La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS A L'ART ET A L'INDUSTRIE
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- LA NATURE
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- SOIXANTIÈME ANNÉE
- 1932
- PREMIER SEMESTRE
- MASSON ET C“, EDITEURS
- LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
- PARIS, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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- N” 2872.
- LA NATURE
- Jer Janvier 1932.
- IE DE L’OURS BRUN
- Parmi tous les animaux sauvages, l’ours nous est familier dès l’enfance, tout au moins sous forme de jouet. Rares sont toutefois les personnes qui connaissent vraiment ses mœurs.
- L’ours brun de Russie (Ursus arctos) peut, sans vanité, prétendre aune place d’honneur dans la série des animaux de poids lourd; il dépasse, en effet, parfois 400 kg. A coté de ees mastodontes, les ours des Pyrénées ou des Alpes sont, avec 100 kg, de simples poids plume.
- Ce lourd seigneur mène une vie solitaire et généralement pacifique (fig. 1), loin des habitations, sous le couvert d’épaisses et profondes forêts. Doué d’une remarquable intelligence, d’une ouïe et d’un flair très fins, il est fort prudent, fort rusé. Aussi a-t-on bien plus de difficulté à le rencontrer que ne l’imaginent certaines personnes convaincues que ces plantigrades se promènent dans les campagnes russes comme lapins dans nos bois.
- L’ours habite exclusivement les massifs forestiers les plus étendus, c’est-à-dire des forêts dont la surface représente des centaines de milliers d’hectares. En réalité, toutes les forêts russes habitées par l’ours se trouvent soudées entre elles, et forment un seul immense massif, qui s’étend des Carpathes jusqu’à l’Océan Pacifique, à travers la Russie septentrionale et la Sibérie.
- A l’exception d’une femelle guidant ses petits, on ne rencontre jamais d’ours en bande, ni même de couples rôdânt ensemble. Par contre plusieurs observations permettent de conclure que chaque ours a plutôt une région d’habitat déterminée (d’une vingtaine de kilomètres carrés). Bien que l’ours délaisse entièi’ement sa femelle et sa famille que l’on ne rencontre jamais avec lui, sa
- Fi,g. -2. — Une ourse ei ses deux oursons âgés de quelques jours, encore aveugles. (Phot. Kazeeff.)
- .T*>M**à
- Fig. 1. — L’ours dans la forêt.
- femelle habite la même région ou tout près. Un fait est certain, leurs tanières sont distantes d’un à trois kilomètres. Ce caractère solitaire et renfermé, on peut l’observer même chez un ours apprivoisé. En effet, s’il ne fait jamais aucun mal aux animaux domestiques, comme les chiens et les chats, on peut dire qu’il ne cherche ni leur amitié, ni leur société. Il supporte plutôt, avec indulgence, toute cette bande parfois importune, mais sans se lier avec elle. Même vis-à-vis d’un homme, un ours apprivoisé garde une certaine dignité. 11 aime qu’on le caresse raisonnablement, mais non qu’on le «tripote». Il est loin d’être aussi câlin, que, par exemple, les chiens et les chats.
- Une ourse met bas généralement deux oui'sons, assez souvent trois, exceptionnellement quatre. Les naissances ont lieu entre le 5 janvier et la fin février, selon la région; plus la région est froide, plus tard les oursons viennent au monde.
- Les nouveau-nés sont toujours extrêmement petits par rapport à leur nombre, au poids et à la taille de leur mère (fig. 2). Ils sont de la taille d’un gros rat, la tête est à peu près ronde, le museau plat, les oreilles sont toutes petites, mais les griffes dépassent déjà un centimètre. Ils naissent les paupières collées, par conséquent aveugles, comme les chiens. Un ourson nouveau-né ressemble si peu à un ours que les écrivains de l’antiquité, comme Aristote, Ovide ou Plinç, accréditèrent la légende suivant laquelle l’ourse ne donne à ses petits leurs formes
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- normales qu’en les léchant. Nous ne rappelons cette croyance que pour expliquer l’expression banale : « un ours mal léché ».
- Parmi les oursons de quelques jours, encore aveugles, qu’il m’est arrivé de recueillir, aucun ne pesait plus de trois livres. En captivité, une femelle reproduit rarement. Mais dans ce cas, le poids des nouveau-nés est plus faible encore qu’en forêt. Par exemple, une ourse de Russie, conservée au Jardin des Plantes de Paris, a mis bas le 13 janvier 1930 trois oursons dont un mâle pesant 295 gr et une femelle pesant 370 gr; le troisième, mort-né, ne put être pesé. Bien que la petite taille des oursons nouveau-nés semble à première vue anormale, il faut reconnaître ici une des prévoyantes dispositions de la nature. En effet, si les oursons naissaient aussi gros que les petits d’autres mammifères, la mère ne pourrait les allaiter pendant deux mois et demi, au moins, au cours desquels elle ne mange, ni ne boit (*).
- Fig. 3. — Oursons de 4 mois photographiés au « Zoo » de Moscou en 1929.
- Les très jeunes oursons sont très sensibles au froid. Privés de leur mère, ils périssent au bout d’un quart d’heure, même si le froid n’est pas trop vif : la température de 0° suffit déjà pour les tuer. Seule la chaleur provenant du corps peut les sauver. C’est pourquoi, aussitôt qu’il a découvert des oursons nouveau-nés, le chasseur doit les mettre au chaud, sous la fourrure de sa veste. Il doit les garder ainsi sur la poitrine jusqu’à son arrivée dans un lieu bien chauffé. A la maison on les place dans un panier garni de chiffons de laine, on les recouvre également d’étoffes chaudes et on les élève facilement avec un biberon ordinaire.
- Une portée de deux oursons est toujours formée d’un mâle et d’une femelle. Toutes les portées de ti’ois oursons que j’ai pu observer étaient formées de deux mâles et d’une femelle. Il ne m’est personnellement jamais arrivé d’observer une portée de quatre. Les chasseurs qui eurent
- 1. Voir l’hivernage de l’ours brun de Russie. La Nature, 1er août 1930.
- cette chance rare manquèrent d’esprit d’observation et n’ont pu me renseigner.
- Le premier poil des nouveau-nés est de couleur café au lait, tirant sur le clair, avec un collier blanc. Au fur et à mesure que les petits grandissent et qu’un poil plus ou moins brun remplace le duvet, le collier blanc disparaît. Souvent, à trois mois, on ne voit déjà plus les dernières taches blanches entre l’épaule et le cou (fîg. 3 et 4). Cependant il m’est arrivé de tuer un ours de 4 ou 5 ans pesant environ 80 kg, dont la fourrure était presque noire et qui présentait deux taches beiges très claires entre l’épaule et le cou. Une femelle brune, âgée de G oxi 8 ans, dont le poids dépassait 100 kg possédait aussi deux taches pareilles, plus petites (fig. 5). Il ne s’agissait pas d’un frère et d’une sœur, car le mâle fut tué dans la province de Tambor et la femelle dans celle de Vologda.
- Le premier pelage des oursons est toujours plus foncé que par la suite. Ils le gardent jusqu’à l’âge de dix-huit mois environ où il commence à prendre sa vraie couleur qui se fixe définitivement la troisième année. Il semble qu’à un âge très avancé, l’extrémité du poil commence à grisonner, notamment aux épaules et à la collerette.
- Sauf des loutchaks (oursons de 11 à 24 mois) issus de la même mère et appartenant à la même portée, je puis dire que je n’ai jamais tué deux ours se ressemblant exactement. Au reste, aucune espèce de quadrupède sauvage n’offre tant de variétés individuelles que l’ours brun, non seulement dans sa fourrure, mais dans les proportions de son corps. Selon qu’un sujet sera plus noir ou plus brun, il présentera des différences de conformation. En ce qui concerne la fourrure, on peut observer toute une gamme de tons allant du noirâtre au beige-isabelle. Le poil brun est généralement le plus long, il dépasse considérablement le sous-poil-duvet. Le poil noir est généralement plus court et dépasse à peine le sous-poil-duvet. C’est chez les sujets dont la fourrure est noirâtre-acajou que j’ai observé le poil le plus court. Il faut noter qu’indépendamment des différences de conformation, c’est le poil plus ras des ours noirâtres qui allège leur silhouette, tandis que c’est souvent la longueur du poil des sujets bruns qui leur donne l’aspect lourd et comique que l’on sait (fîg. 6). Ainsi un ours noirâtre est ordinairement plus svelte de corps et sa tête plus fine. Il m’est arrivé de tuer un petit ours d’environ 75 kg, dont la fourrure était beige-isabelle, ce qui est peu commun. Je l’offris naturalisé au Muséum d’Histoirc naturelle de l’Université de Moscou, ainsi qu’une collection d’une vingtaine de crânes d’ours de divers âges rassemblés par moi.
- Je ne prétends pas établir ceci comme une règle absolue, mais mon expérience m’a appris que c’est l’ours brun-clair, fauve et roussâtre qui possède la plus mauvaise humeur. En effet, à la chasse, il nous a toujours attaqué, mes compagnons ou moi, quand il n’avait pas été tué net du premier coup. Parmi ces ours agressifs, il se trouvait même des animaux de petite taille, c’est-à-dire jeunes, par exemple : une femelle de 50 kg et un mâle de 80 kg à peine. Le plus grand de ces mauvais sujets rous-sâtres qui pesait plus de 240 kg a failli me tuer (fig. 7).
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- Bien que la femelle possède six mamelles, c’est avec les deux mamelles supérieures qu’elle nourrit.
- Ces deux mamelles seules sécrètent le lait, ce qui est facile à vérifier à la chasse quand une mère a été tuée. Les quatre autres mamelles ne donnent pas de lait. Toutefois mes observations ont porté seulement sur des femelles ayant deux oursons, cas le plus fréquent; j’ai tué des femelles ayant trois loutchaks, jamais une femelle ayant trois nouveau-nés vivants. En examinant cependant très attentivement les mamelles des femelles qui avaient trois loutchaks je trouvais toujours les deux mamelles supérieures seules développées. Profitant de cette circonstance, des paysans laisses ont accoutumé de prétendre qu’une ourse possède la même poitrine qu’une femme. En réalité, les mamelles les plus développées, même chez la plus grande ourse, sont si petites que l’on ne saurait les comparer même à celles d’une chienne (fig. 8). C’est ce qui contribue à faire croire que les mamelles d’une ourse sécrètent le lait juste en quantité nécessaire pour maintenir la vie des oursons, sans affaiblir la mère, qui se trouve dans un état de jeûne absolu.
- A la suite de mes expériences d’élevage au biberon, je crois que la mère n’allaite guère plus de trois mois; dès que les petits sortent de la tanière, elle les habitue à chercher leur nourriture dans la forêt. En effet, les oursons élevés au biberon mangent aisément la bouillie de semoule à la fin de leur deuxième mois. Tous les ours, mâles et femelles, se ménagent pour hiverner un gîte bien conditionné, mais aucun, même une mère accompagnée, ne possédera un repaire pendant les autres saisons de l’année. Dès la sortie de la tanière, elle habitue ses petits à une vie errante et à la recherche de leur nourriture.
- La mère garde ses oursons près d’elle au moins quinze mois, c’est-à-dire qu’après avoir quitté sa tanière au printemps avec ses petits âgés d’environ trois mois, elle les garde tout l’été, tout l’automne et que pour hiverner elle s’installe avec eux dans sa nouvelle tanière.
- Quelquefois après être sortie de la tanière où ils étaient nés, elle retrouve et adjoint à sa famille un ourson de sa précédente portée, c’est-à-dire âgé d’environ 26 mois et pesant 40 à 50 kg. Le rôle de ce grand garçon consistera à aider sa mère à surveiller ses cadets. Je diâ ce grand garçon car, contrairement à ce que l’on pourrait supposer, cet ourson appelé en russe « pestoune » est toujours un mâle. Au seuil de l’hiver, il s’installera dans la nouvelle tanière avec la mère et ses loutchaks.
- Une ourse n’a donc de petits que tous les deux ans. Ce fait, joint à la pratique croissante du déboisement,, condamne l’ours à une disparition assez prochaine.
- Certains chasseurs affirment que si l’on dérange une ourse, mère de nouveau-nés, elle quitte sa tanière en les abandonnant et que, même non poursuivie, ni blessée, elle ne revient jamais auprès d’eux. Non seulement il ne m’est jamais arrivé d’observer ce fait, mais au contraire mon expérience m’a prouvé qu’une ourse défend toujours ses petits. Par contre, personne ne conteste l’attachement et le dévouement de l’ourse à ses rejetons lorsqu’ils ont plusieurs mois. Son dévouement mérite
- Fig. 4. — Ourson apprivoisé âgé de six mois. On voit encore son collier
- blanc.
- l’admiration, car elle ne cherche jamais à se sauver et, faisant crânement face au chasseur, se sacrifie toujours pour défendre ses oursons. C’est une règle absolue qu’une mère de loutchaks attaque le chasseur, même sans avoir été blessée. Si une famille composée de la mère et de ses loutchaks réussit à quitter la tanière en échappant aux balles des chasseurs et que ces derniers se mettent à leur poursuite, ils peuvent être sûrs de trouver bientôt en face d’eux la mère leur barrant la route. Leur nombre n’arrêtera nullement la bête. Dans un village de la province de Yologda, j’ai vu sept chasseurs paysans qui avaient passé ainsi par les pattes d’une ourse. Heureusement pour eux, ils étaient braves : pendant que l’ourse en renversait un, tous ses camarades, sans fuir, la frappaient à coups de crosses, de haches et d’épieux; l’ourse lâchait sa victime et se jetait sur le plus proche, et ainsi de suite, chacun d’eux y passant à son tour. L’un d’eux resta avec un œil crevé, un second avec un bras paralysé
- Fig. 5. — Une ourse abattue par l'auteur, montrant deux taches beige très clair entre l’épaule et le cou.
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- et les autres gardèrent comme souvenirs des cicatrices moins graves, soit sur le corps, soit au visage.
- Si l’ourse est une mère-modèle, infiniment dévouée et qui sacrifie toujours bravement sa vie pour défendre sa progéniture, elle est en même temps une mère extrêmement sévère. Les pauvres oursons ont à s’efforcer d’oublier le nombre de gifles qu’ils reçoivent à la moindre désobéissance. Le « pestoune » non plus n’échappe pas à ce règlement et 1a. moindre faute commise envers les jeunes frère et sœur, lui vaut immédiatement une bonne raclée.
- Les oursons de trois à quatre mois, en suivant leur mère, marchent généralement l’un à côté de sa cuisse droite, l’autre à côté de sa cuisse gauche. Il semble, qu’après leur avoir en quelque sorte expliqué la nature et surtout la faune et la flore, la mère les exerce à pratiquer le système D. En effet, les oursons d’environ six mois ne la suivent pas à proprement parler : ils marchent seuls, mais... elle se tient toujours derrière eux. Quand la famille accomplit un trajet plus ou moins
- Fig. 6. — Ours tondu, d’après Buffon.
- long, ces oursons ne sont plus collés aux cuisses de leur mère, mais marchent l’un à côté de son épaule droite, l’autre à côté de son épaule gauche. Parfois les deux oursons marchent de pair* en avant, mais tout près, protégés par la poitrine et la gorge de leur mère.
- Il me semble que la femelle met bas pour la première fois à l’âge de quatre ans. Le poids de l’ours s’accroît à raison d’environ 16 kilos par an jusqu’à un certain âge : dix ans ou quinze ans, après lequel l’accroissement se ralentit ou s’arrête. Un loutchak, c’est-à-dire un ourson de douze mois, peut peser 16 kg; un pestoune de trois ans pèse près de 50 kg. Or, j’ai tué deux femelles accompagnées de leurs loutchaks, c’est-à-dire ayant mis au monde leurs petits depuis un an, dont l’une pesait 50 kg et l’autre 70. Brehm (La vie des animaux illustrée) commet donc une erreur en fixant à six ans l’époque de la maturité sexuelle de la femelle. Le fait qu’une ourse-mère retient comme nourrice sèche auprès de ses oursons un pestoune toujours mâle et non femelle indique
- aussi,,à mon avis, que les jeunes femelles sont destinées à remplir leur maternité de bonne heure.
- De tous les sens, c’est l’ouïe qui est le plus développé chez Tours. Il intercepte de très loin le moindre bruit insolite. Des expériences faites par des naturalistes prouvent qu’un ours saisit à environ cent mètres le bruit d’une branche cassée, minuscule, dont le diamètre égale à peine celui d’un crayon! L’odorat vient ensuite. Dès qu’il a perçu un bruit, l’ours tourne sa tête dans celte direction et se renseigne sur son origine, en remuant les narines et en aspirant l’air. Par contre sa vue est relativement restreinte et je le croirais un peu myope. En effet, poussé par une battue, il avance généralement sans tourner la tête à droite et à gauche, et s’il s’arrête, ce n’est pas pour mieux regarder, mais pour mieux dresser les oreilles et pour flairer. Blessé il fonce ordinairement dans la direction d’où est parti le coup de feu. Mais il lui arrive de se jeter avec furie sur la première souche rencontrée ou sur quèlque. arbrisseau résineux, ce qui tendrait à prouver qu’il voit assez mal. Comme tous les animaux supérieurs, comme l’homme ou le chien par exemple, l’ours a le sens du goût assez raffiné. Apprivoisé, délicatement nourri, non seulement il refuse toute la nourriture habituelle de ses frères sauvages, telle que glands de chêne, cèpes crus ou baies du sorbier, mais il exprime encore par des grognements son mécontentement quand on les lui offre. Il réserve sa faveur aux produits les plus savoureux de la forêt, tels que les fraises, les framboises et le miel.
- Il nage admirablement et il grimpe aux arbres avec l’agilité d’un chat. Les oursons et les jeunes ours aiment à grimper sans aucune nécessité, mais plus ils vieillissent moins ils s’adonnent à cet exercice. L’ours âgé ne grimpera aux arbres que pour démolir un nid d’abeilles ou de guêpes. J’ai remarqué qu’ils aiment surtout monter sur les tilleuls, lors de leur floraison, évidemment à cause du parfum mielleux des fleurs et des abeilles qu’elles attirent. Un jeune ours apprivoisé monte souvent sur un arbre quand il est très importuné par des chiens domestiques. Bien installé sur les branches il y reste parfois plus d’une heure.
- Une longue expérience personnelle, ainsi que des études et enquêtes méticuleuses, me permettent d’affirmer catégoriquement que le rôle joué par l’ours dans la famille des carnivores est tout à fait insignifiant. D’ailleurs, Brehm exprime la même opinion en disant : « sa dentition indique un omnivore, il n’est donc carnassier que jusqu’à certaines limites »; de même que Cuvier : « malgré leur force exti'ême,ils ne mangent guère de chair que par nécessité ». Ce n’est que chez cinq ours seulement parmi les 92 figurants dans le total des animaux abattus adultes au cours de mes chasses, que je découvris, en examinant leurs intestins, des poils d’animaux domestiques. Tous les cinq étaient des mâles, dont le plus petit pesait 240 kg et le plus grand près de 400 kg. L’ours se nourrit généralement de cèpes, de baies, de fruits, de glands, de noisettes, de racines. Il est très friand de miel et des épis verts de l’avoine avec ses grains lactés. Il mange aussi les gros vers blancs qui détruisent les souches de résineux, les four-
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- Fig. 7.'— Un beau tableau de chasse de l'auteur.
- A droite, ourse brune de 120 kg; à gauche, ours noirâtre de 260 kg. au milieu, un ours roussâtre de 240 kg qui avait failli tuer son chasseur.
- mis et leurs larves, ainsi que les grenouilles et têtards.
- L’ours possède une force terrible. Une personne même peu compétente en anatomie et en physiologie peut le constater facilement en voyant les muscles énormes d’un ours dépouillé. Ses pattes de devant, mues par de tels ressorts et munies de griffes formidables, sont des leviers auxquels aucun être vivant ne peut résister. Une bonne tajie d’un ours de plus de 200 kg sur le crâne d’un homme suffirait à le mettre littéralement en bouillie comme une pastèque frappée avec un maillet. Un coup labourant ouvrirait le corps humain en deux. J’ai vu un grand taureau abattu par un ours ; en lui appliquant une patte derrière les cornes et en enfonçant les griffes de l’autre patte dans son épaule, l’ours le fendit presque en deux. L’épaule, l’omoplate et les côtes étaient arrachées et désarticulées, les vertèbres du cou rompues. 11 est vrai que cet ours, que je tuai deux ans plus tard, pesait près de 400 kg.
- Si l’ours a cette force redoutable, un esprit intelligent et rusé, il possède un caractère extrêmement pacifique.
- Non seulement il ne cherche pas noise à l’homme, mais même rencontré occasionnellement dans la forêt, il n’attaque jamais sans provocation. Bien que l’acte de faire déguerpir l’ours de sa tanière constitue déjà une grossière provocation, il n’attaque jamais ses agresseurs, sauf dans des cas tout à fait exceptionnels et encore faut-il en chercher la cause dans son expérience passée. Même légèrement blessé, un ours petit ou moyen préfère
- ordinairement s’en aller plutô’t que de chercher à se venger. Mais un vieil et grand ours, qui a son opinion faite sur l’homme son persécuteur, pardonne rarement une fois blessé. Cependant il n’emploie jamais de procédés perfides : détours et embuscades, attaque à l’improviste de côté ou par derrière, procédés usités par tous les félins. Il attaque toujours franchement et loyalement face à son adversaire.
- ~~ Les ours sont très résistants aux blessures, même les plus graves, et c’est ce qui constitue le danger de leur chasse, car si une balle bien placée dans la tête les abat immédiatement, un projectile, même explosif, dans les poumons, le foie ou les intestins leur laisse encore assez de force pour tuer, avant de mourir, le Fig s chasseur maladroit.
- Remarquons cependant que l’ours ne mange jamais j’hom; me ; même quand il rencontre, par hasard, dans la forêt, un cadavre humain, le plus souvent il l’enterre et le recouvre de branches mortes.
- W. Kazeeff.
- Les mamelles de l’ourse :
- en haut, ourse n'allaitant pas; en bas, ourse nourrice (grandeur naturelle).
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- LES CATAPULTES A AVIONS EN ANGLETERRE
- Fig. 1. — Catapulte à air comprimé et tube télescopique lançant un avion.
- (Ph. Keystone.)
- On se souvient que le premier avion des frères Wright, amené en France ep 1908, était lancé à l’aide d’une catapulte. Ce mode de lancement fut vite abandonné : on trouva plus pratique d’utiliser le système propulseur même de l’avion pour „faire rouler l’engin sur le sol et lui faire prendre la vitesse nécessaire à l’envol. C’est le procédé encore employé sur l’immense majorité des appareils. Est-ce à dire qu’il soit parfait ? Il a de sérieux défauts : il exige un vaste terrain d’envol soigneusement aménagé. Quand le terrain n’est pas parfait, les cahots au départ soumettent l’avion à de rudes efforts; enfin le décollage, surtout pour les appareils lourds, prend un temps appréciable.
- Aussi assistons-nous à un curieux revirement en faveur de la catapulte; pour les avions qui doivent prendre leur vol du pont d’un navire, c’est le seul procédé pratique; il a donc fallu étudier et mettre au point des catapultes, pour les navires de guerre d’abord, et aussi pour les
- Fig. 3; — Le treuil à air comprimé pour lancement d’avions. (Ph. Daily Mirror.)
- paquebots qui emmènent à bord de petits hydravions.
- Voici qu’on songe à nouveau à utiliser à terre ces engins. Le Royal Aircraft Establishment d’Angleterre à South Farnborough a essayé, cette année, des catapultes destinées au service terrestre; elles sont mobiles, organisées de façon à se déplacer aisément avec tous leurs accessoires. On estime qu’elles sont appelées à rendre de grands services à l’aviation militaire et que l’aviation commerciale elle-même en tirera un utile parti.
- L’appareil consiste en une poutre de lancement, orientable dans tous les sens et sur lequel peut rouler un berceau portant l’aéroplane à lancer. Ce berceau est relié à l’extrémité d’une sorte de canon télescopique : 3 cylindres, remplis d’huile, au repos rentrent l’un dans l’autre; pour lancer l’avion, on soumet l’huile à l’action d’air comprimé contenu dans des bouteilles; l’huile passant d’un cylindre dans l’autre force ce tube télescopique à se déployer rapidement. Le berceau roule à grande vitesse sur le chemin de roulement et l’avion prend son
- Fig. 2. — Le départ d’un avion lancé à l’aide d’un treuil à air comprimé. (Ph. Daily Mirror.) «
- vol (fig. 1). On remet le tube en batterie en appliquant la pression de l’air comprimé à l’autre extrémité du tube : l’huile est refoulée et les éléments du tube rentrent l’un dans l’autre.
- Un autre système a également été essayé, destiné plus particulièrement aux avions lourds. Ici l’avion est placé sur un berceau roulant sur le sol : le berceau est halé au moyen d’un cabestan à air comprimé; il vient, au bout de 30 mètres environ, heurter un butoir qui arrête brusquement sa course. L’avion continue la sienne : il est lancé. Les bouteilles d’air comprimé destinées à alimenter le moteur sont montées sur une remorque spéciale (fig. 2 et 3).
- Ces appareils donnent beaucoup plus de souplesse que par le passé à l’emploi des avions, en les affranchissant partiellement des sujétions du terrain de départ.
- A. T.
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- UN NOUVEAU PROCÉDÉ :_-ZZU DE REPRODUCTION PHOTOGRAPHIQUE
- DES DOCUMENTS
- Les procédés photographiques sont ceux qui se prêtent le mieux à la reproduction des documents, en vraie grandeur, en agrandissement ou en réduction. Le plus souvent on a recours, pour ces travaux, à un appareil photographique ordinaire, de format assez grand pour donner des clichés propres au tirage par contact. Ce mode opératoire présente divers inconvénients; il oblige notamment à utiliser des plaques qui, en raison de leurs dimensions, sont de £>rix élevé et à constituer des collections de clichés lourds et encombrants; les substitutions de surface sensible sont lentes et incommodes; enlin, la nécessité de passer par l’intermédiaire d’un négatif est une complication et une perte de temps.
- Avec le concours des anciens établissements Schram-baeh, la Société Lumière a réussi à donner à ce problème une solution rationnelle : les constructeurs ont établi un appareil semi-automatique, le Copyx, qui permet d’opérer sur papier et de réduire au minimum les manipulations ; les chimistes ont créé un papier spécial au gélatino-bromure d’argent, Ylcona, grâce auquel on peut, avec la plus grande facilité, obtenir des images positives directes.
- LE COPYX
- Le Copyx est établi en deux modèles qui ne diffèrent guère que par le mode de construction dé la chambre. Le premier (fig. 1) est rigide, mais comporte une allonge, de sorte que l’on peut néanmoins opérer à deux rapports différents, 1 et 7/10, ce qui suffit dans la plupart des cas. Le second (fig. 2) comporte un soufflet extensible et permet de travailler à divers rapports repérés d’avance et compris entre 1 et 2, entre 2/3 et 1/2. Dans les deux cas, l’objectif est un Eurygraphe Berthiot, d’une longueur focale de 250 mm, spécial pour travaux de reproduction; l’angle de champ atteint 80°; l’ouverture maximum étant limitée à F/12, on peut, sans précautions spéciales, obtenir des photographies parfaitement nettes d’objets épais de plusieurs centimètres.
- L’image projetée par l’objectif étant ici recueillie, non par une plaque ou un film utilisé ensuite par transparence, mais par un papier sensible dont l’impression est examinée directement, il a fallu prévoir un dispositif redresseur; celui-ci consiste en un prisme à réflexion totale qui est placé à la suite de l’objectif et rejette sur un plan vertical l’image du document qui, lui, est placé horizontalement.
- L’appareil est muni d’un obturateur à volet disposé en arrière du prisme et commandé par une poire pneumatique; la pose se fait en un seul temps, l’opérateur pouvant naturellement en faire varier la durée à volonté.
- Le Copyx est porté, suivant le modèle, soit par un pied métallique spécial d’une grande stabilité, qui est rendu absolument indéformable par une triangulation
- appropriée, soit par une boîte en bois; les positions relatives du documént, de la surface sensible et des organes concourant à la formation de l’image, étant repérées avec la plus grande précision, on obtient des reproductions extrêmement nettes et exemptes de toute déformation.
- Le Copyx est pourvu d’un magasin disposé pour
- Fig. 1. — Le Copyx, modèle à deux rapports.
- v- .
- l’emploi du papier en bandes de 24 cm de large sur 50 m de long; celles-ci sont fournies enroulées sur tube de carton.
- Pour charger, on engage d’abord le rouleau sur une bobine en laiton dont l’une des joues est amovible; cette opération préliminaire se fait au laboratoire obscur. La bobine, dont le contenu est préservé de la lumière par les joues et par une bande de papier noir de 2 rm de long enroulée au-dessus du papier au gélatino-bromure,
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- (* bbutee Jwireture
- /•i/ic/lts Je urne mjMmA
- Fig. 2. •— Le Copyx, modèle normal, à chambre extensible. Fig. 3. — Mécanisme du magasin du Copyx (élévation).
- Galet d'ouverture
- '-Sk Bec mobile \ \ de la pince
- Bobine
- Levier
- Papier impressionné
- peut ensuite être manipulée au jour, sans précautions spéciales. On la place en premier lieu sur un support provisoire, au-dessus du pan coupé du magasin; on engage le papier noir entre la glace (lig. 3) qui garnit la fenêtre d’impression et la plaque métallique destinée à assurer la planéité de la surface sensible et on déroule jusqu’à ce que l’extrémité de la bande ait dépassé le couloir d’environ 3 cm. On amène alors la bobine à l’intérieur du magasin, sur les deux traverses métalliques qtii lui servent de support définitif et on ferme l’appareil.
- Il suffit maintenant de faire osciller la manivelle entre deux butées (lig. 2) pour que la bande de papier soit saisie vers chaque bord par une pince, tirée et découpée en fragments correspondant chacun à la surface utilisée pour une pose.
- Ce résultat est obtenu au moyen d’un mécanisme qui comporte essentiellement deux leviers jumeaux calés sur l’arbre de la manivelle et dont une extrémité est pourvue d’une pince, alors que l’autre forme came et commande un couteau à lame dentée.
- Lorsqu’on amène la manivelle à la position I (fig. 3), le bec mobile de chacune des pinces heurte la rampe / et se rabat sur le bec fixe ; si à ce moment l’extrémité de la bande de papier est à 2 ou 3 cm au delà de l’issue du couloir, elle se trouve saisie. On tire ensuite le papier en faisant tourner la manivelle dans le sens de la flèche. Lorsque l’on arrive à la position II, un galet fixé à la queue du hec mobile de chacune des pinces entre en contact avec une rampe o, ce qui provoque l’écartement des mâchoires. On conçoit qu’en rendant réglable la position occupée par cette dernière rampe, on puisse faire varier l’amplitude du déplacement communiqué à la bande de papier et adapter celle-ci à la surface utilisée, lorsque l’on fait des copies de format moindre que 24 X 30. On a recours à un tel dispositif notamment lorsque l’on opère sur des documents étroits tels que les chèques ou lorsqu’on désire n’utiliser que la moitié inférieure du papier amené à la fenêtre d’impression : on obtient alors à volonté les formats 5 X 24 ou 15 X 24. La planchette d’objectif pouvant être décentrée suffisamment pour que l’axe optique soit ramené au centre de cette dernière surface, on travaille toujours dans d’excellentes conditions. Le bec mobile de chacune des pinces est bloqué dans la position soit d’ouverture, soit de fermeture, par un cliquet à ressort.
- Le mouvement de la manivelle continuant dans le même sens, vers la position III, les cames poussent le couteau et celui-ci sectionne le papier; le fragment libéré tombe dans un tiroir placé à la partie inférieure du magasin. Le couteau est porté par une plaque métallique capable de glisser horizontalement entre des galets de guidage ; deux ressorts antagonistes le ramènent en arrière à mesure que la came s’efface.
- Le tiroir peut, à tout instant, être extrait de l’appareil et utilisé pour transporter au laboratoire de développement des fragments de papier impressionnés; des volets permettent, en effet, de fermer, l’un le tiroir, l’autre l’ouverture du magasin à laquelle il s’adapte.
- Le magasin du Copyx est amovible et peut, éventuellement, être remplacé par un châssis simple lorsque l’on
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- désire obtenir une reproduction sur plaque négative.
- Le châssis porte-objet, qui est horizontal, est fermé vers le haut par une glace grâce à laquelle on peut, dans une certaine mesure, rendre plat le document à reproduire ; ce dispositif facilite notamment la photographie de pages de livre ou de registre. Ce châssis peut admettre des objets atteignant 48 X 60; lorsque l’on utilise la capacité maximum on est, bien entendu, obligé d’opérer en réduction, puisque le format du Copyx n’excède pas 24 X 30. Le porte-objet est mobile verticalement; dans le modèle à chambre rigide il peut occuper deux positions; dans celui à chambre extensible, il peut se déplacer le long de montants pourvus de repères de mise au point qui répètent ceux figurant à la base du chariot sur lequel est fixée la planchette d’objectif.
- On peut, avec le Copyx, travailler à la lumière du jour, mais il est bien préférable d’utiliser la lumière artificielle, beaucoup plus stable, qui supprime par conséquent tout aléa quant au temps de pose. A cet effet, l’appareil est pourvu d’un dispositif d’éclairage constitué par deux rampes garnies de lampes à filament en atmosphère gazeuse. Ces lampes sont branchées sur un circuit comportant une résistance qu’un inverseur permet d’éliminer au moment de l’opération; elles sont alors survollées de près de 30 pour 100, ce qui permet, à F/12, des durées d’exposition de 4 à 5 secondes, avec une consommation qui ne dépasse pas 800 watts. 11 convient d’ailleurs de remarquer que cette rapidité d’opération est surtout due aux qualités propres du papier Icona, créé spécialement pour la reproduction directe des documents.
- LE PAPIER ICONA
- La sensibilité de ce papier est dix fois plus grande que celle des papiers rapides au gélatino-bromure d’argent utilisés en agrandissement. Un essai sensitométrique (fig. 5), obtenu au moyen d’un coin Eder-IIecht à bandes colorées, à la lumière d’une lampe demi-watt, a permis de constater que le papier Icona est sensible à la plupart des radiations visibles. La sensibilité au bleu-violet étant prise pour unité, celles au rouge, au jaune et au vert s’élèvent respectivement à 0,035, 1,74 et 1,2 : cette émulsion est donc, à ce point de vue, absolument comparable à celle des meilleures plaques orthochromatiques.
- Avec le papier Icona, peu importe que le fond du document présente la teinte jaune des vieux papiers, qu’il s’agisse d’un calque sur ferro-prussiate, que le tracé soit bleu ou violet : il suffit de coiffer l’objectif d’un filtre jaune tel que le L.100 de Lumière, pour éteindre toutes les radiations dont la longueur d’onde est inférieure à 500 pi et obtenir des reproductions vigoureuses; le temps de pose est alors multiplié par 5.
- Le papier Icona présente une autre qualité non moins importante : il est inversible; autrement dit, le traitement chimique consécutif à l’exposition peut être indifféremment conduit
- Couteau j Galets
- Rampe d b u vertu ne
- Arbre de levier
- Levier
- Rampe d’ouverture
- Galets
- Fig. 4. — Mécanisme du magasin du Copyx (plan).
- de façon à donner soit un négatif, soit un positif.
- Dans le premier cas, on utilise l’argent réduit pendant le développement, le bromure d’argent restant est dissous à l’aide d’une solution d’hyposulfite de sodium; dans le second, on élimine au contraire l’argent réduit (fig. 8) et c’est en soumettant le gélatino-bromure restant à l’action d’un réducteur que l’on forme l’image définitive (fig. 9).
- Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce procédé n’est pas applicable à n’importe quel papier : seule,
- Fig. 5. — Comparaison sensitoméirique entre le papier Icona (à gauche) et un papier ordinaire au gélatino-bromure (à droite).
- Fig. 6. — Comparaison sensitométrique entre l’image simplement fixée (à gauche) et l’image inversée (à droite).
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- Argent réduit
- GéJatino bromure
- Emulsion
- Support
- Fig. 7. — Coupe\ de l’image obtenue "ir développement sur papier icona.
- une émulsion spécialement, préparée peut donner de bons résultats. Pour que le dépôt d’argent forme une image acceptable, il est nécessaire que son épaisseur soit, en chaque point, sensiblement proportionnelle à l’éclairement reçu ou à son inverse. Tant que l’on utilise l’image obtenue par la seule action du révélateur, cette condition est aisément remplie : il suffît que la durée d’exposition ait été judicieusement choisie, le développement étant, bien entendu, conduit correctement. Lorsque l’on inverse, il n’en est plus de même : il faut, en outre, que l’épaisseur de l’émulsion soit à très peu de chose égale à celle des grands noirs de l’impression initiale. Cette dernière condition est irréalisable avec les papiers ordinaires dont la couche sensible, beaucoup plus épaisse (fig. 10), donnerait naissance, par réduction après inversion, à une image excessivement sombre, sinon à un noir à peu près uniforme.
- La gradation de l’émulsion Icona est très étendue, grâce à quoi on parvient à obtenir par inversion un'rendu très satisfaisant des demi-teintes. Le temps de pose qui est, pour un positif direct, trois fois plus grand que celui qui est nécessaire dans le cas d’une image négative par développement suivi de fixage, doit en raison de la minceur de la couche sensible, être déterminé très exactement.
- Le développement du papier Icona se fait en cinq minutes, au moyen du révélateur suivant :
- Eau........................... 1000 cm5
- Génol............................ 1,4 gr.
- Hydroquinone..................... 5,2 —
- Sulfite de sodium anhydre..... 34 —
- Carbonate de sodium anhydre ... 23 —
- Bromure de potassium............. 0,5 —
- Le papier est ensuite lavé sommairement et plongé soit dans un fixateur ordinaire si l’on désire un négatif, soit dans le bain ci-après si l’on se propose, au contraire, d’obtenir un positif direct :
- Fig. 9. — Coupe de l'image obtenue par inversion sur papier Icona.
- Gélatine
- Gè/atino bromure
- Gélatine
- Fig. 8. — Coupe de l’émulsion de VIcona après dissolution de l’argent réduit.
- Eau.............................. 1000 cm3
- Permanganate de potassium .... 2 gr.
- Acide sulfurique à 66° B......... 10 cm5
- Il y est laissé jusqu’à disparition totale de l’argent réduit. Cette opération doit être commencée dans l’obscurité ou à une lumière inactinique; le traitement est achevé en lumière blanche. Les dépôts bruns de bioxyde de manganèse qui ont pu se former sur le papier au cours de l’inversion sont éliminés par passage dans une solution de bisulfite de sodium à 2 pour 100. Il suffit ensuite de rincer et de soumettre à l’action d’un réducteur, ou plus simplement du révélateur qui a servi en premier lieu : impressionné par la lumière blanche, le gélatino-bromure restant noircit rapidement et donne naissance à une image positive. On termine les opérations par le lavage habituel.
- Afin de comparer les résultats donnés par les deux modes d’emploi de F Icona, nous avons traité de chaque façon une feuille préalablement exposée sous un coin sensitométrique Eder-Hecht, en ayant soin de poser, pour la moitié destinée à être traitée par inversion, trois fois plus que pour celle destinée à être simplement développée : les images obtenues (fig. 6) montrent, d’une part, que la pose nécessaire est bien plus longue dans le cas du positif direct que dans celui du négatif; d’autre part, que l’inversion réduit notablement l’ampleur de la gradation, celle-ci restant cependant au moins aussi bonne que dans les papiers ordinaires au gélatino-bromure, ainsi que l’on peut aisément le constater, en comparant les moitiés droites des figures 5 et 6. Avec le papier Icona, le problème de l’inversion est donc résolu d’une façon véritablement satisfaisante.
- Les applications du Copyx sont déjà nombreuses; celle à laquelle on pense tout d’abord, la reproduction
- Fig. 10. — Coupe de l’image obtenue par inversion sur papier ordinaire au gélatino-bromure.
- Argent réduit
- Gélatine
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- rapide des plans et dessins sans passer par l’intermédiaire d’un calque, n’est peut-être pas la plus importante : il est certains autres emplois où le procédé procure des avantages plus grands encore. La préparation des catalogues illustrés, soit par reproduction de dessins ou de schémas, soit par photographie directe des objets eux-
- mêmes; la copie exacte, sans erreur possible, des pièces de comptabilité, des partitions musicales, des ouvrages rares et des documents confidentiels sont, avec le nouveau matériel, d’une extrême facilité.
- André Bourgain.
- GESTES DE FEUILLES ......
- QUELQUES REMARQUES SUR LES ” NYMPHEA
- Les « Nymphéa » ou « Nénuphars » sont des plantes aquatiques si connues parce que si communes au bord des étangs et des eaux dormantes (fig. 1), qu’il paraît inutile d’en détailler ici les caractères. Larges feuilles en cœur d’un beau vert foncé s’appliquant à plat sur le miroir de l’eau et provenant d’un rhizome enfoui dans la vase, belles fleurs jaunes ou blanches selon l’espèce
- (fig. 2) : jaunes et ressemblant à quelque grosse Renoncule (Nuphar lu-teum) ; blanches et ressemblant à quelque « Rose de Noël » fraîchement éclose, les fleurs des Nymphéa donnent aux eaux des lacs et des étangs tranquilles une parure royale et grave.
- Les Nymphéa, frères des Lotus égyptiens, sont parmi la gent aquatique végétale ce que le Cygne est à la gent aquatique animale.
- Mais ce n’est ni sur le bord des étangs, ni au Jardin des Plantes que je fis la première remarque qui devait exciter ma curiosité : c’est dans le jardin d’un vieil « ami des fleurs ».
- 11 aimait les Nymphéa et savait m’en faire goûter toutes les grâces. Il en avait garni tout le fond d’un bassin et la plante s’y était si bien installée que la surface de l’eau avait complètement disparu sous un tapis de larges feuilles.
- Ce que je vis, ce qui me frappa surtout, ce fut la sortie des feuilles naissantes à l’époque de la croissance active : Celles-ci sortaient de l'eau, roulées comme des cigares pointés vers le ciel et, après avoir crevé la nappe, de vieilles feuilles flottantes, restaient suspendues au-dessus de l'eau, ne se déroulant qu’à demi. On eût dit, pour employer le langage même de l’« ami des fleurs », « on eût dit que les jeunes feuilles, ne trouvant plus de place pour elles à la surface du bassin, attendaient qu’une place fût libre à côté de leurs sœurs et, se refusant à se coucher sur elles,
- restaient suspendues, à demi fermées, afin de ne pas trop leur voiler le soleil ».
- Je ne voulus point contredire le vieil « ami des fleurs » bien que ce « respect de la situation acquise » me semblât relever d’un anthropomorphisme un peu trop agressif. La vie de la Plante est d’ailleurs assez mystérieuse sans qu’il soit nécessaire de lui prêter des mobiles sentimentaux. Sans sourire préconçu je résolus de voir.
- Et voici ce que je vis.
- Fig. 2. — A gauche, nénuphar (Nuphar luleum) ; à droite, nymphéa (Nuphar alba).
- Le 15 avril, deux rhizomes de Nymphéa (un N. alba et un N. candida : variété du Nufar luteum fournie par le commerce) sont mis en pots et immergés sous 25 à 30 centimètres d’eau dans un baquet de bois à demi enterré à l’abri contre un mur. Dans cet espace restreint les larges feuilles du N. alba n’auront bientôt plus assez de place pour s’étendre et c’est alors que je pourrai suivre les gestes des feuilles naissantes.
- J’assiste à la sortie des premières feuilles dans la première quinzaine de mai ; trois feuilles d’un vert violacé qui se déroulent sous l’eau avant même d’avoir effleuré la surface et qui s’étiolent bientôt. Vers la fin mai seulement commence la croissance active. Un dicton horticole proclame qu’il ne faut pas sortir les orangers des serres avant que les Nénuphars ne s’étalent sur les eaux, car c’est alors seulement que la gelée n’est plus à craindre. Cette année-là, en effet, le dicton n’a pas menti.
- I. Il faut noter tout d’abord ceci : les feuilles de Nymphéa ne flottent pas librement à la surface de l’eau comme de petits radeaux amarrés au rhizome. Elles occupent chacune une place déterminée par la longueur eCla raideur de leur pétiole. Vient-on à les déranger de leur position ? Elles y reviennent mécaniquement grâce
- Fig. 1. — Les nénuphars.
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- Fig. 3. — Position des feuilles : a, le 2 juillet, b, le 3 juillet.
- à l’élasticité de leur amarre et ce sera même une des plus grosses difficultés opératoires que je rencontrerai dans le cours de ces expériences. La feuille reste où elle est et si on essaie de la grouper avec d’autres feuilles il faut prendre des précautions pour éviter qu’elle ne se dresse ou ne se renverse complètement.
- II. Dès le premier coup d’œil le mécanisme de la foliation m’apparaît nettement. Les feuilles sortent du centre du rhizome et s’élèvent verticalement ou presque. Elles arrivent à la surface de l’eau, s’y étalent, puis, par suite de l’allongement de leurs pétioles, s’éloignent aussitôt du centre du pied, laissant ainsi la place libre aux jeunes feuilles qui les suivront, une à une, à deux ou trois jours d’intervalle.
- Je remarque aussi nettement ceci : l’apparition d’une feuille nouvelle, sous l’eau, coïncide avec une violente poussée générale qui se manifeste par l’allongement des pétioles et, en conséquence, par l’éloignement des feuilles flottantes. Résultat : la feuille naissante trouve toujours, de ce fait, Veau libre au-dessus d’elle.
- III. Autre remarque et qui n’a pas une moins grande importance : l’eau n’est pas absolument nécessaire au développement des Nymphéa. — Une grande humidité de l’air leur suffit. Dans le jardin de mon ami quelques rhizomes ont végété entre les pierres de la margelle, au-dessus du niveau du bassin. Les feuilles qui naissent de ces rhizomes se développent à l’air libre mais s’y déroulent plus lentement, dressées vigoureusement au bout de leurs longs pétioles. Elles y perdent, sur la face inférieure, leur belle coloration rougeâtre (‘), mais deviennent aussi larges qu’à la surface de l’eau.
- Et ceci nous amène à cette déduction : lorsque les feuilles naissantes se dressent au-dessus de l’eau, parce qu’elles ne peuvent s’y poser, elles ne transgressent donc pas les lois de l’espèce. Elles ne font que s’adapter à des conditions nouvelles grâce à des moyens qui leur sont personnels.
- • *
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- Voici donc comment se pose le problème.
- 1° Pourquoi la feuille naissante, lorsqu’elle manque de p>lace, rejorend-elle subitement la marche à l’étoile, la
- Fig. 4.
- montée dans l’air libre ?
- 2° Pourquoi ne se pose-t-elle pas sur ses sœurs et se poserait-elle, dans les mêmes conditions, sur d’autres feuilles flottantes, d’origine étrangère?
- 1. A noter aussi : la plante à l’air libre ne lleui-it jamais-
- Je retrou ve dans mes cahiers de notes plus de cinquante expériences faites à Fontainebleau dans le cours de l’été 1928 pour essayer de répondre à ces deux questions. Je vais les résumer aussi succinctement que possible.
- IV. Le 2 juillet j’assiste à la naissance de la 8e feuille du pied de Nymphéa alba. Au matin, la feuille émerge par la pointe. Une feuille morte a été supprimée, il ne reste donc plus que six feuilles vivantes à la surface du baquet. C’est insuffisant pour couvrir sa surface entière. Pour restreindre artificiellement l’espace libre autour de la feuille naissante, je me sers d’une planchette souple a y que j’amarre à la surface de l’eau (lig. 3a). Je resserre ainsi dans cet espace étroit les feuilles flottantes A B C D E F.
- Le lendemain la feuille naissante (N) s’est étalée sur l’eau dans la position indiquée sur la figure (3 b). Les feuilles A et B lui ont laissé la place libre en venant se loger en A' et B' (L’allongement de leurs deux pétioles les a poussées et fait glisser contre la planchette.)
- V. Le 5 juillet je recommence une expérience identique à l’occasion de la naissance de la 9e feuille et j’observe les mêmes manœuvres (fig. 4).
- La feuille F née 2 jours plus tôt s’est logée en F' et la feùille A (geste que je n’ai pu revoir ensuite) s’est élancée par-dessus la barrière jusqu’en A' en sortant son pétiole hors de l’eau.
- Le lendemain la feuille naissante s’était étalée entre A et D, dans la position indiquée en noir.
- J’ai recommencé plusieurs fois cette expérience ; chaque fois que j’ai laissé aux feuilles flottantes une liberté d’action même restreinte j’ai obtenu le même résultat : les vieilles feuilles s’éloignaient, se groupaient contre le bord du baquet et së glissaient même les unes sous les autres pour laisser un champ libre à la feuille naissante.
- Explication anthropomorphique : intelligence de la Plante. Souveraine prévoyance de la Nature.
- Explication scientifique : Allongement simultané de tous les pétioles.
- Deux « explications » qui n’expliquent rien d’ailleurs.
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- L’idée me vint d’entraver complètement la liberté d’action de ces feuilles flottantes afin de voir ce que ferait la feuille naissante devant la dure nécessité de se poser sur une de ses sœurs.
- VI. Le 5 août, je lie ensemble, par le pétiole, en me servant d’une cordelette, cinq feuilles du même pied de Nymphéa alba (fig. 5). Je serre lé nœud coulant jusqu’à ce qu’elles viennent former une couronne serrée autour de la feuille naissante, encore submergée, mais qui va émerger le lendemain.
- Le lendemain elle émerge en effet. Elle s’est logée dans l’échancrure de l’une des 5 feuilles et la surplombe.
- Pendant plus de 8 jours je la verrai se dérouler très lentement, très lentement, mais je ne la verrai pas s’appliquer à plat sur la feuille flottante, sa sœur. Elle restera suspendue dans le vide, les bords hautement relevés (à 3 cm environ de hauteur.)
- Nul doute que cette façon de faire ne soit grandement
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- favorable à la feuille llottante qui reçoit ainsi sa ration de soleil.
- Trois expériences identiques à celle-ci me donnent les mêmes résultats : La feuille ne se pose jamais bien à plat sur les feuilles flottantes, qu’elles soient issues du rhizome qui la porte ou du rhizome voisin (Nymphéa candida).
- Une seule fois, le 17 juillet, j’assiste à un geste très curieux. A 7 heures du matin, je trouve une jeune feuille, née pendant la nuit précédente, posée bien à plat sur une de ses sœurs; mais vers 10 heures du matin, à l’instant où je venais pour la photographier, je m’aperçois qu’elle a. brusquement relevé ses bords à 2 cm de hauteur.
- Faut-il attribuer ce brusque changement d’attitude à l’influence de la lumière, de la chaleur solaire plus vives à cette heure ? Il y aurait de bien curieuses expériences à faire sur ce sujet.
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- * *
- Autre question : La feuille naissante se posera-t-elle sur une feuille étrangère flottant à la surface de Veau ?
- Fig. 6.
- Le reste de l’été ayant été marqué par un temps pluvieux et très froid ralentissant fortement toute végétation, je n’ai pu pousser aussi loin que je l’aurais voulu mes investigations de ce côté.
- VIL Une première fois,le 1er avril, j’avais vu une feuille naissante se poser et s’appliquer étroitement sur une feuille de rhubarbe que j’avais étalée derrière elle; devant elle se trouvaient deux feuilles-sœurs qu’elle évita de cette façon.
- VIII. Une deuxième fois, le 16 août, ayant cousu ensemble par les bords du limbe 5 feuilles coupées de grande Capucine (Tropeolum majus) et les ayant disposées autour d’une feuille émergeante, je vis nettement celle-ci, qui sortait comme à l’ordinaire se dérouler lentement, puis s’étendre bien à plat sur l’une des feuilles de Capucine et rester dans cette position comme si celle-ci n’existait pas.
- La feuille de Capucine, j’ai pu m’en assurer, est imper-
- méable et tout aussi insubmersible que la feuille de Nymphéa. Elle supporte le poids de la feuille naissante aussi bien que la feuille aquatique.
- IX. Je ne pus refaire cette expérience plusieurs fois comme je l’aurais désiré, mais par contre le 24 août j’en fis une autre qui me sembla très significative (lig. 6).
- Dans l’après-midi je réunis par un fil attaché à leurs pétioles 4 feuilles (A B C D) de N. alba et une feuille de Capucine E. Je les dispose en couronne autour de la feuille naissante (N.) qui sortait inclinée dans la direction de C.
- Le lendemain matin, la feuille naissante, ayant viré autour de son pétiole de 180° s’étalait sur la feuille de Capucine E.
- Les 3 feuilles B C D calées contre le bord du baquet n’avaient pu s’éloigner; mais la feuille A était venue se loger en A' laissant un espace libre entre elle et E.
- Le lendemain N s’était étroitement appliquée sur la feuille de Capucine. Elle y resta.
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- Dans le même ordre d’idées je fis les remarques suivantes.
- X. Si la feuille de Capucine est placée sur une feuille de Nymphéa flottante, la feuille naissante se comporte comme lorsqu’elle se pose sur Tune de ses sœurs ; elle conserve ses bords hautement relevés.
- XL Si la jeune feuille sort à demi posée sur 2 feuilles, Tune issue du même rhizome qu’elle, l’autre issue du rhizome voisin, elle relève également ses bords des 2 côtés-, mais si je retire sous elle la feuille du rhizome étranger je la vois, dès le lendemain, se coucher sur l’eau par un joli mouvement de bascule. De ce fait l’autre moitié de son limbe se soulève encore un peu plus (fig. 7) et reste pendant plusieurs jours dans cette position (hachurée sur la figure).
- XII. Si j’oblige la feuille naissante à rester ainsi, les bords relevés pendant plusieurs jours, en la maintenant sur Tune de ses sœurs et puis qu’ensuite je la replace à la surface de l’eau, je remarque qu’elle met plusieurs jours à dérouler son limbe et que celui-ci reste jusqu’à son étiolement très fortement cintré.
- Le limbe ne se serait-il pas tout simplement durci à l’air en se desséchant-
- Et si l’air possède ainsi le pouvoir de retarder le déploiement de
- Fig. 5.
- Fig. 1.
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- la feuille naissante, ne tenons-nous pas la clé du mystère tout entier ?
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- * *
- Cette action retardatrice de l’air sur le limbe, elle est évidente. Lorsqu’on cultive le Nymphéa en terre humide, mais sans eau, les feuilles dressées au bout de leurs longs pétioles ne se déploient qu’avec une extrême lenteur. Au laboratoire de physiologie végétale d’Avon, où j’eus le loisir de travailler pendant quelque temps, je vis que des Nymphéa cultivés dans ces conditions ne déroulaient leurs feuilles qu’après 15 ou 20 jours d’exposition à l’air. Sur l’eau, les feuilles des mêmes pieds se déroulaient au contraire aussitôt qu’elles apparaissaient à la surface libre.
- Ainsi le mystère de cette feuille « sentimentale », respectant les « situations acquises » pour employer les termes mêmes de mon vieil ami, ce mystère s’expliquerait ainsi.
- Lorsque la feuille naissnte sort du rhizome sous
- Fig. 8.
- Veau elle est enroulée sur elle-même. Elle se déploie très lentement à mesure que s’accroît son pétiole. Lorsqu’elle arrive à la surface de l’eau, la face supérieure du limbe se trouve seule en contact avec l’air, la face inférieure continue à s’imbiber d’eau. Résultat : la feuille reste souple et s’étale.
- Lorsque la feuille naissante rencontre un obstacle flottant à la surface, il en est tout autrement. Elle bute contre l’obstacle, se dresse (fig. 8) et le pétiole continuant
- sa poussée vers le haut c’est, cette fois-ci, la face inférieure du limbe qui quitte Veau et prend contact avec l’air en même temps que la face supérieure. Résultat : dessiccation ; durcissement du limbe; arrêt dans son déploiement.
- Lorsque la plante croît à l’air libre, c’est la face inférieure seule qui se trouve en contact avec l’air. Résultat : durcissement du limbe (peut-être commencement de lignification) et la feuille ne se déroule plus qu’en s’étiolant.
- Le durcissement du limbe sous l’action de l’air serait donc la cause efficiente du geste sentimental : la feuille resterait entr’ouverte au-dessus de ses sœurs parce qu’elle ne pourrait plus se dérouler.
- Le problème serait résolu, puisque c’est résoudre un problème biologique, dit-on, que de s’arrêter à son déterminisme.
- J’accepterais volontiers cette hypothèse vraisemblable, et qui semble en parfait accord avec les faits connus depuis les travaux de Julien Costantin sur diverses plantes aquatiques cultivées à l’air libre (disparition du tissu lacuneux; développement et renforcement des organes de soutien dans la tige et le pétiole, etc., etc.). J’accepterais sans réticences cette hypothèse vraisemblable si le colloque avec les faits ne m’avait offert quelquefois des gestes paraissant inexplicables d’aussi simple façon.
- Et d’abord celui-ci : pourquoi la feuille naissante se pose-t-elle sur une feuille étrangère et ne se pose-t-elle pas sur le limbe de ses sœurs ? Le fond même du problème est là, rien que là. Ai-je mal vu ? C’est possible.
- Ce que j’ai vu et bien vu, c’est le geste de la jeune feuille engagée déjà sur le limbe de sa sœur et qui virait de bord pour venir se poser sur l’eau même ou sur la feuille de Capucine que j’avais à dessein placée derrière elle.
- Ce geste me semble bien difficile à expliquer par un hydrotropisme, par une action directe de l’eau sur le limbe. J’ai d’ailleurs montré déjà l’impuissance de l’hypothèse «'action directe » en matière de tropisme.
- J’aurais voulu le revoir de nombreuses fois, ce geste; le mauvais temps ne l’a pas permis. L’année suivante j’ai dû partir. Trouverai-je maintenant le loisir nécessaire ? Je ne sais.
- Puisse un de ces jeunes chercheurs de diplômes que j’ai fréquentés jadis sous le verre des laboratoires reprendre la tâche où je l’ai laissée et l’achever lumineusement. J.-G. Millet.
- LES VOILURES TOURNANTES
- AUTOGYRES ET HÉLICOPTÈRES
- L’hélice est une machine qui de tout temps a reçu de nombreuses applications. Vers le milieu du xix© siècle, elle a conquis le domaine nautique. A la fin du xix® siècle, elle triomphait dans la propulsion des engins aériens. Dans le domaine aérien, il est une autre classe
- d’applications où l’hélice a fait également son apparition et qui prendra dans l’avenir une grande importance. Nous voulons parler des hélices sustentatrices et plus généralement des voilures tournantes utilisées aujourd’hui dans l’aviation, par quelques pionniers seulement.
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- Dans les estampes du siècle dernier, on rencontre souvent. des appareils aériens munis d’hélices sustentatrices évoluant à la fantaisie du dessinateur dans un ciel gentiment pommelé.
- Mais, hélas ! il y a loin du rêve à la réalité, et, étant données les difficultés du problème, il a fallu attendre bien longtemps la réalisation vraiment pratique d’un appareil à voilure tournante.
- Actuellement plusieurs solutions sont à l’essai. L’une d’elles, l’autogyre, est nettement sortie du stade expérimental et commence dans de nombreux pays (principalement en Angleterre et en Amérique) à intéresser la clientèle de l’aviation de tourisme.
- CLASSIFICATION DES APPAREILS A VOILURES T OURNANTES
- Nous adopterons la classification de M. Lapresle, ingénieur en chef au service des Recherches de l’Aéronautique, dans son Étude expérimentale des voilures tournantes, ouvrage particulièrement clair auquel nous nous reporterons dans la suite (*).
- D’après le mode de construction des appareils, on peut distinguer :
- 1° L’autogyre muni d’une hélice tractive, d’une voilure tournant folle en autorotation sous l’action du vent relatif dû au déplacement de l’appareil et de surfaces auxiliaires indispensables à l’équilibre et à la conduite de l’ensemble.
- 2° Les hélicoptères composés généralement de plusieurs hélices sustentatrices commandées par un moteur et chargées d’assurer la sustentation, la translation et l’équilibre de l’appareil, différentes variantes ayant été étudiées en adjoignant au système des plans ou des ballonnets ainsi que des hélices supplémentaires.
- Pour obtenir par les hélices une certaine poussée assurant la sustentation des appareils, on voit donc apparaître deux méthodes d’emploi bien différentes.
- L’une, l’autorotation, utilise entre la puissance fournie par le moteur de l’hélice tractive et la voilure sus-tentatrice, un relais très simple constitué par le vent relatif lui-même, sans aucune interposition mécanique, la rotation de la voilure autogyre et, par conséquent, la force sustentatrice étant fonction de l’incidence et de la vitesse de l’appareil.
- L’autre méthode, la rotation commandée, transforme, par l’intermédiaire d’engrenages, d’arbres et d’hélices, avec une certaine perte de rendement inhérente à tout système de transformation d’énergie, le mouvement de rotation du moteur en effort sustentateur, l’inclinaison de cette force devant théoriquement produire la translation.
- C’est M. de La Cierva, un inventeur espagnol, qui a eu le mérite de recourir le premier à l’autorotation; les appareils qu’il a construits et mis au point ont confirmé les espoirs que l’on mettait en elle.
- Nous nous étendrons donc plus particulièrement sur ce sujet réservant toutefois quelques lignes aux hélicoptères modernes actuellement à l’essai.
- Fig. 1. — Action d’un courant d'air sur une pale de moulinet.
- Les poussées sur le profil ont une résultante R dont l’inclinaison varie avec l’angle d’attaque du courant d’air.
- On sait en quoi consiste l’autogyre; c’est un engin, dont la partie inférieure est un fuselage d’avion ordinaire, avec hélice tractrice à l’avant, aile fixe, gouvernail. Mais l’aile supérieure est remplacée par une hélice à 3 ou 4 pales, tournant folle en autorotation.
- GÉNÉRALITÉS SUR L’AUTOROTATION
- Examinons tout d’abord comment se comporte un moulinet rigide à 2 pales, de gauchissement quelconque, lorsqu’il est soumis à l’action d’un vent perpendiculaire à son plan de rotation, c’est-à-dire parallèle à son axe. Ce cas est analogue à celui des moulins à vent
- (fig- *)• ,
- On sait que la somme des actions aérodynamiques de l’air sur un profil peut être représentée par une résultante R dont la position et l’inclinaison varient suivant l’incidence du profil. Il est commode de considérer les
- Fig. 2. — Mouvement d’un moulinet en autorotation. — Cas où l’appareil descend en chute verticale comme un parachute. Composition des vitesses de rotation et [de [translation donnant la vitesse résultante en grandeur et direction.
- (Quand la projection de la résultante R est en avant de NN', il y a rotation avant; quand elle est en arrière de NN', il y a rotation arrière).
- Axe des vitesses de rotation \
- Rotation Al
- ! W.
- Axe des vitesses
- de translation
- 1. Bulletin technique, n° 41, avril 1927.
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- Translation
- Fig. 3. — Mouvement d’un moulinet en auioroialion où l’axe de rotation est incliné de l'angle i sur le vent relatif.
- Composition des vitesses des sections A et B d’une pale rigide, se présentant transversalement, la vitesse d’avancement,, la section A avançant contre le vent, l’autre B reculant devant le vent.
- inclinaisons de cette résultante par rapport à la cord e du profil. On s’aperçoit qu’aux faibles incidences la résultante est en arrière de la normale NN', c’est-à-dire /\
- dans le secteur XON en Rt ou R„; puis, l’incidence augmentant passe par la normale et vient en avant de N N'
- dans le secteur O NY en R. pour les incidences moyennes :
- repasse ensuite en XON et peut revenir dans le sec-
- teur NOY en R2 pour les incidences voisines de 90° (fig. 1).
- Fig. 5. — Polaires d’autogyres comparées à ta polaire d’un disque de même surface.
- Polaires d’autogyres et du disque de même diamètre
- 0 Autogyre articulé 1 / a 2 pales
- / gauchissement+2f
- gauchissement nul
- 90 Traînées
- On conçoit donc que, suivant le profil utilisé et son gauchissement le long du rayon du moulinet, la projection de la résultante sera en avant de la normale ou en arrière, il pourra donc y avoir ou rotation avant ou rotation andère (fig. 2).
- A l’incidence 90°, c’est-à-dire le vent étant parallèle à l’axe, le moulinet se mettra à tourner dans un certain sens, à la suite d’une impulsion initiale pour vaincre les frottements, prendra pour une vitesse V du vent une vitesse tangentielle qui à la distance D de l’axe prendra
- la valeur
- o> =
- 7Z II 1 )
- lüT
- (en m. sec.)
- elle produira un elïort résistant : F = a tv D4 (a étant un coefficient dépendant du profil et de la distribution de profil employée le long du diamètre).
- Si nous inclinons maintenant l’axe du moulinet par rapport au vent relatif suivant toutes les incidences de 90° à 0°, l’autorotation se poursuivra jusqu’à de faibles angles.
- Pour une incidence quelconque i (fig. 3.) à un instant donné, supposons qu’une pale A avance contre le vent en lui présentant son bord d’attaque et que par symétrie la pale opposée B efface son bord de fuite, la composition des vitesses nous donne les vitesses résultantes W, et W, qui permettent de calculer les incidences réelles i et is>.
- Le rapport de la vitesse périphérique txnD à la vitesse de translation V croît rapidement à partir des faibles angles jusqu’aux incidences moyennes de 25 à 30° pour se maintenir jusqu’à 90° à une valeur sensiblement constante (fig. 4).
- Rotation avant
- Fig. 4. — Mouvement d’un auloggre. Valeur du rapport de lâ vitesse périphérique -rc n D à la vitesse de translation V suivant l’incidence i. — (Ces courbes établies pour un autogyre à 4 pales montrent l’influence de l’impulsion qui à l’origine du mouvement détermine le sens de la rotation).
- Ce rajîport
- tziiD
- V
- nous servira de critère de comparai-
- son entre les essais relatifs à un moulinet de diamètre D *
- et un autre de même famille, mais de diamètre Dr Les paramètres constructifs : profil, pas, largeur et nombre de pales jouent un rôle dans la résistance à l’avan-
- cement le rapport
- tziiD
- V
- intervient dans les phéno-
- mènes d’autorotation.
- Il a été montré que les faibles pas donnaient une résistance très grande comparable à celle du disque de même diamètre balayé par le moulinet, on a donc grand intérêt , à les utiliser dans les rotors d’autogyres.
- Comparons maintenant sur la figure 5 les polaires d’un autogyre rigide à 4 pales, d’un autogyre articulé à 2 pales et d’un disque plan essayés au laboratoire, nous pouvons en tirer des conclusions intéressantes.
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- Courbes des poussées en fonction de l'incidence.
- 100 Cz maximum
- Cellule mixte aile + autogyre
- 100 Cz maximum
- 100 Cz max
- Aile a fente
- Aile normale
- Axe des incidences
- Fig. 6. — Comparaison d’une cellule mixte, aile et autogyre, avec une aile à fenle et une aile normale, à J’aide de la courbe des poussées en fonction de l’incidence.
- Pour l’aile normale, peu après l’incidence correspondant au maximum de 100 Cz, la poussée ou portance tombe brusquement (perte de vitesse). Pour l’aile à lente, la chute de sustentation a lieu à une valeur supérieure de l’incidence, et permet une meilleure utilisation du profil, mais reste brutale.
- Pour la cellule autogyre, la portance est beaucoup plus élevée et la baisse de sustentation, après l’incidence correspondant au maximum, est progressive.
- Pour la plupart des incidences normales de vol, la polaire d’un autogyre suit de très près celle du disque de même diamètre — sauf en ce qui concerne le maximum du coefficient de portance 100 Cz qui est nettement plus élevé pour le disque que pour l’auto-gyre-
- Contrairement aux ailes d’avions qui, comme le montre la courbe 100 Cz en fonction des incidences, accusent un effondrement brusque de la portance à l’incidence qui correspond à la valeur maximum de 100 Cz, l’autogyre voit sa portance ne décroître que lentement et régulièrement après cette incidence critique (fig. 6).
- A l’incidence de 90°, c’est-à-dire lorsque le vent est perpendiculaire au plan de rotation, cas qui se présente lorsqu’un autogyre tombe en chute libre, la résistance à l’avancement est telle que la voilure tournante fait l’office d’un véritable parachute.
- En ce qui concerne le poids de l’appareil, l’autogyre offre de sérieux avantages; il permet, en effet, avec un rotor à 2 ou 4 pales, de poids réduit, d’obtenir une sustentation sensiblement égale à celle que fournirait une aile de surface équivalente à celle du disque balayé; cette aile pèserait certainement 2 ou 3 fois plus que le rotor de l’autogyre.
- Mais c’est surtout au point de vue aérodynamique qu’apparaissent les multiples avantages de cet appareil.
- Quand, en vol, à bord d’un avion ordinaire, survient une panne ou qu’il faut atterrir sur un petit terrain bordé d’obstacles, le pilote se trouve dans une tragique alternative : ou atterrir en piquant et probablement briser son appareil contre les obstacles, ou essayer de le cabrer le plus possible pour le freiner, au risque de se mettre en perte de vitesse pour une légère erreur d’appréciation. L’autogyre, par contre, permet de prendre quelque liberté avec les angles d’incidence.
- Le risque de perte de vitesse y est pratiquement éliminé et l’on peut donc atterrir à des angles de 30° et 35°. Comme la finesse de l’autogyre est très mauvaise à ces angles, l’appareil est considérablement freiné et se pose dans un petit espace presque sans rouler
- (fig- 7).
- De plus, en cas de vol dans les nuages et le brouillard, alors qu’un avion normal risque de se mettre en vrille s’il ne possède * pas d’appareils de navigation suffisants, le pilote d’autogyre peut laisser descendre son appareil en toute sécurité sans que celui-ci prenne de dangereuses positions.
- Enfin, au point de vue pilotage, la constance de la résultante, principalement ap-
- pliquée au moyeu du rotor, rend l’appareil particulièrement stable, ce qui doit permettre de le confier sans aucun danger aux pilotes de tourisme débutants.
- Comme contre-partie à ces avantages incontestables, quelques difficultés, qui semblent résolues maintenant
- Fig. 7. — Comparaison de l’autogyre et de l’avion.
- I. Autogyre et avion en vol normal.
- II- — Atterrissage normal de l’autogyre (lorte incidence, vitesse très réduite). Atterrissage de l’avion à 25° (angle dangereux), risque de perte de vitesse, grande longueur de roulement).
- En vol
- Autogyre
- *0* Horizontale
- ummmmmmm/jmmtwiTm.
- Perte de vitesse
- Limite dangeureuse
- Avion
- Horizontale
- wmimmrmmiïmnmmïïmmmfmm,
- * * *
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- Polaires, finesses d'un avion normal, d'un avion muni de fentes, d'un avion avion autogyre.
- Avion avec autogyre
- Avion avec aile à fentes
- Avion normal
- Axe des 100 Cx
- 120 Trainées-—«-
- Fig. 8. — Comparaison des polaires et des finesses d’un avion normal, d’un avion à fentes,
- d’un avion avec autogyre.
- Trois quantités lisibles sur une polaire caractérisent un appareil. 1° La résistance minimum (100 Cx minimum) qui donne un aperçu de la vitesse maximum que l’appareil atteindra;
- Cz . \
- — maximum qui juge ia valeur économique de l’avion; Cx j
- 3° la portance maximum (100 Cz maximum) qui intervient dans l’angle et la vitesse d’atterrissage.
- 2° la finesse maxima
- par M. de la Cierva, se présentent au cours des essais expérimentaux.
- C’est d’abord le manque de finesse qui apparaît sur la polaire de la figure 8, cette finesse (CzjCx), d’après l’essai de laboratoire, est de l’ordre de 4 à 5 alors qu’une bonne aile donne 18 à 24 suivant le profil et l’allongement, soit 10 à 14 pour l’avion complet. De plus le moment aérodynamique d’un autogyre rigide étant particulièrement élevé et difficile à compenser, il y a nécessité d’avoir des empennages relativement plus importants que ceux des avions normaux. M. de la Cierva a tourné la diffi-
- Fig. 9. — Le décollage du nouvel autogyre C-24 de The Cierva Autogyre (Phot. obligeamment communiquée par la revue Flighl.)
- culté en articulant les pales qui ne travaillent de ce fait qu’à l’extension sous l’action de la force centrifuge et encaissent facilement les perturbations locales dues aux coups de vent.
- Parmi les appareils utilisant l’au-torotation, il faut citer ; d’abord, les autogyres La Cierva — qui aujourd’hui ont fait largement leurs preuves, — puis le clinogyre Odier-Bessière, qui a fait l’objet d’études très poussées.
- LES AUTOGYRES LA CIERVA
- Les premiers essais de Juan de la Cierva remontent à 1922. La Nature ayant rendu compte des diverses étapes de cette invention (n° 2819, 15 octobre 1929), nous n’indiquerons ici que les derniers perfectionnements apportés à l’appareil. De progrès en progrès, celui-ci est arrivé à la période où, parfaitement mis au point, il peut rechercher une clientèle.
- En fait, le nouvel autogyre à conduite intérieure C.24, qui a été présenté ces temps derniers en Angleterre, va incessamment être lancé sur le marché.
- Les autogyres expérimentaux de type ancien C.19, qu’il nous a été donné de voir, soit dans les meetings, soit au Congrès de la sécurité à Orly, l’an dernier, où des démonstrations probantes d’atterrissage sur place ont été faites, possédaient les caractéristiques suivantes.
- Un rotor à 4 pales de 9 m 14 de diamètre liées entre elles par des cordes à piano pour limiter les débattements —- un fuselage biplace côte à côte ou en tandem — une petite aile supportant les ailerons et partageant avec le rotor la charge de l’appareil — un déflecteur d’empennage servant à faire démarrer la voilure, en dirigeant sur ses pales l’air brassé par l’hélice tractive. La voilure en effet tourne à 120 tours minute au moins pour permettre le décollage.
- Pour un poids total de 635 kg, la vitesse commerciale était de 130 km-h et des descentes parachutales à 5 mètres par seconde ont été enregistrées.
- Le nouvel autogyre à conduite intérieure C.24 (fig. 9, 10, 11) dessiné par le bureau d’études de la Cierva Autogiro Cy et construit par la firme De Havilland, spécialiste des avions de tourisme et créateur des avions bien connus « Moth », « Puss-Moth », et des moteurs « Gipsy », comporte des perfectionnements importants. Le rotor est à 3 pales cantilever. Il a été débarrassé de toute liaison par câble pour permettre de replier les pales, un système de démarrage mécanique par embrayage à disque permet de lancer la voilure beaucoup plus commodément qu’autrefois, tandis qu’un frein à
- c* Ltq.
- TT
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- extension peut la freiner rapidement, la conduite intérieure, le mât-support, le moteur inversé et le fuselage sont soigneusement profilés — une petite roue placée à l’avant empêche tout capotage. — L’ensemble est pratique et de formes élégantes. Bien que ses performances officielles avec le moteur 120 ch Gipsy II! ne soient pas publiées, sa vitesse maximum doit être de l’ordre de 190 km, sa vitesse de croisière de 160 km et sa vitesse minimum d’environ 45 1cm, ces résultats prometteurs lui présagent un brillant succès.
- L’ancien modèle C. 19 bénéficie également du nouveau
- LE GYROPTÈRE CHAUVIÈRE
- Réalisé par un constructeur d’hélices, cet appareil procède à la fois de l’autogyre et de l’hélicoptère. Sa voilure tournante à 4 pales doublement articulées peut être en effet entraînée soit en autorotation, soit en rotation commandée par l’intermédiaire d’un embrayage à glissement et engrenages coniques pour transmettre une partie de la puissance du moteur de 270 ch. Malheureusement, comme aucune aile fixe n’était prévue, et malgré l’adjonction de 4 volets latéraux pour compen-
- Fig. 10.
- Deux autogyres La Cierva C-24 et C-19 en vol. (Phot. obligeamment communiquée par la revue Flight.)
- rotor et voit ses performances améliorées de ce fait, la figure 11 montre le repliement des pales pour les soustraire à l’action du vent quand l’appareil est au repos.
- Mais 1’évolution de l’autogyre ne s’arrêtera pas aux avions de tourisme et M. de la Cierva, poursuivant ses recherches, se propose d’étudier prochainement des autogyres de dimensions beaucoup plus importantes. Des constructeurs américains qui ont acheté la licence La Cierva travaillent également de leur côté à différents perfectionnements, et l’autogyre à moteur arrière va prochainement effectuer ses essais.
- ser le couple, la stabilité deTappareil était très précaire et n’a pas permis de l’essayer ën vol.
- LE CLINOGYRE ODIER-BESSIÈRE
- Exception faite pour M. Chauvière et son gyroptère l’autorotation a été fort peu étudiée en France. Deux ingénieurs français, M. Odier, constructeur d’appareils d’aviation et directeur de l’Ecole spéciale des Travaux aéronautiques, et M. Bessière, l’inventeur bien connu de la fameuse grenade V. B. (Vivien-Bessière) et mathématicien éminent, ont étudié un accessoire, le clinogyre qui, monté -sur les avions à ailes surbaissées, doit sup
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- Fig. II. — Un autogyre La Cierva C-19-Mark IV (les 3 pales de sa voilure tournante sont repliées).
- (Pliot. obligeamment communiquée par The Cierva Autogyre O Ltd de Londres).
- primer le risque de perte de vitesse et réduire considérablement la vitesse d’atterrissage. Il se compose d’un rotor à 4 pales, soit 2 hélices de 6 m de diamètre (fig. 12) qui, à l’encontre de celles de l’autogyre La Cierva, ne sont pas entièrement articulées mais peuvent prendre de petits déplacements les unes par rapport aux autres. Bien que n’ayant pas encore effectué d’essais en vol, eet appareil monté sur un Caudron 193 type « Tour d’Europe» et expérimenté sur le chariot de l’Institut aéronautique de Saint-Cyr a montré tout l’intérêt qui s’attache à cette solution très simple. Avec une voilure tournante, un mât support, un moyeu à rotule à éléments élastiques dont le tout pèse 60 kg, cet accessoire permet de doubler la portance de l’appareil, sans affecter beaucoup sa résistance minimum.
- Cette cellule mixte, qui rappelle le hanneton aux ailes
- battantes et aux élytres fixes, combine une voilure fixe bonne aux petits angles, médiocre et dangereuse aux grandes incidences avec une voilure tournante mauvaise aux petits angles, très sûre aux fortes inclinaisons,
- A notre avis, en combinant la voilure tournante avec une aile à fentes, on obtiendrait des performances remarquables. A titre indicatif (fig. 8) nous avons figuré la polaire d’un avion ordinaire, celle d’un avion à fente, et celle d’un avion muni d’une voilure tournante pour montrer le gain de finesse aux angles moyens obtenu par l’aile à fentes.
- LES HÉLICOPTÈRES
- Pour compléter cette vue d’ensemble, jetons un rapide coup d’œil sur les appareils récents utilisant des hélices à rotation commandée.
- L’hélicoptère Pescara 4 S. — Construit à Barcelone, cet appareil est le dernier modèle de l’ingénieur De Pescara dont les premiers essais remontent à 1918.
- Sa voilure tournante comprend 2 hélices biplanes à incidence variable dont la commande d’inclinaison permet la montée et la descente, l’orientation de la nacelle et le gauchissement.
- Le moteur 40 ch Salmson peut être embrayé soit sur les hélices sustentatrices, par un réducteur à 2 étages d’engrenages (24 à 1), soit sur l’hélice tractive, les hélices sustentatrices devant alors fonctionner en auto-rotation.
- Cette disposition semble permettre une grande légèreté, 2 kg au m2 pour la voilure, le poids total est de 400 kg. Cet appareil a fait des vols de 1 à 2 min, parcourant 500 à 000 m à l’altitude de 5 à 8 m.
- Vhélicoptère d’Ascanio. — Cette machine construite en Italie a déjà effectué des performances encourageantes en volant pendant 8 min 45 sec à l’altitude de 18 m, en parcourant un circuit fermé de 1 km, battant ainsi plusieurs records du monde en hélicoptère. Il se compose de 2 hélices à 2 pales tournant en sens inverse et munies de gouvernes aux extrémités qui font varier l’angle des pales et assurent la montée ou la descente. Pour le vol horizontal, on incline l’appareil au moyen de la poussée de 2 petites hélices montées à l’extrémité du fuselage, la résultante sustentatrice donnant alors une composante horizontale. Son poids est de 800 kg; mue par un moteur 95 ch Fiat, la machine est très stable et la prochaine sera, paraît-il, d’usage pratique.
- Uhélicogyre Isacco. — Deux modèles en ont été construits en France en 1926 et 1928; ils comportaient une voilure tournante à 2 pales entraînée par la traction de 2 hélices placées en bout et commandées par 2 petits moteurs Chérub de 32 ch. Un autre appareil à 4 pales propulsé à l’avant par un moteur Genet de 100 ch est en cours de construction en Angleterre.
- Vhélicoptère Curtiss=Beecker. — Étudié par M. Beecker et construit par la puissante firme américaine Curtiss, cet hélicoptère
- Fig. 12. — Le clinogyre Odicr-Bessière en cours d’expérimentation sur le chariot aérodynamique de l’Institut aérotechnique de Saint-Cyr. (Phot. Keystone).
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- rappelle l’hélicogyre Isacco par le mode d’entraînement de sa voilure tournante; il s’effectue par 4 hélices verticales perpendiculaires aux 4 larges ailes de la cellule sustentatrice commandées par renvoi d’arbres venant du moteur central.
- Les pales sont articulées sur un axe parallèle à l’envergure, des petits empennages appelés stabovators permettent de contrôler l’incidence et de commander les évolutions de l’appareil.
- Le moteur est un 420 ch Pratt et Whitney à refroidissement à air disposé horizontalement et refroidi par un ventilateur spécial. L’appareil pèse 1240 kg à vide pour une surface de 30 m2 et un diamètre de 14 m 50.
- Nous n’avons pas de renseignements sur les performances de cet appareil.
- L'hélicostat Œhmichen. — Cet hélicoptère-dirigeable, fruit de longues recherches, a été décrit dernièrement dans cette revue ('). Nous n’y reviendrons pas; nous nous bornerons à signaler que le pilotage de cet
- 1. 15 septembre 1931. N» 2865.
- appareil est particulièrement facile, qu’il a résolu d’une façon élégante l’envol vertical, la translation et même la marche arrière.
- Pour terminer nous signalerons qu’une de nos plus importantes maisons d’aviation travaille en ce moment à la réalisation d’un gyroplane comportant des solutions mécaniques particulièrement heureuses. Nous aurons certainement l’occasion d’en parler dans quelques mois.
- Cet exposé montre qu’à côté de l’avion classique qui a été considérablement perfectionné et a bénéficié d’un immense elîort d’expériences et de recherches, il existe d’autres solutions du problème aérien. Nous sommes persuadé, que, dans un avenir plus ou moins lointain, ces dispositifs nouveaux prendront une place de plus en plus importante dans la technique aéronautique. Il n’est pas interdit de penser qu’ils contribueront un jour à donner à l’avion la sécurité sans laquelle il ne peut devenir un engin de locomotion à la portée de tous.
- Jean Lacaine.
- DEUX INNOVATIONS DANS LA TECHNIQUE
- DU PIANO
- LE PIANO RADIOÉLECTRIQUE DE W. NERNST LE PIANO PORTATIF DE SEEGER
- Le piano fut naguère le plus répandu des instruments de musique. Sa vogue semble aujourd’hui menacée par les progrès du phonographe mécanique ou électrique. La technique du piano a peu évolué depuis la création de cet instrument et on ne peut guère signaler comme innovation dans ce domaine que le piano mécanique. Mais aujourd’hui le piano cherche, lui aussi, à tirer profit des jirogrès des instruments concurrents et à s’adapter leurs techniques. Deux de nos collaborateurs nous signalent, dans cet ordre d’idées, deux intéressantes innovations. L’une est due au célèbre physicochimiste allemand, Walter Nernst; l’autre, d’un caractère tout différent, à un constructeur français, M. Seeger.
- LE PIANO RADIOÉLECTRIQUE DE W. NERNST
- Je viens d’assister à l’audition d’un nouvel instrument de musique aux effets surprenants : piano à queue fonctionnant par voie électromagnétique, il possède un timbre variable à volonté, depuis le ton si délicat du clavecin jusqu’aux sons puissants du piano de concert du plus grand modèle. L’auteur de cet intéressant appareil n’est autre que M. Walter Nernst, le célèbre physicochimiste de Berlin. Il n’a pas dédaigné de s’appliquer à faire profiter le piano des progrès de la technique phonoélectrique. De même que le phonographe n’a pu maintenir sa position que grâce à une intime collaboration avec la radio, le piano, qui allait perdant sa vogue d’autrefois, ne pouvait espérer trouver un regain de vitalité qu’en s’apparentant à ces deux modes de reproduction musicale.
- Siemens et Halske, comme électrotechniciens, d’une part, la maison Bechstein, comme constructeurs de pianos, d’autre part, ont collaboré avec l’inventeur.
- Le nouvel instrument (de 1 m 40 de long) est combiné avec un haut-parleur de construction particulière, assurant une reproduction d’une fidélité parfaite. Il renferme,
- à l’intérieur, un récepteur radiophonique à 3 lampes;
- Fig. 1. — Le piano électrique du Professeur Nernsl.
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- le haut-parleur est relié à un phonographe électrique, à pick-up électro-magnétique. Chacun des trois instruments peut fonctionner séparément; d’autre part, ils peuvent se combiner, deux à deux, à volonté.
- La partie mécanique du piano phono-radiophonique ressemble à celle d’un piano ordinaire. Des marteaux de construction brevetée font vibrer les cordes, ces vibrations se convertissent, grâce à 18 microphones (desservant, chacun, cinq cordes), en vibrations électriques, renforcées par un amplilicateur du type radiophonique. Une pédale permet de régler le volume des sons, en un crescendo ou decrescendo continu, à toute vitesse voulue.
- Fig. 2. •— Le piano, vu ouvert.
- Le degré d’amplification se règle, au moyen de potentiomètres, suivant l’espace disponible. C’est ainsi que se réalise le rêve des constructeurs de pianos, des pianistes et des compositeurs, de pouvoir faire croître ou décroître à volonté l’intensité de toute note frappée.
- La durée des vibrations acoustiques est d’environ trois fois celle des vibrations du piano traditionnel. Un levier spécial permet de contrôler l’amortissement des sons et de produire des vibrations continues analogues à celles des cordes d’harmonium. Un coupe-circuit spécial met en fonction le récepteur à trois lampes ou bien le phonographe électrique. L’instrument se relie à tout secteur.
- Cet instrument combiné se prête à toutes sortes d’applications spéciales. Le son de clavecin d’un charme si délicat permettra, par exemple, aux pianistes d’étudier pendant des heures, sans déranger leurs voisins. L’instrument peut, du reste, s’adapter aux exigences du foyer modeste aussi bien qu’à celles de la salle de concert la plus vaste.
- En faisant fonctionner la pédale et un levier ordinaire, on donne, à volonté, le timbre du piano, du clavecin ou de l’harmonium. L’instrument peut, à tout moment, s’ajuster pour la réception radiophonique ou s’employer comme phonographe. En faisant fonctionner simultanément le piano, d’une part, le gramophone ou le récepteur radiophonique, d’autre part, un pianiste, pourra accompagner une audition phonographique ou radiophonique. Cette combinaison s’emploiera aussi dans l’enseignement musical, pour donner d’excellentes leçons d’expression, de phrases et de temps musicaux.. Enfin, le nouveau piano sera le bienvenu pour les cafés, les cinémas, les théâtres.
- Dr Alfred Gradenwitz.
- LE PIANO PORTATIF DE A. SEEGER
- Depuis un siècle environ, la fabrication du piano n’a pas évolué sensiblement. Le cadre en fonte est venu qui, loin d’alléger l’instrument, n’a fait que l’alourdir.
- La mécanique est restée très compliquée, le montage général a conservé un mode un peu désordonné, du reste fort peu scientifique et l’importance exagérée accordée à la ligne du meuble a fait dévier cette intéressante facture vers une impasse dangereuse. Heureusement, au milieu de la crise, un événement nous apporte l’espoir, mieux même, une certitude, car il ne s’agit pas d’une idée mais d’une réalisation bien au point. M. Seeger, le facteur parisien bien connu, vient de terminer la réalisation d’un piano réellement scientifique et extrêmement léger.
- Le premier modèle que nous venons d’avoir sous les yeux et sous les doigts est un petit piano à queue d’étude, de 5 octaves, démontable et très facilement transportable par n’importe qui puisqu’il ne pèse que 32 kg. L’instrument normal de 7 octaves pèsera moins de 50 kg tout compris, soit le dixième d’un instrument ancien de même puissance sonore.
- C’est aux alliages d’aluminium que s’est adressé le chercheur tenace et expérimenté pour réaliser son cadre
- qui est en élektron, alliage de magnésium et d’aluminium.
- Mais tout l’élément sonore est établi d’un seul bloc, c’est là le premier grand progrès.
- Le chevalet est venu de fonte avec le cadre, le sommier est constitué par de fines lames de bois dur emprisonnées et comprimées dans des rainures prévues dans le métal. De ce fait, l’accord tient d’une façon admirable et encore inconnue jusqu’ici.
- Le cadre qui ne pèse que 7 kg résiste à la formidable traction des cordes qui atteint dans l’instrument présenté 5800 kg. Il ne faut donc plus prévoir de renforcement du cadre par de lourdes charpentes en bois comme c’était le cas quand on utilisait la fonte. Et la rigidité éprouvée depuis plus d’un an est bien meilleure et démontrée du reste par l’exceptionnelle tenue de l’accord. Mais, dira-t-on, où se trouve la table d’harmonie ? Il n’y en a pas ! En effet, un certain nombre d’alliages d’aluminium vibrent comme de "véritables diapasons et, dans le ‘’cas qui nous occupe, ce sont les nervures un peu élargies du cadre qui jouent le rôle d’amplificateurs de la sonorité des cordes. Voilà donc une réelle simplification et une amélioration sonore par la suppression de tous les
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- organes amortisseurs : table barrée, meuble absorbant et étouffant les vibrations. Grande économie de poids, grande simplification, donc économie considérable permettant d’envisager une reprise d’activité dans une branche qui traverse une crise grave depuis plusieurs années.
- Quand l’appareil sonore sera isolé du meuble et que l’on pourra amplifier les vibrations par les procédés
- Fig. 1. — Le petit piano d’étude de M. Seeger Il ne pèse que 32 kg.
- modernes mécaniques et- électriques, le piano deviendra enfin un véritable instrument scientifique et il reprendra sa place dans l’évolution rapide constatée actuellement dans tous les domaines.
- Dès maintenant, en tout cas, le piano devient un instrument portatif simple et rationnel. L’invention de M. Seeger sauve une industrie en ouvrant des voies nouvelles à la musique individuelle à laquelle on reviendra fatalement, quels que soient les progrès des instruments automatiques.
- Paul Basiaux.
- Fig. 2. — Le cadre du nouveau piano est en élektron et sert aussi de table d’harmonie.
- TAROUDANT, REINE DU SOUS
- L’ensemble du Maroc français, c’est-à-dire occupé par des troupes régulières françaises ou des partisans fidèles armés par nous, n’est pas libre d’accès au tourisme et on peut considérer qu’actuellement tout ce qui se trouve au sud de la grande barrière de l’Atlas est encore fermé aux excursionnistes.
- Cependant on peut prévoir à divers indices que le service des Affaires Indigènes considère la zone ouest du temtoire compris entre l’Atlas et l’Anti-Atlas comme étant définitivement pacifiée et que la grande vallée ou plaine du Sous devenant libre d’accès, les premiers touristes pourront franchir après Agadir le pont jeté sur l’oued Sous où se trouve encore la fatidique pancarte : «zone d’insécurité absolument interdite» (fig. 1).
- L’ouverture du Sous à la libre circulation permettra de faire connaître cette partie du Maroc isolée par l’Atlas qui a gardé un caractère particulier grâce à cet obstacle difficilement franchissable et qu’on ne peut atteindre ac-
- tuellement qu’en longeant la mer par le cap Ghir et Agadir.
- C’est une grande plaine d’environ 200 km d’ouest en est, traversée (on n’ose pas dire : arrosée) par le fleuve Sous (fig. 2). Elle produit, dans la partie amont du fleuve, du bétail, des olives, grâce à une irrigation abondante qui trouve son alimentation dans les montagnes proches tandis que dans la partie aval, où l’irrigation est plus difficile, on trouve surtout l’orge, le maïs, le précieux arganier, dont les feuilles et les fruits sont comestibles pour les animaux et dont l’amande donne de l’huile, et comme bétail presque exclusivement le mouton et la chèvre; enfin.le Sud n’est qu’une plaine sablonneuse directement apparentée au Sahara où les récoltes toujours précaires sont à la merci dés fantaisies d’un avare régime pluviométrique et où la présence d’un point d’eau a déterminé l’existence d’une oasis : Tiznit à 50 km duquel commence la zone du Sahara Espagnol théoriquement occupée par l’Espagne.
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- Fig. 1.
- Le pont sur l'oued Sous, à 6 kilomètres )au sud d'Agadir.
- La contrebande des armes s’exerce encore activement dans le Sous et c’est par là que passent en zone dissidente les fusils et pistolets automatiques dont s’arment nos insaisissables adversaires.
- Anciens fusils modèle 86, armes étrangères, munitions trouvent acheteurs à des prix tellement rémunérateurs (5000 fr. un fusil) que des Européens se sont laissé entraîner à cette détestable contrebande et que l’un d’entre eux passait devant le tribunal militaire d’Agadir en octobre dernier pour avoir été surpris à Tiznit emmenant en camion un chargement de fusils habilement dissimulés.
- Ce n’est que par l’organisation d’un service de renseignements extrêmement ramifié et une surveillance constante des pistes que le service des affaires indigènes arrive à arrêter cette contrebande criminelle.
- Actuellement il ne saurait être question d’excursionnev librement dans le pays, mais, quand l’interdit sera levé, au printemps prochain probablement, deux villes pourront alors servir de buts d’excursions et de gîtes d’étape dans le Sous : Tiznit et Taroudant.
- La situation de Tiznit, à 100 km au sud d’Agadir (4000 hab. tous indigènes), à l’extrémité du parcours possible vers l’extrême-sud marocain et l’obligation de revenir sur ses pas par un chemin plat, sablonneux et désespérément monotone, les très modestes ressources
- Fig. 3.
- Tiznit. Le Méchouar. Au fond, la demeure du Pacha.
- qu’offre la ville pour loger des Européens consistant en une unique épicerie-auberge indigène, l’immensité désolée qui entoure la ville, empêcheront encore longtemps Tiznit de devenir un lieu de séjour pour plus d’une nuit, et seuls les amateurs de sensations sahariennes pousseront une pointe hardie vers cette citadelle du Sud, close de murs élevés et dont les portes sont encore fermées le soir au soleil couchant après la relève de la garde,
- La modeste revue d’une .compagnie sénégalaise avec accompagnement de sonneries de clairon et de la nouba des tirailleurs attire sur le méchouar, grande place comprise entre la maison du Pacha et le bureau des Affaires indigènes (fig. 3), tous les gamins du village et est l’unique distraction quotidienne.
- Taroudant, au contraire (9000 hab., tous indigènes), est appelée à attirer le tourisme.
- Jusqu’au milieu d’octobre il n’existait encore pour se rendre à Taroudant lorsqu’on venait du centre du Maroc que la route qui au nord de l’Atlas allait de Marrakech à Mogador, puis la route splendide de Mogador à Agadir par le cap Ghir à travers les derniers contreforts de l’Atlas couverts d’une abondante végétation d’arga-niers et enfin le troisième tronçon : Agadir-Taroudant qui revenait vers l’est en côtoyant la vallée du Sous au sud* du fleuve; c’est-à-dire que pour aller de Marrakech à Taroudant, distants de 150 km, il fallait parcourir : Marrakech-Mogador : 190 km., Mogador-Agadir : 180 km, Agadir-Taroudant : 100 km, soit : 470 kilomètres, h
- La route directe qui vient d’être percée entre Marra-
- Fig. 4.
- Taroudant. Transformation d'une piste en terre en roule empierrée. Au fond, les murs de la ville.
- Casablanca
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- IMogador
- Fig. 2. — Les voies de pénétration actuelles dans le Sous.
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- Fig. 5.
- Taroudant. Prés, palmiers-dattiers et grenadiers.
- kech et Taroudant à travers le Haut-Atlas, mais qui ne sera peut-être pas livrée à la circulation libre avant quelques mois (des pessimistes disent : deux ans) permettra de boucler, soit en automobile particulière, soit avec les autocars du réseau marocain rapides et pas chers, ce splendide circuit Marrakech-Mogador-Agadir-Taroudant-Marrakech.
- L’accès de Mogador et de Marrakech est libre depuis longtemps, Agadir a été ouvert à la libre circulation l’année dernière, Taroudant attend l’ouverture du pays pour se faire connaître et certainement apprécier.
- Bien qu’elle soit dans la vallée de l’oued Sous, la ville n’est pas bâtie sur le fleuve, elle en est distante d’environ cinq kilomètres.
- Close de murs élevés, crénelés et bastionnés comme presque toutes les villes du Maroc (fîg. 4) elle est entourée de bosquets d’orangers, d’oliviers, de figuiers au milieu desquels on découvre avec ravissement les troncs grêles et blancs de quelques peupliers. De grandes surfaces irriguées avec soin et cultivées en maïs, en luzerne, sitôt les portes de la ville, donnent à l’Européen une heureuse impression de calme champêtre, de verdure et de repos pour les yeux. Des troupeaux de vaches, de moutons, de chèvres paissent dans des prés, gardés par de petits
- Fig. 7.
- Taroudant. Excavations des berges de l’oued el Oüâar.
- pâtres berbères agiles et musclés qui tirent de leurs chalumeaux de roseau des mé.ppées claires comme un chant d’oiseau.
- Malgré sa situation au sud de l’Atlas qui la protège des vents du Nord, et la réchauffe eomme un mur d’espalier, on peut en plein été, à Taroudant par 30°26 de lat. N., se promener à l’ombre, s’asseoir dans l’herbe près d’un ruisseau avec, autour de soi, un tapis de plantes qui font songer à la douce France : menthe, Fig. 6. — Bijoux d'argent mille-pertuis, verveine, du Sous: fibules-
- plantain (fi g. 5).
- Et cependant, il suffit de regarder les indigènes autour de soi pour se rendre compte que non seulement on est en terre marocaine, mais même qu’on a dépassé les limites géographiques et ethnographiques du Maghreb.
- Le blanc, couleur universelle des burnous, djellabas, chèches des Marocains et Marocaines du nord de l’Atlas fait place aux teintes sombres; on sent l’approche des mœurs vestimentaires sahariennes ; les femmes hors de la maison sont vêtues de bleu, les hommes de noir ou de bleu, le turban, la chèche qui entoure la tête fait place au voile noir roulé, on ne voit plus de fez et seuls les juifs conservent partout leur lévite et leur classique calotte.
- Les femmes se parent de colliers de perles de verre colorées et portent des bracelets de 8 à 10 millimètres de largeur, plats, en argent ciselé dont le nombre est variable, et peut dépasser la douzaine. Elles recherchent avidement les anciens douros hassanis, pièces d’argent antérieures au protectorat, pour les faire fondre par des bijoutiers indigènes qui les leur transforment en bracelets non sans avoir parfois dupé leur cliente par l’addition d’un peu de plomb.
- Fig. 8.
- Taroudant. Les terrasses et les jardins.
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- Fig. 9. — Taroudanl. Tour de guetteurs.
- La « main de Fathma », si répandue dans l’Afrique du Nord, ne se porte guère dans le Sous; par contre la broche du Sous est particulière à la région et ne se retrouve pas au nord de l’Atlas.
- C’est un rectangle ou un triangle d’argent ciselé, aux fonds remplis de vernis noir, surmonté d’une épingle et qui sert à attacher sur l’épaule les deux pièces du costume féminin (fîg. 6).
- Ces fibules se portent par paire et sont reliées sur la poitrine par une chaînette également» d’argent. D’autres fibules sont formées par des pièces d’un douro, d’un demi-douro, auxquelles on a reporté par coulée directe d’argent une pointe pour la fixation et une boucle pour la chaînette.
- Malheureusement, dans un avenir prochain, ces fibules auront disparu devant l’universelle et vulgaire épingle-broche de fabrication européenne. Il n’y a pas de bijoux d’or dans le Sous.
- Ces caractères du vêtement et de la parure différencient nettement les Berbères du nord et du sud de l’Atlas.
- D’ailleurs l’influence de l’invasion arabe se fait beaucoup moins sentir dans le Sous et on parle presque exclusivement la langue originelle, le chleuh.
- Si Taroudant offre de frais ombrages, des pâturages, des ruisseaux, on n’y trouve pas moins des aspects caractéristiques du régime extrêmement violent des eaux.
- Très près de la ville au nord, le lit de l’oued el Ouâar
- qui n’a pas vu une goutte d’eau depuis deux ans, est typique (fig. 7). Complètement à sec, les berges escarpées, il montre par les érosions profondes, en forme de cavernes, de sa partie basse que, lorsqu’un printemps pluvieux l’alimente, la lame d’eau dépasse trois mètres et que son intensité arrache violemment les assises inférieures des berges qui surplombent et finissent par s’ébouler; les autocars indigènes qui passent généralement ces oueds à sec, sans ponts, sont alors obligés à de longs détours pour chercher un gué possible ; quant aux voitures particulières, on nous permettra de donner dès maintenant un conseil aux futurs touristes du Sous.
- Lorsque vous arrivez devant un oued habituellement sec et qui se trouve gonflé par les pluies, vous finissez toujours par trouver un indigène obligeant qui, moyennant un honnête « fabor » versé, vous pilote vers un gué.: «ici... là... va un peu à droite... » et au beau milieu de l’oued vous tombez immanquablement dans un trou d’eau, le moteur définitivement arrêté. Alors, comme dans une féerie bien réglée, de derrière chaque pierre surgit une légion d’indigènes.
- On se met à l’eau, la voiture est décalée, roulée, soulevée, poussée emportée en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire et vous êtes tiré de là, à sec, sauvé, sur la berge... Bien entendu, ça se paye.
- Ces petits incidents mis à part, la vie à Taroudant charmera l’Européen; la petite ville est propre, chose rare, et l’intérieur de l’enceinte renferme une superficie de terrains cultivés, de prés, de vergers de beaucoup supérieure à celle qui est bâtie, ce qui rend très agréable la promenade dans l’intérieur de la ville où l’on côtoie constamment des jardins d’orangers, de mandariniers,
- Fig. 10. — Femmes indigènes en costume d'intérieur et, au milieu, une Européenne.
- Fig. 11. — Autocar indigène. La panne dans te Sous.
- Fig. 12. — La piste de Taroudant à Marrakech. Au fond, l'Atlas.
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- de citronniers, des plantations de dattiers, bananiers, grenadiers, des roses qui y fleurissent en abondance, des ruisselets où nagent des tortues d’eau (fig. 8).
- Actuellement une unique cantine, tenue par un Français, s’offre pour qui .veut y séjourner; c’est une ancienne Kisaria, modestement mais ingénieusement aménagée, où les souks du rez-de-chaussée forment de petites salles indépendantes donnant sur le patio central. Des servantes indigènes, qui ne savent pas un mot de notre langue, s’efforcent de comprendre vos desiderata, et l’arrivée d’un Français et surtout d’une Française détermine ce qu’en termes de compte rendu de séance on appelle des mouvements divers.
- Madame, qui aurez obtenu de votre mari de l’accompagner dans un beau voyage à travers l’Atlas et le Sous, de petites distributions de votre eau de Cologne et de votre dentifrice vous feront acquérir toutes les sympathies des Fatima et des Aïcha de Taroudant (fig. 10) pour qui l’organisation d’une table de toilette de Parisienne est encore un mystère.
- Malgré tous ces charmes d’une petite ville indigène restée dans l’intégrité de sa fraîcheur primitive, il ne faut pas trop s’illusionner sur les commodités d’existence qu’offre actuellement Taroudant.
- Il n’y a ni eau, ni gaz, ni électricité, ni service de transport autre que les autocars indigènes (fig. 11), vieilles
- voitures hors d’âge aux pannes réitérées ; on s’éclaire avec des bougies ou des lampes à acétylène ou au pétrole, et l’eau tirée de puits douteux et transportée dans des outres, des jarres ou de vieux bidons de carbure, arrive à destination dans un état qui inspire peu de confiance.
- On boira de la limonade, de la bière ou du vin marocain ; les touristes qui auront leur voiture feront bien de s’approvisionner largement en eau et en essence avant de s’engager dans le Sous, quant aux autres, ils utiliseront bravement les transports en commun indigènes où la première banquette, à droite et à gauche du conducteur, est réservée aux voyageurs européens éventuels.
- On se vêtira de laine en se rappelant que les nuits sont froides : «le Maroc est un pays froid où le soleil est chaud ». Monsieur et Madame (tant pis pour la mode) auront un chapeau à larges bords et des souliers à semelles épaisses et quand, au printemps prochain, l’accès de Taroudant sera devenu libre et que les premiers touristes auront goûté la douceur reposante de ses abords immédiats, le parfum de ses innombrables roses, l’étrange architecture de ses maisons de terre battue, l’immensité verdoyante qui au nord est limitée par les cimes neigeuses du Haut-Atlas (fig. 12), Taroudant, aujourd’hui inconnue, aura reconquis le titre qui lui est dû dans le palmarès des villes marocaines : la Reine du Sous.
- Mme P. Chevolot.
- NOUVEAU SYSTEME ACOUSTIQUE POUR PHONOGRAPHE
- On nous dit qu’aux Etats-Unis le phonographe à reproduction mécanique perd sa vogue au profit du phonographe électrique. Loin de nous la pensée de nier les qualités acoustiques de la reproduction électrique; non seulement elle permet de faire varier presque à volonté l’intensité de l’audition, mais encore, grâce à la diversité des moyens dont on dispose, soit à l’entrée, soit à la sortie de l’amplificateur musical, soit même dans les étages de liaison il est facile de faire varier la tonalité
- de l’audition et de compenser, en quelque sorte, les défauts acoustiques du haut-parleur, et même d’atténuer les défauts de l’enregistrement du disque.
- Par contre, il faut reconnaître qu’un phonographe à reproduction électrique est un appareil complexe ; il est nécessaire que des soins minutieux aient présidé à sa construction, si l’on veut obtenir des auditions de qualité satisfaisante. C’est donc un appareil coûteux qui n’est pas à la portée de F «amateur moyen ». Le grand
- Fig. 1. — Le système acoustique Kanders. (Vue extérieure,.)
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- nombre doit se contenter du phonographe mécanique. Celui-ci a bénéficié déjà de tous les progrès accomplis dans l’enregistrement des disques et dans leur fabrication. Mais il présente encore en général des défauts assez graves : les uns acoustiques; les autres surtout pratiques.
- La question du pavillon. — Un phonographe mécanique est un appareil très simple ; le nombre de ses organes est très réduit : un moteur à ressort ou à entraînement électrique fait tourner le plateau porte-disques; un diaphragme, généralement à aiguille, transforme en ondes sonores les vibrations mécaniques recueillies par l’aiguille le long des sillons du disque, il les transmet à un bras acoustique, d’où elles gagnent enfin un pavillon amplificateur de sons.
- La construction du diaphragme a fait de très grands progrès. En particulier, les modèles à membrane métallique profilée possèdent des qualités de sensibilité et de fidélité remarquables. Dans certains appareils, le bras acoustique et le pavillon diffuseur de sons ont été étudiés d’après les règles les plus récentes de l’acoustique; on leur donne le profil dit exponentiel ou un profil qui s’en approche, afin d’obtenir l’amplification cherchée sans altérer les rapports entre les intensités des sons de différentes fréquences et sans provoquer dès vibrations parasites au sein de la matière qui constitue le pavillon. Comme on le sait, certains de ces pavillons sont même doubles, afin de produire des sensations de relief sonore plus marquées en visant à ce que l’on pourrait appeler la stéréophonie.
- Les pavillons exponentiels sont encombrants. On a réussi, il est vrai, à y remédier partiellement en repliant plusieurs fois sur lui-même le conduit acoustique, de manière à obtenir une « longueur acoustique » aussi grande que possible sous un volume plus réduit. Néanmoins, les pavillons exponentiels, même repliés, restent assez volumineux, et si on les place facilement dans des meubles phonographiques, plus difficilement dans des appareils-coffrets, il devient presque impossible de les disposer dans les phonographes portatifs. Or le phonographe portatif constitue justement l’appareil utilisé aujourd’hui par la grande majorité des phonophiles, à cause de sa commodité.
- Les bons modèles de phonographes portatifs comportent toujours un excellent diaphragme, presque toujours un bras acoustique assez bien dessiné, mais ce qui est fort défectueux, la plupart du temps, c’est le pavillon proprement dit. Les constructeurs, à cet égard, ont à résoudre un problème bien difficile en raison du peu d’emplacement disponible pour placer un pavillon dans le coffret. Si les reproductions obtenues avec un trop grand nombre d’appareils portatifs sont défectueuses et si, en particulier, ces appareils ne permettent d’obtenir que des auditions de tonalité « grêle » dont toutes les notes graves sont exclues, cela provient, presque exclusivement des défauts du pavillon.
- LE NOUVEAU PAVILLON ACOUSTIQUE
- J-î Le problème du pavillon acoustique dans le poste portatif vient de trouver, semble-t-il, une excellente solution dans l’emploi d’un système acoustique de forme
- nouvelle, présentant, sous un encombrement réduit, des qualités acoustiques tout à fait excellentes.
- Ce dispositif a été imaginé par Mlle Kanders, une cantatrice, qui y a été conduite par la voie détournée de recherches sur l’acoustique des salles poursuivies depuis plusienrs années. Sur le principe que nous allons exposer, ont été construits d’abord des systèmes acoustiques pour haut-parleurs électriques, de puissance exceptionnelle, permettant de substituer en bien des cas un appareil unique aux multiples appareils qu’il faut mettre en marche simultanément dans les grandes salles de cinéma sonore.
- Depuis peu, le système a été adapté avec succès au phonographe mécanique lui-même et en particulier au portatif. En voici d’abord le principe :
- Les ondes sonores ne sont pas transmises directement à la masse d’air placée devant la « gueule » du pavillon. Avant d’avoir à ébranler cette masse, elles sont d’abord réfléchies par un système réflecteur en forme de para-boloïde
- Les ondes sonores qui proviennent du conduit acoustique ou même d’un diffuseur quelconque parviennent à un cylindre dont la partie terminale se prolonge dans le réflecteur; les ondes sonores heurtent ainsi la paroi opposée et ne sortent qu’après avoir été réfléchies. L’embouchure du conduit qui se prolonge à l’intérieur du résonateur ressemble, ainsi combinée avec la paroi du résonateur à un tuyau d’orgue fermé.
- L’explication théorique du système serait fort complexe, mais l’expérience, le juge suprême en la matière, prouve que les résultats sont des plus satisfaisants.
- Chose curieuse, les Grecs, dans leurs théâtres, se servaient déjà, pour réfléchir les sons et les amplifier, de vases de forme assez voisine du paraboloïde, qu’ils appelaient « Echéa ». (Voir Penel. La Nature, n° 2766, 1er août 1927.)
- Ce qui, dans ce système, est spécialement intéressant pour le cas qui nous occupe, c’est son encombrement qui peut-être relativement faible.
- On peut réaliser avec ce système un phonographe portatif de dimensions normales, dans le coffret duquel tiendrait entièrement le système acoustique, et qui donnerait un volume de son comparable à celui d’un pick-up, tout en gardant une pureté absolue et une netteté de détails généralement étouffée par les haut-parleurs électro-; dynamiques ou par lés diaphragmes mécaniques. On peut > aussi, à l’aide du nouveau système acoustique, améliorer sans difficulté un ancien phonographe quel quèjsoit son type. Le pavillon sera muni d’un bras acoustique, à l’extrémité duquel on montera le diaphragme, l’ensemble reposera sur un support fixé à la table de l’ancien phonographe. Ce sera peut-être peu élégant, mais, à défaut de l’œil,, l’oreille y trouvera son compte et c’est l’essentiel.
- Le pavillon parabolique peut être construit en différentes matières, en aluminium par exemple ou simplement en tôle; on peut donc espérer que son coût sera peu élevé. Sans parler des applications intéressantes qu’il doit recevoir sur les haut-parleurs électriques, il a devant lui une noble carrière, celle d’assurer à l’appareil populaire, donc bon marché, les qualités musicales qui lui manquent trop souvent. P. Hémardinquer.
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- HÉROÏSME
- Ce jour-là, nos pourvoyeurs d’oiseaux décidèrent de recourir à un double stratagème : la cage-trappe et la glu.
- C’est par le second qu’ils commencèrent. La propriété offrait un charmant bosquet en bordure de la pelouse centrale, ils y déposèrent leurs appeaux, puis s’éloignèrent, afin de ne pas effrayer la gent ailée; les heures passèrent avec des espoirs toujours déçus, les oiseaux venaient, s’approchaient, s’envolaient; puis il en venait d’autres qui faisaient le même manège pour repartir. Enfin, un gentil rouge-gorge s’avança, sa tête mobile projetait les rayons de son regard à droite, à gauche, fouillait l’ombre des branches, et la profondeur des sentes; enfin il s’élança pour happer la bestiole-appât et... resta pris !
- Nos jeunes chasseurs approchèrent, le détachèrent du bâtonnet gluant et le déposèrent dans le trébuchet; le malheureux de victime allait, deux jours plus tard, passer au rang de pourvoyeur; bientôt, en effet, ses cris attirèrent un autre rouge-gorge, le ressort joua, la malheureuse bestiole était prise à son tour.
- Ahurie, affolée, elle se réfugia un court instant dans un
- = DES MACHINES POUR L’ENTRETIEN =
- DES VOIES FERRÉES
- boulons, entretien des talus, des signaux ou ouvrages d’art, etc. Jusqu’ici ces opérations se faisaient exclusivement à la main, au moyen de pelles, de pioches, de claies à ballast ou autres outils de cantonnier et absorbaient un personnel fort nombreux.
- Les compagnies de chemins de fer doivent maintenir constamment en bon état les voies ferrées. Ces travaux d’entretien, qui incombent à un service spécial, sont très divers : réglage et renouvellement du ballast, remplacement du ballast, remplacement des rails, traverses ou
- angle de la cage, puis son regard attentif se fixa sur celui qui la partageait avec lui. Elle vit la robe rutilante souillée de glu de façon à la recouvrir presque entièrement et, supériorité de l’instinct qui pousse à l’action sans connaître la cause qui la détermine, comme si elle avait appris d’une lignée d’ascendants que cette souillure impliquait la mort de son frère, elle se précipita sur lui et s’appliqua de son bec solide, à lui arracher les plumes agglutinées pour éviter qu’elles se transforment en linceul.
- Patient, l’autre laissait faire et nous nous demandions qui de l’opéré ou de l’opérateur était plus sublime et, vaincus par tant d’héroïsme, nous sacrifiions l’égoïsme des hommes sur l’autel des oiseaux.
- Hélas ! malgré tous ces efforts, le rouge-gorge ne survécut pas, mais son trépas ne fut pas inutile; de ce jour personne ne voulut plus chasser à la glu, la beauté du geste du second rouge-gorge, admirable et instinctive défense de la vio, avait eu raison des instincts destructeurs de l’homme.
- Augusta et Maurice Moll-Weiss.
- Fig. 1. — Le wagon automoteur à grues multiples enlève une travée de voie ferrée de 26 m de long el la place sur la plate-forme d’évacuation.
- (Derrière lui on aperçoit le dégarnisseur-cribleur au travail).
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- En particulier le remplacement des rails, dans les sections de voie où l’opération était jugée indispensable, exigeait beaucoup de temps. L’avancement des chantiers ne dépassait guère plus de 200 mètres par jour, ce travail pénible étant encore ralenti par les passages des trains. .
- La Cie des Chemins de Fer du Nord, il y a déjà quelques années, sous l’impulsion de M. Dautry, alors ingénieur de la voie, a fait étudier et mettre au point tout un matériel mécanique pour effectuer rapidement la besogne du remplacement du rail et du ballastage sur une portion de voie à réparer.
- De là, est né l’appareillage perfectionné créé par l’entreprise Drouard et que nous allons, décrire. C’est un parc sur rails pourvu de tous les engins de levage nécessaires pour effectuer les manœuvres de force, ainsi que des appareils qui traiteront le vieux ballast et replaceront sur la voie du ballast neuf. .
- En ce qui concerne les rails, le principe établi aux chemins de fer du Nord est le suivant : les rails à rerm placer sont enlevés par travées entières, rails et traverses attachées; de même le rail neuf est amené sur wagon par travées entières, rails montés sur traverses, l’assemblage étant fait à l’atelier.
- Les opérations sur place se réduisent au traitement du ballast, à la pose et à la dépose de sections entières de voies, au raccord de ces travées les unes aux autres.
- Ceci dit, voici en quoi consiste le matériel Drouard dont la conception est due à MM. Guilbert et Jules Legrand.
- L’engin principal est un wagon à grues multiples permettant le soulèvement des rails et leur mise en place, travée par travée. Un dégarnisseur-cribleur, monté également sur une voiture automotrice, complète
- l’installation et assure la réfection du ballast sur les travées soulevées par le wagon-grue. Avec ces puissants moyens, on peut substituer 250 mètres de voies ferrées à Vheure.
- On augmente donc considérablement la vitesse d’exécution des travaux et on réalise une économie de main-d’œuvre très appréciable. En outre, on supprime les trains d’amenée et de ramassage. La suppression de la présence gênante et souvent dangereuse sur les chantiers du matériel neuf entre la distribution et la pose ainsi que des matériaux usagés entre la dépose et le ramassage augmente la sécurité du personnel. Supposez ces économies et avantages étendus à l’ensemble de nos réseaux et vous aurez une idée de l’intéressant progrès qui peut être ainsi réalisé dans l’exploitation actuelle ment si onéreuse de nos voies ferrées.
- Examinons rapidement le wagon à grues. Il est à boggies, il mesure 18 mètres de long, il est rendu automoteur par un mécanisme approprié attaquant deux de ses essieux, il porte sur son toit les 4 grues qui vont tout à l’heure soulever les rails. En position de travail, ces grues peuvent venir surplomber la voie où doit s’opérer la dépose et en ordre de marche, elles rentrent librement dans le gabarit de la voie sur laquelle roule leur wagon porteur.
- D’autre part, vu leur agencement, les câbles de levage peuvent soulever chaque élément de voie horizontalement et sans aucune déformation
- Une fois l’engin amené à pied d’œuvre sur la voie parallèle à celle à remplacer, le conducteur développe les grues au-dessus de cette dernière. Alors d’autres ouvriers dédissent la voie, puis, au moyen de griffes spéciales, accrochent la travée aux câbles et la dirigent ensuite sur une rame de plates-formes, amenées vides à proximité du chantier. Elle est alors déposée sur une des plates-formes ; le wagon automoteur retourne en chercher une autre qu’il gerbe au-dessus de la précédente et ainsi de suite.
- Le convoi marche à la vitesse horaire de 12 kilomètres en déposant 250 m environ de voie ancienne à l’heure.
- Lorsque plusieurs éléments de la voie ont été ainsi enlevés, le dégarnisseur-cribleur entre en action à son tour.
- Les divers organes de cet appareil, qui débite 250 à 300 mètres cubes de ballast à l’heure, soit une longueur de 250 à 300 mètres linéaires de voie, sont également montés sur un wagon de 18 m de longueur. Ils comportent d’abord un excavateur à godets avec tourelle pivotante équilibrée. Grâce aux mouvements rapides de levage, de descente et d’orientation dont il est muni, on peut mettre cet engin en action peu d’instants après son arrivée sur le chantier tandis que les dispositions delà chaîne à godets lui permettent d’épouser très exactement le profil de la plate-forme à dégarnir à laquelle .elle donne la pente nécessaire à l’écoulement des eaux. Elle enlève le ballast en une seule passe à la profondeur voulue et le dirige, par
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- Fig. 3. — Le dégarnisseur-cribleur en Irain d’épurer le ballast.
- On voit l’appareil enlevant le ballast sur la voie, à l’aide d’un excavateur à godets, et le transportant
- aux appareils cribleurs montés sur le wagon.
- l’intermédiaire d’un transporteur, dans un cribleur rotatif où il se trouve fortement brassé. Des grilles laissent échapper tous les détritus inférieurs à 20 et 25 millimètres qu’un autre transporteur amène à l’arrière du dégarnisseur. Le ballast récupérable chemine vers l’extrémité du cribleur et tombe sur un troisième transporteur transversal qui le ramène à son point de départ sur la plate-forme de la voie dégarnie, en arrière de la chaîne à godets.
- Quant aux détritus, on les évacue soit en les rejetant sur les accotements de la voie à l’aide d’un transporteur pivotant placé derrière le cribleur, soit en les chargeant mécaniquement sur des wagons spéciaux, accrochés à l’arrière du dégarnisseur-cribleur et pourvus de 2 rails de roulement permettant de faire circuler sur ceux-ci une trémie automobile.
- D’autre part, le premier wagon de ladite rame porte une trémie fixe d’une contenance de 5 mètres cubes, disposée à la partie supérieure du gabarit de la voie et munie à sa partie inférieure de portes de vidange à ouverture instantanée. Sous cette dernière vient se loger la trémie fixe du premier wagon; en sorte qu’on peut vider à volonté la trémie supérieure dans la trémie automobile. On conçoit donc aisément le fonctionnement du système. Les détritus provenant du dégarnisseur se trouvent projetés, grâce au transporteur, dans la trémie supérieure,
- puis, quand cette dernière est remplie, il suffît d’ouvrir ses portes pour que son contenu tombe dans la trémie inferieure automobile. On referme alors les portes de la trémie supérieure que le transporteur du dégarnisseur achève de remplir tandis que la trémie automobile se met en mouvement et va déverser son contenu dans un des wagons de la rame en attente; après quoi, elle revient se charger à nouveau et ainsi de suite. Une fois l’opération achevée, le dégarnisseur-cribleur remorque le convoi de détritus, à l’allure horaire de 250 à 300 m. On épure, delà sorte, par heure, environ 300 mètres cubes de ballast et la trémie automobile en retire 50 à 60 mètres cubes de déchets.
- Immédiatement après le passage du dégarnisseur-cribleur, un wagon-poseur, identique à celui de dépose et équipé de même, commence sa besogne. Prenant tour à tour les éléments de voie neuve amenés par une rame spéciale à proximité du premier tronçon de rail déposé, le wagon-grue les enlève tout montés et les amène successivement sur la plate-forme regarnie du ballast récupéré, en les plaçant au bout l’un de l’autre.
- Une fois tous les éléments de voie neuve ainsi posés et éclissés, la substitution proprement dite se trouve achevée. On débarrasse alors les deux voies dés wagons et appareils qui les encombrent, puis on amène sur le tronçon remplacé un train contenant le ballast destiné soit
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- Fig. 4. — Les détritus provenant du criblage du ballast son rejetés sur les accotements de la voie au moyen d’un transporteur.
- à compenser les déchets de l’épuration, soit à effectuer un relevage du profil de la ligne. Ce train se compose de wagons trémies à déchargement latéral dont un levier permet de manœuvrer les portes de vidange. Le convoi avance à la vitesse d’un homme au pas, en sorte qu’il faut une vingtaine de minutes pour distribuer les pierres et le sable du ballast sur une longueur de 700 à 800 m.
- Après cette opération, les ouvriers doivent encore, au moyen de crics, de fourches et autres outils, relever, dresser et bourrer la voie. Grâce à la bourreuse pneumatique de P. Guilhert et P. Leuillieux, qui roule sur les rails et que 4 hommes manœuvrent aisément, la mise en place du ballast s’effectue avec rapidité. L’installation comporte un moteur à essence de 4 ch actionnant un pul-sateur à air qui aspire ou comprime alternativement l’air destiné aux marteaux bourreurs. L’ensemble du groupe moteur-pulsateur repose sur un chariot léger que 4 petits galets permettent de déplacer sur les lignes ferrées. Le pulsateur, qui se relie aux 4 marteaux bourreurs au moyen de tuyaux en caoutchouc très souples et de petit diamètre, produit le va-et-vient du cylindre de frappe sur la batte à bourrer.
- Avec 8 marteaux bourreurs, une équipe de 8 à 10 poseurs garnit en une heure 400 à 500 m de ballast. Après l’achèvement du dressage et du bourrage, la voie peut être rendue à la circulation.
- La nouvelle méthode de remplacement mécanique des rails a déjà fait ses preuves sur plusieurs réseaux français.
- Plus de 250 kilomètres de voies ferrées ont été ainsi substitués d’une façon beaucoup plus rapide (800 à 1150 mètres par jour au lieu de 200 mètres par les procédés manuels) ce qui réduit de 4 /5 les ralentissements très préjudiciables à la bonne marche des trains et détermine une immobilisation 5 fois
- moins longue du personnel de surveillance et des mécaniciens des locomotives, d’où économie très appréciable pour les compagnies de chemin de fer.
- En outre, l’épuration mécanique du ballast est beaucoup plus soignée que dans le travail à la main.
- Le dégarnissage pneumatique assure une homogénéité parfaite de la couche de ballast, une épaisseur régulière des matériaux et un profil à inclinaison constante de la plate-forme qui facilite l’écoulement des eaux.
- De. son côté, la pose des éléments de voie s’opère sans à-coup, tandis qu’avec l’ancienne méthode les rails se trouvaient parfois faussés au cours des manœuvres, ce qui pouvait causer ultérieurement leur rupture.
- Comme autres avantages du système Drouard, indépendamment de ceux auxquels nous faisions allusion plus haut, notons encore que l’emploi des grues de pose et de dépose, en dégageant le chantier de tous les matériaux inutiles, évite de laisser traîner, sur les accotements, les traverses ou les rails en vrac qui causent souvent des accidents. La dépose et la pose en éléments montés permet, du reste, de récupérer les tire-fonds, éclisses ou bouchons usagés et de ne perdre aucun matériel neuf.
- Enfin la nouvelle méthode de substitution mécanique économise la main-d’œuvre, puisque avec 150 manœuvres on peut remplacer de la sorte 800 m de voies par jour alors qu’une équipe composée d’un nombre égal d’ouvriers spécialisés et robustes n’en pose quotidiennement que 200 à 250 mètres en moyenne.
- Le machinisme rend donc moins pénible et beaucoup plus économique la tâche de cette intéressante catégorie de cheminots.
- Jacques Boyer.
- Fig. 5. •— Le bourrage pneumatique de la voie.
- L’opération s’exécute au moyen de huit marteaux bourreurs pneumatiques, tenus chacun par un ouvrier et alimentés par 2 groupes motopulsateurs.
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- E RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
- SOLUTION DU PROBLÈME DU “ HIBOU
- (La Nature du 15 octobre 1931, n° 2867)
- Répétons l’énoncé du problème :
- Déterminer le nom d’un oiseau composé de 5 lettres, sachant que si l’on attribue à chacune d’elles une valeur numérique égale au rang qu’elle occupe dans l’alphabet, on trouve que :
- La somme des 2 premières est égale à 17;
- La somme de la 3e et de la 4e est égale à 17 ;
- L’excès de la somme des deux dernières sur la somme des trois premières est égale à 17 ;
- Le produit de la seconde par son complément à 17 est égal aux 12/5 du produit de la troisième par son complément à 17.
- SOLUTION
- Nous emprunterons celle de M. Minier, de Montferrand, qui nous paraît la plus simple. Beaucoup de nos lecteurs sont arrivés à des équations du 2e degré, qu’ils ont dû discuter pour arriver à la solution, mais de façon moins rapide.
- Soient a b c d e les valeurs numériques des 5 lettres du mot cherché. On a les équations :
- (1) a + b = 17
- (2) c + d = 17
- (3) d -<s — (a b -j- c) ==17
- (4) b (17 — b) = ^ c (17 — c)
- 5
- a b c d e doivent être entiers, positifs et inférieurs à 26.
- (3) peut s’écrire d + e —- (17 4- c) = 17,
- ou 17 — c -f- e — (17 “Le) =17,
- (5) ou j e = 17 -f- 2 c
- b (17 — b) étant un entier, c (17 — c) doit être divisible par 5, ce qui donne pour c les valeurs 5 — 10 — 15 — 2 — 7 — 12; mais, e étant entier, positif, inférieur à 26, la seule valeur possible est
- d’où d = 15
- e = 21
- L’équation (4) donne j ^ _ g d’où
- On a donc les solutions :
- IHBOU et HIBOU
- La 2e seule est à retenir comme nom d’oiseau.
- MM. Bonnet,ingénieur àVaulx-de-Valis (Rhône) et R.Lauth, -à Saint-Georges-de-Didonne, par un raisonnement ingénieux et en tâtonnant un peu, sont arrivés très vite et très simplement au résultat, disant :
- La somme des deux premières lettres et des 3e et 4e étant 17, ces 2 lettres sont évidemment comprises entre a et p, et à équidistance des extrémités. On a donc :
- groupe 2e groupe
- a p b o
- en d m
- el fk
- 8 f h i
- Éliminant le groupe de 2 consonnes il reste' ap, bo, el, hi, qui convenablement assemblés ne donnent que le son lïibo acceptable en français., qu’on fait sans grand effort suivre de la lettre u et on a HIBOU.
- La lettre u satisfait d’ailleurs aux autres données du problème.
- Aucune récréation mathématique n’a réuni un pareil nombre de solutions : 75 lecteurs ou abonnés de La Nature, de tous pays, nous ont envoyé des solutions justes, en ajoutant souvent un mot aimable témoignant du grand intérêt qu’ils prennent' à ces récréations.
- Ce sont : MM. l’abbé Chevallier, curé de Saint-Martin-le-Gaillard (Seine-Inférieure). — Sudra, à Tours. —- Ivaram, professeur au Lycée Hailé Sélassie, Addis-Abeba (Éthiopie).
- — Alliaume, La Varenne (Seine). — F. de Barsy, à Berchem-Anvers. — Bonnet, ingénieur, Vauls-de-Valis (Rhône). —-Lauth, Saint-Georges-de-Didonne (Charente-Inférieure). — Covilsick, commis des postes, à Marseille. — Philippi, à Constantine. — R. Sol, à Nevers. — Edouard Serra, lieutenant de cavalerie, à Lisbonne. — Nalot, étudiant en. chimie, à Rive-de-Gier (Allier). — Delamotte, ingénieur à Paris. — Magnin, à Lyon. — Mme O. Seguin, à Confolens. — André Arnaud, à Marseille. — Mme Béguin, à Neuchâtel (Suisse). — Minier, à Montferrand (Puy-de-Dôme). — Monique Descamps, à Linselles (Nord). — Odette Arensdorf, à Reims. —- Seltzer, à Agen. •—- Jean Perroy, à Saint-Saturnin (Puy-de-Dôme). — P. de Vothaire, à Cauderan (Gironde). — Attinger, technicien, à Court (Jura Bernois). — Lemoigne, ingénieur des Manufactures de tabac de l’Etat, au Mans. — G. C., à Limoges.
- — Dr Bungenberg de Jong, à Lochem (Hollande). —- Martou, ingénieur à Bruges. — Barthélémy, à Ban-Saint-Martin (Moselle). — Jacques Souliac, à Paris. — Boyer, à. Paris. — Horn Eugène, instituteur, à Huningue (Haut-Rhin). — Friez, étudiant en médecine, à Paris. — Lacroix, à Paris.
- — Mlle Corbillon, étudiante de la Faculté des Sciences de Paris, à Versailles. —• Dr Léon de Pekoslawski, à Varsovie (Pologne). — Mazané, professeur à l’École normale d’instituteurs, à Nice. — Dreyer, à Roussillon (Isère).— Mlle Nila Pekoslawska, à Varsovie. — Alfred Witte, à Varsovie. — Mario de la Escosura y Mendez, teniente coronel de ingenieros, Séville (Espagne). — H. Pendarico, à Marseille. •— Michel Kernais, à Caudebec-lès-Elbeuf. — J. Claverie, directeur d’école en retraite, à Samatan (Gers). — Marc Bouffé, à Lyon.
- — René Glinglhamber, à Bruxelles. — G. Thiébaud, à Porren-truy (Suisse). — Colonel Frandin, à Dijon. — Moreau Hubert, à Vineuil (Loir-et-Cher). — Jaure, ingénieur, à Clermont-Ferrand. — J. Merx, ingénieur à Ways-les-Jemappe (Belgique).
- — Huet-Dechavanne, à Tunis. — Wergifosse, à Bruxelles.
- — X..., élève du collège de Tivoli, à Bordeaux. — Doutre-long, à Lille. — Peilleron, à Kenitra. — Crebely, étudiant à Toulon. — Louis Ayrolles, ingénieur, Le Chambon (Loire).
- — Félix David, aux Ternes (Cantal). — Parisot, à Lyon. — Ivoster, ingénieur, à Bordeaux. — Jourdan, à Golat. — Bougé, à Chambalud (Isère). — Pouset, ingénieur, à Dellys. — Maurice Lavergne, à Casablanca (Maroc). — Louis Schaeffer, ingénieur, à Lausanne. —- Philippe Gouron, à Bourges. — J. G. Val, à San Paulo (Brésil). — Abbé Monier, professeur à Huy (Belgique). — M. Becquart, à X.... — Grouard, ingénieur, à Sochaux (Doubs). —- Ch. Dabezies, à Buenos-Aires (Rép. Arg.).— Lieutenant Nicolay, à Rabat (Etat-major).
- Voici, pour cette fois, un problème proposé par M. Arnaud, de Marseille, qui a souvent des énoncés ingénieux :
- c = 2
- a = 9 a = 8
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- « Une volière contient des pigeons, des tourterelles, des perdrix et des cailles.
- « Il y a 4 fois moins de cailles que de pigeons.
- 3 fois moins de cailles que de tourterelles.
- 2 fois moins de cailles que de perdrix.
- « Le produit de la somme des carrés des nombres de pigeons et de tourterelles par la somme des carrés des nombres de
- perdrix et de cailles, égale deux fois le produit de la racine carrée par la racine cubique d’un même nombre de 4 chiffres moins le produit du nombre de pigeons par le nombre de tourterelles.
- « Combien y a-t-il d’oiseaux de chaque espèce ? » Décidément, nous né sortons pas de ce qu’on pourrait appeler l’ornithologie mathématique. Virgile Brandicourt.
- DECHIRURES ET DECHIQUETURES DE PAPIER
- Parmi les combinaisons curieuses ou amusantes que l’on peut faire avec du papier, j’ai signalé dans un numéro précédent de La Nature,Y échelle dont nous sommes redevables à l’Orient.
- Voici une curieuse combinaison, un peu du même genre , que l’on présente dans les music-halls, mais dont j’ignore l’origine.
- L’opérateur prend une longue bande de papier et la roule sur un diamètre de trois à quatre centimètres. Ceci fait, plaçant le rouleau derrière son dos, il le déchire, le manipule, puis le ramenant devant lui, il l’allonge formant une sorte de branche écotée, comme on dit dans l’art héraldique (fig. 1, à gauche, en haut).
- La déchirure faite derrière le dos n’est qu’une complication inventée par l’artiste pour donner plus d’intérêt à sa présentation, mais vous pouvez obtenir le même effet en coupant simplement avec des ciseaux. Prenez une bande de papier (du papier journal fera l’affaire) mesurant 0 m 72 sur 0 m 25.
- Roulez-la sans trop serrer, sur 2 cm de diamètre. Ecrasez légèrement le rouleau (fig. 1, en haut, à droite) en CD et avec des ciseaux, ou simplement vos doigts, faites les crans indiqués par le trait noir E.
- Maintenant, pliez en B, après avoir reformé le rouleau et portez un peu en dehors C et D, vous aurez la figure représentée à gauche et en bas du cadre. Vous n’aurez plus qu’à tirer vers le haut le prem|«r pli B, tous les autres suivront et la première figure sera obtenue.
- Souvent, après avoir présenté cette amusante déchirure, l’opérateur prend une nouvelle feuille de papier, carrée celle-là; il la plie en deux dans le sens de la longueur, puis encore en deux dans la largeur.
- Le carré ainsi obtenu a comme surface le quart de la feuille employée.
- 11 est plié suivant sa diagonale et le triangle qui en résulte est encore plié en deux, ces deux derniers plis par -tant du milieu de la feuille.
- Plaçant la feuille derrière son dos, il la déchire, la couvre de déchiquetu-res, puis l’amenant devant lui, il la dé-plie, montrant qu’elle forme une jolie rosace ajourée, assez compliquée.
- Souvent, au-dessous de la rosace apparaît également en à jours, soit le nom de l’artiste, soit celui de la ville où il opère, mais là il y a un truquage. Après avoir plié et déchiqueté plusieurs feuilles devant le public, l’opérateur en prend [une pliée d’avance. Celle-là est rectangulaire. Dans la partie de papier qui fait d’un carré un rectangle, le nom à faire apparaître comme s’il était déchiqueté en même temps que la rosace est déchiré d’avance et le papier replié sur lui-même. L’opérateur a bien soin de ne pas conduire ses déchirures sur le nom.
- Les découpures de rosaces sont bien connues et avec de la patience, de bons ciseaux et du papier pas trop épais, on en fait de fort jolies, mais la curiosité est de les voir faire en déchirant le papier avec les doigts, derrière le dos. Alber.
- (Communication de M. Beauvallet.)
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- LES COLOCASES DITS “ TAROS ”
- AU POINT DE VUE ALIMENTAIRE
- Ces plantes, de la famille des Aroïdées, se cultivent énormément dans toutes les Antilles, l’Océanie, l’Afrique et dans l’Amérique du Sud. On en fait grand cas dans toutes les régions intertropicales, car à défaut de la pomme de terre qui ne croît pas partout, elles forment un appoint considérable dans l’alimentation. Les marchés de ces régions en sont toujours largement pourvus (dans la saison d’hiver notamment), ce légume si précieux acquiert alors toutes ses qualités.
- Les Taros ou Colocases appartiennent à plusieurs espèces, et leurs variétés sont innombrables, chaque région ayant les siennes.
- Les Colocasia esculenta offrent des types variés, propres à l’Océanie.
- Les espèces américaines désignées sous les noms vulgaires de Tayes, Tayores, Choux caraïbes, etc., se rapportent à une espèce différente, qui n’est autre que le Xanthosoma sagittae folium de Schott.
- Les espèces asiatiques sont rattachées au Colocasia antiquorum de Schott.
- On cultive également, mais moins, le Colocasia macrorrhiza de Schott, sous le nom de grande tayore, la plante devenant o-igantesque. Les tubercules de cette espèce sont très âcres et suspects, il est bon de n’en faire usage qu’après leur avoir fait subir une ébullition prolongée, en renouvelant l’eau de cuisson deux ou trois fois.
- Les trois espèces principales, que je viens de citer, se reconnaissent facilement par leur port et leurs organes de végétation : les Xanthosoma ont leurs feuilles sagittées ; tandis que les Colocasia ou Caladium ont les feuilles peltées, d’un vert clair, marbrées de vert plus foncé, qui prennent des proportions énormes. Chez le Colocasia antiquorum, les feuilles sont moins «n-andes et à l’insertion du pétiole on trouve une tache rouge ou violacée, qui est la caractéristique de la plupart des variétés de cette espèce.
- La culture de tous ces taros ou colocases a fait varier à l’infini la tenue, la dimension et la couleur des organes de la végétation, ainsi que la forme et la grosseur des tubercules, dont les uns arrivent à la taille d’une tête d’homme et les autres à celle d’un œuf, tantôt globuleux, presque régulièrement sphériques; ils sont au contraire irréguliers et très ramifiés chez les Xanthosoma.
- Toutes ces plantes, au point de vue de l’agriculture coloniale, ont une importance considérable, car les tubercules constituent un aliment recherché, non seulement des indigènes, mais des Européens qui habitent les régions intertropicales. Ces rhizomes sont en effet gorgés d’une fécule nutritive, n’ayant aucune saveur particulière trop accentuée.
- Mais à côté des tubercules viennent se placer les feuilles consommées à l’égal de l’Epinard — qu’elles sont loin de valoir — ce qui leur a fait donner le nom de Chou caraïbe, sous lequel on désigne quelquefois les Colocases et plus particulièrement les Xanthosoma.
- La culture des Taros ne se fait pas à la légère. Partout, dans les régions les plus diverses, on se préoccupe, longtemps à l’avance, de l’emplacement qu’on leur donnera.
- Pour se bien développer, ils exigent une terre riche en humus, constamment humide naturellement ou artificiellement. Quoiqu’il y ait des variétés de Taros se plaisant en terrain sec (Nouvelle-Calédonie), ces plantes ne poussent habituellement que dans l’eau; à sec, le rendement est nul; dans tous les cas les Taros ne craignent pas l’eau stagnante.
- Pour en pratiquer la culture dans un marais, les indigènes
- ameublissent assez soigneusement la surface de la) terre et l’ouvrent profondément, par des rigoles.
- S’il s’agit d’un sol utilisé depuis longtemps à cette culture ils y introduisent des fumiers d’étables, ou des engrais composés avec lesquels, ils le savent, ils obtiendront les meilleurs résultats.
- La multiplication se fait, en ne choisissant que le bourgeon terminal qui couronne le bulbe central, soit en ne prenant que les pseudo-bulbes latéraux, qui végètent tout aussi bien. Cependant en sélectionnant des bourgeons de bonne grosseur, les produits sont plus beaux et plus abondants. C’est la raison qui milite pour l’emploi des bourgeons terminaux qui donnent de plus forts rendements.
- La plantation se fait en espaçant les lignes d’un mètre, et en écartant les plants à 0 m 60 ou 0 m 80, ceci pour les Colocasia; pour les Xanthosoma, on serre davantage : 0 m 50 et même un peu moins.
- Au début de la plantation, les binages et les sarclages sont fréquemment renouvelés, afin de détruire les mauvaises herbes; plus tard, la végétation des Taros étant très active, ils deviendront inutiles, toutes les mauvaises herbes étant anéanties par l’ombre des feuilles, extrêmement épaisse.
- Au cours de la culture, s’il se développe au pied des plantes trop de bourgeons latéraux, on peut les enlever en déchaussant chaque touffe; la récolte n’en est que plus belle.
- Le Taro est très cultivé à Tahiti, où l’on en compte plus de vingt variétés; la qualité des racines qui proviennent du Colocasia esculenta est excellente et la plante végète parfaitement dans des vases imbibées d’eau,'impropres à toute autre culture. Il faut 10 à 14 mois pour que le tubercule atteigne une grosseur normale.
- Dans les colonies de la Côte occidentale d’Afrique, le Taro s’est répandu et a gagné partout, jusqu’aux régions les plus éloignées et les plus profondes du continent.
- Là, encore, c’est le Colocasia esculenta qui est seul cultivé, à l’exclusion du Xanthosoma encore peu répandu. Avec les tubercules, les feuilles de Taros sont très recherchées des indigènes et des Européens.
- Pour conserver les Taros, les colons et les indigènes les enterrent dans du sable, abrité sous un hangar, où ils se gardent ainsi plusieurs mois.
- Une industrie horticole s’est greffée sur la culture maraîchère du Taro, avec l’espèce : Caladium ou Colocasia esculenta, en vue des jardins de l’Europe. Tous les tubercules de cette plante que l’on voit chez les marchands de graines, proviennent des Antilles, de l’Amérique du Sud, des Iles Philippines, des Canaries, et si les colons nord-africains le voulaient, ce sont eux qui pourraient en avoir le monopole au point de vue horticole, car il y a assez d’eau dans ces régions pour obtenir des produits de valeur.
- Les Taros, quelle que soit l’espèce, contiennent le double de matières nutritives des pommes de terre. Leur chair est blanche, rose ou violette, et les tubercules pèsent en moyenne de 250 à 1500 grammes chacun. En principe, si la culture en a été bien faite, les tubercules sont plus riches en fécule; quant aux bulbilles qui se développent autour des tubercules, elles sont moins nutritives, moins blanches et moins fines que les gros.
- Les personnes familières avec ce légume n’ont pas plus de peine à les préparer que les Pommes de terre ; moins aqueux que ces dernières, le Taro-dans ces conditions exige aussi plus de beurre; si on le fait cuire à petit feu, il est moins friand de
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- matières grasses et, il ne faut pas que sa cuisson soit exagérée. C’est du reste de la coction que dépend la qualité de cet excellent légume, qui demande moins de temps à être à point que la pomme de terre.
- Pour employer ce tubercule, il faut le nettoyer avec une brosse dure ou le frotter avec une toile raide; on peut aussi le peler. Pour en enlever l’âcreté, il faut le faire bouillir dans de l’eau additionnée de cristaux de soude. Ainsi cuit, sans excès, on utilise le Taro, comme les pommes de terre :
- En robe de chambre, grillé au four, et autres préparations.
- Aux îles Hawaï (Océanie) après l’avoir fait bouillir, on le pèle et on le fait sauter au beurre, assaisonné de sel et de piment. Etant bouilli, après pétrissage, on en fait de délicieux beignets de tous genres : au poisson, au gibier, au fromage, etc. Une recette appréciée :
- Pan Keek, qui n’est autre qu’un gâteau à la poêle
- 1 partie de Taro cru, râpé;
- 3 parties de farine de froment, levure, 4 œufs battus, lait et rhum à volonté. On en fait une pâte à crêpes ou à gaufres, suivant son épaisseur. La cuisson se fait au beurre.
- Beignets de Taro (entremets) :
- 1 tasse à thé de farine de froment;
- 1 tasse à thé de Taro râpé;
- 1 cuillerée à soupe de sucre; • . .
- 1/2 cuillerée à café de sel;
- 2 cuillerées à café de Baking powder ou levure;
- 1/2 tasse de lait.
- Faire frire à l’huile en divisant par cuillerée à soupe, saupoudrer de sucre en poudre.
- Beignets de pédoncules de Taro à la crème. —- On en fait des beignets enrobés de pâte à frire et on les couvre de crème. L’ébullition ne doit pas être trop active.
- Gaufrettes (Friture). — Ce sont des tranches de Taro, épaisses de 1 cm 1/2, coupées au coupe-légume et qu’on fait frire doucement à l’huile. On saupoudre de sucre.
- P ail Taro (entremets) :
- 2 tasses de Taro cuit;
- 1/4 de tasse de beurre;
- 3/4 de tasse de sucre en poudre ;
- 1/2 cuillerée à café de noix de Muscade;
- 2 cuillerées de levure;
- 1/2 cuillerée de Cinamornurn;
- 1 œuf, blanc et jaune battus à part;
- 2 tasses de lait;
- 1/2 citron y compris la peau broyée.
- L’ensemble étant bien malaxé, on le met dans un moule lisse, bien beurré et après avoir laissé l’appareil dans un endroit chaud, pendant 2 heures, le faire cuire au four doux, le temps voulu, et servir chaud. C’est une formule des plus agréables.
- On mange encore le Taro en frites, en salade, en soupe, etc., enfin, on en fait un pain, un peu lourd, mais très goûté des créoles.
- R. de Noteu.
- LE GLUCINIUM
- Les progrès de la science font pénétrer de temps en temps dans le domaine industriel des minéraux et des métaux qui n’avaient été considérés jusqu’à présent que. comme pure curiosité de laboratoire. Nous voulons parler aujourd’hui d’un des derniers venus : le glucinium ou berylium què l’on commençe à employer pour l’obtention de certains alliages, encore que le prix variant de 10 000 à 25 000 francs le kilogramme suivant le degré de pureté limite forcément les débouchés de ce métal.
- Le glucinium a été découvert par la chimiste français Vauquelin vers la fin du xvme siècle. Il doit son nom à sa propriété caractéristique de donner naissance à des sels ayant un goût sucré (du grec glukus = doux), mais il est plus communément appelé berylium à l’étranger en raison de la roche dans laquelle il a été reconnu à l’origine. On ne le trouve jamais pur dans la nature, mais seulement à l’état de silicates ou autres combinaisons plus ou moins complexes. La source la plus connue, mais aussi la plus rare est le béryl, silicate double d’aluminium et de glucinium (6 SiO2, 2 Al2Or’,3 GIO), roche d’une couleur jaune, bleuâtre ou même incolore dont on a reconnu divers gisements en Russie d’Europe et à Madagascar. Les béryls purs et transparents constituent des pierres précieuses utilisées en joaillerie et les visiteurs de l’Exposition Coloniale ont pu admirer à Vincennes dans le Palais édifié par le Gouvernement de Madagascar de très beaux échantillons de ces minerais en leurs divers états. Une variété vert foncé constitue l’émeraude qui compte parmi les pierres précieuses les plus recherchées et qu’il ne faut pas confondre avec l’émeraude orientale, laquelle est une alumine cristallisée pure (ATO3) moins rare que la précédente. Une autre variété est l’aigue-marine, de même composition chimique que le béryl mais d’une couleur vert pâle très caractéristique.
- Cependant en raison de sa faible teneur en glucine (11 à 15 pour 100) et surtout de sa rareté, le béryl, même à l’état impur, est un minerai coûteux. Il en est de même d’autres
- roches à glucine telles que le chrysobéryl (aluminale de glucine) et l’euclase (silicate double d’aluminium et de glucinium hydraté) et Ton considère que le véritable minerai de l’avenir, si les emplois du métal se développent, se trouvera dans une roche complexe, un silico-fluorure de chaux et de glucine, associé avec la soude et la potasse, que l’on trouve en masses relativement importantes dans les syénites. Cette roche, la leucophane, tire son nom de sa couleur blanche (de leucos = blanc) ; sa densité est voisine de 3. Sa dureté : 3,5 la place dans l’échelle de Mohs entre le spath-fluor et l’apatite et comme le premier elle devient fluorescente sous l’action de la chaleur.
- Le glucinium pur à l’état métallique n’est produit que par une seule maison allemande. Sa densité est de 1,84, soit sensiblement la même que celle du magnésium, mais son point de fusion est presque le double (GL : 1250° C. Mg : 650° C). Le principal intérêt du glucinium réside dans son module d’élasticité très élevé. En d’autres termes, soumis à un même effort, il est bien moins déformable à froid que d’autres métaux ou alliages, aluminium, magnésium ou bronze. Métal non malléable, dur et cassant, on ne lui découvre guère d’emplois à l’état pur, et son principal usage se trouve dans l’amélioration des alliages de bronze dont il augmente la dureté et l’élasticité. Allié au cuivre, il entraîne une sensible augmentation de la résistance à la traction. Des recherches sont faites en vue de l’incorporation du glucinium à l’aluminium et aux alliages d’aluminium et de magnésium employés dans l’aviation, mais on n’a encore aucune indication précise à se sujet.
- Pour terminer, il faut indiquer que le glucinium jouit de cette propriété remarquable d’être le meilleur conducteur de l’électricité parmi tous les métaux connus, mais son prix extrêmement élevé par rapport aux métaux bons conducteurs usuels, cuivre et aluminium, enlève tout intérêt pratique à cette propi’iété. A.-F. Pèllat.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- 37
- LA VOÛTE CÉLESTE EN FÉVRIER 1932 (*;
- Jupiter va passer en opposition le 7 février prochain. C’est là une occasion favorable pour l’observer avec soin et pour suivre attentivement quelques-uns des curieux phénomènes auxquels donnent lieu les principaux satellites dans leur évolution autour de la géante planète.
- On trouvera plus loin la liste de ces phénomènes :
- Considérons en particulier les trois suivants :
- L’ombre d’un fil à plomb, aux heures ci-dessus, donne exactement, à Paris, la direction du méridien.
- Observations physiques. — Voici la suite des éphémérides pour l’orientation des dessins et photographies du Soleil :
- Dates. Phénomène.
- 3 février
- 7 février
- 10 février ^
- I. O. f. 1. P. f. IL O. f. IL P. f. 1. P. e. 1. O. c.
- Heure.
- 23“ 16“ 23“ 22'“ 4“ 6“ 4“ 7“ 22“ 48“ 22“ 53“
- Remarque
- Avant l’opposition. Jour de l’opposition. Après l'opposition.
- Dates. P B0 L0
- Février 5 — 13° 42 — 6° 28 T 25°,50
- — 10 — 15 34 — 6 58 59 ,67
- 14 — 16 78 — 6 78 7 ,00
- — 15 — 17 13 — 6 82 353 ,83
- — 20 — 18 77 rH O 1 287 ,99
- — 25 — 20 27 L- 1 I 222 ,14
- Le jour de l'opposition le Soleil, la Terre et Jupiter étant sensiblement en ligne droite, l’ombre d’un satellite coïncide à peu près avec ce satellite lui-même, et l’entrée ou la sortie d’un satellite ou de son ombre sur le disque de Jupiter sont, si l’on peut dire, simultanées. Avant l’opposition, l’ombre d’un satellite précède le satellite lui-même à son entrée ou à sa sortie du disque. Après l’opposition le phénomène revêt un caractère opposé et le passage précède l’entrée de l’ombre. Le tableau ci-dessus montre bien ces différences, qui s’expliquent aisément en traçant les orbites de la Terre et de Jupiter et de ses satellites.
- I. Soleil. — Le Soleil, en février, s’élève rapidement en déclinaison. Celle-ci, de — 17° 22' le 1er février, atteindra — 7° 56' le 29. La durée du jour croîtra également très vite; elle sera de 9“ 19“ le 1er et de 10“ 52“ le 29. Cette durée est celle de présence du centre du Soleil au-dessus de l’horizon.
- Voici le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges très bien réglées lorsque le centre du Soleil passe au méridien de Paris :
- Fig. 1.
- Photographie prise à l’Observatoire de astronomique de France, par MM. Em. Touchet et F. Quénisset.
- Nous rappelons que P est l’angle de position de l’axe de rotation du Soleil, compté vers l’Est à partir du point nord du disque solaire : — 13°, 42 le 5 février veut dire que l’axe solaire
- est à 13°,42 à Y Ouest du méridien passant par le centre du Soleil.
- B0 et L0 sont respectivement la latitude et la longitude héliographiques du centre du disque, c’est-à-dire du centre de la Terre vu du centre du Soleil. Pour plus de renseignements, consulter VAnnuaire astronomique Flammarion, à l’article consacré au Soleil.
- Lumière zodiacale, lueur anti-solaire. — La lumière zodiacale devient remarquable, en février, le soir, après le crépuscule. Les meilleures périodes pour l’observer sont celles où la Lune ne gêne pas par sa présence, c’est-à-dire du 1er au 8 février, puis du 24 au 29.
- On pourra rechercher la lueur anti-solaire du 9 au 12 février, dans le Lion, près de Régulus. On doit faire cette recherche par une nuit bien pure et loin de toute lumière artificielle.
- La lumière cendrée de la Lune.
- la Société
- la
- N.
- P.
- L. le 6, à Q. le 14, à
- 14“ 45” 18“ 16“
- Dates. Heure du passage. Dates. I l eure du passa
- F évrier 1 12“ 4m 14“ Février 17 12“ 4m 52s
- — 3 12 4 30 — 19 12 4 43
- — 5 12 4 43 — 21 12 4 31
- — 7 12 4 52 — 23 12 4 17
- — 9 12 4 59 — 25 12 4 0
- — 11 12 5 2 — 27 12 3 40
- — 13 12 5 1 — 29 12 3 19
- — 15 12 4 58
- 1. Toutes les heures données dans le présent Bulletin ,astronomique se rapportent au temps universel (T. U.) compté de 0“ à 24“, à partir de 0“ (minuit).
- IL Lune. — Les phases de Lune, en février, seront les [suivantes :
- P. L. le 22, à 2“ 7“
- D. Q. le 28, à 18“ 3“
- Age de la Lune, le 1er février = 26 J,0 ; le 6 février = ô^O. Pour une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 6, pour avoir l’âge de la Lune à cette date.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en février 1932 :1e 3, à 0“ = — 28035'; le 17, à 12“ = + 28°40 .
- Apogée de la Lune (plus grande distance 12 février, à 6“. Parallaxe = 5410". Distance
- Périgée de la Lune (plus petite distance 24 février, à 2“. Parallaxe = 60'32". Distance
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 16 février, occultation de 354 B. Taureau (gr. 6,4). Immersion à 19“ 43“,5.
- Le 18 février, occultation de 134 B. Gémeaux (gr. 6,5). Immersion à 18“ 26“,5.
- Le 28 février, occultation de 4 Scorpion (gr. 5,7). Émersion à 4“ 48“,5.
- la Terre) le : 404 820 km. la Terre), le = 362 250 km.
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- Lumière cendrée de la Lune. — La lumière cendrée de la Lune (produite, comme on le sait, par l’éclairement par la Terre de la région lunaire plongée dans l’ombre), sera particulièrement visible après la nouvelle Lune, notamment les 8, 9, 10 et 11 février. L’observation de la lumière cendrée de la Lune est surtout facilitée par l’emploi d’une jumelle lumineuse ou par celui d’une lunette munie d’un faible grossissement. La figure 1, reproduction d’une photographie prise à l’Observatoire de la Société astronomique de France, montre tous les détails du disque lunaire éclairés seulement par la lumière de la Terre, ce qui a fait dire que la lumière cendrée de la Lune, n’est que le reflet d’un reflet.
- Marées. — Les plus grandes marées du mois se produiront surtout à l’époque de la pleine Lune du 22. Elles seront importantes. Voici la valeur, en centièmes, de quelques-unes de ces plus grandes marées pour Brest.
- Coefficient de la marée (en centièmes).
- Date. Matin. Soir.
- Février 22 95 101
- — 23 105 109
- — 24 110 110
- — 25 108 104
- — 26 99 92
- III. Planètes. — Le tableau suivant, dressé au moyen des données de VAnnuaire astronomique Flammarion pour 1932, contient les renseignements les plus importants pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois de février 1932.
- mois qui vont suivre. Vénus, dans les instruments moyens, révèle des phases analogues à celles de la Lune. Peu de détails sont visibles à sa surface, tout au plus des différences de tonalités, sans forme précise.
- Les meilleures observations sont celles que l’on fera en plein jour.
- Mars sera inobservable en février, il sera en conjonction avec le Soleil, le 1er février, à 6“.
- Jupiter sera visible toute la nuit, se trouvant en opposition avec le Soleil le 7 février, à 15“.
- Les plus petites lunettes permettent l’observation de Jupiter et des bandes nuageuses qui traversent sa surface.
- En outre, elles permettent de suivre efficacement les évolutions des satellites qui gravitent autour de cette planète géante.
- Nous donnons à la page suivante la liste des phénomènes produits par ces satellites dans leur course autour de Jupiter.
- Saturne sera inobservable ce mois-ci. Il s’est trouvé en conjonction avec le Soleil le 16 janvier dernier.
- Voici toutefois les éléments de l’anneau à la date du 17 fé-
- vrier :
- Grand axe extérieur................... -f- 34", 57
- Petit axe extérieur. ..................-f- 12", 42
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan
- de l’anneau............................. — 21°,5
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de
- l’anneau................................-r 21°,9
- Uranus sera encore visible dès l’arrivée do la nuit. Voici quelques positions où on pourra l’observer :
- Dates : Lever Passage Coucher Ascen- Déclinai- Diamètre Constellation VISIBILITÉ
- ASTRE à au à sion et
- Février Paris. Méridien Paris. droite. son apparent étoile voisine.
- de Paris H
- 6 7> 18m 12“ 4m 488 16“ 52“ 21“ 16“ — 15° 54' 32'29" ,2 Capricorne
- Soleil . . . . < 16 7 2 12 4 56 17 9 21 55 — 12 39 32 25 8 Capricorne > î)
- 26 6 43 12 3 50 17 25 22 34 + 9 4 32 21, 4 Verseau
- 6 6 51 11 8 15 25 20 16 — 21 25 5, 0 Capricorne
- Mercure. . . 16 6 38 11 36 16 14 21 23 — 17 31 4, 8 Capricorne ( Inobservable.
- 26 6 56 12 5 17 15 22 32 — 11 18 4, 8 T Verseau
- 6 8 40 14 23 20 6 23 32 — 4 10 13, 6 Verseau Superbe, le soir, après le coucher du soleil.
- Vénus . . . 16 8 20 14 27 20 34 0 15 + 1 5 14, 4 Poissons
- 26 7 59 14 30 21 2 0 58 + 6 17 15, 2 Poissons
- \ 6 Mars. . . . ' 16 ) 26 7 22 12 1 16 40 21 11 — 17 24 4, 0 U Verseau j Invisible, en conjonction avec le Soleil.
- 7 6 1 39 11 1 53 44 15 16 10 50 21 22 42 13 — 14 — 12 56 14 4, 4, 0 0 Y Capricorne Verseau
- Jupiter. . . 16 16 1 23 24 6 48 9 17 + 16 50 42, 2 Lion Toute la nuit.
- Saturne . . 16 5 53 10 15 14 37 20 5 — 20 29 13, 8 Capricorne Inobservable.
- Uranus. . . 16 8 41 - 15 11 21 41 1 2 + 5 57 3, 4 73 Poissons Dès l’arrivée de la nuit.
- Neptune . . 16 17 59 0 47 7 35 10 36 + 9 43 2, 4 49 Lion Toute la nuit.
- 1. Cette colonne donne T heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Mercure sera invisible ce mois-ci. Il sera en conjonction supérieure avec le Soleil, le 26 février, à 21h. On pourra l’observer dans les premiers jours du mois prochain.
- Vénus se dégagera de plus en plus des rayons du Soleil et brillera le soir, après le coucher du Soleil, illuminant le crépuscule à l’Ouest. Sa visibilité va devenir remarquable dans les
- Dates. Ascension Déclinaison Diamètre
- droite apparent.
- îvrier 6 1“ 0“ + 5° 48' 3",4
- — 16 1 2 + 5 57 3 ,4
- — 26 1 4 + 67 3 ,4
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- Phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Date. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. D ate. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 1 3“ 49“ III Em. 17 3 12“ I Im.
- 1 5 9 I E. c. 17 5 45 I E. f.
- 1 20 54 II Em. 17 5 45 I E. f.
- 1 22 13 IV O. c. 17 19 30 II P. f.
- 1 23 32 IV P. c. 17 20 1 II O. f.
- 2 2 30 1 O. c. 18 0 31 I P. c.
- 2 2 38 I P. c. 18 0 47 I O. c.
- 2 3 1 IV O. f. 18 2 49 I P. f.
- 2 4 17 IV P. f. 18 3 4 I O. f.
- 2 4 48 I O. f. 18 18 26 IV P. f.
- 2 4 56 I P. f. 18 20 34 III P. c.
- 2 23 38 I E. c. 18 21 1 IV O. f.
- 3 2 3 I Em. 18 21 38 I Im.
- 19 20 59 I O. c. 18 21 41 III O. c.
- 3 21 4 I P. c. 19 0 10 III P. f.
- 3 23 16 I O. f. 19 0 13 I E. f.
- 3 23 22 I P. f. 19 1 19 III O. f.
- 4 18 6 I E. c. 19 18 57 I P. c.
- 4 20 29 I Em. 19 19 15 I O. c.
- 5 17 48 I P. f. 19 21 15 I P. f.
- 7 1 13 II O. c. 19 21 33 I O. f.
- 7 1 15 II P. c. 20 18 42 I E. f.
- 7 4 6 II O. f. 23 0 44 II Im.
- 7 4 7 II P. f. 23 4 21 II E. f.
- 8 3 27 III Im. 24 4 37 I Im.
- 8 20 16 II Im. 24 18 53 II P. c.
- 8 3 12 II E. f. 24 19 43 II O. c.
- 9 4 22 I P. c. 24 21 46 II P. f.
- 9 4 24 I O. c. 24 22 37 II O. f.
- 10 1 28 I Im. 25 2 16 I P. c.
- 10 13 50 I E. f. 25 2 41 I O. c.
- 10 27 25 II O. f. 25 4 33 I P. c.
- 10 22 48 I P. c. 25 4 59 I O. f.
- 10 2 53 I O. c. 25 23 23 I Im.
- 11 1 5 I P. f. 25 23 51 III P. c.
- 11 11 10 I O. f. 26 1 40 III O. c.
- 11 17 42 III O. c. 26 2 8 I E. f.
- 11 29 54 I Im. 26 3 28 III P. f.
- 11 20 54 III P. f. 26 20 42 I P. c.
- 11 21 21 III O. f. 26 21 9 IV Im.
- 11 12 19 I E. f. 26 21 10 I O. c.
- 12 17 21 I O. c. 26 22 59 I P. f.
- 12 19 31 I P. f. 26 23 27 I O. f.
- 12 9 39 I O. f. 27 17 49 I Im.
- 14 3 29 II P. c. 27 20 37 I E. f.
- 14 23 49 II O. c. 28 17 56 I O. f.
- 15 2 29 II Im. 29 19 7 III E. f.
- 16 1 46 II E. f.
- 39
- Voir la petite carte spéciale publiée au Bulletin astronomique du n° 2856, du. 1er mai 1931.
- Neptune sera visible toute la nuit, son opposition avec le Soleil se produisant le 26 février, à 10“. On pourra, pour le trouver, reporter les positions suivantes sur la petite carte donnée au Bulletin astronomique du n° 2865 du 15 septembre 1931.
- Dates. Ascension Déclinaison Diamètre
- droite. apparent.
- Février 6 10“ 37“ -f 9° 37' 2" ,4
- — 16 10 36 + 9 43 2 ,4
- — 26 10 35 + 9 49 2 ,4
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le
- Le
- Le
- Le
- Le
- 3, à llh, Mercure en conjonction avec Saturne, à 1° 18' S.
- 5, à 2“, Saturne
- 5, à 7“, Mercure
- 6, à 11“, Mars 9, à 21“ Vénus
- Le 11, à 15h, Uranus Le 20, à 22h, Jupiter Le 21, à 1“, Mercure Le 21, à 19h, Mercure Le 22, à 9“, Neptune Le 27, à 7“, Vénus
- la Lune à 4° 25' N. —- à 2° 51' N.
- — à 2» 30' N.
- — à 0° 58' S.
- — à 2° 41' S.
- — à 2° 34' S. Mars à 1° 4' S.
- t Verseau (gr.4,3 à 0° 0' N. la Lune, à 1° 5'. Uranus,. à 0° 47' N.
- Étoile Polaire ; temps sidéral. — Voici quelques passages de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- Date.
- Février 5
- — 15
- — 25
- Passage. Heure. Temps sidéral
- à 12“ (T. U.)
- supérieur
- 16“ 29“ 318 15 50 3
- 15 10 35
- 8» 55“ 46-9 39 8
- 10 18 34
- ^Étoiles filantes. — Quelques essaims d’étoiles filantes sont actifs en février. Le plus important est celui du 16 février, voisin de a Cocher, situé par 74° d’ascension droite et -f 48° de déclinaison.
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le 1er février à 21 heures ou le 15 février, à 20 heures est le suivant :
- Au Zénith : Presque exactement, se trouve [1 du Cocher. Autour du Zénith les Gémeaux, le Taureau, Persée.
- A l’Est : Le Lion; la Vierge; le Bouvier.
- Au Sud : Orion; le Grand Chien; le Petit Chien.
- I
- A l’Ouest : Le Bélierj; la Baleine; Pégase.
- Au Nord : Le Dragon; Deneb, du Cygne, frôle l’horizon
- Em. Touchet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- EMBALLAGE DES CLICHÉS PHOTOGRAPHIQUES
- Le moyen le meilleur et le plus simple d’éviter le bris des clichés durant un transport quelconque est le suivant
- S’il n’y en a qu’un, on l’entoure de papier et on le flcèle entre deux euilles de carton de même format; s’il ye.ia plusieurs, on les sépare par des morceaux de papier — buvard de préférence — de même format et on les enveloppe dans un papier commun. Le ou les clichés sont ensuite mis dans une boîte de plaques vide, du format correspondant,
- en disposant au-dessus et au-dessous un matelas de fins copeaux d’emballage ou de ouate d’épaisseur suffisante pour empêcher^tout ballottement quand la boîte est fermée et ficelée.
- Cette boîte est elle-même entourée d’une couche assez épaisse de fibre de bois ou d’ouate enveloppée de plusieurs épaisseurs de papier fort et ficelée.
- Employant ce procédé depuis plus de trente ans, je n’ai jamais eu la moindre brisure.
- D1 G.-H. Niewenglowski.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Le soleil, par G. Bruuat. 1 vol. 239 p., 47 fig., 16 planches hors texte. Félix Alcan, Paris, 1931. Prix : 20 i'r.
- 11 y a un siècle, on connaissait du Soleil, ses dimensions, sa masse et approximativement sa distance à la Terre. Et c’était là autant de conquêtes magnifiques. Depuis lors, nos connaissances ont fait d’immenses progrès, en ces dernières années surtout, grâce au développement de la technique spectroscopique et aux études théoriques et expérimentales sur les décharges lumineuses dans les gaz raréfiés. M. Bruhat, dans un ouvrage clair et bien ordonné, établit le bilan de toutes les recherches modernes et montre les magnifiques résultats obtenus par l’astronomie physique. Il révèle au public français le patient et formidable travail d’observation accumulé dans les observatoires consacrés aux études solaires : comme Meudon en France, Mont-Wilson aux États-Unis. Il révèle également des travaux de première importance qui ne sont guère connus encore que des spécialistes, comme ceux d’Eversted, de Saint John, etc. L’auteur s’est abstenu de tout développement mathématique; son livre, quoique appuyé sur une documentation de premier ordre, reste tout entier d’une lecture aisée et des plus attrayantes, qui l’impose à tout esprit’ soucieux de culture générale.
- L'SÎOm e de Bohr, par L. Brillouin. 1 vol. 363 pages. Les Presses universitaires de France. Paris, 1931. Prix : 100 fr. •
- Cet ouvrage est la publication d’un cours professé en 1928 par l’auteur à Madison (États-Unis). C’est aussi une nouvelle édition du livre qu’il publia en 1922 sur le même sujet. C’est en réalité un livre tout nouveau, beaucoup plus complet et qui permet de saisir dans leur ensemble le développement des théories quantiques, et. de celle de Bohr, avant l’avènement de la mécanique ondulatoire. L’auteur expose tout d’abord les généralités de mécanique analytique nécessaires à la compréhension des théories quantiques et il y joint un résumé des formules générales d’électro-magnétisme et de mécanique relativistes. 11 arrive ensuite directement à la théorie de Bohr sur la constitution des atomes et l’origjne des' spectres, les résultats auxquels elle conduit pour la prévision des spectres, et traite en détail le problème des spectres de multiplets, il étudie l’effet du champ magnétique sur les spectres, ce qui le conduit à l’hypothèse de l’électron tournant, tandis que l’étude des spectres de rayons X le conduit au principe d’exclusion de Pauli. L’auteur montre que cet ensemble mi-théorique, mi-empiriqué,'à défaut de rigueur absolue, donne une image très maniable et très commode, de la réalité.
- La mécanique nouvelle çies quanta apporte seulement une légère correction aux formules résultant des théories précédentes, qui gardent donc, toute leur valeur d’exposé et de classement.
- Les colloïdes et l’état colloïdal, par A. Boutaric. i vol, 260 pages, 28 fi g. Félix Alcan. Paris, 1931, prix : 18 fr.
- La science des colloïdes est un domaine touffu qui s’enrichit chaque jour d’apports nouveaux, et dont l’accès, par là même, est rendu de plus en plus difficile au profane. Le nouveau livre de notre collaborateur est un guide excellent pour le néophyte, il lui permet de donner un coup d’œil d’ensemble sur ce domaine, d’en distinguer très nettement les avenues principales, d’apprécier la beauté et l’utilité des travaux qui y ont été effectués. Il rappelle brièvement tout d’abord le mode de préparation des solutions colloïdales, puis explique les phénomènes de dialyse, de filtration et d’osmose. Il passe ensuite en revue les principaux phénomènës auxquels donnent lieu les solutions colloïdales : action sur la lumière, électrophorèse, floculation. Il en étudie certaines propriétés : couleur, tension superficielle, viscosité, rigidité, biréfringence, adhésivité. Après avoir dit ce que sont les émulsions, il aborde le problème de la structure des particules colloïdales et montre où en sont actuellement nos connaissances sur ce sujet : la distinction entre colloïdes et cristalloïdes devient de moins en moins tranchée. L’ouvrage se termine par l’étude des gelées et l’exposé des lois de l’adsorption.
- Oceanography, its scope, problems and économie importance, par Henry B. Bigelow, 1 vol. in-8, 263 p. Chapman and Hall, Londres, 1931. Prix : cartonné toile,
- 12 sh. 6 d.
- L’auteur, curateur d’océanographie à l’université d’Harvard, a été chargé par l’Académie nationale des Sciences de Washington de faire le point de sa science et d’indiquer son importance, ses problèmes non encore résolus, ses conséquences économiques, pour décider de la part que les Etats-Unis peuvent prendre dans un programme international de recherches. Sans s’encombrer d’une bibliographie qu’on trouve dans les ouvrages spéciaux, M. Bigelow a su faire un exposé très complet et très vivant dans lequel il traite successivement de la géologie sous-marine, de la physique et de la chimie de l’eau de mer et de ses rapports avec la météorologie, de la vie dans les océans.
- Avant de terminer en insistant justement sur l’interpénétration de ces divers points de vue, il met en valeur les conséquences économiques de ces recherches pour les pêches, la navigation, les travaux des ports, les câbles sous-marins, la prévision du temps, etc C’est une introduction facile à lire et bien au point aux études actuellement en cours dans les différents pays.
- Die Tierwelt der Nord-und Ostsee, par G. Grimpe et E. Wagler. Fascicule XX. 1 vol. in-8, 84 p., 50 fig. Akademisclie Verlagsgesellschaft. Leipzig, 1931. Prix : 6,80 Marks.
- Ce nouveau fascicule contient l’étude des Flagellés parasites, par Eduard Reiclienow et celle des Spirochètes, par Margarete Zuelzer; ce sont des monographies très complètes de parasites marins dont l’étude n’a guère été commencée que depuis quelques années et dont beaucoup de formes restent encore à découvrir. Un autre chapitre, dû à Otto Pratje, trgite dç l’histoire géologique de la Mer du Nord et de-la; Baltique : évolution, formes, côtes, sédiments; c’est une introduction nécessaire à toute étude de biogéographie.
- P récis de zoologie, par Aug. Lameere, Tome IL Caractères fondamentaux des Cœlomates. Les Vers, y compris les Molluscoïdes, les Ëntéropneustes et les Ecliinodermes. 1 vol. in-8, 456 p., 517 fig. Doin et Cie. Paris, 1931.’
- Deux ans après le premier tome, voici le deuxième, si bien qu’on peut espérer voir ce vaste précis être complet d’ici peu d’années. Intermédiaire entre les gros traités, trop souvent laissés inachevés et les manuels trop élémentaires, il sera précieux aux étudiants qui abordent la zoologie et qui ont besoin de notions claires, précises, assez détaillées pour.se rendre compte de la variété des formes. Certes, on pourrait discuter les principes de classification adoptés par le professeur de l’université de Bruxelles, mais ceci dit, il faut reconnaître que la présentation de chaque groupe est excellente et remarquablerhent documentée. Çe tome II est consacré aux Cœlomates hyponeurienstrôcho-phores dans lesquels l’auteur fait entrer les Vers et les Mollusques; seuls les premiers sont traités ici. Ces Vers sont divisés en Orthosomes et Dérosomes, Les premiers comprennent les Néréidjens et les ltoti-fères, les Gastérotriches et les Nématodes, les Echinodères, les Gor-diacés et les Acanthocéphales, les Tardigrades et les Lingüatùles, les Onychophores, les Némertiens, les Oligochètes, les Bdellodes. Les seconds sont les Molluscoïdes-(Plioronidiens et, Bryozoaires, Bracliio-podes et Chétognathes) et les Hydrocœliens (Ëntéropneustes ët Echi-nodermes). La description des formes et"de leur, développement est excellente.
- L’homme. Races et coutumes, par le Dr R. Verneau. 1 vol. in-4, 400 p., 630 fig., 32 pl. en noir et 5 en couleurs. Larousse, Paris, 1931. Prix : broché, 105 francs; relié, 150 francs. . *
- Tout le monde connaît la luxueuse et magnifique collection in-4° de la librairie Larousse où furent présentés, çntre autres, les animaux, les plantes, l’air, la mer, lè ciel, etc. Cette aimée, elle s’enrichit, pour les étrennes, d’un nouvel ouvrage qui ne lè cède en rien aux précédents. Les figures, abondantes, sont admirablement choisies parmi toutes celles des collections du laboratoire d’anthropologie du Muséum et de diverses missions, notamment de la mission Citroen-Centre-Afrique; elles sont reproduites parfaitement par héliogravure. Le texte, dû au professeur de l’Institut dé paléontologie humaine et du Muséum, conservateur honoraire du Musée d’Ethnographie du Trocadéro, est, l’on s’en doute, d’une documentation toujours sûre; sa lecture est attachante et accessible à tous. L’auteur rappelle les rapports de l’homme et des mammifères, les lois anthropologiques, le passé de l’humanité : ancienneté et origine de l’homme, races fossiles préhistoriques, puis il conduit le lecteur parmi toutes les races actuelles : les primitifs : australiens, tasmaniens, esquimaux, fuégiens : les races d’Afrique : nègres, mongoloïdes, blancs et éthiopiens; les races d’Asie : jaunes, indonésiens, dravidiens, aïnous, hindous, iraniens, sémites; les races d’Amérique; les races d’Océanie : mélanésiens, polynésiens et micronésiens; les races d’Europe : anaryens et aryens. Certes, l’Exposition coloniale nous a familiarisés avec les multiples types d’hommes des cinq parties du monde, mais elle ne nous a que peu appris de leurs mœurs et de leurs coutumes; ce livre-ci les décrit et explique abondamment et on le ferme, enchanté de tout cfe qu’il enseigne de manière si agréable.
- G ens et routes de Lithuanie, par Jean Mauclère. i vol. 254 pages, 16 fig. hors texte. Al. Rédier, Paris 1931. Prix : 15 fr.
- Notre collaborateur a beaucoup voyagé en Lithuanie et a bien pénétré l’âme de cette nation sympathique à tant d’égards et peu connue en France. Le récit de ses excursions, pittoresque et vivant, révélera au lecteur un pays d’ardente culture et de poétiques traditions où la France possède, sans s’en douter, une grande influence intellectuelle et morale.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- LABORATOIRES
- La station internationale de recherches de Jungfraujoch (3457 m).
- Au mois de juillet dernier, on a inauguré en Suisse, aux flancs de la Jungfrau, à la naissance du glacier d’Aletsch, à l’altitude de 3457 m, une station scientifique remarquable à bien des égards.
- 11 s’agit d’un laboratoire situé à haute altitude, offrant néanmoins le confort et les ressources nécessaires pour permettre l’exécution facile et continue d’investigations scienti-
- une tour de trois étages. Les murs intérieurement revêtus de liège et les doubles fenêtres assurent une bonne protection contre le froid. Outre de belles salles de travail, un atelier, des chambres noires, on trouve à l’intérieur un bureau pourl’administration, neuf chambres à coucher à un lit, une chambre à quatre lits, une cuisine, une salle à manger, une salle de bains, car on a voulu que le laboratoire forme un tout autonome : les savants qui y viendront travailler n’y trouveront pas seulement des locaux et des instruments de travail, mais encore le gîte et le couvert.
- Dans la tour est aménagé un laboratoii'e de botanique, ainsi qu’une bibliothèque. Elle porte une teri'asse à ciel
- Fig. 1. — La station internationale de recherches de Jungfraujoch (3457 m.) (Photo Schudel, Grindenwald.)
- fîques. L’accès en est aisé, il se trouve, en effet, au terminus du chemin de fer de la Jungfrau.
- L’idée est due au regretté professeur de Quervain, elle a été reprise par la société savante de Suisse « Swiss Naturfor-schende Gesellschaft ». Mais l’édification du laboratoire n’a été possible que grâce à l’aide financière de la fondation Rockefeller et d’autres bienfaiteurs, ainsi qu’au concours delà compagnie du chemin de fer de la Jungfrau. La direction du laboratoire est internationale et celui-ci est en principe ouvert aux travailleurs de tous pays.
- Le bâtiment est une solide construction en pierre, incrustée dans le flanc à pic de la montagne; l’entrée se fait par un tunnel taillé dans le roc, et partant de la station du chemin de fer; il comporte deux étages principaux surmontés par
- ouvert, partiellement protégée par un toit contre les chutes de pierres.
- Au rez-de-chaussée du bâtiment principal sont les salles de travail au nombre de six. On y trouve également une chambre contenant un réservoir d’eau, une pièce pouvant recevoir des animaux.
- L’éclairage, le chauffage et la cuisine sont électriques : le courant est fourni par le chemin de fer voisin.. En cas de panne, interviennent des accumulateurs de secours. Chaque salle de travail offre deux places et est pourvue de l’eau courante, ainsi que de l’électricité sous haute et sous basse tension.
- On a donc pu créer, en pleine montagne, un édifice solide et spacieux, fort bien agencé, notamment pour les recherches physiques et physiologiques.
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- Fig. 2. — L’altimètre de Braun.
- La direction de la station scientifique de Jungfraujoch est assurée par un conseil dont le président est le professeur Hess, de l’Université de Zurich, assisté de deux représentants de chacun des corps suivants : la Swiss Naturforschende Gesell-schaft, la Kaiser Wilhelm Gesellschaft zur Forderung der Wis-senscliaften à Berlin, l’Université de Paris, la Royal Society de Londres, l’Académie des Sciences de Vienne, le Fonds national de la Recherche scientifique de Bruxelles, et la Compagnie du Chemin de fer de la Jungfrau.
- Au conseil est adjoint un comité exécutif formé du Pr Hess, président, du Pr Kolliker, de Zurich, trésorier, et du Pr Collet, de Genève, secrétaire.
- MARINE
- Un paquebot anglais à propulsion électrique.
- Comme on le sait, le futur paquebot Super-Ile-de-France, en construction à Saint-Nazaire, sera à propulsion électrique, c’est-à-dire que la transmission de la puissance entre la machine motrice et les hélices se fera par l’intermédiaire de dynamos transformant l’énergie mécanique en énergie électrique et de moteurs électriques qui reconvertissent l’énergie électrique en énergie mécanique sous forme d’un mouvement de rotation communiqué aux hélices. Ce système de propulsion a fait sa première apparition, avant la guerre, sur un modeste cargo charbonnier. Il s’est, depuis, développé lentement et l’équipement du Super-Ile-de-France, l’un des trois plus grands paquebots du monde, sera une étape hardie. Il faut toutefois citer, •dans cette classe de bâtiments, l’apparition récente, en Angleterre, d’un paquebot de belles dimensions, quoique bien plus modeste que celles du futur transatlantique français.
- Le Monarch of Bermuda, que viennent d’achfever les chantiers Vickers-Amstrong, à Ne\vcastle-on-Tyne, déplace 20 000 tonnes, il doit donner une vitesse de 20 nœuds. Il mesure 173 m de long, 23 m de large au maître-couple. La machine motrice comporte deux turbo-alternateurs de 7500 kw chacun, tournant à 3000 tours par minute et distribuant le courânt à quatre moteurs actionnant chacun un arbre porte-hélices. Grâce à la place que laisse disponible l’équipement électrique, le navire a pu être aménagé avec le plus grand luxe et offrir à 800 passagers de première classe des installations d’un confortable jusqù’ici inégalé.
- Un second paquebot du même type va être incessamment mis en chantier.
- AVIATION
- Pour mesurer en avion la distance du sot.
- Une des causes d’accident les plus fréquentes en aviation est l’ignorance où se trouve le pilote de sa. distance au sol, la nuit par exemple, ou dans le brouillard. Les atterrissages deviennent alors périlleux.
- La récente invention d’un altimètre relatif, par un jeune ingénieur viennois, M. H. de Braun, marque donc un nouveau progrès vers la sécurité.
- L’altimètre relatif de M. de Braun repose sur un phénomène découvert par Jolly, le physicien français qui, il y a environ 50 ans, grâce à une balance spéciale, constata la diminution continue du poids des corps au fur et à mesure qu’on s’éloigne de la surface du sol.
- Après des essais préliminaires avec un dispositif assez grossier, l’inventeur, en collaboration avec M. Erwin Stern, construisit un instrument d’une sensibilité remarquable, dont la pièce vitale, un pendule croisé tournant, actionné par un moteur électrique, porte quatre sphères attachées* à des bras reliés entre eux par des ressorts. La rotation rapide imprimée à ces sphères équivaut à accroître leur poids; et par suite on amplifie en même temps toute variation de poids due à une différence de hauteur. Ainsi augmentée, cette variation devient assez forte pour rapprocher ou éloigner ces bras les uns des autres et, en agissant sur les ressorts, déplace une aiguille se mouvant sur un cadran.
- Cet instrument a subi ses premiers essais sur la Roue gigantesque du Prater viennois, où l’altimètre indiquait fidèlement tout mouvement ascendant ou descendant. Lors des essais à bord d’un avion, qui ont eu lieu un peu plus tard, il a décelé les divers accidents du sol. Dr Alfred Gradenwitz.
- BOTANIQUE
- Action du vent sur un palmier.
- M. le professeur Charles Richet a l’obligeance de nous communiquer les deux photographies ci-dessous d’un tronc de palmier déformé par le vent, observé par lui à l’île Ribaud (Var). II s’agit d’un Phaenix dactilifera que le vent avait fait fléchir de telle sorte qu’on dut l’étayer pa,ç divers appuis. En continuant de croître, l’arbre se redressa et le tronc reprit la direction verticale. Le phénomène est connu, mais on a rarement l’occasion de l’observer sur d’aussi grands arbres et d’une façon aussi accusée.
- Fig. 3. — Palmier tordu par le vent.
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- PETITES INVENTIONS
- MÉCANIQUE
- Les nouvelles montres remontées automatiquement par les secousses.
- Depuis fort long-temps, on a cherché à réaliser des montres fonctionnant sans remontage manuel grâce à une énergie empruntée aux déplacements et secousses qu’elles subissent. Le célèbre horloger Bre-guet s’est particulièrement intéressé à ce problème et, vers la fin du xvme siècle il a établi plusieurs montres dites « perpétuelles » dont le ressort s’armait automatiquement grâce à la cadence de la marche.
- Ces montres étaient fragiles et relativement grosses, aussi elles n’ont pas été appliquées couram -ment. Mais, pendant ces dernières années, l’étude du remon-
- Fig. 1. — Disposition adoptée dans les montres dites « perpétuelles » de Brtguei.
- M, masse motrice pivotant en O, se déplaçant sous l’influence des secousses; dans les mouvements de sens fl, elle fait tourner la roue dentée R reliée à l’arbre du ressort moteur au moyen d’un train d’engrenages et d’un débrayage évitant la surtension du ressort (ces derniers organes ne sont pas représentés). La coupe montre les conditions de fonctionnement défectueuses des pivots O, et 0£.
- Fig. 2. — Nouveau dispositif Hatol.
- Tout le mécanisme H est mobile (sens fi et f£) par rapport au boîtier B de la montre. Il est guidé par 4 billes b„ b£, 6- et fc4 qui, pendant les déplacements roulent comme l’indique la coupe à grande échelle. Le levier L portant le cliquet C remonte progressivement la montre, chaque lois qu'on la déplace (a, et a amortisseurs ; un débrayage arrête la transmission dès que le ressort est remonté à fond).
- V ‘ ,
- tage automatique a été reprise avec plus de succès en Angleterre et en Suisse. Les progrès réalisés dans la construction des mécanismes horaires de très petit volume ont permis de créer des montres de poignet qui renferment une masse oscillante et un train d’engrenages capables d’armer le ressort moteur. Toute la difficulté d’établissement de ces systèmes provient de ce qu’il faut obtenir une grande vitesse de remontage sans augmenter par trop les dimensions du boîtier de la montre.
- Un horloger de Besançon, M. Hatot, vient de réaliser un important perfectionnement de ce procédé de remontage automatique. Dans les nouvelles montres conçues par cet inventeur, le mécanisme lui-même constitue la masse motrice fournissant l’énergie du remontage.
- A cet effet, ce mécanisme se déplace d’une petite quantité par rapport au boîtier de la montre et ses mouvements sont utilisés pour armer progressivement le ressort.
- Tous les frottements nuisibles sont évités par un guidage de la partie mobile au moyen de petites billes d’acier, et, comme le poids moteur dont on dispose est relativement élevé, le remontage se fait très rapidement. Il suffit de porter la montre pendant quelques heures par jour, pour assurer son fonctionnement ininterrompu.
- Ce système, comme on le voit, est extrêmement simple. 11 permet de réaliser des montres automatiques pas plus volumineuses que les montres ordinaires.
- De plus, la suppression de toute commande manuelle du remontage permet de simplifier les organes un peu délicats des remontoirs courants et d’enfermer tout le mécanisme dans un boîtier parfaitement hermétique aux poussières.
- Dans une récente conférence à la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale, M. Lavet a expliqué en détail ce mécanisme et présenté plusieurs modèles de montres automatiques.
- Fig. 3. —Aspect d’une petite montre munie du remontage autçràatique Hatol.
- OBJETS UTI1ES L’appui support Iti.
- L’installation d’un casier à livres dans un appartement présente souvent bien des difficultés, il n’est pas toujours possible et il est toujours coûteux de fixer des rayons contre
- les murs.
- L’appui support Iti offre à pratique et peu onéreuse.
- Cet objet en tôle, très résistant, peut servir à deux usages; c’est tout d’abord un support; sur deux supports on placera une tablette, la construction ainsi réalisée, avec un support par mètre courant, est assez solide pour supporter une bonne rangée de livres. L’objet peut, en outre, servir d’appui-livre.
- Constructeur : Etienne Fournier, 65, avenue Foch, La Garenne-Colombes (Seine).
- ce petit problème une solution
- Fig. 4.— L'appui-support Iti.
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- Fig. 5. — Le siège « Bienaise ».
- Le siège « Bienaise ».
- ment où il tient le minimum d’encombrement. Le constructeur a du reste prévu, pour le recevoir,une armoire paravent.
- Le lit est toujours prêt; sa literie ne peut être ni dérangée, ni endommagée par les deux manœuvres que nous venons de mentionner.
- Constructeur : Etablissements Boery, 66, rue de l’Eglise, Paris (15e).
- Théière électrique automatique.
- Faire du thé est tout un art.
- Il y faut naturellement des feuilles de thé et de l’eau bouillante, mais sion laisse bouillir l’infusion, elle perd son arôme et si l’eau n’est pas assez chaude, l’infusion est médiocre, il faut donc plonger les feuilles dans l’eau bouillante et cesser aussitôt de chauffer.
- C’est ce que réalise la nouvelle théière électrique automatique.
- Comme toutes les théières électriques, elle présente sur
- Ce siège, dont la charpente est en tube d’acier, a tout d’abord le mérite d’être pliable et fort léger, Replié, il tient le minimum de place, comme l’indiquent les figures ci-dessus et se range facilement.
- Mais ce n’est pas là son seul avantage.
- Le siège a une forme qui le rend très confortable, malgré son armature métallique. En outre le dossier, également métallique, pivote autour d’un axe horizontal et s’adapte de lui-même à toutes les inclinaisons du dos. Il soutient les reins et réduit la fatigue au minimum.
- Ce siège peut donc rendre de grands services dans les ateliers où l’on travaille assis : diminuant ainsi la fatigue du personnel il en augmente le rendement.
- Constructeur : Siège Bienaise, 57, rue Emeriau, Paris (15e).
- Le lit « Le Redressable ».
- La crise du logement, qui ne s’atténue pas encore pour les habitations à loyer modéré, a fait naître bien des inventions cherchant à tirer le meilleur parti du maigre volume de la demeure moderne.
- Voici un lit qui, le jour venu, peut s’effacer discrètement et laisser sa place libre pour les occupations actives de la journée.
- Sa monture est en fer et les pieds en sont construits de telle sorte que l’on peut très facilement faire rouler le lit
- ou le redresser verticale-
- Fig. 7. — Théière électrique automatique.
- ment.
- Dans est aisé dans un
- cette position, il de le dissimuler coin de l’apparte-
- Fig. 6. — Le lit « Le Redressable » et son armoire.
- le côté une prise à fiches qu’on connecte à une prise du réseau de distribution par un fil souple; à l’intérieur du récipient est une résistance qui s’échauffe et chauffe l’eau quand le courant passe. Mais ce qui est nouveau, c’est un dispositif automatique qui verse le thé dans l’eau et coupe le courant dès que l’ébullition est atteinte.
- La figure 7 fait comprendre son mécanisme. Sur le bord .supérieur, du côté opposé au bec verseur, est un tube métallique creux fixé à un bout. La chaleur dilate l’air qu’il contient, tend à diminuer son rayon de courbure et déplace un index qui finit par libérer un doigt commandant à la fois la coupure du courant et le renversement de la passoire où l’on avait mis le thé.
- La théière électrique automatique est en vente chez Kirby, Beard et Cie, 5, rue Auber, Paris.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Pollution des huiles de graissage. (N» 2869 du 15 novembre 1931.)
- Les complexes mercuriels d’acides gras dont les ell'ets ont été signalés dans l’article ci-dessus se trouvent, sous forme d’huiles prêtes pour 'usage, ou de concentrés à mélanger aux huiles habituelles, à la Société Le Ditril, 7, rue Brunei, Paris.
- Le piano portatif. — Ce piano est construit par M. Seéger, 32, boulevard de Strasbourg, Paris.
- Lutte contre les bruits dans la maison.
- Dans votre cas nous ne voyons pas de moyen sûr pour vous isoler de vos voisins.
- L’application sur les murs d’une substance absorbant le son peut avoir des résultats heureux, mais le son peut cheminer par d’autres voies qu’à travers les murs, par exemple les charpentes qui supportent le plancher et la toiture, et dans ce cas la correction devient difficile.
- Comme matériaux étouffant les sons, vous av.ez.le choix entre différentes substances qui sont assez efficaces, mais .toutes assez coûteuses. H Y a d’abord les tapis, suspendus librement contre le mur, qui forment un excellent absorbant. Faute de ce moyen, on peut .avoir recours à des produits tels que le Celotex (Comptoir français du Celotex, 104, boulevard Berthier, à Paris), le produit Arki (Société Arki, 21, rue du Laos, à Paris'. Réponse à M. A. S. à Sétif.
- Pour photographier les nuages.
- Pour photographier les nuages, le meilleur procédé consiste à prendre un écran jaune assez foncé et des plaques panchromatiques.
- On obtient des résultats presque aussi bons sans écran avec des plaques lentes pour positifs sur verre.
- Dans l’un et l’autre cas, faire des poses.très courtes ou des instantanés. . . Réponse à L- .Denis, à Bourges.
- Charge d’une batterie à l’aide d’üne soupape èlectro= lytique.
- A l’heure actuelle, on ne se sert plus guère des soupapes électroly-tiques classiques pour la recharge des accumulateurs. On a trouvé avec juste raison que l’utilisation des redresseurs secs, du type cuivre-oxyde par exemple, ou des redresseurs thermioniques était bien préférable, parce que l’emploi de ces dispositifs ne nécessite aucun entretien. D’ailleurs, on peut maintenant trouver dans le commerce de petits modèles de chargeurs fournissant un courant de l’ordre de l’ampère au minimum, et d’un prix très modique. Puisque vous voulez simplement, une fois votre batterie de 12 volts 45 ampères-heure chargée à bloc, maintenir sa charge, l’emploi d’un petit redresseur d’un débit de l’ordre de 1 ampère est bien suffisant, et vous pourriez même adopter un appareil à fonctionnement continu, mais à faible débit.
- Pour déterminer exactement l’intensité de charge, il faudrait connaître l’usage exact que vous voulez faire de la batterie, et, par conséquent, le débit journalier qui est exigé.
- Comme vous tenez cependant à avoir des détails'sur la charge de batteries à l’aide d’une soupape électrolytique, nous allons vous en # donner quelques-uns.
- Ce système dé redressement comporte deux électrodes, l’une en aluminium pur, l’autre en fer ou en plomb plongeant dans un électrolyte formé d’une dissolution dans l’eau de phosphate de sodium ou do bicarbonate de sodium.
- Le système se comporte donc comme une soupape dont l’électrode en plomb, ou en fer est l’anode, et l’électrode en aluminium la cathode. Le courant passe ainsi facilement du plomb ou du fer vers l’aluminium, et, au contraire, les alternances inverses sont presque complètement arrêtées, tant que la tension demeure inférieure à une certaine tension critique, qui est généralement de l’ordre de 40 à 50 volts.
- Les modèles de soupapes électrolytiques que l’on peut utiliser sont assez variés. Une soupape simple peut se composer, par exemple, d’un petit bocal ou d’une bouteille d’une capacité d’un demi-litre avec comme électrodes une feuille de plomb de 20 cm2 ou 30 cm2 et une tige d’aluminium de 3 mm d’épaisseur au minimum plongeant dans
- 1 électrolyte composé d’une solution de 3 à 4 gr de phosphate de soude par demi-litre.
- il y a intérêt à constituer une soupape double permettant de redresser les deux alternances du courant, et comportant une anode commune en plomb ou en charbon et deux cathodes en aluminium. L’électrolyte'peut, d’ailleurs, être constitué également avec une solution de 100 gr de bicarbonate de soude par litre avec les mêmes résultats.
- C est ainsi qu’on peut constituer une soupape suffisante pour un usage courant avec un bidon d’essence de 5 litres dont la partie supérieure a été enlevée, et qui comporte comme électrode commune une plaque de fer de 5/10 de mm d’épaisseur encadrée par deux plaques d’aluminium pur de 10/10 de millimètre. On emploie évidemment un transiormateur à secondaire à prise médiane, et la batterie à charger est intercalée entre l’anode commune et la prise médiane du secondaire.
- Pour calculer le transformateur, il faut tenir compte de la résistance intérieure de la soupape, qui produit une chute de tension importante et, pour une batterie de 12 v., il faudrait sans doute utiliser un transformateur fournissant au secondaire une tension d’une vingtaine de volts au minimum.
- Le passage du courant dans la soupape produit un dégagement de chaleur d’autant plus grand que l’intensité du courant est plus grande, et la surface des électrodes plus petite.
- 11 est donc recommandable de diminuer autant que possible l’intensité et d’augmenter la tension, et surtout d’employer des bacs de forte capacité pour avoir une masse d’électrolyte assez importante, ce qui évite réchauffement.
- 11 est essentiel d’utiliser des électrodes en aluminium très pur, et néanmoins il est nécessaire de changer fréquemment l’électrolyte et de nettoyer la surface des électrodes.
- Un récent perfectionnement des soupapes électrolytiques a été constitué par le remplacement de l’électrolyte alcalin par de l’eau acidulée sulfurique à 22° ou 24° Baume, additionnée de sulfate ferreux ou de sulfate de nickel (2 % à 10 %) et par l’emploi d’une anode en alliage au titane ou au tantale, métaux rares à point de fusion élevés, ou en alliage au silicium.
- Le courant ne peut passer que du plomb vers le tantale ou le silicium, et la tension critique est d’une trentaine de volts : l’intensité de courant assez élevée semble être de 1 ampère par cm2 environ.
- Ces soupapes paraissent avoir un assez bon rendement. Leur résistance intérieure est moins élevée que celle des soupapes électrolytiques ordinaires, de sorte que la chute de tension et réchauffement de l’électrolyte sont moins grands; leur entretien en est facilité d’autant.
- L’anode peut, d’ailleurs, avoir la forme d’un bâtonnet ou d’une lame entièrement en alliage, ou bien être constituée par une pointe en alliage soudée à l’extrémité d’une tige en métal quelconque protégée par un tube de verre. L’électrode homogène est pourtant préférable.
- Étant donné le prix réduit actuel des électrodes au tantale ou au silicium, il semble que vous avez intérêt à réaliser un redresseur électrolytique en employant une électrode de ce genre, cependant, vous pouvez également vous procurer de l’aluininium pur à l’Aluminium français, 86, rue Barrault, Paris (13e).
- Pour les électrodes au tantale ou au titane, vous pouvez vous adresser aux établissements Lefébure-Solor, 5, rue Mazet, à Paris (6e).
- Réponse à M. A. F.... à Fons (Gard).
- Construction d’un poste=rêcepteur.
- Vous ne nous indiquez pas exactement à quel but vous, destinez l’appareil que vous voulez construire. En tout cas, comme vous utilisez une seule lampe à écran en haute fréquence, il ne semble pas qu’il y ait un grand intérêt à adopter le montage de détection par utilisation de la courbure de plaque. Ce montage détecteur a pour but, en effet, d’éviter surtout la distorsion par suite de saturation se produisant lorsqu’on fait agir sur la grille de la lampe détectrice des courants à haute fréquence de trop forte tension.
- Ce fait se produit, en général, lorsque la. lampe détectrice est précédée de plusieurs étages d’amplification haute fréquence ou.d’amplification moyenne fréquence, ce qui n’est pas le cas ici. Même la lampe à pente variable que vous voulez utiliser a une pente de la caractéris-
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- tique moyenne inférieure à celle des lampes à écran à forte pente de la caractéristique qu’on emploie souvent à l’heure actuelle.
- Pour avoir un schém de poste de ce genre, à 3 lampes, vous pouvez vous adresser aux établissements Gecovalve, Général Électric de France, 10, rue Rodier, Paris (j°) ou aux établissements Carlier, 13, rue Charles-Leeocq, Paris (13°) par exemple. Vous pourrez trouver sur ces schémas des indications sur les différents éléments à utiliser. 11 est bien évident, d’ailleurs, que le système d’accord est réalisé absolument comme pour des lampes ordinaires. Ouant au système de liaison haute fréquence, il peut être constitué par une liaison circuit-bouchon capacité normale, à l’aide d’un simple bobinage accordé par un condensateur variable accordé de 0,25 millième de microfarad. Le système de réaction pourra être mixte, c’est-à-dire réalisé à l’aide d’une bobine de réaction avec un condensateur de quelques dix-millièmes en série, et monté en dérivatio i sur le circuit plaque de la lampe détectrice qui comportera une bobine de choc haute fréquence.
- 2° Les lampes à écran à pente variable sont destinées justement à permettre une meilleure utilisation de la partie rectiligne de la caractéristique, et le point figuratif de fonctionnement de la lampe n’est jamais placé sur la courbure de cette caractéristique. Non seulement il n’y aurait donc aucun intérêt à vouloir tenter d’employer une lampe à pente variable en détectrice par utilisation de la courbure de plaque, mais encore il est tout à fait inutile de tenter un tel essai.
- 3° Vous pouvez trouver des éléments redresseurs cuivre-oxyde séparés aux établissements Hewittic, rue du Pont à Suresnes (Seine).
- La résistance d’un élément dans le sens oxyde-cuivre paraît être de l’ordre de l’ohm.
- Nous vous signalons, d’autre part, qu’il existe également des éléments redresseurs au sélénium sur lesquels vous pourriez obtenir des renseignements aux établissements Tekadé, 10, rue Pergolèse, Pari?. Réponse à M. Gorvel, à St-Aubin-du-Cormier (Ille-et-Vilaine).
- De tout un peu.
- M. Bludow, à Lyon-Vaise. — Nous ne possédons pas de renseignements sur le procédé dont vous parlez, la formule des mixtures employées n’ayant pas été vulgarisée.
- IVI. Jeanson, à Poisson. — 1° La formule suivante de peinture pour radiateurs, vous donnera très probablement satisfaction :
- Blanc de zinc.......................... 300 grammes.
- Sulfate de baryte......................300
- Silicate de soude à 90° 1 :............ 200 —
- Eau ordinaire.......................... 200 —
- Teinter si vous le désirez, mais avec une couleur minérale, ocre rouge ou jaune, bleu de Prusse, jaune de chrome, outremer, à l’exclusion des couleurs dites d’aniline.
- 2° Vous obtiendrez le durcissement de la pierre par fluatation; la Maison Teisset et Kessler de Clermont-Ferrand, vous fournira tous produits dans ce but.
- M. Baîquet, à Airvault. — Nous avons indiqué dans le n® 2849, page 95, la façon de procéder à la destruction des souches d’arbres. Veuillez bien vous y reporter.
- IVi. Bauvret, à Rochefort. — 1° Les chlorures de chaux français sont à 110° chlorométriques, c’est-à-dire qu’ils renferment 110 litres de chlore gazeux actif par kilogramme.
- Le litre de chlore pesant 3 gr 17, il en résulte que la teneur en poids est de : 3 gr 17 X 110 = 348 gr 7 au kilogramme, ou 34, 87, soit en chiffres ronds 35 pour 100 en poids.
- Vous trouverez du chlorure de chaux à ce titre d’une façon courante, chez tous les marchands de produits chimiques en gros, par exemple Pelliot, 24, place des Vosges, à Paris.
- 2° Uoléine de saponification est l’acide oléique résultant du dédoublement de l’oléine proprement dite ou corps gras naturel, éther de l’acide oléique et de la glycérine contenue dans les graisses animales.
- Ce dédoublement est réalisé, soit par l’intervention d’une base, chaux ou alcali, soit, ce qui est le plus lréquent, soit par la vapeur d’eau surchauffée à 300° C.
- C;|H3 (CISH:|102):1 + 3H*0 = C::H:i(OII):i + 3(ClsH:i20-}
- oléine glycérine acide oléique
- Le terme de « saponification » sert à indiquer qu’il s’agit d’acide oléique et non de l’oléine proprement dite, corps gras contenant les éléments de la glycérine.
- Wl. Rozur, à Paris. — Le produit que vous nous avez soumis n’est autre que de la pâte de bois, pin et sapin, utilisée dans la fabri-
- cation courante du papier; elle vient des pays Scandinaves, de l’Allemagne ou de l’Autriche.
- Vous pourrez vous la procurer facilement, car son importation est. considérable, mais elle ne se vend que par grandes quantités sous forme de balles de 200 kg environ.
- Voici une liste des principaux importateurs auxquels vous pourrez vous adresser : Lorentzeu et Gutzeil, 23, boulevard Malesherbes ; Peterson, 106, boulevard Ilaussmann; Nordling Macé, 11, rue de la Pépinière ; Bulow et Bennet, 4. rue de l’Arcade ; Falclienberg et Mercier, 33, rue de Naples; Hansen et Cappelen, 19, rue d’Athènes, Paris.
- La société française « La Billescose », directeur M. P radeaux, dont l’usine est à Vierzon, serait peut-être susceptible de vous faire une fourniture réduite. Adresse : 83, avenue de la Grande-Armée, Paris.
- M. Pi-Roné, à Amélie-les-Bains. — Vous trouverez tous renseignements sur l’utilisation des déchets de liège, dans l’ouvrage Manuel de l’industrie du liège. Editeur Baillière, 19, rue Hautefeuille, Paris (6e).
- IVI IVI. Paul et Roger, à Paris. — La préparation suivante, destinée à rendre le papier transparent, conviendra très probablement aussi dans le cas qui vous intéresse :
- Faire dissoudre en employant un ballon de verre et en chauffant au bain-marie
- Gomme laque blanche................. 80 grammes
- Alcool à 95°........................ 1000 cm:{
- Après refroidissement, filtrer et plonger dans la solution le papier qui ne doit pas être chargé par des matières minérales.
- Laisser sécher, passer à l’étuve chauffée à 80® C, le papier devient immédiatement transparent, sans passage à l’étuve il resterait opaque. Le fer à repasser peut, dans une certaine mesure, remplacer l’étuve, mais il a pour inconvénient d’amener une distorsion du papier.
- Ecole Normale de Dijon. — 1° A défaut de figues, on peut sans inconvénient, employer pour la préparation de la boisson du kéfgr les raisins secs du commerce : raisins de Smyrne, de Thyra, de Malaga, pris dans les mêmes proportions.
- 2° La formule suivante, vous donnera très probablement satisfaction pour la destruction des loirs :
- Poudre de scille.................... 5 grammes
- Farine.............................. 20 —-
- Essence d’anis......................une goutte.
- Axonge: quantité suffisante pour faire une pâte dont on imprégnera de petits morceaux de pain.
- IVI. Lallement, à Bertincourt.— 1° La décoration d’objets dont vous parlez est obtenue par application directe d’ailes dé papillons exotiques, principalement de la Guyane, au moyen d’un vernis alcoolique à la gomme laque appliqué au préalable sur le verre, la porcelaine ou le métal.
- 2° Par poudre de pgrèlhre fraîche il faut entendre celle résultant de la plus récente récolte, l’ancienneté et parfois une conservation défectueuse lui faisant perdre ses propriétés insecticides.
- M. Ménager, à Jurançon. — Nous ne connaissons pas la spécialité à laquelle vous faites allusion, mais il s’agit très probablement d’une colle au sang du type suivant:
- Albumine du sang..................... 120 grammes
- Eau ordinaire . . . '. ........ 220 —
- Ammoniaque D = 0,900 ............... 5
- Chaux éteinte en poudre............. 2,5 —
- On fait macérer l’albumine dans une partie de l’eau froide, pendant quelques heures, puis on délaie pour rendre homogène.
- D’autre part on ajoute le reste de l’eau à la chaux, de façon à faire une crème épaisse que l’on incorpore peu à peu au mélange précédent.
- Appliquer au pinceau, de la façon habituelle, serrer fortement et laisser sécher.
- On termine par un passage à l’étuve à 100°-105° afin de coaguler l’albumine; quelques minutes suffisent quand l’intérieur de la pièce a atteint cette température.
- M. Manchou, à Rouen. -— 1° La composition du produit qui vous était offert pour dêsulfurer les couverts en argent devait être voisine de celle ci-dessous :
- Sel ammoniac......................... . 10 grammes
- Crème de tartre....................... 10
- Sel de cuisine........................10
- Alun..................................70 —
- En mettre gros comme une noix par verre d’eau, porter à l’ébullition et y plonger les objets en argent ou argentés noircis par sulfuration.
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- N" 2873
- LA NATURE
- 15 Janvier 1932.
- A NOS LECTEURS
- La revue bien connue LA SCIENCE MODERNE cesse de paraître et se réunit à LA NATURE.
- Avec 1931 s'est, terminée la huitième année de la publication de LA SCIENCE MODERNE. Cette année a coïncidé avec une dépression industrielle et commerciale du monde entier, telle qu'on n en avait encore connue ni d'aussi prolongée, ni d'aussi intense. Personne ne s'étonnera que bien des entreprises aient dû renoncer à continuer dans de telles circonstances. Nos lecteurs le regretteront comme nous-mêmes.
- Dans les conjonctures actuelles, des concentrations, des simplifications de l'outillage industriel, intellectuel et social s'imposent impérieusement. Les courtoises relations de confraternité qui existaient entre LA SCIENCE MODERNE et LA NATURE ont incité leurs Directions à ne pas disperser deux activités parallèles en une concurrence inutile, et à penser qu'une absorption de l'une par l'autre serait plus profitable à tous. LA NATURE a donc accepté de se substituer à son confrère plus jeune, et de garder le contact avec ses lecteurs. Ceux-ci voudront bien, nous l'espérons, apprécier la tenue et les efforts de LA NA2i|g68|accorder leur fidèle sympathie.
- LA SCIENCE MODERNE.
- LA NATURE.
- PRODUCTION ACTUELLE DU RADIUM
- Nous sommes loin déjà des premiers milligrammes de radium obtenus par M. et Mme Curie. Depuis des années, on a industrialisé la production de cette précieuse substance; jusqu’en 1922 TArnérique du Nord en avait presque le monopole par le traitement de ses carno-tites, vanadates potassiques de formule:
- K2 (UO2) (VaO'f
- -f- 3 Aq.,
- mais à cette date la mise en œuvre des i m portantes découvertes faites au Congo belge amena un changement radical. Les importantes usines créées à Oolen, à 35 kilomètres d’Anvers, pour le traitement des minerais congolais, sont devenues pratiquement les seuls fournisseurs du monde entier et peuvent répondre à tous les besoins. La production de l’an der-
- nier a été de 60 grammes de radium. Les gisements de minerais radioactifs sont situés dans le Kaianga, province méridionale du Congo Relge. C’est une région
- montagneuse où les altitudes oscillent entre 1100 et 1700 m et qui jouit d’un' excellent climat malgré sa proximité de l’Equateur.
- Elle est constituée par des terrains de l’époque primaire, surtout siluriens, fortement plissés, ces plissements ayant tous une direction générale nord-ouest-sud-est. Dans ces assises, ce sont les schistes qui dominent, ils sont accompagnés de calcaires fréquemment dolomitisés et aussi de grès, principalement à la base. On voit, en de nombreux points, apparaître le socle granitique sur lequel ces grès
- Fig. 1. — Le Kaianga et ses voies d'accès.
- SOUDAN
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- Fig. 2. — Mine de radium de Chinkolobwe au Congo belge. Vue du plan incliné d’une des carrières.
- reposent en discordance. La régularité des bandes est interrompue par d’importants accidents géologiques qui forment de véritables zones de cassure ; la plupart d’entre elles ont permis d’importantes venues cuivreuses et constituent les gîtes mis en œuvre par l’« Union Minière du Haut-Katanga ». Celles de Chinkolobwe renferment de véritables liions de pechblende et de minéraux dérivés radio-actifs.
- Chinkolobwe est situé à peu de distance (40 kilomètres environ) du grand centre métallurgique de Panda ; d’importantes carrières y sont exploitées à ciel ouvert.
- La pechblende, son nom l’indique, est une substance noire de poix, de forte densité (9 à 9,70) et de composition excessivement complexe. Essentiellement, c’est un uranate d’uranyle U’CP avec des proportions variables d’oxydes d’urane UO'1 et UO2, contenant aussi du plomb, du zirconium ou du thorium, des métaux du groupe du cérium et de l’yttrium. Elle renferme également de l’azote, de l’hélium, du polonium et, ce qui nous intéresse, du radium. Elle est généralement massive et compacte, mais se trouve fréquemment accompagnée des minéraux cristallins suivants qui sont en somme les véritables minerais de radium:
- 1° Casolithe (silico-uranate de plomb : 3 PbO, 3U03, 3 SiO2, 4LPO), couleur ambrée ou jaune brun, rouge par-
- fois aux extrémités des cristaux, densité 5,96 — semble résulter de l’altération de la pechblende ;
- 2° Uranite (phosphate d’uranyle et de cuivre, Cu (UO2)2 (PO4)2 + 8 aq. appelée aussi chalcolythe et tobcrnite, densité 3,5). Une partie du phosphore peut être remplacée par l’arsenic. Cristaux vert émeraude dispersés dans la pechblende ;
- 3° Curite (uranate de plomb, 2PbO, 5 UO3, 4 II20) dédiée à P. Curie, densité 7,19, cristaux très aiguillas, de couleur brune ou rougeâtre accompagnant la pechblende.
- 4° Becquerélite, minéral intimement mélangé à la pechblende dont la composition paraît correspondre à la formule UO3, 21UO et qui constitue des masses jaunes ou orangées à éclat résineux, en cristaux groupés comme ceux de l’aragonite.
- Sur place même, à la sortie des carrières, ces minerais subissent les premiers traitements de séparation et ce ne sont que des minerais fortement enrichis qui arrivent aux usines d’Oolen. Là le traitement est des plus complexes et peut être divisé en quatre phases successives.
- 1° Phase mécanique. — Pendant cette phase, les roches radifères sont concassées, broyées et pulvérisées de façon à pouvoir aborder utilement les phases suivantes.
- 20 Phase chimique. — Cette phase qui comporte une série d’opérations d’attaqües, de précipitations, de lavages et de liltrations, a pour but d’amener le radium à l’état de chlorure dans une liqueur mixte de chlorures de baryum et de radium. Dans les grandes lignes ces opérations sont les suivantes : attaque par l’acide sulfurique qui donne une solution de sulfatés d’uranium, de cuivre, de fer et de phosphates ; filtration et traitement ou précipitation des autres sulfates et de la silice par le carbonate de soude pour l’élimination des sels de calcium ; lavage à l’acide chlorhydrique qui dissout les carbonates de baryum et de radium et précipite plomb et silice; traitement à nouveau de la solution de chlorure par l’acide sulfurique pour obtenir un gâteau de sulfates purs ; transformation en carbonates et finalement dissolution dans l’acide chlorhydrique pur pour obtenir une liqueur mixte de chlorures de baryum et de radium.
- 3° Phase physique. — La suite des opérations est basée sur la différence des pouvoirs de cristallisation des deux chlorures, soit 75 pour 100 pour le chlorure de radium et
- Fig. 3. —- Vue générale des usines à cobalt et à radium exploitées à Oolen par la Société générale métallurgique de Hoboken.
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- 50 pour 100 pour le chlorure de baryum. L’enrichissement des liqueurs en radium se fait donc par cristallisations successives, avec avancement des cristaux dans la chaîne des cristallisations en émail et cheminement en arrière des liqueurs.
- 4° Phase de laboratoire, — Lorsque l’enrichissement des cristaux a atteint un certain degré, les chlorures sont transformés en bromures. Les différences de cristallisation sont alors de 90 à 50 pour 100; le fractionnement devient plus rapide, mais aussi beaucoup plus délicat, il se fait dans des capsules sur des masses beaucoup plus petites. Il se termine dans des capsules minuscules en verre spécial sous la surveillance de spécialistes gantés de caoutchouc ; le bromure de radium ainsi préparé atteint la pureté de 98 pour 100.
- Les premiers grammes de radium sont sortis des usines d’Oolen en décembre 1922. Aussitôt l’Union Minière du Haut-Katanga les a mis à la disposition des hôpitaux des quatre Universités ; elle a ensuite prêté deux grammes de la précieuse matière à la Fondation Curie en vue de l’aider dans les recherches scientifiques entreprises par l’Institut du Radium de Paris.
- La production a suivi une ascension presque continue : 20 grammes en 1923, 22 grammes en 1924, 20 grammes en 1925 et 1926, 26 grammes en 1927, 42 grammes en 1928, 60 grammes en 1929 et en 1930.
- Les ressources énormes des gisements congolais font prévoir le maintien de cette production, et même son développement quand le besoin s’en fera sentir.
- V. Charrin.
- NOUVEAU PROCÉDÉ DE TRANSFERT DES EMPREINTES DIGITALES
- Fig. 1 (à gauche). — Empreintes digitales laissées sur un carreau de verre et révélées par badigeonnage à la céruse.
- Un crime vient d’être signalé à un commissariat de quartier ou à la direction de la police judiciaire. Sur un appel téléphonique, une brigade mobile de la section technique (composée généralement de trois photographes, d’un « bertil-lonologiste » expérimenté et d’un dessinateur), part immédiatement en campagne. Une fois arrivés sur les lieux, ces spécialistes habiles récoltent les traces laissées par l’assassin, en opérant de façon méthodique, selon un formulaire étudié tout exprès et dont voici les principales règles.
- Fig. 2 (adroite). — Badigeonnage avec la solution au collodion du DT Leung des empreintes digitales laissées sur une bouteille de Champagne.
- Fig. 3 (en bas). — Une pellicule transparente porteuse d’empreintes digitales transférées par la méthode du DT Leung.
- L’un des investigateurs examine la serrure avant d’entrer, note l’étage, tandis que ses collègues photographient l’ensemble de la pièce du crime et le cadavre. Pendant ce temps, le dessinateur relève le plan de l’immeuble ou de l’appartement. Dans l’examen du corps de la victime, on recommande au personnel de décrire le désordre dans les vêtements, les maculatures
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- singulières du linge, de prélever cheveux ou poils en notant l’endroit exact de leur insertion, d’indiquer la cause apparente de la mort avec les particularités intéressantes, etc. Mais, surtout, il leur faut insister sur les empreintes digitales. En effet, les traces que laisse le contact des doigts sur une surface lisse constituent aujourd’hui le procédé le plus infaillible d’identification des coupables, car il n’existe pas, dans le monde, deux doigts humains possédant des dessins épidermiques semblables. En conséquence, les enquêteurs doivent examiner avec soin les meubles, les vitres, les fioles, les verres à boire, les tentures ou les papiers qu’ont pu toucher les criminels. Puis saisir toutes ces pièces à conviction par des endroits où les délinquants n’ont pas mis leurs mains.
- S’agit-il d’une bouteille, par exemple, on la prend en plaçant l’index droit dans le goulot et les deux autres doigts dans le fond sans en poser aucun sur les côtés du récipient. Puis, pour transporter les objets porteurs d’empreintes digitales jusqu’au laboratoire, on se sert d’une petite mallette dans laquelle on immobilise les dits objets de façon à empêcher tout frottement des 1 ; surfaces revêtues des authentiques « signatures » des criminels. Mais lorsque ces dernières se voient sur des murs, une glace d’armoire, un coffre-fort ou un meuble intransportable, il s’agit d’en obtenir un fidèle décalque.
- Dans son Traité de criminalistique, le D* Locard décrit jusqu’à douze procédés de transfert des empreintes digitales. L’un d’entre eux, assez souvent employé par cer-‘ taines polices étrangères, consiste à décalquer les traces à l’aide d’un papier recouvert d’une gélatine spéciale. On obtient, de la sorte, une image qu’il faut photographier à nouveau pour la rétablir et l’observer. Aussi le Dr Leung, assistant au Laboratoire de police technique de Lyon, après de multiples recherches, a-t-il imaginé
- une nouvelle méthode de transfert, plus rapide et moins onéreuse.
- Ce savant a découvert un mélange liquide à base de eollodion, d’acétate d’amvle, d’acétone et d’éther qui permet de relever très exactement des empreintes digitales, de la façon suivante. Le policier commence par verser, sur les traces, de la céruse, du minium ou du noir animal, afin d’en accentuer les traits caractéristiques. 11 badigeonne ensuite les empreintes ainsi « révélées » avec un peu de la solution précitée, de manière à recouvrir complètement les endroits suspects. Ce liquide séchant rapidement forme alors une pellicule transparente que l’opérateur détache. Il emporte donc, de la sorte, la reproduction très fidèle des « signatures » données par MM. les apaches. Naturellement, à cause de la fragilité d’un tel support, on doit prendre certaines précautions. Il faut d’abord, avec un canif pointu, couper les parties débordantes de la feuille pelliculaire qu’on dégage ensuite avec une lame métallique très mince. Quand la pellicule adhère trop fortement à l’objet, on injecte quelques gouttes d’alcool ou d’eau aux points d’adhérence pour en faciliter le détachage. Enfin, vu sa transparence, on n’a pas besoin de photographier ce « film documentaire » pour en redresser les images. Il suffit de le regarder à l’envers et les empreintes digitales qui y sont gravées apparaissent alors dans leur situation normale.
- Grâce au nouveau procédé de transfert de M. Leung, les inspecteurs de police n’auront donc plus besoin de se munir d’appareil photographique pour relever des traces dactylées sur les lieux du crime, il leur suffira d’emporter dans leur poche une fiole renfermant la solution éthéro-collodionnique ci-dessus indiquée, un pinceau, un peu de céruse ou de noir animal pour rapporter au juge des pièces à conviction d’une indiscutable authenticité.
- Jacques Boyer.
- LES CULTURES FOURRAGERES AU MAROC
- Le Maroc, quoique déjà largement colonisé, est encore un pays neuf et jusqu’à maintenant les seules cultures pratiquées étaient les cultures de céréales presque exclusivement.
- La sécheresse, les sauterelles et l’instabilité des cours ont décidé les agriculteurs à orienter — tout au moins partiellement — leur activité dans un autre sens. —C’est ainsi que l’on commence à voir apparaître des cultures de plantes médicinales et pharmaceutiques dont le rendement est intéressant malgré la grande quantité de main-d’œuvre demandée.
- Mais on pense aussi à développer l’élevage et surtout celui du mouton qui, malgré des parcours pauvres et démunis de points d’eau, est déjà important et rémunérateur.
- Ce développement est fonction de la création ou de l’amélioration des parcours en question et de l’aménagement des sources ou réservoirs naturels.
- Ce dernier travail est déjà très avancé et le programme hydraulique en cours d’exécution prévoit cet aménagement d’une façon particulièrement judicieuse.
- L’amélioration des parcours est une œuvre de plus longue haleine et plus difficile à mener, car il faut d’abord connaître d’une façon précise la flore qui peut être utilisée. .
- Les services officiels ont déjà fait des études sérieuses dans ce sens, mais surtout sous forme d’expériences dans des jardins botaniques.
- Un groupe spécialisé dans les affaires d’élevages vient de reprendre la question — d’ailleurs avec l’appui des administrations et en utilisant les données recueillies jusqu’à ce jour par elles.
- Il va être créé, dans plusieurs régions du Maroc, des champs d’expériences clôturés, d’une superficie de plusieurs hectares. Chacun sera ensemencé pour moitié avec des essences sélectionnées, l’autre moitié sera laissée en friche pour se rendre compte des variétés de plantes croissant naturellement sur le terrain.
- Ces essais sont particulièrement intéressants, car ils permettront de déterminer, d’une façon aussi précise que possible, la nature des végétaux susceptibles de résister aux influences climatériques et géologiques.
- Nous pouvons espérer que d’ici quelques années, des lois générales auront pu être tirées des enseignements ainsi recueillis, pour le plus grand profit des colons marocains.
- S. B.
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- L’ORGANISATION DE LA MÉTÉOROLOGIE
- Deux événements, dont le monde entier s’est occupé, ont récemment attiré l’attention publique sur l’importance des phénomènes météorologiques.
- Le premier est le ravage, par un cyclone qui paraît avoir été d’une intensité exceptionnelle, de l’île d’Haïti ou Saint-Domingue, ancienne colonie française, qui a conservé l’usage de notre langue, et, à ce titre, ne peut nous être indifférente ('). Il y eut plusieurs milliers de morts, et parmi les blessés, très nombreux aussi, beaucoup ne guériront pas et sont destinés à mener une triste existence, accablée d’infirmités incurables.
- Quant aux dégâts matériels, on les a évalués à 30 millions de dollars, soit 750 millions de nos francs d’aujourd’hui, sans compter 3000 personnes sans abri. Jamais l’homme ne pourra empêcher de pareils fléaux de ravager, la surface de la Terre ; assurément, notre globe est habitable pour l’espèce à laquelle nous appartenons, mais il faudrait des modifications bien • peu import antes dans sa constitution pour que l’existence nous y devînt impossible, et, d’une autre planète, personne ne s’en douterait, les observateurs fussent-ils munis des instruments les plus puissants qu’il soit possible d’imaginer (z).
- Qu’est-ce qu’un cyclone ?
- Notre atmosphère est dans un perpétuel état d’agitation, et c’est fort heureux, car il en résulte que les gaz délétères produits par l’industrie ou par la respiration des hommes vivant en fourmilières sont dispersés parmi la masse immense des fluides entourant notre globe, en sorte qu’ils ne peuvent nous nuire. Les vents nous rendent ce service, et bien d’autres, car seuls, pendant bien des siècles, ils ont rendu la navigation possible, et, même aujourd’hui, la vapeur n’a point fait disparaître complètement les navires à voiles. On construit de grands voiliers qui ont jusqu’à six mâts et rendent de grands services, ne fût-ce que celui de diminuer la consommation du charbon,
- 1. La surface de cette grande île est plus du dixième de celle de la France; ses habitants, presque tous noirs ou mulâtres, sont au nombre de 2 500 000 environ. Rappelons qu’elle forme deux États distincts, la République de Haïti et la République dominicaine.
- 2. Et il n’y a pas que les phénomènes atmosphériques dont nous ayons à nous préoccuper. Il y a quelques mois, une éruption du volcan Mérapi, dans l’île de Java, a causé la mort de nombreux habitants. Il n’y a pas bien longtemps, en France même, et, ces jours derniers, en Tunisie, des inondations ont causé des dégâts immenses. Que faut-il de plus pour faire comprendre l’utilité des études de physique du globe ?
- dont le gaspillage commence à inquiéter ceux qui savent réfléchir.
- Un cyclone (qu’on appelle aussi tornade ou typhon, selon les différentes régions de la Terre), un cyclone est le déplacement d’une masse d’air animée à la fois d’un mouvement de rotation sur elle-même et d’un mouvement de translation. Ce dernier ne se fait pas en ligne droite, et, si on reporte sur une carte les positions successives du centre du cyclone, on trouve une courbe qui a grossièrement la forme d’une parabole.
- Sans qu’on puisse dire quelle est l’origine de ces redoutables phénomènes, on sait qu’ils prennent naissance dans la région des vents alisés. Là, pour un motif quelconque, une masse d’air se met à tourner sur elle-même, et, en même temps, se met en mouvement à peu près dans la
- direction du N W, cela continue pendant un certain temps, la direction de ce mouvement variant peu à peu, si bien que, finalement, la masse, d air se dirige vers le NE, le mouvement de rotation se fait, s’il s’agit de l’hémisphère nord, en sens contraire du mouvement des aiguilles d'une montre, et le cyclone va, pour ainsi dire, en se dilatant, son diamètre étant de plus en plus grand.
- Dans l’hémisphère sud, le cyclone se déplace d’abord vers le SW, puis vers le SE, et le mouvement de rotation se fait dans le sens de celui des aiguilles d'une montre. La symétrie est vraiment remarquable et il est à croire qu’il y a un. lien entre ces phénomènes et la rotation de notre globe sur lui-même.
- Il n’est pas besoin de dire quelle est, pour les marins, l’importance de la découverte de ces lois. Ce sont eux, d’ailleurs, comme il était naturel, qui ont fourni les données qui ont permis d’arriver à les connaître. Comme on sait, tout capitaine d’un navire est tenu d’avoir un registre où il inscrit tous les faits qui concernent la navigation, et, spécialement ce qui concerne le temps, l’état de la mer, les indications du baromètre et du thermomètre, la direction du vent, etc...
- Vers 1840, des hommes qui s’appelaient Piddington, Reid, Redfield se dirent que, dans ces journaux de bord, se trouvaient les documents nécessaires pour l’étude des tempêtes; après avoir, pour chaque ouragan, dépouillé les journaux de chacun des navires qu’il avait touchés, ils reportèrent sur une carte la position de chaque bâtiment et la direction du vent observé ; appliquant sur la
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- carte une série de transparents sur lesquels on avait tracé des circonférences concentriques, ils virent que les flèches indiquant la direction du vent à chaque instant étaient tangentes à l’une ou à l’autre de ces circonférences, ce qui rendait visible le mouvement de rotation de la masse d’air, à un instant déterminé. La comparaison de cartes prises à des époques différentes mettait sous fes yeux le mouvement de translation de la masse d’air.
- De tout cela, il résulta qu’un cyclone se divise en deux parties, le demi-cercle maniable, où les deux vitesses dont est animée une molécule d’air sont en sens contraire l’une de l’autre, si bien qu’elles s’annulent en partie, et le demi-cercle dangereux, où, étant de même sens, ces vitesses s’ajoutent. L’art du marin consiste à éviter cette zone dangereuse, mais on a vu des capitaines assez hardis
- et à Paris même en 1896, le 27 juillet, le 10 et le 25 septembre ; ce dernier jour, le baromètre descendit à 728 mm.
- Mais, sous des latitudes plus basses, ces phénomènes ont une intensité encore plus considérable, et les souffrances qu’ils occasionnent dépassent tout ce que nous pouvons imaginer.
- Voici, à ce propos, quelques lignes extraites d’une lettre que Mme Janssen, qui avait accompagné son mari quand il alla observer le passage de Vénus, adressa en France, et où elle parle d’un cyclone qui assaillit, en rade de Hong-Kong, le paquebot Y Am, au mois de septembre 1874 :
- « Voilà quelle nuit nous avons passée du 23 au 24. Au jour, nous avions sous les yeux, un spectacle navrant; la ville était encore dans l’eau; la mer, encore d’une hauteur prodigieuse, nous apportait des épaves de toute
- Fig. 2. — Vue prise de l’Observatoire du Pic du Midi.
- Mer de nuages couvrant le Midi et la France contre la chaîne des Pyrénées.
- pour profiter, au contraire, de cette addition des vitesses et diminuer la durée de leur voyage.
- Ces grands phénomènes, qui sont à craindre aussi bien sur terre que sur mer, ne sont pas inconnus dans nos régions ; il n’y a pas plus d’un demi-siècle, dans le Beau-vaisis, les vieillards se souvenaient parfaitement d’avoir entendu leurs pères parler de la « grande grêle » qui avait ravagé les cultures de cette contrée, le 13 juillet 1788. Cet ouragan, un des premiers sur lesquels on ait fait une enquête sérieuse (voir Y Annuaire du Bureau des Longitudes pour 1877), ravagea la France depuis l’embouchure de la Gironde jusqu’à la frontière de Flandre, traversa ensuite les Pays-Bas et alla se perdre sur la mer du Nord. Les dégâts qui en furent la conséquence étaient si grands que ce terrible fléau doit être mis au nombre des causes de la Révolution.
- Beaucoup plus près de nous, on peut citer les cyclones qui ont causé d’immenses dommages à Saint-Claude (Jura)
- nature ; des mâts, des coques de navires paraissaient seuls là où nous avions vu la veille tant d’embarcations complètes et élégantes, et depuis deux jours on ne cesse de recueillir autour de nous des corps flottants.
- « Plus de quinze cents Chinois ont disparu avec leurs sampans, petites embarcations où vit toute la famille. Un navire espagnol, arrivé dans la matinée, a perdu quatre-vingt-dix passagers et son équipage. On compte une douzaine de navires perdus ; un grand nombre ont éprouvé des pertes considérables, mais on ne peut évaluer encore le nombre des victimes. La ville offre aussi un aspect désolé. Les toits sont enlevés, les maisons écroulées en partie, les quais brisés, les rues jonchées d’arbres, de débris de toutes sortes. Cependant cette population chinoise paraît résignée, chacun va et vient, réparant les dégâts avec une tranquillité qu’on ne pourrait remàrquer chez nous. »
- M. Janssen ajoute :
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- « Nous devons des élo.ges à notre commandant (M. Fleu-riais), et à nos officiers, pour leur conduite pendant la tourmente. J’ai passé toute la nuit du typhon (22 à 23 septembre) avec le commandant. Je vous enverrai mes observations. » La résignation des Chinois ne s’explique que trop bien; ce n’était pas la première fois qu’ils étaient témoins d’un tel spectacle, et ils savaient que se lamenter n’eût servi à rien.
- L’autre événement qui a frappé l’attention publique, c’est la remarquable traversée de l’Atlantique, de l’est à l’ouest, en septembre 1930, par les aviateurs français Costes et Bellonte. Ce magnifique voyage n’a duré que 37 heures et 17 minutes, pour aller de Paris à New-York !
- Ce merveilleux succès est la récompense du soin avec lequel les aviateurs ont préparé leur expédition, car ils ont mis plusieurs mois à vérifier l’état de leur appareil et à le rendre tel qu’ils avaient mis toutes les chances de réussite de leur côté. Si Nungesser et Coli en avaient fait autant, on n’aurait pas eu à déplorer la catastrophe qui leur a coûté la vie. Costes et Bellonte, d’autre part, ont eu soin de ne partir que lorsque l’état de l’atmosphère, sur lequel on les renseignait chaque jour, leur a paru favorable. Nous reviendrons sur ce point tout à l’heure.
- Enfin, nous dirons encore que leur expédition a occasionné des frais considérables, cinq millions, paraît-il. A ce compte, il semblerait qu’ils ne doivent jamais avoir que de bien rares imitateurs; mais, qu’on se rassure, avec le temps, ces expéditions, sans avoir moins de chances de réussir, deviendront moins coûteuses. — Sait-on que, pour obtenir un premier kilogramme de sucre de betteraves, il avait fallu dépenser un million de francs ? Qui oserait dire que ce n’a pas été de l’argent dépensé bien à propos ?
- L’importance de l’étude des phénomènes météorologiques saute donc aux yeux, et cela ne date pas d’hier. Il y a de même longtemps qu’on a compris que, pour arriver à des résultats utiles, on doit réunir des documents indiquant l’état de l’atmosphère au même moment, en des lieux aussi nombreux que possible et répartis, s’il se peut, sur toute la surface du globe. En France, Pascal et son beau-frère Périer, plus tard, Lavoisier et Borda, ainsi que l’hydrographe Bouguer, en Allemagne Hemmert, qui créa la Société météorologique du Palatinat, tentèrent de rendre possible l’étude de la météorologie mondiale ou physique du globe ; mais cela était prématuré, les communications étaient trop lentes et trop difficiles, surtout entre peuples éloignés les uns des autres. Il fallut attendre encore bien des années.
- Un peu plus tard, Laplace tenta à son tour d’organiser les études de physique du globe. Mathématicien de premier ordre, il ne s’intéressait pas moins à l’étude de la physique en général (Q. On sait, par exemple, qu’il avait été
- 1. C’est une ressemblance de plus avec Newton, qui, lui aussi, ne s’occupait pas moins de physique que de mathématiques pures. Sait-on que l’auteur des Principes mathématiques de la philosophie naturelle n’a pas dédaigné de donner une édition de la Géographie générale, que Varenius avait donnée en latin, et qui a été traduite en anglais et en français? Varenius était un Allemand qui vivait au xviie siècle. Il était probablement natif de Lunebourg, et les malheurs de la guerre de Trente ans l’amenèrent à se réfugier à Amsterdam, où il eut des relations avec un grand nombre de voyageurs instruits qui lui fournirent des renseignements grâce auxquels son livre eut un grand succès.
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- Fig. 3. — L’Observatoire du Pic du Midi en hiver.
- (La terrasse où sont placés les instruments météorologiques se voit
- au fond).
- l’auxiliaire de Lavoisier quand celui-ci avait étudié les lois de la dilatation des corps sous l’influence de la chaleur et s’occupait de déterminer les chaleurs spécifiques.
- Vers la fin de sa vie, il s’intéressa aux phénomènes de l’atmosphère; sur sa proposition, l’Académie des Sciences nomma une commission nombreuse chargée de déterminer, avec toute la précision possible, diverses quantités, peut-être graduellement variables, qui jouent un rôle capital en météorologie : « Il s’agissait, par exemple, nous dit Arago, de refaire l’analyse de l’air atmosphérique sous un grand nombre de latitudes, en mer, au milieu des continents et à toutes sortes d’élévations ; de tracer, pour
- Fig. 4. -— Abri pour instruments météorologiques. (Observatoire du Pic du Midi).
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- Fig. 5. — La Deutsche Seewarte deFIambourg.
- l’époque actuelle, la forme exacte des lignes isothermes, de soumettre à une discussion approfondie la loi du décroissement de la température atmosphérique suivant la hauteur, et, au besoin, d’entreprendre de nouveaux voyages aérostatiques ; d’apprécier, par des expériences susceptibles d’être en tout temps exactement reproduites, la puissance éclairante et la puissance calorifique du Soleil; de mesurer, dans un certain nombre de stations convenablement choisies, les éléments du magnétisme terrestre, y compris l’intensité absolue, de la force mystérieuse qui, en chaque lieu, maîtrise l’aiguille aimantée,etc. »
- C’était un magnifique programme ; par malheur, il ne fut pas alors mis à exécution, et nous croyons même que la commission académique n’a jamais fait son rapport.
- Jusqu’à Le Verrier, on ne s’était guère occupé de météorologie dans le vieil Observatoire construit par Perrault, et même, les observations du baromètre, du thermomètre, etc... ne s’y faisaient-elles peut-être pas avec une régularité suffisante. L’Observatoire n’avait pas non plus cherché à étendre son action au dehors; il s’en rapportait au zèle des observateurs bénévoles et sans doute aussi à celui de la Société météorologique de France, fondée en 1852.
- Mais, avec Le Verrier, tout changea. Ses grands travaux de mécanique céleste, la transformation des instruments astronomiques ne l’empêchèrent pas d’organiser les études météorologiques en France. Après avoir amélioré les observations faites à l’Observatoire même,il en fit faire sur tout notre territoire, et même au delà, les centralisa
- et leur consacra un bulletin spécial. L’Association scientifique de France, dont il fut le fondateur, lui fournit les ressources pécuniaires indispensables.
- Il fallait d’abord former des observateurs, ce qui est plus difficile qu’il ne semble au premier abord, si bien que, lorsqu’on créa, dans le parc de Montsouris, un petit observatoire où des officiers de marine ou d’état-major viennent se familiariser avec le maniement des instruments astronomiques, l’amiral Mouchez se réjouissait du voisinage de l’observatoire météorologique appartenant à la Ville de Paris qu’on voit dans ce même parc; il pensait que ce serait pour les marins une excellente occasion « d’étudier les instruments de météorologie et les nouveaux procédés d’observation et d’enregistrement ». Ils tireront, ajoutait-il, « de nette étude d’utiles enseignements' pour diriger les observations météorologiques faites en si grand nombre, à bord des navires de l’État, mais avec si peu de méthode qu’on n’a presque jamais pu encore les utiliser. »
- Le Verrier songea aux instituteurs; pour les rendre capables de devenir, au besoin, des observateurs exercés, il obtint que chaque école normale primaire fût pourvue des instruments nécessaires et qu’on y fît des observations suivies, dont les élèves fussent chargés. De cette façon, en peu d’années, on aurait, répartis sur toute la surface du territoire français, des observateurs suffisamment exercés, dignes d’inspirer confiance.
- Par malheur, et on ne peut le leur reprocher, les maîtres d’école s’absentent presque toujours pendant les vacances, sans pouvoir trouver quelqu’un qui veuille les remplacer.
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- Leurs séries d’observations, étant interrompues, perdent beaucoup de leur valeur.
- D’autre part, Le Verrier se garda bien, de négliger l’étude de la mer; il voulut introduire, à bord des navires, l’usage des observations météorologiques; par l’intermédiaire des Chambres de commerce, il s’adressa donc aux armateurs. 11 aurait voulu que chaque bâtiment fût muni d’un baromètre métallique bien réglé, dont l’observation régulière aurait fait connaître les changements de temps probables, et, plus tard, grâce aux documents ainsi rassemblés, on aurait découvert les lois les plus simples des mouvements de l’atmosphère, au grand profit des ma-
- rins.
- L’établissement qui a succédé à l’Observatoire de Paris pour les études de physique du globe, l’Office national (autrefois Bureau central) météorologique, ne peut malheureusement, faute de personnel, dépouiller les journaux de bord que lui transmettent les capitaines au long cours qui commandent nos navires de commerce. On se borne à leur en accuser réception, et on les étudiera quand des circonstances plus favorables seront venues, ce qui pourra être long.
- Le rival allemand de notre Office national, la Deutsche Seewarte, est à ce point de vue beaucoup mieux partagé.
- Sur la rive droite de l’Elbe, à l’extrémité sud d’une chaîne de collines qui s’étend d’Altona à Hambourg, On voit une construction monumentale, portant des tours à ses quatre angles, c’est le local occupé par ce grand Institut scientifi-
- toute nature appartenant aux correspondants de* la Deutsche Seewarte sont vérifiés gratuitement. Ces correspondants peuvent en outre consulter la très riche bibliothèque et la non moins remarquable collection de cartes nautiques qui s’y trouvent. — S’ils ont besoin de renseignements, on les leur fournit de vive voix ou par écrit. Enfin , pour récompenser les observateurs les plus méritants, on leur distribue des médailles d’argent ou de bronze, des livres, des atlas, etc.
- Chaque année, on dépouille environ 2000 journaux de bord, qui sont ensuite restitués à leurs propriétaires. Ces documents servent à construire, pour chaque jour, une carte du temps à la surface de l’Atlantique nord. Ces cartes ne sont pas publiées immédiatement; dès que leur mise au net est jugée définitive, on les réunit et on les publie par trimestres (quartale). La comparaison de ces cartes
- Fig. 6. — L'Office national météorologique. La salle des instruments, rue de l’Université.
- Fig. 7. — L’Office national météorologique.
- La salle des prévisions.
- que, qui se divise en quatre sections; la première s’occupe des études d’océanographie et de météorologie. C’est elle qui dépouille les journaux de bord que lui transmettent l'es marins, auxquels, en compensation, on rend des services appréciables, car les chronomètres, compas, sextants, instruments nautiques de
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- successives montre comment un état de l’atmosphère se transforme en un état différent.
- En dehors de ces cartes quotidiennes, qui ne paraissent qu’après un assez long intervalle, la Deutsche Seewarte en construit d’autres, qui ont un intérêt plus pratique et qui représentent l’état moyen qu’on doit supposer être l’état probable de l’Océan pendant un mois déterminé.
- Etablissement scientifique, la D. S. est aussi un établissement d’instruction où se forment les futurs professeurs d’hydrographie, c’est-à-dire ceux qui donneront aux jeunes gens se destinant à la navigation l’enseignement dont ils ont besoin. De plus, on y fait chaque année un cours d’océanographie à l’usage des officiers qui se préparent à des voyages d’exploration. D’après cela, il est tout naturel que le personnel de l’Institut ait une double origine, et qu’à côté d’officiers de marine on y rencontre des Professoren et des Doctoren.
- Les autres sections, que nous laisserons de côté, s’occupent de l’étude des compas de marine et des instruments à réflexion, ainsi que de celle des chronomètres et du magnétisme terrestre. Des relations très intimes existent entre la Deutsche Seewarte et le magnifique observatoire de Bergedorf.
- Si nous avions assez de place pour décrire l’organisation des études météorologiques en Angleterre et aux États-Unis, on verrait combien elle est supérieure à ce qu’elle est chez nous. L’Office national occupe, 176, rue de l’Université, un local qui, jadis, était dans la dépendance de la maison de l’empereur. Suffisant en 1888, il le devient chaque jour de moins en moins, et c’est à grand’peine qu’on parvient à loger la bibliothèque, qui s’accroît constamment. Le personnel, d’autre part, n’a pour ainsi dire pas été augmenté depuis quarante ans.
- Il faut bien le dire, la météorologie n’est pas populaire chez nous et peu de gens lisent les indications fournies par l’Office national, reproduites pourtant par un grand nom-nombre de journaux (‘). Cela s’explique par notre position géographique défavorable, à laquelle cependant vient porter remède la merveilleuse découverte de la télégraphie sans fil, qui nous fait connaître l’état de l’atmosphère à la surface de l’Océan et par suite nous permet de savoir avec exactitude à quelles variations du temps nous devons nous attendre. D’autre part, notre enseignement, à tous les degrés, néglige complètement la physique du globe.
- Il n’en est pas ainsi aux États-Unis. En 1907, et sans doute il faudrait citer maintenant ici un plus gros chiffre, pour le seul État de New-York, la carte météorologique journalière a été reçue et étudiée dans 529 classes ou écoles. La scolarité, il est vrai, se prolonge souvent jusqu’à l’âge de 18 ans chez les Yankees, tandis que, chez nous, la plupart des enfants quittent l’école dès qu’ils ont leur certificat d’études primaires qu’ils peuvent obtenir à 13 ans.
- Cet enseignement porte ses fruits ; la plupai’t des agri-
- 1. Nous ne sommes cependant pas sans posséder certains avantages dont il ne faut pas faire ü. Nos observatoires de montagne, établis au Mont-Blanc, au Ventoux, au Puy de Dôme, au Pic du Midi sont des établissements remarquables et. qui rendent de grands services ; ils pourraient, cela va sans dire, en rendre davantage s’ils étaient moins négligés par les pouvoirs publics, ou, ce qui vaudrait mieux, s’ils attiraient l’attention de quelque Mécène.
- culteurs, plus gros personnages, il est vrai, que nos fermiers, utilisent les renseignements émanant du Weather Bureau, qui leur parviennent par la poste, le télégraphe ou le téléphone installé dans la plupart des fermes. On conçoit dès lors que le W. B. n’a aucune difficulté à trouver des observateurs.
- Dans les villes, on voit souvent des kiosques où sont placés des instruments météorologiques facilement accessibles aux regards. On y voit un thermomètre à mercure et un enregistreur, un baromètre enregistreur, un hygromètre à cheveu et un pluviomètre enregistreur. Ces instruments sont consultés fréquemment par le public, tout comme, à Paris, on consulte les horloges qui donnent l’heure de l’Observatoire.
- Le budget du Weather Bureau est d’ailleurs considérable, en 1910 il s’élevait à près de huit millions de francs d’alors, c’était environ quarante fois le budget du Bureau central à la même époque.
- Les hommes de la Révolution ont pensé à tout, à peu près sans exception, et l’importance des études de physique du globe ne leur a pas échappé. Ce n’est pas leur faute si on n’a pas mis la météorologie en état de rendre tous les services qu’on est en droit de lui demander. En Germinal an II, le Comité d’instruction publique, interrogeant les Districts sur les jardins botaniques, leur demande si, dans ces jardins, on fait dès observations météorologiques. Le Bureau des Longitudes, créé sur la proposition de cet abbé Grégoire dont on vient de célébrer le centenaire, devait, aux termes de son règlement, faire faire de telles observations, mais il semble bien que le Bureau, sans doute faute de moyens pécuniaires, n’en a rien fait. Il ne faut pas oublier que ses attributions, à l’origine, étaient immenses.
- Pour faciliter à nos marins l’accès de nos vastes possessions coloniales, qui font que la France est un pays peuplé de 100 millions d’habitants et dont la surface est à peu près égale à celle de la Chine, pour ceux qui auront à mettre en valeur cet empire, plus étendu que l’ancien empire romain, il importe que l’on comprenne l’importance des études de physique du globe (') et qu’on leur donne les moyens de travail dont elles ont besoin. Nous ne pouvons mieux faire que d’appeler à notre aide un savant mort depuis bientôt soixante ans, le spirituel Babinet :
- « La météorologie, écrivait-il il y a trois quarts de siècle environ, dont quelques savants paraissent révoquer en doute l’existence, déborde de tous côtés dans l’astronomie, dans la physique, dans la géographie, dans la géologie, dans la mécanique, dans l’agriculture et dans l’économie politique, sans compter la médecine hygiénique et pathologique. On peut parodier pour elle le mot de Sieyès relatif au Tiers État : « Qu’est-ce que la météorologie ? Rien. Que doit-elle être ? Tout. »
- E. Doublet.
- 1. Que d’erreurs fâcheuses et coûteuses on aurait évitées si on eût eu jadis quelque idée du climat de nos diverses colonies. On n’aurait point, par exemple, tenté d’introduire l’arbre à quinquina en Algérie, où les plants envoyés par le Muséum d’histoire naturelle périrent rapidement. Par contre, cet arbre s’est très bien acclimaté à La Réunion.
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- LES LOCOMOTIVES ÉLECTRIQUES FRANÇAISES
- Les qualités incomparables de l’électricité pour la transmission de la force motrice lui ont conquis peu à peu une place importante dans la traction ferroviaire. Permettant de reporter hors du matériel roulant le générateur d’énergie qui sera dans ces conditions aussi fort que l’on voudra, l’électricité donne à la locomotive une puissance accrue ; cette puissance, elle la lui fait utiliser à plein, grâce à une adhérence excellente : d’une part, en effet, le nombre des essieux moteurs peut être augmenté, d’autre part les moteurs fournissent directement le mouvement de rotation avec un couple régulier, au contraire du moteur à piston qui fournit aux essieux couplés d’une locomotive à vapeur un couple périodiquement variable. Ces qualités primordiales, jointes à la régularité quel que soit le temps, au poids moindre, à la facilité de conduite, à l’économie de personnel et de combustible lui permettent d’assurer en se jouant les plus durs services. Mais la réalisation pratique de la traction électrique a exigé près de 40 ans de mises au point et de' progrès dans la construction électrotechnique, dans l’étude des moteurs et de leur isolement.
- LA NATURE DU COURANT
- Série
- 1 2 3 **•
- Série parallèle
- Fig. 1. — Les différents couplages des moteurs d’une locomotive à 4 moteurs.
- R. Résistance de démarrage. A. Induit. I. Inducteur.
- Laissant de côté le courant triphasé dont les moteurs synchrones ne semblent intéressants que dans des cas bien spéciaux, on peut actuellement affirmer, après dix ans d’expérience pratique sur les grandes lignes, que les deux systèmes d’alimentation des locomoteurs, par courant alternatif monophasé ou courant continu, sont également capables d’assurer parfaitement tous les services de traction. On conçoit que le monophasé, facilement transfor-
- mable sur la locomotive, permettra, puisqu’on ne peut dépasser un certain voltage aux moteurs, d’avoir une ligne de contact à tension élevée, dont la construction, ainsi que celle des quelques sous-stations, assez éloignées, nécessaires, n’engagera que relativement peu de capitaux. C’est cette solution qu’ont adoptée la Suisse, l’Allemagne, la Suède et la plupart des réseaux des Etats-Unis. Le continu, non transformable simplement, demandera une alimentation à tension plus basse, exigera des canalisations de plus forte section et immobilisera plus de capitaux. Par contre ses moteurs sont moins coûteux, moins encombrants, plus robustes et plus souples que les moteurs monophasés ; et surtout un autre facteur, indépendant des chemins de fer, va militer en faveur du continu : toute l’installation, dans ce cas, peut se raccorder simplement aux centres producteurs et aux réseaux transporteurs de courant déjà existants (en général le triphasé 50 périodes), de sorte que les compagnies de chemins de fer viennent se ranger parmi les grandes sociétés productrices ou consommatrices d’électricité du pays. Le monophasé, au contraire, dont les moteurs exigent de la basse fréquence (16 2/3 ou 25) se tient, en Europe du moins, à l’écart du réseau industriel dont la fréquence, conditionnée par les nécessités de l’éclairage, est au moins triple et ne peut se relier facilement à lui.
- C’est ainsi que, considérant d’abord l’intérêt général de la nation, la France, suivie ou précédée de lAngleterre, l’Espagne, la
- Fig. 2. — Circuit de puissance d’une locomotive à courant continu.
- g* Fusibles (P Cunfacteurs de couplage l coupleur)
- Aux circuits de chauffage
- Relais de surcharge
- Aux circuits c auxiliaires Contacteuns a; de ligne T*
- général
- R ésistance
- démarrage
- Relais de
- Mofeui
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- -------------- Courant
- -vQDP^j-------prmcipal
- Bobine de soufflage
- Echappement
- Air _____3!
- comprimé —-
- Cylindre à air
- Contact fermé par la manette 1 d'accélération
- Courant basse tension
- Fig. 3. — Principe du contacleur individuel électropneumatique.
- Tchécoslovaquie, la Belgique, le Japon, l’Amérique du Sud, l’Australie, même actuellement l’Italie, la Hollande, a opté pour le courant continu. La tension, fixée par décret ministériel du 19 août 1920, fut en France fixée à la valeur la plus avantageuse à l’époque, compte tenu des services de banlieue à assurer par automotrices, soit 1500 volts.
- Les conditions économiques des années qui suivirent le décret de 1920 entravèrent la réalisation dans les délais voulus du programme d’électrification des voies ferrées qu’il prévoyait, c’est-à-dire plus de huit mille kilomètres; — mais ce qui fut réalisé nécessita la création de -nombreuses centrales hydrauliques, rationnellement disposées et conjuguées, et de longues lignes de transport de force à haute tension recueillant ou distribuant l’énergie sur leur trajet, qui furent l’amorce du grand réseau d’interconnexion des centrales thermiques et hydrauliques de notre territoire, réseau indispensable au développement industriel de notre pays.
- Au 1er janvier 1931, l’électrification touche 4 de nos grands réseaux et englobe 1654 km de voies simples ou doubles (c’est-à-dire de « route ») dont 1213 km sans compter 380 en achèvement sur le Midi, 235 sur le P.-O., 100 km sur le P.-L.-M., 106 sur l’État. 2780 km de lignes
- Fig. 5. — Coupleur changeant le sens de marche. (Modèle Oerlikon.)
- de transport de force ont été établis par l’alimentation des sous-stations et 8 grands postes de transformation, représentant 280 000 kilowatts installés, 300 automotrices et 560 locomotives dont 90 pour 100 du type BB sont en service. La consommation de courant a atteint, en 1929, 315 millions de kw-li sur un total de 12 milliards pour le pays.
- L’ÉQUIPEMENT ÉLECTRIQUE DE LA LOCOMOTIVE
- Délaissant la production de l’électricité, son transport sous forme de courant alternatif à haute tension, sa transformation en courant continu — dans les sous-stations et sa distribution aux locomotives par une ligne de contact
- Fig. 4. — Contacleur individuel éleclropneumalique (modèle Oerlikon).
- à suspension caténaire ou par un rail spécial, nous ne décrirons ici que les locomotives. — Leur principe de fonctionnement est évidemment le même que celui d’un tramway urbain, mais l’adaptation du véhicule aux grandes vitesses, aux grandes puissances et aux tensions élevées en a compliqué singulièrement l’équipement. Les différences essentielles de constitution en sont les suivantes :
- 1) Par mesure de sécurité, le circuit haute tension doit être hors de portée du mécanicien ; pour en interdire toute manipulation directe, il faut donc prévoir un dispositif de commande à distance.
- 2) Par suite des grandes intensités qui circulent dans les moteurs, et pour ne pas en exagérer le poids, il faut
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- affecter au refroidissement des induits et des inducteurs des ventilateurs spéciaux, à grand débit.
- 3) Enfin, comme nous le verrons, les grandes puissances et les grandes vitesses pourront exiger le report des moteurs dans la caisse de la machine; ils seront alors dits « entièrement suspendus ».
- L’équipement électrique d’une locomotive comportera donc :
- Un circuit de puissance comprenant les moteurs de traction.
- Un circuit de contrôle (*), pour commander à distance, à basse tension, les appareils qui modifient les couplages des circuits à haute tension.
- Un circuit haute tension auxiliaire, pour la production du courant basse tension de contrôle et pour l’alimentation des appareils auxiliaires (compresseurs, ventilateurs, radiateurs), si ceux-ci ne sont pas branchés sur la basse tension.
- Des enclenchements électriques de sécurité.
- Fig. 7. — Essieu équipé d’un moteur suspendu par le nez.
- A droite : le carter protégeant l’engrenage.
- A la partie supérieure : les deux orifices de ventilation. (Construction Oerlikon.)
- LE CIRCUIT DE PUISSANCE : LES MOTEURS
- Avant d’en aborder la description, il nous paraît indispensable de donner quelques explications théoriques. Nous avons dit qu’on prévoyait plusieurs essieux moteurs, actionnés chacun par un moteur de traction pour avoir une bonne adhérence. En fait, en France, 9 locomotives sur 10 ont 4 moteurs, qui dans la marche normale, à pleine vitesse, sont naturellement couplés en parallèle. Mais on ne peut les faire démarrer qu’en insérant en série avec chacun d’eux une résistance pour limiter l’intensité qui le traversera à la valeur maximum prévue lors de sa construction. Puis, lorsque, leur rotation commencée, ils développent une .force contre-électromotrice, on élimine petit à petit la résistance de façon à conserver à l’intensité sa valeur maximum, qui procure l’accélération maximum du véhicule. Il s’ensuit que, pour un démarrage avec moteurs en parallèle, il y a.
- 1. Le mot, choisi de façon discutable, mais aujourd’hui consacré, vient d’une traduction trop littérale du verbe anglais « to control » commander.
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- Essieu
- Moieui
- Engrenages
- Fig. 6. — Principe du moteur suspendu par le nez.
- dans cette résistance, des pertes par effet Joule, qui sont loin d’être négligeables vu les fortes intensités admises.
- Or on peut, par un artifice, trouver un moyen d’éliminer beaucoup plus rapidement la résistance (fîg. 1). Il suffit de démarrer avec les moteurs couplés en série ; dès qu’ils auront commencé à tourner, leurs forces contre-électromotrices s’ajoutant s’opposeront plus efficacement à la tension de la ligne de contact et limiteront déjà notablement l’intensité traversant le circuit de puissance. La résistance à laisser insérée sera donc bien inférieure à ce qu’elle était précédemment. Aussi toute locomotive électrique à courant continu à plusieurs moteurs comporte-t-elle toujours l’équipement nécessaire aux couplages des moteurs en parallèle, en série, même en 2 groupes en parallèle de 2 moteurs de série (cas de 4 moteurs) et des couplages correspondants si les moteurs sont plus nombreux.
- Le circuit de puissance sera donc constitué des parties suivantes :
- Fîg. 8. — Liaison élastique entre le moteur électrique et l’essieu à l’aide
- de roues dentées, d’un arbre creux et d’accouplements à bielle èlasliquei
- A gauche : système Oerlikon.
- A droite : Système Brown-Boveri-Biichli (en service sur les locomotives 2D2 du P.-O.).
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- Fig. 9. — Liaison sans engrenages entre le moteur et l’essieu. L'essieu « Gearless ». (Construction Oerlikon.)
- D’abord : la prise de courant, pantographes sous la dépendance de ressorts et de l’air comprimé, ou frotteurs appliqués par l’air sur le 3e rail. Le pantographe standardisé en France est le Faiveley, à articulations à billes. Il supporte 2 archets frotteurs graissés, articulés sur un balancier, l’ensemble se comportant vis-à-vis du fil de contact comme un bogie vis-à-vis des rails. .
- Puis deux coupeurs ou interrupteurs principaux (appelés contacteurs de ligne) montés en série par sécurité, sont chargés de couper le courant total de la locomotive, à l’exclusion de tout autre organe. Cette coupure se fait en un ou deux temps (dans ce cas, après insertion d’une . résistance dans le circuit).
- Les moteurs, toujours à pôles auxiliaires puisqu’ils doivent pouvoir tourner indifféremment dans les deux . sens, fortement isolés et ventilés, protégés par des relais de surcharge qui font déclencher les contacteurs de
- Fig. 11. —- Principe de la récupération avec excitation indépendante (Chemins de fer du Midi).
- S-çj C;
- g 9 Accumulateurs ou ® ^ s génératrice spéciale
- | PT,
- Jo'c! L Ie.r!nducteur
- Jl; . de E
- Résistance permanente limitant te — courant récupéré
- Moteur-
- Excitatrice E 2? Inducteur antagoniste de E
- Moteur
- ligne si l’effort demandé exige une intensité qui détériorerait les moteurs sont jusqu’à présent toujours du type série, qui a le grand avantage d’avoir un couple de démarrage très élevé et d’être très robuste.
- Les connexions de shuntage permettent, en diminuant le champ inducteur, d’accélérer la rotation des moteurs à un couplage donné, et de faire un peu de vitesse.
- Les résistances de démarrage, en général en fonte grise et ventilées, ont le rôle indiqué plus haut.
- Les coupleurs sont chargés d’effectuer les divers groupements des moteurs. Ils sont constitués par des tambours cylindriques portant des secteurs de cuivre tournant devant des contacts fixes.
- Les inverseurs permettent de passer de la marche avant à la marche arrière ou inversement à partir de chaque cabine.
- Les dispositifs d'isolement, manœuvrés à la main, permettent, en cas d’avarie à un moteur, de se séparer du
- Fig. 10. — Principe du freinage rhéostatique (Chemins de fer du Midi).
- circuit de puissance et de marcher avec les autres mis en série.
- En vue de réaliser la coupure en cas de court-circuit sur la machine, on prévoit en outre un relais dit de surcharge général qui, très souvent, est remplacé par un disjoncteur ultra-rapide (fonctionnant en 1/1000 de seconde) agissant toujours en deux temps.
- Le schéma 4 montre l’ensemble du circuit de puissance d’une locomotive.
- CIRCUIT DE CONTROLE
- Le dispositif de commande à distance du circuit de puissance est quelquefois mécanique, mais sur les locomotives des chemins de fer d’intérêt général français, il est toujours électrique. Un courant à basse tension (35 à 120 v) distribué par le combinateur du mécanicien, vient actionner les divers organes, soit directement par électroaimants (Métropolitain, locomotives Ganz à bielles du P.-O.), soit presque toujours électropneumatiquement. Dans ce dernier système le courant basse tension actionne des électro-valves (fig. 3) réglant l’admission et l’échappement d’air comprimé dans de petits cylindres. Le piston
- Leurs
- _. Shuntage •- des —1 inducteurs
- Moteurs
- Résistances
- freinage
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- ouvre ou ferme un contact à bobine de soufflage. Ces appareils, appelés contacteurs individuels, sont en général chargés d’insérer ou d’éliminer les résistances de démarrage, de manœuvrer les interrupteurs généraux haute tension. Souvent les inverseurs, coupleurs, même les appareils de shuntage, sont constitués par des tambours dont la rotation est commandée par cylindres à air et électrovalves (fig. 5).
- Dans un 3e système de commande, on envoie le courant de contrôle dans un servo-moteur qui répète fidèlement les positions de la manette du combinateur. Ce moteur assure la rotation par fractions de tours d’un arbre à cames qui mécaniquement effectue les diverses connexions du circuit de puissance. Ce fut le système utilisé au début par le Midi, qui contrôle en outre les locomotives du chemin de fer du Maroc, et deux machines à grande vitesse ainsi que les automotrices du P.-O. Ce système, assez délicat, a été supplanté par le contrôle électropneumatique, mais il a l’avantage de supprimer les verrouillages et de donner
- Résistance de stabilisation
- Moteur
- Accumulateurs
- Inducteur
- Rhéostat de champ de I excita trice manœu vrè par ta manette de récupération
- Excitatrice
- Fig. 13. — Principe de la récupération à l’aide d’une excitatrice réglée par le mécanicien (P.-L.-M.)
- une solution assez simple du démarrage automatique. Il est repris par Jeumont et équipe une rame d’essai du Métropolitain.
- Ajoutons que souvent (P.-O., Midi, Métropolitain) les machines sont prévues pour le contrôle en unités multiples, c’est-à-dire pour la commande de plusieurs locomotives à partir d’une seule cabine.
- CIRCUITS AUXILIAIRES
- Toute locomotive électrique comporte, en outre, un certain nombre de circuits auxiliaires pour assurer la marche des compresseurs, des ventilateurs, du chauffage, de l’éclairage, pour produire le courant basse tension, etc. Si la source du courant basse tension est une batterie d’accumulateurs, les moteurs des ventilateurs et compresseurs sont à haute tension (c’est-à-dire 1500 v) et la batterie est montée en série avec l’un d’eux et rechargée par le courant qui le traverse. Si la source basse tension est un groupe convertisseur (moteur 1500 v et dynamo génératrice), les moteurs précédents seront à basse tension et les ventilateurs souvent calés sur l’arbre du groupe.
- Fig. 12. — Excitatrice pour la récupération. (Construction Oerlikon.)
- DISPOSITIFS DE SÉCURITÉ
- A tous ces circuits se superposent des enclenchements de sécurité empêchant les manœuvres dangereuses pour
- Fig. 14. —- Cabine de manœuvre d'une locomotive : a) Manette de pantographe, b) Manette de marche avant, marche arrière et shunt, c) Manette de démarrage et couplage, e) Volant de frein modérable. /) Manomètre des freins, g) Indicateur de vitesse. h) Klaxon d’alarme, i) Sifflet. ;') Voltmètre principal, k) Ampèremètre. I) Ampèremètre de courant basse tension, m) Interrupteurs des services auxiliaires (compresseurs ventilateurs), n) Interrupteurs d’éclairage, o) Tambour à segments distribuant le courant aux différents appareils à manœuvrer à l’aide des contacts p (ce cylindre est manœuvré par c). — Photo Oerlikon.
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- Fig. 15. — Cabine centrale d'une locomotive, a) Contacteurs individuels, b) Coupleurs, c) Grillages de protection (photo Oerlikon).
- le matériel ou le personnel. Ces enclenchements sont mécaniques, pneumatiques ou électriques. D’une part tout accès à la haute tension est interdit au mécanicien si l’appareillage est sous tension. D’autre part des dispositifs rendent incompatibles des manœuvres de manettes qui seraient électriquement dangereuses.
- SUSPENSION DES MOTEURS
- La locomotive électrique « tous usages », qui constitue les 9/10 de notre effectif, est constituée par une caisse contenant cabines et appareillages, reposant sur 2 bogies de chacun 2 essieux et 2 moteurs. Ceux-ci, comme ceux des tramways, sont du type « suspendu par le nez » (lig. 6), c’est-à-dire que suspendus par une extrémité au bogie, ils portent de l’autre extrémité sur l’essieu qu’ils attaquent par engrenages (fig. 7). Mais ce type de suspension s’avère insuffisant aux grandes vitesses (supérieures à 90 k/h) comme infligeant des réactions brutales à la voie ; d’autre part on ne saurait loger qu’un moteur de puissance limitée
- Fig. 17. —
- entre les 2 roues d’un même essieu. Les machines affectées aux trains rapides et lourds seront donc à moteurs entièrement suspendus, logés dans la caisse. La stabilité, d’ailleurs, en profite, qui demande à la masse roulante d’avoir son centre de gravité le plus haut possible. (Dans cette idée le Midi a conçu ses locomotives grande vitesse avec des moteurs verticaux.) Mais une difficulté survient du fait que l’arbre du moteur, solidaire de la caisse, n’est pas soumis aux mêmes réactions et oscillations que l’essieu qu’il doit entraîner. D’où la nécessité d’une liaison élastique. Celle-ci est obtenue soit par bielles, abandonnées aujourd’hui (il subsiste en France 2 machines à bielles, les locomotives Ganz du P.-O.) comme introduisant une discontinuité néfaste dans la transmission de l’effort moteur, soit par des dispositifs spéciaux intercalés pour introduire le nombre de degrés de liberté suffisant entre l’essieu et l’arbre, dont voici en quelques mots le principe : le moteur entraîne un arbr, creux concentrique à l’essieu et se terminante en face de chaque roue, par un plateau.
- Fig. 16 et 16 bis. — A gauche : Manettes de contrôle d’une locomotive sans récupération. A droite : Manettes de contrôle d’une locomotive avec récupération. ' ’
- Des ressorts ou des biellettes à articulations sphériques relient plateaux et roue (fig. 8). Signalons enfin qu’il existe en Amérique plusieurs locomotives (et une en France, la 2 CC 2 du P.-O.) du type Gearless (fig. 9), où les induits des moteurs sont calés directement sur l’essieu et les inducteurs
- Schéma et caractéristiques de quelques locomotives électriques françaises,
- Type et Série des Machines Nombre de moteurs Prnssai (Champ a continue ace CTV laxitnum) pendant 1 heure Effort ch K< continu1 traction 1- pendant lheure Poids total Tonnes) adhérent Poids continu /fehevi uni- -horære Diamètre desroues motrices "Xn, Mode de transmission J V . \ m/m. -«A km./h. Schémas
- PO BB. 101.180 Baügnolles Oerlikon 4 1550 1750 8 400 9 880 76 J 26,7 50 45 1350 Engrenages mot.susp.pflenfiz 12 580 2800 90 J.' oc o>o
- 2D 2.501-502 Electromé •cajiique BrownBoveri 4 3200 3600 13000 15 200 125 72 38 33 1750 Engrenages et transmission élastiqueBüchli 12 780 5350 130 . n m m fn m t~i.
- P.L.M 2CC2,AE.Ià4 BatignoHes Oeïuiknn. 6 doubles 4200 5400 13000 18000 158 108 32 29 1600 Engrenages et biellettes élastiques 23800 4600 130 , l,rpmm. nunmj , oowOT wCro
- MIDI BB 4100 4600 C.E.F 4 1500 1800 7 600 12 200 26 26 52 43 1400 Engrenages mot.susp.prlenez 12 820 2950 75 95 I 1 ’èfe+'Sé'
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- sur le truck; pour permettre les oscillations relatives, il faut prévoir un large entrefer qui accroît la consommation de courant.
- FREINAGE ÉLECTRIQUE
- Nous ne pouvons terminer cet examen sans donner un aperçu d’une question à l’ordre du jour, celle du freinage électrique en courant continu. Ce freinage est très avantageux sur toutes les lignes de profil accidenté où il est une sécurité supplémentaire et évite surtout les usures eoû-
- .............—-...= 65 =
- avec la valeur des résistances et la tension du moteur qui est modifiée par le shuntage (flg. 10).
- Si ce freinage est très sûr, la récupération est plus séduisante puisqu’elle se traduit par une économie de kilowatts-heure. Elle est seule d’ailleurs à assurer la retenue des gros tonnages qui nécessiteraient, avec le premier procédé, un poids de résistances trop élevé. Elle sera donc indiquée sur les lignes à pentes longues et spécialement sur celles où, par combinaison d’horaires, on pourra faire circuler
- Fig. 18.
- Les principales locomotives électriques françaises (1500 volts, courant continu).
- 1) Chemins de fer du Midi. Locomotive 2-C-2 de 2100 ch à 3 essieux moteurs et 2 moteurs verticaux sur chaque essieu. Poids: 102 tonnes ; vitesse maximum 110 km-h. Constructeur : Constructions électriques de France.
- 2) Chemins de fer du Midi. Fourgon automoteur (puissance horaire 810 ch. Puissance
- continue 640 ch. Vitesse maximum 70 km-h. Poids : 60 tonnes). Constructeur : Constructions électriques de France.
- 3) Chemins de fer du Midi. Locomotive BB pour trains de voyageurs (1600 ch, 80 tonnes, 95 km-h). Constructeur : Constructions électriques de France.
- 4) Chemins de fer Paris-Orléans. Locomotive BB, à marchandises, puissance continue 1200 ch. Constructeur : Compagnie Électromécanique.
- 5) Chemins de fer Paris-Orléans. Locomotive 2-D-2 à grande vitesse (puissance continue 3000 ch à 94 km-h, vitesse maximum : 130 km-h. Poids : 120 tonnes). Constructeur : Compagnie Électromécanique.
- 6) Chemins de fer Paris-Orléans. Locomotive B B. Constructeur : Société Œrlikon.
- 7) Chemins de fer P.-L.-M. Locomotive 2 CC 2. (Puissance continue 4200 ch, poids 158 tonnes, vitesse maxima 130 km-h.) Constructeurs : Compagnie des Batignolles, Société Œrlikon.
- S) Chemins de fer P.-L.-M. Locomotive 1 CC 1 de 2200 ch. Constructeurs : Compagnie de Fives-Lille et Compagnie Electromécanique (série 161-D.E. 1 à 10, 130 tonnes, vitesse maxima 80 km-h, effort de traction uni-horaire 18 300 kg, effort de traction continu 12 300).
- teuses des bandages des roues et des sabots des freins. On l’obtient en faisant marcher les moteurs en générateurs et en envoyant le courant soit dans des résistances (freinage rhéostatique), soit dans la ligne (récupération).
- Le freinage rhéostatique est très simple ; il est maintenant d’emploi systématique sur 1î Midi : les moteurs, couplés par deux en parallèle, avec inducteurs croisés pour leur répartir également la charge, débitent sur les résistances de démarrage. L’effort de freinage varie
- simultanément un train montant et un train descendant. Mais il faut avoùer que le montage de récupération sûr et économique n’est pas encore mis au point. Car le problème se complique alors du fait des variations très gênantes de la tension en ligne, qui ne peuvent être évitées (court-circuit au voisinage, arrêt ou départ d’un train voisin, d’une sous-station voisine...). Ces variations proscrivent l’emploi du moteur à excitation série qui exagère la variation consécutive du courant récupéré. L’excitation
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- = 66 ..—' : : r=—rr: ————------------------=
- shunt fournit un couplage sûr et assez simple, mais de rendement très faible. Il vaut mieux recourir à l’excitation indépendante (fig. 11) qui entraîne l’emploi d’une excitatrice spéciale dont la tension, rendue indépendante de celle de la ligne, dépendra, d’une part du mécanicien, d’autre part des variations de courant à étouffer, de façon que le courant récupéré et le courant d’excitation varient inversement. L’excitatrice peut avoir, par exemple, en plus d’un premier enroulement inducteur, un deuxième enroulement antagoniste parcouru par le courant récupéré. C’est le montage adopté par les Constructions électriques de France (Compagnie du Midi, où la récupération est pratiquée régulièrement depuis plus de 7 ans sur la rampe de Capvern entre Lannemezan et Tarbes; Compagnie des chemins de fer du Maroc, de Kourigha à Casablanca, une série des locomotives 1 CC 1 du P.-L.-M.). Dans un autre montage très répandu (P.-L.-M.; une locomotive du P.-O.), l’excitatrice, dont la force électromotrice est fixée par le mécanicien, compense les chutes de tension dans les inducteurs et une résistance de stabilisation (fig. 13) ; il existe donc une relation linéaire convenable entre les deux intensités à faire varier inversement.
- Malgré les longues études qu’elle a suscitées, la récupération reste toujours d’emploi délicat, surtout dans la période d’amorçage, quand on couple à la ligne le moteur fonctionnant en générateur à vide. Il peut y avoir des surintensités dangereuses; si les relais disjonctent, le freinage n’a plus lieu ; aussi est-il bon de prévoir des
- dispositifs de sécurité comme il en existe sur le P.-L.-M. L’intérêt économique de la récupération reste aujourd’hui discutable. Considérée comme moyen de freinage, son intérêt est considérable. Signalons d’ailleurs que d’intéressantes tentatives sont effectuées aujourd’hui pour combiner les avantages des deux excitations série et shunt, c’est-à-dire pour mettre au point le moteur de traction compound.
- Pour fixer par quelques chiffres les renseignements fournis, nous avons réuni dans un tableau (fig-17) quelques données pratiques sur les machines les plus réussies en service actuellement en France. Par convention, dans la spécification d’un type de locomotive électrique, les chiffres indiquent le nombre des essieux porteurs et les lettres celui des essieux moteurs ; une suite de 2 lettres indique que les essieux correspondants font partie de bogies ou de trucks différents. Ainsi la locomotive 2 D 2 comportera une caisse reposant aux extrémités sur 2 bogies et au centre sur 4 essieux moteurs liés directement à elle. Au contraire une locomotive 2 C-C 2 repose sur 2 trucks comportant chacun 1 bogie à l’avant et 3 essieux moteurs. A titre documentaire, indiquons quelques chiffres de consommation, remarquablement peu élevés d’ailleurs, obtenus sur un parcours sensiblement plat : Paris-Orléans-Vierzon; les trains de marchandises consomment 11,5 watts-heure à la tonne-kilomètre remorquée; les trains de voyageurs express ou rapides : 21 watts-heure, et les trains de banlieue : 27 watts-heure. A. Mercier.
- LES-APPLICATIONS DE LA CELLULE PHOTOÉLECTRIQUE
- La cellule photoélectrique est un appareil connu dans son principe depuis fort longtemps, qu’il s’agisse de cellule au sélénium, aux métaux alcalins, d’élément photovoltaïque ou d’éléments secs à oxyde métallique. Ses applications sont récentes; la plus importante, on le sait, est la reproduction des sons au cinéma sonore. Mais il en apparaît chaque jour de nouvelles; rappelons d’abord les comptages d’objets, application qui a précédé celle du cinéma sonore, il en est de même pour la sélection d’objets d’après leur couleur : aux Etats-Unis on utilise ainsi l’œil électrique pour trier des cigares ou des pommes. La cellule peut également être employée pour couper ou rétablir le courant électrique dans des lampes suivant l’éclairage extérieur. On l’emploie dans ce but dans certains phares, sur des champs d’aviation.
- Voici d’autres applications plus curieuses : la cellule photoélectrique peut assurer dans certains cas la sécurité du travail. Ainsi, d’après la revue américaine Electronics, on l’utilise pour protéger les ouvriers employés au travail si dangereux des presses mécaniques : presses à emboutir ou à découper : tant que la main de l’ouvrier est dans la zone dangereuse, elle intercepte un faisceau lumineux qui normalement excite une ampoule photoélectrique; un circuit électrique est aménagé qui interdit le fonctionnement de la presse tant que l’ouvrier n’a pas retiré sa main. De même dans les ascenseurs actuellement installés par la Société Otis, la cellule photoélectrique interdit la fermeture des poi'tes, tant qu’il y a des personnes qui en franchissent le seuil. On évite ainsi de nombreux accidents.
- LA CANNE A SUCRE A JAVA
- Java est devenue, en quelques années, le second producteur de sucre, distancée seulement par Cuba. L’essor rapide de la culture de la canne dans cette île des Indes néerlandaises a eu son retentissement sur le marché mondial. Il n’est que le reflet de la prospérité des possessions hollandaises, qui sont depuis un quart de siècle un des principaux foyers économiques du globe.
- Des conditions naturelles exceptionnellement favo-
- rables, jointes à une organisation technique impeccable, expliquent la place prise par Java parmi les fournisseurs de sucre.
- La canne a besoin de beaucoup d’humidité pendant le temps que dure la végétation et, au contraire, d’une période sèche au moment de la récolte : les pays de mousson sont soumis à ce rythme climatique. A Java, une saison sèche est bien marquée dans la partie orientale,
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- où souffle la mousson d’été venant du S.-E., du mois de mai au mois d’août. Pendant l’hiver, une mousson humide apporte du N.-W. beaucoup de pluies dans la région occidentale, autour de Batavia, tandis que l’est de l’île ne reçoit guère, dans les parties basses, que 1 m à 1 m 50 de pluies : c’est ce que réclame la plante pour se développer, et c’est là en effet que se trouvent les plantations (fig. 1). Les plus importantes sont situées dans la plaine côtière qui s’étend au nord de la chaîne volcanique, entre la province de Chéribon et la zone calcaire de Rembang, puis de Sœrabaja, au détroit de l’île Bâli. Sur la côte sud, on en rencontre par places autour de Tjilatjap et de Soura-karta, ainsi que dans les plaines intérieures de Vorsten-landen, au milieu des pittoresques principautés indigènes. A la différence de Cuba, la canne est uniquement cultivée dans les régions basses, riches en alluvions volcaniques, au-dessus de la zone des S cuvas, c’est-à-dire des rizières humides.
- La main-d’œuvre, dans un pays agricole peuplé de 41 719 000 h. (recensement de 1930), pour une superficie de 193 600 km2, soit une densité de 315 h. au km2, est à la fois abondante et à bon marché. Trop dense, la population javanaise fournit même un fort contingent d’émigrants qui vont chercher du travail à Sumatra, où le recrutement des coolies est au contraire difficile.
- La production n’est devenue importante qu’à partir du moment où l’effort des planteurs européens a permis
- de donner à la culture un caractère scientilique. Jusqu’à la fin du xixe siècle, Java ne produisait que du sucre brut pour l’exportation; on ne raffinait que pour la consommation locale. La vente facile d’un premier chargement de sucre blanc aux Indes britanniques encouragea les colons. Groupés en un puissant syndicat du sucre, ils organisèrent des stations agronomiques à Pasœroean dès 1893, puis à Semarang des jardins d’essai. Là on rechercha les moyens de combattre les maladies et en particulier la terrible sereh qui, vers 1882, manqua de miner complètement l’industrie sucrière javanaise. Toute une équipe d’ingénieurs agronomes mit sur pied des méthodes culturales nouvelles, sélectionnant les semences. En quelques années la production passa de 732 000 t en 1900 à 1 254 000 t en 1910, 1 513 000 t en 1920 et 1 972 000 t en 1926 (v. fig. 2). C’est à ce moment qu’une nouvelle variété fut introduite, qui bouleversa les conditions de la production.
- Le laboratoire agricole de Pasoeroean venait de créer en effet la 2878 P. O. J., robuste, résistant bien aux para-
- sites et donnant un très fort rendement, en fécondant le plan 2364 avec le pollen du E. K. 28. Chacun des ascendants avait lui-même été l’objet d’une sélection savante, en partant des variétés Glagah, Zwart Chéribon, Band-jhit, Lœthers, Lidji et Lahaine. Voici d’ailleurs comment s’établit la libation de la 2878 P. O. J. :
- Glagah
- Zwart Chéribon $
- Bandjhit $
- Lœthers Fidji
- Lahaine $
- fKassoer
- 100P.O.J. $
- E. K. 2
- >2364 $
- )E. K. 28 çf
- \ 2878
- /P. O. J.
- Fig. 1.
- On comprendra l’importance de cette « découverte » agronomique en examinant les rendements à l’hectare : en 1926, on produisait en moyenne 10 t 804 à l’hectare — et c’était déjà un des plus forts rendements du monde •— mais celui de la nouvelle variété atteignait 15 t, 6, soit 44 pour 100 de plus. A mesure que le nouveau plant se répandait (12,5 pour 100 de la superficie plantée en 1927,
- 66 pour 100 en 1928, 93 pour 100 en 1929), le rendement moyen à l’hectare augmentait et atteignait
- 14 t, 699 en 1929. Alors que de 1925 à 1929 la surface des plantations passait seulement
- de 176 000 ha, à 198 000 ha, la production totale de l’île augmentait d’environ 25 pour 100.
- En 1930, Java a produit 2 915 000 t de sucre, soit 141,679 à l’ha. Seules, ce dernier chiffre, avec
- Les grands ports sucriers de Java. En hachures, les régions de culture de la canne à sucre.
- de
- derrière suivent le Queens-5 t 1/2), Cuba (4 t) et la
- les Iles Hawaï approchent 14 t environ à l’ha. Loin land (6 t), les Philippines Louisiane (2 t 1/2).
- De telles récoltes sont d’autant plus surprenantes qu’elles n’intéressent que de faibles espaces : toutes les plantations européennes, fournissant surtout les produits d’exportation, n’occupent que 6 pour 100 des terres labourées. Sagement, le gouvernement de la colonie veille qu’elles ne diminuent pas l’espace réservé aux cultures vivrières des indigènes.,C’est ainsi qu’on cultive la canne dans les cantons où l’on n’a pas à craindre une disette de riz : au total, 198 000 ha, soit 2,47 pour 100 de la surface des terres arables.
- La culture de la canne et la fabrication du sucre sont l’objet de soins aussi attentifs que la sélection des semences. L’expérience a montré qu’on ne peut récolter la canne deux fois de suite sur le même terrain sans que le rendement diminue et que les maladies aient chance de se développer. On pratique donc un assolement.
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- C: 1800
- L 1200
- 25 26 27 28 23
- Fig. 2. — Production du sucre à Java depuis 30 ans.
- Voici l’un des plus employés :
- (Jusqu’au début d’octobre Canne à sucre. Du début d’octobre au commencement de décembre .............. . Arachides ou maïs
- De décembre à avril. . . Riz.
- ( De mai à novembre . . . Manioc, indigo,
- 2e année < tabac, pois.
- ( De décembre à avril. . . Riz.
- 3e année : D’avril-mai à octobre de la
- 4e année ........................Canne à sucre.
- Les plantations de canne sont presque exclusivement dirigées par des Européens : 1 pour 100 seulement de la production vient de petites entreprises indigènes, à faible rendement (3 t, 6 à l’ha), qui totalisent au contraire 99 pour 100 de la récolte du poivre. Les Javanais ne fournissent que deux choses : le sol, qu’on leur loue, et leur travail, qu’on paie, à l’époque du broyage, de 40 à 85 cents par jour.
- Fig, 3. — Pari de la canne à sucre dans l’exportation des vingt principaux produits des Indes néerlandaises, en 1929.
- En poids :
- En valeur;
- Pétrole et produits dérivés
- Aussitôt après la moisson du riz, c’est-à-dire en avril ou mai, on prépare le terrain, par le système Reynoso, qui exige beaucoup de main-d’œuvre. On creuse des fossés de drainage, profonds de deux pieds, séparés par des fossés plus petits : ils permettront d’assainir la plantation pendant la saison humide et d’irriguer pendant la saison sèche. Perpendiculairement, on ouvre de larges sillons à 1 m, 50 de distance environ : c’est là qu’on plante les jeunes boutures, de mai à août, c’est-à-dire par mousson sèche du S.-E., c’est pourquoi il est nécessaire d’irriguer pendant quelques semaines. On apporte aussi les engrais, le sulfate d’ammoniaque surtout; on comble progressivement les sillons et les enfants débarrassent les jeunes tiges des larves et des insectes. Quand vient la mousson humide du N.-W., la végétation est très rapide. Les cannes ont alors de 3 à 4 m de hauteur. Les fleurs, en forme de larges panaches mauves et soyeux, apparaissent vers le 12e mois. On procède au nettoyage du sol, puis on fait de fréquents prélèvements pour fixer, au laboratoire, la teneur en sucre. Quand la proportion atteint son maximum, on arrache la plante du sol avec sa racine. Jusqu’à ces dernières années, on transportait les tiges gorgées de jus sur des chars à bœufs. Aujourd’hui, ce sont souvent de petites locomotives qui circulent à travers les champs et emmènent sur des wagons la récolte à l’usine. R y a actuellement environ 180 sucreries, réparties à travers les régions productrices, pourvues d’un matériel moderne et où l’on applique les plus récents procédés d’extraction. C’est ainsi qu’en 1929, 6 usines réussirent à produire plus de 20 t à l’hectare. Les produits obtenus sont classés, suivant leur couleur et leur teneur en saccharose, sous divers noms (sucre supérieur — de premier jet — mélasse, etc.), d’après l'étalon hollandais, fixé tous les deux ans sous la direction dé la Société commerciale néerlandaise.
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- Si la production de Java n’a guère varié depuis 1928, cela tient surtout à la situation du marché mondial du sucre qui souffre, comme tant d’autres, d’une crise de surproduction. L’excédent des stocks exportables pèse sur l’industrie javanaise, qui vit presque uniquement des expéditions vers les pays étrangers. La consommation locale n’absorbe guère que 400 000 t. Il reste donc en moyenne 2 500 000 t pour l’exportation, valant en 1929 300 millions de florins (') et représentant en valeur près du quart, et en poids plus du quart, des exportations des Indes néerlandaises (fig. 3). De nombreux ports sont équipés pour écouler la récolte. Les deux plus importants sont Semarang qui, malgré son mouillage insuffisant, se développe rapidement grâce au commerce du sucre, du manioc et du kapok, et surtout Soerabaja, rival du port de Batavia (Tandjonk Priok) et qui, au débouché des riches vallées du Brantas et du Solo, est devenu le grand marché sucrier.
- Les clients les plus réguliers sont les Indes britanniques qui absorbent de 37 à 44 pour 100 des expéditions, Hong-Kong et la Chine (18 à 23 pour 100) ainsi que
- 1. Le florin valait 10 fr. 27 en 1929.
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- Malacca (6 à 7 pour 100). Les autres débouehés se déplacent suivant les fluctuations de la production internationale et des prix : c’est ainsi que la part du Japon passe de 26 pour 100 en 1926 à 11 pour 100 en 1928; celle de l’Europe et des ports de la Méditerranée de 13 pour 100 en 1925 à 0,5 pour 100 en 1926 et 10 pour 100 en 1928. On voit par ces quelques chiffres que Java est surtout le grand fournisseur de l’Extrême-Orient.
- Même avec un marché mondial décongestionné, quel sera l’avenir de la culture sucrière dans l’Ile ? En présence des résultats surprenants qu’ils ont atteints, les Hollandais eux-mêmes se demandent s’il sera encore possible d’aug-
- menter la qualité ou le rendement, et on a vu d’autre part que la place des cultures d’exportation est limitée. En admettant — ce qui n’est pas prouvé — que la production de Java n’augmente plus, les terres propices à la canne ne manquent pas dans les autres possessions hollandaises de l’ïnsulinde. A l’heure actuelle, celles-ci ne cultivent cette plante que pour la consommation locale, mais il se peut que plus tard, quand leur population se sera accrue, elles développent à leur tour cette production, suivant les remarquables méthodes agronomiques qui ont fait la richesse des planteurs javanais.
- Maurice Debesse.
- HYDRAVIONS A COQUE OU A FLOTTEURS ?
- La Marine emploie ces deux types d’avions, sans que C’est, que les qualités des uns et des autres s’équivalent
- la polémique qui s’est ouverte sur leur valeur réciproque, presque absolument. Reconnaissons cependant que l’hv-
- et qui remonte aux premiers jours de l’aviation maritime, ait pu encore établir l’excellence de l’un sur l’autre.
- En fait, cette discussion n’est pas près de se clore. On voit « sortir » des appareils à coque qui sont le tout dernier mot du progrès (Dornier à 12 moteurs, Rohrbach Romar ou Short-Calcutta) concurremment avec des appareils à flotteurs munis, eux aussi, des plus récents perfectionnements.
- Fig. 1, 2 et 3. -— Goliath Farman de bombardement (hydravion à flotteurs).
- A gauche : décollage. A droite et en bas : ammérissage vu de l’avant et de l’arrière.
- dravion à coque bénéficie d’une sorte de sympathie spontanée parce qu’il réalise plus exactement le type du «bateau volant » que l’appareil à flotteurs et qu’en outre il est plus ancien, donc plus familier.
- Rappelons les différences essentielles des deux types envisagés.
- L’hydravion à coque, lorsqu’il est amméri, flotte directement sur une sorte d’embarcation étanche qui renferme le poste du pilote, avec les appareils de manœuvre, et les emplacements réservés aux autres membres de l’équipage.
- Pour assurer l’équilibre de l’appareil, deux petits flotteurs, appelés ballonnets, sont fixés sous les bouts de ses ailes. Il en est de même, d’ailleurs, pour les hydravions
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- à flotteurs. Dans ce dernier modèle, tout le poids de l’appareil, lorsqu’il repose sur l’eau, est porté par deux longs flotteurs étanches, à forme de périssoire.
- Voici sur la valeur relative des deux types en question l’opinion qu’on émet généralement dans les milieux maritimes appelés à les utiliser.
- COMPARAISON DES DEUX TYPES D’AVIONS
- La coque semble posséder de plus grandes qualités de navigabilité : on peut dire qu’un appareil à coque amméri par mer maniable flottera si la mer se creuse, à condition que ses ballonnets résistent. Il y a des exemples classiques de la chose : un hydravion amméri en Méditerranée pendant la guerre et dérivant 11 jours, un autre 5 jours; récemment le C.A.M.S. 55 du lieutenant de vaisseau Bernard ammérit au cours d’un raid et faute d’essence en Atlantique. L’appareil à flotteurs n’a pas d’aussi solides références, on peut même citer contre lui la disparition de l’appareil de Mermoz en Atlantique. Mais il ne faut pas oublier que, plus tard venu, et moins adopté par les marins que l’appareil à coque, il n’a pas eu autant d’occasions de faire ses preuves.
- On peut dire à son avantage que la perte d’un ballonnet, ou même des deux, n’entraîne pas nécessairement le chavirement de l’appareil, à condition de pouvoir supprimer assez rapidement une assez grande longueur de bout d’aile, de façon à réduire l’appareil à une cellule centrale et au fuselage reposant sur les deux flotteurs.
- Au contraire la coque n’a pas de stabilité propre et si, pour une cause quelconque, les ballonnets sont hors d’usage, il y a chavirement immédiat.
- 11 faut noter aussi que si l’appareil à flotteurs a un de ses flotteurs avarié, il coulera sans rémission, mais l’avarie des flotteurs n’est pas fréquente, tandis que la crevaison des ballonnets se produit souvent parce que, lorsque l’avion
- Fig. 4 et 5. — Hydravion Gourdoux à flotteurs.
- (Appareil d’observation, de tir et l’exploration des croiseurs). Au vol et à l’ammérissage.
- roule, leur position au bout des ailes leur fait encaisser de rudes coups de mer. En ce qui concerne le poids et les qualités manœuvrières, il n’est pas possible de dire qu’un des types est supérieur à l’autre. Mais il n’en est pas de même si on les examine du point de vue du confort du personnel et de la sécurité du matériel.
- Sur ces points l’avantage revient incontestablement à l’hydravion à flotteurs.
- En effet, la carlingue est notablement élevée au-dessus de l’eau, les embruns ne l’atteignent que peu, il n’y a pas d’humidité, pas d’inliltralions possibles, le personnel y est plus à son aise, le matériel plus abrité (particulièrement le circuit électrique). En outre les flotteurs permettent de placer le moteur à l’avant, à sa place habituelle, où il est facilement accessible.
- L’appareil à coque doit avoir le moteur entre ou sur les plans, ce qui, pourl’équilibre des poids, la tenue du moteur, l’accès au moteur, constitue une position désavantageuse.
- Au point de vue de l’utilisation militaire, il est incontestable que, pour le bombardement et le lancement de torpilles, l’appareil à flotteurs a une supériorité marquée. Bombes et torpilles ont leur place toute trouvée entre les flotteurs, en un point où on pourra les installer facilement, et où leur disparition après lancement ne déséquilibrera pas l’appareil.
- On ne voit pas bien, au contraire, où les accrocher commodément sur un hydravion à coque.
- En outre l’hydravion à flotteurs a l’avantage de pouvoir être transformé en « terrestre » immédiatement par remplacement des flotteurs par des roues. Or, en temps de guerre, il peut être intéressant de transformer une escadrille de bombardiers terrestres en bombardiers marins et inversement.
- CONCLUSION
- 11 semble que l’un et l’autre type d’appareils doivent subsister. Il semble aussi que l’on adopte de plus en plus la coque pour les petits appareils (CAMS, FBA) et les très gros appareils (Short-Calcutta par exemple). Pour les avions d’un moyen tonnage, le flotteur est favori.
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- Fig. 7. —- Hydravion à coque C.A.M.S. 55.
- La nature de la mission imposée influe aussi sur le choix : la surveillance se fait avec des petits appareils à coque, l’exploration avec de gros appareils à coque à grand rayon d’action. Ainsi est satisfaite la prédilection du marin pour la coque, sa foi en sa plus grande naviga-
- bilité. Pour le bombardement, le torpillage, c’est l’appareil à flotteurs de moyen tonnage qui est employé. Enfin l’avion d’observation de tir et de reconnaissance « catapulté » par les navires est indifféremment de l’un ou l’autre type. CP Sauvaire-Jourdan.
- LES RAYONS ULTRA-VIOLETS
- LE SPECTRE SOLAIRE
- La lumière solaire et la plupart des lumières artificielles sont constituées par des mélanges de radiations de longueurs d’onde différentes; on donne le nom de spectre à l’image provenant de la décomposition d’une lumière quelconque, mettant en évidence les radiations simples qui la constituent.
- On peut obtenir le spectre solaire de plusieurs manières : la plus simple consiste à faire tomber sur un prisme de verre les rayons issus d’une fente étroite éclairée par le soleil. Le prisme ne déviant pas de la même façon chaque radiation, on obtient sur un écran blanc une bande offrant les couleurs dites « de l’arc-en-ciel » : violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé, rouge.
- L’extrémité la moins déviée du spectre est formée d’une plage rouge, la plus déviée d’une plage violette, les radiations les plus déviées étant celles qui ont les longueurs d’onde les plus faibles; l’étendue du spectre
- visible est, d’ailleurs, très faible et inférieure à une octave (üg. 1).
- Grâce à des méthodes délicates mais précises, on a pu mesurer les longueurs d’onde de toutes les radiations de cette catégorie. L’unité de longueur employée est le micron (p.) ou millième de millimètre, ou plutôt l’unité Angstrom (U. A.), du nom du célèbre physicien suédois : qui vaut un dix-millième de micron. Les longueurs d’onde moyennes des différentes radiations visibles sont ainsi données par le tableau suivant :
- Violet 4230 angstrbms.
- Indigo 4490 »
- Bleu 4750 »
- Vert 5120 »
- Jaune 5510 »
- Orangé 5890 »
- Rouge 6200 »
- Le spectre visible se maintient en gros entre 4000 et
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- 8000 angstroms. Les limites précises varient suivant les individus. En ce qui concerne l’ultra-vio-let, suivant les observateurs, on trouve, pour la limite extrême du spectre visible, des longueurs d’onde comprises entre 3900 et 3300 U. A.
- LE SPECTRE ULTRA-VIOLET
- Si l’on reçoit le spectre solaire sur une feuille de papier photographique ordinaire, on reconnaît que les rayons rouges sont à. peu près inactifs, et que la feuille sensible est surtout impressionnée par les rayons violets les plus déviés par le prisme.
- En utilisant, pour créer la dispersion, un prisme de quartz au lieu d’un prisme de verre, on peut constater que l’action sur la feuille sensible s’exerce encore au delà du violet, dans une région duÇ-'spectre invisible à nos yeux. La photographie permet ainsi de découvrir dans la lumière solaire un spectre ultra-violet, dont les rayons jouissent de propriétés chimiques très marquées, bien plus accentuées que celles des rayons violets visibles.
- Il y a, du reste, des sources plus riches que la lumière solaire en ultra-violet : par exemple l’arc électrique, les vapeurs incandescentes de mercure, de zinc, d’aluminium, de magnésium, etc.
- On peut obtenir facilement avec les sources artificielles des radiations ultra-violettes jusqu’à 1800 angstroms. Au delà, l’observation en devient difficile, les rayons étant alors absorbés par l’air. Mais dans le vide et avec des artifices techniques on a pu pousser l’observation jusqu’à
- 510 U. A. avec Lyman, et presque jusqu’aux Pig. 2. - Le spectre ultraviolet. ,0nüns des rayons X :
- La zone hachurée 136 U. A. avec Millikan.
- représente la partie du spectre
- utilisée en thérapeutique. LES RAYONS
- ULTRAVIOLETS DANS LA NATURE
- Les rayons ultraviolets de la lumière solaire nous parviennent après absorption
- partielle dans l’atmosphère : aussi sont-ils plus abondants pendant l’été, et aux hautes altitudes ; il en est de même au bord de la mer grâce à la pureté de l’atmosphère; le spectre ultra-violet de la lumière solaire ne descend pas, en tout cas, en dessous de 2900 angstroms.
- A l’intérieur des habitations, il ne pénètre guère de rayons ultra-violets parce que le verre des vitres les absorbe.
- Ces rayons exercent une influence biologique intense, et semblent, sinon indispensables à la vie des végétaux et des animaux, du moins nécessaires pour leur développement normal. Mais on peut les comparer à certains poisons utilisés en thérapeutique qui guérissent les malades à petites doses répétées, et les tuent à hautes doses : ils peuvent faire beaucoup de bien, mais aussi beaucoup de mal.
- Leur action s’exerce sur tous les organismes vivants, et leurs effets microbicides bien connus permettent leur emploi pour la stérilisation des eaux, par exemple, mais, si la haute atmosphère, grâce sans doute à la couche d’ozone que l’on y rencontre, n’arrêtait la plus grande partie des radiations solaires ultra-violettes, nous partagerions vite le sort des microbes, et la vie humaine serait rapidement supprimée par cette opération universelle de stérilisation !
- C’est Je botaniste français Bonnier qui semble avoir le premier indiqué l’influenee des radiations chimiques sur la croissance des plantes, et, depuis 1910, de nombreux savants se sont attaqués à ce problème.
- En soumettant des plantes à l’action de rayons ultraviolets, les expérimentateurs ont pu obtenir de curieux résultats : croissance accélérée, maturité plus rapide, changements de coloration, etc..., mais partout l’action des radiations de courtes longueurs d’onde est moins marquée que sur les animaux.
- Des expériences ont été tentées, aux Etats-Unis notamment, sur les animaux domestiques : poules, vaches, chèvres ont été exposées à des radiations ultra-violettes ou nourries avec des aliments irradiés; il semble que les animaux ainsi traités ont une croissance plus rapide et qu’ils fournissent des œufs et du lait de meilleure qualité. L’action des rayons ultra-violets se manifesterait surtout par une augmentation de la facilité d’assimilation des sels de calcium par l’animal, d’où leur effet antirachitique.
- L’ACTION THÉRAPEUTIQUE DES RADIATIONS ULTRA-VIOLETTES
- Les rayons ultra-violets ont une action chimique intense sur la peau; ce sont eux qui produisent ce que nous appelons vulgairement le « coup de soleil ».
- Placez un morceau de verre ordinaire sur la peau d’un sujet exposé au soleil : la partie placée au-dessous du verre ne subira aucune action, parce que le verre arrête les rayons ultra-violets; une plaque de quartz, au contraire, n’aurait pas empêché le’ « coup de soleil ». La partie non protégée rougit et s’enflamme.
- Cet érythème plus ou moins Aïolent. ne se produit que quelques heures, après l’exposition, atteint son maximum au bout cl’un jour environ, puis disparaît ensuite graduel-
- Rayons X
- 0,1 p. mz////////////A
- 0,2 p. — | Ultra-violet
- 0,4- p. ^ ) Spectre visible
- ]
- 10 p. > Infra-rouge J
- Vibrations
- - inconnues
- [mm- ou ma! connues
- W//////////////Z.
- 1Qmm< ~
- - Oscillations
- 100 m% électriques
- lm
- Fig. 1. — Les vibrations lumineuses, classées par ordre de longueurs d’onde, dans l’échelle
- des vibrations électromagnétiques.
- Angstroms
- 4.000 3.100 2900 2.200
- Ultra violet Ultra violet.à très courte solaire longueur d'onde. >
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- Fig. 3. — Spectres de différentes sources lumineuses riches en rayons ultra-violets.
- (Longueurs d’onde en millièmes de millimètre.)
- 1. Soleil en plaine. — 2. Lampe à arc, à charbons. — 3. Lampe Sollux- Hanau 4. Lampe de quartz, Hanau. — 5. Lumière filtrée à travers une épaisseur de 1 mm 3 de verre U viol clair. —6. La même, filtrée à travers une épaisseur de
- 1 mm 3 de verre Uviol bleu. — 7. La même , filtrée à travers une épaisseur de
- 2 mm 6 de verre Uviol clair. — 8. La même, filtrée à travers une épaisseur de
- 2 mm 6 de verre Uviol bleu. — 9. La même, filtrée à travers une épaisseur de
- 1 mm de verre à vitre. — 10. La même, filtrée à travers une épaisseur de 0 mm 25 de celluloïd. — 11. La même, filtrée à travers une épaisseur de 0 mm 05 de mica.
- lement. Sous l'influence d’irradiations répétées, la peau prend une couleur brune caractéristique.
- Cette pigmentation est accompagnée de phénomènes généraux organiques plus ou moins accentués : augmentation du nombre des globules rouges, variation de la pression artérielle, développement ou amélioration du système osseux, etc...
- Les rayons ultra-violets sont employés aujourd’hui pour le traitement d’un grand nombre de maladies, et surtout pour la guérison du rachitisme des enfants. L’action physiologique favorable qu’exerce la lumière solaire dans les montagnes et au bord de la mer est, d’ailleurs, due en partie à ces radiations.
- 11 ne nous appartient pas d’étudier ici ces méthodes thérapeutiques; nous voudrions seulement insister sur le fait que l’irradiation ultra-violette, naturelle ou artificielle, ne doit pas être considérée comme une médication inofïensive, et ne peut être pratiquée sans les conseils éclairés d’un médecin.
- L’effet plus ou moins marqué produit sur l’organisme dépend, en effet, du sujet considéré, de l’état de ses organes. Pour obtenir une action thérapeutique définie, il est indispensable de se limiter à une zone de longueurs d’onde car, à côté des rayons ultra-violets à propriétés médicales, il existe d’autres rayons ayant une action nocive sur l’organisme. Il faut aussi, et c’est le plus délicat, doser avec soin l’intensité des rayons administrés.
- LA PRODUCTION ARTIFICIELLE DES RAYONS ULTRAVIOLETS
- Les sources artificielles de rayons ultra-violets sont très nombreuses. L’arc voltaïque, surtout l’arc à charbons minéralisés, est riche en rayons ultra-violets.
- Il en est de même de certaines lampes à incandescence à filament survolté porté à une température élevée, leur rayonnement s’étend de 2800 à 4000 angstroms ; les
- ampoules sont en verre spécial laissant passer une forte proportion de rayons ultra-violets.
- La source de radiations ultra-violettes la plus employée est la lampe à vapeur de mercure à ampoule de quartz, perméable aux rayons de très courtes longueurs d’onde.
- Cette lampe est constituée par un tube de quartz dans lequel règne un vide très poussé. A une extrémité se trouve une petite ampoule sphérique renfermant l’anode en fer, à l’autre extrémité un renflement contient le mercure de la cathode (fig. 4 et 5).
- L’arc de vapeur de mercure est amorcé soit par l’ancien
- Fig. 4. — Une source artificielle de rayons ultra-violets. Brûleur à vapeur Fig. 5. — Un brûleur à vapeur de mercure et tube de quartz pour courant de mercure pour courant continu en tube de quartz (Construction Hanau. alternatif. (Construction Hanau.)
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- procédé qui consiste à faire basculer le tube, soit par une décharge à haute tension qui fraye en quelque sorte un passage à l’arc.
- Pour assurer à l’arc toute la stabilité nécessaire, on emploie divers arti-lices, et, en particulier, on monte en série avec l’arc une résistance et un bobinage.
- Le spectre obtenu s’étend de 15 000 à 2000 angstroms.
- La lampe Sunlamp de la General Electric C. L., déjà décrite dans cette revue (voir n° 2839), construite pour des applications en quelque sorte domestiques, est une variété de la lampe à arc : un arc y jaillit entre deux électrodes en tungstène dans une atmosphère d'argon à basse pression.
- L’amorçage de l’arc est produit par la vaporisation d’une gouttelette de mercure à l’aide d’un filament rendu incandescent au départ et court-circuité de lui-même quand l’arc a pris naissance.
- L’ampoule Philips Ultra-Sol est un appareil du même genre. Elle renferme deux anodes et une cathode incandescente à oxyde de baryum (fig. 6 et 7).
- UNE NOUVELLE MÉTHODE D’ANALYSE
- Les radiations ultra-violettes ont la propriété de provoquer la fluorescence d’un très grand nombre de corps.
- Ce phénomène peut servir de base à une méthode rapide d’analyse chimique, le seul examen des caractéristiques des fluorescences obtenues permettant souvent de déterminer la nature des substances examinées et d’en contrôler la pureté.
- Alors qu’il est indifférent pour l’irradiation thérapeutique de laisser passer les rayons visibles, il devient nécessaire pour l’analyse de travailler dans une zone déterminée du spectre et d’éliminer toutes les autres radiations en interposant entre la source productrice de rayons ultra-violets, qui est généralement un brûleur à quartz, et le corps à étudier, un écran spécial ne livrant passage qu’à des radiations de longueurs d’onde bien déterminées susceptibles d’exciter la fluorescence.
- Filament
- Anodes
- Réseau
- Lampe
- Cathode
- Transformateur
- d’alimentation
- Fig 6. — Schéma de l’ampoule Ultra-Sol Philips.
- Fig. 8. — Transmission des radiations ultra-violettes à travers le verre ordinaire, et un verre spécial.
- Efficacité relati ve pour j Transmission d'une .
- la product" d érythempj/ ampoule en verre spécial ^
- Visibilité relative-y* '
- 3 â s s S long, donde en S S 18 S S angstroms -Visible---H
- Transmis par du verre ordinn
- Toutes les radiations ultra-violettes, depuis 4000 angstroms de longueur d’onde jusqu’aux longueurs d’onde les plus courtes peuvent créer des phénomènes de lluo-rescence, mais il faut choisir celles qui produisent les effets les plus nets. Il semble que l’on doive choisir les rayons de 3000 à 4000 angstroms.
- Il existe, en effet, des lluorescences obscures ; ainsi l’atropine donne un spectre de fluorescence invisible de 2725 à 3150 angstroms, alors que sous l’action de radiations de 3650 angstroms elle fournit une manifestation lumineuse bleuâtre s’étendant de 3800 à 5200 angstroms.
- La raie 3650 de l’arc mercure apparaît avec une intensité supérieure à celle des raies qu’on observe dans les arcs au tungstène, au nickel, au calcium, etc..., c’est pourquoi le professeur Wood, auquel on doit tant
- de recherches intéressantes sur les rayons ultra-violets, a établi des filtres liquides comportant deux ou trois liquides contenus dans des cuvettes fixées l’une derrière l’autre, très sélectifs et laissant passage presque uniquement à la radiation de 3560 angstroms.
- Ces filtres sont d’une manipulation délicate, trop sélectifs, et trop obscurs.
- La fluorescence provoquée est parfois trop faible pour être perçue par l’œil.
- Actuellement on utilise comme filtres des plaques d’un Fig. 7.— Vue extérieure
- verre spécial qui ap- ^e l'ampoule Ultra-Sol Philips.
- paraît presque noir
- à l’œil. Le soleil apparaît en rouge sombre à travers ce verre, tandis que le brûleur de quartz apparaît en violet foncé. Ce filtre élimine les rayons visibles tout en laissant passage aux radiations ultra-violettes sur une gamme un peu plus étendue aux alentours de 3500 angstroms (fig. 11). Son coefficient de perméabilité permet de provoquer la fluorescence de corps qui jusqu’alors y paraissaient devoir rester rebelles. Il est, d’ailleurs, indispensable pour rendre comparables les examens effectués par des observateurs différents d’avoir des filtres toujours identiques à eux-mêmes.
- LES APPAREILS D’ANALYSE PAR LES RAYONS ULTRA VIOLETS
- En principe, un appareil d’analyse par les rayons ultraviolets comporte donc seulement un brûleur à vapeur de mercure avec un filtre convenable placés dans un bâti permettant un éclairage facile des objets à examiner par
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- les rayons utiles, sans être gêné par la lumière visible.
- Les modèles à employer diffèrent évidemment suivant la nature des objets à examiner et les conditions de l’analyse (fig. 12 et 13). On peut utiliser soit des modèles de « table » portatifs, soit des lampes orientables à suspendre lorsqu’il s’agit d’examiner des surfaces étendues.
- L’analyse consiste en une comparaison entre les effets produits sur les échantillons à examiner et sur un échantillon type, mais, pour qu’elle soit rigoureuse, il faut que l’appareil satisfasse à un certain nombre de conditions précises, alin que les diverses observations faites en des lieux différents par des observateurs différents soient strictement comparables et d’autre part que les substances à examiner soient placées exactement dans les mêmes conditions vis-à-vis des radiations excitatrices.
- L’intensité du brûleur à vapeur de mercure doit être
- soigneusement déterminée, la distance du liltre au brûleur doit être toujours la même, les filtres doivent être toujours identiques à eux-mêmes, les objets à examiner doivent être placés par rapport au filtre dans des conditions de distance, de surface et d’inclinaison identiques. Enfin, il est bon que le même appareil puisse servir à effectuer des recherches physiques et chimiques à l’aide des rayons ultra-violets non filtrés, telles que les études d’oxydation, de catalyse, de vieillissement,etc.
- Pour l’examen des matières à analyser on peut employer différents supports : papier blanc, papier filtre, papier noir mat, carton mat, laine, coton, soie, porcelaine même, etc... La règle primordiale consiste seulement à éviter l’emploi de tout support même foncé produisant une fluorescence, si faible soit-elle.
- LES EFFETS INATTENDUS DE L’ÉCLAIRAGE PAR LES RAYONS ULTRA-VIOLETS
- Les rayons ultra-violets se. prêtent à la production d’effets curieux et inattendus.
- Si l’on place la main dans le faisceau de rayons, on constate que les ongles et la peau apparaissent sous des couleurs diverses variables suivant les sujets. Des traces de salicylate de soude invisibles à la lumière ordinaire apparaissent très brillantes.
- Les substances fortement fluorescentes telles que le platino-cyanure de baryum, le sulfure de zinc cristallisé
- Fig. 9. — Un appareil domestique d’irradiation par rayons ultra-violets : la lampe Iianovia.
- employé pour le recouvrement des chiffres des cadrans dans les montres dites « Radium », présentent alors une lueur d’un éclat surprenant. Si l’on tient de même, dans la lumière ultra-violette, un faisceau de fils de laine contenant quelques fils teintés à la rhodamine, ceux-ci prennent l’apparence de fils métalliques chauffés au rouge.
- Fait bien plus curieux, si l’on regarde directement le faisceau lumineux, on remarque dans la zone sombre une sorte de voile assez clair et étrange, qu’on essaie en vain de disperser. Ce phénomène provient de la fluorescence du cristallin et du corps vitreux de l’œil lui-même, substances albuminoïdes dont le nerf optique enregistre la lueur comme une brume vague.
- Ne conseillez jamais à une personne ayant de fausses dents de s’approcher d’un appareil de ce genre; les dents naturelles entrent en fluorescence et contrastent avec le visage sombre, tandis que les dents fausses restent invisibles, c’est-à-dire apparaissent sous la forme de taches sombres, de l’effet le moins esthétique !
- LES USAGES DE L’ANALYSE
- PAR RAYONS ULTRA -VIOLETS DANS
- L’INDUSTRIE
- A l’aide d’appareils relativement très simples, on peut donc par un simple examen vérifier à là fois la nature et le degré de pureté d’un produit quelconque dont l’examen chimique serait long et difficile.
- On emploie cette méthode danslatan-
- Fig. 10.
- Le projecteur Ullra-Sol Philips.
- Fig. 11. — Courbe de perméabilité d'un filtre actuel en verre pour l'analyse par les rayons ultra-violets.
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- -Aération
- Ah Porte abattante
- Filtre
- -Forte
- abattante
- r~—-^Aération Porte-objets
- Glissière à rideau Rideau en tissus<
- Fig. 12. — Coupe de la caisse d’un appareil portatif pour l’analyse par les rayons ultra-violets.
- nerie, la papeterie, dans l’industrie textile, l’industrie des colorants et des vernis, pour la surveillance des produits alimentaires, l’analyse des produits pharmaceutiques, dans l’industrie du caoutchouc, des combustibles, etc...
- Pour l’étude des denrées alimentaires et la recherche de leurs falsifications, par exemple, la méthode a été adoptée par les laboratoires officiels.
- La farine de blé présente une fluorescence bleuâtre que fait diminuer l’addition de farine d’orge ou de fécule de pomme de terre; la présence de la farine de pois est décelée par une fluorescence rosée et celle des haricots par une fluorescence verte.
- De même, l’albumine de poule et celle de cane présentent à la lumière solaire une coloration identique, alors que, sous l’action des rayons ultra-violets, leurs fluorescences sont respectivement jaune clair et bleu violacé : les beurres de cacao absolument purs prennent une couleur bleu violet alors que les échantillons fraudés deviennent blanc verdâtre ou rosés, etc...
- Fig. 14. — La vérification de l’authenticité des timbres-poste par les rayons ultra-violets.
- QUELQUES APPLICATIONS PARTICULIÈRES
- Il ne saurait être question d’indiquer ici toutes les applications industrielles de cette méthode d’analyse ; nous voudrions seulement en noter encore quelques-unes qui sont curieuses.
- L’analyse des papiers, des encres d’impression, des gommages, des filigranes, des surcharges en philatélie, devient le plus souvent très rapide avec cette méthode. Les timbres faux recollés, restaurés, ont une fluorescence différente de celle des timbres originaux (fig. 14). Les diverses éditions d’un même timbre peuvent même être immédiatement différenciées.
- Les mêmes appareils sont utilisés pour identifier les chèques, les valeurs, les billets de banque et autres documents faux ou falsifiés. La moindre difîéi'ence ou altération est décelée immédiatement.
- Fig. 13.-—Appareil portatif pour l’analyse par les rayons ultra-violets (Modèle Hannovia.)
- La lumière ultra-violette sert également à l’examen des marbres et des pierres précieuses, mais son intérêt est encore plus grand lorsqu’il s’agit de faire apparaître sur un document des inscriptions cryptographiques, ou de faire réapparaître un texte écrit ou imprimé antérieurement.
- Les palimpsestes, par exemple, sont des rouleaux de papyrus dont les textes primitifs ont été enlevés à l’aide de savon et d’eau par les moines du Moyen-Age qui se procuraient ainsi des feuilles pour leurs manuscrits. Grâce à ce procédé, on peut rendre visibles les textes primitifs de ces documents anciens.
- On voit par cet exposé que des appareils très simples rendent aisément accessible à l’industrie et à la science une méthode d’analyse et de contrôle très précieuse par sa sensibilité, sa sûreté et sa rapidité. Les applications en sont déjà fort nombreuses et s’accroîtront encore rapidement. P. Hémardinqtjer.
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- LA REPRODUCTION DES COCOTIERS = ET DES PALÉTUVIERS
- LES COCOTIERS
- La semence du Palmier Cocotier (C. nucifera), soit vulgairement la noix de coco, peut atteindre, sous son enveloppe protectrice de libres coire (‘), un volume de 7 à 8 litres chez certaines variétés.
- L’amande est creuse, tendre, blanche comme lait, oléagineuse (*), elle a un léger goût assez particulier de noisette. Étant creuse, elle se trouve appliquée, sur une épaisseur d’environ 1 centimètre, contre la l'ace interne de la paroi ligneuse très dure de l’endocarpe formant noyau. Celui-ci est percé d'autant de trous (en général trois) qu’il y a de loges vraies ou virtuelles à l’origine (fig. 1).
- Dans le plus grand nombre des cas, selon une formule générale (qui offre des exceptions), arrivée à maturité, la noix tombe F' , soit unité par unité, soit par régime entier :
- 1. Cette sorte de capitonnage constitué par des fibres protège la noix, proprement dite, contre la casse et aussi contre les attaques des animaux. Au surplus elle permet le flottage et par là une autre forme de dissémination exceptionnelle, comme nous le signalerons.
- 2. L’amande râpée et pressée donne une huile fraîche excellente. Séchée en morceaux au soleil, cette matière première de grande valeur arrive dans nos ports en vrac sous le nom de coprah (huile végétaline).
- 3. Dans les plantations, presque toutes domestiquées à cette heure, la récolte a lieu sur l’arbre môme un peu avant la maturité absolue en raison de la valeur intrinsèque de la noix (fibres, noyau, amande, etc.).
- Fig. 2.
- Germination du Palétuvier.
- En haut, une branche de Palétuvier avec des plantules.
- En bas, les plantules au moment de leur chute dans la vase.
- d’après M. Bordeneuve.
- Feuilles
- primaires
- |Y|\ /yJ Trou dans
- ! n°yau
- Chambre à air
- Enveloppe protectrice qui permet à 1 la noix de flotter
- Fibres ou bourre
- Noyau utilisé comme récipient
- Amande oléagineuse Beurre Séchée, coprah
- Surface
- chifineuse
- imperméable
- Chevelu
- Lait de coco
- Racine Radicelles ’ Pivot
- Fig. 1.
- Germination de la noix de coco à la surface du sol.
- ce qui arrive assez rarement du fait de maturités successives. La chute a lieu, on ne peut mieux, ’à cause du poids des noix, dans la verticale ; ainsi les noix atteignent le sol sous le couvert (4 5) du porte-graine (conditions naturelles).
- Par ailleurs, les plantations de cocotiers n’étant pour ainsi dire presque jamais en terrain à forte déclivité, la noix, du fait de ses formes et de son poids, reste en surface au point de chute (3).
- Comment, dès lors, cette grosse graine ainsi très largement isolée du sol va-t-elle pouvoir germer ?
- Soyons sans aucune espèce d’inquiétude; il est puéril de le noter : la nature y a pourvu.
- Le nucléus — l’amande — est, nous l’avons souligné,
- 4. Je puis affirmer que, pour réussir sans aléas une plantation de cocotiers, il faut aux jeunes plants un certain couvert. A l’état isolé, promenades, boulevards... les jeunes palmiers périclitent et sont presque toujours attaqués par des insectes (coléoptères, vers palmistes).
- 5. Il arrive cependant qu’au bord des lagunes, des arroyos et des fleuves, sinon même sur les plages de la mer, des noix arrivent à tomber ou rouler à l’eau. C’est ainsi, et M. H. de Varigny le signale dans Une de ses intéressantes chroniques scientifiques des Débats (23 avril 1931), que l’on voit apparaître des cocotiers sur des îlots perdus en mer (atolls et autres), notamment en bordure de ceux surgis des eaux après l’éruption du Krakatoa en 1S81.
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- une masse creuse et non fermée. Le centre est rempli d’un liquide — lait de coco — sucré, riche en divers éléments minéraux et qui constitue sous les tropiques, le cas échéant, un breuvage relativement frais et agréable à boire.
- Que fait donc là ce liquide ? C’est à sa faveur, c’est en son sein, qu’à l’exacte maturité va s’amorcer, sans intervention d’eau extérieure ('), la germination. Tout un « enracinement » intérieur, en miniature, va se développer là, sous forme d’un chevelu. Ainsi la germination se met en marche sous l’effet de cet « arrosage » en vase clos.
- C’est sous cette poussée que l’embryon utilisant le passage (1 2 3 4) d’un des yeux du noyau (trou ) s’infiltre au travers des fibres (bourre) vers l’extérieur où déjà l’appelle la lumière.
- Tandis qu’une racine pivotante gagne le sol pour s’y accrocher, tout aussitôt la tige aérienne se constitue et se faufilant, elle aussi, au travers de la coque (J) se dresse vers le ciel avec ses feuilles du premier stade.
- Ajoutons que le tronc du cocotier peut être débité (appelé bois de porc-épic, à cause des mailleurs) pour être employé à divers usages (parquets, objets sculptés) ; il donne, ciré, de très jolis effets. Les longues nervures des feuilles, peintes et si ornementales, servent dans les constructions des cases indigènes.
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- Par contraste avec la noix du Cocotier si pesantes, combien d’essences (saules, peupliers, platanes, etc.) dont les graines sont petites, légères, ornées d’ailes de toutes formes et dont le pouvoir germinatif est éphémère.
- Chez les Casuarinées c’est par centaines de mille qu’il faudrait compter les semences pour en avoir un kilogramme.
- Avec des graines aussi lilliputiennes, il faut, poùr que se produise la germination, un très heureux concours de circonstances; conditions utiles se rencontrant toutes ensemble en un « centre instantané d’évolution »; humidité légère, suffisante, d’assez longue durée, chaleur, etc.
- LES PALÉTUVIERS
- Chez les Palétuviers (;p) (Mangrove) c’est bien une autre affaire que pour les cocotiers : Mirabile visu !
- 1. Les indigènes et les planteurs qui ont besoin de jeunes cocotiers, après avoir fait choix de belles noix de bonnes variétés, suspendent celles-ci par la queue (à un bambou placé horizontalement) en rang d’oignon et dont ils surveillent jalousement la germination. Dès que racine et premières feuilles apparaissent, on met les jeunes plants en place : noix légèrement enterrées.
- 2. Une seule loge fonctionne à ce que nous croyons pouvoir affirmer.
- 3. Les fibres sont brunes, longues, résistantes; aussi sont-elles employées dans la fabrication de toutes sortes de cordages. Importées en Europe, elles servent à la confection des paillassons de couleur brune bien caractéristique.
- 4. Arbre ne rejetant pas de souche et dont les racines vivent partie dans le sol (boues alluvionnaires) et partie dans l’eau salée sur une hau-
- La semence ne s’évade pas de l’arbre pour aller germer au loin, et en vérité si elle avait emprunté le mécanisme général de l’essaimage des graines, ayant sous elle la mer montante et descendante, aurait-elle rencontré aisément les possibilités de vie ?
- Non. Le reflux incessant de la mer l’aurait emportée au large et, flottant au gré des courants, elle se serait perdue.
- Ici la nature a paré aux choses. La graine va donc germer sur l’arbre même et cela totalement. Ainsi, à la partie inférieure de la graine, sorte de noix, de couleur brune suspendue aux branches, c’est une plantule ou mieux, comme une sorte de racine aérienne qui se forme. Cette racine de teinte vert foncé est en forme de massue ; elle est lourde, et mesure selon les variétés de 10 à 40 cm de longueur. Ainsi suspendue sous la graine, elle se développe en se balançant dans l’air marin surchargé d’humidité chaude.
- Lorsque le nucléus s’est vidé de toute sa substance au profit de la plantule-racine, la masse décolle et se détache de la 'noix.
- La chose se produit — autre merveille qui est à étudier — à l’heure précise du jusant, lorsque les boues sur lesquelles vivent les palétuviers « découvrent ». Les choses ici encore ne pouvaient aller autrement et ce qui devait arriver arrive : le futur arbre taillé pour ce faire (sous forme de plantoir, pour se planter lui-même) va se figer largement selon la verticale dans la vase molle parfois presque fluide qui l’attend et qui ici borde les lagunes, là les côtes et crée, dans le temps, les deltas.
- Bientôt le bourgeon terminal préparé à l’avance s’éveille pour porter aussi vite que possible le véritable tronc, puis le houpier des palétuviers au-dessus du niveau des hautes eaux.
- Mais en ce sol formé de boues, la plante ne saurait se tenir à elle seule debout, sur un seul pied; aussi sans perte de temps des racines adventives vont-elles se former au long du pivot aérien (leur point de sortie est marqué dès longtemps sur la plantule sous forme de vésicules).
- Ces racines, elles aussi aériennes, gagnent obliquement le sol et forment ainsi de tous côtés de véritables : arcs-boutants qui donnent aux palétuviers, peuple de pilotis vivants, une assise qui va s’étendre de générations en générations (de longueur de branches à longueur de branches) vers les apports nouveaux de boues.
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- Par ailleurs, à l’arrière, vers la terre ferme qui peu à peu s’exhausse au-dessus des hautes mers, le rideau colonisateur des Palétuviers cède la place à d’autres formations
- teur qué mesure la différence entre la marée haute et le découvert. Le bois,.très dense, donne un excellent charbon et un très bon bois à brûler. L’écorce est employée dans la tannerie. Les perches restent très recherchées pour quantité d’usages (pêcherie). Les arbres de grosse dimension devenus très rares font d’excellents pilotis.
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- Fig. 3 à 9. — Les cocotiers.
- En haut, à gauche, plantation régularisée en reconstitution; jeunes plants dans les trouées; à droite, plantation indigène encombrée de sous-bois et de cases.
- Au-dessous, à gauche, récolte des noix sur les arbres et rassemblement; à droite, amenée des noix sous forme de radeau tenu par un chapelet.
- Au-dessous, à gauche, arrivée à la ferme; à droite, ouverture des noix à la scie; séparation de l’amande et râpage pour l’extraction de l’huile.
- Tout en bas, à gauche, transport de noix par sampang (photos Ducamp).
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- = 80 :................;....^==
- naturelles sauvages : Palmier, Mélaleuca, etc..., puis aux cultures de l’homme (Cocotiers, rizières, etc...).
- Même si l’homme n’apportait pas de trouble à ce processus, on souligne que le peuplement de palétuviers est soumis à un certain nomadisme au sein duquel la
- pérennité est assurée tant que durent les conditions qui en règlent la raison d’être.
- Le début de cette note sur les palétuviers n’appelle-t-il pas comme une sorte de conclusion philosophique ! Mirabile dictu. Roger Ducamp.
- Fig. 10 à 19. — Les palétuviers.
- En haut, à gauche, palétuviers d’avant-garde, à mer haute, près du cap Saint-Jacques; au milieu, palétuvier de bordure, à mer basse avec ses arcs-boutants; à droite, ancien peuplement autour d’une pagode, avec tapis dense de régénération.
- Au milieu, à gauche, palétuvier massacré par les coupeurs à l’embouchure de la rivière de Saigon; au milieu et à droite, refoulement des vases fluides du Fleuve Rouge vers la baie d’Along par des palétuviers formant la base des digues.
- En bas, à gauche, transport des perchettes de jeunes palétuviers. Au milieu, marché aux bûchettes sur l’arroyo de Cholon;
- à droite, arrivée sur le marché (photos Ducamp).
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- LE PLAQUEMINIER OU KAKI
- Le Plaqueminier qu’on appelle kaki — à tort, car c’est le nom générique de l’espèce proprement dite — est un arbre de la taille de nos pommiers; il appartient à la famille des Ebénacées. Les feuilles de ce végétal sont caduques; les fleurs sont polygames ou dioïques, à calice parcheminé persistant, qui d’ailleurs doit à la récolte être conservé attaché au fruit, si l’on veut le conserver longtemps.
- C’est un bel arbre, introduit en Europe depuis longtemps; il est d’origine japonaise et chinoise, mais c’est au Japon qu’il fut réellement perfectionné.
- Tous les Plaqueminiers ou kakis sont intéressants pour leurs fruits gros, sucrés et succulents, qui ont l’aspect d’une orange ou d’une tomate; tous sont rustiques jusque sous le climat de Paris, où ils restent néanmoins petits. Ce n’est que dans les régions de la Loire et du Midi de la France qu’ils acquièrent toutes leurs qualités.
- On expédie les kakis, au loin, avec la plus grande facilité et sans qu’ils souffrent du transport, parce que leur nature est de rester fermes. On ne les laisse jamais mûrir complètement sur les arbres, il est préférable de les récolter bien colorés, à l’automne (octobre—novembre) et de les ranger au fruitier, sur de la paille, où ils se perfectionnent à l’abri du froid, de décembre à fin janvier et plus tard, suivant les types plus ou moins précoces, car on en connaît un nombre considérable de variétés améliorées, notamment par les Japonais, qui sont parvenus, après des siècles de sélections, à en faire un fruit réellement remarquable au point de vue de l’alimentation et, ayant dans l’empire nippon une plus grande importance que nos abricots; ils les font aussi sécher en vue de la consommation estivale, car les Japonais sont friands de ce bon fruit, quand il est arrivé à son point de maturité complet.
- C’est un fruit de grande valeur nutritive, très sucré, qu’on ne doit consommer que lorsqu’il est complètement blet, autrement il est tellement acerbe qu’il est immangeable. Cependant, je l’ai vu manger béatement par des gens de la Côte d’Azur, même non mûr — moi, je l’aurais rejeté, eux s’en délectaient. En général, bon nombre de personnes le dédaignaient «parce que c’est très mauvais » disaient-elles. Cette façon d’apprécier ce fruit délicieux provenait de sa « non maturité complète », pas autre chose.
- Lorsque le kaki est à point, sa perfection est indéniable, même pour les plus prévenus : il a alors la saveur de l’abricot.
- L’arbre est très décoratif, tant par son superbe feuillage, que lorsqu’il est couvert de ses fruits colorés, au moment de la chute des feuilles en octobre-novembre; c’est donc en même temps un arbre d’agrément, d’autant plus beau, en été, qu’on lui donne des irrigations, ce dont, naturellement, les fruits profitent en devenant fort gros.
- Parmi les nombreuses variétés que l’on trouve chez nos pépiniéristes, je ne citerai que celles qui déjà alimentent les marchés de leurs fruits, où ils commencent à se faire une place honorable : c’est long pour faire admettre du nouveau, pour nos tables, chez nous.
- Il y a deux races de Plaqueminiers distinctes :
- 1° Les Kakis petits et moyens, propres à la Chine;
- 2° Ceux du Japon, améliorés et cultivés avec prédilection en ce pays et tous à fruits gros ou très gros.
- Les premiers sont habituellement relégués au second plan, ils sont peu fructifères, bien que très rustiques; ils sont aussi de maturité incertaine et très âpres.
- Les Kakis ou Plaquemines du Japon, les plus remarquables au point de vue de la fructification et de la fertilité, sont les
- suivants, particulièrement intéressants par la grande variété de leurs fruits volumineux, exquis, qui en font un mets succulent, très sain, dont on peut faire des confitures, sans sucre, — en les faisant cuire longtemps, pour en faire évaporer l’eau, — des marmelades, et que l’on fait aussi sécher à l’instar des pruneaux :
- Diospyros Costata, Hatchya, Mazeli, Sahuti, Kaki (type), Lycopersicum, etc., etc.
- Bon nombre parmi ces kakis, sont recommandés pour le séchage, qui est pourtant long et ne peut se pratiquer qu’avec des appareils spéciaux.
- La zone d’expansion du Plaqueminier part de la région provençale, remontant jusque dans le Gard et dans tout le climat marin de la côte africaine, même à une certaine altitude. Je les ai vus en Algérie, dans toute leur beauté, aux environs d’Alger. Ce serait assurément, pour les colons nord-africains, un article d’exportation. On ne doit pas livrer la culture de cet arbre au hasard : il faut le soigner si l’on veut en obtenir le maximum de produit; il est très prolifique — même trop —; aussi pour avoir de beaux fruits je conseille d’en supprimer un certain nombre, dès le début de leur formation, n’en conservant que deux ou trois sur une brindille, comme font les Japonais.
- Si l’on veut les écouler sur place, il ne faut les livrer au commerce qu’à peu près blets, c’est-à-dire au point voulu presque, pour être consommés, autrement les amateurs s’éloigneraient sans acheter ces fruits. Il faut cueillir ces fruits bien colorés, on laisse leur âpreté se transformer en sucre, en le rangeant sur des tablettes, en lieu sec et chaud, mais non chauffé : dans ces conditions la saveur en est exquise.
- Le Plaqueminier est un arbre de facile culture; sa plantation a lieu habituellement à racines nues, en novembre-décembre à 8 m, en tous sens. Toutes terres lui conviennent, même les plus mauvaises, et pour peu qu’on lui donne des irrigations et de l’engrais, il croît avec une rapidité étonnante et, en trois ou quatre ans, fructifie convenablement; au bout de six ou sept ans, il est en plein rapport.
- Si l’on possède des sujets de peu de valeur, on les améliore par la greffe en fente, à ras du sol, en février-mars, dans les régions tempérées, en mai, dans le centre et le Nord, sur Diospyros lotus, espèce très vigoureuse que l’on obtient facilement de semis fait en pépinière, ou en écusson, de juin à août. On en fait aussi des boutures qui s’enracinent assez facilement, si les rameaux sont au point voulu — à demi-aoûtés.
- L’arbre ne requiert aucune taille particulière, sauf dans son jeune âge pour lui donner une bonne forme; cependant, il est utile de supprimer, par la suite, le bois en excès et les forts gourmands.
- Les kakis se livrent au commerce par paniers de 20 à 25 fruits, qui valent, en gros, sur place de 20 à 30 centimes la pièce; comme un seul arbre en rapporte 200 ou 300 et plus, on peut juger du rapport.
- Un acarien attaque parfois cet arbre dans les régions chaudes.
- On doit y veiller et, au besoin, le traiter préventivement en pulvérisant sur toutes les parties, en janvier et mars, une solution d’acide arsénieux ou d’arséniate de plomb à un gramme par, litre d’eau.
- Dans quelques années, lorsque les kakis seront plus répandus et plus appréciés des consommateurs, les plantations faites dès à présent constitueront un revenu qui en vaudra bien d’autres et c’est à considérer.
- R. de Noter.
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- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- NOVEMBRE
- Mois chaud avec léger excès de pluie, insolation normale et pression barométrique déficitaire.
- La moyenne de la température, 8° 1 au Parc Saint-Maur, est en excédent de 2 ’3 et classe le mois qui vient de s’écouler parmi les mois de novembre chauds. Il n’y a eu que sept journées un peu fraîches, les deux premières et cinq autres réparties autour du 15, le reste du temps la température a été supérieure à la normale, notamment le 26, avec un excès de 7° 3; cette journée, du reste, est la plus chaude que l’on ait observée à pareille date depuis 1874. Le minimum absolu —-1°5 — a été enregistré le 1er (seule journée du mois où le
- Fig. 1. — Moyennes de température.
- 1931, A PARIS
- la mer, au Parc Saint-Maur, a été de 760 mm 4, trop basse de 2 mm.
- L’année météorologique 1931 a donné une température moyenne de 10°35, une hauteur totale de pluie de 795 mm 5 pour 209 jours de chute, 49 jours de gelée dont 3 sans dégel, 34 jours d’orage, 111 jours de brouillards.
- Variations, par périodes décennales depuis 1874, à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, des moyennes de la température, de la pluie, du nombre de jours de pluie, de la nébulosité, de l’humidité de Pair et de la pression barométrique pour le mois de novembre.
- 100 mm 75 m 50 mm 25mm 0
- |
- (S a? «3.6 «1 g
- [Fig. 2. — Hauteurs de pluie.
- thermomètre soit descendu au-dessous de 0°. Le maximum absolu, 19°4, a été observé le 4.
- On a recueilli,, en 18 jours de pluie appréciable, 59 mm 4 d’eau. Ce total présente par rapport à la moyenne normale un excès de 23 pour 100. Plus d’un tiers (20 mm 3) en a été fourni par la seule journée du 5.
- On a noté 1 jour de gi'êle, 1 jour de gelée, 5 jours de gelée blanche, 12 jours de brouillard.
- Les vents de la région sud ont été très dominants.
- La moyenne mensuelle de l’humidité relative de l’air a été de 86,1 pour 100 et celle de la nébulosité de 73 pour 100.
- La hauteur moyenne du baromètre réduite au niveau de
- Tempé- Nombre Nébu- Humi- Pression
- rature Pluie de jours de pluie losité dité barométrique (*)
- 1874-1883 6°, 17 56 mm. 6 18 71 86, 8 756 mm. 90
- 1884-1893 5°, 98 43 2 16 72 87,4 757 98
- 1894-1903 6°, 27 34 5 12 65 86, 2 759 39
- 1904-1913 5°, 93 58 7 16 72 88,4 757 01
- 1914-1923 4°, 83 47 5 13 68 87,6 758 17
- 1924-1930 6°, 96 68 1 17 72 86, 5 756 06
- Moy. gen. 6°, 02 51 1. A l’altitude de 50 m. 4 15 j.. 3 70 87,1 Em. 757 58 Roger.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- REPRODUCTION DE DOCUMENTS SANS CHAMBRE NOIRE
- Dans son numéro du lor février 1931, la Photo-Revue rappelle un très intéressant procédé désigné sous le nom de « Ployer-type » à cause de la description (non de l’invention) qu’en fit Ployer, il y a une cinquantaine d’années. Ce procédé très simple consiste à mettre en contact par la face sensible une feuille de papier contraste, avec le documènt à reproduire et à faire une exposition à la lumière par le dos du papier sensible, après l’avoir recouvert d’un écran filtre jaune ou jaune vert.
- Au développement, on obtient un négatif dont on tire ensuite des copies positives, de la façon habituelle. ,
- Les conditions essentielles de réussite sont, d’abord, d’assurer un contact parfait entre le papier et le modèle, ensuite de déterminer exactement par des expériences préalables quel doit être le temps de pose, puisqu’il faut ensuite développer.
- Cette méthode convient particulièrement à la reproduction de dessins sur livres, en remplaçant le papier positif par des pellicules ou du papier pelliculable, ces phototypes permettent ensuite de réaliser des planches sur zinc pour tirages d’imprimerie.
- On peut également substituer au papier contraste une feuille à la gélatine bichromatée dont la sensibilité est moindre et se développe à l’eau tiède suivant la méthode connue. ^
- N. B. — Le procédé ci-dessus porte aussi les noms de procédé de tirage par réflexion ou procédé réflexe.
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- L’AUTOMOBILE PRATIQUE
- LA CONSTRUCTION AUTOMOBILE EN FRANCE
- Les modifications apportées dans la construction industrielle sont déterminées non seulement par des raisons techniques, mais aussi souvent par des raisons économiques ou financières, ou même par un changement des goûts de la clientèle. Il en est ainsi en automobile et, malgré la crise qui diminue plus ou moins la production, on peut constater deux tendances générales en sens contraire.
- Le « Français moyen » s’est habitué à considérer l’automobile comme un instrument de travail. C’est en période de crise économique que le commerçant, l’industriel, pour réduire ses frais généraux et pour lutter plus efficacement contre la concurrence, doit pouvoir se déplacer plus fréquemment et plus rapidement. Aussi, ne constate-t-on pas de diminution marquée dans l’accroissement des automobiles en circulation en France.
- C’est pourtant la nécessité de réduire les dépenses de toutes sortes, et aussi les systèmes d’impôts français basés uniquement sur la puissance nominale des moteurs qui incitent les acheteurs actuels à choisir des voitures de modèles légers et économiques, de petite cylindrée, c’est-à-dire de consommation réduite, et pour lesquelles les frais d’impôts et d’assurances sont réduits au minimum. Le moteur à quatre cylindres est certes plus économique, à puissance égale, qu’un moteur à six cylindres, et aussi plus facile à usiner, donc moins coûteux, c’est donc ce quatre cylindres qui équipe la plupart des modèles populaires récents et il comporte presque toujours des soupapes latérales, dispositif également le plus simple.
- Le prix moyen de ces modèles populaires n’excède plus maintenant une vingtaine de mille francs, et la plupart sont, d’ailleurs, présentés avec une carrosserie très confortable en conduite intérieure à quatre places, munie de tous les accessoires nécessaires. Un constructeur a même réalisé une petite voiture carrossée en conduite intérieure, mais équipée avec un moteur à deux cylindres à deux temps, et d’un prix de vente encore très inférieur. Le principe du moteur à deux temps n’est sans doute pas nouveau. Il existe des motocyclettes fonctionnant parfaitement, munies de ces systèmes. Le problème est différent pour l’automobile, et il sera intéressant d’en étudier l’application pratique, car l’apparition d’une automobile légère dont le prix serait de l’ordre d’une dizaine de mille francs amènerait vers l’automobile, un fort contingent d’acheteurs modestes.
- A côté de ces voitures économiques d’achat et d’exploitation, nous voyons apparaître une autre catégorie de voitures, destinées sans doute plus spécialement aux automobilistes de province ou à ceux qui s’adonnent au grand tourisme. Le prix de vente de ces modèles est encore relativement modéré, mais leurs frais d’entretien semblent pourtant assez élevés, d’une part, en raison de leur consommation assez forte, et, d’autre part, du système d’impôts et d’assurances français.
- Les Américains ont toujours eu l’habitude de monter sur leurs voitures des moteurs puissants, de forte cylindrée, dont le régime normal de rotation est relativement lent, mais qui sont assez démultipliés et ne fonctionnent normalement qu’avec une partie de leur puissance.
- Cette solution permet d’obtenir une grande souplesse de fonctionnement. Grâce à la réserve de puissance du moteur, à la surpuissance obtenue, on peut réaliser une vitesse moyenne très cônstante, quel que soit le profil de la route, et presque toujours on peut éviter pratiquement les changements de vitesse.-
- Plusieurs constructeurs français ont appliqué récemment
- ce principe de la surpuissance, pour avoir des modèles possédant des qualités analogues à celles des voitures américaines, et, en particulier, à celle de la voiture Ford qui commence à être estimée, en France, surtout en province, en raison de ces avantages. On a donc placé sur des châssis relativement réduits et légers, munis d’une carrosserie confortable, des moteurs puissants à vitesse de rotation relativement réduite. On obtient ainsi avec des moteurs à quatre cylindres seulement une souplesse de fonctionnement comparable à celle des voitures à six cylindres, et, quant aux modèles à six cylindres du même genre, ils possèdent des avantages encore plus grands sous ce rapport, mais sont plutôt destinés à la clientèle de luxe.
- Avec la législation fiscale actuelle et le barème des assurances, les frais d’entretien d’une voilure de ce genre sont élevés, mais il ne faut rien exagérer en ce qui concerne la consommation d’essence et d’huile.
- Des moteurs de puissance nominale inférieure, mais à six cylindres ou à grande vitesse de régime, consomment souvent presque autant d’essence et. d’huile qu’un moteur à grande puissance à quatre cylindres peu poussé. D’ailleurs, ces moteurs lents s’usent lentement aussi et sont en général très robustes.
- LE CARBURANT POIDS LOURDS
- . Le carburant dit national était formé, on le sait, d’un mélange à 50 pour 100 d’alcool et d’essence. Deux arrêtés interministériels relatifs au mélange alcool-essence, et qui sont entrés en vigueur à partir du 1er novembre 1931, n’ont pas modifié la composition de ce mélange. Ils ont simplement indiqué que ce carburant devait, à l’avenir, être toujours formé avec de l’essence de tourisme.
- Mais ces arrêtés ont déterminé la composition du carburant dit «poids lourds», et il est spécifié que la quantité d’alcool à ajouter obligatoirement sera, pour cette catégorie, de 25 litres au moins et de 35 au plus pour 100 litres d’essence.
- Les essences ayant reçu une addition d’alcool dans les conditions pi’évues bénéficieront d’une exonération du droit intérieur pour une quantité égale à celle de l’alcool pur incoi*-poré dans le mélange.
- LE NETTOYAGE DES CARTERS ET LE GRAISSAGE DES PISTONS
- Malgi'é les qualités actuelles des huiles de graissage, et la présence de filtres d’huile efficaces dans la canalisation d’huile, il convient, on le sait, en général, de vidanger l’huile d’un moteur environ tous les 2000 km. La fréquence de cette vidange dépend, bien entendu, de la nature de l’huile utilisée, du type de moteur et aussi du genre de service que l’on demande à la voiture. Pendant la circulation dans les villes, par exemple, le moteur chauffe moins, et les qualités lubrifiantes de l’huile se conservent plus longtemps.
- Quoi qu’il en soit, au moment de la vidange d’un carter, beaucoup d’automobilistes ont l’habitude, après avoir fait couler toute l’huile contenue dans le carter, de nettoyer l’intérieur de celui-ci à l’aide de pétrole. Procédé peu recommandable, parce qu’il demeure toujours du pétrole dans le carter au moment où l’on remet de l’huile neuve. Ce pétrole se mélange à l’huile et diminue ses qualités lubrifiantes. U vaut donc mieux employer un peu d’huile pour effectuer le lavage.
- On peut aussi sans doute utiliser à cet effet dé l’huile ordinaire de graissage assez fluide. Le seul inconvénient est le
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- prix assez élevé de cette huile. Cependant, un fabricant d’huile a établi une qualité spéciale servant pour le lavage du moteur dite pour cette raison : Cleatiing oil, très fluide et d’un prix relativement modique.
- Nous avons, de même, fait remarquer que la lubrification du piston était une opération très difficile à réaliser dans de nombreux cas. En particulier en hiver, et lorsque l’huile du carter est froide, seule la partie inférieure du cylindre est régulièrement lubrifiée. Il en résulte une usure excessive des segments supérieurs.
- Le moyen le plus simple de remédier à cet inconvénient consiste à mélanger à l’essence de l’huile fluide de bonne qualité dans la proportion d’environ 2 litres pour 100 litres d’es-
- Fig, 1. — Coupe d’un carburateur vertical Solex, tgpe F à starter automatique.
- G s) gicleur d’essence du starter, a) cuve; t) tube plongeur; b) chambre de mélange. Ga) gicleur d’air du starter ; C) glace percée d’une ouverture d.
- sence. Il faut bien remarquer que ce mélange n’a pas pour but, comme nous l’ont demandé certains lecteurs, d’éviter les bruits de cognements, ou de cliquetis surtout sensibles avec les pistons modernes en aluminium, mais qui sont dus à un ordre de phénomènes tout différents. On obtient ainsi uniquement une meilleure lubrification des pistons, une usure plus lente, et un meilleur rendement, c’est-à-dire un fonctionnement plus régulier avec la même consommation de carburant, et le résultat est déjà important.
- Le fabricant que nous avons déjà cité plus haut établit également un type d’huile spécial pour l’huilage des pistons. Cette huile déjà utilisée pour l’aviation est « compoundée » c’est-à-dire comporte un mélange d’huile minérale ordinaire
- et d’huile végétale. Elle résiste ainsi très bien aux températures élevées de la chambre d’explosion.
- LES CARBURATEURS ET LE DÉPART DES MOTEURS A FROID : LE STARTER
- Les perfectionnements si importants des carburateurs ont été obtenus à l’heure actuelle généralement par des dispositifs très simples, et la plupart des modèles qui sont montés sur nos voitures sont facilement démontables par l’usager et souvent même réglables par lui. 11 y avait pourtant encore un détail qui restait à perfectionner pour assurer le fonctionnement régulier de la carburation à tout moment, et c’était la question du départ du moteur à froid.
- Dans la plupart des systèmes, jusqu’à présent, le départ du moteur à froid et surtout en hiver s’effectuait fort mal. Pour obtenir une mise en marche à peu près normale, il fallait supprimer complètement l’arrivée d’air ou même injecter de l’essence dans les cylindres. En tout cas, noyer souvent le carburateur pour avoir un excès d’essence. Ces procédés présentaient l’inconvénient d’envoyer dans les cylindres un excès d’essence. Cette essence non brûlée pouvait laver les parois du cylindre, se mélanger à l’huile de graissage et diminuer son pouvoir lubrifiant.
- D’autre part, il était nécessaire, le plus souvent, de mettre en marche le moteur à la manivelle, parce que cette mise en marche difficile aurait exigé du démarreur, et, par conséquent, de la batterie d’accumulateurs, un effort trop long et trop intense.
- Mais une fois le moteur ainsi mis en marche, son fonctionnement n’était même pas encore immédiatement régulier. Si le conducteur a obtenu à réussir au moyen de sa manette de correction d’air la composition correcte du mélange pour le départ, le moteur se met en marche, mais il « cale » bientôt, si l’on ne ramène pas la quantité d’air à la proportion convenable. Il faut, d’ailleurs, remarquer que, très souvent, on n’obtient pas le départ avec un mélange trop riche en essence; de même qu’on ne l’obtient pas avec un mélange trop pauvre.
- Un dispositif de mise en marche idéal doit permettre au conducteur d’obtenir la mise en marche en agissant sur une seule commande, et sans qu’il soit besoin d’aucune expérience pour la détermination correcte du mélange. D’autre part, une fois cette manœuvre unique effectuée, le conducteur ne doit plus avoir besoin de faire aucune correction pour obtenir le fonctionnement normal du moteur.
- Enfin, le réglage pour le départ et le réglage pour la marche normale et le ralenti ne devraient pas être dépendants l’un de l’autre, afin de simplifier les manœuvres.
- Un constructeur connu a présenté récemment, depuis le Salon de l’automobile, un dispositif spécial dit starter, qui offre justement ces avantages. Il est adapté sur un nouveau modèle de carburateur pouvant être monté sur les moteurs.
- Ce starter automatique est, en somme, un petit carburateur-spécial adapté au carburateur principal, mais absolument indépendant de ce dernier, et il ne faut pas le confondre avec le dispositif appelé gicleur de départ, qui ne constitue qu’un auxiliaire du gicleur de ralenti au lieu de se suffire à lui-même..
- Ce starter est un véritable carburateur auxiliaire permettant d’alimenter le moteur pendant la marche à vide sans le secours du carburateur principal, donc sans ouvrir les gaz, et la coupe de la figure 1 montre bien son fonctionnement.
- Le gicleur d’essence 65 du starter alimente en essence une cuve de petite capacité a dans laquelle vient plonger un tube t qui est soumis à la dépression de la chambre b communiquant avec la tubulure d’aspiration du moteur.
- La quantité d’air mélangée est réglée par un orifice Gr
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- Fig. 2. — Carburateur Sotex, type vertical muni d'un starter automatique.
- ri- Démontage immédiat d’un carburateur vertical. On aperçoit en avant les différentes
- pièces du starter. -
- et le mélange carburant essence-air est elïectué dans la chambre b qui est mise en communication avec la tubulure d’admission au-dessus du papillon d’admission de forme spéciale par l’ouverture de la glace C.
- Ce petit carburateur fournit au moment du départ un mélange d’autant plus riche que la température est plus basse, mais, dès que le moteur tourne, la richesse du mélange en essence diminue automatiquement pour éviter le lavage des cylindres et le mélange d’essence à l’huile.
- En effet, quand le moteur tourne lentement,
- CO ou 80 tours par minute, par exemple, et lorsqu’il est entraîné par le démarreur, la quantité d’air aspiré est faible comparativement au débit d’essence du gicleur G, la richesse du mélange est donc très grande.
- Dès que la vitesse du moteur augmente, la quantité d’air aspiré augmente également, mais, comme le débit du gicleur d’essence reste constant, la chesse du mélange diminue automatiquement.
- Comme le départ, d’un autre côté, s’elïectue avec la manette d’admission des gaz complètement fermée, c’est-à-dire le papillon fermé, le mélange aspiré est soumis à la dépression maximum. Si l’on n’agit pas sur la commande des gaz du carburateur, le moteur ne peut donc s’emballer, ce qui évite également l’usure toujours à craindre des pistons, ceux-ci étant plus ou moins bien graisses à froid.
- On voit donc que, quelle que soit la température, ce dispositif très simple assure automatiquement la richesse convenable du mélange en essence pour assurer le meilleur départ. Le conducteur doit simplement mettre en fonctionnement le dispositif additionnel en tirant sur la commande, le mettant <m communication avec la tubulure d’admission, et sans ouvrir la manette des gaz. 11 devient inutile de régler celle-ci, et d’appuyer sur la pédale d’accélérateur.
- Une fois le départ obtenu, on laisse le starter en fonctionnement. A ce moment, on repousse le bouton de commande, et de carburateur fonctionne comme à l’habitude.
- Bien entendu, si le moteur est suffisamment chaud, il est inutile de se servir de ce dispositif particulier, et la mise en marche est effectuée alors par la manœuvre du dispositif normal de réglage du carburateur.
- 11 résulte, d’ailleurs, de l’emploi de ce dispositif quelques avantages additionnels qui ne sont pas négligeables. La marche au ralenti étant stable, tant que le moteur est froid, on peut, même à ce moment, exécuter les manœuvres avec une grande sécurité, ce qui est important pour le service de ville. Il n’est presque jamais nécessaire d’utiliser la manivelle pour le démarrage, et on peut même diminuer la consommation d’essence, le mélange normal de carburant pouvant être déterminé avec une richesse en essence plus faible puisque la carburation à froid est assurée par ce système auxiliaire qui s’adapte aussi bien sur un carburateur vertical que sur un carburateur horizontal (fig. 2).
- UN ÉCONOMISEUR PERFECTIONNÉ
- Le fonctionnement d’un moteur est d’autant meilleur et la consommation d’essence plus réduite que la composition du mélange essence-air est mieux déterminée, et que les particules d’essence sont plus fines et plus intimement brassées avec l’air. Si le brassage n’est pas parfait, il s’ensuit uneperte de puissance et une carburation incomplète qui se manifeste, en partie, par un calaminage de la chambre d’explosion.
- On remédie à cet inconvénient par une construction per-
- fectionnée du carburateur, mais un inventeur a pensé qu’il était possible d’augmenter encore la qualité du mélange à l’aide d’un système additionnel pouvant être appliqué sur un carburateur quelconque, i
- Ce système comporte, à l’intérieur d’une cage en treillage d’acier parkérisé, deux hélices à trois branches, tournant de manière très libre, les supports étant les seuls points de frottement.
- Sous l’action de la dépression produite par le moteur, les hélices tournent à grande vitesse et effectuent un brassage total du mélange en améliorant sa composition. La cage présente l’avantage, d’autre part, d’éviter complètement le retour de flamme (fig. 3).
- UN DISPOSITIF DOUBLE POUR LE DEMARRAGE A FROID
- Le départ à froid présente comme on le sait, et comme nous l’avons rappelé précédemment, deux difficultés essentielles, tout d’abord il est dilficile de déteiminer convenablement et sans excès d’essence, mais avec une richesse suffisante du mélange, la composition du carburant, et ensuite le graissage du haut du piston, et, par conséquent, des cylindres s’effectue fort mal.
- Fig. 3. — Turbo-diffuseur M. P. G. et sa disposition dans le carburateur.
- A. monture support des deux hélices à trois branches D montées avec coussinets centraux F ; JB. cage protectrice. C. collerette de fixation avec partie intérieure E de même diamètre que la tubulure d’admission.
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- Nous avons décrit plus haut un dispositif additionnel, véritable carburateur séparé fonctionnant uniquement lorsque le moteur est froid et déterminant automatiquement la composition du mélange à ce moment. Un constructeur connu a eu l’idée de réaliser un dispositif du même genre, mais de le combiner, en outre, avec un système assurant un graissage supplémentaire des cylindres et. du piston pendant les premières minutes de marche du moteur.
- Cet appareil comporte donc deux gicleurs additionnels, l’un d’huile et l’autre d’essence. L’huile est amenée par une canalisation raccordée au tube qui va au manomèti*e d’huile,
- Tirelie de commande
- Prise d'huile
- /bise d'essence
- OU starter
- Tubulure d'admission
- Fig. 4. — L’Oil-Slarter 7.,énith pour le dépari à froid.
- la canalisation d’essence aboutit sur la tubulure d’aspiration, au-dessus du papillon du carburateur, comme dans le système précédent. Ces canalisations sont constituées par de petits tubes de cuivre de très faible diamètre, que l’on peut facilement couder, et une entrée d’air avant les gicleurs permet de réaliser les deux mélanges (fig. 4.)
- En tirant le bouton de commande du système, en fermant la manette normale d’admission des gaz et en actionnant le démarreur, le moteur aspire donc un mélange d’essence, d’huile et d’air, dosé au moyen des deux gicleurs, le départ est instantané, et le graissage des pistons immédiat.
- L’arrivée du mélange se faisant au-dessus du papillon du carburateur, à mesure qu’on ouvre les gaz, l’aspiration du système additionnel est moindre, de sorte qu’il ne faut pas craindre de sui’-carburation dans les régimes élevés, la seule manœuvre au départ consiste à tirer le bouton de commande du système. 11 semble donc que l’appareil soit vraiment très complet et d’une conception intéressante, d’autant plus qu’il est complètement indépendant du carburateur et peut s’adapter à tout moteur. L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Huiles de lavage et huiles destinées aux mélanges avec l'essence : Empire O il, 6, rue de Lisbonne, Paris.
- Starter automatique pour la mise en marche des moteurs à froid : Carburateurs Solex, 190 bis, avenue de Neuilly, à Neuilly-sur-Seine.
- Turbo-diffuseur L. P. G., 13, rue d’Armenonville, Neuilly-sur-Seine.
- OiTSlarter.pour le graissage et le départ à froid : Carburateurs V.éniih, 39, Chemin Feuillat, à Lyon, Rhône.
- LES APPLICATIONS INDUSTRIELLES DU THYRATRON
- OU ROBINET ÉLECTRIQUE
- Nous avons signalé la naissance à la vie industrielle et indiqué le principe d’un nouveau relais électrique (n° 2847) auquel les Américains donnent le nom de thyratron. Il serait du reste préférable de lui conserver le nom de robinet électrique que lui donna Maurice Leblanc, le savant français qui le premier attira l’attention sur lui.
- Le robinet électrique est un tube à atmosphère gazeuse raréfiée, il admet des courants électriques de grande intensité dont le passage est commandé par une électrode de contrôle qui agit par le jeu d’énergies infimes. Il existe deux méthodes pour commander un robinet : la première agissant par tout ou rien, consiste à appliquer à la grille un voltage déterminé pour démarrer ou interrompre le courant, l’autre, due à Toulon et Dunoyer, utilise une différence de phase entre l’anode et l’électrode de contrôle soumise à un voltage alternatif pour régler l’intensité moyenne débitée.
- Ces robinets électriques, nés en France, ont été mis au point par la General Electric C°, à Shenectady. Ils peuvent servir d’interrupteurs automatiques, de relais, d’amplificateurs.
- Voici les applications qui leur ont été données jusqu’ici, d’après la General Electric Review, organe de la Société ci-dessus.
- Il existe au laboratoire de Shenectady une porte mystérieuse qui s’ouvre d’elle-même, quand l’initié a frappé un certain nombre de coups suivant un code convenu. C’est la réalisation du magique «Sésame, ouvre-toi» des Mille et une Nuits. La plaque métallique sur laquelle il faut frapper pour obtenir ce résultat est reliée à la grille d’un thyratron. Chaque fois que l’on frappe, la capacité électrique du corps du frappeur crée une tension suffisante sur la grille du thyratron pour y provoquer le passage du courant et mettre en
- action une série de relais combinés suivant un code approprié. Si les coups ont été donnés correctement, le dernier relais fonctionne, et met en marche un moteur qui ouvre la porte.
- Cette installation curieuse a été faite pour mettre en évidence un principe utilisé aujourd’hui pour réaliser des machines à souder par point exceptionnellement rapides. Le thyratron, relais sans inertie, sans contacts métalliques, permet d’obtenir aisément de rapides interruptions de courant de l’ordre de 1000 à la minute et même davantage.
- On a également employé des thyratrons pour régler la vitesse des moteurs électriques suivant un rythme déterminé par les exigences d’organes mécaniques divers, ou encore pour synchroniser plusieurs moteurs électriques.
- Un autre emploi du robinet électrique, qui paraît avoir pris un certain développement, est la commande des effets lumineux, dans les installations de théâtre, d’enseignes lumineuses, d’éclairage intérieur ou extérieur de grands immeubles. Au lieu de manœuvrer d’innombrables interrupteurs, toujours lents, fatigants, parfois dangereux, il suffit de commander la différence de phase maintenue entre grille et anode d’un certain nombre de thyratrons; cette manœuvre s’exécute sans efforts en touchant simplement des boutons et les courants d’éclairage lui obéissent sans aucun retard. Non seulement on établit ou l’on supprime les courants, par ce moyen, mais encore on en peut varier l’intensité, passer d’une couleur à une autre avec toutes les transitions que l’on désire, etc.
- Les thyratrons sont fréquemment employés aussi comme relais à grande vitesse associés au premier amplificateur d’une cellule phofbélectrique, application importante lorsque celle-ci est utilisée par exemple pour trier rapidement des objets.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NECROLOGIE Gustave Le Bon (1841-1931)
- Né à Nogent-le-Rotrou le 7 mai 1841, le Dr Gustave Le Bon qui vient de s’éteindre, dans sa 92e année, à Marnes-la-Coquette était un profond penseur et un savant. Globe-trotter, esprit curieux, sagace expérimentateur et travailleur acharné, il publia de nombreux ouvrages de genres très divers et dans lesquels les idées originales se trouvent semées à profusion.
- Après avoir soutenu sa thèse de doctorat sur La mort apparente et les inhumations prématurées (1866), il fit la campagne de 1870-71 comme médecin-chef d’une division d’ambulances militaires, puis se fixa à Paris. Mais il ne tarda pas à déserter la clientèle pour les spéculations scientifiques.
- Abordant alors la sociologie, il composa deux gros volumes sur Y homme et les sociétés (1881) .; il y étudiait avec une remarquable hauteur de vues les origines de l’humanité. Il fit plusieurs voyages en Orient et écrivit trois livres estimés sur la Civilisation des Arabes (1884), les Civilisations de VInde (1887) et les Premières civilisations 1888-89).
- Au cours de ses randonnées, Le Bon observait toujours en philosophe aussi bien les monuments du passé que les événements du jour.
- Aussi quand l’avisé voyageur s’arrêta, il voulut faire profiter ses contemporains des connaissances variées qu’il avait acquises. Il leur enseigna comment on peut utiliser l’art de Daguerre pour prendre des Levers photographiques en cours de route, il leur exposa les principes de Y Equitation (1892). Mais surtout il déduisit des faits historiques ou de ses constatations personnelles, les Lois psychologiques de l’évolution des peuples (1894), la Psychologie des foules (1895), du Socialisme (1898) et de Y Education (1902). Ces livres constituent d’admirables synthèses qu’on relira longtemps encore avec fruit.
- La partie la plus neuve de l’œuvre de Le Bon se rapporte à la physique. Dans une série de mémoires, résumés ultérieurement dans son Evolution de la matière (1905) et dans son Evolution des forces (1907), il énait des idées entièrement nouvelles et qui, combattues au début, sont admises par tous les physiciens d’aujourd’hui. Bien avant Einstein, il avait cru pouvoir écrire, à la suite d’expériences
- multiples et dispendieuses, que « la matière est un colossal réservoir d’énergie, Y énergie intra-atomique qu’elle peut dépenser sans rien emprunter au dehors ». Renversant les théories classiques, il pense que « la force et la matière sont deux formes diverses d’une même chose. La matière représente une forme relativement stable de l’énergie intra-atomique. La chaleur, la lumière, l’électricité, etc., représentent des formes instables de la même énergie. » Véritable prophète scientifique, il découvrit avant d’autres chercheurs plus en renom que « la lumière, l’électricité et la plupart des forces connues résultant de la dématérialisation de la matière, il s’ensuit qu’un corps qui rayonne perd par le fait seul de ce rayonnement une partie de sa masse. » Mais ajoute mélancoliquement Le Bon, dans
- un article de La Nature paru au lendemain du bruit fait en France par les découvertes d’Einstein : « Nul n’est prophète dans son pays. Les théories venues de loin ont un rayonnement que ne possèdent jamais celles issues de notre propre sol... Et lorsque à la suite d’expériences qui me coûtèrent de longues années de travail, j’énonçai que la matière devait être considérée comme une forme d’énergie nouvelle, la plus colossale de toutes celles de la nature, que j’appelai Y énergie intra-atomique, je n’eus aucun adepte ».
- Pendant le conflit mondial, le philosophe chercha à en scruter les causes dans ses Enseignements psychologiques de la guerre européenne, tandis que dans ses Incertitudes de l’heure présente (1924) il condensa suos forme d’aphorismes quelque peu amers, les origines profondes et multiples du désarroi de l’époque actuelle.
- Toutefois si l’infatigable polygraphe se sentait désabusé au soir de sa longue vie, il conserva sa lucidité d’esprit jusqu’à ses derniers jours et il publia encore, en 1931, un Essai d’une psychologie de l’histoire, qui ne manque pas d’intérêt.
- Il cherche, en particulier, à y prouver que, dans l’évolution des peuples, les causes affectives et mystiques dominent toujours les forces rationnelles, qui semblaient, a priori, devoir conditionner les progrès de la civilisation.
- Jacques Boyer.
- Fig. 1. — D* Gustave Le Bon (1841-1931.) (Photographie prise dans sa villa de Marnes-la-Coquette où il est mort récemment.)
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- Fig. 1.
- La station de radiodiffusion de Prague. Vue d’ensemble.
- RADIOPHONIE
- Le grand poste de radiodiffusion de Prague.
- La Tchécoslovaquie vient de mettre en service à Prague un nouveau poste de radiodiffusion, dont la puissance atteint 200 kilowatts dans' l’antenne. C’est pour l’instant le plus puissant et le plus moderne des postes européens. 11 a été étudié par les Laboratoires du « Matériel téléphonique » de Paris, Suivant la technique générale aujourd’hui, les studios se trouvent dans la ville, mais le poste émetteur a été reporté en pleine campagne, à Cesky-Brod, petite ville à 35 km à l’est de Prague.
- L’équijrement d’entrée à fréquences musicales est actuellement aménagé pour travailler avec 2 studios; dans l’avenir il pourra pourvoir à 10 studios. Les courants captés par les microphones des studios sont dirigés vers la station d’émission par un poste central de contrôle, qui dispose, outre les commutateurs nécessaires, d’un microphone local pour les annonces et d’appareils permettant de produire des effets d’écho donnant à la transmission l’ampleur voulue.
- Il est à signaler que cet équipement est alimenté par le réseau général de distribution dont le courant alternatif est redressé par des redresseurs secs à oxyde de cuivre.
- La liaison entre le studio et le poste émetteur est faite par câble souterrain, aboutissant à un amplificateur à deux étages, muni d’un contrôleur de volume. Toute cette partie de l’équipement est étudiée pour transmettre sans altération sensible à l’oreille toute la gamme des fréquences depuis 30
- périodes jusqu’à 10 000. Les courants recueillis vont moduler l’onde sinusoïdale issue d’un maître oscillateur à quartz piézo-électrique et amplifiée par deux étages d’amplificateurs. L’onde ainsi modulée est ensuite ampliliée à nouveau par trois étages amplificateurs à haute fréquence. Ces amplificateurs étudiés pour réaliser le maximum de stabilité sont du type « push-pull » neutralisé et munis de résistances dans tous les circuits de grille et de plaque des différents étages.
- La station est alimentée par des réseaux de courant alternatif triphasé à 15 000 volts, 50 périodes. Le courant amené à la tension voulue est redressé à l’aide de redresseurs à vapeur de mercure en verre, puis fil tré et dirigé vers les appareils qu’il doit alimenter. L’antenne est supportée par deux pylônes de 150 mètres de haut, espacés de 250 m., encastrés et isolés à leur hase.
- La station de Prague possède ainsi un équipement des plus modernes, étudié non seulement pour lui donner la puissance dans les émissions, mais aussi et surtout la stabilité et la pureté.
- AVIATION
- Les avions stratosphériques.
- Depuis que le professeur Piccard a démontré brillamment la possibilité de séjourner de longues heures dans la haute atmosphère, grâce à la cabine légère et parfaitement étanche qu’il sut réaliser, le problème des avions volant à très haute altitude est revenu au premier plan de l’actualité en aéronautique.
- On leur donne déjà le nom d’avions stratosphériques, qualificatif un peu prématuré, car il ne s’agit pas d’atteindre la stratosphère, région remarquable, d’altitude supérieure à 12 000 mètres, où la température ‘ cesse de baisser quand l’altitude augmente, mais de naviguer dans des régions assez élevées pour que les vents y restent parfaitement réguliers et que la résistance de l’air y soit notablement diminuée.
- Le problème de la navigation à haute altitude a été posé par Breguet dès la lin des hostilités de la grande guerre. Il en a montré l’intérêt pratique qui réside dans la possibilité de réaliser des vitesses de l’ordre de 500 km à l’heure et peut-être davantage sans dépense exagérée de force motrice.
- Fig. 2.
- La salle de radio du poste de Prague..
- Au premier plan : 'pupitre de contrôle.
- A gauche : bobines d’accord intermédiaires et amplificateurs n° 3.
- A droite : meuble de contrôle de l’émetteur.
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- Les altitudes convenant à cette navigation sont à cherche]' au voisinage de 8000 à 10 000 mètres.
- Mais trois conditions préalables doivent être remplies : il l'aut tout d’abord des moteurs capables de respirer à ces hautes altitudes où l’oxygène fait défaut en raison de la raréfaction de l’atmosphère.
- La cylindrée s’appauvrit en comburant au fur et à mesure que l’altitude augmente et la puissance du moteur diminuerait dans la même proportion, si l’on ne pouvait y remédier. Il faut donc rétablir, par un engin spécial, la pression de l’air admis dans le moteur à la valeur moyenne qu’elle possède au sol. C’est le rôle des surpresseurs dont le premier modèle satisfaisant a été réalisé par Rateau; c’était un compresseur centrifuge à une roue tournant à très grande vitesse, mû par une turbine à gaz alimentée par les gaz d’échappement. Le sur-presseur de Rateau a figuré sur tous les avions français qui ont battu des records d’altitude. Il a reçu depuis sa création de nombreux perfectionnements.
- D’autres surpresseurs ont fait, depuis lors, leur apparition.
- l’altitude de 8000 mètres, avec une charge utile de 2500 kg a la vitesse de 400 1cm à l’heure. C’est un monoplan à ailes surbaissées de 18 m d’envergure, 11 m 7 de long, 45 m2 de surface.
- Le moteur sera un Lorraine « Orion » de 700 ch, accouplé à un compresseur Brown-Boveri, pesant 80 kg, tournant à 12 500 tours et rétablissant à 7000 m la pression régnant au sol. L’hélice sera une hélice Ratier à pas variable.
- La cabine étanche est une sorte de grand réservoir en tôle d’alliage léger, suspendu dans le fuselage. Les hublots sont faits de deux verres Triplex, de 1 cm d’épaisseur, séparés par un intervalle où circule de l’air chaud pour éviter les condensations de buée. Le passage des commandes est assuré à travers des boîtes à huile munies de presse-étoupes. La cabine est aménagée comme un petit sous-marin : on y trouve un petit compresseur d’air, des bouteilles d’oxygène, des soupapes de sûreté et des cartouches spéciales pour régénérer l’air respirable en absorbant l’acide carbonique dégagé par la respiration.
- Nouveaux modèles d’avions : Fig. 1 et 2.— L'avion Dyle et Bacalan. Fig. 3.— Le Blériot. Fig. 4. — Le Makhonine (Photo Roi).
- Sur ce point, on peut donc estimer qu’il n’existe plus de difficultés insurmontables.
- Le deuxième organe indispensable est une hélice fonctionnant avec un bon rendement en atmosphère raréfiée. Ici encore l’hélice qui conviendra au voisinage du sol fonctionnera mal à haute altitude et y subira une regrettable perte de rendement. Mais depuis quelques années, on travaille beaucoup le problème des hélices à pas variable, modifiable en vol. On. s’attache à réaliser des mécanismes robustes et sûrs pour assurer cette modification. Certains modèles ont donné de bons résultats aux essais. . • . .
- Enfin, il faut une cabine où le pilote et les passagers puissent stationner confortablement et sans risque pendant la durée du vol. L’expérience acquise par le Pr Piccard montre qu’il n’y a plus de ce côté de difficultés insurmontables.
- Aussi les constructeurs se sont-ils mis à l’œuvre. Depuis quelques mois, Farman prépare un avion de haute altitude.
- D’autre part les Ailés signalent l’achèvement d’un avion construit par M. Guerchais pour M. Bapt et destiné à voler à
- Nouveaux modèles d'avions pour le ministère de l'Air.
- Le ministre de l’Air, M. Dumesnil, a passé en revue, le 16 décembre 1931, à Villacoublay, les prototypes d’avions nouveaux présentés par la section technique. On voit, sur les photographies ci-dessus, l’avion Dyle et Bacalan, le Blériot et le Makhonine, à ailes repliables.
- CONSTRUCTION
- La normalisation des immeubles.
- Cette normalisation viserait surtout la maçonnerie et la serrurerie, qui représentent la moitié du prix de l’édifice. La conception préconisée par un spécialiste renommé de la construction en béton armé, M. Perret, est extrêmement curieuse; elle est le contraire de la méthode jusqu’ici employée. On construirait, en effet, la maison, en commençant par l’étage supérieur lequel serait soulevé après achèvement,
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- pour recevoir l’étage du dessous, et ainsi de suite. On éviterait ainsi l’établissement, toujours long et onéreux, d’échafaudages et deux ou trois semaines suffiraient pour monter un immeuble carré de 10 mètres de côté ayant 5 à 6 étages.
- D’après M. Perret (Bulletin de l'Office national des Recherches et Inventions), les avantages d’un pareil système seraient nombreux :
- Emploi d’éléments de forme simple, normalisés, par suite interchangeables, fabriqués en usine, assemblage de tous les éléments au niveau du sol par une équipe groupée dans un emplacement à la fois commode, accessible et de surveillance aisée. Montage effectué au moyen d’appareils spéciaux opérant dans la hauteur du rez-de-chaussée et du sous-sol, rendant inutile l’emploi d’échafaudages extérieurs, et de ce fait supprimant les risques d’accidents pour travaux en élévation.
- Utilisation au maximum de la surface du terrain disponible, du fait de la suppression de tous les murs des façades; suppression presque absolue du chantier des travaux de maçonnerie. Possibilité de faire presque tous les travaux à l’abri des intempéries ; faculté de procéder simultanément aux travaux de parachèvement des étages supérieurs pendant que s’effectue le gros œuvre de l’étage inférieur.
- Suppression de tout gaspillage des matières premières, par suite de la préparation méthodique en usine de tous les éléments.
- Enfin, j^ossibilité de démonter rapidement un immeuble dans le cas où une cause impérieuse demanderait son déplacement, travail qui serait pratiqué au moyen de l’appareil utilisé pour le montage, mais opérant dans un ordre inverse; les éléments essentiels de la construction ne subiraient aucune avarie. M. B.
- CHIMIE INDUSTRIELLE
- La découverte de la soudure autogène de l’aluminium.
- Tout le monde sait que la soudure autogène de l’aluminium est une opération qui aujourd’hui s’effectue couramment dans l’industrie. La cabine étanche en aluminium du ballon du Dr Piccard, l’explorateur désormais célèbre de la stratosphère, a été assemblée par ce procédé.
- On sait moins que l’invention en est due à un Français, M. Paul Odam. Elle remonte à 1904; à cette époque on ne connaissait aucune soudure pour l’aluminium; c’est au Salon de l’Automobile de décembre 1904 que fit son apparition la première pièce d’aluminium soudée à l’autogène ; c’était en l’espèce un très joli bouquet de fleurs. Le procédé inventé alors par M. Odam est celui que l’on applique aujourd’hui encore.
- L’histoire d’une invention heureuse, faite par l’inventeur, est toujours très instructive. Nous résumons ci-dessous le récit qu’en a fait M.Paul Odam à M. J. Bally, dans la Revue de l’Aluminium.
- En octobre 1903, le père de M. Odam, entrepreneur de chaudronnerie, eut à exécuter un appareil dont une pièce en aluminium comportait des soudures. Il n’avait jamais travaillé ce métal, il fut fort intrigué de constater que .toutes tentatives pour le souder demeuraient vaines. Il essaya tous les décapants connus; aucun ne faisait prendre la soudure. Tous encrassaient le métal.
- M. Paul Odam avait travaillé la chimie; son père lui fit part de sa déconvenue. Le jeune homme s’attaqua aussitôt au problème de la soudure de l’aluminium, persuadé qu’il allait le résoudre sans difficultés. Une documentation complète lui révéla que c’était un problème ardu, qui, malgré beaucoup d’efforts, n’avait reçu encore aucune solution pratique. Cette constatation ne découragea pas le jeune chercheur qui désormais consacra tous ses loisirs au problème posé par son père.
- Il essaye de nombreux produits : il croit enfin tenir la solution avec un mélange complexe de chlorure d’étain, chlorure de zinc, chlorure d’ammonium et cryolitlie; il parvient à l’aide de ce produit à souder l’aluminium, au fer à souder, en employant la soudure d’étain.
- Aussitôt faites, les soudures étaient d’une solidité à toute épreuve. Mais, plongées quelques jours dans l’eau ou abandonnées à l’air libre, elles perdaient toute adhérence et se décollaient sans effort.
- Pour s’expliquer ce phénomène, M. P. Odam prépare une série d’alliages d’étain et d’aluminium à diverses teneurs et examine leur tenue dans l’eau : tous donnent lieu à un dégagement de bulles d’hydrogène, puis, sortis de l’eau et abandonnés à l’air libre, augmentent lentement de volume, se fendillent, deviennent fragiles et se désagrègent. Mêmes résultats avec d’autres métaux fusibles alliés à l’aluminium : bismuth, zinc, antimoine, etc.
- L’inventeur, abandonnant alors l’idée de la soudure hétérogène, s’applique à réaliser la soudure autogène. Ses connaissances chimiques lui permettent de se poser nettement le problème; il fallait trouver un décapant convenable.
- « Je compris, dit-il, qu’il me fallait un dissolvant de l’alumine, fusible à plus basse température que l’aluminium. Il ne pouvait donc être question de la cryolitlie seule, employée dans la fabrication de l’aluminium, puisqu’elle ne fond qu’au-dessus de 900°. Il fallait trouver un véhicule fusible, irréductible par l’aluminium, capable de dissoudre la cryolitlie sans modifier ses propriétés. Je pensai d’abord au chlorure double d’aluminium et de sodium. Après quelques essais je fixai mon choix sur les chlorures alcalins, laissant de côté les bromures et les iodures en raison de leur instabilité à l’état fondu. J’essayai le mélange équimoléculaire — chlorure de potassium, chlorure de sodium, — mais sa température de fusion 650° était encore trop élevée. J’eus alors l’idée d’ajouter du chlorure de lithium : immédiatement le point de fusion s’abaissa au-dessous du rouge sombre. J’ajoutai de la cryolitlie à ce mélange fondu. Elle s’y dissout instantanément. Je coulai la matière liquide sur une plaque de fonte et pulvérisai ce mélange, après refroidissement. »
- Ainsi naquit la poudre décapante pour la soudure autogène de l’aluminium. L’inventeur lui donna le nom de poudre « Haralciri ».
- ÉDUCATION^
- Un musée pour enfants.
- Le « Science Muséum » de Londres vient d’avoir une initiative fort heureuse en créant une galerie spécialement organisée à l’intention des enfants. Celle-ci a été inaugurée le 12 décembre dernier : son but est démontrer et d’expliquer aux enfants, sous une forme simple et frappante, un certain nombre d’appareils ou de machines exposés dans les autres salles du Musée. On y a fait appel aux dioramas illuminés et aux modèles animés. On y fàit assister les jeunes spectateurs à l’évolution des moyens de transport depuis les temps primitifs jusqu’à nos jours. On leur montre les progrès réalisés dans l’éclairage. Le verrier, le potier, le forgeron sont représentés au travail; on voit également un modèle d’avion au tunnel d’essais; des transparents illuminés représentent des astronomes au travail, des laboratoires d’alchimistes et des laboratoires modernes de chimie, etc.
- Il est à souhaiter que l’exemple du grand Musée de Londres puisse être imité par notre Conservatoire des Arts et Métiers. Le succès des innombrables dioramas et tableaux animés de l’Exposition coloniale a prouvé la valeur instructive de ce genre de démonstrations et l’intérêt qu’elles suscitent parmi le public.
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- PETITES INVENTIONS
- CONSTRUCTIONS D’AMATEURS
- Cible à sonnerie électrique
- (Dispositif à faire soi-même)
- Notre gravure représente la cible d’une installation de tir, à mettre sous une voûte devant un mur épais ou dans une situation telle qu’il n’y ait pour ceux qui s’en servent ou pour les autres nulle crainte d’accident.
- 11 faut, de plus, se servir d’une arme modeste, carabine de salon, par exemple.
- Le dispositif à construire se compose des éléments suivants :
- 1° Une plaque de fer protectrice A, vissée sur deux montants de fer 6, 6, dont la coupe Ilansversale a la forme d’une équerre (G).
- Les montants sont fortement enfoncés dans du sable.
- 2° Exactement derrière la plaque A, caché par elle, et dans le sable également, doit être mis un morceau de bois B surmonté d’une pièce de fer 3 vissée devant lui. Derrière, une autre pièce de fer 2 est vissée également. La partie supérieure de ce fer peut être rabattue en arrière. En haut de 2 est fixée la pièce carrée métallique 1.
- 3° Egalement enfoncé dans le sable, un morceau de bois C porte, à son extrémité supérieure, une pièce de fer 5 enfoncée dans le bois.
- 4° Un fil électrique part de la pièce 2, où il est fixé à un petit boulon. Un autre fil électrique part de 5, où il est fixé, comme le précédent, à un petit boulon. Ces fils vont retrouver une sonnerie (7) et une pile (8).
- La figure D représente par une vue particulière l’arrivée des fils aux appareils électriques qui peuvent être éloignés de la cible.
- En réalité il ne doit y avoir à cet endroit nulle coupure dans les fils.
- Un tireur cherche à atteindre le but qui n’est autre que le rectangle 1.
- En visant ce but, il doit voir ce rectangle seul exactement au-dessus de la plaque A; et il ne doit voir que cela' de toute l’installation.
- Il tire. Si le projectile 9 frappe le but 1, ce dernier pivote comme une charnière. La partie mobile 2 et 1 est rejetée en arrière, à 4, et le dos de la cible vient frapper la pièce 5.
- Un circuit électrique s’établit alors, et la sonnerie tinte joyeusement en l’honneur du gagnant jusqu’à ce qu’on ait ramené 4 à la position 1, sur sa butée 3, à l’aide d’un bâton.
- Monnier.
- DIVERS
- Pince à ligatures.
- Un nouveau système de pince très simple permet de ligaturer facilement les colis et de les cercler, soit avec du fil de fer, soit avec du feuillard.
- Cette pince est constituée par deux poignées dont l’une forme cisaille et l’autre assure la tension du fil.
- S’il s’agit, par exemple, de faire une ligature avec du fil métallique, avec la pince qui forme cisaille on coupe et on plie un fil de longueur convenable de manière à le doubler et à laisser un œil à l’extrémité.
- Fig. I. — Schéma de montage de la cible à sonnerie électrique.
- Ce fil ainsi doublé est replié d’un tour sur l’objet à ligaturer et les extrémités du fil sont passées dans la boucle. Bien entendu, on fait un premier serrage aussi fort que possible avec la main.
- Les fils qui sortent de la boucle sont engagés dans la fente la plus large de l’extrémité de la pince qui est en forme de T, tandis que le crochet de l’autre extrémité de la pince passe à travers l’œil ou la boucle du fil.
- Dans cette opération, les deux poignées de la pince ont été maintenues écartées, de sorte que, si on les rapproche, on serre la ligature.
- Si on rabat ensuite la pince suivant la flèche, on coude les fils sur la boucle;
- Une fois la pince dégagée, on coupe les extrémités qui dépassent et qui sont en trop et, une fois la section faite, on frappe légèrement sur ces extrémités pour terminer la forme en crochets.
- S’il s’agit d’une ligature avec une bande métallique, on accroche la bande sur la boucle, puis on fait deux tours d’enroulement autour de l’objet à ligaturer, en passant la bande dans la boucle à chaque tour. On engage la bande sortant de la boucle dans la plus petite fente de la pince et le serrage est
- opéré et fini de la même façon qu’on vient de l’indiquer pour les fils métalliques.
- Constructeur : Mauclert, 39, rue d’Arthelon, Meudon.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Manuel des calculs de laboratoire, par H. Vigneron.
- 1 vol. in-8, 183 p., 45 fig. Masson et Cie, Paris, 1931. Prix : 40 fr.
- Voici un livre qui a sa placé marquée dans tous les laboratoires. Il sera précieux surtout pour les étudiants, les chercheurs débutants qui tantôt appliquent les formules théoriques sans discernement et plus souvent encore l'ont des mesures dont ils ne connaissent ni l’exactitude, ni la sensibilité. Dans un premier chapitre, l’auteur expose la théorie des erreurs et rappelle les distinctions entre erreurs absolues, relatives, systématiques, dont il montre les différences par plusieurs exemples bien choisis. Le deuxième chapitre est consacré aux erreurs de mesure; c’est l’occasion de rappeler la nécessité de contrôler les balances, les thermomètres, les appareils volumétriques dont on se sert. Les chapitres suivants traitent de la représentation graphique et mathématique des résultats expérimentaux et précise la valeur des courbes et des formules. Les interpolations sont discutées, ainsi que les simplifications possibles des opérations arithmétiques et algébriques. Enfin, un dernier chapitre montre par des exemples les applications des formules théoriques aux résultats expérimentaux. Comme le dit M. Pascal dans la préface, ce livre est le complément de tous les travaux pratiques et remédie aux lacunes de la formation des étudiants.
- OEuvres du et Jean Bertho, publiées par les soins de l’Académie de Ule de la Réunion. 1 vol., 182 pages, 5 pl. hors texte. Imprimerie Drouhet, Saint-Denis (Ile de la Réunion) 1931.
- Jean Bertho, après vingt-cinq ans de navigation marchande, occupa à la Réunion le poste de chef du service des Ports et Rades et dans cet emploi se consacra à l’étude des cyclones de l’Océan Indien. Son expérience de la mer et de l’étude du temps, l’application d’une méthode rigoureuse lui permirent, au cours de 25 ans de séjour dans l'Ile, d’accumuler des observations précises, de réunir une documentation de haute valeur et d’échafauder sur elles des théories intéressantes, enfin d’établir une méthode de prévision. L’Académie de la Réunion a voulu rassembler ses œuvres éparses et de ce fait elle rend un service certain à la météorologie. Le présent volume contient les études suivantes : étude sur les cyclones (1902) où l’auteur recherche la cause des oscillations du baromètre au passage de ces météores et signale l’existence de trombes adventices se détachant des cyclones — études sur les cyclones, leur formation, leurs mouvements, influence de la Lune sur leur formation (1903). Étude du cyclone du 29 avril 1892 à l’Ile Maurice (1905). Étude sur les cyclones. Théorie de l’élimination (1906) où l’auteur met en relief l’importance du facteur suivant : l’élimination des masses d’air tourbillonnantes, arrivées au sommet du météore et projetées dans le courant aérien supérieur; il y revient également sur l’influence de la Lune sur la formation des cyclones. Étude sur les cyclones, recherche de l’influence de la Lune sur leur formation (1908). Prévision des dates critiques pouvant amener la formation des cyclones (1910). Le cyclone des 4 et 5 mars 1913 à la Réunion (1913). Les descriptions très précises que donne l’auteur sont toujours d’un grand intérêt.
- Cours d’électricité théorique, par J.-B.Pomey (tome III, T. S. F, et câble téléphonique. Théorie mathématique). 1 vol. VIII-318 p., 41 ûg. Gauthier-Villars, Paris 1931, Prix : 90 fr.
- L’ancien directeur de l’École supérieure des Postes et Télégraphes continue la publication du savant coürs qu’il professa à cette école. Ce 3e volume ne forme pas un tout homogène; il contient l’exposé de diverses questions théoriques, sans lien apparent, mais dont l’étude s’imposait pour tenir les élèves au courant soit du mouvement scientifique général, soit du développement moderne de certains problèmes techniques. Après un rappel des notions mathématiques générales relatives au champ électromagnétique, il étudie les questions suivantes qui toutes exigent des connaissances mathématiques étendues : réflexion et propagation des ondes hertziennes, théorie de l’antenne Beverage; champ électrique produit en présence du sol par le passage d’un courant alternatif dans un fil; notions sur la théorie des diélectriques; principes de calcul tensoriel, application à la théorie de la relativité et à la recherche de ses conséquences dans le domaine électromagnétique, étude du tenseur de Riemann-Christoffel ; théorie du câble téléphonique (formules de Pupin, Campbell, Küpfmüller, Carson, etc.); théorie des filtres électriques, de l’oscillateur à lampes triodes, des oscillations de relaxation, etc.
- Report on the Danish oceanographical Expéditions 1908-1910 to the Méditerranean and adjacent Seas, par Johs. Schmidt. N° 10, 1 vol. in-4, 240 p., 59 üg. Andr. Tred. I-Iost and Son, Copenhague, 1931. Prix : 35 shillings.
- Le monde entier connaît aujourd’hui le Dr Johs Schmidt et ses voyages océanographiques. Leurs résultats paraissent progressive-
- ment, à mesure que les spécialistes dépouillent les faits et étudient les espèces si nombreuses récoltées en haute mer par les navires danois, le Thor, puis le Dana. Voici le dixième volume qui comprend quatre études très différentes : les Sudidae (Paralepis), par Villi. Ege; les Carangidæ par W. Schnakenbeck; les teneurs en nitrate et en phosphate de l’eau méditerranéenne, par Ilelge Tliomsen; les estimations quantitatives de la faune du fond de la mer, sur la côte occidentale d’Italie, dans la baie d’Alger et sur la côte du Portugal, par R. Spârck. Chacune apporte des données toutes nouvelles. Les Paralepis sont des poissons du large, très abondants, semble-t-il, dont on a décrit diverses espèces auxquelles on hésitait à rattacher les formes larvaires et post-larvaires différentes des adultes; les abondantes captures des expéditions danoises ont permis une révision, une mise en ordre et bien des renseignements nouveaux sur la répartition géographique. Môme travail est fait pour les Caranx, les chincliards de nos côtes qu’on trouve aussi au large. Les Anglais ont montré que l’eau de mer contient des quantités de nitrates et de phosphates très variables selon les saisons et milles à certains moments; les analyses du Dana en Méditerranée montrent cette mer très pauvre en ces sels. Pauvres aussi sont ses fonds en quantité de matière vivante et en nombre d’animaux, comparativement avec ceux de la Mer du Nord et de la Baltique depuis longtemps connus.
- Les diastases, par Henri Colin. Tome I. Les hydrolases. 1 vol.
- in-16, 319 p. Doin et Cie, Paris, 1931. Prix : 30 fr.
- Les diastases ou ferments, on le sait, sont des corps élaborés par les êtres vivants, capables de transformer spécifiquement des quantités énormes de matière. Sur leur nature, leur mode d’action, rien n’est clairement connu, malgré l’immense effort des biologistes et des chimistes depuis un siècle. Néanmoins, des gains appréciables viennent d’être réalisés. On tient désormais les diastases pour des agrégats formés d’une substance chimique définie fixée à un support banal de nature colloïdale, ce qui est une façon heureuse de traduire certaines données de l’expérience. Sur les lois d’action des hydrolases, sur la réversibilité de leurs effets, sur leur caractère dissymétrique, sur leur spécificité surtout, sur les variations de leur activité en fonction du milieu, sur la question des coferments, nous possédons aujourd’hui une documentation du plus haut intérêt dont l’industrie aussi bien que la science sont appelées à tirer le plus grand profit. Le professeur de l’Institut catholique de Paris a su heureusement grouper toutes les données récentes sur leur préparation, leur nature, leurs propriétés, leur rôle physiologique. C’est un livre important et qui manquait en France.
- Traité de physiologie normale et pathologique,
- publié sous la direction de G.-H. Roger et Léon Binet. Tome IL
- Alimentation et digestion, 1 vol. in-8, 565 p., fig. Masson et Cie,
- Paris, 1931. Prix : relié, 100 fr.
- Voici paraître le sixième volume du grand traité français de physiologie, qui en comprendra onze. C’est dire que sa publication se poursuit régulièrement et qu’on disposera bientôt d’une vue d’ensemble, complète et actuelle, des phénomènes vitaux chez l’homme, bien mise au point par un ensemble de spécialistes, chacun rédigeant le sujet qu’il a particulièrement expérimenté. Ce nouveau volume est consacré à l’alimentation et à la digestion.
- MM. Desgez et Bierry examinent les aliments, leur composition, les besoins de l’organisme et la ration alimentaire. MM. Wollman et Vagliano étudient spécialement les vitamines, devenues si importantes en ces dernières années. La faim est traitée par M. P. Suner, la soif par M. Binet dans leurs mécanismes complexes. Vient ensuite l’analyse des fônetions du tube digestif : les glandes salivaires, par M. Battez ; l’estomac, par M. Barbier; l’intestin, par MM. Hallion et Gayet; la sécrétion externe du pancréas, par M. Delezenne; l’absorption digestive, par M. Combemale. Les microbes et leurs actions dans le tube digestif, très actives bien que peu étudiées, sont exposés par M. Lisbonne. M. Binet présente les mouvements de préhension, de mastication et de déglutition, puis MM. Carnot et Glénard ceux de l’estomac et de l’intestin. Avec le tome III précédemment paru qui traitait des fonctions hépatiques et de l’excrétion, celui-ci permet de connaître en détail les mécanismes, la physiologie et la chimie du métabolisme, la nutrition, les échanges de matière de l’organisme et de comprendre les troubles des fonctions qui expliquent la pathologie.
- La théorie physico-chimique de /a sexualité, par
- Ph. Joyet-Lavergne. 1 vol. in-16, 103 p., 5 fig. Gaston Doin et Cie,
- Paris, 1932. Prix : 10 fr.
- L’auteur a déjà exposé sa théorie dans un ouvrage plus important dont La Nature a rendu compte. Il y revient ici et, après avoir situé les problèmes de sexualité dans la biologie générale, il développe les deux lois qu’il a proposées : le sexe mâle a un plus grand potentiel d’oxydo-réduction, le sexe femelle des réserves lipoïdes plus abondantes
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos des Chams (n° 2867).
- M. J. J. Claeys, inspecteur du service archéologique de l’Ecole française d’Extrême-Orient, conservateur des monuments historiques de l’Annam-Champa, nous écrit :
- « Votre intéressante revue a publié, sous, la signature de M. Victor Forbin, dans son numéro du 15 octobre 1931, un article fort bien documenté sur « les Chams ». 11 nous est agréable de voir l’intérêt porté par une revue comme la vôtre à un peuple — et aux vestiges archéologiques qu’il a laissés — ayant fait l’objet d’une bonne part des travaux de l’École française d’Extrême-Orient depuis plus de trente ans. Cependant une légère erreur s’est glissée dans l’article de votre collaborateur (avant-dernier alinéa de la page 339) et nous serions heureux de la voir rectifier, tous nos soins tendant a éviter l’état de choses décrit. Il eût suffi pour cela, sinon d’emprunter à un document plus récent que le guide désuet de M. Eberhardt, du moins de ne pas tronquer le passage cité, ce qui en altère légèrement le sens. Voici le début de ce paragraphe : « Le Jardin de Tourane situé à l’extrémité de la ville, près du tennis « de la Douane, et improprement dénommé Musée cham ('), contient « quelques belles pièces provenant des ruines de Tra-Kliiêu et My-Son u mais, n’étant ni clôturé ni surveillé... » etc. Ce qui était valable en 1914, époque où le guide fut édité, ne l’est plus depuis treize ans. En effet, le Musée proprement dit, commencé en 1916, fut achevé en mai 1919 par les soins de M. H. Parmentier, chef du Service archéologique. Entretenu, surveillé, clôturé, constamment amélioré par l’apport de pièces nouvelles, ce Musée est conservé par un correspondant de l’École française d’Extrême-Orient habitant la place, ayant sous ses ordres un secrétaire qui se tient à la disposition du public, des plantons, des jardiniers, etc. Ainsi que vous pouvez vous en rendre compte, nous sommes loin de la description de votre collaborateur. Les visiteurs très nombreux, touristes en quête de vestiges locaux, savants en mission d’étude, artistes à la recherche de documents du passé, se plaisent à reconnaître la hante valeur et la parfaite tenue de ce bâtiment appartenant à l’École française. Enfin, pour achever, sur le sujet des Musées, j’ajouterai que les fouilles faites à Tra-kiêu en 1927-1928 ayant mis
- 1. C’est nous qui soulignons.
- au jour plus de quatre cents pièces sculptées ont permis non seulement de compléter le Musée de Tourane, mais d’améliorer ou de créer des sections chaînes au Musée « Louis Finot » à Hanoi, « Khai-dinh » à Hué et « Blanchard de la Brosse » à Saigon, le premier, de l’École française d’Extrême-Orient, les deux derniers étant placés sous son contrôle scientifique. »
- Taches de goudron.
- Un de nos lecteurs nous écrit :
- « Le n° 2871 du 15 décembre indique, page 576, 2e col, lignes 20 et suivantes, la benzine (ou le beurre) comme dégoudronnant.-—J’ai pratiqué les deux.
- 1° Benzine. — Notoirement insuffisante sur les carrosseries, même si le goudron est très frais. Ce n’est pas étonnant, car si la benzine, hydrocarbure, dissout le goudron, mélange d’hydrocarbures, elle a affaire, pour les taches sur autos, non à du goudron pur, mais à des mélanges complexes, westrumite, etc.
- Le tétrachlorure de carbone subit le même échec, ainsi que les liquides (terriblement chers) d’extincteurs.
- Il existe un produit, dont je me sers depuis deux ans, qui enlève réellement et complètement les éclaboussures, même très anciennes et durcies, qu’on récolte sur les routes fraîchement goudronnées (?) : c’est le Bonnex qu’on trouve chez les agents de Duco et qui me donne toute satisfaction.
- 2° Beurre. — 11 enlève bien le goudron frais, comme j’ai pu le constater après m’être assis, dans l’arsenal de Rochefort, sur un pieu goudronné (!).
- Mais son emploi est bien ennuyeux. M’étant, en cherchant une panne, frotté par mégarde sur l’aile avant de mon auto, qui venait de passer forcément dans du goudron, j’ai eu mon pantalon et mon veston zébrés de taches. A l’étape, un linge absorbant étant, bien entendu, mis sous le vêtement, le Bonnex a tout enlevé. »
- Le prol lèrne du hibou (n° du 15 octobre 1931) :
- Nous avons reçu trop tard pour le signaler dans notre dernier numéro une solution exacte de M. Tsang-Zeu-Kiang, élève du cours supérieur de l’école municipale Franco-Chinoise à Changhaï.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Sonorisation d’un film d’amateur.
- Jusqu’à présent, la plupart des appareils de projection sonore pour amateurs comportent un système d’accompagnement sonore à disques. Avec des disques de vitesse réduite à 33 tours 1/3, on peut obtenir, même avec un diamètre réduit, des accompagnements d’une durée d’au moins 7 à 8 minutes, ce qui est bien suffisant pour une projection ordinaire d’amateur.
- Cependant, on aurait réussi aux États-Unis à établi^ des films d’amateur de 16 mm ne comportant qu’une perforation latérale et portant, de l’autre côté, une bande sur- laquelle les sons sont photographiés comme dans les films sonores actuels de format standard de 35 mm.
- La largeur de cette bande est, de cette manière, assez grande pour permettre d’obtenir une audition correcte; par contre, la vitesse de. déroulement du film est plus réduite que pour les films de format ordinaire standard, de sorte que l’enregistrement des notes de fréquence élevée paraît très malaisé. Un avenir prochain nous montrera si les résultats acoustiques obtenus sont suffisants et comparables tout au moins à ceux qu’on obtient avec des disques.
- Cependant, les amateurs français de cinématographie emploient de préférence du film de 9 mm 5 à perforation, centrale, beaucoup moins coûteux et destiné spécialement aux appareils Pathé-Baby. Il semble pour le moment à peu près impossible, même en théorie, de sonoriser ces films en leur adjoignant une bande photophonique marginale. En effet, non seulement leur largeur est très restreinte, mais encore la vitesse de déroulement est de l’ordre de 10 m par minute,
- alors que la vitesse de déroulement d’une bande photophonique marginale de film universel est de l’ordre de 30 m. La reproduction des notes aiguës deviendrait alors à peu près impossible. C’est pourquoi il semble bien qu’on devra se contenter d’utiliser l’accompagnement sonore par disques pour les films Pathé-Baby', à moins d’adopter une bande photophonique séparée se déroulant beaucoup plus vite que la bande des images, dispositif qui paraît complexe et coûteux.
- Réponse à M. J. B., à Tours.
- Emploi des lampes bigrilles en haute fréquence.
- C’est avec raison que l’on a proposé d’utiliser des lampes à deux grilles comme amplificatrices moyenne fréquence. Sans doute, pour un poste fixe, la réduction de tension plaque que l’on peut ainsi obtenir est un avantage d’importance secondaire, mais le poste récepteur comportant une, deux, ou plusieurs lampes à deux grilles montées ainsi suivant le système compensé, du genre Isodyne par exemple, déjà connu depuis longtemps, constitue un appareil de réglage simple et de fonctionnement régulier. La sensibilité n’est pas plus grande qu’en adoptant des lampes triodes ordinaires, et elle est plutôt plus faible qu’avec des lampes à écran, mais le montage est très stable, la pureté satisfaisante, et le bruit de fond très réduit.
- Dans le cas où l’on se sert d’une lampe bigrille en amplificatrice, il y a intérêt à augmenter ia tension plaque, il existe des types de lampes, par exemple des lampes Fotos, qui fonctionnent avec une tension plaque de 80 volts.
- Si les constructeurs de lampes n’ont pas continué les études dans
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- ce sens, cela tient sans doute à ce que les sans-filistes français utilisent plutôt les lampes bigrilles pour le changement de fréquence. On peut d’ailleurs remarquer que la lampe à deux grilles n’est guère employée qu’en France, les Américains et les Anglais la connaissent fort peu.
- Pour réaliser un montage simple, comportant une lampe haute fréquence à deux grilles, une lampe détectrice et un ou deux étages basse fréquence, il suffit de se procurer, comme pièces supplémentaires, un transformateur haute fréquence convenable avec une prise médiane au primaire. Vous pouvez vous procurer un tel transformateur dit Isophase, aux Établissements Dyna, 43, rue Richer, Paris, 9'°.
- Réponse à M. L. H. à Vitry-le-François (Marne).
- Enregistrement sonore sur disques de gélatine.
- Nous avons déjà donné des détails sur l’enregistrement direct des sons sur disques de gélatine dans nos chroniques de phonographie pratique et de radiophonie. On emploie pour l’enregistrement de ces disques une aiguille à pointe de diamant taillé et, pour la reproduction, une aiguille en acier en forme de bêche recourbée. Vous pouvez trouver des disques et accessoires nécessaires pour l’enregistrement aux établissements André Laporte, 13, rue Félix-Faure, à Paris.
- Réponse à M. Bonoure, à Alger.
- Réception radiophonique à grande distance.
- Étant donné la très grande distance qui séparera votre poste récepteur des stations d’émission européennes, il nous semble difficile que vous obteniez de très bons résultats sur la gamme des ondes moyennes. Il est fort probable que vous entendrez beaucoup mieux les émissions sur ondes très courtes, de.10 à 100 m.
- Pour les recevoir, vous pouvez adopter deux solutions différentes : ou bien utiliser une lampe détectrice à réaction plus ou moins modifiée, du type Schnell, par exemple, suivie d’étages basse fréquence, et précédée, si l’on veut, d’un étage d’amplification haute fréquence à lampe à écran, ou bien un poste à changement de fréquence comportant un système changeur de fréquence fonctionnant sur cette gamme très courte de longueur d’onde.
- Chacun des systèmes a ses inconvénients : le premier est moins sensible, les réglages sont plus délicats pour la réception des émissions radiophoniques, et il est généralement nécessaire d’employer un bon système de collecteur d’ondes, bien que de longueur réduite. Le deuxième est beaucoup plus sensible, les réglages sont plus faciles, mais il peut présenter un bruit de fond et être influencé directement par les parasites atmosphériques s’il n’est pas suffisamment blindé.
- Moyennant l’emploi de bobinages d’accord interchangeables pour le premier, et d’un système d’accord convenable pour le deuxième, les deux procédés peuvent, d’ailleurs, être employés pour la réception sur la gamme normale des émissions européennes, jusqu’à 2000 m de longueur d’onde. Cependant, dans ce cas, le deuxième système à changement de fréquence beaucoup plus sensible devient préférable.
- Pour vous procurer des documents sur les postes récepteurs à ondes courtes de la première catégorie, vous pouvez vous adresser aux établissements Dyna, 43, rue Richer, à Paris, aux établissements Godv, 23, boulevard Beaumarchais, à Paris. Pour les appareils de la 2e catégorie, vous pouvez consulter les établissements Lemouzy, 121, boulevard Saint-Michel, à Paris, ou les établissements Bouchet et Aubi-gnat, 30 bis, rue Cauchy, à Paris.
- Réponse à M. Ali Bermogtchi, à Toulouse (Haute-Garonne).
- Choix d’un poste=récepteur.
- Les appareils fonctionnant à. l’aide du courant d’un secteur sont de deux sortes : tout d’abord, les postes dits « secteur », munis de lampes à chauffage indirect. Ces appareils sont destinés exclusivement à être alimentés par le courant alternatif d’un secteur et ne peuvent être employés pour l’alimentation par batteries. Le chauffage des éléments des cathodes exige en effet une intensité de courant assez élevée de l’ordre de 1 ampère par lampe et la tension plaque est de même assez grande, de telle sorte qu’on arriverait à concevoir des batteries de dimensions et de poids prohibitifs.
- Le seul procédé pratique consiste donc à adopter un appareil à lampes ordinaires, à faible consommation, à filament à oxyde, qui peut être alimenté indifféremment, et sans aucun changement de montage, soit par des batteries, soit par une boîte d’alimentation fournissant du courant redressé et filtré.
- D’autre part, vous désirez pouvoir également recevoir les émissions sur ondes courtes. Il nous semble donc que vous pouvez adopter un appareil à changement de fréquence comportant, par exemple, une lampe bigrille cliangeuse de fréquence, un ou deux étages d’amplification moyenne fréquence à lampes à écran et une lampe détectrice, et une ou deux lampes basse fréquence. Si cet appareil est du type ordinaire, il vous suffira de le faire précéder d’un adaptateur d’un des types qui a déjà été décrit dans nos chroniques. Pour recevoir les ondes courtes sans difficultés, vous pouvez également utiliser un poste à changement de fréquence dit « toutes ondes » construit spécialement pour la réception à volonté des ondes courtes et des ondes moyennes à l’aide d’un système changeur de fréquence établi en conséquence.
- Voici des constructeurs qui pourront vous fournir soit un poste à changement de fréquence à adaptateur séparé avec alimentation par courant redressé, soit un poste « toutes ondes » : Gody, 24, boulevard Beaumarchais, à Paris ; Lemouzy, 121, boulevard Saint-Michel, à Paris; Bouchet et Aubignat, 30 bis, rue Cauchy, à Paris.
- Un poste de ce genre est relativement peu transportable, mais on peut pourtant l’établir dans une valise. Il ne semble pas d’ailleurs que l’avantage de cette présentation soit très grand.
- Réponse à Mlle P..., à Lyon (Rhône).
- Amélioration d’un phonographe à reproduction mécanique.
- Un phonographe à reproduction mécanique est un appareil très simple, les défauts de l’audition ne peuvent donc provenir que du diaphragme ou de la forme défectueuse du pavillon acoustique. Nous ne vous conseillons pas d’essayer de régler vous-même votre diaphragme. Il vaut mieux faire effectuer cette opération par le fabricant, et le changer s’il y a lieu contre un autre modèle plus perfectionné. Le prix d’un diaphragme n’est d’ailleurs jamais très élevé. Voir à ce sujet Le Phonographe et ses merveilleux progrès (Masson, éditeur). Vous pouvez vous procurer une pièce de ce genre aux établissements Diedrichs, 13, rue Bleue, à Paris (marque Thorens).
- Si le coffret comprenant votre phonographe a des dimensions assez grandes, vous pouvez essayer de remplacer votre pavillon par un autre de forme mieux étudiée et permettant une meilleure reproduction des notes graves. On trouve des pavillons de ce genre en tôle plombée par exemple et de formes plus ou moins exponentielles dans le commerce.
- On a tendance actuellement à utiliser des adaptateurs extérieurs au coffret lui-même; ils ne sont pas très esthétiques et donnent au phonographe transformé une apparence d’autrefois, mais ils peuvent améliorer dans de très grandes proportions la qualité des reproductions. Nous avons décrit récemment dans la revue un dispositif de ce genre, et il y en a d’autres plus ou moins pratiques qui rencontreront sans doute un certain succès aûprès des possesseurs d’appareils phonographiques portatifs mal étudiés.
- Réponse à M. Carpentier, à Nantes (L.-I.).
- De tout un peu.
- Mme Marcel Ott, aux Arcs-sur-Argens. —Vous pourrez très facilement préparer une excellente eau de lavande ambrée en prenant: Essence de lavande Mitcham .... 25 cm3
- Eau de Cologne fine................. 500 —
- Alcool à 90°........................ 500 —
- Solution d’ambre gris au centième. . 5 —
- Colorer par une quantité suffisante de caramel pour obtenir un brun clair, mélanger, filtrer au papier.
- M. Le Grand, à Rouen. — On obtient les irisations sur les verres soufflés en appliquant à leur surface une solution d’un sel d’argent, puis en faisant agir une flamme réductrice, ce qui a pour effet de mettre en liberté une mince couche d’argent qui est d’un jaune brun.
- Après refroidissement on répète l’opération et procède à un nouveau chauffage; ce n’est qu’après une série de chauffages et refroidissements répétés que l’irisation se produit; elle est due au phénomène bien connu des lames minces superposées (anneaux de Newton).
- Les verres plombeux, type cristal, conviennent particulièrement à cette réalisation.
- M. Delorme, à l’Arbresle. —- L’examen du prospectus que vous nous avez soumis ne nous permet pas de préjuger du procédé qui a été employé pour l’obtenir, plusieurs techniques pouvant être appliquées.
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- M. Thévenin, à Lyon. •— 1° Les mastics employés pour les réparations de toitures sont constitués par de l’asphalte mélangé soit à du mica, soit à de l’amiante en poudre, la plasticité nécessaire lui est donnée par addition d’une quantité suffisante de benzine, laquelle après évaporation laisse un enduit solide tout en étant souple, ne se fendillant pas et présentant une grande adhérence, lorsqu’il est appliqué sur des parties bien sèches.
- N. B. — Avoir soin d’employer de l’asphalte vrai et non un produit artificiel. Voici, éventuellement, quelques adresses : Société l’Asphalte, 26, rue Bassano; Compagnie parisienne des Asphaltes, 33 bis, rue de Moscou; Les Asphaltes du Centre, 26, rue Cambon; Société Asphalted, 10, rue Duvergier (19e).
- 2° Le liquide qui imprègne la sciure de bois destinée à absorber la poussière des parquets, est simplement une solution de chlorure de magnésium à 20° Baume.
- M. Trojain, à Castifao. — Les efflorescences que vous avez observées sont dues à l’urée provenant de la sueur, elles disparaîtront facilement à l’eau tiède.
- Si les couleurs sont passées, il n’y a pas d’autre remède qu’une reteinture; mais le mieux est de modérer la transpiration, par lavage matin et soir, à l’eau tiède formolce, contenant une cuillerée à café de formol du commerce par cuvette d’eau.
- M. Blum, à Montrouge, et M. Perroy, à Saint-Saturnin. — Si la flamme de votre brûleur cesse d’Ctre bleue et devient éclairante, c’est que l’arrivée d’air est insuffisante et c’est de ce côté que doivent porter vos investigations.
- Dans le cas où le mauvais fonctionnement serait dû à l’obstruction du pointeau, ce que caractériserait une diminution du débit, il faudrait dévisser celui-ci et après l’avoir laissé quelque temps dans la benzine, l’épingler avec une tige métallique très fine.
- M. Aguirre Plata, à Bigola. — Les encres à tampon pour cachets en laiton doivent être des encres grasses, c’est pourquoi les encres courantes pour cachets en caoutchouc, qui sont à l’eau glycérinée, ne conviennent pas.
- Pour obtenir les encres grasses, il suffit de broyer ensemble longuement :
- Noir de fumée...........................15 grammes
- Huile de lin cuite......................85 —
- N. B. — Il est essentiel d’employer de l’huile cuite, c’est-à-dire siccativée.
- Pour les encres bleues ou rouges, remplacer le noir de fumée par de l’indigo ou du cinabre.
- Séminaire de Flavigny. — Pour détruire les racines de lierre qui sont restées incrustées dans les joints des murs, le mieux et le plus économique est de passer un lait de chaux assez concentré ; si une teinte bleutée ne présentait pas d’inconvénient, on pourrait ajouter au lait de chaux une solution de sulfate de cuivre (vitriol bleu).
- P. L. E., Suisse. — Lorsque le tabac à fumer se présente trop sec pour la confection facile des cigarettes, on peut lui rendre sa souplesse en l’exposant quelques minutes à la vapeur d’eau.
- Une disposition commode consiste à mettre le paquet de tabac débarrassé de son enveloppe, mais sans y toucher autrement, pour ne pas casser les fibres, sur une toile métallique que l’on plâoe au-dessus d’une casserole dans laquelle on fait bouillir de l’eau. On voit aussitôt le tabac se gonfler « s’épanouir » et reprendre ses qualités premières, sans être mouillé, ni-perdre de son arôme, si on a soin de le retirer aussitôt le but atteint.
- On pourra ensuite conserver au tabac son humidité normale en mettant dans le pot à tabac une carotte, suivant le procédé classique qui a motivé l’adoption de ce légume comme enseigne des bureaux de tabac.
- Ecole d’horlogerie de Paris. — Nous ne connaissons pas la composition de la spécialité qui vous intéresse.
- M. Groube, à Fez. — Pour coller du velours sur les pièces métalliques, il vous suffira d’employer, le vernis à la gomme laque que l’on trouve chez les marchands de couleurs ou que vous pourrez préparer en prenant :
- Gomme laque . .................. 150 grammes
- Alcool à 95°......................... 1000 cm5
- Ce vernis a l’avantage de résister à l’humidité, qualité que ne présentent pas les colles genre seccotine qui sont, au contraire, très hygrométriques.
- M. Schweitzer, à Paris. — Les cuirs à rasoirs sont des cuirs dits
- « plein suif » qui ont été corroyés de façon à leur faire retenir 35 à 40 pour 100 de leur poids de suif.
- L’un des cuirs collé sur la monture en bois est laissé tel quel, il sert au finissage du fil du rasoir; le cuir placé sur l’autre face et qui sert au début de l’affûtage est enduit d’une pâte composée de :
- Saindoux................................40 grammes
- Cire d’abeilles.........................20 —
- Sanguine ou ardoise porplujrisées .... 40 —
- M. Liègeard, à Brochon. — Dans la majeure partie des cas, les
- encres pour stylos sont à base de bleu de méthylène, c'est pourquoi on peut avec facilité en faire disparaître les taches malencontreuses de la façon suivante :
- Si l’article taché est blanc, on imbibera la tache avec précaution de quelques gouttes d’un mélange de :
- Eau de javel...................................20 cm3
- Eau ordinaire..................................75 —
- Acide chlorhydrique............................ 5 •—
- Une fois la tache disparue, on rince soigneusement avec un tampon de coton hydrophile imprégné d’eau pure.
- Lorsque le support a reçu une teinture, il faut remplacer l’acide chlorhydrique par de l’acide acétique (vinaigre); la [tache disparaît moins rapidement mais le résultat est le même.
- Enfin pour des couleurs très fragiles on ne devra employer aucun acide qui pourrait agir sur le fond et on se contentera d’employer l’alcool à brûler, en remplaçant chaque fois le tampon aussitôt qu’il aura absorbé de l’encre et on répétera l’opération jusqu’à obtentioxr du résultat cherché.
- Mme Gasc, à Pézenas. — 11 est à craindre que les cyanures contenus dans le crud n’aient déjà produit sur vos tilleuls et palmiers un effet toxique très avancé.
- Si le mal n’est pas trop accentué vous pourrez dans une certaine mesure y remédier en arrosant le sol avec une solution de sulfate ferreux (vitriol vert) à 5 pour 100, qui neutralisera les cyanures en donnant du bleu de Turnbull inoffensif.
- M. Ritzenthalen, à Schonbubl. — Le Innhet anglais est simplement notre fromage à la crème. Dans le cas qui vous intéresse, si la coagulation demande 20 minutes, comme vous le dites, c’est qu’elle est due au Labferment contenu dans la présure extraite de la caillette des jeunes veaux, nous ne croyons pas à l’intervention d’un produit chimique agissant par son acidité dont l’action serait instantanée.
- M. de Aranjo Lima, à Sao Paulo. —• Pour que les étiquettes soient adhérentes au fer-blanc il faut que la colle employée soit alcaline; on peut prendre comme type d’une préparation de ce genre :
- Gomme du Sénégal.......................... 50 grammes
- Eau ordinaire.............................100 •—
- Carbonate de soude......................... 10 grammes
- L’étain étant soluble dans les alcalis en donnant des stannates, il en résulte que celui-ci est légèrement attaqué, il devient ainsi rugueux, ce qui favorise l’adhérence.
- N. B. — La gomme du Sénégal est désignée couramment sous le nom de gomme arabique.
- M. Cousin, à Nimes. — Dans le même but que celui envisagé dans la réponse ci-dessus on peut également employer comme colle alcaline la formule suivante :
- Caséine en poudre...........................50 grammes
- Chaux éteinte en poudre.....................30 —
- Carbonate de soude (cristaux du commerce) . 20 —
- Rendre homogène par broyage, délayer au moment de l’emploi dans un peu d’eau tiède.
- M. Desbaudt, à Courtrai. — Les couleurs pour l'aquarelle sont constituées très simplement par des pigments minéraux ou des laques (couleurs précipitées par le sulfate de baryte) agglutinés au moyen d’une solution de gomme arabique à 35 pour 100.
- Les principaux pigments employés sont le jaune de Naples, le bleu de cobalt, la laque carminée de cochenille, le sulfure de cadmium.
- On comprime ensuite fortement en plaquettes, puis on sèche à l’étuve.
- Les couleurs moites sont additionnées d’un peu de glycérine pour-leur conserver au contraire une certaine hygroscopicité.
- Bibliographie : Les Peintures, par Coffignier. Éditeur Baillière, 19, rue Hautefeuille; Couleurs et pigments, par Margival. Éditeur Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins.
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Fig. 1.— La Montagne de Thaurac et l’entrée de la grotte des Demoiselles à Sainl-Bauzille-de-Pulois (Hérault).
- Fig. 2. — La salle des Grandes Orgues dans la grotte des Demoiselles récemment inaugurée. (Photo Keystone.)
- Fig. 3;
- Le premier cohêreur de Dranlg vient d être admis au Musée du
- Conservatoire des
- Arts et Métiers.
- (Phot. Wide World.)
- Fig. 4. — On vient de revêtir d’un tapis de caoutchouc la chaussée d'une rue de Paris pour amortir les bruits de la rue.
- (Photo Keystone.)
- Fig. 5 et 6.
- Lapremière automobile de Serpollet, à vapeur, récemment admise au Musée du Conservatoire des Arts et Métiers.
- (Photo Wide World.)
- Fig. 7.
- L'avion rapide de Lowell R. Bayles, qui a battu récemment un record de vitesse américain de 456 km à l’heure.
- (Ph. Keystone.)
- Le Gérant : G. Masson.
- 1928. — Pari.', lmp. Lahcre. — 15-1-1902
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- 7V° 2874. — Ier, Féorier 1932. \f Prix du Numéro : 4 francs
- Parait le ier et le i5 de chaque mois. pour la vente en France. j
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- Paraît le l*r et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Ci4, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI* (1{. C. Stittt : 1S.234) Tel. Danton So-tt.
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n“), 90 fr. ; — 6 mois (12 n"), 45 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 4 fr.
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n"), 105 fr. ; — 6 mois (12 n”) 53 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarifai j ^ ..........
- 110 fr. 55 fr.
- Tarif n' 2
- Un ix..................
- Six mois..............
- 130 fr. 65 fr.
- Tarif extérieur n* 1 valable pour tous les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chilie, Colombie, Congo belge, Costa-Bica, Cuba, Egypte. Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce. Guatemala, Haïti, Iledjaz, Honduras, Hongrie, Lettonie, Liberia. Lilhuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U.R.S. S.), San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela. Tarif extérieur n* 2 valable pour les autres pays.
- Réglement par mandat, chèques postaux (compte n* 599, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et Ci#, sur une banque de Paris.
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- N" 2874.
- LA NATURE
- Ier Février 1932.
- Les expériences sur les peintures sont rares. Après celles de Clievreul, après celles de Stas, au milieu du xixe siècle, nous avons seulement les expériences américaines de Gardner et de son. école, à partir de 1907.
- M. J.-L. Breton, membre de l’Académie des Sciences, directeur de l’Ofïice national des Recherches et des Inventions, et l’un des artisans de la prohibition de la céruse, s’est proposé de rechercher la valeur des succédanés proposés actuellement en remplacement.
- Ces recherches, confiées à M. Vila, chimiste de l’Institut Pasteur, se sont poursuivies de 1921 à 1926 au laboratoire, puis postérieurement à cette dernière date sur des murs extérieurs. Le rapport résumant neuf années d’études a paru dans Recherches et Inventions (septembre 1930).
- Nous nous proposons, puisqu’il s’agit de durée, de chercher dans le passé quelles sortes de peintures ont été employées, lesquelles ont résisté et pourquoi elles ont pu parvenir jusqu’à nous.
- Les besoins qui ont conduit l’homme à se vêtir l’ont en même temps amené à recouvrir d’un enduit protecteur et décoratif les objets périssables qu’il avait façonnés et qu’il tenait à conserver. La protection contre la chaleur, la lumière, l’électricité ne s’obtient qu’au moyen de corps isolants. Il est donc normal de rencontrer dans les peintures les substances éminemment isolantes que sont les colloïdes.
- En outre, le désir d’orner exige l’emploi d’un pigment; ce dernier, lui-même, souvent un colloïde, peut posséder des qualités protectrices diverses. Tels sont les deux éléments essentiels de toute peinture.
- Comme exemple de protection diverse des pigments,
- nous citerons remploi de sels de cuivre comme antiseptiques contre les ophtalmies. Depuis au moins les temps néolithiques, les anciens habitants de l’Egypte se fardaient le bord des paupières et dessinaient leurs yeux au moyen d’un minerai de cuivre broyé avec une graisse sur des palettes en schiste. Les fouilles ont exhumé quantité de ces palettes usées au centre et retenant une petite masse de carbonate de cuivre broyé. Des palettes analogues ont été trouvées dans quantité de pays.
- Nous aimons à croire, second exemple, que les peintures corporelles rouges dont l’origine est extrêmement ancienne et qui s’exécutaient encore chez les Romains de l’époque classique à l’occasion de certaines fêtes, sur les images des dieux et sur le corps des triomphateurs (Pline, XXXIII, 36), avec du vermillon, c’est-à-dire avec un onguent mercuriel et non avec d’autres substances, étaient au même titre que les autres onctions, que les tonsures, que les ablutions et les purifications de toute nature, la survivance d’un moyen efficace de débarrasser le corps de parasites gênants.
- Comme troisième exemple, nous citerons les peintures sous-marines dont le pigment est un poison pour les algues
- et les mollusques qui voudraient s’attacher aux coques des navires.
- LES MATIÈRES
- Les pigments et les liants que l’homme a choisis jouaient déjà dans la nature ces mêmes rôles.
- Les matières minérales les plus employées comme pigments sont celles que l’on trouve déjà formées en couches superficielles autour des métaux (rouille, blanc de zinc, céruse), ou autour des filons (sulfate de baryum, carbonate de calcium). Nous ne ferons pas
- Fig. 2. — Bison « bondissant », peinture polychrome du plafond de la caverne d'Altamira {Espagne), d’après Cartailhac et Breuil.
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- Fig. .'1. — Cerfs rouge et noir peints sur un rocher, dans le lias Aragon,
- d'après lîmiil et Cabré Affuiln.
- J'histoire des pigments et nous signalons seulement que la découverte de chacun d’eux a doté l’humanité d’un moyen d’expression nouveau à tel point que la découverte du vert émeraude a marqué la naissance de l’école paysagiste de 1830 et que la décou i?
- verte des couleurs d’aniline a marqué la naissance de l’école impressionniste.
- Les liants les plus employés sont des matières animales ou végétales choisies parmi les tissus protecteurs (colle de peau, cellulose) et parmi les exsudats qui font peau et se prennent en masse en un court temps pour obturer les blessures (fibrine, caséine, gommes, huiles siccatives, certains latex). La propolis et lés cires enfin sont déjà des enduits protecteurs tout élaborés. Dans leur pays d’origine, ces liants sont abondants et l’observation de leur qualité tombe sous les sens des hommes les plus primitifs. Ils paraissent avoir été employés depuis les temps les plus reculés. Leur diffusion dans l’espace, par contre, semble avoir été lente et toujours temporaire en dehors des pays d’origine.
- PEINTURES PALÉOLITHIQUES
- Dans les peintures les plus anciennes que les fouilles découvrent (fig. 2 et 3), les liants qui étaient en matière non minérale sont détruits et la jareuve de l’emploi d’un colloïde déterminé nous échappe. Le pigment n’est resté en place que par le hasard heureux d’un sédiment protecteur.
- Les peintures aurignaciennes, solutréennes et magdaléniennes du midi de la France et du nord de l’Espagne contenaient comme pigments des oxydes (manganèse et fer oligiste). Elles se sont conservées uniquement aux endroits où deux conditions ont cté toujours remplies : 1° loin des entrées des grottes; 2° là où un enduit de carbonate de chaux a pu se former grâce à la composition des eaux de suintement.
- Partout, au contraire, où il y a eu condensation d eau atmosphérique, la peinture s’est détruite, en même temps d’ailleurs que la roche. Dans la grotte de la Méaza,.où la condensation est active, il ne reste qu’un petit panneau où
- se distingue un petit signe ponctué rouge. Dans toutes les grottes encore peintes, les entrées ne sont que des trous de laible dimension : c’est ce qui a préservé du contact de ’air; à Niaux, les peintures sont à 772 mètres de l’entrée; ’air y est absolument calme et les fumées restent pluie urs jours en suspension dans l’air. Pour ces peintures, l'eau n’a pas été un agent de destruction ; car. été comme hiver, les parois sont mouillées par suintement.
- La pellicule de carbonate de chaux déposée par les eaux recouvre à la fois les parties peintes et les parties non >eintes. Au moment de la peinture, la paroi était brillante et polie par le Ira va d des eaux vives et sableuses qui avaient creusé la grotte. Aujourd’hui, on retrouve encore cette surface polie en grattant la peinture avec la couche de carbonate de chaux; on ne la retrouve plus aux endroits non peints parce que la pellicule fait corps avec la roche de même composition qu’elle. Cette différence (>st parfaitement nette et permet de retrouver des tracés quand le pigment est parti. Un liant qui n’aurait pas exercé une répulsion sur l’eau, n’aurait pas pu produire un effet aussi net et ceci tend à faire supposer que le liant employé par ces artistes primitifs était gras. Cette hypothèse est rendue acceptable parle fait certain des pein-Iurès corporelles qui ne peuvent tenu que grasses et qui 'étaient très employées.
- PEINTURES ÉGYPTIENNES ; LA DÉTREMPE
- En Egypte, nous avons des peintures de toute époque depuis le néolithique, c’est-à-dire depuis la fin du 4e millénaire avant l’ère chrétienne. Ces peintures se sont conservées par un mécanisme analogue au précédent : elles ont été isolées de l’air extérieur par un dépôt de sable extraordinairement sec en toute saison, puisqu’il ne pleut presque jamais en Egypte. Cette sécheresse du climat égyptien les a en outre préservées de l’eau de suintement qui, contrairement au cas précédent, les aurait délimites.
- Les liants nous sont inconnus. Il est certain qu’ils sont, nombreux et assortis aux subjectiles ou, sur un même subjectile, assortis aux pigments. Des bas-reliefs en calcaire de la XV IIIe dynastie sont recouverts, sur les fonds, de peinture jaune et, sur les chairs des hommes, de peinture rouge qui toutes deux tiennent parfaitement tandis que les chevelures peintes en noir bleu s’effacent au frottement. Dans la plupart des tombes, il est peu probable que le liant, ait été gras, car l’enduit sur lequel repose la peinture est un plâtre mélangé de chaux qui aurait saponifié les huiles. Ces peintures, bien que dénommées fresques, n’en sont certainemént pas, car la peinture n’est pas incorporée au subjectile et n’est pas recouverte d’une pellicule de carbonate de chaux. Ces peintures sont des détrempes faites avec un colloïde indéterminable et que l’on croit avoir été soit de la colle de peau, soit de la gomme arabique, en raison de l’abondance locale et du trafic de cette substance.
- Les peintres néolithiques égyptiens utilisaient comme pigment blanc le plâtre. Les autres pigments de la tombe néolithique d’Hiéraconpolis n’ont pas été déterminés et il ne faudrait pas être surpris d’en trouver d’artificiels ;
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- car dès la Ire dynastie on sait, en Egypte, fabriquer la faïence émaillée, c’est-à-dire du verre de couleur qu’il suffit de broyer pour avoir des pigments.
- Les temples de l’ancien empire, ceux, des pyramides des 'IVe et Ve dynasties étaient polychromes non seulement par les matériaux mais encore par les rehauts de peinture qui détachaient les ornements, par exemple en vert sur la pierre rouge.
- La sculpture de l’ancien empire était peinte et nous montre que la peint ure corporelle des hommes était rouge et celle des femmes blanche. lTne peinture célèbre de la
- 1 I Ie dynastie, les oies de Meïdonn flig. 1), montre l’emploi d’un grand nombre de pigments.
- Il semble que le liant égyptien ait eu tendance à s’user plus vite sur les parties en saillie et à s’en détacher, car à partir de la XIIe dynastie, on recouvre de stuc (?) les parties sculptées. Cela n’est pas un moyen de perfectionner le poli, comme on pourrait le croire, car il est parfait sous le stuc. Ce ne peut être que pour introduire un agent de liaison ayant des affinités à la fois pour la pierre et pour-la peinture.
- La période la plus florissante de la peinture est celle des XVIIIe et XIXe dynasties en raison de l’abandon de la sculpture et de l’emploi exclusif de la peinture pour la décoration murale des tombes.
- On rencontre parfois, dans les tombes, des pains de couleur et de petits mortiers en faïence avec leur molette pour broyer les couleurs. Ces couleurs sont au nombre de
- 2 à 9. Le musée du Louvre possède toute une vitrine de palettes en bois creusées de godets et encore pourvues de couleurs. On y a trouvé un indigo végétal et naturellement la fritte d’Alexandrie analysée par Chaptal en 1809 et composée de silice, cuivre, chaux et soude. Les blancs sont formés de chaux, de plâtre ou d’un émail pulvérisé. Les jaunes, rouges et bruns sont des ocres. On trouvera des renseignements sur ce sujet dans « Dissertation sur l’emploi des couleurs, vernis et des émaux dans l’ancienne Égypte » par Mérimée, secrétaire perpétuel de l’Académie des Beaux-Arts ('). La fabrication des couleurs céramiques nous est connue par la trouvaille d’un atelier de fabrication à Tell-el-Amarna.
- Les objets mobiliers et en particulier les sarcophages en bois et en carton étaient vernis par-dessus la détrempe. Ces vernis ont, aA^ec le temps, acquis une dureté extrême, ce qui n’a pas lieu de nous surprendre, puisque les gommes fossiles, les plus dures de toutes, n’ont été à l’origine que des gemmes.
- La première nouveauté en Égypte est l’emploi, fréquent à partir de l’époque ptolémaïque jusqu’à l’époque byzantine, des encaustiques (terme formé d’une racine grecque signifiant brûler et désignant à la fois les peintures céramiques ou émaux et les peintures appliquées à chaud), ün retrouve en nombre des portraits sur bois peints à la cire. Ces peintures grasses, et par suite différentes dès le principe des autres peintures égyptiennes, procèdent d’un besoin qui ne se fait pas sentir en Égypte, où il ne pleut pas, et où les murs ne condensent pas l’humidité de
- 1. Publié par Passalacqua à la suite de son catalogue. Yoir en outre l’analyse des couleurs dans Prisse. Histoire de l’art égyptien, p. 292-295.
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- l’air. Les peintures grasses ne deA^aient pas être à la mode longtemps en Égypte; les maçonneries en ciment bvzan-lines saponifient, en effet, les peintures grasses. Les bois seuls pouvaient être peints à l’huile.
- PEINTURES CRETOISES - LA FRESQUE
- En Crète, dès le début du 2e millénaire, on peint à fresque sur mortier de chaux. Ici, c’est la qualité du procédé qui a assuré la conservation dans un pays où il pleut et ou les ruines sont enterrées dans une terre arable et par suite mouillée et riche en ferments de toute nature.
- Ces peintures sont désignées tantôt sous le nom de lresque et tantôt sous celui de stuc peint (en anglais stuc pamt); c’est là une confusion dont les lexicographes sont responsables. Ceux-ci décrient le stuc comme un mortier fait de marbre blanc puUérisé ou de plâtre fin mêlé aA^ec de la chaux ou de la colle lorte. Cette définition mélange des procédés différents qu’il convient de distinguer.
- 1° Mortier de chaux. Il se compose de chaux et de sable de qualités définies délayés dans l’eau puis corroyés. Une addition de brique pilée ou d’argile calcinée donne un ciment (phénicien, romain). Les traités de chimie expliquent le durcissement de ces mortiers. Ce mortier se peint
- Fig. 4. — Le roi aux fleurs de Igs. Musée de Candie. Photo Giraudon.
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- à la fresque comme nous l’expliquerons dans un instant.
- 2° Mortier à la colle. Le stuc proprement dit est un enduit mêlé de plâtre et de poussière de marbre liés par une colle de peau ou de poisson. Le stuc n’est pas peint le plus souvent et est coloré dans la masse par des pigments, ce que l’on ne peut pas faire dans le cas précédent parce que la chaux détruit un grand nombre de pigments. Enfin, dans un procédé très moderne, on étale une pâte de stuc mêlée de peinture à l’huile; c’est là le stuc paint. Le stuc ne peut être, à la différence du mortier de chaux, qu’un enduit pour l’intérieur, car il est soluble dans l’eau et constitue un milieu de choix pour les ferments, ce qui fait qu’il se salpêtre à toute occasion favorable. Sous le climat de la Crète ou de la Grèce, on peut être certain que les fouilles n’exhument point de stuc sauf protection spéciale.
- Le stuc est particulier à l’Italie et à une partie de la Suisse, presque à toute époque. Il a été amené en France par la conquête romaine et y a subsisté jusqu’après les Carolingiens. Le procédé était perdu en France au xviie siècle et nous trouvons dans les « Comptes des bâtiments du roi » mention des stucateurs italiens payés pour décorer les appartements de Marie de Médicis au Louvre, Le procédé revenait une nouvelle fois d’Italie.
- Enfin nous mentionnons un « stuc à la fresque » qui s’applique sur plâtre et se compose de pierre calcaire pilée et de chaux. Cé dernier procédé n’a que la solidité du plâtre.
- Si nous insistons sur ces distinctions entre procédés durables et non durables, c’est parce que la confusion gagne les artistes qui croyant rénover la fresque se laissent abuser par des mixtures sans qualité.
- La peinture à fresque consiste en une peinture à l’eau de chaux appliquée sur enduit au mortier de chaux et le jour même de la confection de l’enduit. L’enduit lui-même se compose de plusieurs couches, les plus profondes à gros grains et la dernière à grain très fin, chacune appliquée sur la précédente encore humide. Dans la composition de ces enduits entrent du calcaire pilé, un sable et une chaux déterminés. La réussite de l’ouvrage dépend de la qualité de la chaux. Sont seules convenables, d’après les Italiens de la Renaissance, le-s chaux de calcaires récents, tufs ou travertins. La proportion d’eau employée au délayage a une grande influence sur le fissurage dans l’avenir.
- Les réactions chimiques de la fresque sont comparables à celle qui produisent le calcin des pierres de taille. L’exsudation de 1’ « eau de carrière » revêt la pierre d’une croûte qui, sous l’action de l’acide carbonique de l’air, acquiert une dureté plus grande que celle de l’intérieur de la pierre.
- La nécessité d’une chaux de composition particulière nous montre que la fresque n’est pratique que dans les pays ayant quantité de carrières convenables ; la Crète en est un, la Grèce et l’Italie également.
- Nous avons fait une distinction de principe entre le procédé égyptien de la détrempe et le procédé crétois de la fresque; cette distinction n’est plus absolue à la fin de l’opération et pour certains pigments qui déposent rapidement dans l’eau de chaux, on ajoute parfois de la colle au liquide.
- La fresque est en décadence complète. Pendant un court temps, du xvne au xve siècle avant notre ère, et à Cnosse presque exclusivement, la Crète a produit des
- chefs-d’œuvre dont la maîtrise n’a jamais été égalée. Les artistes de Cnosse combinèrent la plastique avec la fresque (fig. 4). Les fouilleurs ont retrouvé des bas-reliefs, le roi aux fleurs de lis, de dimension plus grande que nature, des fragments de scènes à personnages multiples : femmes richement habillées, courses de taureaux, etc... Enfin, les Crétois ont sculpté de vrais reliefs comme celui qui surmontait l’entrée Nord du palais, relief qui, d’après les fragments recueillis, comprenait plusieurs hommes et au moins deux taureaux, le tout plus grand que nature.
- Comme la maçonnerie d’un tel ouvrage doit se monter sans interruption, comme la peinture doit s’exécuter sans recherche de dessin ni de ton, avec des couleurs dont le ton ne se jugera qu’après séchage, comme aucune retouche n’est possible ni dans la maçonnerie ni dans la peinture, comme, en un mot, les artistes ont dû travailler « de mémoire », on se demande où et comment les études préliminaires à des ouvrages aussi vastes ont pu se poursuivre, car il est impossible à des artistes, de quelque époque que ce soit, d’exécuter de premier jet et sans retouche un groupe colossal. Ceci nous conduit à admettre, contrairement à l’opinion générale, l’existence d’une grande statuaire crétoise dont rien n’a encore été retrouvé.
- La simple mesure de l’épaisseur de l’enduit sur lequel repose la fresque permet de saisir la décadence du procédé. A Délos, le dernier enduit, celui qui a reçu la peinture, a une épaisseur de 2 à 5 mm; il est appliqué sur une double couche de mortier de 2 à 3 cm d’épaisseur. En certains endroits, il y a 3, 4 et 5 couches (*). A Rome et à Pompéi, le revêtement sur lequel repose la fresque a une épaisseur qui atteint souvent 7 à 8 cm (L>). Pline (xxxvi-55) indique que l’enduit ne peut être brillant à moins de 3 couches de sable et 2 de marbre pilé. Dans le même chapitre, Pline nous apprend que d’anciennes lois sur la construction édictaient que nul entrepreneur n’emploie de mortier qui ait moins de 3 ans. Ainsi, dit-il, les murs ne se faïençaient-ils pas. Cette mise en réserve, à fin de mûrissement, s’est conservée en France, au moins pour les travaux de fortification, jusqu’au xvme siècle. Le nom de repous (repositum) donné à ces mortiers l’indique. Dans les travaux civils, la tradition en était perdue depuis longtemps. Les fresquistes modernes n’emploient pas le mortier frais, qui est trop « fougueux » et le conservent plusieurs semaines.
- L’enduit des loges du Vatican, décorées d’après les dessins de Raphaël, n’a que 3 mm d’épaisseur ; aussi une grande partie de la peinture est-elle tombée. Les fresques de la Renaissance sont toutes sur enduit mince et elles sont très faïencées, la planimétrie du mur est défectueuse et la suture de la portion d’enduit posée chaque matin avec les portions plus anciennes se discerne facilement. Dans les fresques de Pompéi, on ne remarque ni les inégalités de la surface ni ces sutures; c’est que l’enduit plus épais restait humide plus longtemps.
- (A suivre,) F. Pupil.
- 1. Bulard. Les peintures murales et mosaïques de Délos. Fondation Piot, Monuments et Mémoires, t. XIV, p. 180 et 181.
- 2. O. - Donner. Die erhaltenen Antiken Wandmalereien in tech-nicher Beziehung, en tête du livre de Helblg, Wandgemalde der vom Vesuu verschülteten Staedle Campaniens} 1868.
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- LA TÉLÉVISION SOUS-MARINE = 101
- La télévision vient de trouver une application des plus intéressantes, grâce à une invention du Dr. H. Hartmann, océanographe réputé. L’appareil qu’il a imaginé est destiné à reproduire et à enregistrer photographiquement des scènes ou des paysages du milieu sous-marin. Il comporte un émetteur de télévision, muni de sources de lumière très intenses et un cinématographe commandé par l’électricité et qui, à tout moment, permet de photographier ce que l’on veut lixer sur la pellicule.
- Au lieu de descendre lui-même au fond de la mer, l’observateur reste confortablement assis à bord du navire dans une pièce où l’obscurité a été faite, tandis que le transmetteur télévisuel, suspendu à un câble électrique, est descendu dans la mer. L’image télévisuelle apparaît sur un écran dans la pièce obscure et permet à l’observateur d’assister aux scènes qui se déroulent au sein de la mer.Lorsque survient un fait particulièrement intéressant, il n’a qu’à presser un bouton de contact pour faire fonctionner immédiatement l’appareil cinématographique et pour photographier ce qui lui paraît mériter d’être retenu. Bien plus, les images télévisuelles — dûment amplifiées — pourront s’envoler du poste de bord de T.S.F. vers les stations émettrices, d’où elles seront radiodiffusées. Et chez eux, les amateurs de radiodiffusion et de télévision, dans leurs paisibles intérieurs, se donneront sans fatigue l’illusion de l’exploration sous-marine : devant leurs yeux se reconstitueront des scènes, souvent des drames qui se jouent bien loin, au fond de la mer. Comme la lumière attire les poissons et autres animaux marins, on assistera, sans doute, devant l’appareil brillamment éclairé à d’émouvants combats entre habitants des profondeurs de la mer.
- Le téléviseur sous-marin du Dr Hartmann comporte une sphère en acier, aux parois épaisses, dont le couvercle latéral porte une série de lentilles en quartz, disposées en cercle et à travers lesquelles la lumière de plusieurs projecteurs se diffuse dans l’eau. Deux petites lentilles sont disposées au centre du couvercle. L’image de la scène extérieure tombe, à travers l’une d’elles, sur un disque de Nipkow (à perforations réparties sur une spirale) et, de là, sur une cellule photo-électrique dont les fluctuations électriques sont recueillies, par un câble, sur le navire, où un récepteur télévisuel les reconvertit, de la façon usuelle, en image optique. L’autre lentille transmet l’image de la scène sous-marine, d’une façon analogue, à l’appareil cinématographique.
- L’ensemble du dispositif étant plus léger que l’eau qu’il déplace, un propulseur à hélice le tirera en bas ; si le câble * électrique vient à se rompre, l’appareil, grâce à sa flottabilité, remontera de lui-même à la surface. Au-dessus de la sphère en acier, on a disposé un cylindre à air comprimé, dont le contenu, aux grandes profondeurs, augmentera la pression de l’air à l’intérieur de la sphère et, par conséquent, la résistance de celle-ci à la pression hydrostatique. Cet air, pendant la montée, pourra s’échapper à travers une soupape de sûreté. Des tubes lumineux servent à augmenter l’éclat de l’éclairage sous-marin.
- Le Dr Hartmann, au cours de ces 20 dernières années,
- a construit plusieurs scaphandres perfectionnés, grâce auxquels il a pu descendre à des profondeurs autrefois
- Fi,j. I.
- La télévision appliquée à l'exploralion sous-marine.
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- Fig. 2. — Le téléviseur sous-murin du Dr Hartmann.
- réputées inaccessibles. Son dispositif télévisuel lui permettra, sans risques, d’explorer des profondeurs beaucoup plus grandes. L’inventeur se propose d’étudier la faune encore à peu près inconnue des grandes profondeurs, parmi laquelle certains savants espèrent trouver des descendants directs de ces sauriens gigantesques qui peuplaient la terre, voici des millions d’années, et qui ne trouvant plus, à la surface, les conditions nécessaires à leur existence, ont pu être refoulés vers le fond des océans.
- M. Hartmann, au cours de ses plongées en scaphandre, a découvert, dans la Méditerranée, entre la Sicile et l’Afrique, des ruines étendues, restes d’une cité préhistorique inconnue, qu’il se propose d’étudier, en détail, au moyen de son téléviseur et de l’appareil cinématographique qui lui est associé. Etant donné l’extraordinaire étendue de ces ruines sous-marines et les grandes dimensions de certaines d’entre elles, il incline à y voir des restes de l’Atlantide. Aussi se propose-t-il de rechercher à son tour, par ce moyen nouveau, si et où l’Atlantide a existé. L’aurore de la civilisation s’était-elle déjà levée sur la région actuellement couverte par la Mediterranée, avant que l’Atlantique ait percé le barrage naturel qui, autrefois, fermait le détroit de Gibraltar, en ensevelissant, dans le cataclysme le plus terrible qu’on connaisse, le berceau de la civilisation humaine ? Cette hypothèse est d’autant plus plausible que toutes les nations de l’antiquité peuplant les bords de la Méditerranée conservent la tradition d’une inondation énorme, identique peut-être au déluge de la Bible.
- Le téléviseur sous-marin aura sans doute bien d’autres applications, par exemple la surveillance et la direction des travaux de sauvetage des navires naufragés.
- l)r Alfred Gkadenwitz.
- LES GIROUETTES STABILISATRICES
- CONSTANTIN
- De nombreuses expériences récemment effectuées à Toussus-le-Noble, avec un avion Farman automatiquement stabilisé à l’aide des girouettes Constantin, ont démontré tout l’intérêt de ces dispositifs.
- Aussi bien, Louis Constantin est-il un vieux technicien de l’aviation. Depuis 19:12, il s’est attelé à résoudre divers problèmes susceptibles d’améliorer les conditions de vol des appareils plus lourds que l’air. C’est lui qui, le premier, fit breveter ----- il y aura bientôt vingt ans — le principe de l’aile à fentes. Cette invention a été reprise, depuis, par un avionneur anglais, Handley Page, qui a obtenu, après une patiente mise au point, les intéressants résultats que l’on connaît ('). Üri doit encore à M. Constantin la découverte des ailerons de gauchissement
- :1. La Nature, N° 2822, du 1er Décembre 1929. Les ailes à fentes Handley Page.
- « flottants » qui-ont permis au biplan Curtiss « Tanager » de remporter le concours de sécurité Guggenheim, les voilures oscillantes, que l’on va de nouveau expérimenter, et quantité d’autres conceptions originales. Toutes les recherches de cet éminent ingénieur ont surtout pour objet l’élimination de la redoutable perle de vitesse des avions. Sa dernière réalisation, la girouette stabilisatrice, répond également à la préoccupation dominante de l’inventeur. Elle assure, en outre, ainsi que nous le verrons, d’autres avantages très appréciables.
- LE PRINCIPE DES GIROUETTES
- Avant d’aborder la description de la girouette Constantin, il nous paraît nécessaire de rappeler brièvement le mécanisme de ce que l’on a appelé la perte de vitesse. En deux mots, on peut-dire que cet accident l’ésulte
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- Fiij. 1. — Les yirouetles stabilisairiccs Constantin montées sur les mâts de lu cellule d’un biplan Farmah, (Pliot. Micliaud.;
- (l'un « cabrage » exagéré de l’avion, provoquant le recul du centre de pression; alors, les gouvernes deviennent « molles », c’est-à-dire perdent complètement leur ellicacité.
- Les pilotes les plus entraînés ne sont pas à l'abri de se mettre dans cette dangereuse position. Doret et Lind-bergh, entre autres, en ont été dernièrement victimes. Les statistiques établies par le Service central de la Sécurité aérienne nous indiquent, d’autre part, que
- Fig. 2. — La girouette de stabilisation longitudinale. (Phot. Micliaud.;
- 51 pour 100 des accidents n'ont pas d’autres causes. La perle de vitesse peut se produire, en elïet, dans de nombreuses circonstances. Par exemple, -lorsque le pilote qui vient de décoller l’avion trouve brusquement un obstacle sur sa route, ce qui l’incite à augmenter exagérément l'angle de montée. Puis, ensuite, par temps brumeux ou nuageux, car le conducteur, non entraîné à piloter sans repères terrestres, ne se rend plus compte de la position exacte, dans l’espace, de sa machine. Ce même phénomène peut.se produire, enfin, à la suite des perturbations atmosphériques résultant des ascendances provoquées par les cumulus orageux, par la chaleur ou par le relief du sol.
- Tous les avions sont cependant munis d’un indicateur de vitesse. Mais les renseignements fournis par ces instruments sont surtout utilisables on régime de vol à vitesse constante, sur une trajectoire connue. Dès que l’avion s’écarte du vol horizontal, les données de l’indicateur de vitesse relative perdent leur valeur, car elles ne peuvent déterminer la phase critique d’une variation anormale dç l’angle d'attaque.
- A l’encontre des autres chercheurs qui étudient des appareils basés tout à la fois sur les écarts de vitesse et d’accélération, M. Louis Constantin a étudié une girouette destinée à déceler les angles d’attaque dangereux et à neutraliser leurs conséquences. L’appareil est d’une
- Fig. 3.
- Schéma de fonctionnement de la girouette stabilisatrice.
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- grande simplicité (‘). 11 est constitué par un trapèze s’articulant librement, dont un des côtés est assujetti sur une des superstructures de l’avion alors que la branche opposée attelle rigidement deux petits plans dotés d’un profil aérodynamique spécial (fig. 2). Le vent provenant du déplacement de l’avion agit sur les deux pôles de la girouette en les orientant rigoureusement dans sa direction. La girouette enregistrera donc, de ce fait, toutes les variations angulaires, même les plus faibles, du vent relatif. Comme la direction de ce vent marque constamment la trajectoire de l’avion, il suffit d’un réglage approprié du dispositif pour qu’il agisse dès que l’avion aborde des incidences dangereuses.
- Dans le cas où, par exemple, il sera avantageux de voler à un angle d’attaque de 4°, la girouette de stabilisation longitudinale sera calée à 4°, à partir de la ligne de référence du profil de l’aile C, de façon que ses surfaces S et S' soient attaquées par le vent suivant un angle de 0° (fig. ,3). Ces surfaces sont équilibrées par des contrepoids B et B' de façon qu’elles soient affranchies des accélérations dues à la pesanteur; ces contrepoids servent également à compenser la traînée des petits plans S et S’. Ainsi, la position de ces dei'niers ne
- 1. Le principe de l’appareil a été exposé et étudié en détail par M. J. Félix dans La Nature, n» 2567, 16 juin 1923 : « La girouette Constantin, ses applications à la navigation aérienne ».
- Pig, 4_ .— La girouette de stabilisation latérale. (Phot. Micliaud.)
- variera pas tant que l’angle d’attaque de l’avion ne s’écartera pas de l’incidence convenablement choisie. Si, au contraire, l’angle d’attaque de la voilure atteint 6°, les surfaces de la girouette seront alors attaquées par dessous, suivant un angle, de 2°, et poussées vers le haut. Une transmission peu compliquée, constituée par des biellettes et une tige T, agira sur le gouvernail de profondeur P, l’inclinera vers le bas, provoquant ainsi une abatée de l’avion d’autant plus importante que l’écart aura été plus grand. Puis, à mesure que l’angle d’attaque de l’avion se rapprochera de 4°, les surfaces S et S' de la girouette et, par suite, le gouvernail de profondeur reprendront progressivement leur position primitive et le couple correcteur disparaîtra.
- La girouette Constantin peut aussi assurer la stabilité latérale. En l’occurrence, il ne s’agit pas d’empêcher l’avion de s’incliner par rapport à l’horizontale; tous les virages, en elïet, rendent nécessaire une certaine inclinaison. Le rôle de la girouette sera donc d’empêcher l’appareil de glisser sur l’aile. Dans ce but, ses surfaces sont placées verticalement et parallèlement à un plan vertical de symétrie de l’avion (fig. 4). Cette fois encore, dès qu’il se produira le moindre dérapage — c’est-à-dire une glissade vers l’extérieur du virage — le vent relatif n’étant plus parallèle au plan de symétrie, les surfaces de la girouette enregistreront aussitôt une certaine poussée de ce vent. En bref, tout se passera comme pour la girouette de stabilisation longitudinale : sous la poussée transmise aux ailerons, par l’intermédiaire d’un dispositif semblable à celui qui vient d’être décrit, la machine se redressera automatiquement.
- Les efforts que peuvent fournir ces girouettes sont de l’ordre de 750 à 1500 kg; ils sont donc amplement suffisants pour actionner les gouvernes de tous les avions existants. Au reste, le pilote conserve le contrôle des commandes, car ces dispositifs sont « enclenchables » à son gré.
- Enfin, les grandes girouettes peuvent être remplacées par de plus petites (fig. 5) servant uniquement à avertir le pilote, au moyen d’un contact électrique relié à une lampe puissante ou à un klaxon, pour que celui-ci ne s’écarte pas trop de l’angle convenable et des inclinaisons permettant des virages corrects.
- Cependant, il ne faudrait pas déduire de tout ce qui précède que le pilotage d’un avion est extrêmement délicat. Il y a, heureusement, entre le plus grand des angles utiles au vol et le commencement des inclinaisons dangereuses, une zone de garde de 5 à 7°. Mais la girouette avertisseuse pourra rendre de précieux services en prévenant à temps le pilote qu’il aborde la limite de cette zone.
- LES AVANTAGES DES GIROUETTES
- Avec un avion équipé de girouettes stabilisatrices, le pilote conserve l’entière liberté de ses mains, sauf à l’atterrissage et à l’envol, manœuvres qui ne peuvent être exécutées que sous sa conduite. Par contre, une fois en vol, le pilotage de la machine devient absolument automatique. Le pilote n’intervient que pour modifier le cap ou l’altitude; il en résulte pour lui une moindre
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- fatigue et une plus grande liberté d’esprit, quelles que soient les conditions atmosphériques. En outre, il dispose de plus de temps qui pourra être consacré à la navigation ou à la surveillance du moteur.
- L’angle d’attaque choisi étant automatiquement maintenu par les girouettes, celles-ci permettent donc de voler constamment à l’angle le plus économique. L’avion poursuivra normalement son vol à la vitesse optimum avec une consommation de carburant minimum.
- Enlin, en remplaçant l’actuelle stabilité de forme par la stabilisation par girouettes, on améliore dans une appréciable proportion les performances ou le rendement des avions commerciaux ou militaires. L’emploi judicieux des girouettes permet, tout d’abord, de reculer le centre de gravi Lé de l’avion puis, ensuite, de réduire de moitié la surface de l’empennage horizontal. Cet organe cessant d’être déporteur, la linesse de l’avion et, par suite, son rendement s’en trouveront augmentés. 11 en résultera également une diminution du poids et de la traînée en fonction de la réduction de la surface. Par voie de conséquence, le fuselage — ou la coque, s’il s’agit d’un hydravion — pourra être aussi allégé, car il n’aura plus à transmettre les efforts continuels de l’empennage. La maniabilité aux grands angles correspondants aux manœuvres de décollage et d’atterrissage, enfin, sera beaucoup plus grande grâce au centrage vers l’arrière. On peut dire, de plus, que ce centrage autorise la suppression du couple cabreur nécessité par la compensation des groupes moto-propulseurs à axe de traction élevé, comme c’est généralement le cas pour les hydravions. 11 facilite, d’autre part, l’aménagement d’une cabine plus vaste, prolongée vers l’arrière et dont les occupants auront la faculté de se déplacer sans inconvénient dans tous les sens.
- Toutefois, ce qui ressort de plus important, c’est que la charge utile, commerciale ou militaire, des appareils ainsi transformés pourra être augmentée dans la proportion de 60 à 70 pour 100. C’est un résultat qui aurait des conséquences extrêmement intéressantes. Le constructeur a d’ailleurs reçu la commande d’un équipement qui sera monté, pour le compte de l’État, sur un grand avion bimoteur. Les expériences qui suivront permettront de vérifier l’ordre de grandeur des améliorations de performances dues à ce dispositif.
- Quoi qu’il en soit, les girouettes stabilisatrices Constantin peuvent rendre, dès à présent, d’inestimables services en supprimant les risques de perte de vitesse et de glissade sur l’aile. Il nous faut préciser, encore, que ces dispositifs
- Fig. 5. —; Petite girouette indicatrice de perte de vitesse conjuguée à un avertisseur sonore
- empêchent également les appareils de s’engager dans certaines faibles incidences qui conduisent à la vitesse limite. Avec la finesse et le poids des avions actuels, il est impossible de les construire avec des coefficients de sécurité suffisamment élevés pour qu’ils puissent résister aux accélérations engendrées par une ressource à la vitesse limite. Là, encore, les girouettes peuvent donc rendre d’utiles services.
- Enfin, dernier avantage, ces girouettes peuvent être facilement montées sur n’importe quel modèle d’appareil.
- André Fracket.
- = LE PROBLEME DE LA STRUCTURE £ DE NOTRE UNIVERS STELLAIRE
- Nous apercevons autour de nous une immense population d’êtres célestes.
- Peut-on connaître leurs positions, leurs mouvements, leurs différents caractères, peut-on mettre de l’ordre en ce vaste ensemble ? On se pose cette question dès qu’on regarde le ciel. *
- — S’il nous fallait acquérir la connaissance individuelle de chacun des astres, ce serait un peu long et présenterait d’ailleurs des difficultés qui pour le moment sont insurmontables.
- Mais nous cherchons seulement une vue d’ensemble assez précise que la connaissance du détail nous four-
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- nirait sans doute, niais pour laquelle elle n’est pas indispensable.
- En somme, le problème général est celui du peuplement de l’espace par les groupements stellaires. Un de ces groupements contient notre Soleil, et c’est celui qui nous intéresse particulièrement. C’est sa structure que nous voudrions connaître; ensuite, il faudra chercher sa place et son mouvement par rapport aux autres groupements. Quelle ligure nous présenterait-il si nous pouvions nous en éloigner suffisamment ? Voilà la première question que nous devons essayer de résoudre, mais sans nous éloigner du tout. En effet, les déplacements qui nous sont permis sont tout à fait insignifiants; nous observons de l’intérieur et pratiquement d’un point fixe. C’est une mauvaise condition pour connaître le inonde que de l’observer de sa chambre. Il faut un service de renseignements d’une grande richesse pour exciter notre
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- Fig. 1. — Corrélation entre la masse et la luminosité de,s étoiles.
- En abscisses : longueurs proportionnelles aux logarithmes des masses. En ordonnées : logarithmes des luminosités.
- imagination et permettre les recoupements indispensables.
- Et pourtant le premier coup d’œil révèle une chose très importante : la Voie Lactée, cette vaste traînée de lumière qui dessine à peu près un grand cercle du ciel. Ce grand cercle peut être considéré comme la trace du plan moyen de la Voie Lactée, ou plan galactique. Nous avons évidemment obtenu un premier trait de structure, parce que la chance fait que notre soleil n’est pas éloigné de ce plan.
- Mais il est dillicilc d’aller [dus loin sans instruments d’observation et de mesure.
- LES PREMIÈRES TENTATIVES
- Les premiers essais dont il vaille la peine de parler sont du xvme siècle. On y trouvera quelques idées fondamentales qui n’ont guère changé, mais que l’expérience seule a pu enrichir et mettre au point.
- En 1750 paraissait à Londres un ouvrage.de Thomas
- Wright : « An original theory or a new hypothesis of the Universe, founded on the laws of nature ».
- Wright avait fait des observations avec un réflecteur d’une distance focale de 1 pied.
- Sa théorie est que l’ensemble des étoiles a la forme d’un disque dont le plan moyen est celui de la voie lacLée. En plaçant le soleil au voisinage du centre, on obtient les apparences présentées par le ciel.
- En 1752, Emmanuel Kant publiait à Kœnigsberg son ouvrage « Allgemeine Naturgesehiehte und Théorie des llimmels » qui se relie directement aux vues de Thomas Wright. Kant avait en effet lu une analyse du travail de ce dernier. Mais, adoptant ces idées, Kant y ajoutait quelque chose.
- Formé aux théories de Newton, il esquisse une dynamique de la galaxie analogue à celle du système solaire. Les étoiles, selon lui, graviteraient autour d’un astre central, naturellement de très grande masse. Kant pensait que c’était Sirius.
- Kant considérait de plus que les nébuleuses étaient des galaxies analogues à la notre et isolées de nous.
- Lambert publiait d’autre part, à Augsburg, en 1701, ses « Kosmologische Briefe über die Einrichtung des Weltbaues », où des vues analogues, mais tout à fait indépendantes sont développées dans un esprit curieusement systématique.
- Lambert considère une planète et ses satellites comme un système du premier ordre. Le soleil accompagné de ses planètes tournant au voisinage d’un plan, qui est l’ecliptique, constitue un système du second ordre. Les étoiles sont des systèmes du second ordre. En les assemblant autour d’un astre de très grande masse, et les faisant graviter au voisinage d’une écliptique sidérale, on a un système du troisième ordre, qui est une galaxie. On peut alors continuer et assembler des galaxies en systèmes d’ordre supérieur.
- Dans lé cas spécial de notre galaxie, Lambert, ne voyant pas d’étoile brillante assez grosse pour jouer le rôle central, envisageait une énorme étoile obscure.
- On voit que l’ingéniosité et la vraisemblance ne font pas défaut à ces théories, il ne leur manque que d’être vivifiées par l’observation.
- Aussi doit-on donner une place et une considération toutes particulières à William llersehell, qüi renouvela la question de la façon la plus profonde, par la construction de grands télescopes à miroir de bronze (18 pouces, 7 d’ouverture, 20 pieds de distance focale).
- Il fut le premier surnotre Terre à voir nettement la Voie Lactée se résoudre en étoiles.
- Le but de ITerschell était bien, lui aussi, de connaître la structure du monde stellaire, mais il ne concevait ce résultat que comme le terme d’une exploration systématique du ciel.
- Pendant 20 ans, il observa et dénombra le contenu de ses champs stellaires. Mettant en ordre ses observations, il en lirait à mesure des conclusions qui étaient loin d’être définitives, car il croyait atteindre les frontières du monde stellaire, et se trouvait de plus contraint à des hypothèses trop simples relatives aux grandeurs et à la densité des étoiles. Le problème auquel q
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- consacra sa vie était trop bien défendu pour capituler si vite, mais Herschell a la gloire d’avoir commencé le grand travail qui se poursuit maintenant avec les puissantes ressources de la physique moderne.
- DIFFICULTÉS DU PROBLÈME LA MESURE DES DISTANCES
- Ces ressources ne sont pas de trop dans rénorme difficulté qu’on rencontre, et qui est l’appréciation des distances. Quand le perfectionnement des instruments a permis d’accumuler assez de lumière et de voir des objets célestes de plus en plus lointains, il reste à déterminer des distances telles que les procédés habituels sont tout à fait impuissants, si l’on se rappelle que nous sommes, à très peu près, rivés à notre poste d’observation.
- On sait en effet que la lumière, à 300 000 kilomètres par seconde, met une douzaine d’heures à traverser notre système solaire, et qu’elle met quatre ans pour atteindre l’étoile la plus proche de nous. Ces quatre années de lumière, c’est l’ordre de grandeur de la nouvelle unité de longueur à adopter. On choisit d’ordinaire le parsec (ou parallaxe seconde), distance à laquelle les 150 millions de kilomètres du rayon de l’orbite terrestre sont vus sous un angle de une seconde. Le parsec vaut 3 années un quart de lumière (3,259).
- On voit qu’avec notre hase égale au diamètre de l’orbite terrestre, les méthodes géométriques nous mènent à quelques dizaines de parsecs. On peut utiliser le déplacement du soleil, mais les méthodes vraiment puissantes, applicables à des distances à peu près quelconques, sont tout à fait différentes de celles-là.
- 11 nous faut faire entrer la distance, ou la parallaxe, dans des relations entre grandeurs mesurables.
- Le plus simple et le plus important des caractères qui puisse remplacer la distance est fourni par la variation avec cette distance de l’intensité de la lumière reçue d’une étoile.
- On sait que la grandeur apparente d’une étoile (qui varie comme le logarithme de l’intensité reçue) dépend de la luminosité propre de l’étoile, et de sa distance. On a l’habitude d’appeler grandeur absolue ce que serait la grandeur à une certaine distance (10 parsecs). Dès lors, si l’on suppose qu’il n’y ait pas d’absorption, la différence entre la grandeur absolue et la grandeur apparente ne dépend que de la distance.
- Le problème des distances, ou des parallaxes, est ainsi ramené à l’estimation des grandeurs absolues.
- En particulier, si l’on admettait que les étoiles ont toutes la même grandeur absolue, il suffirait de connaître la distance d’une seule pour les obtenir toutes. Cette hypothèse n’est pas très raisonnable, mais on pourrait penser que si la dispersion des grandeurs absolues n’est pas trop grande, en assimilant les grandeurs absolues, variables en fait, à une constante égale à leur valeur moyenne, les résultats statistiques obtenus auraient quelque validité.
- Cette position s’est révélée intenable.
- Il est nécessaire de pénétrer beaucoup plus avant dans la description et l’étude des différents caractères des
- Fig. i — Courte de lumière de 5 Cépltée. En abscisses : .es temps (en jours).
- En ordonnées : les logarithmes des intensités.
- étoiles que nous pouvons atteindre, et de chercher à mettre en évidence des liens, entre la grandeur absolue et ces différents caractères, susceptibles de mesure ou tout au moins de classification.
- STRUCTURE DU RAYONNEMENT D’UNE ÉTOILE
- Le rayonnement d’une étoile se manifeste à nous, globalement par des caractéristiques d’intensité et dans le détail par son spectre.
- Bornons-nous aux deux cas où l’intensité est estimée par l’œil ou la plaque photographique. On obtient alors les grandeurs visuelles ou photographiques, estimées en magnitudes. Elles sont différentes, l’œil travaillant au voisinage du jaune, la plaque au voisinage du bleu.
- La différence de ces deux grandeurs est une autre caractéristique globale, en relation avec la couleur de l’étoile, c’est l’indice de coloration.
- Si l’on examine en détail les spectres de la radiation
- Fig. y. — Corrélation entre ta période et la luminosité pour les Cépliéidcs. Eli abscisse.- : logarithmes des périodes.
- En ordonnées : logarithmes des luminosités.
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- 7° ‘e /
- ; 0^0 .
- Poissons
- Fig. 4. —La Voie Lactée au milieu des constellations et des principales étoiles de l’hémisphère boréal.
- Fig. 5.— La Voie Lactée, au milieu des constellations et des principales étoiles de l’hémisphère austral.
- qui nous arrive, on cons tate qu’on peut réussir en gros une classification linéaire de ces spectres. Cette classification est jalonnée par quelques spectres caractéristiques, l’ensemble constituant ce qu’on appelle les types spectraux. Nous donnons ici les principaux, avec la couleur de l’étoile et la température de son atmosphère.
- B Étoiles bleucs-blanches À — blanches . . .
- F •— jaunes
- G —
- K — —
- M — routes
- 20000 10000 8000 G 000 4000 3 000
- Le type spectral est encore une caractéristique globale, mais assez, line, une classification des états de l’atmosphère stellaire où le spectre est excité.
- Mais on peut, partant du spectre, étudier et caractériser numériquement diverses particularités, l’intensité de certaines raies déterminées, la distribution de l’énergie sur le fond continu....
- Ainsi le spectre d’une étoile nous apparaît comme une grandeur complexe, à Iquelle nous pouvons attacher diverses caractéristiques, globales ou particulières.
- Le fait important est qu’il existe une liaison entre ce spectre et la grandeur absolue de l’étoile, et qu’en général on trouve des liens entre la physionomie du rayonnement et son intensité absolue.
- LES CORRÉLATIONS
- Mais il faut insister ici sur un fait nouveau.
- Quand nous avons parlé de relation entre distance et grandeur apparente, cette liaison était fonctionnelle. Elle se traduisait graphiquement par une courbe qui permet de déterminer l’une des grandeurs, quand l’autre est connue.
- Si, d’une étoile, nous ne connaissons que cette constante statistique qu’on appelle la masse totale, on peut, en un point quelconque, trouver le champ de gravitation dès qu’on connaît la distance.
- Les relations que nous allons rencontrer n’ont pas cette pureté.
- Si nous connaissons d’une étoile cette constante statistique qu’on appelle la grandeur absolue, le champ de radiation en un point quelconque n’est nullement déterminé, les traits du spectre ne sont pas connus d’avance, mais ils ne sont pas non plus quelconques.
- Par exemple, le type spectral, rintensité de certaines raies ne peuvent être prévus, mais si l’on cherchait à faire un graphique, on
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- trouverait, au lieu d’une courbe, un nuage de points, nuage allongé dans une certaine direction, ou dans plusieurs directions.
- IJn nuage très étroit, allongé au voisinage d’une courbe, serait l’équivalent pratique d’une relation fonctionnelle.
- Même s’il n’est pas très étroit, il signifie encore quelque chose et permet dans une certaine mesure de répondre à la question :
- Que sait-on d’une grandeur si l’autre est connue ?
- On doit dire alors que les deux grandeurs ne sont pas sans lien, on dit quelles sont en corrélation. Si l’une se trouve connue, on ne connaît qu’une section du nuage, mais le problème est circonscrit. La deuxième grandeur est voisine d’une certaine valeur, avec une marge d’erreur qu’on peut estimer.
- l)onnons-en 'quelques exemples.
- Corrélation entre la masse et la grandeur absolue. ----- On connaît pour une cinquantaine d’étoiles la masse et la grandeur absolue. Si l’on construit le graphique, grandeur absolue, logarithme de la masse, on est frappé de l’allure tout à fait allongée du nuage de points obtenu. Dans ce matériel, sans doute peu étendu, il existe une corrélation de fait très étroite entre ces deux grandeurs (fig. 1).
- 11 est évident que le but qu’on poursuit est de vérifier ces corrélations sur un matériel de |>lus en plus étendu, d’essayer ensuite de leur 1 rouver un sens théorique pour les expliquer.
- Les conditions ne sont pas très bien vérifiées dans ce cas particulier, en raison du petit nombre des étoiles dont la masse peut être connue.
- Corrélations entre la grandeur absolue et le spectre. —- Les premiers résultats (pii ont ouvert cette voie de recherches sont dus à llertzsprung (1905 et 1906). Après les éludes de Kohlselhitter (1914), la méthode fut développée et appliquée systématiquement par Adams et ses collaborateurs.
- llertzsprung avait remarqué sur un matériel restreint que des étoiles de spectres analogues, ayant par conséquent des luminosités analogues, pouvaient être de grandeurs absolues nettement différentes, donc de dimensions très différentes.
- Les températures des atmosphères étaient donc à peu près les mêmes, avec des champs de gravitation très différents, donc des pressions très différentes. Ainsi, les conditions d’excitation et d’ionisation différaient dans les atmosphères et devaient se marquer à certaines raies sensibles, dont les intensités différaient dans les deux cas.
- Ces idées générales se sont révélées extrêmement fécondes. Etudiées sur le matériel des étoiles à parallaxe connue, elles ont permis, partant des intensités de certaines raies ou d’autres éléments mesurables du spectre, d’estimer les valeurs des grandeurs absolues.
- Ainsi se trouva portée de quelques centaines à plusieurs milliers la population des étoiles dont on connaît suffisamment bien les caractéristiques spectrales et la grandeur absolue.
- C’est ce qu’on appelle la méthode des grandeurs absolues spectroscopiques ou des parallaxes spectroscopiques.
- La corrélation des Céphéides. — Mais l’une des plus puissanfes méthodes est sans doute celle qui dérive de la corrélation observée entre la période de pulsation de certaines étoiles variables et leur luminosité absolue.
- L’étoile typique qui a donné son nom à cette classe d’étoiles est o Céphée, dont la courbe de lumière se reproduit avec la période de 5 j 36 (fig. 2).
- Les périodes des Céphéides vont de quelques heures à plusieurs mois. On trouve cesétoiles très nombreuses dans les amas stellaires, et c’est l’étude des Céphéides de la petite nuée de Magellan qui conduisit, en 1912, Miss Leavitt à mettre en évidence une régularité remarquable du graphique luminosité-période. 25 étoiles seulement
- Cette région la plus australe qui se puisse photographier de la latitude de Paris est une des plus remarquables par la richesse de ses condensations stellaires. (En bas, à droite, la partie noire correspond au sommet d’un arbre, que la durée de l’exposition a étalé en forme de traînée.)
- (Photo L. Rudaux. Observatoire de Donville.)
- constituaient le matériel. Mais Shapley et ses collaborateurs reprirent le problème, et vérifièrent le résultat en 1918, puis en 1925, sur 107 variables.
- Si l’on pot te en abscisse le logarithme de la période, en ordonnée la grandeur apparente, on trouve pour les étoiles d’un même amas un nuage très allongé. Son épaisseur parallèlement à l’axe des grandeurs est de 1 m 5 à 2 m, ce qui donne pour l’écart quadratique moyen environ 0 m 3 (fig. 3).
- Ainsi, l’estimation de la grandeur à partir de la période peut se faire en prenant l’axe du nuage; on peut se tromper de 0 m 5, rarement de beaucoup plus.
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- = 110 == .. - ——— =
- Bien , entendu, la corrélation qu’on cherche fait intervenir les grandeurs absolues, le nuage de points ne peut être mis à sa place que par une .translation qui dépend de la distance de l’amas, ou de la.détermination direcle de la grandeur absolue d’un groupé de Céphéides. ('.e prohlème, (pi’on appelle' généralement la détermination du zéro, est important pour avoir des mesures absolues. - ' . .
- Il a été.traité par Shapley en 19:18, sur un matériel de 11 Céphéides et repris par Wilson en 1928 sur 70
- Fig. 7. — La Voie Lactée entre Céphée et Cassiopée, cette dernière constellation en bas.
- Dans cette région la condensation principale ne l'orme plus qu’une mince bande recourbée. (Photo L. Rudaux, Observatoire de Donville.)
- étoiles. Les corrections introduites sont importantes, mais ne touchent pas les mesures relatives, la chose est claire.
- On peut évidemment élargir cet ordre d’idées et rechercher des corrélations entre la pulsation des Céphéides et d’autres caractéristiques spectrales.
- En particulier, Shapley a mis en évidence une corrélation très précise entre la période et le type spectral.
- Cet ensemble de résultats, en accroissement constant, permet d’obtenir des renseignements sur la distance
- d’êtres célestes extrêmement éloignés pourvu qu’ils contiennent des Céphéides que l’on puisse étudier....
- Nous allons en donner maintenant quelques applications au problème de la structure de notre univers stellaire.
- LE SYSTÈME DES AMAS GLOBULAIRES ET LA GALAXIE
- Tout le monde a vu des photographies de ces magnifiques objets célestes qu’on appelle amas globulaires et qui, avec les grandes nébuleuses spirales, sont parmi les plus beaux de l’univers.
- On en connaît environ 90, et cela depuis très longtemps. Leur distribution apparente est tout à fait singulière. Ils présentent une grande concentration en direction de la constellation du Sagittaire, ils se raréüent dès qu’on, s’éloigne, et sont absents de la direction opposée. Disposés de part et d’autre du plan galactique, ils sont également absents du voisinage immédiat de ce plan.
- Shapley a estimé les distances de 69 de ces amas. Pour ceux qui contiennent des Céphéides, il suffit d’appliquer la méthode précédente, qui donne la grandeur absolue de ces Céphéides et par conséquent la distance des amas.
- Mais la méthode ne s’applique pas à tous. Pour continuer, il faut se laisser conduire par cette idée qxie les amas globulaires sont des êtres célestes analogues.
- Or on constate sur ceux dont 'on a pu estimer la distance que la grandeur absolue moyenne des étoiles les plus brillantes est à peu près la même pour les différents amas. On suppose que cette régularité se maintient et l’on peut estimer ainsi là distance des amas où les étoiles les plus brillantes sont mesurables. Il reste alors les amas les plus lointains, dont on connaît le diamètre apparent sans pouvoir faire de mesures très précises.
- On observe alors qu’il existe entre les diamètres apparents et parallaxes une corrélation vérifiée par les amas déjà déterminés. On admet qu’elle se maintient et l’on peut ainsi obtenir les amas qui restent. Ainsi, par ces méthodes qui se recouvrent partiellement, Shapley put se figurer le système des amas globulaires.
- Il forme une sorte d’ellipsoïde de révolution dont le centre, à 15 000 parsecs de nous, est en direction du Sagittaire. Le demi-grand axe vaut 20 000 parsecs.
- Ainsi dans ce groupement de 40 000 parsecs de diamètre, de 10 000 parsecs de petit axe, nous sommes en position très excentrée, et nous comprenons la distribution apparente des amas globulaires. Mais quelle est la relation de notre univers stellaire, de notre Galaxie par rapport aux amas globulaires ?
- Shapley admit que l’ensemble de ces amas dessinait la forme de notre univers et que le centre de la Galaxie pouvait coïncider avec le centre du groupe des amas. Cette conception hardie se trouve appuyée par quelques faits importants (fig. 9.)
- Seares, en étudiant la répartition des étoiles jusqu’à ' la 19e grandeur, constata des variations systématiques de la densité avec la longitude (comptée dans le plan galactique), comme si notre système stellaire, supposé
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- Fig. 8. — Aspect général de la Voie Laclée dans le Cygne.
- lin diagonale l’étendue de ciel enregistrée ici est de 40°. Cette image est un groupement de 12 photographies raccordées les unes aux autres grâce au chevauchement des clichés originaux. Un tel ensemble, dont les éléments se trouvent ainsi très condensés par la réduction en une planche unique, montre une structure qui se rapporte nettement à des formes spirales. (Photo L. Rudaux, Observatoire de Donville.)
- avoir la symétrie de révolution, était vu par un observateur excentré.
- Si l’on cherche à expliquer par cette hypothèse les variations observées de la densité, on trouve que l’axe du système se trouve dans une direction presque identique à celle trouvée par Shapley pour le centre des amas globulaires.
- D’autre part, sous la direction de Shapley lui-même, un programme étendu d’étude des étoiles variables, dans des champs déterminés de la voie lactée, a été appliqué d’abord aux champs stellaires très riches qu’on trouve en direction du Sagittaire. On trouve alors des Céphéides qui permettent de localiser à 15 000 parsecs de nous un énorme nuage stellaire.
- Sans imposer absolument l’idée d’une grande masse centrale fortement condensée et située dans cette direction, ces résultats lui sont assez favorables.
- On peut également tirer quelques arguments du mouvement des étoiles et des objets célestes.
- Nous avons des raisons de penser que les étoiles constituent à l’intérieur de la Galaxie des condensations, des nuages stellaires plus ou moins grands. En particulier, il semble bien que le soleil appartienne à une de ces condensations, qu’on a pu étudier par des méthodes directes. Charlier a le premier déterminé la répartition des étoiles du type B, dont les grandeurs absolues sont
- Fig. 9. — Dimensions globales probables de la Galaxie cl de l'Amas local avec sa position el celle du Soleil S.
- __________4QQ00^parsecs
- ......................... i
- ^____________^JS'OOO parsecs çÿ
- r_____
- 6°°.^
- §'
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- peu dispersées et prêtent à l’application simple des méthodes statistiques. 11 a trouvé qu’elles constituent une formation ellipsoïdale à laquelle le soleil est intérieur, et admis que ce groupement des étoiles B peut être considéré comme une sorte de squelette de la condensation locale à laquelle nous appartenons.
- Ces résultats, confirmés par Shàpley et Seares, permettent de croire' à l’existence de cet amas local, grou-pement ellipsoïdal dont l’équateur est un peu incliné (13°) sur le plan galactique avec un rayon équatorial de l’ordre de C00 parsecs, un demi-petit axe de 300 parsecs
- (% 9).. . ; a
- D’autres amas de dimensions analogues ont pu être étudiés dans la Voie Lactée.
- LES MOUVEMENTS DES ÉTOILES ET DES GROUPEMENTS
- Pensons à un groupement mobile dans le champ de gravitation de la Galaxie. 11 y aura un mouvement d’ensemble du groupe et un mouvement particulier pour chacun des astres qui le constituent.
- Si nous conservons notre idée d’une forte condensation centrale et d’une structure régulière de la Galaxie, on pourra mettre de l’ordre dans ces mouvements d’ensemble.
- C’est effectivement ce qui a été fait par Strumberg. En groupant des êtres célestes analogues, et déterminant les mouvements d’ensemble du groupe par rapport au soleil, on trouve que les vitesses, à partir d’une origine déterminée, ont des orientations variables, des grandeurs qui peuvent aller à plusieurs centaines de kilomètres pour le groupe des amas globulaires, mais que les extrémités des vecteurs vitesses sont sur une parallèle au plan galactique perpendiculaire à la direction du centre des amas globulaires.
- Il est tentant de supposer que ces groupements tournent autour de ce centre. Ainsi s’expliquerait simplement le résultat de Strumberg; et, par exemple, c’est.
- nous qui tournerions autour du centre avec une vitesse de plusieurs centaines de kilomètres.
- Ainsi se trouve renforcée l’impression que cette masse centrale a une. existence véritable.
- QUELQUES CONCLUSIONS POSSIBLES
- En pareille matière où les mesures sont extrêmement difficiles, il faut toujours rappeler la prudence qu’il convient de garder en ses conclusions.
- Il faut pourtant conclure, car il est nécessaire de mettre en ordre suivant un plan aussi simple et souple que possible les résultats les mieux acquis de l’observation. Voici donc ce qu’on peut dire :
- Notre soleil appartient à un énorme groupement stellaire, à plan privilégié, dessiné par le système des amas globulaires.
- Son diamètre est de l’ordre de 120 000 années de lumière. Notre soleil y occupe une position très excentrée.
- La structure de cet énorme groupement est mal connue bien que les méthodes actuellement acquises permettent d’espérer des progrès rapides en cet ordre d’idées.
- On peut s’en iaire l’image simple suivante :
- Le groupement présenterait une forte condensation centrale située à 15 000 parsecs de nous, dans la direction du Sagittaire.
- Notre soleil appartient à une petite condensation, en mouvement de gravitation autour de ce centre.
- Il convient d’ajouter, pour être complet et montrer que le travail en cette direction peut s’enrichir encore, que les dimensions de notre système stellaire sont supérieures à celles des systèmes extérieurs, et que cette image simple est peut-être un peu trop simple, notre système pouvant résulter d’un assemblage de systèmes de dimensions plus normales.
- G. Darmois.
- Professeur à la Faculté des Sciences de Nancy
- LA MATURATION ARTIFICIELLE DES POIRES
- . A L’AIDE DE
- A 1 .....
- Depuis longtemps on sait mûrir artificiellement à l’aide de l’étliylène, les oranges et les. citrons récoltés avant maturité. Par ce traitement, découvert il y a une dizaine d’années, par le Dr Denny',' les fruits acquièrent couleur et saveur. Un chimiste'du laboratoire de la chimie des fruits et légumes, au ministère de T Agriculture "des Etats-Unis, M. Chance, s’est appliqué à étendre le procédé à d’autres fruits. Il y a réussi pour les poires destinées à la conserve en boîtes. On cueille le fruit encore dur, et on le fait mûrir artificiellement avant de
- L’ÉTHYLÈNE
- le mettre en boîte. Cette méthode comporte de nombreux avantages pratiques, les fruits mûrs supportent mal les transports et y subissent toujours des avaries qui en rendent une partie inutilisable et altèrent la saveur de l’ensemble. La maturation artificielle réduit les pertes en cours de transport et développe d’une façon parfaite la saveur du fruit au moment même de le mettre en boîte. Pendant le traitement qui dure 5 à 6 jours, la réserve d’amidon que contient la poire se transforme totalement en sucre.
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- MAISON DE VERRE
- Si grâce à l’éminent ingénieur, M. Claude, il est possible d’écrire en traits de l'eu, on peut également, grâce à l’ingéniosité et au talent de M. P. Chareau, architecte, vivre parfaitement dans une maison de verre. Ainsi le progrès technique permet d’employer, au sens propre, des expressions dont on ne se qu’au sens figuré.
- Pri
- «maison de verre »ne constitue pas pour les techniciens et même pour bon nombre de lecteurs de La Nature, une nouveauté, puisque, bien avant la guerre, un architecte suisse, M. Falconnet, avait imaginé dans ce but, des briques de verre, et que depuis la guerre, certains grands maga-, sins modernes ne sont qu’une ossature métallique ou en béton armé dont les murs de remplissage sont remplacés par des glaces, qu’enfin le béton translucide complète les applications du verre pour les planchers comme pour les toitures.
- Malgré tout, la construction imaginée et conçue par M. Chareau a un caractère inédit, parce qu’il ne s’agit plus d’un édifice à l’usage du public, mais d’une maison particulière, et aussi que la solution est fort originale. 11 s’agissait, en effet, de donner le plus de jour possible, aux étages inférieurs de la maison qui, rue Saint-Guillaume, dans le VIIe arrondissement de Paris, se trouve sur petit jardin et cour, par rapport à l’immeuble bien connu du Correspondant. Le travail projeté était d’autant plus délicat qu’il ne fallait causer aucun trouble de jouissance aux locataires des deux étages supérieurs.
- On pensa en premier lieu, à élargir les fenêtres, mais la solution se révéla, dès l’abord, insuffisante pour la nature du travail de l’occupant (médecin) de ces étages inférieurs. M. Chareau eut alors l’idée de jeter bas cette partie de l’immeuble (deux étages) et de la reconstruire en pans de fer garnis de dalles de verre, à la façon dont les huisseries de style sont garnies de petites glaces.
- Ces dalles de verre, d’un modèle industriel courant, donc pas fabriquées spécialement pour la construction en question, sont épaisses, carrées, légèrement teintées de vert et creusées en leur milieu d’une concavité qui accroche en quelque sorte la lumière et la répartit méthodiquement à l’intérieur. Cependant, vues de dehors, elles paraissent opaques. Ces particularités, laites pour surprendre à première vue, ont, en tout cas, ce résultat qu’il est impossible de voir du dehors ce qui se passe au dedans, tandis que, même par un temps gris, il fait presque aussi clair dans ces locaux que dans la rue. Ce n’est que par le moyen de panneaux en glace transparente, disposés à bonne hauteur, que l’on peut se rendre compte de la vie extérieure.
- 11 n’y a donc pas de fenêtre ouvrante, par
- conséquent pas de poussières, pas de rideaux. L’aération s’opère par des conduits invisibles, dissimulés dans les cloisons et les planchers, aboutissant à des bouches d’air. Tandis que l’hiver cet air sera réchauffé, en été, il sera réfrigéré, et si Ton n’en a pas besoin, on n’a qu’à obturer les prises.
- On peut objecter que l’éclairement de ces pièces est proportionnel à la netteté des parois aussi bien intérieures qu’extérieures. Ceci est exact, mais les vitres de nos fenêtres doivent bien être nettoyées périodiquement sur les deux faces, d’où une gymnastique qui n’est pas sans danger, et pour les personnes et pour les carreaux eux-mêmes. Ici rien à craindre; la paroi intérieure se nettoie aussi aisément qu’un mur lavable, et quant à la paroi
- Fig. 2. — Paroi translucide et panneaux à vitres transparentes pour la visibilité extérieure.
- * * *
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- Dynes par cmq.
- = 114 ................. -............. -.... —
- extérieure, une lance d’arrosage ou d’incendie, manœu-vrée du sol, suffit largement, vite et bien.
- Il y a aussi la crainte du soleil; la pratique a montré que l’éclat et les ardeurs de cet astre sont tamisés et atténués par l’épaisseur et la forme spéciales des dalles en verre.
- Vu du dehors, l’aspect de cette partie de maison est complètement nouveau. L’absence de fenêtres donne l’impression du chez soi lumineux protégé d’une manière
- absolue contre la curiosité des passants et des voisins, et aussi contre l’invasion des poussières et des bruits.
- La nuit, éclairés de l’extérieur, à la façon dont sont illuminés, nos monuments publics et comme l’étaient ceux de l’inoubliable Exposition Coloniale, les occupants de cette maison, toutes lampes intérieures éteintes, auraient certainement l’illusion que le soleil ne s’est pas couché. Nous croyons qu’pn a l’intention d’en faire l’essai.
- M. Bousquet.
- LA MESURE DE L'INTENSITE DES SONS
- QU’EST-CE QUE LE “ DÉCIBEL " ?
- Le mot décibel a fait, il y a peu de temps, son apparition dans le vocabulaire de l’acoustique. Il s’est rapidement répandu et il est désormais fort employé pour caractériser l’intensité d’un son. Cependant on ne trouve encore la définition de cette unité dans aucun traité de physique. Il est donc bon de savoir exactement ce qu’elle signifie.
- La nécessité d’unités commodes pour exprimer les intensités sonores s’est fait sentir dès que l’acoustique pratique est sortie du domaine purement musical et artistique pour entrer dans le domaine industriel. Ce sont les ingénieurs du téléphone qui, les premiers, en ont éprouvé le besoin. Mais aujourd’hui, l’acheteur d’un-haut-parleur, d’un phonographe électrique, d’un équipement de cinématographe parlant achète, en somme, de l’intensité sonore. De même les règlements de police veulent défendre les particuliers contre les excès d’inten-
- Fig. 1. — Sur cetle figure, les abscisses représentent les logarithmes des fréquences, les ordonnées : les logarithmes des intensités (évaluées en pression).
- On y a fait figurer les courbes qui limitent l’aire d’audition : seuil inférieur d’audition (au-dessous duquel la sensation disparaît), seuil supérieur (au-dessus duquel la sensation cesse d avoir le caractère d’un son).
- On y a fait figurer également les courbes d’égale audibilité de Kings-bury, et pour la fréquence 1000, on a juxtaposé 1 échelle en décibels,
- et l’échelle en niveaux de sensation.
- (D’après G. W. C. Kaye.)
- Echelle en Echelle en niveaux décibe/s de sensation
- Seuil supérieur d'audition
- Seuil inférieur d'audition
- 16 32 64 128 256 512 1024 2048 4006 8192 16384
- Cycles par seconde
- si té sonore. 11 est donc devenu nécessaire de chiffrer d’une façon commode cette espèce nouvelle de marchandise, alin de permettre les compai'aisons, les échanges commerciaux, et de donner une base objective à des règlements équitables, en substituant aux appréciations arbitraires de l’oreille des chiffres indépendants des observateurs et indiscutables.
- Le problème de la comparaison de l’intensité des sons ou des bruits est, en réalité, un problème fort épineux, qui n’est encore parfaitement résolu, ni en théorie, ni en pratique. Nous en dirons quelques mots plus loin. Au premier abord, il peut donc sembler paradoxal de choisir des unités pour une grandeur mal définie.
- En fait, la définition du « bel » et de son « sous-multiple le « décibel « est une convention parfaitement arbitraire, mais commode. Elle a l’avantage de fixer une échelle qui ne soit pas en trop grossier désaccord avec les indications de l’oreille.
- On sait que nos sensations sont dominées par une loi très générale, dite loi de Fechner, qui s’exprime ainsi : la sensation varie comme le logarithme de l’excitation ; autrement dit, quand l’intensité de l’excitation, cause de la sensation, croît suivant une proportion géométrique, la sensation correspondante croît suivant une proportion arithmétique.
- Pour l’oreille, l’excitation est manifestement liée à l’intensité physique du son et il est assez naturel de commencer par admettre qu’elle lui est proportionnelle.
- Si, par exemple, on produit des sons successifs d’intensité, 1, 2, 4, 8, etc. (progression géométrique de raison 2), l’oreille éprouve des sensations successives qui semblent résulter de l’addition à la première d’entre elles des multiples d’une même quantité qui sera ici proportionnelle au logarithme de 2.
- Ceci rappelé, on convient de dire que deux sons diffèrent de 1 bel lorsque leurs intensités sont dans le rapport de 10 à 1. Ce nom de « bel » est l’abréviation du nom de Graham Bell, l’inventeur du téléphone. (*)
- Ainsi deux sons dont l’intensité est dans le rapport de 100 à 1, diffèrent de 2 bels; si ce rapport est de
- 1. On a écrit Bel et non Bell, pour éviter en langue anglaise la confusion avec le nom commun bell, qui signifie cloche.
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- iOÜÜ à 1, ils diffèrent de 3 bels; d’une façon générale, quand ce rapport est r, les sons diffèrent de (log r) bels, (le logarithme étant pris dans le système de base 10.)
- L’intervalle de 1 bel est trop large pour les besoins pratiques : l’intensité des sons perceptibles à l’oreille est limitée par deux seuils : l’un au-dessous duquel l’oreille ne distingue plus rien, l’autre au-dessus duquel la sensation cesse d’avoir le caractère d’un son. Or, pour une oreille moyenne, il n’y a que 13 bels au maximum entre ces deux limites, alors que les intensités mises en jeu sont dans le rapport de 1013 à 1, c’est-à-dire de dix mille milliards à 1.
- On a donc donné au bel un sous-multiple : le décibel : on convient de partager en 10 intervalles l’intervalle du bel; autrement dit, si les intensités de deux sons soûl dans le rapport r, ils diffèrent de 10 log(r) décibels.
- L’échelle d’audibilité normale se compose donc d’environ 130 décibels. Il faut bien se pénétrer de cette idée que la notation en décibels exprime non pas des mesures en unités absolues, mais des rapports de logarithmes. Ainsi la différence entre deux longueurs de 20 m et de 10 m est la même qu’entre deux longueurs de 100 m et 90 m respectivement. Mais entre deux sons de 20 et de
- 10 décibels au-dessus du seuil d’audibilité, il y a une différence d’intensité de 90, tandis qu’entre deux sons de 100 et 90 décibels, il y a une différence d’intensité de 9 milliards.
- 11 y a quelques années, avant qu’il ne fût baptisé, le décibel portait le nom d’unité de transmission (unité T U) que lui avaient donné les ingénieurs du téléphone.
- Nos lecteurs se sont certainement aperçus qu’à l’échelle ainsi définie, il manque un point de départ, un zéro. Pour les mesures, on convient généralement de prendre pour point de départ l’intensité du seuil d’audibilité pour la fréquence considérée, c’est-à-dire le son le plus faible que l’oreille puisse distinguer à cette fréquence. Cette convention a manifestement le défaut de fixer un niveau d’origine variable suivant les observateurs; il est variable aussi suivant la fréquence du son étudié.
- Quoi qu’il en soit, nous voici en possession d’une échelle pour mesurer les sons; mais n’allons pas croire qu’il suffit de l’avoir baptisée d’un nom nouveau, pour obtenir d’elle ensuite des indications simples et aisément interprétables. Les publications récentes sur le phonographe, l’acoustique des salles, le bruit des rues,etc., regorgent d’indications exprimées en décibels, sans que l’on soit toujours fixé d’une façon bien précise sur la valeur et même le sens exact qu’il convient d’attacher à de telles mesures.
- Si l’oreille pouvait effectuer d’une façon sûre des comparaisons même approximatives d’intensités sonores,
- 11 serait aisé d’établir pour l’intensité physiologique des sensations de l’ouïe, une échelle additive dont la définitive serait aussi logiquement satisfaisante que celle de l’échelle thermométrique par exemple, ou pour prendre une comparaison encore plus appropriée, que celle des grandeurs apparentes des étoiles. Malheureusement, l’oreille humaine est très malhabile à comparer deux intensités sonores : il faut les lui faire entendre successivement et la mémoire auditive n’est pas assez fidèle pour
- Au dessus du seuil d’audition
- En a viûn (très bruyant)
- Dans te train (bruyant)
- Dans la rue (moyen) 4
- à la maison (tranquille) '
- à la campagne (très tranquille )<
- 40
- 30
- 20
- 10
- Carlingue d'avion Marteaux pneumatiques Dans le métro (Londres)
- Trafic très intense (Londres)
- Dans lé train à vapeur (fenêtre ouverte)
- =iConversation ordinaire (àlT)
- Dans un wagon salon tranquille (50 Km à l'heure)
- Rue de banlieue
- Jardin tranquille (banlieue)
- Conversation a mi-voix
- Seuil d’audition
- Fig. 2. —- Échelles d’audibilité de bruits usuels. (D’après W. C. Kaye.)
- établir un rapport précis entre la sensation présente et la sensation passée. Cette imprécision s’accroît encore quand les sons à comparer sont de fréquences différentes. Aussi la grande majorité des mesures sonométriques se rapportent-elles à l’intensité mécanique du son ; les expressions d’intensité en décibels ne sont autre chose que la traduction logarithmique de chiffres enregistrés en unités mécaniques absolues. Les unités les plus fréquemment employées à cet effet sont le watt et ses sous-multiples, et la barye (').
- Mais qu’est-ce que l’intensité mécanique du son ? Quel rapport y a-t-il entre cette grandeur objective, et les sensations correspondantes éprouvées par l’oreille ? Quelques précisions à cet égard sont indispensables, si l’on veut tirer un parti pratique des mesures des laboratoires.
- Sur la définition de l’intensité mécanique du son, les auteurs varient et il serait utile que les auteurs de mémoires indiquent exactement ce qu’ils entendent par ce mot; il importe assez peu, il est vrai, tant qu’il s’agit de comparaisons, de mesures relatives. Car toutes les définitions se rapportent à l’énergie moyenne mise en jeu dans l’unité de temps, à l’intérieur d’un volume donné du milieu transmetteur, par le mouvement vibratoire qui donne naissance au son. Une remarque s’impose toutefois : cette énergie se décompose en deux parties : l’une cinétique due au mouvement des particules vibrantes, l’autre potentielle et due à l’élasticité du milieu. Ces deux énergies sont, du reste, en moyenne, égales.
- 1. La barye est l’unité G. G. S. de pression, c’est-à-dire la pression de 1 dyne par cm2 ; elle vaut . 1,019 milligramme par cm2. Ne pas confondre la barye avec le bar, unité pratique employée par exemple en météorologie ; le bar vaut 1 million de baryes, soit 1,019 kg par cm2.
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- On a beaucoup discuté pour savoir si l’oreille est impressionnée par l’énergie totale, l’énergie cinétique ou l’énergie potentielle. Il semble que ce soit cette dernière qui agisse. Elle se manifeste par les oscillations de la pression moyenne régnant au sein du milieu transmetteur du son.
- Il existe d’assez nombreux procédés pour la mesure ; de l’intensité mécanique du son; tous sont d’un emploi délicat et l’intèrprétatxôn des résultats est parfois difficile.1 Ils portent sur l’amplitude du mouvement'-vibratoire (systèmes à plaques vibrantes, disque de Rayleigh, microphones, etc.), ou sur la variation moyenne de la pression (manomètre de Kundt, flammes manomé-triques, etc.). Les résultats n’ont de lien simple avec l’énergie mise en jeu que dans le cas d’un mouvement vibratoire parfaitement sinusoïdal, en d’autres termes d’un son pur. L’énergie est alors proportionnelle au carré de l’amplitude ou au carré de la pression. Si l’onde qui transporte le son est plane, l’énergie est proportionnelle également au carré de la fréquence.
- Si le son est complexe, de telles mesures n’ont, à vrai dire, plus de sens. Un son complexe peut toujours être considéré comme la superposition d’un certain nombre de sons purs, de diverses fréquences, qui sont ses harmoniques. L’intensité mécanique est la somme des intensités, donc la somme des carrés des amplitudes des sons composants; il faut, pour la mesurer, isoler chacun de ceux-ci et mesurer séparément leurs intensités.
- Si nous passons maintenant à l’intensité physiologique, à ce que l’on pourrait appeler l’audibilité d’un son (en anglais : loudness), il nous faut constater tout d’abord, d’après les expériences de Knudsen et celles de Kings-bury, que, pour les sons purs, l’intensité mécanique n’est pas constamment reliée à la sensation par la loi de Feeli-ner; la concordance en défaut pour les intensités faibles ne se fait rigoureuse qu’à partir de 40 et jusqu’à 80 déci%Jf bels environ.
- Les courbes d’égale audibilité de Kingsbury représentées sur la ligure 1 montrent par leur parallélisme que le rapport entre l’intensité et l’audibilité est à peu près indépendant de la fréquence; mais la juxtaposition sur cette ligure de l’échelle en décibels et de l’échelle en niveaux de sensation montre que la coïncidence entre les deux échelles n’est que grossièrement approchée. Une mesure en décibels ne peut donc se traduire d’emblée en une évaluation physiologique précise de ce que ressent l’oreille.
- On a dit souvent que le décibel est la plus petite variation que l’oreille puisse percevoir dans le niveau des sons.
- On voit que ce n’est qu’une approximation assez grossière qui suffit toutefois à justifier le choix, pour la pratique, de l’échelle en décibels, faute d’une meilleure.
- Quand il s’agit de sons complexes, d’après ce que nous avons dit plus haut, on se rend compte qu’une indication d’intensité en décibels n’a aucun sens par elle-même. Parler de décibels, c’est sous-entendre qu’il s’agit de comparaison. Que compare-t-on en pareil cas ? Le son complexe résultant, ou l’un de ses composants, le son fondamental, par exemple ? Que prend-on comme terme de comparaison, alors que le seuil de sensation est différent suivant le composant envisagé ? Il faut ici manifestement
- compléter les conventions qui ont présidé à la définition de l’intensité sonore.
- Le Dr II. W. C. Kaye, du National Physical Labora-tory, et beaucoup d’autres physiciens, adoptent aujourd’hui la convention suivante : l’audibilité (intensité physiologique, loudness) d’un son pur : ou complexe est l’intensité (en décibels au-dessus du seuil de sensation), d’une note pure standard qui offre, pour l’oreille, une intensité équivalente, à celle du son à mesurer. Cette note de comparaison est choisie dans la région de fréquence 1000 où le seuil d’intensité perceptible à l’oreille correspond à une variation de pression moyenne de 1 milli-barye. Aux États-Unis, la fréquence étalon le plus employée est 1000; en Angleterre, au National Physical Laboratory, c’est 800.
- L’échelle ainsi définie n’a plus, pour les sons complexes, de rapport simple ni avec l’énergie totale mise en jeu, ni avec l’effet sur l’oreille. C’est regrettable, sans doute, pour la commodité d’interprétation des chiffres; mais c’est la conséquence de la nature même des phénomènes.
- Les considérations qui précèdent nous permettent de comprendre que pour les sons complexes et les bruits, les mesures globales d’intensité en décibels ne peuvent être que grossièrement approchées et ne donnent que des indications d’ensemble assez vagues. Pour une étude précise, il faut toujours déterminer le spectre acoustique du son, et mesurer l’intensité de chacun des composants
- Sous cette réserve il. nous paraît intéressant de reproduire une échelle de niveaux sonores établie pour Londres par le Dr W. C. Kaye (4) (fig. 2).
- Et voici, pour terminer, d’après l’intéressant ouvrage City Noise (2) qui résume l’œuvre entreprise à New York contre les bruits de la ville, les valeurs maxima en décibels de bruits de sources diverses, mais particulièrement pénibles pour les voisins :
- Marteau pilon au travail. . . . 113 décibels
- Corne d’automobile............... 102 —
- Rivetage. ....................... 101 —
- Chemin de fer souterrain ... 97 —
- Sifflet des navires............... 94 —
- Camion automobile................. 87 —
- Rugissement du lion..... 80 —
- Pelle à vapeur.................... 80 —
- Tramways.......................... 83 —
- Automobiles de tourisme . . . de 83 à 05 —
- Tonnerre (entre 1,5 et 5 km) . 70 —
- Cloches d’église............. . 01 —-
- A. Troller.
- 1. G. W. C. Kaye. The measurement of noise. Conférence du 8 Mai 1931 à la Royal Institution of Great Britain.
- 2. City Noise. The report of the Commission appôinted by Dr Shirley W. Winne, Commissioner of Health to study of noise in New York-City. Edited by E. F. Brown, E. B. Dennis, J. Henry, G. E. Pendray. 1 vol., 308 pages. Department of Health. City of New York, 1930.
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- Fig. ]. — Construction du môle d'escale du Verdun, vue en novembre 1931. (Pli. Port autonome de Bordeaux.)
- L’AVANT-PORT DU VERDON
- SON MÔLE D’ESCALE
- On connaît aujourd’hui les caractéristiques du futur paquebot, le Super-Ile-de-France qui, construit à Saint-Nazaire, sera lancé en 1933. Mais ce qui frappe l’ingénieur, ce ne sont, ni sa longueur de 311 m, sa largeur de 35,9 m, ni son tonnage brut de 70 000 tonnes, ni sa vitesse de 30 nœuds, mais son tirant d’eau de 11,16 m. Les autres caractéristiques, qui constituent pourtant un record, puisque le plus grand navire à flot actuellement (le croiseur Hood) n’a que 291 m de longueur, ne présentent que des difficultés secondaires, si on les compare aux sujétions qu’entraîne cet accroissement toujours continuel du tirant d’eau : le Super-Ile-de-France demande une profondeur d’eau de 12 m dans les ports et cela même aux plus basses eaux constatées; or les ports, même récemment construits, s’avèrent insuffisants pour recevoir les grands transatlantiques actuels (tirant de Y Ile-de-France : 10,1 m) ; ces géants ne peuvent mouiller que dans cinq ports pour le monde entier : New-York, qui semble d’ailleurs à son extrême limite, Southampton, Le Havre, Cherbourg et Bremerhaven. Liverpool lui-même n’est plus dans la lutte, remplacé en Angleterre par Southampton, grâce à des travaux dont le montant s’est élevé à 1 milliard.
- Comme on admet que le mouillage comporte 1 m d’eau sous la quille d’un navire, on se représente les sujétions apportées par un mètre supplémentaire de tirant d’eau : disons simplement que, pour le Super-Ile-de-France, on a dû construire à Saint-Nazaire, une nouvelle écluse dont le coût s’élève à 100 millions, le septième du prix du transatlantique lui-même.
- On sait, d’autre part, que les trajets les plus rapides sont ceux qui comportent le minimum de parcours ma-
- ritime et le maximum de parcours en chemin de fer : les navires anglais qui vont aux Indes ne chargent presque jamais leurs passagers à Londres ou Southampton, mais à Marseille ou même Brindisi, évitant ainsi trois jours de trajet en mer; tous les paquebots transatlantiques allemands font escale à Cherbourg, ce qui permet aux passagers s’embarquant dans ce port de gagner deux jours.
- Dans ces conditions, l’estuaire de la Gironde, qui d’une part, possède des fonds de plus de 12 m à marée basse, d’autre part se présente comme un point limite de trajet ferroviaire drainant toute l’Europe Centrale, était destiné à devenir un point particulièrement favorable pour le départ des lignes de navigation régulière, françaises ou étrangères, desservant principalement les ports de l’Amérique du Nord et du Sud, de la Côte occidentale d’Afrique et de l’Extrême-Orient. Bien entendu il ne fallait pas descendre jusqu’à Bordeaux, port déjà très encombré, loin dans les terres; d’ailleurs le chenal de la Gironde ne présente que des fonds de 8,5 à 9,5 m à marée haute et pour que les plus grands transatlantiques, même non encore à flot, puissent profiter des fonds exceptionnels signalés plus haut, il fallait remonter le moins possible la Gironde. C’est pourquoi, dès 1910, l’ingénieur en chef des Ponts et Chaussées Vidal présentait la création d’un môle d’escale, près du bourg du Verdon, à la pointe de La Chambrette, où les grands paquebots pourraient aborder sur les deux faces. Une loi en 1914 en décidait l’exécution : il devait comporter une gare pour voyageurs et marchandises; les subventions étaient fournies par la Chambre de Commerce de Bordeaux, le Conseil général de la Gironde et les réseaux du Paris-Orléans et du Midi, sans
- Fig. 2. •— L’estuaire de la Gironde.
- d'esçale
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- tue daccês
- Epi de Barbe-odss
- de service
- Fig. 3. — Plan d’ensemble de l’avant-port du Verdon.
- le concours de l’État. La guerre survint alors; après elle, les nouvelles conditions financières imposèrent une nouvelle formule avec participation de l’État et les travaux commencèrent.
- Rappelons tout d’abord que la voie d’eau formée par la Garonne et l’estuaire de la Gironde, d’une longueur d’environ 100 km à partir du pont dé Bordeaux et dont la largeur, de 6 km à hauteur de Pointe-de-Grave, atteint jusqu’à 10 km, est bordée par les diverses installations portuaires qui forment la circonscription du port auto-nome de Bordeaux, c’est-à-dire : Bordeaux, Bassens, le port'pétrolier du Bec d’Ambès, Blaye, Pauillac et enfin la station d’escale du Verdon.
- Bassens n’est que le prolongement du port de Boi’-deaux, rendu nécessaire par le ravitaillement du pays dès le début de la guerre, agrandi ensuite par les États-
- Fig. 5. — Coupe transversale du môle.
- Unis qui en firent une de leurs bases de débarquement les plus importantes. Construits hâtivement pendant la guerre, en bois, les apponte-ments ont été progressivement reconstruits depuis 1924,-en maçonnerie et en béton armé. Au Bec d’Ambès, un port pétrolier public a été créé tout récemment et une puissante raffinerie d’hydrocarbures a été installée. Blaye, sur la rive droite de la Gironde, est un port de trafic local d’importance restreinte. Pauillac, avant-port, à mi-chemin de l’estuaire, sur la rive gauche, est en même temps un centre de réparation de navires. Il possède des fondsnaturels dépassant 10 m à basse mer et peut servir d’avant-port à Bordeaux, mais il oblige les navires à remonter à 50 km dans l’estuaire.
- On voit ainsi combien évidente est la nécessité de l’avant-port du Verdon, à l’entrée même de la Gironde. Le Verdon occupe, en effet, une situation privilégiée : suffisamment en retrait et abrité pour que les ouvi'ages résistent aisément à la mer et que les navires n’aient pas à souffrir de la houle qui s’y trouve très atténuée, mais aussi suffisamment près de l’embouchure pour que les
- r o n o
- Fig. 4------Plan du môle du Verdon. et de son viaduc d’accès.
- paquebots n’aient pas à accomplir un long tx*ajet en rivière. Il se présente vis-à-vis de Boi’-deaux comme Cuxhaven vis-à-vis de Hambourg et Bremerhaven vis-à-vis de Brême.
- Sable
- Argile de fondation
- PLAN, DE L’OUVRAGE
- L’avant-port du Verdon comprendra :
- Un môle d’escale de 38 m de large, rectangulaire, présentant deux faces d’accostage de 317,5 m de longueur chacune, supportant une gare maritime à étage.
- Un raccordement trapézoïdal de 60 m de hauteur, dont les bases sont respectivement de 38 et 15,5 m. ,
- Un viaduc d’accès de 312 m de longueur, 15,5 m de largeur, tracé suivant un arc de cercle de 202 m de rayon (4 tables de 22° environ chacune).
- Une digue (digue de La Chambrette), de près de 4 km de long.
- FONDATIONS
- De nombreux sondages s’échelonnant entre
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- 1914 et 1924 ont permis de déterminer les différents fonds rencontrés.
- On traverse de haut en bas, une couche de 7 à 10 m de sable, recouvrant de l’argile compacte, dont le niveau supérieur se trouve à des cotes comprises entre — 20 et — 23 au-dessus de l’étiage local. Cette argile repose sur une couche de gros galets siliceux ou de graviers.
- On reconnut aussi que les fonds sableux de la Fosse du Verdon étaient sujets à des variations importantes et qu’il fallait asseoir les fondations du môle sur la couche d’argile, pour éviter tout risque de déchaussement. Dans ces conditions, il fallait renoncer aux pieux en béton armé primitivement envisagés; leur longueur eût été démesurée et leur mise en place quasi impossible. La solution classique par caisson à l’air comprimé, était
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- de pompe mammouth : c’est-à-dire jqu’à l’aide [d’air comprimé et d’eau, on émulsionne le sable; le mélange d’eau, d’air et de sable ainsi formé, plus léger que l’eau, remonte de lui-même au-dessus du niveau de la mer, dans les tubes aménagés à cet effet à l’intérieur de la pile-colonne. Ainsi le sable s’évacue de lui-même. On coule alors du béton à l’intérieur de la pile et le travail est achevé. Le procédé fut d’abord essayé en 1926, sur deux piles-colonnes expérimentales, sous la direction de MM. Levêque, directeur du Port autonome de Bordeaux, et Crescent, ingénieur des Ponts et Chaussées; le succès fut complet, et, forts de cette expérience, les ingénieurs du Port autonome en décidèrent l’adoption délinitive.
- La fabrication, le transport, la pose et le havage de ces piles-colonnes, sont autant d’innovations qui confèrent
- Fig. 6. — Le môle, son raccordement avec le viaduc d’accès. État des travaux le 18 septembre 1931. (Ph. Soc. Hersent.)
- également inapplicable parce que lente et onéreuse; elle présentait, en outre, de gros risques : sécurité précaire pour les charpentes extérieures dans une rade ouverte au gros temps, dangers pour les travailleurs soumis à une pression de près de 2 kg 5.
- Ces difficultés firent adopter, pour le viaduc et pour le môle, un mode de fondation aussi nouveau qu’élégant : celui des piles-colonnes, proposé par M. Caquot, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, l’éminent Directeur général technique actuel du ministère de l’Air.
- Les piles-colonnes sont des appuis de large section.. Ce sont de larges et longs tuyaux creux, en béton armé, de forme spécialement étudiée. On les construit sur la rive, on les met à la mer comme des embarcations ; on les immerge verticalement au,point voulu. Elles s’y l'emplissent de sable. On extrait celui-ci par une sorte
- aux travaux du môle du Verdon un caractère d’extra-orcfinaire originalité.
- LES PILES-COLONNES
- Au début des travaux, les piles-colonnes avaient 21,5 m de hauteur. Depuis elles ont reçu quelques modifications: le sol de fondation étant à la cote moyenne de — 21, et la hauteur des marées variant de 4 m à 5,5 m, on adopte actuellement des piles longues de 26,50 m; leur sommet est donc toujours hors d’eau. Ce sont des cylindres creux de 4 m de diamètre extérieur, de 0,15 m d’épaisseur. Le fût a 21 m de haut. Il s’épanouit à la base en une cloche de 5 m de haut et 7,50 m de diamètre. Celle-ci pourrait au besoin servir de chambre de travail; on a prévu, en effet, la possibilité d’y faire travailler à l’air comprimé, ou d’y descendre un scaphandrier en cas de difficulté
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- fortuite : on a donc ménagé à l’intérieur déjà colpnne une cheminée métalliquè avec sas, à air, débouchant dans la cloehèf Jusqu’ici deùx piles seulement ont exigé le recours à ee mode'de travail. ‘ '
- Les colonnes comportent à léur partie inférieure un couteau formant) saillant, constitué par .deux plaques de tôle d’acierjdé'20 mm. rivétéès.à' chaud. Nous verrons plus loin comment sont disposés’lés émulseurs à l’intérieur de la colonne. • ' - - . ; :
- Les piles-colonnes sont en béton armé. • Les •...efforts qu’elles supporteront, une fois en placé, seront surtout des èfforts dé compression : le béton dè. ciment, matériau ) de compression par exr
- cellence, s’imposait. Mais pendant le transport et la mise en place, les efforts les plus divers (fsrac-
- Distribution
- d'air
- ^Siphon de remplissage
- Niveau
- Vanne de remplissage
- de la cheminée tion et compression) menaceraient une pile non armée. C’est donc uniquement pour supporter ce bardage que l’on a eu recours au béton armé pour la construction des piles. Le ferraillage est d’ailleurs très poussé et très serré.
- On pouvait craindre que des armatures aussi serrées ne criblassent le béton, lors du coulage, opérant une séparation plus ou moins complète de ses éléments. Seul, un béton très fluide, donc contenant beaucoup d’eau, peut résister à ce criblage ; mais une difficulté apparaît.
- Disons auparavant deux mots de ce que l’on appelle la maladie du ciment fondu. On sait que ce ciment, nommé
- Fig‘ 7‘ ~ Principe de la encore ciment alumi-
- (coupe du premier modèle de 21 m 50). .. i
- * ’ neux, est de ceux qui
- résistent le mieux à l’eau de mer; mais, outre son prix élevé, il présente un inconvénient grave. Il manifeste parfois', des phénomènes de prise anormale, accompagnés d’échauffements anormaux : et susceptibles , d’entraîner de .graves accidents, par suite du fléchissement de la résistance, qui peut tomber au, cinquième- de sa valeur normale. L’influence de^ la température paraît indéniable; puisque, en chauffant à 42-43° des bétons de ciment alumineux en cours de:prise,’on peut reproduire,à coup sûr les accidents’constatés par hasard sur les chantiers. Un excès d’eau de .gâchage, donnant un béton fluide non criblé par les armatures métalliques, serait aussi une cause, quoique plus discutée,! de la maladie du béton
- fondu. Dilemme dont on est sorti en employant une solution moyenne : le béton sera relativement fluide, mais, pour éviter un long parcours à travèrs les armatures criblantes on a adopté la solution suivante : les premières piles-avaient été construites à l’aide d’un coffrage métallique formant moule-complet et présentant seulement, à la partie, supérieure, une petite ouverture pour introduire le béton. Aujourd’hui, on coule la pile en deux parties séparées par un plan diamétral horizontal ; le parcours du béton à travers le ferraillage est deux fois moindre, 6 heures suffisent pour couler un demi-caisson.
- On s’attache, avec un soin tout particulier, à obtenir des bétons aussi compacts que possible. 11 est fait emploi, d’une manière générale, de coffrages métalliques vibrés (8. marteaux pneumatiques agissant à l’intérieur et à l’extérieur du caisson sur les coffrages). Le béton ainsi vibré a une compacité extrêmement grande. Ajoutons que le chantier est doté d’un laboratoire, grâce auquel l’administration peut faire des études sur les agrégats et surveiller constamment la qualité des ciments et la fabrication des bétons (en général béton à 400 kg déciment fondu ou de ciment de hauts fourneaux) ; la granulométrie est faite tous les jours.
- La pile terminée est passée au coaltar, pour augmenter sa résistance à la mer; l’expérience a montré que cela était toutefois peu nécessaire : la pile en mer se recouvre presque instantanément de coquillages qui la soustraient à l’action directe et renouvelée de l’eau de mer.
- La pile terminée et vide pèse 295 tonnes.
- MISE EN PLACE DES PILES-COLONNES
- Le transport de la pile-colonne, construite à terre en position horizontale, à son emplacement d’échouage, est une opération particulièrement délicate. Deux méthodes ont été successivement adoptées.
- Les premières piles de 21,5 m étaient amenées sur place par flottaison : on fermait les orifices par des tampons ; la pile ainsi équipée peut flotter librement dans l’eau. On la lançait donc comme on ferait d’une embarcation ; on la plaçait sur un chariot roulant sur les rails d’un plan incliné et à marée haute on faisait rouler cet équipage vers la mer. Si on laissait la pile se mettre à l’eau librement, elle flotterait avec un tirant d’eau de 17;17 m, son axe incliné à 70° sur la verticale, la cloche seule émergeant. Il faut maintenir F ensemble horizontal en flottaison, et cela dès lé moment où la pile comipence à entrer en contact avec l’eau. On y parvenait , en exerçant avec une mâture et des amarres, en un point du couteau, une traction verticale de bas en haut, s’élevant progressivement jusqü’à'40 tonnes, au moment où la mise à l’eau est complète. La pile flotte alors, horizontale, avec un tirant rd’)eao de "4,17 m, la partie cylindrique, complètement noyée, seule la cloche émergeant de 3,3 m.
- Soutenue par sa mâture, elle était remorquée au lieu d’échouage. Arrivée là, on ^diminuait la traction de la mature; la pile se redressait en conséquence, s’enfonçant dans l’eau où elle tendait à prendre sa position de flottaison, libre (tirant d’eau de 17,7 m, inclinaison de 70" sur la'f;verticale).. On, introduisait alors de l’eau dans l’espace annulaire compris entre les deux tampons, ce
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- Fig. 8. — La fabrication des piles-colonnes de 26 m 50.
- Le chantier de ferraillage. (Ph. Port autonome de Bordeaux.)
- qui amenait la pile dans sa position définitive verticale. Les erreurs d’implantation ne dépassaient pas 30 cm, rattrapées dans l’exécution de la superstructure.
- On a abandonné cette méthode de déplacement par flottaison et actuellement on transporte la pile suspendue à une bigue bottante de 300 tonnes de puissance, comportant deux palans. La pile amenée comme précédemment à l’extrémité de sa cale de lancement, la bigue la saisit d’une part par la cloche, d’autre part par les extrémités d’un essieu télescopique dont son fût est pourvu. La partie centrale de cet organe est ûxe tandis que les deux extrémités sont mobiles et peuvent coulisser; rentrées, la longueur de l’essieu est de 3,65 m, donc inférieure au diamètre extérieur de la pile-colonne.
- Quand elles sont développées, la longueur de l’essieu est de 4,50 m. On rentre facilement cet essieu à l’intérieur de la pile, extrémités rentrées, on les développe ensuite en les faisant passer par deux ouvertures situées entre les deux parties x'enforcées centrales de la colonne.
- Deux remorqueurs amènent la pile à son lieu d’échouage; là on largue le palan, qui soutient la cloche. La pile bascule autour de l’essieu, cloche en bas, prenant la position verticale désirée. C’est par ce procédé qui donne toute satisfaction que sont transportées actuellement les piles-colonnes. Pendant l’été 1931, on en a construit et posé jusqu’à onze en deux mois, tout en ne disposant que de quatre jeux de coffrages.
- LE HAVAGE
- Nous avons indiqué plus haut le principe de la méthode de havage mise en œuvre à l’intérieur des piles-colonnes. Fdle n’exige qu’une main-d’œuvre extrêmement réduite.
- L’air comprimé nécessaire est fourni à la pression de 2,5 à 2,8 kg par deux compresseurs spéciaux placés à bord du ponton-bigue de 300 tonnes, et mus par une machine à vapeur, fournissant de l’air comprimé à 2,5-
- Fig. 9. — Le chantier des piles-colonnes en voie d’achèvement. (Ph. Société Hersent.)
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- Fig. 10. — Vue d’ensemble du chantier des piles-colonnes (oct. 19-30). (Pli. Société Hersent.)
- 2,8 kg de pression ; la densité de l’émulsion produite est assez faible pour qu’elle remonte jusqu’à 21 m.
- Actuellement on place à l’intérieur de la colonne six tubes disposés à 60° l’un de l’autre. Ce sont des tubes de 25 cm de diamètre intérieur à la base desquels on amène l’air comprimé par un tube d’injection, d’un
- diamètre de 5 cm formant émulseur, fermé en bas et assurant la sortie de l’air comprimé par 6 ou 7 orifices étroits (de la grosseur d’un crayon). On provoque ainsi à l’intérieur du gros tube de 25 cm une émulsion d’air, d’eau, de sable et de graviers dont la densité est suffisamment faible pour qu’elle puisse remonter et être
- Fig. 11. —• Une pile-colonne prêle au lancement. (Ph. Port autonome de Bordeaux.)
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- Fig. 12. — Piles-colonnes de 26 m 50 vues par la cloche. (Ph. Port autonome
- de Bordeaux.)
- entraînée à l’intérieur du tube; elle s’évacue par les dégorgeoirs placés à la partie supérieure de la pile (on avait à cet effet interrompu le ferraillage de la pile). Lors des essais effectués en 1926, une difficulté s’était présentée : l’eau et le sable évacués de la chambre de travail causaient une dépression telle que des renards se produisaient sous le, couteau : un entonnoir se creusait autour de la chambre de travail, retardant d’autant le fonçage, qui ne faisait, que suivre la progression de l’entonnoir et diminuait également la bonne assise de la pile. On remédia d’abord à cet inconvénient en adjoignant aux trois émulseurs une conduite d’eau sous pression empêchant la dépression précédente.
- Mais la solution définitive actuelle est la suivante : on établit, une communication directe par tuyauterie entre la mer et la chambre de travail (parafouille de 3 m de hauteur) lixé sur la couronne de raccordement de la cloche et du fût cylindrique. Dans ces conditions la pile s’enfonce d’elle-même dans le sable d’une hauteur de 1 m, par son propre poids, puis régulièrement. Comme, au début, son assise est insuffisante pour éviter des affouillements asymétriques, tendant au renversement de la pile, on est obligé de la soutenir avec la grue bottante, pendant, la première partie du fonçage tout au moins.
- Quelle est la vitesse de fonçage avec les 3 émulseurs employés, de 350 t-h chacun ? Alors que la vitesse de fonçage n’avait guère dépassé 7 cm par heure, au cours des essais en 1926, les perfectionnements successifs des méthodes adoptées par la suite permettent actuellement d’atteindre une vitesse horaire moyenne de fonçage de 1 m. On a même atteint 1,80 m dans les cas les plus favorables. En fait, pour les piles qui ont été foncées le plus rapidement, les opérations successives de transport depuis la cale de lancement jusqu’au point de fonçage, de mise en place et de fonçage proprement dit, jusqu’à ce que le couteau de la pile ait atteint la couche d’argile, n’ont pas duré plus de 5 heures.
- Une dernière difficulté subsistait : le dressement de la pile quand on avait rencontré l’argile de fondation, opération indispensable pour la bonne stabilité de l’ouvrage, était assez délicat. On a imaginé un procédé qui donne toute satisfaction: on ferme toutes les ouvertures (essieu, dégorgeoirs et parafouille.) tout en continuant à faire marchèr les émulseurs : la disparition dès matériaux aspirés crée, une dépression, sans danger de renards sous le couteau, en raison de renfoncement de la pile dans le sol ; on a vu que les diamètres respectifs de la cloche et du fut étaient 7,50 et 4,30 m; le rapport de leur surface est environ 3,5 : il s’ensuit une dépression de I. m dans le tube, correspondant à une charge supplémentaire de la pilé . de 31 tonnes. On est allé jusqu’à 5 ou 6 m de dépression, ce qui correspond à près de
- 150 tonnes de poids supplémentaire qui venant s’ajouter à celui de la pile (295'tonnes) enfonce cette dernière en écrasant les buttes de sable pouvant s’opposer au dressement.
- Le résultat désiré est pleinement obtenu.
- Il restait à bétonner les fûts. L’opération se fait en deux temps :
- 1° Remplissage de la cloche : on coule du béton immergé à l’aide d’une benne à deux volets, à ouverture automatique; quand elle touche le fond, une masselotte fonctionne par inertie et ouvre les volets : le béton n’est ainsi au contact de l’eau qu’en arrivant et n’est pas délayé ;
- 2° Quand la cloche est entièrement bétonnée, la pile est suffisamment lestée et étanche et on peut l’épuiser entièrement sans risque de renversement; des pompes électriques, immergées, d’un débit de 150 t-h épuisent rapidement cette cavité de 300 m'1 : on achève alors de bétonner à sec, sans aucune difficulté.
- Fig. 13. — Mise a l’eau d’une pile-colonne de 21 m, qui sera amenée par flottaison au lieu d’échouage. (Ph. Hersent.)
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- CHAPITEAU
- A la partie supérieure de la -pile-colonne se trouve un chapiteau rattrapant, par sa hauteur variable, les différences de niveau des piles; ce chapiteau est en béton armé.
- SUPERSTRUCTURES DU MÔLE D’ESCALE
- Le môle, de 317,50 m de longueur, comporte cinq tables (fig. 4). Chaque table se compose d’un sommier continu en béton armé, de 4,50 m de haut, reposant sur trois palées espacées de 15,15 m d’axe en axe. Le niveau des hautes mers exceptionnelles atteint lm au-Fig. 14. Coupe dune pile- dessus du sommier; celui colonne munie de son parafouille. , ,
- des basses mers exceptionnelles, 2 m au-dessous de l’extrémité supérieure des piles-colonnes. Dans le sens longitudinal, chaque' table constitue une poutre continue avec travées de 15 m‘et deux encorbellements de 7,50 m.
- Sur les chapiteaux, s’appuyant sur la tête des piles-colonnes, repose une poutre Tabulaire longitudinale de 20 cm d’épaisseur en haut et en bas, 43 cm latéralement et de 3,35 m de hauteur : ce ;sont les poutres continues -précédentes noyées dans le sommier sur lequel s’appuiera le hourdis supérieur. Entre les travées de deux tables successives, on a ménagé des joints de dilatation pour les effets de la température.
- Signalons sur le môle des dispositifs écarteurs pour le protéger des chocs Tes'plus divers ; ce sont des ouvrages en béton fortement armé auxquels on a adapté un pendule en bois muni d’ün piston oléopneumatique, fonctionnant comme le frein du 75.
- Le viaduc d’accès en courbe est formé de trois tronçons de 77,56 m de longueur et d(un tronçon de rive de 80 m. Un tronçon courant comprend trois palées distantes de 28,20 m d’axe en axe et deux encorbellements de 10,58 m chacun. Chaque palée repose sur deux piles-colonnes.
- Les différents ouvrages supportés par le môle sont les suivants :
- Fig. 16. — Coupe longitudinale d'une des tables du môle.
- Une voie-ferrée sur chaque face : au centre, deux quais d’embarquement de 9,36 m de largeur, séparés par deux-voies ferrées, enfin une gare maritime de 136 m de long; le premier étage sera rélié directement à la route d’accès.
- Le viaduc recevra deux voies ferrées et une chaussée de 5,75 m.de largeur, avec revêtement en béton bitumeux, un trottoir de.l m ét des refuges de 1,30 m en console, au droit de chaque pilé.
- Les diverses installations nécessitées par un tel chantier sont énormes. Les engins de levage sont particulièrement développés. A terre, six grues électriques sur pylônes, ’ d’une portée de 20 m, d’une puissance de 3 tonnes, et six grues à vapeur de 3 tonnes également. Les engins flottants sont encore plus développés : une bigue flottante de 300 tonnes servant au transport des piles-colonnes, une bigue flottante de 120 tonnes, une mâture flottante d’une puissance de 40 tonnes et une grue flottante d’une puissance de 30 tonnes. Enfin un chaland à clapets avec grue à benne preneuse permet l’entretien des profondeurs, au pied de la cale de lancement des piles.
- L’énergie électrique est fournie par une centrale de quatre moteurs Diesel de 120 ch (une commutatrice fonctionne également la nùit sur le secteur). Ils alimentent des compresseurs alternatifs. à double effet, les pompes 1 ta, etc.
- Les premiers travaux de' l’a-vant-pqr’t du Verdon datent de deux ans ; le gros œuvre sera terminé fin 1932. Quelques mois seront encore nécessaires pour le parachèvement. Si l’on tient compte des périodes de mauvais temps, on appréciera la rapidité avec laquelle s’avance cet ouvrage dont le montant s’élèvera à 195 millions (le prix de revient d’une seule pile est de 670 000 fr).
- OUVRAGES COMPLÉMENTAIRES DE VAVANT-PORT DU VERDON
- Toute la pointe de Grave est en butte aux attaques incessantes des flots de l’Océan. L’ingénieur a du stabiliser cette pointe qui tendait rien moins qu’à disparaître. Les principaux travaux entrepris, à cet effet, sont les suivants :
- 1° Construction de la digue de La Chambrette.
- — Les remblais seront constitués par les sables dragués de la Garonne et refoulés derrière les 3,5 km de digue, jusqu’à la cote 8,50 (c’est-à-dire sur une hauteur variant de 3,50 à 7 m, représentant un volume de 1 million de mètres cubes).
- 20 Amélioration de Ventrée de la Gironde. —
- Par suite du développement de la barre, qui s’étage
- 36 trous de 8 n'/m _ I , inclines aiS
- Brides de . \ ‘ fixation :
- Détail d’un émulseur.
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- Fig. 17 à 21. — Les phases du transport cl de la mise en place d’une pile de 26 m 50 portée par la bigue de 300 tonnes.
- 1. Le départ.
- 2. L’arrivée (à droite une pile coiffée d’un chapiteau).
- 3. Le redressement de la pile suspendue verticalement à son essieu télescopique.
- 4. La pile est verticale.
- 5. La pile en fonçage; un émulseur en action.
- (Lh. Société llersent et Port autonome de llordeaux.)
- en arc de cercle jusqu’à 20 km, l’accès du fleuve n’est praticable qu’en un nombre de passes très limité ; or il est bien évident que la situation de l’avant-port du Verdon, sa prospérité, sont étroitement commandées par la facilité d’accès dans l’estuaire.
- Actuellement, trois passes sont utilisées : la passe du Sud ne sert qu’aux petits navires; la passe du Matelier, seule utilisée au cours des dernières années par
- l’ensemble des gros navires fréquentant le port de Bordeaux, présente certains inconvénients notamment sa faible profondeur et sa direction oblique à la houle. C’est pourquoi le Port autonome de Bordeaux a décidé la création d’une nouvelle passe, dite « Grande Passe de l’Ouest », laquelle est rectiligne, orientée est-ouest, longue de 3,600 km seulement et creusée à 10 m sous le niveau des basses mers.
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- Deux grandes dragues suceuses marines, construites spécialement à cet effet, ont été affectées à ce travail de dragage, et la Grande Passe de l’Ouest a pu, en septembre dernier, permettre le passage de Y Atlantique, à son premier voyage sur la ligne postale Bordeaux-Buenos-Ayres. Au cours des prochaines campagnes de dragage, la profondeur de la nouvelle passe sera portée progressivement à 11 m, uniformément. L’entrée en Gironde et l’accès au môle d’escale du Verdon, seront ainsi rendus possibles par toutes marées et à toute heure, de nuit comme de jour.
- 3° Renforcement des défenses de la grève instable entre Grave et Saint=Nicolas et même Soulac. —
- Voici un type de bi*ise-mer couramment employé pour la défense générale de la Pointe de Grave.
- Tout d’abord des enrochements en blocs naturels de 3 à 5 tonnes, à une densité de 40 tonnes au mètre linéaire brisent la violence immédiate des flots. Derrière, se trouve un ouvrage formé de blocs artificiels en béton de cailloux cassés, de 1,20 m de hauteur et 1,40 m de largeur, disposés en chicane, le tout ayant une section trapézoïdale de 3,60 m de hauteur, 2,50 m de base supérieure et 8,40 m de base inférieure. Les blocs sont liés latéralement par un coulis de mortier riche (dosé à 700 kg de ciment fondu par mètre cube de sable) de 6 cm d’épaisseur. Pour relier un bloc supérieur 3m bloc inférieur, le premier est
- creusé suivant un tronc de pyramide carrée (20 et 30 cm comme côtés respectifs des bases formant joint de clavage). Un coupon de rail ordinaire de 70 cm de long est foncé également, d’une part dans le bloc inférieur, d’autre part dans le joint de clavage que l’on remplil ensuite de béton de gravillons. Tout cet ensemble de blocs artiliciels est surmonté d’un chemin de ronde de 20 cm en béton de ciment fondu, armé de trois rails longitudinaux et repose sur un radier de 60 cm de haut, prolongé latéralement par deux parafouilles de 1,20 m de haut et 0,60 m de large, relié aux blocs artiliciels adjacents par le même système joint de clavage-rail.
- Dans un autre type, cet ensemble de blocs artiliciels est protégé, non par des enrochements de blocs naturels, mais par un massif étanche en maçonnerie de moellons ordinaires, dans lequel sont ancrés des blocs de 3 à 5 tonnes maçonnés. 11 semble que l’on possède là un type de brise-mer particulièrement économique et résistant.
- Les remarquables travaux de l’avant-port du Verdon sont exécutés par la société anonyme Hersent, en collaboration avec la maison J. Berger de Berlin, sous la haute direction de M. Levêque, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, directeur du Port autonome de Bordeaux, assisté de MM. Peltier, ingénieur des Ponts et Chaussées, et Home, Serrano et Hargous, ingénieurs des T. P. E. Arnoux.
- L'ECLAIRAGE EN COULEURS CHANGEANTES
- Depuis le temps, lointain déjà, de 1915, où l’Exposition panpacifique de San Francisco révéla les premiers effets de l’éclairage des monuments par projecteurs, jusqu’aux récentes féeries de lumière de l’Exposition coloniale de Vincennes (La Nature, n° 2865), où aucune source lumineuse n’était visible, il est facile d’évoquer les progrès réalisés dans l’éclairage électrique dirigé.
- Le Grand Palais se prête bien à un éclairage de cette sorte, avec son péristyle, sa colonnade, qui permettent en quelque sorte de le modeler de lumière. Dès 1925, le Salon des Arts ménagers y avait réalisé une des premières illuminations de façade qu’on ait pu voir à Paris. En 1927, les grands quadriges de bronze des angles furent éclairés par des projecteurs complétantVheureusement le dessin du bâtiment. .. V- ;
- Cette année, le Salon des Arts ménagers .présente encore une grande nouveauté dans l’éclairage.des façades :
- l’éclairage en couleurs changeantes.. Les visiteurs, étonnés, peuvent voir l’effet de lumière déjà connu (fig. 5), se présenter cette fois-ci en teintes variées, dans toutes les couleurs du spectre : rouge, orangé, jaune, vert, bleu, indigo, violet, avec une intensité toujours égale; bien plus, ils assistent à des passages absolument insensibles d’une couleur à une autre ; plus encore, ils peuvent contempler le péristyle et les ailes éclairés de couleurs différentes et changeantes. Les effets obtenus sont extrêmement variés; ils sont tous fort agréables et si certaines teintes bleues imitent le clair de lune de façon parfaite, les passages du violet à l’orangé évoquent des levers de soleil sous les tropiques.
- Des effets colorés du même genre sont déjà employés dans les théâtres et music-halls et l’on se rappelle toutes les merveilles que la Loïe Fuller savait en tirer. Mais il y a loin de l’éclairage d’un plateau de scène ou même
- Fig. 1. — Le groupe convertisseur pour l’éclairage du Grand Palais.
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- d’un cercle de quelques mètres sur ce plateau, à celui homogène, étendu, d’une haute façade de quelque 150 m de long. Le dispositif réalisant cette féerie de couleurs toute nouvelle est dû à la collaboration de MM. Guérin et Paul Breton; il. a été mis au point avec le concours de l’Olfice national des Recherches et Inventions. Il nous a paru mériter une courte description.
- Les conditions du problème. — Au théâtre, les changements de couleurs sont obtenus à la main par le déplacement devant le faisceau des projecteurs de disques munis d’écrans colorés. Les changements sont donc discontinus et les éclairages consécutifs séparés par une obscuration. D’autre part, les intensités d’éclairement changent selon les écrans.
- Pour l’éclairage public d’un édilice, on ne peut tolérer ni phase d’obscuration, ni variations très grandes d’éclairement. Toutes les couleurs doivent avoir sensiblement même luminosité. D’autre part, l’effet décoratif et attractif des changements de couleurs est maximal quand ceux-ci se suivent à un rythme déterminé et surtout quand ils sont fondus, continus, sans aucun à-coup. Enfin, les surfaces énormes à éclairer avec intensité obligent à utiliser au mieux l’énergie électrique disponible, tout en conservant constamment une charge équilibrée sur le réseau triphasé qui fournit la puissance. Ce sont là problèmes complexes que MM. Gué-
- Fig. 3. — Le rhéostat général.
- Fig. •— Une batterie de projecteurs.
- rin et Breton ont su très heureusement résoudre.
- Les projecteurs. — Chaque batterie de projecteurs (lig. 2) comprend un projecteur vert clair, deux rouge moyen, trois bleu foncé, montés sur un châssis. L’éclairage du Grand Palais est réalisé par 264 projecteurs groupés en 44 batteries cachées derrière la base des colonnes. Chaque projecteur est du type à miroir argenté, de 500 w. Les teintes sont données par des écrans en verre coloré dans la masse, dont le choix a été particulièrement laborieux pour obtenir toutes les couleurs d’égale intensité. Pour chacun, la puissance lumineuse est sensiblement proprotionnelle à l’absorption si bien que la puissance totale installée est de 22 kw pour le vert, 42 pour le rouge, 66 pour le bleu.
- En tout, 132 kw et une intensité de 1200 ampères*
- Le groupe électrique. — Les projecteurs sont alimentés par un groupe convertisseur (fig. 1) installé dans le sousrsol du Grand Palais. Il comprend un moteur asynchrone diphasé 220 v, 50 périodes, 466 ampères par phase, entraînant à 1470 tours par minute : j 1° Une première génératrice à tension variable de 0 à 110 v, 680 ampères, pour la lumière bleue;
- 2° Une deuxième, de 455 ampères, pour le rouge;
- 3° Une troisième, de 227 ampères ppur le (vert;
- 4° Une excitatrice shunt 110 x-,. 27 ampères.
- Le rhéostat. —- Les changements de couleurs sont obtenus par des variations de tension? dé* chacun des circuits, dè lampes. Ces variations sont- réglées par un rhéostat actionné par un petit servo-moteur, à trois
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- ROUGE
- GENERATRICE
- Fig. 4. — Schéma général de montage.
- curseurs agissant chacun sur l’excitation de la génératrice correspondante (fig. 3 et 4).
- Le rhéostat comprend trois collecteurs fixes de chacun cent lames sur lesquels se déplacent trois porte-charbons entraînés à une vitesse variable d’un tour en 40 à 80 secondes par un arbre d’entraînement qui peut être libéré, engrené, décalé, selon les effets qu’on désire.
- Les résistances de champ, réparties en trois groupes, sont constituées par des enroulements nickel-chrome
- sur porcelaines, avec curseurs de finition de réglage pour correction des chutes en lignes et réactions d’induits, selon les conditions locales. Les trois rhéostats sont alimentés en parallèle par l’excitatrice.
- Tout le scénario d’éclairage peut donc être obtenu par ce rhéostat, machinerie de petites dimensions, contrôlant sans échaufïement de faibles intensités, avec une commutation parfaite sous un curseur de faible surface.
- Les canalisations. — Au Grand Palais, on a pour chaque couleur (vert, rouge, bleu), installé trois circuits, un pour le péristyle et un pour chaque aile. Les canalisations sont partie en sous-sol, partie extérieures.
- Un coffret de dérivation avec trois coupe-circuits bipolaires de protection est placé au pied de chaque colonne et raccorde à la ligne fixe les batteries de projecteurs mobiles, simplement posées sur le sol.
- On conçoit qu’une telle installation permet de varier à l’infini l’éclairage par projections, de changer, de toutes manières, les couleurs des monuments et des décors des villes. C’est une nouvelle féerie qui se prépare.
- Déjà, un matériel composé des mêmes éléments, mais actionné par moteur à essence et monté sur remorque a été réalisé pour l’illumination temporaire d’un édifice, d’une cascade, d’une grotte, d’un site quelconque, même éloigné de tout réseau de distribution électrique. Les premières démonstrations doivent avoir lieu, tôt après le Salon des Arts ménagers, à la cascade du Bois de Boulogne et dans la grotte des Buttes-Chaumont. A. B.
- Fig. 5. — L’éclairage du Grand Palais par projecteurs.
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- RÉSULTATS ‘ ....
- DU CONCOURS RADIOTECHNIQUE
- 1. BRANLY.
- 2. MARCONI.
- 3. KELVIN.
- 4. IIERTZ.
- 5. MAXWELL.
- 6. EDISON.
- 7. ALEXANDERSON.
- 8. FERRIÉ. -
- 9. BARTHÉLEMY. -
- 10. DE FOREST.
- 11. FESSENDËN.
- 12. BLONDEL.
- 13. BELIN.
- 14. BARBER. *
- 15. LUMIÈRE.
- 16. CH IRE IX.
- 17. GIRARDEAU.
- 18. BRENOT.
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- NOTRE CONCOURS
- De nombreux concurrents ont pris part à notre concours du 1er septembre dernier. Quelques-uns ont joint à leur solution d’aimables encouragements auxquels nous avons été très sensibles ; certains nous ont présenté de courtoises critiques dont nous les remercions.
- A tous ceux qui ont participé à cette épreuve, nous devons quelques explications sur le jeu qui leur était proposé; il s’agissait, dans notre pensée, de leur offrir une distraction instructive, mettant en œuvre de l’éru-;dition et de la perspicacité, mais où le hasard eût cepen-rlant une certaine part. Il fallait en effet que chacun pût tenter sa chance sans se sentir par avance trop lourdement handicapé. Ce sont ces considérations qui ont dicté notre choix. A des noms illustres, faciles à repérer en consultant un dictionnaire ou une- encyclopédie, nous en avons à dessein joint d’autres plus obscurs, certains même dont la contribution aux progrès de la science des ondes peut être jugée d’un ordre secondaire. Il le fallait pour permettre le classement des concurrents. Nous savions poser un problème difficile aux lecteurs français en leur demandant de reconnaître la personne et d’indiquer les travaux de M. Barber; nous savions que la physionomie de Fessenden,
- N° 1. — Edouard Branly, de l’Académie des Sciences.
- Français.
- Professeur de physique de l’Institut catholique de i Paris, il étudia en 1890 l’action à distance des étincelles sur la conductibilité des poudres métalliques. 11 mit ainsi au point le cohéreur ou radioconducteur qui fut à la hase de tous les systèmes de réception durant de nombreuses années. Vers 1906 il étudia divers dispositifs de télémécanique dont il lit la démonstration au Trocadéro , à Paris. Par son tube à limaille il créa la télégraphie 1 sans fil.
- N° 2. — Senatore Marchese Guglielmo Marconi. Italien.
- Fut le premier à réaliser une véritable communication sans fil pratique. Dès 1896 il brevetait un système complet \ auquel il ajouta le principe de l’antenne en 1897. Il transmit en 1899 les premiers télégrammes par sans lîl à travers le Pas de Calais, puis en 1903 entre l’Irlande et Terre-Neuve. Ayant fondé la Marconi Wireless Telegraph C° et des sociétés filiales dans presque tous les pays du monde, soie activité se confond désormais avec celle de ces sociétés. Parmi les principales inventions ou réalisations à son actif, citons : l’accord des circuits (syntonie) (1899), le détecteur magnétique (1902), l’antenne coudée (directive) (1905), l’éclateur tournant, le générateur d’ondes entretenues à étincelles commandées (timed spark discharger), les rideaux directifs (beam System), etc.
- N° 3. — Sir William Thomson, Lord Kelvin. Anglais.
- Ne s’est pas à-proprement parler occupé de la radioélectricité qui n’existait pas encore à son époque, mais ses travaux l’ont grandement aidée. Il a donné en 1853 la théorie de la décharge oscillante d’un condensateur. Il a inventé l’électromètre à quadrants et un galvanomètre à miroir fort utilisés dans les mesures de précision, ainsi que l’enregistreur à siphon, ancêtre des « ondula-teurs modernes ». Il joua un grand rôle dans l’établissement des câbles transatlantiques.
- technicien éminent cependant, était peu connue en France. Nous avons été surpris, par contre, de voir beaucoup de concurrents ignorer l’œuvre de Lee de Forest, le créateur de l’audion ou le confondre avec le mécanicien français, Fernand Forest, illustre, mais à d’autres titres.
- Vingt-deux concurrents ont placé exactement les noms qui faisaient l’objet du concours. Mais tous n’ont; pas su indiquer avec la même précision l’œuvre des personnages représentés, ni en quoi elle touche à la radioélectricité. Certaines des notices (pie les concurrents ont jointes à leur solution sont remarquables : nous citerons celles de M. Calcagni, classé premier, et surtout celles de M. Wassermann, classé second, qui représentent une documentation de premier ordre, extrêmement étendue; celles du Dr Decaux, classé troisième, et celles de M. Wer-gifosse (classé 54e seulement, à cause d’erreurs dans la solution), toutes deux excellentes dans leur concise précision. Bonnes notices également de MM. Boiché, Bouquin, Quinet, Pouard, Chemoul, Leroyer et de Mlle Reinhard.
- Les notices ci-dessous sont à peu près intégralement empruntées à ces concurrents, en particulier au Dr Decaux.
- N° 4. — Heinrich Rudolf Hertz. Allemand.
- De 1886 à 1889, à l’université de Karlsruhe, il fil une magistrale démonstration expérimentale de la théorie électromagnétique de Maxwell. Employant des oscillateurs à houles et des récepteurs à étincelle de coupure, il reproduisit avec les ondes qui depuis portent son nom, tous les phénomènes des ondes lumineuses : propagation, réflexion, réfraction, polarisation. Il mesura leur vitesse et leur longueur.
- N° 5. — James Clerk Maxwell. Anglais.
- Professeur de physique à l’université de Cambridge, il établit en 1867 une théorie électromagnétique de la lumière. Synthèse géniale des travaux précédemment exécutés par Huyghens, Fresnel, Ampère, Faraday, cette théorie réunit les phénomènes lumineux, électriques et magnétiques en un tout complet. Quatre théorèmes fondamentaux expriment les relations existant entre ces trois ordres de phénomènes autrefois indépendants. Hertz devait 20 ans plus tard vérifier expérimentalement les découvertes mathématiques de Maxwell.
- N° 6. — Thomas Av a Edison (1847-1931). Américain.
- Le « sorcier de Menlo Parle » est entré vivant dans la légende pour d’innombrables créations, dont les plus célèbres sont les mises au point du phonographe, du microphone et de la lampe à incandescence électrique. Sa contribution à la radioélectricité est moins connue : en 1883 il découvrit « l’effet Edison », passage d’un courant entre le filament d’une lampe et une électrode positive, principe des tubes électroniques. Il breveta en 1885 un système de télégraphie inductive avec antennes et étudia divers modèles de haut-parleurs puissants.
- N° 7. — E. F. W. Alexanderson (1878). Américain.
- Ingénieur en chef à la General Electric C° de Shenec-tady, il a étudié un système complet d’émetteurs à alternateurs de haute fréquence (ondes longues), comprenant un alternateur à fer tournant, un transformateur spécial
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- et une antenne très longue avec des prises de terre multiples accordées (utilisé aux Etats-Unis, en Suède, Pologne, etc.). La manipulation et la modulation téléphonique furent adaptées à ce système au moyen d’un « amplificateur magnétique ». On lui doit également un système de télévision.
- 7V° 8. — Général de division Gustave Ferrié, de l’Académie des Sciences. Français.
- Ayant passé toute sa carrière dans la télégraphie militaire, il a étudié la radioélectricité depuis 1899, reproduisant d’abord les récentes expériences ' de Marconi; puis, innovant, il mit. au point le détecteur électrolytique en 1900; il installa une liaison radiotélégraphique entre la Martinique et la Guadeloupe (1902), utilisa la T. S. F. pendant la campagne du Maroc (1905), créant en même temps le poste de la Tour Eiffel. En 1911 il organisa les services de signaux horaires, mesura la vitesse des ondes et les différences de longitudes entre Paris et Brest, Bizerte, Washington (1913). Pendant la guerre il organisa la radiotélégraphie militaire sur des bases telles que toutes les armées alliées s’y fournirent de matériel et de techniciens. Depuis, il a continué à s’occuper de toutes les questions scientifiques, particulièrement celles qui rapprochent la radioélectricité et l'astronomie. En 1920 il créa la radiodiffusion à la Tour Eiffel. En 1926 il organisa une opération mondiale de mesure des longitudes qui sera répétée en 1933. Commandant supérieur des troupes et services des transmissions, Président du Comité d’administration du Laboratoire national de Radioélectricité, il continue à favoriser l’essor de la T. S. F. en France par sa haute impulsion et ses directives éclairées.
- N° 9. — R. Barthélemy. Français.
- Il s’est occupé de diverses branches de l’électricité et a mis au point un certain nombre d’appareils de mesures. Pendant la guerre, il imagina un convertisseur de courant continu utilisé à l’émission. A créé les premiers postes récepteurs alimentés par le secteur, inventeur du montage isodyne à lampes bigrilles et à faible tension plaque, il s’est consacré récemment au perfectionnement de la télévision.
- N° 10. — Lee de Forest. Américain.
- Il découvrit en 1906 l’action d’une électrode supplémentaire sur le courant de la valve de Fleming; il essaya d’abord divers artifices et en 1907 breveta la « grille » telle qu’on l’emploie encore. Il l’utilisa d’abord comme détecteur et en reconnut ensuite les propriétés amplificatrices. En 1912 il inventa la « réaction » utilisée universellement dans les émetteurs. Il s’est également occupé de projection des ondes et du film parlant.
- N° 11. — R. A. Fessenden. Canadien.
- Il fut l’un des premiers à étudier sérieusement les ondes entretenues. Dès 1902 il envisageait la modulation par la voie d’ondes « pratiquement » entretenues et mettait au point la réception par « barretter » (fil chaud). En 1903 il imaginait la manipulation p r changement de longueur d’onde utilisée plus tard sur les arcs. En 1905 il préconisa la célèbre réception par battements appelée « méthode hétérodyne ». Il enregistra sur dicta-phone des signaux transatlantiques en 1908.
- N° 12. — André Blondel, de l’Académie des Sciences.
- Français.
- Inspecteur général des Ponts et Chaussées, il s’est
- occupé avec succès de toutes les branches de l’électricité. On lui doit entre autres des théories fondamentales sur les alternateurs. L’un des pionniers et des plus éminents théoriciens de la T. S. F. française. Perfectionne le collé-reur en 1898; établit à cette époque la théorie des antennes et montre le rôle de la terre dans la propagation des ondes. Il réalise l’oscillographe à miroir. En 1901 il étudié des combinaisons d’antennes à émission dirigée qui restent à la base de tous les rideaux d’antennes actuels. Puis il mit au point, pour le service des phares qu’il dirigeait, des radiophares automatiques (1913). Il est le véritable créateur du cadre et de |a radiogoniométrie et l’organisateur du réseau des radiophares fiançais.
- N° 13. — Edouard Belin. Français.
- Dès 1907 il réalisait la transmission pratique des images par fil. Des perfectionnements incessants ont été appelles par lui à ses appareils qui permettent maintenant la transmission parfaite de textes ou de photographies avec ou sans fil. Il a également mis au point un « cryptotélégraphe » absolument secret et travaille la télévision.
- N° 14. — N. Barber. Canadien.
- Gérant général des services télégraphiques duCanadian Raihvay, à Toronto, a présidé à l’organisation des premières conversations téléphoniques avec un train en marche (système à « courant porteur » perfectionné).
- M° 15. —• Louis Lumière, de l’Académie des Sciences.
- Français.
- Les frères Louis et Auguste Lumière sont célèbres dans le monde entier par leur réalisation du tinén ; -tographe. Ils se sont également occupés de tout ce qui louche à la photographie et à la biochimie, mettant au point des produits remarquables. Louis Lumière a imaginé divers types de haut-parleurs, en particulier le diffuseur en papier plissé et la membrane bicylindrique.
- N° 16. — Henri Chireix. Français.
- Ingénieur en chef de la Société française radioélectrique, on lui doit les projecteurs d’ondes courtes en dents de scie (en collaboration avec Mesny), une méthode de mesure des résistances d’antennes, des perfectionnements aux émetteurs alternateurs H. F., le couplage en duplex des antennes, des régulateurs de fréquence pour ondes courtes et enfin la modulation par déphasage.
- N° 17. — Emile Girardeau. Français.
- Il s’est consacré au développement industriel de la T. S. F. en France. Ayant fondé en 1910 la Société française radio-électrique, il créa en 1918 la Compagnie générale de T. S. F. qui groupe autour d’elle une quinzaine de « grandes compagnies associées » dont il est président ou administrateur-délégué. Ces sociétés ont réalisé les centres de Ste-Assise, Beyrouth, Saigon, Belgrade, Buenos-Ayres, Radio-Paris, etc.
- N° 18. — Lieutenant-colonel Paul Brenot. Français.
- Ayant débuté dans la télégraphie militaire, il réalisa avant la guerre les premières liaisons entre un avion et le sol. Pendant la guerre il dirigea l’important centre radiotélégraphique de la Tour Eiffel. Depuis, devenu directeur de la Société française radio-électrique, il a participé à toutes les réalisations du groupe de la Compagnie générale de T. S. F. et préside depuis de longues années le Syndicat professionnel des Industries radio-électriques. Dr Ch. Decaux.
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- LES GAGNANTS
- Nous donnons ci-dessous le classement des cent premiers lauréats. Tous les gagnants recevront par poste l’indication de leur rang et le prix qui leur est attribué :
- Premier. — M. Calcagni (Lucien), Bordeaux (qui gagne le phonographe Cantora).
- 2. — Wassermann, Paris.
- 3. — Dr Decaux, Lisieux.
- 4. Bosciié (Robert), Nantes; 5. L.-IL-S. Jouet, St-Servan-sur-Mer; 6. Bouquin, Paris; 7. Quinet (Jean), Paris; 8. Gademan, Mulhouse; 9. Raynaud (Pierre), Tientsin (Chine).
- 10. Saclier (Armand), Chalon-sur-Saône; 11. J. Balta (Elias), Barcelone; 12. Lustremant (René), Lille; 13. Alricq (Hubert), Choisy-le-Roi ; 14. Hardy (Jean), Paris ; IS.Taste (J.) Nancy; 16. Capit. frégate Héret, Lorient; 17. Mlle Héret, Lorient; 18. Core, Paris; 19. Adam (Jean-Paul, Châlons-sur-Marne.
- 20. Bidault (Camille), Arcueil; 21. Iweniki (Maurice), Paris; 22. Vincent (Raymond), Paris; 23. Leblanc (Maurice), Suresnes; 24. E. Ciiemoui., Alger; 25. Pouard (Maurice), Paris; 26. A.-D. de Beaumont, 24, rue Séré-de-Rivière, Albi. 27. Mlle Reinhard (Marie), Zillisheim (Haut-Rhin); 28. Malbois, Fontevraut ; 29. P. Vira", Fontainebleau.
- 30. Teissier, Vanves; 31. Lafaye, Paris; 32. Angenault (Charles), Maisons-Laffitte; 33. Mlle Lestrade (M.-L.), Paris; 34. Sciimid (E.-IL), Paris; 35. Guiesse, Clamart. 36. Puymort, Château-Chervix; 37. Thomas (E.), Paris; 38. Ciierreau (H.), Puteaux; 39. Mlle Lagnel, Paris.
- 40. Laemmer (F.), Paris; 41. Chedebois, Paris; 42. Le-donné (L.), Paris; 43. Prévost (H.), Besse-sur-Issole (Var); 44. Mlle Bernard (Françoise), Paris; 45. Boone (J.), lloboken (Belgique); 46. A. Stromberg, Paris; 47. Naudasciier
- (Georges), Évreux; 48. Mlle Stoi.itsa (E.), Paris; 49. Tara-mini, Paris.
- 50. Mme veuve Lhomme (Henri), Paris; 51. Jacquinot (A.), Malakoff; 52. Doijssau, Paris; 53. Buciiet (P.), Charleroi; 54. De Wergikosse (Joseph), Bruxelles; 55. Salvan (Paul), Marseille; 56. Mme Vilain (Ghyslaine), Bruxelles; 57. Jacson (Michel), Dijon; 58. Banette, Rueil-Malmaison; 59. Vauge-lade, Rueil.
- 60. Ciiapey, Paris; 61. Rottier, Paris; 62. Casalis (Michel), Paris; 63. Leroylh (C.), Shembaganur; 64. Int. Major Ciiirvasiu (Nicolas), Turnu-Séverin ; 65. Gonnet, lstres; 66. R. Morin, Gennevilliers ; 67. Catau (Roger), Paris; 68.Viethel (P.), Peyrelevade (Corrèze); 69. Reggiani, Paris.
- 70. Jacquet (A.), Vaires (S.-et-M.) ; 71. Ginouze, Grenoble; 72. De Vignet, Mussidan; 73. Léger (Eugène), Argenteuil; 74. Denoix (In.), Alfort; 75. Péry (René), Ivry; 76. Agé (Émile), Épinal; 77. Dagneaux (J.), Nainur; 78. Pensionnat Hacuy, Station Fouehes (Belgique) ; 79. Ct A. Balle, Berchem-Anvers.
- 80. Fenecu (A.), Sousse; 81. Godin (Jean), La Roche-sur-Yon; 82. Garoni (C.), Clamart; 83. Mme Sirven, Paris; 84. Casalis (F.), Paris; 85. Figuet (Théophile), Paris; 86. Poulet (Fernand), Colombes; 87. Ludwig, Ghennevières-sur-Marne; 88. Chapoul (Robert), Paris; 89. Abbé Cor-nollier (Joseph), St-Antoine-L’Abbaye (Isère).
- 90. Carbonne, Montbrun-Bocage; 91. Grii.lou (Robert), Suresnes; 92. Vienne (A.), Tourcoing; 93. Lederne (Lucien), Lunéville; 94. Dejf.an (Lucien), Blois; 95. CiianEac (Lucien), Rueil-Malmaison; 96. David (M.), Versailles; 97. Quanquin (Paul), Chambolle-Musigny; 98. Mme N. Lussf.au, Rochefort-sur-Mer; 99. Dixmier (Maurice), Chasseignes; 100. Allou (L.), Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- LES PEINTURES A L’ALUMINIUM
- Voici quelques précisions sur les nouvelles applications de l’aluminium et de ses bronzes, dans certaines peintures métalliques actuellement de plus en plus employées, par exemple, pour les pneus d’autos, les bidons de pétrole, la décoration murale, le revêtement des objets en plâtre, etc. Disons d’abord quelques mots de la préparation des poudres d’aluminium et de ses bronzes, brocarts et autres.
- L’aluminium n’acquiert de propriétés couvrantes, que par un pilonnage énergique, dans des appareils analogues aux brocards à cames, bien connus dans l’industrie aurifère. Par ce procédé, l’aluminium se brise en paillettes ayant un grand pouvoir couvrant, et douces au toucher. Aucun autre mode de broyage ne produit le même résultat. Il faut employer un métal aussi pur que possible et exempt, si faire se peut, de silicium et de 1er. Sinon, l’aluminium, au lieu de blanc mat, prend une teinte bleu grisâtre et perd tout son lustre. D’après le Chemical Trade du 25 mai 192S. il n’y a que le pilonnage qui soit capable de donner à l’aluminium les empreintes à surfaces irrégulières et rugueuses, grâce auxquelles se produit le lustre recherché. Ces paillettes ont une épaisseur variant de 40 à 50 g; leur diamètre va de 200 fois l’épaisseur pour les qualités extra à 5 pour les qualités ordinaires.
- Les travaux effectués sur l’aluminium pulvérisé et granulé, par la Compagnie anglais? de l’aluminium, à Adélaïde House, à Londres, dont le Chemical Trade du 27 février 1931 a donné un aperçu, ont montré que la peinture à la poudre d’aluminium doit être préparée par l’employeur lui-même au moment même de l’emploi, sans aucun broyage préalable aux cylindres. La poudre d’aluminium peut être emmagasinée assez longtemps sans se détériorer; bien au contraire, celle qui a déjà un certain temps de magasinage, aurait, dit-on, des
- propriétés couvrantes meilleures. On emploie eh général un kg de poudre d’aluminium pour 5 kg d’excipient. On obtient ainsi une peinture qui s’étale bien sous le pinceau, qui couvre bien, en donnant une surface douce. Si l’on remplace l’excipient ordinaire par un vernis au copal ou à la gomme laque eu un mélange de ces deux vernis, on peut réduire la proportion d’aluminium d’un quart. 11 va sans dire qu’il faut agiter souvent le mélange durant son application pour le rendre homogène.
- L’expérience de plusieurs années de recherches a conduit à employer comme excipient l’huile de bois de Chine, dite aussi huile de Tung, ou huile de bancoul ou d’aeleococca. Elle vaudrait mieux, dit-on, que l’huile de lin. Le grand avantage de l’huile de bois est d’assurer une plus grande hydrofugation que l’huile de lin, et aussi de fournir un film plus brillant et de raideur plus grande.
- On ajoute souvent à l’huile de bois, des résines synthétiques, ou des gommes esthers, ou résinâtes de glycérine.
- Ces dernières doivent être d’acidité libre minima, afin que le brillant de la poudre d’aluminium ne soit pas altéré. Pour l’application, on peut aussi ajouter de la térébenthine ou du white spirit, ce qui abaisse le prix de revient.
- Les peintures à la poudre d’aluminium tiennent" très bien à l’extérieur, car elles ne se craquèlent pas. On peut les appliquer sur bois, métaux, carton, feuilles de compositions à base d’amiante, telles que des fibrociments et connexes. Au point de vue esthétique, elles sont des plus agréables.
- On emploie aussi la poudre d’aluminium dans les peintures asphaltiques, en vue d’éviter l’action néfaste des rayons ultra-violets sur le bitume employé seul. On obtient ainsi un fini brillant et durable. Une telle peinture revient très bon marché, et elle est employée pour garnir des réservoirs, des tuyaux, et en général, tous ouvrages en fer.
- A. Hutin.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
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- LA VOUTE CÉLESTE EN MARS 1932 (*)
- Vénus, l’étoile du Berger, qui atteindra le mois prochain sa plus grande élongation du Soleil, trône magnifiquement dans le ciel au-dessus du crépuscule. Son brillant éclat attire tous les regards.
- Jupiter est encore bien intéressant à observer, surtout en ce moment. Le plan de l’orbite des statellites vient de passer par la Terre, et ces satellites produisent, en glissant les uns devant les autres, de bien curieuses occultations.
- Une belle occultation de l’étoile x Scorpion par la Lune se produira le 27 mars.
- Ne pas oublier d’observer la lumière zodiacale, la lumière cendrée de la Lune, la lueur anti-solaire, etc.
- A mentionner — pour mémoire — une éclipse annulaire de Soleil et une éclipse de Lune, toutes deux invisibles à Paris.
- I. Soleil. — En mars, le Soleil s’élève rapidement dans l’hémisphère'nord. Sa déclinaison, de —7°33' le 1er, atteindra -j-4°10' le 31. 11 traversera l’équateur céleste le 20 ,mars, à 20», ce sera le commencement du printemps. La durée du jour, de 10"56m le 1er mars, sera de 13»44“ le 31.
- Voici le temps moyen à midi vrai, de deux en deux jours. On sait que ce temps moyen à midi vrai est l’heure que marquent les horloges bien réglées lorsque le centre du Soleil passe au méridien.
- Dates. Heure du passage Dates. Heure du passage.
- Mars 1e r 12» 3“ 78 Mars 17 11» 59” 78
- — 3 12 2 43 — 19 11 58 32
- — 5 12 2 16 — 21 11 57 56
- — 7 12 1 48 — 23 11 57 20
- — 9 12 1 19 — 25 11 56 43
- — 11 12 0 48 — 27 11 56 6
- — 13 12 0 15 — 29 11 55 29
- — 15 11 59 42 — 31 11 54 53
- Observations physiques. — Voici la suite des éphémérides
- pour l’orientation des dessins et des photographies du Soleil.
- Voir pour la définition des lettres P, B0, L0 le précédent
- « Bulletin astronomique ».
- Datesj P B0 L0
- "Mars 1er - 21°,62 — 7°,23 156°,27
- — 6 - 22°,80 — 7°,45 90°,40
- — 11 - 23°,83 — 7°,22 24°,52
- — 12 - 24°,02 — 7°,20 11°,34
- — 16 J - 24°,69 — 7°,13 318°,62
- — 21 - 25°,38 — 6°,99 252°,71
- — 26 ' - 25°,90 — 6°,80 186°,77
- Consulter, pour l’orientation des dessins, l’Annuaire astrono-
- mique Flammarion, qui publie le schéma d’un écran spécial pour recevoir les disques permettant la détermination des coordonnées héliographiques des taches solaires.
- Eclipse annulaire de Soleil. — Une éclipse annulaire de Soleil, invisible à Paris, aura lieu le 7 mars. Commencement de l’éclipse à 5h31m; maximum à 7»56“; fin à 10»20“. Grandeur maximum de l’éclipse = 0,964 (le diamètre du Soleil = 1). L’éclipse sera visible en Malaisie, en Australie, dans l’Océan Indien, dans l’océan Pacifique et dans l’océan Glacial Antarctique. Plus grande durée de l’éclipse annulaire : 5“20\
- 1. Toutes les heures données dans ce Bulletin astronomique sont exprimées en temps universel (T. U.), compté de O1' à 24», à partir de O1' (minuit).
- Lumière zodiacale, lueur anti-solaire. — Le mois de mars est particulièrement favorable à l’observation de la lumière zodiacale. Celle-ci est visible, le soir, à l’Ouest, après le crépuscule, comme un immense fuseau lumineux, étendu dans le zodiaque.
- Les meilleures périodes sont celles où la Lune est absente, notamment du 3 au 9 mars (époque de la nouvelle Lune), puis du 25 jusqu’à la fin du mois. On pourra rechercher la lueur anti-solaire, vers minuit, dans la Vierge, du 11 au 13 mars.
- Les phases de la Lune, en mars, seront les sui-
- P. L. le 22, à 12» 37“ D. Q. le 29, à 3» 44»
- IL Lune.
- vantes :
- N. L. le 7, à 7» 44»
- P. Q. le 15, à 12» 41“
- Age de la Lune le 1cr mars, à 0» = 23^,4; le 8, à 0» = (b,7. Pour une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 8 aux valeurs ci-dessus, pour avoir l’âge de la Lune à la date considérée.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en mars : le 1er, à 6» = — 28°42' ; le 15, à 21» = + 28°43'; le 28, à 12» = — 28° 44'.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 10 mars, à 22». Parallaxe — 54'2". Distance = 405 820 1cm.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 23 mars à 9». Parallaxe = 61,11,/. Distance — 356 110 1cm.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 14 mars, occultation de 38 B. Cocher (gr. 6,5). Immersion à 21» 59“,0.
- Le 27, occultation de x Scorpion (gr. 2,8). Immersion à 2» 36“, 5. Emersion à 3» 44“, 0.
- L’étoile disparaîtra derrière le limbe sud-est .de la Lune. Elle réapparaîtra derrière- le limbe non éclairé, à l’Ouest. La Lune sera gibbeuse, deux jours avant le dernier quartier.
- Lumière cendrée de la Lune. — La lumière cendrée de la Lune sera encore très belle en mars, la déclinaison de la Lune étant fort élevée du 10 au 12, après la nouvelle Lune. A observer à la fin du crépuscule. Beau spectacle dans les soirées de printemps.
- Eclipse partielle de Lune. — Une éclipse partielle de Lune se produira le 22 mars. Elle sera invisible en France. L’éclipse commencera à 9» 59“; le milieu sera atteint à 12» 32“ et la fin aura lieu à 15» 6“. Grandeur de l’éclipse = 0,972, le diamètre de la Lune étant un. Le commencement de l’éclipse sera visible dans l’Est de l’Asie, en Australie, dans l’océan Pacifique, dans l’Amérique du Nord et dans l’extrême Ouest de l’Amérique du Sud.
- La fin de l’éclipse pourra être observée en Asie, dans l’océaïi Indien, dans l’océan Pacifique et du Nord-Ouest de l’Amérique du Nord.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront au moment de la pleine Lune du 22. Voici, en. centièmes, les coefficients de quelques-unes de ces plus grandes marées et l’heure où elles se produiront au Havre.
- Dates. Marées Heure du matin. Coefficient Marées Heure du soir. Coefficient.
- — — — — —
- Mars 21 8» 19 “ 87 20»37“ 95
- — 22 8 55 103 21 12 109
- — 23 9 28 114 21 48 116
- — 24 10 7 117 22 28 115
- — 25 10 48 111 23 9 106
- — 26 11 31 99 23 55 90
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- Le phénomène de Mascaret se produit généralement lorsque l’amplitude des marées dépasse 100 centièmes. Ou pourra l’observer du 22 au 25 à Villequier. Caudebec et Quillebeuf. La direction et la force du vent peuvent modifier considérablement son apparence et même le faire disparaître totalement.
- II. Planètes. — Le tableau ci-après, dressé d’après les données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1932, contient les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes les plus importantes pendant le mois de mars 1932.
- A la fin de mars, la magnitude stellaire de Vénus sera donc presque de — 4 grandeurs. Cela veut dire quelle surpassera une étoile de lre grandeur de 5 grandeurs. En effet, on sait qu’au-dessus de la première grandeur, les étoiles se classent comme suit :
- lre grandeur; grandeur 0; grandeur — 1; grandeur — 2; grandeur — 3 ; grandeur — 4.
- Chaque étoile qui en surpasse une autre de une grandeur est 2,5 fois plus lumineuse. 11 en résulte donc que, d’après ce que nous avons dit plus haut, Vénus est 2,53 = 98 fois plus lumineuse qu’une étoile de 1t0 grandeur.
- ASTRE Dates : Mars Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*). Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile Amisine. VISIBILITÉ.
- 5 6“28m 12“ 2 m 163 17“ 38"' 23“ 4 ,h — 6° T 32T4'',4 Verseau
- Soleil. . . 15 6 7 11 59 42 17 53 23 41 2 6 32 12 , 4 Poissons > »
- 25 5h 46 11 56 43 18 9 0 17 + 1 50 32 7, 0 Poissons
- 5 6 49 12 30 18 10 23 27 — 4 45 5, 0 Poissons Le soir, à la fin du mois.
- Mercure . . 15 6 33 12 56 19 18 0 34 -f- 4 20 6, 0 Poissons / Plus grande élongation le
- 25 6 5 13 0 19 55 1 19 + 11 13 7, 8 Poissons 23.
- 5 7 43 14 34 21 24 1 33 + 10 18 16, 0 Poissons
- Vénus. . . ! ^ 7 24 14 37 21 51 2 16 + 14 58 17, 2 Poissons Magnifique le soir.
- 25 7 6 14 42 22 18 3 0 + 19 5 18, 4 o Bélier
- 1 5 6 20 11 37 16 53 22 37 — 9 55 4, 0 Verseau
- Mars . . . 15 5 56 11 27 16 57 23 6 — 6 54 4, 0 o Verseau Inobservable.
- 25 5 31 11 16 17 1 23 35 — 3 47 4, 0 Poissons
- Jupiter . . 15 13 55 21 23 4 51 9 5 + 17 44 40, 4 83 Lion Presque toute la nuit.
- Saturne . . 15 .4 11 8 37 13 2 20 17 — 19 55 14, 2 4 Capricorne Un peu visible le matin.
- Uranus . . 15 6 54 13 26 19 58 1 7 + 6 28 3, 2 e Poissons Dès l’arrivée de la nuit.
- Neptune 15 16 1 22 50 5 39 10 23 + 10 0 2, 4 ç Lion. Presque toute la nuit.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Mercure sera visible le soir, en de bonnes conditions, à la fin du mois de mars, sa plus grande élongation se produisant le 23, à 18°32' à l’Est du Soleil.
- Voici la phase et la grandeur stellaire de Mercure en mars :
- Dates Disque illuminé. Diamètre Grandeur stellaire.
- Mars l1'1’ 0,99 4",9 — 1,4
- — 6 0,96 . 5 ,2 — 1,3
- — 11 0,88 5 ,5 — 1,2
- — 16 0,73 6 ,1 — 0,8
- — 21 0,53 6 ,9 — 0,3
- — 26 0,33 8 ,0 + 0,4
- — 31 0,16 9 ,3 + 1,3
- Vénus brille magnifiquement au-dessus du crépuscule et
- va atteindre , le mois prochain, sa plus grande élongation du
- Soleil. Elle se couche de plus en Voici la phase et la grandeur plus tard. stellaire de Vénus :
- Dates Disque illuminé Diamètre Grandeur stellaire.
- Mars 1er 0,73 15", 6 — 3,6
- — 6 0,71 16 ,1 — 3,6
- — 11 0,69 16 ,7 — 3,7
- - - 16 0,67 17 ,2 — 3,7
- -- 21 0,65 17 ,9 3,7
- — 26 0,63 18 ,6 — 3,8
- — 31 0,61 19 ,4 — 3,8
- Ceci représente un éclat considérable et il ne faut pas s’étonner ijue Vénus donne une ombre fort accusée aux objets. Cette ombre est aussi bien facile à photographier.
- Pour cela, il suffit — par une nuit bien pure sans clair de Lune et loin de toute lumière artificielle — de placer une plaque sensible au fond d’une longue caisse dirigée vers Vénus, A l’avant de la caisse on fixe un objet portant ombre sur la plaque.
- On adapte le tout sur une lunette astronomique au moyen de laquelle on suit Vénus pendant un certain temps (quelques minutes).
- Au développement, on obtiendra l’ombre de l’objet, bordée de franges de diffraction.
- Mars est inobservable.
- Jupiter est encore visible presque toute la nuit. Nous ne saurions trop recommander aux personnes possédant de jjetits instruments d’observer les curieux phénomènes produits, dans leur mouvement, juir les quatre principaux satellites.
- Nous en donnons ci-contre la liste.
- Nous la complétons par quelques autres phénomènes, pour l’observation desquels un instrument plus puissant est nécessaire : les éclipses des satellites les uns par les autres.
- La Terre vient de traverser le plan des orbites des satellites de Jupiter et l’on a assisté à de nombreuses éclipses des satellites les uns par les autres, plus exactement à la diminu-
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- Phénomènes du système des satellites de Jupiter,
- Uranus est encore un petit peu visible dès l’arrivée de la nuit.
- Date. Heure Satel- lite. Phéno mène. Date. Heure Satel- lite. Phéno- mène.
- 1 2" 5 9“ il lm. 18 20"45“ Il Im.
- 2 21 10 11 P. c. 19 23 8 1 Im.
- 2 22 20 11 O. c. 20 2 22 I E. L
- 4 20 13 II E. F. 20 19 45 H. O. L
- 4 22 27 I P. c. 20 20 27 I P. c.
- 4 23 4 I O. c. 20 21 22 1 O. c.
- 5 0 44 I P. f. 20 22 44 I P. i.
- 5 1 21 I O. f. 20 23 39 I O. L
- 5 19 34 I Im. 21 20 50 I E. i.
- 5 22 32 I E. f. 21 23 36 III Im.
- 6 19 11 I P. f. 22 3 15 III Em.
- 6 19 50 I O. I. 22 3 25 III E. c.
- 7 23 6 m E. f. 22 19 20 IV P. c.
- 11 2 54 1 Im. 23 0 6 IV P. f.
- 11 18 25 n lm. 27 0 57 1 Im.
- 11 22 48 11 E. L 27 19 30 II ü. c.
- 12 21 21 1 lm. 27 20 18 II P. f.
- 13 0 26 1 E. f. 27 22 16 1 P. c.
- 13 18 40 1 P. c. 27 22 22 II O. L
- 13 19 27 1 O. c. 27 23 16 I O. c.
- 13 20 57 1 P. f. 28 0 33 I P. L
- 13 21 44 1 O. ï. 28 1 33 I O. f.
- 14 18 55 1 E. i. 28 19 24 I Im.
- 14 19 41 IV E. c. 28 22 46 I E. L
- 14 20 7 m Im. 29 19 0 I P. f.
- 15 0 35 IV E. L 29 20 9 I O. L
- 15 3 5 m E. L 31 18 38 IV e. r.
- lion d’éclat de satellites passant dans l’ombre d’un autre. En mars, il n’y aura plus d’éclipses, mais encore une bonne série d’occultations mutuelles des satellites ou de conjonctions de satellites entre eux.
- Voici la liste de ces phénomènes :
- Ou le trouvera au moyen de sa position donnée au tableau des planètes et de la petite carte spéciale publiée au Bulletin astronomique du N° 2856.
- Neptune est visible, presque toute la nuit, se trouvant encore presque en opposition.
- Voir sa position au tableau des planètes, position que l’on reportera sur la petite carte donnée au Bulletin astronomique du No 2865.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 3, à 14", Saturne en Le 8, à 5h, Mercure Le 11, à 61', Vénus Le 19, à 4", Jupiter Le 20, à 181', Mercure Le 21, à 20", Mercure Le 31, à 0“ , Saturne
- eonjonct. avec la Lune, à 4°20' N.
- — — à 4049' S.
- — à 2°22' S.
- — — à 2047' S.
- — — à lo 9' S.
- — Uranus, à2°54'N.
- — la Lune, à4°ll'N.
- JJJVU IVO J VVtAU K
- de l’Étoile polaire au méridien de Paris :
- Dates. Passage.
- Temps sidéral Heure. à 0" (T. U.)
- Mars 6 — 16 — 26
- Supérieur
- 14" 31“ 7S 13" 51“ 39 13 12 11
- 10" 54“ 3“
- 11 33 28
- 12 12 54
- Etoiles variables. — L’Annuaire astronomique Flammarion recommande de surveiller Mira Celi (0 de la Baleine) dè,s le milieu de mars, son maximum d’éclat devant se produire vers le 12 avril.
- Déterminer l’époque exacte de ce maximum.
- Le 20 mars, maximum de l’étoile R Triangle, variable de la grandeur 5,3 à-la grandeur 12,0 en 265 jours.
- Les 7 et 20 mars, maximum d’éclat de l’étoile [1 Lyre, variable de la grandeur 3,5 à la grandeur 4,1 en 12,91 jours.
- Minima de l’étoile Algol (|3 Persée), calculés par A. Danjon : le 8 mars, à 0" 54“; le 10 mars, à 9" 43“ ; le 23 mars, à 23" 28”.
- Date Satellites Heure Date Satellites Heure
- Etoiles filantes. — M. Dennmg signale, dans YAnnuair
- Mars lCr III et I 1",8 Mars 11 I et III 5",7 Bureau des Longitudes, deux radiants actifs en mars :
- 4 I et III 3 ,4 — 11 II et I 22 ,9
- __ 4 Il et 1 20 ,9 — 14 IV et II 0 ,0 Dates. Ascension Déclinaison Etoile
- 5 I et IV 23 5 8111 — 14 IV et I 2 22"1 droite voisine
- 6 1 et 11 3 ,9 14 IV et I 19 23™ — — — —
- 6 II et IV 21 ,6 — 15 IV et I 4 40m Mars 7 233° — 18° [1 Scorpion
- 7 III et IV 2 33m — 16 I et II 19 ,1 — 7 244° + 15° y Hercule
- —. 7 III et II 2 ,8 — 23 I et II 21 10™
- — 7 II et IV 4 ,4 — 25 II et III 20 ,5 V. — Constellations. — L’aspect de la voûte célest
- — 8 III et I 4 ,6 — 30 1 et II 23 23m 1er mars, à 21", ou le 15 mars, à 20", est le suivant :
- Saturne est un peu visible le matin avant l’aurore.
- Au Zénith : La Grande Ourse; les Gémeaux; le Cocher, Au Nord : La Petite Ourse; Cépliée; Cassiopée.
- Voici les éléments de l’anneau à la date du 16 mars 1931 :
- Grand axe extérieur.............................. 35;/,57
- Petit axe extérieur.............................. + 12M,26
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau............................................. + 20° ,15
- A l’Est : La Vierge; la Chevelure; le Lion.
- Au Nord-Est : Le Dragon.
- .Tu. Sud : L’Hydre; le Navire; la Licorne ; le Petit Chien. .T l’Ouest : Le Taureau; le Bélier; Oriun.
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau........................................... + 21° ,68
- Em. Touchet.
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- 136 Eli,, LA RADIOPHONIE PRATIQUE .....
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES
- MONTAGES SIMPLES
- Fig. 1. — Un posle-sccleur « Midgcl » français, Igpe local (Radiola).
- Cet appareil comporte une lampe détectrice suivie d’étages basse fréquence de puissance, et pouvant être précédée d’un étage haute fréquence à résonance à lampe à écran : haut-parleur électromagnétique, réglages effectués à l’aide de boutons de commande latéraux agissant sur des tambours de repère éclairés.
- AVANTAGES ET INCONVÉNIENTS DES POSTES MIDGET
- Beaucoup de constructeurs français établissent aujourd’hui les postes récepteurs sous la forme dite « midget », mot emprunté au vocabulaire américain et que l’on aurait pu traduire assez exactement par « monobloc », si l’on n’avait trop souvent l’habitude en France, de préférer les termes étrangers. Le récepteur contient dans un même boîtier, non seulement le système d’accord et de réception proprement dit, mais encore le dispositif d’alimentation et le haut-parleur, très souvent du type électrodynamique.
- Cette présentation est très pratique pour l’usager; l’appareil est entièrement autonome et, comme il est le plus souvent du tyqoe secteur avec lampes à chauffage indirect, il suffit de le relier à une prise de courant, comme s’il s’agissait d’un
- appareil domestique ordinaire. En outre, la plupart de ces appareils fonctionnent à l’aide d’une antenne intérieure ou même en utilisant comme antenne de fortune un Iil du secteur de distribution.
- On peut évidemment présenter n’importe quel système récepteur sous cette forme. On-trouve donc des postes «midget» qui sont du type « local » et ne comportent pas d’étage haute fréquence ou, en tout cas, un seul étage haute fréquence et des appareils sensibles à plusieurs étages haute fréquence ou à changement de fréquence.
- Comme il s’agit de rassembler tous les éléments du poste sous une forme aussi réduite que possible, il devient nécessaire de blinder les éléments et même les lampes de façon à éviter toute induction pouvant amener des réactions nuisibles des organes les uns sur les autres (lig. 1 et 2).
- Au point de vue purement technique, quels sont les inconvénients et les qualités du procédé ?
- 'bout d’abord, il est excellent, en général, que le constructeur puisse ainsi réaliser un ensemble parfaitement étudié, et bien mis au point qui .n’a nullement besoin d’être modifié par l’usager. Tous les organes de l’ensemble récepteur, en particulier le haut-parleur, sont choisis en fonction les uns des autres, la liaison du haut-parleur à la lampe de sortie, les types de lampes livrés sont déterminés une fois pour toutes par le constructeur, ce qui évite à l’usager d’avoir à effectuer un choix souvent difficile, et lui permet sans effort d’obtenir des résultats sûrs. Mais désormais, tout l’effort de mise au point et toute la responsabilité du résultat incombent au constructeur; s’il s’agit d’un poste à multiples étages d’amplification, la réalisation du système est assez délicate étant donné l’espace restreint dans lequel il faut monter les différents organes. La construction d’un tel appareil ne supporte donc pas la médiocrité.
- D’autre part, il est bien certain que l’appareil « midget » est exclusivement un poste d’usager. Le sans-liliste ne doit pas compter y apporter des modifications.
- Enfin, il existe sur ces appareils une particularité acoustique qu’il est essentiel de noter. Le haut-parleur est placé dans le boîtier, il est souvent du type électrodynamique, qui amplifie d’une manière satisfaisante les notes graves, mais trop souvent avec (quelque exagération, à moins que le type de la lampe de sortie, et surtout le montage de liaison ne soient étudiés en conséquence. Comme le diffuseur, dans ces appareils, est placé, en quelque sorte, au fond du boîtier souvent assez profond, la masse d’air contenue dans la boîte, et le boîtier lui-même peuvent entrer en résonance; il se produit alors des sons de « tonneau » assez désagréables, nuisibles surtout pour la reproduction de la parole et du chant. Il faut donc que le système soit bien étudié au point de vue acoustique, en particulier le panneau arrière doit être suffisamment ajouré pour que l’onde de dépression du haut-parleur puisse se produire librement', et qu’il ne se forme pas de résonances. On remédiera également à»cet inconvénient par une liaison convenable entre le haut-parleur et la lampe de sortie, favorisant la formation de notes
- Fig. 2. — Posle-sccleur « Midgcl » français, à changement de fréquence.
- (Modèle Radio L. L.)
- Changement de fréquence par oscillatrice séparée pouvant être précédé d’une lampe haute fréquence à écran. Un ou deux étages moyenne fréquence à transformateurs passe-bande. Réglage essentiel unique des circuits avec cadran de repère éclairé. Haut-parleur éleelrodynamique. Lampe de puissance de sortie produisant plusieurs watts modulés. Coffret d’alimentation entièrement blindé.
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- aiguës. Ejiliii dans certains modèles de postes « midg'et », le liaut-parleur se place dans la boîte pendant le transport ou lorsqu’on ne se sert pas de l’appareil; on le sort quand on met le poste en fonctionnement ; c’est une solution ingénieuse et préférable au point de vue acoustique. •
- LA LAMPE A ÉCRAN EN MOYENNE FRÉQUENCE
- Le poste à changement de fréquence, dont on connaît les avantages, tant au point de vue de la sélectivité que de la sensibilité, a été modernisé peu à peu, a mesure qu’évoluaient la radiotechnique et les conditions de la réception. Sous sa forme actuelle, il constitue encore le type de poste qui convient le mieux aux conditions de la radio-dilîusion en France; en Angleterre et même aux Etats-Unis, les postes superhétérodynes, après avoir été à peu près abandonnés, sont de nouveau en grande faveur.
- Les modifications les plus importantes du montage à changement de fréquence ont été les suivantes : alimentation par le secteur, par courant redressé ou à l’aide de lampes à chauffage indirect, remplacement dans d’assez nombreux cas de la lampe bigrille ehangeuse de fréquence par un système changeur de fréquence à deux lampes, dont l’une est une modula trice et la deuxième une oscillatrice, enfin emploi des lampes à écran.
- La lampe à écran a permis de réaliser de très grands progrès dans la construction des radio-récepteurs, aussi bien dans la partie haute fréquence, que dans la moyenne fréquence. La lampe à écran peut jouer des rôles assez différents dans un appareil à changement de fréquence, et nous pensons qu’il est intéressant de donner quelques précisions sur ce point.
- Un des inconvénients du système à changement de fréquence consiste dans la multiplicité des réglages du condensateur d’hétérodyne, c’est-à-dire de la lampe oscillatrice, pour la réception d’une émission déterminée. Lorsque nous voulons recevoir une émission de longueur d’onde connue avec un appareil à haute fréquence à résonance, il nous suffit de placer l’index du condensateur d’accord en face d’une graduation, et l’index du condensateur de résonance en face d’une autre graduation.
- Lorsque le poste est à changement de fréquence du type ordinaire, il nous suffit bien aussi de placer l’index du condensateur d’accord sur une graduation déterminée, mais souvent nous pouvons obtenir la réception en plaçant l’index du condensateur d’oscillatriee en face de différentes graduations.
- C’est qu’il y a, en général, deux réglages de l’hétérodyne, c’est-à-dire deux fréquences locales, l’une plus petite que la fréquence incidente du poste dont on veut recevoir l’émission, et l’autre plus grande et qui par interférence produisent des battements de la même fréquence moyenne désirée. La lampe oscillatrice peut produire également des ondes de fréquences harmoniques si elle est plus ou moins bien étudiée, ce qui amène l’apparition de réglages parasites plus ou moins nombreux, et, enfin, une émission assez puissante d’une longueur voisine de celle de l’émission désirée, peut déterminer directement la formation de battements à la fréquence moyenne, . d’où une diminution possible de la sélectivité.
- On remédie à ces différents inconvénients par une construction convenable du système changeur de fréquence, et, en particulier, le système de lampe bigrille ehangeuse de fréquence, dit en Hartley, semble préférable au système classique (fig. 3). Mais, on améliore également la qualité des résultats obtenus sous ce rapport, en adoptant un système d’accord sélectif et un étage d’amplification haute fréquence avant le changement de fréquence.
- C’est pourquoi le cadre a toujours constitué le collecteur
- Cadre ou accord antenne ou liaison haute fréquence
- [Ü g Testa g
- ‘g> 0 moyenne fréquence «
- i§ - ^vens amplification
- Testa moyenne fréquence
- \ Circuit \ d'oscillation Cadre ou accord antenne ou liaison haute fréquence
- g § ? ’ moyenne fréquence
- vers amplification moyenne fréquence
- Fig. 3. — Les deux montages de changement de fréquence par lampe à deux grilles.
- A) Montage ordinaire. B) Montage en Hartley (remarquer que le condensateur c shunte en réalité le primaire du Tesla moyenne fréquence).
- d’ondes le mieux adapté à la réception par changement de fréquence, et c’est pourquoi aussi sur les appareils étrangers qui sont destinés a la réception sur antenne courte, on voit souvent utiliser les systèmes d’accord de type passe-bande.
- Quant à l’étage d’amplification haute fréquence avant le changement de fréquence, qui constitue sans doute une complication du montage, mais dont l’utilité est maintenant reconnue, sa réalisation est facilitée par l’emploi d’une lampe à écran à faible capacité interne, et dont le fonctionnement est particulièrement stable, à condition que le système de liaison et de blindage soit bien étudié (fig. 4).
- L’emploi le plus connu des lampes à écran sur les postes à changement de fréquence est leur montage sur les étages d’amplification moyenne fréquence. Tout particulièrement, les lampes à écran à forte pente de la caractéristique, dont nous avons annoncé l’apparition dans une récente chronique, permettent de diminuer le nombre des étages et même de le réduire à un seul, tout en conservant une sensibilité suffisante.
- On obtient ainsi une amplification plus grande à égalité du nombre des étages, et une diminution appréciable du bruit de fond.
- Le modèle de ces lampes varie, d’ailleurs, suivant le poste que l’on veut réaliser. S’il s’agit d’un appareil à un seul étage moyenne fréquence, on emploiera, de préférence, une lampe à chauffage indirect à forte pente. Dans le cas ordinaire, c’est-à-dire avec deux ou trois étages moyenne fréquence, on choisira des lampes à écran à pente moyenne qui pourront être encore, dans un grand nombre de*cas, des modèles à faible
- Fig. 4. — Comment on peut faire précéder une lampe bigrille ehangeuse de fréquence par un étage haute fréquence à lampe à écran.
- Bigrille ehangeuse de fréquence
- Haute
- fréquence'
- Tesla moyenne. fréquence
- [Cadre ou accord antenne
- Vers amplification
- \ i moyenne fréquence
- +40 à 80 volts
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- Fig. 5. — Éléments de liaison.
- A) Transformateur moyenne fréquence blindé, type passe-bande, à deux circuits accordés; prise de plaque par lil souple isolé (type Ribet-Desjardins). B) Élément de liaison moyenne fréquence, blindé avec transformateur et blindage de lampe (type A. G. E. II.).
- consommation à filament à oxyde, alimentées par du courant continu provenant de batteries ou par du courant redressé.
- Dans les postes à étages multiples, on sait que les lampes à écran évitent, théoriquement, les accrochages électrostatiques, du fait de leur très faible capacité interne. Il convient, pour obtenir pratiquement ce résultat, de prolonger extérieurement leur écran interne, sans quoi leur grand coefficient d’amplification pourrait être une cause d’accrochages électromagnétiques ou électrostatiques externes.
- On est donc amené à employer très souvent des blindages dans les postes modernes à lampes à écran, et la plupart des modèles industriels sont établis suivant ce principe.
- Mais, la réalisation de ce blindage est délicate, car sa présence pourrait être, s’il était mal étudié, la cause d’un amortissement suffisant pour diminuer la sensibilité.
- D’autre part, les qualités d’une lampe à écran ne peuvent être mises en évidence que si l’on adopte des éléments de liaison bien étudiés, présentant une impédance convenable, et permettant de maintenir intacte la gamme des fréquences
- acoustiques transmises par le poste émel leur.Les fabricants de postes ont fait leurs efforts poui* arriver à ce résultat,et, d’autre part, les constructeurs de pièces détachées ont réussi également à mettre à la disposition des amateurs constructeurs des éléments de montage pour postes à changement de fréquence à lampes à écran qui perme tten t d’obtenir les meilleurs résultats de réception avec le minimum de difficultés de montage.
- Fig. 6.— Récepteur à changement de fréquence, monté avec éléments de mogenne fréquence, entièrement blindés. (Ces éléments renferment les transformateurs et les lampes à écran; on n’aperçoit que la partie supérieure de ces dernières. Modèle Gamma.)
- On utilise depuis peu sur les postes à changement de fréquence des systèmes de transformateurs à deux éléments accordés dit passe-bande. Ces transformateurs ne permettent pas seulement d’obtenir une sélectivité très satisfaisante, ils livrent passage exclusivement et entièrement à la gamme des fréquences radiophoniques s’étendant autour de la fréquence moyenne porteuse choisie, grâce à finir courbe de résonance dite « en dos de chameau », qui se rapproche de la courbe idéale d'un système de liaison haute fréquence.
- Ce qu’il y a d’intéressant d’ailleurs, c’est, que, par suite de l’impédance très grande qu’ils présentent, et s enroulements de liaison passe-bande sont destinés à être employés essentiellement avec des lampes à écran. Afin d’éviter les inductions mutuelles, ces transformateurs sont presque toujours blindés à l’aide d’un capuchon en métal non magnétique (fig. 5 A). Dans d’autres modèles, l’élément de liaison blindé, le bobinage et la lampe sont complètement enfermés dans le blindage', de sorte que le sommet de l’ampoule avec la borne de connexion de la plaque est seul visible (fig. 6).
- Un constructeur de pièces détachées présente, pour l’établissement d’un poste à changement de fréquence à lampe à écran, des éléments de liaison qui ne comportent pas un blindage total, mais sont également très complets (fig. 5 B). Ils comportent, d’une part, un bobinage de liaison Tesla, transformateur de moyenne fréquence ou circuit - bouchon avec réaction, et, d’autre part, une plaque de blindage de forme convenable à travers laquelle passe l’ampoule de la lampe.
- L’aspect d’un poste à changement de fréquence monté avec des éléments de
- vers (amplificateur
- Bobine mobile
- . Bobine
- ' d’excitation
- ïranformateur de liaison
- vers le redresseur de courant plaque
- vers la lampe de sortie
- ce genre est fort élé- Fig. 7. — Emploi du bobinage d’excitation gan t, et les con- d’un haut-parleur éleclrodynamique comme im-nexions y sont ré- pédance de circuil-filtre, pour courant redressé duites au minimum. de plaque.
- La lampe à écran
- peut jouer encore d’autres rôles, soit pour la détection, soit pour le changement de fréquence proprement dit, et c’est ce que nous montrerons dans une prochaine chronique.
- LES HAUT-PARLEURS « MIDGET »
- ET LES HAUT-PARLEURS MAGNÉTODYNAMIQUES
- Le diffuseur « à la mode » est maintenant presque toujours le cône mobile, à bords libres, de diamètre assez faible, de l’ordre de 20 à 30 cm au maximum, et les différents modèles présentés à l’usage des amateurs sont moins coûteux, d’encombrement plus réduit, et d’usage plus pratique qu’au Ire-fois. La vogue des postes « midget » a obligé, en effet, les constructeurs à réaliser des haut-parleurs électrodynamiques, électromagnétiques ou magnétodynamiques, de petites dimensions, fabriqués par séries importantes.
- Dans les petits haut-parleurs électrodynamiques « midget », le champ constant qui assure l’excitation de l’électro-aimant est produit par du courant redressé, soit par des éléments oxymétal, soit par une valve électronique, soit encore par le courant d’alimentation-plaque de l’amplificateur basse fréquence lui-même qui traverse le bobinage excitateur, celui-ci jouant ainsi le rôle d’impédance de filtre (fig. 7).
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- I] est indispensable d’assurer convenablement la liaison entre la lampe de sortie et la bobine vibrante dont l’impédance est très faible. Les-constructeurs [(revoient donc des transformateurs dont le primaire comporte différentes prises. L’amateur peut du reste, en cas de besoin, adjoindre lui-même un transformateur de modèle convenant à la lampe île sortie qu’il emploie : lampe triode ou lampe trigrille de puissance.
- Un certain nombre d’amateurs désirent posséder un haut-parleur qui puisse être utilisé avec différents postes qu’ils possèdent ou ont construit et ne veulent pas se résoudre à établir un système d’alimentation spécial du bobinage excitateur.
- A ceux-ci conviennent les haut-parleurs électrodynamiques dans lesquels le champ excitateur est assuré par un aimant permanent puissant (fig. 8). Cet appareil s’emploie comme un haut-parleur électromagnétique, à condition bien entendu, d’avoir une lampe de sortie de puissance suffisante, et d’établir la liaison entre cette lampe et le haut-parleur à l’aide d’un transformateur de modèle convenable. On ne peut pourtant obtenir de cette manière un champ aussi puissant qu’avec un électro-aimant à courant auxiliaire et cet te solution convient surtout pour la réception avec un poste radiophonique de modèle moyen, ou avec un amplificateur phonographique de salon, à intensité moyenne.
- Une autre solution encore peut être adoptée par l’amateur (pii craint d’avoir à réaliser ou à utiliser un système d’alimentation du bobinage excitateur d’un électrodynamique. L’est celle du haut-parleur dit magnétodynamique, et dont nous avons indiqué le principe dans notre numéro du 1er sep-lembre 1930.
- Les inconvénients du moteur électromagnétique simple sont bien connus. L’armature vibrante se rapproche, en effet, et s’éloigne des pièces polaires et l’action magnétique ne peut être uniforme; la membrane est soumise, au repos, à une flexion due à l’attraction de l’aimant permanent, et il y a dyssimétrie de l’attraction et de la répulsion successives durant chaque demi-période du courant modulé, de sorte qu’il ne peut y avoir proportionnalité entre l’oscillation de l’armature et l’amplitude des courants électriques à fréquence musicale traversant le bobinage.
- Si l’on veut parvenir à une sensibilité acceptable, on est forcé de diminuer le plus possible la distance qui sépare l’anche vibrante des pièces polaires, et on ne peut ainsi obtenir des vibrations de grande amplitude correspondant à des notes graves.
- Un très grand progrès dans la construction des liaut-par-leurs électromagnétiques a consisté dans la réalisation de moteurs avec électro-aimants à 2, 4 ou 8 pôles, ce qui permet d’obtenir un fonctionnement équilibré de l’armature vibrante montée entre deux -champs magnétiques en opposition. Au repos, l’attraction magnétique devient rigoureusement nulle, et lorsque la palette est attirée par l’un des électro-aimants, elle est relâchée par l’autre, et réciproquement.
- Lrâce à ces moteurs nouveaux, bn peut réaliser des haut-parleurs électromagnétiques à larges diffuseurs à bords fixes, ou à petit diffuseur à bords mobiles qui donnent une reproduction acceptable des notes graves, mais seulement, il faut bien le constater, lorsque l’intensité de reproduction sonore est assez faible, parce que le déplacement de l’armature est toujours limité, ce qui limite aussi dans de notables proportions le déplacement du cône vibrant, malgré l’emploi de leviers multiplicateurs.
- Cet inconvénient n’existe pas avec le moteur magnéto-dynamique, qui se rapproche à la fois de l’électromagnétique et de l’électrodynamique. Il se rapproche de l’électromagné-
- tique parce qu’il n’est pas utile d’utiliser, pour le faire fonctionner, un système d’excitation séparé, et qu’il ne comporte que des aimants permanents. La pièce vibrante transformant l’énergie électrique en énergie mécanique est constituée d’autre part par une anche métallique comme dans un électromagnétique, et non
- par un
- bobinage
- comme
- Fig. '8. — Haut-parleur électrodyna-mique à aimant permanent au cobalt. (Type Max Braun.)
- dans l’électrodynamique, et les courants à fréquence musicale parcourent des bobinages d’électro-aimant fixes comme dans l’électromagnétique, e t n o n
- une bobine mobile comme dans l’électrodynamique.
- Cependant, dans le magnétodynamique, l’anche vibrante est animée d’un mouvement parallèle aux pièces polaires, et ce mouvement n’est pas limité, de sorte que la reproduction des notes graves et intenses correspondant à de grandes amplitudes peut être également assurée, d’où des avantages pratiques et acoustiques indéniables.
- Si l’on ne dispose que d’une lampe de sortie à faible tension-plaque, et si l’on veut se contenter d’une audition très douce, on peut parfaitement obtenir d’excellents résultats avec un haut-parleur magnétodynamique ou, à défaut, avec un excellent électromagnétique à moteur compensé.
- Un dernier conseil : n’exagérons pas la réduction du diamètre du diffuseur, si elle n’est pas indispensable. Sans doute, on peut obtenir la reproduction des notes graves même avec un diffuseur de très petit diamètre, mais à la condition expresse d’obtenir un déplacement assez marqué de ce diffuseur. Si nous disposons d’un espace de montage suffisant, il y a toujours intérêt à avoir un diffuseur de diamètre normal pour la reproduction des notes graves.
- P. H ÉMARD1NQUER.
- Adresses relatives aux appareils décrits. Transformateurs moyenne fréquence à filtres de bande.
- Établissements Gamma, 21 rue Dautancourt, Paris (17e). Établissements Ribet et Desjardins, 1, rue Violet, Paris. Établissements A. G. E. R., 4 ter, avenue du Cliemin-de-Fer, Rueil (S.-et-Ü.).
- Haut-parleur éleclrodynamique à aimant permanent.
- Établissements Max Braun, 31, rue de Tlemcen, Paris (20°). Haut-parleur magnétodynamique.
- Établissements Sidley (Sidi Leon), 86, rue de Grenelle, Paris.
- Fig. 9. — Principe du moteur magnétodynamique à un seul aimant, A droite, le haut-parleur Farrand junior vu par derrière.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- CHIMIE INDUSTRIELLE
- L’alliage nickel=baryum pour les bougies de moteurs.
- Les pointes métalliques des bougies de moteurs, sur lesquelles s’amorce l’étincelle destinée à provoquer l’explosion du mélange d’air et de carburant, sont généralement faites d’un fd de nickel. C’est le métal qui donne les meilleurs résultats.
- On a découvert récemment que l’alliage nickel-baryum donne des résultats bien meilleurs encore.
- Cette constatation est due à MM. Dulïendack et Wolfe, du laboratoire de physique de l’Université de Michigan aux Etats-Unis. Ces deux savants, chargés par un constructeur de bougies d’une étude en vue de l’amélioration de cet organe, pensèrent tout d’abord que le nickel rigoureusement pur donnerait de meilleurs résultats que le nickel commercial. Ce fut le contraire que révéla l’expérience. Cette constatation mit les chercheurs sur la voie d’un progrès important. L’étude spectroscopique et micrographique du nickel commercial précédemment employé révéla qu’il contenait des traces de magnésium, provenant des opérations de raffinage du nickel. Ce sont les particules de magnésium, présentes à la surface du fd, qui favorisent la formation de l’étincelle électrique. Mais réparties au hasard, sans former avec le nickel un véritable alliage, elles agissent elles-mêmes au hasard, jmis s’évaporant assez vite, finissent par disparaître sans que le fil présente d’altération apparente. On s’explique ainsi l’usure souvent rapide des bougies et leur conduite capricieuse.
- MM. Duffendack et Wolfe s’attachèrent donc à réaliser un fil métallique donnant des résultats constants au point de vue de la formation des étincelles; ils constatèrent qu’un alliage nickel-baryum à forte proportion de baryum résolvait le problème, en permettant d’obtenir une forte étincelle avec un voltage relativement bas. L’amélioration observée est de 50 pour 100 par rapport au nickel pur, de 25 pour 100 par rapport au nickel contenant du magnésium.
- Le baryum de l’alliage réalisé par les 2 savants américains s’évapore, sous l’action de la chaleur de l’étincelle, à la même vitesse que le nickel. La pointe d’où l’étincelle doit s’échapper, garde donc constamment la même composition et les mêmes qualités, et de ce fait possède une grande longévité.
- Il est à noter que cet alliage nickel-baryum s’est x'évélé également avantageux pour la construction des cathodes à oxyde des tubes thermioniques.
- L’AVIATION ET L’ARCHÉOLOGIE Les travaux du R. P. Poidebard
- Tous les automobilistes qui ont voyagé de nuit connaissent bien ce phénomène : une route qui, de jour, apparaît très plate, paraît au contraire toute bosseléee la nuit, quand elle est balayée par les phares de la voiture Les éclairages obliques et rasants ont, en effet, la propriété, d’amplifier,, d’exagérer les détails du sol; aussi permettent-ils dans certaines conditions île révéler des particularités qui restent indiscernables en éclairage normal. Pendant la guerre, l’observation aérienne a largement utilisé la méthode des photographies obliques pour la recherche des divers détails de l’organisation des lignes ennemies.
- Le K. P. Poidebard, vient, à son tour, *d’en tirer un remarquable parti pour l’exploration archéologique des régions «le steppes. L’avion permet, en quel«iue sorte, à l’observateur de voir sous le sol; la photographie va plus loin encore et l’objectif tire avec précision et rapidité des détails du sous-sol inaccessibles à notre rétine. Plusieurs campagnes heureuses, effectuées dans le désert syrien, ont démontré la fécondité et l’efficacité de la méthode préconisée par l’éminent explorateur. Nous en résumerons les résultats d’après un exposé que vient de publier le R. P. Poidebard, dans la revue Terre, Air, Mer. Nos lecteurs se rendront compte que cette nouvelle méthode apporte à l’archéologie un auxiliaire puissant, qui, en bien des cas, permet de ressusciter «|uasi miraculeusement le passé.
- C’est en 1925, au cours d’une exploration géographique aérienne de la Haute-Djéziré (Haute-Mésopotamie) syrienne, que le R. P. Poidebard entrevit, pour la première fois, le secours que l’observation aérienne pouvait apporter à l’archéologie.
- Elle lui permit, en effet, d’apercevoir le réseau des routes anciennes, au nord de l’Euphrate, dans le bassin de Khabour, jalonné par les anciens Tells de la plaine. Mais ce n’est qu’après deux années d’un travail ardu (1927-1928) qu’il put affirmer avec précision l’existence de ruines anciennes sous les légers vallonnements révélés par l’éclairage oblique, joint aux changements de coloration dus à la végétation. Voici le principe de la méthode. « Le désert de Syrie est une région de steppes : sol d’argile ou d’alluvion où le sable ne se rencontre que par exceptions. Les plantes et les herbes de la steppe syrienne empêchent la formation des dunes, la couche de terre apportée par le vent depuis des millénaires ne dépasse que rarement 30 ou 40 cm d’épaisseur. Des ruines sous-jacentes y laissent donc toujours paraître quelques très légers vallonnements extérieurs.
- Aux premières pluies d’automne, la steppe reverdit brusquement, mais en teintes différentes suivant la perméabilité et les ondulations du sol. Elle reste plus claire là où se cache une ruine souterraine, par suite de perméabilité moindre ou de végétation gênée par la dissolution de la chaux des murailles.
- Elle prend une teinte plus sombre dans les dépressions d’une ancienne chaussée ou d’un ancien fossé : quelques centimètres de dépression suffisent à garder plus d’humidité et à entretenir une herbe plus dense et plus verte. Avec une large utilisation des éclairages obliques et rasants, faisant ressortir et exagérant même les moindres vallonnements du sol, nous avions les trois points fondamentaux de cette méthode de recherches en régions de steppes. »
- La fouille d’un castellum ainsi révélé ^ur le tracé du limes romain dans le bassin du Khabour démontra en 1928, l’efficacité de la méthode. Aussi de 1929 à juillet-août 1931, le R. P. Poidebard, perfectionnant sans relâche ses procédés d’investigation, réussit-il à relever toute l’organisation ancienne de la frontière fortifiée romaine entre le Djebel Druse et le Tigre : l’édition provisoire de la carte du limes romain, présentée le 6 novembre dernier à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, donne tous les postes de défense, les organisations économiques et les points d’eau de cette frontière. Il est remarquable que celle-ci coïncide presque exactement avec la frontière qui sépare actuellement la Syrie de la Trans-jordanie et de l’Irak. II est non moins remarquable que les communications automobiles et aériennes actuelles à travers le désert syrien reprennent le tracé des anciennes voies de caravane qui reliaient Beyrouth et Damas à Bagdad.
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- PETITES INVENTIONS
- PERSPECTOSCOPE CHABANNAIS
- Fig. 1. — Le perspecloscope Chabannais (modèle en fibre). Déterminaiion d’une fuyante.
- * PÉDAGOGIE
- Le Perspectoscope Chabannais.
- Maîtres, élèves et parents connaissent les difficultés rencontrées par les jeunes débutants pour mettre en place à vue un dessin. Trop jeunes, ou trop ignorants de la géométrie, il est difficile de leur faire comprendre théoriquement les règles de la perspective. Ceux qui n’ont pas le don naturel ne réussissent pas à représenter correctement ce qu’ils voient et sc rebutent devant des échecs répétés.
- Cependant le dessin est aujourd’hui indispensable; dans bien des professions, et dans bien des circonstances de la vie,
- c’est le mode d’expression le plus commode et le plus sûr. Comment arriver à en donner à tous les premières notions, les plus difficiles à assimiler, ici comme dans toute autre branche du savoir humain ? Telle est la question que s’est posée un homme fort expérimenté en ces problèmes pédagogiques, M. Chabannais , directeur de l’école de la Bussatte à Angoulême. Elle l’a conduit à créer un petit appareil fort simple, très bon marché, dont le but est de guider l’observation des objets pour faciliter l’exécution d’un croquis correct. Le perspectoscope nous paraît atteindre parfaitement l’objectif que son auteur s’est proposé.
- Quels sont les points essentiels à respecter pour éta-Fig. 2. — Le perspecloscope et son viseur blir un croquis dont d’horizon (modèle en bois). la perspective soit
- juste? Il faut placer correctement l’objet représenté et pour cela tracer avec justesse sur le papier la direction des fuyantes ; il faut aussi reporter les dimensions et les angles tels que la perspective les modifie.
- Tout cela, le perspectoscope 'permet de le faire aisément; par son usage répété, l’œil s’éduque; on prend l’habitude de voir juste, et dès lors on peut représenter exactement ce que l’on voit.
- Dans son modèle le plus simple, destiné aux élèves des écoles primaires, le perspectoscope est une fenêtre carrée de 10 cm d’ouverture portant une graduation en centimètres sur le côté horizontal, et une autre sur le côté vertical. Dans cette fenêtre coulissent deux volets, orthogonaux l’un à l’autre, gradués également en centimètres sut leur bord libre. Une
- ficelle est fixée à un œillet de la fenêtre, un fil à plomb permet de s’assurer de la verlicalité d’un côté du cadre.
- On passe la ficelle autour du cou et on tient l’appareil de la main gauche bien parallèle au plan des yeux, et toujours à la même distance, ce qui s’obtient aisément à T aide de la ficelle. On ouvre les volets de façon que, dans l’ouverture ainsi ménagée, vienne s’inscrire exactement l’objet observé. On a ainsi les dimensions d’un rectangle enveloppant la perspective de l’objet : les chiffres notés sur la graduation permettront d’effectuer une mise en place correcte du croquis perspectif et de donner à celui-ci des dimensions justes.
- Pour déterminer les directions des fuyantes, on se sert d’une petite réglette .maintenue derrière la fenêtre par un cordonnet de caoutchouc et que l’on déplace devant l’ouver-
- Fig. 3. — Mode d’emploi du perspecloscope : proportions et mise en place d'un objet.
- PERSPECTOSCOPE CHABANNAIS
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- Viseur d’horizon
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- t ure des volets, de façon à la faire coïncider avec la direction observée. La lecture des graduations sur les côtés de l’ouverture permet ensuite de reporter exactement la direction sur le croquis.
- L’appareil peut être complété par un viseur d’horizon pour déterminer facilement la ligne d’horizon.
- Le perspeetoscope est:, en outre, muni à sa partie supérieure d’un petit goniomètre très simple; une réglette pivotant autour d’un petit clou. Et cela suffit pour observer un angle et le reporter sur un dessin, surtout pour constater les déformations que la perspective fait subir à un angle connu.
- En outre sur les volets sont résumées des notions pratiques de géométrie.
- Ce modèle est exécuté en libre ; il est léger et peu encombrant ; son prix le met à la portée des bourses les plus modestes.
- 11 existe un second modèle en bois permettant des observations plus précises et destiné aux écoles pratiques ou professionnelles.
- Constructeur : Etablissements Fougère et Laurent, 28, rue de Périgueux, Angoulêmc.
- CONSTRUCTIONS D’AMATEURS Un hygromètre facile à construire.
- .l’avais remarqué que la cellophane, produit vendu dans le
- Fig. 1. — Construction de l'hygromètre.
- I, L’appareil terminé. IL Préparation de la lame du cuivre. III. Vue en coupe de l’appareil. IV. Montage de la spirale en cellophane.
- commerce sous forme de feuilles minces, transparentes, se distend considérablement et cela d’une manière relativement proportionnelle au degré d’humidité de l’air. Il m’est venu à l’idée de me servir de cette matière pour combiner un hygromètre que peut facilement construire un amateur possédant les outils usuels.
- Voici, en quelques mots, les diverses pièces nécessaires à la confection de cet instrument.
- Procurez-vous une feuille de cellophane mince, une lame de cuivre ou de tôle de 0 mm 5 d’épaisseur, deux aiguilles à coudre, une grosse et une mince, une joetite vis à métaux et son écrou et pour finir un morceau d’une feuille de papier fort, genre « Bristol » mince.
- Découpez la feuille de cuivre suivant les indications de la figure 1, II; marquez à l’aide d’une pointe à tracer les endroits où la lame de cuivre devra être pliée.
- Faites un trou du côté de la partie G de la lame, ce trou
- servira à fixer l’instrument contre la muraille, puis deux trous au diamètre de l’aiguille qui nous servira de pivot, cela à l’aide d une aiguille un peu plus grosse. Enfin, un trou du diamètre de la vis à métaux, dans la partie B de la lame.
- Passons maintenant à une facture plus délicate : c’est celle de la spirale sensible à l’humidité.
- Coupez une bande de papier fort d’une longueur de 20 cm et d une largeur de 1 cm; puis deux bandes de mêmes dimensions, en cellophane, une dans un sens de la feuille, l’autre dans l’autre.
- Cela fait, prenez une des bandes de cellophane que vous tremperez dans de l’eau, puis l’autre également., vous verrez, une de ces bandes qui se distendra davantage : c’est celle que vous emploierez, car c’est la plus sensible. Laissez-la sécher en la posant à plat sur du papier buvard.
- Enduisez un côté de la bande de papier d’un peu de secco-tine, d’une manière bien uniforme, prenez délicatement la bande de cellophane et posez-la sur la colle. Attendez un instant que l’humidité de celle-ci ait bien imbibé la cellophane, puis appuyez doucement en tendant fermement, cette dernière sur le papier. Continuez jusqu’au moment où vous sentirez une certaine résistance due au séchage de la colle. A mesure que cette double bande sèche, vous la verrez se recourber, par suite de la contraction de la cellophane. Lorsque ce sera presque sec, Unissez d’enrouler la bande en spirale en la tenant serrée au moyen d’une ficelle.
- Une fois bien sèche, la spirale sera percée à son extrémité extérieure et la grosse aiguille sera piquée dans l’extrémité intérieure (fig. 1, IV).
- La partie de la spirale en contact avec l’aiguille sera fixée à l’aide d’une goutte de colle.
- Sur la partie A de notre lame de cuivre, fixez avec de la colle un disque de papier bristol qui nous servira de cadran.
- Arrêtez ensuite la spirale par sa partie extérieure sur la lame de cuivre en serrant le tout à l’aide de la vis et de son écrou, passant par le trou B\ Ecartez légèrement les parties A et C afin de glisser l’aiguille dans les deux trous servant de palier, en ayant soin que le chas de l’aiguille se trouve sortant du côté A. 11 servira à fixer l’aiguille indicatrice. Notre instrument est ainsi terminé; il ne reste plus qu’à graduer cet appareil.
- Prenez un pot à confiture pouvant fermer à l’aide d’un couvercle à vis, mettez dans ce pot un peu d’ouate mouillée et posez l’instrument dessus. En peu de temps l’aiguille indicatrice restera stationnaire : marquez le point. 100 ou maximum d’humidité.
- Pour marquer le zéro, enlevez l’ouate et mettez à la place un peu de chlorure de calcium fondu (produit qu’on trouvera chez tous les pharmaciens). Cette substance absorbera l’humidité et l’aiguille se déplacera en sens inverse. Cette fois, le temps que mettra l’aiguille pour prendre une position stationnaire sera plus longue que dans le cas précédent. Attendez un jour ou deux, puis marquez le zéro. Finissez l’échelle en divisant l’espace contenu entre ces deux points en 100 parties égales.
- Naturellement ces divisions, ainsi, du reste, que dans l'hygromètre dé Saussure, ne donnent pas le degré exact en pour 100 d’humidité contenue dans l’air et demandent à être corrigées par des tables spéciales. Néanmoins ce jfetit instrument est très sensible et suit rapidement même les plus faibles variations, ce qui est intéressant au point de vue prévisions météorologiques, surtout si l’on observe également le thermomètre et le baromètre.
- Cet instrument fonctionne depuis quelques mois à ma fenêtre avec une fidélité soutenue.
- A. Mayor.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Les vides élevés (n° du ir> décembre 1931).
- La pompe à vide H ici; ni an et Sandford. — Nous recevons de la Société Kodak-Pathé, 30, rue des Vignerons, Vincennes, la lettre suivante :
- « Nous avons lu avec un grand intérêt l’article intitulé : « Les vides élevés » publié sous la signature de M. A. Troller, dans le numéro de La Nature, du 15 décembre 1931, pages 536 à 542.
- Nous avons constaté que l’auteur a accordé dans cet article (voir pages 539 et 541 ) une mention particulière aux pompes réalisées par MM. Hickman etjSandl'ord des Laboratoires de la compagnie Eastman Kodak, et nous croyons devoir vous informer que ces pompes sont
- protégées en France pur un brevet d’invention (pii a été délivré au nom de notre Société sous le n° 690.169.
- Nous pensons qu’il serait utile que les lecteurs de l’article soient informés de cet état de choses, afin de leur éviter tout ennui, dans le cas où ils se livreraient à la construction de ces pompes, comme ils peuvent y être incités par la phrase suivante : « La ligure 7 représente une pompe de ce type d’une construction facile dans tout laboratoire », (prise lit au bas de la première colonne de la page 539 et se rapporte aux-dites pompes.
- Nous sommes persuadés qu’il aura suffi d’attirer votre attention sur ce point pour que vous preniez les dispositions nécessaires dans l’intérêt de vos lecteurs. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- De tout un peu.
- M. Brémond Luis, — Voici l’adresse des établissements .lapy frères : lîeaucourt (Territoire de Belfort) et 5, rue du Château-d’Eau,
- Paris.
- M. Pechoux, à Paris. — Pour fixer des pièces sur le simili-cuir de votre voiture sans avoir à craindre qu’elles se détachent par l’humi-dilé, il vous suffira d’employer la solution courante pour pneus dans les mêmes conditions : enduisage, séchage partiel, puis application lorsqu’il commence à y avoir adhérence au doigt.
- IVT. Béguin, à Leysin.— L’eau de Cologne, par son alcool, a amené une solubilisation locale de la matière colorante du cuir et d’autre pari.
- les essences y sont restées fixées en donnant un aspect gras.
- A notre avis le mieux serait de passer la totalité du cuir à la même eau de Cologne, ce qui foncera un peu la teinté, mais la rendra uniforme.
- M. Rebuschini, à Albate. —• Vous obtiendrez une bonne glu à appliquer sur le tronc des arbres pour empêcher l’ascension des femelles d’insectes au moment de la ponte, en prenant :
- Caoutchouc pur, gomme Para. .... 80 grammes
- j Colophane..........................•• : . 40
- i Asphalte (gilsonite).................... 40
- \ Pétrole lampant........................ 540
- Benzine lourde..........................800
- Couper le caoutchouc en pètits-morceaux et le laisser digérer pendant une dizaine de jours avec la benzine, dans un vase bien bouché,
- jusqu’à dissolution complète, ajouter le pétrole.
- D’autre part, faire fondre ensemble à feu doux, en prenant toutes précautions pour non-inflammation, la colophane et l’asphalte.
- La fusion obtenue, retirer du feu, s’éloigner du foyer et incorporer en remuant la solution de caoutchouc.
- M. Espériquettes à Collioure. — Nous avons indiqué dans le n° 2827, page 192, la façon de déboucher les tuyaux de lavabos obstrués
- par des démêlures. Veuillez bien vous y reporter.
- Les Pagodes. — 1° Le déiatouage se pratique habituellement par le procédé du Dr Brunet, en opérant ainsi :
- a) Laver à l’éther, au savon, puis au sublimé, au millième, la partie
- à détatouer;
- b) L’anesthésier par une injection de cocaïne;
- c) Entourer la surface avec des bandes de diachylon et appliquer pendant 10 à 15 minutes un tampon d’ouate imbibé d’ammoniaque;
- d) Enlever avec une pince l’épiderme soulevé et frotter vigoureusement alors le dessin avec un crayon de nitrate d’argent;
- e) Panser avec de l’eau salée qui neutralise l’excès de nitrate d’argent.
- Après quelques jours il se forme une escarre noirâtre qui tombe en
- laissant une plaie que l’on panse à l’eau oxygénée étendue!
- 2° Pour obtenir les cols souples, il suffit d’ajouter à (l’empois une petite quantité de glycérine qui lui communique des propriétés hygrométriques, la dose en est déterminée par la souplesse que l’on veut conserver, quelques essais préalables fixent rapidement sur ce point-
- M. Boeuf, au Creusot. — Le rouge de fer n’est autre chose que de l’ocre calcinée, autrement dit une argile ferrugineuse; il va de soi
- que la puissance colorante est fonction de la quantité d’oxyde de fer qui s’y trouve contenue.
- Si l’ocre dont vous avez fait acquisition ne vous a pas donné satisfaction, re’.est qu’.elle n’était pas assez riche en produit utile.
- Comme on trouve dans le commerce au moins huit qualités d’ocres rouges, il vous suffira de réclamer de votre fournisseur la qualité ocre lavée, surfine supérieure- 11 n° 1-LS, pour avoir un produit à grand pouvoir colorant sous faible dose d’emploi.
- M. Thuret, à Marseille. — Vous pourrez facilement réaliser un marquage analogue à celui des culots, de lampes électriques, en vous servant du vernis gras du commerce additionné de noir de fumée.
- Société des Chaux et Ciments de'fcruas (Ardèche). — A notre avis, aucune colle n’est susceptible de résister aux percussions dans un broyeur à boulcls, seul un ceinturage par bandes d’acier élastiques, nous paraît pouvoir maintenir avec succès votre linoléum dans ces conditions.
- J. T., à M... — 1° Le carbone libre contenu dans'les'goudrons se détermine en épuisant environ 20 gr de ceux-ci par la benzine chaude, on filtre sur filtre taré et sèche à l’étuve.
- La condition essentielle d’un bon épuisement est l’absence d’eau, c’est pourquoi dans le cas où le goudron serait humide, il conviendrait de laver préalablement la prise d’essai à l’alcool absolu.
- 2° Comme ouvrage technique sur cette question, nous pouvons vous indiquer le Manuel de laboratoire pour l'analyse des goudrons, par le professeur Graefe. Editeur, Béranger, 15, rue des Saints-Pères.
- M. P. Rous, à Perpignan. — Nous avons traité à maintes reprises, dans La Nature, la question des ciments magnésiens ou ciments Sorcl pour parquets sans joints, en particulier dans les nos 2858, page 528, 2850, page 144, 2756, page vi ; veuillez bien vous y reporter.
- M. Bengué, à Paris. — Les ilacons jumeaux servant au recollage de la porcelaine el de la faïence, contiennent l’un du silicate de potasse; l’autre du blanc d’Espagne en poudre; il suffit de délayer ce dernier avec une quantité de silicate suffisante pour réaliser la colle à la fluidité désirée.
- C. F. à Saint-Dizier. — La trace grise que laissent par frottement les pièces d’argent sur certains papiers, est due à la présence du sulfate de baryte qui a été indroduit dans ceux-ci comme charge.
- M. Duforest, à Roubaix. — Si vous considérez que l’odeur du formol soit désagréable dans la mixture dont il doit assurer la conservation, il vous suffira de le remplacer par une solution alcoolique de sublimé à 1 pour 100 dont vous prendrez 15 à 20 gouttes par 100 gr de produit à conserver.
- Mlle Emin, à Trévoux. — La galalitbe étant constituée par de la caséine alcaline, ce sont les alcalins qui conviennent à son nettoyage, pour la débarrasser des poussières qui se sont fixées à la surface.
- Dans le cas de touches de piano, nous pensons que vous pourriez employer, à cet effet, une solution faible de carbonate de soude, par exemple à 2 ou 3 pour_100, en frottant très légèrement avec un linge de toile fine.
- Bien rincer de la même façon, puis repolir à sec avec un tampon de flanelle saupoudré de magnésie calcinée.
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Fig. 1. — Cel avion, construit par C. T. Granville, de Spririgfield (Etats-Unis), paraît voler à l’envers. Il a le gouvernail de hauteur à l'avant. (Ph. Wide World.)
- Fig. 2.— Un curieux modèle d'avion imaginé par l ingénieur italien Talléi : il possède un disque susientaleur tournant, rempli de gaz. Il a 3 carlingues, mesure 95 m de long. (Ph Wide World.)
- Fig. 3. — Un phare puissant construit à Londres par le major Savage, spécialiste de la signalisation lumineuse. (Ph. Keystone.) i
- Fig. 4. — L’institut radiologique de Mme Curie vient de s'ouvrir à Varsovie. (Ph. Keystone.)
- Fig. 6.
- Fig. 5. — Marconi fait, à Turin, des essais de trans mission par ondes courtes.
- (Pli. Keystone.)
- Un pont lancé à l’aide d’une péniche, sur le canal de Spandau, près de Berlin. (Ph. Keystone.)
- Fig. 7. — A New York, on diffuse maintenant par télévision les modes nouvelles.
- (Ph. Wide World.)
- Le Gérant : G. Masson.
- t983. — Paris, lmp. Laiiure. — 1-2-1932.
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Cie, Editeurs, iao, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI* fg. C. Seine : 1S.234) Tel. Danton 5b-n.
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 nos). 90 fr. ; — fi mois (12 n°‘), 45 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 4 fr.
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois 24 n"5), 105 fr. ; — 6 mois (12 n°‘| 53 fr.
- Tarif pour l’étrangoT
- Tarif iC i
- L N an . Six mois
- 110 fr. 55 fr.
- Tarif n° 2
- Un an . Six mois
- 130 fr. 65 fr.
- Tarif extérieur nci 1 valable pour tous les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chilie, Colombie, Congo belge, Costa-Uica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce. Guatemala, Haïti, lledjaz, Honduras, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela. Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
- Réglement par mandai, chèques postaux [compte n° 599, Paris) ou chèque à l'ordre de Masson et Q°, sur une banque de Paris.
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- LA NATURE 15
- = COMMENT EQUIPER = UNE PETITE CHUTE D’EAU
- Nombreuses sont en France les petites chutes d’eau susceptibles de rendre d’utiles services à leur propriétaire; certaines d’entre elles furent équipées autrefois avec des roues hydrauliques, engin de trop faible rendement pour être conservé aujourd’hui. Mais comment équiper une petite chute ? Les renseignements sur ce sujet sont rares, et en général peu accessibles au futur usager, le plus sou-
- longue et minutieuse des variations périodiques de ses caractéristiques : hauteur et débit.
- En hydraulique industrielle, d’ailleurs, chaque cas est un cas d’espèce comportant une infinité de solutions, parmi lesquelles l’usager fait son choix en fournissant les directives sur l’utilisation désirée de la puissance de sa chute. Il est évident que si le débit d’étiage de la rivière
- Fig. 1. — Installation d’une petite turbine à axe vertical.
- Sur chute de 0 m 90 (puissance 2 ch). Chambre de pneumatisation, et tube d’aspiration pour évacuer l'eau.
- vent modeste industriel ou propriétaire isolé à la campagne. Nous croyons donc rendre service en traitant ici ce sujet, fort important en raison des ressources de la France en chutes de faibles débit et hauteur.
- PRÉLIMINAIRES A TOUT PROJET D’A MÉNAGEMENT HYDRAULIQUE
- L’équipement rationnel d’une chute d’eau est un problème dont la difficulté théorique est indépendante de la puissance à installer : qu’il s’agisse d’équiper 5 ou 100 ch, l’étude préliminaire est aussi complexe et les sources d’erreur aussi multiples.
- La différence est grande entre ce cas et celui du moteur thermique ; pour ce dernier le fluide moteur est un élément réglable à volonté; personne n’est limité par manque d’essence, de gaz, de mazout ou de vapeur. Par contre, on peut manquer d’eau, et les moteurs hydrauliques installés au fil d’une rivière sont assujettis à la servitude du débit variable, paramètre dont le contrôle nous échappe.
- L’équipement d’une chute est donc basé sur une étude
- est de 10 nrP/séc. pour une chute nette de 1 m 20, soit environ 133 ch disponibles sur l’arbre de la turbine, dans les conditions les plus défavorables, un moulin automatique produisant 100 quintaux de farine par 24 heures, et nécessitant par conséquent une puissance motrice de 30 ch, tournera toute l’année dans des conditions identiques, entraîné par une turbine de 30 ch : encore faut-il admettre dans cet exemple que le régime de la rivière est assez régulier pour qu’en période de crue la hauteur de chute ne soit pas réduite à une valeur inutilisable.
- Mais un semblable équipement est irrationnel et à déconseiller; l’administration des Ponts et Chaussées s’oppose à une utilisation fractionnelle des chutes qui tombent sous son contrôle direct; ce souci est fort louable, car il faut toujours prévoir les besoins de l’avenir.
- Admettons au contraire que la chute, variable au cours de l’année en hauteur et en débit, ait une puissance à peine suffisante, dans sa valeur moyenne, pour assurer un service convenable de l’usine desservie. C’est le cas le plus fréquent. L’équipement optimum ne saurait alors se définir que par une connaissance approfondie du régime de la
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- chute. II y aura lieu, en admettant que la puissance globale nette soit connue empiriquement (par exemple grâce à l’existence d’une roue hydraulique), d’étudier la chute pendant une ou deux années consécutives, par des observations journalières suivies. Si la puissance n’est pas connue par des moyens empiriques, on ne pourra suppléer aux observations très longues et portant sur plusieurs années (dix ans constituent un laps admissible pour le calcul sérieux des moyennes hydrauliques) que par les renseignements demandés aux indigènes qui ont
- Fig. 2. — Petites turbines.
- Au centre : la turbine à axe vertical destinée à l’installation de la fig. 1-
- A yauche : distributeur d’une petite turbine.
- A droite : bâche spirale d’une autre petite turbine (Vue prise dans les ateliers de la Société des Constructions Électriques de France).
- observé la chute depuis, très longtemps, et se sont habitués à en noter les variations saisonnières. Ces indications rudimentaires sont très précieuses si on sait les interpréter, et si on les vérifie par des renseignements analogues concernant les chutes voisines de la chute étudiée.
- Il est un fait d’expérience connu de t'ms les ingénieurs hydrauliciens —- lesquels, ne pouvant faire sur place que des observations intermittentes, doivent se confier aux indications des indigènes — que ces derniers donnent des renseignements précis et en général exacts sur les hau-
- teurs des plans d’eau, en se reportant à des repères naturels qu’ils ont pris l’habitude d’observer. On vous dira souvent que le plan d’eau amont affleure tel rocher pendant 3 mois de l’année, que la levée de telle vanne de décharge est de 30 cm pendant 2 mois de l’année, etc., autant d’indications que l’ingénieur utilisera pour la construction des courbes de régime de la rivière.
- Les indications en débits des indigènes incompétents sont au contraire erronées dans des proportions souvent considérables.
- Tout propriétaire qui veut équiper une chute avec un matériel moderne doit par conséquent recueillir soigneusement les indications locales, les recouper par ses observations personnelles, et aussitôt entreprendre, pendant un an au moins, des observations précises destinées à les confirmer et compléter.
- Comment observer de façon simple le régime d’une chute ?
- On s’astreindra à faire des lectures journalières des hauteurs des plans d’eau amont et aval, toutes reportées à un repère fixe définitif. Ce repère existe fort souvent et se trouve coté, par rapport au zéro du nivellement général de la région, par l’administration des Ponts et Chaussées, laquelle conserve les archives relatant l’historique de la chute, au chef-lieu du département. L’usager doit prendre connaissance du dossier de sa chute, et essayer de découvrir, s’il ne le connaît pas déjà, le repère administratif qui y figure. Ce repère constitue en général la retenue normale des eaux du niveau amont, et est concrétisé souvent par la crête d’un déversoir ou le seuil d’une vanne de décharge. Si ce repère administratif n’existe pas, on en créera un pour les besoins de la cause, situé à l’amont, qui ait un caractère de fixité intangible et de commodité pour les lectures : par exemple le bord supérieur horizontal d’un mur guideau ou bajoyer, ou bien un fer d’ancrage dans un mur pignon. Ce repère sera reporté à l’aval, par un nivellement simple à la lunette ou même par un transport au niveau à main.
- Installation hydraulique existante à remanier. — 1) Débit. — Si la chute est déjà équipée avec une roue hydraulique ou avec une turbine ancienne, la mesure du débit absorbé est délicate et, de façon précise, impossible. On ignore en général le débit absorbé par la roue ou par la turbine, et il ne peut être question d’arrêter journellement l’usine, pour mesurer tout le débit en le faisant écouler par la décharge, vanne ou déversoir.
- La seule méthode simple de jaugeage du débit est dans ce cas déduite de la mesure de la vitesse superficielle de l’eau dans le canal d’amenée sur la roue ou la turbine. On mesurera, le long d’un mur bajoyer, la longueur maximum possible sur une section régulière du canal : au minimum 10 mètres, si possible davantage. L’observation consiste à mesurer au chronomètre la durée du parcours de ces 10 mètres par un flotteur de masse négligeable : une moyenne faite sur une dizaine de mesures indiquera la vitesse superficielle moyenne de l’eau dans le canal. En outre on déterminera sur place la valeur exacte de la section du canal et le coefficient de frottement qui dépend de la nature du lit ; on possède alors les éléments nécessaires pour le calcul approximatif du débit absorbé.
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- Turbine
- Dynamo
- Fig. 3. Installation d'une turbine à axe horizontal à bâche spirale.
- Outre le débit absorbé par la machine hydraulique en service, il y aura évidemment lieu de mesurer le débit inutilisé s’écoulant par les ouvrages de décharge, comme il sera indiqué plus loin.
- 2) Chute. — La mesure de la hauteur de chute se fera journellement de façon très simple en mesurant les dénivellations des niveaux amont et aval par rapport, au repère des hauteurs.
- Cas où la chute n’est pas exploitée. —• Ce cas est plus favorable aux mesures de débit, toute la rivière s’écoulant par un déversoir ou par des vannes dont la levée est mesurable.
- a) Déversoir. — On mesurera journellement, par exemple avec une équerre graduée, l’épaisseur de la lame d’eau sur la crête du déversoir, non au droit de la crête même, où l’épaisseur de la lame est déjà réduite par suite de la vitesse d’écoulement et de la contraction de la veine liquide, mais à environ 1 mètre en amont de la crête du déversoir.
- b) Vannes. — On mesurera en même temps la levée des différentes vannes au-dessus de leur seuil (grâce à des repères marqués sur la crémaillère par exemple), ainsi que la charge d’eau sur la tête de la vanne, c’est-à-dire la profondeur d’eau amont au droit du tablier, au-dessus du coursier amont.
- Si l’orifice d’écoulement est noyé à l’aval, on mesurera de plus la profondeur d’eau au droit du tablier, au-dessus du coursier aval.
- L’ingénieur constatera, lors de sa visite sur place, la nature et la longueur du déversoir, ainsi que la largeur utile du pertuis de chaque vanne et les conditions d’écoulement.
- La chute se mesurera comme dans le premier cas par dénivellations au repèi’e des hauteurs. A ce point de vue, rappelons que toutes constatations relatives à la diminution de la hauteur de chute par pertes de charge devront être notées, afin d’y remédier dans la mesure du possible lors de l’aménagement. Il arrive souvent, d’autre part, que la hauteur de chute peut être augmentée, soit par rehaussement du niveau amont, soit par abaissement du niveau aval : tout projet de modification des plans d’eau normaux doit être soumis à une enquête de commodo des Ponts et Chaussées qui étudient la requête dans le double but de ne pas léser les usagers des chutes amont et aval et d’assurer aux riverains une sécurité contre les inondations en temps de crue.
- AMÉNAGEMENT PROPREMENT DIT DES CHUTES DE FAIBLE PUISSANCE
- Muni des renseignements énumérés plus haut, le constructeur établira les courbes des
- débits et des hauteurs classés par ordre de fréquence pendant la période observée : ces courbes seront considé-. rées comme exactes en année moyenne courante.
- Il sera logique de. prévoir une turbine capable d’absorber à pleine charge le débit semi-permanent, c’est-à-dire la valeur au-dessous de laquelle le débit ne descend pas pendant plus de 6 mois en année moyenne. Suivant les besoins de l’usine, dictés par l’usager, le constructeur pourra être conduit cependant à équiper le débit de 4 où fi mois, suivant les cas..
- Ainsi se détermine, d’accord avec les besoins, de l’usager et l’utilisation, prévue, le débit maximum qu’absorbera la turbine à installer sous la chute moyenne. Le constructeur fournira dès lors un tableau indiquant les valeurs des débits absorbés sous les dilïérentes valeurs de la chute, avec les rendements correspondants, c’est-à-dire un tableau des puissances effectivement disponibles sur
- Fig. 4. — La turbine de Vinstallation de la fig, 3. (hauteur 9 in 50, débit 270 lit.-sec, vitesse 450 t-m, puissance 27 ch).
- Construite par les Constructions Électriques de France.
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- Fig. 5. — Petite turbine à axe. horizontal, à chambre ouverte. (Hauteur de chute : 4 m 50, débit 300 l.-sec., vitesse de rotation 450 t-m, puissance : 14 ch, construite par les Constructions Électriques de France).
- l’arbre de la turbine aux régimes divers de la rivière.
- Nous classerons les différents types d’installation en, fonction de la hauteur de chute; ce classement est cependant loin d’être rigoureux, et les limites indiquées très élastiques; chaque problème hydraulique étant, comme on l’a vu, un cas particulier, on tiendra compte dans l’élaboration de la solution à adopter d’un grand nombre de facteurs, parmi lesquels interviennent : l’allure des ouvrages existants, leur possibilité de transformation simple, le prix des travaux de génie civil, la facilité de commande de la transmission de l’usine, etc. Bien que nous limitions les descriptions ci-dessous à des puissances de 25-30 eh, la valeur du débit pourra intervenir, par le facteur diamètre du distributeur, dans le choix du type de turbine.
- Fig. 6. — Turbine horizontale à bâche spirale, à flux axial.
- (Hauteur de chute 8 m, débit 250 i.-sec., vitesse 750 t-m, puissance 21 ch. Consti’uctions Électriques de France).
- 1) Chute de 0 m 80 à 1 m 50. — La valeur très faible de la chute entraîne l’installation d’une turbine à axe vertical, par suite de la nécessité de conserver au-dessus du distributeur une hauteur d’eau minimum, garantissant le fonctionnement contre le turbinage d’air : si en effet la charge d’eau sur le distributeur descend au-dessous d’une valeur déterminée expérimentalement, la rotation de la roue mobile donne naissance à un vortex entraînant de l’air émulsionné dans l’eau, et le rendement de la turbine baisse brusquement.
- La valeur de la charge d’eau minimum à l’étiage, admissible pour le fonctionnement correct des petites turbines, est de 0 m 40 environ en chambre fermée et de 0 m 80 à 1 m en chambre ouverte.
- On voit donc que l’équipement des très faibles chutes, étudiées dans ce premier cas, se fera par une turbine à axe vertical montée en chambre d’eau fermée ou hydropneumatisée. On désigne ainsi le dispositif suivant : on aménage à environ 0 m 80 au-dessus du distributeur un plancher étanche, dit de pneumatisation, qui peut être d’ailleurs le plancher de la salle des machines ; ce plancher limitera la chambre, vers l’amont, par un bec de pneumatisation plongeant dans le niveau amont quelle que soit la cote de ce niveau, c’est-à-dire également à l’étiage. Le matelas d’air surmontant le niveau amont, dans la chambre ainsi fermée, est à une pression inférieure à la pression atmosphérique, ce qui garantit la turbine contre toute rentrée d’air et assure un meilleur rendement par suite d’une utilisation mieux adaptée de l’énergie de pression.
- L’eau ayant ainsi cédé son énergie utilisable sur la roue mobile est évacuée par un tube d’aspiration tronconique plongeant constamment dans le niveau aval et assurant, par sa forme évasée vers le bas, la récupération de la vitesse restante de l’eau à la sortie de la roue.
- Au point de vue mécanique, l’énergie motrice est transmise par la roue à l’arbre vertical traversant dans un presse-étoupe étanche le plancher de pneumatisation ; cet arbre est doublement guidé par deux paliers verticaux, un sur le couvercle du distributeur, le second sous la pivoterie. Tout le poids de l’équipage mobile : roue, arbre, charge d’eau sur le distributeur, est supporté par la pivoterie, en général du type à grains fixe et mobile, et lubrifiée automatiquement par circulation d’huile. Cette pivoterie peut être scellée soit sur le plancher de la salle des machines, soit, comme indiqué sur la photographie (fig. 2), sur deux poutrelles suspendues scellées dans les murs ou portées par des massifs de charge.
- La transmission à conseiller dans ce cas est la courroie demi-croisée : une poulie motrice est clavetée sur l’arbre vertical, qui commande par semi-croisée la transmission horizontale ou la génératrice à axe horizontal.
- Le réglage de ces turbines se fait par un dispositif à main actionnant, du plancher de la salle des machines, l’arbre de vannage qui commande les directrices du distributeur.
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- Fig. 7. :— Petite turbine Pelton.
- (Hauteur de chute 45 m, débit 20 l.-scc., vitesse 1240 t-m, puissance 9,7 ch. Constructions Électriques de France).
- Les faibles chutes sont difficilement exploitables au-dessous de 0 m 80, et les constructeurs se refusent en général à garantir le fonctionnement au-dessous de cette valeur de la chute. 11 est à noter cependant que la société Schneider Jaquet, qui s’est spécialisée dans l’aménagement des très basses chutes, a installé dans le Loir-et-Cher une turbine hélice prévue pour 0 m 90, et qui conserve une puissance et un rendement satisfaisants sous la chute de 0 m 50.
- 2) Chute de l m 50 à 3 m environ. -- Cette catégorie comprend la plupart des petites chutes normales, desservant des moulins, scieries, petites stations électriques, etc... L’équipement est encore plus malaisé à standardiser, vu les nombreux facteurs en jeu; la turbine horizontale est à conseiller autant que possible, à cause de la simplicité de la commande de la transmission, en général horizontale par courroie droite. Les variations du niveau amont n’autoriseront cependant l’installation d’une turbine horizontale qu’à partir d’une valeur de la hauteur de chute déjà appréciable par rapport au débit, à moins que îesdites variations ne soient insensibles.
- De façon générale, on peut dire que chaque fois que l’équipement sera possible en turbine à axe horizontal, celle-ci sera installée en chambre fermée.
- Il arrive souvent, toutefois, qu’une chute moyenne de 2 m 50 tombe en temps de crue à 1 m ou même au-dessous de cette valeur, et cela pendant 1 ou 2 mois de l’année. Dans ce cas, il faudra revenir à la turbine à axe vertical, qu’on installera en chambre ouverte si les limites des variations du niveau amont l’autorisent.
- Au point de vue hydraulique, la chambre ouverte rectangulaire ne diffère de la chambre fermée décrite plus haut que par l’absence de bec de pneumatisation : le niveau amont dans la chambre se trouve ainsi libre et constamment à la pression atmosphérique.
- L’installation des turbines à axe vertical étant identique à celle décrite dans le premier cas, insistons sur l’installation des turbines à axe horizontal.
- L’axe horizontal de la turbine pourra être disposé soit parallèlement au sens du courant, soit perpendiculaire-
- ment : les commodités d’attaque de la transmission fixeront le choix. Dans chaque cas, le distributeur pourra être solidaire d’un flasque scellé soit dans le mur de refend limitant la chambre à l’aval, soit dans l’un des murs bajoyers de la chambre (Schneider Jaquet, Constructions Électriques de France). Ce flasque peut cependant être indépendant du distributeur (Teisset-Rose-Brault). La roue mobile est montée en porte-à-faux à l’intérieur du distributeur, et l’eau, après avoir passé sur cette roue mobile, est évacuée par un tube d’aspiration coudé et tronconique. Le chemin, plus complexe, parcouru par les filets liquides explique que le rendement des turbines horizontales soit légèrement inférieur à celui des turbines verticales.
- Au point de vue mécanique, l’installation est très simple : la roue mobile transmet son mouvement à l’arbre horizontal guidé par palier à berceau sur le flasque de la
- Fig. 8. — Turbine horizontale à bâche spirale.
- (Hauteur de chute4m, puissance 15 ch. Société Schneider-Jaquet.)
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- == 150 :....1 1 . —..................=
- machine et par palier de charge en bout. Entre ces deux paliers est clavetée la poulie motrice pour la commande par courroie directe de la transmission. Le dispositif de réglage à main, avec indicateur d’ouverture, est monté sur la turbine même, ou, par renvois, sur un plancher supérieur.
- Notons, pour préciser les différences entre les installations à axe vertical et horizontal, que dans le premier cas, la salle des machines surplombe la chambre d’eau, alors que dans le deuxième cas, la salle des machines, contiguë à la chambre d’eau, n’en est séparée que par le mur étanche dans lequel est scellée la turbine.
- 3) Chutes supérieures à 3 m. — A partir de cette valeur, il est avantageux d’installer la turbine spirale. Dans ce domaine, et surtout à partir de 4 m de chute, la
- turbine spirale à axe horizontal est pour ainsi dire l’unique solution à adopter.
- Dans ce cas, la prise d’eau au niveau amont demande à être aménagée convenablement en profondeur : cette prise d’eau est une chambre au fond de laquelle est scellée la tête de la conduite forcée alimentant la turbine. La charge d’eau sur la tête de la conduite doit être suffisante pour éviter la naissance de tourbillons entraînant de l’air dans la conduite. Cette conduite débouche, dans la salle des machines même, sur la bâche spirale de* la turbine,
- véritable colimaçon à section radiale décroissante, par l’intermédiaire de laquelle l’eau est rationnellement dirigée sur le distributeur. Après son passage sur la roue mobile calée en porte-à-faux à l’intérieur du distributeur, l’eau est évacuée comme précédemment par tube d’apiration. En dehors du réglage à main des directrices du distributeur, monté sur la bâche de la turbine, un robinet-vanne monté sur la conduite à l’entrée de la bâche permet le réglage du débit admis sur la roue.
- La disposition mécanique en vue de la transmission est identique au cas de la turbine horizontale en chambre d’eau.
- L’installation des turbines spirales est simple, bien que l’absence de la chambre d’eau soit compensée par l’aménagement de la prise d’eau et le scellement de la conduite. Le prix d’une turbine spirale est naturellement plus élevé que celui d’une turbine en chambre d’eau de mêmes caractéristiques.
- Toutes les turbines décrites jusqu’ici dans les trois cas étudiés sommairement sont du type Francis à faible vitesse spécifique (200 à 300 tours par minute). La vitesse de rotation de la transmission à commander et les nécessités du rapport de transmission conduiront les constructeurs à propose!* des machines de vitesse spécifique plus ou moins élevée.
- Ces turbines Francis sont, comme on le sait, à réaction et à injection totale et s’accommodent très convenablement à des variations de débit assez importantes.
- On peut être conduit parfois à installer des turbines à action de puissance très faible, cas qui se présente lorsque le débit est extrêmement réduit pour une chute relativement élevée: nous reproduisons ci-contre une turbine Pelton à simple jet commandant, par l’intermédiaire d’un volant d’inertie, une génératrice à tension constante. Cette turbine Pelton fonctionne en Algérie sous 45 m de chute en absorbant 20 1/sec, et fournit une puissance utile de 9,7 ch.
- Il paraît superflu, pour terminer cette petite étude des installations hydrauliques de faible puissance, d’insister sur l’avantage que présente l’utilisation de l’énergie blanche dans tous ses domaines; disons cependant qu’il est souhaitable de voir les petites chutes utilisées dans la plus large mesure, pour la prospérité des industries locales de toute nature, et pour le progrès de la construction hydraulique française, qui est d’ailleurs loin d’être à ses premiers pas.
- Charles Weinstein.
- Fig. 9. — Essai en alelier d'une turbine horizontale à bâche spirale. (Hauteur de chute 4 m, débit 360 l.-f=ec., vilesse 178 t-rn, puissance 15 ch. Vue prise aux ateliers Schneider-Jaquet à Strasbourg).
- UNE NOUVELLE LAMPE ÉLECTRIQUE
- A GAZ LUMINEUX
- L’éclairage à incandescence paraît aujourd’hui, au moins au point de vue du rendement, arrivé à la limite des perfectionnements possibles. Pour accroître son rendement, il faudrait élever encore la température du corps incandescent; mais la fusion ou l’évaporation
- s’y opposent. Les gaz rendus lumineux par le passage du courant électrique constituent une source de lumière beaucoup plus économique que l’incandescence. Aus i, depuis longtemps, les efforts des inventeurs se portent-ils de ce côté. La lampe à vapeur de mercure, la plus
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- économique des sources de lumière électrique actuellement connues, est un exemple de ce que l’on peut attendre dans cette voie. Il est probable que la lampe à mercure aurait depuis longtemps supplanté lampes à incandescence et lampes à arc, n’était la couleur désagréable de sa lumière verdâtre, dépourvue de toutes radiations rouges, qui imprime aux visages un aspect cadavérique.
- La lampe au néon qui, au contraire, contient exclusivement des radiations rouges est très employée aujourd’hui pour les enseignes lumineuses; elle ne l’est guère pour l’éclairage usuel parce qu’elle ne fonctionne que sur courant alternatif, et généralement à voltage élevé. La lampe Moore, à atmosphère d’azote, qui avait suscité autrefois de grandes espérances, n’a pu entrer dans la pratique.
- C’est qu’une lampe destinée à l’éclairage usuel doit posséder certaines qualités indispensables; elle doit, avant tout, donner une lumière agréable aux yeux, en général pas trop différente de la lumière du jour; elle doit fonctionner sur le courant normal des secteurs, c’est-à-dire 110 v, alternatif ou continu. Il faut que son maniement soit aussi simple que celui de l’ampoule à incandescence, aujourd’hui familière à tous.
- Ces qualités, d’après la revue américaine Electronics, seraient l’apanage de la nouvelle lampe à gaz lumineux que présentent aujourd’hui trois inventeurs allemands, MM. Spanner, Germer et Doring.
- L’atmosphère de gaz raréfiés qui s’illumine au passage du courant est constituée par un mélange de néon et de vapeur de mercure; on obtiendrait ainsi une lumière composée de rouge et de violet donnant aux objets extérieurs des teintes acceptables.
- Les inventeurs utilisent aussi des mélanges de vapeur de mercure et d’argon. Le mélange de vapeurs de mercure, de zinc et de sodium leur permettrait de réaliser une lumière voisine de celle du jour. La présence de cadmium donnerait un bleu teinté de rouge.
- Les électrodes sont formées par des filaments recouverts d’oxyde de baryum ; sur courant continu, une seule joue le rôle de cathode; sur courant alternatif elles jouent alternativement le rôle de cathode. On sait que l’oxyde de baryum a la propriété d’émettre très facilement des électrons, sous l’action d’un chauffage très modéré.
- Ici ce chauffage est produit par le passage même du courant qui doit traverser la lampe et l’on peut dire que l’on a affaire à une lampe à cathode froide.
- Il faut toutefois un moyen pour amorcer le passage du courant : dans la nouvelle lampe on a utilisé une gaine extérieure conductrice en graphite, interrompue par une coupure, à proximité de chaque électrode. «-Toute la tension de service se trouve ainsi au départ appliquée sur l’intervalle étroit que délimite la coupure. Les allumages et coupures rapides qui se manifestent sur ce circuit extérieur provoquent momentanément des tensions élevées aux bornes des électrodes intérieures, favorisant ainsi l’ionisation au voisinage de la cathode et l’allumage rapide de la lampe.
- La longueur des tubes luminescents est commandée par le voltage qui leur est appliqué. Pour avoir des ampoules maniables, les inventeurs replient le tube sur lui-
- Néon,argon
- irgt de i
- vapeur de mercure
- Cathode à oxyde de baryum
- ______5Y_
- 25à 50 ohms
- résistance
- régulatrice
- /Coupure de la gaine
- üame extérieure en graphite
- '110 volts alternatif ou continu
- Fig.l.
- Schéma du montage d’une lampe à décharge électrique, en atmosphère gazeuse, avec cathode froide.
- même et obtiennent ainsi une lampe d’encombrement analogue à celui des lampes à incandescence. On les monte sur un support s’engageant dans toutes les douilles de prise de courant. C’est sous cet aspect que les représente notre figure 2.
- Ces lampes, à la différence du tube classique à vapeur de mercure ou de certaines lampes du genre Pointolite, ne contiennent pas de mercure liquide, mais seulement du gaz raréfié. Leur transport est donc sans difficulté.
- Ces nouvelles lampes auraient un rendement de 3 à 5 fois supérieur à celui des meilleures lampes à filament incandescent. Si ces chiffres sont exacts et si leurs qualités se vérifient dans la pratique, on peut s’attendre à voir les lampes à gaz lumineux introduire dans l’industrie et l’art de l’éclairage une révolution comparable à celle que provoqua en 1910 l’apparition du filament de tungstène.
- R. Villers.
- Fig. 2.
- Deux formes d’une lampe à néon, Spanner, Germer et Doring, se montant sur une prise de courant ordinaire à l'aide d'une douille à vis t,d'après Electronics).
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- = L’INDUSTRIE DE LA CRÈME GLACÉE
- (ICE-CREÂM)
- L,a préparation de la «. crème glacée » ou ice-cream, que nous traduirions volontiers par « glace à la crème », relève du domaine de l’industrie laitière et non de celui de l’art culinaire comme on serait tenté de le croire.
- En effet, la crème glacée ne contient pas d’œufs, mais une moyenne de 22 pour 100 d’extrait sec du lait, ce qui est presque deux fois la quantité contenue dans le lait complet; elle peut donc à juste raison être classée parmi les produits laitiers.
- L’industrie de l’ice-cream a pris naissance aux Etats-Unis en 1851 ; actuellement la production atteint 1 milliard 400 millions de litres par an et la consommation par tête d’habitant ressort à 11 litres environ. La quantité de
- divers historiens, son introduction en France serait encore plus ancienne et imputable au cuisinier italien de Catherine de Médicis (1547-1559). Ce fut le cuisinier français Di Mirco qui fit connaître la crème glacée en Angleterre lors d’un banquet royal. Charles Ier, satisfait de ce mets nouveau, pensionna le novateur en stipulant cependant qu’il garderait le secret de sa recette... sauf pour son Altesse Royale. La crème glacée passa ensuite en Amérique par l’intermédiaire de Dolly Madison, épouse du 4e président des Etats-Unis, qui la fit présenter à l’issue d’une cérémonie officielle à Washington.
- Il est à supposer que le Président n’exigea pas, ainsi que Charles Ier, un secret, d’ailleurs assez mal gardé, puisqu’en 1786 on put lire dans un journal de New-York une réclame de Joseph Crowe qui invitait toute la population à acheter sa crème glacée.
- Ce fut Jacob Fussell, appelé le père de l’industrie de la crème glacée, qui fabriqua pour la première fois industriellement ce produit en 1851 à Baltimore; plus tard des usines furent construites à New-York par ce même Fussell, et c’est là l’origine de la firme la plus importante qui existe actuellement aux Etats-Unis.
- 11 y a aux Etats-Unis plus de 4000 usines fabriquant de la crème glacée à l’heure actuelle, représentant un capital investi de plus de 450 millions de dollars.
- LA FABRICATION DE LA CRÈME GLACÉE
- Les éléments qui entrent ou peuvent entrer en proportions variables dans la préparation de la crème glacée sont : le lait frais, la crème fraîche, le lait condensé sucré et non sucré, la poudre de lait, le sucre, la gélatine alimentaire, les arômes naturels sous forme de jus de fruits, de fruits frais, ou d’essences concentrées.
- La fabrication comporte trois stades dis-
- (Usine Gervais Ice-Cream).
- lait utilisé est égale à celle employée dans la fabrication des fromages. C’est donc une très grosse industrie dans laquelle la chimie, la physique et la mécanique sont mises largement à contribution.
- Ceci pour montrer en quelques lignes préliminaires toute l’importance du sujet.
- LA CRÈME GLACÉE EST D’ORIGINE FRANÇAISE
- Invention américaine, dira-t-on!
- Que l’on se détrompe, car, de l’aveu même des Américains, il s’agit d’une invention française. C’est en France que la crème glacée fut mentionnée avec précision pour la première fois vers 1660, lors de la fondation du café Procope par un Italien nommé Procopio Pultelli. Selon
- tincts :
- La préparation du mélange,
- La réfrigération de ce mélange,
- Le durcissement du mélange.
- Lorsque le mélange est préparé, il est pasteurisé pendant 30 minutes à la température de 63°, technique de pasteurisation que l’on utilise également en France pour le lait et dénommée pasteurisation basse, par opposition à la pasteurisation haute (85° pendant trois minutes).
- Après la pasteurisation, le mélange est homogénéisé, c’est-à-dire qu’il est contraint de passer sous une pression de 130 kgs par cm2 dans un espace excessivement réduit dans le but de briser et de diviser à l’extrême les particules constituantes pour en provoquer l’égale répartition.
- Le mélange est ensuite refroidi par passage dans des réfrigérants, à la température de -f- 4° C. On incorpore alors les jus de fruits, les fruits ou les essences, puis on
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- introduit le tout dans un congélateur muni intérieurement d’un puissant agitateur qui fouette la masse pendant 20 minutes au cours desquelles la température est abaissée à — 15° dans tout le mélange. A la sortie du congélateur, le mélange est l'amené à une température voisine de 5°; il sera ensuite traité différemment selon la forme sous laquelle il doit parvenir chez le consommateur ou le détaillant.
- S’il est destiné à être livré en vrac, le mélange est versé dans des pots stérilisés; sinon, il est versé dans des moules en forme de briques. Les briques sont ensuite emballées, puis scellées.
- Ensuite a lieu le durcissement : pots et briques, sont portés dans de grandes chambres dont la température est maintenue aux environs de .... 30°, où ils sé-
- journent jusqu’à complet durcissement et attendent la livraison.
- Celle-ci se fait par camions, par voie ferrée, par bateau, par avion.
- Fig. 2. — Salle de fabrication de la crème glacée; bacs pour la préparation du mélange
- (Usine Gervais).
- LE RÔLE DE LA SCIENCE DANS LA FABRICATION DE LA CRÈME GLACÉE
- La chimie joue un rôle important dans la fabrication. C’est en effet le laboratoire qui, à chaque instant, contrôle si le mélange est bien constitué, si les taux de matière grasse, d’extrait sec, d’hydrates de carbone, de gélatine sont normaux. Il s’assure de la qualité de chacun des constituants et de l’influence que chacun d’eux peut avoir sur la nature de la crème.
- Le bactériologiste s’assure de l’état hygiénique par l’examen de la flore microbienne qui doit être des plus réduites. Son contrôle porte en outre sur les matières premières, sur le fonctionnement des appareils de pasteurisation, sur le nettoyage et la stérilisation de l’appareillage et, en général, sur Fig. 3.
- la propreté de l’installation elle-même.
- Le physicien détermine le rôle du stabilisateur, en l’espèce, la petite proportion de gélatine qui s’oppose par son caractère colloïdal à la formation de cristaux de glace qiii rendraient le produit désagréable au palais. 11 apparaît en outre comme le maître des frigories dont l’utilisation est si importante dans l’industrie de la crème glacée.
- La mécanique n’est pas restée étrangère au développement de cette industrie.
- Des appareils très perfectionnés ont été créés spécialement, disposés de telle sorte que la gravitation soit le plus possible utilisée et que les opérations soient effectuées à l’abri de l’air. Enfin, des machines automatiques permettent
- la manutention et le conditionnement aseptique du produit.
- Mais le principal facteur de la grande et rapide extension de l’industrie de la crème glacée aux Etats-Unis a été le progrès réalisé dans l’emploi du froid et l’apparition d’appareils réduits à usages domestiques susceptibles de le produire. Au début, on avait recours au classique mélange de glace et de sel, celui-ci fut abandonhé dès l’apparition des appareils à saumure. En ce moment nous assistons au large développement des appareils électriques producteurs de froid : les fabricants de crème glacée ont si bien compris combien leur rôle était important pour la conservation qu’ils n’ont pas hésité à placer gratuitement, chez leurs clients détenteurs, ces appareils mécaniques. Ils ont même adapté sur leurs camions de
- —Fabrication de la crème glacée. Les congélateurs (Usine Gervais).
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- livraison des dispositifs analogues qui permettent le ravitaillement de localités placées parfois à plusieurs centaines de kilomètres du point de fabrication.
- Tout ceci sera sans doute remplacé avant peu par la neige carbonique ou glace sèche dont le prix de revient s’abaisse et dont la fabrication se développe rapidement aux Etats-Unis. On sait que la glace'sèche permet, sans salir et sans mouiller, d’obtenir un froid de — 80° sous un petit volume, par simple évaporation. On a constaté que* 30 kg de glace sèche rendaient le même service que 1250 kg de glace naturelle et 270 kg de sel ('). L’utilisation de la glace sèche n’est donc pas beaucoup plus coûteuse que celle de la glace naturelle.
- C’est avec l’aide de la glace sèche que d’importantes usines de crème glacée expédient leurs produits à Cuba, ce qui correspond à six jours de voyage. Les expéditions de New York à Philadelphie sont de coutume courante par ce même procédé.
- Evidemment, les conditions de transport de la crème glacée aux Etats-Unis ont été réalisées progressivement. L’importance des usines et leur production ont eu peu à peu raison des tarifs élevés des compagnies de chemin de fer; actuellement, chacun y trouve son compte, car
- 1. La Nature, n° 2788, 1er Juillet'1928. « La neige carbonique ».
- Fig. 4. •— La mise en pois de la crème glacêe_ s’effectue. automatiquement, ainsi que la fermeture des pots. L'ouvrière qui conduit la machine n’a aucun contact avec la crème.
- (Usine Gervais.)
- les facilités de transport ont facilité également la production.
- Les moyens de répartition et d’expédition propres à chaque usine correspondent à son organisation, ils sont le fruit de longues études et d’une longue expérience.
- LA VALEUR ALIMENTAIRE DE LA CRÈME GLACÉE
- Quelles sont donc les raisons de cet engouement, ou mieux de cette prédilection des Américains pour la crème glacée qui constitue pour eux une sorte de produit national ? C’est que la crème glacée est considérée, non seulement comme un agréable rafraîchissement, que n’interdit pas la loi de prohibition, mais encore comme un véritable aliment.
- L augmentation constante des règles de propreté et de salubrité dans l’industrie laitière, en même temps que l'industrialisation de la crème glacée par des maisons importantes possédant des capitaux, susceptibles d’ap porter dans leur fabrication la régularité et la qualité par l’emploi d’une machinerie perfectionnée et coûteuse, l’utilisation des compétences d’un service technique dans toutes les branches, forment un ensemble de facteurs qui ont contribué à donner confiance au public et à l’habituer à’ un produit non seulement bon, mais sain et bien préparé. Aussi, ne faut-il pas s’étonner de voir la presse médicale des Etats-Unis se faire agent de propagande de la crème glacée et la recommander pour tous les âges, comme aliment sain, nutritif, contenant les principaux constituants essentiels à la vie, c’est-à-dire : les hydrates de carbone, les protéines, la matière grasse et les vitamines. Celles-ci sont, en effet, conservées par la basse température de pasteurisation du mélange de crème et de lait, qui se trouve lui-même enrichi, postérieurement à cette pasteurisation, par l’apport des vitamines des fruits ou jus de fruits additionnels. Si la petite quantité de gélatine alimentaire est reconnue indispensable au point de vue fabrication et tenue du produit, le physiologiste, par ailleurs, n’a pas manqué d’en souligner les avantages, car tout en augmentant la valeur alimentaire de la crème glacée, il la rend très digestible en empêchant la formation de grumeaux de caséine dans l’estomac.
- Un autre facteur très important du succès de la crème glacée aux Etats-Unis réside dans le fait que la fabri cation y est officiellement réglementée, et que sa composition y est officiellement définie. Deux constantes sont en effet nécessaires : le pourcentage de matière grasse et le pourcentage de solides totaux. Chaque Etat n’a pas adopté exactement les mêmes pourcentages, mais les taux officiels varient dans des limites assez restreintes qui conservent à la crème glacée un pouvoir nutritif de beaucoup supérieur à celui du lait entier le meilleur.
- Voici les constantes officielles :
- Matière grasse du beurre... 10 à 14 %
- Extrait sec du sérum .... 8 à 12 °/Q
- Sucre..........................12 à 16 %
- Gélatine alimentaire .... 0,2 à 0,5 °/Q
- Parfums et fruits.
- Le public n’est donc pas exposé à consommer des produits inférieurs en valeur nutritive ou composés
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- Fig. 5.— Une chambre froide à-—30° centigrades pour la conservation des pots de crème, glacée. (Usine Gervais.)
- d’éléments plus ou moins nuisibles à la santé ou plus ou moins bien adaptés aux mélanges.
- Dans presque toutes les Ecoles nationales d’Agriculture la fabrication de la crème glacée est enseignée comme celle du beurre ou du fromage. La section laitière du Ministère de l’Agriculture à Washington possède de nombreuses stations officielles d’essais et des laboratoires de recherches ayant en vue le développement et le perfectionnement de la fabrication. Il existe d’ailleurs sur le sujet une très importante bibliographie et de nombreuses revues spécialisées tant scientifiques que techniques ou d’ordre commercial.
- LA CRÈME GLACÉE EN EUROPE ET EN FRANCE
- Et maintenant, que voyons-nous dans les autres pays, en Europe, par exemple?
- C’est l’Angleterre qui semble avoir pris jusqu’à maintenant l’essor le plus rapide dans la fabrication de l’ice-cream. Elle possède, Irlande comprise, 50 usines dont une douzaine importantes. L’absence de législation permet à de nombreux petits fabricants la vente de produits inférieurs qui nuisent à la renommée de la véritable crème glacée.
- En Suisse, la consommation gagne chaque année en importance, le gouvernement fédéral a réglementé la fabrication et exige un taux de 12 pour 100 de matière grasse en provenance du lait, il est probable que tout le
- succès vient de là. 11 y a actuellement 5 usines en fonction nement.
- En Lettonie, en Tchéeo-SIovaquie, en Autriche, en Allemagne, les usines existent en plus ou moins grand nombre et voient leur chiffre d’affaires progresser.
- En Belgique, M. Mertens faisait remarquer qu’on pouvait entrevoir dans la fabrication de la crème glacée un débouché intéressant pour l’industrie laitière dont la production se développe d’année en année grâce à la sélection du cheptel laitier.
- Enfin, en France, une grande société laitière a installé la fabrication industrielle de la crème glacée selon les conceptions américaines, les Parisiens peuvent apprécier les qualités de son produit. Ils ne sont cependant pas les seuls, car cette firme a eu le souci de s’inspirer des derniers perfectionnements dès le début et de faire grand et bien. C’est pourquoi, elle a créé à proximité de scs besoins une usine productrice de neige carbonique- comprimée, dont la production journalière atteint 4000 kg, susceptibles d’être portés à 12,000 kg et dont le prix de revient est d’environ 2 francs le kg. Cette glace sèche sert, non seulement à alimenter les glacières et les camions de livraison, mais elle permet en outre d’expédier par voie ferrée, et dans les meilleures conditions, la crème glacée dans toute la France, notamment à Marseille.
- Il est'grandement souhaitable que le public français prenne goût à ' ce produit, qui n’est en somme qu’un
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- revenant modernisé, car nous pouvons appliquer pour la France la même opinion que celle formulée pour la Belgique par M. Mertens : l’industrie laitière donc, la consommation du lait sous toutes ses formes, est un facteur important de la vitalité de notre agriculture nationale.
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- Lorsque, voici quelques mois, nous prenions la parole, dans une réunion de spécialistes des questions relatives à la répression des fraudes, pour réclamer une législation française de la fabrication de la crème glacée, nous avons été accueilli avec quelque scepticisme : « Pourquoi ne pas réglementer alors, nous a-t-il été répondu, la crème aux œufs, au lait et à la vanille ou au chocolat delà cuisinière, le parfait glacé du confiseur, la glace aux fraises des Tuileries ?»
- C’était méconnaître les caractères de la crème glacée, lui attribuer une origine de cuisine par de petits moyens au lieu d’une origine industrielle exigeant de gros capitaux et un machinisme important.
- C’était méconnaître que l’industrialisation dans le domaine alimentaire permet pour le fabricant véritablement consciencieux d’utiliser des données techniques et scientifiques qui contribuent non pas à l’obtention d’une cuisine chimique, ainsi que le suppose trop souvent le public méfiant ou mal renseigné, mais au contraire à celle d’un produit naturel, composé, comme il convient, de matières premières naturelles choisies et de qualité irréprochable. De la qualité du produit dépendent en effet le succès de l’entreprise et la sécurité des capitaux engagés. Une telle installation est par ailleurs d’une surveillance
- aisée, et il est logique que dans toutes les branches de notre industrie alimentaire les efforts tendant à une amélioration de la qualité ou à la création d’un produil nouveau soient sanctionnés et protégés contre les imitations de moindre qualité ou de composition sanitaire suspecte.
- De plus, étant donné l’origine lactée de la crème glacée, il importe pour justifier son appellation qu’elle contienne non seulement de la matière grasse du lait, mais une proportion notable de cette matière grasse sous forme de crème, les crèmes de ménage ou des confiseurs restant dans le domaine culinaire.
- Actuellement, nous avons la bonne surprise de voir notre proposition soumise à l’examen. 11 est souhaitable, pour un grand pays laitier comme la France, qu’une prochaine réglementation de la crème glacée permette à eellel-ei de prendre -rapidement son essor et de constituer ainsi pour le .publie, un aliment agréable et qu’il soit assuré de ses qualités non seulement par sa composition définie, mais encore par les caractères sanitaires de sa fabrication f1).
- Marc Fouassikr, Expert-Chimiste près les Tribunaux.
- BIBLIOGRAPHIE
- P. Rollin. — Industrie du Froid, t. XI, n° 5, mai 1930, p. 119.
- F. Rasmussen. — lîeuue « Le Lait », t. X, nos 92-93, lév.-mars 1930, p. 113 et 256.
- A. Mertens.—S° Congrès international de Laiterie, Londres 1928.
- 1. Les photographies qui illustrent cet article ont été prises dans les usines de crème glacée de M. Ch. Gervais à Bobigny et à Paris.
- L’ÉCOLE SUPÉRIEURE DES POIDS ET MESURES
- LA REVISION DES ÉTALONS DES BUREAUX DE VÉRIFICATION
- Créée par un décret du 26 avril 1929, VÉcole supérieure des Poids et Mesures est installée à Paris, dans un immeuble de la rue de Bellechasse, dépendance du Ministère du Commerce et de l’Industrie. File a pour but d’çissurer le recrutement du Corps des Jngénieurs des Poids et Mesures, institué par le décret du 5 avril 1929, modifié et complété par les décrets des 1er avril et 21 mai 1930. Les licenciés ès sciences possédant au moins deux des certificats suivants (mathématiques générales, électrotechnique générale, mécanique rationnelle ou appliquée, physique générale, calcul différentiel), les anciens élèves de l’Ecole polytechnique, de l’Ecole normale supérieure (section des sciences), de l’Ecole centrale des Arts et Manufactures, de l’Institut agronomique de Paris, des Instituts électrotechniques des Universités de Grenoble, de Nancy ou de Toulouse et autres grandes écoles techniques y entrent sur titres tandis que les vérificateurs des Poids et Mesures comptant au moins deux années
- de service doivent, pour y être admis, subir avec succès les épreuves d’un concours spécial d’un niveau assez élevé.
- Mais avant de visiter le nouvel établissement et d’indiquer le programme des études qu’on y poursuit, résumons en quelques lignes l’histoire du système métrique afin de mieux nous rendre compte de l’intérêt de cette création, appelée à former précisément des métrolo-gistes d’élite.
- Sous la Révolution française, la loi du 30 mars 1791 sanctionna le principe « d’une unité qui, dans sa détermination, ne renferme rien d’arbitraire ni de particulier à la situation d’aucun peuple sur le globe ». On confia donc la mesure d’un arc du méridien, compris entre Dunkerque et Barcelone à Delambre et à Méchain, qui dès l’été de 1792 commencèrent les opérations géodé-siques nécessaires. Puis la loi du 1S germinal an III (7 avril 1795) fixa la nomenclature du système métrique
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- telle qu’elle existe encore aujourd’hui.
- Cependant l’usage des nouvelles mesures se répandit peu parmi la population française, qui continua à suivre ses anciennes habitudes. Un malencontreux arrêté de 1812 autorisa même l'emploi d’unités transitoires telles qu’une toise de 2 mètres, une aune de 1 m 20, un boisseau de 1/8 d’hectolitre, une once de 1/10 de livre, etc. Mais sous la monarchie de juillet, le marquis de Laplaee présenta à la Chambre des Députés un rapport à la suite duquel le gouvernement promulgua la loi de 1837 rendant le système métrique obligatoire à partir du 1er janvier 1840 et créant le corps des vérificateurs des Poids et Mesures, chargés d’assurer la garantie publique dans toutes les transactions commerciales faisant intervenir les longueurs, les capacités et les poids.
- Depuis cette époque, non seulement le système métrique entra dans nos mœurs mais s’implanta, petit à petit, dans les pays voisins tandis que nous signions avec la Belgique, la Suisse, l’Italie et la Grèce la convention monétaire (1865). L’année suivante, les Étals-Lnis reconnaissaien t l’existence légale du mètre et, en 1807, l’Allemagne adoptait elle-même le système métrique dont la célèbre Convention du mètre, signée à Paris le 20 mai 1875 par 10 nations européennes, ne tarda pas à accentuer encore le caractère d’universalité. Par cet acte, les Puissances contractantes décidaient de copier l’étalon des Archives nationales de France comme mètre international et s’engageaient à entretenir, à frais communs, un Bureau international des Poids et Mesures, qui fut installé dans le pavillon de Breteuil à Sèvres en 1879. Cet établissement fonctionne depuis lors, sous la direction et la surveillance exclusives d’un Comité international, placé
- Fig. 2. — Poids des bureaux vérificateurs de France, envoyés au Bureau central de Paris, aux fins de révision.
- (Au milieu, on aperçoit une boîte de poids étalons. Chaque bureau régional possède 2 boîtes analogues.)
- Fig. 1. —• F lève
- de l'École supérieure des Poids el Mesures étalonnant des mètres à traits au moyen d’un comparateur.
- lui-même sous l’autorité d’une Conférence générale des Poids et Mesures composée des délégués des divers pays signataires.
- Actuellement 53 Etats ont rendu obligatoire le système métrique et 11 l’ont adopté à titre facultatif pour les transactions commerciales. Selon la lière devise de ses savants créateurs, il s’étend bien maintenant « à tous les temps et à tous les peuples ». Les savants et les ingénieurs du monde entier l’emploient exclusivement dans leurs recherches scientifiques ou dans les mesures courantes.
- D’autre part, le développement de certaines applications industrielles a fait naître de nouvelles unités qui nécessitent une surveillance officielle très précise. Les consommateurs d’électricité, par exemple, achètent des kilowatts, discutent le nombre de volts ou d’ampères portés sur leurs contrats; les compagnies distributrices de gaz et d’eau vendent des mètres cubes à leurs clients tandis que, dans les devis d’éclairage des magasins et des ateliers, on parle de bougies, de lux et de lumens. Quant aux distributeurs d’essence, les automobilistes savent, par expérience, qu’il est de toute nécessité de vérifier, de temps en temps, l’exactitude du nombre de litres qu’ils, versent dans les réservoirs de leurs voitures. Enfin l’emploi de plus en plus fréquent de balances automatiques et d’engins similaires est encore venu compliquer la tâche des agents préposés au contrôle officiel de tous les appareils de mesure. Ces contrôleurs doivent donc posséder une forte instruction générale et une culture scientifique étendue. Considérons, par exemple, les mesures de longueurs pour mieux nous faire comprendre. L’Américain Michelson, dont la physique déplore la perte récente, a pu comparer la base fondamentale du système métrique à une unité naturelle, la longueur d’onde du cadmium. Grâce à ces travaux dont la précision dépasse 4e millième de millimètre, on se sert couramment, dans certaines usines mécaniques, de cales Johansson consti-
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- tuant des étalons de longueur aussi précis que le mètre international. Avec ces cales, un ajusteur réalise dès calibres qui permettent à d’autres ouvriers de construire les organes d’un instrument ou d’une machine au 100e de millimètre près et d’en opérer le montage sans aucune retouche. Celte précision dans les mesures conditionne, en particulier, l’industrie automobile actuelle et sans elle le travail en grande série ne pourrait s’accomplir dans les ateliers de Citroën ou de Renault.
- LE PROGRAMME DE L’ÉCOLE SUPÉRIEURE DES POIDS ET MESURES
- En résumé, toutes ces nouvelles tendances militaient en laveur de la création d’une Ecole supérieure des Poids et Mesures, que dirige actuellement M. Jules Lemoine, professeur de physique au Conservatoire national des Arts et Métiers.
- A leur en trée dans cet établissement, les élèves possèdent une forte instruction scientifique, comme nous le notions déjà plus haut. Aussi le programme de leurs cours et de leurs manipulations, fixé par l’arrêté ministériel du 22 juin 1929, a surtout pour but de les initier à la pratique de leurs futures fonctions d’ingénieurs des Poids et Mesures.
- En physique, ils étudient notamment la pesanteur, la chronométrie, la mesure des niasses, des longueurs, des surfaces et des volumes. Dans des laboratoires pourvus
- Fig. 3. — Vérification de mesures de capacilé pour les liquides au Bureau central d’élalonnage.
- de tous les instruments et appareils nécessaires, ils apprennent notamment la théorie ainsi que le maniement des balances de précision, des balances et des bascules automatiques commerciales, leur ajus tage, leur construction, leurs méthodes d’essais et de vérifications. Oii leur enseigne l’étalonnage des mètres, l’emploi des machines à diviser et des comparateurs, des compteurs et des distributeurs à gaz ou à liquide, des thermomètres, des pyromètres et des hygromètres. En mécanique et en thermodynamique, leurs professeurs passent non seulement en revue les principes généraux, mais décrivent les moteurs à eau et à gaz comprimé, les turbines et roues hydrauliques ainsi que les lois de la résistance des matériaux et les machines permettant les essais physiques des métaux. Leurs cours d’optique comprennent les miroirs, les lentilles, les microscopes aussi bien que les télescopes, la diffraction, les réseaux et leurs applications industrielles, la photométrie, etc. L’enseignement de l’électricité n’est pas non plus négligé; il comporte des notions générales et des manipulations sur tout l’ensemble des mesures électriques, sur les piles, les accumulateurs, et sur l’électrotechnique. En outre, afin de compléter sa formation et pour faciliter sa tâche ultérieure, on donne à chaque promotion quelques conférences sur le droit administratif et pénal.
- Nantis de ce bagage qu’ils doivent s’assimiler en 9 mois, et que sanctionne un examen de sortie, les élèves reçoivent le diplôme d'ingénieur stagiaire des poids et mesures et font ensuite un stage de six mois dans l’administration; après quoi, ils sont titularisés comme ingénieurs des poids et mesures dans les plus importants des 247 bureaux de vérification répartis sur le territoire français.
- LES BUREAUX DE VÉRIFICATION DES POIDS ET MESURES ET LA REVISION DES ÉTALONS
- Cet organisme administratif assume un double rôle : il vérifie les appareils de mesure employés par les commerçants et fournit aux fabricants d'appareils des témoins exacts de toutes les mesures métriques. En conséquence, les bureaux vérificateurs possèdent des étalons susceptibles d’attester l’exactitude des opérations de contrôle et de servir de comparaison aux constructeurs d’instruments de mesure. Lors de leur création, en 1837, les dits bureaux ont reçu ces divers modèles d’étalons. Mais comme leur dernier contrôle remontait à 1867, sur l’initiative de M. Fighiera, conseiller d’Etat, une commission spéciale fut instituée auprès du Ministère du Commerce sous la présidence de M. Paul Painlevé et décida récemment une révision des étalons du Service des Poids et Mesures afin de réparer ou de rajuster ceux que la pratique révélerait défectueux. M. Jules Lemoine était tout indiqué pour prendre la direction effective de ces opérations qui s’exécutent dans des locaux voisins de l’Ecole supérieure et dont le premier stade fut la création d’un nouveau type de mètre étalon, adapté aux nécessités techniques de l’heure présente.
- Le choix de la Commission se fixa sur un acier à 13 pour 100 de chrome dénommé Véga X et avec cet alliage la maison française chargée de construire ces mètres-
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- étalons les réalisa avec une précision de 1 centième de millimètre, précision qui équivaut à une mesure de la distance Paris-Versailles à moins de 20 centimètres près !
- Chacune de ces règles, montée sur un lourd bâti indéformable en fonte, est soutenue au moyen de supports à rotule en sorte que sa flexion sous son propre poids n’apporte qu’une perturbation négligeable sur sa longueur.
- Grâce au talon et au curseur dont il se trouve muni, l’appareil constitue, en somme, un pied à coulisse très précis pour les mesures à bouts tandis qu’un microscope à micromètre gravé se déplaçant sur toute sa longueur permet de déterminer à 1/20 de millimètre près les écarts des unités à observer. Enfin une plate-forme, réglable en hauteur à l’aide de deux manettes, facilite le placement, dans la position voulue, de la règle qu’il s’agit de contrôler (fig. 1).
- Une fois en possession de ces véritables comparateurs, simples, précis et parfaitement adaptés à leur but pratique, les bureaux de vérification des poids et mesures de France seront les plus scientifiquement équipés parmi les services analogues du monde entier. Nos centres des circonscriptions régionales recevront bientôt également des appareils similaires, mais de plus haute précision, atteignant un centième de millimètre et des boîtes de cales Johansson destinées aux étalonnages de pieds à coulisse et de calibres d’atelier. Mais pour qu’on puisse procéder à la vérification des mètres destinés aux bureaux, la Commission a encore mis au point un comparateur spécialement étudié pour la rapidité des manœuvres; sa règle étalonnée au Bureau international des Poids et Mesures et conservée au Bureau central de Paris, constitue Y étalon primaire du Ministère du Commerce.
- Quant à la révision des étalons de masse de tous les bureaux vérificateurs de France, elle ne comporte pas d’études techniques spéciales et se poursuit actuelle ment dans divers locaux- du bureau central de Paris (atelier d’ajustage, salle des balances, cave isotherme). Par contre, cette besogne est longue et minutieuse, car chaque bureau régional possède 2 boîtes de poids étalons, l’une contenant 5 poids (20 kg, 10 kg, 5 kg, 2 kg, 1 kg), l’autre renfermant la série complète des poids de 500 grammes à 1 milligramme. A leur arrivée dans la Capitale, les poids subissent d’abord un repolissage ne laissant subsister aucune trace d’oxydation ou de chocs. De leur côté, les écrins en noyer sont grattés, encaustiqués, munis de nouvelles fermetures et on remplace leur gainage intérieur, usé ou tout au moins fort défraîchi par leurs 60 ans d’existence. Ensuite on met chaque poids sur une balance courante où il subit un premier ajustage que complète un second passage sur une balance de précision. Comme les poids sont à double cavité, il suffit d’introduire des billes de laiton de 4 mm de diamètre (pesant environ 4 dg) dans leurs logements intérieurs fermés par des bouchons vissés. Des fragments d’un fil
- Voilure automobile agencée pour la vérification des appareils distributeurs d'essence.
- de laiton, enroulé en boudin, servent à compléter la surcharge. Après le premier ajustage à une bille près sur une balance oscillante pour les poids de 20, 10 et 5 kg ou du type apériodique pour les poids moindres, on ajuste définitivement les jmids sur les balances de précision installées sur un socle massif en béton reposant directement sur le sol naturel et sans liaison avec le plancher de la cave isotherme. Comme l’ensemble du travail dépend de l’exactitude des poids primaires, cette vérification doit se faire, en effet, dans une enceinte à température constante et au moyen d’une série d’instruments spéciaux. On réalise cette condition au moyen d’un système de chauffage qui, réglé par un thermostat, permet de maintenir dans la pièce une température uniforme à moins d’un demi-degré près. L’air pris dans la salle au moyen d’un ventilateur [traverse d’abord un filtre, qui sert en même temps à amortir le bruit des moteurs, puis passe sur des résistances chauffantes et une bouche d’air le renvoie. Quant à l’apport d’air frais, un deuxième ventilateur, mis en série avec le premier, le fournit. Dans ce sous-sol, on voit également les d comparateurs servant aux étalonnages des mesures de longueur, à savoir: le comparateur pour la révision des mètres étalons du bureau central, d’une grande rapidité de manœuvre et qui donne le centième de millimètre ; un comparateur pour les mesures à bouts dont la précision peut atteindre le dix-millième de millimètre et un comparateur optique spécialement construit pour l’étude des cales industrielles de haute précision.
- En définitive, le personnel d’élite dont se compose le Service des Poids et Mesures de France possède maintenant un outillage scientifique très perfectionné et digne, en tous points, du pays qui fut le berceau du système métrique décimal. Jacques Boyer.
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- LE DORYPHORE
- La France agricole est menacée d’un nouveau fléau. 11 s’agit du Doryphore, coléoptère qui dévore les cultures de pommes de terre.
- La presse scientifique s’est emparée .de la question, des journaux parisiens ont publié de longues chroniques qui n’ont pas été sans émouvoir l’opinion. 11 paraît intéressant de préciser la situation actuelle, sans pessimisme exagéré, sans insouciance coupable.
- Le Doryphore (Leptinotursa decemUneata) est originaire des Etats-Unis d’Amérique.
- Vers 1820, on découvrit le Doryphore pour la première fois dans l’État du Colorado aux États-Cuis où il vivait sur une solanée sauvage : le Solarium rostratum. Sa présence était rare. Mais, vers 1850, la culture des pommes de terre fut introduite dans le Colorado. Multiplié à la faveur de cette alimentation surabondante, le Doryphore se répandit dans les cultures et commença ses ravages.
- En 1865, ses déprédations éveillent l’attention du monde agricole américain. La diffusion s’effectue avec une rapidité extraordinaire vers l’est, en suivant les
- Fig. 1. — Larve, nymphe ei adulte de Doryphore (cliché du Dr Feytaud).
- lignes de chemins de fer ou les cours d’eau. En 1874, la côte atlantique des États-Unis est atteinte. Bientôt le Nord est envahi à son tour; le Canada ne résiste pas à l’attaque.
- A cette époque, le tiers des États-Unis était soumis à ses ravages; les légendes locales rapportent que l’on pouvait voir de formidables essaims de ces coléoptères, comprenant plus de 10 000 insectes, entraînés par le vent, les cadavres des Doryphores noyés en mer étaient rejetés sur la côte (11. Delmas).
- Le danger fut signalé en Europe et des décrets rigoureux interdirent l’entrée des pommes de terre américaines dans les ports du vieux continent.
- Surveillance malaisée... En 1876 on signalait la présence du Doryphore dans des chargements de pommes de terre envoyées de New York à Brême (Allemagne). En 1877 l’Angleterre découvre plusieurs Doryphores à Liverpool, sur un bateau provenant du Texas. Des faits analogues se manifestent dans le port de Rotterdam (Hollande).
- Il était à craindre, en effet, que le Doryphore ne passât un jour au travers des barrières douanières.
- Le 19 juin 1877, de nouveau, on découvre des Doryphores en assez grand nombre dans un champ de pommes
- de terre à Mülheim (Allemagne). On les détruit avec soin, mais d’autres Doryphores reparaissent, le 27 juillet, provoquant les mêmes mesures hâtives de destruction.
- La même année, des champs étaient attaqués en Saxe. Enfin, après une lutte énergique qui dura deux années, la « bête du Colorado », comme on l’appelait, disparut, mais elle est signalée dans le même centre en 1887. La lutte, menée avec l’énergie que l’on devine coûta au budget allemand 30 000 marks et réussit à préserve!' l’Allemagne du fléau - - jusqu’en 1904 — où le parasite fut découvert à nouveau.
- Eu 1901, le Doryphore s’installe dans les jardins des dockers à Tilbury (Angleterre). Les plants sont arrachés et brûlés, le sol arrosé de pétrole et recouvert de chaux. Ces procédés énergiques semblent avoir mis définitivement TAngleterre à l’abri de ce grave danger et c’est de nouveau en Allemagne, en 1914, près de Hambourg, que le redoutable coléoptère est décelé.
- Trois hectares étaient atteints. Des équipes de soldats ramassent les adultes et les larves —- en une seule matinée on en tua plus de 110000 — ; les plants attaqués sont arrachés, enfouis dans des fossés avec de la chaux et arrosés de pétrole. On défonce ensuite le terrain et on l’arrose de benzol (5 litres par mètre carré). Les zones traitées sont entourées d’un large fossé imprégné de benzol et gardées militairement.
- La France paraissait indemne. Les précautions prises suffisaient sans doute. Mais survient la guerre, le contrôle fatalement se relâcha... En juin 1922, le Doryphore est signalé près de Bordeaux.
- L’invasion débute avec une force extraordinaire. Sans doute l’indifférence des paysans avait-elle aidé la diffusion du coléoptère, car, en juin 1922, sur les champs ravagés, tous les stades de développement de l’insecte étaient déjà représentés en nombre élevé. Tous les champs voisins étaient plus ou moins contaminés. La lutte ne pouvait pas être circonscrite suivant les méthodes allemandes ou anglaises.
- Dès octobre 1922, 11 communes étaient infestées dans la Gironde, une en Dordogne. La marche de l’invasion allait se poursuivre.
- En 1923 le Doryphore atteignait les Landes, puis les deux Charcutes. Quelques sages mesures protectrices arrêtent son essor en 1924, mais en 1925 on signale dans le Limousin un foyer presque aussi développé et aussi intense que le foyer de la Gironde. En 1926 et 1927, l’insecte paraissait en voie de disparition.
- Les premières mesures prises furent conçues, on le suppose, hâtivement : ramassage des adultes et des larves, incinération des plants atteints. On se heurta, il faut l’avouer, à T indifférence ou même à la mauvaise volonté des cultivateurs qui, selon le caractère français, admettaient mal toute surveillance ou toute contrainte. La législation édictée en 1878 dut être complétée et renforcée.
- Actuellement les régions les plus atteintes sont la Haute-Vienne, la Vienne, les Charentes, la Dordogne. Quelques zones infestées sont visibles en Anjou, dans le
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- Maine, en Bretagne ainsi que dans l’Ailier, le Puy-de-Dôme, la Haute-Loire, la Creuse. Par suite de conditions climatiques favorables, le Doryphore se développa rapidement en France en 1929, de sorte que le nombre de départements atteints est actuellement de 18. On voit que, sans exagérer les craintes, il faut se prémunir rapidement contre un danger réel.
- Le Doryphore est un coléoptère de la famille des Chrysomèles. Adulte, il est long d’un centimètre environ et porte une livrée caractéristique de nuance jaune et noire. La tonalité fondamentale est jaune roux sur la tête et sur le corselet ainsi que sur la face ventrale, jaune paille sur les élytres.
- Sur ce fond se détachent des taches noires assez régulières, notamment 10 raies longitudinales noires sur les élytres qui lui ont fait donner son nom de decemlineata (iig. l).
- En soulevant les élytres, on découvre les ailes membraneuses teintées de rouge, qui font, pendant le vol, à l’insecte, une sorte d’auréole de couleur vive.
- Les larves se montrent également caractéristiques. Longues de 2 à 16 mm suivant leur âge, elles sont de nuance rouge avec quelques taches noires, qui forment notamment deux rangées de points sur chaque flanc.
- Les nymphes, longues d’un centimètre environ, sont de couleur rose. Les œufs, oblôngs, présentent une teinte jaune orange, ils sont rassemblés par groupe au revers des feuilles.
- L’éclosion des jeunes larves se produit au bout de 6 jours en moyenne. Ces larves se nourrissent en dévorant les feuilles de la pomme de terre. Elles subissent trois mues successives et atteignent leur taille maxima, voisine de 15 mm en 2 ou 3 semaines. Elles s’enfoncent alors en terre pour se transformer en nymphes.
- Au bout de 10 jours, l’insecte paraît et commence ses déprédations en ravageant complètement les plants de pommes de terre, s’attaquant d’abord aux feuilles, puis aux tiges.
- Dans les circonstances ordinaires le développement du Doryphore, de l’œuf à l’insecte adulte, ne demande pas plus de 34 à 35 jours. Les insectes s’accouplent, se reproduisent et le cycle se poursuit.
- Du mois de mai au mois de septembre trois générations peuvent ainsi apparaître et coexister. Comme chaque femelle pond jusqu’à 2500 œufs, on voit la rapidité extrême des déprédations.
- Car le Doryphore se déplace très facilement. Ses ailes sont grandes et développées. Aidé par le vent, il peut parcourir plusieurs kilomètres dans toutes les directions, principalement dans le sens des vents dominants. Il peut être entraîné par flottage à la surface des rivières, transmis par les véhicules, les tubercules, les pommes de terre, les animaux, etc.
- Son expansion est, en outre, facilitée par la faculté qu’a le Doryphore de se nourrir, en cas de nécessité, des feuilles d’autres solanées : aubergines, tomates, ou de tabac ou de morelles sauvages.
- Toute une réglementation précise définit aujourd’hui les préceptes de la lutte contre le Doryphore.
- Fiij. 2. — Un champ du pommes de lcrre ravagé (cliché du Dr Feytaud).'
- La direction en est confiée au Service de la défense des cultures, Direction de l’Agriculture.
- Le Ministre fixe chaque année la limite des zones contaminées ou suspectes. Dans chaque commune des zones ainsi désignées, un Comité de défense est constitué avec le maire, l’instituteur, un délégué de la Chambre d’agriculture et un délégué du Comité agricole cantonal.
- Des tracts et des affiches sont envoyés pour faire.connaître le Doryphore aux agriculteurs. 11 est en effet d’une importance primordiale que les cultivateurs découvrent les premières taches d’invasion en visitant avec soin leur champ au moins une fois par semaine, d’avril à septembre.
- Dès qu’un Doryphore est découvert, on prévient immédiatement le Maire et le Comité de défense qui informent d’urgence le directeur des services agricoles du département. Rapidement sont envoyés sur place les agents préposés qui procèdent à l’extinction du foyer envahi avec l’aide des cultivateurs intéressés.
- Pour lutter rapidement, des méthodes énergiques s’imposent : ramassage et destruction des adultes rigoureusement écrasés.
- Lorsque certaines zones sont complètement envahies
- Fig. 3. — Traitement d’été des plants au moyen de pulvérisateurs à air comprimé (cliché du Dr Feytaud).
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- par les larves, on y met le feu, mais le procédé le plus efficace et le plus pratique consiste dans des pulvérisations renouvelées de bouillie arsenicale, aux arséniates de chaux ou aux arséniates de plomb (fig. 3). On emploie 1 à 2 kg d’arséniate par hectolitre d’eau et il faut épandre 800 à 1000 litres d’insecticide par hectare.
- En général, on pratique deux pulvérisations annuelles èn choisissant le moment où les jeunes larves commencent à apparaître. Ces traitements arsenicaux peuvent être complétés par une désinfection du sol au moyen de sulfure de carbone injecté avec un pal comme pour les vignes phylloxérées.
- La loi du 3 juin 1927 prévoit la formation de syndicats de défense permanente contre les ennemis des cultures dans chaque commune, syndicats groupés en confédérations départementales.
- Ces pulvérisations arsenicales coûtent assez cher, c’est pourquoi l’État intervient sous forme de subventions.
- L’Administration a eu l’idée ingénieuse d’instituer des laboratoires de campagnes, des laboratoires volants, édifices démontables, rapidement transportés sur les centres envahis. Les résultats ont été extrêmement précieux, grâce à l’organisation ingénieuse réalisée par M. le professeur Marchai, M. B. Trouvelot, directeur de la Station centrale d’Entomologie agricole, par le docteur Feytaud, professeur à la Faculté des Sciences de Bordeaux, directeur de la Station entomologique d’Ille-nave d’Ornon (Gironde).
- Des études précises sont poursuivies actuellement afin de perfectionner la construction et la manœuvré des pulvérisateurs. On recherche également si le traitement à l’acide cyanhydrique liquide pour la désinfection sous bâche des pommes de terre dans les champs présentant des foyers naissants serait intéressant (procédé Saulnier).
- Sur les conseils de. M. Bûche, inspecteur de l’Agriculture, des expériences de traitement par poudrage avec des arséniates ont été entreprises alin de réduire la dépense élevée occasionnée par les transports d’eau. Rappelons que l’emploi des poudres arsenicales est soumis en France à une réglementation précise.
- Les laboratoires de campagne sonl munis d’un matériel perfectionné et de camionnettes automobiles pour le transportées appareils et des insecticides.
- En cas utile, les arséniates et les adhésifs nécessaires
- sont fournis gratuitement aux cultivateurs par l’administration qui leur prête également les pulvérisateurs.
- Le traitement doit être fait, d’après la loi, dans les 48 heures qui suivent la découverte d’un insecte vivant et il doit s’étendre à tous les champs situés dans un rayon de 500 mètres.
- Quelles sont les conséquences de cette législation judicieuse? Les résultats sont déjà encourageants. Certains foyers traités avec énergie sont éteints. On espère circonscrire les autres avec l’aide intelligente des intéressés. La vitesse actuelle de propagation du Doryphore en France est beaucoup plus lente qu’en Amérique où elle atteignait 80 milles par an.
- Notons qu’il est mauvais de mélanger la bouillie bordelaise à la bouillie arsenicale, car les Doryphores refusent de manger les feuilles couvertes de bouillie au cuivre et émigrent sur les champs voisins. Des études sont poursuivies dans ce sens néanmoins, car il serait extrêmement intéressant de trouver des traitements mixtes agissant à la fois sur le Doryphore et sur le mildiou de la pomme de terre.
- Enfin, à l’imitation des Américains, on s’efforce de propager les ennemis naturels du Doryphore. Certains coléoptères dévorent ses œufs, le Lebia grandis, notamment; les Carabes dorés, chassent les adultes. Certaines mouches comme la Doryphorophaga doryphorae vivent, à l’état larvaire, en parasites à l’intérieur du corps du Doryphore qu’ils font mourir.
- Un certain nombre de ces précieux auxiliaires ont été importés chez nous d’Amérique. On les élève actuellement à la Station entomologique de Bordeaux sous la surveillance du Dr Feytaud pour les lâcher parmi les centres les plus atteints.
- Ainsi parviendrons-nous sans doute, si ce n’est à détruire complètement le Doryphore, tout au moins à le maintenir dans un état de régression suffisant pour poursuivre la culture de la pomme de terre en s’astreignant évidemment aux traitements arsenicaux tels qu’on les pratique déjà pour la vigne, la tomate et d’autres cultures.
- C’est un résultat assez précieux pour mériter l’appui des agriculteurs et rendre justice aux Services compétents, qui, instruits par l’expérience et animés d’un louable zèle, ont entrepris avec courage et persévérance une lutte efficace contre cc nouveau fléau de l’agriculture.
- Paul Diffloth, Professeur d’agriculture.
- NOUVEAU REGULATEUR AUTOMATIQUE
- DE VITESSE POUR MOTEURS ÉLECTRIQUES UNIVERSELS
- Les petits moteurs électriques universels, c’est-à-dirc fonctionnant indifféremment sur courant alternatif ou continu, rendent de précieux services aux mécaniciens, aux confectionneurs, aux couturières et autres artisans; mais si leur démarrage s’opère aisément, ils ont l’inconvénient de s’emballer quand la résistance à vaincre vient
- à décroître brusquement. On doit alors, pour limiter cet emballement, intercaler un rhéostat, qui diminue le couple moteur d’une façon considérable. Or si la résistance à vaincre augmente de nouveau ou si la tension du courant d’alimentation baisse, le couple moteur devient insuffisant. Il faut, en définitive, se livrer à de continuelles
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- manœuvres du rhéostat. Une telle solution s’avère peu pratique, puisqu’elle n’assure aucune constance dans la vitesse, affaiblit le couple moteur et provoque une déperdition de chaleur en pure perte.
- Le nouveau l'égulateur, mis au point par la Société de Recherches mécaniques et physiques, d’après les brevets de MM. Séguin frères, a pour but de remédier à ces divers inconvénients. D’un faible encombrement, cet appareil se monte sur un bâti et peut être entraîné, au moyen d’un simple accouplement, par n’importe quel moteur universel dont on veut régler la vitesse. Il suffit de faire passer le courant alternatif ou continu du secteur par le régulateur, en intercalant les deux bornes de celui-ci sur l’un des fils d’alimentation. La manœuvre d’un levier ou d’un bouton permet alors, sans l’adjonction d’aucun rhéostat, de réaliser la variation progressive et continue de la vitesse du moteur. Pour chaque réglage, la vitesse est rigoureusement constante et indépendante des varia-
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- réglé. Il s’établit alors un régime d’alimentation, qui augmente ou diminue automatiquement pour maintenir la vitesse constante, même quand le travail exigé du moteur croît ou décroît, ou encore lorsque la tension du courant d’alimentation varie.
- Selon les applications auxquelles on les destine, les divers modèles de régulateur système Séguin frères se montent avec des boutons de réglage permettant d’imprimer aux moteurs plusieurs régimes déterminés et de passer instantanément d’une vitesse à une autre au moyen d’un simple levier de manœuvre, sans changer les réglages faits une fois pour toutes. Ces dispositifs s’appliquent, par exemple, aux appareils cinématographiques projetant des films tantôt sonores, tantôt muets.
- La commande de la variation des vitesses peut s’effectuer également par l’intermédiaire d’une came démultipliée agissant sur l’organe de réglage et commandée par le moteur lui-même qui entraîne le régulateur. On peut
- tions du couple résistant ou du secteur tandis que le couple moteur reste toujours maximum.
- Ce résultat s’obtient à l’aide d’un régulateur à force centrifuge sans frottement et très sensible agissant sur un contact en métal spécial par lequel passe le courant. Le système se compose essentiellement d’une série de billes montées librement dans des alvéoles cylindriques creusées sur la face d’un petit volant fixé sur l’arbre du régulateur. L’axe de chacun de ces logements se trouve; légèrement incliné sur celui du volant en sorte que quand ce dernier tourne, les billes tendent à s’échapper sous l’action de la force centrifuge. Elles viennent alors appuyer, par l’intermédiaire d’une butée à billes, sur un levier, qu’un ressort à tension réglable ramène, d’autre part, contre ces dernières. Lorsque la vitesse dépasse une valeur déterminée par le réglage de ce ressort, les billes font osciller le levier et ouvrent le contact électrique qu’il commande. Mais comme le courant d’alimentation passe par ledit contact électrique, il se trouvera donc coupé si le moteur dépasse la vitesse pour laquelle on l’a
- ainsi faire exécuter au moteur une succession de marches à vitesses déterminées d’avance par le profil de la came et l’arrêter à volonté après un certain laps de temps. On peut, par exemple, avoir automatiquement un démarrage lent, puis accélérer l’allure du moteur d’une façon progressive jusqu’à une vitesse de régime durant un temps donné et enfin ralentir petit à; petit jusqu’à l’arrêt.
- La Société des Recherches mécaniques et physiques construit également des types de régulateurs combinés avec un itwerseur de courant et avec un frein agissant sur l’arbre du régulateur. L’inverseur change le sens *«le la marche du moteur que le frein arrête par l’intermédiaire de l’arbre et de l’organe d’accoüplement. Le rebroussement et le freinage se produisent automatiquement et simultanément au moment où le levier de réglage des vitesses passe par la position zéro. En sorte qu’on peut ainsi régler le moteur à toutes les vitesses en marche avant, passer immédiatement à la marche arrière avec freinage automatique au moment du changement de marche et régler de nouveau le moteur à toutes les
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- Fig. 3. — Régulateur automatique pour machines-outils.
- vitesses inversées. Ces diverses manœuvres, qui s’accomplissent ainsi très facilement au moyen de ce type de régulateur, faciliteront la solution de bien des problèmes.
- D’ailleurs indépendamment des usages indiqués ci-dessus, le nouveau système trouvera, sans nul doute de multiples débouchés. Citons-en quelques-uns à titre d’indication.
- Bien des petites machines-outils (tours, perceuses, scies circulaires ou à découper, fraiseuses, polisseuses, sertisseuses, etc.) fonctionneront avec plus de souplesse grâce à ces nouveaux régulateurs tandis qu’ils rendront aisée la conduite de tous les organes auxiliaires des grandes machines-outils. Ils permettront l’avance et le déplacement des chariots à toutes les vitesses, en marche avant
- Fig. 4. -— Machine à percer actionnée par un moteur universel muni d’un régulateur automatique Séguin.
- ou arrière. Grâce à eux, l’ouvrier pourra attaquer les pièces avec l’allure convenable pour le travail à effectuer et garder la vitesse voulue de son outil pendant la durée de l’opération. En particulier, sur les machines à rectifier à moteur universel, la meule doit attaquer la pièce à une vitesse déterminée et la conserver pendant tout le travail pour que l’alésage soit cylindrique et n’affecte pas une forme légèrement conique. Sur les machines à percer, le régulateur conservera également au foret la vitesse appropriée au diamètre du trou et à la dureté de la matière. Si en effet, le foret tourne trop vite dans le métal à usiner, il se détériore et, quand on ralentit, il risque de se briser, alors qu’avec une perceuse régularisée automatiquement l’attaque se fait d’une façon rationnelle.
- En cinématographie sonore, le nouveau régulateur Séguin frères rend déjà de précieux services. Dans ce cas, en effet, la constance rigoureuse de la vitesse est essentielle puisque la hauteur du son varie avec cette dernière. Grâce à lui, on obtient ce résultat aussi bien sur le courant continu que sur l’alternatif et l’appareil devient pratiquement indifférent aux sautes de tension du courant du secteur. De plus, il est loisible de changer de vitesse pour passer alternativement des films muets aux films sonores selon un programme déterminé à l’avance. On se sert, en ce cas, de régulateurs à plusieurs réglages de vitesses.
- Mais là ne se borne pas, d’ailleurs, le champ d’action du système. Son adjonction aux machines à coudre, à broder, à tricoter ou à bobiner donnera plus de souplesse à leur marche et moins de fatigue à leurs conductrices. Il trouve aussi son emploi dans bien des appareils domestiques. Dans les ateliers photographiques industriels, sa place est encore marquée pour assurer la régularité du fonctionnement des machines à tirer les bleus, à développer, à laver les films ou à tirer les épreuves. Sur les avions, ces régulateurs, adaptés à des appareils automatiques de photographie, permettront la prise de vues aériennes d’une façon parfaite. Dans les laboratoires, ils entraîneront avec une vitesse réglable au gré des techniciens les instruments de précision d’un usage courant aujourd’hui dans les recherches et expériences scientifiques.
- Remarquons, pour terminer, que les constructeurs ont réalisé divers modèles de régulateurs pour les moteurs universels de toutes puissances de 0 à 1 cheval, fonctionnant sur courant alternatif ou continu de 0 à 500 volts.
- L’intensité qu’ils peuvent supporter normalement est de 12 ampères. Si on désire les appliquer à des moteurs consommant davantage il faut amener directement au moteur une partie du courant à travers une résistance pour ne laisser passer par le régulateur que la quantité d’électricité nécessaire au réglage dans les limites imposées.
- Enfin, leur liaison avec un moteur universel quelconque s’effectue en très peu d’instants, grâce à l’accouplement spécial en caoutchouc.
- Tout en augmentant le rendement, ils augmentent la qualité du travail mécanique exécuté.
- J. de la Cerisaie.
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- LA POPULATION DE LA FRANCE =
- DEPUIS UN SIÈCLE
- Les résultats du recensement du 8 mars 1931, qui viennent d’être publiés, non seulement nous renseignent sur la situation démographique de la France aujourd’hui, mais permettent aussi de mesurer le chemin parcouru depuis un siècle. A partir de 1831, en effet, des dénombrements ont eu lieu tous les cinq ans et leur régularité n’a été rompue que par la guerre de 1870 qui a retardé d’un an celui de 1871 et par la grande Guerre qui a fait supprimer celui de 1916. Leur précision s’est accrue progressivement en même temps que les renseignements qu’ils fournissaient devenaient plus variés. Le moment paraît donc favorable à l’étude de ce facteur humain qui demeure, dans la vie de chaque Etat, l’élément essentiel de toute activité.
- Que nous révèlent les statistiques sur le volume d’humanité que nous représentons ? Quel est le sens, la vitesse, quelles sont les fluctuations que présente notre évolution démographique en elle-même et par comparaison avec celle des puissances étrangères ? Quelles modifications entraîne-t-elle dans la répartition des habitants ? Quels mouvements de la population, dans le temps et dans l’espace, ont abouti à créer la situation actuelle ? C’est à ces questions que nous voudrions essayer de répondre, dans la mesure où les résultats connus permettent de le faire. 11 n’est pas besoin d’insister sur l’importance et la gravité de pareils problèmes : les faits et les chiffres sont suffisamment éloquents pour n’avoir pas besoin d’autres commentaires.
- I. - L’ACCROISSEMENT DE NOTRE POPULATION ET SES CARACTÉRISTIQUES
- De 32 560 934 habitants en 1831, on passe en 1931 à 41 834 923 (fig. 1), soit une augmentation de 9 273 989 unités. Telle est la donnée fondamentale. Elle n’acquiert toute sa valeur que si on la rattache au passé de la France et aux mouvements analogues que l’on observe chez J,es autres peuples.
- Avant 1831, nous ne possédons que des évaluations approximatives en dehors des recensements ordonnés en 1801 et 1821. Une statistique de 1837, dressée par ordre du roi Louis-Philippe et dont un exemplaire, conservé à la bibliothèque de la Statistique générale de la France, donne des tableaux de la population au xvme siècle. L’évaluation de 1700, faite d’après les Mémoires des Intendants, est de 19 669 000 h. Celle de 1762 repose sur des dénombrements individuels et le nombre des feux ; elle indique 21 769 000 h. Quant à celle de 1784, calculée d’après le nombre moyen des naissances, elle estime le nombre des Français à 24 800 000 h., résultat sensiblement différent du chiffre plus vraisemblable que mentionne le voyageur Arthur Young pour Farinée 1789, d’après le Comité d’imposition : 26 663 000 h. En 3/4 de siècle, l’augmentation serait donc de 40 pour 100 environ, tandis qu’elle n’est que de 28 pour 100 de 1831 à 1931.
- Ces données numériques nous permettent aussi des comparaisons avec les autres États. En 1715, la France,
- 45 ' ;
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- 1831 36 41 46 51 56 61 66 72 76 81 86 91 961901 06 1 1 21 26 1931
- Fig. ]. — Variations du chiffre de la population de la France depuis un siècle (d’après les recensements).
- qui,pendant le xvne siècle a exercé une sorte de suprématie en Europe, est de beaucoup le pays le plus peuplé : 19 millions d’habitants contre 15 à l’Autriche, 10 à l’Angleterre. Un siècle plus tard, si elle n’est plus au 1er rang, devancée par la Russie qui s’éveille, elle groupe encore près du quart de la population européenne avec 29 millions d’habitants contre 24 à l’Autriche et 19 à l’Angleterre. A l’heure actuelle, ses 42 millions d’habitants ne représentent plus que le dixième à peine de la population européenne. Parmi les grandes puissances, elle ne vient qu’au 6e rang après l’U. R. S. S. (160 millions), les États-Unis (122), l’Allemagne (65), le Japon (64), la Grande-Bretagne (44, sans l’Etat libre d’Irlande) et à égalité avec l’Italie. C’est qu’en effet l’Allemagne a augmenté de 103 pour 100 de 1841 à 1931, les lies Britanniques de 51 pour 100 et l’Italie de 50 pour 100 depuis un demi-siècle. Notre vitesse d’accroissement est donc environ 4 fois plus faible que celle de nos voisins. Le rapport reste sensiblement le même si nous considérons les petits États : Suède et Norvège ont doublé le nombre de leurs habitants en cent ans, le Danemark et les Pays-Bas sont même 2 fois 1/2 plus peuplés aujourd’hui qu’en 1840. Faut-il rappeler l’exemple des États-Unis passant de 3 900 000 h. en 1790 à 122 millions en 1930, grâce à l’immigration, et celui de la Russie qui tripla en un siècle?
- L’augmentation de notre population depuis 1831 apparaît donc particulièrement lente si on la compare à celle que nous avons connue autrefois et à celle des autres
- Fig. 2. — Les naissances, les décès, les mariages, par 1000 habitants en France depuis un- siècle..
- /Naissances
- Décès - | •Marfagesi
- 1831 36 41 46 51 56 61 66 71 76 81 86 91 961901 06 11
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- grandes nations. Elle a eu pour résultat de nous faire passer du 2 e rang en 1815 au dernier rang en 1931.
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- Le tracé de la courbe reflète, dans le détail, les grands événements qui ont marqué notre histoire : par deux fois il y a une régression marquée. En 1872 le recul est de près de 2 millions; aux morts de la guerre franco-allemande s’ajoute la. perte de l’Alsace-Lorraine et il faut 15 années pour que le déficit soit comblé. L’influence de la guerre 1914-18 est moins sensible, car dans le chiffre de 1921, le nombre des Français morts sur les champs de bataille est compensé par le retour des provinces perdues en 1871. En dehors de ces années terribles, la courbe se soulève avec effort. Sa montée est assez rapide jusqu’en 1846, puis elle marque un palier : une grave crise écono-
- Fig. 3. — Mouvement de la population de la France en 1930.
- En blanc : départements où le nombre des naissances est supérieur à celui des décès.
- En noir : départements où le nombre des naissances est inférieur à celui des décès.
- mique est suivie, en 1853 et 1857, d’épidémies de choléra. Les années de prospérité qui suivent assurent une ascension rapide. Depuis 1881, au contraire, l’accroissement est extrêmement réduit, surtout pour la décade 1886-96, et, jusqu’en 1911, la France gagne en 30 ans moins de 2 millions d’habitants, au lieu de 4 800 000 de 1831 à 1861. C’est l’époque où un auteur allemand, le Dr Brummel, écrivait : « Quand une nation grossissante en côtoie une plus clairsemée, il s’établit un courant d’air vulgairement appelé invasion, pendant lequel le code civil est provisoirement mis de côté. » Le redressement des recensements d’après guerre, que l’on constate aussi
- après le conflit de 1870, ne nous assure guère, sur un territoire accru, que le chiffre qui aurait été vraisemblablement atteint dans les limites de 1913 si la catastrophe n’avait pas eu lieu.
- Fait plus grave, ce ralentissement qu’on observe chez nous depuis un demi-siècle coïncide avec une montée rapide dans les autres pays. Alors que de 1906 à 1931 la France, Alsace-Lorraine comprise, oscille toujours autour de 41 millions d’habitants, la Russie gagne près de 30 millions malgré la saignée de la guerre et de la révolution, le Japon 16 millions, l’Italie 7. Dans les limites fixées à Versailles, l’Allemagne est aujourd’hui presque aussi peuplée qu’elle ne l’était dans ses anciennes frontières de 1914. Aussi l’état stationnaire de notre population aboutit à creuser auprès de nos voisins, suivant l’expression de M. P. Maury, «un centre de dépression démographique ».
- II. - LES CAUSES DE L’ACCROISSEMENT
- L’augmentation si lente que nous avons notée est due à l’excédent des naissances sur les décès de la population française et à la venue d’un nombre de plus en plus.grand d’étrangers. Le premier facteur a joué un rôle prépondérant de 1831 à 1881 et le second de 1881 à nos jours. Pendant la période qui va de 1831 à 1881, on passe de 32 millions 1/2 à 37 1/2, chiffre auquel il convient d’ajouter 1 550 000 Alsaciens-Lorrains et de retrancher 740 000 h. de la Savoie et du comté de Nice, si l’on veut avoir une idée claire de l’évolution; soit un excédent de près de 6 millions d’unités. Le nombre des étrangers passait de 380 000 au recensement de 1851, le premier qui fasse mention de cet élément, à 1 000 000 en 1881, mais ce chiffre ne représente que 2,6 pour 100 de l’ensemble. La population a donc grandi par ses propres forces. Par contre de 1881 à 1931 on passe de 37 600 000 à 41 800 000, dont il faut retrancher, pour que la comparaison soit juste, 1 800 000 Alsaciens-Lorrains redevenus français dans l’intervalle. On obtient en définitive 40 millions environ. L’augmentation réelle est de l’ordre de 2 millions 1/2. Of pendant ces cinquante années l’effectif étranger s’est accru de 1 900 000 unités. C’est donc surtout à lui qu’est dû l’accroissement global.
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- L’excédent des naissances sur les décès n’est lui-même que la résultante de trois éléments : le taux de natalité, le taux de mortalité et, jusqu’à un certain point, le taux de nuptialité (fig. 2). D’une façon générale le pourcentage des naissances et celui des décès ont décru depuis un siècle, le premier beaucoup plus que le second, tandis que celui des mariages est relativement stable.
- La natalité. — En vendémiaire an IX, Chaptal faisait effectuer un relevé des naissances dans le tiers de nos départements et obtenait un taux de 35 pour 1000, moyenne de 3 années. En 1831 ce taux n’est plus que de 30,3 pour 1000. Si l’on fait abstraction des perturbations occasionnées par les guerres, on remarque que sa descente, présente deux accélérations et deux paliers : de 1831 à 1846 le taux de natalité diminue de 2/15; de 1876 à 1896 la
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- diminution est de 13 pour 100, rendue plus sensible par la perte de 3 départements à forte natalité : alors qu’en 1866 le taux moyen n’étail. que de 26,1 pour 1000, il atteignait 30,8 pour 1000 en Alsace-Lorraine. Après un relèvement rapide durant les années 1920 et 1921, une nouvelle baisse se produit, et en 1930 il n’est plus que de 18,1 pour 1000, soit les 59/100e de ce qu’il était en 1831. Cet affaiblissement du taux de natalité est tel qu’avec une population accrue de plus du quart, le nombre des naissances, après avoir atteint plus d’un million en 1861 et 1866, n’est plus à présent que les 3/4 de celui de 1831 : 748 911 en 1930 contre 986 000. On a calculé que sur le territoire actuel de la France le nombre des naissances est inférieur de quelque 300 000 unités à ce qu’il était au moment de la guerre de 1870. Un département comme celui de la Loire qui est passé de 315 000 à 664 000 h. en un siècle voit le nombre annuel de ses naissances rester stationnaire, oscillant autour de 10 000 unités.
- La nuptialité. -— Le taux de nuptialité est très régulier : 7,5 pour 1000 environ. Il varie d’ailleurs beaucoup suivant les régions : faible en Normandie pendant le xixe siècle et en Corse par suite d’une forte émigration masculine sur le continent, il a toujours été fort dans le centre de la France et il est actuellement très élevé à Paris. La brusque montée en 1920 et 21 s’explique par les entraves qu’avaient apportées les hostilités, mais le taux reste encore au-dessus de celui de 1913 : 8,3 pour 1000 en 1930. Aussi le nombre des mariages augmente, passant de 245 000 en 1831 à 342 000 en 1930. Mais ces mariages plus nombreux donnent moins d’enfants qu’au-trefois. La fécondité moyenne était de 4,01 naissances par ménage en 1831; de 3,29 en 1861; de 2,84 en 1901; de 2,2 en 1930.
- La mortalité. — Après une diminution brusque de 1831 à 1836, la courbe du taux de mortalité reste sensiblement étale jusqu’en 1891 où elle s’affaisse de 22,9 à 20 pour 1000 pour décroître depuis très lentement jusqu’à nos jours. Les guerres, les épidémies et, par exemple, le choléra qui occasionna, en 1832, 130 000 décès de plus que l’année précédente, un été exceptionnellement chaud qui accrut la mortalité infantile en 1859 et réduisit à presque rien l’excédent des naissances particulièrement nombreuses cette année-là (1 017 000, chiffre record pour la France), expliquent les relèvements temporaires de la courbe. La proportion des décès a été en général plus élevée dans les villes que dans les campagnes : en 1861, par exemple, on comptait 26 décès pour 1000 citadins et 21 seulement pour 1000 ruraux. La diminution du taux de mortalité n’est pas suffisante pour réduire beaucoup, avec une population accrue, le nombre des décès : 800 400 en 1831, 828 000 en 1881, 738 000 en 1929, 649 000 en 1930, année exceptionnellement favorable il est vrai.
- On ne peut pas dire que la France soit un pays qui se dépeuple, mais l’excédent des naissances sur les décès est faible. Il suffisait d’un événement défavorable, quelques degrés dé chaleur inaccoutumés en juillet, une chute trop sensible du thermomètre en janvier pour que, depuis 1891, le nombre des cercueils dépassât celui des bercéaux. C’est
- im de 13% à 15% ltU-U de 15 °!o à 17 °/o lS3 de 17% à 13 °Jo EZ3 de 13 % à 21 °Jo
- Fig. 4. -— Carte du taux rectifié de natalité en France (années 1925-1927) dressée d’après les tableaux de M. Hussonl1).
- arrivé pour 4 années en 20 ans avant 1914, et une fois de plus en 1929 à la suite d’un hiver très rigoureux qui a créé un déficit de 12 000 unités. De cette situation, notre émigration qui a toujours été faible ne saurait être tenue pour responsable. Moins de 300 000 Français ont quitté la France dans le dernier tiers du xixe siècle, tandis qu’on comptait 222 000 Allemands et 360 000. Anglais s’expatriant en 1881. L’année 1913 vit partir 872 000 Italiens émigrants. Depuis, l’élan a baissé partout, et c’est à peine
- Fig. 5. — Nombre des étrangers en France depuis 50 ans.
- 2.890.000
- 1881 1886 1891 1901 1906 1911
- 1921 1926 1931
- 1. Prière de lire %0 au lieu de % dans le bas de la. figure 4.
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- si quelques milliers de Français vont chaque année s’installer à l’étranger ou dans nos colonies.
- Le mouvement de la population par département.
- — Le déficit, qui est exceptionnel pour l’ensemble du pays, s’est installé depuis longtemps dans certaines légions. Le nombre des départements tombeaux, comme on appelle ceux où le nombre des naissances est inférieur à celui des décès, passe de 7 en 1860 à 54 en 1900. Depuis 1920, les régions de vie l’emportent de nouveau sur les régions de mort, mais d’une façon encore précaire. En 1925, 46 départements sur 90 accusent un déficit ; en 1930, 22 seulement, mais 1929 en avait compté 61. Les zones de dénatalité sont surtout le bassin aquitain, le Midi méditerranéen, la vallée du Rhône ainsi que le sud et l’ouest du bassin parisien. A eux seuls, les départements normands de la Manche, du Calvados, de l’Eure, de l’Orne ont eu de 1866 à 1886 un déficit de 134 000 unités. L’Yonne a vu le nombre de ses naissances passer de 9580 en 1841 à 4315 en 1930, soit une diminution de 54 pour 100. Comme elle n’a reçu qu’un faible contingent d’immigrants, sa population est passée de 352 400 en 1831 à 275 500 aujourd’hui. L’exemple le plus saisissant est fourni par l’Aquitaine : les départements arrosés par la Garonne ont, depuis 70 ans, vu leur chiffre de naissances baisser de moitié et leur population décroître du quart. Les Landes, qui avaient jusque-là été épargnées, sont maintenant touchées (4137 naissances en 1930 contre 4090 décès). Le Gers a perdu les 2/5 de sa population et ne compte plus que 7 naissances pour 9 décès. Le Lot perd 130 000 h. en 70 ans et a en 1930 un excédent de décès de 4,2 pour 100, suivi par le Gers (3,3), la Nièvre (3), le Var (2,9), etc. Paris, les régions du Nord et du Nord-Est, les Alpes du Nord, une partie du Massif Central, la Bretagne depuis toujours, la Normandie depuis la guerre, compensent et un peu au delà l’abaissement ;de la vitalité dans les pa^s précédents. La Moselle et le Pas-de-Calais, en particulier, ont un taux de natalité brut de 31 pour 1000 et assurent un excédent appréciable.
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- Comparaison avec les autres pays.— Ici encore, une comparaison avec les puissances étrangères permet de saisir les différences ('). Mais il faut distinguer soigneusement pour elles l’avant et l’après-guerre.
- Le nombre de leurs naissances a grandi jusqu’à la fin du xixe siècle environ. Jusqu’à la guerre de 1914, il est resté très élevé : il est passé, par exemple, pour l’Allemagne de 1 200 000 en 1841 à 2 032 000 en 1901 et 1 838 000 en 1913. Le taux de leur natalité a beaucoup moins décru qu’en France : il était encore en 1901 de 35 pour 1000 pour l’Allemagne, de 32 pour 1000 pour l’Italie, de 28 pour 1000 pour les Iles Britanniques (France : 22 pour 1000). D’autre part, le nombre des décès et le taux de mortalité a décru à peu près parallèlement au nôtre, si bien que l’Allemagne présentait en 1913 un excédent de naissances de 778 000 unités, l’Italie [de 458 000,
- 1. Les données numériques de ce paragraphe sont empruntées aux statistiques publiées par les soins de l’Alliance nationale pour l’accroissement de la population française.
- les lies britanniques de 449 000, la France de 43 000 seulement, moins que la Belgique, que la Suisse, deux fois moins que les Pays-Bas, alors peuplés de 6 millions d’habitants.
- Depuis la guerre, notre situation reste défavorable en apparence par rapport aux autres Etats, mais les données des problèmes ont changé. En 1930, par exemple, l’Allemagne gagne 515 000 âmes, la Grande-Bretagne 224 000, l’Italie 515 000. Notre excédent de 99 000 unités paraît mesquin à côté de celui de la Pologne (525 000), du Japon (815000). Mais si les grandes nations s’accroissent, c’est moins par l’abondance des naissances que par la diminution des décès. A l’exception du Japon et de la Pologne, elles ont vu leur taux de natalité baisser dans de fortes proportions : de 31 à 26 pour 1000 pour l’Italie, de 27 à 17,5 pour 1000 pour l’Allemagne, de 24 à 16,6 pour 1000 pour la Grande-Bretagne, ces deux derniers inférieurs au taux français (18,1 pour 1000). Mais grâce à leur forte population, elles gardent une certaine avance, c’est-à-dire que le nombre des naissances demeure beaucoup plus élevé qu’en France. C’est ainsi que 64 millions d’Allemands, avec un taux de natalité légèrement inférieur au nôtre, donnent encore 1 226 000 naissances, soit 440 000 de plus que chez nous. Du moins cette baisse accélérée du taux de natalité à l’étranger supprime actuellement une des causes d’infériorité démographique de notre pays. La disproportion qui subsiste quant à Y accroissement annuel vient de ce que le taux de mortalité a fléchi dans de grandes proportions chez nos voisins. Il y a un demi-siècle, la France avait proportionnellement moins de décès que la Prusse, la Pologne, l’Italie. Aujourd’hui le taux de mortalité est tombé de 15 en 1913 à 11 en 1930, pour la Grande-Bretagne de 13 à 11,6, tandis que le nôtre n’est passé que de 17,6 à 15,7, restant supérieur à celui des Etats dont; la natalité a sensiblement fléchi. Faut-il accuser le manque d’hygiène, une moindre résistance aux maladies ? 11 ne semble pas. Notre mortalité infantile est encore trop élevée, mais n’est guère supérieure à celle des autres. On s’accorde à expliquer le grand nombre de nos décès par le fait que la France compte en ce moment une grosse proportion de vieillards (') dont le taux de mortalité est naturellement considérable, proportion que les pertes subies en jeunes hommes pendant la guerre n’ont fait qu’augmenter. L’âge moyen de la population française est plus élevé que chez nos voisins parce qu’elle compte relativement peu de jeunes par suite de la faiblesse persistante de notre natalité à la fin du xixe siècle. D’après les statistiques officielles, l’âge moyen (2 sexes réunis) s’est allongé ainsi que l’indique le tableau suivant :
- 1851 : 30 ans 11 mois 1891 : 32 ans 1 mois.
- 1872 : 31 ans 8 mois 1926 : 34 ans.
- En 1926, lo population comprise entre 20 et 40 ans ne représentait que 30 pour ICO de l’ensemble. Or c’est parmi elle que les décès sont proportionnellement les moins nombreux (et aussi que la fécondité est la plus grande). A l’hêurè actuelle, notre mortalité est donc enflée d’un côté par la mort d’une partie des gros effectifs
- 1. En 1926. on comptait 13,8 pour 100 de vieillards dé plus de 60 ans, contre 10,2 pour 100 en 1851. *
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- d’enfants nés après la guerre, d’un autre côté par les décès inévitables qui se produisent parmi les personnes âgées qui forme un élément numérique important en France. En admettant que le taux de la natalité se main-lienne au niveau actuel, cette situation s’assainira peu à peu, mais l’amélioration de notre balance démographique va courir un nouveau danger du fait que de 1914 à 1918 le nombre des naissances a été inférieur de près d’un million à celui qu’on pouvait normalement attendre et qu’à partir de 1935 environ le déficit de cette jeune génération alors en âge de fonder un foyer fera fléchir le chiffre des berceaux.
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- Les comparaisons qui précèdent sont établies sur des
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- ment un statisticien, M. llusson ('), pour notre natalité, en tenant compte de l’âge des mères. Comme on le fait pour établir les taux de mortalité rectifiés, l’auteur a eu recours à une population-type distribuée par groupes d’âges et oblenue en combinant les populations recensées en France, en Allemagne,' en Angleterre, en Italie et en Suède, au cours des années 1910-1911. Il a ensuite calculé pour chacun des départements le nombre des naissances suivant l’âge de la mère, ces mères étant réparties de 15 à 49 ans en 7 groupes d’âges quinquennaux : il obtenait ainsi les coefficients de fécondité féminine, mais non le taux de natalité du département. En multipliant ces coefficients de fécondité par le rapport de la population-type fécondable féminine à la population-type totale des deux sexes, il est parvenu à avoir les coefficients
- Au dessous de / % Légende m a de 3 à 7/ °/o
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- Fig. 6.— Pourcentage des étrangers en 1881 (par rapport à la population
- totale).
- données numériques brutes. On a appelé taux de natalité, par exemple, le nombre des naissances annuelles pour 1000 habitants. Ce taux sera forcément faible dans les pays qui comptent fjroportionnellement beaucoup de vieillards et relativement peu de femmes en âge d’avoir des enfants. Aussi tend-on à remplacer le taux global par un taux rectifié, applicable à tous les pays et donnant une idée plus exacte de la vitalité d’un État. Les renseignements très détaillés que fournissent, depuis quelques années, nos recensements, permettent de faire ces corrections et d’apprécier plus justement la situation de la France à l’heure actuelle. C’est ce qu’a fait tout récem-
- Fig. 7. — Pourcentage des étrangers en 1931 (par rapport à la population totale)(’-)•
- rectifiés de natalités, parfaitement comparables entre eux et à ceux des pays étrangers obtenus par la même méthode.
- Le classement des départements au point de vue de la natalité est ainsi sensiblement modifié fig. 4) : les régions agricoles, ayant une forte proportion de vieillards par suite de l’émigration des éléments jeunes, ont un taux rectifié sensiblement supérieur au taux global (pour la Lozère 21,3 au lieu de 18,4), tandis que les régions industrielles et urbaines, dont le taux brut, surestime la
- 1. Bulletin de la Statistique générale de la France, 1931.
- 2. Le département des Bouches-du-Rhône qui contient plus de 17 pour 100 d’étrangers aurait dû être teinté en noir. L’Orne et les Landes contiennent de 1 à 3 pour 100.
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- natalité par suite du grand nombre des jeunes ménages, s’effondrent souvent aux derniers rangs (13,2 au lieu de 16,8 pour la Seine).
- Le classement des pays n’est également plus le même. Certains Etats comme l’Allemagne ont un taux rectifié de natalité inférieur au taux global, par suite de leur forte proportion d’éléments jeunes. Pour la France, les chiffres de 1926 sont sensiblement les mêmes. Pour la Bulgarie, le taux rectifié est notablement supérieur au taux brut. L’évolution de la natalité de 1911 à 1926 s’établit ainsi : la France est le pays où le taux de natalité rectifié a le moins diminué, passant de 19,3 à 18,3, soit une diminution de 5 pour 100, alors que celui de la Suède a fléchi de 34 pour 100. Cette stabilité nous place aujourd’hui dans l’échelle des taux à un niveau un peu supérieur à celui de l’Angleterre, de l’Allemagne, de la Suède. L’amélioration que nous avions notée dans notre situation démographique actuelle par rapport à celle des pays étrangers est donc vigoureusement confirmée par les exigences de la statistique moderne.
- LES ÉTRANGERS EN FRANCE
- Dans ce pays de population stationnaire, les étrangers sont venus en foule. Après avoir triplé de 1851 à 1886, leur nombre reste stationnaire jusqu’en 1906. En 1911 il ne forme encore que 2,9 pour 100 de la population totale. Dès lors la montée s’accentue : 1 532 000 en 1921;
- 2 409 000 en 1926; 2 890 000 en 1931, soit 7,1 pour 100 de l’ensemble (fig. 4). Il y a donc environ 1 étranger pour 13 Français. Et cela malgré un chiffre important de naturalisations : avec 780 000 étrangers en 1872, le recensement ne mentionnait que 15 300 naturalisés; mais en 1886, il y en avait 103 000 et 248000 en 1926. C’est grâce à la loi de 1889 sur la nationalité qui octroyait la qualité de Français dans certains cas aux immigrés que leur chiffre ne change guère pendant une vingtaine d’années. En 1901, le rapport de Waldeck-Rousseau indiquait à leur propos : « Le chiffre de 1896 a une tendance à rester stationnaire et peut être considéré à présent comme normal. » Les faits sont venus prouver une fois de plus que les observations d’ordre démographique, même quand elles sont officielles, sont fragiles, car dès 1906 la montée reprend. La France est ainsi devenue depuis 20 ans le plus grand foyer d’immigration de l’Europe. L’afflux des étrangers après la guerre a d’ailleurs été indispensable pour combler les pertes que nous avions subies et compléter une main-d’oeuvre d’autant plus réduite. Cet élément s’accroît aussi par un excédent de naissances. Il compte en effet une forte proportion d’éléments jeunes, où les décès sont peu fréquents et les naissances naturellement nombreuses. C’est ainsi qu’en 1890 il présentait un excédent de 5000 unités alors que la France entière avait un déficit de 43 000 âmes. ;
- Au cours du xixe siècle il était relativement stable; une partie des immigrants était définitivement fixée ^ sur notre territoire; en 1886, le tiers des étrangers était né en France. Mais les arrivées récentes ont fait fléchir ce rapport : en 1926,13 1/2 pour 100 étaient nés sur le territoire, français. Il y a donc à l’heure actuelle une masse flottante, liée à notre activité économique par un
- contrat de travail relativement court. Depuis que la crise se l'ail sentir fortement chez nous, les entrées ont à peu près cessé tandis que les départs, à l’expiration des contrats, sont très nombreux ('), si bien qu’en ce moment, le nombre des étrangers est notablement inférieur à ce qu’il était le jour du recensement de 1931.
- Les Belges, les Italiens, les Allemands, les Espagnols, les Suisses ont fourni les plus forts contingents jusqu’à la fin du xixe siècle, soit respectivement 43, 24, 9, 7 et 7 pour 100 au recensement de 1886. Depuis 1918 sont venus beaucoup de Polonais, tandis que les immigrants italiens, espagnols, britanniques devenaient plus nombreux. Fait naturel si l’on songe que ces pays ont à la fois un fort excédent de naissances et une main-d’œuvre surabondante. En 1926 on comptait 760 000 Italiens ; 326 000 Belges ; 322 000 Espagnols ; 309 000 Polonais ; 123 000 Suisses; 69 000 Allemands; 67 000 Russes; 62 000 Britanniques. A la fin de 1931 le gouvernement italien évaluait le nombre de ses nationaux en France à 972 000.
- Que font ces immigrants recensés dans notre pays ? Si l’on met à part les hôtes de passage particulièrement nombreux en 1926, alors que notre change favorisait les touristes anglo-saxons, on trouve surtout parmi eux des ouvriers agricoles et des ouvriers d’industrie, soit 1 266 000 salariés en 1931 ('). Les usines du Nord et de l’Est, les centres métallurgiques, les ports en utilisent un grand nombre. C’est ainsi que dans les seules mines de fer de la Moselle ils formaient, en 1930, 78 pour 100 de l’effectif.
- D’après les statistiques du ministère de l’Agriculture, publiées en 1927, on comptait parmi les ouvriers agricoles 41 000 Italiens, 51 000 Espagnols, 18 000 Belges. En outre, 24 000 Italiens, 20 000 Belges avaient loué des fermes. Le nombre des propriétaires d’exploitation agricole, presque nul avant 1914, est aujourd’hui important : 14 000 Italiens, 8000 Espagnols, 4800 Belges, 3400 Suisses, etc. Et l’on a pu parler d’une véritable « colonisation » de certaines régions dépeuplées comme le bassin aquitain.
- La comparaison du pourcentage de la population étrangère dans nos départements en 1881 et en 1931 est significative (fig. 6 et 7). Il y a un demi-siècle, pour 57 départements sur 87, l’élément non français n’atteignait pas 1 pour 100. Parmi eux se trouvaient des départements industriels comme la Loire et la Saône-et-Loire, d’autres proches de la frontière comme l’Ariège et le Var. Aujourd’hui 18 départements seulement sur 90 se trouvent dans ce cas. En 1831, la proportion, était forte surtout sur la frontière du Nord-Est où le Nord avait déjà plus de 15 pour 100 d’étrangers, mais le Centre et l’Ouest en comptaient un nombre infime. Actuellement, quelques parties agricoles du Massif Central et le Massif armoricain seuls ne sont pas atteintes par l’immigration. A une plus grande extension du phénomène s’ajoute une plus forte densité. La région, parisienne, pour la Seine, la Seine-et-Oise, là Séine-et-Marne et l’Oise, compte 650 000
- 1. 5000 sorties par semaine à la fln de l’année. 1931.
- 2. Auxquels il faut ajouter les salariés venant travailler chaque jour en France et domiciliés à l’étranger: 41 300 en 1926.
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- étrangers ; le Nord et le Pas-de-Calais en totalisent 4G0 000, le groupe de l’Est (Moselle et Meurthe-et-Moselle) 230 000. Les sept départements qui bordent la Méditerranée ont 620 000 étrangers, en majorité italiens à l’est, espagnols à l’ouest, sur une population totale de 3 400 000 habitants, soit 18 pour 100. Les Alpes-Maritimes détiennent la proportion record avec 140 000 étrangers pour 493 300 habitants, soit 28 pour 100. 11 y a presque autant d’immigrants aujourd’hui dans ce département qu’il y avait d’habitants lorsqu’il est devenu français. On peut remarquer en outre que dans les mêmes Alpes-Maritimes la densité
- des étrangers au kilomètre carré est de 24 ; elle est de 19 dans la Moselle, chiffres supérieurs à ceux de la) densité des départements des Hautes et Basses-Alpes' pour Y ensemble de la population. Dans les Bouches-du-, Rhône, elle atteint 47 hommes au kilomètre carré alors que 1.7 départements ont une densité kilométrique globale inférieure à 40 ! Ces quelques observations permettent de se rendre compte à quel degré de saturation on est arrivé dans certaines régions frontières.
- (A suivre.) Maurice Debesse.
- LA TÉLÉVISION PAR RAYONS CATHODIQUES
- LES RÉCENTES EXPÉRIENCES DE M. D’ARDENNE
- L’idée de substituer, en télévision, aux dispositifs d’exploration mécano-optiques du sujet jusqu’ici employés les rayons cathodiques dénués d’inertie, est bien faite pour tenter les expérimentateurs. On pourrait, en effet, se passer alors de tout disque perforé ou tambour à miroirs; le synchronisme entre le transmetteur et le
- récepteur se réaliserait avec une précision extrême et. enfin, les images ainsi produites seraient d’une intensité lumineuse remarquable. Aussi, les tentatives de ce genre sont-elles assez nombreuses. Nous signalerons notamment celle de M. Farnsworth, à San Francisco et celle de M. Zworykine à Pittsburgh et, aujourd’hui nous
- Fig. 1. — Le transmetteur de télévision de M. d'Ardenne.
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- Fig. 2. •— Vue partielle du transmetteur de télévision, système d'Ardcnne.
- insisterons sur les expériences très réussies de M. Manfred d’Ardenne, à Berlin, le pionnier bien connu de T. S: F., qui m’a invité, ces jours derniers, à une démonstration fort réussie.
- M. d’Ardenne emploie, comme transmetteur, un tube à rayons cathodiques d’une construction perfectionnée, qu’il vient de mettre au point pour les mesures de courants rapidement variables. C’est une ampoule évasée dont le fond, exposé au bombardement d’un faisceau cathodique bien rectiligne, est revêtu intérieurement d’un enduit fluorescent. Le faisceau convenablement dirigé balaie une certaine portion dé cet écran, provoquant aux points d’impact successifs une lueur ponctuelle d’une luminosité uniforme que l’on projette par un système optique puissant sur, le film de cinéma qu’il s’agit de transmettre au loin, avec une grande précision de contours. Derrière le fdm, se trouve la cellule photo-électrique F « œil électrique », qui, suivant la tonalité des différents éléments constituant l’image ou la scène à transmettre, émet des courants d’intensité variable. Ces courants photo-électriques ayant été convenablement amplifiés, on dispose, au poste transmetteur, d’une tension de quelques dizaines
- de volts, employée pour contrôler les rayons cathodiques du tube récepteur.
- La qualité des images télévisuelles dépend évidemment, en premier lieu, du nombre de lignes adopté pour les décomposer et de la fréquence des images. En employant des écrans d’une fluorescence suffisante, on peut réduire cette dernière jusqu’à 5-8 alternances par seconde, sans donner lieu à des vibrations gênantes. Lorsque, toutefois, il s’agit de réaliser des images vraiment uniformes et stables, il est préférable de choisir des fréquences plus élevées, d’autant plus qu’on aura alors, en même temps, toute la luminosité voulue. En transmettant des fdms de cinéma normaux, on fera bien, par exemple, de choisir 20 à 25 alternances par seconde; il faudra, évidemment, employer alors des tubes moins fluorescents, d’une, luminescence moins prolongée et qui permettent la reproduction de mouvements plus rapides. M. d’Ardenne se sert, de préférence, de 20 alternances d’images et d’envirop 1500 alternances de lignes ; c’est dire que toute image sè trouve décomposée en environ 75 lignes.
- Fig. 3. — Ce qu'on voit au récepteur de M. d’Ardenne (Silhouette d’une paire de ciseaux reproduite par télévision aux rayons cathodiques).
- Fig. 4. — Image télévisuelle sans retouche.
- Au poste récepteur c’est également par des rayons cathodiques frappant une surface susceptible de devenir lumineuse sous leur choc, que sont reconstituées les images visuelles.
- Grâce à certaines dispositions, dont on ne connaît pas encore les détails, M. d’Ardenne a réalisé un contrôle suffisant des rayons cathodiques pour leur conserver une concentration constante. La luminosité des images est quelquefois aveuglante ; avec des images de 8 X 9 cm, on n’a pas besoin de faire l’obscurité; aussi peut-on les projeter sur un écran de 40 X 40 cm, avec une intensité lumineuse parfaitement suffisante pour la contemplation dans l’obscurité. Les images télévisuelles de M. d’Ardenne correspondent à une subdivision en environ 10 000 éléments.
- Dr Alfred Gradenwitz.
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- ROLLINAT ET LE MONDE DES REPTILES
- Avec Raymond Rollinat, que la mort vient de surprendre à Argenton-sur-Creuse, le département de P Indre voit disparaître le dernier représentant d’une famille et d’un nom qui n’auront pas peu contribué à son illustration.
- Rollinat ! Ce nom magique évoque tout d’abord à l’imagination l'étrange artiste épris de fantastique et de clair obscur, le solitaire de Fresselines, l’auteur de ces admirables poèmes rustiques où il transcrivait dans une langue savoureuse de précises et curieuses notations recueillies à travers les champs, et qui font de Maurice Rollinat un de nos grands poètes de la nature.
- L’étude rigoureuse de l’organisation et de la vie des animaux dans un esprit pénétré à un haut degré de la méthode expérimentale, l’observation surtout des êtres obscurs et mystérieux, méprisés ou redoutés, caractérisent, au contraire, l’œuvre naturaliste, essentiellement scientifique et profondément originale, de son cousin, Raymond Rollinat.
- Né à Saint-Gaultier, localité voisine d’Argenton, il était le petit-fils d’un médecin et l’arrière-petit-fils de Pierre Rollinat, un grand curieux d’histoire naturelle, en relations d’amitié avec l’illustre Cuvier auquel il adressait les ossements fossiles qu’il découvrait dans les marnes dont se compose le sol d’une partie des environs d’Argenton. Le Croco-dilus Rollinatl, dont on peut contempler les restes dans les galeries du Muséum, fut ainsi dénommé par Cuvier, en souvenir de son ami argentonnais.
- Son grand-oncle, Jean Mercier Génétoux, notaire à Argenton, avait la passion du monde des oiseaux et c’est cet oncle collectionneur et amoureux de la nature qui lui inculqua de très bonne heure le goût de l’Histoire naturelle. A peine âgé de 10 ans, en effet, il s’applique à l’imiter, à collectionner, à ranger méthodiquement, dans des boîtes, œufs d’oiseaux et papillons.
- A Châteauroux, où il fait ses études, il apprend chez un naturaliste, au cours de ses jeudis, toute la technique de cet art qui s’occupe de la conservation des formes des animaux.
- Pendant son service militaire qu’il accomplit à Tours, il se lie avec Héron-Royer, zoologiste remarquable qui s’était fait, à Amboise, une spécialité de l’étude des batraciens et auprès duquel il se familiarise avec les procédés de préparation et de montage des Anoures et desUro-dèles. L’excellent manuel de taxidermie de la collection Roret complétera son apprentissage.
- . Telles ont été les sources de sa vocation. A l’instar de Fabre, le grand naturaliste dont il aura été l’émule dans un autre domaine, on peut dire que c est bien a son unique initiative et à son travail personnel qu’il doit d’être devenu lui-même un des maîtres de l’Histoire naturelle.
- Débarrassé de ses obligations scolaires et militaires, ayant cette chance particulière de pouvoir ne se consacrer qu’à ses goûts, il se retire dans sa maison d’Argenton où, désormais, il vivra, en compagnie de sa tante qui fut pour lui une seconde mère, et où il recueillera successivement les animaux les ’ plus divers, loirs, muscardins, rats, des moissons, martinets, jusqu’aux insectes les plus variés. On garde encore à Argenton le souvenir du singe qu’il élevait en liberté et qui lui jouait les plus vilains tours, de la biche qu’il avait dressée et qui le suivait dans les rues comme un chien. Il a noté, en effet, la remarquable intelligence d’un grand nombre de nos animaux sauvages, des carnivores surtout, renards, fouines, putois, blaireaux, dont la curieuse psychologie mériterait d’être approfondie. Il classe, il collectionne, il dissèque et il observe avec passion.
- Dès lors commencent ces innombrables publications qui rempliront les mémoires de la Société zoologique de France et les Bulletins de la Société d’acclimata-, tion.
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- Raymond Rollinat a étudié tous les Vertébrés du centre de la France aussi bien dans leur habitat naturel qu’en captivité dans son cabinet de travail, dans sa salle à manger et jusque dans sa chambre à coucher où, pour mieux observer ses sujets, il disposait leur cage au bord de. son lit, afin de pouvoir les étudier à chaque heure de la nuit. Il a exploré, chargé de son fusil et de son carnier, dans un costumé resté légendaire, les bois, les chemins creux et les brandes, ou parcouru à cheval, suivi d’un aide, cette Brenne aux innombrables étangs, immense région étrange et mélancolique qui constitue, au milieu du Berri, une véritable réserve d’animaux les plus divers, où vit, en particulier, à l’état naturel, la cistude d’Europe, cette tortue de nos eaux douces dont il a longuement décrit les habitudes et les mœurs (1).
- 1. Mœurs, reproduction et domestication de la cistude d’Europe, Mémoires de la Société zoologique de France, 1902.
- Fig. 1.
- Raymond Rollinat près de sa cage à serpents.
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- Ainsi préparé, il écrit son premier livre demeuré classique sur les Vertébrés sauvages du département de V Indre où sont classés et décrits, avec une rigoureuse concision, à la manière de Linné, mais avec de précis détails sur les mœurs qui manquent dans Linné, les Reptiles, les Batraciens, les Poissons, plus de 50 espèces de mammifères et près de 300 espèces d’oiseaux qui vivent dans notre France centrale (').
- Ce livre, par sa clarté et par l’originalité des descriptions qui sont toutes entièrement personnelles, n’a jamais été égalé, et l’illustre zoologiste Milne-Edwards le considérait, à juste titre, comme le chef-d’œuvre des Faunes départementales.
- La plus suggestive illustration de ce livre, c’est dans le célèbre cabinet d’histoire naturelle que Rollinat avait aménagé dans une vaste pièce du rez-de-chaussée de sa maison qu’il était loisible de l’admirer, un des plus complets, et, en même temps, un des plus captivants musées d’histoire naturelle régionale que l’on puisse admirer dans nos provinces et peut-être dans le monde. Ce musée, dont toutes les pièces vont être transportées au Muséum, auquel Rollinat a légué ses collections, était devenu une des principales attractions de toute la région.
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- C’est pour observer le monde des oiseaux, autant au point de vue de sa psychologie et de ses instincts que de ses rapports avec l’agriculture, que Rollinat s'est passionné pour la chasse scientifique, dont il s’est fait çn France le spécialiste le plus averti, et dont il a présenté une monographie qui est unique en son genre. Le souvenir de ces chasses est resté inoubliable dans l’esprit de tous ceux qui eurent la bonne fortune d’y assister, scèpes mémorables qu’on ne reverra plus, représentations uniques dans le décor automnal de nos bois, que cet incomparable animateur offrait aux curieux de la nature, aussi bien qu’aux érudits, où la voix sonore du pivert, les vociférations des pies, les cris innombrables du geai étaient les notes dominantes de ces symphonies inouïes d’oiseaux attirés et surexcités par les notes de l’appeau.
- Il s’était ingénié à retrouver la meilleure technique de la fabrication de la glu, cette matière visqueuse et tenace, dont on se sert pour prendre les oiseaux, dans les vieilles formules des romanichels, des roulants et des ouvriers en bois qui sont, comme on le sait, volontiers oiseleurs.
- D’autre part, dans ses chasses au Grand-duc, il découvrait un puissant moyen de destruction des rapaces diurnes nuisibles à l’agriculture, mais aussi un moyen de distinguer ceux qui ne sont que les victimes de notre ignorance, en même temps qu’il notait leur mimique et l’expression de leurs émotions, les évolutions gracieuses du Faucon, les procédés d’attaque de l’Autour et de la Buse, la tactique de guerre de l’Épervier, ce forban des airs (1 2).
- C’est dans le même esprit que Rollinat se mit à étu-
- 1. Raymond Rollinat et René Martin : Vertébrés sauvages du département de l'Indre, 1894.
- 2. Destruction des rapaces diurnes, des geais, pies, corbeaux et autres oiseaux à l’aide de grands-ducs. Bull, de la Société d’Acclimatation, novembre 1918; octobre, novembre et décembre 1919.
- dier l’Alouette, dont la chasse aux lacets pendant l’hiver suscite dans nos départements du Centre, au point de vue de la législation, des discussions passionnées. Faut-il la classer parmi les oiseaux utiles, ou, au contraire, parmi ceux qui sont nuisibles à l’agriculture ? A la suite de l’inventaire minutieux d’innombrables gésiers, Rollinat démontre que cet oiseau détruit, en réalité, quantité d’insectes pendant la belle saison. Par contre, après l’élevage de sa nichée, c’est aux grains, aux semis de blé et d’avoine qu’il s’attaque de préférence, de sorte que sa nocivité balançant son utilité, sa protection n’offre, en réalité, qu’un assez médiocre intérêt. Mais l’alouette est, en même temps, un gibier réputé et de haut goût, et si l’on considère ce que vaut aujourd’hui le prix d’un coup de fusil pour abattre une aussi minime proie, le lacet réalise le moyen certainement le plus économique pour s’en emparer en quantité (’).
- La chasse par tous les moyens constitue donc au point de vue biologique pour le naturaliste de plein air un moyen de premier ordre, et Rollinat y a excellé dans tous les genres, qu’il s’agisse des mammifères, des oiseaux, des batraciens ou des reptiles : il faut l’avoir vu sur le talus du chemin de fer, aux premières heures chaudes du printemps ou de l’été, guetter la Vipère aspic et lui passer dextrement un nœud coulant autour du cou afin de l’encager sans dommage toute vivante.
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- Les êtres étranges qui rampent, qui sautillent, qui glissent dans les ténèbres, qui volent au crépuscule et vivent dans la nuit sont ceux, en effet, vers lesquels il s’est penché avec prédilection.
- Pour répondre à un vœu de l’Académie des Sciences, il reprend les laineuses expériences de Spallanzani sur les Chauves-souris. Le" grand physiologiste italien avait observé que ces animaux, dans les cavernes où ils vivent dans la plus complète obscurité, volent en tous sens, sans jamais se heurter contre les parois et qu’il en est de même quand on leur a enlevé ou cautérisé les yeux. Dans une immense salle de bal, à Argenton, en dépit de tous les obstacles, fils tendus, perches de bois, filets à larges mailles, Rollinat constate pareillement que les Chauves-souris continuent à voler avec aisance. Cependant il observe que celles dont il avait bouché les oreilles volaient ou se dirigeaient moins bien. Faut-il en conclure, avec lui, à l’existence d'un sixième sens qui aurait son siège dans les canaux semi-circulaires de l’oreille interne (2), contrairement à Cuvier qui expliquait plus simplement cette faculté d’orientation sans le secours de la vue par une hypersensibilité tactile de la peau des ailes, hypothèse à laquelle les travaux et les expériences de Jobert ont donné un certain poids?
- Rollinat, en collaboration avec Trouessart, se passionne pour ces étranges animaux qui abritent sous leur aile et transportent avec eux leurs nouveau-nés cramponnés à leur sein. Il précise dans un mémoire qualifié d’admi-
- 1. La capture des alouettes dans le département de l’Indre. Bull, de la Société d’Acclimatation, 1908.
- 2. Sur le sens de la direction chez les Chéiroptères, Soc. de Biol., juin 1900.
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- râble par le grand naturaliste belge Sélys-Longchamps les modalités si curieuses de leur fonction de reproduction ( ) et c’est lui qui a fourni à Mathias Duval les précieux matériaux qui ont permis à ce physiologiste d’écrire sa remarquable embryologie des Chéiroptères.
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- Mais le monde des Reptiles est, par dessus tout, son domaine et personne en France, jusqu’à lui, ne s’est imaginé de l’interroger d’aussi près.. Nul ne l’a mieux connu, mieux étudié et plus exactement décrit. Pendant quarante ans il n’a cessé d’accumuler notes et observations, matériaux et documents de premier ordre qui ont servi à édifier son œuvre maîtresse, cette Vie des Reptiles de la France centrale^), à laquelle il ne cessait de travailler, dont un perpétuel souci d’exactitude lui faisait toujours retarder la publication, dont l’illustration sera également son œuvre, documents photographiques d’inappréciable valeur pris sur le vif, où il a fixé les gestes les plus secrets, les scènes les plus rarissimes que l’occasion et le hasard venaient lui offrir.
- Tortues, lézards, serpents, salamandres, crapauds, personne ne les a mieux observés. L’ovologie des Batraciens, en particulier, dont on peut suivre toutes les phases dans son précieux musée, est une merveille de présentation.
- Il met en évidence le rôle si utile de la Vipère aspic dans l’économie de la nature (r>). Si elle dévore quelques lézards, si elle s’attaque aux couvées d’oiseaux nichant près de terre, en revanche elle détruit une quantité énorme de petits ravageurs, campagnols ou mulots, aussi devrait-on la respecter si l’on n’avait à redouter les graves conséquences que provoque sa morsure. Combien de fois s’est-il réveillé pour contempler à côté de lui dans ses cages de verre « sa tête affreuse, sa large gueule au souffle bruyant, toujours prête à frapper pour inoculer son venin redoutable, ses yeux durs et jaunes à pupille verticale pour mieux explorer les fentes des l’ochers, mais si belle néanmoins dans sa force calme »!
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- Mais la biologie comme il l'a comprise et comme Fabre aussi la comprenait n’est possible qu’avec un jardin d’études. Le grand naturaliste de Sérignan avait son « Harmas », son jardin de miracle, son Paradou sauvage et touffu, où se pressaient des plantes de mille espèces pour y attirer les insectes. Rollinat, qui observe à la manière de Fabre, possède aussi son Harmas, mais celui-là, au contraire de l’autre, est un beau jardin harmonieux, classique et régulier, à la française, aux larges allées bien droites et soigneusement ratissées, avec des corbeilles de (leurs qui s’y épanouissent magnifiquement tout l’été et où le regard plonge comme dans une oasis en contre-bas du chemin de fer, quand le train, en tra.»
- 1. Sur la reproduction des Chéiroptères. C. R. de la Soc. de Biol., janvier et juillet 1895. — Le Vespertilion murin, accouplement, mœurs, reproduction. Mèm. de la Soc. zool. de France, 1896. — Les Rhinolophes, ibid., 1897.
- 2. En préparation chez Delagrave.
- 3. Mœurs et reproduction de la vipère aspic. Bull, de la Société d’Acclimatation, 1902.
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- versant Argenton, remonte vers Paris ou vous emporte vers Toulouse.
- Sur les plates-bandes d’encadrement sont installées çà et là, à fleur de terre, les couveuses artificielles que Rollinat a imaginées pour y faire éclore ses reptiles, où des milliers depuis plus de trente ans ont rompu leurs coques, qu’il a mis des années à mettre au point, afin de réaliser, dans ces coffrets souterrains uniquement chauffés par les rayons du soleil, la condition difficile mais essentielle d’une température toujours à peu près égale à celle que l’on relève dans les abris naturels de ces animaux et d’y éviter le refroidissement nocturne.
- Dans les carrés potagers, des emplacements sont réservés aux terrariums, protégés contre les intempéries par des toitures mobiles, chef-d’œuvre d’aménagement et de confort pour l’élevage et l’hivernage des reptiles.
- Encore ce beau jardin était-il loin de réaliser pour Rollinat l’idéal. Il est, en effet, orienté vers le Nord. Ah ! si son propriétaire avait pu empiéter sur le chemin de fer qui, de ce côté, lui sert de limite, s’il avait pu disposer de la falaise qui s’élève en face, où du matin jusqu’au soir le soleil darde ses bienfaisants rayons, où se plaît la Vipère aspic, où s’agite toute une faune méridionale, depuis la Mante religieuse jusqu’au Philanthe apivore qui y guette l’abeille domestique, quel paradis il aurait pu y aménager pour ses chers reptiles !
- Ce jardin d’étude n’en faisait pas moins l’admiration des innombrables visiteurs aussi bien d’ailleurs que des savants avec son bassin de ciment où plongeaient ses tortues familières, dont quelques-unes étaient contemporaines de son enfance, qui le reconnaissaient et venaient au-devant de lui, avec son rocher artificiel où des lézards en liberté, dont il a démontré la vive intelligence et la grande facilité d’apprivoisement, venaient prendre d’eux-mêmes dans sa main et jusque sur ses lèvres leur nourriture.
- Des cages à dispositifs variés et entièrement de son invention, où il enfermait momentanément ses pensionnaires, afin de les avoir continuellement sous les yeux, même pendant la nuit, complétaient cette technique inédite et essentiellement originale qu’il a imaginée en vue de l’étude biologique des bêtes auxquelles il s’élait voué, et c’est à cause de cela surtout qu’il était devenu un maître naturaliste. C’est de ce titre que le salua Louis Roule, le savant professeur du Muséum, quand il vint avec la Société d’acclimatation pour lui conférer le grade de chevalier de la Légion d’honneur et le fêter en ce jour inoubliable du 11 juin 1921 : « C’est le titre, lui dit-il, que, du fond de leur âme, vous accordent tous ceux, répandus dans le monde entier, qui ont lu vos savantes publications et reconnaissent votre mérite. Qu’est-ce qu’un maître, en effet, dans l’ordre des choses de l’esprit ? c’est celui dont le travail sert d’exemple et de modèle en montrant aux autres la route qu’il faut suivre. »
- Voilà pourquoi tant de savants venaient de tous les pays chercher à Argenton des inspirations et des conseils.
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- Fig. 2.
- Rollinat dans son musée.
- Cette maison, où s’élaborait une des oeuvres les plus solides de notre temps, Rollinat la remplissait de sa continuelle présence, de ses incessantes occupations dont à peine trois brèves absences, pendant quarante ans, ont pu le distraire, et l’on n’est pas près de revoir le spectacle qu’il y a quelques jours encore il continuait d’y offrir. Etant donné la dureté des temps, la science désintéressée trouvera de moins en moins de ces adeptes bénévoles. Passe encore pour l’entomologie; un insectarium est à la portée de tous. Mais combien dispendieuse! la zoologie vivante, telle du moins que la comprend un Rollinat, quand on sait, par exemple, qu’un murin adulte dévore en 24 heures plus de 1.500 mouches domestiques ou un nombre invraisemblable de blattes et de sauterelles. Et quelle variété de proies ou d’aliments pour nourrir les reptiles dont les espèces différentes ne s’accommodent que de mets différents. Il fallait voir la petite armée de gamins que Rollinat mobilisait afin de se procurer des criquets pour ses lézards ou des escargots pour ses tortues.
- Quel accaparement, quelle dépense de temps et d’argent, [que de soins méticuleux, quasi maternels ! tous ceux qui ont assisté au pansage quotidien de sa ménagerie ont pu s’en rendre compte. Il faisait manger à côté de lui, à table, son vieux chien et le laissait coucher à ses pieds sur son lit. Il a meublé d’une petite glace la cage où se dandine un Gros-bec, afin qu’en s’y mirant, l’oiseau ait l’illusion d’avoir avec lui un compagnon. A tous ses autres pensionnaires, il ne ménageait pas moins d’attention et de sollicitude afin de les familiariser avec lui et qu’ils se sentent eux-mêmes chez eux. Sa religion pour toutes ses bêtes était telle que, dans une clause de son testament, il a spécifié que s’il venait à mourir pendant l’hiver, ses héritiers devraient attendre le printemps pour remettre en liberté tortues, lézards et serpents.
- Dans les derniers jours de sa vie, il prenait plaisir à nourrir sur la fenêtre de son cabinet de travail des pinsons, des mésanges et des rouge-gorge qui accouraient du fond de son jardin et ne s’effarouchaient pas de sa présence.
- Sa curiosité embrassait, en effet, les sujets les plus divers et il s’était mis depuis deux ans à étudier passionnément le Doryphore, ce redoutable coléoptère importé d’Amérique en 1920, dont il s’apprêtait à démontrer qu’on était bien loin de prévoir et d’apprécier les immenses ruines qu’il prépare.
- Mais, par dessus tout cela, ce qu'on ne saurait exprimer, c’est l’inexprimable atmosphère qu’on goûtait autour de lui, c’est l’accueil que rencontraient à son foyer tous ceux qu’il honorait de son amitié et qui, par un exceptionnel privilège, y savouraient encore, dans ces temps difficiles et dans nos jours troublés, cette douceur de vivre que nous ne connaissons plus.
- Rien, d’ailleurs, autour de lui ne lui était étranger. Vivant en communion permanente avec tous ses concitoyens d’Argenton, s’intéressant à leurs infortunes privées, à leurs joies, toujours prêt à satisfaire le visiteur curieux d’obtenir un renseignement, considérant comme une de ses tâches d’être un éducateur dans la cité.
- Tous ceux qui, dans cette froide matinée du 31 décembre dernier, suivaient les obsèques de Raymond Rollinat, sentaient dans le fond de leur âme que ce n’était pas seulement un rare esprit et un grand homme de bien qui venait de disparaître, mais aussi le dernier survivant peut-être d’une époque et d\in temps qu’on ne reverra plus (’).
- D1 G.-V. Legros.
- 1. Mme Feuillée-Billot a déjà exposé dans La Nature les principales observations de Rollinat et donnera prochainement une étude sur les loups en France d’après les données du grand naturaliste.
- Fig. 3. .
- Rollinat et ses tortues apprivoisées.
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- LES VIEUX SAVANTS QUAND ILS ÉTAIENT JEUNES
- X. — DU ROLE DE LA LECTURE {Suite)
- Pour achever ce chapitre, il nous reste à donner quelques renseignements sur la jeunesse de Poisson, Faraday, Lamé, de Quatrejâges et Bornet.
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- Le mathématicien Siméon=Denis Poisson (1781-1840) était né à Pithiviers (Loiret). Son père, après avoir pris part, comme simple soldat, aux guerres du Hanovre, avait l'ait l’acquisition d’une petite place administrative, où, dans la capitale du Gâtinais, il remplissait des fonctions analogues à celles qui, de nos jours, sont dévolues aux juges de paix. Ses frères aînés étaient morts en bas âge. « En 1781, comme l’a écrit Arago (2), les éloquentes prescriptions de Jean-Jacques Rousseau sur l’allaitement des enfants, si bien accueillies dans les villes, avaient à peine pénétré dans les campagnes. La mère de Poisson était, d’ailleurs, d’une santé très délicate; son jeune enfant fut donc confié à une nourrice habitant une maison isolée à quelque distance de Pithiviers. M. Poisson père alla un jour voir son fils; la nourrice était aux champs; impatient, il pénétra de force dans l’habitation, et vit, avec un douloureux étonnement, ce fils, objet de toutes ses espérances, suspendu par une petite corde à un clou fixé dans le mur. C’est ainsi que la campagnarde s’assurait que son nourrisson ne périrait pas sous la dent des animaux carnassiers et immondes qui circulaient dans la maison. Poisson, de qui je tiens cette anecdote, ne l’envisageait que par son côté plaisant : « Un effort gymnastique me portait incessamment, disait-il, de part et d’autre de la verticale; c’est ainsi que, dès ma plus tendre enfance, je préludais aux travaux sur le pendule qui devaient tant m’occuper dans mon âge mûr. » Poisson reçut les premiers éléments de lecture et d’écriture à Pithiviers même, sous la direction immédiate de son père; sa famille se réunit un jour pour choisir la carrière qu’on lui ferait embrasser; on pensa d’abord au notariat, mais on y renonça tout d’une voix, à cause de la contention d’esprit qu’il exigeait. La chirurgie obtint la préférence sur le notariat et Poisson alla s’installer auprès d’un oncle qui exerçait cet art à Fontainebleau. Poisson racontait, avec une gaieté communicative, les essais infructueux qu’il lit dans cette nouvelle carrière. Pour l’exercer à la saignée, son oncle lui mettait dans les mains une lancette à l’aide de laquelle il lui demandait de piquer les nervures d’une feuille de chou. « Je ne réussissais jamais, disait Poisson, tant ma main était peu assurée, à toucher ces maudites nervures, tout apparentes qu’elles étaient, lorsque je les visais. J’étais plus heureux quelquefois lorsquç je visais à côté. Mes insuccès ne décourageaient cependant pas mon bon oncle, qui m’aimait beaucoup et voulait me conserver auprès de lui. Une fois, il m’envoya, avec un de mes camarades, poser un vésicatoire sur le bras d’un enfant; le lendemain, quand je me présentais pour lever l’appareil, je trouvai l’enfant mort; cet événement fit sur moi l’impression la plus profonde et je déclarai sur l’heure que je ne serais jamais ni médecin ni chirurgien. Rien ne put ébranler ma résolution et l’on me renvoya à Pithiviers. ».
- C’est à ce moment que se formèrent les goûts mathématiques de Poisson et ce, du fait de lectures. Son père, en effet, comme président du district, recevait, régulièrement, le Journal de l’Ecole polytechnique. Des numéros étant tombés sous les yeux du futur mathématicien, qui était grand amateur de lecture, il eut la curiosité de les lire et y trouva l’énoncé de diverses
- 1. Voir La Nature depuis le n° 2808.
- 2. Œuvres complètes de François Arago, tome II. — La biographie de Poisson est une œuvre posthume.
- questions qu’il parvint à résoudre, ce qui montra que, chez lui, l’« instinct » mathématique était spontané. « Dans un de ses voyages à Fontainebleau, un de ses camarades lui parla de quelques problèmes qu’il avait entendu proposer à l’Ecole centrale, de celui-ci, par exemple : Quelqu’un a un vase de douze pintes plein de vin; on veut faire un cadeau de six pintes, mais on n’a, pour mesurer ces six pintes que, deux vases, l’un de huit, l’autre de cinq pintes. Comment doit-on s’y prendre pour mettre six pintes de vin dans le vase de huit pintes ? Poisson résolut à l’instant cette question et d’autres dont on lui donna l’énoncé. Il venait de trouver sa véritable vocation. » (Arago.)
- Il eut alors l’occasion d’entrer en relation avec le professeur de mathématiques de cette Ecole centrale, M. Billy, qui le prit en vive amitié et se dévoua pour le guider dans les principales notions de la science mathématique, si bien, qu’à dix-sept ans, Poisson put se présenter à l’Ecole polytechnique, où il fut reçu premier. Peu soucieux des soins vestimentaires, il y vint coiffé d’un énorme chapeau à cornes très mal retapé, tel que l’on en voyait alors, à Paris, sur la tète des marchands ambulants vantant, à tue-tête, les mérites de leurs légumes et de leur bon marché.
- Cela ne l’empêcha pas de devenir un grand mathématicien. Son maître Billy avait dit plaisamment de lui, à Fontainebleau :
- Petit Poisson deviendra grand
- Pourvu que Dieu lui prêle vie.
- IJ avait été bon prophète, car Poisson fit partie de l’Académie des Sciences et en fut une des illustrations.
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- Michel Faraday (1791-1867), le. célèbre physicien anglais, dont l’Angleterre vient de fêter le centenaire et sur lequel La Nature a déjà publié une intéressante Notice (n° 2867) et qui, en particulier, découvrit les phénomènes de l’induction des courants électriques et liquéfia certains gaz dits, à tort, permanents, était né à Newington-Bults, près de Londres. Les débuts de son existence furent pénibles en raison de l’humble condition de ses parents, aggravée par l’état maladif de son père, qui était forgeron. Tout ce qu’il acquit ensuite, ce fut par son propre mérite et sa ténacité.
- « Dès l’âge de treize ans, n’ayant pour tout bagage littéraire que l’instruction reçue dans une école élémentaire : la lecture, l’écriture et un peu d’arithmétique, Faraday entrait, comme apprenti libraire et relieur, dans une boutique de Brandfort Street. Comment le goût des sciences s’est-il développé dans l’esprit, de cet enfant condamné aux soins matériels d’un apprentissage assujettissant : la lecture des ouvrages de Mme Marcel et l’impression produite par quelques leçons de Davy. Mariée à un médecin éminent, chimiste habile, Mme Marcel, douée elle-même d’un rare mérite, rehaussé par la plus aimable distinction, avait écrit, sous le titre de Conversation sur la chimie, un petit traité populaire, justifiant, sinon par son aspect extérieur, du moins par son langage simple et naturel, l’insigne honneur qui lui a été accordé d’ouvrir au jeune Faraday la route de la science et de lui inspirer l’amour profond de la vérité. Faraday ne se montra point ingrat; il attribuera toujours son goût pour les sciences chimiques au soin qu’il avait mis à constater, par de petites expériences, chacune des assertions du livre de celle qu’il nommait, avec bonne humeur, sa première institutrice, et, quand les relations du monde les rapprochèrent, loin de rougir de son humble enfance, ses pensées se reportant en arrière, il aimait, disait-il, à contempler en elle le présent et le passé.
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- « Près de huit années s’étaient écoulées dans cette situation à laquelle aucune issue ne semblait s’ouvrir, lorsque le jeune apprenti eut l’heureuse fortune d’être admis, par la recommandation de l’un des membres de l'Institution royale, à entendre les dernières leçons du cours que Davy professait dans ce célèbre établissement. Il en fit une rédaction attentive, et il l’envoya à Davy, en le priant de l’aider à quitter le commerce, qu’il détestait, et à se vouer à la chimie qu’il aimait. L’illustre chimiste lui répondit tout de suite; quelques semaines après, il le fit nommer aide-préparateur, sans le soumettre à l’épreuve que lui conseillait Pepys, l’un des fondateurs de VInstitution royale et savant distingué. Que faire de ce jeune homme, disait Davy, en lui montrant la lettre de Faraday; qu’en faire ? le mettre à laver les capsules et les verres (') : s’il est bon à quelque chose, il le fera avec empressement; s’il refuse, c’est qu’il n’est bon à rien; conseil tout anglais, fruit d’une grande pratique... Davy n’imposa pas à Faraday ce noviciat; seulement, comme le naïf apprenti relieur confessait avoir peu de goût pour son métier et s’excusait d’avoir l’ambition de s’enrôler sous le drapeau de la science, qui rend, disait-il, si aimables et si généreux tous ceux qui le suivent, il lui répondait:
- « Ne renoncez pas trop vite au commerce; la science est une maîtresse exigeante, rude et peu généreuse. » Quant à l’idée que son jeune interlocuteur se formait de la supériorité morale des savants, elle le fit sourire, ajoutant qu’« il laissait à l’expérience de quelques années le soin de l’éclairer. Hélas ! sur ce point, ce fut Davy, lui-même, qui ne laissa rien à faire aux autres pour l’éducation de Faraday. » (J.-B. Dumas) (-’).
- Cette dernière phrase fait allusion à cet épisode pénible que, lorsque Faraday eut fait ses belles découvertes sur la liquéfaction des gaz, Davy ne fut pas très juste pour lui (r>) ; mais, malgré cette injustice, Faraday n’oublia jamais ce qu’il devait à Davy, preuve de la bonté de son âme et de sa modestie.
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- Gabriel Lamé (1795-1870), qui devait laisser un nom parmi les géomètres français, était né à Tours.
- La fortune étroite et mal assurée de sa famille ne permettait le superflu en aucun genre; la nourriture de l’esprit, comme celle du corps, était réduite au nécessaire. Le jeune Gabriel fut envoyé à l’école. La nécessité des affaires ayant rappelé son père à Paris, il suivit, comme externe, avec un médiocre succès, les classes du lycée Louis-le-Grand. Pressé d’utiliser le savoir acquis, il interrompit ses études, à l’âge de 16 ans, pour entrer chez un homme de loi, M. Dupont. Tout en s’acquittant vite et bien d’un travail contraire à ses inclinations, le jeune Lamé ne pouvait y accommoder ses projets d’avenir. Au milieu des livres de chicane de son patron, il rencontra, par hasard, la Géométrie de Legendre : la séduction fut irrésistible. Un matin, sans prévenir et sans consulter personne, il reprit, en tremblant, le chemin du lycée et, mêlé à ses anciens condisciples, alla s’asseoir dans la classe des mathématiques (’'). M. Dupont, qui était un excellent homme, fondant, d’ailleurs, peu d’espérances sur son dernier clerc;
- 1. Davy emmena, un peu plus tard, son assistant en voyage et, comme il n’avait pas de valet de chambre, l’utilisa à diverses petites besognes, entre autres à brosser ses vêtements. Lors d’une visite de Davy à un de ses amis, l’hôte, croyant avoir affaire à un domestique, l’envoya dîner à la cuisine, mais ensuite, apprenant qui il était, l’invita à sa table; lady Da’vy, le regardant comme un valet, refusa de prendre part au même repas.
- 2. Méin. de l’Ac.des sc. de l’Institut impérial de France, tome XXXVI. Paris, 1870.
- 3. Par la suite, cependant, Davy déclara que la plus belle découverte qu’il eût jamais faite était Michel Faraday.
- 4. Il faut croire qu’à cette époque, la discipline était plutôt relâchée qui permettait d’entrer dans une classe comme dans un moulin...
- garda le secret sur ses absences; mais le Moniteur officiel, moins discret, en publiant, à la fin de l’année, les noms des lauréats du Concours général, apprit à M. Lamé père l’escapade de son fils et le fit pardonner. Un an après Lamé entrait, le troisième, à l’Ecole polytechnique (Joseph Bertrand) (').
- Malheureusement, les autorités, ayant à se plaindre des élèves, firent licencier l’Ecole et Lamé se trouva sans ressources. On lui proposa un emploi au Brésil, où pour 120 francs, il devait savoir la chimie générale et connaître les procédés d’extraction des terres et alcalis, la métallurgie, l’exploitation des mines, l’art du tanneur, celui du potier, les procédés d’étamage des glaces, la minéralogie, la botanique, la mécanique pratique, la composition des couleurs, la préparation des tabacs, la fabrication des chandelles et des bougies de cire, ainsi, naturellement, que la langue portugaise. Tout en cherchant à se documenter sur ces matières plutôt variées, Lamé donnait des leçons de mathématiques à 2 francs l’heure, mais, un an après, l’Ecole ayant été rétablie, il y rentra à nouveau et y subit, avec succès, l’examen de sortie, pour devenir, aussitôt après, élève ingénieur des mines.
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- Bien que, par ses travaux, Armand de Quatrefages de Brêau (1810-1891) semblait devoir prendre place parmi les zoologistes, il est plus connu comme représentant, en France, de l’anthropologie, science à laquelle il fut, en partie, amené par sa nomination à une chaire du Muséum. Grâce à son successeur dans celle-ci, E.-T. Ilamy (2), nous allons pouvoir donner quelques renseignements sur ses débuts.
- Il était né au hameau de Berthezènes (commune de Valle-raugue), près de la source de l’Hérault, au pied du massif pittoresque de l’Aigoual. Sa famille, fort ancienne, avait adopté, comme tant d’autres familles cévenoles, la religion réformée et y était demeurée inébranlablement fidèle, malgré de longues persécutions. Un de ses arrière-grands-pères, le général Caries, avait dû passer à l’étranger après la révocation de l’Édit de Nantes, et, pour pouvoir porter l’épée, Jean-François de Quatrefages — le père de notre anthropologiste — servit comme lieutenant en Hollande, au régiment de Saxe-Gotha. Il se fit libérer aux premières hostilités entre le Sta-thouder et la République française, rentra en France en juillet 1793 et s’enrôla dans l’armée des Alpes. De retour à Valleraugue, en l’an V, il reprit les travaux agronomiques qui avaient popularisé, dans la montagne, le nom de ses ancêtres, car c’est aux Quatrefages que les Cévennes doivent, en partie, la substitution du mûrier au châtaignier et, qu’en même temps, ils ont largement contribué à propager l’élevage du ver à soie.
- La première enfance d’Armand de Quatrefages de Bréau s’est passée tout entière dans le pittoresque canton de Valle-rangue, au milieu d’une nature aux aspects particulièrement variés, qui devait, à chaque pas, éveiller sa curiosité naissante. La vie était simple et grave dans ces montagnes où l’on avait conservé les vieilles mœurs du temps de la Réforme, et une éducation sérieuse, confiée à un pasteur, vint compléter les vertueux enseignements puisés au foyer domestique. 11 s’y signala par son ardeur pour l’étude et, sui'tout, la lecture, qu’il manifesta de très bonne heure. Encore enfant, c’était un lecteur infatigable; il conserva, d’ailleurs, dans sa vieillesse, un goût très vif pour les livres et il ne laissait jamais, sans les parcourir tout au moins, les volumes et brochures de toute espèce dont on encombrait sa table de travail. Comme le remarque ITamy, ces grands liseurs de jeunesse ne restent pas toujours des labo-
- 1. Méin. de VAc. des Sc., tome XLI. Paris, 1879.
- 2. Leçon d’ouverture du cours d’Anthropologie du Muséum d’histoire naturelle, le 31 mai 1892.
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- lieux dans le cours de leur vie; ils ne deviennent pas nécessairement des savants et des lettrés, mais, fréquemment, ceux qui ont marqué dans les sciences et dans les lettres, ont commencé par lire et relire beaucoup. Balard, Gubler, Henri Martin, François Lenormant, etc., étaient, tout jeunes encore, de vraies bibliothèques vivantes : tel académicien est cité pour avoir, jadis, lu, mot par mot, le Dictionnaire de VAcadémie tout entier; tel autre aurait, adolescent, dévoré les soixante volumes du Dictionnaire des sciences médicales. Armand de Quatrefages a fait plus encore : il a lu, d’un bout à l’autre, l’Encyclopédie méthodique dont un vieux cousin possédait un exemplaire. Maintes fois, aux jours de congé passés aux Anglivels, le jeune homme, dont on avait perdu la trace, fut retrouvé, en quelque coin, absorbé dans la lecture de l’un ou l’autre des gros volumes de cet immense recueil. 11 amassait ainsi, pour l’avenir, un peu confusément, des trésors d’une érudition variée et se faisait à lui-même un bagage très personnel, qui devait lui permettre d’aborder bientôt, tour à tour et avec succès, au gré des circonstances, les mathématiques, la chimie, la médecine pratique et, enfin, les sciences naturelles.
- Chose curieuse, — mais, cependant assez fréquente chez les intellectuels dont l’esprit s’éveille et qui sont séduits par la belle ordonnance des chiffres et des formules algébriques, — ce sont les sciences mathématiques qui l’attirèrent tout d’abord. A Tournon, où on l’avait envoyé terminer ses études, il s’était fait distinguer d’un jeune professeur de talent, M Sornin, qui l’emmena à Strasbourg, lorsque, un peu plus tard (1827), il obtint la chaire d’astronomie de la Faculté de cette ville. Armand de Quatrefages, ayant terminé, sous les auspices de Sornin, ses études secondaires, voulut donner à son maître une marque spéciale de sa reconnaissance, et, au baccalauréat, nécessaire pour commencer la médecine à laquelle l’appelait, la volonté paternelle, il joignit spontanément la licence et le doctorat (') ès sciences mathématiques. Peu après, un concours s’ouvrait pour une place d’aide-préparateur de chimie et de physique à la Faculté de médecine. On engagea le jeune docteur à se présenter : de matnématieien, il se fit physicien et chimiste. Le doctorat ès sciences, conquis à un âge où l’on n’est habituellement que simple bachelier, le poste d’aidc-préparatcuràla Faculté avaient fait à Armand de Quatrefages une situation à part dans la jeunesse universitaire de Strasbourg. Son savoir, exceptionnellement varié, s’imposait à ses camarades et il possédait déjà les qualités d’élocution qui en faisaient, dans les réunions d’étudiants, un orateur influent et écouté.
- A 22 ans, il passa sa thèse de médecine et alla, à Toulouse, exercer la médecine. Mais le goût des sciences naturelles, qu’il avait puisé dans la vio rustique de ses jeunes années, reprit peu à peu le dessus et devint irrésistible. A la suite de ses travaux sur les mollusques, il fut nommé professeur de zoologie à la Faculté des sciences de Toulouse, puis vint à Paris, où il vécut, surtout, en exécutant de nombreuses illustrations pour des livres de sciences naturelles, entre autres le Règne animal de Cuvier. Ce n’est que plus tard qu’il fut nommé à la chaire d’Anthropologie du Muséum.
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- Édouard Bornet (1828-1911), un des savants qui ont le plus honoré la botanique française dans ces dernières années, était né à Guérigny, dans la Nièvre, son père appartenait à l’Administration des Forges de la Chaussade, établissement du Ministère de la Marine, dont, lors de sa retraite, il remplissait les humbles fonctions de caissier. Cette modeste origine ne semblait pas devoir destiner le fils Bornet à une
- 1. Il avait alors 20 ans. Son sujet de thèse pour le doctorat ès sciences mathématiques fut : Théorie d’un coup de canon.
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- brillante carrière et, de fait, ses débuts furent difficiles comme l’a exposé Léon Guignard dans une Notice lue à l’Académie des Sciences en 1912.
- Après avoir reçu dans la maison paternelle les premières notions du latin, il entra au collège de Nevers pour y faire ses études classiques. Tout en s’adonnant avec zèle aux exercices littéraires, il montra, de bonne heure, un goût très vif pour les sciences et, surtout, pour la Botanique. En peu de temps, il était arrivé à se servir avec fruit des ouvrages de systématique consacrés aux plantes et, en particulier, de la Flore du Centre de la France, que Borcau, pharmacien à Nevers, avait publiée quelques années auparavant. Cet estimable livre, remarquablement clair et bien connu des botanistes herborisants, fut. un de ceux qui contribuèrent le plus à développer chez Bornet son heureuse aptitude pour l’observation des végétaux. La souplesse et la variété de son intelligence lui permirent de satisfaire son goût pour l’étude des choses de la nature sans sacrifier, pour cela, ses humanités, et les prix d’honneur de rhétorique et de philosophie furent, au sortir du Collège, la récompense de son zèle. Le diplôme de bachelier ès lettres marqua la fin de sa vie d’écolier, mais les modestes ressources de ses parents, qui avaient encore à pourvoir à l’éducation de trois autres fils plus jeunes, ne leur permettaient pas les sacrifices qu’exigent de longues études supérieures. Par bonheur pour la Botanique, un projet d’entrée aux bureaux des Forges de la Marine ne fut pas mis à exécution. Sans doute c’était l’avenir assuré, mais un avenir médiocre pour un candidat qui ne sortait pas des grandes Ecoles. Le goût du jeune homme pour les plantes le sauva de la bureaucratie; on décida de l’envoyer .à Paris pour y étudier la médecine. Accueilli par une tante, dont il devait, plus tard, épouser une des filles, il suivit avec assiduité les cours de la Faculté de Médecine, de la Sorbonne et du Muséum, passa son baccalauréat ès sciences et fut reçu externe des hôpitaux. L’année 1848, avec les troubles qu’elle apporta à la vie des étudiants, fit une part plus large à ses études botaniques. Ce fut à cette époque qu’il entra en relations avec un de ses compatriotes, le Dr Lc-veillé, savant mycologue dont il devint l’élève. A une époque où la science des champignons était encore pleine de mystères, ce médecin, par des observations microscopiques précises, par un esprit méthodique, avait acquis dans le monde botanique une légitime autorité.
- C’est chez Léveillé que Bornet fit la connaissance de Tliuret, dont il devait devenir le collaborateur. Ce dernier, qui avait été quelque temps attaché à l’ambassade de Constantinople, avait pu, grâce à sa belle fortune, quitter la diplomatie et se livrer entièrement aux études botaniques, où ses recherches sur les algues marines appartenant au genre Fucus l’avaient rendu célèbre. Désireux de poursuivre, dans des conditions aussi favorables que possible, des recherches continues sur d’autres algues marines, Tliuret avait formé le projet d’établir, au bord de la mer, une installation permanente. Sur le conseil de Decaisne, il proposa à Bornet de devenir son aide (et aussi, un peu, son médecin). Cette offre était d’autant plus heureuse pour Bornet, qu’en le délivrant des soucis matériels, elle lui donnait l’espoir de pouvoir consacrer tout son temps à ses études de prédilection. On était alors au printemps de 1852. En attendant le départ pour la mer, l’aide vint s’installer près du maître, à Versailles, où Thuret avait à ce moment sa résidence, et l’été se passa • en excursions cryptogamiques aux environs de Paris.
- Thuret et Bornet, dont les noms devaient devenir, désormais, inséparables, s’installèrent, un peu plus tard, près d’Antibes, où fut établie la célèbre « villa Thuret » d’où devaient sortir de si beaux travaux sur les algues marines.
- Henri Coupin.
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- UN ŒIL DE LYNX
- L’opérateur présente généralement cette curieuse expérience au commencement de son numéro afin de donner aux spectateurs une haute idée des pouvoirs mystérieux de son sujet, liseur de pensée, possesseur du don de double vue non seulement dans le temps, dans l’espace, mais encore au travers des corps opaques. Il montre une boîte d’ébénisterie fermant à clé, dans laquelle se trouve enfermée une deuxième boîte également en ébénisterie et de même fermée à clé.
- Cette deuxième boîte étant ouverte, on constate qu’elle contient quatre petits blocs de bois sur chacun desquels est peint un chiffre différent 1, 2, 3, 4.
- L’opérateur demande une personne de l’assistance qui voudrait bien prendre cette boîte et, dans le plus grand secret, former un norpbre quelconque à l’intérieur avec les quatre blocs, en se rappelant toutefois le nombre formé.
- Le spectateur fait ce qui lui est demandé, ferme la boîte à clé et la passe à un second spectateur qui, après s’être assuré qu’elle est bien fermée, l’introduit dans la première boîte qu’il a soin de clore aussi d’un tour de clé.
- La boîte est rendue à l’opérateur. Celui-ci après avoir énuméré toutes les précautions qui viennent d’être prises pour assurer l’inviolabilité du secret de placement des quatre
- Fig. 1.
- Boîte intérieure avec un nombre formé secrètement par un speclaieur.
- par un speclaieur.
- a
- chiffres dit qu’il va encore envelopper la boite double dans un journal, puis il ajoute : Dans cette curieuse expérience, chose stupéfiante, ce n’est pas moi qui aperçois au travers des enveloppes successives, les chiffres placés par vous dans les boîtes, c’est Mlle .... dite Œil de lynx qui va venir et qui grâce à sa vue miraculeuse pourra percer le mystère.
- En effet, Mlle X... entre en scène, salue le public, considère le paquet un instant et annonce que le spectateur a placé les quatre chiffres dans un ordre qu’elle indique sans erreur. Les boîtes sont ouvertes aussitôt et le public peut constater l’exactitude de l’indication.
- Comment peut s’accomplir celte merveille, se dit le public étonné : le spectateur qui a placé les chiffres n’est pas un compère, l’opérateur n’a pas pu voir les chiffres et son sujet aussitôt entré en scène a lu les chiffres sans hésitation; il y a là quelque chose de déconcertant, car d’habitude, l’opérateur connaît ce que le sujet doit dire, et l’indique à ce dernier par .nue télégraphie optique ou orale. Là, il n’est rien de tout cela à ce qu’il semble. Cependant c’est toujours la même chose, mais avec perfectionnement..
- Suivons la marche du truc : Quand les deux boîtes fermées sont rendues à l'opérateur qui les enveloppe encore dans un journal, en faisant cette opération il fait jouer dans le couvercle de la grande boîte (fig. 2) une tirette qui découvre 4 aiguilles montées sur pivot, et aimantées qui indiquent
- . — Boîte supérieure fermée. L’ouverture secrète montre à
- l'opérateur le nombre formé dans la boîte inférieure (‘2431).
- les blocs se trouvant au-dessous. Quand on regarde la figure 3 sur laquelle sont indiqués visiblement les morceaux de fer cachés dans les blocs, on comprendra que, suivant le chiffre placé au-dessous d’elle, l’aiguille indiquera Je bas, le haut, la droite ou la gauche. Dans la figure 2 les aiguilles marquent 2431.
- En possession du chiffre l’opérateur repousse la tirette, fait le paquet et s’adressant au public fait connaître au sujet, par la phrase qu’il emploie, la position des blocs. Lorsqu’il entre en scène le sujet est donc renseigné.
- Voici la phrase employée pour indiquer 2431 :
- Mesdames et Messieurs, dans celle curieuse expérience, chose stupéfiante, ce n’est pas moi qui aperçois au travers des enveloppes successives les chiffres placés par vous dans les boîtes, c’est mon sujet.
- Et voici le tableau complet à employer pour tous les cas.
- Le 1er chiffre est n° 1 : Le 2 chiffre le 3 e chiffre Le 4 " chiffre
- Chose extraordinaire. est n° 2 : qui devine. du bois et du papier. les chiffres.
- Chose stupéfiante. esl n° 3 : qui nomme. des boîtes et du papier. les différents chiffres.
- Chose impossible. est n° 4 : qui vois. des trois enveloppes. chacun des chiffres.
- Chose miraculeuse. qui aperçois. du paquet et des boîtes. les chiffres successifs.
- Fig. 3. — Emplacement du fer invisible à l’intérieur de chaque bloc
- de bois chiffré.
- Pour que les blocs ne puissent pas être mis sens dessus dessous ou la tête en bas par un spectateur distrait ou mal intentionné, ils portent un léger biseau qui les empêcherait de se caser dans la première boîte. Celle-ci est également faite de manière à entrer obligatoirement de façon régulière dans la seconde. Alber.
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- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- DÉCEMBRE 1931, A PARIS
- Mois brumeux, couvert, peu pluvieux et peu venteux, à température très légèrement supérieure à la normale ^et pression barométrique anormalement élevée.
- La moyenne mensuelle de la pression barométrique, 770 mm 7 réduite au niveau de la mer, au Parc Saint-Maur, surpasse la moyenne de 50 années de 8 mm 1. C’est, après celle de décembre 1879, la plus élevée notée à pareille époque depuis 1874. Le maximum absolu, 784 mm 4 au niveau de. la mer, le 23 à 23 b, n’avait pas encore été atteint en décembre depuis le début des observations.
- La moyenne mensuelle de la température, 3°6, présente un excès de 0° 2. Il y a eu une période cbaude s’étendant du 4 au 7 au cours de laquelle s’est produit le maximum absolu mensuel, 14° G, le 4, et une période froide du 18 au 25 pendant laquelle on a noté trois jours de gelée totale et le minimum absolu —- 4° 5, le 19. Le nombre de jours de gelée, 16, est un peu plus élevé que la moyenne, de 3.
- La bailleur d’eau recueillie au Parc Saint-Maur, 41 mm 8 est inférieure de 19 pour 100 à la normale. Elle a été recueillie en 13 jours de pluie appréciable (normale 17). La durée totale de cbute, 40 h 20 m, à l’Observatoire de .Montsouris, est inférieure de 39 pour 100 à la moyenne des 25 années 1898-1922. Les hauteurs maxima en 24 heures ont été, pour Paris, 11 mm 9 à Passy du 6 au 7, et, pour les environs, 24 mm 5 à Fresnes, à la même date.
- On a noté, à Saint-Maur, 3 jours de neige dont aucun n’a fourni une couche suffisante pour recouvrir entièrement le sol. La cbute du 29, générale et quelque peu prolongée, a formé en banlieue Ouest une couche atteignant le lendemain matin 3 centimètres d’épaisseur à Versailles et à Trappes.
- Les vents dominants ont été ceux de S.-O. et de N. à N.-E., mais ces derniers ont soufflé plus souvent que d’ordinaire.
- La moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 85,6 pour 100 et celle de la nébulosité de 79 pour 100 au Parc Saint-Maur.
- Au centre de Paris, à 9 b du matin, la visibilité n’a pas été une seule fois supérieure à 6000 mètres et a été vingt-quatre fois inférieure à 1500 mètres. Sauf en 1917, l’atmosphère parisienne n’avait jamais encore été aucsi peu transparente.
- U y a eu, à Saint-Maur, 15 jours de brouillard, 8 jours de gelée blanche et 1 jour de verglas.
- 1-3 STE CHRONOLOGIQUE DES MOIS DE DECEMBRE FROIDS ET CHAUDS, DE 1757 A NOS JOURS, faisanl ressortir, pour la plupart, un retour périodique tous les 41 ou 42 ans.
- Froids 1762
- 1783
- 1784 1788 1799 1812 1822 1829 1840 1844 1846 1853
- 1870
- 1871 1879 1890
- Mois les plus froids : 1879, moy. — 7° 9; 1788, moy. — 6° 8. Mois les plus chauds : 1868, moy. 8° 7; 1806, moy. 8° 6. Minimum absolu : •— 25° 6 (1879).
- Maximum absolu : 17° 8 (1876).
- Em. Roger.
- Chauds.
- 1795
- 1806
- 1821
- 1824
- 1833
- 1852
- 1868
- 1876
- 1880
- 1915
- 1918
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- ÉCRANS ET LUMIÈRE DE WOOD
- A plusieurs reprises, nous avons eu l’occasion de parler de la lumière de Wood, ou faisceau de rayons ultra-violets obtenus par une lampe à vapeurs de mercure, que l’on filtre au travers d’un écran en verre spécial, caractérisé par la présence dans sa masse d’une certaine quantité d’oxyde de nickel, de sorte que les radiations ainsi purifiées appartiennent presque exclusivement à la région 3650 angstrôms.
- Voici d’après le brevet de la Corning Glass Works, quelle est la composition de l'écran qui donne le meilleur résultat, :
- Silice SiO2.......................................50 %
- Potasse K20.......................................16 %
- Baryte BaO....................................... 25 %
- Oxyde de nickel................................... 9 %
- . D’après M. Maclié (Bulletin de l’Ecole de Physique et Chimie industrielles, juin 1928) il est utile d’ajouter environ 1 % d’oxyde de cuivre pour diminuer la transparence dans le rouge.
- N. B. — Les longueurs d’onde des radiations lumineuses sont exprimées en |j,u. = 0 mm, 000 001 ou en unités angstrôms A.
- Par exemple 275 p.u, = 2750 A.
- Les limites du spectre visible sont 375 p.p, et 760 pu.
- POUR ÉLOIGNER LES SANGLIERS
- Un peu partout, on se plaint cette année des dégâts que les sangliers causent aux récoltes. Voici une recette originale pour les éloigner. Elle est due à M. J. Sahy, qui la donne dans le Bulletin de la Société nationale d'acclimatation. Son père ayant planté un champ de pommes de terre à proximité d’un bois, on lui avait prédit la visite de sangliers et la destruction de sa récolte. Mais, dit M. Saby, « un vieux braconnier qu’il employait au jardin lui indiqua le procédé suivant qu’il mit en application et lui permit de récolter toutes ses pommes de terre sans que les sangliers aient osé y toucher.
- « 11 plaça dans son champ qui était assez long, 200 m environ, sur une dizaine de mètres seulement, de vieilles boîtes de conserves vides qu’il enterra presque complètement, à raison d’une tous les 15 ou 20 m et y versa jusqu’au bord un mélange d’eau et d’urine humaine. Au-dessus, il plaça une pierre plate pour éviter une évaporation trop rapide par le soleil.
- « Les sangliers sortant le soir et approchant du champ sentaient l’odeur humaine et se figuraient qu’il y avait à l’emplacement de chaque boîte un homme à l’affût. Ils n’osaient approcher et respectèrent donc les pommes de terre. »
- Ce moyen fut employé, avec le même succès, par une garde-barrière voisine. Et l’on peut en dire, avec M. Saby : « Non breveté, mais très pratique. »
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- LIVRES NOUVEAUX
- Cours de physique de l’école polytechnique,
- (tome I), par Ch. Fabry. 1 vol., 660 pages, 339 fig. Gauthier-Vil-lars, Paris, 1931. Prix : 150 francs.
- Après M. Lafay, M. Ch. Fabry publie les leçons de physique qu’il professe à l’École Polytechnique. Cet enseignement qui comporte 60 leçons réparties sur deux ans est nécessairement d’un caractère assez élémentaire et doit constituer un exposé général, capable de préparer à des études ultérieures plus spécialisées. Le cours de M. Fabry, dont le 1er tome est consacré à la thermodynamique, à l’élasticité, à l’acoustique et à l’électricité, est un précis d'une élégante lucidité. On trouvera dans ce volume l’exposé des lois fondamentales de la thermodynamique et leurs applications à l’étude des changements d’état, à celle des équilibres physico-chimiques et des propriétés des fluides. Un chapitre est consacré à l’importante question de la viscosité des fluides. Après un chapitre traitant de l’élasticité des solides, l’auteur reprend les questions relatives à la chaleur et traite de la conduction calorifique, pour terminer par un rapide exposé de la théorie cinétique des gaz. L’acoustique est traitée très brièvement et sommairement. Pour l’électricité, l’auteur a renoncé à l’ordre classique qui passe de l’électricité statique à l’électricité dynamique. Il part directement du courant, et en définit l’énergie par la chaleur dégagée dans le circuit. C’est le mode d’exposition qui a été adopté dans le programme actuel de baccalauréat. On assure qu’il conduit plus rapidement aux réalités industrielles. Mais il rend plus difficile la compréhension de l’électrostatique à laquelle le développement industriel des tubes à vide donne aujourd’hui une importance de premier ordre.
- Les appVcations des rayons X à l’étude des composés Organiques, par J .-J. Trillat. (Conférence au Conservatoire des Arts et Métiers.) 1 brochure, 12 p., 9 fig. Hermann et Cie, Paris, 1931. Prix : 5 francs.
- L’examen aux rayons X de certains corps organiques, semi-liquides, étendus en couches minces, a révélé chez eux l’existence d’une structure lamellaire analogue à la structure cristalline dans les solides. Le fait est lié à l’orientation des molécules. L’on comprend ainsi que les rayons X offrent, comme le montre M. Trillat, un moyen de déterminer l’architecture moléculaire de ces composés, l’auteur expose les résultats ainsi obtenus pour les acides gras à longue chaîne, les savons, etc., et montre comment la méthode a été appliquée à l’étude des phénomènes d’onctuosité qui jouent un grand rôle dans la lubrification. D’autres problèmes, comme le séchage des peintures, pourront être abordés par une méthode analogue.
- Etude et construction des liqnes aériennes, par
- Ch. Lavanchy. 1 vol. 728 pages, 302 fig. J.-B. Baillière et Cie, Paris, 1932. Prix broché : 110 francs.
- On trouvera dans ce gros ouvrage dû à un ingénieur particulièrement compétent, ancien collaborateur de M. Blondel, tous les éléments nécessaires pour calculer les lignes de transmission électrique, avec le degré de précision répondant aux exigences de la pratique : calcul simple des lignes de basse tension; calcul électrique des lignes basse tension par diverses méthodes; diagrammes, abaques, ou méthodes algébriques; calcul des réseaux de distributions et des courants de court-circuit; choix et essais des isolateurs, détermination des efforts agissant sur les lignes et calcul mécanique des conducteurs; choix, étude et calcul des supports, etc. L’ouvrage se termine par des considérations générales, et par des vues d’ensemble sur l’étude du tracé des lignes et l’exécution des travaux. La grande expérience de l’auteur sur toutes ces questions fait de son livre un guide fort utile pour les ingénieurs spécialisés dans les questions de distribution d’clectricité et de construction de lignes.
- Spelunca Bulletin du Spélêo-Club de France. Montpellier, 16, rue de la République.
- Nous saluons avec plaisir la résurrection de la vaillante revue Spelunca qui, sous la direction de M. E.-A. Martel, fut, de 1895 à 1914, l’organe de la Société de Spéléologie.
- Il est inutile de rappeler ici l’intérêt que présente l’exploration de la France souterraine : intérêt scientifique et pratique de premier ordre, intérêt sportif également; les excursions souterraines, même dans des régions déjà explorées, révèlent des paysages souvent admirables et exigent en tout cas le déploiement de qualités morales et physiques qui en font un exercice passionnant. On sait aussi ce que la salubrité publique doit aux belles explorations de Martel et de ses émules; il est donc de l’intérêt général que les études souterraines, interrompues chez nous par la guerre, reprennent et qu’elles recrutent comme par le passé des adeptes ardents et désintéressés. Le Spéléo-Club de France, fondé dès 1930, à Montpellier, a entrepris immédiatement la publication d’un Bulletin dont voici le premier exemplaire, fort copieux. M. Martel y présente d’intéressantes observations faites de 1919 à
- 1930, sur le gouffre de Padirac, qui a la curieuse propriété d'attirer la foudre. M. É. Fournier, montre comment l’exploration d’une caverne a permis l’alimentation en eau potable et saine des villages de Germon-drans et Blarians, dans le Doubs. M. Norbert Casteret rend compte de son exploration de la rivière souterraine de l’Izaut. M. Louis y commence la publication d’une étude sur le Gard spéléo-archéolo-gique. On y trouve encore les récits d’exploration de la rivière du Liron (Hérault), l’étude des avens de la région du Saint-Loup, puis de la région de Saint-Bauzelle-de-Montmel, et de celle de la montagne de Thaurac (Hérault), par M. de Joly, etc.
- L’huile de bois de Chine, par Pierre Lévy. 1 brochure in-4, 34 p., 14 fig. Office national des Recherches et Inventions, Bel-levue (S.-et-O.), 1931. Prix : 15 francs.
- Un grand effort se manifeste actuellement pour améliorer les peintures : enduits gras et vernis cellulosiques se concurrencent utilement et l’Office des Recherches et Inventions poursuit une vaste enquête et de nombreuses recherches pour définir les qualités de tous les produits nouveaux. Il a été ainsi conduit à étudier l’huile de bois de Chine dont La Nature a déjà parlé (15 octobre 1929). Celle-ci a le mérite de sécher rapidement et de se trouver ou de pouvoir être introduite dans plusieurs régions de notre domaine colonial. Cette monographie réunit tous les renseignements dont on dispose sur les arbres qui la donnent, leur culture, leur production, les propriétés physiques et chimiques de l’huile, les moyens d’analyse, la constitution chimique, le mécanisme du séchage, les applications industrielles, déjà réalisées. C’est dire qu’elle intéresse les producteurs coloniaux autant que les utilisateurs métropolitains.
- Chemistry, Life and Civilisaïicn (A popular account of modem advances in Chemistry), by Hubert T. S. Britton. 1 vol., 24S pages, 66 fig. Chapman et Hall, London, 1931. Prix : cartonné toile, 10 sh. 6.
- Le but de l’auteur est de montrer, en langage simple, accessible à tous, les applications variées et multiples de la chimie dans la vie moderne. Sur ce thème, on pourrait composer une véritable encyclopédie. L’auteur a dû se borner à des aperçus, du reste très suggestifs et souvent très pénétrants. On sent que le livre est fait de conférences populaires réunies en volume. Il fait de l’homme le centre de son sujet : à un très bref résumé des principes fondamentaux de la chimie, et à l’indication de l’objet particulier de la chimie organique et de celui de la chimie minérale, à une nomenclature rapide de quelques produits minéraux utiles, succèdent des chapitres sur la constitution de notre . globe, la chimie du corps humain, celle-ci entremêlée de brèves notions sur certaines industries alimentaires, le moteur humain, les vitamines, les hormones et les anesthésiants, puis le vêtement, la soie artificielle et le papier; ensuite l’agriculture et les engrais, l’industrie des métaux, enfin la production et le transport de l’énergie. Dans ces agréables causeries, bien illustrées, l’auteur a su, sans pédanterie, condenser une très instructive documentation.
- Cil atrisation 't réqénératicn, par Jacques Millot.
- 1 vol. in-16, 204 p., 32 fig. Collection Armand Colin, Paris, 1931. Prix : relié, 12 francs; broché, 10 fr. 50.
- En plus de l’intérêt propre que présentent les phénomènes de régénération, ils prennent une exceptionnelle valeur philosophique du fait qu’ils permettent d’aborder, d’une façon particulièrement fructueuse, beaucoup des grands problèmes de la biologie : l’individualité et la reproduction des organismes, l’action des facteurs externes sur les phénomènes vitaux, la constitution intime des êtres, l’adaptation, etc. Il n’existait jusqu’ici aucune mise au point française sur le sujet. Ce livre, par l’importance et la rigueur de sa documentation, la clarté de sa rédaction, l’objectivité avec laquelle il expose les différents points de vue, développe les théories les plus' diverses, intéressera vivement tous ses lecteurs.
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- I es poissons et le monde vivant des eaux. Etudes ichthyologiques et philosophiques, par le Dr Louis Roule. Tome IV. Les Œufs et les Nids, 1 vol. in-8, 335 p., 54 fig., 16 pl. en couleurs. Delagrave, Paris, 1931. Prix : broché, 42 francs; relié, 70 francs.
- Ce 4e volume du professeur du Muséum décrit les modes si variés de la ponte chez les êtres aquatiques. Depuis le « cannibalisme nécessaire », où les parents s’entretiennent aux dépens de leurs progénitures trop nombreuses, jusqu’à la protection infantile la mieux assurée, toutes les transitions se présentent : œufs flottants, puissance prolifique, amours des lamproies, noces des aloses, nids des épinoches, danse nuptiale des chevaux-marins, et leur singulière couvade paternelle, môles pygmées, sont les titres des chapitres les plus curieux. La présentation qui rappelle celle des œuvres de Fabre, à la même librairie, est fort agréable.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- MÉCANIQUE
- La fabrication des hélices de turbines hydrauliques.
- Les turbines hydrauliques rapides, destinées aux usines à basse chute et à grand débit ont des roues ou hélices formées par quelques pales en acier coulé. Les surfaces sont peu incurvées, mais doivent être aussi lisses que possible; leur forme exige une grande précision afin de limiter au minimum les pertes hydrauliques. On ne peut donc laisser ces pales brutes do fonderie.
- Quand il s’agit d’aubes de petite dimension, on les travaille avec un burin pneumatique et une meule, mais si l’on envisage des turbines modernes de grande puissance, dont les roues atteignent jusqu’à 7 mètres de diamètre ou même plus, il faut des machines spéciales. Ces pièces pèsent d’ailleurs plusieurs tonnes et, en certains endroits, il faut enlever plusieurs centimètres de matière. Comme il s’agit d’un acier très résistant, il faut des moyens mécaniques puissants et rapides.
- On a imaginé aux Ateliers des Charmilles, à Genève, une machine spéciale très intéressante, qui n’est somme toute qu’une machine à reproduire, mais agencée d’une façon curieuse. On part d’un modèle à échelle réduite, dont la surface est géométriquement semblable à celle qu’il s’agit d’obtenir. La pièce et le modèle se déplacent en tournant autour d’un même axe vertical; ils sont de part et d’autre situés sous un bras oscillant dont une extrémité repose sur un pivot, tandis que l’autre glisse sur un support en forme de secteur de 120° d’ouverture.
- Un équipage mobile pouvant se déplacer le long du bras comporte deux cylindres à huile sous pression manœuvrant au moyen des pistons la tige centrale qui porte l’outil. De l’autre côté de l’axe vertical, un bras auxiliaire porte une broche pilote qui s’appuie constamment sur la surface du modèle.
- Les bras de levier et par suite les cames de commande sont dans le même rapport de similitude que les dimensions de la pièce et du modèle. La broche guide commande les deux cylindres du porte-outil par l’intermédiaire d’un relais à huile et d’un tiroir de distribution, de sorte qu’à chaque position de la broche correspond une position déterminée de l’outil.
- Si la broche suit la courbure du modèle dans son mouvement circulaire, l’outil travaille dans la pièce suivant la même courbure pour obtenir la surface désirée.
- Afin de réaliser l’avancement radial simultané du porte-broche et du porte-outil, on commande ces avancements au moyen de deux vis qu’on relie par des engrenages coniques respectant le rapport de similitude. L’avancement est provoqué par un rochet placé en bout, à l’avant du porte-outil, et il peut être réglé suivant la nature du travail à effectuer.
- Un moteur entraîne le bras oscillant au moyen d’un pignon et d’une crémaillère circulaire fixée au secteur; la commande se fait par transmission hydraulique.
- Lorsque l’outil arrive à fin de course, c’est-à-dire lorsqu’il quitte l’extrémité de la surface à usiner, une autre came commande automatiquement la diminution du débit d’huile de la pompe et, par suite, ralentit et arrête le moteur, puis provoque son départ en sens inverse.
- L’avancement automatique est obtenu par une autre commande qui agit sur le rochet.
- Sur la tête du porte-outil, il y a deux outils qui basculent autour d’un axe radial et qui se substituent l’un à l’autre à chaque fin de course, de sorte kque les deux courses de
- la machine, l’aller et le retour, sont utilisées pour du travail.
- Tous les mouvements se font d’une manière automatique, et l’on peut travailler facilement sur des surépaisseurs de fonderie très différentes d’une aube à l’autre, même d’un endroit à l’autre sur une même pièce. La régularité des commandes de butée permet naturellement de régler la course dans les deux sens à une valeur quelconque. Cela donne la possibilité, par exemple, pour des surépaisseurs exceptionnellement importantes, d’égaliser d’abord aux points voulus la surface d’une manière suffisante, pour autoriser ensuite à prendre de longues passes régulières.
- Cette machine détache, sur des pièces d’acier coulé à 3 pour 100 de nickel, des copeaux réguliers de 40 mm2 environ. Elle usine aussi facilement les bords cylindriques extérieurs de l’aube, le plateau sphérique voisin du tourillon et les joues de raccordement aux faces de l’aube. Enfin, elle a 1 avantage d’occuper une place relativement restreinte, si on la compare
- à celle qu’exige un tour vertical pour effectuer les mêmes opérations. E. Weiss.
- PHYSIQUE
- Le radium pour l'examen interne des métaux.
- Le radium émet en permanence, on le sait, un rayonnement complexe associé aux divers stades de sa désintégration : ce rayonnement se compose de projections de particules accompagnées d’une émission d’ondes électromagnétiques : rayons a ou projection d’atomes d’hélium à double charge positive; rayons [3 ou projection d’électrons, et enfin rayons y qui ne sout autre chose que des rayons X. de très courte longueur d’onde et de très grande pénétration.
- Les applications pratiques du radium ont été ju&qu’ici presque exclusivement d’ordre médical. En voici une nouvelle, de caractère industriel, et qui paraît susceptible de prendre une grande importance. Elle repose sur l’emploi des rayons y pour l’examen interne des métaux. Les rayons y du radium, en effet, sont beaucoup plus pénétrants que les plus pénétrants
- Fig. 1. — La machine à fabriquer les hélices de turbines.
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- dos rayons X que nous sachions aujourd’hui produire artificiellement.
- ]>s rayons X sont employés depuis longtemps déjà pour l’examen interne des métaux et rendent d’inappréciables services, soit pour révéler les détails intimes de l’architecture cristalline, soit dans les applications usuelles pour déceler des défauts internes, indiscernables par d’autres méthodes d’investigation. Dans cet ordre d’idées, l’examen aux rayons X est très employé aujourd’hui pour l’étude des moulages d’acier et des soudures; il rend, dans la pratique journalière, des services signales. 11 a provoqué en outre des progrès techniques notables.
- Mais l’appareillage exigé pour la mise en œuvre des rayons X, est complexe, encombrant, peu maniable et difficilement transportable. Au lieu de ces lampes lourdes et fragiles reliées à un dangereux matériel électrique à haute tension, combien plus séduisant apparaît l’emploi d’une minuscule fraction de radium, que l’on déplacerait aisément le long des régions à explorer. Au lieu d’être obligé d’amener la pièce à étudier devant l'appareil radiographique, c’est le matériel d’exploration, réduit à une petite capsule dans un étui métallique et à un châssis métallique, que l’on amène à la pièce en instance d’examen. A ce précieux avantage s'ajoute celui d'une pénétration beaucoup plus marquée que pour les rayons X; avec, ceux-ci, actuellement, on ne peut guère explorer des épaisseurs d’acier supérieures à 75 mm. Avec les rayons y on peut aborder des épaisseurs bien supérieures, ou à épaisseur égale, réduire considérablement, les temps de pose.
- Ces avantages considérables ont incité la marine américaine à procéder, dans son laboratoire de recherches de Bellevue, à des investigations approfondies sur l’emploi des rayons y dans l’étude interne des aciers. Ces recherches ont confirmé le haut intérêt de la méthode et permis de'préciser les modalités de sa mise en œuvre. M. R. Mehl, chef de la section de métallurgie de ce laboratoire a présenté récemment à ce sujet à VAmerican Society oj Naval Engineers un mémoire dont le Bulletin techn ique du Bureau Veritas vient de publier un résumé. Outre les avantages sur la radiographie ordinaire ci-dessus indiqués, la radiographie aux rayons y, du fait de la faible longueur d’onde de ceux-ci, s’accommode de moindres précautions contre le voile des photographies et d’une détermination moins stricte du temps de pose dans le cas de pièces complexes. On a pu, au laboratoire américain, obtenir des radiographies correctes, à travers des épaisseurs d’acier allant jusqu’à 152 millimètres. La quantité de radium à mettre en œuvre dépend dans chaque cas de la distance de la source à la pièce à étudier et du temps accordé à l’exposition. Pour des temps de pose de 15 heures (permettant d’effectuer une radiographie en une nuit), il faut par exemple à 305 mm de la pièce, 5 gr 3 de radium jiour une épaisseur de 25 mm d’acier, 12 gr 6 de radium pour 51 mm, 29 gr 3 pour 76 mm, et 296 gr 5 pour 313 mm. Si la source radioactive est à 752 mm, de la pièce explorée, il faut 33 gr 3 de radium pour une épaisseur de 25 mm d'acier, 78 gr 5 pour 51 mm; 183 gr 3 pour 76 mm et 1852 gr pour 152 mm.
- On voit que la quantité de radium à mettre en œuvre augmente beaucoup lorsqu’on écarte la source; par contre, on a alors l’avantage d’obtenir une photographie plus fidèle, en raison de la moindre divergence des rayons.
- Notons encore un autre avantage des rayons y; tandis que les rayons X ne sont produits qu’en un faisceau assez étroit, le radium rayonne également dans toutes les directions : on peut donc prendre simultanément plusieurs radiographies aux rayons y.
- M. Mehl signale que dans un cas favorable, une cinquantaine de clichés ont été obtenus en même temps. Cette facilité
- comjjense l’inconvénient du temps de pose plus long dans le cas des rayons y que dans celui des rayons X.
- Devant l’intérêt évident que. présente l’examen radiographique par les rayons y, la marine américaine a conquis qu’il ne, fallait pas confiner' celte méthode au laboratoire d’études. Elle a décidé de mettre du radium à la disposition,de ses arsenaux de la côte orientale. Un stock de 500 milligrammes divisé en 3 parties est conservé au Laboratoire de Recherches de la Marine qui, suivant les besoins, en adresse aux différents arsenaux ou l’utilise pour ses propres besoins.
- Nous croyons savoir que de son côté, la Marine nationale française se préoccupe d’expérimenter le procédé en particulier pour l’étude des soudures. Le pays qui a vu naître le radium et qui bénéficie encore de l’enseignement de Mme Curie se doit de ne pas se laisser devancer dans les applications de la précieuse substance.
- OPTIQUE
- Les verres dits de contact.
- Depuis le début du xxi® siècle, les vices de réfraction de l’œil se corrigent au moyen de verres, autrement dit par des lunettes. Hypermétropie, myopie, astigmatisme, presbytie peuvent ainsi être facilement neutralisées et l’acuité visuelle, si l’œil est jiar ailleurs normal, se trouve ramenée à l’unité.
- Les verres correcteurs ont été sans cesse améliorés au cours des siècles et surtout au cours des dernières années, et les lunettes dites modernes à verres cambrés et surfacés dans des matières plus parfaites, réalisent certainement un grand progrès.
- Mais les chercheurs ne se sont pas tenus pour satisfaits et, désireux de supprimer la lunette sans en supprimer les effets, ils ont proposé les verres de contact.
- Le verre de contact est une coque de verre épousant exactement la forme du globe de l’œil et que l’on rajoute par-dessus la cornée entre les j)auj)ières. Cette coque est calculée de telle façon que sa courbure ramène le système optique de l’œil à l’emmétropie. Les avantages sont, outre le point de vue esthétique qui n’est pas négligeable, les bons résultats obtenus grâce à une correction mobile avec les mouvements de l’œil, au contact même du globe : ceci est surtout important pour les amétropies élevées.
- De récentes publications médicales et des présentations de patients dans des congrès ont permis de se rendre compte que cette méthode n’était pas une simple vue de l’esprit et que certains malades pouvaient bénéficier de ce procédé de correction.
- Ce sont surtout les astigmies fortes et les kératoeones, c’est-à-dire les déformations de la cornée empêchant complètement la vision que l’on pourra tenter de corriger ainsi. j
- Toutefois, il est nécessaire de bien se rendre compte des conditions dans lesquelles le port de ces verres peut être, réalisé.
- L’application nécessite, surtout au début, une anesthésie par instillation de gouttes de cocaïne ou de butelline; un liquide aseptique doit être introduit entre la coque de verre et la cornée, cette lentille liquide jouant un rôle imjmrtant dans la correction cherchée. C’est dire que l’application est toujours un peu délicate et doit être faite au début, au moins, par le médecin. Il est également très important que la position: de la coque, même si son rayon de courbure et ses dimensions ont été très soigneusement étudiés, soit parfaitement exacte, tout contact direct entre le verre et la cornée donnant des douleurs telles que la coque ' devrait être immédiatement enlevée.
- Enfin, même quand tout a été très soigneusement fait, le
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- Fig. 1. —; Quelques verres de conlacl ^Société Optica).
- verre sauf exception ue peut pas être toléré très longtemps, exceptionnellement une journée entière.
- Bref il s’agit là dhine méthode déjà ancienne, mais reprise avec des données et des instruments nouveaux, méthode très séduisante, mais pas toujours exempte de dangers (elle a donné lieu à de graves ulcérations de la cornée) et qui ne peut pas être considérée comme un moyen actuellement pratique de remplacer... nos vieilles lunettes.
- Dr Merigot de Treignv.
- AVIATION
- De Hanoï à Paris, en 76 heures.
- Un grand voyage aérien, magnifique de sûreté et de rapidité, vient d’être accompli par les aviateurs Codos et Robida, à bord d’un avion Breguet 330 mû par moteur Hispano de 650 ch.
- Le jeudi 21 janvier à 6 h. 40 (heure locale — 20 janvier 23 h. 40 à Paris), Codos et Robida s’envolaient à Hanoï; à 16 h. 46 (10 h. 53 à Paris), ils font escale à Calcutta après une étape de 1860 km, reprennent l’air à 19 h. 38, survolent l’Inde de nuit et atterrissent le 22 janvier à 8 h. 05 (2 h. 35 à Paris), à Karachi, ayant franchi 4120 km en 26 h. 55. Arrêt de 3 heures; ravitaillements et départ à 11 h. 15. Arrivée à Bassorah à 21 h. et nouvel arrêt de 2 h. 30. Malgré un temps très dur au-dessus des montagnes d’Asie Mineure, les aviateurs franchirent d’une seule traite en quatorze heures la distance de Bassorah à Athènes, où l’arrivée s’effectua le samedi 23 janvier à 12 h. 20 (10 h. 20 à Parisp
- L’équipage ne stationne qu’une heure dans la capitale grecque pour y prendre un ravitaillement partiel en essence: nouvelle escale de courte durée à-Rome, puis atterrissage à 22 h. 11 à Marseille-Marignane. A 23 h. 55, les courageux et endurants pilotes entreprenaient leur dernière étape pour venir se poser au Bourget à 3 h. 50 du matin, ayant ainsi franchi, en 3 jours 4 heures et 10 minutes, les 11 000 kilomètres
- Fig. 1. — Le Breguet tout acier de Codos et Robida. (Phot. Roi.)
- qui séparent Hanoï de la métropole, à la vitesse moyenne de 172 km à l’heure, et gagnant 32 heures sur le précédent record de Costes et Bellonte, qui naguère effectuèrent le même parcours à bord du Point d’Interrogation en 108 heures
- Le voyage d’aller de Paris à Hanoï s’était effectué, par vols de jour seulement, en 7 jours, 9 heures et 50 minutes, du 4 au 11 janvier. C’était déjà un très beau résultat.
- Un planeur remorqué par avion.
- Le capitaine Rémy et le pilote Abrial ont réussi récemment. sur le terrain d’Etampes, à assurer le départ d’un planeur, sans moteur, remorqué par un avion, en l’espèce un Caudron-60.
- Voici quelques détails, d’après les « Ailes », sur cette intéressante expérience qui jamais encore n’avait été tentée en France.
- Le dispositif de remorquage consiste en un long tube, monté sur l’avion. Partant du plan supérieur, il aboutit au delà des empennages. Une sauterelle de retenue du câble termine le tube; elle peut être commandée par le pilote de l’avion.
- Un câble d’acier de 3 mm de diamètre, de 150 m de long, réunit l’avion au planeur. L’attache sur le planeur se l'ait également par une sauterelle commandée par le pilote, car celui-ci doit se détacher le premier, le pilote de l’avion larguant à son tour le câble, sur le terrain, avant d’atterrir.
- Le planeur était un planeur allemand, acheté spécialement pour ces expériences : 18 m d’envergure, 21 m d’allongement, 15, 5 m2 de surface portante.
- Après des essais réussis sur le terrain d’Etampes, le « train aérien » entreprit le 16 janvier, par un fort beau temps, un véritable voyage. Le capitaine Remv pilotant l’avion, et Abriol le planeur, ils se dirigèrent sur Paris qu’ils survolèrent à la hauteur réglementaire en doublant la Tour Eiffel; ils passèrent sur Sèvres et Saint-Cyr. Le planeur fut détaché au-dessus du château de Versailles et après un magnifique vol plané d’une demi-heure, vint atterrir normalement sur le terrain de Villacoublay.
- CHIMIE INDUSTRIELLE Un nouveau caoutchouc artificiel.
- La revue « Scientifîc American » annonce que la puissante société chimique américaine Du Pont de Nemours a créé un nouveau procédé industriel de synthèse du caoutchouc. Ce caoutchouc artificiel, qui aurait à certains égards des qualités supérieures à celles du caoutchouc naturel, n’exigerait comme matières premières que du charbon, du sel, de la chaux, et de l’eau. Une usine est en construction pour la mise en exploitation du procédé. On ne compte pas du reste, au moment où le caoutchouc naturel est à un prix extraordinairement bas, modifier les conditions économiques du marché de cette matière ni supplanter le caoutchouc de plantation. L’usine nouvelle aurait donc surtout, semble-t-il, un caractère expérimental, et son principal intérêt actuel est de démontrer la possibilité, pour les Etats-Unis, d’assurer, le cas échéant, par leurs propres moyens leur ravitaillement en caoutchouc.
- PHYSIQUE DU GLOBE Le tremblement de terre de Santiago de Cuba.
- La ville de Santiago de Cuba, port important sur la côte sud de la grande île des Antilles, a été frappée, le 3 février, par une terrible catastrophe sismique. Le premier choc s’est produit à 1 h 15 du matin; deux autres chocs se sont produits entre 1 h 15 et 1 h 30; une dernière secousse serait survenue à 5 h du matin. On a à déplorer 12 morts et 300 blessés; les édifices de la ville ont gravement souffert. La plupart des
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- habitations sont des maisons basses, d’un étage; cette circonstance a fort heureusement limité les conséquences du désastre. Santiago est la ville la plus considérable de l’île de Cuba, après la capitale, La Havane; elle compte 50 000 habitants environ. Assise aux bords d’une baie magnifique, elle est un point important. Elle est, ainsi que la contrée environnante, fréquemment éprouvée par les tremblements de terre : on peut citer ceux de 1675, 1679, 1766, 1852 et septembre et octobre 1887. Elle le doit sans doute à sa situation sur la rive septentrionale abrupte d’une, grande et profonde fosse marine, la fosse de Bartlett. Les bords méridionaux de cette fosse, en pente plus douce, sont occupés par l’île de la Jamaïque et par celle de Haïti, régions fréquemment secouées elles aussi par les séismes. A. T.
- MARINE
- La perte du sous=marin anglais M.,.
- Le sous-marin britannique A/2 a coulé brusquement le 26 janvier, à 10 h 30 du matin au cours d’exercices auxquels
- La population des colonies et dépendances s’élève à 14 millions d’habitants environ, dont 12 millions pour les Iles Philippines, 1 500 000 pour Porto-Rico
- Cinq villes en 1930 accusent plus de 1 million d’habitants: New York : 6 930 446 (contre 5.620 000 en 1920), Chicago :
- 3 376 438 (contre 2 701 705), Philadelphie : 1 950 961 (contre 1 823 779), Detroit: 1 568 662 (contre 993 678), Los Angeles;
- 1 238 048 (contre 576 673).
- On compte 93fàéfcf villes ayant plus de 100 000 habitants.~
- DO-
- MINES
- Potasse et magnésie en Abyssinie.
- Depuis quelques années une sorte de fièvre semble s’être emparéedes prospecteurs de tous pays pour découvrir de nouveaux gisements potassiques, elle ressemble fortement à celle qui pousse les chercheurs vers de nouvelles sources de pétrole et rappelle quelque peu les ruées périodiques vers l’or, des temps passés.
- Parmi les découvertes importantes nous signalerons celle
- Fig. 1. — Le sous-marin anglais M., photographié au moment où. il lâ^he son hydravion. (Ph. Keystone.)
- il prenait part avec d’autres submersibles au large de Port-land. Malgré les recherches immédiatement entreprises, il a été impossible de localiser l’épave et de tenter quoi que ce soit pour sauver les victimes. Cette catastrophe a entraîné la perte de 68 officiers et marins. Le entré en service en 1920, déplaçait 1450 tonnes; il était armé d’un canon de 76 et de 4 tubes lance-torpilles de 457. Mû en surface par 4 moteurs Diesel-Vickers de 2600 chevaux, il pouvait atteindre une vitesse de 15 nœuds. Il avait été aménagé pour recevoir un petit hydravion. Il faut rappeler que le frère du 3/5, le sous-marin Mv a lui-même disparu en 1925 au cours de manœuvres causant la mort des 68 hommes de son équipage.
- STATISTIQUE
- La population des États=Unis d’Amérique.
- D’après le recensement du 1er avril 1930, les États=Unis (non compris l’Alaska) comptent à cette date 122 775 046 habitants contre 105 710 620 en 1920; la densité de la population par kilomètre carré est actuellement de 15,9.
- faite en Abyssinie quoique le moment de sa mise en œuvre ne soit pas encore venu. Il s’agit du gisement de Dallol, situé à une dizaine de kilomètres environ de la frontière de l’Erythrée italienne.
- C’est en quelque sorte une véritable montagne de sel formant île au milieu d’un lac salé continuellement alimenté par des sources thermales. De nombreux prélèvements soutins aux analyses ont donné la moyenne suivante :
- Chlorure de potassium (KC1)................... 69 60 %
- Chlorure de magnésium (MgCl2)................. 10 60 %
- Chlorure de sodium (NaCl)...................... 7 40 %
- Chlorure de calcium (CaCl2).................... 0 20 %
- Sulfate de potassium (K'Sü4).................. 0 20 %
- Brome.......................................... 0 40 %
- Eau.............'........................... 8 40 %
- Insoluble (proprement oxyde ferrique). ..... 3 20 %
- Le tonnage d’une telle roche serait énorme: on voit de suite avec les teneurs ci-dessus quelle source sérieuse de potasse, de magnésie et de brome cette île de Dallol pourrait devenir par une exploitation et une organisation rationnelles.
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- PETITES INVENTIONS
- PHYSIQUE
- Un analyseur optique transportable.
- Un dispositif optique transportable permettant dans de nombreux cas, sans analyse chimique, de déterminer la nature et la composition des matières, tel est l’appareil récemment imaginé par M. Alexandre Callo, physicien à Berlin-Nicolasse.
- Replié pour le transport, c’est une petite boîte toute plate; ouverte pour fonctionner, elle se convertit en un appareil qui ressemble quelque peu à un stéréoscope.
- La lumière du jour, entrant à travers une fenêtre en verre spécial, y est absorbée presque complètement, à l'exception des rayons ultra-violets, qui peuvent passer librement.
- On sait depuis longtemps, que les rayons ultra-violets, invisibles eux-mêmes et ne se manifestant que par une fluo-
- Fig. 1.— Utilisation de l'analyseur optique Ir ans portable.
- rescence excitée, révèlent la nature intime des matières par la •couleur de cette dernière. Une lampe en quartz, à arc de mercure, émettant un fort rayonnement ultra-violet, peut, par conséquent, se substituer, dans bien des cas, à l’analyse chimique. Mais cette lampe est trop lourde pour être d’un déplacement facile, M. Callo eut donc l’idée d’emprunter les rayons efficaces à la lumière du jour, grâce à un verre spécial dont il finit par trouver la formule et qui, justement, entre dans la construction du Callophane. En comparant, dans ce petit appareil, diverses sortes de papier, ou de fibres textiles, on voit chacune s’éclairer d’une fluorescence caractéristique, mettant en évidence sa nature et sa composition 11 en est de même des taches d’encre, de sang, etc., des traits de crayon, des matières alimentaires; aussi l’emploi du Callophane sera-t-il tout indiqué dans la lutte avec les criminels.
- Inventeur : Alexandre Callo, à Berlin-Nicolasse (15, Alleman-nenstrasse).
- Fig. 2. — La dactylographie musicale.
- La dactylographie musicale.
- On n’a, jusqu’ici, fait que peu de progrès dans l’impression et même dans l’écriture de la musique. Tandis que les procédés d’imprimerie et la reproduction des écritures allaient sans cesse en se perfectionnant, la reproduction typographique et dactylographique de la musique en est restée toujours au même point qu’autrefois. Les tentatives faites pour construire une machine à écrire la musique se heurtaient notamment à la difficulté de réaliser la combinaison voulue entre les notes et les signes musicaux, d’une part, les lignes de la portée, d’autre part. On a voulu tourner cette difficulté, en se servant de feuilles de musique imprimées (ou en écrivant, d’abord, au moyen d’une touche ad hoc, les lignes de la portée), quitte à ajouter notes et signes dans les intervalles voulus. Mais ce procédé était difficile et exigeait une attention trop tendue. Aussi, les machines basées sur ce principe ont-elles été vite abandonnées.
- La machine à écrire la musique, inventée par M. Gustave Rundstatler, ingénieur à Francfort-sur-Mein, fonctionne sur un principe nettement différent. Extérieurement, elle ressemble parfaitement à une machine à écrire normale, si ce n’est que le clavier ordinaire est remplacé par un clavier spécial et que le chariot, au lieu d’avancer chaque fois qu’on a frappé une touche, s’arrête jusqu’à ce que l’ensemble des notes et signes ait été dactylographié. L’ajustage difficile des signes par rapport à la portée est évité, grâce à la jonction organique de chaque note avec la partie correspondante de la portée. Cette dernière se compose automatiquement, en joignant les notes et les signes, les unes aux autres, sur le papier vierge de toute impression. Les notes s’écrivent avec la même faci-
- Fig. 3. — Échantillon de musique dactylographiée.
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- lité, la même rapidité et la même assimuice qu’elles se jouent sur le clavier d’un piano. Le copiste ne se fatigue à aucun moment et la feuille de musique dactylographiée est tout aussi nette et claire qu’une feuille typographiée.
- HYGIÈNE
- Un nouvel inhalateur : l’Oléogazeur.
- Si les inhalations sont un remède très employé contre nombre d’affections des voies respiratoires, leur efficacité dépend d’un certain nombre de conditions.
- L’oléogazeur, invention récente de M. Noirot-Nerin, est un inhalateur d’une ingénieuse simplicité, qui résout parfaitement le problème. Il dégage un véritable gaz, exempt de vapeur d’eau, provenant de la volatilisation d’un liquide à base d’huiles essentielles et d’essences, qui reste d’une composition strictement constante et offre au cours de toute l’opération une entière homogénéité.
- Cet appareil se différencie des systèmes à ébullition dans
- Fig, 1. — L’oléogazeur.
- lesquels le liquide est soumis à un chauffage progressif, entraînant la vaporisation successive des divers éléments. L’oléogazeur, au contraire, volatilise simultanément tous ceux du liquide oléo-gaz.
- Les gaz, projetés par l’appareil, pénètrent aisément dans les replis des muqueuses bronchiques et alvéolaires, déposant au siège même du mal leurs essences bactéricides : goménol, eucalyptol, cajput, cannelle, thymol, etc. De plus, les molécules grasses que contient le produit viennent tapisser les muqueuses respiratoires et jouer un rôle thérapeutique actif.
- L’appareil se compose essentiellement d’un tube en acier coudé, maintenu dans une boîte métallique qui sert également de couvercle à un petit réchaud à Méta.
- Cette boîte ainsi que le réchaud reposent tous deux sur un socle commun.
- Les deux hanches de la pipe sont de longueur inégale. La plus courte, la pipe, est fermée à sa partie supérieure et est verticale. La plus longue, inclinée à 45° sur l’horizontale, est
- fermée par un bouchon à vis, portant en son centre le dispositif d’émission du nuage. Ce tube reçoit le liquide à vaporiser : pour le remplissage, on dévisse le bouchon, on dégage l’appareil de son socle et on le place de façon que la grande branche soit verticale; on verse alors la dose prévue pour une inhalation, soit 6 cm3 de liquide. Celui-ci se rassemble dans le bas de la partie coudée. Il ne reste plus qu’à revisser le bouchon après s’être assuré que l’orifice de vaporisation n’est pas obstrué, à enflammer le Méta et à replacer l’appareil sur son socle.
- La flamme chauffe d’abord une partie de la grande branche où ne se trouve pas de liquide et la porte rapidement à une température élevée. La chaleur se transmet a la pipe par conductibilité; du gaz se dégage peu à peu du liquide, se rassemble au sommet de la pipe, s’échauffe et repousse le liquide dans la branche inclinée : vient un moment où celui-ci atteint la région du tube qui est à température élevée, supérieure au point d’ébullition de tous les produits composant le liquide; ceux-ci sont donc vaporisés simultanément.
- La gazéification commence trois minutes après l’allumage et dure ensuite cinq à six minutes.
- En vente dans toutes les pharmacies.
- Administration : 122, rue du Faubourg-Saint-Martin.
- ÉLECTRICITÉ Contre le ronflement.
- Le ronflement est une infirmité bien désagréable... pour les autres. On ne lui connaît guère, croyons-nous, de remède pratique.
- En voici un, proposé par un inventeur anglais, M. Rundle,
- O O O O O
- MVJI
- Fig. 3. — Coupe de l’oléogazeur.
- 38, Shellons Street, Folkestone (Kent). Nous ignorons ce qu’il vaut dans la pratique, mais il est assez curieux pour être signalé.
- orifice
- Fig. 2. — Pour remplir l’oléogazeur.
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- Le dispositif comporte un microphone, sensible seulement aux sons de basse fréquence du ronflement, ce microphone est inséré dans un circuit électrique qui commande un organe susceptible d’agir sur le corps du ronfleur : par exemple un électro-aimant portant une pointe est fixé à un bracelet autour du poignet du dormeur : si celui-ci se met à ronfler, le microphone ferme le circuit électrique, la pointe vient piquer et réveiller le ronfleur, qui pour quelques instants au moins sera réduit au silence. Chaque infraction étant suivie ainsi d’un immédiat rappel à l’ordre, il est à présumer que le malade finira par se guérir de son infirmité.
- On peut imaginer sur ce même principe d’autres moyens d’intervention : l’inventeur a prévu par exemple la mise en action d’une bobine d’induction médicale qui produira des
- Fig. 1. — Les différents emplois de la labié de cuisine.
- 1. Table de salle à manger. — 2. Bac à laver. — 3. Table de cuisine. — 4. Baignoire pour enfant. — 5. Lavoir fractionné. — 6. Baignoire pour grande personne.
- chatouillements désagréables, il envisage même l’installation d’un appareil enregistreur de ronflement associé au microphone.
- OBJETS UTILES
- Table de cuisine à usages multiples.
- Cette table de cuisine originale peut être transformée rapidement pour servir à de nombreux usages. Le bâti est en fers en U et en cornières soudés à l’autogène, d’une grande résistance et d’un poids de 12 à 16 kg suivant la dimension. Ce bâti est recouvert d’une peinture laquée, de sorte qu’il est d’un entretien facile.
- Sur le bâti, on peut d’abord agencer une table très facilement, ensuite on peut également y disposer un bac à laver per-
- mettant les grandes lessives, avec une quantité d’eau supérieure au baquet de lavoir, ce qui est une chose appréciable dans les ménages. Enfin, on peut l’utiliser comme baignoire qui se loge naturellement dans le bâti.
- Le bac à laver qui constitue la baignoire a une forme rationnelle, et il est combiné de manière à ne pas gêner les genoux pendant les repas. Il arrive à une hauteur normale pour laver, une butée inférieure évitant à la planche de glisser. Enfin, la bonde de vidange est dégagée facilement, et on peut glisser sous elle un seau pour l’écoulement de l’eau.
- Ce bac-baignoire est muni de pieds larges et solides qui permettent de le poser à terre, tout en lui assurant une stabilité parfaite.
- La transformation en table est facile : il suffit de poser sur le bâti, le plateau de bois qui se fixe instantanément et d’une façon parfaite. C’est là une solution très intéressante, surtout pour les appartements de dimensions restreintes comme c’est trop souvent le cas aujourd’hui.
- En vente chez Lebailly, 7, rue Lesault, à Pantin.
- Égouttoir à vaisselle « Kiôtlô ».
- Alors que l’on cherche de plus en plus à faciliter et même à agrémenter les travaux du ménage, on constate que trop souvent il manque à la cuisine de nos ménagères un article d’un emploi cependant indispensable : un égouttoir, du moins pratique, peu encombrant et de bonne fabrication.
- Il faut reconnaître que si la vaisselle était bien, égouttée, le travail d’essuyage en serait d’autant facilité et également plus agréable à la ménagère, tout en économisant le linge, même la vaisselle, en évitant la casse par glissement ou par choc sur l’évier.
- L’égouttoir « Kiôtlô », construit en hêtre, se compose d’une raquette et d’appuis-supports articulés à ses extrémités (fig. 1, 2). -
- La raquette est formée par deux barres parallèles assemblées avec de petits bâtons ronds de 10 mm environ de diamètre, distants par des intervalles réguliers dans lesquels les assiettes sont posées en prenant appui contre les supports mobiles placés à l’une ou à l’autre des extrémités, selon les modèles.
- Ceux-ci sont au nombre de trois : un petit, à un seul appui, pour 12 assiettes; un moyen, à un appui, à chaque extrémité, pour 18 assiettes; enfin un grand, ayant en plus des appuis-supports intermédiaires, et pouvant convenir pour les grandes cuisines de restaurants, pensions, etc.
- Après l’usage de l’égouttoir, les appuis des extrémités sont rabattus sur la raquette et, pour le grand modèle, les appuis intermédiaires enlevés, ce qui permet de ranger facilement l’appareil, son encombrement étant très faible : 0 m 32 X 0 m 22 X 0 m 05 pour le petit modèle; 0 m 47 X 0m 22 X 0 m 05 pour le moyen.
- La conception du ^ig. 2. L’êgoulloir plié.
- « Kiôtlô » est donc bien pratique.
- Fabricant: M. J. Picot, industriel à Gerbe-viller (M.-et-M.).
- Fig. 1. — Égouttoir Kiôtlô.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Gustave Le Bon, fonctionnaire.
- Un de nos lecteurs de Nantes s’étonne qu’aucune des notices nécrologiques consacrées à Gustave Le Bon, celle de La Nature en particulier, n’ait tait allusion à la carrière de fonctionnaire de cet éminent écrivain.
- « Gustave Le Bon, nous dit-il, est entré dans l’Administration des Contributions indirectes en qualité de surnuméraire au Blanc (Indre), le 2 juillet 1860 et il a poursuivi brillamment sa carrière dans cette administration jusqu’au 30 avril 1907. date à laquelle il a été retraité en qualité de receveur sédentaire des Contributions indirectes, à La Chaussée-d’Antin, Paris ».
- Le Bon a donc été fonctionnaire pendant 47 ans. Ses occupations administratives n’ont pas nui à sa production intellectuelle. D’autres écrivains, d’autres philosophes ont appartenu comme Le Bon à des administrations publiques. Mais bien peu, croyons-nous, ont pu comme lui, mener parallèlement avec un égal succès, deux carrières aussi différentes.
- A propos des taches de goudron (n° 2873, p. 93) M. G. Kinnaer nous écrit :
- A propos de l’entrefilet : « Taches de goudron », paru dans le n° 2873, 15 janvier 1932, les réflexions de votre lecteur m’enhardissent à conseiller comme dégoudronnant:
- Le sulfure de carbone, auquel ne résiste aucun goudron, frais ou vieux.
- Ce produit m’a été révélé par l’usage très répandu qu’en font les vieux conducteurs professionnels anglais, et cela, bien avant qu’il existât un dégoudronnant quelconque.
- Le sulfure de carbone a les seuls désagréments : l°de sentir mauvais, 2° d’étre très inflammable.
- Son emploi est réservé aux seules peintures cellulosiques genre Duco, à l’exclusion de toutes peintures vernies au pinceau.
- Son prix très modique de 6 fr. le demi-litre environ, (toutes pharmacies) est un avantage de plus.
- A propos des auto=routes.
- Nous recevons, à ce sujet, la lettre suivante de M. Pozzi-Escot, ingénieur-chimiste et professeur à Lima (Pérou) :
- « Vous informez vos lecteurs (p. 473, n° 2869 : les auto-routes), qu’on construit môme des auto-routes au Pérou et qu’entre Lima et Iluacho nous en avons une. L’information ne peut avoir aucune source sérieuse.
- Entre Lima et Huaclio, on termine — construite par un de mes élèves-— une route camionnable, formée d’immenses étendues en plein sable, où l’auto s’enfonce jusqu’aux essieux, sauf si elle est munie de pneus ballons dégonflés, où l’on arrive à peine à faire du 30 km à l’heure; on dit route parce que dans les bas contreforts des Andes, ont été ouvertes des brèches à la dynamite pour permettre l'accès des pampas sableuses où le chemin est marqué par le passage des voitures elles-mêmes : est-ce la une auto-route ou une route pour auto ? »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Comment on obtient un sulfure de zinc phospho= rescent.
- Pour que le sulfure de zinc soit phosphorescent il faut qu’il contienne une certaine proportion d’un métal lourd en particulier du cuivre dans des limites assez étroites 0,00 001 à 0,001 au-dessus et au-dessous, il n’y a pas phosphorescence.
- D’après les travaux de Josef Einig(Chemilter Zeitung 55-1921, p. 31 et Revue de chimie industrielle n° 470, février 1931, p. 50) la façon la plus convenable d’obtenir un sulfure de zinc phosphorescent est de préparer d’abord un sulfure de zinc pur puis de lui ajouter la quantité exactement dosée du métal activant.
- L’auteur conseille de préparer le sulfure de zinc par précipitation du sulfate de zinc par l’hydrogène sulfuré (7 parties de ZnSO\ 7H-G dans 100 parties de solution) à la température de 50°C« en s’assurant que ladite solution est neutre, ce qui donne un sulfure se lavant bien.
- N. B. — Avant précipitation on ajoute un peu de sulfure de sodium pour séparer les métaux lourds qui peuvent être présents et on filtre.
- Le sulfure de zinc une fois; obtenu est enfin calciné et on y ajoute la proportion voulue de cuivre ainsi qu’il est indiqué ci-dessus.
- Cette méthode donne, paraît-il, un produit à phosphorescence supérieure à celle donnée par addition de substances radioactives, ainsi qu’on le fait habituellement, en ajoutant 0,4 milligrammes de bromure de radium par gramme de sulfure de zinc.
- Réponse à S. A. à Poitiers..
- Obtention des gelées de raisins.
- Les considérations scientifiques actuelles nous montrent que, par suite de la présence d’éléments encore mal connus et que l’on a qualifiés « vitamines », la consommation de ce qui a été organisé et a possédé la faculté de «vivre », est susceptible d’activer et entretenir le phénomène de la vie.
- Mais il faut pour cela, que cette « vitalité » latente ne soit pas détruite et l’on constate que la cuisson aux environs de 100'’, telle qu’on la pratique habituellement, fait perdre des propriétés aussi précieuses, c’est pourquoi on conseille l’absorption de légumes ou fruits crus, salades, oranges, sans oublier la viande crue" employée depuis longtemps.
- Le commerce à naturellement suivi le mouvement et nombreuses sont aujourd hui les préparations qualifiées de « vitaminées », parmi celles-ci, les gelées de raisins frais se présentent avantageusement en permettant de faire « la cure du raisin » en toutes saisons.
- Voici d’après l’un des brevets pris de quelle manière on peut opérer :
- Les moûts de raisins sont concentrés à basse température, ce qui a pour effet d’arrêter la fermentation et d’élever le taux de sucre puis on additionne de matières pectiques, soit à chaud, soit à froid et on relève au besoin le taux de sucre pour assurer une bonne conservation. (Brevet Paul-Charles Lemale Br. fr. 709 446 du 15-4 1930, publié le 6-8 1931).
- N. B. — Les matières pectiques sont actuellement fabriquées industriellement en grande quantité par cuisson des marcs de pommes qui autrefois, après extraction du cidre, n’étaient plus d’aucune utilité.
- Réponse à M. S., à Nice.
- Peut=on peindre sur carbonyle?
- Lorsque le bois a reçu en vue de sa conservation une application de carbonyle, les peintures que l’on veut ensuite y appliquer ne donnent que des résultats médiocre, à cause de la transsudation qui se produit de gouttelettes de goudron d’un disgracieux effet.
- En opérant de la façon suivante, l’inconvénient que nous venons de signaler peut être évité, en opérant avec soin :
- On commence par frotter vigoureusement la surface avec un chiffon imbibé d’essence pour autos de manière à enlever tout le carbonyle résiduel, non absorbé par le bois; on laisse bien sécher pour que l’essence s’évapore complètement puis on étend au pinceau du vernis ordinaire à la gomme laque étendu au besoin, avec un peu d’alcool à brûler, car il n’est pas nécessaire que le vernis soit épais, une pellicule très mince isolante, suffit en réalité !
- Dans ces conditions, après séchage parfait on peut peindre comme sur un bois qui aurait reçu une première couche de peinture dite « d’impression ». Réponse à M. Tantin, à Angers.
- Qu’est=ce que l’Aluminothermie?
- L’aluminothermie est l’ensemble des procédés dans lesquels on utilise la propriété remarquable de l’aluminium d’emprunter aux
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- autres oxydes métalliques, l’oxygène qu’ils contiennent pour former de l’alumine A1H203, en même temps que le métal de cet oxyde se trouve mis en liberté ; la réaction type dans le mélange oxyde de fer, aluminium appelé « thermite » est la suivante :
- Fe-O5 + Al* = Al-O3 + Fe*
- En même temps qu’elle se produit, il y a un grand dégagement de chaleur de sorte que le métal libéré étant à l’état liquide peut servir à réaliser une soudure facile et rapide en le coulant entre les parties à réunir, rails, tubes, pièces brisées, etc.
- En effet, alors que naguère ces travaux nécessitaient un matériel encombrant, il n’est maintenant même pas nécessaire de transporter un four, un simple creuset en terre réfractaire brasqué de magnésie suffit.
- Pour amorcer la réaction, on introduit dans la masse une cartouche d’allumage contenant un mélange d’aluminium en poudre et de bioxyde de baryum, la combustion gagne de proche en proche et la température qui s’élève considérablement peut atteindre environ 3000°.
- NB. — Les oxydes de chrome, de tungstène, de manganèse peuvent également être traités par l’aluminium pour libérer le métal correspondant.
- Réponse à M. Souza Brazil, à Rio de Janeiro et Pionian à Tauris.
- De quelle façon se préparait le Kohol.
- Le Kohol employé par les femmes d’Orient pour accentuer le noir des cils et des sourcils se préparait, paraît-il, d'une façon assez bizarre qui consistait à introduire dans un citron un mélange d'alquifoux (sulfure de plomb) et de cuivre brûlé (oxyde de cuivre noir, Cuo) puis à mettre dans le feu jusqu’à ce que tout fût carbonisé, après quoi, on pilait avec du corail, du santal, de l’ambre, « une aile de chauve-souris, un morceau de caméléon » préalablement brûlés. Le tout était pour l’usage délayé dans un peu de sirop de sucre.
- En réalité, ce mélange hétéroclite revenait à l’emploi de sullures de plomb et de cuivre tous deux noirs, parfumés pour les espèces aromatiques, c’est pourquoi il est beaucoup plus simple de se servir directement des noirs au charbon, noir d’ivoire, noir de fumée empâtés dans une masse consistante. Les formules modernes qui servent de base à l’obtention des crayons aujourd’hui employés dans le même
- but s’établissent sur les données Cire blanche d’abeilles suivantes : = 150 grammes
- Cérésine = 50
- Vaseline blanche = 800 »
- Noir d’ivoire .= 300 »
- Amener à fusion au bain-marie la cire et la cérésine, ajouter ensuite le pigment rendu homogène et couler en moules de bronze enduits de teinture de savon pour éviter l’adhérence.
- Si on désire un fard liquide s’appliquant au pinceau, il suffira de broyer de l’encre de Chine avec un mélange à parties égales de glycérine et d’eau. Réponse à M. Pionian, à Tauris.
- Ne laissons pas durcir le caoutchouc.
- Par suite de transformations moléculaires, le caoutchouc d'abord souple au moment de sa fabrication se modifie progressivement et atteint, la dureté de la pierre.
- Lorsque les objets ne sont pas de trop grandes dimensions, on peut éviter cet inconvénient en les plaçant dans un flacon à large col au fond duquel on a mis une couche de coton hydrophile sur lequel on a réparti quelques centimètres cubes d essence de girofle, une rondelle de carton empêchant le contact direct entre le coton imbibé et l’objet en caoutchouc.
- Fermer ensuite hermétiquement au moyen d’un bon bouchon.
- Par cet artifice on a, paraît-il, réussi à conserver au caoutchouc toute sa souplesse, même au bout de vingt-cinq ans, alors que les mêmes pièces non placées dans ces conditions, sont devenues dures dans le même temps. Réponse à l’École Jule3 Ferry de Vichy.
- De tout un peu.
- S. D., à Paris. — Les dépôts éleclrolytiques de fer s’obtiennent habituellement en opérant ainsi :
- 1° Dégraissage très soigné de la cathode au moyen de potasse ou soude caustique chaude, rinçage à l’eau pure, passage en acide chlorhydrique étendu, rinçage final.
- 2° Immerger immédiatement, pour éviter l’oxydation, dans un bain composé de
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- Sulfate ferreux.......................... 125 grammes
- Chlorhydrate d'ammoniaque................ 100 —;
- Eau ordinaire........................... 1000 cm3
- Prendre comme anode du fer pur, c'est-à-dire exempt de carbone. La densité de courant doit être au début, de 0,1 à 0,2 ampère par décimètre carré, puis elle est ensuite élevée à 0,5.
- On obtient généralement un dépôt suffisamment épais en deux heures, à la température ordinaire.
- M. Mante, à Marseille. — Le sel de Seignetle dans les conditions que vous indiquez est utilisé pour le mordançage de la fibre, en vue ue fa coloration du papier.
- N. B. — Le sel de Seignette, tartrate double de sodium et de potassium, C‘ H4 0° NaK, 4 II O, doit son nom à Pierre Seignette, pharmacien à La Rochelle, qui le découvrit en 1672. .
- Sa préparation fut tenue secrète pendant longtemps et ce n’est qu’en 1731 que Boulduc, avec le concours de Grosse, fit connaître son mode d’ohtention avec la crème de tartre et le carbonate de sodium.
- M. Sclavonê, à Liège. — 1° Pour obtenir du savon en poudre, il suffit de dessécher à l’étuve le savon choisi, après quoi il se pulvérise avec une grande facilité.
- 2° Les nuages artificiels destinés à protéger les plantations des gelées blanches, s’obtiennent en faisant brûler de la paille mouillée arrosée de goudron.
- On compte qu’un foyer préserve 7 à 800 m-, soit un carré de 25 à 30 m de côté, il faut donc environ 15 foyers à l’hectare, consommant chacun 2 à 3 litres de goudron à chaque allumage.
- 3° Les essais d’amélioration du vin * par l’électricité », n’ont donné, jusqu’à présent aucun résultat satisfaisant.
- M. Palun.à Avignon. — Les nuages artificiels utilisés pendant la guerre, principalement dans la marine, ne conviendraient pas en agriculture, car ils contenaient des produits toxiques dont la chute ultérieure sur le sol serait désastreuse pour la végétation. Nous avons traité en détail la question des gaz de combat dans le n° 2793, page 287. Veuillez bien vous y reporter.
- M. Carpentier, à Lillers (Pas-de-Calais). — Le moyen le plus pratique pour protéger vos tables de laboratoire de l’action des réactifs, .est d’appliquer à leur surface une lame mince de bois bakelisé que vous pourrez vous procurer à Paris, 1, rue Montdétour.
- Plus sommairement, vous pourriez aussi vous contenter d’enduire le dessus de la table du vernis bakélite n° 27, fabriqué par la Bakélite, 14, rue Roquépine, mais le bois, déjà plus ou moins souillé, se présentera encore avec ses imperfections.
- M. G. Bruley, à Estissac. — Nous avons à maintes reprises mentionné dans La Nature la composition des produits employés en pulvérisations pour la destruction des mites. On peut prendre comme type des produits commerciaux :
- Poudre de pyrèthre..................... 100 grammes
- Essence minérale....................... 1000 cm3
- Laisser infuser une quinzaine, puis filtrer pour éviter les obstructions du pulvérisateur.
- L’époque la plus favorable pour l’emploi est le moment de l’éclosion, c'est-à-dire l’apparition des premiers papillons.
- M. R. R. — Le badigeon à la chaux s’effectue ainsi :
- On donne une première couche au moyen d’un lait composé de :
- Pâte de chaux éteinte.................... 10 kg
- Eau ordinaire............................100 litres
- Cette première couche étant sèche, on donne une seconde couche avec la même composition dans laquelle on remplacera 20 litres d’eau par un même volume d’une solution saturée d’alun.
- M. Delcour, à Froidefontaine-Hensy. — Le vert de Paris est un pigment du type vert de Schweinfurth, c’est-à-dire un arsénio-acétate de cuivre (As203 CuO) (C2H3 CP^Cu obtenu par double décomposition entre deux solutions, l’une de sulfate de cuivre, l’autre d’arsé-nite et d’acétate de sodium, on ajoute souvent à cette dernière de la baryte, de sorte que le précipité se trouve chargé par du sulfate de baryte qui en augmente le poids, mais par contre en diminue la richesse en matière colorante.
- Par sa composition arsenicale, le vert de Paris est un poison violent, c’est pourquoi il n’est employé que dans le cas où on veut protéger le support de la peinture des attaques des parasites, par exemple dans la préparation des peintures sous-marines. .1
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Fig. 1. — Un savant centenaire, le D1 Guénol, né en 1831, membre de l'Académie de Médecine depuis 1880 (pb. Boyer).
- Fig. 2. — L’avion amphibie Sgkorski, allant de Londres à Tananarive (ph. Roi).
- Fig. 3. — Un appareil pour la photographie des sons. Son inventeur, le DT Miller, président de la Société acoustique des États-Unis, A sa gauche : MM. Sabine et
- Knudsen (ph. Wide World).
- Fig. 4. — Cet appareil installé au Musée de Munich, indique automatiquement le nombre de calories nécessaires à l'alimentation d'un individu suivant sa taille et son poids
- (ph. Wide World).
- Fig. 5. — Microscope du D1 Newton Harvey pour étudier les cellules vivantes soumises à la centrifugation (12000 t/m), (ph. Wide World).
- Fig. 6. — L’inventeur américain S. Lake étudiant un appareil photographique à commande électrique, à employer dans une caisse à plongeur tube de 60 m,pour explorer le fond des mers (ph. Wide World).
- Le Gérant : G. Masson.
- 2008. — Paris, lmp. Lahure.
- 5-2-IÇ02,
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- LA NATURE
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- Prix du Numéro : 4 francs
- pour la vente en France,
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- LA NATURE
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- N° 2876.
- LA NATURE
- J" Mars 1932.
- ;s PEINTURES
- (i)
- Les sources de nos connaissances sont des textes littéraires, grecs et latins, des restes de décor polychrome sur
- ptolémaïque ensevelissaient avec les momies comme « double » du mort.
- Dans l’étude des peintures grasses, nous nous heurtons à deux causes d’erreur, l’une provenant d’une insuffisance
- Fii7. 1. — Portrait de jeune homme à l'encaustique trouvé au Faijoum dans un enveloppement de momie. (Musée du Louvre), photo Giraudon.
- la statuaire et l’architecture grecque, des stèles grecques où la peinture suppléait à l’absence de relief, enfin les portraits peints sur bois que les Égyptiens de l’époque 1. Voir La Nature, n° 2874, le* février 1932.
- Fig. 2. — Portrait de femme à l’encaustique du Faijoum. (Musée du Louvre), photo Giraudon.
- de documentation des écrivains, l’autre d’une fraude.
- Nous ne saurions faire grief aux auteurs anciens de confondre les divers procédés de la peinture, car, de nos jours, les critiques d’art et beaucoup d’artistes font les
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- mêmes confusions. De même que pour la fresque, il nous faudra, au début de ce chapitre, discuter les définitions.
- La peinture à l’huile la plus usitée aujourd’hui dans le bâtiment est très moderne et ne remonte pas plus haut que la fin du xviii6 siècle. Elle n’emploie que trois éléments : un pigment, l’huile de lin, l’essence de térébenthine (nous laissons de côté pour l’instant le siccatif). Elle est définie par son prix de revient et, dans ce procédé, on a éliminé, par raison d’économie, des éléments coûteux mais vraisemblablement utiles à la durée de l’ouvrage. Ce n’est pas cette peinture qu’il faut avoir en vue quand on étudie les peintures antiques.
- La fraude est si ancienne et si générale qu’il faut quelque attention pour la discerner.
- La peinture grasse a subi un sort malheureusement commun à beaucoup de substances et en particulier aux étalons monétaires. Par exemple, en France, cet étalon est tombé, par altérations successives, du poids d’une livre d’argent fin à celui de quelques grammes d’alliage. Des exemples éclatants de dégradation analogue sont fournis par l’histoire des pigments. Le minium, sous les Romains, après la conquête de l’Espagne, constituait un monopole d’État et désignait ce que nous appelons aujourd’hui
- Fig. 3. —• Fresque romaine : Telef nourri par la biche.
- (Musée national de Naples), photo Giraudon.
- vermillon ou sulfure de mercure HgS. Ce produit, extrait des mines d’Almaden, était fraudé par l’oxyde de plomb Pb’O4. Le taux de cette fraude, que nulle autorité ne pouvait combattre, puisqu’elle s’opérait à l’abri du monopole d’État, atteignit peu à peu 100 pour 100 et maintenant, sous le nom de minium, nous ne connaissons que l’oxyde de plomb. Pline (H. N. XXXI1I-40) confond les caractères de l’une et de l’autre substance.
- Le même sulfure dë mercure, beaucoup plus tard, après la découverte de l’Amérique, par un curieux retour, devait servir à frauder le carmin de cochenille. Ce dernier pigment était désigné par le nom parlant de « vermiglio » (du latin vermiculus, petit ver) dont nous avons fait vermillon ('). Par un mécanisme identique à celui du minium, le sulfure dé mercure porte aujourd’hui le nom de vermillon qui ne lui convient nullement.
- Devant ces deux causes, confusion des artistes et fraude des fabricants, il ne faut pas s’étonner si les termes peintures à l’huile ont des sens différents avec l’époque et avec l’artiste. Devant un tableau ancien, nous sommes gênés par une dénomination imprécise, et en outre par la difficulté des analyses (2), les composants s’étant modifiés et certains ayant totalement disparu. Il ne faut pas espérer définir les peintures grasses par le résultat final et il convient de rechercher s’il n’est pas possible de les définir par l’une ou l’autre des matières premières du liant.
- Outre la peinture à trois éléments que nous avons indiquée, le bâtiment utilise sous le même nom des mélanges à quatre éléments : pigment, huile, souvent épaissie parla cuisson ou le soufflage, gomme, essence de térébenthine. Ce sont les peintures vernissées. Enfin, les artistes emploient des couleurs souvent chargées de cire et les détrempent au vernis. Ils constituent ainsi des mixtures à cinq éléments : pigment, huile, cire, gomme et essence.
- Ces mélanges à cinq éléments, par leur généralité, comprennent tous les cas possibles. Nous allons chercher à définir des subdivisions.
- Suivant le dosage des éléments, suivant les procédés de confection, car l’état d’un colloïde varie avec les traitements thermiques et mécaniques qu’il a subis, on obtient soit des produits à consistance épaisse et applicables seulement à chaud, les encaustiques, soit des gelées onctueuses applicables selon leur état physique au couteau, iau doigt ou à la brosse. Pour classer
- 1. Le Kermes, vermiculus plus anciennement employé, a donné le cramoisi.
- 2. Les progrès de l’analyse microchimique appliquée aux expertises permettent maintenant de caractériser pigments et véhicules dans nombre de cas. Voir sur ce sujet les remarquables travaux de A.-P. Lauries : Les pigments et médiums des anciens maîtres, Mac Millon and C°, Londres, 1914 et ceux de A. Martin de Wild : L’Examen scientifique des tableaux, J. Bell and Sons, Londres, 1929. Voir en outre : La description des mélhodes physico-chimiques dans /’expertise scientifique des documents et des œuvres d’art, par A. Mâché, P. Montel, Paris, 1931.
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- ces peintures, l’analyse chimique est insuffisante et les mesures physiques ne sont pas encore au point à l’heure actuelle. Ce qui a fait un classement, ce sont les tours de main, c’est-à-dire l’ordre et la nature des opérations mécaniques et manuelles de la fabrication. Par exem pie, la peinture à l’œuf des primitifs doit être pour nous une peinture à l’huile d’œuf ; pour eux, à cause de la différence des tours de main, elle était très différente de la peinture à l’huile de lin. Nous le comprenons parfaitement parce que nous éprouvons des difficultés analogues quand nous voulons substituer l’huile de bois de Chine à l’huile de lin.
- Ces démarcations résultant du secret des tours de main peuvent-elles nous servir ? Non; car le plus souvent dans le même tableau, on trouve réunis plusieurs procédés. Par exemple, la peinture à l’œuf jaunit les tons et empêche d’avoir de bequx bleus. Pour cette raison, les primitifs détrempaient les bleus à la colle ou à l’albumine. Un autre exemple est fourni parles Hollandais qui, inventeurs de la peinture à l’huile, l’appliquaient sur des fonds de détrempe.
- En résumé, tant que nous ne saurons pas mesurer facilement les propriétés physiques des colloïdes, nous devrons nous contenter d’une définition large englobant dans sa généralité tous les cas particuliers. L’intérêt d’une bonne définition est lié à celui de la conservation des tableaux. Quand nous saurons définir, nous saurons peindre de façon durable.
- LES ORIGINES DE IA PEINTURE GRASSE
- Après la question de la définition, la question du pays d’origine de la peinture grasse est la. plus importante. Évidemment, la réunion en abondance des matières premières désigne ce lieu.
- Parmi les huiles siccatives, nous écarterons l’huile de poisson abondante en Scandinavie et l’huile de bois dont la Chine fait les laques, car ces huiles ne semblent avoir pénétré que très récemment dans le bassin de la Méditerranée et en France.
- Il reste les huiles de pavot abondantes en Asie Mineure et en Mésopotamie. Le pavot a tenu, notamment en Assyrie, une place éminente. Ses fruits sont figurés sur les bas-reliefs aux mains de grands personnages et de génies, mais nous n’avons aucun indice de l’utilisation de l’huile en peinture.
- Le lin croît facilement de l’Inde à la Flandre en passant par la Russie méridionale. Ses fibres ont depuis toujours servi de textile et il n’est pas possible que les propriétés siccatives de son huile soient restées inaperçues de gens qui l’utilisaient pour l’éclairage.
- La cire se trouve partout.
- La térébenthine ne s’extrait plus aujourd’hui du Pistachier Térébinthe, bien qu’elle en ait conservé le nom par suite du phénomène d’altération dont nous avons signalé l’importance. Ce Térébinthe est un arbre des parties
- Fig. A. — Proculus el sa femme, peinture murale de Pompéi (Musée national de Naples), photo Giraudon.
- chaudes d’Asie Mineure et de Perse. Le baume en est encore récolté de nos jours et son principal usage est celui 1 de gomme à mâcher. La distillation se pratiquait à . l’époque classique, avant l’invention de l’alambic, au moyen d’étoupes que l’on exprimait quand elles avaient condensé la vapeur. La connaissance de l’essence était donc possible, bien que nous n’ayons aucune certitude.
- Les gommes sont déterminées par le fait qu’elles doivent être solubles en totalité dans la térébenthine, et il n’v en n’a qu’une : c’est la gomme mastic. Elle coule en larmes du tronc et des branches du Pistachier Lentisque dont la graine donne une huile dont nous ignorons les propriétés de siccativité. Le Lentisque croît en Asie Mineure, Perse, Afghanistan et Béloutchistan. La gomme mastic est le type même de la gomme à mâcher; elle porte le même nom dans toutes les langues, sémitiques et indo-européennes du Levant. La racine de ce nom, en grec et en latin, désigne l’opération de mâcher, mastiquer. Le nom de mastic s’est conservé dans la peinture grasse, mais par suite toujours du même phénomène d’altération, le mastic des peintres ne contient plus de gomme depuis longtemps. : Cette survivance du terme est un indice important de l’emploi primitif de la gomme mastic comme matière première. ^
- La région où tous les éléments de la peinture à l’huile sont abondants est la Perse; c’est de ce côté que doit être i cherché le pays d’origine de la peinture à l’huile ; de meme
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- du côté de l’Indochine, le pays des laques et du côté delà Scandinavie, le pays de la peinture à l’huile de poisson.
- Une autre considération de grande importance et que nous placerions au premier rang, si elle n’était pas nouvelle, va nous permettre de préciser. La peinture grasse est, à cause de son imperméabilité, la seule qui convienne à la peinture des navires.
- Les asphaltes et les goudrons ont été employés de tout temps, certainement depuis les temps néolithiques, à de multiples usages en Mésopotamie. Les coulîes en osier servant encore à la navigation sur le Tigre sont revêtues d’asphalte. Sous les nomsdepissasphalte (poix et asphalte), de pissœléon (poix et huile), de zopisse, on n’a jamais cessé d’employer ces matières.
- j Mais avec elles, on ne peut obtenir que des tons foncés ; si l’on veut des tons francs, il faut avoir recours à d’autres matières grasses. Or, les barques des Egyptiens de l’Ancien Empire (3tt millénaire), connues par les modèles déposés dans les tombes, sont peintes en rouge le plus souvent. Elles étaient peintes en gras et non en détrempe.
- Les navires des Crétois, marins réputés du 2” millénaire, nous sont connus par une empreinte de sceau et
- par les vases peints des Cyclades. Ils sont décorés de dessins, donc peints en gras. Les vaisseaux homériques étaient peints en rouge, donc en vermillon, peinture anti-fouling.
- Ceci nous montre, en passant, que la peinture grasse était connue partout, et a dû le rester. Ceci, en outre, nous amène à conclure que le pays d’origine des peintures grasses doit être cherché dans les pays qui entourent la Perse et sont desservis soit par la mer, soit par les grands fleuves.
- Il est important de noter que la peinture grasse est avant tout une peinture pour bois et pour pierre calcaire et que les peuples qui utilisaient le mortier de chaux, qui la détruit en quelques mois, étaient obligés d’avoir un second procédé pour peindre leurs murs.
- Les Mycéniens, prédécesseurs des Grecs, étaient dans ce cas. Ils élevaient au-dessus d’un soubassement de moellon des empilages de bois avec remplissage de briques crues et ils enduisaient la maçonnerie de mortier de chaux. Ceci les obligeait à peindre à fresque sur le mortier et en gras, sans doute en vernis, sur les bois.
- Il est logique de penser que la peinture grasse est devenue d’emploi général en Grèce à l’époque du Moyen Age grec lors de la naissance des temples en bois (colonnes et fronton) dont le modèle survit à l’époque classique, bien qu’on ait alors traduit en pierre les colonnes, les poutres et tous les détails de la construction en bois. C’est sous le masque de la polychromie grasse qu’on a substitué aux bois de gros échantillon, et par suite de provenance lointaine, les marbres et les calcaires extraits des carrières locales.
- Les membres de l’architecture grecque étaient détachés en tons différents. Les statues, les bas-reliefs étaient peints presque certainement à chaud. Les couleurs de la sculpture étaient exactement celles de l’architecture et, grâce à cette identité, l’ensemble du monument prenait un caractère d’unité.
- Les périodes archaïque et classique grecques ont été l’apogée de la peinture grasse antique. Tout le vocabulaire de la peinture est grec, même le mot vernis, qui vient, croit-on, d’une ville du nom de Phéréniké (Bérénice). Les œuvres qui nous sont parvenues sont les sculptures dites improprement en tuf, en réalité en calcaire tendre. On pourra voir dans Perrot et Chipiez, Histoire de VArt, t. vm, les planches III, IV, V qui donnent en couleur quelques-unes des sculptures trouvées dans les fouilles de l’Acropole d’Athènes.
- Ces sculptures datent du vi° siècle et leurs peintures sont les plus anciennes peintures grasses qui nous soient parvenues. Leur conser vation a été assurée par le principe énoncé plus haut : l’isolement de l’air. Elles ont été trouvées dans les décombres accumulés par le sac et l’incendie de l’Acropole, par les Perses, en 480, pendant les guerres médiques. Par-dessus ces
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- décombres, on avait élevé des édifices et construit des chaussées qui avaient isolé la masse.
- Des noms de peintres nous ont été transmis par les écrivains de l’époque classique : Nicias était le peintre du sculpteur Praxitèle.
- L’ENCAUSTIQUE
- Les études sur l’encaustique des anciens sont nombreuses depuis la Renaissance.
- Pline et Vitruve restent nos principaux informateurs. Le mode opératoire est assez aisé à reconstituer. Une peinture de Pompëi représente un atelier de peintre avec son matériel : une table de métal chauffée en dessous. En Vendée, on a trouvé la tombe d’une femme peintre avec tout son matériel et des vases de verre contenant de la cire et une résine.
- Ce sont les Grecs qui ont introduit à Alexandrie l’usage des tableaux de bois peints à l’encaustique (fig. 1 et 2). Quelques-uns sont peints à la détrempe. Ce sont les tableaux mobiles les plus anciens qui nous soient parvenus. Perrot et Chipiez en donnent quelques photographies, la revue Formes en a donné d’autres en octobre 1930 à la suite d’une exposition à la galerie Brunner, à Paris.
- Ces tableaux se sont conservés toujours pour la même cause: la fermeture hermétique des tombes recouvertes de sable sec les a préservés du contact de l’air.
- Au temps de Pline, les peintures murales à l’encaustique (nous ne parlons ni des bateaux ni des charpentes) sont déjà en régression devant le développement du ciment. Pline commence son chapitre XXX-II sur les procédés de la peinture en écrivant : « En voilà assez sur la dignité d’un art expirant (de dignitate artis morientis). » A un autre endroit, XXXVI-64, parlant des thermes d’Agrippa à Rome, où des murs en brique sont peints à l’encaustique : « On ne peut douter que si l’usage en eût existé, il (Agrippa) n’eût orné ses salles de mosaïque de verre... »
- L’éclipse de la peinture grasse monumentale en France s’étend jusqu’à la période romane. La polychromie continue, mais avec la mosaïque et la fresque. Les procédés de l’huile ne sont pas perdus ; la marine, la charpente et la menuiserie les conservent. De nombreuses églises mérovingiennes èt carolingiennes sont en bois et plus tard les Normands construisent en bois. Mais nous ne savons rien de positif sur les procédés employés avant le xi° siècle parce que les quelques fragments de peinture retrouvés de ces époques se sont altérés rapidement après leur exhumation. (Viollet-le-Duc.)
- On retrouve les procédés de l’huile au milieu des procédés multiples byzantins dans le traité du moine Théophile publié en 1843 par le comte de l’Escalopier « Diversarum artium schedula », écrit vers le xe ou le xie siècle. Son vernis est une dissolution de résine dans l’huile de lin. (Mérimée, De la peinture à l'huile, p. 45). Il s’appliquait sur les détrempes et sur les peintures grasses et entrait dans la composition de ces dernières.
- Emeric David démontre dans ses « Discours historiques sur la peinture moderne », Paris, 1812, que dès le xie siècle, les peintres employaient des couleurs broyées à l’huile.
- On connaît un devis de peinture murale à l’huile
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- Fig. 6. — Fragment de la fresque : Faits de la vie de Jésus, de l’école romaine du XIIIe siècle (photo Giraudon).
- dressé en 1355 par ordre du due de Normandie (depuis Charles V) pour le château de Vaudreuil, par Jehan Coste-.
- Enfin, à partir du xin° siècle, la nature des maçonneries ayant changé et ne permettant plus la fresque, noüs avons les monuments et en première ligne la Sainte-Chapelle et Notre-Dame de Paris. Viollet-le-Duc nous montre les trois portes de là façade peintes et dorées, les quatre niches reliant ces portes avec leurs statues colossales peintes, au dessus, la galerie des rois peinte et dorée, encore au-dessus, les deux grandes arcades sous les tours., et là rose peintes et dorées, enfin les combles brillants de couleur avec leurs plombs peints et dorés, Les tons étaient vifs, du vermillon, du vert cru, des ocres jaune orangé, des noirs et des blancs purs, rarement des bleus.
- A dater du xiv° siècle, on a renoncé à la peinture extérieure de l’architecture, et ce n’est que peu à peu que la coloration disparaît; encore au commencement du xvi8 siècle, cherchait-on les effets colorés à l’aide d’un mélange de brique ét de pierre, parfois même de faïence appliquée.
- Nous sommes habitués à cette nouvelle conception des bâtiments et la polychromie nous surprend. Cependant, c’est nous qui sommes l’exception ; la règle de tout, temps et de tout lieu est la couleur. Tout l’Orient, le bassin de là Méditerranée même sont colorés.
- LES SICCATIFS
- Une dernière question, celle des siccatifs, mérite d’être retenue. La vitesse de siccation des peintures varie avec la nature de l’huile, et pour une même huile avec la nature des pigments. Le dosage des siccatifs suivant les pigments est de toute importance pour la première existence d’un tableau. (Plus tard, ce sera la nature des pigments qui décidera de la conservation.)
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- Pour éviter les craquelures précoces, il convient que les diverses teintes superposées ou juxtaposées varient de volume de la même façon; sans quoi, l’une tirant l’autre, leur désaccord créera un faïençage qui ira toujours en augmentant.
- La question est récente ou plutôt se complique à chaque apparition de pigment nouveau. Nous savons depuis Chevreul que le siccatif de base, le seul connu jusqu’à lui, est le plomb. A la Renaissance, le blanc, le jaune, le rouge étaient des couleurs aii plomb (céruse, litharge et minium), la palette et les brosses de l’artiste étaient imprégnées de plomb et les rares couleurs non siccatives comme le bleu d’outremer étaient par mélange volontaire ou accidentel suffisamment siccativées.
- La découverte, ou plus exactement le lancement, du blanc de zinc, pigment non siccatif par lui-même, a posé nettement le problème. Les artistes, qui encore aujourd’hui répugnent à l’emploi de siccatif, ne peuvent pas l’employer et les peintres en bâtiment qui, par hygiène, ne voulaient pas employer même le siccatif au plomb, ont dû attendre la découverte des propriétés siccatives du manganèse (Leclaire et Baruel vers 1848), pour que l’usage du blanc de zinc puisse se répandre. La découverte toute récente d’un nouveau siccatif au cobalt va sans doute permettre de nouveaux progrès.
- Cette courte histoire des siccatifs nous montre l’erreur des critiques du milieu du xixe siècle, qui, embarrassés par la contradiction apparente de deux textes, avaient cru pouvoir les concilier en imaginant une découverte des siccatifs par les peintres flamands de la Renaissance. Vasari, en effet, avait attribué aux frères Van Eyck (*) la découverte de la peinture à l’huile. Une recherche plus poussée avait mis en valeur un texte du xie siècle du moine Théophile décrivant la peinture à l’huile de lin. En l’état des connaissances en 1850 il y avait contradiction. L’explication de la découverte des siccatifs par les Flamands se présentait comme une hypothèse de conciliation. Elle était bien peu soutenable, car les artistes répugnent, et ont toujours répugné, à l’emploi de siccatifs.
- Maintenant que nous connaissons un peu moins mal les colloïdes, nous comprenons que la substitution de l’huile de lin à l’huile d’œuf est un problème très difficile dont la solution peut mériter le titre d’invention. L’avantage de cette substitution est que les tons ne se modifient pas par le séchage et que par suite on peut préparer sur la palette le ton vrai et non le ton capable de devenir le ton vrai. L’inconvénient est celui que signalait le moine Théophile : l’huile de lin longue à sécher impose un travail long et ennuyeux à l’artiste. Pour montrer que cet ennui subsiste comme au temps de Théophile, nous citerons ce qu’écrivait M Georges Lafenestre, alors conservateur des peintures au Musée du Louvre, dans la préface de l’excellent petit traité du peintre Dinet « Les fléaux de la peinture »,p. XVI:
- « Qui donc pourrait avoir, de nos jours, le loisir et la patience, comme Giotto, comme Van Eyck, comme le Titien et tous les autres, de laisser, lentement, à plusieurs
- 1. Le travail le plus récent sur ce sujet est une note de M. Jacques Maroger sur Comptes rendus de l’Acad. des Sciences, n° 17, p. 740 du 26 octobre .1931 : Reconstitution de la technique picturale de Jean van Eyck.
- reprises, sécher au grand soleil pour s’y imprégner longuement d’une harmonie sereine et d’une lumière profonde, leurs panneaux, successivement et progressivement travaillés à plusieurs couches, par hachures ou glacis ? Nous savons, par Giacomo Palma que son maître, le Titien, après l’ébauche, interrompait toujours son travail, pour faire sécher la toile en plein air ou dans l’atelier. On connaît l’anecdote du paysan qui se découvre, de loin, en apercevant le portrait de Paul III, exposé au soleil, sur une terrasse de Bologne. » Il retournait ensuite ses tableaux contre le mur et les y laissait quelques mois sans les regarder; puis, lorsqu’il voulait y appliquer de nouveau le pinceau, il les examinait avec une rigoureuse attention, comme s’ils avaient été des ennemis mortels, pour voir s’il leur pouvait trouver des défauts. Et à mesure qu’il découvrait quelque chose qui ne fût pas d’accord avec sa délicate conception, comme un bienfaisant chirurgien, il médicamentait le malade, sans compatir à sa douleur... Cela fait, en attendant encore que le tableau fût sec, il passait à un autre et faisait de même... Et il ne fit jamais une figure du premier coup, disant que le poète qui improvise ne peut jamais faire un vers savant ni bien rythmé ! Mais l’assaisonnement des dernières touches, pour lui, c’était d’aller de temps en temps les fondre avec des frétillements des doigts sur les extrémités des chairs, en les rapprochant des demi-teintes et en fondant une teinte avec l’autre... « S’il en reste quelques-uns, parmi nos contemporains, qui aient le courage de suivre ces grands exemples et sachent résister à la manie des prompts vernissages, nous les reconnaissons vite aux Expositions rétrospectives. Nous retrouvons, alors, . leurs seules œuvres intactes, doucement et régulièrement harmonisées par la lente caresse du temps, tandis que les toiles voisines semblent déjà vieillies, assombries, ridées, attristées, éteintes, comme les visages, frais naguère, de mondaines jeunes encore, mais déjà fanées par l’usage précoce des poudres et des fards. »
- LES PEINTURES CÉRAMIQUES
- Pour être complets, nous devons dire un mot des peintures céramiques. La technique de la peinture céramique remonte, en Elam,au moins à l’époque dite de la céramique du IIe style, c’est-à-dire avant 2700. Elle est connue par un fragment de vase émaillé en vert trouvé au milieu de cette céramique du IIe style et par des cachets en pâte émaillée bleue. Une longue série presque ininterrompue de documents appartenant aux périodes babylonienne, achéménide, grecque, sassanide, byzantine rejoint les revêtements de faïence arabes.
- En Egypte, l’antiquité du procédé n’est pas moindre. Des perles émaillées en bleu-vert servaient à la confection de colliers dès les temps néolithiques. La matière supportant l’émail n’est jamais en Égypte de l’argile, mais de la silice finement broyée, du sable ou du quartz. C’est la couche vitreuse colorée qui maintient la cohésion des grains et donne à l’ensemble sa solidité. Dès l’époque des premiers rois, les documents abondent. On cite un fragment de vase vert portant le nom d’Aha incrusté en une autre couleur actuellement décomposée et que l’on suppose avoir été du violet. Des plaques émaillées, avec trous
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- pour les fixer sur les murs, datent de la IIe dynastie. Le musée de Berlin possède une porte avec les noms et les titres du roi Zezer en différentes couleurs provenant de la pyramide à degrés de Saqqarah, qui était elle-même recouverte entièrement de plaques émaillées.
- Les égyptologues ont noté les dates d’apparition de chaque couleur et les particularités de la glaçure à chaque époque. Les échantillons sont bleu-vert jusqu’après l’époque des pyramides. L’indigo foncé apparaît à la VIe dynastie. La XIIe inaugure un magnifique bleu clair avec dessins noirs sur des reliefs figurant des hippopotames. Sous la XVIIIe dynastie, on voit apparaître un bleu-pourpre, un violet, un vert pomme, un jaune d’anti-moniate de plomb éclatant, un jaune citron, un blanc laiteux. Ces couleurs dont la composition n’est pas toujours connue sont d’une pureté extraordinaire. On utilise alors la faïence en incrustations sur des chapiteaux et sur des murs en calcaire. Les figurines dites oushabtis sont remarquables à cette époque. Réservées à de grands personnages, elles se vulgarisent vers la XXVIe dynastie pour l’usage du peuple. Dans presque tous les cas, la composition de la glaçure est celle d’un verre et non celle d’un émail, c’est-à-dire que le fondant n’est pas l’étain ni le plomb, mais est un métal alcalin, potassium ou sodium. Ce genre de glaçure a reçu de Brongniard le nom de lustre (« Traité des Arts céramiques », Paris, 1844, tome I"', p. 16), employé souvent aujourd’hui dans d’autres sens.
- Ce lustre, suivant sa composition, se désagrège plus ou moins vite sous l’action de l’eau. Le silicate alcalin disparaît laissant en place une ocre ou du carbonate de chaux avec plus ou moins de silice. On s’est parfois demandé si ce mode de désagrégation ne pouvait pas expliquer l’état des peintures des statuettes grecques dites de Tanagra. Les analyses les plus soignées ne permettent pas de trouver dans ces peintures de trace du liant employé à leur fabrication. On admet qu’elles auraient été peintes après cuisson au moyen de l’ocre jaune ou rouge et de la chaux que l’on trouve, ces pigments étant délayés dans de la colle ou de l’huile ou encore dans la chaux. Cette hypothèse est difficilement compatible avec le fait certain que les peintures ont subi au contact du mort (') la décomposition cadavérique et cela sans que la peinture ait été totalement détruite. Cette hypothèse n’explique pas non plus la fusion de substances difficilement fusibles comme la chaux et les ocres, observée au cours dé quelques analyses.
- 1. Les statuettes étaient en effet placées dans la tombe, au contact même du corps non embaumé et remplissaient les vides.
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- Malheureusement, aucun liant n’ayant été identifié, il est fort difficile de choisir entre les deux hypothèses.
- Le mode de décomposition du lustre que nous avons décrit explique la détérioration des peintures céramiques parce que cette décomposition s’est faite sous nos yeux. L’émail des briques assyriennes s’est détruit dès qu’elles ont été sorties de terre. Perrot, « Histoire de l’Art», t. II, p. 297), écrit : « L’émail des briques babyloniennes est très épais et très solide; il adhère fortement à l’argile; même transporté dans nos climats humides il garde tout son brillant. Il n’en est pas de même de celui de Khorsabad et de Nimroud. Lorsque, retiré des terres qui l’avaient protégé et conservé, il s’est trouvé de nouveau exposé à l’air, il s’est promptement effrité et terni ; c’est une glaçure dont la cuisson ne semble pas avoir été poussée assez loin ». (sic) Et en note, Perrot ajoute : « J’ai cherché au Musée Britannique les originaux des briques vernissées dont Layard a donné l’image dans la première série de ses « Monuments» et dont quelques-unes ont été reproduites, d’après lui, dans nos planches XIII et XIV; à peine distingue-t-on aujourd’hui le contour des motifs peints, et la couleur n’y est plus que comme une sorte de vague reflet. »
- Tous ces faits s’expliquent par la fossilisation que nous avons décrite.
- COMPARAISON DES PROCÉDÉS
- On pourrait être tenté de rapprocher les têtes de série de chaque procédé pour faire un classement par rang d’âge. Cette conclusion serait hâtive. En effet, nos têtes de série ont été conservées dans des lieux très éloignés et de climat fort différent. Elles ne sont donc pas comparables. De plus, l’emploi de chaque procédé est commandé par les nécessités. La peinture grasse convient aux bois en contact avec l’eau, la fresque aux murs en ciment ; la céramique ne supporte pas la gelée, la détrempe craint l’eau et les frottements.
- Sous ces réserves, nous pouvons évaluer les durées. L’âge des peintures paléolithiques est si grand qu’il ne peut pas être fixé avec certitude, celui des fresques cré-toises atteint 3500 ans, celui des détrempes tombales les plus anciennes atteint 5000 ans. Les plus anciennes peintures à l’encaustique sont vieilles de 2500 ans. Les peintures grasses à froid se sont toutes altérées si rapidement que celles d’avant la Renaissance sont rares. La peinture à l’œuf a mieux conservé ses tons que la peinture à l’huile.
- F. Pupil.
- COMMENT LE TONKIN = LUTTE CONTRE LES INONDATIONS
- Les grands fleuves qui n’apportent que des bénéfices aux pays qu’ils arrosent, tel que le Nil, sont l’exception. La plupart joignent aux services qu’ils rendent à l’homme des méfaits périodiques qui, trop souvent, les transforment en agents de destruction.
- Gette remarque peut s’appliquer plus spécialement au
- Fleuve Rouge, dont les crues, soudaines et violentes, ont terrorisé, pendant des siècles, les populations du Tonkin, menace qui a perdu de son acuité, au fur et à mesure que nos ingénieurs des Travaux Publics de l’Indochine poursuivaient leur lutte méthodique contre le fléau.
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- LE FLEUVE ROUGE
- Ce fleuve, que la langue annamite appelle Nhi-lla, prend ses sources dans l’intérieur de la province chinoise du Yunnan, à une altitude de 2500 m environ. Sa longueur totale est de 1300 km, la frontière tonkinoise marquant approximativement le milieu de son cours.
- Certaines particularités donnent à ce fleuve une « physionomie » très caractéristique. Sa partie supérieure, dont le lit est une profonde tranchée, est torrentueuse; nul affluent n’en grossit les eaux jusqu’à Lao-Kay, ville frontière, où il reçoit celles du Nam-Ty, d’une importance médiocre. Entre ce point et Viétri, qui marque la tête de son delt.a, il est encore barré par une trentaine de rapides. Et c’est là, dans le voisinage immédiat de Viétri, que son débit est brusquement doublé par ses deux grands affluents, la Rivière Noire et la Rivière Claire, les confluents se faisant face, à quelques kilomètres près.
- La réunion de ces trois cours d’eau, dont les bassins totalisent plus de 12 millions d’hectares, a donné naissance à un des plus grands deltas du monde : à vol d’oiseau, il mesure (de Viétri à la mer) plus de 150 kilomètres de profondeur et offre une superficie de 600 000 hectares, qui augmente d’année en année.
- En période normale, les eaux du Fleuve Rouge et de ses deux puissants affluents charrient de 100 à 500 grammes de matières terreuses par mètre cube; en période de crue, la teneur s’élève à 3 k 500. La masse des limons transportés annuellement atteint 130 000 000 tonnes, représentant 80 000 000 mètres cubes. Ces énormes apports, nous apprend M. J. Gauthier, chef du Service hydraulique du Tonkin, font que le delta tonkinois empiète sur la mer à un taux qui, sur plusieurs points du littoral, peut être calculé à dix kilomètres par siècle.
- Dans son ouvrage sur les Digues du Tonkin ('), M. J. Gauthier nous livre cette curieuse remarque que l’extension constante du delta fut probablement l’inspiratrice des premiers travaux de défense entrepris par les populations tonkinoises pour se défendre contre les crues du Fleuve Rouge. Pressés de mettre en culture les terres neuves, dès leur apparition, les villages littoraux les entouraient de digues qui suspendaient les apports de limon. Cette supression du colmatage sur les terrains endigués explique pourquoi l’on rencontre aujourd’hui dans le delta, à 80 ou même à 100 kilomètres de la mer, d’immenses cuvettes d’une altitude inférieure à celle des hautes marées.
- Le distingué ingénieur ajoute à cette remarque une hypothèse non moins intéressante : ces premières digues
- ]. Imprimerie d’Extrême-Orient, Hanoï, 1930.
- Fig. 1. — LU majeur du Fleuve Rouge pendant la crue de 1926. Vue prise à l’amont de Hanoï. (Pliot. Aéronautique militaire.)
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- Fig. 2. — Lit majeur du Fleuve Rouge pendant la crue de 1926. Vue du village de Bat Trang. (Phot. Aéronautique militaire.)
- littorales finirent par se multiplier et se souder, créant ainsi des barrières quasi continues qui formèrent obstacle à l’écoulement normal des eaux de crues. Les villages installés dans le haut du delta durent se défendre contre les inondations en élevant des diguettes, soit le long du fleuve, soit autour des terrains en culture. Toul d’abord isolés, ces endiguements se soudèrent progressivement et constituèrent des remblais continus, à l’exemple des digues littorales.
- Tous ces travaux furent exécutés «au petit bonheur», selon les nécessités et les ressources du moment. 11 en résulta un réseau désordonné, qui fait le désespoir de nos ingénieurs, car ils ont dû, trop souvent, se résoudi’e à perpétuer ce désordre en renforçant.et en consolidant des digues anciennes, qu’ils ne conservaient qu-’à contrecœur.
- LES CRUES DU FLEUVE ROUGE
- Peu de fleuves dans le monde ont des crues aussi fortes et aussi longues. A l’entrée de son delta, c’est-à-dire après avoir reçu l’apport de ses deux grands affluents, le Fleuve Rouge .ne débite, en temps normal, que 700 mètres cubes à la seconde. Or, en période de grande crue, le débit peut atteindre, au même point, 30 000 mètres cubes.
- Les plus fortes crues ont lieu en juillet et août; elles restent menaçantes pendant ces deux mois, les altitudes maxima se prolongeant pendant quelques jours, à différentes reprises. Ces grandes crues paraissent obéir à un cycle d’environ onze années. Depuis le début de l’occupation française, les crues d’une hauteur exceptionnelle ont pris place durant les années suivantes :
- 1893, 1904, 1915, 1926.
- L’altitude la plus forte que l’on ait constatée à Hanoï,
- oû l’étiage moyen des basses eaux est à la cote 2 m 20 a été de 11 m 92. Ce chiffre fut lu en juillet 1926, quelques heures avant la désastreuse rupture de Lam-Giu; sans la production de cette brèche dans une digue importante, l’altitude aurait dépassé 12 m. M. Normandie, l’ancien ingénieur en chef du Tonkin, se basant sur une documentation recueillie depuis 1883, a calculé que les crues du Fleuve Rouge avaient dû dépasser plusieurs fois 13 m, notamment en 1893. " "
- Ces chiffres apparaîtront plus impressionnants quand nous aurons rappelé que certains quartiers d’Hanoï sont à l’altitude de 6 m, soit donc sept mètres au-dessous des plus hautes crues possibles. Dans les parties du delta où les digues sont les plus hautes, les rizières se trouvent à sept ou huit mètres au-dessous du plan des crues. On conçoit les proportions catastrophiques que peut prendre la rupture d’une digue en période de grande crue.
- Notons que cette constante menace avait préoccupé les dynasties annamites bien des siècles avant l’arrivée des Européens. Nous ignorons la date des premiers travaux d’ensemble ; mais les annales du royaume parlent d’une loi, promulguée en 1248, qui ordonnait à toutes les provinces du Tonkin de concourir à là construction d’endiguements pour la défense du delta.
- Les travaux se poursuivirent, plus ou moins régulièrement, jusqu’aux guerres civiles qui ensanglantèrent le pays, vers la fin du xvme siècle, quand les digues furent laissées à l’abandon. Ce ne fut qu’au début du xixe siècle que l’empereur Gia-Long s’efforça de remettre les choses en état, et qu’il édicta même une loi punissant de la peine de mort toute personne convaincue d’avoir détérioré une digue.
- Mais ces travaux, édifiés sans méthode, n’avaient qu’une valeur médiocre. La fréquence des ruptures de
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- Fig. 3. — Les arbres font courir aux digues de sérieux dangers.
- Un banian sacré sur une digue du Fleuve Rouge. (Phot. Indochine Film.)
- digues s’opposait à la mise en valeur de vastes régions deltaïques, que l’immersion transformait en marécages; et rares étaient les villages qui pouvaient cultiver, deux années de suite, leurs rizières sans cesse exposées à l’inondation.
- SOUS LE RÉGIME FRANÇAIS
- L’emploi de levées insubmersibles comme moyen de lutte contre l’inondation a toujours soulevé d’ardentes controverses. Les adversaires de ce système résument comme suit leur principal grief : le débordement d’un fleuve non endigué n’engendre qu’une inondation lente et progressive, tandis que le torrent, longtemps contenu, qui se précipite d’une seule masse par la brèche brusquement ouverte dans une digue, élargit l’accident normal en une catastrophe destructrice.
- On reproche encore aux endiguements de relever constamment le lit des fleuves, imposant ainsi l’obligation d’exhausser sans cesse les digues ; on les accuse enfin d’isoler les terrains qu’ils protègent en les privant de l’apport fertilisateur du limon.
- Influencés par ces critiques qui, d’ailleurs, ne sont pas nouvelles, nos ingénieurs, dès notre prise de possession du Tonldn, cherchèrent d’autres moyens de diminuer la hauteur des crues.
- On conseilla, en premier lieu, le reboisement des hautes vallées du Fleuve Rouge et de ses deux grands affluents, dont les forêts ont été saccagées depuis plusieurs siècles; mais leurs cours supérieurs sont placés en Chine, soit hors de l’action des autorités indochinoises.
- On suggéra ensuite la création de « réservoirs d’emmagasinement » en hautes vallées qui, à l’aide de barrages, retiendraient une certaine quantité d’eau et diminueraient d’autant le volume de la crue. Mais des calculs prouvèrent que, pour abaisser d’un mètre, pendant six jours, le plan d’eau devant Hanoï, il faudrait pouvoir retenir dix-sept cent millions de mètres cubes d’eau, résultat que l’on n’obtiendrait qu’au prix de travaux très onéreux, que ne permettraient pas les ressources budgétaires de la colonie.
- Nos ingénieurs accueillirent plus volontiers une troisième solution, qui consistait à rejeter dans de grandes cuvettes naturelles, au moyen de canalisations ou de siphons, les eaux du Fleuve Rouge, dès qu’une crue leur ferait dépasser une altitude déterminée.
- Malheureusement, les populations intéressées ont vu d’un mauvais œil les quelques tentatives de réalisation que l’on a faites de ce système, depuis 1896. Elles ne peuvent pas admettre que l’on inonde leurs terres pour épargner celles de villages situés plus loin en aval. Après diverses tentatives, dont la dernière eut lieu en 1917, il a bien fallu abandonner cette solution
- D’autres remèdes, appliqués avec succès pour combattre les crues de plusieurs fleuves européens, ont été soigneusement étudiés en Indochine, notamment le redressement et l’élargissement des lits du Fleuve Rouge et de ses affluents. L’attention de nos ingénieurs s’est également portée sur ses défluents; l’amélioration de ceux qui s’amorcent en amont d’Hanoï aurait pu, en principe, grâce à l’augmentation de leur débit aux périodes de crues, diminuer l’importance des inondations, comme cela se produit en Cochinchine, où la multiplicité des bras du Mékong distribue l’avalanche liquide et défend suffisamment les rizières contre les dangers d’une immersion prolongée.
- En résumé, l’expérience a démontré que toutes ces solutions étaient inapplicables pour la défense du delta tonkinois, en raison du
- Fig. 4. — Exécution de masques sur une digue du delta tonkinois. (Phot. Indochine Film.)
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- Fig. 5. — Digue neuve de Vinh-Xuan.
- A gauche, en bordure du lleuve, la digue abandonnée. (Phot. Indochine Film.)
- régime très spécial du Fleuve Rouge, de la violence et de la longueur de ses crues, de l’instabilité des terrains qu’il traverse dans son cours inférieur. Et force a été de revenir au vieux système des digues, en le modernisant.
- LES DIFFICULTÉS QU'IL FALLUT VAINCRE
- Le delta tonkinois est probablement la meilleure école que puisse choisir un ingénieur spécialisé dans les travaux hydrauliques : la construction des endiguements s’y heurte à des obstacles qui font d’elle un art très compliqué.
- Le lit majeur du Fleuve Rouge présente une succession d’étranglements et d’épanouissements qu’adoptent trop docilement les digues.
- Lorsque les eaux en crue atteignent un de ces rétrécissements, leur vitesse s’accroît et leur action sur les remblais augmente de force.
- Aussi, ces étranglements voient-ils trop souvent se produire des ruptures d’une large amplitude. M. l’ingénieur J. Gauthier nous rappelle que, en 1915, deux brèches s’ouvrirent dans les parages immédiats d’un de ces étranglements ; elles mesurèrent respectivement 120 m et 650 m de largeur et provoquèrent une inondation désastreuse.
- Nos ingénieurs français durent accumuler les observations avant de déterminer la hauteur à donner aux travaux de défense, selon les circonstances et conditions locales. L’expérience prouva que des digues trop élevées résistent mal à la poussée des eaux. Trop basses, elles se prêtent aux ruptures; une crue de montée exceptionnelle les transforme en déversoirs ; l’eau afïouille rapidement les remblais, côté aval; l’érosion gagne la masse des terres, de proche en proche; les éboulements ouvrent une brèche, que le flot élargit en quelques instants ; tout effort pour enrayer la catastrophe est vain.
- Les ruptures ont souvent pour cause la mauvaise qualité des matériaux servant d’assises aux digues.
- Avant l’intervention de nos ingénieurs, les Annamites réparaient les brèches, alors très fréquentes, sans prendre le temps de choisir leurs matériaux. Les fondations des digues anciennes comportent fréquemment des couches de terre contenant une forte proportion de sable; il se produit, en temps de crue, des infiltrations qui minent les assises et provoquent des effondrements.
- Il arrive encore que des digues aient été construites sur un terrain mouvant (argiles délayées, tourbes, etc.). En pareil cas, l’eau se creuse un chemin sous la digue et s’échappe brusquement à l’aval sous la forme d’un jaillissement violent. Cet accident, connu sous le nom de siphonnement, a été observé maintes fois au Tonkin.
- Une autre catégorie d’accidents, observés dans le delta tonkinois, a pour cause l’existence de nappes souterraines sous les digues.
- Au cours de la trop fameuse crue de 1926, une digue fut dangereusement endommagée par un jet d’eau qui. jaillissant verticalement d’une nappe souterraine, rongea et excava l’intérieur de la banquette. On put vérifier plus tard que ce fâcheux puits artésien avait une profondeur dépassant dix mètres.
- Nous signalerons deux autres causes de rupture qui, sans être spéciales au Tonkin, y jouent un rôle important dans la production des accidents.
- Les Annamites n’ont pas été les seuls à croire que l’on ne pouvait que consolider les digues en y plantant des arbres. En réalité, les racines vivantes facilitent l’infiltration de l’eau; les racines mortes, après que la pourriture les a désagrégées, forment de véritables canalisations dans l’intérieur des remblais. En outre, sous l’action des vents cycloniques qui soufflent fréquemment sur le delta tonkinois, l’arrachement des arbres provoque l’ébranlement des talus, ou même leur démolition, accident qui prend une extrême gravité, s’il se produit au moment d’une crue.
- Fig. 6. — Barrage du Song-Ca-Lo.
- Passerelle en béton armé au niveau de la plate-forme de la digue.
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- Enfin, les digues éloignées des villages servent d’asile à des quantités de rongeurs et de reptiles, dont les terriers mettent en péril la solidité des travaux. Les colonies de termites sont particulièrement dangereuses, car elles minent les talus, sans que l’on puisse toujours découvrir à temps leur ouvrage destructeur. Tout dernièrement (en 1930), il a fallu ouvrir de part en part la digue du Fleuve Rouge, à l’amont de llanoï et, un peu plus loin, vers Lien-Mac, pour combler l’immense réseau de galeries et les larges grottes qu’v avaient creusées les termites.
- L’ŒUVRE GRANDIOSE DE NOS INGÉNIEURS FRANÇAIS
- Nous référant à l’ouvrage, déjà cité, de M. J. Gauthier, nous constatons que ce ne fut qu’à partir de 1918 que, selon l’expression de M. Normandin (qui fut l’ingénieur en chef du Tonkin_de 1918 à 1926), on reconnut «la nécessité d’entreprendre contre les eaux une œuvre de défense-systématique». b
- Jusqu’alors, soit depuis 1884, on s’était contenté de renforcer o.u d’améliorer les endiguements d’origine
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- annamite. Gomme l’exprime M. J. Gauthier, « on manquait de précisions sur le régime du Fleuve Rouge et de ses affluents; on manquait de confiance dans la solution unique de la digue insubmersible; on manquait surtout des moyens financiers indispensables ». Cependant, on a pu calculer que,.durant cette période de tâtonnements, le cube des digues du Fleuve Rouge et de ses principaux délluents fut largement doublé.
- Un premier programme fut élaboré en 1918. Nos ingénieurs conservaient encore -quelques illusions sur l’efficacité des mesures que nous avons exposées plus haut et qui.visaient à l’abaissement du plan d’eau des crues par T .utilisation de vastes dépressions naturelles, l’aménagement des délluents du Fleuve Rouge et la rectification de son lit. Ce programme porta presque uniquement sur l’exhaussement et le renforcement des digues.
- 1924 vit apparaître un nouveau programme. Cette fois, allégés de leurs illusions, les ingénieurs consacraient toute leur activité à des travaux de terrassement, comportant l’exhaussement, le renforcement et l’étanche-ment des digues. Sur l’initiative de M. A.-A. Pouyanne ('), on mit à l’étude une remarquable innovation : un masque d’argile imperméable qui devait assurer l’étanchéité des talus.
- Ce programme était en voie d’exécution, quand se produisit, en juillet 1926,. la grande crue qui dévasta une partie du delta, le plan d’eau atteignant à llanoï la cote 11 m 92 et provoquant d’importantes et désastreuses ruptures de digues par submersion.
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- Le 6 août, M. Pouyanne, inspecteur général des Tra-
- 1. M. Pouyanne vient de mourir, âgé de 59 ans seulement, sans doute des suites des fatigues contractées au cours de ses travaux en Indo-Chine. Il laisse dans noire colonie' le souvenir d’un grand .ingénieur.
- vaux publics de l’Indochine, présenta le nouveau programme, dit de 1926, dont la mise en train lut immédiate. Nous en exposerons les grandes lignes.
- On admit, comme minimum pour le niveau des hautes crues moyennes, la cote de 12 m pour llanoï, en s’arrêtant à une revanche de 1 m 30, qui fut jugée suffisante pour faire face à des crues exceptionnelles, capables d’atteindre une hauteur de 13 m 30 dans la traversée de cette ville. Cette revanche de 1 m 30 sur le plus haut plan d’eau que l’on ait jamais observé au Tonkin fut appliquée aux digues du Fleuve Rouge jusqu’à la hauteur de Nam-L)inh, dans le moyen delta: on l’abaissa à un mètre pour la partie de ces digues s’étendant au delà de Nam-Dinh, ainsi que pour celles des délluents; on la réduisit enlin à 0 m 60 pour les digues du bas delta.
- Si l’on se base sur les observations recueillies depuis plus d’un demi-siècle, il faut admettre que les risques d’inondation par submersion des digues étaient ainsi éliminés de façon définitive. Mais les hauteurs données à ces digues exigeaient que leur épaisseur fût augmentée en proportion; on donna donc à leur plate-forme (soit à leur crête) sept mètres de largeur; les talus furent renforcés et élargis de plusieurs mètres, sur l’amont. Pour assurer mieux l’étanchéité, le masque d’argile fut interposé entre deux couches de remblai ordinaire.
- Nous ne pouvons entrer ici dans des détails techniques qui allongeraient démesurément cet article. Qu’il suffise de dire que ce programme de 1926 portait sur 520 kilomètres de digues, et que le cube des remblais à mettre eu œuvre avait été estimé à 21 500 000 mètres cubes, mais que la longueur des endiguements améliorés a finalement atteint 840 kilomètres. Ce -gigantesque' travail, qu’il fallut interrompre chaque année avant la montée des eaux, entraîna la mobilisation de véritables armées de terrassiers-, qui comptèrent jusqu’à 70 000 coolies.
- Quelques chiffres mettront en relief l’importance de l’œuvre accomplie au Tonkin par l’Administration française. A notre arrivée, le volume des digues du Fleuve Rouge et de ses délluents pouvait être évalué à 20 millions de mètres cubes. En 1915, il passait à 32 millions, et, en 1926, à 45'millions et demi. L'exécution du programme de 1926, qui doit être terminée à la lin de l’année 1931, ajoutera 26 millions de mètres cubes à ce chilfre. Quand les endiguements secondaires, prévus par ce même programme, seront achevés, le cube total se trouvera porté à 80 millions de mètres cubes. Nous aurons ainsi quadruplé, en moins d’un demi-siècle, la masse des remblais de défense contre l’inondation.
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- Nous pouvons donc proclamer, non sans une fierté bien légitime, que la collaboration de nos ingénieurs des Travaux publics et des services administratifs de l’Indochine a doté le delta tonkinois de l’un des plus beaux systèmes d’endiguement qui soit au monde.
- Sous sa protection, une population extraordinairement dense peut cultiver le sol, vivre et prospérer paisiblement.
- Victor Forbin.
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- LA POTASSE DALSACE
- 11 y a quelques aimées, nous avons entretenu nos lecteurs des mines de potasse d’Alsace. 11 nous a semblé intéressant de mettre sous les yeux du public, à l’occasion du vingt-cinquième anniversaire de la première société minière d’exploitation, des photographies documentaires montrant les progrès accomplis par la France dans le bassin de potasse d’Alsace.
- Rappelons brièvement que ce bassin s’étend, au nord-ouest de Mulhouse, sur une superficie exploitée d’environ 16 000 lia; 8000 restent encore à mettre en valeur. Partagé entre les mines domaniales (13 puits en service),
- sous laquelle il est caché. Il existe donc deux couches de sylvinite — chlorures de potassium et de sodium mélangés, contenant un peu de chlorure de magnésium et de sulfate de chaux. Dix-huit à vingt mètres de sel marin et de schistes séparent ces deux couches. La première, située à une profondeur moyenne de 675 m, compte 1,80 m d’épaisseur au plus, et sa teneur en potasse pure atteint jusqu’à 25 pour 100. La couche inférieure, plus épaisse (2,50 m à 5 m), est en revanche moins riche, puisque sa teneur en potasse pure ne dépasse pas 20 pour 100.
- La richesse totale du bassin, d’autant plus difficile à
- La potasse en Alsace : la mine domaniale Marie-Louise. (Ph. Cie aérienne française.)
- Fig. 1. —
- les mines Kali Sainte-Thérèse (5 puits en service et 3 en creusement) et la nouvelle compagnie de Blodelsheim (2 puits en creusement), il s’inscrit dans un quadrilatère irrégulier que jalonne assez bien le tracé Mulhouse-Fessenheim-Guebviller-Cernay-Mulhouse.
- Le gisement de potasse d’Alsace est dû à l’àsséche-ment de la mer couvrant aux temps préhistoriques le nord de la France et la Belgique. Les sels magnésiens furent seuls emportés par le retrait de l’eau qui laissait par ailleurs des couches d’argiles et de marnes protectrices. Une nouvelle irruption de la mer constitua une seconde couche de sels potassiques, puis le travail des siècles recouvrit le gisement par la croûte sédimentaire
- évaluer, qu’il n’est pas entièrement exploité, a été estimée, pour une superficie de 20 000 ha, à 1800 millions de tonnes de sel brut. De quoi suffire pendant cinq siècles à la consommation du monde, et pendant cinquante à celle de la France seule.
- Nous ne ferons point aujourd’hui le récit de la découverte de la potasse dans le sous-sol alsacien, ni celui de l’exploitation des gisements, l’un et l’autre avant été donnés dans La Nature, n° 2776, du 1er janvier 1928.
- Cependant, nous tenons à signaler que, depuis 1927, de nombreux perfectionnements ont été apportes aux procédés d’exploitation : le sel brut abattu dans les
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- Fig. 2. -— La mine de potasse domaniale Joseph Else. (Ph. Cie aérienne française.)
- chantiers est chargé en wagonnets à l’aide de couloirs oscillants mus par l’électricité ou l’air comprimé. Chaque taille ou chantier exploite un panneau de 100 m environ, avec une production quotidienne de 250 tonnes en moyenne.
- Les wagonnets sont ensuite remorqués jusqu’aux
- puits par des locomotives électriques ou des locomotives Diesel. Là ils sont culbutés sur des grilles oscillantes où les gros blocs sont séparés des grains. Les premiers sont dirigés sur des bandes de triage, où des ouvriers enlèvent à la main les particules de sel gemme et de schiste mêlées à la sylvinite. Après passage dans des concasseurs, les blocs, mélangés aux grains séparés précédemment, sont dirigés sur des broyeurs, puis dans des tamis d’où sort un sel qui se présente sous l’aspect de grains ne dépassant pas 4 mm.
- La sylvinite ainsi obtenue est employée par l’agriculture, soit telle quelle, soit finement moulue.
- Mais les usines chimiques demandent un produit raffiné, plus riche en potassium. Les fabriques qui le leur fournissent brûlaient, en 1927, 300 kg de houille par tonne de chlorure, ce qui majorait d’une manière déplorable le prix du produit purifié. A cette époque, toute la chaleur contenue dans la saumure chaude était entièrement perdue au cours de la cristallisation. Actuellement, les mines ont réussi à opérer la récupération de cette chaleur au moyen d’appareils cristalli-sateurs des plus ingénieux, dont la mise au point présentait, on s’en doute, de sérieuses difficultés, et dont voici le principe :
- La saumure chaude, à la sortie des bacs de
- Fig. 3. — Une maison pour un employé et sa famille à la mine Joseph Else (mines domaniales de potasse d'Alsace).
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- dissolution, est envoyée dans des récipients où on fait le vide. Elle subit une évaporation rapide, donc se refroidit, et la cristallisation commence.
- La chaleur contenue dans la vapeur dégagée par la saumure est récupérée dans : un condenseur : les eaux-mères froides rentrant en fabrication servent de réfrigérant et arrivent partiellement réchauffées dans les appareils de dissolution.
- Ces cristallisateurs permettant une notable économie de charbon, plusieurs fabriques les ont aussitôt adoptés ; les autres suivront, sans aucun doute.
- Voici donc l’agriculture pourvue de sylvinite et de chlorure de potassium; mais déjà des engrais complexes
- On compte entre 3 et 4 tonnes de sel brut, suivant la richesse du sel employé, pour l’obtention d’une tonne de chlorure de potassium.
- Toutefois les fabriques ne produisent qu’une petite quantité de sels à 98 pour 100 de KC1 (62 pour 100 de K’O), qui sont destinés aux usines de produits chimiques.
- Elles préparent plutôt des sels à 50 pour 100 K?0 et 60 pour 100 K20, précieux pour les agriculteurs résidant dans des pays éloignés des centres de production, parce que ce produit concentré est d’un prix de transport moins coûteux à l’unité active, et que 1 épandage peut se faire dans toutes les terres, même argileuses.
- et concentrés étaient souhaités de différents côtés.
- Les mines françaises, intéressées au plus haut point par cette question, créèrent, en 1928, une « société d’études pour la fabrication et l’emploi des engrais
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- chimiques ». Ainsi que l’indique son nom, cette société se consacre aux recherches de laboratoire et aux essais semi-industriels. Elle a déjà obtenu des résultats intéressants que l’on songe à exploiter.
- La sylvinite contient aussi du brome : dans une tonne de sel brut on a constaté la présqnce de 1 kg 200 de bromures, et 3 kg dans un mètre cube d’eau-mère des fabriques.
- Pour procéder à l’extraction du brome, on fait descendre les eaux-mères dans des tours Kubiersky parcourues par un courant ascendant de chlore. Le brome est déplacé, recueilli à part, puis raffiné.
- Les Allemands ayant déjà, dans leurs mines dépotasse, à Stassfurt, des fabriques de brome suffisantes pour détenir le marché européen, n’avaient pas tiré de brome des sels alsaciens.
- Ce sont les mines domaniales qui, les premières, marchèrent dans cette voie, en 1925. L’usine créée à cette époque donna 24 056 kg en 1926 et 63 494 kg en 1927. Les .mines de lvali Sainte-Thérèse suivirent alors ce bel exemple et fondèrent une usine à leur tour. En 1930,
- la production totale du brome, dans ht bassin de potasse d’Alsace, a été de 473 275 kg.
- Dans le même temps l’extraction du sel brut s’est élevée de 2 323 119 tonnes en 1927 à 3 135 774 en 1931, et l’on sait que le sel brut donne environ un sixième de son poids en chlorure de potassium.
- On conçoit combien l’extraction est pénible, étant donnée la profondeur où se poursuit le travail : le gisement, à 500 m sous terre à la mine Amélie, descend à Ensisheim jusqu’à 1038 m. Une aération puissante parvient d’ailleurs à maintenir dans les galeries une température de 25° environ, alors que celle de la roche monte jusqu’à 35°. En juste compensation, la présence des ouvriers sur les chantiers du fond n’excède jamais six heures.
- D’autre part, une administration tutélaire a fait édifier, pour le personnel, des cités ouvrières aux maisons à la fois confortables et coquettes. Tout s’y trouve réuni : église, écoles, pavillons de santé, dispensaires, cliniques, etc., qui témoignent tout ensemble de l’intelligence et de la bienveillance du personnel dirigeant.
- Jean Mauclère.
- LE PHOTOÉLECTROGRAPHE
- PERMET AUX AVEUGLES DE LIRE L’ÉCRITURE DES VOYANTS
- En sortant l’autre jour de cette modeste maison de Ménilmontant où M. et Mme Thomas m’avaient convié pour examiner leur photoélectrographe destiné à permettre aux aveugles de lire l’écriture des voyants ou les livres imprimés en caractères ordinaires noir sur blanc, je songeais invinciblement aux difficultés de toutes sortes que ces persévérants inventeurs rencontrèrent sur leur route. Que d’obstacles techniques à vaincre, que de soucis pécuniaires à surmonter, par combien d’alternatives d’espoirs et de découragements ne passa pas le tenace ménage pendant les douze années que nécessita la mise au point de cet ardu problème : donner aux gens atteints de cécité la possibilité de lire leur counûer, les nouvelles du jour dans un quotidien ou le dernier roman paru chez le libraire, sans avoir besoin d’un œil ami!
- Le photoélectro graphe (fi g. 1), réalise pourtant ce rêve humanitaire que les typhlophiles les plus ardents considéraient hier encore comme une utopie. La genèse d’une telle invention vaut la peine d’être contée avant d’en expliquer le mécanisme. M. Thomas, mobilisé pendant la Grande Guerre, reçut une grave .blessure aux yeux. Vivant alors dans les ténèbres, il jura avec sa femme de se consacrer aux aveugles s’il revoyait jamais la lumière. Ayant recouvré la vue au bout de six mois, et redevenu civil en 1919, il n’oublia pas sa promesse. Tout en exerçant son métier de mécanicien pour vivre, il consacra ses moments de loisirs à la poursuite de son idée favorite. Après bien des tâtonnements et malgré la précarité de
- ses ressources, son chimérique appareil permettant aux aveugles de lire l’écriture des voyants finit par sortir des limbes vers 1924 et se perfectionna peu à peu. Aujourd’hui, grâce à l’amicale collaboration d’un ingénieur, M. Coulaux, M. et Mme Thomas sont parvenus à mettre au point leur photoélectro graphe. Cet appareil, grâce à une combinaison de projecteur de lumière et de cellules photoélectriques au sélénium, lit, pour ainsi dire, le texte qui lui est présenté, texte qui peut être écrit en caractères d’imprimerie usuels ; et en même temps, par un ingénieux système de relais électromécaniques, il traduit automatiquement ce texte en caractères Braille que l’aveugle sent défiler sous ses doigs et lit au toucher, au fur et à mesure que le projecteur balaye, ligne à ligne, la page imprimée.
- Examinons de plus près ce mécanisme merveilleux. Les figures 2 et 3, représentent schématiquement les différents organes du photoélectrographe. Il se compose d’unë "table ayant à chacune de ses extrémités un support S destiné à soutenir une chambre noire mobile. Sur cetté dernière, on remarque une proéminence cubique qui porte ün objectif revolver et renferme des miroirs plans M1, M“, M\ M'. Un projecteur de lumière P faisant un angle exactement calculé avec l’objectif de lecture O se trouve également fixé sur la chambre noire. De son côté, une béquille à billes B vient appuyer sur le texte à lire qu’on place sur le chariot G mobile dans toutes les directions. Cette béquille permet à la chambre noire
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- Fig. 1. — Texte imprime noir sur blanc, lu au doiyl à l'aide du photoélec-Irographe par M. Coulaux. (Debout : M. et Mme Thomas.)
- d’épouser toutes les dénivellations de la page d’un livre dont les lignes restent ainsi à une distance toujours égale de l’objectif. On obtient, de la sorte, une mise au point rigoureusement invariable sur le champ des cellules photoélectriques CP.
- Ceci posé, une fois le texte à lire placé sur le chariot C, le projecteur P l’éclaire et il défile lettre par lettre sous l’objectif O. En conséquence, comme on le voit sur la coupe horizontale (fig. 3), les rayons lumineux renvoyés successivement par les miroirs M1, M‘2, M3 et 1VP, s’épanouissent sur le champ des cellules de sélénium CP, encastrées à l’une des extrémités de la chambre noire.
- Fig. 3. — Coupe horizontale du pholoéleclrographe suivant AB de la fig. 2.
- ----g.
- Fig. 2. — Coupe schématique verticale du pholoéleclrographe.
- D’autre part, un faisceau de fils F relie ces dernières cellules à des relais R disposés dans le corps de la table T. Dans le coffre du meuble vers le côté droit, on a installé enfin le bloc récepteur BR qui contient des électroaimants commandant des tiges. Celles-ci aboutissent à une grille réceptrice G (fig. 4) qu’elles affleurent dans la position de repos. La surface de cette grille rectangulaire n’excède pas la partie tactile du doigt du lecteur. Grâce à cet ingénieux dispositif, un aveugle perçoit au toucher les lettres qui viennent émerger sur la grille réceptrice les unes après les autres, réalisées par des points Braille au fur et à mesure que l’objectif O les vise sur le texte. Le nombre des tiges peut varier à volonté. Aussi M. Thomas a-t-il construit trois types de machine
- Fig. 4. — Comment une cellule photoélectrique agit sur les tiges qui forment les lettres en relief.
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- Fig. 5. — Le bloc récepteur du pholoèleclrographc.
- Cet organe renferme les électro-aimants commandant les liges qui viennent affleurer la grille réceptrice.
- allant de 6 à 42 tiges et répondant à divers buts. Le schéma ligure 4 représente une de ces 42 cellules C reliée à son équipement récepteur : Il est le relais; EA l’élee-tro-aimant; E et E' des sources extérieures d’électricité. La marche de ce dispositif récepteur, qui comporte autant d’électro-aimants qu’il y a de cellules et de relais, s’explique de la façon suivante. Quand C est éclairé, le courant E' passe dans le relais R. La palette P se trouve alors attirée et s’écarte de A, ce qui interrompt le circuit de E. L’électro-aimant n’étant pas excité, la tige verticale coimespondante demeure immobile. Au contraire, si C est dans l’obscurité, le courant E' ne passe plus, mais aussitôt la palette P revient au contact de A, le courant E' excite l’électro EA, l’armature K est attirée et la tige verticale se soulève pour former un point en reliefenG. Les mêmes mouvements se produisent pour l’ensemble de
- Fig. G. — Pholoèleclrographc pelil modèle en fonclionnemenl.
- Au milieu : le projecteur éclairant le texte placé sur le chariot.
- lin haut, à gauche, la chambre noire contenant les cellules au sélénium. .
- Sur la table, vers la droite, la petite grille réceptrice où les ettres Braille viennent apparaître en relief.
- l’appareil, en sorte que l’on conçoit qu’une-lettre projetée sur le champ des cellules vienne émerger en relief au-dessus de la grille. La sélection des lettres s'effectue par l’office de circuits comportant des relais très spéciaux.
- Le premier modèle de photoélectrographe permet de lire une écriture spéciale traduite au récepteur suivant le code Braille et tout aveugle peut s’en servir après quelques séances d’apprentissage pour lire par exemple son journal quotidien. En outre, cet appareil possède un autre avantage très précieux. 11 traduit immédiatement à la grille réceptrice, sur les 6 points du code Braille, des caractères particuliers qu’on peut imprimer typographiquement avec une dépense et un encombrement aussi réduits que ceux des ouvrages édités à l’usage des voyants.
- Le second genre de pholoélectrographe possède une grille de 42 tiges qui rend possible la lecture de la plupart des signes typographiques.' Enfin le photoélectrugraphe universel est, en somme, la réunion des deux précédents. En manoeuvrant un simple commutateur, l’aveugle pourra l’employer soit à traduire le .code Braille, soit à établir en relief par points n’importe quel texte. Ce système ne tardera sans doute pas à faciliter l’enseignement typhlophile. On mettra, par exemple, devant le pupitre de chaque élève une grille, dont les liges seront commandées par celles du photoélectrographe du professeur.
- En résumé, l’invention de M. et Mme Thomas, d’un maniement aisé, comme nous avons pu nous en rendre compte lors de notre visite, va apporter beaucoup de joie dans le monde des aveugles en leur donnant cette indépendance si ardemment désirée par eux. Au moyen du faisceau lumineux qui transforme les lignes d’impression usuelle en caractères en relief, recueillis par un récepteur mécanique, toute personne privée de la vue pourra lire « avec son doigt » un journal ou un livre ordinaire. L’homme « sans yeux » se tiendra au courant du mouvement intellectuel ou plus prosaïquement lira une lettre d’un ami sans passer par l’intermédiaire d’un voyant.
- Malgré la complexité de ses organes, le nouvel appareil ne semble pas sujet aux détériorations et quelques séances d’apprentissage suffisent pour le bien conduire. Assis devant la table, le lecteur place l’index de sa main droite sur la grille et avec sa main gauche agit sur les molettes afin de régler le chariot jusqu’à ce que la première lettre de la première ligne se trouve sous le rayon lumineux du projecteur. 11 donne ensuite à la molette d’avancement transversal les déplacements correspondant à la largeur des lettres snccessives et il sent celles-ci venir se placer en relief sous son doigt déchiffreur. Arrivé au bout de la ligne, un espace sans signes en relief le prévient, il ramène alors le chariot à la position de départ et au moyen de l’autre molette remonte le texte de la hauteur d’une ligne.
- Enfin, comme le pholoélectrographe fonctionne sans inertie et opère instantanément la transformation de l’écriture, il permet à l’aveugle, possédant une dextérité manuelle suffisante, de réaliser une grande vitesse de lecture.
- Jacques Boyer.
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- UN GIBIER FAUCARDEUR : LE RAGONDIN
- 1 m Nature a publié, il n’y a pas très longtemps (n° 2844), un article sur le Ragondin. Ce Rongeur a été introduit en Europe, comme animal à fourrure et il a été présenté comme tel. 11 est donc inutile de s’étendre sur ce sujet.
- Rappelons que son acclimatement en France a parfaitement réussi, que sa reproduction se fait avec la plus grande régularité et qu’on arrive à l’élever dans des enclos très petits pouvant être réduits à 4 ou 5 m\ Il est donc moins coûteux et aussi facile à domestiquer et
- à nourrir qu’un gros lapin de choux.
- Ayant eu l’occasion d’en manger par deux fois, nous l’avons trouvé délicieux et nous avons pu en déduire qu’il conviendrait parfaitement dans nos étangs et marécages de France, comme gibier de chasse.
- En vérité, on le poursuit en Argentine depuis des siècles, soit pour sa chair, soit pour sa fourrure. On le sert dans certains grands hôtels de l’Amérique du Sud et sa viande, chez les catholiques, est considérée comme maigre.
- Nous en avons lâché dans notre propriété de Sologne et nous en apercevons de temps en temps, soit à la nage, dans les étangs, soit blottis sous des touffes de joncs. Il agrémentera le noble sport cynégétique, les plaisirs de la table et sa riche fourrure ne sera pas à dédaigner. Pour rassurer les chasseurs, nous pouvons déclarer qu’il n’attaque ni les poissons, ni leur frai, ni le gibier, ni les œufs. 11 vit en parfait accord avec les canards, sarcelles et autres volatiles qu’il attire par sa présence, ses grattages ou ses déjections.
- Nos essais d’élevage nous permettent de signaler une autre qualité de cet amphibie.
- Nous savions tous qu’il se nourrissait, à l’état sauvage, des herbes aquatiques. Dans les petits enclos il préfère toutefois des carottes, des betteraves, du maïs ou des croûtes de pain, car il devient rapidement gourmet. Cela ne l’empêche pas de grignoter toute la journée la plupart des herbes qui se trouvent à sa portée.
- Dans un grand enclos entourant un étang et même dans ceux qui ne sont pas entourés de grillage, nous avons pu constater, dès les premiers mois quel était le beau travail de
- Fig. 1. — Chasse au ragondin.
- faucardement. que pouvaient faire les Ragondins.
- Nous avons fait les remarques suivantes :
- Les premières plantes attaquées furent des Graminées flottantes (Calamogrustis) qui encombraient tout le miroir d’eau. Les Ragondins venaient y paître et eurent tôt fait de faire disparaître des plantes que nous cherchions en vain à détruire tous les ans par un faucardement coûteux et décevant.
- Presque en même temps, les Roseaux piaLs (Typlias, Massettes, Quenouilles), étaient rongés vers la base à leur sortie de l’eau. L’animal semblait vouloir en déguster la moelle, mais il délaissait la plus grande partie des feuilles et de la tige. Les feuilles tombaient à l’eau et la tige restait pour ne montrer bientôt qu’une forêt de manches à balais. Ceux-ci pourrissaient peu à peu et l’étang s’agrandissait tous les mois.
- Fig. 3 — Étang herbeux encombré de Calamogroslis. Au-dessous, le même, dix mois après y avoir mis des Ragondins.
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- Fig. 4. — Une forêt de roseaux à faucarder.
- Au-dessous, la même, quatre mois après, montrant le travail des Ragondins.
- Fig. 5. — Etang transformé en parc à ragondins. Au-dessous, le même dont le miroir d’eau a triplé de surface.
- Les grands Joncs ne sont attaqués qu’ensuite, car leur tige ne paraît pas très nutritive. Toutefois nous commençons à en voir une assez belle quantité qui Hotte à la surface des étangs.
- Les petits Joncs sont mangés surtout lorsqu’ils trempent franchement dans l’eau. Placés au dehors de l’étang ils sont dévorés plutôt par la racine, car nous voyons souvent des grattages au pied de la plante, grattages qui mettent la racine à nu.
- Les Roseaux creux (Piuagmites) sont rongés moins fréquemment, il est vrai que la tige creuse, un vrai tuyau de pipe, n’a ni moelle, ni saveur.
- Les Carex (Laiches), les Rubaniers et d’autres petits roseaux sont plus ou moins mangés. A peu près tous reçoivent des coups de dents.
- Les nouvelles pousses des Roseaux et des Joncs, quelle que soit leur espèce, sont savourées avec délice. Si l’on n’a qu’une faible densité de Ragondins, il y a donc intérêt à faucarder une première fois les grands Joncs et les Phragmites pour que les élèves n’aient que les nouvelles pousses à manger. Si l’on a beaucoup de Massettes, on peut laisser les animaux se débrouiller tout seuls; ils feront du beau travail.
- En principe, le Ragondin préfère manger les herbes qui sortent de l’eau et il les croque à la nage. Nous nous sommes souvent amusé à assister à leur manœuvre au milieu de jeunes pousses de joncs. On voit l’animal remuant continuellement, à droite, à gauche, en saisissant d’une main une tige filiforme qu’il déguste aussitôt tandis que l’autre s’empare d’une deuxième qui prend avec rapidité le chemin du hachoir.
- Le faucardement est d’autant plus complet que le nombre des animaux est plus grand. Dans un petit parc où la densité des élèves est grande, on peut dire que rien ne résiste à leurs incisives. Dans un enclos plus vaste où l’on peut limiter le nombre des bêtes, il est facile de régler le faucardement à son gré, car, en vue de la chasse, il est intéressant de conserver à la périphérie des touffes protectrices pour le gibier. En tout cas, le miroir d’eau sera le premier éclairci et le pisciculteur aura toute satisfaction.
- La suppression des Roseaux et des Joncs, faucardés gratuitement, augmentera considérablement le rendement en poissons.
- Pour réjouir les pisciculteurs, nous devons ajouter que le Ragondin est un animal extrêmement intelligent.
- Il l’est certainement beaucoup plus que le Lapin de garenne, qui détruit nos plantes utiles et qui, par malheur, vient faire ses crottes à l’air libre. Cela n’a d’autre utilité que de parfumer l’atmosphère de vapeurs ammoniacales. Le Ragondin, lui, les dépose dans l’eau. Elles flottent, elles se désagrègent, elles donnent un riche plancton et ce dernier sert à engraisser carpes, tanches et gardons. C’est dire qu’avec cet intéressant animal il n’y a rien de perdu. Toutes les herbes inutiles se trans forment en fourrure, en viande ou en poisson.
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- Enclore un marais ou un étang est certainement la méthode de choix, puisqu’on peut régler à volonté le travail demandé. Le grillage n’a, d’ailleurs, pas besoin d’être très enterré, 0 m 25, ou très haut, 1 m au plus. Il est toutefois nécessaire d’y ajouter, vers le haut, une tôle mince'de 20 cm, de préférence en dedans, de façon à empêcher les animaux de sortir, mais à permettre à un égaré de revenir au logis.
- Beaucoup de gens préfèrent mettre ces bêtes en liberté complète. Dans ce cas, il ne faut pas en mettre plus de un ou deux couples à l’hectare, sinon ils risquent de se battre ou de se poursuivre. C’est seulement après la reproduction sur place qu’il se formera des tribus vivant ensemble et se tolérant.
- Dans ces conditions, on ne peut donc, dès le début, compter sur un faucardement intensif. C’est peu à peu que, le gibier augmentant, il en sera de même pour la destruction des plantes aquatiques.
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- Dans notre livre, que vient de publier la Société nationale d’Acclimatation de France, nous indiquons la façon de les contenir, même sans enclos fermé. Quoique cet animal soit très casanier et que les femelles surtout s’attachent à leur habitat, il est possible que quelque vagabond cherche à aller courir la prétentaine chez le voisin. Un grillage placé au bon endroit permet de limiter les promenades et de récupérer les aventureux.
- S’il n’y a pas, dans le voisinage immédiat, soit des marais, soit des étangs, soit des rivières à bords très herbeux, il n’est guère de perte à craindre.
- Enfin, il sera toujours facile de les maintenir en place, comme on le fait pour les faisans; il suffit de leur donner assez fréquemment et au même endroit un appoint de nourriture. Ils ne tarderont pas à devenir si familiers que la salle à manger même sera fréquentée par eux.
- Dr À. Maurice.
- DOIT-ON MORDRE OU MASTIQUER ?
- Pour les individus qui ont la chance de posséder toutes leurs dents, la question semble ne pas se poser.
- Un individu denté ne se sert du mouvement de morsure, c’est-à-dire du rapprochement direct et simple des mâchoires, que pour la préhension des aliments ('). Le travail véritablement utile s’effectue lors de la mastication vraie (combinaison de glissements variés des dents inférieures sur les supérieures, glissements latéraux, glissements en avant).
- La question se pose encore moins pour un individu édenté qui ne peut ni mordre, ni mastiquer. Cependant il est utile que celui-ci soit doté d’une prothèse qui comble cette déficience.
- Alors, muni d’une prothèse, doté de ce que nous appellerons plus vulgairement un dentier, l’édenté ainsi appareillé devra-t-il se limiter aux mouvements d’ouverture et de fermeture de la bouche, devra-t-il se borner à mordre, ou bien pourra-t-il effectuer les différents glissements utiles, pourra-t-il mastiquer ?
- Telle était la première question posée devant l’une des sections du 8e Congrès dentaire international qui s’est tenu à Paris du 2 au 8 août dernier. Les médecins spécialisés ont répondu d’une façon unanime, comme le ferait d’ailleurs le profane : l’édenté appareillé doit pouvoir mordre et mastiquer; il doit pouvoir comme l’individu denté bénéficier des mouvements de glissement les plus utiles. Théoriquement, tous sont d’accord pour condamner les simples charnières qui constituaient .le seul matériel de guide des prothésistes de la génération passée et qui malheureusement (fâcheuse routine) constituent encore le plus souvent le guide des praticiens d’aujourd’hui. Un autre problème, complémentaire, apparut plus complexe; il fut plus discuté, et nous semble suscep-
- 1. En réalité la préhension des aliments est un peu plus complexe. Au rapprochement des mâchoires s’ajoute en effet une légère projection du maxillaire inférieur en avant.
- tible d’intéresser nombre de nos lecteurs : c’est la reproduction mécanique des mouvements de la mâchoire, au laboratoire.
- Autant cette reproduction était simple et inexacte
- Fit7. 1. — Occluscur ordinaire.
- au moyen des charnières (que les spécialistes appellent occluseurs), autant elle est devenue complexe depuis que l’on désire transformer ces occluseurs en articulateurs vrais, c’est-à-dire en instruments susceptibles d’exécuter au laboratoire tous les mouvements que l’homme réalise en bouche et d’interdire tout autre mouvement. Lorsqu’on se rend compte que des différences linéaires de quelques dixièmes de millimètre ou des différences angulaires de quelques degrés sont capables de déséquilibrer toute une prothèse (un dentier), on peut apprécier la difficulté du problème posé. i
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- COMMENT REPRODUIRE AU LABORATOIRE LES MOUVEMENTS MAND1BULAIRES DE L’HOMME
- Les théories. —- Les différentes écoles, basant leurs recherches sur les observations anthropologiques, ont
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- Fig. 2. —> Arliculaleur adaptable de Gysi.
- abouti à des théories géométriques précises, mais des plus variées.
- Les uns voient les mouvements de mastication comme un mouvement sphérique, puisque, lors de ses mouvements, la mandibule glisserait sur une sphère virtuelle de 10 cm de rayon environ, centrée sur un point de la base du crâne situé derrière la naissance du nez (Wads-worth, G. Villain). D’autres soutiennent qu’il n’y a pas glissement de la mandibule sur une surface sphérique ou sphéroïdale, mais bien rotation de la mâchoire inférieure autour d’axes virtuels réunissant les deux articulations temporales dans une sorte de cylindre virtuel. La théorie des cylindres, longuement étudiée et créée, croyons-nous, par le Pr Gysi de Zurich, a été défendue au Congrès par le Dr Ackermann, de Genève.
- En opposition complète avec ces théories, une troisième école se désintéresse de ces considérations géométriques et prétend résoudre empiriquement le problème des seuls points de vue de l’enregistrement et de la reproduction des mouvements. Après les précurseurs, Chris-tensen en particulier, après le Dr Amoedo (Paris) qui, le premier, enregistra partiellement les mouvements de
- Fig. 3. — Inscription du plan condylien de Gysi.
- mastication, le Dr Marcel Darcissac (Paris) établit un articulateur et proposa une méthode basée exclusivement sur le principe de l’enregistrement intégral.
- Certes, disent les Drs Marcel Darcissac et Edmond Dubois (Paris), du point de vue administratif, enregistrer, c’est transcrire et quelquefois simplement noter. Par contre, dans le domaine scientifique, enregistrer a un sens des plus jmécis et scientifiquement il ne peut être question d’enregistrement dans les cas où l’on n’aurait procédé qu’à une copie, voire au dessin le plus précis. Dans l’enregistrement des mouvements, quels qu’ils soient, pour obtenir un résultat scientifique, un minimum de précautions est indispensable. Deux cas sont à considérer :
- Ou bien, il s’agit de mouvements s’effectuant dans un plan. Dans ce cas la méthode graphique peut être appliquée. Copiant les mouvements réalisés dans un premier plan, cette méthode est capable de les enregistrer dans le même ou dans un autre plan.
- Ou bien, les mouvements étudiés ne s’effectuent plus dans un plan, mais bien dans l’espace, par conséquent, dans des plans infiniment variables. Alors il est utopique de vouloir les enregistrer dans un plan. La méthode graphique pourra peut-être dans ce cas rendre des services; certains peuvent la considérer comme suffisante; scientifiquement elle ne peut prétendre réaliser un enregistrement.
- Des mouvements effectués dans l’espace (cas des mouvements mandibulaires) ne peuvent être enregistrés que dans l’espace. Aussi, nous ne retiendrons, comme méthodes à enregistrement, que celles q\ii nous donneront des surfaces enregistreuses imprimées dans l’espace, donc modelées en relief et en creux d’après les mouvements générateurs.
- Les méthodes. — A une telle diversité théorique correspond une diversité encore plus grande des méthodes d’application.
- Outre une méthode fort intéressante par son principe et ses résultats, celle de G. Villain, qui prétend arriver au même équilibre fonctionnel sans mouvements latéraux de l’occluseur, il en est toute une série d’autres essayant de reproduire intégralement tous les mouvements; nous ne retiendrons que les deux plus connues, d’autant plus intéressantes à confronter qu’elles partent de principes littéralement opposés.
- Notions élémentaires d’anatomie et de physiologie. — La mandibule (maxillaire inférieure), en forme générale de fer à cheval, est constituée en avant par le corps du maxillaire, prolongée de chaque côté en arrière et en haut par une branche montante qui se termine au condyle.
- . Le condyle vient par l’intermédiaire d’un ménisque fibro-cartilagineux s’emboîter et glisser sur une surface articulaire de la base du crâne (os temporal), située en
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- Fig. 4.— Enregistreur intrahuerai Darcissac.
- avant du conduit auditif et dénommée cavité glénoïde. Des ligaments unissent le eondyle au ménisque, le ménisque au temporal, enfin. une. capsule fibreuse entoure cette articulation dénommée articulation temporo-mandihulaire et des muscles d’orientations différentes commandent à la mandibule, par rapport au reste du crâne, les différents mouvements nécessaires à la mastication.
- Principes de la méthode du professeur Oysi (Zurich). — Supposons un carton rectangulaire appliqué et maintenu devant l’oreille. IJn arc facial, solidaire en avant de la mandibule (mâchoire inférieure), se termine de chaque côté en arrière par un stylet qui lors des mouvements de la mandibule inscrira les trajets sur le carton, à l’endroit de l’articulation.
- L’axe du tracé ainsi réalisé est prolongé sur le carton en avant et en arrière, mesuré par rapport à l’horizontale à l’aide d’un rapporteur.
- L’angle ainsi obtenu permettra d’orienter et de fixer convenablement des plans de glissement variables sur l’articulateur, en préparation au laboratoire, de façon à assurer au modèle.obtenu par moulage de la mandibule des directions de mouvement identiques à celles observées sur la personne à laquelle l’appareil est destiné.
- Principes de la méthode du DT Marcel Dar-cissac (Paris). — Une plaque en fer à cheval solidarisée avec la mandibule porte une série de cônes sur sa face supérieure. Parallèlement une autre plaque en fer à cheval, solidarisée au palais (maxillaire supérieur), porte une série égale de cavités remplies de substance plastique. Au cours des mouvements mandibulaires, les cônes inférieurs inscrivent dans la substance plastique supérieure l’empreinte de leurs différents déplacements. Aucune finesse, aucun détail du trajet n’échappent à l’enregistrement.
- En vue de reproduire les mêmes mouvements au laboratoire, l’articulateur Darcissac porte plusieurs séries de cônes reposant dans des cavités remplies de substance plastique. Si l’enregistrement intra-buccal peut causer quelque erreur par une mauvaise technique et l’oubli de facteurs qu’il n’y a pas lieu d’étudier ici, la transposition au contraire est non seulement théoriquement, mais pratiquement et fatalement toujours exacte.
- Conclusions.— Nous nous sommes efforcé, sans sortir du cadre des généralités, de schématiser au possible ces deux méthodes opposées des Drs Gysi et Marcel Darcissac, dont les Drs Ackermann et Edmond Dubois se sont faits les principaux avocats au Congrès. L’avenir les jugera certes, mais, d’ores et déjà, bien que de conceptions différentes, les deux méthodes doivent être considérées comme
- un très grand progrès scientifique. L’une et l’autre ont déjà très largement contribué à la solution de ce problème délicat qu’est la mastication chez l’édenté appareillé.
- Demain les vieillards, les mutilés récupéreront une denture de fonctionnement sensiblement équivalent à celui de leur jeunesse ou d’avant leur accident.
- Quelle que soit la méthode qui s’imposera, les noms de Christensen, Luce, Amoedo, Schrœder, Wadsworth, Gysi, G. Villain, Darcissac, ne pourront être oubliés,
- pi g. 5. — Ariiculateur enregistreur Darcissac.
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- quand chacun pourra, malgré l’âge et les infortunes de sa denture, toujours aussi bien mordre et parfaitement mastiquer.
- Appel aux ingénieurs. — Certains prothésistes pensent que c’est moins une question de simplification de technique (car il est toujours plus facile de simplifier que d’établir), qu’une question d’exactitude dans la
- et méthodes. L’un d’eux, le Dr Edmond Dubois, a présenté le vœu que la fédération dentaire internationale constitue une commission composée de prothésistes, d’anthropologistes et d’ingénieurs chargés :
- 1° De classer les instruments enregistreurs susceptibles de contrôler graphiquement les différents mouvements des articulateurs :
- 7 ' <
- 2° A l’aide de l’instrument reconnu le plus simple et le plus exact de classer les différents articulateurs, instruments et méthodes d’adaptation individuelle suivant
- leur coefficient de rendement à l’idéal souhaité, qui est qu’une personne subissant successivement les mêmes épreuves avec plusieurs opérateurs donne au contrôle graphique identité des tracés.
- Ce vœu a été adopté à l’unanimité par la section de prothèse et il est à supposer que la F. D. I. le prendra en considération.
- prothésistes attendent donc des ingénieurs la construction (') d’appareils simples permettant d’enregistrer graphiquement les rapports des deux branches de Tarticulateur en mouvement, c’est-à-dire schématiquement les rapports de deux plans pseudo-horizontaux et‘pseudo-parallèles au départ, au cours des différents glissements sur trois pentes pseudo-égales, mais variant de 10 à 30° (deux pentes latérales postérieures et une pente antérieure centriquc). Dr Dubois.
- 1. Les ingénieurs, que la question intéresserait, pourraient communiquer leurs projets à La Nature qui transmettrait.
- reproduction qui doit départager les différentes théories - \ Les
- UNE MACHINE A SONDER LES ROUTES
- Le développement considérable de la circulation routière, au cours des années qui ont suivi la fin de la guerre, a posé de nombreux problèmes quant à la construction et à l’entretien des routes dans la plupart des pays. Le bon vieux macadam que détériorent trop vite les monstres de la. route a été supplanté par des revêtements plus modernes, asphaltes et bétons, de compositions diverses. Tout un appareillage a été conçu dans ce but et la tech-
- Fig. 1. •— La machine pour la prise d’échanlilions dans les routes en béton (pin Sullivan).
- nique de la construction des routes a été entièrement renouvelée.
- En même temps, de nombreux systèmes ont été imaginés pour contrôler la valeur et la tenue des revêtements, soit au moment de leur pose, soit au cours de leur existence. Un des plus récents et dont nous allons 'parler constitue une application ingénieuse de la machine à sonder employée depuis longtemps dans les miries pour la recherche des matières contenues dans le soüs-sol.
- La sondeuse routière est un outil d’investigation remarquable. Elle découpe dans la route un cylindre de 15 cm de diamètre qui est un témoin parfait du revêtement à examiner et permet de contrôler l’homogénéité de la matière, son adhérence au support et, par des essais chimiques et physiques, son état, sa porosité, sa résistance à l’usure, à la compression, à la gelée, etc. Chaque couche et chaque composant y sont représentés avec leur épaisseur, exacte. Ces échantillons sont obtenus rapidement avec un minimum de frais et sans dégradation du revêtement, le trou de faible diamètre étant facile à reboucher. Avec un ouvrier exercé, on peut prélever de 20 à 30 échantillons par journée de travail, soit dix fois, au moins, plus vite-que ne le ferait un ouvrier travaillant à la main. D’autre part, la remise en état sera plus rapide et moins coûteuse qu’en cas de prélèvement manuel. Enfin, la capacité de fonçage de l’appareil atteignant 60 cm, on pourra ainsi étudier, le cas échéant, la nature et l’état du sol avant la pose du revêtement ou au cours de son existence.
- La sondeuse pour routes groupe, sur un même bâti destiné à être placé à l’arrière d’un camion (voir fig. 1), un moteur à essence et un système perforateur ou sondeuse proprement dite. L’outil qui doit découper dans les revêtements un cylindre — ou « carotte » pour parler comme les sondeurs — est un tube en acier doux d’un diamètre intérieur de 150 mm et extérieur de 175 mm.
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- Ces chiffres nous donnent les diamètres respectifs de la « carotte » et du trou foré par la machine.
- Cet outil d’attaque est pourvu à sa partie inférieure de deux encoches inclinées que l’on voit dans la figure 1. L’usure et la rupture du revêtement sont obtenues à l’aide de grenaille d’acier trempé que l’on introduit dans le tube et que celui-ci enlraînc dans son mouvement rotatif.
- Le tube à grenaille est terminé par une tige de commando en acier plein, traversant un pignon à axe vertical attaqué par un renvoi d’angle relié au moteur. L’appareil est conçu de telle sorte que la tige de la sondeuse, solidaire du pignon pour la rotation, peut cependant coulisser librement dans le sens vertical en vue de l’avancement. C’est, à peu de choses près, le principe de la sondeuse rotative.
- La pression de l’outil découpant sur le sol est produite par un contrepoids dont la position est réglable sur un levier, lequel agit par l’intermédiaire d’une roue à rochet sur deux pignons entraînant deux crémaillères verticales que l’on peut voir sur l’appareil Sullivan représenté par la figure 1. Dans un autre système, l’avancement se règle au moyen d’un volant et d’une vis différentielle. Etant donné les faibles profondeurs à traverser et la médiocre résistance que l’on rencontre, on n’a pas jugé utile de prévoir des appareils à pression hydralilique. Comme dans la sondeuse de mine, le travail d’avancement et l’évacuation des débris sont facilités par l’injection d’eau provenant d’un réservoir placé sur le camion.
- La vitesse normale est de 150 à 200 tours par minute, mais au début de l’opération, et tant que le trou n’est pas suffisamment ébauché, elle doit être limitée à 40-50 tours/minute. Pour amorcer le trou, on emploie un mélange de 10 pour 100 de grenaille et 90 pour 100 de sable, avec une faible pression sur l’outil coupeur. En marche normale, on doit ajouter de la grenaille toutes les 30 secondes environ et d’ailleurs, le « broutage » de l’outil le rappellerait si l’on venait à l’oublier. Si le béton est recouvert d’asphalte, la traversée de cette matière
- TERRES
- se fait à sec en utilisant le ramollissement produit par réchauffement.
- La consommation en eau est en moyenne de 20 à 22 litres pour un revêtement de 20 cm entièrement traversé. La consommation en grenaille pour le même travail est d’environ 200 cm'’. La vitesse moyenne d’avancement est de 1,50 à 2 cm par minute.
- Le moteur qui fournit à la sondeuse la force motrice nécessaire varie suivant les appareils. Dans ceux qui sont représentés par les photographies 1 et 2, c’est un 10 ch, 2 cylindres, à refroidissement par eau.
- Ces appareils sont répandus aux Etats-Unis, et la plupart des grandes villes ainsi que les entreprises de construction de routes les emploient couramment. En Europe, parmi les premiers appareils du type représenté par les figures ci-contre, mis en usage récemment, nous signalerons ceux qui ont été achetés par les villes de Tunis et de Turin.
- A. F. Pellat.
- VERTES
- ET LEURS EMPLOIS INDUSTRIELS
- Il nous paraît intéressant d’ajouter quelques compléments à l’article publié à ce sujet dans le n° du 15 novembre 1931.
- Si l’appellation de « terres vertes » est née des décompositions serpentineuses, d’ailleurs assez peu répandues dans la croûte terrestre, on l’a rapidement étendue aux silicates ferreux ou glauconieux qui avec une couleur identique possèdent à peu près les mêmes propriétés.
- D’autre part, on emploie couramment dans l’industrie des couleurs, faute de véritable «terre de Vérone», des serpentines
- non décomposées,’mais ;qu’on pulvérise très finement. On choisit, bien entendu, les teintes les plus convenables qui concordent généralement avec des teneurs élevées en magnésie (30 à 40 pour 100).
- Ces roches pulvérisées sont la base des verts à la chaux, véritables laques aujourd’hui fort en honneur.
- Quant aux silicates ferreux ou « haldogée » minéralogiques, ils abondent dans de nombreuses assises sédimentaires, mais dans très peu d’entre elles ils sont suffisamment concentrés
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- pour être utilisés. Leur composition est excessivement variable, car si le principe est toujours le silicate de fer hydraté, les teneurs en chaux, magnésie, potasse sont loin d’être constantes.
- En France, un gisement est en exploitation dans le département du Var et nous croyons que c’est lé seul de tout le territoire. Il se trouve à quelques kilomètres de Fréjus, dans les assises permiennes qui recouvrent au sud le bassin houiller du Rayran. Ces assises sont composées de grès et de schistes bariolés appartenant à l’étage du « grès vosgien » et contiennent localement, non loin de la route qui franchit l’Estérel, un banc de 2 à 3 mètres de puissance où les grès deviennent complètement glauconieux ; ils répondent; à l’état brut, à l’analyse suivante :
- Silice............................ 51,20
- Alumine ............................ 5,10
- Oxyde de fer........................16,40
- Chaux............................... 8,60
- Magnésie............................ 0,70
- Potasse................... . . . . 4,70
- « Eau..............................13,30
- L’extraction a lieu par galerie souterraine. La couleur des produits est d’un verl sombre; la calcination leur fait perdre la majeure partie de l’eau, mais ne change pas la teinte et celle-ci ne permet guère un emploi direct. Mais leur propriété, commune avec celle des serpentines, de fixer les matières basiques, les fait utiliser pour les couleurs à la chaux destinées à l’extérieur et pour les couleurs à l’eau destinées à l’intérieur. Il faut évidemment que cet emploi soit précédé d’une réduction préalable à l’état de poudre impalpable.
- Ce qui précède est l’usage direct de terres vertes; elles entrent en outre indirectement dans une foule de fabrications, celles des bleus d’outremer artificiels, des laques, des encres et de certains papiers de tenture; on s’en sert pour la décoration de poteries et aussi pour l’obtention d’une sorte d’alliage analogue aux ferro-silicium. Nous avons vu sur place même ramasser tous les déchets d’extraction pour s’en servir comme amendement; des terres à cause de la potasse qu’ils contiennent.
- Nous croyons qu’orientée davantage dans un sens industriel, l’extraction de ces terres vertes, qui n’est encore que rudimentaire, pourrait prendre un véritable développement.
- V. C.
- LES TRUQUAGES SCIENTIFIQUES AU CINEMA
- Paysages artificiels. Sonorisation après coup.
- Traduction des films parlants étrangers. Orchestre synchrone.
- Voici quatre procédés, tout récents, de truquage cinématographique; ils sont basés, comme du reste toute l’industrie du film sonore, sur l’emploi d’un matériel scientifique tout à fait moderne : amplificateurs à lampes triodes, cellules photo-électriques, entraînement concordant par moteurs synchrones, etc., et n’ont qu’un bien lointain rapport avec les-« trucs » de féeries employés il y a vingt ans, aux premiers temps du cinéma.
- Le premier de ces procédés a pour but d’enregistrer sur un même film des acteurs et des paysages qui ne se sont jamais trouvés réunis dans la réalité et, par conséquent, il permet d’éviter des déplacements coûteux; le,système de sonorisation après coup donne le moyen-de prendre à l’état muet des films quelconques (par exemple dans un endroit public, où il est difficile d’installer des microphones et des enregistreurs de sons) et de rendre sonore ce film tout à loisir. Enfin, la méthode de synchronisation par bande-pilote (procédé Charles Delacommune), fournit une solution parfaite au difficile problème du dubbing ou traduction des films étrangers.
- Comme on le voit, toutes ces recherches ont eu des buts résolument pratiques; mais il est certain que la nécessité de mettre au point avec une extrême précision et d’industrialiser des procédés qui sortaient à peine du laboratoire a également contribué à l’avancement de la physique.
- LA. TECHNIQUE DE LA PRISE SONORE
- Avant d’examiner les tout récents procédés de truquage scientifique du cinéma, rappelons succinctement comment s’effectue l’enregistrement des sons.
- Deux systèmes sont en présence : l’inscription sur
- disque (fig. 1) qui s’emploie surtout pour les enregistrements de qualité et l’enregistrement photographique sur film (fig. 2), sous forme d'une bande de 3 mm de largeur, appelée la piste sonore et logée sur le film lui-même entre la perforation et les images.
- Dans les deux systèmes, les courants provenant des divers microphones se rendent dans des amplificateurs basse fréquence à lampes triodes, chauffées généralement par un courant à 12 v et dont la tension plaque est de 400 v; cette tension, qui serait assez dangereuse dans les installations volantes, est fournie par des batteries d’accumulateurs normalement découplées (20 batteries de 20 v) : le découplage se produit automatiquement, lorsqu’on coupe le courant de chauffage. Chaque microphone étant relié à un amplificateur individuel, il .est facile à un spécialiste, le mixer (ou en français mélangeur de sons), de régler les intensités fournies par chacun de ces microphones. Les courants ainsi amplifiés se rendent à l’appareil d’enregistrement des sons.
- L’inscription sur disques se fait à l’aide d’un appareil d’enregistrement électro-magnétique des sons (fig. 1), qui est constitué comme le moteur d’un haut-parleur à grande puissance et muni d’ùn style en acier qui trace le sillon d’enregistrement sur le disque en cire; une tuyère d’aspiration enlève les. copeaux.
- L’enregistrement sur disques pose deux problèmes délicats; d’abord celui des vibrations. On les combat par des suspensions sur des. câbles croisés en caoutchouc analogues à celles employées pour les chronomètres de marine ; l’entraînement également se fait par transmissions élastiques.
- Le second problème est celui de la substitution des
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- fait à 2) qui a pour effet envoyée systèmes d’ins-l’inscription à
- Fig. 1. — Machine d'enregistrement sur disques de cire pour le. cinéma sonore.
- A gauche l’opérateur suit l’inscription au microscope ; à droite le moteur électro-magnétique et le dispositif d’entraînement micrométrique.
- disques qui ne sont capables que d’une durée d’enregistrement assez limitée, d’ordinaire onze minutes; en particulier, à la projection du film, il est indispensable d’assurer la « soudure » entre le disque qu’on enlève et celui qui vient le remplacer. On y arrive par un artifice appelé fading et qui consiste à faire travailler simultanément les deux disques pendant une certaine période, l’émission du premier étant progressivement affaiblie pendant qu’on augmente, au contraire, la puissance du second. A cet effet, on prévoit une partie commune entre la lin de l’inscription de chaque disque et le début de l'inscription sur le disque suivant.
- — La restauration des sons enregistrés sur disques s’effectue par le dispositif bien connu du pick-up ou microphone à aiguille.
- ]j enregistrement sonore sur film se l’aide d’un recorder (lig. de faire varier l’intensité lumineuse sur un film vierge; deux cription sont possibles : largeur constante et à densité variable qui donne à la piste sonore l’aspect d’une succession de bandes d’un gris plus ou moins foncé et l'inscription à largeur variable, dans laquelle la piste sonore se présente comme une ligne noire de largeur variable (dents de scie).
- .11 y a plusieurs systèmes de recorder. On peut alimenter directement une lampe sans inertie calorifique (lampe axi néon) directement par le courant modulé arrivant des amplificateurs; on préfère généralement produire la lumière à l’aide d’une lampe indépendante
- Fig. 2. -— Modulateur électrique de lumière (lighl-valve) employé pour Vinscription sonore sur film.
- et plus puissante et faire contrôler le rayon lumineux par le courant modulé; ce résultat peut être obtenu à l’aide de galvanomètres à miroir ou avec deux fils tendus cote à côte dans un champ fixe intense (lig. 2), ou par tout autre relai électro-mécanique, pourvu que la fréquence propre d’oscillation soit supérieure à 10 000; on sait, en effet, que les harmoniques delà voix dépassent fréquemment 8000. Les instruments se tiennent à des fréquences beaucoup plus faibles : piano, 3500; flûte d’orchestre, 4700.
- Cet appareil est du type à double fil; les deux conducteur^ sont placés devant une fente très fine et fortement éclairée; ils sont traversés par le courant des microphones préalablement amplifié. Les variations d’écartement des deux fils produisent des émissions de lumière variables qui s’enregistrent sur le film.
- Le film produit par le recorder n’est pas le film complet portant les images, c’est un petit film uniquement sonore appelé le film-sons; la synchronisation du déroulement de ce film-sons dans le recorder et du film-image dans les caméras (appareils de prise de vues) est assurée par l’emploi de moteurs synchrones alimentés par un petit groupe auxiliaire fournissant un courant alternatif de 120 v 50 périodes/s. L’inscription sonore et les images ne se trouvent juxtaposées qu’au moment du tirage sur film positif; on a soin à ce moment de laisser un intervalle réglementaire (généralement 38 cm, soit 20 images) entre une image et le bruit correspondant, ce qui est nécessaire puisque ces deux points doivent se trouver à un instant déterminé devant deux organes différents : le « projecteur optique » et le « projecteur sonore ». Cette longueur relativement .considérable de 38 cm est du reste indispensable du fait que le mouvement du film est saccadé dans l’appareil optique et rigoureusement continu dans l’appareil de restauration des sons.
- Ce dernier appareil consiste en une cellule photoélectrique généralement au potassium; on sait que sous l’influence d’un flux lumineux l’électrode garnie de potas-
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- Fig. 3. — Procédé donnant un paysage fictif par rcprojechon.
- Le film représentant le paysage a été tourné sur place; il est maintenant projeté au studio par un puissant appareil de projection P sur un écran en toile F tendu dans le cadre d’une fausse fenêtre. La « caméra » de prise de vues C photographie d’un môme coup les acteurs et le paysage, donnant ainsi le film définitif.
- sium a la propriété de bombarder d’électrons l’autre électrode qui est en métal inerte et de donner un courant
- Fig. 4. — Voici le type de vues cinématographiques que l'on peut obtenir en paysage fictif.
- La « soudure » des deux espaces, formée par le bas de la toile, est cachée par le décor du balcon. Le procédé s’applique néanmoins à des scènes de plein air à la condition de placer des obstacles quelconques sur cette ligne. On peut aussi prendre le paysage en sonore ou même en parlant, mais la concordance des répliques entre les deux espaces est délicate.
- proportionnel à l’éclairement. Dans les cabines de projection du cinéma sonore, le courant émis par la cellule est de l’ordre du millionième d’ampère; il est amplifié en deux ou trois étages dans un rapport suffisant pour permettre d’alimenter les baut-parleurs de la salle. Ces derniers comportent ebacun un réglage individuel, ce qui permet de donner aux spectateurs l’impression que les sons proviennent de derrière l’écran.
- LES PAYSAGES ARTIFICIELS
- Les appareils d’enregistrement sonore constituent, on a pu s’en rendre compte, un matériel très volumineux et dont le poids, groupe éleetrogène compris, peut être évalué à deux tonnes; pour les prises de vues sonores à l’extérieur, ce matériel est emporté sur un ou même sur deux camions qui sont reliés aux came-ras de prise de vues et au microphone par d.cs faisceaux de câbles (câbles de synchronisation, câbles microphoniques, etc). Ces conducteurs peuvent atteindre des longueurs considérables, lorsqu’il s’agit de tourner des scènes dans des endroits inaccessibles aux camions eux-mêmes; enfin, dans les endroits publics la prise d’un film sonore devient pour ainsi dire impossible, c’est ainsi que pour le film Le roi du cirage, où une scène se passe dans un autobus, il a fallu mobiliser quatre camions qui suivaient l’autobus et une équipe de machinistes tout exprès pour soutenir les câblés et les empêcher de traîner à terre.
- Aussi, a-t-on depuis longtemps cherché un procédé permettant de tourner séparément les paysages et les acteurs. Cette solution permet une économie sur les frais matériels et surtout sur les cachets des grandes vedettes qui sont particulièrement élevés, lorsqu’il est nécessaire de les emmener en voyage.
- Deux procédés permettent d’obtenir ce résultat dans de bonnes conditions : le procédé par reprojection et le procédé Williams basé sur l’emploi des couleurs complémentaires.
- Procédé par reprojection. — Le procédé par reprojection, représenté figure 3, est d’une extrême simplicité. On commence par envoyer sur place un opérateur qui prend une vue cinématographique du paysage ; cette vue est bien entendu animée, c’est-à-dire qu’elle reproduit des objets en mouvement et même au besoin des personnages. Le film est rapporté au studio, développé comme à l’ordinaire et passé dans un appareil de projection P, d’une intensité lumineuse considérable. La projection s’effectue par transparence sur un écran entoile F, qui fait partie du décor de fond, devant lequel jouent les acteurs; sur notre figure, la disposition adoptée est celle d’une fausse fenêtre (fig. 3 et 4), dont le cadre est occupé par la toile. La caméra de prise de vues C qui enregistre le film définitif photographie d’un seul coup les acteurs et le paysage fictif placé derrière eux. Le film ainsi obtenu présentera donc toutes les apparences d’un film pris
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- authentiquement avec les acteurs jouant devant le paysage véritable.
- Au lieu de borner ce paysage au cadre d’une simple fenêtre, on peut lui faire occuper la totalité du décor de fond ou du moins, la partie de ce décor qui se trouve dans le champ de prise de vues de la caméra ; on arrive ainsi à des elïets de plein air. Des effets de vent produits à l’aide de ventilateurs complètent l’illusion ; la seule précaution à prendre est de cacher la soudure des deux espaces, l’un fictif, l’autre réel, qui est formée par le bord inférieur de la toile. 11 suffit de masquer ce bord au moyen de meubles, de balustrades, ou du corps des personnages eux-mêmes.
- Le procédé par reprojection donne de bons résultats, à la condition de disposer d’appareils extrêmement stables, tant à la prise de vues du paysage qu’à sa reprojection, sous peine d’avoir un tremblement relatif du paysage et du décor fixe qui détruit toute impression de réalité. Notons qu’il peut y avoir communication entre les personnages réels et ceux du paysage reprojeté; ils peuvent, par exemple, échanger des signaux ou feindre de se parler de loin : c’est uniquement une question de préparation de sketches et de répétitions.
- Lorsqu’on a affaire à un film sonore, deux cas peuvent se présenter, suivant que le paysage lui-même peut être muet sans inconvénient,
- Fit;. 5. — Procédé des couleurs complémentaires.
- Dans ce procédé, le film-paysage est mordancé en rouge, ses noirs sont transformés eii rouges, ses blancs restant blancs; il est déroulé au contact du film vierge destiné à devenir le film définitif dans une caméra spéciale C; en môme temps les acteurs jouent sous des projecteurs qui les éclairent en rouge et devant une toile E représentant la l'enôtre et éclairée en bleu; les rayons rouges traversent purement et simplement le film rouge sans altération et vont impressionner le lilrn vierge; lés acteurs sont donc photographiés comme à l’ordinaire. Mais pour les rayons bleus, les rouges forment écran : il en résulte donc une simple transposition de paysage par Virage en positif et cela dans tous les endroits où aucun obstacle ne s’est présenté devant les rayons bleus issus de la fausse fenêtre. L’illusion réalisée est ainsi parfaite.
- ou doit être au contraire, pris lui-même à l’état sonore. Dans ce dernier cas, il est nécessaire de faire suivre le cameraman de l’équipe.ordinaire de prise de sons : on enregistre ainsi les bruits (mer, vent, bruit des machines, de rue, de foule) ; on enregistre également quelquefois les paroles de certains personnages situés en arrière-plan : toutefois ceci est assez rare. — Ce lilm paysage
- Fig. 6. — Exécution de la sonorisation définitive « après coup », d’un film comportant cinq sortes de bruits : dialogues, bruits de rue, coups de feu, bruit de foule, orchestre. Seul le dialogue a été enregistré au moment de la prise de vues : c’est un film-sons qui passe dans le projecteur-sons n° 1. Les films-sons n° 2 (bruits de rue) et n° 3 (coups de feu) ont été fabriqués après coup au studio. Ces trois films-sons sont dér roulés à des allures synchrones en même temps que le film-images ; ils émettent des courants microphoniques qui vont se mélanger au courant provenant d’un microphone captant les bruits de foule produits'par des figurants, et au courant provenait d’un pick-up donnant la musique d’orchestre. Les courants s’inscrivent donc en superposition dans le film définitif donnant;l’illusion de la réalité. On voit à droite
- est projeté, chose curieuse, à Vêlai muet-, il émet bien un courant microphonique, mais ce courant, au lieu de mettre en action un haut-parleur se rend dans la cabine du mixer : il se mélange au courant provenant du microphone qui est en train de capter les paroles des acteurs et ces deux courants s’enregistrent en superposition sur le film sonore définitif.
- Gette manière d’opérer, donne également des résultats excellents et nuancés entre les mains d’un mixer expérimenté, mais il exige des répétitions très soignées et un système de signaux conventionnels; car si les acteurs voient le paysage, ils ne Ventendent pas : si l’on veut par exemple qu’ils se retournent à un appel venu d’un personnage faisant partie du paysage, il est indispensable de les avertir.
- Procédé des couleurs complément= taires. — Le procédé Williams, basé sur
- l’aspect de l’enregistrement sonore définitif.
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- Fig. 7. — Pupitre de synchronisation pour l'application des procédés de « dubbing» Delacommune. — A gauche, appareil de projection passant le film en langue étrangère; à droite électro-aimants plongeurs permettant d’inscrire, à l’aide de traits analogues à ceux du Morse, les temps d’ouverture et de fermeture des lèvres des acteurs sur une bande d'étude en carton perforé. Cette bande est entraînée par engrenages à une vitesse sous-multiple de celle du film. — Au fond, le compositeur Marcel Tenau ; au premier plan, l’inventeur Charles Delacommune,
- l’emploi des couleurs complémentaires (rouge légèrement orangé et bleu tirant sur le vert), est tout récent; il nécessite l’utilisation de films vierges panchromatiques, c’est-à-dire sensibles à toutes les radiations du spectre ; les films panchromatiques sont, du reste, à peu près exclusivement employés dans les studios depuis trois ans.
- On commence par tourner, comme précédemment, le film paysage; mais après développement, on le passe dans un bain de mordançage qui a la propriété de teindre les noirs en rouge tout en laissant les blancs intacts;
- Fig. 8. — Fragment d’une bande authentique montrant comment le tracé permet d’établir la correspondance entre le français et l’anglais.
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- ôaoi <ucj ÇjjjnJb cjuitf-têon. cu4 -'fknxj, no quxô.téon
- les couleurs intermédiaires (gris plus ou moins foncés), deviennent plus ou moins rouges, selon leur degré d’intensité.
- On dispose ensuite le studio comme l’indique la ligure 5, les acteurs sont éclairés en lumière rouge et le fond qui doit former le paysage est remplacé par une toile éclairée puissamment en lumière bleue; aucun rayon rouge ne doit toucher cette toile, aucun rayon bleu ne doit tomber dans le studio. Enfin, l'enregistrement du film définitif se fait à l’aide d’une caméra spéciale, à double déroulement, passant simultanément le film vierge panchromatique et, devant ce lilm vierge, mais au contact, le film paysage mordanec en rouge. Voici maintenant les phénomènes physiques qui produisent la superposition correcte des deux enregistrements.
- Les rayons rouges émis par les acteurs traversent le film rouge sans en être affectés et viennent impressionner le film vierge comme s’il était directement exposé; quant aux rayons bleus émanés de la toile, ils parviennent également jusqu’à ce film rouge, tout au moins dans la partie du champ où aucun obstacle n’est venu se présenter devant eux; mais pour ces rayons bleus, les rouges forment écran et par conséquent, ils produisent un tirage en positif du film paysage sur le film vierge. Les résultats obtenus sont certainement meilleurs qu’avec la reprojection, jiarce qu’aucun tremblement relatif des deux espaces ne peut se produire, du fait que les deux films se trouvent au contact. Il faut avoir soin qu’aucun rayon rouge ne tombe sur la toile, il en rendrait le grain visible ; il faut éviter aussi que la lumière bleue ne tombe sur les acteurs, ce qui se traduirait par un trou dans l’acteur, permettant d’apercevoir le paysage.
- Le procédé des couleurs complémentaires se prête également à la fabrication des films sonores, mais la concordance du jeu des acteurs avec les événements qui se produisent dans le paysage doit être réglée avec un soin particulier, puisque, ici, non seulement les acteurs n’entendent pas le paysage, mais ils ne le voient même plus.
- SONORISATION EN PLUSIEURS ÉTAPES
- Le mixage a permis récemment une réalisation des plus intéressantes : la sonorisation après coup des films tournés à l’extérieur; en voici un exemple authentique (% 6).
- Supposons qu’il s’agisse d’une scène qui se passe dans un jardin public et qui se termine par des coups de revolver. On commence par prendre le film-image ordinaire, dans un véritable jardin public, avec le mouvement de la rue à l’arrière-plan (autos, passants, etc.), mais on n’enregistre au microphone que le dialogue (film-sons n° 1) ; les revolvers ne sont pas chargés; quant aux bruits de rue, on s’arrange pour qu’ils soient trop éloignés pour avoir une action sensible. On projette ensuite au studio le film ainsi obtenu devant des machinistes qui produisent avec des appareils spéciaux les bruits de la rue (klaxons, bruits de moteurs, trompes, etc.); ces bruits s’enregistrent dans un film-sons spécial, le film-sons n° 2.
- Au cours d’une deuxième projection, on procède de
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- meme à l’enregistrement du film-sons n° 3 qui porte uniquement les coups de feu; enfin, on passe à l’enregistrement définitif, qui se fait de la façon suivante (lig. 4) : le film-image se déroule dans la lanterne de projection, le lilm-sons n° 1 (dialogue) se déroule dans un premier appareil à cellule photoélectrique; le lilm-sons n° 2 (bruit de rue) devant une deuxième cellule, le lilm-sons n° 3 (coups de feu) devant une troisième cellule. La musique d’orchestre est émise à l’aide de disques et d’un pick-up (toutes ces rotations sont, bien entendu, concordantes, ce qui s’obtient sans peine à l’aide de moteurs synchrones), et enfin, les bruits de foule sont produits par un groupe de machinistes placé auprès d’un microphone et qui suivent les projections sur l’écran. Les cinq courants ainsi produits (par les trois cellules photo-électriques, le pick-up et le microphone) sont mélangés par les soins du mixer qui agit sur le chauffage des différents amplificateurs, et enregistrés en superposition dans le lilm-sons définitif.
- Ce système de sonorisation en plusieurs étapes combiné avec le procédé par reprojection ou le procédé des couleurs complémentaires fournit une solution complète du problème que nous exposions en commençant : il n’est plus nécessaire maintenant de transporter les acteurs au milieu du paysage, c’est le paysage plus ou moins équipé de tous ses bruits qui se rend au studio; en particulier la prise de scènes dans des véhicules (autos, chemins de fer) est extrêmement simplifiée; pratiquement, le paysage n’est pas pris à travers une portière, mais par un opérateur adroit qui tient dans ses mains l’appareil de prise de vue et qui tourne sur lui-même pour enregistrer un tour d’horizon.
- LE DUBBING OU TRADUCTION DES FILMS ÉTRANGERS
- La création du hlm parlant a rendu délicate la situation commerciale du hlm de cinéma, dont l’exportation est devenue quasi-impossible; on a, en effet, le choix entre deux solutions aussi défectueuses l’une que l’autre : tourner trois ou quatre fois le même hlm dans les différentes versions étrangères, ce qui revient à multiplier les frais, ou bien sonorisera nouveau le film en assurant, tant bien que mal, la concordance du mouvement des lèvres et des nouvelles paroles prononcées. Les résultats de cette dernière méthode sont tout à fait imparfaits et ont soulevé un vif mécontentement chez les spectateurs.
- Les choses en étaient au point que les importateurs etrangers préféraient acheter une licence et refaire complètement le hlm chez eux !
- De nouveaux procédés de synchronisation méthodique des images et des sons sont venus apporter à ce problème du dubbing ou traduction des films étrangers une solution complète et ont permis de très belles réalisations artistiques ; nous citerons comme exemple le procédé français Charles Delacomniune. L’opération se fait en trois étapes : la première est l’établissement de la bande d’étude qui se fait sur un pupitre spécial, le pupitre de sonorisation (bg. 7) qui comporte un appareil de projection ordinaire, mais réversible (visible à gauche) et un système de dérou-
- Fig. 0. — Travail du compositeur écrivant sa musique sur une bande de
- syriçhronisalion.
- Les barres de mesures, au lieu d’être régulièrement espacées, comme dans la musique ordinaire, sont placées à l’aplomb des traits repérant un mouvement du film, par exemple les pas d’un acteur ou les mouvements d’une machine. L’abaque placée sous la bande permet au compositeur de savoir dans quel mouvement il se trouve (lento, allegro, etc.).
- lement entraînant une bande de papier à perforations à une vitesse rigoureusement proportionnelle à celle du hlm, mais beaucoup plus faible; au-dessus de cette bande, sont disposés douze électro-aimants à noyau plongeur qui, grâce à l’interposition d’un ruban encreur, permettent d’inscrire sur la bande des traits plus ou moins longs, exactement comme douze récepteurs morses fonctionnant côte à côte sur le même papier. Ces électro-aimants sont mis en action à l’aide d’un clavier de douze touches, visibles à gauche de l’opérateur. Ce dernier assiste à la projection du hlm qui s’effectue sur un écran en face de
- Fig. 10. •— Table du compositeur.
- Le compositeur place ses barres de mesure au-dessus des traits de repère laissés par le pupitre de synchronisation; dans les régions où les images n’imposent aucun rythme déterminé, il place les barres à espacements réguliers au moyen d’une sorte de pantographe.
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- Fig. IL.— Pupitre de déroulement à moteur synchrone.
- lui et il entend en même temps les paroles étangères, grâce à un casque ou à un petit haut-parleur; à l’aide de son appareil à bande, il inscrit sous l'orme de traits les périodes d’ouverture et de fermeture de la bouche de chacun des acteurs, les syllabes fortes des paroles et un certain nombre de mouvements principaux, par exemple les rythmes d’une machine.
- La bande de papier ainsi terminée se nomme la bande générale d’étude (hg. 8); il est indispensable qu’elle soit établie d’une façon parfaite, mais la réversibilité de l’appareil permet de revenir tout à loisir sur les endroits difficiles.
- Ensuite vient la composition qui consiste à établir des bandes-pilotes destinées aux machinistes qui feront marcher les appareils à bruits et aux parleurs chargés d’émettre les paroles.
- 11 suffit de transcrire à la main une ligne ou deux de la bande d’étude, celles qui intéressent le machiniste considéré et de rajouter ensuite à la main les explications nécessaires.
- On envisage, du reste, l’emploi de bandes-pilotes dans lesquelles les traits seraient remplacés par des perforations plus ou moins longues, permettant de commander directement par l’air comprimé des bruiteurs automatiques.
- L’exécution définitive ou sonorisation proprement dite ne présente plus, grâce à ces préparations minutieuses, aucune difficulté; elle ne nécessite même pas la projection lumineuse du film.
- On réunit autour du microphone les artistes appelés parleurs, chargés d’émettre les paroles et les machinistes: chacun est muni d’un pupitre à moteur synchrone (fig. 11) qui produit le déroulement de la bande-pilote; le microphone enregistre, d’un seul coup, tous ces bruits sur le nouveau film qui, tiré avec le film-image original au contact d’un film vierge donnera le film définitif sonorisé dans la nouvelle langue.
- La précision du procédé Delacommune a surpris tous les spécialistes, elle est de l’ordre du dixième de seconde.
- L’ORCHESTRE SYNCHRONE
- L’analyse des films à l’aide de la bande-pilote a permis une orientation artistique très curieuse, la synchronisation de Vorchestre avec les mouvements du film.
- Ce procédé permet en effet, de calquer exactement la musique sur le rythme des images de l’écran ; par exemple, pour accompagner un film représentant une locomotive, on présentera sur la bande-pilote les mouvements de la maîtresse bielle et de certaines pièces de la distribution : le compositeur de musique écrit ensuite directement sa musique sur la bande-pilote du chef d’orchestre, mais au lieu de placer ses barres de mesure à des distances régulières, il place chacune d'elles au-dessus de Vun des traits qui représente les mouvements de la bielle (fig. 9); quant aux traits représentant les mouvements de pièces plus légères, ils le guident pour le tracé des broderies musicales d’accompagnement.
- Des effets saisissants ont été obtenus ainsi, en sonorisant de cette façon « La chanson du rail » qui forme le prologue de la Roue, d’Abel Gancc.
- La figure 10 montre le pupitre du compositeur ; il est muni d’un dispositif pantographique à règles parallèles permettant de tracer des barres de mesure équidistantes, comme dans la musique ordinaire pour les parties où le film n’impose aucun rythme spécial.
- La figure 12 montre l’aspect de la bande-pilote du chef d’orchestre, telle qu’elle se présente dans le pupitre d'orchestre au moment de l’exécution.
- Pierre Devaux,
- Ancien élève de l’École Polytechnique
- Fig. 12.
- La bande-pilote telle qu’elle se présente sous les yeux du chef d’orchcslre.
- Le chel d’orcliestre suit fidèlement les indications de la bandé au fur et à mesure qu’elles défilent sous le stylo central.
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- = RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
- SOLUTION DU PROBLÈME DE LA “ VOLIÈRE
- (La Nature, n° 2872 du 12 Janvier 1932)
- Reprenons l’énoncé du problème.
- Une volière contient des pigeons, des tourterelles, des perdrix et des cailles.
- 11 y a 4 fois moins de cailles que de pigeons.
- 3 fois moins de cailles que de tourterelles.
- 2 fois moins de cailles que de perdrix.
- Le produit de la somme des carrés des nombres de pigeons et de tourterelles par la somme des carrés, des nombres de perdrix et de cailles, égale 2 fois le produit de la racine carrée par la racine cubique, d’un même nombre de 4 chiffres moins le produit du nombre de pigeons par le nombre de tourterelles.
- Combien y a-t-il d’oiseaux de chaque espèce ?
- Solution de Mlle Feuilloley, d’Yvetot. — Soit x le nombre de cailles. Les pigeons seront représentés par 4.t, les tourterelles par 3a; et les perdrix par 2x. Si n est le nombre de
- 4 chiffres, on aura l’équation :
- (16 x'1 + 9a;2) (4a;2 + a;2) = 2 y n X \/n —12 x1
- ou 125 x' + 12 a;2 — 2 {/n X \/n.
- a; devant être un nombre entier, n sera à la fois, carré et cube parfaits.
- n ayant 4 chiffres, {/n aura 2 chiffres et devra être cube parfait.
- Les nombres de 2 chiffres pouvant représenter {/ n sont 33 et 4L Seul, 43 ou 64 répond à la question, le carré de 33 n’ayant que 3 chiffres.
- Si \/n= 64, \/n = 16.
- L’équation 1) devient :
- 125 x1 + 12 x- = 2 x 64 X 16 ou
- 125 x1 + 12 x- — 2048 = 0) équation bicarrée qui
- donne comme solution positive, la seule acceptable.
- Il y a donc : 2 cailles.
- 8 jugeons.
- 6 tourterelles.
- 4 perdrix.
- M. Scheffer, ingénieur; à Lausanne, quLa envoyé nne solution détaillée fait remarquer au cours de sa démonstration ce qu’il .appelle-, une « jolie association de chiffres ».
- (22 + 42) (6*'+8*)'= 2000.
- et aussi à jaropos du nombre. 4096 que 64 et 16 respectivement {/ et {/ de 4096 sont respectivement 1 e.cube et.carré de 4.
- Plus que la précédente encore, cette récréation a stimulé l’ardeur de nos lecteurs : juès de 100 réponses,, toutes exactes nous sont parvenues. En voici la liste :
- MM. Vidmann, à Versailles; Pouillon, Le Havre; Pierre Leroy, Douai; Emmery Jean, Orléans; Thouret Michel, Versailles; R. Bouvaist, Nantes; M. Simon, directeur d’école, à Paris; Abbé Dubourret, Institution St-Miéhél, Aubenas (Ardèche) ; Robert Sagot, caporal-radio, Versailles-; Minier, à Montferrand (Puy-de-Dôme) ; Mallaud, à Paris ; Abbé Bernard
- Abadie, à St-Pé-de-Bigorre (Htes-Pyrénées) ; Mauclair, à St-Mandé; Landrin Pierre, Paris; Manon Marzeban, étudiant, Fribourg (Suisse); Ch. Dael, élève de St-André à Lophem (Bruges) ; J. Rothlesberger, Gand (Belgique) ; Bernard de Turckheim. à Niederbronn (Bas-Rhin); Sudrà, à Tours (Indre-et-Loire) ; Abbé Bonnefoy, Institut catholique, Toulouse (Hte-Garonne); S. Aucher, Paris; Comte Victor d’Ausumbourg, à Assenais (Luxembourg Belge) ; C. Sauterre, à Oignies (Belgique) ; Lieut.-Colonel Fraudin, à Dijon; Mozziconacci, à Montélimar; Jean Clapisson, élève du lycée Buffon, Paris; Edouard Rodrigue, à Genève (Suisse) ; Docteur Cornet, à Amiens; Pierre Urcum, École St-Thomas d’A.quin, Oullins (Rhône) ; Bassot, à Souk-el-Arba du Gharb, Marne ; Richardet, à Besançon; Sous-lieutenant Lacroix, à; Verdun; Brançon, instituteur en retraite, Epinal; Guet, à Viroflay (S.-et-O.) ; Lagarenne, les Andelys; Y. Stem; Joseph Pouzel, électricien à Bourg Argentai (Loire); Grenouiller, Pensionnat St-Joseph (Grenoble) ; Abbé Brunet, Lyon; Abbé Lapied, curé de Magny (Moselle) ; Mme Béguin, Chantemerle près Neufchâtel (Suisse) ; Ingeniore Giovanni Loui, à Gavona (Italie) ; Pouset, à Dellys, département d’Alger; L. Coste, à Cellule (Puy-de-Dôme); Francis Klein, Strasbourg; Guy Bertrand, Ecole professionnelle de Joinville (Haute-Marne) ; Horn Eugène, à Huningue (Haut-Rhin); Simon, à Nancy; Valdemar Vrist, à Moutier;
- F. Mercx, à Vays-lez-Genajrjre (Belgique); R. Huet Decha-vanne à Tunis; M. Bungenberg de Jong à Lochem (Hollande) ; Allemand, à Marseille; J. Laberne, élève E.P.C.I., Paris; E. Infernet, ingénieur aux Mines de Carmaux (Tarn) ; Koster, 21, rue Borie (Bordeaux); André Bonnet, ingénieur-chimiste, à Vaulx-en-Velin; Trojani, à Castifao (Corse) ; Streel, ingénieur des Mines à Uccle (Bruxelles) ; Claverie, directeur d’école à Samatan (Gers) ; Chaussepied Louis, 38, rue de Beaulieu, An-goulême; Renée Destrée, à Tervueren-les-Bruxelles ; Castaigne Emmanuel, lycée de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) ; Lieutenant Mayan, à Chaumont; F. Martou, à Bruges; Paul Truchet, à Morges (Suisse) ; A. Filippi, Constantine; Davidson, Hauteville, Guernesey; Mme Friez, licenciée ès sciences, Paris; Beaussoleil, Guéret (Creuse); Mlle Odile Hun, Épinal; Pierre Valot, étudiant en chimie, Rive-de-Gier; Jean de Lavallé, collège de Tivoli, Bordeaux; Emmanuel Faure, René Drain, lycée Henri-Martin, St-Quentin; Senéclaux, Lyon; Ulpat Charles, Bizerte (Tunisie) ; Pierre Vierlhem, École normale St-André de Cubzac (Gironde) ; P. Fortunet, à Blida (Algérie) ; Bouscasse, à Bougie; R. Devis, élève à l’Institut Sainte-Marie, Bruxelles; Mlle Feuilloley, à Yvetot (Seine-Inférieure); Gilon, à Vanves; Louis Schaeffer, à Lausanne; Scheffter, à Cuneo (Italie) ; Édouard Gerra, lieutenant de cavalerie à Lisbonne (Portugal); Mazoué, à Nice (Alp.-Maritimes) ; Gautrot, à Dijon; Martinet, à Haïphong (Chine); H. Ducomssen, à Zurich (Suisse); G. A. à V...; A. Lestrat, Provins (S.-et-M.),
- G. A. M., Carmaux; Leroyer et Saulou, professeurs au Ran-eher, Teloché (Sarthe) ; Jean Baert, étudiant à Saintes (Charente-Inférieure) ; Dreyer, Roussillon (Isère) ; Lieutenant Nicolay, à Rabat; R.R. à MJ et S.; C. Thiébaud à Porrentruv; A. Laurent à Vireux-Molhain (Ardennes) ; E. Krempff, à St-Avold (Moselle); Val, à Sao-Paulo (Brésil); H. Velin, à Saulxures-sur-Moselotte (Vosges); Parisot, à Lyon-; A. Cohen, à Alger; de.Wergifosse, à Bruxelles; E. Jacobina, à Sao-Paulo (Brésil) ; F. de Souza, à Rio de Janeiro (Brésil) ; L1 Lecorché, à Sarrebourg (Moselle); Toyon D. à Paris; J. Arabi Verdero,
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- à Ibiza (Baléares); L. de Pekoslawski, à Varsovie (Pologne); Tomasini, à Kourigha (Maroc); P. Alby, à Paris: H. de Bel-locq, à La Crolière (Marne) ; Morice Robert, École normale d’instituteurs, à Laon; Mlle Madeleine Corbillon, licenciée ès sciences, à Versailles; Alfred Chivallier, commis principal de la Marine, à Marseille; Bacherot, à Dixmude (Belgique); G. Pélican, à Cotonou (Dahomey).
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- Maintenant quittons la volière et allons rendre visite à un parc zoologique. C’est M. Francis Klein, de Strasbourg qui nous y convie dans ces termes :
- Un parc zoologique possède des antilopes, des serpents et des rhinocéros. Le nombre des cornes égale la moitié de la différence du nombre de pattes et du nombre de têtes. Il égale aussi le produit du carré du nombre de serpents par le nombre d’antilopes, plus le nombre d’antilopes, moins le produit du nombre de rhinocéros par le nombre d’antilopes, moins la moitié du produit du nombre de serpents par le nombre de rhinocéros. Le nombre de cornes multiplié par le nombre de serpents égale deux fois le produit du nombre d’antilopes par le nombre de serpents, plus deux fois le produit du nombre d’antilopes par le nombre de rhinocéros. Combien y a-t-il d’animaux de chaque espèce ?
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- De Belgique on nous offre deux problèmes d’un genre tout différent que nous soumettons à la sagacité de nos lecteurs.
- Deux poids l’un de 1 kg, l’autre de 2 kgs, sont suspendus chacun à un fil assez long pour que le déplacement du poids puisse être considéré comme ayant lieu dans un plan horizontal.
- Un opérateur pousse horizontalement et successivement avec une force constante chacun des deux poids pendant une seconde. Il s’agit de savoir sur lequel des deux poids l’opérateur aura travaillé le plus.
- Dans un train, il y a un chauffeur, un mécanicien et un garde qui s’appellent Smith, John et Robinson, sans qu’on sache d’ailleurs à qui appartient chacun de ces noms.
- Il y a également 3 voyageurs, M. Smith, M. John et M. Robinson.
- M. Robinson habite Leeds.
- Le garde habite à mi-chemin de Leeds et de Sheffield.
- M. John gagne par an 100 livres 20 shillings et 1 penny.
- Un voyageur qui est le plus proche voisin du garde gagne 3 fois plus que le garde.
- L’homonyme du garde habite Sheffield et Smith bat le chauffeur au billard.
- Comment s’appelle le mécanicien ?
- Virgile Brandicourt.
- RÉHABILITATION D’UN INSECTE : LA CIGALE11
- Quand le soleil est le plus cuisant, et que les autres animaux, épuisés par la chaleur, cherchent l’ombre pour se reposer, les cigales, suspendues aux arbustes, aux roseaux, aux troncs des arbres, emplissent l’air de leur chant intarissable Elles commencent aux derniers jours de juin; il n’y a d’abord qu’un petit nombre de voix pour faire entendre leurs faciles accords, mais dès le lendemain, elles sont des centaines et des milliers, ivres de soleil et d’amour, qui chantent et chantent, comme si elles n’avaient pas d’autre but dans la vie. Leur concert atteint son point culminant au temps de la moisson, et ne cesse qu’après les premières pluies de septembre.
- Les pays situés au nord de la région des oliviers ne connaissent guère la cigale; mais, dans le midi de la France, en Espagne, en Grèce et en Italie, et dans toutes les contrées des deux continents situés entre les tropiques, les bois et les campagnes retentissent de leur chant pendant les belles journées des mois d’été. Seuls, cependant les mâles ont le don du chant, qui répond, comme dans beaucoup de cas analogues, à un appel d’amour. Et ce chant ils le produisent au moyen d’un organe très compliqué, une espèce d’instrument à cordes, des plus singuliers.
- Dans nos régions les espèces les plus répandues sont la « cigale commune » et la cigale dite « du frêne ». Elles se nourrissent de la sève des arbres, qu’elles sucent au moyen de leur trompe. Les femelles déposent leurs œufs dans les rameaux morts, au moyen d’une espèce de tarière dont elles sont munies; cette tarière se compose de deux sections, adhérentes l’une à l’autre, mais autonomes dans leur mouvement, et consolidées par deux contreforts intermédiaires, le tout enfermé
- 1. Cette étude de M. Ermanno Biagini a paru dans Le Vie d'Italia, revue du Touring-Club italien. Elle a été traduite en français par M. Henri Marchand.
- entre deux valves allongées qui défendent l’appareil et en accroissent la solidité. Grâce à cet instrument, les femelles peuvent déposer leurs œufs jusque dans la moelle des rameaux.
- Les jeunes larves, peu après leur naissance, abandonnent leur nid et pénètrent dans le sol, où elles se nourrissent de racines de plantes, puis se transforment en nymphes. Celles-ci qui ressemblent déjà beaucoup à l’insecte adulte, après avoir vécu près d’un an sous cette forme, sortent de terre et grimpent sur les arbres, où elles subissent leur dernière métamorphose.
- *
- * *
- La cigale est, si l’on peut dire, le symbole de la chaleur intense de l’été, tout comme l’hirondelle est la messagère du printemps.
- Les écrivains de l’antiquité en ont fait souvent mention.
- Les Grecs l’appelaient « fille de la terre », et la tenaient en grand honneur, si bien que dans les comédies d’Aristophane nous voyons paraître Démos — le Peuple — avec un diadème de cigales d’or. Aristote appelle la cigale tettix et ses larves tetti go mètres. Anacréon, plus tard, consacre à la cigale une poésie lyrique, qui est parmi ses meilleures, et dont voici la traduction :
- Tu es bien digne de la rime, cigale bienheureuse qui sur la cime des arbres savourant la rosée connais le bonheur des rois.
- Mais qu’on ne croie pas que tous les Grecs aient adressé des hymnes aux cigales : certains d’entre eux, et particulièrement les Athéniens, leur rendaient un hommage plus prosaïque, et préféraient... les manger, bien qu’elles fussent
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- — toujours au dire d’Anacréon — semblables aux Dieux, e’est-à-dire « dépourvues de chair, de sang, et exemptes de douleur ».
- On sait aussi que les gourmets de l’époque préféraient manger les mâles avant l’accouplement, leur trouvant alors plus de saveur, et les femelles après la fécondation, quand elles ont le corps gorgé d’œufs.
- Virgile rappelle dans ses Eglogues le chant de la cigale, mais il n’en donne aucune définition : « Sole sub ardenti résonant arbusta cicadis »; dans ses Géorgiques toutefois, il va jusqu’à dire que les cigales plaintives « brisent les rameaux de leur rumeur ».
- Peu enthousiaste de la cigale se montra, bien plus tard, l’Arioste, qui dans le Roland furieux, en parle comme d’un être qui « assourdit vallées et montagnes, mer et ciel, de ses ( liants assommants ».
- Il y a quelque peu d’exagération, si l’on veut, chez l’un et chez l’autre, mais jusqu’ici il ne s’agit que du chant. Tandis que Gaspard Gozzi et le bon La Fontaine nous transmettent la fable de La Cigale et la Fourmi, que tous dans notre première enfance nous avons apprise à l’école. Son contenu, tout le monde le sait, est à peu près celui-ci : pendant que la fourmi laborieuse met en réserve pour l’hiver les provisions qu’elle a récoltées au soleil d’août, arrive suppliante la cigale affamée, qui lui demande quelque grain pour remplir le vide de son estomac aux abois; mais l’avare thésauriseuse lui x'épond :
- « Vous chantiez l’été, eh bien ! dansez l’hiver ! ».
- Telle est la fable qui nous vient de la Grèce, le pays par excellence de l’olivier et de la cigale. Que l’auteur soit Esope ou un autre, la chose n’est pas bien sûre, d’ailleurs elle est d’un intérêt secondaire; il est certain qu’il est grec, c’est-à-dire d’un pays qui a les préférences de la cigale, dont il devait par cela même bien connaître l’aspect et les habitudes. Mais il paraît évident qu’au lieu de s’inspirer du véritable insecte, il a préféré prendre pour modèle la cigale des poètes lyriques et de la tradition, et peut-être a-t-il repris une fable qui avait été en vogue dans l’Inde, berceau de toute civilisation.
- *
- * *
- Eh bien, cette légende, il est temps d’en faire justice.
- On s’explique comment cet insecte, si modeste qu’il soit de proportions et d’importance, s’est imposé à l’attention des hommes, à force de leur assourdir le tympan de son chant plaintif et incessant. Et comme les hommes supportent mal d’être agacés, surtout par des bestioles si menues et si inutiles, ils se sont dédommagés en décriant la cigale et en créant la fable de son imprévoyance opposée aux vertus multiples de la fourmi.
- Mais, je le répète, il est temps de réfuter ces dires, à la lumière des plus récentes constatations de la science ento-mologique; il est juste de réhabiliter ce pauvre petit animal dont le seul tort est de chanter — felix culpa ! — alors que le dommage qu’il peut causer aux plantes est si minime !
- Déjà, de nos jours, Josué Carducci, dans sa page magnifique sur les cigales de San Miniato, élève la voix en leur honneur :
- « Je me contente d’admirer — écrit-il — ces chères petites bêtes brunes avec leurs deux yeux fixes et les trois yeux minuscules qu’elles ont sur les membranes de leur dos. Elles chantent aussi longtemps que dure la perfection de leur vie, c’est-à-dire aussi longtemps qu’elles aiment; les mâles chantent et non les femelles : les femmes sont toujours étrangères à la poésie ! Dans les hères solitudes de la canicule, on dirait que toute la plaine chante, que toutes les montagnes, que tous les bois chantent; on dirait que la terre elle-même, dans la jeu-
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- nesse éternelle de son sein, exhale en un hymne immense la jubilation de ses amours toujours nouvelles avec le soleil. Dans ce nirvana de splendeurs et de musique j’aime à noyer ma conscience d’homme, et à me fondre dans la joie de ma mère la terre : il me semble que toutes mes fibres et tous mes sens frémissent, exultent, chantent dans un tumulte d’amour comme autant de cigales. »
- Mais, malgré l’autorité de l’écrivain, ce n’est là qu’une manifestation de sympathie, et la voix du poète laisse à la fable maligne tout le crédit dont elle jouit, peut-on dire, depuis les temps préhistoriques, puisque aujourd’hui encore l’apologue de la cigale et de la fourmi s’enseigne tel quel dans les écoles.
- Un fait scientifique est là cependant, qui combat l’absurdité de la fable, et ce fait le voici.
- Nous avons déjà vu que l’hiver il n’y a pas de cigales. Il est donc interdit de croire qu’il ait pu arriver à la cigale, en „ cette saison, de demander à la fourmi une aumône de blé; d’autant plus que, de par la conformation particulière de sa trompe, elle ne pourrait même pas s’en nourrir.
- Voyez au contraire jusqu’à quel point la fourmi exerce son exploitation impitoyable sur la pauvre cigale, si injustement calomniée.
- Dans les après-midi étouffants de juillet et d’août, quand les insectes vont et viennent çà et là, cherchant anxieusement à calmer leur soif, de son bec —- qui peut se comparer à une vrille extrêmement fine — la cigale met en perce un fût de son inépuisable cave. En fait, posée sur un petit rameau, sans cesser de chanter, elle en perfore l’écorce bien lisse, et en extrait le suc que le soleil a mûri. Puis elle introduit sa trompe dans le trou, et s’abreuve délicieusement, dans l’extase, ravie de la douceur de ce sirop et de la ferveur de son chant.
- Mais il arrive qu’il passe par là une multitude de bestioles assoiffées, au premier rang desquelles se distinguent par leur nombre les fourmis, et celles-ci, apercevant le puits creusé par le robuste insecte couleur de terre, se précipitent sur la liqueur1 qui en découle. Et elles n’hésitent pas à se glisser sur le ventre de la cigale, qui, ingénue et bonasse, se dresse sur ses pattes et laisse le passage libre aux importunes. Les convives alors se fâchent, s’excitent : ceux qui tout à l’heure se montraient prudents et peureux deviennent aggressifs et décidés désormais à chasser par la force, de la source, celui qui l’a fait jaillir. Au premier rang de ceux-ci sont les fourmis : les unes mordent le bout des pattes de la cigale, d’autres, la tirent par les ailes, jusqu’à ce que la pauvrette, perdant patience, s’enfuie au loin indignée, en lançant sur les pillards un jet d’urine.
- La réalité, on le voit, est l’inverse de la légende. Le mendiant, qui a recours même à la rapine, c’est la fourmi; et l’artisan industrieux, qui bon gré mal gré partage son bien avec qui en a besoin ou le convoite, c’est la cigale.
- Mais il y a quelque chose de plus fort. Après cinq ou six semaines d’allégresse, la chanteuse infatigable tombe épuisée de l’arbre, sur le sol nu, et le soleil a vite fait de la dessécher; après quoi les pieds des passants écrasent son corps, immobile pour toujours.
- Alors reparaît cet éternel pirate, prompt à la rapine, la fourmi, qui déchire la riche proie, la réduit en miettes, et l’emporte dans son grenier pour s’en repaître à l’aise en temps de famine.
- Pauvres cigales, symbole d’une joie mélodieuse et sans souci, votre sort n’est pas beau, certes, et vous méritez bien une autre réputation que celle que vous ont faite la légende et les siècles.
- Ermanno Biagini.
- (Traduit par Henri Marchand.)
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- PRESTIDIGITATION
- L’APPARITION
- Dessus de lest ne de
- Fig. 1. — Coupe de l’eslrade.
- Voici un truc assez intrigant, bien que très simple, et peut-être justement parce qu’il est très simple, car le public a toujours tendance à aller chercher bien loin la solution.
- Au lever du rideau,
- le prestidigitateur frappe dans ses mains. Aussitôt entrent en j scène, de droite et de gauche, huit domestiques avec le costume ordinaire : habit à broderies dorées, culotte de panne rouge, souliers à boucle, gants blancs, perruque blanche. Ils apportent d’abord deux pièces A, très légères, puis six planches qui s’enclavent sur les supports 1, 2, 3. Le tout forme un bâti d’estrade, absolument à jour. Ils ressortent et reviennent apportant trois panneaux qui garnissent le dessus
- de l’estrade, quatre panneaux qui enclavés les uns dans les autres forment une guérite sur l’estrade et un cinquième panneau dont le but est de faire le toit de la guérite. Chacun des huit domestiques, en entrant, vient à l’avant-scène et montre, sur. tous les côtés, la pièce qu’il apporte.
- Les panneaux étant à jour sont garnis de
- rideaux qui coulissent librement liant et bas sur des tiges de fer. Les domestiques portant ces panneaux font manœuvrer les rideaux, puis tous procèdent en quelques secondes au montage de la guérite, font jouer les rideaux, posent le toit, se retirent.
- Le prestidigitateur frappe rideau du panneau de façade s’écarte, laissant voir une jolie danseuse vêtue du costume de danse classique. Comment est-elle venue là ?
- C’est simple. Pas de glace, pas de trappe : un des domestiques était la danseuse. Au moment de la construction de la guérite, lorsque les rideaux sont refermés elle arrache sa livrée dont toutes les pièces tiennent par des boutons pression et glisse le tout dans un sac que renferme le rideau qu’elle va entr’ouvrir tout à l’heure.
- de nouveau dans ses mains et le
- Quelques petits coups de pig_ ^ _ Panncau du milieu avec main pour faire boulier sa k sac de débarras. (Vu en dedans.) jupe et la voilà prête.
- Pendant que, sortie de
- la cabine, elle danse à l’avant-scène, les huit domestiques démolissent la cabine et emportent les morceaux. La danseuse a été remplacée par un nouveau domestique, afin de dérouter les spectateurs trop perspicaces qui auraient compté les personnages de la scène.
- Ce truc a été présenté autrefois, mais avec quelques variantes sur la piste du cirque. Le prestidigitateur Alber.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- LA DESTRUCTION DES MAUVAISES HERBES PAR LE CHLORATE DE SOUDE
- Le problème de la destruction des mauvaises herbes dans les allées de jardins, par exemple, préoccupe nombre de nos lecteurs, à en juger parla correspondance que nous recevons à ce sujet. Le procédé antique du sarclage exige une main-d’œuvre considérable, et est par suite excessivement onéreux.
- De nombreux procédés chimiques ont été préconisés et l’on vend aujourd’hui quantité de produits destructeurs des herbes, en général efficaces, mais souvent coûteux.
- Le procédé le plus économique paraît être celui qui fait appel au chlorate de soude; il a été souvent signalé dans nos colonnes.
- Nous croyons utile de revenir sur ce sujet en nous appuyant sur une note publiée par M. Paillié dans la Revue des Eaux el Forêts. M. Paillié, en effet, a expérimenté depuis dix ans divers produits tue-lierbes, dans les allées et dans les pépinières du domaine forestier de l’École nationale des Barres et s’est arrêté à l’emploi du chlorate de soude comme étant le plus économique.
- Voici la technique qu’il préconise : le chlorate de soude est employé à l’état de solution à raison de 16 gr par litre d’eau et l’arrosage s’effectue, que les allées soient ombragées ou non, à raison de 1 litre de solution par mètre carré. M. Paillié estime que cette dose de 16 gr par mètre carré est la dose moyenne la plus satisfaisante : dans certaines allées peu enherbées, on pourrait, dit-il, descendre à 14 ou 15 gr et peut-être même à 12 gr, surtout quand le traitement a été répété pendant plusieurs années consécutives; mais les résultats deviennent
- aléatoires dès qu'on arrive à ces chiffres. L’auteur cite, en sens inverse, le cas d’un ancien champ envahi par le chiendent et converti en allées où il a fallu une dose de 20 gr au litre pour obtenir le résultat. Seul le chardon a résisté partiellement au traitement.
- Un seul arrosage annuel, effectué dans des conditions favorables, suffit pour éviter tout sarclage dans le cours de l’année.
- Quelles sont ces conditions favorables ? Elles dépendent des conditions atmosphériques. Elles sont réalisées, suivant M. Paillié, quand le traitement procure une imbibition complète du sol et que la solution va ruisseler sur le bombement. Il s’ensuit que, si l’on opère par un temps sec, l’arrosage devra être plus intense que si l’on traitait après une période humide : c’est ce dernier moment qui est préférable.
- La destruction des mauvaises herbes est obtenue radicalement si, après l’arrosage, il survient une période de sécheresse ou de forte insolation, ne serait-ce que de quelques jours. Tandis que si le traitement est effectué par temps de pluie, ou même si ce temps est simplement très humide dans les 24 heures qui suivent, le résultat devient très aléatoire.
- Quand on a bien opéré, on voit les herbes jaunir en quelques jours et, au bout d’une quinzaine, un simple balayage suffit à les faire disparaître.
- Le chlorate de soude coûte, en gros, 4 l’r 50 le kg environ; ce qui fait ressortir le prix du desherbage à 9 ou 10 centimes par mètre carré.
- La manipulation du chlorate de soude ne présente aucun danger, à condition expresse, toutefois, de ne pas fumer à proximité de ce sel, et de ne pas approcher du feu les objets ou vêtements qui auraient pu être mouillés par la solution. Car il ne faut pas oublier que le chlorate de soude est un explosif.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- 229
- LA VOÛTE CÉLESTE EN AVRIL 1932 (*)
- La plus grande élongation de Vénus se produira le 19 avril. En raison de la forte déclinaison de cette planète, sa visibilité sera très remarquable et l’on pourra la rechercher en plein
- jour* ..............
- Cette observation est facile à faire à l’œil nu, lorsque le ciel est pur.
- A signaler la visibilité, toujours excellente, de Jupiter, celle de Saturne et enfin celle de Neptune.
- Tous les autres phénomènes célestes que Ton pourra observer en avril sont décrits ci-après.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en avril, croît fortement et passe de -|- 4° 34' le 1er avril à + 14° 48' le 30.
- La durée du jour varie de 12" 48m le 1er à 14“ 27m le 30. Voici le temps moyen à midi oral, ou heure du passage du Soleil au méridien de Paris :
- On pourra l’observer surtout aux époques où la Lune ne gênera pas, c’est-à-dire du 1er au 8 avril, puis du 24 à la lin du mois.
- IL Lune.
- suivantes :
- Les phases de la Lune, en avril, seront les
- N. L. le 6, à 1" 21“ P. Q. le 14, à 3" 16“
- P. L. le 20, à 21“ 27m D. Q. le 27, à 15“ 14m
- Dates. Heure du passage.
- il 1- 11“ 54“ 35
- « \ 11 53 59
- 11 53 24
- — / 11 52 50
- 9 11 52 16
- il 11 51 44
- - 13 11 51 13
- - 15 11 50 42
- 17 11 .50 14
- - 19 11 49 46
- - 21 11 49 21
- 23 11 48 57
- 25 11 48 34
- 27 1 1 48 14
- - 24 11 47 56
- 30 25 XH20
- /2
- Observations physiques. — Voici la suite des éléments nécessaires pour orienter con-
- Fig. 1.— Marche de la planète Neptune dans la constellation du Lion pendant l'année 1932.
- Age de la Lune, le 1er avril, à 0h (T. U.) — 241,7; le 7, à 0“ — 01,9. Pour obtenir l’âge de la Lune à une autre date du mois, il suffira d’ajouter aux nombres ci-dessus un joui' par jour écoulé depuis le 1er ou le 7 avril.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en avril : le 12, à 3" — + 28° 40'; le 24, à 2P1 = —- 28° 37'. On remarquera la grande hauteur du croissant lunaire dans le ciel, le 12 avril,
- vers 17“, lors du passage de la Lune au méridien ( ce passage aura lieu en plein jour).
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 7 avril, à 0“.
- Parallaxe — 53' 58''. Distance • 406 320 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 20 avril, à 20“.
- Parallaxe = 61' 27". Distance = 356 840 km.
- Occultation d’étoiles par la Lune. — Le 12 avril, occultation de 49 Cocher (gr. 5,1). Immersion à 19“ 4-m,5.
- 35 30 25 XH20
- ablement les dessins o 1 photographie s du Soleil
- Dates. P B0 L„
- Yvrii 1er 26°,28 — 6°, 50 107°,63
- 6 2 6°, 40 - 6°,20 410,65
- — 9 — 26°, 39 -- 6°,00 2o,06
- — 11 — 26°,35 — 5°, 85 3350,66
- 16 -- 26°,10 — 5°,47 269°,64
- — 21 25°,68 — 5°,04 203°,60
- — 26 — 25°,06 — 4°, 58 1370,54
- Lumière cendrée de la Lune. — La lumière cendrée de la Lune sera remarquable les 8, 9 et 10 avril, dans; le crépuscule.
- A observer avec une simple jumelle ou à l’œil nu.
- Marées, Mascaret. — se produiront surtout 20 avril.
- Voici quelques-unes Brest.
- Les plus grandes marées du mois à l’époque de la pleine Lune du
- de
- ces
- plus grandes marées pour
- Date.
- Marées du matin.
- Marées du soir.
- L'Annuaire astronomique donne le schéma d’un écran spécial pour recevoir les disques permettant la détermination des coordonnées héliographiques des taches solaires.
- Lumière zodiacale. — La lumière zodiacale est bien visible en avril, à l’Ouest, couchée dans les constellations zodiacales.
- 1. Toutes les heures données dans ce « Bulletin astronomique » sont rapportées au temps universel, compté de 0“ à 24h, à partir de minuit. C’est le temps de Greenwich. Pendant la période d’application de l’heure d’été, ajouter 1 heure à toutes les heures mentionnées ici pour qu’il y ait concordance entre l’heure des phénomènes et celle marquée par les horloges.
- Heure C 0 efficient Heure Coefficient
- Avril 19 2“ 34” 90 14“ 55“ 98
- — 20 3 16 104 15 36 109
- — 21 3 56 112 16 17 113
- — 22 4 39 112 17 0 109
- — 23 5 22 104 17 44 98
- — 24 6 6 90 18 27 83
- En raison de la forte amplitude des marées. , le mascaret
- se produira les 20, 21 et 22 avril, aux heures ci-après :
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-
-
- 230
- Coefficient Arrivée du Mascaret.
- Date. de la marée. Quillebœuf. Villequier. Caudebee.
- Avril 20 109 19“ 14m 19“ 51“ 20“ 0
- — 21 112 7 32 8 9 8 18
- — 21 113 19 51 20 28 ‘20 37
- — 22 112 8 12 8 49 8 58
- — 22 109 20 32 21 9 21 18
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, dressé au moyen des données de Y Annuaire astronomique Flammarion, contient les renseignements les plus importants pour rechercher et observer lés planètes principales pendant le mois d’avril 1932.
- Nous avons indiqué le mois dernier, ce que signifie la grandeur stellaire négative de Vénus.
- Mars est invisible ce mois-ci, il est très près du Soleil.
- Jupiter est encore bien visible ce mois-ci. On trouvera dans Y Annuaire astronomique Flammarion toutes les données pour l’observation physique de cette planète. Nous recommandons, comme chaque mois, l’observation des curieux phénomènes produits par les satellites dans leur mouvement autour de Jupiter.
- Nous en donnons la liste à la page ci-contre.
- Le 19 avril, de 22“ 16“ à 23" 2“, un seul satellite sera visible autour de Jupiter, le IVe, loin à l’Est.
- ASTRE Dates : Avril. Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris ('). Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ.
- ‘ k 6 5“ 21“ 11“ 53“ 78 18 26“ 1“ 1“ + 6° 29' 32' 0",2 Poissons j
- Soleil . . . | 16 5 1 11 50 28 18 41 1 37 + 10 9 31 54,8 Poissons ' ))
- ' 26 4 42 11 48 24 18 36 2 15 + 13 32 31 49,6 Bélier
- i 6 5 15 12 13 19 12 1 22 + 11 56 10,8 t, Bélier
- Mercure . . 16 4 33 11 11 17 49 0 59 + 7 14 11,6 s Poissons Inobservable.
- J 26 4 7 10 28 16 49 0 54 + 3 58 10,2 189 Poissons
- 1 6 6 49 14 48 22 47 3 53 + 23 2 20,6 Pléiades
- Vénus . . . 16 6 38 14 52 23 7 4 37 + 25 23 22,6 t Taureau Magnifique, le soir dans le
- [ 26 6 31 14 55 23 20 5 20 + 26 47 25,4 Ç Taureau crépuscule.
- [ 6 5 1 11 3 17 5 0 9 — 0 0 4,0 Poissons
- Mars. . . . J 16 - 4 35 10 52 17 9 0 38 + 3 7 4,0 Poissons , Inobservable.
- [ 26 4 10 10 41 17 12 1 6 + 6 10 4,0 Poissons
- Jupiter. . . 16 11 44 19 14 2 43 9 2 + 17 56 37,0 83 Lion Presque toute la nuit.
- Saturne . . 16 2 11 6 40 11 8 20 26 — 19 28 14,8 a Capricorne Le matin avant l’aurore.
- Uranus. . . 16 4 51 11 27 18 2 1 14 + 7 10 3,2 s Poissons Invisible.
- Neptune . . 16 13 51 20 42 3 32 10 31 | + 10 15 2,4 p Lion Presque toute la nuit.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Mei'cure est inobservable ce mois-ci.
- Il sera en conjonction inférieure avec le Soleil le 16 avril, à 11“.
- Vénus arrivera à sa plus grande élongation du Soleil, le soir, le 19 avril, à 11“, à 45° 36 du Soleil. Elle illumine nos soirées et se couche peu avant minuit. Sa lumière est éblouissante et porte une ombre très accusée, que l’on peut facilement constater sur un mur blanc, une feuille de papier blanc, etc. Il faut évidemment pour faire cette observation opérer loin d’une lumière artificielle et en l’absence du clair de Lune.
- Voici la phase et la grandeur stellaire de Vénus, en avril :
- Dates. Disque illuminé. Diamètre. Grandeur stellaire.
- Avril 5 0,58 20",3 — 3,8
- — 10 0,56 21,3 — 3,9
- — 15 0,53 22,4 — 3,9
- — 20 0,51 23,7 — 4,0
- — 25 0,48 25,4 — 4,0
- — 30 0,45 26,6 — 4,1
- 11 y aura, en outre, en avril, encore quelques occultations ou conjonctions de satellites entre eux (voir le Bulletin astronomique du n° 2874).
- En voici la liste :
- Date. Satellites. Heure. Date. Satellites. Heure.
- Avril 1er IV et III 2“54-m Avril 18 III et II 21“9
- — 1 Il et III 23“4 — 19 III et I 20“35m-
- — 6 III et IV 23“57“ 22 I et III 21“27m
- — 7 I et II 1 “ 3 9 m — 26 III et I 23“16m
- — 8 II et IV 23“26m 30 1 et III 0“25m
- — 9 II et III 2“5
- Un instrument un peu puissant est nécessaire pour suivre ces conjonctions ou occultations si intéressantes.
- Saturne se lève à présent vers 2“ du matin et devient bien visible avant l’aurore.
- Il sera en quadrature occidentale avec le Soleil le 24 avril,, à 21“. •.
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-
- Phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Date Avril Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Date Avril Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 1 20“ 50“ III P. f. 13 21“ 5” I E. f.
- 1 21 36 III O. c. 16 0 40 III P. c.
- 2 1 42 III O. f. 16 20 2 IV Im.
- 2 1 31 II Im. 17 0 55 IV Em.
- 3 19 52 II P. c. 18 0 52 II P. c.
- 3 22 8 II O. c. 19 0 58 I Im.
- 3 22 45 II P. f. 19 19 25 III E. c.
- 4 0 6 I P. c. 19 19 40 II Im.
- 4 1 0 II O. f. 19 22 16 I P. c.
- 4 1 11 I O. c. 19 23 3 III E. f.
- 4 2 22 I P. f. 19 23 29 I O. c.
- 5 0 41 I E. f. 20 0 33 I P. f.
- 5 19 40 I O. c. 20 0 58 II E. f.
- 5 19 49 II E. f. 20 19 26 I Im.
- 5 20 50 I P. f. 20 23 0 I E. f.
- 5 21 56 I O. f. 21 19 34 II O. f.
- 6 19 10 I E. f. 21 20 14 I O. f.
- 8 20 54 III P. c. 25 20 59 IV O. f.
- 8 22 13 IV O. c. 26 21 55 III Em.
- 9 0 31 III P. f. 26 22 12 II Im.
- 9 1 35 III O. c. 26 23 25 III E. c.
- 10 22 21 II P. c. 27 0 10 I P. c-
- 11 0 45 II O. c. 27 21 20 I Im.
- 11 1 14 II P. f. 28 0 56 I E. f.
- 11 1 56 I P. c. 28 19 20 II O. c.
- 11 23 6 I Im. 28 19 37 II P. f.
- 12 10 3 III E. f. 28 19 53 I O. c.
- 12 20 24 I P. c. 28 20 54 I P. f.
- 12 1 35 I O. c. 28 22 9 I O. f.
- 12 22 24 II E. f. 28 22 12 II O. f.
- 12 22 41 I P. f. 29 19 25 I E. f.
- 12 23 51 I O. f.
- Voici les éléments de l’anneau de Saturne à la date du
- 17 avril :
- Grand axe extérieur........... 37",29
- Petit axe extérieur........... + 12",41
- Hauteur de la Terre au-dessus
- du plan de l’anneau .... + 19°,45
- Hauteur du Soleil au-dessus
- du plan de l’anneau .... + 21°,40
- On pourra rechercher Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, lors de ses élongations maxima. En voici la liste pour avril :
- Date. Élongation. Heure.
- Avril 11 Orientale 15“,9
- — 19 Occidentale 22 ,1
- — 27 Orientale 15 ,2
- Uranua sera en conjonction avec le Soleil le 9 avril, à 10“. H est donc inobservable ce mois-ci.
- Neptune est encore visible pendant la plus grande partie de la nuit. On le trouvera non loin de l’étoile p du Lion, à l’aide de la petite carte de la figure 1, qui reproduit sa marche sur le ciel pendant Tannée 1932. Neptune brille comme une
- ..=.........=........:..................-= 231 =====
- étoile télescopique de 8e à 9e grandeur. Une petite lunette est nécessaire pour suivre son déplacement sur le ciel.
- Plulon, la plus lointaine des planètes du système solaire. n’est visible que dans les plus puissants instruments (comme la grande lunette de Meudon). Sa révolution autour du Soleil s’accomplit en 248 années. On trouvera ses positions et une notice sur les données principales de son orbite dans Y Annuaire astronomique Flammarion. Sa distance moyenne au Soleil est si grande (39 fois et demie celle de la Terre), que la température de sa surface doit être voisine du zéro absolu.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 4, à 21 “, Mars en conjonction avec la Lune, à 1° 35' S.
- Le 6, à 10“, Uranus — — à 2° 58' S.
- Le 6, à 15“, Mercure — — à 0° 41' N.
- Le 10, à 3“, Mercure — Uranus, à 3° 12' N.
- Le 10, à 6“, Vénus — la Lune, à 1° 59' S.
- Le 15, à 12“, Jupiter — — à 2° 49' S.
- Le 15, à 18“, Mercure — s Poissons (gr. 4,4), à 0° 10' S.
- Le 17, à 4“, Neptune — la Lune, à 1° 10' S.
- Le 21, à 0“, Mercure — Mars, à 0° 15' N.
- Le 27, à 9“, Saturne •— la Lune, à 3° 57' S.
- Le 29, à 19“, Mars — Uranus, à 0° 10' S.
- Étoile Polaire; temps sidéral. — Voici quelques passages
- de l’Étoile Polaire au méridien de Paris :
- Temps sidéral
- Date. Passage. Heure. à 0“ (T. U.)
- Avril 10 Inférieur.
- — 13 —
- — 13
- — 20 —
- — 30 —
- 0" 15“ 4S 0 3 16
- 23 59 20 23 31 49 22 52 34
- 13“12“ 2S
- 13 51 28
- 14 30 53
- Etoiles variables. — Observer Mira Ceti dont le maximum d’éclat sera atteint vers le 12 avril.
- Minima de l’étoile variable Algol ([i Persée), calculés par M. A. Danjon : le 2 avril, à 20h17“; le 22, à 22“ 0”.
- Étoiles filantes. — Du 19 au 22 avril, étoiles filantes Lyrides; radiant : 104 Hercule. Météores rapides. Voici la liste des radiants actifs en avril :
- Époque.
- Avril 9
- — 16 au 30
- — 19 au 22 — 29 et 30
- Ascension
- droite.
- 255°
- 206°
- 271°
- 326°
- Déclinaison.
- + 36°
- + 13°
- + 33°
- — 2°
- Étoile
- voisine.
- 7r Hercule 7] Bouvier 104 Hercule a Verseau
- V. Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le 1er avril, à 21“, ou le 15 avril, à 20“, est le suivant :
- Au Zénith : La Grande Ourse. L’étoile X Grande Ourse marque presque exactement le zénith.
- Au Nord : La Petite Ourse; Céphée; Cassiopée.
- Au Nord-Est : Le Dragon.
- A l’Est : Le Bouvier; la Couronne boréale; le Serpent; Hercule.
- Au Sud-Est : L’Épi de la Vierge; [3 Balance.
- Au Sud : Le Corbeau; l’Hydre; la Licorne; le Petit Chien. A l’Ouest : Orion; le Taureau; les Gémeaux. Sirius, au Sud-Ouest, se couche.
- Em. Touchet.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Traité de télèmètrie, par P. Mazuir. l vol. 330 pages, 261 fig., 8 pl. hors texte. Revue d’optique, 165, rue de Sèvres, Paris. Prix relié : 54 fr.
- La télémôtrie est la mesure de la distance d’un objet terrestre, inaccessible. Théoriquement c’est, un problème géométrique fort simple : il se réduit à résoudre un triangle dont on connaît un côté et deux angles adjacents. En fait les applications de la télémétrie sont surtout militaires, et il faut réaliser des instruments qui donnent d’eux-mêmes, avec une précision suffisante et une grande rapidité, le résultat de cette opération trigonométrique.
- Fantassins, artilleurs, sapeurs, marins depuis fort longtemps exercent leur ingéniosité sur ce sujet et une foule d’appareils ont vu le jour. Quelques-uns seulement sont actuellement employés; mais nulle part, sauf dans des règlements, des catalogues ou des articles de revues techniques, on ne trouve l’explication et la critique de leur fonctionnement. C’est une grave lacune à une époque où la connaissance générale de la télémétrie s’impose aux officiers de toutes armes et où les appareils existants peuvent rendre de grands services non seulement aux militaires, mais encore à tous les topographes et aux explorateurs. Cette lacune est aujourd’hui comblée par l’excellent traité du capitaine Mazuir. Après une introduction extrêmement claire, où il rappelle les principes d’optique et les données sur la vision indispensables à la compréhension des instruments, il décrit les divers appareils en les classant en trois grandes catégories : télémètres bista-tiques, stadimétriques et monostatiques. Il indique, pour chacun d’eux, le principe mis en œuvre, le mode de réalisation, les possibilités d’emploi et discute la précision des résultats. Une* illustration remarquablement étudiée facilite encore la lecture d’un texte toujours clair et intéressant.
- Der Bau des Atom kerns und die Radioaktivitât,
- par G. Gamow (in’s: Deutsche übertragën, von G. O.-F. Router-mans).'1vol., I4S pages, 37 tableaux, 41 fig. Hirzel, Leipzig, 1931. Prix cartonné: 10 M.
- L’étude de l’atome, la représentation de ses propriétés par la configuration de ses éléments.est devenue l’objet essentiel des recherches de la physique moderne. Le modèle - de Rutherford-Bohr, un noyau entouré d’électrons gravitant sur des orbites définies par des conditions quantiques, a rencontré un remarquable succès et dans de nombreux cas, on a pu fixer avec précision la répartition des électrons sur les orbites, ^expérience confirmant les résultats des calculs. Quant au noyau, fait de protons et d’électrons, sa constitution apparaît encore bien mystérieuse et pose de difficiles problèmes qui ont provoqué en ces dernières annéés de nombreuses investigations.' C’est par l’étude des phénomènes radioactifs d’une part, par le bombardement d’atomes à l’aide de rayons a d’autre part que l’on a pu commencer l’exploration du noyau. La mécanique usuelle de Newton n’est pas toujours applicable dans ce domaine, et souvent il faut recourir, pour interpréter et grouper les phénomènes observés, à la mécanique ondulatoire et aux mécaniques quantiques. Un physicien russe, M. Gamow, a voulu fixer l’état de nos connaissances actuelles sur cette importante question. Son ouvrage constitue une excellente mise.au.point; il présente avec une parfaite clarté les vues théoriques aujourd’hui régnantes et résume les résultats et les données numériques acquis par l’expérimentation.
- Tourbillons (forces acoustiques, circulations diverses). Tome II, par H. Bouasse avec la collaboration expérimentale de Fouché et Marty. 1 vol. 586 pages, 345 fig. Librairie Delagrave, Paris 1932. Prix broché : 68 francs.
- L’acoustique classique admet que, dans le fluide vibrant, les particules, sous l’action de la source sonore, exécutent uniquement des mouvements oscillatoires de part et d’autre de leur position moyenne. En réalité à ces mouvements oscillatoires se superposent le plus souvent des mouvements de circulation, allant jusqu’à donner naissance à des tourbillons qui se détachent de la source et entraînent le fluide. Il y a là une manifestation de forces acoustiques. Ces phénomènes très complexes, aux apparences souvent très confuses, sont généralement passés sous silence, malgré leur intérêt, dans les traités classiques. M. Bouasse ne s’est pas contenté de résumer ici les mémoires consacrés à ces questions; il a repris lui-même les expériences, avec l’aide de MM. Fouché et Marty, et cherché à jeter quelque lumière sur ces phénomènes embrouillés; il ne s’agit pas pour lui d’établir des théories; il s’attache par contre à multiplier les observations correctes et pertinentes, et à ramener à des propositions générales les conclusions qui s’en dégagent. L’auteur analyse ainsi une foule de phénomènes tourbillonnaires autour d’une source sonore, il pose le problème de la pression de radiation; il étudie dans le cas général (circulation superposée au mouvement vibratoire pur) l’action d’un oscillateur sur un corps voisin susceptible d’osciller et examine le problème des sphères puisantes de Bjerknes; il analyse ensuite, d’après les expériences de
- Marty, de l’abbé Carrière.et de Fouché, les écoulements périodiques à travers des ajutages, l’effet soupape des ajutages dissymétriques, puis les écoulements périodiques dans des tubes de grande longueur où se produit une onde stationnaire induite. Il passe alors aux problèmes de l’entretien d’une rotation ou d’une oscillation par un vent indéfini parallèle à Taxe (moulinets, vrille des avions, pendule entretenu par un courant d’eau), puis par un vent perpendiculaire à Taxe (anémomètres, girouettes, autorotation d’une plaque, etc.), enfin par un jet laminaire ou par une bande de vent. L’ouvrage se termine par l’étude de l’attraction de corps placés dans un courant d’air (phénomène de Clément), l’étude des courants d’air dans un cône et de leurs effets, et enfin par celle de l’entretien des anches.
- L es effets électriques de la lumière, par P. iiémar-dinquer, 1 vol. de 104 p., 44 fig., J.-J. Baillière, Paris, 1932. Prix : 15 francs.
- Notre collaborateur expose ici brièvement le principe et les propriétés des principaux types de cellules photoélectriques, photoémettrices, au sélénium, photovoltaïques et éléments à contact imparfait. Puis il passe en revue les applications déjà nombreuses auxquelles se prêtent ces organes capables de traduire la lumière en courant électrique : enregistrement des sons, projection de films sonores, photophonie, télémécanique par la lumière photomotrice, transmission des images à distance, télévision, etc. Nos lecteurs retrouveront dans ce petit livre l’ensemble des études publiées ici même par M. Hémardin-quer, complétées parl’adjonction de nombreux détails et renseignements nouveaux. C’est l’exposé très clair et bien à jour d’un sujet fort intéressant qui provoque de nombreuses inventions et pour lequel les progrès sont rapides et incessants.
- La route et sa technique, par Y. Le Trocquer, l vol., 120 p. Félix Alcan. Paris, 1931. Prix : 12 francs.
- L’ancien ministre des travaux publics fait ici, en raccourci, l’histoire dé la route en France : après un bref mais instructif rappel du passé, il arrive à la révolution provoquée par l’automobile : celle-ci usant la route ordinaire avec une ruineuse rapidité, il a fallu créer des techniques nouvelles : l’auteur les passe en revue, en comparant leur efficacité et leur prix de revient. 11 termine par un aperçu de la situation administrative actuelle des routes et chemins. Après la lecture de cet ouvrage on sait l’essentiel sur nos routes de France.
- Sur la prévention des fumées. (Notes et observations de la Commission de fumivorité). 1 brochure illustrée. Recherches et Inventions, 10, rue Vallier, Levallois-Perret. Prix : 50 francs.
- Ce numéro spécial de la revue Recherches et Inventions est consacré à la publication du rapport de la Commission constituée par l’Office national des Recherches scientifiques et des Inventions pour organiser un concours d’appareils fumivores; ce concours ne put être ouvert faute de moyens suffisants; le problème est en effet des plus complexes et ne peut se résoudre en laboratoire. La Commission s’est donc bornée à visiter un certain nombre d’établissements munis d’appareils fumivores et à établir un rapport où elle précise les causes des fumées et pose clairement le problème de la fumivorité , mais se garde de le résoudre. Elle décrit ensuite les divers appareils qui lui ont été soumis, foyers fumivores ou appareils de captage de poussières; description qui, du reste, n’épuise pas, tant s’en faut, la liste des appareils ou des systèmes pratiquement employés dans l’industrie.
- La sucrerie de betteraves, par Ch. Quillard, 1 vol. in-8, 522 p., 65 fig. Encyclopédie de chimie industrielle. Baillière et fils, Paris, 1932. Prix : 90 francs.
- L’encyclopédie de chimie industrielle vient de s’enrichir d’un nouvel ouvrage fait de main d’ouvrier. Après avoir rappelé l’histoire du sucre de betteraves, l’auteur étudie la plante qui le donne, sa culture, puis passe au stockage des racines, à leur réception, leur lavage. L’extraction proprement dite est traitée en détail, jusqu’aux pulpes et aux eaux résiduaires. Le jus est ensuite suivi au cours de son épuration : carbonatation, filtration. Une autre partie calcule la production de vapeur et de forces motrices nécessaires, décrit les techniques d'évaporation et le réchauffage des jus et sirops. Le traitement des sirops, la « cuite » viennent ensuite, puis les utilisations des mélasses et les procédés de raffinage. C’est un très précieux guide technique pour tous les industriels intéressés.
- Manuel de traçage et de chaudronnerie, par un
- Maître Chaudronnier. 3e édition. 1 vol., 76 p., 58 fig. Desforges, Girardot et Cie, Paris, 1931, Prix : 12 fr.
- Cet ouvrage décrit, en langage simple, tous les tracés, des élémentaires aux plus compliqués. Il rappelle les connaissances élémentaires nécessaires à un traceur et donne des notions sur l’outillage à employer.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- PHYSIQUE
- Au laboratoire cryogénique de Leyde.
- Vers la température du zéro absolu.
- Nos lecteurs connaissent les belles recherches à très basses tempéi’atures qui sont poursuivies au laboratoire de Leyde par les successeurs de Kamerlingli Onnes. Ce sont surtout les phénomènes magnétiques et ceux de supraconductibilité qui font l’objet des investigations des savants hollandais; tout récemment M. De Haas a exposé à Paris en conférences les résultats des études qu’il poursuit à Leyde depuis plusieurs années sur la supraconductibilité.
- La poursuite et le sucés de ces études passionnantes qui nous révèlent quelques coins des secrets de la constitution de la matière supposent la possibilité de réaliser des températures extrêmement basses, voisines du zéro absolu.
- Grâce aux patients travaux de l’illustre Kamerlingli Onnes, la Hollande possède à Leyde le laboratoire où l’on peut réaliser les plus basses températures qui jamais aient été atteintes.
- On se souvient qu’en 192G, peu de temps avant sa mort, Kamerlingh Onnes avait réussi à liquéfier l’hélium, le seul gaz qui jusque-là eût résisté aux efforts des liquéfacteurs. L’hélium est alors un liquide incolore, de densité 0,15, bouillant à la température de — 2G9° C sous la pression atmosphérique. Par évaporation du liquide, on peut atteindre des températures beaucoup plus basses encore. C’est ainsi qu’un élève de K. Onnes, le Dr Keesom, a réussi à solidifier l’hélium à la température de — 272° C. ou de 1° absolu: Les basses températures nécessaires s’obtiennent en faisant bouillir, dans le vide, de l’hélium liquéfié.
- Quant à la liquéfaction de l’hélium, La Nature a déjà expliqué comment on l’effectue. L’hélium comprimé et refroidi d’abord à — 190° par l’air liquide, puis à — 253° par l’hydrogène liquide, se liquéfie par détente.
- Le Pr Keesom annonçait récemment qu’il pouvait, dans un espace de 10 cm5, faire régner une température de 0°,75 absolu; jamais encore on ne s’était approché aussi près du zéro absolu.
- Plusieurs autres laboratoires rivalisent au -jourd’hui avec celui de Leyde pour les basses températures; il faut citer d’abord celui du Pr Mac Lennan au Canada, celui du Bureau oî Standards à Washington qui annonçait en avril dernier l’obtention de températures de 1°,9 absolu, le laboratoire du Dr Kapitza à Cambridge, enfin celui du Kaiser-Wilhelm Institut à Berlin.
- Dans cette lutte pacifique, la France reste bien loin en arrière. Aucun de nos laboratoires ne peut descendre au-dessous des températures que permet l’emploi de l’air liquide fabriqué industriellement, aucun d’entre eux ne dispose de moyens autonomes pour produire de très grands froids.
- Cette lacune sera prochainement comblée; le plan d’outillage national a prévu la création, à l’Qffice des Inventions, d’un laboratoire du froid. Une partie du crédit de 3 millions doit être affectée à la création d’une station de très basses températures organisée à l’exemple des laboratoires ci-dessus, avec machinés à air liquide et hydrogène liquide pour atteindre par étapes les régions voisines du zéro absolu. Cette station, adjointe au grand électro-aimant de Bellevue, sera établie sous la direction dû Pr Cotton.
- PHONOGRAPHIE
- L’enregistrement phonographique en profondeur.
- Le retour au saphir.
- Les disques phonographiques, aujourd’hui, sont toùs enregistrés et reproduits suivant le procédé dit à aiguille.
- A l’enregistrement, l’aiguille inscriptrice, animée de mouvements de va-et-vient transversaux, qui sont la traduction des vibrations sonores, trace sur un disque en matière molle des sillons de forme générale spiraloïde; les vibrations sonores y sont représentées par des dentelures de formes irrégulières s’étendant sur une plus ou moins grande longueur de part et d’autre de la ligne médiane de cette spirale. Ces dentelures sont d’autant plus resserrées que les notes musicales enregistrées ont une fréquence plus grande, et leur amplitude est d’autant plus grande que l’intensité des sons enregistrés est également plus grande.
- Pour obtenir un enregistrement correct des sons de forte
- intensité, on est obligé de donner à la spirale d’enregistrement un pas relativement grand : il faut éviter, en effet, que dans ses déplacements, l’outil graveur ne vienne empiéter sur une zone déjà gravée précédemment. L’espacement obligatoire à donner aux spires limite la durée de l’enregistrement effectué sur chaque face du disque; celle-ci est de 2 à 3 minutes pour les disques du commerce et on a pu la pousser jusqu’à 11 minutes pour les disques de cinématographie sonore dont le diamètre est supérieur à 40 cm, et qui tournent à la vitesse réduite de 33 1 /3 tours par minute.
- Une fois le disque prototype en cire obtenu, on le recouvre d’une couche de graphite, conductrice de l’électricité. Puis, par galvanoplastie, on en tire un négatif métallique sur lequel la gravure se trouve reportée en relief; ce sera la matrice métallique de pressage qui servira à imprimer les disques, destinés au public.
- De progrès en progrès, ce procédé est arrivé à donner des produits de qualité excellente, si bien que le phonographe a réussi à conquérir les musiciens et les auditeurs de goût
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- délicat, dont il était autrefois le cauchemar. Est-ce à dire qu’il soit parfait ? Nullement.
- Parmi les défauts dont il est encore affecté, il faut citer tout d’abord le bruit de surface encore accentué par l’amplification électrique. Ce bruit est dû aux vibrations parasites engendrées par le passage de la pointe de l’aiguille sur les irrégularités de la surface interne des sillons. Si homogène et de grain si fin que soit la matière employée, ces irrégularités ne peuvent être supprimées totalement. Elles s’accentuent avec l’usure du disque. Autre défaut : il faut changer l’aiguille après l’audition de chaque face du disque.
- La gamme des fréquences enregistrées descend bien vers 200 ou même 150 périodes seconde, mais ne monte que difficilement au-dessus de 5000 ou 6000. Il est, du reste, bien inutile de chercher à enregistrer des notes trop élevées, puisqu’à la reproduction il faut les étoufi'er ou les atténuer fortement pour atténuer en même temps le bruit de surface, qui se compose surtout de sons de fréquences également très élevées.
- Dernier et grave défaut, inhérent au procédé. On ne peut, par le procédé actuel, augmenter la durée d’audition qu’en augmentant le diamètre du disque en même temps qu’on diminue la vitesse de rotation, ce qui conduit à des disques encombrants, peu maniables et coûteux.
- Il paraît difficile de supprimer radicalement ces différents défauts : on l’a essayé sans y réussir entièrement. Devant cette impossibilité, voici par un curieux retour que l’on revient au procédé à saphir, qui, après avoir été d’un usage universel voici quelques années, avait complètement disparu devant les progrès du système à aiguille.
- Dans ce système, l’enregistrement des sons s’effectue, non pas par sillons d’amplitudes transversales variables, mais de profondeurs variables. Les notes se traduisent par une succession de creux plus ou moins profonds, suivant l’intensité, plus ou moins rapprochés, suivant la hauteur du son, et répartis tout le long de l’étroit sillon spiral tracé par l’outil inscripteur.
- La reproduction s’obtient au moyen d’une pointe-mousse glissant au fond du sillon; ses vibrations s’effectuent dans le plan vertical et peuvent être transmises à un diaphragme ou à un pick-up. Le saphir, étant presque inusable, une pointe suffit à l’audition d’un grand nombre de disques.
- Le procédé, si avantageux en apparence, présentait de graves défauts acoustiques, les notes aiguës, notamment, y étaient très mal enregistrées. C’est qu’on n’avait pu réussir à réaliser des matrices de pressage reproduisant exactement, avec toutes les finesses, le dessin des aspérités successives du sillon enregistré; y fût-on parvenu que la pointe-mousse du saphir ne les eût pas suivies. D’autre part, il est assez difficile de réaliser de bons traducteurs électro-magnétiques avec une armature à vibrations verticales. Ces défauts qui ont découragé les adeptes du procédé n’étaient cependant pas irrémédiables.
- On annonce, en effet, comme un grand progrès, l’apparition d’un nouveau procédé phonographique étudié dans les laboratoires de la Compagnie américaine Western Electric, par les ingénieurs Iîill et Dale; ce nouveau procédé n’est qu’un retour à l’enregistrement « en profondeur », mais guéri de ses anciens défauts.
- Pour l’édition, il recourt à des disques en une matière homogène, incassable, du genre de l’acétat.e de cellulose, d’un grain extrêmement fin, réduisant le bruit d’aiguille dans des proportions considérables. Cette matière est beaucoup moins abrasive que celle des disques usuels; aussi n’est-on plus tenu à d’aussi fréquents changements d’aiguille.
- Pour reproduire fidèlement sur métal les fines gravures de l’enregistrement, on recourt non plus à la galvanisation, mais à la pulvérisation cathodique, grâce à laquelle une couche métallique très mince est projetée sur la cire originale, pro-
- tégée par un système de refroidissement spécial fort ingénieux, contre réchauffement auquel l’expose cette projection.
- De la sorte, on obtient rapidement, en quelques minutes, une couche métallique homogène extrêmement unifomie et tenace, d’une épaisseur suffisante, qui se moule étroitement sur toutes les finesses des sillons. Une fois le masque obtenu, on l’épaissit aisément par la galvanoplastie et l’on obtient finalement une matière fidèle et solide, qui permet, comme précédemment, la gravure des épreuves destinées à la vente. Cette matière, à la différence de celles qui sont obtenues par-voie galvanoplastique, ne présente pour ainsi dire plus d’irrégularités. Ceci, joint à l’emploi de la matière cellulosique, dont nous avons dit les avantages, réduit le bruit de surface au point que l’on peut pousser l’enregistrement jusqu’aux fréquences de l’ordre de 10 000 périodes seconde.
- Grâce à l’enregistrement en profondeur, on peut, en outre, resserrer sans inconvénient les sillons, et en placer 60 à 80 par centimètre, alors que, normalement, le nombre des sillons d’un disque à aiguille est d’une trentaine par centimètre. On peut ainsi effectuer des enregistrements de 15 à 20 minutes sur un disque de 30 cm, et de 10 à 12 minutes sur un disque de 25 cm de diamètre. (Avec une vitesse de rotation réduite évidemment.)
- D’un autre côté, la pression de la pointe de l’aiguille sur le fond du sillon peut être beaucoup moindre que la pression correspondante sur un disque à aiguille. Le disque s’use donc moins vite; il pourrait, au dire des promoteurs du système, être joué plusieurs milliers de fois sans usure appréciable.
- La reproduction électrique s’effectue de la manière la plus favorable avec un traducteur réalisé suivant un procédé électro-dynamique, analogue à celui qui est employé pour la réalisation des haut-parleurs du même nom. La pointe vibrante est reliée à une bobine mobile qui se meut verticalement dans un champ magnétique constant. Les courants électriques à fréquence musicale induits dans la bobine sont transmis à un amplificateur. On obtiendrait de la sorte une reproduction encore plus fidèle qu’avec les dispositifs connus à pick-up électro-magnétique, et le rendement serait meilleur.
- Si ces précieux avantages se confirment, on peut s’attendre, à brève échéance, à de profondes modifications dans l’industrie phonographique. La technique du cinématographe sonore, de son côté, marquerait vraisemblablement un retour à l’emploi du disque synchronisé avec la bande d’images, procédé aujourd’hui abandonné en faveur du film parlant proprement dit, sur lequel l’image à projeter ert juxtaposée à une traduction photographique des sons qui doivent l’accompagner. Le disque avait été abandonné à cause de son bruit de fond, de ses manoeuvres d’aiguille, de sa brièveté d’audition, de son poids et de sa fragilité. Le nouveau procédé fait disparaître ces inconvénients. D’autre part, la reproduction donnée par disques est plus simple, et exige moins d’amplification et moins d’intermédiaires créateurs de distorsion que la reproduction photoélectrique. Elle a, en outne, l’avantage, au point de vue photographique, de ne pas réduire le format normal de la projection adoptée au temps du film muet.
- P. Hémardinquer.
- AVIATION Le « Do. K ».
- Nouveau type d’avion pour passagers, à quatre moteurs.
- Augmenter la sécurité, en même temps que la vitesse et l’économie, telle est l’idée que Dornier a fait présider à la conception et à la construction de son nouvel avion pour passa-gers.
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- La subdivision de la force motrice contribue puissamment à la sécurité, mais à la condition que dans le cas où l’un des moteurs vient à s’arrêter, les autres puissent assurer la continuation du vol, en toutes circonstances. L’avion à deux moteurs ne remplit presque jamais cette condition; aussi ne s’emploie-t-il plus guère pour les vols continentaux; l’avion à trois moteurs la remplit assez souvent, mais, la plupart du temps, au prix d’une surcharge des autres moteurs et seulement à des altitudes modérées.
- Le « Do. K. », au contraire, continuera son vol, à pleine charge, dans le cas où l’un des moteurs se trouverait mis hors de service, même à 3500-4000 m de hauteur, hauteurs maxima atteintes par les avions modernes pour passagers.
- Même avec deux moteurs avariés l’avion pourrait poursuivre son vol à plus de 1000 mètres d’altitude. Grâce à la disposition des moteurs en tandem et, par conséquent, la concentration de la force motrice à proximité du plan de symétrie de l’avion, ce dernier garderait, même dans ce cas-là, ses qualités de vol et de dirigeabilité.
- La vitesse maxima du nouvel avion est de 227 km à l’heure; sa vitesse moyenne est de plus de 200 km, c’est-à-dire, de beaucoup supérieure à celle de tous les avions faisant partie du service aérien allemand.
- Cet accroissement de vitesse, dû au perfectionnement aérodynamique, augmente également l’économie de l’avion. Enfin, des principes de construction nouveaux ont permis de réduire le prix de l’avion bien au-dessous de celui des avions multi-moteurs construits jusqu’ici.
- La coque est constituée par une structure en tube d’acier, entourée de membrures en métal léger. Elle est fuselée et entoilée. La cabine à deux pilotes est fermée entièrement par des vitres en verre de sécurité. Les vitres disposées en face des pilotes peuvent, en cas de mauvais temps, se déplacer de façon à laisser ouverte une fente étroite. Les leviers sont d’une disposition centrale particulièrement pratique; le tableau portant les instruments est d’une disposition simple et claire, qui facilite beaucoup les manœuvres.
- Les sièges de pilotes s’ajustent parfaitement suivant les trois dimensions. Chacun des deux pilotes a, devant lui, un arbre de commande à volant, pour faire fonctionner les gouvernails horizontal et transversal et des pédales ajustables desservant le gouvernail vertical.
- La compensation du gouvernail horizontal (de profondeur) est actionnée par une manivelle d’un accès facile; la position variable du plan compensateur se contrôle au moyen d’une aiguille. En agissant sur les gouvernails, on peut, même avec deux moteurs hors de service, équilibrer l’avion autour des axes transversal et longitudinal. Entre les sièges, se trouve le
- Fig. 2. — Le Dornier <l Do. K. » vu de face.
- Fig. 1. — Le nouveau Dornier «.Do. K. »
- levier desservant le frein hydraulique, qui freine l’avion après l’atterrissage. Une corde qu’on tire depuis le siège du pilote permet de réduire rapidement le poids de l’avion, ce qui pourra être d’une grande importance lors des atterrissages forcés.
- L’aile continue est à trois montants, en V, à bord antérieur parabolique et à bord postérieur rectiligne. C’est à l’intérieur de l’aile que sont disposés les deux réservoirs contenant chacun 500 litres de combustible.
- L’avion est muni de quatre moteurs « Walter Castor » chacun de 240 chevaux, à refroidissement par l’air, disposés dans deux gondoles.
- La longueur de l’avion est de IG m 65, sa largeur de 25 m, sa hauteur maxima de 4 m 50. L’altitude maxima qu’atteint l’avion est de 5800 m, l’altitude maxima, avec trois moteurs, de 35 000 m. Dr Alfred Gradenwitz.
- ÉLECTRICITÉ
- L’électricité dans le monde.
- D’après les rapports de la Conférence mondiale de l’énergie, la puissance totale des générateurs électriques en service dans lé monde en 1930, est de 114 millions de kilowatts. L’énergie produite annuellement s’élève au total de 304 milliards de kilowatts-heure, dont 121 milliards aux Etats-Unis, 29,4 en Allemagne; 17,8 au Canada; 17,2 en Angleterre; 16,3 au Japon; 15,9 en France; 10,8^en Italie.
- CHIMIE INDUSTRIELLE
- Doublage en caoutchouc souple du matériel chimique.
- Le caoutchouc résistant à certains réactifs chimiques, notamment à l’acide chlorhydrique, on l’utilise aujourd’hui pour faire des revêtements internes. Ceux-ci sont, soit à base de latex de caoutchouc, soit à base de caoutchouc en solution que l’on vulcanise ensuite à froid, aux vapeurs de chlorure de soufre par exemple.
- Il est essentiel que les parois à doubler aient subi un décapage très soigneux à l’acide ou au jet de sable.
- Le latex, ou la solution de caoutchouc, est vaporisée au pistolet, l’épaisseur donnée à la couche protectrice est généralement de 1 à 2 mm. La solution de caoutchouc a été préalablement additionnée comme à l’habitude, de soufre, d’adjuvant, de charges et d’accélérateurs appropriés.
- On enduit ainsi toutes les pièces de l’outillage exposées à l’acide chlorhydrique, tuyaux, valves, robinets, coudes, tés,etc.
- A. H.
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- PETITES INVENTIONS
- MÉTHODES DE MESURE
- La vérification précise des alésages à l’aide d’une mesure de pression d’air.
- L’industrie moderne exige, pour les objets à fabriquer en série, des éléments strictement interchangeables, usinés avec une précision qui atteint le centième de millimètre, et vérifiés avant montage avec une précision d’un ordre encore supérieur. Nous allons trouver un exemple de cette précision, dans le carburateur d’automobile, qui nous fournira en même temps l’exemple d’une méthode de mesure de haute précision particulièrement ingénieuse.
- Le diamètre intérieur du gicleur par lequel arrive l’essence à mélanger à l’air pour former le mélange explosif est un élément d’importance capitale. Une variation infime se traduit quelquefois par des différences de fonctionnement très grandes du moteur. Les gicleurs doivent donc être usinés avec une précision absolue, et vérifiés avant montage par une méthode à la
- fois sûre et rapide.
- Les Etablissements Solex ont imaginé à cet effet un procédé fort original, qui peut trouver, du reste, des applications dans une foule d’autres domaines.
- Le principe de la méthode est d’observer les variations d’écoulement que subira, en fonction du diamètre de l’orifice, une colonne d’air arrivant sous une pression rigoureusement constante.
- De l’air comprimé venant d’une canalisation à une pression quelconque arrive par un tube plongeur 1 dans un vase 2 rempli d’eau jusqu’à un niveau constant. La pression se trouve ainsi réglée et elle est juste égale à celle de la colonne d’eau comprise dans le vase 2 entre le niveau constant et l’extrémité du tube plongeur. L’air en excès, s’il y en a, s’échappe à travers l’eau sous forme de bulles (fig. 1).|
- Cet air comprimé à pression constante est envoyé dans une chambre de 'mesure, reliée à un manomètre à eau et dans laquelle il pénètre par un orifice 4, et ce système très simple va permettre, en réalité, d’effectuer des mesures avec une précision véritablement merveilleuse.
- Supposons, d’abord, que nous voulions vérifier un gicleur de carburateur. Nous le placerons dans une ouverture supérieure 5 de la chambre de mesure 3 qui comportera alors deux ouvertures cylindriques 4 et 5.
- L’air arrive par l’orifice 4, et traverse successivement ainsi les gicleurs 4 et 5. Dans ces conditions, si nous relions le manomètre à la chambre 3, nous mesurerons la pression dans l’espace compris entre les deux gicleurs et cette pression se stabilisera très vite à une valeur remarquablement fixe.
- Si nous remplaçons un gicleur étalon par un autre à vérifier, et s’il existe la moindre différence de diamètre entre ce gicleur et le gicleur étalon, nous constaterons immédiatement une variation de niveau de la colonne d’eau du manomètre. Pour
- Air comprimé
- Manomètre
- d’eau
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- Fig. 1. — Principe de la méthode de vérification Solex.
- Application au contrôle des gicleurs; le gicleur 5 est substitué à un gicleur étalon. Des différences infimes entre les diamètres des 2 gicleurs sont accusées par les dénivellations importantes de la colonne du manomètre à eau.
- une variation d’un centième de millimètre, la colonne d’eau montera ou descendra de plusieurs centimètres.
- Ainsi, à la mesure du centième de millimètre, nous aurons substitué, de la manière la plus simple, la lecture d’une dénivellation de plusieurs centimètres sur une échelle graduée, et théoriquement le millième de millimètre serait ainsi mesurable. Un tel appareil est dès à pr ésent employé pour vérifier instantanément les gicleurs en essai.
- En modifiant un peu le dispositif, mais en conservant toujours le même principe, on peut mesurer avec la même précision des pièces dé tous genres; c’est ainsi qu’on peut ne mesurer que le passage de l’air autour d’un tampon placé dans l’orifice de la chambre de mesure. Il suffit d’introduire le tampon L dans un tube 7 relié à la chambre précédente dans laquelle arrive l’air à pression constante. L’opération inverse est également possible, et elle se résume, en réalité, à évaluer l’écart entre la paroi du tube d’amenée d’air et la paroi de la pièce à mesurer (fig. 2).
- Si la pièce à vérifier a des dimensions trop grandes, on peu! faire arriver l’air comprimé en deux points opposés des parois de cette pièce par les extrémités d’un tube disposé en forme de fourche. Les débouchés des tubes doivent alors être placés très près des parois de la pièce, mais sans les toucher, pour que l’appareil de mesure reste sensible aux différences d’épaisseur (fig. 3 I).
- S’il s’agissait de vérifier un alésage, l’organe d’amenée d’air serait en forme de T, et placé à l’intérieur de la pièce (fig. 3 II). On voit donc que seule la disposition du tube d’amenée d’air doit varier.
- La diversité des applications possibles de ce procédé semble très grande, et on peut espérer que son emploi rendra de grands services dans toutes les industries où il est nécessaire de vérifier rapidement mais avec la plus grande précision les pièces usinées.
- P. Hémardinquer.
- Fig. 2. — Emploi de l’appareil pour la vérification d’un tampon calibre.
- CHAUFFAGE [Le Sorcier « Simplex ».
- Parmi tous les biens matériels que nous a laissés le siècle dernier, le gaz d’éclairage dû à Philippe Lebon se classe au rang des plus précieux. Malheureusement tout le monde ne peut pas en profiter.
- Il faut pour avoir
- le gaz chez soi, habi- Fig. 3. — Vérification du diamètre extérieur ter une ville d’une cer- d’une pièce en 1 et d'un alésage en II. taine importance, ou ses faubourgs immédiats afin que la canalisation arrive jusqu’à votre domicile.
- Encore ne faut-il pas que votre maison soit isolée, car il n’est pas rare que la compagnie
- w/zm/Wm/mm?
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- vous demande 10000 à 12000 francs pour les frais de canalisation jusqu’à votre demeure. D’autre part, il est de plus en plus difficile de trouver à se loger dans les grandes villes tout en payant parfois des loyers très élevés. Beaucoup d’industriels se sont vus contraints de s’installer à la campagne, souvent sur des terrains privés des commodités les plus indispensables.
- Pour beaucoup d’industriels ou d’ouvriers à façon, l’usage du gaz est cependant indispensable, c’est dans ce but que des constructeurs avisés ont repris le problème sous une autre face en offrant aux déshérités des campagnes le moyen pratique et économique de fabriquer eux-mêmes leur gaz au moyen d’appareils simples, robustes et de prix abordables.
- Ces générateurs de gaz utilisent l’essence d’automobile que l’on trouve partout et par une carburation très étudiée et une mise au point parfaite produisent un gaz d’air carburé propre à tous les emplois industriels et domestiques à un prix de revient sensiblement égal (parfois inférieur) à celui du gaz de houille des villes. Leur fonctionnement est absolument automatique et d’une telle simplicité qu’un enfant peut le mettre en marche; un robinet à ouvrir à l’appareil d’utilisation et le gaz s’allume à froid instantanément. Les chalumeaux, les fers à souder, tous les brûleurs fonctionnent avec le gaz d’air carburé.
- Parmi les appareils susceptibles de fabriquer facilement ce gaz nous nous proposons de signaler un nouveau générateur qui offre des caractéristiques intéressantes.
- Le Sorcier Simplex, tel est son nom, se compose des parties principales suivantes :
- 1° un réservoir d’essence disposé en légère surélévation, d’une contenance de 10 litres, avec indicateur de niveau à cadran permettant la lecture directe en litres de l’essence contenue.
- 2° un niveau constant du modèle employé couramment en automobile.
- 3° un carburateur à barbotage surmonté d’un robinet de sortie de gaz.
- 4° un petit ventilateur centrifuge.
- La capacité du réservoir permet la fabrication de 30 m3 de gaz sans réemplissage, c’est-à-dire une fourniture de gaz assurée pour plusieurs (de 2 à 8 jours, selon les consommations moyennes). L’indicateur de niveau renseigne à tout instant sur la quantité de carburant disponible. Par gravité, sans aucune pression, l’essence alimente le carburateur par l’intermédiaire d’un niveau constant disposé de telle sorte que le niveau d’essence dans le carburateur ne peut pas être supérieur à 10 mm. Ce n’est que lorsque cette essence s’évapore pendant que l’appareil est en service, qu’automatiquement la boîte à niveau admet le passage d’une quantité d’essence rigoureusement proportionnelle à l’essence consommée.
- Une vis de rappel, placée sur la droite du réservoir, permet de monter ou descendre, à volonté, la boîte à niveau pour établir dans le carburateur le niveau d’essence convenable, selon les qualités d’essences employées, et suivant les grandes variations de température. Un robinet de purgeur est prévu au carburateur pour éliminer les déchets gras pouvant résulter de l’emploi d’essences trop lourdes.
- Le ventilateur centrifuge envoie de l’air, par une tubulure disposée en anneau, dans le corps du carburateur.
- Sous cette tubulure annulaire sont brasés 32 petits tubes distributeurs d’air, d’inégales longueurs et de 2 mm de diamètre, donnant l’impression, vue en coupe, d’une flûte de Pan.
- Les plus courts de ces tubes sont au-dessus du niveau d’essence. Les plus longs pénètrent de 6 mm dans l'essence.
- Au-dessus de la tubulure sont disposés plusieurs plafonds de toile métallique à mailles fines, pour retenir les minuscules gouttelettes d’essence pouvant être entraînées par le barbotage. Enfin, une soupape est disposée à la sortie même du ven-
- ..... ="........ ....-.. ........= 237 =
- tilateur électrique. Le ventilateur étant en marche, et aucun robinet de gaz n’étant ouvert, la soupape reste collée sur son siège et le ventilateur tourne à vide. S’il est consommé une faible quantité de gaz, la dépression produite au delà de la soupape permet à celle-ci de se soulever et de laisser passer une quantité d’air correspondant au gaz consommé.
- Cet air ayant comme seule issue le robinet de sortie du gaz, suivra la tubulure du ventilateur et arrivera dans la tubulure annulaire dans l’intérieur du carburateur, passera par les petits tubes, traversera une couche d’essence variable selon la longueur de ces petits tubes et parviendra au sommet du carburateur mélangé de vapeurs d’essence, sous forme d’air carburé propre à l’alimentation des réchauds ou autres appareils d’utilisation.
- La partie la plus ingénieuse de l’appareil est le dispositif de la distribution de l’air, qui s’effectue, comme il est dit plus haut, par des tuyaux répartiteurs d’inégales longueurs. En effet, il est facile, de comprendre que plus ou moins de ces petits tubes entreront en service, selon la plus ou moins grande quantité de gaz utilisée. En effet, la résistance, au passage de l’air, augmente au fur et à mesure que s’intensifie la consommation du
- Fig. 1. — Le Sorcier Simplex.
- gaz, oblige l’air à utiliser les tubes de plus en plus longs et il s’ensuit un barbotage de plus en plus énergique.
- Au contraire, pour de très faibles débits, l’air ne fait qu’affleurer la surface de l’essence, puisque les premiers tubes ne baignent pas, d’où carbui’ation réduite pour consommation de gaz réduite.
- En raison de cette disposition, la composition du gaz reste la même à tous les régimes de consommation.
- Enfin, l’essence étant renouvelée goutte à goutte, selon la consommation dans le carburateur, la carburation reste régulière jusqu’à l’épuisement de l’essence. Au contraire si la carburation s’effectuait sur la réserve même, il y aurait excès au début, ce serait toutes les parties les plus légères qui s’évaporeraient en premier et la carburation tomberait rapidement à zéro quand il ne resterait plus que les parties grasses et inéva-porables.
- La fonction de chaque organe de cette petite usine a été minutieusement étudiée et le rendement de ce générateur est véritablement surprenant. Son encombrement est des plus réduits, puisque pour les usages domestiques, il trouve sa place sous les réchauds de cuisine.
- Constructeur : Établissements Brégeaut, 55, rue Turbigo, Paris.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Un météore.
- Un de nos lecteurs, M. Gabriel Petit, inspecteur des Postes et Télégraphes, nous adresse la description qui suit d’un phénomène dont il fut le témoin, à Tarascon, dernièrement.
- « Je viens d’être témoin (le 2 février 1932) du passage d’unmagni-(ique météore et qui vous sera peut-être signalé d’autre part.
- « Son diamètre apparent était environ le 1/3 de celui de la pleine lune au zénith.
- « Sa couleur était verdâtre comme celle de certaines étincelles électriques entraînant des parcelles de cuivre, avec une traînée d’or de longueur double de celle de son diamètre. 11 m’est apparu comme je descendais du train allant de Nîmes à Avignon, il était donc exactement 18 h. 50, et autant que je puisse m’orienter la direction de ce phénomène lumineux était sud-est, nord-ouest. Sa trajectoire — avec une vitesse relativement lente — m’a paru être de 70 à 80°, en commençant à peu près au zénith. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- A,dresse relative aux appareils décrits :
- Une machine à sonder les roules, 36, avenue de l’Opéra, Paris.
- Comment on colle les pièces dites invisibles sur les chaussures.
- Les çolles employées sont des colles cellulosiques du type suivant :
- Acétate de cellulose = 30 grammes
- Acétate de méthyle = 120 »
- Méthyl et éthylacétone = 50 »
- Acétate de phénylé = 5 »
- Huile de ricin = 5 »
- La pièce doit être choisie en cuir souple, mince, en box-calf ou chevreau, découpée à bonnes dimensions et dolée, c’est-à-dire amincie sur les bords.
- L’emplacement de la chaussure à réparer étant bien gratté avec un morceau de verre ou une râpe pour enlever la fleur du cuir, ce qui est très important, appliquer successivement deux couches de colle qu’on laissera bien sécher, puis en dernier lieu une nouvelle couche de colle, réunir les deux parties et passer un fer légèrement chauffé pour vaporiser complètement le solvant; mater les bords pour assurer leur adhérence parfaite.
- Réponse à M. de la Bastide, à Pressac,
- Le transport de l’énergie électrique par courant continu.
- U est exact que, dans les distributions électriques en courant continu, il peut se produire des électrolyses sur un conducteur. Mais c’est une causq d’avaries qui ne se produit que très rarement sur une ligne bien isolée et bien entretenue. Il faut, en effet, qu’il se crée entre les deux pôles un milieu conducteur du courant. Sur des conducteurs aériens, il faudra un concours de circonstances exceptionnelles pour le réaliser; sur des conducteurs souterrains toujours enfermés dans des câbles, l’incident ne se produira que plus rarement encore.
- La vraie raison qui a fait renoncer au transport de l’énergie par courant continu est la difficulté de transformer le courant de cette nature et l’obligation, par conséquent, de le produire directement à la tension exigée pour le transport à distance. La chose n’est possible qu’avec des dynamos montées en série; car une seule machine est incapable d’engendrer du courant sous les tensions élevées qu’il faut envisager pour le transport. Le système de transport en continu série haute tension a été réalisé il y a une trentaine d’années dans l’Isère par Thury; mais cet ingénieur n’a pas eu d’imitateurs. Le système actuel qui produit le courant sous tension relativement faible et sous forme alternative à l’aide de machines individuelles, et qui élève ensuite la tension de départ à l’aide d’un transformateur, est d’une souplesse et d’une commodité qui l’ont fait adopter universellement. A l’arrivée, il est très difficile d’utiïisér du courant continu haute tension; et l’on n’a pas pour le transformer en courant basse tension d’outil aussi commode et robuste que le transformateur statique.
- Cette situation pourra changer le jour où les convertisseurs statiques à vapeur de mercure ou analogues permettront de transformer le courant continu en courant alternatif.
- Réponse à M. Broc, à Rennes.
- Montage d’une soupape électrolytique.
- Il nous semble tout d’abord que pour la charge de votre batterie,
- dont la tension est de 12 volts, vous pourriez encore abaisser la valeur de la résistance à mettre en série dans le circuit de charge. Il n’en est pas moins vrai que l’ampèremètre que vous avez employé devrait indiquer néanmoins le passage d’un courant, même si vous employez des ampoules de 32 bougies, au lieu d’adopter des ampoules de 50 bougies, comme vous pourriez le faire.
- Le phénomène nous semble provenir de ce que vous avez placé l’ampèremètre à un endroit du circuit qui ne convient pas. Cet ampèremètre doit, en effet, être monté dans le circuit de la batterie, afin d’indiquer le courant qui la traverse, et il doit donc être placé dans la branche diagonale du pont formé par les quatre soupapes. De cette manière, il nous semble qu’il n’y a aucune raison pour que votre appareil ne fonctionne pas, du moins si vous prenez les précautions nécessaires pour son entretien.
- Réponse à M. Renault, à Périgueux,
- Mauvais fonctionnement d’un super=hétérodyne.
- 1° En reliant à votre poste les batteries d’alimentation convenablement 'chargées, vous constatez des bruits de souffle et des sifflements qui sont sans doute anormaux, mais ce fait indique aussi que les batteries sont bien connectées et les lampes convenablement montées, sans quoi on n’entendrait aucun bruit dans le haut-parleur.
- IJ est indispensable, d’autre part, de choisir convenablement les lampes suivant le rôle qu’elles doivent remplir sur les différents étages. Le fait d’intervertir la place de deux lampes peut parfois troubler complètement le fonctionnement de l’appareil.
- Vous savez, d’ailleurs, que le bouton de renforcement du poste commande le système de réaction, et, par conséquent, détermine normalement la naissance d’accrochages haute fréquence, qui se traduisent par des sifflements dans le haut-parleur. Il est donc indispensable, la recherche des postes étant effectuée, de ramener en arrière ce système de renforcement une fois qu’on a entendu le sifflement produit par l’onde porteuse de l’émission radiophonique.
- 2° Le fait que vous n’apercevez pas la lueur produite par les filaments de vos lampes n’indique pas du tout que celles-ci soient défectueuses.
- Les filaments à oxyde des lampes modernes sont,, en effet, chauffés à une température relativement basse, et leur lueur est presque invisible. On ne peut voir que la lueur produite par les filaments thoriés d’ancien modèle, ou par celle des cathodes des lampes de puissance ou des lampes à chauffage indirect, dont la surface est beaucoup plus grande. Il est, d’ailleurs, facile de se rendre compte si le filament d’une lampe fonctionne normalement au moyen d’un voltmètre et d’une petite pile de 2 à 3 volts, en intercalant les broches du filament dans le circuit du voltmètre.
- 3° Votre appareil comportant deux lampes basse fréquence, il est normal qu’en employant un seul étage, l’amplification soit beaucoup plus faible, et même qu’en l’absence de toute émission on n’entende plus qu’un léger souffle dans le haut-parleur.
- 4° Le moyen le plus sûr pour éviter tous les risques de surtension dangereuse sur les filaments des lampes, lorsqu’on emploie l’alimentation par batteries, consiste à intercaler dans le circuit de la batterie haute tension, du côté du pôle positif, une petite ampoule à incandescence genre ampoule de poche qu’on peut d’ailleurs se procurer très facilement dans le commerce. Dès que l’intensité du courant débité par la batterie devient anormale, ce qui indique un dérangement des
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- connexions risquant de brûler les filaments des lampes à vide, le filament de cette ampoule est détruit, ce qui provoque immédiatement la coupure du circuit. On ne peut évidemment remplacer ce filament par un fil de plomb ordinaire utilisé sur les installations électriques, parce qu’il faudrait, en tout cas, avoir un fil de plomb détruit avant les filaments des lampes, ce qui est très difficile à réaliser.
- 5° Nous pensons que la charge de vos batteries est suffisante, du moment que vous entendez ces sifflements dans le haut-parleur. Au contraire, vous appliquez peut-être sur la plaque de la lampe bigrille cliangeuse de fréquence une tension trop élevée. Il est facile de vérifier cette tension, et de même il faut régler soigneusement le chauffage de cette lampe bigrille à l’aide du rhéostat correspondant, car ce chauffage a une grande influence sur le fonctionnement de la lampe en radio-modulatrice.'
- Rien de plus facile que de vous assurer à l’aide d’un voltmètre, à deux sensibilités de la tension normale aux bornes des accumulateurs, pendant que les batteries assurent le fonctionnement du poste.
- Réponse à M. D.... à Limoges.
- Adaptation d’un haut=parleur.
- 1° L’emploi d’un système de liaison entre la .lampe de sortie et le haut-parleur évite d’intercaler directement les bobinages dans le circuit de plaque de cette lampe. Il ne permet pas seulement d’empêcher le courant continu de plaque de traverser les enroulements, donc de pouvoir produire des désaimantations ou même des détériorations de ces enroulements dans le cas du haut-parleur électromagnétique (car dans le cas des haut-parleurs électrodynamiques, la question ne se pose évidemment pas, l’emploi d’un transformateur de sortie étant indispensable) il permet également de faire varier la tonalité et l’intensité de l’audition, sans avoir à agir sur le réglage du récepteur lui-même, ou même sur celui de la lampe de sortie.
- Le plus simple des systèmes de sortie est ainsi constitué par un bobinage à fer à prises et par un condensateur de 0,5 à 1.microfarad. Le bobinage à fer est traversé par le courant de plaque continu de la lampe de sortie, mais il renvoie les courants musicaux amplifiés vers le haut-parleur, à travers le condensateur de grande capacité.
- En faisant varier l’impédance du bobinage à 1er, on adapte au mieux le système, suivant la résistance de la lampe, et, en déplaçant la prise de plaque le long du bobinage, on obtient un montage d’un autotransformateur élévateur de tension, ce qui est utile si les enroulements du haut-parleur ont une impédance faible. D’autre part, en faisant varier cette impédance, on s’oppose au passage des courants de fréquence musicale plus ou moins élevés. On peut ainsi obtenir des variations de tonalité.
- Ce système de liaison impédance-capacité peut, d’ailleurs, être perfectionné encore par l’adjonction d’une résistance variable permettant d’amortir des résonances trop accentuées, et de faire varier la tonalité, Nous vous conseillons ainsi d’essayer de monter en shunt sur le bobinage une résistance variable de 25 000 ohms environ en série avec un condensateur de 1 /100 e de microfarad.
- 2° Lorsqu’on veut relier un détecteur à galène à une lampe amplificatrice, on emploie un transformateur de rapport assez élevé de l’ordre de 1/9 ou 1/10 et cela se comprend facilement, étant donné la résistance relativement très faible du détecteur à galène qui doit être placée dans le primaire de ce transformateur. Nous pensons donc qu’il y a intérêt à utiliser un transformateur de ce type de rapport assez élevé pour la liaison de votre détecteur à galène, mais, pour le deuxième transformateur servant de liaison entre la première lampe basse fréquence et la deuxième vous pouvez utiliser un transformateur rapport 1/5. Le résultat ne serait pas plus mauvais, d’ailleurs, surtout en ce qui concerne la qualité de l’audition si vous adoptiez un transformateur rapport en 1/2.
- 3° Nous n’avons pas essayé personnellement l’appareil de polarisation dont il s’agit. Nous en avons entendu dire grand bien, mais nous ne pouvons pourtant vous donner une garantie à ce sujet. Il est, en tout cas, très facile d’utiliser une petite pile de quelques éléments pour réaliser une polarisation négative convenable de la grille de la lampe de puissance.
- Réponse à M. Croguennec, à Sucy-en-Brié (S.-et-O.).
- Choix et emploi d’un haut=parleur.
- Comme nous l’avons indiqué plusieurs fois dans nos articles, un haut-parleur ne constitue nullement un correcteur de la qualité de
- l’audition fournie par un récepteur radiophonique, mais c’est une sorte de miroir qui indique tout aussi bien les défauts que les qualités de la réception. 11 n’en est pas moins vrai, d’ailleurs, qu’un mauvais haut-parleur introduit des distorsions supplémentaires. Nous supposons donc que la partie haute fréquence de votre poste constituée par deux étages à résonance est bien établie sans sélectivité trop poussée qui risquerait de mutiler la bande des fréquences musicales. Nous supposons également que la détection s’effectue sans effet de saturation, et que les étages basse fréquence sont convenablement réalisés avec des transformateurs de bonne marque, des lampes de puissance de modèle convenable, et dont la grille est polarisée négativement à la valeur nécessaire.
- Si la lampe de sortie que vous utilisez actuellement n’a pas une puissance suffisante, c’est-à-dire ne fqurnit pas un çourant de modulation assez intense pour faire fonctionner dans des conditions satisfaisantes un haut-parleur électrodynamique, qui, par principe, est toujours moins sensible qu’un électromagnétique, l’emploi d’un amplificateur de puissance séparé pouvant être alimenté à l’aide du courant alternatif d’un secteur, et relié directement à la lampe détectrice du poste ou, en tout cas, au premier étage basse fréquence constitue un moyen convenable d’arriver à améliorer la réception, et à utiliser un haut-parleur électrodynamique permettant d’obtenir une audition d’intensité suffisante avec une fidélité vraiment satisfaisante.
- Cet amplificateur de puissance peut, d’ailleurs, être constitué très simplement à l’aide d’un étage d’amplification à une seule lampe triode de puissance alimentée avec une tension plaque relativement forte de l’ordre de 200 volts environ au minimum. Il vous est loisible de trouver des détails sur la construction de ces appareils dans l’article intitulé « La modernisation des récepteurs radiophoniques » et qui a été publié dans le n° 2864 de La Nature du 1er septembre 1931.
- Réponse à M. R... à Nancy.
- De tout un peu.
- MM. Dupont, à Versailles et X..., à Paris. — Vous trouverez de l’ébonite, ainsi du reste que toutes pièces détachées nécessaires au montage d’un poste de T. S. F. chez Cop, 52, rue des Archives, Paris. Vous trouverez également des pièces détachées chez Chabot, 43, rue Richer, Paris.
- Vous trouverez des boîtes d’alimentation sur courant alternatif chez Herwittic, 11, rue du Pont, Suresnes; Cop, 52, rue des Archives, Paris; Bardon, à Clichy, 61, boulevard Jean-Jaurès; Gamma, 21, rue Dautancourt, Paris.
- X., Collège de Saintes. — Pour éviter l'oxydation de vos barres d'acier, pendant le recuil au four, il vous suffira de les recouvrir d’un mélange de sable fin et de poussier de charbon de bois, ce qui empêchera l’intervention de l’air et la décarburation de l’acier. En opérant ainsi, il sera facile de dégager les barres, au moment où le point de recuit sera atteint.
- Mme de Reverseaux à Semur. — 10 L'odeur de l'iodoforme peut être masquée avec succès par celle de l’eau de fleur d’oranger, il vous suffira donc très probablement de vaporiser dans la pièce une quantité convenable de ce liquide pour obtenir le résultat cherché.
- 2° Vous pouvez vous adresser pour lutter contre l’humidité de vos murs à l’Entreprise d’assèchement Beloffre-Grégoire et Cie, 43, rue Caumartin à Paris.
- 3° Le plancher de votre tapis, autrement dit le support du poil, est constitué par du fuie, étant de nature végétale, il a subi le phénomène d’épaillage, ce qui a lieu le plus souvent par intervention d’un acide, peut-être est-ce dû tout simplement à un emploi malencontreux d’eau de Javel, seule, une enquête sur place pourrait fixer à ce sujet.
- 4° Les débris contenus dans votre eau, présentent des caractères épidermiques et semblent provenir d’un petit anima', chat ou rat qui serait tombé dans le puits, une visite de celui-ci serait nécessaire.
- M. Bernède à Bordeaux. — Les coins de copies de lettres sont rendus hydrofuges en les trempant dans un bain de paraffine fondue, fusion qui a lieu entre 70° et 80°, les feuillets sont isolés encore chauds, puis abandonnés séparés par un carton, afin qu’ils ne contractent aucune adhérence.
- Si on veut donner plus de souplesse à la préparation, il suffit d’y ajouter un peu de vaseline.
- M. Clémot à Niort.— Nous n’avons pas eu l’occasion d’examiner la spécialité dont vous parlez, mais il est fort probable que ses propriétés désodorisantes étaient dues à l’introduction du formol dans sa composition.
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- 1
- -niutmmu
- Fig. 1. — Un nouveau pont gigantesque en construction près de Zalbommel, sur le Waal (Hollande).
- Ph. Keystone.
- Fig. 2. — A l’École des agents dejpolice à Paris, on étudie sur de petits modèles les problèmes de la circulation. (Ph. Keystone.)
- Fig. 3. — De nouvelles arroseuses-balayeuses automotrices pour les trottoirs de Paris. (Ph. Keystone.)
- Fig. 4. — Un pont naturel à Brgce Canon (sud-ouest de VUtah)
- qui rappelle le pont de la Tour de Londres. (Ph. International Press-Service.)
- pi g, 5, — L’automobile créée par M. Martin àNew-York est profilée suivant des lignes de courant et a son moteur à l’arrière.
- (Ph. Wide-World.)
- . Fig. 6. — Un monstre \de vitesse.
- Une automobile construite à Londres
- en vue du record de vitesse. (Ph. Wide-World.)
- Fig. 7. — La nouvelle université de Pittsburgh.
- Ce bâtiment de 40 étages a coûté 250 millions. (Ph. Wide-World.)
- 7
- Le Gérant : U. Masson.
- 2hxj. — Paris, lmp. Lahure. — 1-3-1932,
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Cie, Editeurs, uo, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI* (T{. C. Seine : 15.234) Tel. Danton Sb-n.
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n0*), 90 fr. ; — 6 mois (12 n°‘), 45 il*.
- Prix du numéro vendu en France : 4 fr.
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois 24 n°*), 105 fr. ; — 6 mois (12 n") 53 fr.
- Tarif pour l’étrange^
- Tarif n° 1
- Un an. Six mois
- 110 fr. 55 fr.
- Tarif n• 2
- Un an. Six mois
- 130 fr. 65 fr.
- Tarif extérieur n° 1 valable pour tous les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques: Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chilie, Colombie, Congo belge, Costa-Bica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Eslhonie, Ethiopie, Finlande, Grèce. Guatemala, Haïti, Hedjaz, Honduras, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie [U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela. Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
- Réglement par mandat, chèques postaux (compte n° 599, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et Cu, sur une banque de Paris.
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- LA NATURE 15 ^ ‘”2
- Le titre et l’aspect de ces pages peuvent, dès l’abord, faire naître l’idée" d’une réédition du célèbre Voyage de Gulliver à Liïliput. Mais dans ce conte, le héros de Swift rencontre un monde tout entier réduit en dimensions, où les choses sont à la taille des hommes ; si bien que les Lilliputiens évoluent en somme dans un cadre qui, pour eux, est identique au nôtre, pour nous.
- Sans vouloir diminuer en rien le côté captivant du délicieux roman qui nous a tous charmés, nous pouvons plus véridiquement en envisager un autre, sur un plan tout différent. Point n’est besoin, en effet, d’imaginer un monde nouveau. Adressons-nous simplement à celui qui existe. Mais faisons la supposition que, par quelque artifice magique, la taille humaine se trouve subitement réduite à celle d’un puceron, par exemple. Et alors les menus éléments du sol, sur quoi nous marchons tous les jours sans y faire attention, et qui naturellement, dans notre supposition, restent les mêmes, acquièrent maintenant une grande importance. Les moindres aspérités deviennent des montagnes, les petits cailloux, voire les grains de sable, font figure de rochers plus ou moins énormes, et une simple touffe d’herbe aura facilement l’allure d’une inextricable forêt vierge. Et combien d’autres phénomènes encore, volontiers déconcertants ceux-là, ne manqueraient pas d’arrêter l’attention d’un ultra-lilliputien !
- Mais ne pouvant, malheureusement, nous trouver vraiment dans les conditions de ce petit homme, il est au moins possible d’avoir une idée de ce qu’il contemple-
- rait. Il suffit, pour cela, d’amener l’œil au ras du sol; et en se servant d’une loupe, d’examiner attentivement, par tous les temps, les graviers d’un jardin, la terre d’un champ, le sable marin, etc. Mieux encore, enregistrons ces aspects par le moyen de la photographie en les amplifiant suffisamment, et nous découvrirons ainsi que ces paysages sont non seulement infiniment variés, mais aussi très riches en enseignements.
- Les images reproduites ici en fournissent des exemples probants.
- — La structure d’une pente de sable. Un petit personnage a été figuré ici pour donner une idée de ce que serait pour lui l’ascension d’une vulgaire taupinière.
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- De tels clichés ne peuvent être pris utilement à l’aide d’un simple appareil à main, à moins de munir l’objectif de bonnettes appropriées qui permettent la mise au point sur des objets très rapprochés. Car pour le résultat cherché il faut obtenir une vue à la faible distance de quelques centimètres, alin de réaliser au mieux les conditions dans lesquelles se trouverait placé le petit personnage amené à contempler l’objet ou le site considéré.
- Remarquons de suite, à ce sujet, que les circonstances ne sont pus rigoureusement les mêmes : d’après les angles variés sous lesquels les objets différemment placés apparaîtraient, et leurs proportions par rapport à la taille d’un petit être, ce dernier verrait des effets de perspective que l’objectif ne peut rendre, enregistrant tout de face, et à une échelle unique.
- Fig. 3. — Des graviers, inondés par la pluie, constituent des sites pouvant ressembler étonnamment à ceux de la baie d'Along.
- point, après que l’appareil a pu être convenablement placé, ce qui n’est pas non plus sans difficultés. Tout d’abord, le dispositif instrumental le plus pratique consiste à monter un objectif à court foyer sur une chambre à très long
- Fig. 5. — L’étrange illusion d’une cime calcaire ruinée, fournie par l'extrémité d’un fragment de bois vermoulu.
- Fig. 4. — Entre les petits cailloux, ce sont des défilés et des gorges profondes, analogues aux plus grandioses de notre monde.
- Mais cette légère restriction ne diminue, en rien l’intérêt des vues, quant aux révélations qu’elles sont susceptibles de fournir. Insistons plutôt sur les difficultés réelles à surmonter.
- Le principal obstacle est celui d’une bonne mise au
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- Fig. 6 (eu haut). — Les phénomènes du ruissellement, sur la terre meuble semée de menues pierrailles, édifient rapidement des monuments de même nature quc les « Cheminées des Fées ».
- Fig. 7 (en bas). — Celle architecture étrange n'est pas la façade d’un grandiose, monument, mais simplement la sculpture naturelle, rongée par le temps, d’une coquille de cardile.
- tirage. L’objectif étant amené à quelques centimètres de l’objet à enregistrer (voir lig. 18) on obtiendra directement, sur le cliché, une image déjà agrandie de cet objet. Cette image, on l’amplifiera ensuite à l’aide d’un appareil de projection; mais il faut nécessairement qu’elle soit très nette, et l’on s’aperçoit vite qu’une telle condition, du point de vue général, est presque impossible à réaliser. En effet,, de même que dans un microscope — et l’appareil se comporte alors ainsi — les moindres différences de plan deviennent sensibles. Il faut donc rechercher, un peu par tâtonnements, la meilleure distance compatible avec la forme, la dimension et la situation respective des éléments en jeu, afin d’annuler les exagérations de flou pour les plans trop rapprochés ou plus éloignés; ces différences en profondeur sont notablement corrigées, d’ailleurs, en diaphragmant l’objectif aussi complètement que possible, après une mise au point très rigpureuse sur le plan principal choisi.
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- En face d’un talus, d’un escarpement, rien de plus facile. Mais en surface horizontale, il en va tout autrement. Pour que l’objectif se trouve exactement devant le point de vue, deux solutions s’imposent : ou creuser le sol de façon à y réaliser une excavation permettant de placer l’appareil dans les conditions voulues; ou bien si le motif choisi peut être « cueilli » sans détériorations, on prélèvera (à l’aide d’une bêche ou d’une truelle), toute cette portion superficielle du sol pour la transporter sur le rebord d’une table devant laquelle l’appareil se disposera alors aussi commodément que possible.
- La question de l’éclairage n’est pas non plus a dédaigner .L’illumination brutale du soleil est préférable, pour dessiner vigoureusement les lins détails ; mais les parties dans l’ombre étant également intéressantes à fouiller, le mieux, à cet effet, est de se servir d’un réflecteur
- Fig. S. — Avec quelques coquilles variées el volontairement groupées, on peut créer l’apparence de cités dignes des « Mille el Une Nuits ».
- La position même de l’appareil est aussi un problème à résoudre, afin que l’objectif soit au niveau du sujet.
- Fig. 10. — Ce fragment de charnière de bivalve, sur un tas de sable, évoque l’idée des ruines d’un temple de marbre blanc au sommet d’une colline.
- Fig. 9. — Architecture cambodgienne ? Non, tout simplement un fragment de carapace de crustacé, à côté d’un coquillage...
- blanc judicieusement placé. On utilisera aussi avec succès une glace grâce à laquelle, dans certaines circonstances, réclairement solaire sera dirigé à volonté pour le meilleur rendement; le même résultat peut être obtenu aussi .à l’aide d’une puissante lampe électrique, pour les photos d’objets amenés dans un intérieur. Sur tous ces moyens, d’ailleurs, le champ est libre; chacun de ceux que la question intéresse y apportera sans doute des procédés ou des tours de mains personnels ; mais dans tous les cas il est permis de dire que ces prises de vues requièrent quelque patience.... Revenons maintenant à ce qu’elles nous enseignent.
- Si, comme nous l’avons supposé, nous nous mettons à la place d’un tout petit homme, nous aurons donc de nombreux sujets d’admiration. Mais il faut retenir un fait important dont la signification est grande. C’est que dans nombre de cas, en estimant bien entendu que nous aurions conservé les notions acquises dans la. normale, nous ne serions pas trop dépaysés. En effet, à cette
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- <1 ani., quels qu’ils soient, ces éléments nous enseignent, par la manière dont ils sont façonnés, que le jeu des forces naturelles travaillant inlassablement à modifier la surface terrestre s’exerce pareillement à tous les degrés. Espace et temps sont des notions relatives à notre taille et à nos sensations courantes. La ruine du relief terrestre, les prodigieuses érosions des falaises calcaires, par exemple, sont le résultat du travail des agents atmosphériques, du ruissellement de l’eau principalement, qui s’acharne à raviner et à sculpter le sol d’autant plus énergiquement que son action s’exerce sur des points de moindre résistance. Les grands
- Fig. 11. — Cette vue, qui semble prise sur un glacier, n’est autre qu’un fragment de la surface d’une vieille coquille d’huître.
- échelle minuscule, bien des paysages rappellent étonnamment ceux que nous avons pour habitude de contempler. Entendons par là que nous retrouverons dans certains aspects des caractères généraux identiques à ceux qui existent dans le domaine immense, bien que les éléments en cause puissent être différents, par leur nature même. Cepen-
- Fig. 13. —• Fragment de coquille se dressant sur le sable comme une des étranges statues de Vile de Pâques.
- Fig. 14. — Ne prendrait-on pas pour une vieille idole bouddhique celte extrémité, sites dont nous admirons tant curieusement altérée, d’une conque de Buccin ?
- les caractères se sont formés, lentement de notre point de vue, dans la suite inévaluable des siècles ; de même le tracé capricieux des cours d’eau avec toutes leurs particularités. Tous ces aspects de la nature nous semblent à peu près immuables parce que notre faculté d’appréciation est trop brève; seul le raisonnement basé sur les lois de la mécanique nous en explique l'évolution.
- Or, dans le domaine minuscule, nous sommes à même de constater la marche de phénomènes se succédant alors avec rapidité, et c’est par là que l’in-
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- Fig. 15. — Le joli spectacle que nous aurions en nous promenant sous le squelette d'une feuille morte.
- térêt des spectacles se double d’un enseignement précieux. Voulons-nous comprendre le mécanisme cle l’érosion, examinons un talus de sable : cet élément, meuble par excellence, se façonne à vue d’œil sous l’action du ruissellement pluvial, ou de son propre écoulement lorsqu’il est sec; sur le sol d’une route, nous assisterons de même, en quelques instants, au début d’une averse, à la formation de blets d’eau reproduisant exactement toutes les particularités d’un cours d’un grand fleuve.
- Ces exemples, on peut les multiplier sans fin, et il nous suffit de les signaler.
- Remarquons maintenant que dans ce domaine réduit, tous les événements prennent volontiers ligure de cataclysmes, ' parce que à leur échelle, ils s’accomplissent alors d’une façon presque instantanée. Imaginons, en effet, une montagne s’éboulant ou changeant de silhouette en quelques instants, ou bien que le Mississipi se forme subitement sous nos veux ! A ces véritables bouleversements, ajoutons ceux que provoquent
- Ftg. 17. —• La terre et les planlules qui en sortent donnent l’impression de paysages très différents du nôtre.
- Fig. IG. — L’inextricable forêt vierge, constituée par le pied d’une
- touffe d'herbe.
- couramment les êtres de taille normale, hommes ou animaux; à chacun de leurs pas, ils déterminent des catastrophes, dont notre propre domaine ne peut nous fournir d’exemples ! De telles destructions intéressent surtout les merveilles d’art décoratif que nous réserve le monde des coquillages; quels ravages ne produisent pas les promeneurs ou les enfants jouant sur une plage ! De ces beautés, inutile de tenter la description. Les quelques exemples photographiques donnés ici sont bien plus suggestifs. Telles qu’elles se rencontrent à tous les degrés
- Fig. 18. — Dispositif photographique.
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- de vétusté imputables au temps, entières ou fragmentées, les formations calcaires des coquilles réserveraient au minuscule explorateur d’étonnantes visions. Et un petit peuple, ayant à sa disposition des moyens mécaniques de levage et de transport pourrait se servir de ces éléments pour réaliser de surprenantes décorations, comme nous en avons donné un exemple ici.
- Enfin ajoutons, pour terminer, qu’en dehors des aspects curieux du monde végétal, en beaucoup de points différents de notre vue des formes extérieures, de bizarres
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- illusions se rencontrent dans ce domaine. Certaines des photographies ci-contre, dont il suffit de lire les légendes, permettent de s’en rendre compte.
- Ces quelques lignes et images n’ont pas la prétention d’avoir épuisé le sujet. Mais elles paraissent suffisantes pour laisser entrevoir le beau et instructif voyage que l’on peut effectuer sur place avec la seule fatigue de s’étendre sur le sol et de regarder...
- Lucien Rudaux.
- PREPARATION DE L’HYDROGENE LIQUIDE
- Les laboratoires de physique qui se livrent à l’étude des phénomènes magnétiques ont souvent besoin aujourd’hui de réaliser de très basses températures : les investigations spectroscopiques dans le champ d’électroaimants puissants doivent; souvent être poursuivies à des températures descendant aussi bas que possible. De même l’étude des phénomènes si curieux de la supraconductibilité, révélés jadis par Kammerlingh Gnnes, exige des enceintes à des températures approchant du zéro absolu.
- Pouratteindre e.es régions reculées du froid, on utilise suivant l’exemple donné par K. Gnnes dans son célèbre laboratoire de Leyde, des cascades de refroidissements successifs, dont les derniers termes sont fournis par l’hydrogène et l’hélium liquides. L’hélium est, en Europe tout au moins, une substance relativement rare, mais il est aisé de se procurer partout de l’hydrogène. Par contre, sa liquéfaction pose quelques problèmes assez délicats. Néanmoins, les méthodes pratiques de liquéfaction ont fait de tels progrès qu’aujourd’hui un laboratoire, qui a les moyens financiers de s’outiller, peut aisément s’assurer une production de plusieurs litres d’hydrogène liquide par jour. L’hvdrogène liquide bout à — 250° sous’ la pression atmosphérique, et son évaporation dans le vide permet de descendre aux environs de — 258°.
- Le professeur Kapitza qui étudie à Cambridge l’action des champs magnétiques très intenses, avec un électroaimant équipé d’une façon extrêmement originale, a adjoint à celui-ci une installation d’hydrogène liquide qui se distingue également par quelques caractères nouveaux et pratiques. Nous empruntons les renseignements qui suivent à un récent article de MM. Kapitza et Cockcroft, dans Nature, de Londres.
- La principale difficulté pratique pour l’obtention d’hydrogèn% liquide en quantités considérables, gît dans les impuretés du gaz : celles-ci, formées surtout d’air,
- Fig. 1. — Schéma d’une installation de liquéfaction d’hydrogène suivant le système du D1 Kapitza.
- se solidifient à la température de l’hydrogène liquide, obstruent les canalisations, empêchent la circulation du gaz. Dans la méthode suivie par Kammérlingh Gnnes, on procédait à une purification méticuleuse de l’hydrogène, avant de l’introduire dans les appareils de liquéfaction. L’opération est longue et fastidieuse. Aussi s’attachait-on à récupérer le gaz après les expériences.
- Dans la méthode Kapitza, il suffit de disposer d’une petite quantité initiale d’hydrogène parfaitement pur, circulant en circuit fermé, et on liquéfie sans difficulté de l’hydrogène commercial : les impuretés se déposent au cours de l’opération sans apporter aucune gêne.
- Voici comment fonctionne le système : il comporte deux circuits d’hydrogène : l’un, analogue à ceux qui fonctionnent dans les li-quéfacleurs usuels, contient l’hydrogène pur et est rigoureusement clos ; il contient environ
- Fig. 2. — Nouveau récipient pour emmagasiner l'hydrogène liquide.
- 1. — Récipient à air liquide.
- 2. — Récipient à hydrogène liquide.
- 3. — Tige de cuivre.
- 4. — Enveloppe en cuivre.
- 0,7 m3 d’hydrogène
- comprimé à 160-170 atmosphères; le gaz préalablement refroidi dans l’azote liquide bouillant sous pression réduite (température inférieure à — 194°), passe dans un serpentin récupérateur de froid, puis se liquéfie par détente poussée jusqu’à la pression atmosphérique; l’hydrogène coule liquide dans un condenseur où il s’évapore; le gaz, après avoir circulé le long du récupérateur, retourne au compresseur (fig. 1).
- Dans le deuxième circuit circule de l’hydrogène, provenant de bouteilles de gaz comprimé livrées par le commerce; la pression du gaz est abaissée à 3 ou 4 atmosphères au moyen d’un détendeur. L’hydrogène est refroidi d’abord à la température de l’azote liquide, puis passe directement dans un échangeur refroidi par le premier circuit. Comme la température de liquéfaction de l’hydrogène sous la pression de 2 à 3 atmosphères est
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- de quelques degrés supérieure au point de liquéfaction sous pression atmosphérique, le gaz se liquéfie dans l’échangeur. Tout le refroidissement depuis la température de l’azote liquide jusqu’à celle de l’hydrogène liquide a lieu dans l’échangeur; de sorte que toutes les impuretés se solidifient en cet endroit et ne risquent pas d’aller obstruer les tubes. Etant plus lourdes que l’hydrogène liquide, elles se rassemblent au fond de l’échangeur; celui-ci est assez grand pour emmagasiner sans inconvénient toutes celles qui se précipitent au cours d’une liquéfaction.
- La figure 1 représente schématiquement le cycle de ces opérations : l’hydrogène du circuit fermé entre parle tube 1, traverse le serpentin récupérateur A, puis entre dans le récipient B contenant l’azote liquide sous pression réduite; de là le gaz passe dans le second serpentin récupérateur D, puis dans le robinet de détente E, d’où il parvient enfin, partiellement liquéfié, dans le condenseur F. Quand celui-ci est au tiers plein, l’hydrogène liquide s’écoule par le tube 6 dans un serpentin qui refroidit l’échangeur G; il traverse le serpentin récupérateur D et retourne en 2 au compresseur. L’hydrogène du commerce entre par le tube 3; il ne passe que dans un seul serpentin récupérateur, le serpentin A, puis dans le récipient B, d’où il passe directement dans l’échangeur G : là il se trouve au contact du serpentin traversé par l’hydrogène liquide du premier circuit, en voie d’évaporation, et il se liquéfie sous la pression de 3 atmosphères. Le liquide ainsi formé est drainé d’une façon continue par le tube 4 qui traverse en serpentin le condenseur F et aboutit à un robinet II qu’il suffit d’ouvrir pour faire écouler l’hydrogène liquide dans un vase de Dewar. En passant dans le condenseur F, la température de l’hydrogène liquide est abaissée à la valeur qui correspond au point de liquéfaction sous la pression atmosphérique. On évite ainsi une évaporation excessive au moment où l’on verse l’hydrogène au dehors de l’appareil. L’appareil liquéfie 4 litres d’hydrogène à
- l’heure, en consommant 1,3 litre d’azote liquide par litre d’hydrogène. On prépare, d’habitude, 6 litres à la fois. L’installation exige, en outre, un compresseur à triple étage débitant environ 25 nv' à l’heure.
- Nous ne pouvons nous étendre sur tous les détails de l’installation du Dr Kapitza. Avant de terminer, nous signalerons cependant l’ingénieux récipient imaginé pour emmagasiner l’hydrogène liquide.
- Dans un vase de Dewar ordinaire, récipient à doubles parois argentées entre lesquelles a été fait le vide, l’hydrogène liquide qui a une très faible chaleur latente s’évapore rapidement et on ne peut guère le conserver plus d’un jour. Les meilleurs récipients de G litres, connus jusqu’alors, évaporent 15 gr (200 cm°). d’hydrogène à l’heure ; ce sont des vases de Dewar de construction aussi parfaite que possible, maintenus plongés dans l’air liquide. Pour obvier aux difficultés qu’entraîne ce bain dans l’air liquide, quand il s’agit de vases de grande capacité, MM. Kapitza et Cockcroft ont eu recours à l’artifice représenté sur la figure 2; ils emploient deux vases de Dewar jumelés : l’un, le vase 1, contient l’air liquide, tandis que le vase 2 reçoit l’hydrogène liquide. L’intérieur du vase 1 est réuni par une tige de cuivre 3 à une enveloppe de cuivre 4, qui entoure complètement le vase 2. L’air liquide refroidit l’enveloppe 4 par conductibilité thermique et les pertes de chaleur par rayonnement, les plus importantes, se trouvent ainsi réduites pour l’hydrogène liquide dans de grandes proportions. Le vase à hydrogène a une contenance de 5 litres, le vase à air liquide tient 2 litres. L’évaporation de l’hydrogène est réduite à 2,5 gr à l’heure, soit 7 fois moins que dans les récipients ordinaires. On peut garder l’hydrogène liquide pendant 5 jours, avec une dépense quotidienne de 1,7 litre d’air liquide environ.
- Il va sans dire que, dans l’équipement d’un laboratoire utilisant l’hydrogène liquide, il faut prendre de minutieuses précautions contre les dangers d’explosion et d’incendie. A. T.
- L’OSCILLOGRAPHE CATHODIQUE
- ET SES MULTIPLES USAGES
- Le tube à rayons cathodiques a, ces temps derniers, trouvé de nouvelles applications aussi variées qu’intéressantes. •
- Aussi, profitant de l’invitation de M. Manfred d’Ar-denne, le radio-physicien bien connu de Berlin, nous venons de visiter son laboratoire où ce tube, sous une forme perfectionnée et particulièrement robuste, accomplit les : besognes les plus diverses.
- On sait que les rayons cathodiques prennent naissance dans ùn vide très poussé (moins de 0,1 millimètre de mercure). Ils ont la particularité de se propager en ligne droite, mais ils sont déviés par un aimant ou par un champ électro-statique. De là, la possibilité d’utiliser les
- rayons cathodiques pour toutes sortes de mesures de haute précision.
- On sait encore que ces î-ayons sont constitués par des paiùicules chargées d’électricité négative (électrons), qui se propagent avec une vitesse d’autant plus grande que la tension appliquée est plus élevée, et qui, au maximum, pourra être voisine de celle de la lumière.
- Quand on désire analyser des phénomènes électriques très rapides, le faisceau cathodique qui ne présente pas d’inertie offre de très grands avantages. Certes les oscillographes à miroirs minuscules et extrêmement légers suffisent dans bien des cas ; mais abstraction faite de la construction délicate de ces appareils, de leur prix élevé,
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- de la difficulté' de les régler et de les transporter, ils ne peuvent suffire que si la fréquence reste inférieure à 500Ü cycles par seconde. Le tube à rayons cathodiques, au contraire, enregistre, sans aucune inertie, les phénomènes les plus rapides, pouvant aller jusqu’à 100 millions de périodes par seconde, ce qui correspond à une longueur d’onde de 3 mètres.
- Le tube à rayons cathodiques mis au point par M. d’Ardenne comporte deux paires de plaques métalliques disposées perpendiculairement les unes aux autres, entre lesquelles passe le faisceau de rayons cathodiques, c’est-à-dire, le flux de particules négativement chargées. L’une de ces paires de plaques étant reliée au circuit qu’il s’agit d’étudier, les variations de sa charge électrique se manifestent par des déviations correspondantes des rayons cathodiques qui décrivent une courbe visible par fluorescence sur la paroi de verre qu’ils frappent. Celte courbe est observée directement ou enregistrée pholo-
- Fig. 2. — La courbe du courant d’un secteur 220 volts, 50 périodes vue sur le tube à rayons cathodiques.
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- Fig. 1. — M. d’Ardenne et son oscillographe.
- peut rendre le tube à rayons cathodiques, rien qu’en T. S. F. aussi bien à la station de transmission qu’au poste récepteur.
- Pour le contrôle du service des transmetteurs de T. S. F. le tube à rayons cathodiques permet, par exemple, de la façon la plus simple, de suivre la modulation. La courbe lumineuse visible sur l’écran fluorescent se contracte et se dilate, en effet, suivant le rythme de la modulation. L’inspecteur de service peut ainsi, par simple observation de cette courbe lumineuse, constater toute modulation défectueuse et y remédier immédiatement. Au poste de réception, l’oscillographe permet l’examen des récepteurs complets, en étudiant, à part, chacune de leurs parties. C’est ainsi qu’on contrôle parfaitement, par simple
- Fig. 3. — Le tube à rayons cathodiques employé comme voltmètre: la longueur du trait lumineux varie avec la tension.
- graphiquement. La fluorescence de la paroi de verre peut être renforcée par un enduit approprié; M. d’Ardenne se sert, au lieu du sulfure de zinc, d’une couche mince de tungstate de calcium, dont le spectre, situé presque exclusivement dans le violet, est d’une grande activité chimique, et, par conséquent, actinique. Cette couche étant presque parfaitement transparente, la courbe fluorescente se voit très bien à l’extérieur du tube.
- Afin de renforcer l’effet des rayons cathodiques, M. d’Ardenne entoure la cathode d’un cylindre dit de Wehnelt, cylindre négativement chargé repoussant les rayons négativement chargés et, par conséquent, les concentrant vers l’axe. L’électrode positive (anode) est constituée par une plaque ayant une perforation de 2 millimètres à travers laquelle passe le faisceau cathodique. La tache lumineuse produite sur la paroi du tube est de moins de 1 millimètre carré; elle se prête à une inscription photographique à partir d’une tension de 400 volts. On se sert d’ailleurs, le cas échéant, d’une émulsion photographique particulièrement sensible.
- Il serait trop long d’énumérer tous les services que
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- observation de la courbe lumineuse, l’intensité acoustique du haut-parleur, en même temps qu’on examine facilement et par des moyens accessibles à l’amateur, les lampes de réception et les circuits oscillants.
- Le tube à rayons cathodiques enregistre non seulement en T. S. F., mais en combinaison avec n’importe quel téléphone, une courbe sans cesse changeante et qui correspond parfaitement aux sons du langage. C’est même de cette manière qu’on réalise une image visuelle du langage, image facile à retenir et qui en reproduit fidèlement toutes les particularités. On profite de cette possibilité, par exemple, à l’Institut de phonétique pratique du Pr Clewing, où le chant, et la récitation des élèves se lixent, d’une part, au moyen du magnétophone Stille-Poulsen, — pour l’oreille, -r— d’autre part, pour l’œil, à l’aide de l’oscillographe cathodique.f C’est ainsi qu’on dépiste les moindres défauts de prononciation et qu’on les montre, d’une façon saisissante, aux élèves.
- La dernière application que M. d’Ardenne vient de faire de l’oscillographe est d’ordre médical. Grâce à un dispositif particulier, comportant des microphones et amplificateurs appropriés, il a réussi à enregistrer, par une courbe lumineuse, les bruits respiratoires, en éliminant les phénomènes acoustiques provenant du cœur. C’est un nouveau procédé extrêmement sensible pour le diagnostic des troubles pulmonaires, et d’autant plus commode qu’il permet — simultanément avec l’enregistrement photographique — l’observation visuelle au miroir tournant.
- Rappelons, en terminant, la télévision par rayons cathodiques, que M. d’Ardenne étudie, en ce moment. Ces rayons servent, d’une part, à explorer les images à transmettre, d’autre part, à les reconstituer au poste récepteur. Déjà M. d’Ardenne a réussi à obtenir des images télévisuelles d’une excellente définition.
- Dr Alfred Gradenwitz.
- Fi(j. 4.
- Une courbe de «fading ».
- Fig. 5. — L'analyse des bruils respiratoires.
- Fig. G.-— L’enregistrement du langage; oscillogramme de la voyelle e.
- LES GROUPES SANGUINS
- Parmi tant de questions que la Biologie pose aujourd’hui à l’attention des penseurs de toutes cultures, aussi bien qu’à celle des savants spécialisés, il en est peu qui présentent un intérêt scientifique et pratique aussi marqué que celle qui a trait à l’étude des groupes sanguins. Nous allons essayer d’expliquer brièvement ce que sont les groupes sanguins, comment on les détermine et quelle répercussion a eu leur découverte sur l’orientation de diverses recherches scientifiques.
- I-
- On savait depuis longtemps que le sérum d’un animal d’une espèce déterminée est capable d’agglutiner — c’est-à-dire de réunir en amas les globules rouges d’un animal d’une autre espèce (hétéro-agglutination). Des travaux relativement récents montrèrent qu’on peut observer aussi l’agglutination des globules rouges d’une espèce
- par le sérum de certains individus de cette même espèce; que, par exemple, le sérum humain peut agglutiner les globules d’individus de l’espèce humaine (iso-agglutination).
- On considéra d’abord ces faits comme liés à des états pathologiques. C’est à Landsteiner que revient incontestablement le mérite d’avoir affirmé le premier, que l’iso-agglutination est un phénomène physiologique, que le pouvoir iso-agglutinant existe régulièrement dans le sérum normal, que les propriétés iso-agglutinantes normales ne sont pas identiques chez tous les individus.
- En se basant sur l’agglutination ou la non-agglutination de leurs globules, on peut répartir tous les individus de l’espèce humaine en un certain ixombre de « groupes » dont les dénominations varient avec les auteurs, mais qui sont caractérisés par le fait que tous les individus qui composent un groupe ont des sangs ne s’agglutinant pas entre eux et jouissant vis-à-vis des
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- sangs des autres groupes de propriétés agglutinantes semblables.
- D’après lu classification de Landsteiner, il existerait dans le sérum humain deux facteurs A et B qui peuvent se manifester soit séparément, soit ensemble, ou faire défaut complètement, c’est-à-dire que l’on peut rencontrer chez l’homme, suivant les individus, des globules rouges appartenant respectivement aux groupes A, B, AB ou 0 (zéro) (« non A » et « non B »} (fig. 1).
- Des travaux déjà nombreux, parmi lesquels il faut citer surtout ceux de V. Dungern, llirzfeld, Lattès, Decastello, Jansky, Jeanbrau et Giraud, Bécart, Douris, Schiff, A, Tzanck, etc., ont confirmé l’existence d’une véritable individualité du sang et la possibilité de diviser, à ce point de vue, les hommes en plusieurs groupes.
- TECHNIQUE
- Pratiquement, la détermination des groupes sanguins est des plus simples (technique de Beth-Vincent).
- Des sérums agglutinants tests, et quelques lames de
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- a mm b 1 " 1 0 WÊËMAB
- Fig. 1. — Loi de Landsteiner (iso-agglulinalion). Les rapports entre l’agglutinine et l’agglutinogène.
- 1. Champ II. Champ
- III. Champ
- IV. Champ
- Hématies grises •— agglutinogène A Sérum (flèche noire) -— agglutinine (3 Hématies noires — agglutinogène fi Sérum (flèche grise) — agglutinine x Hématies blanches — sans agglutinogène 0
- Sérum (flèches noires et grises) — agglutinine a fi
- Hématies noires et grises — agglutinogène AB
- Sérum (flèches absentes) — sans agglutinine
- )
- )
- )
- Groupe A fi. Groupe B
- roupe bo.fi (zéro).
- Groupe AB(I.
- Groupe A[3 Groupe Ba Groupe AB0 Groupe 0. Fig. 2. — Réaction d’iso-agglutination.
- verre suffisent. Sur une meme lame, on place d’un côté (marqué A) une goutte de sérum agglutinant A et de l’autre (marqué B) une goutte de sérum agglutinant B. Une gouttelette du sang à l’étude, prélevée par piqûre du doigt, est mise à l’aide d’un petit agitateur dans la goutte de sérum A; une autre gouttelette est mise de même dans le sérum B.
- Au bout de 2 ou 3 minutes, on peut examiner à l’œil nu : lorsqu’il n’y a pas agglutination, le mélange reste homogène; s’il y a agglutination, les globules rouges sont groupés en amas. Les résultats se lisent de la layon suivante (fig. 2) : si le sang est agglutiné par le sérum A, le sang appartient au groupe B; s’il l’est par le sérum B, le sang appartient au groupe A; s’il l’est par les sérums A et B, le sang appartient au groupe AB. Si le sang n’est agglutiné ni par le sérum A, ni par le sérum B, le sang appartient au groupe O'(non A, non B)..
- D’autres classifications des groupes sanguins sont
- actuellement admises, en particulier celles de Moss et de Jansky, qui distinguent des groupes 1, II, III et IV. Mais le groupe I de Jansky,‘'correspond au groupe IV de Moss et cette similitude de numéros pour des groupes différents a donné lieu déjà à de nombreuses erreurs; si bien qu’il vaut mieux revenir à la nomenclature A, B, AB, 0 qui est simple et a le grand avantage de rappeler que les quatre groupes sanguins sont liés entre eux par les deux propriétés sanguines.
- Pour.déterminer le groupe d’un individu, il suffit donc d’avoir des sérums A et B; on peut les prélever sur des sujets dont le sérum a déjà été étalonné et, du reste, on les trouve maintenant dans le commerce. Le Comité
- 1. Type européen. — 2. T. intermédiaire — 3. T. liunan. — 4. T. hindomandchou. — 5. T. afro-sud-asiatique. —
- 6. T. pacifico-américain.
- I. — Groupe O; TT. — Groupe A: ITT. — Groupe B.
- Fig. 3. — Réparation des groupes sanguins, d'après Ollenberg.
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- = 252 ......................—........................
- d’IIygiène de la Société des Nations procède actuellement à des échanges de sérums entre les différents Instituts de recherches. Le pouvoir agglutinant de ces sérums est étudié comparativement.
- TRANSFUSION SANGUINE
- D’abord simple curiosité scientifique, l’étude des groupes sanguins â pris une importance pratique considérable, lorsqu’une technique simplifiée ayant fait entrer la transfusion sanguine dans la pratique médicale courante, on s’est aperçu que l’examen préalable du sang du donneur pouvait éviter à l’opéré des accidents parfois très graves.
- Pendant la dernière guerre, la transfusion sanguine a sauvé de nombreux blessés. Elle rend encore d’inappréciables services dans le traitement des hémorragies d’origine traumatique ou consécutives à certains accidents de l’accouchement, dans les anémies graves, etc.
- Depuis quelque temps, on utilise aussi, en thérapeutique, ce que l’on pourrait appeler des « transfusions d’immunité ». Un sujet donneur de sang est vacciné par des inoculations répétées de vaccins microbiens. Lorsqu’on juge ce sujet suffisamment immunisé, on peut transfuser son sang à un sujet infecté par le même microbe que celui qui a servi à l’immunisation du donneur. Par exemple, à des malades atteints de septicémie à streptocoques, on a injecté le sang de donneurs qui avaient été immunisés à l’aide de doses progressives de streptocoques.
- La transfusion nécessite une technique précise, aujourd’hui bien établie. Si, en effet, les groupes sanguins n’étaient pas préalablement déterminés ou s’ils Pétaient mal, on verrait apparaître dès le début de la transfusion des accidents graves, parfois mortels : angoisse, douleur lombaire, purpura, urticaire de la face, hémoglobinurie, ralentissement du pouls.
- Ces accidents sont dus à l’incompatibilité sanguine, le « donneur » et le « receveur » n’appartenant pas, dans ces cas, au même groupe sanguin. Il en résulte, par exemple, que les globules rouges du donneur sont détruits, « lysés », par le sang du receveur et que cette lyse provoque dans l’organisme du receveur un déséquilibre grave.
- On évite actuellement ces accidents en choisissant d’avance des donneurs dont les globules ne sont agglutinés par le-sérum d’aucun groupe (donneurs du groupe 0 dits donneurs universels) ou dont le sang est du même groupe que celui du receveur.
- Dans les hémorragies graves, le salut du malade est toujours au, prix d’une intervention rapide. Il est donc indispensable de pouvoir trouver rapidement des donneurs de sang, donneurs universels pour le cas d’extrême urgence, donneurs d’un groupe déterminé pour les cas plus favorables où on a le temps de déterminer le groupe sanguin du malade, il existe aujourd’hui à Paris, tant pour la pratique hospitalière que pour la pratique de ville, une organisation très bien comprise (celle créée par M. le professeur Gosset, à l’hôpital de la Salpêtrière, est un modèle du genre), qui peut indiquer à toute heure des médecins spécialisés pourvus du matériel nécessaire et surtout des donneurs dont le groupe san-
- guin est connu et dont la santé générale est régulièrement surveillée. Certains donneurs sont des professionnels qui donnent leur sang moyennant rétribution, d’autres sont des volontaires. De telles organisations existent dans la plupart des pays : en Amérique, elles sont très développées; à Vienne, Tandler a déterminé le groupe sanguin d’un certain nombre d’ouvriers. Lorsqu’il se produit dans un chantier un accident grave, le blessé peut être accompagné à l’hôpital par un camarade qui appartient au même groupe sanguin que lui et qui pourra donc lui donner immédiatement son sang.
- Le choix d’un donneur de sang est une chose grave qui nécessite un examen rigoureux. Cet examen clinique s’aidera de toutes les ressources du laboratoire pour dépister certaines maladies, telles que la syphilis, le paludisme, l’hémophilie, etc., que l’inoculation de sang aurait les plus grands risques de transmettre au patient.
- De même, certains ménagements sont dus à ceux qui donnent leur sang; en particulier, les saignées ne doivent être ni trop abondantes ni trop souvent répétées.
- *
- * *
- L’étude des groupes sanguins n’a pas servi seulement à améliorer la technique des transfusions; elle a permis aux anthropologistes d’importantes recherches sur les races humaines; elle commence à pénétrer en médecine et en médecine légale; elle constitue une question si importante de sérologie qu’il est actuellement bien peu d’instituts de bactériologie ou de sérologie où elle ne soit l’objet de recherches.
- ÉTUDES ANTHROPOLOGIQUES
- C’est à L. et H. Hirszfeld que revient le mérite d’avoir découvert les relations qui existent entre la répartition des groupes sanguins et les caractères ethno-anthropo-logiques. Quand ces auteurs, profitant de la réunion au front de Salonique des troupes alliées, des prisonniers de guerre et de la population civile des Balkans, les examinèrent au point de vue des groupes, ils furent frappés par la constance des quatre groupes déci'its par Landsteiner. Ces groupes se retrouvaient chez tous les individus des différentes races ; la proportion seule variait.
- Depuis ces premières recherches de L. et H. Hirzfeld, on a publié de très nombreux travaux sur la question. On peut actuellement se baser sur les résultats de quelques centaines de milliers d’examens pratiqués chez les différents peuples du monde. Pour les résumer, nous dirons que le groupe A prédomine parmi les peuples de l’Europe centrale et septentrionale (40 pour 100), que ce pourcentage diminue pour les peuples de l’est et du sud-est de l’Europe et que l’on constate le contraire pour le groupe B. Ce groupe prend plus d’importance au fur et à mesure que l’on se rapproche de l’est et du sud-est de l’Asie et de l’Afrique. La différence de quantité pour A et B ne dépend, du reste, que de la situation géographique et leur proportion est spécifique pour chaque race.
- Cette différence dans la répartition des groupes a incité les auteurs, à chercher une formule permettant
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- de caractériser une race. L. et H. Hirzfeld en ont élaboré
- une qu’ils ont nommée indice biochimique des races :
- 'A + %B\ . ,
- — indice, c est-a-dire le rapport entre tous
- /A + AB\ V B + AB J
- les A et tous les B.
- La distribution différente des groupes et la fréquence relativejfdés caractères héréditaires permettent d’entrevoir plus exactement l’origine, les mélanges et les superpositions cliniques des populations actuelles.
- ' Se basant sur les faits de répartition des groupes sanguins chez les différents peuples et sur les données de l’hérédité mendélienne, II. et L. Hirzfeld ont émis l’hvpo-
- peuples de l’Europe occidentale et ceux de la péninsule balkanique; indice 3,0 ou 4,0;
- 2° Type intermédiaire. —• Arabes, Turcs, Russes; indice 1,3-1,8;
- 3° Type ajrico-sud-asialique. — Nègres, Malgaches, Malais, Indochinois; indice 0,8-1,4;
- 4° Type hindomandchou. — Chinois du nord, Coréens, Tziganes, Hindous, Mandchous; indice 0,5-1,2;
- 5° Type ininan. — Chine méridionale, Japon, Hongrois, Juifs roumains; indice 1,0-1,7;
- 0° Type pacifico-américain. — Indiens de l’Amérique du Nord, Australiens, Philippins, Islandais; indice 10,0.
- thèse d’une origine séparée des groupes A et B, le premier en Occident, le deuxième en Orient.
- Bernstein, l’illustre mathématicien, admet l’existence de trois races primitives A, B, R, correspondant à trois facteurs héréditaires. La race R (groupe 0 de V. Dun-gern-IJirszfeld) est la plus répandue chez certaines populations de vieille origine et qui se trouvent à l’état presque pur comme, par exemple, les Esquimaux, les Indiens, les Philippins, les Australiens. De ce fait, Bernstein, puis Synder ont conclu que la race R (0) est la race primitive et que les races A et B se sont formées plus tard par mutation. Cette opinion a trouvé de nombreux contradicteurs.
- Ottenherg, se basant sur l’indice biochimique et sur la relation entre les différents groupes, classe tous les peuples du monde en six types anthropologiques (fi g. 3) :
- 1° Type européen. — A ce type appartiennent les
- Bien que ces hypothèses doivent encore être vérifiées, nous pouvons déjà voir quelle grande valeur présente l’étude des groupes sanguins pour élucider un certain nojnbre de questions d’anthropologie et nous pouvons dire avec Hirszfeld que la « sérologie nous a donné un instrument qui, avec d’autres sciences, peut contribuer à la résolution des problèmes les plus profonds de l’origine des races humaines » (fig. 4).
- Afin de pouvoir continuer ces recherches comparatives entre les données sérologiques et les données anthropologiques, nous avons créé un type uniforme de fiches résumant les renseignements concernant les personnes que nous avons l’occasion d’examiner. Le travail en est simplifié et les résultats obtenus facilement comparés.
- HÉRÉDITÉ DES GROUPES SANGUINS
- Cette question est capitale dans l’étude des groupes
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- = 254 ~~ ...‘ iv.v,
- sanguins. Les premiers chercheurs, comme Langer, fïektoen, Ottenberg-Epstein, étudiant l’isohémo-aggluti-nation, ont remarcpié que très souvent l’enfant a le meme groupe que ses parents.
- Dungern cl llirszfeld ont montré les premiers que les deux propriétés A et B qui appartiennent aux globules rouges sont héréditaires.
- L’hérédité des groupes sanguins obéit aux principes de l’hérédité mendélienne. On sait qu’un moine tchèque, Johann Mcndel, abbé de Brünn, hybridant entre elles les diverses variétés de pois qu’il cultivait dans les jardins île son monastère, établit, en 1865, des règles d’hérédité qui ont une portée universelle. Ces règles ne s'appliquent pas seulement aux végétaux, mais aussi au règne animal comme l’ont montré en particulier les travaux de Cuyénot et de Bateson.
- Les propriétés A et B sont dominantes et l’absence de ces propriétés (groupe 0) est récessive, c’est-à-dire que les propriétés A et B n’apparaissent pas chez l’enfant si elles ne sont pas présentes chez l’un ou chez l’autre des deux parents, lit si elles manquent chez les deux parents, elles manquent aussi chez les enfants.
- Ces données — et particulièrement celles qui ont trait à l’étude des races et à l’hérédité des groupes sanguins — ont reçu en médecine légale une application immédiate. C’est le mérite du professeur L. Lattès d’avoir montré, en de remarquables travaux, toute l’importance de cette application.
- a) Recherche de la paternité. — Nombre de tribunaux, particulièrement en Autriche, en Allemagne et en Amérique, ont déjà basé leurs jugements sur les résultats donnés par la recherche des groupes sanguins. En voici deux exemples :
- Dans un cas (tribunal de Vienne), la mère appartenait au groupe A, le père « supposé » (poursuivi en reconnaissance de paternité) au groupe 0, l’enfant au groupe B. Le père véritable de l’enfant devait donc obligatoirement appartenir au groupe B ou AB et on pouvait éliminer avec certitude tous les hommes appartenant aux groupes A et O. Dans le cas particulier, l’accusation ne pouvait donc être retenue; du reste, devant ces faits, la mère lit des aveux qui confirmèrent les résultats fournis par le laboratoire.
- V-o ici, d’autre part, l’histoire très résumée d’un proVès qui a fait grand bruit à Berlin (un verdict judiciaire hase sur les groupes sanguins, ReichgesundheitsblaU, 1626, p. 726). Le sieur M..., divorcé, accuse M. K. Sch... d’être Je père de ses deux enfants, Caroline et Guillaume. La recherche des groupes sanguins de l’accusé Sch... et de Mme M... a montré (pie tous les deux appartiennent au groupe O. Leur sang ne contient, ni agglutinogène A, ni agglutinogène B, Or, l’enfant Guillaume a dans son sang l’agglutinogène A et Caroline l’agglutinogène B. Leur agglutinogène doit venir de leur père, puisque leur mère ne les a pas. Et l’accusé K. Sch... qui n’appartient ru au groupe A, ni au groupe B, ne peut être le père des enfants Caroline et Guillaume M...
- De même, dans les cas d’infanticide, la détermination comparée de groupes sanguins chez l’enfant et chez les parents soupçonnés de ce crime peut éviter parfois des cireurs judiciaires.
- Enfin, la recherche des groupes sanguins a pu être utile dans d’autres cas, comme le prouve le cas suivant observé par N. Kossovitch :
- Dans une Maternité, l’infirmière a pris, pour les laver, deux enfants (garçons) de deux mères qui viennent d’accoucher; mais ayant enlevé par mégarde les marques qui servaient pour l’identification, elle ne sait plus à quelle mère appartient chaque enfant; la recherche des groupes sanguins donna ici des résultats très probants :
- Famille M Famille P
- Mère A Mère B
- Père A Père A
- Les enfants appartenaient :
- I. au groupe A.
- 11. au groupe B.
- Le premier de ces enfants qui répondait au groupe A pouvait appartenir à l’une quelconque des deux lamilles, mais le second, qui répondait au groupe B, ne pouvait appartenir qu’à la famille P. Un peu plus tard, certains caractères familiaux confirmèrent le bien-londé de la conclusion qu’avait permis de tirer l’étude des groupes sanguins.
- b) Recherche et identification des criminels. — Dans l’étude si importante des taches sanguines, les méthodes de laboratoire dont nous disposons actuellement permettent seulement de déterminer si le sang provient de l’homme ou d’un animal. On conçoit combien pourtant il serait intéressant de pousser plus loin la détermination et de préciser si le sang provient de la victime ou du meurtrier.
- L’identité et, par suite, la race de la victime, est habituellement connue. S’il est possible de prouver, par l’étude des groupes sanguins, que le sang trouvé ne peut provenir de la victime, la recherche du meurtrier pourra être de ce fait grandement facilitée.
- Les recherches sur les groupes sanguins des diverses races humaines peuvent être utilisées par le médecin légiste qui pourra parfois, grâce à ce procédé, orienter les recherches de la police vers un individu appartenant à telle ou telle race.
- Bien entendu, les renseignements fournis par cette étude ne seront pas ordinairement suffisants à eux seuls pour éclairer la justice, mais ils pourront soit aider à orienter les recherches vers des individus suspects, des récidivistes, par exemple, dont le groupe sanguin serait connu, soit à indiquer les probabilités de race, soit surtout à innocenter avec certitude des inculpés. Il serait donc important que le groupe sanguin figurât sur la fiche d’identité des criminels ou condamnés de droit commun,
- LES GROUPES SANGUINS DANS CERTAINS ÉTATS PATHOLOGIQUES
- 11 nous a paru intéressant d’étudier les groupes sanguins au cours de divers états pathologiques, non pour savoir s’ils sont modifiés par ces états pathologiques •— question
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- qui semble aujourd’hui résolue par la négative — mais pour rechercher si, chez des individus appartenant à tel ou tel groupe sanguin, une affection est plus ou moins souvent rencontrée ou si elle évolue d’une façon particulière.
- Nous avons examiné, avec N. Kossovitch, des tuberculeux et des cancéreux hospitalisés dans plusieurs services parisiens et atteints de formes très diverses. Des examens que nous avons pratiqués un fait s’est dégagé très net : toutes les formes hémoptoïques de tuberculose (formes où les crachements de sang sont fréquents) appartenaient au même groupe AB. Chez les cancéreux nous avons noté une légère augmentation pour le groupe* B et surtout une absence complète, du groupe AB que nous avions vue, au contraire, en augmentation sensible eliez certains tuberculeux.
- GROUPES SANGUINS DES ANIMAUX
- Nous avons, avec N. Kossovitch, recherché s'il est possible d’établir, chez les chevaux, une classification par groupes, comme chez l’homme. Ayant examiné une centaine de chevaux, nous avons constaté que l’on
- ... ... = 255 =
- peut distinguer, comme chez l’homme, 4 groupes sanguins, avec des exceptions toutefois.
- Au total, pour les 105 chevaux que nous avons examinés : A = 32 pour 100; B = 39 pour 100 (pas d’agglu-tine); O = 13 pour 100 (pas d’agglutinogène) ; ni agglutine, ni agglutinogène = 4 cas.
- Des recherches du même ordre ont été faites chez les singes par Uhlenhuth, Landsteiner, Troisier, Voronoff et G. Alexandresco.
- L’étude des groupes sanguins chez les animaux présente un intérêt théorique et pratique : identification zoologique, rapprochement entre les espèces mais aussi vérification du pedigree (hérédité des groupes sanguins de certains animaux de luxe : chevaux de course, chiens de luxe), etc.
- Biche de promesses et déjà de faits bien établis, la question des groupes sanguins mérite de retenir, pour de nouvelles recherches, l’attention des biologistes. A l’intérêt scientifique que présente cet te question, vient s’ajouter l’espoir d’importantes applications pratiques.
- Dr Dijjarric de La Rivière, Docteur ès sciences,
- Cliei de Laboratoire à l’Institut Pasteur.
- SAVEZ-VOUS REGARDER UNE PHOTO?
- AVANTAGES DES PROJECTIONS ET DES AGRANDISSEMENTS
- Nous avons vu dans l’article que nous avons publié sous le titre : « Savez-vous regarder une photo ? », dans La Nature du 1er juin 1931, que pour avoir une sensation de relief, il fallait regarder une photographie avec un seul œil, placé en un point situé à une distance de l’image égale au tirage de la chambre noire lors de la prise du cliché. Nous avons vu aussi qu’il était, indispensable que ce tirage ait été supérieur à la distance minimum, de vision distincte de Vœil (par tirage, il faut entendre la distance qui sépare le point nodal d’émergence de l’objectif de la plaque photographique).
- 1 æ. spectateur placé devant, un tableau ou une pho-lographie ne voit pas la surface plane sur laquelle est représentée la scène, mais bien au delà de cette surface.
- L’œ’il voyant, le tableau T (fig. 1) voit, non pas les points a, b, c, sur la surface même du tableau, mais les
- points A, B, C, dans la direction des rayons visuels Ou, O b, Oc.
- Mais, comme tous les points situés sur la droite OA ont la même perspective a sur le tableau T, il y a indétermination et l’œil peut voir le point A reconstitué en un point quelconque de la droite Ou. Mais s’il paraît y avoir indétermination au point de vue de la théorie qui nous montre qu’à un même dessin perspectif vu d’un même point correspondent une infinité d’objets reconstitués, il n’en est pas de même dans la pratique. Grâce, en effet, à la distribution des ombres
- .- ou des couleurs, dans le
- cas des tableaux ou des chromophotographies — aux connaissances acquises du spectateur, à l’éducation de son organisme, l’œil ne voit qu’un objet reconstitué.'
- Cependant, cet objet reconstitué (idéal) n’est pas toujours identique à l’objet représenté (effectif), les règles de la perspective aérienne
- Fig. b
- Perspective d’un objet A. B C en a ih e.
- Fig. 2. — Examen d’une photographie dans un cadre à t’aide d’un œilleton.
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- Fig. 3. — Deux perspectives correspondant à des distances principales différentes sont, semblables.
- et de la perspective chromatique pouvant n’avoir pas été observées, d’où la nécessité de deux perspectives pour obtenir à coup sûr une illusion exacte — si on peut s’exprimer ainsi — et, par suite, de l’usage du stéréoscope.
- Cependant on obtient une reconstitution exacte de la scène représentée, avec une seule image photographique, lorsque, la mise au point ayant été faite à l’infini, on examine l’image positive en se servant de l’objectif même qui a fourni le cliché, comme d’une loupe, l’image positive étant placée dans son plan focal.
- Quand la mise au point n’a pas été faite à l’infini, on obtient la sensation d’un relief très voisin de celui de la vue représentée, en regardant l’image positive avec l’objectif même qui a fourni le cliché, utilisé comme loupe, et en plaçant l’épreuve positive dans une position symétrique, par rapport au plan focal, de celle qu’occupait la plaque lors de la pose.
- Divers autres dispositifs peuvent indifféremment être employés pour obtenir l’effet maximum; ils ont tous pour but de supprimer la comparaison des dimensions du tableau avec les divers objets qui l’entourent et, par suite, de faire disparaître la sensation du plan de l’image pour ne laisser que celle de l’objet représenté.
- Le premier dispositif consiste à monter l’image à observer, que ce soit une photographie sur papier ou sur verre dans un cadre analogue à celui représenté figure 2 et à l’examiner avec un seul œil à travers l’œilleton G. Cet œilleton .est invariablement relié au châssis par deux tiges GF, FE, convenablement articulées, qu’on fixe à l’aide de vis de serrage. On éloigne ou rapproche de l’image l’œilleton jusqu’à ce qu’on ait obtenu l’effet maximum.
- On peut aussi placer devant l’œil un tube noirci
- Fig. 4. — Examen d’une photographie à la loupe.
- intérieurement - - ou la main fermée —• afin de supprimer la vision des objets environnants.
- Un dispositif très pratique consiste à placer l’image (positif sur verre), à la place du verre dépoli d’une chambre noire et à l’examiner à travers une ouverture circulaire de 1 à 2 cm de diamètre, percée dans une planchette montée sur l’avant de la chambre et remplaçant la planchette d’objectif.
- Quand on ne connaît pas le tirage de la chambre lors de la pose, on avance ou éloigne l’œil de l’épreuve jusqu’à ce qu’on obtienne l’effet maximum.
- Q.iand l’œil du spectateur s’écarte'du point de vue, la restitution visuelle de l’objet présente diverses déformations qu’il serait trop long de détailler ici. Nous nous contenterons de dire que, quelle que soit la position de l’œil, les verticales sont toujours restituées en verticales; que toute figure située dans un plan parallèle à celui du tableau (dans un plan de front) est restituée dans sa vraie forme : ses rapports de grandeur avec une autre figure située dans le même plan sont conservés. Il en résulte que, quelle que soit la position de l’observateur, les édifices gardent leur aplomb et les images données par la réflexion sur une nappe d’eau no cessent pas de correspondre aux objets; de même, tous les objets dont l’attitude et la direction sont réglées par la verticale, tels que les arbres, les mâts de navire, les hommes et les animaux dans la station debout, sont restitués dans leur véritable direction.
- Lorsque l’œil du spectateur se déplace sans sortir du plan d’horizon, c’est-à-dire du plan horizontal passant par le point de vue, en un mot, ne s’élève ni ne s’abaisse, les déplacements entraînent surtout des erreurs dans l’appréciation des angles.
- Le déplacement hors du plan d’horizon est celui qui entraîne le plus de déformations dans l’appréciation des objets représentés : il détruit l’illusion de l’horizontalité, des rapports et des angles.
- Enfin les déformations de restitution produites par le déplacement de l’œil hors du point de vue sont d’autant plus faibles que la distance principale (distance du point de vue au plan du tableau) est plus grande.
- L’image à regarder devant être placée à une distance de l’œil au moins égale à la distance minimum de vision distincte, il en résulte qu’une photographie obtenue avec un tirage de la chambre inférieur à la distance minimum de vision distincte (variant de 25 à 30 cm selon les vues) de celui qui la contemple, ne peut être vue par lui du point de vue exact; les déformations qui en résultent font que de telles photographies ne donnent pas une idée exacte des objets représentés. C’est ce qui explique pourquoi pendant longtemps les appareils de format au moins égal au 13 X 18 furent les plus usités, les appareils de format inférieur à 9 X 12 étant rarement employés.
- Mais on peut obvier à cet inconvénient en amplifiant l’image. La figure 3 montre, en effet, que deux perspectives correspondant à des distances principales OP, OP' différentes sont semblables et que les dimensions homologues a P, d P', des divers segments linéaires sont dans le même rapport que les deux distances principales
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- OP, OP'. Autrement dit, agrandir une photographie dans un certain rapport, revient à lui en substituer une qui serait prise avec une distance principale plus grande.
- Cette amplification peut se faire soit temporairement, au moyen de la loupe ou d’un miroir sphérique concave (*), ou d’une lanterne à projection, soit définitivement par un agrandissement.
- Soit LL, une loupe, O la position de l’œil; on peut toujours placer le tableau ap de manière que l’image amplifiée AP ait son point de vue confondu avec l’œil de l’observateur (fig. 4).
- Dans le cas des projections, le coefficient d’amplification est généralement fixé par les dimensions relatives de l’écran et du cliché à projeter.
- Supposons que ce rapport soit 20 et que la distance de l’écran au centre de la salle soit 3 m. Il faudra, pour que l’effet soit aussi vrai que possible et que tous les spectateurs éprouvent une sensation peu différente, que le point de vue du tableau projeté soit en O tel que OP = 3 m, ce qui demande que la distance principale des positifs projetés soit 1/20 de 3 m, soit 0 m 15. Seuls les, ou plus exactement, le spectateur placé en O jouit de tout l’effet; ceux qui sont en avant de O voient les objets agrandis; pour eux la vue perd de sa profondeur; pour ceux qui sont à côté, la perspective est faussée. Cependant ces déformations sont d’autant moins sensibles que la distance OP est plus grande.
- 1. C’est ce qui explique les miroirs sphériques concaves munis d’un support approprié que l’on vend, chaque année, dans les baraques du jour de l’an, pour l’examen des cartes postales photographiques.
- —.........................1." = 257 =
- Ce que nous venons de dire des projections s’applique aussi bien aux agrandissements. C’est pourquoi, maintenant que, grâce aux agrandisseurs, le tirage d’une épreuve agrandie est aussi facile et aussi rapide que celui d’une petite épreuve, les appareils photographiques de petit format sont légion alors qu’on ne voit plus guère d’amateur photographe colporter un
- appareil de grand format.
- L’examen des projections ou des agrandissements présente sur celui des épreuves directes un grand avantage.
- Si, et c’est ce que l’on fait en pratique, on regarde une telle photographie avec les deux yeux, l’absence de la deuxième représentation, relative au second œil, se fait d’autant moins sentir qu’on est plus éloigné du tableau.
- C’est ce qui explique la p r é f é r ence généralement donnée aux agrandissements par les artistes composant les jurys d’admission des salons d’art photographique.
- Dr G.-11. Ninwi:nci.owskï.
- Fig. 5. — Examen d’une pholo nrojelée en agrandissement sur un écran.
- LA VIVISECTION
- Si l’on s’en rapporte aux inscriptions des pierres tombales et à l’étude des taxes de pension, chez les Romains, on apprend, non sans quelque surprise, que la durée moyenne de la vie, sous les Césars, ne dépassait pas dix-huit ans ! Certains auteurs latins confirment d’ailleurs cette estimation.
- Il y a deux cents ans environ, les conditions de l’existence s’étant améliorées, l’âge moyen de la mort atteignait vingt-huit à vingt-neuf ans. A l’heure actuelle, dans la plupart des pays de l’Europe, la durée moyenne de la vie dépasse cinquante ans, c’est-à-dire qu’elle a presque triplé depuis les temps anciens, et, qu’en moins de deux cents ans, elle est devenue approximativement deux fois plus longue, malgré l’activité trépidante moderne et les causes d’usure et d’accidents que cette activité a nécessairement entraînées.
- Pendant des millénaires, l’homme a ainsi vu succomber la plupart de ses semblables à la fleur de l’âge, décimés par des fléaux autrement redoutables que les guerres : la peste, le choléra, la variole, le typhus exanthématique, la fièvre jaune, la fièvre typhoïde, etc., et voici qu’en moins d’un siècle toutes ces maladies catastrophiques ont été vaincues !
- [ Comment ces merveilleuses conquêtes de l’intelligence
- humaine, les plus considérables de toutes, ont-elles pu être réalisées ? Il n’est pas douteux qu’elles sont la conséquence des expériences sur les animaux, poursuivies dans les laboratoires par des savants à la tête desquels nous devons placer Pasteur.
- Ce génial biologiste n’a-t-il pas écrit à ce sujet : « Si les conquêtes utiles à l’humanité touchent votre cœur, si vous restez confondus devant les effets surprenants de la télégraphie électrique, du daguerréotype, de l’anesthésie et de tant de découvertes admirables, si vous êtes jaloux de la part que votre pays peut revendiquer dans l’épanouissement de ces merveilles, prenez intérêt, je vous en conjure, à ces demeures sacrées que l’on désigne sous le nom expressif de laboratoires. Demandez qu’on les multiplie et qu’on les orne. Ce sont les temples de l’avenir, de la richesse et du bien-être. C’est là que l’humanité grandit, se fortifie et devient meilleure. Elle y apprend à lire dans les œuvres de la nature, œuvre de progrès et d’harmonie universelle, tandis que ses œuvres, à elle, sont trop souvent celles de la barbarie, du fanatisme et de la destruction. »
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- Au cours des innombrables conflits armés qui ont caus^
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- la perte de tant de vies humaines, depuis les temps les plus reculés jusqu’au début de ce siècle, les maladies épidémiques et contagieuses ont toujours fait beaucoup plus de victimes que les balles et la mitraille. Or, dans la grande guerre, pour la première fois, des belligérants ont échappé aux effroyables hécatombes occasionnées par les microbes autrefois plus meurtriers que le canon. 11 eût fallu ajouter plusieurs millions d’individus à la liste déjà effroyablement longue de eeux qui ont succombé pendant la tourmente, si la vaccination antityphoïdique, le sérum antitétanique, les méthodes modernes d’antisepsie et de prophylaxie, n’avaient pas protégé, non seulement les combattants, mais aussi les populations civiles qui auraient été contaminées lors du retour à l’arrière des sujets infectés. Or, c’est à l’expérimentation sur les animaux que nous devons ces inestimables bienfaits de préservation.
- Pendant toute la durée des hostilités, de 1914 à 1918, ayant eu la mission d’assister les malheureux blessés de la 14e région, atteints du tétanos, nous avons vu arriver dans le service de l’Hôtel-Dieu de Lyon, où ils étaient diri gés, un plus grand nombre de tétaniques, pendant les mois de septembre et d’octobre 1914, que pendant toute l’année suivante. C’est parce qu’au début de la campagne les injections de sérum antitétanique n’étaient pas systématiquement pratiquées chez tous les blessés que la maladie était alors fatale dans près de 70 pour 100 des cas. Par la suite, quand le traitement préventif s’est organisé, le tétanos a presque disparu et ceux qui en ont été atteints malgré les injections sériques, ont, pour la plupart, résisté à l’inlection, car la mortalité est tombée, dans le service dont nous étions chargé, de 70 à 30 pour 100 environ.
- C’est par centaines de mille, pendant la grande guerre, que les blessés auraient succombé aux affreux spasmes du tétanos, sans le précieux sérum antitoxique dont la découverte n’a été possible que grâce à l’expérimentation sur l’animal. C’est le laboratoire qui nous a permis d’éviter une autre calamité des guerres antérieures : la redoutable gangrène gazeuse, et c’est encore à lui que nous devons la possibilité de lutter victorieusement contre la diphtérie et que la mortalité infantile a pu être diminuée dans des proportions considérables.
- C’est toujours grâce aux études in anima vili que les ravages de la syphilis sont maintenant limités et que les malades de toute espèce ont à leur disposition de nombreux- médicaments capables de soulager leurs souffrances et de les guérir.
- Quelle œuvre grandiose que celle poursuivie par ces savants, la plupart du temps méconnus ou obscurs, qui ont consacré patiemment toute leur existence aux recherches biologiques, souvent dans des conditions matérielles précaires, car la science ne nourrit pas son homme,- et toujours sans espoirs de profits pécuniaires personnels, avec le seul désir de découvrir quelques-uns de ces secrets bién cachés de la nature et de se rendre utiles à l’humanité !
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- Mais voici que, depuis quelque temps, une campagne semble s’organiser, surtout dans la presse d’information,
- contre les malheureux expérimentateurs dont les travaux ont peut-être sauvé la vie des sectaires qui les combattent, et celle de leurs parents. Line littérature véhémente, insultante même, fulmine contre la vivisection, et les auteurs inconscients de ces écrits réclament une loi qui interdirait ou restreindrait les possibilités d’expérimentation sur les animaux.
- Certes, cette sensiblerie des çunis des bêtes part d’un bon sentiment; elle est excusable, parce que ceux qui s’y laissent entraîner ignorent ou ont oublié les faits et agissent sans réflexion.
- D’ailleurs nous serons, sur certains points, entièrement d’accord avec eux, lorsqu’il s’agira de condamner les sacrifices inutiles et de blâmer les opérateurs qui ne prennent pas toutes les précautions en vue d’éviter la douleur chez les animaux en expérience, mais nous nous élevons avec énergie contre cette prétention néfaste de mettre des entraves à la recherche, par des lois ou des règlements restrictifs qui ne peuvent que paralyser l’évolution scientifique ainsi que le progrès de nos connaissances biologiques ou médicales et retarder ou empêcher la découverte des remèdes qui sont à opposer aux grandes calamités frappant encore l’espèce humaine.
- Quels sont les arguments des ennemis de la vivisection et à quels procédés ont-ils recours pour ameuter un public ignorant contre les expérimentateurs ?
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- Toul d’abord on emploie le mo l « vi visée lion », expression péjorative qui semble indiquer que l’utilisation de l’animal, dans l’investigation biologique, consiste à pratiquer des incisions, des sections, des mutilations, en martyrisant les sujets en expérience.
- Rien n’est plus faux. Si la véritable vivisection est quelquefois mise en œuvre, par un très petit nombre de physiologistes, ceux-ci s’ingénient à insensibiliser les sujets et il serait profondément injuste de prendre prétexte de quelques exceptions regrettables, comme on le fait trop fréquemment, pour frapper d’interdit des méthodes d’autre part souverainement indispensables. On sacrifie bien en réalité, dans les laboratoires, surtout des rats et des cobayes, en assez grande quantité, mais dans l’immense majorité des cas, sans les faire souffrir, et ces sacrifices sont la rançon inévitable du progrès.
- D’un autre point de vue, quand on s’adresse à l’animal, il faut se garder des raisonnements anthropomorphiques.' A traumatisme égal, il est certain que les animaux éprouvent des sensations douloureuses fort atténuées par rapport à celles que l’homme peut ressentir. Nous en avons eu d’innombrables exemples dans notre carrière et l’insensibilité de certaines espèces nous a parfois singulièrement étonné.
- Les hasards de la guerre nous avaient mis en possession d’un couple de lionceaux que nous avons élevés et, conservés auprès de nous jusqu’à l’âge adulte, pendant près de deux ans. Tout d’abord nous avons été surpris des sentiments affectifs de ces fauves à l’état de domesticité. Dès que ces lions nous apercevaient, ils se précipitaient sur nous et nous accablaient de caresses; nous étions obligé d’avoir la tête couverte pour les empêcher
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- de nous lécher le crâne ? Les ligures 1 et 2 donnent une idée de la douceur de ces animaux dits féroces.
- Or, nous avons vu ces lionceaux, jouant dans les pièces qui leur étaient alîeetées, se heurter avec une violence inouïe contre des objets durs, comme le marbre d’une cheminée, sans jamais manifeste]1 le moindre signe de douleur et sans que ces chocs troublassent le moins du monde leurs évolutions. Leur insensibilité cutanée paraît remarquable et nous l’avons contrôlée dans les circonstances suivantes : notre lionne s’étant un jour emparée d’un vieux tapis qu’elle semblait décidée à mettre en pièces, nous avons voulu lui faire lâcher prise. N’y parvenant pas, nous avons tenté d’avoir raison de son entêtement en la frappant avec un objet qui nous est à ce moment tombé sous la main, en l’espèce un bidon d’essence vide. Le jeu était peut-être dangereux, l’animal ayant presque atteint sa taille normale, mais l’attrait de la lutte nous a fait un moment négliger la prudence
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- sur l’animal ne sont pas applicables à'Tespëce humaine et que des expériences ne servent par conséquent à rien. Or, si ce principe est partiellement exact, la similitude des réactions est cependant suffisante pour qu’on puisse en tirer des déductions utiles, les faits démontrent d’une façon formelle qu’il en est bien ainsi et que le raisonnement opposé à l’expérimentation est essentiellement abusif et faux. L’inoculation au cobaye comme moyen de diagnostic de la tuberculose urinaire ou autre, en est un exemple frappant.
- Comme nous l’avons fait remarquer au début de cette note, c’est précisément grâce au laboratoire que la plupart des grandes infections épidémiques, qui ont ravagé le monde dans le passé, ont été vaincues, que.la durée de la vie a doublé et que des humains ont été sauvés de la mort par dizaines et peut-être par centaines de millions! Il y a donc des preuves flagrantes de la fausseté d’une argumentation qui s’appuie, sur une théorie
- Fig. I el 2. — Un exemple du caraclère affectif des lions élevés comme des animaux domestiques.
- et nous avons porté à notre partenaire des coups d’abord assez discrets, pour tâter ses réactions, puis nous avons peu à peu augmenté la violence de ces coups jusqu’à la limite de nos forces, sans que l’animal s’en soit préoccupé. 11 a continué sa besogne sans réagir et sans paraître s’apercevoir de ces chocs dont le moindre aurait fait hurler le plus stoïque et le plus insensible des humains. Nous avons remarqué que les animaux crient et se défendent souvent plutôt par peur, par crainte, que par douleur et avant même qu’on se soit livré sur eux à aucune manœuvre. Il ne faut donc pas comparer les sensations des animaux à celles de l’homme, d’autant qu’ils n’ont pas la terrible crainte de la mort.
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- Il est un argument dont les antiviviseetionnistes font grand cas bien à tort : c’est celui qu’ils invoquent lorsqu’ils prétendent que, l’organisation des animaux étant différente de celle de l’homme, les résultats des essais
- approximative en négligeant les réalités et les faits.
- L’un de ces défenseurs sectaires des animaux, auteur anonyme d’ailleurs, n’a-t-il pas eu l’audace d’écrire récemment dans une feuille d’information : « Les vivisecteurs, après d’ignobles massacres d’animaux, ne sont pas encore arrivés à définir ce qu’est la vie; ils ne le sauront jamais, car ce n’est pas en violentant la nature qu’on lui arrache ses secrets. Elle se venge en les gardant et de cette œuvre stérile de torture et de sang, il ne reste chaque jour qu’un peu plus de honte pour la science. »
- Quel aveuglement, quelle injustice, quelle ignorance et quelle méconnaissance des admirables conquêtes de la science expérimentale !
- Les diatribes des antiviviseetionnistes seraient risibles si elles ne tendaient à être malfaisantes. Elles sont aussi fort déplacées pour les raisons que nous nous proposons de donner.
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- Fig. 3 cl i. — Fpilhélioma v&gélanl. Beux formes de la maladie vedoulable que les recherches de laboratoires parviendronl sans doule à vaincre, comme elles ont déjà vaincu nombre d’aulrcs a/fcelions. —• A gauche, ulcus rodons ; à droite, êpitliôlioma venrôlant.
- JI y a, eu France seulement, plus d’un million tic; chasseurs (le nombre des permis de chasse dépasse ces chiir res formidables) ; ces chasseurs massacrent le gibier, moins pour satisfaire leurs appétits gastronomiques que pour obéir à un instinct atavique de destruction qui n’est pas particulier à l’homme, mais que l’on rencontre chez tous les animaux dont la cruauté envers les autres espèces est parfois atroce.
- Si les pauvres bestioles traquées par les chasseurs étaient toujours tuées sur le coup, elles ne souffriraient point; mais innombrables sont celles qui sont plus ou moins grièvement blessées, désailées, avec une patte cassée ou des lésions viscérales qui les condamnent à une misérable existence et à une mort prématurée. Je n’oublierai jamais l’impression douloureuse que me causa naguère le regard doux, suppliant, et la plainte lamentable d’un malheureux chevreuil blessé par un chasseur.
- A côté des chasseurs, il convient de placer les pêcheurs qui font mourir à petit feu les poissons entassés dans leurs paniers quand ils ne leur laissent pas dans le corps l’hameçon meurtrier !
- Et puis, il y a ces éleveurs qui enferment les animaux, et principalement les volailles, dans des cages étroites où ils ne leur est plus permis de faire des mouvements et où le gavage provoque des infiltrations graisseuses et de véritables maladies hypertrophiques du foie; après avoir subi de tels supplices, ces animaux sont finalement égorgés pour la simple satisfaction de la gourmandise humaine.
- Il y a encore tous les éleveurs qui ne soignent et en-
- graissent les bêles que pour les tuer, ou les faire tuer, en vue simplement et uniquement de repaître l’homme.
- Nous ne dirons rien des odieuses courses de taureaux, des combats de coqs, des tirs au pigeon, etc. Ce sont là d’infimes exceptions sans grande importance.
- Les sacrifices annuels de quelques milliers de rats et de cobayes, de quelques centaines de lapins et de quelques chiens, obligatoirement consentis, dans un petit nombre de centres de recherches en France, sont d’ailleurs insignifiants par rapport à l’œuvre de carnage formidable poursuivie par les ouvriers de la mort, à la chasse, à la pêche, dans les élevages, les abattoirs, voire dans certains spectacles. Ici, c’est par millions qu’il faut compter les animaux immolés ou mutilés pendant le même temps !
- Nos inconscients ennemis des physiologistes demeurent impassibles devant tous ces massacreurs sans idéal, qui ne tuent que pour leur plaisir, pour satisfaire leurs appétits matériels et leurs grossiers instincts. Qu’ils les comparent donc à ces expérimentateurs travaillant uniquement pour un noble idéal, avec l’espoir de rendre service à leurs semblables.
- Qu’ils se souviennent des merveilleux résultats obtenus par ces derniers dans l’accomplissement de leur tâche ingrate qui mériterait l’admiration de tous.
- Mais, si les bienfaits du laboratoire ont été jusqu’ici inestimables, il reste encore au pathologiste de passionnantes études à poursuivre, dans ces demeures sacrées, comme l’écrivait Pasteur.
- Indépendamment du secret de la vie, qu’une curiosité
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- LA SONDE PHONIQUE
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- POUR LA MESURE DES INTENSITÉS DES SONS
- LA MESURE DE L’INTENSITÉ DTS SONS ET SON IMPORTANCE
- Dans un article publié clans le numéro 2874 de La Nature du 1er février 1932, M. Troller a montré toute l'importance que présente à l’heure actuelle la mesure de l'intensité des sons.
- A notre épocpie où les applications de l’électro-acous-tique prennent chaque jour un développement plus grand, deux problèmes d’ordre essentiel se présentent constamment à l’ingénieur électricien ou radio-électricien, ou encore à l’architecte. Le premier concerne l’étude des propriétés des matériaux de construction au point de vue de l’isolement contre les bruits; c’est là, en quelque sorte, la déterminai ion des caractéristiques acoustiques des matériaux.
- Le deuxième problème se rapporte à l’étude des appareils producteurs ou reproducteurs de sons, ou à la perception des sons émis à l’intérieur ou à l’extérieur de bâtiments. C’est donc, en quelque sorte, l'écoute scientifique et rationnelle des sons.
- Pour que les mesures effectuées dans les deux cas aient un sens précis, il est nécessaire qu’elles portent sur des sons purs de fréquence bien connue, et non sur des sons complexes, et qu’on possède une unité bien définie permettant d’évaluer les résultats obtenus, et de comparer les mesures effectuées en différents points, dans différentes conditions et par différents observateurs.
- Nous ne reviendrons pas sur les imprécisions qui entachent encore l’unité d’intensité sonore, généralement employée sous le nom de décibel; elles n’affectent pas les valeurs relatives données par l'expérience, si celle-ci a été effectuée par un même observateur. Mais, comme il a été signalé dans l’article ci-dessus, le mot intensité lui-même n’a pas un sens précis, quand on l’applique à des sons complexes. Les comparaisons précises ne peuvent porter que sur des sons de même fréquence et purs autant que possible.
- Ce problème de la mesure de l’intensité des bruits a
- Fia. 2. — Schéma du moulage de la sonde phonique de M. Cellerier.
- Amplificateur fréquence musicale
- '0 _
- - O
- Redresseur
- {m
- Microphone
- Appareil de mesures sensible
- Fig. 1. — Principe général d’une sonde phonique.
- été étudié depuis longtemps aux Etats-Unis et en Angleterre, mais les bruits sont des sons très complexes et les chiffres globaux que l’on voit souvent publiés d’après les travaux américains n’ont, parfois, qu’une signification assez vague, en tout cas conventionnelle, faute d’une analyse des divers sons composants et d’une mesure de l’intensité de chacun d’eux..
- Un physicien français, M. Cellerier, directeur du Laboratoire d’essais du Conservatoire national des Arts et Métiers, s’est attaché à établir une méthode et des appareils permettant d’obtenir dans la plupart des cas des résultats plus scientifiques. Il a créé à cet effet un dispositif auquel il a donné le nom significatif de sonde phonique et qui a rendu déjà de grands services dans des applications très diverses.
- LA SONDE PHONIQUE
- L’appareil se compose essentiellement d’un microphone qui perçoit et traduit en courants électriques les sons à étudier. Les courants à fréquence musicale ainsi produits sont amplifiés par un appareil à lampes de T. S. F., et sont redressés ensuite de manière à pouvoir actionner directement un appareil de mesure (fig. 1).
- Le système, après une série de perfectionnements successifs, comporte actuellement un microphone récepteur bicône du type électromagnétique, analogue, en quelque sorte, à un haut-parleur électromagnétique de T. S. F. A la suite de ce microphone est placée une lampe amplificatrice à vide dite de champ, elle a pour but de supprimer l’inconvénient des variations que subit l’impédance du microphone suivant la fréquence des sons considérés.
- Les courants musicaux sont alors transmis à l’aide d’un transformateur à une boîte d’affaiblissement, simple potentiomètre réglable, permettant de faire varier à volonté le courant provenant de la lampe de champ, et qui peut être étalonné au préalable par plots successifs en bels et en décibels de 0 à 100 décibels, en faisant agir sur
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- le microphone des sons d’intensité connue (üg. 2).
- Les courants musicaux provenant de l’alfaiblisseur traversent une série de filtres de sélection, laissant passage à des intervalles de fréquences aussi réduits que possible. Les liltres, composés de condensateurs et d’inductances réglables, peuvent s’insérer dans le circuit, soit en série, soit en parallèle.
- Un amplificateur reçoit enfin les courants issus des filtres : ces courants sont redressés à l’aide d’un redresseur à oxyde de cuivre et actionnent un milliam-pèremètre sensible. L’aiguille de ce milliampèremètre enregistre l’intensité du courant de plaque dans la dernière lampe sur un secteur gradué, et on agit sur l’afîai-blisseur de façon à obtenir aux bornes de sortie une différence de tension constante, et égale à celle qui correspond au zéro du cadran du milliampèremètre.
- Ce dispositif à la fois simple et précis a pu être disposé sous forme portative en quatre boîtes de faible poids : la première renferme le microphone bicône, la deuxième, l’ensemble affaiblisseur, la lampe de liaison, l’amplificateur, le redresseur et l’appareil de mesure, la troisième la collection des filtres de sélection, et, enfin, la quatrième la boîte d’accumulateurs d’alimentation (üg. 3).
- L’appareil de mesure gradué en bels et en décibels est préalablement contrôlé en ordre de marche par rapport aux étalons du laboratoire d’essais.
- UN APPAREIL AUXILIAIRE INDISPENSABLE DANS CERTAINS CAS :
- L’ÉMETTEUR DE SONS PURS
- sauce, un filtre de sélection et un diffuseur éleetrodyna-mique (üg. 4).
- L’oscillateur comprend un diapason dont les branches sont placées entre deux électro-aimants, et une lampe à vide triode dont la grille est reliée à la bobine de l’un des électro-aimants et la plaque à l’autre bobine. Ce diapason est choisi de manière à produire des sons d’une grande pureté. A la suite de l’amplificateur on dispose un filtre de sélection composé de condensateurs et d’inductances réglables et monté soit en série, soit en parallèle; il est destiné à sélectionner le son fondamental du diapason et à étouffer les autres.
- Le diffuseur est du type électrodynamique, choisi de manière à réaliser une reproduction fidèle entre les limites de fréquence considérées, et il est placé dans une position bien déterminée suivant l’étude cpie l’on veut faire. Le réglage de l’intensité des sons émis est réalisé en agissant soit sur l’amplificateur, soit sur l’excitation du haut-parleur.
- Avant toute expérience, il est indispensable de bien s’assurer que les sons émis par le dispositif sont purs. A cet effet on relie le circuit émetteur à un oscillographe de Blondel de haute précision, ou à un oscillographe à l'ayons cathodiques, et on vérifie que la courbe représentative est bien une sinusoïde.
- ÉTUDE DE L’ISOLEMENT PHONIQUE DES MATÉRIAUX
- Le développement des appareils d’électro-acoustique soit professionnels, soit même domestiques, impose
- Lorsqu’il s’agit de mesurer non pas avec une approximation plus ou moins grande l’intensité des bruits, mais les qualités acoustiques des matériaux ou les caractéristiques d’une salle, il est nécessaire d’avoir à sa disposition un appareil émetteur de sons purs d’une fréquence bien déterminée. M. Cellerier a également établi à cet effet un appareil très intéressant.
- Il comporte un oscillateur, un amplificateur de puis-
- Fig. 3. — M. Cellerier, présentant à a presse el au Touring Club sa sonde phonique réalisée sous une forme portative en 4 éléments (Ph. Wide World).
- maintenant aux architectes ou aux constructeurs d’appareils divers, et même aussi quelquefois aux usagers, la nécessité de rechercher des renseignements précis sur les qualités acoustiques des constructions.
- Avant tout, il est presque toujours indispensable de connaître les caractéristiques cVisolement phonique d’un matériau pour un son de fréquence et d’amplitude déterminées. M. Cellerier a donné à cette caractéristique le nom de facteur' de transmission phonique. Ce facteur est le rapport entre l’intensité sonore transmise au travers du matériau par une source déterminée et celle qui serait transmise directement. 11 varie avec la nature, l’épaisseur du matériau, et aussi avec la hauteur du son émis.
- Comment peut-on étudier ce facteur de transmission ? On utilise à cet effet l’appareil émetteur de sons et la sonde phonique que nous avons décrits. Il faut en outre établir une cabine comprenant plusieurs chambres isolantes concentriques dont les cloisons sont constituées par des matériaux particulièrement isolants du son et formant en quelque sorte une série d’anneaux de garde. L’une des faces de la chambre intérieure comporte une fenêtre circulaire de 15 cm de diamètre sur laquelle on peut fixer un panneau carré de 50 cm de côté" du ma-
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- tériau à essayer, el d’une épaisseur déterminée.
- On prend évidemment toutes les précautions nécessaires pour que l’introduction de sons parasites ne soit pas possible dans la chambre d’étude (lig. 5).
- M. Cellerier a trouvé ainsi que plusieurs matériaux employés sous forme de plaques homogènes tels que certains agglomérés ne donnent pas d’aussi bons résultats qu’on pourrait le croire à priori. Les corps peu poreux sont de meilleurs isolants que les corps poreux de même matière à cavités communicantes.
- A épaisseur égale, il paraît Utile d’avoir de Fig. 4. — Disposition schématique de l’émetteur de sons purs.
- la variété dans la construction des cloisons en
- Haute tension
- Diapaso i
- pX Oscillateur à J iJ fréquence musicale
- Amplificateur à fréquence musicale
- Filtre MiUiampèremètre
- Haut -parleur électrodynamique
- Excitation
- variable
- utilisant par exemple des plaques de matériaux difîérents-
- Les matériaux isolants les meilleurs perdent une par. tie de leurs qualités s’ils renferment la moindre partie métallique et ce sont surtout certaines pailles ou produits analogues hachés et pilés qui ont paru donner les meilleurs résultats.
- M. Cellerier a pu déterminer que les matériaux permettant d’ohtenir des valeurs de facteurs de transmission phonique inférieures à 20 X 10_<' étaient susceptibles de fournir de bons produits isolants phoniques. A titre d’exemples, et pour fixer les idées, voici quelques résultats numériques déterminés par M. Cellerier :
- Matériaux Epaisseur d’essai totale cm. Fréquence (Nombre de périodes par seconde) Facteur de transmission phonique
- Plaire 0,9 128 2,4
- 435 0,25
- 7G8 0,51
- Uriques creuses de G cm. 8 128 9,6
- 435 4,5
- 768 0,6
- Chêne 2 2 *-J5 “J 128 4,2
- 435 4,9
- 768 4
- Caoutchouc dur 1,0 128 3,1 f
- 435 3,6 ;
- 768 2,9
- Liège aggloméré pur 7,6 128 6,8
- 435 12,2
- 768 11,0
- Paille brute compri- 128 18 .
- mée et tenue par 435 6
- des fils de fer fortement serrés 5,4 768 2,6
- Fibres végétales im- 5,8 128 5,2
- prégnées de ci- 435 1,6.
- ment magnésien. 768 1,0
- Poursuivant sa lutte contre les bruits, le Touring Club de F rance a demandé, d’ailleurs, à M' Cellerier de procéder à une étude acoustique des nouveaux matériaux insonores. Cette étude importante sera publiée prochainement sous les auspices du Touring Club.
- ÉTUDE DES QUALITÉS ACOUSTIQUES D’UNE SALLE
- Les problèmes d’acoustique des salles s’imposent de plus en plus à l’attention des architectes, etj en dehors des règles théoriques a priori qui peuvent être indiquées pour améliorer ou établir une salle de spectacle ou de projection sonore, l’emploi de la sonde phonique, généralement associée avec l’émetteur de sons purs décrit plus haut, permet une étude rationnelle des propriétés de la salle, tant au point de vue du phénomène de la réverbération, que de la réflexion des sons normale, de l’intensité des sons en différents endroits, des échos, et enfin de l’isolement phonique des bruits provenant d’un immeuble voisin, d’une pièce mitoyenne, de la rue, etc...
- On produit des sons purs de différentes fréquences et de différentes intensités en choisissant le ou les points d’émission suivant les buts recherchés, et on procède, en quelque sorte, à Vexploration phonique des différentes régions de la salle à l’aide de la sonde phonique.
- Pratiquement, on est quelquefois obligé, pour se rapprocher des conditions réelles.d’expérience, de se contenter d’émettre un bruit aussi régulier que possible et non un son pur.
- L’ÉTUDE DES APPAREILS DE MUSIQUE
- La sonde phonique permet d’étudier avec une approximation plus ou moins grande l’intensité sonore des orchestres, des appareils de musique électriques et même de la voix humaine.
- Pour chaque instrument de musique, on peut déterminer les différentes intensités sonores suivant le musicien considéré et la hauteur du son. On peut même comparer la puissance vocale de différents chanteurs. M. Cellerier a pu ainsi déterminer la puissance d’émission vocale de deux artistes qui chantaient le célèbre duo de la scène du second acte de Tristan et Iseult, Alors que la voix de la chanteuse qui interprétait Iseult avait une intensité qui atteignait aisément 50 décibels à la' distance de l’expérience, celle de la voix du pauvre Tristan ne dépassait pas 45 décibels !
- Cette anomalie était due à ce que le chanteur réputé, partenaire habituel de la cantatrice, avait dû être renn placé au dernier moment par un autre artiste de moins grande-valeur, et la sonde phonique avait joué ainsi le rôle de critique musical.
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- Fig. 5. — Commenl on éluclie les qualités d’isolement phonique d’un matériau.
- Le système permet de mesurer l’intensité des sons émis par un appareil phonographique mécanique ou électrique, par un appareil radiophonique et de constater les résultats obtenus pour différentes fréquences, c’est-à-dire d’établir ce que nous avons déjà appelé dans d’autres articles, une courbe de réponse.
- L’audition directe à 4 m d’un phonographe, par exemple, peut donner des chiffres atteignant et même dépassant 50 décibels, et on s’explique alors comment une audition phonographique peut troubler le repos de voisins tranquilles.
- Voici d’autre part des chiffres qui montrent pour un phonographe les variations d’intensité suivant la fréquence, mesures faites à l’aide de disques sur lesquels sont enregistrés des sons purs de différentes fréquences.
- réquence : : 1035 Décibels : 40
- « 1150 » 43
- » 1258 » 36
- » 1362 » 34
- » 1453 » 49
- » 1579 » 42
- « 1670 » 33
- » 1788 « 28
- On remarquera, d’après ce tableau, que 1 intensité sonore diminue quand la fréquence augmente, c’est-à-dire quand le son devient plus aigu.
- L’ÉTUDE DES BRUITS
- Le bruit, rançon de la vie moderne, si trépidante et si agitée, a envahi les rues des villes, il pénètre dans les demeures, menace la tranquillité du foyer et par sa continuité finit par créer, chez qui le subit, une véritable fatigue nerveuse, souvent inconsciente, toujours réelle.
- Aussi a-t-on entrepris un peu partout la lutte contre les bruits, soit en s’attaquant directement à la source des bruits excessifs, soit en perfectionnant les moyens d’isolement phonique.
- On se rappelle, par exemple, la fameuse « brigade du bruit » dont nos chansonniers se sont tant divertis, et qui avait été organisée à Paris par le préfet de police pour faire taire la nuit les bruits inutiles. Pour qu’une action administrative soit efficace, il faut qu’elle échappe, en France tout au moins, à tout reproche d’arbitraire. Les prescriptions officielles doivent fixer des chiffres à ne pas dépasser et au delà desquels il y a délit. Il faut pouvoir aussi constater l’efficacité des dispositifs de protection. A cet égard, la sonde phonique de M. Celle-rier peut rendre les plus grands services, bien que
- dans ce cas il ne s’agit, bien entendu, que de mesures approximatives, puisque les bruits envisagés sont de fréquences très diverses.
- A titre d’exemple, M. Cellerier a trouvé au cours d’expériences exécutées le 2 décembre 1931 au Cercle Militaire de Paris, que vers midi, heure d’une circulation particulièrement intense sur la place Saint-Augustin, l’intensité sonore atteignait 55 décibels à l’une des fenêtres ouvertes sur cette place (lig. 6). Ce chiffre était ramené à l’intérieur d’un salon dont les fenêtres étaient fermées à 35 décibels correspondant ainsi à une intensité sonore ICO fois rnoinclre. Cette valeur est pourtant encore très élevée si l’on veut effectuer un travail absorbant dans un repos absolu.
- Nous avons noté précédemment que le bruit produit par un phonographe de type moyen à 4 m de distance est d’environ 40 décibels; il peut ainsi être entendu chez un voisin à travers la cloison ou à travers les fenêtres plus ou moins fermées et imposer à ses auditeurs forcés une gêne tout à fait inadmissible.
- Dans les hôtels, dans les paquebots, l’étude de l’isolement phonique prend chaque jour une importance plus grande, et la mesure des intensités sonores peut, dans certains cas, être appliquée à des travaux tout à fait différents; dans l’industrie automobile, par exemple, on pourra déceler la vibration des pièces en mouvement au moyen de sondes phoniques.
- P. Hémardinquer.
- Fig. 6. — M. Cellerier étudiant les bruits de Paris (place Sainl-Auguslin à Paris). (Pli. Wide World).
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- LES GREFFES HÉTÉROGÈNES
- La greffe est un des procédés de multiplication les plus employés pour la conservation d’un grand nombre de bonnes variétés horticoles. Elle se pratique de' façons très diverses, et la plupart de mes lecteurs l’utilisent dans leurs jardins pour quelques plantes que, sans ce procédé de multiplication, ils ne pourraient conserver.
- 11 est cependant des greffes moins usitées et qui ont, sinon un intérêt pratique, tout de même un certain attrait pour les personnes curieuses et pour les botanistes. Il est en effet toujours attrayant de greffer l’un sur l’autre deux individus n’ayant presque pas, ou pas du tout, de parenté au point de vue botanique, comme cela arrive quelquefois pour deux plantes appartenant à deux familles distinctes. Ce sont là, en effet, des; individus hétérogènes, c’est-à-dire.de nature, de contexture vraiment différentes.
- Il est fort possible que quelques lecteurs, à la suite de cet te petite étude, prennent le goût d’expérimenter chez eux quelques-uns des cas de ces greffes bizarres que je vais mentionner. Ils pourront chercher, de leur côté, des greffons et des sujets encore plus dissemblables, ce qui, dans le cas de réussite, augmentera la liste déjà assez complète des -cas curieux que nous connaissons déjà.
- Je signalerai donc :
- 1° des greffes hétérogènes qui ont été réussies dans les plantes potagères;
- 2° dans les plantes d’ornement, c’est-à-dire en horticulture ;
- 3° dans les arbres et arbustes d’ornement, et dans les arbres fruitiers, c’est-à-dire en pépinière;
- 4° je citerai enfin quelques exemples pris dans ces trois séries, qui, plus particulièrement remarquables par les dimorphismes constatés à la suite de greffes faites, ont provoqué par là même des polémiques;
- 4° je conclurai en citant des opinions de savants qui règlent une fois pour toutes ces questions des dimorphismes de greffe, en prouvant notamment que sujets et greffons gardent chacun leurs particularités respectives, tout en vivant côte à côte, et formant une seule plante.
- 11 existe une grande diversité de greffes bizarres connues, et que dans quelques cas, malheureusement assez rares, on est arrivé à fixer des dimorphismes, provoqués par ces greffes elles-mêmes. De là sont venues quelques plantes nouvelles et originales qui, pour la plupart, existent encore après de longues années.
- I. — Plantes potagères.
- Je commencerai cette étude par les cas connus de greffes réussies dans nos plantes potagères.
- M. Baltet, dans son ouvrage sur la greffe, mentionne ainsi des variétés de pommes de terre greffées entre elles pour obtenir une formé nouvelle, plus précoce et meilleure. En mars, vous prenez un tubercule d’une certaine variété, vous le faites germer et, lorsque les pousses sont assez développées, vous les coupez à mi-hauteur, les fendez à nouveau longitudinalement cette fois, et introduisez un greffon d’une autre variété. Le tubercule, dans ce cas, sera tenu sous verre, à l’étoüfîée, dans de la mousse humide.
- Les tiges greffées émettront alors des bulbilles que vous récolterez en été, et que vous cultiverez à leur tour.
- Dans les Solanées, auxquelles appartiennent les genres Pommes de terre, Tomate, Aubergine, et dans les Cucurbi-tacées (Courge, Melon), on peut faire des expériences très intéressantes.-
- Le même auteur cite ainsi l’exemple d’une Tomate,
- greffée sur Pomme de terre, qui végétait parfaitement bien. Vraiment quel légume précieux pour nos jardins, que cette Tomate-Pomme de terre, à tubercules et fruits comestibles !
- M. Griffon, en 1906 et 1907, a greffé aussi la Pomme de terre sur Tomate; la Pomme de terre vivait très bien, et il nous dit que ce (n’était là qu’une simple affaire de nutrition, car « le greffon n’ayant pas de tubercule à sa disposition, emmagasinait ses réservés dans lés bourgeons auxiliaires qui s’hyper-trophiaient ». Mais nous donnerons les explications à la fin de cette étude.
- Toujours dans les Solanées, on a vu des Tomates, Piments, Aubergines, greffés sur Solanum torvum.
- Dernièrement, un horticulteur de Cavaillon a réussi des greffes d'Aubergines, sur Tomate. Il emploie d’ailleurs, , dorénavant cette greffe pour toute sa culture, .trouvant qu’il obtient ainsi des Aubergines plus rustiques, vigoureuses et plus résistantes à la sécheresse, avec des fruits plus gros et plus précoces. Voici comme il procède : il greffe les jeunes plants d'Aubergines lorsqu’ils ont deux ou quatre millimètres de diamètre; il les fend en double biseau et introduit cette partie ainsi affranchie, dans des plants de Tomates qui ont été au'préalable fendus entre deux nœuds à quelques centimètres du sol. Cet horticulteur dit qu’il n’est pas nécessaire de ligaturer, mais que l’on doit placer ces greffes bien à l’abri de l’air et du soleil, c’est-à-dire à l’étouffée, à l’aide d’une feuille de verre soutenue par des buttes de terre. La soudure se fait une dizaine de jours après la greffe.
- On enlève alors la couverture de verre, et l’on peut ensuite couper les tiges de la Tomate pour augmenter plus vite la végétation du greffon d’Aubergine-, Cette greffe d’Aubergine sur Tomate n’est pas nouvelle, ainsi que nous le verrons plus loin.
- On a parlé, dans un ancien numéro de la Revue Horticole, d’une Carotte greffée sur Pomme de terre. Je n’ai pas de détails à ce sujet, mais je crois que l’on ne doit pas retenir ce cas qui semble plutôt invraisemblable.
- II. — Plantes deornement.
- Passant aux plantes d’ornement, je parlerai d’abord des greffes de Chrysanthèmes.
- On peut greffer des Chrysanthèmes sur Anthémis. Un amateur de Gand, M. Dallière, greffait ainsi, en fente simple (la réussite en est assez difficile, car sujet et greffon sont herbacés), ses Chrysanthèmes sur des Anthémis, pour obtenir des spécimens de Chrysanthèmes pouvant donner 300 à 400 fleurs à la fois. Les deux plantes en question sont deux Composées. Quelques amateurs pratiquent encore, à l’heure actuelle, ce genre de greffe. C’est par Ce procédé que l’on obtient des plantes véritablement énormes, de dimensions bien supérieures à celles obtenues avec des plantes de bouture.
- Si l’on veut voir fleurir deux variétés de Chrysanthèmes sur le même pied, on peut écussonner en vert une variété différente de celle du sujet. Ce moyen est aussi employé pour rétablir l’équilibre d’un spécimen de Chrysanthème mal formé,, par suite d’avortement ou de perte de bourgeons pour une raison ou une autre.
- M. Laforgue a dit autrefois, dans VHorticulture nouvelle qu’il avait réussi à placer huit greffes en écusson sur un seul jfied de Chrysanthème. Cinq avaient parfaitement végété.
- Le Dahlia peut également se greffer. Si une variété reprend mal, de bouture par exemple, il est assez facile de tailler en biseau l’extrémité d’une jeune pousse, au moment où la végétation repart, et de fixer ce greffon sur un tubercule bien
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- sain, que l’on sait de végétation vigoureuse. C’est un essai facile à faire, et qui pourra être tenté par mes lecteurs.
- . A ce sujet, un de mes parents fit paraître un article dans VHorticulture nouvelle, en 1907. Il disait que la plante de Dahlia greffée ne devenant jamais très volumineuse, ce procédé devait être employé spécialement pour la culture -en pots, en vue des expositions par exemple, où l’on désire exhiber des spécimens en pots. Mais les plantes ainsi greffées doivent toujours être placées, aussitôt après la greffe, sous châssis ou sur une couche chaude, ou sous châssis froid; dans ce dernier cas, en avril seulement.
- Il est d’autres familles qui nous procurent encore le plaisir de faire des expériences non moins intéressantes. Ce sont les Cactées, Crasmlacées, Euphorbiacées, et autres plantes grasses dont beaucoup do membres peuvent se greffér indifféremment l’un sur l’autre. On pratique alors ainsi : la greffe se fait en août, car à d’autres époques la réussite est plus douteuse. M, Baltet dit que le greffon doit être court, de grosseur moyenne et bien constitué. On prend tantôt une pousse arrondie (Melocactus, Echinocactus, Mamillaria), tantôt une partie de tige anguleuse de 0 m. 10 de longueur (Cereus), ou un fragment nouvellement poussé sur tige (Opuntia). La greffe de côté ou en approche se pratique pour le genre Pereshia.
- Dans ces familles de plantes grasses, les tissus sont do contexture assez voisine, et c’est ce qui explique la facilité de ces alliances par greffes. L’amateur peut ainsi essayer de souder deux de ces plantes en les mettant en contact intime; mais, de toute façon, il faut tenir compte que le greffon et le sujet doivent être maintenus près à près, soit à l’aide d’épingles, d’aiguillons de Cactée, ou même à l’aide du fd et de l’aiguille. On place les éléments de suite après le greffage, à l’ombre et sous verre pendant huit à quinze jours, et on n’enlève les ligatures qu’un peu plus tard. A présent que les plantes grasses sont redevenues à la mode 'et que l’on peut s’en procurer aisément dans le commerce, n’importe quel profane pourra s’exercer à ces greffes originales; et puis, la culture de ces plantes grasses est en somme si facile !
- On prétendait autrefois que, pour qu’une greffe réussisse, il fallait que le greffon et le sujet appartinssent à la même famille.
- Les plantes grasses nous démontrent le contraire. Et d’ailleurs, il existe d’autres cas semblables.
- III. — Pépinière.
- Et j’en viens à la pépinière. Dans cette catégorie, il y a eu de nombreux cas de greffes hétérogènes. En voici quelques cas plus particulièrement intéressants.
- Tout d’abord, un horticulteur s’était, spécialisé, il y a assez longtemps, dans les cas de greffes curieuses, c’était M. Adolphe Van den Heede. M. Van den Heede a cité de nombreux cas parfaitement réussis, parmi ceux-ci : Gardénia florida à fleurs doubles sur Coffea libérien; Davillia elegùns sur Polypodium aureum (deux genres de Eougères), et d’autres encore. Presque tous les soins de cet horticulteur portaient sur deux plantes de même famille.
- Le Garden, de Londres, nous a appris qu’à quelques milles de Londres, un Chêne et un If étaient plantés l’un à côté de l’autre. Il s’était, produit à la longue une greffe naturelle. La partie Chêne atteignait 12 mètres de hauteur, et la partie If n’avait que 5 mètres de hauteur. A 1 m 60 du sol, l’If semblait participer pour un tiers dans le diamètre total du trône. Les cellules, toutefois, ne se mélangeaient pas. Il était tout de même curieux de voir cet arbre en hiver, car il présentait une partie verte, et une autre partie dénudée (celle du Chêne),
- Au Muséum d’histoire naturelle, il à été fait, naturellement des travaux sur les greffes, et d’une façon sriivie, pen-
- dant plusieurs années. On y a constaté qu’il était parfaitement possible de greffer des Forsythia, Phillyrea et autres Lilas, sur Frêne commun. Des Pêchers de Chine ont été nanifiés en les greffant sur Prunellier. Ensuite on a greffé avec succès Polygonum baldschuanicum sur Polygonum cus-pidatum et Polygonum sachalinense, mais c’est sur Polygonum mulliflorum que la première et si belle espèce (P. baldschuanicum) réussit le mieux. Des greffes de Poirier sur Bibacier (Eriobotrya j aponie a) y ont été réussies également ; cette dernière greffe de Poirier sur Bibacier peut être utile dans certaines colonies par exemple, où le Poirier végète mal et où le Bibacier, par contre, se comporte bien.
- Je passe à présent à la greffe Luizet,qu’avait, inventée notre compatriote, le célèbre pépiniériste lyonnais. Il en fil lui-même une communication devant la Société d’Horticull.urc. du Rhône, le 13 février 1847. Je veux parler de la greffe des bourgeons à fruits.
- Celle-ci se pratique en éeussonnanl des bourgeons à fruits. C’est un procédé assez fréquemment employé de nos jours, et ma foi, c’est un moyen de montrer qu’un arbre fruitier, par nature stérile, porte tout de même des fruits.
- Comme suite à celte greffe des bourgeons à fruits, j’en arrive à la greffe des fruits à peine formés. Un professeur de Beauvais avait, greffé un jeune fruit, à peine formé, de Poirier Duchesse d’Angoulême, par le procédé de la greffe sous écorce, sur un rameau à bois âgé d’un an. La greffe a été longue à prendre et le fruit, à cause de cela, n’est pas arrivé assez tôt pour mûrir complètement. Mais cette greffe avait très bien réussi. C’est non moins curieux que la greffe Luizet.
- Pour faire diversion, et, tout en restant dans la greffe des fruits, je citerai encore ce que M. Passy mentionne dans la Revue Horticole de 1904. En 1819, un certain M. Tschudy avait obtenu des fruits de Melon depuis le 15 septembre jusqu’en novembre, en prenant comme greffons de petits Melons gros comme une noix, et en les greffant sur Concombre.
- Un des cas les plus originaux que l’on peut mentionner en pépinière, c’est celui du Cratœgo-Mespilus. Près de Metz, les frères Jouin avaient remarqué une Aubépine qui s’était, greffée spontanément sur un Néflier. Il s’agit là de deux Rosacées. Le greffon, une fois développé, possédait des caractères des deux parents : fruits, fleurs, épines, tout était mêlé en apparence. Cet accident, qui fit beaucoup de bruit, fut dénommé Cratœgo-Mespilus par les frères Jouin qui avaient, l'eproduit cette curieuse forme nouvelle par greffe. Par la suite,, il en advint deux variétés, qui ont, été, elles aussi, fixées.
- J’expliquerai ce phénomène dans les conclusions de celle étude.
- Le Garden, de Londres, cite le cas de Pêcher greffé sur Abricotier, alors qu’on greffe, habituellement, le Pêcher sur franc, sur Prunier ou sur Amandier. On avait dans ce cas de Pêcher sur Abricotier, obtenu des fruits très gros, très beaux et, de bonne qualité. Il a même été réussi des greffes de Pêcher sur Aubépine (Cratœgus oxyacantha). Ces Pêchers sur Aubépine étaient beaux, vigoureux et produisaient beaucoup de fruits. C’est à Meaux que cette dernière greffe fut expérimentée.
- M. Labarre, de l’Ailier, greffa des Châtaigniers sur des Chênes. Il greffa en fente trois Châtaigniers sur trois Chênes qui se trouvaient dans une haie. Les trois greffes réussirent, et l’une d’elles a même végété d’une façon extraordinairement vigoureuse.
- On a cité d’autres cas très curieux. M. Baltet, que je citais tout à l’heure, rassembla sur le même arbre, Amandes, Abricots, Prunes, Pêches et, Brugnons; sur un autre
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- arbre, Poires, Pommes, Coings, Nèfles, Sorbes et Alises.
- Le Poirier fut greffé avec succès sur Coloneaster, et même sur Coloneaster à feuilles persistantes. Le Buisson Ardent, le Uaphiolepis, le Bibacier sur le Cognassier et l’Aubépine, rOsmanlbo sur le Troène, le Pommier sur Je Cognassier, le Poirier sur le Pommier, et enfin le Poirier sur l’Aubépine. D’ailleurs, certaines espèces de Cratœgus, en dehors de Cratœgus oxyacantha, peuvent très bien recevoir des greffons de Poirier. Les résultats, dans tous ces cas, sont beaucoup plus intéressants du point de vue scientifique que du point de vue pratique, car les résultats utiles en ont été insignifiants, puisque non retenus par les praticiens.
- M. Balte! obtint, par un accident très bizarre, une nouvelle forme. Le Prunier Myrobolan lui servit un jour de sujet pour un greffon de Prunier de Chine à fleurs doubles blanches. Ce greffon de Prunier ornemental, développé, a donné un rameau original à feuilles lancéolées, irrégulières, finement bordées de blanc. Cette forme nouvelle s’est parfaitement reproduite par la greffe sur Prunier Myrobolan encore, et a été dénommée par l’obtenteur, Prunier Myrobolan Louis Asselin. Ce dimorphisme par greffe, nous l’avons vu, se rencontre quelquefois, mais rarement, comme dans le cas du Craiœgo-Mespilus, dont la forme est nettement intermédiaire entre l’Aubépine et le Néflier. M. Bellair ne dit-il pas que certains botanistes voient dans le Néflier une espèce de Cratœgus ?
- Il serait à présent curieux, d’hybrider entre eux, par la voie naturelle, le Prunier Myrobolan et le Prunier de Chine, et d’autre part, le Néflier et le Cratœgus, puisque ces végétaux ont tant de points communs, qu’une greffe les réunissant provoque un accident.
- Le Poirier greffé sur des espèces botaniques de Pirus réussi! souvent très bien. M. Edouard André ne i'ecommandait-il pas de greffer dans le Midi et les pays chauds où le « franc » et le Cognassier viennent mal, nos bonnes variétés de poires sur Pirus salicifolia, qui végète d’une façon très vigoureuse en Algérie et dans tout le bassin méditerranéen ? On greffe alors soit en fente, soit en écusson, et les greffons font des arbres remarquables, le sujet résistant aux sols même pier-reùx et secs.
- Une greffe particulièrement hétérogène serait celle que citait Thouin, en 1821, dans sa « Monographie des greffes ». Il affirmait avoir réussi à greffer une vigne sur un noyer, et les grains de raisin obtenus avaient la grosseur d’une prune, avec un goût de brou de noix. On a bien essayé au Muséum de refaire cette curieuse expérience, mais sans succès. Il faut à mon avis, tenir cet exemple comme douteux, car il est un peu invraisemblable.
- IV. — Quelques derniers exemples.
- Les travaux sur la greffe, de M. Daniel, M. Raymond Roger et M. Lindemuth de Berlin vont constituer le nœud de mon étude, et j’en arriverai ensuite à la controverse qu’a provoquée autrefois la greffe de la vigne. Cette question soulève celle importante de l’influence du greffon sur le sujet et, vice versa, et ce sera par là que j’en viendrai à mes conclusions.
- La Revue horticole de 1902 nous apprend que M. Daniel avait greffé avec succès, en approche, le Haricot avec le Ricin, 1 ’Helianthus Tournesol avec le Melon, le Chou avec la Tomate, le Topinambour avec la Morelle noire, le Chrysanthème à carène avec la Tomate, le Coleus avec l’Achyranthes, VAster avec le Phlox, la Cinéraire maritime avec la Tomate, le Coleus avec la Tomate, l’Erable avec le Frêne. Naturelles ment, il y avait bien là des soudures solides, dans le genre de celle constatée à Londres, du Chêne et de l’If, mais c’est, sans doute parce que ces plantes étaient tonies par trop dissemblables, qu’il n’en est rien sorti d’extraordinaire (sauf quel-
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- ques rares exemples peut-être). En tout cas, cela continue à démontrer que, même de familles différentes, deux individus peuvent s’unir entre eux, car nous avons là des unions Légumineuses-Euphorbiacées, Composées-Cucurbitacées, Cru-c ifères-Solanéès, ete.
- M. Raymond Roger prétendait égaleitient que l’on pouvait greffer entre eux les individus les plus divers. Il réussit, pour sa part, la greffe de l'Aubergine violette longue, sur la Tomate à fruit côtelé. C’est exactement la même greffe que celle pratiquée par ce cultivateur de Cavaillon, cité plus haut; cela n’est donc pas nouveau. Cette personne aurait pu d’ailleurs obtenir une différence marquée dans [la forme de fruit, comme l’obtint M. Roger. Ce dernier prétendait que par la greffe, on pouvait obtenir des formes nouvelles qui pouvaient très bien se conserver par la suite, et il citait comme exemple la greffe, ancienne déjà, de l’Oranger-Citronnier, Bizarria, dont l’individu sorti présentait des caractères de chaque parent (si l’on peut appeler « parents » le greffon et le sujet, !)
- M. Lefort, de son côté, fit apparaître une forme nouvelle en greffant; entre elles les variétés de Pommes de terre Mar-jolin et hnperaior. Ce métis a été conservé.
- M. Lindemuth, de Berlin, obtint aussi des variations intéressantes par la greffe : 1° d’Abutilon Thompsoni sur Palava; 2° d’Abutilon Thompsoni sur Sida Napœa; 3° d’Anoda has-tata sur Abutilon Thompsoni.
- M. Lindemuth réussit des greffes encore plus bizarres : ne greffa-t-il pas une Giroflée jaune sur Chou rouge; la floraison de la Giroflée jaune fut très précoce; ensuite, un Pétunia hybride sur Nicotiana, Abutilon Thompsoni sur Althoea narbonense; dans ces deux derniers cas il constata aussi des variations.
- M. Daniel greffa, sur une Tomate, une plante vivace dénommée Scopolia carniolica, dont les tiges aériennes meurent chaque année en mai, complètement desséchées. Greffée sur Tomate, cette plante vivace reprit vie après la floraison du printemps, bourgeonna de nouveau et fleurit une seconde fois; elle devint ainsi remontante, pour employer ce terme horticole. Le sujet, en l’occurence la Tomate, est en effet en pleine végétation à partir de mai, date où la plante vivace Scopolir, termine son cycle végétatif annuel.
- Le même auteur prétendit même fixer et reproduire par semis, une variété nouvelle de Chou fourrager résistant au froid, mais ayant, par contre, des défauts. D’après ce que nous savons et ce qui va ressortir des conclusions, nous verrons que l’individu nouveau peut se reproduire par greffe en bouture ou marcotte, mais non par semis. M. Daniel n’émit-il pas autrefois l’avis que les variétés nouvelles de Vigne pouvaient perdre leurs qualités par suite de la greffe pratiquée à leur sujet pour les jjrotéger du Phylloxéra ?
- Ces deux dernières prétentions révoltèrent nombre de botanistes, et la thèse de M. Daniel fut reconnue fausse.
- En tête des détracteurs, il y eut M. Edouard Griffon,professeur et directeur de la Station de Pathologie végétale à Grignon. Il fit hn-même des expériences pour montrer que dans certains cas, très rares, en effet, le greffon semblait influer sur le sujet, par exemple dans le cas d’un Jasmin à feuilles panachées greffé sur le Jasmin ordinaire. Cette greffe fit naître, chez le sujet, des traces de panachures très nettes. De même, ayant greffé des Abutilons à feuilles panachées de jaune sur des sujets à feuilles vertes, le greffon ne se développait pas, mais le sujet émettait des pousses panachées de jaune. Le même fait se produisit pour des Troènes à feuilles dorées greffés sur le type vert, et pour le Sorbus Aucuparia à feuilles dorées sur le type vert.
- M. Griffon remarqua ainsi que les panachures se transmettaient. au sujet lorsqu’elles étaient jaunes, mais non lorsqu’elles
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- étalent blanches, rouges ou violacées. Il expliqua cette transmission en disant que la panachure jaune présentait la particularité d’être une panachure infectieuse, qui se transmet, comme une maladie, de greffon à sujet.
- En 1826, un pépiniériste de Vitry, M. Adam, avait greffé Cytisus purpureus sur Laburnum bulgare ou Troène. Il obtint une forme intermédiaire entre ces deux plantes. De même, vers celte époque, une Tomate fut greffée sur Morelle noire, et les pousses tenaient tantôt de la Tomate, tantôt do là Morelle, jusqu’au moment où elles semblèrent de nature vraiment intermédiaire. On crut alors aux hybrides de greffe.
- En ce qui concerne la Vigne, M. Ravaz, directeur et professeur à l’école d’Agriculture de Montpellier, fit de nombreuses expériences. Il greffa notamment., un cépage à saveur foxée (le Concord), sur un cépage à saveur neutre (VAramon). Il vit que pendant sept ans que dura la surveillance, les fruits de V Aramon sujet ne cessèrent pas d’être exactement conformes à ceux de VAramon franc de pied, dans la forme, la couleur et la saveur. La saveur foxée du greffon n’avait pas passé dans le sujet. Il affirmait que, dans la Vigne, s’il existait des particularités de greffe, elles n’étaient pas plus nombreuses que celles rencontrées dans les variétés reproduites franc de pied. Les vignes greffées donnent les mêmes produits que celles non greffées.
- M. Ravaz, d’ailleurs présenta en 1930, un rapport sur cette question, au Congrès international d’IIorticulture de Londres, et les conclusions en sont exactement semblables aux premières observations des greffes de vigne qu’il avait faites, et que je viens de mentionner.
- De même, répondant à l’opinion de M. Daniel, qui eut autrefois une certaine responsabilité dans l’émotion soulevée dans nos campagnes, lorsqu’il disait que la reconstitution des vignobles par le greffage avait considérablement diminué la qualité des vins, M. Griffon affirma le contraire devant la Société botanique de France.
- V. — Conclusions.
- Les plantes ne sont donc pas modifiées par la greffe; cette théorie semble la seule juste, sauf des cas de dimorphisme très rarement observés d’ailleurs.
- Les dimorphismes constatés proviennent d’accidents dus, pour la plupart, à des différences de nourriture. Un Poirier serait en effet plus ou moins fructifère suivant qu’il est greffé sur Cognassier ou sur franc; greffé sur Cognassier, la densité des fruits est légèrement plus grande, et la quantité de sucre contenu dans ceux-ci est plus importante, ainsi que le disent MM. J. Rivière et J. Bailhache dans le Bulletin de la Société nationale d’Horticulture de France.
- Le greffon n’influe donc pas sur le sujet, et le sujet à son
- tour n’influerait sur le greffon qu’en ce qui concerne la nourriture transmise (ou cette panachure infectieuse qu’est la panachure jaune).
- Au sujet de la greffe Morelle sur Tomate dont je parlais plus haut, le professeur Bauer trancha magistralement la question et détruisit dans l’œuf le terme impropre « hybride de greffe ». En effet, dans l’Horticulture nouvelle en 1912, il dit que dans ce cas, comme dans tous les cas semblables d’ailleurs, « les tissus extérieurs rappelaient l’un des parents, et les tissus intérieurs, l’autre. Aucune des cellules n’était d’une nature réellement hybride. La Tomate olait cachée sous l’épiderme de la Morelle ».
- En résumé :
- 1° Il ne peut exister que des différences de formes dues à des différences de nourriture.
- 2° Lorsqu’il y a forme nouvelle, les cellules des parents vivent juxtaposées sans jamais se confondre, et encore, ces différences de forme ne seraient-elles dues qu’à des différences de nourriture.
- En voici une preuve :
- M. David a refait certaines des fameuses expériences de M. Daniel, et une autre encore, celle de 1 ’Helianthus annuus sur Helianthus loetiflorus. Il a conclu en affirmant que les différences constatées à la suite de cette dernière greffe provenaient simplement d’une question de nutrition; que le nombre des capitules a pu varier, que les poils mêmes ont pu disparaître, et qu’il a pu se former des lenticelles, toujours en raison de cette même cause. Il ne constata aucun dimorphisme dans nombre de greffes par. trop hétérogènes, Tomate sur Belladone; et vice versa, Belladone sur Tomate, Tabac sur Pomme de terre.
- 3° Enfin, s’il a pu se transmettre des panachlires de greffon à sujet, celles-ci ne pouvaient être que faunes, par conséquent, des panachures infectieuses.
- C’est ainsi que les formes nouvelles obtenues ne proviennent guère que des différences de nourriture et par conséquent de végétation, en ce qui concerne par exemple la précocité, la rusticité, l’endurance à la sécheresse, la floribondité, la fructification. Et, s’il y a quelquefois juxtaposition de cellules, il n’y a jamais fusion de cellules, même dans les cas où l’on a obtenu les formes les plus bizarres. La fusion intime des tissus ne s’opère en effet qu’à la suite d’hybridations par voie naturelle.
- Je termine cette énumération déjà longue, en souhaitant à mes lecteurs de pratiquer chez eux de ces greffes hétérogènes, et j’espère qu’ils feront sans doute eux aussi des observations intéressantes. Il y a tant à étudier dans la Nature !
- Antoine Rivoire fils.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- PRÉCAUTIONS A PRENDRE POUR POSER LES TALONS DE CAOUTCHOUC
- L’utilité des talons de caoutchouc n’est plus aujourd’hui à démontrer, car en s’interposant entre le sol et le calcanéum (os du talon) la masse élastique empêche qu’un choc brusque et répété ne se transmette de proche en proche jusqu’à la moelle épinière et au cerveau, en occasionnant une fatigue nerveuse.
- 11 n’est donc pas superflu d’indiquer comment la rondelle bienfaisante doit être posée.
- Tout d’abord, si le talon de cuir est usé, on le remettra bien à plat et on veillera à ce qu’aucun clou ne dépasse, afin de permettre à la rondelle de tourner sans difficulté, au besoin on enlèvera une ou deux
- épaisseurs de cuir, si on ne veut pas que la chaussure soit trop surélevée, ce qui ferait plonger le pied vers l’extrémité antérieure.
- On se rendra ensuite compte de la longueur de la vis.par rapport au talon de manière que ladite vis ne traverse pas complètement, puis la rondelle étant mise assez en arrière pour border le talon, on marquera son centre sur le plat du cuir, avec un crayon pour la percée du trou qui sera ainsi bien repéré.
- La vrille employée ne devra pas être trop grosse pour que la vis ait suffisamment de prise, le trou doit être bien vertical; avec un canif, on enlèvera la petite bosse qui résulte du gonflement pendant le perçage et on élargira légèrement le bord du trou pour que la cuvette du croisillon métallique puisse s’y loger.
- Il ne reste plus qu’à visser la vis, graissée au suif, assez fortement pour que la plaque de métal adhère bien au caoutchouc et que la rondelle ne tourne que difficilement à la main.
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- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- JANVIER 1932, A PARIS
- Mois sec et doux dans son ensemble avec insolation très peu inférieure à la normale et pression barométrique très élevée.
- La moyenne mensuelle de la pression barométrique, 770 mm G, réduite au niveau de la mer, au Parc Saint-Maur, surpasse de 5 mm 6 la moyenne de janvier. Le maximum absolu, 784 mm 4 (niveau de la mer) le 27, à 10 b 40, est le plus haut que l’on ait observé en janvier depuis 27 ans, puis-qu’en 1905, le 29, on observa alors 786 mm 7.
- La moyenne mensuelle de la température, 5°0 est supérieure de 2°1 à la moyenne de janvier. Constamment supérieure à la normale, du 2 au 22 avec des écarts dépassant assez fréquemment 5°, la température qui avait commencé à s’abaisser à partir du 20, est devenue franchement froide le 28 et le 29. Au cours de la période chaude, les températures moyennes du 3 et du 6 ont été les plus élevées notées à pareille date depuis 1874. Le maximum absolu, 12°9, s’est produit le 7, le minimum absolu, — 5°3 le l6r. Le nombre de jours de gelée a été de 12 dont 2 de gelée totale.
- Le total pluviométrique mensuel, 21 mm 2, atteint à peine les 55 centièmes de la moyenne de janvier. Il a été recueilli en 11 joui-s de pluie appréciable (nombre moyen 15) répartis du 1er au 18. Aucune précipitation n’a été notée à partir du 19. Une seule chute de neige d’ailleurs peu forte et mélangée de pluie a été remarquée au cours du mois : elle s’est produite le 1er dans la soirée.
- La durée totale de chute de pluie, 27 h. 25 ni, à l’Observatoire de Montsouris, est inférieure de 53 pour 100 à la moyenne des vingt-cinq années 1898-1922. Les hauteurs maxima en 24 heures ont été, pour Paris, 9 mm 3 à Passy, du 7 au 8, et, pour les environs, 10 mm 4 à Saclay (La Martinière), à la même date.
- Le vent, dont la vitesse moyenne a été légèrement inférieure à la normale, a soufflé un peu plus souvent que d’ordinaire de la moitié Sud de l’horizon.
- Au Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 88 pour 100 et celle de la nébulosité de 75 pour 100; il y a eu 12 jours de brouillard, 2 jours de givre, 13 jours de gelée blanche.
- Au centre de Paris, à 9 heures du matin, la visibilité a été deux fois supérieure à 6000 mètres, et seize fois inférieure à 1500 mètres. Le seul brouillard qui ait persisté tout le jour sur toute la région a été celui du 25, et le plus épais celui du 21.
- Du 14 janvier au 8 février, cette année, soit pendant 26 jours, la pression atmosphérique s’est maintenue très élevée, ramenée au niveau de la mer, elle fournit une moyenne à l’heure de midi, avec un baromètre enregistreur Richard, de 776 mm 8 et à 19 heures, avec un baromètre holostérique, de 776 mm 1. En 1882, pour une période de 31 jours (8 janvier au 7 février) elle avait donné une moyenne, toujours au niveau de la mer, de 777 mm 4 à l’Observatoire du Parc Saint-Maur.
- Em. Roger.
- UNE LAMPE A INCANDESCENCE DE 50 KILOWATTS
- Quand la lampe électrique à filament incandescent naquit, vers 1880, elle avait une sœur aînée, la lampe à arc, utilisée pour l’éclairage depuis longtemps déjà. Grâce à sa commodité, grâce à sa propriété de diviser, comme on disait à l’époque, la lumière électrique, la lampe à incandescence conquit rapidement l’éclairage intérieur. La lampe à arc, plus économique, permettant de réaliser des foyers plus puissants, mais d’une manœuvre moins aisée, se taillait son domaine dans l’éclairage public ou celui des ateliers d’où, peu à peu, elle élimina le gaz. Mais bientôt, grâce à d’incessants perfectionnements, la sœur cadette fut en mesure de combattre son aînée; les lampes à filament métallique en atmosphère gazeuse sont devenues d’aussi faibles consommatrices de courant que les lampes à arc, et l’on sait aujourd’hui les faire assez grandes pour constituer des foyers lumineux de très grande puissance.
- On fabrique couramment des lampes à incandescence de 2 à 2,5 kw. Pour les aéroports, les studios de cinéma, pour les éclairages intenses de monuments publics, on construit aujourd’hui des lampes de 10 kw.
- Les plus puissantes lampes de ce type qui aient jamais été construites atteignent la puissance de 50 kw, sur 120 volts. Ce chiffre eût paru incroyable il y a quelques années. Le courant que consomme une de ces lampes suffirait à alimenter 500 à 1000 de nos lampes usuelles d’appartement.
- Hâtons-nous de dire qu’il n’a été construit qu’un petit nombre d’exemplaires de ces lampes géantes; jusqu’ici ce sont surtout des curiosités, des « clous » d’exposition; leur
- constructeur, la General Electric C° des Etats-Unis, les a fabriquées pour montrer jusqu’où peut aller, aujourd’hui, la technique des lampes à incandescence.
- La lampe de 50 kw a, comme nos petites lampes domestiques, un filament de tungstène tordu en spirales i*approchées ; mais ces spires ont un diamètre beaucoup plus grand que dans la lampe ordinaire; pour les former on enroule le fil fin de tungstène sur une tige d’acier formant mandrin, qui a près de 1 cm de diamètre. Le filament seul pèse 740 gr; il pourrait suffire à fournir le tungstène des filaments de 120 000 lampes ordinaires de 40 watts: Avec son support il pèse près de 3 kg. La lampe complète pèse plus de 16 kg. L’ampoule, en pyrex, a un diamètre de 0 m 50. En service, le filament atteint la température de 3300 degrés absolus et donne une puissance maxima de 166000 bougies. C’est donc une lampe très poussée. Aussi sa vie est-elle relativement courte : une centaine d’heures environ. Encore faut-il prendre certaines précautions.
- L’ampoule, relativement petite, s’échauffe rapidement. Le tungstène s’évapore, vient se déposer sur les parois qu’il noircit et alors réchauffement interne tend à s’accroître plus rapidement encore; s’il n’y était remédié, le verre risquerait de se ramollir et la lampe serait en danger. Aussi a-t-on placé à l’intérieur de l’ampoule une petite quantité de poudre de tungstène brut qui sert à nettoyer les parois quand elles commencent à noircir : l’opération est simple, on secoue la poudre de façon qu’elle circule le long des parois et les balaye. Ce nettoyage doit se faire toutes les 20 heures de fonctionnement
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- L’AUTOMOBILE PRATIQUE
- LA. ROUE LIBRE — SES AVANTAGES SES INCONVÉNIENTS
- Un grand nombre de voitures américaines et quelques voitures françaises sont aujourd’hui munies de la roue libre, dispositif tout à fait analogue à celui qui est adopté sur les bicyclettes et jouant le même rôle.
- Dans une bicyclette à roue libre, lorsque le cycliste appuie sur les pédales, il entraîne normalement la roue arrière par l’intermédiaire de la chaîne, mais, s’il veut pédaler en arrière, ou s’il cesse la pression sur les pédales, la roue arrière devient indépendante.
- De même dans une voiture automobile à roues libres, le moteur et les roues arrière ne sont plus liés solidairement dans les deux sens, le moteur entraîne toujours la voiture, mais inversement, la voiture ne peut plus entraîner le moteur.
- Sur une voiture ordinaire, lorsque le conducteur diminue l’arrivée des gaz, en levant le pied de la pédale d’accélérateur, le moteur a tendance à ralentir, mais par suite de la grande inertie due à la masse de la voiture, la vitesse ne diminue que
- très lentement à moins qu’il n’v ait en même temps freinage,
- et, par l’intermédiaire de la transmission,
- Arbre de transmission
- Boite de vitesses
- Embrayage
- Moteur
- Fig. 1. — Les différentes positions possibles de la roue libre sur un châssis d'aulomobile.
- 1, entre l’embrayage et lu boîte de vitesses; 2, dans la boîte de vitesses; 3, sur l’arbre de transmission ; 4, dans le différentiel ; 5 et 5 bis, dans les moyeux de roue arrière.
- les roues arrière entraînent à leur tour le moteur.
- Au contraire, sur une voiture à roue libre, lors que le conducteur lâche la pédale d’accélération,la vitesse de rotation du moteur diminue immé -diatement. La liaison entre les roues arrière et le moteur est à ce moment complètement suppri -
- mée, la voiture continue à rouler en vertu de la vitesse acquise, mais sans entraîner le moteur, il y a indépendance absolue entre le mouvement de là voiture et celui du moteur.
- Avec ce système, toutes les fois que le moteur tendra à produire un efîoi’t destiné à faire avancer la voiture, l’entraînement se produira dans les conditions normales, mais, inversement, le moteur ne pourra plus exercer aucun effort de freinage
- sur le mouvement de la voiture.
- Ce principe est déjà ancien. Il y a plus d’une trentaine d’années qu’il est appliqué sur les bicyclettes et, vers 1920, il a même commencé à être employé en France sur les voitures Chenard et Walcker, par MM. Toutée et Lagache, mais comme il arrive souvent, c’est en Amérique qu’il a été appliqué vraiment d’une manière pratique pour la première fois, et il faut reconnaître, d’ailleurs, que le changement des conditions techniques d’utilisation le rend actuellement beaucoup plus intéressant qu’en 1921. Il ne faut pas s’attendre du reste à l’application intégrale du système de la roue libre. L’automobile ne sauvait s’en accommoder comme la bicyclette. Un effet, ac-Iwcllcment, dans la conduite normale, l'effet de freinage par le moteur est très souvent utilisé. D’abord, dans une descente assez longue, on a souvent intérêt à ne pas faire travailler les freins en permanence. On place le levier de changement de vitesses en troisième vitesse, ou même en seconde et le moteur permet en toute sécurité de ralentir l’allure à la valeur convenable.
- Dans les villes, où les variations de vitesses sont constantes, les bons conducteurs réussissent à éviter le recours continuel aux freins en faisant varier l’admission des gaz et en utilisant le freinage par le moteur. Enlin, quand le moteur est presque constamment embrayé, il tourne rarement à une vitesse réduite, de sorte que la dynamo peut recharger presque continuellement les accumulateurs dont le maintien en charge est indispensable au bon fonctionnement de l’éclairage et du démarrage.
- Il est donc bien difficile de prévoir l’adoption de roues libres intégrales. C’est pourquoi, sur la plupart des voitures qui en sont munies à l’heure actuelle, on a prévu un dispositif d’enclenchement permettant de donner ou de supprimer à volonté la liberté des roues arrière, mais comme on ne peut évidemment avoir recours continuellement à ce dispositif, une voiture à roue libre doit, encore plus qu’une autre, être munie de freins excellents. C’est sans doute pour cette raison que l’idée de la roue libre avait été écartée jadis par les constructeurs à une époque où les freins étaient loin d’être aussi perfectionnés qu’aujour-d’hui.
- Quels sont, d’autre part, les avantages de la roue libre ? Le plus grand serait une économie d’essence. En effet, même si l’admission des gaz est plus ou moins fermée, lorsque le moteur entraîné par le mouvement propre de la voiture tourne à grande vitesse, la consommation d’essence est encore beaucoup plus grande que s’il tournait au ralenti. Avec la roue libre, au contraire, le moteur se met de lui-même au ralenti, dès qu’on cesse d’agir sur l’accélérateur et, de ce fait, la liaison entre moteur et roues arrière se trouve supprimée.
- L’économie d’essence dépend, d’ailleurs, essentiellement de la manière de conduire de l’automobiliste. Il ne suffit pas d’avoir une automobile à roues libres, il faut savoir l’utiliser. Même en palier, si un conducteur essaie toujours d’obtenir la vitesse maximum, l’effort du moteur est constant et le fonctionnement réel de la roue libre est peu fréquent. Pour une marche normale, il y a pourtant une différence certaine et appréciable. D’autre part, il résulte de l’interruption de la liaison entre la roue arrière et le moteur, une fatigue moindre du système de transmission, et même peut-être du moteur.
- Enlin, une voiture à roue libre serait beaucoup plus agréable à conduire, après quelque temps d’apprentissage, qu’une voiture ordinaire et l’autodébrayage obtenu permettrait souvent d’éviter les manœuvres de débrayage, en assurant un changement de vitesse plus silencieux et plus doux.
- La roue libre proprement dite, l’organe qui libère ou asservit les roues arrière, est, d’ailleurs, un dispositif mécanique relativement simple qui peut être monté dans la boîte de vitesses elle-même, sur un point quelconque de la transmission, ou même sur les roues motrices. Il en existe en théorie deux catégories, les roues libres à coincement par billes ou par rouleaux et les roues libres à cliquets. Il existe également des systèmes constituant de véritables auto-débrayages qui pourraient agir sur le système d’embrayage de la yoiture, mais qui sont généralement disposés en un point quelconque de la transmission.
- Les positions qui peuvent théoriquement être assignées à la roue libre sont donc assez diverses, et les effets produits diffèrent egalement suivant cette position. Théoriquement-, on peut lu placer dans la boite de vitesses elle-même ; on peut la monter sur l’arbre de transmission en arrière de la boîte dé vitesses, dans le différentiel, dans le moyeu même des roues arrière, ou même dans la transmission en avant de la boîte de vitesses (fig. 1). On a essayé ces différents dispositifs qui présentent chacun leurs avantages et leurs inconvénients. En pratique, à
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- l’heure actuelle, ou n’emploie guère que deux montages diffe-renls : la roue libre dans la boîte de vitesses, ou dans le pont arrière.
- Si la roue libre est disposée eu avant de la boîte de vitesses, elle fonctionne, évidemment, quelle que soit la combinaison de vitesse employée, et même pour la marche arrière, puisque le moteur tourne toujours dans le même sens. Mais, les pignons de la boîte de vitesses tournent toujours dans ce cas à la même vitesse que la transmission, et il n’y a pas d’avantages pour la manœuvre du changement de vitesse.
- La plupart du temps, on dispose donc la roue libre sur un baladeur de la boîte de vitesses, et on réduit son action ainsi aux combinaisons de vitesses correspondantes, c’est-à-dire le plus souvent à la prise directe et à la troisième vitesse. L’inconvénient est très réduit parce qu’on n’utilise avec les voitures modernes, et surtout sur route, que les deux combinaisons de vitesses les plus élevées. Ce procédé permet de faciliter la manœuvre du changement de vitesse, et c’est celui qui est adopté le plus généralement.
- On a également monté la roue libre dans le pont arrière, et même elle a pu alors être utilisée pour remplacer le différentiel lui-même, tel est le système Sensaud de Lavaud qui a déjà été décrit dans cette revue.
- A première vue, il pourrait sembler logique de disposer la roue libre dans les moyeux mêmes des roues, comme cela se fait pour la bicyclette, mais il suffit de remarquer qu’il serait alors indispensable d’utiliser un système de blocage pour la marche arrière, ce qui rendrait le système assez complexe.
- Les dispositifs de roues libres sont assez simples.
- Dans les bicyclettes, on emploie des roues libres à cliquets, l’arbre entraîné porte alors à son extrémité une roue à rochet et dans la cavité cylindrique de l’arbre entraîneur sont disposés des cliquets à ressorts en nombre égal à celui des dents du rochet de l’arbre entraîné. De petits ressorts poussent les cliquets et les obligent à appuyer sur la denture du rochet. Si l’arbre intérieur tend à tourner plus vite que l’arbre extérieur, les dents du rochet viennent soulever les cliquets, et l’arbre intérieur tourne librement à l’intérieur de l’arbre extérieur (lig. 2). Dans ces systèmes, il se produit des chocs très fréquents des cliquets sur les dents du rochet; appliqués à l’automobile ils seraient beaucoup trop fragiles. On emploie donc surtout dés roues libres à coincement, dont la disposition rappelle celle des roues libres à cliquets, mais qui sont basées sur un principe différent.
- îles dispositifs comportent toujours un arbre entraîné et un arbre entraîneur concentriques, et l’arbre intérieur porte des rampes dont la section droite est une spirale (fig. 3).
- Des rouleaux de grosseurs différentes ou des billes sont disposés sur chacune de ces rampes, et un petit ressort pousse ces billes ou ces rouleaux vers le sommet de l’angle formé par la rampe et par la partie concentrique de l’arbre extérieur.
- Si l’arbre d’entraînement intérieur tend à entraîner l’arbre extérieur, le frottement tend à entraîner ceux-ci entre la rampe et la partie concentrique. Il y a coincement, et tout l’ensemble forme un bloc solidaire.
- Si, au contraire, le conducteur lâche le pied de la pédale d’accélération, la vitesse du moteur devient inférieure à celle de l’arbre de transmission. La rampe décoince alors les rouleaux, les deux cuvettes ne sont plus solidaires, et la transmission est ainsi débrayée du moteur. Le système, comme nous venons de l’indiquer, est extrêmement simple. Ainsi, dans un modèle américain très répandu à l’heure actuelle et que montre la figure 3, quatre rouleaux de diamètre progressivement décroissant sont placés dans trois alvéoles formés par un alésage cylindrique et une rampe en spirale. La pression de coincement est répartie théoriquement sur les quatre rouleaux. Les voi-
- tures sur lesquelles sont montés ces dispositifs sont à trois vitesses et le système permet d’avoir en roue libre la prise directe et la troisième vitesse. Un bouton disposé sur le levier de changement de vitesse permet à volonté de supprimer l’usage de la roue libre.
- lies voitures françaises Chenard possèdent depuis quelques années des systèmes d’auto-débrayage montés sur le baladeur, et qui fonctionnent chaque fois que le moteur tend à entraîner la voiture et débraient chaque fois que la voiture tend à entraîner le moteur.
- Il serait facile de concevoir théoriquement le principe d’un système de liaison à ressort de deux arbres montés en bout d’axe, avec serrage du ressort lorsque l’arbre entraîneur tourne plus vite que l’arbre entraîné et desserrage en cas contraire.
- Quant au système Sensaud de Lavaud, qui est également à coincement par billes, son fonctionnement est encore beaucoup plus complexe et plus intéressant, puisqu’il lui permet de jouer le rôle de différentiel. Nous renvoyons le lecteur à ce sujet à l’article déjà paru dans La Nature (n° 2772, 1er nov. 1927).
- Si la roue libre présente de nombreux avantages, elle exige un certain apprentissage et aussi quelques précautions d’entretien, par exemple, l’emploi d’une huile très fluide pour la lubrification de la boîte de vitesses dans les modèles à coincement. Elle rend également nécessaire un réglage spécial du ralenti du moteur, puisque ce dernier tourne souvent au ralenti par suite des débrayages automatiques qui se produisent, et, qu’il est impossible de le remettre en marche comme dans le cas ordinaire par entraînement propre de la voiture. D’autres questions subsidiaires, comme celle de la recharge de la batterie, ont une importance assez grande et devront être examinées avec soin.
- A PROPOS DU MÉLANGE D’HUILE A L’ESSENCE POUR LA LUBRIFICATION DU MOTEUR
- Dans notre dernière chronique d’Automobile pratique, nous avons donné quelques détails sur l’emploi de l’huile mélangée à l’essence pour la lubrification des moteurs et, en particulier, des pistons. Nous avons montré que ce procédé était très recommandable dans le cas général, et surtout pour un moteur neuf et par
- temps froid. . ; Fig. S.-Principe de la roue libre
- La proportion d huile a coincement par rouleaux ou par mélanger à l’essence est de l’ordre de 2 pour 100, du moins si l’on emploie de l’huile fluide de qualité ordinaire.
- Nous avons indiqué également qu’on pouvait utiliser des huiles spéciales com-poundées, plus légères, et dont le pouvoir lubrificateur était, plus grand. A ce propos, la Société Empire OU qui prépare une huile de cet te nature nous fait remarquer
- Cliquets à ressort
- Roue à rochet reliée à l’arbre entraîné
- Arbre entraîneur
- Fig. 2.— Principe de la roue libre à cliquets.
- billes.
- Billes è rouleaux
- Ressort
- Arbre moteur
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- Logement pour le thermomètre de radiateur
- Ressort : ;
- fhermostatiqde Clapet
- Bouton et cadran de réglage
- que la proportion d’huile à mélanger à l’essence peut être alors beaucoup plus faible que celle que nous avons indiquée. D’après elle, on peut encore obtenir des résultats satisfaisants en mélangeant l'huile à l’essence dans ! la proportion de 2 litres à 2 litres et demi seulement pour 1000 litres d’essence. Malgré cette proportion dix fois moins forte, les résultats recherchés seraient obtenus,et de là,une très grande économie pour les usagers.
- Fig. 4. — Coupe partielle du ther- UN THERMOSTAT moslat réglable Kirby-Smith. REGLABLE
- Nos lecteurs connaissent les avantages que présente l’emploi des thermostats sur les automobiles; ils savent qu’il existe deux catégories de ces appareils. Dans la première, les variations de température de l’eau de circulation déterminent la mise en fonctionnement d’un dispositif qui agit sur les volets orientables du radiateur, en permettant le passage plus ou moins libre de l’air entre les ailettes; dans la seconde, cette variation de température détermine l’ouverture plus ou moins grande d’un clapet qui s’oppose ou non à la libre circulation de l’eau dans les tuyauteries de refroidissement.
- Ces aiDpareils sont réglés une fois pour toutes pour maintenir l’eau de refroidissement à une température moyenne variant entre 70° et 90° environ; ils sont surtout utiles en hiver, afin d’obtenir le meilleur rendement du moteur. Cependant, il est intéressant non seulement d’obtenir la température optimum quelques minutes après la mise en marche, mais encore de pouvoir déterminer au mieux la gamme la plus favorable des variations de température, car cette gamme varie suivant le modèle de voiture, et aussi suivant les services que celle-ci doit rendre. Le nouveau thermostat que nous allons décrire présente la particularité essentielle d’être facilement réglable au gré du conducteur, et suivant les résultats obtenus.
- Cet appareil se monte comme à l’habitude sur le tuyau d’eau supérieur, entre le moteur et le radiateur. C’est là d’ailleurs l'emplacement optimum, car ainsi le ressort thermostatique contrôlant le mouvement du clapet de réglage est en contact immédiat avec l’eau du bloc de cylindres, et peut déceler les
- plus légères variations de température : ainsi, Fig. 5. - Montage du thermostat réglable latempérature'del’eau
- de circulation est contrôlée dans le bloc des cylindres, et on assure une réserve d’eau froide dans le radiateur.
- En agissant sur un bouton molleté se déplaçant devant un petit cadran comme le montre la figure 4, le conducteur peut régler la température de l’eau à volonté jusqu’au maximum de 90°, et empêcher ainsi la circulation normale
- Radiateur '|LL!_ *
- Tuyau de circulation '
- Bloc des, d
- cylindres
- de l’eau dans la tuyauterie, jusqu’au moment où la tempéra? ture idéale 'a. été atteinte. Le résultat est obtenu au bout de deux ou trois minutes en général, la température reste ensuite constante avec des écarts maxinia de 2 à 3° centigrades, même par les temps les plus froids.
- D’autre part, par des temps exceptionnellement chauds, ou pour effectuer un parcours assez long en région montagneuse, on peut supprimer complètement l’action du clapet de réglage, ce qui donne toute sécurité.
- Ce clapet a un siège en tissu spéciaJ, ce qui élimine toute possibilité de blocage ou de déplacement dus à des matières étrangères se trouvant en suspension dans l’eau.
- Son adaptation est extrêmement rapide sur n’importe quel type de voiture, comme le montre la figure 5, et son réglage se fait d’une manière encore plus précise en adaptant un thermomètre sur le logement spécialement destiné à cet usage.
- DISPOSITIF RETROVISEUR PERFECTIONNÉ
- Le rétroviseur est de plus en plus indispensable, surtout pour la conduite en ville. Le.système le plus simple est constitué par un miroir plan orientable disposé en avant au-dessus
- Miroir courbe rétroviseur Panoram.
- Fig. 6.
- La figure indique son utilité : une voiture est suivie par un cycliste et une autre voiture qui cherchent à’doubler, tandis qu’une troisième voiture vient derrière la première.
- de la tête du conducteur, et il existe différents systèmes optiques dont nous avons décrit quelques-uns, et qui ont pour but d’augmenter le champ de la vision du conducteur.
- Les systèmes optiques à lentille ont, d’ailleurs, simplement pour effet de permettre au conducteur d’apercevoir une partie plus longue et plus large de la route en arrière de sa voiture, mais ils ne lui donnent aucune idée sur ce qui se passe sur les côtés de la yoiture. Lorsqu’on veut doubler une voiture, tourner à droite ou à gauche, ou même s’arrêter ou se ranger le long d’un trottoir, il est absolument indispensable de savoir ce qui se passe sur les côtés de la voiture, et il est souvent bien difficile de s’en apercevoir par vision directe.
- Pour obtenir ce résultat, on peut simplement utiliser non plus un miroir plan, mais un miroir courbe convexe qui reflète une image panoramique non déformée sous un angle d’environ 160°.
- Dans ce miroir, on peut apercevoir non seulement l’arrière de la voiture à travers la glace arrière, mais également les véhicules latéraux à travers les glaces latérales, à peu près comme si l’on avait trois miroirs ordinaires, un en face du centre do la glace arrière, et les deux autres de chaque côté de la voiture (fig. 6).
- La courbure de la glace réduit, d’autre part, l’éblouissement
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- par les phares de la voiture qui suit. On n’aperçoit, alors que des sources lumineuses assez, diffuses, an lieu des éclats brillants produits par les miroirs ordinaires.
- La pose d’un tel système n’est pas plus difficile que celle d’un miroir plan ordinaire.
- UN SYSTÈME D’ÉCROU INDESSERRABLE
- L’emploi des écrous indesserrables est aussi intéressant en construction automobile que dans toutes les autres constructions mécaniques. On peut bien utiliser, sans doute, des écrous avec goupille, mais ils n’ofîrent pas toujours une garantie de sécurité absolue, et surtout leur serrage ne peut être effectué d’une manière parfaite puisqu’on est souvent obligé tle faire revenir l’écrou en arrière pour mettre en correspondance les ouvertures à travers lesquelles doit passer la goupille.
- On a proposé de très nombreux systèmes d’écrous dits indesserrables; il y a sur cette question plusieurs centaines de brevets.
- Il ne faut pas seulement qu’un écrou soit réellement indes-serrable, il faut qu’il puisse être facilement serré au moment du montage, et aussi facilement desserré lors d’un démontage.
- A ce point de vue, il est intéressant d’indiquer un système récent et qui paraît bien posséder ces qualités.
- Ce dispositif comporte un double écrou fendu d’un diamètre un peu inférieur à celui du pas de vis; ainsi l’écrou par son élasticité se referme normalement de lui-même, et ses flancs pressent sur les flancs de la vis ajoutant à l’adhérence une force de serrage (fig. 7).
- Pour un écrou donné, cette force ne dépend que de l’écrou, et le jeu, plus ou moins important suivant que la vis est plus ou moins voisine du diamètre normal, n’a aucune influence sur ce phénomène.
- Ainsi, la vis peut être d’un diamètre nettement inférieur au diamètre normal sans que l’efficacité du procédé soit diminuée.
- Ce qui constitue l’originalité du système, c’est le procédé qui permet d’assurer le montage et le démontage du contre-écrou de la manière la plus simple.
- Ce contre-écrou comporte dans sa partie fendue une ouvei'-ture en forme générale de losange, de profil soigneusement déterminé, et dans laquelle s’adapte la came d’une clé qui permet aisément de le desserrer ou, au contraire, de laisser jouer son élasticité normale.
- Comme cette ouverture est située assez loin des filets de la vis, on ne risque nullement de les détériorer en se servant de la clé.
- Différentes sortes de tiges avec came ont été prévues, de manière à pouvoir démonter facilement les écrous placés dans toutes les positions.
- Le blocage sur la tige s’effectue d’une manière très sûre, mais le démontage s’effectue également avec la même facilité, même lorsque les parties assemblées à l’aide de ces boulons ont été soumises à l’action de la rouille, et cette particularité est extrêmement importante.
- UN SYSTÈME ANTI-RETOUR DE FLAMME
- La plupart des incendies des voitures sont dus soit à un retour de flammes, soit à un court-circuit.
- Voici quelque indications sur un système antiretour, simple, fonctionnant automatiquement, ne nécessitant aucun entretien et qui semble présenter toute sécurité.
- Fig. 7. — L’écrou indesserrable Colas.
- Comment l’écrou est monté sur le pas de vis (F : force de serrage).
- Cet appareil se place entre le carburateur et le moteur sur la tubulure d’admission.
- Son rôle consiste à isoler le carburateur à chaque retour de flammes.
- Sous l’influence de la dépression produite par l’aspiration du moteur, le pointeau a est soulagé automatiquement, et permet le passage du mélange carburant (fig. 8).
- Au contraire, dans le cas d’un retour, la contre-pression agit sur la face supérieure de la tige du pointeau et applique celui-ci sur son siège b.
- De cette manière, le carburateur est complètement isolé; d’autre part la flamme dirigée par le conduit c est détruite par un tamis d et les gaz sont évacués dans l’atmosphère par la soupape e.
- L’appareil peut être disposé facilement dans une position quelconque.
- Dans le cas d’un carburateur horizontal, il est simplement nécessaire d’orienter vers le bas la soupape d’évacuation.
- L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Empire OU Company, 6, rue de Lisbonne, Paris.
- Pédale d’accélérateur, Établissements A. Dupré et C. Perrin, 15, rue Louis-Blanc, Levallois-Perret (Seine).
- Etablissements Kirby-Smith, 73, rue Laugier, Paris.
- Miroir Panoram, Établissements Velox, 65, rue de Paris, Bagnolet (Seine).
- Ecrou indesserrable Colas, 204, route de Saint-Leu, Montmorency.
- Pare-flammes Gidor, 86, rue Périer, Montrouge (Seine).
- Fig. 8. — Aspect général et coupe du pare-flammes Gidor.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Les étoiles dans leurs courses, par sir James Jeans. Traduit de l’anglais par A. Sallin. 1 vol. 205 p., 46 pl. hors texte et 2 cartes du ciel. Hennann et Cie, Paris, 1931. Prix : 35 fr.
- L’astronome anglais Jeans sait, à l’exemple de son émule Edding-ton, joindre à son autorité reconnue de théoricien, le plus brillant talent d’écrivain et de vulgarisateur. Le nouveau volume dont une excellente traduction française nous est offerte est du caractère le plus élémentaire et ne suppose au lecteur que le minimum de connaissances préalables : c’est un recueil de conférences primitivement destinées à la radiodiffusion. Dans un style simple, mais imagé, avec une remarquable clarté d’exposition, l’auteur nous fait faire un merveilleux voyage à travers les profondeurs de l’espace. On ne peut rêver un guide plus sûr et plus précis pour nous faire comprendre ce que les investigations modernes ont ajouté à nos connaissances de l’univers.
- Les principes physiques de la théorie des quanta,
- par W. I-Ieisenberg. Traduit de l’allemand par B. Champion et E. Hochard. 1 vol., 126 p. Gauthier-Villars, Paris, 1931. Prix : 40 fr.
- Le nom du savant théoricien allemand Heisenberg, créateur de la théorie des matrices, est attaché désormais aux relations dites d’incertitude qui, rejetant le principe de causalité hors de la physique, nous forcent à renoncer à quelques-unes des idées les plus fondamentales de la physique classique. Comme le dit Louis de Broglie, dans sa préface du présent ouvrage, personne aujourd’hui ne conteste l’importance de ces relations, soit qu’on les interprète comme la preuve d’une certaine indétermination réelle et foncière dès phénomènes naturels microscopiques, soit qu’on y voie seulement le signe de l’insuffisance de nos conceptions d’ondes et de corpuscules. C’est dans l’ouvrage dont nous avons ici une bonne traduction que Heisenberg, s’efforçant de dégager la signification physique de la mécanique nouvelle, en restant sur le terrain strictement expérimental, montre que les résultats de l’observation ne peuvent être interprétés qu’en faisant appel de façon simultanée aux notions d’ondes et de corpuscules, et que ces « deux conceptions presque contradictoires ne peuvent être employées en même temps que si l’on diminue leur précision primitive en les limitant pour ainsi dire l’une par l’autre ». L’intérêt philosophique de l’ouvrage ne le cède pas à son intérêt purement scientifique.
- Traité de chimie minérale, publié sous la direction de P. Pascal. Tome II (Soufre, Sélénium,' Tellure). 1 vol. 596 p., 120 fig. Masson et Cie, Paris, 1932. Prix : 120 fr.
- La publication du grand traité de chimie minérale de P. Pascal se poursuit rapidement. Le nouveau volume tient les promesses du premier; sur chaque corps étudié il présente, sous une forme claire, une documentation très complète et très maniable, mise à jour des travaux les plus récents. Le tome II est entièrement consacré à trois métalloïdes proches parents : le soufre, le sélénium et le tellure.
- M. Mondain Monval expose très complètement les propriétés physiques et chimiques du soufre et étudie ses composés hydrogénés et halogénés. MM. Germain et Conduché traitent des composés oxygénés et oxyhaiogénés du soufre; M. P. Pascal étudie les amides et imides dérivés du soufre. Le sélénium, le tellure et leurs composés sont étudiés par M. A. Damiens, et le volume se termine par une monographie de M. Paul Baud sur l’industrie de l’acide sulfurique. La documentation considérable, condensée dans cet ouvrage, rendra de précieux services aux savants, aux techniciens et aux industriels.
- Lehrbuch der Elektronen-Rôhren und ihren technischen Anwendung, von Dr H. Barkhausen (4e édition), 1 vol. 171 pages, 118 fig. S. Hirzel, Leipzig, 1931. Prix broché : 6 Marks.
- Le Dr Barkhausen, célèbre par d’importantes découvertes, notamment dans le domaine des ondes courtes, est non seulement un physicien distingué, mais aussi un remarquable professeur. Son traité des tubes électroniques, ouvrage didactique de premier ordre, en est la preuve. Il est impossible d’apporter dans l’exposé plus de clarté, de méthode et de précision; ce livre, de compréhension si aisée, est cependant fort complet et ne néglige aucun aspect de la question si complexe qu’il traite. La premier volume de la 4e édition, remis à jour pour tenir compte des progrès apportés dans les lampes à oxydes, traite d’une fa..on générale des phénomènes qui se déroulent dans les tubes électroniques.
- L’auteur analyse d’abord le mécanisme du passage du courant dans les tubes à deux électrodes : lois du mouvement des électrons dans un vide poussé, contrôle du vide, lois de l’émission thermionique; courants de saturation, charge d’espace, causes de perturbation, action des champs magnétiques. Il étudie ensuite dans le même esprit les tubes à grille : triodes, tétrodes et pentodes. Enfin, après avoir rappelé les principes de la représentation vectorielle des courants alternatifs, il donne une théorie générale des connexions, qui permet de présenter
- sous une forme systématique les propriétés des circuits électriques utilisés en radiotechnique.
- Ton film. (System Klangfihn-Tobis), herausgegeben l'ür die Klang-film G. m. b. H. von Dr F. Fischer und D'H. Lichte, 1 vol. XL 455 pages, 378 fig. S. Hirzel, Leipzig, 1931. Prix : 26 R.M.
- Le 111m parlant a donné naissance, en quelques années, à une puissante industrie. De nombreuses publications ont été consacrées à cetle invention: études historiques, ouvrages de vulgarisation, mémoires techniques sur des points spéciaux; mais jusqu’ici on ne peut citer aucun ouvrage technique d’ensemble, susceptible d’aider à la formation des ingénieurs et physiciens spécialisés, nécessaires en grand nombre à cet art difficile. Le traité de MM. Fischer et Lichte vient combler cette lacune; il a été écrit, sous leur direction, par de nombreux spécialistes, dans le but initial d’éclairer sur leur matériel tous les techniciens de la Société Klangfilm qui s’est acquis en Allemagne le monopole du film parlant en fusionnant les diverses sociétés primitivement en lutte; la fusion s’est poursuivie sur le terrain technique par la sélection des meilleurs dispositifs de chaque système. Dans l’étude des diverses parties du matériel ainsi établi, les auteurs s’attachent, avant tout, à décrire les phénomènes mis en jeu et û en dégager les lois théoriques. Leur travail, quoique consacré à un matériel particulier, a donc une portée générale. Il débute par de brèves considérations sur le principe des divers systèmes de lilms-parlants et aborde aussitôt l’étude des divers organes nécessaires dans le procédé Klangfilm : analyse approfondie de la cellule de Kerr, description de l’oscillographe à miroir, cellule photoélectrique, pick-up, étude physique du noircissement de la pellicule photographique, mécanisme et propriétés du microphone et du haut-parleur, étude de l’amplificateur, analyse des altérations introduites dans la reproduction des sons par la pellicule et par les divers autres organes. Vient ensuite la description détaillée des organes qui constituent l’appareil Klangfilm, puis l’étude des divers modèles de cet appareil; on décrit enfin les diverses opérations de la prise et du développement de film. L’ouvrage se termine par un bref, mais substantiel chapitre sur l’acoustique architecturale et par la description du studio de T U.F. A. à Neubabelsberg.
- Manuel de floriculture, par Ph. de Vilmorin. Nouvelle édition, 1 vol. in-16, de 418 p., 328 fig., J.-B. Baillière et fils, Paris, 1931. Prix : 20 fr.
- Après quelques chapitres consacrés aux principes généraux du jardinage, préparation du sol, matériel, semis, plantations, etc., l’auteur étudie, par ordre alphabétique, toutes les plantes susceptibles de contribuer â l’ornementation de nos jardins; chacune d’elles est accompagnée d’une description précise et d’indications sur sa culture et sa multiplication. Vient ensuite l’étude des plantes par culture, plantes annuelles et bisannuelles, plantes vivaces, plantes bulbeuses, plantes alpines, plantes aquatiques, plantes grasses, lin chapitre est consacré aux plantes par utilisation, plantes pour bordures, pour mosaïculture, plantes grimpantes, plantes à cultiver pour fleurs coupées, etc. A la fin de l’ouvrage, on trouvera une liste des principales espèces classées par couleurs, ainsi que d’après l’époque de leur floraison. De la sorte, l’amateur peut fixer immédiatement son choix, préparer ses semis et faire ses plantations en temps utile suivant l’effet qu’il se propose d’obtenir, comme aussi, suivant la saison où il veut que son jardin soit le mieux garni. Grâce aux listes par culture, il peut de même subordonner sa sélection au matériel et au temps dont il dispose.
- Les champignons parasites et les mucoses de T homme, par Paul ATjillemin. 1 vol. in-8, 292 p., 140 fig. Encyclopédie mvcologique. Lechevalier, Paris, 1931. Prix : 75 francs.
- On sait que certains champignons sont parasites de l’homme. Les médecins examinent leurs effets en cliniciens, les bactériologues cherchent leurs caractères de formes et de réactions chimiques, les botanistes s’essaient à les faire entrer dans les cadres de la systématique; ces divers modes d’études ne manquent pas de créer quelque confusion. L’auteur, professeur à la Faculté des Sciences de Nancy, fait ici un inventaire méthodique, d’abord des champignons parasites, puis des mycoses, classées d’après les rapports entre leurs effets et leurs agents. Cette étude d’ensemble éclaire l’étiologie et la pathogénie des maladies mycosiques. Comme tous les efforts à la frontière de deux disciplines, elle est fructueuse et ouvre de nouveaux horizons.
- La culture intellectuelle par soi-même, par A. v.
- Alferov, 1 vol. in-8, 92 p. Larousse, Paris, 1932.
- Pour guider la culture intellectuelle dés isolés, des curieux sans maîtres, l’auteur trace à grands traits le tableau des connaissances humaines, la classification et les buts des sciences, puis donne des conseils sur la manière de s’instruire soi-même et termine par une bibliographie des livres français qu’il juge les -meilleurs et dont il recommande la lecture.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE
- Le général Ferrié (1868=1932).
- La mort du général Ferrié inflige une grande perte à la science et à Vannée françaises.
- Nous ne pouvons mieux faire que de reproduire ici des extraits de l’éloquent éloge prononcé à VAcadémie des Sciences par M. le général Bourgeois.
- L’œuvre de toute la vie de Ferrié se rapporte à la télégraphie sans iil. A sa sortie de l’Ecole Polytechnique en 1889, il choisissait l’arme du Génie et, presque dès le début de sa carrière, était alîecté au dépôt central de la télégraphie militaire. Là, il est pris immédiatement par l’immense intérêt qui s’attache dès 1898 aux phénomènes de propagation des ondes et il en étudie les applications militaires.
- Au début de 1899, il assistait aux expériences sensationnelles laites par Marconi entre la France et l’Angleterre. Notre confrère, M. de Freycinet, alors ministre de la Guerre, très intéressé lui aussi par les résultats , demanda au capitaine Ferrié s’il serait possible de réaliser en France des applications pour l’armée du nouveau moyen de communication dont l’organe principal, le cohéreur, était dû à notre confrère, M. Branly.
- Ferrié se mit à l’œuvre, et comme il le dit, sa carrière technique et scientifique fut de ce moment définitivement fixée.
- Mais comme doit le faire et comme le fait tout véritable esprit scientifique, il procède par étapes. Dans une première période, il entreprend des recherches dans le but de concevoir les phénomènes et de réaliser les appareils. Dès le début, il apporte, par la découverte et la création d’un type spécial de détecteur, un progrès des plus importants à la réception des signaux de télégraphie sans fil en permettant leur lecture à
- l’oreille par le son. Il réalise en même temps au cours d’une campagne coloniale marocaine, puis à la Martinique, après la catastrophe du Mont Pelé, les premières applications de ses découvertes et commence en 1903, l’installation à la Tour Eiffel d’un poste puissant qui rendra par la suite tant de services.
- A partir de 1909, Ferrié estime la technique suffisamment avancée et entreprend un large développement des applications de la télégraphie sans fil. C’est à cette époque que se rapportent l’emploi des appareils à bord des dirigeables et des avions militaires, et l’application de la télégraphie sans fil au problème de l’envoi de l’heure du méridien initial à tous les postes de réception que peut toucher la Tour Eiffel, en liaison avec l’Observatoire de Paris. Réalisation d’une portée immense qui assure aux navires la détermination précise de leurs positions à la mer et révolutionne la détermination des différences de longitudes. Ces résultats mettent
- le général ferrié (ph. J. Boyer).
- la France au premier rang pour le problème de la distribution de l’heure; Paris est choisi comme siège du Bureau international de l’Heure.
- Il établit en même temps une méthode de comparaison de deux horloges placées en deux points différents de la Terre, au moyen de signaux de T. S. F. rythmés, perçus à l’oreille en même temps que les battements d’une horloge auxiliaire et constituant ainsi une sorte de vernier acoustique. Cette méthode devenue classique qui permettait d’atteindre dans la comparaison des deux horloges la précision du centième de seconde fut employée immédiatement dans la détermination d’un grand nombre de différences de longitudes et en particulier de celle de Washington-Paris en 1913.
- Arrive 1914, la guerre. Ici, ce que l’on peut appeler la chance française trouve à la tête des services de la télégraphie
- militaire l’homme le plus compétent qui soit, celui qui à une science profonde joint une énergie peu commune et un incomparable esprit réalisateur. Immédiatement il semetà l’œuvre. Collaborateur en août et septembre 1914, du général Hirs-chauer, commandant le Génie du camp retranché de Paris, il organise militairement la Tour Eiffel, met à l’abri des bombardements aériens le poste du sous-sol, crée, pour parer à tout accident un second poste au Tro-cadéro, dont les machines et les appareils sont placés dans le métropolitain alors en construction, et relie ce poste de secours au poste principal de la Tour par des câbles à travers la Seine. Enfin il prend les dispositions nécessaires pour que les groupes d’émission puissent être actionnés à volonté par le courant de la Ville, par celui du métro ou par les machines de secours. Les travaux commencés le 2 septembre sont terminés le 7, c’est un des plus beaux tours de force que l’on ait réalisé au cours de la guerre.
- Il serait trop long d’énumérer toute l’ampleur des recherches, des découvertes, des réalisations faites par le général Ferrié et les savants collaborateurs qu’il avait réunis autour de lui, dont le continuel dévouement ne lui a jamais fait défaut. Bornons-nous à citer les créations et les mises en œuvre principales : l’emploi intensif de la T. S. F. par étincelles à bord cl’avions; la création d’amplificateurs d’extrême sensibilité pour haute et basse fréquence; celle de postes émetteurs avec lampes à trois électrodes, à terré et à bord d’avions, permettant d’obtenir la télégraphie et la téléphonie sans fil; les radiogoniomètres à un seul cadre mobile suivant les procédés de notre confrère Blondel; la télégraphie par le sol, enfin et surtout ces postes d’écoute qui nous permirent de capter les messages téléphoniques ennemis, en particulier les ordres de Von Kluck prescrivant la retraite lors de la bataille de la Marne, qui furent saisis par le poste d’écoute de la Tour.
- La nécessité de maintenir des communications sûres avec
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- nos alliés conduisit par la suite Ferrié à renforcer autant qu’il était possible le poste de la Tour Eiffel et à créer un autre poste très puissant à Lyon, qui en 1918 était au moins équivalent à n’importe quel poste existant au monde et fut surtout employé à assurer nos communications avec les Etats-Unis. Après l’entrée en guerre de l’Amérique, il fut jugé utile de renforcer encore nos communications avec notre nouvel associé. Ferrié entreprit l’installation d’un poste nouveau à la Croix d’Hins près de Bordeaux. Ce poste, qui a reçu le nom de « poste La Fayette » et qui est le plus puissant du monde, n’était pas entièrement terminé lors de l’armistice, mais il reste à la France, à 1 ’Administration des Postes et Télégraphes.
- On peut dire de l’œuvre de Ferrié au cours de la guerre que, dès le début et pendant toute la durée des hostilités, la France fut toujours, en télégraphie et téléphonie militaires, d’une incontestable supériorité. Nos alliés nous suivirent; quant à nos ennemis, malgré leur puissante organisation technique, ils furent toujours considérablement en retard. L’armée française a été ainsi toujours la première, grâce à Ferrié, qui se montra alors, non seulement un grand chef auquel doit aller la reconnaissance du pays, mais un des meilleurs artisans de la victoire finale.
- Après la guerre, Ferrié réussit à conserver la cohésion entre les spécialistes dont l’union avait donné de si bons résultats, il fut l’âme du projet de la grande opération internationale de différences de longitudes mondiales, actuellement en cours d’exécution sous les auspices du Bureau des Longitudes.
- Il collaborait aussi actuellement avec nos confrères Maurain et Charcot, avec toute sa compétence et toute son ardeur, à la réalisation de l’expédition scientifique que l’on a appelée l’année polaire, expédition qui doit fournir au point de vue de la physique du globe des résultats de tout premier ordre...
- Tant de services rendus avec un dévouement .sans limites, devaient avoir leur consécration scientifique. Dès 1911, le Bureau des Longitudes l’appelait auprès de lui. En 1921, J’Institut lui décernait le prix Osiris, et en 1922 il devenait notre confrère, succédant, dans la Section de Géographie et Navigation, à Alfred Grandidier.
- A l’étranger, les mérites scientifiques de Ferrié avaient peut-être encore plus de retentissement que dans notre pays, et sa place se marquait au premier rang dans les unions et comités scientifiques internationaux. Il était successivement nommé président de la Commission internationale des Longitudes par T. S. F., membre de la Commission internationale de l’Heure, président de l’Union internationale de Radiotélégraphie scientifique, et tout récemment, quand le Conseil international de Recherches modifia ses statuts en 1931 et procéda à l’élection d’un nouveau Bureau, ce fut Ferrié qui, d’acclamation, fut nommé premier vice-président de la nouvelle organisation. Toutes les sociétés scientifiques françaises de géodésie, d’astronomie, de radiotélégraphie, d’électricité, le comptaient comme président ou membre de leur Conseil. Il n’était de par le monde un congrès intéressant ces Sciences auquel il ne participât avec une autorité devant laquelle tout le monde s’inclinait. Si l’on ajoute à cela toutes les inspections que lui imposaient ses fonctions d’inspecteur général des services de télégraphie militaire et des troupes et services de transmissions, en France, en Algérie, au Maroc, au Levant, on reste confondu devant une telle accumulation de travaux et devant une telle infatigable activité. Au moment même où il entrait au Val-de-Grâce, il était sur le point de partir pour la Syi’ie.
- Tel était celui auquel la Science doit tant de services. Mais à côté du savant il y avait l’homme. Trouver un confrère
- et un ami plus sûr, un collaborateur plus accueillant, un maître ou un chef plus bienveillant, est impossible. Sa haute compétence scientifique, qui le plaçait au premier rang, était chez lui comme cachée sous une affabilité et une modestie qui faisaient l’admiration de tous ceux qui le connaissaient. Qui l’a approché l’a aimé. Mais ce que l’on ne saurait assez dire, c’est le complet désintéressement dont il faisait preuve. S’il l’avait voulu, il aurait pu, et combien de fois, accepter des offres de situations considérables. Toujours il a répondu : « Soldat je suis, soldat je reste ». Pour lui le mot Servir conservait sa plus belle et sa plus haute conception : travailler jusqu’à l’extrême limite de ses forces, se dévouer toujours, n’avoir qu’une pensée, son Pays.
- ZOOLOGIE
- Les derniers bisons d’Europe.
- La Nature a souvent entretenu ses lecteurs du bison d’Europe. De cette espèce qui peuplait autrefois les forêts d’Europe, il ne subsiste plus que quelques rares individus, en Allemagne, en Pologne, en Russie et en Angleterre. La guerre, qui a exercé ses ravages dans la région de Pologne où existaient encore des troupeaux en liberté assez nombreux, a porté un coup terrible au bison.
- Toutefois, aujourd’hui, on se préoccupe à nouveau de sauver l’espèce de la disparition totale, en ménageant comme en Amérique des espaces où l’animal puisse trouver sa nourriture et prospérer en paix.
- Une société internationale pour la préservation du bison d’Europe s’est fondée. La Société zoologique de New-York a délégué l’été dernier en Europe le Dr Reid. Blair, directeur du Parc zoologique à New-York, pour étudier les conditions dans lesquelles elle pourrait apporter son aide à la Société internationale.
- Le Dr Blair a visité les régions d’Europe (Russie exceptée), où le bison subsiste encore.
- Voici le résumé de ses observations.
- En Pologne, le gouvernement fait des préparatifs pour rétablir l’espèce dans la célèbre forêt de Bialawieska, qui s’étend sur plus de 100 000 hectares.
- Tous les bisons des jardins zoologiques en Pologne ont été envoyés dans la forêt où des abris et des postes de ravitaillement ont été aménagés à leur intention dans un enclos de 3000 hectares.
- Une surveillance sévère a été organisée contre les braconniers.
- Dans son parc de 10 000 hectares, situé dans le Sud-Ouest de la Pologne, le prince de Pless possède encore un troupeau de bisons à l’état sauvage. En hiver, par les temps de neige, on les ravitaille de fourrages en certains points; mais le reste du temps ils rôdent dans les profondeurs de la forêt et il est difficile de les apercevoir.
- En Allemagne, les derniers bisons, au nombre de 10, sont la propriété du comte Arnim-Boitzenburg et vivent dans un parc à 120 kilomètres au Nord de Berlin.
- En Angleterre, le duc de Bedford possède le plus beau troupeau de bisons pur sang qui existe aujourd’hui, il se compose de 27 animaux et grâce aux mesures judicieuses du propriétaire, il est actuellement en bonne voie d’accroissement. Le Dr Blair est convaincu qu’il reste en Allemagne, Pologne et Angleterre assez de bisons pur sang pour maintenir la race du bison d’Europe.
- La Société zoologique de New-York prêtera son concours financier à la Société internationale pour la préservation des bisons d’Europe en vue de lui faciliter son œuvre.
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- eeiief 1 =: = petites inventions
- OBJETS UTILES
- Comment est fait votre stylographe.
- Chaque époque est caraelérisée par un objet ou un bibelot familier : notre époque est sans contredit celle du stylographe.
- Il n’est personne qui n’emploie et n’ait sur soi ce porte-plume réservoir si commode et si pratique.
- Si chacun possède un « stylo », rares sont ceux qui en connaissent l’anatomie délicate et le fonctionnement. On ignore généralement les trésors d’ingéniosité dépensés pour perfectionner sans cesse ce minuscule serviteur de la pensée. Un coup d’œil rapide sur cette question ne sera donc pas sans utilité. Pour la clarté de l'exposé, nous divisons les stylographes en quatre catégories : la plus ancienne à laquelle nous donnerons le nom sous lequel elle est connue commercialement, celle du modèle « régulier »; puis les appareils à plume rentrante, les appareils à remplissage automatique, et enfin une catégorie toute récente, celle des appareils à grande capacité, représentée jusqu’ici par un seul modèle, un nouveau venu qui marque un progrès considérable dans la technique du « stylo ».
- ll> Type régulier. - C’est la première forme sous laquelle le stylo lit son apparition, voici un demi-siècle.
- C’est (lig. 1) simplement un tube fermé à l’extrémité supérieure, et dont l’extrémité inferieure est munie d’un bouchon vissé permettant le remplissage à l’aide d’un compte-gouttes.
- Ca plume se place dans le bouchon. L’arrivée de l’encre sur la plume s’effectue par un moyen qui peut paraître très primitif : une simple rainure A creusée dans la pièce B qui supporte la plume est le canal d’amenée du liquide; elle sert également au passage en sens inverse de l’air qui, obligatoirement, doit aller prendre dans le réservoir la place de l’encre écoulée.
- On conçoit aisément que ce conduit doit être large pour que l’air puisse y pénétrer; obligation qui comporte quelques inconvénients assez sérieux, le conduit est en effet trop large pour l’encre; les forces capillaires ne sont pas suffisantes dans ces conditions pour freiner l’encre à son passage, et lui permettre de soutenir sans dommage une pesante colonne d’encre, ou d’éviter que des secousses imprimées au stylo ne produisent des taches. Il arrive même qu’elles ne puissent s’opposer à des sorties d’encre provoquées par le jeu des dilatations et contractions alternatives lorsque le stylo est soumis à de sensibles alternances de températures, il y a alors des surprises parfois désagréables.
- Pour les réservoirs de faible capacité, ce système fonctionne fort bien quand la plume est très bien ajustée sur son conduit. Mais on ne peut, sans nuire à la sécurité du fonctionnement, augmenter les dimensions du réservoir, et il faut donc se résigner à de fréquents remplissages, peu commodes en raison de la disposition de l’appareil.
- En outre, toutes les parties étant immobiles, lorsque l’instrument reste quelque temps au repos, l’encre se dessèche au voisinage de la plume et l’orifice de son conduit d’amenée se trouve obstrué.
- 2° Appareils à plume rentrante. — Us ont été imaginés pour remédier aux défauts d’étanchéité et de fonctionnement reprochés au type « régulier ». Gomme lui, ils se remplissent à l’aide d’un compte-gouttes. Mais au lieu de dévisser le bouchon qui supporte la plume, on fait rentrer celle-ci à l’intérieur du réservoir, manœuvre qui découvre l’entrée de celui-ci et en permet le remplissage au compte-gouttes. L’opération reste assez longue et quelque peu fastidieuse, comme dans le cas précédent. Quand l’appareil est au repos, la plume se trouve enfermée à l’intérieur du réservoir; elle baigne alors dans
- 1 encre; elle en sortira toujours humide et prête à écrire, quelle que soit la durée d’inactivité du stylo.
- En service, l’amenée de l’encre à la plume se fait suivant le même principe que dans le cas précédent : la plume est montée sur un conduit comportant une rainure unique servant à la fois à la descente de l’encre et à la montée de l’air.
- Il faut donc, comme précédemment, que le réservoir reste de faible capacité.
- La figure 2 représente le mécanisme de cette catégorie : la plume est fixée à l’extrémité d’une tige munie d’une goupille et coulissant à l’intérieur d’une pièce cylindrique munie de deux ajours hélicoïdaux et appelée « spirale ». Le tout est enfermé dans le réservoir : la pièce « spirale » est prolongée par une tige qui sort du réservoir à travers un liège formant pièce d’étanchéité; sur cefte tige est claveté le bouton qui sert à faire tourner dans un sens ou dans l’autre la pièce spirale et par suite, par l’intermédiaire de la goupille, fait monter ou descendre la plume.
- L’étanchéité des appareils à plume rentrante est excellente, à condition bien entendu que le bouchon soit bien vissé une fois la plume rentrée; aussi peut-on les porter sans précaution dans toutes les positions. Toutefois, l’obligation de recourir au compte-gouttes pour le remplissage est une sujétion parfois incommode.
- 3° Appareils à remplissage automatique. — Pour les personnes qui écrivent beaucoup, le remplissage au compte-gouttes est une opération qui, lorsqu’elle est fréquemment répétée, paraît longue et fastidieuse.
- A l’usage de ces personnes pressées, on a imaginé le porte-plume à remplissage automatique qui réduit cette besogne à un geste rapide.
- Le principe est celui de la pipette : le réservoir d’encre est formé par un. sachet de caoutchouc; quand il est vide, on plonge le porte-plume dans l’encrier jusqu’à hauteur du conduit d’amenée; on écrase le sachet à l’aide d’un levier latéral ou d’un bouton axial, ce qui expulse l’air qu’il contient; puis on fait cesser cette pres-
- Fig. 2. — Mécanisme intérieur de la catégorie « plume rentrante », position de la plume rentrée (remplissage au comple-goutles).
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- Fig. 3. — Coupe d’un stylo à remplissage automatique et schéma des mécanismes de remplissage par levier ou par bouton à vis.
- sion; l’encre de l’encrier, poussée par la pression atmosphérique, remonte et remplit rapidement le sachet.
- Pour le sur -plus , l’appareil appartient au type régulier dont il a les avantages et les inconvénients ; comme lui, et pour la même raison, il ne peut être que de capacité réduite. Et même, c o m m e o n n e peut jamais expulser l’air complètement ni par l’un ni par l’autre des systèmes employés (11g. 3), la capacité est encore plus faible que celle d’un porte-plume « régulier » de même encombrement.
- Enfin, le caoutchouc du sachet finit toujours par perdre sa souplesse, et, au bout de quelques années de service, le remplacement s’en impose; opération qui exige toujours le démontage du stylo et le recours au spécialiste.
- 4° Le type. « à grande capacité ». — L’idée du porte-plume réservoir est très ancienne; on la retrouve dans les vieux écritoires des temps passés. La Nature a déjà signalé de véritables ancêtres du stylographe remontant à quelques siècles; mais c’est des États-Unis que l’idée nous est revenue sous la forme pratique aujourd’hui universellement répandue.
- Le nouveau type que nous allons décrire et qui représente un très grand progrès dans cette catégorie d’instruments est,
- par contre, de source française. Son inventeur, M. Yves Zuber, est parti de cette idée que la capacité limitée des stylographes usuels, commandée par leur principe même, était le principal défaut à leur reprocher.
- L’écrivain, l’homme d’affaires, le voyageur, n’ont-ils pas besoin d’un outil constamment prêt au service ?
- Partant de là, l’inventeur a été amené à établir l’appareil sur des données toutes différentes, qui se trouvent, dans la réalisation, offrir par surcroît, un certain nombre d’avantages du plus haut intérêt qui n’avaient pas été recherchés a priori.
- L’idée fondamentale est de séparer la circulation de l’air de celle de l’encre, en assurant à chacune
- Fig. 4. — Schéma du dispositif d’amenêe d’encre et de remontée d’air dans le stylographe « Stylomine » à grande capacité.
- d’elles un canal spécial. L’encre arrive à la plume par une fente étroite (lig. 4), si étroite que l’air ne peut y passer.
- L’air de remplacement traverse (comme dans les autres systèmes) le trou de la plume, sous lequel débouche un tube central de section relativement grande, et qui aboutit au haut du réservoir d’encre. L’air s’engage en chapelets de bulles, dans ce tube.
- Lorsqu’on a consommé, en écrivant, une certaine quantité d’encre, la différence entre la pression atmosphérique et la pression régnant à l’intérieur du réservoir devient suffisante pour que l’air atmosphérique crève la pellicule d’encre qui obstrue le trou de la plume et une nouvelle bulle d’air pénètre à l’intérieur du tube central.
- La figure 5 représente, agrandie, la forme de cette pellicule liquide tendue entre lé trou de la plume et l’orifice du tube, pellicule biconcave, puisqu’il s’agit d’un liquide mouillant les parois qui lui sont offertes.
- On voit ainsi que l’air de remplacement pénètre dans le réservoir, toujours également freiné par le frottement d’un chapelet visqueux à l’intérieur du tube central, et cela, quelle que soit la quantité d’encre restant dans le réservoir. D’autre part, la fente très étroite spécialement affectée à la descente de l’encre exerce également sur celle-ci un freinage énergique et s’oppose à tout mouvement dû à une autre cause que les attractions capillaires. On ]3eut donc emmagasiner dans le réservoir de grandes quantités d’encre et le freinage constant des entrées d’air assure la régularité du débit que la capillarité maintient toujours proportionnel à la consommation.
- Ce dispositif de débit par capillarité exige que les orifices ne soient jamais obstrués par de l’encre desséchée; ce qui rend indispensable le recours au dispositif de la plume rentrante. Et l’on ajoute ainsi, à l’avantage de la grande capacité, de 4 à 8 fois supérieure à celle des stylos usuels des autres systèmes, ceux qui caractérisent la plume rentrante : étanchéité parfaite, plume toujours humide et prête à écrire.
- Quant au remplissage, à la différence des stylos usuels à plume rentrante, il peut dans le nouveau système, s’effectuer automatiquement et l’inventeur s’est empressé de profiter de cet avantage.
- Un pulsateur, sorte de petite poire en caoutchouc très épais, est placé sur l’extrémité du stylographe opposée à la plume.
- Cette poire sert à expulser de l’air par le tube central et à faire entrer à chaque pulsation autant d’encre dans le porte-plume qu’il était sorti d’air. En 6 ou 7 pulsations le réservoir est entièrement rempli. On s’aperçoit qu’il en est bien ainsi, lorsque la pulsation ne chasse plus d’air dans l’encrier par le trou de la plume.
- Notons que ce pulsateur, placé sous un capuchon démontable, est, de par sa fonction même, toujours accessible, et que son remplacement en cas d’avarie, est des plus aisés et ne représente qu’une dépense insignifiante après de nombreuses années d’usage.
- Le nouveau dispositif permet donc de réunir en un même appareil les avantages individuels, autrefois incompatibles, des trois anciens types de porte-plumes, et d’y joindre de nouveaux avantages fort appréciables.
- Plume
- Trou de la plume
- m
- Pellicule d'encre
- Fig. 5. — Vue agrandie de la pellicule d’encre formée sur la plume au débouché du tube de remontée d’air dans le stylographe « Stylomine ».
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- Ce nouveau stylo, qui est construit par les Etablissements « Stylomine », n’exige de remplissage que tous les mois, par exemple, là où un ancien stylo réclamait un ravitaillement tous les trois jours.
- De plus, le système de remplissage par pulsateur permet, en prenant une seule pulsation d’eau dans l’appareil épuisé, de dissoudre les dépôts d’encre qui tapissent les parois d’é-bonite du réservoir et d’écrire avec cette dose improvisée plus de 50 pages sans recourir à l’encrier.
- On peut donc’ dire que cet appareil est à l’abri de toute panne, qu’il Fig. 6. — Mécanisme de remplissage du slylo- se rit même des graphe « Stylomine » au moyen d’un pulsaleur. oublis et des négli-
- I. Une pression sur le pulsateur expulse d’abord une infime quantité d’encre représentant le bouchon liquide qui obture le tube central, puis un volume d’air égal à celui du pulsateur.
- II. Quand on lâche le pulsateur, la succion produite provoque la rentrée dans le réservoir d’un volume d’encre égal au volume d’air précédemment sorti.
- Au moment de mettre sous presse, nous apprenons que l’inconvénient d’une manœuvre (cependant bien simple) qui caractérisait jusqu’ici
- les stylos à plume rentrante vient d’être supprimé. Le « 303 B », le plus récent modèle de ce type, comporte en effet une plume qu’un ressort puissant pousse en dehors du stylo dès qu’on dévisse le chapeau. Lorsqu’on le revisse, on fait rentrer automatiquement la plume dans le réservoir.
- Constructeur : Établissements Stylomine, en vente dans tous les magasins.
- Gomme rotative.
- C’est une gomme dont le fonctionnement est basé sur le principe du drill, que l’on emploie quelquefois pour percer de petits trous.
- Le bâtonnet de gomme est fixé à l’extrémité d’une sorte de mandrin monté sur une tige portant une rainure hélicoïdale et susceptible de -tourner.
- Fig. 7. — Gomme rolalive.
- .......... .................... = 287 =====
- Le manche forme l’écrou mobile pour la tige-vis, en lui donnant un mouvement de va-et-vient, on communique un mouvement de rotation rapide à la gomme. Ce petit appareil est particulièrement utile pour la machine à écrire; il permet d’effacer directement sur une feuille placée sur le rouleau de la machine, sans avoir à déplacer le chariot, en tapotant seulement la lettre à supprimer. Inutile de recourir aux caches, les carbones placés sous les doubles ne saliront pas à l’endroit attaqué. Le mouvement de rotation de la gomme empêche les feuilles de se froisser- D’autre part l’efficacité de la matière plastique de composition nouvelle dont la gomme est formée est telle que le papier ne peut être percé, Cette gomme efface n’importe quelle trace d’encre: encre de Chine et même d’imprimerie.
- Eu vente chez Asselineau, 179, boulevard Saint-Germain, Paris.
- Échelle pliante à pied arrière.
- Ce nouveau système d’échelle présente une combinaison ingénieuse de montants avec, un pied tous trois articulés à leur partie supérieure, tandis que les échelons sont articulés à leur tour sur des coulisseaux qui se déplacent, à l’intérieur des montants, dans des glissières aménagées.
- Ils se couchent donc et se logent dans l’épaisseur des montants.
- L’échelle est constituée de deux montants en bois dur verni, dont la section est en forme d’U.
- Sur les branches de chaque U on fixe des feuillards en acier qui forment glissières et qui retiennent des coulisseaux en fer à U logés à l’intérieur des montants.
- Les coulisseaux ont une longueur moindre que celle des montants, mais un peu plus grande que la distance qui sépare l’échelon inférieur de l’échelon supérieur.
- L’un des coulisseaux est d’une seule pièce; il est percé de trous permettant de fixer les échelons au moyen de rivets fraisés.
- L’autre coulisseau est en plusieurs tronçons qui reçoivent chacun un échelon à leur partie inférieure.
- Chaque tronçon est réuni au voisin par un ressort de rappel, de sorte que les tronçons peuvent s’écarter les uns des autres quand on replie l’échelle, et ils se touchent quand l’échelle est dépliée.
- Des tirants articulés en feuillards épais s’articulent sur les montants et sur le pied, permettant de bloquer l’échelle en position ouverte.
- Le fonctionnement est particulièrement simple et pratique, et, une fois l’échelle repliée, elle n’est pas plus encombrante qu’une pièce de bois d’un seul morceau, comportant l’assemblage des deux montants et du pied arrière parfaitement accolés les uns contre les autres.
- i Une échelle de ces dimensions, ayant 2 mètres de longueur de montants, lorsqu’elle est repliée, ne pèse seulement que
- 11 kg.
- C’est donc un appareil facile à déplacer, à emporter même sur une bicyclette.
- Fermée
- Ouverte
- Fig. 8. — Échelle pliante à pied arrière.
- Constructeur : L’Escabolette, 31, rue du Petit-Musc, Paris.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Hygromètre d’amateur.
- A propos de l’article paru dans le numéro du 1er février 1932, M. A. D. de Beaumont nous écrit :
- « Vous avez indiqué un hygromètre-baromètre très intéressant à construire avec de la cellophane.
- « Voici plus simple encore : un grain d’avoine débarrassé de sa balle mais auquel on conserve la barbe sèche qui termine le grain et reliée avec lui par une sorte d’hélice.
- « On place cette graine dans un trou ad lioc pratiqué dans un morceau de bois dur sec (les bois tendres sont trop hygrométriques) et on a un hygromètre très présentable au moins pour intéresser les enfants.
- « Suivant le degré d’humidité de l’air, le stylet qui termine le grain
- se tord sur son hélice dans un sens ou dans l’autre et constitue comme une aiguille indicatrice.
- « Graduation à la volonté du possesseur. Mais ne pas observer l’appareil (si j’ose dire) à la lueur d’une lampe, la chaleur dégagée par cette dernière faisant tout de suite se tordre le stylet. »
- Le problème de la volière.
- Reçu, depuis la mise sous presse de notre dernier numéro, des solutions exactes de Mme Lemoine, à Charlevitle ; M. Lemoine, à Louis-Gentil (Maroc) ; P. David, aux Ternes; Meyer de Stadelhofen, à Fribourg; Toyon, à Paiis; Em. Ivaram, à Addis-Abeba (Ethiopie), Durand à Nandax, lï. Piatnitzky à Suo-Paulo.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Construction d’un poste à changement de fréquence.
- Il est, en effet, possible d’établir avec succès un poste à changement de fréquence comportant le changement de fréquence réalisé par lampe bigrille à chauffage indirect, ou par deux lampes dont l’une modulatrice et l’autre oscillatrice, une lampe moyenne fréquence à pente variable, un transformateur passe-bande, une détectrice et une basse Jréquence de puissance.
- A notre avis pourtant, la construction d’un tel appareil qui comporte, en réalité, un nombre de lampes assez réduit, n’offre surtout, d’intérêt qu’à condition d’employer des étages dont le rendement est excellent, car, vous le savez, il est surtout intéressant avec le système à changement de fréquence de pouvoir réaliser facilement une amidification puissante des ondes intermédiaires, et dans les meilleures conditions de stabilité.
- Les modèles de lampes à pente variable sont sans doute très intéressants parce qu’ils permettent de régler à volonté, pour ainsi dire, la sélectivité et même la sensibilité du poste, mais leur pente n’est, pourtant pas aussi accentuée que celle des modèles de tubes récents à pente élevée. D’autre part, la détection de puissance par lampe à écran est également très intéressante, mais surtout lorsqu’il s’agit d’obtenir la détection de courants de forte tension obtenus à l’aide de plusieurs étages d’amplification haute fréquence ou moyenne fréquence.
- Dans ces conditions, nous pensons que le poste-type à changement de fréquence à un seul étage moyenne fréquence pourrait à l’heure actuelle être constitué à l’aide du système changeur de fréquence, d’une lampe à écran à chauffage indirect à forte pente, d’une détectrice à chauffage indirect également à forte pente, et enfin d’une lampe de puissance. On obtiendrait ainsi la sensibilité la plus accentuée.
- La solution que vous indiquez est parfaitement rationnelle. Elle permet sans doute d’obtenir la plus grande sélectivité et la fidélité d’audition la plus élevée, mais nous voulons vous signaler qu’elle ne constituerait pas la meilleure solution quant à la sélectivité, d’autant plus qu’à la suite de votre détectrice à écran, vous êtes obligé d’üti-liser une liaison à résistance-capacité.
- Ne croyez pas que votre région présente des particularités au point de vue des effets de fading pour les transmissions par ondes courtes. Ceux-ci se font sentir partout et sont dus peut-être à des conditions locales, mais essentiellement aux différentes fréquences utilisées par l’émission.
- On a proposé un assez grand nombre de systèmes anti-lading, qui se montent sut le poste-récepteur, et maintiennent constamment 1 audition à une valeur moyenne à peu près stable. 11 est bien évident que ces systèmes anti-fading possèdent seulement la propriété d’abaisser la valeur de l’amplification, lorsque l’audition tend à devenir plus forte, et n’ont pas le pouvoir d’augmenter le champ produit par les ondes reçues lorsque son intensité diminue. Pour obtenir des effets convenables avec un dispositif anti-fading, surtout s’il s’agit de réceptions sur cadre, il faut utiliser un poste sensible qui produira une amplification encore suffisante, même dans les moments où la réception est la plus faible.
- 11 est donc indispensable d’avoir un appareil assez sensible, cl si vous voulez utiliser un cadre et non une antenne bien établie, il ne semble donc pas que le montage que vous préconisez soit assez sensible pour obtenir ce résultat.
- Ouant au système anti-fading à employer, vous pouvez utiliser par exemple le procédé de M, Lucien Chrétien. Vous pouvez vous adresser à ce sujet directement à son auteur, ou consulter les articles qu'il a l'ait paraître dans le journal Le Micro (44, rue N.-D.-des-Vicloires, à Paris). Les Établissements Bouchet et Aubignat, 30 bis, rue Cauchy, à Paris établissent également des appareils anti-fading.
- Réponse à M. Teissieh, à Vanves (Seine).
- De tout un peu.
- J. A. à I. — Pour faire partie de la Britisli astronomical Association, il suffit d’adresser une demande au Secrétaire, au siège de cette Société : 136, Rodenhurst Road, Clapham Park, London S. W. 4 (Angleterre). Tout le monde peut en faire partie, mais il faut être présenté par deux parrains. Le droit d’entrée est de 5 shillings et la cotisation annuelle de 1 guinée.
- IVI. de Marsay au Liget. — Pour refixer voire burette en verre dans son pied en métal, le mieux est de vous servir de gomme laque.
- A cet effet, mettre la cupule métallique dans, un bain de sable, pour qu’elle se trouve maintenue en bonne position, déposer quelques fragments de gomme laque dans la cavité, y placer ensuite le verre bien nettoyé débarrassé de toute matière grasse et introduire le fout dans un four légèrement chauffé, par exemple celui d’une cuisinière.
- La gomme laque fondant vers 80°C, au moment où la fusion est complète, appuyer pour que le verre se mette en bonne place, puis retirer du four, laisser enfin refroidir lentement.
- M. le Dr Sainmont à Saint-Gobain. — Pour détartrer voire serpentin, le moyen le plus efficace est d’introduire dans le récipient qui le contient de l’eau acidulée par de l’acide chlorhydrique du commerce dit acide muriatique.
- Surveiller l’opération et rincer abondamment aussitôt que le tartre a disparu, de façon qu’il n’y ait pas attaque du fer.
- Comme moyen plus anodin, mais aussi moins actif, ajouter de la mélasse de sucrerie à l’eau baignant le serpentin, la chaux passe à l’état de sucrate de chaux soluble que l’on peut évacuer facilement.
- (Ville Horiot à Luxeuil. — 1° Le moyen le plus simple pour détacher la pellicule contenue à l’intérieur de l’œuf (chorion) est de faire tremper la coquille qui la porte dans de l’eau acidulée par de l’acide chlorhydrique, la coquille se dissoudra et laissera la membrane flottante, que vous pourrez ensuite amener sur l’objet, placé en dessous dans le liquide.
- 2° La fixation peut effectivement être obtenue en passant à la surface un pinceau doux imbibé de silicate de potasse.
- 3° Le « ramollissemen » de la coquille qui est constituée par du carbonate de chaux est une utopie.
- Le Gérant : G. Masson.
- 2191. — Paris, lmp. Lahure. — 153-1932.
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- LA NATURE
- Paraît le ier et le iS de chaque mois.
- Prix du Numéro : 4 francs
- pour la vente en France.
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Cie, Editeurs, lao, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI* (T{. C. Seine : /5.234) Tel. Danton 56-/1.
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n°’), 90 fr. ; — 6 mois (12 n°'), 45 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 4 fr.
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg ; 12 mois 24 n°*), 105 fr. ; — 6 mois (12 n"‘) 53 fr.
- Tarif pour l’étranger
- Tarif n" 1
- Un an. Six mois
- 110 fr. 55 fr.
- 'Tarif n° 2
- Un an. Six mois
- 130 fr. 65 fr.
- Tarif extérieur n“ 1 valable pour tous les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chilie, Colombie, Congo belge, Costa-Bica. Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce. Guatemala, Haïti, Hedjaz, Honduras, Hongrie, Lettonie, Liberia, Liliiuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela. Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
- Réglement par mandat, chèques postaux (compte n° 599, Paris) ou chèque à Tordre de Masson et Cie, sur une banque de Paris.
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- N" 2878
- LA NATURE
- J" Avril 1932
- UN PROCÉDÉ NOUVEAU DE FABRICATION
- DES CORPS CREUX
- Un avion est constitué essentiellement par un certain nombre de corps creux assemblés les uns avec les autres;
- la carlingue constitue le principal d’entre eux, et les ailes elles-mêmes ne sont autres que des corps creux.
- Fig. 1 (en haut). — Le moule d’un fuselage construit suivant la méthode Bèehereau-Kellner : quelques nervures d’assemblage sont en place. Les panneaux sont placés à la gauche et fixés par des courroies, en attendant le perçage.
- Fig. 2 (en bas). — Le fuselage fabriqué sur le moule, de la figure 1.
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- Elles méritent d’autant plus cette assimilation avec les corps creux qu’elles sont plus épaisses et on sait qu’à l’heure actuelle on a une tendance de plus en plus marquée à utiliser partout des ailes épaisses.
- LES DIFFICULTÉS DU MODE DE CONSTRUCTION USUEL
- La construction des corps creux utilisés dans les avions a suivi jusqu’alors des méthodes à peu près identiques, ne comportant que de faibles variantes : on commence par fabriquer une charpente dont les différents éléments sont assemblés les uns avec les autres. La charpente terminée, on la recouvre d’une enveloppe en bois mince, en toile ou en feuilles métalliques, chaque élément de l’enveloppe étant réuni aux éléments porteurs de la carcasse par des procédés variant suivant la nature du revêtement.
- Pour la construction de la carcasse, on utilise en général des éléments orientés suivant les sections principales du
- corps qu’il s’agit de fabriquer. Pour la carlingue par exemple, qui présente une forme rappelant approximativement celle d’un tronc de cône très allongé, on utilise des membrures disposées suivant des méridiens et des parallèles. Pour les ailes, les membrures de la carcasse sont orientées les unes dans le sens de la longueur de l’aile, les autres perpendiculairement aux premières, dans le sens de la largeur.
- Ce mode de construction, le seul usité jusqu’alors, ne laisse pas de présenter des difficultés et des inconvénients assez nombreux.
- Les éléments de la carcasse sont en général tous différents. Chacun d’eux doit donc être construit à part. Pour la construction métallique, on est obligé, pour ne pas faire varier à l’infini le nombre de modèles de profilés dont l’approvisionnement est parfois difficile, de se contenter d’un certain nombre de types, ce qui entraîne obligatoirement un excédent de matière et par conséquent de poids. Il existe en effet, des types de profilés que produit couramment l’industrie du laminage des métaux et dans
- ces types, on choisit celui dont les dimensions se rapprochent le plus des dimensions théoriques correspondant à la résistance cherchée. Bien entendu, on est obligé, pour des raisons de sécurité faciles à comprendre, de prendre l’élément surabondant au point de vue dimensions. C’est un peu, toutes proportions gardées, ce qui se passe dans la construction métallique des maisons, par exemple, ou des ponts, où l’on utilise des profils de poutrelles en U, en 1, en fer plat ou en cornière que produisent nos lamineurs.
- On aura toujours intérêt, au point de vue économie de métal et par conséquent de poids, à dessiner dans chaque cas un profilé de la dimension exacte correspondant à l’emploi. Si on ne le fait pas, c’est uniquement pour des raisons d’économie et de facilité d’approvisionnement.
- Il est indiqué de rapprocher de ce cas les procédés utilisés autrefois dans la construction des châssis d’automobiles, surtout pour les poids lourds : on se contentait pour les longerons et les traverses du cadre, de prendre des fers profilés du commerce. On avait ainsi un châssis très lourd, puisque pour tout le longeron on choisissait une section unique, correspondant à la section la plus fatiguée.
- Quand l’industrie automobile du poids lourd s’est développée, on a pris la peine de calculer exactement la résistance des longerons et traverses en chacun de leurs points et de fabriquer ces pièces en tôle emboutie de profil correctement adapté à la fatigue : le résultat a été un allégement considérable dans la construction.
- Nous aurons à revenir sur ce point tout à l’heure, quand nous parlerons du procédé Béchereau pour la construction des corps creux que nous avons l’intention de décrire.
- L’autre difficulté qui se rencontre dans la construction des corps creux par le procédé dont nous avons dit quelques mots (constitution d’une carcasse recouverte d’une enveloppe), c’est l’observation exacte des formes théoriques déterminées au dessin. Il est très difficile d’abord de représenter graphiquement la forme d’une surface qui n’a pas une définition géométrique simple telle qu’un plan, un cylindre, un cône ou une sphère. Or, ces surfaces simples ne sont qu’exceptionnellement utilisées dans les appareils d’aviation ; il en résulte des difficultés assez sérieuses pour l’étude et la fabrication. Ces difficultés sont assez comparables à celles que l’on rencontre dans la construction des coques de bateaux, où l’on est obligé de dessiner toute une série de coupes très rapprochées pour avoir une idée générale de la forme qu’aura finalement la coque.
- Enfin, chacun des éléments de la carcasse étant assemblé avec ses voisins, soit au moyen de rivetages, soit par soudure autogène, il en résulte que deux carcasses construites d’après le même dessin ne sont jamais rigoureusement identiques : elles diffèrent toujours l’une de l’autre par des détails infimes en apparence, mais
- Fig. 3. — Schéma d'une partie du moule avec un panneau en place pour le perçage. A droite : coupe transversale du moule avec les nervures et un panneau en place. En bas : un panneau après perçage.
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- bitj. 4. — L'opération du perçage des panneaux.
- On distingue les nervures mises en plare dans les rainures du moule. Le panneau qu’on est en train de percer
- a été fixé provisoirement au moyen d’une courroie.
- qui peuvent avoir pratiquement leur importance.
- Dans le domaine de la construction des coques de bateaux dont nous parlions tout à l’heure, on retrouve ces mêmes difficultés. Les constructeurs de yachts de course savent tous que deux coques construites suivant
- Fig. 5. — Une carlingue d’avion moulée. (L-
- les mêmes dessins, par les mêmes ouvriers et avec les mêmes matériaux, donnent souvent à la navigation des résultats fort différents.
- Ajoutons que les éléments de l’avion construit par les procédés que nous avons indiqués sont difficiles à réparer.
- poids de cette pièce n’atteint pas 15 kg.)
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- Si quelque élément a été avarié par un incident fortuit, il faut bien souvent changer complètement la carlingue ou l’aile, alors qu’a priori il aurait semblé qu’une réparation locale aurait pu donner un résultat suffisant.
- Un dernier point enfin, doit être indiqué. Les ailes et fuselages d’avions sont toujours un peu flexibles, en raison de leurs dimensions d’unè part et de leur légèreté spécifique d’autre part. Ils se déforment donc élastique-ment pendant le vol, et cela constamment. A cause de ces déformations, i) y a des amorces de glissement entre l’armature et le revêtement qui tendent par suite à se désolidariser l’un de l’autre.
- LA CONSTRUCTION DES CORPS CREUX SUR MOULE GABARIT
- Frappé de ces difficultés, l’éminent ingénieur qu’est M. Béchereau a imaginé, en collaboration avec M. Kellner, un procédé de construction tout à fait nouveau et que nous nous proposons de présenter ici : la construction des corps creux sur moule gabarit.
- Supposons, pour fixer les idées, que nous ayons à construire la carlingue d’un avion comme celle qui est représentée par nos photographies. On commencera, après, avoir déterminé graphiquement la forme et les dimensions de cette carlingue, par fabriquer un modèle en bois présentant extérieurement la même forme et les mêmes dimensions que le corps qu’on se propose de constituer. Ce modèle pourra être fabriqué avec tout le soin désirable en y consacrant les précautions les plus minutieuses. Il sera, en effet, utilisé pour fabriquer toutes les coques que l’on a à faire. Il pourra être traité absolument comme on traite un modèle de fonderie grâce auquel on reproduit un objet à plusieurs centaines d’exemplaires.
- Une fois ce modèle parfaitement terminé, qui aura reçu toutes les retouches locales nécessaires, on trace à sa surface un certain^nombre de rainures correspondant aux lignes d’assembldge des éléments dont on se propose de le constituer. Ces rainures auront une forme appropriée pour pouvoir recevoir les nervures métalliques qui
- serviront à renforcer les assemblages de la coque : c’est sur elles, en effet, que viendront s’assembler les panneaux. En même temps, on aura soin de prévoir l’emplacement des pièces devant servir de supports aux organes qui doivent trouver place à l’intérieur de la carlingue : moteur, sièges des passagers, organes divers, etc. Toutes ces nervures seront mises en place dans les rainures et recevront leur forme définitive sur le moule lui-même.
- Les panneaux de métal en feuilles minces qui doivent constituer le corps creux sont découpés suivant des formes fixées a priori et posés à l’emplacement exact qu’ils doivent occuper. On leur donne la forme qu’ils doivent avoir en les appliquant étroitement sur le modèle en bois. Une fois mis en place, on les sangle énergiquement sur le modèle par un procédé quelconque : bride, courroie, etc.
- Après avoir placé ainsi, côte à côte, un certain nombre de panneaux, on perce les trous des rivets ou des boulons qui doivent finalement les assembler. Ces trous sont percés à la fois sur les bords des panneaux et sur les armatures métalliques destinées à les soutenir.
- Le travail de perçage terminé, on enlève toutes les pièces qui ont été posées sur le moule et on les assemble par les procédés qui ont été choisis : boulonnage ou rivetage, et cela, en dehors du moule.
- La forme des panneaux ayant été convenablement choisie et les lignes suivant lesquelles les armatures sont disposées ayant été convenablement déterminées, on est absolument certain que le résultat du travail, une fois terminé, aura exactement la forme que présente le modèle en bois.
- On voit tout de suite les énormes avantages que présente ce mode de construction.
- D’abord, possibilité de réaliser n’importe quelle forme, si compliquée et si difficile à représenter qu’elle soit. On peut en effet, par des retouches locales au rabot sur le modèle, modifier à son gré la forme de chacune de ses parties, et l’on est certain que les panneaux qui ont été conformés sur ce modèle en auront, épousé exactement la forme.
- D’autre part, et c’est là peut-être l’un des points les plus importants du système, les tôles formant l’enveloppe du corps creux participent au travail de ce corps creux, alors qu’en général, dans les autres procédés, c’était surtout la carcasse qui travaillait, le revêtement ne jouant qu’un rôle secondaire au point de vue résistance des matériaux.
- Il en résulte que le corps creux fabriqué par ce procédé présente, pour une résistance déterminée, un poids extrêmement réduit : par exemple, la carlingue que représente notre photographie (fig. 5) qui a 3 m de long et 0 m 80 de diamètre à son extrémité la plus grosse, ne pèse pas 15 kg et cependant elle résiste à des efforts considérables dont la figure 6 peut donner une idée.
- La possibilité d’obtenir ainsi une grande résistance sous un poids très réduit tient d’abord, comme nous l’avons montré, au
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- Fig. 7. •— L'intérieur d'une aile.
- Les armatures sont rivées après coup sur l’âme des nervures en T qui ont été placées dans le moule lors de la construction et dont les ailes ont servi de pièces d’assemblage pour les panneaux.
- procédé même de construction, et ensuite à ce fait qu’il est possible de déterminer expérimentalement l’épaisseur de chacun des panneaux suivant la position qu’il occupe.
- On peut certes, par le calcul, arriver à des approximations sur le travail des différentes parties d’une coque. Mais, en raison de la forme compliquée de ces coques, ce ne sont là que des approximations. Seule, l’expérience directe permettra d’approcher le résultat aussi près qu’on le voudra. Or, dans le cas qui nous occupe, supposons qu’aux essais, l’un des panneaux se révèle trop faible et vienne à fléchir ou à se déformer. On va l’enlever et le remplacer par un panneau découpé dans une tôle un peu plus épaisse qui sera très aisément mis à la place du premier, puisque le panneau à remplacer pourra servir de gabarit de perçage pour le nouveau. On peut ainsi déterminer, au dixième de millimètre, l’épaisseur exacte de chacun des panneaux. A titre d’indication, signalons par exemple que pour le corps creux qui est représenté sur notre figure 5, il y a des panneaux de quatre épaisseurs différentes: cinq dixièmes de millimètre ; 64 centièmes ; huit dixièmes, dix dixièmes.
- L’interchangeabilité absolue des divers éléments du corps creux est ainsi aisément obtenue par ce mode de construction et il en découle une facilité extrême pour la réparation : il suffit de remplacer les éléments trop faibles ou avariés pour être sûr de retrouver, dans l'ensemble réparé, les mêmes qualités de résistance que dans l’appareil neuf.
- Cet heureux résultat est obtenu d’ailleurs en même temps qu’une grande économie de fabrication, qualités qui vont très rarement de pair.
- La matière première des corps creux fabriqués d’après le procédé Béchereau est, en effet, presque uniquement du métal en feuilles laminé, qu’il est toujours facile d’obtenir dans l’industrie à l’épaisseur exactement désirée.
- C’est le duralumin — nous avions omis de le dire — qui a été choisi pour la construction des avions Kellner-Béchereau. Le duralumin, on le sait, est un métal léger auquel il convient de ne faire subir, au cours de ses transformations, que le moins possible d’opérations susceptibles de provoquer son écrouissage.
- Mais il est encore une autre considération essentielle qu’on ne doit pas perdre de vue.
- L’aviation qui est un admirable instrument de civi-
- lisation et de paix est également, par la force des choses, une arme de guerre. Il faut donc prévoir la possibilité d’une fabrication intensive des appareils d’aviation, „ avec les ressources uniques du pays. Or, les possibilités de transformation du duralumin dans les usines que nous possédons en France ne sont pas indéfinies. Même en temps de paix, les avionneurs savent qu’on leur demande toujours de très longs délais pour la fabrication des profilés dont ils ont besoin. Ce n’est pas tenir un propos défaitiste que d’affirmer qu’en temps de guerre, alors que la production devra être fortement intensifiée, ces délais s’allongeront encore à tel point qu’ils deviendront prohibitifs.
- Pour la fabrication de la tôle mince, rien de pareil, il est toujours facile, en effet, d’utiliser avec une adaptation très rapide des trains de laminoirs pour tôle mince, qui existent heureusement en quantité suffisante en France. Enfin, considération qui a bien son prix, le formage et le perçage sur moule sont des opérations d’usinage simples et faciles, et qui peuvent par suite êti’e réalisées sans qu’on soit obligé d’avoir recours à une main-d’œuvre spécialisée. Celle-ci sera toujours chère, et parfois bien difficile à trouver. Le procédé Kellner-Béchereau paraît donc résoudre d’une façon particulièrement heureuse les difficultés fort nombreuses que rencontre la construction métallique des avions.
- Nos photographies montrent la fabrication d’une carlingue, d’une aile et quelques détails de construction qui, pensons-nous, sont de nature à intéresser nos lecteurs.
- Henri Petit.
- ACTIONS BIOLOGIQUES A DISTANCE
- I. — L’INDUCTION MITOGÉNÉTIQUE
- Il est de notion courante que des organismes vivants peuvent s’associer de façon plus ou moins intime et exercer les uns sur les autres des actions variées. Les phénomènes de parasitisme et de symbiose offrent
- d’innombrables exemples de telles actions réciproques. On admet que, pour qu’un organisme puisse agir sur un autre, il doit entrer en contact avec lui soit directement, soit par l’intermédiaire des produits élaborés au cours de sa vie. Si, par exemple, des bacilles tétaniques s’introduisent dans le corps d’un animal sensible à leur action,
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- ils n’envahissent pas l’organisme de cet animal, mais sécrètent sur place une toxine qui se répand dans l’économie, atteint les cellules nerveuses, s’y fixe et en altère 'lé fonctionnement, provoquant ainsi les contractures mùsculaires caractéristiques de l’intoxication tétanique. On concevrait mal que des organismes enfermés dans un récipient hermétiquement clos, qui ne laisserait pas échapper la moindre trace des produits solubles ou volatils élaborés par leur fonctionnement vital, fussent capables d’exercer une action quelconque sur un animal ou une plante au voisinage desquels ils seraient placés.
- Des expériences qui remontent à quelques années ont pourtant montré qu’un phénomène aussi invraisemblable n’était pas irréalisable et que, dans certaines conditions, des êtres vivants pouvaient exercer, sur d’autres organismes, une action à distance que l’on ne saurait expliquer
- par un contact matériel. C’est à un biologiste russe, M.Gurwitsch, que l’on doit les premières expériences qui ont établi ce fait.
- M. Gurwitsch prend deux bulbes d’oignon dont les racines, en voie de développement, atteignent une longueur de quelques centimètres.
- L’une de ces racines est immobilisée en position verticale, l’autre, appartenant au second bulbe, en position horizontale ('). Les deux racines sont disposées de telle sorte que l’axe de la racine horizontale coupe l’axe de la racine verticale au niveau de la zone de multiplication cellulaire de cette dernière (on sait que les racines s’accroissent grâce aux divisions répétées, par caryocinèse ou mitose, d’un groupe de cellules étroitement localisées à 1 ou 2 mm au-dessus de la pointe). Les choses sont laissées en place deux ou trois heures, après quoi, on débite en coupes de 0,01 mm d’épaisseur l’extrémité inférieure de la racine verticale; ces coupes sont faites dans un sens longitudinal, parallèlement au plan déterminé par les axes des deux racines. On dénombre sous le microscope, dans toute la série des coupes, les cellules en cours de division situées de part et d’autre de la ligne médiane, et l’on constate qu’au voisinage du plan vertical défini par les axes des deux racines, elles sont notablement plus nombreuses dans la moitié qui était tournée vers la pointe de la racine horizontale.
- Dans les racines témoins, non soumises à l’in-1. A. Gurwitsch, Arch. f. Entw. Mech., t. C, p. 11, 1923.
- fluence d’une autre racine et coupées longitudinalement} les cellules en division se répartissent également, à quelques fluctuations près, de part et d’autre du plan médian.
- La racine horizontale, dite inductrice, exerce donc sur la racine verticale détectrice une action qui se traduit par un accroissement de l’activité multiplicatrice de cette dernière. Gette action n’est pas due au contact de produits volatils qui pourraient émaner de la racine inductrice, car elle se produit aussi bien si l’on interpose un écran de quartz entre les deux racines; par contre, elle est arrêtée par un écran de verre ou de gélatine. Le phénomène se manifestant par la production d’un excès de caryocinèses ou mitoses, M. Gurwitsch le désigne sous le nom d’induction mitogénétique.
- Cette expérience a été répétée un grand nombre de fois, avec le même résultat, par M. Gurwitsch et ses collaborateurs. Les mêmes auteurs ont établi que l’on pouvait, sans changer l’effet, remplacer la racine inductrice par de la bouillie fraîchement préparée avec le tissu de la base d’un bulbe d’oignon, ou par un jeune têtard introduit, la tête dirigée vers la racine détectrice, dans un tube de verre où il est immobilisé. Les têtards réduits en bouillie, le sang de grenouille, les cultures de levures exercent la même influence mitogénétique.
- Ces étranges résultats, accueillis d’abord non sans quelque scepticisme, ont été retrouvés par la suite par plusieurs expérimentateurs étrangers au laboratoire de M. Gurwitsch. Les premières expériences qui ont confirmé l’existence de l’effet mitogénétique ont été réalisées à Paris, à l’Institut Pasteur, en 1927, quatre ans après la première publication de M. Gurwitsch (x). Elles portaient sur le Bacterium tumefaciens, microorganisme qui provoque chez les plantes des proliférations cellulaires aboutissant à la production d’énormes excroissances qui ressemblent au cancer de l’homme et des animaux. Nous nous proposions de rechercher si ce microorganisme était capable d’exercer une action mitogénétique à distance sur des cellules aptes à se diviser. Le dispositif expérimental était inspiré de celui de M. Gurwitsch, mais la racine horizontale inductrice était remplacée par une pipette effilée, renfermant une suspension de Bacterium tumefaciens en bouillon nutritif. Dans ces conditions, un effet mitogénétique s’est constamment manifesté chez la racine détectrice verticale que visait la pipette renfermant les bactéries : en effet, dans les coupes voisines du plan vertical défini par l’axe de la racine et celui de la pipette, on notait un excès de mitoses s’élevant, en moyenne, à 30 pour 100 pour onze expériences, dans la moitié de la racine exposée à la suspension bactérienne. Ici encore, l’interposition d’une lame de quartz ou de fluorine entre les bactéries inductrices et la racine ne change rien au résultat, tandis que, chez les racines témoins, visées avec une pipette contenant du bouillon sans bactéries ou des bactéries tuées par la chaleur, les mitoses se répartissent également, à de faibles fluctuations près, entre les deux moitiés de la racine.
- 1. J. Magrou et Mme M. Magrou, C. R. Acad. Sciences, t. CLXXXIV, p. 905, 1927, et Bull. Ilislol. appl., t. IV, p. 253, 1927.
- Fig. 1. —- Larue pluleus d’oursin, âgée de 2 jours, d’après J. Magrou.
- a, anus, b, bouche, c, baguettes du corps, est, estomac, œs, œsophage. int, intestin, d, baguettes des bras dorsaux, r, apophyse récurrente. v, baguettes des bras
- ventraux.
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- Depuis ces recherches, le phénomène de Gurwitsch a fait l’objet de nombreux travaux. 11 a été établi que l’effet d’induction pouvait s’exercer non seulement sur les cellules jeunes d’une racine d’oignon, mais encore sur les cultures de levures ou de bactéries; ces cultures, exposées à travers une plaque de quartz à des substances douées du pouvoir mitogénétique, se multiplient plus activement que les cultures témoins non exposées (expériences de M. Baron et de Mme Sewertzova).
- On sait que toute matière vivante manifeste une activité chimique incessante. M. Gurwitsch s’est demandé si le pouvoir d’agir à distance sur la division cellulaire ne prendrait pas sa source dans l’une ou l’autre des innombrables réactions chimiques caractéristiques du fonctionnement vital. Pour le vérifier, il a étudié séparément quelques-unes de ces réactions, et il a constaté que certaines d’entre elles étaient douées de la même activité que les organismes inducteurs précédemment éprouvés. G’est ainsi que l’oxydation de divers composés organiques, la transformation du sucre en acide lactique, la décomposition des matières albuminoïdes, se sont montrées capables de produire l’effet mitogénétique. Il en est de même, d’après les expériences de MM. Frank et Popofî et de M. Siebert, de la contraction musculaire. Les muscles renferment du glycogène qui, dans le tout premier début de la contraction, se transforme en acide lactique. L’analyse du phénomène a montré que l’activité mitogénétique du muscle en travail, se manifestait pendant la courte phase correspondant à la transformation du glycogène en acide lactique.
- M. Gurwitsch a cherché à expliquer la nature des actions à distance observées dans ces diverses expériences. Il les attribue à un rayonnement émané des cellules ou substances actives, qui venant frapper les cellules sensibles, provoquerait leur division. L’action étant arrêtée par le verre et non par le quartz, il s’agirait de rayons ultraviolets de courte longueur d’onde; le quartz, en effet, laisse passer ces rayons, tandis que le verre les arrête.
- L’intensité du rayonnement mitogénétique est trop faible pour qu’il semble possible de le déceler au moyen de la plaque photographique (les temps de pose nécessaires dépasseraient la durée de l’activité des inducteurs biologiques ou chimiques). M. Frank a cherché à démontrer, par une autre voie, la réalité des rayonnements mitogénétiques d’origine biologique, et, par une expérience extrêmement ingénieuse, il a tenté d’en estimer directement la longueur d’onde. Au moyen d’un spectro-graphe à optique de quartz, on photographie un spectre ultra-violet; la plaque, une fois développée, est remise très exactement en place. Devant la fente de la chambre speetrographique, on fixe une plaque de verre horizontale, sur laquelle on marque l’emplacement, donné par le cliché photographique, des raies les plus importantes du spectre ultra-violet. La source lumineuse est alors remplacée par un muscle de grenouille que l’on tétanise électriquement; sur la plaque de verre, à l’emplacement des raies spectrales repérées, on dispose une série de blocs de gélose portant chacun une culture de levures; le négatif est alors enlevé, et l’on éprouve l’action mitogénétique sur les levures. On constate qu’elle se mani-
- feste uniquement dans la région correspondant aux longueurs d’onde de 2300 à 2500 angstroms (1 angstriim = un dix-millionième de millimètre). Appliquant la même méthode à d’autres sources de rayonnement mitogénétique, Mme Kannegies-ser en a fait l’analyse spectrale et a constaté que les spectres obtenus différaient suivant la source employée (1900 à 2000 et 2120 à 2200 angstrüms pour la glycolyse, 2230 à 2340 angstrüms pour les réactions d’oxydation) (').
- Récemment, M. Rajewski, puis M. Frank, ont réussi à déceler les rayonnements mitogénétiques au moyen d’un détecteur physique (dispositif photo-électrique de très grande sensibilité).
- II. — ACTIONS A DISTANCE ET EMBR YOGENÈSE
- Dans les expériences précédentes, les cellules détectrices exposées aux inducteurs biologiques ou chimiques que nous avons énumérés réagissent en se divisant plus activement que de coutume. Dans une autre catégorie d’expériences, où nous avons pris comme organismes détecteurs des œufs d’oursin, nous allons voir le phénomène se manifester de toute autre façon, par une modification profonde du développement, qui aboutit à la production d’individus anormaux.
- Les œufs d’oursin sont de petites sphères de 1 mm de diamètre; les femelles pondent ces œufs non fécondés. La fécondation s’opère dans l’eau de mer, où nagent les spermatozoïdes émis par les mâles. L’œuf fécondé se divise, suivant un plan méridien, en deux cellules qui, à leur tour, se divisent chacune en deux. Ces bipartitions continuant, le nombre des cellules est porté succes-
- 1. Pour le détail de ces expériences, voir le livre récent de A. Gurwitsch : Die mitogenelische Strahlung, Berlin, 1932, Springer, édit.
- Fig. 3. — Larves pluléiformes de deux jours, monstrueuses, obtenues par exposition du sperme au Bacterium tumefaciens.
- -V
- ~q
- oe
- -b
- Fig. 2. — Dispositif d’expérience, b, suspension bactérienne inductrice. ce, eau de mer contenant les œufs d’oursin. q, cuve de quartz à fond plat et à faces parallèles, v, couvercle de verre.
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- sivement à huit, seize, trente-deux, etc. Il se constitue ainsi un massif cellulaire muriforme qui, ultérieurement, se transforme en une sphère creuse ou blastula, dont la cavité est entourée par une assise cellulaire unique. Une invagination se forme à l’un des pôles de la sphère ; elle représente l’ébauche du tube digestif. La larve ainsi constituée (gastrula) ne tarde pas à se transformer en pluteus, qui a la forme d’une tour Eiffel en miniature ; c’est une pyramide transparente à sommet très aigu, et pourvue à sa base de quatre longs appendices ou bras qui représentent assez bien les quatre piliers de la Tour; les larves pluteus sont munies d’un tube digestif et d’un squelette formé de baguettes calcaires (fîg. 1) ; elles nagent activement dans l’eau de mer.
- Des œufs d’oursin, aussitôt après la fécondation, ont été répartis dans ces cupules de quartz posées sur des récipients de même dimension renfermant du Bacterium tumefaciens en suspension épaisse dans un bouillon nutritif (fîg. 2). On pouvait s’attendre, d’après les résultats obtenus sur la racine d’oignon, à voir les œufs ainsi exposés se diviser plus vite que les témoins non exposés. En fait, aucune différence sensible ne se manifesta dans les premiers stades du développement, entre les œufs exposés et les œufs témoins. Par contre, au bout de quarante-huit heures, les larves provenant des œufs exposés différaient profondément des larves issues des œufs témoins qui, à l’exposition près, étaient pourtant placées dans des conditions rigoureusement identiques. Tandis que ces dernières étaient des pluteus transparents parfaitement développés, avec leur sommet aigu et leurs quatre longs bras qui leur donnaient l’aspect caractéristique de tour Eiffel, les larves exposées étaient dépourvues de bras, souvent globuleuses et opaques. L’expérience fut répétée un très grand nombre de fois, avec le même résultat (').
- Le Bact. tumefaciens n’est pas le seul microorganisme capable d’agir ainsi à distance sur le développement des larves; les mêmes anomalies larvaires ont été obtenues
- 1. J. MAGROuetMmeM. Magrou, C. R. Acad. Sciences, t. CLXXXVI, p. 802, 1928; t. CLXXXVIII, p. 733, 1929 (avec Mlle Choucroun); t. CXCI, pp. 802 et 963, 1930; Ann. Sc. nal. Zool., 10e série, t. XIV, 1931.
- Fig. 4. — A gauche, pluteus témoins. A droite, larves de même âge et de même provenance, élevées dans une cuve de quartz paraffinée extérieurement et exposées à une solution de permanganate de potasse renfermant une boule de glucose.
- par exposition à d’autres bactéries (staphylocoques, ferments lactiques), ou à des levures. Ces anomalies sont plus ou moins accentuées suivant les lots ; parfois, l’aspect général du pluteus est conservé, mais les bras sont réduits ou font défaut ; plus souvent, la forme de la larve est altérée au point de ne plus rappeler en rien le type normal. 11 ne s’agit d’ailleurs pas d’un arrêt du développement, car chez ces larves très anormales, l'organisation interne est poussée aussi loin que chez les témoins normaux (fîg. 3) ; il existe un tube digestif comprenant un œsophage, un estomac et un intestin, et un squelette souvent très développé, mais de forme monstrueuse (').
- (fîg. 4).
- Ici, comme dans le cas de l’effet mitogénétique, le phénomène paraît être sous la dépendance de certaines des réactions chimiques qui accompagnent la vie des microorganismes actifs. En effet, des substances chimiques en voie d’oxydation, des solutions sucrées, par exemple, auxquelles on ajoute un réactif oxydant (eau oxygénée ou permanganate de potassium), exercent à distance la même action déformante sur le développement (fîg. 4), et cela, bien qu’elles ne renferment aucun organisme vivant (2). On a reconnu que l’action des divers inducteurs, vivants ou non, s’exerce sur l’œuf à un stade très précoce du développement, alors qu’il n’est pas encore divisé en deux cellules. Bien plus, on obtient les mêmes anomalies larvaires si, au lieu d’exposer aux substances actives les œufs fécondés, on expose, avant la fécondation, les produits sexuels ; des œufs fécondés avec un sperme ainsi traité, ou inversement, des œufs exposés avant la fécondation et fécondés ensuite avec un sperme non traité, se développent de façon anormale (fîg. 3). Les facteurs étudiés peuvent donc exercer à distance, sur les éléments sexuels, une action qui retentit sur les produits de la fécondation. On entrevoit là l’indice d’une modification du plasma germinatif qui serait capable de se transmettre héréditairement à la descendance.
- Il résulte de cet ensemble d’expériences que certaines suspensions' microbiennes vivantes et certains produits chimiques en voie d’oxydation peuvent exercer à distance, sur des œufs fécondés, du sperme ou des œufs vierges d’oursin, une influence qui se traduit par une modification profonde du développement embryonnaire. Il est acquis que l’influence observée se manifeste sans qu’il y ait échange de matière entre la préparation active et l’eau de mer contenant les œufs; en effet, des précau-
- 1. Deux conditions paraissent essentielles pour le succès de l’expérience : les suspensions microbiennes doivent rester homogènes; dans les cas où les bactéries ou les levures, aussitôt mises en suspension, se sont, pour une cause inconnue, fortement agglutinées, les résultats ont été nuis ou peu prononcés. D’autre part, que la substance active soit constituée par des suspensions bactériennes ou par les inducteurs chimiques dont il sera question plus loin, les élevages doivent être maintenus à une température de 22° à 23°, d’ailleurs parfaitement compatible avec un bon développement, car les témoins donnent à cette température des pluteus tout à fait normaux. L’éclairement paraît être sans influence sur le phénomène, qui se produit aussi bien à la lumière qu’à l’obscurité. Par contre, les effets observés sont plus intenses en atmosphère sèche qu’en atmosphère humide.
- 2. J. et M. Magrou et P. Reiss, C. R. Acad. Sciences, t. CLXXXIV, p. 779, 1929.
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- tions minutieuses ont été prises pour isoler les œufs des substances actives; l’action se produit encore, de façon très intense, quand ces dernières sont enfermées dans des récipients hermétiquement clos, tenant le vide, incapables par conséquent de laisser échapper la moindre trace de matière (fig. 5).
- Il reste à comprendre quelle est la nature de cette action à distance, qui se traduit par un développement aberrant des œufs exposés (*). Bien que ce mode de réaction des œufs diffère de l’effet mitogénétique, le fait qu’ici encore l’action se manifeste à travers le quartz, mais non à travers le verre, permettait d’envisager l’hypothèse d’un rayonnement ultra-violet émis par les substances actives. Des expériences récentes semblent montrer que cette interprétation n’est pas applicable aux résultats obtenus sur l’œuf d’oursin (2). En effet, une même lame de verre qui, à elle seule, arrête l’action, ne l’arrête plus si on lui superpose une couche de paraffine et une deuxième lame de verre ; le phénomène ne dépend donc pas de la transparence du système interposé pour les rayons ultra-violets. Par contre, des essais variés ont permis de constater que, toutes les fois que l’action à distance se manifeste, deux conditions sont réalisées : le système interposé est bon isolant électrique, et il existe un écart considérable entre le potentiel d’oxydation-réduction du réactif utilisé et celui de l’élevage d’œufs. Cette constatation suggère, pour expliquer les faits, une hypothèse à base électrique. L’expérience a d’ailleurs montré qu’un champ électrique produit par
- 1. Une manifestation toute différente des actions à distance a été observée sur des œufs « durables » d'Ædes aegijpti, moustique transmetteur de la fièvre jaune. Ces œufs, bien que renfermant une larve bien développée, sont incapables d’éclore spontanément; l’éclosion ne se produit que sous des actions excitatrices extérieures, chimiques, physiques ou mécaniques. Or l’éclosion d’une certaine proportion de ces œufs durables a pu être obtenue dans des lots exposés à des suspensions de Bacl. tumefaciens ou de Staphylocoques enfermées dans des récipients à paroi de quartz, hermétiquement clos (les mêmes qui ont servi pour les expériences sur l’œuf d’Oursin). Aucune éclosion ne s’est produite dans les lots témoins placés dans des conditions rigoureusement identiques, à l’exposition près. (J. Magrou, Mme M. Magrou et E. Roubaud, C. B. Acad. Sciences, t. CXCII, p. 1134, 1931).
- 2. J. et M. Magrou et P. Reiss, C. R. Acad. Sciences, t. CXCII, p. 1134. 1931.
- Fig. 5. — Dispositif pour exposer les œufs au-dessus d’une substance active enfermée dans un récipient scellé, a, substance active, b, boîte de verre à tubulure latérale, ce, eau de mer contenant les œufs, p, picéine assurant l’étanchéité des fermetures, p', pipette scellée obturant la tubulure, q, lame de quartz, r, rebord rodé, v, couvercle de verre.
- un accumulateur et appliqué aux mêmes dispositifs entraînait, chez les œufs soumis à son action, les mêmes anomalies de développement (*).
- Nous sommes donc en présence, ici comme dans le cas de l’effet mitogénétique, d’une action à distance qui s’exerce sans qu’il y ait le moindre contact matériel entre les cellules détectrices et les réactifs inducteurs. Les deux phénomènes n’en seraient pas moins de nature différente, s’il est vrai, comme les expériences en cours paraissent le suggérer, que les résultats obtenus sur l’œuf d’oursin relèvent d’une influence électrique, plutôt que d’un rayonnement.
- Qu’il s’agisse de l’effet mitogénétique proprement dit ou de l’action sur l’embryogenèse des oursins, les faits observés révèlent une incroyable sensibilité de la cellule à des influences d’une extrême subtilité. Ces influences, qui peuvent prendre leur source dans des réactions chimiques banales, telles qu’il s’en produit sans cesse au sein des organismes vivants, s’exercent soit sur la multiplication des cellules, soit sur le développement embryonnaire, c’est-à-dire sur deux des processus vitaux les plus essentiels. On voit par là l’intérêt qui s’attache à l’étude de ces étranges phénomènes, dont la connaissance plus approfondie pourra peut-être projeter des lueurs nouvelles sur le mystère de la vie.
- J. Magrou.
- 1. J. et M. Magrou et P. Reiss, toc. cit.
- . LE DISQUE RHÉOMÉTRIQUE =_-
- POUR LA MESURE DE LA VITESSE DES COURANTS MARINS
- L’appareil que nous avons imaginé et fait construire par M. Kelsen, l’habile mécanicien de l’Institut Marey, est des plus simples. 11 a eu comme point de départ une observation, presque enfantine, que chaque pêcheur pourra répéter dès qu’il voudra.
- Supposons un pêcheur ayant conduit son bateau à quelque distance de la côte. Pour ne pas être entraîné par les vents ou les courants, il mouille, comme on dit en termes techniques, c’est-à-dire amarre son bateau
- au fond de l’eau par une ancre qui touche le sol. S’il se met à pêcher à la ligne de manière que le plomb de sa ligne ne touche pas complètement le fond, le plomb sera entraîné par le courant. En effet, le mouvement du plomb est la résultante de deux forces antagonistes, la pesanteur et l’action du courant.
- On voit tout de suite que, plus le courant est fort, plus le plomb de la ligne est entraîné loin du bateau, et que d’autre part plus le plomb est lourd, moins la direction
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- de la ligne, malgré le courant, s’éloignera de la verticale.
- On peut donc concevoir qu’on mesurera la vitesse du courant d’après l’inclinaison de la ligne de pêche. Comme la corde qui fixe l’ancre au sol et maintient le bateau au même point ne demeure pas verticale, il est nécessaire de se repérer non par rapport à cette corde, mais bien par rapport à un fil à plomb.
- C’est ce que nous avons essayé de faire avec l’objet suivant (fig. 1).
- *
- * *
- Pour avoir un appareil pratique, il fallait réaliser un système de mesure facile. '
- Soit une corde A portant une lourde pierre et attachée à un flotteur de liège, la corde doit être assez longue pour que la pierre touche le fond et alors ne se déplace pas. A cette corde A on adapte un disque en métal que nous appellerons disque rhéomé-trique.
- Ce disque a environ 20 cm carrés de surface, mais il peut en avoir, si l’on veut plus de précision, deux ou trois fois davantage selon les besoins. Il est gradué. Il peut tourner à la manière d’une girouette, c’est-à-dire prendre la direction du courant et s’orienter dans le sens du courant. Pour être léger et pour ne pas être altérable, il est construit en aluminium. Il est lesté de telle façon que le zéro de la graduation se trouve toujours, quelles que soient la forme et la position de la corde, sur la verticale du point de suspension. Ce système de lest est indiqué sur la figure par une petite tige en double trait qui est à la droite de la corde A, cette tige est tendue par un poids de 100 gr environ. Mais pour que ce poids ne soit pas entraîné par le courant, il faut qu’il dépasse à peine le bord inférieur du disque.
- Au centre du disque gradué sont adaptés une tige B, mobile et un index qui marque le déplacement de la tige B sur le disque.
- La tige B mobile est entraînée par le courant et fait avec la verticale un angle que mesure le déplacement de l’index. Comme l’index ne peut pas rétrograder, ce déplacement est un maximum.
- Cette tige B, de 1 m environ, porte à son extrémité une sphère métallique creuse, par conséquent assez légère, ayant à peu près 6 cm de diamètre.
- Bien entendu, on peut modifier soit le poids, soit le volume de cette sphère.
- Comme l’écartement par rapport à la verticale est une résultante de la pesanteur de la boule et de l’action du courant, pour une sphère de même volume l’écartement sera d’autant moins grand que la boule sera plus lourde.
- Evidemment, on pourra à peu près proportionner le poids et le volume de cette sphère à l’intensité des courants qu’on veut mesurer. Mais pour les courants d’intensité moyenne il nous a paru qu’une sphère de 100 gr de poids et 6 cm de diamètre, avec une tige B mobile de 1 m
- de longueur, nous nous mettrons dans des conditions favorables. Rien ne sera plus simple que d’avoir, toutes choses égales d’ailleui's, des sphères interchangeables de poids et de mesure variables.
- Pour que l’immersion et l’émersion de l’appareil ne déplacent pas la tige mobile B, il faut la tenir collée à la corde pendant l’immersion et l’émersion.
- Voici le dispositif très simple que nous avons adopté et que, pour ne pas nuire à la clarté, nous n’avons pas indiqué sur la figure. La boule porte un petit fil que l’on raccroche à la tige A. Ce fil, passant sur une poulie, remonte jusqu’au flotteur et pendant l’immersion, eri le tendant à la main, on maintient la tige B collée à la tige A. Quand l’immersion a eu lieu et que l’expérience commence, on relâche le fil de manière à permettre à la boule le déplacement qu’exige le courant. Quand on juge que l’expérience est terminée, c’est-à-dire au bout de cinq à six minutes, pour l’émersion, on tend de nouveau le fil de manière que la tige B soit de nouveau collée à la tige A. Naturellement l’index ne suit pas. Ainsi c’est seulement pendant l’immersion et l’émersion que la tige B reste accolée à la tige A.
- Pour que le flotteur de liège ne subisse pas trop les effets du vent et de la houle, il doit dépasser très peu la surface de l’eau et avoir la forme sphérique.
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- jt. *
- Avec cet appareil rudimentaire nous avons fait de nombreuses expériences; la vitesse du courant était donnée par la durée de la course d’un flotteur quelconque (une bouteille, par exemple), pour un espace exactement mesuré. Dans ces conditions, l’indication ne pouvait avoir une signification précise, car on sait que la vitesse d’un courant donné est en chaque point fonction de la distance à la surface.
- Nous avons trouvé pour un certain courant (vitesse de 8 m par minute'), une déviation de 3 degrés, et pour un autre courant (vitesse de 18 m par minute), une déviation de 6 degrés. Mais ce sont là des chiffres très approximatifs. Si l’on voulait une précision plus grande, il faudrait employer un disque plus large, et par conséquent une graduation plus détaillée.
- Nous n’avons pas mesuré les courants à de grandes profondeurs. Ce serait possible en employant une corde A très longue et en mettant une grosse pierre qui touche le fond. On pourrait alors, en plaçant le disque rhéomé-trique en différents points de la corde, savoir quelle est aux différentes hauteurs la vitesse du courant. Peut-être même, en plaçant sur la longue corde différents disques semblables, arriverait-on à des résultats intéressants permettant de mesurer simultanément la vitesse du courant à différentes profondeurs. Mais nous n’avons pas pu encore réaliser cette expérience, car elle ne peut guère être faite que par des officiers de marine sur un grand navire.
- Fig. 1. — Appareil pour la mesure de la vitesse des courants.
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- Nous croyons qu’il serait bon de mettre en usage ce dispositif très simple. Nous n’ignorons pas que de très nombreux appareils — il y en a une vingtaine environ au Musée océanographique de Monaco — ont été imaginés pour mesurer en pleine mer la vitesse des courants, mais ils sont coûteux (plusieurs milliers de francs) et d’un maniement délicat, tandis que notre disque rhéométrique est d’un prix minime et d’un usage facile.
- Enfin, il est évident que les graduations de chaque appareil ne peuvent, provisoirement au moins, être faites qu’empiriquement près des côtes et avec des courants de vitesses différentes, cette vitesse étant connue
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- par d’autres procédés qu’on trouve décrits dans les traités d’hydraulique.
- Si l’on arrivait à faire un grand nombre de ces mesures avec un appareil déterminé, on pourrait sans doute construire un appareil type ayant pour le volume et le poids de la boule des constantes qui permettraient de tracer un tableau de la vitesse d’un courant selon le déplacement angulaire de la boule (1).
- L. Lecornu et Charles Richet.
- Membres de l’Institut.
- I. M. Kelsen, à l’Institut Mareyyse chargerait volontiers de la construction d’un de ces appareils.
- E CHAUDIERES SURALIMENTEES = ET CHAUDIÈRES A EXPLOSION
- Dans la lutte très vive que se livrent, pour conquérir le vaste domaine industriel réservé à l’énergie thermique, moteurs à vapeur d’une part, moteurs à combustion interne ou à explosion, d’autre part, ces derniers sont avantagés par le fait que la combustion du fluide moteur s’effectue au sein même des organes qui engendrent la force motrice : ils peuvent utiliser pleinement la haute température résultant de l’inflammation sous pression du mélange combustible. Les premiers, au contraire, ont besoin d’une chaudière séparée, organe complexe et. encombrant, d’un rendement en général médiocre; la transmission de la chaleur, entre les gaz enflammés du foyer et l’eau à vaporiser, s’effectue difficilement; plus difficilement encore entre ces gaz et la vapeur à surchauffer. Et la machine à vapeur est en outre handicapée par des accessoires comme l’encombrant condenseur et ses multiples auxiliaires.
- De grands efforts ont été déployés en ces dernières années pour perfectionner la chaudière ; par des moyens variés, on a progressé vers des pressions de plus en plus élevées; les pressions de vapeur de 40 kg par cm2 sont courantes aujourd’hui et il existe, en fonctionnement normal, des installations à 80 et 100 kg de pression. On a perfectionné aussi les modes d’échauffe-ment de l’eau à vaporiser.
- Mais ces progrès, si importants soient-ils, ne parviennent pas à combler les différences de rendement et de poids qui subsistent entre le moteur à combustion interne et la machine à vapeur. Celle-ci pourrait être considérée comme définitivement battue si elle ne disposait encore de quelques avantages très sérieux : elle peut utiliser des combustibles tout-venant et bon marché comme le charbon et le lignite; de plus, la turbine à vapeur est un moteur idéal qui n’a pas son équivalent dans le domaine des moteurs à combustion; susceptible d’un équilibrage parfait, elle peut tourner à de très grandes vitesses et former des groupes moteurs simples, de grande puissance, de faible poids, d’encombrement réduit, de très bon rendement et d’une parfaite sécurité.
- Pour perfectionner encore le système à vapeur, ce n’est donc pas du côté du moteur qu’il faut chercher, mais bien du côté de la chaudière.
- A cet égard, il faut signaler les idées très neuves et très curieuses qui sont exposées dans la revue Brown-Boveri, organe du constructeur suisse du même nom. Ces idées ont été mises en pratique dans des chaudières d’essais qui ont donné déjà des résultats fort intéressants, prometteurs d’une véritable révolution. Les constructeurs ont été guidés par le désir de transposer dans le domaine de. la chaudière une partie des avantages qui caractérisent la combustion dans le cylindre d’un moteur à explosion ou d’un moteur Diesel; mieux encore, dans le corps d’une turbine à gaz à combustion ou explosion. Depuis plusieurs années, en effet, ces constructeurs poursuivent des recherches, en vue de réaliser la turbine à gaz; ils ont diû, dans ce but,.entreprendre une longue série d’essais pour préciser les caractères de la combustion sous pression élevée et constante, ceux de la combustion explosive, déterminer les constantes physiques de l’écoulement des gaz et de la transmission de la chaleur aux grandes vitesses, hautes pressions, et températures élevées. Ce sont les résultats numériques de ces investigations qui les ont orientés vers les chaudières Velox, que nous allons décrire. Ils ont, en effet, constaté qu’en donnant aux gaz de combustion des vitesses très élevées, comme celles que l’on peut mettre en jeu dans les turbines à gaz, supérieures à 200 m par seconde, donc vitesses voisines de celle du son et pour lesquelles l’influence de l’élasticité du gaz ne peut plus être négligée, les coefficients de transmission de la chaleur sont très fortement améliorés par rapport aux générateurs usuels où les vitesses des gaz sont de l’ordre de 15 m par seconde. Mais l’emploi de ces vitesses élevées était subordonné à leur réalisation économique.
- Le moyen en a été fourni par la combustion sous pression. Jusqu’ici il a paru tout naturel, parce qu’on a toujours procédé ainsi, d’alimenter les chambres de combustion des chaudières à la pression atmosphérique :.
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- l’amenée et la circulation de l’air comburant ainsi que des gaz de combustion ont toujours été provoqués par des moyens naturels (tirage de la cheminée) ou simplement accélérés à l’aide d’un ventilateur de tirage. On procédait de même, en somme, pour l’alimentation des moteurs à combustion lorsque ceux-ci n’utilisaient que l’alimentation produite par le mouvement de leur piston. Mais lorsqu’on les suralimente au moyen de compresseurs entraînés par des turbines à gaz d’échappement, il est possible d’augmenter, par ce procédé simple, leur puissance et leur rendement. On procède de même dans les chaudières Velox.
- LES CHAUDIÈRES VELOX
- Celles-ci sont de deux types : chaudières à combustion sous pression constante, chaudières à explosion. Elles peuvent brûler tous combustibles gazeux, liquides ou pulvérisés.
- Dans le système à combustion constante, la chambre de combustion du générateur est chargée d’un mélange d’air et de combustible qui est maintenu à une pression constante au moyen d’un compresseur. Celui-ci est commandé par une turbine à gaz alimentée par les gaz de combustion après leur passage dans les tubes de chauffe. Le compresseur donne aux gaz la pression voulue pour qu’ils prennent une grande vitesse dans les tubes de chauffe et qu’il leur reste une pression suffisante à l’entrée dans la turbine. Celle-ci est donc placée à peu
- près au milieu de la détente des gaz. Pour donner aux gaz une grande vitesse, on munit l’entrée des tubes de chauffe d’une tuyère; un diffuseur, placé à la sortie, retransforme en pression la vitesse restante des gaz. Ce procédé a notamment l’avantage de donner des températures de combustion très élevées.
- Le procédé à explosion se modèle très fidèlement sur le cycle d’un moteur à explosion; il utilise une chambre de combustion chargée périodiquement au moyen d’un mélange explosif d’air et de combustible, préalablement comprimé à l’aide d’un compresseur de charge. L’alimentation de la chambre terminée, les soupapes fermées, le mélange est allumé. Après l’explosion, la pression atteint 4 à 5,5 fois la pression de charge. Après un certain temps, réglé pour permettre une combustion totale, la soupape de décharge s’ouvre. Cette soupape est située à l’extrémité des tubes de chauffe faisant suite à la chambre de combustion. Celle-ci se vide; les gaz brûlés, à haute température, s’écoulent à grande vitesse à travers les tubes de chauffe, y cèdent toute leur chaleur à l’eau qui circule à contre-courant autour du faisceau tubulaire et la vaporisent. Les gaz refroidis sont encore sous pression; ils se détendent sur les tuyères d’une turbine à gaz qui commande le compresseur.
- Quand la chambre de compression, après la détente des gaz, a de nouveau atteint la pression d’admission, la soupape de décharge conduisant à la turbine à gaz se ferme tandis que s’ouvrent la soupape d’admission et
- & rv.r- r. r •
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- Fig. 1. — Installation de 12 000 'à 15'000 kilowatts, comprenant une turbine à vapeur etJ un générateur de vapeur Brown-Boveri-Velox à] 4 corps pour huile lourde.
- a, a2 a* a4, générateurs de vapeur.
- b, b2 b5 b4, séparateurs de vapeur, d, d.,, pompes de brassage.
- /, turbine à gaz.
- g, turbine à vapeur auxiliaire.
- h, appareils de réglage, pompe à combustible et son moteur.
- i, pompe d’alimentation (extrait de la Revue Brown-Boveri).
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- une seconde soupape de décharge; cette dernière permet l’expansion des gaz à l’extérieur sans qu’ils aient à traverser la turbine. La soupape d’admission laisse pénétrer dans la chambre de combustion de l’air de balayage et une nouvelle charge de mélange combustible. Les gaz brûlés restés dans la chambre sont chassés à l’extérieur par l’air de balayage et la nouvelle charge; ils traversent les tubes de chauffe et la deuxième soupape de décharge. Un nouveau cycle peut recommencer. Les soupapes de décharge et la turbine à gaz sont à l’extrémité froide des tubes de chauffe.
- La commande des soupapes d’admission et de décharge, ainsi que l’allumage, sont réalisés au moyen d’une distribution d’huile sous pression. Le nombre des cycles est de 40 à 60 à la minute, suivant la grandeur de la chambre de combustion.
- Le débit gazeux étant intermittent, une installation de générateur de vapeur comprendra plusieurs chambres de combustion, desservies par une seule turbine à gaz et un seul compresseur. Les cycles de chaque chambre de combustion seront réglés de telle sorte que la turbine et le compresseur tournent d’une façon régulière.
- Particularité curieuse de ce type de chaudières : les gaz, arrivant à la turbine, sont entièrement refroidis, mais non totalement détendus ; la détente qu’ils subissent les refroidit encore davantage et il peut arriver qu’ils sortent plus froids que la température ambiante. Dans ces conditions on dispose, pour la vaporisation, d’une plus grande quantité de chaleur que n’en produit le combustible. Le rendement de combustion est donc plus élevé que 100 pour 100. 11 n’y a là, bien entendu, aucune contradiction avec les principes de la thermodynamique, mais un cas idéal de « pompe de chaleur »; la turbine et le compresseur fonctionnent en quelque sorte comme une machine frigorifique dans laquelle les gaz de combustion seraient le fluide frigorigène. Dans une telle machine, la quantité de chaleur apportée à la source chaude (l’eau à vaporiser) est en général sensiblement supérieure à l’énergie mécanique mise en jeu dans le compresseur.
- LES AVANTAGES DES NOUVEAUX TYPES DE CHAUDIÈRES
- Les nouvelles chaudières promettent, manifestement, un excellent rendement : celles à combustion sous pression constante en raison des hautes températures, celles à explosion en raison de la récupération, dans la turbine à gaz, de la chaleur des gaz d’échappement.
- Elles offrent, en outre, l’avantage d’un encombrement extraordinairement réduit; lorsqu’elles entreront dans la pratique, on peut s’attendre à un changement complet dans l’aspect classique des grandes usines à vapeur. Aujourd’hui, dans une centrale, le groupe turbo-aïter-nateur tient une place insignifiante à côté des chaudières qui l’alimentent : celles-ci forment un ensemble d’une superficie imposante. Demain, les chaudières Velox tiendront bien moins de place encore que le turboalternateur et ses condenseurs et il sera inutile de construire pour elles un bâtiment spécial. On les placera à proximité immédiate des turbines. Et ce n’est pas tout : la
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- Fig. 2. — Coupe d’un générateur de vapeur à explosion pour combustible gazeux (système Brown-Boveri-Velox).
- a, chambre de combustion; b, soupape de mélange; c, soupape d’admission de gaz; d, tuyau de chauffe; e, entrée de l'eau de circulation; /, réchauffeur d’eau d’alimentation; g, séparateur de vapeur; h, surchauffeur; i, collecteur d’échappement et d’alimentation de la turbine à gaz.
- mise en marche étant instantanée, rien ne sera plus simple que d’arrêter un groupe, puis de le remettre en service suivant les besoins. Enfin, en raison de l’excellent rendement de la chaudière, on pourra, on devra même renoncer à certains procédés de récupération tels que réchauffage de l’eau d’alimentation par prises de vapeur sur les turbines, resurchauffe de la vapeur, réchauffage de
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- l’air comburant, accumulation, etc. Il sera également inutile de pousser la pression au delà de 50 kg par cm2.
- On voit quelles économies dans les dépenses de premier établissement et dans celles d’exploitation, quelles simplifications dans les organes des centrales on doit attendre de ces nouvelles chaudières. Le prix de l’énergie électrique doit s’en trouver, dans l’avenir, très sensiblement diminué. A bord des navires, la réduction d’encombrement et de poids pour les chaufferies rendra à la propulsion à vapeur une partie de son ancienne hégémonie.
- Voici quelques chiffres à l’appui de ces espérances : le volume des chambres de combustion est de l’ordre de 1 m5 pour 1000 à 1500 kw. Les vitesses des gaz, qui peuvent atteindre 400 m par seconde au moment de la décharge, restent supérieures à 200 m dans les tubes vaporisateurs. Le coefficient de transmission de la chaleur dans ceux-ci est de 200 000 à 300 000 calories par m2 et par heure, ce qui correspond à une production de vapeur de plus de 300 kg par m2 et par heure! chiffre réellement prodigieux, près de
- dix fois supérieur aux taux actuellement normaux.
- Quant aux sections de passage des gaz, en raison de la vitesse très élevée et de la grande densité de ces gaz sous pression, elles sont réduites à quelques centimètres carrés : dans les tubes vaporisateurs il suffit d’une section de 150 cm2 par 1000 kw de puissance.
- Ajoutons que des chaudières de ce genre exigent une circulation très intense de l’eau; elle est assurée par une pompe de brassage. Celle-ci a, en outre, pour rôle de forcer l’eau à traverser un ou plusieurs séparateurs centrifuges, où la vapeur se sépare.
- On envisage actuellement la construction de chambres de combustion allant individuellement jusqu’à une puissance de 10 000 kw. Une telle chambre pourrait s’expédier entièrement montée. Un jeu de deux chaudières Velox, à pression constante, pour une tui'bine marine de 26 000 ch effectifs pèserait, d’après les devis, 185 tonnes environ, contre 700 tonnes pour les chaudières habituelles; l’encombrement serait réduit presque dans les mêmes proportions.
- R. V.
- • ON VOIT DU CANIGOU
- LE PIC-DU-MIDI ET LES SOMMETS DES ALPES
- Les Ecrins ) Massif du.
- Bagnères-
- Fig. ].— Position géographique des sommets du Pic-du-Midi-de-Bigorre, du Canigou et des Écrins.
- Le Pic-du-Midi-de-Bigorre est-il visible du Canigou, et inversement ? Question en controverse depuis bien longtemps, que j’ai cherché à résoudre par l’expérience.
- Cela demandait une beauté exceptionnelle de l’atmosphère; il suffisait, du sommet du Canigou, d’observer vers le N.-E., pour être en mesure de répondre à une deuxième question : la visibilité des objets les plus éloignés, à la surface de la terre, peut-elle se vérifier, entre le pic du Canigou et les Écrins (x), dans le massif du même nom, bien connu pour le respect qu’il inspire aux alpinistes consommés?
- Les expériences ont été entreprises avec la collabo-
- 1. La distance maximum de deux points visibles a été signalée par M. J. Duclaux, dans la communication faite à la 2° réunion de l’Institut d’Optique le 13 février 1931.
- ration de MM. H. Soubielle, L. Renault, Y. Bellanger, ingénieur I. E. T.; Devaux et Dort, météorologistes, et M. C. Dauzère, directeur de l’observatoire du Pic-du-Midi.
- Tous les calculs qu’il est possible d’effectuer sur les obstacles s’interposant entre le Canigou et le Pic-du-Midi, comportent deux causes d’erreur :
- 1° La valeur de la réfraction varie suivant les conditions atmosphériques; on ne considère, dans les calculs, que la réfraction normale;
- 2° Le plan passant par le Canigou, le Pic-du-Midi, et le centre de la terre, coupe les crêtes intermédiaires en des points dont l’altitude, déterminée d’après la carte, n’est pas nécessairement exacte.
- Le tir de fusées éclairantes, montant à une hauteur de 100 m, ainsi que l’allumage de feux de magnésium à l’un des sommets, m’ont permis de lever l’incertitude sur la question.
- COMMENT DES FUSÉES TIRÉES AU PIC-
- DU-MIDI FURENT APERÇUES DU CANIGOU
- Pendant le mois d’octobre 1931, j’ai cherché à réaliser une liaison rapide, nécessaire pour la réussite d’une expérience exigeant une bonne transparence atmosphérique, entre Perpignan, où mes collaborateurs habitent, et le Pic du Canigou.
- On sait qu’à l’altitude de 2200 m, et à un millier de mètres au N.-E. de ce Pic, existe le Chalet-ITostel de Cortalets, ainsi qu’un refuge construit en 1890 par les soins du Club Alpin Français.
- Pour atteindre ce refuge, un étroit chemin de char de
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- Fig. 2. — Le Chalel-Hoslel des Corlalets.rCôlé Esl. Au fond, au milieu, le Canigou. (Ph. Marcel Glaser, Perpignan).
- 15 km de long a été construit, une partie de ce chemin ayant dû son importance à l’exploitation des mines de fer de Balatg (1), à l’ancienne époque des Forges catalanes, actuellement abandonnées. Pour arriver au Chalet-Hostel et au refuge, on rencontre quarante-trois tournants de cent-quatre-vingts degrés, disposés en étage, et qu’il est nécessaire, avec la plupart des voitures automobiles, de prendre en deux et même trois fois.
- Enfin, une côte atteignant 20 à 25 pour 100, et garnie d’éboulis, appelée « la côte de l’Ours », nécessite souvent un artifice pour être gravie : les passagers descendent et poussent la voiture; certaines machines prennent la côte en marche arrière (la démultiplication étant supérieure à celle de la première vitesse).
- Enfin, d’autres voitures la grimpent sans passagers, en première. De toute façon, il faut au volant, un pilote d’une maîtrise incomparable, et je félicite ici M. IL Soubielle, qui se tira parfaitement des nombreuses difficultés.
- Du refuge au Pic, 585 m restent à gravir, et l’ascension, un peu longue, ne présente pas de difficulté.
- Les premiers essais, effectués au début d’octobre, avec deux voitures automobiles et une motocyclette de grosse cylindrée, ont montré que 5 heures et demie pour les premières, 4 heures et demie pour la seconde, étaient nécessaires pour relier le Pic du Canigou à Perpignan, de jour ou de nuit. Dans ces essais, le chemin était dépourvu de neige, jusqu’à 2200 m. Dans l’ascension effectuée pendant la nuit du vendredi au samedi 31 octobre, la neige apparaissait vers 1500 m, et, vers le haut, l’épaisseur de la couche atteignait rarement 20 cm. (Ceci a d’ailleurs facilité la conduite de la voiture; les roues arrière chassaient sur la neige dans les tournants et beaucoup de ceux-ci purent être pris, à la vitesse de 6 ou 7 km à l’heure, en une seule fois... à la manière des coureurs d’un Grand-Prix.)
- Durant ces ascensions, des relevés furent exécutés au moyen de cartes, et de la table d’orientation établie, en 1910, par le C. A. F., au sommet du Canigou, pour déterminer, avec une certaine approximation l’azimuth du Pic-du-Midi-de-Bigorre.
- Le vendredi 30 octobre, à cause de la visibilité exceptionnelle et du beau temps général dans le Sud-Est de la France, je décidais, par communication télégraphique et téléphonique avec l’Observatoire du Pic-du-Midi, d’accord avec MM. Devaux et Dort, d’effectuer un tir de fusées d’une part, et une observation d’autre part.
- 1. Galerie Blanche, galerie Gabrielle, galerie Henri, etc... altitude 1400 m.
- On régla la montre utilisée pour le Canigou sur le chronomètre de l’Observatoire du Pic-du-Midi.
- Partis vers 21 h, le vendredi 30, de Perpignan, nous étions, M. Y. Bellanger et moi, au sommet du Canigou, en observation, de 2 h 45 m à 3 h 15 m, dans l’azimuth déterminé auparavant; d’autre part, plusieurs fusées éclairantes, et un feu de magnésium furent allumés au Pic-du-Midi.
- A 3 h 09 m, 3 h 11 m, 3 h 12 m, nous aperçûmes à l’œil nu et à la jumelle, dans l’azimuth du Pic-du-Midi-de-Bigorre, trois points lumineux. Le feu de magnésium posé au sommet du Pic, et beaucoup plus brillant, fut invisible.
- De cette observation ressort la conclusion suivante indiscutable : en temps normal, on ne peut pas voir le Pic-du-Midi du Canigou, mais il suffirait d’une centaine de mètres au plus, à l’un d’eux, pour qu’il puisse être vu de l’autre. Il paraît donc probable que, sous condition
- Fig. 3. — L’étang, tout près de l’abri des Cortaleis, à 2200 m d'altitude d’où, par temps clair, on peut voir les profils des sommets alpestres. (Ph. Marcel Glaser. Perpignan.)
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- i Ecrins ('+100 T)
- 53,5 grades NE.
- •53.64- grades NE.
- Fig. 4. — Le Massif des Écrins.
- I. Profil schématique relevé, du Canigou, le jour de l’observation; les dentelures représentent les perturbations dues à la réfraction anomale*
- II. Profil schématique tracé d’après les cartes et le calcul de la perspective avec réfraction. (Le plateau hachuré est celui qui porte le pic de Bure, 2712 m.)
- de réfraction anomale, on puisse identifier l’un des sommets, en observant de l’autre.
- LES SOMMETS DES ALPES VUS DU CANIGOU
- Dans ces diverses ascensions, au sommet du Canigou, je lançais de grands coups de jumelle, dans la direction du N.-E., dans l’espoir d’y découvrir une gigantesque montagne, comparable à une tête d’épingle à un mètre des yeux.
- La première ascension, où je puis certifier avoir vu quelque chose, se place au début d’octobre; je gravis le Pic à la tombée du jour, pour observer ce que donne l’éclairage oblique d’un coucher de Soleil; malheureusement, à mesure que je montais, je m’enfonçais dans un chapeau de brouillard glacial. Au sommet, je fus pris par une tourmente de neige très pulvérulente, tourmente très locale, puisque, sitôt descendu, je trouvais, au refuge des Cortalets, au N.-E., une demi-sphère céleste d’un bel azur violacé, avec l’ombre portée de la Terre sur elle, très caractéristique des atmosphères limpides. Je couchai au refuge, et le lendemain, avant le lever de Soleil, je regardai le N.-E.
- Je vis sur un rouge uniforme, quelques minutes avant l’apparition du Soleil, un petit profil; mais les brumes matinales qui s’écrasent par terre confondaient l’horizon; ce petit profil me parut très haut. Comme je n’avais ni carte ni table d’orientation, je ne puis certifier si c'est un massif des Alpes qui est visible de l’altitude de 2200 m du refuge.
- Toutes les autres ascensions, au nombre de six, y compris celle du tir des fusées à l’Observatoire du Pic-du-Midi, me permirent d’observer trois fois le sommet des Écrins, distant de 412 km.
- C’est dans la matinée du samedi 31 octobre, après l’observation, en compagnie de M. Y. Bellanger, des fusées du Pic-du-Midi, que j’ai eu la plus belle vue sur les montagnes de l’Oisans et les Écrins.
- A 3 h 15 m, je quittais la table d’orientation, où j’avais disposé la jumelle dans l’azimuth déterminé auparavant. Nous nous abritions dans le refuge d’Arago construit en pierres sèches, exactement au sommet du pic, attendant avec une impatience... due surtout au froid très vif, les approches du lever de Soleil.
- Je regardais, à travers la brume légère de la plaine, l’étang de Lapalme et celui de Salces, dont les bords
- extrêmes, assez bien déterminés à cause de la perspective, devaient me servir au repérage des Écrins. Brillants comme une étoile ; le phare de La Nouvelle, et celui de Sète. La côte était bien visible avec tous ses détails, étirés, jusqu’aux environs du Grau-du-Roi. Plus haut, plus à droite, dans une masse épaisse violette, une étoile minuscule que j’identifiais avec le phare de Marseille. Plus haut encore, très haut, à cause de la confusion de l’horizon, et de la réfraction atmosphérique, un superbe profil, se détachant en sombre sur fond grenat. Ce profil était visible à l’oeil nu; immédiatement, à l’aide de réglettes de papier, d’un mètre en acier, des cartes, de la table d’orientation, je relevai les distances angulaires des étangs de Lapalme, de Salces; et du profil lointain, dont je traçai un croquis (fig. 4).
- J’observai ensuite le profil à la jumelle, avec écran rouge et je constatai qu’il était affecté de grandes perturbations dues à la réfraction anomale, au voisinage du lever du Soleil.
- A l’instant de celui-ci, la silhouette parut s’aplatir, en même temps elle devenait plus claire sur un fond rose, et, sous elle, dans une agitation intense des brumes matinales, le contour de la côte méditerranéenne disparaissait avec ses phares, jusque tout près, aux étangs de Lapalme.
- De l’autre côté, au S.-E., l’Espagne, avec la baie de Rosas, flamboyait. Derrière, les figures montagneuses, qui arrêtent la vue du Pic-du-Midi-de-Bigorre s’estompaient dans le bleu.
- A cette époque, et durant tout l’hiver, la face S.-W. des Écrins est dépourvue de neige, tant elle est abrupte : c’est pourquoi je l’ai vue se détacher en sombre sur fond clair.
- Les valeurs d’écarts angulaires relevés sur les lieux furent étudiées plus tard : elles donnèrent pour azimuth, à Test du nord, du profil observé, la valeur de 53,5 grades.
- Or, l’azimuth calculé des Écrins, est, pour le pic du Canigou
- 53,64 grades.
- Et cela suffirait pour lever les doutes.
- La perspective panoramique ajoute encore une confirmation : le petit profil plat observé n’est autre que celui qui porte le pic de Bure; et, parmi les dentelures proéminentes, l’identification de la plus grande avec les Écrins ne peut faire de doute pour personne, m’a dit M. J. Du-claux à qui j’avais communiqué les résultats...
- *
- * *
- Ainsi, amateurs de records, en voilà un de plus à l’actif d’un sportsman français... Mais non! mon intention n’est pas d’établir un record : j’ai voulu montrer ce qu’on peut voir du plus rare, du plus sauvage pic des Pyrénées, qui est un dieu pour les Catalans. Je voudrais conclure en disant que, outre les visibilités extraordinaires que permet le Canigou, et dont l’intérêt optique est incontestable, la région du massif qui porte ce pic est parsemée de filons métallifères, sur lesquels les admirables
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- forêts aux arbres foudroyés permettront une vérification de plus de la théorie de M. C. Dauzère sur les points de chute de la foudre (').
- Et, pour le profane, je terminerai en disant de la montagne Canigou, une des plus belles que je connaisse, qu’elle est une montagne humble : elle n’atteint 1. Voir La Nalure n° 2820, 1er novembre 1929.
- pas 3000 m, elle n’a tué personne, elle est inconnue des alpinistes et des pyrénéistes les plus distingués... et elle pullule de sangliers, d’isards, de renards, de fouines' de belettes, d’hermines, d’écureuils, de lapins, d’oiseaux de toute sorte.
- II. Garrigue, de l’Observatoire du Pic du Midi.
- LES ONDES ULTRA-COURTES
- PRODUCTION ET PROPRIÉTÉS
- I. - PRÉLIMINAIRES
- Le but poursuivi par Hertz, lors de ses fameuses expériences, était d’apporter une vérification à la théorie de Maxwell; celui-ci avait trouvé par le calcul qu’une onde lumineuse devait être de nature électromagnétique : c’est pour établir ce fait qu’Hertz a été amené à construire son célèbre oscillateur. Les oscillations produites devaient être de courte longueur d’onde pour se rapprocher le plus possible des ondes lumineuses; l’identité des propriétés entraînerait l’identité des natures. En fait, elles furent de l’ordre du centimètre au minimum. Nous verrons quelles sont les manifestations identiques que l’on peut réaliser aisément dans les deux cas. Depuis Hertz, on a pu produire des oscillations amorties beaucoup plus courtes, décelées par des appareils dits bolo-mètres, sensibles à l’influence de la chaleur développée par l’incidence des ondes. On a ainsi réalisé l’interpénétration entre la gamme d’ondes électromagnétiques et celle de la partie la plus longue du spectre lumineux.
- La très faible énergie mise en œuvre par de telles oscillations ne permet pas d’envisager de les utiliser pratiquement; dès que la lampe à trois électrodes eut permis l’entretien d’oscillations, logiquement on chercha à obtenir des ondes très courtes. Leurs applications possibles aux choses de la guerre, comme nous le verrons dans la suite, avaient donné une grande actualité à la question. On n’est pas arrivé à produire des fréquences aussi élevées qu’avec les ondes amorties, mais les résultats sont très intéressants par suite des applications éventuelles.
- II. - PRODUCTION DES ONDES ULTRA-COURTES
- Des trois systèmes employés pour la génération des ondes entretenues, seule, la lampe à trois électrodes a la souplesse nécessaire.
- L’arc, vestige des temps presque préhistoriques de la T. S. F., est totalement inapte à entretenir de telles ondes, de par son fonctionnement même.
- Quant à l’alternateur il faudrait lui communiquer des vitesses de rotation incompatibles avec la résistance des matériaux, même en utilisant les multiplicateurs de fréquence.
- Différents systèmes sont utilisés en vue de l’obtention
- de ces oscillations de très haute fréquence. Leur diversité résulte delà difficulté rencontrée dans une telle opération.
- A) Entretien dans un circuit extérieur. — Le montage le plus simple est celui de la figure 1. Il présente l’avantage de ne nécessiter qu’une seule bobine. C’est lui qui, mis au point par Gutton et Touly, a permis, le premier, la génération d’ondes courtes.
- Il se compose essentiellement d’une lampe à trois électrodes et d’un circuit oscillant dans lequel des oscillations sont entretenues. Le circuit oscillant comprend : la capacité C1 (due à la présence de la grille et de la plaque de la lampe), et la boucle de fil L; il a une période propre très faible par suite de la petitesse de la capacité grille-plaque d’une lampe et des dimensions réduites de la boucle. Par un mécanisme identique à celui procurant des ondes longues, des oscillations déclenchées par un ébranlement quelconque peuvent être entretenues. Il n’y a donc rien de nouveau dans le principe de cet oscillateur dont le schéma est bien connu sous le nom de Hartley, représenté par la figure 2. La source à haute tension est montée en parallèle pour ne pas l’intercaler dans le circuit oscillant; celui-ci est coupé par un condensateur C dont la capacité est grande; de ce fait, la capacité totale du circuit oscillant n’est pas sensiblement modifiée, C étant en série avec Cr Deux bobines de choc sur les fils d’arrivée de la haute tension et de l’alimentation
- Fig. 1. — Oscillateur Gutlon-Touly.
- •A +
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- du filament empêchent les courants à haute fréquence de se répandre dans les sources alimentant le poste.
- C’est du souci d’éviter ces organes qu’est né l’oscillateur Mesny ; en effet, les bobines de choc, par suite de la capacité entre spires, ne jouent que très imparfaitement leurs rôles et ceci d’autant moins bien que les ondes sont plus courtes ; elles gênent, quand elles fonctionnent mal, l’entretien. L’oscillateur Mesny, dit symétrique (fig. 3), comporte deux lampes montées en opposition; le couplage entre les circuits de grille et de plaque est négatif, c’est-à-dire que l’un des deux est croisé : toutefois, pour de très courtes ondes, par suite du couplage supplémentaire créé par les capacités grille-plaque, la plus grande fréquence est obtenue pour un couplage positif. Ceci est absolument identique à ce qui se passe dans une détectrice à réaction, dont on est obligé d’inverser l’enroulement de réaction à partir des ondes courtes de radiodiffusion.
- Dans le montage Mesny, les bobines de choc sont inutiles, les courants oscillants ne sortant pas de la boucle L. En effet, à chaque instant, les potentiels des grilles et ceux des plaques sont égaux et de signes contraires, il en résulte que le potentiel des points milieux est toujours nul; aucun courant ne circule donc entre ces points.
- Trois difficultés empêchent, avec un tel montage, de « descendre » au-dessous d’ondes de l’ordre du mètre.
- En premier lieu, on ne peut réduire la longueur d’ondes au-dessous d’une certaine limite; si la longueur de la boucle peut être amenée à une très faible valeur, on n’a aucun moyen d’action sur la capacité du circuit oscillant qui est celle intérieure des lampes; pour un modèle de triode donné, il y a une limite en dessous de laquelle il est impossible de descendre.
- L’entretien des oscillations ne peut pas se faire pour
- Fig. 2.
- Oscillateur Harlleij.
- Fig. 3. — Oscillateur Mesny.
- des rapports trop faibles du coefficient de self-induction de l’enroulement du circuit oscillant à la capacité; or, dans le cas qui nous intéresse, nous ajustons la période en diminuant l’enroulement sans être à même d’agir en même temps sur la capacité. L’entretien est dû au report d’une certaine quantité d’énergie du circuit de plaque à celui de grille; pour le réaliser, on emprunte une différence de potentiel aux bornes de la self de plaque ; il ne faut donc pas qu’elle soit tellement petite que la tension nécessaire ne puisse être induite.
- Enfin, une dernière cause vient encore diminuer la limite inférieure de fonctionnement; elle provient d’électrons émis par le filament. Quand le poste oscille, la plaque est soumise à des tensions résultant de la superposition de la tension continue et de celle alternative induite dans la self de plaque. Si le temps qui s’écoule pendant les instants où la plaque est au potentiel maximum (environ un quart de la période), est du même ordre de grandeur que celui mis par un électron pour aller du fila-ment à la plaque, aucun de ceux-ci ne parviendra à cette électrode et il n’y aura pas de courant de plaque, donc aucune puissance oscillante. Ceci est très possible aux fréquences que nous envisageons; pour une longueur d’onde de 50 cm, et une vitesse moyenne de 10 000 km par seconde, le trajet d’un électron, pendant un quart de période, est d’environ 0,4 cm; c’est de l’ordre de grandeur des dimensions de l’espace entre filament et plaque pour de petites lampes. Pour obvier à cet inconvénient, il faut diminuer cette dimension; ceci conduit soit à de très petites puissances dissipées (par suite de la petitesse de la plaque, diminution de la distance sans augmenter la capacité intérieure), soit à la production d’ondes-limites moins courtes (par suite de l’augmentation de Incapacité entre électrodes, diminution de la distance sans réduction de la puissance).
- Pour remédier à tous ces ennuis, la première idée venant à l’esprit est de produire des oscillations non sinusoïdales et d’utiliser des harmoniques de l’onde fondamentale ainsi créées. Ce procédé de la multiplication de la fréquence est employé avec succès dans le cas de la conduite d’un oscillateur par un cristal de quartz. Pour obtenir une énergie assez grande, il est indispensable d’effectuer une amplification; la difficulté d’une telle opération sur ces ondes ne permet pas,, d’envisager cette éventualité.
- B) Entretien externe=interne. — Dans ce cas, les oscillations sont utilisées dans un circuit oscillant extérieur, mais leur production est due à des mouvements des électrons à l’intérieur de la lampe. Les explications de ces oscillations ne sont pas encore certaines; on me permettra de soumettre quelques suggestions à ce sujet.
- Le fait est le suivant : quand on utilise le montage de la figure 4, on constate que, pour des dimensions bien définies du circuit oscillant composé des fils F4 et Fa et de la capacité entre plaque et grille de la lampe (la capacité Cf, permettant l’alimentation en parallèle, est suffisamment grande pour ne pas diminuer sensiblement la valeur de la capacité totale du circuit oscillant), des oscillations sont entretenues le long des fils en question. L’entretien ne se produit que pour des positions très exactes du point mobile AB. Les ondes sont très courtes;
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- leur longueur est de l’ordre de 0,30 m au minimum.
- Cet oscillateur est celui qui a permis à Barkhausen de réaliser, le premier, des ondes aussi courtes.
- Diverses explications ont été proposées; la première est, à mon avis, celle du fonctionnement en dynatron; on nomme ainsi une lampe à trois électrodes dont la grille est portée à un potentiel supérieur à celui de la plaque. Il en résulte que, dans certaine partie de la caractéristique de fonctionnement en courant continu, quand on augmente la tension de plaque, l’intensité du courant de ce circuit diminue; c’est ce que l'on a appelé une résistance négative. Il me semble que toutes les manifestations de Conciliateur de Barkhausen sont expliquées par cette hypothèse. Je dois ajouter que les explications données généralement ne sont pas de cet ordre. Il ne m’est pas possible de développer cette idée dans un si court exposé.
- Ordinairement, on fait intervenir une autre conception. Les électrons émis par le filament sont attirés par la grille; ils arrivent à cette électrode avec une certaine vitesse ; cela permet à un certain nombre d’entre eux de la franchir. Ils pourraient donc aller jusqu’à la plaque, mais le potentiel de celle-ci n’est pas suffisant pour obtenir ce résultat, car il a varié depuis le passage des électrons à travers la grille. Un nombre déterminé d’électrons sont bien captés par la plaque; pourtant, pour d’autres, la grille exerce une attraction qui ne leur permet pas d’aller assez près de la plaque pour être absorbés par elle. On conclut de ceci que des électrons franchissent la grille, puis y reviennent; ce sont ces danses d’électrons qui sont mises en lumière dans le circuit oscillant quand il est accordé sur la fréquence des mouvements électroniques. Explication que l’on peut résumer comme suit : lorsqu’une perturbation électrique agit sur une telle lampe, le mouvement des électrons n’est pas suffisamment rapide pour que les champs ne soient pas inversés avant que l’électron ait atteint la plaque.
- On remarque des bobines de choc comme celles de la figure 1 ; pour les mêmes raisons le fonctionnement est bien amélioré par leur suppression : dans ce but, la meilleure solution consiste à employer un montage symétrique analogue à celui de M. Mesny; Scheibe a obtenu, dans cette voie, d’excellents résultats.
- Une autre variante de ce système, due à M. Pierret, et représentée par la figure 5 A, a l'avantage de simplifier l’ensemble. Il se compose, essentiellement, de deux tringles sur lesquelles peuvent coulisser des disques. Pour des positions bien définies de ces disques, on constate que des oscillations sont entretenues le long des fils. Par suite de la réflexion sur les disques, il n’y a pas d’oscillations au delà d’eux et on peut sans inconvénient supprimer les bobines de choc.
- Avec de tels systèmes on peut entretenir des ondes d’une longueur d’environ 0 m 30. Pour obtenir des ondes plus courtes, il faut augmenter la différence de potentiel entre grille et plaque; on ne peut accroître la tension de grille au delà d’une certaine limite par suite de réchauffement exagéré communiqué à cette électrode ; il n’est pas possible de diminuer la tension de plaque en dessous d’une limite réduite, car il n’v a plus entretien. Un dispo-
- sitif, dû encore à M. Pierret, permet d’arriver à un résultat. Il est alors possible de réaliser des ondes de l’ordre de 0 m 10. La figure 5 B donne le schéma de ce montage. L’explication du fonctionnement se rapproche beaucoup de celui invoqué pour l’oscillateur de Barkhausen; plus exactement elle constitue une extension de l’étude du mouvement des électrons au voisinage de la grille. En effet, l’amplitude possible du mouvement des électrons est, par suite de la valeur de la tension de plaque, beaucoup plus petite que dans le cas précédent. Le fait de l’oscillation des électrons autour de la grille est démontré par l'absence de courant oscillant dans le circuit de plaque; on est ainsi conduit à ne placer aucun organe de choc dans ce circuit. La fréquence des oscillations est le double de celle du mouvement électronique; en effet, quand un électron s’éloigne de la grille, le potentiel de celle-ci augmente; quand il revient, il diminue. Donc, pour une demi-oscillation de l’électron, il y a une oscillation complète du potentiel de la grille.
- En résumé, on peut admettre que la production des ondes courtes entretenues est due à la mise en œuvre de deux catégories de phénomènes : dans le premier cas, il est fait appel aux procédés ordinaires d’entretien, c'est-à-dire aux reports d’énergie du circuit de plaque à celui de grille; dans le second, au contraire, on se sert des impulsions procurées aux électrons issus du filament par les variations des tensions de grille et de plaque qui se produisent à un rythme plus rapide que le mouvement des électrons.
- Fig, 5. — Oscillateur de Pierret : A) l,e manière; B) 2e manière.
- Fig. 4. — Oscillateur de Barkhausen.
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- III. - PROPRIÉTÉS DES ONDES ULTRA-COURTES
- : En possession de ces fiscillàtions il est intéressant de &e rendre compte de leurs propriétés. Nous les examinerons sous quatre aspects différents; ils constituent la base de l’emploi de ces ondes.
- A) Rayonnement non dirigé. — L’émission de telles oscillations sans aucun dispositif assurant une direction privilégiée peut être faite comme pour toutes autres ondes. Le seul fait remarquable réside dans le très faible encombrement et le poids réduit de l’ensemble, ce qui, dans de nombreux cas (aviation, automobile, etc.), rend leur emploi intéressant.
- B) Rayonnement dirigé. — Les dimensions des organes assurant la directivité (rideaux, miroirs, antennes sur harmoniques, etc.), devant être au moins de l’ordre de grandeur de la longueur d’onde, il a fallu attendre la mise au point des ondes courtes pour pouvoir étudier ce problème, De telles ondes se prêtent très bien à toutes les combinaisons possibles dans ce but.
- On peut, tout d’abord, envisager de réaliser l’émission dans une dii’ection unique; le but. que l’on se propose alors est soit de parvenir, avec la même puissance alimentation, à des portées très supérieures à celles obtenues sans réflecteurs (ou, inversement, pour une portée donnée, de réduire la puissance fournie à l’aérien), soit de disposer de systèmes analogues aux phares lumi-
- neux, c’est-à-dire procurant un pinceau balayant l’espace. Dans ces deux cas, la directivité est réalisée dans le plan horizontal.
- En vue d’économiser encore de la puissance, on peut, avec de telles ondes, tenter une émission dirigée dans le plan vertical de manière à attaquer la couche réfléchissante englobant la terre sous l’angle le plus favorable pour que le rayon réfléchi tombe juste au point de réception.
- C) Pénétration. — On sait que les ondes pénètrent d’autant moins dans un milieu conducteur que leur longueur d’onde est plus courte. Ceci est le fait du phénomène connu sous le nom de Skin-effet ou concentration du courant dans une mince couche pelliculaire.
- D) Propagation. — Contrairement à ce qui se passe pour les autres ondes plus longues, les ondes ultra-courtes se propagent sensiblement en ligne droite comme cela a lieu pour la lumière. Il en résulte que les communications ne peuvent être réalisées qu’entre deux points situés à des distances telles que la ligne qui les joint soit tangente à la surface de la terre ou au-dessus de celle-ci. La notion d’horizon apparaît.
- De ces quelques lignes on peut déjà conclure à l’intérêt de ces oscillations de très haute fréquence, tant pour établir des communications que pour le traitement de certaines maladies.
- P. J.
- == LES LAMES TRES MINCES =
- ET L’ÉTUDE DES STRUCTURES MOLÉCULAIRES
- LES TRAVAUX DE M. DEVAUX
- C’est ici, dans le journal La Nature, que M. Devaux a donné sa première publication concernant ses recherches de physique moléculaire, il y a quarante-trois ans ! Et sous forme de jouet scientifique il a réalisé dès ce moment un appareil mû par des forces localisées dans une lame de un millionième de millimètre d’épaisseur. C’était une belle introduction à tout un ensemble de recherches fécondes.
- L’étude des couches superficielles et des lames minces est une de celles dont l’importance apparaît de plus en plus grande aux yeux des physiciens : en effet on a pu se rendre compte que, loin d’être l’exception, ces lames sont universellement répandues à la surface des corps solides ou liquides (phénomènes d’adsorption et de souillure), si bien que leur interposition constitue la règle générale du contact entre les corps. Les actions physicochimiques des corps les uns sur les autres s’en trouvent profondément modifiées; dans la pratique on est du reste amené à tenir compte, sous le nom de couches de contact et de couches de(passage, de ces lames très minces solides, liquides ou même gazeuses.
- Mais au point de vue de la théorie pure, l’étude des
- lames minces a ouvert à la physique un nouveau et très vaste domaine, tout spécialement depuis la découverte des lames monomoléculaires : découverte énoncée sous forme hypothétique par Lord Rayleigh dès 1899 et dont il appartenait à notre compatriote, le professeur Devaux, de faire une réalité, aussi bien pour les lames solides que pour les liquides.
- L’expérimentation sur lames monomoléculaires a permis de mesurer avec une grande simplicité le diamètre des molécules ; la première mesure concorde remarquablement avec les diamètres théoriques calculés par des méthodes différentes; le rayon d’action, au contraire, s’est révélé bien inférieur aux chiffres avancés jusqu’alors et ne dépassant guère le diamètre même des molécules. Ce nouveau procédé est d’ores et déjà à mettre sur le même rang que les procédés d’analyse cristallographique par les rayons X; en effet, la polarisation des molécules dans les lames superficielles fournit le moyen d’étudier la structure des assises moléculaires. Enfin, par une extension aussi inattendue qu’extraordinaire, l’étude des lames polarisées permet pour la première fois de se faire une idée des phénomènes spécifiques de la vie et de reconnaître que ces phénomènes se trouvent localisés à la surface limite du protoplasma dans les êtres vivants,
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- Nous donnons ci-dessous un aperçu des travaux (') du professeur Devaux dont le nom est désormais attaché à ces études passionnantes des lames moléculaires. Non seulement, il a joué, dans cette question, le rôle de pionnier, voici presque un demi-siècle, mais il a depuis lors, poursuivi ses recherches et n’a cessé d’apporter d’importantes contributions à nos connaissances dans ce domaine.
- Le savant qui a ainsi enrichi la science d’un chapitre nouveau, du plus haut intérêt, est, dans son propre pays, fort peu connu du grand public. Et cependant son œuvre est de celles qui font honneur à un pays. Nous croyons utile de la résumer ici dans son ensemble, bien qu’elle ait fait déjà, à diverses reprises, sur des points particuliers, l’objet d’articles de La Nature.
- LES LAMES TRÈS MINCES SÜR L’EAU ET SUR LE MERCURE
- On connaît, de temps immémorial, l’extension spontanée des huiles sur l’eau qui se traduit par des taches multicolores à la surface du liquide; la périphérie de ces lames est d’un blanc de plus en plus pâle, ce qui démontre que leur minceur va bien au delà de celle donnant les teintes d’interférence.
- Malgré cette minceur, ces pellicules grasses sont susceptibles d’actions mécaniques puissantes, comme par exemple de calmer les mouvements des vagues de la mer;
- 1. M. le professeur Devaux a publié un grand nombre de notes et mémoires sur les lames minces, principalement depuis 1903. Il en a donné un aperçu d’ensemble dans un mémoire de 42 pages paru en août 1931 dans le Journal de physique et d’où nous extrayons les matériaux de cet article.
- L’Académie des sciences a témoigné l’intérêt qu’elle prend aux travaux de M. Devaux sur ces questions importantes et délicates en lui accordant le prix Saintour.
- Fig. 2. — Lame épaisse d'huile d’ohue âgée d'une seconde (1912). Centre blanc entouré d’anneaux colorés, serrés, mais périphérie mince, ayant la teinte blanche au-dessous du brun du premier ordre.
- Fig. 1. — La première expérience sur les lames minces : le bateau à camphre. Cette expérience a été décrite pour la première lois dans le n° de La Nature du 21 avril 1888.
- les expériences des laboratoires montrent le mode d’action de ces lames qui agissent en modifiant la tension superficielle.
- On peut, expérimentalement, produire un travail continu par de simples différences entre ces tensions de surface, par exemple à l’aide du petit propulseur à camphre présenté dès 1888 par M. Devaux et représenté figure 3. La présence de la vapeur de camphre diminuant sensiblement la tension superficielle de l’eau à l’arrière, le flotteur se trouve vivement entraîné vers l’avant; en revanche une pellicule d’huile extrêmement mince suffit pour arrêter le mouvement (fig. 4).
- La découverte fondamentale d’une épaisseur critique pour les lames d’huile semble avoir été faite simultanément par plusieurs auteurs ; néanmoins l’antériorité officielle appartient à lord Rayleigh (1890). Ce physicien a montré par des mesures précises que l’épaisseur d’huile nécessaire pour arrêter les mouvements d’un grain de camphre à la surface de l’eau est parfaitement déterminée et voisine de un millimicron. Sa méthode est des plus simples : il pèse une gouttelette d’huile, la dépose sur une large surface d’eau où s’agite du camphre et arrive par tâtonnements à déterminer le poids minimum d’huile suffisant pour arrêter le mouvement des particules. Agnès Pockel (1890-1899) a imaginé une technique perfectionnée qiii consiste dans l’emploi de gouttes calibrées d’une solution d’huile dans la benzine, pour répandre sur l’eau un poids d’huile rigoureusement déterminé. C’est elle, aussi, qui eut l’idée d’employer une auge
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- rectangulaire dont un bord ait une barrière mobile, ce qui donne une surface variable et mesurable avec précision.
- Les recherches du professeur Devaux de 1903 à 1912, apportèrent les faits nouveaux suivants :
- 1° Existence d’une limite à l’extension des huiles neutres sur l’eau (extension maxima);
- 2° Apparition d’une cohésion caractéristique quand on resserre les limites ainsi étendues, cohésion correspondant à une épaisseur précise (épaisseur critique) ;
- 3° Extension de ces deux données à des lames minces
- solides.
- L’existence d’une extension maxima est facile à mettre en évidence à l’aide d’eau talquée. Si l’on touche une surface d’eau libre poudrée avec du talc, avec un fil capillaire portant des traces d’huile, l’eau s’étend suivant un cercle manifesté par l’écartement du talc. Cette extension est limitée, et cependant le reste de la surface est vraiment libre, car en produisant un nouveau cercle huilé un peu plus loin, on n’altère en rien les dimensions
- du premier. Il y a
- ___ _ __________________ donc une limite
- réelle à l’extension de l’huile, et quand cette limite est atteinte, la tension superficielle est celle de l’eau pure, même pour l’eau huilée (fig. 8 à 10).
- Voici comment on montre la cohésion des lames d’huile. Cette cohésion n’existe pas pour la lame en extension maxima qui se rompt avec une grande facilité sur elle. Une lame res-résiste au contraire, à de plus, les moindres
- Fig. 3. — Bateau d'étain circulant sur l'eau sous l’effet d'un fragment de camphre.
- (Figure extraite de La Nature, 1888.
- 1er semestre, p. 332.)
- quand on souffle verticalement serrée par une barrière mobile un souffle même violent. Mais variations forcées en un point quelconque se transmettent à l’ensemble : c’est ainsi que lorsqu’on rapproche doucement la barrière (fig. 13), au moment précis où le talc situé en avant du voile manifeste un resserrement, les petites taches de talc situées partout le long des bords subissent le même resserrement. L’huile a donc sous cet état un volume précis et une cohésion manifeste comme lorsqu’elle est en masse.
- C’est l’épaisseur, toujours la même, que présente la lame d’une huile déterminée au début du resserrement, que M. Devaux avait appelée épaisseur critique, étant bien loin, à ce moment, de se douter que ces lames étaient monomoléculaires.
- Pour la mesurer, on emploie une solution titrée d’huile dans la benzine pure (1 cm3 d’oléine pure, ou trioléate de glycérine, pour 1000 cm3 de benzine), et une pipette donnant cinquante gouttes de cette solution pour 1 cm3. En déposant deux de ces gouttes sur l’eau, on obtient à
- peu près instantanément un résidu d’oléine égal à 400.10-7 cm3; cette quantité étant répartie sur une surface d’eau trop vaste pour la couvrir en entier, on souffle doucement sur ce voile invisible pour le repousser à l’autre bout de la cuvette, puis on répand en avant, sur l’eau libre, un léger voile de talc avec un tamis. On recommence alors à souffler et l’on voit que le talc, emporté par le souffle, vient s’arrêter le long de la barrière invisible CD (fig. 11) de la lame d’huile : l’arrêt est d’une netteté surprenante. On rapproche alors une bande de papier formant barrière (fig. 12) jusqu’à ce qu’on voie les grains de talc situés à la limite subir un resserrement brusque entre l'huile et le papier; en reculant la barrière on les voit redevenir brusquement libres, flotter côte à côte sans résistance. On arrive ainsi par tâtonnements à préciser la limite où le voile d’huile est à peine resserré, c’est-à-dire le début du changement de tension. C’est à cette limite que l’on prend une mesure, en déterminant au moyen d’un simple double décimètre la longueur de la nappe d’huile. On trouve ainsi pour l’oléine une épaisseur de 1,10 X 10-7 cm, l’approximation allant de 1,04 à 1,15 X 10-7.
- On peut donc dire que la plus mince lame d’huile cohérente qui peut exister sur l’eau a une épaisseur de un millionième de millimètre. Cette valeur est remarquablement voisine de celle trouvée par différents auteurs en se servant des variations de la tension superficielle (0,56 à 3).
- Mais cette méthode (déjà remarquable en ce qu’elle permet de mesurer des millimicrons à l’aide d’un double décimètre) est, en revanche, la seule qui s’applique également aux lames minces solides.
- La découverte des lames solides est également due à M. Devaux (1903). Les essais ont montré avec netteté, dès cette époque, qu’il y a également une limite d’épaisseur et qu’à cette limite l’état solide subsiste encore; si on augmente la surface disponible, la propriété solide disparaît pour reparaître dès qu’on restreint suffisamment la surface pour revenir à l’épaisseur critique. Tout se passe, en un mot, comme si la substance était formée de grains solides séparés, en sorte que la surface liquide devient brusquement rigide dès que les grains se trouvent en contact. Ici encore on ne se doutait pas que ces parcelles pussent être les molécules elles-mêmes.
- DÉCOUVERTE DES LAMES MONOMOLÉCULAIRES
- Dès 1890, lord Rayleigh, dans son mémoire célèbre sur la mesure de la quantité d’huile nécessaire pour arrêter les mouvements du camphre sur l’eau, dit qu’une telle mesure est d’un grand intérêt pour la détermination des grandeurs moléculaires. Ce savant, en reprenant ses expériences, en 1899, revient sur cette analogie entre l’épaisseur des lames minces et les dimensions moléculaires, mais nulle part l’illustre physicien ne paraît avoir cherché à vérifier si cette épaisseur se rapprochait réellement des dimensions théoriques attribuées aux molécules. C’est à M. Devaux que revient le privilège d’avoir découvert définitivement, en 1903-1904, et d’avoir prouvé que, sous Vépaisseur critique, les lames sont formées d’une seule assise moléculaire, et ceci, non seulement pour
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- les lames liquides, mais aussi pour les lames à Vétat solide. Les lames monomoléculaires étaient définitivement découvertes, et la voie ouverte à d’immenses recherches dont nous voyons aujourd’hui, de tous côtés, les résultats.
- La comparaison des épaisseurs mesurées par la méthode précédente avec les valeurs théoriques attribuées au diamètre des molécules ne saurait, en effet, laisser aucun doute sur la réalité de l’existence des lames monomoléculaires. Le tableau de la fig. 14 qui représente les dimensions matérielles à l’échelle de un million, permet de se rendre compte de la concordance de ces valeurs. Cette concordance est d’autant plus remarquable que les valeurs sont d’origines très diverses; les unes sont purement théoriques, déduites de la théorie cinétique des gaz, et les autres entièrement expérimentales.
- Les lames sur le mercure ont été étudiées en 1912. Il y a encore une limite très nette à l’extensibilité et l’on retrouve la dimension de l’assise monomoléculaire. Quand l’huile est assez abondante, elle forme aussi une lame épaisse colorée qui évolue rapidement avec production de taches noires entourées de perles (fig. 15) et se résout finalement en une lame très mince parsemée de gouttelettes.
- D’autres liquides (acide sulfurique, eau distillée), donnent des évolutions analogues.
- PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DES LAMES MON OMOLÉC GLAIRES
- Au point de vue optique, la minceur de ces lames les rend à peu près invisibles, excepté pour certaines substances très réfringentes et très opaques (sulfures métalliques). Cependant les impuretés grasses occupant la surface de l’eau provoquent une polarisation elliptique négative de la lumière, étudiée par plusieurs auteurs. Enfin un champ de recherches nouvelles a été ouvert par l’étude des couches superficielles au moyen des rayons X; elles ont montré, en particulier, une stratification avec orientation des assises moléculaires que M. Perrin et ses élèves ont également observée dans les lames d’eau de savon.
- La stabilité des lames monomoléculaires fait contraste avec l’évolution rapide des lames épaisses (reconnaissables à leurs teintes chromatiques). A peine formées, celles-ei se rétractent et se percent très vite de trous circulaires, puis se transforment bientôt en un réseau (fig. 16) qui se résout enfin en gouttelettes éparses. Mais entre ces gouttelettes est une lame monomoléculaire continue qui subsiste indéfiniment (fig. 17).
- Les propriétés mécaniques des lames monomoléculaires sont absolument remarquables. Pour les résumer d’un mot, on peut dire que les états mécaniques de la matière (fluidité des liquides, rigidité des solides) résident dans les molécules elles-mêmes, et ne supposent pas nécessairement l’existence d’agrégats (Devaux, 1904).
- En dehors de cette cohésion des lames monomoléculaires, il faut noter, chez certaines d’entre elles, une expansibilitê ressemblant à celle des gaz, de sorte que les trois états de la matière sont représentés dans les lames très minces. C’est ainsi que pour l’acide oléique et le savon, l’extension sur l’eau va bien au delà de la formation
- i
- Fig. 4. — Bateau en marche sur de Veau légèrement huilée et couvent de talc; le bateau laisse un sillage. Quand l’opérateur rétrécit la surface en rapprochant une bande de papier qui forme une barrière mobile, ij provoque un rassemblement de l’huile et le bateau s’arrête. Inverse^ ment, il se remet en marche quand on élargit de nouveau la surface
- d’un film monomoléculaire simple, les molécules contfi nuant à s’éloigner, si elles sont entourées d’eau libre, jusqu’à dix fois la distance normale qu’elles ont dans l’huile. Elles sont alors écartées les unes des autres à peu près comme celles de l’air libre et Marcellin a réussi à établir, en 1925, pour les lames d’acide oléique une loi analogue à celle qui régit les gaz parfaits : FS == KT. Ces lames réalisent en somme, la chimère d’une lame gazeuse monomoléculaire. (Voir La Nature, n° 2761 dur 15 mai 1927.)
- La fluidité des lames superficielles se constate en répandant sur elles un léger voile de talc et soufflant avec précaution : si la lame est fluide, le talc est entraîné même
- Fig. 5. — Courbe, d’après lord Rayleigh, des variations de la tension superficielle de l’eau en fonction de l'épaisseur d'une lame d’huile de ricin déposée à sa surface. (Lord Rayleigh supposait cette épaisseur uniforme.)
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- Fig. 6 à gauche). — Surface d’eau essuyée et légèrement saupoudrée de talc; les grains sont uniformément répartis.
- Fig. 7 (à droite). — Même surface sur laquelle on a légèrement soufflé; les grains de talc se rassemblent au contact, montrant qu’il n’y a entre eux aucune impureté.
- par un courant d’air très léger. Les films liquides partagent cette propriété avec les films « pseudo-gazeux » dont nous venons de parler, mais ils en diffèrent par leur cohésion, caractère propre des états liquide et solide de la matière, qui se traduit par la fixité du volume. Entre un film d’huile neutre dilaté au maximum et le même contracté jusqu’à l’apparition des globules visibles, les distances moléculaires ne varient pas de 1 à 2 angstrôms (Devaux, 1914;. S’il s’agit d’un film d’acide oléique surétendu, au contraire, on peut lui faire subir des contractions de plus de 100 angstrôms, jusqu’au moment où l’apparition d’une résistance puissante montre que les molécules viennent au contact; très vite après, les globules se forment.
- Du reste, jamais la phase film dilaté ne se présente côte à côte avec des globules dans un équilibre semblable à celui d’un liquide surmonté de vapeur saturante. Pour en trouver l’analogue, il faudrait envisager l’équilibre d’une lame liquide parsemée de globules : si l’on rétrécit la surface, les globules grossissent, si on l’élargit, ils diminuent, la tension de la lame ne variant pour ainsi dire pas. L’ensemble forme donc bien un système à une seule variable.
- Notons également combien apparaît petit le rayon des
- Fig. 11 à 13 (de gauche à droite).
- Fig. 11. — On souffle doucement sur l’extrémité de la cuvette (fig. 10) pour repousser le voile d’huile; le talc se rassemble en CD, en A et en B. En ECDF, l’eau est rigoureusement pure.
- Fig. 12. — On rectifie la limite du voile d'huile précédent à l'aide d'une bande de papier GH formant barrière mobile.
- Fig. 13. — Variations de la surface obtenues par’, a barrière mobile; quand les grains de talc sont tout juste libres les uns à côté des autres, la lame est à l’épaisseur critique.
- attractions moléculaires ; un éloignement de 1 à 2.10~b cm supprime toute action sensible. Nous sommes loin des champs d’action encore admis, il y a peu de temps et qui dépassaient 250.10~8 cm (Vincent, 1900).
- Dans les lames solides, il y a lieu, en outre, de considérer la rigidité et la flexibilité. Cette dernière propriété est facile à mettre en évidence en rétrécissant suffisamment une lame solide talquée : il se forme alors des plis, même avec les lames les plus fragiles. Ces plis s’effacent quand on dilate la lame ou se détachent en lambeaux blancs si la lame a été brisée.
- Il est d’ailleurs frappant de voir que les caractéristiques de chaque substance se conservent dans les lames monomoléculaires : les lames de sulfures métalliques se montrent cassantes, celles de cire, de suif, de colophane sont molles, celles de silicate de soude se brisent comme du verre et les lames de caoutchouc sont prodigieusement élastiques et rétractiles. On a donc ici une nouvelle preuve que les propriétés mécaniques de la matière résident dans les molécules et non dans des agrégats moléculaires.
- Toutes les lames monomoléculaires sont perméables à la vapeur d’eau; pour l’hydrogène sulfuré, une lame de sulfure de cuivre ne commence à être imperméable qu’à
- Fig. 8 à 10 (de gauche à droite).
- Fig. 8. — L’extension de l'huile sur l'eau est limitée. On touche la surface talquée de la fig. 7 avec un fil de verre très fin portant une trace d’huile : il se produit un cercle très brusque mais à extension limitée, les grains de talc éloignés ne manifestant aucun déplacement.
- Fig. 9. — Même surface portant un second cercle. L’extension de ce second cercle ne modifie en rien le premier; il n’y avait donc entre eux aucune impureté.
- Fig. 10. — Grand cercle d’huile en extension maxima sur l'eau talquée'
- partir de 10 à 20 millimicrons ; elle est alors formée de plusieurs assises de molécules.
- RAPPORTS DES LAMES MINCES AVEC LEUR SUPPORT
- Outre les actions tangentielles, les lames minces éprouvent de la part de leur support liquide une forte attraction normale ou adhérence. Par exemple, la volatilité du camphre, en lame monomoléculaire dilatée sur le mercure, est environ 700 fois plus faible qu’en masse. Inversement, une lame de mercure parfaitement propre fixe par adsorption les odeurs ambiantes et on peut dégager ces odeurs par rétrécissement de la surface (Devaux, 1930).
- Il est particulièrement important, dans cet ordre d’idées, d’examiner comment les lames minces qui, sous forme de souillures, recouvrent plus ou moins tous les corps, modifient l’attraction de contact ; on sait l’impor-
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- tance que les physiciens attachent à ces questions qu’il est difficile d’élucider directement. Le dépôt de lames minces sur les solides fournit le moyen d’étudier particulièrement les attractions entre les solides et l’eau, c’est-à-dire la mouillabilité des surfaces, en fonction de l’épaisseur de la lame interposée. Mais il est nécessaire d’enlever au préalable les souillures existant déjà sur ces surfaces, celles du verre, par exemple.
- La meilleure méthode d’étude consiste à flamber la surface du verre, ce qui détruit les souillures et la rend parfaitement mouillable. On dépose ensuite sur elle une goutte d’une solution titrée de cire ou d’huile ; on constate après évaporation que la surface du verre a perdu sa mouillabilité, même si l’épaisseur de l’enduit déposé n’est que d’une molécule et même si la pellicule est au début de la surextension (films pseudo-gazeux). On voit donc que la mouillabilité n’existe que par contact direct et que le rayon d’attraction de contact est inférieur au diamètre d’une molécule, c’est-à-dire ici à 1,1.10“7 cm.
- Mais, avec les lames minces solides, l’étude de la mouillabilité a conduit à une très importante découverte, celle des lames mouillables d’un seul côté (hémimouillables) qui démontre la polarité et Vorientation des molécules.
- Les expériences qui montrent cette propriété sont nombreuses ; l’une des plus simples consiste à former une lame de sulfure de cuivre sur quelques gouttes d’une solution de sulfate de cuivre déposée sur une plaque de verre et à enfoncer verticalement la plaque dans de l’eau : on voit alors la pellicule de sulfure quitter la plaque et s’étendre sur le liquide. On peut aussi préparer une lame de sulfure dans une cuvette, puis poser sur elle une plaque de verre : en retirant cette dernière, on trouve la lame de sulfure collée à la plaque, mais cette fois le côté mouillable à l'air, comme il est facile de s’en assurer. Il est donc possible d’avoir sur des plaques de verre des lames minces de sulfure présentant au dehors, soit leur face mouillable, soit leur face non mouillable.
- Ces expériences, réussissant avec les lames monomoléculaires, démontrent la polarité des molécules et leur orientation dans les lames minces, monomoléculaires ou non. C’est la confirmation objective des vues les plus récentes sur la constitution de la couche superficielle des liquides (Langmuir). Ces faits sont généraux, ils s’observent avec des lames minces de substances inorganiques et organiques.
- Pour ce qui est des modifications apportées par les lames minces à Y adhérence des corps solides, les résultats ont été analogues. Pour le verre, par exemple, il suffit d’un flambage de une ou deux secondes pour dénuder complètement la matière et lui donner un coefficient de frottement très élevé avec différents solides, bois, verre, métaux. L’adhérence de frottement se manifeste alors comme une propriété spécifique. Mais si l’on dépose ensuite une épaisseur connue de cire ou d’huile à l’aide d’une solution titrée, on constate qu’ici encore la limite d*épaisseur active de lubrifiant est égale aux dimensions moléculaires (fig. 18).
- D’autre part, l’attraction du film de lubrifiant pour le verre est très élevée, elle résiste à des frottements exercés avec des pressions locales de plus de 2000 atmosphères !
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- LA POLARISATION DES SURFACES ET LA STRUCTURE DES ÊTRES VIVANTS
- L’hypothèse de l’orientation des molécules le long de la surface des corps et spécialement des liquides a été nettement formulée par Hardy dès 1912. De nombreux physiciens ont poursuivi des recherches dans ce sens, et en particulier Langmuir (1917) qui a pu expliciter
- Epaisseurs trouvées directement par l'expérience.
- Dimensions théoriques des molécules au même grossissement.
- .. Sulfute de mercure. .. Sulfure de plomb.. . . Sulfure de cuivre . . Huile d’olive....
- .. Tripalmitine.. ..
- .. Spermaceti......
- . . Acide stéarique..
- .. Iodure d’argent..
- .. Stéarate d’alumine
- . Albumine.
- 8pp. Albumine (maximum).
- Tache noire (bulles de Savon).
- *
- Couches de passage
- (D’après Vincent)
- Limite extrême de ce que l'on peul voir au microscope.
- L’épaisseur d’un microbe ordinaire de 1 p ne pourrait être représenté que par une bande de t mètre de largeur.
- Fig. 14. — Épaisseurs limites pour l’état solide et l'état liquide, à l'échelle de 1 million. (1 mm représente 1 millimicron.)
- l’orientation de la chaîne moléculaire à l’intérieur de la lame dans le cas des acides gras. Les travaux du professeur Devaux ont montré définitivement que « toute surface solide d’un corps quelconque où les molécules auront pu s’orienter librement lors de la solidification, présente une surface mouillable si elle s’est solidifiée au contact de l’eau et une surface non mouillable si elle s’est solidifiée au contact de l’air ». Les résultats des expériences sont d’une netteté parfaite................... .
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- L'atome lui-même est doué d’attractions polarisées, car • les lames monoatomiques (métaux, argent par exemple), présentent les deux faces de mouillabilités inverses.
- On conçoit combien la réalisation des lames polarisées monoatomiques et monomoléculaires va ouvrir de nouvelles voies aux chercheurs. C’est une nouvelle méthode d’étude à placer au même rang que l’étude par les cristaux et les rayons X. On l’utilise déjà pour l’étude de la forme des molécules et on ne peut tarder à l’employer pour les études de dynamique moléculaire. En particulier, en ce qui concerne la théorie des actions de catalyse, M. Devaux a indiqué un moyen possible d’obtenir des surfaces catalytiques (').
- Mais l’aboutissement le plus remarquable de ces recherches de physique moléculaire se trouve dans la physiologie elle-même. En effet, Y albumine, elle aussi, est capable de s’organiser en membrane sous l’action des forces superficielles.
- En mettant sur l’eau une gouttelette de blanc d’œuf ou du liquide provenant d’une blessure d’un animal ou d’une plante, on constate la formation d’une lame d’albumine coagulée, ce qui constitue une sorte de réaction nouvelle et générale des tissus vivants (Devaux, 1903). La lame ainsi obtenue est excessivement mince et M. Devaux pensait arriver à déterminer ainsi la dimension de la particule élémentaire de la vie, la fameuse
- 1. Dans le Mémoire d’Aubel et Genevoix publié dans Mémorial des sciences physiques, iascicule 7 sous le titre : L'Etat actuel de la question des ferments (Gautliiers-Villars, 1929), p. 37.
- Fig. 15. — Acide olèique sur le mercure. Lame de teinte chamois K 100 a). La surface du mercure ayant déjà reçu une goutte qui s’était résolue en gouttelettes, la nouvelle goutte s’est étendue lentement en gardant un bord nettement délimité; la rétraction a commencé par le bord, avec formation d’un bourrelet résolu en perles et abandon d’une zone vide extérieure. Même phénomène autour des taches noires apparues dans le milieu; ces taches grandissent progressivement jusqu’à confluence (1912).
- micelle de Ncigeli. En réalité, l’épaisseur correspond encore au diamètre des molécules d’albumine, ce qui nous oblige à reconnaître qu’ici encore la particule élémentaire est la molécule elle-même.
- Nous nous excusons de ne donner ici qu’un très bref aperçu de ce côté des recherches qui mériterait à lui seul un grand développement. Les surfaces limitant les milieux vivants (protoplasma) sont formées de molécules orientées et c’est ce qui leur donne leurs propriétés caractéristiques. Ce fait est connu depuis longtemps pour la structure massive des produits solides sécrétés par le protoplasma, grains d’amidon et parois cellulaires grâce aux propriétés optiques et mécaniques de ces produits (Niigeli). Mais M. Devaux a démontré de plus que les surfaces des parois sont hémimouillables, et que . leur hémimouillabilité disparaît au moment de la mort. Pour les lames limitant le protoplasma formées par coagulation l’arrangement est certainement analogue. Ainsi, toute organisation de la vie se manifeste élémentairement par des membranes plasmiques formées de molécules orientées en forme de sac clos, ayant deux champs d’action différents, l’un vers l’intérieur, l’autre vers l’extérieur. «Ce sont, dit cet auteur, des surfaces closes, limitées, hémimoléculaires, dont le type est général chez tous les êtres vivants et ne se retrouve nulle part ailleurs dans tout l’univers. »
- Cette organisation remarquable est liée à la formation et à Y entretien de ces membranes et par suite à ceux du protoplasma lui-même, comme on a pu le montrer par une étude spéciale des affinités dont la cellule est le théâtre (Devaux, 1930). Les affinités libres semblent
- Fig. 16. — Huile d'olive; lame âgée de 12 secondes et en pleine évolution, sur le mercure. La période d’étalement (pourpre au bord, vert et bleu au centre) a été suivie d’une rétraction générale déjà terminée à la périphérie (gouttes éparses), s’effectuant encore au milieu par agrandissement et confluence des taches noires bordées de perles d’huile
- (1913).
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- Fig. 17. — État final d’une lame d’huile d’olive sur le mercure (10 à Fig. 18. — Par frottement [verre sur verre), le verre a été arraché dans les
- 15 secondes). Une lame très mince subsiste entre les gouttelettes. régions dénudées par flambage; il a élé enlièrement protégé au contraire
- dans les régions préservées du flambage el où. a ainsi subsisté une couche très mince de cire.
- tout à fait absentes dans la masse du protoplasma et des
- noyaux. Les activités vitales se trouvent localisées le dimensions, formes, pôles attractifs, mouvements, pour long des surfaces plasmiques, c’est-à-dire des membranes se construire et se renouveler lui-même, vivantes. Des faits positifs, observés par Warburg et Chaque cellule, chaque être vivant se recrée sans cesse,
- par Genevois, sont conformes à cette vue générale. semblable à lui-même, par ses propres molécules spéci-
- La moindre cellule vivante apparaît ainsi comme un fiques « et c’est dans la constitution intime de ces molé-laboratoire merveilleux, un laboratoire moléculaire qui cules vivantes que subsiste, reculé, mais toujours inson-
- agit sur chaque molécule individuellement en mettant à dable, le grand mystère de la vie ».
- profit toutes les propriétés de ces molécules : nature, X...
- UN PEINTRE PALEONTOLOGISTE
- CHARLES-R. KNIGHT
- C’est par l’anatomie comparée que Cuvier et ses successeurs ont pu reconstituer la faune des âges lointains, en ne disposant* dans la majorité des cas, que de squelettes incomplets ou même de fragments d’os.
- La formation de Charles R. Knight s’est accomplie d’après un procédé analogue. Né à Brooklyn, il se sentit entraîné dès l’enfance vers la peinture. Devenu homme, il se spécialisa dans l’art animalier, étudia scientifiquement l’anatomie des bêtes, domestiques ou sauvages, acquit une brillante réputation, comme peintre d’animaux, tant en Amérique qu’en Europe.
- Je ne sais au juste comment il se tourna vers la vie fossile. Je crois savoir qu’il le dut au professeur Henry Fairfield Osborn, le président de YAmerican Muséum of Natural History, de New York, quand cet illustre savant lui commanda plusieurs toiles sur la paléontologie.
- Quoi qu’il en soit, Charles R. Knight s’est découvert ainsi une voie où il excelle, où il est même sans rivaux.
- Ses profondes connaissances sur l’anatomie de la faune actuelle lui permettent d’habiller hardiment les squelettes de la faune fossile, d’en faire jouer les muscles, bref, de ressusciter, de son pinceau de paléontologiste, les espèces disparues.
- Il n’hésite pas, quand le cas l’exige, à donner à son sujet une allure grotesque, une physionomie amusante. Soyez certains que la fantaisie n’est pas son guide! Tout est calculé chez lui; rien n’y est abandonné au hasard. Et c’est là, à ma connaissance, le plus beau et le plus fertile mariage que Science et Art aient jamais contracté.
- L’œuvre de Knight, en tant que peintre préhistorien, s’élargit rapidement, d’année en année; tous lès grands muséums;des Etats-Unis (ceux de New York, de Washington, de Los Angeles) possédaient déjà un bel ensemble de ses fresques. Il vient d’achever une série de vingt-huit panneaux pour le Field Muséum de Chicago.
- Le mois dernier, Charles R. Knight s’arrêta quelques
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- jours à Paris, en route pour les Eyzies, où il se proposait de prendre croquis et ébauches. Il me fit l’amitié de m’apprendre son arrivée. J’en profitai pour lui exprimer mon désir de faire connaître un peu de son œuvre aux lecteurs de La Nature.
- C’est sur ses indications que, en m’adressant directement à M. Stephen C. Simm s, le directeur du Field Muséum, j’ai obtenu les reproductions photographiques publiées ici.
- LA GENÈSE D’UN GRAND MUSÉUM
- Il nous paraît intéressant de consacrer quelques lignes ! au cadre fastueux de ces peintures : le public français y pourra puiser d’utiles enseignements.
- .Une tradition veut que le jésuite Jacques Marquette, l’intrépide explorateur qui découvrit le Mississipi et l’Illinois, dressant sa tente, un certain jour de 1666, sur une grève du lac Michigan, prédit qu’une des plus grandes villes du monde s’élèverait tôt ou tard en cet endroit, qui n’était qu’un lieu de rendez-vous pour quelques bandes d’indiens nomades.
- En 1905, l’institution prit le nom de Field Muséum of Natural History, hommage que méritait son généreux donateur. Quand il mourut, l’année suivante, Marshall Field lui léguait par testament huit millions de dollars, en spécifiant que la moitié de cette somme devrait être consacrée à l’érection d’un édifice permanent.
- Pour réaliser ce vœu, il fallut d’abord trouver un emplacement : on le choisit dans le beau Parc Grant. Commencée en 1915, la construction ne fut achevée qu’en 1920 : elle avait coûté 7 millions de dollars. On s’accorde à dire que l’édifice, de pur style grec, est l’un des plus beaux des Etats-Unis.
- Très rapidement, le Field Muséum s’est classé parmi les grandes institutions scientifiques du monde. Grâce à l’inlassable coopération de ses donateurs — ces public-spirited citizens, ces citoyens dévoués aux intérêts de la science et du public, si nombreux en Amérique — il a pu constituer tout un corps de savants collaborateurs, auxquels la besogne ne manque pas.
- En 1931, le muséum n’a pas organisé moins de douze expéditions (zoologiques, ethnographiques, archéolo-
- Fig. 1. — Un paysage dévonien.
- Un siècle et demi après cette étonnante prédiction, Chicago n’était encore qu’un fort, que les Indiens détruisirent en 1812. Un village y naquit bientôt, qui fut promu, en 1837, au rang de bourgade, avec ses 4170 habitants. Dès lors, le développement se précipita. Quand, en 1893, la jeune et fière cité convia le monde à sa World’s Columbian Exposition, elle comptait déjà un million et demi d’âmes. Elle dépasse aujourd’hui son troisième million.
- Ce fut en cette même année 1893 que prit corps l’idée de doter Chicago d’un muséum. Beaucoup d’exposants étaient prêts à céder ou à donner des collections ethnographiques. Quelques notables se réunirent en vue de créer le Columbian Muséum-, ils avaient souscrit entre eux quelque 200 000 dollars. Cinq semaines après la constitution de leur société, ils recevaient de M. Marshall Field ce don royal : un million de dollars. Tout de suite, d’autres donations affluaient. La société prit possession du Palais des Arts, le plus bel édifice de l’Exposition, dont les portes furent ouvertes l’année suivante au public.
- giques ou paléontologiques) qui ont distribué leurs travaux et recherches dans les régions les plus lointaines et les plus variées : dans le Sikkim (au pied de T Himalaya) ; dans l’Indochine française; en Mésopotamie; au Honduras, etc. Une femme-sculpteur de grand talent, Miss Malvina Hoffman, parcourt actuellement, pour le compte du Field Muséum, des régions sauvages où elle modèle des bustes d’indigènes, destinés à la salle des races humaines que prépare l’institution.
- Il est utile de préciser que, si certaines de ces expéditions sont organisées sur les revenus réguliers du muséum, d’autres le sont aux frais de donateurs spéciaux. Cette forme de générosité s’applique aux fresques de Charles R. Knight, offertes au Field Museüm par M. Ernest R. Graham.
- TABLEAUX D’UNE VIE PASSÉE
- Nous commenterons brièvement celles des 28 fresques de Charles R. Knight que nous reproduisons sur ces pages. Une fois pour toutes, nous rappellerons que
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- l’artiste est, en même temps, un paléontologiste d’une profonde érudition, et que les moindres détails de ses œuvres s’inspirent d’un souci d’exactitude scientifique.
- Fig. 1. — Un paysage du système dévonien. Les continents viennent d’émerger et la vie terrestre est encore très rare, alors que la vie marine abonde. La vie végétale se développe, atteignant parfois la taille d’un arbre. Les fougères à graines et les mousses gigantesques dominent ce monde étrange. De menues plantes aux formes bizarres constituent comme un chaînon entre les algues marines et les plantes terrestres.
- Fig. 2. — Les grès de Karoo (Afrique Australe), qui appartiennent au système permien, ont livré les ossements fossiles de nombreuses espèces de reptiles aux formes grotesques. L’artiste a choisi, dans le nombre, une espèce carnivore (Cynognathus), représentée sur cette toile par trois individus, et une espèce herbivore (Kanne-meyeris). Certains paléontologistes croient que ces reptiles aux formes massives pourraient être les ancêtres directs des mammifères.
- Fig. 3. -- Le Proloceratops était un dinosaure de taille médiocre (à peu près celle d’un crocodile moderne). Ses
- l'estes ont été retrouvés récemment, ainsi que ses œufs, dans les déserts sablonneux de la Mongolie. Il est caractérisé par une sorte de bouclier de matière cornée, qui couvre la tête et la nuque. L’artiste a représenté un de ces reptiles près de son nid rempli d’œufs.
- Fig. 4. -— Ce groupe montre deux genres de « lézards marins » qui vécurent, il y a quelques millions d’années, près des rivages de l’Europe et de l’Amérique du Nord. Le plésiosaure est remarquable par la longueur de son cou; la forme de Yichthyosaure se rapproche de celle du poisson.
- Fig. 5. — Dans ce paysage jurassique, Charles R. Knight a rassemblé fort habilement quelques traits de cette époque.
- Les reptiles régnent encore sur le monde : ils pullulent sur les terres comme dans les mers. Ils entreprennent maintenant la conquête de l’air, avec les ptérodactyles, dont les fossiles nous sont fournis par les carrières de pierre lithographique de Solenhofen, en Bavière, étranges créatures munies d’ailes rudimentaires, comparables à celles de la chauve-souris. Ce genre comprenait plusieurs espèces, dont Rhamphorhyncus que
- Fig. 4. — Plésiosaures et Ichthyosaures.
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- Fig. 5. •— Reptiles volants et oiseaux primitifs du jurassique.
- l’artiste a représenté dans la position de vol et dans la position de repos.
- A cette même, époque, le monde vit apparaître l’Archœopterix, reptile évolué en oiseau. Mais la tête courte et les mâchoires armées de dents aiguës décèlent encore chez lui le lézard, sous le manteau de plumes qu’il a acquises; et les ailes sont pourvues de griffes, qui l’aident à s’accrocher aux branches, tout comme le ptérodactyle. Ce dispositif n’a survécu que chez Yhoaczin, oiseau du bassin de l’Amazone, dont les petits ont des ailes « onglées », griffes qu’élimine l’âge adulte.
- Au premier plan, à gauche, deux minuscules dinosaures (Compsognathus) sont dérangés dans le festin qu’ils allaient faire, aux dépens d’un myriapode, par l’attaque des « oiseaux-lézards ». On suppose que ces petits dinosaures furent les ancêtres des formes colossales qui apparaissent dans le crétacé.
- La flore de ce paysage n’appartient ni aux fougères, ni aux palmiers : elle est composée exclusivement de
- cycadées, plantes dont les fossiles abondent dans les terrains jurassiques d’Europe. Cette famille est encore représentée dans diverses régions* de la terre, principalement en Asie orientale.
- Fig. 6. — Nous atteignons ici la fin de la période jurassique, quand la terre se peupla de sauropodes, gigantesques dinosaures exclusivement terrestres et herbivores. Ce furent les plus grands animaux qui aient jamais foulé le sol de notre planète; certains (Diplodocus, Ailanto-saurus) mesuraient jusqu’à 35 m de longueur. Cet ordre, qui ne disparut qu’aux temps crétacés, a semé ses ossements dans une grande partie de l’Europe (France, Iles Britanniques, Allemagne, etc.), au Canada (dans la province d’Alberta), aux Etats-Unis (région des Montagnes Rocheuses). On a de bonnes raisons de croire que ses migrations couvrirent des étendues immenses, puisqu’il est représenté dans le crétacé de la Patagonie, voire dans celui de l’Afrique orientale, qui a livré les fossiles de Gigantosaurus.
- L’espèce choisie par Charles R. Knight est le Bronto-saure. Les monstrueux reptiles de ce nom atteignaient 25 m de longueur; leur poids devait être d’une quarantaine de tonnes. Ils vivaient (à la fin du jurassique), dans la partie des États-Unis que couvrent le Wyoming et le Colorado. Ils fréquentaient des plaines j)ériodique-ment inondées et des lagunes, disparues avec le soulèvement qui donna naissance aux Montagnes Rocheuses.
- L’artiste n’a pas commis d’erreur en figurant, près de ces monstres, un groupe de crocodiliens, ordre de reptiles qui devança les dinosaures de plusieurs âges géologiques et leur a survécu.
- Fig. 7. — « Un duel à la période crétacée», tel est le titre que l’on serait tenté de donner à cette impressionnante reconstitution. Les dinosaures terrestres ont poursuivi leur évolution dans deux sens : partagés en herbivores et en carnivores, les premiers ont développé à l’extrême leur armement défensif, tandis que les seconds perfectionnaient leurs facultés offensives.
- L’artiste nous présente les deux espèces-types de l’époque, dont les fossiles sont trouvés dans les mêmes formations. Le Triceratops a sacrifié la vitesse de marche
- Fig. 6. — Brontosaures.
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- Fig. 7. — Dinosaures : combat d'un Triceralops et d’un Tyrannosaure.
- à l’efficacité de la cuirasse; à la corne qui protège le nez, à celles qui s’allongent devant les yeux, s’ajoute un bouclier osseux qui défend le cou et les épaules; la peau du restant du corps est épaisse; l’ensemble donne une impression de puissance passive.
- Quel contraste avec l’adversaire ! Toute la force du Tyrannosaure semble se concentrer dans la tête, dont les formidables mâchoires sont armées d’une denture prête à déchirer et à broyer. Les membres postérieurs sont devenus des jambes auxquelles l’animal peut demander des bonds prodigieux, et l’on comprendvque sa force et son agilité firent de lui le dominateur de la faune contemporaine. De fait, on ne peut expliquer la disparition de l’ordre des dinosaures que par cette hypothèse : les herbivores furent détruits par ces carnivores supérieurement spécialisés, qui s’éteignirent à leur tour, décimés par la disette et victimes de leur propre voracité.
- Fig. 8. — La faune de l’Amérique du Sud semble avoir été, de tous temps, caractérisée par le nombre et la variété de ses édentés. Charles R. Knight en a réuni, sur cette fresque, deux des genres les plus typiques. Le paysage
- est de la fin du pliocène : c’est l’aube de l’âge quaternaire dans le sud de l’Argentine.
- Le Mégathérium fut le géant de cette faune étrange : il atteignait 5 m de longueur. Exclusivement herbi vore, il se nourrissait des feuilles et des fruits des arbres, que ses membres puissants, armés de griffes énormes, lui permettaient de déraciner. On en compte de nombreuses espèces, dont certaines avaient la taille de l’éléphant. Malgré l’extrême lenteur de sa locomotion, le genre se répandit jusqu’en Californie.
- Les Glyptodons étaient des tatous gigantesques, mesurant 3 m de long. Le système défensif de la carapace dorsale était complété par les plaques osseuses entourant la queue, qui se terminait par un agressif faisceau de piquants. Leurs fossiles, qui abondent dans l’argile des pampas argentines, ont été retrouvés aussi dans le Texas.
- Fig. 9. — Charles R. Knight aurait pu introduire l’élément humain, dans ce paysage néo-zélandais, car, outre les traditions des Maoris, qui content les combats de leurs ancêtres avec ces gigantesques Dinornis, on a
- Fig. 8. — Megatheriums et Glyptodons.
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- Fig. 9. — Dinornis.
- Fig. 10. •— Ours de cavernes.
- maintes raisons de croire que leur extinction est de date récente, puisque l’on retrouve de nos jours leurs plumes bien conservées, parfois encore attachées à des lambeaux de peau. Leurs œufs, à peine fossilifiés, renferment des embryons.
- Ce genre d’oiseaux coureurs comptait une vingtaine d’espèces, dont une seule a survécu : le kiwi, qui est de la taille d’une poule. Jls étaient complètement dépourvus d’ailes. L’espèce géante (le moa des Maoris) offrait une hauteur de plus de 3 m 50. D’autres espèces, plus courtes, mais plus massives, avaient des membres de la grosseur d’une jambe de bœuf.
- Fig. 10. — Avec l’ours des cavernes (Ui'sus spelœus), nous avons sous les yeux le plus grand des plantigrades connus : celui qui terrorisa nos ancêtres de l’âge de la pierre taillée. On retrouve les marques de ses griffes à l’entrée des cavernes habitées dont il tentait de forcer l’accès. Sa taille dépassait 4 m.
- C’est à peu près la mesure d’Ursus gigas, le formidable ours brun de la péninsule d’Alaska, le plus grand carnivore des temps modernes, qui n’a été découvert qu’en 1898 et est encore mal étudié.
- Fig. 11. — Le mammouth est un des animaux préhistoriques qui nous sont le plus familiers. Nul n’ignore désormais que ces éléphants velus furent répandus dans tout l’hémisphère boréal, que nos ancêtres le chassèrent en France, qu’ils en dessinèrent la silhouette sur les parois de nos cavernes et que, outre leurs squelettes, qui abondent depuis l’Alaska jusqu’au nord-est de l’Asie, on a retrouvé en Sibérie leurs carcasses si parfaitement conservées par la congélation que loups et chiens se nourrissaient de leur chair.
- L’artiste n’a pas manqué de donner à Elephas primi-genius l’inséparable compagnon qu’il avait, tout au moins en France et autres régions européennes : Rhinocéros tichorhinus, ce rhinocéros laineux et bicorne auquel est apparentée une espèce africaine actuelle.
- Charles R. Knight s’apprête à réunir en un volume les reproductions en couleur de ses tableaux paléon-tologiques. Le texte et les illustrations de ce livre lui assurent à l’avance un brillant succès (*).
- Victor Forbin.
- 1. Photographies du Field Muséum of Nalural Hisiory.
- Fig. 11. — Mammouths.
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- SYNTHÈSE DE LA VITAMINE D CRISTALLISÉE
- (CALCIFÉROL)
- Les navigateurs avaient constaté depuis des millénaires, que la carence de certains aliments et condiments frais : œufs, légumes, salades, fruits, etc., provoquait une maladie appelée scorbut, que l’adjonction desdits produits à la ration faisait disparaître. Il existait des préparations a base de jus de cresson, de racines de raifort et de cochléaria, etc., qui évitaient ou atténuaient cette maladie.
- A ces époques lointaines, la possession de « points d’attache » était indispensable aux marines mondiales pour leur permettre de se ravitailler en légumes et vivres frais, après les longues traversées durant lesquelles les viandes fumées et les salaisons avaient été la principale, sinon l’unique alimentation.
- En Orient et Extrême-Orient, on connaissait une autre maladie, le béribéri, provoquée par la consommation continue de riz glacé (privé de sa corticule vitaminique). Dès qu’on remplace le riz glacé, par du riz non poli, la carence de vitamine cesse, et la guérison se produit. C’est Funk qui, en 1911, parla le premier des vitamines.
- On voit que le mot est bien récent, si la chose est ancienne. Depuis, des milliers de recherches ont vu le jour, précisant peu à peu les questions. La grande difficulté, en ce qui concerne les études sur les vitamines, est que la seule manière de les déceler, et de mesurer l’intensité de leur action, est d’ordre physiologique. On ne sait que comparer les effets sur des animaux vivants de rations différemment composées. Certains les considèrent comme des catalyseurs qui, en quantités impondérables, provoqueraient et entretiendraient des réactions dans l’organisme, mais on ne savait pas encore les isoler. Toutes sont fournies par les aliments aux organismes qui ne peuvent les former eux-mêmes. On en a distingué jusqu’à sept qu’on a désignées, faute de mieux, par les premières lettres de l’alphabet. Les vitamines A, D et E, sont dites « liposolubles », c’est-à-dire solubles dans les matières grasses; les vitamines B, C, F et G, dites hydrosolubles, sont solubles dans l’eau.
- En général, les aliments naturels frais contiennent plusieurs vitamines associées.
- La vitamine A est dite vitamine de croissance des jeunes êtres vivants. Elle est non azotée, insaponifiable.. et on lui attribue la composition d’un alcool non saturé. Elle est détruite à assez basse température. Elle se trouve dans les fourrages frais, dans le lait et le beurre, les fromages, les poissons de mer gras, dans les foies et tous les légumes consommés crus. Généralement, les vitamines A et D sont associées. C’est surtout dans l’huile de foie de morue qu’elles abondent.
- La vitamine B est dite d’entretien ou antinévritique. Elle est spécifique du béribéri, maladie commune jusqu’à nos jours chez les Chinois et les Japonais. Les germes de blé, de lentilles, de haricots, l’épinard cru, la levure, les œufs frais en contiennent. Elle est soluble dans l’eau et supporte la température exceptionnelle de 120°. On a prétendu qu’elle s’apparentait à une pyrimidine ou un imidazol.
- La vitamine C est la vitamine dite anti-scorbutique; elle est considérée comme un régulateur sanguin. A 60° elle devient inactive. Isolée par Rygh à l’état cristallisé, il semble qu’on en ait fait la synthèse.
- Rygh prétend que les oranges et les citrons contiendraient, avant leur maturité, une matière alcaline qui se transformerait à la maturité en vitamine C, analogue à la « narcotine », un des alcaloïdes du pavot. Soit par les rayons ultraviolets, soit par des procédés chimiques, la narcotine se transforme en vitamine C .La pharmacopée se sert déjà, dit-on, de narcotine activée aux effets antiscorbutiques très puissants, puisque une
- dose de cinq cent-millièmes de milligramme est déjà très active.
- La vitamine D, soluble dans les graisses, est la vitamine dite antirachitique. Elle provoque la calcification. On conçoit sans peine que, quand elle pourra être produite à un-bas prix relatif, et quand on saura bien l’appliquer surtout aux enfants en bas âge, on pourra peut-être combattre à temps le rachitisme, la coxalgie, la scoliose et toutes les maladies de la colonne vertébrale. La vitamine D se rencontre dans les algues, d’où elle passerait surtout dans l’huile de foie de morue. Elle se produit par irradiation prolongée aux rayons ultra-violets d’un corps appelé ergostêrine. Nous allons revenir plus loin sur ce sujet.
- La vitamine E est dite de reproduction, sa déficience entraînerait la stérilité des êtres.
- La vitamine F est dite à'oocydation et jouerait un rôle primordial dans la multiplication des levures.
- Vient en dernier lieu la vitamine G, dite vitamine antipella-grique, qui serait le régulateur du fonctionnement de 1 épiderme. On voit par cette rapide énumération que le problème est d’une grande complexité.
- En ce qui concerne la vitamine D, on vient de réussir à la préparer d’une manière industrielle. Les Américains sont parvenus tout récemment à provoquer un rachitisme expérimental, chez de jeunes rats, rachitisme qu’ils ont progressivement guéri ensuite à l’aide des produits préparés par eux.
- Ils ont d’abord isolé la vitamine D dans la portion insaponi-fiable de l’huile de foie de morue et surtout dans la fraction qui n’est pas précipitée par la digitonine. La graisse de bile ou cholestérine est la substance mère de la vitamine D. Elle abonde dans le fiel, dans la cire de Carnauba, etc.
- Il y a dans la cholestérine, moins de 0,02 pour 100 d’une substance appelée ergostêrine, qui par irradiation aux rayons ultra-violets produit de la vitamine D. Cette ergostêrine est voisine de la cholestérine, et possède trois doubles liaisons. Elle abonde dans les parties grasses des levures. Ce sont les travaux de Windhaus, Hess et Fohl, d’une part, de Rosenheim et de Webster, d’autre part, qui ont amené la question à ce point. Puis, Bourdillon en Angleterre et Windhaus en Allemagne sont arrivés à la production d’un corps antirachitique nettement cristallisé et constant, auquel ils ont donné le nom de vitamine D cristallisée ou « Calciférol ». Ce produit est actuellement fabriqué sur un pied industriel par la British Drug House Ltd de Londres, et en Allemagne par l’I. G. Farbenindustrie. Elle est vendue actuellement 500 francs le gramme, mais ce gramme représente au point de vue anti-rachitique 500 kg d’huile de foie de morue. Le calciférol contient dans un milligramme 40 000 unités antirachitiques, tandis que l’huile de foie de morue n’en possède que 0,1 unité.
- D’après Bourdillon, 3 millièmes de milligramme d’ergosté-rine administrés journellement à un rat le préservent de tout rachitisme.
- A une dose journalière de 2 cent millièmes de milligramme, le « calciférol » pur suffit à immuniser un jeune rat du rachitisme, de telle sorte qu’avec un gramme on pourrait immuniser 50 millions de rats.
- Ainsi qu’on le voit, un grand pas vient d’être fait dans la chimie des vitamines, et tout porte à croire qu’on ne s’arrêtera pas là, et que nous verrons bientôt se constituer une nouvelle branche de la thérapeutique humaine (1). Albert Hutin.
- 1. Éléments tirés de la Revue des Produits chimiques du 31 décembre 1931, Ch^misches Zeitschrlit, t. LV, 12 décembre 1931, p. 956, The Chemical Age, t. XXV, 12 décembre 1931, p. 515.
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- 322
- PLIAGES DE PAPIERS E
- LE SOUFFLET
- Cet amusant pliage, assez simple, permet de souffler une bougie ; puérilitéinutile surtout à notre époque d’électricité, mais cependant curieuse.
- Il faut prendre une feuille de papier carrée, marquer les diagonales DE et RP, puis retournant la feuille la plier en deux suivant AB.
- Ensuite, mettez la feuille à plat sur la table de façon que le relief du pli AB touche cette table.
- Poussez A vers B pour les faire se rejoindre.
- Vous obtiendrez le triangle PCE (fig. I).
- Prenez successivement les 4 pointes PE sur un côté et DP sur l’autre et amenez-les au point C; vous aurez le carré de la fig. II.
- Vous amènerez les angles M, M, sur les deux faces, à toucher la ligne centrale C et vous ferez un pliage forme cerf-volant MCM.
- Appuyez fortement les derniers plis, puis dépliez-les pour revenir au carré précédent.
- Les plis que vous venez de faire et de défaire sont indiqués par un pointillé.
- Faites-les à nouveau, mais, la première fois, vous avez amené les angles M à toucher la ligne C vers le haut, cette fois dirigez ces angles vers le bas, puis après avoir cette fois
- encore fortement appuyé les plis, défaites-les pour revenir au carré que je figure à nouveau fig. III en indiquant par des pointillés les différents pliages que vous avez effectués.
- Relevez les points M en les prenant successivement chacun par dessous entre le pouce et l’index : les deux points SS se toucheront et les points M feront comme quatre petites dents.
- Votre soufflet est terminé. Si vous prenez les 4 pointes MM deux par deux et que vous tiriez légèrement, comme à l’extrémité C se trouve l’ouverture formée par le point de rencontre des pliages et que l’extrémité opposée est bien fermée, l’air remplira le soufflet, mais si vous repoussez les pointes MM, l’air sera expulsé.
- Si vous avez fait le pliage assez grand, vous pourrez éteindre une bougie en soufflant dessus un coup sec.
- Dans tous les dessins de pliage, les proportions du premier état au dernier ne sont pas observées, car pour maintenir les rapports, il faudrait présenter les premiers états du papier beaucoup trop grands ou les derniers trop petits.
- Le prestidigitateur Alber
- Ensemble
- Fig. 1. — Le soufflet: les phases du pliage,
- PRODUCTION ET COMMERCE DES ORANGES
- L’Agronomie coloniale publie la statistique suivante qui a été établie par la société Monnot et C'e et communiquée par elle à l’Institut national d’agronomie coloniale.
- Les principaux producteurs sont actuellement :
- Millions de caisses de 35-36 kg.
- États-Unis...........................38,5
- Espagne..............................36,7
- Japon................................11
- Italie............................... 8,5
- Brésil............................... 4,8
- Mexique.............................. 3
- Algérie.............................. 2
- Australie............................ 2
- Union sud-africaine.................. 2
- Palestine............................ 2
- La France produit de 12 000 à 15 000 caisses.
- L’Espagne est le plus grand exportateur; elle expédie chaque année environ 25 millions de caisses qui approvisionnent l’Europe. L’Italie exporte 3,5 millions de caisses. Les États-Unis consomment la plus grande part de leur production; le surplus va au Canada, et accessoirement en Angleterre. Les oranges d’Algérie viennent toutes en France.
- Le développement de la culture de l’oranger dans l’hémisphère sud a permis un ravitaillement presque continu des pays consommateurs. L’Europe reçoit à la fin de l’automne et en hiver les fruits d’Espagne, d’Italie, d’Algérie, de Palestine, et l’été ceux du Sud-Afrique, du Brésil et depuis peu de l’Australie. Le Paraguay, l’Uruguay, l’Équateur,-l’Argentine, le Chili, la Colombie, le Pérou commencent à produire, mais ils suffisent juste à leurs besoins.
- Les transports s’effectuent soit en bateaux frigorifiques, soit en cales bien ventilées.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- 323
- LA VOUTE CÉLESTE EN MAI 1932 (*;
- •fl(
- Vénus, l’étoile du Berger, par son brillant éclat dans le crépuscule, attire tous les regards. Sa déclinaison est toujours élevée, de sorte qu’elle se couche très tard. Cette planète va atteindre son plus grand éclat du soir le 28 mai. 11 est intéressant de se rendre compte du mouvement qu’elle accomplit autour du Soleil en une révolution de 225 jours (exactement 2241,701). Le 8 septembre 1931, Vénus passait en conjonction supérieure avec le Soleil. C’est dire qu’elle était, pour nous, de l’autre côté du Soleil. Alors elle était éclairée de face et son diamètre était réduit au minimum, Peu à peu, elle s’est écartée du Soleil, et elle est devenue visible le soir. Le 19 avril, elle atteignait la quadrature orientale, son aspect était sensiblement celui que reproduit la figure 1, n° 4. Le 29 juin, Vénus arrivera à sa conjonction inférieure (elle sera sensiblement entre le Soleil et la Terre), à son minimum de distance. Le diamètre atteindra par suite son maximum d’amplitude : 57",6 et si l’on pouvait observer le croissant à ce moment, il aurait l’aspect de la figure 1, n° 6.
- A partir de la conjonction inférieure, Vénus deviendra étoile du matin, elle s’écartera peu à peu du Soleil, et son diamètre diminuera. Elle atteindra sa plus grande élongation du matin le 8 septembre 1932 et la phase aura alors l’aspect de la figure 1, n° 9.
- Puis elle se rapprochera du Soleil derrière lequel elle repassera en 1933.
- La figure 1 reproduit les aspects de Vénus, chaque mois, tels qu’ils apparaîtront dans une lunette renversant les objets.
- Ajoutons que par son grand éclat, Vénus est bien visible en plein jour, surtout lorsque sa déclinaison est fortement boréale, ce qui est le cas en ce moment.
- Les observations en plein jour sont plus profitables que celles de nuit, les images sont souvent plus calmes, par suite de la grande hauteur de la planète.
- Le soir, l’aspect est plus impressionnant, mais les images sont généralement agitées, et il est bien difficile de distinguer sur la brillante planète le moindre détail dans cette éclatante blancheur.
- I. Soleil. — En mai, le Soleil continue son ascension dans l’hémisphère boréal. Sa déclinaison de -j- 15° 6 le 1er atteindra -f 21° 56' le 31. La durée du jour passera de 14u30m, le 1er, à 15“47“ le 31. Nous atteindrons bientôt les plus longs jours de l’année.
- Voici de deux èn deux jours, le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les pendules, lorsque le centre
- 1. Les heures figurant au présent Bulletin astronomique sont toutes rapportées au temps universel (T. U.), compté de 0“ à 24“ à partir de Oh (minuit). L’heure d’été étant en service, ajouter 1 heure à toutes les heures mentionnées ici. Il y aura ainsi concordance entre les heures des phénomènes et les heures de nos pendules.
- du Soleil passe au méridien de Paris. L’ombre d’un fil à plomb aux heures ci-après trace sur le sol la direction exacte du méridien.
- Date. Heure du passage. Date. Heure du passa
- Mai 1er 11“ 47r a 41e Mai 17 11“ 46- - 54e
- — 3 11 47 27 — 19 11 46 58
- _ 5 11 47 15 — 21 11 47 4
- — 7 11 47 6 — 23 11 47 13
- — 9 11 46 59 — 25 11 47 24
- — 11 11 46 55 — 27 11 47 36
- — 13 11 46 52 — 29 11 47 51
- — 15 11 46 52 — 31 11 48 7
- Observations physiques. -— Voici les éléments pour orienter les dessins et photographies du Soleil :
- Date.
- io 11 12
- Fig. 1. — Aspects des phases et grandeur relative de Vénus à diverses époques de l’année 1932.
- (Images renversées, telles qu’on les voit dans une lunette astronomique.)
- 1,16 janvier; 2, 15 février; 3, 16 mars; 4, 20 avril; 5, 15 mai; 6,29juin; 7, 14 juillet; 8, 13 août; 9, 7 septembre; 10, 12 octobre;
- 11, 16 novembre; 12, 16 décembre. (Figure dessinée d’après VAnnuaire astronomique Flammarion.)
- Mai 1er — 24°,27
- — 6 — 23°, 30
- — 11 — 22°, 14
- — 16 — 20°,82
- — 21 — 19°,34
- — 26 — 17°,70
- — 31 — 15°,93
- Dates. B0 L0
- Mai 1er — 4°,09 71°,47
- — 6 — 3°,57 5°, 38
- — 11 — 3°,03 299°,27
- — 16 — 2o,46 2330,14
- — 21 — 1°,88 167°,00
- — 26 — 1°,29 100°,84
- — 31 — 0°,69 340,68
- L’Annuaire Flammarion donne d’intéressants conseils pour l’observation du Soleil, on s’y reportera avec fruit.
- IL Lune. -— Les phases de la Lune, en mai, seront les suivantes :
- N. L. le 5, à 18“12“ P. L. le 20, à 5» 9“
- P. Q. le 13, à 14“ 2“ D. Q. le 27, à 4“ 55“
- Age de la Lune, le l°r mai, à 0“ (T. U.) == 241,9; le 6 mai, à
- 0» = 01,2. Pour une autre date du mois, on obtiendra l’âge de
- la Lune, à 0“, en ajoutant 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 6.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en mai : le 9 mai, à 22“ = + 2031'; le 22 mai, à 10“ = — 28°28'.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 4 mai, à 8". Parallaxe = 54'0". Distance = 406 070 km. Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 19 mai, à 6“. Parallaxe = 61'6". Distance = 358 890 km. Apogée de la Lune, le 31 mai, à 17“. Parallaxe = 54'2". Distance = 405 820 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 17 mai, occultation de i Vierge (gr. 5,7) ; Immersion à 20“8m,5.
- Le 24, occultation de w sagittaire (gr. 4,8) : Emersion à 1“38“,5. Occultation de A sagittaire (gr. 4,9) : Emersion à 3“6“.
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- ASTRE Dates : Mai Lever à Paris.
- 6 4» 25“
- Soleil. . . .< 16 4 10
- 26 3 59
- 1 6 3 47
- Mercure . . 16 3 31
- ( 26 3 21
- 1 6 6 27
- Vénus . . . 16 6 22
- ( 26 6 13
- . 6 3 45
- Mars. . . . ] 16 3 21
- 1 26 2 58
- Jupiter. . . 16 9 58
- Saturne . . 16 0 16
- Uranus. . . 16 2 57
- Neptune . . 16 11 52
- Passage au Méridien de Paris (*) Coucher à Paris. Ascen- sion droite.
- 11* 47 » Us 19* Hm 2* 57“
- 11 46 53 19 25 3 32
- 11 47 30 19 37 4 12
- 10 11 16 35 1 15
- 10 13 16 56 1 56
- 10 32 17 43 2 54
- 14 55 23 22 5 59
- 14 48 23 13 6 32
- 14 32 22 50 6 56
- 10 30 17 14 1 34
- 10 19 17 17 2 3
- 10 8 17 19 2 31
- 17 24 0 50 9 10
- 4 45 9 13 20 29
- 9 35 16 13 1 20
- 18 43 1 33 10 29
- Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine.
- + 16° 33' 31' 44",4 Bélier
- + 19 7 31' 40",6 Bélier
- + 21 8 31' 37",0 Taureau
- + 4 44 8,4 s Poissons
- + 8 38 7,0 Poissons
- + 14 22 6,0 Bélier
- + 27 16 28,8 Gémeaux
- + 26 55 33,2 Ç Gémeaux
- + 25 57 38,8 s Gémeaux
- + 95 4,0 7) Poissons
- + 11 50 4,0 Bélier
- + 14 22 4,0 Bélier
- + 17 19 33,8 83 Lion
- — 19 21 15,6 p Capricorne
- + 7 46 3,4 s Poissons
- + 10 20 2,4 p Lion
- VISIBILITÉ.
- »
- Le matin, du l®r au 15. Plus grande élongation le 8.
- Splendide le soir.
- Plus grand éclat le 28.
- Inobservable.
- Première partie de la nuit. Seconde partie de la nuit. Inobservable.
- Dès l’arrivée de la nuit.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Lumière cendrée de la Lune. — Elle sera bien visible et très belle du 8 au 10 mai; à observer avec une jumelle, dans le crépuscule.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la pleine Lune du 20 mai. Voici quelques-unes de ces plus grandes marées, pour Brest :
- Marées du matin. Marées du soir
- Date. Heure. Coefficient. Heure. Coefficient.
- Mai 18 1* 59“ 0,86 14* 22“ 0,91
- — 19 2 45 0,95 15 9 0,98
- — 20 3 31 1,00 15 54 1,00
- — 21 4 18 0,99 16 42 0,97
- — 22 5 6 0,93 17 31 0,89
- — 23 5 54 0,84 18 20 0,78
- En raison de la faible amplitude des marées, le mascaret n’est pas annoncé en mai.
- III. Planètes. — Le Tableau ci-dessus, dressé d’après les données de l'Annuaire astronomique Flammarion pour 1932, contient les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de mai 1932.
- Mercure sera visible du 1er au 15 mai, sa plus grande élongation du matin se produisant le 8 mai, à 26° 15' à l’Ouest du Soleil. Cette période de visibilité de Mercure sera assez favorable. Voici la phase et la grandeur stellaire de Mercure, en mai :
- Date. Disque illuminé. Diamètre. Grandeur stellaire.
- Mai 5 0,36 8" 6 + 0,9
- — 10 0,44 7 8 + 0,6
- — 15 0,53 7 1 + 0,4
- — 20 0,61 6 5 + 0,1
- — 25 0,70 6 0 — 0,2
- — 30 0,80 5 6 — 0,6
- Vénus est admirable en ce mois de mai, dès le coucher du Soleil, nous en avons parlé au début de ce Bulletin. Elle atteindra son plus grand éclat le 28 mai. Voici les aspects de Vénus en mai :
- Date. Disque illuminé. Diamètre. Grandeur stellaire.
- Mai 5 0,41 28"4 -4,1
- — 10 0,38 30 4 -4,2
- — 15 0,34 32 7 -4,2
- — 20 0,30 35 3 -4,2
- — 25 0,26 38 1 -4,2
- — 30 0,21 41 4 -4,2
- Vénus porte ombre. Cette observation est facile à faire par les nuits pures et sans clair de Lune, en recevant l’ombre d’un objet sur une feuille de papier bien blanc.
- Mars est inobservable ce mois-ci.
- Jupiter sera en quadrature orientale avec le Soleil le 4 mai, à 7*. Il est encore placé en de bonnes conditions pour être observé dès l’arrivée de la nuit. On en profitera pour suivre les curieux phénomènes produits par les satellites dans leur mouvement autour de Jupiter et dont nous donnons la liste à la page suivante. Une petite lunette suffit pour cette observation.
- Le 3 mai, vers 21“ 30m, on remarquera que les 4 principaux satellites de Jupiter seront tous très près de la planète.
- En outre, en mai, il y aura encore un certain nombre d’occultations et de conjonctions de satellites entre eux (voir à ce sujet le Bulletin astronomique du n° 2874). En voici la liste :
- Date. Satellites. Heure. Date. Satellites. Heure.
- Mai l#r I et II 22* 9“ Mai 13 I et II 0* 2m
- — 2 IV et II 20 8 — 16 I et II 21 8
- — 3 IV et 1 23 21 — 19 I et II 23 1
- — 8 I et III 0 45 — 21 II et III 21 4
- — 9 I et II 0 53 — 28 II et IV 21 55
- — 11 III et II 21 14
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- Phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Date. Mai Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Date. Mai Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 3 22* 12m III Im. 14 20* 27“ I O. f.
- 4 23 15 I Im. — 21 33 III O. c.
- 5 20 32 I P. c. — 21 59 II E. f.
- — 21 47 I O. c. 20 19 55 IV E. c.
- — 21 58 II O. c. — 21 37 I Im.
- — 22 15 II P. f. 21 20 6 I O. c.
- — 22 49 I P. f. — 20 32 III P. c.
- 6 0 3 I O. f. .— 21 9 I P. f.
- — 21 20 I E. f. — 22 22 I O. f.
- 7 21 8 III O. f. 27 23 35 I Im.
- 11 22 25 IV P. c. 28 20 50 I P. c.
- 12 22 0 II P. c. — 21 53 IV P. f.
- — 22 28 I P. c. — 21 57 II Im.
- — 23 42 I O. c. — 22 0 I O. c.
- 13 19 40 T Im. — 23 6 I P. f.
- — 23 16 I E. f. 29 21 35 I E. f.
- 14 20 3 III P. f. 30 22 1 II O. f.
- D’autre part, le 4 mai, de 23* 22m à 23“ 33m, l’ombre du satellite II éclipsera le satellite III. Grandeur de l’éclipse : 0,10. On verra donc l’éclat de satellite III s’affaiblir un peu. Avec un puissant instrument, on pourra voir le satellite III en partie recouvert de l’ombre du IIe satellite.
- Saturne est visible avant l’arrivée du jour. Voici les éléments
- de l’anneau à la date du 15 mai :
- Grand axe extérieur................ 39",08
- Petit axe extérieur...................+ 12",90
- Hauteur de la Terre au-dessus du
- plan de l’anneau....................+ 19°28/
- Hauteur du Soleil au-dessus du
- plan de l’anneau....................+ 21°16'
- On pourra rechercher Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, lors de ses élongations. En voici l’énumération, pour mai :
- Dates. Élongation. Heure.
- Mai 5 Occidentale 21* 2
- — 13 Orientale 14* 1
- — 21 Occidentale 19* 9
- — 29 Orientale 12* 6
- Uranus s’est trouvé en conjonction avec le Soleil le 9 avril. Il est inobservable ce mois-ci.
- 325
- Neptune sera en quadrature orientale avec le Soleil le 26 mai à 18“. Il est encore bien visible, dès l’arrivée de la nuit, à environ 1° au Nord de l’étoile p du Lion. Il sera presque stationnaire tout le mois, comme on l’a vu sur la carte de son mouvement parue au dernier Bulletin astronomique, à laquelle on se reportera pour le trouver. S’aider d’une lunette de moyenne puissance.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le
- Le
- Le
- Le
- Le
- 3,
- 3,
- 4, 6, 9,
- 14*, Mercure en conjonction avec la Lune, à 5°16' S.
- 19*, Uranus 2*, Mars 20*, Mercure 17*, Vénus Le 12, à 22*, Jupiter
- Le 14, à 12“, Neptune
- Le 18, à 20h, Mercure
- Le 24, à 17*, Saturne
- la Lune, à 3°7' S. la Lune, à 3°30f S. Uranus, à 2°38' S. la Lune, à 1°15' S. la Lune, à 2°31' S. la Lune, à 0°59' S.
- Mars, à 2°28' S. la Lune, à 3°40' N. la Lune, à 3°22/ S.
- Le 31, à 4h, Uranus —
- Étoile polaire; temps sidéral. — Voici quelques passages de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- Date. Passage. Heure. Temps sidéral
- à 0* (T. U.) *
- Mai 10 Inférieur 22* 13“ 20® 15* 10“ 19®
- — 20 — 21 34 8 15 49 45
- — 30 — 20 54 57 16 29 10
- Étoiles variables. — Le 30 mai, maximum d’éclat de l’étoile T Baleine, variable de la grandeur 5,2 à la grandeur 6,0, en 1551,9.
- Le 19 mai, maximum d’éclat de R Cassiopée, variable de 5,7 à 5,9.
- Lesminimad’Algol sont inobservables en mai en raison de la position de la constellation de Persée la nuit.
- Étoiles filantes. — Du 1er au 6 mai, étoiles filantes émanant de la région de a et 7] Verseau : Aquarides. Le radiant est situé par Æ = 326°; co=— 2°. Météores rapides, avec traînées.
- Le 22 mai, étoiles filantes émanant de la région de a couronne Æ = 232°; (J) = +25°.
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le 1er mai, à 23*, ou le 15 mai, à 22*, est le suivant :
- Au Zénith : X Hercule; autour du zénith : la grande Ourse; le Bouvier; Hercule; les Chiens de chasse; la Chevelure.
- Au Nord : La Petite Ourse, la Girafe; Céphée; Cassiopée; le Cygne.
- A l’Est : Le Sagittaire; le Scorpion; l’Aigle; la Lyre; la Couronne; Ophiuchus.
- Au Sud : La Vierge ; la Balance ; le Corbeau.
- A l’Ouest : Le Lion; le Cancer; les Gémeaux.
- Au Nord-Est : Le Cocher; Capella, à Paris, frôle l’horizon nord. Em. Touchet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- MOYEN DE REMPLACER EN MARCHE UN BARREAU DE GRILLE DE GÉNÉRATEUR
- Dégager l’emplacement du barreau brisé et du charbon avoisinant, puis poser à l’endroit voulu le nouveau barreau ficelé, au moyen de cordes mouillées, sur un ringard ; quand les cordes ont brûlé, il ne reste plus qu’à retirer le ringard support, ce qui laisse le barreau en place.
- MASTIC POUR FISSURES DE TOITURES EN ZINC
- On trouve actuellement dans le commerce un certain nombre de
- préparations destinées à obturer les fissures qui se produisent dans les toitures métalliques en zinc ou tôle ondulée, vendues assez cher; on peut les obtenir plus économiquement en prenant :
- Résine pulvérisée 700 gr
- Poudre d’ardoise 700 gr
- Poudre de mica 600 gr
- Après mélange intime on ajoute une quantité de goudron de houille suffisante pour obtenir une masse un peu liquide, que l’on fait bouillir jusqu’à consistance pâteuse et met en boîtes.
- Au moment de l’emploi on réchauffe légèrement pour en rendre l’application plus facile sur le métal bien sec.
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- L’AUTOMOBILE PRATIQUE
- UN DISPOSITIF OPTIQUE DE SÉCURITÉ TRÈS SIMPLE
- La sécurité des voyages de nuit en automobile dépend avant tout de la qualité des phares. On a sans doute fortement
- Fig. 1. — Éléments réflecteurs dits « cataphotes
- perfectionné les procédés d’éclairage électrique, et en particulier on a réussi à corriger les effets de l’éblouissement, phénomène si dangereux.
- Cependant, aucun système d’éclairage électrique n’est à l’abri d’une défaillance passagère; aussi, l’automobiliste devrait-il toujours employer, outre ses phares et ses lanternes, un système automatique de' signalisation auxiliaire, afin d’éviter, en tout cas, les accidents les plus graves, en signalant de loin la présence d’un obstacle aux conducteurs des autres véhicules. L’emploi de systèmes de signalisation lumineuse automatiques est non moins utile pour les bicyclettes, les voitures hippomobiles et aussi pour constituer des tableaux de signalisation des routes, visibles la nuit.
- Au lieu d’employer un appareil lumineux comportant des ampoules à incandescence électriques ou un système d’éclairage quelconque, à essence, à acétylène, etc... il est alors beaucoup plus simple d’adopter un système non lumineux par lui-même, mais qui réfléchit simplement la lumière des phares des autres véhicules.
- Un système de ce genre, très simple, est composé de deux parties optiques sphériques réunies par une partie conique. La partie avant sphérique joue le rôle d’objectif comme le montre la figure 1. Elle reçoit la lumière et la concentre à son foyer, ce dernier se trouve sur la face argentée réfléchissante de la partie
- Fig. 2. — Signalisation d’un passage à niveau à l’aide de « cataphotes ».
- sphérique arrière de grand diamètre constituant le réflecteur. On a ainsi un système autocollimateur.
- Ce dispositif, en raison de l’étendue du champ de réflexion, n’a pas nécessairement besoin d’être orienté.
- De plus, la lumière envoyée par le système est visible même à proximité de la source qui l’éclaire. Un rayon lumineux envoyé par une source E sur le système est réfléchi suivant un faisceau de lumière délimité par les rayons extrêmes S S'. L’angle SOS' constitue l’angle de divergence du système. Plus cet angle divergent est grand, plus l’éclat, donc la portée lumineuse, du système est petite.
- On a déterminé cet angle de manière que la visibilité soit bonne jusqu’à 40 mètres de l’appareil et même pour une voiture automobile dans laquelle l’œil du conducteur qui reçoit la lumière se trouve à 0 m 75 ou à 1 m de la source éclairante, phares ou lanternes.
- L’appareil, extrêmement simple, est d’un prix modique. Il s’établit sous différentes formes et il est en général muni d’une vis à sa base, ce qui permet son adaptation rapide.
- Ses applications sont fort nombreuses.
- Il peut se monter à l’arrière de tous les véhicules, on peut le fixer sur des panneaux en bois pour réaliser toute une combinaison de signalisation lumineuse le long des routes : entrée des villages, etc...
- Il peut servir de même à signaler les passages à niveau, les virages et toutes les particularités de la route (fig. 2).
- LES PROGRÈS DES GLACES DE SÛRETÉ
- Les automobiles sont de plus en plus nombreuses et circulent sur les routes à des vitesses de plus en plus grandes; les risques de collisions s’en trouvent multipliés, malgré les progrès des freins, l’amélioration des qualités professionnelles des conducteurs, et le perfectionnement des méthodes de signalisation et de police routière.
- Beaucoup d’accidents n’auraient que des conséquences bénignes au moins pour les personnes, sans les glaces qui se brisent au premier choc, en laissant des éclats à arêtes tranchantes, et qui peuvent provoquer de terribles blessures.
- Il y a donc longtemps qu’on cherche à bannir des voitures les glaces meurtrières, en substituant au verre d’autres produits également transparents, mais ne se brisant pas en tronçons coupants.
- Deux catégories de produits s’offrent aujourd’hui : dans l’une la glace de verre est rendue solidaire d’un matériau qui, par sa présence, empêche la projection des éclats en cas de rupture. .
- Dans l’autre catégorie, on a modifié la structure intime de la glace, de manière que les éclats, en cas de bris, soient assez, petits pour être complètement inofîensifs.
- Parmi les solutions de la première catégorie, celle qui a donné les meilleurs résultats est le verre, dit Triplex; l’invention en remonte avant 1910, elle est due à Edouard Benedictus, un descendant de l’illustre philosophe Spinosa, chercheur à l’esprit, curieux, chimiste, artiste, et inventeur. (Son histoire rappelle un peu celle de Charles Cros, un des inventeurs du phonographe) .
- La glace Triplex est, en réalité, un véritable sandwich constitué par une feuille de matière plastique, transparente et invisible comprimée entre deux glaces minces en verre.
- La matière plastique n’a aucune tendance à se briser en fragments sous un choc : elle peut se trouer, ou se déchirer, la cassure reste localisée à l’endroit du choc et ne se
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- propage pas. La continuité de la feuille est à peu près préservée.
- Grâce à l’adhérence parfaite du verre sur la matière plastique les éclats de verre ne peuvent se détacher. Sous le choc, la glace peut s’étoiler, mais aucun éclat dangereux ne se détache, la surface extérieure reste lisse.
- L’âme intérieure est faite de celluloïd ou plutôt d’acétate de cellulose et les glaces n’ont que 2 mm 5 environ d’épaisseur. Elles sont spécialement coulées et polies.
- La pression nécessaire pour l’assemblage est obtenue à la presse hydraulique et peut atteindre 10 kg par cm2. Combinée à la chaleur elle détermine, après une durée d’action convenable, des modifications moléculaires qui confèrent au verre des propriétés avantageuses au point de vue de la résistance à l’onde de choc et de l’amortissement de celle-ci.
- On constate, en particulier, qu’il est devenu complètement insonore.
- La grand perfectionnement apporté durant ces dernières années à la fabrication de ce type de glace a consisté, d’une part, à lui assurer parfaite et durable homogénéité ; d’autre part, une transparence sensiblement égale à celle d’une glace ordinaire.
- Non seulement le verre Triplex ne produit aucun éclat au moment où on le brise, mais encore il peut être soumis à une certaine torsion sans inconvénient et il est plus résistant aux chocs que le verre ordinaire (ûg. 3).
- Ces avantages accessoires compenseraient, s’il en était besoin, son prix d’achat plus élevé que celui de la glace ordinaire.
- Dans certains pays, il est déjà obligatoire de munir les automobiles de glaces et tout particulièrement les pare-brise de matière transparente de sécurité.
- Ces règlements sont tout particulièrement utiles pour les voitures publiques destinées à un service presque exclusivement urbain.
- .---------------'................:::.327 =
- Il est donc à souhaiter que cette réglementation soit bientôt appliquée en France et, en attendant, tout automobiliste soucieux de sa sécurité ne devrait pas hésiter à adopter des glaces de sécurité sur sa voiture.
- Il devrait lui suffire de songer à la gravité des accidents possibles qui peuvent être produits par les glaces ordinaires pour ne pas hésiter à faire exécuter cette transformation ou à exiger sa présence sur une voiture neuve, quelle que soit la dépense, d’ailleurs, relativement minime par rapport à la valeur de l’automobile.
- P. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits
- Cataphotes et Soléclair, rue du Commandant-Marchand, Paris (16 e). Société du Verre Triplex, 27, rue de Marignan, Paris.
- Fig. 3. — Les éclats de verre Triplex, après choc, ne se détachent pas et la surface du verre reste unie.
- DÉCOUVERTE D'UNE VERTÈBRE DE BALÉNOPTÈRE A QUILLEBEUF (SEINE-INFÉRIEURE)
- Une vertèbre lombaire de Balénoptère vient d’être trouvée au cours des fouilles effectuées en vue de la construction de la raffinerie de pétrole de Port-Jérôme, en face de Quillebeuf, à 40 km de l’embouchure de la Seine. Cette pièce osseuse, recueillie par M. Pierre Lachaud, a été donnée, par l’intermédiaire de M. l’Inspecteur général des Mines Lantenois, pour les collections de paléontologie du Laboratoire de Géologie de la Faculté des Sciences de l’Université de Paris.
- Trouvée à l’altitude absolue de — 3 m (les basses marées correspondant en ce point à une altitude -f 3 m), cette vertèbre a été rencontrée dans les alluvions récentes de la Seine, formées là de cailloux calcaires roulés souvent conglomérés par un ciment silico-calcaire.
- L’ossement lui-même est d’ailleurs fortement fossilisé par une imprégnation silico-calcaire.
- La pièce osseuse en question mesure 30 cm d’épaisseur, 36 cm 5 de largeur et 32 cm de haut. Etant donnée sa massivité et ses dimensions importantes, elle doit être attribuée à un individu de l’espèce généralement désignée sous le nom de Rorqual commun (Balaenoptera musculus L.). En fait le type de Balénoptère de forte taille, qui s’échoue parfois sur les côtes
- septentrionales de France, doit être nommé B. physalus L.,. forme un peu plus petite et moins exclusivement boréale que B. musculus.
- Celle-ci, qui semble bien être le plus grand des Cétacés vivants, mesure en effet 26-28 m de long, tandis que B. physalus atteint seulement 16-23 m de longueur.
- A diverses reprises des restes de Balénoptères ont été signalés, des dépôts de l’estuaire de la Seine. G. Lennier (*) dit qu’en 1847 un individu de B. musculus mesurant 14 m s’est échoué à Saint-Vigor, en face de Honfleur. Précédemment un Rorqual avait remonté la Seine jusqu’à Villequier, un peu en amont de Quillebeuf : son crâne, de grandes dimensions, a été trouvé couvert de coquilles de Dreissensia polymorpha.
- Il est remarquable de constater qu’ainsi, à diverses reprises jadis, le plus grand type de Cétacé actuel a pénétré dans un estuaire de mer tempérée.
- L. JoLEAUD, Professeur à la Sorbonne.
- 1. L’estuaire de la Seine, Soc. Géol. Normandie, in-4. Le Havre, 1885, II, p. 150.
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- 328 LA IXe EXPOSITION DE PHOTOGRAPHIE
- APERÇU GÉNÉRAL
- La Chambre syndicale de la Photographie et de la Cinématographie organise chaque année une exposition où les fabricants d’appareils, d’accessoires et de surfaces sensibles peuvent présenter au public les produits de leur industrie. Cette manifestation, qui s’est déroulée successivement dans les salons d’une galerie d’art de la rue La Boétie, puis à Luna-Parlc et à Magic-City, a trouvé son cadre définitif au Palais des Expositions de la ville de Paris, à la Porte de Versailles.
- La neuvième exposition, qui a eu lieu du 19 au 28 février dernier, a été caractérisée par une extension considérable des stands des maisons étrangères : une visite sommaire donne l’impression que les constructeurs et fabricants français sont en retard sur leurs concurrents, mais un examen attentif révèle qu’il n’en est rien et montre qu’à côté des modèles classiques, dont certains ont d’ailleurs reçu de très intéressants perfectionnements, des nouveautés d’une originalité certaine se trouvent dans les sections françaises, au moins aussi nombreuses que dans les autres. Nous avons également trouvé, chez les fabricants français de surfaces sensibles, des émulsions et des supports qui ne le cèdent en rien à ceux de leurs concurrents.
- Fig. 1.— Appareil 6x9 Dialux, de Lumière.
- LES APPAREILS
- On imagine volontiers les appareils photographiques arrivés à un degré de perfection tel que la voie serait maintenant fermée à toute innovation; il n’en est rien, car si l’on ne peut plus guère augmenter Imprécision, on peut encore améliorer la facture, rendre l’instrument plus robuste tout en lui laissant la légèreté, le doter de dispositifs qui en rendent l’emploi plus facile encore.
- L’exposition de 1932 montre que le film en bobine est plus en faveur que jamais. Le film normal de ciné, pour l’emploi duquel il a été, au cours de ces dernières années, créé d’excellents appareils spéciaux, tels que le Cent-vues de Mollier, aujourd’hui fabriqué par les établissements Demaria-Lapierre et Mollier, l’Eka de Krauss,le Leica de Leitz, est aujourd’hui en régression marquée, bien que le dernier de ces instruments reçoive chaque année de nouveaux perfectionnements. C’est que beaucoup d’amateurs estiment fâcheuses les difficultés éprouvées en dehors des grands centres pour se procurer du film normal de ciné et l’obligation de charger dans l’obscurité les cartouches-magasins ; l’importance de l’amplification nécessaire pour tirer d’un cliché de 18 mm X 24 ou de 24 mm X 36 une image de dimension suffisante est aussi un inconvénient très sensible, car dans ces conditions, la netteté ne peut être obtenue qu’au prix de l’immobilité quasi-absolue de l’appareil, de sorte que les opérateurs tant soit peu nerveux sont contraints à placer l’appareil sur pied toutes les fois que la lumière n’est pas assez vive pour autoriser de grandes vitesses d’obturation.
- Ces appareils ont d’ailleurs trouvé des rivaux dans les nouveaux modèles 3x4, qui permettent de faire 16 poses sur le film d’une bobine de 8 poses 4 X 6 1/2, c’est-à-dire d’un format très répandu.
- Parmi ces derniers instruments, nous nous contenterons de citer le Foth-Derby à obturateur focal, et le Pilot qui est caractérisé par la présence d’une petite chambre réflex et d’un objec-
- tif de visée grâce auquel on voit, sur une glace dépolie, le sujet exactement tel qu’il sera photographié. Le foyer de cet objectif auxiliaire étant identique à celui de prise de vue et son ouverture étant plus grande, sa profondeur de foyer est plus faible, de la sorte, l’image projetée sur le film est toujours au moins aussi nette que celle vue sur la glace dépolie. Notons aussi que l’escamotage se fait ici non pas en tournant un bouton commele veutl’usage, mais en faisant osciller à deux reprises, un levier, ce qui est plus simple et demande moins d’attention de la part de l’opérateur.
- Le 6 X 9 qui, depuis quelques années déjà, est plus particulièrement en faveur, tend à devenir, pour le photographe amateur, le format monoculaire normal; aussi, est-ce dans cette catégorie que l’on trouve les nouveautés les plus intéressantes.
- Nous citerons d’abord le Dialux (fig. 1) des Usines Lumière, à ouverture semi-automatique : il suffit, pour ouvrir et mettre en batterie, de pousser un bouton et tirer l’abattant : le déplacement angulaire de celui-ci entraîne, par un jeu de bielles, le porte-objectif et l’amène automatiquement à la position voulue. La mise au point qui, quel que soit l’appareil, est toujours nécessaire, lorsque l’on photographie un objet rapproché, se fait ici en tournant la lentille frontale. Le Dialux est équipé exclusivement avec des objectifs anastigmats dont l’ouverture maximum atteint-F/4,5 ou F/6,3 et avec un obturateur donnant à volonté la pose et trois vitesses instantanées à 1/25, 1/50 et 1/100. Le dos de l’appareil qui, par l’un de ses petits côtés, est articulé sur le corps, s’ouvre par simple déplacement d’un bouton et découvre la fenêtre d’exposition et les logements des bobines ; ces dernières sont fixées par un mécanisme spécial qui les maintient d’une façon très sûre tout en
- permettant de les ex- Fig. 3.-- Appareil 6 1/2 X 9 Labor, de Boyer. traire avec la plus grande facilité.
- Nous mentionnerons aussi le Pax de Boyer, qui est assurément le plus remarquable et le mieux construit des appareils à main de format monoculaire. Ici, le corps est établi, non pas en métal embouti et rive-té, ainsi qu’il est d’usage, mais en alliage d’aluminium coulé sous pression : étant
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- Fig. 4. — Jumelle G X 13 Slérèa, de Richard.
- d’une seule pièce, il est absolumentindéformable et présente une solidité incomparable en dépit de sa légèreté. L’abattant, qui est lui aussi établi en métal léger, est articulé sur le corps par une charnière et immobilisé en position d’ouverture par deux arcs-boutants à brisure dont les branches sont notablement plus longues que celles des ciseaux habituellement employés; le point d’appui se trouvant rapproché de l’extrémité de l’abattant, la fixité de l’abattant est assurée d’une façon beaucoup plus parfaite.
- L’abattant porte, par l’intermédiaire de deux rails fraisés, en laiton dur, le chariot sur lequel est articulé le porte-objectif; le chariot est normalement bloqué par des coins que des ressorts maintiennent contre les rails, il suffit pour le libérer de saisir entre le pouce et l’index les deux boutons terminant les pinces de blocage et d’appuyer.
- La résistance mécanique des alliages légers est faible : lorsqu’ils ne présentent que de faibles sections, comme c’est le cas pour les filets de vis, lorsqu’ils subissent des frottements, comme il arrive pour les rainures de guidage dans lesquelles glissent les boutons qui commandent les arcs-boutants à brisure, de graves mécomptes sont à redouter. Dans l’appareil Boyer, aucun inconvénient ne peut surgir de ce fait, même après un long usage : toutes les vis, toutes les pièces jouant un rôle mécanique, sont en prise avec des éléments en laiton.
- Enfin, le Pax est muni d’un viseur à cache rotatif délimitant automatiquement le champ embrassé, soit en hauteur, soit en largeur, et d’un cadre iconomètre permettant de viser à hauteur de l’œil. Établi dans les formats 6 X 9 et 6 1/2 X 11, il
- peut, grâce à un dos spécial, rece-
- Fig. 5. — Jumelle 6x13 Summum, modèle C. voir aussi des
- châssis simples 6 1/2 X 9. La maison Boyer a d’ailleurs établi, sur les mêmes principes, un appareil plus réduit, le Labor (fi g. 3), utilisant exclusivement les plaques de ce dernier format. .
- Nous avons cru devoir insister tout spécialement
- ......I. .h-.:::. ===:= • == 329 =====
- sur ces fabrications remarquables, parce que trop de personnes croient encore à la supériorité des appareils étrangers, tout au moins pour ce qui concerne les monoculaires, car la réputation de nos constructeurs de chambres stéréoscopiques a toujours été solidement établie.
- Parmi les appareils de cette catégorie, il est peu de nouveautés; nous citerons la jumelle Stèrèa (fig. 4), modèle simplifié des Établissements Richard, qui met véritablement à la portée de tout le monde les avantages fondamentaux du Vérascope : comme ce dernier, la Stéréa est un instrument de précision, elle est pourvue de l’obturateur Chronomos et d’une paire d’anas-ligmats Boyer ouverts à F/6,3. La maison Leuiller présente un nouveau Summum (fig. 5) dont le volume et le poids ont été réduits au minimum compatible avec le format; cet appareil est muni d’un obturateur double Compur permettant d’opérer au 1/250 de seconde et de Saphirs Boyer F/4,5; il comporte une mise au point mécanique par rampes hélicoïdales à filets multiples, un décentrement atteignant 15 mm vers le haut et 5 mm vers le bas, et un tableau de profondeurs de champ ; le viseur, du type direct à lentille divergente carrée, est surmonté d’un niveau à bulle d’air. Citons encore les jumelles Gallus (fig. 6), qui utilisent des objectifs dont la longueur focale est comprise entre 70 et 75 mm; l’un des instruments fabriqués par ce constructeur peut être aussi utilisé comme stéréoscope, la
- Fig. 6. — Jumelle 6 X 13 Gallus.
- partie sur laquelle sont fixés l’obturateur, les diaphragmes et le viseur pouvant être aisément séparée du corps de l’appareil.
- En ce qui concerne les appareils stéréoscopiques, deux remarques s’imposent : l°le6 X 13 tend à devenir le format normal ; 2° les constructeurs emploient, bien plus volontiers que jadis, des longueurs focales nettement inférieures à la diagonale de l’image.
- Nous n’insisterons pas ici sur les appareils destinés_à la photographie industrielle; nous nous contenterons de dire qu’ils sont plus spécialisés que jamais.
- LES ACCESSOIRES
- Parmi les accessoires utilisés pour la prise de vues, les plus intéressants sont les pieds métalliques Gravillon et leurs remarquables têtes à rotule avec plateau amovible, les pieds en bois une seule coulisse, présentés par Suffize et Molitor et toujours en faveur auprès de ceux qui considèrent la stabilité et la rigidité comme des qualités qui priment le supplément d’encombrement. Le Posophotomètre Filmograph, grâce auquel la détermination du temps de pose est devenue très facile dans tous les cas, et le télémètre Leitz, qui permet de mesurer avec une approximation suffisante les distances comprises entre 1 et 100 m, sont aussi des accessoires très utiles. Nous devons signaler ici que l’appareil Leica, également construit par Leitz, est maintenant pourvu d’un dispositif, le Couplex, qui relie
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- Fi g. 7. — Agrandisseur Noxa-Film.
- mécaniquement un télémètre à coïncidence à l’objectif, de sorte qu’il suffit, pour mettre au point sur un objet déterminé, de pousser le bouton de commande dans le sens voulu pour rapprocher et superposer les deux images que l’on voit dans le télémètre, celui-ci joue également le rôle de viseur.
- Le magnésium a beaucoup perdu de la vog’ue dont il jouissait jadis; on trouve encore des diffuseurs établis pour l’emploi de cette lumière, mais la lampe survoltée à filament et le tube à vapeur dte mercure l’emportent aujourd’hui de beaucoup. Les réflecteurs Abgrall à lampes de 500 watts, s’adressent à l’amateur aussi bien qu’au professionnel; les appareils à vapeur de mercure, présentés par la Verrerie scientifique, conviennent exclusivement aux ateliers de pose, à la photographie industrielle, à la photogravure.
- Le photographe amateur d’aujourd’hui abandonne volontiers à son fournisseur le soin de développer les clichés et de tirer les épreuves ; le matériel pour laboratoires spécialisés dans les travaux de ce genre était assez largement représenté. Dans le matériel pour amateur, nous avons surtout remarqué les cuves hermétiques en nickel de Leullier, qui permettent de procéder aisément aux opérations de développement et de fixage des plaques et des films, même lorsque l’on ne dispose pas d’un laboratoire obscur : tout se passe dans la cuve, qui est pourvue d’orifices à chicanes par lesquelles on peut introduire en plein jour et évacuer les bains nécessaires sans risquer de voiler les surfaces sensibles.
- Le Densitomètre Filmograph, petit instrument qui permet de
- mesurer les densités extrêmes du cliché et de déterminer le papier et le temps de pose à utiliser pour le meilleur résultat possible, mérite également d’être cité.
- L’agrandisseur, qui a définitivement conquis droit de cité dans le laboratoire de l’amateur, était représenté à l’exposition par quelques appareils à projection interne et un nombre plus considérable de modèles à projection externe; naturellement, tous utilisent la lumière de la lampe 1/2 watt.
- Gallus a exposé un ingénieux support agrandisseur qui, combiné avec une jumelle photographique de la même marque, amplifie un côté de 6 X 13 en 14 X 14 ou en 18 X 18.
- Les agrandisseurs Noxa ont été modifiés et restent les pins remarquables; deux modèles, le Noxa-Film et le Noxa 8 T ont particulièrement retenu notre attention. Ces appareils ne comportent pas de soufflet : le tube porte-objectif est monté sur une rampe hélicoïdale graduée pratiquée dans un cylindre fixe.
- Le premier modèle (fig. 7) permet d’agrandir de 2 à 7 fois les images ayant au plus 40 mm X 40 obtenues avec les appareils à ' film de ciné ou autres de très petit format. Le second (fig. 8) admet tout cliché jusqu’au format G 1/2 X 9 et peut même agrandir une partie de négatif 9 X 12; il peut recevoir deux objectifs : un Trylor F/4,5 de 105 mm donnant les rapports compris entre 1,5 et 5 et un Kynor F/2,9 de 50 mm permettant d’amplifier de 5 à 10 fois Dans ce dernier appareil, le condensateur et la boîte à lumière qui le surmonte peuvent décrire un arc de cercle autour d’un axe vertical (fig. 9) : le porte-cliché est ainsi complètement dégagé et on a toutes les facilités désirables pour placer la plaque ou le film. Comme dans les modèles antérieurs, la console portant ces divers organes coulisse le long d’une colonne verticale pourvue de repères.
- Fig. 8. — Agrandisseur Noxa 8 T.
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- Nous avons également vu à l’Exposition de très intéressants instruments destinés à faciliter l’examen des photographies : nous citerons les loupes Zeiss qui permettent de voir les petites images en vraie grandeur, divers modèles de stéréoscopes, parmi lesquels les Taxiphotes, appareils à répétition des Etablissements Richard, tiennent de loin le premier rang et les projecteurs de photographies. Ces derniers, jadis encombrants, incommodes et peu lumineux sont devenus des plus pratiques depuis que l’on a pu les éclairer au moyen d’une source de lumière puissante de maniement facile, et sans danger : la lampe électrique à tension de 16 à 30 volts dont le filament, très petit, est porté à une température très élevée. Le Sirius de Mollier (fig. 10), le plus maniable des petits projecteurs, s’adresse tout spécialement aux amateurs de stéréosco-pie qui peuvent ainsi montrer leurs collections de diapositives simultanément à plusieurs personnes; la lumière émise est assez vive pour éclairer convenablement un écran de 4 m 2. Les Etablissements Richard ont exposé des projecteurs qui s’adaptent au Taxiphote et permettent ainsi d’utiliser, pour faire défder les vues, le mécanisme de substitution du stéréoscope à répétition; l’un de ces projecteurs est anaglyphiquc et permet de faire de la projection en relief.
- LES ÉMULSIONS
- Les fabricants de plaques ont présenté, comme les années précédentes, de remarquables produits ; nous nous contenterons, faute de place, de citer les plaques « universelles » Anécra, de Guilleminot, Ortho S. E. de Lumière, Reporter de Grieshaber, Hyper de Eauchet, les plaques à grain fin Micro de Lumière, les plaques anti-halo Ortho Radio-Lux de Guilleminot, les plaques panchromatiques Chroma V R de Lumière; enfin, les plaques autochromes et le filmcolor Lumière qui mettent à la portée de tout le monde la photographie des couleurs.
- Nous avons vu aussi, dans cette classe, de très intéressantes nouveautés : la Société Lumière a ajouté à ses fabrications antérieures le Portrait-Film en feuilles rigides, pour appareils à plaques et surtout une nouvelle émulsion dont l’orthochromatisme et la sensibilité ont été portés au maximum possible, eu égard à l’état actuel de la chimie photographique, et la présente sous le nom de Lumichrome, à la fois sur le film et sur verre. La maison Guilleminot lance une nouvelle plaque, la Crypta, qui est sensible à l’infra-rouge et ouvre à la photographie des horizons nouveaux; nous étudierons dans un prochain article cette très intéressante plaque dont la réalisation est due aux travaux de M. E. Calzavara.
- Nous ne citerons que pour mémoire les plaques diapositives
- Fig. 10: •— Projecteur Sirius.
- Fig. 9. — Détail du Noxa S T.
- si réputées de Bauchet, de Guilleminot, d’Ilford et de Lumière.
- Les industriels français, qui-ont si longtemps négligé la pellicule, y viennent successivement, et les visiteurs de l’Exposition ont pu constater que les principaux fabricants d’émulsions ont suivi l’exemple de la Société Lumière et livrent maintenant du hlm en deux sensibilités différentes ; il s’agit à vrai dire de pellicules produites par une usine commune sise à Sully-sur-Loire, et qui bénéficieront de la renommée acquise par des maisons telles que Grieshaber et Guilleminot.
- Par contre, nous n’avons remarqué dans les papiers rien que nous n’ayons déjà vu; il est vrai qu’il existe depuis quelques années un très grand nombre de variétés de papier : à elle seule, la Société Lumière en fabrique au moins 89 sortes différentes, qui se distinguent par la force du support, sa couleur, la nature de l’émulsion son degré de contraste, sa rapidité, l’aspect de sa surface.
- L’amateur épris de simplification dispose, avec les papiers aulovireurs tels que le C.A.V., le Seltona, le Vira, des surfaces sensibles dont l’emploi est extrêmement facile : cela se tire à la lumière du jour et se traite simplement à l’aide d’une solution d’hyposulfite de sodium. Celui qui préfère une émulsion plus souple la trouve dans les papiers au chlorure, tels que le Lugda et le Rhoda de Lumière, le Pirguil et le Dinox de Guilleminot, dans les papiers au bromure comme les Lypa et Lypa-luxe de Lumière, Aéro-contraste, Étoile de Sédar de Guilleminot.
- Parmi les papiers de fabrication étrangère, nous citerons seulement ceux de Wellington qui jouissent, dans le monde entier, d’une réputation pleinement justifiée.
- André Bourgain.
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- i NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE G. Bigourdan (1851=1932).
- La science française vient de faire une nouvelle perte en la personne de l’astronome Guillaume Bigourdan. Nous extrayons les lignes qui suivent de l’éloge prononcé, le 29 février dernier à l'Académie des Sciences, par le général Bourgeois, président.
- « Né à Sistels (Tarne-et-Garonne) le 6 avril 1851, il avait suivi, très jeune encore, les cours de l’École d’astronomie de Paris, qui malheureusement a disparu depuis bien des années.
- Appelé à l’Observatoire de Toulouse en 1877 par M. Tisserand qui avait apprécié ce jeune étudiant, très travailleur, il y fut chargé des observations à la lunette méridienne et commença dès cette époque des études historiques sur les anciens astronomes et les anciens observatoires, études qu’il a toujours continuées depuis. En 1879, il quittait Toulouse pour venir assister M. Tisserand à l’Observatoire de Paris, dans ses travaux à l’équatorial de la Tour de l’Ouest. Il restait ensuite seid chargé de cet instrument qu’il n’a plus quitté tant qu’il a observé.
- Notre confrère s’est surtout, et presque exclusivement,adonné à l’astronomie de position, c’est-à-dire à la détermination précise des coordonnées des corps célestes, étoiles, nébuleuses, comètes, et ses travaux ont eu principalement pour objet de perfectionner les instruments et les méthodes de mesure afin d’obtenir des observations à la fois nombreuses et précises. C’est à la précision surtout qu’il s’est attaché avec une conscience que l’on retrouve dans tout ce qu’il a fait. On lui doit de nombreux travaux sur les étoiles doubles dont il a étudié les couples et les révolutions; sur les nébuleuses surtout, où il a révisé les positions de nébuleuses anciennes, et fixé les positions de nombreuses nébuleuses nouvelles, travail que notre confrère M. Wolfï qualifiait de magistral. Enfin, il a fait aussi de nombreux travaux sur les comètes, les a observées avec soin depuis 1880 et en a publié une liste chronologique depuis l’origine jusqu’en 1900.
- Comme nous l’avons dit, il s’attachait toujours à perfectionner de plus en plus les instruments et les méthodes de mesure, cherchant surtout à éliminer les erreurs soit accidentelles, soit systématiques qui affectent les observations; plusieurs de ses perfectionnements ont été adoptés à l’étranger. Il a été, de l’avis de tous ses collègues de l’Observatoire, un observateur hors de pair.
- L’astronomie de position où il était passé maître lui donnait une compétence toute particulière en ce qui concerne le service de l’heure. Aussi, lorsque Paris fut choisi comme siège du Bureau International, il fut Directeur du service jusqu’en 1928, époque àlaquelle, à la suite de nouvelles dispositions, cette direction passa aux mains du Directeur de l’Observatoire de Paris.
- Bigourdan avait pris part à plusieurs expéditions scientifiques.
- Dès 1882, étant encore astronome adjoint, il prenait part aux observations du passage de Vénus, à la Martinique.
- En 1892, il allait au Sénégal observer l’éclipse totale de Soleil et déterminait en même temps à Joal, l’intensité de la pesanteur.
- En 1900, il se rendait en Espagne et en 1905 en Tunisie, toujours à l’occasion d’éclipses totales de Soleil, il en publiait les résultats dans une notice de l'Annuaire du Bureau des Longitudes.
- Ses travaux lui avaient valu à plusieurs reprises des récompenses de notre Compagnie, et en 1904 il devenait notre confrère dans la Section d’Astronomie, succédant au regretté Callan-dreau.
- Malgré les occupations nombreuses que lui donnaient ses fonctions de Directeur de Service de l’Heure jusqu’en 1928, notre Confrère consacrait depuis une vingtaine d’années une
- grande partie de son infatigable activité à la publication de remarquables notices dans Y Annuaire du Bureau des Longitudes. Ces notices très intéressantes touchent à des questions très diverses, mais surtout à ses études favorites, le calendrier, l’heure, la météorologie, la sismologie.
- Toutefois il n’abandonnait pas les questions purement astronomiques et c’est ainsi qu’en 1908 il donnait un travail sur les distances des astres et particulièrement des étoiles fixes et en 1909 une notice sur les étoiles variables. Enfin, il avait entrepris depuis 1928, toujours dans VAnnuaire, la publication d’une très complète étude historique sur le Bureau des Longitudes depuis sa fondation jusqu’à nos jours; et comme jusqu’en 1854 le Bureau a affectivement dirigé l’Observatoire de Paris, cet historique du Bureau des Longitudes est en quelque sorte aussi l’histoire de l’Observatoire pendant la première moitié du xixe siècle. Ce travail considérable devait s’étendre sur plusieurs années; commencé dans VAnnuaire de 1928, il était continué les années suivantes; la quatrième partie, parue tout récemment en janvier 1932, porte la mention « à suivre »; hélas la mort, comme cela arrive trop souvent, vient d’interrompre son travail.
- Bigourdan, comme nous venons de le voir, en outre d’un remarquable observateur, était aussi un savant érudit, je dirai presque un Bénédictin de l’Astronomie. Il s’intéressait à toutes les sciences qui de près ou de loin s’y rapportent, apportant à tous ses travaux une conscience qui lui faisait pousser ses recherches aussi loin que cela était possible. m '
- J’en donnerai comme exemple la notice qu’il faisait paraître en 1914 sur le jour et ses divisions, le système des fuseaux et l’Association Internationale de l’Heure. Sous ce titre qui paraît surtout se rapporter à l’époque présente, il passe en revue tout le problème de la division et de l’origine du jour depuis l’antiquité la plus reculée, chez les Babyloniens, les Égyptiens, les Indous, les Hébreux, les Perses, les Grecs, les Romains; il examine et discute les instruments et les méthodes employés,
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- ne passant qu’ensuite aux modernes, aux temps actuels, au
- système des fuseaux et aux lois qui l’ont établi et imposé... »
- MÉTÉOROLOGIE Hivers doux.
- 582. On vit fleurir les arbres en janvier.
- 584. On vit des roses au mois de janvier, dit Grégoire de Tours.
- 1183. Il n’y eut positivement pas d’hiver; les arbres fruitiers étaient en fleurs au mois de décembre et la vigne en février suivant. Aussi on vendangea en juillet.
- 1204. Depuis la fin de janvier jusqu’au mois de mai, il régna une sécheresse continuelle, et une chaleur ardente comme celle de l’été.
- 1258. En janvier, les pommiers et les fraisiers étaient couverts de leurs fleurs blanches.
- 1361. Les arbres fleurirent avant la Noël, et l’été qui suivit, en 1362, fut sans chaleur; les vignes gelèrent.
- 1421. Les arbres fleurirent en mars et les vignes en avril; on eut des cerises dès ce dernier mois.
- 1529. Il n’y eut nulle gelée en hiver et il fit aussi chaud au mois de mars qu’il fait d’ordinaire à la Saint-Jean.
- 1538. Les jardins se couvrirent de fleurs dès le mois de janvier.
- 1560-61. « L’hyver fut si tempéré et gracieux en toute la saison, dit un contemporain, qu’on ne s’aperceut d’aucune gelée, de sorte que la violette qu’on appelle violette de mars estoit commune au mois de janvier; et tous les arbres s’advancèrent de mesme et plus tost que de coutume, dont les fruits ne profitèrent. »
- 1573. Les arbres se couvrirent de feuilles en janvier et abritèrent en février les nids des oiseaux; à Pâques les blés étaient prêts pour la moisson.
- 1585. A Pâques, les blés étaient mûrs et prêts à moissonner.
- 1601, 1609, 1615, 1619. Hivers d’une douceur excessive.
- 1622. On n’alluma pas les cheminées une seule fois et les arbres furent en fleurs dès le mois de février.
- 1658-59. Ni neige, ni gelée.
- 1660-61. « Il est de curiosité et d’utilité de sçavoir que le mois de décembre 1660 et le mois de janvier 1661 furent si beaux, si doux et si sereins que, à la Chandeleur (2 février), tous les arbi’es de fruits, à pierre (à noyau), estaient en fleurs comme ils ont coutume de l’eslre en mars et avril, et les blés si advancés que l’on croyait avoir la récolte dans le commencement de juin. » Malheureusement, il fit très froid et humide ensuite dans les mois d’avril et de mai, et la réalité fut loin de répondre aux espérances. »
- 1709. La douceur de l’hiver fut surprenante à son début; il est vrai que tout à coup, à la fin de février, le froid devint si intense que la Manche et la mer Méditerranée furent gelées, que les cloches se brisaient au moindre choc et qu’enfin un nombre considérable de personnes périrent.
- 1723, 1730. Hivers très doux.
- 1740. Hiver d’une douceur exceptionnelle à son début, il avait même fait chaud à certains jours de décembre, mais en février et surtout en mars, le froid fut d’une intensité surprenante.
- 1779. Hiver d’une grande douceur.
- 1782-83. La chaleur fut extraordinaire au mois de décembre, il y eut des orages comme au mois de juillet, et en janvier tout était fleuri comme en mai habituellement.
- 1786. En janvier on voyait les arbres pousser avec vigueur, mais février ralentit leur zèle.
- 1788. Des abricotiers et des pêchers sont en fleurs en février. 1795-96. L’hiver fut délicieux jusqu’à la fin de février. La végétation était très avancée quand brusquement, le 26 de ce mois, le thermomètre descendit à — 8° et s’y maintint pendant 15 jours. Il en résulta naturellement que les fleurs des abricotiers, des pêchers, des pommiers et des poiriers, se desséchèrent et moururent. 1804. Pêchers et abricotiers furent en fleur fin janvier. 1809. Dans les premiers jours de mars, après des mois presque chauds, le thermomètre descendit à — 10°. Les abricots, déjà gros comme le pouce, furent gelés et sur 60 pêchers, du Petit-Thouars, on ne récolta que 12 pêches.
- 1821-22. L’hiver fut d’une douceur exceptionnelle. 11 y avait des pois en fleurs au mois de décembre et les seigles étaient rentrés à la Saint-Jean. La récolte des vins fut très abondante cette année-là.
- Em. Roger.
- ANATOMIE
- Un modèle lumineux et multicolore du cerveau humain.
- Tous les modèles du cerveau humain, jusqu’ici confectionnés, étaient affectés d’un grave défaut : La grande abondance des détails s’opposait à une représentation claire et en relief des différentes parties de cet organe.
- Mme Edith Klemperer, neurologiste à Vienne (Autriche), a eu l’idée de se servir d’un éclairage intermittent, produit par des tubes au néon multicolores.
- Le modèle qu’elle a mis au point permet d’apercevoir les différentes parties et les principales trajectoires nerveuses, dans leurs proportions exactes et dans leur disposition réelle.
- Les parties intérieures apparaissent lumineuses à travers les parties de verre extérieures.
- C’est ainsi qu’on distingue parfaitement les sillons de la surface, le cerebrum, la medulla oblongata, les contours du cervelet, et tous les centres nerveux. Les tubes au néon, dont les couleurs correspondent à celles adoptées dans les manuels d’anatomie, s’allument soit individuellement, soit par groupes, à l’aide des commutateurs d’un tableau de distribution, muni d’une numérotation exacte et d’un repérage de tous les contacts.
- Le modèle établi représente un cerveau agrandi huit fois et, par conséquent, parfaitement visible dans une salle de cours; il a 1 m 50 de longueur, résume tous les résultats de la science contemporaine et pourra être ultérieurement complété par tous les détails supplémentaires que révélera le progrès de nos connaissances.
- Les processus physiologiques et pathologiques les plus compliqués s’impriment aisément, grâce à ce modèle singulièrement instructif, dans l’esprit de l’élève.
- Dr Alfred Gradenwitz.
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- PETITES INVENTIONS
- ÉLECTRICITÉ Pendulette électrique.
- L’horlogerie électrique moderne s’achemine nettement vers
- Fig. 1. — Pendulette électrique.
- es pendules se branchant sur le courant du secteur, et de préférence, sur le courant alternatif.
- Dans ce domaine, pour la première fois, vient d’être réalisée une pendulette électrique de la plus petite dimension, faisant à la fois réveil électrique et lampe-réveil électrique.
- Le principe de fonctionnement de cet appareil est le suivant.
- Un petit moteur rigoureusement silencieux remonte le ressort principal et le maintient ensuite constamment remonté à une tension toujours égale.
- A cet effet, un petit frein fonctionnant automatiquement règle la vitesse du moteur de manière que le ressort se remonte de la même quantité dont il se débande pour faire marcher l’échappement. Les variations dans la tension du ressort qui prévalent dans les pendules à remontage, avant et après le remontage, sont ainsi éliminées.
- Cet effort constant sur l’échappement joint à l’influence pratiquement nulle des variations de température sur les organes d’échappement, ainsi que la régularité parfaite des rouages, assurent une tenue de réglage parfaite et difficile à obtenir dans l’horlogerie courante.
- L’appareil possédant un balancier circulaire, il n’est pas nécessaire de le mettre d’aplomb.
- Le dispositif de déclenchement de la sonnerie du réveil est d’une grande simplicité et d’une sûreté absolue de marche.
- La durée de la sonnerie est d’une minute. Un bouton très accessible permet de l’arrêter à volonté. De plus, le même bouton permet d’empêcher complètement le dispositif de sonnerie de fonctionner.
- La disposition et la proportion convenablement choisies de' tous les organes de l’appareil permettent une grande simplicité et une durée illimitée, et sa consommation est infime.
- L’appareil ne comporte pas de contact, pas de batterie; en cas d’interruption de courant, il continue à marcher encore pendant de nombreuses heures.
- On a réalisé une application intéressante de cette pendulette montée en lampe.
- Cette lampe s’allume et s’éteint par l’intermédiaire d’un interrupteur se trouvant sur le fil, comme pour une lampe ordinaire. Elle s’allume automatiquement, le matin, lorsque le réveil sonne, sans avoir besoin de la remonter. Un bouton placé sur l’appareil permet à volonté d’empêcher l’allumage automatique de la lampe, le réveil continuant à fonctionner sans que celle-ci s’allume.
- En un mot, sous un petit volume, cette lampe-pendulette nous donne un ensemble artistique et pratique à la fois.
- En vente à la Société Cotna, 3, avenue Portalis, Paris.
- ARTICLE DE MÉNAGE Gril universel.
- Aux convalescents, aux personnes obèses ou ayant une tendance à l’obésité, la médecine indique la viande grillée. Or, il est malaisé en ville, sinon impossible, de se procurer les sarments de vigne employés par nos grands’mères pour obtenir la braise nécessaire à la cuisson d’une savoureuse grillade.
- Force est donc d’utiliser— tant bien que mal — des grils, sur nos modernes appareils de cuisine, qu’ils soient au charbon ou au gaz.
- Le « gril universel », peu encombrant, bon marché, d’un enfretien facile, a été conçu dans ce but.
- La disposition ingénieuse des lamelles cannelées des deux parties en fonte (les pleins de la rondelle supérieure recouvrant exactement les vides de la rondelle inférieure) évite la chute, sur le foyer, de la graisse provenant de la cuisson de la côtelette ou du bifteck.
- Un couvercle en aluminium emprisonne les fumées qui ne peuvent ainsi se répandre dans le logement.
- Pour s’en servir, on place d’abord les deux parties en fonte assemblées sur le foyer et on laisse chauffer un instant. Ce chauffage préalable est nécessaire pour éviter que la viande à griller ne « s’attrape » aux lamelles en fonte.
- On dispose ensuite la viande à griller sur le gril, en laissant les rondelles sur le feu, couvrir avec le couvercle en aluminium.
- Au bout de quelques minutes, on retourne la viande avec une fourchette, on sale la face grillée, et oiï recouvre; quand la cuisson est terminée, on dispose la viande sur un plat et on sale la seconde face grillée.
- On obtient ainsi des biftecks ou des côtelettes savoureuses , nourrissantes, d’une digestion aisée, parce que bien saisies ; elles ont conservé tout leur jus, seul l’excès de graisse est éliminé.
- Fabricants : Vve Vu-lin et Magnet, à Feurs (Loire).
- Fig. 2. — Le Gril universel.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Présence de la strontianite dans les Pyrénées.
- M. Velut, ingénieur à Toulouse, nous écrit :
- En l’année 1929, à la suite de recherches entreprises pour essayer de retrouver quelques gisements aurifères, tant ceux historiques que ceux mentionnés par les traditions, j’ai été amené à rechercher un gisement de pyrite cuivreuse mentionné par le baron de Dietricli, dans son ouvrage : « Description des gites minéraux des monts Pyrénées » et dont un échantillon aurait donné à l’analyse faite par M. Le Sage, essayeur royal des Monnaies, le taux presque fabuleux de huit marcs, deux onces, cinq gros et vingt-quatre grains d’argent; et deux marcs, quatre onces, deux gros d’or par quintal de cuivre (certificat du 27 octobre 1775) (l).
- 1. Soit environ 2039 gr d'argent ou 620 gr d'or.
- Après quelques difficultés j’ai pu retrouver ce gisement dont il ne subsiste plus que la gangue de « schiste argileux gris blanchâtre ». Celui-ci m’ayant paru fort curieux, il paraissait gras au toucher, et sa coloration gris-bleuâtre ne me fixant pas directement sur sa nature, je fis l’analyse d’un échantillon. J’eus ainsi l’extrême surprise de fixer la nature de ce schiste pour du carbonate de strontium. Ce minerai relativement rare n’a jamais, à ma connaissance, été signalé dans les Pyrénées, j'estime curieux et instructif de faire connaître sa présence dans les Pyrénées. La méconnaissance de la nature de ce « schiste » n’a rien qui puisse étonner puisque à l’époque où fut abandonné le gisement par suite d’épuisement du filon de cuivre le strontium n’était pas isolé.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Nouveau mode de pavillon acoustique.
- Le pavillon acoustique décrit dans l’article de La Nature du 1er jan -vier 1932 est, en réalité, d’une forme assez facile à établir avec des matériaux divers, soit en matière plastique comme le plâtre ou le carton pâte, soit en métal; on peut utiliser, par exemple, de l’aluminium ou de la tôle plombée. Il s’agit simplement d'éviter des vibration parasites des parois du pavillon, car c’est surtout la forme qui importe et qui joue le rôle essentiel pour la réflexion des sons.
- Nous ne pensons pas, d’ailleurs, que ce nouveau pavillon soit déjà établi industriellement en série pour être appliqué sur des phonographes. Des essais ont déjà eu lieu dans ce but, et on l’a surtout employé sur des haut-parleurs à grande puissance.
- Vous pouvez vous adresser, d’ailleurs, pour renseignements complémentaires à l’adresse suivante : M. Dain, directeur de la S. T. O. P., 28, rue Boissy-d’Anglas, Paris.
- Réponse à M. Frère, à Combs-la-Ville et à M. Groutel
- à Soissons (Aisne).
- Amélioration de la qualité d’une audition radiopho= nique.
- Le système d’adaptation à utiliser entre la lampe de sortie et le haut-parleur a une grande influence sur la qualité de l’audition radiophonique ou même phonographique, comme nous l’avons indiqué plusieurs fois, d’ailleurs, dans nos chroniques.
- Lorsqu’on utilise un haut-parleur électrodynamique, il est, en tout cas, indispensable d’employer un transformateur de sortie entre la lampe de puissance finale et le haut-parleur, parce que l’impédance de la bobine mobile est beaucoup trop faible pour permettre le montage direct dans le circuit de plaque, et cet enroulement ne doit pas être parcouru par le courant continu de plaque, car il en résulterait une action constante d’attraction de la bobine qui troublerait le fonctionnement normal du système.
- De même, il est indispensable d’utiliser un système de liaison avec le haut-parleur magnétodynamique, car le passage du courant continu de plaque dans les enroulements opposés de l’électro-aimant déterminerait une action dissymétrique qui empêcherait également le fonctionnement normal du moteur.
- D’après vos indications, vous voulez surtout utiliser un haut-parleur électromagnétique, et même avec un moteur de ce type, l’emploi d’un dispositif de liaison ne peut qu’améliorer les résultats obtenus. En évitant le passage du courant continu de plaque à travers les bobinages de l’électro-aimant vous obtenez également un avantage qui n’est peut-être pas aussi essentiel que dans les cas précédents, mais qui est pourtant notable. De plus, comme vous le savez sans doute déjà, il vous sera facile de faire varier la tonalité de l’audition simplement en agissant sur ce système de liaison. Si vous employez, par exemple, ce qui est le plus facile, un dispositif impédance-capacité, plus vous augmentez l’impédance de la bobine de choc à noyau de fer, plus vous vous opposez au passage de fréquences graves. Et vous obtenez ainsi, dans le haut-parleur, des sons de tonalité plus grave. Plus vous dimi-
- nuez cette impédance, plus au contraire, vous obtenez une tonalité plus aiguë.
- Il vous est également possible de faire varier la capacité qui peut shunter cette impédance, et nous avons déjà indiqué qu’une bonne solution consistait à shunter l’impédance avec une bobine de choc en série. Réponse à M. B.... à Versailles (S.-et-O.).
- De tout un peu.
- MIVI. J. A. à Paris et Guéret à Meuns-sur-Loire. Nous n’avons pas encore eu l’occasion d’examiner la pâle pour briquets dont vous parlez, mais nous supposons qu’il s’agit tout simplement d’essence minérale à laquelle on a donné du corps par addition d’une quantité suffisante de vaseline.
- Risch à Nantes. — Pour préparer les produits désignés sous le nom d'Extraits de café, on commence par faire digérer le café pendant vingt-quatre heures dans environ 6 à 7 fois son poids d’eau bouillante en vase clos, puis on décante ou filtre le liquide que l’on met de côté.
- „ Ensuite, on finit d’épuiser le marc par des additions successives d’eau bouillante jusqu’à ce que l’eau soit incolore, ces derniers liquides sont évaporés dans le vide à consistance pâteuse, puis on y ajoute la solution première réservée, ainsi qu’une quantité de sucre suffi -santé, pour obtenir un sirop à 250 grammes par litre environ.
- Il ne reste plus qu’à passer à la chausse de feutre, pour obtenir un produit limpide.
- N. B. — Généralement' es extraits du commerce sont en outre additionnés de caramel.
- IVL Mortier à Bordeaux. •— 1° Les extincteurs portatifs sont le plus souvent chargés au tétra-chlorure de carbone. Voir N° 2848, 1er janvier 1931. Page 10.
- 2° La formule suivante vous donnera très probablement satisfaction pour le bronzage de petits objets.
- Huile de lin ) . ,. , ,
- ... . à parties égalés.
- Beurre d antimoine )
- Enduire de la composition, laisser un temps suffisant en contact pour que le fer déplace l’antimoine, puis brillanter en passant une brosse préalablement frottée sur\un morceau de cire d’abeilles.
- M. Labatu, à Tarbes. — Les vernis noirs à trafns sont constitués essentiellement par de bons bitumes courants associés à de l’huile de lin cuite et à de l’essence de térébenthine.
- Lorsqu’on veut leur donner plus de brillant, on y ajoute soit de la gomme copal demi-dure, soit plus simplement de la colophane.
- Voici à titre d’exemples quelques préparations de ce genre :
- Bitume de Judée = 25 = 15 = 10
- Huile de lin cuite = 20 = 50 = 20
- Essence = 55 = . 35 = 45
- Gomme demi-dure 100 100 25 100
- Ces vernis étant « très couvrants » il ne peut être question de conserver en dessous, une inscription blanche visible par transparence.
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- i. ;» i
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- •HHEFOM-M
- 3*£D*triaj.ciJdU
- Fig. 1. — Automobile Diesel électrique à grande vitesse étudiée par les chemins de fer allemands, pour effectuer le parcours Berlin-Hambourg à 150 km à l’heure.
- (Ph. Keystone.
- Fig. 2. — Cet avion militaire américain, à l’aide du «’Cabol pick-up » charge en vol des iacs postaux. (Ph. Wide World.)
- Fig, 3. — Le nouveau studio de T. S. F. de Berlin spécialement étudié pour éviter toutes les perturbations acoustiques. (Ph. Keystone.)
- Fig. 5.
- Le pavillon de physique el chimie de la fondation
- Rockfeller à Madrid, récemment rem is au gouvernement espagnol. (Ph. Keystone.)
- Fig. 4. — t.eite balance, précise au 1/lUde gramme, sert au laboratoire de la Société américaine des ingénieurs de chauffage, pour mesurer les pertes de poids de l'organisme humain suivant les conditions extérieures.
- (Ph. Wide World.)
- Fig. 6.
- La gare maritime de Cherbourg vient d'être achevée. (Ph. Keystone.(
- Fig. 7. — M. Gerlich, inventeur allemand d'un fut il tirant une balle à grande vitesse initiale. qui seiait capable de traverser un épais cuirassement d’acier. (Ph. Wide World.)
- Le Gérant : G. Masson
- 52.(5. — P^ris, lmp. I.ahure. — 1-4-1932.
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- N ° 2879
- D j?/- 7^». «
- — 15 Avril 1932
- Prix du Numéro : 4 francs
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- N° 2879
- LA NATURE
- 15 Avril 1932,
- LA DÉFENSE DES POPULATIONS CIVILES
- Le développement de l’aviation a complètement transformé les conditions de la guerre en permettant de porter les hostilités bien au delà du front,-au milieu des populations civiles. La frontière exposée aux coups de l’ennemi n’est plus seulement une ligne ou une bande de pays où sont massés les défenseurs; elle est aussi dans le ciel, partout où peuvent atteindre les avions et les dirigeables, c’est-à-dire sur tout le territoire, pour tous les pays
- le droit des gens, il faut malheureusement considérer ces hostilités comme possibles. On est ainsi conduit à envisager la création d’un vaste système de défense, préparé dès le temps de paix et constituant un plan national de protection des populations civiles.
- Ce plan de protection doit s’étendre à la totalité du territoire, car dès à présent, la surface entière de notre pays est accessible à des avions passant les frontières de
- Fig. 1. — Une impressionnante concentration d’avions. La revue aérienne militaire de Ferrare, en Italie. (Ph. Keystone.)
- européens. Cette menace aérienne, révélée par la dernière guerre, est plus embarrassante à parer que celle des lignes constituant les anciennes frontières.
- Cette possibilité d’attaque toute nouvelle constitue du reste une grande tentation pour l’assaillant qui peut essayer d’abattre le moral de l’adversaire en attaquant les populations civiles, de détruire les points vitaux du commandement, des communications, des productions essentielles, des approvisionnements, par les moyens de plus en plus puissants dont dispose l’aviation de bombardement (explosifs, gaz, bombes incendiaires). Ainsi disparaît, de plus en plus, la distinction jusqu’ici fondamentale entre combattants et non-combattants. Aujourd’hui, bien que les actes d’hostilité contre les civils soient toujours condamnés comme un crime contre
- terre ou de mer. Voici du reste les chiffres indiqués par un de nos spécialistes les plus compétents : pour des attaques partant aussi bien des frontières de mer que des frontières terrestres, la charge utile maxima qui peut être transportée par un avion de modèle courant au-dessus du point le plus éloigné du territoire national est de 2 tonnes; ce chiffre n’est actuellement que de 500 kg pour la région ouest, quand les attaques ne peuvent partir que des frontières du Nord et de l’Est.
- DÉFENSE ACTIVE ET DÉFENSE PASSIVE
- La défense active dépend du ministère de la Guerre; ses moyens sont, en effet, d’ordre militaire. Ce sont : le repérage des avions ennemis, la destruction de ces avions et les représailles.
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- Le repérage consiste à déceler le passage des avions ennemis dès la frontière et à les suivre à l’aide de postes d’écoute échelonnés sur leur route vers les centres menacés. Simultanément, il faut avertir les services de l’alerte civile et les sections de défense contre avions (D. C. A.).
- La destruction des escadrilles ennemies est une pure opération de guerre ; elle s’effectue par l’artillerie antiaérienne et surtout par les avions de chasse.
- Les représailles sont une nécessité; il se trouve en effet, par suite des dispositions géographiques, que des régions industrielles et très peuplées pourraient être à bonne portée de nos avions de bombardement partant de nos frontières. Il y a donc des ripostes possibles et efficaces à
- tion. Le danger, quoique réduit par les mesures d’ordre militaire, subsistera; d’où la nécessité d’organiser la défense passive des populations.
- Cette défense passive, étant donné que l’armée sera absente à ce moment, doit être organisée, surveillée, mise en route, le cas échéant, par les autorités civiles.
- FAUT-IL CRAINDRE DES ATTAQUES PLUS TERRIBLES QUE DANS LE PASSÉ?
- Un examen rapide des bombardements subis par Paris, de 1914 à 1918, permet de se faire une idée de ce que pourrait être une nouvelle attaque aérienne.
- Paris a été survolé, de 1914 à 1917, par 2 zeppelins et
- Fig. 2 et 3. — Exercices d’entraînement en Allemagne.
- A gauche, l’alerte aux gaz. A droite, exercices de secours sur un mannequin. (Ph. International Graphie Press.)
- des raids sur Paris ou sur nos villes du Nord et de l’Est.
- C’est la crainte des représailles qui a épargné à Paris et Londres, en septembre 1918, une attaque de grand style par bombes incendiaires « éleckron » à mélange aluminothermique. « Le comte Hertling, raconte le général Ludendorf dans ses Mémoires, pria la Direction suprême de ne pas utiliser ces nouvelles bombes incendiaires en considération des représailles que l’ennemi pourrait exercer contre nos villes. Mes résolutions, fondées sur la situation de guerre, restèrent conformes à cette décision. » (Ludendorf, Kriegserinnerungen, p. 565.)
- Tels sont les moyens de la défense active; mais si perfectionnés qu’on les suppose, il serait vain de penser que tous les appareils ennemis seront arrêtés sans excep-
- 13 avions. En 1918, Paris a supporté 30 attaques aériennes par un total de 483 avions : sur ce nombre, 13 furent abattus et 443 mis en fuite; 37 seulement réussirent à survoler la ville et jetèrent 12 tonnes de bombes (*). Le nombre total des Parisiens tués au cours de la guerre fut de 522, dont 266 par les attaques aériennes et 256 par le canon à très longue portée.
- Ces chiffres semblent assez rassurants : un ensemble d’opérations qui exige près de 500 voyages d’avions pour déverser 12 tonnes de bombes et tuer 260 personnes n’est pas d’un rendement bien fameux; on peut
- 1. Lieutenant-rcolonel Eyb, de l’aviation autrichienne; cité par le lieutenant-colonel Wauthier dans son livre Le Danger aérien. Berger-Levrault 1930.
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- même dire qu’il n’a guère qu’efïet moral.
- 11 faut également mettre en ligne de compte les progrès de la défense anti-aérienne depuis 1918, et l’on peut aussi espérer que l’aviation de chasse serait beaucoup plus rapide et plus mobile que l’aviation de bombardement.
- Si l’on considère en effet, d’un peu près les géants de l’air (D. O. X., Romer-Rohrbach,
- G. 38), qui constituent le matériel de bombardement le plus moderne, on est frappé de leur lenteur relative qui les rend particulièrement vulnérables. Voici, par exemple, le D. O. X., qui transporte la charge vraiment formidable Fi(J- 4. de 25 tonnes, grâce à ses 12 moteurs de 500 eh, avec un rayon d’action de 200 km : sa vitesse n’est que de 185 km à l’heure ! Le Superval Dornier, qui porte 7 tonnes, vole à 177 km à l’heure; le Romer Rohrbach, qui constitue le type d’appareil pour attaques massives et qui porte 1500 kg, atteint 224 km à l’heure (').
- Tous ces appareils devraient donc être une proie facile pour les avions de chasse qui dépassent 300 km à l’heure. Si l’ennemi encadrait les bombardiers par de nombreux avions de défense ultra-rapides et puissamment armés,
- il lui faudrait alors mobiliser de véritables armées
- >*
- aériennes dont l’absence se ferait cruellement sentir sur le front proprement militaire.
- Il est vrai qu’on peut aussi imaginer l’attaque brusquée, précédant même la déclaration de guerre, cherchant à détruire une ville comme Paris, en une seule nuit, avant le début des hostilités; et d’autre part, on sait que l’aviation s’applique partout à réaliser des appareils de plus en plus puissants, volant toujours plus vite et plus haut.
- Quant à l’effet moral des bombardements sur les populations civiles, l’expérience a été largement faite en 1918 à Paris même et dans nos villes du Nord et de l’Est. La tenue des populations y a été remarquable et on peut espérer qu’elle serait aussi parfaite, surtout quand les civils se sentiront protégés et organisés. On peut donc dire, tout au moins pour le moment, que si la protection passive était suffisamment organisée, les bombardements pourraient être une opération qui « ne paie pas ».
- Voyons maintenant quels sont les dangers contre lesquels il convient de se protéger.
- LES EXPLOSIFS
- D’après le lieutenant-colonel Eyb, de l’aviation autrichienne, une bombe de 1820 kg contenant 1000 kg d’explosif (bombes employées par la marine américaine), explosant en terrain découvert est capable de renverser une maison bien construite, située à 50 m. La pénétration dans le sol est particulièrement à considérer, en vue
- 1. Notons également que les circonstances géographiques étaient extraordinairement favorables à l’ennemi en 1918, puisque ses appareils n’avaient à parcourir que 2 à 300 km aller et retour; pour un avion venant de la frontière ce parcours est quadruplé. Les chances d’arrêter ces avions en cours de route seraient donc considérablement
- — Manœuvres de secours de la Croix-Ruuge allemande. (Pli. I-Ceystone.)
- de l’étude des abris; pour une bombe courante chargée de 300 kg d’explosif, avec fusée retardée, la pénétration dans le sol meuble avant explosion est de 12 m et le diamètre de la cavité créée par l’explosion est de 14 m. La pénétration des bombes de 1000 kg est d’environ 14 m, avec un diamètre d’explosion évalué à 28 m pour une charge explosive de 700 kg.
- Si, au lieu de terre, les bombes de 500 et 1000 kg rencontrent du ciment armé, leur pénétration ne dépasse plus 1 m et les diamètres d’explosion sont réduits approximativement à 5 et 6 m. On admet qu’une épaisseur de 4 m de béton met à l’abri des bombes de 1000 kg. Il ne semble pas d’ailleurs que l’on ait à redouter des bombes de poids supérieur dont l’efficacité serait inférieure à celui d’un même poids de bombes de 300 ou 500 kg.
- La protection type contre les bombes explosives est donc constituée soit par des abris bétonnés construits tout exprès, soit par des souterrains profonds, maçonnés ou bétonnés, déjà existants tels que les caves, les carrières, les galeries des chemins de fer souterrains. À ce point de vue Paris se trouve assez bien pourvu, car il possède un grand nombre de caves à plusieurs étages dans les vieux quartiers et un vaste réseau d’anciennes carrières (catacombes). Là où les abris manquent ou sont insuffisants, on pourrait en prévoir sous les constructions futures
- Fig. 5. — Comment on s'entraîne au porl du masque : hommes et femmes jouant dans leurs équipements de protection. (Ph. Keystone.)
- accrues.
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- d’immeubles. Il suffirait de l’imposer par un règlement d’édilité.
- LES GAZ
- Les bombes d’aviation peuvent aussi bien être chargées de gaz toxiques que d’explosifs, quoique l’arme chimique soit exclue par les conventions internationales.
- Pour le moment, les gaz à redouter sont ceux qu’on a connus pendant la dernière guerre. Ce sont, comme suffocants, le chlore, la palite, la surpalite et le phosgène ou chlorure de carbonyle. Les effets de ce dernier ont pu être observés lors de l’accident survenu à Hambourg en 1928 : il y eut des victimes jusqu’à 18 km. On constata également à cette occasion, que la pluie décompose rapidement le phosgène. L’antidote de ces gaz, employé dans des masques filtrants, peut être le ricinoléate de glycérine ou l’hyposulfite de soude.
- Le type des vêsicants est l'ypérite ou gaz moutarde (sulfure d’éthyle dichloré) ; à température peu élevée,
- Fig. 6. — Manœuvres anglaises. Patrouille cycliste de Highlanders masqués. (Ph. Keystone.)
- l’ypérite s’évapore très lentement; son effet est donc très persistant; il provoque une brûlure des tissus, de la peau et des muqueuses. On le combat assez aisément par le chlorure de chaux (hypochlorite de calcium contenant de la chaux en excès). La lewisite est un composé analogue à l’ypérite.
- Parmi les lacrymogènes, il faut citer la bromacétone qui devient vésicante quand la concentration est suffisante, et les chlorures et bromures de benzyle et de xylyle.
- Les sternutaluires ont été employés à la fin de la guerre poiîr obliger les porteurs de masques à se découvrir : parce que les masques ne les arrêtaient pas.
- Citons encore les grands toxiques, dont nous parlons plus loin et le gaz labyrinthique (oxyde de méthyle dichloré), qui produit des effets de vertige.
- , Tous ces gaz pourraient être projetés dans des bombes à parois minces et de grande capacité, soit déversés directement par des avions-citernes. Ils s’évaporent sur le sol et forment des nappes localisées d’une épaisseur
- maxima de 6 m environ, elles ont tendance à s’accumuler vers les points les plus bas, le vent les entraîne et les dilue. Cette densité très élevée, indispensable pour donner de la stabilité aux nappes gazeuses est tantôt naturelle, du fait du poids moléculaire élevé du produit, tantôt obtenu par fixation sur des composés lourds (composés organo-métalliques, etc.). Certains de ces « gaz » revêtent même la forme de brouillards : c’est le cas des arsines.
- Il existe deux gaz, depuis longtemps connus, qui constitueraient, alourdis, des toxiques redoutables: ce sont Y.oxyde de carbone et l’acide cyanhydrique. Ils ont des densités si voisines de celle de l’air, que leur action toxique est très fugace et nécessite de fortes concentrations. On dit que l’I. G., en Allemagne, et la Deutsche Gold und Silber Anstalt, de Francfort-sur-le-Mein, ont pris des brevets pour la stabilisation de l’acide cyanhydrique.
- LA PROTECTION CONTRE LES GAZ
- Contre les gaz, la population civile peut être protégée de plusieurs façons : individuellement, par des masques semblables à ceux de l’armée ; collectivement, dans des abris pourvus de moyens d’aération et d’épuration.
- Si les équipes actives de police, de surveillance, de sauvetage doivent nécessairement être masquées, il semble que la masse de la population passive puisse être protégée surtout dans les abris prévus déjà à l’épreuve des bombes explosives et spécialement aménagés contre les gaz. Cet aménagement consiste dans la création d’une surpression d’air pur empêchant l’infiltration des gaz toxiques. La surpression peut être faible, mais il faut qu’elle soit continue. L’air pur sera introduit dans l’abri par des ventilateurs, après épuration à travers des filtres chimiques, ou puisé à une hauteur supérieure à celle de la nappe dangereuse. Pour rendre l’abri habitable pendant tout le temps d’une alerte, il est nécessaire de l’équiper : lumière, eau, w.-c., et au besoin vivres et secours.
- La question des masques est plus délicate à résoudre. On sait qu’il existe deux types principaux d’appareils respiratoires, l’un en circuit fermé, véritable usine portative, dans lequel l’acide carbonique expiré est absorbé et l’oxygène introduit à mesure des besoins; l’autre, plus simple, muni d’un filtre épurateur d’air. Le dernier, celui attribué à la masse des combattànts, coûte encore quelque 200 fr; il comporte des parties fragiles comme les soupapes, des produits de conservation limités; il pourrait être inefficace contre un produit toxique nouveau, actuellement inconnu ou ignoré. Le premier, beaucoup plus sûr, puisqu’il isole complètement de l’air extérieur, ne peut être envisagé que pour des cas spéciaux; son port et sa manœuvre nécessitent tout un apprentissage ; son prix est encore bien plus élevé. Evidemment, une population tout entière masquée, comme l’ont représentée des photographies prises dans les pays les plus divers, serait moralement peut-être moins inquiète; mais que vaudrait cette protection ? Faudrait-il, pour la France, constituer des stocks de 40 millions d’appareils respiratoires ? pour l’agglomération parisienne seule de plus de 5 millions ? Qui paierait leur fabrication, surveillerait leur entretien, renouvellerait les parties
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- altérables ? Comment enseignerait-on leur usage, car ils ne sont efficaces qu’en très bon état et très bien mis ? Et si l’éventualité d’une guerre chimique aérienne ne se réalisait que dans une génération ou deux, ne vaudrait-il pas mieux utiliser les sommes astronomiques qu’on devrait, pendant tout ce temps, consacrer aux masques, à un renforcement de la défense active, et en particulier à l’aviation ?
- Ne suffirait-il pas de munir d’appareils, des modèles militaires, ceux qui auront à s’exposer aux bombardements et joueront un rôle actif, et prévoir pour le reste de la population un moyen de protection plus simple, moins coûteux, juste suffisant pour évacuer les maisons et rejoindre les abris collectifs ?
- La question mérite d’être étudiée sans précipitation excessive.
- LE FEU
- L’aviation dispose encore d’un autre moyen de terroriser les populations civiles et de troubler la vie économique de l’ennemi : ce sont les bombes incendiaires, chargées au phosphore ou avec un mélange alumino-thermique. Comme ces bombes sont de petites dimensions, un seul avion peut en transporter une quantité considérable et allumer en un temps très court de nombreux foyers d’incendie. Les substances incendiaires sont très difficiles à éteindre, mais elles dégagent leur chaleur très rapidement et dans un espace limité. Il semble donc que la multiplication des moyens de premiers secours sur place : réserves d’eau, seaux-pompes, extincteurs, suffirait à limiter leurs dégâts et à empêcher l’extension des sinistres.
- L’ORGANISATION GÉNÉRALE IDE LA DÉFENSE
- Contre tous ces périls, il est nécessaire de s’organiser, de tracer un plan précis de défense et d’en poursuivre l’exécution jusque dans les détails. Mais il n’est pas bon de s’affoler.
- Les directives sont du ressort des services d’État; l’alerte, la protection et la sécurité, appartiennent aux maires, guidés et surveillés par les préfets. On s’occupe activement de préciser tous les points de cette protection des populations civiles, dont les principes sont déjà connus.
- Dès maintenant, l’organisation matérielle de la défense apparaît avant tout comme une question d'édilité; il est possible d’imposer dès à présent dans les constructions nouvelles des caves bétonnées formant abri de bombardement, des doubles portes empêchant l’entrée des gaz, des canalisations verticales pour l’aspiration d’air pur, des postes d’eau contre l’incendie, etc.
- C’est tout un urbanisme nouveau que suggère la lutte contre les bombardements, les gaz et le feu; nos vieilles cités européennes, formées de maisons jointives, avec charpentes en bois, alignées en rues étroites, constituent des cibles trop tentantes.
- Le danger serait infiniment moindre pour des constructions plus modernes avec caves aménagées, ossature en béton armé, matériaux incombustibles, toitures en
- .............1...:..- ....341 =
- terrasses bombées résistant aux projectiles de poids moyen.
- Une autre mesure, réclamée du reste, depuis longtemps, par les hygiénistes, consiste à diminuer la surface bâtie
- Fig. 7 à 9. — L’Entraînement des femmes en divers pays.
- En haut, infirmières allemandes défilant à l’aérodrome de Tem-pelhoff. (Ph. International Press Service.)
- Au milieu, démonstration de la Ligue nationale de défense aérienne, à Varsovie. (Ph. Iveystone.)
- En bas, parade dans une rue de Moscou. (Ph. Keystone.)
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- par rapport à la surface totale de la ville. On réduirait ainsi l’efficacité des bombardements, puisque les chances pour qu’une bombe atteigne un immeuble isolé sont moindres et on empêcherait la propagation des incendies. Dans une ville largement ouverte, les gaz seraient également moins persistants; l’antidote naturel des gaz est, en effet, le vent qui les diffuse dans l’atmosphère : à ce point de vue, les immeubles actuels, avec leurs cours et leurs courettes, constituent de véritables puits d’accumulation dont la désinfection serait difficile. Ces opérations de désinfection devant être le plus rapides possible, il faut prévoir des approvisionnements de produits chimiques par quartiers (chaux, chlorure de chaux, etc.), ainsi que des dispositifs permettant de les répandre et de ventiler les locaux infectés.
- L’eau en abondance, fournie par les bouches d’incendie, constitue, du reste, l’antidote le plus efficace d’un cer-
- tain nombre de gaz et de brouillards asphyxiants; en cas de rupture des conduites par le bombardement, l’eau nécessaire contre le feu et contre les gaz pourrait être puisée par des moto-pompes dans des réserves d’eau ménagées en différents points de la ville. Enfin, les espaces boisés (parcs, jardins), peuvent jouer, dans l’épuration et la ventilation des atmosphères infectées, un rôle qui n’est pas négligeable.
- Par un curieux retour, la crainte de l’aviation conduit ainsi, pour la cité de demain, à des conceptions conformes à celles des urbanistes et des hygiénistes les plus modernes : habitations largement ouvertes, bien aérées, séparées par de grands espaces, éloignées autant que possible du quartier des affaires et constituant une espèce de demi-campagne salubre, coupée de réserves d’eau et de jardins.
- P. Devaux.
- PRÉVISIONS DES RENDEMENTS DES RÉCOLTES
- Nous pensons intéresser aussi bien les producteurs que les consommateurs en leur exposant comment des études de climatologie méthodiquement entreprises peuvent conduire à d’importantes applications pratiques, par l’établissement de corrélations entre les principaux facteurs météorologiques saisonniers et les excédents ou diminutions de récoltes. La mise en évidence de semblables corrélations, qu’il nous a été possible de trouver grâce à l’abondante documentation rassemblée à l’Office national météorologique, permet d’établir des prévisions de rendements pour les récoltes futures, ce qui, au point de vue économique, est loin d’être négligeable : elle constitue de plus une précieuse documentation sur les conditions saisonnières favorables ou non aux diverses cultures, et on peut dès lors cultiver des variétés sélectionnées mieux adaptées aux climats des diverses régions : elle indique enfin comment on doit, par des travaux d’aménagement convenables (irrigations ou drainages, par exemple) approprier les terres pour leur permettre de profiter au maximum de l’eau qui leur est fournie par l’atmosphère, puisqu’en définitive c’est l’eau qui conditionne la production végétale.
- *
- * *
- Afin d’expliquer clairement et simplement comment se font les prévisions de récoltes, nous choisirons un département situé au bord de la mer, la Loire-Inférieure, car la proximité de l’océan rend les écarts de température plus faibles et la durée de l’insolation plus constante que dans l’intérieur du pays. Dans ces conditions, c’est la pluie seule qui joue une influence prépondérante, tout au moins sur les deux sortes de cultures que nous avons étudiées : les blés et les pommes de terre, en nous appuyant sur les rendements et les facteurs météorologiques des 30 premières années du xx“ siècle.
- BLÉS
- Deux facteurs météorologiques saisonniers influent surtout sur les rendements de ces céréales :
- a) En hiver, rareté ou abondance extrêmes des pluies.
- b) En été, variations des hauteurs d’eau, suivant qu’elles sont soit supérieures à la normale, soit comprises entre la
- normale et la moitié de la normale, soit inférieures à la moitié de la normale.
- Conditions hivernales. — La hauteur moyenne des pluies de la saison d’hiver (1er décembre-28 février) étant, dans le département de Loire-Inférieure, de 241 mm, les 13 années où ces pluies ont été inférieures à 190 mm ont été caractérisées par une récolte de blé supérieure à la normale (sauf en 1911 où le mois de novembre 1910 avait été extraordinairement pluvieux) : les 9 années où ces pluies ont été supérieures à 300 mm ont été caractérisées par une récolte inférieure à la normale. Donc pour 22 années sur 30 le seul examen des quantités de pluie tombées du 1er décembre à la fin de février aurait permis de savoir, dès le mois de mars, si le rendement du blé pour l’ensemble du département de Loire-Inférieure aurait été ou non supérieur à la normale.
- Conditions estivales. — Si la pluviosité de l’hiver n’est pas anormale par un excès ou un déficit très marqué, autrement dit si elle est comprise entre 190 et 300 mm, ce sont les pluies d’été (l8r juin jusqu’à la moisson) qui décident du déficit ou de l’excédent de la récolte. Les pluies sont-elles supérieures à la normale (150 mm) ou inférieures à la moitié de la normale (75 mm), la récolte est au-dessous de la moyenne, car elle souffre d’une trop grande humidité dans le premier cas et de la sécheresse dans le second; sont-elles comprises entre 75 et 150 mm, c’est-à-dire bien réparties, la récolte dépasse la moyenne.
- Le tableau I, qui résume les indications précédentes, permet dans les conditions culturales et météorologiques actuelles, de prévoir, par la connaissance des hauteurs d’eau fournies par les pluies hivernales et accessoirement estivales, si, dans le département de Loire-Inférieure, les rendements du blé dépasseront ou non la normale.
- Il n’a pas encore été possible, en l’état actuel de la question, dont l’étude, qui n’est d’ailleurs qu’à ses débuts, promet d’aboutir à des résultats très satisfaisants, de mettre en évidence une règle donnant, en fonction des éléments météorologiques, l’importance de l’excédent ou du déficit de la récolte, mais il paraît bien qu’à cet égard les quantités d’eau tombées en hiver jouent le rôle prépondérant. Si on établit, en effet, le tableau (tableau II) des années où les rendements des blés ont été les
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- TABLEAU I
- Prévision d’un excédent ou d’un déficit dans les récoltes de blé. (Département de Loire-Inférieure).
- Paragraphe, j . _____ S Facteur météoro- logique saison- nier principal. Valeur de ce facteur. Facteurs météorologiques saisonniers secondaires. Valeur du rendement par rapport à la moy. (13i)
- I Pluies d’hiver Inférieures à 190% < Supérieures à 300% Comprises entre 190 et 300% Pluies de novembre précédent supérieures à 200% ... . Pluies de novembre précédent inférieures à 200 % . . . . Déficit. Excédent. Déficit.
- . . . .Voir § IL
- Inférieures à 75% Déficit.
- II Pluies Supérieures à 150% Déficit.
- d été Comprises entre 75 et 150% Excédent.
- TABLEAU II
- Années où les rendements en blés ont été les plus élevés et les plus faibles en Loire-Inférieure depuis 1900 P).
- ANNÉES Rendement (moyenne : 13i). Total _des pluies d’hiver (moyenne : 241 mm). Total des pluies d’été (moyenne : 150 mm).
- A. Années à rei idements les plu élevés.
- 1929 20't 0 146% 0 124% 0
- 1909 19.2 132% 5 242% 6
- 1921 18.6 106% 4 119% 5
- 1907 18.2 150% 0 136% 6
- 1918 16.3 131% 8 117% 3
- B. Années à rendements les plus faibles. .
- 1926 8.0 331% 8 147% 8
- 1915 8.9 478% 0 161% 7
- 1919 9.0 406% 0 85%. 9
- 1910 9.3 445% 4 225% 8
- 1916 9.4 343% 6 171% 9
- 1. Les années soulignées sont celles ayant eu respectivement les hauteurs de pluies d’hiver les plus faibles et les plus fortes.
- =....1 ' ' ...- = 343 =====
- plus élevés et les plus faibles en Loire-Inférieure, on constate qu’aucune des 5 années où les rendements ont été les plus forts n’a eu des hauteurs de pluie hivernales supérieures à 150 mm et inversement qu’au cours des 5 années où les rendements ont été les plus faibles, ces hauteurs ont toujours dépassé 330 mm : de plus, les 3 années où les quantités d’eau tombées en hiver ont été les plus faibles de la série figurent parmi celles où les rendements ont été les plus élevés, et les 3 années où ces quantités ont été les plus fortes figurent parmi celles où les rendements ont été les plus faibles.
- TABLEAU III
- Prévision d’un excédent ou d’un déficit dans les récoltes de pommes de terre (Département de Loire-Inférieure).
- Facteur météorologique saisonnier principal. Valeur de ce l'acteur Facteur météorologique saisonnier secondaire. Valeur du rendement par rapport à la moyenne (809.
- Comprises
- entre Excédent (*)
- 180 et 220 X Inférieures à 180% (chaque mois de j mai à juillet ayant reçu | plus de 25 X d’eau). Pluies de août-sept. supérieures à 70% Pluies de août-sept. inférieures à 70% Excédent. Déficit.
- Pluie de mai Inférieures à
- à juillet 180% (un ou plusieurs des; Pluies de août-sept.
- mois de mai ' supérieures à 110% Excédent.
- à juillet [ Pluies de août-sept.
- ayant eu ' moins de inférieures à 110 % Déficit.
- 25% d’eau) Pluies de août-sept.
- Supérieures inférieures à 70% Excédent.
- à 220% ) Pluies de août-sept.
- f supérieures à 70% Déficit.
- 1. Sauf si le total des pluies du 1er août au 30 septembre est inférieur à 30 mm.
- POMMES DE TERRE
- Ce sont les hauteurs d’eau tombées de mai à septembre qui conditionnent en Loire-Inférieure les rendements de ces tubercules de la façon suivante :
- a) Lorsque les pluies de mai à juillet inclus sont comprises entre 180 et 220 mm, le rendement est presque toujours en excédent, c’est-à-dire supérieur à 80 quintaux à l’hectare. Sur les 10 cas qui se sont produits en 30 ans, il n’v a eu qu’une seule exception correspondant à une sécheresse vraiment anormale des mois d’août et de septembre (25 mm d’eau seulement tombés du 1er août, au 30 septembre). On peut donc, lorsque les conditions'précédentes de pluviosité sont remplies, avoir, dès le début d’août, des probabilités très grandes sur la récolte des pommes de terre.
- b) Quand les pluies de mai à juillet inclus sont inférieures à 180 mm, deux cas sont à considérer :
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- TABLEAU IV
- 344
- Prévision d’un excédent ou d’un déficit dans les récoltes de blé. (Département de Seine-et-Oise.)
- Facteur
- Para- météorologique
- graphe, saisonnier principal.
- Valeur
- de ce facteur.
- Facteurs météorologiques saisonniers secondaires.
- Valeur
- du rendement par rapport à la moyenne (221)).
- Pluies d’Hiver
- ' II Insolation du Printemps
- '.V.'Ill Pluies d’Été
- Inférieures à 100% Supérieures à 200%
- Comprises entre 100 et 200%
- Température de l’hiver ( Température du printemps
- inférieure à 3° \ inférieure à 9°...........
- J Température du printemps ( supérieure à 9° . . . .
- ( Insolation du printemps
- Température de l’hiver \ inférieure à 540“. . . .
- supérieure à 5° j Insolation du printemps
- ( supérieure à 540h. . . .
- Supérieure à 540%
- (Pluies d’été inférieures à 290%. /Pluies d’été supérieures à 290%
- Inférieure à 540%
- ^Température du printemps inférieure à 9°..........
- ^Température du printemps supérieure à 9°. Voir III
- Inférieures à 170% Supérieures à 170%
- Excédent.
- Déficit.
- Déficit.
- Excédent.
- Déficit.
- Excédent.
- Excédent.
- Déficit.
- Déficit.
- Excédent. Déficit Z1).
- 1. A condition que l’excès des pluies ne soit pas dû à des précipitations qui se seraient produites au cours des deux dernières décades d’août, alors que la moisson est déjà rentrée.
- 1. Si chacun de ces 3 mois a reçu plus de 25 mm d’eau, la récolte sera en excédent s’il tombe plus de 70 mm d’eau du 1er août au 30 septembre et en déficit s’il en tombe moins de 70.
- 2. Si un ou plusieurs de ces 3 mois ont été secs au point d’avoir reçu moins dé 25 mm d’eau, la pluie totale du 1er août au 30 septembre doit atteindre au moins 110 mm pour que la récolte soit en excédent: au-dessous de ce nombre, le rendement est déficitaire.
- c) Si les pluies de mai à juillet sont supérieures à 220 mm, la récolte sera en excédent si le total de l’eau tombée du 1er août au 30 septembre est inférieur à 70 mm et en déficit si ce total est supérieur à cette quantité.
- En résumé, la récolte de pommes de terre pourra être considérée comme bonne si les pluies de mai à juillet sont suffisamment abondantes (entre 180 et 200 mm). Si la période mai-juillet manque d’eau (moins de 180 mm), il faut, pour compenser les effets de cette sécheresse, que les hauteurs de pluie reçues en août et septembre dépassent la normale en étant supérieures à 70 ou même à 110 mm, suivant la répartition des pluies dans les mois précédents. Si la période mai-juillet présente un excédent d’eau (plus de 220 mm), il faut, pour atténuer les influences de cette humidité excessive et notamment les dégâts occasionnés par les atteintes des maladies crypto-gamiques qu’elle provoque, que les pluies tombées en août et septembre soient inférieures à la normale qui est de 70 mm. Toutes ces conditions sont renfermées dans le tableau III de la page précédente.
- *
- * *
- On voit, par cet exemple simple, l’intérêt pratique considérable que présentent ces études récentes des relations existant entre les rendements des récoltes et les facteurs météorologiques : mais, en général, ces relations sont beaucoup plus complexes et si les pluies continuent à être le facteur prépondérant, il vient s’en ajouter d’autres, tels que la température, l’insolation, la radiation, l’évaporation, qui, dans les régions à climats moins uniformes, jouent un rôle important. A titre indicatif, nous publions ci-dessus le tableau de prévision des récoltes de blé dans le département de Seine-et-Oise, qui montre, en dehors de l’action principale des pluies d’hiver et d’été, l’influence secondaire de la température de l’hiver ainsi que de la température et de l’insolation du printemps.
- Si, pour chaque culture, toutes les régions naturelles du pays ou mieux toutes les exploitations agricoles de quelque importance arrivaient à établir des relations analogues aux précédentes, il en résulterait en dehors de progrès culturaux incontestables, des avantages économiques inappréciables. Les agriculteurs seraient ainsi, en effet, à l’abri des spéculations qui s’exercent trop souvent à leurs dépens au cours des mois précédant la rentrée des récoltes, et les gouvernements seraient mieux à même de prendre à temps des mesures opportunes relatives à l'importation des produits étrangers ou à l’exportation des produits nationaux, suivant les probabilités de la future récolte indiquées par la météorologie.
- J. Sanson.
- Chef de la Section de Climatologie à l’Office national météorologique.
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- le font annuellement les cervidés, et que ses assauts cesseraient d’être dangereux.
- « De fait, dès que le mâle eut perdu l’armement qui lui donnait l’avantage sur sa compagne, son humeur belliqueuse diminua considérablement. 11 continuait à lui lancer des regards hostiles, mais ne tentait plus de la brutaliser. Fort probablement, il se rendait compte qu’elle pesait à peu près son propre poids, et qu’elle serait de force à lui rendre coup pour coup... Quelques jours plus tard, je vis entrer précipitamment un gardien dans mon bureau.
- « — Elle est en train de le tuer ! criait l’homme, hors de souffle et gesticulant.
- « Elle ? Qui diable pouvait bien être cette meurti'ière ? Je n’eus l’éclaircissement qu’après avoir suivi le gardien, au pas accéléré, jusqu’à l’enclos des élans. La femelle savourait sa vengeance pour les mauvais traitements passés. Le mâle battait en retraite ignominieusement devant elle. Chaque fois qu’elle pouvait le rattraper dans sa fuite, elle se dressait sur ses jambes postérieures et, des deux autres, le frappait sans merci. Nous dûmes intervenir promptement pour sauver l’existence du mâle et le transporter dans un autre enclos... »
- EN JOUANT AVEC LE FEU
- Dans ce chapitre (Playing with Fire) et les suivants, l’auteur nous initie aux travaux qu’il mena de concert avec le Dr Albert Calmette, MM. Weir-Mitchell, Noguchi et Langmann, savants spécialisés comme lui dans l’étude des serpents venimeux. Il nous apprend que la longueur des dents à venin varie considérablement d’une espèce à l’autre ; celle d’une espèce sud-américaine atteint près de 5 cm, alors que celles du terrible cobra sont plus courtes que les épines d’un rosier.
- Les effets du venin ne varient pas moins. Celui de certaines espèces s’attaque au sang : il tue les globules rouges, déchire les parois des vaisseaux sanguins, et, d’une façon générale, détruit les tissus. Celui des cobras et autres espèces apparentées s’attaque aux centres ner-
- Fig. 2. — M. Toomeg, gardien-chef de la maison des reptiles du Parc zoologique de New-York, maniant un serpent venimeux.
- Fig. 1. — Le D1 R. L. Dilmars amplifiant au microphone pendant une conférence les bruits des « sonnettes » de deux crotales.
- veux : les muscles qui contrôlent le thorax sont frappés de paralysie et la victime ne peut plus respirer.
- L’auteur nous montre comment il recueillait du venin pour ses analyses et expériences, en mettant à contribution les nombreuses espèces représentées dans la galerie des serpents du Parc zoologique.
- Ouvrant la cage, il passait sous le reptile une tringle de fer terminée par un crochet et le transportait sur une table, où il s’enroulait promptement sur lui-même, en ; a posture d’attaque. Non moins rapidement, l’opérateur lui immobilisait la tête, en la pressant sous le bout d’une canne, et, de sa main droite, saisissait le cou, le pouce et l’index se logeant derrière l’angle des maxillaires. Maintenant ainsi d’une main la tête et, de l’autre, empoignant le corps, il mettait le museau en contact avec la feuille de parchemin recouvrant un récipient de verre. Furieux, le serpent mordait. Chacun des deux crochets projetait dans le vase un jet de poison. Pour augmenter le tribut, M. Ditmars exécutait une pression sur les glandes à venin, placées sous les tempes.
- a Cette opération se poursuivait, dit le narrateur, sur toute une série de reptiles. Parfois, en l’espace de deux heures, j’en traitais une centaine. Comme les glandes à venin se remplissent rapidement, je pouvais recourir aux mêmes individus après un laps d’une semaine. »
- A la fin d’une telle séance, le poison s’accumulait au fond du vase sur une épaisseur de 2 à 3 cm. Le fluide, nous apprend le savant, est généralement d’un jaune clair ou d’un jaune d’ambre, légèrement visqueux, assez semblable à du jus d’orange. A l’état liquide, il a tendance à se décomposer; on a donc recours à certaines méthodes pour le sécher, quitte à le dissoudre dans de l’eau stérilisée pour s’en servir clans des expériences. Il conserve sa force pendant longtemps, à condition d’être mis à l’abri d’une lumière vive. Noguchi a constaté que du venin séché depuis cinq ans était aussi redoutable qu’au moment de son extraction; et Weir-Mitchell
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- Fig. 3. — Un cobra « cracheur », serpent dont la morsure est mortelle. Son gardien se protège de lunettes pour le garder.
- déclare que du venin, qu’il avait conservé à sec pendant près de vingt ans, gardait encore beaucoup de sa puissance.
- Ce fut grâce à cette internationale collaboration entre les cinq savants que le Dr Albert Calmette put produire ce sérum antivenimeux qui a sauvé la vie à des milliers de personnes. Et le savant américain écrit :
- « Je garde très vivace le souvenir de la première annonce de sa découverte. Avec quels soins jaloux je mis en lieu sûr ses premiers tubes de sérum ! Un grand portrait de Calmette, portant sa dédicace manuscrite, est accroché aujourd’hui près de mon bureau, et, certes,
- je ne l’échangerais pas contre les décorations royales les plus enviées !»
- AU SUJET DU VENIN DES COBRAS
- Après avoir activement participé à la fondation de Y Antivenin Institute of America, le Dr Raymond L. Dit-mars croyait bien qu’il n’aurait plus jamais, selon sa pittoresque expression, à « traire des serpents » en série ! Il dut revenir à ce dangereux « passe-temps » sur la requête d’un savant médecin américain qui croyait pouvoir traiter certaines formes de cancer par des applications, sous une forme atténuée, du venin de cobra. Or, c’est là le reptile le plus dangereux, comme aussi le plus difficile à manier.
- D’une extrême violence, son venin n’est pas abondant : de six à huit gouttes, c’est tout ce que fournit un individu, quand on lui donne à mordre un petit carreau de verre épais. Presque incolore, le fluide adhère avec la ténacité du vernis; pour le recueillir, il faut gratter vigoureusement le verre, opération à la fois laborieuse et dangereuse, car la moindre particule qui pénétrerait dans les narines ou dans les paupières de l’expérimentateur provoquerait des désordres graves. Connaissant les risques, le Dr Ditmars doubla ses moyens de défense : les yeux protégés par des lunettes d’automobiliste, il grattait les carreaux sous une plaque de verre faisant office de table transparente.
- Malgré ces précautions, la pi*emière séance fut marquée par des symptômes douloureux. Une demi-heure après avoir commencé le grattage, le savant ressentit un malaise dans la région de Pestomac, douleur qui s’aggrava à ce point qu’il dut, suspendant l’opération, aller et venir dans le laboratoire, les mains crispées
- Fig. 4. — Comment on extrait le venin d’un serpent pour préparer le sérum antivenimeux.
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- sur la poitrine. Cette douloureuse sensation ne se dissipa qu’au bout de deux heures.
- La fois suivante, M. Ditmars expérimenta dans une pièce où une large bande de lumière solaire s’abattait sur la table. Dès qu’il eut gratté légèrement le carreau portant le venin, un phénomène étrange se manifesta : le fluide solidifié fumait. Il émettait une poussière très fine, rendue visible par le rayon de soleil, et qui, contournant par en dessous la plaque de cristal, montait dans l’air calme de la chambre en décrivant des volutes, tout comme la fumée d’une cigarette. Le remède aux malaises ressentis précédemment s’indiquait : se tenir à l’écart de la nocive colonne et la dissiper en établissant un léger courant d’air.
- L’auteur nous apprend qu’un savant américain, le Dr Monaelesser, auquel il avait expédié du venin de cobra, fut victime de symptômes beaucoup plus graves, alors que, dans le laboratoire du Dr Calmette, à Paris, il
- Fig. 5. — Un cobra des Indes développant son capuchon avant de mordre.
- blés générations, et qui, mis en présence de cobras ou de vipères que Von oient de capturer, les domptent et les calment instantanément. Cette étrange faculté n’est pas l’apanage exclusif des Orientaux; le Dr Ditmars l’a constatée chez des Américains de souche américaine qui, sans se poser en charmeurs, pouvaient impunément toucher ou ramasser des crotales sauvages qui, loin d’offrir de la résistance, se nouaient câlinement à leur main. Déposés sur le sol, ils s’enroulaient sur eux-mêmes, à l’approche d’un spectateur, agitaient leur sonnette caudale, se préparaient à mordre, mais s’apaisaient aussitôt que le « charmeur » s’avançait vers eux, la main tendue.
- M. Ditmars a interrogé l’un de ces privilégiés, homme intelligent et de bonne compagnie,
- Fig. 6. — Cet Australien s’est spécialisé dans la capture des serpents venimeux s es^ déclaré inhabile expliquer le phéno-
- qu’il manipule sans crainte. mène. Dès l’enfance, il s’était intéressé aux
- pesait une minime quantité du mortel pro- _.. _ rr ,. . , , . .. ,. .. .. . ,
- 1 , n . , . . . Fig. 7. — Un charmeur de serpents aux Indes exhibant un cobra et. une mangouste.
- duit. Son secrétaire, qui 1 assistait, ne fut pas
- moins malade.
- LE SECRET DES CHARMEURS
- Pour le Dr Raymond L. Ditmars qui, répé-tons-le, a consacré trente années de sa vie de savant à l’étude des reptiles, il ne fait pas de doute que certains hommes possèdent une sorte de fluide mystérieux qui leur permet de manier les serpents les plus redoutables sans provoquer leur colère et leurs morsures. Ce don est rare; il ne convient pas de l’accorder à tous les prétendus charmeurs qui, dans tant de villes de l’Afrique du Nord et de l’Asie tropicale, font « danser » d’inofîensives couleuvres aux sons de leurs tambourins ou de leurs flûtes.
- Mais, aux Indes.comme, chez les Arabes, on. rencontre de véritables charmeurs qui exercent le métier de père en fils, depuis d’innombra-
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-
-
- == 358 ..................rr===........_
- serpents, mais évitait les crotales, en son ignorance du pouvoir mystérieux qu’il possédait. Plus tard, il s’enhardit à les chasser, avec les précautions d’usage, et, finalement, il prit l’habitude de les capturer de ses mains nues.
- Il est possible (et c’est l’intéressante hypothèse que suggère le Dr Ditmars) qu’il s’agisse là d’une forme spéciale du magnétisme animal, domaine dont l’exploration est à peine ébauchée. Nous avons constamment sous les yeux l’exemple du chien qui, lorsque des visiteurs entrent chez son maître, fait à l’un des avances amicales, témoigne de l’animosité à l’autre et n’a que de l’indifférence pour le troisième. Les « charmeurs-nés » émettraient un « fluide » auquel les serpents, dont le système nerveux est très délicat, seraient sensibles.
- Quant à l’influence de la musique sur les reptiles,
- influence mise en doute par quelques savants, le Dr Ditmars, fort d’un ensemble d’expériences qu’il a conduites, nous déclare qu’elle est réelle. Elles lui ont démontré que certaines vibrations sonores attirent ou surexcitent les serpents, alors que d’autres les font littéralement tomber en pâmoison. Comme leurs organes auditifs sont très sommaires, il est douteux qu’ils soient ainsi impressionnés par les sons; l’auteur croit qu’ils n’en perçoivent que les vibrations, considérablement amplifiées par les écailles qui, intimement liées au réseau nerveux, feraient office de plaques résonnantes.
- Souhaitons que les trop rares extraits que nous venons d’en donner rendent quelque peu justice au magistral et passionnant ouvrage du Dr Raymond L. Ditmars.
- Victor Forbin.
- LA LECTURE DIRECTE POUR LES AVEUGLES
- Les aveugles peuvent, depuis longtemps, lire les livres imprimés en caractères Braille en relief, mais le nombre des ouvrages édités en caractères spéciaux est assez réduit, à cause de la difficulté de leur fabrication, et de leur prix
- de revient élevé. Aussi, depuis assez longtemps, de nombreux chercheurs ont-ils tenté de réaliser des dispositifs permettant aux aveugles de lire « au son », pour ainsi dire, ou « au toucher » les ouvrages édités en caractères prdinaires, et, dans la plupart de ces dispositifs, on emploie |la cellule photoélectrique, véritable « œil électrique », ;qui remplace, en quelque sorte, l’œil humain défectueux. \L~a Nature a récemment publié la description de l’appareil imaginé, dans cet ordre d’idées, par M. et Mme Thomas (voir n° 2876). Nous nous proposons ici de signaler d’autres efforts tentés dans la même voie.
- En 1914, déjà, le physicien anglais Fournier d’Albe, iréalisait un instrument qui permettait à un aveugle de lire des livres imprimés en ayant recours au sens de l’ouïe.
- Cet appareil reçut le nom d’ « Optophone ». Il comportait essentiellement une lampe à incandescence d’éclai-
- rage, devant laquelle tournait un disque interrupteur de lumière, percé de cinq cercles concentriques de trous, chaque rangée contenant un nombre différent de trous. La lumière était ainsi divisée en cinq faisceaux séparés et modulés, et ces faisceaux, au moyen d’un système optique convenable, étaient concentrés en une ligne de cinq taches lumineuses ou « spots », le long de la hauteur des caractères imprimés (fig. 1).
- La page imprimée se déplaçait latéralement à vitesse constante, et les taches lumineuses « exploraient » alors en quelque sorte la ligne imprimée suivant cinq barres lumineuses parallèles de la façon représentée par la figure 1 B, et à peu près comme on explore en télévision l’objet dont on veut transmettre l’image à l’aide d’un disque analyseur.
- La lumière réfléchie par la page imprimée était renvoyée sur une cellule photoélectrique, qui était primitivement une cellule au sélénium. Chaque pinceau lumineux renvoyé seul sur cette cellule photoélectrique reliée à un récepteur téléphonique avec ou sans amplification permettait d’entendre une note musicale de fréquence différente; l’ensemble des cinq faisceaux réfléchis produisait un courant composé de cinq fréquences qui donnait dans le téléjDhone un ton composé correspondant.
- Mais, quand les faisceaux lumineux étaient plus ou moins absorbés par les caractères d’imprimerie, la tonalité dans les récepteurs variait suivant la lettre particulière considérée, et un son caractéristique correspondait à chaque lettre ou signe. Dans ces conditions, il suffisait de quelques mois d’étude à une personne aveugle pour apprendre à lire les caractères d’imprimerie ordinaires à une vitesse qui pouvait être de l’ordre de 60 mots à la minute.
- Plus récemment, le physicien Rosing aurait construit un appareil du même genre qui interpréterait les carac-
- Pscje imprimée
- Lame de verre
- Cellule au sélénium
- Batterie
- Récepteur
- éléphonique
- Diéque tournant percé de cinq rangées de trous
- Sujet aveugle
- Fig. 1. — Principe de l’Opiophone de Fournier d’Albe, permettant aux aveugles la lecture au son des caractères imprimés.
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- 359
- tères imprimés en une série de notes musicales.
- En 1931, M. Georges Fournier, en collaboration avec M. Pierre Auger, recommençait des expériences de ce genre, en tentant de simplifier les appareils précédemment utilisés par Fournier d’Albe.
- Pour obtenir des effets suffisamment intenses sans recourir à une amplification à lampes à vide toujours assez complexe, il employa des piles photoélectriques particulièrement sensibles et robustes à oxydule de cuivre préparées par M. Auger, et fournissant sous une différence de potentiel d’une fraction de volt un courant dont l’intensité proportionnelle à l’éclairement reçu dépasse 0,6 milliampère en plein soleil pour une surface active inférieure à 3 cm2.
- Nous avons déjà signalé dans ces colonnes les propriétés des cellules photoémettrices à contact imparfait. Les modèles dont il s’agit sont constitués par une plaque de cuivre recouverte d’une couche de protoxyde de cuivre Cu20, celle-ci étant elle-même recouverte d’une couche métallique transparente obtenue par pulvérisation cathodique.
- Si l’on éclaire la surface ainsi réalisée, il se développe entre le cuivre et la pellicule métallique une force électromotrice, et, si les électrodes sont reliées à un galvanomètre, celui-ci indique le passage d’un courant allant du cuivre à la pellicule transparente et proportionnel dans de larges limites à l’intensité de la lumière incidente. La résistance intérieure de ce système est de l’ordre de 1000 ohms, et la sensibilité maxima est obtenue pour des rayons lumineux d’une longueur d’onde voisine de 5000 Angstroms.
- M. Fournier, en utilisant ainsi ces cellules qui donnent un courant suffisant pour actionner directement un écouteur téléphonique sous l’influence d’un faisceau de lumière relativement peu intense, a tenté d’abord de réaliser un système permettant à un aveugle d’obtenir facilement, par l’intermédiaire de l’ouïe, quelques impressions,-en quelque sorte visuelles, très nettes.
- L’appareil était simplement constitué par un circuit comportant en série la pile photoélectrique formée de 4 éléments discoïdes de 16 mm de diamètre, eux-mêmes montés en tension, un rupteur vibrant à fréquence musicale, du genre d’un tikker employé en T. S. F., et un casque téléphonique à deux écouteurs, d’une résistance totale de 1000 ohms (fig. 2).
- Dans ces conditions, les expériences ont montré qu’un aveugle peut discerner la direction d’une fenêtre ou des foyers lumineux dans une pièce au centre de laquelle il se trouve, le passage des nuages sur le soleil, par réflexion sur le sol ou à l’intérieur d’une pièce, la surface occupée sur une table par une feuille de papier blanc, la présence en face de la pile d’une personne vêtue de blanc, de gris, ou de noir, les différences étant très sensibles, même à l’ombre et à l’intérieur d’une pièce, la position d’une
- Tikker
- Batterie du tikker
- Assemblage des cellules
- Casque
- téléphonique
- Lumière
- Fig. 2. — Le principe du système explorateur au son de M. G. Fourniel.
- porte foncée dans un couloir aux murs blancs, etc.
- Un appareil comportant 3 piles photoélectriques munies de filtres colorés et destinés à l’analyse trichrome des couleurs par les aveugles, de même qu’un appareil à système optique ayant pour but de permettre la lecture de dessins ou d’écriture, sont étudiés par les mêmes physiciens. Il est à remarquer que les aveugles possèdent en général un sens de l’ouïe très développé et très affiné. Après un apprentissage relativement court, il est donc probable que les sujets munis de ces appareils pourront obtenir des résultats bien supérieurs à ceux que pourraient réaliser des opérateurs ordinaires.
- Quel que soit l’intérêt de ces différents dispositifs de lecture au son, il est certain que la lecture des caractères en relief sera toujours plus facile et plus précise, moins fatigante aussi pour les aveugles. Aussi, est-ce avec raison que d’autres chercheurs ont tenté de réaliser des systèmes permettant la traduction immédiate, et en quelque sorte automatique, des caractères imprimés en caractères en relief. Tel est le cas de l’appareil de M. et Mme Thomas, sur lequel nous ne reviendrons pas.
- Schéma de l'appareil américain Visagraph traduisant les lettres imprimées en caractères Braille. (D’après Popular Science.)
- Fig. 3.
- Source lumineuse
- 'Fente
- Filtrage des courants musicaux de fréquences différentes
- Amplification
- Fers les electro-aimants 6 electro-aimants des 6 marteaux imprimeurs
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-
-
-
- = 360 =............. , .. =
- Aux Etats-Unis, un inventeur, Robert E. Naumberg, a récemment construit une machine, d’un principe analogue à celle de M. et Mme Thomas, et qui aurait donné des résultats intéressants.
- Cette machine comporte, d’abord, un système d’exploration des caractères imprimés en quelque sorte analogue à celui de l’Optophone de Fournier d’Albe. Un faisceau lumineux traverse un disque tournant percé de six rangées concentriques d’ouvertures, en nombres différents, et après concentration convenable, il se produit une rangée de six « spots » lumineux qui viennent balayer les caractères d’imprimerie se déplaçant d’un mouvement latéral constant (fig. 3).
- Le faisceau lumineux réfléchi est encore renvoyé dans
- une cellule photoélectrique ; par contre les courants musicaux complexes produits ne sont plus transmis directement à des écouteurs téléphoniques, mais à un système de fdtres à fréquence musicale qui les séparent les uns des autres. Après amplification, ils sont alors envoyés dans un système de six relais actionnant des électro-aimants à marteaux frappeurs et imprimeurs agissant sur une plaque d’aluminium mince se déplaçant d’un mouvement de translation régulier. Ce sont ces marteaux frappeurs convenablement disposés qui produisent les signes en relief permettant à l’aveugle de lire facilement aux doigts les caractères ainsi traduits et d’en garder la trace, au contraire du système français.
- P. HÉMA.RDINQUER.
- LES ALLIAGES LÉGERS
- Il n’est pas superflu, croyons-nous, après les progrès remarquables réalisés ces dernières années dans la production et l’utilisation des alliages d’aluminium, de jeter un regard d’ensemble sur la gamme étendue de matériaux qu’ils offrent à l’industrie.
- LA VALEUR D’EMPLOI DES ALLIAGES D’ALUMINIUM
- Les motifs et raisons qui décident du choix et de l’em-
- ploi des matériaux dans la construction mécanique se rattachent à trois groupes principaux :
- a) Les propriétés physiques et mécaniques et la résistance aux agents extérieurs ;
- b) Les possibilités et facilités de mise en oeuvre par fusion, forgeage, usinage;
- c) Le prix.
- On ne peut juger de la valeur des alliages d’aluminium par la considération isolée d’un de ces facteurs ; il faut
- Fig. 1. — Carcasse de carrosserie d’auto-car, réalisée intégralement en duralumin.
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- 361
- les examinex* dans leur ensemble et surtout ne pas se borner, ce qui est encore fréquent, aux caractéristiques mécaniques usuelles, absolument insuffisantes pour traiter les problèmes d’allégement des constructions, préoccupations d’importance et de fréquence croissantes.
- PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES
- DES ALLIAGES LÉGERS
- La charge de rupture, comme les autres caractéristiques mécaniques usuelles, est rapportée à l’unité de volume, autrement dit, elle fait abstraction de la densité; c’est donc un terme de comparaison à égalité de volume et non à égalité de poids. Cette distinction était inutile tant qu’il ne s’agissait que de métaux lourds, généralement des aciers, de densité voisine; mais dans les problèmes modernes d’allégement, c’est la comparaison à égalité de poids qui importe et on a introduit la notion de résistance spécifique : — ; quotient de la charge de rupture pour la densité.
- En voici la valeur pour quelques métaux et alliages :
- 40
- Acier doux — — 5,12
- 7.8
- Acier demi-dur — = 7,7 ’lOO
- Acier à 100 lcg/m — = 12,8 7,8
- 18
- Aluminium pur —— = 6,66 4,7
- Al 20 7 7
- Alpax 96 = 7,7
- 40
- Duralumin — = 14,3
- 2.8
- La résistance spécifique marque déjà une équivalence par rapport aux métaux ferreux et même par rapport à l’acier à haute résistance; mais elle n’est significative que dans les cas simples et relativement rares de traction et de compression pure. Dans la presque unanimité des cas, les métaux travaillent à la flexion, c’est-à-dire à la compression et à la traction combinées, avec flambement.
- Si on considère deux poutres de sections semblables, de même portée et de même poids, travaillant à la flexion, une application simple des formules de résistance des matériaux montre que les moments fléchissants, M et M', et par suite les surcharges que peuvent supporter les deux poutres, sont entre eux dans le rapport :
- JR_
- 'M_ D>
- M7 “ RV
- 5
- D'*;
- ce qu’on peut écrire : •
- ; ,, M _ àf V : .
- ~ h7 v . y - - /
- d* D's ' .’y :y ': -
- Fig. 2. — Portière de voiture de chemin de fer coulée en Alpax.
- R étant la charge de rupture en kg/mmq et D la densité. R
- Le terme 3 caractérise donc la résistance d’un Dâ
- métal ou alliage, vis-à-vis de la condition d’allégement.
- Pour le duralumin (R = 40, D = 2,8), le fac-R
- teur —3 est égal à 8,5.
- D*
- Pour l’acier doux (R = 40, D = 7,8), ce même facteur est seulement de 1,84; il faut arriver à une charge de rupture de 185 kg-mmq pour que l’acier soit capable de supporter à poids égal la même charge que le duralumin. Mais, même dans ce cas, la poutre en acier est inférieure à celle en duralumin parce que, réalisée avec des épaisseurs plus minces, elle offre une rigidité moins grande en raison de son faible moment d’inertie et une résistance plus faible aux chocs et flambements locaux. Elle offre également moins de sécurité vis-à-vis des irrégularités de profil inévitables et vis-à-vis de la corrosion, relativement plus nocive sur une épaisseur faible que sur une forte.
- Pour importante que soit la considération des efforts de flexion, elle est encore insuffisante et doit être complétée par celle de la rigidité qui dépend du module élastique.
- ‘ Les formules courantes de la résistance des matériaux permettent d’établir le facteur caractéristique de la rigi-
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- dité d’une poutre, qui s’exprime par le rapport :
- E
- D2
- E étant le module d’élasticité du métal considéré.
- Le facteur de rigidité du duralumin (E — 7500 — D = 2,8) s’établit à : 956; celui de l’acier est seule-
- ! 22 000
- ment de - ——- = 360.
- Nous ferons remarquer en passant que le module élastique des alliages est peu influencé par les proportions ordinaires d’éléments étrangers incorporés au métal de base; il est d’autre part insensible aux variations de structure, c’est-à-dire à la trempe, au recuit, à l’écrouissage, à l’inverse des autres propriétés mécaniques qui sont en général dans une dépendance étroite avec la constitution et la structure. Mais il ne faut pas oublier E
- que le terme critérium de rigidité, n’est valable que
- dans le domaine des déformations élastiques, ce qui confirme à nouveau la nécessité de ne juger un matériau métallurgique qu’en considérant l’ensemble de ses propriétés.
- Fig. 3. — Modèle réduit de la cabine hermétique en aluminium soudé dans laquelle le professeur Piccard est monté à 16 000 m.
- PROPRIÉTÉS PHYSIQUES
- L’importance des deux facteurs physiques : densité D et module élastique E vient d’être mise en évidence dans les considérations précédentes; il en est d’autres dont le rôle est considérable dans certaines applications; nous citerons en premier lieu la dilatabilité ou coefficient de dilatation, égal à 23 X 10~B pour l’aluminium pur, le duralumin, et sensiblement plus faible pour les alliages à forte teneur en silicium (alpax, alliages hypersiliciés), pour lesquels il s’abaisse jusqu’à 19 X 10~6. La dilatabilité intervient en particulier pour les pistons de moteurs à explosion qu’il faut monter avec le moins de jeu possible pour éviter les claquements à froid. Le désavantage de la dilatabilité élevée des alliages légers est atténué par un autre facteur qui limite, en régime permanent, la température des parois des pistons, c’est la conductibilité calorifique, L. Seuls, le cuivre, l’argent et l’or ont une conductibilité thermique supérieure à celle de l’aluminium. Cette excellente conductibilité combinée avec l’augmentation des sections d’écoulement de chaleur que permet la faible densité du métal conduit à des pistons qui chauffent beaucoup moins en service que les pistons minces en acier ou en fonte. L’inconvénient d’une dilatabilité élevée est éliminé de ce fait, le rendement et le fonctionnement du moteur, de leur côté, sont favorablement influencés.
- En régime thermique variable, l’influence de la chaleur spécifique C vient s’ajouter à celle de la conductibilité et l’aptitude à l’égalisation de température dans la
- masse est caractérisée par le facteur appelé coefficient de diffusibilitê thermique. Il intervient dans tous les phénomènes où se manifestent des écarts instantanés de température ; son effet est de réduire les contraintes thermiques causées par la répartition inégale des températures dans la masse du métal.
- Parmi les métaux usuels, seul le cuivre pur a un coefficient de diffusibilitê thermique un peu supérieur à celui de l’aluminium. Les valeurs sont, en effet, respectivement :
- Pon, le cuivre 1,12.
- 0 5
- Pour l’aluminium ,-2——— = 0,9,
- 0,21 X 2,7
- On remarquera qu’ici encore la densité est intimement liée à l’importance du rôle de la chaleur spécifique et de la conductibilité thermique. Cette intervention constante, et nous dirons même cette prépondérance, de la densité dans les bases d’appréciation de la valeur d’emploi des alliages légers est caractéristique des problèmes d’allégement.
- POSSIBILITÉS ET FACILITÉS DE MISE EN FORME
- Comme nous l’avons dit, les propriétés physiques et mécaniques ne constituent pas, il s’en faut, la raison exclusive d’emploi d’un alliage. Elles doivent, pour assurer son développement, être complétées par une facilité de mise en forme suffisante.
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- Fig. 4. — Ensemble de pièces en alliage d’aluminium coulé.
- Les illustrations de ce fait sont très nombi’euses, il nous suffira de citer la fonte qui, malgré des propriétés mécaniques médiocres, est d’un emploi très étendu grâce à ses facilités de coulée et d’usinage. L’acier moulé avec des caractéristiques mécaniques très supérieures est freiné dans son développement par des. difficultés de fonderie plus grandes.
- Au point de vue des facilités de façonnage, les alliages d’aluminium sont particulièrement favorisés. L’aluminium pur est remarquablement facile à travailler à chaud (forgeage, laminage, filage) et à froid (usinage à l’outil, emboutissage, repoussage). Par contre, ses propriétés de fonderie sont assez médiocres; on les améliore dans les alliages dits de fonderie par l’adjonction, en faible proportion, d’éléments étrangers, adjonction qui a conduit à un nombre imposant d’alliages divers possédant des propriétés particulières adaptées à leur usage.
- A côté de ceux-ci, on a créé des alliages qui, à des propriétés de façonnage à chaud ou à froid excellentes, ajoutaient l’avantage de caractéristiques mécaniques remarquables, acquises généralement par un corroyage combiné à un traitement thermique approprié. Actuellement, on peut dire que, quels que soient la coinplexité de la pièce à obtenir et le genre de façonnage à mettre en oeuvre, elle peut être réalisée en alliage léger.
- ALLIAGES DE FONDERIE
- Nous citerons d’abord les types courants d’alliages de fonderie :
- 1° Alliages aluminium-cuivre, contenant de 4 à 12 pour 100 de cuivre;
- 2° Alliages aluminium-silicium dont le plus connu est Valpax, correspondant à la composition eutectique et contenant 13 pour 100 de Si;
- 3° Alliages aluminium-zinc-cuivre, contenant 3 pour 100 de Cu et 12-14 pour 100 de Zn;
- 4° Alliages aluminium-cuivre-magnésium (duralumin) et aluminium-cuivre-nickel-magnésium (Alliage Y).
- Les alliages de mise au point plus récents sont généralement des alliages complexes. Le thalassal, qui répond à la composition : manganèse, 1,5 pour 100; magnésium, 2 pour 100; antimoine, 0,2 pour 100, a été étudié spécialement pour résister à la corrosion par l’eau de mer; sa protection se trouve réalisée par la couche d’oxychlorure d’antimoine qui se forme à la surface. U aérai possède lui aussi, grâce au constituant cadmium, une bonne résistance à l’eau de mer et des caractéristiques mécaniques élevées que lui confère un traitement thermique.
- L’alliage A. P. 33 contient 4 pour 100 de cuivre avec addition d’une petite proportion de titane (0,3 pour 100), qui a pour résultat d’accélérer et d’augmenter l’effet améliorant du traitement thermique. Les alliages eutectal et R. R. 50 ont un grand nombre de constituants qui n’interviennent chacun qu’en petite proportion ; leurs propriétés de fonderie et leurs caractéristiques mécaniques sont excellentes.
- Ces alliages sont utilisés soit bruts de coulée, soit après traitement thermique. On peut dire que tous peuvent être améliorés par un traitement thermique. Le
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- ALLIAGES Charge de rupture kg/mm2 Allongement de rupture % Retrait total % Traitement,
- Sable. Coquille. Sable. Coquille.
- Alliage à 3-6 % Cu 11-13 1 1,5 Non traité.
- Alliage à 8 % Cu 15 18-20 2 - 2,5 1,4 Non traité.
- Alliage à 12 % Cu 17 20 1 0,3 1,3 Non traité.
- Alliage à 12 %-Zn/3 %-Cu 16 20-22 3-4 7 1,35 Non traité.
- Alpax 12-13 % Si 17-19 20-22 4-6 4 1,1 Affiné.
- Alliage Y ' ^ %'^u %"Mg. . .i Alliage Y (2% Ni> > 19-22 26-31 0-1,5 3-6 1,35 Traité.
- 4 % Cu. ,
- Duralumin < 0,5 Mg-0,5 Si | > 20-25 22-30 1-2 1-2 1,5 Traité.
- (0,5 Mn. ...... .'
- Alliage R. R. 50 17,3 25 2,5 4-8 Traité.
- Eutectal 27 4 Traité.
- Thalassal 12-16 16-20 3-5 6
- A. P. 33 30 5 Traité.
- Aérai . 28-30 Traité.
- duralumin, l’alliage Y, l’A. P. 33, sont toujours traités. L’alpax subit à l’état liquide, avant la coulée, un affinage au moyen de fluorures alcalins ou de sodium qui lui confère une structure à grains très fins et des caractéristiques mécaniques remarquables. L’alpax est le type du parfait alliage de fonderie. Il est très fluide; correspondant à la composition eutectique, il a un intervalle de solidification nul qui limite les dangers de porosité et de criques de solidification; son retrait total est faible,
- Fig. 5. — Jeu d’hélices d’avion en duralumin forgé.
- 1,1 pour 100, grâce au silicium qui se dilate pendant la solidification; enfin, il possède une bonne résistance après solidification, ce qui est une garantie précieuse contre les criques après solidification et permet d’obtenir en toute sécurité des pièces compliquées ou très minces, impossibles à obtenir avec un autre alliage (fig. 2).
- Le tableau ci-dessus indique les propriétés mécaniques essentielles des alliages de fonderie.
- ALLIAGES DE FORGE
- La recherche d’alliages présentant, après travail à chaud, des caractéristiques mécaniques élevées n’a donné des résultats vraiment intéressants qu’après la découverte des traitements thermiques. Cette découverte remonte à 1911, époque à laquelle Wilm découvrit la propriété de durcir par trempe des alliages dénommés duralumins, ayant pour composition moyenne :
- Cuivre : 3,5-4 pour 100; magnésium : 0,5-1 pour 100; manganèse : 0,5-1 pour 100 et donnant quelques jours après trempe :
- Charge de rupture ;> 40 kg. Limite élastique ;> 20 kg. Allongement de rupture > 16 pour 100.
- D’autres alliages ont été mis au point plus tard, lorsque la connaissance du mécanisme de la trempe a permis des recherches systématiques.
- Le duralumin est toujours le plus répandu des alliages de forge; une température de revenu appropriée ou un écrouissage après trempe permettent d’élever sa charge de rupture jusqu’à 50 kg aux dépens d’ailleurs de son allongement. Les autres alliages mis au point sont en général inférieurs au duralumin au point de vue des propriétés mécaniques ; on s’est fixé dans chaque cas un but différent : meilleur marché, meilleure résistance à la corrosion, plus grande facilité d’emboutissage, meilleure conductibilité électrique, etc. C’est ainsi que sont nés : le Lautal (Allemagne), alliage sans magnésium;
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- YAnticorodal (Suisse), moins résistant mécaniquement que le duralumin, mais moins sujet à la corrosion; VAlmasilium (France), qui présente une remarquable facilité d’emboutissage; VAlmélec (France) et YAldrey (Suisse), tous deux alliages de tréfilage pour conducteurs électriques, dont la conductibilité atteint 92 pour 100 de celle de l’aluminium pur avec une charge de rupture deux fois plus grande.
- Le tableau ci-dessous donne les principales caractéristiques de ces alliages.
- Tous ces alliages subissent un traitement thermique consistant en une trempe suivie de revenu; nous allons examiner le mécanisme de ce traitement.
- TRAITEMENT THERMIQUE DES ALLIAGES LÉGERS
- Constitution chimique des alliages trempants.
- — 1° Alliages au magnésium. — L’aluminium commercial contient toujours du silicium qui, en se combinant au magnésium d’addition, donne naissance au composé défini Mg2 Si.
- 2° Alliages au cuivre. — L’aluminium forme avec le cuivre un composé défini APCu. Les courbes de solubilité de Mg2Si et de APCu dans l’aluminium en fonction de la température présentent la même allure. Dans les alliages contenant à la fois Cu etMg les deux composés définis coexistent. A la température ordinaire ces deux composés définis, ou l’un ou l’autre, sont présents dans l’alliage en mélange avec une solution solide de ces composés dans l’aluminium.
- Mécanisme des traitements thermiques. — Lorsqu’on chauffe l’alliage, on détermine la mise en solution dans l’aluminium du composé défini Al2Cu ou Mg2Si. Par refroidissement brusque, on maintient, malgré la diminution de sa solubilité, le composé défini dans la solution solide qui se trouve alors sursaturée; c’est cette
- ALLIAGES Composition. Charge de rupture. 1 Limite élastique. 1 Allongement. 0/ Dureté Conductibilité à 20°. mhos
- kg/mm2 kg/mm2 /o Brinell.
- Cu : 4
- Duralumin Mg : 0,5 ( Mn : 0,5 f Si : 0,6 ; Cu : 4,75 ' 40-42 20-25 18-22 110-120 22
- Lautal Si : 0,75 [ Mn : 0,75 ' : Mg : 0,6 ; > 38-40 16-20 18-22
- Anticorodal Si : 1 1 Mn : 0,6 ' > 24-28 20 18-22
- Almasilium ’ ; Mg •. i ; ) Si : 2 I 1 25-27 16 30 90-100
- 1 i Mg : 0,7 J
- Almélec - Si : 0,6 < ! 35 24 6 90-100 32
- 1 Fe : 0,3 ( 1 : i : i.
- Fig. 6. — Grosse pièce de fonderie coulée en Alpax.
- sursaturation qui caractérise l’état trempé. L’excès de composé défini précipite ensuite de la solution sursaturée avec une vitesse qui dépend de la température, c’est le revenu.
- Le composé Mg2Si précipite à la température ordinaire, sans aucune intervention, c’est ce qu’on appelle le revenu spontané ou encore « vieillissement », particulièrement bien connu pour le duralumin. Le composé Al2Cu ne précipite qu’à une température supérieure à 100°; il exige
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- = 366 =g=:.............» ' =
- donc un chauffage avec maintien à la température de revenu pendant une durée fonction de cette température.
- Les composés définis précipitent sous forme de particules très fines qui se logent dans les intervalles des cristaux; ces particules étant très dures, elles produisent un accrochage des cristaux qui empêche leur glissement et s’opposent en outre à leur déformation; d’où augmentation à la fois de la charge de rupture et de la limite élastique.
- Les alliages bruts de coulée peuvent être améliorés par trempe comme les alliages forgés, mais en raison de leur état d’hétérogénéité et de leur structure grossière, ils exigent un chauffage assez long d’homogénéisation préalable à la trempe. Ce chauffage se trouve très sensiblement réduit dans l’alliage A. P. 33, grâce à l’addition de titane.
- En résumé, le traitement thermique des alliages légers trempants comprend deux stades :
- 1° Obtention par trempe d’une solution solide sursaturée en Mg2Si ou ApCu; .
- 2° Précipitation, par revenu, à l’état finement divisé, des composés définis produisant un durcissement important.
- ALLIAGES A HAUTE RÉSISTANCE SANS TRAITEMENT THERMIQUE
- Des recherches récentes ont abouti à la mise au point d’alliages destinés à être utilisés sous forme de tôles obtenues par laminage à froid. L’écrouissgge leur confère
- des charges de rupture allant de 30 à 40 kg, sans aucun traitement thermique. Ces alliages d’un prix très inférieur à celui des alliages traités thermiquement contiennent du magnésium et du manganèse en proportion de 1 à 2 pour 100.
- CONCLUSION
- Nous n’avons pas eu la prétention de traiter à fond, dans ce bref exposé, le problème de l’utilisation des alliages légers, mais seulement de justifier, par une vue d’ensemble de leurs propriétés et de leur diversité, le développement considérable qu’ils ont pris durant les quinze dernières années.
- 11 ne faut pas oublier que les progrès considérables réalisés n’ont été permis que par une collaboration étroite des laboratoires et de l’industrie et qu’un des effets les plus heureux de cette collaboration aura été le remplacement des méthodes empiriques par des méthodes scientifiques précises.
- Il n’est pas douteux que la métallurgie des métaux légeis a contribué largement aux progrès et à la vulgarisation des traitements thermiques dont toute la métallurgie a largement profité.
- L’affirmation de cette tendance qui conduira à de nouvelles améliorations, jointe à la nécessité d’alléger les véhicules pour donner aux moyens de transports le confort et l’économie d’exploitation indispensables, fait espérer pour l’avenir un nouvel et brillant essor des alliages légers. N. Hubert.
- = LE NOUVEAU MOTEUR “ RUPA
- A COMBUSTIBLE SOLIDE
- Fig. 1. — La soupape à introduire le combustible solide.
- Un ingénieur allemand, M. R. Pawlikowski, à Gœrlitz, vient de rendre compte, à une récente réunion de la Société des Ingénieurs allemands de Constructions navales, des essais effectués avec un moteur de son système. Ce moteur a été alimenté exclusivement au charbon pulvérisé, pendant plus de 1000 heures. Il a été maintenu en service permanent quelquefois jusqu’à 80-90 heures sans arrêt. Ce moteur s’est trouvé être, de tous points, l’égal d’un moteur Diesel à huile lourde, sur lequel il présente l’avantage indubitable d’un combustible meilleur marché.
- M. Pawlikowski, qui fut pendant bien des années, collaborateur de feu le Dr Diesel, vient ainsi de réaliser la dernière étape du programme que celui-ci s’était tracé dès le début de ses travaux, mais qu’il se trouva dans la nécessité d’abandonner.
- Après le gaz et l’essence, l’huile lourde dont s’alimentent les moteurs Diesel voici venir, terme ultime d’une évolution rapide, mais continue, le moteur à combustible solide. Nous avons déjà donné la description de ce moteur. (Voir n° 2797, 15 nov. 1928.)
- .^appelons que le combustible pulvérulent s’introduit sous la forme d’une sorte d’émulsion, dans une chambre anté-
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- rieure, espèce d’écluse où le combustible solide, mélangé à l’air frais, est retenu jusqu’à ce que l’excès de pression injecte le charbon pulvérisé dans le cylindre du moteur, où il brûle. Les quelques particules de cendres qui s’attacheraient aux anneaux du piston s’enlèvent parfaitement au moyen d’un lavage à l’huile de graissage. Comme l’inventeur a eu soin d’éviter la production de goudron, le charbon pulvérulent se consomme à peu près intégralement.
- Malgré des tentatives toujours renouvelées, on n’a pas, dans le cas des turbines à vapeur, réussi à adapter automatiquement la consommation du charbon aux variations de la charge. Or, le moteur Rupa — c’est ainsi que l’appelle son inventeur — résout ce problème avec une simplicité parfaite, grâce à une soupape à douille, disposée dans la chambre antérieure. C’est ainsi que la consommation de charbon est les deux tiers de celle d’une très bonne turbine à vapeur de même puissance.
- Le nouveau moteur peut consommer un charbon quelconque, même de qualité inférieure : houille, lignite, charbon de bois, ou bien tourbe, coke, farine végétale, mais il fonctionne tout aussi bien avec les huiles lourdes dont s’alimentent les moteurs Diesel.
- Les premiers moteurs Rupa avaient été construits dans les Usines Mécaniques Cosmos, de Gœrlitz, dirigées par M. Pawlilcowski; le fonctionnement en a été étudié dans leurs laboratoires de recherches. Le nouveau moteur de 140 ch dont il vient d’être question est le premier qui sorte d’une autre usine mécanique autorisée à se servir des brevets de M. Pawlilcowski. Plusieurs autres maisons s’intéressent, à leur tour, à ce moteur, qui, si les promesses fondées sur lui se réalisent, doit prendre rapidement un grand essor.
- Dr A. Gradenwitz.
- Fig. 2. — Moteur Rupa de 140 ch.
- LA DISTRIBUTION TÉLÉPHONIQUE DE L’HEURE
- A L’AIDE D’HORLOGES PARLANTES
- Si votre montre est arrêtée, il vous suffit, à Paris, d’appeler au téléphone le service de l’heure. Vous êtes mis, immédiatement, en communication avec l’Observatoire et l’heure exacte vous est indiquée par un employé.
- Ce service, en apparence fort modeste, est des plus utiles sans doute; on voit en effet le public y recourir de plus en plus, les demandes sont si nombreuses actuellement que les lignes téléphoniques de l’Observatoire sont, par elles, presque entièrement bloquées, dans la matinée.
- Pour remédier à cette situation, le directeur actuel de l’Observatoire, M. E. Esclangon, s’est attaché, dès sa nomination en 1929, à créer un procédé permettant de répondre automatiquement aux demandes du public. Le système est aujourd’hui au point et son auteur en présentait récemment la description à l’Académie des Sciences.
- C’est une horloge parlante, qui toutes les 10 ou 15 secondes, énonce l’heure exacte; et cela d’une manière
- permanente : à tout instant, les correspondants, en nombre quelconque, qui sont mis téléphoniquement en communication avec le service de l’heure de l’Observatoire, peuvent percevoir la parole de l’horloge sans avoir à recourir à l’aide toujours et. imprécise d’un
- employé.
- Imaginez une horloge qui, au lieu d’un cadran à indications visuelles, soit munie d’une sorte le cadran sonore; la chose est aisée à réaliser*aujourd’hui : un film sonore préparé à l’avance, par enregistrement photographique de la voix, est mû en synchronisme avec une horloge électrique de précision. Par transmission optique sur une cellule photoélectrique, les indications verbales d’heures, de minutes, de secondes, enregistrées sur le film, sont reproduites comme par un film parlant usuel. Pour donner toute la précision possible à l’indication verbale, sans nuire à la clarté, on fait suivre l’indication parlée de tops courts donnés directement par la pendule directrice et dont l’interprétation correspond à l’indication formulée verbalement.
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- = 368 —.............. i.......:.:..—............ =
- Actuellement, deux horloges de ce genre ont été construites; nous reproduisons textuellement la description qu’en donne M. Esclangon.
- L’horloge Edouard Belin. — La première a été étudiée par M. Edouard Belin.
- L’enregistrement photographique du son est porté par quatre disques de verre, tournant à raison de un tour par seconde. Sur chaque disque, l’enregistrement est disposé suivant des cercles concentriques, chaque cercle correspondant à une certaine partie de la phrase complète à prononcer. Devant chaque disque est placé un autre disque métallique percé de fenêtres pouvant découvrir, en livrant passage à un rayon lumineux, tel ou tel de ces cercles d’enregistrement. L’ensemble des quatre disques est combiné pour fournir une énonciation complète de l’heure. Les rayons lumineux ayant traversé à tour de rôle les fenêtres tombent sur une même cellule photoélectrique, ce qui assure une parfaite unité d’intensité sonore aux fragments de phrase provenant des divers disques.
- L’heure est énoncée quatre fois par minute, mais sous deux formes différentes. A la seconde 10,
- 7 )*
- énonciation de l’heure la minute et les secondes (seconde 10) suivie d’un comptage net et verbal des secondes suivantes 12,
- 13, 14, 15.
- La seconde 30 est définie d’une manière très précise par trois tops courts, le dernier correspondant exactement à la seconde 30; ces trois tops et leur signification sont annoncés verbalement et chaque U quelques secondes avant la seconde 30.
- A la seconde 40, énoncé.analogue à celui de la seconde 10 avec comptage verbal des secondes suivantes 42, 43, 44, 45. La seconde zéro est définie par quatre tops, dont le dernier correspond exactement à la seconde zéro, ces tops et leur signification étant toujours annoncés quelques secondes à l’avance. Ces formes d’énonciation que nous avions soigneusement étudiées réalisent à la fois le maximum de clarté et de précision.
- La transmission de trois ou quatre tops, annoncés quelques secondes à l’avance, en provoquant une impression de rythme rapidement saisi et évitant tout effet de surprise, permet sur le dernier top une comparaison précise avec une horloge dont on désire connaître, avec grande exactitude, l’avance ou le retard.
- L’horloge Brillié. — La seconde horloge parlante actuellement réalisée a été étudiée et construite par la maison Brillié, sous la direction technique de M. Nimier, assisté de M. Legofî. Le dispositif mécanique est quelque peu différent de celui de la précédente.
- L’horloge se compose essentiellement d’un tambour tournant d’un mouvement uniforme synchronisé par une pendule de précision. Le tambour porte trois séries d’enregistrements analogues à ceux des films parlants, 24 pour les heures, 60 pour les minutes, 6 pour les secondes.
- Parallèlement à l’axe du tambour, se déplacent trois reproducteurs ; le premier pour les heures, le second pour les minutes, le troisième pour les secondes; grâce à un jeu de leviers et de came, chaque reproducteur se trouve, à chaque instant, en face de l’enregistrement correspondant à l’heure à énoncer.
- Les reproducteurs utilisent le matériel étudié par les
- établissements Phi* lips pour les films parlants. Ils comprennent une lampe à filament rectiligne, un objectif qui projette sur l’enregistrement l’image du filament; la lumière diffusée plus ou moins par les parties plus ou moins sombres de l’enregistrement est reçue par une cellule photo- électrique et une amplificatrice.
- Une amplification commune à tous les reproducteurs recueille et amplifie le courant fourni à tour de rôle par chacun de ces derniers, et permet l’écoute au téléphone et même en haut-parleur. L’heure est donnée six fois par minute, aux secondes 0, 10, 20, 30, 40, 50; les secondes indiquées sont précisées dans le temps chacune par un top qui suit immédiatement l’énonciation, top donné directement par la pendule directrice synchronisante, ce qui en assure la parfaite exactitude en se prêtant par ailleurs aux comparaisons horaires de précision.
- *
- * *
- Ces horloges seront installées prochainement à l’Observatoire de Paris et affectées, avec le concours de l’Administration des Postes, à la distribution téléphonique de l’heure au public.
- Il n’y aura plus qu’à décrocher son téléphone pour connaître l’heure exacte. X.
- Fig. 1. — L'horloge parlante Brillié destinée à la distribution automatique de l'heure par l’Observatoire de Paris (ph. Keystone).
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- L’IRRITANTE HISTOIRE DU POU DE SAN JOSE
- C’est pourtant une bien minuscule bestiole que ce pou de San-José, qui met en émoi tout un monde parce que des inspecteurs du Service phytopathologique l’ont découvert sur des fruits venant des Etats-Unis !
- Mais on comprend cette inquiétude quand on pense aux terribles ravages qu’il commet dans les vergers de l’oncle Sam.
- Or, comme on ne connaît pas encore dans nos campagnes, et fort heureusement, ce puceron américain, l’Administration supérieure a décrété l’interdiction de l’entrée et du transit en France des végétaux et fruits frais, des emballages, qui servent ou ont servi, originaires ou en provenance des États-Unis, d’Australie, du Canada, de Chine, du Japon, de Nouvelle-Zélande.
- Et ainsi, le 11 mars, 20 000 ba rils de pommes fraîches, venant des Etats-Unis, sont restés en panne dans les cales de « L’Ile-de-France », ancré dans le port du Havre.
- Certains, peu respectueux de l’autorité en la matière, ont « galéjé » la découverte des Inspecteurs. Pensez ! jusqu’à 80 pour 100 des fruits infestés, pour qui connaît la rigueur scientifique qui préside, aux États-Unis, à l’organisation des Services d’exportation.
- Quant aux commerçants américains établis dans la capitale, ils prétendent que la cochenille pernicieuse n’est invoquée que pour servir de prétexte à une mesure de protection, à l’égard des produits français.
- Ils soulignent la perte qui résultera de la suppression de ce trafic pour la France elle-même, qu’ils chiffrent à 10 millions pour nos Compagnies de navigation, 7 millions pour l’administration des douanes, sans compter la perte de recettes des ports et des chemins de fer.
- Nous ne voulons pas prendre position dans le débat, et pour cause. Qu’il nous suffise de remarquer, à propos de phytopathologie, que les mesures d’interdiction édictées à l’encontre de nos produits par certains pays, les États-Unis compris, ne sont pas toujours justifiées.
- On sait aussi que l’Amérique nous a déjà gratifiés, entre autres indésirables, du puceron lanigère, du phylloxéra, du doryphora.
- L’Aspidiotus perniciosus, — c’est le nom scientifique du héros de l’affaire, — fit ses premières armes, aux États-Unis, en 1870, dans la vallée de San-José, en Californie, non loin de San-Francisco.
- Il était fraîchement débarqué du Japon, peut-être des îles Hawaï, ou encore du Chili, on ne sait au juste.
- Peu à peu, il élargit ses bataillons, jusqu’à gagner, en quelque 25 ans, les quatre points cardinaux de la vaste « Union », sans compter le Canada.
- Ces pays étant gros exportateurs de fruits frais, ce n’est pas sans intérêt que les spécialistes des contrées indemnes suivirent l’étrange curriculum vitæ du terrible voyageur, ni sans inquiétude qu’ils virent débarquer en Europe les fruits des États-Unis.
- Alfred Giard, professeur à la Sorbonne, écrivait alors : « L’introduction du Pou de San-José en France serait la source de ruines aussi désastreuses que celles dues au phylloxéra. »
- Caveant consules !
- Et en fait, les consuls découvraient, au début de l’année 1898, le voyageur si redouté, arrivant dans le port de Hambourg, sur ses hôtes habituels, pommes et poires.
- Chaude alerte et grand branle-bas dans le clan des entomologistes européens, patentés ou non.
- De tout ce remue-ménage naquit, en Allemagne, l’Ordonnance impériale du 5 février 1898, jetant l’anathème contre l’Hémiptère envahisseur, la cochenille transatlantique.
- Elle interdisait l’importation des végétaux américains et ne permettait l’entrée des fruits qu’après un sérieux examen.
- Quelques autres pays d’Europe, entre autres la Hollande, prirent des mesures de protection analogues.
- Chez nous, le décret du 30 novembre 1898 interdisait aussi l’entrée des végétaux venant des États-Unis, les fruits devant être examinés. Le décret du 8 mars 1932 a donc étendu l’interdiction pure et simple aux fruits.
- LES ARBRES ET LES RAVAGES
- Le San-José scale est disséminé par les vents, les eaux, les insectes, et surtout les plants de pépinières et les fruits.
- Il vit sur la plupart des arbres fruitiers, notamment le pommier et le poirier, et encore le noyer, le tilleul, l’orme, etc. On peut le trouver aussi dans les pépinières d’essences ornementales ou forestières.
- Il atteint tous les organes aériens. Sur le poirier, il se porte de préférence à l’extrémité des branches et sur les jeunes rameaux. Lorsque l’invasion est importante, les parties attaquées semblent couvertes d’un dépôt calcaire farineux, ou de cendre. Cet enduit est formé par la juxtaposition des petits boucliers cireux, ou enveloppes, que sécrètent les larves.
- Ces cochenilles, comme tous leurs congénères pucerons, pompent sans trêve la sève du végétal. Celui-ci s’affaiblit, ses feuilles jaunissent, il peut périr, en tout cas il reste chétif.
- C’est ainsi qu’aux États-Unis des vergers entiers ont été anéantis, en peu d’années, par l’insatiable suceur.
- Quant aux fruits, ils ne sont pas épargnés; leur peau est marquée de petites saillies blanchâtres, ils cessent de se déve-
- Fig. 1. — Le Pou de San-José.
- 1. Fragment de rameau attaqué par le pou de San-José (grossi); 2. Jeune larve; 3. Larve au sortir de la mère; 4. Jeune larve fixée, vue en dessus; 5. Jeune larve vue de profil; 6 et 7 .Les mêmes ayant sécrété une écaille; 8. Nymphe en dessous; 9. Nymphe en dessus; 10. Mâle adulte; 11. Femelle adulte (figure reproduite de La Nature, n° 1321, 24 septembre 1898).
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- lopper, se rabougrissent, se déforment, se crevassent, deviennent invendables, et souvent tombent avant maturité.
- L’INSECTE
- En mai-juin, et contrairement à la plupart des autres cochenilles, la femelle ne pond pas des œufs (reproduction ovipare), mais donne directement naissance à des jeunes (reproduction vivipare).
- Ce sont des larves mici’oscopiques, de couleur orange pâle, au corps ovalaire pourvu de pattes et d’un très long suçoir filiforme. Peu après elles abandonnent le toit maternel et vont se fixer en lieu propice, où l’écorce tendre leur permet d’étancher leur soif. Elles subissent plusieurs mues successives, et les dépouilles cireuses qu’elles abandonnent ainsi forment, nous l’avons dit, la carapace sous laquelle l’insecte passera la plus grande partie de son existence.
- Un -mois, environ après leur naissance, les larves sont adultes. Entre temps, les sexes se sont différenciés.
- La femelle, jaunâtre, sans pattes, est devenue une sorte de sac, long d’un millimètre et d’à peu près même largeur : elle est apte à procréer de nouveaux rejetons. L’écaille, ou bouclier qui l’abrite, est circulaire, avec une très faible saillie au centre.
- Le mâle, plus petit (1/2 mm), est pourvu de 6 pattes et de 2 ailes, sans compter ses grandes antennes : sa couleur est orange. L’écaille est allongée, ovale et de coloration plus foncée que celle des femelles. Les mâles se développent surtout sur les feuilles, les femelles surtout sur les rameaux jeunes et menus. A la saison des fruits, les colonies s’emparent de ce nouveau domaine.
- Aux Etats-Unis, il y a 4 générations dans l’année, et dans ce temps une seule femelle a une descendance qui se chiffre par plus de 3 milliards d’individus.
- LES REMÈDES
- On combat la cochenille de San-José comme les autres cochenilles : bouillie savon-pétrole, bouillie sulfo-calcique, composés à base d’huile, clochage à l’acide cyanhydrique, etc.
- Par exemple, pour les traitements d’hivei*, pulvériser sur les arbres une solution de 15 à 20 parties de bouillie sulfo-calcique à 25 deg. Baumé, dans 100 parties d’eau. Et pour les traitements d’été, une solution à 5 pour 100.
- Avant de traiter en hiver, élaguer la ramure et brûler toutes les parties enlevées, les raclures, feuilles tombées, etc.
- On a signalé, aux Etats-Unis, des ennemis naturels. Des coccinelles : Chilorus similis, importée de la Chine et du Japon en 1902; Chilocorus bivulnerus; un Hyménoptère chalcidide, YAphelinus fuscipennis, que l’on croit exister aussi en France.
- Un champignon parasite, le Sphærostilbe coccophila, etc.
- Mais il ne paraît pas que ces hyperparasites aient eu une action bien décisive sur la marche de l’envahisseur (i).
- Antonin Rolet.
- 1. Au dernier moment nous apprenons qu’un Arrêté du 15 mars autorise à nouveau l’entrée des végétaux et fruits des États-Unis, mais sous conditions : par les ports du Havre, de Boideaux, Marseille, Dunkerque; les pommes et poires seront accompagnées d’un certificat .d’inspection sanitaire du pays d’origine; enfin, un contrôle sera exercé à l’arrivée par un Inspecteur du Service de la défense des végétaux.
- LE MOIS METEOROLOGIQUE
- FÉVRIER 1932, A PARIS
- Mois exceptionnellement sec et ensoleillé, remarquable par un froid persistant mais modéré, avec une pression barométrique très élevée et une constance très grande des vents de Nord à Est.
- Au Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de la température, 1°4, est inférieure de 2°4, à la normale et place ce mois au huitième rang parmi les mois de février les plus froids observés depuis 1874. Le temps, doux dans les premiers jours, a commencé à se refroidir le 7, il a été très froid du 10 au 14. Si l’on excepte les journées du 23 et du 24, où la température a été un peu plus clémente, les moyennes quotidiennes de la température sont restées inférieures à la normale du 7 au 29. Le maximum absolu du mois, 10°4, a été observé le 3 et le minimum absolu, — 9°2 le 12, journée la plus froide du mois, avec un écart à la normale, de — 9°3. La moyenne mensuelle des minima est inférieure de 3°0 à la moyenne 1874-1923. Grâce à la clarté du ciel, les maxima ont été relativement moins bas et le déficit que présente leur moyenne n’atteint que 2°4. On a noté 20 jours de gelée (dont 3 sans dégel) au lieu de 13 que l’on observe en moyenne.
- A Montsouris, les températures extrêmes ont été — 8°9 et
- 10°1.
- La hauteur totale de pluie recueillie à Saint-Maur n’a donné que 3 mm 8 (à Montsouris, 3 mm 6) ; février 1932 occupe donc le 4° rang parmi les plus secs de la série d’observations, c’est-à-dire depuis 1874, 1895 ayant eu 2 mm 3; 1890, 2 mm 9 et 1887, 3 mm 1.
- Le total des précipitations est inférieur de près de 33 mm à la normale et il atteint à peine les 11 centièmes du. total
- moyen malgré six journées de pluie ou neige appréciable (nombre moyen 13).
- La durée totale de chute de pluie à Montsouris, 10 h 24, est inférieure de 79 pour 100 à la moyenne des 25 années 1898-1922.
- L’insolation a été exceptionnelle et elle n’a été dépassée que deux fois seulement depuis 1881, en février 1913 et en février 1920.
- On a enregistré à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques 130 h. 40 m. de soleil, durée supérieure de 56 pour 100 à la normale. Il y a eu 7 jours sans soleil au lieu de 8.
- La hauteur barométrique moyenne, 770 mm 6 au niveau de la mer, à Saint-Maur, est supérieure de 7 mm 3 à la normale, elle est la plus élevée qui ait été enregistrée en février depuis 1891.
- La moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 76,2 pour 100 et celle de la nébulosité de 51 pour 100. On a constaté : 3 jours de neige, 1 jour de grésil, 14 jours de brouillard, 12 jours de brume, 18 jours de gelée blanche.
- Au centre de Paris, à 9 heures du matin, la visibilité n’a jamais été supérieure à 6000 mètres et a été 21 fois inférieure à 1500 mètres.
- Un obscurcissement intense a eu lieu le 24 sur Paris et en banlieue Sud entre 13 heures et 16 heures.
- RÉSUMÉ DE L’HIVER MÉTÉOROLOGIQUE 1931-1932
- Pression barométrique moyenne, très élevée, 770 mm 6 au niveau de la mer, plus forte de 7 mm à la normale.
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- Maximum absolu, 784 mm 5, en décembre et en janvier. Température moyenne, 3°3, normale; minimum absolu, — 9°2 en février, le 12; maximum absolu, 14°6 en décembre, le 4. La moyenne des minima a été de 0°5 et celle des maxima de 6°3.
- Humidité relative moyenne 83,2 pour 100 inférieure de 2,4. Nébulosité moyenne 68,3 pour 100 inférieure de 1,7.
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- Hauteur totale de pluie : 66 mm 8, contre 128 mm 0, nombre moyen, en 30 jours de chute (nombre moyen, 44).
- Il a été enregistré : 7 jours de neige, 2 jours de grésil, 2 jours de givre, 1 jour de verglas, 48 jours de gelée à glace, dont 8 sans dégel, 39 jours de gelée blanche, 41 jours de brouillard.
- Em. Roger.
- UN BICENTENAIRE OUBLIE
- L’ABBÉ BOSSUT
- L’abbé Bossut était né (') le 11 août 1730; nulle cérémonie n’a rappelé, en 1930, le souvenir de ce savant éminent dont la carrière est cependant fort instructive, C’est ce qui nous engage à la résumer ici.
- Charles Bossut eut le malheur de perdre son père, dont le prénom était Barthélemy, alors qu’il n’avait que six mois; mais, par bonheur, un des oncles paternels du pauvre orphelin se chargea de veiller sur lui et lui donner les éléments d’instruction nécessaires pour qu’il pût à l’âge de quatorze ans, devenir élève du collège de Lyon, où il fit d’excellentes études. Parmi ses professeurs, se trouvait le Père jésuite Béraud, (1702-1777) homme remarquable, qui a formé quatre élèves dont les noms ne sont pas oubliés et qui s’appelaient Mon-tucla (1725-1799), Bossut (1730-1814), Lalande (1732-1806), enfin, le chevalier de Fleurieu (1738-1810). Ce dernier a rendu des services incomparables à la Marine, et, pourtant, aucun de nos vaisseaux de guerre ne porte son nom.
- Le P. Béraud avait établi dans l’enceinte du collège un petit observatoire où ses disciples favoris pouvaient s’initier à l’astronomie pratique et c’est là que Lalande commença sa glorieuse carrière; enfin, les connaissances de ce savant jésuite étaient si étendues que la ville de Lyon l’avait chargé de la garde de sa collection de médailles, qui était confiée à l’administration du collège. Des jeunes gens d’élite, tels que ceux dont nous avons cité les noms, ne pouvaient souhaiter un maître plus propre à les former et à leur préparer un brillant avenir scientifique,
- BOSSUT ET FONTENELLE
- Dès cette époque, Bossut lut les merveilleux Éloges académiques de Fontenelle, et il est à croire que le P. Béraud avait facilité cette lecture, cependant assez peu orthodoxe. Quoi qu’il en soit, le jeune écolier désira vivement faire la connaissance de l’illustre secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences et osa entrer en correspondance directe avec lui.
- Plus que nonagénaire, Fontenelle possédait encore toute son intelligence. Si égoïste qu’il ait été, si l’on s’en rapporte à une tradition très vraisemblable, il semble bien qu’il aimait la jeunesse. Voici ce qu’il répondit à Bossut, qui n’était, à tout prendre, qu’un collégien : « Je vous prie de me donner de temps en temps des nouvelles de votre marche. J’ai un pressentiment qui me dit que vous irez loin, mais je ne pourrai vivre assez pour jouir de vos succès ».
- Bossut n’oublia jamais la bienveillance que Fontenelle avait eue pour lui. Quand, octogénaire, il publia son Histoire des Mathématiques, il y écrivit ces mots : « Le célèbre Fontenelle, que j’ai eu l’honneur de connaître dans les dernières années de sa vie et dont je me rappelle les bontés avec attendrissement, etc... »
- Dès qu’il eut reçu la lettre de Fontenelle, Bossut se hâta
- 1. Selon Lalande, à Tartaras, près de Lyon; selon d’autres, à Tarare.
- de faire le voyage de Paris et de rendre visite à l’auteur de la Pluralité des Mondes et de l'Histoire des Oracles, qui lui fit bon accueil et le présenta à Clairaut et à d’Alembert.
- BOSSUT ET D’ALEMBERT
- Dès la fin de sa philosophie, Bossut avait pris l’habit ecclésiastique; toutefois, bien qu’il ait gardé cet habit et le titre d’abbé jusqu’en 1792, il ne semble pas qu’il ait dépassé les ordres mineurs. Il n’est pas d’ailleurs sans importance, puisqu’il s’agit d’un homme du xvme siècle, d’ajouter qu’il a été! un catholique convaincu d’un bout de sa vie à l’autre. II! n’a donc rien eu de commun avec les « abbés », si nombreux de! son temps, qui scandalisaient à la fois le monde et l’Église, tels que, par exemple, l’abbé Dubois ou l’abbé de Périgord, pour ne nommer que les deux plus fameux.
- Bossut était donc très éloigné de d’Alembert par les opinions; il n’en fut pas moins le collaborateur du grand géo-l mètre quand celui-ci rédigeait la partie mathématique dej Y Encyclopédie. Mais, en arrivant à Paris, il avait encore beau-: coup à apprendre. Le P. Béraud lui avait peut-être donné! quelques leçons de calcul différentiel, mais n’avait pu faire davantage pour un élève unique. A Paris, nous voyons Bossut' étudier Y Analyse des infiniment petits, ouvrage que le marquis/ de l’Hôpital avait publié en 1696. Il y trouva quelque diffi-| culté, ayant de la peine à concevoir qu’on pût négliger, sans' une erreur quelconque, une quantité infiniment petite en comparaison d’une quantité finie. Il confia son embarras à « un fameux géomètre », sans doute à d’Alembert, et celui-ci fit la réponse suivante : « Admettez les infiniment petits comme! une hypothèse, étudiez la pratique du calcul, et la foi vous viendra. » La foi vint, en effet, et Bossut se convainquit que la1 métaphysique de l’analyse infinitésimale est la même, au fond,! que celle de la méthode d’exhaustion des anciens géomètres.
- On sait que, dans ses dernières années, Newton renvoyait à Moivre ceux qui venaient lui demander des éclaircissements sur quelques points de ses ouvrages et leur disait : « Voyez M. de Moivre, il sait cela mieux que moi. » De même, en pareille circonstance, d’Alembert disait : « Voyez Bossut. »
- Celui-ci peut donc être considéré comme le principal dise, oie de d’Alembert, et même comme son seul disciple immédiat, car à la différence de Newton, d’Euler, des Bernoulli et de ses successeurs Lagrange et Laplace, d’Alembert n’a jamais été professeur.
- L’ÉCOLE DE MÉZIÈRES
- Bossut se lia aussi avec l’académicien Camus (1699-1768), examinateur des élèves du génie et de l’artillerie. Camus est connu surtout comme mécanicien, quoique, en 1736, il ait accompagné Maupertuis et Clairaut en Laponie, pour prendre part à la célèbre mesure d’un arc de méridien. Il présenta Bossut à M. d’Argenson, ministre de la guerre, qui, reconnais-
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- sant son mérite, le nomma, en 1752, professeur à l’École du génie, qui avait été fondée à Mézières. Le souvenir de cette Ecole n’est pas encore effacé, et chacun sait que Monge y enseigna longtemps, que c’est à Mézières qu’il a inventé la géométrie descriptive, et qu’il fit de cette École une première ébauche de l’Ecole polytechnique. Il n’y avait pas encore un an que Bossut avait commencé son enseignement lorsqu’il fut, n’ayant pas encore atteint l’âge de vingt-trois ans, nommé correspondant de l’Académie des sciences, nomination qui, à vrai dire, était alors beaucoup moins étonnante qu’elle ne le serait de nos jours; Clairaut et Lalande furent académiciens, l'un à dix-huit, l’autre à vingt et un ans.
- Fig. 1. — Portrait de Bossut.
- Pendant son séjour à Mézières, qui dura jusqu’en 1768, Bossut travailla beaucoup. En particulier, il composa, pour l’usage de ses élèves, un cours complet de mathématiques, plusieurs fois réédité sous des titres légèrement différents, la dernière édition, publiée par Didot en 1800, se composait de sept volumes in-8. Cet ouvrage a rendu de grands services, mais il n’est pas étonnant que, depuis longtemps, il soit tout à fait oublié.
- TRAVAUX SUR LA MARINE
- L’Académie des sciences avait proposé, pour le sujet du prix à décerner en 1761, la question suivante : « Déterminer la meilleure manière de lester et d’arrimer un vaisseau et les
- changements qu’on peut faire en mer à l’arrimage, soit pour mieux faire porter la voile au navire, soit pour lui procurer plus de vitesse, soit pour le rendre plus ou moins sensible au gouvernail. »
- Le prix fut partagé entre Jean-Albert Euler, fils du grand Léonard, et Bossut; comme on ne peut douter que le père n’ait au moins revu le travail de son fils ('), ce partage était peut-être plus flatteur pour Bossut qu’un triomphe complet.
- Dans ce premier mémoire, l’auteur n’avait pu se placer qu’au point de vue de la théorie, n’ayant jamais vu la mer, non plus, d’ailleurs, que son rival. En cela, ils mai’chaient l’un et l’autre sur les traces du grand Euler, qui, habitant Bâle depuis sa naissance, soumit à l’Académie des Sciences un travail sur la mâture des vaisseaux et ne fut vaincu, nous dit Condorcet, que par Bouguer, depuis dix ans professeur d’hydrographie dans une ville maritime, et de beaucoup plus âgé, sans être vieux, loin de là f2).
- L’Académie jugea sans doute que le sujet n’était pas épuisé, car elle proposa la même question pour le concours de 1765. Bossut soumit à ses juges un nouveau travail intitulé : Traité de l’arrimage des vaisseaux. Cette fois, il ne s’enferme pas dans la théorie et il donne aux marins des conseils très explicites, que certains capitaines ne tardèrent pas à mettre en pratique; tels furent ceux de VAltier et du Fantasque, vaisseaux du Roi portant 64 canons chacun. Quand Bossut publia son mémoire, il y joignit les observations de ces capitaines.
- Le prix double de 1765 fut partagé entre Bossut et trois navigateurs de profession, MM. Bourdé de Villeliuet, Gauthier et Groignard; ses concurrents étaient assurément beaucoup mieux préparés que lui à traiter la question au point de vue pratique. Cela fait ressortir le mérite de Bossut, qui devait s’en rapporter aux renseignements fournis par des hommes bienveillants, parmi lesquels, il faut sans doute compter les constructeurs et les capitaines de Y Allier et du Fantasque.
- C’est peut-être ici le lieu de rappeler qu’après la triste paix de 1763, notre marine était littéralement anéantie et qu’il ne lui fallut pas un très grand nombre d’années pour renaître, plus brillante que jamais. A ce grand succès national, l’Académie contribua, comme on le voit, dans la mesure de ses moyens. Du reste, d’un bout du dix-huitième siècle à l’autre, l’art de la navigation a reçu, en France, tous les encouragements désirables, et ses différentes parties, construction des vaisseaux, manœuvre, pilotage, etc..., ont fait les plus grands progrès. Jamais la nation ne s’est autant intéressée aux choses de la mer. A Paris même, il y avait un professeur d’hydrographie dont l’enseignement paraît avoir eu un certain succès (s). Quel dommage que nous n’ayons pas eu un Colbert à cette époque !
- TRAVAUX ASTRONOMIQUES
- Mais Bossut aborda aussi des études d’un ordre tout différent; en 1762, l’Académie le couronnait pour un mémoire intitulé : Recherches sur les altérations que la résistance de l’éther peut produire dans le mouvement moyen des planètes. A cette époque, l’imperfection de l’Analyse ne permettait pas de résoudre en toute rigueur les problèmes concernant les mouvements des planètes, et, au bout d’un certain temps, on était obligé de changer un peu le lieu moyen de celles-ci pour faire
- 1. L’année précédente, Bossut avait partagé de même un prix académique proposé par l’Académie de Lyon, avec un des fils de Daniel Bernoulli. Le sujet indiqué était : « déterminer la meilleure forme des rames. »
- 2. Cela se passait en 1727; Bouguer était né à Nantes en 1698, et Euler à Bâle en 1707.
- 3. Ce professeur s’appelait M. de Lassalle. Il a publié en 1787 son Cours d'hydrographie ou de navigation en deux volumes in-8.
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- cadrer parfaitement les observations avec les Tables construites d’après la théorie newtonienne et on ne savait pas s’il fallait attribuer ces légères altérations du mouvement moyen aux petites quantités négligées dans le calcul ou s’il ne faudrait pas en rejeter une partie sur la résistance d’un milieu dans lequel nageraient les planètes. Pour éclaircir ces doutes, l’Académie demanda « si les planètes se meuvent dans un milieu dont la résistance produise quelque effet sensible sur le mouvement ».
- Ce mémoire, avons-nous dit, fut couronné, et Bossut nous apprend que : « On trouva que j’avais expliqué d’une manière plausible, par la résistance d’un fluide très délié, répandu dans les espaces célestes, les petites altérations que l’on observe dans les moyens mouvements des planètes et dont la théorie de la gravitation universelle n’avait pu encore rendre raison. Depuis ce temps-là, on a reconnu, en poussant plus loin les approximations des formules analytiques du mouvement des planètes, fondées sur le principe de la gravitation, on a reconnu, dis-je, que ces formules suffisaient pour expliquer tous les mouvements des planètes (’). On n’a donc plus besoin de recourir aujourd’hui à la supposition d’une matière éthérée, un peu résistante, pour suppléer aux solutions qu’on avait données de ces problèmes parla seule attraction. Mais je prie les lecteurs qui voudront apprécier équitablement mes recherches, de se reporter au temps où elles ont paru et de considérer qu’elles peuvent au moins servir aujourd’hui à l’histoire des progrès de la Physique céleste. Je puis même ajouter que les formules analytiques tirées du principe de la gravitation universelle, n’étant encore que des approximations, laissent la liberté de penser que la matière éthérée oppose aux planètes une résistance qui, quoique d’un ordre inférieur aux plus petites forces attractives, peut néanmoins, en s’accumulant pendant une longue suite de siècles, se faire à la fin remarquer ».
- Voici la conclusion du mémoire de Bossut :
- « Il résulte des recherches précédentes, une espèce de supplément au système de la gravitation universelle. L’accélération du mouvement moyen de la Lune, jusqu’ici inexpliquée par l’attraction universelle (2), paraît être l’effet de la résistance de l’éther : les autres inégalités de la Lune, inexplicables par les tourbillons cartésiens et par la résistance de l’étlier, sont produites par l’attraction. L’accélération du mouvement moyen de la Terre, qui est une suite de celle du mouvement moyen de la Lune, semble être indiquée par les observations. L’action de l’éther sur les mouvements de Jupiter et de Saturne ne peut devenir sensible qu’après une longue suite de siècles. Si donc les altérations des moyens mouvements de ces deux planètes sont telles que quelques astronomes le prétendent, elles sont produites par l’attraction. M. d’Alembert propose, dans ses Recherches sur le système du Monde (t. Il, p. 294) une idée très ingénieuse pour expliquer la retardation du mouvement moyen de Saturne. Concluons donc que les astronomes ne sauraient déterminer avec trop de soin, par les observations, les altérations des mouvements moyens, et que les géomètres ne sauraient faire trop d’efforts pour séparer, dans ces altérations, la partie qui dépend de l’attraction d’avec la partie qui dépend de la résistance de l’éther, et pour assigner, à chacune de ces causes, l’effet réel qu’elle produit ».
- BOSSUT ET LALANDE
- Dans sa Bibliographie astronomique (p. 494), Lalande donna une idée inexacte du mémoire de Bossut; celui-ci mentionne
- 1. C’est à Laplace que cela est dû. Voir la Mécanique céleste, t. V, p. 400.
- 2. Voir à ce propos la Notice sur la Lune, que Tisserand a insérée dans Y Annuaire du Bureau des Longitudes pour 1892.
- le fait dans son Histoire des Mathématiques, mais il ne nomme pas son ancien condisciple, qu’il se borne à appeler: «L’auteur d’un gros catalogue de livres astronomiques ».
- Lalande et Bossut ne s’aimaient guère, en effet; la preuve en est que, dans son Histoire, Bossut ne nomme qu’une seule fois le célèbre astronome, et, tout en reconnaissant que son Astronomie est un ouvrage utile, déclare qu’il l’aurait été davantage « s’il était moins prolixe, si l’auteur s’était attaché à y mettre de la méthode, à employer des démonstrations simples, à rapprocher plusieurs objets semblables, à supprimer nombre de choses qui n’appartiennent qu’indirectement à l’Astronomie et qui détournent l’attention du lecteur, etc... ».
- Fig. 2. — Portrait de d’Alemberl.
- Un savant ne pardonne pas à un autre savant une telle appréciation d’un de ses ouvrages.
- Pourquoi Lalande et Bossut ne s’aimaient-ils pas ? On serait tenté de croire que cela tenait à la différence de leurs convictions philosophiques, car Lalande professait l’athéisme le plus radical et Bossut était un sincère catholique. Mais, comme ce dernier paraît avoir vécu en bonne intelligence avec Mon-tucla, qui pensait à peu près comme Lalande en matière de philosophie, on doit penser qu’à l’origine des dissentiments qui ont séparé les deux anciens élèves du P. Béraud, il a dû y avoir des torts qu’on doit rapporter au caractère taquin et hargneux du grand astronome, qui, au fond, n’en était pas moins un homme de grand cœur et de grand courage, comme
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- l’a prouvé sa conduite pendant la Révolution. —Ajoutons que Bossut savait, à l’occasion, oublier ses rancunes, pour ne pas commettre une injustice. Quand Delambre, élève favori de Lalande, se présenta à l’Académie en 1792, l’historien des mathématiques vota pour lui et le soutint de son influence.
- TRAVAUX D’HYDRODYNAMIQUE
- A Mézières, Bossut étudia encore une des sciences les plus utiles au point de vue des applications, l’Hydrodynamique, à laquelle il consacra un Traité qui parut en 1771. Son auteur était alors membre titulaire de l’Académie depuis trois ans, et c’est le duc de Choiseul, ministre de la guerre, qui lui avait accordé les fonds dont il avait besoin pour faire ses expériences. En quittant Mézières, il était devenu, à la place de son ami Camus, examinateur des élèves de l’artillerie et du génie.
- A la capacité, un examinateur doit joindre la probité la plus scrupuleuse. La misanthropie dont Bossut fit preuve plus tard permet de croire qu’il fut un examinateur un peu revêche, mais il fut équitable, et c’est l’essentiel.
- Le Traité d’Hydrodynamique de Bossut comprend deux gros volumes, le premier commence par une introduction historique où il rappelle les noms et les travaux de ses prédécesseurs, depuis Archimède jusqu’à d’Alembert et aux Bernoulli, en passant par Torricelli et Newton, sans oublier Mariotte, dont l’ouvrage posthume, publié en 1686, a rendu de grands services, malgré ses défauts.
- Ce premier volume traite de l’Hydrostatique et de l’Hydrodynamique ou de l’équilibre et du mouvement des fluides. Il est consacré exclusivement à la théorie, et l’auteur y fait continuellement usage de l’Analyse; le second volume traite de la pratique. Il se termine par un appendice consacré à la Machine à feu, c’est-à-dire à la machine à vapeur, dont certains industriels et parmi eux les frères Périer, dont un fut académicien, commençaient à faire usage. — Ce traité fit beaucoup pour la réputation de Bossut et lui valut, comme nous l’avons déjà rappelé (voir la Nature du 1er juin 1927) une chaire d’Hydrodynamique que Turgot créa dans le but de préparer des ingénieurs capables de diriger les grands travaux de canalisation qu’il se proposait de faire exécuter.
- Cette chaire fut créée sur la proposition de Condorcet, qui aVait une haute estime pour Bossut et qui aidait Turgot dans la rédaction de ses lettres quand le grand ministre éprouvait le besoin d’exposer des matières scientifiques qu’il ne possédait pas suffisamment. Jusqu’en 1780, Bossut l’occupa; alors, Monge devint son suppléant, plus tard le mathématicien Charles, qu’il ne faut pas confondre avec l’inventeur des ballons à gaz hydrogène, remplaça Monge. A la mort de Charles, arrivée en 1791, Bossut reprit son enseignement; mais sa chaire ne tarda pas à être supprimée.
- C’était une grosse perte pour lui, car ses appointements se montaient à 6000 livres, somme considérable pour l’époque; il perdit encore sa place d’examinateur et il ne lui resta plus pour vivre que le produit de la vente de ses ouvrages, sans doute fort diminué. La gêne développa en lui une misanthropie dont il souffrit beaucoup.
- Il reçut toutefois quelques secours du « Bureau de Consultation », et il fut autorisé à loger au Louvre. Sa pauvreté ne l’empêcha pas d’ailleurs de travailler.
- TRAVAUX HISTORIQUES
- Jadis, il avait, pour 1 ’Encyclopédie méthodique, travaillé avec d’Alembert, Condorcet et Lalande, au Dictionnaire de Mathématiques. Avec Condorcet, il reprit les articles relatifs aux sciences mathématiques dispersés dans la première Encyclopédie, en les corrigeant et les modifiant quand il y avait
- lieu, si bien qu’ils devinrent le fondement du nouveau Dictionnaire, qui est encore, à l’heure actuelle, apprécié et recherché.
- Dans la préface de ce livre, Bossut avait donné quelques détails historiques sur le développement de la science. Il y revint, et il en résulta son Essai sur VHistoire générale des Mathématiques (1802). Le succès fut grand, mais ce n’était encore qu’une ébauche, et, en 1810, il publia son Histoire générale des Mathématiques, qui va jusqu’à l’année 1808. Les événements avaient amené de notables changements dans la position de son auteur. Il était membre de l’Institut, et, jusqu’en 1809, il exerça les fonctions d’examinateur à l’École polytechnique, malgré son grand âge.
- L'Histoire de Bossut avait l’avantage d’être plus accessible au public que le grand livre de Montucla, qui est devenu rare de bonne heure et a toujours été d’un prix assez élevé. On sait que Montucla, réduit, lui aussi, à la pauvreté par les événements, s’occupa de donner une seconde édition de son ouvrage, mais que la mort l’interrompit. Lalande se mit à la place de son ami, et, s’aidant des notes qu’il avait laissées, publia deux nouveaux volumes, qui parurent en 1802. Fidèle à son animosité contre Lalande, Bossut nous apprend qu’il ne dira rien de cette suite. Quant à l’œuvre de Montucla lui-même, il en dit le plus grand bien, sauf quelques critiques.
- En 1812, âgé de quatre-vingt deux ans, Bossut publia ses Mémoires de Mathématiques, concernant la Navigation, l’Astronomie physique, l’Histoire, etc., où il reproduit les travaux jadis couronnés par l’Académie, qui se trouvaient dispersés dans des recueils devenus difficiles à consulter.
- LA VIEILLESSE DU SAVANT
- Le volume se termine par un Discours sur la vie et les ouvrages de Pascal, dont Bossut admirait beaucoup le talent. Aussi, c’était sans doute avec joie qu’en 1779, il avait publié la collection de ses œuvres, en tête de laquelle ce discours parut pour la première fois. Ce n’est pas seulement le mathématicien, le physicien, le polémiste de génie que Bossut admire dans Pascal, c’est aussi le théologien. Il ne se lasse pas de transcrire les Pensées.
- Ceci nous amène à croire que Bossut, l’ami de d’Alembert et de Condorcet (il a toujours rendu justice à celui-ci, dont il appréciait le talent d’analyste et regrettait qu’il ne se fût pas consacré exclusivement à la science), que Bossut, disons-nous, a été un des derniers jansénistes. Du reste, cela est bien d’accord avec ce que nous savons de son caractère sombre, de son humeur atrabilaire. On lisait, en effet, dans un manuscrit que Delambre a eu entre les mains (1), qu’il avait toujours eu : « une roideur de caractère qui lui a souvent nui auprès de ceux qui ne le connaissaient que superficiellement. Il n’accordait pas facilement sa confiance, il croyait en général les hommes dissimulés et trompeurs; mais, quand il croyait pouvoir s’abandonner à la franchise naturelle de son âme, il mettait dans le commerce de la vie une effusion de sentiments vrais qui lui ont fait une foule d’amis dévoués, surtout dans le corps militaire du génie. Il abhorrait les charlatans de toute espèce, nous dit-il encore, et quelquefois il avait eu l’imprudence ou la maladresse de leur donner à connaître son opinion. Mais il cherchait partout le vrai mérite, il était obligeant et il se plaint amèrement des ingrats ; il se persuada que des hommes, qui lui devaient leur première existence, avaient montré l’acharnement le plus soutenu et s’étaient donné bien des peines qu’ils auraient pu s’épargner pour l’écarter de places auxquelles il n’avait jamais aspiré. »
- Les derniers temps de la vie de Bossut furent sans doute bien
- 1. Ce manuscrit était de Bossut. Il serait curieux de savoir ce qu’il est devenu.
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- tristes, car le vieux mathématicien n’avait, semble-t-il, aucune famille, et ses infirmités devaient aller en croissant. Le spectacle des malheurs publics ne pouvait que redoubler ses chagrins. Il ne vit pas le retour de cette paix qui, selon son espé-
- rance, devait rétablir « la libre communication entre les membres de la république universelle des Sciences et des Belles-Lettres ». 11 mourut le 14 janvier 1814, âgé de quatre-vingt trois ans et cinq mois. E. Doublet.
- LES DISQUES DE PHONOGRAPHES A LONGUE AUDITION
- Le disque phonographique, ce merveilleux moyen d’édition musicale, a un grave défaut : il est lourd et coûteux, et ce n’est cependant qu’une courte page, qu’un bref fragment dont l’audition ne dure pas plus de 3 minutes et demie. C’est ce que l’on obtient avec les disques actuels, de 20 à 30 cm de diamètre, tournant à 78 ou 80 tours par minute, gravés de sillons spiraloïdes, à variations transversales.
- Les multiples interruptions,nées du changement des disques, troublent le plaisir de l’auditeur qui écoute une symphonie, un opéra, un opéra-comique, une comédie, ou même simplement un sketch phonographique. Cette brièveté d’audition rend également difficile le travail des ingénieurs chargés de l’enregistrement, et celui du directeur artistique des auditions, puisqu’elle oblige à de longs essais préparatoires pour faire tenir sur une face ou sur les deux faces du disque un enregistrement formant un tout. Ces nécessités amènent souvent les compositeurs à modifier leurs œuvres, ou l’éditeur à pratiquer des coupures excessives.
- Les ingénieurs spécialistes ont compris depuis fort longtemps tout l’intérêt qu’il y aurait à réaliser une machine parlante à longue audition continue. Nous avons décrit dans La Nature quelques essais récents entrepris pour la construction de phonographes à films enregistrés mécaniquement, à bande ou à fil métallique enregistrés électriquement, ou enfin à film sensible enregistré photographiquement. Il semble dès à présent à peu près certain que la machine parlante de l’avenir sera constituée par un phonographe à film.
- Mais en attendant l’avènement de cette solution, plus ou moins éloigné parce que la complexité du problème est très grande, on s’efforce de perfectionner le phonographe à disques pour augmenter la durée d’audition continue qu’il permet d’obtenir. D’ailleurs, le phonographe à film est un appareil qu’il est bien difficile de concevoir autrement que sous la forme d’une machine à reproduction électrique, ce sera donc un appareil assez coûteux, alors que le phonographe à disques, beaucoup plus simple, est essentiellement un système destiné à la masse des phonophiles moyens.
- On peut d’abord songer à employer les disques ordinaires, mais en adoptant un système assurant automatiquement le remplacement d’un disque par un autre dès que l’audition du premier est terminée.
- Il semble qu’on ait réussi récemment aux États-Unis à construire des dispositifs de ce genre relativement assez simples, soit à magasin contenant une dizaine de disques qui viennent s’empiler les uns sur les autres sous l’effet de leur propre poids, soit munis d’un bras mécanique qui assure automatiquement le remplacement d’un disque par un autre.
- L’audition fournie par ces appareils, d’un mécanisme assez fragile, ne pourrait pourtant être rigoureusement continue que si l’on employait deux plateaux porte-disques, la reproduction d’un disque commençant ainsi dès que la reproduction d’un autre est terminée. On conçoit combien un tel système serait complexe.
- La solution n’apparaissant point du côté du meuble et de son mécanisme d’alimentation en disques, il faut la chercher du côté du disque. Trois moyens peuvent être envisagés. On peut tout d’abord augmenter le diamètre pour accroître le nombre des sillons sans avoir à en diminuer la largeur; on peut augmenter le nombre des sillons à égalité de surface en diminuant leur largeur, et, enfin, on peut ralentir la vitesse de rotation du disque pour enregistrer davantage sur une même longueur de sillon.
- On sait que les disques pour accompagnement sonore des films ont un diamètre de 43 cm et ne tournent qu’à une vitesse de 33 tours 1/3 par minute, ce qui permet d’obtenir une audition continue de 11 minutes au maximum. Le style graveur et reproducteur parcourt ces disques du centre vers la périphérie à l’encontre de ce qui se passe pour un modèle ordinaire, et ce qui est d’ailleurs beaucoup plus rationnel. La gravure est du type ordinaire à aiguille, la largeur du sillon est de 15 centièmes de millimètre, la profondeur de 5 centièmes de millimètre, l’espacement entre spires de 10 centièmes.
- Alors que la vitesse linéaire de déplacement du sillon par rapport à l’aiguille varie pour un disque ordinaire de 35 à 70 m elle n’est plus ici que de 20 m pour le sillon central et 40 m pour le sillon extérieur.
- Dans ces conditions, il devient difficile de reproduire les notes aiguës, puisque la fréquence 5000 de la courbe représentative d’une période gravée sur le disque n’occupe plus guère qu’une longueur de 10 centièmes à 15 centièmes de millimètre, ce qui est très faible par rapport au diamètre de la pointe de l’aiguille. L’amplitude de la courbe correspondante aux notes basses peut devenir quelquefois insuffisante.
- Malgré tout, en étudiant particulièrement les procédés d’enregistrement et de reproduction électromécaniques, les spécialistes du cinéma sonore sont parvenus à des résultats acoustiques vraiment très satisfaisants, jusque vers la fréquence 5000 au moins. Il est bon de noter en outre la qualité supérieure de la matière constituant la surface de ces disques pour cinéma sonore. Son gain très fin permet d’atténuer dans de grandes proportions le bruit de surface souvent si désagréable, surtout avec une forte amplification.
- En adoptant un régulateur de vitesse spécial et un bras acoustique un peu plus long que les bras ordinaires, on peut dès à présent utiliser de tels disques sur des phonographes quelconques. Sans doute sont-ils encombrants et difficiles à manipuler, mais ces inconvénients sont compensés par leurs qualités acoustiques et pratiques. Se souvient-on que les premiers disques employés en France avaient jusqu’à 50 cm de diamètre ? . !
- Il est bien évident toutefois que cette solution simpliste est encore imparfaite ; il serait bien préférable d’avoir des disques à grande audition de diamètre plus réduit. C’est ce qu’avait essayé de réaliser Edison, il y a quelques années, lorsqu’il établit des disques de 30 cm de diamètre à enregistrement du type à saphir portant sur une face plus de 1000 m de long w eu
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- de sillons, et permettant d’obtenir plus de vingt minutes d’audition continue. Ces disques ne pouvaient, d’ailleurs, être reproduits qu’à l’aide d’une machine parlante spéciale avec bras acoustique équilibré entraîné par le moteur lui-même, et diaphragme reproducteur muni d’une pointe en diamant. Ces machines ont même été décrites dans La Nature, il y a quelques années. Mais l’extrême finesse des sillons rendait le disque fragile et réduisait beaucoup sa durée de service, de sorte que la construction fut bientôt abandonnée.
- Voici qu’on nous annonce l’apparition aux Etats-Unis d’un nouveau disque à longue audition établi par la R. C.A. Victor Corporation et qui semble présenter des caractéristiques remarquables.
- Il est enregistré et reproduit à une vitesse de 33 1 /3 tours-minute, comme les disques de cinéma sonore, mais son diamètre n’est guère supérieur à celui d’un disque ordinaire, puisqu’il ne dépasse pas quelque 30 cm.
- Pourtant, la durée de reproduction a été quadruplée, et, pour une seule face, a été amenée aux environs de 15 minutes, par l’augmentation du nombre des sillons, combinée ainsi avec la diminution de la vitesse de rotation. Le nombre des sillons est double de celui des disques actuels.
- La qualité acoustique de l’enregistrement aurait pu être conservée, en partie, grâce à l’emploi d’une nouvelle composition chimique appelée Victrolac demi-souple et pratiquement incassable. Cette nouvelle matière permet en outre de réduire les bruits parasites de l’aiguille.
- On sait qu’avec les disques souples en acétate de cellulose, il n’était déjà plus nécessaire de changer l’aiguille après chaque audition, même si on se contentait d’une aiguille ordinaire en acier. Pour la reproduction de ces nouveaux disques, on utilise des aiguilles recourbées en forme de bêche, en alliage d’acier chromé qui permettent de jouer environ 25 disques.
- P. Hémardinquer.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- LA SEBGA, TEINTURE ORIENTALE POUR LES CHEVEUX
- Si la plupart des teintures pour les cheveux base de sels métalliques sont dangereuses, il n’en est pas de même de la Sebga, employée surtout par les Musulmanes tunisiennes qui la fabriquent elles-mêmes dans leurs harems. Nous avons pu assister, durant notre long séjour en Tunisie, à la préparation et à l’application de cette teinture qui permet d’obtenir deux teintes principales.
- Les produits à employer sont : 1° les noix de galles (en arabe affesse) 1 kg; les clous de girofle (en arabe Oud kronfel) 160 gr; le sulfure artificiel de fer (en arabe Hadida) 130 gr.
- On fait chauffer les noix de galles dans un petit vase en terre cuite bien couvert (en arabe tagine); l’instrument culinaire bien connu sous le nom de « Diable Rousset » ferait très bien l’affaire. On les chauffe jusqu’à ce que, suffisamment cuites, elles fléchissent sous 1 es doigts. Il ne faut pas laisser trop griller les noix de galles qui charbonneraient et n’agiraient plus. Une fois cuites on les sort une à une pour les écraser au fur et à mesure. On les pile alors de manière à les réduire en une poudre noire et fine.
- Ensuite on pile à part les clous de girofle, puis le sulfure de fer. Les trois sortes de poudre obtenues sont mélangées, puis passées à travers un linge fm. Les parties qui n’ont pas traversé le linge sont pilées à nouveau.
- Le mélange des trois poudres ainsi obtenu se conserve dans un bocal en verre.
- Pour l’emploi on mélange intimement deux cuillerées à soupe de la poudre avec une cuillerée à café de sel bien fin; on arrose avec une petite quantité d’eau de Cologne et on délaye le tout dans un peu d’eau de manière à obtenir une pâte molle qu’on applique sur la chevelure à teindre. On couvre alors la tête soigneusement et minutieusement avec un linge pour éviter de tacher les vêtements, linge qu’on n’enlève que quatre ou cinq heures après. On enlève alors la pâte par un lavage à l’eau tiède.
- La teinte obtenue, qui est d’un beau noir, dure près d’un mois. Il faut renouveler l’opération au bout de ce temps, sinon la partie des cheveux sortie du derme depuis la teinture ne serait pas teinte.
- Si on veut obtenir une teinte châtain on ajoute une cuillerée de henné.
- Fabriquée chez soi, la sebga est d’un prix de revient modique; elle a l’avantage de ne pas altérer les cheveux et de donner de beaux résultats aussi durables que possible. Dr G.-H. Niewenglowski.
- LES POUDRES A MOULER
- Ces temps derniers, les services des matières plastiques de la British Dyestuff Corporation, la section de Manchester de l’Association du Caoutchouc, et d’autres, se sont activement occupés de cette question, primordiale, au point de vue des industries électriques. Bien des conclusions auxquelles on est arrivé (Chemical Trade, 13 février 1931), sont très différentes des opinions professées jusqu’ici.
- Les poudres à mouler sont constituées de mélanges en proportions variables (de 40 à 60 p. 100) de farine extra-fine, de bois sec et dur, tel que le hêtre, et d’une résine formophénolique, dont la bakélite constitue le prototype.
- Il faut éviter à tout prix, dans ces poudres, la présence d’humidité. C’est ainsi, par exemple, que la proportion de 5 p. 100 d’eau réduit de dix à un les qualités diélectriques des objets confectionnés par moulage. Aussi a-t-on suggéré que les manufacturiers de poudres à mouler, livrent les poudres séchées à l’étuve dans le vide, sous forme de tablettes, présentant à l’air le minimum de surface.
- Après la première pression, on procède à une cuisson à l’autoclave, qui provoque une augmentation temporaire des propriétés diélectriques de l’objet moulé,, mais par la suite, cette augmentation diminue fortement à cause de l’occlusion d’eau.
- M. Bevan a constaté qu’un objet moulé dans un moule non poli, présenterait un diélectrique meilleur qu’un autre moulé avec la même poudre, dans un moule « poli-glace ».
- Selon Fraser, contrairement à ce que l’on croit habituellement, l’ébonite de qualité supérieure serait plus isolante que la meilleure des poudres à mouler. Il insiste sur le fait que les ébonites de belle qualité constituent un mélange autrement homogène que la plus homogène des poudres et il conclut en disant que, dans ces dernières, seule constitue le véritable isolant la couche faite de résine pure, sans fibre de bois, qui se trouve à la surface du moule. A. Butin.
- ENLÈVEMENT DES DÉCALQUES DE CARACTÈRES D’IMPRIMERIE SUR LES CLICHÉS NEGATIFS
- Il arrive parfois en voyage d’emballer les clichés photographiques dans des journaux de sorte qu’on les retrouve couverts d’inscriptions qui en rendent le tirage impossible.
- Fort heureusement le remède à ce petit accident est fort simple, les encres d’imprimerie étant à base d’huiles solubles dans les hydrocarbures, il suffit de frotter légèrement les endroits maculés de la plaque, au moyen d’un tampon d’ouate imbibé de benzine ou d’essence minérale bien rectifiée; après évaporation du solvant, il ne restera plus trace des inscriptions malencontreuses.
- TOUR QU’UN PORTRAIT SOIT VIVANT
- La Photo-Revue dont’ les enseignements sont toujours fort judicieux, nous enseigne que pour obtenir un portrait vivant il faut que le point brillant de l’œil soit en bonne place, ce qui nous est indiqué par la règle suivante :
- Les points brillants des yeux ne doivent pas toucher la pupille, leur place est sur l’iris au bord de la paupière et en outre du côté où le visage reçoit la lumière.
- Pour trouver la bonne position, opérer ainsi : Inviter le sujet à tourner la tête en s’écartant de la direction de la lumière, jusqu’à ce que les points brillants des yeux disparaissent; puis reprendre le mouvement en sens inverse en l’arrêtant au moment où vus de l’appareil les deux yeux présentent des reflets semblables.
- Dans ces conditions, les ombres et la lumière sont harmonieusement placées; si le côté obscur du visage demandait un peu d’éclairage, on l’obtiendrait avec un réflecteur en carton convenablement disposé.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Matière et atomes, par A. Berthoud. (2e édition.) 1 vol., 324 p., 28 fig. G. Doin, Paris, 1932. Prix : 26 fr.
- La première édition du livre de M. Berthoud remonte à 1922; depuis lors nos connaissances sur la structure de la matière et la constitution de l’atome se sont beaucoup développées et ont rapidement évolué. L’ouvrage du professeur de l’Université de Neuchâtel, remis à jour et complété par un aperçu des résultats donnés par la nouvelle mécanique ondulatoire, constitue un précis clair, bien ordonné, de cette partie si touffue de la physique moderne, sur laquelle il donne une vue d’ensemble qui sera bien accueillie de tous les lecteurs soucieux de culture générale, ainsi que des étudiants désireux de s’engager dans un domaine où il est difficile de pénétrer sans guide.
- Traité de chimie minérale, publié sous la direction de P. Pascal. Tome II (Soufre, Sélénium, Tellure). . 1 vol. 596 p., 130 fig. Masson et Cie, Paris, 1931. Prix : 150 fr.
- Le 3 e tome du « Pascal » paraît presque en même temps que le 2 e-C’est dire l’activité avec laquelle sont poussées la rédaction et la publication de ce grand traité qui rendra tant de services aux chimistes. Le nouveau volume offre les mêmes qualités que ses prédécesseurs : présentation claire et commode, documentation abondante et bien classée, exposés méthodiques faits de main de maître. M. Pascal a traité lui-même tout le chapitre de l’azote : propriétés physiques et chimiques, monographie des différents composés; M. Dubrisay a rédigé le chapitre du phosphore et M. J. Lavaux celui de l’Arsenic. Enfin, un important chapitre, dû à M. Pascal, est consacré à l’ensemble des industries de l’azote : on y trouve un tableau complet et précis de ce groupe d’industries si neuves et qui jouent aujourd’hui un si grand rôle dans l’économie agricole et industrielle.
- Cours de chimie industrielle (Ecoles Nationales des Arts et Métiers) publié par M. Fournel, 4° partie. Chimie organique par Valdenaire et Fournel, 1 vol. 322 p., 124 fig. Dela-grave, Paris, 1931. Prix : 55 fr.
- Dans ce traité élémentaire sont étudiées les principales fonctions intervenant en chimie organique; chemin faisant, les corps les plus importants au point de vue pratique sont examinés plus en-détail, et leur industrie décrite brièvement, avec de très clairs schémas à l’appui : tel est le cas du méthane, de l’éthylène, de l’acétylène, du benzol, des pétroles, des alcools éthylique et méthylique, du phénol ordinaire, du sucre, de la glycérine, des savons, des explosifs, des soies artificielles, du papier, de l’aniline, des matières colorantes, etc... La lecture de ce traité est ainsi rendue très attrayante et instructive pour les futurs ingénieurs auxquels il est destiné.
- Les piles sensibles à Faction de la lumière, par
- R. Audubert. (Conférence au Conservatoire des Arts et Métiers). 1 brochure, 48 p., 19 fig. Hermann et Cie, Paris, 1931. Prix : 8 fr. L’effet photovoltaïque, découvert par Becquerel en 1839, utilisé d’abord en actinométrie, puis négligé en raison de l’inertie et de l’irrégularité des premières piles de ce genre, est à nouveau l’objet de nombreuses recherches. La pile photovoltaïque, sensible et de construction économique, peut en effet trouver aujourd’hui de nombreuses applications. L’auteur résume ici les connaissances actuellement acquises sur le phénomène de Becquerel; il expose et discute les diverses théories proposées pour l’expliquer.
- Das Periodische ^System in neuer Anordnung,
- par le Dr Darwin. O. Lyon, 1 vol. 40 p., avec 4 tableaux, 3 spirales et 23 diagrammes. (2® édition). Franz Deuticke. Vienne (Autriche), 1931. Prix broché : 8 francs.
- Après un coup d’œil d’ensemble sur les théories modernes de la constitution de la matière, et le rappel des notions de périodicité dans la classification des éléments, découvertes par Mendeleeff, mais expliquées et précisées beaucoup plus tard par Bohr, l’auteur préconise certaines modifications au tableau de Bohr et en explique les raisons. Le principal intérêt de son ouvrage et qui explique son succès, réside dans les tableaux de constantes physiques que l’auteur a réunies et groupées, pour mettre en évidence la périodicité des propriétés qu’elles caractérisent en fonction du nombre atomique. Ces tableaux et les courbes qui les traduisent portent sur 15 propriétés physiques et conduisent à des rapprochements bien suggestifs.
- Traité de conditionnement de l’air, par E. Ledoux.
- 1 vol. 274 p., 155 fig. Ch. Béranger, Paris 1931. Prix : relié, 130 fr. On appelle conditionnement de l’air les opérations grâce auxquelles on maintient l’air d’une salle à une température, un degré d’humidité et une composition jugées convenables pour l’hygiène ou l’agrément. Ces questions ont pris une grande importance de nos jours; les hôpitaux, les salles de spectacle, les ateliers,, tous les endroits où sont rassemblées de nombreuses personnes exigent de l’air soigneusement conditionné. Il en est de même pour certaines fabrications. Le traité de M. Ledoux est, à notre connaissance, le premier qui soit publié en France sur ce sujet. Il comprend 3 parties : dans la première sont réunies
- les données relatives à l’air sec et humide, un chapitre sur le chauffage et séchage, l’humidification; la deuxième partie expose une méthode, pour le calcul complet des canalisations, la troisième traite du calcul et de l’établissement des canalisations et des ventilateurs. De nombreuses tables et abaques réunissent sous une forme commode les renseignements numériques utiles pour l’exécution complète des calculs. Ouvrage utile qui aidera sans doute au développement en notre pays d’une technique déjà très répandue à l’étranger.
- Aide-mémoire de l’architecte et du constructeur, par E. Barberot, 3® édition refondue et augmentée par L. Griveaud. 1 vol. 1086 pages, 83 fig. Ch. Béranger. Paris, 1931. Prix relié : 130 fr.
- Ce volume condense sous un format maniable une foule de renseignements utiles et rappelle, sous une forme résumée, les traits essentiels de nombre de théories ou d’enseignements chaque jour nécessaires à l’architecte ou au constructeur : mathématiques, arpentage, topographie, cosmographie, géologie, hydrologie, météorologie, physique industrielle, mécanique élémentaire, statique graphique, résistance des matériaux, hydraulique, aérodynamique, propriétés des matériaux de construction, procédés de construction, lois, usages et règlements, aménagement des habitations, hygiène, urbanisme, tels sont les principaux sujets qui y sont traités.
- Les tribus du rameau Lobi, par Henri Labouret. l vol. in-8, 510 p., 35 fig., 31 pl. Travaux et Mémoires de l’Institut d’Ethnologie, 191, rue Saint-Jacques. Paris, 1931. Prix : cartonné toile, 125 fr
- L’auteur, professeur à l’École des langues orientales et à l’École coloniale, a vécu onze ans dans le pays lobi, en Haute-Volta; il en parle les langues; il a assisté aux cérémonies qu’il décrit, c’est assez dire la valeur de son témoignage. Il présente d’abord le pays, son histoire, ses populations, puis leurs techniques : métaux, armes, poteries, vanneries, leurs industries, leurs sciences. L’esthétique des Lobis, leurs arts plastiques, leurs jeux, leur musique, leurs chants, leurs danses, leur littérature orale forment autant de chapitres. Puis, c’est l’organisation de la société, les six tribus, leurs clans, les phratries, l’organisation de la famille, les conceptions de la maladie et de la mort, la vie dans les maisons, les marchés, les règles du droit et de la morale. Le dernier livre explique la religion, les cultes, la magie, le rôle des devins, des sorciers et des jeteurs de sorts. C’est une remarquable étude d’un peuple encore très primitif, très peu organisé et évolué, un document précieux recueilli avant les déformations dues à l’influence européenne. Souhaitons que beaucoup d’autres, établis sur le même modèle et avec la même conscience, voient le jour.
- Traitéjdes brevets d’invention, par M. Massius. l vol., 474 pages. Librairie des Jurisclasseurs. Editions Godde. Paris, 1931.
- La loi qui régit en France les brevets d’invention n’est pas loin d’être centenaire; depuis sa promulgation en 1844, elle a reçu un certain nombre de retouches généralement favorables à l’inventeur : la méfiance qui anime encore le législateur de 1844 vis-à-vis de l’inventeur semble s’être muée à notre époque en une sympathie d’une nuance parfois compatissante, qui a eu l’heureux effet d’atténuer certaines rigueurs véritablement injustes. Mais dans ses grandes lignes, la loi originelle de 1844 reste chez nous la charte de l’invention et son esprit anime encore le projet plus libéral récemment voté à la Chambre, mais resté en suspens devant le Sénat. Dans ce laps de temps de quelque 90 ans, la loi en question a beaucoup servi; elle a été analysée, disséquée, élucidée par la jurisprudence jusqu’en ses plus intimes recoins. Cet immense travail, où ont concouru les esprits les plus éminents, est mis en évidence de la façon la plus claire et la plus complète par l’important ouvrage que vient de publier M. Massius. Après une intéressante introduction historique, l’auteur, suivant pas à pas les chapitres et les articles de la loi, en dégage le sens précis à la lumière de la doctrine et de la jurisprudence; sur certains points encore contestés, il donne son avis personnel, toujours judicieux, en regard de celui des autres autorités. Les caractères de l’invention brevetable, les prescriptions et formalités administratives, les droits attachés au brevet, les caractères juridiques de ce titre, les mutations dont il peut être l’objet, les causes de déchéance et de nullité, les règles de procédure font autant de chapitres étudiés en détail avec une clarté, une abondance et une précision qui rappellent le célèbre traité de Pouillet depuis longtemps épuisé.
- Un avantage du présent livre, c’est que l’auteur y tient largement compte du projet de loi en instance dont il met toujours les dispositions nouvelles en regard de celles qui restent provisoirement en vigueur. Quand celles-ci seront périmées, l’ouvrage n’en gardera pas moins toute sa valeur documentaire.
- Tous les inventeurs n’auront pas le loisir de lire et de méditer le traité de M. Massius; mais à leurs conseillers, mandataires, défenseurs ou juges, cette lecture s’impose, ainsi qu’aux industriels et hommes d’affaires qui ont fréquemment à exploiter les inventions.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- Fig. 1. — L’aliimètre sonique expérimenté sur un avion américain. Ph. Wid.e World.
- AVIATION
- Un altimètre sonique pour avions.
- La détermination en avion de l’altitude au-dessus du sol est un problème difficile ; il a tenté déjà beaucoup d’inventeurs. Mais aucune solution n’est jusqu’ici entrée en pratique. Ce n’est pas que le besoin ne s’en fasse sentir d’une façon pressante : la connaissance exacte de la distance du sol est, pour le pilote d’avion, une donnée plus nécessaire encore que ne l’est, pour le marin, la connaissance de la profondeur de la mer sous son navire. La nuit, et par les temps de brouillard, alors que le pilote est aveugle, le sondage aérien, s’il existait, contribuerait puissamment à la sécurité de l’avion et de son équipage.
- On a songé à divers moyens : les uns sont électriques; réflexion sur le sol d’ondes courtes émises par l’avion, mesure des variations de capacité d’un condensateur dont les armatures seraient les ailes de l’avion d’une part, le sol d’autre part; d’autres moyens sont mécaniques : comme le lancement d’une corde de sondage analogue à la ligne de plomb des marins; rap-
- Fig. 2. — Schéma de l’altimètre sonique.
- Filtre accoustique
- Ihronograpbe
- 1 Air— comprimé'
- Moteur. , l du jf \sifflet
- ,Robinet d'arrêt
- .Robinet
- Refroidisseur
- CMégaphone transmetteur
- pelons aussi l’idée déjà signalée ici de mesurer les variations de la pesanteur, procédé qui ne peut, du reste, donner la distance réelle du sol à l’aplomb de l’avion que par voie très indirecte.
- On a songé aussi à la réflexion de faisceaux lumineux sur le sol, procédé utilisable de nuit seulement et par temps clair, et qui du reste a été employé à bord d’un zeppelin, au cours d’une traversée de l’Atlantique : la création sur le sol d’une tache lumineuse à l’aide d’un projecteur placé à bord du ballon et son observation dans une lunette placée à une distance suffisante et connue fournissent tous les éléments nécessaires pour résoudre trigonométriquement un triangle dont la hauteur au-dessus du sol est un des éléments. Le procédé, d’application limitée, ne convient pas à l’avion sur lequel on ne peut trouver aisément une base de triangle de longueur suffisante. Il devient défaillant dans le brouillard, au moment précis où il serait le plus nécessaire.
- On a songé, enfin, comme à bord des bateaux, au sondage acoustique par échos. Les sons à fréquence très élevée, ou ultrasons, qui rendent tant de services à la navigation, sont exclus dans le cas présent, l’air les étouffant sur un très faible parcours. Il faut donc se rabattre sur les ondes sonores proprement dites, qui, en raison de leur longueur d’onde plus grande, donnent des faisceaux moins étroits et des échos, par suite, moins précis.
- C’est à cette dernière méthode qu’a eu recours la General Electric C° de Schenectady(Etats-Unis) qui,après avoir essayé vainement, semble-t-il, un appareil fondé sur la réflexion et l’interférence d’ondes radioélectriques courtes, annonce aujourd’hui la réalisation d’un altimètre sonique. D’après la General Electric Review cet appareil aurait permis à un avion de faire des sondages, moteur en marche, jusqu’à 240 m de hauteur, et en vol plané, moteur arrêté, jusqu’à 420 m. D’autre part au voisinage du sol, on aurait pu distinguer l’écho du son initial jusqu’à 2 ou 3 m du sol.
- La source sonore est un sifflet à air comprimé monté dans un mégaphone qui crée un faisceau sonore dirigé vers le sol. L’émission sonore se fait par une succession de jets d’air, assurée automatiquement et dont la cadence peut être réglée par un rhéostat. L’écho est reçu dans un second mégaphone relié à un stéthoscope porté par le pilote. Celui-ci, sur un chro-nographe placé dans le tableau de bord, peut lire le temps qui intervient entre l’émission du signal et son écho. Cette durée se traduit aisément en altitude connaissant la vitesse de son dans l’air. Le cadran du chronographe est du reste gradué, non pas en secondes, mais en altitudes. Le pilote est donc immédiatement renseigné sans aucun calcul.
- MÉCANIQUE
- Uinfluence de l’ozone sur la combustion dans les moteurs à explosion.
- Dans les recherches relatives à la combustion dans les moteurs à explosion, on s’est surtout préoccupé jusqu’ici de l’action du combustible. On étudie les divers combustibles dont l’emploi est possible et ce genre d’investigation se poursuit activement de toutes parts. Mais les recherches relatives à l’action du comburant sont beaucoup plus rares; on se borne en général à utiliser l’air atmosphérique normal. Des savants suisses, MM. Brines, Paillard et Zurcher, ont eu l’idée intéressante d’examiner l’effet produit par l’incorporation d’ozone à l’air. Voici, d’après une communication à la Société de Physique et d’Histoire naturelle de Genève, le résumé des
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- observations enregistrées au cours de leurs expériences, effectuées à l’école des Arts et Métiers de Genève.
- Ces expériences ont été faites en branchant sur le carburateur d’un moteur un tube par lequel on injectait, dans l’air aspiré, de l’oxygène chargé d’ozone par passage dans une batterie d’effluveurs. Le moteur à 4 cylindres avait une cylindrée de 1800 cm3 environ; à son régime normal de 2000 tours à la minute, il aspirait environ 100 m3 à l’heure.
- Dans une première série d’essais, on introduisait de l’ozone au débit de 5 gr à l’heure, ce qui représente une dilution de 2,5 pour 100 000. Aucun effet n’a été enregistré.
- Dans une deuxième série d’expériences, on utilisait une batterie d’efiluveurs plus puissante, fournissant 18 gr à l’heure, qui correspondait à une dilution de 1 pour 10 000 environ. 11 se manifesta un cognement accompagné d’une perte de puissance mesurée au frein Froude. Le cognement était tout spécialement marqué dans les essais effectués avec une essence d’origine persane, riche en hydrocarbures non saturés. 11 a été moins marqué en opérant avec une essence russe, riche en naphtène. Le cognement étant attribué au régime de combustion dite détonante, quelques expériences ont été faites en se servant de l’essence « Esso » bien connue par ses propriétés antidétonantes, qu’elle tient de sa forte teneur en hydrocarbures aromatiques. Effectivement, c’est avec cette essence que le cognement dû à la présence d’ozone, bien que net encore, a été le moins accentué.
- Selon les vues actuelles, la combustion détonante serait causée par la formation de peroxydes instables. L’effet exercé par l’ozone, corps qui souvent se comporte comme un agent de peroxydation, semblerait donner raison à cette théorie.
- MÉDECINE
- Le « cœur artificiel » au haut=parleur.
- On a, à diverses reprises, tenté de reproduire les battements du cœur, avec leurs bruits caractéristiques, dans le haut-parleur d’un poste radiophonique, et essayé de les transmettre par radio-diffusion. Toutes ces tentatives se sont heurtées à des difficultés sérieuses : variabilité de l’image sonore, impossibilité de déplacer certains malades, etc. Le Dr Léo Jacob-sohn, à Berlin, a eu l’idée de reconstituer artificiellement les bruits caractéristiques de cœurs sains ou malades. De cette façon, on tournerait non seulement les difficultés ci-dessus, mais on pourrait, en même temps, éliminer les perturbations accidentelles, les bourdonnements inséparables d’une forte amplification, par exemple.
- Les bruits du cœur sont des oscillations simples et lentes, exemptes d’harmoniques supérieurs perceptibles et se renouvelant périodiquement, suivant le rythme du pouls; leur reconstitution ne devait donc pas présenter de difficultés insurmontables. Les oscillations individuelles ayant été tracées sur un disque transparent, l’expérimentateur n’eut qu’à noircir à l’encre de Chine, en la rendant opaque, "la superficie délimitée par cette courbe. Grâce à une comparaison plusieurs fois renouvelée avec l’image sonore directe, M. Jacob-sohn a pu perfectionner suffisamment ses disques pour réaliser un accord, pour ainsi dire absolu, entre les enregistrements artificiels et les sons naturels. Impossible, même pour une oreille expérimentée, de distinguer les deux, si ce n’est par l’absence de sons secondaires, l’accentuation plus forte des éléments caractéristiques, qu’on constate avec le « cœur artificiel ».
- Les disques portant les enregistrements sont mis en rotation, à la vitesse du pouls, par un moteur de phonographe; passant ainsi en face d’une cellule photo-électrique, ils donnent naissance à des pulsations de courant, traduites, après ampli-
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- fication suffisante, dans le haut-parleur, en une reproduction fidèle du rythme cardiaque. Toutes les images sonores caractéristiques d’un cœur normal ainsi que des différentes affections cardiaques se reproduisent, de cette façon, avec une fidélité remarquable. A une récente séance de la Société allemande de Médecine, à Berlin, le Dr Jacobsohn exposait sa méthode, aux vifs applaudissements de l’assistance, les spécialistes présents, à l’audition de ces disques, reconnaissaient les caractères acoustiques de telle ou telle affection cardiaque.
- Cette nouvelle méthode est, avant tout, destinée à faciliter l’enseignement clinique; mais elle pourra également rendre de précieux services, en permettant au médecin, dans des ca difficiles, de contrôler lui-même ses diagnostics. Dans cet
- Fig. 1. — Le cœur artificiel du Dr Jacobsohn (disque sur lequel son dessinées des courbes qui par traduction photoélectrique reproduiront en haut-parleur les bruits du cœur).
- ordre d’idées, le Dr Jacobsohn a l’intention de combiner une série de disques en une sorte de manuel acoustique des affections du cœur.
- Cette même méthode se prêtera, du reste, à la diffusion par T. S. F. Elle pourra s’appliquer aussi à l’étude des bruits des poumons ou à tout autre phénomène acoustique de l’organisme. Dr A. Gradenwitz.
- CHIMIE INDUSTRIELLE Des plaques de nickel transparentes.
- On voyait à une exposition récente de Londres des plaques de nickel tellement minces qu’à travers cinq d’entre elles superposées on pouvait encore lire une page placée à quelque distance! Ces lames minces ont été obtenues en déposant galvaniquement du nickel sur une plaque de cuivre, puis en
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- recouvrant ce dépôt d’un dépôt de cuivre. On réalisait ainsi une sorte de sandwich au nickel. On faisait ensuite dissoudre le cuivre, et l’on obtenait la fine pellicule de nickel. Il était nécessaire d’avoir du cuivre des deux côtés de cette pellicule pour égaliser les tensions qui apparaissent au cours de la dissolution du cuivre; sinon le film de nickel se romprait au cours de l’opération.
- AGRICULTURE Le Konjac.
- Chaque peuple a son légume préféré, et si les Japonais en sont plus riches que d’autres, c’est parce que, depuis des siècles, ils les utilisent et les perfectionnent. Tel n’est pas cependant le cas du Konjac (Amorphophallus Konjac), énorme Aroïdée qui, quoique cultivée depuis des temps immémoriaux, n’a produit aucune variété et est restée immuable dans sa production et dans sa forme.
- Cette utile Aroïdée porte plusieurs noms scientifiques : Amorphophallus Rivieri, var. Konjac, d’après Durieu et Engler; Conophallus Konjac Schott; Amorphophallus Konjac, c. Koch ; Arizaema Konjak Sieb. En résumé, ces diverses dénominations se résument en une seule Amorphophallus Rivieri ou Konjac. Les Japonais lui donnent les noms de Koniaku ou Konjac, sous lesquels cette plante à racine tubéreuse est connue. La tige qu’émet le tubercule, très gros, atteint 1 m environ de hauteur, avec une base épaisse ayant 0 m 20 à 0 m 25 de diamètre.
- Cette tige se termine par une feuille divisée en trois, lui donnant l’aspect d’un petit palmier et une allure ornementale très particulière. Le tubercule émet aussi un spadice portant des fleurs insignifiantes, donnant naissance à des baies rouges, peu apparentes.
- Au Japon, le Koniaku est une plante économique, que l’on cultive pour sa fécule, car au point de vue légume ce produit agricole ne peut se manger tel qu’on le récolte. Dans ces régions, on le cultive généralement dans les plus mauvaises terres, les plus arides et non irrigables, impropres aux céréales. Le sol est à peine travaillé, toutefois on en retire les pierres et les mauvaises herbes, puis à la bêche on fait des trous de 15 à 20 cm de profondeur, espacés en tous sens de 0 m 60; on dépose dans chacun d’eux un tubercule moyen, on bouche le trou avec la terre qui en a été retirée, sans y introduire le moindre engrais. C’est à la fin de mars qu’on procède à la plantation, et au cours de la saison on ne s’en occupe plus. La récolte a lieu dans la deuxième quinzaine d’octobre, en pratiquant l’arrachage, comme s’il s’agissait de pommes de terre ou de patates. Les tubercules, après nettoyage et triage, sont conservés dans un lieu sec, aéré et sur un plancher ou des planches, jamais sur la terre ou la pierre.
- Le sol qui a produit une première fois continue à donner indéfiniment, sans exiger de nouveaux frais, rien que par les tubercules qui y ont été oubliés, lors de l’arrachage des gros Konjac, et qui ont passé inaperçus : de ce fait, la terre est toujours ensemencée et donne normalement sa récolte.
- De ce que les Japonais ne consacrent que leurs terres les plus médiocres à cette culture, il n’en résulte pas moins que, si le Koniaku est cultivé dans des bons sols, bien travaillés et fumés, les produits sont plus abondants.
- Chaque tubercule mis en terre donne naissance à une quinzaine d’autres, ce qui donne une idée de son prodigieux rendement et, comme la plante est vivace, elle peut rester plusieurs années en place, où le tubercule continue à grossir.
- Le volume des tubercules varie beaucoup : la première année, ceux émis sur la périphér e du bulbe principal, arrivent au poids de 75 à 100 grammes; la troisième année, on a constaté
- 1 kg 700 avec un diamètre de 0 m 20. En les coupant, ils ont une odeur forte, caractéristique, une saveur piquante, âcre, provoquant dans l’arrière-gorge un picotement très pénible, qui persiste plusieurs heures. Du reste, cru ou cuit, le Konjac n’est comestible ni pour l’homme ni pour les animaux, si on ne lui fait subir un traitement aussi simple que peu coûteux et, alors, il devient un aliment sain et agréable. Il suffit de lui faire subir l’action d’un lait de chaux.
- Les Japonais emploient ce tubercule farineux sous trois formes distinctes, mais la préparation fondamentale est la même. Ils en fabriquent une sorte de vermicelle, qu’ils appellent Chira take; une galette appelée tout simplement Koniakou et enfin une sorte de gâteau sec connu sous le nom de Chiro ko. Ces diverses préparations sont toujours en contact avec une petite quantité de chaux, qui élimine l’âcreté du Konjac.
- Tout ce que je viens de dire intéressera certainement mes habituels lecteurs, car j’ai la certitude que la précieuse Aroïdée serait rustique en Afrique du Nord, où elle a fait ses preuves depuis longtemps, et sur les parties littoraliennes de la France. Dans ces conditions, il y aurait, avec le Konjac, une plante industrielle nouvelle (?) pour nos cultures, qui serait peut-être à l’égard de l’alimentation un objet de grande valeur.
- En Afrique du Nord, où toutes les cultures sont possibles avec des irrigations et surtout avec la qualité des terres de ces contrées, toutes très riches en fer, une industrie de grande valeur pourrait s’établir et la farine de Koniaku pénétrer en France, où elle rendrait de grands services. La conservation des tubercules se ferait par ensilage et permettrait de ne les utiliser qu’au fur et à mesure des besoins.
- Je souhaite que cet articulet tombe sous les yeux d’un agriculteur avisé ! R, de Noter.
- DIVERS
- Un verre qui résiste aux balles.
- Nos lecteurs connaissent le verre Triplex, sandwich de matière plastique entre deux glaces. Ce verre a la précieuse propriété de ne pas donner d’éclats sous le choc; il se borne à s’étoiler. Sur le même principe a été constitué un verre qui s’oppose à la pénétration des balles de revolver. Le verre « Bitriplex » est constitué par trois épaisseurs de glace ou de verre séparées deux à deux par des feuillets de matière plastique.
- On peut tirer à bout portant, avec un pistolet automatique browning, sur une glace bitriplex sans que celle-ci soit traversée. La balle s’aplatit sur le verre en l’étoilant. A bout portant une balle blindée de 9 mm ne peut arriver à traverser ce produit, elle étoile la glace, pénètre à l’intérieur, mais y reste logée.
- Le verre Bitriplex n’est pas une nouveauté; on s’en est servi, au cours de la dernière guerre, comme protecteur de viseurs de tranchées. Depuis lors, des banques l’ont employé pour assurer la protection de leurs guichets et de leurs caisses. On l’utilise beaucoup aujourd’hui dans les appareils industriels où s’exercent des pressions considérables et dans lesquels il est nécessaire de fixer des regards transparents pour surveiller leur fonctionnement. Le bitriplex, en effet, reste étanche même après un choc ou une fêlure. Aussi l’emploie-t-on pour les regards de niveau d’eau des chaudières à vapeur : il peut supporter des pressions de l’ordre de 200 kg par cm2.
- A bord des navires, il se substitue avantageusement à la dalle ordinaire pour l’équipement des hublots. Il devient alors inutile de recourir aux tapes de fermeture étanches; les locaux du bord restent ainsi éclairés par la lumière naturelle, même en cas de gros temps.
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- PETITES INVENTIONS
- MÉCANIQUE
- Le pont démontable universel Diard.
- Dès l’antiquité, l’homme s’est ingénié à combiner des dispositifs permettant de déplacer, avec le minimum d’efforts, de lourdes charges. A cette préoccupation millénaire se joint aujourd’hui le souci de la rapidité du travail, à concilier toutefois avec la sécurité du personnel et du matériel. De là sont nés les nombreux types d’appareils de levage actuellement en usage : grues, ponts roulants suspendus en travées, portiques sur rails, monorails, etc., ces machines constamment perfectionnées et parvenues à un haut degré de spécialisation. Leur perfection même ne les rend aptes qu’à des usages bien déterminés en des lieux convenablement choisis : on ne les trouve donc que sur les chantiers à grande activité, ou dans les ateliers importants.
- Cependant, à notre époque où l’électricité permet et provoque la décentralisation des installations de machines, il se produit, chaque jour des cas où il faut manutentionner des charges lourdes en dehors du rayon d’action des appareils de levage classiques auxquels nous venons de faire allusion. Il se pose alors des problèmes souvent difficiles. C’est pour les résoudre qu’a été imaginé et réalisé le pont universel Diard, et la solution qu’il offre est si élastique que l’emploi de cet appareil s’est rapidement développé.
- Le pont Diard, créé pour ces manutentions en tous lieux, est une sorte de portique entièrement métallique, conçu pour pouvoir être transporté facilement à pied d’œuvre dans un véhicule courant, et pour être dressé rapidement en tout endroit, avec un personnel réduit.
- La facilité de son transport est assurée par sa construction en éléments séparables : deux trépieds repliables, une poutre à treillis déjumelable, un palan spécial, deux chaînes d’entretoisement des pieds (fig. 1).
- La figure 2 représente ces éléments assemblés pour former un pont fixe, retirant dans une grande gare parisienne un moteur électrique de cabestan.
- L’appareil doit s’adapter à des fardeaux divers et surtout à la place disponible dans des locaux variés : ceci est assuré par les facilités de transformation suivantes : les deux trépieds peuvent être rapprochés à volonté lors du dressage, ce qui permet de faire varier la largeur du pont suivant l’emplacement dont on dispose : ainsi on pourra utiliser le pont successivement dans des allées d’ateliers de largeurs différentes.
- En outre, suivant la hauteur des fardeaux et celle des plafonds, on peut régler (fig. 3) la hauteur du pont à l’aide de sortes d’échasses,'qui permettent d’allonger, par ressauts, la longueur de chaque pied. Ce dispositif permet également d’asseoir le pont sur un terrain dénivelé : à cet effet on donne à chaque pied, individuellement, la longueur convenable; la largeur, dans ce cas également, peut être réduite ou accrue à volonté.
- Sur un sol consistant et nivelé, il peut y avoir avantage à munir le pont de roulettes : sur le pont Diard ces roulettes sont solidaires également de sortes d’échasse (fig. 4), afin de permettre de revenir à la forme de la figure 2 si le terrain est défectueux.
- Comme les roulettes pivotent dans toutes les directions, on a muni les deux pylônes à roulettes de triangulations et on a réuni leurs bases aux extrémités de la poutre par des contreventements obliques de façon à les rendre indéformables.
- Le pivotement des chapes sur butées à billes permet
- Fig. 1. — Les éléments du pont universel Diard démontés.
- de décrire les trajectoires aux changements les plus brusques, même en laissant la charge suspendue au palan.
- On peut enfin dresser le pont avec quatre ou cinq roulettes seulement, dans le cas où le sol est par trop encombré.
- Faisons remarquer encore le palan spécial, disposé à cheval
- Mise en place d’un moteur électrique de cabestan, dans une gare parisienne, à l'aide du pont Diard.
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- Fig. 3. — Pose d’un transformateur à l’aide d’un pont Diard surélevé au moyen d’échasses.
- Remarquer à droite et en haut le dispositif de levage employé pour la mise en place et la descente du palan et du chariot.
- sur la poutre, de manière à obtenir une hauteur de crochet importante avec des supports peu élevés, donc faciles à dresser ou à transporter. Un chariot porte-palan, roulant aussi sur le sommet de la poutre, permet de déplacer le long de celle-ci la charge soulevée.
- Dans les appareils d’une certaine largeur ou d’un certain tonnage, la poutre est nécessairement assez pesante, malgré sa subdivision en deux flasques. On peut alors la hisser depuis le sol jusqu’au-dessus des supports au moyen d’une sorte de petit ascenseur dominant les deux supports. On se sert égale-
- Fig. 4. — Pont Diard muni de roulettes, utilisé pour le montage de machines électriques.
- ment de ce dispositif visible en haut de la figure 3, pour élever ou descendre à terre le palan et le chariot.
- Constructeur: M. Diard, 34, rue Camille-Desmoulins, Levallois-Perret.
- HYGIÈNE
- Siphon sanitaire « Tornade».
- Le rôle important des siphons dans l’installation sanitaire moderne (éviers, postes d’eau, etc.), est indiscutable. Aussi ne doit-on utiliser que des modèles scientifiquement conçus. Dans le « Tornade », le débouchage est obtenu immédiatement par le démontage très facile du culot, assujetti simplement au moyen d’un étrier pivotant et d’une vis à barrette. Grille en laiton, matrice de forme spéciale, percée d’orifices ovales permettant l’écoulement rapide des eaux usées. Garde d’eau réglementaire (0 m 05), culot de faible capacité évitant l’accumulation des dépôts, étanchéité parfaite, parois intérieures lisses ne retenant pas, par conséquent, des débris de quelque nature que ce soit.
- Pose très simple, par serrage d’une vis centrale exerçant une pression uniforme. Le reccord à la canalisation d’évacuation a été prévu, dans un modèle, par soudure au tuyau d’évacuation, dans l’autre modèle par joint étanche dit « américain ». Ce dernier type d’appareil est livré, soit en fonte peinte antirouille, soit émaillé blanc, intérieur et extérieur.
- Fabricant : M. D. Duterme, 67, rue Crozatier, Paris.
- Fig. 5. — Siphon sanitaire « Tornade ».
- Fig. 6.
- Déboucheur d’évier.
- Déboucheur d’évier.
- Ce petit appareil, qui figurait au Concours Lépine, assure le débouchage facile des éviers, des lavabos, des baignoires, etc.
- Le système est très simple, car il est composé simplement d’une sorte de demi-sphère creuse en caoutchouc, terminée par un manchon qui permet de fixer cette pièce de caoutchouc sur un manche de bois.
- Pour déboucher un évier par exemple, on adapte l’embouchure de l’appareil sur l’orifice à déboucher; on prend soin que l’appareil soit noyé dans l’eau, et on exerce des pressions successives en donnant au bâton un mouvement de va-et-vient, d’abord lentement et appuyé. On manœuvre ensuite plus énergiquement, d’un coup brusque, pour déboucher le tuyau obstrué.
- La pression que l’on exerce ainsi, qui se transmet par le liquide, a beaucoup de chances, dès la première fois, de chasser le bouchon ou les détritus qui obstruent le tuyau.
- Si la première opération n’est pas suffisante, on recommence jusqu’à dégorgement complet.
- Bien entendu, si l’appareil à déboucher comporte un trop-plein, il faut d’abord aveugler celui-ci avec un chiffon mouillé avant de procéder à l’opération telle que nous venons de l’indiquer.
- Constructeur : Jurist, 71, rue du Temple, Paris.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos de la cigale. peler le plaidoyer chaleureux de J.-H. Fabre, dans les Souvenirs
- Plusieurs de nos lecteurs nous ont rappelé à juste titre que la réhabi- entomologiques, 5e série, chapitre XIII, p. 229, que l’on se plaira à relire
- litation de M. Ermanno Biagini (n° 2876) ne l'ait autre chose que rap- à ce propos.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Construction d’un poste récepteur toutes ondes.
- Les postes émettant sur ondes courtes, sur la gamme 10-80 m environ, sont de plus en plus nombreux. La réception de leurs émissions est, en général, extrêmement facile, et elle est surtout intéressante par l’absence, ou, du moins, la diminution des bruits parasites sur cette gamme de longueurs d’onde, ainsi que par la facilité avec laquelle on peut les recevoir à très grande distance en utilisant une simple antenne intérieure, par exemple un fil de quelques mètres de long tendu dans une chambre d’appartement.
- La construction d’un appareil permettant la réception de toute la gamme des émissions de 15 à 2000 m environ de longueur d’onde est, à l’heure actuelle, à la portée de tout amateur, et l’on trouve dans le commerce des pièces de montage permettant d’exécuter leur réalisation. 11 faut naturellement que celle-ci soit effectuée avec soin, et il est nécessaire également de prendre un peu plus de soin pour les réglages, étant donné que ceux-ci doivent être beaucoup plus précis pour la réception des ondes moyennes, par suite de la très grande fréquence des oscillations correspondantes.
- Comme vous le savez sans doute, nous disposons à l’heure actuelle de deux catégories de systèmes pour la réception des émissions sur ondes très courtes. Les premiers comportent une lampe détectrice à réaction plus ou moins modifiée, suivie d’étages basse fréquence, et précédée ou non d’un étage d’amplification haute fréquence à lampe à écran. Les seconds sont des appareils du type superhétérodyne à changement de fréquence dans lesquels le système de changement de fréquence est réalisé de façon à pouvoir opérer le changement de fréquence sur toute la gamme des longueurs d’onde considérées.
- Nous avons montré dans le numéro spécial de La Nature du lor septembre 1931, dans un article consacré à la modernisation des récepteurs téléphoniques, comment on pouvait modifier facilement un poste à changement de fréquence du type ordinaire en vue de la réception des ondes très courtes en lui adjoignant un dispositif d’encombrement réduit alimenté par les mêmes batteries que le poste lui-même, et formant, en quelque sorte, un changeur de fréquence spécial pour ondes courtes, venant prendre la place du système changeur de fréquence ordinaire du poste; il vous est donc possible de réaliser simplement un changeur de fréquence ordinaire, et de disposer en avant de ce changeur de fréquence un adaptateur de ce type dont l’emploi est très pratique.
- Il vous est également possible de construire réellement un appareil monobloc toutes ondes à changement de fréquence. Cet appareil comportera des étages moyenne fréquence, une détectrice, et un ou deux étages basse fréquence établis absolument comme pour un poste ordinaire, et il vous sera donc possible d’utiliser des étages moyenne fréquence à lampes à écran et à transformateurs passe-bande, ou des étages moyenne fréquence à lampes ti-iodes ordinaires, et à transformateurs à secondaire accordé. Vous pourrez également utiliser en basse fréquence, soit deux étages avec une lampe de puissance de sortie, soit une seule lampe triode de puissance, en observant pour la liaison entre cette lampe de sortie et le haut-parleur les précautions destinées à améliorer la tonalité de l’audition, et que nous avons indiquées plusieurs fois dans nos chroniques ou dans La Boîte aux Lettres.
- Le montage oscillateur toutes ondes peut être établi comme un montage ordinaire, par exemple avec une bigrille montée suivant le système dit en Hartley, mais il faut prévoir des bobinages de modulation pour cette gamme de longueurs d’onde réalisées en fil d’assez grosse section, et ne présentant qu’une faible capacité répartie. Il faut, de plus, utiliser une lampe bigrille bien' choisie, et enfin, les condensateurs dont la capacité ne dépassera pas 0,5/1000® de microfarad seront munis d’un excellent système de démultiplication.
- Comme vous le savez sans doute, on n’utilise pas le cadre pour la réception des émissions des ondes très courtes, mais une antenne intérieure de quelques mètres de longueur suffit en général pour obtenir de bons résultats. L’accord est réalisé suivant le montage Bourne à primaire apériodique couplé avec le secondaire accordé.
- On obtient également d’excellents résultats, peut-être même encore plus sûrs en adoptant un système à changement de fréquence réalisé non pas avec une seule lampe bigrille, mais au moyen de deux lampes, soit à l’aide de deux lampes triodes, dont l’une est oscillatrice et l’autre modulatrice, soit à l’aide d’une triode oscillatrice et d’une bigrille modulatrice par exemple.
- Vous trouverez quelques renseignements sur ces montages dans la chronique de Radiophonie pratique du numéro de La Nature du l®r février 1932, et pour avoir des détails plus approfondis, vous pouvez vous référer à l’ouvrage : Les Progrès des Superhétérodynes (Chiron, éditeur).
- Voici quelques adresses de fabricants de pièces détachées pour postes à changement de fréquence :
- Établissements Gamma, 21, rue Dautancourt, Paris (17e).
- Établissements Far, 13, rue Charles-Lecoq, Paris.
- Établissements Brunet, 5, rue Sextius-Michel, Paris.
- Établissements Ribet et Desjardins, 10, rue Violet, Paris (15)e.
- 2° Étant donné qu’un poste de ce genre comporte un nombre de lampes assez grand, nous pensons qu’il sera plus intéressant pour vous d’avoir un système de rechargeur intermittent. Il en existe, comme vous le savez, des modèles très simples, à commutateur automatique, et fonctionnant sans aucun entretien. Vous pouvez employer un rechargeur comportant une valve à vapeur de mercure biplaque permettant d’obtenir les courants des deux tensions nécessaires ou un rechargeur à valve cuivre-oxyde.
- Vous trouverez des appareils de ce genre notamment à l’adresse suivante :
- Société Hewittic, 11, rue du Pont, à Suresnes, Seine.
- 3° Le type du haut-parleur que vous pouvez adopter dépend évidemment de vos préférences personnelles, et aussi, au point de vue technique, du type de lampe de sortie. Étant donné que vous désirez également recevoir des émissions assez faibles et spécialement les émissions sur ondes très courtes, il n’y a peut-être pas un très grand intérêt à adopter un haut-parleur électrodynamique. Vous pourriez donc choisir un très bon haut-parleur électromagnétique à armature équilibrée ou, ce qui est encore préférable, un haut-parleur magnéto-dynamique. Vous pouvez consulter à ce sujet la chronique de Radiophonie pratique du 1er février 1932, ou le numéro spécial de La Nature du 15 septembre 1930.
- 4° Vous pouvez trouver des indications générales sur la pratique de la radiophonie dans le manuel La Pratique radioélectrique (Masson, éditeur) ou dans Le Poste de l’Amateur de T. S. F. (Chiron, éditeur).
- Réponse à Mlle C... à Versailles (S.-et-O.).
- De tout un peu.
- Mme Viala à Miliana. — Nous avons donné une recette pour la confection d’une pâte à polycopies dans le N® 2869, page 479; veuillez bien vous y reporter-
- M. Baheux, à Coulogne. Pas-de-Calais.— Le chlorure d’or jaune AuCl5HCl,3HzO présente un excès d’acide chlorhydrique et contient 42 % d’or; le chlorure brun, qui s’obtient en chauffant au-dessus de 100° sans dépasser 150°, le chlorure précédent a pour formule Au Cl3 et renferme 64 % d’or parce qu’il a perdu l’excès d’acide.
- De cette constatation, il résulte que pour préparer la solution servant à la détection du gaz d’éclairage, il est préférable d’employer
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- chlorure brun plus riche et peu acide, puisque cette détection est basée sur la réduction du sel d’or par l’oxyde de carbone, ou sur sa sulfuration par l’hydrogène sulfuré.
- Le chlorure de palladium, qu’on lui associe généralement, est comme le chlorure d’or très soluble, on peut donc sans inconvénient faire dissoudre simultanément les deux sels; une neutralisation partielle de la solution pour quelques gouttes d’ammoniaque jusqu’à commencement de précipitation augmentera la sensibilité du réactif, mais diminuera par contre la durée de conservation du produit.
- Ecole normale de Saint-Brieuc. — Pour remettre en état votre écran de cinéma, il faut procéder ainsi.
- Après avoir débarrassé la toile des impuretés qui peuvent la souiller, au moyen d’une éponge imbibée d’eau claire, laisser bien sécher et appliquer l’enduit suivant :
- Collodion à 5 % = 250 grammes
- Blanc d’Espagne pulvérisé = 15 »
- Poudre d’aluminium fine =25 »
- Alcool à brûler quantité suffisante pour faire 500 cc.
- Ces quantités calculées pour un mètre carré à couvrir.
- Broyer au mortier le blanc d’Espagne et la poudre d’aluminium, ajouter le collodion en remuant, mettre aussitôt en flacon à large col et rincer le mortier avec l’alcool à brûler de façon à obtenir un volume final de 500 cc. Enduire la toile avec un pinceau large dit* « queue de morue » en employant la moitié de la préparation. Veiller à la régularité d’application, bien imbiber la toile et finir en passant régulièrement dans le même sens.
- Laisser sécher, passer une deuxième couche avec la moitié restante de la préparation toujours parfaitement mélangée. — Eviter la proximité de toute flamme.
- Après séchage complet, la toile doit se trouver nettement tendue comme au début, autrement dit on ne doit appliquer la préparation que sur une toile en état de la recevoir, si on se trouvait en présence d’une toile flasque il faudrait auparavant la retendre avec de petits clous dits semences.
- M. Vuillaume à Arbois. — Les principaux antidétonants utilisés actuellement sont les suivants :
- Le Plomb tètraèthyle qui permet d’élever le taux de compression de 40 %, ce qui correspond à un gain de puissance de 14 %.
- Il présente les inconvénients d’être vénéneux et de laisser déposer un enduit de plomb obturant les soupapes et détériorant les bougies. On remédie quelque peu à ce dernier défaut par addition de bromure de plomb.
- Une dose de 1 % de plomb tétraéthyle correspond à l’addition de 100 % de benzène.
- Le Nickel tétracarbonyle moins antidétonant que le composé de plomb et le fer carbonyle non vénéneux sont également à la base de différents produits vendus comme antidétonants. Les principaux de ces derniers sont :
- L’Ethyl contenant moitié de plomb tétraéthyle et moitié de bromure d’éthyle.
- L’Ethylfluid de la Société Ethylgazoline Corporation qui contient : Plomb tétraéthyle = 55 %
- Bromure d’éthyle = 36 %
- Monochloro naphtalène = 9 %
- Le Motyl à base de fer carbonyle qui n’est livré qu’au commerce de gros, lequel s’en sert pour préparer la Motaline contenant 0,20 à 0,25 volume pour 100 de fer carbonyle, c’est-à-dire 4 litres de Motyl pour 1000 litres d’essence.
- Le fer carbonyle a l’inconvénient de déposer de l’oxyde de fer quj agit comme abrasif du siège des soupapes.
- Pour détails sur le rôle des antidétonants, voir l’article très complet de notre collaborateur Arnoux dans le N° 2860, 1er juillet 1931, page 13, ainsi que la petite note complémentaire n° 2868, 1er novembre 1931, page 432.
- M. Levoyer, à Rennes. — La question de l’exécution des cartes en relief a été traitée par nous-longuement dans le n° 2806, page 334, veuillez bien vous y reporter.
- M. Clément, à la Roche-sur-Yon. — Vous aurez tous renseignements sur le produit lixiviel « Tex » en vous adressant à M. de Keghel, 4, rue des Deux-Communes à Vincennes (Seine).
- M. Morise, à Sainte-Aulaye (Dordogne). — Plutôt que de chercher à réparer le tissu déchiré de votre obturateur de plaques, il sera préférable de le remplacer par l’article désigné commercialement sous
- le nom de croisé coton noir fort que vous taillerez au préalable àl a dimension voulue. Cela fait, vous immergerez la toile dans la solution courante de caoutchouc pour réparation de pneus que vous aurez étendue de trois à quatre fois son volume de benzine; se servir pour cette opération d’une cuvette photographique, ce qui permettra de ne préparer que juste le volume nécessaire à la dite immersion.
- Sortir alors le tissu bien imprégné et l’appliquer sur les lamelles qui constituent le rideau mobile après s’être assuré que leur surface est bien nette, de manière qu’il n’y ait pas de surépaisseurs qui ultérieurement gêneraient le glissement.
- Enfin, laisser sécher à plat.
- M. Munsch, à Epinal. — 1° Les crayons dits «anti-migraine » sont constitués par :
- Menthol = 100 grammes
- Acide benzoïque = 10 »
- Eucalyptol = 3 »
- Faire fondre ensemble, verser le mélange dans de petits moules cylindro-coniques.
- Après refroidissement, on fixe les cônes ainsi obtenus dans des supports en bois tourné ou en cristal.
- 2° Adresses de fabricants de moules : Letang, fils, 108, rue Vieille-du-Temple; Letang, Léon, 11, rue de la Cour-des-Noues; Decliâtre et Coste, avenue. Francisco-Ferrer, au Pré-Saint-Gervais (Seine); Girard et Dumont, 36,route Nationale,'à Pavillon-sous-Bois (Seine); Huet, 36, rue de la Bastille; Japy, 21, rue Albouy; Jubin, 114, rue Oberkampf; Savy et Jeanjean, avenue Dubonnet, à Courbevoie.
- 3° Si vous ne voulez pas entreprendre cette fabrication, vous trouverez des crayons anti-migraine en gros chez : Acard, 58, rue Oberkampf; Bourgeat et Gros, 29, rue Chariot; Deriberpré, 110, boulevard de la Chanelle (modèles pour l’exportation); André, 187, rue du Temnle : Levillain, 12, rue des Deux-Gares.
- IVI. de la Passardière, au Chesnay. — La réparation du marbre, le rebouchage des trous ou fissures qui peuvent s’y trouver, s’effectuent avec facilité au moyen de plâtre fin à modeler (de préparation récente) que l’on gâche avec une solution d’alun ordinaire, sulfate d’alumine et de potasse Al2 (SO*)3 S04K2 24 H20 à 60 grammes par litre.
- Avoir soin de mouiller préalablement les parties du marbre qui doivent recevoir la pâte. Employer celle-ci telle quelle pour du marbre blanc ou la colorer légèrement par une couleur minérale appropriée, ocre jaune ou rouge, pointe de noir d’ivoire, s’il s’agit d’un marbre de couleur; un peu d’adresse est ici nécessaire pour réaliser l’éealité de teinte, en tenant compte de ce que le ton pâlit en séchant.
- Pour terminer et donner le brillant, passer un morceau de paraffine et polir au chiffon de laine.
- IVI. Bachelard, à Neuilly-sur-Seine. — Les vernis dont vous parlez sont bien des vernis cellulosiques ayant pour solvant principal i’alcool butylique; vous pouvez prendre comme type de solvants de ce genre les formules suivantes :
- Alcool butylique =10 — 20
- Benzine =50 — »
- Acétate d’éthyle = 40 — 40
- Acétate de butyle = » .— 40
- 100 100
- M. Bachelard à Juan-les-Pins. — Vous trouverez très probablement le moteur qui vous intéresse à la Maison Ledoux et Cie, 64, avenue de la République, à Paris. A défaut, s’adresser au Syndicat des Constructeurs de moteurs à combustion interne, 5, rue de Liège à Paris, 9 e.
- Cercle d’Avesnes. — Nous n’avons pas encore eu en mains ia spécialité dont vous parlez et regrettons de ne pouvoir vous donner aucune indication à son sujet.
- Collège Saint-Thomas à Cuneo et M. Bruzzi à Lorena. —
- L’ébonite étant constituée par un mélange de caoutchouc et de soufre, ce dernier à la longue s’oxyde au contact de l’air et les disques des machines Wimshurst perdent leurs propriétés diélectriques.
- Pour les remettre en état, il suffit de les laver avec une solution alcaline très faible, de rincer soigneusement, puis de polir au moyen d’un chiffon de laine.
- S’assurer d’autre part que les tiges de verre servant de supports sont encore bien isolantes et recouvertes complètement de gomme laque.
- Le Gérant : G. Masson.
- 23oo. — Paris, lmp. Lahure. — 15-4-1932.
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- LA NATURE
- MASSON et C‘e, Editeurs, no, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI* (7{. C. Seine : 15.234) Tel. Danton 56-11,
- PRIX DE L’ABONNEMENT
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- Tarif extérieur n" 1 valable pour tous les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chilie, Colombie, Congo belge, Costa-liica. Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce. Guatemala, Haiti, Hedjaz, Honduras, Hongrie, Lettonie, Liberia, IÀlhuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie [U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela. Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
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- N° 2880.
- LA NATUR
- KHMERS ET CAMBODG
- 1“ Mai 1932.
- La question reste ouverte : les habitants actuels du Cambodge sont-ils les descendants de ces Khmers qui édifièrent Angkor-Vat et tant d’autres merveilles architecturales ? Ce doute est permis devant certaines constatations d’ordx-e physiologique.
- La découverte de haches et autres armes de pierre polie sur de nombreux points du Cambodge indique que ce pays fut habité par des races humaines dès la plus haute antiquité. Là comme en Europe, on relève la succes-j ion des différents stades de culture : poteries moulées à la main, ornements de cuivre, armes de bronze, instruments de fer.
- Qui étaient les fabricants de ces objets ? Nous continuerons à l’ignorer, tant que nous n’aurons pas trouvé des ossements humains datant authentiquement de ces diverses périodes. Il nous faut abandonner ces temps lointains et redescendre aux premiers siècles de notre ère pour obtenir quelques indications précises; elles nous sont fournies pâlies voyageurs chinois dont les récits furent incorporés aux annales, si méticuleusement tenues, du Céleste Empire.
- Dans la partie de ces annales écrite au nie siècle (ap.
- J.-C.), nous trouvons cette description des habitants du Cambodge : « Tous ces hommes sont laids et noirs, avec des cheveux frisés ». Ce signalement peu flatteur est reproduit deux siècles plus tard : « Les hommes du Fouan (Cambodge) ont la peau noire et les cheveux frisés; ils ont le corps nu et tatoué ».
- La précision de ces détails répond à la description d’une race négroïde, qui a certainement existé en Indochine, où des tribus sauvages ont conservé sa marque, avec une peau foncée et des cheveux bouclés, presque crépus; mais elle diffère considérablement de la description du Cambodgien moderne.
- Son teint n’est que bistré (terre d’Italie naturelle); il s’éclaircit chez la femme, mais surtout dans l’aristocratie. Les cheveux sont toujours lisses et droits. Quant aux traits, ils sont beaucoup plus européens qu’asia-
- tiques, impression que j’ai recueillie dans la bouche de nombreux Français d’Indochine, quelque peu influencés, sans nul doute, par la comparaison qu’imposent les Annamites.
- Comment concilier les remarques des voyageurs chinois des siècles passés avec les observations de l’heure présente ? Plusieurs auteurs s’y sont appliqués, en invoquant l’œuvre du métissage. D’après eux, les Khmers auraient vu leur teint s’éclaircir de siècle en siècle par des mariages avec les marchands et artisans chinois, explication que nous consignons ici sans en prendre aucunement la responsabilité. Il serait plus sage d’avouer que la question dépasse le cadre de nos connaissances actuelles sur l’anthropologie indochinoise.
- Au reste, l’aventure de l’Anglais qui, débarquant à Boulogne, aperçoit tout d’abord une personne aux cheveux roux et enregistre sur ses notes que c’est la couleur des Français, pourrait bien avoir eu un précédent plus réel au Cambodge! Le premier voyageur chinois aurait pu entrer en contact avec quelque bande d’autochtones à la peau noire et aux cheveux frisés, et se contenter de ce signalement pour l’appliquer à l’ensemble de la population. Et l’on peut encore admettre que les annalistes chinois se seraient repassé cette description inexacte, de siècle en siècle.
- En somme, tout est confus, sur ce domaine, encore très mal étudié, de l’origine ethnique des Cambodgiens. Si les Khmers s’étaient mélangés aux Chinois dans des proportions capables de modifier le type physique, ils n’auraient pas ces barbes et ces moustaches, excessivement rares chez les Jaunes, que les sculpteurs d’Anglcor n’ont pas manqué de représenter sur leurs statues et bas-reliefs, et dont s’ornent les visages de la majorité des Cambodgiens. En outre, on enregistrerait plus fréquemment chez eux ce pli de la paupière qui est l’une des caractéristiques des races mongoloïdes.
- Ce qui ajoute à la confusion, c’est la présence actuelle, dans les régions septentrionales du Cambodge, de plu-
- Fig. 1. — S. M. le roi Sisowath, qui règne actuellement sur le Cambodge.
- (Ph. Société photocinématographique d’Indochine.)
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- sieurs tribus (celles des Khouïs, des Radès, des Athams), que l’on peut considérer comme autochtones à ce pays, qui ne paraissent avoir subi aucun mélange de sang, et qui ont les yeux droits des races blanches.
- Regrettons, une fois de plus, que l’on n’ait pas trouvé (peut-être pour les avoir mal cherchés), d’ossements humains fossilisés, dans cette partie de l’Indochine. Le sol, très chargé d’humus et toujours imprégné d’humidité, ne se prête guère à leur conservation ; et la coutume d’incinérer les morts semble remonter à la plus haute antiquité.
- A L’AUBE DE L’HISTOIRE
- Il y a lieu de croire que, bien des siècles avant notre ère, des relations commerciales s’établirent entre le Founan (premier nom connu du Cambodge) et l’Inde. Les marchands de ce dernier pays, voguant sur des jonques, remontaient le Mékong et achetaient aux tribus sauvages, en échange d’objets manufacturés, des défenses d’éléphants, des gommes précieuses et autres produits naturels. Il est douteux que ces négociants aient emprunté a voie de terre, qui les eût contraints de traverser les fleuves larges et torrentueux de la Birjpanie.
- Une très vieille légende, citée par M; Pelliot, dans le Bulletin de l’École Française d’Extrême-Orient, prétend nous donner l’origine du peuple lchmer. Nous la résumerons, tout en lui conservant sa note pittoresque.
- En ce temps-là, vivait aux Indes un brahmane, nommé Kaundinya, qui reçut en rêve, de son dieu favori, la promesse d’un arc divin, grâce auquel il conquerrait le Founan. Au matin, il se rendit au temple de la divinité, y trouva l’arme promise et, réunissant quelques compagnons, mit à la voile.
- Régnait alors sur le Founan la jeune et belle Liéou-yé. Quand elle vit s’approcher la jonque, elle vogua à sa rencontre pour s’en emparer. Le brahmane n’eut qu’à bander son arc magique : la flèche transperça la royale pirogue et tous les soldats qu’elle transportait. Fort impressionnée (on le serait à moins !), la reine se soumit, donnant du même coup au vainqueur sa main et son royaume.
- Il régna sous le nom de Houen-tien. Sa première réforme fut d’apprendre à la reine à se vêtir d’une pièce d’étoffe. Venant de si haut, l’exemple fut suivi par toutes les femmes. Mais les hommes continuèrent à vivre nus, sans autres parures que leurs tatouages.
- La dynastie fondée par le pudibond brahmane semble n’avoir duré que deux ou trois siècles. Sa fin nous rapproche de la période historique, car nous allons désormais bénéficier des annales chinoises.
- C’est par elles que nous apprenons le glorieux règne d’un usurpateur, nommé Fan-man, qui, prenant le titre de « Grand Roi du Founan », le justifia en partant en guerre contre les peuples voisins. Après les avoir soumis, il construisit toute une flotte de grandes jonques et,
- « parcourant les mers immenses, attaqua successivement plus de dix royaumes ». Tous le reconnurent comme leur suzerain. D’après certains commentateurs modernes, Java et Sumatra (peut-être aussi la presqu’île de Malacca)
- furent au nombre de ces vassaux des ancêtres des Cambodgiens.
- PREMIÈRES RELATIONS AVEC LA CHINE
- Grâce aux annales de l’Empire Céleste, nous possédons le premier document historique concernant les Khmers. Ce fut sous le règne de Fan-tchan, le successeur direct du roi-conquérant, que le royaume envoya (vers l’an 222) une ambassade à l’Empereur de Chine; elle avait pour chef un prince indien — précision qui nous révèle qu’une immigration indienne, d’essence aristocratique, continuait au Founan.
- Trois ou quatre ans plus tard, les Célestes rendent la politesse à leurs voisins : une ambassade vient visiter le Founan. Ses rapports nous renseignent sur l’état du puissant royaume, dont les habitants payent leurs impôts « en or, en argent, en perles fines, en parfums précieux ». Pour commercer avec la Chine, ils disposent de nombreuses marchandises de grande valeur : or, argent, cuivre, étain, ivoire, parfums, plumes de paons, de martins-pêcheurs et de perroquets.
- Mais, au milieu de ces richesses naturelles, les habitants gardent leurs mœurs primitives. Si les femmes ont appris à couvrir leur nudité, les hommes ignorent encore le port de tout vêtement. Les ambassadeurs chinois s’en montrent choqués, et démontrent au roi régnant (Fan-Sioun), que « ce n’est pas convenable, et que ses sujets ressemblent ainsi à des bêtes ». Se rendant à ces raisons, le souverain ordonne que tous les hommes s’enroulent désormais une pièce d’étoffe autour du corps. Ce fut l’origine du sampot, que les Cambodgiens portent encore de nos jours.
- Dès lors, les annales célestes vont mentionner fréquemment le Founan. (Il est bon de rappeler que ce royaume comprenait, outre le Cambodge actuel, toute la Cochin-chine.) Elles nous laissent entendre qu’il traversa une longue période de guerres civiles, car nous apprenons que, vers la fin du ive siècle, il fut conquis à nouveau par un brahmane venu de l’Inde et qui portait le même nom que son lointain prédécesseur : Kaundinya.
- L’INFLUENCE DE L’INDE
- Autant que nous puissions en juger par les annales chinoises, cette conquête ne fut pas faite brutalement; on croit même comprendre que Kaundinya était un prince du Founan, exilé aux Indes, et qu’il fut rappelé par l’aristocratie du royaume. Nous savons, d’une façon plus précise, qu’il opéra une véritable révolution dans les mœurs, qu’il introduisit le brahmanisme et nombre de coutumes hindoues —; ce qui nous amène à conclure que l’hindouïsation du Founan avait fait peu de progrès avant son règne.
- Il apprit à ses sujets à remplacer les puits par des citernes et à fabriquer des statues de cuivre, représentant des divinités brahmaniques. Peut-être imposa-t-il le sanscrit comme langue officielle; car ce fut à partir de son règne que les souverains du Founan ajoutèrent à leur nom un mot emprunté à cette langue : çarman,
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- qui signifie à la fois bouclier, puissance et protection. Le passage consacré par les annales célestes à l’un des
- (les Chams, ses voisins orientaux), et, chargeant une ambassade d’aller implorer les secours armés de l’Empe-
- successeurs de ce roi, Jayavarman, xlous montre, en l’an 484, l’évolution du Fournir!, et aussi le péril qui menace ses destinées. Le roi est en guerre avec le Champa
- Fig. 2. — Types de Cambodgiens.
- 1. Porteurs; 2. Jeunes femmes et fillettes;
- 3. Un haut fonctionnaire; 4. Danseuses (type du peuple); 5. Bonzes.
- (Pli. Gouvernement général de l’Indochine.)
- reur de Chine, il lui envoie des présents, que l’annaliste énumère : une image en or ciselé du trône du Roi des Dragons; un éléphant de santal blanc; deux ex-voto en ivoire; deux pièces de cotonnade; deux grands vases, de verre; un grand plateau en écaille.
- Ces missions en Chine se renouvellent sous le règne suivant. En 539, Rudravarman offre à l’empereur « un cheveu de Bouddha, long de douze pieds ». Le souverain s’empresse d’expédier une ambassade, dirigée par un fameux bonze, pour rapporter la précieuse relique.
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- Fig. 3. — Indigène du Haut-Cambodge, de type négroïde.
- LE CAMBODGE REMPLACE LE FOUNAN
- Après la mort de Rudravarman, ses grands vassaux refusèrent de payer tribut à son successeur et prirent les armes. L’un d’eux, qui régnait sur le Kambudja (c’est la première fois que ce terme est mentionné), pays situé dans la région de Sambor, descendit le Mékong avec une armée et marcha sur Vyadhapura, la capitale du roi de Founan, qui prit la fuite. Le roi.de Kambudja se proclama souverain du Founan, en prenant le nom de Bhavavarman, événement que l’on peut considérer comme le premier chapitre de l’histoire du Cambodge.
- Les plus anciennes inscriptions découvertes jusqu’ici dans ce pays datent du règne de ce grand roi, règne qui remplit une partie du vie siècle. Elles célèbrent ses exploits, ses conquêtes, ses richesses, chantent les guerres heureuses qu’il entreprit « pour vaincre les rois de la montagne jusqu’aux, sommets de leurs pics ».
- Son frère, qui lui succéda, puis le fds de ce dernier étendirent encore les limites du royaume. Une ambassade chinoise, qui visita la cour de ce roi, nommé Içana-varman, en 616, nous a légué le récit d’une audience royale :
- « Le roi avait un costume splendide, couleur de pourpre, à broderies représentant des fleurs, et qui tombait jusqu’à ses pieds. Aux oreilles, il portait, comme une femme, une paire de lourds et volumineux pendants en or. Sa tête était couronnée d’une tiare pointue, chargée d’or, de perles et de pierres précieuses... Il était assis sur un lit fait de cinq espèces de bois odoriférants, qu’ornaient toutes sortes de pierreries et de métaux précieux. Au-dessus du lit s’élevait un pavillon tendu de magnifiques étoffes, et dont les colonnes étaient en bois précieux; des fleurs d’or en parsemaient les parois d’ivoire. L’en-
- semble de ce lit et de ce pavillon formait comme un petit palais, au fond duquel était suspendu un disque à rayons d’or, en forme de flammes. Devant le lit, deux hommes faisaient brûler des parfums dans des brûle-parfums en or... »
- Les inscriptions relatives aux deux règnes suivants nous signalent que les Cambodgiens commencent à négliger le brahmanisme au profit du bouddhisme. Une ère d’anarchie s’ouvre avec le vin8 siècle, quand le Cambodge se partage en deux royaumes indépendants. L’unité nationale est rétablie vers 750 par Rajendra-varman ; mais des inscriptions nous apprennent que le royaume fut alors ravagé « par des hommes noirs et maigres, venus de Java sur des navires >»...Relatant cette invasion, les écrivains arabes parlent du Cambodge comme du « royaume de Komar ou K’mar », soit le pays des Khmers.
- LES CONSTRUCTEURS D’ANGKOR
- Cinquante ans après ces événements, soit en 802, un prince de sang royal secoua le joug des Javanais et se fit proclamer roi sous le nom de Jayavarman IL Abandonnant sa capitale, Sambhupura (Sambor), trop exposée aux incursions des pirates malais, il décida d'en construire une nouvelle au nord des grands lacs
- Fig. 4. — Vue d’ensemble d’Angkor-Va avec sa chaussée centrale.
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- cambodgiens, en cette région d’Angkor qui allait se couvrir de monuments superbes. Prali-Khan, la ville qu’il édifia, dresse encore, tout près d’Angkor-Thom, la majesté de ses ruines.
- C’est là, pour l’art Khmer, le début de la période dite classique; mais nous pouvons adresser ce reproche aux archéologues qu’ils passent sous silence les anciennes capitales de ce peuple : Vyadhapura et Sambhupura. On aimerait à connaître les premiers stades de cet art, qui eut certainement une période archaïque.
- Ce début des splendeurs d’Angkor coïncide avec celui d’une longue suite de guerres civiles, compliquée d’une lutte interminable contre les Chams. Cette incessante agitation n’empêche pas les rois cambodgiens de donner libre cours à leurs penchants de grands bâtisseurs ; au contraire, elle les favorise, les combats heureux et les
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- cambodgienne; nombreux sont les enthousiastes qui le donnent comme l’un des plus beaux monuments du monde.
- Ainsi, de siècle en siècle, la plaine d’Angkor (corruption du mot sanscrit Nagara, qui signifie capitale), s’enrichit de nouveaux bâtiments : forteresses, temples, palais, hôpitaux, que les architectes laissent inachevés, ce qui fut le cas pour nos cathédrales du moyen ÛgC'
- Des inscriptions, déchiffrées par nos savants de l’Ecole française d’Extrême-Orient, ont permis de fixer l’âge de la plupart des édifices ; et nous savons ainsi que la célèbre pagode, connue sous le nom d’Angkor-Vat, fut élevée par Suryavarman II, dont le règne débuta en 1112.
- Mais le temps approche où toutes ces splendeurs seront reconquises par la jungle tropicale...
- Fig. 5. — Angkor-Vai et son fossé plein d’eau.
- incursions victorieuses fournissant aux monarques ces hordes de captifs, indispensables à la construction des gigantesques monuments qui glorifieront leur règne.
- Parfois, la fondation d’une ville nouvelle peut invoquer une cause utilitaire. C’est le cas d’Angkor-Thom, dont le premier nom sanscrit fut Yaçodharapura. Le roi qui régnait vers la fin du ixe siècle, Yaçovarman, avait eu tant de rébellions à réprimer qu’il décida de construire une énorme citadelle, que murs et fossés rendraient imprenable. Avec son enceinte dont le développement dépasse douze kilomètres, Angkor-Thom reléguait au rang de bourgades les plus grandes capitales dont l’Europe s’enorgueillissait, à la même époque. Rappelons que c’est au centre de l’immense quadrilatère que se dresse le temple du Bayon, que les archéologues et les artistes considèrent comme le chef-d’œuvre de l’architecture
- UN « REPORTAGE » AU XIIIe SIÈCLE
- Les innombrables bas-reliefs qui couvrent les murs des palais et des temples d’Angkor nous révèlent maints détails intéressants sur la vie des Khmers; mais ils ne valent pas les informations recueillies, en 1296, par un voyageur chinois, Tchéou-ta-kouan, qui séjourna au Cambodge, et dont le récit a été traduit par M. Pelliot.
- Sa description de la capitale nous la présente comme une ville somptueuse. Au centre, se dresse une tour d’or, entourée de plus de vingt tours de pierre. Du côté de l’est, un pont d’or est décoré de quatre lions du même métal et huit bouddhas d’or complètent le prestigieux ensemble. A 400 m de la tour d’or, une tour de cuivre, beaucoup plus haute, attire les regards. Une seconde tour d’or dominé le palais du roi.
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- Malgré ce gaspillage du métal précieux qui, observe le voyageur, a donné au Cambodge la réputation d’un pays riche et puissant, le Céleste traite dédaigneusement les habitants de barbares ou de sauvages :
- « Ils ont tous le teint très noir. Il faut arriver jusqu’aux personnes du palais et aux femmes des familles riches pour en trouver qui aient la peau blanche comme du jade, ce qui doit venir de ce qu’elles ne s’exposent jamais aux rayons du soleil. »
- Il note que tous les Cambodgiens, les hommes comme les femmes, et le roi y compris, marchent pieds nus. Le monarque se teint en rouge la paume des mains et la
- Fig. 6. — Danseuses cambodgiennes dans les ruines d’Angkor-Vat.
- plante des pieds, exemple que ne peuvent suivre que les femmes de qualité. Le costume se réduit à une bande d’étoffe entourant les reins; les femmes laissent leur poitrine à découvert. Les mœurs sont dissolues; le mariage est, pour ainsi dire, inexistant.
- Parmi tant d’autres descriptions, voici celle (sous une forme que nous abrégeons) que le voyageur consacre aux sorties du roi :
- « En tête viennent des cavaliers, des porteurs d’étendards et de bannières, des musiciens. On voit s’avancer ensuite de quatre à cinq cents filles du palais en étoffes à ramages, des fleurs dans les cheveux, tenant à la main de grands cierges, allumés même en plein jour. Une
- deuxième troupe de filles du palais porte toute la série des ornements royaux d’or et d’argent. Puis, on voit défiler d’autres femmes, armées de lances et de boucliers : c’est la garde privée du roi.
- « Derrière, suivent les voitures à chèvres et les voitures à chevaux, toutes ornées de ciselures d’or. Les ministres et les princes sont montés sur des éléphants; leurs parasols rouges sont innombrables. Après eux, arrivent les épouses et concubines du roi, en palanquin, en voiture ou à éléphant ; elles ont certainement plus de cent parasols, garnis d’or.
- « Puis, c’est le monarque lui-même qui s’avance, debout sur un éléphant dont les défenses sont cerclées d’or. Autour de lui, plus de vingt parasols en or sont portés par des serviteurs. De nombreux éléphants et des cavaliers se pressent encore autour de lui, pour le protéger contre tout attentat... »
- Cette description nous fournit des indices non seulement sur la vie fastueuse des rois cambodgiens, mais sur l’importance numérique de la population d’Angkor-Thom. A la suite de ce tableau, quelques lignes valent la peine d’être retenues, car elles nous éclairent sur l’un des derniers chapitres de l’histoire des Khmers :
- « Il y a, au Cambodge, des êtres qui sont regardés comme tout à fait au-dessous des autres hommes : ce sont les esclaves, pauvres sauvages que les Cambodgiens vont chasser dans les montagnes et dans les forêts, pour les vendre dans les villes comme serviteurs.
- Ceux qui en ont beaucoup en possèdent plus de cent; ceux qui en ont peu en comptent de dix à vingt; seuls, les gens très pauvres n’ont pas d’esclaves... »
- L’ABANDON D’ANGKOR
- A partir de cette époque (fin du xijie siècle), où le voyageur chinois visita le Cambodge, l’histoire de ce pays devient brusquement obscure; les inscriptions se font rares; les noms des rois ne sont plus mentionnés.
- Mais nous savons que, déjà affaibli par ses luttes séculaires avec les Chams, ses voisins à l’est, il lui faut faire face, à l’ouest, à de nouveaux ennemis : les Thaïs ou Siamois.
- Cette race, qui émerge à peine de la barbarie, a conservé au plus haut degré ses vertus guerrières ; les richesses de ses voisins la tentent. Ses incursions au Cambodge se font de plus en plus fréquentes. Finit-elle par s’emparer d’Angkor, ou les habitants de cette magnifique ville l’abandonnèrent-ils à l’approche d’une armée victorieuse? Un fait est certain : la capitale fut désertée; et c’est tout ce que l’on sait. A quelle époque eut lieu l’exode ? Sans apporter des preuves authentiques, les différents auteurs parlent du début du xive siècle, ou des années qui suivirent 1350, ou même de la seconde moitié du xve siècle. Si l’on accepte cette dernière supposition,
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- l’abandon aurait pris place sous le règne de Ponlia Yat (de 1415 à 1467), monarque qui fonda une nouvelle capitale à Chado-muk, sur les « Quatre Bras » du Mékong, là où se dresse actuellement Phnom-Penh.
- Une autre question se pose : qui endommagea ou détruisit tant de monuments, à Ang-kor ? L’envahissement de la jungle n’explique que des cas particuliers, alors qu’il est amplement démontré que beaucoup de ces destructions prirent place à l’époque de la désertion. Peut-on les attribuer aux Thaïs vainqueurs, qui auraient voulu ajouter à l’humiliation des vaincus en effaçant les souvenirs matériels de leur art et de leur puissance ?
- Une hypothèse plus plausible veut que ces destructions systématiques aient été l’œuvre des milliers d’esclaves dont le voyageur chinois nous a signalé l’existence. La vue de ces monuments, qu’ils avaient construits sous le fouet, leur rappelait toute une vie de misère et de souffrance; on conçoit qu’ils aient éprouvé une satisfaction en renversant ces murailles ou en mutilant statues et bas-reliefs. Ils ne s’offrirent cette
- Fig. 8. — Une porte monumentale à Angkor-Thom.
- qu’après la fuite du roi et des classes aristocratiques.
- Quoi qu’il en soit, nous savons que la civilisation des Khmers jeta encore quelques flammes. Au prix d’une guerre de trois ans (1473 à 1476), ils se libérèrent du joug siamois. Avec Ang-Chan, mort en 1555, ils eurent un roi glorieux, qui battit plusieurs fois les Thaïs et construisit successivement deux nouvelles capitales. Babaur, puis Lovek. Son fils, Barom Racha, marcha brillamment sur ses traces, envahit plusieurs fois le Siam, en ramena 70 000 captifs. Mais, sous le règne suivant, les Siamois reprirent l’avantage, s’emparèrent de Lovek, démembrèrent le royaume. Et ce fut (1587) l’irrémédiable défaite des Khmers, dont le domaine allait être rongé tant par les Siamois que par les Annamites.
- A partir de la fin du xvne siècle, le démembrement prit une allure accélérée. Quand la France intervint en 1863, le nom même du Cambodge, réduit au rang d’un tout petit Etat que pillaient et tyrannisaient sans vergogne Siamois et Annamites, allait disparaître de la carte. Mais notre protectorat, proclamé en 1867, ne devait rendre que 40 ans plus tard, en 1907, au malheureux royaume, une partie de ses anciennes frontières : grâce au traité que la France passait avec le Siam, le roi Sisowath récupérait les belles provinces de Siemréap, de Battambang et de Sisophon. Angkor et ses inestimables richesses, arrachées enfin à l’étreinte de la jungle, pourraient bientôt révéler au monde l’éclat de leur beauté.
- Patiemment, méthodiquement, les archéologues formés par l’École française d’Extrême-Orient (institution qui mériterait d’être mieux connue du grand public), se sont attelés à la solution des nombreux problèmes qui s’attachent à ces ruines. Ils leur ont ravi déjà plusieurs de leurs secrets. Grâce aux travaux de ces savants, nous savons où et par quels procédés les forcenés bâtis-
- Fig. 7. — Le Baijon, dans Angkor-Thom.
- vengeance
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- brutalement arrachés à leurs montagnes, devaient même s’élever, sans trop de peine, au rang de tailleurs de pierres.
- Mais qui exécuta ces dentelures qui couvrent, de la base à la corniche, toutes les murailles de ces gigantesques monuments ? qui les orna de kilomètres de bas-reliefs dont la facture nous stupéfie ? qui sculpta ces dizaines de milliers de statues qui sont l’une des grâces et l’une des gloires de ces majestueuses ruines ? Faut-il imaginer, en guise de réponse, que ces rois Khmers entretenaient à leur cour de véritables armées d’artistes, ou doit-on supposer qu’ils les faisaient venir de l’Inde et les y renvoyaient après l’achèvement de leur tâche ?
- Problème dont la solution nous ferait avancer d’un
- Fig. 9. — La statue du roi lépreux à Angkor-Thom.
- seurs que furent les rois Khmers de la période classique se procurèrent l’énorme cube de matériaux que consommèrent villes, temples et châteaux forts ; nous n’ignorons plus comment ils transportèrent les blocs de grès, des carrières aux chantiers, séparés par des dizaines de lieues ; la technique de leurs architectes nous est devenue familière; nous en saisissons les habiletés et les défauts.
- Mais il est un point qui, défiant calculs et recherches, demeure obscur.
- Ces monarques guerriers n’étaient pas en peine de fournir de la main-d’œuvre à leurs architectes : quand ils manquaient d’ouvriers, ils en prenaient chez les peuplades sauvages, réservoirs d’esclaves où les Cambodgiens puisèrent jusqu’en 1884, quand le traité que la France passa avec le roi Norodom supprima l’esclavage et interdit la traite des Mois. On peut donc s’expliquer comment une ville aussi grande qu’Angkor-Thom put être édifiée en moins de quinze ans: les captifs, qui se comptaient par centaines de milliers, pouvaient être facilement transformés en manœuvres, sous la direction d’ingénieurs et de contremaîtres expérimentés ; les moins stupides de ces malheureux,
- Fig. 10.
- Le musée des Arts Cambodgiens (Fondation A. Sarraut), à Phnom-Pen. (Ph. Société photocinématographique d’Indochine.)
- grand pas dans l’histoire, encore si obscure, de la race à qui nous devons Angkor et ses beautés.
- Victor Forbin.
- = L’ACCELERATION DE LA PESANTEUR =
- L’UTILITÉ PRATIQUE DE SA MESURE
- ET SA DÉTERMINATION RAPIDE PAR LE NOUVEAU PENDULE HOLWECK-LEJAY
- LA PESANTEUR ET SES VARIATIONS '1)
- Si la Terre était une sphère parfaite, formée de couches homogènes concentriques, si de plus elle était dépourvue
- 1. Voir La Nature, n° 2623 (12 juillet 1924). Ii. Vigneron. L’élude de la pesanteur, p. 24-29, pour la théorie et l’historique de la question.
- de tout mouvement de rotation sur elle-même, la pesanteur demeurerait constante en chaque point de sa surface et se trouverait toujours dirigée vers son centre. Mais les astronomes, les physiciens et les géologues nous apprennent qu’une telle conception répond très vaguement à la réalité. La direction et la grandeur de cette
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- force attractive éprouvent, en effet, des variations, qui fournissent d’utiles renseignements sur la structure de notre globe. Le pendule décèle aisément ces particularités, car les mesures précises de sa longueur et de ses périodes permettent d’évaluer Vaccélération de la pesanteur à l’endroit où oscille l’appareil, autrement dit la force g avec laquelle notre jfianète attire la masse d’un gramme.
- Or les variations de g d’un point à un autre de la surface terrestre sont les unes systématiques, les autres locales et accidentelles. Robert Helmert a traduit les premières par une formule indiquant que la pesanteur croît de l’équateur au pôle proportionnellement au carré des sinus de la latitude. L’aplatissement de notre « boule ronde » aux extrémités polaires et la force centrifuge due à sa rotation diurne suffisent à expliquer ces anomalies aujourd’hui bien connues.
- Par contre, les variations du second genre offrent beaucoup moins de régularité et elles nous réservent encore plus d’une surprise. Certaines d’entre elles tiennent aux irrégularités superficielles de la croûte terrestre, à la présence des collines ou des montagnes, mais d’autres perturbations plus mystérieuses doivent leur origine à des cavités inconnues ou à des gisements minéraux d’une densité supérieure à celle des couches les environnant. Aussi, lorsque l’on constate une diminution
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- locale de g, on pourra en déduire la présence probable soit d’un vide souterrain, soit de couches profondes légères, soit de roches poreuses renfermant, par exemple, du pétrole ou du gaz naturel. Au contraire, quand la pesanteur augmente brusquement d’intensité, cet accroissement anormal de l’accélération laissera supposer l’existence de gîtes métalliques ou d’autres matières denses. Toutefois, les variations de la pesanteur ainsi constatées sont extrêmement faibles, de l’ordre du cent millième au plus et souvent du millionième ; leur mesure exige donc des appareils de haute sensibilité.
- LA MESURE DES VARIATIONS DE LA PESANTEUR LA BALANCE DE CAVENDISH
- Depuis longtemps déjà, de nombreux savants se sont attaqués à cet ardu problème dont les lois de l’attraction universelle découvertes par Kepler, Newton et leurs successeurs permettent de préciser les conditions théoriques. Dès 1798, en effet, Cavendish imagina la première balance à peser les Mondes, selon l’expression imagée de Joseph Bertrand. Elle se composait essentiellement d’un fléau très léger et très long, suspendu au bout d’un fil de torsion extrêmement fin, et portant à chacune de ses extrémités une boule de plomb de 5 cm de diamètre. D’autre part, deux autres sphères métalliques, beaucoup plus grosses, étaient accrochées à un support tour-
- Fig. 1 (à gauche). — Pendule élastique Holweck-Lejatj monté sur son support et enfermé dans son enveloppe métallique de protection.
- (A droite : l’appareil microscopique de visée. En avant : le niveau disposé horizontalement.)
- Fig. 2 (à droite).— Le pendule IIolwcck-Lejag retiré de son enveloppe de protection. (L’appareil est enfermé dans une cage étanche en verre.)
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- nant, placé au-dessus de la caisse en bois, abritant l’ensemble du dispositif précédent et pouvant se manœuvrer de l’intérieur. En outre, deux lunettes, sises à proximité, permettaient de lire la position des extrémités du levier de la balance. Une fois les lectures effectuées, on déplaçait les grosses sphères et on passait d’une première position d’attraction exercée sur le levier à une seconde, puis l’on faisait de nouvelles mesures. Ayant observé la déviation, et connaissant le coefficient de torsion du fil, l’opérateur avait toutes les données nécessaires au calcul de l’attraction entre les grandes et les petites sphères.
- Si le sol au-dessus duquel il opérait, était parfaitement homogène, le champ de la pesanteur restant uniforme, les petites masses métalliques se trouvaient soumises à des efforts d’attraction égaux et parallèles.
- Le fléau demeurait donc immobile, tandis que si le sous-sol renfermait une substance de densité différente de celle des terrains environnants, la direction de la pesanteur variait même dans l’espace restreint occupé par la balance. Alors, les deux boules, se trouvant sollicitées par des forces d’intensité et de directions différentes, faisaient dévier le fléau jusqu’à une certaine position dans laquelle le couple de torsion du fil de suspension le maintenait en équilibre. Le calcul indique qu’en effectuant trois observations, dans trois azimuths différents, on peut déterminer approximativement les variations de l’intensité de la pesanteur à l’endroit considéré.
- Malheureusement, si le principe de la méthode était simple, la balance de Cavendish ne possédait pas, sous sa forme primitive, une sensibilité assez grande, vu la petitesse des effets à mesurer. Aussi, au cours du xixe siècle, divers expérimentateurs, entre autres Reich (1837-52), Baily (1841), Cornu et Baille (1872-73), C. V. Boys (1889), Poynting (1892), Cari Braun (1892-94) et surtout le baron Eotvos (1900) s’efforcèrent de serrer la vérité de plus près, soit avec des balances de torsion extrêmement sensibles, soit à l’aide de balances de haute précision à fléaux horizontaux ou verticaux. De son côté, le général
- Defforges, au moyen d’un pendule, aussi compliqué que délicat, obtint certaines mesures de g exactes à un millionième près.
- LE PENDULE DE TORSION DU Dr HEYL
- En 1925, le Dr Paul R. Heyl se décida à reprendre la question afin d’éliminer autant que possible les causes d’erreurs expérimentales signalées dans les travaux de plusieurs de ses devanciers. Son dispositif rappelle, du reste, les balances de Boys et du Jésuite bohémien Cari Braun. Son pendule de torsion se compose d’une légère tige d’aluminium, suspendue en son centre par un très mince filament de tungstène et portant à chacune de ses extrémités une petite boule d’or. L’ensemble du système oscillant est enfermé dans une cloche de verre où l’on fait un vide très parfait, afin d’empêcher les courants d’air pendant les pesées. Au dehors de ce vase hermétiquement clos, se trouvent deux cylindres d’acier rattachés chacun par trois bras métalliques rigides aux extrémités du fléau de la balance. On peut approcher ou éloigner ces masses attirantes de la petite balle d’or et calculer, d’après les oscillations du pendule de torsion, les forces attractives correspondantes. Un petit miroir, attaché au fil de suspension, réfléchit les rayons d’une lampe électrique sur une échelle divisée sise à quelque distance de la cloche et facilite les mesures. M. Paul R. Heyl installa son délicat appareil dans une cave située à 35 pieds (10,66 m) au-dessous du sol, afin d’éviter les perturbations extérieures. Son pendule de torsion est, en effet, d’une sensibilité extrême ; la présence d’une personne l’influence à 10 m.
- LE PENDULE ÉLASTIQUE HOLWECK-LEJAY
- On le voit, jusqu’à ces derniers temps, les « machines à peser l’Univers » ne se maniaient pas comme les balances de l’épicier ou du boucher du coin.
- A l’inverse de ses devanciers, le nouveau pendule élastique de MM. Holweck et Lejay (fig. 1) n’exige pas un camion pour son transport, ni une équipe de géodésiens pour son emploi. On emballe ce petit, mais robuste « bijou » de mécanique avec ses accessoires, dans deux mallettes d’un poids total de 11 kg, et on l’emporte, sans précautions spéciales, dans une caisse d’auto. Une fois arrivé sur le terrain, on déballe l’instrument qu’on place sur son trépied et une demi-heure suffit pour exécuter une mesure de g avec une rare précision (2.10-J près), alors que, pour effectuer une opération analogue, il fallait auparavant quelques jours et des milliers de francs.
- Le modèle 1931 du pendule élastique se compose, en principe, d’une tige verticale de quartz fondu, longue de 10 cm environ, solidement encastrée, à sa partie inférieure, dans une monture en élinvar, dont une partie forme ressort. Cet alliage métallique, de 72 pour 100 de fer et de 28 pour 100 de nickel, fut étudié par M. Guillaume, directeur du Bureau international des Poids et Mesures ; il possède, comme on le sait, un module d’élasticité indépendant de la température, tandis que le quartz fut choisi en l’occurrence par MM. Holweck et Lejay à cause de sa très faible dilatation : la tige de leur pendule ne s’allonge pas, en effet, d’un millième de millimètre pour
- du pendule
- Fig. 3.
- Schéma au pendule Holweck-Lejay.
- 1. Base tubulaire. 2. Récipient étanche en verre. 3. Membrane élastique. 4. Timonerie et butée. 5. Vis de référence.
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- une variation de température de 30 degrés. D’autre part, afin d’assurer la permanence des oscillations durant au moins un quart d’heure, temps reconnu nécessaire pour mesurer, d’une façon précise, la durée de chacune d’elles, tout le système pendulaire se trouve enfermé dans une ampoule étanche en verre où l’on a fait un vide élevé.
- Complétons maintenant cette description générale en détaillant certains organes du mécanisme précédent (fig. 2 et schémas 3 et 4).
- La cage portant le pendule se visse à l’intérieur d’une base tubulaire en ferrochrome (1), soudée par son extrémité supérieure au récipient en verre (2) et munie à son autre bout d’une membrane élastique (3) analogue à celle qu’on emploie pour la construction des baromètres anéroïdes. Cette cloison métallique et souple sert à bloquer l’instrument pendant le transport, au moyen d’une timonerie entraînant une butée mobile (4). A l’extérieur du tube en ferrochrome se fixe, d’autre part, une base circulaire en laiton sur laquelle se trouvent trois vis de référence (5) destinées à faciliter le réglage et le démontage du pendule. En outre, un couvercle métallique recouvre complètement l’ampoule en verre, afin de la protéger et d’assurer l’uniformité thermique dans son intérieur. Un thermomètre indique la température du bloc dans lequel la lame d’élinvar se trouve fixée. L’observateur vise les oscillations du pendule à l’aide de deux prismes à réflexion totale (6, 7) et d’un objectif (8). Ce système optique (fig. 4) placé à l’intérieur de l’ampoule et lié d’une façon rigide à la cage du pendule, détermine la formation de l’image du fil repère qui termine le pendule sur la face gravée de l’un des prismes (7), image qu’on examine au moyen d’un microscope coudé (9) installé sur le support de l’appareil. Ce support est lui-même formé d’une platine en laiton munie de cinq plots en acier dont trois servent d’appui aux vis de référence et deux au niveau, qui repère le plan d’oscillation. Enfin, le réglage de la position du support se fait d’abord au moyen de trois vis calantes à pas fin, puis avec une pompe à ressort de Michelson déformant légèrement la platine on amène le fil terminant le pendule devant la division origine du micromètre.
- Quand on veut opérer sur le terrain (fig. 5), on commence par poser l’instrument sur un trépied métallique amarré, par de solides rotules, à trois grands piquets d’acier qui s’enfoncent dans le sol. Pour le voyage, on démonte l’ensemble du système et on met le pendule dans un sac de photographie à l’intérieur duquel il se trouve suspendu par des caoutchoucs. Arrivé à pied d’œuvre, on mesure, au moyen d’une simple montre à aiguilles dédoublantes rattrapantes, le temps que met le pendule pour effectuer 300 oscillations. On pointe, par exemple, les dix premières et les dix dernières d’entre elles, on note également la température, lue sur le thermomètre interne, au début et à la fin de la séance, ce qui exige environ un quart d’heure. Nécessairement, il a fallu étalonner au préalable l’appareil dans des stations où l’accélération de la pesanteur avait été déterminée auparavant et en portant le temps, réduit à la température normale sur un graphique, on obtient la valeur de g à l’endroit où l’on se trouve.
- D’après les observations faites au cours d’une campagne d’essais (août-septembre 1931),
- M. Holweck a pu constater que son nouveau pendule élastique est cent fois plus sensible aux variations de la pesanteur que les pendules ordinaires. Avec cet ingénieux appareil, il suffira donc de mesurer la période d’oscillations avec cent fois moins de précision qu’avec le pendule ordinaire, ce qui se fait très rapidement, comme nous l’avons noté plus haut, alors que les géodésiens mettaient plusieurs jours pour effectuer une mesure semblable avec leurs anciens appareils, d’une égale précision, mais
- Fig. 5. — Observation sur le terrain au moyen du pendule Holweck-Lejay.
- L’appareil est placé sur un trépied spécial et l’observateur mesure, au moyen d’un chronomètre, le temps mis par le pendule à effectuer un certain nombre d’oscillations qu’il vise à l’aide de l’appareil microscopique.
- Fig. 4. — Schéma du système de visée des oscillations du pendule.
- 6-7 prismes à réflexion totale;
- 8 objectif; 9 microscope coudé.
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- très coûteux et d’un maniement beaucoup moins aisé.
- Avant la réalisation du nouveau pendule élastique Iiolweck-Lejay, qui rendra plus facile à l’avenir la prospection souterraine, on avait, d’ailleurs, employé avec succès cette méthode. Indépendamment des auteurs cités au début de notre article, relatons quelques résultats pratiques obtenus récemment. Zollner avec son pëlidule horizontal put apprécier le millième d’arc. Hecker établit une balance de torsion non moins remarquable à l’Institut géodésique de Potsdam (Allemagne). La sensibilité de cet instrument était telle qu’un observateur placé à 5 m produisait une déviation rien qu’en reportant le poids de son corps d’un pied sur l’autre, ce qui modifiait l’équilibre du sol. En Russie, dans la région de
- Koursk, ori a déterminé, par des moyens analogues, la configuration d’un puissant gisement de fer sur une longueur de 250 kilomètres et les forages effectués ultérieurement ont montré l’exactitude des prévisions pendulaires. En Alsace et aux Etats-Unis, plusieurs ingénieurs ont aussi appliqué le même mode de prospection à la recherche du sel gemme, plus léger que la moyenne des couches terrestres. Enfin, tout dernièrement, des mesures de g ont permis à 1’ « Anglo-Persian Oil Company » de repérer les stratifications dans les zones pétrolifères de la Mésopotamie et elle a réalisé ainsi de grandes économies pour le forage de ses puits.
- Jacques Boyer.
- DETERMINATION DE LA VALEUR BOULANGERE
- DES BLÉS
- L’EXTENSIMÈTRE CHOPIN
- Le froment joue un rôle très important dans l’alimentation humaine. 11 le doit à la propriété que présente sa farine de donner, par la panification, une mie divisée, aisément assimilable par l’organisme, et d’une excellente valeur nutritive. Les différentes variétés de blé possèdent à des degrés très différents la faculté de donner un pain léger et savoureux; dë là résultent principalement les inégalités parfois notables que l’on relève dans la qualité des pains.
- .Comment peut-on définir la valeur boulangère d’un blé ou d’une farine ? On doit à cet égard distinguer le point de vue du consommateur et celui du boulanger. Le consommateur réclame un pain bien développé, de bélle apparence, d’odeur et de saveur agréables, présen-
- Fig. 1. — Le pétrin à température fixe pour confection de la pâte d'essai. En haut, à droite, un pétrin de petit modèle.
- tant une mie blanche, finement et régulièrement divisée, et d’une digestion facile. Outre ces qualités qui lui sont demandées par sa clientèle, le boulanger désire aussi que la farine soit d’une panification aisée et rapide, que la pâte présente aux différentes étapes de la fermentation une consistance permettant des manipulations commodes, que le pain retienne une certaine quantité d’eau qui le paiera de son travail.
- Ces desiderata sont d’ailleurs très variables d’une contrée à une autre. Ce sont, en effet, les qualités boulangères des blés cultivés ou importés de longue date dans un pays qui déterminent à la longue les procédés de panification et le goût du public. A Londres, par exemple, le boulanger utilise des farines extraites de blés de force importés principalement du Canada. Ces farines seraient considérées comme difficilement paniliables par les boulangers de nos campagnes qui sont accoutumés à traiter des farines de blés français beaucoup plus faibles. Les procédés de panification sont d’ailleurs très différents : dans les pays anglo-saxons, on ajoute souvent à la farine du lait et du sucre, la fermentation est due à l’addition de levure de grains, et la pâte est cuite dans des moules. En France, la pâte n’est pas soutenue pendant la cuisson, et si l’emploi de la levure, permettant un travail rapide et direct, se généralise de plus en plus, la panification au levain est encore très utilisée à la campagne.
- On voit par ce rapide exposé combieia il est nécessaire de dégager de ces techniques diverses les points essentiels, et de faire porter la détermination de la valeur boulangère sur les phénomènes principaux qui sont à la base de toute panification. La farine de froment renferme une substance douée de propriétés élastiques, appelée gluten. L’extraction du gluten obtenu par lavage d’un pâton sous un filet d’eau, et son dosage, donnent une première indication de la valeur boulangère de la farine. Cependant le gluten ne constitue qu’une partie de la farine,
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- et les matières azotées qui le forment ont une composition variable qui se 'traduit; par des propi’iétés élastiques diverses. De plus, la structure qu’il présente après lavage est bien différente de celle qu’il possède dans la pâte, de sorte qu’il est difficile, lorsqu’on n’a pas une longue expérience de ces matières, de remonter du gluten à la pâte du boulanger, seule intéressée.
- Un'procédé bien différent d’appréciation de la valeur boulangère du blé consiste dans l’essai de panification. Ce dernier s’effectue avec 2 ou 3 kg de farine, dans des conditions voisines de la technique boulangère. Chaque opération de la panification est l’objet d’une note traduisant l’estimation professionnelle du boulanger, et les résultats sont réunis suivant une règle fixée à l’avance. De nombreux facteurs interviennent dans les résultats indépendamment des qualités propres du blé, ce qui rend ces épreuves difficiles à répéter dans les mêmes conditions. Aussi doit-on chercher à codifier exactement les opérations boulangères et à remplacer dans la mesure du possible l’appréciation professionnelle par des mesures précises. Ces déterminations devraient par suite être confiées uniquement à un centre d’expérimentation pourvu d’un outillage perfectionné, et conduit par des experts entraînés de longue date à ce genre d’épreuves. Par le concours de spécialistes et le matériel important qu’il exige, par la lenteur relative de ses opérations, l’essai de panification correctement exécuté ne constitue donc pas une solution généralement applicable au problème qui nous occupe.
- Dès l’origine de mes recherches sur la valeur boulangère des blés, commencées en 1919 sur la demande de M. Yilgrain, je pensais qu’il était plus rationnel de substituer au gluten la pâte de farine étudiée dans son intégralité et dans un état très voisin de celui réalisé par le boulanger. Pendant la fermentation il y a insertion graduelle du gaz carbonique au sein de la pâte. Celle-ci qui était massive à la fin du pétrissage est transformée progressivement en membranes minces séparant d’innombrables alvéoles contiguës. Ces membranes sont ensuite solidifiées pendant la cuisson et forment la mie de pain. Cette division lamellaire de la pâte constitue évidemment le phénomène le plus caractéristique de la panification, observé dans les techniques boulangères les plus diverses. Je me proposai donc d’étudier cette propriété remarquable du froment en soufflant par un courant d’air une éprouvette de pâte de manière à reconstituer, à une échelle agrandie, l’alvéole élémentaire de la mie de pain.
- Cette manière d’aborder le problème nécessite l’étude d’une méthode définie d’obtention d’une pâte de farine, telle que celle-ci soit représentative de la farine examinée. L’extrême sensibilité des gels colloïdaux à de multiples influences a rendu assez laborieuse la mise au point de la technique opératoire, et elle a exigé l’étude séparée et méthodique des nombreux facteurs qui influent sur les résultats. Indépendamment du choix des proportions des constituants de la pâte, du mode d’extraction de la farine et de la formation de la pâte, de nombreuses conditions doivent être remplies pour que l’épreuve mécanique conduise à des chiffres comparables entre
- Fig. 2.
- Coupe de l'organe principal de l'exiensirnèlre.
- eux et fournisse une échelle de mesure. On sait le peu de consistance que présente une pâte de farine. La façon de constituer la pâte, de la découper, de former les éprouvettes doit être étudiée spécialement de telle sorte que les opérations soient cependant très faciles. C’est à cette condition que les résultats seront à peu près indépendants de l’opérateur. En particulier, il est nécessaire que l’appareil constitue lui-même son éprouvette, que la déformation ait lieu de la même manière dans tous les essais, et soit enregistrée. Enfin, la température exerce une influence sensible sur les propriétés de la pâte, et elle doit être maintenue constante par des dispositifs convenables.
- FORMATION D’UNE PATE HOMOGÈNE
- La pâte est obtenue à l’aide d’un petit pétrin entraîné mécaniquement. Ce pétrin peut être démonté de manière à faciliter l’enlèvement du fraseur de la pâte (fig. 1). Il présente cette particularité que ses parois épaisses, en fonte, renferment une résistance électrique de chauffage et des conduits susceptibles d’être traversés par un courant d’eau froide. Un thermomètre indique la température de ces parois, et il est ainsi possible d’amener la pâte à la température de 20°.
- 350 gr de farine sont versés dans le pétrin entraîné à la vitesse de 50 tours par minute, et on coule 175 cm'1 d’eau, soit 50 pour 100 du poids de la farine si celle-ci renferme 15 pour 100 d’humidité. Un tableau donne la quantité d’eau à verser d’après l’humidité de la farine, de façon que la pâte renferme au total la même quantité d’eau. Cette eau est salée, elle renferme 25 gr de sel par litre, ce qui correspond sensiblement aux conditions de la boulangerie. La durée du pétrissage est de huit minutes. Le pétrin est démonté et la pâte est réunie au fond de la cuve et extraite avec une grande palette.
- On amène ensuite graduellement la pâte à la forme d’un cylindre que l’on dépose dans un moule de forme appropriée. La pâte repose pendant 20 minutes dans une caisse maintenue au voisinage de 20°. Ce repos permet à l’eau du pétrissage de se répartir plus intimement ericofe au sein de la pâte, et accroît son homogénéité. ‘ >
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- DESCRIPTION DE L'EXTENSIMÈTRE ET MODE DE FONCTIONNEMENT
- Le cylindre de pâte permet de constituer huit pâtons successivement essayés avec l’extensimètre. La partie principale de l’appareil est représentée en coupe verticale par la figure 2. On distingue un bâti de fonte A, surmonté d’une platine de bronze B. Un volet C tourne autour d’un axe O solidaire du bâti. Il peut être rabattu parallèlement à la platine fixe B à une distance déterminée par deux cales d’épaisseur D. La platine inférieure B est percée d’un petit orifice central que peut obturer exactement un doigt d’acier E commandé extérieurement par une manette latérale. Le volet mobile porte une ouverture tronconique de large diamètre, qui peut être obturée par un tampon H de même forme. Ce tampon est représenté au-dessus de la figure ainsi que l’anneau fileté qui sert à le maintenir appuyé sur son siège. Comme le pétrin, l’extensimètre renferme une résistance électrique de chauffage Z et une circulation d’eau K.
- L’appareil est complété par un dispositif de vases communicants visible sur la figure 3 représentant l’ensemble de l’appareil et qui permet de refouler l’air sous la pâte, grâce à la manœuvre d’un flacon contenant de l’eau et relié à une allonge de verre graduée. Celle-ci est réunie à sa partie supérieure par le tube T (fig. 2) avec la chambre intérieure de l’extensimètre, laquelle communique elle-même par le tube T' avec un manomètre enregistreur Richard.
- Le cylindre de pâte, à la sortie du moule, est divisé, successivement et au fur et à mesure des besoins, en tranches parallèles au cœur desquelles on prélève à l’aide d’un emporte-pièce cylindrique les pâtons soumis à l’essai. Les deux platines de l’extensimètre étant munies de leurs tampons et légèrement huilées, on aplatit le pâton entre elles jusqu’à la rencontre des cales. En enlevant le tampon supérieur et en abaissant le doigt central,
- Fig. 3. — Photographie de l’extensimètre.
- on isole une éprouvette de pâte de 58 mm de diamètre et 2,55 mm d’épaisseur. Dans cette opération, la pâte reste constamment soutenue par la platine inférieure, de sorte que l’essai de pâtes très molles peut être fait sans que des déformations préalables provoquent des erreurs. A l’aide du flacon de manœuvre on insère sous la pâte un petit volume d’air, 10 cm:1, de manière à la décoller du plateau inférieur, et à lui donner une petite courbure initiale, d’ailleurs faible et toujours la même.
- On effectue alors les départs simultanés du tambour d’enregistrement et du courant d’air. Le gonflement de la pâte se produit : la membrane s’étend en prenant la forme d’une bulle dont le volume ne cesse de croître jusqu’à ce que se produise la rupture de la mince membrane obtenue.
- Pendant l’extension de la pâte, le manomètre trace un diagramme tel que celui représenté par la figure 4.
- La pression atteint un maximum PQ, puis la résistance de la pâte diminue, le style de l’enregistreur trace un arc d’hyperbole PM et la pression s’annule enfin suivant MN au moment de la rupture de la mince membrane.
- Huit essais sont effectués successivement en ramenant chaque fois le tambour au même point de départ. Les courbes se superposent en général d’une manière très satisfaisante, ce qui permet de tracer aussitôt le diagramme moyen. Après chaque essai, on découpe avec un emporte-pièce la membrane de pâte. Les membranes sont réunies et pesées en fin d’essai. La durée totale de l’essai, depuis le début du pétrissage jusqu’au tracé de la huitième courbe, est de 45 minutes.
- On peut se rendre compte par cet exposé de la simplicité des manipulations. Cette facilité d’exécution qui permet aux opérations de se succéder toujours dans le même ordre et dans le même temps contribue pour beaucoup à l’exactitude des mesures.
- Des essais successifs effectués le même jour sur la même farine par un opérateur exercé conduisent à des écarts moyens généralement compris entre 1 et 3 pour 100, suivant la nature des farines.
- INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS RELATIONS AVEC LA PANIFICATION
- L’interprétation boulangère des résultats obtenus avec l’extensimètre a été fixée à la suite d’un double contrôle : d’une part, les diagrammes obtenus sur les farines livrées principalement par les Grands Moulins de Paris ont été rapprochés pendant plusieurs années de l’appréciation moyenne de la clientèle ; d’autre part, j’ai comparé, au laboratoire, les résultats de I’extensi-mètre avec les panifications des farines correspondantes, effectuées dans des conditions aussi comparables qu’il est possible, et ces essais ont été répétés un grand nombre de fois, avec des farines très diverses (voir le Bulletin de la Société d’ Encouragement àV Industrie Nationale, mars 1921). Les panifications étaient faites par un boulanger expérimenté, qui était tenu à certaines règles dans le découpage et la forme des pâtes enfournées, la température et la durée de la cuisson. Celle-ci avait lieu dans un four électrique traversé par un courant de vapeur surchauffée, de manière à régulariser la formation de la croûte. Le
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- volume des pains était mesuré en déplaçant de petites graines rondes. Les résultats ont été groupés sur des graphiques permettant d’apercevoir des relations générales malgré les causes d’incertitude qui subsistent dans les essais de panification. Nous rapprocherons immédiatement ces résultats du diagramme de l’extensimètre, afin d’en donner la signification boulangère.
- TÉNACITÉ DE LA PATE P
- Elle est mesurée en millimètres d’eau par la pression maximum PQ du diagramme (fig. 4) et désignée par la lettre P. Des observations répétées ont montré que la quantité d’eau que coule le boulanger dans la farine croît avec P. Cette constatation s’explique facilement, car les pâtes essayées à l’extensimètre renferment toutes la même quantité d’eau. Avec une pâte de grande ténacité le boulanger sera conduit à mettre plus d’eau que de coutume pour arriver à une consistance déterminée.
- INDICE DE GONFLEMENT G
- Le volume spécifique du pain, ou encore la légèreté de la mie, dépend bien, comme nous l’avons dit au début de cet exposé, de l’aptitude de la pâte à se transformer en membrane mince. J’ai constaté, en effet, au cours de ces expériences, que l’augmentation du volume pris par la pâte pendant la panification est sensiblement proportionnelle à la racine carrée du coefficient d’extension de la'pâte, pratiquement mesuré par le volume de rupture de la bulle de pâte. Pour cette raison l’allonge de verre de l’extensimètre est graduée en racines carrées des volumes, et on y lit directement l’indice de gonflement G de la farine.
- A un diagramme allongé correspondront donc une mie légère et un pain bien développé. On constate cependant qu’avec des diagrammes plats et filants de faible ténacité, le boulanger n’arrive plus que difficilement à obtenir un pain bien développé. En d’autres termes, la membrane de pâte n’a plus assez de résistance pour supporter certains efforts développés pendant la panification. Cette constatation, ainsi que diverses observations faites sur les blés, m’amenèrent à dégager de l’examen de la pâte une troisième donnée qui est le :
- TRAVAIL DE DÉFORMATION DE LA PATE W
- L’air chassé sous la pâte effectue un certain travail mécanique qui est d’autant plus grand que la pâte est plus tenace, et qu’elle peut se déformer plus longtemps sans se rompre. On aperçoit de suite que la mesure de ce travail présentera un grand intérêt pour juger de la valeur plastique d’une farine ou d’un blé. Le calcul se fait en intégrant les petits travaux de la forme p.dv. de la même manière que pour un diagramme d’indicateur de machine à vapeur. Pratiquement, il suffit de savoir que l’on multiplie la surface contenue sous la courbe par la valeur en ergs d’un centimètre carré du diagramme, donnée dans un tableau. Ce travail total se rapporte à l’éprouvette de pâte qui a été pesée à la fin de l’essai. Il y a intérêt à obtenir une grandeur spécifique, c’est pourquoi nous diviserons le travail total par le poids de la membrane. Nous obtiendrons ainsi le travail de défor-
- mation en membrane mince d’un gramme de pâte, désigné par la lettre W.
- Le boulanger, lorsqu’il donne s.on appréciation sur une farine, parle fréquemment d u travail de la pâte, de la facilité plus ou moins grande qu’il éprouve à la pétrir, à la diviser et à la façonner. L’interprétation du diagramme de l’extensimètre nous a conduit aussi à la notion du travail de déformation de la pâte W qui traduit par un nombre cette impression du boulanger. Nous allons voir enfin le grand intérêt du W dans l’étude des blés.
- DÉTERMINATION DE LA VALEUR BOULANGÈRE DES BLÉS
- La farine est extraite du blé à l’aide d’un moulin de laboratoire et dans des conditions toujours semblables. Le réglage des cylindres lisses étant assez délicat avec ces petits appareils, le broyage et le convertissage ont lieu avec une seule paire de cylindres finement cannelés et l’extraction de la farine est arrêtée à 50 pour 100 du poids du grain. Ce taux est d’ailleurs fictif, car des moutures aussi grossières donnent des farines qui renferment des éléments périphériques du blé et qui représentent assez bien l’ensemble du grain. Dans ces conditions, le diagramme obtenu à l’extensimètre correspond à celui de la farine fournie par le blé au moulin industriel.
- Des milliers d’essais effectués sur des blés de toutes provenances ont montré que le travail W de déformation des blés varie dans des proportions considérables, passant de 15 pour des variétés à peine panifiables à 350 pour certains blés Manitoba de l’Amérique du Nord. L’élasticité des blés varie également beaucoup : les blés des Indes donnent des diagrammes très courts avec des indices de gonflement de 10 à 12, tandis que certains blés russes atteignent jusqu’à 25.
- L’étendue de ces échelles de variation montre à quel point il est nécessaire de se préoccuper de ces facteurs pour fixer la valeur boulangère d’un blé. Aussi la Société des Grands Moulins de Paris, qui utilisait d’une manière exclusive jusqu’alors l’extensimètre Chopin l’a-t-elle mis récemment sur le marché afin de contribuer dans la mesure de ses moyens au problème national du blé.
- APPLICATION DE L’EXTENSIMÈTRE A LA SÉLECTION DES BLÉS
- C’est au sélectionneur qu’incombe la tâche difficile de livrer à l’agriculture des blés donnant un rendement élevé et présentant les qualités culturales désirables, jointes à une bonne valeur boulangère. Au lendemain de la guerre, la production de froment était devenue insuffisante, aussi les sélectionneurs s’attachèrent-ils surtout à obtenir des variétés à grand rendement. Leur
- Fig. 4.
- Diagramme type donné par l’essai à l’extensimètre,
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- valeur boulangère ne pouvait être appréciée alors que plusieurs années après leur fixation, et beaucoup d’entre elles sont très insuffisantes à cet égard. De sérieux efforts ont été faits depuis pour améliorer cet état de choses. Dès 1924 la Maison Vilmorin prit l’initiative d’utiliser l’extensimètre Chopin pour la sélection des blés, et elle me demanda d’établir un petit modèle (dont le pétrin est visible à droite de la figure 1), permettant d’effectuer les mesures avec 12 gr. de farine. Les manipulations ainsi faites sur la petite quantité de farine que peut donner un pied de blé, sont naturellement assez délicates. Elles permettent cependant de comparer utilement entre eux les hybrides dès la première année, et de ne multiplier que les variétés intéressantes.
- Il existe actuellement de nouvelles semences présentant un rendement élevé et de bonne valeur boulangère. Toutefois, leur substitution aux anciennes semences demandera sans doute beaucoup de temps, et pour accélérer leur diffusion, il serait souhaitable qu’une prime fût accordée à leur bonne valeur boulangère. En Afrique du Nord, les Services d’Agriculture de Tunisie et du Maroc ont sélectionné, en utilisant l’extensimètre, de véritables blés de force, très supérieurs aux variétés indigènes, et qui seront susceptibles d’améliorer sensiblement lesTarines de la Métropole. Enfin, une Commission d’études de la valeur boulangère des blés a été créée récemment au Ministère de l’Agriculture dans le but de coordonner les efforts d’amélioration de nos blés français.
- APPLICATION DE L’EXTENSIMÈTRE A LA MEUNERIE
- Le travail du boulanger est grandement facilité lorsque les farines qu’il emploie sont de bonne qualité et de qualité constante. Les meuniers ont donc grand intérêt à fournir à leur clientèle des farines régulières.
- Nous avons dit que les différentes variétés de blés présentent des qualités boulangères très inégales, aussi le meunier doit-il en général mélanger les blés en proportions convenables. En outre, la manière dont le blé est travaillé au moulin intervient également sur la qualité de la farine, d’où la nécessité d’un contrôle de la fabrication. Voici comment ce contrôle, jusqu’alors très difficile à effectuer, peut être exercé d’une manière simple à l’aide de l’extensimètre.
- Le premier soin du meunier doit être d’examiner des farines qu’il sait donner satisfaction à sa clientèle. Il
- déterminera ainsi les caractéristiques W et G d’un diagramme type dont il cherchera à l’avenir à se rapprocher. Dans ce but les blés seront soigneusement échantillonnés à leur entrée au moulin et essayés à l’extensimètre. Il est alors possible de fixer à l’avance les proportions des blés à utiliser pour obtenir le diagramme type, en appliquant aux W des blés constitutifs la règle arithmétique des mélanges. Il faut encore que le diagramme ait la forme requise, autrement dit que l’indice de gonflement G ait une valeur convenable. Ce résultat est obtenu par un réglage convenable des appareils de mouture dont le serrage influe sur la forme de la courbe. Lorsque la farine ainsi obtenue donne une courbe voisine du diagramme type, concurremment avec une blancheur et une pureté convenables, on peut avoir pratiquement la certitude qu’elle satisfait l’ensemble de la clientèle du meunier, ainsi que l’a établi une longue expérience.
- Il est intéressant de noter que la propriété additive' du travail de déformation W explique l’amélioration sensible que provoque l’addition à nos blés de pays d’un assez faible pourcentage de blé de Manitoba : 85 parties de blé indigène de W = 65 et 15 parties de Manitoba de W = 320, par exemple, donnent un mélange de W = 103 fournissant une farine notablement améliorée. Elle achève de donner au facteur W sa signification pratique, puisqu’elle permet de juger de l’utilisation qu’il est possible de faire d’un blé dans une région déterminée. Dans une contrée où les boulangers sont habitués à travailler des farines de W = 100, on ne dira pas qu’un blé de W = 200, employé pur, possède une valeur boulangère supérieure, mais ce blé tirera tout son intérêt du fait que par coupage avec des blés indigènes de W = 60 il permettra néanmoins d’obtenir une bonne farine panifiable.
- En résumé, à côté de l’analyse chimique très difficile dans ces matières, de l’essai de panification qui ne peut être confié qu’à des experts particulièrement qualifiés, se place avec l’extensimètre Chopin la méthode d’essai mécanique des pâtes de farine. Appliquée à la sélection des blés, cette méthode permet de déterminer leur valeur boulangère et d’orienter rapidement les recherches ; en donnant aux meuniers les moyens de régulariser et de perfectionner leur fabrication, elle facilite le travail des boulangers. Par le contrôle qu’elle exerce à la fois sur l’obtention de bonnes variétés de blé et leur meilleure utilisation industrielle, elle contribue donc aux efforts qui tendent à développer la consommation du bon pain. Marcel Chopin.
- = LES AVIONS DE TOURISME AMÉRICAINS =
- L’industrie aéronautique américaine s’est prodigieusement développée au cours de ces dernières années. Elle groupe, en effet, près de cinquante avionneurs et une trentaine de constructeurs de moteurs. Sur ce nombre, il n’y a, en définitive, que quatre ou cinq grosses firmes d’avions et de moteurs dont les productions soient absorbées par le gouvernement américain pour les besoins de ses forces aériennes.
- Toutes les autres maisons s’adressent donc à la clientèle privée : les unes réalisent des appareils commerciaux, pour les compagnies de navigation aérienne; les autres, en plus grand nombre, sont spécialisées dans la fabrication des avions légers.
- S’il est un pays où l’aviation de tourisme devait rapidement s’implanter dans les mœurs, c’est bien, à coup sûr, les Etats-Unis. Son immense territoire est couvert
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- de centres démographiques d’une grande densité, très éloignés les uns des autres, et reliés par des chemins de fer relativement peu rapides. D’autre part, des rives de l’Atlantique à celles du Pacifique il n’y a pas moins de 400C km et, de la région des Grands Lacs à la Louisiane, c’est-à-dire du nord au sud, il y a également plus de 3000 km.
- L’avion étant, par définition, un mode de locomotion rapide entre tous, son utilisation, sur de grandes distances, devient donc particulièrement intéressante. Par ailleurs, des statistiques récentes nous ont appris qu’il y a, aux États-Unis, de 15 à 16 000 pilotes aviateurs brevetés qui, tous, sont susceptibles de devenir des clients immédiats.
- Il n’est donc pas étonnant, dans ces conditions, qu’un
- Fig. 1. — Le monoplan ILealh Center-Wing, de 30 ch (poids à vide : 141 kg; poids total : 272 kg).
- Fig. 2. •— Le « parasol » ILealh qui, ainsi que-le Center-Wing, est vendu
- en pièces détachées.
- Quoi qu’il en soit, c’est un fait, il y a actuellement, outre-Atlantique, plus de trente constructeurs de petits avions d’une puissance de 30 à 200 ch. Heureux pays, vraiment, où l’acheteur n’a réellement que l’embarras du choix !
- Pour fixer les idées, nous avons groupé la production américaine d’avions légers en un tableau (v. p. 402) sur lequel on trouvera leurs principales caractéristiques et performances.
- Ainsi qu’on peut le voir, toutes les formules y sont représentées à plusieurs exemplaires différents.
- Ce sont les monoplans à ailes hautes ou en
- nombre important de constructeurs se soient orientés dans cette voie. A la vérité, les résultats commerciaux de l’année dernière n’apparaissent pas très brillants. La crise économique qui sévit durement là-bas n’est certainement pas étrangère à cet état de choses. Au surplus, on peut se demander comment toutes ces maisons arriveront à subsister, étant donnée l’âpre concurrence qu’elles se font mutuellement, concurrence qui, toutes choses égales, est de beaucoup plus importante que celle du marché de l’automobile...
- Fig. 3. — Le Barling N-B-3 construit par Nicolas-Beazly.
- C’est avec ce monoplan que le pilote Zimmerlÿ a battu les records de hauteur et de distance.
- « parasol » qui dominent avec seize modèles. Ce type d’appareil a été créé en France par deux ingénieurs, MM. Morane et Saulnier; puis, perfectionné par MM. Gourdou et Leseurre qui lui ont adapté un haubanage rigide. Il est, en général, d’un pilotage agréable; la visibilité y est excellente pour l’équipage. Enfin, cette disposition de la voilure permet de replier facilement les ailes, en quelques minutes, ce qui facilite le garage
- Fig. 4.— Le Kreider-Ressner, biplace en tandem de 75 ch.
- Sa voilure est repliable et il possède un atterrisseur à large voie.
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- de l’avion sous un abri quelconque, grange, hangar, etc., et, aussi, son transport sur route.
- L’avion à ailes basses est représenté ici par neuf constructeurs. Notons, en passant, que ce modèle de voilure tend à se généraliser pour toutes les catégories d’appareils. Notre éminent compatriote, l’ingénieur Levavas-
- qualités. Grâce à leur position près du sol, le matelas d’air qui se trouve comprimé entre ce dernier et les surfaces portantes facilite les décollages aussi bien que les atterrissages. De plus, si la visibilité pour le pilote est moins bonne vers le bas, elle est, par contre, complète dans toutes les autres directions : celles qui importent
- CONSTRUCTEUR TYPE Surface (m2) Puis- sance (ch) Poids à vide. (kg) Poids total. (kg) Vitesse maxi- mum. (km-h) Vitesse mini- mum. (km-h) Plafond mètres Rayon d’ac- tion (km)
- Aeronca Monopi. ailes hautes. 13 30 213 314 120 96 5000 385
- Aeromarine-Klemm . — ailes basses. 18 70 500 726 155 4200 680
- Alexander Biplan. 30 165 750 1175 189 64 4000
- — « Bullet » . Monopi. ailes basses. 19 165 780 1260 236 76
- — « D. 1 ». . — — 16 35 243 416 136 3600 280
- Arrow « 66 » . . . . Biplan. 18 85 424 654 168 51 4300
- Bird - - 26 100 544 899 184 55 4800
- Buhl Monopi. ailes central. 10 45 250 386 152 51 4800
- Cain — ailes hautes. 18 95 486 770 168 3300 880
- Cairns — ailes basses. 16 90 522 817 208 72 5500
- Curtiss-Wright . . . — ailes hautes. 16 45 259 443 128 4000 320
- Davis .— .—- 14 100 420 663 200 64 4300
- Driggs Biplan. 18 75 398 625 168 64 480
- Emsco Monopi. ailes basses. 18 165 677 953 208 64 5500
- Fleet Biplan. 18 100 470 826 183 80 5000
- Gee-Bee Monopi. ailes basses. 17 95 480 750 175 63 3400
- Great-Lakes .... Biplan. 17 95 500 728 176 72 4000
- Heath « Parasol ». 10 30 143 272 128 48 4270 560
- — « Center-Wing ». 10 30 141 272 136 48 3050 380
- Inland « Parasol ». 13 90 358 596 192 61
- Irvin Biplan. 20 125 144 360
- Kreider-Ressner. . . « Parasol ». 16 75 395 636 168 74 3600 500
- Loughead Monopi. ailes central. 25 125
- Monocoupe « Parasol ». 12 90 403 690 185 64 4600
- Monoprep — 13 60 355 585 147 51 3600 400
- Nicholas-Beazly. . . Monopi. ailes basses. 15 90 390 700 168 4800 624
- — ... « Parasol ». 17 45 300 527 176 5500 640
- Northrop-« Beta » . . Monopi. ailes basses. 13 160 515 800 280 77 3000
- Pilgrim Biplan. 18 120 524 792 180 88 4500 440
- Prest Monopi. ailes hautes. 8 45 197 318 176 66 4600
- Simplex — ailes central. 15 110 454 727 201 64 4900
- Spartan —- ailes basses. 15 60 310 510 152 62 4000
- Star ailes hautes. 12 90 417 647 200 5800
- States « Parasol ». 100 492 843 168 4200
- Stout Monopi. ailes hautes. 17 75 431 647
- Swanson — — 19 110 602 931 200 5000 1000
- Taylor « Parasol ». 17 35 231 420 128 42 360
- seur, créateur des monoplans et des moteurs « Antoinette » — le premier moteur à explosion pesant moins de 2 kg au ch — avait déjà innové cette solution bien avant la guerre. Le fameux constructeur allemand Junkers l’adopta également à peu près à la même époque et, depuis, y est resté fidèle. C’est que les voilures surbaissées détiennent, sans aucun doute, d’appréciables
- pendant le vol. Enfin, en cas d’accident, il est bien évident que l’équipage se trouvera en partie protégé d’un contact brutal avec le terrain par un amortissement du choc dû à l’écrasement préalable de la voilure.
- Le lot des avions de tourisme américains comprend encore huit biplans et quatre monoplans dont les ailes sont encastrées au milieu du fuselage. Le biplan est la
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- solution simple et classique qui se prête à une fabrication facile, robuste et peu onéreuse. Cette solution est d’ailleurs aussi ancienne que celle du monoplan à ailes centrales dont le Blériot XI, utilisé pour la première traversée de la Manche, est la plus glorieuse antériorité. Par ailleurs, cette disposition des surfaces tend à disparaître pour les petits et les moyens appareils.
- Au point de vue constructif on peut dire que la plupart des avionneurs américains se sont ralliés à des méthodes standards. L’ossature des voilures est presque toujours établie en bois —- frêne pour les semelles et contreplaqué pour les âmes —- qu’il s’agisse de leurs deux longerons ou de leurs nervures. De ce côté, rien que de très orthodoxe. Les fuselages et le plus souvent les empennages sont tous réalisés avec des tubes d’acier au chrome-molybdène soudés à l’autogène. Les fuselâges des avions commerciaux et militaires, notons-le en passant, sont également réalisés suivant ce mode constructif.
- Certains constructeurs utilisent, cependant, d’autres procédés. C’est ainsi que les avions légers Aéromarine-Klemm sont construits entièrement en bois avec revêtement en contreplaqué. Il y a, aussi, deux autres exceptions, les monoplans Stout « Sky-Car » et Northrop
- Fig. 6.
- Le Northrop Beta, entièrement métallique (recouvrement compris). Ce racer de 150 ch vole à 280 km à l’heure.
- Fig. 5. — L’amphibie Aéromarine, construit sous licence de Vavionneur allemand Klemm.
- (Les roues équipées de pneus ballons sont installées dans l’axe des
- flotteurs.)
- petit appareil particulièrement curieux. C’est l’avion léger de 30 ch, construit en grande série par la Heath Aircraft Corporation de Chicago (Illinois).
- Il se présente comme le parfait prototype de l’appareil populaire à bon marché.
- Le monoplan Heath est vendu, prêt à voler, 975 dollars, soit environ 24 000 fr français. Mais ce même avion est également vendu, ainsi que son groupe moto-propulseur, en pièces détachées. Il en coûte alors 13 200 fr, plans et notices de montage compris.
- Les éléments qui constituent cette curieuse machine sont d’une fabrication très simple.
- La voilure, classique, est en bois et son fuselage est en tubes d’acier. Mais, pour permettre aux constructeurs amateurs de le monter, les tubes sont aplatis à leurs extrémités
- « Beta », qui sont intégralement en métal léger, recouvrement compris.
- Enfin, parmi les réalisations originales, il faut citer l’aile du Nicholas-Beazly qui procède d’une technique constructive neuve.
- Le corps de cette aile est constitué, en effet, par un vaste caisson en tôle de duralumin ondulée, simplement croisillonné à l’intrados. Des becs et des queues de nervures, rivés à l’avant et l’arrière de ce caisson, complètent le profil de. l’aile. Puis l’ensemble est normalement entoilé.
- En dehors des quelques modèles que nous venons d’examiner rapidement, toutes les autres productions sont rigoureusement identiques.
- Il y a, cependant, parmi ces dernières, un
- Fia. 7. — Le biplace Emsco, à ailes basses maintenues par des haubans profilés.
- (Noter .le carénage au dos du fuselage, qui doit protéger l’équipage en cas de capotage.)
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- et sont fixés à l’aide de boulons sur des colliers solidaires des longerons. Quant au moteur utilisé sur ce petit appareil, un 4 cylindres en ligne refroidi par l’air,
- roues, ce qui permet de l’utiliser dans toutes les régions, Nous venons de le voir, l’effort de l’industrie aéronautique américaine est réellement considérable pour l’avia-
- CONSTRUCTEUR TYPE Disposition des cylindres. Nombre de cylin- dres Poids kg. Régime nomi- nal. (t-m) Taux de com- pression Puiss. nomi- nale. (ch) Régime maxi- mum. (t-m) Puiss. maxi- mum. (ch)
- A. C. E. Corporation « Cirrus ». Ligne. 4 125 1900 5,4 91 2100 96
- — « Cirrus » inversé. — 4 123 1900 5,4 91 2100 96
- Aeronca E. 107. A. Opposés. 2 52 2500 4,1 30
- .—- E. 113. — 2 51,400 2400 5,1 40
- Chevolair D. 4 inversé. Ligne. 4 156,500 2000 5,5 90 2300 115
- .—. D. 6 inversé. — 6 193 2175 5,5 165 2350 175
- Cornet Corporation . « Cornet ». Étoile. 6 181 1900 5,2 165
- Continental A-40 Opposés. 4 62,650 2500 35 2800 38
- — A-70. Étoile. 7 176 2000 5,4 176 2200 182
- Curtiss-Wright . . . J. 6. — 5 172,500 2000 5,1 165
- Globe-Tool « Dayton » inversé Ligne. 4 80 2500 5,3 52
- Heath-Henderson . . B. 4. — 4 54 3000 4,5 30
- Hurricane Décallés. Étoile. 8 105 1850 6 150
- Irwin ....... « 79 ». — 4 26 1730 4,8 20 2100 25
- Jacobs « L. 3 ». — 3 77 2100 4,8 • 55
- . . . « L. A.-l ». — 7 177 2000 4,8 150 2200 165
- Ivimball « Beetle ». — 6 148 1800 5.2 135 2000 150
- Kinner « K-5 ». — 5 125 1810 5 100 2000 110
- — « B-5 ». — 5 132 1925 5,25 125
- -—- « C-5 ». — 5 190 1900 5,25 210
- Lambert « M-5 ». Étoile. 5 107 1815 5,55 55
- — « R-266 ». — 5 97 2250 5,55 85
- Le Blond « 70 » D. E. •— 5 106 1950 5,35 70 2075 75
- — « 85 » D. F. -—. 5 99 2125 5,4 85 2250 90
- — « 110 » D. F. — 7 125 2150 5,4 110 2275 119
- Light ....... a Tiger » inversé. Ligne. 2 43 3000 5,3 25
- hél 1500
- « Junior ». Opposés. 4 72,500 3000 5,3 50
- hél 1500
- — « Tiger-100 ». Étoile. 7 . 126 1800 4,8 100
- Martin « 333 » inversé. Ligne. 4 120 2100 5,3 120
- — « 500 » inversé. — 6 173 2100 5,3 165
- Clatchie « Panther ». Étoile. 7 187 1900 150 1950 160
- Menasco « Pirate » inversé. Ligne. 4 127 2175 5,5 125
- — « Buccaneer ». — 6 165 1975 5,5 160 2500 250
- Michigan « Rover » inversé. — 4 105 1975 5,1 75
- Poyer a 3-40 ». Étoile. 3 56,500 2750 5,1 50
- Ranger « 6-390 » inversé. Ligne. 6 152 2150 5,2 120 2200 130
- Szekely « S-R-3 ». Étoile. 3 68 1750 5,1 45
- Warner « Scarab ». — 6 130 1850 5,2 110 . 1950 122
- .—- « Scarab Junior ». — 5 104 2025 5,2 90
- Western « L-7 ». 7 212 1850 5 130
- il dérive du moteur Henderson pour motocyclette qui a été transformé et adapté à l’aviation.
- Signalons, de plus, que ce monoplan peut recevoir deux flotteurs ou une paire de skis, à la place des
- tion privée. Cet effort a été possible, d’une part, grâce à la liberté relative de construction dont elle bénéficie. Puis, d’autre part, les avionneurs de ce pays disposent d’une gamme de moteurs extrêmement complète. Nous
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- avons également réuni dans le tableau ci-contre (p, 404) les principaux engins de 25 à 200 ch construits en série aux États-Unis. Son examen montre la prépondérance du moteur à cylindres en étoile; pourtant, celle-ci n’est qu’apparente, car un grand nombre de constructeurs produisent toute une série d’engins de diverses puissances en augmentant le nombre des cylindres types.
- De ce fait, la proportion des moteurs à cylindres en ligne inversés, reste considérable; on peut en compter onze modèles contre vingt-trois engins en étoile.
- La vogue des moteurs inversés se justifie par des commodités que nous allons résumer. Leur emploi permet, en effet, d’abaisser légèrement le centre de gravité des appareils. La disposition des cylindres dégage la partie avant du fuselage, ce qui améliore la visibilité du pilote. Enfin, l’arbre porte-
- Fig. 8. — La structure en métal léger du monoplan à ailes basses Nicholas-Beazly. (Sa rigidité est assurée par la partie centrale en tôle ondulée.)
- le faire plus léger et plus robuste. Les photographies des avions équipés avec ces moteurs montrent bien la pureté des lignes de leurs fuselages.
- Autre détail caractéristique, pour terminer, tous les moteurs étudiés pour l’aviation de tourisme sont à refroidissement par l’air.
- hélice étant surélevé, il devient possible de réduire la
- hauteur du train d’atterrissage et, par conséquent, de André Frachet.
- Fig. 9. — Le fuselage du Nicholas-Beazly, il est établi en tubes d'acier au chrome-molubdène soudés à l’autogène.
- CELLULES PHOTO-VOLTAÏQUES
- ET CELLULES A CONTACT RECTIFIANT
- LES TRAVAUX D’EDMOND BECQUEREL
- Nous avons rappelé, dans le n° 2859 de La Nature, les travaux du grand physicien français Edmond Becquerel sur les propriétés photo-électriques des éléments photo-voltaïques.
- Ces travaux, qui remontent à 1839 et ont été publiés en 1865, ont été surtout exécutés en utilisant les sels d’argent. L’action de la lumière devenait ainsi plus sensible, et la gamme de sensibilité était moins restreinte pour des rayons de couleur particulière.
- Nous devons ajouter, et de nouveaux renseignements qui nous ont été fournis sur cette question intéressante, en particulier par M. André Blondel, le confirment, que Becquerel a eu de nombreux successeurs pendant la période qui s’étend de 1865 à 1924 environ. Les physiciens français ou étrangers qui ont étudié après lui cette question ont réussi à obtenir des résultats théoriques,
- sans doute, mais aux réalisations actuelles.
- Il est donc intéressant de faire un historique rapide de la question.
- LES
- SUCCESSEURS
- DE
- BECQUEREL
- En 1864, le physicien italien Paccinotti indiquait que deux
- qui ont pu néanmoins servir de base
- Fig. 1. — Cellule photovoltaïque employée par M. Rigollot pour ses essais (1897).
- Lame métallique servant aux expériences Bouchon en caoutchouc 'paraffiné
- Tube en verre à fond plat
- Noir de fumée fixé avec vernis à la gomme laque
- •ansparente
- \de 5mm de large
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- = 406 -.........=
- lames de laiton plongées dans l’eau acidulée donnent naissance à un courant électrique, sous l’influence de la lumière, la lumière violette agissant beaucoup plus fortement que la bleue, et les rayons rouges étant presque sans effet.
- L’expérimentateur allemand Hankel a étudié vers 1877, l’action de la lumière sur le cuivre décapé, et sur le cuivre oxydé, au moyen d’une cuve poreuse, dont la disposition rappelait celle des premiers appareils de Becquerel. Les résultats les plus curieux avaient déjà été obtenus avec le cuivre oxydé.
- Fig. 2. — Résultats obtenus avec des cellules pholovollaïques utilisant des lamçs de cuivre oxydé.
- 1. Électrolyte constitué par du sulfate de potassium; 2. Électrolyte : chlorure de sodium; 3. Électrolyte : bromure de sodium; 4. Électrolyte : iodure de sodium. (D’après Rigollot.)
- Hankel a montré également, et le fait est très intéressant, que sous l’influence de la lumière, la force électromotrice de la pile la plus simple : zinc, cuivre, eau acidulée, pouvait varier. Il réunissait les pôles de même nom de deux séries de 40 petits éléments à un électromètre, chaque groupe étant protégé de la lumière par une boîte de carton noirci. La feuille d’or n’était pas déviée, mais si l’on enlevait une des boîtes protectrices, on constatait aussitôt une déviation.
- En 1879, le physicien français Pellat a indiqué de même la variation de la force électro-motrice d’un élément de pile Daniell, variation qui pouvait atteindre le 1/40 de
- la valeur primitive, suivant que cet élément était ou non éclairé.
- En 1888, M. Gouy reconnut qu’une lame de cuivre oxydé plongée dans une dissolution de chlorure, de bromure ou d’iodure métallique, devient très sensible aux rayons lumineux et peut servir d’actinomètre.
- Minchin a eu de plus, en 1891, l’idée très intéressante de recouvrir les lames métalliques servant à la composition des actinomètres par des émulsions colorantes.
- Il faudrait encore citer les travaux de MM. Mercadier et Chaperon sur le sulfure d’étain et le sulfure d’argent et ceux de M. Laur qui a établi, en 1881, une pile formée d’une lame d’argent sulfuré plongée dans une solution de sel marin et de sulfate de cuivre, et dont l’autre pôle était constitué par un fil de platine immergé dans un vase contenant du mercure, et placé au milieu de la solution.
- Tous ces appareils n’avaient, d’ailleurs, été utilisés que pour des mesures de photométrie, mais on eut déjà l’idée, par contre, de les employer pour la photométrie stellaire.
- LES TRAVAUX DE M. RIGOLLOT
- Nous avons déjà noté, dans l’article précédent, les travaux du physicien allemand Schmidt, qui semble avoir obtenu, vers 1899, des résultats pratiques assez intéressants, en employant des cristaux de protoxyde de cuivre comme électrodes dans une solution de soude, mais il faut surtout citer, semble-t-il, les travaux très poussés de M. Rigollot qui, vers 1897, étudia l’influence de la lumière sur les cellules photo-voltaïques, réalisées avec des lames de cuivre recouvertes de sulfure, de fluorure, de chlorure, de bromure et d’iodure du même métal, avec des lames d’étain oxydé, d’étain sulfuré ou d’argent sulfuré.
- M. Rigollot a, d’ailleurs, publié en 1897 les résultats de ses recherches ('), dans un mémoire auquel nous empruntons la plupart des indications qui suivent.
- L’auteur s’y propose de déterminer l’influence relative des différentes radiations, et de plus, d’étudier l’influence possible de certaines matières colorantes sur les composés du cuivre, essayées en vue d’accroître la sensibilité, et d’obtenir des sensibilités différentes suivant les couleurs. Les observations très précieuses de M. Rigollot peuvent servir de base, aujourd’hui encore, à l’établissement de cellules photo-voltaïques.
- Les éléments réalisés étaient, d’ailleurs, obtenus très simplement à l’aide de deux lames métalliques de 0,5 mm d’épaisseur, 8 à 10 cm de longueur, et, suivant les cas, 1,5 mm à 4 mm de largeur, rendues sensibles sur l’une de leurs faces; l’autre face était reouverte d’une couche de paraffine ou de vernis isolant. Ces deux lames étaient ensuite fixées à un bouchon de caoutchouc.
- Les premières expériences s’effectuaient en plaçant ces lames dans des cylindres en ébonite, portant latéralement une fente de 5 mm de largeur dans laquelle était mastiquée une plaque de verre permettant d’éclairer la lame expérimentée.
- Comme il était difficile de rendre étanche ce tube,
- 1. Recherches expérimentales sur quelques actinomètres électrochimiques par M. Rigollot (Masson et C10), Paris, 1897.
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- l’expérimentateur s’est ensuite servi de tubes à essais à fond aplati, mastiqués verticalement sur un carton, recouverts extérieurement de noir de fumée, fixé au moyen d’une solution alcoolique de gomme laque, contenant elle-même en suspension du noir de fumée. Une fenêtre de 5 mm de large disposée parallèlement aux génératrices du cylindre permettait de laisser tomber la lumière sur la lame en expérience (fig. 1).
- Dans ces conditions, la lame éclairée protégeait l’autre contre l’action de la lumière, la surface paraffinée ou vernie étant en regard. Le tube de verre avait 5 cm de hauteur, et la partie sensible qui ne plongeait pas dans l’électrolyte était recouverte d’une substance isolante. Tout l’élément était d’ailleurs complètement obturé avec de la paraffine.
- Les lames métalliques essayées furent assez nombreuses. Indiquons, par exemple, comment étaient constitués les éléments d’essais au cuivre oxydée Une lame de cuivre était bien décapée, puis polie au papier d’émeri, et ensuite chauffée sur un bec Bunsen après avoir été recouverte d’une plaque de cuivre afin de la protéger de l’action directe de la flamme. Lorsque le degré d’oxydation cherché était atteint, on plaçait la lame sur un bloc métallique; elle se refroidissait de suite et l’oxydation s’arrêtait.
- La cellule pouvait être formée de deux lames de cuivre oxydé ou d’une lame de cuivre décapé, et d’une seule lame de cuivre oxydé, plongées dans un liquide conducteur. Dans le premier cas, la force électro-motrice initiale dans l’obscurité est très faible, dans le second cas elle est plus considérable, mais l’influence de la lumière a sensiblement la même valeur.
- Les tensions obtenues étaient de Tordre de quelques centaines de microvolts, et la force électro-motrice dépendait d’ailleurs du degré d’oxydation de la lame éclairée. Celle-ci étant définie par les couleurs observées sur la lame, on constate que les résultats sont meilleurs lorsque la lame est au deuxième violet, au troisième violet, ou même à une oxydation plus avancée, mais ils deviennent presque nuis lorsque l’oxydation est poussée jusqu’à donner au cuivre une teinte noirâtre.
- Le choix de l’électrolyte a une très grande importance. On a essayé d’utiliser du sulfate de potassium, du sulfate de magnésium, du sulfate de cuivre, du chlorure, du bromure de sodium, etc. La concentration de la solution a également une influence, mais une augmentation de la température diminue la sensibilité (fig. 2).
- On a pu admettre que la tension observée était proportionnelle à l’intensité lumineuse, mais seulement dans le cas d’un éclairement peu intense.
- Les courbes donnant la tension photovoltaïque en fonction de la longueur d’onde de la radiation incidente révèlent un effet de résonance très accentué, le maximum étant placé vers la longueur d’onde de 0.492 micron. Des résultats également intéressants, sur lesquels il serait trop long de s’étendre ici, ont été obtenus avec les autres compositions métalliques. Mais nous avons indiqué plus haut que la partie la plus intéressante de ces expériences était l’étude de l’influence des solutions colorantes sur la sensibilité du système.
- Fig. 3. — Influence d’une matière colorante, le vert malachite, sur la sensibililé des cellules pholovoltaïques.
- 1. Lames non teintes; 2. Lames teintes; 3. Rapport des forces électromotrices obtenues dans les deux cas. (D’après Rigollot.)
- L’expérimentateur se servait de matières colorantes organiques artificielles, telles que du violet de formyle, du violet de méthyle, etc., dissoutes soit dans de l’eau, soit dans l’alcool, et les lames sensibles étaient simplement immergées dans ces solutions très peu concentrées. On les laissait 4 minutes dans la solution en les tenant verticalement, on enlevait avec du papier buvard l’excès de matière colorante non retenu. Une fois séchées à l’air, elles étaient mises immédiatement en expérience.
- Les accroissements de sensibilité ainsi réalisés étaient très notables, et de l’ordre de 5 à 25. Il y a là un fait essentiel qui semble, d’ailleurs, avoir été utilisé par quelques fabri-
- Fiq. 4. — Aspect schématique des cellules françaises S. E. R. P. I. et C. E. M. A. à contact rectifiant.
- cants de cellules photo - voltaïques récentes (fig. 3). Le maximum de sensibilité se place dans diverses régions du spectre suivant le colorant employé.
- Comme on le voit, M. Rigollot a
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- 0,3
- Lumens
- •Angstràms
- Fig. 5. —• Sensibililé d’une cellule Serpidox.
- A. En fonction de l’éclairement; B. En fonction de la longueur d’onde de la radiation éclairante.
- eu le grand mérite, dès cette époque, de montrer d’une manière très complète, les propriétés photo-voltaïques si curieuses du cuivre oxydé, et ses travaux semblent bien avoir servi de base à la plupart des applications pratiques actuelles.
- Il est juste de signaler encore les travaux plus récents (de 1911 à 1924, semble-t-il) de M. J. Pinchon et Mlle F. Dénora, travaux qui ont fait l’objet de plusieurs communications à l’Académie des Sciences.
- Ces physiciens ont étudié les propriétés de cellules
- photovoltaïques constituées par des lames de cuivre plongeant dans une dissolution aqueuse extrêmement étendue (environ milli-normale ) de sulfate de cuivre. Au lieu de l’aspect brillant du cuivre fraîchement décapé à l’acide azotique qu’elles présentent au début, on peut constater au bout de quelques jours l’apparition d’une teinte superficielle rouge, mieux bleuâtre, sur les lames, et cette couleur est com-
- parable à celle de certaines prunes ou de certaines fleurs de lilas.
- Un composé spécial s’est ainsi formé à leur surface, et c’est à la naissance de ce composé qu’est due la remarquable sensibilité manifestée à la lumière par ce genre de cellule. Ce composé serait formé d’oxyde cuivreux Cu*0, décomposé sous l’action d’eau acidulée sulfurique en cuivre et oxyde cuivrique CuO; il est d’ailleurs constitué par de fines paillettes cristallines et chauffé à l’air il se transforme en oxyde cuivrique noir.
- Une cellule photovoltaïque réalisée de cette manière, avec deux lames de cuivre enduites d’un côté de cire à cacheter et transformées superficiellement de l’autre côté en oxyde de cuivre lilas, plongées dans une solution milli-normale de sulfate de cuivre constituent une cellule sensible. Sous l’action d’un faisceau lumineux provenant à travers une couche d’eau de 5 cm d’épaisseur, d’un arc électrique de 7 ampères, à 60 cm de distance, la force électromotrice obtenue est de l’ordre de 60 millivolts.
- LES PROGRÈS DES CELLULES A CONTACT RECTIFIANT
- L’intérêt de ces cellules, qui repose également sur les curieuses propriétés du cuivre oxydé, a incité les constructeurs de tous les pays à en étudier la réalisation. Nous avons pu voir récemment, chez un constructeur français, des modèles constitués par des plaques de cuivre oxydé, recouvertes d’une couche très mince et transparente de nickel.
- Ces éléments étaient présentés sous forme de plaques rectangulaires ressemblant extérieurement à des cellules au sélénium classique, ou dans un boîtier ogival en ébo-nite muni de deux broches, comme les cellules photovoltaïques « Arcturus » (fig. 4).
- L’élément type « Serpidox », par exemple, a une surface active de 2 cm’2, sa résistance intérieure est de 1000 à 1200 ohms, et le débit en fonction de l’éclairement de
- 10 à 12 microampères pour un dixième de lumen. Le maximum à la lumière directe du soleil est de l’ordre de 250 microampères. La courbe de sensibilité en fonction de la longueur d’onde des radiations se rapproche beaucoup de celle de l’œil comme le montre la figure 5, Ainsi,
- 11 serait possible d’utiliser l’élément pour constituer un bon luxmètre pour l’étude des éclairages naturels ou artificiels.
- D’après le constructeur, la sensibilité de la cellule serait assez satisfaisante, en fonction de la fréquence, entre 1 et 10 000 périodes par seconde, de telle sorte qu’on pourrait envisager son emploi pour la traduction phonique. Pour l’adapter à un amplificateur à lampes de T. S. F. il suffirait, d’ailleurs, d’employer un transformateur d’entrée de rapport 30/1 blindé soigneusement.
- La cellule allemande Pyroxyd que nous avons également déjà indiquée et qui a la forme d’un disque assez mince, enfermé dans un boîtier protecteur, a une résistance intérieure de l’ordre de 300 à 400 ohms seulement. Elle produirait des courants de l’ordre de 0,2 milliampère, sous une tension de.4 à 5 millivolts. La sensibilité décroît assez rapidement lorsque la fréquence augmente, mais
- Fig. 6. — Allure de la sensibilité d’une cellule Pyroxyd en fonction de la longueur d’onde de la radiation éclairante.
- 1.0370
- Angstroms
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- elle est encore suffisante jusque vers 4000 périodes par seconde au moins. La courbe de sensibilité chromatique présente, d’autre part, également un maximum très net vers 6000 angstrüms, c’est-à-dire vers les rayons rouges
- (fig- 6)-
- L’intérêt possible de ces éléments, tant pour la télémécanique que pour la cinématographie sonore ou même la télévision, est donc extrêmement grand, et il faut espérer qu’on pourra bientôt les établir sous une forme constante et bien déterminée.
- Rien de plus simple, pour un amateur, que de se endre compte des propriétés d’une cellule de ce genre. 11 suffit de se procurer un élément circulaire rectifiant à l’oxyde de cuivre, que l’on peut facilement trouver dans le commerce, et d’appliquer, sur la face oxydée, à l’aide d’une petite plaque de verre mince, un réseau métallique à larges mailles, constitué par exemple par du fil de plomb. En réunissant le disque de cuivre et le réseau métallique aux deux bornes d’un galvanomètre, on pourra constater des déviations très nettes sous l’action des variations dé lumière (fig. 7).
- Rien de plus aisé, que de mettre en parallèle plusieurs de ces éléments si l’on veut obtenir une variation de courant plus grande, et on pourra actionner ainsi directement un relais sensible.
- Nous avons signalé dans notre précédent article les travaux intéressants effectués sur ces cellules par le Dr Lange, de l’Institut « Kaiser Wilhelm » de Berlin. Ce physicien aurait apporté dernièrement un important perfectionnement aux modèles primitifs, en employant au lieu d’oxyde de cuivre un composé d’argent et de sélénium, recouvert de la même manière d’une couche de métal très mince et transparente. De la sorte, il aurait pu augmenter dans une proportion de 50 à 150, les variations de courant obtenues précédemment.
- Réseau de Fils de plomb serré par un disque de verre très mince
- Rondelle
- de cuivre oxydé
- Potentiomètre
- /wCWwv
- Lumière
- Milliampèremètre /sensible
- - 1 +
- En utilisant une cellule de surface plus grande que les cellules ordinaires, mais de quelques centimètres seulement de côté, il a pu actionner directement un petit moteur électrique. Sans doute ne s’agit-il encore que d’une expérience de laboratoire, démontrant la transformation de l’énergie lumineuse, en énergie mécanique, mais il n’en est pas moins vrai que c’est la première fois qu’on a pu la réaliser.
- Nous avons fait remarquer que les piles thermoélectriques, de fonctionnement à peu près comparable, et de principe excellent, n’ont reçu encore pour ainsi dire aucune application industrielle pratique. C’est que leur construction est très complexe, une cellule à contact rectifiant au contraire n’est formée que d’un petit nombre d’éléments simples constitués par des couches homogènes.
- Il serait donc prématuré d’affirmer qu’une application industrielle de ces cellules comme transformateurs d’énergie soit du domaine de l’utopie.
- Fig. 7. — Expérience simple pour constater les propriétés photoélectriques d’un élément redresseur à l’oxyde de cuivre.
- P. Hémardinquer.
- LES DATTES
- ,1 '
- Ceux qui ne connaissent le Dattier (.Phoenix daciylifera) que par les exemplaires vus dans les serres, ne se doutent guère qu’ils ont devant les yeux le diminutif des géants que l’on admire dans le Sahara, chargés de fruits d’or, dont ils se délectent au dessert. Les bonnes dattes ne peuvent d’ailleurs acquérir toutes leurs qualités que si elles sont cultivées dans les régions désertiques, l’arbre qui les produit devant avoir « la tête dans le feu et le pied dans l’eau » au dire des cultivateurs arabes.
- Eh bien, ces dattes dont on se régale et qui entrent de plus en plus dans nos mœurs sont pourvues de telles qualités, qu’il m’est agréable d’en rappeler ici les bienfaits.
- D’abord leur valeur alimentaire est indéniable, mais leurs vertus thérapeutiques ont à peine été mises en évidence, aucune académie ne s’en est préoccupée. Pourtant les Dattes ont des qualités précieuses que je vais démontrer. Ces fruits exquis contiennent en effet du sulfate de magnésie, en dose susceptible de produire un effet laxatif; du sel de magnésie, dont l’emploi très à la mode est ordonné dans le cancer; du soufre, qui est favorable aux rhumatisants et aux tuberculeux, du sucre ou glucose, s’avérant comme un précieux
- tonique. Les dattes qui ont aussi des vitamines, seraient donc à même de rendre des services aux organismes affectés particulièrement.
- L’arbre qui produit ce fruit atteint 30 à 40 m de hauteur; son feuillage est aussi utile que son fruit : on en confectionne en effet des paniers dits couffins, des éventails, des sacs, des chapeaux, des nattes, etc.
- Des fruits la population indigène s’alimente et on peut, en utilisant des sirops de dattes, ou en remplaçant le sirop de sucre par une quantité d’eau très limitée, obtenir des confitures de ces fruits sans aucune adjonction de sucre. On fait avec les dattes des pâtes délicieuses. Pour les fruits secs, on en fait des pains, qui demandent une forte compression; des semoules ou des farines, qu’on peut utiliser en pâtisserie. Tous ces produits se conservent facilement et trouvent des débouchés en Europe, mais ils doivent aussi être fabriqués avec de bons fruits et être préservés de toute humidité.
- Après un trempage dans l’eau chaude des dattes communes, molles ou sèches, par un pressurage énergique, on obtient des sirops qu’on clarifie à l’aide d’un collage. Ces sirops donnent
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- des miels de dattes, cristallisant par refroidissement.
- Les dattes mises à macérer dans deux ou trois fois leur poids d’eau, fermentent aisément et produisent une levure, qui peut servir à la préparation de boissons fermentées et d’alcool. Le rendement en alcool pur à 100° Gay-Lussac peut dépasser 25 litres par 100 kg de fruits et cette eau-de-vie de choix trouverait des amateurs. Les dattes sont encore susceptibles de servir à la fabrication de vinaigres; 100 kg de dattes en produisent facilement, par la fermentation des moûts, 3 à 4 hectolitres à 6 ou 7 degrés, et ce vinaigre est excellent.
- Les noyaux de dattes ont aussi leur utilisation, car ils ont une réelle valeur alimentaire. Ils se ramollissent par le trempage et peuvent entrer dans les rations des chevaux, des chameaux et des chèvres. Leur pouvoir calorifique dépasse 3000 calories et serait précieux pour le chauffage ou la fabrication de combustibles.
- Enfin, après saccharification et fermentation, on en retire encore de l’alcool.
- Comme on le voit, la valeur de la datte est très grande, elle
- mérite toute l’attention de l’industrie alimentaire, comme il vient d’être démontré, car en résumé elle donne :
- 1° Le fruit qui est la datte connue;
- 2° Elle alimente les populations du Sahara, et on l’exporte dans le monde entier;
- 3° On en fait des sirops;
- 4° Des confitures, sans aucune addition de sucre;
- 5° On en fait des pâtes pour le dessert;
- 6° Avec la datte sèche, on fait des pains, au moyen d’une forte compression;
- 7° On fait — avec la datte sèche — des semoules et des farines ;
- 8° On en fabrique du vinaigre;
- 9° On en fait de l’eau-de-vie.
- 10° Les noyaux, broyés, sont un aliment recherché des chameaux, chèvres et autres ruminants.
- 11° Enfin, son pouvoir calorifique est de premier ordre.
- En faut-il plus, pour que la Datte devienne bientôt un objet de première utilité ?
- H. de Noter.
- LA PHOTO-SCULPTURE AUTOMATIQUE
- SYSTÈME BEYERLEN
- La méthode imaginée par M. Curt Beyerlen, à Munich, permet de convertir automatiquement les photographies ordinaires en reliefs ou sculptures réelles. Elle exige simplement un couple de vues stéréoscopiques, prises, de préférence, avec deux appareils photographiques
- Fig. 1. — L’un des deux portraits à repère photogrammélrique servant de base à l’exécution d'une photosculpture.
- ordinaires, rigidement accouplés, plutôt qu’avec un appareil stéréoscopique. On peut ainsi placer les deux objectifs à une distance, l’un de l’autre, supérieure à l’écartement des yeux et accentuer, par conséquent, l’effet stéréoscopique. Le format adopté par l’inventeur
- Fig. 2. — L’inventeur en train de tracer les coupes superposées et de les découper en carton.
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- Fig. 3. — Les cartons superposés qui constituent la matrice de la photosculpiure.
- n’est que de 9x 12 cm. De ces petits négatifs, on fait des agrandissements translucides, on les introduit dans un appareil spécial dit stéréo-plaslographe, où ils sont éclairés de derrière par deux cônes lumineux brillants. En les examinant, au moyen du stéréoscope visible à l’avant de cet appareil, on a une sensation de relief remarquable.
- Entre les deux brillants foyers de lumière, se trouve un fil vertical portant un repère dont l’ombre se dessine clairement sur les deux agrandissements : c’est ce repère, se déplaçant avec le fil, qui permet d’explorer l’image en relief en direction horizontale ; passant à travers tous les points de hauteur donnée, il trace, en effet, le contour correspondant. Ce mouvement se transmet à un couteau qui découpe ce contour dans une feuille de carton. On reconstitue ainsi, pour ainsi dire, des coupes horizontales successives de l’original avec des cartons de 1 millimètre d’épaisseur, superposés les uns sur les autres, et donnant une sculpture négative, c’est-à-dire un moule qu’on remplit de plâtre ou de toute autre matière plastique, après l’avoir, au préalable, poli avec de très fins copeaux d’acier. 200 à 250 cartons superposés suffisent pour un portrait grandeur naturelle. Ce procédé est d’un fonctionnement si rapide que la sculpture d’un portrait pris le matin est prête le soir du même jour.
- On peut choisir à volonté le type de sculpture, en produisant, à partir d’un négatif donné, soit un relief (haut-
- Fig. 4. — Relief positif formé par la superposition de cartons découpés.
- relief ou bas-relief), soit une sculpture véritable agrandie ou réduite à tout format voulu. Dans ce dernier cas, il faut, évidemment, deux couples de vues stéréoscopiques, prises soit de face et de derrière, soit de droite et de gauche. Les deux moitiés d’une sculpture pareille se combinent facilement.
- En dehors des portraits proprement dits, cette méthode se prête à toutes sortes d’applications diverses. Elle fournit, par exemple, pour la réclame, des reliefs de produits industriels, machines, moteurs, autos, etc. La confection automatique de cartes en relief pour les reconnaissances de la police criminelle (pour reconstituer par exemple les crimes et les accidents), voilà une autre application de ce nouveau procédé. Les mesures « anthropométriques », si utiles à la police, se trouvent singulièrement simplifiées, grâce à la confection d’une reproduction en relief de la personne.
- D’autre part, la méthode Beyerlen peut rendre de grands services à l’expert et au critique d’art : les objets précieux des musées et, d’une façon générale, ceux qu’on ne saurait changer de place,-—les trouvailles, par exemple, des fouilles archéologiques — seront, à l’avenir, reproduites avec une faôilité remarquable et à un nombre quelconque d’exemplaires, qui pourront être étudiés n’importe où.
- Enfin, le procédé Beyerlen rendra aussi de grands services à la médecine; des radiographies d’organes internes, par exemple, pourront facilement être converties en moulages en relief en faisant ressortir, de façon saisissante, toute altération morbide des formes.
- Dr Alfred Gradenwitz.
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- LA LAMPE A VAPEUR DE MERCURE
- ET LA PHOTOGRAPHIE
- Fig. 1. — Lampe à vapeur de mercure sur courant continu.
- Schéma du dispositif d’allumage à distance : A, rupteur à mercure;
- r, résistance d’allumage; C, armature externe du condensateur;
- R, rhéostat de stabilisation; S, bobine de self.
- Dans un précédent article nous avons étudié l’emploi de la lampe électrique à filament métallique comme source de lumière artificielle pour la photographie. Il en est une autre plus employée encore : le tube à vapeur de mercure qui a trouvé dans cette application son meilleur débouché. On sait que cette lampe consiste en un long tube de verre pourvu d’une électrode à chacune de ses extrémités et dans lequel règne une atmosphère de vapeur de mercure aussi pure que possible. L’anode est constituée par une petite coupelle de fer, la cathode par du mercure contenu dans un renflement du tube. La lampe fonctionne sur courant continu et l’on ne peut inverser le rôle des électrodes, le courant se refusant à passer du mercure au fer, à moins que celui-ci ne soit porté à une très haute température qui entraînerait sa fusion ; ce serait pour la lampe un accident mortel. Si l’on veut faire fonctionner sur courant alternatif un tube à mercure, il faut un artifice de montage. Nous l’indiquerons plus loin.
- L’arc à vapeur de mercure est entretenu par une bobine de self-induction S (fig. 1) et stabilisé par une résistance R.
- L’arc n’éclate pas dans la vapeur froide non conductrice; il faut donc un dispositif d’amorçage. Le moyen primitivement employé consistait à faire basculer le tube, de façon à court-circuiter les électrodes par le mer-
- Fig. 3. — Lampe à vapeur de mercure dans un plafonnier. (Modèle de la Société Hewittic.)
- cure : une certaine quantité de métal se trouvait volatilisée et l’atmosphère du tube devenait suffisamment conductrice pour donner passage au courant. Ce procédé entraînait des sujétions qui, peu à peu, l’ont fait abandonner : aujourd’hui, on emploie un dispositif d’allumage à distance qui associe, à l’action de la bobine de self-induction, celle d’un condensateur C constitué par le mercure renfermé dans le bulbe et par une armature extérieure : la rupture brusque, par l’interrupteur-allumeur A, d’un courant préalablement établi à travers la bobine de self-induction, produit une surtension qui ionise l’atmosphère du tube; une résistance r limite l’intensité du courant d’allumage.
- Lorsque le courant d’alimentation est alternatif, on a recours à un tube à deux anodes (fig. 2) et on interpose un auto-transformateur dont le point milieu est connecté à la cathode par l’intermédiaire de la bobine de self-induction : on utilise ainsi les deux alternances du courant.
- Quelle que soit la nature du courant, le flux magné-
- Fig. 2. — Lampe à vapeur de mercure sur courant alternatif (avec allumage à distance).
- A, rupteur; r, résistance d’allumage; C, armature externe du condensateur; T, transformateur d’alimentation; S, bobine de self; R R', rhéostats de stabilisation.
- tique de la bobine est généralement mis à contribution pour assurer, jusqu’à ce que l’arc soit amorcé, les mouvements d’oscillation de l’allumeur-interrupteur. Ainsi équipée, la lampe à vapeur de mercure s’allume à distance, aussi facilement que celle à filament, en agissant sur un bouton. Sous 110 volts,l’intensité ducourant absorbé par une lampe de 3 cm de diamètre et 125 cm de long, atteint 3,5 ampères en continu et 4,8 ampères en alternatif; l’intensité lumineuse est voisine de 850 bougies et n’est que très peu influencée par les variations de tension.
- LA LUMIÈRE DE LA LAMPE A VAPEUR DE MERCURE
- La lumière d’un tel tube est caractérisée par sa couleur, qui est bleu-verdâtre, et donne aux objets qu’elle éclaire
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- Fig. 4. — Différents modèles de portants à vapeur de mercure.
- A, Portant simple (modèle de la Société Iiewittic); B, portant à lumière ramassée (modèle de la Société Hewittic); C, portant à 2 tubes à mercure (modèle de la Verrerie scientifique); D, portant à 4 tubes (modèle de la Verrerie scientifique).
- des tons qui peuvent différer considérablement de ceux qu’ils présentent à la lumière du jour. Si nous l’examinons au spectroscope, nous constatons qu’elle se compose de radiations ultra-violettes, violettes, vertes et vert-jaune; son spectre présente d’importantes lacunes, notamment dans les régions du rouge et de l’orangé.
- Un essai comparatif effectué sur plaque panchromatique Chroma VR, à travers un sensitomètre Eder-Ilecht à deux groupes de bandes colorées, montre à quel degré la lumière de l’arc au mercure diffère chromatique-ment de celle de la lampe à filament de tungstène en atmosphère gazeuse et prouve qu’il est impossible, avec le tube employé seul, d’obtenir une traduction correcte des couleurs. Si nous nous reportons aux tables qui accompagnent le sensitomètre, nous constatons que l’efficacité relative des radiations rouges, jaunes et vertes, rapportée au bleu est respectivement égale à 0,0003, 0,09 et 0,07 pour la lumière du tube, alors qu’elle atteint 0,57,1 et 0,47 pour celle de la lampe à filament.
- La lumière émise par l’arc au mercure présente cependant, au point de vue photographique, des qualités incontestables. Le tube transforme en radiations très acti-niques la presque totalité de l’énergie absorbée et ne dégage qu’une quantité de chaleur tout à fait insignifiante. Comme par ailleurs il ne consomme pas de matière et n’exige que peu de soins, son emploi est très économique. Se présentant sous la forme, non pas d’un foyer éblouissant, mais sous celle d’une barre lumineuse dont l’intensité spécifique ne dépasse pas 2,3 bougies par cm2, elle est naturellement diffuse, comme celle du jour, et ne risque pas de produire les ombres brutales si souvent reprochées à la lumière artificielle. Pour donner une base de comparaison, nous rappellerons ici que l’intensité spécifique du corps lumineux de la lampe à filament en atmosphère gazeuse dépasse souvent 500 bougies par cm\ Le' fait que la lampe à mercure ne chauffe guère
- est particulièrement apprécié dans certaines applications telles que le tirage des bleus, l’insolation des planches de photogravure, où il faut disposer la source de lumière aussi près que possible de la surface à impressionner.
- Il est fâcheux, évidemment, que le spectre de l’arc au mercure soit discontinu; mais cette imperfection n’est pas aussi grave que l’on pourrait le craindre : elle n’em-
- pêche nullement de l’utilise) de photographie, même sur sait qu’il suffit, pour faire quelconque, de mélanger, en proportions convenables, des radiations bleu-violet, vertes et rouge-orangé; c’est sur ce principe, formulé dès 1867 par Louis Ducos du Ilau-ron, qu’est d’ailleurs basée la photographie des couleurs par juxtaposition d’éléments colorés, rendue pratique en 1905 par la plaque « Autochrome » de MM. A. et L. Lumière. Si donc nous ajoutons au rayonnement de l’arc au mercure un appoint de radiations rouges, nous lui donnons les qualités requises, les travaux scientifiques pour lesquels il est indispensable d’utiliser l’ensemble des radiations visibles étant absolument exceptionnels.
- Il est plusieurs moyens
- pour les travaux courants daque panchromatique. On la synthèse d’une couleur
- Fig. 5. — Projecteur à vapeur de mercure pour effets de lumière. (Modèle de la Verrerie scientifique.)
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- Fig. 6. — Lampe portaliue à vapeur de mercure.
- A gauche : prête à fonctionner; à droite : disposée pour le transport. (Modèle de la Verrerie scientifique.)
- de corriger chromatiquement l’émission de la lampe à vapeur de mercure.
- Le plus élégant au premier abord est celui qui consiste à placer le tube dans un réflecteur semi-cylindrique revêtu d’un vernis fluorescent à la rhodamine : cette substance a la curieuse propriété de transformer en radiations rouges les rayons ultra-violets qu’elle reçoit. Ce procédé n’a pas, dans la pratique, tenu ses promesses : le verre habituellement utilisé dans la fabrication des lampes à vapeur de mercure ne laisse passer qu’une trop faible quantité de rayons ultra-violets, de sorte que l’effet utile des radiations rouges, par rapport au bleu pris comme unité, passe seulement de 0 à 0,007, ce qui est d’autant plus négligeable que la rhodamine perd peu à peu ses propriétés transformatrices.
- On obtient une amélioration beaucoup plus grande et plus stable en doublant la lampe à vapeur de mercure d’un tube au néon; malheureusement, celui-ci exige un courant de haute tension, ce qui crée de nouvelles sujétions.
- En fin de compte on n’a rien trouvé de mieux, pour
- Fia. 7. — Tireuse horizontale à vapeur de mercure pour papiers à noircissement direct. (Modèle de la Verrerie scientifique.)
- « orthochromatiser » la lumière de l’arcau mercure, que de lui adjoindre celle de lampes à filament métallique; ces dernières sont alors disposées en rampes parallèles aux tubes.
- Un essai, effectué avec les mêmes moyens que les précédents, nous a permis de constater que l’addition de deux lampes à atmosphère gazeuse de 200 watts chacune, à un tube absorbant, avec ses accessoires, un peu plus de 500 w, élève respectivement à 0,075, 0,18 et 0,13 l’efficacité relative des radiations rouges, jaunes et vertes, par rapport à l’émission bleue. Les deux moitiés de la plaque ayant été éclairées de la même distance et durant des temps égaux, la comparaison entre les degrés atteints sous les parties homologues du sensitomètre montre le gain d’actinisme procuré par l’addition ; l’effet utile n’augmente que de 45 pour 100, alors que la consommation totale est accrue, de 75 pour 100 dans le cas du courant alternatif, de 100 pour 100 dans celui du continu. Il convient d’ailleurs de noter que l’efficacité de la lumière des lampes à filament est encore moindre lorsque l’on emploie des plaques non orthochromatiques, ces dernières n’étant guère sensibles qu’aux radiations bleues et violettes. Mieux qu’une longue discussion, un tel résultat témoigne de l’excellence de l’arc au mercure au point de vue actinique.
- LES APPLICATIONS DE L’ÉCLAIRAGE A VAPEUR DE MERCURE
- Parmi les diverses applications de la lampe à vapeur de mercure, l’une des plus intéressantes est l’éclairage des studios photographiques; c’est là, semble-t-il, que les avantages propres à la lumière émise par le tube, haute actinicité et parfaite diffusion, se font le mieux sentir ; tous deux concourent à faciliter l’obtention de clichés bien modelés, en un temps très court, sans que le sujet éprouve aucun effet d’éblouissement.
- L’installation d’un studio comporte d’ordinaire deux appareils : un plafonnier qui fournit Véclairage d'ambiance, un portant à plusieurs tubes qui assure la production des effets; parfois on tire l’éclairage d’ambiance d’un portant à une seule lampe, placé du côté opposé à celui où se trouve l’appareil principal ; parfois aussi on demande les effets à un projecteur.
- Le plafonnier (fig. 3) est un appareil extrêmement simple : il se compose d’un réflecteur blanc semi-cylindrique qui, par deux pattes pourvues de galets à gorge, peut rouler sur un fil de fer tendu près du plafond.
- Le portant (fig. 3) comporte un support constitué, le plus souvent, par un tube métallique vertical fixé sur un trépied en fonte pourvu de roulettes, et un ou deux réflecteurs. A la base du support, un coffret contient lès organes électromagnétiques nécessaires au fonctionnement de l’arc. Dans les portants à une seule lampe, le milieu du réflecteur est attaché au support par l’intermédiaire d’une articulation à rotule et d’une douille-curseur pourvue d’un collier de serrage; on peut ainsi régler aisément la hauteur et l’orientation de l’éclairage. Il existe des portants à deux lampes, avec réflecteurs individuels solidarisés par une traverse ; l’articulation à rotule est alors fixée directement sur cette dernière (fig. 4, C).
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- Dans d’autres appareils, c’est le bas du réflecteur qui est articulé sur la douille; grâce à un dispositif d’équilibrage consistant en un contrepoids mobile à l’intérieur du tube-support et relié par un câble à la partie supérieure du réflecteur, on peut, en dépit du poids de ce dernier et de son contenu, amener avec la plus grande facilité les lampes à l’inclinaison et à la hauteur voulue. Il existe enfin des portants dits « universels », ils comportent des tubes à mercure et une rampe de lampes à filament qui peuvent atteindre la position horizontale au-dessus de la tête du sujet.
- Il existe des portants plus puissants .encore, qui groupent dans un même réflecteur quatre tubes à vapeur de mercure et trois rampes de lampes « demi-watt ».
- Quelque paradoxal que cela paraisse de prime abord, la lumière de l’arc au mercure se prête très bien, en dépit de sa faible brillance, à l’emploi dans un projecteur et permet alors d’obtenir de superbes effets de contre-jour. L’appareil utilisé (fig. 5) consiste en une boîte cylindrique en tôle dans laquelle est placé un tube roulé en spirale; un cône amovible réduit le diamètre du faisceau lumineux; l’intérieur du cylindre et du cône étant peint en blanc le rendement est néanmoins très acceptable. Démuni de son cône, ce projecteur devient une lampe d’ambiance propre à divers usages.
- A côté de ces appareils lourds et parfois encombrants, il existe des lampes à mercure portatives.
- Le tube luminescent de cette lampe (fig. 6) affecte la forme d’un N ou celle d’un M ; la première caractérise les appareils consommant 5 ampères au maximum, la seconde ceux qui exigent une intensité plus élevée. Ces derniers, dont le rendement actinique est bien supérieur, bien que l’encombrement ne soit pas plus grand, ne peuvent malheureusement être utilisés sur les petites installations de lumière, disposant de canalisation et de compteur insuffisants.
- Le réflecteur, un tronc de pyramide à bases rectangulaires, est disposé de façon à pouvoir être fermé par un volet à glissières lors du transport; de la sorte, les parties fragiles sont complètement à l’abri des chocs directs. La face inférieure du réflecteur est pourvue d’un écrou permettant de fixer la lampe sur un pied d’appareil photographique.
- La lampe portative peut être utilisée pour l’éclairage, non seulement des objets à photographier, mais aussi des clichés à agrandir, ou pour le tirage des papiers lents au chloro-bromure d’argent tels que le Rhoda, ou à image apparente comme le Vira. L’interposition de deux verres doucis entre la lampe et le cliché à agrandir suffit à produire un champ lumineux très régulier, de sorte qu’il n’est nullement besoin d’interposer un condensateur. Nous verrons plus loin que l’on a aussi recours, pour l’insolation des papiers, à des appareils spéciaux.
- L’arc à mercure se prête très bien à
- Fig. 8. — Deux modèles de machines à tirer les bleus au moyen de la lampe à vapeur de mercure.
- (En haut : modèle S. T. A. R. 27 de la Société Hewittic; en bas : Électrographe Rex de la Verrerie scientifique.)
- l’éclairage des documents à reproduire; on emploie dans ce cas une lampe spéciale dont le tube luminescent, contourné suivant un rectangle est disposé dans un réflecteur percé d’un trou central derrière lequel prend place l’objectif de l’appareil photographique. Le tube est ainsi très près du document à reproduire; grâce à la parfaite diffusion de la lumière qu’il émet et à sa forme, il l’éclaire cependant d’une façon très uniforme. Cet ap-
- Fig. 9. — Un atelier de reproduction des plans équipé avec une machine à vapeur de mercure, dans un grand bureau d'éludes. (Pli. Hewittic.)
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- Fig. 10. — Panneaux à tubes de mercure pour l’insolation de châssis de photogravure. (Modèle de la Verrerie scientifique.)
- pareil est aussi utilisé pour la photographie des titres intercalés, sur les films, entre les scènes cinématographiées.
- Le tube à vapeur de mercure est employé également pour l’impression des papiers photographiques, tant à image apparente qu’au chloro-bromure d’argent; parmi les appareils spécialement établis pour l’exécution de ces travaux, nous citerons la tireuse horizontale représentée sur la figure 7, qui permet d’insoler simultanément trente châssis 13 X18. Le modèle est particulièrement approprié au tirage des papiers à image apparente.
- Nous ne rappellerons que pour mémoire, les machines à tirer les « bleus », aujourd’hui si répandues dans les bureaux d’études, et dans lesquelles le tube à vapeur de mercure a trouvé une de ses plus importantes applications : bien que ce procédé utilise les propriétés chimiques de la lumière, on ne saurait le considérer comme photographique, dans l’acception habituelle du terme (fig. 8 et 9).
- Par contre, il convient de réserver une mention spéciale aux panneaux lumineux employés en photogravure, pour insoler les gélatines bichromatées. Ces préparations, dont la sensibilité est très faible, ont été, durant de longues années, impressionnées exclusivement à la lumière du jour; les variations considérables que subit l’actinisme de celle-ci introduisaient dans les opérations une incertitude incompatible avec les exigences de l’industrie; le développement de la photogravure a amené à préférer une lumière artificielle, celle de la lampe à arc d’abord, puis celle du tube à vapeur de mercure. Le fait que ce dernier donne une lumière diffuse et ne chauffe que très peu prend ici une importance considérable : la lampe pouvant être placée très près de la surface à impressionner, à moins de 15 cm, le temps d’exposition se trouve réduit à 20 minutes environ; la consommation étant, avec le courant continu, voisine de 380 watts par tube, le rendement est près de trois fois supérieur à celui obtenu avec l’arc ordinaire.
- Les installations modernes d’héliogravure sont équipées avec des lampes à vapeur de mercure.
- Les panneaux lumineux spécialement établis pour l’insolation des gélatines bichromatées comportent, suivant le format, une ou plusieurs lampes. Dans le premier cas, le tube est contourné en M et permet d’éclairer simultanément deux châssis 24x30, placés de part et d’autre. Dans le second, les tubes sont généralement rectilignes et disposés côte à côte, soit verticalement (fig. 10) soit horizontalement (fig. 11). Dans ces panneaux à tubes multiples les tubes sont absolument indépendants les uns des autres.et pourvus chacun de leurs organes d’allumage statique et de stabilisation de Tare, de sorte que l’on peut n’éclairer que ceux réellement nécessaires, eu égard aux dimensions des surfaces à impressionner.
- Telles sont les principales applications photographiques de la lampe à vapeur de mercure, les seules où cette source de lumière ait réussi à s’imposer; elle a depuis quelques années, il est vrai, une redoutable concurrente dans la lampe à filament que l’on a réussi à rendre assez robuste pour fonctionner à un régime élevé, mais l’éblouissement, difficilement évitable avec celle-ci, et la chaleur dégagée constituent une gêne suffisante pour permettre à l’arc au mercure de conserver aisément la place qu’il a conquise. André Bourgain.
- Fig. 11.— L’installation d’héliogravure de /'Illustration, à Saint-Mandé. Panneau horizontal à multiples tubes de mercure pour insolation des gélatines bichromatées. (Modèle Hewittic.)
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- ^EEEEE RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES = 417
- SOLUTION DES PROBLÈMES PROPOSÉS DANS ‘‘ LA NATURE "
- DU lfT MARS 1932 (N° 2876)
- Rappelons les énoncés de ces problèmes.
- gasiné dans le poids sous forme de force vive : 1/2 me5. Il s’agit de calculer v. On a pour le poids de 1 kg.
- PREMIER PROBLÈME
- Un parc zoologique possède des antilopes, des serpents et des rhinocéros. Le nombre des cornes égale la moitié de la différence du nombre de pattes et du nombre de têtes. Il égale aussi le produit du carré du nombre de serpents par le nombre d’antilopes, plus le nombre d’antilopes, moins le produit du nombre de rhinocéros par le nombre d’antilopes, moins la moitié du produit du nombre de serpents par le nombre de rhinocéros. Le nombre de cornes multiplié par le nombre de serpents égale deux fois le produit du nombre d’antilopes par le nombre de serpents, plus deux fois le produit du nombre d’antilopes par le nombre de rhinocéros. Combien y a-t-il d’animaux de chaque espèce ?
- Solution. — Soient x, y et z les nombres d’antilopes, de serpents et de rhinocéros. Les cornes, les pattes et les têtes sont respectivement au nombre de : 2x-f-z, 4a:+4z et x-j-y-f-z. On a les 3 équations suivantes :
- (1)
- (3)
- 2a: + z = -
- (4 æ-f 4z) — (x + y + z)
- 2x + z =
- y (2x + z)
- xy2 -|- x — xz — - yz = yx 2 + 2xz
- qui simplifiées deviennent :
- (1) x + y = z
- 2x kfl — 1)
- [ ' 2 (x + 1) + y
- (3) 2a; = y
- et donnent :
- 2a: (2a;* — 3a; — 2) = 0 la racine positive, seule acceptable est \x = 2j Il y a donc ; 2 antilopes 4 serpents 6 rhinocéros.
- DEUXIÈME PROBLÈME
- / = my
- pour celui de 2 kg / = 2 my' d’où y = 2y'
- Or, dans le mouvement uniformément accéléré on a ;
- v — y i d’où = 2 y t = y t
- et on a finalement :
- Tt = ~ m X 4 y'-12 Ts = \ 2 m X y' t2
- Ji £
- d’où l’on tire facilement
- |Fi =2Fj
- Le travail sera donc double sur le poids de 1 kg de celui dépensé sur le poids le plus lourd.
- Pour ce 2e problème dont la solution paraît à première vue paradoxale, M. Steele qui nous l’avait proposé nous a envoyé une longue note et des considérations élémentaires sur la notion de quantité de mouvement. Le manque de place nous empêche de les reproduire.
- TROISIÈME PROBLÈME
- Dans un train, il y a un chauffeur, un mécanicien et un garde qui s’appellent Smith, John et Robinson, sans qu’on sache d’ailleurs à qui appartient chacun de ces noms.
- Il y a également 3 voyageurs, M. Smith, M. John et M. Robinson.
- M. Robinson habite Leeds.
- Le garde habite à mi-chemin de Leeds et de Sheffield.
- M. John gagne par an 100 livres 20 shillings et 1 penny.
- Un voyageur qui est le plus proche voisin du garde gagne 3 fois plus que le garde.
- L’homonyme du garde habite Sheffield et Smith bat le chauffeur au billard.
- Comment s’appelle le mécanicien ?
- Deux poids l’un de 1 kg, l’autre de 2 kg, sont suspendus chacun à un fil assez long pour que le déplacement du poids puisse être considéré comme ayant lieu dans un plan horizontal.
- Un opérateur pousse horizontalement et successivement avec une force constante chacun des deux poids pendant une seconde. Il s’agit de savoir sur lequel des deux poids l’opérateur aura travaillé le plus.
- Solution. — Le problème est une simple application du mouvement uniformément accéléré sans frottement. Au moment où l’opérateur cesse son effort, le poids garde une vitesse constante et tout le travail de l’opérateur est emma-
- Solution. — Le voyageur qui est le plus proche voisin du garde — qui habite à mi-chemin de Leeds et de Sheffield — n’est ni M. Robinson ni l’homonyme du garde.
- D’autre part, il ne s’appelle pas « M. John ». En effet ce dernier gagne 100I20S1Î>, quantité non divisible par 3. M. John ne peut donc pas gagner 3 fois plus que le garde.
- Il en résulte que le voyageur, puisqu’il n’est ni M. Robinson ni M. John, se nomme M. Smith; l’homonyme du garde a pour nom M. John, et le garde s’appelle John.
- Il reste à attribuer les noms de Smith et de Robinson au mécanicien et au chauffeur. Mais il est dit que Smith bat le chauffeur au billard. Ainsi, comme Smith n’est pas chauffeur, Roliinsin l’est, et le mécanicien se nomme Smith.
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- Ces 3 problèmes, si différents d’allure, ont très vivement intéressé nos lecteurs. Plus de 100 d’entre eux ont résolu ou les 3 ou 2 ou 1 de ces problèmes. Comme les autres fois ces solutions nous sont venues de tous les coins du monde.
- Ont résolu les problèmes :
- Les trois :
- MM. Fraddy Nordon, Paris; Maurice Simon, directeur d’école communale à Paris; François Steel, Ingénieur des Mines à l’Uccle lès-Bruxelles ; Albert Laurent, à Vireux-Molhain; Huyghebaert, à Anvers; P. Ghyoot, Faculté des Sciences de N.-D. de la Paix à Namur, Belgique; Mlle Flamant, à St-Quen-tin; A. Filippi, à Constantine; P. Fortunet, Ingénieur T.P.E., Alger; Allary, à Alfortville, Seine; Aucher, Joinville-Ie-Pont; Fleuret, Etudiant en Chimie, à Rennes; Antonie Thiry, Nancy; Landrin, Pierre, à Paris; Y. Stern; E. Kirschlen et J. Monning, étudiants à l’Université de Bruxelles; Michel Herrgott, à*. Nancy; Paul Alby, Ingénieur, à Paris; R. Huet-Dechavanne, à Tunis; P. Meyrex, Ingénieur à Wys-les-Genappe, Belgique; Auque, collège de Castres; Jean Rousseau, élève de spéciales au Lycée de Poitiers (Vienne) ; André Simon, élève de 1'e Lycée Hcnri-IV, Paris; sous-lieutenant Lacroix, à Verdun; E. Santerre, à Oignies, Belgique; Classe de Mathématiques, Collège de Tivoli, Bordeaux; E. Novel, à Genève (Suisse); E. Internet, Ingénieur des Mines Carmaux (Tarn) ; Eduardo Jacobina, St-Paulo Guarantingueta, Brésil; Mourailleau, stagiaire à la banque de France, Nantes; M. Becquart, à Buenos-Ayres ; Mme Diana Tomasini, O.C.P. Kourigha Maroc) ;
- Les premier et deuxième :
- M. Gœmaere, à Tirlemont (Belgique) ; Mlle Hélène Falzou, Tunis; Beaussoleil, Ingénieur du service vicinal de la Creuse, à Guéret; Arensdorf, Reims. Abbé Bernard Abadie, à St-Pé-de-Bigorre (Htes-Pyrénées) ; M. Tasté, à Nancy; De Rebourseaux, Pascal, à Chinon; Arnaud André, Marseille; Dr Léon de Pekos-lawslci à Varsovie (Pologne) ; Lieutenant Lécorché, 25e R.T.A., Sarrebourg (Moselle); M. Pezé, à Cherbourg; Touvet, à Versailles ; Dael, élève de St-André Lophem à Bruges (Belgique) ; Henri Buisson, étudiant à Lisieux; Léon Bois, à Pelussin (Loire); Robert Gagot, caporal radio au 8e génie, à Versailles;
- P. Parison, Lyon; D. Kakra, Djebourat (Maroc); Claverie, à Samatan (Gers) ; Jean Lefèvre, Privas (Ardèche) ; Georges Bloch, lauréat de la faculté de Pharmacie de Paris; Marcel Bergeret, étudiant à la Faculté des Sciences, Paris; René Mounier, étudiant à Constantine; J. Estignard-Bluard, étudiant à Paris ; J. Laberne, étudiant à Paris.
- Les premier et troisième:
- M. R. Drouin, élève au lycée de Saint-Quentin;
- Deuxième et troisième problèmes :
- André Fillandeau, élève du cours Vidal, Paris;
- Le premier problème seul :
- René Morin, à Caen; J. Arabi Verdera, à Ibiza (Baléares);
- J. G. Val à Sao-Paulo; Abbé Lapied, curé de Magny (Moselle) ; Samuel Marti, Montbéliard (Doubs) ; Raymond Vercaeren, Lambersart-lès-Lille ; Maignan, licencié en droit, St-Germain-en-Laye; Paitre, Institut catholique professionnel, Nantes; Maurice Ferré, étudiant Paris; Toyon Daniel, agent technique de la Marne, Paris; Dreyer-Roupillon (Isère); Sudra, Tours; Daniel Thirion, élève de Mathématiques, à Nice; Dardenne,
- Instituteur, La Neuville (Ardennes); R. Bouvaist; Ulpat, à Bizerte, Tunisie; Jean Alibert, Ingénieur civil, Paris; Mario de la Escosura y Mendez, Sevilla (Espagne) ; G. de Leudevile, à Marolles en Hurepoix (S.-et-O.) ; Marcel Bonvalet, Ecole Militaire; Les Andelys (Eure) ; Mad. Béguin, à Neufchatel (Suisse) ; Cartier André, Paris; Lagueyt, Collège St- Joseph de Tivoli, Bordeaux; Ayrolles, Ingénieur, Le Chambon (Loire) ; Bouffe, étudiant G. A. M. à Carmaux (Tarn) ; Pierre Valat, chimiste, Rive-de-Gier (Loire) ; L. Larning, Elbeuf (Seine-Inférieure) ; Faure Emmanuel, Collège français du Sacré-Cœur, Beyrouth (Liban); Lieutenant Nicolay, à Rabat; Corbillon Madeleine, à Versailles; P. Chauvineau, élève-maître à l’école normale de Parthenay (Deux-Sèvres) ; Paul Corion, Boulogne-sur-Seine; J. Rondet, élève de Math, élém., Rochefort; Emile Karam. professeur de mathématiques au Lycée Haïle-Gellacie, à Addis-Abeba (Ethiopie); colonel Gay, à Paris; L. Garin, ingénieur à Atalaya (République Argentine).
- Le deuxième problème seul :
- MM. Albert Bouvrande, Paris; Jean Baert, Saintes (Charente-Inférieure) ; X2 St-Louis (Haut-Rhin) ;
- Le troisième problème seul :
- MM. Bertlxeuil, élève à l’institut de Chimie; Vaillant, Ingé~ nieur E. C. P., Lyon; E. Deleuze, Ecole Normale, Braine-le-Comte (Belgique); Michel Veloppé, Draguignan (Var); Georges André, Courcelles par Chatenay (Seine) ; J. de Lens, à Versailles; Léon Fredericq, Liège (Belgique) ; Gatimel Ségui, à Albi (Tarn) ; Edmond Lentz, Lyon (Rhône); Jean Audouard, à Arles; Schulmann André, Lycée Charlemagne, Paris; Petrissart, au Havre; F. David, aux Ternes (Cantal).
- Voici deux nouveaux problèmes et une « amuserolle ». On remarquera que les énoncés des deux problèmes ne comportent pas de nombres et qu’il en faudra trouver pour avoir la solution. Le 2 e problème proposé par M. Cornet, directeur du bureau d’hygiène à Amiens, est vraiment très curieux,
- A. On demandait un jour à un soldat quel était son numéro de régiment : ce numéro est tel, répondit-il, qu'on le retrouve si l’on ajoute les nombres formés en arrangeant de toutes les façons possibles ses 3 chiffres 2 à 2 et en prenant ensuite la moitié de cette somme. (M. Rousseau, élève de math, spéciales au lycée de Poitiers).
- B. Deux nombres N et N' formés chacun de 3 chiffres sont tels que si on les élève au cube, les nombres obtenus N3 et N'3 peuvent se lire indifféremment de gauche à droite ou de droite à gauche, comme les nombres N et N . De plus le nombre représentant la somme N3 -|- N'3 peut lui aussi se lire indifféremment dans les deux sens ? Trouver les nombres N et N'.
- C. Un meuble se compose de 3 casiers verticaux. La largeur intérieure de chaque casier est de 3 cm : l'épaisseur de chaque bois est de 1 cm. Dans chaque casier on place verticalement dos en avant, un livre broché qui épouse toute l'épaisseur du casier. Un insecte qui ronge le bois et le papier s’introduit dans le meuble, se déplaçant toujours horizontalement dans le même sens, il trouve moyen de percer depuis la première page du premier livre jusqu'à la dernière page de troisième livre. Quel trajet a parcouru l'insecte pour accomplir cette triste besogne.
- Et maintenant, au travail. A bientôt la pluie des lettres apportant les solutions accompagnées presque toujours d’un mot aimable sur l’intérêt de ces récréations.
- Virgile Brandicourt.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOÛTE CÉLESTE EN JUIN 1932 (’)
- L’été astronomique commencera le 21 juin à 15“. Vénus sera en conjonction inférieure, avec le Soleil, le 29 juin. Une observation très intéressante pourra être tentée ce jour-là, pour apercevoir son mince croissant au voisinage du Soleil (voir plus loin).
- A noter ce mois-ci la visibilité de Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune, quelques occultations d’étoiles par la Lune et un certain nombre de conjonctions. Enfin, on pourra observer encore quelques phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Rappelons que, dans la moitié nord de la France, et plus exactement jusqu’à la latitude de 48° 33 , le Soleil, au moment du solstice d’été, ne descend pas à 18° au-dessous de l’horizon à minuit.
- Ainsi la nuit n’est pas complète et l’on voit, au Nord, la lueur du crépuscule rejoindre celle de l’aurore (observation à faire loin des lumières artificielles et en l’absence du clair de Lune, qui, cette année, gênera beaucoup).
- I. Soleil. — Le Soleil, en juin, atteindra sa déclinaison maximum : + 23° 27',
- 1 e jour du solstice d’été.
- Au début du mois, le 1er, la déclinaison du Soleil sera de +22°4'.
- Elle retombera +23°11' le 30.
- La durée du jour à Paris — présence du centre du Soleil au-dessus de l’horizon — sera de 15“ 49“ le 1er, atteindra son maximum :
- 16* 7m qu 17 au 26, et ne sera plus que de I61 4m je 30 juin.
- Voici le temps moyen à midi vrai, ou heure
- du passage du Soleil au méridien de Paris :
- Dates Heure du passage. Dates Heure du passage.
- Juin 1er 11“ 48“ 16s Juin 17 11“ 51“ 20B
- — 3 11 48 35 — 19 11 51 45
- — 5 11 48 56 — 21 11 52 11
- — 7 11 49 18 — 23 11 52 37
- — 9 11 49 41 — 25 11 53 3
- — 11 11 50 4 — 27 11 53 28
- — 13 11 50 29 — 29 11 53 52
- — 15 11 50 54
- Observations physiques. — Nous donnons ici la suite des
- éphémérides permettant l’orientation des dessins et des
- photographies du Soleil :
- Dates. P B0 I 'O
- Juin 4 —14°,42 — 0°,21 341 °,75
- — 9 — 12 ,42 + 0 39 275 ,57
- — 14 — 10 ,33 + 0 99 209 ,39
- — 19 — 8 ,17 -f 1 59 143 ,20
- — '24 — 5 ,94 * + 2 17 77 ,02
- — 29 — 3 ,68 + 2 73 10 ,83
- Lumière zodiacale; lueur anti-solaire. -— En raison de la longueur du jour, la lumière zodiacale est inobservable ce mois-ci. Il en est de même de la lueur anti-solaire, très basse sur l’horizon, puisque opposée au Soleil qui, lui, atteint sa déclinaison maximum.
- II. Lune. — Les phases de la Lune, en juin, seront les suivantes :
- N. L. le 4, à 9“ 16“
- P. Q. le 11, à 21“ 40“
- Age de la Lune, le l‘er juin, à 0" = 26i,2; le 5 juin, à 0“ = 01,6. Pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 5.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, en juin : le 5 = + 28° 25'; le 18 — — 28° 24'. Remarquer la faible élévation de la Lune sur l’horizon, le 18 juin, le jour de la pleine Lune.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 16 juin, à 10“. Parallaxe — 60'28". Distance = 362 630 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le
- 28 juin, à 9“. Parallaxe = 54' 10". Distance = 404 820 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 11 juin, occultation de t Lion (gr. 5,2). Immersion à 21“ 28“.
- Le 13 juin, occultation de 49 Vierge (gr. 5,2). Immersion à 20“ 52“ 30s.
- Le 23 juin, occultation de 39 Verseau (gr. 6,2). Emersion à 0“ 41 “.
- Le 30 juin,occultation de 66 Bélier (gr. 6,1). Emersion à 2“ 15“.
- Marées, mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront surtout à l’époque de la pleine Lune du 18. Leur amplitude sera faible, le coefficient maximum atteignant 87 centièmes.
- En raison de cette faible amplitude des marées, le phénomène du mascaret n’est pas annoncé ce mois-ci.
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi au moyen des indications de VAnnuaire astronomique Flammarion, contient les renseignements les plus importants pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois de juin 1932.
- Mercure est invisible ce mois-ci. Il sera en conjonction supérieure avec le Soleil le 13 juin, à 7“.
- Vénus sera encore un peu visible au début du mois. Elle disparaîtra bientôt dans le rayonnement du Soleil et se trouvera en conjonction inférieure avec cet astre le 29 juin à 5h. Vénus passera à 3° 10' au Sud du Soleil (pour un observateur situé au centre de la Terre). Il en résulte qu’un très mince croissant
- 1. Toutes les heures données dans le présent « Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel, compté de 0“ à 24h à partir de 0h (minuit). L’heure d'été étant en vigueur, ajouter 1 heure à toutes les heures indiquées ici pour qu’il y ait concordance entre la production des phénomènes et l’heure marquée par les horloges.
- Fig. 1. — Marche de la petite planète Cérès, du. 14 juin au Ier août 1932, à travers la constellation du Sagittaire.
- P. L. le 18, à 12“ 38“ D. Q. le 25, à 20“ 36“
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- ASTRE Dates : J uin Lever fl Paris. Passage au Méridien de Paris (') Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 5 3 h 52- lln 48- 56» 19> 4 7 m /j-h 53- + 22° 34' 31'34",2 Taureau
- Soleil . . . < 15 3 48 11 50 54 19 54 5 34 4" 23 19 31 32 ,2 Taureau , »
- î 25 3 50 11 53 3 19 57 6 16 + 23 24 31 31 0 Gémeaux ;
- ! 5 3 25 11 9 18 53 4 9 "f" 20 30 5, 2 Yi Taureau ,
- Mercure . . 15 3 54 12 3 20 12 5 41 + 24 33 5,0 ri Gémeaux > Invisible, en conjonction,
- [ 25 4 47 12 55 21 2 7 13 + 24 19 5,4 ô Gémeaux * le 13, avec le Soleil.
- 5 5 54 14 3 22 12 7 7 + 24 32 45,6 o Gémeaux
- Vénus . . . 15 5 20 13 18 21 16 7 3 _L 22 51 52,6 £ Gémeaux > Un peu visible le soir,
- 25 4 31 12 17 20 4 6 42 + 20 59 57,6 Ç Gémeaux ' au début du mois.
- 5 2 35 9 58 17 20 3 0 + 16 40 4,2 Bélier !
- Mars 15 2 14 9 48 17 21 3 30 + 18 40 4,2 Taureau > Inobservable.
- 25 1 55 9 38 17 21 O O 59 + 20 22 4,2 Taureau '
- Jupiter. . . 15 8 23 15 42 23 2 9 26 + 16 3 31,2 85 Lion Dès le coucher du Soleil.
- Saturne . . 15 22 16 2 44 7 11 20 26 — 19 35 16,2 p Capricorne seconde partie de la nuit.
- Uranus. . . 15 1 1 7 42 14 22 1 25 + 8 14 3,4 Poissons Avant l’arrivée du jour.
- Neptune . . 15 9 56 16 46 23 56 10 30 + 10 15 2,4 p Lion Dès l’arrivée de la nuit.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- lumineux restera visible au moment de la conjonction, croissant tourné vers le Soleil. L’observation de ce croissant, en plein jour, est extrêmement intéressante à faire à condition d’employer une lunette assez puissante. Voir à ce propos la figure donnée au précédent « Bulletin astronomique » où se trouve représenté ce croissant excessivement délié de Vénus, le jour de la conjonction.
- Les observateurs qui auraient la chance de faire cette observation sont priés de vouloir bien nous le faire savoir en écrivant à La Nature.
- De ce fait, l’éclat stellaire de Vénus ne s’annule pas au moment de la conjonction, comme cela arriverait si elle passait tout près (ou mieux devant) le Soleil. On s’en rend bien compte en examinant le tableau ci-après :
- Dates. Disque illuminé Diamètre Grandeur stellaire.
- uin 4 0,17 44"8 — 4,1
- — 9 0,12 48 ,5 — 4,0
- — 14 0,07 52 ,0 — 3,8
- — 19 0,04 55 ,1 — 3,5
- — 24 0,01 57 ,2 — 3,1
- — 29 0,00 58 ,0 — 2,8
- Mars est inobservable.
- Cér'es, la première découverte des petites planètes situées entre Mars et Jupiter, passera en opposition le 13 juillet prochain; elle atteindra la grandeur 7,7. Elle sera très basse sur l’horizon. La figure 1 donne sa marche sur le ciel pendant les mois de juin et de juillet 1932.
- Jupiter sera encore visible le soir, dès l’arrivée de la nuit.
- L’observation de cette planète est possible avec de petits instruments, lesquels permettent de suivre les curieux phénomènes produits par les satellites dans leur révolution autour de la planète. Voici la liste de ces phénomènes que l’on pourra observer.
- Phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Date. Juin Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Date. Juin Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 1er 23h 0- III E. f. 13 20h18m I O. c.
- 5 20 3 I Im. 13 21 32 I P. f.
- 6 20 40 I O., f. , 15 21 36 II E. f.
- 6 21 47 II O. c. 19 21 2 III O. f.
- 6 22 22 II P. f. 20 21 15 I P. c.
- 8 22 31 III Em. 26 21 21 III P. f.
- 12 22 2 I Im. 28 20 32 I 1m.
- Il y a lieu de remarquer, parmi les phénomènes produits par les satellites de Jupiter, l’occultation et la conjonction des satellites I et II, le 17 juin, à 21h 9m.
- Le 23 juin, les satellites II, III et IV de Jupiter seront très rapprochés les uns des autres, à 21h, à l’Est de la planète.
- Le 30 juin, les quatre satellites de Jupiter seront assez l’approchés les uns des autres, à 21h, à l’Est de la planète.
- Saturne devient à présent bien visible dans la seconde moitié de la nuit.
- Voici les éléments de l’anneau à la date du 16 juin :
- Grand axe extérieur............................... 40' ,92
- Petit axe extérieur....................... -f- 13",75
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau. +19° ,62 Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau . -f- 20° ,88
- On pourra observer Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, au moment de ses élongations maxima. En voici la liste pour le mois de juin :
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- Date. Elongation. Heure.
- uin 6 Occidentale 18®,2
- — 14 Orientale 10 ,6
- 22 Occidentale IG ,1
- — 30 Orientale 8 ,3
- Uranus devient mieux visible le matin. On pourra le rechercher à environ 2 degrés au Nord-Est du milieu de la ligne
- joignant les étoiles s et v positions, que voici pour juin des Poissons, et à l’aide de
- Ascension Date. droite. Déclinaison Diamètre apparent.
- J uin 5 1& 23m + 8° G' 3 "4
- — 15 1® 25m + 8 14 3 ,4
- — 25 1® 26“' + 8 21 3 ,4
- Uranus brille comme une étoile de la 6® grandeur, et les observateurs ont pris l’habitude'—dit Y Annuaire astronomique Flammarion — de le suivre à l’œil nu sur le ciel. 11 faut évidemment pour cela une vue remarquable.
- Dans une lunette, Uranus présente un petit disque bleuâtre de 4” de diamètre.
- Neptune est encore visible, mais il faut se bâter, car en raison de la longueur du jour, il reste peu de temps pour le voir avant son coucher qui a lieu vers 23“ 1/2.
- On trouvera Neptune à moins de 1 degré de l’étoile p du Lion. Voir à ce sujet la petite carte spéciale que nous avons donnée au n° 287G, du 1 er mars 1932, et qui reproduit son mouvement sur le ciel pendant l’année.
- Le 21, à 1®, Saturne en conjonct. avec la Lune, à 3° 28'N. Le 22, à 5®, Mercure — Vénus, à 3° 18' N.
- Le 27, à 14®, Uranus — la Lune, à 3° 42' S.
- Etoile Polaire; temps sidéral. — Voici quelques passages de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- Temps sidéral
- Date. Passage. F ieures. à 0 ®(T. . U.)
- luin 9 Inférieur 20® 15“ 488 17® 8m 36"
- — 19 — 19 3G 40 17 48 1
- — 29 — 18 57 32 18 27 27
- — 29 Supérieur 6 59 31 —
- Etoiles variables. — Voici quelques minima d’éclat de l’étoile variable Algol ([1 PerséeJ : 2 juin, à O1; 22 juin, à 3® 6m.
- Etoiles filantes. — Aucun essaim important n’est signalé en juin. Il est vrai qu’en raison de la longueur du jour, surtout dans la moitié nord de la France, la nuit est fort courte et des essaims dont le radiant ne serait pas à peu près à l’opposé du Soleil peuvent échapper aux observations. Cependant, il n’est pas douteux qu’en juin — comme pendant tous les autres mois d’ailleurs — des météores apparaissent de temps à autre. Il serait très intéressant de les observer systématiquement et d’en déterminer les radiants.
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le 1er juin, à 23®, ou le 15 juin, à 22®, est le suivant :
- Au Zénith : Hercule; le Dragon.
- Au Nord : La Petite Ourse; Céphée; Cassiopée; le Cocher;
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 2, à 4®, Mars en conjonction avec Le 3, à 11®, Mercure —
- Le 6, à 22®, Vénus —
- Le 9, à 10®, Jupiter —
- Le 10, à 18®, Neptune
- la Lune, à 4° 41' S.
- — à 5° 35' S.
- — à 2° 56' S.
- — à 2° 3' S.
- — à 0° 43' S.
- Persée.
- A l’Est : Le Cygne; le Dauphin; l’Aigle; le Lyre.
- Au Sud-Est : Le Sagittaire.
- Au Sud : La Couronne boréale; le Serpent; Ophiuchus; le Scorpion; la Balance.
- A l’Ouest : Castor et Pollux se couchent; le Lion; la Vierge, la Grande Ourse. Em. Touchet.
- = LE CONCOURS DE L’ALUMINIUM EN 1931 =
- Comme nous l’avons annoncé d’autre part, le bureau international de l’aluminium organise pour 1932, entre les inventeurs de tous pays, un concours doté de 100 000 francs de prix, en vue de développer l’emploi de l’aluminium et de ses alliages.
- Un concours analogue, organisé en 1931, avait provoqué d’intéressantes suggestions. Aucune n’a cependant manifesté le caractère d’intérêt et de nouveauté exceptionnels qui eût permis au Jury d’attribuer le prix facultatif de 50 000 francs. Mais il a été décerné un prix de 25 000 francs à M. Szmukler, directeur d’une importante mégisserie de Grenoble, auteur d’un mémoire très précis préconisant, après expériences, l’emploi de l’aluminium et du duralumin en mégisserie, pour les substituer à l’acier ou au cuivre qui tachent les peaux. Cette substitution a été déjà effectuée par l’auteur sur une grande partie de l’outillage dans l’usine qu’il dirige. Un autre prix de 25 000 francs a été partagé entre M. de Ilaes de Bruxelles et M. P. Hampel de Münster (Allemagne) qui ont présenté de nouvelles formes de radiateurs en aluminium.
- Parmi les mémoires non primés on relève quelques idées assez neuves : M. R. de Fleury, pour éclairer par la lumière du jour les appartements sur cours ou rues étroites, propose de revêtir les murs des étages supérieurs à l’aide de feuilles d’aluminium poli. M. Periguev-Duprat imagine, pour la couverture des immeubles, des ardoises d’aluminium à dilatation libre. Un
- anglais, M. Jones, propose de construire les cercueils en aluminium. M. Kuhn, un Suisse, suggère de réaliser la protection des meules de foin par des écrans en tôle d’aluminium, munis en leur centre d’une tige permettant la fixation dans la meule. M. M. Lebrun, de Paris, propose la substitution de l’aluminium au bois pour la confection des cageots utilisés au transport des fruits et légumes. M. P. Walter de Versailles a inventé des allumettes chimiques non toxiques à base d’aluminium. De nombreux concurrents ont prévu l’emploi de l’aluminium pour diverses pièces mécaniques animées de mouvements rapides : matériel de l’industrie textile, centrifugeuses, etc.
- Une application intéressante, mais déjà ancienne, est celle que revendique M. Ricldi de la Société Oerlikon : à savoir : l’emploi de l’aluminium pour les enroulements rotoriques des grands alternateurs à grande vitesse de rotation : c’est la substitution de l’aluminium plus léger au cuivre trop lourd qui, en diminuant les contraintes exercées sur le rotor, a permis la construction des alternateurs modernes : on est étonné de la puissance qu’ils développent sous un faible volume.
- C’est aussi l’aluminium qui a permis la réalisation de turbo-alternateurs de 72 000 K VA à 300 tours par minute et il existe aujourd’hui les projets pour des machines établies sur ce principe et développant 100 000 K.VA à 3000 tours.
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- 422 = NOUVEAUTÉS PHOTOGRAPHIQUES î ET CINÉMATOGRAPHIQUES
- La récente Exposition de la photographie et du cinématographe dont M. Bourgain a déjà rendu compte en partie dans
- Fig. 1. — Appareil de petit format Leica.
- a. Bloc viseur télémètre assurant la mise au point automatique. b. Télémètre séparé, c. Viseur d’angle permettant la prise de vues de côté. d. Actinomètre à vision directe.
- le N° 2878 a prouvé, par son succès, que le nombre des photographes et des cinématographistes amateurs ne diminue nullement, comme on pourrait le croire. Bien au contraire, à mesure que la technique de la photographie et de la cinématographie professionnelles se perfectionne, les constructeurs savent faire bénéficier de ses progrès les appareils d’amateur.
- Les appareils photographiques de très petit format et les accessoires correspondants, les appareils stéréoscopiques, et, enfin, les appareils de cinématographie, soit reproducteurs, soit même enregistreurs, font l’objet de réalisations fort intéressantes.
- Ces tendances répondent évidemment aux désirs du public.
- Fig. 2. — Appareil Pilot 3 X 4, d dispositif Reflex : vues de profil, montrant les mécanismes de visée, de tirage et de mise au point.
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- Presque tous les amateurs, même munis d’appareils de grand format, ont également un appareil de poche de très petit format et très souvent aussi une « caméra » cinématographique. On connaît, d’autre part, la faveur des projecteurs cinématographiques pour films de 16 mm et surtout de 9 mm 5.
- Dans les lignes qui suivent, nous chercherons à dégager les nouveautés apparues cette année dans ce domaine spécial des appareils exclusivement destinés aux amateurs. Nous laisserons de côté les appareils stéréoscopiques étudiés précédemment par M. Bourgain.
- LES APPAREILS PHOTOGRAPHIQUES DE TRÈS PETIT FORMAT
- Nous avons déjà signalé l’an dernier les avantages et le développement des appareils photographiques très portatifs, de petites dimensions et dans lesquels on utilise du film négatif cinématographique de dimensions standard, perforé, dont la largeur est de 35 mm ; mais l’image cinématographique normale (film muet) n’a que 18 sur 24 mm, alors que les images données par l’appareil Leica par exemple, déjà indiqué l’an dernier, ont une largeur double, soit 24 sur 36 mm (fig. 1).
- L’obturateur de ce modèle est du type à rideau ne démasquant pas en armant et permettant des instantanés du 1/20e au 1 /500e de seconde, ainsi que la pose en un temps avec le meilleur rendement.
- Le foyer très court permet d’utiliser une monture rentrante de précision en forme de tube cylindrique, d’un fonctionnement rapide et à fermeture à baïonnette.
- L’armement de l’obturateur assure l’entraînement automatique du film, d’où résulte la possibilité de prise de vues rapides successives.
- Le magasin cylindrique contient une bande de 1 m 60 de film standard, suffisante pour obtenir 36 clichés de 24 sur 36 mm. Le poids de l’appareil n’est guère supérieur à 400 gr.
- Ce qui a fait le succès de cet appareil, c’est sans doute le soin avec lequel il est monté, les résultats qu’il permet d’obtenir ainsi que les très nombreux accessoires qu’il peut recevoir : objectifs interchangeables, viseur perfectionné, adaptateur stéréoscopique, etc..., sans compter les agrandisseurs, les dispositifs de tirage et de développement, etc... (fig. 1).
- Etant donné la précision de son montage, cet appareil peut recevoir des objectifs à grande ouverture; celle-ci peut être supérieure à F/2 pour les modèles les plus récents. Avec des objectifs à si grande ouverture, et si l’on ne veut pas utiliser de diaphragmes réduits, il est indispensable de mettre parfaitement àu point, étant donné la diminution de la profondeur de champ dans ces conditions. Cette mise au point est particulièrement délicate pour le débutant.
- C’est pourquoi le constructeur avait établi un télémètre séparé qui se fixait verticalement sur la chambre, et qui était basé sur le principe bien connu de la coïncidence des images (fig. là). En regardant dans l’oculaire, on apercevait un cercle clair se détachant dans le champ visuel à l’intérieur duquel on voyait l’image doublée, et l’on tournait un bouton divisé jusqu’à ce que les deux images se recouvrent. Il n’y avait plus alors qu’à lire la distance indiquée directement sur le bouton.
- Cette année, le constructeur a eu l’idée ingénieuse de lier d’une manière fixe le dispositif télémétrique au système de mise au point de l’objectif. On tourne l’objectif avec la main gauche jusqu’à ce qu’on obtienne dans le bloc-viseur télémètre la coïncidence de la double image du sujet visé. A ce moment,
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- l’objectif est au point, et l’on n’a plus qu’à appuyer avec la main droite sur le bouton déclencheur. La manœuvre est ainsi beaucoup plus rapide et très sûre (fig. la).
- Voici encore, chez le même constructeur, un appareil pour faciliter la tâche de l’amateur. C’est un photomètre optique permettant de comparer avec un étalonnage connu, la lumière réfléchie par le sujet à photographier (fig. 1 d). Une échelle permet de tenir compte des différentes émulsions utilisées et de déterminer très rapidement le temps de pose par vision directe du sujet, en se réglant sur le point le plus sombre d’une vue à prendre.
- A côté de ces appareils permettant d’opérer sur film cinématographique, les dispositifs de petit format pour film Vest-Pocket 4 X 6 1/2 dans lesquels on peut effectuer seize vues sur la même bande au lieu de 8 comme dans le Vest-Pocket, conservent la faveur du public.
- Signalons, dans cette catégorie, un appareil très original, pliant, vertical, avec levier assurant automatiquement l’enroulement du film, pourvu d’un obturateur jusqu’au 1/300®, d’un objectif anastigmat F/2,9 ou F/3,5 d’ouverture, et surtout d’un système de
- Fig. 3. — Tireuse agrandisseuse Helinox.
- A gauche : fermée; à droite : ouverte pour la mise en place d’un film. (En haut : la cage à lampe à double paroi.)
- des bobines de 16 images; ils constituent ainsi de véritables bloc-notes photographiques (fig. 4).
- LES APPAREILS DE PRISE DE VUES CINÉ MATOGRAPHIQUES
- Les caméras pour la prise de vues cinématographiques sont toujours disposées soit pour films de 16 mm, soit pour films de 9 mm 5. Ces derniers conservent l’avantage d’un prix moins élevé, mais beaucoup d’amateurs avertis préfèrent les premiers qui permettent d’obtenir des résultats encore plus complets.
- Sur tous les modèles, quel que soit le format du film, nous voyons adopter, d’ailleurs, lesperfectionnements que nous avons indiqués l’an dernier : object à grande ouverture, changement de vitesse de déroulement du film, etc... Beaucoup de ces caméras sont maintenant montées avec des objectifs à très grande ouverture de F/2,7 et même moins. Dans ces conditions, la profondeur de champ pour les sujets rapprochés devient très restreinte.
- Pour permettre aux amateurs avertis d’effectuer des mises au point absolument correctes, quelques constructeurs montent maintenant des objectifs, non plus à mise au point fixe, mais avec monture à mise au point réglable,
- On a pu établir d’autre part des appareils de prise de vues pour film de 16 mm extrêmement réduits. L’un de ces derniers est renfermé dans une boîte de 11 cm de hauteur, 9 cm de largeur, et 6 cm d’épaisseur, pesant 1 kg environ et pouvant facilement tenir dans la main (fig. 5).
- Il va sans dire que tous ces appareils de prise de vues sont munis de systèmes d’entraînement à ressort assurant l’enregistrement à la vitesse choisie, sans l’aide d’un pied-support.
- Fig. 4. — Un folding miniature.
- L’Ikonta 3x4 permettant d’obtenir 16 poses sur une bobine.
- LES PROJECTEURS CINÉMATOGRAPHIQUES
- On voit se développer les”appareils comportant une lampe survoltée de grande puissance avec refroidissement de la
- Fig. 5.— Appareil de prise de vues cinématographiques. Le Kinaimo « Zeiss-Ikon » pour films de 16 mm.
- mise au point réflexe, c’est-à-dire permettant, à l’aide d’un objectif séparé et d’un miroir, une mise au point directe sur verre dépoli avec loupe grossissant l’image observée de manière à obtenir une mise au point absolument rigoureuse (fig. 2).
- Un autre système de mise au point rapide avec cadran à gros chiffres peut être utilisé, si l’on ne veut pas se servir du système réflexe.
- Signalons encore, à l’intention des amateurs d’appareils de petit format, une tireuse agrandisseuse évitant tous les réglages et mises au point, et dont le fonctionnement est aussi simple que celui d’une simple tireuse. Le corps affectant la forme d’un cône est entièrement métallique, la cage à lampe supérieure avec ampoule de 40 watts est à double paroi pour empêcher un échaufîement exagéré. Le film est maintenu entre deux glaces, et le châssis inférieur à glissière assure la planéité du papier de tirage (fig. 3).
- A signaler, enfin, les nouveaux appareils Folding miniature 3 sur 4 cm d’un prix relativement modique, et qui comportent
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- Fig. 6. — Projecteur Filo pour films de 9 mm 5 et de 16 mm ; orientable, à arrêt automatique.
- lampe et du film, à l’aide d’un ventilateur électrique. Ces appareils donnent ainsi projection lumineuse de grande surface sans que la manœuvre du projecteur soit plus complexe.
- Un modèle fort intéressant permet la projection des films de 9 mm 5 ou de 16 mm avec arrêt automatique des titres encochés et arrêt du film à volonté sur n’importe quelle image. Le projecteur est orientable sur son socle et l’usure du film est réduite au minimum grâce à un débiteur à adhérence qui diminue l’effort des griffes et à l’emploi d’une griffe double pour le format de 9 mm 5 et quadruple pour le format de 16 mm (iîg. 6).
- Bien que la question de la sonorisation des films d’amateur ait fait beaucoup de progrès et que plusieurs modèles comportant un accompagnement sonore par disques aient donné de bons résultats pratiques, les projecteurs sonores présentés à l’Exposition étaient encore, par suite de leur prix élevé, des appareils destinés à l’enseignement plutôt qu’à l’amateur moyen. Ce
- sont déjà des modèles simples, robustes, comportant un phonographe électrique à disque avec un haut-parleur électrodynamique accouplé avec un projecteur à film étroit (lig. 7). La manœuvre de ces appareils est extrêmement simple et les systèmes de reproduction sonore ne sont pas plus complexes que des phonographes électriques ordinaires. Leur développement dépend seulement du nombre et de l’intérêt des films sonorisés que l’on pourra trouver dans le commerce. Plusieurs constructeurs en mettent déjà à la disposition du public un choix intéressant. C’est là une question d’avenir sur laquelle nous reviendrons. L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Appareils Leica; Âctinomètre Lios Ullra. Établissements Tiranty, 103, rue Lafayette, Paris,
- Appareil Pilot Reflexe 3x4. Établissements Cliotard, 22, rue Bobillot, Paris.
- Tireuse Agrandisseuse. Hélinox Zeiss Ikon, 18, faubourg du Temple, Paris.
- Appareils cinématographiques.
- Palhé-Baby, 20 bis, rue Lafayette, Paris.
- Projecteurs cinématographiques.
- Filo, 19, rue Ybry, Neuilly-sur-Seine.
- Bolex Paillard sonore. Établissements Samok, 6, rue Marc-Séguin, Paris.
- Galliavox. Établissements Marchât, 37, avenue Victor-Hugo, Paris.
- Fig. 7. — Projecteur Kodak pour films de 16 mm accouplé avec un système phonographique à reproduction électrique pour disques à longue
- audition.
- (Type Galliavox.)
- = UN CURIEUX PROCEDE DE DESTRUCTION =
- DES MOUSTIQUES
- Le professeur Elihu Thomson, un savant américain bien connu, se livre depuis un certain temps à des recherches sur la fusion du quartz au four électrique. Son but est d’obtenir du quartz fondu parfaitement transparent, et débarrassé de bulles, pour en faire un grand objectif de télescope. Ces travaux ont dépassé le stade expérimental puisque le P1' Elihu Thomson a entrepris la fabrication d’un disque de quartz de 1 m 65 de diamètre. Il utilise à cet effet un four électrique travaillant aux environs de 1700° C, d’une puissance de 800 kilowatts, alimenté avec du courant alternatif triphasé à 60 périodes. L’été dernier, le savant électricien constata un phénomène bien curieux; les moustiques abondent autour de son laboratoire; or, le four, quand il était en charge, se
- mettait à chanter à la fréquence de 60 périodes. Trompés par ce bourdonnement qu’ils prenaient pour l’appel des femelles, tous les mâles se précipitaient vers le four et y périssaient carbonisés. Les ouvriers qui travaillaient dans la salle du four électrique ne furent, du reste, pas incommodés, car les mâles ne piquent pas.
- Le professeur Elihu Thomson suggère l’utilisation du phénomène ainsi découvert à la destruction systématique ' des moustiques.
- On attirerait les mâles par un appel artificiel et on les détruirait en masse. Les femelles se trouvant ainsi contraintes au veuvage, l’espèce cesserait de se multiplier et diminuerait rapidement.
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- LIVRES NOUVEAUX
- L’état liquide et les états mésomorphes, par J’.-
- J. Trillat. (Conférence au Conservatoire des Arts et Métiers). 1 brochure, 24 p., 11 fig. Hermann et Cie. Paris, 1931. Prix : 5 francs.
- L’examen des liquides par les rayons X a révélé que l’état liquide est un intermédiaire entre l’état cristallin et l’état gazeux où les molécules sont distribuées au hasard : dans cette conférence de vulgarisation, l’auteur résume les recherches récentes qui ont conduit à cette conclusion ainsi que celles qui touchent aux phénomènes d’orientation des liquides en contact avec un solide.
- Les traitements chimiques du blé, de la farine et du pain, par Marin Mogos, 1 vol. in-8, 140 p. Vigot frères. Paris, 1931.
- Officier de l’armée roumaine, l’auteur est venu étudier au Laboratoire de chimie alimentaire de l’Inspection générale des subsistances de l’armée et, sous la direction du pharmacien colonel" Bruère, a entrepris une mise au point des questions chimiques relatives aux farines, si discutées récemment. Après avoir rappelé la constitution du grain de blé et le mécanisme de la mouture, il distingue justement les traitements des grains, qu’il appelle normaux, en vue des semailles, de la protection contre les rongeurs, les insectes, les moisissures et la fermentation et les traitements chimiques des farines qu’il analyse longuement, critique sévèrement, et dont il donne avec précision les moyens de détection et de recherche.
- Manx Alyae. An algal survey of the south end of the Isle or Man, par Margery Knight et Mary W. Parke. Vol. XXX des L. M. B. C. Memoirs. 1 vol. in-8, 155 p., 2 cartes, 19 pl. University Press of Liverpool, 1931. Prix : cartonné, 10 sh. 6 d.
- Si la flore algologique est bien connue le long des côtes européennes, la vie des différentes espèces a donné lieu à très peu d’observations suivies. Pendant plusieurs années les auteurs ont exploré la région sud de l’Ile de Man, voisine de la station de biologie maritime de Port-Erin; ils ont soigneusement observé la distribution géographique, les niveaux, les faciès d’habitat de chaque espèce et par des examens suivis et détaillés, noté les changements saisonniers, distingué les types pérennes, pseudo-pérennes, annuels, casuels; ils ont vu des migrations, des apparitions et des destructions et ils ont pu ainsi écrire cette monographie, véritable calendrier de la vie des algues côtières de nos régions, très précieuse pour tous les biologistes maritimes.
- Traité de zoologie, par Edmond Perrier. Fascicule X. Les Mammifères, par Rémy Perrier. 1 vol. in-8, 270 p., 169 fig. Masson et Cie. Paris, 1932. Prix : 45 francs.
- Voici le couronnement du seul traité complet français de zoologie dont on dispose. L’œuvre immense entreprise par le directeur du Muséum national a été parfaite après sa mort grâce à la collaboration de son frère, professeur à la Faculté des Sciences de Paris. Le dernier fascicule qui vient de paraître est construit sur le même plan que tout le reste de l’ouvrage. Dans une première partie, on trouve tous les renseignements nécessaires sur la forme, les membres et leurs diverses adaptations, les étapes du mode de gestation, les téguments et leurs annexes, les poils, ongles, griffes, cornes, mamelles, le squelette, les appareils digestif, respiratoire, circulatoire, le système nerveux et les organes des gens, l’appareil urinaire et génital, examinés dans leurs formes diverses chez les différents groupes. La deuxième partie expose la classification détaillée jusqu’aux genres et même souvent jusqu’aux espèces de tous les types mésozoïques et actuels.
- Les savants et étudiants français ont ainsi maintenant à leur disposition un traité (le seul mené jusqu’à bonne fin) riche de renseignements variés, bien classés et présentés, qui servira longtemps d’ouvrage de fond et de référence pour toutes les recherches de zoologie et d’anatomie comparée.
- Zoologie biologique, par Étienne Rabaud, Fascicule I. Morphologie générale et système nerveux. 1 vol. in-8, 223 p., 130 fig. Gauthier-Villars et Cie. Paris, 1932. Prix : 45 francs.
- Réagissant contre les tendances trop morphologiques de la zoologie, l’auteur, professeur à la Sorbonne, proclame l’importance primordiale de l’étude des fonctions, des modes de vie, de l’habitat, des mœurs. Avant l’anatomie comparée, trop inerte, trop fixe, il veut qu’on aborde enfin la physiologie comparée, l’écologie, l’éthologie, pour faire de la zoologie un instrument de culture intellectuelle générale. Il développe cette thèse et en montre les avantages pour une juste compréhension des faits en examinant, dans ce premier fascicule, la structure fondamentale et la diversité des formes animales, leurs caractères généraux et leurs variétés de symétrie, d’appendices, de locomotion, la morphologie externe considérée comme base de la spécificité, la cavité du corps dont la présence ou l’absence coïncide avec les modes de vie les plus divers. La même indépendance entre les formes et les fonctions apparaît tout autant quand on étudie les relations des organismes avec le milieu par l’intermédiaire des organes sensori-moteurs et du système nerveux; qu’on considère les centre nerveux et les terminaisons péri-
- phériques, auditives, visuelles, olfactives, gustatives, ou les réflexes, les tropismes et les comportements, partout on voit que les formes ne conditionnent pas la vie et qu’il y a largement place pour une zoologie biologique à côté de la descriptive qu’on étudie seule habituellement.
- Chemical Embryolog q, par Joseph Needham. 3 vol. in-8, 2021 p., 532 fig., 13 pl. Cambridge University Press, 1931. Prix : reliés toile, 105 shillings.
- On a bien rarement à signaler un livre de cette étendue et de cette importance. Et il en est peu d’aussi riches en faits de toutes sortes, aussi bien classés, aussi suggestifs, sur une question d’un tel intérêt : la formation de l’être vivant à partir de l’œuf. L’œuvre du savant de Cambridge est la véritable somme de toutes les connaissances en embryologie. Elle débute par un chapitre qui situe l’état actuel de cette science; d’abord morphologique et anatomique, elle devient aujourd’hui chimique, fonctionnelle, quantitative et montre de multiples aspects nouveaux. Les origines de ce mouvement sont cependant anciennes et dans une deuxième partie historique, étonnamment complète et documentée, l’auteur passe en revue toutes les périodes de l’histoire de l’humanité pour y retrouver les acquisitions successives qu’il situe dans des tableaux chronologiques et qu’il illustre par des reproductions de textes et de gravures. Il aborde alors les connaissances acquises, fruit de prodigieuses lectures dont la liste bibliographique dépasse 4500 numéros. Il montre l’œuf comme un système physico-chimique, groupe toutes les données sur la croissance en longueur et en poids, en complexité et en organisation, suit tous les phénomènes de l’ontogenèse; respiration, production de chaleur, propriétés physiques, métabolisme, activités diastasiques et hormoniques, résistance et susceptibilité (avec la notion des points et des phases critiques du développement) sérologie et immunité. Il étend cette enquête non seulement à l’embryon, mais aussi à ses annexes, et termine par l’étude de l’éclosion et de la naissance.
- Un tel rassemblement de faits suscite bien des rapprochements, bien des idées neuves. L’auteur les rassemble dans une dernière partie où il groupe les grandes lois, les grandes hypothèses qui sont celles de toute biologie générale. Et par là, son œuvre trouve sa conclusion, sa justification et gagne encore en ampleur.
- Le livre est passionnant de bout en bout. Il sera longtemps la base, le fondement de toutes les nouvelles recherches, qu’il facilitera par son abondante documentation, qu’il suggérera par son esprit de synthèse.
- Anaphylaxie, par Auguste Lumière. 1 vol. in-8, 158 p., 19 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Baillière et fils. Paris, 1932.
- Après avoir rappelé les observations anciennes, puis la découverte de Portier et Richet, l’auteur décrit l’anaphylaxie qui est essentiellement un choc colloïdal. Ce choc se manifeste d’une façon très polymorphe et révèle surtout une instabilité humorale. Il peut être général ou spécial à une humeur, à un groupe de cellules, à une région de l’organisme. Ses manifestations chroniques éclairent toute une partie de la pathologie. L'immunité y trouve aussi des explications. Le grand savant lyonnais a beaucoup étudié toutes ces questions et s’il n’en donne ici qu’un exposé d’ensemble, il l’éclaire de ses conceptions personnelles qui ramènent très simplement tous ces processus à des floculations de colloïdes.
- L'année psychologique, publiée par Henri Pièron. 31“ année, 1930, 2 vol. in-8, 1111 p., fig. Félix Alcan. Paris, 1931. Prix : 120 francs.
- Comme chaque année, cette œuvre considérable réunit un ensemble varié de mémoires originaux, de notes et revues portant surtout sur la psycho-physiologie et les applications diverses de la psychologie, et l’analyse bibliographique de tout ce qui a paru dans le monde sur tous les chapitres de cette science : cette année, 1690 comptes rendus de livres et articles. Cette documentation si abondante, si complète, remarquablement préparée et classée fait de l’Année psychologique un instrument de travail unique, indispensable non seulement aux chercheurs, mais à tous ceux que les applications de la psychologie préoccupent : éducateurs, ingénieurs, chefs d’entreprise, juges, etc.
- Parmi les mémoires originaux de cette année, celui de Békésy sur une nouvelle théorie de l’audition renouvelle le sujet.
- Nouveau lexique technique alleman d-français et français-allemand, par L. Demand. l vol. 308 p., Ch. Béranger. Paris, 1932. Prix : 75 francs.
- Le langage technique est un langage spécial, qui souvent voisine davantage avec l’argot qu’avec la langue classique. C’est pourquoi les dictionnaires usuels sont presque toujours insuffisants ou inexacts lorsqu’ils abordent le domaine technique et la compréhension des textes relatifs à l’industrie ou aux métiers en devient très délicate. Le lexique de M. Demand, sans avoir la prétention d’être complet, a le mérite d’avoir toujours confronté le mot avec son sens technique précis, relevé dans des textes faisant foi. Il rendra, sans aucun doute, de signalés services.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ASTRONOMIE
- Objet céleste en mouvement rapide.
- Un corps céleste qui est vraisemblablement une comète, quoique n’en ayant aucunement l’aspect, a été découvert le 12 mars dei'nier, par M. Delporte, de l’Observatoire d’Uccle, près Bruxelles (Belgique).
- Au moment de sa découverte, le 12 mars, à 23h 30m, la position de cet astre était la suivante :
- Ascension droite . . . 12h 2m 20 s,3
- Déclinaison.........+3° 35' 15"
- Le mouvement était assez rapide : + 6m 8S en ascension droite et 1° 28' Nord en 24 heures. Eclat : 9e grandeur.
- D’après les informations parvenues depuis, on signale que le corps céleste découvert par M. Delporte est un objet remarquable. Son aspect est exactement celui d’une étoile, mais son éclat s’affaiblit rapidement. Au début, comme on l’a vu ci-dessus, l’éclat était de la 9e magnitude; il n’était plus que de la 10e le 15 mars, de la 12e 1/2 le 16, et de la 13e, 2 le 18, d’après les observations du Dr Steavenson. Cet éclat devrait augmenter, d’après une orbite calculée par le Dr Davidson, orbite qui indique que le corps découvert par M. Delporte se rapproche à la fois du Soleil et de la Terre.
- Il y a lieu de rapporter ici l’hypothèse avancée par M. Crommelin, d’après laquelle un changement physique a pu amener une augmentation d’éclat pendant un temps très court, la découverte de M. Delporte s’étant effectuée vers ce moment.
- Les tentatives faites pour trouver une orbite elliptique —. qui paraît cependant probable — n’ont pas donné de résultat et le Dr Davidson, utilisant les observations faites, n’a pu obtenir qu’une orbite parabolique. Le passage au périhélie, d’après cette orbite, aurait eu lieu le 10, ou le 8 avril 1932.
- .Signalons enfin que le Dr Bengt Stromgren a calculé, de son côté, une orbite, dont les éléments se rapprochent de ceux des comètes 1858 III et 1907 III.
- La période de révolution serait de 6 années.
- Nous empruntons ces renseignements aux circulaires nos 110 et 111 de la British Astronomical Association, et aux circulaires 3 F et 4 F du Service des informations rapides de la Société astronomique de France.
- AVIATION
- L*altimètre acoustique Florisson.
- Dans notre N° du 15 avril 1932, nous avons signalé l’altimètre construit par la General Electric C° des Etats-Unis. Cet appareil, utilisant des échos sonores, permet, à bord d’un avion, de déterminer l’altitude au-dessus du sol, malgré le bruit intense qui règne dans le bâtiment.
- Un ingénieur français, M. Florisson, connu par ses travaux pour l’application des ultra-sons au sondage en mer, avait entrepris, dès 1929, des essais pour réaliser le sondage acoustique à bord d’avion, essais qui l’ont conduit à un appareil de principe et de réalisation identiques à celui de l’appareil américain. M. Florisson a communiqué à l’Académie des Sciences, à la séance du 4 avril, une description détaillée de son appareil.
- Nous ignorons si la priorité de l’invention appartient à notre compatriote ou aux Américains. Quoi qu’il en soit elle s’annonce comme devant être fort utile aux navigateurs aériens; on en jugera par les résultats suivants mentionnés par M. Florisson.
- « Le dispositif fut mis au point d’abord au laboratoire, puis sur une voiture automobile (sondage horizontal sur des pignons de maisons), puis enfin sur avion en décembre 1931. Dès le pre-
- mier vol effectué le 17 décembre, je pus sonder entre 10 m environ et 120 m, le moteur de l’avion tournant à sa vitesse normale. En réduisant la vitesse du moteur à 600 t par minute je sondais jusqu’à 240 m environ (portées qu’il sera aisé d’accroître, si besoin est). Par la suite, de nombreux vols ont montré que la lecture de la distance au sol peut actuellement être obtenue à partir de 5 m environ. J’ai vérifié également, dit l’inventeur, que la nature de l’écho (forme et puissance) donne d’intéressantes indications sur la nature du sol sous-jacent; par exemple : au-dessus d’un sol plan l’écho est la reproduction non déformée de l’émission; au-dessus d’un village on entend les échos successifs des toits et du sol; un plan d’eau calme donne des échos plus puissants que le sol; au-dessus d’un bois ou d’une pente, les échos sont un peu assourdis. »
- SPÉLÉOLOGIE
- Les grottes de la Norée, près Poitiers.
- On vient d’inaugurer à Biard, près de Poitiers, une série de grottes que M. Joseph Martin a aménagées et dotées ue l’éclairage électrique. Elles étaient connues depuis longtemps dans la région et avaient servi d’asile à des bandits, à plusieurs reprises dans l’histoire. Dorénavant, on pourra les visiter sur une longueur de 400 m et l’on y verra les formes variées de la géographie souterraine : stalactites, galeries, salles, gouffres, etc. C’est une nouvelle curiosité touristique pour la région poitevine.
- ÉDUCATION
- L’activité du Fonds national belge de la recherche scientifique et de la fondation universitaire en 1930=1931.
- Nous avons entretenu les lecteurs de La Nature jadis de ces deux grandes institutions belges (1).
- Cette année encore le succès de ces œuvres s’est affirmé de belle façon.
- Ce fut d’abord le triomphal succès du Professeur Piccard et de son aide l’ingénieur Kipfer qui réussirent à s’élever dans la stratosphère. Du point de vue scientifique on peut dire que l’aide pécuniaire fournie au professeur Piccard fut un placement de grande valeur. Cette réussite des hardis aéronautes mit fin à une polémique malheureuse qui accusait le « Fonds de la recherche scientifique » de gaspiller son argent. Aussi Jean Willems, rapporteur du budget, s’exprime-t-il de la façon suivante au sujet du grand succès de M. Piccard : « On peut affirmer, sans crainte de se tromper, qu’un échec eût été considéré par le public non averti comme constituant une preuve de l’inanité des projets du savant et de l’erreur commise par la Fondation qui lui accorda un concours pécuniaire.
- « Or, cette tentative hardie qui n’appartenait nullement au domaine des utopies — la preuve en est faite — pouvait, aussi sainement, aussi admirablement préparée qu’elle fût, aussi réalisable qu’elle nous apparaisse aujourd’hui, cette tentative pouvait échouer pour des causes tout à fait accidentelles, complètement étrangères au bien-fondé et à la préparation du projet, et qui eussent risqué de ne pas être découvertes avant longtemps. Combien par conséquent eût été injuste le jugement d’une opinion publique mettant l’échec à charge de l’expérimentateur et accusant le Fonds national d’avoir manqué de discernement en patronnant une tentative qui eût été qualifiée de manifestement irréalisable. »
- 1. La Nature, 15 juillet 1931.
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- Nous ne pouvons qu’applaudir aux sages paroles de M. Jean Willems.
- Moins connues, mais profondément intéressantes sont également les fouilles d’Apamée dans la région de Kalaât-el-Moudik en Syrie.
- Le fonds y a déjà dépensé plus de 250 000 fr. ; mais ici aussi on peut dire que c’est de l’argent bien placé, par l’importance des découvertes déjà faites et aussi par tout ce que l’avenir nous réserve, les ruines se révélant grandioses au fur et à mesure qu’on les dégage. Dans un tout autre domaine, celui de la recherche de la valeur préventive du vaccin antityphique du Dr Weigl, ainsi que la valeur curative d’un sérum dans les cas de typhus exanthémique, le Fonds soutient financièrement les expériences du R. P. Russen et de deux médecins qui en Chine essayent de sauver des milliers de vies humaines.
- La mission Russen, en raison de la valeur humanitaire de ses expériences, a reçu un premier subside de 100 000 francs.
- Le beau bilan de 1930-1931 se clôture enfin par l’intervention, pour une somme de 350 000 francs, dans la création de la station scientifique internationale du col de la Jungfrau.
- Signalons en outre que depuis 1928 les sommes suivantes furent allouées à des chercheurs ou consacrées à l’achat d’instruments.
- Pour les aspirants, associés, chercheurs (per-
- sonnes effectuant des recherches) ........... 8 000 000
- Voyages........................................ 950 000
- Instruments...................................... 2 000 000
- Dotations aux savants............................ 2 500 000
- Science, industrie............................... 1 100 000
- Crédits extraordinaires.......................... 1 140 000
- Ce qui représente un total d’environ 16 millions de francs consacrés en trois ans aux œuvres de science pure.
- A ce titre nous pouvons dire que le Fonds de la Recherche scientifique a bien mérité de la Science.
- Quant à l’activité de la Fondation universitaire, elle ne le cède en rien à la grande œuvre précédente.
- Plus de 1600 jeunes peu fortunés ont reçu à la date du 30 septembre 1931 des prêts pour études universitaires dont le montant dépasse 10 millions (de décembre 1919 à septembre 1931).
- En outre la Fondation universitaire consacre chaque année 200 000 francs distribués à titre de bourses de voyage et enfin depuis 1920, 3 750 000 francs ont été consacrés à la publication d’ouvrages scientifiques et 1 750 000 en subsides aux associations scientifiques.
- Ne sont-ce pas deux beaux bilans dont la petite Relgique peut s’enorgueillir ? G. Remaele.
- ÉLECTRICITÉ
- Un compteur automatique à grande vitesse.
- Un lot de condensateurs radiophoniques passant devant un compteur automatique à fonctionnement assez rapide pour dénombrer vingt pièces par seconde, soit 1200 par minute, voilà une nouveauté bien intéressante qü’on, peut voir fonctionner dans une usine berlinoise. et que nous avons voulu signaler à nos lecteurs. L’organe essentiel de ce dispositif, c’est une cellule photo-électrique, un de ces « yeux électriques » qui, ces temps derniers, se sont chargés de tant de fonctions différentes; il est allié à un relais ultra-rapide extrêmement sensible.
- Le compteur proprement dit comporte une lampe se réduisant à un point lumineux très intense et la cellule photoélectrique avec son amplificateur, agissant sur le relais à grande vitesse. L’énergie électrique, empruntée à un circuit
- Fig. 1. — Le comptage rapide de condensateurs à l’aide de la cellule photoélectrique.
- à courant alternatif, est convertie en courant continu, en même temps que sa tension est abaissée à la valeur requise pour les tubes à vide, sous l’action d’un tube redresseur; cet appareil peut, toutefois, s’alimenter également sur un circuit à courant continu ou une batterie d’accumulateurs. Son mode de fonctionnement est le suivant :
- Tant que les rayons lumineux émis par la lampe sont libres de frapper la cellule photo-électrique, cette dernière engendre un courant agissant sur le courant anodique du tube amplificateur. Cette action cesse, dès que quelque objet vient s’interposer entre la lampe et la cellule et ce sont les alternances correspondantes du courant anodique qui actionnent le relais à grande vitesse. Un diaphragme placé à proximité de la cellule délimite le faisceau de rayons lumineux, en éliminant tout effet perturbateur.
- La figure 1 fait voir ce dispositif en fonctionnement; sur la figure 2, A est la lampe électrique, B la table roulante qui fait passer les objets à compter en face de la cellule; C est l’amplificateur photo-électrique, D le relais à grande vitesse; a est le transformateur relié au secteur, b le tube redresseur, c un potentiomètre, d la cellule photo-électrique, e la résistance de la grille, / le tube amplificateur et g le secteur à courant alternatif. Dr A. Gradenwitz.
- Fig. 2. — Schéma de l’installation pour le comptage des condensateurs.
- A, source lumineuse ponctiforme; B, table mobile portant les objets à comptér; C, ensemble de la cellule photoélectrique et de son amplificateur; D, relais rapide de comptage; a, transformateur du courant du réseau; b, valves redresseuses; c, potentiomètre; d, cellule photoélectrique; e, résistance de grille; /, lampes d’amplification; g, réseau à courant alternatif.
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- PETITES INVENTIONS
- MÉCANIQUE
- Nouvelle clé de bougie à rotule « Taylor »,
- Avec les clés tubulaires habituellement employées pour le serrage et le desserrage des bougies, il est nécessaire à chaque reprise de déplacer la clé ainsi que la broche de commande.
- La nouvelle clé de bougies à rotule « Taylor » supprime ces manœuvres ingrates, elle permet le démontage et le remontage, sans enlever la clé à chaque reprise.
- La poignée de manœuvre fonctionnant sous un angle très réduit, il suffit, pour serrer ou desserrer la bougie, de pousser cette poignée d’un quart de tour dans un sens ou dans l’autre, puis de la soulever pour la sortir de l’encoche, de l’engager dans un autre cran, de décrire un autre quart de tour et ainsi de suite.
- Ces manœuvres, beaucoup moins longues à exécuter qu’à
- Fig. 1. — Clé de bougie à rotule « Taylor
- décrire, sont plus faciles que les reprises avec les clés ordinaires et, avantage supplémentaire appréciable, ce dispositif permet d’atteindre sans peine les bougies difficilement accessibles, sans risquer d’en casser la porcelaine.
- Comme on peut le remarquer sur la figure 1, la douille de cette clé comporte, à sa base, la partie creuse polygonale habituelle que l’on engage sur l’écrou, comme cela se fait avec toutes les clés de ce genre; mais de plus, le haut de cette douille comporte une boîte à rotule façonnée présentant quatre encoches. Dans cette boîte vient se loger la rotule sphérique munie d’une poignée de manœuvre : cette rotule est retenue dans la boîte par les rebords rabattus à cet effet, mais qui lui laissent la liberté de tourner librement.
- La clé « Taylor » est fabriquée en tubes d’acier spécial étirés à froid sans soudure. La boîte à rotule ainsi que la partie polygonale est également emboutie à froid. Il en résulte une résistance à toute épreuve du métal, rendant la déformation de la boîte à rotule et du six pans impossible; de plus, en raison de la précision de celui-ci, le jeu étant supprimé, il est matériellement impossible de casser la partie isolante de la bougie.
- Fig. 1. — Le rouleau compresseur monoroue en aclion.
- TRAVAUX PUBLICS Rouleau compresseur monoroue.
- Il faut aujourd’hui pour la réfection des chaussées et des routes des appareils très perfectionnés. Le cylindrage en particulier doit être parfait, pour satisfaire aux exigences des nombreux véhicules à grande vitesse qui circulent sur la route.
- Lorsque de petites réparations sont nécessaires, il faut également être en mesure de rétablir rapidement le profil idéal de la chaussée.
- Dans ce but, on a perfectionné des rouleaux compresseurs et on en a multiplié les types.
- Fig. 2. — Vintérieur du rouleau.
- En vente chez James Piat, 22, rue Sainte-Marthe, Paris (10°).
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- Voici, dans cette catégorie de machines, un modèle des plus , curieux.
- C’est un rouleau compresseur monoroue. Il comprend un grand cylindre dé i m 50 de diamètre, de 65 cm de largeur, qui pèse 1400 kg et dont l’intérieur contient, suspendus à l’essieu unique, le moteur et le mécanisme.
- Le moteur agit par l’intermédiaire d’une transmission multiple formée de roues dentées et de chaînes; la dernière roue du système est calée sur le cylindre; celui-ci est donc entraîné par le moteur. La direction est assurée par un manœuvre qui agit sur une poignée placée à l’extrémité d’un long bras, poignée en forme de cadre rectangulaire qui comporte à l’intérieur, la manivelle de mise en marche du moteur.
- On conçoit que l’ouvrier déplaçant à gauche ou à droite le bras de manœuvre, change la direction de la machine.
- Pour freiner l’appareil, et aussi pour l’immobiliser facilement au repos, on a prévu, en avant et en arrière, deux petits rouleaux de faible diamètre qui normalement ne touchent pas le sol lorsque le cylindre est en action. Si l’on élève le bras de direction, ou si on l’abaisse, on met en contact avec le sol le rouleau avant ou le rouleau arrière, de manière à produire un certain freinage, ce qui rend l’appareil très maniable.
- Pendant la marche d’ailleurs, le conducteur soutient à peine le levier directeur.
- On conçoit qu’un appareil de ce genre, étant donné son peu d’encombrement en largeur, puisse passer dans tous les chemins ou sentiers, même très étroits, et que ses frais d’exploitation soient très minimes, ce qui permet de l’adapter parfaitement bien à des travaux de réfection, même au cylindrage du gravillon sur du revêtement superficiel.
- Aujourd’hui que l’on utilise presque universellement les revêtements de goudron ou d’enduit bitumeux, un rouleau de ce système rendra évidemment de nombreux services.
- Il existe aussi des appareils à deux cylindres, à trois cylindres, et de plus en plus la tendance s’oriente vers des machines dont le centre de gravité est placé très bas, de manière à assurer une bonne visibilité. L’engin moteur est, la plupart du temps, un moteur Diesel de fonctionnement économique, intéressant particulièrement sur ce genre d’appareils.
- OPTIQUE
- Loupe binoculaire.
- Les microscopes binoculaires type « Greenough » présentent une gamme de grossissements très étendue, de 3 à 100 fois généralemènt, obtenue en utilisant des paires d’objectifs et d’oculaires pouvant être combinées deux à deux.
- Un grand nombre d’utilisateurs ne sont intéressés que par des grossissements faibles, ne dépassant pas 30 fois; on peut alors établir un instrument répondant à leurs besoins, ne possédant qu’une seule paire d’objectifs fixes, le changement de grossissement étant obtenu par le changement des paires d’oculaires; le prix de revient se trouve ainsi notablement diminué.
- Pour distinguer un tel appareil du microscope binoculaire Greenough, on le désigne, étant donné son faible grossissement, sous le nom de « loupe binoculaire ».
- La Société française des instruments d’optique a construit un instrument de ce type, caractérisé par ailleurs par une grande distance frontale et par des oculaires à très grand champ.
- Il se compose d’un double corps dont chaque élément comprend un redresseur constitué par un système de prismes de Porro.
- A la partie inférieure de ces éléments se trouvent les objectifs, fixes.
- Dans des tubes centrés sur les axes optiques viennent s’engager les oculaires.
- L’écartement variable de ceux-ci est obtenu par rotation de chaque élément autour de l’axe de son objectif. L’appareil est construit suivant deux modèles, au point de vue des caractéristiques optiques :
- 1° Grandissement des objectifs: 1 ; distance frontale: 150 min; deux paires d’oculaires permettant d’obtenir les grossissements de 5 et 10 fois.
- 2° Grandissement des objectifs: 2; distance frontale : 75 mm; trois paires d’oculaires permettant d’obtenir les grossissements 10, 20, et 30 fois.
- La mise au point s’obtient par un déplacement du double corps au moyen d’un pignon solidaire de deux boutons de commande symétriques moletés, engrenant dans une crémaillère fixée au double corps : le coulissement de la partie mo-
- Fig. 1. — Loupe binoculaire.
- bile sur la partie fixe est guidé par un dispositif à queue d’aronde.
- Le support universel, représenté sur la figure 4, permet, au moyen d’articulations ou de coulisses munies de vis de blocage, d’orienter l’instrument dans toutes les directions et par conséquent d’observer des objets de toutes formes. La pièce porte-pignon ne fait pas corps avec ce support; elle y est adaptée par une liaison à queue d’aronde; on peut donc utiliser la loupe binoculaire et son système de mise au point avec tout autre support construit sur demande par le constructeur.
- Le domaine d’utilisation de ce nouvel appareil est très vaste. Partout où le travail d’observation ou autre est facilité par un faible grossissement, il remplace avantageusement la loupe, en substituant à la vision monoculaire la vision binoculaire infiniment moins fatigante, et en ajoutant la sensation de relief, qui permet de déceler des détails que la vision monoculaire ne fait pas apparaître.
- Constructeurs : Société française d’instruments d’Optique, 20, rue de Varennes, Paris-VIIe.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Lampe à vapeur de mercure et photographie : Société Hewittic,
- 11, rue du Pont, Suresnes (Seine). — La Verrerie scientifique,
- 12, avenue du Maine, Paris.
- Compteur automatique à grande vitesse Constructeurs : Société A. E G., à Berlin, N. W. 40.
- Mise au point d’un récepteur superhétérodyne.
- 1° L’antenne intérieure que vous avez construite est sans doute un dispositif de fortune, mais votre appareil est un poste très sensible qui, normalement, fonctionne sur cadre puisqu’il comporte plusieurs étages d’amplification moyenne fréquence. La quantité d’énergie recueillie par une antenne intérieure, même de fortune, est toujours plus grande que celle qui est collectée par un cadre. Il est donc certain que cette antenne aurait dû vous permettre d’obtenir des résultats suffisants, malgré son isolement défectueux, et si vous avez choisi convenablement la bobine d’accord, en tenant compte de la faible longueur d’onde propre de l’antenne.
- Le seul inconvénient qui pourrait se produire, c’est que, par suite de cette longueur d’onde propre mal définie, la sélectivité de l’appareil soit diminuée et moins grande que celle obtenue avec un cadre. Le moyen de remédier à cet inconvénient, ou du moins de l’atténuer, consisterait à remplacer le système d’accord en direct par un dispositif à primaire apériodique, du genre Bourne.
- 2° Pour la réception des émissions sur ondes très courtes, une antenne intérieure de quelques mètres de longueur suffit, et il n’est même pas besoin, le plus souvent, d’employer de prise de terre. Il faut normalement choisir une excellente changeuse de fréquence bigrille et des bobinages d’oscillatrice à faible capacité répartie. L’accord est évidemment plus précis que pour la gamme des ondes moyennes.
- 3° Si votre poste fonctionne normalement, vous devez constater des accrochages se manifestant par des sifflements dans le haut-parleur, lorsque vous manœuvrez simultanément le condensateur d’accord et le condensateur d’hétérodyne, et que le bouton du système de réaction a été déplacé vers sa position limite.
- Pour que ces sifflements se produisent, il faut évidemment que la tension plaque et la tension du courant de chauffage soient normales, ce qu’il est facile de vérifier à l’aide d’un voltmètre pendant que les batteries sont en service.
- On peut, d’autre part, vérifier d’une manière très élémentaire le fonctionnement de l’appareil en manœuvrant d’une part le bouton de réaction, d’autre part la manette de commutation du cadre.
- En manœuvrant le bouton de réaction de l’amplificateur, on doit entendre dans le haut-parleur un « toc », puis des sifflements, qui suffisent, en général pour indiquer que le fonctionnement de l’amplificateur moyenne fréquence, de la détectrice et de l’amplificateur basse fréquence est à peu près normal.
- En déplaçant la manette de commutation du cadre, d’autre part, on doit aussi entendre des « tocs » dans le haut-parleur, ce qui indique, en général, qu’il existe bien une liaison entre l’enroulement du cadre, la lampe changeuse de fréquence, et l’amplificateur moyenne fréquence.
- Réponse à M. D..., à Limoges (Haute-Vienne).
- Choix d’un poste=récepteur.
- Les postes-secteur sensibles montés avec des lampes à chauffage indirect peuvent être rangés, comme nous l’avons montré dans le numéro spécial de La Nature du 1er septembre 1931, en deux catégories bien distinctes : les premiers sont des appareils à amplification directe comportant au moins deux étages d’amplification haute fréquence, généralement avec lampes à grille-écran, et les seconds sont des postes à changement de fréquence, munis le plus souvent d’étages moyenne fréquence à lampes à écran, à liaison par transformateur passe-bande.
- Les postes-secteur à changement de fréquence peuvent fonctionner à l’aide d’un cadre sans antenne ou prise de terre, mais très souvent, à l’heure actuelle, on les emploie avec une antenne intérieure de quelques mètres de long qui paraît à certains moins encombrante
- qu’un cadre. La qualité essentielle de ces postes qui tient, d’ailleurs, au principe même du changement de fréquence est la sélectivité, qualité surtout précieuse dans les villes, et à proximité de postes émetteurs puissants.
- Les appareils de la deuxième catégorie à amplification haute fréquence directe sont peut-être, en général, un peu moins sensibles que les postes à changement de fréquence, et, d’ailleurs, leur réalisation est même plus délicate que celle des premiers, bien qu’ils semblent moins complexes a priori. Ce sont d’ailleurs essentiellement des appareils de fabrication industrielle, et qui sont rarement réalisés par des amateurs-constructeurs. La qualité essentielle de ces appareils, quand ils sont bien réalisés, est la fidélité (le l’audition radiophonique.
- La plupart de ces appareils, jusqu’à présent, n’avaient pas une sélectivité comparable à celle des postes à changement de fréquence, et par conséquent était plus difficiles à utiliser surtout dans les villes; c’est pourquoi depuis peu on adopte des systèmes auxiliaires dits présélecteurs qui sont montés avant la première amplificatrice haute fréquence, et jouent le rôle d’appareils d’accord à sélectivité accentuée, mais ne mutilant pas la bande des fréquences radiophoniques. Le poste Philips 730 que vous nous indiquez est muni d’un dispositif de ce genre, et il permet ainsi d’avoir une sélectivité comparable à celle d’un poste à changement de fréquence.
- L’emploi de ce système, tout' en présentant des avantages très marqués, offre simplement l’inconvénient de diminuer quelque peu la sensibilité de l’appareil. Cet inconvénient est peu sensible, parce qu’on prend la précaution, en général, maintenant d’employer des lampes amplificatrices haute fréquence à forte pente de la caractéristique, qui permettent d’obtenir une amplification considérable, même si l’on ne les pousse pas au maximum, de sorte qu’en employant seulement deux de ces lampes en haute fréquence, la sensibilité devient suffisante pour recevoir la plupart des émissions étrangères sur une antenne intérieure très courte. Un tel poste est généralement muni d’un étage basse fréquence de puissance à forte tension plaque, qui lui permet d’actionner un haut-parleur électrodynamique dans les meilleures conditions.
- Ainsi, les deux catégories de postes-secteur sensibles présentent maintenant des qualités à peu près équivalentes. 11 est pourtant encore plus facile d’établir un poste à changement de fréquence très sensible et très sélectif, alors que l’établissement d’un poste à amplification directe présentant des qualités analogues est beaucoup plus délicat. Un choix attentif avec essais comparatifs sérieux s’impose donc.
- Réponse à M. de Vignet, à Mussidan (Dordogne).
- Emploi des cellules photoélectriques pour la Télé= mécanique.
- Ce sont sans doute les cellules au sélénium qui sont les plus faciles à utiliser pour la télémécanique, en raison de leur sensibilité relativement très grande, de leur facilité d’emploi, de leur robustesse de fabrication, de leur faible encombrement, et, enfin, de leur prix relativement peu élevé. '
- Pour utiliser ces cellules dans les applications de télémécanique courante, il suffit d’adopter une petite batterie auxiliaire qui peut être constituée par une pile de 6 à 20 v maximum et un relais primaire sensible à un courant d’une fraction de milliampère. Ce relais agit à son tour sur un deuxième relais secondaire beaucoup moins sensible, mais plus robuste, mis en action par une deuxième batterie auxiliaire quelconque, dont la tension peut être seulement de l’ordre de 4 v, par exemple.
- Les inconvénients ordinaires des cellules au sélénium, consistant dans des phénomènes d’inertie et de rémanence, n’ont plus guère d’importance lorsqu’il s’agit des applications courantes de télémécanique, et non pas de la reproduction des sons ou de la transmission des images.
- Il y a, d’ailleurs, des cellules dites molles servant plus spécialement pour la télémécanique, et qui donnent un courant d’une intensité plus grande, mais ont également une inertie plus élevée. Avec ces cellules, on peut utiliser un relais à cadre mobile et suivant les cas sensible à 50,100, 200 ou même 500 microampères seulement.
- Si l’on veut obtenir une sensibilité plus grande, ou utiliser un relais
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- moins sensible, on associe la cellule à une lampe amplificatrice de T.S.F. et on peut alors se contenter d’utiliser la cellule comme résistance de grille.
- Nous avons donné dans La Nature assez récemment un article complet sur les caractéristiques, les progrès, et l’utilisation des cellules au sélénium, mais vous pouvez trouver aussi des détails sur les schémas employés dans l’ouvrage Les Effets Électriques de la Lumière (Baillière, éditeur).
- 2° Les cellules photoélectriques à vide, ou plutôt à gaz, du type photoémettrices peuvent évidemment être utilisées également pour la télémécanique, mais elles sont beaucoup moins sensibles que les cellules au sélénium et il devient nécessaire d’utiliser alors un système amplificateur à lampes de T.S.F. amplifiant le courant électrique produit avant de la transmettre à un relais sensible. Il est alors indispensable d’adopter une batterie auxiliaire de tension d’excitation dont la tension est généralement de l’ordre de 150 v, mais il semble que l’on puisse aussi utiliser du courant redressé. L’alimentation de la cellule et de l’amplificateur peut être réalisée avec le même tableau de tension, et le*s tensions intermédiaires peuvent être obtenues par chute de tension convenable au moyen de résistances découplées par des capacités s’il y a lieu.
- Réponse à M. Soléo, à Survilliers (Seine-et-Oise).
- De tout un peu.
- M. Le Dr Cotsaftis, à Montpellier. — Le procédé le plus simple pour améliorer votre huile un peu ancienne est d’y ajouter environ 50 grammes par litre de braise de boulanger récemment préparée et pulvérisée.
- Laisser en contact plusieurs jours en agitant fréquemment, puis filtrer au papier.
- M. S. à Paris. — Pour remettre en état vos reliures en veaut il vous suffira de procéder comme nous l’avons indiqué pour le cuir des chaises dans le n° 2865 du 16 septembre 1931, page 287.
- M. Dinh-Quang à Quinhon. Annam. — 1° Les verts à la chaux s’obtiennent en ajoutant à une solution de vert acide dans l’eau et en remuant, de la poudre de serpentine (silicate de magnésie et de chaux ferrugineux).
- La matière colorante est fixée par la serpentine qui se dépose en même temps que le liquide se décolore; on peut ainsi réaliser.toute une gamme de verts en utilisant les différentes variétés de serpentine avec des concentrations variables en matière colorante.
- 2° Le vert acide J E E E ou vert malachite, ou vert Diamant P est un dérivé des goudrons de houille, c’est un oxalate de l'oxa-léine du tétraméthyl-diparamidotriphényl carbinol 2 (C2;,H24Az2) + 3 C2H204. Sa préparation qui nécessite de nombreux intermédiaires ne peut se faire qu’industriellement et n’est pas à la portée de l’amateur.
- M. Naim A Khalyl, à Beyrouth. — 1° Ainsi que l’a indiqué notre collaborateur Rodillon, La Nature, n° 2867.15 oct. 1931, page 369, on obtient très facilement le liquide destiné à rendre inoffensive la fumée du tabac, en versant dans un litre d’eau trois centimètres cubes de perchlorure de fer officinal que l’on trouve chez tous les pharmaciens.
- Ce liquide est injecté à la dose d’une ou deux gouttes à un centimètre de profondeur de chacune des extrémités de la cigarette ou du cigare, ce qui forme un barrage filtrant qui détruitl a majeure partie de la nicotine, sans trop modifier la saveur du tabac.
- 2° Vous obtiendrez une solution analogue aux produits du commerce destinés à faire disparaître les « envies » en prenant :
- Eau distillée d’hamamelis = 95 grammes
- Poudre de biborate de soude = 5 grammes
- Acide salicylique = 2,5 grammes
- Parfum au choix. *
- 3° D’après le brevet français n° 703978 du 9 août 1930, de Léon Blanc et Golondinoff, on peut préparer une excellente gomme à mâcher en fondant d’abord un mélange de
- Caoutchouc pur 5 grammes
- Paraffine . - 20 à 30 grammes
- Gomme dàmrhar 60 à 65 grammes
- A trois parties de ce mélange, on ajoute ensuite trois parties de sucre et une partie d’amidon.
- 4° L’inconvénient que vous signalez est tout à fait normal avec le montage que vous avez adopté pour votre poste de T. S. F., car vous
- ne pouvez empêcher ledit poste de recevoir les diverses harmoniques d’une longueur d’onde fondamentale.
- A la rigueur, vous pourriez arriver à éteindre complètement un poste de longueur d’onde déterminée par un circuit absorbant, mais bien entendu au détriment de la réception des postes dont la longueur d’onde serait voisine de celle du circuit absorbant.
- M. Haberer à [Strasbourg. — 1° L'imitation des fourrures rares n’est pas à la portée de l’amateur et ne peut être effectuée que par des spécialistes habiles. Si la question vous intéresse, vous pourrez consulter La Grande industrie tinctoriale par Beltzer, éditeur Dunod, rue Bonaparte;
- 2° Les complexes mercuriels étudiés par l’Air Ministry Laboratory d’Angleterre en vue du traitement des huiles de graissage polluées se trouvent à la Société le i Ditril », 7, rue Brunei, à Paris.
- 3 Vous pouvez prendre comme type de lubrifiant au graphite, la formule suivante :
- Huile lourde de pétrole = 2000 grammes Graphite impalpable lavé = 1000 »
- Suif fondu = 2000 »
- Mlle Fias à Beauvais. — Le moyen le plus simple1 de consolider votre coupe d’albâtre, en lui conservant sa transparence est d’opérer ainsi :
- Faire gonfler de la gélatine blanche (blanc manger des épiciers) pendant douze heures dans de l’eau froide de façon à avoir une concentration de 5 pour 100 environ.
- Le lendemain, liquéfier au bain-marie; pendant ce temps, placer la coupe sur une bassine assez grande contenant de l’eau froide, puis chauffer doucement de manière que la température de la coupe s’élève lentement, y verser alors la solution tiède de gélatine et tourner la coupe en l’inclinant, pour recouvrir toute sa surface interne dfe la solution, jusqu’à ce que le liquide transsude au travers des fêlures. Vider l’excédent de gélatine, faire égoutter et laisser refroidir complètement.
- Le lendemain, verser dans la coupe une solution à 5 pour 100 de formol du commerce qui insolubilisera la gélatine, maintenir le contact quelques heures.
- Il ne restera plus qu’à ébarber à l’extérieur l’excès de gélatine, en opérant délicatement, pour ne pas rayer l’albâtre.
- M. Bernède à Bordeaux. — 1° Il ne s’agit pas d’un mélange d’huile et de vaseline, mais de paraffine et de vaseline, vous pouvez prendre comme base de préparation deux tiers de la première et un tiers de la seconde.
- 2° Le bleu à employer est le bleu au stéarate qui est très soluble dans les hydrocarbures.
- M. Tzolskis. Ile de Crête. — Nous pensons que la méthode la plus pratique pour blanchir votre huile est celle au peroxyde de benzoyle qui se pratique ainsi :
- Dans l’huile amenée à une température de 80°C et selon la nature et la qualité du produit à blanchir, on dissout 0,1 pour 100, tout au plus 0,2 pour 100 de peroxyde de benzoyle, tout simplement en saupoudrant et en remuant sans discontinuer.
- On tient ensuite la masse à la même température pendant au moins trois quarts d’heure tout en ne cessant d’agiter fortement.
- Pour le chauffage de l’huile, on peut se servir de vapeur, la durée de l’action blanchissante varie de 45 à 50 minutes suivant la coloration de l’huile à traiter.
- Environ 24 heures plus tard toute action subséquente a pris fin, un moyen de contrôle très simple consiste à verser au préalable un échantillon de l’huile sur une assiette blanche et de comparer avec l’huile contenue dans le réservoir et qui a subi le blanchiment.
- Gette méthode évite la formation de tout sédiment, ainsi que d’écume, de sorte que contrairement à l’emploi des autres agents oxydants, toute perte est absolument évitée.
- Le peroxyde de benzoyle est une poudre blanche que l’on trouve aujourd’hui facilement dans le commerce des produits chimiques sa formule est (C,Hs0)202, son poids moléculaire 242,1. Il fond à 103°5, est insoluble dans l’eau, mais soluble.dans l’éther.
- M. le Dr F. à Paris. — Si l’extérieur du serpentin de votre chauffe-bain est réellement encrassé par des goudrons provenant de la distillation du bois employé pour le chauffage, une simple imbibition à l’eau seconde des peintres (lessive de soude, caustique à 5°B) suffira pour faire disparaître l’enduit.
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Fig. 1.
- La nacelle d’un nouveau ballon stralosphérique construit pour les
- aéronautes autrichiens ’/Jchy et von Braun (ph. Keystone).
- Fig. 2.
- Le nouveau dirigeable américain Akron, amarré à son mâl portatif, devant son hangar (ph. Wide World).
- Fig. 3. •
- Le grand pont métallique de Sydney, long de 600 m., vient d'être inauguré. Il a coûté près de 1 milliard de francs (ph. Keystone).
- Fig. 5-6. — L’avion Couzinet, monté par Münch, Deve et Verneilh, vient d'assurer la liaison France-Nouvelle Calédonie, 25 000 km. (ph. Roi et Wide World).
- WKKÊÊ WÈ&Hmm
- 5 t * V'
- Fig. 4.
- Une expérience d'incendie d’essence à Rouen ;
- 2 500 000 litres en feu ont été éteints à l’aide de mousse (ph. Keystone).
- Fig. 7.
- M. Villal, mathématicien et
- hydrody namiste, vient d'être élu Membre de l’Académie des Sciences
- (ph. J. Boyer).
- Le Gérant : G. Masso.w
- 2396. — Paris, lmp. Lahure. — i-5-io32.
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- LA NATURE
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- N° 2881
- LA NATURE
- 15 Mai 1932.
- LES ÉLANS DANS L’EUROPE NORD-ORIENTALE
- L’élan est un mammifère artiodaetyle ruminant, de grande taille. Il peut atteindre 2 ni 80 de loup et 1 ni 00 de hauteur au garrot. Sou poids moyen est de 350 kg et s’élève quelquefois jusqu’à 700. Le corps trapu se termine, par une courte queue ne dépassant pas 10 cm. La tète est longue et grosse, le mufle velu, le cou épais et court, la poitrine large.
- Les jambes longues, et très fortes bien que fines, reposent sur de solides sabots fendus, légèrement palmés et qui s’élargissent pendant la marche. L’ergot, assez grand, arrive parfois à toucher le sol.
- Sous le chanfrein busqué, lèvres et narines apparaissent également fortes et larges. Les yeux, petits, profondément enfoncés, accompagnent des oreilles très développées. La crinière barre le col et fait flotter en nappe, sur la poitrine, ses poils longs de 20 cm. La barbe souple atteint, suivant les sujets, de 15 à 27 cm. Elle est aussi plus ou moins touffue.
- Le pelage de l’élan, assez épais, est composé de poils longs, souples ou rudes selon la région du corps qu’ils abritent. Leur couleur générale est un brun grisâtre, rappelant la nuance de la tourbe. Le museau est plus clair, la crinière plus sombre, ainsi que le bas du corps.
- Le ventre et les jambes
- sont blanchâtres. Toutes ces teintes s’éclaii’cissent en hiver.
- Mais la parure royale de l’élan, c’est sa ramure, arme redoutable, attribut plein de majesté. Le mâle seul en porte, de grandeur et de forme variées, et pouvant se ramener à deux types }3rincipaux, selon que les empau-mures sont plus ou moins ramassées avant les ramifications.
- Plus l’empaumure est large, plus les ramures sont courtes. Les moins développées sont l’apanage des élans de Sibérie. Chez ceux de l’Amérique septentrionale, les empaumures plus étroites correspondent à des ramures plus fortes.
- Fig. 1. — Un élan mâle.
- D’après le développement des bois, on distingue deux races principales, divisées en un nombre de variétés d’autant plus grand, que les élans de ces différents types s’accouplent de façon courante.
- Le naturaliste allemand Schaff assure que le même animai voit parfois changer la forme de ses cornes, sous
- l’empire d’influences mal définies, ce qui ajouterait encore à la confusion.
- On pense que les élans porteurs d’une ramure abondamment fourchue sont des individus sous-alimentés.
- Cependant Hilzheimer a observé les deux types de ramures en Prusse orientale, où les animaux disposent d’une nourriture suffisante.
- Quelques savants estiment que le type normal comporterait de très petits andouil-lers, les ramures allongées étant signe de dégénérescence. Cela est possible : le nombre des élans [étant restreint, les accouplement se produisent fatalement entre individus de la même famille.
- En Lithuanie, d’après le naturaliste Ivanauslcas, professeur à l’Université de Kau-nas, les ramures à branches nombreuses prédominent.
- La longueur des bois est variable. Au musée zoologique de Kaunas, plusieurs paires de cornes, provenant de diverses foi’êts lithuaniennes, atteignent respectivement des envergures de 75, 78 et 86 cm, et au musée de Saint-Pétersbourg, ilen-^est^oui mesurent jusqu’à 1 m 60. L’os frontal p^^y[Dréfen^^ une largeur de 36 cm, et l’ensemble déra ramure pê% jusqu’à 20 kg.
- On trouvé'^(®^^|ia^s nrüms de ces bois énormes en Pologne, dansçla fôfët'Mê*;piélf)veja, et en Russie, dans le district de Minsk. Les plus grandes parures appartiennent aux mâles de-neuf à douze ans; passé cet âge, leur taille diminue.
- Il est intéressant de suivre l’évolution des cornes chez ce ruminant. Vers le huitième ou le neuvième mois du faon, de modestes boutons soulèvent la peau recouvrant
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- les os frontaux. Dans la deuxième année, les dagues, (une seule branche), atteignent cinq à six cm de long, sur deux à trois d’épaisseur. Elles sont penchées latéralement, et dépourvues de ces ocelles que la vénerie nomme des roses.
- Ces petites cornes tombées, d’autres se montrent, atteignant 0 m 35, parées d’une rose claire et pointant légèrement en hauteur. La règle veut que ces bois soient une dague unique; cependant il est des exemples que l’un des deux bois se divise en deux ou même trois branches.
- Dans la quatrième année, en général, et toujours dans la cinquième, les cornes présentent chacune deux branches... à moins qu’il n’y en ait trois sur l’une, voire sur les deux. Dans la sixième, la base de la ramure s’élargit et chaque bois porte trois andouillers. La septième année venue, sur une empaumure plus large encore, on compte de six à huit andouillers, dont un ou deux se contournent en avant. Huitième année : les bois présentent huit ou dix andouillers, deux à quatre contournés. A la dixième année, six andouillers contournés, douze à quatorze en tout.
- A dater de ce moment, les empaumures deviennent plus fortes, s’élargissent beaucoup, et les andouillers paraissent plus courts. Il est à remarquer d’ailleurs que cette progression comporte de fréquentes irrégularités.
- Une chose déconcertante, c’est la rapidité avec laquelle se crée et se développe cette énorme prolifération osseuse qui, tombant chaque année, se trouve reconstituée et accrue en quelques semaines.
- Lorsque la nouvelle pousse apparaît, en mars ou avril, les jeunes cornes sont revêtues d’une peau mince couverte de poils fins. Au milieu du printemps, l’irrigation sanguine de cette peau se tarissant, elle commence à sécher. Alors l’élan cherche un arbre à sa convenance et frotte son bois contre le tronc, jusqu’à ce que la peau tombe.
- Les cornes ont à ce moment une teinte claire qu’elles perdront assez rapidement, pour prendre une jolie nuance brune, au contact de l’air et de la lumière.
- Fig. 2. — Un vieil élan.
- Pressés par la nécessité de débarrasser leurs bois de la peau morte qui les recouvre, les élans ne choisissent pas le tronc auquel ils demandent ce service : ils le réclament aussi bien au fût d’un arbre mort.
- Cette période se produit, en Lithuanie, au mois de juillet, et dure de un à sept jours. Les vieux animaux commencent cette friction plus tôt que les jeunes. Les bois poussent ensuite avec une telle vigueur que lorsque vient la saison de l’amour, en septembre, les mâles ont déjà des cornes robustes, prêtes pour la bataille.
- Les bois tombent à une époque variable, soumise à diverses influences, parmi lesquelles celle du climat est prépondérante : en Prusse orientale, les élans les perdent au mois d’octobre, en décembre dans la Lithuanie. M. Ivanauskas a vu, dans ce dernier pays, des élans pourvus encore de leurs bois en janvier.
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- * *
- Autrefois ces magnifiques animaux étaient répandus dans toute l’Europe centrale. Il en existait en France et même dans l’Italie septentrionale où l’on en a retrouvé des squelettes. César et d’autres auteurs parlent de ces quadrupèdes que les Germains désignaient sous le nom d’elch, conservé en Allemagne.
- Cependant les élans paraissent n’avoir pas dépassé les Pyrénées, et l’Italie méridionale ne les a pas connus, non plus que la presqu’île balkanique. Leur habita d’élection était l’Europe nord-occidentale.
- Les mêmes espèces se rencontraient en Sibérie, jusqu’au lac Baïkal. En Sibérie orientale vivait YAlces Pfitzen-mayeri, portant une livrée plus sombre, avec une ramure plus vaste, moins aplatie.
- Au moyen âge, l’habitat de l’élan semble s’être déplacé vers l’Europe orientale. Le gentilhomme flamand Gilbert de Lannoy, visitant la Lithuanie en 1413-1414, dans un voyage dont il a laissé une relation savoureuse, a écrit :
- « Item, en ladite ville de Trancquenne, y a ung parcq enclos ouquel sont de toutes manières de bestes sauvaiges et venoisons dont on peut finer es forest et marches de par delà. Et sont les aulcunes comme bœufz sauvaiges nommez ouroflz, et autres en y a comme grans chevaulz nommez weselz, et autres nommez hellent ».
- A cette époque, le cuir de l’élan était très recherché. A la fois souple et fort, il était considéré comme supérieur à tous les autres pour la confection des collets, chausses à armer, rondelles de poing et même des gants pour gens de guerre, fauconniers ou veneurs.
- C’est le temps où la raclure des pinces (sabots de l’élan) était fort estimée comme remède souverain contre l’épilepsie. Et chacun sait que l’inventaire de Mazarin comportait une coupe faite d’une « pince » d’élan,.
- Actuellement, deux espèces vivent dans l’Amérique du Nord : YAlces americanus dans les régions Est, et YAlces gigas qui habite surtout l’Alaska. Ce dernier est de taille géante, son nom l’indique. Alors que son congénère ne dépasse pas une longueur de 2 m 35, YAlces gigas atteint 3 m 20. Ses cornes présentent couramment de 1 m 60 à 1 m 70 d’envergure; le maximum de 1 m 97 a été observé.
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- Dans l’ancien inonde, le nombre des élans a beaucoup diminué à l’époque contemporaine. Ils ont entièrement disparu de l’Europe occidentale. Le dernier élan fut tué : dans la Saxe, en 1746; dans la Galicie, en 1760; dans la Silésie, en 1776; dans la Prusse occidentale, en 1830. La Pologne a tué des élans et en tue encore ; mais depuis 1880 ce sont des individus migrateurs, venant de la Russie.
- La Prusse orientale est demeurée l’un des domaines favoris des élans. Il n’en restait plus, dans cette province, que 180, en 1899 ; mais à la suite de ce dénombrement, le gouvernement allemand promulgua une loi destinée à les protéger. Les effets bienfaisants se firent vite sentir : cinq ans plus tard, le nombre des élans s’élevait à 800 têtes. Le troupeau se trouva ensuite ramené à 450 animaux, par suppression méthodique des sujets débiles. L’invasion de la Prusse orientale par l’armée russe en 1914, puis le désordre consécutif à la révolution allemande, ont réduit le nombre de ces animaux. Actuellement le troupeau va de nouveau s’accroissant.
- Avant 1914, les forestiers avaient dénombré 1050 élans dans la Lithuanie, et principalement dans les régions de Siauliai et de Labanoras. Ces districts n’abritent plus guère que des hardes nomades, les Allemands ayant tué de nombreux sujets dans leurs retraites de 1918 et 1919. Les Polonais, dans les campagnes qui suivirent, ont imité ce fâcheux exemple. Pendant cette période transitoire, les habitants du pays ont eux-mêmes abattu un certain nombre de ces superbes bêtes.
- Des lois sévères protègent maintenant, sur le sol lithuanien, ces survivants de la préhistoire. Dans la Nehrung, où vit le principal troupeau, qui passe chaque automne la frontière pour aller hiverner en terre allemande, la chasse est sévèrement interdite, et le port même de toute arme à feu, prohibé. Le but poursuivi est atteint : là où ne subsistaient, en 1914, que 25 élans, le dernier recensement en a révélé 75. En une seule matinée, il me souvient d’en avoir rencontré jusqu’à 8. Ignorant quel mal pourrait leur causer l’homme, ils se laissent approcher sans crainte. On en a vu avancer vers celui qui les visite leur chanfrein barbu, en quête d’un morceau de sucre ou d’une caresse.
- Dans le reste de la Lithuanie, comme dans le territoire de Klaipéda (Memel), le nombre des élans est aussi en voie d’accroissement. La forêt de Viesvilé abrite un petit troupeau de 12 têtes. La forêt Verte, district de Panévézys, en loge 40; et celle de Kaunas, 7. Une réserve spéciale est ménagée dans les districts de Kaunas et de Kaisiadorys. Enfin la Lithuanie reçoit quelques élans nomades venant de Prusse orientale. Dans la partie de la Lithuanie occupée depuis 1920 par la Pologne, un petit nombre vivent près de la ligne administrative tenant lieu de frontière provisoire.
- Les autres pays baltes ont eux aussi dénombré leurs élans : on en compte 30 en Esthonie, 126 en Lettonie. En Finlande, le troupeau, déjà minime avant la guerre, est encore plus réduit actuellement.
- D’une façon générale, l’élan se plaît dans les forêts profondes, les régions lacustres, les tourbières et les larges ravins. Aux pays nordiques, ces grands quadrupèdes
- Fig. 3. — Un élan blâme. ,
- vivent sur les toundras, où la végétation se réduit à des lichens et de chétifs arbustes.
- Les cerfs du Nord ne sont pas sédentaires, ils accomplissent souvent de grandes randonnées. Ceux de la presqu’île de Taïmyr couvrent parfois en été plus de 700 kilomètres à travers les toundras. Ceux de Scandinavie voyagent également, et ceux de la Nehrung passent tous les ans la frontière lithuano-allemande à Rossi-ten, nous l’avons dit.
- Ces migrations saisonnières ne leur suffisent pas. Stolzmann dit que l’on a récemment trouvé des élans dans les districts prolonais de Siedlez et de Kielie; un autre a été aperçu en Silésie. M. Ivanauskas pense que ces randonnées sont une des causes de la disparition des élans : l’animal s’orientant plus difficilement en pays inconnu et n’y étant pas protégé, finit presque toujours par être tué.
- En liberté, l’élan se nourrit de jeunes arbustes, ainsi que de branches nouvelles des bouleaux et des pins. Les rameaux, même atteignant l’épaisseur d’un crayon, sont facilement dévorés par lui, les autres sont dépouillés de leurs feuilles par les grosses lèvres, fort adroites à ce travail. L’écorce des arbres constitue également un régal fort apprécié.
- Lorsque la cime d’un baliveau tente un élan, celui-ci se dresse sur ses pattes de derrière, comme une chèvre, attire l’objet de sa convoitise avec ses membres antérieurs, l’abaisse et le dévore. J’ai vu dans la Nehrung beaucoup d’arbres mutilés ainsi; certains en meurent : étêtés, privés de leur écorce, ils ne résistent pas aux assauts de l’hiver.
- L’élan affectionne aussi les diverses plantes et herbes des marais, qu’il cueille en plongeant la tête dans l’eau. Sa nourriture favorite est le Tanacetum bulgare, ou tanai-sie. Même captif, il s’en montre friand, alors qu’il refuse toute autre nourriture.
- En dépit de la masse de leur corps, les élans ont des mouvements élégants et légers. Généralement ils vont l’amble et ne galopent que blessés ; cette allure même annonce qu’ils sont atteints. La forme particulière de leurs sabots leur permet de courir facilement dans les lieux marécageux; quand le marais manque par trop de
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- consistance, l’animal, dit-on, y progresse en rampant, les genoux repliés.
- La saison de l’amour, dont le début est difficile à surprendre, commence aux premiers jours de septembre, parfois un peu plus tôt. Ceci pour les élans de Lithuanie; dans les pays situés plus au Nord, cette période est plus tardive. Sa durée, de 4 à 5 semaines pour les niûles, est un peu moins longue pour les femelles.
- Pendant ce temps, les élans errent à travers les forêts, en cherchant la trace des biches. On entend alors, dans les solitudes, s’élever leur voix changée et comme plaintive, qui peut s’exprimer par le double son « ou-ô », en mettant l’accentuation sur Vô, avec une certaine vibration. Les chasseurs attirent parfois l’élan à l’aide d'un « appel », sorte de corne grossière façonnée avec de l’écorce de bouleau, et produisant des sons identiques à l’étrange mugissement que fait entendre cet animal lorsqu’il recherche la biche.
- Durant cette période, ces animaux répandent une odeur assez désagréable, provenant soit de leurs excréments, soit des glandes dont le travail est plus actif. Ce fumet attire les femelles. Si deux mâles sont en compétition près d’une de leurs compagnes, malheur au plus faible ! L’autre le chassera sans pitié. C’est l’origine de furieux combats, pour lesquels chaque espèce use de procédés cpii lui sont particuliers.
- D’après Martenson, les élans de Livonie essayent dans ces luttes de jeter leur adversaire à terre. Un jour, un forestier fut témoin d’une bataille entre deux mâles, l’un de 12 cors, l’autre de 4. Us paraissaient de force égale; pourtant le second fut bientôt terrassé. Il se releva immédiatement et le combat reprit. Le 4-cors porta cette fois à son adversaire un coup si violent que celui-ci tomba, rebondit, puis resta mort sur place. On lui trouva des plaies profondes à la partie inférieure du poitrail. Il arrive aussi que les deux combattants enchevêtrent leurs ramures de telle sorte qu’ils ne peuvent plus se dégager et meurent de faim sur place.
- Moins graves, les blessures aux épaules sont plus fréquentes. 13es chasseurs ont témoigné qu’en dépouillant des élans, ils avaient relevé, sur la peau de ces animaux, et précisément à la place des épaules, des traces de coups
- Fig. 4. — Un couple.
- de pieds à l’exclusion de toute autre blessure, ce qui n’est pas pour étonner ceux qui ont surpris des élans debout comme des chevaux cabrés, se combattant à coups de sabots, dans la pose héraldique des supports de blason.
- Bien que fort courageuses quand il s’agit de défendre leurs petits, les femelles ne se mêlent jamais aux luttes que les mâles entament pour elles. Elles y assistent avec une indifférence complète, et ne témoignent d’aucun regret si leur compagnon vient à succomber : elles suivent toujours le vainqueur. La saison d’amour passée, elles cessent de marquer au mâle le moindre intérêt.
- Le professeur Thienemann, qui a étudié les mœurs des élans dans la région de Rasyté (Rossiten), confirme que leurs armes essentielles sont les membres antérieurs. Un élan attaqua son chien à coups de sabots ; si le chien eût été moins agile, il eût été assommé à coups de pieds. C’est de cette façon, plus encore qu’avec leurs cornes, que les élans se défendent des loups qui cherchent à les coiffer.
- Stolzmann nous apprend que la biche porte de 3G à 40 semaines. Martenson assigne à la gestation une durée plus précise d’au moins 273 jours, soit 39 semaines. L’élane met bas un petit, parfois deux, rarement trois. Le nouveau-né, de couleur verdâtre, n’a pas le chanfrein busqué de l’adulte; dès ses premières heures, il cherche à se coucher à l’abri, dans un fossé, s’il se peut.
- Entre la naissance du premier faon et celle du deuxième, Martenson estime qu’au moins une journée s’écoule, car lors-qu’on trouve un couple de nouveau-nés, l’un est toujours faible et l’autre déjà fort vif. Les habitants des régions forestières assurent que si le faon de quelques jours rencontre un homme, il le suit avec autant de facilité que si c’était sa mère.
- Les naissances ont lieu en mai ou juin. L’élane ayant allaité ses petits pendant trois mois, les emmène ensuite brouter avec elle. Elle se sépare assez tardivement de ses petits : Ivanauskas a vu de tels groupes réunis encore au mois de janvier; même il arrive que la dispersion tarde davantage.
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- * *
- Parlons maintenant des ennemis de l’élan : comme pour un Etat organisé, c’est à l’intérieur que se trouvent les plus dangereux.
- Voici d’abord la Cephenomyia Ulrichii, grande mouche velue qui pond avec une rapidité extraordinaire ses œufs minuscules sur le chanfrein de l’élan. A peine écloses, les larves se transportent par les voies nasales dans les organes intérieurs, où elles s’attachent à l’aide de leurs pattes. Ces larves sont quelquefois très nombreuses, l’animal attaqué les rejette en toussant; mais il arrive que leur grand nombre obstrue les voies respiratoires, l’élan meurt alors étouffé. Le professeur Thienemann a observé à Nerunga plusieurs sujets morts ainsi.
- Un autre parasite, le Lipoptena Cervi, s’installe sur le ventre des élans, entre les pattes de derrière, et d’une façon générale part.-ut où la peau est fine; il cause de vives souffrances à l’animal qui l’héberge.
- UHypoderma acteon est une forte mouche qui dépose ses œufs sur la crinière des élans. Les insectes éclos
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- s’enfoncent dans le derme et s’en nourrissent, ce qui amène des furoncles très douloureux sur la peau de la victime.
- Plus rares sont les Distomwn hepalicum, qui s’installent dans le foie. Le professeur Ivanauskas a trouvé dans le foie d’un élan des boules blanches de la taille d’une petite pomme, qu’il tient pour des exemplaires du Tænia echinococcus, le môme qui sévit chez les animaux domestiques.
- La plus dangereuse des maladies auxquelles est sujet le grand cerf du Nord, celle qui attaque la rate, revêt un caractère épidémique : on la vit, en 18G6 et 1885, s’attaquer à une grande partie des élans vivant dans les pays baltes. Beaucoup en moururent.
- Les autres adversaires des animaux qui nous occupent apparaissent moins redoutables, parce que l’élan n’est pas sans défense devant eux, qu’il s’agisse du glouton, du loup, du chien sauvage ou même du tigre, en Asie orientale.
- Les ennemis avec lesquels les élans se mesurent le plus ordinairement sont le chien sauvage et surtout le loup, dont nous avons parlé déjà. 11 va de soi que les jeunes élans, ne sachant pas encore se défendre, sont les plus éprouvés; cependant il arrive que de vieux mâles succombent, eux aussi, devant les lo*ups dont les bandes faméliques'peuvent encercler et vaincre un animal même très fort.
- L’homme, rarement attaqué par l’élan, peut avoir à se défendre contre une biche accompagnée de ses faons. Le comte K. Radziwill rapporte que près de Taugenai, une femelle aiïolée se jeta sur un promeneur, et le blessa mortellement à coups de sabots. Citerai-je quelques cas pittoresques où le paisible élan manifesta, dans ses rapports avec l’homme, quelque... nervosité ? Près de Panévézys, un artiste peignait un paysage dans la forêt. Deux élans en promenade vinrent surprendre l’homme qui, effrayé, grimpa sur un arbre. L’un des animaux s’approcha du tableau, le renversa d’un coup de corne; puis se retourna contre l’artiste : trois heures durant, celui-ci dut rester sur son perchoir, au pied duquel les grands cerfs faisaient le guet.
- Dans la région de NTida, appelée par les géographes de la Nehrung « le district des élans », on tenta de cinéma-tographier la harde pendant la saison de l’amour, alors que mâles et femelles étaient réunis dans un bois touffu. Surpris d’entendre ce bruit insolite, un superbe mâle s’avança, croyant sans doute à l’approche d’un rival. Quand il se trouva en présence de la voiture attelée d’un cheval et chargée d’un appareil inconnu qui prenait position, l’élan, baissant la tête, chargea l’équipage, cornes en avant. Emoi des opérateurs ! Par des cris et de grands gestes, ils parvinrent à écarter la bête. Celle-ci se retira avec noblesse... pour revenir à la charge l’instant d’après. La voiture fut attaquée trois fois ce jour-là, par le même animal.
- Agacé ou blessé, l’élan ne craint pas la bataille. Quelques épisodes caractéristiques peuvent trouver place ici. En 1835, dans la Courlande, près de Rennen, un vieil élan, longtemps poursuivi par les chiens, se jeta dans un lac et le traversa à la nage. Les chasseurs le pour-
- Fig. 5. — Femelle avec son pdit.
- suivaient en canot, mais au milieu de l’étang, la bête se retourna et passa à l’attaque : ils réussirent à la tuer à l’instant même où la barque allait chavirer sous ses coups.
- Un jour, un élan fut abattu dans un marais impossible à joindre en voiture. 11 fallut le dépecer sur place. A la lin de 1’opération, cpiatre élans sortant brusquement de la forêt, comme pour venger leur congénère, assaillirent le chasseur qui prit la fuite et ne fut sauf que par miracle.
- *
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- L’élan a le sens de l’ouïe et celui de l’odorat particulièrement développés. De très loin, il flaire le danger, et la finesse de son oreille lui permet de distinguer exactement d’où vient le péril. On affirme que cet animal sent le chasseur à près de mille mètres de distance, à cinq cents au moins, dans les conditions les plus défavorables. Par contre, sa vue est loin d’être parfaite : les yeux, petits et placés latéralement, n’ont qu’une visibilité restreinte. Ils ne peuvent distinguer nettement que les objets immobiles et les couleurs claires. D’autre part, l’élan ne se nourrissant que de plantes ou de feuilles choisies, son goût semble assez fin.
- Les auteurs ne sont pas d’accord sur l’intelligence qu’il convient de reconnaître à ce roi des forêts nordiques. Un naturaliste letton, Loïwis, la juge très inférieure, se basant sur ce fait que cet animal s’oriente difficilement, dit-il, même lorsque sa vie est en danger. F. Bley, chasseur d’élans renommé, exprime une opinion contraire, d’accord avec le savant Martenson.
- Ce naturaliste allemand observe, dans’ sa monographie der Elch, que l’intelligence des animaux sauvages se marque à la façon dont ils se préoccupent de leur bien-être, élisent leur domicile, évitent les dangers et profitent de l’expérience acquise. Tout chasseur exercé a remarqué, dans cet ordre d’idées, des faits prouvant d’une manière indiscutable l’intelligence de l’élan.
- Veut-on des exemples ? Les vieux mâles, avant de prendre leur repos, multiplient les empreintes, parfois à
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- reculons, auprès de la retraite qu’ils ont choisie, dans le but évident de faire croire qu’ils sont venus, puis repartis. Ils se couchent la tête tournée dans la direction d’où ils arrivent, pour mieux sentir le danger pouvant venir de ce côté. Lorsqu’il fuit, l’élan décrit des virages, des boucles, afin de tromper ses adversaires,' et il court autant que possible dans le sens du vent : c’est ainsi qu’il entendra le mieux ce qui se passe derrière lui... Et si les élans d’un même troupeau trottent toujours dans les traces de leur guide, comme font les loups, c’est, n’en doutez pas, dans un triple but : courir plus aisément, plus silencieusement et cacher leur nombre. Est-il pourchassé ? l’élan s’enfonce dans les fourrés : ses mouvements sont si doux, qu’en dépit de l’envergure de ses bois, aucune ramure ne craque, la neige même, dit-on, ne tombe pas des branches. Par ailleurs, les traces récentes des hommes lui paraissent recéler un danger, il les évite avec le plus grand soin.
- Certains individus atteignent à un degré de ruse remarquable. Le baron Noldé parle d’un vieux mâle robuste qui sut échapper au péril de plusieurs chasses : avec une adresse inouïe, il passait à travers les rangs des rabatteurs et mettait les chiens en défaut. Il fut tué finalement par des chasseurs demeurés en arrière de la battue.
- Au Canada, les Indiens se livrent à la chasse aux élans en hiver de préférence : quelle que soit sa ruse, cet animal ne peut dissimuler ses traces dans la neige ; de plus, avec sa lourde masse et ses sabots tranchants, l’élan, enfonçant dans la croûte de neige glacée, s’épuise vite, tandis que le chasseur, muni de raquettes, le suit avec facilité.
- M. Ivanauskas tient l’élan pour égal intellectuellement au cheval, l’un des animaux les plus favorisés sous ce rapport. Le grand cerf du Nord possède un sens développé des lieux et de l’orientation, prouvé par les randonnées qu’il accomplit, avant de revenir chaque année dans les mêmes parages, dont il semble avoir gardé fidèlement la mémoire.
- = LE GISEMENT DU
- A CHOU-
- La Nature a signalé la découverte sensationnelle d’ossements d’homme fossile à Chou-Kou-Tien en Chine (Voir N° du Ie1' octobre 1930). Dans un gisement qui sembfe partir de la fin extrême du tertiaire pour se prolonger très avant vers le quaternaire moyen, au milieu d’innombrables ossements d’animaux préhistoriques, on a découvert jusqu’ici deux boîtes crâniennes, et diverses autres parties de crânes, une demi-douzaine de maxillaires, un certain nombre de dents, deux petits osselets des extrémités, appartenant à une espèce humaine qui a été baptisée Sinanthropus ou homme de Péking.
- L’étude de ces ossements a montré que l’homme de Péking, nettement antérieur à l’homme du Néanderthal, peut être considéré en gros comme contemporain du Pithécanthrope de Java, et de l’Homme d’Heidelberg.
- Au début, on n’avait signalé aucun outil dans les fouilles effectuées. Au printemps 1931, à la reprise des fouilles, on découvrit des foyers, des os brûlés et des quartz taillés. Avisé de ces faits par le R. P. Teilhard de Chardin qui a joué, avec MM. Wong et Davidson Black, un grand rôle dans l’étude de
- Surpris au repos ou à la pâture, l’élan ne fuit pas à fond de train, tête perdue, à la manière du cerf de nos pays. Il s’écarte et s’arrête pour distinguer le danger dont il est menacé, puis il attend en humant l’air, dans une attitude pleine de noblesse : le magnifique animal semble délibérer si lui, grand et fort, doit ou non prendre la fuite.
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- Terminons cette étude par quelques notes relatives à l’apprivoisement des élans. Plusieurs tentatives ont été faites pour domestiquer ces animaux et en obtenir des services pratiques. Martenson raconte que Charles IX de Suède utilisa des élans pour le service de la poste : ils pouvaient, en plein hiver, couvrir par jour 35 milles suédois.
- On trouve dans les archives de Tartu (Dorpat), ville esthonienne, une ordonnance municipale du xvne siècle, interdisant dans la cité, les attelages d’élans, comme susceptibles d’elïrayer les chevaux. Dans son curieux ouvrage Mammuthleiche und Urwaldmenschen Nordostsi-biriens, Pfitzenmayer, qui a donné son nom, nous l’avons vu, à une race d’élans, raconte, d’après de vieux Yakoutes, que les élans étaient utilisés comme bêtes de selle, en Sibérie, jusqu’au début du xixe siècle. Cette monte fut interdite par le gouvernement russe, comme donnant trop de facilités aux voleurs et bandits pour s’enfuir dans les forêts marécageuses, où les chevaux des Cosaques étaient impuissants à les atteindre. Ce fait est mentionné dans les archives des villes yakoutes.
- ... Tels sont les traits que nous avons pu réunir concernant l’élan, survivant de la faune préhistorique. Puissions-nous avoir réussi à camper pour nos lecteurs un portrait vivant et complet, de ce parent peu connu des cerfs qui sont la parure de nos forêts.
- Jean Mauclère.
- “ SINANTHROPUS ” =
- KOU-TIEN
- Chou-Kou-Tien, M. l’Abbé Breuif, professeur au Collège de France, s’est rendu à Péking et à Chou-Kou-Tien pour examiner sur place, avec toutes les précautions et tous les scrupules d’un préhistorien averti le gisement et les objets qui en ont été retirés.
- Il vient de publier le compte rendu de ses investigations dans F « Anthropologie ». Sa conclusion est très nette. Le Sinanthrope, cet échantillon primitif de l’humanité, connaissait le feu; il savait fabriquer et employer des outils de quartz, et des outils en os.
- Le gisement de Chou-Kou-Tien est constitué par un remplissage d’environ 50 m d’épaisseur qui a comblé un certain nombre de fentes du calcaire ordovicien dont est faite la colline de Chou-Kou-Tien, fentes qui se prolongent en galeries latérales. Le Sinanthropus est représenté du haut en bas du dépôt. Dans une des galeries latérales, la grotte artificielle récente de Kotsetang, dont le toit et le sol sont formés par la brèche de recouvrement général du versant, M. Breuil a étudié, sous les amas de brèche de 12 m d’épaisseur qui forment le sol, un niveau
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- noir dans lequel ont été trouvés des ossements de « Sinanthrope ». Selon le savant français, le niveau est un véritable foyer, ou plutôt la base d’un foyer que couronnent des couches de cendres, plus claires, mêlées sans doute d’argile. Des pierres enduites de suie et des os brûlés en ont été retirés en présence de M. Breuil ainsi que des quartz taillés.
- Plusieurs autres amas cendreux analogues existent dans le gisement; l’un d’eux, contenant de nombreuses particules charbonneuses, des pierres parfois en nid, recouvertes de suie, et des fragments osseux brûlés, n’a pas moins de 7 m d’épaisseur. A sa base est un niveau noir d’encre; couleur due, d’après l’analyse chimique, à des charbons de bois réduits en particules. Cette énorme accumulation de cendres suppose un feu entretenu pendant un temps considérable. A la base de cet amas, on a également trouvé des quartz taillés.
- 11 est à noter que dans aucune des autres grottes et brèches à ossements de la colline de Cliou-Kou-Tien, on n’a remarqué de couches de cendres et de charbons; aucune d’elles n’a donné, non plus, d’ossements de Sinanthropus.
- Les fouilles de 1931 ont révélé un outillage lithique très abondant; dans la cave de Kotsetang, dans le niveau sous-jacent à la brèche mentionné plus haut, on a déjà recueilli environ 2000 quartz taillés. Le plus grand nombre sont en quartz laiteux : la colline de la caverne ne contient pas de ce quartz, mais l’Homme n’avait, qu’à franchir le vallon ou à descendre au ruisseau pour s’en pourvoir abondamment; car la colline en face est sillonnée de filons de cette roche. D’autres outils sont en quartz hyalin qui, suivant le Père Teilhard, viendraient de beaucoup plus loin.
- Les outils en quartz laiteux sont ordinairement d’un travail très simple, de rares pièces de quartz hyalin ont permis aux ouvriers fossiles de « Chou-Kou-Tien » de produire des objets plus soignés, deux jolies pointes à belles retouches alternes, biîaces et un racloir.
- « IJ est bien vain, dit M. l’Abbé Breuil, d’essayer d’appliquer à l’industrie lithique de Chou-Kou-Tien nos classifications occidentales. Tel qu’il est aujourd’hui connu, cet outillage n’est ni Chelléen, ni Acheuléen, ni Clactonien, ni Levalloisien; qu’il
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- se rapproche d’un assez grossier Moustérien est sans doute accidentel. »
- L’homme de Chou-Kou-Tien a largement et systématiquement utilisé aussi, comme outils ou armes, les os d’animaux : cornes de ruminants, bois de cerfs, débités en fragments lorsqu’ils étaient trop grands, à l’aide du feu et d’outils en pierre, os frontaux de cervidés façonnés, mâchoires de cerfs façonnées, mandibules de sanglier, d’hvènes et de félins, etc.
- M. l’Abbé Breuil fait encore une remarque fort intéressante : alors que les débris d’animaux recueillis à Chou-Kou-Tien se comptent par dizaine de milliers, et sauf pour les grands Pachydermes, se rapportent à toutes les parties du corps, aucun os des membres et du tronc du Sinanthrope n’a jusqu’ici été découvert.
- « Ce fait profondément troublant, s’il n’est modifié par la suite des fouilles, exige une explication: car il tend à témoigner d’une sélection dans les os du Sinanthropus, et d’un traitement spécial dans la façon dont les cadavres ont été traités. On peut en conclure qu’il n’a point été mangé et que, seuls, les crânes dépouillés de leur chair par putréfaction ont été ramenés dans le lieu d’habitation »
- M. l’Abbé Breuil conclut sa belle étude par une évaluation approchée de l’âge du Sinanthrope. Son gisement, avec ses 50 mètres d’épaisseur, doit correspondre à une grande partie des temps paléolithiques préwurmiens, depuis le plus vieux Chelléen d’Abbeville, à faune cromérienne jusqu’aussi tard peut-être que le Levalloisien ancien ou moyen.
- « Tandis qu’en Occident, les périodes glaciaires et interglaciaires se succédaient, que les faunes et industries changeaient périodiquement et se modifiaient à un rythme relativement rapide, tout restait indéfiniment, dans ce pays stable qu’est la Chine, dans les conditions établies à l’œuvre du Quaternaire.
- « Comme les Bushmen paléolithiques ont survécu en Afrique du Sud jusqu’au xixe siècle, les Sinanthropes ont subsisté, à l’orient du Vieux Monde, durant une immense période et n’ont été remplacés que tardivement par les Moustéro-Aurignaciens de l’Ordos, à l’époque où le grand loess a commencé de se déposer. »
- = LA POPULATION DE LA FRANCE
- DEPUIS UN SIÈCLE MO
- III. - LA NOUVELLE RÉPARTITION DE LA POPULATION
- Si Casimir Perier, qui vit le premier recensement régulier, pouvait revenir parmi nous, la répartition de notre population lui causerait quelque étonnement. Sur le vaste échiquier national, le nombre des pions a peu varié depuis Louis-Philippe, mais à la dispersion d’autrefois a fait place une concentration au profit de quelques régions privilégiées. Le peuplement globulaire l’a emporté sur le peuplement sporadique. L’immigration étrangère qui s’est portée sur certains points de notre territoire est en partie responsable de la transformation. Mais une cause plus importante a joué : les migrations intérieures des Français, qui ont pris une ampleur exceptionnelle au xixe siècle.
- Il y a toujours eu des échanges de population, mais la
- 1. Voir La Nature, n° 2875 (15 février 1932).
- facilité des communications jointe à la prodigieuse transformation économique qui a eu lieu depuis 100 ans ont intensifié ces mouvements. Certaines régions naturellement pauvres ainsi que les montagnes et les pays de forte natalité alimentent depuis longtemps un exode temporaire ou définitif : Savoie, surtout de 1840 à 1880, Auvergne et Limousin, Bretagne et Vendée. Mais l’avènement d’une grande industrie nécessitant une main-d’œuvre nombreuse, les transformations de l’économie rurale, où le développement de l’outillage et l’extension de l’élevage au détriment des cultures ont rendu inutile une partie du personnel, tout a concouru à la désertion des campagnes et à l’accumulation d’ouvriers dans les villes. La France, comme les autres nations, quoique moins vite et dans une plus faible mesure, est passée peu à peu d’une civilisation de type rural et agricole à une civilisation de type urbain et industriel.
- L’exode rural. — Nous ne pouvons « mesurer » ce
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- Fig. 1. — L'agglomération parisienne en 1831 el en 1931.
- qu’il est convenu d’appeler V exode rural qu’à partir de 1851. C’est depuis cette date que nos recensements déterminent la proportion des ruraux et des citadins. Mais le fait est plus ancien. Dès 1848 il paraissait assez grave pour que, sur la demande du Comité du travail, on poursuivît une enquête pour savoir « quels seraient les moyens d’arrêter l’émigration .vers les villes des travailleurs des campagnes et d’appliquer aux travaux des champs les bras inoccupés de l’industrie » ('). A la fin du xvme siècle, on estime qu’il y avait environ 21 pour 100 de citadins contre 89 pour 100 de ruraux. En 1852, la proportion passe à 25,52 contre 74,48; en 1886 à 35,95 contre 64,05; en 1901 à 37,4 contre 62,6; en 1921 à 46,4 pour 100 de citadins contre 53,6 pour 100 seulement de ruraux. A l’étranger, l’évolution est plus rapide encore : l’Empire allemand comptait, en 1871, un citadin pour deux villageois et aujourd’hui on arrive presque à une constatation inverse : 2 citadins pour 1 villageois. En Angleterre, les villes accaparent, dès 1851, 51 pour 100 des habitants et à l’heure actuelle les 2/3.
- Quels sont les élénients de la population rurale qui sont les victimes de la concentration urbaine ? Ce sont surtout les artisans et les commerçants des villages et des petits bourgs. Le nombre des agriculteurs, en effet, n’a commencé à baisser sensiblement que depuis une vingtaine d’années. Il y a donc dans l’exode rural deux phénomènes successifs.
- Les statistiques révèlent en second lieu que le nombre des communes urbaines augmente : il y en avait 1211 sur 36 337 en 1866 et 2743 sur 38 004 en 1931. Ce résultat brut a besoin d’être interprété : les communes ayant I. Qui présentait cette année-là, comme en 1847, une crise sérieuse.
- Fig, 2. — Population de Marseille depuis un siècle.
- ZI Z6 31
- 96 1901
- dépassé le chiffre de 2000 habitants agglomérés sont devenues « urbaines », tandis qu’un grand nombre de bourgs se sont vidés et sont devenus « ruraux ». Il s’est produit une sorte de sélection. Dans les arrondissements agricoles où existaient plusieurs petits centres, elle a joué en faveur du mieux situé, du chef-lieu administratif ou de la ville possédant quelque industrie. Mais l’augmentation globale du nombre des communes urbaines est due surtout au développement des banlieues. Des centaines de villages se sont rapidement peuplés parce qu’ils étaient aux portes d’une grande cité. Intermédiaire entre la ville et le village, le bourg d’autrefois a perdu au contraire une partie de sa raison d’être par suite du développement et de l’accélération des transports. C’est la même raison qui a rendu à peu près inutiles les sous-préfectures, tout au moins suivant la formule impériale encore en vigueur.
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- * *
- La concentration urbaine. — Ce sont les villes importantes qui ont surtout grandi et déjà il y a un demi-siècle, Levasseur affirmait : « Les villes. s’accroissent d’ordinaire d’autant plus rapidement que leur population est plus considérable ». Idée qui, nous le verrons, a besoin aujourd’hui d’être retouchée. Mais il est vrai que celles qui étaient très peuplées dès 1831 devaient cette situation à des avantages naturels remarquables et que la transformation économique qui s’est opérée depuis en a fait de véritables métropoles industrielles et commerciales. Ainsi de Paris, de Lyon, de Marseille, de Bordeaux. Le tableau ci-dessous permet de noter les changements survenus :
- 1801 1831 1931
- Communes de 10 000 à 20 000 h. . 76 225
- — plus de 20 000 h. . . . 43 174
- — plus de 100 000 h. . : . 3 17
- En 1801, les villes au-dessus de 100 000 h. totalisaient 768 000 h., contre 4 263 000 h. en 1886 et 6 582 000 h. en 1931. Développement toutefois moins rapide que dans les autres pays industriels. En 1801 l’Angleterre n’avait qu’une ville au-dessus de 100 000 h., Londres; en 1881 on en comptait 20; en 1926, 50 représentant les 2/5 de la population totale. Glasgow est passée de 30 000 à 1052 000 et Bradford qui ne comptait .que 8000 h. en 1811 en a aujourd’hui près de 300 000.
- Paris fournit un exemple caractéristique de concentration urbaine : de 785 000 h. en 1831 il passe à 2 891000 h. en 1931. Sa physionomie a beaucoup changé (fig. 1). En 1861, les villages extérieurs compris dans l’enceinte fortifiée de 1840, tels que Passy, Montmartre, Belleville, -lui ont été rattachés; aussi sa population bondit-elle de 1174000 h. en 1856 à 1 697 000 h. en 1866 pour 7802 ha. contre 3428 ha. auparavant. Puis les communes de la banlieue se sont rapidement accrues. Boulogne passe de 3270 h. en 1792 à 86 234 h. en 1931; Aubervilliers de 2008 à 55 714; Drancv, petit village de 260 h., en compte aujourd’hui 51 156. Après la guerre, la démolition des fortifications a supprimé la barrière qui isolait la capitale de ses satellites. De Paris à St-Cloud, de Paris à St-Denis
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- les maisons se suivent. La Seine et un fragment de Seine-et-Oise figurent le grand Paris, véritable région urbaine qui comprend environ 5 millions 1/2 d’habitants. La Seine seule atteint 4 933 000 h. en 1931 contre 935 000 en 1831. Alors qu’entre 1861 et 1921 la France gagne moins de 2 millions d’habitants, la Seine augmente de 2 millions 1/2. Rien ne montre mieux quelle part a dans le dépeuplement des campagnes l’agglomération parisienne.
- Les autres villes qui ont grandi très vite sont soit des ports comme le Havre, soit des centres industriels comme
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- Marseille (fig. 2) présente une courbe significative. Après une période de stagnation jusqu’en 1841, sa population s’accroît à mesure que son port, modernisé, voit grandir son trafic. Le percement de l’isthme de Suez, le développement des relations avec l’Extrême-Orient, la prospérité de l’Afrique du Nord, autant d’éléments nouveaux d’activité qui accélèrent son essor. Dès avant la guerre, ayant englobé un certain nombre de communes limitrophes, elle dépasse Lyon dont la montée, très rapide pendant le xixe siècle, se ralentit. Les derniers recensements indiquent un nouvel élan qui porte le chiffre
- Fig. 3. — Marseille.Vue aérienne des environs du Vieux Port. (Type d’agglomération ancienne). Ph. Cle aérienne française.
- Lille et St-Etienne, soit des villes de villégiature comme Nice. Le tableau suivant fournit quelques exemples typiques :
- 1801 1866 1931
- Nice........................ 50.000 219.549
- Toulouse...................... 50.000 194.564
- St-Etienne.................... 16.200 191.088
- Le Havre ..................... 16.000 165.076
- Roubaix........................ 8.000 117.190
- St-Denis....................... 4.425 82.412
- Calais......................... 2.600 70.213
- Belfort........................ 4.400 42.511
- de la population marseillaise à 800 881, laissant Lyon assez loin en arrière avec 579 763 h.
- Par contre, certaines villes se sont beaucoup moins développées : tel est le cas de Rouen qui a 87 000 h. en 1861 et 122 957 en 1931, et de quelques villes moyennes comme Poitiers ou Le Mans. D’autres ont diminué : Rochefort est descendue de 36 000 h. en 1886 à 26 000 actuellement, ayant vu disparaître son activité maritime. Un grand nombre de petites cités maintiennent péniblement leur chiffre d’autrefois. Pour elles, l’exode rural n’a fait que compenser l’affaiblissement du taux des naissances. Riom en est le type. Alors que son ambitieuse voisine, Clermont-Ferrand, passe de 46 800 h. en 1866 à
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- Fig. 4. — Vue. aérienne de Nice.
- La ville s’agrandit par petites agglomérations groupées autour de l’agglomération principale. (Ph. Clü aérienne française).
- 112 000 en 1926, Riom,, assoupie entre un coin de parc charmant et la colline où se dressent ses hôtels aristocratiques, trace un palier aux pentes insensibles entre 10 000 et 12 000 habitants (fig. 5).
- La carte ci-contre (lîg. 6) nous donne une idée de la répartition actuelle de nos villes de plus de 20 000 h. Elles sont au nombre de 174, distribuées entre 71 départements. Les 19 départements qui en sont dépourvus sont soit ruraux comme les Landes, le Cantal, soit faiblement industrialisés comme l’Ariège et le Jura. Le grand Paris groupe lé quart de ces communes, soit 46 villes qui donnent sur la carte à la région parisienne un aspect globulaire. Le Nord et le Pas-de-Calais viennent ensuite avec 14 et 7 communes, puis les Alpes-Maritimes (5), la Seine-Inférieure (4). Par rapport aux régions naturelles on remarque que, tandis que les grandes villes sont nombreuses dans les régions basses, les massifs montagneux en comptent très peu, l’activité urbaine se concentrant là dans de
- Fig. 5. — Population de Riom depuis un siècle.
- 30
- En milliers
- 1831 36 41 46 51 56 61 66 71 76 ’ 81 86 31 96 1901 06 II 21 26 31
- rares centres jouissant d’une situation privilégiée; Grenoble par exemple. Elles sont en outre plus nom-
- Fig. 6. — Répartition des villes de plus de 20000 habitants en 1931.
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- breuses dans le Midi que dans le reste de la France. Aquitaine et Midi méditerranéen totalisent pour 18 départements 32 villes au-dessus de 20 000 h., alors que le reste de la France, abstraction faite de la région parisienne, n’en a que 96 pour 70 départements. De plus on compte parmi elles 4 villes de plus de 100 000 h. et
- peuplée, ne compte que 8 villes au-dessus de 20 000 h., dont une seule au-dessus de 100 000, Nantes, et cela pour plus de 3 millions d’habitants. La Normandie fournirait un exemple analogue.
- Une autre conséquence de la concentration urbaine a été la formation de villes satellites autour des grands
- Fig. 7 à 10. — Densité de la population en France en 1831, 1861, 1901, 1931.
- 5 autres au-dessus de 50 000. La densité moyenne de cette zone méridionale n’est pourtant pas très forte, sauf dans les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes. Le contraste est net si l’on compare cette partie du pays où prédomine depuis l’antiquité la vie urbaine avec la Bretagne où la dispersion est la règle et qui, bien que très
- centres. Si l’exemple du système parisien est particulièrement frappant, Lille possède aussi ses annexes (6). Bordeaux en compte 2 et si l’on dressait la carte des 399 communes supérieures à 10 000 h., la force agglutinante des villes importantes apparaîtrait bien plus nettement encore.
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- Fig. 1 1. — Population des départements du Nord et des Basses-Alpes de 1831 à 1931.
- La répartition de la population. — Le résultat des mouvements de la population française et étrangère sur notre sol nous est révélé par les changements que l’on observe dans la répartition des habitants.
- La densité kilométrique moyenne, en tenant compte des variations de la superficie territoriale, est passée de 62 h. en 1831, à 67 en 1861, à 72 en 1901 et à 75 en 1931. Ce chiffre n’est supérieur qu’à celui des pays demeurés surtout agricoles comme l’Espagne ou la Russie ou pour lesquels le climat s’oppose à un peuplement intense comme la Scandinavie. Partout ailleurs, en Europe, la densité est plus forte et atteint son maximum en Belgique avec 257 h. au km3 (1926).
- Mais cette densité globale ne prend toute sa signification que si l’on voit de quels éléments elle est composée (fig. 7 à 10). Dès 1831 on observe de vifs contrastes entre les départements, ou plutôt entre les diverses régions. Parmi les pays agricoles, la Bretagne et la Normandie populeuses s’opposaient aux terres peu peuplées de l’est
- Fig. 13. — Variation de la densité de population de 1831 à 1931 dans un arrondissement faiblement industrialisé.
- (Châlons-sur-Marne).
- O 'deI0àZ0h.au km?
- 30 </o20à30h. 7ZÂde30àWh. mdekOàSOk
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- du Bassin parisien et aux parties pauvres du Massif Central et des Alpes. Au contraire, la région lyonnaise, l’Alsace et la Lorraine, le Nord de la France, la région parisienne, toutes animées par une industrie déjà ancienne sont fortement peuplées. Ces différences s’accentuent en 1862 : l’ensemble de la cai'te a une teinte plus foncée parce que la population a crû assez rapidement dans l’intervalle, en Bretagne par exemple. Mais ce sont surtout les contrées industrielles qui bénéficient de l’augmentation : la densité kilométrique du Nord passe de 171 en 1831 à 225 en 1861; celle de la Seine double, ou presque; et déjà apparaît le cinquième foyer d’appel, le Midi méditerranéen, avec en tête le département des Bouches-du-Rhône dont la densité s’élève de 68 à 96. Les chiffres de 1901 laissent apparaître crûment la désertion des campagnes : la densité tombe au-dessous de 20 dans les Hautes et les Basses-Alpes. L’Aquitaine, à l’exception de la Gironde et de la Haute-Garonne où l’accroissement de Bordeaux et de Toulouse masque les pertes rurales, est durement touchée : dans le Gers, on passe de 50 à 38 h. au km2, en 60 ans. La Normandie s’affaiblit, sauf la Seine-Inférieure industrielle; les quatre autres départements décroissent, par suite de la baisse de la natalité et d’une forte mortalité qu’entretient l’alcoolisme. 1931 confirme le sens de l’évolution : la congestion des centres industriels augmente en Alsace, en Lorraine, dans le Nord (fig. 11), dans la Seine-Inférieure, mais elle ne peut empêcher la
- Fig. 12. — Variation de la densité de population de 1831 à 1931 dans un arrondissement agricole (Lectoure).
- densité de Saône-et-Loire de reculer de 70 à 62. Dans le Puy-de-Dôme, la Haute-Vienne, l’Indre-et-Loire, elle dissimule les vides qui se creusent dans les villages. Nice a plus d’habitants aujourd’hui que le département des Alpes-Maritimes tout entier en 1871. Mais en regard, que d’affaissements ! Aux Basses-Alpes réduites à une densité de 13 h. au km2 (fig. 10), aux Hautes-Alpes (16) s’ajoute la tache blanche de la Lozère (19) tandis que fléchissent parallèlement l’Aveyron, le Cantal, la Corrèze malgré l’activité de Brive-la-Gaillarde. Les pays de la Loire moyenne et l’Est du Bassin parisien tout entier perdent pied. Les pays de la Garonne continuent à décliner et les Landes n’ont plus que 27 h. au 1cm2. Seules parmi les régions agricoles, la Bretagne et la Corse marquent quelques progrès.
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- Dans l’ensemble et si l’on rapproche la carte de densité de 1831 et celle de 1931, on se rend compte que la distribution géographique des habitants est beaucoup moins régulière aujourd’hui qu’autrel'ois. La vie moderne a imposé à la France de 1931 un visage démographique heurté, aux traits durs, que la France de 1831 ne connaissait pas.
- Quatre exemples locaux pris comme types illustrent les divers aspects de cette redistribution. L’arrondissement agricole de Lectoxire (lig. 12) décroît de 53 600 h. en 1831 à 29 900 en 1931 ('). Sa densité moyenne passe de 54 à 30 au km2. La diminution atteint même le canton où se trouve le chef-lieu d’arrondissement. Peuplement très homogène il y a un siècle, plus inégal et plus clairsemé aujourd’hui. Les pertes sont dues à l’exode vers les grandes
- il Chamoni
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- Fig. 15. — Variation de la densité de population depuis un siècle dans un arrondissement industriel (Saint-Étienne).
- villes de la Garonne, mais aussi à l’excédent des décès sur les naissances.
- L’arrondissement de Châlons-sur-Marne offre un exemple de région faiblement industrialisée (fig. 13). On passe de 83 000 h. en 1831 à 89 000 en 1931, et cela malgré une diminution considérable dans les cantons agricoles d’Ecury et de Marson, et même du canton viticole de Vertus, malgré celle enfin du canton de Ville-sur-Tourbe traversé par la zone rouge. C’est que des causes locales interviennent : croissance du centre administratif et commercial de Châlons-sur-Marne dont la population a doublé en un siècle; présence de quelques industries textiles dans la vallée de la Suippes, annexe de Reims; développement de Mourmelon en bordure d’un important camp militaire. En fait, l’arrondissement se vide au profit du centre urbain qui s’y trouve (2).
- Les progrès de la grande industrie ont contribué à la dépopulation de certaines régions en ruinant la petite industrie qui prospérait dans un grand nombre de nos départements au début du xixe siècle. Tel est le cas de la Ilte-Saône, de la Hte-Marne, de l’Ariège, de la Côte-d’Or, etc. L’arrondissement de Châtillon-sur-Seine (3) n’a
- 1. Pour les 5 mêmes cantons. On sait qu’en 1926, l’arrondissement de Lectoure a été supprimé et ses cantons rattachés à Condom.
- 2. Les cantons de l’ancien arrondissement de Sainte-Menehould supprimé en 1926 et rattaché à celui de Cliâlons ont été compris dans cette étude. , .v
- 3. Cet arrondissement a été supprimé en 1926 et ses cantons relèvent maintenant de Montbard.
- Fig. 14. — Variation de la densité de population depuis un siècle dans un arrondissement d’où l’industrie a disparu.
- (Châtillon-sur-Seine).
- plus que 30 100 contre 52 200 il y a cent ans (densité kilométrique : 15 au lieu de 26). La diminution est surtout sensible à partir de 1861, c’est-à-dire au moment où les hauts fourneaux au bois et les feux de forge qui l’animaient s’éteignent. Puis au départ des ouvriers a succédé l’exode rural. Répartition actuelle semblable à celle de 1831, mais tous les cantons ont baissé d’un degré dans l’échelle des densités (fig. 14).
- Bassin houiller possédant d’importants établissements métallurgiques, l’arrondissement de St-Etienne est 2 fois 1/2 plus peuplé qu’en 1831 (395 000 h. au lieu de 149 000). La zone industrielle s’est progressivement individualisée (fig. 14). Les progrès les plus rapides coïncident avec la période la plus prospère de la métallurgie de la Loire, de 1850 à 1880 environ. La concen-
- Fig. 16. — Comparaison des recensements 1931 et 1926 : en blanc, les déparlements moins peuplés en 1931; en grisé, les départements plus
- peuplés.
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- Fig. 17. — La Cilé de Carcassonne.
- Construite sur une colline aujourd’hui isolée de l’agglomération principale) Ph. C.le aérienne française.
- tration urbaine se poursuit encore, alors que l’ensemble du département n’augmente plus, et a même perdu 9000 h. de 1926 cù 1931. Cet afflux de population est fourni
- en partie par les cantons montagnards restés agricoles de St-Genest, de Bourg-Argental et de Pélussin dont la densité diminue lentement, mais aussi par la Haute-Loire, l’Ardèche, le Midi, le Jura et depuis 20 ans par une immigration massive d’étrangers. Constructions de cités ouvrières, affiches écrites en deux ou trois langues, écoles envahies par les élèves polonais et italiens, enterrements kabyles sont autant de signes de ce mouvement et se retrouvent dans tous nos grands centres industriels.
- IV. — LA SITUATION DÉMOGRAPHIQUE ACTUELLE
- La comparaison des deux derniers recensements donne quelques indications d’un intérêt plus actuel et que l’évolution séculaire ne laisse pas apparaître. De 1926 à 1931, la population a augmenté de 1 091 026 habitants parmi lesquels 385 000 étrangers de plus qu’il y a 5 ans. Sur 90 départements (fig. 16), 46 se sont accrus de 1 330 000 unités, tandis que 44 en perdaient 239358. Parmi ceux qui augmentent, la moitié environ le doivent à un excédent des naissances, les autres uniquement à l’immigration française ou étrangère. Certains présentent une augmentation considérable : la Seine gagne 305 000 h., mais
- Fig. 18. —- La ville de Carcassonne, exemple de ville qui s’esi étendue dans la plaine loin de son noyau primitif. (Ph. Cl° aérienne française.)
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- c’est la Seine-et-Oise qui présente le taux d’accroissement maximum : 16 pour 100 par suite du peuplement de la banlieue ouest de Paris. Les Bouches-du-Rhône suivent avec 15 pour 100. À l’opposé, la Haute-Vienne, qui souffre d’une crise industrielle particulièrement aiguë a perdu 15 400 h. sur 335 000, soit 4 pour 100 et le Puy-de-Dôme 14 800 h., soit 3 pour 100. C’est à la Creuse que revient le taux maximum de diminution : 5 pour 100 en 5 ans... On voit que le Massif Central est très éprouvé. L’examen de la situation des villes cause quelque surprise. A l’exception de Marseille, de Toulouse, de Toulon et de Reims qui a retrouvé son importance numérique d’avant-guerre, les autres grandes cités augmentent peu. Ce sont leurs banlieues (et souvent la grande banlieue) qui progressent rapidement. D’autres diminuent : les trois métropoles du Massif Central s’essoufflent : St-Etienne descend de 194 000 à 192 000, Clermont-Ferrand de 112 000 à 103 000, Limoges de 98 000 à 92 000. Rouen perd un millier d’habitants ainsi que Lille. Il est vrai
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- que la crise économique, déjà très sensible en mars 1931, peut expliquer ces déficits. Mais par contre, certaines villes moyennes grandissent très vite : c’est le cas de Dijon qui passe de 84 000 à 90 000 h., de Grenoble (86 000 à 90 000), de Béziers (66 000 à 71000), de Bastia (36 000 à 44 000). Tout se passe comme si, après avoir congestionné d’abord les centres de grosse industrie, l’exode rural et l’immigration étrangère se dirigeaient maintenant de préférence vers les agglomérations plus petites mais bien situées, où se développent des industries variées.
- Faut-il voir dans ce fait récent, ainsi que dans l’éclaircie actuelle que nous avons signalée à propos de notre natalité, les signes d’une nouvelle évolution démographique? La vertu d’équilibre de la France qu’on a tant et trop célébrée autrefois se révélera-t-elle finalement favorable ? Les symptômes sont encore trop vagues et la question de la population est trop étroitement liée aux circonstances pour qu’on puisse se prononcer.
- Maurice Debesse.
- = LA FABRICATION EN SERIE = DES AUTOMOBILES EN FRANCE
- I. — L’ORGANISATION LA FABRICATION DES PIÈCES
- Berceau de l’automobilisme, la France tient encore aujourd’hui un rang très honorable dans ce domaine.
- Si sa production automobile suit de loin celle des États-Unis, notre pays distance, sous ce rapport, le Canada ainsi que l’Angleterre et l’emporte de beaucoup sur l’Allemagne ou l’Italie. Les firmes françaises sortirent
- Fig. 1. — Une des galeries où sont réunies en tableaux, à l'usine Citroën, toutes les pièces intervenant dans le montage à la chaîne des autos.
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- effectivement plus de 250 000 véhicules automobiles en 1980. A. la vérité, les statistiques des derniers mois accusent un ralentissement dans les ventes, mais nos plus importantes marques semblent moins touchées que leurs concurrents américains, anglais et allemands. Cette faveur croissante, les Citroën, les Renault ou les Peugeot la doivent à l’organisation méthodique de leurs usines qui, fabriquant maintenant en grande série, ont pu abaisser leurs prix de revient sans diminuer la robustesse, ni l’élégance des voitures.
- Sans vouloir faire ici un cours technique, ni décrire en détail tant d’ingénieuses machines, nous allons signaler les principales étapes de fabrication que doivent franchir les nombreuses pièces dont la réunion constitue l’automobile actuelle, devenue un véritable « bijou » mécanique de haute précision.
- Afin de remplir notre but, nous allons visiter les ateliers les mieux outillés de France, ceux de la « société anonyme André Citroën ».
- Malgré la crise économique, cette puissante compagnie fabriqua, pendant l’exercice 1930-1981, 70 808 véhicules automobiles, soit le tiers environ de notre production nationale.
- Dans ses usines réparties en plusieurs points de la banlieue parisienne, on applique rigoureusement les méthodes de travail préconisées par Taylor, Gilbreth et leurs successeurs, mais en y apportant les modifications nécessaires pour les adapter au tempérament de l’ouvrier français.
- AVANTAGES DE LA FABRICATION EN GRANDE SÉRIE
- Toutefois avant de commencer notre visite, essayons de mettre en relief les avantages de la production en grande série. Pour qu’on ait intérêt à fabriquer de la sorte, une voiture automobile, il faut que celle-ci puisse trouver de nombreux acheteurs, se réparer facilement et se vendre bon marché. Or si on y réllécliit, toutes ces qualités se ramènent, en définitive, à une seule : composer chaque véhicule de pièces interchangeables dont tous les éléments, fabriqués avec une rigoureuse exactitude, puissent se monter ou se remplacer, en cas d’usure ou d’avarie, sans le moindre ajustage. Autrement dit, pour vendre beaucoup d’automobiles, il faut que leur fabrication soit non seulement soignée, mais très précise; c’est la condition pour que la production soit rapide et économique. Il ne faudrait pas croire, du reste, que l’automobile ait introduit la première ce genre de fabrication dans l’industrie mécanique. La méthode en avait été appliquée, bien longtemps avant la naissance de l’automobile, à la fabrication des armes à feu. Les industriels de l’automobile ont su mettre en pratique, à très grande échelle, les principes de fabrication mis en œuvre dans d’importantes manufactures d’armes.
- La fabrication par éléments rigoureusement interchangeables a un autre avantage, celui de rendre très commode au plus modeste usager l’emploi de la machine qui en bénéficie.
- Fig. 2. — Un des halls de forgeage de l’usine Citroën à Clichy.
- (Dans ce hall de 200 m de long, sont disposés de chaque côté de l’allée centrale les fours à réchauffer, les marteaux pilons, les presses et autres machines qui transforment, par forgeage ou estampage, la barre d’acier en pièces demi-brutes : vilebrequins, essieux, leviers,
- bielles, etc.).
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- Fig. 3. — Atelier d'ébarbage à froid.
- (Les presses à ébarber sont disposées à droite et à gauche de tapis roulants qui servent, d’un côté, à l’évacuation des bavures et de l’autre au transport des pièces ébarbées jusqu’au « tonneau » de nettoyage.)
- L’habitant du village le plus reculé, le fermier isolé pourra aisément se procurer n’importe quelle pièce de rechange nécessaire à sa voiture; il la fera venir soit par poste, soit par chemin de fer, ou la trouvera chez le garagiste de la ville voisine. Une fois en possession de la pièce neuve, l’automobiliste, même peu expert en mécanique, la substituera sans peine à la pièce défaillante ou abîmée.
- Mais comme l’homme a des nerfs impressionnables,des muscles plus ou moins robustes, une attention plus ou moins soutenue, il se fatigue à la longue et sa besogne n’est comparable ni tous les jours, ni même d’une heure, à l’autre. L’ajusteur le plus expérimenté ne saurait donner cent coups de lime égaux, pas plus que le forgeron ne peut laisser tomber son marteau avec une cadence toujours identique. Pour obtenir l’uniformité dans la précision, l’ouvrier doit s’effacer devant les machines-outils, seules capables d’assurer, à tous les éléments d’une automobile de grande série, une parfaite interchangeabilité. Cependant ces admirables « doigts de fée » mécaniques ne suppriment pas complètement le rôle de l’homme qui, plus souple, doit parfois les seconder dans leur besogne toujours très spécialisée.
- Vu toutes les conditions à remplir, le travail en grande série nécessite donc un outillage aussi puissant que
- complexe et par conséquent de gros capitaux. Afin de rémunérer ceux-ci, l’industriel cherche' naturellement à atteindre le plus grand nombre d’acheteurs. Or il ne peut arriver à ce but qu’en abaissant son prix de revient, soit par les simplifications ou les perfectionnements apportés aux autos qu’il vend, soit par une meilleure utilisation de son coûteux outillage, grâce au taylorisme.
- Cette méthode (ou pour mieux dire ces méthodes codifiées, mises au point dans certains cas particuliers, plus qu’inventées par l’ingénieur américain Taylor) consistent, en somme, à diminuer le plus possible ffes pertes de temps dans les opérations mécaniques aussi bien que dans le travail des ouvriers. Toutefois il ne faut surmener ni la machine, ni l’homme, mais gagner simplement du temps. On obtient ces résultats soit en procédant à l’aide de contrôles chronométriques, soit en observant attentivement les gestes humains au cours du travail pour les rectifier au besoin. A la suite de telles expériences on enseignera, par exemple, à un mécanicien la façon la plus avantageuse pour tenir sa lime, sa scie ou son marteau et on veillera à ce qu’il se conforme à ces règles d’économie des forces. Ces investigations conduisent, le plus souvent, à perfectionner non seulement l’individu, mais encore l’organisation élémentaire ou générale du travail collectif. C’est ainsi que l’on peut
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- se rendre compte qu’il vaut mieux employer parfois trois ouvriers qu’un seul pour poser un boulon. On gerbe les pièces nécessaires à portée de la petite équipe : le premier place le boulon, le second le coiffe avec un écrou que le troisième visse. Le taylorisme révèle immédiatement le coût écrasant du transport des marchandises à usiner de machine à machine, d’atelier à atelier ou à magasin. L’effort de l’organisateur portera donc avant tout sur l’aménagement de ces transports, en vue de supprimer toute perte de temps et tout déploiement de force inutile, tout gaspillage de salaire. Le taylorisme intelligent conseille, enfin, contrairement aux assertions de ses détracteurs, d’assurer l’aération, le chauffage ou le rafraîchissement des ateliers afin que les hommes y travaillent dans les meilleures conditions d’hygiène et de confort.
- En définitive, deux principes généraux guident la fabrication en grande série dans Vindustrie automobile comme dans toutes les usines modernes importantes où l’on s’efforce de comprimer les prix de revient. Afin d’économiser le temps, la matière s’achemine toujours vers la main-d’œuvre et la division du travail est poussée à l’extrême. Ainsi l’ouvrier ne perd plus des moments précieux à aller chercher sur un tas ou dans un local voisin l’objet qu’il doit travailler et au lieu de spécialistes gagnant de hauts salaires, on s’adresse à des manœuvres qui, répétant quotidiennement le même geste, finissent par acquérir une remarquable dextérité dans le travail à la chaîne dont nous verrons plus loin l’économie générale et la variété.
- ORGANISATION PARTICULIÈRE DE LA FABRICATION AUTOMOBILE EN GRANDE SERIE
- La construction automobile se compose d’un assemblage de métiers divers que la fabrication en grande série a rénovés. 'Avant l’invention du moteur à explosion, qui a permis à la traction mécanique sur imites de se généraliser, on savait forger, fondre, emboutir ou usiner, mais l’industrie automobile a très notablement per-
- Fig. 4. — Contrôle des ressorts après leur montage.
- (On soumet les ressorts à des épreuves d’élasticité et de flexibilité.)
- fectionné ces différentes branches de la métallurgie et de la mécanique. Dans les groupes d’usines Citroën qui se trouvent réparties à Saint-Ouen, Clichy, Levallois, Grenelle et Javel, ces méthodes modernes sont remarquablement appliquées. Parcourons donc rapidement les ateliers où se développent les 9 km des 168 chaînes et convoyeurs qui desservent plus de 15 000 machines de tous genres, afin de nous rendre compte des innombrables opérations nécessaires pour fabriquer les pièces d’une automobile, puis réunir entre eux ces « membres » épars en un « corps » parfaitement homogène et bien planté.
- Clichy et Saint-Ouen sont, pour ainsi dire, les sources d’alimentation des autres usines en matières premières. Des hauts fourneaux et des laminoirs arrivent, chaque jour, des wagons chargés de barres d’acier, de gueuses de fonderie et de tôles. Remarquons que, comparés à la production journalière des voitures, ces stocks sont très peu importants. Jadis l’accumulation des marchandises, en nécessitant d’importantes immobilisations de capitaux, handicapait fortement les prix de revient des objets fabriqués tandis que les matières premières qu’on voit maintenant à Clichy représentent une avance de quelques jours seulement. Dans les autres ateliers Citroën, le stock des pièces brutes ou demi-usinées ne dépasse guère la production de deux jours. Théoriquement, d’après le système d’organisation adoptée, tout atelier fonctionne avec la régularité d’une horloge, marchant pendant la durée du travail quotidien, s’arrêtant seulement pendant les pauses prévues ou accidentelles et à la fin de chaque journée. Dans les diverses usines, hommes et machines besognent continuellement; les produits de leur labeur passent successivement d’un atelier dans un autre par une sorte de perpétuel jeu de cascades et aboutissent à Javel, Là, ces pièces, ces moteurs et autres organes se rassemblent pour constituer une automobile qui, sitôt achevée, part pour la vente.
- Cette organisation méthodique s’étend à la moindre vis. Toutefois comme le constructeur d’automobiles ne peut exercer à la fois nombre de professions qui exigent une technique spéciale, il achète au dehors les pneumatiques, les glaces, les radiateurs, les indicateurs de vitesse, les magnétos, les accumulateurs, les phares, les draps, les cuirs et autres accessoires.
- FORGEAGE ET ESTAMPAGE DES PIÈCES
- 11 existe plusieurs stades d’opérations entre la matière informe telle qu’elle arrive des hauts fourneaux et les pièces usinées à des cotes rigoureuses qu’on montera sur châssis. On commence par donner aux pièces brutes une forme approchée soit par forgeage, soit par fonderie, soit au moyen de Vemboutissage.
- Initions-nous aux secrets du forgeage dans l’usine de Clichy. Là, on va réchauffer (fig. 2) dans 74 fours au mazout, le métal de façon à le ramollir. Puis dans l’un des deux immenses halls où s’alignent 72 marteaux-pilons, 11 machines à forger et 8 moutons, les barres d’acier portées au rouge sont martelées ou écrasées entre deux matrices qui portent en creux la forme à obtenir.
- Des électro-aimants s’emparent des barres d’acier et les présentent une à une à la mâchoire des cisailles qui
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- Fig. 5. — Coulée des petites pièces en fonte.
- Le bâtiment des fonderies Citroën à Clichy comprend 3 étages. On voit ici une partie de l’étage intermédiaire; on y trouve 6 carrousels semblables placés de part et d’autre d’une allée centrale. Les wagonnets, entraînés d’un mouvement continu, reçoivent les moules confectionnés par des machines à secousses, puis les amènent sous le four de coulée, et enfin les conduisent aux grilles de démoulage.
- les tronçonnent en « billettes » de longueur voulue, puis des cars électriques amènent les billettes aux fours chauffés au mazout qui les portent au rouge. Alors des ouvriers s’en saisissent et les jettent sous les marteaux-pilons ou les machines à estamper.
- Les premiers de ces appareils fonctionnent, d’ordinaire, à la vapeur. Ils se composent essentiellement d’une masse mobile dans le sens vertical et d’un bloc fixe dit « cha-botte » qui reçoit le choc. Des chaudières, installées dans une salle voisine, alimentent chaque marteau-pilon grâce à un système de tuyauteries qui règne dans tout l’atelier. En quelques secondes, la billette d’acier se trouve transformée en vilebrequins, essieux, leviers, bielles et autres pièces brutes forgées ou estampées qu’il faut ébarber avant de leur faire subir divers traitements thermiques. A droite et à gauche des presses à ébarber se trouvent des tapis-roulants servant d’un côté à évacuer les bavures et d’autre part à transporter les pièces ébarbées jusqu’au « trommel » où s’achève leur nettoyage (fig. 3).
- Dans le vaste hall où s’opèrent les traitements thermiques, les huiles lourdes ont été remplacées presque partout par l’électricité aussi bien dans les fours de recuits que dans les 12 fours pour la trempe et le revenu dans lesquels elle maintient automatiquement une température de l’ordre de 800 à 900 degrés. Seuls 6 fours continus sont encore chauffés au mazout. D’une façon générale, les pièces, chargées sur des « soles wagons », sont amenées dans des fours-tunnels où elles subissent les divers traitements thermiques.
- Notons au passage qu’on a annexé aux halls de for-
- geage et d’estampage, un atelier spécial où se confectionnent les matrices des marteaux-pilons et des presses à forger, matrices qu’il faut reviser après 2000 coups. Dans ces locaux on voit chacune de ces machines à reproduire fonctionner à peu près comme un pantographe; on fixe sur elle un modèle en bois du moule à copier et une pointe-mousse suit lentement les contours de celui-ci tout en guidant, d’autre part, une fraise, qui reproduit les mêmes mouvements et creuse un bloc d’acier. Une fois le modèle et la masse à travailler (pesant souvent plusieurs centaines de kg) mis en place, le « sculpteur » mécanique burine le métal jusqu’à ce qu’il ait reproduit l’objet puis il s’arrête, -— tel un bon artisan ayant achevé sa besogne ! Un homme surveille trois ou quatre de ces ingénieux instruments.
- Aux forges de Clichy, se fabriquent également les ns-sorts des voitures. Au fond du hall, affecté à cet assourdissant travail, les lames d’acier arrivent à proximité des cisailles qui les sectionnent aux longueurs indiquées, puis on les chauffe dans des fours qui les portent au rouge. A ce moment on les introduit dans les presses à forger qui, en 3 secondes, réalisent l’œil de la grande lame. Regardons ensuite une des machines de trempe s’emparer de cette lame incandescente, lui donner la courbure voulue, puis, tout en la maintenant entre deux robustes mâchoires, la plonger dans l’eau.
- Au fur et à mesure de leur fabrication, les lames s’accumulent, puis on les assemble au moyen de presses pneumatiques; elles subissent alors une double épreuve d’élasticité et de contrôle. On les soumet d’abord à un
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- effort très supérieur à leur charge inaxima. Ils prennent, sous la machine de compression, une contre-flèche dont l’aiguille de l’enregistreur indique l’intensité. Puis la compression cessant, on s’assure, à l’aide de règles et de réglettes, qu’ils reprennent' bien leur flèche initiale. Cette vérification indique que la limite d’élasticité du métal n’a pas été atteinte. Sur une machine de compression moins forte on soumet ensuite les ressorts à leur charge normale et ceux-ci doivent prendre la flèche prévue par les calculs du bureau des études (lig. 4).
- ATELIERS DE FONDERIE
- Arrivons maintenant à la fonderie de fonte automobile qui occupe trois étages de l’usine Citroën à Clichy. Le parc des gueuses et autres matières premières, long de 350 m et que desservent 3 ponts roulants à bennes prenantes ou à électro-aimants, se développe le long du bâtiment. A gauche, se dressent 4 réservoirs à mazout tandis qu’à droite on a installé les silos à sable et à coke de fonderie. Pénétrons dans le hall des cubilots. Des bennes chargent automatiquement dix de ceux-ci, groupés par deux et produisant chacun 5 tonnes de fonte par heure. Quatre sableries y reçoivent le sable de démoulage, le régénèrent et l’élèvent, jusqu’au troisième étage où des convoyeurs le dirigent vers des machines à mouler.
- Montons maintenant au deuxième étage pour assister à la coulée. Quel contraste entre cet atelier au sol propre et dans l’air duquel ne flotte aucune poussière avec les fonderies enfumées de jadis ! Sur 8 carrousels de convoyeurs (lig. 5), situés de part et d’autre de l’allée centrale, reposent les moules des carters-cylindres du moteur
- ou autres petites pièces d’automobiles. Des machines travaillant avec acharnement remplissent rapidement les châssis dans lesquels le sable projeté se tasse autour des modèles avec une régularité parfaite. Grâce à cette remarquable organisation, étudiée dans ses moindres détails, quelques hommes suffisent à préparer une centaine de moules à l’heure. Sur des monorails, accrochés au plafond de l’étage, roulent les chariots électriques des grosses poches de coulée, que guide un homme perché en haut d’une travée du bâtiment. La poche descend vers le sol de la fonderie, va se remplir au cubilot d’une certaine quantité de métal en fusion d’où s’échappent de splendides gerbes d’étincelles, puis elle revient vers le convoyeur se déverser dans des poches plus petites, qu’on videra successivement dans une série de moules. De temps en temps, un ouvrier prélève dans la poche une louche de fonte qui servira à confectionner des éprouvettes de contrôle tandis que les moules, entraînés par les convoyeurs, parcourent leur circuit rectangulaire tout en laissant échapper des panaches de fumée par leurs multiples orifices. Quand ils arrivent au point opposé au poste de coulée, les moules se dirigent automatiquement sur une grille à secousses dont les mouvements alternatifs désagrègent le sable. A ce moment, des crochets happent le bloc-cylindres et le sable s’écoule à travers les grilles vers les sableries de régénération. Une fois les pièces démoulées, on les envoie à l’étage au-dessous afin de les nettoyer, de les ébarber, et de les contrôler. Elles sont alors prêtes pour l’usinage.
- L’obtention des pièces de fonte malléable nécessite un recuit après démoulage pendant un temps assez long et un refroidissement très lent (3° environ par heure). A la fonderie Citroën de Clichy, un bâtiment important abrite les 7 fours énormes de recuit chauffés au charbon pulvérisé. Chacun d’eux reçoit, sur un wagon, les pièces de fonte malléable; puis, après avoir bouché son ouverture, on le porte à une température de plus de 900° pendant 120 heures (%6).
- L’élaboration de l'acier coulé s’effectue de façon différente, car il s’agit de décarburer la fonte. Aux usines Renault, par exemple, cette opération se fait dans quatre fours Ressemer. On introduit la fonte liquide, provenant des cubilots dans dès fours ressemblant à de grosses cornues; on insuffle alors, à travers la masse de fonte liquide, un jet d’air destiné à brûler le carbone en dégageant la chaleur nécessaire pour maintenir la masse du métal en fusion. Une fois la réaction achevée, on coule, suivant la méthode habituelle, l’acier liquide dans des poches qui servent à le transporter jusqu’aux moules. Qaant à Valuminium et aux alliages de bronze qui n’ont pas besoin d’atteindre de telles températures, on les fond soit, dans des fours à creuset chauffés au mazout ou au charbon pulvérisé, soit dans des fours électriques à induction.
- Fig. 6. — Fours de recuit de la fonte malléable.
- On place les pièces à recuire dans des caisses métalliques chargées elles-mêmes sur des « soles-wagons » qu’un transbordeur amène dans des fours-tunnels, chauffés au charbon pulvérisé. Vers la gauche, on voit les ventilateurs, trémies et tuyaux pour l’amenée pour le chauffage au charbon pulvérisé.
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- EMBOUTISSAGE. DÉCOUPAGE ET ÉTIRAGE DES TÔLES
- U emboutissage se fait à froid. Cette opération, qui nécessite de colossales machines-outils, consiste à transformer par pression une feuille de tôle en une pièce ayant un profil et un relief plus ou moins accentués. Des cisailles découpent les Hans de tôle afin d’alimenter les presses. Ces énormes mastodontes s’emparent d’une des feuilles métalliques et d’un seul coup réalisent une porte d’auto, un côté de la caisse avec moulures, etc. Dans l’usine Citroën des Epinettes, on voit de colossales machines de ce genre, entre autres deux presses « Toledo » de 1400 tonnes, hautes de huit mètres, (lig. 7). Enfouies à moitié dans le sol, elles reposent sur de solides fondations capables de résister aux gros eflbrts qu’elles ont à supporter pendant l’emboutissage des longerons. Dans la même usine, une autre presse de 2000 t, mais dont les matrices offrent des dimensions moindres, sert à emboutir les robustes tambours de freins. Un peu plus loin, des machines semblables, dont les matrices présentent un aspect bizarre à première vue, permettent l’emboutissage des ailes-avant recourbées gracieusement.
- L’emploi de la tôle emboutie est, en effet, une des caractéristiques de la construction automobile en grande série. S’il suppose un outillage formidable et partant une mise de fonds extrêmement élevée il permet, en revanche, une fois cette première dépense effectuée, de façonner très correctement des pièces aux formes complexes dont la réalisation manuelle reviendrait très cher. Mais c’est une lourde charge, pour les usines qui travaillent en série, de constituer et d’entretenir des collections complètes de matrices avec leurs accessoires. L’amortissement de ce matériel représente une majoration très sensible du prix de revient de chaque pièce façonnée par une presse. Pour qu’une telle fabrication donne le maximum de rendement, il faut que de la matrice sortent le plus grand nombre possible d’unités embouties. Toutefois on ne peut pas prolonger outre mesure la carrière d’une matrice, car celle-ci s’abîme à la longue et les pièces qu’elle façonne ne se trouvant plus à la cote, les rebuts d’usinage deviennent plus nombreux. Un contremaître expert sait déterminer le moment propice pour la réforme d’une matrice en se basant sur le prix de revient de celle-ci et en tenant compte des charges supplémentaires d’usinage qu’occasionne la prolongation de son service malgré ses défauts. D’autre part, si la production atteint un chiffre tel que les matrices elles-mêmes puissent se fabriquer en série, leur prix de revient se trouve considérablement diminué et permet d’avancer d’autant l’instant de leur mise au rancart. Cette sorte de fabrication de « série au deuxième degré » est appliquée dans les usines Peugeot de Montbéliard et donne des résultats très économiques. Les machines qui y taillent automatiquement les matrices travaillent de la façon suivante. Un modèle que d’habiles spécialistes ont exécuté à la main, en bois ou en plâtre, est parcouru, sur toute sa surface, par une touche dont une fraise reproduit fidèlement tous les mouvements en creusant le bloc d’acier de la future matrice. Naturellement il existe des
- Fig. 7. — Presses Toledo de 1400 tonnes pour emboutir les longerons.
- machines à reproduire de dimensions très diverses : les unes, énormes, préparent les matrices d’emboutissage des longerons ou de grandes pièces de carrosserie, les autres plus petites réalisent celles destinées au façonnage de panneaux ou de garnitures diverses. En outre, comme le changement des matrices exige beaucoup de temps, il deviendrait onéreux de faire travailler les presses à emboutir pour assurer un approvisionnement limité. Aussi, même aux usines Citroën où le stockage constitue une exception, quand on a monté une matrice sur une machine, celle-ci marche sans arrêt pour assurer une provision d’une quinzaine de jours. On emmagasine les pièces embouties dans les casiers d’un magasin en attendant qu’on les dirige vers l’atelier de montage. Là, on réunit ensemble, au moyen de la soudure électrique ou par un procédé de soudure autogène, les éléments emboutis qui forment des « units » plus importants de la carrosserie « tout acier ». Dans le vaste hall de l’usine Citroën de Saint-Ouen, les petites presses à emboutir sont surtout conduites par des femmes. Toutes ces machines possèdent des grillages de protection et autres dispositifs de sécurité qui empêchent les ouvrières de se blesser et la manipulation des pièces, au lieu d’être manuelle, se fait presque toujours à l’aide d’une pince.
- Pour la fabrication de certains éléments de l’automobile, on fait passer le métal dans des filières qui en réduisent peu à peu la section et le transforment par étirage en tubes sans soudure. Après plusieurs opérations d’ébau-
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- ches par laminage et recuits, la billette passe à froid dans des bancs à étirer et en ressort à l’état de tube rigoureusement calibré selon le gabarit voulu.
- USINAGE DES PIÈCES BRUTES
- Viennent ensuite les opérations d'usinage. Celles-ci ont pour but de donner aux faces des pièces brutes, qui seront en contact avec d’autres pièces, des formes géométriques et des dimensions exactes, qu’on ne peut obtenir directement par les procédés de fonderie, de forge, d’emboutissage ou d’étirage.
- Il faut, notamment, que ces dimensions soient très exactes lorsque le montage des organes s’opère « à la chaîne ». Les pièces ne doivent subir aucune retouche; à cette seule condition l’assemblage peut se faire rapidement et économiquement. La grande précision constitue également une condition du remplacement facile des pièces pour les automobiles en réparation, puisque sans elle on ne pourrait disposer d’organes réellement interchangeables. On se trouve donc amené dans l’usinage à prendre des tolérances très étroites, c’est-à-dire à n’admettre sur les dimensions théoriques des pièces que des écarts très faibles et qui sont parfois de l’ordre du centième de millimètre.
- Les diverses opérations s’exécutent au moyen de tours, de raboteuses, d’étaux-limeurs alternatifs, de mortai-seuses, de fraiseuses et de meules. Parmi les premières nous distinguerons les travaux exécutés avec les tours revolvers qui comportent plusieurs outils d’usinage montés sur une tourelle tournante et les tours automatiques dont un système de cames commande tous les mouvements. Le rôle de l’ouvrier se borne, en ce dernier cas, à monter la pièce à usiner sur la machine et à régler les outils de coupe. Sur les tours s’usinent les portées du vilebrequin, les divers arbres et d’une façon générale toutes les pièces d’automobiles présentant des surfaces de révolution. On taille les engrenages droits tels que les pignons des boîtes da vitesses avec des mortaiseuses spéciales. Le pignon et la couronne du couple conique du différentiel sont, de leur côté, presque toujours usinés sur des fraiseuses. Enfin certaines pièces, en cours d’usinage, doivent subir encore divers traitements thermiques tels que la cémentation, la trempe et le revenu dans des fours munis de régulateurs automatiques de température. La cémentation, qui consiste à carburer le métal jusqu’à une certaine profondeur, s’applique, en particulier, aux axes de pistons, aux engrenages, aux arbres à cames et autres organes des automobiles qu’il faut
- protéger contre l’usure par frottement. La trempe affine le grain de l’acier et, augmentant notablement sa résistance, empêche sa rupture en cours de travail. Par contre, elle durcit l’acier, le rend plus fragile et il faut lui faire subir le revenu alin de diminuer la fragilité du métal produite par la trempe, tout en lui conservant une résistance suffisante.
- Mais toutes les pièces usinées sont, en outre, sévèrement vérifiées afin d’assurer leur bon fonctionnement quand on les assemblera. On établit donc à l’avance des tableaux indiquant les tolérances admissibles dans la fabrication des pièces selon les différents usages auxquels on les destine ; ces barêmes donnent à l’avance, pour chaque cas, les cotes entre lesquelles il faut exécuter les pièces pour qu’elles conviennent.
- Prenons un exemple typique : les pisjons en aluminium. Comme ce métal se dilate beaucoup, on prévoit un jeu assez considérable entre les pièces à froid pour que leur glissement se fasse normalement à chaud. On fabrique donc les pistons plus petits du côté du fond qu’à l’autre extrémité, puisque le fond s’échauffe plus que le reste au cours de l’explosion des gaz. On détermine alors des cotes très précises pour le fond et pour chacun des cordons situés entre les segments. D’ordinaire, les jeux de fabrication varient de 3 à 4 centièmes de mm pour le bas du piston, 2 dixièmes, 5 dixièmes, même 1 mm à mesure qu’on se rapproche du fond, mais la tolérance de fabrication reste partout de 1 centième de mm. Afin de s’assurer pratiquement que les pièces usinées réalisent les conditions requises, on construit un calibre indiquant à l’ouvrier les cotes limites qu’il ne doit pas dépasser. Ainsi, pour mesurer un arbre cylindrique, on emploie le plus souvent des calibres à fourche. Une des branches de la fourche donne les dimensions les plus fortes admises pour cet arbre, c’est-à-dire que tous les arbres plus gros seront refusés, ou envoyés à la retouche. En conséquence, tous les arbres de cette série devront entrer dans le côté de la fourche, marqué des signes « maximum » ou « passe ». L’autre branche de la fourche donne au contraire le plus faible diamètre d’admission, c’est-à-dire qu’il faudra éliminer tout arbre plus petit que cette dimension. Par conséquent, aucun des arbres de la série ne devra entrer dans le côté de la fourche, marcpré du signe « minimum » ou « ne passe pas ».
- Dans notre prochain article, nous verrons comment on procède au montage des pièces fabriquées.
- (A suivre.) Jacques Boyer.
- = LES NOUVEAUX LABORATOIRES = DE LA TUBERCULOSE A L’INSTITUT PASTEUR
- L’extension sans cesse croissante des divers services qui, à l’Institut Pasteur, s’occupent de recherches sur la tuberculose et qui assurent les préparations du vaccin BCG, de la tuberculine et de l’antigène méthylique de Boquet et Nègre, rendait indispensable leur groupe-
- ment et leur installation dans des locaux mieux appropriés et plus spacieux. Un vaste bâtiment vient d’être édifié dans les jardins de l’Institut en bordure de la rue Falguière, et tous les services de la tuberculose y ont été transférés.
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- En raison de l’importante surélévation de la rue Falguière par rapport aux jardins de l’Institut Pasteur et à la rue Dutot, les nouveaux laboratoires occupent un vaste bâtiment rectangulaire, long de 70 m, de trois étages sur la rue Falguière et de cinq étages sur les jardins de l’Institut. Dans le sens de sa longueur, ce bâtiment est prolongé par deux annexes : l’une abrite les services du secrétariat et de la direction; l’autre, les machines qui fournissent à l’établissement son chauffage, son éclairage et sa force motrice (fig. 1).
- Lors de l’élaboration des plans, on s’est proposé tout d’abord de séparer nettement, d’une part les services du BCG, d’autre part les services de recherches sur les tuberculoses diverses, humaines et animales. Cette séparation devait être étendue, non seulement aux locaux, au matériel et au personnel, mais même aux étables d’animaux ainsi qu’aux salles d’autopsie et à leur instrumentation qui était prévue distincte. Toutes les précautions se trouvaient ainsi prises pour qu’il ne pût jamais s’établir de communication accidentelle ou de contact susceptible de souiller les cultures ou les animaux de contrôle du BCG avec des germes de tuberculoses virulentes.
- L’entrée principale s’ouvre, 96, rue Falguière (fig. 2), sur un vestibule qui donne accès à une salle d’attente, au fichier du BCG, au secrétariat et au laboratoire particulier du professeur Calmette, chef des services. De là, on passe directement au service du BCG qui occupe tout le premier étage sur- la rue Falguière, et qui est ainsi distribué :
- A droite : a) laboratoire général et ses annexes : préparation des milieux de culture du BCG, stérilisation,
- 1.— Les nouveaux laboratoires de la tuberculose. Plan du 1er étage.
- laverie, dépôt d’instruments, de verrerie et de produits chimiques ;
- b) deux laboratoires pour l’ensemencement du BCG et la préparation des émulsions vaccinales avec les appareils électriques rotatifs à billes d’acier au chrome, inoxydables ;
- c) un laboratoire de répartition du BCG en ampoules, avec appareils distributeurs;
- d) un laboratoire des souffleries pour le scellement des ampoules ;
- e) un grand laboratoire pour le conditionnement du BCG (vérification des ampoules, étiquetage, mise en boîtes) ;
- A gauche : f) une chambre de réfrigération pour la conservation du BCG;
- g) une grande salle d’emballage et d’expédition des boîtes de BCG;
- h) deux laboratoires occupés par M. Guérin, chef du service ;
- i) un laboratoire réservé aux médecins étrangers venus à l’Institut Pasteur pour se familiariser avec les techniques de préparation et de contrôle du BCG;
- /) deux grandes chambres-étuves électriques, à régulateurs, superposées, exclusivement réservées aux cultures du BCG ;
- k) trois laboratoires pour les recherches et le contrôle expérimental du BCG (Dr Nègre, chef du service; Dr Noury, assistant).
- On revient ainsi sur le palier du grand escalier, sur lequel se trouvent l’ascenseur et des vestiaires avec lavabos.
- Le deuxième étage est tout entier affecté aux laboratoires de recherches. Il comprend, de droite à gauche :
- a) un économat;
- b) un vaste laboratoire général avec ses annexes pour la préparation des milieux de culture, stérilisation, laverie, etc. ;
- c) un laboratoire où se trouvent réunies les collections des diverses souches de bacilles tuberculeux et paratuberculeux;
- Fig.
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- d) un appareil frigorigène ;
- e) deux laboratoires affectés spécialement à l’étude des éléments filtrables des bacilles tuberculeux (Dr J. Val-tis, chef de laboratoire, Dr Van Deinse, assistant) ;
- /) un laboratoire de travaux pratiques où 24 travailleurs peuvent trouver place et se livrer à des recherches sur les diverses tuberculoses humaines ou animales, ayant à leur disposition tout le matériel instrumental' qui peut leur être utile. Cette salle est transformable en salle d^ conférences. On peut y faire l’obscurité. Elle est pourvue d’un appareil à projections microscopiques directes;
- g) trois laboratoires pour le chef du service et ses assistants (M. Boquet, chef du service, Dr Saenz, adjoint) ;
- h) deux chambres-étuves électriques superposées ;
- i) trois laboratoires de recherches, dont un réservé aux médecins étrangers en stage à l’Institut Pasteur. Les deux autres sont affectés, l’un au Dr Morax pour les recherches sur les tuberculoses oculaires, l’autre à la liaison avec les services hospitaliers de Paris, en particulier avec la clinique de la tuberculose (professeur Léon Bernard) de l’hôpital Laënnec.
- Retour sur le palier : ascenseur, vestiaires et lavabos.
- Le troisième étage est occupé par les laboratoires de chimie et chimiothérapie de la tuberculose et d’anatomie pathologique.
- Il est divisé en deux parties. La première comprend, de droite à gauche :
- a) une vaste salle pourvue d’une hotte centrale à aspiration, surmontant une longue table rectangulaire qui porte les appareils à évaporation et à concentration de la tuberculine, avec, tout autour, sous une grande cage vitrée à parois coulissantes, les autoclaves destinés à la stérilisation des cultures de tuberculose;
- b) une laverie;
- c) deux grandes chambres-étuves électriques, superposées, avec ascenseur spécial pour transporter à l’étage supérieur les cultures liquides ensemencées, de telle
- sorte qu’elles ne soient soumises à aucun ébranlement susceptible de noyer les voiles;
- d) un laboratoire d’ensemencement, immédiatement contigu aux deux chambres-étuves ;
- e) un grand laboratoire affecté à la préparation de l’antigène méthylique de Boquet et Nègre.
- La seconde partie de ce troisième étage, séparée de la première par une porte vitrée, comprend, de gauche à droite :
- a) deux grands laboratoires de chimie, de chimiothérapie et de chimie physique avec un laboratoire pour le chef (M. Machebœuf, chef de laboratoire; assistants : M. Sangor, Mme G. Lévy, M. Delage), une chambre noire pour les appareils d’optique et une petite salle-atelier pour les réparations d’instruments, les centrifuges et le frigorifique ;
- b) deux laboratoires d’anatoino-pathologie de la tuberculose avec vitrines pour la conservation des pièces documentaires et des coupes (anatomo-pathologistes : Dr Coulaud, Mlle Duboc).
- Au-dessus du troisième étage, une vaste plate-forme recouvre tout l’édifice. Elle porte sur toute sa longueur un abri pour les ventilateurs-aspirateurs de l’air des laboratoires et des vapeurs des hottes.
- En contre-bas de la rue Falguière, donnant sur les jardins de l’Institut Pasteur, se trouvent encore deux étages.
- L’entresol comprend, à droite :
- a) Deux salles d’autopsie, l’une pour les tuberculoses virulentes, avec appareil de réfrigération pour les cadavres de lapins et de cobayes; l’autre pour le BCG. Chacune de ces salles est pourvue de vitrines dans lesquelles sont conservés en bon ordre les instruments spéciaux qui leur sont affectés ;
- b) Une salle de radiologie expérimentale avec chambre noiie et tout l’appareillage nécessaire à l’exploration, par la radioscopie ou à la radiographie, des petits animaux d’expériences, lapins, cobayes, singes.
- A gauche, une vaste salle toute blanchie à la chaux, étendue sur la longueur et la largeur du bâtiment principal, divisée par des cloisons basses en ciment en deux séries de stalles à banquettes, également en ciment, supportant plusieurs centaines de cages, ou plutôt de caissettes cubiques, fermées par un couvercle grillagé, mobile, sans charnières. Ces caissettes, en tôle couverte de peinture d’aluminium, de 0 m 40 de côté dans tous les sens sont parfaitement stérilisables. Elles peuvent recevoir chacune 4 à 5 cobayes ou 2 lapins. Elles portent un numéro d’ordre et une étiquette mobile. La litière qu’on y utilise est la tourbe mousseuse. Celle-ci, une fois saturée d’excrétions, est brûlée dans un incinérateur.
- Dans cette salle, à l’extrémité de laquelle est aménagé un compartiment pour la préparation des aliments des animaux, se trouvent des tables d’inoculation mobiles, en lave, portant des balances pour la pesée, et, comme dans les services hospitaliers de chirurgie, un néces-
- Fig. 3. — Laboratoires de la tuberculose. Fichier du B. C. G.
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- saire roulant pour l’asepsie des champs opératoires et la désinfection des mains des opérateurs.
- Même disposition au rez-de-chaussée, mais celui-ci est divisé en deux parties, l’une réservée au B.C.G (contrôle expérimental de la non-virulence des souches et expériences diverses) ; l’autre aux animaux neufs qui y pénètrent par une porte particulière s’ouvrant sur les jardins. Dans cette dernière partie, on a aménagé des boxes pour loger les moutons ou chèvres nécessaires aux travaux de sérologie, un box pour deux ou trois vaches et une stalle pour deux chevaux, en vue des recherches sur le contrôle des tuberculines ou sur l’obtention des anticorps tuberculeux.
- Séparé par une cage d’escalier de secours, le bâtiment-usine s’accole au bâtiment principal, avec une entrée pour le combustible et balance-bascule automatique, rue Falguière, L’entrée des salles de machines donne sur les jardins de l’Institut.
- Fig. 4. — Laboratoires de la tuberculose. Conditionnement du B. C. G.
- L’énergie force et lumière par courant continu 110 v est produite par quatre moteurs à gaz, dont deux à quatre cylindres, chacun de 80 ch et deux à deux cylindres, chacun de 40 ch, commandant quatre génératrices Gramme.
- Le chauffage central, la vapeur et l’eau chaude sont fournis par des chaudières spéciales alimentées au gaz.
- Dans la salle des machines se trouve le tableau de distribution d’énergie force et lumière dans les divers
- laboratoires, avec les appareils de contrôle indispensables.
- Ces nouveaux laboratoires constituent un instrument de travail de haut rendement, pourvu de tous les perfectionnements suggérés par les progrès de la technique, digne du grand savant qui le dirige et largement justifié par les immenses bienfaits qu’on lui doit déjà.
- A. B.
- DEUX CAS DE PARASITISME SOCIAL CHEZ LES FOURMIS
- On sait que chez les fourmis la fondation des colonies se fait par les jeunes femelles. Revenues fécondées du vol nuptial, comme chez les abeilles, mais avec cette différence que les fourmis sont souvent polyandres, les futures reines cherchent dans la teri'e, le bois ou ailleurs un endroit à la convenance des mœurs de l’espèce pour y creuser leur logette individuelle et s’y enfermer. Sitôt bien cloîtrées, la ponte commence et la jeune reine surveille l’éclosion des œufs, élève les larves jusqu’à leur nymphose et aide à l’éclosion des premières ouvrières. Celles-ci sortent alors du nid, explorent les environs et reviennent avec la nourriture nécessaire à la reine et aux larves sœurs. Dès lors le rôle de ]a reine se réduit à peu près uniquement à la ponte, les ouvrières vaquent aux autres travaux et la fourmilière est lancée sur le chemin de sa destinée.
- Mais comment se peut-il que la reine, enfermée seule dans une petite case, parvienne à se nourrir, ainsi que ses larves, pendant plusieurs semaines et parfois plusieurs mois? D’abord la logette initiale est toujours creusée en milieu humide, terre ou bois, dont les suintements font
- l’apport du liquide nécessaire. Survienne une sécheresse intempestive, c’est la :ruine de la colonie. Aussi c’est toujours aux environs des bonnes pluies que les fourmis ont l’instinct de fêter leurs noces. Quant aux aliments azotés, ils proviennent de la mère elle-même, et voici comment.
- Quand, après le vol nuptial, la femelle est redescendue sur le sol, elle se débarrasse de ses ailes, devenues inutiles, soit par des contractions spéciales, soit par arrachement. Ainsi pas d’équivoque, quand je rencontre une femelle de fourmi ayant encore ses ailes je lui dis : « Bonjour, Mademoiselle, » mais si elle n’est plus ailée, je la salue par un respectueux « Bonjour, Madame ». Or si Madame fourmi ne vole plus, elle n’a plus besoin de la masse musculaire qui fait mouvoir ses ailes et qui donne à son corselet cet aspect massif manquant, chez l’ouvrière-plus svelte et toujours aptère. C’est alors qu’intervient un curieux phénomène, mis en lumière par Charles Janet, le savant récemment décédé, et qui assigné une nouvelle utilité à ces muscles. Ceux-ci subissent, par histolyse, une transformation en substance nutritive qui, se portant
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- sur les ovaires, en augmente le volume et la fonction. Cela permet à la mère de sacrifier une partie des œufs superflus à la nourriture des premières larves et de faire aboutir leur maturation.
- Voilà, mais avec de nombreuses variantes, comment se fondent les colonies de fourmis dans la grande majorité des cas; mais si je le rappelle ici, c’est pour mieux en faire ressortir les exceptions, exceptions fournies par le parasitisme. Il montre que la femelle de certaines espèces trouve plus facile, bien que ce soit souvent plus compliqué et surtout plus dangereux, de faire élever le couvain par les ouvrières d’une autre espèce, à l’instar du coucou. La fourmi parasite réussit par divers moyens à pénétrer dans le nid de l’espèce liôte, y occit la reine (genre Bothriomijrrnex) ou en provoque le matricide par ses propres ouvrières (Wheeleridla), puis, admise comme
- Fig. 1, — Reine féconde de Brucliomyrma acutidens avec le gaslre distendu par le développement des ovaires.
- remplaçante de l’ex-reine, se met à pondre et sa couvée est fraternellement soignée par les ouvrières, amphitryons qui ne se doutent pas du mal qu’elles font à leur race.
- Suivant que cette ponte donne des ouvrières avec des sexués milles et femelles ou ne donne pas d’ouvrières, on constate deux différentes formes de parasitisme. Dans l’un, dit temporaire, les ouvrières parasites éclosent de plus en plus nombreuses tandis que celles de l’espèce hôte diminuent de nombre par le fait qu’elles ne peuvent plus être remplacées. Il arrive enfin que, ces dernières ayant entièrement disparu, la colonie parasite devient pure, ayant complètement supplanté la parasitée. Dans l’autre forme, dite permanente, l’absence des ouvrières parasites ne permet pas à la colonie de durer au delà de la vie des ouvrières parasitées. En revanche, si la ponte
- d’ouvrières intruses manque, celle des femelles et des mâles est d’autant plus abondante, leur taille plus petite permet en outre aux ouvrières amphitryons d’en nourrir davantage, ce qui fait que pendant l’année ou les années que dure la colonie, elle peut fournir une assez grande quantité de sexués pour assurer la vie de l’espèce en infectant d’autres nids. C’est à cette dernière catégorie de parasitisme qu’appartiennent deux nouvelles espèces de fourmis découvertes et étudiées en Argentine par le Dr Carlos Bruch (') et dont voici maintenant les mœurs en résumé.
- Voyons d’abord la Bruchomyrma acutidens, petite fourmi de deux millimètres de long, fort remarquable à plusieurs points de vue. Chez la femelle, la capsule céphalique est fortement rétrécie derrière en forme de col (fig. 1), disposition qui doit protéger l’articulation cervicale contre les mandibules ennemies, car le cou est un endroit ordinairement très vulnérable où beaucoup d’espèces ont l’instinct de s’attaquer en vue de la décapitation. Les mandibules sont falciformes, très aiguës, ce qui est exceptionnel dans le groupe de parasites dégénérés auquel appartient la Bruchomyrma. On pourrait les prendre pour une arme offensive, mais M. Bruch a montré qu’elles étaient molles et incapables de nuire. Toutefois on peut supposer qu’elles représentent actuellement les rudiments d’une arme autrefois suffisante pour assurer l’intronisation ou pour y aider, mais qu’une transformation évolutive du comportement de celle-ci a modifiée. Le thorax est contracté et ne porte qu’une seule paire d’ailes, l’antérieure ; la postérieure ne laisse même pas de traces, fait unique chez les Myrmicines. Les articles du pédoncule qui relient le gastre au thorax sont relativement très forts, sans doute pour mieux supporter ce dernier qui, grâce au développement des ovaires, peut quintupler de volume.
- Le mâle ressemble à la femelle, mais les appendices et le col sont (fig. 2) plus épais, l’abdomen moins distendu, on dirait plutôt un pou qu’une fourmi en le voyant à l’œil nu. Cet aspect particulier m’induisit en erreur quand je reçus pour la première fois trois femelles de ces fourmis mélangées dans un tube d’alcool avec des soldats et des ouvrières de Pheidole nitidula slrobeli, espèce de fourmi assez commune dans le bassin de La Plata. Mais quelques mois plus tard, examinant plus attentivement ces insectes, je reconnus en eux un nouveau genre parasite voisin d’Anergates d’Europe et d’Anergatides du Congo. Je le décrivis et, en félicitant l’expéditeur, je le priai d’en rechercher les nids et d’en tirer les mœurs au clair, ce que M. Bruch vient de faire et voici le résumé de ses sagaces observations.
- Une fourmilière mixte, Bruchomyrma-Pheidole, découverte sous une planche est installée dans un nid artificiel de deux chambres vitrées. Au bout de quelques jours, il contient environ 200 ouvrières et 50 soldats de Pheidole, 50 femelles et 30 mâles, des larves et des nymphes de
- 1. C. Bruch : Notas biolôgicas y sislemilicas acerca de « Brucho-myrma acutidens » Santschi. Revista del Museo de La Plata, XXXIII, p. 31 à 56, 1931, et Notas preliminares acerca de « Labauchena Daguerrei » Santschi. Revisla de la'Sociedad entomolôgica argenîina. N. 13, Die. 1930.
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- Bruchornyrma. Donc pas de reine Plieidole. Aucune hostilité entre les deux espèces; au contraire, les amphitryons soignent leur parasite et leur couvain par régurgitation avec la même sollicitude que pour leur propre race. Les mâles, très goulus, avalent à se distendre le gastre. 11 y a de fréquents accouplements adelphogames. L’abdomen des femelles commence alors à se distendre peu à peu: il triple et parfois quintuple de volume. Les ailes tombent. La ponte des jeunes reines se fait ensuite abondante et le couvain, soigné par les ouvrières Plieidole, met deux mois environ pour atteindre l’éclosion de l’imago. Celui-ci est mâle ou femelle, jamais ouvrière. Cette nouvelle génération est bien acceptée par les hôtes, mais il arrive que quelques soldats abordent les jeunes <Bruchornyrma d’un air hostile, les mandibules semi-ouvertes ; cependant l’intervention des ouvrières les calme tout de suite. Quant à la génération précédente, elle donne, au bout de deux mois, des symptômes de débilité et tend vers la fin de son existence. Ces vieillards sont souvent secoués par les soldats qui semblent vouloir éprouver leur degré de résistance ou de vitalité, et si celle-ci est jugée trop faible, les corps sont transportés sur le tas d’immondices résiduelles de la colonie où ils ne tardent pas à périr. M. Bruch a pu ainsi obtenir près de cinq générations dans l’espace d’une année environ. Mais les amphitryons ouvrières et soldats finissent aussi par disparaître et toute la colonie serait perdue si l’expérimentateur n’avait soin de les renouveler par des prélèvements sur d'autres colonies de la même espèce de Plieidole.
- Restait à savoir comment se comportent ces insectes lors de l’installation de la femelle parasite. Pour cela M. Bruch avait préparé plusieurs nids artificiels contenant chacun une colonie de Pheidole slrobeli avec la reine et le couvain. Une femelle fécondée de Brucho-myrma est alors introduite dans chaque nid, mais elle est toujours reçue avec hostilité. Les soldats se montrent tout particulièrement agressifs. Tandis que les ouvrières paraissent plus accueillantes, leurs tiraillements étant moins brutaux et la phase répulsive plus courte, les soldats ne cessent de se lancer sur les intruses, de les mordre et d’en amputer les membres et souvent la tête. Aucune Bruchornyrma n’ayant été acceptée dans un nid Pheidole pourvu de sa reine, M. Bruch enleva alors celle-ci et recommença les expériences. C’est seulement dans ces conditions que la reine parasite fut admise, non toutefois sans de vives réactions préliminaires ayant même quelquefois entraîné sa mort. Si la colonie est déjà infectée, les nouvelles reines sont acceptées presque sans difficultés. D’autre part la Bruchornyrma ne manifeste aucune agression contre ses hôtes, au contraire, à leur attaque, elle répond par une apparente passivité; je dis apparente, car il se peut que, comme je l’ai observé pour d’autres espèces parasites, l’odeur propre de celle-ci puisse avoir un effet sollicitant la gourmandise de l’hôte et le décider favorablement.
- Le deuxième genre parasite étudié par M. Bruch a été nommé Labauchena Daguerrei. Labauchena signifiant « pince col » en raison du singulier comportement de la femelle. L’espèce est dédiée à M. Juan B. Daguerre, un
- Fig. 2. — Mâles de Bruchornyrma acutidens. Le gastre présente une certaine distension due à la réplétion du iabol et des glandes génitales.
- Fig. 3. — Fourmilière mixte Bruchornyrma acutidens et Pheidole nitidula st. strobeli : a) Femelles fécondes et h) femelle vierge ailée, de Bruchornyrma; c) ouvrières et d) soldats de Pheidole; e) couvain formé «surtout de larves et nymphes de Bruchornyrma.
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- Fig. 4. — Reine de Solenopsis saevissima var. richteri poêlant trois femelles de Labauchena agrippées à son cou.
- ami du Dr Bruch, qui l’a découverte dans une fourmilière de Solenopsis saevissima var. Richteri Fore], variété assez commune en Argentine et en Uruguay, aux fourmilières très populeuses et dont l’ouvrière varie beaucoup de taille sans avoir de , vrais soldats. La Labauchena femelle ressemble assez bien à la reine Solenopsis, mais de taille beaucoup plus faible. Cela paraît fort naturel si l’on admet l’hypothèse du R. P. Jésuite E. Wasmann qui veut que les genres parasites dérivent phyllogénéti-quement du genre parasité.
- Le Dr Bruch reçut donc de son ami une colonie mixte contenant un millier d’ouvrières et lu reine Solenopsis, environ 300 femelles et quelques mâles Labauchena, tous ceux-ci ailés, sauf trois femelles qui se tenaient
- Fig. 5. —- Fourmilière mixte Labauchena daguerrei (femelles ailées) et Solenopsis saevissima var. richterie (ouvrières).
- fortement agrippées au cou de la reine Solenopsis (fig. 4). Pas trace d’ouvrières Labauchena.
- Installées dans un appareil d’observation, ces trois parasites ne cessèrent de se maintenir par les mandibules à la reine hôte et une centaine d’ouvrières les couvraient presque constamment. De temps à autre une ou deux ouvrières cherchaient à libérer leur reine, mais jamais les Labauchena ne lâchaient prise. Quant aux autres femelles parasites, probablement nées dans le nid, elles se promenaient, tranquilles, parmi les amphitryons devenues amis. Cependant, sans cause apparente, toutes ces fourmis parasites moururent, ainsi que la plupart des ouvrières Solenopsis dont il ne resta qu’une trentaine entourant leur reine complètement libérée.
- Entre temps M. Bruch avait reçu une autre fourmi-* lière mixte plus populeuse, mais contenant deux reines Solenopsis, l’une parasitée de quatre Labauchena, l’autre de trois, toutes agrippées au cou. Peu après leur installation dans le nid artiiiciel, la première de ces reines fut décapitée par ses quatre ennemies et la tête promenée par une ouvrière au milieu de ses compagnes. Quant aux quatre parasites elles restèrent encore quelque temps adhérentes au thorax de leur victime, puis, l’abandonnant, s’en allèrent s’installer sur l’autre reine Solenopsis. Comme celle-ci avait déjà trois petites pestes au cou, il ne fut possible qu’à une quatrième d’y trouver place, les trois autres se contentèrent du pédoncule et d’une patte. Cependant la position de ces dernières ne devait pas être bien forte, car elles furent délogées les jours suivants par les ouvrières. Enfin, un matin, l’observateur vit une grande agitation dans sa petite ménagerie, la reine hôte se livrait à un ultime combat contre ses quatre terribles ennemies, et tandis que les ouvrières se démenaient sans utilité, leur reine finit par succomber, la tête arrachée. Pendant le reste du jour, les ouvrières paraissaient vouloir venger leur mère en tiraillant les intruses par les pattes et les ailes, mais le lendemain la paix était complète et l’installation terminée. Les parasites n’avaient plus qu’à pondre. Cela se fit et le couvain fut normalement élevé ; malheureusement, pour une cause inconnue,, cette fourmilière périclita et fut abandonnée.
- Dans une autre série d’expériences, M. Bruch put constater que la Labauchena, bien qu’agrippée au cou de son hôte, était encore protégée contre les ouvrières par de petits coléoptères myrmécophiles du genre Fustiger,. lesquels se plaçaient nombreux sur son corps et s’opposaient de cette façon à toutes tentatives d’hostilité.
- C’est probablement grâce à une sécrétion spéciale de la parasite que celle-ci est préférée à son hôte par ces coléoptères. Dans le cas actuel, les deux reines ennemies restèrent unies pendant 45 jours après lesquels la Solenopsis-fut décapitée. Dans un autre cas, la reine parasitée et ses deux ennemies adhérentes au cou pondirent simultanément, dans cette position, des œufs qui furent élevés^ normalement par les ouvrières et dont l’éclosion des. Labauchena adultes se fit au troisième mois.
- La comparaison des cas de parasitisme social découverts durant ces trente dernières années chez les fourmis montre une certaine gradation allant de la simple alliance entre deux reines de même genre au cas extrême où la dépen-
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- dance de la parasite devient absolue, et où celle-ci perd sa caste d’ouvrière, devenue inutile, au prolit d’une plus grande éclosion de sexués mâles et surtout femelles. La mortalité qu’entraîne l’infestation des nids hôtes est si grande que l’espèce ne peut survivre que grâce à une augmentation de la fécondité donnant surtout des
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- femelles. La voie de rapine suivie par le parasitisme a entraîné des fourmis vers cette cruelle déchéance.
- Dr F. Santschi.
- Les photographies qui illustrent cette étude ont été communiquées par M. le Dr C. Bruch, à l’auteur.
- HAUT-PARLEURS A TRES GRANDE PUISSANCE
- Les haut-parleurs à amplificateurs électriques permettent aujourd’hui d’étendre à plusieurs centaines de mètres parfois la portée de la voix humaine. Ce remarquable résultat ne satisfait pas encore toutes les ambitions.
- On voudrait, par exemple, pouvoir communiquer à grande distance entre navires, entre la côte et les navires, entre le sol et les avions ou les ballons dirigeables. Il s’agit alors de portées pouvant s’élever jusqu’à plusieurs kilomètres. En principe, il n’y a pas de limites à l’amplification par lampes thermioniques. En pratique, le degré d’amplification ici nécessaire soulève de nombreuses difficultés; les montages seraient complexes et délicats, le prix de l’ensemble serait très élevé.
- La construction d’un haut-parleur capable de traduire
- en sons les courants électriques de grande intensité issus de l’amplificateur ne poserait pas des problèmes électriques et mécaniques moins difficiles.
- On a bien tenté d’employer plusieurs haut-parleurs en parallèle, mais la concentration du faisceau sonore n’est souvent plus suffisante pour porter à très grande distance. De meilleurs résultats auraient été donnés par un système de haut-parleur allemand comportant des lames métalliques plissées de très grande surface formant à la fois organe vibrant du moteur, et diffuseur de sons. Mais, si l’on en croit notre confrère américain Radio-Craft, les services techniques de la marine américaine auraient obtenu des résultats bien plus remarquables encore à l’aide d’un système d’amplification à gaz comprimé, nouvel exemple du retour à une idée ancienne, longtemps délaissée, qui ne porte des fruits que bien longtemps après sa conception.
- Bien avant l’apparition des lampes à vide, on avait en effet tenté d’amplifier les sons musicaux et, en particulier, la parole, à l’aide de dispositifs à gaz comprimé. Le grand Edison, dès 1880, avait réalisé un petit appareil nommé Aérophone, dans lequel les ondes sonores faisaient vibrer une membrane reliée à une petite soupape obturant un orifice par où arrivait de l’air comprimé ou de la vapeur (fig. 1).
- L’air s’échappait alors par saccades correspondant
- Fig. 1. — L’aérophone d'Edison. (Amplification des sons par l'air comprimé en 1880.)
- A. Le système avec sa soufflerie rudimentaire.
- B. Coupe du diaphragme et de la soupape. C. Comment on utilisait l’appareil en soufflant avec la bouche.
- chacune à une vibration. La quantité d’air libérée dépendait de l’intensité de la vibration et, en passant par un pavillon acoustique, cette masse d’air, qui s’échappait par pulsations, produisait des sons. 11 suffisait théoriquement d’augmenter la pression de l’air pour augmenter l’intensité des sons émis. Les premiers appareils étaient d’ailleurs tout à fait rudimentaires, et il ne semble pas que les essais furent poursuivis longtemps.
- Vers 1910, cependant, lorsqu’on essaya en France de
- Fig. 3. — Disposition schématique du haut-parleur à grande puissance à fonctionnement mixte. (Amplification électrique combinée à l’amplification par air comprimé.) (D’après Radio-Crafl.)
- Filtre d )air
- Chambre Soupape de sortie, vibrante.
- Filtre
- accoustique
- Pavillon^ exponentiel
- Compresseur
- “) \ Système éi J magnétiq
- Amplificateur
- Fig. 2. — Coupe de VElgêphone Gaumont, haut-parleur amplificateur à air comprimé réalisé par M. Laudet en 1906.
- (Le saphir reproducteur S est relié à la soupape P et l’air qui arrive en A s’échappe par les pavillons R.
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- Coupe AA'
- Coupe B B'
- Fig. 4. — Détails du moteur du haut-parleur.
- I. L’ensemble : en avant, la soupape; en arrière, le dispositif électromagnétique).
- II. La valve papillon avec ses dents en forme de peigne, taillées avec la plus grande précision.
- sonoriser les projections cinématographiques, et qu’on voulut obtenir des reproductions phonographiques à grande puissance pour les salles de spectacle, on eut recours à des systèmes d’amplification par les gaz comprimés, étudiés depuis quelques années par M. G. Laudet. (fig. 2).
- La pointe vibrante du reproducteur phonographique était alors reliée à une sorte de soupape placée sur un orifice par où arrivait de l’air comprimé. Un ou deux pavillons amplificateurs permettaient d’obtenir une audition assez intense pour une salle de spectacle.
- L’avènement de l’amplification musicale par les lampes à vide amena l’abandon de tous ces dispositifs d’amplification, d’une fidélité beaucoup moins grande, et d’une réalisation mécanique délicate.
- Le nouveau procédé américain marque un retour à ce procédé d’amplification par l’air comprimé, mais combiné avec un dispositif d’amplification microphonique à lampes. On utilise un compresseur rotatif à air qui fournit quelques centaines de litres à la minute à la pression de 21 kg par cm2, mais la puissance maximum n’est généralement pas utilisée. Ce compresseur est actionné par un moteur de 1 ch 1/2 tournant à la vitesse de 1750 tours par minute (fig. 3).
- L’air provenant du compresseur traverse un filtre mécanique qui le débarrasse de toutes les impuretés qui pourraient gêner le fonctionnement de la soupape acoustique, puis un filtre acoustique, récipient rempli de copeaux
- .— PRÉPARATION
- Le kaolin n’est pas, comme on pourrait le croire, une espèce minérale nettement définie, mais un mélange généralement des plus complexes qui tend à se rapprocher de l’argile pure ou silicate d’alumine, de formule Al2 O3,
- 2 Si O2, H20. C’est une roche de décomposition provenant de l’altération des feldspaths. j
- Ceux-ci, excessivement variés dans leur composition, sont des silicates doubles d’alumine et d’un oxyde qui peut être la soude, la potasse ou la chaux: on admet que les deux feldspaths qui se prêtent le plus souvent à la kaolinisation sont l’orthose et l’albite, le premier, à
- de cuivre, de rondelles de feutre, d’écrans en chicane, dans lequel l’air prend une vitesse très constante. Il pénètre enfin dans la chambre acoustique munie de la valve vibrante, et traverse cette valve avec une vitesse qui est de l’ordre de 300 mètres-seconde, c’est-à-dire voisine de la vitesse du son. Le pavillon exponentiel utilisé est en aluminium, et de construction télescopique.
- Le système de valve employé au « papillon » est tout à fait analogue à celui qui était utilisé, il y a bien longtemps, par M. Laudet (fig. 4). Sa construction mécanique, très délicate, n’ofîre donc aucune particularité bien nouvelle, mais il n’est plus actionné directement d’une manière mécanique par les vibrations de la voix ou par celles d’un diaphragme phonographique. Il est relié à une armure magnétique qui oscille sous l’influence de courants microphoniques amplifiés par un amplificateur à lampes de grande puissance.
- L’amplificateur utilisé est muni de deux lampes de sortie en push-pull de 50 watts, et peut donner une amplification satisfaisante jusqu’à la fréquence de 10 000 périodes-seconde, tandis que le système vibratoire électromagnétique a une courbe de réponse convenable sur la gamme de 80 à 5000 périodes-seconde.
- L’énergie sonore produite par le système est de l’ordre de 100 dynes par centimètre carré à la fréquence de 1000 périodes-seconde, en utilisant une puissance modulée dç 1,5 watt, et les résultats obtenus sont bien supérieurs à cepx qui seraient réalisés avec un haut-parleur électrodynamique ordinaire, du moins en ce qui concerne la puissance.
- On utilise d’ailleurs, en pratique, plusieurs systèmes analogues en parallèle. Dans ces conditions, on aurait pu obtenir une communication satisfaisante entre la terre et un dirigeable volant à grande vitesse à l’altitude de 900 m environ.
- Sur des propagations sonores à si grande distance, l’influence du vent est très marquée. C’est ainsi qu’avec un vent soufflant à une vitesse de 30 à 35 km à l’heure dans la direction de propagation, on aurait pu obtenir la portée véritablement remarquable d’une trentaine de kilomètres sur mer (sous toutes réserves). Cette portée aurait été réduite, il est vrai, à 12 km lorsqu’on voulait transmettre contre le vent. P. Hémardinquer.
- DES KAOLINS -
- base de potasse K20, APO3, 6 Si O2 et le second sodique Na20, Al2O3, 6 Si O2.
- Cette altération extrêmement lente, qui s’est produite au cours des siècles, est due à diverses influences dont les plus importantes sont l’action des eaux superficielles et la dissociation électrolytique des éléments feldspathiques. Des courants électriques, nés du contact des bases alcalines avec celles ferrugineuses qui existent toujours soit dans la roche elle-même, soit dans celles environnantes, trouvent un milieu d’action favorable dans les eaux chargées d’acide carbonique. L’opération, quel que soit
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- son processus, se traduit par la réaction (nous prenons l’orthose, comme type) :
- K20, Al2O3, 6 Si O2 + 6 H2O
- Orthose + Eau
- = K2SiQ4H2 + Al2 O3, 2 Si O2, H‘0 + 3 Si O4 112.
- = silicate de potasse + kaolin + silice hydratée.
- Le silicate de potasse est soluble, la silice hydratée aussi; il reste finalement une substance blanche constituée par du silicate d’alumine hydraté ou kaolin. Le type parfait du kaolin correspond à la formule ci-dessus Al2 O3, 2 Si O2,1120, c’est-à-dire celui où la dissolution des alcalis et de la silice ayant été complète, la substance finale aurait la composition suivante :
- Silice............................................... 50
- Alumine................................................42
- Eau.................................................... 8
- Tout ce qui précède est purement théorique et dans la réalité cette perfection n’est pas atteinte. Tout d’abord, la solubilité des alcalis et de la silice hydratée n’est pas identique : beaucoup plus lente pour cette dernière ; dans beaucoup de cas, il restera avec le kaolin des particules siliceuses. Elles ne nuiront pas à la blancheur du kaolin, lors de la cuisson, mais elles diminueront sa plasticité.
- De plus, dans la plupart des kaolins on trouve, à l’analyse élémentaire, une proportion de silice inférieure à celle du silicate d’alumine qui devrait résulter de la décomposition feldspathique et on constate la présence d’alcalis qui indiquent nettement que l’altération du minéral initial n’est pas totale.
- Il faut d’autre part considérer que le feldspath, sauf exception rare, n’existe jamais en masse importante, amas ou filon, et qu’il est surtout partie constituante de roches où il est lié à d’autres minéraux; fréquemment, il ne sert que de ciment à ces derniers. Or en remontant aux roches essentiellement aptes à la kaolinisation, on constate que ce sont deux catégories bien différentes de la grande famille des granités : les granulites et les peg-matites.
- Dans les premières, appelées aussi granités à deux micas, le quartz existe en grains parfaitement individualisés et isolés, formant par suite un agrégat de menus cristaux où les trois éléments : feldspath, quartz et mica (blanc et noir) sont régulièrement distribués dans toute la masse.
- La pegmatite, au contraire, est une roche où les cristaux prennent un grand développement, principalement ceux de feldspath et de quartz ; c’est d’ailleurs ce qui avait fait supposer jadis que le mica était absent; en réalité le mica noir y est fort rare, mais le mica blanc se concentre en masses souvent importantes.
- On voit tout de suite que ces deux roches-mères des kaolins, tout en ayant une composition chimique qui peut être rigoureusement identique, doivent à leur dissemblance physique des produits d’altération qui ne peuvent être que différents. Le kaolin dérivant de roches à larges éléments sera fatalement moins mélangé de matières étrangères, que celui provenant de roches à cristaux fins et intimement enchevêtrés.
- Le fait a été bien vérifié lors de la découverte, il y a quelques années, des gisements bretons. Sans se préoccuper des différences entre les roches originelles, on a voulu appliquer aux terres kaoliniques armoricaines les méthodes de traitement alors en usage dans le Limousin; les résultats furent déplorables et faillirent faire conclure que Ces gisements étaient sans valeur.
- Un examen attentif de la question la plaça sous son véritable aspect; les terres kaoliniques n’étaient pas du tout semblables dans les deux régions et si les installations sommaires de lavage étaient largement suffisantes pour isoler le lait kaolinique dans les pegmatites de Saint-Yrieix, elles étaient à peu près inopérantes dans les granulites bretonnes; il a fallu employer des méthodes plus compliquées.
- Les impuretés habituelles des kaolins granulitiques sont, nous l’avons vu, la silice, le feldspath non décomposé et le mica. Nous passons sous silence le fer, malgré son importance capitale, car sa présence étant accidentelle, elle peut avoir lieu aussi bien avec les pegmatites qu’avec les granulites. Pour éliminer cette série de substances, dont le volume peut parfois égaler celui du kaolin proprement dit, on procède par lévigation sur un grand parcours.
- La terre kaolinique, au sortir de la carrière d’extraction, est délayée dans l’eau au moyen d’un malaxeur, puis passe dans un trommel séparateur qui enlève les morceaux de quartz et les micas à grandes lames. Le reste, ou lait kaolinique, renfermant encore toutes les impuretés légères, est envoyé dans une série de bassins et de canaux, construits de telle sorte que la vitesse du liquide aille toujours en diminuant jusqu’à son écoulement dans le bac final où il est clarifié. Les dépôts se font dans l’ordre suivant : quartz, feldspath et mica; pour ce dernier, quand les particules sont extrêmement divisées — et c’est toujours le cas dans les gîtes bretons — il faut disposer de canaux de très grande étendue avant d’aborder les filtres-presses.
- En somme, pour traiter convenablement des terres kaoliniques issues de roches granitiques à fine cristallisation, il faut d’importantes installations de décantation, une énorme quantité d’eau et faire entrer en ligne de compte l’importante main-d’œuvre d’enlèvement des stériles dans les bassins. Cette méthode amène encore des pertes
- Fig. 1. — Le classificateur Dorr à coupe, éliminant les sables el les micas des barbolines de kaolin.
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- Fig. 2. — La sédimentation de la barbotine de kaolin purifiée avec un épaississeur Dorr à traction.
- fréquentes de matière utile : des particules de kaolin, et non de la moindre qualité, sont parfois retenues avec les derniers micas qui se déposent.
- Aussi a-t-on cherché dans les appareils mécaniques la simplification de toute la série des opérations : le classificateur Dorr, dont l’usage tend de plus en plus à se répandre, semble apporter des améliorations considérables. Imaginé tout d’abord pour augmenter le rendement du broyage de n’importe quelle matière en circuit fermé, il a trouvé rapidement des applications à tous les produits exigeant, avec une grande pureté, une extrême finesse, tels que pigments, carbonates de chaux, ocres, kaolins, etc.
- L’appareil porte le nom de classificateur à coupe et se compose de deux parties essentielles :
- 1° Une auge métallique fermée à la base et placée inclinée qui reçoit, suspendus par des leviers ad hoc, une série de râteaux qui parallèlement au fond peuvent être animés d’un mouvement alternatif.
- 2° Une coupe circulaire peu profonde, placée à la suite de l’auge et munie d’un mécanisme de raclage à mouvement rotatif.
- Le fonctionnement est le suivant : la barbotine ou lait kaolinique impur est introduite dans l’auge par une goulotte; tout de suite il y a tendance à' la sédimentation, le jeu des râteaux s’y oppose, ceux-ci relèvent les parties lourdes jusqu’à la partie supérieure d’où elles se déversent déjà fortement égouttées. Qaant aux parties fines, elles sont maintenues en suspension dans le liquide d’abord par la vitesse du courant d’alimentation et aussi par le mouvement des râteaux, puis elles sont entraînées hors de l’appareil par trop-plein.
- Elles entrent alors dans la coupe où, grâce
- au mécanisme de raclage, les parcelles les plus légères débordent par trop-plein dans une goulotte périphérique, les parties lourdes étant entraînées par une ouverture spéciale.
- La séparation s’effectue ainsi en deux étapes distinctes; au gré des besoins, on peut faire varier la vitesse des râteaux, celle de la coupe.
- On peut faire varier aussi la quantité d’eau de lavage soit par simple tâtonnement, soit par un réglage parfait.
- V. Charrin.
- Fig. 3.
- Classificateur Dorr quadruplex à coupe de S rn 50 de diamètre.
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- LA MÉTÉORITE TOMBÉE EN SIBÉRIE EN 1908
- Le 30 juin 1908, la Sibérie a été le théâtre d’un phénomène catastrophique dont il a été jusqu’ici fort peu question en France malgré son intérêt considérable. Je veux parler de la chute, dans l’ancien gouvernement d’Iénisseïsk, d’une météorite de dimensions colossales qui a ravagé une étendue de pays considérable. Pour préciser, ajoutons qu’elle est tombée dans la vallée supérieure de la Toungouska des Pierres, un des gros affluents de droite de l’Iénisséi moyen, aux environs du 60° de latitude, le même parallèle que celui de Léningrad et d’Oslo, vers le point où le 102° de longitude orientale coupe l’affluent en question. Toute cette région est pour ainsi dire inconnue, presque déserte et d’accès fort difficile. Ces circonstances, ainsi que les vicissitudes politiques qui se sont déroulées depuis 1914, expliquent que l’on ne possède que des renseignements tout à fait incomplets sur ce phénomène extraordinaire. Seulement en 1921, puis en 1927, l’Académie des Sciences de Léningrad a envoyé un de ses membres, M. Léonid Koulik, explorer la région qui en avait été le théâtre. A notre connaissance ce voyageur n’a publié dans une langue accessible qu’une brève notice (').
- Dans ces conditions, il nous paraît utile de réunir les rares informations que l’on possède sur la chute de ce bolide.
- Toutes s’accordent sur ce point que l’on se trouve en présence d’un véritable cataclysme. D’après le Geographi-cal Journal ( Londres, août 1930, LXXVI, 2, p. 176), la forêt sibérienne a été dévastée sur une étendue égale à celle du comté d’York, soit 15 000 kilomètres carrés, approximativement la superficie de la Gironde et du Lot-et-Garonne réunis. Sur cet immense espace, futaies et taillis ont été brûlés ou couchés par terre du fait de l’énorme déplacement d’air produit par la chute de cette masse. M. Léonid Koulik, après avoir exploré la région, évalue la surface de la zone ravagée à des milliers de kilomètres carrés.
- Cette météorite devait posséder un volume énorme. Le choc produit par son arrivée au sol a, en effet, déterminé un ébranlement des assises terrestres si violent qu’il s’est propagé sous la forme d’un pseudo-tremblement de terre dans un rayon de 1200 à 1500 kilomètres. A Irlcoutsk, situé à cette distance du point de chute, le séismographe a enregistré ce mouvement du sol.
- D’autre part, ce phénomène a engendré des perturbations atmosphériques qui se sont propagées sur plus du quart de la circonférence terrestre. Ainsi, les microbarographes des stations météorologiques d’Angleterre, à quelque 6000 ou 7000 kilomètres de la région affectée, ont noté le passage d’ondes dont la production doit être rapportée au bolide en question, dans l’opinion du D1 F. J. W. Whipple, directeur de l’observatoire météorologique de Kew. Le 30 juin, à 17 h. 25, en différents points de l’Angleterre, ces instruments ont dessiné une dent de scie particulièrement accusée ; elle correspondrait à la violente
- 1. Kulik (Léonid). — Auffindung des tungusischen Riesenmeteors vom 30 juin 1908. Peiermanns Mitteilungen, 1928, 11-12, p. 338-342, avec une carte.
- perturbation produite dans l’air par la chute de la météorite. Dans les observatoires d’Irkoutslc et de Kirinsk, relativement proches, les barographes ordinaires ont enregistré le même phénomène (').
- Dans la nuit du 30 juin au lor juillet, de très remarquables phénomènes lumineux ont été observés en différentes parties de l’Angleterre, ainsi qu’en Ecosse, semblables à ceux dont nous fûmes témoins à Paris pendant l’automne 1883, après l’éruption du Krakatoa. Le soir du 30 juin, le ciel a présenté des colorations extraordinairement brillantes, et la nuit suivante, de même que celle du 1er au 2 juillet, il a gardé une clarté blanchâtre. A ces deux dates dans le sud d’Angleterre le crépuscule s’est. prolongé aussi tard qu’en Ecosse à l’époque du solstice d’été. Dans ce dernier pays la nuit du 30 juin fut particulièrement lumineuse. « Je me souviens, écrit un observateur au Times, à la date du 15 décembre 1930, avoir été témoin le 1er juillet 1908 du plus extraordinaire effet de lumière que j’aie jamais contemplé. Dans toutes les directions apparaissaient de gros nuages rouges et jaunes resplendissant en relief sur un ciel azur et la clarté était aussi vive qu’en plein jour. Cette illumination ne reparut plus les jours suivants .» On pourrait
- douter de la précision de souvenirs remontant à vingt-trois ans, si le même journal n’avait recueilli le témoignage singulièrement probant d’une habitante du Norfolk. Cette Anglaise rentrait chez elle en auto en compagnie de son mari, le 30 juin 1908, entre 23 et 24 heures. Le ciel présentait à ce moment une coloration si extraordinaire quimmédiatement elle prit au crayon quelques notes sur les teintes des nuages et le lendemain matin traduisit ses impressions dans une aquarelle qu’elle possède encore. Au dos, elle a collé des extraits des journaux lo-cauxrelatifs à ces colorations; preuve que ce phénomène avait, au moment de sa manifestation, attiré l’attention.
- En 1927, au prix des plus grandes difficultés, M. L. Koulik a réussi à atteindre le point de chute de cette météorite. Après avoir descendu l’Angara supérieur, il abandonna ce cours d’eau dans la région où il prend la direction de l’Ouest, pour suivre vers la Toungounska des Pierres un sentier frayé à travers la forêt par les troupeaux de rennes des Toungouses. Au cours de cette marche, alors qu’il était encore loin du gisement cherché il signale la fréquente rencontre de futaies incendiées. Une fois parvenu dans la vallée de la Toungounska des Pierres, l’explorateur russe, se guidant d’après la direction dans laquelle gisaient les arbres renversés par le souffle du bolide, arriva devant dix cratères profonds en moyenne de 4 mètres, larges de 10 à 50, dont le fond était occupé par de la tourbe, qu’il suppose être les points de chute de la météorite. Ils sont donc moins creux et moins étendus que les trous d’obus de l’artillerie à grande puissance, en tous cas notablement plus petits que les cavités récemment découvertes dans l’Australie centrale, sur les bords de la rivière Fonk et qui ont été également produites par la e chute d’un bolide à une
- 1. The Quarlerly Journal of ihe Royal Meteorological Sociely, juillet 1930.
- .Toboisk
- Kipinsk
- Transsibérien
- Fig. 1. -—O Point de chute de la météorite.
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- = 466 —.. ................ =====
- époque préhistorique. Plusieurs de ces dernières dépressions mesurent 200 mètres de large. Autour on a observé plus de 800 fragments de météorite dont quelques-uns pèsent 20 kilogrammes au moins. Sans indiquer les données sur lesquelles il fonde son évaluation, M. Koulilc estime que le poids de la météorite tombée en Sibérie le 30 juin 1908 s’élevait à
- 130 tonnes, ce qui serait sans précédent connu ('). Ces renseignements montrent combien il serait intéressant d’obtenir de plus amples informations sur ce phénomène. Ch. Rabot.
- 1. A titre de comparaison, signalons que récemment, entre le Tanganyika et le Nyassa, on a découvert une météorite pesant 70 kg, enfoncée à 1 m de profondeur dans le sol.
- LE MOIS METEOROLOGIQUE
- MARS 1932, A PARIS
- Mois assez froid, bien ensoleillé, peu pluvieux, avec pression barométrique sensiblement normale.
- La moyenne de la température du mois a été, au Parc Saint-Maur, de 5°. 6 et est inférieure de 0°,7 à la normale. Cet écart est dû surtout aux basses températures nocturnes, conséquence de la clarté du ciel. Les températures journalières ont été, pour la plupart, inférieures à la normale jusqu’au 26. On a noté, pendant cette période, 14 jours de gelée. Ce nombre n’a été dépassé en mars que quatre fois depuis 1874. Le minimum absolu a été enregistré le 13, — 4°,6 et le maximum absolu, 16°,3, le 16. Les extrêmes absolus de la température ont été, pour Paris : — 4°,6 (Belleville) et 16°,6 (Jardin des Plantes) et pour la banlieue : — 7°,0 (Montesson) et 17°,4 (Joinville).
- Le total des hauteurs d’eau recueillies au Parc Saint-Maur, 33 mm 7, en 11 jours de pluie appréciable au lieu de 14, ne représente que les 82 centièmes de la moyenne; celui de Montsouris, 35 mm 5 pour 12 jours, est inférieur de 16 pour 100 à la moyenne des 50 aimées 1872-1922 ; la durée torale de chute, 26 h 48 m, est inférieure de 52 pour 100 à la moyenne des 25 années 1898-1922. La journée la plus pluvieuse a été celle du 9 : 7 mm 2 de pluie au Parc Saint-Maur, 15 mm à la Villette et aux Buttes Chaumont et 21 mm à Pierrefîtte.
- L’observatoire du Mont-Valérien a signalé du tonnerre le 30 et des éclairs lointains le 27 au soir.
- Quelques flocons de neige ont été observés par places, les 6, 7, 8, 9, 10 et 11 et il a grêlé sur certains points de la région le 6 et le 29.
- On a enregistré à l’observatoire de la Tour Saint-Jacques 185 h 30 de soleil, durée supérieure de 42 pour 100 à la normale; deux mois de mars seulement en ont présenté un plus grand nombre : celui de 1921 (248 h) et celui de 1929 (233 h).
- Au centre de Paris, à 9 heures du matin (Tour St-Jacques), la visibilité a été 5 jours supérieure à 6000 m et 11 jours inférieure à 1500 m, ce dernier nombre est relativement élevé et malgré cela, on n’a signalé que très peu de brouillards épais dans la région.
- Des obscurcissements se sont produits le 11 et le 23 à Paris et le 27 à Jouy-en-Josas.
- Le vent a soufflé beaucoup plus souvent que d’ordinaire des régions N.-E. Au Parc Saint-Maur, la moyenne de la pression barométrique, ramenée au niveau de la mer, a été de 761 mm 31 en excès de 0 mm 11 seulement, celle de l’humidité relative de l’air de 69 pour 100 et celle de la nébulosité du ciel de 53 pour 100.
- Réveil de la chauve-souris le 16. Em. Roger.
- HISTOIRES D’OISEAUX
- RIVALITÉ D ARTISTES
- Une cage et quelques oiseaux, la chose la plus simple, en réalité du monde, monde différent du nôtre par la nature de ses habitants, monde qui cependant en est tout proche par leurs réactions réciproques.
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- Ce que j’ai déjà dit ailleurs et qui a, je crois, été peu observé jusqu’ici, c’est que des oiseaux chanteurs réunis agissent les uns sur les autres au point de modifier étrangement le chant qu’ils eussent émis s’ils avaient été seuls ou d’une seule espèce. Il en résulte que l’ensemble de leurs différents chants s’harmonise au point de n’être jamais discordant. Je me suis demandé d’abord si cette observation était juste et si elle n’était pas en réalité le résultat de notre propre adaptation; n’avons-nous pas vu nos rétines, d’abord blessées de l’assemblage de certaines couleurs, du groupement de certains meubles, s’y habituer si bien qu’on était tenté d’attribuer à ces couleurs, à ces meubles, un pouvoir de réciproque échange, qui atténuait l’impression perçue primitivement.
- Il n’en est pas ainsi pour les concerts d’oiseaux et la meilleure preuve que j’en puisse donner c’est la manière dont les bons chanteurs suivent et accompagnent le piano; ce sont de véritables artistes qui savent écouter, qui savent harmoniser leur voix aux autres voix, aux sons mélodieux qu’ils entendent. Ce sont si bien des artistes, qu’ils peuvent, dans certaines circonstances, éprouver de la jalousie — oserai-je dire « des sentiments » de jalousie — pour ceux de leurs congénères qui chantent. Le fait suivant en fournit un exemple :
- Dans la cage en question vivaient en paix, et chantant du matin jusqu’au soir, rossignols du Japon, tarins, rouges-gorges, fauvettes à tête noire, chardonnerets, pinsons, mulets (*), etc., toute une famille de chanteurs ailés dont les concerts nous enchantaient. Et voici qu’un ami, connaissant la passion de mon fils pour ces gentils animaux, lui offrit un magnifique serin saxon. On l’introduisit dans la cage, il y pénétra avec l’altière allure d’un potentat : n’était-il pas d’une beauté suprême avec sa robe uniformément teintée en jaune, avec la ligne élégante et fine de son corps, avec ses yeux brillants et fiers
- 1. Hybride du canari et du chardonneret.
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- qui regardaient hardiment ceux qui l’entouraient ? Il chassa d’une baguette quelques occupants, s’y campa résolument et se mit à chanter. Sa voix roulait des sons, tels ceux d’un tambourin qu’on aurait voilé, elle allait, venait, revenait pour s’élever prestement à des hauteurs vertigineuses et finir sur quelques notes piquées éclatantes. Ce fut un étonnement pour nos hôtes habituels, mais, habitués à chanter sans réserve, ils voulurent à leur tour se faire entendre. Ce furent les rossignols du Japon qui commencèrent, le mulet les suivit; Fine, enveloppante, pressante, sa voix montait enchanteresse, touchante, émouvante... lorsque le serin saxon se précipita sur lui. Seul il chanterait. Seule sa voix s’élèverait de cette cage dont il était l’unique artiste. Et chaque fois qu’un trille timide montait, il se jetait sur son auteur et le lui faisait rentrer dans sa gorge. Toute gaieté disparut de la volière, c’est le silence, seulement interrompu par le chant flûte du dernier arrivant. Craintifs, tous les oiseaux fuient son approche, tous se taisent, même quand le soleil illumine l’atmosphère, même lorsque leurs amis du jardin les provoquent de leurs voix ravies.
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- Et ce fut le drame.
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- Ce matin, il faisait un temps radieux, le mulet poussé par une force invincible se mit à chanter. Jamais son chant n’avait été aussi beau, aussi pénétrant, jamais il n’y avait mis pareille ardeur; c’était la prière de gratitude de la créature au Créateur, c’était l’expression de la joie de vivre dans cette nature scintillante de rosée sous les rayons dorés de l’astre du jour, c’était toute l’harmonie du monde exprimée par ce délicat et frêle gosier d’artiste pris tout entier par le besoin d’extérioriser les sensations de plénitude joyeuse que le printemps éveillait en lui. Il chanta. Il oublia le rival, le serin saxon. D’abord ébahi, celui-ci l’avait laissé faire; puis, tout à coup, alors que la voix enivrante paraissait avoir atteint l’expression sublime de sa virtuosité, il se précipita sur lui. Son bec tranchant frappa la petite tête, arracha les plumes de son corps et finalement d’un grand coup lui fit au flanc une blessure profonde...
- Hélas, il en devait mourir. Pendant trois jours, nous tentâmes tout ce que nous pûmes pour le garder à la vie, mais ses blessures étaient trop nombreuses et trop graves, il expira sans avoir eu la force de chanter une dernière fois...
- Augusta et Maurice Moll-Weiss.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- POUR RÉPARER ONE GOUTTIÈRE
- f orsqu’on veut l'aire quelques menues réparations à une gouttière, il est bien difficile de placer l’échelle contre la gouttière elle-même, car on risque de la déformer et de l’endommager à côté de l’endroit où l’on veut faire justement une réparation. Si l’on n’a qu’une échelle simple, et c’est en général le cas, pour arriver à ces hauteurs, comment tourner la difficulté ?
- Voici un petit artifice assez facile à réaliser, qui consiste à adjoindre au premier barreau supérieur de l’échelle une sorte d’étrier, construit avec des planches et susceptible de tourner autour du barreau.
- Cet étrier est formé de deux parties percées d’un trou, de manière à tourner autour du barreau, et réunies dans le bas par une planche dont la longueur est plus longue que l’écartement des montants de
- l’échelle, de manière à buter dans la rotation de l’ensemble, contre les deux montants, et à permettre ainsi à ce support de reposer sur les dernières tuiles ou les dernières ardoises du toit.
- Si les dimensions de cette pièce sont prévues convenablement, l’échelle échappe au contact de la gouttière, et par conséquent celle-ci n’est pas endommagée, alors que le réparateur peut se placer à la hauteur voulue pour effectuer la réparation que l’on veut faire.
- POUR S ÉPARER LE JAUNE ET LE BLANC D’ŒUF
- Tout le monde a vu une cuisinière briser la coquille d’un œuf et séparer le jaune du blanc. L’opération est facile, mais exige cependant une certaine habileté.
- Voici un procédé très simple préconisé par Science and Mechanics. On prend un entonnoir que l’on place au-dessus d’un récipient quelconque. On brise la coquille et l’on jette son contenu dans l’enton-
- Entonnoir
- Jaune-
- Blanc |
- noir. Le blanc s’écoule par la partie rétrécie, tandis que le jaune reste arrêté à l’entrée; une fois l’entonnoir vidé du blanc on versera le jaune dans une assiette, par exemple.
- VASE A DEUX LIQUIDES ET A UN SEUL BEC
- On peut combiner un vase ou bidon n’avant qu’un seul bec et permettant de verser par le même bec deux liquides différents.
- Pour cela, le bidon est séparé en deux parties par une cloison dont le plan passe par l’axe du bec verseur, comme cela est indiqué au croquis. Ainsi qu’on peut s’en rendre compte, suivant que l’on penche le flacon d’un côté ou de l’autre, on verse l’un ou l’autre liquide.
- Cloison
- C’est toujours le liquide qui se trouve à la partie supérieure qui peut s’échapper par le bec verseur. Le niveau du liquide inférieur au contraire se trouve toujours au-dessous de l’orifice de sortie.
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- ** .. LA RADIOPHONIE PRATIQUE —........
- NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES - CONSEILS PRATIQUES CONSTRUCTION D’APPAREILS SIMPLES
- LES PROGRÈS DANS LA FABRICATION DES LAMPES
- Dans des études récentes parues dans ces colonnes, nous avons montré les progrès accomplis dans la fabrication des lampes de T. S. F. De ces progrès sont issus les récepteurs radiophoniques modernes, et tous les systèmes d’amplificateurs à lampes utilisés pour les différents usages radio-techniques.
- La plupart des nouveaux tubes à vide sont à chauffage indirect, puisque la majorité des appareils réalisés industriellement à l’heure actuelle sont des postes-secteur munis de ce type de lampes. Mais, il ne faudrait pourtant pas croire que les constructeurs aient complètement abandonné les anciens types de lampes à faible consommation dont le filament est chauffé directement à l’aide de courant continu : courant de batteries ou courant de secteur redressé et filtré.
- Il ne faut pas oublier qu’il y a encore en France, malgré
- les apparences, un très grand nombre de récepteurs qui ne sont pas alimentés exclusivement par le secteur. Il reste en usage des milliers de postes plus ou moins anciens, et beaucoup d’amateurs constructeurs réservent encore leurs préférences aux postes à lampes à faible consommation, plus faciles à réaliser, et dont le montage peut être plus facilement transformé.
- Quoi qu’il en soit, la principale caractéristique des lampes Fig. 1. Schéma de dispositif les p}us récentes est constituée pour la détermination des caracté- par Y augmentation de la pente ristiques d’une lampe triode. , , ., .
- de la caractéristique.
- On sait qu’étant donné un type de lampe quelconque, on établit, pour étudier ses propriétés, ce qu’on appelle ses courbes caractéristiques, on cherche les différentes valeurs du courant de plaque ou du courant de grille obtenues en faisant varier la tension de grille, et en laissant fixes le chauffage et la tension de plaque. On place un milliampèremètre, dans le circuit de grille, un milliam-pèremètre dans le circuit de plaque, et, d’après les indications données par ces deux instruments, on peut tracer point par point la courbe tension-grille courant plaque et tension-grille courant grille considérée pour une certaine tension de plaque (fig. 1 et 2). Pour chaque valeur de la tension de plaque, oa ainsi une caractéristique différente; l’ensemble de ces caractéristiques pour une même lampe constitue une famille de courbes, en général semblables les unes aux autres; quand la tension de plaque croît, la caractéristique se déplace parallèlement à elle-même vers le côté négatif de l’axe des abscisses, (fig. 3).
- Toutes ces courbes présentent une partie droite plus ou moins longue, dans cette partie rectiligne le rapport entre les variations de l’intensité du courant de plaque et celles de la tension de grille, reste constant. Si par exemple, dans cette zone, l’augmentation du courant de plaque est de 10 milliampères pour une augmentation de 10 volts, on dira que la pente est de 1 milliampère par volt.
- La valeur de la pente de la caractéristique permet, en
- général, de se rendre compte du degré plus ou moins marqué des qualités amplificatrices de la lampe utilisée comme amplificatrice ou détectrice.
- Il faut, d’ailleurs, bien remarquer que si les caractéristiques sont en général des courbes parallèles, il n’en est pas toujours nécessairement ainsi. La pente peut varier d’une caractéristique à l’autre; elle peut dépendre de la tension de plaque et de la polarisation.
- Le constructeur doit indiquer de la manière la plus précise à quelles conditions se rapporte la pente qu’il indique, pour que ce chiffre ait une signification vraiment précise.
- L’augmentation générale de la pente de la caractéristique est, comme nous l’avons montré dans l’article déjà cité, un avantage particulier des lampes françaises actuelles; c’est elle qui permet de réaliser désormais des montages comportant un nombre de lampes plus réduit à égalité d’amplification. Il ne faut pas se dissimuler, d’ailleurs, que ces montages sont un peu plus difficiles à établir. La solution américaine qui consiste à employer un nombre de lampes plus grand, mais en adoptant des modèles moins « poussés », est plus brutale, mais aussi plus facile à appliquer.
- Les progrès réalisés dans les lampes sont dus avant tout aux progrès dans la fabrication des filaments émetteurs d’électrons, ou dans celle des cathodes à chauffage indirect.
- Plus la cathode, en effet, émet d’électrons, et plus l’amplification peut être importante. D’autre part, les propriétés de régularité et de durée de la lampe sont essentiellement liées au mode de construction des éléments émetteurs d’électrons, de sorte que toutes les lampes, quel que soit leur modèle, ont bénéficié des progrès de la fabrication des filaments.
- Les cathodes des lampes de réception actuelles sont réalisées suivant des méthodes différentes, mais toutes deux font appel au grand pouvoir d’émission électronique dont jouissent à basse température les métaux alcalinoterreux, et, en particulier, le baryum. Cette émission d’électrons exige, d’ailleurs, pour prendre naissance, l’existence d’un équilibre chimique entre l’oxyde et son métal, l’émission électronique étant stable quand l’équilibre tend vers la formation du métal, instable et disparaissant vite quand il tend vers la formation de l’oxyde. Ce phénomène explique, d’ailleurs, en partie, pourquoi une bonne lampe doit être purgée de tous ses gaz occlus, adsorbés et absorbés, et garder un vide parfait.
- Dans la première méthode de fabrication, le filament, c’est-à-dire la cathode émissive des lampes, est « formé » dans la lampe elle-même, une fois montée et fermée, à l’aide de réactions physico-chimiques entre un filament préparé dans ce but, et le corps actif, qui est, par exemple, du baryum, libéré dans la lampe terminée afin de l’obtenir parfaitèment pur.
- Dans un deuxième procédé, la cathode émissive est préparée à l’avance, et placée dans la lampe lors de son montage.
- Les premiers modèles de lampes de réception comportaient des filaments de tungstène pur chauffés à haute température. Ces filaments furent remplacés peu à peu par des filaments de tungstène ou de molybdène thoriés, chauffés à température moyenne.
- Actuellement, les lampes construites suivant la première méthode indiquée renferment des filaments, en tungstène ou en molybdène, qui ont reçu un premier traitement préalable : oxydation directe ou après cuivrage. Une fois ces filaments
- Batterie
- de
- chauffage
- Batterie
- Batterie de tension _ plaque
- Milliampèremètre Milliampèremètre de grille
- de plaque
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- Potentiels de 0 Potentiels de
- grille négatifs grille positifs
- Fig. 2. — Courbes caractéristiques:
- I. Courant plaque ( en mina), en fonction du potentiel de grille (en volts).
- II. Courant de grille en fonction du potentiel de grille.
- montés dans l’ampoule, et lors du pompage, on chauffe l’ampoule ou à l’aide d’un champ à haute fréquence, on échauffe les électrodes par courants induits : cette élévation de température provoque la décomposition d’un composé de baryum, du cyanure par exemple, ou d’un mélange de magnésium et d’oxyde de baryum placé en une région convenable de l’ampoule.
- Les gaz libérés sont évacués par les pompes, le baryum métallique formé à l’état pur demeure fixé sur son support. La lampe est alors scellée; puis dans un nouveau traitement, on volatilise ce baryum à l’aide du champ haute fréquence en élevant la température de son
- support. En maintenant le filament à une température déterminée pendant cette opération, il y a réaction entre sa couche oxydée et les vapeurs de baryum, et il se forme à sa surface une couche régulière d’oxyde de baryum en présence d’un excès de métal.
- C’est de cette manière que sont réalisés les filaments de la majorité des lampes à chauffage direct, dites au baryum. Pour l’utilisation de ces lampes, il est indispensable d’éviter toute élévation de température des plaques qui pourrait provoquer une volatilisation du baryum resté libre, et pourrait troubler le fonctionnement de la lampe. On obtient ainsi des filaments très fins à très faible consommation.
- La seconde méthode est toute différente. Les filaments sont recouverts par divers procédés, trempages successifs et séchages, vaporisations, peinture au pinceau, etc., d’un mélange de carbonate de baryum et d’un liquide volatil permettant l’adhérence. Lors du pompage ultérieur de la lampe qui a été montée avec ses filaments préparés à l’avance, et, une fois un vide convenable obtenu, on chauffe les filaments à température suffisante pour que la couche de carbonate se transforme en oxyde ; des réactions plus complexes où le métal du filament, généralement du nickel, intervient, donnent alors naissance à du baryum libre en équilibre avec son oxyde. Le même résultat technique est donc atteint, mais la réalisation pratique est toute différente.
- C’est de cette manière qu’on prépare les cathodes des lampes à chauffage indirect constituées par des tubes de nickel recouverts d’une couche émissive, et dans lesquelles un filament de tungstène intérieur, isolé par des tubes de magnésie ou de quartz et traversé par le courant du secteur, produit réchauffement nécessaire pour l’émission électronique.
- En utilisant ce deuxième procédé de fabrication, on peut facilement réaliser de grandes surfaces émissives convenant à la réalisation de lampes de puissance, d’autant plus que la vaporisation ultérieure du baryum libre n’est plus à craindre et que les anodes peuvent supporter d’assez fortes températures, jusqu’au rouge naissant, sans inconvénient. C’est de la même manière aussi qu’on établit de bonnes valves de redressement à vide pour le redressement du courant alternatif.
- Fig. 3. — Une famille de caractéristiques « courant-plaque; volts-grille », pour différentes tensions de plaque.
- (Lampe détectrice, fabrication Visseaux.)
- Volts grille
- Il faut encore noter que dans de nombreux types de lampes, même à chauffage direct, et surtout pour la construction des valves de redressement, on emploie souvent des cathodes qui n’ont pas la forme d’un fil fin, mais celle d’un ruban plus ou moins large. Le plan de ce ruban est disposé perpendiculairement au plan de la grille. De la sorte, on obtient une surface émissive assez grande, une résistance mécanique beaucoup plus forte, et, en cas de rupture de la cathode toujours possible, on réduit les dangers de court-circuit entre les débris de cette cathode et la grille (fig. 4).
- 11 faut convenir que la tâche actuelle des fabricants de lampes est assez complexe, parce qu’ils sont obligés de fournir au public des usagers et des amateurs-constructeurs des types destinés aux postes-secteur, aux amplificateurs phonographiques, aux postes ordinaires à chauffage direct, comportant des lampes poussées ou des lampes à faible pente à changement de fréquence ou à amplification haute fréquence, des triodes, des lampes à deux grilles, des pentodes, etc., de sorte que le nombre de types, même en le restreignant au minimum, est encore assez élevé.
- Voici, par exemple, ci-dessous, un tableau qui indique les caractéristiques des différentes lampes établies par un même constructeur pour les postes du type à chauffage direct à batteries.
- On voit que ce tableau doit comporter nécessairement une lampe à écran servant pour la haute fréquence ou la moyenne fréquence, une lampe bigrille oscillatrice pour le changement de fréquence, alimentée sous 40 volts ou sous 80 volts de tension plaque; une lampe triode dite universelle; pour la haute fréquence ou cathode a la forme -, n , , d'un ruban dont le
- la moyenne irequence, ou encore la pre-
- .. V 1 . plan est perpendicu-
- laire amplification basse fréquence sui- [air£ à cdui de la
- vant l’impédance du système de liaison plaque.
- adopté; une lampe détectrice ordinaire et une détectrice à forte pente, enfin une
- lampe moyenne fréquence spéciale à forte résistance interne.
- Fig. 4. — Valve de redressement bipla -que dans laquelle la
- N08 DE RÉFÉRENCE TYPE EMPLOI CONSOM. FILAM. SOUS 4 V. j PENTE RÉSISTANCE INTERNE TENSIONS ANO-DIQUES D’EMPLOI
- Ecran Amp. mA(V Ohms. V.
- Ro4142 HF-MF 0,08 1 150.000 100/150
- Ro4141 Bigrille Oscillatrice 0,1 1 )) 40
- Ro4181 » )) 0,1 1 » 80
- Ro4010 Triode Universelle 0,06 0,65 15.000 80/150
- Ro4109 )) Dét. lroBF 0,06 1 9.000 ))
- Ro4215 » Dét. BF 0,12 2 7.500 ))
- Ro4320 )) Détect (forte pente) 0,15 2,75 7.500 ))
- Ro4125 » M.-F. 0,06 1 25.000 ))
- A côté de ces lampes à chauffage direct, le constructeur doit présenter une série de lampes à chauffage indirect pour postes-secteur correspondant à peu près aux types à chauffage direct que nous venons d’indiquer, et ce choix de lampes doit comporter au moins une lampe à écran, une lampe bigrille
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- changeuse de fréquence, une triode haute fréquence et moyenne fréquence, une détectrice et un ou deux types de lampes pentodes de puissance; enfin, comme nous l’avons noté plus haut, presque tous les constructeurs ont réussi à établir des lampes à chauffage indirect à forte pente pour appareils secteur, ou même quelquefois des modèles également à forte pente pour appareils à chauffage direct. Si la majorité des appareils en service ne comportent pas l’emploi de ces lampes, il faut néanmoins dès maintenant prévoir leur utilisation et voici, par exemple, dans le tableau suivant, les caractéristiques de quelques modèles de lampes à forte pente à chauffage indirect qui peuvent être des lampes à écran utilisées pour l’amplification haute fréquence, moyenne fréquence ou la détection, des lampes bigrilles oscillatrices, des lampes triodes utilisées pour la détection ou l’amplification moyenne fréquence, et enfin des lampes de puissance.
- la fabrication en très grande série. Tout en souhaitant une simplification possible des types de lampes actuellement sur le marché français, il est donc juste de reconnaître l’effort des constructeurs, effort dont dépendent essentiellement les progrès de la radio technique.
- LES LAMPES A PENTE VARIABLE ET LEUR UTILISATION
- Plusieurs lecteurs nous ont exprimé le désir d’être documentés sur des modèles de lampes très nouveaux, très intéressants sans doute, mais dont l’usage est encore relativement restreint : ce sont les lampes dites à pente variable. Il nous paraît utile de donner quelques indications sur ce sujet.
- Les progrès des lampes, en général, et l’apparition des lampes à forte pente en particulier, ont permis de réaliser des
- NUMÉROS DE RÉFÉRENCE (VISSEAUX) TYPE EMPLOI CONSOMMATION FILAMENT SOUS 4 VOLTS DISSIPATION POSSIBLE d’énergie SUR LA PLAQUE PENTE RÉSISTANCE INTERNE TENSIONS ANO- DIOUES D’EMPLOI
- Rs. 4342 (') Écran HR., MF., Dét. 1, 2 Amp. 1 w. 3,5 m A/v. 330.000 ohms 150/200 v.
- Rs. 4341 Bigrille Oscillatrice 1, 2 Amp. 1 w. 3 )> )) 40/60 v.
- Rs. 4324 Triode Détect. MF. 1 Arpp. 1 w. 3 )) 8.000 » 100/150 v.
- Rs. 4309 Triode BF. 1 Amp. 2 w. 3 )) 3.000 » 100/150 v.
- Ro, 4410 Triode BF. 0, 5 Amp. 4 w. 3, 5 )) 2.850 » 200/250 v.
- Ro. 4610 Triode BF. 0, 5 Amp. 7 w. 5, 5 » 1.800 » 200/250 v.
- Ro. 4404 Triode BF. (Pusli pull) 1 Amp. 12 w. 3, 5 )) 1.200 » 200/250 v.
- l.'Rs, lampes à chauffage indirect. Ro, lampes à chauffage direct.
- On sait que l’importation des appareils américains en France a augmenté depuis quelque temps dans de très grandes proportions. Elle est même devenue tellement considérable que le gouvernement a été obligé de prendre des mesures spéciales de contingentement, et de l’interdire ainsi pratiquement pendant un certain temps.
- Il n’en est pas moins vrai qu’il y a déjà en service en France un nombre relativement grand de postes américains. Ce sont tous des postes secteurs « midget » à haut-parleur électrodynamique, équipés avec des lampes à chauffage indirect; ces lampes américaines ont, comme nous l’avons indiqué déjà, des caractéristiques assez peu poussées.
- Leur élément chauffant n’est pas traversé, comme celui des tubes français, par un courant d’une tension de 4 volts, mais par un courant d’une tension de 2,5 volts ou de 7,5 volts. Les culots de ces lampes ne présentent, d’ailleurs, pas la même disposition que ceux des lampes françaises.
- Dans le but de présenter à la clientèle française des lampes s’adaptant sur ces postes américains ou permettant la réalisation de montages américains, les constructeurs français ont jugé utile maintenant d’établir toute une série de lampes de caractéristiques analogues à celles des lampes américaines, vendues à un prix inférieur à celui des modèles américains d’origine, et établies entièrement en France. Les amateurs français peuvent donc trouver facilement maintenant également les lampes américaines les plus courantes.
- Cette multiplication du nombre des types de lampes de réception permet sans doute de choisir plus exactement le modèle convenant à un rôle bien déterminé. Il rend évidemment plus difficile la tâche de l’amateur ou même du technicien malgré les indications du fabricant et, d’autre part, il augmente sans doute le prix de revient, parce qu’il rend plus malaisée
- postes très sensibles, même lorsqu’on n’adopte plus un grand nombre d’étages d’amplification.
- Ces postes ne possèdent généralement pas plus de deux étages en haute fréquence ou en moyenne fréquence. Ils sont pourtant plutôt destinés, par leur construction même, à la réception des émissions faibles, produites par des postes d’émission faibles ou éloignés. Si on veut les utiliser pour entendre des émissions provenant de postes très puissants ou très rapprochés, les résultats sont généralement défectueux.
- L’audition est trop intense, la sélectivité est souvent insuifi-sante, et il se produit des phénomènes de distorsion et de déformation musicales extrêmement désagréables.
- La plupart des auditeurs français veulent un poste omnibus recevant indifféremment et aussi bien les émissions des postes voisins et les postes éloignés,
- A un tel poste il faut une sensibilité suffisante pour recevoir les émissions lointaines; il faut, en outre, pouvoir le régler de façon à entendre les émissions locales dans des conditions acoustiques satisfaisantes et, avec une bonne sélectivité.
- Problème, en réalité, extrêmement ardu et de plus en plus complexe à mesure que la radiophonie se perfectionne. En effet, la réalisation de montages toujours plus sensibles a amené, avec elle, l’apparition de distorsions d’un genre particulier qui proviennent à la fois de ce que la modulation des émissions est maintenant trop profonde, et de ce que les postes récepteurs sont trop sensibles.
- Pour que l’amplification se produise, en effet, sans déformation, il faut, comme on le sait, que le point figuratif de fonctionnement demeure dans la* partie droite de la caractéristique de la lampe. Si les variations de tension appliquées sur la grille sont trop grandes par rapport à la partie droite de cette caractéristique, le point figuratif de fonctionnement
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- Lampe a forte pente V,
- Lampe à faible
- Alimentationi secteur I
- * Polarisation négative croissante
- Polarisation( t variable
- Circuit
- d'entrée
- g Circuit de © sortie
- Tension
- ' Tension plaque
- Fig. 5. — Le système idéal d’amplification par lampes à écran sérail constitué par deux lampes, l’une Fj à grande pente, c’est-à-dire à fort pouvoir amplificateur, l’autre Fa à faible pente.
- (Les caractéristiques de ces lampes sont indiquées en II.)
- se déplace vers la partie courbe de la caractéristique, et il y a déformation.
- Lorsqu’on a voulu régler l’intensité d’audition obtenue pour la réception des émissions puissantes, on a souvent employé des systèmes de réglage qui amenaient justement le point de fonctionnement dans la partie courbe de la caractéristique et produisaient des distorsions. Un moyen rationnel a été trouvé très récemment pour supprimer cet inconvénient; il réside dans l’emploi d’une lampe de forme spéciale. Sa caractéristique de forme particulière comporte une partie droite assez étendue, et dont la pente augmente progressivement. C’est ce qu’on appelle la lampe à pente variable. L’invention en est due à MM. Stuart Ballantine et Snow.
- Cette lampe joue le rôle de deux lampes distinctes montées en parallèle : une première lampe à forte pente, et une deuxième à faible pente; la première lampe amplifie les tensions alternatives de petite amplitude lorsqu’on applique une faible tension de polarisation sur la grille et la deuxième amplifient des tensions alternatives de grande amplitude lorsqu’on applique sur la grille des tensions de polarisation plus fortes (lig. 5).
- Fig. 6. — C’est l’espacement des spires de la grille qui détermine le coefficient d’amplification d’une lampe. Plus les spires sont serrées, plus le coefficient d’amplification est grand. On voit ici diverses dispositions des électrodes adoptées pour l’établissement de tubes à écran à pente variable. (D’après Ballantine et Snow.) a, grille écran (SG) de diamètre variable; b, grille de contrôle (CG) de diamètre variable; c, cathode (C) de diamètre variable\d, plaque (P) de diamètre variable ; e, cathode oblique ; f, cathode excentrée ; h et i, grilles de contrôle à pas variable ; j, trou de contrôle de la grille en. regard du milieu de la cathode ; k, double trou ; l, double trou et pas variable de la grille de contrôle; m, pas variable et grille-écran de diamètre variable; n, élargissement brusque du diamètre de la grille-écran.
- -P P-
- CG CC
- On pourrait obtenir un tel résultat en mettant aussi en parallèle plusieurs lampes.
- Pratiquement, on n’utilise pas ce procédé et on dispose un seul système d’électrodes dans une même ampoule.
- C’est la disposition de la grille de commande qui détermine essentiellement les proprié -tés amplificatrices de la lampe, et c’est l’écartement des spires de la grille, le pas de l’hélice, en quelque sorte, qui modifie la pente de la caractéristique. On peut donc constituer une lampe permettant d’obtenir ces résultats avec une seule lampe à grille à pas variable (fig. 6).
- En réalité, toutes les lampes sont à pente variable, puisqu’en faisant varier le potentiel de polarisation, on déplace le point de fonctionnement sur la courbe et on se place à un point de la courbe de pente différente, mais les vraies lampes à pente variable présentent la particularité de permettre des variations de pente très progressives, même lorsqu’on déplace très loin du côté des polarisations négatives le point de fonctionnnement de la lampe.
- Avec une lampe de ce type et en agissant sur la polarisation de la grille, on peut obtenir une sensibilité assez grande pour la réception des émissions faibles et également diminuer cette sensibilité de manière à supprimer les inconvénients dus à l’audition d’une émission trop intense.
- Il faut bien noter qu’une telle lampe ne donnera jamais une amplification supérieure à celle d’une lampe usuelle. Bien au contraire, l’amplification maxima obtenue sera inférieure à celle d’une lampe ordinaire à forte pente. D’autre part, cette lampe, qui est du type à écran, est spécialement désignée pour l’anqjlification haute fréquence ou moyenne fréquence, et ne peut servir pour la détection. En effet, une lampe détectrice doit présenter une courbure de sa caractéristique et la forme de caractéristique à variation de courbure très lente et à partie droite allongée ne présenterait aucun intérêt. Dès à présent, sur des postes comportant des lampes à écran à chauffage indirect, on peut employer des lampes à pente variable, en adoptant simplement le système de polarisation indiqué par la figure 7, établi à l’aide d’un potentiomètre et de deux résistances fixes traversées par le courant de plaque. Sur le circuit de la cathode, on emploie, en outre, une petite résis tance de quelque 200 ohms, qui a j)our but d’empêcher la cathode d’atteindre le potentiel de grille.
- La plupart des constructeurs établissent maintenant des lampes à pente variable. Nous pouvons citer par exemple le modèle Philips E 445 et la VMS 4 Gécovalve.
- Pour une tension anodique de 200 v et une tension de grille-écran de 60v, on obtient pour cette lampe la courbe indiquée sur la figure 8.
- La tension plaque que l’on peut
- Fig. S. — Courbe caractéristique d’une lampe à écran à pente variable, type VMS 4 Gécovalve comparée à celle d’une lampe à écran ordinaire, type MS 4.
- -35, -30 -35 -Z0 -15 -10 -5
- Volts grille
- Circuit de sortie
- frf
- 1 P. F y ZOO ohms
- Circuit
- d'entrée
- Potentiomètre Résistance Résistance 10.000 ohms 15.000 ohms 20.000 ohms
- Fig. 7. — Comment on réalise la polarisation négative variable de la grille d’une lampe à pente variable.
- En réalité, on polarise positivement la cathode, ce qui produit le même effet.
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- appliquer sur cette lampe varie entre 150 et 200 v, tandis que la tension écran varie entre 50 et 160 v. Le courant ano-dique commence à se manifester pour une tension de grille de 40 v environ, et on peut faire varier la polarisation de grille de —0,5 v à 40 v. La pente elle-même varie dans ces conditions d’une façon
- continue entre cinq millièmes de milliampère par volt et 1,1 milliampère par volt. La tension maxima des oscillations appliquées sur la grille peut être de 8 volts efficaces, ce qui est relativement très grand pour une distorsion de 20 pour 100 seulement.
- Fig. 9. — Schéma de principe d’un montage à changement de fréquence réalisé avec une lampe à écran à chauffage indirect modulatrice et une lampe triode également à chauffage indirect, oscillatrice.
- UN POSTE ORIGINAL TOUTES ONDES
- On sait construire aujourd’hui des postes à changement de fréquence munis de lampes à chauffage indirect, qui s’alimentent directement sur le courant d’un secteur, comme les postes-secteur ordinaires à amplification haute fréquence directe. Ces postes-secteur à changement de fréquence sont des récepteurs très sensibles, le plus souvent très puissants, car ils sont munis, en général, d’une lampe de sortie de puissance fournissant une puissance modulée de l’ordre du watt au moins, soit triode, soit pentode et capable d’actionner un haut-parleur électrodynamique.
- Ces appareils sont équipés presque toujours avec des lampes à écran en moyenne fréquence, et comportent pour le changement de fréquence soit une lampe bigrille radiomodulatrice à chauffage indirect, soit deux lampes, dont l’une est oscillatrice, et l’autre modulatrice. Comme nous l’avons indiqué dans une chronique récente, on peut utiliser une lampe triode comme oscillatrice, et une lampe à écran comme modulatrice, et ces deux lampes peuvent être évidemment à chauffage indirect comme le montre le schéma de la figure 9.
- On obtient alors en même temps un effet d’amplification
- haute fréquence.
- Le montage
- Fig. 10. — Vue schématique de face du poste « toutes est « souple » ondes » à changement de fréquence, de modèle ori- permet facilement la réception des émissions sur ondes très courtes, c’est pourquoi il est souvent adopté à l’heure actuelle sur un grand nombre de postes. Souvent aussi, la lampe modulatrice est précédée d’une lampe amplificatrice haute fréquence,
- Index vertical se déplaçant par translation
- Trois échelles horizontales c(e repère éclairées
- ftéglage de la tonalité
- Intensité des
- Commutateur des longueurs d onde et mise en marche
- Réglage d accord
- qui peut être également une lampe à écran à chauffage ndirect, mais il est alors plus difficile de réaliser la réception d’une gamme très étendue de longueurs d’onde, puisqu’il devient alors nécessaire de modifier aussi le système de liaison haute fréquence adopté.
- Ces postes fonctionnent souvent, non plus sur cadre, mais sur une antenne courte. Presque toujours une antenne intérieure de quelques mètres seulement de longueur avec une prise de terre correspondante suffit et beaucoup d’entre eux sont montés sous la forme « rnidget » bien connue.
- Il nous paraît intéressant de signaler les caractéristiques d’un poste de cette catégorie qui présente des particularités tout à fait originales.
- Cet appareil est du type à changement de fréquence par deux lampes dont l’une oscillatrice et l’autre modulatrice, toutes les deux à chauffage indirect. Il comporte deux étages moyenne fréquence, une détectrice de puissance et une pentode de forte puissance. Malgré ce nombre de lampes relativement assez grand, il est renfermé dans une ébénisterie très réduite.
- Le système d’accord est du type à réglage unique, c’est-à-dire qu’en agissant sur un seul bouton de réglage, on agit à la fois sur les condensateurs d’accord et sur celui d’hétérodyne. Le réglage se fait en observant la position d’un index le long d’une échelle horizontale graduée en longueurs d’onde, et éclairée, de sorte que la manœuvre est extrêmement rapide (fig 10).
- L’appareil ne permet pas seulement la réception des émissions sur la gamme ordinaire de 200 à 2000 mètres, mais aussi sur la gamme des ondes très courtes de 15 à 60 m environ. Le panneau antérieur ne comporte qu’un nombre de boutons de commande extrêmement réduit : à droite, tout d’abord, le bouton molleté de réglage unique, qui agit en même temps sur l’index de repère : à gauche, un bouton molleté potentio-métrique qui permet de régler l’intensité des sons; au centre enfin un commutateur qui peut prendre quatre positions : arrêt, petites ondes, gamme de 15 à 60 m environ, ondes courtes, gamme 250 à 500 m environ, ondes moyennes enfin, gamme 1000 à 2000 m environ.
- A droite, un autre bouton molleté permet de faire varier la tonalité de l’audition, c’est-à-dire de rendre celle-ci plus grave ou plus aiguë à volonté.
- Pour éviter toute fausse manœuvre, les repères indiquant les positions du bouton de commutation sont colorés, et les couleurs de ces repères correspondent à celles de trois échelles horizontales correspondantes des trois gammes de longueurs d’onde servant au réglage.
- Pour simplifier encore la manœuvre, les noms des principales stations européennes sont inscrits en face des numéros correspondants des échelles.
- Le seul inconvénient de cet appareil réside dans sa sensibilité même, qui le rend également plus sensible aux parasites qu’un poste à simple amplification directe. Pour éviter autant que possible cette influence nuisible, il suffit d’utiliser un collecteur d’ondes très réduit; on peut souvent même ne pas employer de prise de terre.
- P. Hémardinquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Lampes de T. S. F.
- Visseaux, 87, quai Pierre-Scize, Lyon.
- Philips, 5, cité Paradis, Paris.
- Gécovalve, 10 et 12, rue Rodier, Paris.
- Poste toutes ondes original.
- Établissements Sidi-Léon, 86, rue de Grenelle, Paris.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Leçons élémentaires de physique expérimentale selon les théories modernes, par.J. Tillieux. 1e édition revue et augmentée. 1 vol. 510 p., 500 lig., 10 pl. hors texte dont 6 en couleur. Ch. Béranger. Paris et Liège. 1931. Prix : 30 francs.
- Le succès remporté par cet original ouvrage didactique prouve sa valeur. C’est un traité de physique élémentaire, très logiquement ordonné et qui présente cette intéressante particularité : dans chaque chapitre l’expérience occupe la place d’honneur et sert de fondement à l’exposé des théories. Les ouvrages d’enseignement tendent, bien souvent, à suivre la voie inverse : rebutés par la difficulté d’expéii-menter devant les élèves, ils s’orientent vers les déductions abstraites, parfois bien peu probantes, et ils. faussent, sans le vouloir, l’esprit du débutant. L’ouvrage de M. Tillieux qui leur présente la physique dans son vrai jour, retouché et perfectionné, rendra encore de grands services aux élèves et aux maîtres.
- Solutions superficielles. Fluides à deux dimensions et stratifications moléculaires, par André Marcelin. 1 vol. 164 p., 86 fig. Les Presses universitaires de France. Paris, 1932. Prix relié : 80 l'r.
- L'huile étendue sur l’eau donne naissance à des lames minces jouissant de propriétés remarquables qui ont été mises en évidence et étudiées tout d’abord par Miss Pockels, lord Rayleigh et. surtout par notre compatriote Devaux. M. A. Marcelin a lui-même apporté à l’étude de cette question une contribution fort importante, en montrant que le liquide ainsi étendu en lame mince est en réalité un nouvel état de la matière, se rapprochant de l’état, gazeux, et l’on doit à ce savant d’intéressantes expériences, relatées dans le présent volume qui établissent les lois générales auxquelles obéissent ces curieux fluides à deux dimensions. M. Marcelin donne ici une vue d’ensemble des connaissances aujourd’hui acquises dans ce domaine. Après un rapide historique, il décrit des techniques et un appareillage perfectionnés pour étudier les films superficiels, puis il analyse les phénomènes présentés par les- solutions superficielles à extension spontanée dont le type est l’acide oléique étendu sur l’eau; il les distingue des vernis moléculaires, étudiés par M. Labrouste, obtenus par évaporation d’un solvant; ces derniers ne présentent pas de phénomène de saturation, leur compression et leur détente ne sont pas réversibles. 11 établit par l’expérience, et par la théorie, les lois générales des solutions superficielles. Il résume ensuite les travaux de M. Guvot qui, partant de l’abaissement de l’effet Volta, métal-électrolvte, produit par une pellicule monomoléculaire, en déduit un nouveau moyen d’investigation applicable aux solutions superficielles. Enfin par l’étude des solutions superficielles sur les surfaces solides, il aborde le problème de la polarité moléculaire.
- L’ouvrage se termine par une étude rapide des stratifications colorées des lames de savon et par un chapitre où l'auteur résume les remarquables travaux de son frère René Marcelin sur les statifications cristallines coloriées. René Marcelin, un jeune savant déjà en vue, fut fauché dès les premiers jours de la guerre avant même d’avoir pu publier ses premiers travaux qui ne parurent qu’en 1918. Son frère, en es vulgarisant et en les continuant, rend à sa mémoire le plus juste hommage.
- Atlas du spectre d’arc au fer, par Robert Bossuet et Pierre Montagne. 11 planches de 45 X 21 cm. Baudoin, éditeur. Prix : 100L”. *
- Le spectroscope et surtout le spectrographe trouvent des emplois de plus en plus nombreux pour la recherche des éléments chimiques entrant dans la composition des corps. Mais chaque appareil doit être étalonné par le repérage des raies spectrales de corps connus. On connaît dans le jaune du spectre les raies D du sodium, dans le rouge la raie du lithium, etc., mais les métaux alcalins ne donnent pas un spectre assez riche en raies ni assez étendu dans l’ultra-violet pour servir de repères. On préfère aujourd’hui employer l’arc au fer qui donne un grand nombre de raies fines et bien définies. Dans le laboratoire de M. Jolibois, à l’Ecole des Mines, les auteurs ont pris au spectrographe Féry l’image d’un tel arc dans toute l'étendue de 2234 à 5620 angstroms: ils ont reproduit le cliché obtenu avec un agrandissement de 17 fois; ils fournissent ainsi un spectre de références qui servira à étalonner les mesures spectrophotométriques dans tous les laboratoires.
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- Die Feldspâte und ihre Praktische Bestimmung,
- von Dr Karl Chudoba. 1 brochure,.64 p., 46 fig. et 4 tableaux. E. Schweizerbart’sche Yerlagsbuchhandlung (Frvvin Nagele,, G. M. G. H. Stuttgart 1932. Prix : broché 5 R. Marks.
- Les feldspaths constituent, parmi les pierres, le groupe naturel le plus important. 11 comprend un grand nombre d’espèces. La détermination d’un feldspath est une des tâches pratiques qui s’imposent au géologue et au pétrographe. C’est pour lui apprendre à l’exécuter
- que le professeur de Bonn a écrit ce petit volume où il expose, avec beaucoup de clarté et d’esprit pédagogique, les méthodes rapides et sûres qu’il convient d’employer en pratique pour arriver au résultat. 11 rappelle d’abord la constitution chimique et les caractères morphologiques des feldspaths: il indique ensuite les méthodes respectives qui conviennent pour reconnaître, suivant les cas, chacun des ields-paths: examen direct, emploi du microscope polarisant, emploi de la table tournante universelle du Pr Reinhard.
- Recherches sur les aluminates de calcium et
- sur leurs combinaisons, par Henri Lafuma. 1 vol. de
- IV-68 p. Vuibert. Paris. 1932. Prix : 16 francs.
- Les aluminates de calcium jouent un rôle essentiel dans la constitution des ciments. M. Lafuma a consacré une thèse de doctorat à certains points de la chimie de ces sels et cette étude constitue une utile contribution à un problème industriel de haute importance; il établit l’existence de deux aluminates hydratés de calcium, et étudie leur décomposition par l’eau ; il fait l’étude de l’action du sulfate de calcium sur les aluminates de calcium hydratés, précise du formule du sulfo-aluminate de Oandlot ainsi que l’action de l’eau sur lui; il confirme l’existence d’un sulfosilico-aluminate de chaux, il étudie l’action sur ces divers sels de l’eau tenant du chlorure de sodium en dissolution, il fait l’application de ces recherches aux ciments : décomposition des ciments par l’eau; effet des additions de chaux grasse, action des eaux sulfatées, action de l’eau de mer et explique pourquoi résistent à l’eau de mei les ciments à haute teneur en alumine et faible dosage en chaux.
- La dynamique du sol, par Albert Demolon. 1 vol. in-8,
- 347 p., 56 fig. Dunod. Paris, 1932.
- On doit à l’auteur d’intéressants travaux personnels sur cette nouvelle « science des sols » qui est à la base de toute amélioration agricole. Dans un cours professé au Conservatoire des Arts et Métiers, il a fait connaître les principes de ces recherches, déjà exposés dans plusieurs pays étrangers, mais encore très peu connus en France. Il examine le sol en tant que milieu physique et chimique et montre que c’est un milieu dispersé, fortement colloïdal, de pH variable, ayant un grand pouvoir d’adsorption. Ces propriétés conditionnent les échanges de matières et les mouvements de l’eau. Le sol est aussi un milieu biologique où évoluent le carbone, l’oxygène, l’azote, dont les variations déterminent la fertilité. On ne saurait trop recommander la lecture de cet ouvrage qui ouvrira aux agronomes de tout nouveaux horizons.
- Dana’s Togt Omring Jorden 1928-1930, par Johannes
- Schmidt. 1 vol. in-4, 368 p., 278 fig., 1 carte, planches, Gylde-
- nadlske Boghandel, Copenhague, 1932.
- Après tant d’expéditions océanographiques dans l’Atlantique et la Méditerranée, après tant de recherches suivies, méthodiques qui ont donné de si beaux résultats, dont le plus populaire est certainement l’histoire des migrations de l’anguille, mais dont beaucoup d’autres ne le cèdent en rien comme importance et comme intérêt, le Dr Jolis. Schmidt a entrepris d’étudier les autres anguilles du monde, notamment celles du Pacifique et de l’Océan Indien. Pour cela, il est parti, sur le navire « Dana » de la londation Carlsberg, de Copenhague, pour un voyage de deux ans autour du monde. Voici, en dehors des mémoires purement scientifiques déjà publiés ou à paraître, le récit de cette circumnavigation, le journal de route, contant la vie de chaque jour à bord, les escales : la Martinique, le canal de Panama, les Galapagos, les Marquises, Tahiti, Rarotonga, Samoa, Fiji, la Nouvelle Calédonie, la Nouvelle Zélande, l’Australie, les îles de la Sonde, Shangaï, Saigon Bangkok, Colombo, les Seychelles, Madagascar, la ccfte orientale d’Afrique, le Cap, le Maroc, la Méditerranée, Lisbonne, Santander, Plymouth, Boulogne et le retour triomphal à Copenhague. De nombreuses photographies prises un peu partout montrent tantôt le travail à bord, les espèces animales capturées, tantôt les paysages si divers dans lesquels vint s’inscrire la silhouette blanche du « Dana ». Le lecteur captivé ferme le livre, plein d’admiration pour l’œuvre du Dr Schmidt et de son pays.
- Auguste Forel, par le Dr A. de Muralt. 1 vol. in-8, 66 p., 4 pl.
- Hans Huber, Berne. Prix : 2,50 fr. suisses.
- Vaudois, teinté de sang calviniste méridional, Forel naquit en 1848 près de Morges. Il fut un grand travailleur, heureux dans ses recherches; il a étudié les fourmis avec une patience et un esprit qui en font le continuateur de Réaumur et d’Huber : il a abordé les grands problèmes psychologiques et sociaux de l’alcoolisme, de la criminalité, de la sexualité et surtout, il fut un moraliste, occupé des dangers de notre civilisation, que la guerre mondiale confirma dans son orientation vers le pacifisme et le socialisme. Ce petit livre fait revivre son esprit, ses tendances, son action.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- PHYSIQUE DU GLOBE Uéruption des volcans des Andes.
- Le 10 avril dernier, plusieurs volcans situés dans la partie méridionale de la Cordillère des Andes, non loin de Valparaiso et de Santiago du Chili, sont entrés subitement et simultanément en éruption. Certains d’entre eux étaient restés inactifs depuis fort longtemps. Ils jalonnent la chaîne des Andes sur une distance de 330 km; ce sont du Nord au Sud, le Tupungato, l’Overo, le Tinguiririca, le Peteroa. les Descalezado et Las Ye guas, dont les sommets s etagent de GoOO m. a 34o0 m environ.
- Cette éruption dura 3 jours; gigantesque par le nombre de bouches volcaniques en activité, elle ne le fut pas moins par la quantité de matières solides projetées à grande distance. Il n’y eut, fort heureusement, que peu ou pas de victimes humaines; mais pendant les 3 jours que dura le phénomène, les régions avoisinant la zone volcanique se trouvèrent plongées constamment dans une semi-obscurité, provoquée par une pluie continuelle de fines poussières et de cendres. Poussée pas le vent d’ouest, cette pluie s’est surtout fait sentir dans la région à l’est des volcans, sur les plateaux et les plaines de la République Argentine. A Montevideo, à plus de 1400 km des volcans on a noté une pluie de cendres de plusieurs heures. A Buenos-Ayres, à 1200 km, on estime à 3000 tonnes les débris volcaniques reçus par la ville en 24 heures.
- Dans certaines régions de la province argentine de Mendoza, surtout aux environs de San Rafael et de Mazargue, la poussière volcanique formait sur le sol une couche de 0 m. 30 et davantage, allant par endroits jusqu’à près de 1 m.
- Sur une vaste étendue, le sol s’est trouvé ainsi entièrement recouvert d’une poussière grise ensevelissant les pâturages et obligeant les paysans à nourrir leur bétail avec du foin ou des vivres artificiels.
- Du côté ouest, la chute de poussière et de cendres fut moindre; cependant entre Santiago et Talca, en maints endroits l’épaisseur du dépôt dépassa 0 m 60.
- Le Dr Davison, qui étudie le phénomène dans la revue anglaise Nature, calcule que même en n’admettant sur toute la superficie frappée de ce fléau qu’un dépôt de 2 mm 1/2 d’épaisseur, le total de la poussière ainsi tombée remplirait, et au delà, un cube de 4 km de côté.
- L’éruption était accompagnée d’abondantes émissions de gaz d’odeur sulfureuse, qui ont fortement incommodé les habitants des régions les plus voisines de la zone volcanique en activité.
- D’autre part, des secousses sismiques se sont fait sentir, particulièrement violentes dans certains villages de la province de Mendoza. C’est là un phénomène que l’on observe fréquemment lors des grandes éruptions volcaniques ; ces séismes sont rarement sensibles à de très grandes distances. Mais on ne peut oublier que toute la côte chilienne, au pied de la chaîne volcanique des Andes, représente une ligne de fracture de l’écorce terrestre, et de ce fait se trouve soumise fréquemment à des tremblements de terre destructeurs.
- Parmi l’énorme quantité de cendres et de poussières que les volcans andins viennent de projeter dans les airs, une partie ne peut manquer d’atteindre les hautes régions de l’atmosphère. Sans doute de fines particules y resteront en suspens pendant de longs mois. On rappelle que pendant des mois, après l’explosion volcanique du Krakatoa en 1883, on observa en Europe de magnifiques couchers de soleil, dus précisément à la présence de fines poussières dans la haute atmosphère ;
- mais cet effet ne commença à être perçu dans nos régions que 3 mois après l’éruption.
- Verrons-nous de même dans quelques semaines les poussières des Andes enflammer notre ciel ?
- ÉLECTRICITÉ
- Une lampe électrique à vapeur de sodium.
- Le Dr Pirani, directeur du Service des recherches de la Compagnie Osram de Berlin, a réalisé récemment une lampe électrique à vapeur de sodium. Cette lampe a été essayée aux laboratoires américains de la Société Westinghouse et d’après « Scienlific American », on aurait constaté qu’elle possède un rendement de 70 pour 100. C’est le rendement le plus élevé qui ait jamais été atteint dans une source lumineuse artificielle. Il est quatre fois supérieur à celui de la lampe au néon, six fois supérieur à celui de la lampe usuelle à filament de tungstène, dite « demi-watt ». Le fait tient à ce que les radiations émises par le sodium se trouvent presque entièrement dans la région du spectre pour laquelle l’œil humain est le plus sensible. C’est là du reste un fait physique connu depuis longtemps ; mais le sodium métallique attaque et noircit rapidement les verres usuels. C’est la mise au point d’un verre inattaquable par les vapeurs de sodium qui aurait permis au Dr Pirani de réaliser la lampe dont nous venons de parler.
- La lampe Pirani reste pour l’instant une curiosité de laboratoire; on ne peut dire encore si elle est en mesure d’aborder le domaine pratique pour y recevoir des applications et y faire concurrence aux lampes usuelles.
- Mais celles-ci, ainsi que nous avions l’occasion de le dire récemment à propos des lampes au néon, ne représentent nullement le dernier stade de perfection qui nous soit accessible. De nombreuses voies apparaissent qui semblent conduire vers un progrès économique. Elles sont battues par de nombreux chercheurs et, sans aucun doute, il en résultera quelque jour une nouvelle révolution dans ce domaine aujourd’hui si important.
- CHIMIE INDUSTRIELLE Nouveaux emplois pour les métaux rares.
- Parmi les corps simples que nous appelons rares, un grand nombre sont en réalité foçt abondants à la surface de notre globe. Mais la difficulté de les extraire de leurs minerais rend leur préparation coûteuse. Que des applications intéressantes soient entrevues pour eux, et l’ingéniosité des chimistes, mise en éveil, parvient assez vite en général à créer des méthodes d’extraction de plus en plus économiques. Tel fut le cas pour l’aluminium.
- Pour nombre de métaux dits « rares », on commence à trouver des emplois industriels fort intéressants, susceptibles de provoquer cet effort des chimistes.
- En voici quelques-uns que signale la l'evue Chemical Age de Londres.
- Le baryum métallique est, ainsi que nous l’avons déjà indiqué ici, employé pour former un alliage avec le nickel destiné à fabriquer les pointes de bougies d’allumage des moteurs. Dans l’industrie des lampes radioélectriques, on l’emploie comme « getter » pour parfaire le vide des ampoules. Ces emplois ont provoqué une demande assez sensible de ce métal.
- Le cérium métallique est une substance devenue aujour-
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- d’hui d’un bon marché relatif et dont les minerais sont abondants: allié au fer ou au zinc, il sert à fabriquer les produits pyrophoriques.
- Le métal et ses alliages sont des agents réducteurs puissants et à ce titre peuvent trouver d’intéressantes applications industrielles.
- Le cæsium et le rubidium sont employés aujourd’hui dans les cellules photoélectriques. Le premier de ces métaux est employé aussi pour éliminer les dernières traces d’air dans les tubes à vide..
- Le lithium métallique vient de trouver un emploi comme agent désoxydant dans le raffinage du cuivre, il a l’avantage de ne pas modifier sensiblement la conductibilité électrique du métal rouge.
- On peut se procurer aujourd’hui du tantale métallique. Ce métal très résistant aux corrosions, remplace, à meilleur compte, les filières en platine ou en or et platine qui servent à fabriquer la soie artificielle. En outre le carbure de tantale est, par sa dureté, apte à constituer des outils de coupe de qualités supérieures encore à celles des carbures de tungstène.
- Le colombium, moins connu encore de la foule, est un métal qui ressemble au platine. Il est susceptible de prendre un beau poli; en outre on peut, par des procédés électrolytiques, lui conférer de belles colorations irisées. Enfin il est inattaquable par la plupart des réactifs chimiques. Aussi semble-t-il avoir un bel avenir en bijouterie.
- HYGIÈNE
- La lumière ultraviolette et les mineurs.
- M. H. C. Wells, dans sa « Machine à explorer le Temps », prédisait une différenciation croissante entre les classes « possédante » et « travaillante », une diversité de plus en plus accentuée entre ces deux sections de l’humanité, à savoir, d’une part, à la surface de la terre, une race aimable d’êtres raffinés, beaux et avides de beauté; d’autre part, dans ses entrailles, la gent ouvrière, condamnée, par une dégénérescence inéluctable, à devenir une race de monstres hideux, craignant la lumière du jour, ne quittant ses demeures souterraines que par des nuits sombres, sans lune, et cannibales d’un lointain avenir, venant alors faire des victimes parmi leurs plus fortunés cousins.
- M. Wells s’est, dans ce cas, révélé bien mauvais prophète : au lieu d’une différenciation croissante, nous assistons, en effet, à un incessant nivellement entre les classes sociales. Il y a plus : loin de réléguer les ouvriers au sein de la terre, notre génération s’ingénie, en effet, à donner un supplément de soleil à ceux qui, comme les mineurs, sont, durant leur labeur quotidien, privés de la lumière du jour. Le problème de leur fournir une dose de soleil artificiel, c’est-à-dire de rayons ultra-violets, se discuta, au moins assez sérieusement, ces temps derniers.
- C’est, semble-t-il, le Pr Loenne, à Gelsenkirchen, qui, attribuant l’apparence « pâle, fatiguée et indolente » des mineurs à l’insuffisance de leur ration de lumière, a, le premier, préconisé l’installation de salles d’irradiation où, au sortir de la mine et de la salle de bains, ils trouveraient, sous les rayons ultra-violets de « soleils de montagne », lampes en quartz à vapeur de mercure, l’agent vital de la lumière du jour.
- Ce projet était, évidemment, basé sur l’hypothèse implicite que les lampes en quartz seraient capables non seulement de guérir certaines affections et de basaner la peau, mais, d’une façon générale, d’exercer une action stimulante sur
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- ceux qui jouissent d’une santé normale. Mais, cette action n’était aucunement démontrée; bien au contraire, on devait compter avec la possibilité d’effets nuisibles, dans le cas d’une application souvent renouvelée.
- C’est pourquoi le Dr Prof. Atzler, Directeur de l’Institut Empereur Guillaume de la Physiologie du Travail, à Dort-mund, vient de se livrer, en collaboration avec deux de ses assistants, MM. Lehmann et Szakall, à des recherches physiologiques approfondies, destinées à élucider ce problème. Les expériences en question, faites sur de nombreux sujets, ont été, pour chacun d’eux, continuées pendant plus de six mois.
- Le résultat essentiel de ces essais, c’est que l’action prolongée des rayons ultra-violets émis par les lampes en quartz donne lieu, dans un organisme sain, à des modifications importantes et nettement bienfaisantes. Ces modifications ressemblent, sous bien des rapports, à celles qui accompagnent un entraînement sportif; elles consistent, surtout, en une stimulation de l’ensemble du métabolisme. Tandis que les lympho-
- Fig. 1. — Mesures du travail produit par des sujets soumis à la lumière artificielle.
- cytes du sang augmentent en nombre, le nombre des leucocytes (corpuscules blancs du sang) diminue au contraire, en même temps que le rendement des muscles s’améliore d’une façon frappante, ce qui permet au sujet de fournir un travail donné plus rapidement et avec une moindre dépense d’énergie.
- D’autre part, les produits acides du métabolisme, libérés lors du travail musculaire, sont déchargés plus facilement que dans des conditions ordinaires. L’organisme se fatigue plus lentement; il répare ses forces plus rapidement après un grand effort.
- Il résulte, de ce qu’on vient de lire, que le rayonnement ultra-violet produit par voie artificielle, quant à ses effets sur l’organisme bien portant, ne le cède aucunement aux rayons directs du soleil. La base hygiénique du projet étant ainsi bien établie, il sera intéressant d’en faire, dans quelque district minier, la première application, sur grande échelle. Il va sans dire que ces séances de soleil « artificiel » pour mineurs devront être surveillées par un médecin.
- Dr Alfred Gradenwitz.
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- PETITES INVENTIONS
- MÉCANIQUE
- Une nouvelle roue élastique.
- Plusieurs milliers de roues élastiques ont été proposées. Aucune n’a encore réussi à s’imposer. Et cependant les nombreux accidents causés presque jour nellement par les pneumatiques (niés évidemment par les constructeurs de bandages, mais pourtant incontestables), prouvent que cette recherche ne manque pas d’intérêt.
- Sans doute, il semble difficile d’imaginer une roue ayant des ressorts autres que l’air et possédant la même élasticité et la même légèreté que celui-ci. Le pneumatique reste donc la seule solution pour les véhicules exigeant une grande légèreté (bicyclette), ou ceux à grande vitesse pour lesquels la roue doit avoir une faible masse (afin de diminuer les efforts centrifuges).
- Il présente en outre une combinaison à laquelle on n’a pu jusqu’ici trouver d’équivalent pratique : à la suspension élastique la plus légère qui soit, il allie un amortisseur, à peu près parfait, qui est le caoutchouc, à la fois léger et résistant.
- Mais pour certains véhicules se contentant d’une vitesse modérée (inférieure à 80 km par exemple), surtout s’ils roulent dans de mauvais terrains (camions allant sur les chantiers), la roue dite élastique peut présenter de sérieux avantages. Cette roue serait particulièrement intéressante pour les voitures militaires que rien ne doit arrêter, même les plus mauvais terrains, même ceux parsemés de ronces artificielles coupées,
- mais non enlevées. (Ceci est tellement vrai que le pneumatique n’est pas admis sur celles des voitures militaires qui consti -tuent des engins de combat).
- Pour qu’une roue élastique puisse être acceptable, il faut qu’elle procure une très bonne suspension et soit durable.
- Une bonne suspension entraîne Fig. 2. — Mode d’exécution de la roue élastique. , , ,,
- J la nécessite d avoir
- une jante souple
- (très souple) et un poids non suspendu très faible par rapport au poids suspendu.
- Pour être durable, il faut que la roue ne puisse prendre une
- déformation permanente, si certains ressorts sont un peu différents des autres (comme métal ou comme trempage). 11 faut aussi que son usure soit très lente.
- Il faut enfin qu’elle puisse reprendre sa forme et son fonctionnement normaux par un réglage simple, si l’usure a donné quelque jeu.
- La nouvelle roue que nous allons décrire, imaginée par M. Proulio, semble bien répondre à ces diverses conditions.
- Son principe est le suivant (fig. 1) :
- Soit une jante flexible J J réunie à un moyeu M au moyen de rayons tangents (formant au minimum 2 nappes coniques). On charge le moyeu de façon à forcer la jante à fléchir, le moyeu se rapproche du sol, ou, ce qui revient au même, on remonte le sol de S S en St S'r La jante a une tendance à se déformer en prenant le contour ABC D F G . Les rayons tels que II I, K L se raccourcissent suivant H lj, K L,. Les rayons tels que N O, P Q s’allongent suivant N O,, P Qr
- La roue proposée est basée sur l’utilisation de ces déformations.
- A cet effet, la jante est élastique. Les rayons sont tangents et forment au moins deux nappes coniques. En outre, ils sont articulés à leurs deux extrémités.
- La longueur des rayons peut être réglée à une certaine dimension et cette longueur est conservée tant que l’effort de trac lion que subissent les rayons est inférieur à une certaine valeur P qui peut être de toute grandeur choisie, et que l’on appellera « tension primitive ».
- Les rayons peuvent, de plus, s’allonger, au delà de la longueur précédente en comprimant un ressort, lorsque l’effort de traction est supérieur à P.
- Enfin, les rayons peuvent se raccourcir d’une quantité notable au-dessous de la longueur normale fixée par le réglage sans offrir aucune résistance.
- Parmi les diverses réalisations pratiques envisagées, celle qui a donné les meilleurs résultats est celle indiquée sur la figure 2.
- La jante est composée de lames AB analogues à celles des ressorts de voitures, décalées d’un certain intervalle en passant de l’une à l’autre. La figure ne représente qu’une des nappes •de rayons, à savoir, les rayons qui aboutissent au moyeu en avant du tableau.
- D’ailleurs, le nombre de rayons représentés est très inférieur au nombre de ceux que l’on place réellement, et qui peut être un multiple quelconque de 4 : un bon nombre paraît 32, soit 16 dans chaque nappe.
- Le détail d’une de ces lames est donné figure 3. Des boulons d’assemblage passent par des trous 1 à 5. Les trous 1 et 2 étant circulaires, la distance entre le trou 1 d’une lame et le trou 2 de la lame suivante est invariable. Il en résulte que le périmètre de la jante est constant.
- Par contre, les trous 3, 4 et 5 sont ovalisés, ce qui permet le glissement des lames l’une sur l’autre (vers une extrémité seulement).
- L’invariabilité du périmètre est d’ailleurs assurée par un épaulenrent empêchant tout glissement de la lame du mauvais côté, et qui n’est pas représenté, pour simplifier la figure. De même, il est bon de nervurer la lame, comme on le fait couramment pour les ressorts de voiture de chemin de fer, pour éviter tout glissement latéral).
- Il y a deux nappes de rayons réunissant cette jante au moyeu (nappes assez fortement coniques, que l’on peut croiser pour diminuer la longueur du moyeu).
- Chaque rayon est composé comme l’indique la figure 2 (étant entendu que la partie C D de chaque rayon est cons-
- Fig. 1. — Principe de la nouvelle roue élastique.
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- tituée par une chaîne, ou par tout autre mode de liaison n’oiïrant aucune résistence à la compression).
- Des étriers peuvent faciliter l’assemblage des rayons et de la jante et consolider cette dernière.
- Voyons comment fonctionne cette roue.
- Le ressort E peut être comprimé à la tension primitive choisie P au moyen de l’écrou F, sans que cela modifie la longueur du rayon.
- La longueur G D est réglable (par un dispositif non figuré).
- On peut donc rendre la roue parfaitement circulaire en agissant sur la longueur C D, à condition que la tension primitive P soit suffisante pour que, quand on raccourcit C D, ce soit la jante qui cède et non le ressort E.
- Cette forme circulaire obtenue sera reprise par la roue, dès que celle-ci sera déchargée, même si les ressorts E sont de forces différentes (trempe différente par exemple), et même si les lames A B de la jante sont également de forces différentes. La roue ne prend donc pas une ovalisation permanente (qui a toujours tendance à augmenter).
- Les rayons (partie C D), constitués par des chaînes (ou un système analogue), ne peuvent travailler qu’à la traction : ils ne peuvent donc pas se fausser, ni prendre un jeu quelconque autre qu’un allongement facile à corriger (par simple réglage de la longueur C D).
- La jante, composée de lames A B superposées, a une flexibilité de la valeur que l’on choisit : c’est une question de largeur, épaisseur et nombre de lames. On peut obtenir des résistances à la flexion élevée avec des lames assez minces pour n’avoir pas de tendance à la rupture : il suffit d’augmenter le nombre des lames.
- ^ Du côté de l’extérieur de la jante,
- ^-----------------^ les lames n’ont aucun glissement l’une
- sur l’autre (grâce par exemple au talon, non figuré, dont il a été parlé ci-dessus) ; le périmètre de la roue est donc constant, ce qui permet de lui adjoindre un bandage G (en caoutchouc par exemple), d’où suppression de la sonorité, diminution de l’usure des lames, lutte contre le dérapage, absorption des petites trépidations.
- Tous les ressorts E sont enfermés dans un moyeu que l’on peut constituer par une boîte étanche contenant de la
- Fig. 3.— Une des lames de la jante de la roue élastique.
- graisse.
- Toute la roue est suspendue, sauf la partie de la jante en contact avec le sol.
- Le poids non suspendu n’est donc qu’une petite partie du poids total.
- Grâce aux deux nappes coniques de rayons, la résistance aux efforts latéraux (virages) est complète, sans que les rayons travaillent jamais à la flexion ni à la compression.
- Cette roue possède donc toutes les propriétés qui ont été signalées comme désirables. L’exjiérience a montré sa très grande souplesse.
- Pour tous renseignements, s’adresser à M. Rossi, 37, rue de Montreuil, Versailles (S.-et-O.).
- OBJETS UTILES Réveil=baromètre.
- Qui n’a été tenté par les formes agréables et si variées qu’ont prises, depuis quelques années, nos « réveils » -— métal chromé et brillant, émail et dorure, coloris chatoyants et marbrés s’associent aux formes les plus heureuses pour donner, à ce compagnon des heures de notre vie, une réelle élégance.
- Il semblait impossible de faire mieux, et voici cependant un
- nouveau progrès ; c’est le réveil - baromètre Bayard qui donne d’un coup d’œil et le temps qui passe et le temps qu’il fait.
- Synthèse technique remarquable, l’aiguille du baromètre a le même centre que celle du réveil et se déplace sur un cadran colorié du noir tempête au bleu ciel.
- Le problème présentait un certain nombre de difficultés, car il fallait arriver à placer le baromètre sans gêner le mouvement d’horlogerie.
- D’autre part, dans un réveil, la minuterie tient une certaine place et joue un rôle important.
- Comme, par ailleurs, il était nécessaire, jiour la facilité des lectures, et pour la présentation, que l’axe portant l’aiguille du baromètre passât au milieu de l’axe des aiguilles du réveil, on a dû relier les deux chaussées par une roue double de renvoi. Ce système est constitué schématiquement par deux roues de même diamètre et présentant le même nombre de dents qui sont solidaires du même axe : l’une, recevant le mouvement et, l’autre, le transmettant.
- La réalisation d’ensemble est heureuse et constitue un succès pour l’industrie liorlogère française.
- Le beurrier=gîacière Friga Perfect.
- La Natures, déjà décrit un beurrier-glacière en terre poreuse, récipient dans lequel le beurre se trouve automatiquement refroidi, grâce à l’évaporation de l’eau dont sont imbibées les parois poreuses.
- La maison qui naguère ressuscita ainsi le vieux système de l’alcari'aza présente cette année, sous une nouvelle forme, une application du même principe.
- C’est d’une part une assiette en verre, de forme spéciale qui reçoit le beurre et peut être garnie d’eau. C’est d’autre part un couvercle fort léger dont on coiffe l’assiette.
- Ce couvercle est fait d’une matière légère, de texture amiantine, de très grande porosité qui absorbe avec une parfaite régularité l’eau froide contenue dans le bord de l’assiette.
- Le moindre courant d’air provoquera ensuite une évaporation intense sur le couvercle poreux et par suite un abaissement de température sensible qui maintiendra la fraîcheur du beurre, assurera sa conservation et son bon goût.
- Le couvercle que Ton manie à l’aide d’une légère monture métallique a encore l’avantage d’être incassable.
- En vente aux établissements Seigle, 23, square de Vergennes,
- Paris (15e) et dans les grands magasins.
- Fig. 5.— Le beurrier-glacière Friga-Perfect.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Récréations mathématiques (n° 2876, du 1er mars 1932).
- Après la mise sous presse du Numéro, nous avons encore reçu, du problème de parc zoologique, des solutions exactes de M. A. Chevallier, à Marseille, et de M. l’abbé Morier à Huy (Belgique).
- A propos du “ Cœur artificiel ” au haut-parleur, n° du 15 avril 1932, p. 379.
- M. le Dr Lutembacher nous écrit:
- a En 1926, nous avons enregistré toutes les anomalies des bruits
- du cœur, sur lilm, permettant de les rendre audibles à l’aide d’une cellule de sélénium — démonstration faite à l’académie de médecine, 26 Janvier 1926; transmission de ces bruits par T. S. F. aux P. T. T. à Paris.
- Cette technique et ces documents, du moins quelques exemples, sont publiés dans mon livre ; Étude Élémentaire des Arythmies (Masson et Cie, Paris 1929). A l’aide de ces lilins, j’ai fait une retranscription des bruits du cœur sur disque de phonographe pour mettre entre les mains des étudiants une collection des bruits pathologiques du cœur. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Les émulsions de bitumes.
- Les émulsions de bitumes que l’on utilise à froid sur les chaussées sont obtenues en mettant en suspension le bitume dans une eau savonneuse. Ces émulsions se rompent soit sous l’action du temps, soit quand on essaie de les diluer avec une eau naturelle, soit quand on veut les mélanger avec des poudres minérales très fines, dites filler. Cette rupture paraît due, le plus souvent, à l’action des sels de chaux solubles dans l’eau, contenus dans l’eau ou dans le filler, ou du carbonate de chaux, solubilisé par l’acide carbonique de l’air qui le transforme en bicarbonate. Ces sels de chaux précipitent en effet le savon qui sert à maintenir l’émulsion.
- Récemment, MM. Lefebvre et Berger ont breveté un procédé de stabilisation des émulsions bitumineuses qui réside dans l’addition à froid de 1 à 3 pour 100 de sels alcalins d’acides faibles.
- Réponse à M. Lavachery.
- Augmentation de la sélectivité d’un récepteur.
- Votre appareil comportant deux étages d’amplification haute fréquence à liaison à résonance devrait vous permettre d’obtenir une sélectivité suffisante, malgré l’emploi d’une antenne intérieure assez courte. Au contraire, un tel poste ne peut fonctionner très bien, en raison de sa sensibilité même, avec une antenne de grande longueur. Il se produirait alors des effets de saturation, et une diminution accentuée de la sélectivité.
- Votre appareil est à réglage unique, c’est-à-dire comporte un seul bouton molleté agissant à la fois sur le réglage du condensateur d’accord et sur les réglages des deux condensateurs de résonance. Malgré l’emploi d’un système d’accord à bobinage primaire apériodique, il est évident que la longueur de l’antenne exerce une certaine influence sur le réglage de ce circuit primaire d’antenne, et c’est pourquoi le constructeur a prévu certainement le montage dans le circuit, entre la borne de prise d’antenne et le bobinage, d’un petit condensateur variable.
- On détermine exactement, au moment de l’installation du poste, la capacité de ce condensateur suivant la longueur de l’antenne. Plus l’antenne est longue, plus on diminue sa capacité en écartant ses lames au moyen d’une vis de réglage, et inversement. Nous vous conseillons donc d’abord de vérifier le réglage de ce condensateur pendant l’audition, au mieux des résultats obtenus.
- Il y a évidemment, d’autre part, des cas où les émissions ont des fréquences tellement voisines (différant de moins de 9 kilocyles) qu’il est normalement impossible de les séparer, à moins d’utiliser un récepteur d’une sélectivité trop accentuée, diminuant la qualité musicale de l’audition.
- Votre appareil est destiné essentiellement à la réception sur antenne, et non à la réception sur cadre. Il comporte donc un circuit d’accord sur antenne avec un fil de prise de terre et un fil de prise d’antenne. La réception sur cadre augmenterait évidemment la sélectivité, mais elle rendrait nécessaire la suppression des bobinages d’accord d’antenne, et la connexion directe de l’enroulement du cadre à la place de ces bobinages.
- La modification serait assez délicate à réaliser, du fait que le poste est à réglage unique des circuits d’accord et de résonance, et qu’en
- conséquence le bobinage du cadre devrait être exactement déterminé de manière à avoir précisément les mêmes caractéristiques que le bobinage d’antenne actuel. Sans rien modifier au montage intérieur actuel, il est donc difficile d’augmenter beaucoup la sélectivité du poste, si, du moins, elle demeure encore insuffisante à la suite des réglages que nous vous indiquons. Le seul procédé pratique pourrait consister à utiliser un système de filtrage passe-bande, dit présélecteur, dont les principes sont indiqués dans nos Chroniques de Radiophonie, et qui est d’ailleurs déjà construit, croyons-nous, par quelques constructeurs.
- Ce dispositif est destiné justement à permettre un accord plus précis, sans nuire à la qualité musicale de l’audition.
- Réponse à M. T. L... à Tours (Indre-et-Loire).
- Réception des images téléphotographiques.
- La réception des images téléphotographiques n’offre pas sans doute de grandes difficultés. On trouve dans le commerce des récepteurs à mouvement d’horlogerie, relativement simples et d’un prix généralement assez modique. Ces appareils comportent le plus souvent un système redresseur amplificateur et le dispositif téléphotographique proprement dit, avec le cylindre sur lequel est enroulée la feuille imprégnée chimiquement, et le dispositif d’entraînement et de synchronisme.
- Si l’appareil est, en somme, assez simple, il ne faut pas se dissimuler pourtant qu’un réglage plus ou moins minutieux est nécessaire, si l’on veut arriver à un résultat satisfaisant. En général, l’appareil est déjà réglé au point de vue mécanique et électrique et permet d’obtenir un synchronisme satisfaisant, à condition évidemment de choisir une vis d’entraînement ayant un pas correspondant à celui qui est adopté pour l’émission considérée.
- Mais il est indispensable de préparer le papier chimique avec soin, c’est-à-dire de l’imbiber de la solution convenable, d’enlever l’excès de liquide avant de le placer sur le cylindre, et, d’autre part, de régler le système redresseur et amplificateur de telle sorte que l’image apparaisse nettement sur un fond blanc. En l’absence de toute émission, la pointe exploratrice ne doit inscrire aucun trait apparent par phénomène d’électrolyse normal. Cette solution peut être au ferrocyanure de potassium, et alors donne une image bleue sur fond blanc, mais on peut également utiliser des solutions à l’iodure de potassium ou à l’acide pyrogallique.
- La solution utilisée, en général, comporte :
- Eau................ 100 gr.
- Nitrate d’ammonium. . . . 125 gr.
- Ferrocyanure de potassium . 5 gr.
- Glycérine...............20 à 30 cm3.
- Cette solution donne de bons résultats, mais elle offre la particularité d’amener une usure assez rapide de la pointe exploratrice, de sorte qu’il est nécessaire de la changer très souvent, ce qui n’est, d’ailleurs, pas fort difficile.
- Il existe, comme nous l’avons indiqué plus haut, d’autres solutions pouvant être employées pour imprégner le papier sensible, et ces solutions sont préparées avec de l’iodure ou de l’acide pyrogallique, de sorte que les traits apparaissent bruns, par suite de la mise en liberté de l’iode dans le premier cas sous l’action de l’électrolyse.
- Pour préparer la solution, on achète de l’iodure de potassium, sous
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- forme de cristaux incolores, et on dissout 5 grammes d’iodure dans 50 centimètre cubes d’eau distillée. La solution est alors suffisamment concentrée pour donner des teintes marrons sous l’action de courants de 2 milliampères.
- La première solution que nous vous avons indiquée s’obtient, d’ailleurs, par dissolution à chaud dans de l’eau distillée et il est nécessaire de l'agiter et de la filtrer successivement, de manière à obtenir une limpidité absolue.
- Pour préparer le papier, on utilise une qualité dite « papier ministre » légèrement encollé. On fait tremper les feuilles quelques heures à l’avance en tenant le bain à l’abri de la lumière et de la poussière et en évitant surtout toute trace d’acide.
- Il existe un moyen pour renforcer les images obtenues après leur réception dans.l’appareil de téléphotographie. On fait plonger à nouveau les feuilles enregistrées pendant une dizaine de minutes dans une solution qui a servi à imprégner le papier, mais contenant 20 gr environ dé ferrocyanure de potassium. Après ce renforcement, un avage à grande eau est nécessaire, si l’on veut obtenir une image inaltérable.
- Le séchage de la feuille avant la fixation sur le cylindre doit être opéré en la plaçant sur une plaque de verre. Une face reste ainsi humide, et l’autre est épongée à l’aide d’un buvard.
- Ajoutons enfin que, d’après les praticiens, les inscriptions obtenues sur du papier à l’iodure de potassium seraient moins nettes et plus vite altérées par les agents atmosphériques.
- Réponse à M. I. à Paris.
- De tout un peu.
- Collège de Péronne. — Le champignon des maisons est le Merulius lacnjmans. Pour le détruire il suffit de badigeonner les parties envahies avec une solution saturée de sulfate de cuivre (vitriol bleu) d’usage courant en agriculture pour le sulfatage des semences et que l’on trouve même souvent chez les épiciers.
- Ou mieux encore, employer une solution de zincate de soude, obtenue en ajoutant à 4 litres de soude caustique à 22° B un litre de chlorure de zinc à 33°B.
- M. Georges, au Thillot (Vosges). — 1° Il y a évidemment un certain risque à pénétrer dans un bac ayant contenu du mazout avec une lampe à flamme, également à y séjourner sans y avoir effectué une ventilation parfaite.
- A notre avis, le mieux serait de découper dans le bas du bac, au-dessus de la faible couche de mazout restant, une ouverture circulaire et d’y adapter un tuyau permettant de refouler de l’air à intérieur, le trou d’homme supérieur étant complètement libre, ce jusqu’à l’évacuation complète de toutes vapeurs. Une bouteille pleine d’eau descendue à l’intérieur au moyen de deux ficelles dont l’une pour le basculement, se remplira ainsi d’air et il sera facile, une fois retirée, en approchant du goulot une allumette, de se rendre compte si les vapeurs sont combustibles ou forment un mélange détonant.
- Nous ne saurions trop vous recommander, en cette occurence, de prendre les plus grandes précautions.
- 2° Veuillez vous reporter à notre article paru dans le n° 2869, page 462, sur la pollution des huiles de graissage et leur épuration par les complexes mercuriels.
- M. Bessette, à Orizaba. — La préparation suivante vous donnera très probablement satisfaction comme colle pour bandages :
- Prendre :
- Gomme laque pulvérisée = 50 grammes
- Ammoniaque concentrée = 450 cent, cubes.
- Laisser digérer plusieurs jours en agitant fréquemment jusqu’à obtention d’un liquide épais.
- Appliquer la solution obtenue d’une part sur la jante métallique et d’autre part sur le caoutchouc. Serrer fortement par exemple au moyen d’une cordelette enroulée en hélice et ne libérer qu’après s’être assuré que l’adhérence est parfaite.
- N. B. — Une gomme laque de bonne qualité doit se dissoudre parfaitement dans huit à neuf fois son poids d’ammoniaque concentrée.
- M. Barrillon à Sète. — Pour coller vos cigarettes, le mieux est d’employer simplement la colle de pâte courante dont vous assurerez la conservation par addition de douze gouttes d’une solution alcoolique de sublimé à 1 pour 100, pour 100 cent, cubes de colle.
- N. B. — A la dose ci-dessus l’emploi du sublimé peut être considéré comme tout à fait inoffensif dans les conditions considérées.
- M. Boyaval à Tourcoing. — 1° A notre avis il y a incompati-
- ----- ----- .......... — 479 =
- bilité dans l'emploi simultané de la gélatine et du camphre, ce dernier étant insoluble dans l’eau.
- 2° Une bonne colle pour cuir peut être préparée ainsi :
- Prendre : Colle forte de Givet = 50 grammes
- Faire gonfler pendant 12 heures dans l’eau froide, enlever ensuite l’excès d’eau et liquéfier la masse gélatineuse au bain-marie.
- Pendant ce temps, délayer également à froid 10 grammes de fécule dans 100 centimètres cubes d’eau, puis verser le lait ainsi obtenu dans la solution chaude de gélatine.
- Chauffer à nouveau le mélange en remuant constamment jusqu’à obtention d’une masse homogène avec empois bien formé.
- Incorporer en dernier lieu un ou deux centimètres cubes d’essence de térébenthine pour en assurer la conservation.
- Bien entendu, cette colle doit être employée à chaud sur cuir dégraissé.
- Salpêtre. — Si votre mur présente en abondance des efflorescences de salpêtre, cela provient simplement de ce que le sol de l’écurie est saturé de produits ammoniacaux fournis par les urines des animaux qui y ont séjourné. Aucun remède ne peut être apporté dans ces conditions; seule, la disparition de la cause pouvant en supprimer les effets.
- C. R. à Saint-Cloud. — Le nettoyage des fourrures s’effectue en barbouillant le poil d’une pâte claire obtenue en délayant du plâtre fin dans l’essence de térébenthine.
- Laisser bien sécher, puis battre avec une baguette afin de dégager le plâtre qui a absorbé les matières grasses.
- Pour lustrer, saupoudrer ensuite abondamment avec du talc, secouer et battre à nouveau.
- M. Marcelet ê Nice. — Nous ne connaissons pas la spécialité en question et regrettons de ne pouvoir vous renseigner sur sa composition.
- A. S. à Rio-de-Janeiro. — 1° Le terme de magma désigne une masse pâteuse, épaisse et visqueuse.
- 2° C’est Lavoisier (1743-1794) qui établit le premier la nature élémentaire des métaux et fixa la notion des corps simples, en considérant comme tels, le corps dont on ne peut retirer qu’une espèce de matière, lorsqu’il est soumis à l’épreuve de tous les moyens d’action dont dispose le chimiste, corps qui se retrouve toujours indestructible, indécomposable, ce qui confère à ce corps une individualité propre.
- 3° Le principe de la valence ou atomicité a été émis en premier lieu par Richter sous la forme que la capacité de saturation d’un oxyde dépend de la quantité d’oxygène qu’il renferme, ce principe a été étendu à la suite de considérations nouvelles par Berzelius, Graham, Williamson, Gerhardt, Kekulé, Dumas, Boutlerow, Erlenmayer, Würtz pour arriver aux conceptions actuelles.
- IVI. P. Soumet à Rochefort (Charente-Inférieure). — 1. Pour rendre votre essence à usage de dégraissage impropre à un emploi pour moteurs, il vous suffira d’y ajouter 5 à 10 pour 100 de tétrachlorure de carbone, ses propriétés dégraissantes ne s’en trouveront nullement modifiées.
- 2° Si vous désirez colorer [ladite essence, pour en constater la présence anormale dans le cas de détournements, vous pouvez employer l’une quelconque des couleurs dites aux stéarates qui sont très solubles dans les hydrocarbures.
- M. Tholoze à Aisy-sur-Armançon. — Nous avons répondu à votre demande dans le n° 2870, page 527 et vous prions de vouloir bien vous y reporter.
- M. S. Bommeler à Paris. — 1° Dans la préparation que nous avons indiquée pour Vimperméabilisation des bâches de bateaux (n° du 15 décembre 1931, page 575), la dissolution du savon de fer bien sec se fait à froid, sans quoi il y aurait départ de la benzine qui solubilise le caoutchouc, ce n’est qu'industriellement qu’elle pourrait se faire à chaud et en vase clos.
- 2° L’imprégnation doit se faire également à froid pour la même raison.
- Matériel télégraphique militaire à Paris. — Effectivement, les fûts destinés à contenir de la bière sont enduits intérieurement de poix résine et c’est très probablement celle-ci qui s’est dissoute dans votre alcool et lui a communiqué l’amertume que vous signalez.
- Malheureusement, il n’y a pas de remède pratique à appliquer dans ce cas, seule une redistillation permettrait dans une certaine mesure la récupération de l’alcool, mais il est fort probable que celui-ci ne serait pas franc de goût; à notre avis, le mieux est de renoncer à tout traitement.
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Fig. I. — La nacelle du ballon stratosphérique du P1 Piccard est retirée du glacier où elle a échoué et sera renvoyée à Bruxelles. (Plu Wide World.) Fig. 2. — La gare de chemin de fer de l’Elal du Vatican vient de recevoir son premier train. (Ph. Keystone.)
- Fig. 3. — L’installation du grand speclrographe à rayons ultra-violets de l'Institut de technologie de Boston. L’appareil comporte un réseau
- monté dans un grand tube où règne un vide très poussé. (Ph. Wide World.)
- Fig.é. — Au « Zoo » de Washington on a installé un appareil à oxygène pour soigner un jeune gorille atteint de pneumonie, (Ph. Wide-World.) Fig. 5. — Embarcations à moteurs légères et rapides (50 km à l’heure) pour la marine militaire anglaise (Ph. International Press Service.)
- Fig. 6. — Cet avion allemand porte son combustible et ses bagages dans les ailes (Ph. Wide. World.)
- Le Gérant : G. Masson.
- 2473. — Paris, lmp. Lahure.
- i5-5-I932.
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- N° 2882.
- LA NATURE
- l" Juin 1932.
- LA SYRIE ET LE LIBAN
- Pays variés, tantôt montagneux et couverts de forêts, tantôt désertiques et riches en ruines de toutes sortes, la Syrie et le Liban offrent aux appétits d’investigation des ethnographes et des archéologues un champ d’études incomparable.
- Depuis les temps les plus reculés, ces régions excitèrent la convoitise des peuples voisins, notamment des Babyloniens et des Égyptiens qui venaient, attirés par la richesse des forêts, s’y approvisionner en bois.
- Plus de 2000 ans avant notre ère, des Sémites, tribus nomades, venus de Mésopotamie et d’Arabie, se fixèrent sur la plus grande partie du territoire comprenant aujourd’hui la Syrie, le Liban, l’état des Alaouites. Mais les premiers envahisseurs furent les Babyloniens qui apportèrent, en même temps que leur langue, l’écriture dite cunéiforme.
- Au xve siècle avant Jésus-Christ, la Syrie fut conquise par les Pharaons Thoutmès Ier et Thoutmès III de la 18e dynastie et resta vassale de l’Égypte près de quatre siècles. En 1888 on a trouvé dans la Haute-Égypte, à Tell-Amara, un important dépôt de tablettes cunéiformes dont la lecture est des plus suggestive. C’était la correspondance échangée entre les souverains égyptiens et leurs vassaux, les princes de Syrie.
- Différentes races se succédèrent, dont les principales étaient les Chananéens et les Araméens, ensuite les Hittites qui descendaient des plateaux de l’Anatolie.
- Lorsque les Pharaons envahirent le pays, ils soumirent d’abord les Phéniciens dont le royaume s’étendait sur 200 kilomètres de long et 40 de large au bord de la
- Fig. 2. — Gébail (Byblos). Ruines du fort.
- Fig. 1. — Damas. La dervicherie.
- Méditerranée. Peuple de marins'et de commerçants, les Phéniciens avaient fondé des cités superbes : Arad, Tripoli, Gébail, Beryte, Sidon et Tyr. Berite ou Beyrouth ville extrêmement florissante, est devenue un grand port et la capitale du Liban. Sidon, aujourd’hui Saïda, fut la première capitale de la Phénicie, parce que la plus importante ville à l’époque des 18e, 19e et 20e dynasties Égyptiennes. Les Sidoniens, qui étaient les courtiers de l’Égypte, exercèrent la piraterie des mers en même temps .que le commerce des femmes et des enfants, femmes et enfants qu’ils vendaient sur les marchés de l’Orient. Mais les peuples maritimes de l’Asie se révoltèrent contre les Sidoniens qui furent chassés de Sidon et fondèrent alors Tyr, laquelle devint à son tour i’état le plus puissant de la Phénicie.
- Tyr, aujourd’hui Tsour (rocher), se trouvait dans un petit îlot. Son grand commerce était l’industrie de la pourpre. On y vendait l’encens d’Arabie, les blés de Syrie, les chevaux d’Arménie, l’argent d’Espagne et le cuivre du Caucase. Elle connut des révolutions intérieures, subit les assauts de Salmanazar et de Nabu-chodonosor, et enfin fut vaincue, elle, la maîtresse de la mer, par la science maritime des Grecs et des Carthaginois.
- Des épaisses forêts de cèdres couvrant autrefois le pays et descendant jusqu’à la mer, il ne reste aujourd’hui sur la montagne blanche que quatre ou cinq spécimens des fameux cèdres du Liban.
- Nous nous sommes arrêté sur Sidon et Tyr qui furent jadis de purs joyaux méditerranéens, parce qu’il était important de dire le rôle prépondérant joué par les Phéniciens en Orient. Si leur art, mélange de babylonien, d’égyptien et de perse, était peu original, il n’en
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- est pas moins vrai qu’ils furent les propagateurs de l’alphabet, de l’astronomie, du calcul, exerçant dans le bassin de la Méditerranée un véritable rôle de civilisateurs.
- D’autres civilisations se succédèrent. Séleucus Ier
- Fig. 4. — Ras-el-Ain. Ruines assyriennes de Tell-Haleb.
- Nicanor, lieutenant d’Alexandre, fonda en 301 av. J.-C., après la victoire d’issus, le royaume grec de Syrie.
- La Syrie devint une province romaine florissante sous Pompée en l’an 64 av. J.-C. Elle donna même des empereurs et des impératrices à Rome. Septime Sévère avait épousé une Syrienne d’Emèse (le Homs actuel). Philippe, surnommé l’Arabe, était natif du Hauran.
- Après la Judée, la Syrie fut le premier pays où pénétra le Christianisme.
- C’est en 634 qu’elle tomba au pouvoir des Arabes. Sous la dynastie des Omayades, Damas fut la capitale du Califat, et, est restée depuis celle de la Syrie.
- La Syrie appartint ensuite aux Abbassides de Bagdad, puis aux souverains Toulounides d’Egypte, aux Ikhchi-dides, Fatimites et enfin aux Turcs Seldjoucides. Les Croisés occupèrent le pays près de deux siècles de 1098 à 1292.
- Prise par les Ayoubites d’Égypte en 1187, sous Saladin, la Syrie resta près de trois siècles unie à l’Égypte. C’était la période des Mameluks.
- Cette domination prit fin sous le sultan ottoman Sélim Ier qui joignit la Syrie à ses États. Elle resta au pouvoir des Turcs jusqu’en 1918.
- Le Général Gouraud, haut commissaire de la Répu-
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- blique française, proclama officiellement le 1er septembre 1920 la Constitution du grand Liban en même temps qu’il créait trois états autonomes : Damas, Alep et le Territoire des Alaouites. Plus tard fut créé un 4e état, celui de Mauran.
- Dans les territoires sous mandat français, le tourisme a pris ces dernières années un essor considérable. Berceau des plus anciennes civilisations, les États de Syrie et du Liban gardent encore, des confins du Sannin aux déserts, des vestiges que le temps n’a pu effacer.
- Faire un voyage en Orient sans connaître Palrnyre et ses arcs et colonnades presque intacts, Tortose et la
- Fig. (3. — Rakka.
- Basilique de Notre-Dame des Croisés, le fameux Ivrak des chevaliers, est une hérésie.
- Beyrouth, ville florissante, accueille avec son sourire méditerranéen et la douceur de son ciel bleu, l’étranger en mal de connaissance. Bâtie en amphithéâtre au pied du Liban, elle rappelle d’une façon lointaine Alger la blanche. Elle est depuis des temps immémoriaux la protectrice des lettres et compta parmi les professeurs de sa célèbre École de Droit, Ulpien et Papinien et parmi ses élèves, Saint-Grégoire le Thaumaturge et Saint-Grégoire de Naziance. Deux professeurs de Beyrouth : Dorothée et Anatolius, participèrent à la rédaction du code Justinien, recueil des lois romaines ordonnées par l’Empereur.
- Beyrouth conserve encore actuellement deux grandes
- Fig. 5. — Djerabious. Ruines assyriennes.
- universités : l’Université Saint-Joseph et l’Université américaine. La première compte des facultés de théologie, de médecine, de pharmacie, de droit, une école d’ingénieurs, une belle bibliothèque orientale avec plus de 3000 manuscrits. L’Université américaine, extrêmement moderne, possède, outre ses sections d’enseignement et un observatoire magnifique, des stades de jeux.
- La ville a été dotée d’un musée et d’une bibliothèque nationale.
- Au point de vue touristique, on y admire : les vieux bazars ou ce qui en subsiste, la grotte aux Pigeons, la forêt de pins où se trouve la résidence du haut commissaire, le petit musée de Beyrouth, de fondation récente. En ce qui concerne ce musée, il est bon de faire remarquer qu’il contient le sarcophage de Ahiram, roi de Byblos, sur lequel est gravée la plus ancienne inscription alphabétique phénicienne.
- Puisque nous en sommes aux curiosités touristiques il n’est pas possible de passer sous silence la fontaine d’Adonis, Nahr-Ibrahim, qui prend sa source dans le Liban à la grotte de Afka-Adonis, où le héros de la légende grecque, aimé de Vénus, avait été tué à la chasse...
- Fig. 7. — Deir-ez-'Lor.
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- Fig. 8. — Deir-ez-Zor.
- Vénus le pleura et le réclama aux Dieux. Ces derniers, émus par les lamentations de la belle amoureuse, ressuscitèrent Adonis, qui fut à nouveau tué puis ressuscité. En son honneur, un culte fut institué. Le mythe d’Adonis, originaire de Syrie, passa en Egypte, puis en Grèce.
- Les Phéniciens et les Égyptiens fêtèrent Adonis. Ils venaient tous les ans le pleurer au bord du Nahr-Ibrahim, La fête durait 2 jours; le 1er jour, on commémorait la mort du héros, le lendemain sa résurrection.
- Adonis est le symbole de la vie qui naît au printemps pour mourir en automne. La légende locale dit aussi que chaque année à la même époque le sang d’Adonis colore le fleuve. La vérité est qu’après les pluies d’hiver, les eaux, roulant du limon, prennent iine teinte rougeâtre.
- Pour les archéologues, Gébail, l’ancienne merveille phénicienne à laquelle les Grecs donnèrent le nom de Byblos, qui lui est resté, offre les plus belles perspectives d’études et de découvertes.
- Deux temples ont été découverts à Gébail. Le plus ancien est décoré à son entrée de trois colosses assis sur des sièges carrés et d’un autre debout. Sur les murs, des dieux, des rois, un bassin circulaire... Dans l’une des chambres on trouva une statue en trois morceaux de la Dame de Gébail.
- Le second temple paraît dater de l’an 2000 av. J.-C. et serait du moyen empire égyptien.
- Sous les dalles ont été recueillis des vases, des statuettes d’animaux et de divinités, des amulettes, des objets de parures, des bijoux. On a également exhumé une grande jarre en poterie, avec couvercle et poignée représentant des serpents, pleines d’objets en faïence, en cornaline, en cristaux, en bronze et en argent, des bagues et des perles. D’intéressants sarcophages sur lesquels subsistent d’anciens textes phéniciens ont aussi été mis à jour.
- C’est à M. Pierre Montet que nous devons la plupart de ces découvertes. Les fouilles entreprises par ce savant sont d’ailleurs poursuivies avec succès.
- L’ancienne Héliopolis, Baalbeck, est également des plus curieuses au point de vue archéologique. Les fouilles en train ont amené quantité de découvertes.
- Baalbeck date de l’époque romaine. Ses matériaux cyclopéens jettent l’esprit dans la stupeur.
- Les légendes ont fait vivre Adam dans les environs de Baalbeck et présentent l’assassinat d’Abel comme ayant eu lieu dans une gorge avoisinante de l’Anti-Liban, le Souk Wadi Barada. Les mêmes légendes affirment également que Noé et Cham sont enterrés le 1er à Karah-Nouk et le sedond à Ham, deux localités près de la ville.
- Une promenade à Rasel-Aïn, la source de la ville, n’est pas à négliger.
- Une ville qui conserve un caractère très oriental est sans contredit jDamas. Cette cité est connue de la plus haute antiquité. Allant de la Mésopotamie à Jérusalem le patriarche Ahraham s’y arrêta, la Bible l’affirme. Ajoutons que le prophète Elisée y guérit le lépreux « Naaman le Syrien », au xe siècle avant J.-C.
- Damas fut extrêmement prospère sous la domination des Perses.
- Le christianisme y pénétra dès la naissance de la doctrine et c’est, dit l’Écriture Sainte, sur le chemin de Damas que le Seigneur apparut à Saül (saint Paul). Un monument méritant d’être vu est la grande mosquée de Damas. Cette mosquée était, au commencement du règne d’Arcadius, le sanctuaire de Jupiter Damascé-nien. L’Empereur en fit une église qu’il dédia à saint-Jean-Baptiste. A la capitulation de Damas, le chef de la dynastie des Omayades, Mo-A\via, transforma à son tour l’église en mosquée. Cette mosquée renferme toujours le tombeau de saint Jean-Baptiste. Damas acquit jadis une grande importance du fait qu’elle fut sous les Omayades la capitale du Califat.
- Un peu d’histoire récente ne messied point, croyons-nous. A la fin de la grande guerre, les Alliés entrèrent à Damas le ler octobre 1918 à la suite de l’Émir Fayçal, fils du Grand Chérif de la Mecque, auquel ils avaient voulu laisser cet honneur. Mais en réalité ce succès était dû au Général Allenby, aidé par des détachements français.
- La Société des Nations confia à la France le mandat sur la Syrie et le Liban.
- L’Émir Fayeal, refusant d’en tenir compte, se fit proclamer le 7 mars 1920 roi de Syrie.
- Fig. 9. — Bédouines de Syrie.
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- Le Haut-Commissaire de la République française en Syrie, le général Gouraud somma l’Emir de s’expliquer, mais l’ultimatum resta sans réponse.
- Les Français marchèrent alors sur Damas, sous le commandement du général Goybet. Une rencontre eut lieu à Khan-Maissalun, dans l’Anti-Liban, le 24 juillet 1920. Après quelques heures de combat, l’armée chérifienne fut battue.
- Avec l’entrée des Français à Damas et la fuite de l’Emir, l’aventure chérifienne prit fin.
- L’Emir Fayçal fut, on le sait, nommé plus tard roi de l’Irak.
- Les monuments de Damas méritant d’être visités, sont : les bazars, la grande mosquée des Omayades, le tombeau de Saladin, celui de Sitti Fatma, la petite-fille du prophète, la mosquée du sultan Sélim et la Darouichié,
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- le Palais Azem, transformé en musée pour les arts orientaux, la citadelle...
- Aux amateurs d’orientalisme, à ceux que tente l’étude des mœurs et de la pure tradition, nous ne saurions trop recommander la visite de Salhié, quartier haut de Damas où s’isolent de nos jours les derniers vestiges du farouche fanatisme musulman.
- La France, par son mandat, s’efforce, ayant donné aux États du Levant leur autonomie, de leur faire oublier les vicissitudes qu’ils connurent sous le joug de leurs nombreux conquérants à travers des siècles d’histoire, et l’influence de notre pays jusqu’alors purement intellectuelle s’étend aujourd’hui à tous les domaines ainsi qu’il appert des manifestations de la vie sociale de ces peuples affinés par plusieurs civilisations.
- G. Abadie de Lestrac.
- ^ LES NOUVELLES TRANSMUTATIONS ^
- LE NOYAU DE L’ATOME - LES RAYONS H LE NEUTRON, NOUVEAU CONSTITUANT DE LA MATIÈRE
- La transmutation des corps simples, ce rêve des alchimistes relégué au royaume d’utopie par Lavoisier et ses disciples, a été remise à l’ordre du jour à la fin du siècle dernier par la découverte de la radioactivité. La question a pris, en ces dernières années, un tour tout nouveau. La liste des transformations observables ou réalisables au laboratoire s’est accrue de toute une série de transmutations artificiellement provoquées.
- Rutherford, en 1919, a pu désintégrer des atomes légers en les bombardant par des particules a ; la preuve de la désintégration lui a été donnée par l’apparition d’atomes, ou plutôt de « noyaux » d’hydrogène (nous verrons plus loin la signification de ce terme), débris des atomes ainsi frappés.
- Mais ces débris, projetés avec une vitesse supérieure à celle des projectiles qui leur ont donné naissance, peuvent à leur tour désintégrer d’autres atomes.
- C’est ce qui résulte de toute une série de découvertes très récentes ; dans ce domaine, tout entier à défricher, les travailleurs de tous pays accourent : les recherches s’organisent fiévreusement, les résultats s’accumulent, avec une rapidité qui rappelle la célèbre époque de 1895 à 1900 où se succédaient les découvertes des rayons X, des corps radioactifs et de leurs propriétés. Les savants français jouent un rôle brillant dans l’exploration de ce monde nouveau : à côté des initiateurs anglais : Rutherford et ses élèves : Chadwiclc, Webster, Ellis, et tout récemment Cockroft et Walton, à côté des allemands Bothe et Becker et du théoricien russe Gamow, il faut citer en effet le duc Maurice de Broglie et ses élèves : Thibaud, Leprince-Ringuet et Dupré-Latour, les élèves de M. J. Perrin : Francis Perrin et Auger, ceux de Mme Curie; G. Fournier, Rosenblum, et surtout son gendre et sa fille : M. Joliot et Mme Irène Joliot-Curie.
- Le présent article n’a pas la prétention de donner un exposé complet de la masse déjà imposante des travaux effectués, ni d’en tirer des conclusions définitives. Nous assistons à l’érection d’un nouvel édifice scientifique, les échafaudages, où se pressent les ouvriers nous cachent encore le bâtiment. Bornons-nous donc à un rapide aperçu qu’il faudra sans doute reviser sous peu.
- Les transmutations radioactives. — Les phénomènes radioactifs nous ont révélé toute une série de transmutations spontanées dont le mécanisme est aujourd’hui bien connu. Nous le rappellerons brièvement; car il est indispensable de le connaître pour comprendre celui des transmutations provoquées. Prenons comme exemple le radium, de poids atomique 226; il donne naissance à l’émanation de radium, corps de poids atomique 222; cette transmutation s’accompagne d’un rayonnement électromagnétique dit rayonnement y et de projections de corpuscules électrisés : ces derniers sont de deux sortes : les rayons |3 formés d’électrons ou particules élémentaires d’électricité négative de masse presque négligeable, et les rayons a, jet de particules matérielles, qui ne sont autre chose que des atomes d’hélium (masse atomique 4) porteurs de deux charges élémentaires d’électricité positive.
- L’émanation de radium se transforme à son tour en radium A (218) avec expulsion de particules a; ce nouvel élément, perdant à son tour une particule a par atome donne naissance au radium B (214) ; celui-ci, libérant des particules [3, se transforme en un corps isobare, le radium C de même poids atomique 214; et ainsi de suite par désintégrations successives, on descend jusqu’à un corps stable, le plomb. Le radium lui-même est le fruit d’une série de transformations analogues qui s’effectuent à partir de l’uranium, l’ancêtre de la famille.
- Toutes les données acquises par la physique moderne s’accordent avec l’explication qui attribue les transformations radioactives à de véritables explosions d’atomes. Les divers rayonnements qui se manifestent au cours du phénomène en sont le témoignage et révèlent l’énergie énorme ainsi libérée : les rayons a du radium C atteignent la vitesse de 20 000 kilomètres à la seconde ; pour imprimer la même vitesse à un atome d’hélium dans un tube à vide, il faudrait lui appliquer une tension électrique de 12 millions de volts. L’énergie contenue dans 1 gramme de particules a à la sortie du radium dépasse 10 milliards de lcilogrammètres, elle est bien supérieure à celle qui est mise en œuvre dans l’ensemble des projectiles que peuvent tirer simultanément tous les canons d’un cuirassé moderne. Aussi comprend-on que la particule a soit l’un des
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- projectiles préférés par les alchimistes modernes pour jeter bas les édifices atomiques. Mais nous verrons que ce n’est pas le seul. Quant aux particules (3, dont la niasse est très faible, elles contiennent beaucoup moins d’énergie, mais elles peuvent prendre des vitesses avoisinant celle de la lumière. Enfin les rayons y, qni sont de même nature que la lumière, sont des rayons X, mais d’une longueur d’onde beaucoup plus courte et d’une pénétration beaucoup plus grande que celles des rayons X les plus durs que l’on sache produire au labora-roire.
- LE NOYAU DE L’ATOME
- Puisque l’atome est susceptible de faire explosion, et que ses débris sont des électrons ou d’autres atomes, il est manifeste qu’on ne peut plus le définir, conformément au sens étymologique du mot, comme une particule insécable, résultat ultime de la division répétée d’un corps simple. L’atome n’est pas l’immuable individualité, ci'éée de tout temps, et éternelle, qu’ont entrevue les chimistes classiques. Il est lui-même un édifice complexe et la physique contemporaine a consacré ses plus ardents efforts à dissiper le mystère de sa structure.
- La plupart de nos connaissances à cet égard se résument admirablement dans le modèle célèbre de Rutherford-Bohr ; ce modèle est du reste autre chose qu’un ingénieux schéma, puisqu’il a permis de découvrir des phénomènes nouveaux ou d’établir par voie déductive des lois numériques qui au premier abord semblaient sans rapport avec lui.
- Il fait de l’atome une sorte de système solaire en miniature : autour d’un noyau chargé positivement gravitent, sur un certain nombre d’orbites distinctes, un nombre déterminé de ces charges électriques négatives élémentaires que nous nommons électrons.
- L’atome étant neutre, le noyau porte autant de charges positives électriques qu’il y a d’électrons sur les orbites extérieures. Ce nombre de charges, dit nombre atomique, est égal, fait remarquable, au numéro d’ordre de l’élément dans la classification de Mendeleefî.
- Les électrons ne tombent pas sur le noyau qui les attire : c’est donc qu’ils décrivent autour de lui des trajectoires telles que la force centrifuge s’y oppose à l’attraction.
- D’autre part, pour satisfaire aux règles des quanta imposées par les phénomènes de rayonnement, on admet que l’électron ne peut passer que par sauts brusques d’une orbite à une autre; ces orbites représentent des niveaux d’énergie : le passage d’un niveau d’énergie supérieur à un niveau inférieur s’accompagne d’une libération d’énergie sous forme de rayonnement lumineux. Inversement une absorption d’énergie, à la suite d’une collision par exemple, peut amener l’électron à un niveau d’énergie supérieure; l’atome est dit excité. Des collisions plus violentes peuvent arracher un ou plusieurs électrons à l’attraction du noyau : l’atome est alors ionisé.
- Ces propriétés des électrons ont permis de pi’évoir, a^ec une étonnante précision numérique, la qualité des spectres optiques fournis par les atomes émettant ou absorbant lumière ordinaire ou rayons X; les électrons externes rendent compte également des facultés de combinaison chimique de l’atome.
- Mais, même dépourvu de tous ses électrons orbitaires, l’atome garde une personnalité distinctive représentée par sa masse et son nombre atomique; cette personnalité, c’est dans le noyau qu’elle est concentrée.
- Le noyau est d’une petitesse qui confond l’imagination : ses dimensions sont de l’ordre de 10-10 cm; il est mille fois plus petit qu’un électron; il est cent millions de fois plus petit que l’atome. Comme presque toute la masse de l’atome est concentrée en lui, sa densité est formidable : le poids de 1 cm-’ de noyaux d’or serait d’environ 3 millions de tonnes. Ce quasi infiniment petit a cependant une structure et fort
- complexe : les débris qui se révèlent dans l’explosion d’un noyau radioactif ne peuvent provenir que de lui et nous donnent une première idée de sa composition.
- Un physicien anglais, Aston, a trouvé le moyen de peser individuellement les atomes; il a ainsi démontré que, pour tous les atomes, la masse atomique est un multiple entier de celle de l’atome d’hydrogène, à une très légère fraction près, de l’ordre de 1/10 000. Ainsi le chlore pour lequel les chimistes trouvent un poids atomique de 35,46 est en réalité un mélange de deux isotopes, de deux corps simples de même nombre atomique, mais de masses respectivement égales à 35 et 37. Ceci donne à supposer que le noyau d’hydrogène, particule portant une seule charge électrique positive, est un des constituants essentiels de tous les noyaux. Qn désigne cette particule sous le nom de proton. Les expériences de désintégration de Rutherford sur lesquelles nous reviendrons un peu plus bas, ont démontré l’existence réelle du proton dans les noyaux. La particule a est elle-même un noyau d’hélium; de masse atomique égale à 4 elle est composée de 4 protons assemblés à l’aide de 2 électrons. Le fait que les étapes de désintégrations radioactives comportent la libération de particules 7, ou de particules [I ou des deux à la fois montre qu’électrons et particules x interviennent dans l’architecture de la plupart des noyaux. Si la particule a était le seul constituant élémentaire des noyaux, toutes les masses atomiques seraient multiples de 4. Il n’en est pas ainsi.
- On est donc conduit à penser que l’édifice nucléaire est construit à l’aide d’électrons et de protons, ceux-ci isolés ou groupés en particules ex, ou peut-être en assemblages plus complexes. Tout récemment, comme nous le verrons plus loin, certains physiciens ont été amenés à admettre l’existence d’un troisième constituant élémentaire du noyau; le neutron.
- L’étude précise des rayonnements corpusculaires radioactifs, la mise en évidence notamment d’un spectre de rayons a, à structure fine, c’est-à-dire leur répartition en groupements de vitesses respectives bien déterminées et légèrement différentes les unes des autres, donne à penser également qu’il existe à l’intérieur du noyau des niveaux d’énergie comparables aux orbites électroniques externes. Le saut d’une particule x d’une orbite à une autre rendrait compte en particulier des propriétés du rayonnement y.
- Pour en terminer avec ces généralités sur les noyaux, nous devons signaler que l’étude des transformations des noyaux ne peut se faire, comme celle des combinaisons chimiques ordinaires, à l’aide de simples bilans des masses mises en jeu; bilans que traduisent les équations chimiques usuelles. Il faut tenir compte en même temps des énergies mises en jeu, tous les physiciens admettent aujourd’hui le principe général de la théorie de la relativité : l’équivalence entre la masse et l’énergie : une perte d’énergie équivaut à une perte de masse; une absorption d’énergie à un gain de masse, cette variation de masse s’exprime numériquement, elle est égale au quotient de l’énergie correspondante par le carré de la vitesse de la lumière. Prenons un exemple : la particule a est formée de 4 protons, ayant chacun une masse de 1,6609 X ÎO"24 gr, de 2 électrons (masse de l’électron 0,009 X 10~2t gr) ; sa masse totale devrait être 6,645 X 10-H gr; elle est en fait de 6,598 X 10gr. La différence : 0,047 X 10 u g correspond à une énergie de 42,3xlO_G erg., soit plus de 26 millions d’électro-volts, énergie dégagée lors de la formation de la particule, énergie qu’il faudrait fournir pour la détruire, bref l’énergie de liaison de la particule, très considérable dans le cas actuel. La particule a, noyau d’hélium, est un groupement remarquablement stable. Il n’en est pas de même de tous les noyaux.
- Les considérations de ce genre jouent un grand rôle dans les travaux récents sur les transmutations atomiques.
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- LES TRANSMUTATIONS
- A L’AIDE DE PARTICULES « — LES RAYONS H
- Ce sont les premières transmutations artificielles qui aient été réalisées au laboratoire. Elles remontent à 1919. Elles ont déjà été exposées en détail dans ces colonnes (voir La Nature, n° 2524, 19 août.1922).
- Pour les comprendre, il faut ajouter aux notions précédemment rappelées relativement au rayonnement a, que dans toute émission de rayons a par une substance radioactive, on peut isoler des groupes de rayons ayant des vitesses d’émission immuables, caractéristiques de la substance qui leur donne naissance; ces vitesses se traduisent, par exemple, par une portée déterminée et invariable du projectile dans l’air à une pression et température données. C’est la distance maxima à laquelle les particules peuvent provoquer des effets d’ionisation et de luminescence. On la détermine en observant les scintillations qu’elles sont capables de produire sur un écran au sulfure de zinc. Cette portée a reçu le nom de parcours. Le parcours des particules a de radium C est de 7 cm. Or en soumettant l’azote à un bombardement de ces particules a, Rutherford observa des scintillations à des distances bien supérieures à la portée des ces projectiles; des particules se trouvaient projetées sur des parcours de 28 à 40 cm. L’étude des déviations de ces particules très pénétrantes, dans des champs magnétique et électrique, autrement dit leur pesée par la méthode d’Aston, montra qu’il s’agissait de noyaux d’hydrogène, de protons lancés à grande distance. La discussion rigoureuse de l’expérience ne laisse place qu’à une explication : ces (jprotons sont projetés hors des atomes d’azote par le choc des particules a. L’atome capte une particule a, et libère un proton. On se trouve donc en présence d’une transmutation de l’azote en hydrogène et en un corps plus complexe (').
- La plupart des éléments légers, depuis le lithium jusqu’au potassium, à l’exception peut-être de l’oxygène et du carbone, ont pu être ainsi désintégrés par bombardement aux particules a. Ces désintégrations ne portent évidemment que sur d’infimes quantités de matière, quelques atomes pris au hasard dans une foule immense, et les résultats échappent aux méthodes ordinaires de l’analyse chimique; ils n’en sont pas moins certains; mais le rendement global de l’opération est extrêmement faible et sans aucun caractère industriel.
- L’énergie contenue individuellement dans les protons émis au cours de ce bombardement, est considérable; supérieure parfois à celle du projectile bombardant; ce qui confirme que ces protons ne peuvent émaner que du noyau.
- En outre, on se trouve avoir mis en évidence un nouveau type de rayonnement matériel, beaucoup plus pénétrant que les rayonnements a provenant des substances radioactives, les seuls connus jusqu’alors.
- Ces rayons de protons à grands parcours sont souvent désignés sous le nom de rayons H de transmutation.
- Il existe aussi des rayons H naturels, formés de protons projetés hors de substances hydrogénées par un bombardement a. Mais ce sont là des protons simplement arrachés à des combinaisons chimiques; ils n’ont que des parcours relativement réduits, ce qui, expérimentalement, les distingue nettement des rayons H de transmutation.
- LES TRANSMUTATIONS A L’AIDE DE RAYONNEMENTS RADIOACTIFS ARTIFICIELS UN NOUVEL ÉLÉMENT DU NOYAU : LE NEUTRON
- Les rayons H sont un exemple de rayonnement radioactif artificiel. Il y en a d’autres, de nature plus mystérieuse.
- 1. L’atome d’azote, de masse 14, doit donner naissance, dans cette transmutation, à un atome dont la masse sera supérieure de 3 unités ; ce serait l’atome de masse 17, isotope de l’oxygène.
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- En 1930, deux physiciens allemands, Bothe et Becker, bombardant, avec les rayons a du polonium ('), des corps légers : glucinium, bore, constatèrent l’apparition d’un rayonnement beaucoup plus pénétrant que tous ceux observés jusqu’alors : par cette pénétration ce rayonnement semblait s’apparenter aux rayons y, de nature électro-magnétique, émis par le radium.
- Mme Joliot-Curie et M. Joliot à l’Institut du Radium de Paris, ont repris en 1931 et 1932 ces expériences, en se servant de la plus puissante source de polonium qui soit au monde : la préparation qu’ils ont employée, due à Mme P. Curie, lance dans l’angle 2 7r plus de 1 milliard de particules % par seconde.
- Us ont constaté, effectivement, que le bore et surtout le glucinium irradiés par le polonium donnent naissance à un rayonnement d’origine nucléaire, et extrêmement pénétrant, mais jouissant en outre de propriétés surprenantes et totalement inattendues.
- Ces rayons, en effet, sont plus absorbés par les éléments légers à masse égale que par les éléments lourds, ce qui exclut vraisemblablement l’hypothèse de Bothe et Becker qui en faisait un rayonnement y, de même nature que les rayons X
- Bien plus, leur passage à travers une substance hydrogénée projette un rayon de protons, dont le parcours maximum est de 28 cm dans l’air, dans le cas des rayons du glucinium.
- Les rayons du glucinium se comportent donc à la manière des rayons a, et il est naturel de voir en eux des projections corpusculaires, de nature radioactive, mais artificiellement provoquées.
- D’autres considérations, plus probantes, faisant intervenir des bilans énergétiques, s’accordent avec celles qui précèdent pour interdire d’attribuer aux rayons du glucinium une nature électromagnétique.
- Il s’agit donc d’une projection particulière. Mais de quelles particules ? Chadwick qui a repris, à Cambridge, les expériences des jeunes savants français et s’est rallié à leurs vues, propose une hypothèse intéressante. Il y aurait, hors du glucinium, expulsion d’un constituant élémentaire de la matière, jusqu’alors non isolé, le neutron, corpuscule électriquement neutre et de masse 1.
- Les noyaux seraient donc des assemblages de protons, d’électrons, de particules a et de neutrons.
- Ces neutrons, d’énergie 4,7 millions d’électrons-volts, sont expulsés du noyau de glucinium (poids atomique 9), lors de la capture d’une particule a suivant la formule :
- Be + x -> C + neutron -f qui indique une transmutation du 9 12
- glucinium en carbone 12.
- Le neutron est à son tour capable de lancer avec la même énergie un proton hors d’une substance hydrogénée, autrement dit de provoquer un rayonnement H naturel.
- L’hypothèse du neutron s’accorde bien avec les bilans énergétiques établis comme nous l’avons indiqué ci-dessus, et avec de nombreuses autres observations de Chadwick. Le bore iradié par le polonium donnerait le transmutation :
- Bh -f- »-*- N,4 + neutron, transformation du bore en azote.
- Les plus récents travaux de Mme et M. Joliot ont montré que le rayonnement issu du glucinium est en réalité plus complexe; outre les rayons de neutrons, il comprend encore une certaine fraction de rayons y de différentes énergies.
- H Des expériences les plus récentes de Chadwick, Feather et Dee, il semble résulter que le neutron, à l’instar des particules 7, est capable non seulement de donner naissance à des rayons H naturels, mais encore de provoquer, lui aussi, de véritables désintégrations, d’un type du reste nouveau. La capture d’une
- 1. On utilise le polonium parce que son émission est constituée exclusivement par des rayons a, dont le parcours est de 38 mm dans l’air.
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- particule a par un noyau avec éjection d’un proton donne naissance à un nouveau noyau dont la masse atomique est augmentée de 3 unités. La capture d’un neutron avec éjection d’un proton ne change pas la masse du noyau, mais le nombre atomique du noyau résultant est diminué d’une unité.
- L’expérience de Cockroft et Walton. — La libération de l’énergie intraatomique. — L’expérience toute récente de Cockroft et Walton, deux physiciens travaillant à Cambridge au Laboratoire Cavendish sous la direction de Lord Rutherford, a provoqué une vive sensation dans tous les milieux scientifiques. Elle a même été colportée en hâte et à grand fracas par la grande presse qui l’a un peu dénaturée.
- Un premier point remarquable dans ces travaux est le suivant : au lieu d’utiliser des projectiles lancés par des corps radioactifs, les deux savants produisent par ionisation des noyaux d’hydrogène et leur impriment de grandes vitesses en les plaçant dans des champs électriques très élevés, qui peuvent atteindre jusqu’à 600 000 volts entre électrodes et qu’ils ont réussi à rendre très stables.
- Avec des protons ainsi accélérés sous quelques centaines de mille volts à l’intérieur d’un tube vidé, ils bombardent un écran recouvert de lithium, placé également dans le tube. Sur un côté du tube est ménagée une fenêtre fermée par une plaque de mica, les particules issues du lithium bombardé peuvent la traverser si elles ont une énergie suffisante et provoquent des scintillations sur un écran extérieur enduit de sulfure de zinc. Les protons réfléchis sur l’écran intérieur seraient impuissants à traverser le mica, et cependant de vives scintillations apparaissent dès que la tension appliquée aux , protons dépasse 120 000 volts, et leur nombre augmente rapidement avec la tension. Les particules ainsi projetées au dehors ont dans l’air des parcours de 8 cm., tandis que les protons qui leur ont donné naissance ne pourraient franchir plus de 1 cm.
- Il y a donc eu une désintégration avec une très grande libération d’énergie. Les expérimentateurs pensent, d’après le caractère des scintillations observées, que les particules qui viennent frapper l’écran phosphorescent sont des particules a. Les observations à la chambre de détente de Wilson les confirment dans ces vues.
- Us sont ainsi amenés à croire que l’on se trouve en présence de la transmutation suivante : le noyau de lithium aurait absorbé le proton et se serait divisé en deux particules a, projetées à grande vitesse et, par le choc, déviées de la direction initiale de la trajectoire du proton. Cette déviation permet d’évaluer l’énergie mise en jeu; dans l’hypothèse ci-dessus elle correspondrait à plus de 8 millions d’électrons-volts, elle est bien supérieure à celle contenue dans le proton qui l’a provoquée; frappant exemple d’une libération d’énergie en majeure partie empruntée à l’atome ou, pour mieux dire, au noyau.
- L’avantage de la technique de MM. Cockroft et Walton est de permettre la mise en œuvre simultanée d’un bien plus grand nombre de projectiles que lorsqu’on emploie les substances radioactives; comme les phénomènes de désintégration à observer sont rares, on multiplie les chances de les produire et de les constater; dans l’expérience ci-dessus il se produit en moyenne 1 désintégration par milliard de protons frappant le lithium, mais le tube qui peut marcher sous plusieurs micro-ampères, fournit déjà avec un seul micro-ampère plus de dix mille milliards de protons par seconde.
- Autre point intéressant, puisque la transmutation de MM. Cockroft et Walton :se fait par capture d’un proton et émission de 2 particules a, elle doit donner naissance à un atome de masse plus faible et de plus faible nombre atomique; type de transmutation jamais observé jusqu’alors. Le glucinium, le bore, le carbone, le fluor et l’aluminium, peut-être l’azote, bombardés dans les mêmes conditions donnent également des projections de corpuscules à parcours caractéristique et d’énergie supérieure à celle du proton incident. On aurait par exemple, dans le cas de l’aluminium (masse atomique 27), une transmutation en magnésium (24) suivant la réaction : Al27 + H = a + Mg24
- L’oxygène et le cuivre ne donnent aucun effet.
- Ces expériences, d’un puissant intérêt, ont encore besoin de confirmation en ce qui concerne la nature des particules émises. Quelles que soient les conclusions définitives qu’apportera un prochain avenir, elles ouvrent une voie nouvelle et féconde aux études sur les transmutations et les noyaux atomiques. A. Troller.
- COMMENT SAUVER L’EQUIPAGE D’UN SOUS-MARIN COULÉ
- LES APPAREILS DE SAUVETAGE INDIVIDUELS
- Parmi les accidents de mer, si souvent tragiques, la perte d’un sous-marin est peut-être celui qui offre le caractère le plus angoissant. L’esprit se représente en effet aussitôt, la terrible situation de l’équipage enfermé dans sa prison d’acier et espérant, s’il n’a pas péri noyé ou asphyxié par les émanations des accumulateurs renversés, un secours venu de l’extérieur. En fait, ce secours extérieur s’est montré inopérant et vain, dans la plupart des cas de naufrage de sous-marins ; soit que les moyens de relever le bâtiment, lesquels doivent être très puissants, aient manqué ou soient restés insuffisants, soit que le repérage du point précis de la catastrophe, toujours très difficile, n’ait pu se produire à temps.
- On conçoit donc très bien que l’esprit des inventeurs
- se soit tourné vers la recherche des moyens propres à permettre à l’équipage d’un sous-marin coulé de sortir de sa prison et de gagner la surface de la mer.
- En fait, ces recherches, ardemment poursuivies dans toutes les marines, ont abouti à la création d’un matériel parfaitement capable de rendre l’important service qu’on en attend, mais dont il serait vain de croire qu’il puisse fonctionner dans tous les cas. Il est bien évident, en effet, que certaines des circonstances qui peuvent provoquer la perte d’un sous-marin, comme l’éventre-ment par abordage d’un autre navire, ou par choc sur une roche, dégagement des vapeurs mortelles des accumulateurs, peuvent provoquer la mort rapide de l’équipage entier et rendront par conséquent toujours inutile le meilleur matériel de sauvetage.
- Mais dans bien des cas, le matériel peut et doit assurer le salut de tout ou partie de l’équipage et tous les efforts
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- doivent être tendus vers la détermination de ce matériel.
- Voici quelques aperçus sur les résultats obtenus en cette si importante matière.
- LES APPAREILS RESPIRATOIRES INDIVIDUELS
- Les premières indications sur les moyens propres à permettre à un être humain de respirer sous l’eau et par conséquent d’échapper à la noyade ont été fournies par les pêcheurs de perles ou de corail des mers du Pacifique.
- Ces indigènes emploient, en effet, pour descendre aux profondeurs de 30 à 35 m. auxquelles ils doivent accéder, et y emporter une suffisante provision d’air, une sorte de cloche en cuivre qui s’appuie sur leurs épaules et dans le fond de laquelle leur bouche trouve une certaine quantité d’air que l’eau vient y comprimer.
- Ainsi équipés et munis d’un poids qui les entraîne rapidement, ces pêcheurs descendent jusqu'au banc à
- Fig. 1. — Appareil de sauvetage individuel.
- 1. Sac formant «poumon» compensateur de pression. — 2. Bouteille d’oxygène pur. — 3. Robinet amenant l’oxygène. — 4. Soupape de sûreté assurant l’équilibre entre la pression du sac et celle de l’eau. — 5. Bouteille de soude.
- — 6. Plomb de lestage laissant au plongeur, lorsque son poumon est plein d’air, une petite force ascensionnelle.
- Le nez fermé par une pince, la bouche prise par un tuyau avec soupapes
- d’inspiration et d’expiration.
- L’air aspiré par le tuyau venant du sac est expiré dans l’autre. Un système de soupapes sépare l’air inspiré de l’air expiré.
- L’air repoussé dans le tuyau gagne une bouteille de soude caustique 5 où l’acide carbonique est absorbé et, ainsi régénéré, regagne le poumon.
- La circulation d’air ainsi établie se continue, permettant à l’homme muni de l’appareil succinctement décrit ici de respirer dans tout milieu irrespirable et particulièrement dans l’eau, et de garder la libre disposition de ses membres pour tous les mouvements utiles, natation, travaux divers. Le poumon artificiel, rempli d’air, lui assure une flottabilité dont l’excès est combattu par la présence, sur l’arrière de l’attache inférieure du poumon 6,
- Fig. 3, à gauche. — L’appareil Le Prieur.
- 1. Masque en caoutchouc étanche pur vaseliné. — 2. Manomètre indiquant que la pression de l’air égale celle de l’eau extérieure. — 3. Bouteille d’air Michelin en acier fournissant de l’air pour 20 minutes
- — 4. Ceinture en liège équilibrant le poids de l’appareil en maintenant une légère flottabilité.
- Fig. 2. — Le lieutenant de vaisseau Lancelot expérimentant l’appareil de sauvetage individuel.
- explorer le long d’une corde lestée dont l’extrémité est maintenue par une bouée à la surface.
- Ils peuvent ainsi rester sous l’eau près de 5 minutes s’ils sont munis du rudimentaire appareil à cloche dont il vient d’être parlé, ou 3 minutes s’ils ne le possèdent pas.
- Plusieurs appareils de sauvetage individuel ont été expérimentés en France. L’un d’eux qui a donné satisfaction est conçu sur les données suivantes :
- L’homme qui se trouve dans la nécessité de sortir d’un sous-marin et de remonter à la surface porte, maintenu sur sa poitrine par un système d’attaches passant autour du cou et de la ceinture, un sac en caoutchouc (1) (fig. 1) qui contient de 5 à 6 litres d’air et qu’on dénomme le poumon. Une bouteille d’oxygène pendue (2) à la ceinture inférieure du sac communique avec lui par un robinet. L’air de ce poumon arrive à la bouche par un tuyau muni d’une embouchure et d’attaches. Une soupape de sûreté 4 assure l’équilibre entre la pression du sac et celle de l’eau.
- Fig. 4, à droite. — L'appareil Draegcr.
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- Superstructure
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- Coque épaisse du
- Fig. 5. — Sas de sauvetage utilisé sur les sous-marins américains.
- 1. Robinet permettant d’introduire l’eau de mer dans le sas. — 2. Porte de sortie du sas. — 3. Robinet de vidange. — 4. Porte d’entrée du sas.
- d’un plomb de lestage qui réduit la force ascensionnelle à la quantité suffisante et assure l’équilibre.
- La Compagnie Hanseatische (allemande) construit un appareil analogue à . celui que nous venons de décrire.
- La marine anglaise en utilise un (brevet Davis), qui a permis, il y a quelques mois, le sauvetage de quelques hommes de l’équipage du sous-marin Poséidon, coulé devant l’entrée du Yang-Tsé. On se souvient que le Poséidon, abordé par un vapeur chinois, reposait sur le fond à environ 30 mètres de profondeur. Une partie de l’équipage (8 hommes, le reste ayant été noyé immédiatement) put trouver un refuge dans le compartiment avant. Ces 8 hommes comprenaient 6 européens, dont un second-maître, et 2 boys chinois. 6 marins dont 1 chinois purent se sauver au moyen des appareils de sauvetage individuels.
- Un de ces rescapés, voué au malheur, fut embarqué postérieurement sur le sous-marin M , à bord duquel il trouva la mort, lors de la perte récente et totale de ce bâtiment.
- Le Commandant Belloni, de la marine italienne, a fait breveter un système de sauvetage à cagoule.
- Le capitaine de corvette Le Prieur, dont quantité d’inventions des plus ingénieuses se rapportant particulièrement à la conduite du tir et à l’aviation ont rendu le nom célèbre, est également l’auteur d’un appareil de sauvetage individuel représenté schématiquement sur les ligures 3 et 4.
- Fig. 7. — Détail de Vinstallation du sous-marin français.
- 1. Robinet d’introduction de l’eau de mer dans le sas. — 2. Purge d’air. — 3. Manomètre différentiel. — 4. Téléphone reliant le sas à l’intérieur du bâtiment. — 5. Volants ouvrant la porte de sortie D; 6. Robinet de vidange du sas.
- 11 comprend un masque en caoutchouc 1 rendu étanche par une application de vaseline permettant cependant l’évacuation de l’air en surpression.
- Une bouteille d’air Michelin (3) en acier, renferme la quantité d’air suffisante pour une plongée d’environ 20 minutes.
- Le tuyau qui relie la bouteille 3 au masque porte un manomètre 2 permettant de s’assurer que la pression de l’air est égale à la pression de l’eau extérieure. Une ceinture en liège 4 équilibre le poids du système avec une petite réserve de flottabilité.
- La Draegerwerke, de Lübeck, a réalisé un autre type d’appareil respiratoire où la réserve d’air est contenue dans un sac annulaire entourant le cou et formant flotteur (fig. 4).
- COMMENT SORTIR DU SOUS-MARIN COULÉ
- Voyons maintenant comment ces appareils, ou tous autres qu’il est possible d’imaginer, peuvent permettre de sortir d’un sous-marin coulé et de gagner la surface. Tous les systèmes reposent sur l’emploi d’un sas que portent désormais tous les sous-marins modernes et qui faisant saillie sur la coque épaisse, est logé dans l’espace compris entre cette coque et l’extérieur de la superstruc-
- D-"*
- Superstrudun B \ R E Superstucture
- A C Coque épaisse
- Fig. 6. — Schéma d’expériences faites en France pour étudier la sortie de l’équipage hors d’un sous-marin immergé.
- A. Compartiment inférieur. -— B. Sas de sauvetage. — C. Porte de communication du sas avec le compartiment inférieur. — D. Porte de sortie. — R. Cloison divisant le sas en deux compartiments.
- ture, laquelle, il ne faut pas l’oublier, communique avec la mer.
- La figure 5 montre la solution qui a été donnée au problème dans la marine américaine.
- Le sas est placé comme l’indique le dessin.
- Dans son ensemble il se compose d’une cloche étanche de dimensions suffisantes pour que 3 ou 4 hommes puissent s’y tenir à la fois. Cette cloche est logée dans la superstructure, sur l’arrière du kiosque du sous-marin. Les hommes y pénètrent par la porte 4 qu’ils referment sous eux, un robinet 1 se manoeuvrant à la fois de l’intérieur et de l’extérieur de la coque épaisse permet d’introduire l’eau de mer dans la cloche. Cette eau y pénètre en comprimant dans la partie supérieure l’air qui s’y trouve. Lorsque l’équilibre avec l’extérieur est atteint, les hommes qui ont le corps dans l’eau et la tête dans l’air comprimé embouchent leurs appareils, ouvrent la porte 2 et sortent. La porte 2, qui peut être manœuvrée de l’intérieur du sas et du sous-marin, est alors refermée de l’intérieur, du navire, ainsi que le robinet de remplissage 1. La vidange se fait en ouvrant simplement le
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- robinet de vidange 3, l’eau poussée par l’air comprimé est chassée à la cale du sous-maiïn. Le sas vide est paré pour une nouvelle sortie.
- Selon des renseignements officieux, un lieutenant de vaisseau et plusieurs hommes de la marine américaine auraient réussi à remonter d’une profondeur de 60 mètres, à laquelle un sous-marin spécialement aménagé (S.4) se serait posé sur le fond de la mer.
- Des expériences ont été faites en France sur divers sous-marins, avec un système quelque peu différent.
- En voici l’économie. Tout ou partie de l’équipage du sous-marin coulé, a pu se grouper dans le compartiment A (fig. 6) de la coque épaisse, et y a revêtu les appareils de sauvetage individuel. Ce compartiment A est celui au-dessus duquel a été ménagé, lors de la construction du navire, le sas B par lequel il sera possible de gagner l’eau libre. Ce sas affleure par sa partie supérieure au pont de la coque légère ou superstructure. Il est muni d’une porte C qui le met en communication avec A et d’une autre D qui ouvre sur le pont de la coque légère et l’eau libre. Une cloison R sépare la cloche en deux compartiments, mais laisse une communication entre eux sur le pont de la coque épaisse.
- La fig. 7 donne les détails de l’installation de la cloche. En 1 figure un robinet manœuvrable de l’intérieur du sas et aussi de l’intérieur du sous-marin, permettant l’introduction de l’eau de mer dans le sas;
- En 2 une purge d’air se manœuvrant également de l’intérieur du sas et du sous-marin;
- En 3 un manomèti'e différentiel;
- En 4 un téléphone reliant le compartiment E du sas à l’intérieur du bâtiment;
- En 5 un volant ouvrant le panneau de sortie D, et se manœuvrant également de l’intérieur du sas ou du navire ;
- En 6 un robinet d’évacuation de l’eau après qu’il a été fait usage du sas.
- La manœuvre de sortie s’effectue comme il suit :
- 1er temps. —- Le panneau D est fermé, le panneau C ouvert, l’homme pénètre dans le compartiment E du sas.
- 2e temps. — Il ferme le panneau C, ouvre le robinet 1 et la purge 2. L’eau monte dans les compartiments E et B, comprime l’air retenu dans E et chasse celui de B. E reste à moitié plein d’eau, à moitié d’air comprimé à la pression de l’eau extérieure. B se remplit d’eau complètement.
- 3e temps. — L’homme téléphone dans l’intérieur du sous-marin qu’il est prêt à quitter le sas. Il revêt son appareil de sauvetage individuel, passe dans le compartiment B, ouvre le panneau D et sort.
- 4e temps. — Arrivé sur la superstructure, il y décroche une bouée et un orin qu’il file vers la surface, l’orin est marqué de 10 en 10 mètres. La remontée s’effectue avec un repos tous les 10 mètres pour éviter les inconvénients d’une décompression trop brusque.
- Une fois arrivé à la surface, le rescapé trouvera une embarcation qui le recueillera, ou il n’en trouvera pas. Dans ce cas, son poumon artificiel, fermé par un robinet, lui constituera un excellent flotteur qui lui permettra d’attendre les secours.
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- 5e temps. — De l’intérieur du sous-marin, on refermera en utilisant le volant 5, le panneau D, on videra le sas, au moyen du robinet 6, de l’eau qu’il renferme, puis on ouvrira le panneau C et l’opération du sauvetage pourra se continuer; 3 hommes peuvent, par ce moyen, évacuer à la fois le navire coulé.
- Evidemment, le danger de la remontée réside dans la décompression. Jusqu’à une dizaine de mètres il est à peu près nul, mais il croît rapidement avec la profondeur et c’est pourquoi on a imaginé de contraindre l’homme à des arrêts successifs, à chaque marque de l’orin le long duquel il remonte. Cela suppose un sang-froid et une énergie dont on ne sait encore si on les observera dans la pratique. Mais enfin l’exemple du Poséidon est déjà très encourageant.
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- A la suite des expériences qui ont été faites dans la marine française avec cet appareil et d’autres, il est permis d’affirmer que le problème du sauvetage de l’équipage d’un sotis-marin coulé par des profondeurs moyennes (30 mètres) peut être considéré comme résolu techniquement de manière satisfaisante.
- Il est bien évident que la position occupée par le
- Coque épaisse.
- Superstructure
- Fig. 8. — Coupe schématique d’un sous-marin.
- navire sur le fond est un élément très important de la possibilité de sauver l’équipage. Il importe, en effet, qu’il ne donne pas une bande trop accentuée. Mais il faut remarquer que la forme de la coque représentée par la coupe de la fig. 8 s’oppose précisément à ce qu’elle prenne une inclinaison trop prononcée. Il y a donc bien des chances pour que le matériel de sauvetage individuel puisse être utilisé.
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- 3: *
- Tous les travaux, recherches, expériences relatives à l’importante question que nous venons d’exposer, ont été en France, entrepris, poursuivis et poussés à leurs conclusions par la Commission d’études pratiques des sous-marins, faisant partie de ce centre d’études maritimes du port de Toulon, dont les travaux ont acquis une renommée universelle.
- Nous nous faisons un devoir d’écrire ici les noms des officiers, capitaine de corvette Seyeux, lieutenant de vaisseau Lancelot, qui ont procédé eux-mêmes aux essais des divers appareils de sauvetage individuel, et surtout celui du lieutenant de vaisseau Jéhenne, qui a malheureusement péri au cours d’une dernière expérience.
- C1 Sauvaire-Jourdan.
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- ----- T.F.S TORTUES GÉANTES =
- AU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
- Les grands Chéloniens terrestres sont les survivants de formes animales disparues, — ou près de disparaître.
- Au Muséum national d’Histoire naturelle, dans le pavillon des Reptiles, sont conservées quatre Tortues éléphantines. De plus, la Galerie de Zoologie possède de très beaux spécimens montés de diverses Tortues de terre géantes. Enfin, de curieuses pièces fossiles sont exposées dans la galerie de Paléontologie.
- Les Tortues de terre sont certainement des Reptiles supérieurs : elles n’ont paru sur le globe que bien après les Tortues aquatiques; celles-ci apparaissent pendant les temps secondaires, à la fin de l’époque jurassique, tandis que les Tortues de terre n’ont été reconnues qu’à l’époque tertiaire inférieure ou éocène.
- Les Chéloniens de l’époque tertiaire étaient abondants et semblaient présenter beaucoup de rapports avec ceux de l’époque actuelle. Cependant certains de ces animaux atteignaient des dimensions gigantesques, telle cette Tortue terrestre dont les ossements ont été retrouvés dans l’Asie centrale : sa carapace mesurait, dit-on, quatre mètres de longueur et trois mètres de hauteur (Colossochelys atlas).
- Mais sans remonter aux temps géologiques, on trouve à l’état subfossile des Tortues de terre beaucoup plus grandes que celles de nos jours. Elles ont vécu à une époque historique et leur extinction est plus ou moins récente.
- C’est ainsi que les visiteurs de l’Exposition Coloniale ont pu voir au Palais de Madagascar un beau document prêté par le Muséum de Paris, et représentant la Tortue de Grandidier, dont une carapace entière a été recueillie à Etsere (Sud-Ouest de Madagascar). Testudo grandi-dieri surpassait la Tortue éléphantine, puisque sa carapace mesure 121 centimètres d’une extrémité à l’autre,
- Fig. 1. — Mâle de Tortue éléphantine d'Aldabra.
- et 152 centimètres en suivant le contour dorsal. Cette Tortue a été contemporaine de l’Homme. Elle vivait à la même époque que YÆpyornis, l’Oiseau géant des forêts, dont les restes ont été découverts dans le même terrain où gisaient ceux de la Tortue de Grandidier. Leur disparition totale, — ainsi que celle des grands Lémuriens, — a été l’œuvre de l’Homme.
- Les grands Chéloniens terrestres ont dû peupler abondamment les régions tropicales, autrefois. Puis, ils ont survécu dans les îles de l’Océan indien et du Pacifique, où les voyageurs des xvie et xvne siècles les disaient fort nombreux. Ils ont été détruits en masses par les navigateurs auxquels les Tortues fournissaient un appoint alimentaire très apprécié. En effet, au temps des longs voyages sur les navires à voiles, alors que sévissait souvent le scorbut, c’était une aubaine de pouvoir capturer sans peine de grands animaux, faciles à monter à bord, à conserver vivants sans avoir besoin de les nourrir, et qui assuraient l’alimentation en viande fraîche d’un équipage entier... C’est par centaines que les Tortues géantes ont été sacrifiées de la sorte. Aussi leur nombre a-t-il considérablement diminué depuis le xvme siècle.
- On peut même s’étonner qu’il existe encore quelques troupeaux de ces grands Chéloniens, alors que tout contribuait à les anéantir ! Car non seulement les navigateurs les ont détruits sans mesure, mais ils sont, en leur jeune âge surtout, — les victimes de nombreux ennemis. Leurs œufs sont mangés par l’Homme et par divers animaux. La grande longévité et la fécondité des Tortues géantes peuvent seules expliquer la survivance de quelques espèces.
- Les Tortues terrestres géantes, vivant de nos jours, forment deux groupes : les Tortues des Galapagos et les Tortues des Seychelles. Je rappellerai que l’archipel volcanique des Galapagos est situé dans le Pacifique, à l’ouest de la République de l’Equateur, dont il est la possession. Quant aux îles Seychelles, elles sont dans l’Océan Indien, au Nord-Est de Madagascar, et dépendent de l’Ile Maurice, colonie anglaise.
- Les Tortues des Galapagos et celles des Seychelles, quoique appartenant à des espèces différentes, sont très proches les unes des autres. Parfois, l’on se trouve en présence d’individus présentant les caractères mêlés des diverses espèces. Et l’on peut se demander si les différentes espèces qui habitaient les archipels de l’Océan Indien et du Pacifique, ayant été transportées d’une île à l’autre, ne se seraient pas croisées entre elles...
- Toujours est-il que les Tortues géantes sont de vrais Chersites, à carapace très bombée, aux doigts réunis, aux ongles courts et épais formant une sorte de sabot corné. La force des membres et l’aspect du pied en moignon rappellent assez le pied de l’Éléphant. La dossière, plus ou moins ornée, est brune. Des écailles arrondies et plates couvrent les avant-bras.
- Chez la Tortue éléphantine d’Aldabra (petit archipel
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- anglais au N.-O. de Madagascar), la carapace est; ovale, entière, d’un brun uniforme. La dossière de la femelle est lisse, polie, non bossuée; tandis que chez le mâle chaque écaille s’élève en bosse et comporte l’ornement de quelques lignes concentriques. La taille du mâle est supérieure à celle de la femelle.
- Les quatre Tortues vivant actuellement au Muséum d’Histoire Naturelle sont les Eléphantines d’Aldabra. Elles ont été données par le regretté Paul Carié, en mai 1923 : elles proviennent d’un troupeau de Tortues domestiques qui lui appartenait et qu’il conservait à l’Ile Maurice, l’ancienne Ile-de-France.
- M. le Dr J. Pellegrin a bien voulu me parler des Tortues géantes de la Ménagerie du Jardin des Plantes, qui sont très belles et en bon état. M. P. Carié en avait envoyé cinq, dont un superbe sujet, un mâle, qui est mort au bout de deux ans de captivité. C’est la Tortue que représente la figure 1. Les quatre survivantes, que nous voyons sur la figure 2, continuent de s’accroître, comme en témoignent les sillons clairs qui paraissent entre les écailles des dossières.
- Ce sont des bêtes douces et paisibles, tout à fait inofîen-sives.
- Le Dr Pellegrin fait remarquer que ces grandes Tortues sont plus faciles à conserver en captivité que les Tortues de nos climats habituées à hiverner et dont la vie est abrégée par suite de la suppression de l’hivernage dans les terrariums des jardins zoologiques. (On sait en effet combien est délicate à résoudre la question de l’hivernage en captivité des petites espèces de Tortues des régions tempérées). Sous les tropiques, les grandes Tortues ne doivent pas avoir besoin d’hiverner, celles du Muséum prennent de la nourriture toute l’année et, maintenues à une chaleur égale, elles ne s’engourdissent pas.
- Au Congrès international pour la protection de la nature, qui eut lieu à Paris en 1925, M. Paul Carié présenta un rapport sur « la protection de la faune dans les îles de l’Océan Indien », dans lequel notre regretté collègue parla notamment des Tortues géantes, et estima que ces grands Chéloniens étaient alors représentés par une centaine d’individus à l’île Maurice, une quinzaine à la Réunion, environ quarante aux Seychelles, et de trois à quatre cents à Aldabra. Des mesures de protection, — a-t-il dit, — avaient été prises dans cette dernière île. Ailleurs, l’initiative privée protégea quelques petits troupeaux.
- Aux Iles Mascareignes, il y eut autrefois plusieurs espèces de Tortues géantes; toutes ont disparu depuis fort longtemps. Mais depuis environ un siècle, les Tortues des Seychelles y ont été introduites. Elles s’y reproduisaient assez bien, mais les Rats et aussi les Mangoustes détruisirent la plupart des œufs et des jeunes.
- A l’île Maurice, ce sont les espèces d’Aldabra qui ont été acclimatées, principalement Testudo elephantina Duméril et Bibron. Leur nombre actuel est très restreint, et elles sont en voie de disparition totale; les pontes se font de plus en plus rares et, comme je viens de le dire, sont aussitôt dévorées par les Rats.
- La croissance des grandes Tortues est très lente; on
- Fig. 2. — Tortues eléphantines des îles Seychelles, actuellement vivantes au Muséum.
- croit qu’elles n’atteignent leur complet développement qu’à vingt ou vingt-cinq ans, peut-être davantage. L’Éléphantine adulte pèse couramment de 80 à 90 kg. Certains sujets ont atteint un poids de beaucoup supérieur. On cite, par exemple, un mâle qui vécut à la Ménagerie du Muséum de Paris, qui pesait 175 kg; ce sujet mesurait 1 m 36 de longueur sur 2 m 05 de circonférence de carapace, le plastron avait 0 m 80 de longueur sur 0 m 85 de largeur, la patte antérieure avait 0 m 54 de circonférence. Le Jardin d’Acclimatation de Paris a possédé un individu du poids de 205 kg.
- Comme toutes les Tortues terrestres, les Eléphantines sont végétariennes. Au Muséum, elles reçoivent des fruits, des salades, des légumes... Cependant, M. J.-P. Carié, qui eut l’amabilité de me donner des renseignements sur les Tortues de Maurice, assure qu’elles sont carnivores à l’occasion, comme le démontre l’observation suivante : « Les Tortues éléphantines que M. Paul Carié possédait à Maurice, vivaient en commensales avec des Poules et des Canards; à plusieurs reprises, des Canards furent trouvés à moitié dévorés; on s’aperçut qu’il arrivait aux Tortues d’écraser des Canards au moment où ils venaient boire et qu’elles les mangeaient ensuite ». On sait d’ailleurs que les petites Tortues de nos régions mangent volontiers des Insectes, des Vers, des Mollusques et autres menus animaux.
- Les Tortues éléphantines ont une vie très longue. Des cas de centenaires prouvés ne sont pas rares chez elles.
- Comme tous les Reptiles, les grandes Tortues aiment beaucoup à se baigner. Une pièce d’eau est nécessaire à leur bonne conservation en captivité.
- Sans doute, le Gouvernement britannique veille-t-il à l’application des mesures prises en faveur d’espèces presque éteintes. Au cours d’une visite qu’il fit tout dernièrement au Zoo de Copenhague, le Dr J. Pellegrin y vit deux Tortues éléphantines que venait d’offrir le Gouverneur des Seychelles.
- Maintenant quittons le Pavillon des Reptiles pour les galeries de Zoologie, où sont conservés des spécimens d’espèces très rares ou disparues.
- Voici les Tortues d’Aldabra : outre l’Éléphantine, c’est la Tortue lourde, la Tortue hololissa, la Tortue de Daudin.
- La Tortue lourde (Testudo ponderosa Giinther), la plus grosse, est représentée ici par deux magnifiques sujets. La carapace de cette espèce est très épaisse. De forme
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- régulière, un peu plus large en arrière qu’en avant, la carapace s’abaisse fortement à la partie postérieure, en une courbe très fermée. La Tortue hololissa (Testudo hololissa G.) rappelle la précédente, mais sa dossière est beaucoup moins épaisse.
- La Tortue de Daudin (Testudo daudini) est de forme allongée; la carapace, ovale, aux bords festonnés, montre les deux écailles marginales antérieures très relevées, tandis qu’à l’arrière la carapace se relève, puis se recourbe fortement. Chez le mâle, les écailles sont en bosses. La couleur de cette espèce est le brun uniforme. La queue est longue, non onguiculée. L’exemplaire qui est au Muséum est une pièce unique, et d’autant plus précieuse que l’espèce est perdue.
- Dans ce groupe se voit également Testudo nigra Q. et S., de T Ile Bourbon.
- Parmi les espèces qui ont vécu à l’Ile-de-France, —-toutes disparues, — on nomme*T. triserrata, T. lepnocne-mis, T. inepta, T. indica. Brehm rapporte qu’en 1676, Perrault a disséqué une de ces Tortues, dont la carapace a été conservée au Muséum de Paris. La longueur de la carapace, prise en dessus, était de 0 m 81. Elle était noire, oblongue.
- La Tortue de Grey, que Ton croit la même que la Tortue trisériée, a été décrite d’après une carapace retrouvée : d’un brun olivâtre, cette carapace est déprimée, à plaques striées, un peu convexes, d’un ovale très allongé.
- Plus loin, isolée, voici une pièce rarissime : la tortue de Yosmaer (Testudo oosmaeri Schaepf). Elle provient du Musée des Génovéfains créé sous le règne de Henri IV, et elle appartenait à la Bibliothèque Sainte-Geneviève, construite sur l’emplacement de l’ancien monastère. La Tortue de Vosmaer est un mâle adulte, long, de 1 m 65; la carapace seule mesure près de 1 mètre de longueur. La dossière noire, lisse, est retroussée et courte, laissant voir le corps, le plastron est très court. La tête est petite, portée par un cou très long, les pattes sont fortes, revêtues en dessus de grandes plaques ; la queue est courte et grosse. On croit que la Tortue de Vosmaer habitait T Ile Rodriguez.
- Si nous paasons au second groupe des Tortues géantes, c’est-à-dire à celui des Tortues des Iles Galapagos, nous constatons que les collections du Muséum ne sont pas moins riches.
- Au temps des conquistadors, les Iles Galapagos ont été appelées « Iles des Tortues », tellement les grands Chélo-
- niens y étaient abondants; mais, comme jadis, aux îles de l’Océan Indien, ces Reptiles ont été exterminés par les navigateurs des xvne et xvme siècles.
- Aux Galapagos vivaient plusieurs espèces de Tortues énormes, C’étaient : la Tortue noire, la Tortue voisine, la Tortue de petite taille, la Tortue à pieds d’Éléphant, la Tortue d’Abington, la Tortue selle. Les unes sont en voie de disparition, les autres sont éteintes.
- Testudo nigrita D. et B., a la carapace d’un noir uniforme, ovalaire, relevée à l’avant et à l’arrière, laissant voir les côtés du corps, et rabattue sur la queue, qui est courte et inonguiculée. Les écailles élevées en bosses sont ornées de sillons concentriques. La Tortue noire peut avoir 1 m 35 de longueur.
- La Tortue voisine (Testudo vicina G.) a la carapace noire, un peu déprimée, à peine plus large en arrière qu’en avant.
- La Tortue de petite taille (Testudo microphyes Gunther) est représentée par deux sujets, un mâle à carapace ornée et brune, plus large en arrière qu’en avant, dentelée à ses extrémités, et une femelle à dossière plus sombre et lisse, oblongue et déprimée, presque de même largeur en arrière qu’en avant.
- La Tortue à pieds d’Éléphant (Testudo elephantopus) ressemble à l’Éléphantine d’Aldabra. Elles est noire, bombée, bossuée, plus large en arrière qu’en avant.
- La Tortue d’Abington rappelle sensiblement la Tortue de Vosmaer. Le corps est très découvert par une carapace mince, peu consistante. Le cou est long, la tête petite.
- Enfin, la Tortue selle (Testudo ephippium), depuis longtemps éteinte, à carapace mince, aux écailles de la dossière en bosses, ressemblait assez l’espèce précédente, mais la carapace affectait la forme en selle, très caractéristique, fortement recourbée à la partie postérieure, relevée en avant.
- Il y a quelque temps, une mission américaine équipée par un généreux mécène, M. C. Crâne, et patronnée par le Musée Marshall de Chicago, a rapporté des Tortues géantes des Iles Galapagos. Il y aurait donc encore quelques Tortues dans ces îles. Si elles ne sont pas protégées, il est évident que leur extinction n’est qu’une question de peu d’années.
- C’est pourquoi Paul Carié demandait instamment que des mesures administratives et législatives fussent prises pour protéger les Tortues géantes des Iles de l’Océan Indien et de l’Océan Pacifique.
- A. Feuillée-Billot.
- = LA FABRICATION EN SERIE DES AUTOMOBILES EN FRANCE
- Il - L’ASSEMBLAGE ET LE MONTAGE
- Nous avons montré, dans notre précédent numéro, comment s’effectue dans les usines Citroën la fabrication des éléments de la voiture automobile. Maintenant, il faut assembler les membres de ce grand corps;
- il faut monter les organes épars dont la réunion constituera finalement l’automobile moderne.
- CHAINES D’USINAGE ET MONTAGE
- Le montage du pont arrière et du moteur se font à la chaîne. Ce procédé est le triomphe du machinisme parce
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- Fig. 1. — Chaîne d’usinage des corps de ponls-arrière.
- (Les corps de ponts, usinés par les machines sises en bordure de 'allée, passent à gauche au poste de contrôle, puis, après leur visite, sont placés sur la chaîne).
- qu’il asservit au rythme machinal l’incontrôlable fantaisie des monteurs de jadis. Nos lecteurs ont assez souvent entendu parler de cette méthode pour en connaître les grandes lignes.
- Voici l’économie générale du système. Un ensemble à édifier se déplace sur une sorte de courroie sans lin ou de trolley aérien «à une vitesse dont l’ordre de grandeur varie entre 1 et 2 mètres à la minute. Parvenu à l’extrémité de cette chaîne, celle-ci abandonne l’objet terminé, mais, au même moment, à son autre extrémité, elle reçoit un élément nouveau, sorte de noyau fondamental d’un des ensembles à construire.
- La chaîne progresse entre une double baie de pièces et d’ouvriers. Elle rencontre les pièces dans l’ordre où celles-ci doivent se présenter pour l’édification de l’ensemble. Les hommes servent de trait d’union. Ils prennent la pièce sur une table où elle arrive, amenée là le plus souvent, par un convoyeur auxiliaire et la mettent en place. Entre deux tables successives, l’espace se trouve minutieusement calculé afin que 1’ouvrier qui monte une pièce ait exactement achevé son travail au moment où la suivante se présente. Du coup, toute flânerie est abolie, tout effort parasite et tout pas inutile se trouvent supprimés. Le monteur, au cours de sa besogne, s’incorpore en quelque sorte momentanément à la chaîne, puis l’abandonne et remonte à son point de départ, distant de quelques pas.
- Si une telle conception brille par sa simplicité, la réalisation pratique représente un énorme travail, pour chaque cas particulier. Les ateliers de Grenelle de la Société Citroën illustrent la complexité et les difficultés d’une organisation typique de ce genre pour l’industrie automobile. On a divisé cette vaste usine en un certain nombre de secteurs dont chacun affecte la forme d’un gril limité à l’une de ses extrémités par les magasins de pièces brutes et à l’autre par la chaîne de montage de
- Fig. 2. — Chaîne de montage des ponts-arrière.
- Déposé sur la chaîne, le corps de pont-arrière va recevoir son différentiel qui sort des cabines de silence. L’ouvrier, à gauche au premier plan, ravitaille la chaîne en arbres de roues.
- l’élément d’auto, formé par l’assemblage de ces dernières.
- Les chaînes d'usinage s’alignent à travers les bâtiments, dans des directions perpendiculaires au magasin.
- Fig. 3. — Fraiseuse Ingersoll.
- Cette machine à mouvement continu dresse les faces supérieures et inférieures du carter des cylindres.
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- Chacune d’elles prend une pièce brute qui progresse de mains en mains ou d’une machine à la suivante. Au terme de ses lentes pérégrinations elle se trouve percée de trous, alésée, taillée ou rectifiée et parvient juste à l’endroit voulu de la chaîne de montage pour que les ouvriers s’en emparent et l’incorporent dans l’ensemble.
- Sans pouvoir décrire toutes les chaînes d’usinage et de montage, jetons d’abord un coup d’œil à celles du secteur où les ponts-arrière prennent naissance. Au départ du stockage des pièces brutes, la première chaîne reçoit le corps de pont-arrière arrivé brut de l’usine des Epinettes et qui progresse accroché à un convoyeur
- palan saisit le pont arrière tout équipé. Celui-ci refait une nouvelle station dans les cabines d’essais où on s’assure encore une fois, au moyen d’enregistreurs électro-magnétiques, que son différentiel fonctionne silencieusement.
- De son côté, la chaîne d’usinage des blocs-cylindres de l’usine Gutenberg de la Société Citroën affecte la forme d’un serpentin. Au départ, on encastre les blocs-cylindres sur le tambour tournant d’une grosse fraiseuse Ingersoll (fig. 3) qui va travailler au dressage de leurs faces inférieures et supérieures. Quand la fraiseuse a accompli un tour, deux des faces opposées des carters sont parallèles. Un second « colosse » identique dresse ensuite les
- Fig. 4. — Chaîne de montage des moteurs (usine Gutenberg de la Société Citroën).
- Entre deux chaînes cheminant en sens inverse, un transbordeur amène par gravité le carter cylindre aux machines de pose de l’embiellage. Sur la chaîne de gauche, ce bloc reçoit toute la sous-structure du moteur. Après contrôle et pose du carter inférieur, on retourne le moteur
- qui prendra sa superstructure sur la chaîne de droite).
- aérien. Un ouvrier décroche ladite pièce, la met sur un tour, puis la raccroche après l’avoir rabotée ou percée en plusieurs points ; elle chemine ensuite, avec quelques arrêts sur d’autres machines, qui taraudent certains de ses orifices, aplanissent ses surfaces ou soudent ses extrémités et, après une visite au poste de contrôle, le corps de pont arrière arrive à la chaîne de montage (fig. 2). Là, un^ convoyeur l’amène successivement à l’extrémité de chacune des autres chaînes d’usinage où il reçoit son différentiel (fig. 1), qui sort des essais subis dans les cabines de silence, ses tambours de freins et autres éléments. Au bout de la chaîne de montage, un
- deux autres faces, puis le convoyeur entraîne les blocs vers d’autres machines-outils dont certaines perforent jusqu’à 130 trous à la fois dans leurs parois tandis que d’autres « fées mécaniques » rectifient leurs alésages avec une précision qui atteint le centième de millimètre.
- Lorsque les blocs arrivent à l’extrémité de la chaîne de montage munis de leurs soupapes, on les met chacun sur un chariot et ainsi installés ils progressent sur le convoyeur de montage (fig. 4). Ils reçoivent, petit à petit, de nouvelles pièces qui les complètent. Dans le vaste atelier de Gutenberg deux chaînes marchent en sens inverse. Un transbordeur amène par gravité les
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- carters-cylindres aux machines de pose de l’embiellage. Sur la chaîne de gauche chacun d’eux reçoit toute la sous-structure de son moteur qui complète sa supers tructure, sur la chaîne de droite.
- On contrôle toutes les pièces du moteur avant leur montage. En particulier, on procède kY équilibrage rigoureux du vilebrequin, volant et embrayage sur machine a Gisholt » (fig. 5). On place le vilebrequin sur un berceau supporté par des ressorts, dont les vibrations se transmettent aux appareils enregistreurs. Puis on corrige par des masses additionnelles le déséquilibrage constaté. On examine alors la position des masses additionnelles et on fait une correction sur le vilebrequin, par exemple, en perçant des trous ou en modifiant ses contrepoids pour rétablir l’équilibre. Un barème établi à l’avance permet de calculer rapidement cette correction. Finalement on remet le vilebrequin sur la machine pour s’assurer de son parfait équilibrage.
- Quant aux pignons de la boîte de vitesse, comme certains autres organes du moteur, on leur fait subir divers traitements thermiques (fig. 6).
- Un convoyeur aérien apporte les pièces sortant du contrôle après usinage jusqu’aux fours électriques. On les trempe dans des bacs d’huile et ils passent au revenu. On peut alors monter la boîte de vitesse et la réunir au reste du moteur qui, avant son arrivée au bout de la chaîne de montage, reçoit en outre, ses organes électriques.
- De leur côté, au sortir de la chaîne de montage, tous les moteurs subissent, sur des bancs dynamométriques, leurs essais de puissance (fig. 8), puis on les amène dans des cabines isolées où on les vérifie au point de vue du silence de leur marche. Si quelque chose cloche, on refuse le moteur qui repasse au montage. S’il se tire à son honneur de ces méticuleux « examens », on le déclare bon, une fois que l’on a constaté le parfait état de ses organes internes après leur première heure de marche.
- MONTAGE ET CARROSSAGE DES CHASSIS
- Les éléments que nous avons vu fabriquer ailleurs se concentrent dans un magasin. Longerons, traverses, moteurs et autres pièces usinées attendent dans un vaste hall (fig. 7) le moment de jouer leur rôle à l’atelier de montage des châssis. Là, on assemble longerons et traverses pour former le cadre en posant des rivets à l’aide de presses pneumatiques. Puis, tout en progressant sur un convoyeur, le cadre s’enrichit, en moins d’une demi-heure, d’organes nouveaux.
- Arrivé vers l’extrémité de la chaine de montage, il reçoit ses roues qui descendent, une à une, de l’étage supérieur par une sorte de couloir incliné et s’arrêtent à portée des monteurs. Pendant ce temps, d’au-
- •— Equilibrage de l'ensemble du vilebrequin, du volant et de l’embrayage sur machines Gisholt.
- très ouvriers fixent sur chaque véhiculé un réservoir de fortune, qu’ils remplissent d’essence et guidé par un autre compagnon le châssis se dirige par ses propres moyens au poste de contrôle.
- D’autre, part, dans les ateliers de carrosserie « tout acier», les éléments emboutis s’assemblent sur des berceaux de montage au moyen de la soudure électrique ou autogène afin de former la caisse des voitures (fig. 9 à 12). Sur un chariot celle-ci se complète, petit à petit, progres-
- Fig. 6. — Traitement thermique des pignons de la boîte de vitesses.
- (Les l'ours électriques sont installés de part et d’autre des bacs d’huile pour la trempe. Un convoyeur aérien apporte les pièces sortant du contrôle après usinage. Elles sont ramenées de même, après trempe, aux tours de revenu.
- Fig. 5.
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- sant le long de la chaîne où elle voyagera encore sur des centaines de mètres pour achever sa toilette. Après un décapage préalable, on va laver, poncer, peindre et polir les caisses. La peinture s’applique au pistolet aérogpaphe dans des cabines ventilées et on en passe parfois jusqu’à onze couches successives pour qu’elle ne s’écaille que difficilement à l’usure sur la tôle ondulée. Le séchage s’opère, d’ordinaire dans des étuves-tunnels.
- A l’usine Citroën de Javel, l’atelier de peinture est un vaste hall de 150 m de profondeur où se développent 17 chaînes de 112 m chacune. Ce parcours de plus de 1800 m de longueur permet d’effectuer en 10 heures le cycle complet des opérations picturales sur les caisses : impression, apprêts, mastiquage et lustrage.
- Au sortir de l’atelier de peintui’e, les caisses prennent, sur différentes chaînes, leurs glaces, matelassures et garnitures intérieures (fig. 14 à 16, a, b, c). De son côté, le châssis pourvu de tous ses accessoires arrive à la chaîne de finition tandis qu’à quelques mètres plus loin, la carrosserie descend d’une trappe pour se poser sur lui. Rien ne cloche plus dans cette heureuse « union » réalisée sous le signe de la précision
- Fig. 7. — Hall d'arrivée des éléments du châssis el de la carrosserie à l'usine Citroën pimpante automobile reçoit alors
- de Javel. ses coussins qui glissent du plafond; encore une
- Fig. 8. — Salle d’essais de moteurs (usine Gutenberg-Sté Citroën).
- Les moteurs terminés subissent leurs essais de rodage et de puissance sur des bancs dynamométriques. On les conduit ensuite dans les cabines
- de silence où l’on s’assure qu’ils marchent sans bruit.
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- Fig. 9 à 12. •— La fabrication des carrosseries « tout-acier » chez Citroën.
- Fig. 9 (a). —• Le hall dje .montage des tôles de carrosserie à l’usine de Sainl-Ouen. —- Fig. 10 (b). — Atelier de ferrage. Les éléments emboutis de la caisse sont assemblés sur des berceaux démontage, soit par soudure électrique, soit par soudure autogène. — Fig. 11 (c). — Atelier de peinture des carrosseries (usine Javel). 1800 m de chaînes permettent aux caisses de recevoir en 10 heures leur peinture complète : impression, apprêts, masticage, ponçage, lustrage, etc.). — Fig. 12 (dp — Atelier de finition. Les caisses, sortant de l’atelier de peinture, reçoivent sur différentes chaînes leurs glaces, matelassures, garnitures. Vers la gauche on aperçoit la rampe par laquelle les carrosseries terminées gagnent le premier étage.
- petite visite des contrôleurs, puis le réglage des freins sur une machine à rouleaux et à enregistreur de serrage. Enfin la voiture passe une ultime épreuve (fig. 18, e) et arrive entre les mains des services commerciaux en attendant son départ chez un agent de la firme ou sa livraison directe, soit par route, soit par chemin de fer «à un client particulier.
- CONCLUSION
- Comme cette brève étude a permis à nos lecteurs de s’en rendre compte, les principales firmes automobiles de France sont aujourd’hui parfaitement outillées. Elles peuvent fabriquer en grande série et livrer à bon marché des voitures de types bien étudiés aux organes souples, robustes et précis, aux carrosseries aussi solides qu’artis-
- Fig. 13. — Machine à gonfler les pneumatiques. L’atelier de gonflement des pneus, relié par transporteur à la chaîne de montage des châssis, dirige les roues garnies vers cette dernière.
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- tiques. Malheureusement, nos industriels, en dépit de leur politique hardie quoique prudente, rencontrent, à l’heure actuelle, des difficultés d’exportation dues à des restrictions de change et à des droits de douane prohibitifs mis par de nombreux pays sur les automobiles de provenance étrangère. En présence de cette
- Fig. 14 ù 18. — Le montage des châssis à l'usine Citroën de Jaue Fig. 14 (a). — La chaîne de montage.
- Le châssis presque terminé va recevoir ses roues, on l’alimente en essence, huile et eau ; il peut alors se diriger par ses propres moyens vers le poste de contrôle, du montage.
- Fig. 15 (b). — Châssis sortant de la chaîne par leurs propres moyens. Fig. 16 (c). —• Le contrôle du montage des châssis.
- Les châssis sont dirigés sur des fosses où ils sont vérifiés par des spécialistes.
- Fig. 17 (d). — Chaîne de finition. Le châssis reçoit sa carrosserie. Fig. 18 (e). — Dernier contrôle des voilures terminées. (Les voitures sortant de la chaîne de finition, subissent un dernier contrôle et passent sur une fosse spéciale pour le réglage de leurs freins.)
- situation, ils réclament aux Pouvoirs publics de les protéger contre leurs concurrents d’Amérique ou d’Europe par l’adoption de mesures législatives identiques.
- Mais, malgré tout, nos fabricants gardent leur optimisme raisonné et espèrent surmonter victorieusement la crise économique mondiale. En comprimant les frais généraux de leurs usines et en améliorant la qualité de leurs voitures, ils se flattent d’étendre, de plus en plus, le champ social de l’automobilisme. Ils verront également s’ouvrir de nouveaux débouchés devant eux quand des routes carrossables et bien entretenues remplaceront les mauvais chemins qu’on rencontre encore assez souvent dans les colonies françaises et même dans certaines régions européennes. Jacques Boyer.
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- LA STRUCTURE DE LA VOIE LACTEE = 501
- Un excellent article de M. G. Darmois exposait récemment, ici même, le Problème de la structure de notre univers stellaire (n° 2874, 1er février 1932). 11 a permis de se rendre compte de la complexité dudit problème et d’apprécier les méthodes grâce à l’application desquelles des données générales ont été rassemblées sur l’étendue de la Voie lactée. En la considérant dans cet ordre d’idées, nous n’avons donc pas à revenir sur la question; mais nous l’envisagerons à nouveau au point de vue de l’observation directe des apparences offertes à nos yeux. Dans ce domaine, certains procédés photographiques semblent devoir conduire à une connaissance assez satisfaisante des dispositions principales de l’immense agglomération d’étoiles dont notre propre Soleil fait partie, à titre de simple et infime unité.
- Pour bien préciser l’orientation des recherches faisant l’objet de ces lignes, rappelons la conclusion de l’article précité.
- « ... 11 convient d’ajouter, pour être complet, et montrer que le travail en cette direction peut s’enrichir encore, que les dimensions de notre système stellaire sont supérieures à celles des systèmes extérieurs, et que cette image est peut-être trop simple, notre système pouvant résulter d’un assemblage de sys tèmes de dimensions plus normales. »
- Cette toute dernière supposition se rapporte à l’hypothèse supergalactique de Shapley, que nous allons examiner tout particulièrement, en la résumant.
- L’HYPOTHÈSE SUPERGALACTIQUE : ARGUMENTS EN SA FAVEUR, ET OBJECTIONS QU’ON PEUT LUI OPPOSER
- Dans cette hypothèse, les amas ou nébuleuses spirales, dont le groupement forme l’univers stellaire visible, seraient situés approximativement dans un même plan. De notre station terrestre associée au Soleil, qui lui-même est un des membres de l'un de ces groupements, nous verrions, suivant ce plan, les divers systèmes se profiler et s’enchevêtrer en perspective les uns derrière les autres pour constituer l’aspect très irrégulier de la traînée galactique.
- Avant d’apporter à cette conception, par l’observation
- photographique, les éléments favorables exposés un peu plus loin, examinons auparavant les arguments que l’on peut invoquer pour lui donner quelque préférence.
- Tout d’abord, de telles réunions de spirales ont été reconnues çà et là dans l’espace; sur ces lointains systèmes extérieurs, les admirables photographies de Ritchey nous ont apporté les plus précieux documents. Notre système stellaire, considéré ainsi ne ferait donc pas exception.
- D’autre part, des arguments mathématiques ont été également apportés par les beaux travaux de M. Henri Mineur, astronome à l’Observatoire de Paris; ils se rapportent à l’étude de la rotation de notre propre amas
- ou système local. Dans l’hvpothèse supergalactique, il faut admettre les groupements distincts comme restant permanents dans le temps; et par conséquent ils doivent être animés du mouvement de rotation de tout système d’astres. Or, les recherches de M. Mineur, basées sur l’analyse très complexe des mouvements propres des étoiles, et que nous ne pouvons que résumer ici, lui ont permis d’affirmer, en 1928, la rotation du système lo.cal, s’effectuant autour d’un centre qui pour nous se trouve dans la direction où, sur le ciel austral, se dessine la constellation de laCarène.
- L’extension de telles recherches et les données supplémentaires que l’avenir pourra fournir par de plus nombreux éléments de mesure, n’ajouteront vraisemblablement que du poids à ces déductions.
- Faisons état maintenant d’une des principales objectives que l’on a opposées à l’hypothèse en question, et qui a trait à l’aspect même de la Voie lactée : des groupements distincts, d’allure spirale ou autre, devraient être aisément reconnaissables, séparés les uns des
- autres, comme on le constate sur les photographies ayant
- révélé ces sortes d’archipels célestes. En un mot, la Voie lactée devrait présenter des solutions de continuité qui ne s’observent guère; à peu près partout sur son trajet, elle montre une quantité prodigieuse d’étoiles, quoique irrégulièrement distribuées.
- Ces considérations n’ont peut-être pas toute la valeur que, dès l’abord, on est porté à leur attribuer. Remarquons en effet que l’aspect relativement bien délimité des
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- nébuleuses spirales résulte sans aucun doute de leur formidable éloignement. Ainsi ne devons-nous enregistrer, faute d’une définition parfaite et d’une intensité suffisante, que les parties fortement condensées se traduisant par une notable lueur totale ; ces agglomérations peuvent avoir des limites plus étendues, inappréciables pour nous, par une dissémination plus grande d’étoiles trop faibles pour être décelées individuellement. Certainement que mieux vus — de plus près — les groupes d’amas ou de spirales ne donneraient pas l’impression d’être aussi nettement et largement séparés que nous sommes portés
- Fig. 2. •— U Observatoire de Donvilie.
- à le croire d’après les seuls aspects qu’il est actuellement possible d’enregistrer.
- Une telle supposition n’a rien d’invraisemblable, et les apparences fournies par la Voie lactée s’en accommoderaient fort bien; du moins peut-on l’admettre d’après l’examen des résultats photographiques sur lesquels nous allons maintenant insister, et qui, en concordance avec les déductions résumées précédemment, semblent bien apporter de nouveaux arguments en faveur de l’hypothèse supergalactique.
- l’étude photographique
- DE LA VOIE LACTÉE
- Si la simple vision de la Voie lactée, puis l’observation télescopique, permettent de concevoir qu’une telle apparence générale est due à une véritable fourmilière céleste, la photographie seulement a pu en préciser vraiment la prodigieuse richesse, et en procurer des vues qui confondent l’imagination. Dans cet ordre d’idées, il faut mentionner spécialement les admirables clichés des Barnard, des Ritchey et de leurs émules ; indépendamment des spectacles impressionnants qui nous sont ainsi révélés ils se prêtent à des dénombrements dont il est inutile de souligner toute l’importance. De telles images en effet permettent de reconnaître individuellement les myriades d’étoiles composant ce fantastique groupement. Mais leur grande échelle, limitant nécessairement l’étendue de la partie enregistrée, et la richesse des détails qui éblouissent l’œil, font perdre un peu de vue l’ensemble. Comme si l’on photographiait un arbre de tout près : les clichés nous renseigneraient admirablement sur le nombre des feuilles, leurs particularités et leurs
- i». i .. - .
- disposition réciproques, mais ne pourraient, considérés isolément, nous faire connaître l’allure générale de l’arbre; cela, au contraire, nous le demanderons à une petite photographie prise d’un peu loin. Appliqué à la Voie lactée, un renseignement du même ordre nous sera fourni par l’emploi d’un petit objectif, à court foyer.
- Etudier ainsi l’ensemble de la Voie lactée, tel a été le programme de recherches entrepris dès avant la guerre, mais seulement repris systématiquement à partir de 1926 à mon observatoire de Donvilie.
- L’appareil utilisé est une petite chambre munie d’un objectif Petzval de 3,5 cm d’ouverture libre et de 12 cm de foyer. Le champ utile couvre une étendue de ciel d’environ 15°; mais, sur des limites plus vastes, d’au moins 25°, il permet encore l’identification des étoiles pour le raccordement des clichés. Les poses ont été effectuées, jusqu’en 1929, avec l’appareil monté sur un équatorial de 95 mm conduit à la main; puis, à partir
- Fig. 3. — Equatorial Secrèlan, de. 160 mm., de l’Observatoire de Donvilie.
- En A. le petit appareil photographique utilisé pour l’obtention des clichés de la Voie lactée.
- de cette date, à l’aide d’un équatorial de Secrétan de 160 mm, à mouvement d’horlogerie (fig. 3). Pour le but proposé, une durée de pose de 1 h 30 en moyenne, et de 2 heures au plus, paraît donner le meilleur rendement. Au delà de ce temps, le centre de la plaque est trop fortement voilé par la clarté du ciel nocturne ; les nébulosités formées par les condensations stellaires de faible éclat
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- Fig. 4. — Le grund nuage elliptique dans lequel se devine une forme spirale, de la constellation d’Ophiuchus. (3 sur la carte.)
- (Un seul cliché.)
- s’oblitèrent, et le gain résultant de la prolongation d’exposition devient pratiquement nul.
- Bien entendu, de tels clichés ne sauraient être comparés, en linesse, à ceux que fournissent les grands objectifs; mais les disques stellaires, trop larges par rapport à leurs positions réciproques, dessinent mieux les condensations, susceptibles alors d’être enregistrées sous l’aspect de masses compactes, de même que les alignements ressortent avec une remarquable netteté, puisque les étoiles
- Fig. G. — Le grand nuage, en spirale, entre les étoiles y el [i du Cygne. (7 sur la carte.)
- (Raccordement de 10 clichés.)
- qui les dessinent paraissent alors volontiers soudées les unes aux autres. Il est, d’ailleurs, préférable, dans le cas présent, de chercher à exagérer ces particularités, et l’on y parvient aisément par le procédé du contretypage, qui rend l’image plus grossière ; le principal avantage de ce procédé, cependant, est d’augmenter violemment les contrastes, ce qui fait apparaître mieux lé dessin des plus pâles condensations. 11 est mieux, au tirage, de ne pas dépasser une amplification de 2 fois, afin de conserver aux images les caractères qu’on leur demande de révéler et qui se perdent assez vite
- lorsque les points stellaires s’éparpillent sur une trop grande surface.
- Malgré l’étendue embrassée par chacun de ces clichés, dont certains sont cependant très significatifs par eux-mêmes, il reste
- indispensable d’en effectuer le raccordement afin
- d’étudier plus complètement ces vastes ensembles.
- Cette dernière opération est très délicate, il est inutile d’y insister, et entraîne d’autre part la nécessité d’avoir un nombre de clichés plus grand que celui réclamé par leur simple succession : des chevauchements notables s’imposent pour corriger autant que possible les déformations vite sensibles à quelque distance du centre. D’après les exemples reproduits (fig. 5 à 7), et qui résultent chacun de la réunion de plusieurs épreuves, on reconnaîtra qu’il est possible, à cet égard, d’arriver à un acceptable résultat. Cependant pour la représentation générale de la portion de la Voie lactée qui a pu être obtenue ainsi jusqu’à présent, il m’a semblé préférable, en vue des nécessités de la reproduction, d’établir une carte (fig. 8 et 9) dessinée sur le raccordement successif des négatifs. D’autre part, une telle reconstitution permet, grâce à l’interprétation qui les fait mieux ressortir, de souligner les formes qui se dessinent dans cette immense et irrégulière agglomération.
- RÉSULTATS FOURNIS PAR L’EXAMEN PHOTOGRAPHIQUE
- Bien que pour la solution d’un problème aussi vaste et aussi compliqué que ^celui de la réelle structure de la
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- Fig. 7.
- Le nuage de /’Ecu (le Sobieski, avec une spire extérieure très nettement dessinée, et les nébuleuses sombres qui Loblitèrent partiellement. (2 sur la carte.) Raccordement de 4 clichés.
- (Cette Usure est reproduite à une échelle plus grande que les précédentes.)
- Voie lactée, il faille se garder de formuler des conclusions par trop précises, on ne peut s’empêcher de remarquer que le simple examen des photographies, et mieux celui de l’ensemble, révèle presque partout une structure se rapportant à des spires ou des portions de spires aperçues sous des perspectives différentes. Certaines condensations, assez franchement isolées, possèdent nettement ce caractère dans leur totalité : par exemple le nuage compris entre y et [3 du Cygne (fig. 6) ou celui qui s’étend entre Cassiopée et la partie boréale du Cy'gne (fig. 5), formation qui d’ailleurs se complique par superposition évidente avec la structure de cette dernière région. Le nuage de YEcu de Sobieski (fig. 7) nous fournit également un exemple remarquablement net; citons encore l’aspect du nuage qui semble terminer la branche ouest de la Voie lactée, dans Ophiuchus (fig. 4). D’autres groupements se reconnaissent également, mais dont l’évidence est moins marquée, parce qu’ils sont contrariés, dans leur apparence, par la superposition d’autres formations ou de leurs prolongements, orientés différemment (v. 4 et 5, sur la,carte). Enfin, il paraît bien évident que, sur de nombreux points, ces nuages subissent des altérations ou des oblitérations totales dues à l’interposition de « nébuleuses sombres »; sur certains clichés, en effet, il serait difficile d’interpréter autrement d’étranges lacunes dont la netteté est très grande, et Pétendue parfois considérable (fig. 7). A ce dernier po'mt de vue, c’est encore un avantage de la méthode employée, traduisant en quelque sorte les formes à la manière expressive d’un croquis schématique.
- Reconnaissons maintenant que, malgré leur allure caractérisée, ces groupements d’étoiles ne paraîtront peut-être pas offrir l’allure si nette des célèbres nébuleuses spirales, possédant surtout une condensation centrale bien accusée. Mais il ne faut pas cependant s’en tenir aux quelques exemples, dont plus particulièrement on s’est attaché à présenter l’aspect très remarquable. Dans le nombre prodigieux de ces formations, et notamment dans celles que l’on admet être en connexion, comme des archipels plus ou moins étendus, des types se rencontrent dont l’allure ne s’apparente que de très loin à la régularité des spirales classiques. En somme on trouve tous les types de transition entre cette dernière disposition et celle de simples amas plus ou moins grossièrement elliptiques.
- Rien n’infirme donc positivement l’assimilation à laquelle conduit l’examen des aspects enregistrés par les moyens préconisés ici. Et il apparaît bien probable que c’est à un groupe de nébuleuses spirales et d’amas elliptiques à peu près rassemblés dans un même plan, qu’est
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- Pensee
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- Fig. S et 9. — Carte générale, en deux fragments, de la partie de la Voie lactée comprise entre le Sagittaire et les Gémeaux. Le dessin de cette carte a été tracé sur le raccordement de 50 des clichés obtenus à l’Observatoire de Donville.
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- dû l’aspect de la Voie lactée. En perspective ils se superposent les uns derrière les autres, emmêlent leur structure, ce qui les rend moins facilement discernables. Enfin ce qui contribue à renforcer l’aspect général de continuité de la ceinture galactique, ce sont les innombrables étoiles de notre propre amas dont nous voyons le semis se répandre autour du ciel, se confondant avec celles des formations environnantes. Quant à la structure de cet amas, où nous sommes plongés, il est permis d’admettre,
- Fig. 10. — Essai de reconstitution de la disposition possible des principaux groupes stellaires dont la réunion, par suite de la perspective, dessine l’aspect général de la Voie lactée.
- Ce dessin comprend seulement les amas, qui, dans le voisinage du nôtre où la position du Soleil est indiquée par une croix, correspondent à la Voie lactée dans l’hémisphère boréal; cependant il y a été ajouté quelques formations suivant la direction cù sur le ciel austral, nous voyons se projeter le centre du système local.
- Fig. 11. •— Schéma explicatif du dessin ci-dessus :
- 1. Nuages du Sagittaire. — 2. Nuage de Y Écu de Sobieski. — 3. Nuage d'Ophiuchui. —4 et C>. Nuages dans l'Aigle, se superposant en apparence. — G. Nuage aux coi lins de Y Aigle- et d ’Ophiuchus, (Branche ouest de la Voie lactée). — 7. Nuage entre y et [i du Cygne. — 8. Nuage de la région boréale du Cygne. —- 9. Nuage entre le Cygne et Cassiopée. — 10. Nuages de Persêe. — 11. Nuages du Cocher. — 12. Nuages de la Carène dans le ciel austral.
- afin d’expliquer certaines particularités de répartition, qu’il possède une allure spirale assez voisine de celle que l’on voit sur la figure 1, le Soleil se trouvant dans l’une des spires.
- LA DISPOSITION POSSIBLE DE LA VOIE LACTÉE
- Les résultats qui viennent d’être exposés semblent bien devoir apporter quelque contribution à l’étude de la structure d’ensemble de la Voie lactée, et fournir ainsi, en concordance avec les déductions mathématiques,
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- des arguments supplémentaires en faveur de l’hypothèse supergalactique.
- Si nous tenons cette hypothèse pour exacte, quelle est la disposition d’un tel groupement d’amas et de spirales ? C est ce que nous pouvons essayer de reconstituer, du moins en ce qui concerne la partie de la Voie lactée s’étendant depuis le Sagittaire jusqu’aux Gémeaux que les clichés ci-dessus décrits ont permis d’étudier; il ne saurait être question/également, que de notre voisinage relatif, les clichés ne s’adressant utilement qu’aux formations les moins lointaines.
- Les éléments fmuvant servir de base à cette reconstitution sont les suivants.
- Un premier élément, indiscutable puisqu’il s’agit de l’observation directe, est la direction que chacune des formations occupe dans l’espace. Mais dans ces directions, quel est leur recul respectif ? Ici nous devops faire appel à un élément approximatif : d’après les recherches et déterminations sur les nébuleuses spirales, on a reconnu que grosso modo ces systèmes sont de même dimension. Si nous admettons ce principe, il est permis de l’appliquer aux formations qui nous environnent, et de supposer logiquement que leurs inégales dimensions sont fonction de leur éloignement. Tenant compte donc de leur étendue angulaire mesurée, nous pouvons, par un simple calcul
- . ,, . "ï:............................::.:= 507 =
- de proportions, les situer en profondeur et fixer leurs situations respectives d’après leurs directions. Ajoutons que ces données se trouvent renforcées par quelques évaluations de distances réelles et de dimensions qui ont pu être déterminées avec quelque probabilité, notamment en ce qui concerne le nuage de YEcu de Sobieski, celui du Sagittaire (que l’on estime occuper le centre de ce vaste groupement) et l’étendue de notre système local.
- Enfin le dernier facteur de cet essai de représentation est l’allure générale des éléments du groupe, rétablie pour chacun d’eux d’après la perspective sous laquelle ils semblent se montrer sur les photographies, mais en essayant de tenir compte aussi de leurs orientations différentes dans le plan général où ils se trouvent rassemblés. ,
- C’est à l’aide de ces données qu’a été établie la figure 10. Une telle tentative pourra paraître un peu hardie ou prématurée... Mais s’il n’est pas possible d’afîrmer que dans notre voisinage T Univers est ainsi disposé, il est permis d’admettre qu’une telle disposition -— donnant par ailleurs une idée concrète de l’hypothèse supergalactique —rendrait compte généralement des apparences qui s'offrent à nos yeux.
- , Lucien Rudaux, Observatoire de Donville.
- NOUVELLE ECRITURE MUSICALE
- LE SYSTÈME fLE Y AT
- Rien n’est plus architectural que la musique et il est curieux de voir combien sa représentation écrite s’éloigne de la sensation auditive.
- Quand on déchiffre un texte musical, il y a entre l’œil et l’oreille un déséquilibre pénible qui est à la base de bien des découragements.
- Non seulement l’ancienne écriture musicale n’est pas représentative, mais elle est extrêmement confuse et compliquée, elle demande un très long apprentissage pris sur un temps précieux qui serait si utilement reporté à la mise au point de l’exécution.
- C’est un de nos plus distingués architectes, compositeur à .ses heures, qui me fit remarquer combien la perforation d’un rouleau de pianola était plus représentative
- des valeurs exactes que les pattes de mouche.et les lignes compliqués et arbitraires de T écriture habituelle. On sait que certaines firmes emploient, pour l’impression de leurs rouleaux de pianos automatiques, le tracé direct exécuté par un virtuose; un rouleau vierge se déroule pendant l’exécution et chaque touche du clavier commande un stylet traçant sur le papier un trait plus ou moins long que suivra ensuite la perforation. Ce procédé permet aussi d’enregistrer directement les improvisations souvent fugitives et qui perdent tant de leur saveur quand on veut les transcrire ensuite.
- Mais, ce qui est frappant, c’est que si l’on examine les tracés linéaires inscrits sur un rouleau, on voit et on « entend » à la fois le texte représenté sans avoir fait
- Fig. 1. — Exemple d’écriture musicale traditionnelle, extrait d’Islamey. Fantaisie orientale de Balakirev.
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- Fig. 2. — Le même extrait d’Islameg, transcrit dans l’écriture Légat pour le clavier traditionnel de piano.
- aucun effort de traduction entre les sensations visuelle et auditive.
- Inscrivez entre les perforations quelques repères se rapportant au clavier et le premier débutant venu déchiffrera exactement et sans effort la composition la plus compliquée. Voilà donc une solution vraiment idéale puisque, réalisant la synchronisation entre l’œil et l’oreille, elle supprime le dangereux déséquilibre cérébral résultant de la « traduction » d’un sens à l’autre.
- En faisant disparaître la difficulté visuelle, vous libérez tout l’enthousiasme de l’exécutant en faveur de l’interprétation artistique. Mais d’autre part, nous arrivons
- ainsi très près du dessin architectural; tous ces traits ont des dimensions proportionnelles à la durée des notes et leur disposition sur le papier forme un dessin qui n’est pas arbitraire, mais qui dit bien ce qu’il veut dire et chantera bientôt en nous. Faut-il en déduire qu’un compositeur devra avant tout connaître le dessin, l’architecture même? Pourquoi pas; et cette architecture, composée de formes équilibrées, donnera toujours une composition musicale parallèle, ayant toutes les qualités du dessin.
- On a souvent parlé du bouleversement qu’apporterait un changement d’écriture, à . cause de la nécessité d’un nouvel apprentissage ; mais, dans le cas présent, nous abandonnerons simplement un élément douloureux et inutile pour nous habituer en quelques heures à une méthode rationnelle et bienfaisante à tous points de vue.
- Personne ne peut y perdre, tout le monde y gagnera; la simplification augmentera le nombre des élèves, ce qui sera favorable aux éditeurs et aux professeurs, tandis que compositeurs et exécutants nous entraîneront rapidement vers des progrès encore insoupçonnés.
- En pensant à cette petite révolution possible, je ne me doutais pas que l’idée, mûrie depuis plusieurs années par un esprit organisé et logique, était entrée dans le domaine de la pratique et qu’elle commençait sans bruit, mais sûrement sa route triomphale. C’est un ingénieur bien connu comme novateur dans le domaine de l’aviation, M. Marcel Leyat, qui, ayant eu un jour le désir de faciliter à ses enfants l’étude de la musique, eut le trait de génie qui lui permit d’établir et de mettre au point une science nouvelle pleine d’avenir. Les résultats obtenus avec de très jeunes débutants sont si convaincants que je ne résiste pas au désir de donner un exemple pour permettre au lecteur de faire quelques essais et de se rendre compte par lui-même. Nous lui proposons aujourd’hui deux textes, l’ancien et le nouveau, d’une même phrase empruntée à la « Fantaisie Orientale » de Balakirev. Le nouveau texte doit être lu de bas en haut. Les traits verticaux des portées correspondent aux touches noires, ils sont donc disposés par groupes de 2 et de 3; les notes prennent sur ces portées leur position du piano et ont des longueurs proportionnelles à leur durée. Tous les autres signes compliqués ont disparu, à l’exception de quelques indications simples sur la modulation, l’expression, les liaisons, etc. Après la stupéfaction assez naturelle du début, persévérez, familiarisez-vous avec la représentation graphique et en peu de temps vous serez certainement familiarisé avec le nouveau système.
- Paul Basiaux.
- LA LEUCITE, MINERAI DE POTASSE
- ET D’ALUMINE
- La leucite (de leucos, blanc), appelée aussi amphigène (de amphigenes, double formation), est un minéral rattaché à la grande famille des feldspaths. C’est un silicate double de potasse et d’alumine, sans clivage, et de formule (A120\K20) 4 SiO2;
- sa composition est théoriquement la suivante :
- Silice..............55 pour 100
- Alumine............. 23,40 —
- Potasse.............21,60 —
- La densité de la leucite est de 2,5 et sa dureté comprise entre 5,5 et 6 ; le plus souvent elle est blanche., mais tire parfois sur le gris; elle peut être transparente ou translucide, son
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- éclat est toujours vitreux. On a élargi la dénomination de leucite à une roche qui en est presque exclusivement formée et qui est une lave relativement récente, quoique le nom de « leucitophyre » serait bien mieux approprié ; néanmoins pour nous conformer à l’usage, nous continuerons à désigner la lave potassique par la dénomination de leucite.
- Cette lave abonde principalement en Italie; on la trouve auprès du Vésuve (la Somma et Roccamontina), aux environs de Rome (Frascati) et dans divers points volcaniques de l’Ombrie. En tous ces lieux, la teneur bien connue en potasse de cette roche, qui peut s’élever jusqu’à 20 pour 100, l’a fait utiliser, de très vieille date, comme amendement du sol.
- Les agriculteurs locaux l’étendaient jadis à même le sol, après pulvérisation, ou bien la mélangeaient aux fumiers; depuis ils ont innové des méthodes pour isoler la potasse par l’altération du silicate qui, toutes primitives qu’elles sont, n’en donnent pas moins d’appréciables résultats. La plus courante consiste à soumettre la roche broyée à l’action prolongée d’un lait de chaux.
- Une utilisation de ce genre ne pouvait rester que strictement régionale; aussi, avant-guerre, où naissaient les véritables engrais potassiques, l’Italie en importait d’Allemagne plus de 40 000 tonnes annuelles, représentant environ 7000 tonnes de potasse pure.
- La privation forcée qu’amena la guerre fit hâter les travaux de laboratoire pour l’extraction pratique de cette potasse que renfermaient les leucites. Les véritables tentatives industrielles ne. commencèrent néanmoins qu’en 1919 et ne donnèrent des résultats réellement tangibles qu’en 1925. Aujourd’hui le traitement de ces roches volcaniques assure la majeure partie des besoins italiens et à ce train-là, l’Italie sera demain exportatrice.
- Qu’on songe que les ressources en leucite se chiffrent par milliards de tonnes et sont pratiquement inépuisables ; qu’on songe que leur exploitation est des plus faciles et des moins coûteuses; qu’on songe aussi qu’outre les sels potassiques on en retire l’alumine et par suite l’aluminium. La leucite est donc devenue un minerai à double but.
- Tous les autres pays ont, jusqu’à ce jour, extrait et travaillé des minerais potassiques essentiellement solubles» dans l’eau; seule l’Italie aura pris pour point de départ des minerais insolubles.
- Le traitement industriel de la leucite se fait par une foule de procédés, d’innombrables brevets ayant vu le jour à ce sujet; on peut néanmoins les ramener dans les grandes lignes à la voie acide et à la voie alcaline.
- Traitement des leucites par voie acide. — On débarrasse au préalable et par des moyens appropriés les leucites de leur gangue, puis on les attaque par l’acide chlorhydrique (HCl), dans le but d’obtenir des chlorures des deux composants. L’opération se fait à chaud et en vase clos; elle est conduite comme suit. La roche broyée est soumise à l’action des eaux-mères provenant d’une opération précédente auxquelles on ajoute de l’acide frais. Après trois ou quatre heures, l’alumine et la potasse sont complètement transformées en chlorure, laissant un squelette de silice insoluble.
- Les chlorures sont alors repris et séparés par les différences de solubilité à chaud et à froid; on arrive ainsi, après déshydratation centrifuge, à un chlorure de potassium à 98-99 pour 100. Le liquide restant est soumis, après concentration, à un courant gazeux d’acide chlorhydrique pour assurer l’attaque complète de l’alumine, et, par saturation, on recueille du chlorure d’aluminium (Al2 Cl1’, 6 H20) ; quant au chlorure de potassium pouvant rester, il continue à rester soluble grâce à la chaleur dégagée par la dissolution du gaz chlorhydrique dans le liquide. Les eaux-mères sont ensuite recueillies pour servir à une autre opération.
- —....... ...........:..==-•..... 509 -------
- Si on veut obtenir de l’alumine, il suffit de chauffer le chlorure d’aluminium à 350°, dans un four ad hoc; la réaction est la suivante :
- Al2 CF’, 6 I120 = Al2Oü + 6 HCl + 3 I120.
- On récupère intégralement le gaz chlorhydrique utilisé.
- A noter que la silice restante se présente sous l’aspect dû « gel de silice » et peut s’employer comme les silices fossiles (Kieselguhr ou diatomées), comme isolant ou comme calorifuge.
- Aluns potassiques. — Un traitement spécial donne directement les aluns potassiques (K2SO* + Al2 O5 SO* + 24 H20). Il consiste à soumettre la leucite granulée à l’action méthodique de l’acide sulfurique; on opère par saturation progressive en milieu agité. Sitôt les premiers cristaux recueillis, les eaux sont concentrées, additionnées d’acide sulfurique frais, et reçoivent de nouvelles quantités de minerai.
- Le traitement a lieu à 95° C.; par refroidissement de la liqueur concentrée on obtient en alun environ 20 pour 100 du poids de la leucite initiale. Comme il faut obtenir un produit exempt de fer, on élimine celui-ci des eaux-mères par l’ammoniaque, la chaux et la baryte. Quant à la silice résiduelle, elle est soumise à un lavage à la soude caustique à 29° Baumé dans un récipient à palettes qui en provoque la dissolution. La réaction est d’ailleurs exothermique.
- Ce procédé inventé par la Société de Saint-Cobain, dans ses usines de Saint-Fons, fournit 6 tonnes d’alun pour 4 tonnes de leucite.
- Traitement des leucites par voie alcaline. •— Les procédés par voie alcaline ont été les premiers à voir le jour : on a commencé à traiter les leucites convenablement pulvérisées par échaufîement en autoclave avec le nitrate ou le carbonate de soude. La double décomposition produisait le nitrate ou le carbonate de potasse. Avec la chaux on obtenait la potasse caustique. Evidemment tous ces produits étaient fatalement impurs et c’est certainement à l’exacte mise au point industrielle de ces divers procédés que s’est attachée la Société de Montecàtini, qui aujourd’hui, produit déjà potasse et alumine dans des conditions de pureté et de prix acceptables.
- La leucite, dont personne ne se souciait il y a quelques années seulement, est devenue subitement un des minerais
- les fil«fi«i®téressants de l’industrie actuelle.
- V. c.
- Fig. 1.
- RUZ2K:
- x Fhincipaux gîtes de Leucite de l'Italie centrale
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- 510 LA TREMPE ET LE RECUIT DES HUILES =
- En mécanique, l’huile joue un rôle de tout premier plan. C’est elle qui est chargée d’adoucir les frottements et de réduire au minimum l’usure, destructrice de l’interchangeabilité et de la précision.
- FROTTEMENT ET LUBRIFIANTS
- Mais le frottement n’est pas un phénomène simple. Il est essentiellement complexe. Il varie dans des proportions considérables. Et d’autre part le lubrifiant, pour remplir son rôle dans chaque cas, doit présenter des qualités fort diverses. Il a des ennemis extérieurs capables de le transformer. Il a aussi des affinités intimes susceptibles de le détourner de sa fonction.
- C’est peut-être dans la chronométrie que l’huile exige le plus de propriétés sérieuses. Ecoutez ce que dit au sujet du graissage en horlogerie, notre habile chronométrier Paul Ditisheim. Je relève ses indications dans une com-
- munication de M. Paul Woog aux Annales de VOffice national des Combustibles liquides :
- « Pour une montre de poche de format habituel (43 mm de diamètre), le moment du ressort mesuré sur le barillet serait de 5076 gr-mm, c’est-à-dire que l’effort du ressort équilibrerait un poids de 5076 gr suspendu à un levier de 1 mm de longueur. Mais en passant d’un mobile à l’autre, la force disponible subit une diminution progressive. L’effort exercé sur la roue d’échappement arrive à correspondre seulement à un poids de 1,06 gr agissant sur un levier de 1 mm de longueur. De plus, ces chiffres qui s’abaissent évidemment au fur et à mesure que le ressort se débande, doivent être diminués d’un tiers environ pour tenir compte des frottements des engrenages et des pivots. En ce qui concerne la surface des pivots en contact avec l’huile, celle-ci varie de 8,5 mm carrés pour l’axe du barillet à 0,05 mm carré pour l’axe de la roue d’échappement. On voit combien le freinage opposé
- par le lubrifiant peut devenir important vis-à-vis de ces faibles forces ».
- Le freinage.
- Voilà un mot qui peut sembler singulier à qui ne réfléchit pas, lorsqu’il s’agit de substances précisément employées en vue d’adoucir les frottements. Il est pourtant tout naturel.
- Pour qu’un lubrifiant joue son rôle normal, il faut qu’il possède une viscosité appropriée. Or, la viscosité est capricieuse. Elle varie en particulier avec la température et avec la pression.
- Elle est infinie lorsque le corps gras est solidifié. Elle devient sensible à la liquéfaction, et peut diminuer considérablement à mesure que s’élève la température.
- On conçoit d’autre part très bien que le même corps gras « immobilisera un chronomètre dans des conditions auxquelles un axe de turbine sera parfaitement insensible ».
- L’ÉTUDE DE LA DÉCONGÉLATION DES HUILES
- Il est donc indispensable de déterminer pour chaque corps gras une courbe de viscosité qui permette de le déclarer applicable à tel ou tel cas particulier.
- Longtemps on n’a fait d’expérimentations en vue de l’établissement de courbes sommaires de ce genre qu’à quelques températures comprises entre 0° et 100°. Aujourd’hui c’est insuffisant. Tous les appareils destinés à l’aéronautique et aux régions froides (certains cahiers des charges parlent d’essais exécutés à des températures de — 60°) exigent qu’on étudie la question jusqu’au point où le lubrifiant cesse d’être liquide et voit sa viscosité passer à l’infini.
- Mais l’étude aux températures très basses n’est point commode et demande d’autant plus de soins et d’attention que les points de solidification ne s’enregistrent pas comme la température au printemps.
- Le Laboratoire de la Compagnie française de Raffinage, s’est équipé pour cette étude. Et récemment M. Paul Woog, son distingué directeur, a fait en son nom et en celui de ses collaboratrices, Mlles Émilie Ganster et Fanny Coulon, une très curieuse communica-cation présentée à l’Académie des Sciences par M. Marcel Brillouin.
- Ce que les savants expérimentateurs ont cherché à déterminer, ce n’est pas le point de congélation, à peu près impossible à déterminer avec précision, mais celui de décongélation qui peut s’obtenir pour ainsi dire automatiquement dans des conditions bien déterminées.
- C’est cette étude qui a démontré que le lubrifiant solidifié subit des transformations analogues à celle de l’acier dans la trempe.
- La figure 1 représente la section du Laboratoire dans laquelle sont installés deux appareils à déterminer la
- Fig. 1. — Appareillage pour la mesure du point de décongélation des huiles (Méthode de M. Paul Woog.)
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- température de décongélation. Dans la ligure 3 est donné le détail d’un de ces instruments.
- L’huile à éprouver est versée dans le réservoir annulaire A où pénètre exactement le plongeur cylindrique G centré par une gorge circulaire. Au réservoir est adapté un thermomètre à toluène B. Une masselote N permet d’ajuster à 20 gr exactement le poids du thermomètre et de l’huile. On introduit dans le manchon de verre F l’ensemble du système et on installe l'équipage ainsi constitué dans un bain d’acétone refroidi contenu dans un vase Dewar. La congélation de l’huile étant complète, on le transporte, soulevé par le thermomètre, dans un second bain d’acétone moins refroidi dont on laisse ensuite la température remonter lentement. Au moment où la décongélation commence, une lampe s’allume et une sonnerie avertit l’observateur; lorsqu’elle se produit le thermomètre glisse brusquement ou avec lenteur, selon la nature de l’huile. On note la température au moment où l’équipage mobile OA sollicité par son poids se détache de l’ensemble. C’est le point de décongélation.
- LES DÉPLACEMENTS DU POINT DE DÉCONGÉLATION
- Dans la pratique, la congélation de l’huile est complète après 5 minutes de séjour dans le bain d’acétone additionné d’un large excès de neige carbonique, et marquant au thermomètre —- 75°.
- Le réchauffement s’exécute dans des bains à température moins basse, par exemple — 30° ou — 40° au début. C’est ici que les observations deviennent intéressantes.
- Si l’huile employée est un mélange de 60 pour 100 d’huile de paraffine se décongelant normalement à — 23°, et de 40 pour 100 d’huile de pied de mouton qui se décongèle au voisinage de 0°, on observe ce qui suit :
- En utilisant un bain de réchauffement ajusté à — 30°, on obtient la décongélation à — 19°5. Avec le bain à —• 40° la décongélation se produit à — 12°25. La figure 2 indique le schéma de ces essais. Un séjour de 30 minutes dans le bain de congélation de — 75° donne les mêmes résultats que celui de 5 minutes.
- Si, au lieu de recourir pour le réchauffement à un bain de — 30° ou — 40°, on laisse simplement l’équipage dans le bain initial à — 75°, la température de décongélation sera encore légèrement plus élevée qu’avec le bain de — 40°. Elle sera seulement de — 11°5. Il a fallu dans ce cas 83 minutes de refroidissement, tandis qu’avec le bain de — 40° il n’en a fallu que 30 et avec celui de — 30°, 10 seulement.
- On a constaté de plus que si l’on a laissé la température s’abaisser lentement jusqu’à— 75° au lieu d’opérer brusquement, aucune anomalie ne se produit. La décongélation se fait alors à — 11°5.
- Ces variations permettaient de supposer l’existence d’une transformation cristalline de l’huile à la base de ces phénomènes singuliers.
- Cette transformation a été mise en lumière par les expérimentateurs de la manière suivante. On a effectué « des essais successifs consistant à porter l’huile congelée à — 75° dans un bain maintenu à — 30°, où on la laissait
- 5' 10' 15’ 20’ 25’ 30’ 35’ 40' 45’ 50’ 55’ 60’ 65’ 70’ 75'
- Fig. 2. — Graphique montrant la variation du point de décongélation de l'huile trempée suivant la température du recuit.
- Fig. 3. — Appareil pour l’étude du point de décongélation des huiles : à gauche : le réservoir annulaire el le thermomètre ; à droite : le manchon de verre F et le plongeur cylindrique G.
- séjourner un temps croissant, après quoi on permettait au bain de se réchauffer comme d’habitude jusqu’à ce que fut atteint le point de décongélation. On a alors constaté que ce point se relevait peu à peu, traçant ainsi une courbe. Lorsque la prise d’essai avait séjourné environ 12 minutes à — 30°, les points de décongélation correspondants amenaient la courbe au niveau des points obtenus à partir des bains réglés à — 40°. L’existence d’une zone de transformation était ainsi bien mise en évidence ».
- La figure 2 résume très élégamment et explicitement ces expériences. Les points correspondants aux expériences consécutives montrent qu’en une douzaine de minutes le point de décongélation est en effet passé de — 19«,5 à — 12o,25.
- M. Woog et ses collaboratrices ont ensuite fait l’expérience inverse telle que la schématise la figure 4.
- « L’huile congelée à
- — 75° était portée à — 30° et maintenue dans ce hain 15 minutes de manière que la transformation cristalline soit effectuée. On replongeait l’échantillon 5 minutes à — 75°, on le remettait dans le bain à
- — 30° et, ce dernier se réchauffant, on voyait alors la décongélation se manifester. à environ — 12°25.
- On bloquait alors l’appareil et on laissait la température remonter à — 11° à laquelle on maintenait l’essai 10 minutes. On le soumettait ensuite de nouveau 5 minutes à — 75°.
- Reporté dans le bain à — 30°, sa décongélation s’opérait à — 14°. On laissait remonter la tempéra-
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- 20’ 25’ 30' 35’ 40’ 45’
- 10' 15'
- 50’ 55' 60' 65’ 70’
- Fig. 4. — Graphique montrant la zone de transformation de l’huile trempée soumise à des recuits variables.
- ture à — 10°. On l’y maintenait 10 minutes et on procédait à un nouveau plongeon dans le bain à — 75°. Le renouvellement des opérations précédentes déterminait la décongélation à — 15°. Enfin, après un séjour à— 8°
- et un nouveau refroidissement
- Fig. 6. — I. Tube renfermant de l’huile. II. Le même tube après congélation de l'huile. L’huile s’e.st solidifiée et offre l’aspect d’un verre transparent présentant à la partie supérieure une excavation conique profonde due à la contraction de la masse.
- C——-
- W
- I
- à —- 75° le réchauffage dans le bain à —• 30° déterminait la décongélation à —• 19°5.
- La ligure 5 est tout à fait expressive.
- Les expériences faites avec d’autres mélanges que celui dont il vient d’être question, ou avec des huiles minérales pures ont donné des résultats analogues, les différences de points de décongélation pouvant être ou plus fortes ou plus faibles.
- L’HUILE CONGELÉE
- RAPIDEMENT A SUBI LA TREMPE
- Avec les huiles minérales, nos expérimentateurs ont pu étudier le phénomène de la transformation moléculaire qui est au fond de cette affaire. Et ils ont constaté ceci :
- La solidification extra-rapide de l’huile ne laisse pas aux cristaux le temps de se former.
- L’huile est dans un état vitreux, transparent, incolore,
- une incurvation profonde de la surface se produisant sous l’effet de la contraction.
- Le phénomène a été reproduit dans un long tube à essais (fig. 6) contenant quelques cm5 d’huile.
- Au fur et à mesure que la température remonte, des cristaux apparaissent, puis se multiplient.
- Les points de décongélation sont d’autant plus hauts que la cristallisation a pu se faire plus parfaitement.
- Cela explique qu’ils sont minima quand le réchauffement se fait à partir de 30° et maxima quand il part de 75°.
- On est en présence de phénomènes absolument identiques à ceux qui caractérisent la trempe métallurgique suivie de recuit, et non pas, comme on aurait pu le croire au premier abord, d’un phénomène de surfusion.
- L’École nationale supérieure du Pétrole s’occupe en ce moment de l’étude optique et cristallographique de ces curieux phénomènes.
- Curieux assurément mais pas anormal. Car l’huile à 75° au-dessous de zéro est bel et bien un solide comme
- 5' lû' 15' 20' 25' 30' 35' 40' 45' 50' 55' 60' 65’ 70' 75' 80' 85' 90' 95' 100'105' 110' 115' I20M25' 130‘ 135'
- Fig. 5.
- Graphique montrant le rétablissement progressif de l’état de trempe à partir d’huile à différents états de recuit.
- l’acier, et il n’y a rien d’étonnant à ce qu’elle se comporte de même dans des conditions analogues.
- Mais pour mettre en évidence cette analogie, il faut de toute nécessité le laboratoire avec son outillage moderne et précis, au service de chercheurs en éveil, et que les moindres accidents peuvent orienter dans une bonne direction.
- Il y a, dans cette direction, un champ immense de travail. Il ne faut pas oublier en effet que partout où il y a un mouvement, le lubrifiant est nécessaire. Et que, dans chaque cas particulier, ce lubrifiant doit posséder des qualités spéciales.
- Le grand chronométrier français Henri Robert a écrit dans son mémoire sur les Causes de destruction par le frottement et les moyens de conserver les parties frottantes en horlogerie : « il n est pas un seul cas où Vhuile ne facilite les frottements ». Cette vérité est d’ordre général. Et dans les mécanismes on peut dire que l’huile est reine. Et les chercheurs des laboratoires sont ses ministres.
- Léopold Reverchon.
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- LES VIEUX SAVANTS QUAND ILS ÉTAIENT JEUNES'
- XI. ROLE BIENFAISANT DE CERTAINS PARENTS
- En lisant les biographies rassemblées dans cette série d’articles, on.pourra se rendre compte que ce n’est qu’assez rarement que la vocation scientifique des futurs savants s’est développée sous l’influence de leurs ascendants et que,, même, comme on le verra dans le chapitre suivant, ceux-ci s’y sont même, parfois, nettement opposés. Il y a eu, cependant, quelques parents éclairés, — ne fut-ce qu’une marraine — qui, bien que nullement « scientifiques a par eux-mêmes, ont fait tout leur possible pour favoriser la future vocation de leur descendant, ainsi qu’on pourra en juger, ci-après, dans les quelques renseignements que nous donnons sur Clairaut, Duhamel, Pinel, Blumenbach, Carnot, Meusnier, H allé, Chaptal, Frédéric Cuvier, de la Rive, Balard, Bravais.
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- Très connu des savants par ses recherches de mécanique, le célèbre Alexis Clairaut (1713-1765) l’est assez peu du grand public, parmi lequel, d’ailleurs, il ne cherchait pas la renommée. L’influence qu’a eue son père sur son évolution mathématique est très nette.
- Clairaut fut un enfant merveilleusement précoce. Son père, pauvre professeur de mathématiques, chargé d’une nombreuse famille et forcé à une grande économie, instruisait lui-même ses enfants ; tout naturellement il leur enseignait de préférence ce qu’il savait le mieux et la géométrie occupait une grande place dans leurs études. Les éléments d’Euclide servirent de premier alphabet à Clairaut; il se trouva bientôt capable de les entendre et d’en raisonner. Attiré par le charme des démonstrations abstraites qui lui semblaient claires et faciles, il avait lu et compris, à l’âge de dix ans, VAnalyse démontrée de Guinée et le Traité des sections coniques, du Marquis de l’Hôpital. Vers le milieu de sa treizième année, il composa un mémoire sur les propriétés de quelques courbes nouvelles qui, présenté à l’Académie des Sciences et approuvé par elle, fut imprimé, à la suite d’un travail de son père, dans un recueil intitué Miscel-lanea Berolinensia. Soutenu et exalté par le succès de ce premier écrit, remarquable surtout par l’âge de l’auteur, Clairaut continua ses études avec une ardeur nouvelle, en développant et fortifiant par un travail assidu les rares facultés dont l’avait doué la nature (J. Bertrand).
- Son jeune frère suivit ses traces, mais ce travail trop assidu le fit mourir avant qu’il eût atteint seize ans. Lui-même eut une fièvre cérébrale, mais s’en remit. A l’âge de dix-huit ans, il fut nommé à l’Académie des Sciences, soit, par conséquent, à un âge encore plus tendre que d’Aïembert (23 ans), Mauper-tuis (25 ans), Condorcet (26 ans), la Condamine (29 ans), qui ont compté parmi les plus jeunes académiciens.
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- Jean=Pierre=Prançois=Guillot Duhamel (1730-1816), connu par les perfectionnements qu’il a apportés à la métallurgie française, était né à Nicorps, près de Coutances (Manche), d’une famille ancienne de la province.
- « Dès son enfance, écrit Cuvier (2), il se montra doux et réservé dans ses manières, mais très arrêté dans ses résolutions. Son père qui le destinait au barreau l’avait placé chez un procureur, selon l’usage devenu une nécessité à cette époque, où,
- 1. Voir La Nature depuis le n° 2808.
- 2. Mémoires de l'Académie royale des sciences de l’Institut de France, année 1823, tome VI. Paris, 1827.
- par la négligence des professeurs, l’enseignement du droit se trouvait réduit à rien dans les écoles publiques. Chez un procureur, et au fond de la Basse-Normandie, c’était moins vouloir lui apprendre la jurisprudence que lui faire contempler la chicane dans son centre et dans toute sa laideur; c’était un autre sujet d’étude qu’il fallait à un jeune homme de ce caractère : un pressentiment irrésistible lui faisait se dire qu’il devait en exister de plus dignes de lui, et pour les chercher sans entraves, il commença par s’échapper, sans avertir personne, de l’espèce de prison où il sentait que jamais son intelligence ne pourrait prendre l’essor. Il avait un grand-oncle, qui, après avoir servi longtemps comme ingénieur sans obtenir d’avancement et avoir tenté en vain plusieurs autres fortunes, s’était décidé à finir sa vie agitée en se faisant capucin. Plus heureux sous le froc que dans le monde, il était arrivé aux dignités de son ordre. Ce fut auprès de lui que le jeune Duhamel chercha un refuge. Un tel homme ne pouvait être insensible à des maux que lui-même avait éprouvés. Non seulement il recueillit son petit-neveu avec une affection paternelle; mais, jugeant que ce qui pressait par-dessus tout, c’était d’appliquer son esprit, il se rappela, pour le lui enseigner, ce qu’il avait su autrefois de mathématiques. Comme ces âmes de Platon depuis qu’elles sont jetées dans l’univers réel, le jeune clerc de procureur reconnut enfin la pâture qui lui convenait et la saisit avec avidité. Absorbé désormais dans sa retraite par cet unique objet d’étude, il fut bientôt un mathématicien plus habile que son oncle. On juge bien qu’en le dirigeant ainsi le bon gardien des capucins n’avait pas entendu condamner son neveu à embrasser le même état que lui. Il s’occupa, au contraire, à renouer ses liaisons avec d’anciens camarades. M. Peyronnet fondait alors, avec l’autorité de M. Trudaine, cette école des Ponts et Chaussées devenue, depuis, si utile et si honorable pour la France. Duhamel lui fut présenté et lui donna des preuves si marquées de capacité qu’il l’admit aussitôt parmi ses élèves. Dès lors son assiduité ne se relâcha pas plus que son aptitude ne se démentit, et il était au moment de quitter l’école et d’entrer avec distinction dans le corps des Ponts et Chaussées lorsqu’un nouveau projet de M. Trudaine l’appela dans une autre branche de service. »
- Ce projet était la recherche de nos richesses souterraines, d’où la nécessité de créer un professeur capable de faire connaître l’art des mines au point de vue pratique. De concert avec Jars, Duhamel fut envoyé étudier les mines de France et de l’Europe centrale. De retour en France, malheureusement, Duhamel trouva le pays dans la misère et les ministres occupés à tout autre chose qu’à le faire nommer professeur de Mines. Dénué de ressources, il entra, comme directeur dans une grande fonderie et en améliora le fonctionnement au point d’obtenir des aciers au moins égaux à ceux dont l’Angleterre croyait avoir le monopole. Ce n’est que beaucoup plus tard qu’il fut nommé inspecteur général des Mines et, ensuite, membre de l’Académie des Sciences.
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- Pinel (1745-1826) qui, une fois qu’il fut nommé médecin en chef à Bicêtre, opéra une véritable révolution dans le traitement des fous en substituant un régime de bonté et de douceur aux brutalités et à la perte de la liberté, était né dans le petit bourg de Saint-André-d’Alaysac, près de Castres (Tarn). Son père était chirurgien.
- Il reçut sa première instruction dans la maison paternelle et ne put être envoyé qu’à l’âge de dix-sept ans à Toulouse pour y continuer ses études. Comme ses parents n’étaient pas riches,
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- il se vit obligé, pour subsister, de donner des répétitions de mathématiques et de composer des thèses pour les étudiants plus à leur aise et moins laborieux que lui. Dans la thèse que, lui-même soutint en philosophie, on trouve le germe des idées qui le dirigèrent dans le reste de ses travaux : elle traitait « de la rectitude que l’étude des mathématiques imprime au jugement dans son application aux sciences ». Cependant, comme les frais de réception étaient assez considérables, ce ne fut qu’en 1773, à l’âge de vingt-neuf ans, qu’il put obtenir le titre de docteur en médecine. Il se rendit alors à Montpellier et s’y établit, espérant que, dans une ville dont la réputation médicale attirait de toute l’Europe un si grand concours de malades, il pourrait trouver quelque pratique: mais deux causes s’opposaient à ce qu’il obtînt du succès : sa timidité et son peu d’assurance d’une part, et de l’autre la réputation qu’il s’était faite comme géomètre. Faute de malades, il avait continué d’instruire des élèves et, en même temps, approfondissait, pour lui-même, les parties les plus élevées des mathématiques dans l’intention de les appliquer à la physiologie. Le célèbre ouvrage de Borelli sur la mécanique des animaux faisait le sujet principal de ses méditations. Il cherchait à y porter les lumières de l’analyse moderne dont il possédait toutes les ressources; on le savait dans le public et celui-ci regardait comme impossible qu’un homme si fortement occupé de sciences abstraites devînt jamais un bon médecin. Pinel se figura qu’à Paris, où les sciences brillent de tant d’éclat, on n’aurait pas les mêmes préjugés et il y vint en 1777. Cousin, géomètre habile, voulut l’engager à se borner aux mathématiques, où il semblait devoir être plus heureux, mais Pinel persista dans son plan, quoique ses débuts dans la capitale n’aient pas été faits non plus pour l’encourager. Il avait traduit la Médecine pratique de Cullen et s’attendait à obtenir ainsi un commencement de réputation. Un médecin accrédité s’était, précisément, occupé du même travail à la même époque et sut si bien prendre les devants avec les journalistes que la traduction de Pinel ne put même être annoncée. Diverses dissertations détachées, une traduction de Baglivi, des traductions d’ouvrages étrangers faites pour des libraires ne lui furent guère plus avantageuses. Il se présenta trois fois de suite au concours pour une réception à la Faculté, trois fois de suite il échoua, et, comme si rien n’avait dû manquer à ses rudes épreuves, il eut le chagrin d’être vaincu par un homme si peu instruit que c’était lui-même, Pinel, qui lui avait composé sa thèse doctorale (') ; mais cet ignorant avait été médecin d’un régiment et y avait pris de la hardiesse; il possédait de la faconde, et le bon Pinel, plein de toutes sortes de sciences, ne s’exprimait qu’avec peine et presque en bégayant. M. Lemon-nier, premier médecin du Boi, eut, à la recommandation de son ami Desfontaines, la pensée de le placer comme médecin de la maison de Mesdames, tantes de Louis XVI: mais, lorsqu’il se présenta, sa timidité le rendit muet. Les princesses en prirent une fausse idée et il fut obligé de renoncer à cette lueur, de fortune. Sa seule ressource fut de se placer, comme médecin, dans un établissement qu’un particulier tenait pour des aliénés; mais, si l’expérience qu’il y acquit lui donna, dans la suite, de grands moyens de succès, les honoraires qu’il y recevait le mirent à peine au-dessus du besoin. Tant d’espérances trompées avaient fini par lui inspirer une sorte de mélancolie; et, peut-être, serait-il tombé dans le désespoir si son ami Savarv, si connu par ses lettres sur l’Égypte et sur la Grèce, ne s’était, en quelque sorte, emparé de lui et n’avait essayé de lui rendre quelque courage (2).
- 1. La chose était, sans doute, admise à l’époque, mais, en réahté, elle est assez peu honnête.
- " 2. G. Cuvier, Éloges historiques de MM. Hallé, Corvisart et Pinel (Mém. de l’Académie des sciences, tome IX, Paris, 1830).
- En 1791, il remporta, heureusement, un prix proposé « sur les moyens des plus efficaces de traiter les malades dont l’esprit est devenu aliéné ». Peu de temps après, il fut nommé à Bicêtre, puis à la Salpêtrière.
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- Blumenbach (1752-1840), que l’on peut considérer comme le créateur de l’anthropologie et un précurseur de l’anatomie comparée, fut membre associé de l’Académie des Sciences de Paris et c’est en cette qualité que Flourens eut l’occasion de prononcer son Eloge (') et de donner quelques détails sur l’origine de sa vocation scientifique qu’on lira ci-après et où l’on assistera à l’intervention inattendue... d’un squelette.
- « Jean-Frédéric Blumenbach naquit à Gotha en 1752. En lui donnant le jour, la nature sembla le vouer à l’enseignement. Son père était professeur à Gotha; sa mère appartenait à une famille universitaire d’Iéna. Ce fut dans un de ces intérieurs allemands, où l’amour de la retraite, le besoin de l’étude, l’habitude d’une noble indépendance régnent avec tant de charme que le petit Blumenbach ouvrit les yeux. Un frère, une sœur, un père studieux et grave, une mère tendre et éclairée, formèrent d’abord son univers. On remarqua de bonne heure, dans cet enfant entouré d’alîection si douce, le germe d’une curiosité rêveuse. Il jouait peu, il observait déjà. Il cherchait, et quelquefois fort ingénieusement, à comprendre ou à se faire expliquer la structure d’une plante ou celle d’un insecte. Tout est sérieux en Allemagne, même la première étucation de l’enfance. Le père de M. Blumenbach, qui le destinait à l’enseignement, ne lui permit jamais, et cela dès l’âge le plus tendre, d’interrompre une phrase mal commencée pour substituer une autre. La phrase mal commencée devait être finie. Il fallait se tirer du petit embarras où il s’était mis. L’enfant apprit ainsi, naturellement, sans effort, ou plutôt par des efforts dont il s’apercevait à peine, à penser clairement et à parler juste. Sa mère, femme à l’esprit élevé, au cœur noble, lui inspira des idées de gloire. L’âme d’une mère fait la destinée de son fils. Ces premières impressions ont influé sur la vie entière de M. Blumenbach. Dans ses nombreux écrits, il ne s’en est trouvé qu’un seul qui fût étranger aux sciences, et cet écrit est b’éloge de sa mère... A dix ans, l’enfant s’occupait déjà d’ostéo-logie comparée; et voici comment. Il n’y avait alors, dans la ville de Gotha, qu’un seul squelette. Ce squelette appartenait à un docteur, ami de la famille de notre petit savant, lequel a souvent raconté depuis comment il allait faire au médecin des visites, pendant lesquelles il ne regardait pas le docteur, mais bien le squelette. Ces visites devinrent, peu à peu, plus fréquentes. Il venait, à dessein, pendant que son vieil ami était absent; et, sous le prétexte de l’attendre, il passait des heures entières à contempler le squelette. Après avoir bien gravé dans sa mémoire la forme des différents os et leurs rapports, il osa former le projet de s’en composer un semblable. Pour cela, il fit de nombreuses courses, le soir, dans les cimetières. Mais, comme il ne devait rien devoir qu’au hasard, il sentit bientôt la nécessité de se contenter des os de nos animaux domestiques, et dirigea ses démarches de manière à se pourvoir de toutes sortes d’os de ce genre. Puis il portait tout cela dans sa chambre, l’y cachait de son mieux, et s’y cachait lui-même, afin de pouvoir s’y livrer à la dérobée, et avec une ardeur fort au-dessus de son âge, aux études qu’il s’était faites. Malheureusement, une servante découvrit le trésor secret; elle vit ce « squelette humain » si ingénieusement commencé, et se mit à crier au sacrilège, au scandale. Le jeune Blumenbach, tout en larmes, alla trouver sa mère; la mère, aidée du bon docteur, fit sagement décider qu’on transporterait dans un grenier de la maison
- • 1. Flourens, Eloges historiques. Première série.
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- cette précieuse collection, début bien modeste de la fameuse collection dont la réputation est devenue universelle ».
- A dix sept ans, Blumenbach se rendit à l’Université d’Iéna, où il se lia à Sœmmering, qui devait devenir un naturaliste éminent, puis à l’Université de Gœttingue, illustrée par le séjour du grand naturaliste Haller. C’est là qu’il écrivit sa dissertation doctorale sur l’Unité du Genre humain pour laquelle il se documenta auprès d’un modeste professeur très versé dans les questions d’ethnographie. Il commença, dès lors, sa collection anthropologique qui devait le faire connaître.
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- Lazare Carnot (1753-1823), celui que l’on a appelé 1’ « Organisateur de la Victoire » et dont nous avons déjà dit, précédemment, quelques mots, fut, véritablement un homme, extraordinaire, car, malgré ses occupations militaires et politiques, il se ht remarquer par diverses publications connues de tous les savants. (Essai sur les machines, 1784; Réflexions sur la métaphysique du calcul infinitésimal, 1797, etc.). On comprend quel intérêt il y aurait à connaître les débuts de cette vie si intensive, mais ce que nous en savons est assez peu considérable et se borne à quelques anecdotes rapportées par Arago ('), que nous allons résumer.
- Lazare-Nicolas-Marguerite Carnot naquit à Nolay (Côte-d’Or). Son père était avocat et exerçait sa profession avec beaucoup de talent et avec un très grand désintéressement. L’avocat Claude-Abraham Carnot avait dix-huit enfants et présida toujours personnellement à la première éducation de ses fds. Lazare Carnot ne quitta même le toit paternel que pour aller, comme on disait alors, faire sa rhétorique et sa philosophie. Il n’avait encore que dix ans lorsque sa mère, dans un voyage à Dijon, l’emmena avec elle et, pour le récompenser de la docilité réfléchie qu’il montrait en toute circonstance, le conduisit au spectacle. On donnait, ce jour-là, une pièce où les évolutions de troupes, où des combats se succédaient sans relâche. L’écolier suivait, avec une attention soutenue, la série des événements qui se déroulaient devant lui ; mais, tout à coup, il s’agite et, malgré les efforts de sa mère, il interpelle, en termes à peine polis, un personnage qui venait d’entrer en scène. Ce personnage était le général des troupes auquel le jeune Carnot s’intéressait; par ses cris, l’enfant avertissait le chef inhabile que l'artillerie était mal placée, que les canonniers, vus à découvert, ne pouvaient manquer d’être tués par les premiers coups de fusil tirés du rempart de la forteresse qu’on allait attaquer; qu’en établissant, au contraire, la batterie derrière certain rocher qu’il désignait de la voix et du geste, les soldats seraient beaucoup moins exposés. Les acteurs interdits ne savaient que faire; Madame Carnot était désolée du désordre que son fils occasionnait; la salle riait aux éclats; chacun cherchait dans sa tête l’explication d’une espièglerie si peu ordinaire ; et la prétendue espièglerie n’était autre que la révélation d’une haute intelligence militaire, le premier symptôme de cet enfant supérieur qui, dédaignant les routes battues, créait, quelques années plus tard, une nouvelle tactique et proposait de remplacer les fortifications si artistement, si ingénieusement combinées par Yauban, par un tout autre système.
- De douze à quinze ans, Carnot suivit les cours du collège d’Autun. Il s’y fît remarquer par une tournure d’esprit vive, originale, et par une rare intelligence. Il entra ensuite au petit séminaire de la même ville. A seize ans, il avait achevé sa philosophie. La fermeté que l’on devait trouver en lui, au cours de son orageuse carrière, était déjà le trait dominant, de son caractère. Les timides professeurs du séminaire d’Aütun en
- 1. Œuvres complètes de François Arago, tome I, Paris, 1854.
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- firent la pénible expérience, le jour où le jeune écolier devait soutenir sa thèse. Cette cérémonie se passait toujours en public. D’après les règlements, chaque auditeur avait le droit de faire des objections, aussi bien sur le fond que sur la forme. L’amour-propre du maître courait donc autant de risques que celui de l’élève et la réputation d’un grand établissement se trouvait, de cette manière, à la merci d’un jeune étourdi. De là l’habitude de ne lancer les concurrents dans l’arène, qu’escortés d’un mentor, qui, par un mot dit à propos, les ramenait dans la bonne voie dès qu’ils commençaient à s’en écarter et qui, souvent, était entraîné à combattre pour son propre compte. Suivant ces us et coutumes, le corps enseignant du séminaire d’Autun se dirigeait déjà sur la salle des exercices où un public nombreux était assemblé, lorsque le jeune Carnot signifia qu’il entendait monter seul en chaire, qu’il ne voulait pas être accompagné d’un souffleur; qu’il ne tenait aucunement au rôle qu’on lui avait assigné, et qu’il le jouerait seul ou ne le jouerait pas du tout. Cette résolution fut, tour à tour, combattue par la prière et par la menace, mais inutilement : il fallut, bon gré mal gré, se plier au caprice, sans précédent, de l’écolier. Au reste, le plus éclatant succès le justifia bientôt, même aux yeux des professeurs irrités. Un incident assez étrange devait signaler la séance; une dame, la femme d’un docteur en médecine, devint l’adversaire le plus redoutable du jeune rhétoi'i-cien; elle argumenta contre lui, en latin, avec une puissance de dialectique, avec une facilité, une grâce, une élégance d’expressions dont Carnot et l’auditoire furent d’autant plus étonnés qu’aucune indiscrétion, jusque-là, n’avait même fait soupçonner que cette dame possédât une telle culture.
- Carnot était tellement pénétré des minutieuses pratiques de dévotion suivies au petit séminaire d’Autun que plusieurs de ses parents eurent un moment la pensée de le faire entrer dans les ordres. La carrière du génie, cependant, prévalut et le jeune Carnot fut envoyé à Paris dans une école spéciale où il devait se préparer aux examens et où ses sentiments religieux furent l’objet de sarcasmes de la part de ses camarades, ce qu’il accepta avec stoïcisme. En géométrie, et en algèbre ses succès furent rapides. M. de Longpré, directeur de l’école préparatoire, connaissait d’Alembert et celui-ci eut l’occasion d’adresser des félicitations à Carnot, qui s’en souvint toute sa vie avec reconnaissance.
- « Lorsque Carnot quitta l’établissement de M. de Longpré, l’ordonnance en vertu de laquelle un généalogiste concourait avec un géomètre à* l’examen des futurs officiers du génie n’était pas en vigueur. En 1771, tout Français pouvait encore, sans montrer de parchemin, être admis à l’École de Mézières, à la condition, toutefois, que ses père et mère n’eussent pas tenté d’enrichir leur famille et leur pays par le commerce ou un travail manuel. Le jeune aspirant montra, devant l’examinateur Bossut, des connaissances mathématiques peu communes. Son père, suivant les tristes exigences de l’époque, prouva, de son côté, que jamais un de ses navires n’avait été en de lointains pays échanger les fruits du sol français, de l’ihdus-trie française contre des productions réservées par la nature à d’autres climats; que ses mains n’avaient point combiné les caractères mobiles de Gutenberg, fût-ce même pour reproduire la Bible ou l’Évangile, qu’il n’avait, personnellement, concouru à l’exécution d’aucun de ces admirables instruments qui mesurent le temps ou sondent les profondeurs de l’espace. Après la preuve légale de tous ces mérites négatifs, le jeune Carnot fut déclaré d’assez bonne maison pour porter l’épaulette et il reçut, sans retard, celle de lieutenant en seci nd. Décoré de cette épaulette tant désirée, Carnot, âgé seulement de 18 ans, se rendit à l’école du génie. »
- En 1773, Carnot fut nommé lieutenant en premier et envoyé à Calais, où il fut chargé des fortifications de cette ville. Il y
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- occupait ses loisirs à faire des vers et à composer des petites chansons.
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- Malgré sa courte existence (il fut tué au siège de Mayence), le général Meusnier (1754-1793) a laissé sa trace dans la conquête de l’air et a eu l’occasion de collaborer avec Lavoisier dans plusieurs recherches, notamment dans celles relatives à la composition de l’eau.
- Meusnier (ou, plus exactement Meusnier de Laplace) était né à Tours. Son grand-père paternel avait été conseiller du roi et son procureur au baillage et siège présidial de Tours. Son grand-père maternel avait exercé les fonctions de lieutenant criminel. Son père, qui se faisait remarquer par sa droiture parfaite et sa dévotion minutieuse, était avocat au présidial de Tours; il destinait son fils à la prêtrise, mais, les maisons d’éducation dirigées par les Jésuites ayant été fermées, il entreprit de lui donner lui-même les premières notions de l’enseignement.
- Ce n’est qu’à la fin de son instruction que Meusnier fut envoyé à Paris pour se préparer à l’École du Génie, alors établie à Mézières. C’est évidemment là que se développa son goût pour les sciences exactes; il y acquit une maîtrise suffisante pour devenir le répétiteur bénévole de ses camarades. Quoique refusé à l’examen en 1772, il fut reçu en 1773, lors d’une session faite spécialement pour lui, sur la proposition même de l’examinateur qui l’avait fait ajourner précédemment et qui, sans doute, avait reconnu son erreur. En 1775, il sortait de l’École avec son diplôme d’ingénieur. A Mézières, il s’était lié avec le célèbre Monge, qui y était professeur, et celui-ci n’avait pas tardé à se rendre compte de sa valeur mathématique. A 22 ans, à la suite de savants mémoires, il fut nommé correspondant de l’Académie des sciences (').
- Ce n’est qu’en 1782, à la suite des découvertes des frères Montgollier, qu’il s’occupa d’aérostation.
- [A suivre.) Henri Coupin.
- I. Gaston Darboux, Éloges académiques et discours, Paris, 1912.
- PRESTIDIGITATION
- UN SOUFFLE! UN RIEN!!!
- Voici un très beau truc de disparition mystérieuse qui a le mérite de n’employer aucun des moyens classiques, glace, double-fond, etc., et de produire beaucoup d’effet.
- Au lever du rideau, l’opérateur fait apporter sur la scène, qui est vide, un grand trépied, très léger, en métal nickelé, haut de deux mètres environ. Sur ce trépied, les deux porteurs placent une plaque de cristal qu’ils fixent avec quelques boulons à écrou. Une femme entre, vêtue d’uncostume oriental quelconque, et l’opérateur la fait monter sur le trépied, grâce à une légère échelle que les aides emportent aussitôt (fig. 1-1).
- On descend alors du haut du théâtre un bambou de deux mètres de long environ, maintenu à chaque extrémité par une cordelette, et un grand voile de soie légère mesurant deux mètres environ de chaque côté est apporté plié.
- Le voile est fixé au bambou, par les deux aides. Ensuite ce léger appareil, bambou et voile de soie qui forment écran devant le trépied et la femme, est relevé, puis baissé à plusieurs reprises, couvrant et découvrant alternativement cette dernière.
- Enfin, le voile étant une dernière fois monté devant la femme, l’opérateur souffle dessus, le voile redescend rapidement et tombe avec le bambou sur le plancher de la scène, la femme a disparu.
- Le mouvement est tellement rapide que les spectateurs n’ont
- pas le temps de réfléchir et le mystère <^st accompli alors qu’ils cherchent seulement ce qui va pouvoir leur être montré.
- Le voile est de soie légère, et il est présenté plié afin d’écarter toute idée de préparation.
- Son accrochage à un bâton de bambou soutenu par deux cordelettes ajoute encore à la sensation de légèreté et de fragilité qu’il présente. Lorsque les deux aides accrochent le voile au bambou, ils pressent, chacun de son côté, sur un petit arrêt qui libère une tige d’acier de 0 m 50 de long (fig. l-II).
- Cette tige poussée au dehors par un ressort était logée dans le bambou, lui-même fabriqué en acier, puis peint.
- La femme, au moment où le vc.ile la cache pour la dernière fois, s’empare des deux tiges et s’y suspend. Cette suspension l’éloigne du trépied. Elle descend rapidement avec le voile qui la masque. Une trappe s’ouvre dans le plancher : elle lâche les poignées et se laisse tomber dans le dessous où un matelas la reçoit (fig. III).
- La trappe est fermée aussitôt.
- Les tiges étant peintes de la couleur du voile de soie, lorsque celui-ci est tombé sur le plancher avec le bambou, ces tiges ne peuvent être aperçues des spectateurs parmi les plis de l’étoffe. ( f 11 f Çjvf» i Dfj> Le prestidigitateur Alber.
- Fig. 1. •— I. Le sujet sur son trépied; II. Mécanisme de la barre à laquelle se suspend le sujet pour disparaître; III. Comment s'effectue la disparition.
- KrXjtfijiA+pz,-
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOÛTE CÉLESTE EN JUILLET 1932 (*)
- Deux comètes sont visibles actuellement (fin mai) et le seront encore assez longtemps : la Comète Iloughton et la comète G rigg-Slc j ell erup.
- La comète Hougliton a été découverte le 1er avril, en Afrique du Sud; elle a dû être faiblement visible à l’œil nu. Au moment de sa découverte, elle était de 9e magnitude; son éclat diminue.
- La comète Grigg-Skjellerup va se trouver en d’excellentes conditions d’observation en juin.
- Voici quelques positions où l’on pourra la rechercher et la photographier :
- Date. Ascension droite. Déclinaison.
- Juin 4
- — 9
- — 14
- — 19
- — 24
- — 29 Juillet 4
- 10”36m16B 11 49 52
- 13 8 30
- 14 18 32
- 15 12 32
- 15 51 40
- 16 20 20
- + 46°14' + 50 40 + 51 58 + 50 15 + 46 45 + 42 38 + 38 25
- L’éclat de la Comète n’est pas indiqué dans les circulaires astronomiques.
- a fixé son image. Mais si on veut tirer parti de ce document, par exemple déterminer la longitude et la latitude d’une tache, son étendue, il faut pouvoir orienter le dessin, déterminer la position de l’axe du Soleil. Voici les éléments qui permettront, ce mois-ci, cette détermination :
- Date. P B0 L0
- Juillet 5 — 0o,95 + 3o,39 2910,42
- — 10 + 1<>,32 + 3o,91 2250,25
- — 15 + 3°, 57 + 4°,40 159°,08
- — 20 + 5°,78 + 4o,86 920,92
- — 25 + 7°,92 + 5°,30 26°,77
- — 27 + 8°,76 + 5°,46 0°,31
- — 30 + 10°,00 + 5°,69 320o,63
- On se reportera avec fruit, pour l’utilisation de ce tableau et le calcul des surfaces tachées^ à la notice sur « Le Soleil » de VAnnuaire astronomique Flammarion.
- Lumière zodiacale, lueur antisolaire. — La longueur du jour d’une part, la faible hauteur de la lueur antisolaire, d’autre part, rendent l’observation de ces phénomènes à peu près
- impossible en juillet.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en juillet, passe de + 23°7' le 1” à+18°16' le 31.
- Le jour décroît de durée et de 16”4m le 1er, il ne sera plus que de 15”7“ le 31. C’est là une diminution encore peu sensible, qui s’accentuera beaucoup le mois prochain.
- Il est intéressant de connaître l’heure exacte du passage du Soleil au méridien. C’est un moyen facile de tracer la méridienne, d’orienter un cadran solaire,etc. Cette heure du passage du Soleil au méridien de Paris c’est le temps moyen à midi vrai. Voici pour juillet, ces heures de passages, de deux en deux jours.
- Date. Heure du passage. Date. Heure du passage
- Juillet 1er 11 ” 54 m qgs Juillet 17 11 i 56m 36”
- — 3 11 54 39 — 19 11 56 45
- — 5 11 55 1 — 21 11 56 52
- — 7 11 55 21 — 23 11 56 57
- — ’ 9 11 55 40 — 25 11 56 59
- — 11 11 55 57 — 27 11 56 59
- — 13 11 56 12 — 29 11 56 57
- — 15 11 56 25 — 31 11 56 53
- Pour les lieux situés en dehors du méridien de Paris, il faut ajouter la longitude, en temps, pour les lieux situés à l’ouest, la retrancher pour ceux situés à l’Est.
- Observations physiques. — Lorsque l’on prend un dessin du Soleil par projection ou mieux une photographie du Soleil, on
- 1. Nous rappelons que toutes les heures données dans le présent g Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel, compté de 0” à 24” à partir de minuit. L’heure d’été étant en usage, ajouter 1 heure à toutes les heures mentionnées ici pour qu’il y ait concordance entre la production des phénomènes et l’heure marquée par les horloges.
- IL Lune.— Les phases de la Lune, en juillet, seront les suivantes :
- N. L. le 3, à 22” 20“
- 7“
- 6m 2m
- Age de la Lune, le 1er juillet, à 0” = 26],6; le 4 juillet, à 0b = 01 1. Pour toute autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 4.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, en juillet : le 2, à 21h — -j- 28°25'; le 16, à 0” == — 28°27' ; le 30, à 3” = + 28°30'.
- On remarquera la faible élévation de la Lune sur l’horizon le 15 juillet, vers 22h, et le 16 juillet, vers 23”, au moment de son passage au méridien.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 13 juillet, à 23”. Parallaxe = 59 40".'Distance — 367510 1cm.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 26 juillet, à 3”. Parallaxe = 54'15". Distance = 404 200 1cm.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 10 juillet, occultation de v|/ vierge (gr. 5,0). Immersion à 21” 34m,5.
- Le 14 juillet, occultation de 135 B Scorpion (gr. 6,0). Immersion à 20” 49m,5.
- Le 30 juillet, occultation de 136 Taureau (gr. 4,6). Émersion à 2”29m,5.
- Lumière cendrée de la Lune. — Observer la lumière cendrée de la Lune, le matin, les 28,29 et 30 juillet, à l’aide d’une jumelle.
- Marées, mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront surtout à l’époque de la pleine Lune du 17. Leur amplitude sera faible (coefficient maximum 87 centièmes). En conséquence le phénomène du mascaret n’est pas annoncé pour ce mois-ci.
- Fig. 1. — Trajectoire apparente décrite par la petite planète Iris (7), à travers les constellations des Poissons et du Verseau, du 1er août au 18 septembre 1932.
- P. Q. le 11, à 3”
- P. L. le 17, à 21” 6 D. Q. le 25, à 13” 42
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- ASTRE Dates : Juillet Lever à Paris. Passage au Méridien de Pax*is (') Coucher à Paris Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine VISIBILITÉ.
- 5 3“ 55“ 11» 55“ ls 19“ 55“ 6“ 57“ + 22° 48' 31' 30" 6 Gémeaux
- Soleil . . . 15 4 4 11 56 25 19 48 7 38 + 21 32 31 31 4 Gémeaux ( »
- 25 4 15 11 56 59 19 38 8 18 + 19 39 31 32 6 Cancer
- 5 5 44 13 29 21 14 8 28 + 20 39 6,0 V Cancer
- Mercure . . \ 15 6 28 13 44 21 1 9 24 + 15 30 7,0 t Lion Le soir, à la fin du mois.
- / 25 6 48 13 39 20 30 9 59 + 10 28 8,4 a Lion
- ( 5 3 36 11 12 18 49 6 16 + 19 10 57,0 68 Orion Le matin, avant le lever
- Vénus . . . 15 2 46 10 16 17 46 5 58 + 17 59 51,6 64 Orion > du soleil.
- / 25 2 8 9 36 17 4 5 57 + 17 41 44,4 64 Orion
- 5 1 37 9 28 17 19 4 29 + 21 44 4,2 U Taureau
- Mars. . . . 15 1 21 9 18 17 16 4 59 + 22 46 4,4 T Taureau Le matin, à l’aube.
- 25 1 7 9 9 17 10 5 28 + 23 26 4,4 Z Taureau '
- Jupiter. . . 15 6 56 14 6 21 16 9 48 + 14 15 29,6 a Lion Dès le coucher du soleil.
- Saturne . . 15 20 13 0 38 5 2 20 18 — 20 4 15,6 4 Capricorne Toute la nuit.
- Uranus. . . 15 23 5 5 46 12 28 1 27 + 8 29 3,4 c-V Poissons Seconde partie de la nuit.
- Neptune . . 15 8 1 14 50 21 39 10 33 + 10 0 2,4 P Lion Invisible.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps un: verset, du passage au méridien de Paris.
- III. Planètes.— La Tableau ci-dessus, qui est établi à l’aide des données de l’Annuaire astronomique Flammarion pour* 1932, contient les renseignements les plus importants pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois de juillet 1932.
- Mercure sera visible le soir du 15 au 25 juillet environ, sa plus grande élongation du Soleil se produisant le 20 juillet, à 16h, à 26°53' à l’Est du Soleil.
- Cette élongation sera la plus grande de l’année et elle sera favorable en raison de la déclinaison boréale de Mercure.
- On recherchera Mercure à la jumelle dès le coucher du Soleil, mais, si le temps est clair, la planète sera facilement visible à l’œil nu dans le crépuscule.
- Voici la phase et la grandeur stellaire de Mercure.
- Date. Disque illuminé. Diamètre. Magnitude stellaire.
- Juillet 4 0,71 6' 0 — 0,1
- — 9 0,63 6 ,4 + 0,2
- — 14 0,55 7,0 + 0,4
- — 19 0,47 7 ,6 + 0,6
- — 24 0,39 8 ,3 + 0,8
- — 29 0,31 9 ,0 + 1,0
- Dans certaines conditions favorables, Mercure peut être plus lumineux que Sirius.
- Vénus est passé en conjonction inférieure, avec le Soleil le 29 juin.
- Elle sera donc invisible au début du mois.
- Comme elle se dégage rapidement des rayons solaires, on pourra la rechercher vers la fin de juillet, dans l’aube. A la lunette, elle se présentera sous l’aspect d’un magnifique croissant très délié (voir fîg. 1, dessin n° 7 du Bulletin astronomique du n° 2878, du 1er avril 1932).
- Voici, comme pour Mercure, la phase et la grandeur stellaire :
- Date. Disque illuminé. Diamètre. Magnitude stellaire.
- —- .— — —-
- J uillet 4 0,01 57"3 — 3,1
- — 9 0,04 55 2 — 3,5
- — 14 0,07 52 2 — 3,8
- — 19 0,12 48 7 — 4,0
- — 24 0,17 45 1 — 4,1
- — 29 0,21 41 7 — 4,2
- Mars devient un peu visible le matin, à l’aube. Son diamètre est très petit actuellement et il faudra attendre encore quelques mois avant d’entreprendre des observations utiles.
- Iris, la petite planète n° 7, circulant entre les orbites de Mars et de Jupiter, passera en opposition à la fin du mois prochain et atteindra la 7 e,5 magnitude. Elle sera donc visible dans les plus petites lunettes, on pourra la rechercher à la fin de juillet à l’aide de la figure 1.
- Cérès, la petite planète n° 1, arrivera en opposition le 13 juillet. Nous avons donné le mois dernier (Bulletin astronomique pour juin, n° 2880) la carte de son mouvement sur le ciel, parmi les étoiles de la constellation du Sagittaire. Le lecteur est prié de s’y reporter.
- Jupiter est encore un peu visible, au début du mois, le soir, aussitôt après le coucher du Soleil. On pourra encore observer les phénomènes suivants produits par les satellites dans leur révolution autour de la planète.
- Date. Heure. Satellite. Phénomène.
- Juillet 1er 20“ 58m IV O. f.
- — 6 20“ 31 I O. c.
- Saturne sera visible à peu près toute la nuit. Il se trouvera en opposition avec le Soleil, le 24 juillet, à 14h. Voici les éléments de l’anneau à la date du 14 juillet.
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- Grand axe extérieur................ 41 ',82
- Petit axe extérieur....................+ 14'',50
- Hauteur de la Terre au-dessus du
- plan de l’anneau.....................+ 20°28
- Hauteur du Soleil au-dessus du
- plan de l’anneau...................-f- 20°62
- On trouvera Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne,
- lors de ses élongations maxima. En voici la liste, pour juillet
- Date. Elongation. Heure.
- Juillet 8 Occidentale 13" 7
- — 16 Orientale 5" 8
- — 24 Occidentale 11" 2
- Uranus va se trouver en quadrature occidentale avec le Soleil le 16 juillet. Il en résulte donc qu’il est visible dans la seconde partie de la nuit. Cette planète va se déplacer très peu pendant tout le mois de juillet, comme on peut le voir par ses positions, ci-après :
- Date. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre apparent.
- Juillet 5 1" 23m + 8°6' 3'4-
- — 15 *j[ h 2 5 m + 8°14 3 4
- — 25 l11 2Gm + 8°21 3 4
- On trouvera Uranus à l’aide d’une jumelle, en reportant les positions sur une carte céleste. La planète d’Herschel sera à environ 4 degrés au Nord-Ouest de l’étoile v des Poissons.
- Neptune va se trouver en conjonction avec le Soleil à la fin du mois prochain. Il est invisible en ce moment.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 1cr. , à 4", Mars en conjonction avec la Lune, à 5°5 S.
- Le 3, à 8", Vénus — la Lune, à 8° 48' S.
- Le 5, à 2", Mercure — Tj Cancer (gr. 5,5) à 0°4' S.
- Le 5, à 17", Mercure — la Lune, à 2° 9' S.
- Le 7, à 1", Jupiter — la Lune, à 1° 30' S.
- Le 8, à 1", Neptune — la Lune, à 0° 25' S.
- Le CO à 8", Saturne — la Lune, à 3° 26' N.
- Le 23, à 3", Mercure — Jupiter, à 2° 21' S.
- Le 24, à 23", Uranus le Lune, à 4° O' S.
- Le 30, à 1", Mars la Lune, à 4°51' S,
- Le 30, à 9", Vénus — la Lune, à 10° 41' S.
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- Etoile Polaire; temps sidéral. — Voici quelques passages de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- Temps sidéral
- Date. Passage. Heure. à 0" (T. U.)
- Juillet 9
- — 19
- — 29
- Supérieur
- 6“ 20m 23 5 41 17 5 2 10
- 19h 6m 52
- 19 46 18
- 20 25 44
- Etoiles variables. — Minimum de l’étoile (3 Persée (Algol), visible à l’œil nu : le 15 juillet, à 1“ 35m.
- Le 24 juillet, maximum d’éclat de l’étoile T Grande Ourse variable de la magnitude 4,5 à la magnitude 13,4 en 257 jours. Minima d’éclat de l’étoile 3 Lyre, 1er juillet, 19“ ; 14 juillet, 17h; 27 juillet, 15". Cette étoile varie de la magnitude 3,5 à la magnitude 4,1 en 13 jours environ.
- Etoiles Filantes. — De nombreux essaims d’étoiles filantes sont actifs en juillet. Notamment le fameux essaim des Per-séides qui commence à donner des météores vers le 7 juillet. Le radiant initial est situé vers 0 Cassiopée.
- Le radiant des Aquarides situé vers o Verseau, est actif du 25 au 30 et donne des météores à trajectoires longues et à mouvement assez lent.
- Voici d’ailleurs, d’après P Annuaire du Bureau des Longitudes, la liste des centres d’émanation d’étoiles filantes pendant le mois :
- Date. Ascension Déclinaison. Etoile
- droite. voisine.
- Juillet 23 au 25 48° + 43° |3 Persée
- — 25 au 28 335° + 26° i Pégase
- — 25 au 30 341° — 13° c Poisson austral
- — 26 au 29 342° — 34° o Andromède
- — 27 7° + 32° o Verseau
- — 27 au 31 29° + 36° (i Triangle
- — 31 310° + 44° a Cygne
- V. Constellations. —- L’aspect de la voûte céleste le 1er juillet, à 23", oui 3 15 juillet à 22", est le suivant :
- au Zénith : Le Dragon; La Lyre; Hercule.
- Au Nord : La Petite Ourse; Cassiopée; Andromède. Le Cocher est à l’horizon nord.
- A l’Est : Le Cygne; l’Aigle; le Dauphin; Pégase; le Verseau; les Poissons.
- Au Sud : Le Sagittaire; le Scorpion; Ophiuchus.
- A l’Ouest : La Couronne; le Bouvier; le Serpent. La Vierge se couche à l’horizon occidental. Em. Touciiet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- UNE FORMULE NOUVELLE DE COLLE POUR LA RELIURE
- La formule suivante qui résulte de la collaboration des Ateliers fédéraux de Washington (Imprimerie nationale américaine) et de l’Association des patrons relieurs donne, paraît-il, des résultats remarquables, c’est pourquoi nous la faisons connaître à nos lecteurs.
- Prendre :
- Eau ordinaire............................. 450 grammes
- Diéthylène glycol......................... 100 —
- Bêta-naphtol................................ 1 —
- Alun d’ammoniaque........................... 3
- Sirop de glucose à 43° B ... ...............250
- Farine de froment.......................... 200 —
- On mélange intimement à froid les constituants, farine exceptée, avec les deux tiers de l’eau, on chauffe, puis on ajoute la farine sous forme de pluie en remuant constamment.
- Industriellement, l’emploi d’un agitateur mécanique s’impose, bien entendu, ainsi qu’un tamisage pour l’introduction de la farine, le chauffage se fait alors par introduction directe de la vapeur qui apporte le dernier tiers d’eau nécessaire.
- Si le chauffage se fait par double-fond, ce tiers doit être ajouté par l’opérateur.
- La cuisson doit être poursuivie jusqu’à obtention d’une masse épaisse homogène.
- Il ne reste plus qu’à mettre en récipients convenables, de préférence non métalliques pour éviter la coloration rouge de la colle par l’oxyde de fer de la rouille.
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- 520 .., LA RADIOPHONIE PRATIQUE --
- NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES - CONSEILS PRATIQUES CONSTRUCTION D’APPAREILS SIMPLES
- QUELQUES MODÈLES DE POSTES MODERNES
- Les deux grandes catégories de postes destinés aux usagers à l’heure actuelle sont, en dehors des postes du type « local » sans amplification haute fréquence, d’une part, les appareils à amplification haute fréquence directe, d’autre part les postes à changement de fréquence. Presque tous ces postes sont, d’ailleurs, réalisés suivant la forme « Midget » ou la forme meuble, et beaucoup sont combinés avec des phonographes à reproduction électrique.
- Malgré la concurrence américaine, les constructeurs français ont réussi le plus souvent à établir des appareils de qualité mécanique et radiotechnique équivalente, mais mieux adaptés aux conditions de la radiodiffusion en France et aux desiderata des usagers français. Parmi ces postes, il nous semble intéressant de signaler une série d’appareils de modèles
- récents qui présentent des particularités pratiques tout à fait essentielles.
- Le premier de ces postes, d’une présentation élégante et d’une construction robuste, comporte simplement une détectrice, suivie d’une lampe basse fréquence de puissance ; il est monté dans une ébénisterie avec un haut-parleur électromagnétique à moteur équilibré à quatre pôles.
- C’est là sans doute un appareil plus spécialement du type local, puisqu’il ne comporte pas d’amplificatrice haute fréquence, mais c’est un modèle simple, relativement peu coûteux, et qui présente l’avantage de constituer un bloc autonome d’un emploi très pratique. Beaucoup de ces appareils, d’un type analogue, ont une sélectivité fort défectueuse, ce qui rend leur adoption assez gênante, même dans les villes où se trouvent des postes émetteurs, par exemple à Paris.
- Le système d’accord de ce récepteur a été, au contraire, calculé de façon à déterminer une sélectivité suffisante, on peut donc l’utiliser dans les grandes villes en employant une antenne intérieure, ou même le fil du secteur comme antenne. Pour la réception des émissions lointaines et faibles, il devient seulement nécessaire d’utiliser une petite ante nue (fig. 1).
- Un deuxième type d’appareil à chauffage indirect comporte une lampe haute fréquence à écran, une détectrice, une triode basse fréquence à forte pente alimentée sous une tension de plus de 200 volts et une valve d’alimentation plaque. L’accord est effectué en direct pour la province, ou en Bourne avec primaire variable lorsqu’il est nécessaire d’avoir une sélectivité plus accentuée. La liaison haute fréquence est réalisée par un circuit-bouchon-capacité, et la réaction s’effectue sur le circuit de résonance par un système mixte, par induction et par capacité (fig. 2).
- Fig. 2. — Poste secteur de modèle moyen (construction Mildè), avec une lampe H F à écran, une détectrice, une lampe de puissance et une valve, réalisé sous la forme Midget et sous la forme de radiophonographe.
- Le système de commutation des bobinages est extrêmement simple, et la lampe de puissance de sortie est suffisante pour actionner un haut-parleur électro-dynamique monté dans le poste. L’encombrement de l’ensemble est, d’ailleurs, relativement très réduit, puisque la profondeur n’est que de 25 cm.
- Pour entendre la majorité des émissions européennes, une antenne intérieure de quelques mètres est suffisante et différents détails de construction, par exemple réchauffement des lampes, avant la mise en action de la tension plaque, sont parti culièrem en t utiles. Le même bloc de réception, dont la lampe détectrice et la lampe de sortie peuvent être utilisées pour l’amplification phonographique, peut être monté dans un meuble comme le montre la figure 2, et on réalise alors un radio-phonographe très pratique, d’un encombrement relativement réduit pour cette catégorie d’appareils.
- Le même construc -teur établit des postes à changement de fréquence dont la sensibilité et la sélectivité demeurent toujours très appréciées des
- Fig. 1. — Poste secteur « type local » {construitpar Mildé), 1 lampe détectrice-, 1 lampe basse fréquence-, 1 valve de redressement ; haut-parleur électro-magnétique équilibré; ébénisterie « Midget », antenne intérieure.
- Fig. 3. — Poste à-changement de fréquence à alimentation par courant du secteur redressé et filtré, monté dans un meuble amovible et contenant le cadre de réception (construction Mildé).
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- amateurs et même des usagers. Ces appareils comportent des lampes ordinaires à faible consommation et sont alimentés entièrement en courant alternatif redressé et filtré. Nous avons montré plusieurs fois déjà les avantages de ce dispositif, surtout pour les postes à changement de fréquence et indiqué qu’il était capable de diminuer l’influence des parasites.
- Ces appareils fonctionnent surtout sur cadre, mais pourraient à la rigueur être montés avec une petite antenne.
- Le montage comporte six lampes : une lampe oscillatrice séparée neutrodynée, une bigrille modulatrice, deux moyenne fréquence, dont une à écran, une détectrice et une basse fréquence. Grâce à l’emploi de deux lampes pour le changement
- —-.....1.....................-.........-... z 521 =
- de fréquence, le fonctionnement est très souple quelle que soit la longueur d’onde, et tout le système récepteur est présenté soit dans une ébénisterie « Midget » avec haut-parleur électromagnétique à moteur équilibré, soit dans un coffret séparé, soit encore dans un meuble en forme de table renfermant également le cadre et monté sur roulettes pour faciliter son orientation et son déplacement (fig. 3).
- P. Hémardinquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits : Postes-secteur modernes.
- Établissements Mildé-Radio, 58, rue Desrenaudes, Paris (17 e).
- LES EMPLOIS DE LA FARINE DE BOIS
- Pour donner une idée de l’importance de ce produit qui, à première vue, semble minime, The Industrial Chemist signale que sa consommation annuelle, aux Etats-Unis seuls, dépasserait 35 000 tonnes, rien que pour les industries des résines synthétiques, sans compter celles du linoléum et des toiles cirées et ce ne sont pas ses seules applications; nous en citerons d’autres.
- Il ne faut pas confondre farine de bois et sciure de bois; même la plus fine sciure obtenue avec des scies à dents les plus fines possibles n’est pas de la vraie farine de bois.
- Celle-ci est d’une nature floconneuse, d’une densité apparente très faible et contient une proportion considérable d’air occlus.
- Mais il ne faudrait pas cependant exagérer ces propriétés de voluminosité ; il faut que la dimension des particules soit un peu supérieure à ce que l’on appelle « l’impalpable », en un mot que l’origine fibreuse du produit soit encore sensible.
- On arrive à ce résultat en partant de sciures sèches de bois durs, mais non chargés en tannin, tels que le hêtre, par exemple, peu riches en résine, et en les faisant passer entre des disques à écartement réglable.
- On procède ensuite à un classement par jet d’air pour séparer les produits grossiers de ceux qui ont la dimension voulue.
- La fabrication doit être, sans doute, assez délicate, puisqu’on n’a pas encore réussi à l’introduire en grand en France et que la farine de bois utilisée par nos industries vient en grande partie des pays Scandinaves.
- Voici un certain nombre des emplois de la farine de bois : le « cément », pour la fabrication du linoléum, est constitué, en principe, par un mélange de colophane, de résine lcauri ou copals, de la dernière qualité (chips), et d’huile de lin cuite, sans parler des charges et pigments nécessaires pour obtenir une belle coloration. Le « cément » est mélangé intimement à de la farine de bois ou de liège granulé, puis appliqué sur la toile de fond par des calandres puissantes, machines très coûteuses, qui représentent parfois de vraies fortunes. Le produit, primitivement granulé, devient compact sous l’intervention simultanée de la pression et de la chaleur des cylindres chauffés intérieurement.
- Pour obtenir un linoléum bien tenace, il faut employer une farine de bois légèrement fibreuse, plutôt qu’une farine impalpable, ainsi que nous l’avons dit plus haut.
- Voici un autre emploi important des farines de bois : la fabrication des dynamites, dans lesquelles on emploie la
- farine de bois au lieu du kieselguhr. Mais tandis que ce dernier, qui n’est que de la silice pulvérulente, n’agit que comme support, la farine de bois agit comme réactif partiel, puisqu’elle prend part à la combustion. On en ajoute jusqu’à 15 pour 100 du poids de la dynamite ; les autres composants restent, comme à l’habitude : la nitroglycérine, le nitrate de sodium et le carbonate de calcium.
- La farine de bois a aussi été employée comme « fleurage » dans la cuisson du pain, mais pour cet emploi elle ne remplacera pas les petits sons, les fleurages faits de pelures de pommes de terre, vrais fleurages, et la farine de corozo qui sont infiniment moins chers et sans goût désagréable pour le pain.
- Les céments magnésiens, dits de Sorel, à base de chlorure de magnésium et de magnésie calcinée, ont pour élément fibreux la sciure de bois de moyenne grosseur. Mais on n’emploie pas la farine fine qui serait trop chère. On ajoute dans les céments de Sorel jusqu’à 15 pour 100 en poids de farine ou de sciure de bois.
- Arrivons enfin aux emplois des farines de bois dans la fabrication des poudres à mouler, à base de résines synthétiques, formo-phénoliques (genre bakélite), ou d’autres poudres à mouler, telles que celles à base d’acétate de cellulose (rhodoïde, lonarite, isoloïd, etc.).
- Les résines formo-phénoliques sont extrêmement dures, mais très cassantes. L’adjonction de farine de bois rend le produit final résistant aux chocs. La fabrication s’effectue comme suit : la résine, sous sa forme soluble et moulable, est réduite en poudre fine, puis mélangée intimement avec la farine de bois; on procède alors à un doux séchage à l’étuve durant un temps assez long. La farine de bois employée doit être séchée à l’étuve jusqu’à siccité parfaite et les poudres de résines synthétiques qui lui sont adjointes doivent être absolument débarrassées de l’eau de réaction ainsi que de toute humidité, sous peine de voir la qualité diélectrique du produit s’abaisser dans des proportions considérables, parfois du simple au dixième. C’est pourquoi il a été suggéré aux fabricants de poudres à mouler d’expédier leurs poudres à mouler à ceux qui doivent les employer, non plus sous forme de poudre, mais sous forme de tablettes absolument exemptes d’humidité, et que l’on émiette au moment immédiat de l’emploi. M. Bevan a même établi (Chemical Trade du 13 février 1931) que, pour le moulage des poudres à mouler à farine de bois, il était préférable d’employer des moules « venus bruts » de fonderie, au lieu de moules polis, bien qu’a priori la chose semble bizarre.
- A. H.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Théorème de Fermât, son histoire, par R. Noguès. 1 vol. 179 p. Vuibert. Paris, 1932. Prix : 25 francs.
- Fermât a énoncé le théorème suivant : aucune puissance, au delà du carré, ne peut être décomposée en une somme de deux puissances du même ordre. Il n’a pas indiqué la démonstration « admirable », dit-il, qu’il en avait trouvé; depuis lors, malgré l’effort des plus grands mathématiciens, ce théorème, démontré dans nombre de cas particuliers, n’a pas encore reçu de démonstration générale et reste « un défi jeté à l’intelligence humaine ». M. Noguès rassemble ici tout d’abord un historique très complet du sujet : l’on y retrouve des noms illustres comme ceux d’Euler, Legendre, Sophie Germain, Abel, Lejeune-Dirichlet, l amé, Cauchy, Kummer, etc. Dans une seconde partie, de caractère plus mathématique, il indique avec plus de détail les méthodes employées et les résultats obtenus par les divers auteurs qui ont tenté de résoudre le problème; ces efforts ne sont pas restés vains puisqu’ils ont donné naissance à la théorie des nombres algébriques. Les connaissances mathématiques à mettre en œuvre pour comprendre cette deuxième partie sont presque toujours d’un caractère élémentaire; aussi un grand nombre de lecteurs pourront-ils la lire sans difficulté; ils y prendront un vif intérêt.
- La. viscosité des liquides, par E. Hatschek, traduit de l’anglais par C. Arcay. 1 vol. XVI-238 p., 88 fig. Dunod, Paris, 1932. Prix, broché : 66 francs.
- La viscosité est une propriété des corps qui offre une très grande importance théorique et pratique. Elle a donné lieu en ces derniers temps à une foule de travaux, elle est en effet liée, d’üne façon encore mystérieuse, mais certaine, à l’architecture moléculaire. On peut espérer trouver en elle un moyen d’investigation susceptible de révéler d’utiles détails sur la constitution intime des corps. La mesure de la viscosité des liquides joue aujourd’hui un très grand rôle en chimie physique. Son rôle n’est pas moins essentiel dans toutes les questions se rattachant au graissage. Sur une question aussi importante, il n’existait jusqu’ici en France aucun ouvrage d’ensemble. L’auteur, M. Hatschek, qui avait constaté la même lacune dans la littérature scientifique anglaise, a écrit un traité où, s’appuyant sur les travaux les plus récents, il résume à grands traits, à l’usage des étudiants l’essentiel de la question : aperçu historique qui met à l’honneur les travaux des pionniers français dans ce domaine; Coulomb, Girard, Navier préparèrent la voie au travail définitif de Poiseille, définition et détermination du coefficient de viscosité, description et usage des viscosimètres, variations de la viscosité avec la température, la pression, rapports entre la viscosité et la constitution chimique des corps, viscosité des solutions et des mélanges, relations entre la viscosité et la conductivité électrique, état actuel de la question de la viscosité dans les solutions colloïdales. C’est cette excellente et méthodique mise au point, riche en outre en données numériques précieuses, que M. Arcay nous donne une très bonne traduction. Celle-ci trouvera en France le même accueil favorable que l’édition originale en Angleterre.
- Mines et carrières, par Lucien Fournier. 1 vol., 190 p., 98 fig. Bibliothèque des merveilles. Hachette. Paris. Prix broché : 12 fr.
- Dans ce livre, d’une lecture fort agréable et instructive, notre collaborateur montre, en un langage accessible à tous, comment l’on recherche les richesses minérales que recèle le sous-sol, et comment on les exploite. Après un bref exposé de géologie et de minéralogie, l’auteur présente un rapide historique des mines et carrières, ainsi que les notions sur la législation en vigueur en France, il explique les procédés de prospection, décrit les travaux et l’organisation de la mine et de la carrière, donne, chemin faisant, d’utiles renseignements statistiques.
- Cours de verrerie, par Emilio Damour (2e partie. La physique thermique du verre). 1 vol., 241 p., 67 fig. Ch. Béranger et Cie, Paris, 1932. Prix : broché, 55 francs.
- Ce volume continue la publication du cours professé par l’auteur au Conservatoire des Arts et Métiers. Il y étudie les propriétés physiques à chaud des verres : dilatation, sa mesure, ses variations suivant la composition de la matière, application des mesures dilatométriques pour déterminer les températures de trempe, de recuit; fusion des verres, lois et phénomènes thermiques intervenant dans le verre lors de ce changement d’état; étude thermique théorique des fours de fusion. L’auteur donne ensuite une étude très fouillée de l’opération industrielle de la fusion; il y décrit et compare les différents fours utilisés pratiquement et donne le bilan thermique de leur fonctionnement. L’ouvrage se termine par un sommaire, mais utile chapitre sur la fabrication des matériaux réfractaires utilisés en verrerie : pots, pièces de fours, etc.
- Le Nord. (Étude historique et technique d’un grand réseau français), par Léon Pondevaux. 1 vol., 282 p., 20 ph. hors texte. Éditions du Mercure de Flandre, 204, rue Solférino, Lille. Prix : 20 francs.
- Voici un livre bourré de chiffres, de textes sévères et qui cependant est d’une lecture bien intéressante et bien instructive. C’est l’histoire du réseau des chemins de fer du Nord depuis sa fondation, que l’on peut faire remonter à 1844, jusqu’à nos jours. Elle montre comment, petit à petit, non sans luttes et sans peines de tous genres, se sont construites et rassemblées les lignes qui forment le plus prospère de nos réseaux. Elle fait ressortir les difficultés financières et économiques qui périodiquement secouèrent le pays avec une répercussion immédiate sur nos voies ferrées, et des conséquences administratives qui se font encore sentir aujourd’hui. L’auteur retrace éloquemment l’histoire héroïque du réseau pendant la grande guerre, puis celle de sa reconstitution après l’invasion, de l’immense travail qui fut nécessaire pour réparer les destructions sauvagement accumulées par l’ennemi. Il expose enfin, et ce n’est pas la partie la moins utile de son ouvrage, d’une façon très complète, la situation actuelle du réseau aux points de vue juridique, administratif, financier, technique et commercial. La lecture de l’ouvrage est indispensable à qui veut comprendre à fond ce que sont nos chemins de fer.
- La photographie, par Hesse et Amédée Mannheim. 1 vol.> 204 p., 86 fig. Armand Colin. Paris, 1932. Prix ; 10 fr. 50.
- Expliquer la photographie, depuis la formation de l’image lumineuse au foyer de l’objectif jusqu’au tirage de l’épreuve définitive; faire comprendre le principe et le rôle de chacune des opérations intermédiaires; mettre le lecteur au courant des plus récents progrès de la technique ; lui dire ce;que l’on sait aujourd’hui des propriétés si curieuses de la plaque sensible, lui exposer les tentatives faites pour en élucider le secret mécanique : tel est le but de cet excellent petit livre, fort bien composé, écrit clairement et avec précision.
- Comment perfectionner un poste de T. S. F., par
- P. I-Iémardinquer, 1 brochure, 72 p. 45 fr. Et. Chiron. Paris, 1931.
- Notre collaborateur indique ici, avec la clarté et la compétence que connaissent nos lecteurs, une méthode et des moyens pour améliorer les qualités d’un poste de T. S. F.: sensibilité, sélectivité, valeur musicale. Ges qualités n’existent pas toujours au degré voulu dans le poste que l’on possède : on ne peut les accroître toutes trois simultanément. Mais, par un choix judicieux et avec un peu d’habileté manuelle, on pourra presque toujours, en s’inspirant des conseils de M. P. Hémar-dinquer, obtenir du poste des résultats bien supérieurs à ceux qu'il donnait initialement.
- L’attelage et le cheval de selle à traversées âges. Contribution à l’histoire de l’esclavage,
- par le Commandant Lefebvre des Noëttes. 2 vol. in-8, 312 p. et 46 fig.; 457 fig. hors texte. A. Picard, Paris, 1931.
- Nos lecteurs ont connu la thèse de l’auteur, dès son apparition, par trois articles sensationnels parus dans La Nature. Tôt après, ce fut l’exposé complet présenté en un livre qui est aujourd’hui épuisé. Voici la dernière mise au point, encore mieux bâtie, plus construite, renforcée de multiples références et illustrée d’abondants documents iconographiques. Le commandant Lefebvre des Noëttes y développe sa remarquable observation de l’attelage antique, si mal conçu jusqu’au x° siècle qu’il ne donnait qu’une faible puissance de traction et nécessitait le maintien du portage humain, grande cause d’esclavage. Cette fois-ci, il y ajoute des données précises,'souvent imprévues, sur la route romaine, la ferrure, le cheval de selle et l’on reste étonné de tout ce que sa science de cavalier apporte de neuf à notre connaissance et à notre compréhension du monde antique, que n’avaient su voir ni les archéologues, ni les historiens. Impeccable dans sa présentation et son érudition, ce livre est, comme le dit M. Carcopino dans sa préface,
- « de ceux qui gardent de vieillir le nom de leur auteur ».
- Gœthes naturwissenschafliches Denken und Wir-ken. 1 brochure in-8, 99 p., 1 portrait. Julius Springer. Berlin, 1932. Prix : broché, 2,60 m. ; cartonné, 3,60 marks.
- Le centenaire de Goethe (provoque partout la publication d’études sur sa vie, son œuvre, ses idées, son influence, car on sait qu’il s’intéressa à tous les domaines de la pensée. La revue die Naturwissen-srhaflen a eu l’heureuse idée de réunir en cette plaquette trois magistrales études sur les aspects biologiques de sa pensée et de ses travaux. La première reproduit une lecture faite par H. von Helmholtz en 1892 sur Gœthe, précurseur des idées futures en histoire naturelle; la deuxième est un travail de Max Dohrn sur les idées et les travaux de Gœthe dans le même domaine; la troisième un exposé par Julius Schifï des allégories et des comparaisons biologiques qu’on trouve dans les poèmes, les lettres et les écrits littéraires. Ce sont trois belles couronnes tressées à la gloire du génie de Weimar.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE Henri Sauvage.
- Le 21 mars 1932, est mort à Paris dans sa 59 e année un des plus connus parmi les architectes français, le maître Henri Sauvage. Son éloge funèbre trouve sa place naturelle dans les colonnes de La Nature, revue des sciences appliquées aux arts, puisque tous les efforts de ce grand bâtisseur ont tendu à mettre au service de son art les plus audacieuses nouveautés scientifiques.
- Bien plus, il a toujours considéré son art lui-même comme soumis aux méthodes les plus sévères des sciences exactes. Pour lui, la conception d’un édifice s’identifiait à la solution mathématique d’un problème. Il s’attachait d’abord à définir de la façon la plus rigoureuse le problème posé, puis il employait à le résoudre toute la puissance de son ardente imagination. Alors deux choses seulement comptaient : les ressources de la technique et le' programme.
- Jamais il ne s’est laissé influencer par des considérations de style ou de mode. Les vieilles routines d’école si puissantes dans sa profession n’ont jamais eu barre sur lui. Il était intimement persuadé qu’on chercherait vainement la vraie beauté dans le décor; mais qu’on devait la trouver dans la grandeur de la perfection technique. C’est à ces conceptions qu’il doit d’être compté parmi les fondateurs de l’art moderne.
- A propos de sa dernière grande œuvre, les grands magasins de Nantes, il nous écrivait :
- « Une grande ville comme Nantes, véritable capitale de l’ouest, ne pouvait pas ne pas avoir un grand magasin moderne, car qui dit « moderne » dit pratique, spacieux, lumineux, confortable. »
- « J’espère avoir réalisé ce programme... » continuait-il. Le croquis ci-dessous montre qu’en tout cas il n’avait rien négligé pour rendre son magasin « lumineux ».
- Comme la plupart des constructions de ce genre, le bâtiment était soutenu seulement par un certain nombre de piliers de fer remplaçant les murs de jadis. Un autre à sa place aurait cru obtenir le maximum d’éclairement possible en réservant entièrement aux vitres l’espace laissé libre par les piliers. Cela ne lui parut pas suffisant : il recula les points d’appui d’un mètre, puis il construisit la façade du magasin entièrement en porte-à-faux au-dessus du trottoir en la soutenant par des consoles. Cette façon de faire lui permit de pousser la réalisation de son programme d’éclairement jusqu’aux extrêmes possibilités.
- Il est à remarquer que cette façon de faire se trouve être la plus rationnelle au point de vue de la résistance des matériaux. Elle permet l’emploi de la poutre continue dans les planchers, ce qui les allège d’autant et elle permet de faire travailler
- Fig. 1. — Les grands magasins de Nantes construits par M. Sauvage, 2, rue Saint-Julien, Nantes.
- (Ph. Gradot, Paris).
- à la traction îes légères ferrures qui encadrent les vitres.
- Ce souci de répandre la lumière fut, toute sa vie, l’objet de ses recherches, témoin son immeuble de la rue Vavin, dont la disposition en escalier est bien connue des Parisiens. Les étages de cette maison sont construits en retrait l’un sur l’autre et les murs sont recouverts d’un revêtement de faïence blanche. Ces deux dispositions présentent des avantages incontestables pour la bonne hygiène des rues et des appartements, en favorisant l’accès de l’air et du soleil jusqu’au fond des voies les plus étroites.
- La maison de la rue Vavin n’a pas été un prototype; pourtant quelques architectes s’en sont inspirés. M. Sauvage lui-même en a construit une réplique rue des Amiraux à Clignan-court. Tout le monde admire la blancheur inaltérable de son revêtement et le confort de ses balcons qui sont de véritables jardins suspendus. A signaler, pour cet immeuble, que la disposition en retrait des différents étages a permis de ménager en sous-sol la place d’une piscine à l’usage de ses habitants.
- En dehors de ces deux immeubles particulièrement remarquables, M. Sauvage a construit, à notre connaissance, une trentaine de grandes habitations qui, toutes, présentent une originalité de conception remarquable. Il est l’auteur d’un essai de construction « Standard » en acier, mais, pas plus que d’autres expérimentateurs qui se sont occupés de la question, il n’a réussi à industrialiser la maison à bon marché
- Fig. 2. — Coupe des grands magasins de Nantes, montrant les poutres continues des planchers et le dispositif de nettoyage des vitres par échafaudage volant.
- Chariot sur rails portant la passerelle denettoyage n.
- 5 fEtage
- Enseigne lumineuse-
- 3?Etage
- 21 Etage
- le.rEtaae
- J 1.1 A* 1?
- —i Rez-de-chaussée
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- Cou loir de canalisations. de ventilation jjS|a Sous-sol
- ECHOIE.
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- en série; cela vient certainement de certaines particularités de l’esprit français, heureuses ou malheureuses, suivant les points de vue.
- Si Sauvage meurt jeune, on peut dire que sa carrière a été bien remplie. Peu d’architectes à notre époque peuvent se vanter d’avoir construit autant que lui et quelques-uns seulement d’avoir construit aussi bien.
- Après avoir loué l’œuvre, nous n’avons plus rien à dire de l’homme qui y est contenu tout entier; rappelons seulement que le fond de son caractère était la bonté, puisqu’il faut insister sur ce fait que la bonté va toujours de pair avec le génie.
- L. Dodin, architecte.
- PRÉHISTOIRE
- L’homme du Néanderthal en Palestine.
- Notre confrère anglais Nature annonce que M. Th. Mac Cown qui dirige avec Mlle Dorothy Garrod l’exploration des grottes du Mont-Carmel en Palestine, vient d’y découvrir les ossements fossiles de trois individus apparentés à l’homme fossile du Néanderthal, qui est, on le sait, après le Pithécanthrope de Java et l’homme d’Heidelberg, dans l’ordre d’ancienneté des races humaines révélées par la paléontologie.
- Cette découverte marque l’aboutissement de recherches entreprises en Palestine depuis 1925 par l’Ecole anglaise d’archéologie associée à l’Ecole américaine de Recherches préhistoriques dont M. Mac Cown est le représentant. Ces investigations avaient déjà recueilli d’importants documents : c’est d’abord en 1925 la découverte par M. Tarville Petre, dans une grotte de la rive occidentale du lac de Galilée, d’un fragment frontal de crâne néanderthalien, présentant toutefois des caractères qui le rendaient racialement différent de ses contemporains connus.
- En 1928, Mlle Garrod, au cours des fouilles d’une grotte du flanc occidental des collines de Judée, recueille dans une couche moustérienne une dent et un fragment de crâne présentant également des caractéristiques de l’homme du Néanderthal.
- En 1931, M. Mac Cown et Mlle Garrod, dans la grotte de Wady-el-Mughara, sur la face ouest du Mont Carmel, recueillent, à 1 m80 du sol, à 1 m 20 de profondeur dans une couche moustérienne, un squelette d’enfant incrusté dans du travertin dur.
- Ce squelette avec la couche de roc qui l’enveloppait fut expédié à Londres pour y être dégagé avec toutes les précautions nécessaires.
- On constata qu’il s’agissait d’un enfant âgé de 4 ans environ, de constitution débile et dont la taille dépassait de peu 0 m 90. Il avait été enseveli dans une posture accroupie, les talons sous les cuisses, le dos courbé, la tête sur la poitrine.
- Les dents, détachées par un écrasement du visage après l’ensevelissement, étaient dispersées au voisinage du crâne. Leur examen fixa les savants sur la race de l’enfant, les traits caractéristiques de la race du Néanderthal s’y affirmaient.
- Certains traits du crâne rappellent toutefois davantage l’homme moderne.
- La nouvelle découverte apportera des précisions et de précieux compléments aux connaissances acquises jusqu’ici sur les préhistoriques habitants de la Palestine.
- AÉRONAUTIQUE
- Un mât d’amarrage mobile pour dirigeables.
- Parmi les nombreuses innovations qui caractérisent le nouvel et gigantesque dirigeable américain Akron dont La Nature a entretenu ses lecteurs à plusieurs reprises, il faut signaler le mât d’amarrage qui a été installé à proximité du grand hangar où, en période de repos, s’abrite le bâtiment aérien.
- A la différence des mâts installés jusqu’ici, celui-ci est mobile. Il a la forme d’un trépied dont les trois jambes reposent sur des pieds à chenilles, également répartis sur une circonférence de 30 m de diamètre. Au sommet de ce trépied, à 23 m au-dessus du sol, est le dispositif qui permet l’amarrage du dirigeable.
- L’avantage de la mobilité du mât est qu’il peut servir d’organe de traction pour extraire le dirigeable de son hangar ou l’y réintégrer. On évite ainsi la manœuvre à la main qui pour un dirigeable de cette taille exige des centaines d’hommes.
- Deux des chenilles sur lesquelles le mât se déplace sont mues à l’aide d’un moteur électrique de 125 ch sous courant continu 250 volts, dont le mouvement est communiqué à l’aide d’arbres de transmission et de trains différentiels. La 3° chenille sert à assurer la direction, un moteur de 8 ch suffit à l’orienter.
- Le courant qui alimente ces moteurs est produit sur le mât lui-même par un groupe électrogène à essence de 250 ch tournant à 1200 tours par minute. Il fournit également le courant à un treuil électrique de 30 ch servant à haler le dirigeable. Le moteur du treuil et le moteur de traction ne peuvent du reste fonctionner simultanément ; un système automatique de contacteurs s’y oppose.
- Le pilote du mât est placé dans une cabine au-dessus du moteur, à 6 m environ au-dessus du sol, de là il a des vues bien dégagées de tous côtés et peut aisément régler la manœuvre du mât; grâce à un réglage de voltage, il peut faire varier la vitesse du mât entre 400 et 4000 m à l’heure.
- Le mât ne sert pas seulement à l’amarrage du dirigeable. Il est muni de pompes qui permettent, lorsque le bâtiment est amarré, de le ravitailler rapidement en essence et en eau. Il peut également lui fournir le courant électrique nécessaire à l’éclairage et aux divers services du bord.
- TRAVAUX PUBLICS
- Un nouveau système de communications maritimes. Une nautostrade entre l’Atlantique et la Méditerranée.
- Oà voit renaître périodiquement, surtout aux époques de chômage, le projet d’un canal des Deux Mers modernisé et rendu accessible aux plus grands navires. Malheureusement il faudrait dépenser près de 300 milliards pour créer un canal à niveau entre Bordeaux et Béziers; un canal à écluses coûterait encore près de 38 milliards et la navigation y serait si lente que les navires de commerce ne gagneraient guère de temps à emprunter cette voie plutôt que celle de Gibraltar.
- Un ingénieur connu, M. Mahl, présente dans la Technique moderne un projet moins coûteux qui a au moins le mérite de la hardiesse et de l’originalité. L’auteur a conçu ce qu’il appelle une « nautostrade », une voie ferrée pour les navires. Ceux-ci s’engageraient dans une écluse automotrice appropriée pouvant leur assurer un mouillage de l’ordre de 15 m, et capable de recevoir des bâtiments larges de 30 m, longs de 300 m. Cette écluse, partant du nouveau port de Verdon, sur l’Atlantique, gagnerait, par une rampe de 4 km de long et 4 mm de pente par mètre, une plate-forme de roulement de 30 m de largeur dont le tracé suivrait d’assez près celui du canal latéral à la Garonne et celui du canal du Midi, sans comporter de rampes supérieures à 3 mm par mètre, ni de courbes de rayon inférieur à 10 km.
- Les remblais nécessaires à l’exécution de cette voie grandiose seraient exécutés par dragages dans la Garonne ; ce qui aurait l’avantage d’en dégager le lit et de rendre moins périlleuses les inondations dont le fleuve se rend trop souvent coupable.
- Contrairement à un canal, la Nautostrade serait à l’abri du gel, du manque d’eau et en temps de guerre peu vulnérable aux avions.
- L’auteur évalue à 6 milliards le prix de l’ouvrage ainsi conçu.
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- PETITES INVENTIONS
- PHOTOGRAPHIE
- Le Largodrem : photomètre pour agrandissements.
- Cet instrument, qui est de fabrication autrichienne, a été établis en vue de résoudre mécaniquement le problème du temps
- de pose, en matière de tirage d’images agrandies par projection. Il se présente sous la forme d’une boîte à l’intérieur de laquelle se trouve un dispositif d’éclairage dont l’intensité lumineuse peut varier sous l’action du curseur d’un rhéostat. Ce curseur se déplace en regard d’un tableau indiquant les temps de pose en secondes et minutes pour 5 catégories de papiers groupés suivant leur sensibilité.
- Au-dessus.du tableau se trouve une fenêtre divisée en deux rectangles rouges , l’un plus ou moins translucide et pouvant être éclairé fortement par en dessous suivant la position du curseur, l’autre complètement opaque.
- L’instrument fonctionne sxir 110/120 volts, et est livré avec fil souple et une fiche pour prise de courant; un bouton commande le circuit électrique de l’appareil.
- Le Largodrem est connecté au même courant que l’agrandisseur : on aura donc avantage à utiliser une fiche « multiple ». Le mode d’emploi est extrêmement simple : on place le négatif dans l’agrandisseur et on procède d’abord au choix du degré d’amplification, à la mise en page et à la mise au point. Pour mesurer le temps d’exposition, on pose l’appareil sur la surface où se projette l’image de telle façon que la fenêtre se trouve sur une partie caractéristique de l’image à reproduire. Pendant la mesure, seule la lumière passant par l’objectif doit éclairer la face supérieure des rectangles ; tout autre éclairage, même inactinique, fausserait le résultat.
- Avant la mesure, on pousse le curseur au sommet de l’échelle ; on appuie ensuite sur le bouton et le rectangle inférieur de la fenêtre s’éclaire par en-dessous. Sans lâcher le bouton, on déplace lentement le curseur le long de la glissière jusqu’à ce que les deux rectangles soient également éclairés et se confondent.
- A ce moment, la mesure est terminée : la zone unie ou hachurée sur laquelle est arrêté l’index du curseur conduit à une ligne de chiffres donnant à côté les temps d’exposition pour les différents papiers employés en agrandissement, classés, suivant leur sensibilité en 5 groupes. Une table, jointe à l’instrument, énumère dans chacun des groupes un certain nombre de papiers; on cherche dans cette liste le papier choisi et on trouve sur le tableau, dans la rangée indiquée par le curseur, sous la lettre du groupe, le temps de l’exposition, en secondes ou en minutes. Cette table, qui se réfère au rapport d’essai n° 1280 de la station d’études et d’essais géographiques (Institut fédéral de Vienne, Autriche) a le tort de n’indiquer, en tout et pour tout, cbmme papier français, que le Lypaluxe Lumière.
- En vente chez Chotard, 22, rue Bobillot, Paris.
- OBJETS UTILES
- Pitons de suspensions à hauteur réglable.
- Quand on veut poser un lustre et le fixer à un piton qui est scellé dans le plafond, on a toujours de grandes difficultés, car la place nécessaire pour fixer la bellière après le piton est toujours restreinte; souvent même elle est insuffisante.
- Comment faire convenablement le raccordement des fils dans ces conditions ?
- On y arrive évidemment, mais ce raccord risque d’être mal fait, et en tout cas, la pose d’un lustre est souvent longue à effectuer.
- Un piton réglable dans sa hauteur évite cet inconvénient, car il permet de suspendre le lustre à une distance suffisante du plafond pour effectuer facilement le raccordement des fils; le lustre est ensuitere monté jusqu’à ce que le pavillon soit à la distance voulue du plafond.
- Pour obtenir ce résultat, un piton à ailettes qui est scellé dans le plafond a une colonne percée d’un ti'ou suivant son axe de manière à laisser passer une tige qui est formée alternativement de parties cylindriques et de gorges profilées.
- Cette tige se termine par un crochet sur lequel on monte la bellière où sera vissé le pavillon du lustre; la tige à parties lisses et à gorge calée librement dans le trou de la colonne pour le bloquer en position.
- On traverse l’ensemble par une clavette qui est montée dans un logement de l’écrou du piton et qui bute dans le fond. A son autre extrémité, cette tige est munie d’un bouton qui actionne un ressort de rappel. Normalement la clavette est donc engagée dans l’une des gorges et bloque la tige à une hauteur déterminée. On constate qu’il est très facile de régler la hauteur de la tige d’après la profondeur du jr/gr. 2. — Coupe du piton de suspension pavillon du lustre à à hauteur réglable.
- fixer. En effet, en opérant sur le bouton, on comprime le ressort, on dégage la tige de la gorge en partie, et on peut remonter ou descendre à volonté la tige centrale du piton.
- Lorsqu’elle est à sa position définitive soit pour le montage, soit une fois le montage fait, on cesse d’appuyer sur le bouton, le ressort de rappel ramène la clavette qui se loge dans la gorge devant laquelle elle se trouve.
- Il y a là un perfectionnement très intéressant dans les pitons de suspensions; il rendra certainement de grands services aux amateurs électriciens.
- En vente chez Dama-guez, 11, Villa Brazza, à Romainville.
- Fig. 1. —• Le Largodrem.
- Partie
- cylindrique
- Ailes du piton
- Ecrou à
- ailettes
- Crochet
- Belière
- Pavillon du lustre \
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- Récipient économiseur de chaleur.
- Un récipient très original a été imaginé par M. Guil-laix, dans le but de récupérer les calories qui sont dispersées inutilement autour du récipient placé sur un foyer.
- Le principe de cette invention consiste à augmenter la surface de chauffe au moyen d’une cheminée annulaire qui fait corps avec le récipient ou l’ustensile. La paroi extérieure du récipient porte des orifices d’évacuation des gaz chauds, il se produit donc une sorte d’aspiration, de tirage à l’intérieur de l’espace annulaire qui forme cheminée. Les gaz de la combustion passent dans cette cheminée, et ils abandonnent leurs calories aux parois, ce qui a pour résultat de mieux utiliser le combustible employé.
- On peut aussi calorifuger la paroi latérale extérieure de la cheminée annulaire de sorte que l’on augmente le rendement calorifique du système et que l’on obtient alors les mêmes avantages qu’avec les « marmites norvégiennes », si l’on obture les orifices d’évacuation des gaz chauds.
- Enfin, la poignée de préhension est fixée sur la paroi extérieure de la cheminée. On n’a donc pas de têtes apparentes de rivets à l’intérieur du récipient, et on évite ainsi les risques de fuites qui sé'produisent presque toujours en cet endroit.
- Sur la photographie (fig. 2), on voit un faitout ainsi agencé, avec la vue en dessous et en dessus, le couvercle enlevé.
- On voit que le récipient est exécuté de la manière habituelle mais avec bord rabattu, de manière à former une cheminée annulaire extérieure, les parois délimitant un vide, avec des orifices d’évacuation dans le haut. Bien entendu, toutes sortes de récipients peuvent être agencés de cette façon, en particulier les casseroles, les marmites,les faitouts comme celui qui est représenté, sur la photographie.
- Constructeur Guillaix, à Saint-Chamond.
- Les bioglyphes.
- L’inventeur désigne sous ce nom un très commode petit stéréoscope de poche, mesurant moins de 10 cm de large sur 4 cm de profondeur, accompagné de vues stéréoscopiques de petit format, tirées sur pellicules, et ingénieusement groupées,
- Fig. 4. — Un faiioul économiseur : à gauche, vue d’ensemble; au milieu et vues en dessous el en dessus; couvercle enlevé.
- Fig. 5. — Les bioglyphes.
- sur une même bande contenant 10 photographies, c’est-à-dire 5 vues stéréoscopiques. La bande est maintenue rigide grâce à une légère monture métallique. La boîte, qui sert d’écrin au stéréoscope de poche, tient elle-même aisément dans la poche, cependant elle contient 10 bandes de vues; ainsi sous un petit volume, on peut faire tenir 50 vues stéréoscopiques ; inutile de dire que l’on peut ainsi constituer, sous une forme réduite au minimum d’encombrement, des collections fort intéressantes de vues agréables ou instructives. On sait quel charme confère à la photographie l’illusion du relief donnée par le stéréoscope; tous ces avantages sont réunis dans les bioglyphes, qui feront la joie et l’instruction des petits, tout en intéressant vivement leurs parents ou leurs aînés.
- En vente chez Mollier, 97, avenue de Versailles, Paris.
- Le balai métallique Gra-Ca.
- Quand un parquet a besoin d’un nettoyage complet, généralement on commence par le décaper à la paille de fer. C’est là un travail physiquement assez pénible et qui exige, faute d’un outil convenable, une dépense de force disproportionnée avec le résultat à obtenir.
- L’outil adapté à cette opération ménagère existe aujourd’hui; il a fait son apparition au dernier concours Lépine; il figurait au Salon des Arts Ménagers.
- C’est un rouleau garni de pointes de fil métallique; d’une longueur convenablement calculée, le rouleau tourne librement dans une monture qui se fixe à l’extrémité d’un long manche.
- L’outil ainsi monté, on le manie un peu à la façon d’un balai, en ayant soin toutefois de faire'tourner le rouleau toujours dans le même sens.
- Le travail s’exécute commodément, en peu de temps, et sans fatigue, le corps reste droit, les bras seuls travaillent, modérément du reste.
- Le Gra-Ca, tel est le nom donné à cet instrument, est en vente chez M. Schinnert,
- 35, rue du Petit-Paris (Villa Lucette-André), Fontenay-sous-Bois et dans tous les grands magasins.
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- Fig. 3. — Coupe du récipient économiseur.
- Fig. 6. — Le balai métallique « Gra-ca ».
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos du monde des serpents (n° 2879).
- Mme S. Lafay nous communique l’observation suivante, recueillie dans la revue Progreso :
- « Sur un vieux peuplier de la forêt de Fontainebleau, on a trouvé, morte, enchevêtrée parmi des touffes de gui, une couleuvre d’Escu-lape, qui mesurait 1 m 58 (robe vert olive, plus foncée sur le dos, plus jaune au ventre; écailles abdominales se terminant en petites carènes obtuses). La mort était récente, et n’était pas due à une
- attaque d’un ennemi, le corps étant sans blessure et à peine déformé comme par l’enflure d’une hernie. Se peut-il que le reptile, au cours d’une excursion nocturne, croyant entrer dans un nid d’oiseau, se soit enchevêtré dans les pousses de gui, et se soit noué comme un nœud de cravate qu’il ne sut défaire ? L’élasticité des pousses de gui, d’une part, et d’autre part, la carène des écailles auraient empêché son déroulement. Semblable cas a-t-il, déjà, été constaté ? »
- QUESTIONS ET REPONSES
- Essai d'un poste récepteur superhétérodyne.
- La sélectivité obtenue avec l’emploi d’un cadre est, en général, trèssupérieure, surtout lorsqu’on utilise un poste à changement de fréquence, à celle qu’on obtient avec une antenne. Le cadre est un accessoire simple, dont l’examen et la vérification sont faciles. Nous ne pensons donc pas qu’il soit détérioré. Il peut simplement quelquefois se produire un mauvais contact dans le commutateur inverseur qui sert à changer la fraction des enroulements mis en circuit suivant la gamme des longueurs d’onde à recevoir.
- La vérification du bon état de cet inverseur est également très facile. Il suffit de monter en circuit avec les bornes du cadre une petite pile de quelque 4 volts et un voltmètre. Si l’aiguille du voltmètre dévie normalement pour toutes les positions du commutateur, c’est que le contact est bon. Si l’on constate une anomalie pour une position déterminée, on effectuera le petit resserrage nécessaire.
- Une rupture du fil en un endroit quelconque de l’enroulement est beaucoup plus rare. Si l’on constate cependant que le courant de la petite pile-témoin ne traverse pas le bobinage, que l’inverseur est normal, on peut craindre ce genre de panne. Une simple inspection suffit généralement pouf déterminer le point dans l’enroulement où s’est produite cette rupture, à laquelle on peut remédier par une simple connexion ou par une soudure.
- Réponse à M. D. à Limoges (Haute-Vienne).
- L'enregistrement phonographique d'amateur.
- Nous avons donné des détails sur l’enregistrement phonographique d’amateur dans nos chroniques de radiophonie, et vous trouverez des renseignements complémentaires sur l’enregistrement radiophonique dans un article prochain de la revue. Vous pouvez également trouver des renseignements plus complets dans l’ouvrage : Les à côtés de la T. S. F. en préparation chez Chiron, 40, rue de Seine, Paris.
- Comme vous avez pu le voir à ce moment, il existe deux catégories de disques pouvant donner des résultats pratiques, les disques en aluminium et les disques en gélatine, et il est assez facile de modifier un phonographe à reproduction électrique pour l’enregistrement de ces disques. On peut employer également les étages basse fréquence d’un poste de T. S. F. pour actionner le graveur électromécanique, constitué souvent par un pick-up électromagnétique de type ordinaire.
- Vous pouvez trouver des disques et des accessoires pour l’enregistrement aux adresses suivantes :
- Établissements Laporte, 13, rue Félix-Faure, Paris.
- Établissements Galliavox, 37, avenue Victor-Hugo, Paris.
- Établissements Electroacoustique, 36, avenue Hoche, Paris.
- L’amplificateur, s’il est séparé, peut être alimenté à l’aide de batteries d’accumulateurs, à l’aide de courant redressé, ou même par le courant alternatif d’un secteur. Dans ce cas, la première lampe d’entrée est toujours à chauffage indirect.
- Réponse à M. C. B. à Tunis.
- Cours de radiotechnique.
- Vous pouvez trouver des cours imprimés de radioélectricité à la Librairie Chiron, 40, rue de Seine, Paris ou à la Librairie de l’Enseignement technique, 1, rue Thénard, Paris. Nous ne croyons pas d’ail-, leurs qu’il existe encore de cours de dépannage et réparations.
- Il existe dijà plusieurs écoles pratiques de radioélectricité, mais no ne savons pas s’il y a des cours par correspondance. Vous pourriez vous adresser, par exemple, à ce sujet, à l’École des Travaux publics, 3, rue Thénard, Paris et à l’École pratique de radioélectricité, 57, rue de Vanves, Paris.
- Réponse à M. Luzuiy, à Bienne (Suisse).
- Pour faire une bonne encre à stylos.
- On peut obtenir économiquement une très bonne encre à stylos en
- opérant de la façon suivante :
- Prendre :
- Bleu de Méthylène pur ..................... 5 grammes
- Alun pulvérisé............................ iq _
- Eau distillée.............................500 _
- Alcool à 95°.............................. 30 Cm3
- Délayer le bleu pulvérisé dans l’alcool de façon à avoir une sorte de bouillie que l’on agite pendant quelques minutes, ajouter ensuite peu à peu, en secouant le récipient contenant le liquide, environ la moitié de l’eau indiquée. Après dissolution complète, introduire l’autre moitié de l’eau dans laquelle on a fait dissoudre l’alun.
- Une fois le mélange parfaitement homogène, lui donner de la consistance par :
- Glycérine............................ 25 grammes
- Filtrer enfin au papier de façon à avoir une solution d’une limpidité parfaite, sans quoi on s’exposerait à des obstructions du canal d’alimentation de la plume.
- N. B. — Le bleu de Méthylène peut être remplacé par toute autre couleur basique telle que le Violet de Paris, le Vert émeraude, le Jaune de quinoléine, la Rhodamine, la Vésuvine, etc., que l’on trouve chez tous les marchands de produits chimiques : Pointet et Girard, 30, rue ^des Francs-Bourgeois ; Neveu, 16, rue Monsieur-le-Prince, etc.
- Réponse à M. Chastenet à La Rochelle.
- Comment sont constitués les bains de cobaltage.
- D’après l’étude très complète faite par H. T. Kalmus en collaboration avec Harper et Savell, les deux meilleures formules de bains de cobal-tage sont les suivantes :
- A.. Sulfate double de cobalt et d ammonium anhydre i 145 grammes*
- Eau pure........................1000 cm3
- La solution a une densité voisine de. . . 1,053 à 150° C.
- B. Sulfate de cobalt anhydre........315 grammes
- Chlorure de sodium ......... 20 _
- Éau ........................... 1000 cm3
- Ajouter ensuite de l’acide borique de façon à obtenir la presque saturation.
- Densité du bain environ 1,250 à 15° C.
- La densité du courant doit être de 10 à 12 ampères par décimètre carré sous 6 volts environ, la rapidité de dépôt est très grande et de l’ordre de une à trois minutes, la couche obtenue est très résistante et dépourvue de rugosités.
- P. S. — Ouvrage à consulter : Les Dépôts métalliques par Gasnier, éditeur Baillière, 19, rue Hautefeuille.
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- = 528 ...........-TT—......... .....=
- 2° Le Vernis suivant transparent et incolore, vous donnera très probablement satisfaction pour la protection des surfaces :
- Celluloïd non chargé...................... 15 grammes
- A.cétone..................................100 —
- Acétate d’amyle. .........................100 —
- Benzine...................................100 —
- Ether acétylacétique....................... 20 —
- Réponse à M. C. L. à Constantine.
- De tout un peu.
- 1VI. Chasseriaux, à Avignon. — 1° Vous trouverez tous renseignements sur la fabrication des peintures cellulosiques dans les articles très complets de M. Renestat parus en octobre et novembre 1928, nos 442 e4 443 (je ja Revue de Chimie industrielle.
- 2° La Maison Chanony, 27, boulevard Maleslierbes, vous fournira le matériel nécessaire pour la peinture au pistolet.
- 3° Nous ne possédons pas d’autres données numériques sur l’appareil autogyre.
- JVI. M., à Vesoul. -— Vous avez observé soit un halo, soit une couronne lunaire. Les halos sont produits par la réfraction des rayons lunaires dans les cristaux de glace en suspension dans l’atmosphère supérieure. Les couronnes prennent naissance à une altitude moins élevée et ont pour cause la diffraction de la lumière dans les vésicules d’eau constituant les nuages.
- Votre observation ne nous permet pas, malgré ses détails, de déduire ie diamètre apparent du cercle d’ombre que vous avez observé. Nous pensons que l’astre brillant qui paraissait en haut, à gauche, était Jupiter. Et la constellation de trois étoiles au bas, à droite pouvait être formé par les Trois Rois d’Orion.
- Les halos lunaires (et solaires) sont des phénomènes très fréquents, surtout le halo circulaire de 22° de rayon, sans doute celui que vous avez observé. Vous consulterez avec fruit, pour l’étude de ces phénomènes, une intéressante brochure publiée par la Société astronomique de France : Les différentes formes de halos et leur observation par Louis Besson, chef du service météorologique de la Ville de Paris. Écrire à M. E. Leroy, trésorier de la Société astronomique de France, 28, rue Serpente, Paris (6e). Prix,: 5 fr. 50 franco.
- M. Dardenne à Juniville (Ardennes). — L’aptitude des bois au développement des vrillettes dépend surtout des qualités nourricières de la sève qu’ils contiennent; il est fort probable que vous serez exposé aux mêmes déboires avec la ronce de noyer qu’avec le noyer courant.
- M. Bachelet à Vaux-Vraucourt. — Nous pensons que le pulvérisateur à dos de Vermorel, employé pour le traitement des vignes, vous donnera satisfaction pour l’opération que vous avez en vue, il vous suffira seulement de signaler l’usage particulier auquel il est destiné pour que l’on vous fournisse l’ajutage qui conviendrait à un bon fonctionnement.
- N. B. — Vous trouverez cet appareil qui est d’usage courant chez tous les dépositaires de matériel agricole de grande ville.
- M. Blanc à Limoges. — 1° On peut effectivement « raviver » la surface intérieure d’un puits pour la dégager du colmatage qui se produit au bout d’un certain temps par le développement des algues en y versant une certaine quantité d’acide chlorhydrique, lequel attaque le calcaire avec dégagement de bulles d’acide carbonique qui soulèvent l’encrassement et dégagent ainsi les pertuis d’arrivée des sources; mais ce procédé a l’inconvénient de charger l’eau de chlorure de calcium, ce qui peut ne pas être sans inconvénient pour la consommation.
- 2° Les huiles minérales sont constituées par des hydrocarbures insaponifiables, on ne peut donc envisager leur transformation en savons.
- 3° Les indicateurs d'élévation de température des paliers de machines utilisent la propriété de certains sels, en particulier des iodures doubles métalliques, de changer de couleur à une température déterminée.
- On peut employer, soit l’iodure double de mercure et de cuivre qui est vermillon vif et devient rouge-brun à 60°-70°C, soit l’iodure double de mercure et d’argent jaune citron pâle, qui passe au carmin vif à 90°-100°C.
- Pour l’emploi, ces sels sont d’abord lavés pour les purifier, puis séchés et mélangés à un vernis incolore résistant, bien entendu, à la température maxima possible, on applique l’enduit sur la partie
- du palier à surveiller, puis en recouvre finalement d’un vernis à l’épreuve de l’huile pour machines.
- N. B. — Vous pourrez trouver des feuillets de ce genre tout préparés qu’il suffit de coller sur les coussinets, a aux Forges de Vulcain » 2, rue Saint-Denis, à Paris.
- 4° L'alliage fusible de Darcel se compose de :
- Bismuth 500 grammes
- Plomb 250 »
- Etain 250 »
- Son point de fusion est de 95°,75.
- M. Klein à Amiens. — Nous avons répondu à votre question dans le n° 2867, page 384 et vous prions de vous y reporter.
- M. Pélican à Cotonou (Dahomey). — 1° Ainsi que nous vous l’avons indiqué dans le n° 2802, page 143 (T. P., à Porto-Novo), le phénomène de la barre se produit à l’embouchure de certains fleuves par la résistance qu’ils opposent à l’arrivée du flot, c’est-à-dire à la marée montante.
- 2° Pour empêcher le développement de la rouille sur les objets en fer dans le voisinage de la mer, le seul moyen réellement efficace est de les recouvrir de temps à autre d’une légère couche de vaseline.
- 3° Vous éviterez facilement la moisissure des cuirs en appliquant à leur surface au moyen d’un pinceau un peu d’essence de térébenthine.
- 4° Les taches brunes produites par les sucs de plantes sont dues à l’oxydation à l’air des tanins qu’elles contiennent, on peut en général les faire disparaître dans un bain alcalin légèrement réducteur constitué par une solution aqueuse tiède contenant environ 5 pour 100 de carbonate de soude (cristaux du commerce) et même quantité de sulfite de soude.
- 5° Les taches de graisse sur le papier s’enlèvent au moyen des dissolvants habituels des corps gras : benzine, essence pour autos, en ayant soin de placer en dessous une feuille de papier buvard que l’on changera après chaque addition.
- 6° Pour l’entretien des disques de phonographes, se contenter de les épousseter souvent pendant la mise en marche avec un pinceau de blaireau large et souple.
- M. Perroy à Saint-Saturnin. — A notre avis, le moyen le plus pratique d’enrayer les,dégâts causés par les vrillettes dans votre plancher en sapin est d’appliquer à la surface de celui-ci, de façon à bien l’imprégner, une solution de zincate de soude que vous préparerez de la façon suivante :
- 1° Prendre la solution de chlorure de zinc du commerce qui est à 45° Baumé et l’étendre d'eau de façon à l’amener à 33° B. seulement.
- 2° D’autre part, diluer la lessive de soude du commerce qui est à 36° Baumé (Potassium des peintres) avec une quantité d’eau suffisante pour qu’elle ne marque plus que 22° Baumé.
- Mélanger ensuite un litre de la première solution (chlorure de zinc étendu) avec quatre litres de la lessive de soude diluée, ce qui donnera le zincate de soude propre à l’emploi.
- N. B. — Vous pourrez vous procurer l’aréomètre Baumé ainsi qu’une éprouvette en verre, pour effectuer ces dilutions, au prix de quelques francs chez un droguiste.
- Dr R. à Sidi-Bel-Abbès. — Les taches d'encre rouge sur votre vêtement gris disparaîtront sans difficulté, par intervention de quelques gouttes d’eau javellisée, à la condition que la teinture du fil noir soit solide. Il sera donc indispensable de vous en assurer en traitant préalablement de cette façon une partie cachée, par exemple l’intérieur d’un ourlet.
- Si la teinture ne résistait pas, se contenter de traitements répétés avec des tampons imbibés d’alcool à brûler, changés chaque fois, de façon à dissoudre la matière colorante et à l’absorber.
- M. de Loture à Versailles. — 1° A notre avis, la coloration brune du ballast que vous nous signalez est due à la nature ferrugineuse du gisement d’où proviennent les pierres et non à un effet de la traction électrique.
- 2° Ainsi que nous l’avons signalé à plusieurs reprises, les produits employés pour le nettoyage des carrosseries d’automobiles ne sont le plus souvent qu’un mélange d’huile de pétrole et de vaseline, coloré par un peu de jaune au stéarate.
- M. Clerc à Draguignan. — Le crayon pour écrire sur verre d’une façon indélébile est simplement un crayon à pointe de diamant d’usage courant; vous pourrez vous procurer cet article chez tous les fournisseurs de laboratoire, par exemple Neveu, 16, rue Monsieur-le-Prince à Paris; Poulenc, 122, boulevard Saint-Germain, etc.
- Le Gérant : G. Masson.
- 2559. — Paris, lmp. Lahure.
- 1-6-1932.
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- N" 2883
- LA NATURE
- 15 Juin 1932*
- = LE CENTENAIRE DE GEORGES CUVIER =
- I
- Il est des hommes dont le mérite dépasse la mesure .habituelle, soit par la somme du travail accompli, soit .par la qualité des résultats obtenus, soit par les deux rassemblés O). Ce dernier cas fut celui de Georges Cuvier. Le souvenir laissé par lui, depuis sa mort déjà vieille d’un siècle, est celle d’un éminent zoologiste, dont les travaux ont principalement porté sur l’anatomie, la paléontologie, l’ichtyologie; et, de fait, l’œuvre qui en est sortie garde toujours, dans la science, l’importance considérable qu’elle possédait dès son début. Mais elle n’est pas la seule. Cuvier fut, par surcroît, un haut fonctionnaire administratif. Admis de bonne heure à faire partie du Conseil d’État, il y a suivi une carrière complète, montant progressivement jusqu’au titre suprême de Président, et remplissant tous les devoirs de cette fonction, à côté et en supplément de ceux du professorat au Muséum et au Collège de France, du secrétariat perpétuel de l’Académie des Sciences, enfin, et surtout car ils lui tenaient à cœur plus que tous les autres, de ceux de ses mémorables recherches sur l’organisation des animaux.
- Cuvier a mené de front deux carrières. Aussi scrupuleux, dans l’une comme dans l’autre, de les conduire avec le plus grand soin, il obéissait, ce faisant, aux exigences de son tempérament laborieux et actif. On s’est souvent demandé comment il pouvait satisfaire à tant d’occupations variées. Il y est parvenu par l’ordre, par la régularité, marques de son caractère, et aussi par la simplicité comme par la modestie dé sa vie. Aujourd’hui, le souvenir du Conseiller d’État s’est effacé, ne laissant subsister devant la postérité que celui du génial naturaliste. Mais il était utile de les rappeler tous les deux, afin de montrer combien fut grande une existence aussi travailleuse et aussi dignement remplie.
- .1. Voir, pour notions plus complètes, mon volume intitulé : Cuvier el la science de la nature (Paris, E. Flammarion, 1926).
- Cuvier naquit à Montbéliard, en Franche-Comté, le 23 août 1769, dans la rue « Sur-l’eau », qui porte aujourd’hui son nom, et qui garde toujours sa maison natale, signalée par une plaque commémorative. Ses prénoms véritables étaient Jean-Léopold-Nicolas-Frédéric. Celui de Georges, qu’il a toujours porté, et sous lequel il continue à être connu, ne lui appartenait pas, ayant été celui de son père, et d’un frère aîné mort prématurément. Sa famille le lui avait donné à titre de rappel affectueux.
- Il était fils de bonne bourgeoisie du culte réfermé. Ses ascendants, depuis près de trois siècles, avaient habité le pays de Montbéliard, et l’avaient peuplé d’artisans, de cultivateurs, de pasteurs. Il était donc Franc-Comtois de race, et l’a prouvé par sa carrière. Comme chez ses compatriotes, « montagnards fiers et gaillards », ainsi qu’ils disent d’eux-mêmes, ses qualités de travail et d’esprit se dressaient sur des sentiments d’invincible ténacité. Courageux comme eux, ne supportant point aisément la contrainte ni les contradictions, il a suivi son chemin, ne s’inspirant que de lui-même, et puisant dans son propre fonds plutôt que dans celui d’autrui.
- Le pays de Montbéliard, quand Cuvier naquit, était placé sous la suzeraineté d’une maison princière allemande, celle des ducs de Wurtemberg, et ne s’en affranchit, en redevenant Français, qu’à la Révolution. La domination qu’il subissait était presque nominale, car le pays conservait son droit de franchise et ses vieilles coutumes. Cuvier, dans son enfance, n’apprit que le français. Toutefois il fut élève, pendant quatre années, de 1784 à 1788, de l’Académie Caroline de Stuttgart, vaste établissement d’enseignement supérieur technique; et c’est là, avec plusieurs camarades, qu’il prit goût, pour la première fois, à l’histoire naturelle, en herborisant, en chassant les insectes, en disséquant.
- Revenu ensuite à Montbéliard, il accepta le poste de précepteur des enfants du comte d’Héricy, qui allait s’installer en Normandie, au bourg de Yalmont, non loin de Fécamp. Là, Cuvier, poussé par sa passion labo-
- ' Fig. 1. — Georges Cuvier vers la quarantaine, sous le Premier Empire. (Gravure d’Ambroise Tardieu.)
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- rieuse et par son sens naissant de naturaliste, s’avisa, en sus de ses occupations, d’étudier les plantes et les insectes qu’il recueillait. Les circonstances aidant, il ne tarda point à élargir ses visées. On apportait au château, pour la cuisine, des poissons, des crabes, des coquillages. Lui-même, en ramassait sur la grève. Il voulut continuer sur ces êtres, nouveaux pour lui, ses recherches de détermination et de dissection. A son grand étonnement, il trouva chez ces animaux,, encore inconnus ou peu connus, une organisation compliquée. Ceci décida de sa vocation, et lui ouvrit l’accès de l’anatomie. Habile à dessiner, habitué à noter avec soin, il figura et décrivit avec ponctualité, pour lui-même, ce que sa facilité de
- Fig. 2. — Georges Cuvier, vers la soixantaine, avec sa signature.
- dissection et son zèle de naturaliste venaient de lui révéler. Il en fit un Journal, qu’il ne cessa d’augmenter, malgré son isolement.
- Ceci dura jusqu’en 1794. Il atteignait alors vingt-cinq ans. Le bourg de Valmont avait établi au début de la Révolution, comme partout en France, un club destiné à recevoir les nouvelles, gérer les affaires communes, discuter les événements. Cuvier en était le secrétaire. Mais cette assemblée, quand elle eut fait le tour des controverses locales, se changea peu à peu en un cercle agricole. L’agronome Tessier, ayant fui Paris pendant la Terreur, et s’étant réfugié à Fécamp, vint assister à plusieurs de ses séances. Il y rencontre Cuvier, cause avec lui, est
- émerveillé de sa science, en écrit à ses amis de Paris, Parmentier, Jussieu, Daubenton, Geoffroy-Saint-IJilaire. A cette époque, des chaires se créaient, le Muséum se renouvelait. On offrit à Cuvier une place, qu’il accepta, et il partit pour Paris au printemps de 1795. On l’avait chargé de l’enseignement de l’histoire naturelle à l’École centrale du Panthéon. Quelques mois plus tard, on lui confia aussi, par intérim, le cours d’anatomie des animaux au Muséum. Et, dès cette , même année 1795, l’ancien secrétaire de club villageois, l’ancien travailleur solitaire, monta en public dans la chaire qu’il allait illustrer, et qu’il devait occuper jusqu’à la fin de ses jours.
- Il n’avait pas encore vingt-sept ans lorsqu’il réalisa ainsi le rêve que ses aspirations les plus ardentes d’autrefois n’eussent osé évoquer. Jadis délaissé, provincial inconnu, il venait, d’emblée, d’acquérir à Paris, la plus haute notoriété. Une rencontre inopinée, qui eût pu ne pas se produire, avait suffi, tellement sa personnalité était déjà marquante, pour aboutir à un tel résultat.
- La suite confirma le début. La mort de Daubenton, en 1800, lui donna le cours d’Histoire naturelle générale au Collège de France. Un peu plus tard, en 1802, la disparition de Mertrud, qu’il suppléait, lui fit attribuer au Muséum, à titre définitif, la chaire de l’anatomie des animaux, qui prit pour lui, selon son désir, le nom de chaire d’anatomie comparée. Entre temps, l’Institut ayant été rétabli en 1796, Cuvier appartint d’emblée à la section de zoologie de l’Académie des Sciences. Quatre ans plus tard, en 1800, il fut appelé à occuper le fauteuil du secrétaire, et trois ans après, lorsque les fonctions de secrétaire perpétuel furent instituées, l’Académie le désigna pour l’une d’elles, celle des sciences physiques. Il devait la conserver, comme ses chaires, pendant près de trente ans.
- C’est ainsi que l’humble précepteur d’autrefois, mais travailleur zélé et fcerveau puissant, devint le baron Cuvier, pair de France, grand officier de la Légion d’honneur, président au Conseil d’État, professeur au Muséum d’Histoire naturelle et au Collège de France, membre de l’Académie Française, secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences, correspondant des grands corps savants du monde entier. Universellement connu, estimé, honoré, il était parvenu de bonne heure au plus haut degré de cette considération déférente que les hommes accordent si rarement, et qui, de consentement unanime, lui fut pourtant réservée. Ses réceptions du samedi, dans son modeste appartement du Muséum, étaient fréquentées par tout ce que Paris comptait de plus éminent.
- II
- La carrière savante de Cuvier s’est étendue sur une quarantaine d’années environ, depuis ses premiers travaux solitaires pendant la Révolution, jusqu’à la date de sa mort. Aucune journée de cette longue période n’a été perdue, et son labeur persévérant de zoologiste s’est toujours montré, du début à la fin, aussi ponctuel, aussi zélé.
- Si l’homme a disparu, son œuvre, et l’esprit d’observation réaliste qui l’a inspirée, continuent à subsister. Après un siècle, ses publications principales, le Règne
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- animal, les Leçons d’Anatomie comparée, les Recherches sur les ossements fossiles, précédées du Discours sur les révolutions du globe, Y Histoire des Poissons, V Histoire des Sciences, restent toujours ouvertes dans les laboratoires d’histoire naturelle du monde entier, dans les bibliothèques érudites, et ne cessent d’être consultées. Sa fortune savante a été inouïe. Il a donné un corps à des sciences, qui, avant lui, ne possédaient pas encore leur pleine cohésion. L’anatomie comparée, l’anatomie descriptive, la paléontologie, ont acquis, grâce à lui, des règles et une méthode qui leur avaient manqué. Ses nombreux mémoires de zoologiste technicien, comme ses ouvrages
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- au total 6200 figures. Beaucoup de ces dernières, devenues classiques, se retrouvent dans la plupart des traités actuels.
- Cuvier, dès l’année 1798, avait entrepris des recherches sur les ossements fossiles, notamment sur ceux que l’on extrayait des carrières à gypse de Montmartre. D’abord publiées séparément, ces études ne tardèrent point à être groupées en volumes, qui ont eu plusieurs éditions. La plus complète, qui est la troisième, a paru en 1825. Comprenant sept tomes, elle a pour titre : « Recherches sur les ossements fossiles, où l’on rétablit les caractères de plusieurs animaux dont les révolutions du globe ont
- Fig. 3. — La maison natale de Cuvier, à Montbéliard.
- Fig. 4. — La maison de Cuvier au Muséum national d'Histoire naturelle de Paris.
- généraux, donnent à la fois le modèle et l’exemple de la conduite à tenir.
- Les Leçons d1 Anatomie comparée reproduisent l’enseignement qu’il fit au Muséum dès sa nomination. Ces cours, recueillis par deux de ses élèves préférés, Constant Duméril et Georges Duvernoy, revus ensuite par le professeur, ont été publiés en cinq volumes dans l’édition initiale, parue de 1800 à 1805.
- Le Règne animal, de venue plus tardive, en 1817, marque en zoologie, une date. Destiné, comme l’indique son titre, à servir de base à l’histoire naturelle des animaux et d’introduction à l’anatomie comparée, accompagné au début de quinze planches de figures, il constitue un véritable traité de zoologie descriptive. Plus tard, et dix ans après la mort de Cuvier, parut une Iconographie de ce traité, inspirée par lui, commencée même de son vivant, et composée de 450 planches contenant
- détruit les espèces ». Elle s’ouvre par un Avertissement, où Cuvier exprime sa pensée maîtresse. « Tout s’accorde chaque jour davantage, écrit-il, pour démontrer la vérité d’une grande catastrophe qui a changé la face des continents, détruit les races vivantes, transporté à de grandes distances les faibles restes de celles qu’elle a épargnées, et pour nous faire suivre les traces de plusieurs catastrophes qui avaient précédé celte~f»
- Cet Avertissement est suivi par le célèbre et classique Discours sur les révolutions du globe. Cuvier y expose avec netteté, son sentiment. Partisan convaincu de la fixité des espèces, hostile aux idées évolutives que Lacépède, Lamarck, Etienne Geoffroy Saint-Hilaire, cherchaient à préconiser, il ne discernait, dans la succession des êtres au cours des âges, que révolutions destructives suivies de nouvelles créations. Il opposait ces notions de changements brusques à celles des transformations
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- progressives et ménagées. Et, de nos jours, la science, sans accepter entièrement des vues aussi catégoriques, paraît pourtant revenir vers elles en partie.
- L'Histoire naturelle des Poissons est une œuvre d’autre sorte, consacrée à l’ichtyologie descriptive et générale. Préparée de longue date, écrite avec la collaboration de son élève Valenciennes, elle comprend vingt-deux volumes, dont le premier parut en 1828. Cuvier mourut après la publication du huitième tome. Valenciennes continua selon le programme arrêté d’avance, et l’acheva en 1849. Les deux auteurs ont décrit près de 5000 espèces différentes, dont beaucoup éta ient encore inconnues, alors que leurs devanciers immédiats, Bloch et La-cépède, dans des ouvrages similaires, en avaient à peine mentionné le tiers ou le quart, et que leurs prédécesseurs plus anciens, Linné, Artedi,
- Rondelet, s’étaient arrêtés à quelques centaines.
- Cuvier fut, à la fois, un chercheur et un érudit. En sus de ses travaux de laboratoire, de leur rédaction, de leur publication, et de ses charges administratives, il s’attachait à suivre de très près le mouvement scientifique de son temps. Il a rédigé, sur ses contemporains, au fur et à mesure de leur disparition, des Eloges académiques, dont le nombre monte à une cinquantaine. Il y expose leurs découvertes, et discute leurs opinions. Le dernier en date est celui qui, consacré à Lamarck, s’attache à contrebattre les idées évolutionnistes. Il a publié en outre, dans l’année 1810, un Rapport historique sur les progrès des sciences naturelles depuis 1789, et sur leur état actuel. Il l’a complété plus tard, en 1816, avec des Réflexions sur la marche actuelle des sciences, et en 1824, avec un dernier Rapport sur l’état de l’Histoire naturelle. Enfin, devenu historien scientifique après tous ces préliminaires, et désormais capable
- d’ajouter un nouveau fleuron à ceux qu’il portait déjà, il a terminé sa carrière par des leçons sur l’Histoire des sciences naturelles, qui ne furent publiées qu’après sa mort. C’est en faisant l’une de ces leçons qu’il éprouva les premiers symptômes du mal qui allait l’emporter.
- Sa fin fut rapide. Elle eut lieu au plus fort de l’épidémie de choléra qui décima Paris en 1832. Les manifestations ambiguës de sa maladie empêchent de préciser la cause réelle de sa mort, attribuée par les uns au choléra lui-même, par d’autres à une myélite ascendante aiguë (maladie de Landry). Le début se manifesta le 7 mai, et fut assez anodin pour ne point empêcher Cuvier de faire le
- 8 mai son dernier cours, ni de siéger le 9 au Conseil d’État. Mais, le 10 mai, la paralysie s’installa dans le bras droit, gagna les voies digestives supérieures au point d’interdire toute alimentation, et descendit ensuite dans les membres inférieurs. Le malade gardait cependant son intelligence entière. Puis, dans la nuit du 12 au 13, l’état devint alarmant, et, finalement, dans la soirée du dimanche 13 mai 1832, à dix heures moins le quart, Cuvier expira, assis dans un fauteuil où on l’avait placé pour lui permettre de respirer plus aisément.
- Il n’avait pas encore achevé sa soixante-deuxième année. On lui célébra, le 15 mai, des obsèques pompeuses, qui prirent un caractère triomphal. Les étudiants et les élèves des grandes écoles, dans le trajet, firent arrêter le char mortuaire, pour en retirer le cercueil, et le porter sur leurs épaules comme sur un pavois, en hommage de la jeunesse studieuse au grand savant qui venait de mourir. On l’inhuma au cimetière du Père-Lachaise, dans son caveau de famille ; et la pierre tombale s’abattit sùr sa dépouille, recouvrant à jamais cette haute intelligence et cette inlassable activité. Dr Louis Roule.
- Professeur au Muséum.
- Fig. 5. — Buste de Cuvier, par David.
- LA SYNTHESE DU CAOUTCHOUC
- . Le caoutchouc naturel, ou plus exactement le caoutchouc dit de plantation (puisqu’on ne rencontre presque plus que celui-là) est à un prix invraisemblable de bon marché (il a coté en mars 2 fr. 53 le kg, alors qu’en 1914 il était à 8 francs or) il semble donc illogique, au premier abord, de songer aujourd’hui à la synthèse du caoutchouc. La question reste cependant
- à l’ordre du jour : elle a fait l’objet déjà d’innombrables travaux.
- Tout récemment une des plus grandes usines chimiques du monde, Du Pont de Nemours, n’annonçait-elle pas la création synthétique d’une substance apte à supplanter le caoutchouc naturel ?
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- Le problème scientifique de la synthèse du caoutchouc est résolu, et depuis longtemps déjà. De nombreux brevets pris, avant et surtout aux environs de 1910, ont apporté plusieurs solutions qui ont été éprouvées au laboratoire et sur une échelle semi-industrielle (voir La Nature, n° 2055, 12 octobre 1912). Au point de vue industriel, la grande guerre a vu la réalisation allemande, par les usines Bayer à Leverkusen-am-Rhein, d’un produit se rapprochant du véritable caoutchouc sans, du reste, lui être strictement identique.
- HISTORIQUE DU CAOUTCHOUC SYNTHÉTIQUE
- La synthèse du caoutchouc repose sur la connaissance de la formule exacte du caoutchouc. Faraday en 1826 fut le premier à lui attribuer la composition C10 II16. La formule fut mise en doute, vu les grandes différences existant entre les divers caoutchoucs naturels, et aussi à cause de l’extrême difficulté d’établir le poids moléculaire du caoutchouc. A l’heure actuelle, on ne peut affirmer catégoriquement que ce poids moléculaire soit connu.
- Des formules successives furent donc attribuées au caoutchouc dont les principales et les plus logiques furent celles de Harriès, Kirchof, et Pickles. Enfin tout dernièrement, l’application des rayons X à l’étude du caoutchouc étiré a permis de préciser nos connaissances.
- Toutes les formules proposées aujourd’hui font du caoutchouc un polymère du carbure C5 Hg. Mais on discute encore sur le degré de polymérisation. La première étude systématique sur la composition centésimale du caoutchouc est due à Apollinaire Bouchardat (1857), suivi par Williams (1860). Ces savants opéraient par distillation destructive. Dans les produits de distillation deux produits furent trouvés (tous deux liquides), l’un bouillant à 37° C et qui fut appelé isoprène (Cs H8), l’autre bouillant à 170-173° et de formule (C5H„)2. Un troisième liquide fut trouvé, mais en moindre'quantité (bouillant au-dessus de 300°).
- Williams constata que l’isoprène, à la longue, devenait visqueux, et que sous l’influence de l’ozonè il se transformait peu à peu en masse opaque, non collante, qui à l’air chaud devenait graduellement transparente. En la brûlant, on retrouvait l’odeur du caoutchouc naturel brûlé. Williams s’en tint là, Gustave Bouchardat (fils d’Apollinairè) reprit les travaux de son pèrë.
- Chauffant l’isoprène en tubes scellés à 280/290° C en atmosphère carbonique, il vit la masse s’épaissir et devenir élastique : elle comprenait deux substances : l’une liquide de formule C10H16, le dipentène, et l’autre solide à haut point d’ébullition, le colophène. En 1879, Bouchardat obtint une; polymérisation plus rapide en présence de l’acide chlorhydrique concentré et en distillant. Le chlorure formé se décomposait et laissait un résidu solide, élastique, présentant les propriétés du caoutchouc (insoluble dans l’alcool, gonflant dans l’éther et le sulfure de carbone ou il finit par se dissoudre, etc.). Bouchardat déclara que ce produit s’identifiait avec la source même de l’isoprène, c’est-à-dire le caoutchouc. Le caoutchouc ainsi reconstitué formait le 1/6 du poids de l’isoprène utilisé.
- En 1887, Wallach polymérise l’isoprène en tubes scellés par exposition à la lumière, et trouve une masse gommeuse.
- Eu 1888 enfin, Tilden, en faisant passer des vapeurs d’essence de térébenthine à travers un tube chauffé au rouge, trouve l’isoprène parmi les produits de décomposition. Il le transforme en une masse élastique ayant apparemment toutes les propriétés du caoutchouc. Il constate que « l’artificiel » ainsi produit semble formé comme le « naturel » de deux substances dont l’une est plus soluble que l’autre dans la benzine et le sulfure de carbone (1892). Ce caoutchouc artificiel se combine au soufre comme le naturel pour donner un mélange élastique ferme.
- ...—............ ..................= 533 ==.
- La synthèse du caoutchouc par polymérisation de l’isoprène était donc effectuée.
- Formule de l’isoprène. — La composition centésimale de l’isoprène résulte des travaux de Gréville Williams et de Gustave Bouchardat, mais c’est Tilden qui lui assigna la formule développée :
- CH2 = C — CH = CHr
- I
- CH3
- sans d’ailleurs en apporter aucune preuve. Il fallut les travaux de plusieurs savants (Kondakow, Ipatiefî, Wittorf et surtout Euler en 1897) (‘) pour établir définitivement cette formule.
- L’isoprène est donc un corps non saturé, à deux doubles liaisons, par conséquent facile à polymériser. Pur, il bout à 33° 3/4, son poids moléculaire est 68.
- LA SYNTHÈSE DE L’ISOPRÈNE
- Il restait alors à faire la synthèse de l’isoprène par une méthode susceptible de devenir industrielle. En 1909, aiguillonnées par l’ascension rapide des prix du caoutchouc naturel, les recherches se.firent plus actives. On avait d’ailleurs observé que nombre d’autres carbures non saturés, isomères ou homologues de l’isoprène, pouvaient par polymérisation donner naissance à des corps possédant quelques-unes des propriétés du caoutchouc et surtout la principale au point de vue pratique : l’élasticité.
- Il s’agissait alors de choisir les carbures de départ susceptibles d’être fabriqués à bon marché et de trouver les méthodes de polymérisation.
- Les carbures possibles. — Ce sont les homologues de l’isoprène : le buladiène (ou butane-diène)
- CIi2 = CH — CH = CH2 (divinyle, ou érythène).
- Le dimélhyl butadiène (ou méthylisoprène),
- CIL — C — C = CH,
- I I
- CHS CH.
- L’isoprène : CIi2 = C — CH — CH2
- I
- ci-V
- L’a mêthylbutadiène : H — C = CH — CH = CH2
- I
- CH3
- Le myrcène :
- cil = c — cil — ch, — ch = c — ch = ch2
- CIP CH3
- Tous ces carbures sont des dioléfines. On peut en outre obtenir des. dioléfmes par craquage des carbures paraffiniques C10 H22 à C12 HSG, et des possibilités industrielles peuvent ainsi s’entrevoir au départ des pétroles (brevets Merse-ren).
- Les sources d’isoprène et de ses homologues. — La composition de ces corps oriente les recherches de matières de départ pour leur synthèse dans les produits naturels suivants : pétroles et gaz naturels; goudrons de houille et gaz de four à coke; carbure de calcium; cellulose et amidon (substances saisonnières), huiles de fusel; terpènes.
- Les terpènes sont, dans la nature, moins abondants que le
- 1. Euler reproduisit l’isoprène par synthèse au départ de la p. (beta) méthylpyrollidine qui donne un méthyliodure avec l’iodure de-méthyle. Le produit traité par la potasse donnait une base azotée qui, traitée à nouveau par l’iodure de méthyle, donnait un nouvel iodure, auquel on enlevait à. nouveau l’iode par la potasse, et la hase obtenue se décomposait en isoprène et triméthyla-mine.
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- caoutchouc; il est vrai qu’on peut les produire en pays tempérés, mais leur polymérisation ne donne que de trop faibles rendements en isoprène pour être industrialisée.
- Les huiles de.fusel proviennent de la rectification des alcools de bouche. Elles contiennent les alcools mauvais goût ou de queue (isoamyliques et amyliques, ou alcools en C.). (CH5), = CH — CH2 — CIL, OH et CH, - CIL, = CH — CIL — .CH, OH.
- Le groupe hydroxyle OH peut y être remplacé par un halogène; l’halogénure produit est transformé en isoprène. En outre si on enlève une molécule d’eau à l’alcool, on obtient une oléfine qui peut être transformée en dioléfine.
- Matthews et Strange ont précisément étudié la fabrication de l’isoprène au départ des 4 alcools isoamyliques dérivés de l’isopentane. Perkin, Matthews et Strange, en 1911, perfectionnent ce procédé. A la même date, Perkin, Weizmann et Matthews préparent aussi l’isoprène en traitant l’alcool amylique par le chlorure de zinc; l’amylène pro-CH \
- duit CH — CH = CHS perd deux atomes d’hydrogène
- dans un tube chauffé au rouge et donne l’isoprène.
- Les pétroles comme source des carbures dioléfiniques. — Les pétroles américains contiennent 1 pour 100 de pentanes isomères (le normal, l’iso, et le tétraméthyl-méthane). On peut d’ailleurs augmenter leurs proportions à la rectification et par craquage d’autres hydrocarbures de pétroles : on pourrait trouver ainsi, dans le monde annuellement un million de tonnes environ de ces pentanes, ordre de grandeur comparable à celui du caoutchouc naturel; mais également limité, et même peut être épuisable. C’est la Badische Anilin und Soda Fabrik qui en 1911 isola l’isopentane des pétroles et en tira l’iso-prène (Webel, Graul et Hanschke).
- Les goudrons. — On ne peut guère parler de synthèse organique sans songer aux goudrons et à leurs dérivés. En 1909, les usines Bayer brevetaient un procédé partant du paracrésol, qui par hydrogénation (méthode Sabatier) donne le méthylcyclohexanol. Celui-ci, oxydé par le permanganate de potasse, donne l’acide y méthyladipique (qui depuis a reçu diverses autres applications). Cet acide, sous l’action de l’ammoniaque, est converti en sel diamide. Cette dernière par méthylation donnera la méthyltétra-méthylène diamine qui, à nouveau méthylée, se transforme de tétra en hexa. Cette hexa par action de l’iodure de méthyle donnera la base, qui par chauffage donne enfin l’isoprène et la triméthylamine. Cette méthode a été appelée la synthèse allemande. Les méthodes d’hydrogénation et de méthylation sont parfaitement industrielles. Toutefois, l’installation d’une grande fabrique d’isoprène sur ce principe a rencontré de grandes difficultés et, pendant la guerre, la méthode fut abandonnée.
- Au départ du charbon. — La méthode vise les transformations de l’acétylène, qui produit par le carbure de calcium, conduit à la production industrielle d’acétone. Cette dernière est convertie par la méthode Grignard en trimé-thyléthylène, qui, dibromé, puis traité par la potasse alcoolique, donne le diméthylallène. Celui-ci, dibromé, à nouveau traité par la potasse alcoolique, donne un peu d’isoprène (Ipatieff).
- Il ne semble pas qu’il y ait à signaler jusqu’ici de réalisations industrielles dans cette voie.
- En 1914, un brevet de Bayer parle de l’action de l’amidure de sodium sur l’acétone en présence d’éther; ce qui conduit à un acétylure de soude qui, par action de l’acide acétique, donne un sel, décomposé par KO H en un (3-méthylbutinol purifiable et conduisant à l’isoprène.
- Les brevets, de Merling et Koehler sont à la source d’une synthèse (Duisberg) qui fut entreprise pendant la guerre.
- Les gaz de four à coke. — Ceux-ci contiennent de l’éthylène qui est maintenant la source d’une production industrielle d’alcool éthylique. En 1909, Matthews et Strange ont signalé une méthode possible, mais qui n’a pu être rendue industrielle jusqu’à présent.
- Les amylacés. -— Cette question a été travaillée en 1910 par un groupe anglais de chimistes, assistés de M. Fernbach, savant français spécialiste des fermentations. On forme d’abord l’alcool isoamylique (fermentation Fernbach) au départ d’un moût de pommes de terre, de grains, etc. L’alcool est chloruré, puis dichloruré (au gaz chlore). En faisant passer sur la chaux sodée le bichlorure d’isoamyle ainsi obtenu, on produit l’isoprène.
- Les modes de production du butadiène. — Le buta-diène est un gaz à la température ordinaire ; ce corps a été et est encore considéré comme le produit le plus intéressant pour la synthèse du caoutchouc.
- Anglais et Allemands ont beaucoup travaillé la question. La synthèse d’Hoffmann s’applique parfaitement au phénol (aù lieu du paracrésol), mais les Allemands s’en sont désintéressés.
- Les pétroles russes sont une source de butadiène que l’on obtient par craquage d’hydrocarbures à chaîne ouverte (Ostromissolenslcy) mais possédant une double liaison.
- Une production importante de butadiène est réalisable au départ de l’alcool éthylique en conjonction avec l’acétaldéhyde, par action de la chaleur en présence d’un catalyseur (Ostromissolenslcy). Cés deux produits sont industriels, mais en bien des pays la législation crée des entraves à l’emploi de l’alcool. Le mode de production du butadiène qui a donné le plus d’espoir est celui auquel eurent recours l’école anglaise et la Synthetic Products Ltd (fondée en 1911).
- On préparait l’alcool butylique de fermentation par la méthode*Fernbach, on le transformait en a butylène, pour l’isomériser en |3 butylène. Par chloruration on obtenait un dichloruré, qui distillé donnait du butadiène. En 1912, une exploitation industrielle fut créée à Knigs’Lynn. Cette usine fabriqua du caoutchouc de butadiène, mais elle fit surtout de l’acétone et de l’alcool butylique, le caoutchouc de butadiène restant à l’étude.
- Diméthylbutadiène. — Cet homologue de l’isoprène a servi à fabriquer réellement du caoutchouc artificiel. C’est un liquide bouillant à 68-69°. Couturier, puis Kondalcow l’ont obtenu, et c’est ce dernier qui le premier montra la possibilité d’en obtenir un corps analogue au caoutchouc (1901). Le diméthylbutadiène était obtenu au départ de la pinacone.
- CH. — C(OH) — C(OH) — CH.
- CH. CH.
- Cette formule rapprochée de celle de l’isoprène montre les analogies des deux corps. C’est à partir de la pinacone que Bayer prépara pendant la guerre le diméthylbutadiène et par suite le caoutchouc synthétique de guerre ou caoutchouc méthyle.
- LA PRODUCTION DU CAOUTCHOUC SYNTHÉTIQUE
- Si, sur le papier, il est simple d’écrire que par polymérisation des carbures de départ on arrive à des substances élastiques, il en est tout autrement dans la réalité industrielle. Gottlob a signalé la grosse difficulté de l’opération et en définitive son échec, puisque à l’heure actuelle encore, il n’existe aucune fabrication industrielle; s’il est fabriqué du caoutchouc synthétique, il ne s’agit que d’essais à plus ou moins grande échelle. Néanmoins des méthodes générales ont été élaborées, mises en œuvre et éprouvées.
- Ce sont : l’autopolymérisation (favorisée par la chaleur, la lu-
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- mière, etc.) qui donne un caoutchouc dit « normal »; la méthode à l’ozone; la méthode au sodium métal et enfin la méthode au’ sodium carbonique. Elles sont applicables à toutes les dioléfines : les dernières étant plus rapides que les premières. Nous n’entrerons pas dans leur détail.
- RÉALISATIONS INDUSTRIELLES
- En Angleterre, nous avons vu que la Synthetic Products C° Ltd construisit une usine à Kings’Lynn.
- Cette usine n’a fait industriellement que de l’alcool buty-lique et de l’acétone. Toutefois, dans un laboratoire industriel annexé à l’usine, on fabriqua 2 à 3 livres de caoutchouc de butadiène par jour, par des méthodes qui n’ont pas été divulguées. Mais le prix de revient est plus élevé que celui du produit naturel. Schotz, dans son ouvrage sur la synthèse du caoutchouc, signale qu’un échantillon préparé en 1914 est encore en bon état (1929). Mais il semble qu’on fonde plus d’espoir sur la synthèse par l’alcool et l’acétaldéhyde.
- En Allemagne, il est difficile d’être documenté. Toutefois Gottlob, qui participa à la réalisation, déclare dans sa Technologie du caoutchouc qu’il fut chargé d’étudier la question pendant la guerre à la firme de colorants Bayer, par le ministère allemand de la guerre. Les caoutchoucs d’isoprène étaient alors ceux qui donnaient les meilleurs résultats en vulcanisation. Mais ils avaient de mauvaises propriétés physiques. La synthèse Merling peut se résumer comme suit : La chaux agissant sur le charbon donne du carbure de calcium : celui-ci sous l’action de l’eau donne de l’acétylène qui par hydratation conduit à l’acétaldéhyde. Cette dernière par oxydation donne l’acide acétique, dont on fait de l’acétate de chaux. Ce produit par distillation sèche fournit de l’acétone qui sous l’influence de l’amidure de sodium donne une combinaison acétone sodium ; celle-ci, traitée par l’acétylène, donnera le méthylbutinol. Par catalyse avec le zinc en poudre, ce dernier se transforme en méthylbuténol qui sous action d’un sulfate acide donnera enfin l’isoprène. Cette synthèse compliquée fut abandonnée pour une synthèse plus simple en arrêtant les réactions à l’acétone et en transformant celle-ci en pinacone qui traitée par le sulfate acide de potasse donnera le diméthylbutadiène. Gottlob proposa la polymérisation à chaud de l’isoprène avec une solution aqueuse d’albumine, mais les qualités physiques étaient toujours médiocres et la fabrication de l’isoprène fut abandonnée pour celle plus simple du diméthylbutadiène. Celui-ci fut produit en grandes quantités et polymérisé de différentes manières pour des buts différents. La transformation de l’acétylène en acétaldélyde se faisait en présence de sels mercuriques et l’agent d’oxydation fut l’acide acétique lui-même. On fit la polymérisation du diméthylbutadiène dans de grandes cuves plates à double paroi, chauffées à 70° C et après 3 mois tout le contenu était transformé en une masse compacte, translucide, jaunâtre, analogue au caoutchouc, très adhérente aux parois. C’était le méthyl, caoutchouc W dont nous possédons un échantillon. Il fut reconnu convenable pour la fabrication du caoutchouc souple.
- La polymérisation à froid fut réalisée dans des récipients étamés à parois minces remplis au tiers. En maintenant la température pendant 3 mois à 30°, on obtint une masse blanche poreuse, qui fut appelée le méthyl caoutchouc H. Nous en possédons un échantillon, qui nous fut remis gracieusement lors d’un voyage d’études que nous fîmes cette année à Lever-kusen-Ludwigshafen. Le contenu des cylindres était entièrement rempli du méthyl caoutchouc H qui était dur, et qu’on ne pouvait dégager qu’en coupant la tôle. Il fut aussi produit du caoutchouc au sodium et au sodium carbonique qui ressemblaient au caoutchouc H, tout en étant sous forme de masse blanchâtre finement cristallisée, friable et dure.
- Le caoutchouc W était difficile à travailler et il fallait lui
- ...... . = 535 =
- incox-porer des charges. Le H restait granuleux et ne put servir qu’à faire de l’ébonite d’ailleurs très belle.
- Mais les synthétiques s’altéraient rapidement à l’air et il fallut les protéger. L’addition de bases organiques eut pour résultat de rendre leur emploi possible. La vulcanisation était en outre lente et difficile (pour le W). On ajouta de la toluidine, puis de la diméthylaniline, puis en outre de la pipéridine ou ses dérivés et on put avoir de bons vulcanisés. Les cellules pour bacs d’accus de sous-marins furent faites de caoutchouc H. On utilisa 10 t. par mois de caoutchouc W pour pneus et bandages pleins (60 pour 100 de W, 6 pour 100 de soufre, 6 pour 100 de diphénylamine + diméthylaniline) avec du blanc de zinc et du lithopone. Mais la conservation des produits fabriqués était courte, et il fallut y remédier.
- La fabrication est abandonnée aujourd’hui, tout au moins industriellement. Mais les laboratoires continuent toujours leurs recherches, tant à Leveidtusen qu’à Ludwigshafen, et des produits intéressants sont à l’étude. Les grands artisans de la réalisation de guerre ont abandonné la question. Gottlob est mort. Hoffmann est directeur de l’Institut de recherches sur le traitement des combustibles à Breslau. et ce sont d’autres chimistes qui continuent à suivre le chemin tracé par leurs grands anciens. Un accord a été conclu entre la Standard Oil de New-Jersey et 1’I. G. au sujet du synthétique. Au congrès de Pittsbourg (1928), le Dr Hoffmann fit une communication où il exposa les connaissances acquises et l’espoir de voir atteindre le but quoiqu’il ne le soit pas encore : les produits de synthèse n’ont pas encore acquis toutes les propriétés de la gomme naturelle.
- LES RECHERCHES ET RÉSULTATS RÉCENTS
- Tout récemment, le public a été avisé de la réalisation industrielle, par la Société du Pont de Nemours, de la synthèse d’un corps pouvant s’apparenter au caoutchouc et se substituer à lui dans certains cas. Il s’agit du chloroprène qui se polymérisé spontanément et totalement après 10 jours. Le chloroprène a pour formule :
- CH2 = C —• CH = CH, (chloi’e 2 butadiène 1-3)
- I
- Cl
- c’est la foi'mule de l’isoprène, après remplacement du groupe méthyle par le chlore.
- Le chloroprène est produit par l’action de l’acide chlorhydrique sur le monovinylacétylène.
- CH C — CH = CH2 -j- HCl -> chloroprène.
- Le monovinylacétylène est produit par la polymérisation catalytique de l’acétylène. Il a fallu 7 années pour mettre au point les méthodes.
- Le duprène (brevet Américain 1829502) paraît supérieur au caoutchouc naturel sous quelques aspects — du moins c’est la maison du Pont qui l’affirme. Une usine a été construite à Deepwater Point.
- Il n’est ni nécessaire, ni désirable d’ajouter du soufre pour obtenir les « vulcanisés ». On peut avoir toute une gamme de polymérisés :
- Le et qui est plastique comme le caoutchouc cru.
- Le [B qui est un polymère volatil.
- Le to qui est un polymère granulé.
- Le |j. qui est élastique, non plastique, comme le caoutchouc souple vulcanisé.
- Le a qui ressemble à la balata.
- Le duprène résiste davantage à l’eau et à l’ozone que le naturel. Très résilient, il ne se ramollit pas à la chaleur. La polymérisation peut se faire en dispersion aqueuse et on aura une sorte de latex vulcanisé comme le vultex.
- Les appréciations portées sur les propriétés de ce nouveau produit n’ont pu être ni vérifiées ni contrôlées par nous.
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- De toutes façons le produit est 4 à 5 fois plus cher que le naturel, ce qui va en limiter l’emploi très sérieusement.
- LES BREVETS RÉCENTS
- Si l’on parcourt la littérature récente des brevets, on est impressionné par leur nombre considérable.
- Les chercheurs ne semblent pas désespérer. Certaines synthèses s’appuient sur des analogies entre les polymérisations du styrol ou des composés vinyliques avec celles des dioléfines.
- Rappelons que le styrol ou phénylallène peut se produire par synthèse, dans la réaction d’un mélange de benzène et d’acétylène.
- + CH = CH
- et dans la formule du styrol apparaît ainsi le groupe vinyl : CH = CH2. Le styrol est autopolymérisable et cette polymérisation se fait par simple exposition à la lumière (formation de métastyrol). Staudinger a étudié particulièrement ces composés et en a tiré des conclusions sur la structure du caoutchouc.
- De même les composés vinyliques sont facilement polymé-risables : notamment le bromure de vinyle CH2 = CHBr et l’acétate de vinyle CH2 COs CH = CH,. Tous ces produits peuvent s’obtenir de l’acétylène et des dioléfines ou carbures alléniques sont des isomères des carbures acétyléniques. (au lieu d’une triple liaison il se formera deux doubles liaisons).
- L’alcool vinylique CHS = CHOH est lui-même isomère de l’acétaldéhyde CH5 — COH. Tout ceci fait voir la parenté de tous ces corps entre eux et il n’est pas étonnant qu’on les retrouve dans une synthèse du caoutchouc.
- Signalons pour terminer que la littérature technique mentionne plusieurs synthèses mises sur pied industriellement ou prêtes à l’être.
- C’est ainsi qu’on a parlé d’une synthèse mexicaine, suivant des brevets de Julio Tellez Giron à la Hulera Mexicana, au départ de pétroles mexicains. Des pneus et des talons en caoutchouc seraient fabriqués par ce procédé.
- Une synthèse russe utilise, suivant les Izvestia, une réaction trouvée par Lebedefï et Bysow sur des huiles minérales dont on tire des carbures saturés et non saturés.
- En outre, avant sa mort, Edison aurait trouvé lui aussi une synthèse, qui serait utilisable en temps de guerre.
- Enfin, il s’est constitué en France en 1931, à Lyon, une société dite Société française du caoutchouc B, qui a pour objet la production d’un synthétique suivant les procédés Ballandras (').
- Soit que ces réalisations soient faites en des pays éloignés ou mystérieux, soit qu’elles soient en outre entourées de mystère à dessein, nous regrettons de ne pouvoir en dire plus. Mais il est hors de doute que certaines d’entre elles sont possibles. L’avenir proche peut-être nous fixera définitivement.
- F. Jacobs.
- 1. Une usine vient d’être construite à Crémieu (Isère).
- L’AMENAGEMENT DE LA CHUTE DU SAUTET
- SUR LE DRAC
- jJOn procède actuellement, sur le Drac, à l’entrée des gorges du Sautet, à la construction d’un barrage-réservoir qui comptera parmi les plus remarquables du monde. Le Sautet est un magnifique caàon de 200 m de profon-
- Fig. 1. — Le Drac et l’emplacement des stations génératrices.
- O 5 10 15 20 25 K-
- 9 Centrales-construites ou enconstr.°_n s construire .
- Isère 1
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- MarcieuT
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- \ CordéacT^-^ l le Sautet
- o Corps
- Orcièrej
- -en-Dévoluy
- deur et d’environ 1 km de largeur, que le Drac a creusé dans les terrasses de Beaumont, entre les massifs du Devoluy et du Pelvoux, à 70 km de Grenoble.
- Les travaux importants qui se poursuivent dans cette région sauvage ajouteront un nouveau fleuron à la magnifique couronne de travaux publics, entrepris ou achevés en France depuis la guerre; entreprises toutes remarquables par l’audace de la conception, l’originalité de l’exécution et dont notre pays peut à juste titre s’enorgueillir : tunnel du Rove, pont de l’Elorn, travaux sur le Rhin à Kembs, jetée du Verdon, aménagement hydroélectrique des Pyrénées et du Massif Central, aménagement de la Seine, etc.
- Les travaux du Drac ne tirent pas leur seul intérêt du site pittoresque dont ils vont modifier l’aspect. Ils offrent un nouvel exemple d’aménagement rationnel de tout un cours d’eau à forte pente, suivant un programme étudié pour le parcours entier des eaux. Lorsque l’exploitation des chutes d’eau commença à se développer dans le Dauphiné, berceau de la houille blanche, on s’empressa d’installer, sur le bas-cours du Drac, des usines de basses chutes à Avignonnet et à Champ; ces usines, importantes à l’époque, nous paraissent aujourd’hui très modestes.
- Plus tard, on fit des projets fragmentaires, et même après la guerre, l’Etat entreprit l’équipement d’une chute à Pont-du-Loup pour alimenter le chemin de fer électrique de la Mure à Gap. Mais les travaux en furent
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- Sautet
- dtlérans
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- Champ r Orac
- Altitudes ÿ 5 5 g
- Fig. 2. — Coupe le long du cours du Drac, représentant le futur aménagement hydraulique de la rivière.
- abandonnés en 1923 pour ne pas rendre impossible l’aménagement rationnel dont le projet dressé par la
- Société des Forces motrices Bonne et Drac, est aujour' d’hui en voie de réalisation. Il comporte, entre le con-
- Fig. 3. — La chute du Sautet. (Coupe en travers par l’usine. Vue sur le barrage et sur le pont.)
- Poste oe
- Transformation
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- Sautet
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- Galerie de déviation et de vidange defond_
- * *
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- 538
- fluent de la rivière avec l’Isère et le barrage du Sautet, l’aménagement de huit chutes nouvelles, venant s’ajouter aux trois chutes actuellement exploitées d’Avignonnet (7500 kw), Champ (6000), Drac-Romanche (14 000). Sur ces huit chutes, quatre sont en voie d’aménagement, les autres en instance de concession. Les premières sont, de l’amont vers l’aval, celles du Sautet (67 500 kw), Cor-déac (50 000), Saint-Pierre (75 000), Rondeau (10 500); les secondes sont celles de Cognet-Saint-Jean-d’Hérans (66 000), Marcieu (38 000), Saint-Georges-de-Commiers (25 000), Drac-Isère (10 500).
- Au total, on montera sur la rivière quelque 370 250 kw, correspondant à une énergie brute annuelle de près de 1 milliard et demi de kw-h.
- LE BARRAGE-RÉSERVOIR DU SAUTET
- Le barrage-réservoir du Sautet sera la pièce maîtresse de cet équipement grandiose. C’est lui, en effet, qui en
- régularisant les débits sur tout le cours inférieur du Drac, assurera aux machines des centrales hydroélectriques une bonne utilisation et par suite une marche économique.
- Il créera un lac artificiel de 350 ha de superficie et 130 millions de m3 de capacité totale. On a divisé ce réservoir pour son usage industriel, en deux tranches : une tranche supérieure, de 40 m d’épaisseur et de 100 millions de m3 de capacité, qui sera consacrée à l’accumulation des eaux et une tranche inférieure de 30 millions de m3 qui emmagasinera progressivement les alluvions charriées et déposés par le Drac et son affluent la Souloise. Il faudra plus de cent ans pour l’ensabler complètement.
- L’altitude du plan d’eau variera entre 765 et 725 m (au-dessus du niveau de la mer); le niveau moyen s’établira à 747 m; une dénivellation moyenne de 542 m sera ainsi établie entre le réservoir et le confluent du Drac avec l’Isère, ce qui représente, pour la tranche utile du réservoir, une énergie accumulée et disponible de 110 millions de kw-h. On se rend compte par là du secours que le barrage apportera, lors de l’étiage, aux usines d’aval. De même, il disciplinera les crues et calmera leur violence.
- Le site où le réservoir est établi se prête, d’une façon exceptionnelle, à une construction économique.
- L’ouvrage proprement dit, étudié par M. Ca-quot, est constitué dans son ensemble par un barrage principal situé à 50 m en amont du pont du Sautet, et par un contre-barrage situé à 130 m en aval.
- Pour le barrage qui doit fermer le canon étroit et profond, on a adopté le type de construction en grande voûte, très employé en Amérique où il n’a donné lieu à aucun accident (fig. 8 et 9).
- Cette voûte aura 136 m de haut, 80 m de largeur en crête. Les sections horizontales sont des portions de couronnes circulaires, très épaisses à la base, très minces au sommet, dont l’épaisseur, le rayon et l’angle au centre, varient suivant une loi correspondant aux meilleures conditions de travail des arcs superposés. Cette muraille exigera 60 000 m3 de maçonnerie et 40000 000 m3 de fouilles.
- Le contre-barrage a une hauteur de 37 m. Sa crête, aménagée en déversoir, recevra deux vannes automatiques de 5 m de hauteur sur 7 m 60 de largeur, ayant pour but de maintenir le plan d’eau du bief inférieur entre des limites bien déterminées.
- Si on fait le total des maçonneries de ces deux ouvrages, on constate qu’à 1 m3 de maçonnerie correspondent environ 2100 m3 d’eau emmagasinée, 1500 m3 utiles, et 2400 kw-h d’énergie annuelle. Ce sont là, au point de vue économique, des chiffres records.
- L’étanchéité d’un barrage d’une telle hauteur est une question d’importance capitale, pour la sécurité de l’ouvrage aussi bien que pour son bon fonctionnement. Il a fallu tout
- Fig. 4. — Le canon du Sautet; emplacement du futur barrage.
- (Un pont nouveau a été construit pour assurer le passage au-dessus de l’abîme.)
- (Ph. Wide World.)
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- Fig. 5. — Le Drac entre Corps et Saint-Firmin.
- Cette gorge et les plaines environnantes seront noyées après l’achèvement des travaux qui créeront en cette région un immense lac artificiel.
- (Ph. Wide World.)
- d’abord s’assurer de l’étanchéité de la roche dans laquelle s’encastre la voûte. Ce fut la tâche des géologues : elle exigea _d.es travaux importants : on explora la roche par puits et galeries sur plus de 500 m de long; une des galeries fut même poussée sous le lit du Drac (fig. 6). Elle permit de constater l’absence de toute faille, de tout lit mineur et la continuité de bancs rocheux assurant au socle du barrage une assise solide.
- Quant à la maçonnerie, son étanchéité sera assurée par l’emploi d’un béton de grande compacité, ainsi que par l’application, sur l’extrados d’un enduit de ciment riche dans la partie haute, et d’un enduit d’asphalte dans la partie basse. Le long de la ligne d’appui sur les parois, l’étanchéité de la liaison avec la roche sera assurée par une fondation en béton riche fortement armée.
- Enlin l’étanchéité de la roche sera complétée par des injections de ciment qui créeront dans les deux parois rocheuses un écran continu situé dans le prolongement du barrage. On creusera dans le flanc de la gorge, à l’aval du barrage, des galeries à deux niveaux pour y installer des chantiers de forage et d’injection qui auront à exécuter une partie de ce travail. Ces galeries resteront accessibles en tout temps et pourront servir, même après la mise en service de l’ouvrage, à compléter et à prolonger cet écran d’étanchéité, si le besoin s’en fait sentir.
- L’usine hydroélectrique du Sautet est placée un peu en aval et immédiatement au-dessous du grand barrage, et les eaux lui parviennent par des galeries, coupées de chambres de prise d’eau, entièrement taillées dans le roc (fig. 3).
- Les eaux, après avoir fait fonctionner les turbines, alimentent le bief compris entre le grand barrage et le contre-barrage.
- Il a fallu, toutefois, pour le cas d’arrêt éventuel de l’usine par exemple, prévoir la possibilité d’effectuer directement la vidange du réservoir dans le bief inférieur, ne fut-ce que pour être certain de ne jamais paralyser les usines d’avah A cet effet, le grand barrage est traversé, au niveau du bief d’aval, par deux conduites de 1 m 65 de diamètre, munies de vannes à commande électrique. La puissance formidable qui est déchaînée au moment de l’ouverture de ces vannes (elle varie entre 98 000 et 76 000 ch), est absorbée et détruite par les chocs, tourbillons et remous de la veine liquide, sur un parcours de 35 m environ à partir des orifices de sortie.
- L’USINE HYDROÉLECTRIQUE DU SAUTET
- La station génératrice, réduite à une simple salle des machines, est placée dans une situation véritablement impressionnante, presque au pied du grand barrage, au fond et en travers de la gorge jadis inaccessible; elle est comme incrustée dans les parois rocheuses qui la surplombent, à pic, de plus de 100 m.
- A cette usine il n’y aura, pour le personnel, d’autre accès qu’un puits vertical de 130 m de haut, de 4 m de diamètre, desservi par ascenseur; la place est si mesurée que le bâtiment, une sorte de bloc homogène en béton, ne contient que les groupes turbqgénérateurs, disposés sur deux rangs, à l’exclusion de'AJ&ut appareillage. Notre figure 10 fait comprendre la construction et l’aménagement de cette extraordinaire salle des machines.
- Le matériel lourd y est amené par un blondin, câble porteur de 20 tonnes. Les câbles de sortie du courant, réunis dans une galerie en sous-sol, gagnent l’extérieur par le puits du personnel, pour se rendre à la partie à ciel ouvert de l’usine : poste de commande et poste de transformation à 150 000 v.
- La salle des machines contient six alternateurs de 13 250 kv-A, mus chacun par deux turbines centripètes simples, montées en porte-à-faux à chaque bout d’arbre et capables de développer ensemble 16 000 ch sous une
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- PONT ou SAUTET
- Crète du barrage 766,00
- R i va droite
- Fig. 6.
- Travaux de prospection dans le canon pour s’assurer de l’étanchéité de la roche.
- Fig. 7. — Comment on descend [es ouvriers au fond de la gorge du Drac, à l’endroit où l’on commence les travaux du barrage.
- (Ph. Wide World.)
- Fig. 8, — Elévation et coupe verticale des barrages.
- Retenue normale 7/j5
- Crete du barrage 766
- Retenue minimum 725 M||j 'JjJ
- Contre-banragi
- Niveau normal 672 Crête des vannes
- Bief amont
- Bief aval
- 632 environ
- Socle panafouifle
- •Rocher dur et sain
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- chute nette de 93 m en absorbant 15 m3 par seconde environ. On était limité, pour la puissance unitaire de ces machines, par la nécessité de n’avoir à transporter que des éléments relativement légers : nécessité manifestement dictée par la topographie des lieux.
- L’UTILISATION DE L’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE DU DRAC
- La centrale du Sautet, et ultérieurement les autres usines à aménager sur le Drac seront réunies par des lignes sous 150 000 v à des centres comme Bagnols-sur-Cèze, dans la vallée du Rhône, et Champignier, près de Grenoble, qui permettront de canaliser l’énergie du Drac vers les différents réseaux de distribution du Midi, du Sud-Est, des Alpes, du Jura et du Centre.
- Plus tard, on prévoit la création d’une ligne à 220 000 v
- qui permettra d’atteindre la région du Creu-sot et Paris.
- Ces grandes permettre, on le sait, aux diverses régions productrices, de se prêter une aide mutuelle, grâce à laquelle on peut désormais se dispenser de créer des usines dont la puissance excessive reste mal utilisée la majeure partie de l’année.
- Il pourra ainsi fort bien arriver que Paris, en période sèche, vienne apporter aux centrales hydrauliques de la montagne, le secours de ses nombreuses et puissantes centrales thermiques (*).
- R. VlLLERS.
- 1. Les plans et coupes qui illustrent cet article ont été établis d’après l’intéressante notice rédigée par M. Dusaugey, pour la Société des Forces motrices Bonne et Drac.
- lignes d’interconnexion doivent
- Fig. 10. — Coupe transversale de l’usine génératrice du Sautet.
- des câbles
- 3X00
- Fig. 9. — Coupes horizontales du barrage principal aux cotes 766,
- 700 et 640.
- AVIONS A SURFACE VARIABLE
- La vitesse est la qualité essentielle de l’avion. Hier, les avions de transport faisaient du 180 km à l’heure, aujourd’hui ils font du 220 et demain, comme certains avions rapides américains, ils atteindront le 300. Actuellement, nos avions de chasse en service ne dépassent pas 250 km à l’heure ; les nouveaux programmes exigent 300 km à l’heure. Mais la vitesse ne doit pas s’acquérir au détriment de la sécurité; or, dans l’état présent de la construction aéronautique, l’augmentation de la vitesse maxima de l’appareil entraîne malheureusement l’augmentation de la vitesse d’atterrissage et des risques que celui-ci comporte sur mauvais terrain, en cas de panne ou de circonstances atmosphériques défavorables.
- Comme nous le montre le tableau ci-contre, l’écart de vitesse des avions actuels, chiffre qui caractérise le rap-^ port de la vitesse maxima à la vitesse d’atterrissage, ne dépasse guère 3,6 pour des appareils rapides de construc-
- tion classique et 4,2 pour des appareils spéciaux munis de dispositifs de sécurité.
- Si l’on excepte le cas spécial, quoique fort intéressant, de l’autogyre, il est curieux de remarquer que l’écart de vitesse a peu évolué depuis les premiers temps de l’aviation où les avions ne faisaient que du 120 km à l’heure, mais atterrissaient à 40.
- A mesure que la vitesse maxima augmente, grâce aux moteurs plus puissants et plus légers, la nécessité d’accroître l’écart de vitesse pour conserver des vitesses d’atterrissage moyennes se fait de plus en plus impérieuse.
- Ammérir à 180 km à l’heure, comme le faisaient les pilotes des hydravions de course, et en particulier le lieutenant Stainforth, détenteur de la dernière Coupe Schneider, constitue une remarquable performance qui n’est malheureusement pas sans danger et a coûté la vie à plusieurs grands pilotes français, anglais et italiens.
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- ÉCARTS DE VITESSE D’APPAREILS ACTUELS
- (Quelques performances officieuses d’appareils à grand écart de vitesse)
- Désignation. Emploi. Caractéristiques. Vitesse max. Vitesse min. Écart de vitesse.
- Supermarine S. 6 .... Record de vitesse. Forte charge au m2. 650 180 3,6
- Travel Air Mystery . . . Liaison rapide. — 400 115 . 3,5
- P. 8 (P Z L) Chasse. — 340 102 3,3
- Curtiss Tanager Concours Guggenheim. Fentes, ailerons flottants. 180 50 3,6
- Potez 36 Tourisme. Bec de sécurité. 150 56 2,7
- Autogyre C. 24 — Voilure tournante. 190 45 4,2
- ©
- Dans le même ordre d’idées, on peut se demander si les prochains avions de chasse, qui atterriront vraisemblablement à des vitesses voisines de 110 km à l’heure, mis, en cas de conflit, entre les mains de pilotes insuffisamment entraînés, ne seront pas rapidement rendus inutilisables à la suite de capotages fréquents sur les mauvais terrains de campagne.
- D’un autre côté, pour les voyages rapides et les liaisons transocéaniques, un grand écart de vitesse permettrait d’obtenir une augmentation de vitesse de croisière doublement souhaitable, car elle abrégerait le temps de parcours et rendrait économique l’exploitation, tout en conservant une vitesse d’atterrissage raisonnable, compatible avec la sécurité.
- On peut aisément préciser ces considérations :
- P étant le poids total de l’avion de surface S, Cz le coefficient de portance; la vitesse d’atterrissage Va est donnée par
- de la forme de l’appareil et se mesure par essais au tunnel aérodynamique.
- Supposons que pour un avion donné les caractéristiques de charge au cheval, de finesse et de rendement d’hélice soient déterminées. La formule (1) nous
- Fig. 1. — Variation de la surface portante d’un avion par augmentation de la corde. (Système Gastambide-Levavasseur.)
- (I). Surface réduite : les parties mobiles A et B sont appuyées sur le corps de l’aile. (II). Surface déployée. Les parties mobiles A et B s’appuient sur les extrémités de la partie fixe et sur les nervures-support N.
- la formule
- Va
- 'P 16 '
- S C z max.
- (1)
- Cette vitesse d’atterrissage est donc fonction de la racine carrée d’un produit de deux facteurs : l’un est le
- P
- poids par mètre carré : — ; l’autre est lié au coefficient de portance maximum qui dépend, on le sait, du profil et
- montre que la vitesse d’atterrissage ne peut descendre au-dessous d’un certain minimum pour cet appareil.
- Des avions ayant une forte charge au mètre carré (avions de chasse, avions rapides), auront des vitesses élevées, mais atterriront également très vite. Pour réduire cette vitesse, une idée toute naturelle se présente. Accroître au moment de l’atterrissage, la valeur de la surface portante. Si celle-ci est multipliée par un facteur n, la vitesse d’atterrissage sera réduite dans le
- Fig. 2. — Variation de la surface par augmentation de la corde sur le plan supérieur d’un biplan. (Système Bille.)
- I). Vol de vitesse, surface auxiliaire non déployée. (II). Atterrissage : surface déployée et fente.
- rapport
- Si nous pouvions, par exemple, multiplier par 4 la surface portante de l’appareil à l’atterrissage, sans avoir à majorer le poids P de l’appareil, la vitesse d’atterrissage serait réduite de moitié.
- 16
- Considérons maintenant le second facteur — qui
- Lz
- intervient par sa racine carrée dans la vitesse d’atterrissage. Nous savons que Cz représente un coefficient de portance dont la variation est linéaire avec l’incidence jusqu’à une certaine limite à partir de laquelle la chute de sustentation est plus ou moins brusque; la valeur
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-
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- maximum (Cz max.) de ce coefficient, dépend des caractéristiques du profil (épaisseur, courbure, ligne moyenne), de la forme en plan de l’aile et de son allongement (*). Certains artifices tels que l’aile à fente, l’aile à courbure variable, permettent d’augmenter le Cz max. et par conséquent de diminuer la vitesse d’atterrissage.
- Ces différents procédés: surface variable, aile à fentes, aile à courbure variable, peuvent être employés séparément ou conjointement si les systèmes mécaniques et les calculs de résistance des matériaux le permettent.
- Pour que ces dispositifs produisent une diminution de vitesse d’atterrissage vraiment appréciable, il faut que leur poids propre soit peu élevé. En effet, si pour permettre de doubler la surface à l’atterrissage, il fallait aussi doubler le poids, la charge par mètre carré au moment de l’atterrissage n’aurait pas changé. Il n’y aurait aucun bénéfice à cet égard; au contraire, en vol normal l’appareil se trouverait surchargé d’un poids mort inutile.
- Nous allons passer brièvement en revue les divers systèmes d’avions à surface variable qui ont été réalisés ou simplement proposés.
- On peut les classer de la façon suivante :
- 1° Variation par coulissement suivant la corde de
- Fig. 4. — Variation de surface par dédoublement en hauteur.
- (Système James.)
- (I). Plans 1 et 2 jointifs. Vol de vitesse. (II). Plans 1 et 2 écartés et décalés. Appareil transformé en biplan.
- l’aile (systèmes Gastambide-Levavasseur, système Bille) ;
- 2° Variation par dédoublement dans un sens perpendiculaire à l’axe de l’aile (système James);
- 3° Variation par coulissement dans le sens de l’envergure (systèmes Gérin, Makhonine, de La Fournière).
- SYSTÈME GASTAMBIDE-LEVAVASSEUR
- MM. Gastambide et Levavasseur, deux célèbres pionniers des débuts de l’aviation, les créateurs respectifs des avions et des moteurs « Antoinette », étudièrent, de 1920 à 1922, deux avions à surface, courbure, et incidence variables.
- Comme le montre la figure 1, sur des nervures prenant appui sur la partie fixe de l’aile supérieure d’un biplan, on faisait coulisser une portion de l’intrados et une autre de l’extrados. Suivant le profil des nervures-support on pouvait obtenir simultanément une variation de courbure générale de l’aile et une variation de surface.
- 1. Voir La Nature, 15 décembre 1931, n° 2871, « Les essais aérodynamiques.
- zoo -
- Surface auxiliaire déployée B
- ^ Surface auxiliaire rentrée I
- Finesses
- 100 Cx
- Fig. 3. — Polaires du biplan système Bille.
- I. Surface auxiliaire rentrée. II. Surface auxiliaire déployée.
- Un premier appareil, réalisé grâce au concours de la Direction des Inventions, avait 12 m 50 d’envergure; il était propulsé par un moteur Salmson de 200 ch; au cours des essais à Etampes, il donna un écart de vitesse de 70 à 210 km à l’heure.
- Un avantage du système était de pouvoir déployer simultanément la partie avant et la partie arrière de l’aile : les variations du centre de poussée, point d’appli.-cation théorique de la résultante des forces aérodynamiques, se trouvent ainsi limitées et la stabilité de l’appareil est toujours assurée.
- Malheureusement ces recherches furent interrompues en 1922 par la mort de M. Levavasseur.
- Fig. 5. -— Polaire d’une maquette système James. I. Plans jointifs; II. Plans écartés.
- Trainées
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- Fig. 6. — Aile Gérin. — A droite : surface réduite. La partie arrière variable est enroulée sur un tambour disposé dans le fuselage, perpendiculairement à l’envergure. — A gauche : surface déployée. La partie souple variable est venue se loger dans l’espace ménagé dans le bec avant et se trouve maintenue de place en place par des nervures en bois solidaires de la toile caoutchoutée.
- SYSTÈME BILLE
- Quelque temps après, M. H. Bille, ingénieur aux établissements Bellanger, soumit aux essais la maquette d’un appareil de principe analogue, mais de réalisation mécanique différente. La partie arrière du plan supérieur d’un
- surface fixe, on peut augmenter ce gain. La question a d’ailleurs été reprise en Allemagne et Wolf Hirth vient d’essayer un appareil d’étude construit à Breslau par le professeur Schmeidler et l’ingénieur Neumann qui donne une vitesse d’atterrissage de 50 à 60 km à l’heure.
- SYSTÈME JAMES
- Ce système comporte le dédoublement d’une cellule sustentatrice dans le sens de la hauteur; autrement dit, il transforme un monoplan en biplan.
- Une maquette basée sur ce principe fut essayée en 1927 et donna une majoration de Cz max. globale de 1,37 à 1,70, soit 24 pour 100; mais en faisant varier judicieusement le décalage et l’entreplan des deux surfaces, on peut obtenir, comme le montrent les polaires de la figure 4, publiées par le laboratoire de Gottingen, une augmentation de 1,26 à 2,36, soit 87 pour 100.
- Évidemment le poids P2 de l’avion à surface dédoublée S, est très différent du poids P, d’un avion à surface
- Fig. 7.—Avion'Gérin. —- A gauche : surface réduite; à droite : surface déployée'pour l’atterrissage.
- biplan peut coulisser en décrivant un arc de cercle; un mât fixé au plan inférieur guide cette rotation et équilibre le moment de la résultante appliquée à cette voilure fortement cambrée.
- Dans le cas étudié, pour une variation de surface de 24 pour 100, le 100 Cz max. de la courbe polaire figurée fig. 3 et rapporté à la surface réduite S passe de 122 à 164. soit une augmentation de 34 pour 100 dont une part revient à la fente créée entre la partie de l’aile fixe et le volet mobile. Dans ces conditions, la diminution de la vitesse d’atterrissage est de l’ordre de 16 pour 100, en supposant que le poids total de l’appareil primitif n’ait pas été majoré par le dispositif de variation de surface. Comme ceci est pratiquement impossible, il ne faut guère compter sur une diminution réelle de la vitesse d’atterrissage de plus de 10 pour 100.
- Il va sans dire qu’en modifiant les profils et le rapport de la surface mobile à la
- fixe Sj, étant donné le poids supplémentaire de l’aile auxiliaire et des dispositifs de guidage et de commande
- P P
- de sorte que le rapport —I : —^ ne peut être com-
- O,
- S J 2
- paré à ^ et la réduction de vitesse d’atterrissage ne
- Fig. 8. — Polaires de la maquette de l’avion Gérin à surface variable. La polaire (1) est relative à la surface réduite, la polaire (2') à la surface déployée; ces deux polaires étant relatives au même avion, ont été calculées avec la même surface; la surface réduite 0 m2 10 a été prise comme surface commune. On se rend compte du gain considérable de sustentation obtenu par le déploiement de la surface.
- 4 18 12 16 À> 24 28 32 36 40 44 48 52 56
- 80 ^ 90
- 100 Cx
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- Fig. 9. — L’avion Makhonine à aile coulissante. (Ph. André, Le Bourget.)
- sera pas très importante. Cependant une petite surface auxiliaire placée ainsi sur l’extrados de l’aile d’un monoplan de tourisme allemand a été essayée avec succès, croyons-nous, mais ce dispositif formant effet de fente à l’extrados ne constitue pas à proprement parler une surface variable.
- SYSTÈME GÉRIN
- Contrairement aux tentatives précédentes qui permettent tout au plus une variation de surface égale au double de la surface réduite, le système préconisé par M. Gérin rend possible, en théorie, un déploiement de surface à l’atterrissage de l’ordre du quadruple ou du quintuple de la surface primitive. D’ailleurs, le but visé par l’inventeur est non pas de réduire la vitesse d’atterrissage, mais d’augmenter considérablement la vitesse maxima en utilisant des appareils très chargés au mètre carré, tout en conservant une vitesse d’atterrissage normale.
- M. Gérin a étudié cette question à la fois au point de vue aérodynamique et au point de vue constructif. Dans une brochure publiée à la suite du Congrès de la Sécurité, en 1930, il indique les différentes étapes de ses recherches et montre quels horizons nouveaux s’ouvriraient devant les appareils à grande variation de surface. Un avion de tourisme équipé d’un moteur de 210 ch pourrait transporter 5 personnes à 280 km à l’heure de vitesse maxima,
- tout en ayant une vitesse d’atterrissage de 70 km à l’heure. Un avion de record de distance, chargé à 495 kg par mètre carré surface réduite, pourrait parcourir 18 000 km à une vitesse de 350 1cm à l’heure, tandis qu’un hydravion de course pourrait atteindre 760 km à l’heure avec seulement un moteur de 1600 ch.
- Si ces prévisions peuvent paraître aujourd’hui quelque peu téméraires, il n’en est pas moins vrai que la solution proposée est pleine d’avenir, elle mérite des encouragements et une étude approfondie.
- Ainsi que les photographies (fig. 7) le montrent, le déploiement de la surface se fait latéralement dans le sens de l’envergure, par coulissement à l’intérieur de la partie avant du profil, rendue très résistante et formant longeron profilé. La partie variable arrière est constituée par une succession de nervures en bois recouvertes de toile caoutchoutée et entretoisées entre elles par les mailles de la chaîne d’entraînement.
- M. Gérin a étudié au point de vue aérodynamique les avantages du système appliqué à un petit biplan de tourisme pourvu de deux moteurs de 40 ch chacun ; il obtint des polaires de formes assez inattendues (fig. 8).
- En rapportait les Cz à la surface réduite St, la variation de surface envisagée, qui est de 4 dans ce cas, revient à multiplier les coefficients de la polaire surface déployée par 4, pour la comparer à la polaire surface réduite. On obtient ainsi une portance maxima de l’ordre de 400, l’avion conservant néanmoins une finesse d’utilisation de 9.
- En spéculant sur l’adjonction de fentes à la surface déployée, dont l’effet peut doubler la portance d’un profil normal, on obtient un coefficient global de l’ordre de 800, coefficient tout à fait exceptionnel.
- Si on considère un avion normal de poids P,
- Fig. 10. — Aile à surface variable demLa Fournière, avec fentes aux extrémités. Coupe : l’aile mobile rentrée. Vue en plan : l’aile mobile sortie.
- Coupe AA laite mobile rentrée
- Rouleaux
- l/ue en plan _ l'aile mobile sortie
- Fentes
- Détail du montage des rouleaux
- -Acier. Ressort
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- de surface S et de Cz max. 1,2, sa vitesse d’atterrissage est définie par :
- si on applique le principe de la surface variable avec fentes à ce même avion, en admettant que son poids soit doublé et devienne P' = 2 P, que sa surface déployée S soit 4 fois sa surface réduite s et que sa portance maxima devienne 2,4 grâce aux fentes ménagées dans sa voilure, on constate aisément que sa vitesse d’atterrissage n’aura pas changé; mais en vol de vitesse la surface étant le quart de la surface déployée, la vitesse sera :
- V
- 8 P 16
- S Cz
- - = y/8 x V = 2,82 V
- Pour fixer les idées, un avion chargé à 50 kg par mètre carré, atterrissant à 90 km à l’heure et faisant 220 km à l’heure de vitesse maxima, transformé en avion à surface variable et fentes, pourra, théoriquement, étant muni d’un certain moteur, atteindre la vitesse de 600 km à l’heure.
- Un autre point qui mérite d’être signalé est l’augmentation considérable de la finesse, conséquence du très grand allongement du profil surface réduite. C’est ainsi que dans une nouvelle application de son principe, actuellement à l’étude, M. Gérin envisage une aile surface réduite, à profil biconvexe, dont l’allongement serait de 30 et la finesse atteindrait 38. Il va sans dire qu’une finesse d’aile de 38 amènerait une sérieuse économie de puissance comparativement à un avion classique de même vitesse et même surface.
- Ceci ne donne qu’un aperçu de la question et il est certain qu’il faudra beaucoup d’essais et de tâtonnements avant d’obtenir des résultats aussi sensationnels.
- Cependant M. Gérin a également travaillé la question de construction. Il fit établir une demi-aile d’essai de 3,70m d’envergure, constituée par profil métallique de 0,50 m de corde, formant longeron dans lequel pouvait coulisser la surface variable de 1,50 m de corde totale. Ce demi-plan soutenu par un mât fut essayé dans la grande soufflerie d’Issy-Les Moulineaux, à 40 m sec. et se comporta parfaitement, tant au point de vue de la stabilité des déformations de la partie souple qu’au sujet du déploiement de la surface mobile. De plus, un essai statique effectué dans les conditions habituelles montra que l’aile résiste parfaitement aux coefficients de charge de 5 pour la surface déployée et de 12,5 pour la surface réduite sans aucune déformation nuisible au déploiement qui s’est fait aussi facilement qu’avant l’essai.
- Ces diverses considérations montrent que la solution proposée par M. Gérin est viable; nous lui souhaitons de trouver les encouragements dont tout chercheur a besoin et espérons voir d’ici peu voler un avion à surface variable vraiment pratique, dont les performances confirmeront les prévisions qui précèdent.
- AVION MAKHONINE
- M. Makhonine dont les travaux sur les carburants ont eu un certain retentissement, il y a quelques années, a eu
- le mérite de concevoir et de construire un appareil à surface variable dont les résultats expérimentaux sont pleins d’enseignements.
- Le principe en est d’obtenir une variation de surface par coulissement d’une portion d’aile à l’intérieur de l’aile principale, à la manière d’un tube télescopique.
- Le premier appareil construit, destiné aux liaisons rapides, est caractérisé par une variation de surface de : 19 à 33 m2, soit une augmentation de 74 pour 100 lorsque l’envergure passe de 13 à 21 m.
- Avec un moteur Lorraine 450 ch, son poids à vide est de 2500 kg et de 5000 kg à pleine charge, soit 263 kg par mètre carré, lorsque la surface est réduite en vol de vitesse et, 150 kg par mètre carré de surface déployée pour l’atterrissage.
- Les essais en vol conduits par Durmon, l’excellent chef pilote de la C1DNA, ont montré que le dispositif de commande de la variation de surface fonctionnait parfaitement en vol. Si l’appareil demande une grande longueur de terrain au décollage et à l’atterrissage, il ne faut pas s’en étonner, étant donné sa forte charge au mètre carré, comparable à celle des avions de raid.
- On procède actuellement à la mise au point d’un moteur plus puissant en vue d’effectuer des vols de démonstration pendant cette saison.
- SYSTÈME DE LA FOURNIÈRE
- L’adjonction de fentes aux parties coulissantes, proposée par M. de La Fournière, est un perfectionnement du système précédent. Cette solution élégante offre comme avantages : une meilleure utilisation de la surface variable, puisque les fentes intéressant presque la demi-envergure augmentent la portance maxima de l’ensemble, une construction par multi-longerons plus robuste et plus légère, un accroissement de sécurité du fait de la présence de fentes aux extrémités des ailes, pour combattre efficacement l’autorotation.
- Des essais de maquette, actuellement en cours, permettront de se rendre compte de la valeur du dispositif.
- CONCLUSION
- On a dit souvent que l’avion n’avait pas de changement de vitesse : bien que cette expression soit inexacte, puisque le pilote peut commander l’incidence des ailes et le nombre de tours du moteur pour obtenir un certain écart de vitesse, il faut bien convenir que cet écart est trop faible et que, pour l’augmenter, il faut d’autres moyens que l’aile fixe.
- Parmi ces moyens, la surface variable, et en particulier la combinaison surface variable, incidence variable et fentes, semble des plus intéressantes, à condition que la variation de surface soit appréciable et que le dispositif ne surcharge pas l’appareil. #
- La réalisation pratique d’un tel système n’est pas de toute simplicité, mais, puisque d’autres difficultés constructives — comme celle de faire tenir sur un avion de record une aile monolongeron de 10 d’allongement, entièrement en porte-à-faux — ont été résolues, on peut faire confiance aux chercheurs qui travaillent actuellement la surface variable et croire fermement à cette solution d’avenir. J. Lacaine.
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- THÉORIES ET MÉTHODES MODERNES
- D’ANESTHÉSIE
- Il n’y a guère d’intervention chirurgicale de quelque importance qui ne réclame la suppression de la douleur. Or la sensibilité douloureuse étant un phénomène essentiellement normal, l’anesthésie ne peut être obtenue qu’au prix d’une intoxication de l’organisme. C’est donc en quelque sorte un « mal nécessaire » dont nous devons tâcher de limiter les effets. De là l’intérêt qui s’attache pour le chirurgien comme pour le public à cette question. Nous nous proposons d’exposer en deux articles :
- 1° Ce qu’est l’anesthésie au point de vue physiologique et clinique, ainsi que les principales théories relatives à ce phénomène ;
- 2° Les caractères des principaux agents narcotiques, les appareils les plus usuels d’administration et les techniques générales d’obtention du sommeil chirurgical.
- L’anesthésie peut être localisée, c’est-à-dire porter seulement sur une région du corps dont on interrompt la conduction nerveuse (anesthésie locale, régionale, rachi-anesthésie) ou générale.
- Dans ce dernier cas, elle s’accompagne non seulement d’insensibilité (analgésie), mais aussi de perte de conscience, de résolution musculaire, d’abolition d’un grand nombre de réflexes et porte le nom de narcose. C’est de cette dernière que nous nous occuperons plus spécialement.
- Historiquement, la découverte des .premiers anesthésiques apparaît comme un effet du hasard, mais bien vite on se rendit compte qu’un certain nombre de propriétés physicochimiques appartenaient en commun à tous les agents narcotiques et pouvaient dans une large mesure rendre compte de leur action.
- Examinons tout d’abord ce qui se passe au point de vue physiologique lorsque nous faisons inhaler du chloroforme, par exemple, à un patient. Vaporisé dans l’air respiré, celui-ci parvient jusqu’aux alvéoles pulmonaires et se fixe sur le sang, partie sur les globules, partie sur le sérum. Par l’intermédiaire du sang, ce chloroforme parvient à toutes les cellules de l’organisme, mais impressionne surtout le système nerveux, de façon d’ailleurs irrégulière. Le cerveau est tout d’abord entrepris, puis la moelle épinière, enfin le bulbe, qui, on le sait, préside aux fonctions vitales de la respiration et du rythme cardiaque. De plus, l’effet inhibiteur est généralement précédé d’une période d’excitation plus ou moins marquée. Il est à noter que l’ordre d’action des anesthésiques n’indique qu’une échelle de résistance des différentes parties du système nerveux et non pas un ordre d’imprégnation successive. Il est à peine besoin d’indiquer que le sommeil chirurgical doit éviter l’atteinte du bulbe et de ses fonctions; par contre il réclame, non seulement l’anesthésie corticale, mais aussi celle de la moelle d’où résulte la résolution musculaire et la suppression des réflexes de défense; enfin, un certain degré d’anesthésie du sympathique et du parasympathique est aussi nécessaire pour éviter la réaction du « poussage » dqps le champ opératoire des anses intestinales par l’excitation péritonéo-viscérale.
- L’anesthésiuue idéal devrait borner son action à cette paralysie cortico-médullaire et n’impressionner en rien les autres organes. En fait, il en va tout différemment et Claude Bernard a pu parler avec juste raison de l’effet universel des anesthésiques sur tout ce qui est vivant.
- Cette action universelle peut être mise en évidence sur des organismes très simples comme des protozoaires par exemple. La perte des mouvements améboïdes ou vibratiles est un des
- premiers signes de l’action narcotique et elle se manifeste — fait important — aussi bien avec les anesthésiques généraux qu’avec les anesthésiques dits locaux, comme la cocaïne ou la stovaïne. Il n’y a pas d’ailleurs de différence absolument essentielle entre ces deux catégories d’agents comme nous le verrons plus loin. Si l’action narcotique est limitée en intensité et en durée, et si le corps utilisé est volatil et facilement éli-minable, la cellule paralysée retrouve progressivement son irritabilité. Dans le cas contraire, la mort cellulaire est l’aboutissement fatal de toute anesthésie indéfiniment prolongée.
- D’une façon générale, on peut dire que le fait, pour une cellule ou un élément organique, d’être narcotisable, est en rapport direct avec son irritabilité, c’est-à-dire sa capacité réactionnelle. Ainsi s’explique que le système nerveux et plus spécialement ses centres soient surtout atteints. Nous ne connaissons pas jusqu’ici de corps qui fournisse la paralysie anesthésique sans nuire, en quelque manière, au fonctionnement général de la cellule et, de là, viennent toutes ces actions dites secondaires des narcotiques — actions nuisibles au premier chef •— mais dont l’intensité est très variable suivant les corps considérés. Dans l’organisme humain, c’est le foie qui, après le système nerveux, semble le plus souvent atteint. On assiste ainsi, souvent, à une altération de toutes les fonctions hépatiques (protéopexique, uropoiétique, etc.), en rapport avec des altérations histologiques.
- Le rein, les glandes endocrines, peuvent aussi être troublés dans leur fonctionnement.
- Comme les actions nuisibles des anesthésiques sont fonction de la dose utilisée, il y a un intérêt évident à réduire celle-ci le plus possible dans la mesure où la narcose reste chirurgicalement suffisante. C’est à l’observation des réflexes, et plus particulièrement de ceux de l’œil, que l’on suit la marche de la narcose. En principe, dans l’anesthésie normale, le réflexe cornéen est aboli, le réflexe de la pupille à la lumière est paresseux, mais positif; enfin, la narcose profonde s’accompagne souvent de myosis (contraction pupillaire) et la mydriase brusque est considérée comme un symptôme d’atteinte bulbaire, une sorte de signal d’alarme indiquant une dose toxique qu’il faut abaisser le plus vite possible en cessant l’inhalation.
- D’autres signes doivent aussi servir de guide dans l’administration du narcotique : le rythme de la respiration qui ne doit pas trop diminuer de fréquence et d’amplitude, la coloration du visage, enfin la pression artérielle et les caractères de la pulsation cardiaque.
- Nous pouvons nous demander maintenant quel est le mode d’action des anesthésiques et quelle est celle de leurs propriétés physico-chimiques qui l’explique. Encore que cette question prête actuellement à controverse, il semble bien difficile de ne pas tenir pour fondamentale l’explication proposée par Overton et Meyer, sous le nom de théorie lipoïdique. D’après les auteurs cités, le trait commun caractéristique des anesthésiques, qui au point de vue chimique appartiennent aux groupes les plus différents (carbures" d’hydrogène, alcools, cétones, éthers-oxydes, etc.), serait leur propriété de dissoudre les graisses ou les corps de même nature (lipoïdes) et réciproquement d’être fixés par celles-ci. Comme cette propriété va généralement de pair avec une faible solubilité dans l’eau, il serait possible pour chaque anesthésique d’indiquer un rap-, . solubilité dans l’huile
- port d alunite physique,---- 1 , ----------, appelé'-coeffi-
- solubilite dans 1 eau
- cient de partage qui correspondrait de façon assez précise à la puissance narcotique du corps considéré. De fait, tous les
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-
- = 548 — - ............... ..................=
- narcotiques connus mis en dissolution dans l’eau passent dans l’huile en quantité importante, lorsqu’on met en contact prolongé les deux liquides l’un avec l’autre. Les nombreuses expériences instituées depuis Overton et Meyer confirment plutôt dans l’ensemble la théorie lipoïdique.
- Mais le coefficient de partage ne constitue pas par lui-même une théorie du mécanisme de la narcose. Tl ne nous explique pas l’essence même du phénomène anesthésique. Sur ce dernier point, il faut bien le dire, les théories étant fortement imaginatives sont aussi fort discutables.
- Pour certains (Warburg), la cellule nerveuse fixerait physiquement le narcotique et s’imprégnerait ainsi d’un enduit protecteur qui l’isolerait et entraverait sa nutrition (oxydations retardées).
- Pour d’autres (Traube) c’est avant tout le changement de tension superficielle de la cellule qui serait responsable de la paralysie anesthésique : mais comment expliquer alors que certains corps abaissent la tension qui ne sont nullement anesthésiques.
- Pour Raphaël Dubois, l’anestliésie est le résultat d’une déshydratation du protoplasme. A l’appui de cette thèse, on trouve d’ailleurs quelques faits expérimentaux par eux-mêmes incontestables, mais qui ne prouvent pas que la déshydratation soit la condition nécessaire et suffisante de la narcose. On ne peut tenir pour mieux établie l’opinion pourtant séduisante de Claude Bernard, d’une demi-coagulation protoplasmique, d’une sorte de rétraction jusqu’à un certain point réversible, encore que cette thèse semble cadrer assez bien avec certains aspects du phénomène anesthésique. Nous ne pouvons passer en revue toutes les conceptions diverses qui ont été proposées pour expliquer le mécanisme intime de la narcose. Nous devons toutefois signaler encore la très intéressante opinion de Wieland. Pour ce dernier auteur, il y aurait deux grands groupes d’anesthésiques : le groupe alcool-chloroforme, auquel pourrait s’appliquer assez exactement l’explication lipoïdique de la narcose, et le groupe protoxyde d’azote, éthylène, acétylène, pour lequel il faudrait avant tout tenir compte de l’action « anoxémiante » de ces gaz qui semblent n’endormir qu’en présence d’une quantité limitée d’oxygène et qui, étant doués d’activité réductrice plus ou moins marquée, provoqueraient une sorte de sub-asphyxie bien tolérée dans de certaines conditions. A l’appui de cette conception, Wieland fait valoir l’indifférence anesthésique des êtres anaérobies aux narcotiques de la deuxième série, quelles
- que soient les conditions d’expérience, alors qu’au contraire l’action du groupe alcool-chloroforme est tout à fait marquée. Nous croyons personnellement à la réalité et à la très grande importance des faits signalés par Wieland, mais nous devons néanmoins reconnaître que le protoxyde, l’éthylène et l’acétylène ne constituent pas des exceptions formelles à la loi du coefficient de partage.
- Au terme de cette rapide et nécessairement incomplète revue des principales théories de la narcose, nous voyons donc l’importance primordiale du facteur lipoïdique ou plutôt lipoïdo-protéique, car nous ne devons pas oublier que c’est à ce complexe que nous avons affaire dans la réalité. Or, puisque les lipoïdes-protéides sont le substratum de la narcose, pouvons-nous avoir une idée de la façon dont ils sont impressionnés par l’anesthésique ? Oui, dans une certaine mesure par l’observation objective, photographique de l’action du narcotique sur des éléments nerveux. Si à l’instar de Lapicque et Legendre, nous observons un filet nerveux plongé dans une solution aquëlise d’éther, de chloroforme ou de cocaïne, nous voyons les gaines de myéline changer de réfringence, puis se gonfler considérablement en rétrécissant le cylindre-axe, en même temps que la conductibilité nei’veuse diminue puis disparaît. Si l’on supprime l’agent narcotique, on assiste plus ou moins vite au retour à l’état histologique et physiologique primitif. Il est curieux de constater expérimentalement que l’inhibition fonctionnelle apparaît avec ce gonflement de la substance grasse qu’est la myéline. Nous avons, d’autre part, pu constater qu’il existe un parallélisme très net entre la propriété anesthésique d’un corps et son action de gonflement pour certains colloïdes hydrophobes comme le caoutchouc, action qui est elle-même inversement proportionnelle au pouvoir inducteur spécifique. Cela revient à dire que les liquides anesthésiques (ou les gaz liquéfiés) fournissent des solutions non ionisées qui ne conduisent pas le courant électrique. Peut-être est-ce dans cet isolement électrique par défaut d’ionisation qu’il faut chercher le mécanisme le plus intime de l’inhibition anesthésique. Certains faits tendent à le faire croire, tels l’anesthésie locale produite par l’eau pure ou par les solutions aqueuses non ionisées (glucose) et isolantes. Mais cela est encore du domaine des recherches actuelles et il nous suffira d’avoir indiqué ce dernier point de vue avant d’aborder dans un prochain article l’étude particulière des agents d’anesthésie et les nouvelles techniques de la narcose chirurgicale. Dr Amiot.
- LE RAFFINAGE DU PETROLE
- Le raffinage du pétrole qui était en déclin en France depuis 1904, moment où cette industrie ne fut plus suffisamment protégée par le régime douanier, est en train de renaître.
- Après 1904, avec le régime douanier en vigueur, le raffineur n’avait plus intérêt à traiter l’huile brute en France, et les sociétés pétrolières se bornaient à importer l’essence et les autres produits dérivés du pétrole.
- Une première tentative fut faite en 1919 pour faire renaître chez nous l’industrie du raffinage si précieuse pour l’indépendance économique et militaire du pays. La loi de 1919 créa le régime des usines exercées, c’est-à-dire soumises au contrôle permanent de la douane. L’huile brute y entrait en franchise et les droits n’étaient
- payés que sur les produits finis sortant de l’usine (essence, pétrole, huiles de graissage, etc.) tandis que les produits finis directement importés en France payaient un droit plus élevé que celui auquel était soumis le même produit à la sortie de l’usine exercée. L’écart entre ces droits devait permettre de payer les frais de raffinage. L’écart prévu par la loi de 1919 n’était pas suffisant et la loi ne produisit pas l’effet escompté.
- La loi du 16 mars 1928 a créé une situation nouvelle. Les droits d’importation sur les’ produits dérivés du pétrole ont été élevés à un niveau tel que les sociétés pétrolières ont désormais intérêt à n’importer que du pétrole brut et à le raffiner en France.
- Aussi, depuis 1928, assiste-t-on à l’éclosion d’une nou-
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- velle et importante industrie. De nouvelles raffineries ont été construites, un plus grand nombre est actuellement en voie de construction ou en projet. Trois d’entre elles : celle de Petit-Couronne près de Rouen (Sté Jupiter), celle du Bec d’Ambez (Sté de pétrole de la Gironde), celle de Berre (Raffineries et produits chimiques de Berre, groupe Saint-Gobain) sont actuellement en marche.
- Voici celles qui seront mises en fonctionnement d’ici deux ans environ :
- Dunkerque (Raffinerie de pétrole du Nord), Port-Jérôme (deux raffineries pour la Standard franco-américaine et la Vacuum Oil Cy), Gonfreville sur la Seine (Compagnie française de raffinage), Brest (Brest port pétrolier)," Pauillac (Sté Jupiter), Frontignan (Compagnie industrielle des Pétroles), Berre (Compagnie française de Raffinage), Martigues (Société générale des huiles de pétrole) et Donges (Consommateurs de pétrole). Ces raffineries seront construites avec du matériel moderne livré en partie par des maisons françaises, elles occuperont de la main-d’œuvre française, et seront clientes des fabriques de produits chimiques. Enfin, si les prospections entreprises dans nos colonies sont favorisées par le succès, ainsi qu’il faut l’espérer, nous aurons des techniciens capables de travailler ces huiles. Signalons que les raffineries de la Cie française de Raffinage, filiale de la Cie française des Pétroles, ont pour objectif principal le traitement de la part des pétroles de l’Irak réservée
- BRUT
- Essence
- Pétrole
- Gas.oil
- Spèciaux Essence légers poids lourd
- Raffnagi
- Raffinage
- chimique
- paraffineuse paraffineuse
- J—-n?J r n°2-------
- -/ Fi!tration )
- Huile Gateau
- déparaffinée paraffine
- Huile \
- déparaffinée Paraffine
- Filtration chaude
- — Huile ------
- paraffineuse paraffiné
- Remuage
- Epuration chimiqi
- Paraffine
- Fig. 1. — Tableau des opérations constituant le raffinage du pétrole brut.
- Fig. 2. •— Réservoir à toit flottant.
- Joint'
- Liaison, déformable.
- Cornière
- Paroi au réservoir
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- == 550 -....... -...:.............- =
- à la France par les traités internationaux conclus-à la fin de la guerre.
- Le raffinage du pétrole brut en France aura des répercussions industrielles profondes et réagira sans doute sur les proportions des divers carburants utilisés dans notre pays. En 1930, avec une importation de plus de 3 500 000 tonnes, l’essence est le produit qui domine dans notre consommation de substances dérivées du pétrole. Les autres dérivés, de moindre consommation, étaient, pour la majeure partie, laissés aux pays producteurs. *[. Avec le nouveau régime, les raffineurs devront écouler
- tout ce qui sortira de leurs usines : sous-produits et produits principaux. Des quantité s relativement importantes de gas oil et de mazout devront donc être absorbées par le marché : il en résultera sans doute une baisse de prix, favorable au développement du moteur Diesel et de la * chauffe par brûleurs.
- Il est donc intéressant, au moment où cette industrie nouvelle s’implante en France, d’examiner rapidement les opérations qu’elle exécute. Les raffineries d’aujourd’hui sont très différentes, par leurs dimensions et par leurs procédés, de celles qui fonctionnaient sur no-
- Fig. 3. — Colonne de fractionnement. tre territoire, voici
- un quart de siècle.
- Le raffinage a pour objet, partant d’une huile brute, d’un brut comme on dit habituellement, d’en extraire par distillation et traitement chimique une série de produits, dont les principaux sont : l’essence tourisme, l’essence poids lourd, le pétrole, des solvants, le gas oil, les huiles de graissage, de l’asphalte, et pour certains bruts, de la paraffine.
- Les bruts ont, suivant leurs provenances, des compositions très différentes, tant par la nature des composés que par la proportion relative des diverses fractions qu’on en peut retirer.
- On peut distinguer trois catégories de bruts :
- Les bruts asphaltiques, donnant à la distillation : l’essence, le pétrole, le gas oil, les huiles de graissage et l’asphalte ou brai.
- Les bi’uts paraffineux, dans lesquels l’asphalte est remplacé par la paraffine.
- Les bruts mixtes renfermant de l’asphalte et de la paraffine..
- Les traitements varient avec la nature du brut. Ne pouvant traiter ici tous les cas, nous examinerons celui d’un brut mixte que nous allons suivre depuis son entrée à la raffinerie jusqu’à la sortie de l’usine.
- ALIMENTATION DE LA RAFFINERIE ET STOCKAGE
- Ainsi qu’on a pu le voir à la nomenclature des nouvelles raffineries, ces usines sont placées près des côtes; elles reçoivent le pétrole brut par bateaux citernes, dits « tankers ». Ces bâtiments abordent à un ponton muni de pompes assez puissantes pour pouvoir vider le bateau rapidement. Les pompes aspirent le brut des citernes du tanker et le refoulent vers les réservoirs de stockage. En dehors des quantités nécessaires pour assurer une marche régulière de la raffinerie, les importateurs sont tenus, de par la loi, de maintenir un stock permanent égal au quart de leur importation annuelle. Le stockage de cette huile se fait dans des réservoirs en tôle dont la capacité individuelle peut aller jusqu’à 10 000 tonnes. Ces réservoirs n’étant pas toujours pleins, l’atmosphère qui règne au-dessus du liquide est un mélange d’air et de carbures volatils. L’échauffement diurne provoque une dilatation de cette masse gazeuse : une partie s’en échappe par une soupape ménagée pour éviter toute surpression. Il y a là une perte qui finit par chiffrer. On peut l’éviter par l’emploi de réservoirs à toit mobile. Le toit flotte sur le liquide et suit les mouvements de celui-ci. Autrement dit, l’atmosphère carburée est ici supprimée (fig. 2). La plus grande partie de l’eau contenue dans le brut se dépose au bas du réservoir pendant le stockage, et se sépare ainsi d’elle-même : cette décantation demande un certain temps et il n’est pas rare de laisser l’huile en repos quinze jours ou trois semaines. L’élimination de l’eau est en effet une opération très importante, car une huile trop riche en eau distille mal.
- Du stockage, l’huile est envoyée à la batterie de distillation.
- DISTILLATION
- La distillation s’effectue en vaporisant d’abord l’huile partiellement, puis en fractionnant les diverses portions et en les condensant.
- L’organe de vaporisation est un faisceau tubulaire de forme spéciale dans lequel on fait circuler l’huile brute.
- Ce faisceau tubulaire, appelé pipe still, est placé dans une chambre en matériaux réfractaires; il est chauffé par les gaz chauds provenant soit de la combustion de charbon sur grille, soit de brûleurs alimentés au charbon pulvérisé, au mazout ou aux gaz combustibles produits par la raffinerie.
- Le brut venant froid du stockage passe d’abord dans des échangeurs de chaleur, où il refroidit les fractions qui
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- Essence
- Colonne de fractionnement à pression atmosphérique
- PipeStiH
- Pétrole
- Cas-OH
- Fuel
- Colonne de fractionnement sousyidt
- P'peSti/l
- O,
- Pompe
- Distillation en 2 échelons
- Huile paraffineuse IS?I Huile paraffineuse N?2
- Résidu (asoha lie I
- Fig. 4. — Distillation en deux échelons.
- viennent d’être distillées. Lui-même s’échauffe, et l’on récupère ainsi une partie de la chaleur dépensée sur le pipe still. Le liquide brut ainsi préchauffé est refoulé dans le pipe still.
- On l’y fait circuler rapidement, afin d’assurer une bonne transmission de la chaleur et d’éviter la décomposition de l’huile.
- Les tubes du faisceau tubulaire doivent être facilement démontables, car on est parfois obligé de les changer fréquemment, en raison de l’action corrosive très marquée de certains bruts. La corrosion est surtout due aux composés sulfurés et aux chlorures contenus dans l’huile brute. Les pipe stills sont beaucoup moins encombrants que les anciennes batteries de chaudières horizontales et leur débit est beaucoup plus élevé. Ils présentent de tels avantages qu’un grand nombre de raffineries n’ont pas hésité à les substituer à leurs anciennes batteries.
- Sortant du pipe still, l’huile, partiellement vaporisée, arrive dans une colonne de fractionnement. C’est une tour cylindrique, intérieurement garnie le plus souvent de plateaux munis de tubulures que surmontent des chapeaux de formes diverses. Le mélange de liquide et de vapeur arrivant au bas de la colonne se heurte aux premiers plateaux et il s’y produit une séparation grossière des vapeurs et du liquide. Les vapeurs passent par les orifices des plateaux, montent de plateau en plateau en barbotant dans le liquide retenu par ces derniers. Elles laissent sur chaque plateau leurs constituants les plus lourds et entraînent les parties légères du liquide qu’elles traversent (fig. 3).
- Les vapeurs constituent un flux ascendant, tandis qu’on injecte au haut de la colonne un flux descendant (appelé reflux) de liquide provenant de la condensation d’une partie des vapeurs de tête. Les colonnes à fractionnement sont calorifugées pour éviter des pertes de chaleur, et on les place généralement à l’air libre.
- On règle leur marche par l’injection du reflux qui agit sur la température de sortie des vapeurs. On peut également agir sur la température de sortie des vapeurs en réchauffant le pétrole brut.
- Pour faciliter la distillation, on injecte de la vapeur surchauffée à différents niveaux de la colonne. La tension de vapeur de l’eau s’ajoutant à celle de l’huile permet de distiller à une température moins élevée.
- La distillation peut se faire en un ou plusieurs échelons : dans le premier cas, l’huile brute est distillée dans une seule batterie. C’est le cas le plus fréquent lorsqu’on ne pousse la distillation que, jusqu’au gas oil. La température de l’huile au sortir du pipe still est de 250° à 300°.
- Les fractions obtenues sont en principe : l’essence tourisme, l’essence poids; lourd, les produits spéciaux légers, le pétrole et le gas oil.
- On préfère généralement distiller en plusieurs échelons. Le premier échelon donnera les fractions légères jusqu’au pétrole ou au gas oil; le résidu de distillation, le mazout ou fuel, repasse dans une seconde batterie travaillant sous vide pour éviter la décomposition des carbures à gros poids moléculaire qui forment les huiles de graissage.
- Les fractions obtenues au deuxième échelon seront dans le cas d’un brut mixte : le gas oil, un distillât paraffineux n° 1, un distillât paraffineux n° 2, et un résidu qui constitue le brai ou asphalte (fig. 4).
- Suivant la température de la distillation, le brai
- Fig. 5. — Pipe Still Kellogg. (Phot. Compagnie technique de Pétroles.)
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- obtenu est dur ou mou. On l’envoie dans les monte-jus sous vide, d’où il est mis en fût, ou stocké.
- Les diverses fractions ainsi obtenues sont envoyées au raffinage chimique. Cependant certaines d’entre elles, servant à donner les produits spéciaux légers, c’est à-dire des fractions ayant des limites d’ébullition étroites, sont redistillées avant épuration. Autrement dit, le premier fractionnement a été trop grossier.
- CRACKING
- Ainsi que nous l’avons dit, l’essence est le produit de grande consommation; il faut donc, avec un brut donné,
- tissent en deux grandes classes : le cracking en phase liquide, avec une température de réaction ne dépassant pas 450° et une pression qui peut atteindre jusqu’à 80 kg; le cracking en phase gazeuse, avec une température de réaction supérieure à 450° et une pression relativement faible.
- Le second procédé donne plus de gaz que le premier : le gaz est une perte, par contre l’essence est plus riche en composés aromatiques, à grand pouvoir antidétonant.
- Nous allons décrire très sommairement le principe du cracking en phase liquide.
- L’appareil comprend une chaudière tubulaire du type
- Fig. 6. — Batterie de cracking système Cross.
- (Remarquer à gauche le pipe still, au centre les deux tours de fractionnement, à droite la chambre de réaction horizontale.)
- chercher à en obtenir la quantité maxima. Naguère on ne disposait à cet effet d’autre moyen que de la distillation. On en possède aujourd’hui un nouveau : c’est le cracking.
- Craquer une huilé, c’est soumettre les molécules de grand poids moléculaire à un traitement brutal, qui les scinde, en donnant du gaz, de l’essence, et un résidu plus lourd. Le traitement s’effectue en soumettant à l’action simultanée de la température et de la pression du gas oil ou du fuel léger.
- Les nombreux procédés de cracking en usage se répar-
- pipe still dans laquelle est porté à 450° le produit à craquer, puis une chambre cylindrique dite chambre de réaction. Dans cette chambre, construite pour résister à la pression, se continue la décomposition commencée dans le pipe still; elle n’est pas chauffée, mais calorifugée. Les vapeurs légères qui en sortent passent dans un dispositif de fractionnement et de condensation. Le liquide non vaporisé, qui est plus lourd, se dépose dans la chambre de réaction; on le soutire aussitôt, car il se décomposerait rapidement avec formation de coke qui remplirait la chambre de réaction. On ne peut empêcher complètement cette for-
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- Colonne
- Raffinage continu de l’essence
- Pompage au dehors
- Trous des boulons de fixation -
- Trous de mélange
- dit!
- B A
- Disques de mélange
- Chicanes de mélange
- Fig. 7. — Raffinage continu de l’essence.
- mation de coke; aussi les installations de cracking doivent-elles être arrêtées périodiquement pour nettoyage. Le rendement en essence varie de 50 à 60 pour 100.
- Sans trop vouloir anticiper sur l’avenir, on peut se demander si les procédés de cracking, très nombreux actuellement, pourront subsister longtemps. La tendance actuelle est à l’alourdissement des carburants et, avec le développement du Diesel, il est fort possible que, dans quelques années, la demande de gas oil ait pris assez d’ampleur pour obliger le raflineur à renverser la méthode du cracking et à faire des carbures lourds en partant de carbures légers.
- RAFFINAGE CHIMIQUE
- ^Examinons maintenant le traitement subi par chacune des fractions venant soit de la distillation, soit du cracking.
- Les produits obtenus à ce stade ne sont pas encore vendables. Leur odeur est désagréable, leur couleur déplaisante; ils ne sont pas stables, enfin ils renferment des composés sulfurés et des carbures non saturés qu’il faut éliminer.
- Le traitement chimique fera disparaître ces défauts.
- Pour les produits de faible viscosité, les appareils employés dans les raffineries modernes sont continus, c’est-à-dire travaillent sans interruption.
- Le type le plus courant est l’appareil à colonnes (fig. 7). Il faut mélanger l’essence avec le réactif, puis laisser décanter l’excès de réactif et les boues formées, ensuite laver avec de l’eau et, s’il y a lieu, recommencer l’opération avec un autre réactif.
- Le mélange avec le réactif se fait par passage dans une colonne étroite dont l’intérieur est muni de chicanes ou de cloisons percées d’orifices étroits. Le liquide est brassé énergiquement et le mélange, rendu intime, passe ensuite dans les colonnes beaucoup plus larges, sa vitesse est suffisamment réduite pour que le réactif et les boues se séparent par gravité malgré le mouvement ascendant de l’essence. Dans une colonne suivante, une pluie d’eau lave l’essence à contre-courant.
- Une installation se compose d’autant de ces éléments mélangeurs et décanteurs qu’il y a de traitements à effectuer, ce qui dépend du produit traité. On reproche à ce système d’exiger une assez forte dépense d’énergie pour le mélange des réactifs. La résistance des colonnes mélangeuses oblige à travailler avec des pompes relativement puissantes.
- Nous mentionnerons ici un nouvel appareil qui consomme moins d’énergie ( fig. 8). Cette installation comprend une série d’éléments identiques composés d’un bac d’agitation réalisant une émulsion entre le réactif et
- l’essence par brassage avec un arbre muni de palettes, et d’un décanteur communiquant avec le bac précédent. Le liquide se sépare dans le décanteur en trois couches : une couche supérieure, qui est de l’essence allant au bac d’agitation de l’élément voisin, une couche médiane formée d’émulsion, enfin une couche inférieure formée par le réactif et qui est aspirée par le bac agitateur de telle sorte que le réactif décrit un cycle fermé.
- Le battage énergique assure un bon contact avec le réactif d’où une consommation moindre de ce dernier.
- En ce qui concerne les réactifs employés et leur quantité, on ne peut rien dire de précis. Tout dépend du brut traité et de la fraction considérée. Pour les produits jusqu’au pétrole, c’est soit un traitement à la soude ou à l’hypochlorite de chaux, soit un traitement à l’acide suivi de lavage et d’un traitement au plombite de soude.
- Les produits épurés sont vendus directement, ou convenablement mélangés pour répondre aux caractéristiques imposées.
- Fig. 8. — Appareil de raffinage Holley-Moll.
- Arrivée de réactif
- Réactif neuf
- Arbre a
- Essence décantée
- -.mulsion
- Réactif* ^agé
- usagé
- Circulation dans 2 éléments voisins
- Réactif
- Appareil Holley-Mott
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- Air
- comprimé
- Réactif
- Tuyauterie à mousse (incendie)
- Tuyauterie de vapeur (incendie)
- Supports
- Drainage
- Fig. 9. — Batteur pour raffinage des huiles.
- Le gas oil n’est pas épuré. Il est vendu tel quel pour les moteurs Diesel.
- LES HUILES DE GRAISSAGE
- La distillation au deuxième échelon donne : du gas oil, de l’huile paraflineuse n° 1, de l’huile paraflineuse n° 2.
- Ce sont ces deux huiles qui, après déparaffinage et redistillatîon constituent les huiles de graissage.
- Déparaffinage. — Outre sa valeur marchande qui justifie le déparaffinage, ce traitement est rendu nécessaire par le fait que la solubilité de la paraffine dans l’huile diminue considérablement au voisinage de 0°, ce qui rend l’huile trop visqueuse pour avoir un graissage satisfaisant.
- Dans l’huile paraflineuse n° 1, la paraffine est cristallisée en cristaux suffisamment, gros pour pouvoir être retenus par les toiles des filtres-presses. La séparation consiste donc à refroidir cette huile paraflineuse jusqu’à — 10°' dans des cristalliseurs spéciaux au moyen d’une circulation de saumure froide, puis de filtrer. On obtient
- Fig. 10. — Batterie de centrifugeuses Sharpless à la Vacuum Oil C° à Paulsbord (N. I.). (Ph. Compagnie technique des Pétroles.)
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- une huile déparaffinée n° 1 et un gâteau de paraffine contenant encore de l’huile, c’est pourquoi on refond le gâteau paraffineux, on le fait cristalliser à 25° et on filtre à nouveau. La paraffine obtenue est alors coulée sur la grille de bacs de grande surface, de façon à former une couche mince. Pour cela ces bacs sont remplis d’eau jusqu’à la grille; on laisse refroidir, on évacue l’eau et par une élévation très progressive de la température l’huile suinte d’abord, ce qui permet d’obtenir une paraffine exempte d’huile. C’est le ressuage.
- Dans l’huile paraffineuse n° 2 qui distille à plus haute température que l’huile n° 1, des substances asphaltiques empêchent la formation de gros cristaux et on ne peut plus séparer la paraffine par filtration. On opère par centrifugation. L’huile paraffineuse, additionnée d’une essence spéciale pour avoir une densité voulue, est refroidie à — 30°, et passe dans des supercentrifugeuses Sharpless (fig. 10) qui tournent à 15 000 tours par minute. Dans ce milieu, la paraffine, étant plus lourde, sort de la supercentrifugeuse après avoir été ramollie par de l’eau chaude, elle contient encore de l’essence que l’on chasse. Puis on effectue un traitement chimique et une opération de ressuage.
- En sortant du ressuage, la paraffine sera stockée après un dernier traitement (acide sulfurique, terres décolorantes et filtration). L’huile sortant de la centrifugeuse est libérée de son essence qui servira à nouveau. Cette huile désessenciée est envoyée avec l’huile déparaffinée venant des filtres-presses à une unité de distillation, sous vide où on obtient des fractions de viscosités dë plus en plus grandes. Ces fractions serviront de base aux lubrifiants commerciaux.
- RAFFINAGE DES HUILES
- C’est une opération difficile. Il n’y a aucune règle bien définie. Chaque raffinerie a ses procédés soumis eux-
- mêmes à de nombreuses variations. Ce traitement se fait en liaison étroite avec le laboratoire de contrôle.
- Les appareils dans lesquels s’effectue le traitement sont appelés batteurs (fig. 9). Ce sont des réservoirs cylindriques à fond conique dans lesquels on brasse l’huile avec le réactif; c’est le battage. Il y a en principe un ou plusieurs traitements à l’acide suivis d’un traitement alcalin (soude, carbonate de soude) avec terres décolorantes.
- Le brassage s’effectue avec de l’air comprimé injecté au bas de l’appareil. Le battage terminé, on laisse reposer, les goudrons formés décantent. Dans le cas du traitement acide, ces goudrons qui durcissent rapidement sont évacués aussitôt que possible. Le batteur acide qui est revêtu de plomb est placé au-dessus du batteur alcalin. Le traitement à la soude donne souvent des émulsions difficiles à détruire. Si l’on bat avec des terres décolorantes, on éliminera la terre par passage aux filtres-presses. L’huile est ensuite stockée après un dernier contrôle du laboratoire.
- SERVICES GÉNÉRAUX
- Une raffinerie comprend nécessairement : une centrale à vapeur, une centrale frigorifique dans le cas de déparaffinage, un service de protection contre l’incendie particulièrement important, des laboratoires, et un service de stockage et d’expédition permettant la manipulation de plusieurs centaines de tonnes de produits par jour.
- *
- * *
- Bien que très sommaire, nous espérons que cet exposé aura rdonné au lecteur une idée "de l’importance et de la complexité rde la technique du raffinage du pétrole.
- R. Deullin.
- METHODES DE CONSTRUCTIONS MODERNES
- Dans les grandes villes de France, et en particulier dans Paris, on ne voit que chantiers et travaux.
- Le problème angoissant du logement urbain a, en effet, depuis quelques années poussé très fortement à la construction.
- Cette nécessité de construire beaucoup et de construire vite, tout en faisant solide, a conduit les architectes et les entrepreneurs à employer des méthodes nouvelles et à utiliser des matériaux nouveaux, eux aussi.
- Nous avons été assez longs, en France, à modifier nos habitudes, et nous ayons dû nous inspirer des applications faites tout d’abord en Amérique du Nord et en Allemagne.
- Mais ce retard est maintenant rattrapé ainsi que le prouvent plusieurs chantiers importants actuellement en cours dans Paris, pour ne citer que ceux-là.
- Fouilles. — Le travail de fouille s’exécute toujours mécaniquement dès qu’il s’agit de chantiers tant soit peu importants. On a recours pour cela à différents types
- d’exacavateurs munis soit de bennes preneuses si l’on travaille en terrain mou, soit de pelles dans les autres cas. Ces derniers appareils sont généralement transformables pour pouvoir travailler soit en butte, soit en fouille. Ils sont presque tous montés sur chenilles et sont automoteurs de façon à se déplacer au fur et à mesure de l’avancement du travail. Leur emploi est économique, car le déblai puisé est directement déversé dans les camions qui doivent l’évacuer.
- A signaler aussi, l’emploi de plus en plus fréquent de pieux en béton dont la base est élargie en refoulant, sous les tubes de fonçage, du béton qui est fortement damé par pilonnage.
- Construction. — Dans le domaine de la construction proprement dite, deux écoles se trouvent en présence : le béton armé et la charpente métallique. L’une et l’autre présentent naturellement des avantages et des inconvénients. Un des intérêts principaux de la charpente métal-
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- liques est sa grande rapidité d’exécution. Ceci est important, car on réduit ainsi les intérêts intercalaires du capital momentanément inemployé. En effet, pendant que s’exécutent les fouilles et tout le travail préparatoire, on peut construire en usine les éléments de charpente qui seront rapidement assemblés sur place. Ceci n’est évidemment pas possible avec le béton pour lequel il faut prévoir, en outre, un temps assez long avant le décoffrage, c’est-à-dire avant que l’on puisse retirer les planches ayant servi en somme de moule à la bâtisse.
- Quelle que soit la méthode adoptée (béton ou acier), on tend de plus en plus à constituer d’abord une carcasse ou charpente générale dont les espaces libres sont garnis d’un simple remplissage en matières diverses. Ce remplissage est fréquemment en briques, auxquelles on reproche d’ailleurs leur poids; mais on tend à le faire, comme les Américains, en matériaux légers. On utilise soit le béton cellulaire, c’est-à-dire un béton préparé en y mélangeant des produits qui, sous l’action de l’eau, dégagent des gaz rendant l’ensemble poreux quoique résistant (1), soit des plaques de liège comprimé ou de paille ignifugée.
- Un produit intéressant pour ce genre d’application est le Celotex. On désigne sous ce nom la bagasse de canne à sucre chimiquement traitée pour ne conserver que la cellulose. Le Celotex est absolument imputrescible et incombustible.
- Lorsque l’on emploie le béton cellulaire, il suffit de faire extérieurement un léger enduit au ciment; si l’on utilise les autres produits, on tend à l’extérieur une couche d’un treillis métallique (en acier) léger, désigné sous le nom de métal déployé (à cause de son mode de fabrication) et l’on projette sur ce support, au moyen du cernent-gun, ou canon à ciment, un enduit dont la surface reste légèrement rugueuse comme l’enduit des maisons basques.
- On ménage parfois un matelas d’air de quelques centimètres entre le produit de remplissage et l’enduit de ciment, quoique ceci soit loin d’être indispensable.
- Dans ce cas l’enduit se fait aussi facilement au « cement-gun » même sans coffrage en ayant seulement soin de diriger le jet de l’appareil obliquement par rapport aux mailles du métal déployé.
- Tous ces murs sont absolument parfaits : n’ayant aucune
- Lattis U
- Plâtre
- Matelas
- d'air
- Ciment
- projeté
- Matériau
- isolant
- Matériau
- isolant
- Fig. 1. — Coupes schématiques de murs en matériaux isolants.
- fatigue à subir (puisque la carcasse béton ou acier doit supporter l’ensemble du bâtiment), ils n’ont pas besoin
- 1. Fréquemment les blocs de béton cellulaires sont creux, les moules de fabrication étant prévus en conséquence.
- d’avoir une résistance spéciale à la compression et, d’autre part, ils sont aussi isothermes et aussi insonores que des murs de briques de 0 m 35, ou des murs de maçonnerie de 0 m 50 : l’expérience, longue de plusieurs années, est là pour le prouver.
- Enfin, ils permettent, lorsqu’il y a matelas d’air, de faire passer dans cet espace les canalisations d’eau, gaz, chauffage et électricité.
- Enfin, à l’intérieur, on exécute un enduit au plâtre comme d’habitude dans les constructions ordinaires.
- Très souvent, dans les immeubles de luxe, on garnit extérieurement le revêtement d’un voile léger en pierres de taille qui donnent à l’ensemble l’aspect des constructions faites entièrement avec ce matériau.
- Les planchers, lorsqu’il s’agit de construction en béton, sont coulés de la même façon que la carcasse et souvent en même temps qu’elle. Dans le cas d’une construction métallique, ces planchers sont parfois en corps creux céramiques, ce qui oblige à rapprocher assez les fers ou le béton armé reposant sur les I.
- On exécute pour les deux systèmes un ferraillage régulier en petits fers ronds régulièrement espacés. Mais ce travail est long, aussi emploie-t-on de plus en plus un treillis tout fait qui arrive en plaques dont la pose est simple et rapide, puisqu’il n’y a pratiquement aucune attache à exécuter. Ce treillis est généralement du métal déployé à mailles plus grandes et à section plus forte que celui dont il a été parlé plus haut pour les revêtements.
- Un gros travail qui occasionne des dépenses de main-d’œuvre importantes ainsi que des frais de matériaux est l’établissement du coffrage formant moule de fabrication des planchers. On a expérimenté de nombreux procédés pour supprimer ce coffrage et il faut retenir comme particulièrement intéressant et économique le système suivant.
- On dispose sur les poutres une nappe de lattis métallique en acier à mailles fines et très rigides; sur ce lattis et à une distance de 1 cm 1/2 à 2 cm (que l’on obtient facilement comme on le fait lorsqu’il y a un coffrage, au moyen de pierres ou mieux de cales en tôle formant V renversé), on dispose le treillis d’armature. Sur l’ensemble ainsi constitué on verse le béton qui est damé de la façon courante. Le lattis métallique laisse bien passer quelque peu de béton, mais en très faible quantité, et cette perte est largement compensée par les économies réalisées en supprimant les travaux de coffrage et de décoffrage.
- Cette méthode est couramment employée en Amérique et elle commence à se répandre en France.
- Enfin les plafonds sont exécutés toujours en plâtre, mais on abandonne la latte en bois, longue à poser, pour la remplacer par des sortes de nattes en roseau qui se fixent rapidement. On utilise aussi des lattis métalliques (enduits d’un lait de ciment pour éviter les taches de rouille) de sorte que l’on obtient ainsi un ensemble rigoureusement incombustible et infissurable.
- Le parquet en bois est fréquemment abandonné pour être remplacé par des compositions spéciales s’étendant comme du ciment et donnant un sol sans rainures, parfaitement lisse, pouvant être ciré et agréable à l’œil.
- Menuiserie. — Notons la tendance à utiliser la menuiserie métallique en tôle emboutie qui possède 1 avantage
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- de ne pas jouer, de ne pas.se fendiller. Les fenêtres s’ouvrent généralement suivant le système à guillotine ; quant aux portes intérieures, elles sont presque toujours coulissantes à l’intérieur des cloisons, de façon à économiser de la place. On utilise également de plus en plus les angles de cloisons en tôle emboutie et munis de pattes de scellement. La figure 2 représente un morceau d’un de ces protège-angles qui remplacent les anciennes baguettes en bois se détériorant rapidement et dont le scellement n’était pas solide.
- Aménagements intérieurs. — Là aussi, de nombreux perfectionnements de détails ont été réalisés, perfectionnements qui tendent à simplifier les lignes de façon à éviter les accumulations de poussières. L’emploi des peintures laquées, le plus souvent étendues au pistolet à air comprimé, se généralise. Cette méthode permet d’obtenir des surfaces parfaites et d’effectuer très rapidement le travail.
- Le matériel sanitaire s’est également simplifié tout en devenant plus pratique; par exemple on préfère maintenant les baignoires à bords relativement peu élevés et en matière céramique vernissée dont les côtés tombent verticalement jusqu’au plancher. Il ne peut donc s’accumuler de poussière sous l’appareil.
- Bref, on bâtit maintenant d’une façon plus économique, toutes choses égales d’ailleurs, des maisons plus solides, aussi confortables et plus hygiénique*5- Fig. 2. — Angle
- J’ S. de cloison en tôle emboutie.
- LA MICROPHOTOGRAPHIE DES BROUILLARDS
- Fig. 1. •— Le microscope spécial qui a permis d'observer et de photographier les particules de brouillard.
- Le brouillard compromet notre santé et notre bien-être; il paralyse les moyens de transport et les rend périlleux surtout sur mer et dans les airs. Pour le combattre il faut le connaître à fond; or, l’étudier veut dire en rendre visibles et examiner les particules constituantes, ce qui, faute d’une méthode appropriée, ne pouvait jusqu’ici se faire.
- Deux savants américains, Mr. Henry G. Houghton, Jr., et le Dr J. A. Stratton, aux laboratoires d’essai du Massachusetts Institute of Technology, à Round Hill. Mass.,
- viennent de mettre au point une nouvelle méthode permettant non seulement de discerner et d’examiner, mais encore de photographier les particules du brouillard. Grâce à cette méthode, ils ont pu en étudier les différentes variétés.
- Les principales difficultés s’opposant à ce genre d’études étaient dues surtout aux conditions d’éclairage, à la petitesse et à la mobilité des particules. Intermédiaires entre 1 et 20 millièmes de millimètre (microns), ces particules, à la limite inférieure, n’ont qu’un diamètre à peine supérieur aux longueurs d’onde de la lumière rouge. Aussi, a-t-il fallu construire un nouveau microscope, muni du dispositif d’éclairage visible sur la figure 2.
- Ce dispositif, à la gauche du microscope, consiste essentiellement en une lampe à arc portée par un sup-
- Fig. 2. — L'examen et la. photographie des particules de brouillard.
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- Fig. 8. — Les premières reproductions microphotographiques de gouttelettes de brouillard.
- port approprié. La lumière de cette lampe, passant à travers un système compliqué de lentilles, à l’intérieur d’un tube vertical, au-dessous du microscope, va illuminer les gouttelettes de brouillard avec assez d’intensité pour permettre de les examiner et de les photographier.
- Passant sur le verre du microscope, les particules y sont retenues par une couche de matière visqueuse; on les capte comme les insectes avec un papier gluant.
- Le verre du microscope comporte une échelle en traits lins, graduée en microns. La lumière de la lampe éclaire échelle et gouttelettes, tout en laissant le fond dans l’obscurité. L’observateur éprouve une impression semblable à celle que donne la contemplation du firmament. 11 apparaît subdivisé en bandes étroites, que traversent des planètes de diverses grandeurs. On peut donc déterminer d’un coup d’œil la grosseur des particules de brouillard, en comptant le nombre de divisions qu’embrasse leur diamètre. Ce procédé est très rapide; il
- permet de mesurer en quelques minutes plus d’une centaine de particules.
- C’est ainsi qu’on a pu constater que tout brouillard se compose de particules de différentes grosseurs, mais parmi lesquelles prédomine une grosseur déterminée, variable d’un genre de brouillard à l’autre. Cette constatation est en désaccord avec l’hypothèse reçue, suivant jaquelle les gouttelettes de brouillard seraient d’une grosseur constante.
- D’autre part, on a observé que les brouillards formés de particules relativement grandes donnent le plus facilement passage à la lumière rouge. Un brouillard composé de gouttelettes très fines, au contraire, oppose un minimum de résistance à la lumière verte. Ces observations font voir que les signaux optiques, destinés à pénétrer à travers un brouillard donné, doivent avoir une couleur correspondant à la composition de celui-ci.
- On sait depuis longtemps qu’aucun brouillard ne peut se former dans l’air parfaitement pur. Il faut, en effet, que l’atmosphère soit remplie de particules fines, constituant les noyaux de condensation des fines gouttelettes. Les recherches des deux savants américains ont fait voir que la cause de la plupart des brouillards en mer réside dans les particules invisibles de sel que les vagues, en se brisant, projettent dans l’air. Ces particules sont assez fines pour pouvoir flotter indéfiniment dans l’air.
- D’autre part, on a établi que l’humidité des brouillards n’est pas toujours totale. Dans un cas donné, on a constaté qu’un brouillard particulièrement lourd possédait une humidité de 90 pour 100. On en doit conclure que les minces particules salines qui constituent les noyaux des gouttelettes sont hygroscopiques, c’est-à-dire qu’elles aspirent l’eau d’un air non saturé d’humidité.
- Les photographies des gouttelettes de brouillard, les premières qu’on ait jamais prises, permettent naturellement de mesurer celles-ci avec une précision bien supérieure à celle de l’observation directe au microscope.
- Dr Alfred Gradenwitz.
- L’OXY-COUPAGE SOUS L’EAU
- Peu de nos lecteurs ignorent encore qu’à l’heure actuelle on réussit à sectionner, au moyen du chalumeau, des tôles, des plaques et des pièces d’acier ou de fonte, quelle qu’en soit l’épaisseur; on sait moins que ce même outil permet aujourd’hui également le coupage sous l’eau.
- Réaliser une flamme dans un milieu liquide était un objectif déjà assez osé par lui seul; qu’en outre, il devînt possible de découper sous 10 m d’eau des tôles de forte épaisseur, 6 cm pour fixer les idées, beaucoup d’incrédulité aurait sans doute accompagné la surprise provoquée par cette découverte ! Et pourtant, malgré les difficultés que l’on craignait ou qui ont été rencontrées, le découpage sous-marin est acquis aujourd’hui à la pratique des travaux maritimes.
- On ne saurait toutefois comparer ce travail à celui du chalumeau-coupeur ordinaire en plein air, et il est bon
- d’exposer tout d’abord l’essentiel du mécanisme de l’opération dans un cas comme dans l’autre; son point de départ est une expérience de chimie connue : la combustion du fer dans un ballon d’oxygène pur; si on plonge dans l’oxygène un fil d’acier dont l’extrémité a été préalablement chauffée au rouge blanc, la combustion commence en projetant des étincelles et se continue de même jusqu’à destruction complète du métal.
- On voit qu’il est indispensable d’amorcer la réaction en créant un premier point d’ignition et c’est pourquoi les chalumeaux-coupeur s comportent, d’une part, une amenée d’oxygène pur et, d’autre part, une flamme « chauffante » destinée à entretenir la réaction; la chaleur de combustion du fer se transmet bien, il est vrai, à la portion suivante de la ligne de coupe, mais insuffisamment, tandis que cette flamme additionnelle
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- obtenue généralement en brûlant de l’acétylène, compense les pertes dues au milieu où l’on opère.
- Par ce dispositif, on obtient très économiquement, à l’air libre et dans des pièces d’acier dont l’épaisseur peut dépasser 800 mm, une saignée étroite, rapide et relativement précise; mais il fallait transformer ce chalumeau-coupeur pour le faire servir au sectionnement de pièces métalliques immergées paralysant ou gênant la navigation dans les fleuves, les estuaires, les passes maritimes ou autres : coques torpillées, bateaux sombrés, pieux de batardeaux dits palplanches en acier, etc.
- On doit observer que la flamme de chauffe oxy-acéty-lénique décrite ci-avant est stable dans l’eau : car elle est obtenue avec des gaz sous pression et en s’échappant ceux-ci refoulent le liquide qui, de son côté, tend à la gagner et à l’éteindre; enfin, elle est alimentée en oxygène sans qu’il soit nécessaire de l’emprunter à l’air de la surface.
- De toute façon, il fallait éviter que l’eau ne provoquât le «décollement» de la flamme; à cette intention, on a eu tout d’abord recours à 1’artifice que voici : on plaçait, autour du bec du chalumeau, une sorte de petite cloche dans laquelle débouchait un jet d’air comprimé; la flamme se propageait ainsi sous l’eau dans une véritable gaine d’air, cet air comprimé ayant encore pour effet secondaire de chasser l’eau de la partie métallique à chauffer et à tronçonner.
- Longtemps seul employé, ce dispositif présentait l’inconvénient grave de compliquer l’ensemble de l’appareillage mis au service du scaphandrier puisque, outre l’air pour la respiration et les gaz indispensables au découpage, on devait envoyer cet air sous pression par une autre canalisation au chalumeau.
- Un récent dispositif simplifie le chalumeau-coupeur sous-marin par la suppression de toute adduction d’air comprimé protégeant la flamme comme on le voit sur les figures 1 et 2; la flamme de chauffe et le jet d’oxygène central débouchent tout simplement au fond d’une petite cuvette d’une dizaine de millimètres de hauteur; cette cavité a pour rôle, grâce aux produits de la combus-
- Fig. 2. — Le nouveau chalumeau oxy-acétylénique pour découper sous l’eau.
- Fig. 1. — Schéma du chalumeau-coupeur sous l’eau. Détails de la tête de l'allumeur.
- tion qui ne cessent de la remplir et d’en déborder, de refouler continuellement l’eau des abords des orifices et de découvrir du même coup la surface de la pièce à découper juste au point intéressé.
- Avec ce modèle, on découpe sous l’eau, sans trop de difficultés, jusqu’à une profondeur de 10 à 12 m; pour compléter le système, on y adjoint un moyen d’allumer et de rallumer la flamme sous la couche liquide; c’est tantôt une petite veilleuse à l’acétylène, agencée pour ne pouvoir s’éteindre, que l’on approche, puis éloigne du bec du chalumeau, selon nécessité, tantôt l’étincelle électrique ou enfin de minuscules cartouches spéciales.
- Mais si l’épave ou les pièces sont à plus de 10 m au-dessous de la surface, la nécessité d’augmenter la pression des gaz pour équilibrer la hauteur d’eau oblige à ne plus utiliser la flamme par l’acétylène ; étant donné les propriétés dangereuses de l’acétylène qui, d’une façon absolue, ne doit jamais être comprimé au delà de 1 kg 500 (15 m d’eau), il y a lieu d’y substituer le chalumeau dit oxy-électrique.
- Ce dernier met en œuvre un matériel comprenant principalement un générateur pour production du courant et des tubes d’oxygène comprimé pour alimenter le jet de coupe; le chauffage s’obtient par l’arc électrique et, comme dans le cas précédent, l’oxygène sert au tronçonnement.
- Quel que soit le système à appliquer selon les cas d’espèce, il faut remarquer que ces travaux, bien que de plus en plus fréquents, ne doivent cependant être confiés qu’à un personnel spécialisé, possédant les notions techniques indispensables et une certaine expérience et, de plus, habitué à la plongée et à ses difficultés.
- En eau douce, on utilise surtout l’oxy-coupage pour se débarrasser des palplanches des batardeaux, ce qu’on
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- Fig. 3. — Le plongeur Pouliquen démontrant la possibilité du découpage sous l’eau.
- appelle le recépage des pieux; en général elles ont de 12 à 20 mm d’épaisseur et le plus fort travail réside dans le coupage des nœuds ou joints qui, par suite du séjour dans l’eau, sont pleins de sable et de rouille, ce qui ne facilite guère le sectionnement.
- On recourt à ce procédé lorsque, pour une raison ou pour une autre, il n’est pas possible d’arracher les pal-planches après achèvement de l’entreprise pour laquelle elles avaient été battues ou posées.
- A titre d’exemple, un travail de ce genre mené à bien permit de retirer les palplanches ayant protégé la construction d’un quai sur la Meuse; elles étaient fixées sur un fond de béton, au niveau duquel il fallait les araser; afin de satisfaire à cette condition, le scaphandrier-coupeur travaillait couché et, étant donné les courants violents qui régnaient à cet endroit, il fut entraîné plusieurs fois et remonté à la surface avec tout son matériel, bien malgré lui on s’en doute; voici le matériel qui fut réuni lors de cette opération : bouteilles d’oxygène, d’acétylène, pompes d’alimentation d’air, accessoires et tuyauteries, etc., installé sur un chaland afin de se déplacer facilement selon les besoins (fig. 5).
- Lors de la réparation d’un autre batardeau, pour la digue d’un port de mer en construction, qu’un abordage
- Fig. 5. — Le matériel rudimentaire employé pour réparer un autre batardeau abordé.
- avait en partie défoncé (fig. 4), on fit venir une équipe de scaphandriers spécialistes et on mouilla sur place un chaland portant le matériel nécessaire oxy-élec-trique; les électrodes étaient en charbon; elles avaient la forme d’une baguette prismatique de 30 cm de long où étaient percés deux petits conduits pour le passage de l’oxygène sur toute la longueur; ces deux jets d’oxygène creusaient par conséquent une très large saignée au travers du métal.
- Quand le sectionnement fut terminé sur toute la longueur du mur de palplanches à supprimer, il fallut en partager l’ensemble en sections pour s’en débarrasser plus aisément et faire place nette ; dans ce but, trois coupes furent exécutées verticalement tous les 15 m environ; dans chaque partie ainsi obtenue, on pratiqua aisément des trous où furent passés de solides câbles d’acier que, pendant une marée basse, on élingua serrés sur des chalands; à marée montante, ceux-ci s’élevaient en soulevant du même coup toute la section
- Fig. 4. — Enlèvement d'un batardeau en palplanches métalliques.
- qui fut à ce moment remorquée en pleine mer où on la laissa enfin couler à fond.
- On voit que la réalisation de coupes sur fer et acier par un chalumeau-coupeur n’est pas simplement une assez séduisante curiosité, mais que ces problèmes constituent une des plus intéressantes techniques de l’heure présente; spécialement pour ce qui concerne les ports, la soudure autogène dont l’oxy-coupage n’est qu’un dérivé s’étend tantôt à la démolition, tantôt à la réfection de toute partie métallique des navires : étraves, étambots, coque ou membrure.
- Ce sont là des procédés qui, rapides, ont l’immense avantage de réduire au minimum le temps d’immobilisation des paquebots, facteur d’une importance considérable ; d’autre part, on peut se féliciter de ce que l’usage de ces chalumeaux et de ces dispositifs électriques soit devenu, dans quelques villes maritimes, une spécialité à laquelle sont rompus les ateliers des réparateurs, où se rencontrent la compétence et la pratique indispensables.
- G. Franche.
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- BEURRE BLANC, BEURRE JAUNE
- Nous ne croyons pas nous tromper beaucoup en affirmant que, généralement, les consommateurs préfèrent le beurre qui a une belle teinte jaune.
- Quelle peut être la raison de cette préférence ? Est-ce pure imagination, illusion, simple question d’esthétique, ou bien la couleur blanche amène-t-elle trop facilement à penser à la graisse animale ordinaire, qui constitue la base de la margarine du commerce ?
- Peu importe, et examinons la chose un peu à fond.
- La couleur naturelle du beurre varie du jaune bouton-d’or plus ou moins accentué, au « presque blanc », les deux extrêmes se produisant au printemps pour le premier, à la fin de l’automne, et surtout en hiver, pour le second. Quant à la note intermédiaire, c’est-à-dire la teinte plus ou moins pâle, on peut la rencontrer en plein été, lorsque les pâtures sont desséchées.
- Il vient donc naturellement à l’idée que le régime alimentaire saisonnier des vaches a quelque influence sur la différence de coloration.
- Mais celle-ci ne doit pas être seule envisagée, car elle marche souvent de pair avec les caractères organoleptiques du beurre, placés, eux aussi, sous la dépendance des aliments absorbés par les laitières.
- Autrement dit, la teinte jaune ne flatte pas seulement l’œil, elle est encore un indice probable de bonne qualité.
- Ceux, ou plutôt celles qui achètent leur beurre aux fermières fabriquant elles-mêmes et vendant sur les marchés locaux, ont certainement constaté que, si l’hiver le produit est généralement bien moins coloré qu’au printemps, il a aussi moins de saveur, moins dè finesse et d’onctuosité.
- Certes, il n’est pas impossible de trouver du bon beurre parmi les peu colorés, mais les meilleurs ne se rencontrent guère que chez les plus jaunes, c’est-à-dire tels qu’on les obtient au printemps.
- A cette époque, l’herbe fraîche que mangent les vaches fournit à l’émonctoire mammaire non seulement des pigments, mais aussi des principes sapides qui font défaut, ou qui sont fort altérés, dans les provendes du régime sec d’hiver.
- Toutefois, la nature des aliments ne doit pas être seule invoquée.
- Ainsi, il est des races bovines, et même des individus dans une race donnée, dont le beurre se décolore moins par l’alimentation; telles sont, par exemple, les vaches jersiaises, bretonnes, normandes, en opposition avec les vaches comtoises, hollandaises, etc.
- En général, les races dont le lait est plus ou moins jaunâtre, très crémeux, riche en matière grasse, donnent presque toujours le beurre le plus coloré, et aussi le plus sapide.
- Les jeunes bêtes fournissent des globules gras plus jaunes et aussi plus moelleux, plus fins, plus aromatiques, que les vieilles.
- Le beurre du début de la période de lactation (vache fraîche vêlée) est plus coloré que celui de la fin; sa finesse de goût diminue aussi progressivement alors que s’accroît sa consistance.
- Dans le premier cas, il est probable qu’il se produit, au cours de la période de non-lactation, une accumulation du pigment jaune dans la graisse corporelle, accumulation suivie d’un catabolisme et d’une sécrétion de cette graisse dans le premier lait après le vêlage. On sait que le colostrum, ou premier liquide sécrété par la mamelle après l’accouchement, est fortement coloré, ce qui tient à la couleur de sa matière grasse, qui contient une grande proportion de lipochrome.
- Les gros globules butyreux du lait sont plus colorés, et
- aussi plus riches en glycérides èt acides volatils que les petits ; ils donnent donc un meilleur beurre, et plus foncé.
- Mais l’abondance des gros globules dans la liqueur lactée paraît être plutôt une question de race.
- On cite, comme fournissant du lait riche en gros globules, les races Jersey, Guernesey, Shorthorn; à globules moyens, bretonne, montbéliarde, Schwitz; à petits globules, femeline, flamande, casseloise, hollandaise.
- Mais revenons aux aliments qu’absorbent les vaches.
- Les herbes jeunes et tendres broutées au printemps renferment des principes jaunes, carotine et xanthophylle, qui colorent les globules gras du lait; des huiles essentielles très assimilables; des principes sapides qui, en dehors de la fermentation préalable de la crème, avant le barattage, communiquent à la matière grasse du lait l’arome et la finesse du goût si recherchés dans le beurre par les consommateurs.
- L’oléine prédomine sur les autres constituants gras, et tend à conserver au beurre une certaine onctuosité. On sait, d’ailleurs, qu’elle sert, en général, de véhicule aux huiles essentielles et aux composés aromatiques.
- Les jeunes tissus végétaux renferment encore la vitamine A, soluble dans les graisses, et de la lécithine. Ils sont aussi plus riches en matières albuminoïdes digestibles.
- Peut-être une meilleure hygiène des animaux vivant au grand air n’est-elle pas sans avoir quelque heureuse répercussion sur les principes sécrétés par les glandes mammaires.
- Au contraire, dans les provendes d’hiver, foin (surtout de première coupe), paille, betteraves non colorées, pommes de terre crues, raves, fourrages ensilés, pulpes et drêches, tourteaux de sésame, d’œillette, de lin, farines de seigle, de pois, etc., les principaux constituants intéressants que nous venons de trouver dans l’herbe fraîche sont en moindre proportion, ou altérés, oxydés, ou encore totalement absents.
- En particulier, dans le foin, la dessiccation a atténué les pigments et fait perdre aux plantes une grande partie des principes aromatiques: des huiles essentielles sont oxydées, et des acides volatils ont disparu.
- Certaines transformations sont à ce point rapides que l’herbe fraîche distribuée à l’étable n’a déjà plus la même valeur que lorsque l’animal la broute sur pied.
- L’altération, ou la destruction partielle de l’oléine, entraînent pour le beurre, plus de fermeté, surtout en hiver où la basse température de la saison accentue encore ce défaut. Et alors, à la dégustation la sensation produite dans la bouche par l’aliment est moins agréable.
- L’afïourragement des vaches pendant la mauvaise saison, qui consiste surtout dans un régime sec, contribue donc à donner un beurre blanc, cassant, peu aromatique, peu savoureux, qui, en somme, a l’aspect, la consistance et l’odeur du suif.
- Et ainsi ce n’est pas sans raison que la préférence du consommateur va vers les beurres colorés du printemps, dits aussi beurres d’herbe, ou beurres d’été.
- Il est possible, mais dans une bien faible mesure, d’ailleurs, de corriger certains défauts caractéristiques du beurre d’hiver
- Ainsi, quelques tourteaux de graines oléagineuses et autres aliments riches en oléine, administrés aux vaches, remédient à son excès de fermeté, comme aussi l'écrémage du lait, le barattage de la crème, le délaitage, le malaxage et la conservation du beurre, conduits à une température favorable.
- Quant à la couleur naturelle, il est assez facile de la rehausser en faisant entrer dans la ration des animaux des carottes fourragères,, et surtout des panais, que les éleveurs de Jersey mettent si largement à contribution en hiver.
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- A citer aussi, le seigle vert, le regain, le maïs-fourrage, le tourteau de coton, les fèves, le maïs en grains, l’orge.
- Mais le producteur de lait ne se soucie guère, d’ordinaire, de tous ces détails.
- Quant au fabricant de beurre, il ne peut agir que sur la couleur, et il n’y manque pas, si besoin est.
- Evidemment, l’addition de quelques gouttes de colorant ne peut changer la valeur gustative du produit, car, on l’a vu, on ne saurait exiger de celui obtenu en hiver les qualités qui caractérisent le beurre de printemps.
- Mais sans plus raisonner, le consommateur, ignorant généralement la physiologie de la mamelle et la chimie du beurre, ne veut pas moins trouver toujours à ce dernier la coloration préférée.
- Force est donc, au fabricant, de se conformer au goût de la clientèle. L’illusion n’est-elle pas la moitié de la satisfaction des sens et de l’imagination !
- Il en est tellement ainsi, que de deux mottes de même qualité, l’une colorée au degré voulu se vendra plus facilement que la blanche, et même un peu plus cher.
- Il est à remarquer que tous les beurres étrangers importés, et plus particulièrement ceux du Danemark, ont une teinte très prononcée.
- D’ailleurs, la coloration artificielle des beurres n’est pas répréhensible (loi du 16 avril 1897 et circulaire ministérielle du 24 mai 1910).
- Le mot fraude implique plutôt l’idée d’un préjudice causé au consommateur, soit au point de vue hygiène, soit en ce qui concerne le côté pécuniaire.
- Il est interdit, bien entendu, d’employer des matières toxiques, entre autres des colorants dérivés des goudrons de houille.
- Les amis du paradoxe prétendent même que la coloration artificielle peut permettre de déceler certaine fraude : quand une motte de beurre est « fourrée », elle cache, en son milieu, un pain de qualité inférieure, et comme, le plus souvent, la couleur n’est pas la même, la supercherie se révèle à la coupe.
- Les colorants couramment utilisés sont d’origine végétale, et inoffensifs pour le consommateur, mais certains ne le sont pas toujours pour le beurre lui-même (odeur, goût, conservation, etc.).
- Les fermières emploient parfois les sucs extraits de diverses plantes, comme carotte rouge, fleurs de souci (Calendula arvensis et C. officinalis), stigmates du safran (Crocus sativus), baies d’alkékenge (Physalis alkekengi), racines d’orcanète, ou alkana des teinturiers (Alkana tinctoria), fruits d’aubépine, ou épine blanche (Cratoegus oxyacantha).
- Dans les pays chauds, on peut se servir aussi des fleurs du carthame, ou safran bâtard (Carthamus tinctorius), et des rhizomes du curcuma, ou safran de l’Inde (Curcuma longa).
- La couleur du souci résiste assez bien à l’action de la lumière solaire, mais si elle est mal dosée et un peu vieille, elle peut donner un goût particulier au beurre; elle favorise aussi son rancissement.
- Celle de la carotte serait plus fixe que le rocou, dont nous allons parler, mais elle tire trop sur le rouge; en outre, elle est peu soluble dans les corps gras, et enfin on l’accuse de favoriser également le rancissement.
- Le safran s’altère à l’air et à la lumière, et si on exagère la dose, il communique sa saveur spéciale à l’aliment.
- Mais un défaut commun à tous les dérivés dont nous venons de parler, c’est qu’il est difficile de les bien doser, à cause de la différence de concentration des extraits obtenus, dans les préparations simples faites dans les fermes, et alors il est malaisé d’arriver, dans le beurre, à la teinte désirée.
- Aussi, tous les beurriers s’adressent-ils aux produits spé-
- ciaux du commerce, dont le pouvoir colorant est bien déterminé.
- Le rocou, ou l'oucou, presque exclusivement employé, est une solution grasse, d’une belle couleur jaune orange, obtenue avec de l’huile, généralement l’huile de lin, et un produit en pâte, ou en poudre (annato, annatoïne, spanisli annato, annato d’Espagne), préparé avec les graines du fruit d’un arbre, le rocouyer, ou roucouyer (Bixia orellana), de la famille des Bixinées, qui croît dans l’Amérique centrale, au Brésil, au Sénégal, à Ceylan et autres parties de l’Inde.
- Cet ingrédient, qui ne communique aucun goût particulier au beurre, est également mis à contribution, comme le safran, d’ailleurs, dans la fabrication des pâtes alimentaires, des brioches, etc., sans doute pour nous donner l’illusion du jaune d’œuf absent.
- L’excipient gras, l’huile, est indispensable, car le principe colorant ne doit pas se dissoudre dans la portion aqueuse de la crème, mais imprégner les globules butyreux qui y sont en suspension.
- S’il s’agit de certains fromages, tête de Maure, par exemple, le solvant employé est alors l’eau alcalinisée (potasse ou soude), de façon que la matière colorante se solubilise dans le lait pour atteindre la caséine, qui, pour la plus grande partie, est en solution.
- Pour obtenir une teinte bien uniforme du beurre, il faut ajouter le rocou, après l’avoir dilué dans un peu de crème, dans la baratte même, afin que, par l’agitation énergique imposée à la crème, il sature, pour ainsi dire, chaque globule gras, avant l’agglomération en masse de la matière butyreuse.
- Si l’on voulait agir sur le beurre même, par le pétrissage, le malaxage, on s’exposerait à y faire naître des marbrures, des veines, des stries, qui non seulement lui donneraient un mauvais aspect, mais pourraient suggérer, dans l’esiarit des consommateurs, l’idée de quelque fraude.
- Cependant, ce n’est guère que par ce moyen que peut agir le « ramasseur » qui achète sur les marchés les produits des fermières, produits qui, en hiver, sont de teinte très pâle, ou tout au moins très variée.
- Ce négociant cherche alors à obtenir, à l’aide de pétrisseurs mécaniques perfectionnés, des mélanges aussi uniformes que possible, surtout en tant que pâte et coloration homogènes, en mariant ensemble les lots les moins disparates.
- Le talent du beurrier consiste non seulement à obtenir toujours, dans sa marchandise, le même degré de coloration, mais aussi à se l’approcher autant qu’il peut de la teinte naturelle qu’a le beurre au printemps ou en été, soit le jaune d’or peu prononcé, soit le jaune paille.
- On a construit un appareil simple, ou « colorimètre pour le beurre ». avec lequel on compare la couleur de la matière grasse du beurre, fondue et filtrée, avec celle de diverses solutions, dans l’eau distillée, de bichromate de potassium chimiquement pur, qui donnent une série de nuances (1 à 11) allant du jaune clair (numéro 1) au jaune foncé (numéro 11). Le numéro 7 (7 centimètres cubes d’une solution à 2 pour 100 de bichromate dilués dans 63 cm3 d’eau distillée) indique la couleur du beurre normal préparé en juin.
- Le fabricant doit tenir compte encore des préférences de sa clientèle, qui varient un peu suivant les régions. Ainsi, aux halles de Paris, on exige du beurre plus foncé que sur les marchés de province.
- En règle générale, on estime qu’en hiver il faut environ 20 cm3 de rocou par 100 litres de crème dosant 30 pour 100 de matière grasse pure.
- Mais ce ne peut être là qu’une simple indication, car bien des facteurs, on l’a vu, font varier la couleur naturelle du beurre, et on comprend qu’une certaine pratique est nécessaire
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- pour obtenir toujours sensiblement la même nuance désirée.
- On y arrive plus facilement par tâtonnements avec de petites doses qu’avec des fortes, que l’on est tenté d’employer quand on manque d’expérience.
- Rappelons que le beurre de crème acide (crème fermentée) est plus sensible au colorant que celui de crème douce, et qu’il
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- faut diminuer aussi un peu la dose pour les beurres de conserve et d’exportation, car la coloration s’accentue avec le temps.
- Antonin Rolet,
- Ingénieur agronome,
- professeur à l’École d’Agriculture d’Antibes.
- PRESTIDIGITATION
- LE PARAVENT CHINOIS
- Soufflet
- Fbrayent
- Au lever du rideau, on voit sur la scène une estrade formée simplement d’une planche placée sur de gros supports en cristal.
- Ces supports sont assez hauts pour isoler complètement l’estrade et permettre aux spectateurs de surveiller complètement et facilement le dessous.
- Sur cette estrade se trouve un joli paravent à trois feuilles encadrées de bois de teck et décorées de laques noire, rouge et or.
- Le prestidigitateur raconte qu’il a acheté ce paravent lors de son voyage en Chine qu’il l’a .payé très cher, mais qu’il ne regrette pas son argent, car cet objet d’art est d’un usage merveilleux ainsi qu’il va le démontrer.
- A son appel, deux domestiques arrivent, plient en avant, puis en arrière les deux feuilles de côté, ce qui forme chaque fois une sorte de guérite triangulaire.
- Ils font tourner et retourner cette guérite, ouvrant et refermant les deux feuillets.
- Lorsque les spectateurs ont bien constaté que le paravent, face et revers, est bien sans préparation et qu’il ne peut rien cacher, le prestidigitateur choisit le moment où le triangle formé par les deux feuilles
- Présentation de l’ensemble.
- Fig. 2.
- de côté présente sa pointe vers le public pour faire ouvrir de nouveau ces deux feuillets : à l’étonnement général, une femme chinoise se trouve adossée au paravent.
- Elle vient jusqu’au bord de l’estrade, salue et retourne au
- Mécanisme du soufflet qui permet au sujet d’apparaître ou disparaître à l’insu des spectateurs.
- paravent. Les deux feuillets sont refermés, le paravent tourné, retourné, puis les feuillets sont ouverts : la femme est absolument disparue.
- Ce truc met en usage un moyen absolument différent de ceux que l’on emploie généralement pour les apparitions et disparitions de personnes vivantes. J’ai dit que le paravent est à trois feuilles et que les deux feuillets de côté peuvent se retourner soit devant, soit derrière pour former un renfermé, une guérite bien close (fig. 1,1).
- La face et le revers du paravent sont absolument semblables, mais ce que le public ne voit pas, c’est que dans ce paravent est fixé une sorte de soufflet, monté sur charnière à sa base qui forme pointe (fig. 1, II).
- Dans ce soufflet, la femme est logée; lorsque les feuillets sont ouverts pour montrer la face A du paravent, le soufflet est penché en B, mais lorsque c’est le côté B qui est visible, le so.ufflet est penché en A.
- C’est la femme qui par un simple mouvement de bascule met l’appareil du côté nécessité par la présentation du moment.
- Un entourage de caoutchouc évite tout bruit révélateur d’une opération quelconque dissimulée.
- Dans chaque paroi du soufflet existe une porte à deux battants, silencieuse bien qu’à ressorts et que la femme ouvre et ferme à son gré (fig. 1, III) pour entrer ou sortir.
- La décoration peinte dissimule parfaitement les raccords du soufflet avec le paravent ou des portes avec le soufflet.
- Le prestidigitateur Alber.
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- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- AVRIL 1932, A PARIS
- Mois pluvieux, peu ensoleillé et très frais dans son ensemble.
- Au Parc Saint-Maur, la température moyenne, 8°,9, est inférieure de 0°,7 à la normale des cinquante années 1874-1923. On n’a cependant noté aucun jour de gelée à glace et le nombre de jours de gelée blanche n’atteint pas le nombre moyen. Le déficit de la température provient uniquement, en effet, des températures diurnes, la moyenne des minima est normale, celle des maxima est au contraire trop basse de 2°,2.
- Le maximum absolu, 19°,9 le 30 est l’un des plus bas observés à St-Maur en avril (le plus bas est 17°,9 en 1879) ; le minimum absolu, 0°,4 a été noté le 13. Si l’on en juge d’après les floraisons, le retard de la végétation était compris à la fin du mois entre 10 et 15 jours.
- La hauteur totale de pluie, 56 mm 5, recueillie en 19 jours au lieu de 14, nombre moyen, surpasse la normale de 30 pour 100; les pluies ont été très fréquentes dans les deux premières décades : du l8t au 18 inclus, il y a eu 15 jours de pluie appréciable (accompagné de grésil le 12). La journée la plus
- pluvieuse, celle du 18, a fourni 9 mm d’eau à St-Maur, 14 mm 3 à Vaugirard et 15 mm à Meudon. La durée totale de chute, à Montsouris, 63 h 36 m excède de 32 pour 100 la moyenne des 25 années 1898-1922.
- Dans l’ensemble de la région parisienne, la pluie a été mêlée de neige les 11, 12 et 21; on a signalé des chutes de grêle ou de grésil les 1er, 3, 4, 7, 8, 11, 12 et 22, et des orages ou du tonnerre ont eu lieu les 1er, 3, 7, 11 et 30. On n’a signalé aucun brouillard épais dans la région. Des obscurcissements se sont produits le 1er à Saint-Ouen et à Bagatelle, dans l’après-midi.
- Le vent a été très prédominant des régions d’entre Sud et Ouest.
- Au Parc Saint-Maur la moyenne de la pression barométrique, ramenée au niveau de la mer, a été de 758 mm 1, en déficit de 2 mm 2 à la normale, celle de l’humidité de l’air de 71,4 pour 100 et celle de la nébulosité de 76 pour 100; les premières hirondelles ont été vues le 25.
- Em. Roger.
- = LA CROISSANCE DES TORTUES GEANTES =
- Les expériences que la Société zoologique de New-York poursuit depuis quelques années, au sujet de la croissance
- Fig. 1. — Tortues des îles Galapagos en croissance.
- des grandes tortues terrestres, font justice de plusieurs préjugés. L’un d’eux nous portait à assigner des siècles d’existence à ces reptiles, dès qu’ils offraient des dimensions colossales.
- L’erreur est désormais dissipée.
- Les tortues des Iles Galapagos étant menacées d’extinction('), la société organisa, en 1928, une expédition qui rapporta de l’archipel une centaine de ces reptiles. Ils furent distribués dans diverses stations d’élevage que la société possède sous des latitudes semi-tropicales, notamment en Floride, en Louisiane, au Texas, en Californie, aux Iles Bermudes, aux Iles Hawaï.
- 1. Voir A. Feuillée-Billot. Les tortues géantes au Muséum, La Nature, n° 2882, lar juin 1932.
- Ces tortues, dont l’âge ne devait pas dépasser une dizaine d’années, lors de leur capture, ont été pesées périodiquement, au cours de ces dernières années.
- On constata de notables différences de croissance, d’un groupe à l’autre, différences qu’expliquent le milieu, la température et l’alimentation.
- De 1928 à la fin de 1931, le groupe de Brighton, en Floride, comprenant 5 individus, a enregistré une augmentation de poids de 626 pour 100.
- Un autre groupe de 5 individus, situé dans une deuxième station de Floride, accuse une augmentation de 490 pour 100.
- Plusieurs tortues, pesées individuellement, ont vu leur poids doubler en quatre ans.
- Ceux des groupes qui ont médiocrement prospéré (avec une augmentation de moins de 150 pour 100) se trouvaient placés dans des régions où se produisent des sautes de température (journées chaudes et nuits très froides), comme en Arizona.
- Parmi ces tortues s’en trouvent trois qui avaient été recueillies dès leur naissance, aux Iles Galapagos, puis transportées à Guayaquil, en Equateur.
- Par comparaison avec ces trois individus dont on connaît exactement l’âge, on a pu s’assurer que l’âge des tortues terrestres peut être évalué exactement d’après les (c bagues » concentriques des écailles.
- Quelques-unes des tortues pèsent déjà plus de 100 livres. Le maximum que les tortues des Galapagos puissent atteindre dépasse 500 livres.
- On ne sait pas encore à partir de quel âge elles se reproduisent.
- Le fait à retenir de ces études expérimentales est que les grandes tortues terrestres, considérées comme « les plus vieilles créatures du monde », paraissent détenir là un record de longévité bien fragile ! Victor Forbin.
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- L’ENREGISTREMENT PHONOGRAPHIQUE DIRECT
- SES PROGRÈS ET SES NOUVELLES UTILISATIONS
- LES DIFFÉRENTS PROCÉDÉS D’ENREGISTREMENT DIRECT
- L’enregistrement phonographique direct ou individuel est celui qui permet la reproduction presque immédiate des sons enregistrés, en employant le plus souvent le support même ayant servi à l’enregistrement. Il n’en est pas de même dans l’édition phonographique normale. Dans ce cas, on commence, en effet, par réaliser l’enregistrement des sons sur un disque en cire, et, à l’aide de cette première gravure initiale, on établit, par une suite d’opérations électrolytiques et mécaniques longues et complexes, une matrice métallique de pressage qui sert ensuite à la fabrication des disques-épreuves du commerce en composition à base de gomme-laque ou d’acétate de cellulose.
- En cinématographie sonore, on enregistre les sons à l’heure actuelle par un procédé photoélectrique, en les photographiant, en quelque sorte, sur un fdm sensible sous forme d’images d’opacité constante et de surface variable, ou d’opacité variable et de surface constante. La bande négative primitive permet d’obtenir par tirage un grand nombre d’épreuves positives. A l’aide de ces bandes positives, on reproduit les •sons en utilisant un faisceau lumineux très fin, modulé par les différences d’opacité ou de surface de l’image phonographique, et qui va ensuite agir sur une cellule photoélectrique. Celle-ci transforme les variations lumineuses en courants électriques à fréquences musicales, qui sont amplifiés de manière à pouvoir actionner des haut-parleurs.
- Il y a encore d’autres procédés d’enregistrement phonographique; nous en avons décrit quelques-uns dans La Nature, par exemple les appareils à enregistrement électro-magnétique sur fil ou bande d’acier aimanté, et on en a proposé bien d’autres électrostatiques, chimiques, etc. Sauf peut-être le système Poulsen-Stille à bande aimantée, aucun de ces procédés n’a jusqu’ici permis d’aboutir à un résultat vraiment pratique; aussi les deux seuls systèmes considérés sont-ils encore l’enregistrement par disques et l’enregistrement photoélectrique.
- Comment simplifier les opérations exigées par ces procédés et obtenir rapidement une épreuve pouvant servir à la reproduction d’après la première épreuve initiale ?
- Nous avons déjà montré, il y a quelque temps, dans nos chroniques de radiophonie pratique, qu’on pouvait maintenant utiliser assez facilement, et dans des conditions assez satisfaisantes, des disques soit en métal, soit en composition à base de gélatine, ou en matière cellulosique, qui permettent, une fois l’enregistrement phonographique obtenu, une reproduction presque immédiate, après un traitement superficiel très simple.
- Sans doute, le problème est-il beaucoup plus complexe, malgré sa simplicité apparente, que celui de l’enregistrement phonographique ordinaire. Pour obtenir un résultat vraiment parfait, il faudrait avoir à sa disposition une matière ayant une consistance analogue à celle de la cire au moment de l’enregistrement, et capable de prendre ensuite par durcissement une résistance comparable à celle de la gomme laque ou de l’acétate de cellulose.
- Cette matière n’existe pas encore; de nombreux chimistes s’efforcent de la découvrir, et de très intéressants essais sont entrepris pour obtenir le durcissément du disque enregistré, soit par l’action de l’air, soir par la chaleur, soit par un traitement chimique simple. En pratique, il faut pourtant se
- contenter encore des disques de métal, de gélatine, ou de composition cellulosique. En France même, on emploie seulement des disques d’aluminium et des disques en gélatine, et nous avons déjà indiqué comment tout amateur possédant un récepteur radiophonique peut exécuter des enregistrements électriques sur disques fort intéressants, sinon d’une qualité acoustique parfaite, soit en utilisant un microphone, soit le poste de T. S. F. lui-même, de manière à garder la trace des émissions radiophoniques.
- Le procédé d’enregistrement photoélectrique adopté pour l’accompagnement sonore des films commence seulement à être utilisé pour les applications exclusivement phonographiques. Nous avons décrit déjà dans cette Revue un modèle de phonographe photoélectrique à bande photophonique appelé Sélénophone; on utilisait dans cet appareil non pas des films ordinaires cellulosiques portant une couche sensible, mais des bandes en papier enroulées sur un tambour, et sur lesquelles étaient imprimées par un procédé « off-set » des images phonographiques, à opacité constante et à surface variable.
- Pour la reproduction des sons ainsi imprimés, on utilise un faisceau de lumière qui ne traverse pas la bande, mais qui est réfléchi par elle avant d’aller frapper la cellule photoélectrique du système ordinaire de traduction phonique.
- Quel que soit, d’ailleurs, le procédé de reproduction considéré, le système d’enregistrement photoélectrique demeure toujours assez complexe et d’une manoeuvre délicate qui n’est nullement à la portée des amateurs. C’est pourquoi ceux-ci doivent toujours se contenter de l’enregistrement sur disques.
- DE NOUVELLES APPLICATIONS DE L’ENREGISTREMENT DIRECT
- La question de l’enregistrement direct n’est pas nouvelle, puisqu’elle a été étudiée bien avant l’apparition de l’édition phonographique; les premiers cylindres de cire enregistrés servaient directement, en effet, à la reproduction des sons.
- Cependant, il n’y a que peu de temps, semble-t-il, qu’on a vraiment compris tout l’intérêt de la question, et discerné que cette catégorie de procédés pouvait avoir d’autres applications que les usages d’amateur ou d’enseignement.
- Nous laissons de côté les machines à dicter, d’usage assez .limité pour l’instant. Plus important apparaît l’enregistrement direct des communications téléphoniques ou radiophoniques, des propagandes de toutes sortes, celui des discours ou des conférences, etc...
- Le téléphone remplace de plus en plus le télégraphe dans les sociétés ou les administrations. Il permet, en effet, de réaliser des communications plus rapides, sans exiger d’opérateurs spécialisés; par contre, il a le désavantage de ne pas laisser de traces des communications. L’enregistrement phonographique pourrait rendre sous ce rapport de grands services.
- L’enregistrement direct a permis d’obtenir des résultats radiophoniques fort intéressants. Très souvent, on ne peut transmettre, à l’heure même où elles se produisent, les radiodiffusions des cérémonies politiques ou religieuses, des manifestations sportives, ou même des auditions musicales, parce que cette heure ne concorde pas avec l’horaire normal d’émission de la station considérée.
- On peut maintenant supprimer cette difficulté ; on enregistre, d’abord, sur. disques, puis oh utilise les disques enregistrés
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- Fig. 1. — Une machine simple pour l'enregistrement individuel de disques de grand diamètre en gélatine.
- Moteur électrique de 1/4 ch. Vitesse du plateau 33 tours 1/3. Pick-up enregistreur monté sur un chariot à vis sans fin. (Type Galliavox,)
- pour exécuter l’émission à l’heure normale. Cette émission peut évidemment être renouvelée, s’il est besoin, plusieurs fois de suite, ou plusieurs jours après que l’événement a eu lieu réellement.
- Les grandes stations d’émission françaises possèdent maintenant des machines d’enregistrement direct pouvant servir à la réalisation de disques de grand diamètre tournant à la
- Fig. 2. — Vue d’ensemble en coupe du système enregistreur du Sélénophone.
- A, fente lumineuse. B, prisme de renvoi. C, objectif du microscope. D, fil vibrant dans un champ magnétique. E, système optique de projection. F, film sensible. (D’après Radio News).
- vitesse réduite de 33 1/3 tours ou de disques ordinaires tournant à la vitesse normale de 78-80 tours par minute (lîg. 1). Sur ces machines, on emploie uniquement des disques en gélatine.
- Récemment, lors des obsèques nationales de M. Maginot et de M. Briand, on a pu enregistrer les discours prononcés par les personnages officiels dans le courant de la journée, et les retransmettre à l’émission du soir.
- Ces retransmissions sont très fréquemment réalisées à l’étranger et, en particulier, en Allemagne. Au Reichstag allemand, il existe des machines permettant d’enregistrer immédiatement les discours des orateurs, et on peut ensuite les radiodiffuser.
- On peut ne pas se contenter de retransmettre les enregistrements tels qu’ils ont été effectués; il est possible d’effectuer des « truquages phonographiques », dont l’intérêt artistique est évident, et qui peut-être donneront naissance à un nouvel art radiophonique.
- Enfin, l’enregistrement dix-ect peut servir ou à l’enseignement ou à la propagande en permettant la diffusion de discours ou de conférences prononcés une fois pour toutes, autant de fois qu’on le veut, et aux heures choisies. C’est ainsi, que lors des dernières élections allemandes, le maréchal HindenJburg a enregistré un disque qui a servi par la suite à plusieux-s radiodiffusions.
- UNE MACHINE PERFECTIONNÉE POUR L’ENREGISTREMENT DIRECT
- Les appareils d’enregistrement sxir disques sont sans doute les plus simples et les moins coûteux; ce sont eux aussi qui peuvent être employés le plus facilement par des opérateurs non spécialisés. Dans l’état actuel du problème, l’enregistrement photoélectrique permet pourtant d’obtenir des résultats supérieurs, et ce qui en empêche la généralisation, c’est uniquement le prix élevé des appareils et la difficulté de leur réglage.
- Le Dr Hans Tliirring, constructeur du « Sélénophone », dont nous avons décrit précédemment les caractéristiques, a établi un ensemble d’enregistrement photoélectrique réalisé sous une forme assez compacte, monté sur un camion automobile, et destiné spécialement à l’enregistrement des discours ou des « documents sonores » quelconques.
- Cet ensemble d’enregistrement a été transporté par la route de Vienne à Genève et, d’après notre confrère américain Radio-News, il serait employé à la Société des Nations pour l’enregistrement des discours des diplomates. Ces discours sont, on le sait, traduits immédiatement en plusieurs langues, mais il est possible de classer immédiatement les enregistrements d’après la langue des pays auxquels ils sont destinés.
- L’appareil d’enregistrement proprement dit comporte un oscillographe à fil vibrant tendu dans un support analogue à un palmer, la longueur du fil est environ de 25 mm et son diamètre 1/10 de mm; la puissance maximum appliquée au vibreur est de 0,5 watt. Le couplage entre l’amplificateur microphonique et le vibreur est obtenu au moyen d’un transformateur abaisseur de tension, dont l’impédance du primaire correspond à celle de la dernière lampe.
- Le vibreur est placé dans un champ magnétique puissant produit par un électro-aimant et, comme sa fréquence propre est supérieure à la plus haute fréquence enregistrée, elle lui permettra de suivre fidèlement les vibrations sonores.
- L’entrefer de l’électro-aimant est de 6/10 de mm seulement, et les deux noyaux sont creux de manière à pei-mettre le passage du pinceau lumineux (fig. 2).
- Un rayon de lumière émis par une source lumineuse puissante vient éclairer une fente très fine, et le pinceau lumineux obtenu est renvoyé à l’aide d’un petit prisme à travers une
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- vis creuse réglable dans, le noyau de l’électro-aimant contenant le fil vibrant.
- . Cette vis creuse porte un objectif de microscope qui donne de la fente une image réduite d’une largeur d’environ 12 microns.
- Le fxl du vibreur est ainsi intercalé sur le trajet du rayon lumineux sortant de l’objectif et faisant un angle très petit avec l’image de la fente. De petites amplitudes de déplacement du fil suffisent ainsi à démasquer et à obturer entièrement l’image de cette fente. Au-dessus du fil, dans le noyau supérieur de l’électro-aimant, se trouve un objectif de projection qui renvoie les rayons sur le film sensible.
- Ainsi, à l’aide de ce système ingénieux, et avec ce fil vibrant, différent de l’oscillographe ordinaire à miroir, on peut pourtant obtenir des enregistrements à opacité constante et surface variable.
- D’autre part, on peut déplacer latéralement l’oscillographe, de manière a pouvoir obtenir plusieurs enregistrements sur une même bande de film.
- Sur un film standard, c’est-à-dire de 35 mm de large, on peut ainsi placer huit bandes d’enregistrement pouvant être reproduites individuellement. Un microscope spécial permet d’observer l’enregistrement sans laisser pénétrer la lumière extérieure, et on peut aussi employer un dispositif de contrôle acoustique, avec une. cellule photoélectrique, un amplificateur, et des écouteurs téléphoniques.
- Comme on le voit, ce dispositif est très perfectionné et en quelque sorte, analogue aux appareils d’enregistrement pour le cinéma sonore, bien qu’il ait été disposé plus spécialement pour ce but particulier. La facilité avec laquelle on exécute plusieurs enregistrements sur la même bande permet de réduire le prix de revient dans de très grandes proportions.
- .......... ............... ..:...........= 567 ==
- Pour les administrations ou les organisations publiques disposant de ressources suffisantes, de tels dispositifs offrent dès à présent un moyen sûr et d’une qualité acoustique éprouvée pour réaliset des documents sonores d’un grand intérêt.
- Si ce système d’enregistrement photoélectrique est, d’ailleurs, complexe, les opérations qui permettraient d’obtenir des bandes d’épreuves à partir de la première bande initiale sont l’elativement très rapides et très simples, alors qu’il n’en serait pas du tout de même s’il s’agissait d’établir des épreuves positives, à partir d’un premier disque initial enregistré.
- P. HEM AHDINQUEH.
- I c
- Fig. 3. — Différents enregistrements obtenus avec le Sélénophone.
- A, bande photophonique simple. B, film Kodak Standard portant 8 enregistrements pouvant être reproduits individuellement. C, petite bande portant 2 enregistrements accolés dos à dos et pouvant être joués séparément.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- POUR MESURER LE DIAMÈTRE D’UNE CANALISATION
- Il est souvent difficile de mesurer le diamètre d’un gros tuyau, tuyau de canalisation, par exemple. Nous empruntons à notre confrère Science and Mechanics, le procédé suivant qui permet de tourner aisément la difficulté. On pose un fil ou une cordelette sur le tuyau, les deux bouts pendants maintenus bien verticaux à l’aide de poids
- et l’on mesure, avec une règle graduée, l’espace qui sépare ces deux brins.
- POUR PRENDRE LE GABARIT D’UNE PIÈCE
- Voici un petit dispositif facile à réaliser, qui permet de prendre le gabarit de pièces tournées, et qui rendra service aux amateurs du tour
- à bois, qui désirent exécuter des pièces semblables à un modèle qu’ils trouvent intéressant.
- Entre deux plaquettes de bois qui peuvent être rapprochées et serrées au moyen de deux boulons à chaque extrémité, on place des petites tiges d’acier rondes, en prévoyant au besoin des espèces de rainures faites à la queue de rat sur les faces intérieures des plaquettes de bois.
- Ces tiges sont jointives ou presque, et lorsque les plaquettes de bois ne sont pas trop serrées, elles peuvent coulisser plus ou moins librement.
- Tfges mobiles
- Modèle
- On place cet appareil de manière que l’axe de la pièce tourne soit dans le plan des tiges d’acier, et on amène celles-ci au contact de la pièce, de sorte que l’on reproduit ainsi en creux d’un côté, en relief de l’autre, le profil de la pièce à relever.
- Dès que le contact de toutes les broches est assuré avec la pièce à étudier, on bloque à fond les deux écrous de serrage et l’on obtient alors un gabarit précis. "
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- LIVRES NOUVEAUX
- Le calcul des différences finies et ses applications, par Alfred Henry, traduit de l’anglais, par A. Sallin. 1 vol., 212 pages, Hermann et Cio. Paris, 1932. Prix : 50 francs.
- Le calcul des différences finies consiste en principe à calculer la différence entre deux valeurs d’une fonction correspondant à 2 valeurs de la variable offrant une différence finie. Ce mode de calcul est une étape sur la voie du calcul infinitésimal qui l’a, du reste, en partie supplanté. Cependant il garde tout un domaine d’applications, et fort intéressant, notamment dans les calculs portant sur des statistiques, assurances, études économiques, et même bien souvent dans les calculs portant sur l’interprétation de données expérimentales physiques ou chimiques.
- L’ouvrage de M. Henry expose très clairement les principes du calcul aux différences finies, et grâce à de nombreux exemples et exercices, il permet aü lecteur de s’en rendre aisément maître.
- L’hydrodynamique et la théorie cinétique des gaz, par J. Rocard. 1 vol., 160 p., Gauthier-Villars et Cle, Paris, 1932. Prix : 40 fr.
- L’auteur reprend ici la théorie cinétique des gaz; cette doctrine, malgré les extraordinaires résultats qu’elle donna entre les mains de l’illustre Maxwell, a un certain temps subi quelque discrédit, en raison de ses hypothèses arbitraires et de ses raisonnements imprécis. M. Rocard s’attache d’abord à serrer de près le contenu des hypothèses placées à la base de la théorie cinétique; puis partant des travaux récents de Chapman et d’Enskog, prolongement des méthodes rigoureuses de Boltzmann, Lorentz et Brillouin, il parvient pour les gaz parfaits à des équations identiques à celles de l’hydrodynamique classique; cette dernière, on le sait, ne fait aucune supposition sur la constitution intime du fluide. Il est extrêmement intéressant, comme le fait M. Rocard, d’aborder le mouvement des fluides par des théories reposant sur les connaissances que nous possédons aujourd’hui relativement aux modèles moléculaires, et de préciser, par cette voie, les lois du mouvement des fluides réels, ainsi que leurs propriétés de viscosité et de conductibilité. L’auteur élucide le cas des gaz comprimés et celui des gaz raréfiés, puis discutant les conditions au voisinage des parois, il montre, dans un chapitre particulièrement intéressant, que la notion abstraite de fluide, base de toutes les déductions mathématiques, cesse d’avoir un sens au voisinage immédiat des parois. L’hypothèse moléculaire sort alors du cadre classique de l’hydrodynamique des fluides. Ce n’est donc pas à celle-ci que l’on peut demander, par exemple, de résoudre mathématiquement le problème de la naissance du mouvement turbulent au sein d’un fluide.
- Grundzüge der regionalen Limnologie, parleDr Einar Naumann, Bd XI de « die Binnengewasser ». 1 vol. in-8, 176 p., 31 fig., 8 pl. Schweizerbart’sche Verlagsbuchhandlung, Stuttgart, 1932. Prix : 19 M. ; relié, 20, 50 M.
- Si, en France, l’étude des eaux douces a été assez peu active, il n’en est pas de même dans beaucoup d’autres pays riches en lacs, en étangs, en marais. Il en est résulté une littérature abondante et de très nombreuses données que cette collection de monographies a justement pour but de présenter coordonnées. On sait que les masses d’eau douce peuvent différer beaucoup, même dans une seule région. Le professeur de limnologie de l’université de Lund expose les principes et les fondements d’une analyse régionale, il rappelle les facteurs de production des eaux douces : température, éclairement, teneur en sels, en matières organiques, en gaz; les divers types d’eau : de surface et profondes, de régions humides, arides, alpines, etc.; leur teneur en plancton, leur richesse végétale sur les bords et sur le fond; l’importance des acides, du fer, de l’argile, etc. ; leur productivité, leurs qualités pour les pêcheries et pour l’alimentation des agglomérations en eau potable. C’est une très bonne mise au point, suivie d’une longue bibliographie.
- Le genre Inocybe, précédé d’une introduction générale à l’étude des agarics achrosporés, par Roger Heim. 1 vol. in-8, 431 p., 220 fig., 35 pl. en couleurs. Encyclopédie mycologique. Lechevalier, Paris, 1931. Prix : 225 francs.
- Les Inocybes sont des champignons de la famille des agarics dont l’étude et la classification sont particulièrement difficiles, en raison de leur variabilité. On a tendu à multiplier les espèces et on est arrivé à une grande confusion. Revenant à une méthode plus sûre, l’auteur examine d’abord les agarics achrosporés; il discute la valeur de leurs caractères morphologiques et physiologiques, notamment les odeurs fongiques, qu’il cherche à identifier. Cela le mène à réviser les différents genres et à proposer une nouvelle classification. La deuxième partie est consacrée, on peut dire à titre d’exemple démonstratif, au genre Inocybe. Après un historique complet, l’auteur étudie la répartition géographique, l’écologie, la toxicologie, la phylogénie et aboutit à une classification ingénieuse basée sur les spores et les cystides. Nul doute que ce livre enchantera tous les mycologues et suscitera de nouvelles vocations.
- Histoire de l’alimentation végétale depuis la préhistoire jusqu’à nos jours, par le D* A. Maurizio. Traduit par le Dr F. Gidon. 1 vol in-8, 672 p., 82 fig. Bibliothèque scientifique. Payot. Paris, 1932. Prix : 60 francs.
- L’ouvrage du professeur de Lwow est l’histoire des plantes alimentaires depuis le jour où l’homme préhistorique s’est aperçu de la valeur nutritive de certains végétaux jusqu’à nos jours, à l’époque du développement formidable des céréales et des légumes, du ramassage des plantes sauvages jusqu’à la culture industrielle de notre époque. Ce livre est d’un intérêt capital à l’heure actuelle, où les besoins et les possibilités alimentaires de chaque peuple, la production et la répartition des produits de la terre constituent le problème essentiel des diverses économies nationales et de l’économie mondiale. L’édition française a été préparée avec le plus grand soin par le professeur à l’Université de Caen qui a su conserver toute la précision de l’énorme documentation rassemblée par l’auteur.
- Discovery Reports. Vol. III, 1 vol. in-4, 266 p., 36 fig., 38 pi. Cambridge University Press, Cambridge, 1931. Prix : 2 i‘ 10 sh. 6 d.
- La Nature a déjà exposé les résultats des campagnes de la « Discovery » dans l’hémisphère sud en ce qui concerne la biologie des baleines et analysé les deux premiers volumes des rapports de cette expédition. La troisième vient de paraître qui contient la liste des stations hydrologiques et biologiques, une description des Iles Sandwich australes, par Stanley Kemp et A. L. Nelson, avec des notes sur les roches ramassées par G. W. Tyrrel, une monographie des Nébalies recueillies par H. Graham Cannon, une étude des Cephalodiscus par C. C. John, dont deux nouvelles espèces, une note sur les araignées par W. S. Bristowe dont une espèce inédite de la Géorgie du sud. Les onze îles des Sandwich australes découvertes jadis par Cook, étaient encore peu connues et la monographie très complète de Kemp et Nelson, illustrée de nombreuses photographies, ajoute beaucoup à la documentation sur ce chapelet méridien d’îlots et de cratères volcaniques.
- Notes uponthe Dana specimens of Spirula and upon certain problems of Cephalopod morpho-logy, par J. Graham Kerr. Oceanographical report n° 8, edited by the * Dana » Committee. 1 vol. in-4, 36 p., 14 fig., 20 pl. Gylden-dalske-Boghandel, Copenhague; Wheldon and Wesley, Londres, 1931. Prix : 30 shillings.
- Les spirules sont des Céphalopodes de haute mer, encore mal connus, dont la coquille interne à spires non jointives, qu’on trouve parfois rejetée à la côte en masses abondantes, a donné lieu à de nombreuses discussions sur la parenté des Céphalopodes actuels, des Nautiles et des Bélemnites fossiles. Le « Dana » du Dr Johs. Schmidt a pu observer 95 individus vivants et, après les avoir conservés, en a confié l’étude au professeur de Glasgow. C’est une rare aubaine, puisque l’examen approfondi des formes, de la coquille et des différents organes permet de reviser la phylogénie des Céphalopodes et de faire des Spirules des êtres, non plus archaïques, mais aussi évolués que les Sèches.
- The glycosides, par E. J. Armstrong et K. J. Armstrong. 1 vol. in-8, 123 p. Monographs on biochemistry. Longmans, Green and Co, Londres, 1931. Prix : cartonné toile, 12 sh. 6 d.
- Dans cette remarquable collection de monographies de chimie biologique, le premier auteur avait publié, en 1919, une mise au point des hydrates de carbone et des glucosides. Les progrès de ces dernières années l’ont conduit à reprendre la partie de ce livre consacrée aux glucosides. En effet, les travaux de Haworth ont enfin établi une formule satisfaisante du glucose, ou plus e.xactement des deux glucoses a et p ; les glucosides apparaissent comme des composés d’un sucre et d’un radical qui peut être de nature très variée. A cette révélation, s’ajoutent les recherches de Robinson qui a éclairci la synthèse des flavones et des anthocyanines, si bien qu’un jour tout nouveau est projeté sur la chimie des plantes, leurs fonctions de formation et d’utilisation des hydrates de carbone. Ce livre est un excellent exposé, parfaitement à jour, de cette révolution dans nos idées sur les sucres.
- Les troubles du sommeil, par Henri Roger, 1 vol. in-8, 206 p. Collection « Médecine et chirurgie pratiques ». Masson et Cle. Paris, 1932. Prix : 20 francs.
- Depuis quelque temps le sommeil est à la mode. Les découvertes de ces dernières années ont rénové le problème physiologique et l’on revise les données classiques. Voici, clairement présentés, d’abord le sommeil normal, ses caractères, son mécanisme, puis ses troubles : les insomnies, les hypersomnies, les parasomnies avec leur tableau clinique et leurs traitements. Le livre se lit agréablement; il intéresse tout le monde, ceux qui dorment mais qui philosophent sur ce rythme de notre vie et ceux, bien plus nombreux, dont le sommeil n’est pas toujours calme et régulier.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ASTRONOMIE
- Une nouvelle petite planète.
- Nous avons annoncé, dans notre n° 2880, du 1er mai 1932, la découverte par M. Delporte, de l’Observatoire d’Uccle (Belgique), d’un corps céleste, que l’on a tout d’abord considéré comme une comète. Mais l’orbite de cet astre, basée sur les premiers calculs, d’une part, l’aspect télescopique ne montrant aucune nébulosité, d’autre part, ont vivement retenu la curiosité des astronomes et introduit un doute quant à sa nature propre : on est enfin fixé sur la* véritable structure de ce corps céleste. C’est une petite planète, faisant partie de cet immense essaim d’astres minuscules, qui circulent entre les orbites de mars et de Jupiter.
- A la fin de 1931, 1152 petites planètes, dont les orbites sont déterminées dans tous leurs éléments, figuraient dans Y Annuaire du Bureau des Longitudes. Cette liste est d’ailleuis plus longue aujourd’hui, puisque la planète n° 1152, la dernière de la Table de l’Annuaire, a été découverte il y a plus de 2 ans, le 8 janvier 1930, et, depuis cette date, les chercheurs ont augmenté l’essaim des astéroïdes de quelques unités.
- L’objet céleste découvert par M. Delporte a reçu la désignation provisoire 1932 E. A4. La durée de sa révolution est connue à présent avec une très grande exactitude, elle est de 2,767 années, un peu plus de 2 ans et demi. La plus petite distance de l’orbite à la Terre est de 0,010935 unités astronomiques, soit environ 15 millions de kilomètres. La planète se trouvait précisément à cette distance minimum de la Terre e 23 mars dernier.
- Le D' Guth a cru remarquer une corrélation entre les orbites de E At et de Eros et il a suggéré que ces deux petites planètes pourraient bien avoir une origine commune. Ce qui rend, en outre, cette nouvelle planète particulièrement intéressante, c’est qu’elle s’approche encore plus près de la Terre, en opposition, que la petite planète Eros, utilisée, comme on sait, pour la vérification de la parallaxe solaire. Le nouvel astéroïde pourra donc servir, lui aussi, à cette détermination de la distance du Soleil, avec une précision un peu accrue. Mais son éclat est très faible : ainsi, le Dr W.-H. Steavenson l’a estimé de la magnitude 14,5, le 11 avril, précisément en période de rapprochement très favorable. Dans les mêmes conditions, Eros atteint la magnitude 6,5, et son éclat relativement intense le fera sans doute préférer à la petite planète 1932 E At pour la vérification de la parallaxe solaire ('). E. T.
- BOTANIQUE
- L’Igname de Chine.
- C’est une curiosité végétale et en même temps un légume de choix, qu’on s’accorde généralement à trouver délicieux ! après tout, il y a des grincheux qui préfèrent la pomme de terre, parce qu’ils n’ont jamais connu mieux. Quoi qu’il en soit, il a fallu près d’un siècle pour la faire connaître en Europe, car elle fut introduite par M. Montigny, ambassadeur ou Consul français, en Chine, vers 1840. C’est en vérité un légume chinois et japonais, et en même temps une des bonnes productions de ces deux pays, qui en ont fourni beaucoup d’autres, mais en général de peu de valeur, sauf les Radis et le Soja.
- 1. (D’après les circulaires n°s 112 et 113 de laBritish Astronomical Association et n°» 5 F et 6 F du Service 'd’informations rapides de la Société astronomique de France).
- L'Igname de Chine (Dioscorea batatas) de la famille des Dioscorèes est de prime abord une anomalie, car si on veut la manger, il faut aller la chercher loin sous la terre (1 m 10 au moins) et cette difficulté fut cause que ce légume ne se répandit pas chez nous, malgré sa culture facile, car c’est une plante rustique. Mais des chercheurs se mirent en tête d’en améliorer la ... taille, en la diminuant, de sorte que, par de judicieuses hybridations avec VIgname de Decaisne (Dioscorea decaisneana) feu Chappellier nous dotait de l'Igname courte qui porte son nom. Cette variété qui ne dépasse pas 0 m 30 à 0 m 40 est assez courte pour, d’un coup de bêche, être arrachée sans dommage, alors que, avec l’ancien type, on n’obtenait que des... morceaux, bons assurément, mais peu présentables sur les marchés. Cette variété d'Igname courte de Chappelier se trouve aujourd’hui dans le commerce de graines et chez les marchands de comestibles ; aux Halles de Paris, ell efait prime, quand il y en a. Cependant, cette variété a un léger défaut, c’est qu’elle n’est pas constante dans sa forme et sa longueur et qu’elle a tendance à retourner au type ; en sélectionnant, on arrivera, avec le temps, à fixer cette nouveauté, qui marque un réel progrès, dont il faut féliciter la mémoire de l’auteur de cette précieuse trouvaille.
- La culture de l'Igname de Chine se résume en quelques mots :
- Terre légère, profonde, bien travaillée, largement fumée ou du moins fertilisée par un engrais potassique;
- Tubercules issus de boutures faites l’année d’avant;
- Plantation en rayons, espacés de 0 m 50 sur lesquels on repique les petits tubercules à 0 m 25 les uns des autres et cela, dès le début de mars ou d’avril.
- Comme cette plante est sarmenteuse, lors de la plantation, on lui donne des tuteurs de 2 à 3 m (quand il s’agit de petite culture d’amateur), si au contraire la plantation est faite sur une grande échelle, on laisse les tiges courir sur le sol. On arrose fortement au cours de l’été et on donne un peu de phosphate d’ammoniaque (100 gr par m2) pour activer la végétation : par ce moyen on obtient des racines grosses comme une bouteille de champagne et de forme identique.
- On entretient la plantation propre,, par des binages et des sarclages fréquents et on arrose si la pluie tarde par trop, ce qui n’est pas le cas de ces dernières années.
- L’arrachage se fait en novembre-décembre, en totalité ou au fur et à mesure des besoins. Ce légume se conserve très bien et s’améliore même en cave, où on le garde facilement 5 à 6 mois sans altération.
- Pour ce qui est de la multiplication, l’Igname ne donnant pas de graines, on a recours aux tubercules ou aux bulbilles aériennes fort abondantes : en mars, on coupe une ou plusieurs racines en fragments de 2 à 3 cm2, en réservant le centre qui est excellent à manger; on plante ces morceaux en rayons espacés de 0 m 30 ou 0 m 40, et près à près. A la fin de l’été ils ont donné naissance à de petits tubercules de la grosseur et de la longueur du petit doigt : ce sont les futures semences pour le printemps prochain, et qui produiront de belles racines pesant de 1 à 2 kg chacune.
- L’Igname de Chine est à recommander à ceux qui veulent des produits de choix ou de rapport certain; ce que je puis assurer, c’est que chaque hiver aux Halles, la demande est plus grande que les apports des cultivateurs.
- Ce délicieux légume se consomme à l’égal de la pomme de terre, mais il est d’une finesse plus grande et on pourrait, si l’on en récoltait beaucoup, le traiter industriellement pour sa fécule, dont l’abondance est, je crois, sans égale.
- Pour l’alimentation, VIgname peut être utilisée de bien des
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- manières : en frites, en purées; en ragoûts avec du veau et je me souviens encore de certains « soufflés au fromage et au sucre » comme de rêves paradisiaques, tant la finesse de ces deux préparations m’enthousiasma, sans compter d’autres fines pâtisseries. R. de Noter.
- CHIMIE INDUSTRIELLE
- Le développement de la production de l’opium dans la Chine occidentale.
- Au Yunnan le trafic de la drogue et les fumeries se multiplient.
- De génération en génération, avec tout le respect des traditions qu’on observe en Chine, les indigènes du Yunnan ont cultivé le pavot et produit l’opium. En 1911, à la suite de la signature du traité réduisant l’importation de l’opium des Indes, après les prohibitions sévères, antérieures à la révolution nationale, on croyait le fléau vaincu, le danger social écarté. En réalité, il n’en fut rien. Avec leur docilité séculaire, les Chinois commencèrent par se plier aux exigences de leurs mandarins bien décidés à ne pas tolérer la culture d’un seul pavot dans le Céleste Empire depuis la mer jusqu’au Thibet. Mais, peu à peu, à la faveur même des bouleversements politiques et sociaux qui accompagnèrent et suivirent la révolution, la discipline se relâcha, la ruse et la fraude triomphèrent, si bien qu’aujourd’hui, la culture des pavots a repris son développement d’antan, et ceux-ci redeviennent les vraies fleurs printanières de la plaine occidentale de la Chine.
- On peut aujourd’hui se procurer en Chine de l’opium à bon marché, il y est cinq ou six fois moins cher qu’en Birmanie. C’est qu’en cette dernière colonie, la vente de l’opium est rigoureusement contrôlée par les autorités britanniques. Les trafiquants doivent être pourvus de licences, qu’on leur accorde de plus en plus difficilement. Il en résulte que les rôles sont maintenant renversés. Ce n’est plus l’Inde qui importe l’opium en Chine. C’est celle-ci qui tend à inonder le marché anglais de ses cargaisons d’opium, illicitement exportées.
- Il convient, toutefois, de remarquer que la culture du pavot, dans les provinces du Yunnan et du Kansou, se justifie jusqu’à un certain point par des raisons économiques. Ces deux provinces ne possèdent point de cotonniers, ceux-ci ne pouvant croître sur les terrains montagneux et auprès de ces régions. Force est donc à ces contrées d’importer le coton. Quels produits exportent-elles en échange ? Il ne faut pas songer au riz, qui suffit à peine aux besoins locaux de la population, augmentant, d’ailleurs, de jour en jour. Il en va de même pour le sel, le fer et l’argent. Il ne reste que le pavot, qui croît spontanément, qui n’a besoin d’aucun soin particulier, dont la culture est facile, l’expédition simple et rémunératrice. Les habitants du Yunnan et du Kansou ont ainsi, en quelque sorte sous la main, le remède efficace à leur disette de coton.
- Si l’on songe que le riz et le coton constituent par excellence les deux denrées indispensables à tout consommateur chinois, il semble bien que, si la République n’avait pas été proclamée, et si les fonctionnaires de la dynastie déchue avaient pu étendre leurs restrictions touchant la culture du pavot et la production de l’opium, il en serait résulté une crise économique grave dans une grande portion du territoire de la Chine occidentale.
- Dès le début de 1912, un tel danger a pu être conjuré, grâce à la proclamation de la République. Mais ce changement de régime provoqua une autre crise, cette fois dans l’administration chinoise même. Le laisser-aller et l’insouciance des
- fonctionnaires publics donnèrent libre jeu à l’audace et à l’imagination toujours en éveil des spéculateurs et depuis une dizaine d’années le trafic de l’opium reprend impunément dans la Chine occidentale.
- Les fumeries se multiplient dans le Yunnan. Il suffit de pénétrer dans, une auberge quelconque, au voisinage des grandes voies de commerce, même dans les villages les plus reculés, pour assister à des scènes caractéristiques. A la chute du jour, lorsque les premières ombres semblent inviter l’âme aux douces rêveries, on ferme soigneusement les portes de la maison. Les hommes s’étendent indolemment, par groupes dans une salle, et pendant des heures aspirent la vapeur du divin poison à la lumière discrète des lampes. Bientôt l’air de la pièce est tout saturé de l’odeur piquante de la drogue.
- Le développement des fumeries paraît bien être un véritable danger social au Yunnan, car ce ne sont pas seulement les gens du peuple, qui se livrent à l’habitude de l’opium. De riches négociants, de graves mandarins, des étudiants travailleurs et intelligents, deviennent peu à peu les tristes victimes de leur funeste passion. Il va sans dire que la contagion de l’bxemple joue ici un rôle marqué.
- Beaucoup de colons, qui séjournent en Chine, ne tardent pas aussi à contracter l’habitude de l’opium. Leurs premières impressions les encouragent. Certains prétendent même qu’après avoir fumé une pipe d’opium, leur esprit devient d’une lucidité soudaine remarquable. Admettons-le avec eux, mais ne doit-on pas songer aussi au réveil, à la torpeur, à l’abrutissement, augmentés du détraquement progressif de l’estomac ?
- S’il est relativement aisé d’analyser le tempérament et la psychologie d’un opiomane, il est beaucoup plus difficile de préciser les caractères spéciaux de la mentalité chinoise, qui lui ont été imprimés par la consommation séculaire de l’opium. Les divers auteurs, qui ont abordé cette question, parlent du fatalisme et du stoïcisme des Chinois, de leur manque d’initiative et d’imagination, de leur grande résignation, de leur facile abandon aux passions et de leur quasi-impuissance à garder la maîtrise d’eux-mêmes. Serait-il logique d’attribuer tous ces traits de caractère aux seuls usages et abus de l’opium? Il semble plutôt que ce dernier n’ait été qu’un facteur adjuvant pour contribuer à former l’âme chinoise authentique; celle-ci aurait été surtout modelée par l’influence historique toute-puissante de la lignée des Taï, qui jadis domina toute la Chine occidentale et méridionale. Les Taï étaient violents et cruels, mais leur despotisme ne put triompher en Chine pour plusieurs raisons. D’abord, l’influence pacificatrice de la religion contribua à avoir raison de leur barbarie et à les désarmer. Puis beaucoup furent victimes des fièvres régnant alors à l’état endémique dans les plaines occidentales et méridionales de la Chine, qui n’étaient que de vastes terrains stériles. Il a fallu plusieurs siècles d’efforts persévérants pour rendre ceux-ci à l’agriculture et les transformer en régions fertiles. Enfin c’est l’opium qui Conduisit ces Taï à la décadence finale. Us voulurent employer la drogue, d’abord comme un remède préventif, ensuite comme un stimulant; en fait, l’usage et l’abus de celle-ci ne tarda pas à précipiter leur ruine.
- La chute des Taï, qui succombèrent à leurs tragiques rivalités réciproques, constitue une des pages les plus émouvantes de l’histoire même du Cambodge, de l’Annam, de la Birmanie et du Yunnan. Ils ont légué à la Chine le triste héritage de l’opium et l’on est en droit de se demander avec une certaine inquiétude combien de temps durera encore dans ce pays cette plaie sociale, dont les ravages sont toujours susceptibles de s’étendre sur les contrées limitrophes, et jusque sur le territoire européen.
- Nicolas Deniker.
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- PETITES INVENTIONS
- AUTOMOBILISME
- Pour empêcher l’éclatement des pneus.
- L’éclatement d’un pneumatique est toujours un accident sérieux; la réparation du pneumatique ainsi endommagé est coûteuse; quand l’accident survient sur une voiture roulant à grande vitesse, il peut avoir des conséquences graves pour le véhicule et parfois mortelles pour ses occupants. La cause de l’éclatement peut résider dans le mauvais état du pneumatique ; mais un pneu en parfait état, qui* inspire toute confiance au conducteur, peut également éclater s’il a été gonflé à une pression excessive.
- On n’a pas toujours un manomètre fidèle pour vérifier qu’on n’a pas dépassé, au moment du gonflement, une valeur raisonnable; et même une pression admissible au départ peut devenir dangereuse en cours de route si le pneu
- s’échauffe d’une façon excessive.
- M. Koelsch, un inventeur, a imaginé un moyen fort simple pour parer à ce danger.
- C’est un simple bouchon se vissant sur la valve du pneumatique et qui s’ouvre automatiquement dès que la pression interne dépasse la valeur que l’on s’est fixé à l’avance comme limite; il se referme de lui-même quand la pression est redescendue au-dessous de la limite dangereuse.
- Ce petit accessoire, peu coûteux, et d’usage aussi simple que n’importe quel bouchon de valve, constitue une soupape de sûreté, propre à prévenir bien des accidents.
- Il a la forme d’un cylindre moleté se vissant Fig. 1. - [Schéma du dispositif pour sur Ia tubulure de valve : empêcher Véclatement des pneus. ^ contient intérieurement
- un bloc 1, fixé par le chapeau 2 contre l’orifice de la tubulure de valve qu’il bouche hermétiquement à l’aide du joint élastique 3. Ce bloc, perforé en son axe, laisse passer la tige d’une soupape 4 (munie également d’un joint élastique 5 maintenu pressé contre la face du bloc à l’aide d’un système réglable à ressort. D’autre part la tige de soupape vient repousser le clapet de la valve, libérant de ce côté l’air contenu dans la chambre.
- On comprend aisément le fonctionnement.
- Tant que la pression intérieure dans la chambre à air reste inférieure à celle du ressort, comme il est représenté en A sur la figure 1, l’air intérieur est arrêté par la soupape 4; mais si cette pression devient supérieure à celle du ressort (coupe B), l’air soulève la soupape et s’échappe à l’extérieur jusqu’à ce que l’équilibre soit rétabli.
- Pour ]a vente : s’adresser à M. Franck, 17, rue de Sèvres, Suresnes.
- ORGANISATION DU TRAVAIL
- Un nouveau système pour
- prendre des notes: l’Auto Roll Bloc J, P.
- Le souci d’économiser le temps est une des caractéristiques essentielles de notre civilisation industrielle. La chasse aux temps perdus a été sans doute, à notre époque, la source des progrès les plus marqués dans l’accroissement de la production et l’abaissement des prix de revient. Mais il n’est pas d’opération, si minime soit-elle, qui ne mérite à cet égard quelque investigation. On peut même dire, sans paradoxe, que c’est dans les gestes les plus instinctifs, les travaux les plus simples et les plus vulgaires, qu’il y a le plus de profit à procéder à une analyse approfondie. Les travaux de Taylor et ses succès n’en sont-ils pas la preuve ?
- Le petit appareil que nous allons décrire est né de recherches de cet ordre : dans un bureau, tout le monde a des notes à prendre : le chef qui reçoit clients ou subordonnés, qui dépouille le courrier, les employés qui écrivent sous sa dictée, et surtout la sténo-dactylographe qui enregistre le courrier et le tape à la machine. Chacun a sa méthode pour prendre des notes, mais presque toujours elle repose sur l’emploi de carnets à feuilles mobiles ou détachables. Quand on en a fini avec un sujet, on détache et on classe les feuilles qui ont servi à inscrire les notes. De deux choses l’une : ou la feuille est trop grande pour le contenu et l’on perd du papier; petite perte sans doute, mais multipliée par un grand nombre d’employés, et se reproduisant chaque jour, elle peut aboutir à un total onéreux.
- Ou bien, la feuille ne suffit pas; il faut tourner la page pour entamer une seconde feuille, puis d’autres peut-être : ce mouvement amène chaque fois une interruption d’une durée sensible; la sténographe peut y perdre le fil de la dictée; ensuite il faut détacher les feuillets et les classer le plus tôt possible pour éviter tout oubli lors de l’usage des notes; et cependant, quand celles-ci forment une masse un peu volumineuse, il se produit fréquemment de fâcheuses interversions. La perte de temps devient alors très sérieuse, la recherche est souvent difficile et même fatigante, surtout s’il s’agit de notes sténographiées.
- L’auto roll bloc a su parer à ces inconvénients par un aménagement nouveau du bloc-notes. Ce n’est plus un livret à feuillets superposés; c’est une bobine de papier, qui vient s’étaler devant l’écrivain, sur une surface plane d’une longueur suffisante; par la manœuvre d’un bouton, on la fait avancer quand il en est besoin; on peut, du
- reste, la ramener s’il est Fi* 3’ ~ Aul° roüibloc avec rouleau
- , . amovible.
- necessaire, pour se relire, par exemple, ajouter ou supprimer un mot ou une phrase à un paragraphe précédent.
- Lorsque le sujet sur lequel on prend des notes est épuisé, ou pour une dactylographe lorsque la dictée d’une lettre est terminée, on appuie le papier contre la réglette
- Fig. 2. — Auto roll bloc simple.
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- qui le maintenait en place et on le découpe sans difficulté. On a donné ainsi une solution simple et pratique au problème : une seule feuille pour un seul sujet, feuille dont la longueur se proportionne d’elle-même à son contenu.
- En vente chez Auto Roll Bloc, 31, rue du Sommerard, Paris.
- MÉCANIQUE Tour portatif à pédale.
- Nous avons déjà indiqué précédemment (n° 2852 du 1 er mars 1931), comment un inventeur avait réalisé un montage facile à fixer dans un étau et permettant l’utilisation d’une perceuse à main avec porte-forets, en vue de tourner des pièces.
- Le même inventeur a présenté au dernier concours des inventions un système plus perfectionné permettant l’usage des deux mains pour tenir et guider les outils, c’est-à-dire fonctionnant au moyen d’une pédale, qui actionne l’arbre d’une petite machine à meuler ordinaire.
- Sur le bâti de ce tour, qui est semblable à celui du tour à main, est fixé un support, sur lequel est serré la machine à meuler, comme sur un établi.
- L’écrou qui retient la meule est remplacé par un manchon
- de raccordement vissé sur l’axe. Dans ce manchon vient s’engager à l’autre extrémité, la tige d’un mandrin à trois mors identiques à celui des porte-forets.
- Devant ce mandrin est fixé, sur le bâti, un disque à lunettes, comportant dix trous de calibres différents, dans lequel on fait passer les outils ordinaires de tour (mèche à trois pointes, poupée à butée, forets, etc.), qu’on serre dans le mandrin, lequel est ainsi parfaitement assujetti et centré.
- Le bras de la manivelle de la meule est raccordé à la tige du pédalier par un simple écrou.
- Le pédalier en hêtre, est suffisamment assujetti au moyen de deux pointes qui n’endommagent pas le plancher. On pourrait également le visser contre l’un des pieds de l’établi.
- Le bâti du tour se serre simplement dans un étau, comme le tour à main, de telle sorte que ce tour, réellement portatif, se pose et s’enlève en une minute, sans nécessiter un emplacement spécial, comme les tours ordinaires.
- L’emploi de la meule offre l’avantage de réaliser très simplement un volant d’entraînement, et d’obtenir une multiplication beaucoup plus grande que celle que peut donner un porte-foret.
- Les pièces à travailler auront donc une plus grande vitesse, le travail sera plus rapide, et l’on pourra usiner des pièces
- Fig, 5. — Montage pour scie circulaire.
- de métal ou de bois plus importantes, enfin, un autre avantage est la présence de la meule à proximité, actionnée également par la pédale, et permettant l’affûtage des outils.
- Naturellement, il est possible d’adapter sur ce tour : une petite scie circulaire, un polissoir, une bobineuse, etc.
- Constructeur : S. Chappuis, 4, rue Larribe, Paris.
- HYGIÈNE
- Un téléphone aseptique.
- Le combiné téléphonique est une véritable pépinière et un distributeur automatique de microbes.
- Les personnes contaminées déposent sur lui les germes les plus dangereux, et il les répartit ensuite aveuglément dans le nez, la gorge, ou les oreilles de ses usagers successifs.
- On frémit en pensant aux dangers de contagion ainsi créés par les cabines téléphoniques où malades inconnus et personnes saines se succèdent sans précautions au cours de la journée.
- La désinfection des appareils en fin de journée, ne suffit pas à rétablir la sécurité. Il faut en effet que la désinfection soit permanente, si l’on veut éviter toute possibilité de transmission de germes.
- Ce problème, certainement ardu, vient d’être résolu par le système Solubris. Celui-ci consiste à munir les combinés téléphoniques (écouteur et microphone) de rondelles interchangeables, faites d’un mélange d’antiseptiques étudiés, agissant par émanations lentes, constantes et suffisamment puissantes pour détruire tout germe dans le rayon d’action nécessaire. Aucun microbe dans ces conditions ne peut , subsister.
- Le téléphone est maintenu aseptique.
- La durée d’efficacité des rondelles est de trois mois. Elles se remplacent très aisément et s’adaptent sans difficultés à tous appareils existants, sans qu’il y ait lieu d’apporter à ceux-ci de modifications.
- Il y a là un moyen A A , '
- . . Fig. 6..— Appareil « Salubns.».
- simple et efficace pour
- éviter un des modes de propagation des maladies contagieuses.
- Souhaitons que son emploi se généralise rapidement.
- Pour tous renseignements, s’adresser à M. La Porta,
- 2, rue Collette, à Paris (17e).
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- La vitesse des pigeons. Il luttait de vitesse avec nous, se laissant parfois distancer, puis
- nous rattrapant. Enfin, il coupa notre route, passant au-dessus du M. Minvielle, de Beauvais, nous écrit : capot comme pour bien marquer son succès et disparut, me laissant
- J’ai été témoin hier d’un spectacle sans doute assez rare; je serais l’impression très nette d’avoir participé à une joute sportive, curieux de savoir s’il a déjà été signalé. Celle-ci s’est étendue sur environ 1000 m et a donc duré à peu près
- Hier, dimanche 22 mai, je traversais en automobile, vers 20 h 40, une minute. Par instants l’oiseau était si près qu’il semblait qu’on eût
- le plateau situé entre Beauvais et Bresles (à l’est de Beauvais), en pu. l’atteindre avec le bras. Conduisant, je n’ai pu, malheureusement,
- direction de Beauvais. Dans la voiture se trouvaient ma femme et que lui jeter de brefs regards : c’était un pigeon gris clair, avec le ventre
- mes enfants. Ce sont ces derniers qui les premiers m’ont signalé le fait : presque blanc. Il nous a escortés tant que le plateau était découvert
- nous roulions à 75 à l’heure. Un pigeon nous accompagnait de très et nous a quittés en vue d’arbres et de maisons,
- près, tantôt à droite, tantôt à gauche, au niveau des portières et si A défaut d’autre intérêt, cette constatation indique que l’animal
- près que par la glace ouverte je pus entendre le bruit surprenant de peut voler à une vitesse d’au moins 90 km à l’heure puisqu’il nous
- ses ailes, fendant l’air. dépassa et nous rattrapa plusieurs fois, aisément.
- ; v‘ QUESTIONS ET RÉPONSES
- Rectification.
- Concours d'Inventions pour la manutention des liquides et des gaz. —: Une erreur d’impression nous a fait annoncer dans notre dernier numéro (p. XCVI) que les inscriptions pour ce concours étaient admises jusqu’au 31 mai ; c’est jusqu’au 31 juin qu’il faut lire.
- ’ Réceptions avec un poste superhétérodyne.
- 1° Les résultats que vous nous indiquez, et qui concernent la réception des émissions sur ondes courtes de 250 à 500 m de largeur environ, sont à peu près normaux. Les effets de fading sont, en effet, très gênants sur cette gamme, et varient, d’ailleurs, suivant les longueurs d’onde. Il est cependant assez difficile de les atténuer, car les systèmes anti-fading sont encore d’un emploi plus ou moins délicat, du moins en pratique, puisque leurs principes sont assez simples.
- Un système anti-fading, quel qu’il soit, ne peut produire une amplification supplémentaire au moment où l’énergie utile recueillie par le cadre ou l’antenne diminue, car cette diminution provient d’un phénomène naturel de propagation des ondes radio-électriques qu’il est impossible de modifier. On peut seulement essayer de maintenir la valeur moyenne de l’intensité de réception à un niveau à peu près constant.
- Pour employer un système anti-fading, il faut donc tout d’abord adopter un poste récepteur très sensible, et on lui adjoint alors un dispositif qui comporte généralement à l’heure actuelle une lampe compensatrice, et qui a pour but d’utiliser au maximum la sensibilité du poste lorsque l’intensité de l’émission reçue diminue et au contraire de diminuer l’amplification lorsque l’énergie utile devient plus grande.
- 2° Le type de bobine d’hétérodyne à utiliser ne dépend, évidemment que de la valeur du condensateur de réglage d’oscillation et dç la gamme de longueurs d’onde que vous désirez recevoir. Il est normal cependant que l’on puisse obtenir la réception d’une même émission ^aveq deux positions au moins du condensateur d’hétérodyne. Ces positions correspondent aux fréquences d’hétérodyne qui diffèrent en plus ou en moins de la fréquence de l’onde incidente d’une valeur correspondante la fréquence intermédiaire choisie, et sur laquelle sont accordés les circuits moyenne fréquence.
- Quant à la bobine d’accord correspondante, son coefficient de self-induction peut évidemment varier suivant les caractéristiques de l’antenne employée. Les accrochages que vous constatez proviennent peut-être de ce que vous employez, pour réaliser l’accord d’antenne, une bobine comportant un nombre de tours assez grand, et une très faible capacité. Vous pourriez donc essayer d’utiliser la bobine inférieure comportant un nombre de spires moins élevé, et de réaliser l’accord avec une capacité un peu plus grande.
- Le réglage sur cadre est évidemment plus minutieux que le réglage sur antenne, parce que la résonance du circuit formé par le bobinage du cadre est plus aiguë, l’amortissement est donc beaucoup moindre. Il y a lieu, par conséquent, de moins pousser le réglage du potentiomètre permettant de régler la sensibilité.
- Nous vous avions conseillé de vérifier le bon état des enroulements du cadre et du commutateur, en montant une pile et un voltmètre en série aux deux bornes d’utilisation. Si cet essai a démontré le passage d’un courant pour les trois positions du commutateur, cela prouve
- sans doute que le cadre est en bon état. Vous devriez donc obtenir des résultats suffisants si le réglage des graduations du condensateur du cadre correspond bien à celles du condensateur d’hétérodyne.
- 3° Pour recevoir les ondes très courtes sur la gamme de 10 à 80 m environ, on emploie une antenne, même de courte longueur, et non un cadre. C’est pourquoi il est difficile d’établir un appareil à changement de fréquence comportant une bigrille cliangeuse de fréquence, deux lampes moyenne fréquence, une détectrice et deux lampes basse fréquence fonctionnant sur cadre à réglage unique des condensateurs d’accord et d’hétérodyne par un même bouton molleté avec correcteur, et permettant en même temps la réception des ondes très courtes sur petite antenne.
- Nous croyons que le meilleur procédé dans ce cas consiste à réaliser et à utiliser un poste superhétérodyne à réglage unique fonctionnant sur cadre, et destiné seulement à la réception des émissions de 250 à 2000 m de longueur d’onde, et, d’autre part, un adaptateur permettant la réception des émissions sur ondes très courtes à l’aide d’une petite antenne. Nous avons déjà donné quelques détails dans les chroniques de Radiophonie pratique sur les caractéristiques de cet adaptateur qui pourrait simplement être formé par une lampe autodyne avec montage du genre Schnell, la plaque de cette lampe étant reliée à la douille plaque de la lampe bigrille du poste superhétérodyne, cette lampe bigrille ayant été elle-même enlevée.
- Réponse à M. D... à Limoges (Haute-Vienne).
- Construction d’un poste récepteur à galène.
- Le cristal de galène naturel, ou plutôt sensibilisé, est encore celui qui semble donner les meilleurs résultats. Pour obtenir une sensibilité suffisante, il faut que le système porte-chercheur permette une orientation minutieuse de la pointe de la spirale métallique qui constitue le chercheur et une variation très progressive de la pression exercée par la pointe de cette spirale sur la surface du cristal.
- D’autre part, la sensibilité du poste est évidemment liée à la qualité du collecteur d’ondes et de la prise de terre. Avec un poste à galène) si l’on veut entendre des émissions provenant de stations faibles ou éloignées, il est presque indispensable d’avoir une antenne bien dégagée et assez longue.
- Cependant, lorsqu’on veut établir un poste à galène dans une ville où se trouvent plusieurs postes émetteurs de longueurs d’onde voisines ou même à proximité de cette ville, il ne faut pas considérer seulement la sensibilité du poste, mais encore ses qualités de sélectivité. Il est sans doute bien difficile de réaliser un poste à galène très sélectif, en raison de la résistance relativement faible de ce genre de détecteur, de l’ordre de quelques centaines d’ohms, ce qui produit un amortissement beaucoup trop grand du circuit d’accord.
- Au lieu d’utiliser un système d’accord en dérivation, dit « en direct », avec un seul bobinage constitué par une bobine à broches ou à prises, ou encore par une bobine d’ancien modèle à enroulements en hélice à curseur, on peut cependant augmenter les qualités de sélectivité du récepteur en utilisant un système d’accord plus perfectionné. Le dispositif qui permettrait d’obtenir la plus grande sélectivité serait le modèle en tesla avec primaire et secondaire accordés par des condensateurs variables, et auquel on pourrait même ajouter un circuit-
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- bouchon, destiné à éliminer une bande de fréquences particulièrement gênante.
- Ce montage très sélectif aurait cependant l’inconvénient d’être assez difficile à régler, du moins par un amateur peu averti, et de diminuer la simplicité du montage, qui est une des principales qualités du poste à galène.
- En pratique, on se Contente donc d’un montage en auto-transformateur, les deüx extrémités du bobinage étant reliées au circuit de réception et la prise d’antenne étant fixe ou mobile, de manière à faire varier le couplage du primaire. C’est d’ailleurs là le principe du système en Oudin, bien connu des premiers amateurs de T. S. F. On peut encore appliquer le circuit du détecteur sur une partie seulement du bobinage; dé manière à diminuer l’amortissement.
- Réponse à M. le D* F... à St-Simon, par Toulouse (Hte-Garoéne).
- Amélioration d'un poste superhétérodyne.
- 1« Le poste superhétérodyne que vous avez construit, et qui comporte quatre lampes, soit une higrille changeuse de fréquence, une lampe moyenne fréquence à grille écran, une détectrice et un étage basse fréquence de sortie équipé avec une pentode, constitue un récepteur simple, sensible et sélectif, surtout s’il est utilisé avec unnadre comme collecteur d’ondes.
- Pourtant, le système comporte un seul étage d’amplification moyenne fréquence, ét aucun étage d’amplification haute fréquence avant la changeuse de fréquence. Par conséquent, il ne peut avoir une sélectivité équivalente à celle d’un superhétérodyne de modèle plus ancien ou plus classique comportant au moins deux ou trois étages d’amplification moyenne fréquence.
- L’adoption d’une lampe à écran a sans doute permis d’obtenir une plus grande sensibilité, malgré la diminution du nombre d’étages. Grâce à la réalisation des transformateurs moyenne fréquence à filtre de bande, la sélectivité a pu être également améliorée, sans amoindrir pour cela les qualités musicales de l’audition.
- Pour augmenter encore la sélectivité du système, il faudrait décou-pïër les bobinages du tesla de liaison, adopter un étage d’amplification haute fréquence à résonance en avant de la lampe changeuse de fréquence, ou enfin ajouter un étage d’amplification moyenne fréquence, également à transformateur passe-bande.
- Ces différentes notions ont été étudiées plusieurs fois dans les chroniques de « Radiophonie pratique » parues dans La Nature. Vous pouvez également trouver des détails à ce sujet dans le petit ouvrage : Les progrès des superhêlërodynes (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris),
- 2° Le montage superinductance que vous indiquez et qui sera décrit prochainement dans La Nature n’est pas un type à changement de fréquence. Il comporte deux étages d’amplification haute fréquence directe munis de lampes à écran à forte pente de la caractéristique. Le premier étage est à résonance et le deuxième est semi-apériodique, les circuits de liaison peuvent être assez découplés grâce justement à l’utilisation de ces lampes à écran à forte pente aux propriétés amplificatrices très marquées.
- Les qualités de sélectivité du poste sont dues non seulement à l’emploi d’un étage à résonance, mais surtout à la disposition d’un système présélecteur placé en avant des étages d’amplification haute fréquence, et qui constitue un système d’accord à filtre de bande. Ce procédé permet un accord unique d’accord et de résonance, une sélection plus accentuée, l’atténuation des distorsions diverses dues à l’emploi des lampes à forte amplification, qui peuvent troubler l’audition lorsqu’on désire recevoir des émissions puissantes ou provenant de stations rapprochées.
- Malgré l’ingéniosité et la valeur de ces différents dispositifs techniques, la sélectivité du système ne peut être supérieure à celle d’un montage superhétérodyne, d’autant plus que le poste est exclusivement destiné à être employé sur antenne courte, avec prise de terre correspondante.
- D’autre part, un tel montage est assez délicat à établir, et ne peut, semble-t-il, être réalisé aisément à l’heure actuelle par un amateur constructeur non professionnel.
- Par contre, l’emploi d’un dispositif présélecteur est possible avec n’importe quel système de récepteur, en théorie, et on peut même employer un système d’accord de ce genre avec un appareil à changement de fréquence. Nous avons déjà donné des exemples de réalisations de ces dispositifs dans nos chroniques de Radiophonie pratique, et indiqué les principes sur lesquels est basée la construction des différents types. Quelques constructeurs ont commencé à établir des pré-
- sélecteurs d’une manière industrielle. Vous trouverez la description d’un présélecteur dans l’ouvrage Les récepteurs modernes, Tome 2 (Chiron, éditeur).
- Réponse à M. M... à Mont-de-Marsan (Landes).
- Élimination de parasites atmosphériques.
- L’emploi du cadre comme collecteur d’ondes permet, sans doute, en général, d’obtenir une sélectivité accentuée, à condition, bien entendu, d’utiliser un récepteur établi en conséquence et en particulier, un poste à changement de fréquence.
- Cet effet de sélectivité accentuée est dû, d’une part, à la faible résistance de l’enroulement qui permet d’obtenir un accord très aigu sur la longueur d’onde de l’émission à recevoir, sans risques d’amortissement dans le circuit d’entrée; d’autre part, aux propriétés directionnelles du cadre qui exigent l’orientation de son plan dans la direction du poste dont on veut recevoir les émissions. Enfin, un poste à cadre n’étant pas relié à une antenne et à une prise de terre est beaucoup mieux isola contre les influences parasites de toutes sortes qu’un récepteur à antenne. Qn remarquera, d’ailleurs, que cette propriété d’isolement, en quelque sorte, devient beaucoup moins accentuée si le poste récepteur est alimenté, par le courant d’un secteur, parce que, dans ce cas, il est relié, plus ou moins indirectement au réseau de distribution.
- La cadre, par son principe même, ne recueille pourtant qu’une quantité d’énergie bien inférieure à celle que recueille une antenne même de courte longueur, de sorte [que pour obtenir la réception des émissions faibles ou lointaines, on est obligé d’utiliser au maximum l’amplification du récepteur. Ce qui importe surtout, c’est le rapport anti-parasites entre l’énergie utile recueillie et l’énergie des -parasites, et non pas l’énergie absolue des courants parasites haute fréquence. Lorsqu’on veut trop pousser l’amplification, on amplifie en même temps les courants parasites et les signaux 1111168, c’est pourquoi, lorsqu’on a à craindre des parasites atmosphériques ou même industriels, l’amélioration procurée par l’emploi d’un cadre est bien plus marquée pour la réception des émissions puissantes ou provenant de stations locales.
- Nous ne pouvons vous affirmer, a priori, et sans étudier sur place la nature des troubles que vous indiquez, que l’emploi d’un cadre comme collecteur d'ondes vous permettra d’obtenir un résultat absolument efficace, mais il est certain que l’essai mérite d’être tenté, car il est probable qu’il sera concluant.
- Beaucoup de parasites atmosphériques et même industriels agissent « par choc », c’est-à-dire n’ont pas de longueur d’onde propre marquée, par contre, certains autres ont des fréquences assez bien déterminées, et l’emploi d’un système d’accord sélectif sur cadre permet ainsi d’obtenir un meilleur résultat, d’autant plus que le cadre, intérieur à l’appartement, est de faible surface et beaucoup moins sensible aux transmissions d’énergie par induction.
- Beaucoup de parasites proviennent, d’autre part, d’une direction bien déterminée, et, dans ce cas, l’orientation convenable du cadre permet toyt au moins de les atténuer. Des expériences très intéressantes ont, d’ailleurs, été faites pour déterminer à l’aide de postes à cadre la direction des parasites. Vous pouvez, par exemple, consulter; à ce sujet la Pratique radioélectrique (Masson, éditeur).
- Réponse à M. Léon, à Alger.
- Quelles sont les conditions à réaliser pour obtenir un bon moulage au soufre?
- On sait que les moulages au soufre permettent d’obtenir une grande finesse dans la reproduction de détails des modèles tels que médailles, camées, etc. ; pour bien réussir, il convient de tenir compte des observations suivantes fournies par la pratique :
- Le soufre qui fond à 114° C se présente à ce moment sous une forme très fluide, puis si on élève la température au-dessus de 120° C, le soufre brunit et devient visqueux. A 200° on peut retourner le vase qui le contient sans qu’il s’écoule, puis après avoir dépassé 250° C, il se produit, une seconde fusion et à 300° le soufre retrouve sa fluidité première.
- Lorsque le soufre est destiné à produire des moulages, il est avantageux de le laisser cuire jusqu’à ce qu’il ait atteint la consistance de la mélasse, puis on le laisse refroidir jusqu’aux environs de 120°, ce dont on se rend compte par la formation à sa surface de fines aiguilles en croûte légère. On peut fixer comme règle invariable que moins le soufre est chaud, plus l’épreuve est parfaite, le soufre est toujours assez
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- chàud. tant qu’il se maintient liquide; on en prend alors, près de la surface un peu plus que la quantité voulue, au moyen d’une cuiller en fer mince huilée pour qu’il s’y attache moins fortement et on le verse en une seule fois, sans précipitation, au centre du moule, en ayant soin, par un mouvement de la main, de couvrir le moule régulièrement,
- Finalement, on pose le tout sur une table ou un plan horizontal pour que le moulage ait partout la même épaisseur.
- N. B. — On augmente beaucoup la résistance et la dureté du soufre en y incorporant le cinquième ou ie quart d’oxyde de fer provenant des battitures finement pulvérisées, qui se trouvent au pied de l’enclumè des forcerons; dans ce cas, il faut prendre la précaution de bien remuer le mélange avec un bâtonnet, jusqu’au fond du vase, avant de couler la masse fondue, pour remettre en suspension l’oxyde de fer qui a pu se déposer.
- On peut également donner plus de solidité par addition de quartz et colorer la masse au moyen d’un pigment en prenant par exemple :
- Soufre .................................100 grammes
- Sable blanc broyé........................ 60 —
- Pigment.................................. 15 —
- Lesdits pigments sont généralement le vermillon, l’oxyde de chrome, le bioxyde de manganèse qui donnent respectivement le rouge vif, le vert foncé et le gris métallique.
- Réponse à M. Hainault, à Paris.
- De quelle manière s'obtient le plomb de chasse nickelé.
- Le plomb seul et le plomb antimonié prennent très bien le nickelage dans un bain monté au chlorure de sodium, additionné d’acide borique qui a pour effet de conserver au dépôt sa blancheur que le sel marin tendrait à lui faire perdre. On peut prendre comme type d’un bain de ce genre, la formule suivante :
- Sulfate de nickel........................ 50 grammes
- Sulfate double de nickel et ammonium. . 50 —
- Chlorure de sodium....................... 40 —
- Acide borique............................ 15 —
- Eau pure............................. 1000 cm3
- La densité de ce bain est voisine de 1065, soit 8°5 B.
- Ses caractéristiques sont :
- Résistivité.............................23,5
- Conductivité......................... 0,0425
- Nickel par litre......................... 18 grammes
- Pour l’application, le dispositif dit « au tonneau » est le plus pratique, les grains à nickeler sont placés dans un tonneau perforé qui baigne dans le bain électrolytique, la partie périphérique garnie de bandes métalliques est reliée au pôle positif et la partie centrale où sont disposés des balais, au pôle négatif ; cathode et anode ainsi constituées, sont isolées électriquement par les joues du tonneau qui sont en ébonite.
- On débute par une assez forte intensité de courant de 2 ampères par décimètre carré. Une fois l’amorçage du dépôt réalisé, on peut se limiter à un ampère par décimètre carré.
- La durée du nickelage dépend naturellement de l’épaisseur du dépôt à obtenir. Réponse à M. Silva à Amadora (Portugal).
- P.-S. — La fabrication des douilles de chasse se réduit à un assemblage des éléments constitutifs: tube en carton, culot estampé, amorce et goupille de percussion; toutes ces pièces sont fournies à volonté par __ des industries séparées.
- Patinage simple du ter forgé.
- Le fer forgé se patine aisément en opérant ainsi : on commence par
- préparer une mixture avec :
- Huile de lin.........................150 grammes
- Goudron de Norvège.................. 700 —
- Essence de térébenthine...............150 —
- La pièce à patiner étant portée au rouge naissant, on l’enduit de la mixture avec un tampon d’étoupe; si la patine n’est pas assez accentuée. on recommence l’opération.
- Le noir ainsi obtenu étant d’aspect plutôt mat, si on veut lui donner du brillant, on termine par l’application d’un mélange composé de :
- Brai stéarique................................100 grammes
- Bitume ordinaire............................. 35 —
- Huile de lin cuite........................... 65 —
- White spirit . . . ........................100
- Pour obtenir un ton gris, ajouter quantité suffisante de plombagine
- (mine de plomb), pour le noir franc,1 remplacer la plombagine par noir de fumée.
- Cet enduit présente en outre l’avantage de protéger d'une façon parfaite les pièces en fer contre le développement de la rouille.
- Réponse à M. Trouplin, à Bruxelles.
- Qu’est^ce que la colle au sang ?
- Le collage dit au sang, très employé aujourd’hui pour assurer la jonction des pièces de bois exposées à l’humidité, se pratique au
- moyen d’une colle ainsi préparée :
- Prendre :
- Albumine du sang.......................120 grammes
- Eau ordinaire......................... 220 —
- Ammoniaque D. = 0.900................... 5 —
- Chaux éteinte en poudre............. 2,5 —
- Faire macérer l’albumine dans une partie de l’eau froide pendant quelques heures sans remuer, délayer ensuite pour rendre homogène après addition d’ammoniaque.
- D’autre part ajouter le reste de l’eau à la chaux en poudre de façon à former une crème épaisse que l’on incorpore peu à peu au mélange précédent, on doit ainsi obtenir une colle de bonne consistance, utilisable pendant plusieurs heures sans modification.
- Bien observer les proportions et éviter surtout un excès de chaux qui durcirait le mélange et formerait un mastic compact.
- La colle est appliquée, au pinceau de la façon habituelle; après réunion des éléments à coller, on ligature fortement et laisse sécher.
- Pour terminer, on passe à l’étuve à 100°-105° afin de coaguler l’albumine, quelques minutes suffisent si l’intérieur de la pièce est bien porté à cette température. Réponse à M. Vanhamme, à Louvain.
- P.-S. — 1° Le meilleur moyen de conserver le bois est de lui faire une application de zincate de soude obtenu en mélangeant les deux
- solutions suivantes :
- A Chlorure de zinc à 45° B................. 480 cm3
- Eau ordinaire. . ........................ 1000 cm3
- B Soude caustique à 36° B................. 400 cm3
- Eau ordinaire............................. 2250 cm3
- 2° L’aspect gras que prennent les éponges de toilette après quelque temps d’usage, est dû au gonflement de la matière organique de l’éponge par l’alcali des savons.
- Le remède très simple est de passer l’éponge dans une eau acidulée par 1 ou 2 pour 100 d’acide chlorhydrique du commerce (acide muriatique) ou à défaut par un jus de citron.
- Un bon rinçage à l’eau pure termine ensuite l’opération et livre l’éponge en parfait état.
- Comment se fait un moulage au plâtre.
- Le moulage au plâtre est très simple et ne demande qu’un peu de soin. Il consiste à enduire préalablement d’huile avec un pinceau l’objet à mouler, puis à disposer sur celui-ci des fils huilés fins et résistants, en lin de préférence, de telle manière qu’ils permettent ultérieurement de séüarer le moule en fragments convenables, à la façon du fil à couper le beurre.
- Autour de l’objet ainsi préparé on constitue une garde en carton, puis on coule, dans l’espace ainsi limité, du plâtre fin dit plâtre à mouler, gâché assez clair, un tube d’évent également en carton étant ménagé pour assurer l’évacuation de l’air.
- Aussitôt que le plâtre a fait prise, on relève les fils dont les extrémités étaient débordantes, les fragments du moule sont mis de côté pour sécher d’abord à l’air, puis à l’étuve.
- Il suffit alors de les réunir par une ficelle pour reconstituer le moule entier que l’on huile à son tour et dans lequel du plâtre coulé redonne le relief initial de l’objet. Réponse à Mme L. à Cahors.
- P.-S. — 1° La conservation des vins dépend d’abord de leur degré alcoolique qui doit être au moins de 10 pour 100 d’alcool, les vins les plus riches en extrait seront ensuite ceux de meilleure tenue. Quant à l’acidité, on doit la trouver voisine de 4 gr à 4 gr 5 par litre, calculée en S04H2.
- 2° Seul l’examen microscopique peut renseigner sur la présence des micro-organismes susceptibles de produire les maladies des vins, tourne, ascescence, etc.
- De tout un peu.
- M. Surèya, à Istamboul. — L’aspect donné à la peau qui recouvre votre appareil photographique résulte d’un gaufrage à la machine;
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- quant à l’enduit noir, il s’agit très probablement d’un vernis cellulosique souple pour cuirs que vous trouverez chez tous les marchands de couleurs et d’une composition analogue à la suivante :
- Acétate de cellulose 30 grammes
- Tétrachloréthane 360 —
- Triacétine 3 —
- Alcool à 95° 40 —
- Noir d’aniline, quantité suffisante.
- M. Dejou à Arpajon-sur-Cère. — Pour conserver aux cornes brûles leur souplesse, les faire tremper dans le mélange suivant, ou les en imprégner copieusement :
- Eau froide 20 000 grammes
- Acide nitrique 6 000 —-
- Acide pyroligneux 4 000 —
- Tanin 1 000 —
- Bitartrate de potasse 4 000 —
- Sulfate de zinc 5 000 —
- Faire dissoudre les produits dans l’ordre d’énumération et rendre homogène.
- M. Gouaze à Seysse. — 1° Pour dégager le mercure des impuretés qui souillent sa surface, il suffit de l’introduire dans un cornet de papier, dont l’enroulement est fixé par quelques points de cire à cacheter, la pointe du cornet étant coupée aux ciseaux de manière à ne ménager qu’une ouverture très fine; le mercure s’écoule limpide toutes les crasses restant fixées sur le papier.
- 2° Votre bac ayant été goudronné, il faut enlever tout le revêtement intérieur par brûlage à la lampe à souder et grattage au moyen du grattoir triangulaire des peintres.
- Cela fait, vous pourrez soit regoudronner, soit, ce qui est encore mieux, appliquer une peinture cellulosique du commerce.
- N. B. — Eviter d’une façon absolue l’emploi d’une peinture à la céruse, directe ou indirecte, laquelle pourrait causer des empoisonnements.
- 3° Pour remettre vos accumulateurs en charge, les remplir de la solution acide vendue toute préparée dans le commerce, puis faire passer le courant de manière que l’intensité soit égale au dixième de la capacité en ampères-heure; par exemple pour un accumulateur de 40 ampères-heure, recharger à 4 ampères.
- A fin de charge, le degré Baumé de l’acide ne doit pas dépasser 28 à 30° B, à ce moment la tension doit être de 2 v 5 par élément, les accumulateurs étant encore dans le circuit et non séparés.
- Les accumulateurs devront de préférence être montés en série pour utiliser d’une part au maximum la différence de potentiel disponible sur le secteur (110 volts en continu), au lieu de la dissiper dans des résistances et d’autre part, pour éviter des actions réciproques d’un élément sur l’autre, qui peuvent se produire dans le cas d’accumulateurs inégalement formés.
- Durant la décharge, ne pas descendre au-dessous de 1 v 8 par élément, la densité de l’électrolyte peut être à ce moment de 12° à 13° B.
- Si le niveau du liquide vient à baisser, c’est en principe de l’eau distillée qu’il faut ajouter et non de la solution acide.
- Dans le cas où une batterie doit être mise au repos, il faut que ce soit à l’état de capacité complète et non incomplètement chargée ou encore moins vidée.
- M. Monnerot-Dumaine à Villebrumier. — Ainsi que nous l’indiquons dans la réponse ci-dessus, nous pensons que l’application d’une peinture cellulosique est celle qui conviendra le mieux pour la protection de votre réservoir à eau d’alimentation.
- M. Saint-Etienne à Paris. — 1° Le carburant national ne présente pas plus de danger que l’alcool seul, comme combustible dans les lampes habituellement destinées à recevoir ce dernier, mais la flamme devient alors fuligineuse.
- 2° La dénaturation de l’alcool à brûler a justement pour but d’empêcher son emploi en parfumerie et sa substitution à l’alcool inodore; l’administration a ainsi choisi avec intention le méthylène-Régie, pour la difficulté que présente l’enlèvement de l’odeur, car seules des rectifications industrielles et des épurations chimiques successives permettraient un semblable résultat.
- M. Palun à Avignon. — 1° La remise en étal de vos bonbonnes en verre ayant contenu de l'huile pourra s’effectuer ainsi :
- Introduire à l’intérieur une solution tiède de soude caustique (eau t seconde clés peintres) pour saponifier les huiles, rincer à l’eau égale- j ment tiède à plusieurs reprises. '
- Si les bonbonnes ont contenu des produits parfumés, rincer d’abord
- avec de l’alcool à brûler dont, par économie, on se servira successivement pour chacune des bonbonnes à nettoyer, laisser bien égoutter.
- Finalement rincer à l’eau en ayant soin de remplir complètement jusqu'à débordement pour déplacer l’air parfumé qui est à l’intérieur de la bonbonne.
- Cette condition est essentielle si on veut obtenir un bon résultat.
- 2° Pour obturer les fuites de radiateurs d’autos, introduire dans cehïï-ci une poignée de simple farine de lin achetée chez le pharmacien ou l’herboriste voisin, celle-ci trouvera naturellement son chemin jusqu’à la fuite qu’elle bouchera, même si elle présente quelque importance.
- Extérieurement il se formera une croûte très adhérente de sorte que cette réparation pourra le plus souvent être assez durable pour ne pas nécessiter ultérieurement l’intervention du spécialiste.
- M. Delarue à Leysin (Suisse). — Généralement les encres anciennes sont à base de gallate de fer et de noir de fumée.Vous pourrez très probablement faire disparaître assez facilement le premier sur vos vieux parchemins, en les trempant dans de l’eau javellisée, légèrement acidulée par l’acide chlorhydrique.
- Quant au carbone du noir de fumée, s’il n’est qu’en surface, un léger frottement sous l’eau avec un tampon d’ouate pourra le dégager, mais s’il a pénétré assez profondément dans l’épaisseur de la peau, il faudra renoncer à tout traitement; le carbone étant insoluble dans tous les réactifs est par suite indélébile ainsi que le montre bien la persistance indéfinie des tatouages.
- M. Jousselin à Niort. — Très probablement vous tirerez le meilleur parti de vos vieux chaudrons en cuivre en les vendant pour la décoration de salles à manger; vous pourrez pour cela vous adresser aux antiquaires de votre ville dont les noms suivent : MM. Aubert, Boucher, Gabriault, Micheau, Mme Meylan, Mme Reigner.
- M. Vignier à Antibes. — 1° Vous trouverez des graines de kephyr chez la plupart des pharmaciens, la préparation du lait ainsi fermenté étant aujourd’hui courante.
- 2° Adresses de fabricants de caséine. La Caséine française G. Des-marest et Cle à Clefs (Maine-et-Loire). — Société des Produits du Lait, M. Millet, directeur, 32, rue du Faubourg-Poissonnière à Paris. — Au détail chez un grand nombre de droguistes.
- 3° L’office de l’A. O. F. 159, boulevard Haussmann, Paris, 8e vous fournira une liste complète des dépositaires de cafés verts en provenance des colonies françaises de l’Afrique occidentale.
- M. Maurice Nicolas à Cornimont (Vosges). — Nous pensons que le vernis n° 270, fabriqué par la Société la Bakélite, 14, rue Roqué-pine, Paris 8 e vous donnera satisfaction comme enduit protecteur résistant aux acides et aux alcalis.
- M. Brassart à Villers-Bretonneux. — Ainsi que nous l’avons indiqué bien des fois, la mixture que l’on applique sur les figurines hygrométriques se compose de :
- Gélatine blanche = 10 grammes
- Chlorure de cobalt =1 —
- Eau ordinaire = 100 —
- Pour plus de détails se reporter au n° 2867, page 384, réponse à M. Beuvry et Arts graphiques à Nancy.
- M. Combaluzier à Shembaganur (Indes anglaises). — Nous ignprons la composition du produit dont vous parlez, il s’agit très probablement d’une spécialité locale.
- M. Le Dr Laisney à Paris. — 1° On ne peut obtenir d’encres communicatives qu’en les chargeant fortement de matière extractive: sucre, gomme, glycérine, etc., de manière qu’elles atteignent environ 8° Baumé.
- Il en résulte que ces encres sont épaisses, légèrement poisseuses, et non seulement elles circulent difficilement dans le canal d’alimentation des plumes à stylos, mais en outre, par leur concentration éventuelle, résultant de l’évaporation partielle de l’eau, elles amènent l’obstruction de celui-ci.
- Chercher à rendre communicative de l’encre à stylos est donc aller à l’encontre du but proposé et lui enlever les qualités requises pour son emploi.
- 2° La quantité d’alcool peut être doublée sans inconvénient (15 X 2 = 30 cm5) pour favoriser la solubilisation du bleu de méthylène.
- M. Nogier à Lyon. — 1° Il ne faut pas compter redissoudre le caoutchouc des chambres à air,la vulcanisation qu’il a subie s’y opposant.
- 2° L’emploi de l’acide oxalique dans l’exécution de la formule que nous avons donnée dans le n° 2863 du 15 août 1931 ne présente aucune difficulté, cet acide étant très soluble dans l’acétone.
- T
- V
- Le Gérant : G. Masson.
- 2634. — Paris, lmp. Lahure.
- 15-6-1932.
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- LA NATURE
- SOIXANTIÈME ANNEE — Î932
- PREMIER SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Abyssinie : potasse et magnésie, 186. Actions biologiques à distance, 293. Alésages : vérification précise, 236.
- Alliages légers, 360.
- Alliage nickel-baryum pour bougies, 140. Alsace : potasse, 205.
- Altimètre acoustique Florisson, 426.
- Altimètre sonique pour avions, 378. Aluminium : concours, 421.
- Aluminium : peintures, 132.
- Aluminium : soudure autogène, 90. Analyseur optique transportable, 187.
- Andes : éruption des volcans, 474. Anesthésie, 547.
- Appui-support Iti, 43.
- Astronomie : bulletin, 37,133,229,323,419, 517.
- Autogyres, 14.
- Automobiles : fabrication en série, 447, 494. Automobile pratique, 83, 278, 326.
- Auto Roll bloc, 571.
- Auto-routes, 190.
- Avant-port du Verdon, 117.
- Aveugles : lecture directe, 358.
- Aviation archéologique, 140.
- Avions à surface variable, 541.
- Avions : catapultes en Angleterre, 6.
- Avion : de.I-lanoï à Paris en 76 heures, 185. Avions de tourisme américains, 400.
- Avion : mesure de la distance au sol, 42. Avions : nouveaux modèles, 89.
- Avion pour passagers à 4 moteurs, 234. Avions stratosphériques, 88.
- B
- Balai métallique Gra-Ca, 526.
- Balénoptère : vertèbre à Ouillebeuf, 327. Barreau de grille : remplacement, 325. Batterie : charge par soupape électrolytique, 45.
- Beurre blanc ou jaune, 561. Beurrier-glacière, 476.
- Bigourdan : nécrologie, 332.
- Bioglyphes, 526.
- Bisons d’Europe, 284.
- Bitumes : émulsions, 478.
- Blés : valeur boulangère, 396.
- Bossut : bicentenaire oublié, 371.
- Brouillards : microphotographie, 557.
- Bruits : lutte dans la maison, 45.
- c
- Cambodgiens et Khmers, 385.
- Canigou : vue des Alpes, 302.
- Caoutchouc : doublage des appareils chimiques, 235.
- Caoutchouc artificiel, 185.
- Caoutchouc : synthèse, 532.
- Canne à sucre à Java, 66.
- Caoutchouc : durcissement. 191.
- Catapultes à avions, 6.
- Cellule photoélectrique : applications, 66. Cellules photo-voltaïques, 405.
- Cerveau : modèle lumineux et multicolore, 333.
- Chams, 93, 190.
- Chaudières suralimentées, 299.
- Chaussures : pièces invisibles, 238.
- Chili : nitrate de soude, 263.
- Chlorate de soude : destruction des mauvaises herbes, 228.
- Chute d’eau : équipement, 145.
- Chute du Sautet : aménagement, 536.
- Cible à sonnerie électrique, 90.
- Cigale, 226, 383.
- Cinéma : truquages scientifiques, 21S. Cinématographie : nouveautés, 422.
- Clé à rotule, 428.
- Clichés : emballage, 39.
- Clichés : enlèvement des décalques d’imprimerie, 376.
- Cobaltage : bains, 527.
- Cocotiers : reproduction, 77.
- Colle au sang, 575.
- Colle nouvelle pour reliure, 519.
- Colocases, 35.
- Compteur automatique à grande vitesse, 427. Concours radioteclinique : résultats, 129. Constructions modernes,’ 555.
- Corps creux : nouveau procédé de fabrication, 289.
- Crème glacée : industrie, 152.
- Cultures fourragères aii Maroc, 52.
- Cuvier : centenaire, 529.
- Supplément au n° 2885 de La Nature du 15 Juin 1952.
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-
-
-
- D
- Dactylographie musicale, 187.
- Dattes, 409.
- Déboucheur d’évier, 382.
- Décibel, 114.
- Diamètre d'une canalisation : mesure, 567. Dirigeables : mât d’amarrage, 524.
- Disques de gélatine, 94.
- Disques de phonographes à longue audition, 375.
- Disque rhéométrique, 297.
- Do-K., 234.
- Doryphore, 160.
- E
- échelle pliante à pied arrière, 287.
- Éclairage en couleurs changeantes, 126. École supérieure des poids et mesures, 156. Écrans et lumière de Wood, 181.
- Égouttoir à vaisselle, 189.
- Élans en Europe nord-orientale, 433. Électricité dans le monde, 235.
- Empreintes digitales : transfert, 51.
- Encre à stylos, 527.
- Énergie électrique : transport par courant continu, 23.
- États-Unis : population, 1S6.
- Éthylène : maturation des poires, 112. Évier : déboucheur, 382.
- Extensimètre Chopin, 396.
- F
- Farine de bois : emplois, 521.
- Fer forgé : patinage, 575.
- Ferrié : nécrologie, 283.
- Feuilles : gestes, 11.
- Fonds national belge, 426. Fourmis : parasitisme social, 457. France : population, 165, 439.
- G
- Gabarit d’une pièce, 567. Gelées de raisins, 190. Gestes de feuilles, 11.
- Girouettes*stabilisatrices Constantin:. 102. Glucinium, 36.
- Gomme rotative, 287.
- Goudron : taches, 93, 190.
- Gouttière : réparation, 467.
- Greffes hétérogènes, 273.
- Gril universel, 334.
- Grille de générateur : remplacement d’un barreau, 325.
- Grottes de la Norée, 426.
- H
- Haut-parleurs à très grande puissance, 461. Haut-parleur : adaptation, 239. Haut-parleur : choix, 239.
- Hélices de turbines : fabrication, 183. Hélicoptères, 14.
- Herbes : destruction par le chlorate de soude, 228.
- Héroïsme, 29.
- Heure : distribution téléphonique, 367. Hivers doux, 333.
- Homme du Néanderthal en Palestine, 524. Huiles : recuit et trempe, 510.
- Hydravions à coque ou à flotteurs ? 69. Hydrogène liquide : préparation, 247. Hygromètre facile à construire, 142, 288.
- I
- Igname de Chine, 569. Immeubles : normalisation, 89. Inhalateur « Oléogazeur », 188. Inondations du Tonkin, 199.
- J
- Java : cannes à sucre, 66.
- Jungfraujoch : station internationale de recherches, 41.
- K
- Kaki, 81.
- Kaolins : préparation, 462.
- Khmers et Cambodgiens, 385. Knight (Charles-R), 315.
- Kohol 191.
- Konjac, 380.
- L
- Laboratoire cryogénique de Leyde, 233. Lames très minces, 308.
- Lampe à incandescence de 50 kilowatts, 277. Lampe à vapeur de mercure, 412.
- Lampes bigrilles en haute fréquence, 93. Lampe électrique à gaz lumineux, 150. Lampe électrique à vapeur de sodium, 474. Le Bon, fonctionnaire, 190.
- Le Bon : nécrologie, 87.
- I.eucites, 508.
- Liban et Syrie, 481.
- Lit redressable, 44.
- Livres nouveaux, 40, 92, 182, 232, 282, 377, 425, 473, 522, 568.
- Locomotives électriques françaises, 59. Loupe binoculaire, 429.
- Lumière ultra-violette et mineurs, 475.
- M
- Machine à sonder les routes, 216.
- Maison de verre, 113.
- Maroc : cultures fourragères, 52.
- Mastic pour toits en zinc, 325.
- Mât d’amarrage pour dirigeable, 524. Mathématiques : récréations, 33, 225, 417. Maturation des poires par l’éthylène, 112. Métaux rares : nouveaux emplois, 474. Météore, 238.
- Météorite tombée en Sibérie en 1908, 485. Météorologie : mois, 82, 181, 277, 370, 466, 564.
- Météorologie : organisation, 53.
- Mineurs et ultra-violet, 475.
- Molybdène, 268.
- Monde minuscule, 241.
- Montres remontées automatiquement, 43. Mordre ou mastiquer ? 213.
- Moteur Rupa à combustible solide, 366. Moulage au plâtre, 575.
- Moulage au soufre, 574.
- Moustiques : curieux procédé de destruction, 424.
- Musée pour enfants, 90.
- Musique : nouvelle écriture, 507.
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-
-
-
- N
- Nautostrade, 524.
- Navires : stabilisation, 2G1. Nécrologie : Bigourdan, 352. Nécrologie : le général Ferri6, 283. Nécrologie : Gustave Le Bon, 87. Nécrologie : Sauvage, 523.
- Nitrate de soude du Chili, 263. Normalisation des immeubles, 89. Nuages : photographie, 45. Nymphéa, 11.
- O
- Objet céleste en mouvement rapide, 426, 569.
- Œil de lynx, 180.
- Œuf : séparation du jaune et du blanc, 467. Oiseaux : histoires, 466.
- Oléogazeur, 188.
- Ondes ultra-courtes, 305.
- Opium en Chine, 570.
- Oranges : production et commerce, 322. Oscillographe cathodique, 248.
- Ours brun, 1.
- Oxycoupage sous l’eau, 558.
- Ozone et moteurs à explosion, 378.
- P
- Palétuviers : reproduction, 77.
- Papier : déchirures et déchiquetures, 34. Paquebot anglais à propulsion électrique, 42. Parasites atmosphériques : élimination, 574. Paravent chinois, 563.
- Patinage du fer forgé, 575.
- Pavillon acoustique nouveau, 335.
- Peintre paléontologiste, 315.
- Peintures 97, 193.
- Peintures à l’aluminium, 132.
- Peinture sur carbonyle, 190.
- Pendule Holweck-Lejay, 392.
- Pendulette électrique, 334.
- Perspectoscope Chabannais, 141.
- Pesanteur : mesure de l’accélération, 392. Pétrole : raffinage, 548.
- Phonographe à reproduction mécanique, 94. Phonographe : enregistrement d’amateur, 527.
- Phonographe : nouveau système acoustique, 27.
- Phonographe : retour au saphir, 233. Phonographie : enregistrement direct, 565. Photoélectrographe, 208.
- Photo : pour regarder, 255.
- Photographie des documents, 7. Photographies : documents 48, 96, 144, 192, 240, 336, 432, 480.
- Photographie des nuages, 45.
- Photographie : IXe exposition, 328. Photographie : nouveautés, 422.
- Photomètre Largodrem, 525.
- Photo-sculpture automatique, 410.
- Piano : innovations techniques, 21.
- Pince à ligatures, 90.
- Pitons de suspension à hauteur réglable,.525. Planeur remorqué par avion, 185.
- Plaques de nickel transparentes, 379. Plaqueminier, 81.
- Plomb de chasse nickelé, 575.
- Pneus : contre l’éclatement, 571.
- Poids et mesures : école supérieure, 156. Poires : maturation par l’éthylène, 112.
- Pont démontable universel Diard, 381. Populations civiles : défense, 337.
- Population de la France, 165, 439.
- Population des États-Unis, 186.
- Portrait vivant, 376.
- Poste à changement de fréquence, 288.
- Poste récepteur à galène, 573.
- Poste récepteur : choix, 94, 430.
- Poste récepteur : construction, 45.
- Poste récepteur toutes ondes, 383.
- Potasse d’Alsace, 205.
- Pou de San José, 369.
- Poudres à mouler, 376.
- Prague : poste de radiodiffusion, 88. Prestidigitation, 180, 228, 516.
- R
- Radiodiffusion : poste de Prague, 88. Radiophonie : amélioration de l’audition, 335. Radiophonie pratique, 136, 468, 520. Radiophonie : réception à grande distance, 94.
- Radiotechnique : cours, 527.
- Radiotechnique : résultats du concours, 129. Radium pour l’examen des métaux, 183. Radium : production actuelle, 49.
- Raffinage du pétrole, 548.
- Ragondin, gibier faucardeur, 211.
- Raisins : gelées, 190.
- Rayons ultra-violets, 71.
- Récepteur : augmentation de sélectivité, 479. Récoltes : prévision, 342.
- Régulateur automatique de vitesse, 162. Reproduction de documents, 82. Reproduction photographique des documents, 7.
- Réveil-baromètre, 476.
- Robinet électrique : applications, 86. Rollinat et les reptiles, 173.
- Ronflement : remède, 188.
- Roue élastique nouvelle : 476.
- —...... ---.. 579 :
- Rouleau compresseur monoroue, 428 Routes : machine à sonder, 216-
- s
- Sang : groupes, 250.
- Sangliers : pour les éloigner, 181.
- Santiago de Cuba : tremblement de terre, 185. Sautet : aménagement de la chute, 536. Sauvage : nécrologie, 523.
- Savants quand ils étaient jeunes, 177, 513. Sebga, teinture orientale pour cheveux, 376. Serpents 354, 527.
- Siège « Bienaise », 44.
- Sinanthropus, 438.
- Siphon sanitaire Tornade, 382.
- Sonde phonique, 269.
- Sonorisation d’un film d’amateur, 93.
- Sons : mesure de l’intensité, 114.
- Sorcier Simplex, 236.
- Soudure autogène de l’aluminium, 90. Soupape électrolytique : montage, 238. Sous-marin anglais M-2 : perte, 186. Sous-marin : sauvetage de l’équipage, 488. Stabilisation des navires, 261.
- Strontianite dans les Pyrénées, 335. Stylographe, 285.
- Sulfure de zinc phosphorescent, 190. Superphétérodyne, 527, 573.
- Superhétérodyne : mauvais fonctionnement, 238.
- Superhétérodyne : mise au point, 430. Synthèse du caoutchouc, 532.
- Syrie et Liban, 481.
- T
- Table de cuisine à usages multiples, 189. Taches de goudron, 93.
- Talons de caoutchouc : pose, 276.
- Taroudant, reine du Sous, 23.
- Téléphone aseptique, 572.
- Téléphotographie : réception des images, 478. Télévision par rayons cathodiques, 171. Télévision photoélectrique, 430.
- Télévision sous-marine, 101.
- Terres vertes, 217.
- Théière électrique automatique, 44. Thyratron : applications industrielles, S6. Tonkin : lutte contre les inondations, 199. Tortues géantes, 492.
- Tortues géantes : croissance, 564.
- Tour portatif à pédale, 572.
- Tansmutations nouvelles, 485.
- Tremblement de terre de Santiago de Cuba, 185.
- Trempe et recuit des huiles, 510.
- Truquages scientifiques au cinéma, 218. Truyère : aménagement hydroélectrique, 345. Tuberculose : nouveaux laboratoires, 454.
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-
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-
- 580
- Vivisection, 257.
- Voies ferrées : machines pour l’entretien, 29. Voie lactée : structure, 501.
- Voilures tournantes, 14.
- Volcans des Andes : éruption, 474.
- U
- V
- Univers stellaire, 105.
- Vase à deux liquides et un bec, 467. Z
- Vent : action sur un palmier, 42.
- Verdon : avant-port, 117.
- Verres de contact, 184.
- Verre résistant aux balles, 380.
- Vides élevés, 143. Zéro absolu (vers le), 233.
- Vitamine D : synthèse, 321.
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-
- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Abadie de Lestrac (Ci.). — La Syrie et le Liban, 481.
- Alber. — Déchirures et déchiquetures de papier, 34. — Un œil de lynx, 180. — L’apparliion, -298. — Le soufflet, 322. — Le paravent chinois, 563.
- Amiot (Dr). — Théories et méthodes modernes d’anesthésie, 547.
- Arnoux. — L’avant-port du Verdon, 117.
- B. (A.). — L’éclairage en couleurs changeantes, 126. — Les nouveaux laboratoires de la tuberculose à l’Institut Pasteur, 454.
- B. (M.). — La normalisation des immeubles, 89.
- B. (S.). — Les cultures fourragères au Maroc, 52.
- Basjaux (Paul). — Le piano portatif de Seeger, 22. — Nouvelle écriture musicale, 506.
- Biagini (Ermanno). — Réhabilitation d’un insecte : la cigale, 226.
- Bourgain (André.) — Nouveau procédé de reproduction photographique des documents, 7. — La IXe exposition de photographie, 321. — La lampe à vapeur de mercure et la photographie, 412.
- Bousquet (M.). — Maison de verre, 113.
- Boyer (Jacques). — Machines pour l’entretien des voies ferrées. 29. — Nouveau procédé de transfert des empreintes digitales, 51. — Gustave Le Bon, 87. — L’école supérieure des poids et mesures, 156. — Le photoélectrographe, 208. — Le pendule Holweck-Lejay, 392. — La fabrication en série des automobiles en France, 447, 494.
- Brandicourt (Virgile). — Récréations mathématiques, 33, 225, 417.
- G. (V.). — Les terres vertes, 217. — Le molybdène, 268. — La leucite, 508.
- Cerisaie (J. de la). — Nouveau régulateur automatique de vitesse, 162.
- Charrin (V.). — Production actuelle du radium, 49. — Préparation des kaolins, 462.
- Ciievolot (Mme P.). — 'laroudant, reine du Sous, 23.
- Chopin (Marcel). — Détermination de la valeur boulangère des blés, 396.
- Coupin (Henri). — Les vieux savants quand ils étaient jeunes, 177, 513.
- Darmois (G.). — Le problème de la structure de notre univers stellaire, 105.
- Debesse (Maurice). •— La canne à sucre à Java, 66. — La population de la France, 165, 439.
- Denikeii (Nicolas).— Le développement de la production de l’opium en Chine, 570.
- Deullin (R.). — Le rallinage du pétrole, 548.
- Devaux (Pierre). — Les truquages scientifiques au cinéma, 218. — Défense des populations civiles, 337.
- Difflotii (Paul). — Le doryphore, 160.
- Dodin (L.). — Sauvage, 523.
- Doublet (E.). — L’organisation de la météorologie, 53. — Un bicentenaire oublié : l’abbé Bossut, 371.
- Dubois (Dr). — Doit-on mordre ou mastiquer ? 213.
- Ducamp (Roger). — La reproduction des cocotiers et palétuviers, 77.
- Dujarric de la Rivière (Dr). — Les groupes sanguins, 256.
- Feuillée-Billot (A.). — Les tortues géantes du Muséum, 492
- Forbin (Victor). —• Comment le Tonltin lutte contre les inondations, 199. •— Un peintre paléontologiste, 315. — Dans le monde des serpents, 354. — Khmers et Cambodgiens, 385. — La croissance des tortues géantes, 564.
- Fouassier (Marc). — L’industrie de la crème glacée, 152.
- Frachet (André). — Les girouettes stabilisatrices Constantin, 102.
- — Les avions de tourisme américains, 400.
- Franche (G.). — L’oxycoupage sous l’eau, 558.
- Garrigue (H.). •— On voit du Canigou le Pic du Midi et les sommets des Alpes, 302.
- Gradenwitz (Dr Alfred). —- Le piano radioélectrique de Nernst 21. — Pour mesurer en avion la distance du sol, 42. •—• La télévision sous-marine, 101. — La télévision par rayons cathodiques, 171. — L’oscillographe cathodique, 248. •— Modèle lumineux et multicolore de cerveau humain, 333. —- Le nouveau moteur Rupa à combuslible solide, 366. •— La photo-sculpture automatique, 410. — Compteur automatique à grande vitesse, 427. — La lumière ultra-violette et les mineurs, 475. — La microphotographie des brouillards, 557.
- Gueydon de Dives. — L’aménagement hydroélectrique de la Truyère, 345.
- H. (A.). — Doublage en caoutchouc du matériel chimique, 235. — Les emplois de la farine de bois, 521.
- Hémardinquer (P.). — Nouveau système acoustique pour phonographe, 27. — Les rayons ultra-violets, 71. —• La radiophonie pratique, 136, 468, 520. — L’enregistrement phonographique en profondeur, 233. —• La sonde phonique, 269. — La lecture directe pour les aveugles, 358. — Disques de phonographe à longue audition, 375. — Cellules photo-voltaïques, 405. — Haut-parleurs à très grande puissance, 461. — L’enregistrement phonographique direct, 565.
- Hubert (N.). — Les alliages légers, 360.
- Hutin (A.). — Les peintures à l’aluminium, 132. — Synthèse delà vitamine D cristallisée, 321.
- J. (P.). — Les ondes ultra-courtes, 305.
- Jacobs (J.). — La synthèse du caoutchouc, 532.
- Joleaud (L.). — Découverte d’une vertèbre de balénoptère à Ouil-lebœuf, 327.
- Kazeeff (W.). — La vie de l’ours brun, 1.
- Lacaine (Jean). — Les voitures tournantes, 14. — Les avions à surface variable, 541.
- Lecornu (L.) et Riciiet (Charles). — Le disque rliéométrique, 297.
- Legros (Dr G.-V.). — Rollinat et le monde des reptiles, 173.
- Lumière (Auguste). — La vivisection, 257.
- Magrou (J.). —- Actions biologiques à distance, 293.
- Mauclère (Jean). — La potasse d’Alsace, 205. — Les élans dans l’Europe nord-orientale, 433.
- Maurice (Dr A.). -— Un gibier faucardeur, le ragondin, 211.
- Mayor (A.). — Un hygromètre facile à construire, 142.
- Mercier (A.). — Les locomotives électriques françaises, 59. — Le nitrate de soude du Chili, 263.
- Merigot de Treigny (Dr). — Les verres dits de contact, 184.
- Millet (J.-G.). •—• Gestes de feuilles, 11.
- Moll-Weiss (Augusta et Maurice). — Héroïsme, 29. — Rivalité d’artistes, 466.
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-
- = 582 —...............................:t ==..........:.:::::.—
- Monnier. — Cible à sonnerie électrique, 91.
- Niewenglowski (Dr G.-Ii.). — Emballage des clichés photographiques, 39. — Savez-vous regarder une photo ? 255.
- Noter (R. de). — Les colocases dits « taros », 35. —• Le plaque-minier ou kaki, 81. — Le konjac, 380. — Les dattes, 409. — L’igname de Chine, 569.
- Pellat (A.-J.). •—• Le glucinium, 30. — Une machine à sonder les routes, 216.
- Petit (Henri). — Nouveau procédé de fabrication des corps creux, 289.
- Picard (L.). — L’automobile pratique, 83, 279, — Nouveautés photographiques et cinématographiques, 422.
- Pommellet (A.). — La stabilisation des navires, 261.
- Pupil (F.). — Les peintures, 97, 193.
- Rabot (Charles). — La météorite tombée en Sibérie en 1908, 665.
- Remaele (G.). — L’activité du fonds national belge, 426.
- Reverchon (Léopold). — La trempe et le recuit des huiles, 510.
- Richet (Charles). — Voir Lecornu (L.).
- Rivoire (Antoine fils). — Les greffes hétérogènes, 273.
- Roger (Em.) . — Le mois météorologique, 82, 181, 277, 370, 564. — Hivers doux, 333.
- Rolet (Antonin). — L’irritante histoire du pou de San José, 369. — Beurre blanc, beurre jaune, 561.
- Roule (Dr Louis). — Le centenaire de Georges Cuvier, 529.
- Rudaux (Lucien). — Le monde minuscule, 241. — La structure de la Voie lactée, 501.
- S, (J.). — Méthodes de constructions modernes, 555.
- Sanson (.1.). — Prévisions des rendements des récoltes, 342.
- Santscui (l)r. J.). — Deux cas de parasitisme social chez les fourmis, 457.
- Sauvaire-Jüuruan (Comm1). — Hydravions ù coque ou à flotteurs, 09. — Comment sauver l’équipage d’un sous-marin coulé, 488.
- T. (A.). — Les catapultes à avions en Angleterre, 6. — Le tremblement de terre de Santiago de Cuba, 185. — Préparation de l’hydrogène liquide, 247.
- T. (E.). — Une nouvelle petite planète, 569.
- Touchet (Em.). — Bulletin astronomique, 37, 133, 229, 323, 419.— L’aménagement de la chute du Sautet, 536.
- Troller (A.). — La mesure de l’intensité des sons, 114. — Les nouvelles transmutations, 485.
- V. (R.). —- Chaudières suralimentées et chaudières à explosion, 299.
- Villers (R.). —- Nouvelle lampe électrique à gaz lumineux, 150. — L’aménagement de la chute du Sautet, 536.
- Weinstein (Charles). — Comment équiper une petite chute d’eau, 145.
- Weiss (E.). — Fabrication des hélices de turbines hydrauliques, 183.
- X... — Les lames très minces, 30S. — La distribution téléphonique de l’heure, 367.
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-
- TABLE DES MATIÈRES
- I. — MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE
- III. — SCIENCES NATURELLES
- L’école supérieure des poids et mesures (J .Boyer)..........
- Le problème de la structure de l’univers stellaire (G. Darmois). .
- Objet céleste eu mouvement rapide...........................
- La structure de la Voie lactée (L. Huuaux)..................
- Nouvelle peLite planète (E. T.).............................
- 156
- 105
- 420
- 501
- 569
- Récréations mathématiques (V. Brandicüurt) :
- Problème du hibou. . .................
- Problème de la volière.................
- Problèmes..............................
- 33
- 225
- 417
- 1. Géologie. — Physique du Globe.
- Le tremblement de terre de Santiago de Cuba (A. T.)....... 185
- On voit du Canigou le Pic du Midi et les sommets des Alpes
- (IL Garrigue).............................................302
- Le pendule Holweck-Lejay (J. Boyer).......................392
- La météorite tombée en Sibérie en 1908 (C. Rabot).........465
- L’éruption des volcans des Andes............................474
- Bulletin astronomique (lî. Touciiet). . . 37, 133, 229, 323,419, 517
- 2. Météorologie.
- L’organisation de la météorologie (E. Doublet)................ 53
- Hivers doux (E. Roger)........................................333
- La microphotographie des brouillards (A. Gradenwitz). . . . 557
- II. — SCIENCES PHYSIQUES Le mois météorologique (E. Roger). . 82, 181, 277, 370, 466, 564
- 1. Physique.
- Les rayons ultra-violets (P. Hémardinçuer)..................... 71
- La mesure de l’intensité des sons (A. Troller).................114
- Le radium pour l’examen interne des métaux.....................183
- Vers le zéro absolu..............................................233
- Préparation de l’hydrogène liquide (A. T.).....................247
- Les lames très minces (X...).....................................30S
- Plaques de nickel transparentes..................................379
- Les nouvelles transmutations (A. Troller)........................485
- La synthèse du caoutchouc (J. Jacobs)..........................532
- 2. Chimie.
- Le glucinium (A.-J. Pellat)................................... 36
- Production actuelle du radium (V. Charrin)................. 49
- Découverte de la soudure autogène de l’aluminium........... 90
- Nouveau caoutchouc artificiel................................ 185
- Potasse et magnésie en Abyssinie......................... 186
- Les terres vertes (V. C )..................................217
- Doublage en caoutchouc du matériel chimique (A. IL). . . . 235
- Le nitrate de soude du Chili (A. Mercier)..................263
- Le molybdène (V. C.). .’......................................268
- Synthèse de la vitamine D cristallisée (A. Hutin)..........321
- Influence de l’ozone sur la combustion des moteurs à explosion. . 378
- Nouveaux emplois pour les métaux rares.....................474
- La leucite (V. C.)............................................50S
- La synthèse du caoutchouc (J. Jacobs)......................532
- 3. Zoologie. — Physiologie.
- La vie de l’ours brun (\V. Kazeeff........................... 1
- Héroïsme (A. et M. Moll-Weiss)............................... 29
- Le doryphore (P. Diffloth)......................................160
- Rollinat et le monde des reptiles (Dr G.-V. Legros).......... 173
- Un gibier i'aucardeur, le ragondin (Dr A. Maurice). .... 211
- Réhabilitation d’un insecte : la cigale (E. Biagini). . . . 226, 383
- Les derniers bisons d’Europe....................................284
- Actions biologiques à distance (J. Magrou)...................293
- Un peintre paléontologiste (V. Forbin)..........................315
- Découverte d’une vertèbre de balénoptère à Quillebeuf (L. Jo-
- leaud).......................................................327
- Modèle lumineux et multicolore de cerveau humain (A. Gradenwitz) .....................................................333
- Dans le monde des serpents (V. Forbin).......................354
- L’irritante histoire du pou de San José (A. Rolet)..............369
- Les élans dans l’Europe nord-orientale (J. Mauclère). . . . 433
- Deux cas de parasitisme social chez les fourmis (Dr F. Sant-
- seul)........................................................457
- Histoires d’oiseaux (A. et M. Moll-Weiss).......................466
- Les tortues géantes du Muséum (A. Feuillée-Billot). . . . 492
- Beurre blanc, beurre jaune (A. Rolet)...........................561
- La croissance des tortues géantes (V. Forbin)...................564
- 4. Botanique. — Agriculture.
- Gestes de feuilles (J.-G. Millet).................................. 11
- Les colocases dits «taros » (R. de Noter).......................... 35
- Action du vent sur un palmier...................................... 42
- Les cultures fourragères au Maroc (S. B.).......................... 52
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- La canne à sucre à Java (M. Debesse)........................ 66
- Reproduction des cocotiers et palétuviers (R. Ducamp). ... 77
- Le plaqueminier ou kaki (R. de Noter)....................... 81
- Maturation artificielle des poires par l’éthylène...........112
- Les greffes hétérogènes (A. Rivoire fils)...................273
- Production et commerce des oranges...........................322
- Prévisions des rendements des récoltes (J. Sansojn).........342
- Le Konjac (R. de Noter)........................................380
- Détermination de la valeur boulangère des blés (M. Cuopijn). 396
- Les dattes (R. de Noter).......................................409
- L’igname de Chine (R. de Noter)................................569
- Le développement de la production de l’opium en Chine (N. Deni-kish).......................................................570
- IV. - GÉOGRAPHIE. — ETHNOGRAPHIE ARCHÉOLOGIE
- Taroudant, reine du Sous (Mme P. Chevolot)................. 23
- Un musée pour entants......................................... 90
- Les peintures (F. Pupil)...............................97, 193
- La population de la France (M. Debesse)................ 165, 439
- Population des États-Unis.................................... 186
- Le monde minuscule (L. Rudaux)............................... 241
- Khmers et Cambodgiens (V. Forbin)..........................385
- Les grottes de la Norée, près Poitiers.....................426
- Le gisement du Sinanthropus à Chou-Kou-Tien................438
- La Syrie et le Liban (G. Abadie de Lestrac). ...... 481
- L’homme du Néanderthal en Palestine.......................524
- V. - HYGIÈNE. — MÉDECINE
- Nouveau procédé de transfert des empreintes digitales (J. Boyer) 51 Les verres dits de contact (Dr Merigat de Treigny). . . . 184
- Doit-on mordre ou mastiquer ? (Dr Dubois).....................213
- Les groupes sanguins (Dr Dujarric de la Rivière)..............250
- La vivisection (A. Lumière). ....................................257
- La lecture directe pour les aveugles (P. IIémardinquer). . . 358
- Curieux procédé de destruction des moustiques.................424
- Les nouveaux laboratoires de la tuberculose à l’Institut Pasteur
- (A. B.).......................................................454
- Lumière ultra-violette et mineurs (A. Gradenwitz)..............475
- Théories et méthodes modernes d’anesthésie (Dr Amiot). . . . 547
- 2. Photographie. — Phonographie.
- Nouveau procédé de reproduction photographique des documents (A. Bourgain)........................................ 7
- Nouveau système acoustique pour phonographe (P. Hémar-
- dinouer).................................................. 27
- Le photoélectrographe (J. Boyer)............................ 208
- Les truquages scientifiques au cinéma (P. Devaux)............218
- L’enregistrement phonographique en profondeur. Le retour au
- saphir....................................................233
- Savez-vous regarder une photo ? (Dr G.-ll. Niewenglowski) 255
- La IXe exposition de photographie (A. Bourgain)..............328
- Disques de phonographes à longue audition (P. Hémardinquer). 375
- La photo-sculpture automatique (A. Gradenwitz)...............410
- La lampe à vapeur de mercure et la photographie (A. Bour-
- gain).....................................................412
- Nouveautés photographiques et cinématographiques (L. Picard). 422 L’enregistrement phonographique direct (P. Hémardinquer). . 565
- 3. Électricité.
- Les applications de la cellule photoélectrique............... 66
- Applications industrielles du thyratron......................... 86
- Poste de radiodiffusion de Prague............................... 88
- Éclairage en couleurs changeantes (A. B.).................... 126
- Résultats du concours radiotechnique............................129
- Nouvelle lampe électrique à gaz lumineux (R. Villers). . . 150
- Nouveau régulateur automatique de vitesse pour moteurs électriques universels (J. de la Cerisaie).........................162
- La télévision par rayons cathodiques (A. Gradenwitz). . . . 171
- L’électricité dans le monde.....................................235
- L’oscillographe cathodique (A. Gradenwitz)......................248
- La sonde phonique (P. Hémardinquer).............................269
- Lampe à incandescence de 50 kilowatts...........................277
- Les ondes ultra-courtes (P. J.)............................... 305
- La distribution téléphonique de l’heure (X.)....................367
- Cellules photovoltaïques (P. IIémardinquer).....................405
- Haut-parleurs à très grande puissance (P. Hémardinquer). . 461
- Lampe électrique à vapeur de sodium.............................474
- Ràdiophonie pratique (P. Hémardinquer) :
- Postes Midget............................................ 136
- Lampe à écran en moyenne fréquence.........................137
- Haut-parleurs..............................................138
- Lampes : progrès de fabrication............................468
- Lampes à pente variable....................................470
- Poste toutes ondes.........................................472
- Postes modernes............................................520
- VI. — SCIENCES APPLIQUÉES
- 4. Travaux publics. — Art de l ingénieur.
- I. Mécanique. — Industrie. — Outillage.
- L’industrie de la crème glacée (M. Fouassier)...............152
- La potasse d’Alsace (J. Mauclère). ......................... 205
- Nouveau procédé de fabrication des corps creux (H. Petit) . 289
- Chaudières suralimentées et chaudières à explosion (R. V.). . 299
- Les alliages légers (N. ILubert)........................... . 360
- Le nouveau moteur Rupa à combustible solide (A. Gradenwitz) ........................................................366
- Verre résistant aux balles....................................380
- Concours de l’aluminium.......................................421
- Compteur automatique à grande vitesse (A. Gradenwitz). . 427
- Préparation des kaolins (V. Charrin)..........................462
- La trempe et le recuit des huiles (L. Reverchon)............510
- Les emplois de la farine de bois (A. IT.)...................521
- Le raffinage du pétrole (R. Deullin)..........................548
- L’oxycoupage sous l’eau (G. Franche)..........................558
- La normalisation des immeubles (M. B.).....................
- Maison de verre (M. Bousquet)..............................
- L’avant-port du Verdon (Arnoux)............................
- Comment équiper une petite chute d’eau (C. Weinstein). . . Fabrication des hélices de turbines hydrauliques (E. Weiss) . Comment le Tonkin lutte contre les inondations (V. Forbin). . L’aménagement hydroélectrique de la Truyère (Gueydon de
- Dives)........................................
- L’aménagement de la chute du Sautet (R. Villers)...........
- Méthodes de constructions modernes (J. S.).................
- 89
- 113
- 117
- 145
- 183
- 199
- 345
- 536
- 555
- 5. Transports.
- Machines pour l’entretien des voies ferrées (J. Boyer)........... 29
- Les locomotives électriques françaises (A. Mercier).............. 59
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- 585
- L’alliage nickel-baryum pour bougies de moteurs.............140
- Une machine à sonder les routes (A. F. Pellat)..............216
- La fabrication en série des automobiles en France (J. Boyer) 447, 494
- L’automobile pratique (L. Picard) :
- Construction en France..................................... 83
- Carburant poids lourds..................................... 83
- Nettoyage des carters...................................... 83
- Graissage des pistons...................................... 83
- Carburateurs à starter..................................... 84
- Économiseur................................................ 85
- Démarrage à froid.......................................... 85
- Boue libre..................................................278
- Lubrification par huile-essence.............................279
- Thermostat réglable.........................................280
- Rétroviseur perfectionné. , ................................280
- Écrou indesserrable........................................ 281
- Anti-retour de flamme.......................................281
- Catapliotes.................................................326
- Glaces de sûreté............................................326
- 6. Aviation et Aéronautique.
- Les catapultes à avions en Angleterre (A. T.)................ 6
- Les voilures tournantes (J. Lacaine)......................... 14
- Pour mesurer en avion la distance du sol (D' A. Gradenwitz) 42
- Les avions stratosphériques...................................... 88
- Nouveaux modèles d’avions..................................... . 89
- Les girouettes stabilisatrices Constantin (A. Fraciiet). . . . 102
- L’aviation et l’archéologie : les travaux du R. P. Poidebard. . 140
- Planeur remorqué par avion.......................................185
- De Hanoï à Paris en 76 heures................................185
- Le Do-K., nouveau type d’avion pour passagers, à 4 moteurs 234
- Altimètre sonique pour avions....................................378
- Les avions de tourisme américains (A. Fraciiet)..............400
- Altimètre acoustique Florisson...................................426
- Mât d’amarrage mobile pour dirigeables...........................524
- Les avions à surface variable (J. Lacaine).......................541
- 7. Guerre et Marine.
- Paquebot anglais à propulsion électrique................... 42
- Hydravions à coque ou à flotteurs (Ct Sauvaire-Jourdan) . . 69
- La télévision sous-marine (A. Gradenwitz).....................101
- Perte du sous-marin anglais M.-2 . . ......................186
- La stabilisation des navires (A. Pommellet)...................261
- Disque rhéométrique (L. Lecornu et C. Richet)..............297
- Défense des populations civiles (P. Devaux).................. 337
- Comment sauver l’équipage d’un sous-marin coulé (Ct Sau-
- vaire-Jourdan).............................................488
- Nautostrade entre l’Atlantique et la Méditerranée.............524
- VII. - HISTOIRE DES SCIENCES
- La station internationale de recherches de Jungfraujoch. . . 41
- Les vieux savants quand ils étaient jeunes (H. Coupin). . 177, 513
- Un bicentenaire oublié : l’abbéBossut (E. Doublet). ..... 371
- Le centenaire de Georges Cuvier (D1 L. Roule)...................529
- Activité du fonds national belge (G. Remaele)...................426
- Gustave Le Bon : nécrologie (J. Boyer).......................... 87
- Le général Ferrié : nécrologie......................................283
- Bigourdan : nécrologie..............................................332
- Sauvage : nécrologie (L. Dodin).....................................523
- VIII. — MUSIQUE
- Le piano radioélectrique de Nernst (A. Gradenwitz).............. 21
- Le piano portatif de Seeger (P. Basiaux)........................ 22
- Nouvelle écriture musicale (P. Basiaux).........................507
- IX. - VARIA
- Prestidigitation (Alber) :
- Un œil de lynx..................................................180
- L’apparition....................................................228
- Un souffle, un rien.............................................516
- Le paravent chinois.............................................563
- Pliages de papier (Alber) :
- Déchirures et déchiquetures de papier........................... 34
- Le soufflet.....................................................322
- X. — RENSEIGNEMENTS PRATIQUES
- I. Petites inventions.
- Montres remontées automatiquement.......................... 43
- Appui-support Iti.......................................... 43
- Siège « Bienaise »......................................... 44
- Lit redressable............................................ 44
- Théière électrique automatique............................. 44
- Cible à sonnerie électrique................................ 91
- Pince à ligatures.......................................... 91
- Perspectoscope Chabannais..................................141
- Hygromètre facile à construire...................... 142, 288
- Analyseur optique transportable............................187
- Dactylographie musicale....................................187
- Inhalateur « Oléogazeur »..................................188
- Ronflement : Remède........................................188
- Table de cuisine à usages multiples........................189
- Égouttoir à vaisselle..................................... 189
- Alésages : vérification précise par préssion d’air. . .... 236
- Sorcier Simplex............................................236
- Stylographe................................................285
- Gomme rotative.............................................287
- Échelle pliante à pied arrière.............................287
- Pendulette électrique......................................334
- Gril universel............................................ 334
- Pont démontable universel..................................381
- Siphon sanitaire Tornade...................................382
- Déboucheur d’évier.........................................382
- Clé de bougie à rotule. . . ...............................428
- Rouleau compresseur monoroue...............................428
- Loupe binoculaire..........................................429
- Roue.élastique nouvelle. . ................................476
- Réyeil-baromètre..................................... . 477
- Beurrier-glacière..........................................477
- Photomètre Largodrem................................. . 525
- Pitons de suspension.......................................525
- Bioglyphes.................................................526
- Balai métallique Gra-Ca....................................526
- Pneus : contre l’éclatement................................571
- Auto Roll Bloc.............................................571
- Tour portatif à pédale.....................................572
- Téléphone aseptique........................................572
- 2. Recettes et procédés utiles.
- Emballage des clichés photographiques................. 39
- Reproduction de documents............................. 82
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- Peintures à l’aluminium......................................132
- Écrans et lumière de Wood.................................181
- Sangliers : pour les éloigner................................181
- Herbes : destruction par le chlorate de soude.............228
- Talons de caoutchouc : pose..................................270
- Barreau de grille : remplacement.............................325
- Mastic pour fissures de toit en zinc......................325
- Sebga, teinture orientale pour cheveux.......................376
- Poudres à mouler.............................................376
- Clichés : enlèvement des décalques d’imprimerie..............376
- Portrait vivant..............................................376
- Gouttière : réparation.......................................467
- Œuf : séparation du jaune et du blanc........................467
- Vase à deux liquides et un bec...............................467
- Colle pour reliure...........................................519
- Diamètre d’une canalisation : mesure.........................567
- Gabarit d’une pièce..........................................567
- 3. Boîte aux Lettres.
- Bruits : lutte dans la maison............................... 45
- Photographie des nuages..................................... 45
- Charge d’une batterie par soupape........................... 45
- Poste récepteur : construction.............................. 45
- Chams....................................................... 93
- Taches de goudron....................................93, 190
- Sonorisation d’un fdm d'amateur............................. 93
- Lampes bigrilles en haute fréquence......................... 93
- Disques de gélatine......................................... 96
- Réception radiophonique à grande distance................... 94
- Poste récepteur : choix.............................. 94, 430
- Phonographe mécanique : amélioration........................ 94
- Vides élevés................................................143
- Le Bon, fonctionnaire.......................................190
- Autoroutes................................................. 190
- Sullure de zinc phosphorescent..............................190
- Gelées de raisins...........................................190
- Peinture sur carbonyle......................................190
- Kohol.......................................................191
- Caoutchouc : durcissement.................................191
- Météore.................................................288
- Chaussures : pièces invisibles..........................238
- Énergie électrique : transport en continu...............23s
- Soupape électrolytique : montage........................238
- Superhétérodyne : mauvais fonctionnement................238
- llaut-parleur : adaptation, choix.......................239
- Poste à changement de fréquence.........................288
- Strontianite dans les Pyrénées..........................335
- Pavillon acoustique nouveau.............................335
- Audition radiophonique : amélioration...................335
- Poste récepteur toutes ondes............................383
- Télévision photoélectrique..............................430
- Superhétérodyne : choix.................................430
- Émulsions de bitume.....................................4 78
- Récepteur. : sélectivité................................478
- Téléphotographie : réception. ..........................478
- Superhétérodyne récepteur.......................... 527, 573
- Serpents................................................527
- Phonographe : enregistrement d’amateur....................527
- Encre à stylo...........................................527
- Cobaltage : bains.......................................527
- Pigeons : vitesse.......................................573
- Poste récepteur à galène................................573
- Superhétérodyne : amélioration..........................574
- Parasites atmosphériques : élimination..................574
- Moulage au soufre.......................................574
- Plomb de chasse nickelé.................................575
- Patinage du fer forgé...................................575
- Colle au sang...........................................575
- Moulage au plâtre.......................................575
- 4. Livres nouveaux.
- Livres nouveaux, 40, 92, 182,' 232, 282, 377, 425, 473,522, 568
- 5. Documents photographiques.
- Documents photographiques, 4S, 96, 144, 192, 240, 336, 432, 480
- Le Gérant : G, Masson. Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris. — 1932.
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