser, avec tout son cortège d’accessoires précieux et de gestes élégants.
- Il conquit rapidement tous les pays du monde civilisé, où l’Eglise et les gouvernements lui firent pourtant de sévères accueils. C’est sous le prétexte d’en réprimer l’abus, mais sans doute déjà avec une arrière-pensée fiscale, que Richelieu, le premier en France, établit en 1629 un droit de douane de 30 sols par livre sur les importations de tabac, mesure dont la conséquence fut
- Fig 1. — Cigares de famille aux Iles Philippines.
- naturellement le développement de la culture à l’intérieur du pays.
- Aussi, devant le rapport minime de cette taxe en face de besoins financiers toujours croissants, Louis XIV se réserva-t-il, en 1674, le privilège exclusif de la fabrication et de la vente du tabac sur toute l’étendue du royaume; le monopole était institué; il fut affermé successivement à des particuliers, puis a la Compagnie d’Occident, moyennant des redevances annuelles qui s’élevèrent de 200 000 à 4 millions de livres.
- Ce système, qui donnait lieu à une fraude importante, fut remplacé en 1720 par le rétablissement d’un droit d’entrée des tabacs, de la liberté de fabrication et de vente, et par la prohibition de la culture intérieure.
- Dès 1721, on revint au monopole affermé, mais la
- culture demeura interdite en France; sous ce régime, le monopole, successivement entre les mains de la Compagnie des Indes et des fermiers généraux, rapporta au Roi jusqu’à 32 millions de livres par an.
- Mais la Constituante, au nom de ses principes, rétablit la liberté de culture, de fabrication et de vente et revint au système de la taxe à l’importation. Le rendement de la nouvelle organisation fut déplorable, on dut à plusieurs reprises rehausser les taxes, créer des droits de licence pour la fabrication, de vignette pour la vente; la fraude devint plus considérable que jamais.
- Une commission spéciale d’étude, réunie pour remédier à cet état de choses, aboutit à la promulgation des décrets du 29 décembre 1810 et du 12 janvier 1811 qui instituaient le monopole direct sous sa forme définitive.
- L’Administration des Tabacs était confiée à un maître des requêtes sous l’autorité du directeur général des Régies réunies; les décrets portaient réglementation de la culture indigène, placée sous la surveillance étroite des agents de l’État, organisation des manufactures, des entrepôts, des débits de vente.
- Une loi de finances du 28 avril 1816 rattacha l’administration à la régie des contributions indirectes. En 1831, une ordonnance organisa le service des Tabacs en administration spéciale, avec, à sa tête, un directeur nommé par le Roi, ayant la haute main sur la culture et la fabrication, tandis que la vente continuait à relever du service des contributions indirectes.
- De nouveau rattachée aux contributions indirectes en 1848, l’administration recouvra définitivement son autonomie en 1860 sous forme de Direction générale des Tabacs, puis Direction générale des Manufactures de l’État, lorsqu’on lui adjoignit de 1865 à 1873 une partie du service des Poudres et Salpêtres, puis en 1890, le service des Allumettes. Enfin un décret de 1884 fixa l’organisation de l’Administration centrale telle qu’elle devait fonctionner à peu près jusqu’en 1926. De 1880 à 1920, la recette nette annuelle du monopole passa progressivement de 282 à 742 millions.
- Après la dernière guerre, devant la nécessité d’accroître les ressources de trésorerie, et sous l’empire d’idées nouvelles qui s’étaient fait jour dans l’opinion et reflétant dans une certaine mesure des tendances politiques, le monopole fut à nouveau l’objet de polémiques violentes : on proposa de l’affermer à quelque société privée, ou de le vendre à une compagnie américaine, ou de revenir au régime de liberté, toutes formules dont l’expérience historique aurait dû être suffisamment probante !
- Devant l’ampleur du débat, M. Bokanowski, alors rapporteur général de la Commission des Finances, prit l’initiative, en 1922, de réunir une commission spéciale chargée de procéder à une enquête minutieuse sur l’opportunité du monopole ou les améliorations à lui apporter. Cette commission présidée par M. Sergent, ancien sous-secrétaire d’État aux Finances, comprit les directeurs généraux des Tabacs et des Contributions indirectes, un inspecteur des Finances, deux industriels en vue, MM. Fayol et Citroën, un représentant de la Chambre de Commerce de Paris, etc... et deux inspecteurs généraux rapporteurs. Après une étude approfondie de la question
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- Fig. 2. —• Plant de tabac (Kentucky Burley).
- et 42 séances de délibérations, la commission présenta ses conclusions sous forme de vœux, auxquels il a été, par la suite, donné satisfaction dans la plus large mesure possible.
- En examinant succinctement les principaux points, nous ferons ressortir les vices de l’organisation ancienne et les moyens qui ont été généralement adoptés pour y porter remède.
- LES PRINCIPES DE LA R ÉORGANISATION DU MONOPOLE DES TABACS
- L’intérêt de maintenir la culture indigène fut affirmé une fois de plus, car sa suppression nous mettrait entièrement à la merci de l’étranger et nous ôterait toute liberté sur les marchés de tabacs ; en outre la culture du tabac est la meilleure préparation du sol pour la culture des céréales. On a créé et jDerfectionné à Bergerac un institut expérimental pour l’acclimatation de types nouveaux et l’amélioration des espèces.
- Les tabacs exotiques étaient autrefois achetés par adjudication publique ou par l’intermédiaire de nos agents consulaires sur les différentes places, mode qui avait l’inconvénient, en faisant connaître à l’avance nos besoins, de provoquer une hausse des prix; à ce système on substitua de plus en plus celui du marché de gré à gré passé par des missions d’achat direct, qui pourraient même disposer d’un fonds de roulement pour profiter des occasions avantageuses.
- Pour ce qui est de la fabrication, il fallait se dégager de la routine dispendieuse où l’on accusait l’industrie du monopole de s’enliser et organiser la production à tous ses échelons, suivant les principes de l’industrie privée, avec le souci constant de la diminution des prix de revient et de l’amélioration de la qualité des produits. C’est dans ce but que fut créé un bureau technique, le Service central des Constructions, chargé de l’étude des appareils nouveaux et de la standardisation des méthodes.
- La commission ne put que signaler les vices du mode de recrutement du personnel subalterne et ouvrier, que l’administration est tenue de choisir parmi les anciens sous-officiers, les mutilés, les veuves de guerre, etc., que leur âge rend inaptes à une formation parfaite, état de choses d’ailleurs provisoire, auquel l’État ne pourrait se soustraire.
- Antérieurement régnait une dualité fâcheuse au sein de l’administration, le service des ventes étant assuré par la direction des Contributions indirectes, indépendamment de la direction des tabacs; de là deux budgets distincts, d’où il était impossible de dégager clairement les prix de revient et les bénéfices nets du monopole; c’est cette indispensable autonomie financière que devait réaliser la loi de 1926.
- Enfin, pour faciliter les comptes de la gestion, il était indispensable d’adopter la comptabilité à parties doubles déjà en vigueur dans toute l’industrie privée.
- La Commission aborda le principe même du monopole et conclut à la condamnation des autres systèmes proposés : régime de liberté qui n’enrichirait que les inter-
- Fig. 3. — Une affiche de la Régie.
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- médiaires et où les compressions réalisées sur les prix de revient ne compenseraient pas les remises plus fortes exigées par les débitants ; l’affermage à une société privée qui rendrait la fraude considérable et sa répression odieuse.
- S inspirant de très près de ces conclusions, et sous la pression de la crise financière de 1926, les Chambres votèrent la loi du 7 août 1926 — complétée par le décret portant règlement d’administration publique du 13 août 1926 — à laquelle elles donnèrent le caractère constitutionnel.
- Cette loi institue une caisse autonome de gestion des
- de prévision des recettes et des dépenses pour l’exercice suivant qu’il soumet à l’approbation du ministre des Finances; il dresse à la fin de l’exercice le rapport d’ensemble sur les opérations de la Caisse; il propose au ministre les prix de vente des tabacs, attribution autrefois fâcheusement laissée au Parlement, du moins en partie.
- Les membres du Conseil se répartissent pour les questions spéciales en un comité financier et un comité technique de dix membres chacun, assistés d’un conseil consultatif de 31 membres, pour les questions relatives au monopole.
- Fig. 4. — Tabac cultivé sous ombre artificielle partielle (Etats-Unis).
- bons de la Défense nationale, d’exploitation industrielle des tabacs et d’amortissement de la dette publique, établissement jouissant de la personnalité civile et de l’autonomie financière. Il est chargé, d’une part de la gestion des 49 milliards de bons alors en circulation, de leur consolidation, de leur amortissement, et, d’autre part, de l’exploitation du monopole, achat, fabrication et vente des tabacs jusqu’à l’amortissement complet des bons et des titres émis en remplacement par la Caisse.
- Ce nouvel organisme a à sa tête un conseil d’administration de 21 membres, présidé par M. le sénateur Lebrun et où siègent des représentants du ministère des Finances, des grandes organisations financières et économiques du pays, des corps de métier intéressés au tabac et à son industrie.
- Ce conseil d’administration arrête chaque année l’état
- LES RÉSULTATS
- DE LA NOUVELLE ORGANISATION
- Nous allons examiner brièvement quels ont été les résultats obtenus par cette nouvelle organisation, et d’abord citer quelques chiffres qui donnent une idée de l’importance de l’industrie du tabac : son capital, évalué aux termes du règlement du 13 août, et constitué par la valeur des biens meubles et immeubles, du matériel d’exploitation, des approvisionnements en matières premières, fournitures diverses et produits fabriqués appartenant au monopole au moment de la passation des services, s’élève à 1155 millions de francs. Elle dispose, disséminés dans toute la France, de 39 magasins de tabacs en feuilles, d’ateliers spéciaux à Limoges, de 320 entrepôts de produits fabriqués, de 22 manufactures ;
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- elle occupe un personnel de 47 000 planteurs,
- 16000 ouvriers ou ouvrières et 48 000 débitants !
- Le produit brut des ventes a suivi, pendant ces dernières années, la marche ascendante suivante :
- 1926 .... 2898 millions de francs.
- 1927 .... 3702 —
- 1928 .... 4015
- 1929 .... 4327
- Quant au bénéfice net, il ressort nettement du bilan, et du compte profits et pertes publiés chaque année ; ainsi, en 1929, une somme de 3 milliards et demi a été mise à la disposition de la trésorerie de la Caisse.
- Cette somme est affectée pour partie à servir les intérêts de bons de la défense nationale gérés par la Caisse, et pour le reliquat à l’amortissement proprement dit; la charge d’intérêts, de 2700 millions en 1926, est tombée, par l’amortissement et par la diminution du taux de 3,5 à 3 pour 100, à 1932 millions en 1929 et 1789 en 1930, ce qui laissait, en 1929, 1097 millions pour l’amortissement proprement dit, si bien que le montant des bons amortis au total par la caisse atteignait en décembre 1929 la somme de 8 milliards de francs.
- Tels sont les résultats financiers de la nouvelle organisation. Nous allons maintenant examiner les aspects agricole et industriel du problème du tabac. Mais, dès maintenant, et pour achever d’en fixer l’importance, portons-nous tout de suite au terme du problème, au stade consommation, montrant par quelques chiffres comment celle-ci s’est développée, a évolué au cours du temps et dans les différents pays.
- Tout le monde sait que le tabac se consomme aujourd’hui sous les diverses formes suivantes : le scaferlati, ou tabac haché, que l’on achète en paquet pour bourrer la pipe ou rouler soi-même une cigarette; c’est là, le gros morceau de la production, malgré une rétrogradation très nette en faveur de la cigarette toute faite qui a la préférence des gens pressés.
- Les cigares, eux aussi, perdent chaque année du terrain; c’est qu’alors que le machinisme se développait considérablement dans la confection des cigarettes, la fabrication des cigares restait presque entièrement manuelle, par conséquent relativement chère, et le monopole n’a pas cherché à beaucoup la développer; en outre, on constate une vogue décroissante du cigare, et en tout cas une évolution très nette du goût du fumeur français vers le cigare léger, c’est-à-dire à faible teneur en nicotine, tendance qu’a aussitôt suivie l’administration en créant des types
- Séchage de tabacs écôtés (fabrique Romeo et Juliette, La Havane).
- nouveaux. La poudre à priser, dont la consommation est en baisse lente, a encore de nombreux fidèles dans les campagnes, et parmi les femmes.
- Quant au tabac à mâcher, peu de gens soupçonnent qu’on en consomme encore annuellement en France un million de kg; ce produit a la vieille clientèle irréductible des marins à qui l’on interdit de fumer à bord, et, surtout en Bretagne, de tous les anciens marins qui ont gardé l’habitude de la « chique ».
- Ces résultats sont condensés dans le tableau ci-dessous qui indique les consommations en millions de
- Fig. 6. — Examen des balles de Havane.
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- kg (x) des divers produits, pour différentes années, et où apparaît surtout le prodigieux développement de la cigarette.
- Aimée Scaferlati Cigarettes Cigares Poudre Tabac à mâcher Total
- — —• — — — — —
- 1870 19 0 2,8 8 1,2 31
- 1900 28 1,8 2,9 5 1,1 38,8
- 1913 31,5 3,8 2,9 4,6 1,1 43,9
- 1924 40 9,8 1,5 4 1,1 56,4
- 1930 33 18,2 1,3 2,8 1 56,3
- Voici enfin, pour situer le Français dans le monde des fumeurs, quelques chiffres indiquant les consommations comparées par tête d’habitant dans divers pays, pour l’année 1928.
- 1° Scaferlati :
- États-Unis . . 1000 grammes
- France .... 750 —
- Autriche . . . 500 —
- Italie...... 200 —
- 1. Il s’agit de « kg poids vénal », comprenant, par convention, 1000 cigarettes ou 250 cigares, quels qu’ils soient.
- 2° Cigarettes :
- États-Unis. . . 950 cigarettes
- Autriche . . . 750 —
- Allemagne . 500 —
- Italie.... . 450
- France, Espagne 300 —
- Norvège. . . . 200 —
- 3° Cigares :
- Hollande . . . 150 cigares
- Allemagne. . . 100 —
- États-Unis . . 60 —
- Italie . . . . 40 •—-
- France . . . . 10 —
- Angleterre 4 —
- 4° Poudre :
- États-Unis . . 200 grammes
- France . . . . 100 —-
- 5° Tabac à mâcher :
- États-Unis . . 500 grammes
- France . . . . 25 —
- Le Français est donc relativement un petit fumeur,
- sans doute parce que la masse des femmes n’a pas encore
- pris l’habitude de fumer; cependant elles y viennent, lentement et sûrement, et il y a peut-être là, qui sait, la source d’excédents budgétaires pour les années futures !
- {A suivre.) XXXX.
- BANDAGES CAOUTCHOUTES
- POUR LOCOMOTIVES
- On a commencé, il y a quelque trente-cinq ans à adopter des bandages caoutchoutés sur les roues des automobiles. Actuellement, ce ne sont plus seulement les voitures de tourisme, mais les camions et véhicules de transport en commun, sans compter les cycle-cars, motocyclettes, bicyclettes, et... même voitures d’enfants, qui sont munies de bandages soit à chambre à air, soit du type plein, soit encore à alvéoles encastrés dans la masse du bandage et remplis d’air.
- On peut se demander, dans ces conditions, pourquoi on n’a pas songé depuis longtemps à monter aussi des bandages en caoutchouc sur les jantes des roues des locomotives, des wagons, ou des tramways.
- Sans doute le problème de la traction sur rail n’est pas du tout le même que celui de la traction sur route. Le caoutchouc pour les véhicules sur routes a été employé non pas pour donner aux roues une meilleure adhérence, mais avant tout pour amortir les vibrations provoquées par les irrégularités de surface de la route, pour « boire l’obstacle », suivant l’expression fameuse.
- Or, la surface du rail est lisse, et les vibra-
- Fig. 1. —- Un premier modèle d’automotrice à essence dont les six roues motrices sont munies de bandages pneumhtiques. Les premiers essais ont été effectués à Saint-Florent, près d’Issoudun. (Ph. Wide World.)
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- tions produites par les solutions de continuité d’un rail à l’autre peuvent être assez facilement absorbées par des systèmes de suspension convenables. Sans doute, l’emploi du caoutchouc amortirait-il encore ces vibrations, mais cet avantage n’est qu’accessoire. L’intérêt de la roue caoutchoutée pour le véhicule sur voie ferrée apparaît, au contraire, au premier abord, dans l’accroissement de l’adhérence qui peut en résulter.
- On sait qu’on appelle adhérence d’une roue sur un sol, le poids que supporte cette roue multiplié par le coefficient de frottement de la roue sur le sol; pour une roue en fer sur un rail très sec, par exemple, ce coefficient est 0,2 ; il diminue beaucoup si le rail est humide ou gras. L’adhérence n’est autre chose que la résistance que le sol oppose au mouvement de glissement de la roue. Si à la jante de la roue s’exerce un effort moteur, tant que celui-ci reste inférieur à 1’adhérence, le glissement est impossible; l’effort exercé provoque le roulement de la roue sur le sol; s’il devient supérieur à l’adhérence, au contraire ,1e glissement se produit, et on a le phénomène du patinage ; la roue tourne sur place sans progresser. On comprend ainsi pourquoi, sur les rails humides ou gras, il faut diminuer l’effort moteur et ralentir le train. Au démarrage, il faut, on le sait, exercer un effort supérieur à l’effort normal de traction en vitesse de régime; il arrive souvent à ce moment, si l’effort appliqué est trop grand, que la locomotive patine, aussi les démarrages des trains munis de locomotives à vapeur ne peuvent-ils s’effectuer qu’avec une certaine lenteur, le nombre des essieux moteurs étant nécessairement limité et, par suite, le « poids adhérent » du véhicule étant toujours relativement faible.
- Les exigences de l’adhérence imposent donc, en somme, un poids minimum à la locomotive; plus grand sera l’effort de traction demandé à celle-ci, plus élevé devra être son poids adhérent, c’est-à-dire le poids reposant sur les essieux moteurs.
- De là résulte pour la locomotive à vapeur une double limitation : on ne peut augmenter indéfiniment le poids adhérent d’un véhicule, dont les dimensions sont limitées étroitement par le gabarit des voies ferrées, et l’on trouve là une limite supérieure à la puissance des locomotives de grande puissance.
- D’autre part, pour les locomotives de faible puissance, destinées par exemple aux voies ferrées d’intérêt local, à faible trafic, on ne peut descendre au-dessous d’un certain poids; et l’on est obligé de recourir à des engins pesants et coûteux, qui rendent l’exploitation onéreuse et lui enlèvent toute souplesse.
- La traction électrique, en multipliant les essieux moteurs, apporte dans certains cas une solution au problème de l’accroissement du poids adhérent des trains.
- La roue caoutchoutée, par suite de son coefficient de frottement plus élevé que celui du fer, offre une autre solution, certainement intéressante dans un grand nombre de cas particuliers : elle permettra, en effet, d’employer des tracteurs capables de donner pour un poids moindre un effort de traction supérieur. Les voies d’intérêt local paraissent devoir être les bénéficiaires de ce progrès ; il permettra en effet d’employer de légères automo-
- Fig. 2. — Voici l'aspect du bandage caoutchouté de forme et de composition spécialement calculées, adapté sur les roues de l’automotrice.
- <Ph. Wide World.)
- trices à moteurs à explosion, beaucoup plus économiques à exploiter que la locomotive à vapeur; les trains, desservant en général un grand nombre de petites stations, assureront le service plus vite grâce à des démarrages et des arrêts plus rapides.
- Un autre avantage de la roue caoutchoutée est d’amortir les vibrations et les chocs, désagréables pour les voyageurs, désastreux pour la voie et le matériel. Enfin, l’usure des rails dans les courbes pourrait être réduite dans de fortes proportions.
- La roue caoutchoutée peut rendre également de sérieux services sur les lignes à forte pente. On s’explique ainsi que des essais aient été effectués récemment sur la ligne de Laqueuille du réseau d’Orléans, qui présente une pente très forte exigeant un effort de traction très considérable.
- La Société Michelin vient, en effet, de réaliser des types de bandages pour véhicules sur voies ferrées qui sont actuellement soumis à des essais sur un grand nombre de grands réseaux et de réseaux d’intérêt local. Les résultats de ces premiers essais paraissent fort satisfaisants; la roue caoutchoutée se créera, très probablement, un intéressant débouché dans le domaine des chemins de fer.
- P. Hémardinquer.
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- = A PROPOS DE PARIS-PORT DE MER
- L’actualité ramène périodiquement deuxquestions qui ne sont pas nouvelles : le tunnel sous la Manche et Paris-Port de Mer.Ces questions sont importantes par elles-mêmes et aussi à cause de leur répercussion ou de leur incidence.
- On regrette en France de voir que l’opinion britannique reste défavorable au principe d’une voie de jonction avec le continent. D’ailleurs le tunnel se révélerait très vite comme insuffisant pour faire face aux besoins, en particulier à ceux du transit automobile, et sa mise en service aurait pour effet de démontrer la nécessité de construire un pont permettant des communications plus larges, plus faciles, plus agréables, solution qui se compléterait par l’aménagement en îles artificielles des deux bancs du Colbart et du Yarne qui occupent le milieu du détroit.
- Paris-Port de Mer a donné lieu à de nombreuses études. Je n’en ferai pas l’historique. Notre capitale était déjà port de mer quand les Normands remontaient le cours de la Seine sur leurs bateaux. Depuis longtemps Paris n’est plus à proprement parler un port de mer. Un port de mer aujourd’hui, ce sont non seulement des bassins où les paquebots et les cargo-boats peuvent accéder, accoster et opérer, mais c’est encore, en arrière des quais, une surface de terre-plein beaucoup plus étendue que la nappe d’eau, pour l’entrepôt, la manutention et au besoin la transformation des marchandises, avec un réseau important de voies fluviales, de voies de fer et de terre pour desservir cet ensemble et lui assurer des communications faciles avec le pays. Un poi’t moderne se double aujourd’hui d’une ville industrielle. Le public se tromperait en pensant que le premier effet de la réalisation de Paris-Port de Mer serait de permettre aux grands navires de l’Océan de venir s’amarrer devant le Louvre.
- Naturellement on a songé à utiliser la Seine pour faire de Paris un port maritime; il faudrait avant tout régulariser son débit, ce qui pose à nouveau l’important problème de la protection de la capitale contre les inondations. On sait que les crues nuisibles procèdent de trois ondes : Yonne, Haute-Seine et Marne, qui se suivent à quelques jours d’intervalle, ce qui exclut les solutions consistant à dériver l’amont sur l’aval : canal de la Marne à la Seine par le nord, tunnel de raccourci de la Seine au Sud de Paris, tunnel de l’Alma à Neuilly, voire à Saint-Germain, etc.
- La question doit être reprise sous son véritable aspect : les bassins fluviaux avaient jadis des bas-fonds, des marais où s’amortissait le trop-plein des eaux en cas de crue. La culture a asséché ces terrains; les eaux dévalent d’autant plus vite que le déboisement facilite leur mouvement; elles arrivent plus directement et en masse dans les parties inférieures où sont établies les villes importantes. Le problème de la protection contre les inondations consiste en principe à remplacer ce que l’homme a détruit, et la première idée qui se présente est de créer des réservoirs qui retiendront les crues et en amortiront les effets. Une étude d’ensemble a été faite dans ce sens par le commandant Pech il y a quelques années (Yoir la Nature, Janvier 1921) et la Ville de Paris a commencé la mise à
- exécution d’un vaste programme (Voir la brochure de M. Suquet, inspecteur général des Ponts et Chaussées : Y Aménagement du bassin de la Seine à l’amont de Paris) qui comporte en première ligne la construction de quatre grands réservoirs dans les hauts bassins de l’Yonne et de la Marne pouvant emmagasiner 140 000 000 de m3, et en deuxième ligne une série de barrages de réserve sur les affluents de ces rivières et dans le haut bassin de la Seine proprement dit, avec une capacité totale de 340 000 000 de m3. En se référant à la crue de 1910 on voit qu’une retenue de 150 millions de m3 abaisse le niveau de 1 m 35 et qu’avec 480 millions de m3 la diminution va à près de 3 m. Corrélativement les réserves d’eau ainsi créées permettront en été de parer à l’insuffisance du débit d’étiage de la Seine, qui descend à quelque 40 ou 50 m3 par seconde et de remédier ainsi à l’inconvénient grave qui en résulte pour la navigation et les besoins de l’industrie qui s’alimente au fleuve. Une puissance électrique relativement minime, il est vrai, mais non négligeable cependant, pourra être installée. Enfin, cette série de réservoirs en chapelet avec leurs intercommunications permettra de créer une nouvelle voie transversale de navigation du bassin de la Loire à celui du Rhin.
- L’exécution de ces travaux sera efficace pour protéger Paris contre les inondations, mais elle laissera subsister des crues de plusieurs mètres qui ne sont pas compatibles avec l’existence d’un port maritime et de son canal d’accès. Le lit de la Seine est trop encaissé pour permettre l’écoulement du trop-plein des crues en dehors du chenal. Aussi les ingénieurs qui étudient la question se bornent-ils à envisager — ce qui est un programme déjà considérable — la transformation du fleuve en une voie de navigation intérieure à caractéristiques très larges, par la création d’un port en pleine terre à Gennevilliers, l’amélioration de certains tournants, l’abaissement ou même la suppression des seuils de quelques barrages et l’approfondissement du lit de façon à avoir partout et en tout temps un tirant d’eau de l’ordre de 4 m.
- Supposons que par des travaux appropriés on puisse arriver à une régularisation à peu près complète du débit. On pourrait établir un port maritime dans la presqu’île de Gennevilliers ou mieux, dans celle d’Achères, vers la cote 20. Mais une autre difficulté se présente : de Paris au Havre, par Rouen, il y a en ligne droite environ 180 km; en suivant les méandres du fleuve il y en a le double. Avec la vitesse très modérée que la largeur réduite du canal et les faibles rayons des courbes imposent, un bateau va mettre plusieurs joursr pour effectuer le parcours, et une journée de grand navire représente des dizaines, voire des centaines de mille francs. Force est donc de raccourcir et de rectifier en coupant les principales boucles de la Seine : à Poissy, à Bonnières, aux Andelys, etc.
- Vers Elbeuf un grave problème se pose : faut-il couper de Pont-de-1’Arche à Oissel ou bien d’Orival à la Bouille ? La seconde solution procure un énorme raccourci, mais on évite Rouen... Au surplus, qu’on l’évite, ou qu’au prix de travaux coûteux et d’un allongement du trajet, on
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- le desserve, l’hostilité de ce port au projet sera évidente : Rouen avec le tonnage énorme qu’il atteint aujourd’hui est le port avancé de Paris. Les passagers, les objets de valeur qui peuvent payer le transport rapide par voie ferrée sont débarqués au Havre. Les marchandises lourdes ou encombrantes : charbons, vins, pétroles, minéraux et bois sont déposés à Rouen, et elles gagnent la région parisienne par rail ou par péniche. Paris-Port de Mer par la Seine est la ruine de Rouen, désormais réduit au rôle de port local...
- Quoi qu’on fasse, la longueur du trajet ne pourra guère être ramenée au-dessous de 250 km et au prix de travaux comparables à ceux de la tranchée de la Culebra au canal de Panama, avec tous les aléas que peut comporter l’exécution de déblais atteignant 90 m et plus de hauteur, malgré la connaissance qu’on a aujourd’hui de la théorie des terres cohérentes.
- Bref, il faut chercher ailleurs que par la Seine la solution du problème de Paris-Port de Mer.
- L’accès direct par Dieppe a été étudié, mais le relief du sol qui atteint 200 m d’altitude n’est pas favorable à cette solution, sans parler de l’alimentation du canal qui serait difficile. J’ai été amené à envisager un tracé par Amiens, avec une longueur inférieure à la distance de Paris au Havre, 200 km environ. Le canal partirait d’un point situé à mi-chemin entre Cayeux et Ault où se trouverait un port d’accès avec un avant-port étendu qui le protégerait contre la houle et contre les ensablements et envasements de la baie de Somme. Le canal aura 10 m de tirant d’eau, avec une largeur de 100 m pouvant être réduite à 80 dans les parties en viaduc ou en remblai. Les berges seront à 3 m au-dessus de la retenue; elles comporteront de chaque côté une double voie ferrée de service et, à un niveau supérieur, un chemin de 15 m de largeur à sens unique destiné à servir de piste automobile. Cette double autostrade serait ultérieurement prolongée de Saint-Valéry au Cap Gris-Nez pour ranchir le Pas de Calais sur le pont dont il a été question au début, mettant ainsi Paris en communication directe avec les îles à aménager dans le détroit et avec Londres (fig. 1).
- Du port le tracé se dirigera sur Saint-Valéry et sur Abbeville où un port secondaire sera établi à l’est de la ville. Le canal sera à niveau jusqu’à ce point ; une écluse amènera sa retenue à la cote 15. Le tracé suivra la vallée de la Somme et contournera Amiens en tranchée, de préférence par le Nord au delà de la Citadelle. A l’amont et surtout à l’aval de la ville se développera le port d’Amiens destiné à desservir le nord de la France, la région industrielle des départements du Nord, du Pas-de-Calais et de l’Aisne.
- A ce propos, je signalerai que le passage des voies ferrées, des routes principales ou des cours d’eau, sera assuré selon le cas, par des aqueducs, des ponts tournants et
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- par des viaducs laissant au-dessus du plan d’eau une hauteur libre de 40 m. Cette partie du problème sera délicate à résoudre; elle pourra comporter des modifications importantes au tracé des voies actuelles. La figure 2 donne un schéma de ce que pourra être un passage supérieur avec le profil rationnel du canal établi dans l’hypothèse où la courbe de tenue des terres cohérentes correspond à un paramètre de 10 m. Ces ouvrages seront construits sur le sol naturel, avant déblai, sauf pour les appuis, de façon à faciliter l’étayage ou le lancement.
- En amont d’Amiens seront les groupes d’écluses —
- trois groupes étagés de chacun 15 m de hauteur de chute — ou les ouvrages élévateurs (ascenseurs ou plans inclinés) qui amèneront le plan d’eau à la cote 60, et par suite le plafond à 50. Leur emplacement sera soit vers Boves, dans le coteau au nord de Saint-Nicolas, soit plutôt vers Camon, pour deux groupes au moins, la vallée de la Somme étant franchie en aqueduc. Le plan général de la figure 2 est établi dans cette hypothèse.
- Le canal pourrait aussi suivre la vallée de l’Avre où d’ailleurs trois groupes d’écluses s’étageraient. Il y aura, semble-t-il avantage, à ce que le tracé suive sensi-
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- Fig. 1. — Paris, port de mer, par Amiens, tracé général.
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- blement la route Nationale N° 35, à flanc de coteau, à la cote moyenne de 70 m sur la rive est de l’Avre. Il passera à l’est de Moreuil, de Pierrepont et de Montdidier et se dirigera droit au sud sur Tricot pour franchir en tranchée de 50 m environ de hauteur, entre ce point et Ménévilliers, les collines qui séparent le hassin de la Somme de celui de la Seine. Puis, par une vaste courbe, le tracé contournera Estrées-Saint-Denis et Blincourt pour venir entre Rozoy et Liancourt passer à l’est du marais qui s’étend au sud de Sacy-le-Grand. Le canal franchira la vallée de l’Oise entre Rieux et Vermeil par un viaduc de 20 m de hauteur au-dessus de la vallée avec des levées d’accès de 2 km environ de longueur totale; il desservira Creil situé à 2 km à l’ouest par un port secondaire établi au Plessis-Pommeraie. Il prendra ensuite une direction sensiblement rectiligne sur Dammartin, franchira les forêts d’Hallate et de Pontarmé en passant à 1 km à l’ouest de Senlis où un port secondaire sera établi au faubourg Saint-Martin. Il traversera le lac de l’Epine et par Montaby et Beaumarchais il gagnera la ligne de collines qui sépare les bassins de l’Oise et de la Marne, qu’il franchira par une tranchée d’environ 70 m de hauteur entre Moussy-le-Neuf et Dammartin, à l’ouest du bois de Moussy. Puis contournant par une large courbe Villeneuve, Mitry et Villepinte en se tenant à une cote moyenne de 70 à 80 m, il viendra aboutir au vaste quadrilatère en pente douce d’environ 1 pour 100 situé au nord de la Morée qui arrose le Blanc-Mesnil et Aulnay-les-Bondy.
- C’est là que seront creusés les bassins du port maritime de Paris (fig. 3). Divers tracés peuvent être envisagés, par exemple un avant-port carré de 1600 m 'de côté entre Villepinte et Sevran, qui servira à l’accostage et à l’évitement, et dans lequel aboutira la jonction avec le canal de l’Ourcq qui passe à 800 m du quai sud; dans l’avant-port, sur les côtés est et ouest, donneront les chantiers de construction et les formes de radoub, dont une aura 300 m de longueur. Du côté est de l’avant-port partira un bassin de desserte qui aura 4 km de longueur et qui aboutira à 900 m de la route Nationale N° 2 à laquelle il sera perpendiculaire. Sur ce bassin qui aura 400 m de largeur seront branchées de chaque côté six darses obliques de 1000 m de longueur et 300 de large, séparées par des môles. Le côté sud sera réservé aux
- Fig. 2. •— Type de passage supérieur.
- Remblai
- (85)
- V/m/m/m
- marchandises de ou pour Paris, le côté nord aux produits de ou pour la cité industrielle. Une partie des bassins et des terre-pleins pourrait être affectée à la création d’un port franc, le cas échéant.
- Les darses et les môles correspondants seront réservés en partant de l’ouest : aux pétroles, aux charbons, aux métaux et minerais; aux bois et matériaux de construction, aux vins, etc... Ils seront desservis par des voies ferrées qui se raccorderont aux lignes actuelles qui passent au Bourget et qui recevront les compléments nécessaires. Tout le triangle compris entre la route Nationale N° 2 et le canal de l’Ourcq au delà de Bobigny et en deçà de la ligne jalonnée par Louvres, Le Mesnil-Amelot et Mitry, de part et d’autre des bassins, est destiné à recevoir la ville industrielle qui doit se créer à Paris-Maritime. Sa superficie totale est de 10 000 ha y compris 700 ha environ de nappe d’eau. Les bassins seront à 9 km de Paris, alors que, dans l’hypothèse de la Seine maritime, le port, qui devrait être à Aclières, en serait à 15 km. Un canal de Bondy à Neuilly-sur-Marne par Ville-momble et un nouveau tronçon entre la Seine à l’amont de Maisons-Alfort et la Marne à Joinville permettront, grâce à la coupure de Saint-Maur, des communications directes avec le bassin de la Seine à l’amont de Paris.
- Outre les routes nationales Nos 2 et 3 et la route dite des Petits-Ponts, qui convergent à la Villette et qui seront améliorées, une grande artère sera ouverte du Bourget à Saint-Ouen pour raccorder directement les quartiers nord de Paris et la région industrielle qui s’étend de Levallois-Perret à Aubervilliers et Saint-Denis. Ces voies seront doublées de voies ferrées aériennes destinées à prolonger le réseau du Métropolitain et à assurer le transport des personnes. Le réseau fera le tour des bassins, il desservira largement la région industrielle qui se créera au nord de ceux-ci et particulièrement les abords de la ligne Vaudherland, Roissy, le Tremblay, Mitry. C’est dans cette région à flanc de coteau, exposée au midi et dominant toute la plaine du port de Paris, que seront établies, dans des conditions exceptionnelles de salubrité, les cités ouvrières et les cités-jardins qui abriteront une partie importante de la population ouvrière du port, et dont l’ensemble formera un jour une ville industrielle de plus de cent mille âmes.
- Des canalisations souterraines permettront d’envoyer directement depuis le port jusqu’aux principaux points de distribution ou de consommation les pétroles, voire d’autres liquides, les vins par exemple. L’ensemble aura son usine à gaz, ses adductions d’eau, sa centrale électrique d’éclairage et d’outillage, sa centrale de' chauffage urbain, ses égouts, avec les réseaux nécessaires. A cet effet, sous les voies principales seront des souterrains de large section, pour le service commun des diverses distributions. La création de cet ensemble sera la plus belle réalisation de notre époque en matière d’aménagement industriel et urbain.
- L’alimentation du canal qui va demander pour pertes, évaporation, service des écluses, et aussi pour les besoins de l’industrie, plus d’une centaine de millions de m3 par an, sera assurée en ce qui concerne le bief supérieur d’Amiens à Paris grâce à des dérivations de l’Oise, de
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- vers Creit, Amiens/I/
- louvres
- le Mesnil-Amelot
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- Arnou ville
- laVillette
- 'ilj'épihte
- PORT \g • 63
- Stains
- de l’Ourcq
- Blanc-Mesnil
- 54
- R. N. n?3
- ie^Bourget hul.nâj
- PARIS PORT DE MER PAR
- AMIENS
- FORT
- ivillons
- Cimetière
- PLAN GENERAL DU PORT
- Fig. 3. — Paris, porl de mer, par Amiens, plan général du port.
- l’Aisne et surtout de la Marne vers Epernay, qui seront établies à des cotes de 70 à 75 environ. L’alimentation des biefs inférieurs aura lieu par la Somme.
- Une estimation, même approximative, est difficile à faire avant une reconnaissance des terrains en profondeur à cause de l’aléa des terrassements qui motiveront une partie importante de la dépense. En surface, les terrains sont partout bien connus et d’ailleurs en maints endroits on possède déjà des données pour des profondeurs suffisantes. Dans la vallée même de la Somme, il n’y a pas à s’attendre à des difficultés considérables. Par ailleurs, comme on sait, la plaine de Picardie qui relève du Sénonien, étage supérieur du Crétacé, co mporte un fond crayeux recouvert de limon argileux. Dans les vallées de l’Avre et des rivières des environs on trouvera des couches alluviales et des couches crayeuses. La craie tendre, facile à débiter mécaniquement et pouvant tenir en talus relativement raide est un terrain favorable pour le déblai. Mais comme elle est très poreuse il faut s’attendre lors de la mise en eau à la voir absorber des quantités considérables de liquide. On y remédiera en même temps qu’on consolidera les talus contre les érosions ou les gelées, en recouvrant fond et talus d’un enduit imperméable.
- Dans le bassin de l’Oise on rencontre l’Éocène, avec des sables nummulitiques vers Creil et Pont-Saint-Maxence, le Lutétien vers Clermont et Senlis avec des sables calcaires, des caillasses (marnes et calcaires en plaquettes et assises de calcaire grossier). La forêt d’Hallatte, qu’on traverse, et celle d’Ermenonville ressortissent à l’Éocène supérieur : sables, grès et argile plastique verte sur une hauteur de 40 m. La théorie des terres cohérentes conduira à adopter dans cette partie des talus curvilignes à faible inclinaison, trois de base pour un de hauteur vraisemblablement. La consolidation des berges sera facile à l’aide de pieux et clayonnages dont les matériaux seront fournis en abondance par le déboisement sur environ 200 m de largeur. En Goèle, vers Dammartin, dans la dernière section du tracé, le terrain appartient à l’Oligocène avec un manteau de limon ou de quaternaire.
- Le montant total des travaux, — non compris les installations accessoires et celles d’outillage destinées à être gagées sur leurs recettes propres — peut être estimé à 11 milliards, savoir : achat de terrains et indemnités, 2 milliards; terrassements, 3 milliards; ouvrages d’art du canal, écluses, aqueducs, perrés, ports, alimentation, 4 milliards;.voies de communications, 2 milliards : total,
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- 11 milliards. Cette dépense correspond à une charge de 1300 millions par an pour amortissement, avance de capitaux, entretien, frais généraux. Les revenus peuvent en gros être évalués ainsi :
- Dix millions de tonnes de marchandises embarquées ou débarquées dans les deux principaux ports de Paris et d’Amiens et dans les ports secondaires, à 50 francs, en
- moyenne, soit........................ 500 millions
- Douze millions de tonnes de jauge à 10 francs, en moyenne, soit.......... 120 millions
- Péage de l’austotrade (pour mémoire) Terrains : dix mille ha de terrains et terre-pleins, soit compte tenu des pertes pour voies et chemins et manque à la location, 40 millions de m3 pour la location
- à 20 fr. par an en moyenne............... 800 millions
- Total................................. 1 420 millions
- dépassant les charges d’environ 10 pour 100.
- La possibilité d’attaquer le travail en tous points per-
- mettra d’abréger la durée d’exécution. On pourra d’ailleurs réaliser en deux étapes :
- 1° Les biefs inférieurs et le port d’Amiens pour desservir la région du nord, ce que ne peuvent faire actuellement de façon complète les ports de Dunkerque, Calais et Boulogne qui sont au surplus spécialisés.
- 2° Le bief supérieur et le port de Paris.
- La seule difficulté est le manque actuel de main-d’œuvre en France. Notre pays est l’un des rares à avoir cet avantage — qui devient en l’espèce un inconvénient — de ne pas être en proie au chômage. Mais les chômeurs très nombreux en d’autres pays pourraient être utilisés.
- La France qui est le pays le mieux équilibré économiquement, qui possède des ressources énormes en minerais de fer et en phosphates auxquelles s’ajoutent les richesses minérales de l’Alsace et de la Sarre, a le devoir de créer le grand centre de Paris-Port de Mer, qui sera à la fois ce que sont séparément Anvers, Rotterdam ou Hambourg d’une part, la Ruhr de l’autre.
- F. Butavand.
- ' ... - LE COFFRE-FORT MODERNE —....'
- EST LE “RÉDUIT CENTRAL " DE LA DÉFENSE CONTRE LE VOL
- Dans le numéro du 1er septembre de La Nature nous avons décrit les différents appareils de surveillance automatique utilisant les progrès de la technique dont le rôle est de créer une liaison constante, sans défaillance, ni neutralisation possible, entre les objets ou locaux surveillés et les personnes chargées d’entendre les éventuelles alertes.
- Peu de jours se passent sans que de nouveaux cambrio-ages ne viennent défrayer la chronique et devant le perfectionnement des moyens d’effraction mis en œuvre aujourd’hui par les malfaiteurs, il est intéressant d’examiner la défense offerte par un coffre-fort moderne.
- Voyons donc comment ce « réduit central » permet une résistance efficace.
- Constatons tout d’abord que les procédés de cambriolage peuvent se classer en deux catégories : attaques mécaniques et attaques thermiques.
- LES ATTAQUES MÉCANIQUES
- Dans la pratique, les statistiques montrent qu’environ 90 pour 100 des coffres-forts attaqués le sont par des procédés mécaniques dont le plus rudimentaire consiste à employer le marteau et le burin ou le pic. Ces outils, qui n’ont pas d’action sur le coffre-fort métallique, causent des dégâts faciles à imaginer sur le béton armé, lorsque celui-ci est employé en cloison de faible épaisseur.
- Il est bien entendu qu’un coffre-fort est, avant tout, un meuble. Ses parois peuvent avoir 10, 15, au plus 20 centimètres : au delà, le poids et l’encombrement du
- coffre seraient prohibitifs et la résistance de la plupart des planchers insuffisante.
- Sous ces épaisseurs, une paroi de béton armé est rapidement vaincue par le pic et le marteau. Une grosse pince du genre coupe-boulon aura raison en quelques secondes des ferrures d’armement que l’on rencontrera. Comme défense efficace contre les attaques des cambrioleurs, il faudrait envisager des épaisseurs de ciment armé de 50 centimètres à un mètre et même davantage, comme il en existe, d’ailleurs, dans les chambres-fortes des banques.
- L’opération se fait, certes, d’une façon bruyante, mais bien souvent les cambrioleurs ne s’en soucient guère, car ils ont à leur disposition des moyens plus ou moins ingénieux d’empêcher le bruit d’attirer l’attention. C’est ainsi que les journaux ont relaté un cambriolage pendant l’exécütion duquel des complices, sous prétexte de régler un moteur de motocyclette, faisaient dans la rue un vacarme tel que les malandrins pouvaient opérer en toute tranquillité.
- Le burin et le marteau ou le pic sont donc des outils simples et dangereux pour le béton armé. Ils sont impuissants si les parois du coffre attaqué sont en tôle d’acier d’épaisseur convenable, mais le cambriolage mécanique dispose d’appareils plus perfectionnés.
- Les cambrioleurs se servent depuis fort longtemps des perceuses à main ou électriques. Faciles à porter, commodes à installer sur une prise de courant, elles permettent de percer rapidement, dans une tôle d’acier ordinaire, des trous de faible diamètre dont la juxtaposition le long
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- d’une circonférence entraîne la possibilité du décollage des plaques de tôle et le passage de la main.
- Signalons également le « découpoir », sorte d’ouvre-boîte gigantesque efficace contre les tôles en acier ordinaire de faible épaisseur.
- On peut aussi s’efforcer d’arracher la porte à l’aide d’un dispositif appelé « pont » qui travaille à la manière de certains tire-bouchons à point d’appui.
- Enfin, l’appareil le plus moderne est la scie circulaire qui travaille sans bruit, à la manière d’une fraiseuse ou d’un tour portatif. De ces deux derniers appareils il existe un grand nombre de modèles différents, mais tous prennent un point d’appui, sur le coffre lui-même, au moyen d’une vis fixée dans un trou percé et taraudé dans la paroi du coffre.
- LA DÉFENSE CONTRE CES MOYENS D’ATTAQUE
- Si la sidérurgie n’avait pas réalisé les aciers à haute résistance, la défense contre les moyens d’attaque mécaniques serait extrêmement précaire.
- Voilà pourquoi les coffres de construction ancienne ne présentent plus qu’une protection illusoire.
- Par contre, on a pu mettre au point des blindages d’un acier spécial, d’une dureté telle qu’il est impossible de les percer avec les outils portatifs et qui, de plus, est indétrempable et incassable. Cet acier spécial est utilisé de nos jours par quelques très importantes maisons, en particulier par la maison Fichet, universellement connue. Il faut, en effet, un outillage puissant comme celui de cette firme, et sa grande production, pour utiliser cet acier convenablement et économiquement.
- Des blindages de ce métal imperforable, judicieusement placés dans les parois d’un coffre-fort, mettent celui-ci complètement à l’abri des outils mécaniques les plus perfectionnés.
- Les cambrioleurs peuvent également tenter l’effraction de la serrure, mais, là encore, la maison Fichet a su réaliser des serrures dont les multiples pièces sont ajustées d’une façon telle que, absolument « incrochetables », elles offrent une sûreté parfaite.
- LES OUTILS THERMIQUES
- Outre les outils mécaniques, le cambrioleur scientifique dispose encore d’autres moyens ; nous voulons parler des outils thermiques, c’est-à-dire des explosifs et du chalumeau.
- Nous ne citons les explosifs que pour mémoire, car ce procédé de cambriolage est, en général, pratiqué sur la serrure du coffre et celle-ci, tout au moins dans les bons coffres modernes, est protégée par des dispositifs spéciaux qui ont pour effet de bloquer les pênes lors de l’explosion. Toute tentative de ce genre sera donc vaine.
- Quant à prétendre disloquer un coffre-fort métallique, au moyen d’une charge explosive, c’est pure chimère : il faudrait pour vaincre l’élasticité des différentes parties métallurgiques de la paroi une charge explosive telle
- que l’expérience serait plus dangereuse pour l’opérateur que pour le coffre, du moins lorsqu’il s’agit d’un bon coffre moderne dont la serrure fait partie intégrante de la porte elle-même.
- LE COFFRE-FORT EN PRÉSENCE DU CHALUMEAU
- Seuls, les voleurs de haute classe emploient le chalumeau et, ces princes du cambriolage ne recherchant que les très gros coups, on est donc conduit à penser que le
- Fig. 1. — Cambriolage au marteau d’un coffre-fort moderne en béton armé.
- coffre-fort réfractaire et blindé contre les attaques mécaniques assure la protection recherchée dans la majorité des cas.
- Par contre, tout coffre contenant des- valeurs véritablement importantes comme celui du bijoutier, du collectionneur, du caissier d’une grosse usine ou d’une banque, etc., est de ce fait particulièrement visé par les cambrioleurs qui n’hésitent pas à employer le chalumeau.
- Contre ces attaques, il existe des coffres-forts invincibles, des coffres-forts qui, eux, méritent pleinement le
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- Fig. 2. — Coffre-fort de modèle ancien, cambriolé par attaque sur le côté gauche avec une forte cisaille munie d'un mentonnet.
- (Ce coffre n’a pas de blindage, ses tôles ont seulement 1,5 mm. d’épaisseur.)
- qualificatif d’« antichalumeau ». En effet, dès la création des chalumeaux soudeurs et coupeurs pour les besoins de l’industrie on a étudié' l’application possible de cet outillage au cambriolage et les défenses à lui opposer.
- Fig. 3. — Matériel de cambriolage, mécanique par la scie circulaire.
- Fig. 4. — Outil de cambriolage mécanique.
- Aussi, quand en 1907 à Anvers a eu lieu le premier cambriolage au chalumeau, la défense était déjà prête.
- Depuis lors, ces moyens de défense ont été, sans cesse, améliorés, afin de toujours devancer le perfectionnement et l’accroissement de puissance des chalumeaux, de plus en plus utilisés dans l’industrie pour le découpage des pièces d’acier.
- La société Fichet a, en effet, depuis de nombreuses années, installé un laboratoire scientifique, spécialisé dans la protection contre le vol et le feu, et voici les résultats particulièrement intéressants obtenus actuellement dans ce laboratoire par l’essai systématique d’un grand nombre de matériaux divers dans des conditions identiques.
- Ces essais ont abouti à la création d’agglomérés et de composés métalliques dont la résistance au chalumeau a fait ses preuves.
- Au cours de ces essais l’attaque fut toujours conduite sur une paroi verticale ( ainsi qu’en réalité travaille le cambrioleur). Sous l’action du chalumeau, il se produit, si la matière attaquée ne présente pas de bonnes qualités d’infusibilité, un cône dont l’angle au sommet est imposé par la condition que les gaz brûlés puissent s’évacuer sans revenir sur le bec du chalumeau. Pour un matériau déterminé, cet angle au sommet est le même quelle que soit l’épaisseur de la dalle essayée. Ceci explique la loi, observée au cours de nombreux essais, suivant laquelle le temps de perçage de diverses parois de même nature est sensiblement proportionnel au cube de l’épaisseur de la paroi.
- Le volume de matière évacué par minute est donc caractéristique du matériau employé. Ûn peut égale ment prendre l’inverse de ce volume évacué par minute comme indice de la protection offerte par le matériau étudié contre le chalumeau. ’ On a pris comme égal à l’unité
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- l’indice de protection du ciment pur, afin de faciliter la comparaison et le classement.
- Voici un petit aperçu des résultats obtenus après de nombreux essais avec un chalumeau Pyrocopt B consommant par heure 3000 litres d’oxygène et 1000 litres d’acétylène, sous les pressions respectives de 5 kg, et 0,5 kg par cm2 :
- Volume Indice de
- Matière essayée évacué par minute protection
- Ciment pur 20 cm3 1,
- Béton de construction (à 400
- litres de ciment) 16 » 1,24
- Béton de basalte (à 350 litres de
- ciment) 14 » 1,41
- Béton de porphyre (à 350 litres
- de ciment) 12 » 1,63
- Agglomérés spéciaux dits A.C.H. 6 » 3,32
- Fonte mécanique 2 » 4 8,55
- Agglomérés d’oxydes de terres
- rares B. D. L 2 » 8,70
- Métal spécial antichalumeau
- F. G 1 » 1 18,2
- Composé métallique spécial Kral 0 » 02 1000, »
- Fig. 6. — Matériel de cambriolage au chalumeau, abandonné par des cambrioleurs.
- X
- Fig. 5. —- Travail à la scie circulaire sur un coffre-fort sans blindage d’acier spécial.
- L’examen de c« tableau permet de dire qu’en une heure d’attaque au chalumeau Pyrocopt B., on aura déblayé un volume de matière égal à :
- 960 cm3 dans le cas du béton ordinaire.
- 720 » » de béton de porphyre.
- 360 » » de l’aggloméré A. C. H.
- 120 » » de l’aggloméré B. D. L.
- 66 » » du métal antichalumeau F. G.
- 1 » » du composé métallique Kral.
- Or il est évident que la simple perforation .de la paroi
- ne peut être qu’une opération préliminaire, du moins lorsque le cambrioleur se trouve en présence d’un coffre muni d’une serrure dont la sécurité n’est pas à la merci d’une annulation réalisée par un seul trou dans la paroi du meuble. Les serrures vraiment modernes étant absolument inviolables par ce procédé, le cambrioleur sera dans l’obligation de percer une ouverture assez grande pour passer le bras, soit d’environ 9 cm de diamètre, ce qui exige, pour une paroi de 14 cm, la fusion de 895 cm de matière.
- En rapprochant ce chiffre de ceux du tableau ci-dessus, le lecteur se rendra compte qu’un coffre-fort, dont les parois comportent les agglomérés spéciaux A. C. H. et B. D. L., représente déjà une défense très efficace contre le chalumeau. Quant aux coffres-forts dont les parois comr portent le métal F. G. ou le composé métallique Kral, qui sont, bien entendu, inattaquables par les outils méca-
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- Ên/retoises
- fja/ees lhermicquement
- fiàùere. Réfractaire Vaporigéne ou _ Aggloméré extra dur spécial
- Plaques de blindage F!CH ET supplémentaires devant les Mécanismes de ta serrure
- Manchon extérieur Acier Martin
- Manchon intérieur Acier Martin
- Bdindage imperforable mécaniquement, en acier spécial FtCHET
- Plaque intérieure Acier Martin
- Plaque extérieure Acier fiarOn
- Fig. 7. — Coupe horizontale d’un coffre-fort moderne (Fichel) à l'épreuve des outils mécaniques et du feu.
- niques portatifs, ils doivent être considérés, en raison de leur qualité réelle « d’antichalumeau », comme prati-
- Fgi. 8. — Un coffre-fort moderne Fichet, incambriolable.
- quement inviolables par tous les procédés de cambriolage actuellement connus.
- Faut-il ajouter que le laboratoire dont nous relatons les travaux utilise, au cours de ses essais, des appareils destructeurs plus puissants encore, fort probablement inconnus des cambrioleurs et sur lesquels, nos lecteurs le comprendront aisément, nous sommes tenus de garder le secret.
- Même avec ces outils d’une force considérable, les coffres comportant les défenses dont nous venons de parler restent toujours victorieux.
- CONCLUSION
- Si nous lisons si souvent dans la grande presse les récits de cambriolages commis avec succès sur des coffres, cela tient à ce que les cambrioleurs, parfaitement au courant de la question, ne s’attaquent qu’à des meubles dont l’âge ou la médiocre construction accordent à leurs tentatives toutes chances de succès. Ces coffres, dont on continue imprudemment à se servir, par routine ou par ignorance, depuis quelquefois des dizaines d’années, ne sont évidemment plus capables de résister à l’outillage perfectionné du cambrioleur de nos jours.
- Le coffre-fort moderne, par contre, fruit de longues recherches scientifiques, constitue bien l’ultime « réduit central » auquel nous pouvons confier, sans crainte, nos valeurs les plus précieuses. Il défie le cambriolage ainsi que l’ont prouvé maints échecs de cambrioleurs même bien outillés.
- Et c’est précisément cette perfection du coffre-fort moderne qui doit inciter les usagers de coffres anciens à examiner attentivement les risques qu’ils courent et les acquéreurs de coffres-forts à éviter une sotte économie qu’ils auraient peut-être à regretter un jour très amèrement. L. Kuentz.
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- LA FILTRATION ET LA PASTEURISATION 503
- DU LAIT
- DANS LEURS RAPPORTS AVEC L’HYGIÈNE
- Voici en quelques mots l’histoire du lait, depuis l’étable jusque chez le consommateur, dans le cas spécial, mais gros d’importance, de l’alimentation d’un grand centre comme Paris et sa banlieue.
- Les sociétés laitières ou les coopératives possèdent en pleine campagne, au voisinage d’une voie ferrée, et dans les limites du bassin laitier de Paris (dont certains points extrêmes sont distants de plus de 250 kilomètres de la capitale) des dépôts d’où partent chaque matin à l’aube et dans toutes les directions, des « tournées » pour ramasser dans les fermes le lait trait le matin même ou la veille au soir.
- Les tournées rentrent successivement au dépôt dans la matinée; immédiatement dès leur arrivée, le lait est examiné, puis versé s’il est reconnu de bonne qualité, dans un bac d’environ 500 litres maintenu toujours en charge pour permettre d’une façon continue les opérations de la filtration et de la pasteurisation.
- Le lait pasteurisé est remis dans des pots propres qui sont scellés et attendent ensuite dans un bac réfrigérant le moment de leur expédition qui a lieu dans la soirée. Selon leur importance et la richesse en lait de la région, les dépôts expédient journellement jusqu’à 12 000 litres de lait, et plus, en pots de 20 litres.
- Dès leur arrivée à Paris, vers 3 heures du matin, les pots sont chargés à la gare sur des voitures qui en assurent aussitôt la distribution chez le détaillant. Celui-ci reçoit un pot qui doit être plein et dont les scellés doivent être intacts. Chez le détaillant, le lait est distribué au consommateur selon le procédé bien connu de la bassine et de la mesure, ou encore au moyen d’une pompe à lait analogue aux pompes à essence.
- Il ne saurait y avoir une marque de lait, les origines et le traitement sont les mêmes partout, et, si le consommateur manifeste une préférence, ce n’est, le plus souvent, que la conséquence du fait que telle société ou coopérative alimente son quartier avec du lait de Normandie par exemple, alors que tel autre groupement l’alimentera en lait du Vexin où la race hollandaise domine. L’inverse se produira dans un autre quartier.
- La légende de la « fabrique de lait », expression que j’ai entendu employer, il n’y a pas très longtemps, par un médecin fonctionnaire de la Ville de Paris, est rigoureusement fausse et doit être énergiquement combattue. Indépendamment de la surveillance des services de la répression des fraudes, la plupart des sociétés laitières possèdent des laboratoires de contrôle, et le syndicat de la crémerie française a instauré, pour sa part, un organisme indépendant pour le contrôle du lait vendu par ses adhérents.
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- Le décret du 25 mars 1924 interdit la mise en vente de lait malpropre ou bien contenant des germes pathogènes. Ces mesures qui intéressent l’hygiène exigent un traitement approprié du lait de grand ramassage dans les dépôts de laiterie, point de convergence des tournées de collecte dont il vient d’être question.
- Le lait, ce liquide d’apparence immaculée, est trop souvent remis malpropre entre les mains du ramasseur qui, malheureusement, ne peut se rendre compte, à première vue, de son état
- pour pouvoir en refuser la livraison. Il est inutile de décrire l’aspect de certaines étables, mal entretenues, aux litières sales ou insuffisantes, peu renouvelées, les animaux qui les occupent sont forcément malpropres. Les malpropretés dont ils sont recouverts viennent souiller le lait en même temps que des projections dont il n’est pas besoin de préciser la nature; joignons à cela l’insouciance et le manque de soins ou de propreté du cultivateur qui considère le lait, non comme un liquide fragile, mais comme une denrée quelconque, produit de culture.
- Les entreprises laitières ont fait de gros efforts pour améliorer cet état de choses en remettant à leurs fournisseurs un matériel suffisant pour épurer le lait dès la traite effectuée. Ce matériel comprend un seau spécial et un fin tamis, il est le plus souvent abandonné sans soins par ceux qui devraient au contraire avoir le plus de souci de l’entretenir et de l’utiliser. La propreté du lait dès la traite est cependant la base de toute l’hygiène laitière, car les épurations industrielles ne sont que des correctifs pour la satisfaction de l’œil et non de l’hygiène. Les malpropretés qui séjournent dans le lait depuis la traite jusqu’au moment de sa filtration au dépôt ne contribuent certes pas à son amélioration !
- Les conséquences d’un tel tableau n’ont pas échappé à un humoriste qui, estimant seulement à 25 milligrammes le poids des malpropretés susceptibles d’être recueillies dans un litre de lait, concluait, ce qui est aisément calculable, que Paris et sa banlieue absorbaient par an, plus de dix tonnes de cette... malpropreté, l’apport journalier de lait étant environ de 1 200 000 litres. Il est probable que si un autre esprit critique voulait se livrer à un examen similaire sur d’autres produits servant à noti'e alimentation, comme le pain, les fruits, les salades, les charcuteries, tous produits trop fréquemment souillés par des causes multiples, il trouverait que nous absorbons une quantité certainement aussi impressionnante d’autres impuretés..
- Si l’on considère ces malpropretés et ces impuretés comme facteurs d’apports microbiens, on est obligé de constater leur peu de répercussion sur l’hygiène générale, les seules épidémies d’ailleurs très circonscrites étant habituellement de l’ordre typhique d’origine hydrique. Bien entendu, cette remarque n’est pas une excuse à leur présence.
- On doit cependant signaler qu’une grave épidémie de fièvre typhoïde s’est déclarée aù Danemark en 1928, l’eau n’y avait joué aucun rôle, la contamination était le'fait d’une porteuse de germes préposée à la traite dans une ferme. Il faut noter que les Danois boivent le lait cru et se refusent à la pasteurisation.
- Le lait de grand ramassage est donc épuré au dépôt de laiterie. La surveillance continue des services de la répression des fraudes et lès répressions inévitables vis-à-vis des délinquants pour mise en vente de lait malpropre ont eu pour résultat que l’épuration est maintenant pratiquée dans tous les dépôts; aussi le lait vendu à Paris (est-il sur ce point, et sur bien d’autres, supérieur au lait vendu dans beaucoup de villes de province. Le calcul de notre humoriste, cité plus haut, est maintenant certainement faux !
- L’épuration du lait est un récent et très réel progrès, elle s’effectue à l’aide d’appareils statiques ou mécaniques.
- Les appareils mécaniques, d’achat coûteux, de surveillance délicate, exigeant une force motrice très souvent limitée dans
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- un dépôt, ont été utilisés avec prudence. Ces appareils ont l’apparence d’une écrémeuse qui n’écrème pas, mais où l’action de la force centrifuge est également utilisée, c’est dire qu’ils tournent à très grande vitesse et que le lait y circule à débit continu, les sédiments et malpropretés se rassemblent en une sorte de culot à l’intérieur de l’appareil qui est démonté et nettoyé après chaque opération. Ces appareils débitent en moyenne 6 à 7000 litres.
- L’appareil statique est constitué par un tamis de très fine toile métallique étamée supportant plusieurs épaisseurs, parfois six ou sept, d’une sorte d’étamine dont les mailles, assez larges pour ne pas s’opposer au passage du lait, forment cependant un filtre efficace du fait de leur superposition qui constitue une apparence de feutrage. On ne peut passer sur ce dispositif qu’un nombre limité de litres de lait, 1000 au plus, car le débit se ralentit progressivement et arrive même à s’arrêter par colmatage. Un jeu de filtres est donc indispensable pour ne pas ralentir les opérations. Lorsque les toiles sont en bon état, on obtient par ce procédé un résultat aussi bon que par le procédé mécanique. En fin de compte, le procédé statique est moins économique que le procédé mécanique, car les toiles sont fragiles et ne supportent pas de nombreux nettoyages.
- Le contrôle officiel, c’est-à-dire celui susceptible de déclencher des poursuites judiciaires, revient à filtrer cinq litres de lait sur un petit disque de flanelle d’environ 4 cm de diamètre; ce disque, après filtration, doit rester indemne de tout dépôt, ou ne déceler à l’examen que quelques poussières infimes.
- Ce résultat, si intéressant et encore trop méconnu du public est, je l’ai dit, la conséquence de l’activité de notre Service de la Répression des Fraudes et de l’effort très certain des laitiers en gros. Certes, il existe encore des défaillances, tous les laits ne s’épurent pas aussi aisément et totalement les uns que les autres, cela dépend de leur nature et de la nature de leurs impuretés; il y a aussi l’accident éventuel, ou le manque de pratique d’un personnel agricole, difficile à recruter et à conserver dans les dépôts.
- On est cependant obligé de constater et de regretter que l’effort des cultivateurs producteurs est resté nul, et que même, dans le raisonnement de beaucoup il devient inutile, puisqu’on est parvenu à rendre propre du lait qu’ils livrent malpropre ! Des mesures répressives, un contrôle sévère de la part de la laiterie tendraient à la raréfaction du produit, il faut trouver autre chose. Il existe bien le contrôle facultatif des étables sur le principe duquel est fondée la Société Ofco, mais là le cultivateur se soumet non seulement de bonne grâce, mais encore paie les frais de ce contrôle; il en sera dédommagé par le prix de son lait vendu plus cher. Rendre ce contrôle obligatoire pour tout cultivateur livrant du lait destiné à être consommé en nature serait peut-être la meilleure solution, elle est pratiquée dans certains pays, mais alors nous touchons la question économique.
- *
- * *
- Là ne se borne pas le traitement du lait dans un dépôt, de campagne ; car, si la filtration le rend propre, disons matériellement, il contient encore les microbes qu’il a pu recueillir, dès sa venue au jour, ne serait-ce que par les poussières de l’air, et à plus forte raison par l’apport des impuretés éliminées par la filtration ; ces microbes peuvent être banaux, ils peuvent être dangereux et pathogènes. Enfin, quelles que soient leur origine et leur nature, ils s’opposeraient à la conservation du lait qui en réalité ne sera consommé que le lendemain après avoir parfois longuement voyagé. Il est donc indispensable de détruire les germes microbiens. Pour y parvenir, le lait est pasteurisé.
- La pasteurisation a pour but, dans l’esprit de l’hygiéniste, de
- détruire les germes pathogènes du lait, et, dans celui du laitier de détruire les germes qui s’opposent à sa conservation. Fort heureusement le point de vue hygiène se rencontre avec le point de vue commercial, quant au résultat destructif.
- Il y a deux procédés principaux de pasteurisation actuellement utilisés : la pasteurisation haute et la pasteurisation basse. Le premier consiste à chauffer le lait pendant trois minutes dans un appareil à débit continu à la température de 85° C., puis à le refroidir brusquement. Le second consiste à chauffer le lait à 63° C. pendant une demi-heure, puis à le refroidir brusquement.
- L’une et l’autre méthode ont leurs partisans et leurs détracteurs.
- On reproche à la pasteurisation haute de détruire les dias-tases et de modifier l’équilibre des sels calcaires du lait, les principes organoleptiques seraient eux-mêmes également modifiés. Il est certain que le lait chauffé à 85° a perdu la faculté de coaguler normalement par la présure, ce qui est un obstacle à son utilisation en fromagerie. Quant aux autres critiques, elles n’apparaissent pas bien graves, car, dans la pratique courante, ne serait-ce que pour assurer sa conservation, la ménagère fait bouillir le lait qu’elle vient d’acheter. Quant à l’alimentation infantile, les biberons destinés aux jeunes enfants sont généralement soumis à la température de l’eau bouillante d’un bain-marie pendant 20 à 30 minutes.
- S’il était permis d’user d’une telle classification, on peut dire que le lait pasteurisé à basse température est celui des amateurs de lait froid nature. On voit que dans cette méthode la durée supplée à la température, puisqu’une demi-heure à 63° conduit au même résultat que trois minutes à 85°, tout en conservant au lait ses qualités de lait cru.
- Malheureusement, la pasteurisation basse a ses revers, et, parmi ceux-ci, l’un des plus graves a été mis en évidence par M. Gorini, le savant italien bien connu en matière de lait (’).
- Pour faire comprendre l’importance de la remarque de M. Gorini, il importe de préciser ce qui est reconnu depuis longtemps, et ce dont je me suis occupé à d’autres titres ('-), que si la pasteurisation détruit effectivement les bactéries pathogènes et de nombreux germes banaux, elle ne détruit pas certains germes thermophiles qui résistent même à la température de 100°. Ce sont ces germes qui ont étonné Pasteur lorsqu’il voulut appliquer au lait la même méthode de conservation qui lui avait donné de si bons résultats avec d’autres liquides, on peut même dire que ce furent eux qui conduisirent Pasteur à l’invention de la stérilisation, c’est-à-dire au chauffage à des températures supérieures à 100° sous pression, pour arriver à la destruction de tous les germes renfermés dans un liquide.
- Tous les laits contiennent des germes thermo-résistants, ils proviennent des poussières de fourrages qui voltigent continuellement dans l’air des étables, ils ne sont pas dangereux et président en grande partie à la maturation des fromages à pâte molle.
- Ces germes sont sporulés; or, la température de 85°, acquise pour la pasteurisation haute du lait, détruit les formes végétatives, mais ne détruit pas les spores; ces spores prolifèrent à nouveau après pasteurisation, assez lentement, et d’autant plus lentement que le lait se trouve plus souillé par d’autres germes genre ferments lactiques apportés par l’air après pasteurisation. Il est inutile d’insister sur l’influence favorable d’une température ambiante telle que celle que nous subissons en été. .. . -• .
- 1. Gorini. C. R. Ac. des Sciences, 1930, p. 885.
- 2. Fouassier. C. R. Ac. des Sciences, 1920, p, 145. t : !
- — C. R. Ac. des Sciences, 1920, p. 327.
- — C. R. Ac. d’Agriculture, 1921, p. 706.
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- Dans le cas de la pasteurisation basse, M. Gorini a constaté à la laiterie centrale de Milan, où cette, technique est suivie, que la température de 63°, non seulement ne détruisait ni les formes végétatives, ni les spores de thermophiles, mais encore favorisait leur développement et que le lait sortait enrichi en germes de cette sorte. Aussi, pour éviter leur action prédominante et rapide sur le lait, est-il nécessaire de refroidir et de maintenir celui-ci à une température non supérieure à 10° C.
- Cette constatation ne permet donc pas d’envisager d’une façon immédiate la généralisation de la pasteurisation basse. Une transformation radicale s’impose au préalable, non seulement dans les dépôts de laiteiie, mais encore dans le mode de transport, dans le mode de conservation chez le détaillant, et même chez le consommateur. La pasteurisation basse doit être obligatoirement complétée par une vaste utilisation du froid, cette utilisation qui viendrait grever le prix du lait, est encore à l’état d’embryon en France. La pasteurisation basse est pratiquée aux Etats-Unis, où le moindre ménage a sa glacière, et où l’eau glacée circule dans la tuyauterie des appartements !
- Comment agissent sur le lait ces germes thermo-résistants autrement dits acido-protéolytiques ? Comme ce dernier terme l’indique, ils agissent sur la matière azotée : la caséine. Ces germes sécrètent une diastase qui provoque sur la caséine une action coagulante analogue à celle de la présure; le lait s’épaissit et finit par cailler, mais ce caillage est tout différent de celui
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- imputable aux ferments lactiques. La ménagère constate que le lait modifié par l’action de ces germes est moins fluide qu’un autre indemne ou moins touché, qu’il « attache à la casserole », fuit un bruit spécial lorsqu’il bout, finalement, elle le déclare fraudé et additionné de plâtre ou d’amidon, fraude légendaire, mais qui lui sert à expliquer une anomalie qu’il est très difficile de lui faire comprendre.
- Pour terminer, je dirai, que le lait vendu à Paris, par les soins de tel ou tel société ou groupement ou détaillant, est un lait de bonne qualité, en rapport avec sa provenance, c’est-à-dire avec les herbages ou les races prédominantes dans une région; son taux moyen de matière grasse est voisin de 36 gr par litre (il est des laits naturels à 30 gr, d’autres à 40 gr). Si on n’observe pas sur le lait vendu à Paris la même montée de crème que sur celui parfois moins riche, qui, en province, vient directement de la ferme, c’est que la pasteurisation divise les globules gras et diminue leur force ascensionnelle. Quant à la fraude, elle est excessivement rare; je ne puis dire qu’elle n’existe plus, ce serait me porter garant de la nature humaine, mais cependant il est certain qu’elle tend vers ce point au fur et à mesure que le commerce du lait s’industrialise, ce qu’il fait à grands pas.
- Marc Fouassier, de l’Institut Pasteur, Chimiste-expert près les Tribunaux.
- LE TRAFIC DU CANAL DE SUEZ
- Fig. 2. — Mouvement maritime du Canal de Suez depuis 20 ans en millions de tonnes de jauge).
- Le Canal de Suez, inauguré en 1869, n’a guère plus de 60 années d’existence. Mais il est si étroitement associé aux intérêts du Vieux-Monde que nous le considérons volontiers comme un ancêtre, un fragment vénérable et immuable du patrimoine européen. Il en est de lui comme de certains visages familiers : nous les voyons encore avec nos souvenirs d’autrefois alors qu’ils sont profondément modifiés. Il faut que nous en soyons
- séparés quelque temps pour qu’à une nouvelle rencontre nous saisissions ce qui, en eux, a changé et par la même occasion, en quoi nous avons changé aussi. C’est à Suez que l’on observe le mieux l’évolution de l’Europe.
- Les progrès techniques. — Depuis l’ouverture du canal, le paysage s’est, par endroits, transformé. Au milieu du parcours, Ismaïliah, alimentée par un canal d’eau douce venue du Nil, étale ses villas, ses jardins et ses ombrages. Aux deux extrémités, des villes jumelles gran-
- dissent rapidement.
- Sur la Méditerranée, c’est Port-Saïd, agglomération cosmopolite de 100 000 h, tête des voies ferrées vers Suez et vers le Caire, qui exploite de vastes salines et dont le port, que le trafic de transit hisse aux premiers rangs dans le monde, voit son activité propre s’élever en 1929 à 1880000 t. Sur l’autre __ rive, Port-Fouad, inauguré en 1926, devient un céntre de résidence pour les marins et les employés de Port-Saïd. Au débouché du canal sur la mer Rouge, Suez somnolait encore au début du xxe siècle; elle travaille aujourd’hui les minerais du Sinaï et s’organise pour être un centre de mazoutage, tandis que Port-Tewfik, mieux situé, pourvu d’un outillage moderne, est en plein essor.
- Les travaux d’amélioration, poursuivis méthodiquement depuis 1869, permettent un transit plus facile et plus rapide. Ils ont triplé le prix de revient du Canal. Terrassements et dragages effectués depuis l’ouverture sont évalués à 290 millions de m°, et atteignent actuellement un peu plus de 5 millions de m3 par an. Mais, tandis qu’avant la guerre, un gros effort était fait pour le dragage d’entretien (6 450 000 t. en 1913), aujourd’hui la jetée protectrice commencée en 1911 à l’ouest du che-
- 1320 1330
- Fig. 1. — Séjour moyen des navires dans le Canal de Suez.
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- 506
- Part du pavillon britan^
- „ „ » néerlandais
- « „ allemand
- „ „ „ français
- „ „ italien
- 1910 12 \k 16 18 20 22 2k 26 28 30
- Fig. 3. •— Pourcentage par pavillon du tonnage net transité (de 1910 à 1930).
- nal d’accès, à Pord-Saïd, empêche les sables amenés par le courant littoral de se déposer dans cette partie du canal. Aussi les dragages d’amélioration absorbent maintenant la plus grosse part des travaux. Lors du perce-
- Fig. 6. —- Courants de trafic extra-européens empruntant la voie de
- Suez, en 1929.
- 1. Mer Rouge : 681 000 t — 2. Afrique Orientale : 1 928 000 t. — 3. Golfe Persique : 4 790 000 t. — 4. Inde Anglaise : 9 246 000 t.
- — 5. Indo-Chine et Siam : 855 000 t. — 6. Insulinde : 4 475 000 t.
- — 7. Australasie : 3 942 000 t. :— 8. Chine, Japon et Philippines : 7 669 000 t.
- (L’extrémité évasée de chaque faisceau a une largeur proportionnelle à l’importance du trafic.)
- ment, la largeur au plafond était de 22 m, elle atteint à présent 60 m par 10 m de profondeur, ce qui donne en général une nappe de 150 m au plan d’eau. La profondeur a été portée progressivement de 8 à 13 m et le tirant d’eau autorisé qui en 1870 n’était que de 7 m 50 est, depuis 1930, 10 m 06. Ainsi l’organe commercial a suivi les progrès de la construction navale. Au début de l’exploitation, les plus gros navires transiteurs avaient une longueur de 117 m et un tonnage brut de 4400 t. En 1921, le croiseur britannique Renown passe avec ses 242 m de longueur et, depuis l’année dernière, le Colombus allemand, vapeur à turbines de 33 000 t, utilise la voie de Suez. Seules quelques unités transatlantiques géantes ne pourraient emprunter le canal.
- Les travaux d’amélioration et l’installation des projecteurs sur les bateaux pour la navigation de nuit ont permis d’abaisser la durée moyenne de la traversée: de 48 h en 1870, elle est tombée à 18 h 32 en 1900, à 14 h 34 en 1930, soit 11 h 44 de marche effective, pour
- i i
- 1910 14- 18 22 26 19 1930
- Fig, 4. — Trafic Nord-Sud en millions de tonnes.
- 400. '
- 1910 14
- 18 22 26 291930
- Fig. 5. — Trafic Sud-Nord en millions de tonnes,
- une longueur de 164 km. La traversée du Canal de Panama (81 km) oscille de 7 à 11 h suivant les dimensions des navires.
- U évolution du trafic. —- L’évolution du trafic mérite un examen attentif, car elle reflète, d’une façon très sensible, les changements, de nos jours si brusques, qui affectent l’économie mondiale : qu’il s’agisse de la guerre, de l’emploi du mazout, d’une grève importante, de la rivalité de la betterave et de la canne à sucre, d’une année déficitaire ou pléthorique, de l’essor commercial de tel ou tel état, toutes ces causes retentissent sur la vie du canal.
- Si l’on consulte les statistiques du tonnage brut des bateaux transiteurs ou celles du tonnage des marchandises, on constate dans les deux cas un développement impressionnant, surtout depuis 1900. Après quelques années difficiles, le nouvel itinéraire l’emporte sur l’ancienne voie du Cap. Le raccourcissement des distances (trajet de Ceylan à Hambourg réduit de 48 pour 100, au
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- Havre de 50 pour 100, à Marseille de 52 pour 100), la mise en valeur de l’Extrême-Orient, le développement de la marine à vapeur plus soucieuse que la marine à voiles de diminuer les trajets pour économiser le combustible, ont contribué à augmenter le trafic. De 9 millions et demi de tx en 1900, on passe à 16 millions en 1910, à 20 millions en 1913. Le conflit mondial creuse de 1914 à 1918 une profonde dépression, comblée dès 1922, et 1929 donne les chiffres record de 33466000 tonneaux.Les résultats de 1930 sont moins brillants : par suite de la crise économique 5761 navires au lieu de 6274 l’année précédente et 31669 000 tx. Les autres canaux maritimes présentent des diminutions sen-
- Fiy. 7. — Entrée du port de Port-Saïd.
- Au premier plan : le chantier des blocs servant aux travaux des jetées.
- Fig. 8. — Vue du port de Port-Saïd. Au premier plan : les ateliers généraux de la Compagnie du Canal, rive Asie (à Port-Fouad).
- siblement du même ordre et le canal de Kiel accuse, pour le dernier trimestre de 1930, une diminution de tonnage de plus d’un sixième. Les grands ports, eux aussi, ont été touchés assez durement : c’est le cas de Rotterdam et surtout d’Anvers. Si, à Suez, la diminution du tonnage n’est que de 5,4 pour 100, cela est dû surtout à la croissance du mouvement postal : ces lignes régulières, peu sensibles à la crise économique, comptent pcmr 1/3 dans le trafic général. Le nombre des passagers n’a que très peu fléchi, passant de 325 000 en 1929 à 305 000 en 1930.
- Fig. 9. — Ponton pilon dérocheur employé aux travaux du canal devant Porl-Tewfik.
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- Fig. 10. — Drague à long couloir employée à l’approfondissement du canal.
- Depuis quelques années, le nombre des navires augmente très lentement; l’accroissement du trafic provient avant tout de celui du tonnage brut des unités (120 t environ par an). Le tonnage moyen était de 2877 tx en 1890, de 3981 tx en 1900, de 5086 tx en 1910. Il était en 1929 de 7376 tx et plus de 10 pour 100 des transiteurs avaient un tonnage supérieur à 10 000 tonneaux.
- Le pavillon britannique a gardé le premier rang depuis 1870 : 17 600 000 tx en 1930. Mais ce tonnage ne constitue que 55 pour 100 du trafic, alors qu’à la fin du xixe siècle, il en constituait les 3/4. La crise industrielle et commerciale dont souffre la Grande-Bretagne depuis la guerre est ici visible. L’Allemagne, depuis l’année dernière, a reconquis la seconde place et une telle augmentation n’est que le reflet de la renaissance maritime de ce pays. Le rang du pavillon hollandais, avec 3 300 000 tonneaux peut surprendre celui qui n’associerait pas encore l’image des grasses prairies de la Hollande à la symphonie en vert des Indes néerlandaises. La part de l’Italie, légèrement inférieure à celle de la France, est d’autant plus significative qu’aucune très grande possession n’appelle le pavillon italien au delà de Suez. Enfin, depuis la guerre, la
- Fig. 12. — Un grand paquebot en transit sur le canal.
- grosse nouveauté est l’accroissement, qui a cessé aujourd’hui, du tonnage japonais (3 pour 100) et américain (2 pour 100).
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- Si l’analyse du mouvement commercial comporte certains enseignements, celle du trafic des marchandises n’est pas moins intéressante. L’augmentation est sensiblement parallèle à celle du tonnage de jauge : de 25 millions de tonnes-poids en 1913, on passe à 34 millions en 1929 pour retomber à 28 511 000 t en 1930, soit une diminution de 17,4 pour 100. Cette proportion est plus forte que celle qu’on observe dans certains grands ports européens : à Gênes par exemple, la diminution en poids pour l’année 1930 n’a été que de 10 pour 100 environ. C’est qu’en effet, si la crise économique mondiale explique en partie le fléchissement du trafic de Suez, d’autres causes ont joué dans le même sens : le déficit de la récolte de blé en Australie qui a réduit de presque
- Fig. 11. — Drague marine pour travaux en. rade de Port-Saïd.
- moitié son exportation par Suez, l’insignifiance des envois de sucre de Java (26 000 t en 1930 contre 422 000 en 1929) et surtout les troubles de l’Inde qui ont exercé une fâcheuse influence sur les expéditions de tissus en particulier (280 000 t. contre 464 000 t).
- Des deux courants Nord-Sud et Sud-Nord, le second est, en poids, beaucoup plus important : c’est par lui, en effet, qu’arrivent les matières premières lourdes et volumineuses, destinées aux centres industriels européens.
- 1929 1930
- Courant Nord-Sud 12.896.000 t 9.434.000 t. Courant Sud-Nord 21.620.000 t 19.077.000 t.
- Total 34.516.000 t 28.511.000 t.
- Le trafic Nord-Sud offre un raccourci de l’activité économique de l’Europe : il comprend surtout des produits métallurgiques, du charbon, des tissus. Métaux ouvrés et machines, venus
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- d’Angleterre et d’Allemagne représentent en moyenne un cinquième du tonnage N.-S. et sont parmi les éléments d’activité les plus stables (3 500 000 t en 1929). Beaucoup plus irréguliers sont les transits de houille : de 1300000 tonnes en 1913, on passe à 96 000 en 1918, 1663 000 en 1922, 294000 en 1926 (année de la grève des mineurs anglais) et 450 000 en 1930. De plus en plus, la concurrence des charbons australiens, indous et indo-chinois gêne la vente des charbons européens dans l’océan Indien, à plus forte raison en Extrême-Orient. Au contraire, les sels de Port-Saïd et de l’Allemagne, les ciments anglais et les engrais manufacturés sont en progression assez régulière.
- Plus suggestifs encore sont les chiffres du courant Sud-Nord. Les matières alimentaires qui passent dans ce sens nous renseignent sur la nourriture de l’Europe. Au premier rang viennent les oléagineux, avec près de 5 millions de tonnes en 1929 : le coprah, l’arachide et surtout le soja, légumineuse asiatique riche en protéine et en matières grasses, sont parmi les plus importants. Le trafic des céréales est beaucoup moins régulier : blés de l’Inde et de l’Australie, riz de Cochinchine et de Birmanie présentent des fluctuations liées aux conditions annuelles du marché. L’ancien commerce des épices ne représente plus qu’un pourcentage infime du mouvement total: poivre d’Indochine, vanille et thé de Malaisie, sucre de canne d’Australie, des Philippines et de Java. Le second groupe fournit à l’Europe les matières premières nécessaires à son industrie textile (jute et coton de l’Inde, chanvre des Philippines) et à sa métallurgie (étain de l’Insulinde, manganèse de l’Inde et du Sinaï, plomb et cuivre du Queensland australien).
- Depuis la guerre, deux éléments nouveaux ont contribué à l’augmentation du courant S.-N. ; le caoutchouc de Malaisie (700 t en 1910; 775 000 en 1930) et surtout
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- le pétrole, fourni pour les 9/10 par les gisements du Golfe Persique (92 000 t en 1910; 4 062 000 t en 1930).
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- L’aire de drainage du Canal de Suez s’étend d’une part à toute l’Europe et même à une partie de l’Amérique nord-Atlantique et d’autre part au pourtour de l’océan Indien ainsi qu’aux régions du Pacifique ouest. Au moment de l’ouverture du Canal de Panama, on avait pu craindre qu’une partie importante du trafic de Suez fût détournée vers la nouvelle voie et que les progrès du jeune canal se fissent surtout au détriment de l’ancien. L’expérience a montré que non. Le Canal de Panama a plutôt créé à Suez un manque à gagner qu’un déficit. Il existe, en effet, entre les deux, des zones de concurrence, en particulier les régions situées à égale distance de l’Europe ou de l’Amérique par Suez et par Panama. Pour New-York, la ligne d’équidistance passe par l’Australie occidentale; pour Liverpool, par la Nouvelle-Zélande et l’archipel des Salomon. Les pays situés à l’est de ces lignes sont donc sollicités vers Panama. Mais pour l’instant, le trafic qu’ils représentent est assez faible par rapport à celui de Suez. Chacun des deux grands canaux maritimes a son domaine et son rôle : tandis que Panama est essentiellement l’organe du monde américain, Suez demeure celui de l’Eurasie. Les continents sont disposés de telle sorte que le nouveau foyer industriel américain n’intéresse pas au premier chef le canal de Suez. Il n’en serait peut-être pas de même si les pays qui bordent l’océan Indien et la mer de Chine s’industrialisant à leur tour, des courants commerciaux naissaient entre eux, sans passer par notre intermédiaire.
- Les perspectives d’avenir montrent donc combien le Canal de Suez est lié à la prospérité de l’Europe.
- Maurice Debesse.
- EMPLOI DE CERTAINS FLUORURES ORGANIQUES
- COMME FRIGORIGÈNES
- Voici les conditions qui sont exigées par les industries du froid, pour les corps destinés à produire par leur vaporisation, l’abaissement de température que l’on recherche.
- On considère, outre leur pression de vapeur, leur stabilité chimique, leur absence de toxicité, leur ininflammabilité dans les conditions de l’expérience, et surtout leur neutralité vis-à-vis des parois métalliques des récipients à travers lesquels ils circulent.
- Les frigorigènes usuels ne satisfont pas simultanément tous ces « desiderata ». Ainsi l’acide carbonique impose des pressions très élevées. L’ammoniaque est toxique; les fuites, même faibles, sont, il est vrai, révélées de suite par son odeur; mais les ruptures accidentelles de canalisation, provoquant une invasion brusque et massive du gaz sont toujours tragiques.
- Le chlorure de méthyle, le chlorure d’éthyle sont inflammables : il en est de même du butane dont l’emploi a été proposé il y a quelques aimées aux Etats-Unis, mais qui ne s’est pas répandu.
- Les chimistes américains T. Midgley et A. L. Henne ont
- découvert que certains dérivés du méthane, chlorés et fluorés en même temps, constituaient des frigorigènes réunissant les conditions précitées.
- Parmi les corps de cette série, ils ont distingué le dichloro-difluoro-méthane, comme étant le plus intéressant, au point de vue pratique. Ils sont partis de cette observation que le tétrachlorure de carhone bouillait à une température plus haute que le chlorofornqe et que le fluorure de méthyle bouillait à une température plus haute que le méthane, et que, par un résultat assez inattendu, si on substitue dans ces corps un atome de fluor à un atome d’hydrogène, le point d’ébullition s’abaissait énormément.
- Ainsi, alors que le chloroforme bout à 61°, le fluoro-trichloro-méthane ne bout qu’à 24°. Par une double substitution, on a le corps CCPF2 qui, chose curieuse, bout à — 30°, qui n’a pas d’action sur les récipients métalliques, et qui est stable 30 jours à 175°. Il est sans action sur l’aluminium, le cuivre, le métal Monel, l’étain et les soudures étain-plomb. Les récipients en bronze phosphoreux et en alliages laiton-magnésium sont un peu attaqués. L’eau attaque ce corps. Son point de
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- congélation est — 155°, sa densité 1,40. Il n’est ni toxique, ni inflammable. Sa préparation se fait par la méthode de Swarts, par l’action du trifluorure d’antimoine SbFl5 et du tétrachlorure de carbone, en présence de pentaclilorure d’antimoine comme catalyseur.
- La réaction est la suivante :
- 3CCF + 2SbF3 = 3[CC12F3] + 2SbCF.
- On a en même temps quelques autres dérivés fluorés, mais on peut obtenir néanmoins un rendement de 88 à 94 pour 100.
- La réaction a lieu vers 4 à 5 kg de pression par cm- dans un autoclave à chemise de chauffage et muni d’une colonne de déflegmation, en métal Monel.
- A la sortie de la colonne à déflegmer se trouve un laveur contenant de la soude caustique, pour éliminer le phosgène (COCl1 2) et le chlore qui peuvent exister, puis de là dans un gazomètre d’où une pompe le comprime, pour l’emmagasiner dans des récipients en acier Stainless.
- A. IL
- = L’ESPAGNE FORESTIERE =
- UNE VISITE AUX PINSAPOS DE RONDA
- Au cours de nombreux voyages au large d’Europe, j’ai vu en Afrique du Nord, mais surtout en Asie, dans la sylve sauvage de très belles essences forestières, par centaines.
- Tout le monde sait, par ailleurs, que les Amériques et l’Océanie possèdent, elles aussi, de beaux arbres au boife recherché.
- Il n’en est pas moins vrai qu’en Europe les chênes altiers, l’épicea, le mélèze, quelques pins, parmi lesquels le laricio et le sylvestre, composent, avec le Fayard et le Sapin, des forêts qui pour être le plus souvent trop domestiquées, hors des voies naturelles, n’en sont pas moins remarquables et de très haute valeur.
- Pour sa part cependant la France dont le taux de boisement est très insuffisant pourrait —- à peu de choses près, si elle le voulait, comme elle le devrait — couvrir toutes ses terres montagnardes, à véritable vocation forestière, avec le Sapin et le Fayard.
- Par un tel retour à un stade boisé naturel (par là meilleur) et par voie de conséquence, à une extension sérieuse du manteau forestier sur les monts, le Sapin et le Fayard, à eux deux, aideraient à reconstituer la trame solide et puissante de la grande sylve disparue. Au sein de celle-ci se rénoverait Y entraide floristique qui reste indispensable lorsque l’on veut assurer la pérennité des massifs naturels climatiques.
- Qu’il me soit permis de rappeler ici que les collectivités sylvestres, avec le cachet propre que leur donne telle ou telle essence principale, se situent entre deux isothermes exactement définies, lesquelles dessinent, sur la carte, les limites au delà desquelles la vie est, pour l’essence principale considérée, difficile, puis impossible. Dans cette zone d’expansion possible (maximum en bas et au Sud; minimum en haut et au Nord (x) l’essence étudiée évolue, ici bien, là mal, sous l’action des autres forces en jeu qui, elles aussi, conditionnent son évolution (résultante).
- Ce sont ces autres forces (de toute nature) (2) qui, en
- 1. Notre hémisphère. A ce propos j’ajoute que les moyennes ne signifient en effet absolument rien.
- 2. Composantes : eau, sol, exposition, vent, ambiance, etc... sans parler de cet autre facteur a action humaine » qui peut pour détruire prévaloir sur tous les autres; mais qui peut grandement aussi aider à améliorer et reconstruire.
- combinaison avec la chaleur-lumière, règlent la manière de se comporter de chaque essence principale, dans l’emprise de son association. En particulier, ainsi que le Prof. Flahault l’a très nettement dit, le besoin en eau, sous toutes ses formes, doit être impérativement satisfait, qu’il s’agisse des arbres de la forêt ou de tous autres végétaux. Ce besoin en eau varie de végétal à végétal.
- À propos de l’eau, il est entendu, et j’y ai insisté à diverses reprises ailleurs, avec force, qu’il faut surtout tenir compte, pour chaque espèce, non pas tant de la valeur annuelle de la pluie, mais bien plus (et cela de façon très attentive, particulière, absolue) du jeu de la répartition des condensations dans le temps : saison, mois, jours.
- Ceci n’est pas encore tout. La forme sous laquelle se produisent les précipitations importe grandement, car les grosses pluies d’orage, par exemple, restent le plus souvent stériles, sinon néfastes dans bien des cas et cela surtout là où l’arrivée de l’eau est attendue avec impatience, à la suite des grandes sécheresses.
- Toutes autres conditions égales, rien ne vaut mieux pour les cultures forestières et agricoles que les pluies moyennes répétées en un milieu à légère évaporation (bon couvert).
- Autre constatation : plus l’on se dirige dans notre hémisphère vers le Sud (régions sèches), plus la valeur relative de la lumière-chaleur est intense. C’est ainsi que l’on pourrait dire qu’il n’y a pas d’ombre dans les boisements méridionaux (biologiquement parlant). Cela paraît être vrai, non seulement parce que la lumière —directe ou diffuse — pénètre avec plus de puissance partout (intensité et durée), mais aussi parce que les boisements sont eux-mêmes d’un tout autre type que ceux des régions froides, tempérées, humides ; cause à effet, effet à cause» C’est ainsi, par exemple, que sur le versant méditerranéen on peut voir le sylvestre lui-même à la manière du laricio, du maritime ou de l’Alep — essences proclamées non sans certaines raisons comme étant amoureuses de grande lumière — se régénérer dans le maquis, dans la brousse et résister dans le taillis. Ces essences transitoires peuvent — je dirai doivent — être traitées par le jardinage, en liaison avec les feuillus de la flore climatique.
- Mais je semble oublier que c’est du Sapin dont j’ai à entretenir le lecteur. Il y a des Abies méridionaux en
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- nombre. Je place le pectiné parmi eux. Jadis il descendait assez bas dans nos Cévennes. Georges Fabre et Labbé, en bons forestiers, en ont sauvé quelques reliques. On le retrouve en Corse avec le hêtre. Après l’Abiès Pinsapo du Bahor en Algérie, il y a celui du Rif espagnol. MM. les ingénieurs de Montes, Luis Ceballos et Manuel Martin Bolanos (*) et, peu de jours après eux, MM. Maire et Imberger l’ont visité et identifié en 1928. Ce pinsapo ne serait, à peu de choses près, que celui signalé en 1775 (2), puis déterminé en 1837 par Boissier (3) grand-père de l’entomologiste suisse, M. Barbey, dans la Serrania de Ronda en Espagne méridionale.
- Entraîné par M. Barbey lui-même et non sans être entré en relations avec les forestiers espagnols cités plus haut, j’ai en avril 1929 visité, avec eux et M. Bezarès, du Service entomologique espagnol, les groupes de l’Abiès de Ronda situés au Sud sur la Sierra de la Nieve et au Nord dans l’âpre massif du Pinar, patrie des grands vautours. Je ne suis point botaniste. Il m’est certes advenu de grandement le regretter et cela pour cause, mais pour des raisons reconnues respectables, et qu’il serait oiseux de dire ici, je me suis longtemps réjoui de cette lacune en mon savoir. Au cours de ma longue carrière forestière coloniale, je n’en ai pas moins fait d’intéressantes observations et constatations de divers ordres (4). J’ai en particulier été frappé de l’extension que prend le polymorphisme chez certaines essences méridionales — pays chauds, pays à périodes sèches.
- Malgré cela, la tentation viendra-t-elle peut-être un jour de décréter plusieurs variétés de Pinsapo autour de Ronda, mais vraiment pour quelles fins ? Même si j’étais botaniste je ne voudrais pour rien au monde me hasarder à ce jeu; pas plus que je ne voudrais le faire pour l’Yeuse ou le Hêtre des zones basses méridionales.
- En vérité, si je suis allé à Ronda, c’est que, sachant ce que je savais déjà, de manière très générale de l’Espagne forestière, je tenais à me pénétrer de la façon d’être de cette zone montagneuse du Midi de la péninsule et du faciès actuel (s) de ces groupements d’Abiès au Sud. Je ne regrette rien de ces dures journées de montagne rendues agréables, grâce à la haute courtoisie et au savoir de nos collègues d’Espagne. Regarder, discuter à chaque pas, puis creuser le sujet en recherchant les solutions des problèmes « de foresterie», d’entomologie, etc., qui se posent ici, fut, je crois, du plus haut intérêt pour tous.
- Dans ces montagnes comme en bien d’autres lieux de tous pays, hélas! le manteau végétal dilapidé, voué à tous
- 1. Service i'orestal des Investigations, 1928. Anos I. N. 2.
- 2. Introduction à la « Historia Natural... de Espafia : Guillermo Baies. Aûo 1775.
- 3. Voyage botanique dans le Midi de l’Espagne, publié en 1839.
- 4. « L’étude des chênes d’Espagne, dit Boissier, est encore (1839) loin d’être complète à cause des variétés nombreuses qu’ils présentent et de la différence de leurs feuilles suivant l’époque de l’année. »
- Noie. — On ne relève dans la Serrania de Ronda que de rares incendies et pour cause; il n’y a rien à brûler. A la Nava de San Luis et ailleurs les massifs d’Yeuses bénéficient contre le feu de la bonne répartition des pluies et des brouillards... ils ne brûlent pas.
- 5. Voir les études de MM. Ceballos et Bolanos « No existe hoy en aquel bosque la necessaria diversidad entre las clases de edad para garantizarle su futur a existencia ».
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- les abus, en est arrivé à la dernière phase de la régression (x). Combien nos plus arides montagnes de France se'montrent-elles bien armées par rapport à ce qui s’offre à la vue dans la Serrania de Ronda (’2).
- L’histoire future de l’Espagne dira-t-elle un jour que par de miraculeuses décisions le Gouvernement, enfin alerté par l’opinion publique, a su enrayer la régression des dernières reliques de Quercus et d’Abies, etc... de la zone dont il est question ? Je le souhaite de toutes mes forces de a forestier »; mais à me remémorer ce que j’ai vu et ce qui se passe ailleurs j’ai plus que des craintes.
- Pourquoi donc faut-il que les cris d’alarme poussés par les forestiers de tous pays le soient en vain ?
- Pour sauver le Quercus alpestris de la Sierra de la Nieve il est déjà bien tard ; le milieu est ruiné jusqu’à la corde (3).
- Pour permettre à l’Abiès de Boissier de ne plus céder un pouce du terrain qu’il occupe encore, je ne vois qu’un remède : Supprimer radicalement pour mille années, pour toujours, les abus de toutes sortes (Parcs nationaux ou Réserves forestières) et surtout le parcours de la chèvre (4).
- Je ne crois pas à la possibilité immédiate de vastes reboisements artificiels. Par contre, si l’on supprime les causes de destruction soit : la chèvre (3), coupes abusives, etc., tous les espoirs de « reforestation » sont permis. En effet nous avons pu constater que, si comme le pectiné, l’Abiès de Boissier supporte et tolère le couvert, il craint moins que lui encore la belle lumière et le choc direct des rayons vivifiants de l’astre du jour.
- Si, à l’abri de la dent du bétail, j’ai pu surprendre des semis de Pinsapos, ou de rares plaques de mousses en compagnie de jeunes Yeuses, de peonia, de daphné..., etc..., il n’en est pas moins vrai en effet que le Pinsapo se montre capable d’envahir le terrain en plein découvert.
- Mais sans une mise en défense sévère du terrain, l’entêtement, la bonne volonté que montre cette essence à vouloir vivre, grâce à une distribution encore très bonne des pluies, et autres condensations, seront vains.
- Aussi le Pinsapo d’Espagne, comme celui du Maroc, se cramponne-t-il encore au sol et cela en mélange ici avec les chênes, avec le maritime, l’alep, le châtaignier et l’yeuse; mais il lui manque la compagnie d’un Fayard. Partout ses semis s’associent à Ulex (Aulaga), à Crategus, aux lavandes... sans que l’on puisse dire lequel de chacun de ces végétaux protège l’autre de la dent du bétail.
- Dans ce combat, à armes par trop inégales, que l’homme livre stupidement aux essences forestières et à leur flore
- 1. « Da pena, y aun me ati’evo a decir vergüenza, el abandono en que se han tenido y se tienen los uliimos reslos de los pinsapares que se conocen en Europa ». Academia de Ciencias, 1868.
- 2. Il y a plus de 90 ans Boissier pouvait écrire... « au Nord où s’étendaient les Sierras pelées d’Antequara et de Loza et au delà les immenses plaines stériles d’Osuna et d’Èspeja... »
- 3i « Quelques troupeaux de chèvres et de brebis cherchaient péniblement leur nourriture au milieu de cette végétation épineuse où les graminées manquent presque entièrement... «Boissier.
- 4. ... en las Sierras del Pinar. Yunquera y Tolox el diente de la Cabra mantiene a un métro individuas centenarias cuyas ramas, en intri-cado laberinto cubren el suelo a ras de iierra, tomando la planta, de este modo, aspecto de mata cespitosa ». Bolanos y Ceballos, pages 5, 6.
- 5. « Son muchos los métros cubioos de madera que las cabras han robado a los Pinsapos ».
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- d’accompagnement des Sierras espagnoles, depuis des
- Fig. 1.
- Versant nord de la Sierra de la Nieve.
- Serrania de Ronda.
- Au fond groupe de Pinsapos.
- Au premier plan pâturage dégradé et commencement d’érosion.
- Stéréo Roger Ducamp.
- Fig. y.
- Dans le massif du Piriar 1750 m d'altitude.
- Sur le versant nord, à l’abri relatif de la dent des chèvres, régénération du Pinsapo en mélange avec les chênes. Strate herbacée en assez bon état,
- Lierre, Ellébore, Daphné....
- Stéréo R. D.
- ilÉM
- ïiïüSBlll
- proche en proche ruiné l’Ibérie, l’un des plus beaux pays du monde. Là où, par la Forêt, il y aurait encore richesse relative, l’homme aura instauré à tout jamais le Désert.
- *
- * *
- A mes collègues d’au delà des Pyrénées, à ceux de Ronda, devenus des camarades, je confierai ce que sont depuis 4 mois mes pensées obsédantes :
- Sauver le Quercus alpestris, coûte que coûte, en récoltant ses ultimes semences. Maintenir dans les Parcs de l’Abiès tous les feuillus.
- Ne dédaigner sous aucun prétexte l’Yeuse et chercher à la faire monter le plus haut possible, de même que le châtaignier, sur les terres qui leur conviennent.
- Ramener (?) les Fayards dans l’association de l’Abiès de Boissier.
- millénaires, ce dernier aura, si rien ne vient l’arrêter, le dessus, comme il l’a eu ailleurs; mais il aura de
- Fig. 3.
- Au pied de la Sierra de la Nieve. Nava de San Luis.
- En haut, dans le coin gauche, reliques d’Abiès.
- Sur le versant exposé au midi l’Yeuse en régression.
- Dans la pâture, Pinsapo taillé « en collerette » par les chèvres.
- Songer à l’Ostrya et au Bouleau. Si tu veux sauver ce qui te reste ici de boisements, dirai-je à l’Espagne, écoute par-dessus tout les avis de tes a Ingenieros de Montes » et de tant d’autres patriotes.
- Hâte-toi d’agir — « lève-toi et agis » — d’urgence, sans défaillance, car demain il sera trop tard.
- Roger Ducamp,
- Ancien Directeur du Service forestier de l’Indochine.
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- LES VIEUX SAVANTS QUAND ILS ÉTAIENT JEUNES
- IX. L’ESPRIT SCIENTIFIQUE DANS TOUTE UNE FAMILLE (Suite)
- Pour terminer ce chapitre nous avons encore à consacrer quelques lignes aux Brongniart, aux MUne-Edwards et à Darwin.
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- Alexandre Brongniart (1770-1847) (1 2 *), qui a montré, le premier, comment l’ordre de superposition des terrains et leur âge relatif est défini par les restes (fossiles) des animaux contemporains de leur formation, appartenait à une famille originaire de l’Artois, qui avait une situation notable depuis le xv6 siècle dans cette région, mais qui était venue se fixer à Paris. Son père, Théodore Brongniart, était un architecte éminent (c’est à lui, en particulier, que sont dus la Bourse et le grand Cimetière de l’Est) ; il eût désiré que son fils suivît la même carrière, mais Alexandre manifesta un goût passionné pour les sciences. Dès sa première jeunesse, il avait été témoin des magnifiques découvertes chimiques de Lavoisier et il en fut tellement enthousiasmé qu’à peine âgé de 16 ans, il s’employa à défendre les doctrines de celui-ci contre ses détracteurs. Dans une des pièces de l’appartement de son père, à l’Hôtel des Invalides, il fit même un cours public pour les exposer, ce qui lui valut les félicitations de Lavoisier lui-même, qui était entré, presque par hasard, dans la salle.
- En 1788, il entra à l’Ecole des Mines, puis visita les houillères de l’Angleterre, où il fut guidé par sir Joseph Banks. De retour en France, il fut appelé à faire partie de l’armée et, en cette qualité, fut envoyé dans le service de santé sur la frontière des Pyrénées. C’est là qu’il lui arriva une fâcheuse aventure. Accompagné du botaniste Broussonnet, il avait obtenu de dépasser la frontière, mais il fut seul à en revenir. Broussonnet, mêlé aux affaires politiques de ce temps (on était alors en plein régime de la Terreur, au début de thermidor 1792), avait jugé prudent d’émigrer en Espagne. Brongniart fut accusé d’être complice de cette émigration, arrêté sur-le-champ, mis au cachot à Pau; il eût été conduit à l’échafaud si la chute de Robespierre ne fût, heureusement, arrivée.
- II fut alors attaché à la commission des poids et mesures, puis visita, en géologue, les montagnes.de la Provence, les Alpes du Dauphiné, de la Savoie et de la Suisse, où il recueillit nombre d’observations qui devaient servir de base à ses célèbres travaux.
- Plus tard, Alexandre Brongniart fut attaché, comme directeur, à la manufacture de Sèvres, alors en pleine désorganisation; c’est là que naquit son fils, Adolphe Brongniart (1801-f876), qui devait devenir au moins aussi célèbre que son père (c’est lui qui créa, peut-on dire, la paléontologie végétale ou paléobotanique, c’est-à-dire l’étude méthodique des plantes fossiles). Très instruit sur toutes les sciences, Adolphe Brongniart se montra, bien vite, attiré par l’étude des plantes, tant vivantes que fossiles, qu’il étudia de main de maître, soit seul, soit en collaboration.
- Le fils d’Adolphe Brongniart, Charles Brongniart, disparu il y a une vingtaine d’années, évolua, lui, vers l’entomologie, et devint aide-naturaliste au Muséum; il garda, cependant, quelque chose de ses antécédents « paléontologiques », si l’on peut dire, en faisant une thèse sur les insectes fossiles.
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- 1. Voir La Nature depuis le n° 2808.
- 2. Pour plus de détails, voir son Éloge par J.-B. Dumas, dans les
- Mémoires de l’Académie des Sciences, Tome XXXIX, Paris, 1877.
- Henri Milne=Bdwards (1800-1885) a, parmi les zoologistes français, occupé une place assez considérable par ses travaux, ses publications et son enseignement. Grâce à Berthelot, qui a prononcé son Eloge (') en 1891, nous allons pouvoir donner des renseignements précis sur ses origines et ses débuts.
- Il naquit à Bruges — actuellement en Belgique — Il était le vingt-huitième enfant de William Edwards (origine vraisemblablement anglaise?), planteur et colonel de milice à la Jamaïque, qui s’était marié deux fois (ce qui explique sa copieuse descendance, qu’une seule femme n’aurait pu guère mettre au monde). Après avoir quitté les colonies, puis résidé quelque temps en Angleterre, William Edwards vint s’établir en Belgique, laquelle faisait alors partie de la France; ayant été emprisonné pendant 7 ans par la police impériale pour avoir facilité l’évasion de quelques Anglais internés à Bruges, il fut mis en liberté en 1814, vint résider à Paris et réclama pour son fils Henri le bénéfice de la loi qui le reconnaissait français. Par suite de sà captivité, William Edwards n’avait pu s’occuper de la première éducation de ce fils (Henri) ; celle-ci fut dirigée par le fils aîné, plus âgé que lui de 24 ans et appelé William comme son père. Ce William Edwards était un physiologiste qui a laissé un nom dans la science et qui eut, certainement, une influence considérable sur la vocation d’Henri Milne Edwards en lui faisant comprendre l’intérêt des sciences naturelles. On raconte qu’Henri ayantàl’âgedell ans reçu en cadeau l’Histoire des animaux de Bufïon, en essaya l’analyse, premier indice de l’intérêt qu’il devait, plus tard, porter à la zoologie.
- Cet intérêt, cependant, ne se développa que beaucoup plus tard. Elevé dans l’aisance, marié à l’âge de 23 ans, avec Mlle Laure Trézel, fille d’un colonel qui est devenu, ultérieurement, général et Ministre de la Guerre, il ne semblait pas qu’Henri Edwards (nom auquel fut ajouté celui de sa mère, Milne, d’où le nom de Milne-Edwards) dût jamais être appelé à contribuer au progrès des sciences. S’il avait acquis, à ses débuts, le diplôme de docteur en médecine, ce fut, semble-t-il, par suite du même principe en vertu duquel son père, fidèle aux idées de Rousseau et du xvm® siècle, lui fit apprendre un métier manuel. Henri vivait entouré des amis de son âge, curieux et instruits comme lui. C’était alors un riche et jeune amateur, curieux d’art, de peinture, et, surtout, de musique, goûts qu’il conserva durant toute sa vie. Il cultivait, à la fois, la fréquentation des médecins et des artistes; il rencontrait surtout ces derniers à la Sorbonne, qui était alors un asile de théologiens et qui était affectée, à ce moment, aux logements des peintres et des sculpteurs.
- Henri Milne-Edwards semblait devoir passer sa vie dans un dilettantisme élégant, mais, subitement, sa destinée changea et, comme il arrive souvent, ce fut sous l’ernpire de la nécessité. En 1825, par suite de circonstances ' de famille, sa situation changea brusquement. Il dut. abandonner un héritage, qui constituait la partie principale de son avoir, et il fut obligé de demander au travail les ressources nécessaires aux besoins de sa famille. La publication d’ouvrages élémentaires de médecine et de matière médicale parut y suffire d’abord. A ce moment, il rencontra un aide dans le concours des amitiés dévouées qu’il avait su conquérir en se liant avec des jeunes gens à l’esprit distingué, tels que J.-B. Dumas, Adolphe Brongniart, Audouin, qui n’ont pas tardé à devenir, eux aussi, des illustrations scientifiques. L’aide amicale donnée à Milne-Edwards se manifesta, à la fois, dans la poursuite des recherches et dans la carrière de l’enseignement, qu’il devait poursuivre, successivement à l’Ecole des Arts et Manufactures, au Muséum et à la Sorbonne.
- 1. Mémoire de l’Académie des Sciences, tome XLVII.
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- Henri Milne-Edwards eut 10 enfants, qui, pour la plupart, moururent en bas âge. Parmi les survivants de cette lignée, un seul se distingua particulièrement. Ce fut Alphonse Milne-Edwards (1835-1900), qui devint directeur du Muséum d’His-toire naturelle de Paris et qui habita avec son père au Jardin des Plantes. Dès sa jeunesse, il se trouva, ainsi, dans un milieu de savants éminents, tels que les deux Geoffroy Saint-Hilaire, Duméril, Valencienne, Adolphe Brongniart, Adrien de Jussieu, Gay-Lussac, Chevreul, etc., avec lesquels il eut, vraisemblablement, de nombreuses conversations : Henri Milne-Edwards, aimant la vie mondaine, avait fait, de son salon, un centre d’attraction pour les savants — français ou étrangers — et les artistes.
- Dans une notice f1) consacrée à Alphonse Milne-Edwards, M. Alfred Lacroix a fait connaître sur la jeunesse de ce savant, qui devait occuper une si grande place en zoologie (c’est lui, notamment, qui préconisa l’étude des animaux des grands fonds marins), quelques détails sur sa jeunesse que nous allons résumer.
- Le jeune Alphonse Milne-Edwards eut l’enfance triste de tous ceux qui ont eu le malheur de perdre leur mère très prématurément. Il reçut une instruction fort soignée, à la fois scientifique, artistique et littéraire, la culture gréco-latine n’étant pas séparée de la connaissance des^langues vivantes. Il fut élevé à l’anglaise, ce qui explique qu’il fut et qu’il resta très sportif et très entraîné, en un temps, cependant, où on ne l’était guère en France. Bon cavalier, habile dans les diverses gymnastiques, nage, escrime, canne, sauts d’obstacles; excellent marcheur et ascensionniste intrépide, tireur au fusil exercé, il était aussi fort adroit de ses mains et avait appris les rudiments de la plupart des métiers manuels, ce qui lui fut, plus tard, d’une grande utilité quand il eut à diriger un service où les montages de tous genres (empaillages, squelettes, etc.) tenaient une grande place. Il aimait fort les exercices nautiques et, hien avant dans sa carrière, les graves membres des Commissions officielles qu’il avait coudoyés pendant le jour dans les Ministères, auraient eu de la peine à reconnaître leur collègue (2) dans le petit homme agile, vêtu d’un maillot, qui, à la nuit tombante, sortait furtivement du Jardin des Plantes, un canot d’acajou sur l’épaule, poiir aller prendre ses ébats sur la Seine voisine.
- Alphonse Milne-Edwards n’eut à souffrir, ni des difficultés matérielles, ni des obstacles variés qui, si Souvent, arrêtent les jeunes hommes à leurs débuts, mais, souvent aussi, comme le dit M. Alfred Lacroix, servent de stimulant à ceux qui sont bien trempés. Il avait, devant lui, une voie largement tracée; le fils d’Henri Milne-Edwards ne pouvait être que zoologiste, et il le fut en effet. Sa carrière fut toute droite et rapide; il possédait les qualités et la volonté nécessaires pour la faire, en outre, brillante. Après avoir terminé ses études à la Sorbonne et à l’Ecole de Médecine, où il se lia d’amitié avec Marey et où il retrouva son ami d’enfance, Brouardel, il devint préparateur de son père à la Faculté des Sciences (1856). Après avoir été reçu, successivement, docteur en médecine, puis docteur ès sciences (1861), il devint aide-naturaliste au Muséum, puis agrégé — ensuite professeur titulaire à l’Ecole supérieure de pharmacie, où, ensuite, il professa pendant 35 ans.
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- 1. Lecture faite dans la séance annuelle de l’Académie des Sciences du 22 décembre 1924.
- 2. Au physique il avait l’apparence plutôt d’un huissier de petite
- ville de province que celle d’un savant et certes, moins encore, d’un
- sportif.
- La vie de Charles Darwin (1809-1882) est bien connue grâce à un ouvrage (*) publié par un de ses fils — Francis Darwin — ouvrage qui renferme non seulement la correspondance du célèbre naturaliste, mais encore une autobiographie écrite par Darwin lui-même. Les principaux faits de ces deux volumes volumineux ont été résumés et mis plus à la portée du public dans un petit livre (2) très attachant, dû à M. Henry de Varigny, et qui va nous servir de guide pour l’exposition de son adolescence.
- Charles Darwin était né, à Shrewsbury (Angleterre), dans une ancienne famille du pays. Son grand-père, Erasme Darwin (1731-1802) avait acquis quelque renommée dans le monde scientifique par un ouvrage ingénieux intitulé Zoonomie, qui, pour nous, a cet-intérêt de montrer que l’attrait de l’étude des animaux et des vues générales était déjà ancrée dans sa famille; fait encore plus curieux, Erasme Darwin a, dans ses écrits, émis une véritable théorie du transformisme, mais il est impossible de savoir si son petit-fils l’a connue et si elle a influé sur son esprit, ce qui cependant me paraît probable.
- Le père de Charles Darwin, Robert-Waring Darwin, était un médecin très distingué et très expert (3).
- Quant à Charles Darwin lui-même, il a, comme nous l’avons dit plus haut, pris soin de rapporter les souvenirs à lui laissés par son enfance, laquelle, à partir de 1818, fut occupée à suivre, les cours de l’école de Shrewsbury, où il resta 7 ans :
- « Ma mère, écrit-il, mourut en juillet 1817; j’avais un peu plus de 8 ans et il est étrange que je ne puisse rien me rappeler à son sujet, si ce n’est son lit de mort, sa robe de velours noir, et sa table à ouvrage curieusement construite. Dans le printemps de la même année, je fus envoyé comme élève externe à une école de Shrewsbury, où je restai un an. J’ai entendu dire que j’apprenais beaucoup plus lentement que ma sœur Catherine, et je crois qu’à divers points de vue j’étais un méchant garçon. A cette époque, mon goût pour l’histoire naturelle, et plus spécialement pour les collections, était bien développé. J’essayais d’apprendre toutes sortes de choses, coquilles, sceaux, timbres, médailles, minéraux. Cet amour de la collection, qui fait d’un homme un naturaliste systématique, à moins qu’il n’en fasse un maniaque ou un avare, était très profond en moi, et incontestablement inné, aucun de mes frères et sœurs n’ayant jamais'possédé ce goût.
- « Un petit fait, durant cette année, s’est fortement gravé dans mon esprit. Il démontrera combien, dès mon jeune âge, j’étais intéressé par la variabilité des plantes. Je racontai à un autre petit garçon (je crois que c’était Leigton, qui devint, dans la suite, un lichénologue (4) et un botaniste bien connu) que je pouvais produire des Polyanthus (s) et des Primevères de teintes diverses en les arrosant avec certains liquides colorés. C’était, naturellement, une fable monstrueuse, et je n’avais jamais expérimenté la chose...
- « Je n’étais pas paresseux, et, sauf en ce qui concerne la versification, je travaillais consciencieusement mes classiques, sans traductions ni moyens factices. Le seul plaisir que j’aie retiré de ces études m’a été fourni par les odes d’Horace, que j’admirais beaucoup. Quand je quittai l’école, je n’étais, pour mon âge, ni en avance ni en retard. Je crois que mes maîtres
- 1. Francis Darwin, Vie et Correspondance de Charles Darwin, 2 vol. de 1500 p., traduits par H. de Varigny. Reinwald, édit., Paris, 1888.
- 2. Henry de Varigny, Charles Darwin, 1 vol. de 207 p. Hachette, édit., Paris, 1889.
- 3. Robert Waring Darwin eut quatre filles et deux fils : Charles Darwin et Erasme Darwin junior. Celui-ci, de santé très débile, vécut inoccupé et mourut en 1881 ; il s’occupa, cependant, un peu de chimie, comme on le verra plus loin, et commença aussi des études de médecine.
- 4. Savant s’occupant des Lichens.
- 5. Jolies fleurs cultivées dans les jardins.
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- et mon père me considéraient comme un garçon fort ordinaire, plutôt au-dessous du niveau intellectuel moyen. A ma grande mortification, mon père me dit une fois : « Vous lie vous souciez que de la chasse, des chiens, de la chasse aux rats, et vous serez une honte pour votre famille et vous-même. » Mon père, qui était le meilleur des hommes et dont la mémoire m’est si chère, était évidemment en colère et quelque peu injuste lorsqu’il prononça ces mots.
- « Me remémorant, aussi bien que je le puis, mon caractère durant ma vie d’écolier, les seules qualités pouvant être d’un bon augure pour l’avenir étaient mes goûts divers et prononcés, beaucoup de zèle pour tout ce qui m’intéressait, et un vif désir de comprendre un sujet ou une chose complexe. »
- Jusqu’ici Charles Darwin ne semble avoir eu du goût que pour les sciences d’observation; mais, heureusement pour la formation de son esprit, à ce moment son frère lui fait faire de la chimie et cela l’initie à la science expérimentale, qui était peu répandue dans l’enseignement à cette époque :
- « Mon frère me permettait de l’aider comme garçon de laboratoire dans la plupart de ses expériences. Il fabriquait tous les gaz et beaucoup de corps composés, et je lus avec soin plusieurs livres de chimie, tels que le Chemical Cathechism de Henry et Parités. Le sujet m’intéressait énormément, et il nous arriva souvent de travailler jusqu’à une heure avancée de la nuit. Ceci pour la meilleure partie de mon éducation scolaire, car cela me montra par la pratique ce que signifiait le mot de science expérimentale. Nos études et travaux en chimie furent connus à l’école, et, comme ce fait était sans précédent, je fus surnommé Gaz. Je fus réprimandé une fois en public par le premier maître de l’école, le docteur Butler, pour perdre ainsi mon temps à des sujets aussi inutiles, et il m’appela injustement poco curante : comme je ne comprenais pas ce qu’il voulait dire, le reproche me paraissait terrible ».
- En 1825, c’est-à-dire à 16 ans, il fut retiré de l’école et envoyé à Edimbourg pour, avec son frère, étudier la médecine. Il y resta deux ans et ne s’y plut guère, car, d’une part, la vue du sang et des opérations (') lui répugnait (sentiment, d’ailleurs, partagé par son père, fait étonnant si l’on remarque que celui-ci était médecin) et, d’autre part, il avoue avoir reconnu que son père devait lui laisser une fortune suffisante pour vivre sans être obligé de gagner de l’argent. Plus tard, d’ailleurs, il devait regretter cet état d’esprit : « Les leçons de matière médicale du docteur Duncan, à 8 heures du matin, en hiver, a-t-il raconté, m’ont laissé de terribles souvenirs. Le docteur X rendait son cours sur l’anatomie humaine aussi ennuyeux que lui-même et le sujet me dégoûtait. Cela a été un des grands malheurs de ma vie que je n’aie été astreint à disséquer. J’aurais vite surmonté mon dégoût, et cet exercice eût été d’une valeur inappréciable pour tout mon travail futur. Ceci a été un mal irréparable, ainsi que mon inhabileté à dessiner ».
- A Edimbourg, il s’intéressa, cependant, à la zoologie —• il publia même; en 1826, un travail sur les prétendus œufs des Flustres (1 2) — et aux excursions géologiques, bien qu’il déclare que le cours de Géologie était « incroyablement ennuyeux ».
- Deux ans après, constatant qu’il n’avait pas la vocation médicale, son père le retira d’Edimbourg et décida qu’il serait clergyman, idée singulière et qui, chose plus étrange encore, ne déplut pas à Charles Darwin. En conséquence, en 1828, celui-ci fut envoyé faire des études à Cambridge, où il ne semble pas avoir beaucoup travaillé — bien qu’il ne fût sorti, en 1831,
- 1. A ce moment l’anesthésie par le chloroforme n’était pas encore inventée.
- 2. Animaux marins du groupe des Bryozoaires qui vivent en colonies dans la mer et que l’on rencontre, en abondance, sur beaucoup
- de plages, où on les prendrait pour des Algues encroûtées d’un revêtement dur.
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- qu’avec le numéro 10 — mais où, par contre, il paraît avoir mené une vie de plaisir — singulier prélude pour un clergyman éventuel — où la chasse, les promenades à cheval ët les dîners lins paraissent avoir occupé le premier rang. « Par suite de ma passion pour la chasse et le tir, écrit-il, et quand ces exercices étaient impraticables, pour les courses à cheval à travers la campagne, je me lançai dans un monde de sport comprenant quelques jeunes gens dissipés et d’ordre inférieur. Nous dînions souvent ensemble le soir, et bien que, parfois, il se trouvât là des jeunes gens de caractère plus élevé, nous buvions quelquefois trop, nous chantions (*) et nous jouiions aux cartes après le repas. Je devrais être honteux de l’emploi des journées et de ces soirs écoulés, mais quelques-uns d’entre mes amis d’alors étaient très agréables et nous étions tous de si joyeuse humeur que je ne puis m’empêcher de me remémorer cette époque avec un vif plaisir. » Cette joyeuse vie ne l’empêchait pas de s’intéresser à la musique, à la poésie, aux romans (2), goûts esthétiques qui disparurent assez vite de lui, sauf pour ces derniers, qu’il eut pendant de longues années pour se délasser l’esprit et qu’il prisait, particulièrement, lorsqu’ils « finissaient bien », ce qui lui faisait dire — ici se reconnaît l’humour anglais — qu’« une loi devrait les empêcher de mal finir ».
- Il s’intéressait aussi aux ouvrages philosophiques et aux récits de voyages et cela, manifestement, a dû avoir, comme on le verra plus loin, une influence sur son avenir. « Durant ma première année à Cambridge, remarque-t-il, je lus avec attention et intérêt les récits de voyages de Humboldt (3). Ces ouvrages et celui de Sir J. Herschel, VIntroduction of the Study of Natural Iiistory, m’inspirèrent un zèle ardent. Je voulais ajouter, si humble qu’elle pût être, ma pierre au noble édifice des sciences naturelles. Aucun livi*e n’exerça autant d’influence sur moi que ces deux ouvrages. Je copiai dans Humboldt de longs passages relatifs à Ténérife et je les lus à haute voix, pendant des excursions géologiques, à Henslow, Ramsay et Dawes, car j’avais, dans une excursion précédente, parlé des beautés de Ténérife, et quelques-uns d’entre nous avaient déclaré qu’ils tâcheraient d’y aller, mais je suppose qu’ils ne parlaient pas sérieusement. Pour moi j’étais très sérieux, et j’obtins une introduction auprès d’un négociant de Londres afin de m’informer au sujet des moyens de transport. »
- Darwin a toujours considéré que le temps qu’il avait passé à Cambridge ne lui fut jamais d’aucune utilité. Il avait tort, car, sans qu’il s’en doutât, les deux livres susmentionnés furent, en grande partie, les germes de ses futurs travaux, de même que les collections d’insectes qu’il y fit et pour lesquels il était passionné. Il y prit, en tout cas, la passion des voyages. « J’ai en tête, écrivait-il à un de ses amis, un projet que j’ai presque amené à éclosion, qui consiste à aller aux îles Canaries. Depuis longtemps, je désire voir un paysage et la végétation des tropiques, et, selon Humboldt, Ténérife en est un foi’t joli exemple ». De retour, en 1831, chez ses parents, Darwin trouva une lettre de celui qu’il accompagnait dans ses excursions géologiques, Henslow lui disant que M. C. Peacock, professeur d’astronomie à Cambridge, devait conduire une expédition hydrographique à la Terre de Feu et dans l’Archipel Indien, et l’avait prié de lui indiquer un jeune naturaliste susceptible de l’accompagner. Henslow avait pensé à lui, car il
- 1. Lui-même,bien qu’il aimât la musique, chantait terriblement faux.
- 2. « Un roman, a-t-il écrit, n’est suivant mon goût, une œuvre de premier ordre que s’il contient quelques personnages que l’on puisse aimer ; et si ce personnage est une jolie femme, tout est pour le mieux. »
- 3. Il s’agit, vraisemblablement, du Voyage aux régions équinoxiales du nouveau continent (1805-1822), ouvrage très documenté et d’une lecture agréable, écrit par de Humboldt en collaboration avec Bon-pland, son compagnon de voyage.
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- le considérait comme pouvant collectionner, observer et noter ce qui est digne d’être enregistré en histoire naturelle. Darwin accepta et s’embarqua, avec la mission, sur le Beagle, petit vaisseau de 242 tonnes où l’on était fort à l’étroit. Comme Darwin l’a raconté, plus tard, dans son Voyage d’un Naturaliste, cette expédition ne fut pas une petite affaire, car elle dura cinq ans et, sans cesse, Darwin fut en butte aux affres du mal de mer. Cela ne l’empêchait pas de récolter des échantillons, de les mettre en collection et de noter tous les faits susceptibles d’avoir quelque intérêt. C’est durant ce voyage que se forma définitivement son esprit, qu’il fit son apprentissage de naturaliste et que l’examen de la multitude d’espèces qu’il rencontra lui suggéra la première idée de sa célèbre Origine des espèces, qu’il ne devait, d’ailleurs, écrire que beaucoup plus tard.
- De retour de son voyage, Darwin se mit à étudier les échantillons récoltés et il ne fut même plus question qu’il devienne
- clergyman. Cette vie studieuse et, désormais, sédentaire* exempte de soucis matériels, lui convenait d’autant mieux que sa santé fut, jusqu’à sa mort, assez précaire (rhumatisme, cœur) et exigeait du repos. De Shrewsbury, il s’était établi, d’abord à Cambridge, puis à Londres, que, plus tard, il quitta, à cause de ses malaises, pour s’installer à Down, village tranquille et peu éloigné de la capitale. C’est là qu’il rédigea les ouvrages qui devaient le rendre célèbre : l’Origine des espèces, les Récifs de corail, les Vers de terre, la Faculté motrice chez les plantes, la Fertilisation des fleurs, l'Expression des émotions, la Descendance de l'homme, la Variation des animaux et des plantes, etc.
- C’est là aussi qu’il se maria et eut cinq enfants : trois filles et deux fils, dont l’un d’eux, Francis Darwin, fit des travaux intéressants de Physiologie végétale, évidemment inspirés, inconsciemment ou non, par certains de ceux de son père.
- (A suivre.) Henri Coupin.
- SAVEZ-VOUS REGARDER UNE PHOTO ?
- Dans le n° 2856 de La Nature (l°r mai 1931) page 417, M. P Seltzer indique qu’en regardant une photographie d’un seul œil, on est « frappé du relief avec lequel le sujet de la photo apparaît, donnant parfaitement la vie et la richesse des vues plastiques que nous donne le stéréoscope ».
- Il y a de nombreuses années que nous avons montré qu’une
- photographie devait être examinée avec un seul œil convenablement placé. Nous en avons développé les raisons dans le petit ouvrage : Principes de l’Art photographique, édité par la librairie Desforges et avons publié dans le n° 1241, 13 mars 1897, de La Nature, un article sur ce sujet, intitulé : « La photographie artistique et la peinture ». Rappelons en quelques mots les causes de cette impression de relief :
- Considérons une chambre noire munie d’un objectif de centre optique O et soient A, B, C... une série de points d’un objet placé devant elle, à l’extérieur; ces points donnent sur la plaque sensible T' des images a, b',tc... On sait que, sur le cliché négatif, les blancs de l’objet viennent en noir, les noirs en blanc et, qu’en outre, l’image est renversée; regardant la couche de gélatine du cliché, on voit à droite ce que l’œil, placé en O, en regardant l’objet, aurait vu à gauche, et réciproquement. Le tirage de l’épreuve positive a pour effet de redresser l’image et de rétablir l’ordre des blancs et des noirs.
- Il en résulte que l’image positive peut être rigoureusement superposée à l’image perspective a, b, c... qui serait obtenue sur un tableau T occupant, par rapport au point de vue O, une position exactement symétrique de celle occupée par la plaque T' lors de la pose.
- Il résulte de ce fait que si on a soin d’examiner l’image photographique positive (le photogramme comme disent les techniciens) a, b, c... avec un seul œil placé exactement au point de vue O, c’est-à-dire en un point occupant par rapport au photogramme la position même qu’occupait le centre optique de l’objectif par rapport à la plaque sensible lors de la pose,
- l’œil aura exactement la même impression que s’il regardait l’objet lui-même, A, B, C... et, si, sur le photogramme les couleurs étaient distribuées comme sur l’original, l’illusion serait complète.
- Les traités de perspective appliquée à la peinture nous indiquent que théoriquement c’est ainsi qu’on devrait examiner un tableau. Si bien que ne suivant en général pas cette règle, on n’en a pas moins une certaine impression de réalité, c’est que le déplacement de l’œil de l’observateur ne cause pas de trop grandes déformations fia distance principale — distance du point de vue au tableau — étant en général relativement grande) et que, l’œi7 du peintre étant mobile, la perspective du tableau n’a pas été construite d’un point de vue absolument fixe.
- Au contraire, l’œil photographique, l’objectif demeure immobile durant la pose et est unique. En outre, la distance principale qui n’est autre que le tirage de la chambre noire (égale ou légèrement supérieure à la distance focale principale de l’objectif) ne dépasse guère quelques décimètres.
- Aussi, si le spectateur borgne et immobile des théoriciens est une pure chimère quand il s’agit de peinture, il n’en est plus de même quand il s’agit de photographie.
- Une photographie obtenue avec un tirage de la chambre noire de 30, de 40, de 50... cm doit être examinée avec un seul œil, placée à une distance de 30, 40, 50... cm de l’image positive. C’est dans ces conditions qu’on éprouve une sensation de relief aussi agréable que celle donnée par le stéréoscope.
- Mais il est indispensable que le tirage de la chambre noire au moment de la pose, ait été supérieur à la distance minima de vision distincte de l’œil. Sinon, la photographie, étant placée quand on la regarde,, à une distance de l’œil au moins égale à la distance minima de vision distincte, se trouve à une distance beaucoup trop grande.
- En ce cas il faut soit l’examiner à travers une loupe, soit lui substituer un agrandissement ou une projection.
- Agrandir une photographie c’est lui substituer la photographie qui aurait été obtenue avec un tirage plus grand de la chambre noire lors de la pose.
- C’est ce qui explique aussi pourquoi, au cinéma, on éprouve souvent la sensation de relief, surtout lorsqu’on est placé le plus loin possible de l’écran. Cette sensation de relief est la meilleure quand on a soin de se placer à la même distance de l’écran que l’objectif de projection, aussi près que possible de cet objectif, et lorsque, dans ces conditions, on regarde l’image en fermant un œil. Dr G.-IL Niewenglowski.
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- PRESTIDIGITATION
- IMC COMPRÉHENSIBLE
- Le prestidigitateur s’avance porteur d’un jeu de cartes et il fait apporter un cadre de bois séparé par des traits noirs en trente cases.
- —- « Dans ce cadre, dit-il, je vais fixer des cartes, une carte
- quer ensuite simplement la carte choisie comme il pourrait le faire, il désire présenter une expérience beaucoup plus sensationnelle.
- En effet il fait prendre une carte par un spectateur, puis
- i — m © 1 a 0
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- —fr- 1 É 0 U 0 É I
- Fig. 1.
- Dans chaque case, il y a une carie. Le preslidigilateur lire sur le cadre avec un pislolet.
- par case, grâce aux petites pinces qui sont adaptées d’avance. Je ne pourrai mettre que trente cartes mais cela n’a aucune importance, les autres me resteront. »
- En effet, il accroche trente cartes, il lui en reste deux, et il fait accrocher le cadre de façon qu’il se balance au milieu de la scène.
- Prenant un autre jeu de cartes il le réduit à trente cartes en
- Fig. 2.
- La plaque tournante apportant la carte touchée.
- retirant les deux semblables à celles qu’il n’a pu loger dans le cadre.
- S’avançant alors vers les spectateurs il leur dit qu’il va faire prendre une carte dans ce jeu, mais qu’au lieu d’indi-
- s’emparant d’un pistolet de gros calibre qui est sur la scène, il annonce qu’il va tirer au hasard sur le tableau qui lui servira de cible et que le hasard dont le raisonnement et la volonté sont beaucoup plus grands qu’on ne croit, va diriger la balle sur la carte choisie par le spectateur.
- En effet, il tire : le cadre est remué par le choc de la balle et l’on peut apercevoir cette balle qui a percé la carte choisie par le spectateur et a pénétré assez profondément pour rester dans le bois.
- Le prestidigitateur va alors à la cible, retire la carte percée, fait sortir la balle au moyen de la pointe d’un couteau et donne le tout à l’examen.
- Pour effectuer cette curieuse expérience, le prestidigitateur fait prendre une carte forcée. Dans notre exemple c’est l’as de pique.
- Lorsqu’il place son jeu dans les pinces, comme au hasard, il a soin de fixer l’as de pique à une case prévue. Cette case est une sorte de plaque tournante à laquelle un ressort assez fort impi’ime une rotation complète lorsqu’il est mis en action.
- L’arrière de cette plaque est préparé avec un as de pique percé par une balle en partie engagée dans le bois. Au moment du coup de pistolet, l’aide agit sur le ressort, soit au moyen d'un simple fil de tirage, soit au moyen d’un courant électrique, passant l’un ou l’autre dans le cordon de suspension du cadre, le ressort se déclenche, la plaque tourne avec une rapidité si grande que le public ne peut la voir et la carte percée a pris la place de la carte intacte.
- Il ne reste plus qu’à la détacher ainsi que la balle et à les porter toutes deux aux spectateurs.
- Alber.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN JUILLET 1931 (‘)
- Les deux belles occultations dont nous parlons plus loin vont, ce mois-ci, retenir l’attention des observateurs. La première, celle de la planète Mars, aura lieu le 19 juillet; la seconde, celle de la brillante étoile a de la Vierge (L’Epi), se produira deux jours après. La première aura lieu en plein jour, entre 3“ et 4“ de l’après-midi; l’autre au crépuscule.
- Ce sont là deux intéressants phénomènes à suivre avec de petites lunettes et mieux avec des instruments de moyenne puissance. Nous recevrons avec le plus grand plaisir les observations que l’on voudra bien nous communiquer.
- Notons aussi l’accroissement du nombre des étoiles filantes, chaque nuit, notamment du 25 au 30 (chute des Aquarides).
- I. Soleil. — Pendant le mois de juillet, la déclinaison du Soleil diminue assez fortement. De + 23° 10' le 1er, elle tombera à + 18° 27' le 31. La durée du jour (présence du centre du disque solaire au-dessus de l’horizon) décroîtra, et de 16“ 4m le 1er elle ne sera plus que de 15h 9“ le 31.
- Le tableau suivant donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges bien réglées lorsque le centre du Soleil passera au méridien de Paris.
- Date Heure du passage
- Certains obsei'vateurs ont pris l’excellente habitude d’étudier chaque jour le Soleil, et d’en prendre des dessins et des photographies. C’est là un moyen très recommandé car en multipliant les observations, on risque de mieux saisir un phénomène rapide et imprévu, comme on en a déjà constaté (lueurs soudaines et fulgurantes dans des taches, taches à modifications rapides, corps obscurs se déplaçant devant le Soleil, etc.).
- Lumière zodiacale. — En raison de la longueur des jours, la lumière zodiacale n’est pas visible, en juillet, à la latitude de la France.
- IL Lune. juillet :
- Voici les phases de la Lune pour le mois de
- D. Q. le 7, à 23“ 52“ N. L. le 15, à 12“ 20“
- ï
- P. Q. le ,^2, à 5“ 16“ P. L. le 29, à 13“ 48“
- Juillet 1er 11“ 54“ 8S
- — 3 11 54 31
- — 5 11 54 53
- - 7 11 55 14
- — 9 11 55 33
- — 11 11 55 51
- — 13 11 56 7
- — 15 11 56 21
- — 17 11 56 33
- — 19 11 56 43
- — 21 11 56 51
- — 23 11 56 57
- — 25 11 57 0
- — 27 11 57- 1
- — 29 11 57 0
- — 31 11 56 56
- L’ombre d’un fil à plor
- Age de la Lune, le 1er juillet à 0“ = 144' 9; le 16 juillet, à
- 0“ = 0i'>5 II n’est pas possible de donner ici l’âge de la Lune pour tous les jours du mois. Pour avoir cet âge pour un jour déterminé, ajouter aux valeurs ci-dessus 1 jour jjar jour écoulé depuis le 1er ou le 16.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en juillet : le 14, : à 2“ = + 28° 25'; le 26, à $0“ = — 28° 28'. On sera e la faible hauteur une au-dessus de Lhorizon le 26 juillet dans
- .frappé de la Li
- 1. — Occultation de la planète Mars, le 19 juillet, de 14ll56m,5 à 16h2“,5.
- Fig. 1 et 2.
- 2. — Occultation de l’étoile l’Épi de la Vierge, le 21 juillet, de 19h20“ à 20h15“,5.
- Deux belles occultations par la Lune visibles, en plein jour, pendant le mois de juillet 1931.
- Images renversées, telles qu’elles apparaissent dans les lunettes astronomiques. La trajectoire apparente de Mars (à gauche) ou de l’Épi (à droite), est figurée par un trait blanc, terminé en flèche.
- aux heures ci-dessus, à Paris, donnera la direction exacte du méridien.
- Observations physiques. — On trouvera au « Bulletin astronomique » du n° 2852 la définition des termes P, B0, L0, qui sont les éléments permettant d’orienter les dessins et les photographies du Soleil.
- là soirée.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 6 juillet, à 15“; Parallaxe = 54' 15". Dist. =404 200 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 18 juillet, à 12“. Parallaxe = 59' 59''. Dist. =365 570 km. Occultations d’Étoiles et de Le 11, occultation de r Bélier (gr. 5,1).
- Dates P B0 Bo
- Juillet 5 — 1° ,29 + 3° ,31 O CT OO ,20
- — 10 + 0 98 + 3 83 16 03
- — 11 + 1 43 + 3 93 2 80
- — 15 + 3 23 + 4 33 309 86
- — 20 + 5 45 + 4 80 243 71
- — 25 + 7 61 + 5 23 177 ! 56
- — 30 + 9 69 + 5 63 111 42
- 1. Toutes les heures données ici sont exprimées en temps universel (T. U.) compte de 0“ à 24“ à partir de 0“ (minuit). L'heure d'été étant actuellement en vigueur, ajouter 1 heure à toutes les heures mentionnées dans ce « Bulletin astronomique » pour établir la concordance entre les phénomènes et l’heure calculée.
- Planètes par la Lune. -Emersion à 1“ 38“ 0.
- Le 19, occultation de Mars (gr. 1,6). Immersion à 14“ 56“ 5. Emersion à 16“ 2“ 5. Cette occultation se produira donc en plein jour, la Lune sera sensiblement au méridien (son centre y passera à 15“ 37“).
- Notre satellite présentera un élégant croissant et sera à trois jours du premier quartier (voir fîg. 1). Mars disparaîtra à 14“ 56“ 5 derrière le bord obscur de la Lune, au Sud-Sud-Est. La réapparition se fera derrière le bord éclairé, à l’Ouest-Nord-Ouest. Le diamètre de Mars sera de 4" 8. Très intéressante occultation à suivre avec une bonne lunette.
- Le 21, occultation de a Vierge {L’Epi, gr. .1,2). Immersion à 19“ 20“ 0. Emersion à 20“ 15“ 5. La Lune sera presque au Premier Quartier. L’Epi disparaîtra derrière le limbe obscur, à T’Est, pour réapparaître au Nord-Nord-Ouest, derrière le bord lunaire éclairé. L’occultation commencera 24 minutes avant le coucher du Soleil et se terminera une demi-heure après ce coucher, dans un crépuscule encore fort intense (voir
- fig- 2).
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- ASTRE Dates : Juillet Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (‘) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 5 3‘ 55m 11“ 54“ 53® 19“ 55m 6“ 54“ + 22° 52' 31'30"8 Gémeaux /
- Soleil . . .< 15 4 3 . 11 56 21 19 49 7 35 + 21° 39’ 3131 2 Gémeaux f »
- 25 4 14 11 57 0 19 39 8 15 + 19 49 31 32 6 Cancer ,
- 5 4 22 12 25 20 29 7 20 + 23 55 5 0 o Gémeaux ^
- Mercure . . 15 5 28 13 8 20 47 8 43 + 19 59 5 4 y Cancer / Le soir, à la fin du mois.
- 25 6 24 13 32 20 40 9 48 + 14 8 6, 0 Régulus
- 5 2 39 10 38 18 36 5 35 + 22 53 10, 4 'Q Taureau
- Vénus... . ) 15 2 51 10 52 18 53 6 28 + 23 16 10, 2 |j. Gémeaux Le matin, à l’aube.
- ) 25 3 10 11 6 19 1 7 22 + 22 31 10, 0 o Gémeaux
- ! 5 9 27 16 2 22 37 11 1 H- 7 17 5, 0 Lion |
- Mars . . . * 15 9 20 15 44 22 8 11 22 + 4 53 5,0 Lion . Le soir, dans le crépuscule.
- ) 25 9 13 15 26 21 39 11 44 + 2 24 4, 8 A Viei’ge
- Jupiter. . . 15 4 44 12 28 20 13 8 7 + 20 39 29, 4 0 Cancer Inobservable.
- Saturne . . 15 19 30 23 45 3 59 19 26 — 21 50 16, 6 Sagittaire Toute la nuit.
- Uranus. . . 15 23 0 5 35 12 9 1 12 + 6 58 3, 4: 88 Poissons Le matin, avant l’aube.
- Neptune. . 15 7 53 14 45 21 38 10 24 + 10 44 2,4 45 Lion Inobservable.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Marées-, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront surtout au moment de la Nouvelle Lune du 15 juillet. Elles seront assez faibles, leur amplitude atteignant le coefficient 0,91. De ce fait, le phénomène, du mascaret n’est pas annoncé ce mois-ci.
- III. Planètes. — Le tableau ci-dessus, établi à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1931, contient les principaux renseignements pour trouver et observer les planètes pendant le mois de juillet 1931.
- Mercure sera un peu visible, le soir, à la fin du mois, sa plus grande élongation orientale se produisant le 8 août. Voici la phase et la grandeur stellaire de Mercure en juillet :
- Date. Disque illuminé. Diamètre. Grandeur stellaire.
- — — — —
- Juillet 5 0,97 5",1 — 1,4
- — 40 0,91 5 2 — 0,9
- — 15 0,83 5 4 — 0,5
- — 20 0,76 5 7 — 0,2
- — 25 0,69 6 1 + 0,1
- — 30 0,62 6 5 + 0,3
- Vénus est visible le matin à l’aube. Son diamètre diminue car la brillante planète s’achemine vers sa conjonction supérieure, qui aura lieu en septembre.
- Date Disque illuminé. Diamètre. Grandeur stellaire.
- — -— — —
- Juillet 5 0,95 10",3- — 3,3
- — 10 0,96 10 3 — 3,3
- — 15 0,96 10 1 — 3’3
- — 20 0,97 10 1 — 3,3
- — 25 0,98 10 1 — 3,4
- — 30 0,98 9 9 -3,4
- Mars dans le Lion, puis dans la Vierge est encore un peu visible le soir au crépuscule. Son diamètre est à présent bien réduit par l’éloignement et les observations utiles sont maintenant pratiquement impossibles, sauf avec les plus puissants instruments.
- Vesla, la quatrième des petites planètes découvertes entre Mars et Jupiter, arrivera en opposition le 8 juillet dans la constellation du Sagittaire. Elle atteindra l’éclat d’une étoile de 6,0 grandeur. Le 8 juillet, au moment de son opposition, elle se trouvera à peu près à égale distance des deux étoiles 7t et Sagittaire, sur la droite qui les joint. Voici d’ailleurs, pour les personnes possédant une monture équatoriale ou une excellente carte, quelques positions de Vesta, pour 0“.
- L)ate
- Ascension droite
- Déclinaison
- Juillet 6
- — 14
- — 22 — 30
- 19hllm,2 19 3 2
- 18 55 5 18 49 1
- — 22° 42'
- — 23 30
- — 24 15
- — 24 54
- Une bonne jumelle et mieux une petite lunette permettront de suivre Vesta dans son déplacement sur le Ciel.
- Jupiter sera en conjonction avec le Soleil le 25 juillet, à 20h. Il est inobservable ce mois-ci.
- Saturne arrivera en opposition le 13 juillet, à 8“. Il est donc visible toute la nuit, bas sur notre horizon, dans la constellation du Sagittaire. Voici les éléments de l’anneau
- pour le 12 juillet:
- Grand axe extérieur...................... 41'',70
- Petit axe extérieur..........................+ 16",63
- Hauteur de la Tei’re au-dessus du plan de
- l’anneau................................. + 23° 31'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de
- l’anneau.................................-j- 23° 34'
- On pourra rechercher Titan, le plus brillant des satellites
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- de Saturne, lors de ses élongations maxima. En voici la liste
- Étoile Polaire et Temps sidéral. — Voici quelques passages de
- pour juillet : l’Etoile Polaire au méridien de Paris en juillet :
- Dates. Elongation. Heure. Date Passage Heure Temps sidéral à 0“
- Juillet 7 Occidentale 6\6 Juillet 10 Supérieur 6h 18“ 50s 19“ 7“ 49s
- — 14 Orientale 22 4 — 20 5 39 43 19 47 15
- — 23 Occidentale 4 0 — 30 — 5 0 36 20 26 41
- — 30 Orientale 19 8 Etoiles filantes. — Un. certàin nombre de radiants sont
- Uranus est visible à présent le matin, avant l’aube. Il se trouvera en quadrature occidentale le 12 juillet, à 15“.
- Nous avons publié le mois dernier une petite carte de la marche d’Uranus sur le ciel jusqu’à la fin de l’année, et le lecteur est prié de s’y reporter (n° 2856).
- Une jumelle est suffisante pour suivre, sur le ciel, la marche d’Uranus. Dans une bonne lunette, cette planète présente un petit disque bleuâtre de 4" de diamètre.
- Neptune est invisible en juillet. Il sera en conjonction avec le Soleil le mois prochain.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le. 1er, à 0“, Saturne en conjonction avec la Lune, à 5° 10' N.
- 42' S. 30' N. 15' N. V S. 25' S. 47' S. 21' S. 50' S.
- Le Le 9, Le 13, Le 14, Le 16, Le 16, Le 18, Le 19,
- à 10h, Uranus à 20 “, Mercure à 3“, Mercure à 8h, Vénus à 0h, Jupiter à 19h, Mercure à 9h, Neptune à 15“, Mars
- la Lune, à 1° Jupiter, à 1° 7) Cancer (gr. 5,5) à 0° la Lune ,à 5° à 4° à 2o à 2° — à 0°
- (Cette dernière conjonction du 19 a lieu pendant 1 tation de Mars par la Lune. Les distances indiquées ci-pour les conjonctions sont géocentriques).
- Le 26, à 13h, Mars en conj. avec (1 Vierge (gr. 3,7), à 0° Le 28, à 4“, Saturne — la Lune, à 5°
- Le 28, à 5“, Mercure — oc Lion (Régulus,gr.l,4)à 0°
- Etoiles variables. — Minimum de l’étoile variable (P Persée), visible à l’œil nu : le 14 juillet, à 0“ 50m.
- ’occul-
- dessus
- 9' S. 9' N. 10' S.
- Algol,
- actifs en juillet.
- Vers le 7, commence la chute des Perséides, étoiles filantes qui, en août, émanent de la constellation de Persée. Le radiant, au début de juillet, se trouve près de l’étoile o Cassiopée.
- Voici la liste des principaux radiants qu’d conviendra de surveiller :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison Etoile voisine.
- Juillet 23-25 48° + 430 , p Persée
- — 25-28 335° + 26° i Pégase
- — 26-29 342° — 34° 0 Poisson austral
- — 27 7° + 32° 0 Andromède
- — 27-30 341° — 13° 0 Verseau
- — 27-31 29° + 36° [i Triangle
- — 31 310° + 44° a Cygne
- Les Aquarides, du 27 au 30, sont relativement lentes, à
- longues trajectoires.
- V. Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste, le 1er juillet à 23h, ou le 15 juillet à 22h, est le suivant :
- Au Zénith : Le Dragon; la Lyre; Hercule.
- Au Nord : La Petite Ourse; Cassiopée, Andromède. Le Cocher est à l’horizon nord.
- A l’Est : Le Cygne; l’Aigle; le Dauphin; Pégase; le Verseau; les Poissons.
- Au Sud : Le Sagittaire; le Scorpion; Ophiuchus.
- A l’Ouest : La Couronne; le Bouvier; le Serpent. La Vierge va disparaître à l’horizon occidental.
- Em. Touchet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- DIVERS TYPES D’ÉPONGES EN CAOUTCHOUC
- Voici déjà quelques années que les éponges de caoutchouc ont porté un coup sérieux au commerce des éponges naturelles. Ces produits qui, il y a une vingtaine d’années, étaient importés, sont actuellement manufacturés par notre propre industrie caoutchoutière, et certaines de nos marques sont même fort appréciées de l’étranger.
- En principe, il existe sur le marché trois variétés de caoutchouc poreux :
- a) Celle dans laquelle des cellules ont été produites comme nous le verrons plus loin, cellules qui communiquent entre ,elles; ce sont, à proprement parler, les vraies éponges de caoutchouc;
- b) Celle où, par un procédé dit « mousse de caoutchouc », on produit des cellules qui ne communiquent pas entre elles;
- c) Celle où l’on part du latex de caoutchouc que l’on gonfle comme il est dit en a).
- Voici quelques données relatives à la préparation des éponges du
- type a).
- Voici un type de mélange :
- Para............................................. 50,00
- Soufre doré à 25 pour 100 de soufre libre..........10,00
- Soufre.............................................. 3,20
- Oxyde de zinc......................................14,00
- Kaolinite..........................................16,00
- Farine d’orge....................................... 4,00
- Huile d’olive....................................... 1,40
- Huile de ricin..................................... 1,40
- On pétrit le Para 4 à 5 heures, sur ces cylindres le plus froids possible, et ceci fait, on ajoute les ingrédients du mélange, durant une heure et demie à deux heures.
- Il s’agit ensuite, dans cette masse tiède, d’ajouter un liquide capable de former un mélange bien homogène avec la masse gommeuse, de manière que, à la vulcanisation, il s’y développe une grande quantité de bulles, de même diamètre ou à peu près, qui crèvent et, par suite, communiquent entre elles.
- Voici un liquide « soufflant » qui a fait ses preuves :
- Acétate d’amyle .... 2 pour 100
- Alcool anylique............. 1 —
- Eau.........................20 —
- Alcool dénaturé.............76 —•
- Pour les détails de l’addition de ce liquide et de la vulcanisation, les lecteurs intéressés consulteront avec fruit notre article (Caoutchouc et Gutta-Percha, août 1919).
- Passons maintenant à la mousse de caoutchouc (brevets de la Société belge du caoutchouc moussé), il s’agit d’un mélange bien homogène qui subit l’action d’un gaz inerte (azote par exemple), sous de très fortes pressions, à chaud, ensuite une détente brusque, telle que les cellules formées restent fixées, et ne communiquent pas entre elles.
- Ce produit a été proposé pour : coussins, oreillers, succédané de chambres à air, etc. Survulcanisé, tel un caoutchouc durci, il fournit une « ébonite mousse » apte à des dallages et à diverses applications.
- La troisième catégorie, au lieu de partir du Para, se sert du latex, et fournit des éponges d’un blanc jaunâtre, fabriquées en Angleterre.
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- L’AUTOMOBILE PRATIQUE
- XX><><>'
- Fig. 1. — Montage d’un conlacteur au pied à côlé d’une pédale de commande.
- Fig. 3. — Petit phare-code « Cyclope » et son montage sur une voiture en dessous des phares ordinaires de route.
- UN CONTACT EUR AU PIED
- La plupart des contacteurs posés sur une automobile, et qui servent soit à actionner les appareils avertisseurs sonores, ou lumineux, soit les dispositifs de démarrage ou d’éclairage, sont manœuvrés à la main, et fixés sur le tablier de bord, ou sur le volant de direction lui-même, ainsi que nous l’avons noté plusieurs fois dans nos chroniques.
- Les boutons de commande correspondants sont généralement placés à portée de la main du conducteur et facilement manœuvrables sans que celui-ci soit obligé de lâcher le volant pendant un temps appréciable; il est cependant des cas dans lesquels il serait bien plus facile d’actionner ces contacteurs avec le pied, par exemple, au moment où l’on change de vitesse, c’est-à-dire lorsque l’on a une main placée sur le levier de changement de vitesse et l’autre sur le volant.
- Rien de plus facile, d’ailleurs, que de monter un appareil de ce genre, par exemple à côté de la pédale de débrayage, comme le montre la figure 1. L’emplacement choisi doit permettre de placer instantanément le pied sur la pédale sans être gêné en rien par le doigt du contact : on choisit donc de préférence la pédale de débrayage, le contact au pied étant destiné surtout à être utilisé dans les endroits de circulation difficile, et où Ton doit par conséquent être toujours prêt à débrayer.
- Lorsque le doigt de contact est repoussé à fond par le pied du conducteur, il établit un contact entre la borne d’arrivée du courant et la masse de l’appareil avertisseur, c’est donc un interrupteur destiné à fermer le circuit par mise à la masse ;
- et il ne se monte qu’avec les avertisseurs Fig. 2. — Montage d’un conlacteur au pied B pour lesquels le type dans le circuit d’un avertisseur électrique C, montage choisi
- laissant toujours possible l’emploi du contac- __. ^ , • ,
- J , , . . comporte précisément
- teur normal du volant A. , » r ,
- la fermeture du circuit par un bouton de mise à la masse; c’est le cas, d’ailleurs, de presque tous les appareils pour lesquels le bouton de commande est prévu sur le volant de direction (fig. 2). Le montage de l’appareil dans le circuit est évidemment extrêmement rapide, et le prix de ce
- Ampèremètre f .Batterie
- Fusible
- petit accessoire est très modique, bien qu’il puisse rendre les plus grands services.
- UNE SOLUTION SIMPLE POUR L’ÉBLO UISS EMENT
- ÉVITER
- Nous avons déjà expliqué plusieurs fois dans nos chroniques, les difficultés des solutions du problème de l’éblouissement, dont les dangers rendent si difficiles les voyages de nuit, surtout aux alentours des grandes villes et sur toutes les routes où la circulation automobile est intense.
- Les nouvelles réglementations qui déterminent les modèles de phares à employer au moment des croisements pour éviter l’éblouissement sont maintenant entrées en vigueur, et il faut espérer qu’elles seront rapidement mises en application dans l’intérêt des automobilistes eux-mêmes.
- Les solutions techniques sont généralement très simples, et comportent, par exemple, l’emploi d’ampoules spéciales à plusieurs filaments avec dispositif optique convenable. Sur nombre de voitures en service actuellement, de modèle déjà ancien, soit même de série, on emploie des phares ordinaires pour l’éclairage normal, et des phares spéciaux pour le croisement.
- Nous pouvons signaler, à ce propos, un modèle très simple et de prix relativement modique qui se monte en dessous des phares ordinaires comme le montre la figure 3, et dont la coupe est indiquée par la figure 4. Ce petit appareil fournit un faisceau lumineux rabattu vers le sol, et un éclairage « code » effectif, à condition qu’il soit monté évidemment sous une inclinaison exacte ; il est donc monté sur rotule et comporte deux traits de mire ; au montage, on dispose un fil à plomb dont le fil part de la mire supérieure, et le projecteur est bloqué, de façon que le fil coïncide avec le trait de mire inférieur.
- La lampe à filament arqué spéciale et ballon en forme d’ogive supprime l’image vir-
- Fig. 4.
- tuelle du filament, de façon à éviter T éclairement direct, et, pour remplacer cette lampe, il est facile de dégager le verre bombé qui la cache en enlevant un cercle en caoutchouc faisant joint; cette lampe est d’ailleurs montée de façon que son filament soit horizontal.
- — Coupe du phare et modèle d’ampoule utilisé.
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-
-
- = 522 .................— .........
- DEUX ACCESSOIRES UTILES TRÈS SIMPLES
- Tous les usagers de l’automobile savent combien il est désagréable et parfois même difficile de dévisser un bouchon de radiateur lorsque le moteur est déjà chaud. Pendant la route, non seulement ce bouchon est très chaud, mais encore son démontage est malaisé parce que le joint s’est gonflé sous l’action de la chaleur et de l’humidité. De plus, sa surface est généralement lisse, et l’on craint toujours de la détériorer en employant une pince ou une clé.
- Un petit appareil en métal spécial chromé d’un prix très peu élevé peut s’adapter immédiatement sur tous les bouchons de radiateur, les rendre anti-thermiques en même temps
- qu’aisément saisissa -blés, et faciles à dévisser; la forme de ce bouchon qui est indiquée sur la figure 5 est telle que les ailettes produisent un refroidissement efficace, en même temps qu’elles permettent une prise facile pour le démontage.
- D’autre part, rien de Fig. 5. — Couure-bouchon de radiateur, se P^us dangereux, on le démontant facilement même très chaud. sait, que les effets de
- l’éblouissement produit par le soleil ou par les phares des voitures qu’un rencontre.
- Sans doute, peut-on monter sur les voitures des pare-soleil fixes, mais ceux-ci sont généralement lourds et fragiles, sans compter que leur prix est souvent très élevé.
- Il vaut donc beaucoup mieux les remplacer par un petit écran translucide mobile qui se pose simplement sur la glace à l’intérieur de la voiture au moyen d’une ventouse que l’on mouille au préalable, et qui est placée à l’extrémité de son pivot.
- Cet écran translucide colorié pivote ainsi et se déplace au gré du conducteur en évitant tous les inconvénients de l’éblouissement (fig. 6).
- L. Picard.
- Adresses
- RELATIVES AUX APPAREILS DÉCRITS
- Conlacteur au pied Lacmo.
- Phare code Cyclope, Établissements Marchai.
- Couure-bouchon de radiateur Frigor, Établissements Camille Massé, 49, boulevard du Parc (Neuilly-sur-Seine).
- Ecran translucide Le Papillon Société « Bergo », 38, rue Jean-Jaurès, Levallois-Perret 'Seine).
- Fig. 6. — Ecran translucide mobile pare-soleil et pare-pliare, à fixation instantanée par ventouse.
- PALEONTOLOGIE AFRICAINE
- Une expédition organisée par le British Muséum vient de faire, en Afrique Orientale, une découverte que l’on peut, sans commettre d’exagération, qualifier de sensationnelle. Jusqu’alors, l’Amérique septentrionale était considérée comme l’unique « producteur » de gigantesques formes reptiliennes, dont les fossiles ont été excavés en grande abondance dans les « Bad Lands » des Etats-Unis et dans la région canadienne de Red Deer River. L’Afrique entre soudain sur la scène paléontologique avec un spécimen dont la longueur totale, du museau à la pointe de la queue, ne mesure pas moins de vingt-trois mètres.
- La trouvaille s’est faite à Tendaguru, dans le sud-est du territoire de Tanganyilca (ancienne Afrique allemande). Ce point, situé à 80 kilomètres du rivage de l’océan Indien, avait été exploité, avant la guerre, par des savants allemands; le flanc d’une colline leur avait livré le squelette d’un dinosaure d’une espèce spéciale, rapelant les formes du Stegosau-rus, hérissé comme lui de longues épines, et qu’ils avaient appelé Kentrurosaurus.
- Le chef de l’expédition britannique, M. F. W. H. Migeod, raconte dans le Times les curieux débuts de la découverte. En prospectant à quelque distance de la colline de Tendaguru, les savants anglais remarquèrent quelques fragments d’os qui avaient été repoussés hors du sol par les racines d’un petit arbre.
- S’armant de pioches légères, ils eurent tôt fait de dégager quelques vertèbres caudales qui les guidèrent dans la bonne direction. Graduellement, ils mirent à nu toute la colonne vertébrale. Mais un mouvement de terrain avait détaché le
- cou, qu’ils ne retrouvèrent qu’en creusant plus profond. Finalement, ils purent recueillir l’ensemble du squelette, à l’exception du crâne, qu’une prochaine expédition retrouvera peut-être.
- Le savant paléontologiste nous donne la description de ce gigantesque saurien, dont l’apparence devait être celle d’une colossale girafe. Il mesurait de 6 à 7 m à l’épaule, hauteur qui s’augmentait des 8 m 50 d’un long cou épais et flexible. La hauteur de la croupe était inférieure à 4 m. La longueur de la queue dépassait 7 m. La longueur totale du géant devait être de 23 m. Bref, ce dinosaure, que la science, espérons-le, baptisera bientôt d’un nom aussi imposant que ses dimensions, peut être rangé au premier rang des colosses qui foulèrent le sol de notre planète durant la période du Crétacé, soit il y a quelque 60 000 000 d’années — à quelques milliers de siècles près !
- Trois dents trouvées près du squelette portent M. Migeod à supposer, d’après leur forme, que ce monstre était carnivore, conclusion que le savant ne formule qu’avec hésitation, car les piquants dont il était couvert indiqueraient plutôt une espèce herbivore qui, d’humeur moins agressive que les carnassiers, devait utiliser ces piquants comme arme défensive.
- Les prospections conduites dans cette région du Tanganyika la décrivent comme un vaste « cimetière de dinosaures ». Elle n’est guère habitée que par des troupeaux d’éléphants sauvages; et l’on ne peut qu’applaudir à la récente proclamation des autorités de la colonie qui fait d’elle une « réserve paléontologique d’Etat », la seule en existence dans le monde.
- Victor Forbin.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Théorie mathématique des assurances, par Henri Galbrun. 1 vol. in-16 (Collection Armand Colin, Paris), 1931. Prix, broché : 10 ir. 50.
- Exposé méthodique des principes de l’assurance sur la vie, d’où la simplicité n’a pas exclu la rigueur mathématique. Tout en montrant comment les théorèmes principaux de la théorie des probabilités peuvent être employés à la prévision des résultats présentés par les comptes d’une compagnie d’assurances sur la vie, et sont ainsi à la base même du fonctionnement financier de ces entreprises, l’auteur ne néglige pas le point de vue pratique et passe en revue les moyens de calcul employés journellement par l’actuaire pour obtenir les primes et les réserves des contrats les plus usuels. Ne faisant appel qu’à des notions élémentaires des mathématiques, ce livre n’exige pour être compris que la connaissance des premiers principes du calcul des probabilités.
- Couleurs (étude physique) et colorimétrie, par
- P. Fleury, 1 broch. in-8, 35 p., 17 fig. Conférences d’actualités scientifiques et industrielles du Conservatoire national des Arts et Métiers. Hermann et Cie, Paris, 1930. Prix : 5 fr.
- Dans cette conférence, l’auteur rappelle les difficultés physiologiques de la comparaison des couleurs, puis expose les méthodes d’étude des lumières colorées, des corps colorés, pour aboutir à la description des atlas de couleurs et des colorimètres.
- Liçoes de Topografïa Mineira. par Mendes da Costa. 1 vol., 150 p., 109 fig. Ediçâo do Instituto I. E. C. Do Pôrto-Porto (Portugal), 1930.
- L’auteur a réuni dans ce volume les utiles et pratiques leçons de topographie minière, c’est-à-dire de levés dans les galeries de mines, qu’il professe depuis plusieurs années à l’Institut industriel et commercial de Porto.
- Les moteurs à combustion interne. Moteurs à explosion. — Moteurs Diesel. — Moteurs spéciaux, par R. Fleury.
- 1 volume, 225 pages, 137 üg. Editions Pierre Roger, Paris, 1930. Prix : 15 fr.
- Après un aperçu de l’évolution des moteurs thermiques et un exposé relatif aux combustibles et lubrifiants dérivés du pétrole et de, la houille, l’auteur passe en revue les types actuels de moteurs industriels à explosion, de moteurs d’automobiles, de moteurs d’aviation, de moteurs à huiles lourdes, et pour terminer décrit quelques moteurs de principe original, tels que les moteurs sans vilebrequin, les moteurs toriques, etc.
- Nouveau formulaire des parfums et cosmétiques, par J. P. Durvelle, 5° édition, 1 vol. 520 p., 36 fig. Amédée Legrand, Paris, 1930. Prix : 120 fr.
- L’ouvrage de Durvelle a acquis une notoriété dont témoignent ses nombreuses éditions. C’est en effet une véritable encyclopédie des divers produits qui touchent au domaine de la parfumerie. Dans la nouvelle édition, l’auteur a complété encore sa remarquable documentation, présenté des compositions de formules nouvelles, répondant à des besoins nouveaux du public : l’ouvrage est divisé en deux parties : la première est consacrée à l’étude des matières premières y compris les parfums synthétiques ; la seconde, la plus développée, est consacrée à l’élaboration des produits : elle contient une quantité vraiment extraordinaire de recettes et formules de produits, avec toutes les indications pratiques pour les réaliser.
- Travail du cuir, par H.-J. Rousset. 1 vol. 173 pages, 160 fig.
- 2 pl. hors texte. Ch. Béranger. Paris 1930. Prix : 30 fr.
- Dans ce livre, rédigé surtout à l’usage des amateurs, on trouvera, après l’énumération des opérations de préparation du cuir brut, des recettes pour le nettoyage, le blanchiment et la teinture des cuirs, ainsi que pour leur collage, des formules d’enduits et cirages, des conseils et tours de main pour effectuer soi-même des travaux simples de cordonnerie, bourrellerie et sellerie, pour entretenir les courroies, enfin des indications assez détaillées sur les travaux de maroquinerie, de reliure, de gravure et décoration sur cuir.
- Exploitation des bois, par A. Fron. — 1 vol. in-16, 204 p,, 52 fig. J.-B. Baillière et fils, Paris, 1931. Prix : 12 francs.
- Après d’utiles renseignements sur les conditions d’une bonne gestion forestière, le choix, le mode d’exploitation, l’entrée en possession du domaine boisé, les modes de traitement et l’aménagement des forêts, l’auteur traite des exploitations forestières : diverses opérations à effectuer en forêt; différents produits forestiers, ligneux et autres;
- évaluation d^s coupes de bois. Il rendra d’autant plus de services que les ouvrages qui traitent ce sujet sont peu nombreux en France.
- Traitement industriel et rationnel des sous-produits dlabattoirs et des déchets organiques, par
- R. Planchon. 1 vol. XXI V-460 p., 181 fig. Dunod, Paris, 1931. Prix, broché : 1^0 fr.
- L’ouvrage <Je M. Planchon étudie les progrès réalisés dans l’exploitation des déchets d’abattoirs, notamment à l’étranger où ils sont très marqués. On se rendra compte à sa lecture que les sous-produits d’abattoirs rationnellement traités trouvent sans cesse des applications industrielles nouvelles et qu’aucun déchet ne doit être abandonné. L’auteur souligne l’importance de la création, dans les grands centres, d’usines de transformations conçues selon les méthodes les plus modernes et les principes de l’hygiène la plus stricte.
- Cet ouvrage intéresse tous les directeurs d’abattoirs ainsi que de nombreux industriels qui y puiseront les moyens de réaliser dans leur propre exploitation un rendement plus complet, des conditions d’hygiène meilleures et des économies fort appréciables. Il intéresse en outre au plus haut point les municipalités et les services d’hygiène publique.
- Grenzfragen des Lebens, par Friedrich Rinne. 1 vol.
- . in-8, 128 p., 120 fig. Quelle et Meyer, Leipzig, 1931. Prix : 9 marks; relié toile, 10 marks.
- Cet ouvrage sur les limites de la vie s’essaie à ramener l’organisé à l’inorganique et à y trouver les mêmes lois. Pour cela, il envisage l’ensemble des sciences, depuis l’atomistique, la physique, la physicochimie, la chimie, la minéralogie pour y trouver des analogies avec la complexité, la croissance, la division, les apports matériels, les mouvements, l’irritabilité, le vieillissement des êtres vivants et trouve dans les cristaux les éléments d’explication qu’il estime nécessaires et suffisants.
- Les musiciens de Tété ou essai sur les insectes chanteurs, par Marcel Roland. 1 vol. in-8, 88 p. Editions Rieder, Paris, 1931. Prix : 12 fr.
- Après le Tableau de Lillipul ou Essai sur les Infusoires, voici les insectes chanteurs. C’est de l’histoire naturelle écrite par un homme de science doublé d’un poète, qui conte les merveilles des sauterelles, des grillons, des insectes du bois.
- Les Physiocrates, par G. Weulersse. 1 vol. in-16, 348 p. Encyclopédie scientifique, Paris, 1931. Prix : 30 fr.
- Voici une substantielle et vivante étude des premiers fondateurs de l’économie politique moderne.
- Après une sorte de chronique du mouvement physiocratique (de 1756 à 1770), où sont mis en scène les divers personnages qui participèrent à cette lutte ardente d’idées et d’intérêts, un examen méthodique permet de dégager ce que renferme d’observations conformes aux réalités économiques du temps et du pays le paradoxe fondamental de la productivité exclusive de l’agriculture. L’étude du programme comprend deux parties. Il s’agit, d’abord, de constituer cette grande culture, mieux organisée et plus féconde, qui implique un afflux de capitaux à la terre, et qui exige pour la propriété foncière et l’exploitation agricole des garanties jusqu’alors méconnues : puis, d’assurer aux grains, production principale de la nouvelle agronomie, le bon prix, cette éternelle revendication des producteurs sacrifiés. Ces économistes ruraux étaient trop de leur siècle pour ne pas s’élever de ces considérations pratiques jusqu’à des théories sur l’ordre social et politique, voire de philosophie morale ou scientifique, qui ont influé sur l’évolution générale des idées et des faits.
- Bases scientifiques d’une philosophie de T histoire, par le Dr Gustave Le Bon. 1 vol. in-16, 326 p., 3 pl. Bibliothèque de philosophie scientifique. Flammarion, Paris, 1931. Prix : 15 fr.
- L’auteur cherche à dégager la philosophie de l’histoire en partant des idées actuelles sur l’univers, son instabilité et son évolution; il montre comment les phénomènes ont été vus et expliqués dans le temps, comment on peut -reconstituer les événements du passé et leurs causes, quels sont les grands facteurs religieux, politiques, économiques, qui ont guidé et qui suscitent les faits historiques et comment ils se transforment sous nos yeux. Un livre du Dr Le Bon est toujours une riche source de réflexions, de méditations sur le temps présent; celui-ci est aussi vivant et puissant qu’aucun autre antérieur »
- Une doctrine de la science : l’anthropisme, par
- Raymond Leredu. 1 vol. in-8, 136 p. Douriez-Bataille, Lille, 1930. Prix : 12 fr.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- CHIMIE INDUSTRIELLE Le zinc électrolytique.
- Jusqu’en 1914, la métallurgie du zinc consistait exclusivement en opérations thermiques.
- Les minerais de zinc, on le sait, sont la blende (sulfure de zinc) ou la calaminé (carbonate). Une calcination préalable transforme ces minerais en oxyde de zinc. Le procédé universellement en usage, il y a quelques années, pour extraire le zinc de l’oxyde, consistait à réduire celui-ci en présence d’un excès de carbone à une température relativement élevée. Le zinc qui fond à 420° se sépare par distillation. Le métal ainsi obtenu n’est jamais rigoureusement pur; sa purification parfaite exige l’intervention des méthodes électrolytiques de raffinage. Or le zinc pur est de plus en plus demandé, notamment pour la fabrication des laitons.
- Ce besoin posait le problème de l’extraction électrolytique directe du zinc sans passer par les traitements thermiques. La métallurgie électrolytique du zinc s’est développée pendant la guerre, et aujourd’hui elle a pris une très grande importance. En 1929, la production mondiale du zinc électrolytique atteignait déjà près de 1 400 000 tonnes.
- Le procédé est théoriquement très simple : comme dans le traitement thermique, on part de l’oxyde de zinc obtenu par grillage; on le dissout dans l’acide sulfurique et la solution de sulfate de zinc obtenue est soumise à l’électrolyse. Le grillage de la blende fournissant de l’acide sulfureux, celui-ci est utilisé pour fabriquer de l’acide sulfurique et l’on obtient ainsi une partie de l’acide nécessaire à la dissolution de l’oxyde de zinc.
- Si la théorie du procédé est simple, la mise en pratique en est beaucoup plus complexe et la mise au point en fut laborieuse. Ce n’est pas, en effet, une nouveauté que l’électrolyse du sulfate de zinc, puisqu’un industriel français, Letrange, la pratiquait déjà dès 1882 dans son usine de Saint-Denis. Mais il fallait en faire un procédé réellement industriel, donnant des résultats constants, à un prix de revient acceptable.
- L’électrolyse décompose le sulfate de zinc en acide sulfurique, oxygène et zinc; le zinc est transporté à la cathode sur laquelle il se dépose. Mais si ce dépôt contient, outre le zinc, des substances métalliques plus électronégatives que le zinc, celui-ci se redissout partiellement dans l’acide sulfurique et le rendement de l’opération est désastreux.
- Il faut donc éviter la présence de telles impuretés dans l’électrolyte. Il faut aussi éviter l’arrivée à la cathode d’ions hydrogène résultant de la dissociation électrolytique de l’eau et de l’acide sulfurique; l’hydrogène, en effet, gêrie ou empêche le dépôt du zinc.
- Les recherches effectuées sur les conditions d’électrolyse les plus favorables ont abouti à deux procédés : l’un est le traitement à faible acidité, mis au point notamment par la Société de la Vieille Montagne, dans son usine de Viviez (Aveyron), utilisé également aux Etats-Unis (usine de Great Falls-Montana), au Canada (usine de Trail), en Australie (usine de Broken Hill) ; l’autre est le traitement à forte acidité employé aux Etats-Unis, à Kellog (Idaho).
- Dans le traitement à faible acidité, on emploie un électrolyte contenant de 60 à 120 gr d’acide sulfurique par litre, avec une densité de courant relativement faible de 2 à 3 ampères par dm’- de cathode.
- D’après une étude de M. Van Oirbeck, dans la Revue de l’Industrie Minérale, le minerai est soumis à l’attaque de l’électrolyte acide provenant des bacs d’électrolyse; on dissout ainsi l’oxyde de zinc et un certain nombre d’impuretés;
- il faut d’abord éliminer celles-ci : on commence par amener le fer soluble, ainsi que l’arsenic et l’antimoine, au maximum d’oxydation par injection d’air ou d’oxydants forts (bioxyde de manganèse, permanganates, ozone) ; puis par addition de calcaire ou d’un léger excès de minerai on neutralise la solution pour précipiter le silice et le fer.
- Ce dernier se précipite à l’état d’hydrate ferrique et entraîne l’arsenic et l’antimoine. Le précipité que l’on sépare par décantation contient en outre tout le plomb du minerai, une partie du cuivre, tout l’argent. Un tel résidu contient donc des produits de valeur, aussi est-il soumis ultérieurement à un traitement spécial pour les en extraire.
- La purification de la liqueur s’achève par addition de zinc en poussière qui déplace le cuivre restant, le cadmium, le cobalt et le nickel à chaud. On filtre et on recueille également le précipité pour récupérer les métaux qu’il contient.
- Le liquide purifié peut alors être soumis à l’électrolyse. Celle-ci s’effectue dans des cuves en bois ou en ciment armé munies d’un revêtement résistant à l’acide. Les anodes sont en plomb, les cathodes sont en aluminium laminé; les électrodes sont connectées en parallèle dans chaque cuve; les cuves sont reliées en série. Elles sont munies de serpentins réfrigérants à circulation d’eau. Il faut 3,6 à 3,8 v par cuve, et 4000 à 4200 kw-h par tonne de zinc.
- Dans la méthode à forte acidité, on utilise un électrolyte qui peut contenir jusqu’à 300 grammes d’acide par litre et une densité de courant de 10 amp. par dm2 de cathode. Ce traitement est employé pour des minerais riches en fer : le grillage donne alors une assez forte proportion de ferrite de zinc, composé difficilement soluble dans l’acide sulfurique dilué. La dissolution du minerai se fait en deux temps : celui-ci, au sortir du four de grillage, est refroidi à 60° et envoyé sur un séparateur magnétique qui sépare les ferrites magnétiques et l’oxyde de zinc.
- On commence par dissoudre les ferrites additionnées de bioxyde de manganèse dans la solution d’acide sulfurique à 300 gr par litre, préalablement chauffée à 60° C. ; on agite pendant une heure : les ferrites se décomposent et se dissolvent, en même temps que le fer et les autres impuretés importantes s’oxydent. La chaleur de la réaction porte le mélange à l’ébullition. On ajoute alors la partie non magnétique du minerai qui neutralise l’acidité; ensuite la silice et l’hydrate ferrique se précipitent, entraînant, comme précédemment, l’arsenic et l’antimoine. Il se forme une pulpe très épaisse que Ton sépare du liquide dans des filtres spéciaux utilisant l’air comprimé. La liqueur est purifiée comme dans le procédé précédent. L’électrolyse s’effectue dans des cuves en bois garnies de plomb ; l’électrolyte est soumis à une circulation énergique et refroidi au moyen de réfrigérants extérieurs.
- Le zinc électrolytique est presque chimiquement pur, on obtient notamment du métal à 99,9 pour 100 de zinc. Ce métal pur a permis le développement des laitons blancs, alliages à plus de 90 pour 100 de zinc, se prêtant à la coulée en coquille ou sous pression des pièces les plus compliquées, et par suite très demandé par les fondeurs.
- Le zinc pur laminé a des qualités de malléabilité, de ductilité et d’allongement qui le rendent propre à tous les travaux d’emboutissage, d’estampage, de repoussage et de découpage, où il peut remplacer des métaux plus coûteux comme le cuivre, le laiton ou l’aluminium. Il est susceptible de prendre un très beau poli ; il peut être nickelé ou cadmiumé.
- Le zinc électrolytique s’est créé ainsi un vaste domaine d’applications qui étaient interdites au zinc impur d’autrefois.
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- RADIOPHONIE
- Astronomie et radiophonie.
- Nous précisons ici quelques détails de l’émission radioplio-nique.faite à l’occasion de l’éclipse de Lune du 2 avril dernier. C’est notre collaborateur M. Em, Touchet, vice-président de la Société astronomique de France, qui prit l’initiative de proposer à la direction de la Station de l’Ecole supérieure des P.T.T. d’organiser, depuis l’observatoire de la Société astronomique de France, 28, rue Serpente, à Paris, la radiodiffusion des aspects des phases de cette éclipse totale. L’émission était prévue de 18 h 45 à 19 h 30 m, par le poste des P.T.T., à Paris, et la plupart des stations du réseau d’Etat français. Le mauvais temps régnant sur la plus grande partie de la France, est venu singulièrement contrarier la diffusion annoncée en empêchant à Paris toute observation. Notre collaborateur, au lieu de pouvoir transmettre un astro-radio reportage, dut se borner à une conférence sur les Eclipses de Lune en général. Mais un assez grand nombre de réponses à l’appel lancé par T.S.F. parvinrent de diverses régions de France où le ciel fut plus clément et l’on peut dire que seul le mauvais temps est venu nuire au succès de cette initiative intéressante.
- ETHNOLOGIE
- La Mission scientifique Dakar ^Djibouti.
- La Mission Dakar-Djibouti, qui, sous la direction de M. Marcel Griaule, va s’embarquer pour un voyage transafricain de deux années, vient d’exposer une partie de son matériel au Musée d’Ethnographie du Trocadéro.
- Parcourant l’Afrique Occidentale française, le Togo, la Nigeria, l’Afrique Equatoriale française, le Congo belge, le Soudan anglo-égyptien, l’Abyssinie, la Côte française des Somalis, la mission poursuivra les buts suivants :
- 1° Rassemblement de collections ethnographiques (instruments mécaniques, vannerie, poterie, corderie, sparterie, teintures, armes de guerre, de chasse et d’apparat, matériel de transport, vêtements et parures, ustensiles domestiques, instruments agricoles, objets religieux, instruments de musique, objets esthétiques, juridiques, etc.) destinés au Musée d’Ethnographie du Trocadéro;
- 2° Formation de collections de préhistoire et d’archéologie, et repérage de sites intéressants en vue de fouilles ultérieures.
- 3° Formation de collections botaniques, minéralogiques, entomologiques, zoologiques destinées au Muséum.
- 4° Prise de vues photographiques et cinématographiques, constituant des documents sur les scènes, les types, la localisation et l’usage des objets, le milieu géographique, la faune et la flore, etc.
- 5° Enregistrement phonographique de langages et de musiques indigènes.
- 6° Enquêtes ethnographiques et linguistiques, et conseils donnés aux fonctionnaires de bonne volonté, en colonies françaises, pour que, par la suite, ils effectuent eux-mêmes des observations et rassemblent des collections selon une méthode rationnelle.
- Pour réaliser un tel programme, deux années, certes, ne sont pas trop. Mais le personnel de la mission est très exactement spécialisé, de manière à éviter toute perte de temps et d’efforts, et muni d’un outillage qui lui permettra de travailler dans les meilleures conditions de précision et de commodité.
- Parmi le matériel scientifique emporté figurent un appareil d’enregistrement phonographique électrique sur cylindres (qui seront réenregistrés ultérieurement sur disques et fourniront 2000 disques de la durée habituelle des disques
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- du commerce), 6 appareils photographiques (dont l’un muni d’un téléobjectif) et 6000 plaques, 2 appareils de prise de vues (un appareil lourd, un appareil léger) et 20 000 mètres de fdms, un alambic à colonne de platine, un électroscope de radio-activité et divers instruments pour l’anthropométrie et la météorologie.
- Il convient d’ajouter à cela un système extrêmement pratique de fiches à annexer aux objets recueillis, sur lesquels elles fournissent des renseignements aussi complets que possible, tant du point de vue technique que du point de vue le plus largement sociologique.
- La mission emporte enfin — et ceci n’est pas la partie la moins intéressante de son travail — une brochure spécialement établie, les Instructions sommaires pour les collecteurs d’objets ethnographiques, qu’elle distribuera aux fonctionnaires et colons, pour qu’ils continuent sur place l’œuvre de la mission et collaborent de façon suivie aux études dont elle leur aura montré l’intérêt et la beauté.
- ZOOLOGIE
- Lions et touristes.
- Les journaux de l’Afrique du Sud publient le très intéressant rapport annuel du colonel J. Stevenson-Hamilton, warden (conservateur) du Parc national Kruger, immense domaine constitué pour la protection de la faune indigène.
- Nous y apprenons que les lions sont considérés comme la plus grande attraction par les touristes qui visitent la « réserve ». Mais il est curieux d’enregistrer les différentes façons dont réagissent les visiteurs à la vue de ces félins, qui ont perdu beaucoup de leur humeur agressive, depuis la création de ce parc où ils se trouvent à l’abri des poursuites des chasseurs.
- Les touristes ne s’aventurent dans le Kruger Park qu’en automobile. Certains mettent à profit l’apprivoisement relatif des lions pour les photographier presque à bout portant; mais d’autres perdent tout sang-froid à leur vue et font hâtivement machine arrière pour gagner le refuge le plus proche.
- Il arrive parfois que des lions, plantés ou couchés sur une route, refusent obstinément de livrer passage au véhicule, malgré le vacarme de la corne. On cite le cas d’une bande qui bloquait ainsi une des routes les plus fréquentées. Un garde se rendit compte qu’ils devenaient un danger permanent pour les visiteurs; il en tua un; la leçon porta ses fruits : la bande se dispersa et ne revint plus.
- Les touristes sont autorisés à porter des armes à feu, permission qui peut entraîner des mécomptes. Un homme qui s’affole à la vue des lions est tenté de tirer sur eux. Or, un lion blessé est un animal dangereux qui devient l’irréductible ennemi de l’espèce humaine et qui peut attaquer traîtreusement les passants.
- Le rapport note une curieuse transformation des mœurs de ces félins dans quelques districts : les femelles et les jeunes ont tendance à dévaliser de nuit les poulaillers des indigènes. Ce changement d’habitudes est d’autant plus étrange que le gibier abonde dans ces mêmes secteurs.
- Malgré toutes les mesures prises par les autorités du parc pour empêcher les lions de se multiplier outre mesure, leur nombre paraît avoir augmenté de 25 pour 100 en cinq années, observe le colonel J. Stevenson-Hamilton, qui ajoute :
- « Il n’est pas rare de rencontrer des bandes de dix à quatorze têtes, et j’en ai vu une qui comptait dix-huit lions, lionnes et lionceaux... »
- Une Terre Promise pour les amateurs de beaux clichés photographiques, ce parc national sud-africain !
- Victor Forbin.
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- PETITES INVENTIONS
- TRAVAIL DU BOIS
- Le « modeleur » nouvel outil de travail du bois.
- Le « Modeleur », nouvel outil de travail du bois, est appelé à rendre de grands services, tant aux artisans qu’aux amateurs.
- Il se compose d’un manche en hêtre, légèrement courbé, se terminant à une extrémité par une crosse, à l’autre par un bec surmonté d’une chape porte-lames. Celle-ci, mobile autour d’un pivot, rend réglable l’inclinaison du couteau, ce qui présente un grand intérêt pour l’exécution des cintres. La chape est maintenue dans sa position de travail par un écrou de serrage et la lame est fixée à la hauteur désirée par un coin, le biseau du tranchant dirigé vers l’extérieur.
- Fig. 1. — Travail du bois à l'aide du « Modeleur ».
- Le « Modeleur » est un outil à multiples usages permettant d’aplanir ou profiler une pièce rapidement et sans fatigue, quelle qu’en soit la forme.
- Sa partie travaillante restant entièrement dégagée, l’outil est très facile à manier.
- Il aplanit comme le rabot, sculpte comme les ciseaux de diverses coupes, creuse en cintre plus aisément que la wabs-tringuè ou la gouge, dégage plus sûrement que la plane, saigne et découpe pour incrustation plus nettement que la tarabisco, enfin il moulure et profile tenons et rainures d’assemblage comme les guillaumes.
- Il apparaît donc comme indispensable au sculpteur, au menuisier, à l’ébéniste, au luthier, au carrossier, et en général à tout artisan travaillant sur des formes courbes ou désireux
- de créer économiquement des modèles originaux dilïérents de ceux de série.
- Pour l’amateur comme pour l’artisan, le « modeleur » permettra de remplacer une série onéreuse d’instruments d’usages variés par un outil universel dont les lames interchangeables, d’affûtage facile, lui rendront plus commodément les mêmes services.
- Pour employer l’outil, l’appuyer avec la main gauche sur le bois à travailler et le tirer de l’autre vers soi, le démontage de la lame s’obtient en frappant sur le bec de l’outil à la hauteur de l’écrou, ce qui libère le couteau et le coin de réglage.
- Pour le montage de la lame : l’introduire de manière qu’elle s’applique à la chape, le biseau tourné en bas vers l’extérieur. Entre la lame et les glissières, enfoncer par petits coups de marteau le coin de réglage.
- Plus le bois est dur, moins le tranchant doit dépasser l’arête de coupe. En frappant sur le couteau, on fait sortir son tranchant; pour le faire rentrer, heurter le bois de l’outil (à la partie supérieure du bec) jusqu’à l’obtention de la hauteur d’attaque désirée, puis fixer la lame dans cette position en enfonçant le coin de réglage.
- Lorsqu’on se sert d’une lame dont la largeur est inférieure à celle totale de l’outil, il faut prendre soin de la placer bien en face d’une glissière afin que, guidée par la partie latérale de cette dernière, elle reste calée correctement.
- Les écrous permettent de faire varier la position de l’arête de coupe pour l’adapter à la courbure des cintres à exécuter, plus elle est prononcée, plus l’arête doit être relevée. S’il s’agit d’une surface plane, l’écrou sera fixé en bas de sa voie dans la chape.
- Les lames étroites étant plus minces que la lame droite fournie avec l’appareil, il importe, pour qu’elles soient bien fixées par le coin de réglage, que l’on dispose entre eux deux une cale supplémentaire compensatrice.
- On peut confectionner soi-même des lames minces avec profil divers en les découpant dans des lames de vieilles scies se laissant travailler à la lime.
- Pour obtenir un travail soigné et rationnel avec les lames minces, attaquer le bois progressivement, en passes légères, le manche de l’outil déplacé d’abord presque parallèlement à la surface travaillée étant lentement relevé.
- Pour confectionner des rainures, moulures ou incustations de bois, on établit un gabarit du mouvement qu’on veut donner aux enrichissements (pour les lignes droites, une règle suffit, puis, on suit avec le « Modeleur » garni de la lame choisie les contours du gabarit ou les bords de la règle. Lorsqu’on incruste dans du bois tendre ou contre-plaqué, avoir soin de bien affûter sur chaque angle les grains d’orge, afin d’obtenir une coupe très nette, sans meurtrissure, noter que la même lame servira à saigner et à découper le filet dans le placage.
- En vente aux établissements Klima, 13, rue Saulnier, Paris.
- PHOTOGRAPHIE
- Support métallique pour appareil photographique.
- Ce support pour appareil photographique offre de nombreux avantages et rendra de grands services aux professionnels qu’il aidera à exécuter les travaux les plus difficiles. Il a été conçu pour offrir un appui d’une parfaite stabilité, permettant à l’opérateur de prendre ses vues avec toute la précision et la sûreté nécessaires, de faire toutes les poses qu’il jugera utiles et en même temps on s’est attaché à en réduire le poids au minimum de façon à en rendre les déplacements aisés.
- L’appareil est construit en acier, cuivre et aluminium. Il
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- est pliant, transportable, (l’une très grande rigidité et offre une grande facilité de manœuvre.
- Son mouvement en hauteur, commandé par crémaillère, est actionné par manivelle. Il est d’une très grande douceur et très robuste. Le plateau supérieur à double articulation permet toutes les bascules et toutes les inclinaisons ; il rend possible le travail sous un angle quelconque.
- L’écartement des pieds est maintenu par un triangle qui renforce encore la stabilité. Les tubes qui forment ces pieds sont coulissants et réglables. Leurs extrémités biseautées et sans pointes permettent de placer l’appareil sans difficulté sur des parquets cirés, des dallages ou des tapis.
- L’appareil pèse 7 kg 2. Ouvert, sa hauteur maxima est de 1 m 65 au-dessus du sol, la hauteur minima est de 0 m 90. Plié, son encombrement est de 1 mètre de long sur 0 m 20 d’épaisseur.
- En vente aux établissements Union, 6, rue du jConservatoire, Paris.
- CONSTRUCTION Le séchage des plâtres.
- Essuyer les plâtres, triste perspective pour celui qui cherche un logement. Attendre qu’ils soient secs, pénible situation aussi pour le propriétaire qui attend, sous forme de loyer, la rémunération de sa construction. Malheureusement le séchage demande un certain temps, en général deux ou trois mois. Et pendant ce temps-là l’immeuble reste improductif. Aussi comprend-on l’accueil que peut faire un propriétaire au monsieur qui vient lui dire : «Je me charge de sécher vos plâtres convenablement, parfaitement, en quatre ou cinq jours, ce qui vous permettra de louer sans délai et de gagner un terme. Or ce monsieur existe.Et pour sécher rapidement les plâtres, il emploie exactement le même moyen que les entrepreneurs utilisent pour transformer le gypse en plâtre par déshydratation.
- Le gypse est du sulfate de chaux hydraté, S04Ca + 2H'20.
- Son traitement est très simple.
- On le verse dans des espèces de foui's sous la grille desquels on allume pendant 24 heures un feu de bois.
- L’eau ayant été éliminée par cette sorte de cuisson douce, le plâtre formé est enlevé, passé dans un moulin et sa poussière versée dans des sacs.
- L’agent de déshydratation est donc une chaleur modérée.
- Lorsque le plâtre a été mélangé d’eau pour lui donner la plasticité nécessaire à son utilisation dans la construction des habitations, on devra, pour le déshydrater à nouveau employer le même système. Et voici comment procède M. Roucous.
- Il amène sur place des appareils à feu rayonnant et circulation d’air chaud. La figure 3 représente un de ces appareils.
- Le foyer est formé par une grille chauffée au coke sec. Cette grille est installée sur un chariot métallique mobile, muni de réflecteurs en tôle.
- L’air utilisé pour la combustion du coke est admis par dessous la grille. La chaleur du foyer agit directement sur les parties inférieures des murs. La radiation du coke incandescent sèche ces parties, les plus atteintes par l’humidité.
- Les réflecteurs lancent, en le brassant, l’air chaud contre les parties moyennes et supérieures du mur et l’obligent à se promener ensuite contre le plafond.
- Le foyer se déplace successivement sur tout le pourtour de la pièce où il est installé. On en peut d’ailleurs mettre plusieurs à la fois dans la même pièce. La seule condition est d’employer du coke sec, c’est-à-dire étouffé après cuisson et ne pouvant, par suite,dégager qu’une quantité infinitésimale de vapeur d’eau.
- Le prix du séchage revient de 5 à 7 francs le mètre carré suivant la saison et l’exposition, compris les appareils et leurs
- Fig. 2. — Support métallique pour appareil photographique.
- surveillants. Supposons une pièce de 5 mètres sur 4 et de 2 m 75 de hauteur. La surface totale à sécher sera de 50 mètres carrés. Et le coût du séchage de 250 à 350 francs. Moyennant cette dépense, le
- propriétaire pourra louer ses logements imm édiatement après leur achèvement. Il gagnera par suite une bonne partie d’un terme de loyer. On peut se faire une idée de l’importance de ce gain. Pour un logement de quatre pièces loué 10 000 francs, le terme est de 2500 francs. La dépense du séchage artificiel oscillant, pour ces 4 pièces, entre 1000 et 1400 francs c’est un demi-terme que gagnera le propriétaire en moyenne.
- Le séchage Roucous administre nettement la preuve que le temps gagné c’est du bel argent.
- Inventeur :
- M. Roucous, rue d’Alésia, 125, à Paris.
- Fig. 3. — L’appareil à sécher les plâtres. En bas : le foyer à coke avec sa grille.
- En haut : à gauche et à droite : les réflecteurs qui lancent l’air chaud à la partie supérieure des cloisons et au plafond.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Peinture sur coaltar.
- Lorsque des parois ont été recouvertes de coaltar, il est toujours difficile d’obtenir des résultats satisfaisants lorsqu’on veut ensuite faire une application de peintures à l’huile.
- D’après les renseignements qui nous ont été donnés, la peinture suivante permettrait de tourner la difficulté :
- Prendre :
- Colophane.................... 300 grammes
- Benzol........................150
- une fois la dissolution obtenue s’en servir pour délayer :
- Pigment...................... 550 grammes
- Le pigment choisi doit être un pigment «couvrant «dans le cas d un pigment blanc, on prendra de préférence le blanc de titane, qui couvre environ quatre fois plus que le blanc de céruse.
- Bien entendu cette préparation ne présente pas les qualités de beauté et de solidité des peintures à l’huile faites dans les conditions normales. Elle peut cependant dans des cas particuliers présenter un certain intérêt, c’est pourquoi nous avons tenu à la iaire connaître.
- N. B. — Eu égard à l’inflammabilité du benzol, prendre toutes précautions d’usage dans sa manipulation et assurer largement la ventilation si l’emploi de la peinture doit être fait en lieux clos, sous-sols par exemple. Béponse à M. Boudreaux, à Paris.
- Qu’es t=ce que le ciment Sorel ?
- Le ciment Sorel est un ciment à l’oxychlorure de magnésium qui a été à plusieurs reprises commercialisé sous les noms de Litosite, Veitchii, Dextron, etc., on le prépare en prenant de la magnésie calcinée que l’on mélange à de la sciure de bois dur dans la proportion de 1 de magnésie pour 3 % parties de sciure en volumes.
- Ce mélange est peu à peu arrosé d’une solution de chlorure de magnésium à 22° B jusqu’à ce qu’une poignée serrée dans la main reste assemblée, mais cependant ne laisse pas suinter de liquide.
- La matière ainsi préparée sert habituellement à confectionner les parquets sans joints, elle peut également être employée pour boucher les fentes dans les parquets ordinaires ou les boiseries de porte; au bout de deux ou trois jours la masse durcie présente une grande solidité.
- Il faut employer une magnésie très pure provenant d’une calcination, surveillée entre 750 et 850°; quant à la concentration de la solution à 22° B elle doit être aussi vérifiée car à 24° B il y aurait une dilatation fâcheuse qui compromettrait la réussite.
- Si on veut une grande dureté, on pourra prendre au lieu de magnésie seule un mélange de :
- Magnésie............. 125 grammes
- Sable blanc................. 875 —
- qui sera traité comme précédemment.
- Réponse à M. Gaffier, à Auzite.
- p.-S. — Pour boucher les fentes dans le ciment de votre terrasse, si comme vous le dites elles sont imperceptibles, le mieux est de badigeonner par un temps sec avec du coaltar chaud.
- Tannage économique des peaux de lapins.
- Lorsque l’animal est dépouillé, on racle la peau avec une lame mousse pour enlever les débris de chair, puis on la plonge poil en dessus dans un bain tiède dont la température ne dépasse pas 30° C et contenant par litre 100 grammes d’alun et 30 grammes de sel de cuisine.
- On laisse immergé pendant trois à quatre jours en remuant de temps à autre ; alors les peaux sont étendues sur une planche à laquelle on les fixe par de la semence, on laisse sécher à l’ombre et redonne de la souplesse en les étirant dans tous les sens, au besoin pour augmenter celle-ci on enduit le côté chair d’un mélange d’eau et de glycérine à parties égales, puis on pratique un palissonnage en étirant la peau sur une planche placée de champ, solidement maintenue et dont les arêtes ont été abattues par un coup de rabot.
- -Finalement on lustre le poil avec une brosse sur laquelle se trouve une trace d’huile d’olives. Réponse à M. Bruelle, à Noizay.
- Un insecticide efficace.
- Parmi les insecticides efficaces, nous pouvons vous signaler le « Givrai » inoffensif pour les animaux domestiques, mais très toxique pour tous les insectes : mouches, mites, punaises et même cafarda et moustiques. Il s’emploie en pulvérisations : les insectes meurent au contact des gouttelettes, et aussi à la suite de la respiration des vapeurs qui s’en dégagent. Réponse à T. A. Suresnes.
- De tout un peu.
- M. Dubosc à Ste-Adresse. — Vous pourrez très facilement détruire la mousse sur vos vieilles pierres en les arrosant avec une solution de sel marin à 50 grammes par litre. Cette opération doit se f aire pendant une période de beau temps de façon que le sel ne soit pas entraîné par les pluies et ait la possibilité de produire son action.
- IV1. Marenco à Alger. — Pour désulfater un accumulateur on commence par siphonner l’acide et on remplit ensuite d’eau distillée, qui est également siphonnée et rejetée. On introduit alors dans l’élément une solution de soude caustique à 5 % et on charge.
- Si à un moment quelconque l’électrolyte donne au papier de tournesol une réaction acide et que le sulfate n’ait pas complètement disparu, on ajoute de la soude caustique jusqu’à réaction alcaline.
- On continue ensuite la charge jusqu’à ce que la plaque positive ait pris la teinte chocolat caractéristique d’iine plaque saine et chargée de peroxyde de plomb.
- La solution de soude est retirée et remplacée par de l’acide sulfurique à la concentration habituelle, puis on continue à faire passer le courant jusqu’à ce que l’élément soit chargé.
- Collège de ta Sainte Famille au Caire. — Nous avons donné une formule d’encre pour cyclostyle dans un précédent numéro, réponse à Moulins Nielsen à Malines, veuillez bien vous y reporter.
- M. Gilbert à Aubrac. — Les produits vendus en tubes sous les noms de seccotine, matou-colle, etc., sont constitués par de la colle de poissons qui n’a pas été desséchée et a ainsi conservé toute sa puissance adhésive.
- A défaut de colle sous cette forme, on peut dans une certaine mesure obtenir un produit satisfaisant en prenant de la colle de poissons sèche dans les proportions suivantes:
- Colle de poissons................160 grammes
- Alcool à 90°.................... 85 —
- Eau ordinaire................... 750 —
- Acide azotique........ 5 —
- Faire dissoudre la colle de poissons dans l’eau alcoolisée, n’ajouter l’acide azotique qu’après dissolution complète.
- N. B. — Bien observer qu’il s’agit de colle de poissons vraie et non des produits parfois désignés sous ce nom dans le commerce, qui en réalité ne sont que des imitations à base de gélatine; la colle à employer est la colle de poissons de Russie Salans Ry naturelle.
- M. Flassard à Epernon. — 1° Nous n’avons pas connaissance qu’il existe dans le commerce des comprimés dégageant de l’acide carbonique pour la conservation des fruits. Un emploi de ce genre dans le fruitier, sans installation Spèciale, nous paraît devoir présenter quelque danger.
- 2° Nous avons donné dans le n° 2810, page 527, une recette d’imperméabilisation aux sels de fer qui, croyons-nous, vous donnera satisfaction, la préparation ayant l’avantage de ne pas rendre la toile cassante.
- M. Devrine à Bray-sur-Seine. — Le procédé auquel vous faites allusion, ayant pour but de faire le vide barométrique, n’a certainement pas été indiqué par nous, car la condensation de la vapeur d’eau par refroidissement, si parfaite soit-elle, laisserait dans la partie vide du baromètre une certaine quantité de vapeur d’eau qui exercerait une contre-pression faussant les indications de l’instrument.
- Le mercure doit au contraire être purgé d’une façon complète de toute trace d’humidité, le seul moyen efficace est l’ébullition en se servant d’une quille spéciale ainsi que vous en trouverez la description dans tous les traités de physique, mais il demande une certaine habileté, si on ne veut amener la rupture du tube.
- A notre avis le mieux est de ne pas entreprendre ce travail et de le réserver à un constructeur spécialisé.
- Le Gérant • G. Masson.
- 954. — Paris. Imp. Lahure — 1-6-1931.
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- LA NATURE
- A1° 2859. — 15 Juin 1931
- Parait le Ier et le i5 de chaque mois.
- Prix du Numéro : 3 francs 50
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et C'e, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI8 fl(. C. Seine : i5.i34) Tel. Danton 56-tt.
- PRIX DE L’ABONNEMENT
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- Tarif pour l’étranqer : Tarif 1 \
- - ... .....— / Six
- TanfextérieurjoM valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Costa-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala. Hlaïti, Honduras Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Nicaragua, Panama. Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Turquie, Union d’Afrique du Sud Uruguay, Venezuela.
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- N° 2859
- LA NATURE
- 15 Juin 1931
- PLUTON. LA NOUVELLE PLANÈTE
- DU SYSTÈME SOLAIRE
- Lorsque, l’an passé (n° 2831, du 15 avril) fut publiée ici, par notre collaborateur M. Ern. Touchet, l’histoire de l’importante découverte d’un corps céleste situé au
- s’agit bien, comme on le supposait, d’une nouvelle planète du système solaire, dont, ainsi que l’exposait l’article précité, l’existence était soupçonnée depuis
- Périhélie
- 4.400 'millions de Km
- Aphe/fe.
- 7.400millions de Km.
- Fig. 1. —- Dimension el inclinaison de l’orbite de Plulon, par rapport. aux orbiles
- delà de Neptune, il était encore impossible, à cette époque, d’en connaître les éléments de façon suffisamment précise; l’incertitude était même si grande à son égard que, faute de données établissant sans conteste sa qualité et sa situation réelle, on le désigna provisoirement sous le nom d’objet Lowell. On sait maintenant qu’il
- Fig. 2. — Comparaison du diamètre apparent du Soleil vu de la Terre (T), et de Plulon au périhélie (P) et à l’aphélie (A).
- longtemps. A cette . décerné.
- Il était à redouter, et mouvement, de ne pouvoir en déterminer très vite l’orbite, avec' une bonne certitude. Mais, heureusement, de minutieuses recherches ont fait retrouver Pluton — non reconnu alors au milieu des faibles étoiles — sur divers clichés photographiques pris en 1914 par Max Wolfï, à Heidelberg; en 1919 à l’observatoire du Mont-Wilson; en 1921 par Bar-nard et 1927 par Ross, à l’observatoire Yerkes; et en 1927 également par Delporte, à l’observatoire d’Uccle. Grâce à ces positions variées s’espaçant sur une appréciable portion de l’orbite, celle-ci a pu être calculée dès main-
- Plulon a été
- lenteur de son
- Fig. 3. —• Dimension de Plulon :
- son diamètre hypothétique (A) el son diamèlre réel probable (B).
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- tenant avec précision. MM. Bower et Wipple en ont donné, dans Lick Observatory Bulletin, les éléments ci-après. Cette orbite, inclinée de 17°8 sur le plan de l’écliptique, est très excentrique. Au périhélie, à 4400 millions de km du Soleil, Pluton est plus rapproché du Soleil que Neptune, dont la distance moyenne est de 4500 millions de km; mais à Y aphélie il s’éloigne considérablement, à 7400 millions de km en chiffres ronds. On se rendra compte de ces proportions sur la figure 1 qui montre, en perspective, l’étendue de cette orbite et son inclinaison par rapport à celles des autres planètes principales. La durée de la révolution est de 249 ans, 166.
- Actuellement, Pluton, qui se trouve à la position indiquée par la date 1930, se rapproche du périhélie qu’il atteindra en 1989, y étant passé pour la dernière fois en 1740.
- A ces énormes distances de l’astre du jour, celui-ci n’apparaît plus que comme une grosse étoile. Qu’on en
- juge sur la figure 2, qui donne le rapport des diamètres apparents du Soleil vu de la Terre et de Pluton au périhélie et à l’aphélie; dans ce dernier cas, sa radiation totale est 2500 fois plus faible que celle reçue par nous. A la surface de ce monde, la température doit être extrêmement basse, peut-être voisine du zéro absolu.
- Quant aux dimensions de Pluton, elles ne peuvent encore être évaluées avec sûreté. Aucun disque n’est appréciable, même dans les plus grands instruments, ce qui indique un diamètre de faible dimension : d’après diverses tentatives de mesure, par la méthode photométrique, il ne saurait guère excéder le tiers de celui de la Terre alors que Lowell le supposait d’un peu plus de 30 000 km (fig. 3). De même, la masse n’a pu encore être déterminée avec une précision satisfaisante.
- Il faudra attendre le résultat de longues et patientes observations pour connaître définitivement les éléments du globe de Pluton. Lucien Rudaux.
- LA SCIENCE AU SERVICE DES ARTS
- Depuis quelques années, on assiste, dans les différents pays civilisés, à une transformation des procédés d’expertise des œuvres d’art.
- Déjà, en 1863, Pettenkofer, reprenant une idée de Léonard de Vinci, avait réclamé la création d’une science de la technique picturale, mais il n’avait pas trouvé d’écho. Vers la fin du siècle dernier, les archéologues, multipliant leurs découvertes de fresques anciennes, posèrent les premiers le problème de la conservation des pigments et des liants. Peu après, les historiens d’art essayèrent ou acceptèrent de compléter l’examen subjectif du « métier », de la « facture », du « style » d’une œuvre d’art par un examen objectif, parfois photographique, sous diverses radiations. Bientôt, on proposa d’y adjoindre l’analyse microscopique et chimique des couleurs et du substrat. Pour la première fois, on soumit, en 1897, à J^unich, un tableau aux rayons X.
- Ces nouvelles techniques scientifiques se sont peu à peu imposées à tous les musées et elles commencent à se préciser et à se répandre en même temps qu’elles portent leurs premiers fruits.
- En France, au Musée du Louvre, un laboratoire d’essais et d’identification des peintures et des œuvres d’art vient d’être créé, que dirige M. Cellerier, dont nos lecteurs connaissent les procédés de recherches (n° 2833).
- En octobre dernier, l’Office international des musées a réuni à Rome une conférence pour l’étude des méthodes scientifiques appliquées à l’examen et à la conservation des œuvres d’art où directeurs et conservateurs des principaux musées du globe se sont rencontrés pour discuter des nouvelles techniques.
- Mouseion, la revue de muséographie que publie l’Institut international de coopération intellectuelle, commence à rendre compte des questions qui ont été traitées à Rome. Nous voudrions en donner ici un aperçu en les classant autant que possible par disciplines scientifiques.
- LA PHYSIQUE
- L’examen physique est celui auquel on a eu le plus souvent recours jusqu’ici, tout d’abord parce qu’il n’altère en rien l’œuvre d’art, ensuite parce que les procédés optiques semblent des mieux indiqués pour l’étude des couleurs et des formes.
- M. Cellerier a donné un clair exposé des divers moyens dont on s’est déjà servi.
- A la loupe, connue des experts depuis longtemps, on a ajouté le microscope et surtout le microscope binoculaire qui permet notamment d’apprécier l’épaisseur de la pâte. Ces grossissements révèlent l’état du vernis, l’usure de la peinture, les craquelures et les fissures, et souvent les coups de pinceaux de l’artiste, tous détails qu’on peut ensuite interpréter en vue d’une identification.
- Au lieu d’employer la lumière ordinaire du jour, on peut éclairer le tableau en lumière rasante qui montre mieux les empâtements, les reliefs.
- Les rayons X ont à leur actif quelques succès très retentissants qui ont assuré leur introduction dans beaucoup de musées. On sait qu’ils pénètrent d’autant moins dans un corps que celui-ci a un poids atomique plus élevé. Les couleurs minérales à base de plomb ou de mercure sont très opaques ; les couleurs organiques à base de carbone, d’hydrogène, d’oxygène, d’azote, sont très transparentes; or, il n’est pas rare que des tableaux anciens à pigments minéraux aient été retouchés ou restaurés plus récemment à l’aide de couleurs organiques. Les radioscopies et les radiographies montrent de tels tableaux sous des aspects tout différents de celui que l’œil peut voir. Mais parfois la préparation du support a été faite au moyen d’une couche épaisse de céruse ; d’autres fois, des réparations ont été opérées sur la toile au moyen de pièces collées à la céruse; d’autres fois encore, des inscriptions ont été peintes au dos du tableau;
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- tout cela apparaît en noir aux rayons X et empêche l'observation détaillée. D’autre part, comme l’opacité aux rayons X dépend non seulement du poids atomique, mais aussi de l’épaisseur, il arrive que des parties minces ou usées apparaissent claires, même si elles sont peintes aux couleurs minérales.
- Cependant, les rayons X ont permis quelques expertises sensationnelles, quand un tableau ancien a été entièrement repeint, recouvert par une nouvelle peinture, ou encore quand l’artiste a retouché sa composition, ajoutant ou enlevant un personnage ou un détail. Dans ces cas, la radioscopie peut révéler les dessous. MM. Bauer et Rinnebach ont ainsi découvert, sous un portrait de femme de l’école anglaise à la manière de Mme Vigée-Lebrun, une autre tête du xvme siècle; sous un paysage à la manière de Deniers, la radiographie a fait appa-
- ......,................... . = 531 -------=
- ment des méthodes microchimiques d’analyse et il commence à peine à fixer ses techniques.
- Il est encore inopérant, tant pour la recherche des huiles et vernis, que pour celle des matières colorantes organiques, dont le professeur Schultz a compté 6000 espèces employées par les peintres depuis un siècle. 11 est limité aux pigments minéraux et à la chaux, quand elle fut utilisée comme agglutinant.
- M. le professeur Schefïer, de Délit, a donné au congrès de Rome les techniques qu’il emploie. Il choisit, en regardant au microscope binoculaire, la place où il fera le prélèvement; à cet endroit il passe légèrement un tampon d’ouate imbibé d’alcool pour liquéfier le vernis, puis il enlève avec une aiguille une écaille de couleur, invisible ou presque à l’œil nu. La parcelle de couleur est déposée sur une lame porte-objet, dans une goutte
- OUTREMER NATUREL
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- si
- 1450 1500 1550 1600 1650 1700 1750 1800 1850 1900
- Fig. 1. — Tableau chronologique des couleurs employées par les artistes des écoles hollando-flamandes, d’après de Wild.
- (Mouseion, vol. XIII-XIV, 1931).
- raître une nature morte à la manière de Heem. Ces braillantes surprises restent cependant exceptionnelles.
- Les rayons ultra-violets peuvent fournir d’autres indications. Certaines matières deviennent alors fluorescentes ou luminescentes et l’on peut ainsi dépister des hétérogénéités invisibles à l’œil.
- Il n’est pas jusqu’à l’infra-rouge qui n’ait tenté les experts physiciens, mais sans grande insistance jusqu’ici.
- La lumière polarisée, les éclairages monochromatiques, les cellules photo-électriques ont aussi donné lieu à quelques essais.
- LA CHIMIE
- L’examen chimique a été jusqu’à présent beaucoup moins pratiqué. Ce n’est pas qu’il r.e puisse fournir de précieuses indications, mais il nécessite un prélèvement, aussi petit qu’il soit, et ne laisse donc pas l’œuvre d’art intacte. Il n’est devenu possible qu’avec le développe-
- de xylol qu’on laisse évaporer; elle est ensuite lavée plusieurs fois par une goutte d’alcool pour enlever le vernis. Un peu de soude attaque l’huile, et les grains colorés se séparent. On voit alors s’ils sont tous identiques ou s’ils forment un mélange. Voici, en exemple, la suite de l’analyse quand il s’agit de couleur bleue. Sur un tableau ancien, six matières ont pu servir pour obtenir cette couleur : l’outremer (ou lapis-lazuli, silicate alumineux de soude et de chaux), l’azurite (ou bleu de montagne, carbonate de cuivre), le smalt (ou bleu d’azur, silicate de cobalt et de potasse), le bleu de cobalt (ou bleu de Thénard, mélange d’alumine et d’oxyde de cobalt), l’indigo (couleur végétale), le bleu de Prusse (ferrocyanure de potassium).
- Déjà, avec la soude employée pour attaquer l’huile, le bleu de Prusse change de couleur et devient rouge-brunâtre comme de la rouille; le bleu revient par addition d’une petite goutte d’acide chlorhydrique. Seul il
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- réagit alors. Si la couleur bleue persiste, il reste donc à chercher entre les cinq autres substances possibles.
- Une goutte d’acide chlorhydrique décolore l’outremer et l’azurite. Mais l’azurite seule donne des cristaux brun jaunâtre, en aiguilles, de sulfocyanure double de cuivre et de mercure, quand on ajoute une goutte d’une solution incolore de sulfocyanure double d’ammonium et de mercure.
- Par contre, l’outremer, recouvert d’un petit morceau de papier filtre humecté d’acétate de plomb, puis mouillé d’acide chlorhydrkpie, brunit le papier parce qu’il dégage toujours un peu de gaz sulfhydrique.
- Si l’acide chlorhydrique n’a rien décoloré, il reste à choisir entre le smalt, le bleu de cobalt et l’indigo. On prend une particule de couleur sur un fil de platine aplati en spatule, on y verse une goutte d’acide sulfurique concentré et on chauffe doucement sur une petite flamme. On recueille ce qui reste dans une goutte d’eau sur la lame de verre porte-objet et on y ajoute un réactif du cobalt : l’indigo ne donne rien ; le smalt et le bleu de cobalt donnent des cristaux allongés très caractéristiques. On peut choisir entre les deux corps par une mesure d’indice de réfraction.
- L’analyse des autres couleurs est conduite par des moyens du même genre.
- La trace du prélèvement est très aisément masquée en versant une petite goutte d’alcool au point écaillé, le vernis voisin se dissout et recouvre la surface mise à nu.
- De semblables analyses, répétées sur un grand nombre de tableaux et rapprochées de tous les autres documents qu’on connaît sur les couleurs : livres de comptes des artistes, ouvrages de technique, etc., permettent, sinon de dater exactement les œuvres, tout au moins de les situer à une époque assez définie.
- M. de Wild, fils d’un restaurateur de tableaux très connu en Hollande, a pu recueillir un grand nombre de parcelles de couleurs sur des tableaux des musées d’Amsterdam, La Haye, Haarlem, Middelbourg, Anvers, exactement connus ou datés. Il a pu ainsi fixer environ 300 dates de changements de palette des écoles hollandaise et flamande. Il a même pu grouper les principaux faits en un graphique que nous reproduisons ici (fig. 1). On y voit que certaines couleurs sont en usage, sans interruption depuis le xve siècle, jmr exemple la céruse et les ocres. D’autres, employées au début, ont disparu, remplacées par de nouveaux pigments plus colorés ou plus commodes d’emploi; tels sont l’azurite et la malachite (dont l’emploi cesse vers 1660), le massicot (disparu vers 1800). D’autres encore n’ont eu qu’un temps, le smalt par exemple, qu’on ne rencontre que de 1550 à 1800. Enfin, certaines apparaissent tardivement et se maintiennent jiisqu’au-jourd’hui, par exemple le bleu de cobalt (1610), l’outremer artificiel (1828), le bleu de Prusse (1701), le blanc de zinc (1779), etc. On voit comme la méthode chimique peut aider à contrôler l’ancienneté d’un tableau.
- LA BIOLOGIE
- Moins encore que la chimie, la biologie a été appelée à concourir aux expertises d’art. Nul doute cependant qu’elle aura aussi son mot à dire.
- Elle réussira peut-être un jour à déterminer l’ancienneté des bois.
- On sait déjà que, parmi les toiles, celles de coton ne devinrent communes que vers 1650, celles de ramie vers 1855, etc. Leurs diverses fibres sont reconnaissables au microscope et l’on s’en servira certainement, comme on vient de le faire des couleurs, pour limiter des époques.
- Les huiles et les vernis, quand on saura les analyser, n’auront pas moins d’importance.
- Enfin, il ne faut pas oublier que deux des principaux ennemis des collections et des musées sont les insectes et les moisissures. La lutte contre leur pullulation et leurs dégâts n’est pas la moindre tâche des conservateurs et des restaurateurs.
- Ainsi, de tous côtés, la science, toutes les sciences pénètrent dans le domaine des arts. Les conservateurs érudits, historiens, esthéticiens, commencent à faire appel aux examens purement techniques; les grands musées s’adjoignent maintenant des laboratoires.
- Il est certain cpie les moyens d’identification s’en trouvent grandement étendus et perfectionnés et que tous les collectionneurs et amateurs s’en réjouiront, eux dont la terreur constante est celle des copies et des faux, parfois si difficiles à reconnaître.
- Mais l’introduction des méthodes scientifiques dans les musées peut encore rendre bien d’autres services.
- Tout n’est pas dit quand on a pu identifier, authentifier, certifier l’origine d’une œuvre d’art. Il faut encore la conserver, et souvent la restaurer.
- La connaissance précise des matières et des techniques peut empêcher les restaurations abusives ou incorrectes, qui ont été trop souvent jusqu’à défigurer ou détériorer les objets (1). Elle arrêtera les altérations si fréquentes, dues aux réactions physico-chimiques, aux moisissures, aux insectes, qui ont fait périr tant d’œuvres du passé.
- Ne pourrait-on même demander plus ? Les artistes, et notamment les peintres, les graveurs, les dessinateurs emploient pour leurs œuvres des matières premières non contrôlées. Combien de papiers se piquent, se tachent dès qu’ils sont à l’humidité ? Combien de toiles, blanchies au chlore, sont brûlées et se déchirent peu d’années après avoir été peintes ? Combien de couleurs d’aniline ont passé à la lumière ou changé de ton ? Que dire de certaines huiles et de certains vernis qui craquent ? Qui ne sait les méfaits du bitume qui ne sèche pas, coule sous le vernis, mélange les valeurs. L’œuvre de certains grands peintres du xixe siècle en est compromise et pour certains, même, déjà méconnaissable, sinon entièrement perdue.
- Ne pourrait-on étudier systématiquement les supports, les pigments, les liants; les vernis, déterminer les qualités qu’ils doivent avoir pour être durables, éliminer les corps fragiles, altérables, enseigner les contacts et les mélanges incompatibles avec une longue conservation. On assurerait ainsi la pérennité des œuvres qui doit être le souci de tout artiste, mais pour laquelle il ne dispose le plus souvent jusqu’ici que de données empiriques, de recettes d’atelier. ; R. M.
- 1. La Nature a déjà résumé (n08 2500 et 2555) les techniques de nettoyage et de restauration mises au point en commun par le British Muséum et le Department of scientiflc and industrial Research.
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- LE PORT POLONAIS DE GDYNIA
- Grâce à la profondeur de leurs vues et à leur persévérance inlassable, les hommes d’Elat de la Pologne rcnais-
- dont les jetées, les brise-lames, les bassins et les quais surgirent des sables de la Baltique ou s’y creusèrent d’une
- Fig. 1. —• Vue générale de la baie de Gdynia.
- Lù, où voici dix ans, n’existait qu’une bourgade de pêcheurs, a surgi un port magnifique.
- santé, heureusement secondés par d’entreprenants capitalistes et des ingénieurs français hors de pair, ont réussi à doter leur pays d’un port magnifique, Gdynia (fig. 1)
- façon aussi rapide que les « villes-champignons » naissent aux Etats-Unis.
- D’après le traité de Versailles, un «couloir», découpé
- Fig. 2. — Entrée du port de Gdynia. (Au fond, vers la droite, l’amorce du môle ou jetée nord.)
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- dans la Prusse Orientale, permettait bien à la Pologne d’accéder librement à la mer en empruntant les voies navigables de l’Etat libre de Dantzig. Toutefois, des décisions prises par la Société dés Nations empêchaient ']’utilisation de cé dernier territoire à des fins militaires. Aussi, dès 1921, le gouvernement polonais s’inquiéta-t-il de trouver, sur les 60 km de sa frontière maritime, un endroit propice pour y abriter ses navires de guerre, ses bateaux de commerce et de pêche. Après des études techniques
- du rivage et on n’y rencontre pas de courants susceptibles de produire des ensablements ou des envasements. D’autre part, les collines environnantes hautes de 80 à 120 m abritent Gdyuia des vents de terre tandis que la pres-qu’îkf de-Hel, longue de 35 km et large de 2 km au maximum, le protège des vents du Nord et du Nord-Est. Ees navires peuvent: donc y accéder facilement par tous les temps. Enfin l’eauvpotable abonde en de nombreux points des terrains avoisinants, dont la faible valeur
- PORT DE GDYN1A
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- Ouvrages terminés au a 31 Décembre 1930. a Ouvrages en cours.
- Fig. 3. — Plan du port de Gdgnia.
- approfondies, on choisit comme emplacement Gdynia. alors petite bourgade de pêcheurs, située à 15 kilomètres au N. O. de Dantzig. En ces parages, les moraines côtières présentent une échancrure dénudée, large de 3 km environ, s’élevant de - quelques mètres seulement au-dessus du niveau de la mer, recouverte de maigres prairies ou de tourbières et que sillonne un petit ruisseau, le Chylonka. En outre, vers cette coupure, les fonds atteignent 10 m de profondeur à moins de 1200 m
- rendra peu onéreuses les extensions futures de la cité naissante et permettra l’établissement d’industries diverses qui, dans un avenir sans doute peu lointain, contribueront à augmenter le trafic du nouveau port balte,
- LES TRAVAUX DCJ PORT
- Toutes ces considérations militaient en faveur d’un tel emplacement. Une fois ce choix fixé, les pouvoirs publics et les techniciens se mirent aussitôt en besogne. Dès 1921,
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- Fig. 4. — Installations de déchargement du bassin aux charbons.
- la Diète de Pologne votait les crédits nécessaires pour la construction d’un pier en pieux et enrochements de 400 m de longueur, terminé par une brise-lames. Mais il s’agissait là d’une solution provisoire. Trois ans plus tard, des pourparlers s’engagèrent entre le gouvernement polonais et des firmes françaises, anglaises, italiennes, puis, après de multiples négociations dans le détail desquelles nous ne saurions entrer, M. Josef Kiedron, ministre de l’Industrie et du Commerce, signait, le 4 juillet 1924, un contrat avec un consortium dont les membres français étaient les Etablissements Schneider, la Société anonyme Hersent et la Société de Construction des Batignolles, cette dernière assumant la direction des tiavaux. Ce contrat, modifié à plusieurs reprises, règle l’ordonnancement technique et financier des travaux suivants, effectués ou en cours d’exécution aujourd’hui dans la baie de Dantzig. A son origine, le programme comprenait :
- Un môle nord ou jetée de 740 m de long.
- Un brise-lames et un môle est d’une longueur de 1536 m, 5655 m de quais de 8 à 10 m et 8 500000 m3 de dragages.
- L’entreprise progressa avec une remarquable rapidité, grâce à l’emploi de méthodes fort ingénieuses que lui permettaient les circonstances locales. Pour les jetées et les brise-lames ses ingénieurs utilisèrent soit des pieux jointifs formant barrages avec remplissage en pierre, soit des caissons en bét m armé qu’on immergeait aux endroits
- voulus. Pour les fondations des murs de quais, on adopta également à Gdynia tantôt les palplanches en pieux équarris, tantôt les caissons immergés. Pour les fonds ne dépassant pas 8 m, on reconnut qu’il fallait donner la préférence au premier type mais qu’au delà le second s’avérait plus avantageux.
- On commença donc par construire d’abord le môle nord (fig. 2), faisant suite, pour ainsi dire, aux collines d’Oksvwia
- Fig. 5, 6 et 7.
- Les travaux du port.
- A gauche : chapelet de caissons en béton amarrés en attendant leur immersion à leur_ emplacement définitif.
- A droite : bétonnage de la superstructure d’un môle.
- En bas : remorquage d’un caisson terminé jusqu’à son emplacement définitif dans la baie de Gdynia.
- (voir plan fig. 3). Cette jetée se compose d’une ossature ligneuse bordée à l’extérieur et à l’intérieur par des pieux jointifs inclinés et remplie d’enrochements. Les constructions en bois se conservent très bien dans la Baltique, car on n’y rencontre pas. de tarets ou mollusques vermiformes
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- Schémas montrant les phases successives de Vimmersion d'un caisson en béton armé dans la baie de Gdynia.
- ès communs dans la plupart des mers où ils percent les carènes des navires, les planches ou poteaux immergés. Quant au rnusoir de ce -môle, actuellement en cours d’exécution, il se composera d’un grand caisson en béton armé du type décrit un peu plus loin.
- Les premiers quais de 8 m du bassin nord et du bassin aux charbons (fig. 4) sont formés d’une infrastructure de pieux ordinaires avec une paroi de palplanches
- en bois et d’une superstructure en béton armé. Ces pieux, de 25 à 30 cm de diamètre, sont les uns verticaux, les autres inclinés afin de résister à la poussée des remblais et à la traction des navires. La superstructure bétonnée (fig. G.) comprend une dalle horizontale qui, enrobant la tête des pieux et des palplanches, se prolonge à l’avant par un mur vertical en béton armé, que termine un couronnement de granit. Lnlin on a remblaye tous les quais avec du sable de dragage en dessous et au-dessus de leurs dalles jusqu’à hauteur de leur couronnement.
- Le môle est, le brise lames, le môle sud, les autres quais de 8 m ainsi que les quais de 9, 10 et 12 m sont constitués par des chapelets de caissons en béton armé (fig. 5.) posés bout à bout sur un lit d’enrochement et remplis de sable. Après essais, on adopta, pour ces caissons, un type à peu près uniforme mesurant 8 m 50 à 12 m 50 de hauteur, 6 à 7 m de largeur, 18 m 30 de longueur et divisé en compartiments par des cloisons transversales. On construit lesdits caissons sur une plage sablonneuse élevée d’environ un mètre au-dessus du niveau de la mer, en les montant couchés sur une de leurs faces latérales, le fond tourne vers les flots. Comme le projet comporte la suppression ultérieure de la bande de terre sur laquelle ces caissons reposent momentanément durant leur fabrication, on utilise, pour leur mise à l’eau
- Fig. 9. — Le bassin du maréchal Pilsudshi, un des plus importants du port de Gdynia.
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- après achèvement, l’ingénieux procédé suivant.
- On drague avec précaution le sol devant chaque caisson terminé. Le sable s’éboule alors, de sorte que le caisson s’incline de lui-même et finit par flotter à peu de distance du rivage. On le remorque ensuite jusqu’au-dessus de son emplacement définitif (fig. 8). Une fois arrivé là, on l’immerge dans une position à peu près verticale en y introduisant de l’eau, puis en le remplissant de sable avec une suceuse-re-fouleuse. (Voir schéma fig. 8.) Finalement on réalise sur place sa superstructure en béton armé avec un couronnement de granit sur la face avant du quai.
- Grâce à cette organisation, les travaux s’exécutent d’une manière très rapide et très sûre. On a installé trois chantiers de fabrication des caissons sur des zones côtières qu’on doit draguer et dans chacun d’eux on confectionne 10 à
- Fig. 10. — Magasin frigorifique de Gdynia pour les denrées agricoles, et notamment les œufs.
- LE PORT
- Le port militaire, aménagé dans l’avant-port commercial, comprend un bassin de 300 m X 300 m, situé près de l’enracinement de la jetée nord et dragué à 8 m. Ces travaux furent également exécutés, en majeure partie, par le Consortium franco-polonais de 1926 à 1928. D’autre part, au sud du port de commerce, les mêmes entrepreneurs achèvent actuellement le port de pêche qui comprend, entre autres ouvrages, une jetée de 284 m prolongeant le môle est et un épi accostable de 100 m de long dans le bassin sud.
- Fig. 12. — La gare de Gdynia..
- Fig. 11. — Une partie de la ville de Gdynia.
- Elle compte actuellement 250 grandes maisons à plusieurs étages, 180 à 200 baraquements commerciaux et de nombreuses villas entourées de petits jardins.
- 14 caissons, disposés en colonnes parallèlement au rivage. Devant ces files peuvent circuler, sur une voie ferrée, également parallèle aux dites rangées, une grosse bétonnière et un élévateur qui projette le béton dans les coffrages. Quand le bétonnage d’une série de caissons est terminé, les ouvriers ripent les rails en arrière et passent à la fabrication de la colonne suivante. En 1928, les trois chantiers de Gdynia ont pu, de la sorte, construire 175 caissons, de 18 m 30 de long et immerger 153 d’entre eux qui, mis bout à bout, formèrent une longueur totale de 2800 m de quais.
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- Enfin comme le trafic de Gdynia s’accroissait très rapidement, le Gouvernement polonais a procédé, le 31 octobre 1928, à l’adjudication d’un nouveau programme de constructions maritimes, qui devront être achevées en 1934. Ces travaux comprennent un deuxième bassin intérieur avec 3239 m de quais de 6 à 10 m, la fermeture du port de pêche par un môle sud de 234 m prolongé par 595 m de murs limitant les terre-pleins et 12 765 000 m1 de dragage. Ces derniers comportent, en particulier, l’approfondissement d’un grand canal le long duquel la Pologne ainsi que la Tchécoslovaquie se proposent de construire ultérieurement de nouveaux bassins.
- En définitive, malgré les difficultés économiques et financières que le gouvernement polonais dut surmonter pour mener à bien cette remarquable entreprise, il peut, en attendant son achèvement complet, s’enorgueillir des résultats déjà acquis. Mais qu’il nous soit permis d’associer à sa brillante réussite les savants techniciens français qui l’aidèrent puissamment dans sa tâche, sans oublier l’ingénieur polonais Wenda, auteur des plans du port et qui assure le contrôle général de la construction.
- A la fin de 1933, la Pologne disposera donc d’un vaste poit de 275 hectares avec 11 791 m de quais utilisables, sans compter les môles est et sud, accostables sur les 1200 m de face intérieure. A titre de comparaison, le développement des quais du Havre atteint 18 km et ceux de Marseille mesurent 21 km. Quant aux voies du port Gdynia avec leurs faisceaux de formation des trains, elles comprendront 150 km mais elles en comptent déjà plus de 120. Aussi, au cours des dernières
- années, le trafic s’intensifia-t-il de plus en plus dans le grand port polonais. Alors qu’en 1924 il n’y était entré que 24 navires d’un jaugeage net de 14 352 tonneaux, en 1927 il en reçut 530 jaugeant 422 939 tonneaux et plus de 1500 bateaux d’un jaugeage de 1445288 tonneaux y entrèrent en 1929. Rien que le tonnage de sortie dépassa, cette année-là, 2 millions et demi de tonnes. Les marchandises importées par Gdynia sont, par ordre d’importance, le riz pour lequel on a construit d’énormes hangars et magasins, les engrais chimiques, les minerais, le tabac, les coquillages pour la fabrication des boutons, les harengs, etc. L’exportation porte sur les bois, le ciment, les œufs pour la conservation desquels on a installé de vastes chambres frigorifiques, le sucre, mais surtout les charbons des mines de Silésie, auxquels on a réservé un bassin spécial (fig. 4) et qui entrent, à eux seuls, pour 1 694 000 tonnes dans le trafic de 1928.
- A l’instar de son port, la ville de Gydnia se développe très rapidement et sa population compte, à l’heure actuelle, plus de 30 000 âmes. On y a construit environ 250 grandes maisons à plusieurs étages, des villas entourées de petits jardins (fig. 11), de nombreux magasins, 180 à 200 baraquements commerciaux et une vaste gare (fig. 12) que son architecture massive fait plutôt ressembler à un monastère slave moyennageux qu’à un terminus de chemin de fer ! Enfin la création du port national polonais n’a pas nui, comme des informateurs intéressés le répètent, au trafic de Dantzig dont le tonnage, sans cesse en progression, représente maintenant plus de trois fois et demie celui d’avant-guerre.
- Jacques Boyer.
- NOUVEAUX TYPES DE CELLULES PHOTO-ÉLECTRIQUES
- ÉLÉMENTS PHOTOVOLTAÏQUES ÉLÉMENTS A CONTACT RECTIFIANT
- LE RÔLE DES CELLULES PHOTO-ÉLECTRIQUES ET LES DIFFÉRENTES CATÉGORIES ACTUELLES
- Les cellules photo-électriques sont des organes de traduction des flux lumineux en courants électriques, et cette opération peut souvent, lorsqu’on n’utilise pas une source auxiliaire d’énergie, être considérée comme une véritable transformation de l’énergie lumineuse en énergie électrique.
- Les courants électriques ainsi produits sont, en général, très faibles; c’est pour cette raison qu’on n’a pu obtenir des résultats utilisables en pratique qu’après l’apparition des dispositifs amplificateurs à lampes à vide pour courants de toutes fréquences.
- La cellule photo-électrique constitue un véritable œil
- électrique, beaucoup plus sensible que l’œil humain et aussi beaucoup plus perfectionné, parce qu’il ne permet pas seulement de déceler les rayons visibles du spectre solaire, mais aussi les radiations invisibles infra-rouges ou ultraviolettes.
- Le cinématographe sonore, la téléphotographie, la télévision, la téléphonie par la lumière, la télémécanique par la lumière constituent les applications les plus connues des cellules photo-électriques, et il est inutile d’insister sur leur importance déjà indiquée en détail à plusieurs reprises dans cette Revue.
- On peut d’autre part distinguer, si l’on veut, deux catégories générales de cellules photo-électriques : les cellules photo-résistantes et les cellules photo-émettrices.
- Lorsqu’un flux lumineux agit sur une cellule de la pre-
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- mière catégorie, il produit une variation de sa résistance électrique, d’où il résulte une variation correspondante d’un courant si la cellule est intercalée dans un circuit d’utilisation en série avec une batterie de piles ou d’accumulateurs (fig. 1 A).
- Lorsqu’un flux lumineux agit de même sur une cellule photo-émettrice, il détermine une production de courant correspondant aux variations de lumière, une batterie auxiliaire étant, d’ailleurs, ou non utilisée pour déterminer l’apparition de ce courant (fig. 1 B).
- Parmi les types les plus connus de cellules photo-résistantes, on peut classer la cellule au sélénium, et, parmi les cellules photo-émettrices, on range la cellule photo-électrique proprement dite à vide ou à gaz rare, à cathode de métal alcalin, si employée à l’heure actuelle en cinématographie sonore et pour la transmission des images.
- Les éléments photo-voltaïques, ou photo-chimiques, et les cellules à contact rectifiant, dont nous voudrions faire connaître à nos lecteurs les intéressantes caractéristiques, beaucoup moins étudiées encore, se comportent, en quelque sorte, comme de véritables piles électriques sous l’ac-
- Fig. 2. — Comment fut réalisée une des premières expériences d’Edmond Becquerel.
- tion des radiations lumineuses, et engendrent un courant électrique dont les ondulations correspondent aux varia-tians du flux lumineux (fig. 1 G et D). Il n’est plus besoin d’aucune batterie auxiliaire, et la transformation de l’énergie lumineuse en énergie électrique est alors très nette, comme dans les piles thermo-électriques, d’ailleurs.
- On peut sans doute assimiler ces éléments aux cellules photo-émettrices des autres types, et il semble bien qu’on puisse trouver une explication générale convenant aux phénomènes constatés dans les différents cas. Il est, d’ailleurs, souvent assez vain en physique de vouloir établir des classifications rigides s’appliquant à des phénomènes très complexes ; il vaut beaucoup mieux, en général, se contenter d’étudier les phénomènes, et de tirer de cette étude les déductions utiles pour l’élaboration d’une hypothèse générale ou d’une mise en pratique féconde.
- LES PREMIÈRES CELLULES PHOTOÉLECTRIQUES
- LES CELLULES PHOTO-VOLTAÏQUES
- On croit trop communément dans le grand public que les premiers effets électriques de la lumière ont été consta-
- Fig. 1.— Représentai ion schématique de la traduction lumière-courant électrique par les différents types de cellules photo-électriques.
- A. Cellule photo-résistante (genre sélénium).
- B. Cellule photo-électrique proprement dite (à cathode en métal alcalin par exemple).
- C. Cellule plioto-voltaïque (à cuve contenant un électrolyte).
- D. Elément à contact rectifiant.
- tés en 1873 lorsque l’ingénieur anglais May, préparateur de Willoughby Smith, découvrit par hasard les propriétés photo-résistantes du sélénium à la station télégraphique de Valencia.
- Il n’en est rien cependant, et l’on doit reconnaître, en ce qui concerne l’observation des premiers phénomènes photo-électriques, la priorité certaine du savant français Edmond Becquerel.
- Dans un livre publié en 1868 et qui avait pour titre « La lumière, ses causes, ses effets », ce dernier a fait connaître les résultats de ses expériences réalisées depuis 1839, et qui lui avaient permis de discerner des effets très nets de traduction des phénomènes lumineux en phénomènes électriques correspondants (‘).
- Les premières expériences consistaient à faire agir un faisceau de rayons solaires sur deux liquides réagissant chimiquement l’un sur l’autre, et superposés avec soin dans un vase en verre. On pouvait constater le passage d’un courant électrique variable dans un galvanomètre intercalé dans un circuit formé avec deux lames de platine plongées chacune dans un des deux liquides.
- Puis il eut l’idée d’utiliser une cuve en verre ou même en bois, noircie intérieurement, et divisée en deux compartiments par une membrane perméable, mais opaque, très mince. Deux planchettes noircies facilement démontables étaient placées sur les casiers ainsi formés (fig. 2).
- La cuve était remplie d’une solution acide ou alcaline, et, dans chacun des casiers, plongeait une lame de platine qui avait été préalablement chauffée au rouge.
- On réunissait les lames par un conducteur électrique avec inter-
- 1. Beaucoup de grandes bibliothèques scientifiques françaises ne possèdent pas ce livre fort intéressant; nous tenons à remercier M. le colonel Rolland, bibliothécaire de l’Ecole Polytechnique, qui a bien voulu nous rendre possible sa lecture.
- Fig. 3. — Disposition schématique de Vactinomètre électro-chimique de Becquerel.
- Galvanomètre
- i
- d'argent Face transparente
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- Fig. 4. — Comment on peut répéter facilement l'expérience d’Edmond Becquerel.
- position d’un galvanomètre dans le circuit et, en soulevant une des planchettes, on pouvait constater des variations de courant correspondant aux variations d’éclairement d’une lame. Le sens du courant variait, d’ailleurs, suivant qu’on utilisait un électrolyte acide ou alcalin.
- On pouvait remarquer, d’autre part, que les radiations rouges, orangées, jaunes et vertes n’avaient aucune action sur le système, alors que les radiations bleues et indigo avaient une action faible et, surtout, que les rayons violets produisaient des effets très nets.
- Le remplacement des lames en platine par des lames en laiton, en argent, ou en or ne modifiait pas la nature des résultats obtenus.
- Par contre, on augmentait la régularité des résultats et on étendait la gamme de sensibilité, d’une part vers le rouge, d’autre part au delà du violet, en adoptant des plaques de platine recouvertes sur une face de chlorure, de bromure ou d’iodure d’argent fraîchement préparé; des lames en laiton oxydées ou iodurées donnaient également de fort bons résultats.
- A la suite de ces premières expériences, Edmond Bec-
- Fig. 5. •— Les premiers modèles pratiques de cellules photo-voltaïques.
- A gauche : un modèle d’essai américain. Au centre : la cellule Arcturus. A droite : coupe en long de la cellule Arcturus.
- Fig. 6. — Courbe caractéristique de la cellule pholo-vollaïque Arcturus (courant en fonction de l’éclairement).
- 10 12 16 18 20 22 2<t
- Echirement en lumens x!0~2
- querel réalisa un actinomètre électrochimique, qui peut être considéré, en quelque sorte, comme la première cellule photo-électrique utilisée pratiquement, et aussi comme l’ancêtre des éléments photo-voltaïques actuels.
- Cet appareil était formé d’une cuve en verre en forme de prisme droit rectangulaire, noircie sur trois de ses faces, et remplie d’une solution composée de 2 grammes d’acide sulfurique dans 100 grammes d’eau distillée. Deux lames en argent pur pouvant être iodurées sur une face plongeaient dans cet électrolyte ; elles étaient disposées toutes deux verticalement et parallèlement au plan de la face non noircie de la cuve (fig. 3).
- Comme précédemment, on reliait les deux lames aux bornes d’un galvanomètre, et oh éclairait la face non noircie de la cuve ; on pouvait alors constater le passage d’un courant électrique d’une lame à l’autre et des variations de courant très marquées correspondant aux variations
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- d’éclairement. L’appareil était relativement sensible puisque la lumière d’une simple bougie placée à 10 cm de la cuve pouvait être décelée nettement par une déviation de l’aiguille du galvanomètre.
- Rien de plus facile, d’ailleurs, que d’effectuer des expériences analogues à celles de Becquerel. Il suffit de prendre une cuve en verre de forme quelconque remplie d’eau salée. D’autre part, on prépare deux plaques ou deux bandes de cuivre de même surface, et on les nettoie soigneusement avec de la toile émeri, on les place l’une sur l’autre dans la cuve en enveloppant soigneusement dans un morceau d’étoffe quelconque la plaque inférieure de façon à la soustraire à l’action de la lumière (fig. 4).
- On laisse ainsi les plaques immergées dans l’électrolyte pendant plusieurs jours et, au bout de ce laps de temps, on peut constater, à l’aide d’un milli-voltmètre, l’existence d’une différence de potentiel entre les deux plaques.
- En faisant varier, par exemple, avec la main, l’intensité de la lumière qui frappe la plaque non enveloppée, on fait varier en même temps la valeur de cette tension, ce qui
- Cellule
- Transformateur (impédance du primaire : / 500 à 1500 ohms )
- \ Première J lampe de l'amplificateur
- 3à4 MFDs
- Batterie de polarisation
- Fig. 8. — Emploi de la cellule Ardurus combinée avec un amplificateur.
- A. production d’effets statiques.
- B. production d’effets dynamiques.
- montre bien l’influence de la lumière sur ce phénomène électrique.
- LES RECHERCHES MODERNES SUR LES CELLULES PHOTO-VOLTAIQUES
- A l’époque où ils eurent lieu, ces essais d’une importance essentielle ne semblaient guère devoir aboutir à des résultats pratiques, sinon à des mesures de photométrie; aussi Edmond Becquerel lui-même et ensuite bon nombre de techniciens les ont-ils considérés fort longtemps comme de simples expériences de laboratoire.
- Seul le physicien allemand Schmidt semble avoir obtenu en 1899 des résultats assez intéressants en utilisant des cristaux de protoxyde de cuivre comme électrodes dans une solution de soude. Le fonctionnement du système
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- Lumens xlO~2
- Fig. 7. — Courbe caractéristique de la cellule photo-voltaïque Ardurus (tensions en fonction de l’éclairement).
- était pourtant assez irrégulier et ces expériences furent abandonnées pendant de nombreuses années.
- Notons seulement qu’en 1927 M. Grumbach fit à l’Académie des Sciences une communication sur la réalisation de ces éléments photo-électriques. Ce physicien avait utilisé deux électrodes en platine plongeant dans une solution d’eau glycérinée et de chlorure de potassium ou de fluorescéinate de sodium. Après cinq minutes d’exposition à la lumière, on pouvait noter entre les électrodes une différence de potentiel de quelques millivolts dans le premier cas et de 22 millivolts dans le second. Les divers éléments employés étaient pourtant encore trop sujets à variations pour qu’on pût les utiliser pratiquement.
- La généralisation de l’emploi des cellules photo-électriques, l’intérêt de plus en plus grand qu’il présente pour des applications industrielles telles que la cinématographie sonore et la télévision entre autres, devaient inciter les techniciens à perfectionner les modèles pratiques d’éléments au sélénium ou du type photo-électrique proprement dit et aussi à tenter de réaliser pratiquement de nouveaux modèles déjà essayés ou non au laboratoire.
- De nouvelles recherches entreprises aux Etats-Unis depuis plusieurs années d’après les travaux de Samuel Ruben sur l’emploi des oxydes dans les éléments photoélectriques semblent avoir enfin permis, après quelque
- Fig. 9. — Courbe de réponse obtenue avec une cellule photo-voltaïque Ardurus, employée pour la reproduction de sons musicaux.
- Fréquences
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- Cellule
- "2-3 MFD
- lumière
- Cellule,
- Tube de visée
- Fig. 10. — Cellule photo-voltaïque combinée avec un amplificateur de fréquence musicale.
- (A) L’amplificateur à transformateurs est alimenté par batteries : T : transfo d’entrée. T4 : transfo de rapport 1/3. T.2 : transfo de rapport 1/4.R: résistance de0,5 mégohm. R,:résistance de 1 mégohm. A-.batterie de chauffage. B: batterie de plaque. C: batterie de polarisation grilles. (Les condensateurs c sont employés quand on utilise du courant redressé de plaque.)
- (B) Amplificateur alimenté par courant alternatif redressé pour le courant de plaque.
- C = 1 Mfd. R = 2000 ohms; R, = 1800 ohms; R., = 2000 ohms. R_ = 60 ohms. R4, Rs = 1 mégohm.
- cent ans d’interruption, de donner une première suite pratique aux études de Becquerel.
- Les premiers modèles réalisés aux Etats-Unis par la Compagnie. Radio Arcturus et qu’on peut, d’ailleurs, trouver en France, sont constitués, s.emble-t-il, par des électrodes dyssymétriques, l’anode en cuivre oxydé, la cathode en autre métal baignant dans une solution alcaline (').
- L’élément se présente sous la forme indiquée par la figure 5, et n’a que quelques centimètres de longueur et de diamètre. Il est constitué par une sorte de cuve de section ogivale présentant à sa base une ouverture circulaire transparente à travers laquelle agissent les rayons lumineux. L’anode et la cathode plongeant dans l’électrolyte sont reliées à des broches montées sur le culot isolant du système et permettant un montage instantané
- dans des douilles
- Fig. 12. —• Schéma du système relié au relai primaire, dans le dispositif de comptage photo-électrique d’objets fabriqués. est sensible surtout à la partie visible du spectre
- 1. La couche sensible à la lumière étant du protoxyde de cuivre (Cu20), on peut penser qu’elle se transforme en oxyde cuivrique sous l’action de la lumière, puisqu’il y a transformation inverse lorsque le flux lumineux s’atténue, et ainsi de suite...
- EJectno aimant " à plongeur
- /ers le relais primaire
- Appareil de comptage
- Ressort
- Socles en bois
- correspondantes. Une telle cellule
- et particulièrement aux rayons jaunes;elle se comporte sous l’action de la lumière comme une véritable pile et peut fournir un courant de quelque 80 micro-ampères (fig. 6). Cependant, et ceci est très important, le fait d’utiliser directement le courant produit par l’élément réduit sa durée de service dans de très grandes proportions, de même qu’une trop longue exposition à une lumière intense affaiblit sa sensibilité.
- Il convient donc d’éviter de placer les électrodes de la cellule en court-circuit, et d’utiliser seulement les variations de tension des électrodes, comme on le fait d’ailleurs indirectement avec les cellules photo-électriques proprement dites.
- Dans ces conditions, les tensions obtenues sont de l’ordre de plusieurs dizaines de millivolts et la sensibilité constatée avec de la lumière modulée aux environs de 1000 pér. : sec. ne dépend guère de l’éclairement moyen au-dessus d’un maximum très faible, ce qui est fort intéressant surtout jmur la reproduction des sons
- Cellule avec tube de visée
- MiUiampèremètre
- Relais
- 30v+ A - B
- Tube de visée
- Cellule
- OJOmills
- Tensions
- K lainvari m sou éso iwn noo ztod
- ü S si « sTsf
- teuH + 157.5V.
- . 6 5-+I80 V.
- Fig. 11. — La cellule phoiovoltaïque en télémécanique.
- A. système alimenté par batteries.
- B. système avec amplificateur à 2 lampes alimenté par courant alternatif d’un secteur.
- (fig. 7). Une telle cellule pourra donc être utilisée avec un éclairement très faible.
- L’élément peut être employé facilement sans l’aide d’aucune pile auxiliaire, soit pour obtenir des effets statiques, de photométrie ou de télémécanique par exemple, mais surtout pour obtenir des traductions de modulations rapides d’une source lumineuse en ondulations électriques, et, dans les deux cas, on associe la cellule à un amplificateur à lampes de T.S.F. plus ou moins complexe.
- Cependant, dans le premier cas, on relie directement les électrodes de la lampe au circuit de grille dévia première lampe amplificatrice en utilisant simplement une petite batterie de polarisation négative de façon à empêcher la naissance d’un courant de grille qui serait néfaste à la
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- cellule ; dans le deuxième, on utilise un transformateur de couplage, les variations de tension étant transmises au primaire de ce transformateur par un condensateur de 3 à 4 microfarads (fig. 8 A et 8 B).
- Un élément de ce genre pourrait donc être utilisé pour la reproduction des bandes plionographiques des films sonores, comme le montre la « courbe de réponse » pour les fréquences musicales de la figure 9. D’après le constructeur, son inertie serait très faible et permettrait même son emploi en télévision, mais nous n’avons pas pu vérifier expérimentalement ces indications ; d’autre part, sa durée de service pratique pourrait atteindre mille heures.
- Pour utiliser la cellule on adopte en général à sa partie antérieure un tube opaque d’une dizaine de centimètres de long qui a pour but de laisser les radiations seules utiles parvenir à la surface sensible.
- La sensibilité de l’élément photo-voltaïque, supérieure à celle de la cellule photo-électrique proprement dite, et la possibilité d’utiliser directement ses variations de tension simplifient son adaptation à un amplificateur et permettent d’obtenir une reproduction sonore aussi intense avec un nombre d’étages de préamplification plus réduit
- (fig. 10).
- D’autre part, en raison de sa sensibilité, de sa simplicité et de sa robustesse mécanique, cette cellule paraît bien adaptée pour les usages de téléméca-, nique. Il suffit, en général, de lui adjoindre une seule lampe à vide amplificatrice, et l’amplificateur peut même être alimenté entièrement par le courant d’un secteur alternatif (fig. 11 A et 11 B).
- En particulier, un tel dispositif se prête fort bien aux opérations de comptage industriel, en adoptant dans le circuit du relài primaire un électro-aimant dont l’armature « plongeur » actionne un compteur de modèle quelconque à chaque passage d’un objet devant la cellule (fig. 12).
- LES CELLULES A CONTACT RECTIFIANT
- Rien de plus simple à première vue, mais aussi de plus difficile à expliquer exactement que le phénomène de la détection en radiophonie. Savons-nous, d’ailleurs, avec précision comment fonctionne un détecteur et, en particulier, le moins complexe, le détecteur à cristal ?
- De nombreux techniciens, en particulier M. Pelabon, ont effectué des travaux de recherche remarquables sur ces questions, et indiqué des hypothèses fort intéressantes, mais la multiplicité même de ces hypothèses montre bien la complexité des problèmes étudiés.
- D’autre part, les nouveaux redresseurs de courant des types cuivre-oxyde de cuivre, colloïdal, électro-chimique, dont l’étude a pris une si grande importance depuis quelque temps, ont été généralement réalisés suivant des données à peu près empiriques, et, malgré les hypothèses
- Anode (cuivre)
- Couche semi-conductrice f oxyde de cuivre) / Anode
- leu ivre mince)
- •<-----Lumière
- Cathode (métal alcalin)
- I ,Anode
- ’Lumière
- Batterie
- accélératrice
- Fig. 13. — Principe du fonctionnement de la cellule à contact rectifiant (A) et de la cellule pholo-émetlrice (B).
- également ingénieuses présentées pour expliquer leur fonctionnement, on ne peut pas encore affirmer que les modalités de celui-ci soient déterminées avec certitude.
- Or on a découvert que, dans certaines conditions, ces redresseurs de courant et ces détecteurs pouvaient jouer le rôle de véritables cellules photo-électriques, et, sous l’action de la lumière, produisaient des courants électriques dont les variations correspondaient aux variétés de lumière elles-mêmes; la transformation de l’énergie lumineuse en énergie électrique serait même obtenue directement sans emploi de batteries auxiliaires.
- Il y a de longues années que de nombreux physiciens ont songé que les variations d’éclairement pouvaient jouer un rôle dans nombre de phénomènes électriques, et inversement qu’il y avait production de phénomènes électriques dans beaucoup de phénomènes lumineux et en particulier photographiques.
- Suivant le physicien américain Weiss, l’exposition à la
- Fig. 15. — Courbe de réponse d’une cellule Pyroxyd pour les fréquences musicales.
- (En abscisses les fréquences, en ordonnées le courant photo-électrique.)
- Fig. 14. — Cellule « Pyroxyd » à contact rectifiant.
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- lumière des plaques ou des papiers sensibles déterminerait, par exemple, un phénomène électrique et la production d’un courant très rapide qu’on pourrait déceler avec un appareil de mesure sensible, mais le phénomène électrique, comme le phénomène chimique d’ailleurs, n’est pas ici réversible, et ne peut être constaté qu’au moment de la transformation de la surface sensible...
- Quoi qu’il en soit, il semble qu’il y ait là pour les chercheurs un champ d’expériences très vaste, et encore fort mal exploré. On est pourtant déjà arrivé à obtenir des résultats positifs fort encourageants.
- C’est en Allemagne que les recherches les plus intéressantes semblent avoir été entreprises. Déjà, en 1904, le physicien hindou J. C. Bose avait constaté des phénomènes photo-électriques dans les systèmes détecteurs, mais les éléments pratiques actuels n’ont été établis qu’il y a peu de temps.
- La cellule « Pyroxyd », qui semble avoir été réalisée d’après les travaux du docteur B. Lange, est établie, en principe, comme un élément redresseur cuivre-oxyde de cuivre dont l’usage est si répandu aujourd’hui.
- Elle se compose simplement d’une plaque en cuivre formant anode et couverte d’une couche mince et préparée spécialement d’oxyde de cuivre. Cette couche d’oxyde de cuivre est elle-même recouverte d’une couche de métal formant cathode et tellement mince que la lumière la traverse facilement. Cette cathode est généralement également en cuivre pour les facilités de la fabrication, mais on pourrait en principe employer également du fer ou du nickel (fig. 13).
- Dans ces conditions, si l’on fait arriver un faisceau de rayons lumineux riches en radiations rouges et infra-rouges sur la cathode de la cellule, et si l’on connecte la cathode et l’anode aux deux bornes d’un milliampèremètre, on peut constater la naissance d’un courant qui peut atteindre facilement 0,1 milliampère, sans l’aide d’aucune batterie auxiliaire.
- La résistance interne du système est de l’ordre de 300-600 ohms et elle est d’autant plus réduite que la couche intermédiaire semi-conductrice est plus mince; d’autre part, son inertie serait assez faible et lui permettrait tout au moins de suivre les modulations à fréquence musicale de la lumière, comme le montre la courbe de réponse de la figure 15.
- En raison de sa construction particulière, la capacité du système n’est pourtant pas négligeable et atteint facile-
- Fig. 16. — La cellule « Gruma » et son adaptation à un amplificateur.
- Fers Iælampe de
- 1amplificateur
- -Chercheur
- métallique
- Lumière
- Cristal
- Transformateur d'entrée de rapport élevé
- mentO, 1/1000 à 0,2/1000 de microfarad, ce qui pourrait constituer un inconvénient pour la production de courants électriques à haute fréquence. La cellule semble robuste et ne perd sa sensibilité qu’à haute température ; cependant, même dans ce cas, elle reprendrait ses caractéristiques après refroidissement.
- Le système est présenté dans un boîtier plat et robuste de petit diamètre muni de deux bornes de connexion et d’une « fenêtre » circulaire antérieure par où pénètre la lumière (fig. 14). Sa fabrication est effectuée en faisant apparaître par oxydation à haute température une couche de protoxyde de cuivre sur une plaque de cuivre, et ensuite en déposant une couche très mince de cuivre sur la couche d’oxyde.
- On a assimilé le fonctionnement de ces cellules à celui des cellules photo-électriques proprement dites qui comportent, comme on le sait, une ampoule en verre ou en quartz dans laquelle on a fait le vide ou remplie de gaz rare à faible pression, et portant une cathode intérieure en métal alcalin en forme de calotte appliquée contre la paroi de l’ampoule, et une anode métallique de forme variable placée en face de la cathode; celle-ci éclairée par un faisceau de rayons lumineux dont les caractéristiques varient suivant la nature du métal alcalin employé.
- Dans ces conditions, les rayons tombant sur la cathode libèrent des électrons qui sont attirés par l’anode polarisée positivement par une batterie auxiliaire (fig. 13).
- On suppose que la lumière tombant sur la cathode de la cellule cuivre-oxyde et traversant facilement cette cathode grâce à sa faible épaisseur détermine à l’intérieur de la cellule même une émission d’électrons qui sont attirés par l’anode.
- Au lieu de traverser tout l’espace qui sépare la cathode de l’anode dans la cellule photo-émettrice ordinaire, les électrons n’auraient plus qu’à passer de la cathode à la couche semi-conductrice anodée, et à se frayer passage dans cette couche très mince également.
- Ceci expliquerait la sensibilité plus accentuée de la cellule et aussi la suppression possible de la batterie accélératrice, et l’on pourrait faire un rapprochement justifié entre ces deux types de cellules d’une part, la valve redresseuse électrique et thermionique et le redresseur cuivre-oxyde, d’autre part.
- Plus curieuse encore est la cellule à contact rectifiant type « Gruma » inventée en 1929 par le docteur Martin Gruetzmacher, puisqu’elle est composée en principe d’un simple détecteur à cristal (fig. 16).
- Un très grand nombre de cristaux peuvent être employés dans les détecteurs; en pratique on utilise des sulfures ou des oxydes, ou même des métalloïdes comme le silicium; il semble, d’ailleurs, que cette cellule-détecteur, puisqu’on peut l’appeler ainsi, comporte simplement un cristal de galène (sulfure de plomb) sensibilisé, sur lequel vient appuyer la pointe d’un « chercheur » métallique.
- Il suffirait d’éclairer le point de contact avec une lumière riche en rayons rouges ou‘infra-rouges pour obtenir la formation d’un courant électrique dont les variations correspondraient aux variations de la lumière.
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- La résistance interne de cette cellule serait de quelques centaines d’ohms, comme celle d’un détecteur à cristal ordinaire et, pour l’adapter à un amplificateur de puissance il suffirait de la relier au primaire d’un transformateur de rapport assez élevé, 1/10 par exemple (fig. 16).
- L’inertie de l’élément serait très faible, et lui permettrait de reproduire fidèlement les fréquences musicales. Cependant il possède des propriétés encore plus curieuses qui sont dues à ce que la surface sensible à la lumière est réduite au point de contact entre le cristal et la pointe métallique.
- Cette propriété est particulièrement précieuse pour la traduction phonique des films sonores et en télévision.
- On sait que, dans le premier cas, on utilise une fente très fine de quelques centièmes de millimètre de haut seulement qui vient s’appliquer contre la bande phonographique, ou dont l’image est projetée sur la bande, de manière à faire traverser celle-ci par un faisceau lumineux extrêmement fin qui est modulé par les variations d’opacité ou de surface de 1’ « image sonore » et va ensuite frapper la cellule photo-électrique.
- Avec la nouvelle cellule, il n’est plus besoin d’utiliser un système optique particulier d’éclairement; il suffit d’adopter une ampoule à incandescence protégée par un capuchon portant une petite fenêtre. Cette ampoule est placée très près de la bande phonographique, et la cellule disposée derrière en face de la fenêtre lumineuse (fig. 17).
- Dans ces conditions, le rectangle lumineux éclairé de la bande phonographique envoie des rayons sur la cellule, et, en considérant seulement ceux qui viennent frapper le point sensible, on constate bien que le faisceau lumineux est modulé en correspondance avec les variations d’opacité ou de surface de l’image sonore.
- Dans le cas d’exploration d’une image à transmettre en radiovision, le fait d’utiliser une cellule punctiforme peut permettre d’augmenter dans de très grandes proportions le nombre de points explorés de l’image à transmettre, c’est-à-dire la finesse de l’image à la réception, et il ne serait plus besoin d’utiliser non plus de système op-
- tique concentrant sur la cellule le faisceau lumineux envoyé par le système analyseur à miroirs.
- L’AVENIR DES CELLULES PHOTO-VOLTAÏQUES ET A CONTACT RECTIFIANT
- Il est sans doute encore trop tôt pour se prononcer sur la qualité des résultats efficaces obtenus pratiquement avec les cellules photo-voltaïques et à contact rectifiant et, notamment, sur leurs propriétés de régularité et de faible inertie. Leurs avantages sont cependant si évidents que leur réalisation vraiment industrielle est de nature à améliorer et à simplifier dans de grandes proportions la plupart des applications modernes photoélectriques.
- Ce sont des éléments de fabrication simple, robuste, et d’un prix de revient peu élevé qui s’adaptent aisément à un amplificateur sans l’aide de batterie auxiliaire. Leur sensibilité bien supérieure à celle des cellules photo-émet-trices ordinaires permet de réduire le nombre des étages d’amplification, ce qui est précieux pour la reproduction des films sonores. Nous avons, d’autre part, noté récemment dans La Nature leur intérêt pour la réalisation du phonographe à film de l’avenir.
- Au point de vue scientifique, ils présentent la particularité remarquable de transformer directement l’énergie lumineuse en énergie électrique, et pourront peut-être quelque jour être utilisés comme générateurs de courant, bien que les piles thermo-électriques de fonctionnement analogue, pourtant excellentes en principe, n’aient guère reçu encore d’applications industrielles pratiques.
- P. Hémardinquer.
- Fenêtre
- Ampoule a — incandes-
- FUm sonore
- Fig. 17. — Système d’éclairement simple utilisé pour la traduction phonique avec la cellule Gruma.
- L’EXPLOITATION INDUSTRIELLE DES TABACS
- (Suite du n° 2858.)
- TABACS EN FEUILLES
- Le Tabac est une plante qui pousse sous les climats les plus divers, et présente d’infinies variétés. Sa forme, généralement ovale, peut s’effiler jusqu’au « fer de lance » de certains tabacs indigènes, ou devenir presque ronde, comme pour les tabacs de Hongrie.
- Sa longueur varie du simple au décuple. (Il existe des « Orient » de 3 à 4 cm, et des Manille de 70 à 80 cm).
- Sa couleur va du jaune presque blanc de certains tabacs d’Extrême-Orient, au brun presque noir, en passant par toute la gamme des jaunes, verts, cuivre, etc...
- Son prix varie suivant les crus de 3 à 500 francs le kg.
- On distingue dans une feuille de tabac deux ordres de
- qualités : des qualités physiques : développement, combustibilité, finesse du tissu, son élasticité, sa couleur, absence de taches et de trous, finesse des nervures ou « côtes ».
- Des qualités de dégustation : le goût, qui est lié à la teneùr en nicotine, l’arome dû aux essences diverses que contient le tissu et qui distillent pendant sa combustion.
- RÉGIME DE LA CULTURE EN FRANCE
- La France produit annuellement près d’une trentaine de millions de kg de feuilles de tabac, qu’elle consomme entièrement. !
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- Fig. 1. — Semis sous châssis vitré (Pas-de-Calais).
- La culture du tabac, qui s’était développée un peu partout en France à la faveur des régimes de liberté, fut restreinte, pour en faciliter la surveillance, aux départements produisant plus qu’un certain minimum; elle est actuellement autorisée dans 36 départements groupés en quatre régions.
- Région Sud-Ouest (10000 hectares plantés) ; Dordogne (4400 ha), Lot-et-Garonne (3150 ha); Gironde (2150 ha); Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Corrèze, Landes, Lot, Aveyron.
- Région Sud-Est (1000 ha) : Isère (700 ha) ; Ain, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Côte-d’Or, Drôme, Jura, Puy-de-Dôme, Haute-Saône, Savoie, Haute-Savoie, Var, Vaucluse.
- Région Nord et Est (700 ha) : Nord, Pas-de-Calais, Aube, Haute-Marne, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Somme, Vosges, Seine-et-Oise, Ille-et-Vilaine.
- Alsace (3000 ha) : Bas-Rhin (2950) ; Haut-Rhin, Moselle.
- Chaque année une décision du comité technique du ministère fixe, sur proposition du directeur général, les quantités totales à planter et leur répartition entre les divers départements, tandis que les prix de base sont fixés d’avance par une commission paritaire composée de six représentants de l’administration et six représentants des planteurs, et présidée par un membre du conseil national
- Fig. 2. — Le repiquage (Pas-de-Calais).
- économique, choisi par le ministre, sur une liste dressée par le conseil, qui joue le rôle d’arhitre. Un arrêté préfectoral répartit les surfaces à planter entre les arrondissements. Tout cultivateur qui désire planter du tabac doit en faire la demande à la mairie de sa commune qui transmet sa requête à une a Commission des permis » composée de 5 membres : le préfet, le directeur des contributions indirectes, le directeur du service des tabacs, un agent supérieur de la culture', un conseiller général et un conseiller d’arrondissement.
- Le planteur qui obtient le permis de culture s’engage à planter en tabac une superficie déterminée, à une densité de tant de pieds à l’hectare, à livrer à l’Etat la totalité de sa récolte, et à se soumettre à toutes les sujétions de visites, fouilles, etc... de la part des agents de surveillance. 11 reçoit les graines (petites graines brunes très fines, dont il faut plusieurs milliers pour faire un gramme), les fait germer et les sème, en mars, sur quelques mètres carrés de terreau, recouverts de châssis pour préserver la plante du froid, châssis vitrés ou simplement tendus de papier huilé suivant les régions. On voit bientôt apparaître les jeunes pousses, vert tendre, à feuilles grasses et velues; vers le milieu de mai, on repique les plants les plus robustes dans la terre qui a été préalablement préparée et abondamment engraissée, principalement de tourteaux, sulfate de potasse, scories de déphosphoration, etc...
- L’écartement des pieds dans les sens transversal et longitudinal doit être rigoureusement observé, en utilisant, pour tracer les alignements, un râteau réglementaire fréquemment vérifié.
- La croissance de la plante nécessite de nombreux soins et formalités : buttage, binage, remplacement des pieds morts, c-parnprement, ébourgeonnement, écimage, etc...,, ces dernières opérations ayant pour but de ne laisser subsister, à partir d’un certain moment, qu’une douzaine de feuilles environ par pied, qui pourront atteindre le développement, voulu.
- Chaque plantation est l’objet de deux inventaires faits par un agent de la culture en présence du maire et du planteur et ayant pour but d’empêcher le cultivateur de garder par devers lui, au moment de la vente, certaines feuilles qu’il revendrait en fraude à des particuliers : le premier inventaire fixe le nombre définitif des pieds, et le second, fait après l’ccimage, fixe le nombre de feuilles moyen, en vérifiant sur quelques plants qu’il a bien été laissé la quantité réglementaire. C’est là ce que le planteur devra livrer intégralement.
- Après la récolte, le planteur fait sécher lui-même les feuilles pendues en guirlandes sous un hangar, puis les groupe en « manoques » de 25 feuilles et les porte au magasin le plus proche; là, sa récolte est expertisée par une commission de 5 membres, deux planteurs, deux agents, un arbitre planteur, qui en fixe le « classement » d’après la qualité, la longueur, l’intégrité des feuilles, et décide s’il y a lieu d’attribuer les diverses primes : prime à la légèreté, prime de cru, etc...
- De sévères amendes seraient prononcées contre les planteurs chez qui on trouverait encore des feuilles après la livraison, ou contre ceux qui les recèleraient ou en feraient commerce.
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- Les magasins, qui sont au nombre de 28 en France et 3 en Algérie, se chargent de stocker les récoltes et de les traiter pendant plusieurs mois : elles sont soigneusement entassées en a masses » de plusieurs milliers de kg où elles subissent une fermentation microbienne spontanée qui a pour but d’uniformiser les teintes et de développer l’arome, et qu’on surveille très étroitement au moyen de thermomètres; on procède à des « retournements » des masses pour refroidir et aérer, puis on constitue à la presse des « balles » de 250 à 350 kg, qui attendent la demande des manufactures.
- TABACS EXOTIQUES
- La France est loin de se suffire à elle-même par la production des feuilles indigènes : en fait, sur les 60 millions de kg qu’elle met annuellement en œuvre, elle doit en importer environ la moitié. Elle dispose ainsi, pour s’approvi-
- Fig. 3. — Masses de tabacs indigènes en magasin.
- ÉTATS-UNIS
- Leur production annuelle atteint 650 millions de kg dont 250 sont exportés ; l’abondance des capitaux favorise le régime de la grande culture et le développement de procédés scientifiques pour le traitement des tabacs en feuilles, traitements qui se ramènent à trois systèmes : les tabacs sont séchés, soit à l’air (air cured), soit à la vapeur (flue cured), soit à la fumée (fire-cured).
- On distingue trois grandes zones de culture, donnant trois variétés nettement différenciées : 1° Le « Kentucky » à feuilles foncées et assez corsées que nous achetons en grande quantité,
- Fig. 5. — Un semis rustique aux Etats-Unis.
- sionner, d’une grande variété de crus qui lui permettent, au moyen de « recettes » soigneusement étudiées, de satisfaire tous les goûts.
- La plupart des pioduits livrés à la consommation sont en effet des mélanges plus ou moins complexes : ainsi, dans le « caporal ordinaire » que beaucoup s’imaginent être du tabac d’origine essentiellement française, n’entrent pas moins de A-ingt constituants ; dans la cigarette « Gauloise » courante, se rencontrent des éléments Avenus des quatre coins du monde : France, Etats-Unis, Algérie, Java, Philippines, Paraguay, Hongrie, Turquie, etc... Nous allons passer rapidement en revue les principaux pays fournisseurs en disant un mot des modes d’achat par la régie française des tabacs exotiques et de leur utilisation dans ses fabrications.
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- Fig. 6. — La cueillette du tabac à La Havane.
- et dont le cru de Burley constitue le tabac de fond des cigarettes américaines Camel, Chesterfield... 2° Le « Virginie » doit sa couleur jaune clair (Bright Virginia) au traitement à.la vapeur; il est surtout exporté en Angleterre où il est utilisé dans les « Capstan », « Craven A », etc.
- 3° Le « Maryland » est un tabac léger, clair, bien combustible, très apprécié en France où on en achète 1 500000 kg par an.
- INDES NÉERLANDAISES
- Les deux îles de Java et de Sumatra produisent 90 millions de kg de tabac, qu’elles exportent presque en totalité. C’est là qu’on trouve les tabacs les plus nobles, qui conviennent le mieux, aux enveloppes de cigares, à cause de leur goût neutre, de la finesse de leur tissu aux nervures à peine saillantes, de leur bonne combustibilité, et qui atteignent, surtout lorsqu’ils sont clairs et mats, des prix considérables. La culture s’y fait en grand, financée par de puissantes sociétés, dont certaines datent des anciens sultanats, et ont organisé des bureaux d’immigrations pour les Malais et Chinois fournissant une main-d’œuvre minutieuse et diligente. Ces sociétés
- envoient toute leur récolte d’exportation sur le marché des tabacs d’Amsterdam, le plus important du monde.
- ALGÉRIE
- L’essor de la culture du tabac en Algérie date de la fondation, depuis 1919, des sociétés coopératives de planteurs, organisation qui s’est étendue dans la suite à toutes les branches de l’agriculture : les adhérents s’engagent à livrer toute leur récolte à des prix lixés d’avance; la coopérative traite les tabacs dans ses magasins, consent des prêts aux planteurs, leur donne des conseils, leur évite les aléas d’un marché, et partage entre eux ses bénéfices.
- 11 existe de telles institutions en Mitidja, Kabvlie, et surtout à Bône, avec lesquelles la Régie a passé des contrats de longue durée. Ces tabacs, qui s’améliorent d’année en année, ont des qualités d’arome, de feuillant, qui compensent leur mauvaise combustibilité.
- ORIENT
- La Grèce, la Turquie et la Bulgarie produisent annuellement plus de 100 millions de kg d’un tabac à feuilles
- Fig. 7. — Enfilage des feuilles pour le séchage en Macédoine.
- petites, jaune d’or, très aromatique et brûlant généralement bien. C’est là une culture très ancienne, paysanne et familiale, objet de soins minutieux : la cueillette se fait de bas en haut par « mains », au fur et à mesure de la maturité et les feuilles sont manipulées et emballées de façons très diverses suivant les régions et les qualités.
- La Grèce, surtout depuis l’annexion, après la guerre, de la Thrace et de la Macédoine, possède les crus les plus fameux : Sérès, Cavalla, Xanthi, etc...; la Turquie : Samsoun, Trébizonde, Smyrne, etc...
- CUBA
- Le tabac y est une véritable culture nationale, tenant le deuxième rang après la canne à sucre, la culture occupe 100 000 personnes et produit 30 millions de kg.
- Fig. 8. —- Tabacs d’Orient.
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- Fig. 9. — La culture du tabac sous toile en Floride.
- Les Américains y ont substitué la grande propriété à la culture familiale, installé des fermes modèles, perfectionné les procédés ; les régions les plus réputées sont la Vuelta Abajo à l’ouest de La Havane, les Partidos, Remedios, Oriente, etc... Le tabac est à feuilles larges brun foncé, présentant des qualités d’arome et de goût qui en font le tabac de prédilection pour cigares. D’ailleurs les meilleurs crus sont utilisés, sur place à la confection des célèbres cigares de La Havane dont la réputation est mondiale.
- Les tabacs du Brésil, dont les crus les plus renommés viennent dans la province de Bahia, servent également à fabriquer des intérieurs de cigares fort appréciés...
- La Régie achète encore, en plus ou moins grande quantité, et plus ou moins régulièrement, des tabacs en feuilles venant de Hongrie, Paraguay, Saint-Domingue, Philippines, Madagascar, etc..., qui constituent la catégorie de ce qu’on appelle les « crus divers », c’est-à-dire les tabacs qui, dans un mélange, n’interviennent qu’à titre de « remplissage ».
- Le « fond » d’un produit est en effet constitué par quelques éléments de base, bien déterminés et en proportions aussi constantes que possible, apportant les' qualités fondamentales de montant, d’arome, de parfum; à côté d’eux figurent
- un certain nombre de produits auxquels on demande un goût aussi neutre que possible, et des qualités de bonne
- Fig. 10. — La Bourse du tabac à Amsterdam.
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- combustibilité, de chevelu, et... de bon marché. Le choix et la proportion de ces tabacs pourra être très variable d’une année à l’autre suivant l’état des approvisionnements et les cours de ces diverses feuilles.
- C’est une division spéciale de l’Administration qui fixe, à la fin de chaque année, l’état de composition des différents produits en tenant compte des considérations précédentes; elle fixe en même temps, en gros, les achats à faire durant l’année, et peut être amenée, suivant les occasions rencontrées, à prescrire de nouvelles compositions pour les fabrications du second semestre. Elle se fait régulièrement tenir au courant des quantités de tabacs en magasin et des stocks en manufacture, qui doivent à peu près correspondre à deux années de fabrication.
- MÉTHODES D’ACHAT
- En vertu du décret du 18 novembre 1882, il était de règle autrefois, pour tous les achats de F État, de procéder par adjudication publique : ce système avait l’inconvénient de provoquer une hausse des prix en révélant d’avance nos besoins, ou de nous exposer à la défaillance des adjudicataires, intermédiaires vendant à découvert, au cas où les cours venaient à monter au-dessus des prix d’adjudication.
- Aussi fut-on amené à généraliser le mode d’achat de gré à gré, le seul vraiment commercial. C’est ainsi qu’aux
- Etats-Unis fonctionne une « mission d’achat direct », qui se déplace sur les differents marchés, traite avec les courtiers spéciaux qui achètent aux planteurs des récoltes entières, se chargent de certaines préparations, et revendent par lots sur échantillons moyennant une commission. Cette même mission se rend tous les ans à La Havane pour procéder aux achats au moment des marchés.
- Une mission analogue se rend de même sur le marché d’Amsterdam où se vendent en particulier les tabacs des Indes Néerlandaises. Là se tient une véritable bourse du tabac, le « Frascati », où le syndicat des courtiers assermentés procède à une sorte de vente aux enchères : à chaque arrivée de lot important est fixée une taxe ou mise à prix, puis les échantillons sont exposés et la vente par lots effectuée deux jours après sur adjudication sous pli cacheté. Le négociant adjudicataire vend ensuite son lot en détail aux enchères.
- Il existe un important marché de tabacs du Brésil à Hambourg, où la Régie allait acheter avant la guerre, puis une mission d’achat direct fonctionna quelque temps à Bahia. On s’adressa ensuite à la Compagnie générale des tabacs qui nous a fourni depuis, outre les tabacs de Brésil, des tabacs de Saint-Domingue, d’Orient, etc... mais la plus grande partie des tabacs d’Orient, autrefois achetée sur place, est actuellement achetée en France à des courtiers orientaux qui font des offres de petits lots, ou conformément à des contrats passés avec des firmes exportatrices. (A suivre.) X..
- :--- LE LABORATOIRE ' '
- DE LA COMPAGNIE FRANÇAISE DE RAFFINAGE
- Le 27 mars dernier, la Chambre des Députés a voté le projet de loi portant ratification des conventions intervenues entre l’Etat et la Cie française des pétroles, fondée, on le sait, pour gérer l’exploitation de la part accordée à la France dans les pétroles de l’Irak. Les gisements pétrolifères de l’Irak paraissent très riches; les premiers sondages ont donné d’abondants jaillissements et l’on va commencer la construction d’un pipe-line qui dans 2 ou 3 ans amènera le pétrole à la côte de Syrie et à celle de Palestine. Les conventions votées constituent une sorte de statut du fameux carburant et l’on peut espérer que, dans un avenir très prochain, la France n’aura plus à redouter de ce côté d’éventualités dangereuses. En attendant, la Cie française des Pétroles s’occupe très activement, sous la direction de son président, M. E. Mercier, de toutes les installations qu’exigera l’exécution des accords intervenus.
- Elle a en particulier fondé, en vue du raffinage et du traitement futurs des pétroles bruts provenant de l’Irak, une Compagnie française de raffinage, au capital de 100 millions, dont un des premiers soins a été d’organiser un laboratoire chargé d’étudier scientifiquement toutes les questions relatives à la fabrication et au contrôle des nombreux produits qui dériveront du pétrole brut :
- essences et huiles de tous genres. Il servira de guide pour orienter au mieux la production des importantes usines de raffinage dont on prévoit la construction prochaine.
- Ce laboratoire, qui a été inauguré le 17 avril, a été construit sur un terrain de 1600 m*, situé 16, rue David d’Angers. Il est placé sous la direction de M. Paul Woog, professeur à l’Ecole supérieure des pétroles de l’Université de Strasbourg, et l’auteur bien connu d’un livre modestement intitulé : Contribution à l'étude du graissage, où les lubrifiants sont analysés et déchiquetés avec le plus scientifique des scalpels.
- Le nom de M. Woog suffit à indiquer qu’au Laboratoire central de la Cie française de raffinage la science règne dans les méthodes, s’appuie et s’aide de tous les moyens d’action et d’investigation modernes.
- La figure 2 représente la façade de l’établissement,
- 2200 mètres de canalisations repérées par filets colorés distribuent, dans toutes les salles d’eau brute, l’eau de source, l’air comprimé, le gaz, le vide. Ces fluides sont contrôlés par des vannes principales placées, avec un panneau de manomètres et d’enregistreurs, dans la salle des machines, tandis que des vannes de barrage secon daires permettent d’isoler individuellement chaque pièce du laboratoire.,
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- Le nombre des vannes est de 127, complétées par 470 robinets.
- Les câbles représentent une longueur de près de 7300 m.
- Le tableau de distribution permet d’agir sur tous les circuits électriques : alternatif 220 volts biphasé et 110 v à 50 périodes, courant continu 110 volts fourni par un convertisseur rotatif. Des panneaux de sécurité à fusées étalonnées sont placés à l’entrée de chacune des salles pour les protéger et permettre de les isoler sans lignes spéciales. 280 prises de courant facilitent les montages.
- Une pompe à vide rotative permet de réaliser en quelques minutes un vide de 75 cm de mercure dans tout l’établissement. Une pompe centrifuge montée sur la canalisation d’eau de source pare aux chutes de la pression et la remonte à 1 kg 500.
- La sécurité contre l’incendie est assurée par des avertisseurs électriques à circuit permanent, des extincteurs, des canalisations à mousse, des pompes à tétrachlorure de carbone et des réserves de sable contenues dans des chariots très mobiles.
- Fig. 1 (en haut). — Jaillissement d’un puils de pétrole en Mésopotamie (Irak).
- Fig. 2 (au milieu). — Façade du Laboratoire delà Cie
- française de Raffinage, rue David d’Angers, Paris.
- Fig. 3 (en bas). — Laboratoire des viscosimètres.
- La lumière pénètre à flots par de larges baies, toutes les parois sont blanchies et des cheminées de ventilation renouvellent l’atmosphère.
- Le chauffage est assuré par une chaudière alimentée au mazout et des canalisations de vapeur et d’eau chaude.
- Il y a toute une série de laboratoires indépendants. Cette disposition laisse aux techniciens chargés des divers services plus d’indépendance et plus d’agrément, avec une responsabilité plus personnelle.
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- Fig. 4. — Laboratoire des rayons ultra-violets. Fig. 6. — Préparation de la neige carbonique.
- A côté du laboratoire de chimie générale, nous en trouvons un pour l’étude des oxydations et altérations des carbures. Il est muni des appareils les plus récents et comporte des postes de rectification de solvants, de dosage de paraffine.
- L’étude de la viscosité fait l’objet de soins particuliers et originaux. Huit appareils sont consacrés (fig. 3) à sa mesure, de la température ambiante aux températures élevées. Trois sont réservés aux basses températures. Les températures sont automatiquement réglées par fours électriques et résistances fixes, ou par circulation mécanique d’un liquide incongelable, dans un thermostat réglable instantanément. Les mesures sont déterminées en unités C. G. S. de viscosité et non en unités arbitraires (Engler, Barbey, Redwood) n’ayant aucune signification physique. Les variations de la pression atmosphérique sont compensées. Il est tenu compte de l’action de la pesanteur.
- Il existe aussi des dilatomètres, des appareils de dosage spectroscopiques, des appareils pour l’étude de la fluo-
- Fig. 5. — Appareils pour déterminer le point de décongélation des huiles.
- rescence au moyen des rayons ultra-violets (fig. 4), des postes modèles pour la détermination des points d’inflammation, de combustion et d’inflammation spontanée.
- Dans la grande salle de physique sont réunis une installation calorimétrique de précision, un poste pour mesures rapides, des appareils pour les mesures moléculaires, des pénétromètres, des extensomètres, des fric-tomètres, des émulseurs, des appareils optiques, des balances, une installation double et automatique pour la détermination des points de décongélation sous pression continue (fig. 5).
- Un appareillage spécial fournit aisément la neige carbonique. (fig. 6).
- Dans une salle sont réunis les appareils de distillation fractionnée à toutes les pressions, y compris le vide cathodique (fig. 7).
- - Une autre est réservée aux analyses de gaz, une autre aux combustions organiques, une à l’étude des adsor-bants, une aux applications des hautes tensions (100 000 v),
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- une aux balances de haute précision, une à la bibliothèque.
- Le sous-sol renferme des dépôts et magasins, une laverie, une installation pour le soufflage du verre, une salle d’agitateurs mécaniques (fig. 8), une forte centrifugeuse, une polisseuse et une oléothèque groupant des centaines d’échantillons de carbures et d’huile dont chacun a sa fiche signalétique détaillée.
- On installe en ce moment un atelier de mécanique de précision, et un de menuiserie, une machine frigorifique et une salle d’essais pour-moteurs à vapeur et à explosion.
- Des constructions bétonnées spéciales abritent des réserves d’hydrocarbures et de pétroles bruts d’origine diverse nécessaires aux études. Une casemate à murs épais est réservée aux essais à haute pression. L’opérateur travaille d’une salle de commande voisine défendue par une plaque de blindage.
- Le bâtiment comporte une terrasse au lieu de toit. La figure 9 donne une vue prise sur cette terrasse. On y voit un meuble renfermant des séries de plaques métalliques sur lesquelles des gouttes d’huile, spécialement préparées, bravent l’action troublante de la lumière.
- Cette action de la lumière, ou photolyse, est aussi étudiée par l’emploi des rayons ultra-violets, produits par l’arc au mercure au moyen de l’appareil de la figure 4.
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- Ici, nous entrons dans un domaine un peu spécial mais extrêmement intéressant, celui de la préparation des huiles pour la chronométrie et l’horlogerie. Dans ce département où nous trouvons un des chronométriers qui ont lé plus honoré la construction des montres de haute précision, M. Paul Ditisheim, on n’emploie que des procédés originaux, résultats des études récentes exécutées par M. Woog dans le domaine de la physique moléculaire, et qui ont, on peut le dire, révolutionné la fabrication de ce genre de lubrifiants.
- L’huile d’horlogerie !
- On peut dire qu’elle a constitué un sujet inépuisable d’étude pour les artistes vraiment dignes de ce nom. C’est qu’en somme la mécanique horlogère est d’une essence spéciale.
- Si l’on peut comparer à des mouvements mécaniques ordinaires les appareils dits de « grosse horlogerie », il en va tout différemment de ceux qui constituent la « petite horlogerie », et dont le type est la montre. Grossmann, dans son Horlogerie théorique, faisait observer que, dans la montre de poche, l’huile, au lieu d’atténuer les frottements, pouvait « introduire une résistance nouvelle... en raison des faibles forces en action sur les derniers mobiles du rouage ». Et il faisait appel au concours de la chimie pour détruire cette anomalie.
- Fig. 7. — Laboratoire des essais de distillation.
- Au Laboratoire de la Cie française de raffinage, M. Woog, continuant les travaux commencés au Laboratoire Wis-ner, de Clichy, a résolu victorieusement et élégamment lés questions que Grossmann ne pouvait que poser. Et aussi, il faut le dire, celles que posait, bien avant Grossmann, un de nos grands chronométriers français du milieu du siècle dernier, Henri Robert.
- Dans une pénétrante étude sur les huiles d’horlogerie, Henri Robert, après avoir signalé l’influence pernicieuse de l’air, de la lumière, de l’humidité et de la chaleur, mettait en relief celle des émanations du porteur. Le porteur agit par sa transpiration et ses émanations odori-
- Fig. 8. — Salle des agitateurs mécaniques.
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- Fig. 9. —Appareil pour exposition des huiles à la lumière solaire, sur la terrasse du Laboratoire.
- Fig. 10. — Dégazage et séchage des huiles d’horlogerie.
- forantes. Son genre d’alimentation lui-même peut avoir de l’influence sur le comportement de l’huile.
- A ces causes, le grand artiste ajoute, chez l’horloger réparateur, le halage des pièces pour les brosser et les faire briller, l’abandon de son huile à la poussière et à la lumière, le « passage entre les lèvres, pour la nettoyer, de la petite broche dont on se sert pour poser l’huile et mille autres négligences de ce genre journellement commises (') ».
- Fabriquant lui-même une huile d’olives réputée, Henri Robert avait imaginé une ingénieuse et simple disposition pour obliger le rhabilleur à prendre soin de son lubrifiant. Ses flacons ne pouvaient tenir debout et le rhabilleur était contraint de les loger dans une boîte en bois dont les casiers indépendants tenaient le liquide à l’abri de la lumière et du contact du bouchon.
- Dans un autre Mémoire sur les causes de destruction par le frottement, Henri Robert dit textuellement : « 11 a été constaté à diverses époques et par plusieurs artistes que toutes les fois qu’il y a frottement sec d’une partie d’acier contre une de pierre, l’acier s’oxyde et la pierre se détruit ». C’est précisément ce que viennent de mettre en évidence, ces trois dernières années, des expériences méticuleusement conduites par le National Physical Laboratory, de Londres.
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- La Nature a déjà donné dans ses colonnes (1 2 3 *) des indications sur le procédé imaginé par M. Woog pour permettre l’emploi de l’huile minérale au graissage chronométrique, en empêchant cette huile de s’étendre rapidement et en la fixant à la place précise qu’elle doit occuper. C’est ce qu’on appelle le procédé de l’épilame.
- On immerge les pièces à huiler dans un bain neutrali sant (5) de toluène additionné de 1 pour 100 d’acide stéarique ou d’éthal, pendant 2 à 3 minutes. On les sort, on les secoue, puis on les recouvre de sciure de buis, ou on les laisse sécher à l’air. La couche déposée est de l’épaisseur de un dix-millième de micron ! Le liquide épilame est inaltérable et ininflammable et s’utilise à froid. On peut même aujourd’hui le mettre en place avec un pinceau qu’on passe sur les pierres et les pivots.
- Réservé d’abord aux huiles minérales, le procédé de l’épilame s’applique aussi bien aujourd’hui aux huiles grasses qu’aux minérales. Il oblige la goutte à rester en place bien sagement au lieu de s’en aller vagabonder sur les tiges et les platines où elle avait l’habitude de former de bizarres contours et de dessiner des espèces de cartes géographiques.
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- Mais ce n’est pas tout de se tenir à sa place, il importe aussi de se bien conduire. Et pour les huiles de graissage aussi délicat que celui des montres, il faut savoir résis-
- 1. Considérations pratiques sur l’huile employée en horlogerie, dans : Etudes sur diverses questions d’horlogerie, 1852.
- 2. La Nature du 23 janvier 1926.
- 3. Ce liquide a reçu depuis 1925 des modifications indiquées par
- l’expérience.
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- ter aux entraînements des agents extérieurs signalés par Henri Robert à l’attention de ses confrères. Le Laboratoire de la C. F. R. s’est attaqué à ce grave problème et il a obtenu des résultats vraiment extraordinaires en recourant aux ingénieuses combinaisons de la chimie et à ses curieuses attractions ou répulsions moléculaires.
- Une toute récente communication de M. Woog à la Société chronométrique de France (1) a fait connaître que le laboratoire était parvenu à réaliser un lubrifiant stabilisé. Pour cela, il a introduit dans l’huile un certain nombre de substances qui, tout en n’amoindrissant pas les qualités lubrifiantes, sont capables de former écran à la lumière, d’absorber les rayons actiniques et par suite de retarder considérablement l’altération. Ces substances déterminées à la suite de nombreux essais, qui ont duré deux ans et plus, ont abouti à la création d’une huile rouge dont la stabilité est considérablement augmentée.
- Si l’huile a des ennemis qui cherchent à la corrompre, des ennemis insidieux qui agissent sournoisement sur ses molécules, les détériorent ou s’insinuent entre elles, il faut reconnaître qu’elle-même se prête à ces détériorations dans certaines circonstances.
- On a l’habitude de l’enfermer dans des flacons de verre.
- Le verre est clair, il fait valoir les liquides qu’il abrite. Dans le cas de l’huile, il agit de la sorte. Mais il n’est pas parfait. 11 est généralement d’une sensibilité extraordinaire et qu’on ne soupçonne pas. Il se laisse décomposer superficiellement par le frottement, les courants de haute tension, les vibrations déterminées par les ondes sonores de haute fréquence, et surtout par le contact d’une atmosphère humide.
- Il abandonne au contact de l’huile des particules infiniment ténues de silice qui s’en vont floconner, se suspendre ou se déposer dans le liquide.
- M. Paul Woog a étudié avec soin ces altérations, cet efîleurissage du verre, dont le danger est évident pour la goutte d’huile chargée d’aller aider les mouvements des pivots horlogers (x). Et il a reconnu que tous les procédés de nettoyage employés jusqu’ici sont impuissants. Seul un vernis protecteur cellulosique s’est montré capable de garantir la paroi intérieure du flacon.
- La figure 12 représente trois flacons de verre dit de Normandie couramment employé dans la pharmacie et la parfumerie, qui n’avaient présenté à l’examen aucune irrégularité apparente de la matière vitreuse.
- *
- . Cette communication a été faite le 15 mai dernier. Elle a été précédée d’une autre à l’Académie des Sciences en date du 30 avril. Dans ces deux notes M. Woog et ses collaborateurs, Mlle Emilie Gangster et M. Jean Givaudon, ont donné des chiffres intéressants relatifs ’ au dosage comparé de l’acidité libre dans une huile ordinaire et dans une huile stabilisée. L’acidité étant à l’origine dans les deux liquides comparés, de 0,01, se trouve être dans l’huile ordinaire de 0,54 au bout de 36 jours et de 0,80 au bout de 61. Alors que, pour l’huile stabilisée, elle n’est que de 0,01 après 36 jours, et 0,024 après 61. Dans l’huile ordinaire, l’acidité libre est devenue 80 fois plus forte en deux mois, tandis que dans l’huile stabilisée elle a simplement doublé. Elle est donc quarante fois moins considérable.
- Fig. 11. — Département des Imites d’horlogerie. Remplissage des flacons.
- On comprend aisément, lorsqu’on réfléchit aux graves difficultés que présente le graissage rationnel en petite horlogerie, pourquoi les huiles horlogères se trouvent occuper une place de premier plan dans le Laboratoire de la Cie française de raffinage.
- Fig. 12. — Flacon attaqué par l'huile elle-même. (Phénomène de l’effleurissage signalé par M. Woog.)
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- Ces huiles constituent une source intarissable d’études pour l’observateur averti. Elles posent à chaque instant des problèmes dont la solution exige la connaissance exacte de la constitution atomique et moléculaire des constituants.
- Dans le contact de deux matières qui frottent l’une contre l’autre, il se passe de véritables drames. La nature de ces drames, nous pouvons la soupçonner, puisque nous connaissons le volume des molécules en présence, et que les physiciens nous représentent ces molécules comme constituées par des atomes dont les éléments sont animés de mouvements d’une vitesse vertigineuse.
- L’introduction entre les deux surfaces frottantes d’une couche d’huile dont le volume moléculaire représente un sextillionième de cm° constitue une sorte de tentative de conciliation dont l’efficacité peut être plus ou moins grande suivant les qualités personnelles du conciliateur.
- En Californie, on utilise actuellement les montagnes de déchets de noyaux de pruneaux, d’abricots et de pêches, dont ce pays fait des exportations gigantesques de par le monde.
- Une compagnie appelée la « Compagnie des sous-produits du Pacifique » s’est spécialisée dans ce genre de travail. Elle s’occupe de la production de charbons activés avec les déchets de noyaux, charbons qui ont aujourd’hui de multiples emplois : (débenzolage des gaz de distillation de la houille et des gaz naturels, décoloration, etc., etc.).
- Dans le procédé Hiller, après élimination des amandes, dont l’huile sert de succédané bon marché de l’huile d’amandes douces très chère et très demandée, tout au moins en ce qui concerne les abricots, on cuit les déchets dans un four tournant chauffé par une partie des déchets de noyaux.
- Ce n’est du reste pas seulement par les exigences du graissage que la chronométrie est en état de séduire les chercheurs.
- Chez elle, l’anomalie est chose courante.
- Grossmann ne nous dit-il pas, par exemple, dans l’ouvrage cité tout à l’heure que «les fibres extérieures d’un ressort de montre ou de pendule peuvent supporter un allongement par unité de longueur double de celui que produit la rupture par la traction ?
- Et ce résultat de ses calculs, Grossmann le qualilie d’étonnant. Il a d’autant plus raison qu’un bon ressort peut faire ce tour de force mécanique dix, vingt et même trente ans !
- L’horlogerie mécanique est une merveille, peut-être la plus attrayante des merveilles.
- Léopold Rkvekchon.
- DE NOYAUX DE FRUITS
- On laisse entrer la quantité d’air nécessaire pour avoir un charbon de texture déterminée. Au déchargement, ce charbon est arrosé légèrement d’eau, concassé à une grosseur déterminée, tamisé, trié magnétiquement pour éliminer les petites quantités de ferraille qui pourraient s’y trouver, et gêner pour les emplois ultérieurs. Les gaz qui se dégagent sont vendus à la « Californian Packing Cy », fdiale de la « Cie des sous-produits » citée ci-dessus, qui s’en sert comme source de force motrice.
- Il existe en Serbie également des montagnes de noyaux de prunes provenant de confitui'es, et qui jadis étaient inutilisées; souhaitons qu’elles ne le soient plus. Tous les sous-produits dont l’utilisation est rémunératrice doivent servir.
- A. H.
- UTILISATION DES DÉCHETS
- -.g-- LE WAGON DISPENSAIRE Z ~
- DE LA COMPAGNIE DU CHEMIN DE FER DU NORD
- Sitôt après l’armistice, la Compagnie du chemin de fer du Nord s’occupa de remettre rapidement en état ses 2163 kilomètres de voies ferrées détruites au cours de la guerre. Ces lignes comprenaient, entre autres travaux d’art, 8 grands viaducs, 811 ponts, 5 tunnels assez longs et 338 gares. Puis, une fois cette vaste besogne terminée en un très court délai, elle commença à édifier, dès 1919, des cités-jardins aux abords des principaux centres de son réseau afin de loger son personnel d’une manière hygiénique, confortable et am meilleur marché possible. L’ensemble de ces nouvelles agglomérations urbaines comporte, à l’heure actuelle, plus de 11 000 logements abritant une population de 27 000 habitants environ, y compris les femmes et les enfants.
- Dans ces cités, fonctionnent des hôpitaux, des écoles, des pouponnières, des bains-douches et autres services
- prophylactiques ou d’assistance sociale. Aujourd’hui, la compagnie du Nord, désirant compléter l’œuvre d’organisation sanitaire de ces petites villes, a voulu créer un centre ambulant de consultations et d’examens médicaux.
- Dans ce but, elle vient de faire transformer deux wagons à bogies, qui circuleront sur le réseau en s’arrêtant, de temps en temps, dans les gares voisines des cités-jardins. L’une des voitures du convoi se trouve divisée en plusieurs compartiments. Dans ce wagon-sanitaire, ‘pourvu d’installations radiologiques puissantes, le médecin donne ses consultations, procède à tous examens radiographiques = ou radioscopiques, aux analyses bactériologiques et autres. Le. second wagon sert de logement au docteur et à ses assistantes au cours des stationnements du train.
- Décrivons rapidement, d’après un mémoire de M. l’in-
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- génieur Flament, sur l’organisation de l’hygiène sociale dans les cités du réseau du Nord, publié récemment par la Revue générale des chemins de fer, le matériel de la nouvelle « clinique ambulante ».
- Quand on entre dans le wagon-sanitaire par l’une de ses extrémités, on l’encontre la salle d’attente des malades, puis un bureau où l’assistante sociale recueille les renseignements relatifs à chaque consultant. Ensuite un couloir central, de part et d’autre duquel se trouvent deux déshabilloirs, conduit au cabinet du médecin. Cette pièce communique directement avec le compartiment central du wagon ou salle de radiologie. Au milieu de celle-ci, se voit un appareil puissant qui, grâce à son ampoule facilement orientable et à une table à bascule, permet la radioscopie et la radiographie rapides de toutes les parties du corps humain, dans les diverses positions. Des dispositifs convenables assurent la protection du patient et du praticien tandis qu’un tableau de commande, installé à une des extrémités de la salle, rend facile le réglage du courant,
- Fig. 1.
- La salle de radiologie du wagon sanitaire du Chemin de fer du Nord. On procède à l’examen d’un malade.
- Fig. 2 (à gauche). — Le laboratoire du wagon sanitaire.
- Le médecin ou ses aides peuvent y effectuer des analyses chimiques et des examens bactériologiques. Fig. 3 (à droite).— Une consultation dans le cabinet médical du wagon sanitaire.
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- fourni à l’appareil, par un câble souple branché sur une des lignes d’alimentation de la gare où le convoi se trouve en stationnement. Il faut, on le sait, une puissance d’une dizaine de kilowatts sur le courant primaire pour qu’on puisse prendre assez rapidement des radiographies d’organes en mouvement. Or la plupart des gares moyennes du réseau du Nord disposent de ressources centrales suffisantes pour assurer cette intensité électrique. Dans ces conditions, le courant haute tension est de 80 milliampères sous 90 000 volts.
- Une fois obtenus, les films passent, grâce à un dispositif d’éclusage évitant tout filtrage de lumière, dans un laboratoire voisin où un aide les développe, puis tire les épreuves nécessaires. Enfin, à l’autre extrémité du wagon, on a aménagé un autre laboratoire dans lequel le médecin ou l’un de *ses collaborateurs exécutera les analyses et procédera à tous examens bactériologiques utiles. Comme outillage, ce laboratoire comprend un réfrigérateur pour la conservation des sérums, prises de sang et autres prélèvements, une étuve, une table de travail avec microscope, etc. Des armoires et placards complètent, d’ailleurs, chaque compartiment du wagon-sanitaire.
- De son côté, la seconde voiture, qui comprend une „ cuisine avec réchaud à essence pour la préparation des repas, des chambres avec lavabos pour le médecin, ses assistantes sociales et le service, sert de logement au personnel pendant les déplacements. Quant à l’éclairage des deux wagons, un double circuit utilisant soit le courant 24 v des batteries d’accumulateurs à recharge automatique, soit le courant 110 v d’alimentation de l’appareil radiologique l’assure convenablement.
- Grâce à ce wagon-dispensaire, le Dr Ilisbergh, qui dirige le nouveau service, a effectué déjà ses premiers voyages médicaux à Hirson, Aulnoye, Jeumont et Maubeuge avec plein succès. Au cours des deux derniers mois de 1930, il a donné 251 consultations tant à des agents qu’à leurs femmes ou à leurs enfants. Nul doute que ce centre médical ambulant ne poursuive son utile carrière en soulageant les misères physiques des intéressantes familles des cheminots du Nord de la France, soit en dépistant des tuberculoses ou des cancers à leur début, soit en instituant des directives de traitements rationnels, soit même en jugulant des commencements d’épidémies.
- J. de la Cerisaie.
- ^ QUELQUES RAPACES AU NID ^
- PRÉSENTATION DE CLICHÉS PRIS DANS LA NATURE
- PAR M. AD. BURDET
- Fig. 1. — Bondrêe apivore mâle nourrissant ses deux petits.
- Nous présentons quelques clichés de Rapaces diurnes au nid, clichés pris dans la nature par l’ornithologiste suisse bien connu : M. Ad. Burdet.
- 'Sur la première planche, nous voyons d’abord une Bondrée apivore (mâle) occupée à nourrir ses deux petits (fig. 1). La Bondrée apivore (Pernis aftivorus Linné) ou Buse bondrée se rencontre par couples isolés dans la plupart des forêts de France, tantôt sédentaire, tantôt
- estivale et de passage. Dans nos forêts du Centre, elle est assez commune et sédentaire. La Bondrée apivore se nourrit de petits Mammifères, de Reptiles et surtout d’insectes, quelquefois même de fruits (baies). Très rarement elle prend des Oiseaux, quoiqu’il lui arrive de ravir un poussin dans une ferme. Elle détruit les chenilles rases et velues, elle s’attaque aux nids des diverses espèces de Guêpes, mange les larves et aussi les Insectes parfaits. Elle joue un rôle plutôt utile.
- La Bondrée apivore construit son nid sur les grosses branches des Chênes, dés Hêtres ou des Sapins. Le nid est large et assez grossièrement arrangé; il est composé de brindilles, de racines, d’herbes ou de feuilles sèches et de mousse, le tout entrelacé de manière lâche et laissant parfois apercevoir les œufs ou les jeunes Oiseaux. Cette espèce ne craint pas de s’établir près des habitations ou aux abords des routes et des chemins d’exploitation.
- Le plus souvent, la ponte n’est que de deux œufs.
- La Bondrée apivore est un très bel Oiseau au plumage cendré bleuâtre en dessus, blanc ou blanchâtre en dessous. Le poussin est couvert d’un duvet blanc crème, un peu plus foncé sur la tête.
- * *
- Ensuite, de jeunes Eperviers montrent leur mine éveillée (fig. 2 et 3). Ils ont fort bien posé; ils se sont tous tournés vers l’opérateur, délaissant même leur proie posée au bord du nid (fig. 3) : un Oiseau. Car l’Epervier
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- est l’ennemi-né des petits Oiseaux; il les poursuit avec une hardiesse sans pareille, jusqu’au cœur des villes, jusque dans les cages suspendues aux fenêtres !...
- L’Epervier attaque tous les Passereaux, mais surtout les Alouettes, les Traquets et les Merles, sans parler des Moineaux. La présence d’un Homme ne trouble nullement la chasse de l’audacieux Rapace.
- L’Autour épervier (Accipiter nisus Linné) doit son nom de Nisus à certain roi de Mégare qui fut, d’après la légende, changé en Epervier. Communément, on appelle le mâle « Emouchet ». Cette espèce est répandue dans toute la France, elle est sédentaire et un peu erratique. Elle habite surtout les régions boisées.
- Au vol, l’Epervier paraît avoir les ailes presque droites et il ressemble à un avion monoplan. Repliées, les ailes atteignent à peine la moitié de la queue. Les tarses sont emplumés jusqu’au quart de leur longueur. La femelle est sensiblement plus grande que le mâle.
- Le nid est placé à hauteur moyenne sur les grands arbres des forêts et des bois, souvent sur les Conifères. Parfois l’Oiseau se borne à aménager un nid d’Ecureuil ou de Corneille. Le nombre des œufs varie de cinq à huit. Arrondis, à coquille lisse, ils sont d’un blanc laiteux maculé de rouge sombre. Comme chez l’Autour, l’intérieur de la coquille est vert.
- Le poussin est couvert d’un duvet blanc, léger, teinté de crème à la face supérieure. Les jeunes sont assez différents des adultes.
- * *
- Les figures 4 et 5 montrent de jeunes Cresserelles. Quatre sont au nid et crient de concert. Un peu plus âgée, une autre se dresse à l’entrée du nid, pour guetter l’arrivée des parents nourriciers.
- Le Faucon crécerelle (Falco tinnunculus L.), comme la Cresserine et le Faucon kobez, est protégé par la Convention internationale de 1902 parce qu’il est plus utile que nuisible. Il se nourrit de petits Vertébrés (Rongeurs et Reptiles) et d’insectes. Il commet quelques méfaits et détruit des nichées, mais moins adroit que les autres grands Faucons, il ne peut saisir les Oiseaux adultes en vol.
- Très élégant de forme, très joliment habillé, le Faucon crécerelle est commun, surtout dans les vastes plaines. Il abonde en Beauce. On le voit planer à faible hauteur, fouiller du regard les replis du terrain pour y découvrir une proie tapie au creux d’un sillon. Dès qu’il l’a vue, l’Oiseau demeure immobile, puis fond tout à coup sur sa victime.
- Suivant les régions, la Crécerelle est sédentaire ou estivale. On la nomme « Emouchet rouge », « Rabaillet ».
- Ce petit Faucon établit son nid sur un arbre, il utilise généralement le nid abandonné par un Corvidé. Ou bien il s’installe dans un trou de
- Fig. 2 (à gauche). — 5 jeunes Eperviers âgés de 3 à 4 semaines.
- Fig. 3 (à droite). — 5 jeunes Eperviers âgés de 4 semaines.
- mur, dans un clocher ou un vieil édifice. Construit sans art, le nid est fait de bûchettes, de mousse et de plumes. Il reçoit quatre, six et même huit œufs, de forme et de couleur variables, souvent d’un rouge plus ou moins foncé et présentant des taches brunes disséminées sur toute la coquille.
- Le poussin a le duvet blanc, nuancé de jaunâtre en dessus. Le jeune a la livrée de la femelle, un peu plus sombre à la face supérieure, un peu plus claire à la face inférieure.
- * *
- Voici maintenant des Buzards montagu. Sur les figures 6 et 7 on voit la mère et ses deux petits, elle les abrite en un beau mouvement de plumes. La petite famille a l’air très sympathique. On devine que le père est à quelque distance, chassant pour les siens avec zèle et prudence.
- Les trois poussins de la figure 9, déjà grandelets, ont des poses dramatiques : très effrayés, ils essaient de
- Fig. 4 (à gauche). — Quatre Crécerelles âgées de 20 jours environ.
- Fig. 5 (à droite). — Jeune Crécerelle devant le nid.
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- prendre un aspect redoutable devant un ennemi mystérieux : le photographe. Quoique ce dernier ait eu soin de se dissimuler, ils ont décelé sa présence...
- Le Buzard montagu ou Buzard cendré (Circus pygar-gus L.) est assez commun dans les plaines humides, — en Sologne, notamment, — il niche dans la plupart de nos départements. Le nid est à terre, dans les vastes hrandes, au pied des bruyères. Fait de brindilles, il est tapissé de débris végétaux et de mousse. Les œufs, au nombre de trois, quatre ou cinq, sont plus sphériques que ceux des autres Buzards; la coquille poreuse est d’un blanc verdâtre parfois maculé de taches peu apparentes.
- Contrairement aux habitudes des autres Buzards qui s’isolent’ à l’époque de la nidification, le Buzard montagu niche volontiers en colonie.
- L’espèce, généralement estivale, serait sédentaire dans les départements méridionaux.
- Le Buzard cendré est un très bel Oiseau. Le mâle est gris et blanc, liséré de noir aux ailes; la femelle est plus sombre et teintée de roux. Le nom de Pif gai'gus signifie : à croupion blanc luisant (Aristote).
- Le B. montagu aime à se percher sur les mottes de terre dans la plaine, plutôt que sur les arbres. On le voit parfois courir sur le sol.
- Le Rapace plane lentement au-dessus des prairies, cherchant du regard une proie de son goût : Insectes, petits Rongeurs, Reptiles.
- Sans doute, il pille quelques nids de petits Oiseaux humicoles, et c’est très regrettable. Mais il n’est pas à condamner sans examen.
- L’Homme voit trop facilement des ennemis dans tous
- les petits animaux carnassiers, alors que beaucoup d’entre •eux sont utiles; ils contribuent au maintien dé l’équilibre dans la Nature; ils détruisent des espèces nuisibles. Loin de vouloir exterminer les Mammifères carnassiers et les Rapaces, il serait sage de se borner à en réduire le nombre, :si leur accroissement est excessif.
- Si l’on veut connaître les mœurs du Buzard montagu, il faut lire le chapitre que M. J. Delamain lui a consacré dans son ouvrage intitulé : Pourquoi les Oisèaux chantent. Dans une étude très remarquable, l’auteur a retracé l’histoire d’une famille de Buzards montagu. Il décrit
- le couple, le nid, les jeunes, l’éducation de la nichée, et c’est un roman vécu des plus passionnants.
- C’est la femelle seule qui distribue la nourriture aux poussins, vêtus de blanc nuancé d’un peu de roux. D’abord, ils reçoivent des Insectes, des Vers, de petits Mollusques; puis, quand ils sont plus forts, on leur donne de petits Rongeurs: Campagnols ou Mulots.
- Le père chasse; il appelle la mère qui, loin du nid, va prendre la proie aux serres de son époux. Pendant ce temps, si l’on tente de toucher aux jeunes, ceux-ci prennent l’attitude que nous leur voyons sur la figure 9, s’ils sont assez grands pour avoir conscience du danger. Le Buzard montagu .est méfiant, et la mère entoure de mille
- soins le secret du nid.
- M.
- qui a observé le B.
- Fig. G à 9 (de haut en bas et de gauche à droite).
- Fig. 6. — Buzard montagu femelle abritant ses deux petits. Fig. 7. — Buzard montagu femelle avec deux petits.
- Fig. 8. — Trois jeunes Buzards montagu âgés de 8 à 12 jours. Fig. 9. — Trois Buzards montagu âgés de 4 semaines.
- J. Delamain patiemment montagu, le représente fier, mais sans l’expression de férocité qu’ont certains Rapaces.
- Et il le déclare l’auxiliaire de l’Agriculteur.
- Si les jeunes sont nourris de petites proies, « leur père n’a pillé pour eux ni poulailler ni réserve de chasse ».
- Pourtant, chaque fois qu’un nid de Buzard est découvert, l’Homme s’empresse de le détruire.
- M. Delamain raconte comment un nid de Buzard Saint - Martin vient d’être anéanti : « Ni la beauté farouche des poussins, ni « l’angoisse de leur mère « n’ont su toucher l’Homme « si dur pour les êtres inet férieurs et qui épargne « ceux-là seuls qui peuvent « le servir ou l’amuser »... — Le pis, c’est que nous détruisons même les animaux utiles ou indifférents. — « Le couple de Buzards ne reviendra pas les années suivantes, dans cette région où ses espoirs d’une saison ont été détruits »...
- Comme M. J. Delamain, munis d’une longue-vue, et non armés d’un fusil, partons pour observer les Oiseaux dans la Nature. Nous comprendrons qüe le vol majestueux des Rapaces complète certains de nos plus beaux paysages.
- Les grands Rapaces deviennent rares en France : tolérons ceux qui nous restent.
- A. Feuillée-Billot.
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- RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
- TROUVER UN NOMBRE PENSÉ
- Nous offrons aux amateurs de Récréations mathématiques deux petits problèmes-devinettes qui sont susceptibles, croyons-nous, de les intéresser. Comme dans la plupart des problèmes de ce genre, il s’agit de trouver un nombre pensé.
- I. On demande à une personne de poser deux nombres quelconques de deux chiffres, en faisant connaître l’un de ces nombres que nous appellerons A; on doit trouver l’autre nombre x.
- Pour cela, on fait effectuer les opérations suivantes :
- Additionner les deux nombres;
- Multiplier leur somme par 9;
- Ajouter un troisième nombre C (obtenu de la façon qui va être indiquée) ;
- Ajouter la somme des deux chiffres du nombre x;
- Multiplier par 11 ;
- Faire connaître le résultat.
- Les deux derniers chiffres du résultat sont les deux chiffres du nombre x renversé.
- Pour avoir le nombre C, on prend le dernier chiffre de A, et l’on pose à sa gauche la différence entre ce chiffre et le chiffre voisin (en augmentant au besoin celui-ci de 10, comme dans une soustraction ordinaire).
- Ainsi, pour A = 74 on a C = 34;
- — A = 38 — C = 58.
- Ce calcul très simple peut se faire aisément de tête.
- Exemple.—• Soit 62,1e nombre connu,, et 47 le nombre à trouver.
- Dans ce cas, C = 42.
- La série d’opérations à faire effectuer est la suivante :
- 62
- 47
- ÏÔ9
- __9
- 98Ï
- 42
- 11
- 1034 X 11 = 11374.
- Les deux derniers chiffres 74 renversés donnent le nombre cherché 47.
- Si la personne à laquelle on propose cette devinette ignore laffaçon dont le nombre C a été obtenu, il peut lui être très difficile de trouver l’explication du résultat. C’est pourquoi il est préférable de calculer C sans poser les chiffres.
- Ce nombre C ne représente pas autre chose que les deux derniers chiffres du complément arithmétique de A X 9. Par conséquent, en faisant ajouter C, on se débarrasse de ces deux chiffres. Il en résulte que les deux derniers chiffres du résultat final sont ceux du produit x X 99, augmenté de 11 fois la somme des chiffres de x. Il serait facile de démontrer que ces deux chiffres donnent toujours le nombre x renversé.
- Au lieu de deux nombres, on peut en faire poser trois, quatre...; la façon de procéder est la même, à cela près que l’on calcule C sur la somme des nombres connus.
- Exemple. — Soient 17, 29, 43, 72, les nombres choisis. 17, 43 et 72 sont donnés; il faut trouver x = 29.
- On fait la somme des nombres connus.
- 17 + 43 + 72 = 132.
- On en tire : C = 12.
- La suite des opérations prescrites donne :
- 29
- 17
- 43
- 72
- Ï6Ï
- 9
- 1449
- 12
- 11
- 1472 X 11 = 16192.
- IL Voici un autre problème du même genre, où nous allons voir réapparaître un nombre bien connu des lecteurs de ces Récréations; nous voulons parler du fameux nombre 142 857.
- On demande à une personne de poser un nombre de cinq chiffres, puis d’effectuer les opérations suivantes :
- Ajouter 142 857 au nombre choisi;
- Multiplier par 7 ;
- Ajouter 1 ;
- Barrer le premier chiffre à gauche;
- Multiplier par 143;
- Donner le résultat.
- Pour avoir le nombre pensé, on prend les deux premiers chiffres du résultat suivis des trois derniers.
- Exemple.— Soit 63 274, le nombre pensé.
- La suitè des opérations donne :
- 142857 + 63274 = 206131
- 206131 X 7 = 1442917
- 442918 x 143 = 63337274.
- Les deux premiers chiffres du résultat, suivis des trois derniers, donnent bien 63274.
- Pour terminer, nous signalerons un moyen simple pour obtenir, en partant d’un chiffre quelconque, 8 par exemple, des nombres de 4, 6, 8... chiffres, dont les deux moitiés sont formées des mêmes chiffres disposés en ordre inverse.
- Remplaçons 8 par deux chiffres dont la somme soit égale à 8, nous obtenons les combinaisons suivantes :
- 17 X 99 + 88 = 1771 26 X 99 + 88 = 2662 53 X 99 + 88 = 5335 35 X 99 -f 88 = 3553
- Prenons maintenant 17, et faisons de même pour le chiffre
- 7, nous trouvons : i 143 X 990 + 1771 = 143341
- 125 X 990 + 1771 = 125521
- 107 X 990 + 1771 = 107701
- 1124 X 9900 + 116611 = 11244211
- et ainsi de suite.
- E. Thibout.
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- LE SUPPLICE D’UN TARIN
- C’est la femelle d’un tarin — autour de moi on l’appelle une tarine,mais je doute que l’Académie, en principe peu féministe, accepte cette appellation—.Elle est d’une délicatesse extrême avec ses yeux vifs, son bec aigu et ses pattes frêles. Sa robe, aux reflets bronzés, sans rivaliser avec celle du rossigpol du Japon, son voisin, est d’une élégante distinction.
- On a beau s’évertuer à placer les oiseaux dans les meilleures conditions matérielles, il est difficile de les réaliser toutes et ce jour-là, ayant observé que son bec s’allongeait démesurément on l’avait légèrement taillé pour le ramener à des proportions normales. Tout était pour le mieux lorsque fut décidée « une promenade en liberté ». Ceci signifie que la volière restant ouverte ses habitants ont la liberté de s’égailler dans la pièce, de voltiger, de se promener à leur guise. Que mes réactions de ménagère soient ces jours-là mises à une certaine épreuve, vous n’en pouvez douter; mais l’égrènement de par la salle de toutes ces fleurs animées offre parfois une telle beauté que, vaincue, je laisse faire.
- Sortir de la cage est facile, mais il faut aussi, au bout de quelque temps, la réintégrer, là commence la difficulté ! Parfois un filet à papillons nous a rendu des services, d’autres fois, la nuit, il suffit de faire l’obscurité pour prendre l’oiseau à coup sûr là où on l’avait repéré. Mais le soleil brillait, le filet à papillons était absent et ce fut par des moyens de fortune que se résolut le problème, pour tous les oiseaux, la petite femelle du tarin exceptée. Un maladroit serra son corps menu contre la paroi d’une porte et cassa sa jambe... Grand émoi dans le groupe; l’os du tarse pendait retenu par un mince lien de téguments, que faire ? la pauvre bête allait-elle rester infirme ? Je conseillais un pansement, des éclisses, personne n’osa l’entreprendre.
- Le lendemain la soudure paraissait commencer, mais en angle droit avec la jambe. C’est alors que nous essayâmes le pansement scientifique; hélas ! malgré tout ce que nous fîmes pour le rendre léger, pour ne pas rompre le mince fragment de tissu qui réunissait encore les parties endommagées, le résultat fut lamentable et quelques heures après l’opération nous pûmes constater que l’extrémité de la patte se desséchait parce que tout lien entre elle et la jambe était supprimé.
- Placéesursa patte unique, la « tarine » ne paraissait pas souffrir, mais nous souffrions pour elle. N’était-ce pas à notre maladresse qu’était due son infirmité ? Pourquoi avoir voulu intervenir avec nos moyens grossiers quand la nature, utilisant les infiniment délicats vaisseaux qui étaient restés indemnes,
- avait déjà obtenu un commencement de cicatrisation ? Sans doute cette réparation était contraire à nos conceptions esthétiques, peut-être cependant y répondait-elle encore mieux que le moignon actuel...
- Et un débat s’éleva sur l’opportunité de rendre la liberté au pauvre animal. Deux camps se formèrent et j’appréciais là combien Nietzschéen condamnant la pitié a pénétré la nature humaine. Premier camp : lâchons-la, l’air, le jardin, la liberté, lui rendront ses forces et lui permettront de se remettre plus rapidement.
- Deuxième camp : gardons-la, malhabile, avec sa patte unique, elle saura mal chercher sa nourriture, elle deviendra facilement la proie d’un des nombreux ennemis de l’oiseau.
- Et ce fut le premier camp qui l’emporta. Non parce que sa thèse était la meilleure, mais parce qu’elle correspondait mieux à l’égoïsme humain. Car le mot pitié a une acception double, il peut signifier : pitié pour autrui (2° camp) ou pitié pour soi-même (lor camp). Pitié pour soi-même parce que la vue d’un être mutilé est attristante, pitié pour soi-même aussi dans ce cas particulier parce que cette vue rappelait la double origine de la mutilation dans laquelle notre responsabilité était en jeu.
- Elle partit !
- Le lendemain on la vit devant la fenêtre demandant doucement de ses jolis yeux qu’elle lui fût ouverte.
- Puis deux jours se passèrent pendant lesquels le vent et la pluie firent rage, pendant lesquels personne ne vit le blessé ! Sans doute n’avait-il pu résister à la tourmente et ne le reverrions-nous jamais. Et voici que le troisième jour,un rayon de soleil ayant entr’ouvert nos fenêtres, la gentille bestiole arriva, se posa sur la cage, becquetant à travers les barreaux le tarin qui s’y trouvait. Et ce retour fut si .émouvant que sans discussion aucune on réintégra « la tarine » dans la volière. Elle s’y comporta comme les autres oiseaux. Peu à peu, elle s’habitua à reposer sur le ventre en même temps que sur la patte ou à appuyer sur le sol le moignon cicatrisé.
- Mais s’il est possible à un oiseau de manger, de boire, de se promener sur une seule patte il lui est impossible de se percher vers la baignoire et d’y faire ses ablutions. Grande privation pour la pauvre bête, qui ainsi que ses congénères adore le bain et voici qu’elle a découvert le moyen de prendre sa part de la baignade générale ; elle se place, ailes étendues, sous la baignoire, recueillant ainsi, sur ses plumes bronzées les perles d’eau que les autres oiseaux répandent autour d’eux !
- Auguste et Maurice Moll-Weiss.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- protection des mains dans les ateliers
- DE CHROMAGE
- Nous empruntons l’acticle suivant au Bulletin mensuel de l’Association des Industriels de France contre les accidents du travail.
- Les bains de chromage, qui remplacent très avantageusement le nickelage dans un grand nombre de cas, ont malheureusement pour effet de ronger la peau et d’occasionner des blessures douloureuses aux ouvriers et aux ouvrières des ateliers dans lesquels ces bains sont employés.
- Les gants de caoutchouc sont, bien entendu, d’un emploi obligatoire, et des consignes affichées le mentionnent dans tous les ateliers de chromage. Mais on connaît le double inconvénient des gants de caoutchouc : non seulement ils tiennent les mains en moiteur et sont, de ce fait, pénibles à porter pendant plusieurs heHires de suite, mais encore ils se percent ou se fendent très rapidement et peuvent laisser passer la liqueur de chrome à l’insu de l’ouvrière, étant donné l’état de transpiration naturelle de la main.
- Ces gants ne constituent donc qu’un protecteur imparfait : on les quitte fréquemment pour se reposer la main, et il est impossible au chef d’atelier d’affirmer qu’il n’a pas en service quelque gant défectueux malgré toute la surveillance qu’il peut exercer pour leur bon entretien.
- Il s’ensuit que les ouvriers ou les ouvrières des ateliers de chromage ne peuvent pas éviter les atteintes du chrome sur les mains.
- Pour éviter la brûlure de la peau qui se produit assez rapidement, oh met à leur disposition des bains de lavage spéciaux, dont la com-
- position est la suivante :
- Eau............................................50 pour 100
- Alcool à brûler du commerce . .................25 pour 100
- Acide chlorhydrique à 45° Baumé ........ 25 pour 100
- Se laver d’abord les mains à l’eau et au savon ordinaire;
- Mouiller ensuite avec la lotion ci-dessus les parties des mains atteintes par le chrome. Rincer complètement à l’eau ordinaire.
- Le lavage est obligatoire après chaque arrêt de travail. *•
- Ces bains ont donné des résultats satisfaisants.
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- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- AVRIL 1931, A PARIS
- Mois pluvieux, légèrement frais, peu ensoleillé et avec pression barométrique déficitaire.
- La moyenne mensuelle de la température au Parc-Saint-Maur, 9° 3 ne diffère que de 0° 3 de la normale (9° 6). Cet écart est surtout imputable aux maxima, dont la moyenne est trop basse de 1° 5. les minima ont été normaux; aussi l’amplitude moyenne de la variation diurne est-elle remarquablement petite.
- Il y a eu 2 jours de gelée, le 1er et le 5, et le minimum absolu de la température a été de — 1° 0, le 1er; le maximum absolu, 20° 9, a été noté le 9. En banlieue, le minimum le plus bas a été constaté le 1er, au Bourget — 3° 7.
- Le nombre de jours de pluie, 18, dépasse de 4,5 celui moyen et le total pluviométrique, 63 mm, 5, présente un excédent de
- Le vent a soufflé très fréquemment d’entre N. et O. et plus rarement que d’ordinaire en ce mois d’entre N. et E. 11 n’a jamais été violent.
- La hauteur barométrique, moyenne, au Parc-Saint-Maur, au niveau de la mer, 759 mm, 7 est en déficit de 0 mm, 8.
- La moyenne de l’humidité relative a été de 75 pour 100 et celle de la nébulosité de 72 pour 100.
- Les premières hirondelles ont été vues le 19. A la fin du mois, le retard de la végétation est. d’environ 8 à 10 jours.
- Variations par périodes décennales depuis 1874, à l’Ohser-vatoire du Parc-Saint-Maur, des moyennes de la température, de la pluie, du nombre de jours de pluie, de la nébulosité, de l’humidité de l’air et de la pression barométrique pour le mois d’avril : »
- Fig. 1. — Moyennes de température.
- 46 pour 100. A Montsouris, la durée totale de chute, 53 h 25 m, excède de 11 pour 100 la moyenne des 25 années 1898-1922. II y a eu 2 jours de neige, le 19 elle est tombée d’abord mélangée à la pluie, puis seule, et a blanchi légèrement le sol.
- Les 24, 25 et 26, de petits orages ont. traversé la région. A six dates différentes on a signalé de la grêle, tant à Paris qu’en banlieue, elle a été assez grosse par places le 25.
- Quatre fois on a observé par places des brouillards assez épais. Celui du 30 a été à peu près général.
- Le 7 dans la matinée et le 18 dans l’après-midi, il s’est produit d’assez intenses obscurcissements du ciel à Paris et. en proche banlieue.
- Fig. 2. <— Hauteurs de pluie.
- Tempé- Pluie Jours Nébu- Humi- Pression
- rature de losité dité baro-
- pluie métrique!1
- 1874-1883 . . 9° 81 46,0 13 56 70,9 754,77
- 1884-1893 . . 9° 40 36, 7 12 53 67,8 755, 24
- 1894-1903 . . 10° 00 44, 7 13 58 68,5 756, 65
- 1904-1913 . . 9° 48 39,0 13 58 69,6 756,71
- 1914-1923 . . 9° 17 50,9 15 62 72,9 755,92
- 1924-1930 . . 9° 87 60,4 14 63 72,5 754,74
- Moy. génér.. . 9° 62 46. 3 13,3 58,3 70,3 755,67
- Em. Roger,
- Membre de la Société Météorologique.
- 1. A l’altitude de 50 m.
- LES INSECTES PERCEURS DU PLOMB
- On a souvent relaté des avaries d’objets en plomb, notamment de câbles, attribuées à des insectes. Mais ces affirmations ont toujours été accueillies avec quelque scepticisme et on considérait volontiers comme héros de légendes les insectes perceurs de plomb.
- Deux auteurs allemands, MM. Bauer et Vollenbruch, se sont livrés à des expériences qu’ils relatent dans la Revue Zeitschrift für Metallkunde, et qui prouvent péremptoirement la réalité des méfaits de certains insectes sur le plomb.
- Les essais ont été effectués avec deux espèces de coléoptères : le Dermestes peruvianus, introduit d’Amérique du Sud en
- Allemagne, et le Dermestes lardarius, espèce plus commune. Les insectes ont été enfermés dans de petites cages de plomb, épaisses de 0 mm 02. Au bout de 4 heures, ils avaient réussi à perforer la paroi, en détachant de petits copeaux à l’aide de leurs puissantes mandibules. Les auteurs ont même observé, dans un cas, deux insectes travaillant en commun à la même place, pour recouvrer leur liberté.
- Des feuilles d’étain de 0 mm 02 furent également perforées, mais en 36 heures seulement, le métal étant plus dur. Le laiton, le zinc et l’aluminium ont résisté à toutes les tentatives des insectes captifs.
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- 564 =L. LA RADIOPHONIE PRATIQUE ===
- DEUX NOUVELLES APPLICATIONS DE LA RADIOTECHNIQUE
- A L’USAGE DES AMATEURS
- L’ENREGISTREMENT PHONOGRAPHIQUE ÉLECTRIQUE - LA PROJECTION
- CINÉMATOGRAPHIQUE SONORE
- L'INTÉRÊT DE L’ENREGISTREMENT PHONOGRAPHIQU E D’AMATEUR ET SES DIVERSES APPLICATIONS
- Les appareils phonographiques du commerce ont atteint aujourd’hui un haut degré de perfection; mais, acoustiques ou électriques, ils sont tous exclusivement des appareils reproducteurs des sons. Cependant bien des amateurs aimeraient exécuter eux-mêmes des enregistrements et souhaiteraient qu’il fût mis à leur disposition un appareil commode, susceptible de compléter sans trop de complications le phonographe usuel.
- Qui n’aimerait à fixer ainsi les voix des personnes chères, ou envoyer par la poste de véritables « lettres parlées ». Le mélomane enregistrerait ses essais musicaux les plus réussis, tandis qu’un amateur de diction imprimerait d’une manière ineffaçable les poèmes de ses auteurs favoris.
- L’auditeur de T. S. F. pourrait « conserver » les émissions qui lui ont paru les plus agréables, et aurait le moyen de les répéter indéfiniment à son gré. Il pourrait aussi graver dans le disque les radio-concerts provenant des postes les plus lointains, ce qui constituerait un témoignage irréfutable de ses exploits d’amateur de T. S. F. « sportif », et il pourrait même réaliser un dispositif automatique pour l’enregistrement d’informations ou de cours de Bourse en l’absence de tout opérateur.
- Le même dispositif permettrait de conserver la trace des communications téléphoniques, de retranscrire des reproductions phonographiques. Les commerçants pourraient composer de véritables petits « disques de publicité » décrivant les caractéristiques des articles nouveaux qu’ils veulent faire connaître au public, ou bien servant à effectuer des auditions en plein air à l’aide d’un haut-parleur extérieur remplaçant l’annonceur ou le « camelot » des foires, des marchés et des boulevards.
- Nous avons déjà décrit dans La Nature un procédé d’enregistrement phonographique utilisé actuellement dans les grands magasins et dans les studios de photographie automatique, dits Photomaton. Ce procédé comporte l’utilisation de disques souples en matière cellulosique et, moyennant un
- prix relativement modique, chacun peut enregistrer sa voix pendant une à deux minutes. Les disques peuvent être reproduits sur un phonographe ordinaire, électrique ou acoustique quelconque; cependant, ce dispositif nécessite l’emploi d’une machine à enregistrer assez complexe et coûteuse ; aussi ne peut-il être considéré encore comme un véritable procédé d’amateur.
- LES PREMIERS ENREGISTREMENTS D’AMATEUR
- Avant l’apparition de l’industrie de l’édition phonographique, tous les phonographes étaient essentiellement destinés à l’enregistrement d’amateur, et permettaient à la fois l’enregistrement et la reproduction.
- Le premier phonographe d’Edison réalisé au début de l’année 1878, et qui était muni d’un cylindre en cuivre recouvert d’une feuille d’étain épaisse, ne comprenait qu’un seul diaphragme à membrane métallique portant au centre la pointe d’un stylet, et qui servait pour l’enregistrement et la reproduction.
- Les premiers appareils phonographiques à rouleaux de cire établis de 1890 à 1905 environ étaient munis de deux diaphragmes, l’un servant pour l’enregistrement et l’autre pour la reproduction. Le « phonophile » pouvait soit utiliser des cylindres du commerce, soit enregistrer lui-même sa voix sur des rouleaux en composition à base de cire assez tendre. Les résultats n’étaient sans doute pas très satisfaisants au point de vue acoustique, mais il faut avouer qu’à ce moment les rouleaux du commerce ne permettaient pas non plus d’obtenir une reproduction parfaite !
- L’un ou l’autre de ces diaphragmes était fixé sur un petit chariot entraîné par une vis sans fin actionnée par le moteur à ressort. Il était entraîné ainsi automatiquement, et la pointe du saphir glissant au fond du sillon phonographique ne servait pas à l’entraînement comme dans les appareils actuels.
- Le diaphragme d’enregistrement portait une membrane circulaire en verre ou en mica avec un petit levier coudé qui servait de support au burin graveur en saphir. La capsule acoustique du diaphragme reproducteur portait une membrane, également en mica, ou en verre, avec au centre une pointe mousse en saphir (fig. 1).
- Les cylindres employés étant formés d’une composition assez tendre, on ne pouvait ainsi obtenir une reproduction très intense, parce que le diaphragme reproducteur devait avoir un poids et une surface assez réduits, sous peine’jde détruire rapidement les variations de profondeur du sillon.
- Pourtant, à cette époque, on pensait déjà à utiliser le phonographe pour l’enseignement et pour des usages commerciaux, par exemple, pour remplacer une sténographe. On enregistrait la lettre ou la communication que l’on voulait faire dactylographier, et la dactylographe, à son tour, écoutait avec un casque acoustique la communication précédemment enregistrée.
- On eut déjà l’idée (et les contemporains semblent même avoir eu quelques illusions à ce sujet), de la « lettre parlée ». Les personnages officiels ne dédaignèrent même pas à ce moment d’employer ce nouveau mode de communication. Un
- Tube adapté au bras acoustique
- . Joint en caoutchouc ou en cire
- Fbinte mousse en saphir
- Plaque vibrante en mica ou en verre
- Joint en caoutchouc ,ou en cire
- Levier métallique supportant le burin
- Plaque vibrante en mica ou en verre
- Fig. 1. — Les premiers diaphragmes enregistreur et reproducteur pour phonographes d’amateurs.
- I. Diaphragme reproducteur à pointe mousse en saphir. II. Diaphragme enregistreur à burin à saphir. III. Disposition de la pointe reproductrice et du burin graveur par rapport au cylindre de cire.
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- de nos confrères anglais rappelait récemment que la reine Victoria enregistra vers 1901 sur un cylindre de cire une communication destinée à l’Empereur Ménélilc, et ce dernier reçut ce royal envoi avec les plus grands honneurs.
- L’enregistrement comportait les paroles suivantes : « Moi, Victoria, Reine d’Angleterre, espère que votre Majesté est en bonne santé. Je vous remercie de la cordiale réception faite à mon représentant M. Rodd, et à ceux qui l’accompagnent et je désire vivement que les relations entre nos deux grands pays puissent toujours être amicales, etc... »
- La famille royale anglaise a conservé, d’ailleurs, la tradition de confier ses paroles à l’enregistrement phonographique, puisque dernièrement encore le roi George V a enregistré sur d’excellents disques les discours prononcés à l’occasion de l’ouverture d’une conférence navale; et l’on sait, d’autre part, que les princes anglais s’adressent souvent au grand public à l’aide du microphone radiophonique.
- Si nous mettons de côté les procédés uniquement commerciaux destinés au travail de bureau et à l’enregistrement des communications téléphoniques, on peut pourtant constater que, pendant vingt-cinq ans au moins, on ne s’est plus guère soucié de la question de l’enregistrement phonographique d’amateur. A partir de 1910 environ, les phonographes à disques ont été employés en majorité. On n’a plus utilisé que des disques du commerce, et, d’ailleurs les diaphragmes étaient uniquement reproducteurs, l’aiguille reproductrice elle-même guidant la rotation du bras acoustique.
- On a cependant tenté à plusieurs reprises de construire des modèles de phonographes à disques destinés uniquement à l’enregistrement. La gravure des sillons était effectuée suivant le procédé à saphir. Le diaphragme enregistreur était guidé, soit par un bras pivotant actionné par le moteur d’entraînement, soit par des sillons servant de guides, et tracés préalablement sur des disques. Ces derniers étaient constitués, en général, par des flans en carton recouverts d’une couche de cire assez molle, mais on essaya aussi d’utiliser le celluloïd, ou même des disques en métal.
- Il semble, d’ailleurs, que le grand public s’intéressait assez peu à ces essais, sans doute parce que la qualité des résultats obtenus était très insuffisante. C’est seulement depuis quelques mois qu’avec l’apparition des»plus récents procédés d’enregistrement phonographique électrique, l’amélioration énorme de la reproduction qui en est résultée et l’augmentation considérable aussi du nombre des « discophiles », cette question de l’enregistrement d’amateur a pris une nouvelle importance, d’autant plus que l’avènement de la radiophonie, par exemple, lui assure de nouvelles applications, comme nous l’avons dit plus haut.
- LES INCONVÉNIENTS DE L’ENREGISTREMENT ACOUSTIQUE ET DE L’EMPLOI DES DISQUES EN CIRE
- Nous avons décrit déjà, dans nos chroniques phonographiques de La Nature, des appareils simples et de prix relativement modique, qui peuvent être adaptés sur n’importe quel phonographe acoustique, et qui permettent facilement l’enregistrement de disques en cire, ou plutôt de disques en carton recouverts de cire, à l’aide d’un diaphragme enregistreur à saphir du type normal déjà ancien.
- Ces appareils peuvent rendre quelques services à des amateurs qui ne possèdent qu’un phonographe ordinaire, surtout étant donné leur simplicité et leur prix modique, mais on doit avouer que les résultats obtenus sont le plus souvent bien médiocres.
- Le système d’enregistrement acoustique ne permet de réaliser que des sillons phonographiques d’une profondeur très
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- faible, surtout avec le diaphragme enregistreur de petit diamètre et forcément rudimentaire, que l’amateur est obligé d’utiliser. On est forcé d’ailleurs, pour obtenir une attaque de la cire relativement facile, d’employer une composition de cire assez molle. Il en résulte que le disque enregistré ne peut pas servir pour la reproduction phonographique électrique, et que même la reproduction acoustique ordinaire ne peut être réalisée qu’avec un diaphragme très léger ne donnant qu’une audition relativement faible. Pour obtenir ce résultat insuffisant, on est en outre obligé de se rapprocher très près du pavillon enregistreur, et l’appareil ne peut donc servir qu’à l’enregistrement de la parole. Les disques enregistrés sont relativement fragiles; ils risquent de subir des détériorations pendant le moindre transport et ne peuvent servir qu’à un nombre de reproductions très limité.
- Pendant l’enregistrement, le burin en saphir enlève à la surface du disque d’abondants copeaux de cire, qui constituent une gêne pour l’amateur, et doivent être enlevés constamment avec un pinceau, sinon à l’aide d’une soufflerie.
- DISQUES EN MÉTAL ET DISQUES CELLULOSIQUES
- L’adoption d’un système d’enregistrement acoustique sur des disques en cire ne peut donc constituer une solution acceptable du problème de l’enregistrement phonographique pour les amateurs.
- On pourrait peut-être remarquer, à ce propos, qu’on utilise toujours universellement un disque de cire initial dans l’édition phonographique normale, et pour obtenir les excellents disques-épreuves en composition à base de gomme laque, ou les disques en acétate de cellulose actuels.
- Mais, dans l’industrie, les conditions ne sont pas du tout les mêmes. On emploie bien des disques en composition à hase de cire pour l’enregistrement, mais ces disques ne servent pas à la reproduction. Ils sont simplement destinés, comme nous l’avons expliqué dans cette revue et dans notre livre sur le phonographe (') à permettre par une suite d’opérations électrolytiques complexes la réalisation d’une matrice métallique de pressage qui servira à reproduire en un nombre illimité les disques-épreuves en composition plastique à base de gomme laque, de poudre d’ardoise, de bourre de coton, etc.
- Dans le cas de l’enregistrement d’amateur, il faut employer une matière assez souple pour permettre d’inscrire les sillons à froid, et sans qu’il se produise trop de copeaux, et il faut en même temps que cette matière possède une rigidité suffisante pour rendre possible une reproduction immédiate des sons enregistrés par un procédé acoustique et même électrique. Les disques employés doivent, de plus, être peu fragiles, et de poids assez réduit pour être facilement transportables ou même envoyés par la poste. On ne considère plus, en général, à l’heure actuelle, que l’enregistrement à aiguille, puisque les disques ainsi enregistrés doivent être utilisés sur des phonographes quelconques qui ne sont plus destinés qu’à la reproduction des disques à aiguille.
- On semble, depuis peu, avoir trouvé deux solutions relati-
- 1. Le Phonographe et ses merveilleux progrès (Masson et C'e éditeurs).
- Fig. 2. — Aiguilles reproductrices pour disques métalliques d’amateur.
- A gauche : prismatique en fibre de bambou. A droite : cylindro-conique en corne.
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- vement satisfaisantes, et qui consistent dans l’emploi de disques métalliques ou dans celui de disques en matières cellulosiques.
- Il y a longtemps qu’on a eu l’idée d’employer le métal pour enregistrer des sillons phonographiques. Le premier phonographe d’Edison de 1878 comportait une feuille d’étain enroulée autour d’un cylindre en cuivre.
- Berliner en 1888 construisit les premiers gramophones, auxquels il donna le nom de phonograveurs, justement parce que la gravure des sillons était effectuée sur un disque métallique; mais ces procédés ne paraissent pas avoir permis d’obtenir des résultats pratiques suffisants. Pourtant, en 1923, on tenta à nouveau d’utiliser des disques métalliques préalablement sillonnés et qui se montaient sur un phonographe ordinaire; cependant la gravure acoustique était à ce moment trop faible, et surtout le bruit de grattement d’aiguille était insupportable.
- Il semble qu’on ait pu réaliser récemment des disques en métal possédant des qualités mécaniques mieux adaptées pour l’enregistrement, et surtout les procédés d’enregistrement électrique permettent à volonté une gravure plus profonde; d’autre part, on emploie des aiguilles reproductrices d’une forme et d’une composition telles que l’usure du disque est diminuée et le bruit de grattement très atténué.
- Les disques adoptés aujourd’hui, très minces et très légers,
- d’un diamètre de 12 à 20 cm environ et d’un poids qui excède rarement 40 grammes, sont en alliage d’aluminium, de zinc, ou même d’acier doux. On obtient la gravure à l’aide d’un style en acier ou, le plus souvent, avec une aiguille forte en laiton portant à son extrémité une pointe en diamant.
- On utilise pour la reproduction des aiguilles en fibre de bambou, de section triangulaire, à l’extrémité taillée en biseau ou des aiguilles
- Fig. 3.— Enregistrement sur disque métallique.
- L’outil graveur, comportant un corps en laiton terminé par une pointe de diamant refoule le métal de chaque côté du sillon.
- cylindro-coniques en corne (fîg. 2).
- Pour que les résultats obtenus soient, cependant, satisfaisants, il faut que les disques aient subi un traitement mécanique et thermique très soigné, afin que leur surface soit absolument plane, et offre une résistance rigoureusement constante.
- La pointe de l’outil graveur n’agit, d’ailleurs, nullement à la façon d’un burin, comme s’il s’agissait d’un disque en cire, et il ne se produit ni copeaux de métal, ni même arrachement de particules en quantité appréciable. Cette pointe de forme cylindro-conique plus ou moins régulière ouvre seulement un sillon dans le métal en rejetant de chaque côté un petit bourrelet (fig. 3). L’aiguille est, d’ailleurs, à peu près perpendiculaire à la surface du disque, et, pour faciliter le glissement, on recouvre le métal d’une couche d’huile de vaseline.
- D’autre part, on peut employer des disques en celluloïd, en gélatine, ou en acétate de cellulose, mais ce sont les deux premières matières qui semblent le plus recommandables.
- La pointe graveuse, dans ce cas, est généralement en acier ou en diamant, et elle grave son sillon en enlevant la matière qui se trouvait auparavant à la place du sillon. Il se produit alors une sorte de « serpentin » très fin qu’on peut faire disparaître avec un pinceau très doux.
- Le disque en métal est placé sur le platean porte-disque sans précaution bien spéciale, mais, pour soutenir le disque cellulosique très mince, il est nécessaire de placer un flan en
- <D
- Amplificateur de puissance
- Microphone Pick-up enregistreur
- • Amplificateur de puissance
- Pick-up reproducteur Haut-parleur
- Fig. 4. — Le même amplificateur de puissance et le même pick-up peuvent être emplogés pour l'enregistrement (I) et pour la reproduction (II) des disques.
- carton ou en caoutchouc sur le plateau. La reproduction s’effectue très simplement avec des aiguilles en acier en forme de « bêche » ou cylindro-coniques légèrement émoussées, comme s’il s’agissait de disques souples du commerce en acétate de cellulose. Nous avons, d’ailleurs, signalé que des disques cellulosiques étaient employés dans les appareils enregistreurs destinés à photographier la voix dans les studios de photographie rapide, ou dans les grands magasins.
- L’ENREGISTREMENT ÉLECTRIQUE A LA PORTÉE DES AMATEURS
- Nos lecteurs connaissent sans doute bien maintenant le principe du procédé d’enregistrement électrique des sons employé presque exclusivement dans l’industrie phonographique.
- Les ondes sonores font vibrer la plaque d’un microphone, relié à un amplificateur à fréquence musicale par l’intermédiaire d’un transformateur de rapport convenable. Les courants microphoniques amplifiés actionnent l’armature d’un outil graveur électromécanique traçant les sillons phonographiques spiraloïdes sur un disque de cire vierge (fig. 4, I).
- Un grand nombre d’amateurs possèdent aujourd’hui des dispositifs de reproduction électrique de disques phonographiques, formés, soit d’un phonographe électrique complet, soit d’un appareil récepteur radiophonique, auquel est adapté un phonographe modifié, et dont on utilise les étages basse fréquence pour l’amplification des courants musicaux. Quel que soit le système utilisé, le traducteur électromagnétique ou pick-up, dont l’aiguille reproductrice suit les sillons du disque, produit des courants musicaux qui sont transmis aux étages d’amplification,et actionnent enfin un haut-parleur (fig. 5).
- Fig. 5. — Utilisation d’un radiorécepteur pour la reproduction phonographique électrique. .
- Radio -récepteur
- Pick-up
- n n n '{ n n n
- H F HF H F
- BF BF
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- Un tel dispositif peut servir, non seulement pour la reproduction comme c’est le cas ordinaire, mais aussi pour l’enregistrement d’amateur, grâce au principe de la réversibilité du pick-up, réversibilité qui est la même que pour un écouteur télépho -nique ordinaire. En effet, lorsque les variations du sillon phonographique impriment des déplacements à l’armature du traducteur électx'omagnétique, celui-ci devient la source d’un courant à fréquence musicale, mais, inversement, si l’on envoie dans les bobinages du pick-up un courant microphonique amplifié ou non, l’armature sera animée d’impulsions correspondantes, qui permettront de graver un disque phonographique, si l’on a remplacé l’aiguille reproductrice par un burin graveur convenable, et si le bras porte pick-up est animé d’un mouvement de translation ou de rotation régulier (fig. 6).
- Il sera seulement nécessaire d’utiliser un pick-up sensible et robuste, parce que son armature doit exercer dans ce cas un effort mécanique beaucoup plus grand que pour la reproduction.
- Pour l’enregistrement, un microphone, qui sera généralement du type à grenaille de charbon, avec sa petite batterie de quatre ou de six volts et un transformateur de liaison convenable, vient simplement prendre la place du pick-up reproducteur, tandis que ce pick-up, qui jouera alors le rôle d’enregistreur, sera connecté à la sortie de l’amplificateur à la place du haut-parleur habituel (fig. 4, I).
- POUR CEUX QUI N’ONT PAS D’AMPLIFICATEURS
- Il y a pourtant des « discophiles » qui ne possèdent pas de phonographe électrique, ni même de récepteur radiophonique, et qui voudraient pourtant tenter quelques enregistrements.
- Nous avons dit plus haut combien il était difficile, dans ce cas, d’obtenir de bons résultats, et la nécessité de n’essayer que des enregistrements de paroles. Pourtant quelques constructeurs anglais semblent depuis peu avoir établi des appareils utilisant des disques métalliques ou cellulosiques et qui permettraient d’obtenir des résultats plus satisfaisants.
- Il serait, d’ailleurs, possible de réaliser des enregistrements électriques sans amplification, en envoyant directement un courant microphonique suffisamment intense dans un enregistreur électromécanique. L’appareil, également anglais, représenté sur la figure 7 comporte un moteur mécanique très puissant à double ressort démultiplié, avec guidage du bras porte-graveur par des sillons tracés sur la face inférieure du plateau porte-disque et microphone sensible; il permet de réaliser des enregistrements de ce genre sur disques métalliques.
- LE DÉVELOPPEMENT DE LA PROJECTION D'AMATEUR ET LA CINÉMATOGRAPHIE SONORE
- Il existe, à l’heure actuelle, de nombreux modèles de projecteurs cinématographiques destinés aux amateurs. Ces modèles d’un prix extrêmement réduit, d’un usage très facile, sont maintenant employés en très grand nombre en France.
- Les films utilisés sont le plus souvent de dimensions réduites,
- Fig. 6. — Le pick-up électromagnétique est un appareil réversible.
- En I il traduit électriquement les sillons du disque; en II, alimenté par un courant électrique de ïréquence musicale, il grave des sillons.
- à perforation centrale de 9 mm 5, ou à perforation latérale de 16 mm (types Pathé-Baby et Kodak). On peut facilement trouver à acheter ou à louer un très grand nombre de films, dont la projection à l’aide d’ampoules à incandescence sur-voltées est extrêmement nette et facile.
- On augmenterait beaucoup l’intérêt de ces projections d’amateur en leur adjoignant un accompagnement sonore, et le développement immense actuel de la cinématographie sonore a attiré l’attention des amateurs de projection, qui sont d’ailleurs souvent en même temps « discophiles » et auditeurs de T. S. F., sur cette transformation possible de leur distraction favorite.
- On sait que l’enregistrement et la reproduction des sons, synchronisés avec l’enregistrement et la reproduction des images dans la cinématographie sonore, se réalisent, soit par le procédé phonographique ordinaire d’enregistrement électrique sur des disques en matière plastique, soit plutôt maintenant par un procédé optique, en photographiant les sons sur une bande photophonique sensible marginale, qui, pour la reproduction, est accolée au film d’images.
- Pour diverses raisons et, en particulier, par suite des dimensions réduites des films d’amateur, par suite aussi de la complexité des appareils de reproduction des sons enregistrés par le procédé optique, en attendant l’emploi pratique de films d’enregistrement sur papier, et de cellules photovoltaïques, il ne semble pas que l’on puisse songer actuellement, ni même dans un avenir prochain, à utiliser pour la cinématographie sonore d’amateur des films photophonographiques, mais, par contre, il semble possible d’adopter dès maintenant, et on a commencé à employer industriellement, des dispositifs permettant l’accompagnement sonore des projections d’amateur à l’aide de disques convenablement enregistrés, et reproduits acoustiquement ou plutôt électriquement.
- Pour obtenir des projections sonores d’amateur, il suffit évidemment d’avoir un film et un disque bien synchronisés, et d’adjoindre à un projecteur sonore d’amateur un phonographe mécanique ou plutôt électrique convenablement adapté.
- P. Hémardinquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Electro-Acoustique, 36, avenue Hoche, Paris.
- Gallaivox, 39, avenue Victor-Hugo, Paris.
- Fig. 7. — Appareil Brown pour l'enregistrement électrique des disques métalliques sans l’aide d’un amplificateur.
- Pointe de lancement
- Arrêt du plateau
- Levier permettant d’abaisser le graveur
- Voltmètre
- Microphone
- Contrepoids
- Appareil
- enregistreur
- Style en — diamant
- - Moteur mécanique puissant
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- LIVRES NOUVEAUX
- Cours de physique (Tome il). Thermodynamique; optique, par M. A. Lafay. 1 vol. illustré, 736 p. Gauthier-Villars, Paris, 1931. Prix ; 150 fr.
- Voici le 2e volume du cours que professe l’auteur depuis de longues années à l’Ecole Polytechnique. On y retrouve les mêmes qualités d’ordre et de clarté que dans le premier tome consacré à l’acoustique et à l’électricité. Pour la thermodynamique, M. Lai’ay a adopté le mode de présentation depuis longtemps classique en France : exposé du principe de l’équivalence, sa démonstration expérimentale, son expression analytique, son application à l’étude des gaz, et au calcul de leur énergie interne; puis exposé du principe de Carnot, directement inspiré par l’exposé même du célèbre savant, enfin traduction analytique des deux principes, introduction des fonctions caractéristiques de Massieu et leurs applications à l’étude des changements d’état. L’auteur aborde ensuite l’étude plus générale des transformations réelles et termine par une étude rapide des machines thermiques, puis de la théorie cinétique des gaz et de la conductibilité thermique. La partie consacrée à l’optique se borne, conformément au programme de l’Ecole Polytechnique, à l’optique ondulatoire. Après rappel des procédés de mesure de la vitesse de la lumière; elle traite successivement des interférences, de la diffraction, de l’action du mouvement des corps sur les phénomènes lumineux, du principe de la relativité et des théories de Lorenz et d’Einstein, de la polarisation de la lumière, de la double réfraction, de la polarisation rotatoire, de l’analyse spectrale et de l’effet Zeemann, des actions chimiques de la lumière, de l’effet Raman, des lois du rayonnement. Elle se termine par de rapides aperçus sur la radioactivité, l’optique des rayons X et l’architecture des atomes, l’effet photoélectrique, l’effet Compton, les théories quantiques et la mécanique ondulatoire. Cet ouvrage offre une base solide pour aborder l’étude complète des divers chapitres de la physique moderne; il a en outre le mérite de tenir constamment éveillée la curiosité scientifique du lecteur.
- Cours de chimie industrielle (lre partie). Chimie générale, par MM. Fournel et Rumeau. 1 vol., 178 p., 62 ûg. Ch. Delagrave, Paris, 1931.
- Cette première partie d’un cours de chimie industrielle destiné aux élèves des Ecoles d’Arts et Métiers est consacré aux lois générales de la chimie qu’il expose avec beaucoup de clarté et sous une forme très pédagogique. Dans le premier chapitre consacré à l’analyse immédiate, les auteurs expliquent surtout les principes sur lesquels reposent les séparations par distillation fractionnée, par refroidissement, et congélation. Viennent ensuite le rappel des lois des combinaisons chimiques, l’établissement des formules des corps, des lois de la thermochimie, celles des équilibres chimiques, et de la dissociation électrolytique.
- Cours de chimie industrielle (2e partie). Les grandes industries de la chimie minérale, par MM. Fournel et Quevron. 1 vol., 152 p., 114 flg. Ch. Delagrave, Paris .1931.
- Les grandes industries ici passées en revue, d’une façon très schématique mais très claire, sont celles de l’azote : ammoniac synthétique, cyanamide, oxydes d’azote, acide nitrique, engrais nitrés ; de l’acide sulfurique, des dérivés du sel marin : soude, acide chlorhydrique, chlore, etc., de la potasse.
- Cours de chimie industrielle (3e partie). La chimie des métaux, par MM. Fournel et Quevron. 1 vol., 176 p., 38 ûg. Ch. Delagrave, Paris, 1931.
- Ce volume, rédigé conformément au programme des écoles d’Arts et Métiers, débute par un exposé des propriétés générales des métaux et des idées modernes sur la constitution de la matière où l’on retrouvera les mêmes qualités de clarté pédagogique qui caractérisent les deux premiers tomes de cet ouvrage. Les auteurs passent ensuite en revue les différents métaux en résumant leurs propriétés, leur mode de préparation, leurs caractères analytiques, et en indiquant leurs principaux sels ainsi que leurs caractères. Un chapitre spécial est consacré aux chaux, ciments, produits céramiques et aux superphosphates.
- Ôkologie des Waldes, mit besonderer Berücksichtigung des deutschen Wirtschaftswaldes, par le Dr Alfred Dengler. 1 vol. in-8, 272 p., 118 flg., 2 cartes en couleurs. Julius Springer, Berlin, 1930. Prix : cartonné toile, 25 marks.
- La forêt est comme un être vivant dont on peut écrire la biologie. Elle s’étend dans toutes les parties du monde, depuis les glaces jusqu’à l’équateur, sous des formes diverses. Rien qu’en Allemagne, on trouve des groupements de résineux divers, de hêtres, de chênes, etc., qui ont chacun leur distribution géographique propre. Le développement de la forêt dépend de la température, de l’eau, de la lumière, de l’acide carbonique, du vent, du sol, et aussi de beaucoup d’autres facteurs :
- introductions, acclimatations, mutations, etc. Les arbres vivent, fleurissent, fructifient, se propagent, croissent, vieillissent, deviennent malades, meurent. L’auteur, professeur de science forestière à l’école supérieure d’Eberswale, expose en détail tous ces faits œcologiques, avec de nombreuses données numériques provenant d’observations et d’expériences allemandes.
- Le sang, système physico-chimique, par L. J. Hen-
- derson. Traduit de l’anglais par C. van Caulaert et A. Roche. 1 vol. in-8, 298 p., 228 flg. Collection « Les problèmes biologiques ». Presses universitaires de France, Paris, 1931. Prix : cartonné, 80 fr.
- Le professeur de l’Université de Harvard étudie depuis nombre d’années le sang au point de vue physico-chimique. Il a réussi à analyser ses échanges avec l’atmosphère et les tissus en les ramenant à la considération de sept variables qui rendent à peu près complètement compte des phénomènes. Il s’est servi pour représenter ces variables des nomogrammes de M. d’Ocagne. Il aboutit ainsi à une expression mathématique et graphique d’un phénomène physiologique essentiel et très complexe; il peut faire la synthèse de tous les faits partiels connus et en tirer plusieurs déductions, notamment pour le travail musculaire et divers états pathologiques. Cet essai d’analyse précise, dont l’auteur souligne toute la portée biologique, au début et à la fin de son oeuvre, représente un travail considérable et remarquablement conduit. ;
- Les bases fondamentales de l’auscultation, par
- Emile Sergent. 1 vol. in-8, 59 p., 7 flg., 2 pl. Pratique médicale illustrée. G. Doin ét Cie. Paris,U931. Prix : 16 fr.
- L’auteur réunit toutes les notions anatomo-pathologiques et experimentales qui constituent les bases fondamentales de l’auscultation.
- Plus d’un médecin, après avoir lu cette monographie, constatera qu’il n’avait, auparavant, aucune idée de ce qu’est, en réalité, l’auscultation et comprendra comment l’interprétation des bruits respiratoires normaux et pathologiques est claire et simple lorsqu’elle s’appuie sur les données physiques, anatomo-pathologiques et expérimentales qui en constituent les fondements solides et nécessaires.
- Dictionnaire Banda-Français, par le R. P. Charles Tis-serant. 1 vol. in-8, 617 p. Vol. XIV des Travaux et Mémoires de l’Institut d’Ethnologie, 191, rue Saint-Jacques. Paris, 1931. Prix : 90 fr.
- Le R. P. Tisserant, missionnaire de la Congrégation des Pères du Saint-Esprit, qui a longuement vécu au centre de l’Afrique, a recueilli sur le peuple Banda une documentation complète qui a déjà fourni une grammaire (et une histoire) formant le tome XIII des Travaux de l’Institut d’Ethnologie. En complément, voici un dictionnaire abondant qui ne manquera pas d’intéresser linguistes, africanistes et ethnographes.
- Vibrations de torsion d’un arbre portant des masses pesantes. (Applications aux machines polyCylin-driques«, par A. Vignery. 1 vol. 120 p., 73 fig. et 5 tableaux hors texte. Ch. Béranger, Paris, 1931. Prix broché : 24 fr.
- Étude théorique et technique dans laquelle l’auteur, lui-même ingénieur, apporte une importante contribution à une question complexe et difficile qui intéresse au plus haut point tous les constructeurs de machines. Il indique notamment des méthodes, dictées par la théorie et justifiées par la pratique, pour calculer des arbres munis de volants qui leur sont reliés plus ou moins rigidement, ou des arbres entraînant des pièces à mouvements alternatifs.
- Traité pratique sur le fonctionnement du moteur à explosions, par R. Bardin : 2e édition. 1 vol., 153 p., 94 fig. Desforges, Girardot et Cie, Paris 1931. Prix : broché, 27 fr.
- L’auteur expose sous une forme élémentaire le principe de fonctionnement des moteurs à 4 temps et à 2 temps, l’évaluation de leur puissance et l’influence des divers rendements.
- La description des organes, le principe et la réalisation de distribution et du réglage des différents types de moteurs d’automobile et d’aviation complètent l’étude du moteur lui-même.
- Des chapitres détaillés sont consacrés à la carburation et à l’étude des principaux carburateurs ; aux divers modes d’allumage, la magnéto et le Delco étant particulièrement étudiés; aux divers genres de graissage et de refroidissement actuellement employés, à l’échappement, la régulation, la mise en marche, au réglage des moteurs et de leurs accessoires.
- L’ouvrage se termine par un exposé sur l’entretien des moteurs et sur les principales causes de pannes.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NECROLOGIE Michelson.
- Le célèbre physicien Albert Michelson vient de mourir. Nous reproduisons ci-dessous l’éloge du savant prononcé le 15 mai dernier à la Société de physique par M. A. Cotton, membre de l’Académie des Sciences :
- « Michelson était né à Strelno, près de Posen, dans la partie de la Pologne qui était alors rattachée à l’Allemagne, le 19 décembre 1852; il avait étudié en Europe, notamment à Heidelberg et à Paris, mais il avait été si longtemps professeur l’Université de Chicago, où il travaillait dans le beau Ryerson jaboratory, que nos amis des États-Unis peuvent à bon droit s revendiquer comme un des leurs.
- Les travaux, qui ont rendu son nom célèbre se rapportent >us à l’Optique physique : Michelson s’est résolument engagé ans les directions où Fizeau avait ouvert des voies nouvelles ; il a fait faire à la science des • ogrès décisifs. Beaucoup de ces cherches ont été faites en uti-ant l’interféromètre qui porte a nom et qui permet d’obtenir volonté, suivant la façon dont le règle, soit les franges lo-Isées d’un coin d’air, soit les ueaux à l’infini d’une lame à es parallèles. Utilisant les unes les autres Michelson a su orter une précision considé-le dans la mesure des lon-urs d’onde en valeur relative ussi dans leur mesure abso-c’est-à-dire dans la déter-ation du nombre de longueurs de contenues dans la lon-ir du mètre étalon. C’est à ) occasion que Michelson a loyé pour la première fois léthode si ingénieuse des dents fractionnaires qui pei*-en faisant à chaque pas les cations nécessaires, de ne e tromper d’une unité sur abre entier, considérable, mges qu’il s’agit de dénombrer. C’est au pavillon de il, à Sèvi’es, qu’il fit en 1893, avec son ami le regretté Benoit, ce beau travail dont les résultats numériques, e on l’a vu plus tard, étaient exacts à quelques dix îièmes près. C’est encore avec l’interféromètre, et en it patiemment les variations avec la différence de marche visibilité des franges données par une source monochro-ae, que Michelson a pu découvrir l’existence de raies .es très voisines de la raie principale et montrer que le âne raie vraiment simple et très étroite, comme celui de rouge du cadmium, est en réalité exceptionnel. Plus son spectroscope à échelons a fourni un moyen plus et souvent employé depuis, pour mettre en évidence structure fine des raies spectrales.
- a cinquante ans déjà que Michelson, avec Morley, a fait la première fois l’expérience, qu’il devait reprendre ms plus tard, en 1886, avec un appareil perfectionné, tant à faire tourner une grande table de marbre portant cerféromètre afin de déceler une influence du mouvement terre sur la propagation de la lumière. Comme chacun
- sait, il obtint un résultat contraire à l’hypothèse d’un éther immobile; le petit effet attendu, de l’ordre du carré de l’aberration, ne fut pas observé. Ce n’est que peu à peu que l’importance considérable de ce résultat apparut nettement : les discussions sur la relativité attirèrent ensuite sur le sujet l’attention des philosophes, puis la curiosité du grand public. L’expérience de Michelson a meme eu cette conséquence qu’elle a répandu dans ce grand public quelques notions sur les phénomènes d’interférence, alors qu’auparavant l’Optique physique, qui n’avait guère encore reçu d’applications, constituait, selon le mot de M. Ch. Ed. Guillaume, la partie la plus aristocratique de la physique. Mais ce qui est autrement important, elle a remis en question les fondements même des théories de la lumière et de la physique tout entière. Tout ce bouleversement, ce renouveau plutôt, de la physique théorique auquel nous assistons aujourd’hui a en définitive comme origine l’expérience de Michelson. Parmi les constantes physiques
- importantes, il en est une à laquelle la théorie de la relativité, comme le faisait déjà la théorie électromagnétique, assigne une place à part : c’est la valeur de la vitesse de la lumière. Michelson a consacré à plusieurs reprises à la mesure précise de cette vitesse toute son ingéniosité et son extrême habileté expérimentale. C’est cette mesure qu’il s’est appliqué encore à perfectionner durant les dernières années de sa vie, pendant lesquelles il a conservé toute son activité. Michelson avait décidé hardiment, cette fois, de supprimer la cause des petites erreurs qui peuvent persister toujours dans les n.esures les plus soignées de la vitesse de la lumière, lorsqu’on les fait à la surface de la terre : celles qui proviennent du défaut d’homogénéité optique de la colonne gazeuse traversée par le faisceau lumineux, de ces variations de l’indice de réfraction de l’air qui font déjà le tourment de- astronomes. Il avait donc décidé le faire la mesure dans le vide. Aussitôt remis d’une grave maladie qu’il avait éprouvée au début de l’hiver de 1929 il était retourné en Californie pour mettre en œuvre les puissants moyens qu’il avait su réunir. Mettant à profit une subvention de 750 000 francs provenant à la fois de la Fondation Rockefeller et de la Carnegie Corporation, utilisant les ressources de l’Observatoire du Mont Wilson, il installa sur un terrain approprié, dans la propriété de James Irvine, à 6 milles de Santa Ana, un tube d’acier de 1610 mètres de long, de 91 centimètres de largeur, formé de morceaux de 20 mètres, avec des joints étanches : c’est dans l’intérieur que le faisceaux lumineux poursuit sa route, parcourant plusieurs fois, grâce à des réflexions auxiliaires, la longueur de la base, avant de revenir sur le miroir tournant. Le dernier Rapport de l’Observatoire du Mont Wilson indique qu’on avait réussi à faire dans le tube un vide déjà satisfaisant et que les mesures allaient être commencées.Elles étaient terminées, assure-t-on, et Michelson faisait les calculs qui s’y rapportaient, lorsque la mort est venu le surprendre, en plein travail, à soixante-dix huit ans, »
- Michelson.
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- Fig. 1. —Le professeur Piccard et son aide Kipfer (ph. Iveystone).
- AÉRONAUTIQUE
- Le professeur Piccard atteint en ballon Valtitude de 16 000 mètres.
- L’an dernier le Dr Piccard, de Genève, depuis quelques années professeur à Bruxelles, avait formé le projet d’atteindre
- Fig. 3. — Après l’atterrissage, on emporte les appareils contenus dans la nacelle du ballon (ph. Keystone).
- en ballon les régions de la haute atmosphère et d’y faire des observations physiques et météorologiques. Dans ce but, il avait fait construire par la maison Riedinger d’Augsbourg (Bavière) un ballon spécialement étudié et d’une très grandi' force ascensionnelle. Sa capacité atteignait le chiffre exceptionnel de 14 000 m\ Cet aérostat devait, en outre, être muni d’une nacelle sphérique en aluminium, de 2 m 10 de diamètre, destinée à servir de laboratoire au physicien aéronaute : parfaitement étanche, la pression intérieure y devait être maintenue à peu près égale à la pression atmosphérique au sol, et l’aération être assurée au moyen d’une provision d’oxygène sous pression et par absorption de l’acide carbonique, en vue de permettre aux observateurs de travailler librement, sans obligation de se revêtir d’appareils respiratoires.
- La mise au point n’ayant pu être achevée l’an dernier, la tentative du Pr Piccard a été remise à la belle saison suivante : elle a eu lieu le 27 mai dernier et a brillamment réussi. Le savant genevois accompagné de l’ingénieur Kipfer, ont quitté terre à Augsbourg, à 4 heures du matin. Le ballon a pris rapi-
- Fig. 2. — La nacelle en aluminium de l’aérostat du Pr Piccard (ph. Keystone).
- dement de l’altitude; en moins de 4 heures, il atteignait à 7 h. 45 du matin, l’altitude de 15 000 mètres. L’aérostat resta de longues heures dans ces hautes régions qui appartiennent à la stratosphère; il atteignit l’altitude de 16 000 mètres; la pression dans ces régions est 10 fois moindre qu’au sol.
- Au début du crépuscule, le ballon commença sa descente qui fut assez longue, les aéronautes, par suite d’une avarie, ne pouvant plus manœuvrer la soupape du ballon. L’atterrissage dut s’effectuer, à 9 heures du soir, sur le glacier d’Oetzthal, à 3000 mètres d’altitude, dans le Tyrol autrichien, non loin du village d’Oberburgl dans la région d’Innsbrück.
- L’atterrissage s’effectua sans difficultés. Mais il fut plus malaisé aux courageux aéronautes de regagner des lieux habités et surtout, de dégager et d’abriter leurs appareils de mesure et les résultats de leurs observations.
- Le Pr Piccard a pu faire de nombreuses observations dans la stratosphère : température, pression, mesures de rayonnement cosmique, prises d’air destinées à une analyse ultérieure, etc.
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- Piccard et H/pfer (/S 3/J
- 3 ers or? (/900)
- -10 Km
- Everest
- Mort j de Croce-Sp/ne/// et >Sive/ (/87sJ
- Alto -cumu/os
- t/îveau .de ta Men
- Fig. 4. — Coupe de l'atmosphère montrant la zone traversée par MM. Picard et Kipfer.
- Il faudra, du reste, plusieurs mois de travail pour dégager tous les enseignements de la précieuse moisson de faits et d’observations ainsi recueillie dans des régions que jamais
- l’homme n’avait pu explorer directement et où seuls les ballons-sonde avaient pu atteindre.
- Le record précédent d’altitude en ballon monté est celui de Berson en 1900 qui atteignit 10 800 mètres. Rappelons que Sadi Lecointe en 1926 avait atteint en avion l’altitude de 11 145 mètres.
- Mais il y a loin de ces exploits purement sportifs à l’entreprise scientifique du Pr Piccard, dirigée dans le but unique d’accroître nos connaissances.
- Grâce à une longue et méticuleuse préparation où rien ne fut laissé au hasard et qui fait le plus grand honneur au savant, l’audacieuse tentative a parfaitement réussi et marquera. une date importante dans l’histoire de l’exploration de l’atmosphère. *
- Notons en passant que le professeur genevois a donné une solution tout à fait satisfaisante au problème de la cabine étanche pour séjour aux hautes altitudes, problème à l’ordre du jour depuis qu’on se propose d’utiliser les hautes régions de l’atmosphère pour y faire circuler des avions à grande vitesse.
- MARINE MILITAIRE
- Les belles vitesses de nos derniers navires de guerre.
- A mesure que de nouveaux bâtiments descendent des cales de nos établissements de construction navale, des progrès constants se produisent dans les résultats obtenus aux essais de vitesse.
- C’est ainsi que le contre-torpilleur de 2400 tonnes Albatros construit par les Chantiers de la Loire, réalisait il y a quelques semaines, à ses essais officiels la magnifique vitesse de 42 nœuds, approchant ainsi de très près le record mondial: 42 n. 3, atteint par certains navires italiens d’un type extrêmement léger.
- Mais il y a eu mieux !
- Le contre-torpilleur Gerfault, frère de VAlbatros, construit aux Ateliei'S et chantiers de Bretagne, a en effet dans ses essais de recette effectués il y a deux semaines, battu le record italien et atteint 42 n. 8.
- Certes, ces chiffres qui eussent paru fantastiques, il y a quelques années à peine, ne prouveraient pas grand’chose, si ces énormes vitesses étaient obtenues au détriment d’autres qualités.
- 11 est bien évident qu’un navire de guerre doit être avant tout autre chose et en même temps que rapide, bien armé, robuste, capable de combattre par tous les temps. Une grande vitesse, lorsque ces éléments de première importance sont acquis, vient alors porter à son maximum la valeur du bâtiment qui les rassemble.
- Or, il n’y a pas de doute que c’est ainsi qu’ont été conçus et réalisés les plans de nos navires de guerre moderne, et leurs essais sont conduits dans des conditions de sévérité telles que les résultats qu’ils concernent peuvent être considérés comme définitivement acquis.
- Les torpilleurs du type Albatros-Gerfau.lt, qui ont formé ccs magnifiques résultats seront au nombre de 6. Ils déplacent 2400 tonnes, avec 122 mètres de longueur, 11 m 80 de largeur et 3 m 90 dé tirant d’eau.
- Leur armement comprend 5 canons de 138 mm, 1 de 75 mm anti-aérien, 4 de 37 mm 6 tubes lance-torpilles. Leur équipage est de 220 hommes dont 10 officiers. L’appareil moteur (turbines Parsons pour VAlbatros, Rateau, Chantiers de Bretagne pour le Gerfault) développe normalement 75 999 ch, chauffe au mazout; rayon d’action : 2500 milles à 20 nœuds.
- Ct Sauvaire-Jourdan.
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- PETITES INVENTIONS
- LABORATOIRE Appareil à eau distillée.
- L’eau distillée tic provenance industrielle est le plus souvent de l’eau de condenseurs de machines à vapeur; elle est fréquemment souillée par des sels de cuivre ou des matières grasses et, dans beaucoup de cas, mieux vaut la préparer soi-même, au laboratoire.
- De nombreux appareils permettent cette opération.
- En voici un nouveau qui répond à ce besoin et paraît bien étudié.
- Sa forme verticale réduit au minimum l’encombrement nécessaire et, placé le long d’un mur, il est d’accès facile, il ne prend ainsi guère de place.
- Son alimentation par l’eau chaude évacuée du réfrigérant, assure une production continue extrêmement régulière et économique qui peut dépasser avec le chauffage au gaz une
- quantité de 4 litres à l’heure.
- Cette production est largement suffisante dans la majorité des cas, elle peut être diminuée, selon les besoins, par un réglage de débit du gaz.
- Enfin, cet appareil ainsi conditionné, n’ayant pour alimentation que l’eau de réfrigération puisqu’il ne peut être alimenté que par elle, ne constitue pas un alambic, et comme tel, n’est soumis à aucune formalité ni à aucun contrôle de la régie.
- L’appareil se fixe au mur par un crochet et un patin F.
- L’eau brute arrive en T, le trop-plein s’écoule en O.
- La rampe à gaz G chauffe la mince couche du réservoir D dont les vapeurs montent en C et s’écoulent dans le serpentin noyé dans le réfrigérant R. L’eau distillée coule à la jiartie inférieure où on la recueille.
- Constructeurs : Établissements Neveu-Fontaine, 16 à 20, rue Monsicur-lc-Prince, Paris.
- OBJETS UTILES UÉlectro=balai « Bra ».
- L’aspirateur électrique de poussières est devenu un précieux serviteur du ménage. Il a le double mérite d’économiser la fatigue de qui le manie, et de faire disparaître effectivement les poussières, tandis que le balai, le plumeau, le torchon qu’il remplace n’ont guère pour effet que de les déplacer, en dépit de l’effort musculaire dépensé.
- Il existe aujourd’hui de nombreux modèles d’aspirateurs électriques, donnant satisfaction à leurs possesseurs. Ils ont tous des grandes ressemblances : ils comportent un ventilateur mû par moteur électrique, créant une aspiration dans
- Fig. 2. — Utilisation de VElectro-balai Era.
- un tuyau balai. Les poussières ainsi appelées vont se rassembler dans un sac porté par l’appareil, ou dans un seau qui se déplace avec lui. Ces appendices, volumineux, encombrants et disgracieux alourdissent le maniement de l’engin.
- L’électro-balai Era offre à cet égard un caractère tout à fait original. Son constructeur, M. Ragonot, a fait de l’aspirateur un appareil apte.à exécuter aisément son travail dans tous les coins d’un appartement et sous tous les meubles; l’électrobalai a en outre l’élégance de. toutes les réalisations parfaitement adaptées à leur but. •
- L’appareil, très léger, ne pèse que 3,5 kg et peut se manier d’une sevde main. 11 a la forme d’un long tube, terminé à la partie inférieure par une ventouse. A la partie supérieure est une poignée, au-dessous de laquelle on distingue seulement un léger renforcement. C’est là que sont disposés le moteur électrique et l’aspirateur. Quant au magasin à poussières,- c’est un filtre spécial rigide, logé dans toute la longueur du tube : l’air le traverse, et les poussières restent fixées à l’intérieur. Pour le vider; rien de plus simple : on retire le filtre comme une épée du fourreau.
- L’appareil, grâce à sa forme, passe sous les meubles bas. Sa ventouse, point important, garde son efficacité, quelle que soit son inclinaison. La puissance d’aspiration est considérable et permet de nettoyer tapis, tentures et rideaux. Grâce à l’équilibrage du moteur et à sa fixation élastique, le balai ne vibre pas.
- Enfin, il ne demande ni entretien, ni graissage, les cous-
- Fig. 3. — VElectro-balai Era.
- Fig. 1. — Appareil à eau distillée.
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- sinets du moteur comportant une provision de lubrifiant suffisante pour plusieurs années.
- La photographie ci-contre permet de se rendre compte de l’élégance de forme de l’électro-balai : son tube en duralumin poli contribue à lui donner un aspect plaisant. Peu encombrant, il ne tient pas plus de place qu’un balai ordinaire et peut, comme celui-ci, être accroché au mur du local réservé aux accessoires ménagers.
- En vente aux Établissements E. Ragonot, 15, rue de Milan, Paris.
- Un porte=cuiller pratique.
- Ce petit appareil est destiné à recevoir la cuiller ou la fourchette qui sert à remuer les aliments, par exemple pendant leur cuisson ou leur chauffage, dans un ustensile quelconque : casserole, marmite, cocotte, etc... Actuellement, quand vous cessez d’agiter le contenu de votre casserole, vous déposez votre cuiller sur la table, sur le buffet, sur le fourneau, sur le réchaud, n’importe où il y a place pour votre cuiller enduite de jus, sauces, bouillies, etc. Cet emplacement improvisé est sali toujours, détérioré souvent, à la longue. De plus, lui-même n’est pas toujours d’une netteté irréprochable; la cuiller y trouve des poussières et des microbes qui sont transportés dans la casserole. Bref, pour la commodité de la ménagère, pour l’hygiène de toute la famille et particulièrement des enfants, il
- Fig. 4. — Porle-cuiller pratique.
- serait désirable que la cuiller eût une place spéciale réservée à elle seule, à proximité immédiate de l’ustensile où cuisent vos aliments. Cette place, elle la trouvera sur l.e porte-cuiller imaginé par M. Morin, c’est un léger et coquet support métallique nickelé; il se fixe instantanément sur le bord de n’importe quel ustensile ayant une paroi sensiblement verticale, à la façon d’une pince à linge, comme le montre au surplus le dessin ci-dessus. Et quand ce petit accessoire a joué son rôle, vous le retirez simplement, le nettoyez facilement, et le rangez n’importe où, il n’est pas encombrant !
- Vous pouvez sans crainte le fixer sur n’importe quel récipient, bas ou haut, large ou étroit; il ne risquera pas de faire basculer votre ustensile ! C’est pourquoi on peut le fixer aussi sur le bord d’un verre, d’une cuvette et y poser des instruments de chirurgie! par exemple; chez le dentiste, notamment, il pourra l’endre les plus grands services. Quoique léger, il est, par sa construction ingénieuse, d’une solidité considérable. 11 ne craint ni l’eau, ni la chaleur, ni l’usure; il est pratiquement indestructible.
- Et puis, ce joli petit accessoire a encore une autre qualité, c’est qu’il est d’un prix minime.
- Inventeur : M. Mathieu, 39, rue du Poteau, Paris (18°),
- Bascules de campagne.
- Pour la pesée des récoltes .des champs d’expériences, un expérimentateur autrichien, M. Max-Reiser, employait avec lui
- Fig. 5. — Bascule de campagne.
- deux hommes porteurs d’un peson et, chargés d’élever ledit peson avec le filet plein au moment de la lecture.
- Les résultats étaient incertains et les rendez-vous complexes et onéreux.
- Il a donc combiné un support démontable qu’il porte lui-même et qui lui permet d’opérer seul tranquillement.
- Les quatre pieds sont des éléments de tubes d’acier pour conduite d’eau.
- Ils s’engagent dans quatre fourreaux sur la traverse en bois, laquelle porte un pijton et une poulie fixe.
- La charge est élevée dans un filet par l’intermédiaire d’une poulie mobile et du peson.
- Tout cela se fait rapidement et sans effort.
- Pierre Larue.
- Presse=purée «Mousse ».
- Cet accessoire qui s’inspire du grand principe de perfectionnement qui depuis la guerre est à la base des articles ménagers, se compose de trois pièces : un tamis conique, un pressoir en bois dur de même forme et un trépied métallique, ces pièces sont robustes et peuvent sans aucun risque supporter un travail journalier considérable; elles se démontent rapidement pour le nettoyage et se remontent non moins vite.
- Le «mousse» donne une purée légère et onctueuse; il est tout désigné pour la préparation des purées de pommes de terre, de châtaignes, de légumes, des plats de régime, gelées, compotes de fruits, confitures, conserves de tomates, etc.
- La largeur donnée au cercle du tamis empêche absolument toute projection des aliments durant l’opération, ce qui rend le travail propre, hygiénique et agréable.
- Adresse du fabricant : J.Bart,
- 14, rue de Placieux, à Nancy (M.-et-M.).
- Fig. 6. •—Presse-purée « Mousse ».
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos de la chasse aux loups en Lithuanie
- (n° 2855).
- M. le comte Léon Lubienski nous écrit :
- « Permettez-moi, comme très ancien abonné de La Nature, de vous adresser quelques remarques à propos de l'article sur la chasse aux loups en Lithuanie.
- « J’ai habité pendant plus de 30 ans la Russie blanche, dans le district d’Orsza, sur le Dnieper, près de la ville de Witebsk, de la Dwina et de ses affluents. Le pays était très boisé, mais il y avait aussi pas mal de grands villages, donc de la pâture pour les loups. Il y avait aussi du gros gibier, des ours, des élans. On y chassait, mais jamais je n’ai entendu qu’on ait tué plus de 20 ou 30 loups par an au maximum. Quant aux dégâts qu’ils faisaient, ils portaient surtout sur la volaille et les chiens, car le bétail, les chevaux, les moutons étaient trop bien gardés par les paysans. Les bovins en troupeau ne se laissaient pas attaquer par un loup et le chargeaient même, comme je l’ai vu avec des chiens-loups bien dressés et, une fois même, j’ai eu une grande difficulté à sauver le chien. Pendant les grands froids d’hiver, les loups rôdent dans les environs des villages et même dans les faubourgs des villes de province la nuit. En général le loup n’attaque pas l’homme et une fois on a trouvé sur une route une paire de paysans endormis sur un traîneau, ils revenaient ivres et leur cheval avait été dévoré. Le loup enragé est très dangereux, il se jette sur l’homme, le blesse, puis continue son chemin. Une fois nous avons eu 2 hommes et une autre fois 8 mordus la même nuit sur une distance de 20 km. Ils ont été sauvés grâce au traitement de Pasteur, excepté un, mordu au visage, qui succomba.
- «Pour les chasses aux loups, il y a deux méthodes. La première se pratique fin août, en septembre, quand les loups vivent encore en familles, composées chacune de vieux loups, de 2 à 3 d’un an, qui restent auprès des vieux, et de 5 à 6 jeunes louveteaux. Quand on est arrivé à connaître l’endroit où ils résident, on les entoure et, fait une grande battue. Il y faut 600 à 800 rabatteurs, qui ne sont pas faciles à diriger dans une forêt. Si on a de bons chiens de chasse, ils aident; bien organisée, cette chasse donne de beaux résultats et on parvient presque toujours à tuer les jeunes; les vieux, plus rusés, réussissent très souvent à s’évader. Il m’est arrivé d’en tuer deux sur ma place.
- « Quant à la chasse en hiver, elle donne en général de bien meilleurs résultats; elle est plus facile à organiser, beaucoup moins coûteuse, car on n’a pas besoin de plus de 20 rabatteurs. Il y faut des chasseurs spécialisés; c’étaient ceux du gouvernement de Pskow, au sud-ouest de Petersbourg, qui instruisaient les nôtres. En janvier, février, surtout après les chutes de neige, les loups rôdent seulement la nuit. Quand on parvient à connaître l’endroit où ils se reposent le jour, les chasseurs encerclent cet endroit de grand matin par des cordes auxquelles sont attachés des fanions bariolés. Si les chasseurs connaissent bien leur métier et si la position est favorable, ils arrivent à encercler les loups sur une espace de 10 ha, rarement de plus de 30 ha. Avertis, les chas-
- QUESTIONS
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Nouveaux types de cellules photo-électriques.
- Cellule Pyroxyd , Dardres Stern, 71, rue de Clichy, Paris (9e).
- Cellule Arcturus. Budge Soufrentes et Cle, 42, rue Charles Laffitte, Neuilly-sur-Seine.
- Cellule Punkt. Raymond Ferry, 51, rue de l’Aqueduc, Paris.
- Emploi de l’huile d’automobile usagée.
- Nous pensons que vous voulez désigner dans votre demande l’huile employée dans les moteurs d’automobiles.
- Au bout d’un temps plus ou moins long, variable suivant le type de moteur, et plus spécialement suivant son régime de rotation normal, le genre de service demandé à la voiture, et aussi la qualité de l’huile utilisée, cellè-ci perd ses qualités lubrifiantes. Normalement, la vidange
- seurs arrivent vers midi, on les installe à des places déterminées par le dirigeant, qui doit savoir lequel des chasseurs doit être honoré spécialement. Alors les dirigeants placent leurs 10 ou 20 rabatteurs, donnent 2 à 3 coups de cor comme signal, et les rabatteurs avancent tranquillement, en causant sans faire trop de bruit, en donnant de temps en temps un coup de bâton sur les arbres.
- « Les loups, réveillés, tâchent de s’échapper et vont en général vers les chasseurs, quelquefois ils vont sur les fanions, mais effrayés par leur aspect, s’en écartent et en général tous sont tués. Ordinairement le groupe des loups n’est pas très nombreux, mais il m’est arrivé d’en tuer deux sur la place. Une fois chez mon voisin il y avait 6 loups; dans le cercle, il y avait un vent excessivement fort; les loups ont suivi la corde et 5. ont été tués par le frère de mon voisin, l'un après l’autre, si vite qu’il avait à peine le temps de recharger son fusil; le sixième est sorti sur un autre chasseur.
- « Les chasseurs, une fois à leur poste, doivent se cacher derrière un arbre ou un buisson, car le loup a le regard perçant et s’il remarque le chasseur, en un clin d’œil il lait volte face et on n’a pas le temps de tirer. Du reste, en règle générale, on doit tuer le loup sur place, car, blessé, il s’échappe et on peut courir après pendant 3 jours quelquefois. En forêt, on ne peut tirer à balle; on tire généralement à 40 pas au maximum, avec de la grosse chevrotine ; on vise vers le haut de l’épaule. Quant à la chasse en traîneau, elle est peut-être possible dans le Midi de la Russie où, dans les grandes plaines ou steppes, les loups parcourent le pays en plus grands groupes. Mais, dans les contrées boisées, ces chasses ne réussissent pas. On ne traîne pas un petit cochon attaché au traîneau par une corde, car il succomberait vite; on le tient dans le traîneau, en le pressant de temps à autre pour qu’il pousse des cris plaintifs. Derrière le traîneau, on attache un paquet de paille bien graissé, ou un morceau de viande pourrie pour attirer le loup. Mais le loup, s’il suit les chasseurs-, comme il est prudent, ne court pas directement après ; il suit de côté, caché par les brousailles et brusquement se jette sur le paquet qu’il lâche très vite; on a donc à peine le temps de tirer un coup de fusil. Il faut un traîneau assez grand et large, où l’on s’assoit le dos au cocher, pour mieux observer et comme cette promenade'dure 2 à 3 heures, la nuit, par un froid rigoureux en général, on est enveloppé dans sa fourrure, ce qui rend le coup de fusil peu facile. Je l’ai essayé plusieurs fois et mes amis aussi, mais sans résultat.
- « Il y a des moments très dangereux, ordinairement dans la seconde moitié de lévrier, quand la louve est en chaleur et que les mâles courent après elle. Cette bande ne fait attention à rien, passe près des grandes routes, des villages, et peut approcher à 50 pas d’un traîneau sans le voir. Dieu préserve, si l’on rencontre une telle compagnie, de tirer sur la louve et de la tuer, car les mâles deviennent furieux et, pour se venger, tuent et détruisent tout ce qui est devant eux. On m’a raconté un cas, où 3 personnes et 2 chevaux ont été ainsi tués et déchiquetés. ».
- ET RÉPONSES
- d’un moteur doit être exécutée tous les quelque 2000 kilomètres. Cependant, cette opération doit être beaucoup plus fréquente lorsque la voiture est neuve, et lorsque le moteur n’ést pas encore rodé.
- Cette altération de l’huile est, d’ailleurs, due à deux catégories de phénomènes bien distinctes. D’une part, l’huile est mêlée peu à peu à des impuretés très diverses. Ce sont des particules dexarbone provenant de la combustion incomplète des gaz dans les cylindres, des poussières de toutes sortes, et tout spécialement des poussières métalliques provenant de l’usure des organes en mouvement, enfin, les vapeurs d’essence et même d’eau, et quelquefois de pétrole diluées dans la masse de l’huile sont responsables aussi de la diminution du pouvoir lubrifiant.
- D’autre part, sous l’action de la grande chaleur développée dans les cylindres, l’huile est plus ou moins décomposée au bout d’un certain temps, et perd ses qualités par une décomposition chimique.
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- On peut sans doute essayer d’éliminer les impuretés mélangées à l’huile, mais on ne peut remédier à ce phénomène de décomposition.
- En utilisant, par exemple, des filtres à huile montés en dérivation sur le circuit de circulation d’huile du moteur, on peut réduire dans des proportions assez nettes la fréquence des vidanges nécessaires, mais il est vain d’espérer rendre à une huile usée ses qualités primitives, et de la rendre ainsi capable de lubrifier de nouveau un moteur.
- On peut donc noter qu’une huile provenant de la vidange d’un moteur ne peut plus servir à être versée de nouveau dans le carter. Tout ce qu’on peut tenter de faire, c’est de l’épurer convenablement, et de l’employer pour un autre usage ; pour lubrifier des pièces en mouvement tournant moins vite, et des organes dans lesquels le développement de chaleur est beaucoup moins intensé.
- On peut utiliser, par exemple, une huile ainsi traitée pour lubrifier les articulations de ressorts ou de direction, tout spécialement évidemment lorsqu’il existe sur la voiture un système de graissage centralisé fonctionnant à l’aide d’huile.
- Dans certaines voitures comportant un bloc-moteur, et lorsque la boîte de changement de vitesses est assez étanche, on peut encore employer cette huile pour la lubrification de cette boîte de vitesses. Elle peut être également utilisée pour le graissage général des cardans, des tringleries de freins, etc...
- Une épuration sommaire, mais en général suffisante, est obtenue par un décantage suivi d’un filtrage. Pour avoir des résultats plus parfaits, il faudrait utiliser un épurateur à.huile à force centrifuge, dont nous avons d’ailleurs déjà décrit des modèles dans nos chroniques d’automobile pratique. Réponse à M. Servier, à Orléans (Loiret).
- Éléments de redressement au sélénium.
- En dehors des éléments rectifiants bien connus du type cuivre-oxyde de cuivre, oxymétal,Cuproxyde, etc... on peut employer d’autres combinaisons cuivre-oxyde, ou métal-métalloïde pour réaliser des appareils de ce genre. Comme vous nous l’indiquez, on a employé en Allemagne le sélénium, métalloïde déjà utilisé pour la réalisation de cellules photoélectriques, pour la constitution d’éléments secs rectifiants.
- Ces éléments sont constitués par des plaques de métal recouvertes d’une couche très mince de sélénium, et empilés les uns sur les autres à très forte pression.
- L’effet de redressement ainsi obtenu serait très efficace, à condition, bien entendu, de traiter tout spécialement, et par un procédé industriel qui demeure secret, le sélénium employé. Ces cellules supporteraient des vibrations et des surcharges de tension assez importantes. Il semble d’ailleurs que l’on ait commencé à les employer en France. Voici une adresse de fabricant de cellules au sélénium : Société Tekadé, 10, rue Pergolèse, Paris. Réponse à M. Michaut, à Paris.
- Montage d’un adaptateur pour ondes très courtes.
- Depuis la mise en fonctionnement des nouveaux postes de radiodiffusion sur ondes courtes, et particulièrement de ceux de Pontoise et du Vatican, la réception de ces émissions offre pour les auditeurs de T. S. F. un intérêt de plus en plus grand.
- Ainsi que nous l’avons déjà noté dans nos chroniques, il est maintenant possible d’adapter un poste-récepteur quelconque à la réception des émissions sur la gamme 15-100 mètres de longueur d’onde, en plaçant, en avant de ce poste, un adaptateur spécial qui ne comporte, d’ailleurs, en général, qu’une seule lampe, et qui peut être alimenté par les mêmes batteries que le poste déjà possédé par l’amateur.
- Si l’appareil déjà employé comporte seulement des étages d’amplification haute fréquence directe, ceux-ci ne peuvent être, en général, utilisés pour la réception des émissions sur ondes très courtes, et ce sont seulement les étages d’amplification basse fréquence de l’appareil qui peuvent continuer à être en service.
- Dans ce cas, l’adaptateur sera formé par une simple lampe détectrice à réaction plus ou moins modifiée, par exemple du type Schnell, avec son système d’accord, et l’on reliera la plaque de cette lampe au premier étage basse fréquence du poste ordinaire, dont on n’utilisera plus lés premiers étages haute fréquence et la détectrice.
- Mais, si le poste déjà possédé par l’amateur est du type à changement de fréquence, le problème devient encore plus simple, et, en général, la réception des émissions sur ondes courtes pourra être obtenue avec un réglage plus facile et plus rapide et une intensité d’audition encore plus grande.
- Dans ce cas, en effet, la longueur d’onde moyenne fréquence peut
- demeurer inchangée, quelle que soit celle des ondes incidentes, et pour recevoir celles-ci lorsqu’elles sont de très courte longueur, il n’est pas besoin de modifier la partie moyenne fréquence, le détecteur et les étages basse fréquence de l’appareil, mais seulement le système changeur de fréquence.
- On pourrait sans doute effectuer cette modification à l’intérieur même du poste, et avoir un appareil complet qui, avec le même oscillateur, permette de recevoir les émissions sur la gamme 15-2000 mètres. Nous avons, d’ailleurs, déjà décrit dans nos chroniques de radiophonie pratique, des appareils à changement de fréquence loules ondes qui permettent d’obtenir ce résultat.
- Dans le cas général, c’est-à-dire lorsque le poste est destiné simplement à la réception des émissions sur la gamme ordinaire de radiodiffusion de 250 à 2000 m de longueur d’onde, il est beaucoup plus simple de ne pas modifier le montage intérieur de l’appareil, mais d’employer un adaptateur séparé qui se compose donc, en réalité, d’une simple lampe changeuse de fréquence et de son système d’accord qui est généralement du type Bourne.
- Deux méthodes se présentent alors, la première consiste à relier ce système changeur de fréquence à la lampe changeuse de fréquence de l’appareil lui-même, de manière à réaliser un double changement de fréquence. Par exemple, la longueur d’onde des émissions incidentes étant de 50 m, par un premier changement de fréquence, on obtiendra des ondes transformées de 1500 m, qu’on fera agir sur le poste comme s’il s’agissait d’émissions normales.
- Plusieurs auteurs ont recommandé cette méthode, qui semble dès l’abord séduisante, mais elle a le grand désavantage de compliquer le réglage de l’ensemble ainsi formé, et c’est pourquoi nous pensons qu’il vaut mieux se contenter d’un seul changement de fréquence, en utilisant la lampe changeuse de fréquence spécialement reliée directement au « tesla » d’entrée de l’appareil à changement de fréquence, et en mettant hors circuit la lampe changeuse de fréquence ordinaire du poste.
- Pour constituer cette lampe changeuse de fréquence spéciale, on peut employer plusieurs montages, mais le montage ordinaire de la lampe bigrille semble convenir très simplement, en réalité, à condition d’utiliser des condensateurs variables à faibles pertes de 0,25/1000 de microfarad environ, des bobinages à faible capacité répartie, par exemple en gabion ou en fond de panier, et de ne pas trop rapprocher les organes constituant le montage.
- Enfin, notons que l’emploi d’un cadre n’est nullement recommandé pour la réception de ces émissions, et qu’il est préférable d’utiliser une antenne de courte longueur. Une antenne intérieure de quelques mètres suffit même la plupart du temps. De même, on aura souvent de meilleurs résultats en n’employant pas de prise de terre, mais seulement un contrepoids électrique, formé par un autre fil métallique ou par une masse métallique isolée.
- Voici quelques adresses de constructeurs d’adaptateurs de ce genre :
- Maison Gody à Amboise (Indre-et-Loire) et 23, boulevard Beaumar chais, Paris.
- Maison Bouchet et Aubignat, 30 bis, rue Cauchy, Paris.
- Etablissements Radio LL, 5, rue du Cirque, Paris.
- Réponse à M. Gibaud, à Saint-Maixent (Deux-Sèvres).
- Comment on teint le bois en ton ébène.
- Pour obtenir ce résultat, les ébénistes utilisent de ^emps immémorial, le « noir chimique » en procédant ainsi :
- On commence par faire infuser dans un demi-litre de fort vinaigre des déchets de fer, vieux clous, limaille, objets rouillés, mis en excès, ce qui donne en réalité une solution d’acétate de fer, dont on passe une couche sur le bois de façon à l’imprégner très profondément.
- D’autre part on fait dissoudre dans un demi-litre d’eau chaude 50 à 60 grammes d’extrait de campêche et on applique ce nouveau liquide sur le bois déjà imprégné qui prend alors une belle teinte noire analogue à celle de l’ébène véritable.
- Si on désire une teinte plus accentuée, il suffit de répéter les opérations, toujours dans le même ordre, en ayant soin de bien laisser pénétrer chaque couche, avant d’appliquer la suivante.
- Réponse à M. Pensa, aux Rousses.
- Imprégnation des bois par le soufre.
- Comme complément aux indications que nous avons données dans le n° 2848 du Iet janvier 1931, page 31, sur l’imprégnation des bois par
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- le soufre, voici les conditions industrielles suivant lesquelles il faut opérer :
- On fond d’abord le soufre au moyen de vapeur sous pression, ce qui évite toute inflammation intempestive (point de fusion du soufre 114° C) et on porte à une température voisine de 140° G sans surchauffer car la fluidité du soufre diminuerait avec l’élévation de température.
- Le bois est alors introduit dans la masse liquide, de façon qu’il y plonge complètement, il se produit un bouillonnement dû au départ de l’eau d’interposition, puis le bois se pénètre peu à peu de soufre qui vient remplir tous les interstices. La pénétration dépend, bien entendu, de la porosité et l’absorption peut atteindre jusqu’à 35 pour 100 du poids des pièces mises en œuvre. C’est, paraît-il, le peuplier qui se prête le mieux à ce traitement, mais il est également applicable à tous les bois.
- Pendant le temps de l’imprégnation, on maintient le soufre aux environs de son point de fusion, soit un peu au-dessus vers 120° de manière qu’il soit bien liquide; quand on juge que la pénétration est complète il suffit de retirer le bois et de le laisser refroidir.
- Réponse à M. Boste, à Nantes.
- Comment on peut transférer une gravure sur verre ou bois.
- Avec quelques précautions, on peut mener à bien ce petit travail, en passant sur le support nécessairement bien poli et non poreux, une couche de vernis blanc français à l’alcool, sur laquelle on applique la gravure, face contre verre ou bois, autrement dit dessin en contact avec le vernis, en évitant les bulles d’air, puis on charge d’un poids, pour assurer une adhérence parfaite.
- Au bout de 3 à 4 jours, le vernis étant absolument sec, le tout est immergé dans une cuvette remplie d’eau, de façon à ramollir le papier, soit au besoin, plusieurs heures, suivant son épaisseur.
- Alors avec la pulpe du doigt en « roulottant » ledit papier par frottement, on l’enlève doucement, jusqu’au moment où le dessin, incorporé au vernis' est mis à nu; on laisse sécher et passe définitivement une couche du même vernis pour donner de la transparence et assurer la conservation.
- Ce procédé demande évidemment un peu de patience et l’acquisition du tour de main, pour ne pas compromettre le résultat, mais quelques essais préalables sur des gravures sacrifiées, le donnent assez facilement. Réponse à M. Martin-Vauquelin, à Paris.
- P.-S. — Le procédé au plâtre, auquel vous faites allusion a simplement pour but d’encastrer la gravure dans du plâtre, de manière à constituer un tableau, mais il ne peut être question d’un transfert.
- De tout un peu.
- M. Billet à Clermont-Ferrand. — Vous imperméabiliserez avec facilité vos manteaux de laine en les badigeonnant avec la solution
- ci-dessous.
- Vaseline........................ 10 grammes
- Lanoline anhydre................ 10 —
- Essence pour autos............. 500 cent, cubes
- Tétrachlorure de carbone . . . 500
- Si vous disposez d’un pulvérisateur, employez de préférence ce petit appareil qui donne une meilleure répartition de la mixture, mais alors repétez deux ou trois fois l’opération pour que l’apport lanoline-vaseline soit suffisant. Laisser ensuite sécher au grand air.
- N. B. — Le vêtement doit être parfaitement sec avant de commencer e badigeonnage ou la pulvérisation.
- M. Decourteix à Luant (Indre). — La formule suivante vous donnera certainement satisfaction pour l’imperméabilisation et l’assouplissement des chaussures destinées aux excursions d’hiver :
- Prendre :
- Saindoux. ......... 60 grammes
- ' Suif de mouton 120 —
- Cire jaune..................... 30 —
- Essence de térébenthine. ... 30 —•
- Huile d’olives. ............... 30 •—
- Faire fondre au bain-marie en remuant continuellement, enduire de la mixture liquide les chaussures y compris la semelle et laisser le cuir s’imbiber au moins une journée avant de meétre en service.
- EB-45 à Neuilly-sur-Seine. — 1° On appelle grossissement d’une loupe pour un observateur déterminé le rapport des diamètres
- apparents sous lesquels cet observateur voit deux dimensions linéaires homologues de l’image et de l’objet; l’un et l’autre étant examinés à la distance minima de vision distincte pour cet observateur.
- L’angle sous lequel une dimension linéaire l d’un objet est vue à travers la loupe est mesuré sensiblement par le produit Pt dans lequel P désigne la puissance de la loupe.
- Pour un observateur déterminé,l’angle sous lequel cette même dimension t placée à la distance minima de vision distincte S est vue directement se mesure sensiblement par le rapport — .
- O
- Par définition, le grossissement G pour l’observateur dont il s’agit sera le rapport entre ces deux angles.
- Si la loupe est à court foyer l’unité peut être considérée comme négligeable devant le rapport - et on a :
- Soit le rapport de la distance minima de vision distincte de l’opérateur à la distance focale de la lentille.
- 2° On admet généralement qu’une bonne pile consomme 1 gr. 0 de zinc par ampère-heure produit.
- M. Ménard à Cordoba (Argentine). — 1° L’adhérence de votre peinture à l’huile sur toile, avec la vitre qui la recouvre, est produite par le vernis qui a été appliqué sur la peinture, une fois celle-ci terminée; il convient donc pour obtenir la séparation d’utiliser un solvant convenable.
- Généralement les vernis de finition se dissolvent avec facilité dans un mélange à parties égales d’essence de térébenthine et d’huile d’aspic ; si toutefois, il s’agissait d’un vernis à l’alcool, il faudrait alors se servir d’une mixture composée de une partie d’essence de térébenthine et deux parties d’alcool.
- Soulever d’abord légèrement un coin du tableau, déposer quelques gouttes du mélange et attendre qu’un ramollissement suffisant permette de dégager davantage; opérer ainsi de proche en proche en répétant les affusions de liquide, procéder surtout avec patience pour éviter l'écaillement de la peinture et sa séparation de la toile.
- N. B. — L’huile d’aspic n’est autre chose que l’essence de lavande commune (Lavandula spica).
- 2° Pour détruire les mouches dans votre cuisine pulvériser, la solution de pyrètlire que nous avons maintes fois préconisée.
- Fleurs de pyréthre fraîches . . 50 grammes
- Pétrole lampant. . . . . . . 500 cent, cubes
- Laisser macérer une quinzaine'en agitant souvent, filtrer sur papier.
- Parfumer si on le désire pour masquer l’odeur du pétrole par quelques centimètres cubes de nitrobenzine (essence de mirbane), essence de lavande, etc.
- M. Joly à Paris. — 1° Pour foncer la teinte du bois de vos chaises, il vous suffira d’introduire dans l’encaustique dont vous vous servez, un mélange en quantité convenable, suivant le ton désiré, de couleurs au stéarate, stéarate de brun, stéarate de chrysoïdine, stéarate de noir, etc.
- 2° Vous entretiendrez facilement la souplesse du cuir,, en appliquant suivant besoin à l’envers, une légère couche de solution constituée par
- Glycérine....................... 50 grammes
- Eau ordinaire...................150
- 3° Seul le métal « Invar » permet une solution directe à moins qu’il ne s’agisse d’un balancier compensé. Voyez pour prix à la Maison Guichard-Chatenay, 5, square Arago, Paris (13e).
- M. Fleury à Paris. — La formule suivante vous permettra de préparer une encre pour écrire sur fer, zinc ou laiton.
- Sulfate de cuivre........... • 50 grammes
- Acide acétique.................. 10
- Gomme arabique.................. 20 —
- Noir de fumée................... 10 —
- Eau . ..........................500
- IVL Ménager à Jurançon.— Le plâtre se dissout facilement dans une solution chaude d’acide chlorhydrique étendu d’eau, par exemple dans la proportion de un du premier pour deux du second ; vous pouvez dans ce but utiliser l’acide commercial ou acide muriatique jaune, que l’on trouve chez tous les marchands de couleurs.
- Le Gérant • G. Masson.
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- Paris. Imp. Laiiure — 15-6-ig3i.
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- LA NATURE
- CINQUANTE-NEUVIÈME ANNÉE - J93J
- PREMIER SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Aviation : chronique, 40, 87, 187, 281, 428, 473.
- Avion pour sous-marin, 453.
- A
- Abeilles : comment elles communiquent, 21. Académie des Sciences : résumés des communications, SS, 185, 331, 427. Accumulateurs électriques, 257.
- Aéronautique : Salon de 1930, 70. Agriculture : Institut international, 66.
- Aile à fente, 79.
- Albuféra de Valence, 126.
- Allumette électrique Solor, 478.
- Alphabet : âge èt origine, 320.
- Aluminium : teneur des plantes alimentaires, 427.
- Analyseur de couleurs, 189.
- Antioxygène et extinction des incendies, 401. Araignée sédentaire, 152.
- Arcs électriques : photographie, 235. Argenture des miroirs, 327.
- Ascenseur à double cabine, 308.
- Assèchement du Zuyderzée, 193.
- Astronomie : bulletin, 35, 132, 227, 325, 419, 518.
- Astronomie française depuis 1870, 145. Astronomie et radiophonie, 525.
- Aurores polaires, 337.
- Automobile pour la route et le rail, 405. Automobile pratique, 38, 83, 230, 277, 470, 521.
- Autoroute souterraine internationale, 236.
- B
- Baie d’Hudson : chemin de fer, 458.
- Balais de sorcières, 304, 34i.
- Balisier comestible, 79.
- Banane : valeur alimentaire, 222.
- Bandages caoutchoutés pour locomotives, 492.
- Barcelone, cité modèle, 6.
- Bascules de campagne, 573.
- Béton armé : progrès, 101.
- Beurre et caséine, 370.
- Billes de billard : ravivage, 131.
- Biologie physico-chimique : nouvel institut, 398.
- Biplace de tourisme Farman, 230, 413.
- Bleu du ciel, 143.
- Bois : imprégnation par le soufre, 575, 576. Bois : teinture en ébène, 575.
- Boîtes à idées, 188.
- Botanique et guerre, 255.
- Briançonnais : trias, 331.
- Briques au carbonate de baryum, 430.
- c
- Calcaires d’Indocliine, 88.
- Calendrier perpétuel, 273.
- Canal de Nicaragua, 476.
- Canal de Suez : trafic, 505.
- Cartes à jouer : nettoyage, 94.
- Caséine et beurre, 370.
- Catascope, 283.
- Caviar : industrie, 30.
- Cellules photoélectriques, 538.
- Chasse-neige, 433.
- Chauffe-eau à accumulateur Otermal, 141. Chaux sulfatées : réactions, 90.
- Chemin de fer de la baie d’Hudson, 458. Chromage : protection des mains, 562. Cigognes et grêle, 476.
- Ciments : coloration, 467.
- Ciment Sorel, 528.
- Cité modèle : Barcelone, 6.
- Clou à double tête, 478.
- Coaltar : peinture, 528.
- Coffre-fort moderne, 498.
- Colle pour caoutchouc et cuir, 144. Colonisation française, 361.
- Coloration des ciments, 467.
- Congo belge, 310.
- Couronne solaire en dehors des éclipses, 446. Crèmes de toilette, 95.
- Supplément au n° 2859 de La Nature du 15 Juin 1931.
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- Crésyl, 47.
- Criquet pèlerin : génération estivale, 185. Cuivre, 58.
- Cuivre : gisements en France, 89.
- D
- Débits gazeux : mesure chimique, 91. Décharge en haute fréquence, 331. Découpage des navires coulés, 223. Désencrage des vieux papiers, 282. Désétamage, 43.
- Détonations inconnues, 425.
- Dirigeables américains, 481.
- Dirigeables et avions : comparaison, 114. Dirigeable R. 101 : causes de destruction,
- 43.
- Disques de phonographes extra-minces, 282 Distillation' de l’eau, 571.
- Dorure des titres de reliure, 144.
- E
- Eau d’Alibour, 276.
- Eau distillée : appareil, 572.
- Eau : exposant d’hydrogène, S8.
- Eaux : stérilisation par les métaux, 427. Échelle de bambou, 275.
- Éclipse de lune du 2 avril, 429.
- Électricité : empreintes, 201.
- Électro-balai Era, 571.
- Éléphants d’Afrique, 251.
- Élevage en Uruguay, 120.
- Empreintes produites par l’électricité, 201. Encre à cyclostyle, 143.
- Encre de Chine liquide : préparation, 327. Enfant : ce qu’il doit manger, 217. Éponges en caoutchouc, 520.
- Éros, 413.
- Espagne forestière, 510.
- Exposition coloniale, 201.
- Extincteurs d’incendie, 10.
- F
- Farines : blanchiment, 94.
- Farine phosphatée : préparation, 94. Ferme-porte AF, 92.
- Feu du rasoir : pour l’enlever, 327. Feuilles : gestes, 485.
- Fièvre exanthématique : transmission, 88. Films sonores, 157.
- Flotte nouvelle, 241.
- Fluorures frigorigènes, 509.
- Formation des lichens, 185.
- Fortifications des anciens, 293. Fortification permanente moderne, 436. Foulque, 451.
- Four électrique à haute fréquence, 23. Fourmis : orientation, 28, 143.
- Funiculaire aérien du Schauinsland, 139.
- G
- Gdynia, 532.
- Génération estivale du Criquet pèlerin, 1S5. Génie Civil : cinquantenaire, 90.
- Géographie phonétique, 53.
- Glace : rubans, 223.
- Glycyrrhizine, 479.
- Gouverne automatique d’un navire, 355. Graissage au graphite, 379.
- Graphite : graissage, 379.
- Gratte-ciel, 205.
- Gravure : transfert, 570.
- Grêle et cigognes, 476.
- Grotte aux vers luisants, 411.
- Grotte de Ganties : nouvelles gravures, 175.
- H
- Haricot ’l'épary, 418.
- Hélicoptère d’Ascanio, 140. Hélium, 89.
- Herbes : destruction, 94.
- Huile d’automobile usagée, 57-1. Hydravion Dornier, 168. Hydroearburateur, 239.
- I
- Incendies : extincteurs, 10.
- Incendies : extinction par effet antioxygène, 401.
- Inhalateur électrique, 142.
- Insectes perceurs du plomb, 563.
- Insecticide efficace, 528.
- Institut de biologie physico-chimique, 398.
- Institut international d’agriculture, 66. Iodovolatilisation, 427.
- Ions électrclytiques, 246, 301, 394.
- K
- Klondykc, 49.
- L
- Laboratoire de la Compagnie de raffinage, 550. Laïki, 289, 479.
- Lait : filtration et pasteurisation, 503. Laminaires : iodovolatilisation, 427.
- Lampe de mine : progrès, 109, 239.
- Lampes de T. S. F. originales, 18.
- Lampe pour éclair photographique, 380. Lanamètre, 284.
- Lapin : pourquoi meurt-il verticalement ? 140. Légume entremets, 188.
- Lichens : formation, 185.
- Lime et meule en tôle défoncée, 237.
- Lions et touristes, 525.
- Lithographies coloriées, 421.
- Lithuanie : chasse aux loups, 359.
- Livres nouveaux, 42, 86, 138, 186, 234, 280, 330,377,426,474,523, 568.
- Loups : chasse en Lithuanie, 359, 574. Lunette de tir, 267.
- Luxmètre « Filmograph », 306.
- M
- Mains : protection contre le chromage, 562. Managua : tremblement de terre, 429. Martensite : revenu, 185.
- Mathématiques : récréations, 33, 129, 225, 369,417, 561.
- Mécanisme du revenu de la martensite, 185. Ménagerie familiale, 130.
- Mer qui fume, 332.
- Météorologie : chronique, 40, 85, 180, 275, 372, 469, 563.
- Métrologie, 215.
- Métropolitain de Paris, 123.
- Michelson : nécrologie, 569.
- Minéral de l’île Rouma, 331.
- Miroirs : argenture, 327.
- Mission Dakar-Djibouti, 525.
- Modeleur pour travail du bois, 526.
- Montage sous verre, 187.
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- Montres : poussières professionnelles, 465. Moteurs électriques : construction moderne, 43.
- Murunic, clément de mur, ldi.
- N
- Navires à moteurs, 282.
- Navires à propulsion électrique, 378. Navires: découpage, 223.
- Navires de guerre : vitesses, 571. Navire : gouverne automatique, 355. Nécrologie : Miclielson, 569. Nécrologie : Parsons, 235.
- Nicotine : destruction, 190.
- Nicotine : extraction, 82.
- Nourriture d’un enfant, 217.
- Noyaux de fruits : utilisation, 556.
- O
- Océanie : civilisation, 477. Or inussif, 378.
- Orientation des fourmis, 28. Oseilles tannifères, 175.
- P
- Paléontologie africaine, 522.
- Parasiticides nouveaux, 332.
- Paris port de mer, 494.
- Parsons : nécrologie, 235.
- Peaux de lapins : tannage, 528,
- Peintures : relief, 220.
- Peinture sur coaltar, 528.
- Péniches : mise à l’eau, 254.
- Phonographe à film, 402.
- Photo : comment regarder, 417, 516. Photoélectriques (cellules), 538. Photographies : documents, 48.
- Piccard : Stratosphère, 570.
- Pin : accroissement diurne et horaire, 85. jPinsapos de Ronda, 510.
- Planète Éros, 413.
- Plâtre : séchage, 527.
- Pliages de papier, 34, 275, 371.
- Plomb : Insectes perceurs, 563.
- Pluie de boue du 28 novembre, 118.
- Pluton, 529.
- Pôle en sous-marin, 392.
- Pompes à hélice, 378.
- Porte-cuiller, 572.
- Poudre phosphorescente, 144.
- Poussières professionnelles des montres, 405. Presse-purée mousse, 573.
- Prestidigitation, 468, 517.
- Protozoaires des Termites, 462.
- Q
- Quinine protégeant les aquarelles, 276. Quaternaire des Pyrénées orientales, 88.
- R
- Radiateur électrique à eau chaude, 91. Radiocommunications par ondes extracourtes, 366.
- Radiophonie pratique, 134, 181, 328, 373, 422, 564.
- Radiotélégraphie dans les trains, 409. Raffinage : laboratoire, 550.
- Raisins secs en Californie, 455.
- Rapaces au nid, 558.
- Rats : destruction par la baryte, 480.
- Rats : destruction par la scille, 430.
- Rayons X : étude des métaux, 210.
- Réchaud Campingo, 92.
- Redresseur au sélénium, 576.
- Ronds de sorcières, 106.
- Rossignol : conquête, 324.
- Rues de Paris : statistique des noms, 477.
- S
- Sac à bonbons, 371.
- Saisons du calendrier et saisons réelles, 81, 479.
- Salon de l'aéronautique, 70.
- Savants quand ils étaient jeunes, 177, 321. Savon liquide : préparation, 94.
- Schampoing économique, 143.
- Science au service des arts, 530.
- Scille : lutte contre les rats, 430.
- Seine navigable : centenaire, 348, 385. Sélénophone, 402.
- Semnoz : constitution de la chaîne, 427. Serpents d’Égypte, 309.
- Serpent de la genèse, 1.
- Sérum antitétanique et tétanos, 460.
- Soufre : imprégnation du bois, 37, 576.
- Source chaude d’Aïn-el-Atrous : utilisation motrice, 236.
- Sous-marin au pôle, 392.
- Stérilisation des eaux par les métaux, 427. Stylolixol, 142.
- Sucre dans le monde, 462.
- Suez : trafic du canal, 505.
- Sulfurisation des fruits coupés, 220. Superstitions médicales, 406.
- Support photographique, 526.
- Synthèses de l’acide cyanique et de l’urée, 185.
- T
- Tabacs : exploitation industrielle, 487, 545. Tabacs incombustibles, 226.
- Tablette rationnelle pour radiateurs, 141. Tabouret Mopco, 238.
- Taches d’encre à stylo, 47.
- Taches de marrons d’Inde, 372.
- Taches de moisissures sur le linge, 143. Tampons perpétuels : recharge, 421.
- Tannage des peaux de lapins, 528.
- Tarin : supplice, 562.
- T. S. F. : haut-parleur, 271.
- T. S. F. : lampes originales, 18.
- T. S. F. : sons parasites, 115.
- T. S. F. : studio de Hambourg, 475.
- Teinture du bois en ébène, 575.
- Teinture végétale pour cheveux, 131. Télévision, 143.
- Tension superficielle : sa mesure, 435. Termites : protozoaires, 462.
- Terre à modeler, 47.
- Terres décolorantes, 279.
- Terre : sable et argile, 480.
- Tétanos et sérum antitétanique, 460.
- Timons contreplaqués, 431.
- Tour drille, 237.
- Tour qui chante, 269.
- Tracés en perspective, 334.
- Tracteur Le Bos, 1S9.
- Transatlantique « Cunarder », 476.
- Transport en long des machines agricoles, 335.
- Tremblement de terre de Managua, 429. Tremblement de terre de Nouvelle-Zélande, 282.
- Trias du Briançonnais, 331.
- U
- Uruguay : élevage, 120.
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- Zinc électrolytique, 524. Zuiderzée : assèchement, 193.
- Verrou de sûreté pour bicyclette, 284. Wagon dispensaire des chemins de 1er du
- Voies ferrées : entretien mécanique, 332. Nord, 556.
- Volière du Muséum, 97.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Alber. — Le crabe, 34. — L’échelle de bambou, 275. — Eximius, 463. — Incompréhensible, 517.
- Arnoux (J.). — Le métropolitain de Paris, 123. — Les gratte-ciel, 205. — Les accumulateurs électriques, 257.
- B. (A.). — Les progrès de la lampe de mine, 109. — Comparaison entre les dirigeables et les avions, 114.
- Bacconnier (L.). — La pluie de boue du 28 novembre, 120.
- Bance (Louis). — La fortification permanente moderne, 437.
- Baud (Paul). — Résumé des communications de l’Académie des Sciences, 88, 185, 427.
- Bernamont (J.). — Applications des rayons X à l’étude des métaux,
- 210.
- Blaizot (Jacques). — Ce qu’un enfant doit manger, 217.
- Bordas (F.). — La pluie de boue du 28 novembre, 119.
- Bordier (Dr Henry). — Les saisons du calendrier ne sont pas les saisons réelles, 81.
- Bossière (Cl.-G.). — Radiocommunications par ondes extra-courtes, 366.
- Bourgain (André). — Le luxmètre « Filmograph », 306. v— La radiotélégraphie dans les trains, 409.
- Roussac (P.-Hippolyte). — Le Serpent de la Genèse, 1.
- Boutaric (A.). — Le four électrique à haute fréquence, 23. — Curieuses empreintes produites par l’électricité, 201. —Les aurores polaires, 337.
- Boyer (Jacques). — Comment les abeilles communiquent, 21. — L’exposition coloniale, 261.— Quatre siècles de colonisation française, 361. —Le nouvel institut de biologie physico-chimique, 398. — Le port polonais de Gdynia, 532.
- Brandicourt (Virgile). — Récréations mathématiques, 129, 309. — La botanique et la guerre, 255.
- Butavand (F.). •— A propos de Paris port de mer, 494.
- C. (F.). — Les mangeurs de bois : les Protozoaires des Termites, 462.
- Cerisaie (J. de la). — Installation pour la mise à l’eau des péniches,
- 254. — Une automobile pour la route et le rail, 405. — Wagon dispensaire des chemins de fer du Nord, 556.
- Chevalier (Dr J.). — La valeur alimentaire de la banane, 222.
- Constantin (L.). — A propos de l’aile à fente, 79.
- Cornetz (Victor). — L’orientation des fourmis, 29.
- Coupin (Henri).— Les vieux savants quand ils étaient jeunes, 177, 513.
- Darmois (E.). — Les ions électrolytiques, 246, 301, 394.
- Dauzat (Albert). — La géographie phonétique, 53.
- David (Léon). — Questions de partage, 33. — La date de naissance, 417.
- Debesse (Maurice). — La se en valeur du Congo belge. 310. — Le trafic du canal de Suez, 555.
- Desfosses (P.). — Le chemin de fer de la baie d’Hudson, 458.
- Diffloth (P.). — L’élevage en Uruguay, 120.
- Doublet (E.). — L’astronomie française depuis 1870, 145.
- Dubuc (G.). — Voir F. Trombe.
- Ducamp (Roger). — L’Espagne forestière, 510.
- Dufraisse et IIorclois. — L’effet antioxygène et l’extinction des incendies, 401.
- F. (V.). — Le nouveau « Cunardcr » pourra-t-il être lancé ? 476. — L'es cigognes et la grêle, 476.
- Feuillée-Billot (A.). — La grande volière du Muséum, 97. — A propos des serpents d’Égypte, 309. — La civilisation océanienne, 477. — Quelques rapaces au nid, 558.
- Forbin (Victor). — Ce qu’est devenu le Klondykc, 49. — L’âge et l’origine de l’alphabet, 320. — Les États-Unis vont-ils construire le canal de Nicaragua ? 476. — Paléontologie africaine, 522. — Lions et touristes, 525.
- Fouassier (Marc). — Caséine et beurre, 370. — La filtration et la pasteurisation du lait, 503.
- Fougeret (H.). — Extincteurs d’incendie, 10.
- Fournier (Lucien). — La T. S. F. à l’abri des parasites, 115. — L’assèchement du Zuiderzée, 193. — Le centenaire de la Seine navigable, 348, 385.
- G. (Dr A.). — Le catascope, 283. — Le lanamètre, 284.
- Gradenwitz (Dr Alfred). — Le nouveau funiculaire aérien du
- Schauinsland, 139.— On entend, au haut-parleur, l’herbe croître, les coeurs battre, 271. — Ascenseur à double cabine, 308. — La grotte aux vers luisants, 411. — Le studio de T. S. F. de Hambourg, 475.
- Gruson (F.). — Biplace de tourisme Farman, 230, 413.
- Guinot (Robert). — La foulque, 451.
- Guyot (A.-L.). — Les balais de sorcières, 304, 341.
- H. (A.). — Oseilles tannifères, 175. — Nouveaux disques de phonographes extra-minces, 282. — Désencrage des vieux papiers, 282.
- — Parasiticides nouveaux, 332. —• L’or mussif, 378. — Adjonction de carbonate de baryum aux briques, 430. — Fluorures organiques frigorigènes, 509. — Utilisation des déchets de noyaux de fruits, 556.
- IIamon (A.). — L’éclipse de lune du 2 avril, 429.
- Hémardinquer (P.). — Deux lampes de T. S. F. originales, 18. — La radiophonie pratique, 134, 181, 328, 373, 422, 564. — Comment on enregistre les films sonores, 157. — Le premier phonographe à film, 402. — Bandages caoutchoutés peur locomotives, 492. — Nouveaux types de cellules photoélectriques, 538.
- IIorclois. — Voir Dufraisse.
- Hubert (Constant). — Variations sur 10989, 225.
- IIutin (Albert). — Le désétamage, 43. — Coloration des ciments pour la décoration, 467.
- Icard (Dr Séverin). — Orientation des fourmis, 143. — Les poussières professionnelles des montres, 465.
- Josserand (M.). — Les ronds de sorcières, 100.
- K. (L.). •— Appareil photographique pour arcs électriques, 235. —• Lampe pour éclair photographique, 380.
- Kazeeff (W). — Les Laïki, 289.
- Ivuentz (L.). •— L’industrie du caviar, 30. — Rubans de glace, 223. — L’industrie des raisins secs en Californie, 455. — Le coffre-fort moderne, 498.
- Lacaine (J.). — Le salon international de l’aéronautique, 70.
- Larue (Pierre). — Accroissement diurne et horaire d’un pin, 85.
- — Réactions des chaux sulfatées, 90. •— Sulfurisation des fruits coupés, 220.
- Lecomte du Nouy (P.). —La tension superficielle et sa mesure, 435.
- Lyot (Bernard). —La couronne solaire en dehors des éclipses, 446.
- M. (P. de). — Boîtes à idées, 188.
- M. (R.). — La science au service des arts, 530.
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- :------ 582 . 1 ........... =
- Magard (Pierre). — Vie et mœurs des éléphants d’Afrique, 251.
- Marcotte (Edmond). — Progrès récents du béton armé, 101.
- Matagrin (A.). — Le cuivre, 58.
- Mauclère (Jean). — La chasse aux loups en Lithuanie, 359.
- Mesnard (Georges). — Barcelone cité-modèle, G.
- Millet (J.-G.). — Gestes de feuilles, 485.
- Moll-Weiss (Augusta et Maurice). — Petite ménagerie familiale, 130. — La conquête du rossignol, 324. — Le supplice d’un tarin, 562.
- Montigny (L.). — Les fortifications des anciens, 293.
- Montperreux. — La construction moderne des moteurs électriques en France, 43.
- Moriiardt (Dr P.-E.). — Le tétanos et le sérum antitétanique, 460.
- Niewenglowski (Dr G.-IL). — Savez-vous regarder une photo ? 51G.
- Nodon (Albert). — La mer qui fume, 332. — Détonations inconnues précédant les perturbations atmosphériques solaires, 425.
- Noter (R. de). — Le balisier comestible, 79. — Un légume entremets, 188. — Le haricot Tépary, 418.
- Pei.legrin (Dr Jacques). — L’Albufera de Valence, 126.
- Picard (L.). — L’automobile pratique, 38, 83, 230, 277, 470.
- Quentin (Dr G.). — Nouvelle lunette de tir, 267.
- Rabaud (Étienne). — L’orientation des fourmis, 28.
- Régnault (Dr Félix). — Les superstitions médicales aux environs de Paris, 406.
- ReverciioS (Léopold). — Considérations métrologiques, 215. — La tour qui chante, 269. — Le laboratoire de la Compagnie française de raffinage, 550.
- Rigolard (Laurent). — L’institut international d’agriculture,GG.
- Roger (Em.). — Le mois météorologique, 40, 85, 180, 275, 372, 563.
- Rudaux (Lucien). — La pluie de boue du 28 novembre, 118. — La planète Eros et la distance du soleil, 113. — Plut-on, la nouvelle planète, 529.
- Sauvaire Jourdan (Comm1). — Le découpage des navires coulés, 223. — Notre llotte nouvelle, 241. — Comment on peut faire gouverner automatiquement un navire, 355. — L’avion pour sous-marin, 453. — Les belles vitesses de nos navires de guerre, 571.
- Seltzer (P.). —• Savez-vous regarder une photo ? 417.
- Soyer (IL). — Les terres décolorantes, 279. — Le graissage au graphite, 379.
- Tiiibout (E.). —- Calendrier perpétuel, 273. — Trouver un nombre pensé, 561.
- Touciiet (Em.). — Bulletin astronomique, 35, 132,227, 325.
- Trombe (Félix) et Dunuc (G.). — Nouvelles gravures de la grotte de Gantics, 175.
- Velut (M.). — Mesure des débits gazeux par voie chimique, 91.
- Verdurand (A.). — L’hydravion Dernier, 168.
- Viaud (G.). — Transformations apparentes des peintures en sculptures, 220.
- Villers (R.). — Au pôle en sous-marin, 392. — Les nouveaux dirigeables américains, 481.
- Vincent (Dr M.). — Une araignée sédentaire, 152.
- Weiss (E.). — Les chasse-neige, 433.
- XXXX. — L’exploitation industrielle des tabacs, 487, 545.
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- TABLE DES MATIÈRES
- I. - MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE
- Les saisons du calendrier ne sont pas les saisons réelles (Dr II.
- Bordier)..............................................
- L’astronomie française depuis 1870 (E. Doublet)..........
- Considérations métrologiques (L. Heverchon)..............
- Calendrier perpétuel (E. Thiuout)........................
- La planète Éros et la distance du soleil (L. Rudaux).....
- L’éclipse de lune du 2 avril (A. IIamon).................
- La couronne solaire en dehors des éclipses (B. Lyot).....
- Astronomie et radiophonie................................
- Pluton, la nouvelle planète (L. Rudaux)..................
- Bécréalions malhématiques.
- Questions de partage (L. David).....................
- Solutions et problèmes (V. Brandicourt)........ 129,
- Variations sur 10989 (C. Hubert)....................
- La date de naissance (L. David).....................
- Trouver un nombre pensé (E. Thibout)................
- Bulletin astronomique (E. Touchet) 35, 132, 227, 325, 419,
- II. — SCIENCES PHYSIQUES
- I. Physique.
- Exposant d’hydrogène de l’eau....................................
- Curieuses empreintes produites par l’électricité (A. Boutaric) Applications des rayons X à l’étude des métaux (J. Bernamont)
- Les ions électrolytiques (E. Darmois)................ 246, 301,
- Décharge en haute fréquence....................................
- La tension superficielle et sa mesure (P. Lecomte du Nouy) Michelson : nécrologie.........................................
- 2. Chimie.
- Le désétamage (A. Hutin)....................................
- Le cuivre (A. Matagrin).....................................
- Question de l’hélium........................................
- Réactions des chaux sulfatées (P. Larue)....................
- Synthèses de l’acide cyanique et de l’urée..................
- Désencrage des vieux papiers (A- IL)........................
- L’or mussif (A. H.).........................................
- L’effet antioxygène et l’extinction des incendies (Dufraisse et
- 1 Iorci.ois).............................................
- Le zinc électrolytique............................y . . .
- HL — SCIENCES NATURELLES 1. Géologie. — Physique du globe.
- Age des formations calcaires de l’Indochine................. 88
- Quaternaire dans les Pyrénées orientales.................... 88
- Gisements de cuivre en France............................... 89
- Tremblement de terre de Nouvelle-Zélande....................282
- Stratigraphie du trias du Briançonnais........................331
- Minéral de l’île Rouma........................................331
- Les aurores polaires (A. Boutaric)..........................337
- Détonations inconnues précédant les perturbations atmosphériques et solaires (A. Nodon).................................425
- Constitution de la chaîne du Semnoz.........................427
- Le tremblement de terre de Managua..........................429
- Paléontologie africaine (V. Forbin)...........................522
- 2. Météorologie.
- La pluie de boue du 28 novembre (L. Rudaux, F. Bordas,
- L. Bacconnier)................................... 118
- Rubans de glace (L. Kuentz)........................223
- La mer qui fume (A. Nodon).........................332
- Le mois météorologique (Em. Roger) 40, 85, 180, 275, 372, 469 563
- 3. Zoologie. ~ Physiologie.
- Le serpent de la Genèse (P.-H. Boussac)................... 1
- Comment les abeilles communiquent (J. Boyer).............. 21
- L’orientation des fourmis (E. Rabaud, V. Cornetz)......... 28
- L’industrie du caviar (L. Kuentz)......................... 30
- La grande volière du Muséum (A. Feuillée-Billot).......... 97
- L’élevage en Uruguay (P. Diffloth)........................120
- Petite ménagerie familiale (A. et M. Moll-Weiss)..........130
- Pourquoi le lapin meurt tenu verticalement ?..............140
- Une araignée sédentaire : l’Ulobore (Dr M. Vincent).......152
- Ce qu’un enfant doit manger (J. Blaizot)..................217
- Transformations apparentes des peintures en sculptures
- (G. Viaud)...............................................220
- Vie et mœurs des éléphants d’Afrique (P. Magard). . . . . . 251
- Les Laïki (W. Kazeeff)......................................289
- A propos des serpents d’Égypte (A. Feuillée-Billot) .... 309
- La conquête du rossignol (A. et M. Moll-Weiss)............ . 324
- La chasse aux loups en Lithuanie (J. Mauclère)............359
- Le nouvel institut de biologie physico-chimique (J. Boyer) 398
- Lutte contre les rats par la scille.......................430
- La foulque (R. Guinot)......................................451
- Les mangeurs de <J>ois : les Protozoaires des Termites (F. C.) 462 Les cigognes et la grêle (V. F.)............................476
- 81
- 145
- 215
- 273
- 413
- 429
- 446
- 525
- 529
- 33
- 369
- 225
- 417
- 561
- 518
- 88
- 201
- 210
- 394
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- 569
- 43
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- Lions et touristes (V. Forbin).....................................525
- Quelques rapaces au nicl (A. Feu ii.i.ée-B illot)..................558
- Le supplice d’un Tarin (A. et M. Moll-Weiss).................. 562
- Les insectes perceurs du plomb.....................................563-
- 4. Botanique. — Agriculture.
- L’institut international d’agriculture (L. Rigotard)........... 6G
- Le balisier comestible (R. de Noter)........................... 79
- Accroissement diurne et horaire d’un pin (P. Larue)............ 85
- Ronds de sorcières (M. Josserand).......................... . 106
- Oseillestannifères (A. H.)........................................175
- Un légume entremets (R. de Noter).............................. 1S8
- Sulfurisation des fruits coupés (P. Larue).....................220
- La botanique et la guerre (V. Brandicourt).....................255
- Les balais de sorcières (A.-L. Guyot).................. 304, 341
- Le haricot Tépary (R. de Noter). ..............................418
- Iodovolatilisation des Laminaires.................................427
- Teneur des plantes alimentaires en aluminium . '...............427
- L’industrie des raisins secs en Californie (L. Kuentz).........455
- Le sucre dans le monde............................................462
- Gestes de feuilles (J.-G. Millet)................................ 485
- L’Espagne forestière (R. Ducamp)..................................510
- Utilisation des déchets de noyaux de fruits (A. II.)...........556
- IV. — GÉOGRAPHIE. — ETHNOGRAPHIE
- Ce qu’est devenu le Klondyke (V. Forbin).................. 49
- La géographie phonétique (A. Dauzat).................. 53
- L’Albufera de Valence (Dr J. Pellegrin)...................126
- Nouvelles gravures de la grotte de Ganties (F. Trombe et
- G. Dubuc). ............................................. 175
- L’exposition coloniale (J. Boyer)............................261
- La mise en valeur du Congo belge (M. Debesse).............310
- L’âge et l’origine de l’alphabet (V. Forbin)..............320
- Quatre siècles de colonisation française (J. Boyer).......361
- Les superstitions médicales aux environs de Paris (Dr J. Régnault)....................................................407
- La grotte aux vers luisants (Dr A. Gradenwitz) . ........411
- Le chemin de fer de la baie d’Hudson (P. Desfosses).......458
- La civilisation océanienne (A. Feuillée-Billot)..............477
- La mission scientifique Dakar-Djibouti.......................525
- Le port polonais de Gdynia (J. Boyer). ......................532
- V. — HYGIÈNE. — MÉDECINE
- Transmission de la fièvre exanthématique.................... 88
- Valeur alimentaire de la banane (Dr J. Chevalier).............222
- Parasiticides nouveaux (A. H.)................................332
- Caséine et beurre (M. Fouassier)..............................370
- Stérilisation des eaux par les métaux.........................427
- Le tétanos et le sérum antitétanique (Dr P.-E. Moriiarpt). . . 460 Les.poussières professionnelles des montres (Dr S. Icard) . . . 465 La filtration et la pasteurisation du lait (M. Fouassier). . . . 503
- VI. — SCIENCES APPLIQUÉES
- I. Mécanique. — Industrie. — Outillage.
- f
- Extincteurs d’incendie (H. Fougeret) .........
- Les progrès de la lampe de mine (A. B.)........
- Nécrologie : Parsons...........'...............................235
- Nouvelle lunette de tir (Dr fi. Quentin).......................267
- La tour qui chante (L. Reverc.iion)...............................269
- Terres décolorantes (11. Soyer)...................................279
- Graissage au graphite (IL Soyer)..................................379
- Adjonction de carbonate de baryum aux briques (A. IL). . . . 430
- Coloration des ciments pour la décoration (A. Hutin)...........467
- L’exploitation industrielle des tabacs (XXXN) ..... 487, 545
- Le coffre-fort moderne (L. Kuentz)................................498
- Fluorures organiques frigorigènes (A. IL).........................509
- Le laboratoire de la Compagnie française de raffinage (L. Revkr-ciion)............................................................550
- 2. Photographie. — Phonographie.
- Comment on enregistre les films sonores (P. Hémardinquer) . . 157
- Appareil photographique pour arcs électriques (L. K)......235
- Disques de phonographes extra-minces (A. IL)..............282
- Le luxmètre « Filmograph » (A. Bourgain)..................306
- Le premier phonographe à film (P. Hémardinquer)...........402
- Savez-vous regarder une photo ? (P. Seltzer)..............417
- — (Dr Niewenglowski) .... 516
- La radiophonie pratique (P. Hémardinquer) :
- Postes à galène......................................134
- Sélectivité..........................................136
- Poste émetteur récepteur à ondes courtes.............181
- Coffret d’alimentation...............................182
- Éléments blindés.....................................182
- Changeur de fréquence................................184
- Récepteur d’ondes courtes............................188
- Survolteur-dévolteur.................................328
- Poste à ondes courtes : construction.................323
- Fréquence moyenne et haute...........................373
- Radiophonie dans les trains............................374
- Accessoires pour accus............................... 375
- Poste simple à ondes courtes.........................376
- Poste toutes ondes.....................................374
- Poste type américain.................................376
- Radioplionographe réduit.............................376
- Piles de tension plaque . . ...............‘.........422
- Condensateurs-commandes..............................423
- Postes à une lampe.....................................423
- Enregistrement phonographique d’amateur.............. 564
- 3. Électricité.
- Deux lampes de T. S. F. originales (P. Hémardinquer). ... 18
- Le four électrique à haute fréquence (A. Boutaric)........ 23
- Construction moderne des moteurs électriques en France
- (Montperreux)............................................ 13
- La T. S. F. à l’abri des parasites (L. Fournier)..........115
- Les accumulateurs électriques (Arnoux).......................257
- On entend, au haut-parleur, l’herbe croître, les cœurs battre
- (A. Gradenwitz).......................................... 271
- Radio-communications par ondes ultra-courtes (C.-G. Bossière) 366
- La radiotélégraphie dans les trains (A. Bourgain)...........409
- Le studio de T. S. F. de Hambourg (Dr A. Gradenwitz) . . . 475
- Nouveaux types de cellules photoélectriques (P. Hémardinquer) 538
- 4. Travaux publics. — Art de l’ingénieur.
- Barcelone, cité modèle (G. Mesnard) ....................... 6
- Progrès récents du béton armé (E. Marcotte)................101
- L’assèchement du Zuiderzée (L. Fournier) . . ..............193
- Les gratte-ciel (J. Arnoux)................................205
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- Utilisation de la source chaude d’Aïn-el-Atrous comme force
- motrice....................................................236
- Installation pour mise à l’eau des péniches (J. de la Cerisaie) 254
- Ascenseur à double cabine (A. Gradenwitz)....................308
- Le centenaire de la Seine navigable (L. Fournier) . . . 348, 385
- Paris port de mer (F. Butavand)..............................494
- . = 585 =
- /
- Les États-Unis vont-ils construire le canal de Nicaragua?
- (V. Forbin) . . ..................................... . '476
- Le trafic du canal de Suez (M. Debesse)...............i 505
- Les belles vitesses de nos navires de guerre (Cl Sauvaire Jourdan)............................................v . . 571
- S. Transports.
- Le métropolitain de Paris (Arnoux).............................123
- Le nouveau funiculaire aérien du Scliauinsland(A. Gradenwitz). 139
- Autoroute souterraine internationale...........................236
- Entretien mécanique des voies ferrées..........................332
- Une automobile pour la route et le rail (J. de la Cerisaie) . . 405
- Les chasse-neige (L. Weiss)....................................433
- Bandages caoutchoutés pour locomotives (P. Hémardinquer) . 492
- Wagon dispensaire des chemins de fer du Nord (J. de la Cerisaie) 556
- L'automobile pratique (L. Picard) :
- Indications du Salon....................................... 38
- Outillage.................................................. 39
- Freinage hydraulique perfectionné.......................... 83
- Mise en marche du moteur...................................230
- Calorstats ................................................231
- Graissage central..........................................232
- Essuie-glaces..............................................233
- Rétroviseur................................................277
- Réglage des freins.........................................277
- Filtre d’essence...........................................277
- Maison démontable..........................................277
- Miroir à plusieurs usages..................................278
- Appareil de levage.........................................278
- Autos et motos.............................................470
- Budget et économies........................................470
- Contacteur au pied.........................................521
- Éblouissement : protection.................................521
- Accessoires utiles.........................................522
- Vn. - HISTOIRE DES SCIENCES
- Le cinquantenaire du Génie Civil................... 90
- Les vieux savants quand ils étaient jeunes (H. Coupin). . 177, 321
- VIII. — ACADÉMIE DES SCIENCES
- Académie des Sciences : résumés des communications (P. Baud)
- 88, 185, 331, 427
- IX. - VARIA
- Boîtes-à idées (P. de M.).....................................IBS
- Statistique des noms des rues de Paris........................477
- La science au service des arts (R. M.)...........................530
- Pliages de papier (Alber) :
- Le crabe.................................................... 34
- L’échelle de bambou.........................................275
- Le sac à bonbons.......................................... 371
- Prestidigitation (Alber) :
- Eximius.................................................... 468
- Incompréhensible............................................517
- X. — RENSEIGNEMENTS PRATIQUES
- 6. Aviation et aéronautique.
- Le salon international de l’aéronautique (J. Lacaine)..........70
- A propos de l’aile à fente (L. Constantin)................ 79
- Comparaison entre les dirigeables et les avions (A. B.).....114
- L’hélicoptère d’Ascanio........................................140
- L’hydravion Dornier (A. Verdurand)............................ 168
- Biplace de tourisme Farman 230 (F. Gruson)..................413
- Causes de la destruction du « R.-101 »......................... 430
- L’avion pour sous-marin (C‘ Sauvaire Jourdan)...............453
- Les nouveaux dirigeables américains (R. Villers)...............481
- Le professeur Piccard atteint en ballon l’altitude de 16 000 mètres 570
- Chronique d’aviation.......... 40, 87, 187, 281, 428,....... 473
- 7. Marine.
- Le découpage des navires coulés (C Sauvaire Jourdan) . . . 223
- Notre Jlotte nouvelle (Cl Sauvaire Jourdan).................. . 241
- Navires à moteurs...............................................282
- Les fortifications des anciens (L. Montigny).................293
- Comment on peut faire gouverner automatiquement un navire
- (C‘ Sauvaire Jourdan)........................................355
- Navires à propulsion électrique................................ 378
- Pompes à hélice en construction navale .........378
- Au pôle en sous-marin (R. Villers)..............................392
- La fortification permanente moderne (L. Bance)..................436
- Lé nouveau « Cunarder » pourra-t-il être lancé (V. F.).......476
- 1. Petites inventions.
- Débits gazeux : mesure chimique........................
- Radiateur électrique à eau.............................
- Réchaud Campingo................................. . . . .
- Ferme-portes A. F......................................
- Chauffe-eau à accumulation Otermal.....................
- Tablette pour radiateurs de chauffage..................
- Stylofixol ............................................
- Inhalateur électrique..................................
- Tracteur Le Bos...................................... . .
- Analyseur de couleurs................................ . .
- Dénicotinisateurs......................................
- Lime et meule en tôle défoncée.........................
- Tour drille............................................
- Tabouret Mopco ........................................
- Catascope.............................................. •
- Lanamètre..............................................
- Verrou de sûreté pour bicyclette.......................
- Tracés en perspective..................................
- Transport en long des machines agricoles...............
- Lampe pour éclair photographique.......................
- Timons contreplaqués...................................
- Murunic, élément de mur................................
- Allumette électrique Solor.............................
- Clou à double tête.....................................
- Modeleur pour travail du bois..........................
- Support photographique.................................
- Séchage du plâtre......................................
- Appareil à eau distillée...............................
- Électro-balai Era......................................
- 91
- 91
- 92 92
- 141
- 141
- 142 142 189
- 189
- 190 237
- 237
- 238
- 283
- 284 284 334 33 .> 380 431 431 478 478 526
- 526
- 527 572 572
- p.585 - vue 597/598
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- 586
- Porte-cuiller pratique.......................................573
- Bascules de campagne.........................................573
- Presse-purée « mousse »..................................... 573
- 2. Recettes et procédés utiles.
- Bois : imprégnation par le soufre.......................... 37
- Nicotine : extraction..................................... 82
- Teinture végétale pour cheveux............................131
- Billes de billard : ravivage...............................131
- Collage des imprimés sous verre...........................187
- Tabac incombustible.......................................226
- Quinine protégeant les aquarelles.........................276
- Eau d’Alibour.............................................276
- Feu du rasoir.............................................327
- Encre de Chine liquide....................................327
- Argenture des miroirs......................................327
- Taches de marron d’Inde....................................372
- Tampons perpétuels : recharge.............................421
- Lithographies coloriées.................................42 x
- Ciments : coloration.......................................467
- Éponges en caoutchouc......................................520
- Chromage : protection des mains...........................562
- 3. Boîte aux Lettres.
- T. S. F......... 46, 93, 191, 239, 285, 336, 381, 432,
- Taches d’encre à stylo.................................
- Terre à modeler........................................
- Crésyl...........................................
- Phonographie................................ 93, 336,
- Cinéma.................................................
- Herbes : destruction...................................
- Savon liquide..........................................
- Farine phosphatée......................................
- 575
- 47
- 47
- 47
- 381
- 93
- 94 94 94
- Farine : blanchiment..............................
- Jeux de cartes : nettoyage........................
- Toilette : formules...............................
- Orientation des fourmis...........................
- Télévision........................................
- Bleu du ciel......................................
- Taches de moisissures sur le linge................
- Encre à cyclostyle................................
- Schampoing économique.............................
- Colle pour caoutchouc et cuir.....................
- Titres dorés des livres...........................
- Poudres phosphorescentes..........................
- 1-Iydrocarburateur................................
- Lampe de mine.....................................
- Laïki............................................
- Saisons...........................................
- Glycyrrhizine;....................................
- Terre : analyse du sable et de l’argile...........
- Rats : destruction par le carbonate de baryte . . .
- Peinture sur coaltar..............................
- Ciment Sorel......................................
- Tannage de peaux de lapin.........................
- Insecticide efficace .............................
- Huile d’automobile usagée.........................
- Redresseur au sélénium............................
- Bois : teinture en ébène..........................
- Bois : imprégnation au soufre.....................
- Gravure : transfert...............................
- 94
- 94
- 95 143 381 143 143 143
- 143
- 144 144 144 239 239 479 479
- 479
- 480 480 528 528 528 528
- 574
- 575 575
- 575
- 576
- Livres nouveaux, 42, 86, 138, 1S6, 234, 280, 330,377,426,474,
- 522, 568
- XL — DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Documents photographiques
- 48
- Le Gérant : (i Masson. — Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus, à Paris. — 1931.
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