La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS A L’ART ET A L’INDUSTRIE
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- SOIXANTIÈME ANNÉE 1932 — DEUXIEME SEMESTRE
- MASSON ET C\ ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE
- PARIS, J20, BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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- ' N° 2884.
- LA NATURF«g,,*':.i-i
- ANCIENS TYPES D'HABITATIONS RURALES
- EN FRANCE ET DANS
- Dans un précédent article, je me suis efforcé de montrer comment les anciens types d’habitation rurale et leur répartition géographique s’expliquent en grande partie par des raisons d’ordre historique. Jusqu’à présent les géographes ont cherché à rendre compte de l’habitation rurale par la géographie physique (utilisation des ressources du sol, adaptation au climat), et par la géographie humaine (adaptation au mode de vie, à l’élevage, à la culture), sans nier toutefois l’élément historique (a), dont ils n’ont pas encore abordé l’étude. C’est, en effet, le facteur le plus délicat : je me suis aperçu, pour m’être aventuré sur ce terrain, combien la question était complexe et les difficultés nombreuses. Les hybridations apparaissent de plus en plus fréquentes à mesure qu’on avance dans ces recherches. D’autre part, si certaines régions offrent, entre deux types d’habitation, des limites nettes attestant une cristallisation ancienne (2), ailleurs, et plus souvent, on rencontre des zones de transition qui montrent un état de choses en cours d’évolution.
- Je reste convaincu plus que jamais que la géographie physique n’explique pas tout. Sans doute l’homme tire parti des ressources du sol, mais celles-ci sont mul-
- 1. M. Demangeon l’a lort bien indiqué à la fin de son article sur l’habitation rurale (Annales de géographie, 1920, 352-375), dans lequel il distingue (d’après d’autres critères empruntés surtout à la géographie humaine), la maison élémentaire, la maison en ordre serré, la maison en ordre lâche et la maison en hauteur. Un autre article {Id., 1927, 1-23), porte sur l’habitat rural (la maison n’y est envisagée qu’accessoirement).
- 2. Par exemple dans l’Aube, entre Brévonnes, canton de Piney (maison gauloise), et Radonvillers, canton de Brienne (maison latine).
- Fig. 1. — Chalet asiurien (horreo ou casita).
- LES RÉGIONS VOISINES
- Fig. 2. — Mazot valaisan, pr-ès de Zermatt.
- (Photo A. Schnegg. Lausanne
- tiples, multiples aussi les possibilités d’adaptation, sans compter que depuis l’époque romaine, sinon avant, le transport de nombreux matériaux est d’usage courant. Il y a partout de la paille ou des succédanés et pourtant certaines régions ne paraissent pas avoir connu le toit en chaume, tandis que d’autres l’ont abandonné depuis longtemps. Pourquoi la couverture en bardeaux est-elle si rare, même dans les pays de forêts ?
- Tout le Midi (Pyrénées et partie du Massif Central à part) a le toit en tuiles, même là où l’argile est absente. Le pays de Caux a des maisons en bois dans un pays pauvre en forêts, et même à côté de falaises offrant d’excellente pierre à bâtir, tandis qu’en Auvergne, entre des bois, on construit avec de la lave amenée de fort loin. Pour les inclinaisons de toit, j’ai cité les exemples et les explications contradictoires des Pyrénées et de l’Ober-land bernois.
- Voici un autre cas : en Auvergne, on estime (même les architectes) que l’emploi des schistes (dits lauzes) sur les toitures exige une forte pente, mais il suffit d’aller en Maurienne, en Valais, etc., pour voir des toits à pentes très faibles couverts de lauzes, et ici on vous déclare, à renfort d’autres arguments, que l’emploi de la lauze est inconciliable avec les fortes inclinaisons. Explications après coup, qui se détruisent par leur contradiction même.
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- Fig. 3. — Char aslurien.
- En réalité, depuis de longs siècles, les types d’habitations rurales de nos régions s’expliquent surtout par la tradition. Et cette tradition, ce sont les facteurs historiques qui nous permettent d’en rendre compte.
- Je reprendrai les principaux types que j’ai dégagés dans mon précédent article, pour signaler ce que j’ai relevé de nouveau depuis janvier 1924.
- Le fait le plus important concerne la maison alpestre, dont le type le plus archaïque est représenté, comme je l’ai montré, par le mazot valaisan (fig. 2). Quelle n’a pas été ma surprise de retrouver ce type (si localisé dans les Alpes) dans une région fort éloignée à l’ouest : les Asturies. Certes, il y a des différences : la proportion entre le bâtiment et ses supports n’est pas la même, le toit valaisan est à deux pans (couvert de schistes ou de bardeaux), tandis que le toit asturien est à quatre pans et couvert de tuiles; d’une façon générale, le premier est plus fruste, plus archaïque. Mais que l’on compare le mazot au chalet (horreo ou casita) des Asturies (fig. 1) : c’est la même maison sur pilotis, réservée ici comme là (depuis qu’une demeure plus évoluée l’a remplacée) à la conservation des récoltes; mêmes supports en bois soutenus par d’identiques disques de pierre (appelés paleta à Anniviers, corregor aux Asturies) ; même construction en bois plein, même plan, même disposition intérieure, même absence d’escalier pour y accéder. Si on demande aux indigènes l’explication de ces supports si particuliers, on répond dans le Valais que c’est pour mettre les récoltes à l’abri des rats, et dans les
- Fig. 5. — Maisons de Torla, vallée d'Arazas.
- Asturies, que c’est pour les tenir au sec. Encore des explications après coup; il y a partout des rongeurs et des récoltes à sécher, et on n’a eu recours qu’en deux points de l’Europe occidentale à un système identique dont on ne peut rendre compte que par une commune origine. Comme il s’agit de deux régions extrêmement archaïsantes (1), je crois vraisemblable de voir ici et là les dernières survivances de la palafîtte préhistorique qui, sortie des lacs, a continué à conserver ses pilotis par mesure de défense, jusqu’au jour où d’autres peuples ont trouvé ou enseigné l’art des fondations. Rappelons que les brachycéphales (race la plus primitive) sont concentrés en Espagne du côté des Asturies et qu’ils prédominent dans les hautes vallées du Valais.
- Les voyages que j’ai faits depuis huit ans dans les Pyrénées espagnoles, m’ont montré que ma carte devait être refaite pour cette région. Le nouveau croquis que
- Fig. 4. — Répartition des types d’habitation en France.
- je donne (fig. 4) (2) est encore schématique, car je n’ai pu repérer partout les limites, sans compter les régions à types hybridés. D’une manière générale, mes observations sur place ont confirmé la parenté (que je présumais déjà) entre le type sud-alpin et le type qui occupe le versant espagnol des Pyrénées centrales (fig. 5) : maisons en pierre, à plusieurs étages, étroites et serrées,
- 1. A titre de curiosité, je donne (fig. 3), la photographie du char asturien, avec ses curieuses roues sans rayon (la grande barre transversale est appelée aje (axe) et-les deux barres perpendiculaires barras): tous les chars de paysans offrent ce type. Dans le pays basque espagnol on voit encore (Hernani, etc.), des chars à roues pleines (mais ils sont de plus en plus rares) et, dans la région de Santander, des roues pleines évidées en quatre endroits.
- 2. La carte est corrigée également pour la Lorraine, la Franche-Comté et l’Auvergne (voir ci-après).
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- agglomérées, percées (dans le type ancien) de raies et étroites ouvertures; la pente du toit est un peu plus forte dans les Pyrénées. Le type s’hybride vers l’est et vers l’ouest, où il se prolonge assez loin dans le pays basque espagnol; au sud du col du Pourtalet, Canfranc et Bal-lent accusent l’influence du type français.
- La maison basque pose des problèmes délicats. Ce qui a compliqué la question, c’est qu’on a voulu chercher une maison basque, alors qu’il y en a plusieurs : comment s’en étonner quand on songe que la répartition actuelle du basque ne date guère que d’un millénaire ? 11 va peu de régions où on observe tant d’hybridations.
- Si l’on veut retrouver les origines de la maison basque française (qui s’oppose nettement, on le sait, à la maison béarnaise, du groupe gaulois), ce n’est pas du côté de l’Espagne qu’il faut la chercher, mais en France. Elle est du même type que la vieille maison landaise, et les Landes doivent être son berceau : ici et là, mêmes maisons dispersées, mêmes poutres en bois apparentes, même dissymétrie des deux pans du toit, dont l’un se
- Fig. 7. — Maisons pyrénéennes de la vallée de Campan.
- prolonge très bas (caractère qu’on retrouve en Saintonge et jusqu’en Sologne), ouvertures sous le pignon. Le toit latin s’est imposé à tout ce type, qui a été plus profondément transformé vers le nord.
- L’usage du bois à la façade ne va pas loin vers l’Espagne : les vieilles maisons rurales l’ignorent, en Guipuzcoa comme en Biscaye; même en France, en se rapprochant de la montagne, on retrouve le type pyrénéen, genre Torla, par exemple, dans les plus vieilles maisons d’Ascain. Le balcon en bois est espagnol, en revanche, et ne dépasse guère la frontière; il se retrouve dans les maisons de pêcheurs de la côte, toujours à plusieurs étages (Ondarroa, etc.) : ici encore, à quelques détails près, étonnantes similitudes avec les Alpes, méridionales (Tende, etc.).
- Une autre modification importante concerne la Lorraine, dont j’avais dressé la carte en majeure partie % d’après celle du regretté Jean Brunhes, où une erreur s’était glissée. Il n’est pas exact, comme j’ai pu le constater sur place, que les hautes Vosges, sur le versant lorrain, au moins dans la moitié sud, soient du type « gaulois »
- Fig. 6. — Maison auvergnate (région du Mont-Dore).
- à toit pointu : c’est la maison jurassienne, autre variété du type alpestre, qui se prolonge ici, faisant tampon entre la maison alsacienne à l’est, la maison latine à l’ouest; elle déborde légèrement la crête des Vosges (par des métairies vers le Honeck), attestant ainsi son antériorité sur la maison alsacienne. Porte et fenêtres s’ouvrent sous le pignon, largement évasé, et offrant du bois apparent à la façade sous le toit. L’absence de type « gaulois » confirme les données de la toponymie : les Gaulois n’ont pas colonisé les Vosges lorraines. — Je ne saurais affirmer si les types lorrain-vosgien et jurassien forment une aire continue : les faits sont très complexes dans la trouée de Belfort, où abondent les constructions plus ou moins modernes; il faudrait faire une enquête minutieuse, village par village.
- Fig. 8. — Maisons de Villars-de-Lans {Dauphiné).
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- Enfin, vers l’est, j’ai pu suivre la maison alpestre en Autriche. Par delà la maison romanche, les montagnes du Vorarlberg offrent un type en bois sur soubassement de pierre, assez semblable aux demeures rurales du haut Valais et de l’Oberland grison. Le Tyrol a un type un peu hybridé (influencé par la maison latine), analogue à la maison romanche, mais moins massif, d’une construction plus légère, où le bois joue encore un rôle (à l’étage supérieur, formant le grenier, et pour la partie de la maison consacrée à la grange, dans la disposition la plus ancienne).
- A travers des variantes, la maison alpestre se retrouve encore dans le haut Salzbourg (jusqu’à Werfen) et dans la partie la plus montagneuse de la haute Autriche (Salzkammergut) : Hallstadt a un des types les plus archaïques. — Plus ou moins hybridée, la maison germanique a gagné toute la plaine suisse et l’ouest du Vorarlberg, déborde de nouveau à l’est, jusqu’en amont de Salzbourg et aux abords de Gmunden : dans ces deux régions, c’est, à très peu près, la maison avec le grand toit-capuchon du Mittelland bernois. Dans la basse Autriche, pays de blé, les toits de chaume sont encore nombreux.
- La hutte ronde à toit conique, qui existait à l’époque gauloise et qui devait être le type prégaulois dans le nord, le centre et l’ouest de la France, n’a plus que de
- Fig. 10. — Vieux logis du Périgord, près de la Roche-Chalais.
- rares survivances. A celles que J. Brunhes a signalées dans les Cévennes et en Dordogne, j’en ajouterai une autre : j’ai retrouvé un spécimen en Bretagne, à Ploumanach (Côtes-du-Nord), servant d’étable à bestiaux. Inutile de remarquer que les survivances des types les plus anciens ont persisté dans les régions les plus archaïques, et que ces types sont toujours ravalés à usage d’étables ou de resserres pour les récoltes.
- La maison « gauloise », développée et transformée sous l’influence latine, offre dans les contrées archaïques un caractère commun, qui montre bien l’unité originaire d’une aire très vaste, aujourd’hui brisée. Je ne crois plus que le pignon à redents soit d’origine flamande, voire germanique : car sous sa forme originaire — pignon à escaliers, avec des dalles échelonnées le long d’un toit en chaume — nous le trouvons dans les Pyrénées, en Auvergne et en pays allobroge (basse Savoie, Vercors, etc.), un peu plus évolué avec les toits en ardoise (x) (fig. 6, 7, 8). Comme cette disposition si singulière n’était imposée par aucune nécessité, une origine commune paraît, une fois de plus, s’imposer.
- La maison du type gaulois a été à son tour influencée, à la suite des grandes invasions, par les Germains conquérants, qui ont notamment remis en honneur l’usage du bois à la façade. Une des variétés les plus curieuses est l’ancienne maison du Périgord, ce Périgord qui offre presque toute la gamme des habitations anciennes, depuis les grottes préhistoriques. M. le comte de Saint-Saud m’a fourni obligeamment les deux photographies ci-jointes d’anciens logis (fig. 10 et 12), le logis (mi-bourgeois, mi-rural) représentant un type plus évolué et parfois plus original que la maison rurale. J’avais déjà remarqué que l’architecture du Nord avait gagné au moyen âge nombre de maisons seigneuriales, voire de constructions urbaines du Midi : aux exemples que j’ai donnés, j’en ajoute de nouveaux pour le Lot : à Cahors, les tours Yalentré et quelques vieilles maisons du même quartier, ainsi que plusieurs châteaux féodaux de la région.
- De son côté la maison latine en pierre, avec toit en tuile, a étendu lentement son aire à travers les siècles. Antérieurement à elle, l’Italie même a connù un type de construction plus primitif, le tugurium, couvert de chaume ou de roseaux (Toscane, environs de Marseille, d’après Vitruve), voire de mottes d’herbe, s’il faut prendre à la lettre le vers de Virgile (Egl., I, 68), congestum caespite culmen. De ces chaumières, plus ou moins évoluées, on trouve encore de nombreux restes dans la péninsule, notamment comme huttes de bergers, étables, etc., et même comme maisons d’habitations : j’ai observé, entre Venise et Padoue, un type très spécial, qui dérive évidemment de la maison vénète, maison
- 1. On m’a signalé la même disposition dans des étables du nord du pays de Léon (fig. 9), ce qui ferait présumer aussi une origine gauloise dans une région jadis celtibère. (Photo obligeamment fournie par M. Le Bondidier, conservateur du Musée pyrénéen de Lourdes, ainsi que celle de la maison de la vallée de Campan.)
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- basse avec toit énorme en chaume à quatre pans, fort en saillie.
- D’autre part, la construction en torchis et bois (ce dernier n’est pas toujours apparent, par exemple, en Beauce), paraît avoir été très répandue un peu partout : je l’ai relevée en Normandie, Beauce, Sologne, Périgord, Pertois, Champagne, pays basque, etc.
- Enfin la diffusion du toit en tuile a été favorisée naturellement par la présence de l’argile. Il faut remarquer aussi que la faible pente du toit de la maison latine est liée à l’emploi de la tuile creuse, qui ne s’accommode pas d’une forte pente : l’existence de l’îlot « latin » de Champagne-Lorraine doit s’expliquer en partie par la persistance, dans cette région, de tuileries où la tradition de la tuile creuse était conservée, en partie aussi parce que les maisons rurales, antérieurement, étaient recouvertes de pierres plates (par exemple, à Latrecey Côte-d’Or, témoignage de M. Belime, maire), qui
- J Ltr-
- Fig. 12. — Maison de basse Auvergne remaniée (remplacement du ioit en chaume par le toit en tuile).
- exigeaient une pente très faible et une construction robuste.
- Un résidu de maisons de type primitif, analogue à celles qu’on trouve à l’ouest du Puy-de-Dôme et dans le Cantal, avec toits en chaume, m’a été signalé par M. l’abbé Chataing, dans le petit massif du Livradois, au nord-est d’Issoire (communes d’Echandelys, Condat, Sugères, Eglise-Neuve-des-Liards, etc.). Il y avait jadis un autre îlot sur les confins du Forez et de l’arrondissement d’Ambert, et M. du Ranquet m’a indiqué des survivances analogues, aujourd’hui disparues, au nord du Puy-de-Dôme. Après une période de stabilisation qui dut être très longue, une transformation assez rapide s’est produite il y a une centaine d’années, lorsque l’amélioration des transports permit d’amener partout la tuile à bon marché : un système ingénieux de transformation (comme le montre le croquis ci-joint de M. l’abbé Chataing, fig. 12), permettait aux paysans d’utiliser un plus vaste espace sous le toit (1).
- Une dernière remarque. Je me suis longtemps demandé pourquoi, dans le type latin, on trouvait si souvent des
- 1. Dans le même sens, cf. l’article de L. Gachon, Revue d'Auvergne, 1926, 177-188.
- Fig. 11. — Vieille maison du Périgord.
- toits à un seul pan. Serait-ce pour opposer ce pan à un vent dominant ? L’examen sur place ne paraît pas le prouver. Je crois qu’il faut chercher la raison dans ce double fait que la maison latine est une maison agglomérée et qui s’est formée dans des pays accidentés. Si l’on observe la disposition si fréquente des villages échelonnés sur une pente souvent très forte ou coiffant un mamelon (fig. 13), on comprendra que dans ce cas les deux pentes du toit étaient inutiles et que chaque toit ne formait, si l’on peut dire, que l’écaille d’une carapace couvrant le village.
- J’ai terminé sur cette observation, pour bien montrer que je ne méconnais pas l’importance des facteurs d’ordre physique, qui doivent entrer en ligne de compte, aussi bien que l’adaptation de l’habitation au genre de vie. Mais l’histoire et la tradition jouent leur rôle, et l’on n’écrira l’histoire des habitations rurales qu’en combinant l’étude de ces divers éléments. Comme pour l’explication du langage, il ne faut pas demander à la logique ce qui ne peut être expliqué que par la tradition.
- Albert Dauzat,
- Directeur d’études à l’École pratique des Hautes Études.
- Fig. 13. — Riomaggiore (Ligurie) : type de village latin'aggloméré sur une pente.
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- ÉLECTROOSMOSE ET ÉLECTROPHORÈSE
- DÉFINITIONS
- Chacun sait que le courant électrique peut effectuer des transports de matière au cours du phénomène de l’électrolyse. Les corps qui, à l’état dissous ou fondu, conduisent le courant, sont en même temps décomposés par celui-ci, et les produits de la décomposition apparaissent autour des électrodes qui servent d’entrée au courant dans le liquide, le métal ou cation se déplaçant dans le sens du courant et se dégageant sur l’électrode négative, le radical ou anion se déplaçant en sens inverse du courant et se portant sur l’électrode positive.
- Mais ce phénomène bien connu de l’électrolyse n’est pas le seul dans lequel on puisse constater un transport de matière sous l’influence du courant électrique. Si l’on partage une solution aqueuse quelconque par un diaphragme poreux, par exemple un vase de pile (fig. 1), et qu’on établisse une différence de potentiel entre ces deux régions, on voit le liquide filtrer à travers le diaphragme. C’est le phénomène de Y électroosmose qui fut découvert en 1808 par le physicien russe Reuss, au moyen de diaphragmes d’argile immergés dans l’eau. Il ne s’agit d’ailleurs pas là d’un phénomène difficile à observer, car un courant qui libère par électrolyse 1 mg seulement d’hydrogène peut, dans des conditions favorables, provoquer l’entraînement à travers la paroi poreuse d’une centaine de grammes d’eau. Dans beaucoup de cas, et notamment dans celui étudié par Reuss, l’eau est entraînée dans le sens du courant, c’est-à-dire vers l’électrode négative ou cathode.
- Reuss remarqua que cet entraînement de l’eau vers la cathode s’accompagnait d’un entraînement en sens inverse, c’est-à-dire vers l’électrode positive ou anode, des particules d’argile en suspension dans l’eau. Ainsi Reuss découvrit-il en même temps le phénomène constitué par le transport des particules en suspension dans le liquide sous l’influence d’une tension électrique, phénomène qu’on désigne actuellement sous le nom d'électrophorèse.
- L’électrophorèse et l’électroosmose ne sont au fond que deux aspects différents d’un même phénomène. Dans un milieu comprenant un liquide et un solide à l’état de particules, toute différence de potentiel génératrice d’un champ électrique tend à produire un mouvement relatif entre le solide et le liquide. Si le liquide est immobile, ce sont les particules solides qui se déplacent : on a alors l’électrophorèse. Si les particules solides sont immobilisées, c’est le liquide qui est entraîné : il y a électroosmose.
- La même interprétation générale s’applique aux deux phénomènes : tous deux supposent une électrisation des particules du solide et l’existence de charges opposées équivalentes dans le liquide. L’électroosmose se fait en sens inverse du sens dans lequel se déplaceraient les particules par électrophorèse : le liquide va donc vers l’anode si la paroi est positive, et vers la cathode si elle est négative.
- LES LOIS DE L’ÉLECTROOSMOSE
- Précisons tout d’abord les lois du phénomène de l’électroosmose, qu’on appelle également électrofiltration, puisqu’il consiste dans le passage d’un liquide à travers une paroi poreuse sous l’influence d’une différence de potentiel électrique.
- Le liquide étant disposé au contact d’une paroi poreuse, la quantité de ce liquide qui passe dans l’unité de temps à travers la paroi, c’est-à-dire le débit de là filtration, dépend d’un certain nombre de facteurs qui ont été indiqués autrefois par Wiedemann.
- Ainsi, pour un appareil donné, le débit du liquide à travers la paroi est proportionnel à l’intensité du courant, le facteur de proportionnalité variant avec la forme et la nature de la paroi filtrante et avec la nature du liquide. Pour des parois d’égales sections et d’épaisseurs différentes, le débit relatif à une même intensité de courant est indépendant de l’épaisseur de la paroi filtrante. Pour une même intensité de courant, le débit croît généralement avec la résistance électrique du liquide. Ce sont les liquides les moins conducteurs qui, toutes autres choses égales, filtrent le plus facilement.
- Les mêmes lois s’appliquent, comme l’a établi autrefois Quincke, lorsqu’on substitue à la paroi poreuse un faisceau de tubes capillaires. Il en résulte qu’au point de vue de l’électroosmose une paroi poreuse se comporte comme l’assemblage d’un nombre très grand de tubes capillaires.
- LES LOIS DE L’ÉLECTROPHORÈSE
- Lorsque dans un liquide contenant des particules en suspension, on dispose deux électrodes reliées aux pôles d’un générateur à courant continu, par exemple d’une batterie d’accumulateurs, on voit les particules se mettre en mouvement, soit dans le sens du champ électrique ainsi créé (elles se dirigent vers la cathode), soit en sens inverse de ce champ (elles vont vers l’anode). Il s’agit là d’un phénomène très général qui s’observe dans l’essence de térébenthine aussi bien que dans l’eau, avec des bulles gazeuses comme avec des poussières solides ou avec des gouttelettes liquides émulsionnées.
- Les particules qui se déplacent vers la cathode doivent être considérées comme chargées positivement. C’est ce qui se produit, par exemple, pour les particules d’hydrate ferrique et d’un grand nombre d’hydrates métalliques, pour les particules colloïdales de bismuth, de fer, de plomb, de cuivre, préparées par le procédé Bredig; pour les particules de violet d’Hoffmann, de rouge de Magdala, de violet de méthyle, de chlorure de rosaniline, de brun de Bismarck, de bleu de méthylène, etc.
- Les particules qui se déplacent vers l’anode doivent au contraire être considérées comme chargées négativement. C’est le cas notamment des particules de sulfure d’arsenic, de sulfure d’antimoine, de sulfure de cadmium, de platine, d’or, d’argent, de mercure, d’anhydride
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- vanadique, d’acide stannique, de silice, de bleu d’aniline, d’indigo, de bleu de molybdène, de bleu de Prusse, etc.
- On appelle vitesse de transport, la vitesse que prennent les particules soumises à un champ électrique égal à l’unité, c’est-à-dire tel que la tension varie d’un volt par centimètre. La mesure de cette vitesse peut se faire soit à l’œil nu par une méthode mettant en œuvre le mouvement d’ensemble des particules, soit à l’ultramicroscope sur une particule isolée.
- 1° La ligure 2 représente un dispositif simple permettant de suivre le déplacement d’ensemble des particules. C’est un tube en U dont chaque branche porte à la même distance du fond un robinet dont l’ouverture a la même largeur que le tube. On remplit le tube jusqu’un peu au-dessus des robinets avec la solution à étudier, on ferme ceux-ci et on enlève l’excès de la suspension au-dessus de leur niveau. Après avoir rincé les deux parties supérieures du tube, on les remplit jusqu’à la même hauteur avec de l’eau ou mieux avec le liquide que fournit la suspension par iiltration sur une membrane de collodion (liquide intermicellaire). On introduit les électrodes et on ouvre les robinets. En établissant au moyen d’une batterie d’accumulateurs une différence de potentiel constante de quelques dizaines de volts entre les électrodes, on voit la surface de séparation entre l’eau et la suspension se déplacer soit vers la cathode, soit vers l’anode, suivant le signe des particules. Il est facile de suivre ce déplacement en fonction du temps et d’en déduire la valeur qu’il prend dans l’unité de temps. Connaissant la différence de potentiel appliquée entre les électrodes et la longueur du tube, on peut calculer la vitesse correspondant à une chute de potentiel d’un volt par centimètre.
- 2° L’emploi de l’ultramicroscope permet de suivre le mouvement des particules isolées à condition que ces particules soient visibles à l’ultramicroscope et que leur nombre ne soit pas trop élevé dans le champ du microscope. Ayant versé
- Fig. 2. — Dispositif pour mesurer la
- vitesse de transport en observant le déplacement d’ensemble des particules.
- une goutte de la suspension sur la lame porte-objet, on établitune différence de potentiel entre deux petites lames de platine de quelques microns d’épaisseur fixées sur la lame et servant d’électrodes. On voit les points brillants qui révèlent les particules en suspension se déplacer vers l’une ou l’autre des électrodes suivant le sens de la différence de potentiel et s’arrêter lorsqu’on supprime cette diffé-
- rence de potentiel. Au moyen d’un micromètre oculaire formé, par exemple, d’un quadrillage dont les côtés ont des dimensions connues, on peut évaluer la vitesse de déplacement d’une particule en déterminant le temps qu’elle met à passer d’un côté du quadrillage au côté opposé; bien entendu on étudie successivement un certain nombre de particules et l’on prend la moyenne des résultats fournis par les mesures. On construit même pour effectuer les mesures précédentes de petites cuves de verre portant deux électrodes de platine et pouvant contenir une goutte de suspension.
- Les vitesses de transport obtenues par l’une ou l’autre des mesures précédentes varient naturellement avec la nature de la suspension ou de la solution colloïdale utilisée; mais elles varient entre des limites assez rapprochées : 1 à 4 microns par seconde pour Une chute de potentiel d’un volt par centimètre.-
- CAUSES SUSCEPTIBLES DE DÉTERMINER LE SIGNE ÉLECTRIQUE DES PARTICULES
- L’électrisation que l’on observe dans tous les cas sur les grains d’une suspension est un phénomène dont l’explication n’est point aisée. Malgré les nombreuses recherches dont il a été l’objet, on ne saurait dire qu’il soit encore parfaitement élucidé.
- Une première règle très simple pour prévoir le signe des particules avait été formulée par le physicien allemand Coehn en 1898. Elle indiquait qu’un corps se charge positivement s’il est en contact avec un liquide dont la constante diélectrique est inférieure à la sienne propre, et négativement s’il est en contact avec un liquide dont la constante diélectrique est supérieure à la sienne. Ainsi, dans l’eau, dont la constante diélectrique est très élevée, les granules de la plupart des corps prennent une charge négative.
- En réalité, si la règle précédente conduit à des prévisions vérifiées par l’expérience dans un grand nombre de cas où les particules sont en suspension dans un liquide pur, elle ne s’applique plus du tout quand ce liquide contient des quantités même très faibles d’électrolyte dissous.
- Dans un bel ensemble de recherches, M. Jean Perrin a montré que le sens du transport des particules en suspension dans l’eau peut être inversé par addition à l’eau d’un corps dissous en quantité très faible ne pouvant pas modifier d’une façon appréciable la constante diélectrique. Ce signe peut dépendre notamment de la réaction acide ou basique du liquide telle que l’exprime la concentration en ions hydrogène mesurée par le
- Fig. 1.
- Le phénomène de Vèleclroosmose.
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- coefficient pH, et s’inverser par l’addition d’une très faible quantité d’un acide ou d’une base. La plupart des particules solides sont positives en milieu acide et négatives en milieu basique. Mais l’acidité du milieu n’est pas le seul facteur susceptible d’influer sur le signe des particules. L’introduction d’une très faible quantité d’électrolyte ayant l’un de ses ions polyvalent suffît parfois à donner aux particules solides le signe de cet ion polyvalent. C’est là une propriété très importante dont il faut tenir compte toutes les fois qu’on introduit un électrolyte dans une suspension.
- COMMENT S’EXPLIQUENT L’ÉLECTROPHORÈSE ET L’ÉLECTROOSMOSE
- Pour interpréter le phénomène de l’électrophorèse et celui de l’électroosmose, le physicien allemand Quincke qui leur avait consacré d’importantes recherches expérimentales, formulait l’hypothèse qu’au contact d’un solide et d’un liquide, il se produit toujours une électrisation : la surface du solide se recouvre d’une certaine couche d’électricité tandis qu’une couche électrique de signe opposé apparaît sur le liquide en contact. On conçoit que, sous l’influence d’un champ électrique créé dans le milieu, les particules et le liquide soient soumis à l’action de forces de sens inverse et par suite entraînés en des sens opposés.
- Cette hypothèse a été depuis généralement admise. Mais l’origine qu’il faut attribuer à la double couche dont elle admet l’existence a fait l’objet de nombreuses discussions.
- On a tout d’abord proposé de l’attribuer à une sorte d’électrisation par frottement entre le solide et le liquide, ce que l’on s’efforce de raccorder à la loi de Coehn relative à l’influence qu’exerce la grandeur des constantes diélectriques du solide et du liquide. Mais nous avons vu que cette loi est loin d’être générale et il faut bien reconnaître que la considération de cette électrisation par frottement n’interprète pas grand’chose et rentre plutôt dans le cadre de ce qu’on pourrait appeler une explication verbale.
- Aussi rattache-t-on souvent l’électrisation d’une paroi solide en contact avec un liquide à la fixation, par suite d’un phénomène d’adsorption, des ions d’un certain signe sur les particules constituant cette paroi; les ions du signe opposé demeureraient fixés sur le liquide au voisinage de la paroi, grâce à l’attraction qu’exercent entre elles deux charges de signe contraire.
- A l’appui de cette manière de voir, Jean Perrin a signalé que l’électrophorèse et l’électroosmose ne se manifestent de manière appréciable que dans les liquides ionisants, c’est-à-dire dans les liquides où peuvent exister des ions susceptibles d’être adsorbés. Si cette règle ne saurait être considérée comme absolue, du moins, en étudiant des suspensions très variées, Jean Perrin a-t-il constaté que pour les liquides ionisants (eau, alcools, nitrobenzène, ammoniaque liquide, etc.), additionnés ou non d’électrolytes, l’électrophorèse est généralement notable, tandis que pour les autres (éther, benzène, sulfure de carbone, etc.), elle est le plus souvent insignifiante.
- Lorsque le liquide utilisé pour préparer une suspension
- est l’eau pure, les seuls ions présents dans le liquide sont les ions H4- et OLP que fournit la dissociation des molécules H20, Les particules de la suspension sont positives ou négatives suivant qu’elles fixent par adsorp-tion une plus grande proportion d’ions LP ou d’ions OH-. En ajoutant à l’eau soit un acide qui se dissocie en donnant des ions H4", soit une base qui se dissocie en donnant des ions OH", on augmente dans des proportions considérables la concentration des ions II4-ou OH- présents dans la solution et on favorise ainsi l’adsorption de l’un ou de l’autre de ces ions. Ainsi s’explique-t-on l’influence importante qu’exerce la présence de très petites quantités d’acide ou de base sur le signe d’une paroi solide en contact avec un liquide. On conçoit également que l’addition d’un acide ou d’une base puisse modifier le sens dans lequel se produit l’électrophorèse et. par suite le sens, inverse du précédent, dans lequel a lieu l’électroosmose. Comme exemple de l’action exercée par la présence d’un acide ou d’.une base, on peut indiquer que des particules de nature très variée comme le charbon, le soufre, le carborundum, la naphtaline, la gélatine, la soie, le chlorure de chrome, etc., prennent une charge positive dans de l’eau additionnée de quantités extrêmement faibles d’un acide monovalent quelconque, et une charge négative dans de l’eau additionnée de quantités très faibles d’une base monovalente quelconque.
- Mais on conçoit que les ions H4- et OH- ne soient pas les seuls à pouvoir influer sur la charge des particules d’une suspension et que notamment l’anion associé à l’ion H4" dans un acide et le cation associé à l’ion OH~ dans une base puissent, eux aussi, être adsorbés et compliquer les phénomènes. C’est l’ion le plus fortement adsorbé par le solide qui, en définitive, en détermine le signe électrique. On comprend également que les phénomènes puissent se compliquer lorsque l’eau contient en solution des sels quelconques dont les anions et les cations sont susceptibles d’être adsorbés concurremment avec les ions H4- et OH- fournis par la dissociation de l’eau elle-même. Les ions polyvalents ou de grande masse et de constitution complexe qui sont fortement adsorbés déterminent souvent le signe des particules.
- Ainsi en ajoutant une proportion convenable de phosphate de soude à une solution colloïdale d’hydrate ferrique dont les granules sont positifs, obtient-on une solution colloïdale à granules négatifs grâce à la fixation par les particules en suspension de l’ion PO4 qui est trivalent et porte une charge négative égale à celle de trois électrons; mais en ajoutant à l’hydrate ferrique négatif ainsi obtenu une proportion convenable de chlorure d’aluminium, on obtient à nouveau une solution colloïdale à granules positifs grâce à la fixation par les particules des ions AI4-4-4- dont la charge positive est équivalente à celle de trois électrons.
- Au cours d’expériences que j’ai faites sur ce phénomène, j’ai pu ainsi modifier successivement et un très grand nombre de fois le signe des particules d’une solution colloïdale d’hydrate ferrique. On me permettra de citei la remarque par laquelle je terminais le travail précédent ; « Cette possibilité, pour ainsi dire indéfinie,
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- de modifier à volonté le signe d’un colloïde sous une influence ne faisant intervenir que des énergies extrêmement faibles, nous paraît mériter de retenir l’attention.
- Il est extrêmement curieux qu’il suffise d’une très faible quantité d’un sel pour changer le signe électrique des granules, ce qui entraîne des modifications profondes dans les propriétés d’un colloïde et notamment lui permet de floculer lorsqu’on le met en présence d’un autre colloïde dont il avait primitivement le signe et avec lequel il pouvait se mélanger sans qu’aucune floculation se produisît. Il ne paraît pas invraisemblable que le changement de signe des colloïdes sous l’influence de sels à ion polyvalent puisse jouer un rôle dans les êtres vivants et permette de comprendre la production de floculations accidentelles entre colloïdes qui, ayant habituellement le même signe, peuvent se mélanger sans produire de floculation » (x).
- Lorsqu’on ajoute progressivement un acide, une base ou un électrolyte dont l’un des ions est polyvalent, à une suspension colloïdale, de manière à inverser le signe des particules, la vitesse de transport de ces particules dans un champ électrique diminue progressivement, s’annule et change de signe. Lorsque la vitesse des particules est devenue nulle, on dit qu’on a atteint le point isoélectrique de la suspension colloïdale. Ce point est souvent caractérisé par la valeur de la concentration en ions hydrogène du milieu. Pour la gélatine, par exemple, le point isoélectrique se produit pour un pH égal à 4,7, c’est-à-dire dans une région nettement acide: mais pour beaucoup de suspensions il s’observe au voisinage de la neutralité, c’est-à-dire pour un pH peu différent de 7.
- L’ÉLECTROFILTRATION ET SES^ APPLICATIONS
- Nous avons vu que, grâce au phénomène de l’électro-osmose, le passage d’un courant électrique entre deux portions d’un liquide séparées par une cloison poreuse permettait de faire passer le liquide d’un côté de la cloison vers l’autre. Si le liquide sur lequel porte l’expérience contient des particules en suspension, celles-ci sont, bien entendu, arrêtées par la cloison et le liquide se débarrasse ainsi de ses particules. Aussi l’emploi du courant électrique facilite-t-il la filtration des liquides à travers une cloison poreuse. Tel est le principe mis en œuvre dans l’électrofiltration.
- On peut se demander quel intérêt il y a à compliquer l’opération de la filtration par la mise en œuvre d’un courant électrique. En réalité, on obtient de la sorte, comme on va le voir, quelques avantages appréciables.
- Ainsi, dans la filtration ordinaire, il faut exercer une certaine pression sur le liquide pour le faire passer à travers la paroi filtrante et le débit est proportionnel à cette pression. Mais comme la pression est évidemment transmise au filtre, pour que celui-ci puisse résister, il faut que la solidité de sa paroi et par suite son épaisseur soient d’autant plus grandes que la pression mise en œuvre dans la filtration est plus considérable. Dans l’électrofiltration, le transport du liquide se produisant
- 1. A. Boutaric. Comptes Rendus de l’Académie des Sciences, t. 184, p. 814, 1927.
- par une action électrique, la paroi filtrante n’est soumise à aucune pression supplémentaire du fait de la filtration. Cette paroi peut donc être très mince, et, comme pour une même différence de potentiel le débit varie en sens inverse de l’épaisseur du filtre, on peut ainsi obtenir des débits beaucoup plus grands que dans la filtration ordinaire.
- De plus, dans la filtration ordinaire, un liquide chargé de particules produit un colmatage du filtre et l’opération devient bientôt impraticable par l’énorme grandeur des pressions qu’il faudrait mettre en jeu pour faire traverser au liquide l’épaisseur du dépôt. Il faut alors décolmater le filtre, ce qui entraîne forcément un arrêt temporaire de l’opération. Au contraire, dans le cas de l’électrofiltration, le colmatage ne fait qu’augmenter l’épaisseur de la paroi filtrante et l’on peut conserver le même débit, quelle que soit l’épaisseur de ce dépôt, à condition de faire croître dans le même rapport la tension électrique appliquée aux électrodes. On peut aussi dans le cas de certaines suspensions, par exemple de suspensions d’argile, poursuivre l’ultrafiltration avec des épaisseurs de dépôt atteignant plusieurs centimètres, pour lesquelles la filtration ordinaire serait tout à fait impraticable.
- L’électrofiltration est déjà utilisée dans un certain nombre de techniques industrielles.
- On a songé tout d’abord à la mettre en œuvre pour produire le dessèchement de la tourbe. Cette matière se présente sous la forme de suspension de fines particules de charbon dans une sorte de gelée de divers hydrates de cellulose ayant fixé une grande proportion d’eau; elle est très difficile à déshydrater. Elle ne se dessèche pratiquement ni par évaporation à l’air, ni par compression mécanique. L’emploi des filtres-presses est tout à fait inopérant : ou bien il ne coule rien, ou bien la tourbe passe avec l’eau. Au contraire, en disposant la tourbe entre deux plateaux perméables mouillés et faisant passer un courant à travers les deux plateaux, l’eau seule est entraînée par l’électro-osmose. Le problème a surtout été étudié en Allemagne à cause du grand intérêt que présenterait sa solution pour la Prusse orientale où se trouvent d’énormes gisements de tourbe. Une usine d’essai fonctionne depuis plusieurs années.
- « Elle a montré, écrivait récemment M. Paul Bary (x), que, techniquement, on peut obtenir le résultat désiré. Le procédé consiste à faire passer le courant à travers la tourbe; celle-ci se condense au pôle positif et devient assez compacte, par suite du départ d’une grande quantité d’eau.
- « Il y a intérêt à ce que la tourbe soit broyée en grains assez fins et à ce que la solution soit alcaline. Dans ces conditions, la dépense de courant pour 100 kg de tourbe sèche est d’environ 250 à 300 kw-h pour une déshydratation de 70 pour 100 environ. Le résultat accuse un prix de revient assez élevé qui ne semble intéressant que pour de très grandes installations.
- « Des expériences faites en Angleterre ont montré que le déplacement d’eau de la tourbe était 5000 fois
- 1. Paul Bary. Bulletin de la Société d’Encouragement pour l'Industrie nationale, p. 542, juillet, août, septembre 1931.
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- plus grand que la même quantité d’électricité en peut décomposer électrolytiquement. D’après Schwerin, si on utilise la tourbe séchée de cette manière à la production de l’électricité nécessaire à cette opération, il faut brûler le cinquième de la quantité totale produite. »
- La purification des argiles peut être réalisée par des méthodes chimiques. On délaye le produit brut dans de l’eau légèrement alcalinisée contenant de l’oxalate ou de l’acétate de sodium, ce qui a pour effet de provoquer le dépôt d’un grand nombre d’impuretés constituées par les parcelles de mica, de pyrite, de quartz, etc., tandis que les particules d’argile demeurent à l’état de suspension colloïdale. C’est alors que l’électro-osmose peut être utilisée pour éliminer l’eau de la suspension ainsi obtenue.
- On a également proposé d’appliquer l’électrofiltration pour filtrer les boues de ciment, pour séparer les colorants en pâte de l’eau qu’ils contiennent, pour purifier les colles, les gélatines, les sérums ; pour éliminer les bactéries et stériliser les denrées alimentaires telles que lait, viande, bière ; pour favoriser la sortie de la sève du bois dans une solution de savon et pour provoquer la pénétration d’un liquide contenant un sel d’alumine, ce qui donne au bois une grande dureté.
- Les modèles d’électrofiltres utilisés varient évidemment avec les applications auxquelles ils sont destinés. Le plus souvent ils consistent en une série de cloisonnements poreux entre lesquels se placent alternativement les suspensions aqueuses à filtrer et l’eau pure. Un appareil ainsi constitué rappelle par sa forme extérieure un filtre-presse ordinaire, mais il en diffère par les électrodes, alternativement positives et négatives, disposées dans les diverses cellules. Les électrodes des cellules impaires communiquent entre elles et l’ensemble est relié au pôle positif d’un générateur à courant continu, les électrodes des cellules paires étant reliées au pôle positif. Comme cloison on utilise généralement des toiles de coton ou d’amiante à mailles serrées, ou encore une matière poreuse.
- Récemment Jaubert a proposé l’emploi de diaphragmes formés d’une plaque métallique percée d’une multitude de trous microscopiques sur laquelle a été formé un dépôt colloïdal de polysilicates acides de magnésium, d’oxydes de métaux terreux ou alcalino-terreux. Une telle plaque laisse passer le courant électrique et par suite est perméable aux ions électrolytiques, mais arrête les substances colloïdales et même les gaz.
- QUELQUES APPLICATIONS DE L’ÉLECTROPHORÈSE
- Nous avons dit que l’électrophorèse consiste dans le transport de particules en suspension dans un liquide sous l’influence d’une tension électrique, le déplacement se faisant dans un sens ou dans l’autre suivant le signe des particules. Le passage du courant à travers la suspension se fait par un mécanisme analogue à celui qui entre en jeu dans la simple électrolyse. Il s’agit d’un courant de convection dans lequel l’électricité est transportée par des particules matérielles. Mais tandis que dans l’électrolyse les véhicules de l’électricité sont constitués par des ions, dans l’électrophorèse ils sont constitués par des ions ayant fixé par adsorption ou combinaison
- chimique une particule en suspension. La même quantité d’électricité transporte donc un poids de matière beaucoup plus considérable dans l’électrophorèse que dans l’électrolyse proprement dite. Pour déposer par électrolyse une valence-gramme (de l’ordre de grandeur de 50 g), il faut 96 490 coulombs, soit 27 ampères-heure. On petit dire qu’en gros un ampère-heure permet de transporter par électrolyse 2 g de matière. Par électrophorèse, on a observé, au laboratoire, des transports environ mille fois supérieurs. Mais, pour qu’un pareil rendement puisse être atteint, il faut que les liquides ne renferment que des traces d’électrolytes, sinon la presque totalité du courant est utilisée à décomposer les électrolytes dissous en donnant des réactions secondaires qui sont le plus souvent nuisibles.
- Ces quelques considérations théoriques montrent que l’électrophorèse peut permettre le transport et la séparation de particules en suspension dans un liquide, avec un bon rendement. Elle a déjà fait l’objet d’un certain nombre d’applications. Elle permet notamment de séparer deux poudres différentes et de même finesse se trouvant mélangées dans un liquide. Il faut pour cela qu’en agissant sur l’acidité du milieu, on s’arrange pour que les grains des deux sortes de poudres aient des signes électriques différents et par suite se déplacent en sens inverse sous l’influence d’une tension électrique. Ainsi en délayant l’argile dans une eau aussi pure que possible et introduisant de très faibles quantités de sels à ions polyvalents, par exemple un silicate double, il semble qu’on puisse séparer par électrophorèse les divers constituants ou tout au moins éliminer la plus grande partie de tels ou tels d’entre eux.
- On peut traiter d’une manière analogue un certain nombre de produits naturels téls que les ocres, les bauxites, etc., qui sont susceptibles d’être obtenus, comme l’argile, en poudres impalpables.
- On a proposé de mettre à profit l’électrophorèse pour débarrasser les mélasses de sucre de leurs matières pec-tiques qui existent dans la solution sous forme de particules colloïdales.
- Récemment, l’électrophorèse a été utilisée dans le traitement du caoutchouc. Dans le latex, les granules de cette substance sont recouverts d’une mince pellicule de protéine jouant le rôle de colloïde protecteur. En présence d’ammoniaque, la protéine fournit du protéi-nate d’ammonium qui se dissocie en donnant un ion NH^ et un ion protéinate négatif qui communique sa charge aux granules de ca-outchouc qu’il recouvre. Dans un champ électrique, ces granules se déplacent vers l’anode en fournissant sur celle-ci un dépôt adhérent et compact qui a pu être utilisé pour obtenir des pièces de formes déterminées (feuilles, tubes, etc.), et pour enduire des tissus. Avec une anode en forme de tube, par exemple, le dépôt de caoutchouc se fait uniformément sur toute la surface et fournit un tube dont l’épaisseur est régulière. Cependant les phénomènes qui se produisent sont assez complexes. Le passage du courant n’a pas seulement pour effet d’entraîner vers l’anode les granules du caoutchouc. A cause de l’électro-lyse de l’eau qu’il est impossible d’empêcher, il se fait
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- toujours sur l’anode un dégagement d’oxygène. Si l’on ne prenait pas de précautions, cet oxygène aurait pour effet d’altérer le caoutchouc et le dépôt formé n’aurait pas grande valeur pratique. On élimine cette difficulté en entourant l’anode d’une cloison poreuse qui laisse passer l’oxygène, mais arrête les granules de latex; le dépôt de caoutchouc se fait alors sur le tube poreux et n’est pas contaminé par l’oxygène qui poursuit son chemin jusqu’à l’anode.
- Le transport de fines particules colloïdales, grâce au phénomène de l’électrophorèse, peut favoriser la pénétration de ces particules au sein de matières ayant une structure comparable à celle des gelées. C’est sur ce principe que repose le tannage électrique. On sait que le tannage des peaux est une opération complexe qui s’effectue grâce à la pénétration du tanin, substance colloïdale, à travers la structure même des peaux à traiter. Quand on plonge simplement(la peau dans une solution de tanin, cette pénétration, qui se produit par l’effet de la seule diffusion, est très lente. On conçoit qu’on puisse l’accélérer en soumettant les peaux plongées dans la solution de tanin à l’action d’un courant électrique les traversant dans le sens de l’épaisseur, sous l’influence duquel les particules de tanin, entraînées par le courant, pénètrent plus facilement dans la peau.
- On a songé à appliquer la même méthode pour teindre et tanner les peaux en même temps et pour préparer les cuirs chromés après addition d’acide chrômique dans le bain. On a étudié aussi une technique analogue pour la teinture des tissus.
- CONCLUSION
- Les quelques exemples d’application de l’électrofiltration et de l’électrophorèse que nous venons brièvement de mentionner montrent tout l’intérêt pratique que peuvent présenter pour l’industrie les phénomènes étudiés dans cet article. Comme le faisait remarquer M. Paul Bary, on est même assez surpris que l’application de méthodes qui sont en principe d’une grande simplicité ne se répande pas plus rapidement. Ce n’est pas que de nombreux essais n’aient été faits et même que de gros capitaux n’aient été engagés dans certaines usines. Mais les résultats n’ont pas toujours répondu aux espérances qu’on avait pu fonder sur l’application du courant électrique au traitement des suspensions des solutions colloïdales. Cela tient peut-être à la complexité des substances colloïdales dont les propriétés ne sont pas encore toutes parfaitement élucidées, en sorte qu’il convient de n’étendre qu’avec prudence à la pratique industrielle les résultats obtenus au laboratoire, et beaucoup de mécomptes ont leur origine dans une étude technique insuffisante des problèmes à résoudre.
- Mais lorsque notre connaissance de ces substances sera plus complète, il semble raisonnable d’espérer que l’emploi de l’électrofiltration et de l’électrophorèse, qui rendent déjà d’intéressants services dans certains cas, pourra se généraliser et être le point de départ d’importantes améliorations pour beaucoup de techniques industrielles. A. Boutaric.
- LE CROISEUR-ÉCOLE “ JEANNE-D’ARC
- Pour la première fois, la marine française dispose d’un navire spécialement construit en vue de compléter, par un voyage de circumnavigation, l’instruction nau-
- (1) Photos de M. Jules Vilbert.
- tique de la promotion de jeunes aspirants de marine quittant l’Ecole navale après le séjour réglementaire de deux années.
- Jusqu’à présent, on s’était contenté, pour cette période pourtant si importante de la formation de nos futurs
- Fig. 1. — Le croiseur école Jeanne-d’Arc (Art Photo, Toulon).
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- Fig. 2. — La Jeanne-d’Arc devant Rio-de-Janeiro.
- officiers de marine, de bâtiments généralement choisis parmi ceux que leur âge ou leurs infirmités rendaient incapables d’un rôle militaire sérieux. On les aménageait tant bien que mal, en vue du seryice auquel ils étaient appelés, et plutôt mal que bien, car on rechignait, et avec quelque raison, au ministère, à entreprendre de coûteux travaux sur des navires manifestement arrivés à fin de carrière. Les résultats d’une pareille organisation ne pouvaient être, à tous points de vue, que défectueux. Le matériel, en armes, machines, la coque elle-même du
- Fig. 3. — La Jeanne-d’Arc dans les canaux latéraux du Chili.
- navire, ne donnaient aux jeunes officiers qu’une très vague idée des exigences et des possibilités modernes, tandis que la nécessité de loger un contingent de 100 à 120 personnes en supplément, sur des navires où l’équipage normal vivait déjà à l’étroit, provoquait des entassements, contraires aux plus simples lois de l’hygiène et aussi peu favorables que possible à la bonne marche des études et des exercices de tous ordres en vue desquels cette campagne d’instruction était établie. Oserai-je rappeler, qu’en des temps, il est vrai assez lointains, à bord de la frégate-école X..., il n’existait qu’une seule baignoire à l’usage de toute la promotion embarquée, et que, de mémoire d’aspirant, il n’y fut jamais pris de bain, parce qu’elle était réservée à recevoir et conserver une partie de l’approvisionnement des tables en pommes de terre
- Le dernier croiseur-école, avant celui dont nous allons parler, fut le croiseur cuirassé Edgar-Quinet, lequel, en janvier 1930, s’est perdu sur la côte oranaise.
- Mais déjà, avant cet événement, la décision avait été prise, de construire un bâtiment spécialement étudié et agencé pour recevoir les aspirants sortant de l’École navale et leur assurer, dans un confortable convenable, tous les moyens de compléter leur éducation navale dans les meilleures conditions possible.
- Ce bâtiment fut confié aux Chantiers et Ateliers de Saint-Nazaire (Penhoët), et il reçut le nom de Jeanne-d'Arc, qu’avait porté pendant de longues années un croiseur cuirassé
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- qui termina sa carrière en 1916, comme croiseur-école d’application.
- La nouvelle Jeanne-dArc est entrée en service en octobre 1931 et complète en ce moment sa première campagne d’instruction.
- C’est un élégant navire dont les formes, suivant l’excellente méthode suivie dans notre nouvelle organisation navale, reproduisent exactement celles de nos croiseurs et torpilleurs modernes : étrave inclinée, flancs dégagés, absence de toute superstructure, en dehors des passerelles indispensables, netteté des lignes.
- Ses caractéristiques sont les suivantes : déplacement : 7200 tonnes, longueur 170 m, largeur 17 m 70, tirant d’eau 5 m 69.
- Armement : 4 tourelles doubles de 155 mm, superposées, 4 canons de 75 mm contre avions,
- 2 de 37 mm, 8 mitrailleuses sur 4 affûts doubles, 2 tubes lance-torpilles de 550 mm.
- Sur le pont supérieur sont logés deux hydravions, que deux mâts de charge mettront à la mer.
- L’appareil moteur comporte deux ensembles de turbines à vapeur Parsons actionnant les hélices par l’intermédiaire d’engrenages à simple réduction.
- Les deux groupes sont complètement séparés (*) et chacun d’eux possède toutes les machines auxiliaires nécessaires.
- Les groupes des turbines, construites par Penhoët, comprennent chacun : une turbine haute pression, une turbine basse pression et une turbine de croisière.
- Les turbines de croisière restent embrayées quelle que soit l’allure du navire. Elles permettent une consommation réduite de combustible aux faibles vitesses, que la J eanne-d Arc aura la plupart du temps à employer dans ses croisières d’instruction. Ces turbines de croisière sont du type à action. Les autres sont à réaction. Une turbine de marche arrière est incorporée dans la turbine basse pression.
- L’appareil évaporatoire comprend quatre chaudières à tube d’eau à retour de flammes, brûlant du mazout, au moyen du dispositif de chauffe au mazout Penhoët, qui équipe d’ailleurs le plus grand nombre des navires de la flotte française et notamment les derniers contre-torpilleurs à bord desquels ont été obtenues de magnifiques vitesses de 43 nœuds.
- Une chaudière auxiliaire permet de satisfaire à tous les besoins du navire au mouillage.
- Les résultats des essais à la mer.de l’appareil propulsif de la Jeanne-d’Arc ont été particulièrement brillants. La vitesse maxima a été de 27,8 nœuds au lieu des 26,5 nœuds exigés par la Marine. La vitesse normale de croisière, fixée à 20 nœuds, a été obtenue avec une consommation de combustible inférieure de 20 pour 100 à celle du contrat (267 kg par mille au lieu de 318 kg).
- 1. Renseignements tirés de la Revue maritime, octobre 1931.
- En ce qui concerne les aménagements, on a établi une séparation très nette entre ceux qui se rapportent au croiseur proprement dit et ceux du navire-école. Ceux du croiseur sont situés sous le pont supérieur qui s’étend de l’avant à l’arrière du bâtiment et sous le pont tengue, très étendu, qui forme la plage avant. Ils sont
- Fig. 4. — La Jeanne-d’Arc dans le Canal de Panama.
- prévus pour 26 officiers, 103 maîtres et seconds maîtres, 377 quartiers-maîtres et matelots formant l’équipage.
- On trouve dans ces parties de la coque, à l’extrême avant, un compartiment étanche, dit compartiment de choc, puis des soutes, le local du cabestan, les postes de l’équipage, avec l’hôpital, les ateliers du cordonnier, du tailleur, etc.; au-dessous, les soutes à munitions des
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- Fig. 5. Les aspirants delà Jeanne-d’Arc prenant la hauteur méridienne du soleil.
- deux tourelles avant, celles des viandes frigorifiées, la cambuse, la cale à vins.
- Viennent ensuite le compartiment des groupes électrogènes Diesel, la chaufferie avant, la machine avant, la chaufferie arrière, la machine arrière, au-dessus desquelles sont placés les logements des maîtres et seconds maîtres, les bureaux de comptabilité, les ateliers et magasins.
- Les logements des 6 officiers supérieurs et des 20 officiers dxr bord sont installés à barrière, avec, en dessous, les soutes des tourelles arrière. Enfin, à l’extrême arrière, l’appareil eà gouverner. ? ^
- Le commandant est logé dans un roof si h!U' sur le premier pont. Son appartement comprend un salon, une salle à manger, un cabinet de travail, une chambre à cQpcher, une salle de bains, etc., et une chambre pour invité.
- Les aménagements réservés aux officiers-élèves sont disposés dans deux roofs superposés, placés sur le premier pont. Ces logements s’étendent des tourelles avant aux tourelles arrière et reçoivent 156 officiers-élèves répartis en postes de 12 ou de 14. A chaque poste est adjoint un groupe de lavabos, douches et installations hygiéniques nécessaires. Les postes sont clairs, vastes, bien aérés. Chaque élève dispose d’une armoire. Les hamacs, couchettes traditionnelles des jeunes officiers, y sont accrochés le soir et enlevés le matin.
- Les roofs qui renferment ces locaux sont séparés de la muraille extérieure du navire par deux ponts-promenade qui en complètent très heureusement l’agrément et donnent au bâtiment une silhouette rappelant le paquebot.
- A l’arrière du roof supérieur on a aménagé une grande salle de conférences rapidement transformable en salle de cinéma, ou local de fêtes.
- Fig. 6. — Dans le Canal de Panama. Ecluses de Gatun.
- Fig. 7. — Pêche d’un phoque aux Falklands.
- L’ameublement des locaux habités, très soigneusement étudié, réunit le maximum des qualités : commodité, solidité et apparence agréable. Une décoration sobre et d’excellent goût y règne, qui est particulièrement bien placée sur un navire destiné à promener constamment sur les mers, et jusqu’aux rivages les plus lointains, le pavillon de la France.
- Les installations accessoires et les installations sanitaires sont conçues pour permettre de longues traversées sans escales. C’est ainsi que 11 000 kg de viandes fraîches et de vivres et denrées diverses, correspondant à une traversée de 40 jours, sont emmagasinés dans un compartiment frigorifique de 80 m\
- Le croiseur-école étant appelé à naviguer sous des cieux et dans des climats à températures élevées, on a établi dans les locaux habités un isolement comprenant un lambrissage isolant et une lame d’air. De plus, 36 ventilateurs assurent un renouvellement très rapide de l’air.
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- Une vaste infirmerie, aménagée suivant les meilleurs principes, est séparée en deux compartiments, réservés l’un à l’équipage, l’autre aux officiers-élèves.
- Le croiseur-école comporte, on le voit, toutes les installations spéciales, d’ordre militaire et nautique, les plus modernes, propres à lui permettre de bien remplir le rôle tout particulier qui lui est dévolu.
- De plus, conçu comme il l’est, sur la ligne de nos plus récentes unités de combat, muni d’un armement puissant, capable de fournir une grande vitesse, il est en tout comparable à nos croiseurs de 7000 tonnes du type Duguay-Trouin, auprès desquels il jouerait, si les circonstances venaient à ,l’exiger, un rôle militaire des plus honoi’ables.
- En plus des services très importants qu’il va rendre comme navire d’instruction, il apporte donc un appoint très sérieux à notre puissance navale.
- La Jeanne-cVArc va terminer sa première croisière. La première et magnifique partie de sa campagne s’est déroulée dans l’Atlantique, promenant les espoirs de la marine française, des côtes de l’Afrique Occidentale à celles de l’Amérique du Sud, côté Est, puis à celles de l’Ouest, par les Antilles, le canal de Panama et retour par les canaux latéraux de la côte du Pacifique, le Cap llorn, avec arrêt à ces îles Falklands où, dans un admirable épisode de la guerre sur mer, l’escadre de l’amiral von Spee a sombré, le 8 décembre 1914, sous les coups des croiseurs de bataille anglais, amenés sur ce point du bout du
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- monde, dans une course vertigineuse, par l’indomptable ténacité et on peut le proclamer, par le génie du grand homme de mer que fut l’amiral lord Fisher.
- Dans la seconde partie de sa croisière, le croiseur-école visita le bassin oriental de la Méditerranée, avec escales en tous ces points célèbres pour avoir vu les premières phases de l’histoire du monde, Athènes, Constantinople, l’Asie Mineure, l’Egypte, les archipels grecs, les côtes nord d’Afrique. Quel beau voyage, quand on a vingt ans !
- CJ S.-Jourdan.
- Fig. 8.
- Dans le Détroit de Magellan, pirogues de Fuégiens accostant la Jeanne-d’Arc.
- LA MECANIQUE PHONATOIRE DU LARYNX
- Fig. 1. — Anches libres (modes vibratoires les plus simples). A droite, premier mode; à gauche second mode.
- Les laryngologistes nous enseignent ce qu’est la physiologie du larynx, chapitre important de l’étude de la voix. Mais il faut savoir que la science du larynx ne se borne point là. Il y a aussi la mécanique du larynx, qui nous apprend comment les replis vocaux inférieurs se comportent mécaniquement sous l’influence de l’air trachéal qui filtre sous forte pression à travers la glotte pendant la phonation.
- jD’une façon générale, la mécanique du larynx est l’application des lois de la mécanique rationnelle à l’instrument spécial constitué par les cordes vocales en attitude de phonation sur le trajet du courant d’air expiré. Elle a à résoudre différents problèmes, parmi lesquels on peut citer les suivants ;
- 1° Comment vibrent les cordes vocales ?
- 2° Quelles lois relient les modes de vibration des cordes vocales au mécanisme d’entretien par un courant d’air ?
- 3° Comment est reliée la fourniture du son laryngien avec le mode d’entretien et le mode de vibration ?
- Ce sont là les trois problèmes fondamentaux qui se posent à l’occasion de tout son émis par un vibrateur (corde, plaque, anche, membrane, etc.), entretenu d’une façon quelconque (électriquement, par courant d’air, par friction continue, etc.).
- Dans ce court article, nous ne nous occuperons que du premier des problèmes indiqués, celui qui a trait au mode de vibration des cordes vocales inférieures.
- Les idées primitives sur la génération de la voix. — Elles n’ont qu’un intérêt de curiosité. On a comparé le larynx à presque tous les instruments de musique connus, en imaginant au besoin de nouveaux instruments pour les besoins de la cause.
- Ainsi Galien (172) le compare à une flûte, de même que plus tard Fabrice d’A-quapendante (1537) ; Dodart (1700) l’assimile à un cor de chasse, puis plus tard à un « châssis bruyant »; Ferrëin (1741) crée un nouvel instrument, le « dicorde pneumatique », pour établir son analogie, mais son appareil ne
- Fig. 2.
- Composantes de la vibration.
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- lui survécut pas; Cuvier (1805) et Dutrochet le comparent aux lèvres du joueur de cor; Despiney (1821) préfère le trombone; Magendie (1823) et Biot (1824) le comparent au hautbois; Savart (1825) à un appeau; Malgaigne (1831) à une « pratique »; Muller (1839) à des anches libres ; Petre-quin et Diday (1840) reviennent au cor de chasse.
- Garcia etBattaille (1861) mettent fin à la série des comparaisons en introduisant dans l’étude de la phonation l’emploi du laryngoscope, qui substitue aux analogies plus ou moins vagues l’observation directe, et ouvre la voie aux études expérimentales sérieuses et régulières.
- Toutes ces comparaisons ont quelque chose de puéril. Elles montrent toutefois qu’il ne faut point confondre avec la vraie science les analogies faciles et les schémas sommaires dont se contentent trop souvent les chanteurs. « Le larynx ressemble à un larynx », ont pu écrire spirituellement Richerand et Béraud. Son étude nécessite des procédés plus élevés, et met d’ailleurs en évidence l’extrême particularité de son fonctionnement.
- Premières études expérimentales et théories thyro=aryténoidiennes primitives. — Les premières observations laryngoscopiques et les premiers essais d’expérimentation font admettre que les cordes vocales inférieures se comportent dans la phonation à la façon à’anches libres. Mais tout de suite, deux courants d’idées différents prennent naissance :
- 1° Pour Muller, Battaille, Fournié, Duval, Gay, etc., le son est produit par la vibration de la corde vocale elle-même, l’air ne jouant qu’un rôle d’archet aérodynamique ou d’excitateur de la vibration.
- 2° Pour Liskovius, Longet, Helmholtz, Mandl, Eustache, etc., le son est produit par les vibrations de l’air qui fuit à travers la glotte, celle-ci ne constituant qu’un mécanisme introduisant dans la pression de l’air sa périodicité.
- Mais l’ensemble de ces auteurs admet l’assimilation des cordes vocales inférieures à des anches vibrantes libres. Il en résulte pour elles des modes de vibration
- Fig. 4. — Larynx-appeau de Guillemin.
- Fig. 3. — Appeau.
- , Médium
- %------
- Grave
- Cyclones
- ventriculaires
- indiqués par la figure 1. Les vibrations sont alternatives et symétriques; leur composante verticale OA est notablement plus grande que leur composante horizontale OB (dans le plan de la glotte) (fig. 2).
- Quant à la distinction établie plus haut, tendant à attribuer le son du larynx à la vibration des cordes plutôt qu’à la vibration de l’air, elle est sans intérêt. Le corps sonore n’est ni la corde isolée, ni le courant d’air isolé : c’est l’ensemble « cordes + courant d’air »; le vibrateur ne peut ici, en aucune façon, être isolé de son mode d’excitation et d’entretien.
- Expérience de Liskovius, Castex, Thooris. — Liskovius (1846) affirma le premier que si, pendant la phonation, on touche les cordes vocales avec un objet quelconque (stylet, porte-coton, etc.), le son n’est aucunement altéré, ni en hauteur, ni en intensité, ni en timbre. L’expérience est de nouveau décrite de nos jours par Castex et Thooris.
- Cette expérience sonne le glas des théories précédentes ; on argua en effet qu’elle était incompatible avec les modes de vibration des anches libres. Il en résultait que les cordes vocales, à supposer qu’elles vibrent, ne pouvaient vibrer de la façon indiquée, avec une composante verticale (fig. 2) aussi importante. Sachant que la composante horizontale atteint 4 mm (glotte de 8 mm), la composante verticale pourrait atteindre 15 mm au-dessus du plan de la glotte; ce chiffre paraît inconciliable avec l’observation de Liskovius. Bien qu’à la vérité la discussion de l’expérience paraisse devoir être reprise, car les replis glottiques constituent, non un vibrateur libre, mais un vibrateur entretenu, les expériences sur des anches membraneuses donnèrent raison à la critique : le son cesse, ou sinon se modifie entièrement, si on touche une anche en vibration associée à un tube porte-vent.
- Les théories thyro-aryténoïdiennes primitives furent donc très ébranlées dans l’esprit de nombreux savants, qui allèrent jusqu’à dénier aux cordes vocales inférieures leur rôle primordial dans la phonation. De là la naissance de systèmes d’explication complètement différents, où la vibration de la corde vocale inférieure est supprimée.
- Théories aérodynamiques. — Elles sont aussi nombreuses que les précédentes. Les cordes yocales inférieures n’y sont point supposées vibrer; le rôle principal est joué parle cornant d’air, avec ou sans les ventricules de Morgagni.
- Nous en distinguerons trois variétés :
- 1° Théorie de Masson (1848). —- Le son du larynx y est assimilé à un son d’écoulement. On donne ce nom à tout son produit par un gaz s’échappant sous pression par un petit orifice invariable. Masson en établit le premier les lois, reconnues exactes par la suite : la hauteur du son est proportionnelle à la racine carrée de la pression du gaz et en raison inverse de l’épaisseur des bords de l’orifice; chose curieuse, elle est indépendante' du diamètre de l’orifice. Il en résulte que le son de la voix deviendrait plus aigu avec une plus forte pression sous-glottique et des cordes vocales plus minces.
- Cette explication rend inutile la vibration des cordes vocales, et de plus n’accorde aucün rôle, ni aux ventri-
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- cules de Morgagni, ni aux cordes vocales supérieures.
- 2° Théories cycloniques ou du larynx-appeau. — Savart (1825), s’emparant de phénomènes tourbillonnaires, qui se produisent dans les tuyaux sonores et décrits pour la première fois par le jésuite belge Lootens, assimile le larynx à un appeau, dont il imagine une théorie aussi curieuse qu’invraisemblable.
- Pour Savart, le son de l’appeau (fig. 3) résulte de petits tourbillons circulaires se produisant autour de la veine centrale qui le traverse d’un orifice à l’autre. Le son est d’autant plus aigu, dit-il, que la boucle du petit tourbillon ou cyclone est plus courte (loi de Lootens), donc que la cavité de l’appeau est plus petite. Il voit dans le larynx un appeau dont la cavité est constituée par les ventricules de Morgagni (fig. 4; 1°); les orifices inférieurs et supérieurs sont limités par les cordes vocales inférieures et supérieures.
- Guillemin (1.898) modifie la théorie de Savart, la précise, et enfin en donne un exposé plus détaillé. L’élévation du son résulte pour lui d’une diminution de volume des ventricules, mais qui s’obtient passivement par élévation ou descente du larynx (fig. 4; 2°).
- Thooris (1927), qui semble se rallier à ce mode de génération du son, affirme au contraire que la diminution de volume des ventricules s’obtient activement, et non passivement, et décrit à ce sujet avec minutie toutes les actions musculaires qui tendent à ces actions.
- Dans ces théories, le rôle essentiel est joué par le courant d’air et les ventricules de Morgagni; les cordes vocales inférieures sont à peu près inutiles.
- 3° Théorie de Bonnier (1907). — Bonnier a donné une théorie de la formation du son dans laquelle les cordes vocales inférieures ont un rôle actif, mais où le courant d’air et les ventricules ont encore un rôle de premier plan. De plus la vibration assignée à la corde vocale n’est plus celle d’une anche libre.
- A chaque vibration complète, les cordes vocales accolées s’ouvrent comme un clapet sous l’effort de la pression sous-glottique; alors un jet sort de la glotte, aspirant l’air des ventricules. Puis la pression baissant sous la glotte, les cordes vocales retombent en contact, et la pression remonte dans les ventricules. Ainsi, dit Bonnier, la pression monte sous la glotte et dans le vestibule du larynx tandis qu’elle baisse dans les ventricules, et inversement. C’est son schéma aérodynamique du « trèfle glottique » (fig. 5).
- Bonnier accorde donc aux replis vocaux un mode vibratoire particulier, auquel se superpose tout un jeu de pulsations aérodynamiques très actives et de première importance.
- Critique des théories aérodynamiques. — La
- théorie de Masson, qui assimile le son du larynx à un son d’écoulement et par conséquent supprime les vibrations des cordes vocales inférieures, est contredite par l’observation stroboscopique du larynx en phonation. On sait aujourd’hui, et depuis près de 40 ans, que les cordes vibrent réellement et comment elles vibrent.
- Les théories qui assimilent le larynx à un appeau et donnent la génération du son aux petits cyclones ventriculaires imaginés par Lootens sont, elles aussi, en oppo-
- sition avec l’expérience. Bouasse (1927) a étudié les appeaux et a montré que les petits tourbillons circulatoires qui y prennent naissance n’ont aucun rapport avec la génération du son de l’appeau; en particulier la fréquence de leurs enroulements n’est reliée par aucune loi à la hauteur du son; l’une peut varier indépendamment de l’autre.
- Il n’en reste pas moins vrai que, avec ou sans poches ventriculaires, la sortie du jet glottique ne s’effectue pas sous forme d’une veine laminaire uniforme. Le jet est accompagné de multiples enroulements latéraux, et tout étranglement de la paroi du tube additionnel fait naître des perturbations aérodynamiques diverses. Il n’y a là rien que des phénomènes dissivalifs très généraux de turbulence qui accompagnent tout mouvement au sein d’un fluide. On ne peut remuer le petit doigt sans en produire dans l’air environnant ! Mais leur donner un rôle dans la génération du son laryngien était une erreur. Bouasse a d’ailleurs montré que leur influence sur l’état des phénomènes de résonance des cavités était nulle : il fait passer un vent de tempête (40 m à la seconde) dans un tuyau résonnant accordé sur un diapason sans que la résonance soit aucunement modifiée.
- Théorie moderne. Principes. — Ainsi les théories anciennes assimilant les cordes à des anches vibrantes libres sont inacceptables, au moins quant au mode de vibration des cordes, et les théories aérodynamiques donnent aux ventricules de Morgagni et aux phénomènes accessoires qui peuvent s’y produire un rôlè qu’ils n’ont pas. Il faut donc, ou abandonner leurs schémas, ou les modifier suffisamment pour les mettre en accord avec les observations physiologiques connues.
- Pour notre part, nous préférons les abandonner les unes et les autres, estimant qu’elles sont basées sur des idées mécaniques trop simplistes et des analogies trop vagues. Au surplus, leurs auteurs (Helmholtz à part) ne semblaient avoir que des notions d’acoustique insuffisantes, ou tout au moins ignoraient les particularités essentielles du fonctionnement d’un vibrateur entretenu « par force » et étroitement couplé à une série de résonateurs. La physique ne s’improvise pas.
- L’observation donne les principes généraux suivants, qui offrent le cadre de la mécanique du larynx :
- 1° Le larynx n’est pas un vibrateur libre-, c’est un vibrateur entretenu. Son mode de vibration n’est donc pas
- Fig. 6. — Ouverture de la glotte, d’après Musehold.
- Fig. 5.
- Trèfle glollique de Bonnier.
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- uniquement dépendant des caractéristiques élastiques des cordes vocales, mais dépend aussi du mode d’entretien.
- 2° L’observation de vibrations vocales enregistrées montre que Y amortissement des vibrations des cordes doit être énorme. Le son cesse quasi immédiatement dès que la pression sous-glottique baisse pour une attitude vocale donnée, c’est-à-dire dès que l’entretien cesse. Il en résulte que chaque vibration de la corde est très amortie, sinon même apériodique.
- Le larynx rentre donc dans une classe spéciale de vibrateurs : vibrateurs apériodiques périodiquement relancés par le mode d’entretien.
- 3° Le vibrateur laryngien est fortement couplé au résonateur pharyngo-buccal. Or on sait (Bouasse) que lorsqu’un vibrateur est inclus dans le domaine d’un résonateur, celui-ci réagit fortement sur le vibrateur et modifie son fonctionnement. Il en résulte que les phénomènes acoustiques qui ont lieu dans les cavités ' vocales influent fortement sur le fonctionnement mécanique du larynx. Certaines expériences de Thooris sont probantes à cet effet.
- Ces trois remarques forment un cadre dans lequel doit venir se loger la théorie mécanique du larynx. Résumons-nous :
- 1° Le larynx est un vibrateur non libre, mais entretenu ;
- 2° Son amortissement est énorme (vibrateur apériodique périodiquement relancé; couplage par force);
- 3° Le résonateur réagit fortement sur lui; en toute rigueur il n’y a pas de théorie du larynx sans théorie préalablement établie des cavités vocales.
- Voyons maintenant ce que nous apprend l’observation stroboscopique sur la vibration mécanique des cordes
- Fig. 7. — Asymétrie présumée de la vibration d'une corde vocale.
- La figure montre : 1° la grandeur comparée des deux composantes de la vibration; 2° les trajets différents de deux points M et N de la corde vocale à l’ouverture et à la fermeture de la glotte; les trajets inférieurs correspondent à la fermeture (Nagel).
- Composante verticale
- 0 Composante horizontale
- vocales, premier résultat expérimental qui vient garnir notre cadre.
- Vibrations mécaniques des cordes vocales. — Caractères généraux. — Nous n’insistons pas sur l’appareil et la technique qui ont servi à l’étude de la vibration des cordes vocales. On en trouve la description, sinon au moins le principe, dans tous les traités de physique. Disons simplement que le stroboscope imaginé indépendamment en 1832, par Plateau à Paris, et en 1834, par Stampfer à Vienne, ne fut appliqué à l’étude des vibrations acoustiques qu’en 1873, par Mach. Peu après, on commença à l’employer pour l’étude du larynx; parmi ces derniers expérimentateurs, il faut citer Bertel (1878), Roschlakoff (1886), Réthi (1897), Muschold (1898 et 1903), Wethlo (1915), Toundorf (1925), Lœbell (1926), Dahmann (1927), Tarneaud (1932).
- L’appareil réalisé par Tarneaud (Paris) est remarquablement perfectionné et commode. Non seulement la rotation du disque interrupteur est rendue rigoureusement constante, mais elle est réglable à volonté et connue à chaque instant; une petite sirène de Cagniard-Latour permet au sujet de prendre l’unisson; enfin l’appareil se branche sur n’importe quelle prise de courant.
- L’étude stroboscopique donne les résultats suivants :
- 1° Les cordes vocales inférieures vibrent très sensiblement dans leur plan horizontal; la composante vibratoire verticale, si elle existe, est d’un ordre de grandeur inférieur au demi-millimètre;
- 2° Les cordes vocales inférieures sont en contact — donc la glotte est fermée — pendant une notable partie de chaque période; dans la voie de poitrine « ouverte », la phase de fermeture glottique est plus longue que la phase d’ouverture;
- 3° Pendant leur phase de fermeture ou d’accolement, les cordes vocales sont en contact non pas suivant une ligne, mais suivant une surface, qui croît avec le degré de constriction de la glotte (fig. 6).
- 4° Leur retour à la phase de fermeture, après la phase d’ouverture, ne s’effectue pas par le chemin inverse de celui qui entre-bâille la glotte (d’après Nagel et Gutz-mann fils) (fig. 7).
- Toutes ces indications de détail, qui semblent sans intérêt, ont au contraire une grande import&nce au point de vue mécanique; en particulier la dernière remarque conduit, par le calcul, à des fournitures acoustiques du son laryngé toutes différentes de celles données par des phases de fermeture et d’ouverture superposables.
- Tuyaux à bourrelets et anches d’Ewald. — Dès que ces caractéristiques des vibrations de la glotte ont été connues, on a cherché à construire expérimentalement des anches vibrant de la même façon, c’est-à-dire vibrant dans leur plan horizontal, avec une composante verticale nulle ou très faible.
- Le problème, posé par Ewald dès 1898, a été résolu par lui en 1913, avec ses « polsterpfeifen ». Voici un type d’appareil réalisé par lui : dans le corps d’un tuyau, il découpe deux coins triangulaires creux recouverts d’une membrane de caoutchouc m; chaque coin peut être gonflé plus ou moins fortement par un petit orifice a. Les deux coins sont assujettis l’un en face de l’autre
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- par la pression de deux vis v et v (fig. 8). Lorsqu’on envoie dans le tuyau un fort courant d’air dans la direction de la flèche, les deux bourrelets pneumatiques contigus se mettent à vibrer dans leur plan horizontal. Les vibrations obtenues sont de même nature que celles des cordes vocales dans la phonation.
- Dans les anches d’Ewald, le couple de rappel est fourni par la pression des bourrelets pneumatiques; dans les cordes vocales, le même couple de rappel est obtenu par la contraction de toute la musculature du sphincter glottique et particulièrement par celle du thyro-aryténoïdien interne.
- Différents modes vibratoires des cordes vocales.
- — On est parvenu par l’étude stroboscopique à en distinguer quatre; trois ne sont que des variétés du mode précédemment décrit :
- 1° Voix de poitrine avec des sons « ouverts ». — C’est le mode décrit plus haut, avec pendant chaque période une phase de fermeture glottique plus grande que la phase d’ouverture. Vers le r<?3 pour les basses et les barytons et le mi. pour les ténors, l’eflort d’obturation de la glotte dû à la contraction du thyro-aryténoïdien interne devient énorme; l’épiglotte tend à s’abaisser sur le larynx par la contraction synergique des faisceaux aryténo-épiglottiques (Pielke, Muschold; nombreuses photos).
- 2° Voix de poitrine avec des sons « fermés » ou « couverts ».
- — Même mode vibratoire; mais la phase de fermeture est moins longue; elle égale à peu près la phase d’ouverture. Concurremment, le thyro-aryténoïdien interne s’est un peu relâché, tandis que le crico-thyroïdien semble plus actif, abaissant un peu le thyroïde comme il est connu (Marage, Muschold, etc.).
- 3° Voix de fausset. — Même mode vibratoire (Muschold, Lœbell) ; mais ici la phase de contact ou de fermeture à chaque période est très courte; les cordes sont presque constamment en phase d’ouverture variable. Concurremment, le faisceau interne du thyro-aryténoïdien est complètement (ou presque) relâché, tandis que le crico-thyroïdien agit plus activement.
- 4° Voix de « sifflet » ou « petit registre » de certains soprani. — Dans cette attitude vocale peu courante, mais qui se réalise néanmoins chez certains sujets pour l’émission de notes suraiguës, les cordes vocales ne
- Fig. 8. — Anches d’Ewald.
- vibrent plus. Elles sont très fortement accolées, sauf sur une toute petite longueur réalisant un petit orifice invariable de forme individuelle, et situé, soit près de l’insertion thyroïdienne des cordes (Browne et Behnke, 1893), soit vers le milieu de la glotte (Flateau et Gutz-mann, 1905). L’air passe sous pression par cette ouverture et donne un sifflement très aigu qui suit les lois de Masson (indiquées plus haut).
- Conclusions. — Ce petit article, trop bref pour permettre des conclusions étendues relatives au fonctionnement du larynx, indique toutefois les progrès accomplis depuis peu d’années dans ce domaine, grâce à l’emploi du stroboscope.
- Nous avons voulu montrer simplement combien serait grande l’erreur de croire que tout le mystère de la formation de la voix pouvait contenir dans quelques pages de physiologie, même in-folio.
- En réalité, la phonation est un problème de mécanique et d'acoustique; le cadre seul et la manœuvre de l'appareil appartiennent à la physiologie. C’est pour avoir méconnu la nature propre des problèmes de la phonation que l’étude de la formation de la voix est encore relativement peu avancée.
- Puissent ces lignes montrer aux laryngologues le véritable esprit dans lequel de nouvelles recherches sont nécessaires, et à toutes les personnes amies de la voix et du chant l’intérêt de ces recherches.
- Raoul Husson,
- Ancien élève de l’École normale supérieure
- E BITUMES ET ASPHALTES E
- LEUR ORIGINE ET LEUR PRODUCTION
- Les corps désignés sous le nom de bitumes et d’asphaltes ont pris dans la vie moderne une importance considérable. Ils sont, en effet, de plus en plus largement employés pour la construction et l’entretien des chaussées, pour de nombreux travaux de voirie, pour assurer l’étanchéité des terrasses et des ouvrages d’art, etc.; d’autre part, ils ont trouvé de multiples applications industrielles dans les domaines les plus variés (vernis, isolants, etc.).
- Ils sont généralement mal connus des profanes, et ceux mêmes qui les utilisent commettent de fréquentes^ erreurs à leur sujet, confondant les bitumes et les asphaltes ou les assimilant à tort à certains résidus de la distillation de la houille, tels que les goudrons et les brais.
- Nous croyons donc utile de donner d’abord quelques précisions sur la terminologie relative aux liants hydrocarbonés, à la grande famille desquels ils appartiennent.
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- En cette matière règne une confusion à peu près universelle, les mêmes dénominations ayant souvent dans les divers pays des acceptions entièrement différentes.
- En France, on a depuis longtemps tendance à désigner sous le nom de bitumes des hydrocarbures, opaques, de couleur très foncée, solides ou très peu plastiques à la température ordinaire, et provenant soit de gisements naturels (bitume natif), soit de la distillation de certains pétroles bruts (bitumes de distillation).
- La dénomination <¥asphalte (du grec ao-^a).TOç, bitume), est généralement réservée à des roches, la plupart du temps calcaires, qui sont naturellement imprégnées de bitumes répondant à la définition précédente.
- Quant aux termes de goudrons et de brais, ils se rapportent exclusivement à des résidus de la distillation de la houille (si l’on met à part les goudrons végétaux provenant de la distillation de certains bois). Signalons cependant que l’on désigne souvent par brais de pétrole les bitumes de distillation dont nous avons parlé plus haut.
- En Angleterre, les termes correspondants (bitumen pour le bitume, asphalt pour l’asphalte, tar pour le goudron, et pitch pour le brai), ont sensiblement la même signification qu’en France, bien que par asphalte on désigne parfois des compositions artificielles à base de bitume.
- Aux Etats-Unis, par contre, le terme bitume s’applique aussi bien aux dérivés de la houille, goudrons et brais, qu’aux bitumes natifs ou de distillation; c’est en quelque
- sorte un terme générique désignant tous les hydrocarbures liquides, solides ou gazeux, et le mot asphalte sert à désigner ce que nous appelons en France bitume, c’est-à-dire les bitumes natifs et les bitumes de distillation.
- Cet état de choses entraînant fatalement de nombreuses erreurs, il y aurait grand intérêt pour les techniciens des divers pays à parler le même langage. Aussi l’Asso-ciation internationale permanente des Congrès de la route a-t-elle chargé un comité spécial d’établir une terminologie qui puisse être adoptée universellement, et a proposé les définitions suivantes :
- Asphalte : Produit naturel ou composé dans lequel du bitume asphaltique sert d'agglomérant à des matières minérales inertes; la dénomination d’asphalte sera complétée par l’origine du produit.
- Bitumes : Mélanges d’hydrocarbures naturels ou de leurs combinaisons (souvent accompagnées de leurs dérivés non métalliques), pouvant être gazeux, liquides, semi-liquides ou solides et qui sont entièrement solubles dans le sulfure de carbone.
- Brai : Résidu noir ou brun foncé, solide ou semi-solide, fusible et agglomérant, restant après évaporation partielle ou distillation fractionnée des goudrons ou des produits goudronneux.
- Goudron : Produit bitumineux, visqueux ou liquide, provenant de la destruction, par distillation, de matières organiques. Le mot goudron doit toujours être suivi du nom de la matière dont il est extrait : houille, schiste, lignite, tourbe, végétaux, etc.
- Dans la suite de cet article nous nous en tiendrons aux désignations couramment utilisées en France et que nous avons indiquées plus haut.
- * *
- Nous avons déjà vu qu’il y avait pour les bitumes deux origines différentes : des gisements naturels et la distillation de certains pétroles bruts, notamment des pétroles mexicains. A vrai dire ces deux origines n’en font qu’une : les gisements de bitume se trouvent la plupart du temps, à proximité de régions pétrolifères, et les pétroles bitumineux ne sont que des mélanges de bitumes avec une proportion plus ou moins grande d’hydrocarbures plus légers que l’on sépare par distillation et qui fournissent les essences courantes, les pétroles lampants, les huiles lourdes et les huiles de graissage.
- LES BITUMES NATIFS
- Les bitumes natifs sont constitués par des hydrocarbures naturels, plus ou moins sulfurés, et généralement mélangés de matières minérales diverses provenant des terrains avoisinants. Leur origine n’est pas connue et l’on s’en tient à ce sujet à des hypothèses dont la plus couramment admise est qu’ils sont le résultat d’une digtilla-
- Fig. 1. — Tableau représentant sir Walter Raleigh découvrant le bitume de Trinidad. (Pli. International Graphie Press).
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- Fig 2. — Le lac de bilume de Trinidad. (Ph. International Graphie Press).
- tion et d’une oxydation extrêmement lentes de pétroles bruts au cours des siècles passés.
- Le problème de l’origine des bitumes se ramènerait donc à celui de l’origine des pétroles que nous n’examinerons pas ici; nous nous contenterons de rappeler qu’il semble aujourd’hui prouvé que les gisements de pétrole résultent de la décomposition de dépôts de matières organiques, végétales ou animales.
- Les bitumes natifs se rencontrent soit sous forme de suintements plus ou moins importants — il s’en trouve quelques-uns en Auvergne —, soit sous forme de poches ou de filons, comme ceux que l’on exploite en Albanie, en Asie Mineure et dans divers gisements des États-Unis, soit enfin sous forme de lacs de dimensions parfois considérables tels que ceux de l’île de la Trinité (Trinidad), et ceux du Yénézuela.
- Bitume de Trinidad. — C’est l’île de la Trinité ou Trinidad, possession anglaise, située dans la Mer des Antilles, en face de l’embouchure du fleuve Orénoque, et découverte en 1595 par Sir Walter Raleigh, qui contient le plus important gisement de bitume du monde.
- Il se présente sous la forme d’un lac (lac de la Braie, ou lac de Poix), d’une superficie de plus de 46 ha; le bitume s’y trouve dans un état semi-solide mais suffisamment résistant pour supporter le poids d’un homme. L’aspect de cette vaste étendue, d’un noir luisant, parse-
- mée de quelques îlots de terre portant des arbres, et sillonnée de canaux sinueux remplis d’eau est des plus étranges. La consistance du bitume est d’ailleurs bien loin d’y être uniforme : s’il est, presque partout à peu près solide, il existe au milieu du lac deux ou trois points d’émission où la matière, contenant de notables quantités de gaz et d’eau argileuse, reste beaucoup plus plastique; d’autre part, des puits forés à la périphérie du lac — dont on ignore d’ailleurs la profondeur qui dépasse certainement 40 m — ont permis d’extraire du bitume liquide.
- Cette masse énorme et en apparence immobile est constamment en mouvement; les excavations que l’on y pratique finissent par se remplir d’elles-mêmes; des troncs d’arbres en émergent parfois, puis disparaissent à nouveau lentement au bout de quelques jours.
- La formation et les caractéristiques remarquables de ce gisement ont donné lieu à de nombreuses études et conduit à l’hypothèse suivante :
- Un gisement de pétrole bitumineux se trouverait à une certaine profondeur sous le lac; sous la pression des gaz naturels, ce liquide s’élèverait et arrivé au fond du lac se trouverait mélangé intimement, grâce aux remous provoqués par le dégagement des gaz et au brassage énergique qui en résulte, avec de l’eau chargée d’argile et de sable. En raison de l’état colloïdal de ces divers
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- éléments, il se forme une émulsion de consistance assez fluide qui monte constamment au centre du lac, et qui avec le temps se durcit peu à peu, devenant presque solide. Ce phénomène serait dû à une rupture progressive de l’émulsion et à une oxydation naturelle ; on attribue à l’argile un rôle d’agent catalyseur dans cette transformation, où le soufre interviendrait également.
- L’exploitation commerciale du lac de Trinidad n’a commencé que vers 1871. L’extraction y est pratiquée à la main par simple piochage de la surface, ce qui nécessite un personnel considérable. Malgré un accroissement considérable de la production qui dépasse aujourd’hui 200 000 tonnes par an, en raison de l’emploi de plus en plus répandu du bitume sur les routes, le niveau du lac ne baisse que très lentement, — quelques pieds seulement depuis l’origine.
- Le bitume de Trinidad est déjà plastique à la température de 15° et se ramollit assez rapidement quand la température augmente. A l’état brut, il contient 39 pour 100 de bitume, 27 pour 100 de matières minérales, et 32,5 pour 100 environ d’eau d’hydratation et d’argile à l’état colloïdal.
- Après extraction il subit sur place un traitement sommaire qui a pour but de le débarrasser des pierres, des débris de bois, et d’une partie des autres matières étrangères qu’il contient. 11 est alors expédié, non sans
- avoir acquitté une redevance au gouvernement anglais; il est qualifié de bitume épuré du lac, sa teneur en bitume est d’environ 56 pour 100. C’est dans les pays où il est utilisé, en Amérique et en Europe, qu’il subit le raffinage destiné à le rendre propre aux travaux de voirie qui constituent sa principale application.
- Bitumes du Vénézuéla. — A peu de distance de l’île de Trinidad, et sur le même parallèle, le Vénézuéla contient aussi deux importants lacs de bitume natif : celui de Bermudez, qui se présente sous la forme d’un marais d’une superficie de 300 ha, mais dont l’épaisseur moyenne ne dépasse pas 1 m 20, et qui est couvert de végétation, et celui de Maracaïbo, à la frontière occidentale du pays.
- Le Bermudez a une teneur assez variable en bitume (du fait, notamment, des incendies qui ont à plusieurs reprises ravagé la surface du lac et altéré la matière sous-jacente) ; cette teneur varie de 45 à 88 pour 100. Il est le plus généralement livré avec une teneur de bitume de 64 à 65 pour 100 ou après raffinage avec une teneur de 95 pour 100.
- Le Maracaïbo est généralement livré raffiné avec une teneur en bitume de 95 à 97 pour 100.
- Les bitumes du Vénézuéla sont presque exclusivement utilisés en Amérique.
- Bitume de Selenitza (Albanie). — Le gisement de
- Fig. 3. — Vue générale du grand lac de bitume de Trinidad.
- On voit comment se pratique l’exploitation : le bitume extrait à la pioche est transporté à l’usine où il est soumis à une épuration sommaire. Il est ensuite embarqué sur les bâtiments qui le transporteront en Europe ou en Amérique. (Pli. International Graphie Press).
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- bitume natif de Selenitza, en Albanie, est situé à une trentaine de kilomètres du port de Vallona. C’est le seul qui soit exploité industriellement en Europe. Il est formé par des poches de bitume solide, dont l’épaisseur atteint parfois plusieurs mètres et qui se trouvent emprisonnées au milieu de grès, de poudingues nummu-litiques et de marnes schisteuses.
- Il est situé sur des coteaux bordant le fleuve Vajussa, dans le lit même duquel se trouvent quelques sources qui rejettent du bitume liquide dans l’eau par pulsations régulières.
- On extrait à Selenitza diverses qualités de bitume convenant à des usages variés, et notamment un bitume contenant environ 70 pour 100 de bitume pur employé pour les travaux de voirie. La production annuelle ne dépasse guère 6 à 800 tonnes.
- Gisements divers. — On trouve dans l’île de Cuba d’importants gisements de calcaires bitumineux et d’autres roches imprégnées de bitume d’où coule un bitume semi-liquide contenant environ 75 pour 100 de bitume pur, et qui fait l’objet d’une exploitation assez active.
- Il existe d’autre part, aux États-Unis des dépôts de bitumes presque purs, qui se présentent sous la forme de veines et sont exploités comme des bancs de charbon. C’est ainsi que des gisements de l’Utah produisent le bitume dénommé gilsonite, et des gisements de l’Oklahoma, le bitume dénommé grahamite. Ces bitumes sont, l’un et l’autre, à peu près exclusivement utilisés dans la fabrication de vernis spéciaux, où l’on met à profit leurs qualités remarquables de résistance à la chaleur et aux agents chimiques (vernis isolants, peintures antirouilles, etc.).
- Terminons enfin cette revue des bitumes natifs par le plus anciennement connu d’entre eux, le bitume de Judée (Yasphaltum de l’antiquité) qui se trouve dans des roches crétacées de la vallée du Jourdain et des bords de la Mer Morte (ou lac Asphaltide). Ce bitume, qui est exploité à la mine d’Hasbaya (Syrie), est extrêmement pur, et lui aussi à peu près exclusivement utilisé à la fabrication de vernis très fins.
- Traitement des bitumes natifs. — A quelques exceptions près, les bitumes natifs contiennent toujours des proportions plus ou moins considérables de matières étrangères, surtout de matières minérales : eau, argile, calcaire, etc. Pour la plupart de leurs utilisations, et même pour les travaux de voirie, il est nécessaire de les purifier, afin d’arriver à une teneur en bitume de 75 à 98 pour 100. On parvient généralement à ce résultat en deux étapes : une épuration grossière, simple fusion par la chaleur, élimine d’abord une partie de l’eau et les principales impuretés.
- On procède ensuite au raffinage, qui consiste généralement en une fusion pratiquée en présence d’un fondant approprié. En France, ce fondant est le plus souvent de l’huile de schiste, comme celle que l’on retire des schistes bitumineux d’Àutun; à l’étranger, on utilise plutôt certaines huiles résiduelles des pétroles connues sous le nom de black-oils ou flux-oils.
- Fig. 4. — Le bitume du lac de Trinidad est chargé sur wagonnets pour être transporté à l’usine.
- La voie doit être constamment déplacée à cause des mouvements du sol. (Ph. International Graphie Press).
- BITUMES DE DISTILLATION
- Les bitumes de distillation proviennent du traitement des pétroles bruts; mais tous les pétroles ne conviennent pas à cette préparation. Certains pétroles naturels contiennent parfois jusqu’à 70 pour 100 de produits bitumineux; d’autres, par contre, fournissent surtout, comme résidus de distillation, de la paraffine et des cires minérales, corps dépourvus de toute force cohésive; certains même ne contiennent pratiquement pas de bitumes (pétroles de Roumanie, du Caucase, de Bakou, etc.).
- Il existe cependant des types de pétroles qui contiennent à la fois des bitumes et des composés paraffiniques et dont on peut extraire d’excellents bitumes, après déparaffinage. C’est le cas, notamment, pour ceux qui sont extraits à Pechelbronn, en Alsace.
- D’une manière générale, les bitumes qui nous occupent proviennent de la distillation des pétroles bitumineux qui se trouvent en abondance dans toute l’Amérique du Nord. Les principaux gisements exploités actuellement sont situés au Canada, aux États-Unis (Californie, Texas, Pennsylvanie, etc.) et dans le Nord du Mexique. Les pétroles mexicains sont particulièrement riches en bitumes qui sont fort employés pour les travaux de voirie sous les dénominations commerciales de spramex, mexphalte, standard, êbano, etc., et qui sont caractérisés par une forte teneur en soufre (4 à 6 pour 100).
- L’extraction des bitumes n’est qu’une phase de la série d’opérations que constitue la distillation fractionnée des pétroles.
- Après avoir successivement recueilli les essences légères, les pétroles lampants et les huiles légères, une nouvelle distillation permet la séparation des huiles les plus lourdes et le résidu forme le brai de pétrole.
- Ce brai de pétrole constitue en quelque sorte un bitume brut qui peut être.employé tel quel pour diverses applications (fabrication des agglomérés de charbon, des cartons bitumés, etc.), mais le plus souvent on en extrait, par des distillations savamment conduites,
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- diverses qualités de bitume, présentant des caractéristiques bien déterminées, et qui vont d’huiles bitumineuses très épaisses, pouvant convenir à la préparation d’huiles lourdes de graissage ou à la plastification des bitumes plus épais (opération dite du fluxage), jusqu’à des bitumes complètement solides et très durs à température ordinaire. L’ultime résidu de l’opération est alors un corps solide noir et cassant, très riche en carbone, le coke de pétrole, qui a certains emplois industriels intéressants, notamment en électrotechnique (confection d’électrodes).
- Nous n’entrerons pas ici dans le détail des opérations de distillation qui relèvent de l’industrie pétrolière ; elles s’effectuent en général dans des tours de distillation où l’on fait agir la vapeur d’eau surchauffée pour le chauffage et le vide pour obtenir la séparation des divers éléments. (V. La Nature, n° du 15 juin 1932).
- Les progrès réalisés dans les méthodes de raffinage des bitumes permettent de parvenir à des produits dont la pureté atteint 99,8 pour 100 ; d’autre part, ils donnent la possibilité d’obtenir des produits parfaitement adaptés aux emplois auxquels ils sont destinés, chaque qualité pouvant être reproduite avec des caractéristiques variant dans des limites très étroites.
- Bitumes oxydés. — L’industrie pétrolifère fournit aujourd’hui une classe de bitumes doués de propriétés particulièrement intéressantes : ce sont les bitumes oxydés.
- Pour leur préparation on a recours, non plus à la distillation simple, mais à un soufflage d’air sous pression à travers la masse de pétrole brut, chauffée aux environs de 220°. La durée du raffinage par oxydation, beaucoup plus longue que celle du raffinage ordinaire à la vapeur, permet un contrôle rigoureux de l’opération et facilite l’obtention de produits à caractéristiques bien déterminées, répondant à des spécifications particulièrement rigoureuses. Les bitumes oxydés sont moins sensibles aux variations de température que les bitumes de distillation ordinaires ; ils résistent mieux à la chaleur solaire et aux intempéries, restent plus élastiques, et à plasticité égale, ont un point de fusion plus élevé; ils ont de nombreuses applications dans les travaux d’étanchéité.
- IL — ASPHALTES
- Les asphaltes, souvent appelés aussi calcaires bitumineux, sont des roches calcaires plus ou mojns impré-
- gnées de bitumes natifs; ils se présentent dans la nature sous forme de couches ; un gisement se compose souvent de plusieurs couches superposées avec des teneurs en bitume différentes. Certaines roches autres que des calcaires, les arkoses, notamment, peuvent aussi être imprégnées de bitume, formant alors d’autres variétés d’asphaltes.
- Si l’Europe ne possède qu’un seul gisement de bitume natif, celui de Selenitza, elle est pourvue, par contre, de nombreux gisements de calcaires asphaltiques. Le plus célèbre est sans doute celui du Val de Travers, en Suisse, dans le anton de Neuchâtel; l’asphalte s’y présente sous la forme d’un calcaire crayeux et grenu, de couleur brune foncée, contenant de 7 à 12 pour 100 de bitume.
- La France possède d’importants gisements de calcaires asphaltiques dont la plupart sont exploités; les principaux sont ceux de Seyssel (Ain), de Saint-Jean-de-Maruejols (Gard), de Pont-du-Château (Puy-de-Dôme), de Lovagny et de Montrottier (Haute-Savoie), de Lob-sann (Alsace).
- Enfin, dans les autres pays d’Europe, il faut citer : en Italie, les gisements de Chiesa (Abruzzes), de Raguse (Sicile); en Allemagne, ceux du Hanovre et du Brunswick, etc.
- L’exploitation des gisements d’asphalte n’offre pas de particularités remarquables; elle s’effectue comme celle de n’importe quelle roche, dans des carrières à ciel ouvert ou dans des mines, suivant la profondeur et la nature des bancs.
- En France, plusieurs sociétés assurent l’exploitation des gisements d’asphalte, et leur transformation dans des usines ; la principale est la Société des Mines de Bitume et Asphalte du Centre, qui exploite les gisements de Saint-Jean-de-Maruejols, Seyssel et Pont-du-Château.
- La teneur en bitume des calcaires asphaltiques est assez variable; elle est généralement comprise entre 6 et 15 pour 100. Pour certaines applications, ces calcaires peuvent être utilisés directement, le plus souvent après avoir été réduits en poudre; mais dans bien des cas ils doivent être enrichis en bitume : l’opération se pratique par incorporation à chaud, dans des chaudières spéciales, d’un pourcentage déterminé de bitume naturel ou de bitume de distillation.
- Jacques Thomas,
- Ancien élève de l’École des Ponts et Chaussées.
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- LA LUMIERE DE VENUS
- Depuis le début de l’année, Vénus a brillé dans le ciel du soir, au-dessus du crépuscule. Grâce à sa position céleste particulièrement favorable en avril et mai, son coucher très tardif, après celui du Soleil, a permis de l’admirer, la nuit venue, comme un astre dont l’éclat incomparable a attiré, au moins un instant, les regards les plus profanes... Mais à quel point cet éclat est intense, c’est ce qu’il est intéressant de préciser.
- Vers l’époque où notre belle voisine, illuminée par le Soleil, atteint son maximum d’éclat, elle joue véritablement le rôle d’une lune en miniature, répandant sur la Terre une clarté sensible. Et puisque l’on dit couramment : le clair de Lune, à propos de la lumière que nous dispense notre satellite, il est permis, dans le cas présent, de se servir de l’expression : « clair de Vénus ». A sa douce lueur les objets se distinguent aisément, et leurs ombres,
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- Fig. 1. — Photographie de la traînée lumineuse de Vénus descendant vers l’horizon, mettant en évidence ta diminution progressive d’éclat causée par l’absorption atmosphérique croissante.
- lorsqu’ils sont interposés devant une surface claire, s’y dessinent nettement; la constatation en est très facile, sur une feuille de papier blanc, ou sur un mur incolore au fond d’une pièce dont la fenêtre est correctement orientée. (Il va de soi qu’une telle expérience ne peut guère être tentée qu’en dehors des villes, afin d’être dégagé de toute lumière artificielle, et que nécessairement aussi, la Lune ne doit pas briller au ciel.) Ce fait, d’ailleurs, a été reconnu depuis longtemps. On le trouve mentionné dans les Outlines of Astronomy, de Sir John Herschell, qui avait remarqué, au fond d’une pièce obscure, les franges de diffraction bordant le contour de l’ombre; et Flammarion a maintes fois noté l’évidence du phénomène, ainsi que de nombreux observateurs. D’autre part, dès 1899, notre collègue et ami M. Em. Touchet a renouvelé l’expérience photographiquement et l’a parfaitement réussie, en opérant très simplement comme il est résumé ci-dessous, d’après sa note (').
- Sur une lunette astronomique, une chambre noire est montée, dépourvue de son objectif. A la place de celui-ci, est disposé un objet quelconque présentant des détails assez fins pour avoir une idée de la netteté de l’ombre, qui est reçue au fond de la chambre sur une plaque sensible. Pendant la durée de la pose, pour
- 1. Bull, de la Société astronomique de France, sept. 1899.
- Fig. 2. — La clarté de Vénus illuminant le ciel; photographie prise avec une pose de 20 minutes (Vénus étant masquée par la coupole de l’Observatoire de Donville), à l'aide d'un condensateur de lanterne de
- projection.
- annuler l’effet du mouvement diurne, Vénus est suivie à l’aide de la lunette dont l’oculaire est muni d’un réticule.
- Le seul phototype obtenu par M. Touchet, avec une pose de 15 minutes, fait ressortir l’ombre de l’objet sur la plaque dont les parties découvertes ont été assez vivement impressionnées par la clarté directe de Vénus.
- Fig. 3. •— « Ombres chinoises » obtenues photographiquement avec une pose de 20 minutes.
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- tion atmosphérique au fur et à mesure que le mouvement diurne l’entraîne vers l’horizon
- (fig. 1).
- Une première constatation que l’on peut faire, c’est l’illumination générale du ciel par le clair de Vénus; elle est assez accusée pour que les nuages, lorsqu’ils passent devant la région où trône la planète, se dessinent en vigoureuses silhouettes noires, frangées parfois de beaux effets lumineux; photographiquement cette clarté diffusée peut être enregistrée avec quelque intensité, comme on le voit ici (fig. 2).
- Ce cliché a été obtenu en utilisant un condensateur de lanterne de projection; un tel objectif est déplorable, quant à la netteté de l’image, mais précieux du point de vue luminosité, condition essentielle en la circonstance.
- Suivant le mode opératoire décrit plus haut, des images très accusées de l’ombre portée par des objets ont été obtenues en utilisant, au lieu d’une simple chambre noire, un long tube placé sur l’équatorial entraîné par un mouvement d’horlogerie; ce tube permet plus sûrement d’éliminer toute clarté latérale parasite, et aussi de faire varier grandement la distance de l’objet à la plaque sensible. L’ombre d’un objet très rapproché se profile avec une netteté absolue (fig. 3) et n’est bordée que d’une presque imperceptible frange de diffraction.
- Pour mettre ce dernier phénomène en évidence, un écart assez considérable doit être
- , , , ,. réalisé. À la distance de 1 m environ, on en-
- Fig. 4. — Ombre d une branche fleurie d aubépine, obtenue photographiquement en . 1 1 p .
- 15 minutes. Agrandissement d’une portion du cliché, montrant nettement les franges registre alors les apparences de la figure 4 OU de diffraction et leurs interférences, au bord de l’ombre. les multiples franges décroissantes interfè-
- rent curieusement suivant les caprices du
- Autour de cette ombre se dessinent nettement de légères franges de diffraction, comme l’a signalé Sir John Hers-
- chell, et qui ont leur origine dans la propagation ondulatoire de* la lumière.
- Les conditions si favorables dans lesquelles Vénus vient de se trouver m’ont engagé à reprendre l’expérience, et à la compléter par d’autres constatations.
- Vénus brillait encore à bonne hauteur au-dessus de l’horizon, dès la nuit arrivée ; on sait que l’intensité lumineuse d’un astre, et surtout sa qualité photogénique, diminue très vite en raison de l’absorp-
- contour de l’ombre.
- Par ces quelques exemples, il est possible de se rendre compte de la réalité de l’éclairement que nous dispense notre splendide voisine. L’assimilation qui en a été faite avec une petite lune se justifie aussi par l’aspect, de ses différentes phases qui, on le sait, sont absolument semblables à celles de notre satellite, et constituent l’un des plus jolis et plus faciles spectacles astronomiques. Au moment de son plus grand éclat (combinaison de la distance à la Terre et de la largeur de la portion illuminée tournée vers nous) Vénus présente la phase que montre la figure 5.
- Maintenant, devenue pratiquement invisible, perdue pans le voisinage apparent du Soleil avec lequel elle s’est tronvée en conjonction le 29 juin, la belle planète brillera à nouveau, mais avant le lever du jour, pendant tout le reste de l’été et au début de l’automne, dans des conditions de visibilité presque aussi favorables que celles qui viennent de se présenter.
- Lucien Rudaux, Observatoire de Donville.
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- LA PROSPECTION ÉLECTRO-MAGNETIQUE
- ET LES MINES D’OR SUÉDOISES DE BOLIDEN
- Depuis assez longtemps déjà, on a eu recours à des méthodes électriques pour rechercher les gisements de minerais : le procédé français Schlumberger a
- méthode un peu différente. Les observations portèrent cette fois sur le champ électro-magnétique.
- Dans le cas où le courant électrique est envoyé dans
- CrlS EMC/VT DE KR/ST / E! £ B ER G
- Carte géologique par Joseph Eklund 1919-1992 ,
- wmêàÈ
- Echelle
- 0 6OIB"""7o0 150 200 T
- fefe.,..
- —- Minerai pyrite Êff-ffl ûuartzite sénciliqut E55 . chloritique
- Schiste „ Tranchées
- 7» * i
- Fig. 1. — Le gisement de pyrites de Kristinelerg (Suède).
- été décrit ici (*); il a pour principe l’observation des lignes équipotentielles, c’est-à-dire des lignes qui relient les points de même tension dans un champ électrique.
- Un ingénieur suédois, Hans Lundberg, imagina de substituer aux électrodes en pointes de Schlumberger, des électrodes de forme linéaire et se servit de son dispositif dans la province de Vesterbotten, au nord de la Suède : c’était pendant la guerre, et le pays manquait de soufre. La prospection permit de trouver du côté de Kristineberg d’importants gisements de pyrites. Un peu plus tard, un autre ingénieur, Karl Sundberg, fut chargé de nouvelles recherches, poursuivies en appliquant une
- le sol, la présence d’un minerai conducteur dans le massif géologique étudié, provoque une concentration de courant et par conséquent une augmentation de l’intensité du champ magnétique à la surface du sol, au-dessus du gisement.
- Si d’autre part, on crée un courant primaire dans un fil isolé étendu sur le sol, il se produit par induction un courant secondaire dans toute couche conductrice du massif; et ce secondaire produit à son tour un champ magnétique à la surface du sol : on peut ainsi préciser 1’emplacement et l’étendue des gisements.
- L’avantage primordial de cette méthode est de permettre les prospections même quand le sol est gelé et
- Fig. 2. — Carte du gisement aurifère de Boliden (Suède), dressée par la méthode de prospection électro-magnétique.
- -Contours de masses conductrices, déterminésélectromagnêtiguement.
- H Sondages au diamant
- , avec minerai sulfureux solide.
- „ leptite au cjuartzite .partiellement avec des sulfures disséminés
- ------Gîte à 40 mètres de profondeur, selon des opérations de mine.
- EiXiL Quartz aurifère
- Echelle en mètres
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- couvert de neige, ou quand on veut étudier le fond d’un lac, comme il arriva en Suède au lac Mentriisk. La délimitation par voie électromagnétique se fait de la manière suivante : dans le champ électro-magnétique d’induction,
- c’est-à-dire le secondaire, la composante horizontale atteint son maximum et la composante verticale subit la variation maxima, à l’aplomb de la limite du gisement. On put connaître exactement, de la sorte, la forme des gisements; et la suite des prospections amena la découverte des gisements aurifères de Boli-den, qui passent pour les troisièmes du monde et, par conséquent, les plus riches d’Europe.
- LES MINES D’OR DE BOLIDEN
- Les fâcheux événements financiers dont la Suède a si cruellement souffert ces derniers temps, obligent à parler des gisements de Boli-den avec la plus grande prudence. Cependant les chiffres que nous allons donner semblent établis par des experts de bonne foi et ils ne manquent pas d’intérêt en un temps où la question de l’or revêt pour tous les pays une importance capitale.
- Boliden se trouve, avons-nous dit, au nord de la Suède, au delà des grandes forêts du Norrd-land, dans ces régions quasi désertiques qui ressemblent déjà un peu à la Laponie; les arbres y sont clairsemés, souvent rabougris; c’est le pays du long hiver et des semaines sans soleil : mais, par une sorte d’équilibre, ce pays se trouve pourvu de richesses natu-
- Fig. 4. — Un paysage caractéristique de la région de la Suède septentrionale où se trouve située la mine d’or de Boliden.
- (La vallée de l’Indal.) (Ph. Aero-Materiel, Stockholm.)
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- Fig. 5. — Observations sur le terrain au cours d'une prospection électromagnétique.
- relies comme les gisements de minerais de fer de Kirunavaara, un peu plus au nord, ou comme la chute de Porjus, équipée en centrale hydroélectrique. Boliden, qui est aujourd’hui une petite ville minière, avec des rues bien alignées, un jardin public et un petit étang, a été créée pour les gisements aurifères. Au début, les prospecteurs y avaient établi un camp, et cherchaient un peu au hasard, se fiant à la présence de blocs erratiques de pyrite et à leur chance. Ils ne trouvaient rien. Dès les premières déterminations électro-magnétiques, on sut où le sondage devait être effectué. On trouva, au premier sondage, du minerai de pyrite de cuivre, riche en or. Ceci remonte à 1924.
- Tout aussitôt, on entreprit d’étudier en détail ces gisements afin d’en connaître les possibilités; diverses installations métallurgiques furent établies sur place. On savait que l’on pouvait compter sur l’efficacité de la recherche par la méthode Sundberg (A. B. Elektrisk Malmletning). Enfin, au début même de cette année, les gisements furent achetés pour 80 millions de couronnes, un demi-milliard environ, par le groupe Kreuger.
- La teneur des minerais de Boliden serait de 20 gr d’or et 60 gr d’argent à la tonne, en dehors de 2 pour 100 de cuivre. La teneur moyenne des minerais d’Afrique du Sud n’est que d’une dizaine de grammes, ainsi que celle des mines de Hollinger, au Canada, et des mines de llomestake, dans le Dakota.
- D’autre part, la gangue est fortement chargée d’arsenic, ce qui a créé de grandes difficultés d’exploitation, mais ce qui fait aujourd’hui de la Suède un pays grand producteur d’arsenic. Les grandes usines furent établies à Rœnnskaer, sur la côte du golfe de Bothnie ; la première, terminée en 1930, est reliée à Boliden par une voie ferrée. La capacité actuelle des installations est de 300 000 tonnes de minerai, capacité que l’on espère doubler dans le courant de l’année. On parviendrait ainsi à une production mensuelle d’une tonne d’or, valant environ 15 millions de francs. Soit, par an, 12 tonnes.
- Ce chiffre, même s’il est atteint, et si on peut le maintenir, n’est pas encore très élevé.
- Les formidables installations de l’Afrique Australe — un des plus saisissants spectacles qu’il soit donné de voir — ne produisent guère plus de 300 tonnes par an à elles toutes ; et le reste du monde en fournit à peu près autant. Au mieux, Boliden ne livrera donc que 2 pour 100 de l’or arraché par l’homme à la terre. C’est peu en soi, beaucoup pour un pays comme la Suède, qui, vaste en superficie, et socialement développé, n’a pourtant guère plus de 6 millions d’habitants. Mais ce qu’il faut remarquer, c’est la jeunesse de ces mines.
- Celles du Brésil, de la Californie, se sont épuisées; au Transvaal, on est descendu à
- 2000 m et plus de profondeur à la suite des filons aurifères : les frais d’exploitation sont extrêmes et la possibilité d’exploitation est étroitement liée à la valeur de l’or. Il se peut donc que, dans un avenir moins éloigné qu’on ne pense, les mines de Boliden jouent un rôle dans cette grande question du métal jaune qui depuis tout temps hante les hommes.
- QUELQUES RÉSULTATS DE LA PROSPECTION ÉLECTROMAGNÉTIQUE
- L’exploration électromagnétique qui a donné ici de si intéressants résultats, a été poursuivie à travers le monde, avec des fortunes diverses : car, bien entendu, on ne peut pas trouver des gisements métallifères partout, quand même des affleurements ou la présence de blocs
- Fig. 6. — Prospection de pétrole au Texas.
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- Fig. 7. -—-A. a recherche du minerai d’élain à Billilon (Indes néerlandaises).
- erratiques pourraient faire croire à d’importantes formations géologiques de ce genre. Lundberg et Sundberg, associés, étendirent leur activité hors de la Suède. A Terre-Neuve, près de la Buchans River, ils découvrirent un gisement de minerai de plomb et de zinc, soupçonné mais non reconnu, les blocs erratiques ayant été transportés à plusieurs kilomètres de l’emplacement du gisement.
- Puis ce furent des gisements aurifères au Canada;
- des gisements de molybdène dans le New Mexico, près d’une mine quasi épuisée.
- L’une des opérations les plus curieuses fut réalisée à Chypre. Elle vaut d’être notée. On cherchait des gisements de pyrites sous des massifs sédimentaires ; mais il y avait des infiltrations d’eau de mer, conductrice, qui troublaient les recherches. On eut alors l’idée d’employer la méthode électromagnétique pour déterminer la structure géologique du terrain, en étudiant la forme de la trajectoire du courant secondaire, trajectoire parallèle aux strates saturées d’eau salée.
- L’application de ces nouvelles recherches se fit presque immédiatement pour déterminer la forme des terrains où l’on suppose qu’il peut y avoir du pétrole. On sait que la formation de pétrole est étroitement liée à la constitution tectonique des terrains. Tout un bureau d’études organisé dans le Texas a déjà donné des résultats intéressants, la méthode de prospection, rapide et relativement peu coûteuse, permettant de couvrir de vastes étendues de terrain en réunissant une somme de documentation imposante. Mais ces travaux de prospection qui étaient en pleine activité ont dû être interrompus pour la raison majeure que l’on avait trop de pétrole et qu’une période de surproduction était rien moins que propice à de nouvelles prospections.
- Il faut signaler aussi des recherches de minerais d’étain à Billiton (Indes néerlandaises); des prospections en Tunisie, au Maroc; au Japon, on cherchait surtout à connaître, pour le compte des chemins de fer, la constitution des terrains.
- Mais, en réalité, et pour en revenir aux mines de Boliden qui nous ont surtout occupé, la seule prospection vraiment intéressante en ce moment est celle de l’or; et puisque Boliden est maintenant entrée dans la période de travail, c’est à Sumatra que s’est porté l’effort des prospecteurs qui ont pu reconnaître et délimiter des gisements de quartz aurifère, sous un massif éruptif jeune, où des sondages auraient été difficiles et extrêmement coûteux.
- Christian de Caters, Ingénieur E. C. P.
- UNE UTILISATION CURIEUSE DES CHEVEUX HUMAINS
- Les huileries modernes (arachide, coprah, palmiste, lin, pavot, ricin, olives, graines de coton, etc...) ont besoin, en plus des appareils d’extraction, d’un accessoire, 1’ « étrein-delle », espèce de sac en grosse toile destiné à recevoir la pâte oléagineuse et à faciliter le drainage.
- Afin de montrer plus clairement l’usage et la nécessité de cet accessoire, nous allons rapidement exposer la façon dont s’opère, par exemple, l’extraction de l’huile de coton.
- On débarrasse d’abord les graines de leur duvet pour les décortiquer avec une machine spéciale. Les amandes tombent dans une broyeuse où elles sont réduites en une pâte épaisse.
- On chauffe cette pâte pendant une demi-heure vers 100° dans des marmites à double fond chauffées à la vapeur. Le
- chauffage dilate les cellules oléifères, l’huile est rendue plus fluide et son écoulement est plus facile.
- Le chauffage étant terminé, la pâte de grains s’écoule par une porte mécanique dans une presse hydraulique préparatoire qui sert à lui donner la forme de tourteaux.
- Ce sont précisément ces tourteaux que l’on met dans les étreindelles pour les soumettre à l’action d’une seconde presse hydraulique, la presse finisseuse dont le plateau comporte une quinzaine de cases superposées dans lesquelles on empile les étreindelles, les cases étant séparées par des plaques d’acier à rainures pour laisser écouler le liquide.
- Lorsque l’appareil a reçu sa charge complète, on applique à cette dernière une pression de 150 à 180 kg par cm* et cela
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- pendant vingt à trente minutes. Soumises à une pression aussi formidable et à une augmentation de chaleur considérable, les étreindelles s’usent avec une rapidité désastreuse.
- Pour remédier à cet inconvénient il a fallu songer à remplacer les fibres ordinaires des tissus à étreindelles et l’on utilisa avec succès des poils de chameaux de provenance russe. Par malchance, lors de la dernière guerre, ces bêtes employées par l’armée russe pour le transport des munitions et des vivres furent rapidement décimées, si bien qu’il devint à peu près impossible de se procurer des poils de chameaux pour l’usage commercial.
- Les ingénieurs spécialistes se mirent alors à la recherche d’une matière de remplacement. Ils commencèrent avec des poils de chameaux chinois, mais, le troupeau chinois étant relativement peu important et la qualité des poils plutôt médiocre, ils y renoncèrent bientôt. Ils expérimentèrent ensuite successivement le coton, la laine, les crins de cheval, les poils de lamas, les soies de porc; mais ces matières étaient ou trop coûteuses ou trop peu résistantes.
- Finalement l’un des spécialistes eut l’idée de faire un essai avec des cheveux humains et parmi les différentes espèces utilisées dans le commerce : cheveux italiens, allemands, tchéco-slovaques, chinois, ces derniers seuls donnèrent toute satisfaction.
- Poussant sur la tête de gens nés pour le travail manuel au grand air, ces cheveux ont une élasticité, une résistance à la traction et un diamètre supérieurs à tous les autres; de plus ils contiennent un plus grand nombre de cellules huileuses que la moyenne des autres cheveux humains; enfin ils 11e sont pas cassants comme les crins des chevaux ou les soies des porcs.
- ......—..................: . - ......-= 31 =
- Aussi la « culture » des cheveux est-elle devenue une source de revenus pour des millions de Chinois.
- Dans les débuts, le plus gros appoint était constitué par les nattes masculines. Considérées par les « Célestes » modernes comme un signe de servitude, ces nattes furent sacrifiées par millions en 1910, époque depuis laquelle les femmes ont monopolisé, presque entièrement, la fourniture des cheveux humains.
- Des coiffeurs ambulants parcourent toute la Chine d’une extrémité à l’autre et, dans la rue, ils coupent les cheveux qui doivent mesurer de vingt à trente centimètres. Ils payent les cheveux -— on en compte 300 à 360 grammes par tête -— selon leur valeur marchande. Après les avoir triés et assortis, ils les réunissent par petites bottes qu’ils envoient aux maisons d’exportation de Canton, Hong-Kong, Shangaï, Tien-Tsin et Hong-Kiou. Celles-ci réunissent ces bottes en balles pour les expédier en Amérique, en Allemagne et en France où se trouvent quelques usines s’occupant de la fabrication du tissu en cheveux humains.
- Du reste, cette fabrication ne présente aucun caractère particulier. A leur arrivée à l’usine, les petites bottes de cheveux passent dans la nettoyeuse, puis dans la cardeuse qui les met en rouleaux. De là, ils sont transportés au peignage où ils sont assouplis et enfin dans la machine à étirer qui en augmente la longueur tout en diminuant leur diamètre. Ils sont alors prêts pour la filature qui se fait au moyen de machines à peu près semblables à celles dont on se sert pour le chanvre et le lin.
- Ajoutons, en terminant, que notre Indochine fournit également à la fabrication de ce genre de tissu une quantité de cheveux dont la majeure partie est cependant réservée à la fabrication des filets de front. L. Kuentz.
- LE PLANTAIN-PSYLLION ou HERBE AUX PUCES
- Le Plantain- P syllion (Plantago Psyllium L.) ou Herbe aux Puces, comme on l’appelle vulgairement dans le Midi de la France, est une plante annuelle vivace,
- Fig. 1. — Passage d'un léger rouleau à bras après Vensemencement des graines de Psyllium.
- Fig. 2. — Sarclage au couteau d’un champ de jeunes Psyllium.
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- Fig. 3. — Travaux d’enlrelien d'une culture de Psyllium.
- qui croît spontanément dans la région méditerranéenne. Sa tige, haute de 15 à 20 cm et plus ou moins ramifiée, porte des feuilles opposées fasciées, linéaires, pubes-centes, visqueuses et ciliées à leur base. Tant par leur forme que par leur grosseur, ses graines oblongues, noirâtres, creusées en nacelle d’un côté, lisses et luisantes sur le dos, rappellent vaguement les hémiptères parasites auxquels cette espèce de la famille des Plantaginacées doit son surnom populaire. Les anciens thérapeutes tiraient des semences de Psyllion des remèdes émollients pour le traitement des ophtalmies et de certaines affections intestinales ; comme elles donnent au contact de l’eau un mucilage abondant, on les emploie encore aujourd’hui pour le gommage des mousselines et elles entrent dans la composition de divers fixateurs pour cheveux.
- Aussi, vu ces débouchés actuels, on cultive maintenant YHerbe aux Puces sur une assez vaste échelle, dans le département de Vaucluse, entre Carpentras et Avignon, principalement à Pernes, Althen-des-Paluds et Saint-Saturnin.
- Les petits propriétaires des villages précités réservent, chaque année, quelques-uns de leurs champs à cette originale culture qui est, paraît-il, d’un bon rapport. On sème les graines en lignes au début de l’hiver et peu après leur enfouissement on passe un petit rouleau à bras afin d’ameublir la terre. Au printemps, se produit la germination des Plajitains, qui nécessitent de fréquents binages et sarclages au cours de leur végétation. Ces nettoyages s’effectuent soit au couteau, soit au moyen de petites houes à main et sont absolument indispensables afin d’empêcher le développement des herbes parasites dont les graines mêlées à celles de Psyllium seraient à peu près impossibles à éliminer ultérieurement.
- La récolte se fait au mois d’août et nécessite certaines précautions. On fauche les pieds de grand matin quand les feuilles sont encore couvertes de rosée pour éviter la dé-
- perdition des graines qui, à maturité, se détachent facilement de leurs capsules. Une fois sèches, on rassemble les herbes fauchées par touffes et on les emporte dans des charrettes garnies de toiles destinées à retenir encore les graines, qui pourraient se perdre en cours de route.
- A leur arrivée à la ferme, on entasse celles-ci dans des hangars où s’achève leur dessiccation et on les passe à la batteuse.
- Actuellement, comme nous le notions plus haut, les graines de Plantain-Psyllion servent surtout à réaliser des mucilages employés pour le gommage des mousselines ou la préparation de divers fixateurs capillaires.
- Mais la médecine ne les utilise plus guère pour réaliser des compositions émollientes ou des purgatifs; elle préfère pour cet usage différentes algues, des graines de lin ou de moutarde.
- Il ne faut, d’ailleurs, pas confondre le Psyllion avec diverses autres espèces de la famille des Plantaginacées qu’on rencontre aussi fréquemment en France. Tels sont, par exemple, le Grand Plantain (Plantago major L.), aux larges feuilles groupées en rosettes qui fournit des graines très appréciées par les oiseaux de volière, le Plantain bâtard (Plantago media L.) ou Langue d'agneau, à fleurs roses et le Plantain long (Plantago lanceolata L.) ou « Oreille de lièvre », très commun dans les prairies, les pâturages et au bord des chemins. Ces végétaux ne se cultivent pas, mais se cueillent dans les champs, les gazons, les lieux incultes et jusqu’aux pieds des murs campagnards.
- En particulier, au marché aux oiseaux de Paris, les camelots vendent des tiges grainées de Grand Plantain en même temps que du Seneçon, du Mouron ou du Millet afin que les éleveurs de serins et autres volatiles puissent varier les menus de leurs pensionnaires.
- Jacques Boyer.
- Fig. 4. — La récolte des touffes de Psyllium est chargée dans une charrette garnie de toile, afin d'éviter la perte des graines.
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- : .—.RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
- SOLUTION DES PROBLÈMES PROPOSÉS DANS “ LA NATURE
- DU 1er MAI 1932 (N» 2880)
- Rappelons les données de ces problèmes :
- A. — On demandait un jour à un soldat quel était son numéro de régiment ? Ce numéro est tel, répondit-il, qu’on le retrouve si on ajoute les nombres formés en arrangeant de toutes les façons possibles ses 3 chiffres 2 à 2 et en prenant ensuite la moitié de cette somme.
- B. — Deux nombres N et N' formés chacun de trois chiffres sont tels que, si on les élève au cube, les nombres obtenus N3 et N'3 peuvent se lire indifféremment de gauche à droite ou de droite à gauche, comme les nombres N et N'. De plus, le nombre représentant la somme N3 + N'3 peut, lui aussi, se lire indifféremment dans les deux sens. Trouver les nombres N et N'.
- C. — Un meuble se compose de 3 casiers verticaux. La largeur intérieure de chaque casier est de 3 cm. : l’épaisseur de chaque bois est de 1 cm. Dans chaque casier on place verticalement, dos en avant, un livre broché qui épouse toute l’épaisseur du casier. Un insecte qui ronge le bois et le papier s’introduit dans le meuble, se déplaçant toujours horizontalement dans le même sens, il trouve moyen de percer depuis la première page du premier livre jusqu’à la dernière page du troisième livre. Quel trajet a parcouru l’insecte pour accomplir cette triste besogne ?
- Solutions. — Problème A :
- Onsaitquele numéro du régiment a la forme : 100a + 10b + c et que : 100 a + 10 b + c
- (10 a+b) + (10 a+c) + (10 b+a) + (10 b 4-c) + (10 c+a) + (10 c4- b)
- ~ 2
- Cette dernière égalité s’écrit :
- 100 a + 10 b + c = 10 (a + b + c) + (a + b + c) avec a<^9 b 9 c 9
- Écrivant alors que les valeurs des dizaines dans chacun des membres et les valeurs des unités sont égales, on trouve :
- Dizaines Unités
- 10 (10 a + b) — 10 (a + b + c) avec c=a+b+c
- supposant a+b+c<+0 10 (10 a + b) = 10 (a + b + c + 1) avec c+10 = a+b+c
- supposant 10<^a+b+c<^20 10 (10 a + b) = 10 (a + b + c + 2) avec c+20=a+b+c
- supposant 20<<a+b + c
- Ces groupes d’égalité simultanées donnent :
- 9 a — c avec a + b = 0 Impossible
- 9 a = c + 1 avec a + b = 10 d’ouc = 8 a — 1 b = 9
- 9 a = c + 2 avec a + b = 20 ceci donnerait c = 7 a = 1
- b = 19 Impossible.
- La seule solution est donc le numéro 198.
- Prob. B. — Pour que les cubes des deux nombres N et N' soient formés symétriquement comme N et N', il faut que les diverses opérations effectuées pour la formation de ces cubes ou de leur somme ne donnent jamais lieu à aucune retenue, c’est-à-dire que les résultats de ces opérations soient toujours inférieurs à 10. On voit qu’il ne peut en être ainsi que si tous les chiffres des 2 nombres N et N' sont inférieurs à 2. Or, il n’existe que 2 nombres de 3 chiffres à forme symétrique réa-
- lisant cette condition 101 et 111 qui sont donc les deux nombres cherchés.
- Le sous-lieutenant Lacroix fait remarquer la similitude qui existe entre les puissances successives de 101 et le triangle arithmétique de Pascal, similitude qu’on peut constater dans le tableau ci-après :
- Triangle de Pascal. 1 101° Puissances de 101. 1.
- 11 10U 101
- 121. 1012 10201
- 1331 1013 1030301
- 14641. 1014 104060401
- 1.5.10.10.5.1. 1015 105.10.10.0501
- 16.15.20.15.6. 101® 106.15.20.15.0601
- Prob. C. — Cette « amuserolle » comportait une petite « astuce » comme on dit en langage de l’X. Astuce qui a échappé à pas mal de nos lecteurs qui ont dû se demander pourquoi on leur proposait un problème aussi simple.
- Le livre se plaçant de gauche à droite, la première page du premier livre est appliquée sur la face gauche du bois séparant les deux premières cases; la dernière page du 3e livre est appliquée sur la face droite du bois séparant les 2e et 3e cases. Le trajet horizontal parcouru par l’insecte a donc une longueur de 1 cm + 3 cm + 1 cm = 5 cm.
- Ont résolu les trois problèmes :
- Duroquier, Chargé (Indre-et-Loire) ; R. Constantine; Allary, à Alfortville (Seine); Malland, à Paris; Bougé, Chamalières (Puy-de-Dôme) ; Barnier, Marcel, à Chauriat (Puy-de-Dôme) ; Modesto Valsecchi, tailleur pour dames, à Calais (Pas-de-Calais) ; Tomas de Palacio, ingénieur Sarria, Barcelone (Espagne) ; Mme Béguin, à Neuchâtel (Suisse) ; P. Gouron, à Bourges (Cher) ; Gagot, commis des Postes, Paris ; Richardet, entrepreneur, Besançon; Minier, Montferrand (Puy-de-Dôme); Bernard de Turckheim à Niederbronn-les-Bains (Bas-Rhin) ; Hibon à Paris; Jean Monnig, étudiant à Bruxelles; Infernet à Carmaux (Tarn); Gerald Gervot, à Dakar; Eugène Xavier, étudiant, à Salon de Provence; Henri Ducammun, M. Corbil-lon, Versailles; Dr Nuitten, à Nice ; Claverie, directeur d’école en retraite, à Samatan (Gers) ; Hugghebaert, Anvers (Belgique) ; Pierre Valot, étudiant en chimie à la Faculté catholique de Lyon; Pol Paquin, Paris; Edouard de Coulon, Neuchâtel (Suisse) ; G. Sachet, École normale de Moulins (Allier) ; Dutordoir, ingénieur E. T. P., Paris; Paul Alby, inégnieur à Paris, M. E. Novel à Genève.
- Les problèmes 1 et 2 :
- Abbé Lapied, curé de Magny (Moselle) ; Bouvaist, Maurice Simon, directeur d’École, Paris; Muller, dessinateur, Paris; Biollen Léon, École normale de Bonneville (Haute-Savoie) ; Georges Thiebaud, Porrentruy (Suisse); Abbé Courbés, Petit Séminaire, Gourdon (Lot) ; Léon Poitevin, Institut de Chimie, Clermont-Ferrand; Taste à Nancy; P. A. B. à Orléans ; Millet, Pierre, Maisons-Alfort (Seine) ; André Adenot, Bruges (Belgique) ; F. Streel, ingénieur des mines, à Uccle, Bruxelles; Abbé Pierre Ricard, Lyon; J. Beausoleil, ingénieur à Guéret; Charles Daël, École abbatiale de Saint-André Lophem-les-Bruges (Belgique) ; Mlle Georgette Ro-
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- =— 34 —...................=...:..... 1 = . =
- dillon, étudiante en pharmacie à Sens (Yonne); Decoux, élève ingénieur, institut Calot, Berclt-Plage; Eugène Krempfîy, Saint-Avold (Moselle) ; Mario de la Escosura y Mendez, ingénieur à Séville (Espagne) ; Dr Léon de Pékoslanski à Varsovie (Pologne); Arnaud André à Marseille; M. Launay, Montreuil; MM. Gatinel et Ségui à Albi; G. A. M. Carmaux (Tarn); Pelataut à Ténérifïe (Canaries); F. Mercx, ingénieur à Ways-les-Gemappe (Belgique); Cohen, élève du cours complémentaire à Alger; Arabi Verdera, Ibiza (Baléares); Ulpat, vérificateur des poids et mesures à Bizerte (Tunisie) ; Charles Benoist, ingénieur civil des mines, à Crusnes (M.-et-Moselle) ; Le Port, ingénieur mécanicien à Brest; Samuel Marti, à Montbéliard (Doubs); Jean Lefèvre, ingénieur-chimiste, Privas (Ardèche); Sous-lieutenant Lacroix, Verdun; F. Gra-musset, officier radio, Saint-Nazaire (Loire-Inférieure) ; Abbé Coste, Ecole des Missions coloniales (Puy-de-Dôme) ; Commandant Flan, du 3e étranger; M. Gauthier, à Saint-Fons; Emile Karam, professeur, à Addis-Abeba (Ethiopie).
- Les problèmes 1 et 3 :
- André Castaings, lycée de Pau (Basses-Pyrénées) ; Caporal Rémond, 15e Génie, à Toul; Félix David, aux Ternes (Cantal) ; M. Scliulmann, lycée Charlemagne, Paris.
- Les problèmes 2 et 3 :
- Louis Schaeffer, ingénieur à Lausanne (Suisse).
- Le problème 1 :
- Toyon, Daniel, agent technique de la Marine; Castan, collège Buvignier, à Verdun; Pontonnier, instituteur à Cha-longe (Isère); Bouleau, École A. et M., Chalons-sur-Marne; Alliaume, Élève au collège Saint-Michel, Bruxelles; Philippe Perrody, sous-lieutenant à Chainy (Loiret) ; Pouge, Court, Marceau et Bouniol tous quatre École primaire à Sens
- (Yonne); Gigwalt, à Muttustoiz; Gloden, professeur à Luxembourg; Cottavi, à Alger; Mouvailleau, à Nantes.
- Le problème 2 :
- André Bonnet, ingénieur chimiste à Vaulx-en-Velin ; Toyon, Daniel, agent technique de la Marine.
- Le problème 3 :
- René Bouchon, Pre Joli, à Nassandres (Eure).
- Problèmes proposés :
- A. — Appelons nombre réciproque, un nombre qui peut se lire indifféremment de gauche à droite ou de droite à gauche : les nombres terminés par des zéros étant exclus.
- Un nombre N de quinze chiffres est réciproque ainsi que tous ses diviseurs. Sa racine carrée N' admet comme diviseurs premiers les 3 nombres réciproques P. Q. R. Le nombre P a autant de chiffres que Q et R ensemble, et le plus petit en a au moins 2. Trouver N. (Proposé par l’abbé Coste, à l’École des Missions coloniales de Cellule (P.-de-Dôme).
- B. — Trouver un nombre de 4 chiffres, tel qu’en le multipliant par 4, on trouve ce nombre renversé.
- C. — Effectuer l’addition ci-dessous sachant que le 2e nombre est double du premier et que dans toute l’opération en trouve les 9 premiers nombres 1 seule fois chacun. (Extaait de la Revue Le Sphinx.)
- X X X 1er nombre.
- X X X 2e nombre.
- XXX
- Virgile Brandicourt.
- COMMENT CONSTRUIRE UN CERF-VOLANT
- Durant les vacances à la campagne et principalement à la mer, il n’est pas de plus agréable distraction que de faire voler un cerf-volant. Les évolutions de cet appareil constituent pour les petits et même pour les grands une occupation non dénuée d’intérêt.
- On trouve dans les magasins de nombreux types d’appareils de formes et de prix divers, mais en général leur construction est sommaire, ils sont vite mis hors d’usage. D’autre part ils manquent de stabilité et de ce fait leur réglage est à peu près impossible. Nous avons pensé bien faire en donnant aux lecteurs de cette revue les renseignements utiles pour leur permettre de construire eux-mêmes un cerf-volant digne de ce nom.
- Indépendamment des avantages que constituent le prix de revient peu élevé et la facilité de construction, le montage de l’appareil est un passe-temps agréable pendant les soirées ou les journées de pluie.
- I. - CHOIX DES MATÉRIAUX
- Puisque nous voulons construire, construisons solide; par conséquent employons des matériaux de bonne qualité.
- L’ossature sera de préférence constituée par de petits bambous à l’exclusion des baguettes de bois blanc qui sont le plus souvent employées dans les appareils du commerce. En effet le bois blanc, même choisi sans nœuds, est très cassant et le plus souvent il faut remplacer les baguettes après
- chaque sortie, ce qui oblige à emporter avec soi tout un assortiment de rechange.
- La surface proprement dite du cerf-volant sera faite avec de la toile de coton fine ; le tissu que l’on vend dans les magasins sous le nom de toile à ballon ou toile d’avion convient très bien pour ce travail, mais il est toujours écru ou blanc, donc salissant. Si l’on désire avoir un appareil plus coquet, on prendra comme tissu de la lustrine de bonne qualité qui se trouve en toutes couleurs. •
- II. - SOINS A DONNER A LA CONSTRUCTION
- Pour qu’un cerf-volant vole bien, il faut qu’il puisse prendre rapidement un état d’équilibre stable et le garder malgré les variations du vent. Ceci ne peut être obtenu que si là symétrie de l’appareil est minutieusement respectée. Durant la construction les diverses longueurs devront être mesurées avec soin et les poids répartis aussi uniformément que possible de chaque côté de l’axe de symétrie. On devra donc choisir des bambous bien droits et de poids sensiblement égaux. Comme il y a intérêt à ce que le centre de gravité de notre cerf-volant soit le plus élevé possible, on mettra toujours en haut les gros bouts des bambous.
- Pour éviter les déformations de la toile qui se produisent fréquemment sous l’action de la tension et des intempéries, il est très utile que tous les bords extérieurs de la toile soient largement ourlés (même la lisière). Pour renforcer, une ganse
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- ou tresse de 10 à 15 mm de largeur sera cousue à plat sur les ourlets. Cette tresse constitue en quelque sorte un cadre souple emprisonnant la toile et les eiï'ets de tiraillement ne se feront plus sentir.
- Toutes les coutures seront faites de préférence à la machine et les bouts de fils bien arrêtés, il y a même avantage à les doubler pour augmenter leur résistance, en particulier les coutures qui fixent les cellules au plan principal.
- III. - CONSTRUCTION DE DEUX APPAREILS SIMPLES
- Il existe deux classes principales d’appareils :
- Les Cellulaires d’un bon rendement et d’une grande stabilité mais assez délicats à construire et d’un poids relativement élevé.
- Les Mixtes. — Beaucoup plus faciles à construire et plus légers à surface portante équivalente. C’est de ce dernier type seulement que nous parlerons.
- A) Cerf=volant type « Dion ». — Son aspect général est celui d’un rectangle d’étolïe muni à l’avant de deux cellules souples triangulaires.
- Les figures 1 et 2 donnent respectivement une vue avant
- Fig. 1. — Tue avant et côtés d'un cerf-volant type « Dion ». Fig. 2. — Vue arrière d’un cerf-volant type « Dion ».
- et arrière ainsi que les cotes de ce type d’appareil. Le bambou B4 forme l’arête avant des cellules; les bambous B2 et Bs montés en diagonales servent à tendre le rectangle de toile formant la surface portante. Ces derniers sont fixés à l’arrière de l’étofïe, ils viennent s’engager dans des poches triangulaires r1 r2 r. r4, cousues aux quatre angles. T,, T2, T3, T4 sont des galons étroits cousus, servant à maintenir par un nœud la toile aux bambous. En cours de vol, il se formera ainsi 4 poches d’air indéformables qui donneront de la stabilité.
- On commencera par construire le plan rectangulaire de 75 centimètres de hauteur sur 60 de largeur. On prendra un tissu en 80 de largeur; celle-ci sera réduite à 75 centimètres par les ourlets du haut et du bas. On en coupera une longueur de 65 cm également réduite à 60 par les ourlets. On coudra à plat tout autour sur les ourlets une tresse de 10 mm de largeur environ. Les goussets des quatre angles seront pris dans une chute du tissu et l’étoffe doublée pour augmenter la résistance.
- On pourrait laisser tels quels ces goussets, l’extrémité des bambous venant automatiquement se placer dans l’angle, mais pour éviter des déformations toujours possibles du tissu, il y a avantage, une fois les goussets cousus, à faire à la machine
- une piqûre pour rétrécir le gousset comme il est indiqué à la fig, 3. On devra cependant laisser suffisamment de largeur pour que l’extrémité du bambou entre facilement même lorsqu’au bout d’un certain usage la toile se sera rétrécie.
- On préparera ensuite les deux cellules triangulaires équilatérales également bordées en haut et en bas par un ourlet et une ganse à plat, puis on les coudra sur le plan rectangulaire du côté opposé au gousset en ayant bien soin de les mettre au centre, ceci est très important, car les deux cellules, une fois cousues, déterminent en quelque sorte des ailes dont la stabilité dépend directement de l’égalité de leur surface.
- A l’emplacement que doit occuper le bambou Bd formant Barète, c’est-à-dire dans l’angle avant des cellules, on fixera tout le long une ganse tubulaire que l’on fera dépasser de deux à trois cm en haut de la cellule supérieure et en bas de la cellule inférieure. Pour la facilité de la construction, il y a intérêt à coudre la ganse tubulaire sur les cellules avant que ces dernières ne soient fixées au plan rectangulaire.
- Les bambous, que l’on choisira bien droits, auront un diamètre moyen de 8 à 10 mm. Celui qui doit servir d’arète frontale pourra être sans incoirvénient un peu plus gros, car c’est lui qui supporte toute la traction. La longueur de Bj sera 80 cm. Celle de Bs et Bs sera choisie assez grande pour que la tension de la toile soit bien assurée. Le mieux sera de les acheter trop longs et de les couper à bonne longueur au moment du premier montage.
- Une fois le travail de couture complètement terminé, on introduit Bj dans les fourreaux des cellules que l’on ferme en haut et en bas. Il n’y a plus à toucher au bambou Bj, une fois monté, c’est autour de lui que l’on roulera l’appareil pour le mettre dans sa housse. La bride du cerf-volant, fixée en deux points (en haut de chaque cellule), aura avantage à être assez longue (150 cm), ce qui favorise la stabilité. L’anneau de bride A (fig. 1) sera fixé sur la corde, comme il est indiqué à la figure 4, ce qui permet de le faire glisser facilement pour le réglage.
- Pour éviter que les cellules n’aient tendance à remonter le long de Bj, on les joindra avec une petite ficelle assurant leur tension.
- La position de l’anneau sera telle que l’appareil étant posé horizontalement, il se projette au niveau de la base de la cellule supérieure (bridage théorique). Il y aura lieu de modifier cette position suivant la force du vent.
- A titre d’indication, pour construire ce cerf-volant il faut :
- 1 m 28 de toile en 80 de largeur; 3 bambous; 1 m 50 de cordelette pour la bride (diamètre 1 à 2 mm), 1 anneau à rideaux de 20 à 30 mm de diamètre.
- Soit au maximum 10 à 12 francs suivant la qualité du tissu, c’est un prix à la portée de toutes les bourses.
- Le montage de notre appareil 4- ' Mode d’attache de
- est très simple, il suffit de mettre la corde à 1 anneau de bride. les deux bambous diagonaux dans leurs goussets. Au démontage il y a intérêt à rouler les bambous dans la toile bien soigneusement pour éviter les emmêlages de la bride.
- Avec les chutes de tissu, on confectionnera un étui pour ranger le cerf-volant.
- Fig. 3. •— Exécution d'un gousset.
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- Fig. 5 et 6. — Vue avant et de côté d’un cerf-volant type « Conyne ».
- B. Ceri=volant type « Conyne ». — C’est également un appareil mixte, mais la forme triangulaire des ailes et le trou central entre les deux cellules permet à cet appareil de voler par des vents plus violents et plus irréguliers. En d’autres termes, sa stabilité est plus grande. Les figures 5 et 6 montrent, vu de devant et derrière, ce type d’appareil et en donnent les cotes.
- Tandis que pour le modèle précédent les cellules triangulaires ont un côté formé par le rectangle de la surface portante, ici, pour la facilité de la construction, il y a intérêt à monter les cellules d’une seule pièce. Les deux extrémités du tissu viennent se joindre en avant par deux coutures qui forment le fourreau de passage du bambou B, constituant l’arête du cerf-volant. D’autre part notre appareil étant destiné à voler par des vents plus violents, il est nécessaire d’augmenter la rigidité de la carcasse : nous ajouterons deux autres bambous verticaux B2 et B3 venant s’engager dans des fourreaux cousus dans les deux autres angles de la cellule. Une fois la couture des cellules terminée, on prépare les ailes triangulaires qu’il y a avantage à confectionner en utilisant 2 morceaux d’étoffe rectangulaire, l’un de 40 X 40, l’autre de 80 X 40, que l’on partage en deux parties diagonalement ; on a ainsi quatre triangles que l’on relie 2 à 2 (un grand et un petit). Chaque aile, une fois ourlée et munie de sa ganse, est cousue après les cellules.
- La tension des ailes est obtenue par deux vergues, une grande B4 venant s’engager dans des goussets cousus aux sommets de chaque aile; une petite B5 située au niveau du haut de la cellule inférieure. Ces deux vergues passent respectivement dans des fourreaux f4 et fs qui ont toute la largeur des cellules et forment ainsi une bordure à la fenêtre centrale.
- On peut encore remplacer les goussets triangulaires par des bouts de ganse tubulaires dépassant largement les extrémités des ailes comme indiqué dans la figure 7. Une fois les vergues introduites, on rabat l’extrémité de la ganse qui
- dépasse et on ligature avec une ficelle. Cette façon de procéder permet de faire varier à volonté la tension des ailes. Une fois la couture terminée, on introduit dans leurs fourreaux respectifs les 3 bambous verticaux, puis on ferme les extrémités des fourreaux. Ces 3 montants ne doivent jamais être démontés.
- La bride de cet appareil est à deux brins et montée comme pour le type précédent (un brin fixé en haut de chaque cellule.)
- Les matériaux employés pour la construction sont les mêmes que ceux indiqués précédemment, mais
- Fig. 7. — Confection d’un fourreau pour le cerf-volant « Conyne >>.
- il y a intérêt à choisir des bambous d’un diamètre un peu plus fort (15 mm). Pour la construction il faut : 2 m 20 de toile en 80 de largeur, 5 bambous, 4 m de ganse tubulaire, 1 anneau,
- 1 m 50 de corde pour la bride.
- Soit approximativement une vingtaine de francs.
- Remarque. — Si l’on veut construire un cerf-volant de plus grande dimension, il suffira d’agrandir les cotes en prenant soin de respecter les proportions.
- IV. - RÉGLAGE DE LA BRIDE
- Une fois l’appareil monté et l’anneau de bride placé à la position théorique, on lance le cerf-volant avec une cinquantaine de mètres de corde et on observe sa tenue. Si le cerf-volant monte rapidement et se livre à des mouvements désordonnés, c’est que le bridage est trop haut, il faut baisser légèrement l’anneau. Si, au contraire, l’appareil a du mal à s’élever, c’est que le bridage est trop bas; il faut remonter l’anneau. Les déplacements de l’anneau doivent être faits progressivement jusqu’au moment où la position correcte est obtenue. Le cerf-volant doit alors s’élever lentement et prendre une position stable, après quelques légères oscillations. On notera soigneusement cette position par une marque de couleur sur la corde de façon à pouvoir la retrouver facilement si pour une cause ou une autre on doit la changer.
- V. - ACCESSOIRES NÉCESSAIRES AU LANCEMENT
- 1. Corde de retenue. — Elle doit être choisie de bonne qualité et de préférence câblée. Pour les appareils décrits plus haut, sa résistance doit être d’environ 30 à 40 kg. Il est en effet prudent de travailler avec un coefficient de sécurité assez grand (8 environ), ce qui veut dire que la résistance à la rupture devra être huit fois plus grande que la traction normale du cerf-volant. Il arrive en effet assez souvent que sous l’action de rafales la traction croît brusquement et peut quelquefois atteindre une valeur double ou triple de la valeur normale.
- Les petits câbles tannés vendus pour la pêche conviennent très bien, ils sont généralement vendus en pelotes de 50 m de longueur. Il est bon de s’en procurer une demi-douzaine, soit 300 m. Si l’on désire se livrer à quelques petites expériences et si l’on pense avoir à faire glisser des postillons sur la corde, il est préférable de l’épissurer plutôt que de faire des nœuds.
- 2° Bobinoirs. — Pour éviter que la corde ne s’emmêle, il est indispensable de l’enrouler sur un moulinet. On peut facilement le construire soi-même avec des planchettes de bois et des morceaux de manche à balais.
- La flg. 8 en est un modèle pratique.
- Si l’on a fait l’acquisition de beaucoup de corde, le moulinet n’est plus pratique, car ses dimensions deviennent encombrantes etsonpoids trop élevé pour le tenir à bout de bras; dans ces conditions il vaut mieux faire construire un petit treuil avec manivelle et frein (fig. 9).
- H. Chardon.
- Fig. 9,
- Treuil.
- Frein à
- Fig. 8. — Bobinoir pour la corde d’un cerf-volant.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOÛTE CÉLESTE EN AOÛT 1932
- A signaler ce mois-ci, en toute première ligne, une belle occultation du groupe des Pléiades par la Lune le 24 août (voir plus loin).
- Vénus atteindra son plus grand éclat du matin le 1er août.
- Les observateurs devront porter leur attention sur les essaims d’étoiles filantes, notamment sur les Perséides. Le maximum de la chute se produit vers le 9 août et la Lune ne gênera pas les observations, elle se couchera en effet, à cette date, à 22 heures.
- A signaler, enfin, pour mémoire, une éclipse de Soleil, invisible en France, le 31 août.
- I. Soleil. — La déclinaison de + 18° 1' le 1er à + 8°38' le 31. Le jour décroît de durée, de 15“ 5m le 1er à 13“ 29m le 31. Cette durée est celle de la présence du centre du Soleil au-dessus de l’horizon de Paris.
- Voici le temps moyen à midi vrai, c’est -à-dire l’heure exacte du passage du Soleil au méridien de Paris :
- du Soleil, en août, passe
- Août 1er 11“ 56” 49“
- — 3 11 56 41
- — 5 11 56 31
- — 7 11 56 18
- — 9 11 56 2
- —- 11 11 55 44
- — 13 11 55 24
- — 15 11 55 2
- — 17 11 54 37
- — 19 11 54 11
- — 21 11 53 42
- — 23 11 53 12
- — 25 11 52 40
- •— 27 11 52 6
- — 29 11 51 31
- — 31 11 50 55
- Voir ce que nous avons dit
- le mois dernier pour les lieux situés en dehors du méridien de Paris.
- Observations physiques. — Continuer l’observation quotidienne du Soleil. Dessiner (ou
- Éclipse totale de Soleil. — Une belle éclipse totale'de Soleil, invisible à Paris, va se produire le 31 août. Elle sera fort intéressante et certainement très «contemplée», car sa ligne centrale traverse des régions très peuplées des États-Unis (partie extrême Nord-Est des États-Unis et du Canada) passant sur Québec.
- Le commencement de l’éclipse générale aura lieu à 17“ 44m; le maximum à 20 3m; la fin à 22“ 22m. Grandeur maximum de l’éclipse; 1,013 de diamètre du Soleil étant pris pour unité. La plus grande durée de la phase de totalité atteindra lm 45° dans les localités situées à l’est de l’extrême pointe australe de la baie d’Hudson.
- Vers Québec, la durée de la phase totale sera encore de lm43s. Diverses missions scientifiques se rendront sur la ligne
- centrale en vue d’effectuer des recherches. Tl est à craindre que, parmi ces missions, la France soit bien peu représentée. La crise financière n’atteindrait-elle que notre pays ?
- Lumière zodiacale. — On pourra la rechercher, à la fin du mois, avant l’aube. Noter la forme sur une carte céleste en traçant ses limites à l’aide des étoiles. On remarquera que l’apparence de la lumière zodiacale n’est pas la même le matin, que le soir. Le matin, le fuseau lumineux est plus effilé que lesoir. Lalumièrezodiacale est visible bien avant l’arrivée de l’aube, puisqu’elle s’étend à plus de 45 degrés de Soleil. Il faut pour l’observer une nuit pure et sans clair de Lune et n’être pas gêné par des lumières artificielles.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois d’août, seront les suivantes :
- Fig. ]. — Carte photographique du groupe des Pléiades, d'après un cliché de M. Lucien Rudaux, pris à l'Observatoire de Donville [Manche).
- Les étoiles Electre, Celæno, Taygète, Maïa et Astérope vont être occultées par la Lune le 24 août. Observation importante à faire.
- N. L. le 2, à P. Q. le 9, à P. L. le 16, à D. Q. le 24, à
- 9“ 42m 7“ 40m 7“ 42m 7“ 21m
- N. L. le 31, à 19“ 55”
- photographier) les taches et facules. Pour l’orientation des dessins et photographies on utilisera les éléments suivants :
- Dates. P B0 L0
- Août 4 + 11°,99 . + 6°,04 254°,51
- — 9 + 13°,89 + 6°, 36 188°,40
- — 14 + 15°,68 + 6°, 63 122°,30
- — 19 + 17°,36 + 6°,85 56°, 21
- — 23 + 18°,61 + 7°,00 3°,35
- — 24 + 18°,91 + 7°,03 350°,14
- — 29 + 20°, 34 + 7°,15 284o,08
- Nous renvoyons les observateurs, pour l’emploi de ce tableau, et le calcul des surfaces tachées, à la notice sur « Le Soleil » de Y Annuaire astronomique Flammarion.
- Age de la Lune, le 1er août, à 0“ = 28 Ql ; le 3, à 0“ = 0“,6. Pour n importe quelle autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 3.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en août : le 12, à 6“ — 28° 34 ; le 26, à 12“ = + 28° 36’. On remarquera la faible
- hauteur de la Lune au-dessus de l’horizon, lors de son passage au méridien, le 12 août, vers 21“.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 8 août à 8“. Parallaxe = 59'20". Distance = 369 570 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 22 août, à 22“. Parallaxe = 54'14". Distance = 404 320 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 19 août, occultation de 60 B. Poissons (gr. 6,0). Émersion à 2“ 1”,5.
- Le 24 août,. occultation du groupe des Pléiades. Très intéressante et très importante observation à faire même
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- avec de petits instruments, au besoin une bonne jumelle.
- Pour faciliter aux observateurs l’étude de cette occultation, nous donnons ici (ûg. 1), d’après une photographie prise par M. Lucien Rudaux, à son observatoire de Donville, une carte des Pléiades contenant les étoiles les plus brillantes du groupe. Il sera utile de noter, avec la plus grande exactitude, les heures des immersions et des émersions de ces différentes étoiles. Voici les heures calculées, rangées suivant la production des phénomènes, pour les étoiles principales :
- 17 Taureau (Electre)
- 19 Taureau (Taygète)
- 20 Taureau (Mata)
- 17 Taureau (Electre)
- 16 Taureau (Celæno)
- 19 Taureau (Taygète)
- 20 Taureau (Mata)
- 21 Taureau (Astérope I
- 22 Taureau (Astérope II)
- (gr. 3,8). Immersion à 1" 21“,0. (gr. 4,3). Immersion à 1" 35m,5. (gr. 4,1). Immersion à 1" 47m,0. (gr. 3,8). Émersion à lu 56m,5. (gr. 5,4). Émersion à 2" 21m,5. (gr. 4,3). Émersion à 2" 43m,5. (gr. 4,1). Émersion à 2“ 57m,0. (gr. 5,8). Émersion à 3" 10“,5. (gr. 6,5). Émersion à 3“ 15m,0.
- Voici, pour Brest, quelques-unes de ces plus grandes marées :
- Marées du matin. Marées du soir.
- Dates. Heure. Coefficient. Heure. Coefficient.
- Août 16 3" 59“ 84 16“ 18“ 87
- — 17 4“ 37 89 16 55 91
- — 18 5 13 91 17 30 91
- — 19 5 46 90 18 1 87
- — 20 6 17 84 18 31 80
- En raison de la faible amplitude des marées, le Mascaret n’est pas annoncé ce mois-ci.
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, qui est établi à l’aide des données contenues dans VAnnuaire astronomique Flammarion pour 1932, contient les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois d’août.
- ASTRE Dates : Août Lever à Paris Passage au Méridien de Paris 4) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoiles voisine VISIBILITÉ
- 6 4“ 31“ 11“ 56“ 25s 19" 21“ 9" 5“ + 16° 42' 31'35" ,6 Cancer /
- Soleil. . . 16 4 45 11 54 50 19 4 9 43 + 13 44 31 39 ,0 Lion i ))
- 26 4 59 11 52 23 18 45 10 20 + 10 24 31 42 ,8 Lion
- 6 6 25 12 59 19 34 10 9 + 7 0 10 2 ?w a Lion /
- Mercure . . 16 5 14 11 56 18 38 9 46 4- 8 30 11 ,o Ç Lion i A la fin du mois, dans l’aube
- 26 3 55 10 57 17 58 9 24 4- 12 35 9 ,4 Ç Lion
- Vénus . . . 1 6 ) 16 / 26 1 1 1 37 21 14 9 8 8 7 54 48 16 16 16 37 26 21 6 6 7 14 40 13 + 18 + 18 + 18 4 30 36 36 31 27 ,8 ,8 ,8 v Gémeaux | £ Gémeaux X Gémeaux Splendide le matin. 1 Plus grand éclat le 1er.
- 6 ' 16 0 52 8 56 17 0 6 3 4- 23 47 4 ,4 7] Gémeaux
- Mars .... 0 42 8 46 16 49 6 32 + 23 43 4 ,6 e Gémeaux ^Seconde partie de la nuit.
- j 26 0 33 8 35 16 36 7 0 + 23 20 4 ,6 o Gémeaux
- Jupiter. . . 16 5 27 12 26 19 24 10 14 4- 11 56 28 ,8 a Lion Invisible.
- Saturne. . . 16 17 57 22 18 2 40 20 8 — 20 37 16 ,6 4 Sagittaire Presque toute la nuit.
- Uranus. . . 16 20 59 3 40 10 22 1 27 + 8 27 3 ,6 v Poissons Seconde partie de la nuit.
- Neptune.. . 16 6 2 12 49 19 36 10 37 + 9 36 2 ,4 p Lion Inobservable.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Les deux derniers phénomènes seront visibles dans l’aube.
- Ainsi toutes les étoiles de la partie Nord-Ouest et Ouest du groupe seront occultées. Cette occultation sera la plus importante de l’année. La Lune sera juste au dernier quartier et les étoiles disparaîtront derrière le bord éclairé de la Lune (ou oriental) pour réapparaître derrière le bord obscur, ou ouest, légèrement visible grâce à la lumière cendrée.
- M. G. Blum, secrétaire adjoint de la Société astronomique de France, a fait une étude particulièrement poussée de la périodicité qui régit les occultations des Pléiades par la Lune. Il a exposé son travail à l’une des dernières séances de cette société, travail qui paraîtra prochainement dans la revue L’Astronomie.
- Lumière cendrée de la Lune. —- On pourra l’observer dans de bonnes conditions le matin, avant l’arrivée du jour, surtout les 27 et 28 août.
- Marées-, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront principalement au moment de la pleine Lune du 16.
- Mercure deviendra un peu visible dans l’aube à la fin du mois, sa plus grande élongation — qui sera la plus faible de l’année — se produisant au début du mois prochain. Sa déclinaison boréale permettra toutefois des observations assez faciles.
- Vénus brille magnifiquement dans le ciel du matin et atteindra son plus grand éclat le 1er août. Elle aura sensiblement l’aspect du dessin n° 8 de la figure 1 du Bulletin astronomique du n° 2878, en date du 1er avril 1932. Voici la grandeur stellaire et la phase de Vénus en août :
- Dates. Disque illuminé. Diamètre. Magnitude stellaire.
- Août 3 0,26 38",5 — 4,2
- —• 8 0,30 35 ,5 — 4,2
- — 13 0,34 33 ,1 — 4,2
- — 18 0,37 30 ,9 — 4,1
- — 23 0,41 28 ,9 — 4,1
- — 28 0,44 27 ,9 — 4,1
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- Mars devient visible dans la seconde partie de la nuit. Son diamètre de 4 ',5 environ ne permet pas encore d’efïec-tuer les observations utiles de sa surface.
- Iris, la petite planète n° 7, passera en opposition le 31 août. Elle atteindra la magnitude 7,5. On la recherchera à l’aide de la petite figure spéciale parue au Bulletin astronomique du n° 2882 du 1er juin).
- Jupiter sera en conjonction avec le Soleil le 26 août, à 21h. Il est donc invisible ce mois-ci.
- Saturne est encore voisin de l’opposition et visible presque toute la nuit. Voici les éléments de l’anneau à la date du 15 août.
- Grand axe extérieur............................. 41",59
- Petit axe extérieur................................. + 14",98
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau...................................... + 21°, 11
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau................................................ + 20°,33
- Voici les élongations de Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne :
- Etoile Polaire; temps sidéral. — Voici quelques passages de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- Temps sidéral
- Dates. Passage. Heure. à 0“ (T. U.)
- Août 8 — 18 — 28
- Supérieur
- 4» 23m 2e 3 43 54 3 4 45
- 21» 5“
- 21 44
- 22 24
- 98 35 0
- l’étoile variable Algol août, à 3» 15“ ; le 7, à
- Étoiles variables. — Minima de (|3 Persée), visibles à l’œil nu : le 4 0“ 5m ; le 27, à 1“ 46“ ; le 29, à 22» 35“.
- Etoiles filantes. — L’essaim des Perséides est le plus important. Il donne des météores depuis le début de juillet, mais la Terre rencontre la partie la plus dense de l’essaim le 9 août. Le radiant est voisin de l’étoile Tj Persée. Les météores sont rapides, avec traînées jaunâtres. Voici la liste des radiants actifs en août. (D’après VAnnuaire du Bureau des Longitudes.)
- Dates.
- Ascension
- droite.
- Août 1er au 4 29°
- Dates. Elongation. Heure. — 7 au 11 295
- — — — — 7 au 12 292
- Août 1 Orientale 3» 2 — 8 et 9 5
- — 9 Occidentale OO 00 — 9 au 11 44
- — 17 Orientale 0 ,8 — 9 au 14 9
- — 25 Occidentale 6 ,5 — 12 et 13 345
- Uranus devient de mieux en mieux visible. 11 va être sensiblement stationnaire pendant la première moitié du mois d’août, comme le montrent les positions ci-après :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison Diamètre.
- Août 6 1» 27“ + 8° 30' 3",4
- — 16 1 27 + 8 30 3 ,5
- — 26 1 27 + 8 27 3 ,6
- Neptune va 31 août, à 9». se trouver en conjonction Il est inobservable. avec le Soleil
- Déclinaison
- + 36°
- + 54 + 70 + 55 + 56 — 19 + 50 + 48 + 11 + 60 + 41 + 65
- Étoile
- voisine.
- p Triangle
- b
- a
- Cygne Dragon Cassiopée Persée
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 3, à 18», Jupiter en'conjonct. avec la Lune, à 0°55' S.
- Le 3, à 21», Mercure Le 4, à 9», Neptune Le 7, à 17», Mercure Le. 14, à 12», Saturne Le 27, à 21», Mars Le 28, à 3», Vénus Le 30, à 10», Mercure Le 31, à 13», Jupiter Le 31, à 19», Neptune
- à 5°44' S.
- — à 0°13' S. Jupiter, à 5°39' S. la Lune, à 3°32' N.
- — à 4° 5' S.
- — à 8°10' S.
- — à 3°54' S.
- — à 0°18' S.
- — à 0° 6' S.
- p Baleine 3084 Bradley
- — 12 au 16 61 -f- 48 p. Persée
- — 20 au 25 6 + 11 y Pégase
- — 21 au 23 291 + 60 0 Dragon
- — 23 au 31 282 + 41 a Lyre
- — 25 au 30 237 + 65 Dragon
- Les observateurs sont invités à s’entendre pour établir des observations conjuguées en deux ou plusieurs stations distantes d’au moins 15 kilomètres.
- V. Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le 1er août, à 22» 30m, ou le 15 août, à 21» 30“ est le suivant :
- Au zénith : L’étoile 0 du Cygne. Autour du Zénith : le Cygne; la Lyre; la tête du Dragon.
- Au Nord : La Petite Ourse; le Cocher (Capella glisse à l’horizon).
- Au Nord-Est : Persée, Cassiopée.
- A l’Est : Andromède; Pégase; le Bélier.
- Au Sud : Le Sagittaire; le Capricoime; l’Aigle.
- Au Sud-Ouest : Le Scorpion.
- A l’Ouest : Ophiuchus; le Serpent; Hercule; le Bouvier; la Balance.
- Au Nord-Ouest : La Grande Ourse ; le Dragon ; la chevelure de Bérénice.
- Eh. Touchet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- POUR ENLEVER UN BOUCHON ÉMERI
- Les flacons de verre à bouchon à l’émeri sont souvent très difficiles à ouvrir. On recommande de chauffer le goulot en le frottant sur une ficelle qui fait un tour, la dilatation du col ne se transmettant pas rapidement au bouchon, permet à ce dernier de s’échapper alors librement.
- Malgré cela, il faut parfois exercer un effort assez grand sur le bouchon pour arriver à le faire tourner.
- On peut agencer un petit morceau de bois avec une mortaise, dont la largeur coi’respond à l’épaisseur de l’extrémité du bouchon à desserrer. On peut alors coiffer le bouchon avec cette pièce de bois
- Barrette bois
- Mortaise
- qui constitue un levier permettant d’exercer un effort très grand sans difficulté, pour faire tourner le bouchon.
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- LA RADIOPHONIE PRATIQUE
- NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES - CONSEILS PRATIQUES CONSTRUCTION D’APPAREILS SIMPLES
- LES PROGRÈS DE LA CONSTRUCTION RADIOÉLECTRIQUE ET LES RISQUES DE DISTORSION
- Nous avons expliqué précédemment comment les progrès de la construction des lampes à vide ont permis d’améliorer la construction des radiorécepteurs. En particulier, l’apparition des lampes dites à forte pente de la caractéristique, c’est-à-dire en quelque sorte, à fort pouvoir amplificateur, a rendu possible la réalisation des appareils de grande sensibilité, en même temps qu’une diminution du nombre des étages d’amplification.
- Nous avons indiqué également l’apparition d’un nouveau type de lampe à écran dit à pente variable, donnant une amplification variable à vo-
- lonté, soit pour la réception des signaux faibles, soit pour la réception des signaux intenses provenant de postes émetteurs puissants ou rapprochés.
- C’est qu’en effet le problème de la récep-tion des émissions puissantes devient souvent de plus en plus difficile, à mesure qu’onréalise des appareils récepteurs de plus en plus sensibles, et tout spécialement des postes munis de ces modèles modernes de lampes à écran dont nous avons indiqué les avantages.
- L’auditeur sans-fi-liste désire de plus en plus, et avec raison, obtenir une réception d’excellente qualité musicale. Il devient, justement de plus en plus difficile à mesure qu’augmentent les perfectionnements des récepteurs et de leurs accessoires, en particulier du haut-parleur, très souvent à l’heure actuelle du type électrodynamique, puissant et fidèle.
- Mais justement lorsqu’il s’agit, et le cas est fréquent, de recevoir des émissions puissantes avec un poste sensible, on constate qu’il peut se produire deux inconvénients acoustiques différents, mais également fort gênants. Ces inconvénients étaient inconnus jusqu’alors; ils proviennent essentiellement des caractéristiques des lampes de nouveaux modèles, caractéristiques, par ailleurs, si intéressantes.
- La surmodulation. — On a donné au premier de ces phénomènes le nom de surmodulation, forme de distorsion qui s’est révélée très gênante depuis l’entrée en fonctionnement des nouveaux postes émetteurs puissants à transmissions profondément modulées.
- Les lampes à écran ordinaires ont une résistance interne
- Quand le point figuratif de fonctionnement de la lampe amplificatrice se trouve dans la partie courbe P' P” de la caractéristique, il peut se produire un effet de distorsion, dit surmodulation.
- très élevée, de l’ordre de 100 000 ohms à 1 million d’olims; pour cette raison, il est impossible de les construire de telle sorte que leur courbe caractéristique courant plaque-tension grille présente une partie rectiligne assez longue. Cette caractéristique a une forte courbure, d’autant plus marquée que la résistance interne est plus grande.
- Dans ces conditions, si l’on fait agir des émissions puissantes sur le poste récepteur, la tension alternative correspondante appliquée sur la grille de contrôle de la première lampe devient assez gi'ande pour que le point de fonctionnement figuratif ne reste plus sur la partie rectiligne de la caractéristique, d’où, comme on le sait, une déformation et, en quelque sorte, une détection par courbure de la caractéristique de plaque (fig. 1).
- Cette déformation est d’autant plus importante que la courbure est plus forte et que la pente de la courbe est plus petite. Elle ne se produit sans doute que si la tension appliquée sur la grille a une valeur suffisante, mais cette valeur est relativement faible et de l’ordre de quelques dixièmes de volts si l’on utilise les lampes modernes à écran, de sorte qu’avec beaucoup de postes modernes, des distorsions se font déjà sentir, même pour des signaux pas très puissants.
- Ce phénomène d’un genre nouveau se traduit par une augmentation de la profondeur apparente de la modulation de l’émission radiophonique, d’où le nom de surmodulation.
- S’il en résultait uniquement une augmentation de l’intensité d’audition, le mal ne serait pas grave, et .on pourrait facilement y remédier en agissant sur le réglage des étages d’amplification basse fréquence. Malheureusement dès que cette augmentation atteint environ 20 pour 100, il se produit des oscillations parasites de fréquences musicales harmoniques amenant une distorsion insupportable, et cette distorsion est d’autant plus marquée que l’émission radiophonique elle-même est déjà plus profondément modulée.'L’audition prend une tonalité générale aiguë et métallique extrêmement désagréable.
- On ne peut faire disparaître cet effet en réduisant l’amplification par polarisation négative de la grille, puisqu’ainsi on placerait précisément le point de fonctionnement de la lampe dans une région de la caractéristique où la pente serait plus petite et la courbure plus accentuée (fig. 1). Les déformations seraient évidemment encore plus marquées dans cette région. Le seul remède consiste dans l’emploi des lampes spéciales, dites à pente variable, que nous avons précédemment décrites, ou dans un découplage du système d’accord permettant de diminuer l’intensité des signaux agissant sur la grille de la première lampe.
- La modulation croisée. — Cet inconvénient grave et nouveau n’est pas le seul qui ait été provoqué par l’emploi des nouvelles lanqpes à écran. Une deuxième difficulté toute différente consiste dans un autre phénomène assez complexe : la modulation croisée ou transmodulation.
- C’est, en quelque sorte, un phénomène de brouillage, soit par des courants parasites à haute fréquence, soit même par des courants à fréquence musicale, mais il est tout à fait différent de ceux qu’on constate dans un récepteur peu sélectif. En réalité il n’est pas dû à un défaut de construction du poste, mais seulement aux caractéristiques des lampes employées et à l’amplitude de la tension alternative appliquée sur la grille de la première lampe.
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- Lorsqu’on écoute une émission avec un poste récepteur peu sélectif, l’audition peut être troublée par des émissions parasites de fréquence voisine, ou par des parasites industriels quelconques; mais, dans ce cas, pendant les intervalles de silence de l’émission cherchée, on continue évidemment à entendre l’émission indésirable et les bruits parasites. Dans le phénomène de modulation croisée, il n’en est plus du tout de même, le signal brouilleur, ou les courants parasites, gênent bien l’audition de l’émission cherchée; mais, lorsque cette émission cesse, on cesse de percevoir le signal parasite. 11 est absolument impossible de séparer les signaux parasites des signaux utiles, qui sont, pour ainsi dire, incorporés les uns aux autres.
- Ce phénomène très curieux prend encore naissance uniquement dans la première lampe amplificatrice, dont la caractéristique présente une courbure accentuée, de telle sorte que le point figuratif de fonctionnement ne demeure plus dans la partie rectiligne.
- Sur la grille de cette lampe, d’ailleurs généralement amplificatrice à haute fréquence, et plus rarement amplificatrice à moyenne fréquence, se produisent normalement d’autres actions que celles de l’émission à recevoir. Ces actions sont dues aux tensions provenant des perturbations atmosphériques ou industrielles, ou des émissions radiophoniques effectuées sur des longueurs d’onde voisines.
- Dans ces conditions, si l’on emploie des lampes à écran à forte amplification, et si l’émission à recevoir est relativement puissante, le point de fonctionnement ne demeure plus sur la partie rectiligne de la caractéristique et les signaux incidents sont, en quelque sorte, modulés par les signaux parasites-, il devient impossible par la suite de faire disparaître cette modulation, dont les effets sont évidemment amplifiés par les étages suivants.
- Le signal étant absolument incorporé au brouillage, il en résulte une sorte de composé indissoluble, ce qui explique qu’on ne puisse entendre 'séparément l’émission utile et les brouillages. Ce sont d’ailleurs surtout les notes aiguës qui sont incorporées d’une manière parasite à la modulation utile parce que ces notes appartiennent aux zones extrêmes des bandes de fréquence perturbatrices.
- Le phénomène est beaucoup plus fréquent pour les postes à amplification haute fréquence directe que pour les appareils à changement de fréquence et il ne se produit guère dans ce cas que si l’on utilise une lampe haute fréquence en avant du système changeur de fréquence. Les signaux incidents n’agissent en effet la plupart du temps sur la première lampe moyenne fréquence qu’après avoir traversé le circuit d’accord et le tesla de liaison qui effectue un filtrage efficace des ondes incidentes.
- Un phénomène analogue se produit en basse fréquence lorsque, par suite d’un filtrage insuffisant du courant d’un secteur, on applique à la grille de la lampe d’entrée, une tension alternative en basse fréquence. Il se produit alors un phénomène de modulation croisée consistant en une variation d’amplification sonore effectuée au rythme de la basse fréquence par variation de la polarisation de grille et il est impossible de faire cesser ce phénomène extrêmement gênant dans les postes-secteur par un filtrage ultérieur sans assurer un filtrage antérieur efficace (fig. 2).
- Sans être de gravité égale, ces deux phénomènes qui troublent la qualité de l’audition sont pourtant extrêmement gênants, d’autant plus qu’ils se produisent en général sur des appareils dont la construction est très soignée et dont on attend par conséquent des auditions de qualité musicale irréprochable. Les techniciens ont donc dû étudier d’une part la réalisation de lampes spéciales permettant d’éviter ces
- inconvénients, d’autre part des dispositifs de montage empêchant la naissance de ces phénomènes malgré l’emploi de lampes modernes ordinaires à forte amplification.
- LES DISPOSITIFS PRÉSÉLECTEURS
- Les lampes à écran à pente variable dont nous avons indiqué les caractéristiques et les avantages dans une chronique récente sont sans doute fort intéressantes, mais elles ne peuvent pourtant être employées dans tous les cas parce que leur emploi est souvent assez délicat et surtout parce que, même au maximum d’amplification, elles ne produisent pas encore une amplification comparable à celle qui est obtenue avec les lampes à écran à forte pente dont nous avons également indiqué les avantages et les inconvénients.
- Pour obtenir une sélectivité suffisante, dans les modèles de postes-secteur actuels à plusieurs étages d’amplification haute fréquence directe ou même à changement de fréquence, et pour réaliser des postes permettre la réception des émissions puissantes provenant de stations locales ou particulièrement importantes sans risque de distorsion ou de brouillage, on adapte en avant de la première lampe d’entrée haute fréquence ou même changeuse de fréquence un dispositif d’accord et de filtrage spécial dont le rôle est en réalité double ou même triple et auquel on donne maintenant le nom de présélecteur, parce qu’il a pour mission de produira une sélection en quelque sorte préliminaire avant le passage des courants haute fréquence amplifiés dans les circuits de liaison du poste.
- Ce présélecteur doit donc produire un effet sélectif suffisant.
- C’est ainsi un système d’accord particulier, mais il doit permettre autant que possible de faire varier l’intensité des courants haute fréquence qui parviennent à la lampe d’entrée, par variations de couplage du circuit d’antenne. De plus, on lui demande souvent aujourd’hui de se prêter à la réalisation, dans les meilleures conditions possibles, d’un réglage unique des circuits d’accord et de résonance ou d’accord et de changement de fréquence.
- Ce système doit, enfin, débarrasser le plus possible les courants haute fréquence incidents de tous les brouillages à haute fréquence qui sont incorporés et qui proviennent, soit des parasites industriels, soit des émissions radiophoniques de longueur d’onde voisine de celle désirée.
- Le principe des présélecteurs n’est nullement nouveau, mais il a été mis à l’ordre du jour par l’évolution de la construction des postes.
- Il y a déjà longtemps (Voir n° de septembre 1931, la modernisation des postes de T. S. F.) qu’on a voulu réaliser des circuits-filtres pouvant se monter en avant d’un poste récepteur quelconque de sélectivité insuffisante, en vue d’accroître
- sensibles qui cependant puissent
- Courant haute fréquence + brouilleur basse fréquence
- La transmodulation.
- Fig. 2,
- Lorsque le courant haute fréquence appliqué sur la grille de la lampe d’entrée est accompagné d’un courant basse fréquence, le courant de plaque haute fréquence est modulé par cette composante basse fréquence parasite.
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- V
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- Blindage
- C
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- vf J de lai1?lampe
- Vers la cathode
- Fig. 3. — La forme la plus simple du pré-sélecleur passe-bande à liaison par capacité.
- LL' bobinages primaire et secondaire. — CC' condensateurs variables identiques accouplés à un accord unique, C, condensateur de liaison entre les deux circuits.
- cette sélectivité sans modification du montage intérieur du poste.
- Ces circuits - bou -chons, constitués par des bobinages avec des capacités variables qui agissaient soit directement, soit par absorption avec prise variable d’antenne, étaient assez efficaces et ils sont d’ailleurs encore utilisés au-cas.
- de modifier le
- jourd’hui dans de très nombreux
- Ils présentent cependant l’inconvénient réglage du poste, de le compliquer, de diminuer la sensibilité de l’appareil, quelquefois de produire des déformations acoustiques, et surtout de ne s’opposer, en principe, qu’aux brouillages produits par une seule bande de courant haute fréquence parasite.
- Le problème actuel est d’éliminer à volonté, moyennant un réglage extrêmement simple, toute bande de fréquences radiophoniques correspondant à une émission donnée et uniquement cette bande de fréquence. C’est là ce qu’on appelle un circuit passe-bande, et nous avons également indiqué dans nos chroniques de radiophonie les principes de ce circuit.
- Le circuit passe-bande idéal et qui laisserait passage uniquement à la bande des fréquences utiles serait un dispositif assez complexe; aussi en pratique peut-on se contenter d’employer des montages assez simples qui permettent d’obtenir des résultats approchés parfaitement suffisants.
- Le plus simple des montages de ce genre est constitué par un tesla à deux circuits primaire et secondaire formés par un bobinage et une capacité variables identiques et qui pourraient être couplés par induction, par inductance ou par résistance, mais qui sont généralement couplés par capacité, comme le montre la figure 3, en prenant des précautions pour faire varier cette capacité suivant la bande des fréquences considérée.
- Un tel système ne pei'met pas sans doute d’obtenir la courbe idéale rectangulaire qui caractériserait un filtre passe-bande parfait, mais on obtient une courbe dite en dos de chameau parce qu’elle présente deux dents symétriques avec un creux médian et qui est représentative d’un résultat amplement suffisant. Les deux condensateurs variables du circuit identiques peuvent être commandés par un même bouton moletté qui peut
- Fig. 4. — Disposition schématique du présélecteur monté dans l’appareil Philips 730.
- Fig. 5. — Schéma de montage du poste Philips 730.
- Deux lampes HF à écran avec présélecteur d’entrée. Première liaison HF à résonance; 2e liaison semi-apériodique. Détectrice à forte pente. — Première lampe BF : triode, liaison résistance-capacité. Lampe de sortie : trigrille de puissance.
- également commander le circuit de liaison haute fréquence du poste ou le dispositif de changement de fréquence, de sorte qu’on réalise ainsi un système d’accord unique très intéressant au point de vue pratique.
- Il faut, bien entendu, éviter tout couplage direct par induction entre les différents bobinages, de sorte qu’il est nécessaire d’utiliser des écrans et d’effectuer un sérieux blindage du système.
- C’est à un tel dispositif passe-bande, dont le principe est, comme nous le voyons, déjà bien connu, qu’on a donné le nom de présélecteur; par l’efficacité du fdtrage obtenu on évite l’apparition des phénomènes de transmodulation tandis que la facilité de réglage peut éviter l’apparition de la surmodulation. D’ailleurs, les dispositifs additionnels à résistance permettent généralement d’atténuer l’intensité du courant
- Fig. 6. — Le poste Philips 730.
- Ensemble de l’appareil sous la forme Midget et détails du châssis blindé.
- HFàemii f t&8F
- Valve HFè écran Trijiilk dmrtiè
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- incident et aussi de diminuer l’influence des parasites industriels trop violents.
- De tels dispositifs sont maintenant employés très souvent sur des appareils industriels, soit sous forme de dispositifs séparés s’adaptant plus ou moins facilement à des appareils déjà réalisés, soit incorporés à des montages complets.
- Ainsi, il existe maintenant des blocs de changement de fréquence comportant des dispositifs de réglage unique disposés sous forme de présélecteurs et permettant de réaliser à la fois l’accord et le changement de fréquence au moyen d’un bouton unique de réglage; mais, comme nous l’avons montré, c’est surtout dans les postes à amplification haute fréquence directe que l’usage d’un dispositif présélecteur apparaît comme intéressant et, par exemple, ce système a été employé dans l’appareil Philips 730 le plus récent, qui apparaît bien comme le type de récepteur le plus moderne à amplification haute fréquence directe.
- Ce poste-secteur comporte 5 lampes, soit deux étages à haute fréquence à lampes à grille écran du type à forte pente, une lampe détectrice de puissance, un premier étage basse fréquence et un deuxième équipé avec une lampe grille puissance.
- Pour augmenter la sélectivité du dispositif, ce qui est d’autant plus indispensable que seul le premier étage est à résonance, on emploie un système présélecteur constitué par un filtre de bande à couplage par capacité, ce qui permet d’éliminer autant que possible les inconvénients acoustiques provenant de l’emploi des lampes à fort coefficient d’amplification (fig. 4).
- La première lampe est couplée avec la suivante du même type au moyen d’un circuit anodique accordé avec dérivation pour réduire la charge sur la bobine. Les circuits ont été étudiés de manière à réduire au minimum les pertes électriques (fig. 5).
- L’amplification produite par les deux lampes en cascade dont la pente de la caractéristique atteint 1,7 milliampère-mètre par volt est très considérable, ce qui permet sans inconvénient l’utilisation du système présélecteur et du réglage unique dont le rendement, malgré toutes les précautions, est forcément toujours un peu inférieur.
- Le deuxième étage semi-apériodique est réalisé avec un couplage par bobine de réactance, ce qui diminue les inconvénients dus à l’emploi des deux lampes à cascade en ce qui concerne les difficultés de réglage.
- La détection est effectuée, comme nous l’avons indiqué, suivant le principe de la détection de puissance par la grille. La lampe à forte pente est couplée au moyen d’une résistance et d’une capacité à une première basse fréquence triode reliée de même à une trigrille de puissance.
- Le circuit de grille du premier étage basse fréquence comporte un condensateur jouant le rôle de filtre de tonalité, ce qui permet à volonté de supprimer les notes musicales aiguës.
- Pour obtenir, d’ailleurs, l’accord unique, quelle que soit la longueur de l’antenne employée, généralement très courte, il faut réduire au minimum l’influence de la capacité de cette antenne. On obtient ce résultat au moyen d’un compensateur monté en parallèle aux bornes du condensateur fixé en série sur l’antenne. .
- Afin de permettre un groupement de tous les organes du poste et du haut-parleur dans une ébénisterie de dimensions relativement réduites, un blindage soigneux a dû être effectué et les ampoules des lampes à écran sont métallisées. D’autre part, les condensateurs variables sont extrêmement réduits, et ont les dimensions d’une boîte d’allumettes de poche. Les enroulements destinés aux ondes courtes sont en fil toronné, tandis que pour les ondes longues, ils se présentent sous la forme de bobines en galettes (fig. 6).
- Fig. 7. — Courbes de sélectivité du poste Philips pour les fréquences élevées (ondes courtes) et les^fréquences basses (ondes moyennes).
- La commutation des longueurs d’onde s’effectue avec le même bouton que la syntonisation, suivant une échelle graduée en longueurs d’onde, gravée sur un tambour de repère éclairé et le bouton de réglage de l’intensité sonore commande, en fin de course, l’interrupteur de réseau.
- Les courbes des figures 7 et 8 indiquent la sélectivité et la fidélité du système pour la réception d’émissions de différentes longueurs d’onde. On les a obtenues de la façon suivante : un générateur de signaux haute fréquence modulés est connecté, d’une part à l’appareil que l’on étudie, et
- Fig. 8. — Courbes de fidélité acoustique du poste Philips 730 pour les ondes courtes et les ondes moyennes.
- 25 50 100 200 500 1000 2000 5000 10000 c/s
- 1000 c/s
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- d’autre part, à une antenne artificielle reliée à l’autre extrémité de l’appareil.
- Cette antenne se compose d’une résistance de 25 ohms, d’un bobinage de 20 microhenrys et d’un condensateur de 200 microfarads monté en série. On mesure la tension aux bornes du haut-parleur pour une charge de 7500 ohms, au moyen d un voltmètre thermionique (fig. 9).
- Pour déterminer les courbes de sensibilité, on produit des signaux haute fréquence modulés à 30 pour 100, à la fréquence constante de 400 périodes par seconde, et le réglage s’effectue jusqu’à ce qu’après syntonisation du récepteur, on obtienne une tension de 19,36 volts. Pour obtenir ce résultat, il a fallu utiliser une certaine tension haute fréquence exprimée en microvolts et cette tension est considérée comme définissant la sensibilité du poste (fig. 10).
- Pour obtenir les courbes de sélectivité, on fait varier la fréquence de l’oscillateur de part et d’autre du réglage exact, et on règle la fréquence des signaux incidents de différentes manières au-dessus et au-dessous de la fréquence de résonance, de telle sorte qu’on obtienne toujours la tension précédente de 19,36 volts, avec le même pourcentage de modulation, et la même fréquence musicale de modulation.
- On détermine ainsi deux tensions d’entrée respectivement pour le récepteur syntonisé et désyntonisé, ce qui donne une expression de la sélectivité.
- Pour obtenir les courbes de fidélité acoustique, on règle exactement le récepteur, et on détermine la tension haute fréquence d’entrée de manière à réaliser à la sortie une tension de 19,36 volts, aux bornes de la résistance. On modifie alors la fréquence de modulation, et on mesure la tension aux bornes de cette résistance en fonction de la fréquence musicale. Le rapport entre la puissance mesurée pour chaque fréquence et la puissance pour la fréquence étalon de 400 périodes-seconde, donne une idée exacte de la fidélité.
- D’après les courbes indiquées, on peut s’apercevoir que la sensibilité de cet appareil est très satisfaisante sur toute la gamme des longueurs d’onde, et que jusqu’à 4000 périodes, la fidélité est bien conservée.
- Cette fidélité est maintenue par l’emploi d’un bon haut-parleur électrodynamique à excitation par aimant permanent, ce qui évite la nécessité de faire traverser son enroulement par un courant de haute tension redressé et filtré, et ce qui permet donc d’employer une valve de redressement de modèle plus réduit.
- P. Hémardinquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits
- Poste 730, Philips, 5, cité Paradis, Paris.
- Présélecteurs, Établissements Gourma, 21, rue Dautancourt, Paris.
- Établissements Hewittic, 11, rue du Pont à Suresnes (Seine).
- 2000 1500 1200 1000 857 750 m
- 400 kc/s
- 500 375 300 250 214/77
- Fig. 10 .—- Comment varie la sensibilité du poste pour les ondes moyennes et les ondes courtes.
- Les échelles horizontales supérieures indiquent les fréquences et longueurs d’onde correspondantes.
- Générât fur de signaux haute fréquence modulés Poste a étudier
- Fig. 9. — Montage utilisé pour l’étude d’un poste récepteur radiophonique.
- EMPLOI DES CHARBONS ACTIVÉS EN SUCRERIE
- On sait qu’une des dernières phases de la fabrication du sucre conduit à l’obtention d’un sirop visqueux fortement coloré et que l’on décolore par les charbons actifs. Ceux-ci se préparent soit par voie chimique, soit par voie physique et constituent ainsi deux grandes classes.
- Les charbons de la première classe sont obtenus en imprégnant du bois avec du chlorure de zinc (carboraffme), ou en imprégnant de la tourbe avec de l’acide phosphorique, et en calcinant à l’abri de l’air.
- Les charbons de la deuxième classe sont obtenus en décomposant à l’abri de l’air du bois, ou en envoyant sur du charbon de bois chauffé au rouge de la vapeur d’eau de manière à former un gaz à l’eau et un charbon excessivement poreux
- Comme on le voit, les charbons de la seconde catégorie sont exempts de composés chimiques acides ou autres.
- Pour décomposer les jus sucrés au moyen des charbons activés, on procède soit par le procédé de filtration, soit par le procédé par contact.
- Dans le procédé de filtration, on place sur une surface filtrante une couche de 5 à 20 centimètres d’épaisseur de charbon actif que l’on fait traverser par les jus sucrés. Ce procédé n’est pas très pratique, car le filtre est rapidement colmaté
- et on doit arrêter souvent la filtration pour nettoyer le filtre. Aussi ce procédé est-il de moins en moins utilisé, et il à cédé le pas au procédé par contact.
- Celui-ci consiste à agiter la solution à décolorer avec la quantité nécessaire de charbon activé réduit en poudre. Après un temps de contact déterminé, on envoie le mélange sur un filtre-presse, afin de séparer le charbon du jus clarifié et décoloré.
- Dans ce cas, les impuretés colorant le jus sont réparties, non plus seulement sur les points de filtration, mais sur toute la masse du corps absorbant, car elles ont eu toutes facilités pour diffuser à l’intérieur de celui-ci pendant la décoloration.
- Les charbons activés sont regénérables, c’est-à-dire que l’on peut leur rendre une partie de leur pouvoir décolorant initial en détruisant les impuretés qui saturent leur capacité d’absorption. On peut les regénérer en les traitant soit par des solutions alcalines, soit par des solutions acides, puis en les calcinant dans des cornues de manière à détruire les matières organiques qu’ils contiennent.
- Lorsqu’il s’agit de choisir un charbon décolorant, il y a lieu d’acheter un charbon à grande surface de contact. Certaines maisons livrent des charbons activés ayant une surface de 1000 mètres carrés par gramme de charbon. H. Soyer.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ANTHROPOLOGIE Un nouvel homme fossile à Java.
- Les découvertes d’ossements d’hommes préhistoriques se précipitent : après l’homme de Chou-Kou-Tien ou sinanthrope, après l’homme de Palestine découvert au flanc du Mont-Carmel, voici qu’à Java, berceau du célèbre Pithécanthrope, de Dubois, on vient de découvrir des restes appartenant à une espèce d’homme fossile fort ancienne, mais cependant plus récente que le Pithecanthropus erectus de Dubois.
- La découverte a été faite par M. C. Ter llaar. Elle est relatée par M. F. F. Oppenoorth dans les publications officielles du Service géologique de Java et résumée dans Nature de Londres.
- Au cours d’investigations sur des dépôts pliocènes et pléistocènes, dans la vallée de la rivière Solo, on a découvert à Ngandong, dans un lit d’ossements, une boîte crânienne et des fragments d’une autre boîte. Ce gisement se trouve à un peu plus de 30 km de celui du Pithécanthrope.
- La boîte crânienne ainsi découverte paraît d’un type plus moderne que le Pithécanthrope. Elle se rapproche davantage de celle de l’homme du Néanderthal ou du crâne de Rho-désie, tout en étant d’un modèle plus primitif et sans doute plus ancien. On a proposé pour cette nouvelle espèce de la famille humaine le nom de Homo Soloensis.
- HISTOIRE DES SCIENCES La statue de Ch. Bossut.
- Bossut, le mathématicien dont M. E. Doublet relatait ici même la féconde et utile carrière, vient de recevoir l’hommage du village où il naquit voici plus de 200 ans. Tartaras, village du canton de Rive-de-Gier (Loire) a en effet, le 5 juin dernier, inauguré un buste de bronze à la mémoire de son plus célèbre enfant.
- PHYSIQUE DU GLOBE Le tremblement de terre du Mexique.
- Le 3 juin dernier, un très violent tremblement de terre a ravagé une partie du Mexique. Les villes de Colima, Guada-lajara et Manzanillo, situées à quelque 460 km à l’ouest de Mexico ont été particulièrement éprouvées. Dans la première on signale 17 morts; dans la seconde et dans son voisinage on signale une trentaine de victimes. Manzanillo, situé sur la côte du golfe du Mexique à 56 km à l’ouest de Colima, paraît avoir subi les effets d’un raz de marée et avoir beaucoup souffert.
- L’épicentre du séisme se trouverait, d’après le bureau séismologique du Mexique, à 640 km environ de la capitale; il semble qu’il soit sous-marin, et que le foyer se trouve à une profondeur considérable.
- ÉLECTRICITÉ
- Les câbles à haute pression.
- On a constaté que les câbles électriques, soumis à une pression élevée, présentent des qualités nettement supérieures aux câbles ordinaires. Un câble à 25 lcilovolts devient alors, pour ne citer qu’un exemple, l’équivalent d’un câble à 60 kilovolts; son isolement est presque indépendant des fluctuations de température, il supporte, sans inconvénient, une température de 70 ou même de 85 degrés C. Cette supériorité s’explique par l’absence de toutes cavités qui, autrement, pourraient se produire dans la matière isolante sous l’influence d’une température variable.
- Fig. 1.— Coupe d’un câble à haute pression.
- On introduit les câbles dans des tubes d’acier les protégeant contre les dégâts mécaniques et dont le diamètre intérieur ne dépasse que de 10 à 20 cm le diamètre extérieur du câble ; les couches en jute employées pour l’isolement de ce dernier dans les
- câbles ordinaires sont superflues, il suffit de le garantir par une armature en fils plats.
- On remplit les tubes d’acier d’azote comprimé à 15 atmosphères; ce gaz se recommande par l’absence de toute action chimique, sa parfaite innocuité et son bon marché. Etant donnée l’étanchéité des conduites, la consommation de ce gaz est pratiquement nulle.
- Les tubes d’acier se soudent ensemble, en sections individuelles de 10 à 20 m, de façon à former des conduites parfaitement étanches d’environ 100 m de longueur, qu’on pose facilement dans des fosses creusées à cet effet. Les soudures sont garnies d’une matière anticorrosive; des gorges d’expansion protègent les conduites contre les tensions dues aux variations de température. La liaison des sections de 100 m se fait au moyen de manchons protégés par des tubes superposés.
- Des essais spéciaux ont fait voir que les enveloppes de plomb ont une durée, pour ainsi dire, illimitée; des alternances de volume correspondant à des variations de température de plus de 75 degrés, renouvelées plus de 10 000 fois de suite, n’exercent sur elles aucun effet nuisible.
- D’autre part, la dispersion de chaleur est de 20 pour 100 meilleure que dans le cas d’un câble ordinaire, étant donnée la grande surface
- de rayonnement thermique et le contact thermique entre le câble et le tube qui, en raison de la bonne conductivité calorifique du gaz comprimé et de l’absence des couches isolantes en jute, est excellent.
- L’invention de ces câbles à haute pression permet la pose de câbles, dans les distributions de courants électriques sous tension élevée, dans des conditions économiques bien meilleures qu’auparavant,
- A. Gradenwitz.
- Fig. 2. — Pose d’un câble à haute pression.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Les grandes inventions françaises, par A. Boutaric.
- 1 vol., 407 p. Les Éditions de France, Paris, 1932, Prix : 25 fr.
- Cet ouvrage, dit l’auteur, aurait pu être plus justement intitulé : » De la part prise, depuis l’avènement de la IIIe République, par les savants et techniciens français dans l’établissement des grandes inventions qui ont le plus contribué aux progrès des arts et au bien-être de l’humanité #. Ces quelques lignes indiquent clairement l’esprit dans lequel a été conçu cet intéressant ouvrage. L’examen impartial auquel se livre ici M. Boutaric montre qu’il est inutile de forcer la vérité pour attribuer, comme on le fait trop souvent, à nos inventeurs, des paternités auxquelles ils n’ont pas droit; la part qui leur revient est assez vaste et belle pour faire honneur à notre pays, et il faut être reconnaissant à M. Boutaric de rappeler certains noms, que Je grand public laisse injustement tomber dans l’oubli : Marcel Deprez, le promoteur du transport de force à distance par l'électricité; Four-neyron, le créateur de la turbine hydraulique; Moueliot et ses appareils à capter la chaleur solaire; Beau de Rochas, théoricien du moteur à quatre temps; Fernand Forest, qui adapta ce moteur à la locomotion; Louis Clerc, créateur du four électrique; Vaschy, l’électricien; Bourseul, précurseur de la téléphonie; Roussin, inventeur des colorants azoïques; Brustlein, créateur des aciers rapides, etc. A ceux-là, comme à d’autres plus illustres ou plus connus parce que voisins encore de nous : G. Moissan, Tellier, G. Claude, Branly, Rateau, Planté, Renard, Ader, Dupuy de Lôme, Zédë, Chardonnet, Lumière, etc., l’auteur sait, en peu de mots, rendre exacte justice.
- L’atomistique moderne et la chimie, par M. iiaïs-
- sinsky. Édition française modifiée et augmentée par l’auteur.
- 1 vol. 386 p., 47 fig. G. Doin, Paris, 1932. Prix : 110 fr.
- L’auteur nous donne ici la traduction et l’adaptation d’un ouvrage dont l’édition originale est italienne : il y donne un exposé clair et documenté de l’état actuel de nos connaissances sur l’architecture de l’atome, telle que les physiciens la conçoivent après les récentes découvertes de la radioactivité, des quanta, des spectres de rayons X, des isotopes, etc. La notion atomique a d’abord pris naissance en chimie, et n’a pas été adoptée sans résistance par les physiciens. Aujourd’hui les conceptions nouvelles de l’atome réagissent à leur tour sur le développement de la chimie : et c’est dans le domaine chimique que certaines des théories les plus hardies de la physique moderne trouvent leur plus nette et leur plus imprévue vérification. L’auteur expose la théorie de la valence de Kossel, puis celle de Born-Landé, il montre comment la physique permet d’aborder, par divers moyens, le problème de la structure moléculaire ; il discute le mécanisme des réactions chimiques, ainsi que celui de la catalyse et de l’adsorption. Il montre enfin les intéressantes applications et les surprenantes vérifications que la mécanique ondulatoire de Schrôdinger, de Broglie et les récentes théories dites « statistiques quantiques » ont trouvées dans le domaine de la chimie proprement dite.
- Cet ouvrage de synthèse, qui groupe d’une façon originale et vivante la plupart des acquisitions récentes de la physique, constitue une parfaite initiation à l’étude de cette science, en même temps qu’un précis des plus utiles.
- Report of the Committee on Hydrodynamics,
- par Hugh L. Dryden, F. D. Murnaghan et H. Bateman. 1 vol.
- 634 p., publié par The National Research Council of the National
- Academy of Sciences, Washington D. C., 1931. Prix : 4,5 dollars.
- Cet important volume a pour objet d’indiquer le point où est parvenue aujourd’hui l’hydrodynamique théorique. C’est un résumé, très logiquement ordonné, des travaux essentiels sur cette branche de la science qui a provoqué déjà tant d’efforts. Il semble bien que les auteurs n’ont omis aucune contribution importante. Leur ouvrage n’est du reste pas une simple compilation bibliographique; les auteurs, au contraire, se sont proposé de faire saisir le caractère général des théories dont l’hydrodynamique est l’objet ainsi que les résultats principaux auxquels elles ont abouti. Ils sont obligés de glisser rapidement sur le détail de certaines démonstrations, mais ils font nettement ressortir leur esprit. Le livre est divisé en 4 parties : dans la première est exposée d’abord la théorie classique du fluide parfait, avec les développements que lui ont donnés récemment Joukowski, Blasius et Prandtl; puis l’étude de la viscosité avec les résultats essentiels donnés par l’expérience. La seconde partie est consacrée au mouvement du lluide incompressible visqueux; la troisième à l’écoulement turbulent et aux formules empiriques de l’hydraulique; la quatrième partie traite du mouvement des fluides visqueux compressibles et de l’écoulement des gaz. Cet ouvrage qui groupe, sous un volume relativement réduit, les résultats d’un nombre immense de travaux, pourra servir de guide dans ce domaine de la science et à cet égard rendra aux travailleurs d’inestimables services.
- Résistance des matériaux appliquée à la construction des
- machines et à l’architecture industrielle. (4e édition revue et aug-
- mentée), par G. Gilton. I vol., 704 p., 085 lig. dont 10 hors texte. J. Wattiaux éditeur, 3, passage de la Bourse, Charleroi. Prix : broché, 98 fr.
- Encore un excellent ouvrage qui nous vient de Belgique; les traités élémentaires de résistance des matériaux sont nombreux et en général se ressemblent beaucoup les uns aux autres. Celui de M. Gilton a un caractère original et pratique destiné à lui assurer un vif succès auprès de tous les lecteurs qui étudient cette branche des sciences appliquées, non en vue d’examens scolaires, mais pour effectuer réellement des calculs aboutissant à des constructions. L'auteur ne fait, au cours de ce gros volume, appel qu’à dés mathématiques élémentaires; il arrive cependant à pousser à fond l’étude des questions qu’il aborde; à cet effet il recourt très fréquemment à des représentations graphiques qui parlent aux yeux. Chaque chapitre est accompagné d’exemples empruntés à la pratique industrielle et poussés jusqu’au calcul numérique.
- L’ouvrage comprend une première partie exposant très clairement, en quatre chapitres, les principes essentiels de la statique; puis il aborde l’étude générale de la traction, de la compression, du glissement, de la torsion et de la flexion, qu’il éclaire par de nombreuses applications à divers organes de machines. Viennent ensuite le calcul des arcs, des poutres à béquille, l’étude des solides d’égale résistance, celle des ressorts, des pièces chargées en bout, et des plaques; l’ouvrage se termine par la théorie et la pratique des systèmes triangulés.
- The measurement of hydrogen ion concentration, par Julius Grant. 1 vol. in-8, 159 p., 24 fig. Longinans, Green and Co, London, 1930. Prix : cartonné toile, 9 sh.
- La détermination du pH des solutions s’est montrée si riche de conséquences théoriques et pratiques qu’elle est devenue un procédé tout à fait général d’analyse et de contrôle. En ces dernières années, toute une série d’ouvrages a été consacrée à ses principes et à ses multiples applications. En voici un nouveau qui est très didactique. Il expose successivement la théorie de la dissociation, les méthodes électrométriques et colorimétriques de mesure du pH, en indiquant leurs détails pratiques, leurs limites et leurs causes d’erreurs. Puis il montre les nombreuses applications trouvées en agriculture, en analyse chimique, en biologie, dans l’étude des couleurs, des fermentations, des aliments, du cuir, du papier, des produits pharmaceutiques, des métaux, des eaux, etc. Il se termine par une série de tableaux commodes pour les calculs et corrections.
- Plaice investigations in Icelandic waters, par
- A. Vedel Taoning. I vol. in-4, 143 p., 22 fig. Bianco Luno, Copenhague.
- La plie est un des poissons les plus abondants dans la mer du Nord; sa pêche est économiquement une des plus importantes après celle du hareng. Depuis quelques années, les expéditions du Dr Johs Schmidt autour de l’Islande ont montré la fertilité de ses eaux et les chalutiers y viennent maintenant chercher la plie aussi bien que la morue. L’auteur a donc étudié les caractères de la plie islandais, sa ponte, ses migrations, l’arrivée des jeunes sur le fond, leur croissance, leur abondance selon les années. Ce travail présenté au Conseil permanent international pour l’exploration de la mer est un nouvel exemple de l’excellence des méthodes océanographiques danoises.
- La vision des couleurs, par G. Ovio. 1 vol. in-8, 457 p., 129 fig., 19 pl. en couleurs. Félix Alcan, Paris, 1932. Prix : 100 fr.
- Le directeur de la clinique oculistique royale de Rome a écrit là un maître livre, si bien pensé, si bien écrit, si clair, qu’il se lit avec intérêt de bout en bout. L’auteur a su débarrasser le sujet de tout appareil mathématique et réussir une série de démonstrations élémentaires, appuyées de schémas en couleurs qui le rendent accessible à tous. Dans une première partie physique, il définit la lumière et les couleurs et examine les diverses manières d’en produire : interférences, diffraction, réfraction, polarisation, pigments. Dans une deuxième partie physiologique, il étudie la vision, ses théories, les essais de classification, les phénomènes de Purkinje, de contraste, d’harmonie, le daltonisme. Le tout forme un traité parfait pour tous ceux que « le monde des couleurs » intéresse.
- Traité de l’amélioration des viandes par voie artérielle, par le Dr A. Gauducheau. 1 broch. in-8, 41 p., 8 fig. Vigot frères, Paris, 1932.
- Sous le nom d’intrasauces, l’auteur a imaginé un perfectionnement culinaire qui consiste à injecter dans les viandes des corps gras, des assaisonnements pour corriger ou changer le goût des plats préparés. L’effet obtenu est nouveau et agréable.
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- PETITES INVENTIONS
- GÉOMÉTRIE
- Division d’un angle quelconque en trois parties égales.
- M. P. Brénier, professeur à Marseille, a imaginé une méthode et un appareil simples pour effectuer la trisection d’un angle quelconque.
- Description. — L’appareil se compose d’un compas à deux branches, comme l’indique la ligure 1, articulées au point O. Ce compas est destiné à se mouvoir dans le plan de l’angle à diviser. La branche OBCD se compose de la partie OB égale à OA, prolongée par une réglette CD qui porte 2 traits a et b dont la distance ab — OA = OB.
- En B est une pointe dégagée; en A est une petite aiguille
- Fig. 1 (à gauche).— Compas à deux branches pour la trisection de l’angle. Fig. 2 (à droite). — Utilisation du compas.
- située sous la branche et destinée à piquer le papier. La direction DC passe par B et O.
- Usage. — Proposons-nous de diviser l’angle XMY en trois parties égales (fig. 2). On prend sur MX une longueur MN égale à OA et par le point N on trace NP perpendiculaire à MY. Cela fait, on place le compas sur la feuille où est l’angle, l’aiguille A piquant le point N. On maintient, de la main gauche, l’aiguille sur N et on agit sur l’autre branche, à l’aide de la main droite, de façon que la pointé B se meuve sur PN. Dans ce mouvement, la réglette CD balaie le plan de la figure; quand cette règle touche le point M, on arrête le mouvement et on trace sur le papier la ligne DMC. La direction de cette ligne est telle que l’angle NMC est le double de l’angle CMP. II ne reste plus qu’à tracer la bissectrice de NMC pour avoir divisé l’angle en 3 parties égales.
- Démonstration. — Figurons le compas par des lignes
- droites (lig.3). Le triangle AMO est isocèle.
- L’angle AOB = l’angle NMB; menons la bissectrice de l’angle AOB, soit OE ; cette ligne est parallèle à MY puisque le triangle AOB est isocèle, il s’ensuit que l’angle EOB est égal à OMY comme alterne - in terne, mais F.OB est la moitié de NMC. Donc l’angle CMP est égal à la moitié de l’angle NMC.
- Fig. 3. — Explication de la trisection.
- OBJETS UTILES
- Travailleuse portative.
- La travailleuse, on le sait, est un petit meuble où les dames rangent tout ce qui est nécessaire aux travaux de couture ou de broderie dont elles remplissent leurs loisirs. Il en existe de tous modèles, et de toutes formes. On s’ingénie à rendre élégants et pratiques ces compagnons indispensables de la vie quotidienne de la maîtresse de maison.
- En voici un modèle nouveau, qui figurait au dernier Salon des Arts ménagers. Il nous a paru très pratique et fort ingénieux. Il a en outre l’avantage d’être d’un prix très modéré.
- Le meuble en bois blanc dans les modèles bon marché, en noyer ou acajou dans les modèles plus luxueux, contient une double série de casiers-tiroirs superposés. Ils sont reliés les uns aux autres par des brides pivotant autour des points de fixation; de sorte que lorsqu’on tire sur le tiroir supérieur, par exemple, tous les tiroirs d’une même série glissent longitudinalement les uns sur les autres, chacun découvrant le tiroir immédiatement inférieur. On aperçoit ainsi d’un seul coup le contenu de chaque casier.
- Si on pousse en sens inverse, tout se referme, et le meuble est alors d’encombrement fort réduit.
- En dessous des casiers est montée une corbeille en étoffe pour recevoir les travaux en cours; celle-ci est également à glissière; on la tire à soi pour y prendre ou y remettre un ouvrage; repoussée sous le meuble, quand elle n’est plus utile, l’encombrement est réduit au minimum.
- Le meuble est également muni d’une poignée qui permet de le transporter aisément d’une pièce à l’autre.
- Fabricant : Société des Anciens Établissements Tranchepain et Plasy, 29, rue des Quatre-Ruelles, à Montreuil-sous-Bois (Seine),
- Fig. 4. — Travailleuse porlalive.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Adresses relatives aux appareils décrits:
- Câbles à haute pression : Felten et Guilleaume Carlswerk, à Cologne-Muelheim.
- Installation d’un poste récepteur à galène.
- Il est probable qu’un poste à galène, bien établi, avec une antenne intérieure d’une dizaine de mètres de longueur bien isolée, vous permettra d’avoir une bonne audition des émissions de la nouvelle station de Radio-Toulouse, qui se trouve à une dizaine de kilomètres de votre maison.
- La descente du poste doit être connectée du côté des stations dont on désire recevoir les émissions, c’est-à-dire que le poste récepteur doit être placé dans la direction de la station d’émission.
- Il y a intérêt à avoir une antenne aussi bien isolée que possible, c’est-à-dire assez bien écartée des murs. Dans ces conditions, et, étant donné la faible largeur du corridor dans lequel vous voulez la disposer, il nous semble difficile de réaliser une antenne à plusieurs brins. Vous pouvez donc employer une antenne unifilaire réalisée avec du fil de cuivre ou de bronze de 12/10 à 20/10 de mm de diamètre, ou encore avec un de ces rubans métalliques tressés ou non que l’on trouve maintenant dans le commerce pour un prix modique.
- Il ne saurait être question de recevoir les émissions en haut-parleur dans ce cas; puisque les relais microphoniques ne donnent pas de bons résultats, il faudrait employer un étage d’amplification à lampes.
- Le poste récepteur à galène est extrêmement simple puisqu’il ne comporte qu’une galène, un système d’accord et des récepteurs téléphoniques. Puisque vous désirez seulement recevoir dans les meilleures conditions possibles une émission locale, il n’y a aucun intérêt à utiliser un système d’accord sélectif et le montage en direct avec un seul bobinage en nid d’abeille à broches, par exemple, et condensateur variable d’accord en parallèle est celui qui convient le mieux. Il faut seulement employer un détecteur à galène à cristal sensible, par exemple à cristal de galène sensibilisé artificiellement, et muni d’un chercheur en spirale à pointe très acérée, à orientation et à pression facilement réglables.
- Réponse à M. le Dr Fedou, à Saint-Simon (Haute-Garonne).
- Horaire des signaux de la Tour Eiffel.
- Nous avons publié plusieurs fois dans La Nature des tableaux indiquant l’horaire complet des transmissions radiotélégraphiques et radiophoniques de la Tour Eiffel, mais nous avons cessé cette publication régulière parce que le nombre des sans-filistes s’intéressant aux communications radiotélégraphiques et aux signaux horaires est devenu relativement restreint par rapport au nombre des auditeurs de radiophonie.
- Vous pourrez donc trouver des renseignements complets sur l’horaire des signaux de la Tour Eiffel dans des journaux spécialisés, et, en particulier, croyons-nous, dans la Revue Radio-Magazine, 61, rue Beaubourg, à Paris, ou T. S. F. Programmes, 9, cité Paradis, à Paris.
- La revue l’Onde Electrique, 40, rue de Seine, à Paris, a également publié des tableaux de l’horaire des signaux scientifiques de la Tour Eiffel. Réponse à M. Monnerot-Dumaine, à Villebrumier.
- Usage des cellules au sélénium.
- Nous avons fait paraître des articles détaillés sur la construction et les emplois des cellules au sélénium. La fabrication de ces cellules est, d’ailleurs, extrêmement délicate, et il y a peu de constructeurs spécialisés qui aient réussi à établir des cellules sensibles conservant des caractéristiques invariables pendant longtemps.
- Nous pouvons vous indiquer le constructeur spécialisé suivant, qui a d’ailleurs déjà été cité dans l’article consacré spécialement aux cellules au sélénium en France:
- Établissements André Rio, 26, rue Vauquelin, Pans (6e).
- Réponse à M. Serres, à Toulouse (Haute-Garonne).
- De tout un peu.
- IVl. Royer à Rueil. — Le Manuel pratique de galvanoplastie et dépôts électrolytiques de Brochet, éditeur Baillière, vous donnera toutes indications utiles pour la réussite du nickelage.
- L’Essor agricole à Prades. — Les ciments Sorel ne conviendraient pas pour revêtir un vieux parquet en bois, car les mouvements de dilatation et contraction de celui-ci amèneraient des fissures; ces revêtements ne peuvent être appliqués que sur liourdis de mortier ou ciment.
- IVl. Soumet à Rochefort. — S’il s’agit réellement d’un enduit au caoutchouc, le moyen le plus simple de dosage de celui-ci est la destruction du tissu-support par macération d’une journée à froid dans un bain d’acide sulfurique à 52° Baumé. Après lavage abondant et séchage à l’air, vous aurez le poids de caoutchouc
- M. H. Gilly à Boufarik (Algérie). — Vous trouverez dans le Manuel des Fabricants d’alcools de Barbet et Arachequesne une documentation très complète sur l'épuration chimique des alcools. Éditeur, Gauthier-Villars, 53, quai des Grands-Augustins.
- A signaler également comme application récente, l’addition de poudre d’aluminium, d’abord en solution acide pour réduire les aldéhydes, ensuite en solution alcaline pour qu’à la rectification il y ait saponification des esthers. Quant aux alcools supérieurs, ils restent dans la chaudière. Brevet français Heuclin, n° 713.661 du 23-3-1931.
- IVl. Reigada à Arriondas. — Le peu de place dont nous* disposons ne nous permet pas de traiter la question si étendue des réactions caractéristiques des acides et des bases, le mieux est de vous procurer les Tableaux d’analyse chimique qualitative de Caron et Raquet, édités par Vuibert, 63, boulevard Saint-Germain, ou de consulter l’Agenda du chimiste. Éditeur Hachette, 79, Boulevard Saint-Germain.
- M. A. Pulido à Madrid. — Votre insuccès tient très probablement à ce que vous avez employé un noir acide, alors que dans ces conditions, il faut utiliser un noir alcalin de la classe des diamines, par exemple le noir oxydiamine 5000.
- M Granbrulan à Langeais. —La formule suivante vous donnera très probablement satisfaction pour le calfatage de votre bateau en acajou :
- Prendre:
- Cire jaune d’abeilles..................... 1000 grammes
- Céruse broyée à l’huile................... 1250 —
- Rouge d’Angleterre........................ 15 __
- Amener la cire à fusion en chauffant au bain-marie, y incorporer progressivement la pâte de céruse puis le rouge d’Angleterre.
- Les fissures ayant été bien nettoyées et le bois étant parfaitement sec, appliquer la mixture chaude, puis après refroidissement enlever les bavures avec une lame mousse et polir avec un chiffon de laine.
- N. B. — Le mastic n’atteint sa dureté complète qu’au bout d’un certain temps, après combinaison des acides de la kcire avec l’oxyde de plomb de la céruse. N’employer que de la cire d’abeilles vraie et' non une cire factice.
- 2° Nous avons pris note de votre désir.
- 3° Nous avons donné une formule pour la préparation d’un savon à raser dans le n° 2835, page 575.
- M. de Bellenot à Arles sur Tech. Il est en effet un peu tard pour répandre dans votre herbage des scories de déphosphoration; comme formule d’engrais de printemps, nous vous conseillons la suivante :
- Nitrate de soude................100 kg à l'hectare.
- Sulfate de potasse ....... 200 à 300 kg à l’hectare.
- Les éléments qui composent cet engrais mixte sont certainement ceux qui conviennent le mieux, eu égard à la constitution du sol et à l’époque de l’épandage.
- M. Soum à Bordeaux. — Le tracé des bandes blanches sur chaussées macadamisées ou pavées se réalise avec facilité en se servant d’une peinture obtenue en délayant du blanc d’Espagne par une solution de silicate de soude et étendant d’eau à consistance convenable. La seule précaution à observer est d’opérer par temps sec de façon que le silicate ne soit pas entraîné immédiatement par les pluies.
- Le Gérant : G. Masson.
- 2712. — Paris, lmp. Lahure. — 1-7-1932.
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- NATURE
- N° 2885. -15 Juillet 1932
- Paraît le ier et le i5 de chaque mois.
- Prix du Numéro : 4 franc
- pour la vente en France.
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Cie, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VV (T(. C. Seine : i5.2^4) Tél. Danton 56-u.
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, Franco ot Colonies : 12 mois (24 n05), 90 fr. ; — 6 mois (12 n0'}, 45 fr.
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- Tarif pour 1 étranger : lun n 7 K,fr Tarif n 2 ,
- _____£.__________/ Six mois........................... OO fr. | ( dix mois
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- Tarif extérieur n" 1 valable pour ions les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 700 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chilie, Colombie, Congo belge, Costa-Uica, Cuba, Egypte. Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce. Guatemala, Haïti, Hedjaz, Honduras, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie ( U. R. S. S,), San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Turquie, Union d'Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela. Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
- Réglement par mandat, chèques postaux (compte n° 599, Paris) ou chèque à Tordre de Masson et C1”, sur une banque de Paris.
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- N° 2885
- LA NATURE
- 15 Juillet 1932.
- AUTOUR DU VAISSEAU DE BORO-BOUDOUR
- L’INVENTION DU GOUVERNAIL CONTRIBUTION A L’HISTOIRE DE L’ESCLAVAGE
- Les grandes civilisations du bassin de la Méditerranée nous ont légué de nombreuses figurations de navires qui s’échelonnent à travers les âges, en Égypte, Chaldée, Phénicie, Grèce, Rome, Byzance, etc. Par contre, l’iconographie navale d’Extrême-Orient est très pauvre, du
- d’Angkor-Wat, qui datent vraisemblablement du ixe s., nous montrent plusieurs embarcations royales, mues à l’aviron et gouvernées au moyen de la rame gouvernail, comme en Occident, à la même époque. Mais il ne s’agit là que de faibles esquifs fluviaux (fig. 3).
- Fig. 1. — Le vaisseau du temple de Boro-Boudour à Java.
- Bas-relief du ix® siècle; la plus ancienne effigie connue du vaisseau de mer en Extrême-Orient. (Ph. du Musée Guimet.)
- moins pour la période antique. Onvoit, il est vrai (fig. 2), quelques barques légères conduites à la godille, sur les dalles funéraires chinoises de l’époque Han (ne siècle avant, ne siècle après J.-C.). Quelques pirogues mues à la pagaie par des personnages empanachés de plumes figurent sur des bas-reliefs récemment découverts en Indochine et qui, peut-être, sont du vie siècle. Enfin, les bas-reliefs
- La plus ancienne effigie connue du vaisseau de mer extrême-oriental, et la seule appartenant à la période antique, est celle du temple de Boro-Boudour, à Java^ œuvre du ixe siècle (x). Le navire nous apparaît comme poussé vent arrière, ou grand largue, sur une mer agitée,
- 1. Un deuxième vaisseau du même type est figuré sur les bas-reliefs de Boro-Boudour.
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- Fig. 2. — Dalle funéraire chinoise, époque Han, ne siècle avant J.-C., montrant, entre autres, deux pirogues mues à la pagaie.
- Estampage Chavanne.
- ses deux mâts d’inégale hauteur et penchés en avant comme sur les boutres modernes, sont fixés aux bor-dages par de solides haubans. Chacun d’eux porte une grande voile rectangulaire, comprise entre deux longues vergues et manœuvrées au moyen de drisses.
- Un petit mât de beaupré et une voile de foc figurent à la proue. Les bordages sont garnis d’une ossature très en relief, de couples et d’entretoises, qui donnent au navire l’aspect d’un radeau perméable, mais on ne peut voir là que la figuration très poussée de ces armatures extérieures, en usage en Occident jusqu’au xvne siècle et en Orient, jusqu’à nos jours. A bâbord et relié aux flancs du vaisseau par de forts chevrons, on voit un balancier en forme de radeau destiné à parer au roulis, comme de nos jours sur maintes embarcations hindoues, malaises et polynésiennes. Le navire est plat en dessous et possède vraisemblablement deux quilles comme on en voit à certaines embarcations modernes d’Extrême-Orient et de Hollande. A ces deux quilles correspondent les pans coupés de poupe
- Fig. 4. — Une jonque chinoise au xvie siècle. Gravure tirée de II. van Linschoten. Amsterdam 1596.
- et de proue. Le pan coupé de proue est protégé en avant de chaque quille par un grand faisceau de bambous, probablement survivance partielle de l’embarcation primitive en bambous. La voile de foc est fixée, d’une part, au sommet de l’un de ses faisceaux, et de l’autre, au bordage. Un plateau en surplomb prolonge la poupe, une grande rame-gouvernail (à laquelle s’accroche un homme à la mer), figure à bâbord arrière. On devine deux ancres pendues au bordage. Un petit rouf ou coffrage abri est disposé contre le grand mât. L’équipage comprend environ seize hommes (fig. 1).
- Quelles étaient les qualités nautiques d’un pareil navire ? Il est possible de s’en rendre compte en notant tout d’abord que ses armatures en relief sur le bordage ne pouvaient que ralentir sensiblement sa marche, qu’il en était de même du balancier, engin précieux pour les légers esquifs, mais plus encombrant qu’utile pour un navire et qu’enfin le gouvernail-rame dont il est muni, n’était qu’un médiocre engin de gouverne. Dans ces
- Fig. 3. — Galère rogale gouvernée à la rame.
- Bas-relief du temple de Bayon à Angkor Thom. (Ph. Giraudon.)
- conditions, le vaisseau de Boro-Boudour nous apparaît comme une lourde barque de cabotage, utilisable néanmoins pendant la mousson, pour des traversées directes vent en poupe ou grand largue.
- Postérieurement au bas-relief de Boro-Boudour, aucun document figuré ne nous renseigne plus sur la marine extrême-orientale jusqu’au xvie siècle, mais, à partir de cette époque, on revoit de nombreux navires sur les dessins, peintures, estampes, à commencer par la jonque du xvie siècle représentée dans le bel ouvrage de MM. La Roérie et commandant Vivielle (L) (fig. 4). La continuité du type est remarquable, si bien qu’au prao malais de la collection de l’amiral Paris, au Louvre, nous retrouvons les mâts, les voiles quadrangulaires, le fond plat, les pans coupés de proue et de poupe, le petit rouf, le plateau arrière, le gouvernail-rame et l’aspect général, qui ont fait l’objet de notre examen au bas-relief de Boro-Boudour (figr 5).
- 1. Navires et marins. Éditions Duchartre. Paris 1931.
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- Les jonques modernes n’ont plus le balancier, ni l’ossature extérieure exagérée, ni le plus souvent, le gouvernail-rame, néanmoins ces embarcations pansues et lourdes à manœuvrer sont encore aujourd’hui, vouées au cabotage, sauf exception, pendant la mousson, ainsi que l’était vraisemblablement le vaisseau de Boro-Boudour. Leur tonnage est faible, trois ou quatre cents tonnes au plus (fig. 6).
- La Chine ayant, dit-on, connu la boussole, plusieurs siècles avant l’Occident, la stagnation navale en Extrême-Orient peut sembler illogique, mais elle trouve, à nos yeux, son explication dans la nature même du gouvernail des jonques.
- Fig. 6. — Jonque chinoise moderne.
- Science Muséum, Kensington, Londres.
- L’appareil de gouverne joue un rôle si important, que son étude est, nous semble-t-il, la clé de l’histoire nautique.
- PENDANT DES MILLÉNAIRES, LES NAVIRES ONT ÉTÉ GOUVERNES A LA RAME
- Au cours des millénaires, à dater des débuts de l’histoire, la gouverne des navires fut exclusivement assurée au moyen de la rame-gouvernail antique. Fixé au bordage par une estrope et manœuvré par un seul timonier, cet engin suffisait pour les embarcations légères, mais à mesure que l’on accroissait les dimensions du navire, son efficacité diminuait pour se réduire à rien au delà d’un certain tonnage (fig. 1 à 19).
- On tenta de parer à cet inconvénient en multipliant
- Fig. 5. •—• Prao Mayang, Malaisie. Collection de l’amiral Paris. Musée du Louvre.
- les rames de gouverne, on en mit deux, quatre, six et peut-être jusqu’à dix en Egypte (fig. 8), on les bloqua pour la marche directe à des montants en bois, ou bien sur les haubans (fig. 10 et 11), on leur adjoignit des manettes on perfora la coque pour leur donner passage, mais aucun essai n’amena de résultats décisifs. L’appareil mal assujetti, vacillant, fragile, exposé, ainsi que le timonier, au choc direct des vagues ne pouvait avoir qu’une action débile et précaire. Jal entrevoyait cette vérité en écrivant, dans son glossaire, que la rame-gouvernail des Anciens suffisait, pour diriger leurs légers navires. Renversant la proposition, nous dirons que chez les anciens la carence de l’engin de gouverne limitait impérieusement le tonnage des navires, ainsi que leurs qualités nautiques, et que par conséquent, si les anciens ne possédaient que de faibles navires, s’ils se bornaient à naviguer pendant l’été, l’hiver étant la saison close où les embarcations gisaient halées sur le rivage, si la rame primait la voile, au grand détriment du moteur humain, si l’on se contentait de voguer vent arrière ou grand largue, sans jamais louvoyer, quitte à faire demi-tour et à rebrousser chemin, quand survenait le vent debout,
- Fig. 7. —• Barque égyptienne du Nil gouvernée à la rame. (Musée du Louvre).
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- « *>
- Eïp. 8. — Embarcations égyptiennes de l’ancien Empire, mues à la godille et gouvernées à la rame. Deir-el-Bahari (18e dynastie) (d’après
- Fr. Moll.)
- L’INVENTION DU GOUVERNAIL D’ÉTAMBOT SES CONSÉQUENCES
- Vers le milieu du xme siècle l’avènement, en Occident, du gouvernail axial d’étambot éveilla le monde naval de sa torpeur cinq fois millénaire et ouvrit l’ère de la grande navigation à voiles (lig. 20 et 21).
- Fixé solidement dans l’axe du navire, sur l’étambot, à l’aide de charnières en acier, soustrait, parce qu’immergé, à l’agitation de surface, d’une taille en rapport avec celle du navire, aisément maniable quel que soit le tonnage, avec la barre ou la roue de gouverne, -d’une précision égale à sa puissance, le nouvel engin possédait toutes les qualités qui manquaient au gouvernail-rame.
- A dater de son invention, qui nous est révélée par les sceaux et peintures de manuscrits, la marine prend son essor en Occident, dans les ports qui s’échelonnent entre Dantzig et Marseille. En deux siècles, elle fait plus de
- Fig. 9. — Grand voilier égyptien, mât chèvre bipode, rames-gouvernail. Egypte, ancien Empire. (D’après Steindorff.)
- ce ne fut nullement que l’habileté et l’audace manquassent aux gens de mer, mais en raison principalement des défauts du gouvernail-rame. Son insuffisance entrava tout progrès dans la technique navale et maintint la navigation dans une invincible routine.
- Nous serions même tentés de dire, à l’examen des documents figurés, que la marine des Anciens offrit, dès ses origines en Egypte sous l’Ancien Empire, son plus haut degré de développement technique. La marine des Phéniciens rivalisa, sans plus, avec celle des Egyptiens ; la flotte d’Alcibiade cinglant vers Syracuse ne marqua nul progtès sur celle que les Tyriens avaient construite pour Senna-chérib, la marine romaine parvint difficilement à égaler celle de Carthage et celle de Guillaume le Conquérant était inférieure à celle des Romains.
- Nous sommes donc loin d’admettre, ainsi que l’a fait Cecil Torr, en conclusion de l’article Navis, dans le dictionnaire des antiquités grecques et romaines de Saglio, que la marine des Anciens possédait déjà la plupart des moyens d’action qui furent en usage jusqu’à l’invention des bateaux à vapeur, en fer et en acier.
- Fig. io..—• Bargue fluviale égyptienne à voile rectangulaire ; deux rames-gouvernail, bloquées sur les montants.
- (Papyrus de la reine Makiri. Musée du Caire.)
- progrès que dans les cinq millénaires antérieurs ; désormais le tonnage s’accroît régulièrement sans rencontrer aucune difficulté de gouverne, la voile prend le pas sur la rame, libérant ainsi, peu à peu, la misérable chiourme; le timonier apprend à manœuvrer contre le vent, en tirant des bordées au lieu de rebrousser chemin, comme on le faisait jusque-là; le vaisseau hauturier apparaît enfin, la flotte des caravelles s’offre à la conquête des Océans.
- La boussole eut, il est vrai, sa part dans ce prodigieux développement naval, mais les marins n’ignorent pas que si les progrès de la manœuvre et de l’utilisation du navire furent rapides au Moyen Age, ceux de la détermination de la route et du point demeurèrent laborieux et lents jusqu’au xvme siècle. Christophe Colomb et Vasco de Gama s’orientèrent à la boussole, mais s’ils conduisirent leurs navires par le travers des
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- océans en dépit des difficultés matérielles, ce fut principalement grâce au gouvernail d’étambot.
- LE GOUVERNAIL SANS CHARNIÈRE DES JONQUES CHINOISES
- L’Extrême-Orient ne prit qu’une faible part à ces progrès de la marine à voiles. Il eut cependant connaissance du gouvernail articulé sur l’étambot, à partir des voyages de Vasco de Gama et des navigateurs portugais, hollandais, anglais, etc., qui suivirent son exemple; mais, en raison peut-être de l’insuffisance de leur industrie sidérurgique, les peuples extrême-orientaux ne firent de l’appareil occidental qu’une interprétation bâtarde : le gouvernail sans charnières des jonques (flg. 23).
- Cet engin se compose essentiellement d’une tige-pivot en bois, engagée à la poupe dans une glissière ou des mâchoires également en bois, d’une large pale fixée au pivot et d’une barre de gouverne.
- Il est aisé de se rendre compte que le frottement bois sur bois du pivot dans sa glissière, ne facilite pas le
- Fig. 12. —• Flotte phénicienne de Sennachérib. viiic siècle avant J.-C. (D’après Faucher Gudin.)
- maniement de la barre et qu’une tige en bois ne saurait avoir autant de résistance, à l’usure et à la rupture, que les charnières en acier du gouvernail occidental; mais en dépit de ces défauts, le système en question constituait un progrès sur la rame-gouvernail antique. Il demeure encore la règle dans la marine indigène, au Japon, en Chine, en Malaisie, et souvent aux Indes.
- Ce détail de gréement, mince peut-être en apparence, suffit à condamner les jonques au cabotage, sauf pendant la mousson, où elles font de longues traversées directes vent arrière, dans les mers de Chine et des Indes (1).
- Cela peut aider à comprendre pourquoi la flotte des jonques n’entra jamais en concurrence avec celle des Portugais, Hollandais,
- Anglais, etc., pour les traversées au long cours, pourquoi elle reste étrangère au vaste trafic
- 1. Un système analogue fut essayé en Occident aux xivc et xye siècles.
- Fig. 11. — Pagaies, rame-gouvernail bloquée à des montants. Égypte xi° dynastie.
- Metropolitan Muséum, New York (d’après Fr. Moll.)
- maritime qui relie l’Extrême-Orient à l’Europe et à l’Amérique au travers des océans et des isthmes, trafic dont le bénéfice est exclusivement réservé aux vaisseaux d’Occident, ou tout au moins du type occidental.
- RÉPONSE A QUELQUES OBJECTIONS
- Au cours de cet examen rapide, nous avons omis à dessein de répondre aux objections dont notre thèse a déjà fait l’objet. Parmi ces objections, les principales ont trait au peuplement supposé de Madagascar et de la Patagonie par les Malais et les Polynésiens, à la découverte de l’Amérique par les Wikings, à l’exécution des périples, à de grands navires utilisés parfois dans l’antiquité, aux traversées directes exécutées en Méditerranée et dans l’Océan Indien aux époques grecque et romaine.
- Examinons-les maintenant en détail.
- L’hypothèse du peuplement de Madagascar et de la Patagonie par les Malais et les Polynésiens n’a rien d’invraisemblable, attendu que ces peuples de marins disposaient d’embarcations pratiquement insubmersibles, les pirogues à balancier dont ils se servent encore aujourd’hui, et dont la vitesse atteint parfois quinze nœuds. Mais il ne faut pas oublier, d’autre part, que ces pirogues ne sont que de légers esquifs, incapables de louvoyer et de lutter contre le vent. Si donc il fut possible à des peuplades fuyant des séismes ou des invasions ennemies de gagner Madagascar (’) et le Sud Amérique, ce ne put être que sans esprit de retour.
- Ces entreprises désespérées ne sauraient être aucunement assimilées à la navigation hauturière et régulière des navires à voiles modernes.
- 1. Les pirogues à balancier y sont encore nombreuses.
- Fig. 13. — Embarcation grecque à rames, du vie siècle. (Ph. Giraudon.)
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- Fig. 14. — Embarcations grecques à deux rames-gouvernail (vers 500 avant J.-C.). (Ph. Giraudon.)
- De même que les grands raids malais et polynésiens, ceux qui amenèrent la découverte de l’Amérique par les Wikings,plusieurs siècles avant Colomb, démontrent uniquement la possibilité de faire, à grand risque et par exception, de longues traversées au moyen de simples esquifs. Les drakars d’Eric le Rouge allèrent au Vinland, poussés au hasard des vents, mais les communications entre la Norvège, le Groenland et le continent d’Amérique restèrent si périlleuses qu’elles tombèrent à l’abandon. Il n’en fut pas de même pour l’Islande, grâce peut-être aux escales qu’offraient les archipels des Far Aebr et des Shetland, mais sa liaison avec la Norvège demeura languissante et précaire tant qu’elle ne s’effectua qu’au moyen des légers drakars. Ces derniers gouvernés à la rame et obligés de suivre le vent, sans abri pour leur équipage et sans approvisionnements sérieux en raison de leur faible tonnage,n’étaient pas de véritables navires hauturiers.
- Les grands périples vantés par les Anciens, ceux d’Hannon, de Nechao, de Néarque, de Pythéas, d’Arrien, n’avaient on le sait pour but, que la reconnaissance des côtes. Néanmoins d’éminents historiographes modernes ont accordé à celui de Néarque une portée plus étendue. « Néarque, ont-ils écrit, eut le mérite et l’honneur d’avoir ouvert au conquérant les immenses perspectives de l’impérialisme maritime. Grâce à lui la domination d’Alexandre est véritablement universelle, elle s’étend sur l’océan comme sur l’Asie. Toutes les plus anciennes civilisations sont par son effort reliées et fécondées, celles
- Fig. 16. —• Galères romaines à un banc de rameurs et leur gouvernail-rame.
- du Tigre et du Nil, celles de l’Euphrate et de l’Indus ». Mais la relation qu’Arrien prête à Néarque lui-même ne semble pas justifier ces déductions grandioses. D’après cette relation, en effet, Néarque chargé de flanquer sur sa gauche la grande armée d’Alexandre pendant sa retraite des Indes sur la Mésopotamie, Néarque ne fait autre chose que de longer la côte pendant cinq mois, à raison de douze kilomètres par jour en moyenne. Pendant l’interminable itinéraire, la faible capacité des navires de la flotte l’oblige à se ravitailler tous les huit jours, et néanmoins le spectre de la famine ne le quitte guère. La mer est libre de navires ennemis et l’escadre ne trouve à combattre qu’un troupeau de baleines; pourtant, l’énergique Néarque se borne à ramener sa flotte épuisée au fond du golfe Persique.
- Bien que promu au rang des dieux, Alexandre n’était pas en mesure de conquérir l’Océan avec des vaisseaux de haute mer.
- Six siècles plus tard, Palmyre dut en grande partie sa prospérité au cabotage qu’elle entretint entre l’Inde
- Fig. 15. — Navire de commerce phénicien à gouvernail-rame. Époque romaine. (Mission du Dr Conteneau.)
- et l’Euphrate. L’itinéraire de ses marchands, étroitement déterminé par la géographie, empruntait la voie de terre jusqu’à l’Euphrate, celle du fleuve jusqu’au golfe Persique, suivait le sillage de Néarque jusqu’à l’Indus et de là pénétrait aux Indes (fig. 22). Il y avait aussi les caravanes venant de Chine par le Pamir. Alimenté par ces deux voies, le commerce de la reine de l’Orient, qui comprenait principalement celui des denrées et objets de luxe, comme les épices, les aromates, l’indigo, la soie, les pierreries, etc., prit un développement si considérable, que, d’après un éminent historien, il primait nettement celui d’Alexandrie. Rome en prit ombrage, puis devint franchement hostile, quand Zénobie ayant mis la main sur l’Egypte menaça d’accaparer ainsi tout le commerce avec l’Extrême-Orient. Palmyre, dès lors, condamnée, s’effondra sous le choc d’Aurélien.
- Les navires, qui alimentaient le commerce de Palmyre et d’Alexandrie, obéissaient étroitement à la mousson
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- d’été et d’hiver pour aller aux Indes et en revenir vent en poupe.
- En Méditerranée, au contraire, l’irrégularité du régime des vents (*) donnait à la navigation un caractère d’imprévu et la paralysait pendant l’hiver. Le récit du dernier voyage de saint Paul (Actes des Apôtres, 27. 28), et l’itinéraire de Rutilius Numatianus, préfet de Rome sous Honorius, nous offrent, à ce sujet, d’intéressants aperçus.
- Saint Paul, expédié comme prisonnier de Jérusalem à Rome est embarqué sur un navire qui cingle d’abord vers le Nord, longe la côte d’Asie et fait relâche à Sidon. Le voyage reprend à l’abri des côtes de Chypre vers la Pamphylie et le navire arrive à Lystre en Lycie. Là, saint Paul est transbordé sur un vaisseau d’Alexandrie qui se dirige vers la Crète. L’équinoxe d’automne approche, aussi le capitaine se met-il en quête d’un havre, pour hiverner sur la côte méridionale de l’île; mais une tempête survient, éloigne
- le navire de la côte et pendant quatorze jours le pousse d’abord sur la grande Syrte et ensuite vers l’ouest. On a, selon l’usage, entouré le bordage de liens pour le consolider, mais ballotté sur les flots le navire finit par échouer sur la côte de Malte. Saint Paul qui en est à son quatrième naufrage, réussit à gagner le rivage ainsi que ses compagnons. Il hiverne à Malte pendant trois mois, puis le beau temps revenu se voit de nouveau embarqué sur un navire d’Alexandrie. Un vent favorable le pousse au long de la côte orientale de Sicile et après quelques jours, il débarque enfin à Ostie. Son périple avait, semble-t-il, duré plus de six mois.
- Quatre siècles plus tard, le gallo-romain Rutilius Numatianus, désireux de revoir les Gaules, s’embarque à l’embouchure du Tibre, sur des barques légères, à voiles et à rames, car, écrit-il, « l’automne arrive et cette saison est plus favorable aux embarcations légères les gros navires ne devant se risquer sur les flots que pen.
- 1. Sauf des vents étésiens soufflant du Nord au Sud, de la mer Égée en Égypte.
- dant Vété. Durant quinze jours, il attend le vent propice que lui promet la nouvelle lune. L’ancre enfin levée, il remonte au Nord en suivant la côte, sous la direction du proreta ou pilote qui, debout à la proue, indique à vue la route au timonier. En fin de lunaison, après plusieurs atterrissages motivés par les vents contraires, Rutilius se trouve à hauteur de la Corse. D’escales en escales, il arrive ensuite à Tritturita, près de Pise et là se trouve immobilisé par une série de tempêtes. Ayant repris la mer, il aperçoit bientôt une ville blanche, peut-être Antium (Gênes), deux mois environ après son départ ». La suite du récit est perdue. En choisissant des barques légères pour son voyage en automne, les gros navires ne devant se risquer sur les flots qu’en été, Rutilius ne faisait sans doute que se conformer à l’usage, en prévision des escales fréquentes que faciliterait le faible tirant d’eau de ses embarcations.
- Certains auteurs attribuent aux Anciens la possession de grands vaisseaux à multiples rangs de rames, mais outre que les documents figurés ne montrent jamais plus de trois rangs de rameurs, Jal a, depuis longtemps, fait ressortir dans son glossaire, la fragilité de cette hypothèse. « L’empereur Léon, écrit-il, se plaignait déjà, au ixe siècle, de n’avoir vu aucun livre relatif à la marine dans les bibliothèques où se trouvaient plusieurs traités d’art militaire. On ne sait donc rien sur la manœuvre des avirons et l’établissement des bancs, que l’on nomme par habitude à trois, quatre, cinq et jusqu’à quarante rangs de rames. » Il n’est pas douteux cependant qu’en vue du transport à Rome des obélisques qu’on y voit encore, les Romains aient utilisé des embarcations de plusieurs centaines de tonnes, mais ce n’étaient probablement que des chalands impropres à tout autre service ;
- Fig. 18. — Un navire de la flotte de Guillaume le Conquérant.
- Timonier tenant de la main gauche le lof de la voile, et de la droite le gouvernail-rame.
- Tapisserie de Bayeux,
- , Fig. 19. — Gouvernail-rame avec son eslrope et sa manette vers 1210. (Heidelberg, cod. Bruchsal.)
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- Fig. 20. — L’apparition du gouvernail d’étambot.
- a) Gouvernail d’étambot avec sa barre. (Manuscrit français, commentaire de l’Apocalypse, 1242, d’après Fr. Moll.) b) Gouvernail d’étambot avec sa barre. Wismar, 1256. (D’après Fr. Moll.) c) Ipswich, xin6 siècle, d) Damm, 1309.
- ce qui tend à le démontrer, c’est que le plus beau d’entre eux, construit sous Caligula pour le transport à Rome de l’obélisque du Vatican, fut, sur l’ordre de Claude, rempli de béton et coulé dans le port d’Ostie, pour la
- fondation d’un môle. D’après Suétone C) et Pline (1 2), ce bâtiment était le plus important et le plus magnifique qu’ait vu flotter la mer. Il était lesté de cent vingt mille boisseaux de lentilles (3 4) pesant au total
- Fig. 21. •— Le gouvernail d’étambot permet les progrès de la marine hauturière
- à partir du xv6 siècle.
- Un navire de haut bord au xvne siècle, d’après Breughe de Vieux.
- huit cents tonnes environ, ce qui permet d’évaluer le chargement total à treize ou quatorze cents tonnes, obélisque et son piédestal compris.
- A part ces chalands spéciaux et exceptionnels, le tonnage des navires antiques demeura très faible, comparativement à celui des grands navires à voiles modernes.
- Le manuel d’archéologie de Cagnat et Cha-pot évalue à quatre-vingts tonnes (huit mille talents) le chargement habituel des navires marchands, obligés de décharger leurs marchandises à l’embouchure du Tihre et au triple à peine de ce chiffre, le tonnage des plus grands navires de commerce antiques.
- A l’appui de cette opinion, rappelons que Pompée (4) ayant reçu de Sylla l’ordre de passer de Sicile en Afrique pour y combattre Domi-tius, embarque six légions sur huit cents navires, soit quarante-cinq hommes environ par navire, et que d’après Polybe (II, III, 41), neuf mille hommes sont embarqués sur cent soixante quinquérèmes, soit cinquante-six hommes environ par navire.
- Quelles étaient les conditions d’existence à bord, dans la marine antique ? Dans leur bel ouvrage : Navires et Marins, MM. La Roérie et le commandant Vivielle en font la description suivante : « On navigue près de la côte, on rallie chaque soir pour y camper et si l’on peut dans la journée, pour y préparer les repas. On ne fait pas la cuisine à bord; les trirèmes n’ont, en général, que trois jours de vivres, c’est le chiffre réglementaire cité en maintes occasions (exemple, les Corinthiens à l’attaque
- 1. Claude, chapitre 20.
- 2. Livre XVI, § 76 et livre XXXVI § 15.
- 3. 8 lit. 75.
- 4. Plutarque, Pompée X.
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- de Corcyre) (1). La flotte qui tient le blocus d’une ville a presque toujours son camp sur le rivage, où l’on tire les bateaux à sec entre deux combats. Sauf urgence, on ne navigue pas la nuit. Lorsque cela se produit, c’est un événement dont on parle. On rame nuit et jour, pour aller porter aux Mytiléniens la grâce d’Athènes et arrêter la mise à mort de toute une ville. Il n’en faut pas moins pour susciter un tel effort... Le vent était considéré comme une aubaine dont on profitait lorsqu’il tombait dans le sens favorable, mais dont on se passait le reste du temps. Dans ces conditions, il est probable qu’on ne savait guère utiliser que les vents soufflant dans le sens de la marche, les allures proches du vent arrière auraient été les seules connues, les Anciens auraient ignoré 1 art du louvoyage ».
- Ajoutons, à l’appui de cette dernière opinion, 1 exemple que nous fournit la flotte de Guillaume le Conquérant (fig. 18) : comme toutes celles qui la précédèrent, cette flotte ne comprenait que de faibles navires gouvernés à la rame. Or, Guillaume de Poitiers raconte que le Conquérant, impatient de lever l’ancre, dut longuement attendre à Saint-Valéry, dans la baie de Somme, le vent favorable du Sud. Enfin, le 27 septembre 1066, la girouette dorée de la nef ducale tourna sa flèche vers le nord et la flotte s’ébranla aussitôt.
- Reste l’objection relative aux traversées directes de la Méditerranée et de l’Océan Indien.
- On sait, par des textes grecs et latins, que dans l’antiquité des navires exécutaient la traversée directe de la mer Egée en Égypte, mais cela n’implique pas que ce fussent des navires hauturiers mieux gouvernés que les autres. La mousson des vents étésiens qui souffle du nord pendant l’été suffisait, en effet, à pousser vent en poupe, de l’Égée en Afrique, des embarcations médiocrement gouvernées à la rame.
- Les mêmes vents dénommés aujourd’hui Meltem permettent actuellement encore, aux embarcations légères, de transporter rapidement en Égypte la récolte de raisins frais des Cyclades.
- Les traversées de l’Océan Indien étaient beaucoup plus longues que celles en Méditerranée, mais la mousson d’été et d’hiver plus constante encore que les vents étésiens, permettait de longs trajets sans escales à des navires gouvernés à la rame, et constamment poussés vent en poupe.
- La route directe de la mer Rouge aux Indes à travers l’Océan Indien ne fut connue et fréquentée qu’assez tard. Pline écrit (livre VI-26) que la découverte de cette route est récente et ajoute : « De mon temps, on fait un voyage tous les ans aux Indes, pendant la canicule. On navigue dans la mer Rouge pendant trente jours jusqu’à Océlis d’Arabie; d’Océlis aux Indes, avec le vent hippalus, on navigue pendant quarante jours, jusqu’à Musiris, premier marché de l’Inde. On revient de l’Inde
- 1. Thucydide.
- au mois de décembre ou janvier ». Aller et retour, on le voit, coïncidaient avec l’orientation de la mousson.
- Fig. 23. — Jonque chinoise et son gouvernail à pivot en bois.
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- Ainsi que nous le signalait récemment un éminent orientaliste, des annales chinoises en accord avec le texte de Pline relatent qu’à l’époque romaine les navires de commerce empruntaient régulièrement la voie directe des Indes à la mer Rouge à travers l’Océan Indien, et ces mêmes annales ajoutent que parfois ces navires atteignaient un tonnage si considérable, qu’ils pouvaient transporter huit à neuf cents hommes à la fois.
- Peut-on logiquement déduire de la lecture de ces annales qu’à l’époque romaine l’Océan Indien était parcouru déjà par des navires hauturiers, capables ainsi que nos voiliers modernes d’affronter en tout temps le grand large ? Rien n’est moins vraisemblable à nos yeux. Si l’Océan Indien avait porté de pareils navires, les Romains n’eussent pas manqué de les copier et de les introduire en Méditerranée, au lieu de conserver lerns débiles galères à gouvernail-rame. 11 en eût été de même pour les peuples d’Extrême-Orient et la flotte des jonques eût profité de progrès dont on n’aperçoit nulle trace. Ainsi que nous l’avons dit, la marine d’Extrême-Orient
- demeura la fille du lourd bateau de Boro-Boudour jusqu’à la pénétration des Européens. Les jonques modernes elles-mêmes, avec leur gouvernail à pivot en bois, sont, encore loin d’égaler les caravelles de Vasco de Gaina et même leur copie lointaine, les boutres de Mascate. Ces derniers en effet, munis du gouvernail occidental à char nières, cinglent hardiment vers les parages de Madagascar et du Mozambique, où ne s’aventurent pas les jonques.
- Nous ne saurions donc accorder aux annales chinoises en question un sens qu’elles ne peuvent avoir.
- Si les textes établissent qu’il y eut à l’époque romaine une route directe de la mer Rouge aux Indes, il n’en est pas moins vrai qu’elle ne pouvait être fréquentée que pendant la mousson, et cpic les navires qui la suivaient n’étaient que des caboteurs gouvernés à la rame. Ce vice originel leur interdisait, non seulement la liberté des itinéraires et la possibilité d’entreprises analogues à celles des navigateurs de la fin du xve siècle, mais le. moindre trajet vent debout.
- Commandant Lefebvre uns Nocttes.
- LES CRATÈRES DE MÉTÉORITES
- LE METEOR CRATER
- Il existe aux États-Unis, dans le désert de l’Arizona, au voisinage du Cânon Diablo, une singulière excavation qui depuis se découverte en 1891 excite la curiosité des géographes et des physiciens du globe. Le « Meteor Crater » tel est son nom, a l’aspect d’un gigantesque entonnoir de mine, ou d’obus. Vu d’avion, il rappelle les cratères lunaires. Il a 1200 m de diamètre, 170 m de profondeur, et ses lèvres formées de gros blocs de roches et de fins débris dominent de 39 à 48 m la plaine déserte qui l’environne. On attribue cet accident géographique à la chute d’une gigantesque météorite : en effet autour de l’entonnoir on a trouvé des milliers de morceaux de fer, allié à 7,33 pour 100 de nickel; ces masses varient de quelques grammes à plusieurs centaines de kg; on en a ramassé plus de 4 tonnes; les estimations de la masse totale ainsi disséminée varient entre 6 et 20 tonnes. Chose curieuse, les masses découvertes à l’intérieur du cratère sont insignifiantes.
- L’étude du terrain disloqué du Metor Crater élimine toutes hypothèses qui pourraient attribuer la formation de l’entonnoir à un phénomène géologique : explosion volcanique ou dissolution par les eaux donnant naissance à une sorte d’entrée de gouffre.
- Il ne peut s’agir que d’une excavation due à la chute et à l’explosion d’une gigantesque météorite.
- Cette explication ne va pas, elle-même, sans difficultés. On a pensé que la masse principale de la météorite pouvait être enfouie à une certaine profondeur; de nombreux sondages ont été effectués pour la retrouver; le but de ces recherches, il faut le dire, n’était nullement scientifique; mais les observations et les analyses des débris trouvés à la surface du sol ont révélé la présence
- de petits diamants noirs, et dans le fer une teneur assez élevée en platine et iridium. Certaines évaluations portent à un million de tonnes la masse de la météorite que l’on suppose enfouie sous l’entonnoir. Ce sont là des chiffres tentants pour des capitalistes entreprenants. Ils expliquent qu’une société se soit constituée en 1927 pour exécuter des forages au voisinage du Meteor Crater. D’après Scientific American un forage atteignait en 1929 la profondeur de 195 m; mais il était gêné par d’abondantes venues d’eau provenant de toutes les fissures voisines, eau vraisemblablement fossile, accumulée là depuis des siècles, bien avant la transformation de la région en désert. Après cémentation du puits, on put descendre à 214 m; mais, les venues d’eau continuant, il fallut interrompre le travail, sans avoir rencontré rien d’intéressant. En 1930, une prospection par les procédés magnétiques et électriques indiqua la présence d’une grande masse de fer à la profondeur de 210 m; mais la société avait épuisé ses ressources et n’a pu jusqu’ici reprendre ses opérations de sondage. Le mystère persiste donc.
- Pour le dissiper, il faudrait répondre aux deux questions suivantes : où est la météorite ? Comment sa chute a-t-elle pu provoquer pareil entonnoir?
- LES VITESSES DE CHUTE DES MÉTÉORITES
- On connaît en effet un grand nombre de points de chute de météorites, de toutes tailles, certaines sont énormes; nulle part, sur la terre, jusqu’à ces dernières années on n’avait observé de cratère météoritique comparable à celui de l’Arizona. Les trous creusés par ces projectiles célestes à leur arrivée au sol ne sont jamais de grande profondeur, même quand la masse tombée est
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- considérable : Farrington, dans son ouvrage sur les météorites, signale des enfoncements de 1 m 20 pour une météorite de 82 kg tombée dans l’argile, de 3 m 35 pour une météorite de 302 kg tombée suivant une direction à 27° de la verticale. Souvent même de très lourdes météorites, de plusieurs tonnes, sont trouvées près de la surface et non enfoncées dans le sol. 11 est vrai, comme le fait remarquer M. Maurain (1), que le travail de l’érosion a pu les dégager peu à peu des terres environnantes, moins résistantes.
- On a longtemps admis que les météorites arrivent au sol avec une vitesse égale à celle qui serait due à l’action de la pesanteur pendant leur chute dans l’atmosphère; leur vitesse astronomique, c’est-à-dire 1a. vitesse énorme qu’elles ont avant d’aborder l’atmosphère terrestre étant complètement freinée par la résistance de l’air. Cette vitesse limite au point de chute, dépendant de la résistance de l’air sur la météorite, est difficile à évaluer avec précision; elle varie avec chaque météorite. M. Maurain a fait effectuer des mesures de résistance de l’air sur des météorites de petites dimensions , mesurant quelques centimètres de longueur et pesant quel-ques dizaines de grammes, ces mesures ont été faites à la soufflerie de l’Institut aérotechnique de Saint-Cyr et lés résultats en sont exposés dans la note que nous venons de mention -ner : on peut en déduire la vitesse limite qui dans ce cas est de l’ordre de 70 m par seconde. Le calcul montre que, pour des météorites plus grandes, les vitesses augmentent et pour une météorite de 1 m 80 de longueur, on arriverait à la vitesse limite de 420 m par seconde; c’est là une vitesse plus faible, mais de même ordre de grandeur que les vitesses limites des bombes d’avions.
- Ces vitesses relativement faibles expliquent le faible enfoncement constaté dans la plupart des cas ; toutefois M. Maurain estime que l’hypothèse du freinage intégral par la résistance de l’air est beaucoup trop simpliste et
- 1. Sur la vitesse de chute des météorites. Bulletin de la Soc. franç. de Minéralogie, mars-avril 1931.
- qu’on ne peut l’appliquer aux très grosses météorites : ces bolides abordent l’atmosphère terrestre avec des vitesses de l’ordre de 40 km à la seconde; nous n’avons aucune donnée expérimentale sur les lois de la résistance de l’air à de telles vitesses : le phénomène principal paraît être une compression adiabatique de l’air avec une forte élévation de température, ce qui entraîne la volatilisation progressive du corps avec incandescence. D’autre part, d’une analyse théorique due à Lindemann et Dobson, il résulte que la vitesse diminue lentement pendant la plus grande partie du parcours du météore lumineux. Elle ne diminuerait fortement que dans des couches plus basses et plus denses de l’atmosphère. M’. Maurain en conclut que le freinage n’est généralement pas aussi intense qu’on l’a supposé et que les grosses météorites arrivent au sol avec des vitesses de quelques centaines ou quelques milliers de mètres par seconde. On peut ainsi s’expliquer les effets destructeurs produits dans un rayon de C0 km par la grosse météorite tombée en Sibérie le 30 juin 1908.
- NOUVEAUX CRATÈRES DE MÉTÉORITES
- Ces considérations ne dissipent point toutefois le caractère mystérieux du Me-teor Crater, qui semble ne pouvoir s’expliquer que par quelque explosion consécutive à la chute du projectile et rendue possible par un concours fortuit de circonstances.
- Nous avons dit que longtemps le Meteor Crate ra été l’unique exemple d’un véritable cratère de météorite. Il n’en est plus de même aujourd’hui : dans un récent article publié par la revue Nature de Londres, le Dr L.-J. Spencer du British Muséum signale les autres cas connus aujourd’hui.
- En 1921 on a découvert près d’Odessa au Texas une masse de fer météorique accompagnée d’un cratère grossièrement circulaire, de 160 m de diamètre; les lèvres ont leur rebord à 5 m 5 au-dessus du fond de l’entonnoir, mais de 0 m 60 à 0 m 90 seulement au-dessus de la plaine déserte environnante, formée de couches calcaires
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- Fig. 1.— Les cratères de Henburg (Australie Centrale). Carte établie par M. Alderman, montrant la distribution générale des cratères et des fragments de météorites autour d’eux {le yard vaut 0 m 914). Chaque point représente un fragment de météorite.
- Carte reproduite du Mineralogical Magazine de Londres.
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- horizontales, tandis que dans l’entonnoir les couches de calcaire plongent vers le centre à l’inclinaison de 20 ou 30°.
- Des cratères analogues, mais plus petits, ont été récemment étudiés dans l’île d’Oesel (Esthonie), dans la mer Baltique. Le cratère primitif est un petit lac de 110 m de diamètre, avec des lèvres dominant de 6 m le sol environnant; la profondeur du lac est de 50 à 60 m. Ici encore les parois de l’entonnoir sont formées de couches de dolomite plongeant vers le centre et on rencontre une zone de roche pulvérisée. Il y a 6 autres petits cratères de 14 à 39 m de diamètre dans le voisinage. Il faut ajouter toutefois qu’on n’a trouvé aucune trace de substances météoritiques dans cette région ; il semble cependant que ces cratères soient bien d’origine météoritique.
- Au point de chute de la grande météorite sibérienne, mentionnée plus haut on a découvert un groupe de 10 cratères de 10 à 50 m et d’une profondeur moyenne de 4 m. Des forages exécutés à l’intérieur des cratères jusqu’à 10 m de profondeur n’ont fourni aucune météorite.
- En mai 1931, une découverte remarquable a été faite au voisinage de Henbury, en plein centre de l’Australie par M, A.-R. Alderman, maître de conférences à l’université d’Adélaïde. Il s’agit d’un groupe de 13 cratères et d’un abondant matériel météoritique répartis sur une superficie de moins de 1 km2. Le British Muséum vient de recevoir 542 pièces de fer, quelques gros fragments d’oxyde de fer en lames, et des scories de verres siliceux recueillis en ces lieux par M. R. Bedford en juin 1931.
- M. Alderman. a donné récemment une description détaillée de ces cratères (x) et du terrain dans lequel ils ont été formés.
- Les trois plus grands cratères sont adjacents : le plus grand a une forme ovale; il mesure 201 m de long sur 109 m 70 de large; sa profondeur est de 15 à 18 m Les autres cratères sont à peu près circulaires avec des diamètres de 10 à 75 m. M. Alderman pense qu’une exploration plus complète de la région fera découvrir encore d’autres cratères. Un point caractéristique est la présence d’arbustes, des « mulgas », au fond des cratères ; c’est même un moyen de découvrir ceux-ci au milieu de la plaine déserte et nue; les cratères concentrent et re-
- 1. The meteorite craters at Henburg, Central Australia, by A. K. Alderman. The Mineralogical Magazine, mars 1932. Nous sommes autorisés par cette Revue à reproduire la carte qui accompagne cet article.Nous l’en remercions ici.
- tiennent en leur centre, sur les fins sédiments qui s’y accumulent, le peu d’eau de pluie que reçoit leur surface; ainsi s’explique la végétation qui s’y développe. Le cratère désigné sous le nom de « Water Crater » possède même des acacias, deux de ces arbres ont une taille respectable : 13 m de haut environ.
- Les parois des cratères sont formées surtout de fragments de grès et de schiste de diverses grosseurs s’échelonnant depuis les gros blocs jusqu’à une fine poussière.
- Les fragments de métal météoritique sont répartis sur une large superficie; on en trouve de toutes tailles et de tous poids, depuis quelques grammes jusqu’à 77,5 kg.
- M. Aldermann estime qu’un certain nombre de ces fragments provient de grosses masses auxquelles ils ont été arrachés avant ou au moment du choc avec le sol, tandis que les autres seraient tombés en même temps, mais individuellement; c’est un essaim de météorites qui aurait heurté la terre, les plus grosses ayant creusé les cratères qui subsistent aujourd’hui.
- Ces débris de météorites sont particulièrement nombreux en certains points, comme on le voit sur la carte ci-jointe. La plupart des gros fragments ont été trouvés à quelque distance des cratères de 100 à 200 m environ, tandis que les petits fragments se trouvent au voisinage immédiat des bords extérieurs; comme dans le Meteor Crater de l’Arizona, on trouve très peu de débris météoritiques sur les parois intérieures des entonnoirs.
- Dans la plaine, au nord du cratère principal, M. Alderman a découvert des échantillons d’une substance noire, vitreuse, rappelant le verre des fulgurites. Il en attribue l’origine à la fusion des roches environnantes sous l’action de la haute température et de l’énorme quantité de chaleur développée lors de la chute de la météorite.
- Il rappelle que des substances vitreuses, de nature siliceuse, et vraisemblablement de même origine ont été recueillis au Meteor Crater de l’Arizona.
- A quel moment s’est produite la chute des météores qui ont creusé les cratères d’Henbury? M. Alderman la croit très ancienne; par contre, M. Bedford a recueilli l’opinion d’un prospecteur local, lequel affirme que les vieux indigènes se refusent à camper à moins de 3 ou 4 km de ces cratères, et donnent à leur emplacement un nom où semble survivre quelque lointaine réminiscence de l’événement. Les recherches plus approfondies qui seront entreprises cette année permettront sans doute d’élucider le mystère. A. T.
- OÙ EN EST LA NITRURATION DES ACIERS ?
- Un nouveau traitement métallurgique, la nitruration des aciers, est en train de prendre dans l’industrie un développement considérable ; la nitruration, qui consiste en une fixation superficielle d’azote dans le métal, permet en effet d’obtenir une dureté extrême (1200 Viclcers) tout en conservant au corps de la pièce toutes ses qualités mécaniques de non-fragilité et de résistance. De plus,
- l’opération étant effectuée à température relativement basse, 500° (fig. 1), ne donne lieu à aucune déformation; on sait, au contraire, que le procédé classique de cémentation, qui consiste en une carburation superficielle des pièces d’acier, s’effectue au voisinage de 900° et doit être suivie d’une trempe aux environs de 800°. Il en résulte des déformations exigeant des rectifications
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- Fig. 1. — Four électrique pour la nilruralion des pièces en acier.
- Le four électrique à résistances est à peu près exclusivement utilisé aujourd’hui pour la nitruration. Les pièces à nitrurer sont placées dans une cuve fermée dans laquelle une circulation de gaz ammoniac est assurée par un tube d'arrivée et un tube de sortie traversant le fond du four dans des ouvertures spéciales. La température est maintenue constante aux environs de 500° par des régulateurs automatiques. Les fours actuellement utilisés en France permettent de chauffer des cuves d’environ 3 m; aux États-Unis, on a construit des fours pouvant chauffer des cuves jusqu’à 6 et 7 m.
- coûteuses que la nitruration permet d’éviter. La couche nitrurée résiste bien à la chaleur; elle l'este inaltérée jusqu’à 500°, alors que la dureté d’une couche cémentée commence à diminuer aux environs de 200°. Il en résulte, entre autres avantages, que les arbres nitrurés grippent difficilement en cas d’échaufTement anormal. Enfin la couche nitrurée est à peu près inoxydable.
- Ces remarquables propriétés des pièces nitrurées ont conduit à des conceptions toutes nouvelles, telles que la suppression du métal de roulement (bronze ou anti-friction) dans les têtes de bielles de moteurs : la bielle est alors constituée par un alliage d’aluminium au cuivre durci par un traitement thermique et porte directement sur le vilebrequin nitruré.
- Certains organes, comme les vis sans fin (fig. 2) en acier, ne se prêtent pas à la cémentation suivie de trempe parce que la rectification ne s’applique pas aux surfaces gauches : la nitruration, au contraire, permet d’obtenir ce genre de pièces avec une dureté très élevée.
- La dureté est, du reste, une caractéristique de plus en plus recherchée dans la construction mécanique actuelle où la tendance est de localiser des efforts intenses
- sur des pièces de choix. Un essieu avant d’automobile, par exemple, avec ses roulements à billes, ses chapes de direction et ses rotules, constitue un ensemble mécanique de dimensions très réduites dans une voiture moderne et qui doit par conséquent être réalisé en aciers à haute résistance pour supporter les violentes réactions de la route. Il en est de même pour les engrenages (fig. 10), qui transmettent par des surfaces de contact infinitésimales des efforts considérables; dans ce dernier cas, on a avantage à réserver le fond des dents, qui n’est pas soumis au frottement, pour le soustraire à la nitruration (ou à la cémentation) et lui conserver ainsi une élasticité satisfaisante. Nous verrons d’ailleurs que l’emploi de la
- nitruration n’est devenu industriel que depuis que l’incorporation à l’acier de certains métaux et notamment de l’aluminium a permis de localiser à la surface la fixation de l’azote.
- L’ACTION DE L’AZOTE SUR LES ACIERS
- L’azote a longtemps été considéré comme un élément nocif augmentant la fragilité des métaux ferreux et diminuant l’allongement avant rupture ; Frémy a montré, vers 1860, que le fer-
- Fig. 2. — Vis de locomotive en acier mlrure.
- En dehors de l’extrême dureté obtenue dans la couche superficielle de l’acier, la nitruration présente l’avantage de ne provoquer aucune déformation ni aucune tension interne des pièces, du fait de la température peu élevée (500°) à laquelle s’effectue l’opération. Au contraire, le procédé classique de cémentation à 950° suivie de trempe à 800° produit des déformations qui rendent indispensable une rectification ultérieure. La nitruration supprime cette rectification onéreuse et permet notamment l’exécution de pièces impossibles à rectifier comme la vis ci-dessous présentant des surfaces gauches très accentuées.
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- Fig. 3. — Batteries de fours électriques de nitruration dans une usine.
- L’emploi de la chauffe électrique permet de conserver aux ateliers un aspect d’ordre et de propreté. La charge unitaire
- des fours ci-dessus est de 300 kg.
- porté au rouge sombre clans un courant de gaz ammoniac fixait l’azote de ce gaz avec formation d’un nitrure de fer superficiel extrêmement dur; malheureusement le fer devenait cassant dans sa masse, en sorte que le pro-
- cédé restait industriellement inapplicable. Ces expériences furent reprises par Braune en 1905 et les belles recherches de Fry achevèrent de mettre en lumière les différentes combinaisons fer-azote, en particulier le nitrure Fe2N, contenant 11,1 pour 100 d’azote, le nitrure Fe4N, qui en contient 5,9 pour 100 et enfin une solution solide à faible teneur en azote.
- Fry étudia les conditions dans lesquelles se forment ces divers constituants et montra que si l’opération est conduite entièrement au-dessous d’une certaine température critique (580° pour le fer pur, un peu plus de 000° pour les aciers spéciaux de nitruration), on obtient à peu près uniquement la solution solide fer-azote, à l’exclusion de nitrures. C’est là un point très important, cette solution étant seule à présenter les qualités mécaniques et l’homogénéité nécessaires pour des emplois industriels.
- Cette notion de température limite a été complétée par celle de compositions spéciales des aciers, formant barrage à la pénétration profonde de l’azote; la nitruration appliquée au fer ou aux aciers au carbone ordinaires ne procure qu’une dureté superficielle médiocre et donne une grande fragilité en profondeur. L’aluminium est le plus actif de ces corps formant barrage pour l’azote ; il permet de réduire la pénétration à quelques dixièmes de millimètre, la couche acquérant une grande dureté et conservant une bonne adhérence avec le noyau, du fait de l’arrêt progressif de l’action de Jd’azote. Cette liaison intime de la surface durcie avec le métal sous-jacent joue
- Fig. 4. — Cuue de nitruration.
- Ces cuves, préalablement chargées avec les pièces à nitrurer, sont fermées à l’aide d’un couvercle et placées dans le four électrique où la température de l’ensemble se trouve portée à 500° environ. La circulation du gaz ammoniac, chargé de fournir par sa décomposition l’azote nécessaire à la nitruration, se fait uniquement dans la cuve, grâce à des tuyauteries spéciales. La cuve elle-même est faite en un métal contenant 20 pour 100 de nickel, qui a la propriété de ne se nitrurer que très superficiellement. Les pièces visibles au premier plan dans la cuve sont des chemises pour cylindres de moteurs à explosions ; en arrière, des arbres à cames.
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- Fig. 5 (à droite). — Acier nilruré trempé à 875° à l’huile et revenu à 550°. (Résistance 120 kg par mm2, limite élastique 105 kg par mm2. Allongement 8 pour 100; résilience 8 kgm. Ce même acier, revenu à 725°, présente les caractéristiques suivantes, convenant pour les engrenages: R : 88 kg par mm2, L : 75 kg par mm2, allongement : 16 pour 100, résilience : 14 kgm (grossissement 300 fois).
- Fig. 6 (au milieu).— Acier nilruré trempé à 900° à l'eau et revenu à 625°. (Résistance : 90 kg par mm2; limite élastique : 76 kg par mm2, allongement: 16 pour 100, résilience : 16 kgm. Cet acier convient pour les axes et les vilebrequins (grossissement 300 fois.)
- Fig. 7 (à gauche). — Acier nilruré trempé à 900° à l’eau et revenu à 725°. (Résistance : 70 kg par mm2; limite élastique : 60 kg par mm2; allongement : 22 pour 100, résilience : 20 kgm. Cet acier est d’un usinage facile, mais sa résistance n’est pas très élevée (grossissement 300 fois.)
- un grand rôle dans la résistance de certaines pièces comme les engrenages où des efforts ponctuels considérables peuvent amener un enfoncement de la couche.
- LES ACIERS DE NITRURATION
- Actuellement, l’acier le plus employé pour la nitruration est l’acier chrome-aluminium ; on a également employé le nickel en petites quantités et le molybdène qui améliore les caractéristiques mécaniques (limite élastique, élasticité) et accroît la dureté de la couche nitrurée. La teneur en carbone influe surtout sur les propriétés du noyau; cependant, pour des teneurs trop basses, la couche montre une tendance à l’écaillage.
- Les duretés obtenues, mesurées à l’appareil Vickers à pointe de diamant, s’échelonnent entre 719 pour l’acier à 0,25 pour 100 de carbone, 2 pour 100 de chrome, et 1200 pour l’acier usuel de nitruration au chrome, nickel, molybdène, avec 1 pour 100 d’aluminium.
- Les cuves de nitruration (fig. 4) où l’on place les pièces à traiter pendant l’opération, doivent présenter une grande résistance à la nitruration; on les construit en acier à 20 pour 100 de nickel, dans lequel la pénétration est très faible.
- COMMENT S’EFFECTUE LA NITRURATION
- L’opération industrielle s’effectue dans des fours électriques à résistances (fig. 1 et 3) dont la température est maintenue constante aux environs de 500° par des régulateurs automatiques. Les pièces à nitrurer ne sont pas placées directement dans le four, mais dans une cuve de nitruration (fig. 4) fermée par un couvercle étanche; la circulation du gaz ammoniac se fait par deux tuyauteries qui traversent la paroi du four par des ouvertures spéciales. Cette disposition permet une manipulation facile et évite les fuites d’ammoniaque. Le gaz est fourni par une bouteille d’ammoniaque liquide. La durée normale de nitruration varie de 9 heures pour de petites pièces à 70 heures pour des pièces volumineuses.
- La charge d’une cuve varie de 150 à 500 kg pour les appareils employés en France, la longueur maxima des cuves ne dépassant pas 2 m 80. Aux Etats-Unis, on a construit des fours de 6 et 7 mètres de longueur pouvant recevoir des charges de 2 tonnes.
- L’expérience a montré l’importance d’une circulation correcte des gaz assurant une répartition homogène dans la cuve. Il est indispensable que la vitesse du courant gazeux soit suffisante pour que la dissociation de l’ammoniaque n’ait lieu qu’au contact des pièces : sinon il se produit de l’hydrogène libre qui altère la surface des pièces par décarburation et la nitruration est médiocre. Dans certains fours américains, la cuve est remplacée par une sorte de panier et le courant gazeux change de sens toutes les minutes grâce à un ventilateur spécial.
- Des essais de nitruration continue ont été faits également, à l’aide d’un four-tunnel, les pièces entrant dans le four et en sortant à travers un joint liquide.
- Pour obtenir le maximum de dureté et le minimum de fragilité il est nécessaire de ne soumettre à la nitruration que des pièces préalablement traitées, c’est-à-dire trempées et revenues ; pour la plupart des applications courantes le traitement thermique est effectué sur les barres brutes, les aciers rapides actuels et surtout les carbures d’usinage per-
- Fig. 8. •— Ensemble de la couche nitrurée. Nitruration : 72 h (grossissement 50 fois).
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- PROTECTION CONTRE LA. NITRURATION
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- Fig. 9. — Détail de la couche nitrurée (grossi 500 fois).
- mettant aujourd’hui l’usinage de ces métaux traités. Dans certains cas, on prévoit le traitement thermique en cours d’usinage.
- La nitruration, qui ne donne lieu à aucune déformation dans une pièce saine, en provoquerait au contraire de très sensibles dans celles qui présenteraient des tensions internes d’usinage; dans le cas de pièces délicates, on a avantage à faire disparaître ces tensions par un revenu à 550° suivi d’un refroidissement lent.
- Fig. 11. — Ensemble d’un vilebrequin monté pour moteur six-cglindres.
- Le vilebrequin est en acier nitruré dans toutes les parties soumises au frottement : les quatre portées qui tournent dans les paliers fixes et les six soies qui tournent dans les têtes de bielles. Les pistons sont en alliage d’aluminium (alpax) et les bielles en acier chrome-nickel garni de métal antifriction à base d’étain. On arrive du reste à supprimer cette garniture, le roulement s’effectuant directement entre l’acier nitruré et la bielle, qui est fabriquée en un alliage d’aluminium et de cuivre. On réalise ainsi des ensembles mécaniques d’une extrême robustesse, les parties frottantes ne donnant lieu à aucune usure appréciable et les masses en mouvement alternatif étant réduites au minimum.
- Quand on veut réserver une surface d’acier qui ne doit pas être cémentée, le procédé classique consiste à cuivrer la partie réservée par électrolyse. Différentes méthodes ont été essayées pour protéger les surfaces contre la nitruration; la plus simple consiste dans un simple étamage : les parties à étamer sont soigneusement décapées au pinceau, puis plongées dans un bain d’étain fondu ou d’un alliage plomb-étain, et la pièce est brossée avant nitruration. Dans la fabrication en série, l’étamage se trouve intercalé au milieu des opérations d’usinage. Il suffit d’étamer la pièce toute entière, puis de terminer l’usinage des parties qui doivent être durcies par nitruration.
- LES ACIERS NITRURÉS OFFRENT DES POSSIBILITÉS NOUVELLES DANS LA MÉCANIQUE
- Les aciers nitrurés trouvent leur application pour toutes les pièces où une grande résistance à l'usure est désirable : engrenages, vilebrequins (fi g. 11), arbres à cames, culbuteurs, axes de pistons, axes et fourchettes de cardan, rotules de cardans, plateaux d’embrayages, vis et secteurs de direction, chapes de direction, pièces de bicyclettes, de machines à écrire, cylindres d’imprimerie, etc.
- Voici quelques résultats obtenus avec les a-ciers nitrurés en usage courant : dans un moteur tournant à 4000 tours par minute et travaillant 8 heures par jour, les pignons de distribution en acier nitruré ne présentaient aucune usure au bout de plusieurs mois de service. On a réalisé le roulement direct de bielles en alliage d’aluminium sur un vilebrequin en acier nitruré tournant à 3500 tours par minute; le vilebrequin ne présentait pas d’usure sensible des portées ni de grippage au bout de 70 000 km; rappelons qu’un vilebrequin simplement trempé et rectifié aurait dû être une ou deux fois re-
- Fig. 10. — Couronne en acier nilruré pour différentiel d’automobile. L’absence de déformation est particulièrement à considérer dans ces pièces à la fois grandes et précises où un voile de quelques centièmes de millimètre produirait un ronflement caractéristique du pont arrière. La substitution d’une couronne nitrurée à une couronne cémentée et trempée se traduit aussitôt par un fonctionnement plus silencieux.
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- passé à la rectification dans cet intervalle. Dans les services très durs, par exemple en présence de matières abrasives, la supériorité des aciers nitrurés est encore plus marquée : c’est ainsi que dans une machine à ciment, des axes de pistons de 75 mm de diamètre en acier nitruré ont fait 11 mois de service sans usure excessive : les mêmes axes, en acier ordinaire, devaient être changés tous les trois mois. Un mandrin porte-meule de machine à rectifier, réalisé en acier cémenté trempé, subissait une usure de 0 mm 8 en 3 mois du fait des poussières abrasives détachées de la meule : un mandrin en acier nitruré ne présentait, au contraire, aucune usure au bout de 13 mois de service.
- Les aciers nitrurés donnent également des résultats satisfaisants pour les outillages d’estampage, de découpage, de tréfilage; une matrice nitrurée pour estampage de pièces en métal inoxydable « Monel » a fait 2000 pièces sans retouches ; la même matrice exécutée en acier au carbone devait être retouchée après 72 pièces.
- Les pistons plongeurs de presses hydrauliques et les
- Fig. 13. — Chemise nitrurée pour moteur à explosion.
- L’emploi de l’acier ou de la fonte nitrurée pour les chemises de moteurs permet de supprimer le coûteux réalésage périodique des cylindres sur machines à meules planétaires.
- axes de pompes à eau en acier nitruré présentent, outre leur dureté superficielle, l’avantage d’être inoxydables : la durée de ces organes est à peu près quintuplée par l’emploi de la nitruration. La conservation du poli et de la dureté à chaud est mise à profit avec les matrices pour pièces de verre, de bakélite, les moules à caoutchouc ainsi que pour les pièces de vannes de vapeur, les chemises de moteurs, etc. (fig. 13).
- Le frottement acier nitruré sur acier nitruré ou sur alliage d’aluminium est aujourd’hui d’une réalisation courante; le coefficient de frottement est faible. Pour les bielles portant directement sur le vilebrequin, la composition qui a donné les meilleurs résultats est la suivante : Cu : 3,50 à 4 pour 100; Ni: 0,50 à 1; Si : 0,30 à 0,75; la bielle est fabriquée par matriçage, puis trempée et revenue. Bien que le coefficient de dilatation de l’aluminium
- Fig. 12. — Calibre à mâchoires et vérificateur de filetage en acier nitruré. L’absence de tensions internes dans les pièces nitrurées constitue un grand avantage pour les instruments de métrologie de précision : calibres, tampons pour vérification des alésages, vérificateurs de filetage, jauges, cales d’épaisseur, etc., dans lesquels un travail interne du métal de la pièce terminée risquerait d’amener avec le temps des déformations. Là précision garantie sur les calibres à mâchoires est aujourd’hui la suivante : l’écartement des mors est garanti à un millième de millimètre près et la face de chaque mors est garantie ne pas différer d’un plan parfait de plus d’un dix-millième de millimètre.
- soit approximativement double de celui de l’acier, aucune difficulté n’a été enregistrée du fait des dilatations : il semble qu’il s’établit assez rapidement un équilibre thermique, résultant de la meilleure conductibilité de l’aluminium qui se refroidit plus facilement que l’acier.
- Il y a lieu de tenir compte d’un léger grossissement des pièces produit par la nitruration et qui peut altérer les cotes finies de 2/100 de mm sur le diamètre.
- LA NITRURATION SOUS L’INFLUENCE D’OSCILLATIONS A HAUTE FRÉQUENCE
- Une curieuse méthode, permettant d’accélérer notablement les traitements métallurgiques, est actuellement en cours d’expériences; métaux pendant la durée du traitement à des oscillations à haute fréquence. Il se produit une accélération des transformations moléculaires et une amélioration sensible des produits obtenus, ce double résultat semblant provenir de l’élimination des résistances passives sous l’influence des vibrations. Ce procédé, dû à M . Mahoux, a été essayé pour la cémentation et la nitruration, aussi croyons-nous devoir en dire quelques mots.
- Les éprouvettes des métaux préalablement
- elle consiste à soumettre les
- Fig. 14. — Balladeur en acier nitruré pour boîte de vitesse d'automobile.
- La résistance à l’usure des engrenages nitrurés permet de réduire sensiblement les dimensions des pignons de boites de vitesses, surtout si l’on substitue aux roulements ordinaires à rouleaux ou à billes des roulements à aiguilles capables de supporter des réactions considérables.
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- traités sont intercalées dans le circuit d’un oscillateur électromagnétique ; elles peuvent également être reliées mécaniquement à une plaque d’acier mise elle-même en vibration par une self faisant partie du circuit oscillant. On peut aussi placer les pièces au centre de la self dont les dimensions sont alors prévues en conséquence : ce dernier procédé simplifie particulièrement les manipulations.
- Voici quelques résultats qui donnent une idée des possibilités du nouveau procédé. Un acier chrome-nickel-molybdène (carbone 0,35 pour 100) présentait avant nitruration les caractéristiques suivantes :
- — Résistance : 135 kg par mm2 — Résilience : 9 kgm — Dureté Brinell Vickers : 380.
- Par nitruration sans oscillations, on a obtenu les nouvelles caractéristiques ci-après : Dureté de surface : inchangée. Pénétration de la nitruration : 0 mm 01. Résilience de l’âme : 9 kgm.
- Par nitruration avec oscillations, le même acier a donné une dureté Brinell Vickers de 1033, une pénétration de la nitruration 35 fois plus grande et la résilience de l’âme a été portée à 11,8 kgm.
- De nombreux essais effectués sur d’autres catégories
- Fig. 15. — Pignons hélicoïdaux en acier nilrurê.
- La nitruration simplifie la fabrication des engrenages à taille hélicoïdale en supprimant la rectification et permet d’obtenir des pignons pratiquement inusables : dans un moteur tournant à 4000 tours par minute et travaillant 8 h par jour, on n’a relevé aucune trace d’usure sur les pignons de distribution en acier nitruré au bout de plusieurs mois de service.
- d’aciers (aciers austénitiques pour soupapes, etc.) ont permis de constater une nitruration beaucoup plus rapide, un durcissement plus élevé dans la couche superficielle, une amélioration systématique des qualités mécaniques de l’âme des pièces.
- Ce dernier avantage est tout à fait spécial au procédé
- oscillatoire et présente un grand intérêt pour les pièces telles que les engrenages fortement chargés, les arbres à cames, poussoirs de soupapes, axes et chapes de direction où des qualités de résistance et de résilience élevées doivent être unies à une grande dureté superficielle. Actuellement, la nitruration avec oscillations est appliquée couramment, dans une importante usine d’automobiles, pour les vilebrequins, les axes de pistons, les engrenages et les arbres à cames; la disposition adoptée est celle d’une self de grandes dimensions dans laquelle on introduit les pièces à nitrurer. Ce procédé semble appelé à un développement important dans les différents domaines de la construction mécanique.
- CONCLUSION
- La nitruration se répand de jour en jour dans l’industrie et ses avantages sont tels qu’on peut se demander si elle ne finira pas par supplanter entièrement la cémentation, tout au moins dans les usines importantes; les divers procédés de cémentation présentent, par contre, des facilités d’emploi pour les petits ateliers et ils bénéficient d’une expérience ancienne.
- Dans l’industrie automobile, en particulier, la nitruration se combine heureusement avec l’emploi des aciers spéciaux à haute résistance pour l’allègement global de la voiture et l’abaissement du prix de revient. Elle permet d’envisager des solutions très séduisantes comme la suppression complète de certains roulements : les billes sont alors remplacées par des aiguilles en acier placées directement entre l’arbre tournant et une bague d’acier formant support; cette disposition, appliquée aux boîtes de vitesses et aux différentiels, permet de réduire les dimensions de ces organes, la capacité de surcharge des aiguilles étant très supérieure à celle des billes et des rouleaux. Appliqué aux axes de pivotement des fusées avant, ce système supprime complètement le graissage, qui est fait une fois pour toutes par le constructeur. On peut dire que l’utilisation rationnelle des aciers nitrurés dans la partie mécanique et des aciers inoxydables dans la carrosserie réduit pratiquement à zéro l’entretien d’une voiture. Il y a là une tendance dont on ne peut que se féliciter.
- Pierre Devaux, Ancien élève de l’École Polytechnique.
- DÉTECTEUR D’INCENDIE THERMO-ÉLECTRIQUE
- Il vaut mieux prévenir que guérir; le conseil est particulièrement sage en matière de lutte contre l’incendie. Aussi, dans les établissements bien organisés, recourt-on systématiquement aux avertisseurs signalant automatiquement l’apparition d’une élévation brusque de température, autrement dit l’apparition d’un foyer anormal.
- La chaleur agit sur les corps solides pour les dilater ou les faire fondre, c’est sur cette propriété que reposent tous les détecteurs d’incendie conçus jusqu’à présent : fusion à basse température, dilatation de pièces métalliques ou de volumes d’air, mettant en contact deux bornes intercalées en série, dans une distribution élec-
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- trique laquelle dessert des avertisseurs acoustiques, optiques, etc., tel est le principe général de la plupart de ces appareils.
- 11 est possible de les régler de manière qu’ils fonctionnent pour une élévation de température déterminée à l’avance. Ces installations rendent de grands services, mais elles présentent des inconvénients sérieux, en raison du réglage délicat des pièces de contact qui doivent se séparer ou se joindre sous l’action de la chaleur pour détecter un commencement d’incendie dès sa naissance.
- Détecteur
- Détecteur
- Signal de Signa! incendie rupture de au central la boude )
- Boucle avec un courant de garde dt 0 m iHi-ampère, 5
- Potentiomètre
- Fig. 2. — Schéma d’une boucle de détection.
- Le système imaginé par M. Egal est tout différent; il utilise la transformation directe de la chaleur en électricité, autrement dit le phénomène thermo-électrique; l’action de la chaleur sur des éléments métalliques de natures différentes, mis en contact par soudure, fait naître un courant électrique.
- Jusqu’à présent, au point de vue pratique, la pile thermo-électrique ne s’est jamais répandue. Tout récemment on a essayé de la faire revivre pour l’appliquer aux postes récepteurs de T. S. F., mais on s’est toujours heurté à l’écueil des réalisations trop compliquées.
- M. Egal a repris la question : par de patientes recherches il a établi les caractéristiques de construction des générateurs thermo-électriques et il a réussi à créer un détecteur thermo-électrique d’une très grande sensibilité, ne nécessitant aucun réglage.
- Le mérite réside dans la réalisation d’un appareil
- Fig. 4. — Disques thermiques.
- efficace et sensible, capable de révéler une élévation de température brusque, tout en restant inactif pour une élévation de température lente due à la variation de la température ambiante. Son action est différentielle, grâce à une compensation de couples en opposition, d’où le nom de « détecteur à couples thermo-électriques compensés ».
- L’inventeur a imaginé de monter deux groupes de couples thermo-électriques,chaque élément de l’un des
- groupes est en opposition avec un élément adjacent de l’autre groupe, de sorte que la force électro-motrice d’un groupe est équilibrée à chaque instant par la force électromotrice de celui qui lui est opposé. On a donc une différence de potentiel résultante nulle, pour l’ensemble.
- Au point de vue pratique, les groupes sont encastrés dans des logements ménagés dans un bloc en matière isolante, ayant la forme d’un disque, le plus généralement. Ces logements se trouvent sur les deux faces du disque, et les éléments sont alternativement en cuivre
- Fig. 1 — Coupe d'un détecteur ther-moéleclrique installé au plafond.
- Au-dessous, coupe en travers montrant le dispositif de réglage d’entrée d’air; les fentes /, laissant entrer l’air ambiant au contact des faces non exposées des couples, peuvent être plus ou moins obturées, à l’aide de la tôle l.
- Norma
- Rupture
- Indication de rupture Marche normale delà bouc/e
- Incendie courf -circuit
- Fig. 3. —• Les indications du cadran du voltmètre récepteur.
- et en constantan. Ils sont coudés à leurs extrémités pour venir en contact les uns avec les autres, dans chaque alvéole ménagé dans les faces du disque. Les extrémités des couples sont reliées à un circuit de détection.
- On a ainsi un dispositif peu encombrant, que l’on peut, par conséquent, disposer dans tous les endroits voulus, plafonds, planchers, murs ou cloisons, etc., d’autant plus que ce détecteur thermo-électrique résiste à tous les chocs. Il ne présente pas de saillie, puisque tout est dissimulé dans une masse isolante, et la couche protectrice qui recouvre les couples les protège en même temps contre les intempéries.
- L’appareil peut être aussi sensible qu’on le désire, il suffit d’augmenter le nombre des couples. On trouve d’ailleurs par le calcul que la force électro-motrice étant proportionnelle au nombre des couples, la puissance
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- Fig. 5. -— Détecteur type Marine pour soutes.
- de la détection est proportionnelle au carré du nombre de couples, la résistance intérieure restant constante.
- Prenons, par exemple, un disque que nous voulons disposer dans un local. Ce disque sera placé dans un support fixé au plafond de façon que la face extérieure soit prête à détecter un commencement d’incendie, dans la pièce où l’appareil est installé.
- Le support comporte une monture en tôle formant boîtier. Une partie mobile de cette ceinture double, porte des ouvertures qui sont disposées plus ou moins en regard de semblables ouvertures dans une ceinture fixe. C’est par ces ouvertures que l’air ambiant peut
- Fig. 7. — Compteur à remontage électrique automatique.
- pénétrer dans le boîtier du détecteur et agir plus ou moins vite sur la face qui n’est pas exposée à l’extérieur.
- De cette manière on peut régler la température maximum de la détection et éviter que l’appareil n’entre en service pour une élévation lente de température produite par des causes normales telles que poêles, lampes, radiateurs.
- On peut, dans une pièce, mettre les détecteurs en action rien qu’en brûlant quelques centimètres cubes d’alcool dans un coin. Cette flamme suffit pour que les ondes calorifiques impressionnent l’appareil.
- Les détecteurs d’incendie sont construits pour fonctionner avec une différence de 10° entre les deux faces du disque. Il est possible de régler le poste de réception pour une différence plus élevée, pai exemple 20 ou 30°, mais on peut aussi détecter des variations de l’ordre du dixième de degré centigrade.
- Ces appareils peuvent tout aussi bien détecter les
- Fig. 6. — Le voltmètre récepteur ouvert.
- variations en dessous de la température ambiante et régler le fonctionnement des chambres froides ou glacières.
- L’installation du détecteur est simple. Les courants produits par le détecteur, sous l’influence d’une élévation brusque de température, passent dans un circuit qui actionne un récepteur à cadre formant relais.
- L’appareil utilisé dans ce but est un voltmètre, et, dans une installation générale, tous les détecteurs sont montés en série, formant ainsi une boucle de protection, pour l’ensemble de l’installation Une boucle peut comporter plusieurs dizaines de détecteurs. On y fait passer un courant permanent de 1/10 000e d’ampère, de manière
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- que toute rupture de la boucle ou d’un seul détecteur fasse fonctionner l’appareil indicateur.
- Le cadre du voltmètre où il ne passe plus de courant est alors ramené vers zéro, l’aiguille actionne un signal indicateur de rupture de boucle.
- S’il se produit un commencement d’incendie, l’un des détecteurs intéressés entre en jeu. Il se produit alors une élévation de l’intensité du courant de la boucle qui agit sur le voltmètre et actionne les signaux d’alarme.
- On peut, dans une installation importante, aménager plusieurs boucles de détecteurs, les appareils indicateurs seront alors centralisés sur un tableau, ce qui permettra de situer aisément et rapidement l’endroit du sinistre.
- Les détecteurs employés peuvent avoir des formes variées, adaptées à l’installation, c’est ainsi que pour les multiples téléphoniques, par exemple, on utilise des détecteurs se présentant sous l’aspect de réglettes en matière isolante, sur lesquelles les couples sont montés.
- ------- .= 69 =
- La sensibilité dépend uniquement de l’écartement entre les couples.
- Une installation importante est complétée par un compteur (fig. 7), qui enregistre à l’insu du personnel les mises en marche et arrêt, indique les heures où les manœuvres ont été exécutées et d’une manière générale, surveille à chaque instant l’ensemble de la défense.
- Le détecteur d’incendie que nous venons de décrire rapidement offre, au point de vue de la sécurité, de grands avantages : il n’a aucun contact réglable, les appareils sont donc rigoureusement insensibles aux chocs et aux vibrations; il est robuste et peu encombrant; on peut donc le placer en n’importe quel endroit où sa présence peut sembler utile; même sur une machine en marche.
- Il n’a aucun mécanisme, son entretien est pratiquement nul, et quant à sa sensibilité thermique, elle peut être rendue aussi grande qu’on le désire. E. Weiss.
- VINAIGRERIES MODERNES
- Pour donner plus de clarté à cette étude, rappelons d’abord succinctement les notions générales relatives à l’acétification.
- C’est Persoon qui, le premier, a attribué la transformation du vin en vinaigre à un microorganisme appelé Mycoderma aceti. Cette bactérie en forme de petits
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- Fig. 1. — Préparation du vinaigre par la méthode orléanaise.
- M, monture; L, liquide à acétifier; O, œil; F, fosset; N, niveau.
- bâtonnets très courts; se reproduit par scissiparité, c’est-à-dire par dédoublement longitudinal.
- Au contact de l’oxygène, elle transforme l’alcool en aldéhyde et eau :
- CH3 CH2 OH + O = CH3 COH + H20
- Si l’oxydation est continuée, l’aldéhyde est lui-même transformé en acide acétique :
- CH3COH + 0= CIHCOOH
- La présence de l’oxygène est donc indispensable et c’est pour cette raison que les salles d’acétification doivent être parfaitement aérées.
- On a remarqué, d’autre part, que le Mycoderma aceti ne pouvait se développer dans des liquides d’une teneur alcoolique trop élevée.
- Au delà de 12 pour 100 sa vie se trouve altérée et au lieu de transformer l’alcool en vinaigre, il le transforme en différents produits parmi lesquels l’acide acé-
- F
- Fig. 2. — Préparation du vinaigre par la méthode allemande.
- A, trou d’arrivée d’air; C, cuve contenant le liquide à acétifier; H, copeaux de hêtre; F, flacon doseur; T, thermomètre; V, vidange; t, tourniquet arroseur; R, robinet à flotteur.
- tique devient de plus en plus rare au fur et à mesure que la proportion d’alcool augmente, tandis que la production d’aldéhyde s’accroît.
- Si, au contraire, le Mycoderma aceti se trouve en présence du vinaigre produit par lui, ne contenant plus que
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- Collecteur
- Arroseur
- ---Eau
- Condenseur
- Thermomètre
- 6 Thermomètre
- Réfrigérant
- Elément
- poreux
- Réceptacles
- desproduits
- condensés
- Dilution
- Electropom
- àacétifier
- Fig. 3. — Schéma de superoxydeur.
- de faibles proportions d’alcool, l’oxygène est fixé sur les produits éthérés et ensuite sur l’acide acétique, pour le transformer en acide carbonique et eau, selon la formule : CH3 COOH + 4 O == 2 CO2 + 2 H20
- d’où le danger de pousser trop loin une fabrication dans le but d’utiliser les dernières traces d’alcool, car la destruction de l’acide acétique commence avant que ces dernières traces aient disparu. C’est pourquoi l’on doit toujours laisser en fin de fabrication environ 2 /10 d’alcool non transformé.
- Le Mycoderma aceti présente de nombreuses variétés et une sélection judicieuse peut contribuer à augmenter le rendement en acide acétique.
- Les températures de 30 à 35° centigrades sont les plus favorables à la vie de cette bactérie, car, au delà de 36°, il y a superoxydation, inconvénient signalé plus haut.
- L’action de la lumière est également importante pour son développement; ce micro-organisme préfère l’obscurité, car les rayons solaires et ultra-violets ont un effet nuisible sur sa vie.
- D’autre part, plus on s’approche du rouge, plus l’activité du Mycoderma aceti s’accroît; cette particularité a une importance pour l’éclairage des salles d’acétification dont les carreaux seront peints en rouge.
- TRAITEMENT PRÉALABLE DES VINS
- Ils doivent être avant tout clarifiés par filtration ou collage; quant aux vins rouges, ils seront décolorés au noir animal, collés et filtrés.
- Les vins devront être amenés par coupage à un degré alcoolique voisin de celui du vinaigre à fabriquer. Et on n’emploiera d’autre part que des vins exempts de maladies (à l’exception de l’acescence ou disposition à s’aigrir) et ne renfermant pas d’anhydride sulfureux.
- Enfin, pour assurer une bonne limpidité au vinaigre, il sera utile de pasteuriser le vin servant à sa fabrication.
- PROCÉDÉS DE FABRICATION DES VINAIGRES
- Méthode orléanaise. — On emploie des tonneaux de 220 litres environ appelés montures. Ils sont placés horizontalement les uns au-dessus des autres et portent
- à la partie supérieure de la paroi verticale du fond de l’avant 2 trous, l’un appelé œil, l’autre, plus petit nommé fosset, qui donne issue à l’air quand on charge le tonneau (fig. 1).
- Pendant l’acétification, ces deux trous restent constamment ouverts.
- On charge chacune des montures de 150 litres de vinaigre à 8° d’acide acétique chauffé à 35° C., puis, on verse 10 litres de vin; au bout de huit jours, on verse à nouveau 10 litres de vin jusqu’à ce que le niveau s’élève à 10 centimètres au-dessous de l’œil.
- On laisse reposer dix jours environ, on soutire 50 litres de vinaigre, puis on recharge à nouveau et ainsi de suite.
- Ce procédé très ancien appelé aussi « à liquide fixe » n’exige qu’un matériel simple, mais la production est minime par rapport à celle des autres procédés, par le fait que le contact de l’air et du liquide est réduit à une surface minima.
- Méthode allemande. — Dans cette méthode, imaginée par Schutzenbach en 1823, on utilise des cuves de chêne de 2 m 50 de hauteur, placées verticalement (fig. 2).
- Le trou à air est percé au centre du fond inférieur et porte un tube en bois en forme de champignon de 30 cm de haut, percé lui-même à sa partie supérieure de quatre trous latéraux.
- Les cuves placées en batterie, sont remplies jusqu’à 20 cm environ du bord supérieur de copeaux de hêtre roulés sur lesquels on installe un système d’arrosage.
- On fait couler en pluie, sur les copeaux, du vinaigre d’un degré égal à celui qu’on veut fabriquer. Lorsque le vinaigre qui s’écoule par l’œil inférieur a le même titre acide que celui qu’on introduit à la partie supérieure, les cuves sont acétifiées.
- On mélange alors au vinaigre que l’on fait écouler de l’alcool dilué dans la proportion de 10 pour 100, proportion qu’on augmente jusqu’à 40 pour 100.
- On se sert en général d’arroseurs automatiques, car les arrosages doivent se faire à intervalles réguliers.
- Le liquide descendant va donc au-devant de l’air, car celui-ci fixe son oxygène sur l’alcool et par suite de cette oxydation, qui est une réaction exothermique, l’air s’échauffe et tend à monter.
- Cette méthode n’admet l’acétification que des alcools très dilués et ne peut être employée pour fabriquer des vinaigres de vins.
- Le vinaigre obtenu par cette méthode est presque incolore et peu aromatique.
- Un perfectionnement à cette méthode a été apporté en utilisant des batteries de cuves.
- Ces appareils appelés super-oxydeurs dont la capacité peut être comprise entre 400 et 1200 hectolitres sont construits en chêne ou en pitchpin, et la partie inférieure de la cuve sert de récipient des dilutions àacétifier (fig. 3).
- Une grille, supportant les copeaux de hêtre, se trouve à la partie supérieure du niveau des dilutions.
- Une petite pompe électro-centrifuge, avec arrêt actionnée au moyen d’un appareillage électro-automatique, envoie aux heures déterminées la quantité de moût nécessaire à l’arroseur qui le distribue automatiquement aux éléments poreux.
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- L’arroseur est du type tourniquet à deux bras et un serpentin à circulation d’eau à contre courant refroidit le moût envoyé à l’arroseur.
- Un condenseur de vapeurs permet de récupérer celles-ci sous forme liquide dans une cuve réceptrice, de laquelle elles sont extraites et réincorporées aux dilutions.
- Le moût, en traversant les copeaux augmente son degré d’acidité. Après transformation complète, on soutire et on recharge à nouveau l’oxydeur avec une nouvelle dilution.
- En résumé, cet appareil a les avantages suivants :
- La production et le rendement sont amenés à leur maximum.
- Il y a suppression de la superoxydation, par suite de l’alimentation circulatoire discontinue et du correcteur de température.
- L’oxydeur développant de la chaleur se suffit à lui-même, d’où diminution notable des frais de chauffage en hiver.
- Enfin, le dispositif de récupération de vapeurs permet une grosse économie par suite de la réincorporation des eaux alcoo-acétiques aux dilutions.
- Méthode des cuves tournantes. — Les premiers appareils, qu’on utilise encore, sont de forts fûts en chêne de 650 litres de contenance, ayant le milieu de chaque fond muni d’un trou percé en évasement ; ces trous sont reliés entre eux par un tube d’osier creux d’environ 10 cm de diamètre sur lequel s’adapte en son milieu et perpendiculairement à son axe un autre tube de même matière et d’égal diamètre.
- Autour de ces tubes, on entasse des copeaux de hêtre et le mouvement de rotation des fûts est obtenu à l’aide d’une vis sans fin mue par un moteur.
- On commence par acétifier les copeaux, puis on remplit l’appareil avec 150 litres de vin ou d’alcool dilué à 8° et contenant le ferment, jusqu’à ce que le niveau affleure au trou central.
- On fait tourner les appareils d’un tour complet, puis ensuite de deux heures en deux heures pendant la première journée.
- On complète par du liquide jusqu’à nouvel affleurement; on chauffe ensuite la pièce des cuves jusque vers 28° environ, puis on fait faire aux cuves une révolution complète matin et soir jusqu’à ce que la température du liquide ait atteint la température ambiante.
- On fait faire trois révolutions et on abaisse la température ambiante à 25°. Quand le thermomètre placé dans les cuves marque 28° on fait faire trois révolutions et lorsqu’il marquera 32°, on fera faire six révolutions par jour.
- Au bout de 12 à 15 jours, l’acétification est complète; on soutire alors le vinaigre et on recommence l’opération de remplissage, les copeaux étant acétifiés.
- Cette méthode a l’avantage d’être rapide et de transformer presque intégralement en vinaigre le liquide à acétifier.
- Ces appareils ont, d’autre part, l’avantage de pouvoir transformer en vinaigre toutes espèces
- de mélanges alcooliques : vins, alcools dilués, malts, jus de canne à sucre, etc., sans évaporation et sans perte du bouquet et des arômes des constituants.
- Les ingénieurs Manoncourt et Contassot ont apporté les derniers perfectionnements à l’industrie de l’acétification par appareils rotatifs.
- Leurs acétificateurs sont constitués par des foudres en chêne de 7200 litres environ de capacité (fig. 4).
- L’épaisseur de leurs parois est de 70 à 75 millimètres; ils sont fortement cerclés et contiennent, à l’intérieur, des chambres en hêtre communiquant avec l’extérieur par des ouvertures placées au centre des fûts.
- Les agents diviseurs sont constitués par des copeaux de hêtre roulés en spirale et confectionnés spécialement pour cet usage.
- Ils remplissent entièrement l’espace intérieur des foudres sauf les chambres à air.
- L’agencement extérieur des foudres comprend deux croisillons en fonte moulée, l’un placé sur la face antérieure, l’autre sur la face postérieure et reliés entre eux par quatre tirants en acier. Chaque croisillon porte en son centre un tourillon qui vient reposer sur un coussinet fixé sur un bâti supporté lui-même par des colonnettes en fonte.
- Le croisillon de la face antérieure porte sur son tourillon une roue de vis qui vient s’engrener sur une vis sans fin fixée sur un arbre de transmission horizontal. Un mouvement de réduction composé d’engrenages, poulies fixe et folle, est disposé en tête des batteries et actionne tout l’ensemble.
- Sur la face antérieure des foudres sont disposés des robinets de vidange et de prise d’échantillon, un tube de niveau et le thermomètre de contrôle.
- Ce dispositif permet d’effectuer les opérations avec un minimum de frottement et d’usure, puisque le travail se fait par le centre de gravité du système.
- D’autre part, on utilise un minimum d’énergie d’entraînement, puisqu’un seul homme peut mettre en mouvement sans fatigue une batterie d’acétificateurs de 5 unités et même plus.
- Ce dispositif permet de faire marcher toute une fa-
- Fig. 4. — Batterie d’acétificateurs rotatifs, système Manoncourt et Contassot.
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- Fig. 5. •— Appareillage éleclroautomatique Manoncourt-Contassot, assurant à des heures fixes les immersions de jour et de nuil.
- brique sans force motrice au cas où celle-ci viendrait à manquer momentanément, ce qui a une grande importance, car on évite ainsi les perturbations dues aux échaulfements et aux fermentations secondaires.
- D’autre part, puisque les foudres ne forment qu’un bloc avec les croisillons, ils ne connaissent ni les déformations, ni l’usure qui se produisent dans d’autres appareils, tels que ceux du système Michaëlis opérant leur révolution sur des galets qui en supportent tout le poids.
- Enfin, et c’est là le principe le plus ingénieux du système Manoncourt et Contassot, un dispositif électro-automatique permet d’assurer à des heures fixes, les immersions de jour et de nuit.
- A l’instant déterminé à l’avance, un relais électrique actionné par le dispositif ci-dessus met en marche le moteur qui fait mouvoir l’axe des vis sans fin et qui l’arrête après une révolution des cuves (fig. 5).
- Ce système a toutes sortes d’avantages en plus de ceux signalés plus haut ; il permet un rendement en acide acétique supérieur à celui des méthodes anciennes,
- Fig. 6. — Batterie acélificalrice à immersions successives, système Manoncourt-Contassot.
- A, robinets communiquant avec le compartiment inférieur de chaque cuve; B, robinets de rentrée de la dilution; C, robinets d’aération; E, thermomètres; F-C>, portières d’accès; H, capteur de vapeurs acéto-alcooliques; I, canalisation d’aspiration; J, canalisation de refoulement; K, électropompe; L, tube-niveau; M, arceaux.
- ainsi que la fabrication de toutes sortes de vinaigres.
- Il réduit la main-d’œuvre et le personnel au strict minimum, puisqu’un seul ouvrier peut assurer le service des expéditions, le fonctionnement, le chargement et le soutirage d’acétilicateurs rotatifs d’une production annuelle de 10 000 hectolitres.
- Les frais généraux et d’entretien se trouvent ainsi diminués et la marche est assurée en tous temps grâce au dispositif d’entraînement électrique; de plus la force motrice nécessaire au fonctionnement de ces appareils est infime, 2 ch environ sont suffisants pour 1 batterie de 6 appareils.
- Enfin, la qualité du vinaigre fabriqué est supérieure.
- Les accidents de fabrication sont pour ainsi dire nuis, si l’on emploie des vins sains ; mais il arrive qu’au bout d’une dizaine d’années environ, l’oxygène de l’air n’arrive plus au sein de l’élément poreux qui est encrassé. La fermentation se ralentit et il est utile de procéder à un nettoyage. Pour cela, on désacétilie l’appareil, on met l’élément poreux en contact pendant vingt minutes avec une préparation diluée d’acide sulfurique ; on lave ensuite à grande eau et on s’assure avec du papier de tournesol que toute trace d’acide a disparu.
- Les parasites rencontrés dans la fabrication du vinaigre (surtout de vin) sont les mouches de vinaigre, soit petites (jDrosophila fenestrarum), soit grosses (Drosophila funebris). Par eux-mêmes, ces insectes ne sont pas nuisibles à l’acétification, mais ils peuvent véhiculer des bactéries indésirables ; il est donc utile de s’en débarrasser. On se sert pour cela d’une torche de coton imbibée d’alcool à brûler qu’on présente allumée aux trous d’aération et robinets. On détruit ainsi les mouches, les larves et les œufs; c’est la méthode la plus radicale.
- Méthode par batteries acétificatrices à immer= sions successives, à cuves fixes par déplacement de liquide. — Une batterie de ce genre par exemple, se compose généralement de 7 cuves de fermentation et d’une cuve de dépôt renfermant la dilution alcoolique à acétifier.
- Chaque cuve de fermentation comporte une chambre d’égouttage, des éléments d’aération, des robinets d’aération et des copeaux de hêtre. Elle est munie d’un thermomètre et de niveaux avec robinets.
- Les cuves sont reliées entre elles par deux canalisations avec robinets, l’un pour l’aspiration, l’autre pour le refoulement.
- Une électro-pompe assure, le transvasement.
- Une immersion a lieu le matin, une autre le soir. Chaque cuve porte à sa partie supérieure un captateur de vapeurs acéto-alcooliques qui condense celles-ci et les renvoie dans la cuve, ce qui élimine toute perte par évaporation.
- La durée d’une fermentation est d’une douzaine de jours environ et les vinaigres fabriqués titrent de 8° à 8°,5; le rendement en acide acétique est le même qu’avec les acétificateurs rotatifs (fig. 6).
- Il y a loin de ces usines modernes à la méthode orléa-naise primitive, mais on y retrouve toujours l’application des théories de Pasteur.
- Jacques Senart.
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- LE DÉVELOPPEMENT PHOTOGRAPHIQUE
- A GRAIN FIN
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- Le gélatino-bromure d’argent présente un grain d’autant plus gros que l’émulsion est plus rapide. Le fait s’explique aisément, lorsque l’on considère que l’aug-
- simplement par contact, devient insupportable lorsque l’on agrandit ou si l’on regarde l’image à travers une loupe ou les oculaires d’un stéréoscope. Il est facile,
- Fig. 1 à 6.
- 1, Micrographie d’une plaque Lumière étiquette bleue développée au génol-ligdroquinone ; 2, d’une plaque Lumière étiquette bleue traitée
- avec le révélateur Eastman; 3, d’une plaque Lumière étiquette bleue développée avec le révélateur F, Veldmann au génol; 4, d’une plaque Lumière étiquette bleue développée avec le nouveau révélateur Lumière et Seyewelz; 5, d’une plaque Opta (750° H et D) développée au génol-hgdroquinone; 6, d’une plaque Opta développée à l’aide du nouveau révélateur spécial.
- mentation de sensibilité est généralement obtenue par mûrissement, c’est-à-dire en laissant l’émulsion à l’état lluide pendant un certain temps, à une température de l’ordre de 20° : des mouvements browniens se produisent, qui modifient la nature des grains, exaltent leur sensibilité, mais en augmentent le volume. Il existe bien un autre moyen d’augmenter la rapidité sans accroître la grosseur du grain : incorporer à l’émulsion certaines substances telles que les sulfo-cyanates ; mais la concurrence a amené les fabricants à combiner les deux procédés de façon à atteindre le maximum possible et, quelle que soit leur marque, les émulsions ultra-rapides (750° Hurter et Drif-üeld ou 90° Eder-Hecht), présentent un grain relativement grossier qui, s’il n’est pas gênant lorsque l’on tire les copies positives
- direz-vous, d’éluder cet inconvénient : il suffit de se contenter de plaques de rapidité moyenne. Sans doute et c’est ce que nous conseillons de faire; mais il est des cas où, sans une émulsion très rapide, il pourrait être très difficile d’opérer ; l’étude des moyens propres à affiner le grain d’une telle préparation sensible présente donc un intérêt certain.
- On s’est efforcé d’atteindre ce but au moyen de révélateurs de composition appropriée. Parmi les formules spécialement préconisées comme capables de procurer des images à grain fin, nous citerons celles d’Eastman au génol-hydroquinone, celle de Veldman à l’hydroquinone et celle de Lumière à la paraphénylène-diamine, toutes trois caractérisées par la présence de borax.
- Fig. 7. — Courbes caractéristiques de la plaque Opta révélée à la paraphény-lène-diamine (n° 1, après développement ; 2, après renforcement).
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- = 74 ................ .. ———, ."~:==
- L’expérience a démontré que seule la dernière formule est réellement efficace.
- Ce révélateur cependant est très peu employé; on lui reproche, à juste raison d’ailleurs, de n’agir efficacement que sur les plages ayant reçu un éclairement très supérieur à celui qui est suffisant avec un révélateur normal, ce qui oblige à augmenter notablement le temps de pose. En outre, l’image obtenue est de couleur brune et d’une opacité telle que le tirage des épreuves positives exige plus de temps. Nombre de laboratoires utilisent, pour atteindre ce but, le révélateur Eastman comportant, pour 1 litre d’eau, 100 gr de sulfite de sodium anhydre, 2 gr de génol, 5 gr d’hydroquinone et 2 gr de borate de sodium cristallisé, mais il faut reconnaître que les résultats ne sont guère probants.
- Le^ développement physique aprps fixage a été aussi préconisé en vue de l’obtention d’images à grain fin en partant d’émulsions extra-rapides, mais la nécessité de surexposer fortement, la lenteur du développement et le voile dichroïque qui se produit inévitablement ont empêché ce procédé d’entrer dans la pratique.
- Eu égard aux avantages évidents que présente à ce point de vue la paraphénylène-diamine, MM. A. Lumière et A. Seyewetz ont estimé qu’il convenait d’en reprendre l’étude et se sont attachés à trouver une formule évitant les inconvénients signalés. Us ont essayé successivement divers adjuvants alcalins autres que le borax et ont trouvé dans le phosphate tribasique de sodium une substance convenant beaucoup mieux à la constitution d’un tel révélateur.
- La formule à laquelle ils se sont finalement arrêtés est
- la suivante :
- Eau ........................................ 1000 cm3
- Sulfite de sodium anhydre..................... 60 gr
- Paraphénylène-diamine......................... 10 gr
- Solution de phosphate tribasique de sodium
- à 10 pour 100............................... 20 cm3
- Solution de bromure de potassium à 10 p. 100 10 cm3
- En raison de l’influence de la proportion de phosphate tribasique sur la grosseur du grain et des différences de teneur en produit pur que l’on constate dans les phosphates trisodiques du commerce, il importe de n’utiliser qu’un sel de qualité garantie par une marque réputée.
- Avec ce révélateur, on obtient sur des émulsions extrarapides impressionnées normalement, des images à la
- fois d’une grande pureté et d’une extrême finesse en un temps qui, à la température de 17 à 18°, n’excède pas 1 heure. On sait qu’avec les cuves métalliques verticales à fermeture hermétique un tel développement se fait d’une façon purement automatique et ne nécessite aucune surveillance.
- Il suffît de comparer les micrographies de fragments de plaque extra-rapide Lumière étiquette bleue, respectivement traités au génol-hydroquinone normal (fig. 1), avec les révélateurs Eastman (fig. 2) et Veldmann (fig. 3) et avec le nouveau révélateur spécial de Lumière et Seyewetz (fig. 4) pour constater le gain considérable de finesse procuré par ce dernier. Les résultats sont d’ailleurs plus probants encore avec une plaque de rapidité extrême telle que l’Opta (fig. 5 et 6), dont le grain est naturellement plus gros.
- L’image est de couleur grise, transparente, dichroïque, mais ne présente pas de voile appréciable; telle que, elle convient au tirage sur plaque diapositive ou sur papier « contraste ». On peut d’ailleurs la renforcer facilement à l’aide d’un bain au chlorochromate de potassium contenant 40 gr de sel renforçateur par litre d’eau : plongée après un soigneux lavage dans cette solution, l’image blanchit; on la lave à l’eau courante jusqu’à disparition de toute trace jaune dans les parties transparentes; on termine par un traitement dans un révélateur normal, suivi d’un lavage. Les images ainsi renforcées sont d’un très beau noir, exemptes de dichroïsme, inaltérables et d’un grain extrêmement fin.
- Les courbes caractéristiques (fig. 7) obtenues avec la plaque Opta montrent que la densité maximum atteint 1,8 après développement au nouveau révélateur à la paraphénylène-diamine et 2,4 après renforcement chlorochro-mique. Ce révélateur spécial rendra de grands services à tous ceux qui font de petits clichés destinés à l’amplification, que celle-ci résulte de l’examen à travers des lentilles convergentes jouant le rôle de loupes, comme dans le stéréoscope, d’un tirage par agrandisseur ou d’une projection sur un écran. Il s’impose à l’attention de tous ceux qui utilisent des appareils de format minuscule comme le Cent-Vues ou le Leica, ou même désirent obtenir du Vérascope 45 X 107 tout ce qu’il peut donner; il est également susceptible d’applications très intéressantes en cinématographie.
- André Bourgain.
- APPLICATIONS INDUSTRIELLES DES CELLULES
- AU SÉLÉNIUM
- Nous avons déjà, à plusieurs reprises, indiqué dans cette Revue, les caractéristiques générales des cellules au sélénium et les progrès récents réalisés dans leur fabrication.
- Les cellules actuelles offrent le maximum de sensibilité dans la partie visible du spectre, et plus particulièrement pour les rayons orangés, mais elles sont
- encore sensibles aux rayons ultra-violets, et même aux rayons de 0,2 à 0,3 angstroms; cependant on ne peut plus alors les utiliser dans les conditions normales.
- Ce qui réduisait *d.ans! d’assez grandes proportions le domaine des utilisations ^des cellules au sélénium, c’était surtout le phénomène de fatigue marqué par la diminution de là sensibilité au bout d’ün certain temps, géné-
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- Fig. 1. — L’œil électrique Rio.
- A gauche : vue d’ensemble. A droite : couvercle et cellule enlevés. On voit au centre l’emplacement de la cellule; à gauche, le transformateur d’alimentation; à droite, la lampe d’amplification à 3 électrodes.
- râlement sous l’effet d’un courant trop intense ou d’un éclairage trop violent.
- En prenant les précautions nécessaires, on peut éviter cet inconvénient, de même qu’on peut éviter les variations de sensibilité provoquées par l’action des agents atmosphériques, mais il est bien plus difficile de s’opposer à Y inertie et à la rémanence de la cellule.
- Ainsi, la variation de résistance ne suit pas immédiatement les variations d’intensité d’éclairage, et si l’on fait tomber sur la surface de l’élément un faisceau lumineux, la déviation de l’aiguille d’ün galvanomètre de contrôle se fera avec un léger retard, de l’ordre de quelques centièmes de seconde.
- Au moment de l’éclairage, l’aiguille du galvanomètre continue d’autre part à dévier assez longtemps, même lorsque l’intensité lumineuse a atteint son maximum, et, inversement, à l’obscuration, l’aiguille ne revient exactement à sa première position que quelques instants après que le phénomène optique a cessé; le sélénium reste donc en quelque sorte « imprégné de lumière ».
- M. André Rio, le spécialiste français des cellules au sélénium, est pourtant parvenu par l’emploi de dépôts comprenant principalement, mais non exclusivement du sélénium sous forme de combinaisons halogènes stables nettement déterminées, dépôts effectués dans des conditions très spéciales, à construire soit des cellules dites molles, sensibles, mais présentant des phénomènes de rémanence ou d’inertie très accentuées, soit des cellules dures, peu sensibles, mais avec lesquelles les phénomènes de rémanence et d’inertie sont très peu marqués.
- LES CELLULES AU SÉLÉNIUM ET LA TÉLÉMÉCANIQUE
- Malgré les perfectionnements de leur fabrication, il est rare qu’on puisse obtenir avec des cellules au sélénium des réactions fidèles pour des variations lumineuses trop rapides, dont la période dépasserait l/1000e de seconde. On a été ainsi amené peu à peu à délaisser les cellules au sélénium pour les applications qui exigent
- Fig. 2. —- La cellule au sélénium à empilage-, son boîtier et son système de fixation.
- une inertie très faible, pour la reproduction des fréquences acoustiques en cinématographie sonore par exemple, ou pour des essais de transmission des variations lumineuses en télévision. Par contre, la sensibilité relativement élevée des cellules au sélénium et la facilité de leur emploi les fait toujours adopter avec succès pour la télémécanique ou la photométrie.
- C’est ainsi qu’aux États-Unis, on les utilise pour la mise en fonctionnement de signaux de chemins de fer, de régulation de la circulation routière, etc., et qu’en France on a fait récemment des applications diverses du même genre extrêmement ingénieuses.
- Rappelons, à ce sujet, le système régulateur de lumière utilisé par la Compagnie Parisienne de Distribution d’Électricité dans le souterrain routier de la Porte Dauphine à Paris. Pour éviter les accidents, il est absolument nécessaire, dans ce souterrain, d’éviter tout éblouissement des conducteurs des automobiles, soit à l’entrée, soit à la sortie du tunnel. Il faut donc que le degré de lumière intérieure soit réglé constamment d’après l’éclairage extérieur.
- Lorsqu’il fait grand soleil, le souterrain est pleinement éclairé; lorsque le temps est couvert, le souterrain est à éclairage réduit. De cette façon la transition entre les deux éclairements est respectée, et le conducteur n’est pas incommodé dans la conduite du véhicule.
- Ce résultat est obtenu à l’aide d’une cellule au sélénium extérieure, qui commande à l’aide de relais, suivant l’intensité de la lumière, la mise en action d’un nombre plus ou moins grand de projecteurs placés à l’intérieur du souterrain.
- Une installation également fort intéressante réalisée à l’aide d’une cellule au sélénium a été établie dans un des garages de la Préfecture de Police, dans lequel les étages communiquent les uns avec les autres par une rampe hélicoïdale.
- Les conducteurs arrivant en bas ou en haut de la rampe ne pouvaient se voir et des collisions étaient à
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- craindre. Des faisceaux lumineux agissant sur des cellules reliées à des relais ont été installés en permanence, pour mettre en action des signaux avertisseurs lumineux, dès que des voitures se trouvent sur une partie de la rampe. On évite ainsi tout risque d’accident.
- L’ŒIL ÉLECTRIQUE, APPAREIL INDUSTRIEL DE TÉLÉMÉCANIQUE PAR LA LUMIÈRE
- En dehors des applications des cellules au sélénium pour la réalisation d’installations de télémécanique par la lumière dans des administrations, dans des monuments ou des bâtiments appartenant à l’Etat, ou sur la voie publique, il est extrêmement intéressant, dès à présent, de mettre à la disposition des industriels et même dans certains cas, des particuliers, un appareil de télémécanique par la lumière, très robuste, de faible encombrement, relativement peu coûteux, et surtout fonctionnant en quelque sorte automatiquement et n’exigeant presque aucun soin, ni aucun entretien. Grâce à la cellule au sélénium, on a pu réaliser récemment un dispositif de ce genre, et sa construction est due également à M. André Rio.
- Cet appareil comporte une cellule au sélénium sensible, mais qui n’est pas destinée, étant donné son emploi spécial, à suivre des variations de lumière d’une fréquence supérieure à 50 per : sec, cette fréquence étant largement suffisante pour les applications industrielles,
- La cellule entièrement métallique est à l’air libre, et simplement placée dans un boîtier, la protégeant des chocs mécaniques (fîg. 1).
- M. André Rio a ainsi établi un ensemble de télémécanique industrielle monté dans un boîtier circulaire métallique de 20 cm de diamètre, auquel il a donné le nom d’œil blectrique. Ce système comporte essentiellement, en son centre, une cellule séléno-électrique facilement démontable dans son boîtier à douille à vis analogue à celle d’une lampe à incandescence, et un amplificateur d’un type spécial à une lampe alimenté entièrement par le courant d’un secteur alternatif et actionnant sans redressement un relais d’un type courant d’une capacité de coupure de 1 ampère sous 110 v (fig. 2 et 3).
- Ce relais, établi pour une sensibilité de 6 milliampères , reçoit pratiquement un courant de 15 mil-liampères, de sorte que le coefficient de sécurité et de fonc-tionnement est important.
- Ce modèle de relais a d’ailleurs été soumis à un essai de 200000 coupures, à raison d’une par seconde, sans aucune défaillance , et sans
- que les contacts présentent la moindre trace de piqûre.
- L’appareil est muni d’une prise de courant peimettant son branchement sur le secteur sans aucune installation, comme s’il s’agissait d’un appareil domestique ordinaire. La consommation n’est que de 2/10es d’ampère, et le fonctionnement n’exige aucune surveillance. Trois bornes permettent le branchement du circuit d’utilisation, de sorte que, suivant le cas, le circuit peut être ouvert ou fermé par l’obscuration de la cellule. De plus, en manœuvrant le curseur de la résistance de compensation, on peut arriver à obtenir un réglage déterminant la mise en marche immédiate du relais ou avec un certain retard.
- Ainsi, ce système est tout à fait industriel, et peut être, suivant l’expression courante, « mis entre toutes les mains ».
- LES APPLICATIONS POSSIBLES DE L’ŒIL ÉLECTRIQUE
- Dès à présent, les applications industrielles de la télémécanique par la lumière sont extrêmement variées, et chacun peut constamment en imaginer d’autres.
- On peut d’abord considérer tous les dispositifs mis en fonctionnement par la coupure d’un rayon lumineux. Lorsqu’on veut alors obtenir un fonctionnement indépendant de la lumière du jour, on illumine la cellule par un feu fixe rouge ou blanc, obtenu à l’aide d’un petit projecteur électrique, et toute coupure du rayon lumineux détermine la fermeture ou l’ouverture du circuit d’utilisation.
- Parmi ces applications, on peut ainsi citer tous les dispositifs publicitaires et en particulier le déclenchement de l’éclairage d’une vitrine, la mise en fonctionnement d’un mannequin ou d’un phonographe par le passage d’un piéton devant une vitrine ou devant une porte.
- La protection contre le vol (avec des rayons invisibles), la protection contre les accidents du travail, ainsi que la protection des ascenseurs, monte-charges ou monte-lettres, la commande de mise en marche à distance ou d’arrêt des machines-outils, en particulier des presses hydrauliques, constituent également des applications bien connues et déjà en pratique.
- Le comptage des wagons, des automobiles, et en général de tous les objets fabriqués, est également déjà réalisé industriellement à l’étranger, et tous les systèmes de signalisation sur routes, sur rues, sur passages à niveau/ dans les garages, dépôts ou ateliers ont donné des résultats satisfaisants.
- La détection des fumées, la protection contre les gaz nocifs inodores, la sélection d’éléments diversement colorés, ou diversement réfléchissants sont peut-être plus délicates à obtenir, mais également fort intéressantes.
- A titre d’exemple des dispositifs fonctionnant par coupure d’un rayon lumineux, signalons un récent système de pesée automatique. De part et d’autre du cadran gradué de la balance, on a installé un petit projecteur électrique, et un œil électrique. En arrivant au point déterminé à l’avance, l’aiguille de la balance coupe le faisceau lumineux, et détermine la fermeture du robinet d’amenée d’un liquide dans un récipient placé sur le plateau (fig. 4). f
- Fig. 3. — Schéma du moulage électrique de l’appareil Rio.
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- Ce n’est pas seulement par coupure d’un rayon lumineux qu’on peut agir, mais également par variation de lumière. C’est ainsi qu’on peut contrôler la luminosité des foyers, surveiller des foyers au mazout (l’extinction de la flamme provoquant l’arrêt de la pompe d’injection), régler des brûleurs à gaz, contrôler la limpidité des eaux, établir des systèmes protecteurs contre l’incendie, etc.
- Nous avons indiqué plus haut, à propos du souterrain de la Porte Dauphine, les emplois possibles pour les dosages d’éclairage par rapport à la lumière du jour. De tels systèmes peuvent être établis non seulement dans des souterrains, mais dans toutes les salles en profondeur, salles d’écoles, de restaurants, de cafés, de magasins, etc.
- Enfin, on peut obtenir la fermeture d’un circuit pour une obscuration donnée de la lumière du jour, c’est-à-dire un déclenchement d’un relais à la tombée de la nuit ou en cas de brume, lorsque la clarté diurne est tombée au-dessous d’une valeur déterminée, et, d’ailleurs, variable à volonté.
- De tels systèmes de mise en marche automatique des appareils d’éclairage peuvent être employés sur des secteurs d’éclairage public, c’est ce qui a été fait place François-Ier à Paris; on peut aussi y recourir pour le balisage des lignes de chemins-de fer, des champs d’aviation, des lignes maritimes, la mise en fonctionnement des sirènes de brume, l’éclairage automatique des trains au passage des tunnels, l’éclairage des vitrines et des intérieurs des magasins, la mise en fonctionnement des annonces publicitaires lumineuses, etc.
- Bien que jusqu’à présent les installations de télémécanique par la lumière soient encore beaucoup moins nombreuses en France qu’à l’étranger, il semble que grâce à l’apparition du nouvel instrument que nous venons de décrire, d’un caractère vraiment industriel,
- Fig. 4. —DisposiHf de pesée automatique commandé à l’aide d’un système de télémécanique par la lumière.
- Un petit projecteur, à droite, envoie un faisceau lumineux sur une cellule au sélénium, à gauche. Ce faisceau est interrompu lorsque l’aiguille de la balance arrive à une position déterminée.
- d’un emploi facile et d’un entretien presque nul, elles se multiplieront désormais rapidement.
- P. Hémardinquer.
- NOUVEAUX PROCEDES POUR LA PROTECTION
- DES MÉTAUX
- BONDÉRISATION, UDYLITE, PROTALISATION
- Jamais la question de la protection des métaux n'a fait l’objet d’autant de recherches qu’aujourd’hui. On sait que la rouille détruit chaque année environ un cinquième de la production mondiale du fer et de l’acier. Sur les alliages dérivés de l’aluminium, dont les usages se répandent rapidement, les dégâts dus à la corrosion ne sont pas moindres. Aussi les laboratoires officiels de tous les pays ont-ils mobilisé leurs savants pour essayer d’analyser le mécanisme, encore quelque peu mystérieux, de ces corrosions; de toutes parts des remèdes nouveaux sont proposés et soumis au contrôle de l’expérience. La lutte fiévreuse qui s’organise ainsi contre les forces destructives de la nature peut sembler paradoxale, à une époque de production à outrance, où l’on se plaint de la surabondance des marchandises et de la restriction de leurs débouchés. C’est que, malgré
- toutes les déclamations contre la surproduction, chacun sent, obscurément, ce dont tous les sages sont convaincus : le gaspillage des richesses naturelles et du travail humain ne peut jamais être un bien; sans doute tout ce qui sort des mains de l’homme est à la longue périssable; mais tout ce qui retarde cette échéance inévitable constitue un bienfait pour l’humanité.
- Le fer et l’acier usuels sont très sensibles à l’action de la rouille; les procédés imaginés pour assurer leur protection se répartissent en deux grandes classes : les revêtements, peintures, vernis ou dépôts de métaux moins oxydables que le fer, et le traitement chimique de la surface métallique pour la rendre inoxydable.
- C’est à cette seconde classe qu’appartient le procédé Parker dont nous avons donné une étude détaillée dans notre numéro 2800 du 1er Janvier 1929. Il consiste,
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- rappelons-le, à plonger les objets à traiter dans des bains spéciaux qui transforment leur surface en des phosphates complexes de différents mé-taxix, stables, imperméables et insolubles. Ce phosphate est inoxydable, et protège parfaitement le métal sous-jacent. Le traitement est simple, convient parfaitement au travail en grande série; il a encore l’avantage de ne pas déformer les pièces, de n’en point modifier les dimensions et de n’altérer en rien les propriétés mécaniques et physiques du métal. Aussi s’est-il rapidement répandu dans l’industrie.
- Les objets parkérisés ont un aspect gris mat qui n’est pas toujours agréable; aussi complète-t-on toujours le traitement par l’application d’une finition. La surface parkérisée, grâce à sa forme cristalline, forme une base d’accrochage excellente pour les peintures, laques, émaux et vernis.
- C’est cette propriété qui a été mise en œuvre dans un nouveau mode de protection, dérivé de la parkérisation, et qui combine la protection chimique, et la protection par peintures.
- La bondérisation. — Le nom donné à ce nouveau procédé dérive du verbe anglais to bouder, qui signifie : accrocher.
- Pour les fabrications en grande série, où la cadence trop ralentie d’une opération accessoire peut avoir une mauvaise influence sur la marche générale de la production, la durée de la parkérisation peut parfois être gênante.
- On a donc eu l’idée de réduire cette durée, quitte à diminuer la valeur propre de protection de la couche de phosphates, mais en compensant cette diminution par l’emploi de peintures ou de vernis qui, grâce à cette couche sous-jacente forment un revêtement d’une continuité parfaite et d’une valeur protectrice exceptionnelle.
- La bondérisation s’effectue dans un bain formé par dissolution de sels analogues aux sels Parker, à raison de 30 gr par litre. Les pièces préalablement dégraissées y séjournent 10 minutes environ à la température de 98 à 100°. La bondérisation est employée aujourd’hui dans de nombreuses usines d’automobiles travaillant à la chaîne.
- Le cadmiage par le procédé Udylite. — Il
- est des cas nombreux où, pour des raisons décoratives surtout, on désire donner aux pièces un aspect brillant
- et métallique ; on recourt alors aux dépôts électrolytiques de métaux : nickelage, chromage, etc.
- La Société qui exploite les procédés Parker préconise le cadmiage qu’elle met en œuvre par des moyens nouveaux.
- Le cadmium est un métal parent du zinc ; situé immédiatement au-dessous du fer dans l’échelle électrochimique des métaux, il convient particulièrement à la protection du fer et de l’acier; en fait les revêtements au cadmium apportent contre la corrosion une des meilleures protections connues.
- Dans le procédé Udylite, le cadmiage s’effectue par voie électrolytique. On a réussi par un choix convenable de l’électrolyte et par la forme spéciale des anodes à éliminer les difficultés qui ont longtemps retardé l’epiploi du cadmiage. On fait agir le courant électrique sur une solution spécialement étudiée de sels de cadmium; on choisit une solution fortement ionisée, excellente conductrice et rigoureusement stable ; on obtient ainsi les meilleurs résultats pratiques. Le cadmium est transporté sur la surface à protéger placée au pôle négatif ou cathode du bain; il y forme un dépôt opaque, imperméable, brillant dès la sortie du bain. Ce point représente un sérieux avantage sur d’autres métaux de revêtement, car les opérations de brunissage ou avivage après le bain peuvent souvent être supprimées. Tout au plus, quand on veut donner aux pièces finies un grand éclat, leur fera-t-on subir un léger gratte-bossage.
- Un autre avantage du cadmiage est que le dépôt s’effectue en un temps très court et les pièces séjournent dans le bain une quinzaine de minutes seulement.
- Les anodes, dans le procédé Udylite, présentent, comme nous l’avons dit, une disposition originale. Elles consistent en des pani.ers cylindriques en fer, ajourés, surmontés d’un crochet et dans lesquels sont introduites des sphères de cadmium. On compte généralement quatre paniers au mètre courant de barres anodes.
- Ces anodes spéciales suppriment le gros inconvénient de la polarisation; elles ont de plus l’avantage de s’user jusqu’au bout sans tomber dans le bain, ce qui supprime les déchets.
- Le cadmiage, depuis que son exécution est devenue aisée et sûre, s’est rapidement répandu dans l’industrie.
- La protalisation. — Ce procédé de protection s’applique uniquement à l’aluminium et à ses alliages; il se rattache à la même idée que la parkérisation pour le fer. Il consiste à provoquer, par une réaction chimique, à la surface des métaux à protéger, une couche d’oxydes métalliques complexes, intimement unie au métal sous-jacent.
- Le traitement s’effectue, comme pour la parkérisation, par simple immersion des pièces, pendant 45 minutes, dans un bain spécial maintenu à température d’ébullition. Pour la préparation des pièces, un léger décapage au jet de sable est parfois nécessaire.
- Au sortir du bain, on les recouvre d’un vernis ou d’une peinture. Des peintures qui ne tiendraient pas ou s’écailleraient sur le métal nu adhèrent parfaitement au métal protalisé.
- R. VlLLERS.
- Fig. 1. — L’anode, dans le procédé de cadmiage Udylite, est formée d’un panier de fer contenant des sphères de cadmium.
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- SITUATION ACTUELLE de L’ÉLEVAGE du CHEVAL
- De tous côtés on signale la renaissance de l’élevage du cheval et le retour au sport hippique.
- Les prophètes qui avaient prévu l’épanouissement intégral de l’automobile et « la fin du long martyre du cheval ». se sont trompés. La bête de métal n’a pas dompté l’univers, le cheval a résisté. Si, pour les transports urbains, les déplacements rapides, l’automobile a triomphé, les exploitations rurales ont su réaliser bientôt cet équilibre judicieux, cette répartition logique du travail entre le moteur et le cheval.
- Aux États-Unis, des statistiques précises montrent que dans les régions de grande culture, les fermes qui sacrifient inconsidérément leur cheptel hippique pour adopter uniquement le tracteur agricole, ont dû abandonner leur exclusivisme et faire une part à la fois au moteur et aux chevaux de trait.
- Dans nos régions de grandes cultures, dans le Nord, les environs de Paris, la Beauce, la Brie notamment, le tracteur n’est véritablement économique que sur de grandes superficies. La généralisation de son emploi entraîne des opérations de remembrement, ou bien des sociétés doivent se constituer dans le but d’effectuer le travail mécanique du sol « à façon » pour les petits cultivateurs. Ces entreprises sont d’ailleurs plus particulièrement orientées vers le labourage par treuil qui laisse entrevoir de solides espoirs, plutôt que par tracteur.
- Pour les exploitations de culture moyenne qui dominent en France et même en grande culture, le cheval est indispensable. Son travail est plus souple, plus facile à adapter aux circonstances saisonnières. C’est un capital qui croît, tandis que le moteur s’use et doit être amorti.
- L’utilité primordiale du fumier de ferme s’affirme avec une nouvelle force. Des théoriciens vont jusqu’à prétendre que les maladies diverses qui atteignent toutes nos cultures : rouille et piétin du blé, nématode des betteraves, mosaïque et filosité des pommes de. terre, blanc des laitues, midiou des tomates et tant d’autres affections inquiétantes tiennent à l’emploi exagéré des engrais chimiques.
- Le fumier de ferme, facteur millénaire de la fertilité du sol, restera toujours indispensable; une exploitation rationnelle ne possédera jamais trop de bétail, cheptel d’engraissement, chevaux de trait, vaches laitières, moutons, porcs, etc.
- Tous les pays agricoles s’appliquent donc à rénover l’élevage du cheval dans ses formes classiques : trait léger et gros trait.
- Nos célèbres races de trait ont heureusement su garder leur prééminence. Les percherons maintiennent ces qualités foncières qui ont fait leur réputation à travers le monde : puissance et vitesse.
- Les types mastodontes que l’Amérique nous obligeait — par la puissance du dollar — à produire, ont été remplacés par des modèles plus plaisants, d’un poids moindre.
- Les Percherons type-postier, sont d’un modèle harmonieux; ils montrent une force, une robus-
- tesse appréciées. Leur succès est très vif à l’étranger notamment en République Argentine comme j’ai pu m’en rendre compte lors d’une mission officielle en Amérique du Sud.
- La robe gris pommelé s’est foncée sans que l’on soit fixé néanmoins uniformément sur la robe noire qui reste l’apanage de nos chevaux Nivernais, vaillante réplique de nos Percherons adaptée à l’Est français.
- Les Boulonnais ont maintenu leur puissance, leur courage sous une livrée judicieusement éloignée du blanc traditionnel et recherchant la gamme des gris.
- L’Ardennais se montre digne de sa vieille réputation et des trophées de gloire qu’il gagna durant les guerres napoléoniennes et la campagne de Russie. La vigueur, le « cœur » des chevaux de trait bretons, n’est plus à démontrer.
- Les Chevaux de trait du Nord enfin, tout en évitant l’ampleur et le poids des brabançons belges, géants de la race, restent les servants dévoués des labours profonds des grasses terres des Flandres. De ce côté la situation est bonne.
- Examinons maintenant la position du cheval de voiture et du cheval de selle.
- L’ère glorieuse du carrossier est terminée sans cependant que le demi-sang voit sa carrière achevée. Le trotteur gardera toujours son prix et sa valeur comme type améliorateur.
- La Normandie où le sens de l’élevage se double d’une logique et d’une finesse particulières, la Normandie a déjà orienté sa production célèbre vers deux directives nouvelles : la production du cob et du cheval de selle pour poids lourd.
- La production hippique du Limousin, de la Vendée, du Charolais est prospère. Nos chevaux bretons sont énormément recherchés.
- Nos Anglo-Arabes détiennent des records que nul champion n’a pu leur enlever.
- Mais c’est surtout à l’étranger que la situation hippique atteste une évolution curieuse, c’est surtout en Allemagne et dans les pays de l’Europe centrale que ce renouveau de l’équitation se manifeste.
- Sans doute des considérations particulières interviennent-elles outre-Rhin où les sociétés hippiques travaillent
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- Fig. 2. — Percherons français primés au Concours hippique de 1932.
- sous l’emprise de l’esprit guerrier et du désir de la revanche. Il paraît donc nécessaire d’examiner sous ces divers aspects le développement considérable pris par les compagnies sportives hippiques.
- Autrefois les jeunes gens allemands apprenaient au régiment à soigner les chevaux, à se familiariser aux allures. Aujourd’hui, depuis la suppression du service militaire obligatoire, par suite de la difficulté de la vie et de la crise économique, cette éducation hippique risquait de sombrer. Aussi des sociétés se formèrent-elles rapidement dans les régions d’élevage réservées au cheval de trait, afin de donner aux jeunes cultivateurs et aux étudiants les notions indispensables. C’est ainsi que naquirent les Laendliche Reitervereine allemands qui se développent si rapidement. Au début on recruta les instructeurs parmi les officiers en retraite ou les gendarmes. On créa ensuite des cours particuliers pour former des moniteurs.
- Les réunions ont lieu tous les dimanches, sauf pendant la saison où les chevaux sont trop fatigués par les travaux agricoles.
- En hiver, les cours sont doublés parfois la semaine. Les exercices ont lieu sur les champs en friche, à moins que des communes riches, principalement dans les régions d’élevage, n’édifient des bâtiments spéciaux pouvant être utilisés comme manèges ou comme marchés.
- C’est là que les chevaux seront présentés aux acheteurs qu’une active et intelligente propagande par brochures, photographies, aura su intéresser.
- Des écoles de dressage aident puissamment ce mouvement. Pour stimuler l’intérêt des adhérents, de nombreux concours sont fréquemment organisés.
- Après les épreuves éliminatoires, par arrondissement, les lauréats-cavaliers se rencontrent aux concours provinciaux ou régionaux. La meilleure association de chaque province participe à un grand concours national.
- Les concurrents se groupent en pelotons de douze cavaliers accompagnés d’une voiture à deux chevaux. Ils reçoivent en cours de route l’hospitalité d’autres associations et ces compétitions déterminent un vif mouvement d’émulation, d’entr’aide.
- Les étapes du voyage constituent des épreuves d’endurance. La distance parcourue est fréquemment de 500 kilo-
- mètres. On organise de temps à autre des cross-country et des raids.
- Le même mouvement se développe en Autriche, en Hongrie, en Tchéco-Slovaquie, aux Pays-Bas. Les jeunes cavaliers allemands viennent souvent rendre visite à leurs camarades hollandais groupés dans des associations du même ordre.
- Ainsi se manifeste dans l’élevage du cheval un très actif effort coopératif sportif et international.
- En Tchéco-Slovaquie ce sont les sociétés équestres paysannes qui s’occupent du dressage et du perfectionnement des chevaux de culture. Ces associations comptent actuellement plus de 32 000 membres.
- Les initiateurs de ce mouvement font observer que les jeunes gens ainsi rassemblés trouvent à la campagne des possibilités sportives qui leur échappaient auparavant. Ils vont moins au cabaret et ne pensent pas à quitter les domaines pour s’établir dans les centres industriels ou les grandes villes.
- Les adhérents deviennent plus experts et plus exigeants pour la qualité des chevaux, ce qui aide au perfectionnement des races. Les associations groupaient à leur début une collection de sujets tarés, sans modèle ni type régulier. Dix ans après l’institution de ces groupements, le matériel hippique était devenu homogène et bon.
- On voit sous quelle forme particulière, avec quel esprit nouveau, l’élevage du cheval est encouragé en Europe . centrale ou septentrionale.
- Nous ne possédons en France aucune organisation de ce genre. La vénération du goût de l’équitation n’est perceptible, chez nous, que parmi la clientèle de luxe, les classes aisées, ferventes de promenades au Bois de Boulogne, de chasse à courre et de concours hippiques.
- Il serait précieux d’iftstituer en notre pays, si riche de possibilités hippiques, des groupements créés dans cet esprit. Notre intérêt agricole l’exige, et peut-être aussi un souci intelligent et éclairé de la défense nationale.
- Paul Diffloth.
- Fig. 3. — Le type actuel du cheval de selle normand pour poids lourd.
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- ES VIEUX SAVANTS QUAND ILS ÉTAIENT JEUNES
- XI. RÔLE BIENFAISANT DE CERTAINS PARENTS
- ( Suite.)
- Pour achever ce chapitre tout à l’honneur de quelques ascendants éclairés, il nous reste à donner les documents que nous avons pu nous procurer sur Ilallé, Chaptal, Frédéric Cuvier, Balard et Bravais.
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- La vie de Hallé (1754-1822) n’a d’autre intérêt que de montrer un type de « bon médecin » de la fin du xvme siècle que sa notoriété amena à faire partie de l’Académie des Sciences — ce qui, entre parenthèses, vu sa valeur purement scientifique, est un peu singulier — et que sa première instruction semblait devoir conduire plutôt vers la carrière artistique.
- Il était né à Paris, d’une famille dont plusieurs branches s’étaient distinguées dans les arts. Son père, son grand-père et un de ses oncles avaient été des peintres habiles et lui-même avait cultivé le dessin avec des succès marqués. Un assez long séjour qu’il fit à Rome avec son père, directeur de l’Académie de France dans cette ville, devait naturellement favoriser ces dispositions et, en effet, il y étudia avec une grande assiduité les monuments de l’art antique et les ouvrages des grands artistes du xvie siècle. Mais il y rencontra aussi dans la société de son père les deux savants minimes français Jacquier et Lesueur, commentateurs de Newton et leurs entretiens ouvrirent à son esprit une autre perspective. Ce qui l’a toujours caractérisé a été une justesse singulière dans le jugement, et les sciences fondées sur le calcul et sur l’expérience offraient plus de prises à cette qualité dominante que les arts. Anne-Charles Lorry, l’un des médecins les plus spirituels de son époque, était son oncle maternel; charmé des dispositions solides qu’il reconnut en lui, il voulut en faire son élève et son successeur et, bientôt, il l’eut entièrement gagné à la médecine. En vain les protecteurs de sa famille firent-ils entrevoir à ce jeune homme un avenir brillant dans la carrière des finances ; rien ne put l’ébranler, et, après avoir suivi les écoles, conformément aux règles établies, il prit ses premiers grades en 1776. Le savoir et la netteté d’esprit dont il fit preuve dans ses premiers exercices le distinguèrent tellement que les fondateurs de la Société royale de médecine voulurent l’avoir pour compagnon de leurs travaux avant même qu’il eût reçu le bonnet de docteur, honneur précoce qui l’empêcha, par la suite, d’obtenir dans la faculté le titre de docteur régent. Fourcroy et d’autres hommes du premier mérite ont éprouvé la même disgrâce et pour le même motif : cette jalousie puérile qui avait porté la Faculté à regarder la Société royale comme un corps rival et qui lui avait fait vouer une haine implacable à ceux de ses propres membres qui avaient consenti à s’y laisser inscrire. Cette antipathie excita parmi les médecins de la capitale les dissensions les plus ridicules et produisit une foule de libelles et de satires odieuses; mais ce qui peut donner une idée favorable du caractère et la modestie de Hallé, ainsi que des égards que ces qualités inspiraient, c’est que, dans ces écrits où les plus belles réputations ne furent pas respectées, on le maltraita moins qu’aucun de ses confrères. Éloigné, en effet, dès lors, de toute intrigue, ne songeant qu’à éclairer son art de ce que les sciences peuvent lui prêter de secours, mais ne se targuant ni de ses succès ni de ses découvertes, ne recherchant point une réputation populaire, il n’offusquait la vérité ni n’effrayait les intérêts de personne.
- Il demeurait sans cesse près de ses malades ou dans son cabinet, suivant les progrès de la physique, de la chimie et, même, de l’économie politique et du bien-être des diverses classes,
- 1. Voir La Nature depuis le n° 2808.
- non moins que ceux de la physiologie et de l’anatomie. On comprend qu’après s’être fait de la médecine des idées si étendues, après s’être prescrit une suite d’études si considérables, il ne devait pas se presser de se produire au grand jour, et, en effet, si l’on excepte ses travaux à la Société de médecine dont il fut un des membres les plus laborieux et le soin qu’il donna à la publication des écrits de son oncle, on ne voit pas qu’il ait publié d’ouvrage ni pris aucun emploi public jusqu’en 1795, lorsque déjà il avait passé quarante ans. Toutefois, pendant qu’il se formait si péniblement lui-même, il n’était pas demeuré inutile aux autres. Sa pratique s’était insensiblement étendue; l’aisance dont sa famille jouissait depuis longtemps lui permettait de rechercher, de préférence, les malades pauvres et c’est ce qu’il faisait soigneusement (').
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- Au point de vue purement scientifique, Chaptal (1756-1832), qui fut, par ailleurs, un ministre habile, est connu surtout comme chimiste.
- Né à Nozaret, du département de la Lozère, il avait pour famille une des plus anciennes et des plus respectées du pays. A l’âge de dix ans, il s’en sépara pour entrer au collège de Mende, où de rapides progrès signalèrent bientôt ses heureuses dispositions.
- Comme l’a indiqué Flourens dans l’Éloge qu’il lui a consacré (2), « un de ses oncles, médecin renommé à Montpellier, fut instruit de ses progrès; il n’était point marié; un pressentiment secret l’avertit sans doute que, dans cet enfant dont il apprenait alors les premiers succès, se trouverait un jour l’héritier qui manquait à son nom et à sa fortune; et, dès ce moment, il lui voua toute son affection ».
- Du collège de Mende, le jeune Chaptal passa à celui de Rodez, où l’attendaient des succès encore plus brillants. Il fut décidé que la chambre qu’il avait occupée avec d’autres camarades ne le serait plus désormais que par l’élève qui aurait remporté les premiers prix. Comme il l’a noté lui-même, « de tous les honneurs de sa vie, aucun ne l’a plus vivement flatté ».
- Les études de collège terminées, Chaptal se rendit auprès de cet oncle qu’il ne connaissait encore quç par des bienfaits, et dans cette école de Montpellier qui a donné tant de grands hommes à la médecine et où florissaient alors Barthez et Lamure pour la physiologie, Venez pour la chimie et Gouan pour la botanique, les leçons éloquentes de Barthez excitaient, chez tous ceux qui l’écoutaient, une sorte de passion pour la physiologie. Chaptal partagea bientôt l’enthousiasme général pour cette science. Il y mêlait ce goût, si commun alors pour les « systèmes », pour la dispute à laquelle les systèmes se prêtent si bien, en un mot pour tous les restes de l’ancienne scolastique. Un pareil goût ne pouvait exercer, sans doute, un long empire sur une raison aussi ferme que l’était déjà celle du jeune Chaptal et une circonstance heureuse y mit une prompte fin. Pinel perfectionnait alors, à l’école de Montpellier, ses premières vues et ses premiers essais de réforme. Chaptal et lui se lièrent d’une vive amitié. Pinel était le plus âgé des deux; il résolut de guérir son jeune ami; et, pour le désabuser à jamais de tout ces rêves de l’imagination, décorés du nom de systèmes, il lui conseilla la lecture réfléchie et, pour un certain temps, exclusive, de trois auteurs, tous trois immortels dans l’art d’observer : Hippocrate, Plutarque et Montaigne.
- « La lecture de ces trois philosophes, a noté Chaptal lui-même, lecture que nous faisions très souvent en commun, Pinel et
- 1. Cuvier, Éloge de M. Hallé (Acad. roy. des sciences de l'Institut de France, T. IX). Paris 1830.
- 2. Mém. de l’Acad. royale des Sc. de l’Ins. de France, T. XV.
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- moi, opéra sur mon esprit une révolution complète, et, dès lors, je pris en aversion toutes ces subtilités scolastiques qui n’ont d’autre but que de tendre des pièges à la raison. » Il passa alors une thèse sur l’examen des causes qui déterminent les différences que l’on observe parmi les hommes, au physique ou au moral. Sorti de la Faculté, son oncle ne songeait plus qu’à se l’associer et à lui confier une partie de sa clientèle. Mais l’impression qu’avait faite Montaigne sur lui était profonde et avait refroidi son enthousiasme pour la médecine; il fit entendre à son oncle qu’il était beaucoup trop jeune pour se livrer immédiatement à la pratique d’un art aussi difficile et il obtint la liberté de venir passer deux ou trois ans à Paris pour y continuer et compléter ses études. Une fois échappé à ce qu’il appelle, lui-même, d’une manière plaisante, la « tyrannie médicale de son oncle », Chaptal sembla ne plus respirer que pour la littérature. Son génie facile se pliait également à tous les exercices de l’esprit et il n’est pas jusqu’à la poésie qui ne l’ait un moment disputé aux sciences. Mais enfin, le besoin d’études plus sérieuses se fit sentir et il revint, avec une nouvelle ardeur, à ces sciences qui, au fond, étaient sa véritable vocation et, particulièrement, à la chimie, suivant, tour à tour, des leçons de Bucquet, de Sage, de Romé-de-Lisle, et se prépara ainsi, quoique à son insu, au poste important auquel il allait bientôt être appelé. En effet, et à peine quatre années passées à Paris, était-il de retour à Montpellier, que les États du Languedoc créèrent une chaire de chimie dans cette ville, et que cette chaire lui fut confiée. C’est de ce moment que s’ouvre la brillante carrière de Chaptal dans les sciences (Flourens).
- Chaptal, dès lors, poursuivit des recherches de chimie, en particulier sur les matières colorantes et montra l’intérêt de la chimie appliquée.
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- Sans vouloir diminuer la mémoire — d’ailleurs assez faible —-de Frédéric Cuvier (1773-1838), on peut, cependant, dire qu’il n’aurait vraisemblablement acquis aucune célébrité s’il n’eût été le frère de l’illustre Georges Cuvier, qui lui servit d’« animateur ».
- Né à Montbéliard, Frédéric était plus jeune de quatre ans que son frère Georges, qu’il suivit au collège de cette localité. Un peu effrayé par l’aridité des études, il finit par les abandonner et se mit en apprentissage chez un horloger, car il avait un goût très vif pour la mécanique : mais les choses ne tardèrent pas à suivre une autre voie car, bientôt, Georges Cuvier, qui était parti à Paris, et y avait acquis une grande réputation comme zoologiste l’appela auprès de lui.
- A la voix de son frère, Frédéric Cuvier se rendit à Paris vers la fin de 1797. Il n’y fut pas plutôt qu’un monde nouveau s’ouvrit devant lui. Il s’aperçut de tout le temps qu’il avait perdu; il s’en aperçut sans doute avec amertume et, cependant, il ne se découragea point. On le voit, dès son arrivée, suivre les cours de physique, de chimie, d’histoire-naturelle. En 1801, il se joint à Biot pour des recherches sur « les propriétés de la pile voltaïque », recherches qui ont donné un résultat important. En 1802, il se chargea de la rédaction principale du Journal de la Société pour l’industrie nationale. Mais des circonstances plus fortes devaient bientôt donner à son activité une direction plus fixe. Il était difficile de vivre familièrement avec Georges Cuvier sans devenir naturaliste. C’est par un travail entrepris, d’abord, avec son frère que Frédéric Cuvier fit ses premiers pas dans l’histoire naturelle. La collection d’Anatomie, comparée commencée par Buffon et par Daubenton, recevait alors de Georges Cuvier ces grands développements qui en ont fait une création nouvelle. Georges Cuvier voulut en avoir le catalogue et c’est à Frédéric Cuvier et à Duvernoy qu’il le
- demanda. Frédéric Cuvier fut chargé de la description des squelettes; telle a été la première origine de son grand ouvrage sur les dents des mammifères, ouvrage qui est devenu fondamental en zoologie... Mais un travail d’un autre genre et le travail sans contredit le plus important de Frédéric Cuvier, ce sont ses observations sur l’instinct et l’intelligence des animaux (Flourens) (:l).
- Il fut aidé, dans cette besogne, par sa nomination, en 1804, à la direction de la ménagerie du Muséum d’histoire naturelle, où l’on avait transporté celle de Versailles.
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- Dans l’histoire de la chimie, la découverte du brome par Balard occupe une place capitale — pour l’époque — parce qu’elle faisait connaître un nouveau corps simple se plaçant exactement entre le chlore et l’iode. Et cette importante découverte était l’œuvre d’un modeste aide-pharmacien dont nous allons,d’après J.-B. Dumas (!), faire connaître les origines.
- Antoine-Jérôme Balard (1802-1876) était né dans une petite maison du faubourg de Figuierolles, à Montpellier, de parents vignerons peu aisés. Il semblait destiné à suivre dans une médiocrité voisine de la gêne la carrière laborieuse de sa famille, mais il eut la chance d’avoir pour marraine Mme Vincent, qui fut sa seconde mère et qui, frappée de sa bonne grâce et de sa vive intelligence, se chargea de son instruction et lui fit suivre les classes du lycée de Montpellier. Les ressources des siens étaient nulles, sa marraine elle-même n’était pas riche et Balard connut la vie austère et dure, les privations; il apprit de bonne heure et ne l’oublia plus à se contenter de peu, à tout supporter et, même, à tout braver. Pendant qu’il suivait les études du lycée, Balard avait trouvé, près de la mansarde où il couchait, un galetas renfermant quelques centaines de volumes dépareillés, entassés au hasard. Heureuses rencontres. A seize ans, Balard avait beaucoup lu; il avait vécu au milieu des grands écrivains de la France ; il s’était familiarisé avec les hautes pensées de la morale, avec les méthodes de la logique aussi bien qu’avec les jeux de l’imagination et les finesses de l’esprit. Ces lectures, qui le charmaient et dont il se souvint durant toute sa vie, faisaient, par ailleurs, l’occasion de conversations instructives avec sa marraine, qui ne se bornait pas à payer les droits scolaires du jeune Balard mais cherchait à développer sa vigueur morale. Son éducation terminée, elle le fit entrer, non loin de sa propre demeure, comme élève dans une pharmacie, mais continua à veiller sur lui.
- Instruit par les connaissances que lui avaient données les opérations pharmaceutiques, il entra, à dix-sept ans, comme préparateur de chimie à la Faculté des sciences sous M. Anglada, savant distingué. Il étudiait, en même temps, à la Faculté de médecine, la physique et la chimie auprès d’un éminent professeur, Étienne Bérard, dont les leçons le portaient, enthousiasmé, vers les sommets de la science et dont la bonté lui facilitait la connaissance des pratiques industrielles.
- Le domaine de Lapaille, près de Montpellier, renfermait alors une manufacture, célèbre dans le Midi, que le Parlement du Languedoc avait fondée pour la fabrication des produits chimiques; dirigée d’abord par Chaptal, puis par son ami Bérard, elle était restée entre les mains de ce dernier. Le jeune Balard, admis par une faveur exceptionnelle dans ce vaste laboratoire, y retrouvait reproduits sur une grande échelle les phénomènes étudiés dans les cours publics. Il prenait ainsi possession, à la fois, du sentiment de la méthode scientifique et du maniement des procédés pratiques, se préparant de la sorte à effectuer la découverte qui a immortalisé son nom.
- 1. Mém. de l’Ac. r. des sc. de',l'I. de Fr., Tome XVIII. Paris 1842.
- 2. Mém. de l’Ac. des sc., Tome XL. Paris 1879.
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- Comme dans beaucoup de cas, le hasard joua un certain rôle. Un industriel, exécutant quelques manipulations chimiques sur les produits provenant d’une plante marine des côtes de l’Océan, vit se dégager une vapeur violette; c’était un corps simple, l’iode, que Gay-Lussac mit à sa vraie place, à côté du chlore. Balard se demanda si les algues de la Méditerranée en renferment également. Il soumit à l’analyse nombre de productions méditerranéennes : des plantes, des mollusques, des polypiers et, partout, constata la présence de l’iode. Cependant, une plante qui se rencontre près de Montpellier, dans les eaux d’un canal, tantôt au-dessus de l’écluse au milieu de l’eau douce, tantôt au-dessous de l’eau saumâtre, ne lui présentait jamais d’iode dans le premier cas et lui en offrait toujours dans le second. L’eau de la Méditerranée devait donc en contenir; il en découvrit, en effet, dans le liquide concentré qui reste au fond des marais salants lorsque l’eau de mer qui s’y évapore a laissé cristalliser tout son sel. Le chlore, plus énergique que l’iode, le chasse de ses combinaisons et prend sa place. En agissant sur les eaux concentrées des marais salants par des additions lentes de chlore, on en séparait l’iode, mais le liquide se colorait et conservait une teinte jaune. Que signifiait cet indice? On pouvait l’attribuer à la formation de quelques traces d’un composé de ces deux corps. Balard voulut extraire de ce produit indéterminé le chlore et l’iode en nature avant d’affirmer qu’il constituait un composé de ces deux éléments. Heureux scrupule qui lui évita le chagrin d’avoir tenu dans ses mains un corps simple nouveau, de l’avoir méconnu et d’éprouver le mécompte pénible, survenu à un illustre chimiste allemand, Liebig, qui, presque en même temps que lui, entrevoyant les mêmes phénomènes, passait à côté d’eux sans en soupçonner l'importance ! Les ressources du laboratoire manquaient à Balard pour extraire en grande quantité des résidus des marais salants le produit qu’il avait signalé, mais la nécessité est un puissant aiguillon. B y parvint, comme chacun sait — c’est une expérience classique et très simple — avec de l’éther. Après deux ans d’études, il reconnut qu’il s’agissait d’un corps simple, le brome.
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- Célèbre à la fois comme mathématicien et comme physicien, Auguste Bravais (1811-1863), était né à Annonay (Ardèche).
- Comme l’indique Elie de Beaumont dans l’Eloge qu’il lui a consacré à l’Académie des sciences ('), sa famille paternelle était originaire d’une ville voisine, Saint-Péray, où elle jouissait de l’estime de tous. Son père avait fait des études scientifiques à Montpellier, où il était préparateur du cours de chimie de Chaptal et où il avait été reçu docteur en médecine. Passionné pour l’histoire naturelle, il avait successivement sollicité l’honneur de faire partie de deux expéditions envoyées, en 1791 et 1792, à la recherche de La Pérouse, mais il avait été arrêté par divers obstacles et. en dernier lieu, par la résistance de sa famille aux premiers symptômes delà Révolution, par laquelle, comme tant d’autres, elle fut assez sévèrement éprouvée. Etabli à Annonay, le docteur Bravais y fut un excellent praticien et y exerça, gratuitement, pendant quarante ans, les fonctions de médecin de l’hôpital; il s’occupait aussi de botanique et c’est à lui que l’on doit l’introduction, en France, du Dahlia. Marié dans une noble famille, il eut cinq enfants, une fdle et quatre fds dont le plus jeune était Auguste Bravais. Sentant la mort approcher, Mme Bravais songea surtout à ses enfants et, ayant déjà remarqué les sentiments élevés de l’une des personnes attachées à son service, elle lui fit promettre de ne pas les quitter. Jamais confiance n’avait été mieux placée. L’excellente fille resta quarante ans dans la maison et ce fut d’elle que les deux enfants çncore au
- 1. Mêm. de l'Ac. des sc. de l'Institut impérial de France, Tome XXXV. Paris 1866.
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- berceau reçurent, avec les soins maternels que réclamait leur jeune âge, ces premières impressions de l’enfance qui ne s’effacent jamais. Le développement rapide de leur intelligence fit honneur à la sienne. A trois ans, le jeune Bravais lisait, sans que l’on sût bien exactement comment il avait appris; et il n’avait pas de plus grand plaisir que de ramasser, avec sa sœur, les belles fleurs, les cailloux singuliers, les insectes aux brillantes couleurs qui, dans leurs promenades, excitaient déjà leur curiosité. Dans ces excursions, ils furent souvent guidés par le Dr Bravais, qui s’efforçait de les stimuler dans la récolte des plantes et des insectes, tout en rendant agréables ces pérégrinations. Les enfants Bravais, tout en suivant leurs aptitudes diverses, conservèrent toujours l’empreinte de l’éducation première qu’ils en avaient reçue.
- Le jeune Auguste montra de bonne heure un grand penchant pour l’observation et la ferme volonté de s’y perfectionner. Encore enfant, il était attentif aux phénomènes atmosphériques, on le voyait descendre le matin sur la terrasse pour observer le ciel, le vent, les nuages. Plus tard, devenu plus savant, il établissait, chaque soir, son observatoire sur le balcon et faisait remarquer à la famille rassemblée mille phénomènes qui, sans lui, auraient passé inaperçus : les effets de quelques rayons du soleil couchant ; la lune avec les accidents de lumière qui l’entouraient, les arcs-en-ciel, les halos, etc. La maison paternelle avait pour horizon une montagne assez modeste, la Rose-du-Vent. Les nuages s’y amoncelaient, la neige y laissait souvent sa trace, la brume la voilait quelquefois. Elle joua bientôt un rôle dans son existence d’enfant. Son père et ses frères l’y conduisirent et, depuis lors, c’était le point de mire de ses petites observations et, souvent, le but de ses promenades quoiqu’il fallût quatre à cinq heures pour y monter et en redescendre. 11 explora, ensuite, le Pilât et, bien qu’il n’eût pas encore dix ans, y passa parfois la nuit pour le parcourir à fond et y faire des observations matinales.
- « Des habitudes de méditation, écrit Élie de Beaumont, annoncèrent de bonne heure l’aptitude qu’il devait montrer un jour pour les sciences. Ceux qui fréquentaient la maison paternelle se souviennent d’y avoir rencontré souvent un enfant absorbé dans de profondes réflexions et qui répondait avec une naïveté charmante à l’étonnement dont il était l’objet : je pense. La pensée de cet enfant était, en effet, active et féconde, car il avait terminé à quatorze ans toutes ses études classiques et littéraires au collège d’Annonav. Son père jugea convenable de l’envoyer à Paris pour y faire une année de rhétorique et une année de philosophie au collège Stanislas. Le jeune Auguste y apportait des habitudes d’obéissance et de modestie qui ne lui permettaient pas d’être un élève insoumis. R suivait exactement les classes, faisait les devoirs, apprenait les leçons et achevait d’y acquérir ce style pur, clair et précis, qui est le signe habituel d’une bonne éducation; mais il ne montrait pas, pour les études classiques, cette ardeur à laquelle sont réservées les couronnes de la fin de l’année. Ses préoccupations se portaient ailleurs. Quelques livres cachés au fond de sa malle avaient échappé à tous les regards. C’étaient des livres de mathématiques. La nuit il trouvait moyen de les feuilleter. Il résolvait des problèmes. »
- Il pai’vint ensuite, malgré le peu d’enthousiasme de son père pour cette carrière, à préparer Polytechnique et, reçu deuxième, en sortit premier, ce qui lui permit d’opter pour la marine. Bravais fit alors de nombreuses traversées; mais, chaque fois qu’il en avait l’occasion, revenait au pays natal et se plaisait à aller se promener sur le Mont Pilât et à faire de la botanique avec son frère aîné. Ce n’est que plus tard qu’il se spécialisa plutôt dans les recherches mathématiques et physiques qui devaient le conduire au Collège de France et à l’Académie. Henri Coupin.
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- PRESTIDIGITATION
- LES TUBES DU MYSTÈRE
- Au lever du rideau, les spectateurs aperçoivent au fond de la scène une large estrade formée d’un plancher élevé de 1 m 50 environ sur quatre pieds légers. Quelques marches placées sur le côté assurent la communication. Devant l’estrade sont placés six gros tubes de 1 m 60 de long peints chacun d’une couleur différente rouge, jaune, violet, blanc, bleu, vert, ornée d’un léger bord noir.
- Le prestidigitateur s’avance alors et fait remarquer que les tubes sont vides, et que l’estrade ne peut rien cacher. Un aide relève le premier tube rouge et y fixe dans trois anneaux (fîg. 2) A, B, C, un crochet araignée suspendu à un fil léger qui vient du cintre. Le fil, manœuvré du haut, enlève le tube et va le déposer, pas tout à fait, à l’extrémité de l’estrade au point D (fig. 1). Là un second aide décroche l’araignée qui va se poser sur le second tube jaune. Ce tube a été relevé ainsi que les autres par un troisième aide. L’araignée étant accrochée,
- Fig. 1. — Les tubes du mystère.
- le second tube est enlevé et déposé dans le premier rouge. L’araignée est placée par le second aide sur le tube rouge où elle restera. Ce tube rouge à son tour est enlevé et placé en E, laissant le jaune en D. La manœuvre se continue ainsi de tube en tube, chacun d’eux passant dans le précédent et prouvant à l’auditoire, ainsi que le fait remarquer l’illusioniste, qu’ils sont bien vides et que l’on n’a pu être dupe d’une illusion lorsqu’on les a vus, couchés.
- A un coup de pistolet, les araignées et les fils enlèvent les tubes vers le cintre et de chacun d’eux sort une femme richement vêtue d’un costume oriental. Toutes descendent les marches et viennent saluer à l’avant-scène.
- La description de l’expérience ne donne qu’une idée imparfaite de l’effet produit par l’apparition soudaine de ces femmes sorties brusquement de ces tubes absolument vides. Voici comment l’illusion est produite : les six tubes sont de même hauteur, mais leur diamètre est tel que le dernier (vert) entre dans le cinquième (bleu) qui à son tour entre dans le quatrième
- (blanc) qui entre dans le troisième (violet), etc., etc.
- Au moment où le troisième aide relève les tubes, il les place en des endroits fixes du parquet marqués par des taquets de fer.
- Ces endroits fixes cor- ^ 2_ _ Vallache du crochel, araignêe respondent à des trappes. Le parquet est
- recouvert d’un tapis à ramages qui dissimule très bien les taquets et les trappes. Une femme est poussée de chaque trappe et saisit dans le tube une sorte de trapèze (fig. 3) suspendu au bord supérieur par deux crochets. Ce crochet noir n’est pas visible sur le bord noir du tube. La femme ayant saisi le trapèze s’y maintient un peu repliée sur elle-même au moment des manœuvres.
- Le tube rouge ne reçoit pas de femme. Quand le tube jaune est déposé dans le rouge les crochets du trapèze qui dépassent un peu les bords vont s’appuyer sur le tube rouge. Celui-ci est alors enlevé avec le trapèze et la femme qui quittent le tube jaune. La même manœuvre se répète pour chacun des tubes suivants jusqu’au dernier, le vert, qui lui se vide définitivement.
- Chaque tube a été enlevé par une araignée différente qui est restée accrochée au tube précédent, ce qui permet l’enlevage presque simultané des tubes, pour laisser voir les femmes. Cet enlevage pourrait être absolument simultané, mais il se fait un peu irrégulièrement comme temps et comme emplacement dans la rangée, ce qui cache au public le vide d’un des tubes. Les cinq apparitions l’une après l’autre, se précipitent vers les marches et cela dissimule l’absence d’une sixième femme dans le sixième tube. Le public n’a guère le temps de compter et le plus souvent n’y pense pas.
- Le filléger qui, terminépar un crochet araignée, enlève le tube avec une femme dedans, est un mince fil d’acier.
- Pendant la présentation, un des aides par une maladresse voulue, renverse l’avant-dernier tube, dans lequel la femme n’a pas encore pénétré, ce qui force bien parmi les spectateurs l’idée de vacuité des tubes.
- Il est bien entendu que toutes précautions de visibilité sont calculées pour que les spectateurs de l’orchestre ou ceux des galeries s’il y en a, ne puissent apercevoir l’intérieur des tubes quand ceux-ci sont dressés sur la scène ou font leur ascension vers l’estrade.
- LE PRESTIDIGITATEUR,
- Alber.
- Jaune
- Rouge B
- Fig. 3,
- Le trapèze.
- LE MUSICIEN
- quent de bonne politique — et je suis certain que M. Briand y avait déjà songé —de diriger ce désir vers d’autres buts :les découvertes, les progrès scientifiques, que sais-je ? Mais
- Quoiqu’on en dise et quelle que soit l’éducation donnée à la jeunesse, on ne bannira jamais de l’esprit humain le désir de conquête qui en est un élément essentiel. Il serait par consé-
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- peut-être pour la majorité des hommes des buts plus définis, plus restreints seraient-ils plus capables de les intéresser et de servir par contre-coup de dérivatifs aux sanglants combats de jadis.
- C’est ainsi que je proposerais une conquête ailée, l'acclimatation d’un musicien merveilleux, à nos i*égions parisiennes : j’ai nommé le rossignol du Japon. Celui que j’ai observé est mon ami depuis trois ans. Depuis trois ans sa voix claire, ronde, étendue et mélodieuse me charme; depuis trois ans, j’ai pu en dénombrer les caractéristiques.
- Première observation : on a peu entendu mon ami ce matin, le soleil ne s’est pas montré et sans doute la lumière atténuée de l’atmosphère a-t-elle calmé sa vivacité. Mais voici des visiteurs ; on parle, on discute, les voix montent et soudain, les dominant toutes, s’élève la voix du rossignol .Son chant se résume en une phrase mélodieuse de huit ou dix notes, mais il la reprend, il la module, il la caresse, il en fait une variation charmante et harmonieuse.
- Deuxième observation. Toutes les croisées sont ouvertes; de l’extérieur nous arrive le pépiement des jeunes moineaux, quelques roucoulements de tourterelles et jaillissant de l’ensemble, avec une vigueur unique, le chant strident du merle. Mon ami l’a entendu. Il l’écoute, il le suit en modulations douces et voici qu’un nouvel appel se faisant entendre, il y répond et le reproduit tel qu’il s’est produit. Son propre répertoire ne lui suffît donc pas, il l’enrichit du répertoire des autres,
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- il marie sa phrase musicale à la leur, c’est le compositeur moderne qui aux créations propres noue et mêle les airs entendus et s’en laisse imprégner quelquefois plus qu’il ne serait nécessaire pour une gloire dont le plagiat doit être banni.
- Troisième observation. Celui qui, avec moi, signe ces lignes se met au piano. Mon ami qui chantait se tait, comme pour écouter la musique. Si celle-ci lui est inconnue, son silence persiste; l’a-t-il au contraire déjà entendu, reconnu, il l’accompagne de son chant. C’est d’abord doucement, avec une sorte d’hésitation que sa voix s’élève, mais elle s’enfle peu à peu, elle monte, elle domine le chant qu’elle accompagnait d’abord et que bientôt elle précédera d’un infiniment petit intervalle.
- Notez que toutes les mélodies ne lui conviennent pas, qu’il en est qui semblent plus particulièrement avoir été écrites pour lui et que ce sont celles-ci qu’il s’assimile le plus aisément.
- Et je rêve d’un ami des oiseaux qui, dans une immense volière, acclimaterait petit à petit de nombreux rossignols du Japon auxquels il accorderait ensuite la liberté des espaces champêtres. Leurs robes rutilantes, charme des yeux, feraient dans l’agreste décor d’admirables taches animées; leur belle prestance, qu'une sorte de noblesse idéalise, leur attirerait notre admirative sympathie et leur chant aux notes cristallines apporterait au cœur des hommes le réconfort dont, par les temps de crise, ils ont particulièrement besoin.
- Augusta et Maurice Moll-Weiss.
- LE MOIS METEOROLOGIQUE
- MAI 1932, A PARIS
- Mois frais, pluvieux et peu ensoleillé.
- La moyenne mensuelle de la température, 12° 9, au Parc Saint-Maur, est inférieure de 0° 5 à la normale et l’amplitude de la variation diurne de la température présente un déficit de 1° 8 provenant des maxima. Ce fait est attribuable à la faiblesse de l’insolation. La température la plus basse du mois a été de 1° 4, le 6 et le 7, et celle la plus élevée, 29° 5,1e 20. Dans Paris on a eu comme extrêmes absolus :
- lo o à Auteuil et 31° 5 au Jardin des Plantes, et dans les environs : — 1° 2 à Montesson et 32° 2 à Saint-Ouen et à Vaucluse. On nota 2 jours de gelée blanche et 15 jours de rosée.
- La hauteur totale de pluie au Parc Saint-Maur a été de 78 mm 1 d’eau, soit 62 pour 100 de plus que la normale, en 22 jours de pluie dont 20 de pluie appréciable au lieu de 13 nombre moyen. La journée du 15 à elle seule a fourni 18 mm 5 d’eau au cours de trois orages successifs, à La Villette elle en a donné 29 mm 3 et au Raincy 26 mm 8.
- La durée totale de chute pendant le mois, à Montsouris,
- 52b 50m, excède de 37 pour 100 la moyenne 1898-1922.
- La durée de l’insolation au Parc Saint-Maur, 1531* 2 est en déficit de 72“ 1 et quoique la période chaude du milieu du mois ait activé la végétation, les retards dans la floraison des plantes étaient encore à la fin du mois d’environ une dizaine de jours.
- On a relevé 7 jours pendant lesquels on a entendu le tonnerre et 2 jours de brouillard. Au centre de Paris, à la Tour St-Jacques, la transparence de l’air a été relativement satisfaisante.
- Des obscurcissements se sont produits le 1er, le 15 et le 30 sur certains points de Paris.
- Le vent a soufflé avec violence le 9 et les trois quarts du temps il a soufflé de la moitié Ouest de l’horizon.
- Au Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative de l’air a été de 74,7 pour 100, celle de la nébulosité 72 pour 100 et celle de la pression barométrique 759 mm 8 en déficit de 2 mm 2. Em. Roger.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- PRÉPARATION D’UN MASTIC A GREFFER
- Le mastic à greffer se prépare de la manière suivante Prendre :
- Colophane................................250 grammes
- Poix blanche.............................760
- Amener à fusion dans une marmite en prenant toutes précautions contre l’inflammation et ajouter par petits morceaux :
- Bougie stéarique................................. 200 grammes
- Après avoir rendu bien homogène incorporer progressivement :
- Ocre rouge ou jaune...............................300 grammes
- Couler en pots. Au moment de l’emploi, ramollir par malaxage entre les paumes des mains.
- TEINTURE EN BLOND POUR LES CHEVEUX
- Une teinture en blond pour les cheveux, tout à fait inoffensive, peut se réaliser de la façon suivante.
- Prendre : Camomille................................30 grammes
- Matricaire...............................30 —
- Cachou en poudre......................... 5 —
- Faire bouillir dans ur litre d’eau jusqu’à réduction de moitié, filtrer au papier.
- A employer sur les cheveux bien dégraissés par une eau légèrement savonneuse additionnée de 1 à 2 pour 100 de carbonate de soude cristallisé (cristaux du commerce), rincer soigneusement et laisser sécher les cheveux avant application.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Traité pratique de prospection physique, par c.
- L. Alexanian. 1 vol. 26S p., 133 fig., 2 pl. hors texte. Gh. Béranger, Paris, 1932. Prix : relié, 62 fr.
- Les méthodes de prospection géophysiques ont affirmé leur efficacité. Aussi figurent-elles à juste titre au programme de l’École supérieure du Pétrole, à Strasbourg, et voici le cours professé à cette école par M. Alexanian. C’est le premier ouvrage d’ensemble publié en France sur cette question. Il expose, avec les détails pratiques nécessaires, les procédés suivants : balance gravimétrique d’Eotvos, procédés magnétiques, électriques, géothermiques et séismiques.
- Il donne en outre, ce qui est particulièrement instructif, des exemples détaillés de prospections exécutées à l’aide de ces procédés; certaines ont été effectuées par l’auteur lui-même, en Suisse et dans les Vosges. L’ouvrage contient en outre, une bibliographie étendue.
- Les systèmes auto-entretenus et les oscillations de relaxation, par Th. Le Corbeiller (Conférence au Conservatoire des Arts et Métiers). 1 brochure, 46 p., 37 fig. Hermann et Cie. Paris, 1931. Prix : 8 francs.
- Un système susceptible d’osciller, mécaniquement ou électriquement, dans lequel se trouve insérée en permanence une source d’énergie continue donne lieu à des oscillations d’un caractère bien différent des oscillations pendulaires ou sinusoïdales généralement étudiées dans les cours de physique. On se trouve ici en présence de phénomènes de relaxation, dont les propriétés fort intéressantes, au point de vue théorique et au point de vue pratique, sont fort clairement exposées par M. Le Corbeiller d’après les plus récents travaux sur la question, notamment ceux de M. Van der Pol, Liénard, Decaux, etc.
- Smithsonian Meteorologica l Tables (5“édition revisée)-1 vol. 282 pages, publislied by the Smithsonian Institution-Washington, 1931.
- C’est à 1850 que remontent les premières publications des excellentes tables de constantes météorologiques, géographiques et physiques, colligées par la Smithsonian Institution; à l’origine elles ne formaient qu’un seul volume, fréquemment remises à jour et étendues, elles font depuis 1893 l’objet, de 3 volumes qui dans le monde entier rendent de signalés services aux savants. La nouvelle édition des tables météorologiques, succédant à une édition de 1918, se distingue de cette dernière aujourd’hui épuisée, par la rectification de quelques erreurs matérielles et par l’extension de certaines tables dans le domaine des basses températures et des basses pressions, pour aider aux investigations de plus en plus nombreuses qui s’effectuent dans les régions de la haute atmosphère.
- Dendrologie forestière, par R. Hickel. l vol. in-8, 272 p., 25 pl. Encyclopédie économique de sylviculture. Lechevalier, Paris, 1932. Prix : 75 fr.
- Les arbres exotiques entrent de plus en plus dans nos boisements, soit pour l’ornementation, soit pour l’industrie. L’auteur passe en revue les diverses régions du globe où l’on peut en choisir pour l’acclimatation.
- Il l'ait ensuite l’historique des introductions, depuis les premiers explorateurs-collecteurs jusqu’à nos jours, puis celui de la création des principales collections que nous avons en France, qu’il décrit sommairement. Il passe ensuite à la description des espèces. Pour chacune il indique la répartition géographique, les caractères distinctifs et discute les conditions d’emploi, les résultats obtenus jusqu’à présent.
- Une longue expérience, des observations personnelles pendant plus de 40 ans, de nombreux voyages, lui ont permis de mener à bien cette mise au point de la question.
- Die Tierwelt der Nord- und Ostsee, par G. Grimpe et E. Wagler. 21° fascicule. 1 vol. in-S, 132 p., 91 fig. Akademische Verlagsgesellschal't, Leipzig, 1932. Prix : 12 marks.
- Voici le 21° fascicule de cette œuvre collective magistrale. Il comprend deux études, l’une sur l’hydrographie de la Mer du Nord et de la Baltique, par M. Bruno Schulz, l’autre sur les Sporozoaires, par M. Eduard Reichenow. La première résume toutes les données actuellement acquises sur l’hydrographie, les caractères de l’eau de surface : température, salinité, gaz dissous, pH, marées, courants, les variations saisonnières et en profondeur, bases de toute connaissance de la distribution géographique des êtres marins. La seconde est consacrée à un groupe de protozoaires parasites qu’on trouve dans de nombreux animaux, dont les formes sont énumérées avec leurs hôtes, décrites et suivies dans leur cycle évolutif.
- La faune de la France illustrée, par Rémy Terrier. Fascicule 6. Coléoptères (2 e partie), en collaboration avec Jean Delphy. 1 vol. 230 p., 1100 fig. Delagrave, Paris, 1932. Prix : 25 fr.
- On connaît l’effort considérable accompli par le professeur de la Faculté des Sciences pour présenter toute la faune de France en
- 10 fascicules de format commode, pouvant tenir dans la poche et servir sur le terrain, en excursion. Chaque groupe d’animaux est présenté en tableaux synoptiques qui conduisent par une série de clés dichotomiques jusqu’aux genres et aux espèces qu’on trouve généralement dans notre pays; etiaque espèce est sommairement décrite, bien caractérisée; son habitat et son mode de vie sont indiqués; de très nombreuses figures facilitent les recherches. 6 fascicules sont déjà parus; voici le 7° consacré à la lin des Coléoptères. Comme les précédents,
- 11 est très bien présenté, très sûr à suivre et l’on doit recommander chaleureusement tout l’ouvrage aux zoologistes amateurs et collectionneurs.
- Enzymes, par J. B. S. Haldane. 1 vol. in-S, 235 p. 35 fig. Monographs on biochemistry. Longmans, Green and Co, London, 1930. Prix : cartonné toile, 14 sh.
- Les enzymes sont des catalyseurs solubles, colloïdaux, organiques, provenant d’un organisme vivant, au sens précis que leur donne le professeur de Cambridge. Leur importance, révélée par Pasteur, n’a fait que croître, si leur connaissance intime est encore bien imparfaite. C’est qu’il est bien difficile de les isoler de leurs supports et des autres catalyseurs auxquels elles sont généralement associées. Ce livre coordonne tout un ensemble de recherches récentes qui ont fait rapidement progresser et souvent ont transformé nos conceptions. Il examine successivement l’influence de la concentration et du pli, l’union des enzymes avec leur substrat, l’action de la température et de la radiation, les cours des réactions et son expression mathématique, la spécificité, les associations (coenzymes, activateurs, kinases, compléments), l’empoisonnement, la purification. 11 aboutit à un examen des théories d’action et à une classification et se termine par une abondante bibliographie des publications récentes.
- Traité de physiologie normale et pathologique,
- par II. Roger et Léon Binet. Tome VI : Circulation. 1 vol. in-8, 599 p., 279 fig. Masson et Cie, Paris, 1932. Prix : relié, 110 fr.
- Le grand traité, œuvre collective des physiologistes français, continue de paraître régulièrement. Voici le 7 e volume, sur 11 qu’il comporte. C’est le tome VI, consacré à la circulation. Il débute par des considérations générales de M. Pierre Mathieu : signification fonctionnelle et agencement de l’appareil vasculaire, historique des découvertes sur la circulation, rappel des notions anatomiques élémentaires sur le cœur. M. Hermann étudie ensuite en détail l’activité du cœur : dynamique, travail, bruits, pulsations, automatisme, stimuli, innervation et physiopathologie. M. Henri Fredericq examine spécialement l’électrocardiogramme normal et pathologique; M. Henri de Waele la circulation artérielle et veineuse; M. Fabre la pression sanguine dans les artères de l’homme; M. Jean Demoor la physiologie des capillaires. On dispose ainsi d’un exposé complet, parfaitement à jour, de tous les problèmes de la circulation, à l’état normal et dans les maladies, qui sera la base de l’enseignement et le livre de références des physiologistes et des médecins.
- Le chanteur, par le Dr A. Wicart. 2 vol. in-S, 346 et 318 p., 48 fig., 76 portraits hors texte. Philippe Ortiz, 92, avenue de Wagram, Paris, 1931. Prix : 50 fr.
- L’auteur est le médecin et le conseiller de nombreux chanteurs, et M. Albert Carré nous apprend dans la préface qu’il a su également rendre la voix à... Clemenceau, discutant la paix. Les témoignages que lui accordent les plus grands : Reynaldo Hahn, Salignac, Muea-tore, Titta Ruffo, montrent qu’il est bien le « docteur miracle ». Son livre est tout un traité de l’art du chant. Le premier volume explique le fonctionnement des organes vocaux, la respiration, la phonation, les registres, timbres et puissances des voix; le deuxième, plus professionnel, apprend le métier dans ses détails : enregistrement, trac, hygiène, culture artistique, grime, mimique, etc. Tout l’ouvrage se lit avec agrément et montre une grande expérience.
- Djenné, métropole du delta central du Niger,
- par Charles Monteil. 1 vol. in-8, 304 p., cartes, 3 pl. Société d’éditions géographiques, maritimes et coloniales, Paris, 1932. Prix : 60 fr.
- Djenné est le centre d’une vaste région de marigots, entre le Niger et son affluent le Bani. Depuis huit siècles et plus, elle n’a cessé d’être en contact avec l’extérieur par des marchands et des caravanes. L’auteur, qui y fut administrateur des colonies, a étudié sous tous ses aspects cette capitale, comparable à Tombouctou. Il présente le pays, bas, irrigué, sa flore et sa faune; les habitants, de plusieurs races, leur vie sociale : religions, famille, village, état, propriété, alimentation, costume, parure; l’histoire de la région connue depuis le xme ou xive siècle; les activités industrielles et commerciales; il montre le type d’architecture, le potige, qui servit de modèle dans la vallée du Niger et il termine en envisageant l’avenir que préparent les Français par leurs travaux d’irrigation.
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- — LA RADIOPHONIE PRATIQUE
- NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES - CONSEILS PRATIQUES CONSTRUCTION D’APPAREILS SIMPLES
- UN DISPOSITIF DE REMISE A L’HEURE AUTOMATIQUE PAR T. S. F.
- On a déjà proposé de nombreux systèmes de remise à l’heure des pendules par T. S. F., et ces dispositifs sont déjà quelquefois réalisés industriellement.
- Il est facile pour un amateur très habile d’établir soi-même un dispositif de ce genre pouvant être assez facilement adapté à une horloge ordinaire, mais il faut évidemment que cet appareil soit réalisé avec soin, qu’il soit peu sensible à l’action des parasites atmosphériques ou industriels, ou même à celle des signaux Morse ordinaires.
- Un de nos lecteurs, M. Gautier, de Caen, nous a adressé ainsi la description d’un appareil qu’il a réalisé. Ce dispositif fonctionne régulièrement en utilisant l’action des signaux de la Tour Eiffel envoyés sous forme de traits de 5 secondes, tous les soirs.
- Le schéma de cet appareil est indiqué sur la figure 11 et une vue d’ensemble est représentée sur la figure 12. Le système comporte un mécanisme spécial, et, lorsqu’on l’adapte à une horloge, le levier de remise à l’heure doit agir sur un « cœur » à peu près semblable à ceux employés pour la remise à zéro des montres chronograplies.
- Fig. 2. — Horloge avec remise à l’heure par T. S. F.
- W o .
- Fig. 1. •— Schéma du dispositif de remise à l'heure par T. S. F. imaginé par M. Gautier.
- Ce levier est indiqué en A sur le schéma, et il est actionné par un électro-aimant à plongeur B, dont les caractéristiques varient suivant le travail nécessaire. Le levier A agit directement sur le galet C solidaire de l’aiguille des minutes, et il est muni d’un contrepoids D permettant son réglage facile. Un îrein à huile évite les mouvements trop brusques.
- Lorsque, toutes les heures, l’aiguille des minutes arrive sur la graduation 23, un levier E se trouve abandonné par la goupille F fixée sur le même axe, et la goupille G du levier E, qui s’était engagée dans l’encoche H, provoque un contact en I .Ce contact a pour but de fermer le circuit des batteries 4 et 40 volts du poste de T. S. F. indiquées en U, et comportant une lampe détectrice et deux étages basse fréquence.
- Ce poste est accordé une fois pour toutes sur Fonde de 2650 mètres de la Tour Eiffel. Dans ces conditions, chaque émission de télégraphie, points ou traits Morse, détectée et amplifiée par le poste, agit sur un relais à cadre mobile très sensible J. Ce dernier, à son tour, déclenche le plongeur L d’un électro-aimant en circuit avec une pile K.
- Ce plongeur revient brusquement au repos après avoir entraîné un rochet à cliquets agissant seulement à la traction et détermine la mise en fonctionnement du rouage à échappement spécial M.
- Le poussoir en ébonite N du levier O suit alors fidèlement les signaux émis, et ne se déplace que de quelques millimètres aux traits et points, mais continue sa course, et vient frapper le contact P du levier de remise à l’heure, seulement lorsqu’agit le trait de 5 secondes de 911 26“ 25s.
- A ce moment, l’électro-plongeur B est attiré de la manière indiquée plus haut, et l’aiguille est remise à l’heure.
- En même temps, le contact I est coupé par Faction du prolongement du levier A en Y.
- Il est nécessaire, de plus, que l’allumage du poste ne se produise qu’une fois par jour, le matin à 9" 23“, et non le soir, c’est pourquoi le circuit de chauffage de l’appareil est coupé par un contact R qui ne fonctionne que par suite du passage de la goupille S sous le levier W.
- La goupille S est fixée sur un disque faisant un tour par
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- jour, facile à ajouter au mécanisme d’horlogerie ordinaire.
- Enfin, la goupille F déjà citée coupe le contact I lorsque l’aiguille des minutes est à la graduation 30 en déterminant l’arrêt du poste pour la position T. Si, pour une raison quelconque, il est survenu un arrêt des signaux ou un mauvais fonctionnement du poste, l’arrêt du système est ainsi automatique.
- Comme on le voit, ce dispositif paraît très ingénieux, mais assez complexe.il est bien évident que sa réalisation ne peut être obtenue que par des experts en horlogerie, hélicitons d’autant plus notre correspondant pour sa réussite intéressante.
- P. Hémardinquer.
- = IMPORTATIONS FRANÇAISES = DE PRODUITS PÉTROLIERS EN 1931
- Les statistiques qui viennent de paraître pour l’année écoulée arrivent au total de plus de 4 millions de tonnes pour les importations de produits pétroliers dans notre pays.
- Les essences prêtes à la consommation s’inscrivent à elles seules pour 2 136 000 tonnes (tableau ci-joint).
- tonnes de Gabian font assez piètre figure puisqu’en somme, leur total représente à peine 2 pour 100 des besoins nationaux.
- Nous possédons cependant dans notre sous-sol si mal pourvu en hydrocarbures liquides des réserves énormes de schistes et de lignites qui par traitements appropriés pour-
- Importations des Produits pétroliers pendant l’année 1931
- (en tonnes).
- Points d’entrée Pétrole brut Pétrole lampant * Essences Huile de graissage Huiles combustibles Divers (') Totaux pour 100
- Rouen 195 445 65 794 774 140 128 208 125 582 15 740. 1 304 909 32 45
- Marseille . . . . 65 512 20 733 271 396 31 267 335 924 19 732 744 564 18 51
- Le Havre. . . . — 15 429 279 616 10 432 189 231 7 360 502 068 12 48
- Bordeaux . . . . 17 837 38 286 250 437 12 287 60 180 23 412 402 439 10 00
- Lille 199 851 122 6 461 245 11 520 2 782 220 981 5 49
- Dunkerque . . . — 14 195 151 264 31 028 20 038 1 039 217 564 5 41
- Sète — 16 184 123 644 28 4 653 1 144 510 3 59
- La Rochelle. . . 24 17 010 74 533 462 20 910 511 113 450 2 82
- St-Nazaire . . . — 1 60 301 892 29 804 11 91 009 2 26
- Strasbourg. . . . 39 885 839 44 228 582 2 390 844 90 768 2 26
- Cherbourg. . . . — 13 27 894 672 15 252 4 43 835 1 09
- Metz 1 393 22 273 4 107 576 693 28 043 0 70
- Brest — 54 2 526 690 18 745 4 106 26 121 0 65
- Sarrebruck. . . . —• 1 053 14 173 3 242 3 021 2 791 24 280 0 60
- Paris 3 745 70 5 341 24 628 6 811 0 17.
- Saint-Malo. . . . — 16 451 731 82 4 674 5 954 0 15
- Jeumont .... — 704 3 797 110 45 50 4 706 0 12
- Charleville. . . . — 57 616 340 45 , 58 1 116 0 03
- Valenciennes. . . — 20 362 145 — — 527 0 01
- Autres points . . — 1 114 27 934 2 251 7 113 10 032 48 444 1 21
- 518 558 192 762 2 136 116 235 060 845 135 t 94 468 4 022 099
- 1. Dans les Divers sont compris les goudrons pour routes, les huiles de vaseline, les brais et cokes de pétrole, les cires de lignite et les . paraffines.
- Devant ces chiffres formidables, les 75 000 tonnes d’huile brute que produit annuellement Pechelbronn, les 6000 tonnes d’huile de schistes du bassin d’Autun et le millier de
- raient combler en grande partie cette lacune. Ne pas s’en servir est inexplicable.
- Y. C.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- PHYSIQUE INDUSTRIELLE Verres transparents pour les rayons ultra=vioIets.
- Les traitements par les rayons ultra-violets sont à la mode; on s’est rendu compte d’autre part que les radiations ultraviolettes contenues dans la lumière solaire et que l’atmosphère laisse parvenir au sol ont en général un effet bienfaisant sur l’organisme.
- Malheureusement les vitrages usuels les absorbent à peu près complètement; si bien que pour assurer à nos habitations
- boration avec MM. Swings et Hautot, de préciser le rôle des différents constituants de verres sur leur transparence à l’ultraviolet et d’établir de façon systématique l’influence de la composition.
- Ces études ont fait ressortir le rôle favorable de la silice, des oxydes de potassium, de baryum, de zinc et dans certaines conditions l’action heureuse de l’acide borique. Par contre, il faut à tout prix éviter les oxydes ferreux et ferrique.
- Ces recherches ont abouti à la création de verres qui sous une épaisseur de 2 à 3 mm laissent passer en quantité très appréciable tout l’ultra-violet solaire et une partie d’ultra-violet moyen.
- DIVERS
- Une étrange façon de maltraiter des chaussures.
- S’il y a, de par le monde, des souliers « à toute épreuve », ce sont certainement ceux qui, aux usines de la Société des Téléphones Bell, à New-York, protègent les pieds des ouvriers occupés à la construction des téléphones et à l’installation des postes téléphoniques, les mettant à l’abri de toute blessure.
- Ces chaussures, en effet, subissent un triple essai d’une extrême rigueur, démontrant leur résistance à la chaleur et à l’humidité, aux acides et aux chocs mécaniques.
- La première épreuve consiste (fig. 1) à les soumettre, dans un fourneau ad hoc, pendant 16 heures, à une température de
- Fig. 1 à 4. — Essais de chaussures à l’épreuve pour ouvriers.
- 1. Essai au four. 2. Essai au choc. 3. Essai aux acides. 4. La chaussure qui a résisté aux essais précédents ne craint pas
- le choc d’une lourde glace.
- le bienfait d’une lumière intégrale, il faudrait trouver un verre transparent à ces rayons ultra-violets, d’un prix abordable et se prêtant, comme les verres usuels, à tous les travaux du bâtiment.
- Le verre de silice est très transparent à l’ultra-violet; mais il est d’une fabrication difficile et ne se plie pas à toutes les applications.
- De nombreuses recherches ont donc été entreprises pour créer le verre pratique, transparent à l’ultra-violet.
- M. Gilard, ingénieur aux Cristalleries du Val Saint-Lambert, signale, dans une étude sur la transparence du verre publiée par la Reçue universelle des Mines, qu’il a entrepris en colla-
- 90 degrés dans une atmosphère très humide. A peine l’ont-elles subie qu’on examine leur résistance mécanique, en les soumettant aux chocs d’un poids de plusieurs centaines de kilogrammes. Le troisième stage de cette étrange mortification (fig. 3) consiste à leur infliger un séjour de 16 heures dans un bain d’acides forts.
- Ayant victorieusement passé cet examen si rigoureux, les souliers n’auront plus à craindre aucun mauvais traitement. Si, par exemple, une lourde glace comme celle visible à la figure 4, venait à les heurter, la violence de ce contact ne leur causerait pas le moindre dommage et le porteur se trouverait préservé de toute blessure grave. Dr A. Gradenwitz.
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- CHIMIE INDUSTRIELLE
- La soie Lilienfeld.
- Dans ces toutes dernières années, Lilienfeld a réussi à obtenir une soie artificielle à base de viscose possédant des qualités mécaniques extraordinaires.
- On sait que la soie de viscose possède une ténacité de 1 gr 5 à 2 gr par denier alors que la soie naturelle a une ténacité d’environ 2 gr 5 par denier.
- Lilienfeld a réussi à obtenir un fil ayant une ténacité de 5 gr par denier; c’est-à-dire environ deux fois supérieur à celle de la soie naturelle.
- Malheureusement le produit obtenu est difficile à teindre; aussi en vend-on une certaine quantité comme fil à coudre blanc.
- Pour obtenir un fil aussi solide, Lilienfeld dégrade le moins possible la cellulose de la pâte de bois, file la viscose obtenue dans un bain d’acide sulfurique très concentré et opère sous tension. Pour éviter l’attaque de la cellulose régénérée par l’acide sulfurique lors de la filature, Lilienfeld refroidit le bain de filature entre 0° et 20° centigrades, et ne laisse qu’un très court contact entre l’acide fort du bain et le fil de soie.
- lui dans la seconde salle, au mois d’août dernier, dans une couche du magdalénien inférieur.
- L’un est une sculpture, en grès tendre rosé, longue de 54 millimètres, qui représente en ronde bosse un ours, très exact de formes et de dimensions. L’attitude et l’expression sont d’un réalisme et d’un modelé remarquables. Le corps est percé d’un trou qui servait probablement à le porter en pendeloque.
- L’autre est une lame d’os plein, rectangulaire, de 120 millimètres de long, sur 23 millimètres de large et 2 millimètres d’épaisseur. Elle est gravée sur les deux faces. D’un côté, on voit un bison, à la crinière hérissée, la tête basse, dans l’attitude d’un animal qui va charger; son corps est percé de deux flèches barbelées et la bouche laisse échapper une série de points que l’on peut interpréter comme la condensation de la vapeur d’eau expirée; en avant, on voit l’arrière-train et la queue d’un autre bison. De l’autre côté, la scène gravée est plus singulière et moins artistique : une femme épaisse, aux membres courts, velue, ornée d’un collier et d’un bracelet à la cheville montre sur la cuisse une flèche barbelée semblable à celles du bison de l’autre face. Derrière elle, on voit la partie
- Fig. 5. — Les nouvelles découvertes du Dr de Saint-Pêrier dans la grotte d’Isturilz (d’après L’Anthropologie).
- Il emploie un bain d’acide sulfurique à 60 degrés Baumé. Le parcours du fil dans le bain est de 3 à 10 centimètres, après quoi le fil s’enroule sur une bobine arrosée continuellement d’eau, de manière à laver le fil et arrêter par là l’attaque par l’acide.
- Entre sa sortie du bain et la bobine, le fil est tendu par un moyen approprié.
- On voit que le principe du procédé consiste à parcheminer le fil, de manière à lui donner une grande plasticité, puis à l’étirer fortement de manière à lui donner une grande ténacité.
- Ajoutons que la fibre obtenue est, par suite de son mode d’obtention, extrêmement brillante.
- Si le principe du procédé est simple, son application industrielle est assez compliquée. H. Soyer.
- PRÉHISTOIRE
- Nouvelles découvertes dans la grotte d'Isturitz.
- Depuis quatre ans, le Dr René de Saint-Périer fouille la grotte d’Isturitz, dans les Basses-Pyrénées. Il y a déjà trouvé nombre de traces intéressantes. Il vient de publier dans Y Anthropologie la description de deux objets découverts par
- antérieure d’un homme également orné d’un collier à triple rang et d’un bracelet.
- Il est naturellement bien difficile d’interpréter ces scènes et le Dr de Saint-Périer se contente pour le moment de décrire ses intéressantes trouvailles.
- ETHNOLOGIE
- Un village=m usée en Norvège.
- La revue internationale de muséographie Mouseion signale qu’un philanthrope norvégien, Anders Sandvig, voulant conserver les témoignages de la vie rurale des siècles passés, a recréé un village d’autrefois dans le parc de Maihangen, à Lillehamer. Poutre par poutre, solive par solive, des habitations de diverses provinces norvégiennes y ont été transportées, remontées et leurs intérieurs ont été reconstitués comme ils étaient jadis. La plus ancienne demeure, encore très primitive, date du xve siècle; d’autres montrent les aspects de la vie norvégienne, depuis la hutte sans cheminée jusqu’à la maison patricienne richement meublée de la fin duxvme siècle. Le musée de Maihangen est ainsi un des musées d’art populaire les plus vivants et les plus évocateurs.
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- PETITES INVENTIONS
- DESSIN
- Exécution rapide des perspectives linéaires.
- Si l’on se rappelle que la perspective proprement dite ou conique a pour but la représentation, sur une surface plane, des corps que nous apercevons, dans la forme où ils apparaissent à nos yeux, et dans les positions relatives qu’ils occupent, on comprend qu’un semblable dessin nécessite la plupart du temps des tracés très longs, soit pour déterminer les points d’intersection du plan de projection avec l’œil de l’observateur, soit pour la recherche des points de fuite, et qu’ainsi, bien souvent, des erreurs se produisent.
- 3° Placer la vue en plan de l’objet dans la position de vue désirée ;
- 4° Faire varier le curseur suivant la distance principale demandée, eu égard à l’échelle du dessin que l’on désire mettre en perspective : à l’échelle de 0 m 02 par mètre, on placera le curseur, si l’on regarde l’objet à 5 m, à la graduation 10.
- Nous croyons donc que cet appareil, simple, facile à employer, est appelé à rendre de très grands services aux dessinateurs, architectes et ingénieurs en leur évitant des tracés compliqués, et par conséquent économisant du temps. M. B.
- Constructeur : F. Darnay, ingénieur A. M., 7, rue Coypel, Paris (13e).
- Elévation
- Enrouleur
- ^Punaise de fixation
- Planche à dessin
- T mobile
- Oei! point de vue
- T démontable
- Curseur
- d’horizon
- <Punaise de fixation
- Fig. 1. — Exécution rapide, à l’aide du « Perspecl « de perspectives
- linéaires.
- Or, l’appareil ci-dessus, dû à l’ingéniosité d’un spécialiste du matériel de dessin, M. A. Launay, permet l’exécution rapide de toute perspective linéaire exacte, sans l’aide d’aucun tracé ni point de fuite, enfin sans connaissances mathématiques.
- Le « Perspect » se compose de :
- 1° Un té mobile dont la branche en laiton nickelé est graduée avec précision en millimètres avec chiffres-repères tous les centimètres; ce té mobile permet,par la disposition de sa graduation, de situer dans l’espace tous les points des plans verticaux ou leurs prolongements;
- 2° Un second té, celui-là démontable, entièrement en laiton nickelé, dont les deux branches sont perpendiculaires entre elles et graduées avec précision. Fixé sur la planche au moyen de trois punaises, ce té permet, sur l’une de ses branches (tracé du plan de projection), la lecture de toutes les intersections des rayons visuels, soit en plan, soit en élévation; sur l’autre branche (trace du plan vertical principal), se déplace un curseur destiné à situer le point de vue (œil) que l’on immobilise à l’aide d’une vis à tête molletée.
- A cet égard se fixe un fil spécial, résistant, teinté de façon à rendre la lecture facile; ce fil qui représente, lors de son évolution, tous les rayons visuels qui observent l’objet, est tendu automatiquement par un enrouleur faisant poids, dit de direction.
- Pour se servir de l’appareil, on doit donc :
- 1° Indiquer la ligne d’horizon sur la vue en élévation de l’obj et ;
- 2° Fixer l’appareil (té démontable), sur la planche à dessin, en ayant soin que les graduations des points 0 des deux tés soient bien dans le prolongement l’une de l’autre;
- d’horizon
- principal
- Figure perspective
- HYGIÈNE
- Uultrafiltre Canonne.
- Une couche mince de collodion, par exemple de nitrocellulose dissoute dans l’alcool-éther, coagulée dans l’eau après évaporation partielle du solvant, constitue une membrane dont les applications pour les filtrations se développent chaque jour dans le laboratoire et l’industrie. Étudié par Martin et Malfi-tano, à l’Institut Pasteur, ce mode de filtration reçut de Bechhold, en 1906, le nom d’ultrafiltration.
- L’ultrafiltre en membrane de collodion se prête particulièrement bien à la stérilisation de l’eau d’alimentation; il arrête les germes figurés, mais ne change en rien la teneur en sels et en gaz dissous de l’eau.
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- Les appareils doivent seulement être construits de façon à répondre aux nécessités pratiques suivantes :
- La solidité des membranes doit être telle qu’elles résistent à la haute pression des canalisations urbaines et aux coups de béliers qui peuvent s’y produire;
- 2° Les éléments filtrants doivent pouvoir être changés aisément et sans risque de détérioration;
- 3° Le débit doit être aussi grand que possible par rapport aux dimensions.
- Les appareils étudiés et réalisés par la pharmacie Canonne réalise ces trois conditions.
- Les éléments ultrafiltrants y sont constitués de plaques rigides très minces. Un tissu spécial formé de grosses mèches de coton, réunies par une trame très fine sert d’ados aux membranes de collodion sur chaque face et facilite l’écoulement de l’eau ultrafîltrée. Cette disposition permet d’obtenir une
- Fig. 2. — L’ultra filtre Canonne.
- membrane de collodion entourant de toute part la plaque-ados sans aucune liaison à un cadre, liaison que la rétraction du collodion, lors de sa coagulation, rendrait précaire.
- Le montage est très simple et ne comporte aucun joint de caoutchouc susceptible de laisser communiquer l’eau ultra-filtrée et l’eau brute. L’ensemble constitue un bloc qui se place aisément dans l’appareil et est facilement remplaçable. Le colmatage des membranes ultrafiltrantes est très long, les sédiments se déposant à la surface et non à l’intérieur de la masse filtrante qui ne s’infecte jamais; il n’y a donc lieu d’envisager leur remplacement que tous les ans, environ. Enfin, en raison de leur faible épaisseur, ces plaques occupent peu de place, si bien qu’un cylindre de 13 centimètres de diamètre sur 30 centimètres de hauteur peut débiter sous la pression moyenne des canalisations urbaines, plus de 25 litres d’eau stérile à l’heure.
- En vente à la pharmacie Canonne, 49, rue Réaumur, Paris.
- PÊCHE
- Un vivier flottant.
- Voici un dispositif qui pourra intéresser les pêcheurs à la ligne. C’est un système de vivier qui flotte autour de la barque et permet de garder le poisson vivant. 11 est constitué très simplement au moyen d’un disque de bois d’un assez grand diamètre et suffisamment épais pour qu’il puisse flotter, tout en étant lesté avec les pièces dont nous allons parler.
- Ces pièces sont constituées tout simplement par deux couvercles en fer-blanc dont l’un est ajouré d’un trou ayant un diamètre correspondant à un trou pratiqué à l’avance dans le disque de bois ; c’est par ce trou d’ail- Fig_ 3 _ Détails du viüier m<mtm leurs que le poisson que l’on veut mettre dans le vivier -
- sera placé. Entre les deux couvercles se trouve disposée une surface cylindrique constituée par un treillage plus ou moins fin suivant le poisson que l’on veut mettre ainsi en cage. Le couvercle ajouré est fixé par des clous sur la face inférieure du disque de bois, et le grillage est fixé à son tour sur le bord de chacun des couvercles au moyen de petits rivets ou tout simplement de fil de fer qui passe dans des trous préparés à l’avance sur lesdits couvercles. Bien entendu, on fixe un piton à œil dans le disque de bois, de manière à réunir le vivier qui flotte à l’embarcation, sinon on risquerait de voir ledit vivier avec tout son chargement s’en aller au fil de l’eau.
- OBJETS UTILES Pour découper les fruits.
- Voici un appareil simple qui permet de découper en rondelles des oranges, des citrons, des pommes avec la plus grande facilité. Il est constitué tout simplement par une espèce de grande pince à sucre dont les becs sont arrondis et sont constitués chacun en forme de peigne dont les intervalles se correspondent d’un côté à l’autre.
- On peut alors placer un fruit à découper en rondelles entre les branches de cette pince, et le couteau passera tout simplement dans les rainures des peignes. On obtiendra ainsi des
- rondelles dont 4 —Appareil pour découper les fruits.
- l'épaisseur correspondra à l’écartement des dents du peigne, avec la plus grande facilité et une régularité parfaite.
- En vente chez Coste, rue Désiré -Claude,
- 36, à Saint-Étienne.
- couvercle
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- La vitesse des pigeons.
- Comme suite à l’observation de M. Minvielle (v. La Nature, 15 juin 1932, p. 573), M. Jacques Régnier, d’El-Marsa (Alger), nous adresse l’intéressante lettre qui suit :
- « Je puis ajouter deux observations à celle de M. Minvielle, de Beauvais :
- « 1° Par temps calme, me trouvant à la lisière d’un champ je sursautais au passage, à quelques mètres de moi, de deux bisets, immédiatement suivis d’un épervier et vis presque aussitôt disparaître poursuivis et poursuivant dans un boqueteau, à une distance que je mesurai ensuite. Approximativement j’évaluai la vitesse de cette chasse à 130 kra-h.
- « 2° La vitesse moyenne de 120 km-h est courante pour le biset et j’ai pu l’observer plusieurs lois. Il est vrai qu’il s’agissait chaque fois d’un vol « piqué » selon un angle de 15 à 20° sur l’horizontale. Voici comment, par suite de circonstances topograpniques particulières, mon observation a pu être renouvelée : notant à la verticale d’un point
- connu sur une l'alaise, chronomètre en main, le passage d’un groupe compact de bisets, je pouvais, quelques dizaines de secondes après, noter le moment de sa dispersion pour l’atterrissaae sur un îlot rocheux situé à une distance exactement connue, en mer, du point susdit. Cette distance étant appréciable (630 m) et les bisets se détachant en clair sur le rocher sombre au moment de se poser, j’ai pu mesurer les temps avec précision.
- A. E. Brelim, dans son ouvrage si complet sur les « Oiseaux », attribue au biset une vitesse de 110 km-h environ. Même en accordant à mes observations une valeur humaine, il est certain que cette vitesse est très largement dépassée.
- Un détail. Votre correspondant parle du b bruit surprenant des ailes fendant l’air ». Chez le biset — et la palombe — ce bruit est comparable au grincement d’une articulation métallique, de tôle légère plus exactement, accompagné d’un souffle—pour les vols en groupe — rappelant celui d’un obus passant à une assez grande altitude. Ceci n’est pas de l’imagination. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Appareils pour la fabrication du vinaigre, système Manoncourt-Contassot: Etablissements Brewer frères, 76, boulevard Saint-Germain, Paris.
- Cellules au sélénium: L’œil électrique. Constructeur : André Rio et C1», 17, rue de Châteaudun, à Nanterre.
- Bondérisation, udylite, protalisation. Sté continentale Parker, 11, rue Chance-Milly, Clichy.
- Les compresseurs.
- Voici les ouvrages français sur la question : R. Champly: Presses, pilons, compresseurs et ventilateurs. 1 vol., 213 pages, 198 fig. Béranger, éditeur, 15, rue des Saints-Pères, Paris. Prix : 18 fr, publié en 1929, surtout descriptif, avec de bonnes figures.
- Crussard : Ventilateurs et Compresseurs, 1 vol. 414 pages, 172 fig. J.-B. Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille. Prix : 75 fr., publié en 1926, plus théorique et plus complet, mais d’une lecture sans doute assez difficile pour un lecteur sans bagage scientifique.
- Réponse à A. L. C., Nantes.
- Réception des ondes très courtes avec un poste à haute fréquence.
- On peut recevoir les émissions sur ondes très courtes de la gamme de 10 à 80 m environ, soit avec une lampe détectrice montée d’une manière un peu particulière suivant le type Schnell, par exemple, soit avec un appareil à changement de fréquence réalisé à l’aide d’une lampe bigrille radiomodulatrice, de deux lampes dont l’une oscilla-trice et l’autre modulatrice, soit encore plus simplement d’une lampe autodyne.
- Nous avons déjà indiqué plusieurs fois cependant, dans des articles de radiophonie pratique consacrés à la réception des émissions sur ondes très courtes, qu’on pouvait faire précéder la lampe détectrice à réaction dans un poste à amplification directe par un étage d’amplification haute fréquence à lampe à écran établi avec un soin particulier. On peut ainsi obtenir une amplification supplémentaire, et surtout on diminue la difficulté des réglages, parce qu’il est moins nécessaire de pousser au maximum l’amplification obtenue à l’aide du système de réaction.
- On peut réaliser le système d’accord de la manière ordinaire suivant le type Bourne, à l’aide d’un bobinage et d’un condensateur variable de 0,25/1000» de microfarad à démultiplication; mais, si l’on veut rendre le réglage plus simple et le limiter à la manœuvre du condensateur variable de résonance de l’étage haute fréquence et du système de réaction, on peut remplacer le bobinage d’accord par une résistance variable de 1000 à 5000 ohms.
- En tout cas, le circuit de liaison à résonance peut être constitué par un bobinage sur ondes courtes accordé par un condensateur de
- 0,25/1000» de microfarad à démultiplication, et la liaison entre la lampe haute fréquence et la lampe détectrice est effectuée à l’aide d’une capacité de 0,15/1000» de microfarad shuntée par un condensateur de 0,5 à 1 mégohm.
- Une bobiné de choc renvoie vers le circuit de résonance les courants haute fréquence qui sont dans le circuit de plaque de la lampe détectrice, et la réaction est obtenue à l’aide d’un condensateur variable de 0,25/1000 e également.
- On peut utiliser soit deux étages basse fréquence classiques, soit une lampe trigrille de puissance, suivant le système maintenant bien connu.
- Pour qu’un tel poste puisse fonctionner d’une manière normale, il faut évidemment choisir avec le plus grand soin les éléments de montage, en particulier les bobinages de résonance et d’accord, s’il y a lieu, ainsi que les condensateurs, qui doivent être à faibles pertes et à système de démultiplication bien étudié.
- De plus, il faut prendre les précautions ordinaires de blindage pour la lampe à écran haute fréquence. Le panneau avant sera d’ailleurs constitué avec avantage par un panneau métallique mis à la terre.
- Vous pouvez trouver des pièces spéciales pour le montage des postes à ondes courtes aux adresses suivantes :
- Établissements Dyna, 43, rue Richer, à Paris.
- Établissements Lénier, 43, rue Magenta, à Asnières.
- Réponse à M. Gautier, à Paris.
- De tout un peu.
- M- w- Tensen, à Uccle, Belgique. — Le voile qui se produit à la surface de votre vernis est dû à la condensation de la vapeur d’eau atmosphérique, par suite de l’évaporation trop rapide de l’acétone.
- Pour y remédier il est nécessaire d’ajouter un plastifiant lourd, tel que la triacétine qui retarde cette évaporation; la formule suivante pourra vous servir de base, concentration mise à part, en acéto-ou nitro- cellulose, suivant l’emploi que vous avez en vue
- Acétate de cellulose......................... 40 grammes
- Acétone........................................ ........
- Triacétine.................................... 20 _
- M. Berthoin,à Grenoble. —Vous pouvez prendre comme type de préparation d’une colle au caoutchouc pour cuir les données suivantes :
- Gutta percha.............................*. 100 grammes
- Sulfure de carbone............................400 __
- Laisser digérer d froid en flacon bien bouché jusqu’à dissolution de la gutta, en agitant fréquemment, puis ajouter :
- Galipot....................................... 40 grammes
- N. B. — Le galipot constitue un des produits résultant de l’extraction de. la térébenthine du Pin de Bordeaux pendant l’hiver; il est surtout utilisé pour la préparation des vernis communs.
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- M. de la Vigerie, à Soissons. — L’établissement d’un filtre à charbon de bois ne peut comporter d’avance de données numériques, pour la raison très simple que l’épuration d’une eau est fonction de plusieurs variables telles que souillure de l’eau, faculté d’adsorption du charbon, teneur en argile de celle-ci provoquant un colmatage plus ou moins accentué, etc.
- Le mieux est de faire d’abord une réalisation en petit et de déterminer par expérience le nombre de couches alternantes de gravier et de charbon qui sont nécessaires pour l’épuration d’un volume donné de l’eau que vous avez à traiter.
- M. Desroches, à Nimes. — Les encres employées pour les tampons de caoutchouc ne sont pas des encres grasses, mais des solutions aqueuses glycérinées de couleurs dites d’aniline. Étant donné la grande solubilité de ces éléments dans l’alcool, on voit que les empreintes réalisées par ces encres cèdent très facilement à des macérations renouvelées dans ce solvant, qui, au point de vue économique, peut être le vulgaire alcool à brûler.
- N. B. — Le procédé est applicable quel que soit le support, papier mince ou épais, étoffe, etc., qui ne s’en trouvera nullement altéré.
- M. Moreau, à Pontarlier. — 1° Le thermomètre à tension de vapeur saturée de M. Joseph Fournier est basé sur la propriété des vapeurs saturantes que la pression maxima en présence d’un excès de liquide volatil est indépendante du volume offert à la vapeur et ne dépend que de la température.
- L’appareil consisté simplement en un tube contenant un liquide aussi peu volatil que possible relié d’une part à un manomètre de Bourdon et d’autre part à la partie inférieure d’un réservoir cylindrique rempli un peu plus qu’à moitié du même liquide et, dont la partie supérieure close constituant chambre barométrique contient un liquide par contre très volatil : ammoniac, acide carbonique, benzine, variable suivant les limites de température entre lesquelles doit fonctionner le système.
- La vapeur de ce liquide exerce sa pression maxima qui se transmet par le liquide stable au manomètre qui peut être placé à une distance quelconque, ce qui produit un déplacement de l’aiguille sur le cadran, lequel est gradué en degrés centrigrades par comparaison avec un thermomètre ordinaire.
- 2° Nous pensons que le mercure sera le liquide le plus favorable pour l’immersion de votre thermomètre dans l’autoclave, sa grande conductibilité lui permettant de se mettre avec rapidité en équilibre avec le milieu ambiant.
- R. D. G., à Bruxelles. — La limite de longueur d’onde 0;*5510 que vous indiquez est celle du jaune. En se basant sur cette donnée, un écran vert supprimerait toutes les radiations lumineuses de longueur d’onde supérieures à 0^551; mais si vous voulez effectivement éliminer les rayons jaunes contenus dans le vert, il faut comme vous le pensez reculer jusqu’au bleu {l = 0;*4750) et employer un écran de cette couleur, que vous réaliserez facilement au moyen de feuilles de celloïdine ou de gélatine, teintées par une couleur d’aniline, par exemple le bleu de méthylène.
- Une façon de procéder consiste à faire un mélange direct d’une solution alcoolique de la matière colorante avec une solution de celloïdine dans l’alcool-acétate d’amyle ou bien à additionner une solution aqueuse tiède de gélatine légèrement glycérinée d’une solution également aqueuse du bleu choisi.
- On peut également se contenter d’immerger des feuilles incolores dans une solution convenablement préparée du colorant.
- Si on veut obtenir des dégradés, on opérera au pinceau, comme dans la pratique ordinaire du lavis, ledit pinceau étant après application de la couche foncée, trempé par la pointe dans de l’eau pure placée à proximité, ce qui permettra de descendre une teinte de plus en plus claire par de nouveaux trempages.
- La gélatine employée est la gélatine extra-blanche que l’on trouve chez tous les épiciers sous le nom de blanc-manger, elle doit être d’abord gonflée douze heures dans l’eau froide avant d’être liquéfiée au bain-marie. Le coulage s’effectue sur une plaque de verre parfaitement nettoyée et polie au rouge d’Angleterre, puis talquée au talc impalpable
- M. Geyh, à Moulhe (Doubs).— 1° Vous pourrez augmenter le pouvoir copiant de la pâte d’argile et en même temps lui conserver sa fraîcheur en y ajoutant un peu de glycérine ordinaire.
- 2° Nous avons donné une recette de pâte à polycopier dans le n° 2869, p. 479.
- Mlle Bernard, à La Pinède. — La préparation des vernis pré-
- sente toujours pour l’amateur quelques difficultés qui en compromettent la réussite, c’est pourquoi nous vous conseillons, en vue de l’imperméabilisation de votre capote d’auto, d’acheter la mixture toute prête dans une maison spécialisée, en indiquant bien l’emploi qui doit en être fait.
- A titre d’indication, nous vous signalons les établissements Gaillard, 134, boulevard Félix-Faure à Aubervillers (Seine), qui fabriquent des vernis cellulosiques souples, convenant tout particulièrement au cas considéré.
- M. de Greling, à Fontchateau-Saint-Etienne-du-Grès. —
- La préparation des meulons fumigènes pour préserver les plantes de la gelée, ne présente aucune difficulté, car il suffit de mouiller légèrement de la paille ou du foin, puis de l’arroser de 2 à 3 litres de goudron de gaz.
- Le tout est alors placé sur un petit tas de copeaux ou de brindilles sèches, auxquels on met le feu.
- On estime qu’un foyer préserve 7 à 800 mètres carrés, soit un carré de 25 à 30 mètres de côté; il faut donc environ 15 foyers à l’hectare.
- M. Wagner à Souk-Ahras : Algérie. — Nous espérons que vous pourrez désodoriser votre buffet en opérant ainsi :
- Placer à l’intérieur un récipient garni d’eau bouillante, puis y jeter une poignée de farine de moutarde de préparation récente, fermer hermétiquement avec une couverture par exemple, laisser un jour ou deux sans ouvrir, puis bien aérer. Recommencer si besoin est.
- M. Nicolas, à Cornimout (Vosges). — Vous trouverez très probablement le vernis qui vous intéresse aux établissements Gaillard, 134, boulevard Félix-Faure à Aubervilliers, Seine, en ayant soin de leur signaler l’application spéciale que vous avez en vue.
- M. Gouyot, à Bourges (Cher). — Pour obtenir des vitres givrées, il suffit d’appliquer sur celles-ci au moyen d’un pinceau large une solution saturée chaude d’un des sels suivants : Sel ammoniac — Sulfate de soude — Sulfate de magnésie — Nitrate de potasse.
- Si le givrage doit persister quelque temps, on peut lui donner de l’adhérence en ajoutant une trace de colle forte.
- N. B. — Ne pas exagérer l’addition de colle, ce qui pourrait gêner la cristallisation.
- Quant à l’enlèvement du givre ainsi obtenu, il se fera avec facilité au moyen d’un peu d’eau tiède.
- M. Le Dr P. Jacques, à Paris. — 1° Le produit souple pouvant remplacer le verre, auquel vous faites allusion est effectivement à base d’urée et de formol. D’après le brevet français Manesse et Seche-haye n° 714.388, on peut l’obtenir en condensant 2 kg 700 d’aldéhyde formique, 1 kg d’urée, 0 kg 400 de lactose ou glucose et 5 gr d’ammoniaque ou sel ammoniacal, on chauffe doucement et évapore jusqu’à formation de bulles crevant lentement à la surface; on coule alors dans des moules appropriés.
- Nous pensons que vous pourriez fixer entre elles des lamelles de cet article en vous servant d’une colle obtenue en faisant dissoudre de l’acétate de cellulose dans l’acétone, colle qui est insoluble dans l’eau et la glycérine.
- 2° Pour rendre de la fluidité aux cirages aujourd’hui courants (cirages à la cire) il suffit d’y ajouter un peu d’essence de térébenthine pour les cirages de choix à la cire d’abeilles, ou de pétrole pour les cirages de moindre qualité à la cire minérale.
- M. Bricauit à Chauvigny (Vienne). — Vous conserverez facile-lement à votre terre glaise servant au modelage sa malléabilité, en y incorporant une quantité suffisante de glycérine.
- Prendre pour cela la glycérine blonde du commerce dont le prix est moins élevé que celui de la glycérine officinale, la coloration dans ce cas n’ayant aucune importance.
- N. B. — La préparation tout à fait inoffensive peut être mise sans danger entre les mains des enfants.
- Collège Champagnat, à Alep. — L’encre à séchage rapide doit être simplement une encre alcoolisée; il vous suffira, pensons-nous, pour réaliser une préparation analogue, de faire dissoudre. 1 gr d’éosine dans 100 cm3 d’alcool à 95°.
- Si vous trouvez que l’évaporation est trop rapide ajouter un peu d’eau jusqu’à obtention du résultat cherché.
- M. Plassard, à Paris. — Pour fixer une lamelle métallique sur le verre, le mieux est de vous servir de gomme laque en opérant ainsi :
- Placer une lamelle de gomme laque dite laque en écailles sur la lame de verre, puis au-dessus le métal à faire adhérer. Chauffer ensuite très doucement afin que la température s’élève lentement sans amener la rupture du verre de façon à atteindre 80 à 90° C.
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- A ce moment la gomme laque fond, on presse légèrement pour chasser les bulles d’air et laisse refroidir.
- Si le procédé doit devenir industriel, s’équiper d’une étuve; au cas contraire, se servir d’un bain de sable, mais alors la manipulation est plus délicate.
- M. Duncombe, à Lisieux. — La petite poche en caoutchouc qui se trouve dans les stylos, se répare comme tous les articles en caoutchouc, au moyen de la dissolution pour pneus que l'on trouve d’une façon courante dans le commerce. La seule précaution à prendre est de bien aviver les parties à réunir en les frottant avec du papier de verre fin et d’attendre que la colle soit devenue poisseuse avant de mettre définitivement en contact.
- N. B. — Si une pièce doit être mise, ne se servir que du caoutchouc pur dit feuille anglaise et non de caoutchouc chargé.
- M. Broch, à Rennes. — Vous trouverez tous renseignements sur le cuir repoussé dans l’ouvrage : Le travail artistique du cuir, par Cas-signol. Editeur Baillière, 19, rue Hautefeuille à Paris.
- M. Arabi Verdera, à Sbiga (Baléares). — L’antiseptique le plus pratique pour assurer la conservation des colles, toutes les fois qu’elles ne doivent pas être mises en contact avec les produits alimentaires, est le bichlorure de mercure.
- Pratiquement il suffit d’ajouter vingt gouttes d’une solution alcoolique à 1 pour 100 de sublimé par 100 cm3 de colle; l’alcool dénaturé ou alcool à brûler pouvant dans ce cas servir de dissolvant du bichlorure, sans inconvénient.
- M. Lèvent, à Binau (Cotes-du-Nord). — A titre documentaire voici comment se prépare le blé empoisonné destiné à la destruction des rongeurs, en particulier des mulots : prendre :.
- Eau ordinaire........................... 750 cent cubes
- Sulfate de strychnine................... 5 grammes
- . Fuchsine................................ 4 —
- Mélanger soigneusement avec un bâtonnet en prenant bien garde de ne pas toucher au mélange avec les doigts et y incorporer 2 kg de froment. Abandonner deux ou trois heures de façon que le blé soit bien imprégné puis faire sécher à l’air en remuant de temps à autre.
- Éviter de laisser ce blé à portée des poules qui en mangeraient et seraient empoisonnées.
- La strychnine étant un poison violent, nous vous rappelons qu’elle ne peut être délivrée par les droguistes que sur autorisation administrative, de la mairie par exemple, après remise d’une attestation que le produit est destiné à la destruction des parasites agricoles.
- M. I. Deschuwer, à Bruxelles. — Nous avons publié dans le n° 2876 du l»r mars 1932, page 228, un article très complet sur la destruction des herbes par le chlorate de soude, veuillez bien vous y reporter.
- M. F. Leteur, Ecole des Missions Coloniales. — Le noircissement des pièces en laiton s’obtient sans difficulté en les faisant bouillir pendant un quart d'heure environ dans le mélange suivant :
- Vert de gris pulvérisé.................... 500 grammes
- Sel ammoniac.............................. 475 —
- Vinaigre fort............................ 160 —
- Eau ordinaire........................... 2000 cent cubes
- Rincer soigneusement à l’eau claire et laisser sécher à l’air.
- M. R. Boileau, à Paris. — Vous trouverez tous renseignements sur les préparations pyrotechniques dans les ouvrages suivants. L'Artificier, éditeur Baillière, 19, rue Hautefeuille. Manuel de l’Arli-ficier par Vergnaud, chez Mulot, 12, rue Hautefeuille, Paris.
- M. Rousseau, à Froyères. — Pour nettoyer les oiseaux empaillés, commencer par les brosser soigneusement ou se servir d’un aspirateur, si on dispose de cet appareil, puis passer sur les plumes au moyen d’une éponge une solution légère de savon et.rincer ensuite avec de l’eau tiède à plusieurs reprises de manière que l’eau n’enlève plus aucune impureté.
- Finalement enduire les plumes d’une bouillie obtenue en délayant dans de l’eau froide et faisant bien pénétrer dans le duvet :
- Amidon de riz. . . .....................100 grammes
- Acide oxalique.......................... 5 —
- Laisser ainsi sécher jusqu’au lendemain, puis brosser avec une brosse sèche très propre, neuve de préférence et tapoter légèrement avec une baguette souple pour faire sortir l’amidon. Si l’opération a été bien faite, le plumage doit avoir recouvré sa blancheur.
- M. Dubiez, à Paris.t— Le mode d’imperméabilisation que nous avons signalé dans notre numéro du 15 décembre 1931 a paru dans
- la Revue de Chimie industrielle en 1914. Nous n’en connaissons pas l’auteur et pensons qu’il s’agit d’huile de lin cuite siccativée.
- M. Chateigner, à Savigny en Sancerre. — 1° Un accumulateur n’est pas endommagé si au moment de la congélation, la dilatation de la glace n’a pas détaché la matière active des plaques positives, ce point de congélation est du reste très bas avec l’électrolyte normal; s’il y a eu reéellement gelée, c’est quela teneur en acide était insuffisante.
- 2° La matière extérieure de votre accumulateur est du caoutchouc durci, si le bac est fendu, le mieux est d’en demander un de rechange à la Maison Dinin.
- D’autre part les accumulateurs sont souvent recouverts de brai, si celui-ci est simplement décollé on peut le resouder avec un fer chaud.
- 3° Pour la conservation, charger à fond l’accumulateur, vider l’électrolyte, rincer à l’eau distillée, puis remplir complètement également avec de l’eau distillée de façon que les plaques soient à l’abri de l’air.
- M. Devrez, à Tours. — Les colles employées pour fixer les moleskines sur les malles d’automobiles sont des colles à l’acétate de cellulose désignées commercialement sous le nom de colles n Cellon ». On peut prendre comme type d’une préparation de ce genre la formule suivante :
- Acétate de cellulose........................ 300 grammes
- Acétate de méthyle......................... 1200 —
- Acétone..................................... 500 —
- M. A. M., à Flontenay-sous-Bois. — 1° Les ouvrages suivants vous donneront très probablement satisfaction : La chimie du savonnier par Ersham. Éditeur Dunod, 92, rue Bonaparte. — Manuel du fabricant de cirages par Gouillon, Éditeur Garnier, 6, rue des Saints-Pères.
- 2° Si vous avez en vue d’entreprendre une fabrication de ce genre, le mieux, serait pour vous mettre au courant du contrôle, de passer quelque temps dans un laboratoire particulier, par exemple le Laboratoire Wolff, 157, faubourg Saint-Denis, qui est spécialisé dans la savonnerie et les matières grasses.
- M. Griveau, à Levallois-Perret. — Les taches produites sur l’étoffe de votre fauteuil par la teinture de benjoin, sont dues à l’évaporation de l’alcool qui a laissé comme résidu la résine qu’il contenait en dissolution.
- Le remède sera par conséquent très simple puisqu’il suffira de laver à l’alcool pour redissoudre à nouveau le benjoin, le vulgaire alcool à brûler conviendra parfaitement dans ce cas, une exposition ultérieure à l’air fera ensuite disparaître toute odeur.
- M. M. Duflos, à Vitry en Artois. — Vous trouverez tous renseignements sur l’établissement d’un court de tennis dans l’ouvrage Le tennis, le Basket-Ball et le croquet, par Jack-de-Trévières. Éditeur Garnier, 6, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. Maurice, à Colombes. — Le salpêtrage des murs est généralement dû à un voisinage d’écurie ou d’étable qui fournit les sels ammoniacaux, éléments de la nitrification; le seul remède efficace est la suppression de la cause.
- M. A. Jarraud, à Chateauneuf-sur-Charente. — Vous trouverez des accumulateurs nickel-cadmium à la Société S. A. F. T. Société des Accumulateurs fixes et de traction. Route nationale, Pont de la Folie, à Romainville, Seine.
- M. Bloch, à Montmorency. — Les colles genre seccotine sont des colles de poissons qui n’ont pas subi la dessiccation et qui ont conservé par suite un grand pouvoir adhésif. On peut toutefois obtenir un produit analogue en prenant :
- Colle de poissons sèche......................160 grammes
- Alcool à 90°................................. 85 —
- Eau ordinaire............................... 750 —
- Acide nitrique................................ 5 —
- Faire gonfler, puis dissoudre la colle dans l’eau alcoolisée et n’ajouter l’acide qu’après dissolution complète.
- S’assurer en achetant la colle qu’il s’agit bien de colle de poissons naturelle dite Salansky et non d’une imitation.
- M. Villiamier, à Pontarlier. — Le métal employé pour la confection des miroirs de télescopes se compose de :
- Cuivre................................ 665 grammes
- Étain................................. 335 —
- et est additionné d’une trace d’arsenic pour en augmenter la dureté, l’argenture après polissage en est effectuée par voie électrolytique Cette fabrication étant spécialisée, il n’a pas été fait, à notre connaissance, de publication sur ce sujet.
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- 96 = QUELQUES AVIONS REMARQUABLES
- Nous reproduisons ci-dessus les photographies de quelques avions dont l’apparition récente a été remarquée.
- Fig. 1 et 2.— Un avion à train d’atterrissage relevable en vol.— L’avion américain Locklieed-Orion, monté par le pilote Mitlelholzer,
- de la Cle Swissair. (Ph. Roi.)
- Cet avion a effectué avec une vitesse remarquable le voyage de Zurich au Bourget. C’est un avion de la même marque et de lignes analogues qui a servi à Mrs Earhart Putnam peur effectuer seule la traversée de l’Atlantique entre Terre-Neuve et l’Irlande, les 20 et 21 mai 1932: 3270 km en 15 h. 39 m.
- Fig. 3. — Le grand hydravion trimoteur récemment construit pour la flotte anglaise est le plus puissant du monde; il pèse 33 tonnes
- et est destiné aux voyages aériens à grandes distances. (Ph. Wide World.)
- Fig. 4. •— Une curieuse tentative : un avion dont les ailes sont remplacées par des cylindres tournants, la sustentation étant demandée à l'effet
- Magnus comme dans les rotors de Flellner. (Ph. Keystone.)
- Cet avion sera essayé prochainement par son constructeur M. J. C. Popper sur l’aérodrome Roosevelt près de New-York.
- Fig. 0. — Les essais du clinogyre Odier, à Guyancourt (Seine-el-Marne). (Ph. Wide World.)
- Le clinogyre s’adapte sur tout avion à ailes surbaissées et lui confère les propriétés de l’autogyre (La Nature, n° 2872, 1er janvier 1932.)
- Le Gérant : G. Masson.
- 2759. — Paris, lmp. Lahure. — 15-7-1932.
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- N° 2886.
- LA NATURE
- J" Août 1932.
- = L’ART DU BÉNIN =
- AU MUSÉE DU TROCADÉRO
- Le Musée d’Ethnographie du Trocadéro, si riche par ailleurs, 11e possède jusqu’à présent qu’un nombre restreint d’antiquités du Bénin. Le zèle éclairé de ses directeur et sous-directeur, le Dr P. Rivet et G.-H. Rivière, s’est appliqué à combler cette lacune dans la mesure du
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- cette dernière catégorie, F. von I.uschan a dit, à juste titre, que Benvenuto Cellini n’aurait pu faire mieux, et en fait, les plus réputés de nos bronziers actuels, malgré la division du travail entre deux branches de spécialistes, modeleurs et fondeurs, et en dépit de tous
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- Fig. 1. — Coffret en bronze représentant un palais à la toiture décorée d’oiseaux et d’un serpent, rapportant des Européens armés de fusils
- (Musée d’Ethnographie de Berlin).
- possible. Avec le gracieux concours de collectionneurs et des principaux Musées européens qui ont eu l’amabilité de prêter leurs plus belles pièces, ils ont organisé au Musée une exposition qui vient de réunir cent trente spécimens de choix de cet art remarquable.
- Les œuvres d’art du Bénin se détachent de l’ensemble de celles de l’Afrique noire par un naturalisme qui, sans détruire les caractéristiques générales du style nègre, le rapproche au maximum des tendances dominantes de l’art européen.
- Une autre originalité de l’art du Bénin est le niveau exceptionnellement élevé de sa technique. Tandis que les productions artistiques que nous connaissons du reste de l’Afrique n’ont guère d’autre matière que le bois, les Bini ont cultivé la sculpture sur ivoire et tout spécialement la fonte du bronze. Pour les œuvres de
- les perfectionnements matériels de l’industrie, s’avouent incapables d’égaler les anciens bronzes du Bénin.
- Ils ont été exécutés à cire perdue et à moule perdu, c’est-à-dire en exemplaires ' uniques et sans retouche.
- Par combinaison et recoupement des traditions indigènes, des récits de voyageurs anciens et modernes, et des monuments artistiques eux-mêmes, on a pu reconstituer assez bien l’histoire du Bénin. Vers le milieu du xne siècle, les habitants demandèrent leur premier obba (roi) au royaume voisin du Yoruba et longtemps encore par la suite, ses successeurs, lors de leur avènement, recevaient leur investiture du chef religieux d’Ife, ville sacrée du Yoruba, qui leur envoyait un insigne en forme de croix de Malte et une tête en bronze. A partir de 1472, des navigateurs portugais établirent des relations avec le Bénin; dès la fin du xve siècle une
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- Fig. 2. — Groupe représentant une procession, sur socle rectangulaire évidê orné d'entrelacs et de têtes d’animaux (Musée d’Etlmograplùe de Munich).
- factorerie était établie à Gwato; en 1536, les Portugais obtinrent le monopole du commerce, que par la suite
- Fig. 3. — Plaque à reliefs de trois guerriers et deux enfants musiciens (Trocadéro).
- ils durent partager avec les Anglais et les Hollandais.
- Le roi, considéré comme d’essence divine, avait sur ses sujets, même les plus nobles, une autorité absolue, qu’il entretenait par la terreur; il pouvait lever en peu de temps une armée de cent mille hommes; sa puissance s’étendait sur tout le territoire de la Nigérie du Sud actuelle, et nombre de rois voisins étaient ses vassaux. Mais il avait à redouter la compétition de ses frères, et bien qu’il prît généralement la précaution de s’en débarrasser, le royaume fut à plusieurs reprises en proie à des guerres civiles suivies de périodes de décadence, dont la dernière, à partir de 1820, fut irrémédiable.
- Entre temps, les dispositions des rois à l’égard des Européens s’étaient modifiées, peut-être par crainte justifiée de leurs entreprises esclavagistes et colonisatrices. Après les avoir traités avec faveur et amitié, ils leur interdirent au xvine siècle l’accès du Bénin; leur regard, disaient-ils, faisait mourir. En 1897, le consul du protectorat britannique de la côte du Niger s’étant obstiné, malgré plusieurs refus diplomatiques, à aller faire visite au dernier souverain, fut massacré avec toute son escorte. L’Angleterre riposta par une expédition répressive; la capitale fut prise et détruite, le roi déporté, et le royaume devint un district de la Nigérie du Sud.
- Les quelque 2400 pièces actuellement connues de l’art du Bénin, dont le Musée de Berlin possède à lui seul le quart, ont été réparties par les spécialistes en périodes que nous ne saurions indiquer même sommairement. La grande époque couvre toute la durée des xvie et xviie siècles, avec apogée durant la première moitié de celui-ci.
- Les oeuvres les plus remarquables sont les défenses d’éléphant ciselées sur toute leur longueur, dont certaines étaient déjà venues en Europe avant 1600, et surtout les bronzes : plaques à reliefs, têtes masculines en ronde-bosse, dont les plus anciennes sont des portraits et dont d’autres, moins individuelles, avec des coiffures à ailettes ou à antennes et d’énormes colliers de rangées superposées de perles, étaient placées sur les tombes des rois ou dans les lieux de culte comme fétiches (Yuyu), parfois sur montées de défenses sculptées ; têtes féminines coiffées de sortes de hennins, représentant sous les traits de jeunes femmes, les mères des rois, qui avaient pour elles une extrême vénération et ne prenaient aucune décision importante sans les consulter, mais ne devaient jamais les voir; figures en pied, représentant notamment des indigènes jouant de la trompe et des Européens tirant du fusil; groupes sur socles, figurant le roi accompagné de dignitaires ; panthères, coqs ; coffrets et plaques représentant le palais royal au toit surmonté d’oiseaux aux ailes éployées et décoré de gigantesques serpents dont des têtes nous sont parvenues.
- Lorsqu’après la prise du Bénin en 1897, arrivèrent en foule en Europe ses bronzes aussi remarquables par le style que par la technique, on estima impossible de les considérer comme l’œuvre de nègres, et on leur chercha des origines variées. On invoqua notamment des armuriers ou des artisans portugais. Mais cette opinion n’est plus acceptable. D’abord, l’exécution même des bronzes ne saurait être qu’indigène ; leur style est essen-
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- Fig. 4.
- Tête en bronze (coll. L. Carré, Paris) surmontée d'une défense sculptés (coll. Ch. Ration, Paris).
- Bellement nègre, et les figures humaines, selon l’heureuse formule de F. von Luschan, représentent les Nègres tels qu’ils sont, les Européens tels que les voyaient des Nègres. La technique n’est pas davantage d’origine étrangère. On ne connaît de toute la péninsule ibérique au xve siècle' aucune œuvre susceptible d’avoir servi de modèle aux artistes Bini, et si par un hasard peu vraisemblable quelque artiste capable de leur enseigner la technique s’était trouvé parmi les trafiquants qui venaient au Bénin, le demi-siècle au maximum qui sépare leur arrivée de leur représentation sur les plaques de bronze n’aurait pas suffi aux indigènes pour s’assimiler cette technique supposée nouvelle pour eux et la porter à un tel degré de perfection. Au surplus, il semble établi aujourd’hui que l’art du bronze était pratiqué au Bénin deux grands siècles avant l’arrivée des Portugais. Son origine immédiate doit être cherchée avec !e maximum de probabilité dans le Yoruba, dont nous avons vu les relations primitives avec le Bénin, d’autant que les fouilles de Frobenius à Ife y ont découvert d’admirables têtes en terre cuite et une en bronze extrêmement voisines pour le style des anciennes du Bénin. Le Yoruba lui-même, par l’intermédiaire du Nupe et du Gurma, pouvait tenir la technique du bronze des empires soudanais de Ghana et de Mali, en relations séculaires avec l’Egypte, qui à son tour l’avait reçue, à l’aurore des
- Fig. 5. — Coq (coll. R. von Simolin, Berlin).
- temps historiques de la civilisation égéo-crétoise. Cela se concilie fort bien avec la tradition indigène selon laquelle un « blanc » appelé Ahammangiwa, arrivé dans le pays avec les Portugais, aurait exécuté des plaques pour le roi, qui l’aurait chargé de fonder une école d’art.
- Fig. 6. — Tête de serpent, ornement de toiture (Musée d’Ethnographie de Berlin).
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- Fig. 7. — Tête de jeune femme (Musée d’Ethnographie de Berlin).
- Ahammangiwa, déformation de Mohamma-n-giwa, le Mahomet des éléphants, serait le. nom d’un Haoussa, à peau plus claire que les nègres, arrivé non avec les Portugais, mais en même temps qu’eux. La technique qu’il apportait du Soudan était celle que le Bénin en avait déjà reçue depuis longtemps par l’intermédiaire du Yoruba et qui par suite, si elle avait besoin de se développer, pouvait le faire rapidement. Ce que les Portugais ont fourni aux artistes Bini, c’est d’une part l’occasion de figurer à côté de leurs thèmes indigènes l’aspect physique, le costume, l’armement, les occupations des nouveau-venus, d’autre part une abondance de matière première. Le Bénin possédait bien sur place de l’étain et du zinc, mais le cuivre qui lui faisait défaut ne pouvait lui venir par le Nord qu’en quantité restreinte. Les Portugais lui* apportèrent les « manillas » qu’on voit représentées sur les plaques à reliefs, anneaux en alliage de cuivre qui, d’après sa composition chimique, ne pouvait être employé que pour la fonte, et uniquement pour exécuter des oeuvres d’art et non des instruments d’usage.
- Au surplus, la question de l’origine de l’art du bronze au Bénin, malgré son intérêt historique, ne présente à nos yeux qu’une importance secondaire. De quelque population qu’il l’ait reçu, il ne l’a adopté et cultivé que parce qu’il y trouvait une satisfaction à ses propres aspirations. Le problème capital est pour nous celui de
- l’évolution du style. Cet art, autrefois concret, naturaliste et vivant, est devenu semblable à l’art actuel du reste de l’Afrique occidentale, conventionnel et figé. En recherchant les causes de cette transformation radicale sur un territoire limité et au sein d’une même population, on pourra, non pas sans doute obtenir des lois générales sur l’évolution du style, mais du moins critiquer des généralisations hâtives qui, dans ce domaine, sont en désaccord avec les faits.
- Or, pour l’art ancien du Bénin, aucun doute n’est possible; par tous ses caractères, il apparaît comme un art princier; c’était un des éléments de l’opulence du roi et de son entourage immédiat, au même titre que les marchandises de luxe d’importation européenne. L’immense majorité des bronzes proviennent non seulement de la capitale, mais des bâtiments royaux; les plaques à reliefs recouvraient de haut en bas, au temps de Dapper, les piliers des galeries du palais royal; les têtes de bronze étaient placées soit sur les tombes royales, soit dans les sanctuaires des Yuyu qui étaient des dépendances du palais. La décadence du naturalisme dans l’art du Bénin est parallèle à celle de la puissance du roi, de sa richesse et des raffinements de sa vie matérielle. En 1701, d’après le récit de Nyendael, les piliers du palais étaient sculptés de rudes figures à peine recon-
- Fig. 8. — Masque-pendentif en ivoire (Musée Pitt-IEvers de Farnham).
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- naissables; les plaques signalées par Dapper avaient été enlevées, et aucun voyageur n’en parle plus. Elles ont été retrouvées en 1897, dans un magasin, on pourrait dire un débarras, sous une couche d’ordures. La cessation mentionnée plus haut des relations commerciales avec les Européens au xvme siècle n’afîectait pas la masse de la population, mais seulement les grands, étant donné le caractère luxueux des marchandises importées. A mesure que diminuait la distance entre le souverain et ses sujets, les caractères de l’art se rapprochaient de ceux que présentent les productions à l’usage du peuple ou tout au plus des petits chefs de
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- l’Afrique actuelle. L’« art nègre », dont les oeuvres en bois ne sauraient remonter bien haut, n’est en somme qu’un art populaire. Son caractère conventionnel et figé, que certains ont voulu rapporter à de profondes intentions cubistes ou expressionnistes, pourrait tenir pour une bonne part à ce que ses destinataires se satisfont, par nécessité autant que par goût, d’un naturalisme sommaire. Ce n’est pas une floraison, mais un dessèchement; l’art ancien du Bénin est la forme éminente que l’art africain a prise dans un milieu exceptionnel par sa richesse et son luxe raffiné.
- G.-H. Lu QU ET.
- LA PHOTOGRAPHIE DES NUAGES
- Les valeurs respectives du ciel et du paysage, sur la plupart des épreuves photographiques, démontrent avec évidence la différence des facultés de la plaque sensible et de l’œil humain. Tandis, en effet, que nous apercevons les nuages, blancs — lorsqu’ils sont éclairés de face, ou lumineusement transparents pour certains types — trancher nettement sur le fond bleu du ciel où ils se détachent parfois avec vigueur, ces contrastes sont loin d’être observés dans les mêmes proportions par la plaque photographique, qu’impressionnent de façon prépondérante les rayons bleus et violets. Aussi lorsqu’il s’agit d’un cliché ordinaire, un temps de pose correct pour l’obtention des détails du sol est exagéré à l’égard de la qualité photogénique générale du ciel; cet excès dans l’impression lumineuse aggrave encore le moindre contraste entre les parties bleues et blanches, et il en résulte le plus souvent des ciels photographiques, presque uniformément clairs.
- LES NUAGES DANS LE CIEL
- Les nuages se présentent à nos yeux dans toutes les conditions possibles d’éclairement et de perspective, dont on tiendra compte autant que possible suivant le but que l’on se propose ; autrement dit, il y a lieu de considérer les photographies destinées à jouer le rôle de docu-
- ments relativement aux formes particulières de tel ou tel type déterminé, et celles auxquelles on s’attache dans l’idée d’obtenir de curieux ou puissants effets dont les contrastes susceptibles d’être exagérés accentuent
- la beauté, artistiquement parlant.
- Lorsqu’il s’agit de nuées massives, comme les Cumulus et leurs différentes espèces, c’est au voisinage de l’horizon et jusqu’à peu de hauteur qu’il faut les enregistrer. Ces conditions sont nécessaires pour découvrir, de profil leurs silhouettes en monticules ou montagnes aux bases horizontales et aux sommets mamelonnés. Il faut choisir un éclairage de face ou de côté si l’on désire obtenir une image de leur puissante et caractéristique structure; tandis qu’à contre-jour, grâce à leur opacité, leurs contours se dessinent avec une netteté remarquable. Ce sont ces sortes de nuages qui nous fournissent aussi l’occasion d’enregistrer d’extraordinaires effets de lumière et de dessin; qui ne s’est intéressé, à ce dernier point de vue, à suivre leurs transformations et leurs bizarres apparences se traduisant par des figures d’hommes ou d’animaux? Tout ceci, d’ailleurs, n’est pas sans intérêt à observer, car certains de ces aspects sont caractéristiques de situations météorologiques déterminées, en telle ou telle région.
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- Fig. 1. — Schéma des conditions de visibilité des nuages.
- Les masses des Cumulus se découvrent mieux en A qu’en A'; on reconnaît d’après les angles a et a' et la largeur respective de leurs parties ombrées que l’étendue de la base du nuage se découvre de plus en plus au détriment du reste; en A" le nuage est vu complètement d’au-dessous et masque les niveaux supérieurs B, C, que l’on distingue au contraire en direction oblique entre A et A'. Par contre les éléments de la nappe d’alto-cumulus figurés schématiquement ici semblent s’accoler dans cette direction oblique C tandis qu’ils sont bien séparés suivant la direction plus verticale ©.
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- Les vues prises obliquement permettent d’autre part de mieux saisir les divers niveaux étagés, qui se confondent par superposition lorsqu’ils sont observés d’au-dessous. De même, elles admettent de faire rentrer dans leur cadre au moins une partie de paysage, comme des silhouettes d’arbres ou des toitures, qui contribuent à l’effet et à la profondeur de l’image.
- Les fines bandes des Stratus doivent être également photographiées vues l’horizon où la perspective les groupe.
- Lorsqu’il s’agit de nuages élevés et de peu d’épaisseur comme les Alto-cumulus et les Cirro-cumulus donnant lieu aux ciels pommelés, il est préférable de choisir,
- Fig. 2. — Alto-cumulus dans le voisinage du Soleil (A) et cumulus à l’horizon (B).
- Photographies prises' avec plaques ordinaires rapides (Lumière éliq. Bleue).
- si les circonstances s’y prêtent, le voisinage du zénith. En effet, ces conditions plafonnantes sont nécessaires pour mieux reconnaître la disposition de ces petites nuées plus ou moins nettement séparées les unes des autres. C’est également dans les hauteurs du ciel que l’on s’adressera, autant que possible, aux formations les plus délicates et les plus difficiles à photographier : les diverses variétés des Cirrus, qui étalent curieusement leur structure filamenteuse.
- En raison de ce que l’on sait de la qualité du ciel, il est nécessaire d’en atténuer l’action si marquée. Il faut donc diaphragmer considérablement l’objectif et mettre l’obturateur en une grande vitesse; cependant il faut savoir un peu apprécier, suivant l’heure de la journée et l’orientation : les conditions ne sont plus les mêmes pour des nuages éclairés plus ou moins en plein, à midi, ou lorsque le soleil est bas sur l’horizon, de même qu’il faut augmenter quelque peu la pose si l’on considère des effets de contre-jour, vers le soir. Quelques tâtonnements, ceci dit une fois pour toutes renseigneront mieux que tout conseil, d’ailleurs difficile à donner précis, en raison des multiples facteurs en cause dont le principal est la qualité de l’objectif utilisé.
- D’une manière générale, l’éclairement de face est le moins favorable; à l’absence de dessin par des ombres qu’accentue l’allure des nuages épais, s’ajoute l’effet global de la lumière diffusée. Donc choisir plutôt un éclairage latéral (fig. 2. B).
- S’il s’agit de nuages partiellement ou totalement transparents (Alto-cumulus, Cirro-cumulus, Cirrus) il est préférable de les photographier dans le voisinage du Soleil, que l’on s’ingéniera à masquer par l’écran que constitue le coin d’un monument, d’une toiture (fig. 2. A); dans ces conditions la très grande luminosité
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- PROCÉDÉS PHOTOGRAPHIQUES
- Les photographies de nuages s’obtiennent à l’aide de divers artifices, ou de procédés très simples; mais elles réclament quelque habitude dans l’appréciation du temps de pose et la conduite du développement des clichés, particulièrement en ce qui concerne la méthode la plus élémentaire, dont il sera question tout d’abord.
- Par méthode élémentaire, entendons que l’opérateur n’a à sa disposition qu’un appareil ordinaire et des plaques, ou pellicules, courantes, sans qualités spéciales, et généralement de grande sensibilité.
- des formations nuageuses se prête à un bon enregistrement.
- Pour ces divers clichés, de même que pour la plupart de ceux dont il sera question ci-après, il faut faire abstraction du modelé des paysages, qui, sauf en des cas spéciaux au bord de la mer ou à la montagne, ne se traduira que par des silhouettes à peu près noires. Ceci en raison de l’insuffisance de pose, et de l’arrêt prématuré du développement. Car cette dernière opération doit être conduite avec sagacité, en tenant compte seulement de l’image du ciel, qui a tendance à voiler et que l’on ne doit pas pousser avec vigueur. Là encore quelques essais
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- seront les meilleurs conseillers, suivant le révélateur que chacun emploie avec préférence, mais qui cependant ne doit pas être par trop énergique.
- Bien que de bonnes images puissent être obtenues aussi simplement, il est préférable de rechercher l’emploi de procédés fournissant un bien meilleur rendement du point de vue des contrastes, élément capital en la circonstance.
- A cet égard, si l’on opère comme il vient d’être dit, mais en se servant alors de plaques lentes pour positifs sur verre, et avec un peu plus de luminosité instrumentale, les valeurs visuelles sont
- Fig. 3. — Banc de cumulus à l’horizon (A) et cumulus à contre-jour [B).
- Photographies prises avec plaques lentes pour positifs. (Laclates Guilleminot ton noir.)
- mieux observées à propos de toutes les espèces de nuages. Dans ces conditions, outre l’augmentation des contrastes généraux — particulièrement lorsqu’il s’agit de formations à contre-jour, dont les oppositions risquent même de s’exagérer par trop — on obtient aussi une meilleure représentation du modelé ou de la structure des différents types. C’est ce dont il est possible de se rendre compte à l’examen des figures 3 et 6. Ces exemples sont choisis parmi ceux qui se prêtent le mieux à une reproduction typographique : c’est la raison pour laquelle toutes les présentes figures se rapportent à
- des aspects de la famille des cumulus.
- Les clichés ainsi réalisés possèdent presque toutes les qualités de ceux que donnent les écrans colorés, la méthode classique par excellence.
- Les écrans jaunes ou orangés, placés devant l’objectif, absorbent en partie ou en tout les radiations bleues du ciel; ils permettent d’arriver à l’obtention de nuages se profilant sur un fond pratiquement noir (fig. 5), ce qui est particulièrement précieux- pour les formations très légères comme les cirro-cumulus et les cirrus. Suivant leur qualité absorbante, ces écrans multiplient la pose par 2, 3, 4 ou 5, et l’on sait que leur usage nécessite l’emploi de plaques orthochromatiques, sensibles au jaune, ou des plaques dites orthochromatiques sans écran, si répandues, qui existent pour toutes les marques connues.
- Utilisées telles quelles, ces dernières plaques donnent déjà d’excellents résultats, et les images qu’elles fournissent, moins contrastée8 que celles obtenues avec écran jaune devant l'objectif, sont par contre très harmonie uses, admettant des rapports plus justes entre les valeur du ciel et du paysage. Files sont aussi précieuses pour s les effets de contre-jour vers le coucher du soleil lorsque les nuages, aux ombres violettes, se profilent sur le fond lumineux du ciel dont la qualité tourne au jaune orangé
- (fig- 4).
- Ces quelques indications n’ont rien d’absolu. Considé-rons-les plutôt comme des principes généraux destinés à faire connaître les principes mêmes des diverses méthodes à employer pour ceux qui, désirant enregistrer les phénomènes atmosphériques, ne sont pas encore familiarisés avec ces sortes de photographies; ils reconnaîtront très vite la multiplicité des cas — on ne saurait les énumérer
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- dans un cadre aussi restreint — qui se présentent, et ces principes aidant, quelques tâtonnements, puis l’habitude, feront le reste..,
- Ce n’est pas une révélation de rappeler que ces apparences, variées jusqu’à l’infini, se rapportent à des circonstances définies. Vouloir en conserver le spectacle se double de l’intérêt de l’étude des phénomènes aériens. Il ne semble donc pas inutile de terminer ces lignes sur quelques conseils pratiques supplémentaires, basés sur l’expérience.
- Lorsqu’on désire rassembler une col-
- Fig. 5.
- Cumulus (A) et Cumulo-nimbus orageux (B), Photographies prises avec écran jaune (coeff. 3) respectivement sur plaques Vé-ritas et S. E. Lumière dites orthochromatiques sans écran.
- Fig. 4.
- Banc de cumulus à contre-jour au coucher du soleil.
- Photographie prise sur plaque orthochromatique sans écran ( Vérilas).
- lection de ce genre, il faut avoir un appareil toujours prêt. Les beaux effets, les formes curieuses ou étranges (fig. 6) sont parfois extrêmement fugitifs et n’attendent pas.
- Dans la plupart des cas, au moment où ces particularités viennent à captiver l’attention, il est trop tard pour aller chercher son appareil, l’armer, etc. Il faut donc, si l’on est tranquillement chez soi, avoir l’appareil toujours à portée de la main et n’avoir qu’à le déclencher, ou le tenir dans ces conditions pendant un temps plus ou moins prolongé au cours d’une promenade, lorsque les conditions semblent favorables à la réalisation du but proposé. Même toutes ces précautions prises, on s’apercevra aussi que les capricieux nuages semblent vouloir parfois narguer quand même l’opérateur, car souvent le cliché vient-il d’être pris que l’on déplore de ne pas avoir attendu quelques secondes de plus!
- Ceci est tout particulièrement sensible lorsqu’on guette d’admirables effets de rayons lumineux filtrant entre les nuées. C’est une vérité de La Palisse de dire que le mieux est d’être suffisamment nanti pour pouvoir recommencer...
- Enfin en raison des circonstances ou des conditions, qui sont si variées, il peut être préférable suivant les cas de changer de méthode, alternativement; un appareil à châssis est le plus commode, car ces derniers sont alors chargés de plaques différentes en vue du résultat que l’on désire finalement obtenir.
- Lucien Rudaijx.
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- 1. Silhouettes de cumulus au coucher du soleil : en haut un dragon chinois, au-dessous un farfadet coiffé d’un grand bonnet, à gauche la tête d’une sorte d’oiseau à bec énorme émerge dans le ciel (plaque Lumière bleue).
- 2. Fraclo-cumulus à contre-jour dessinant des profils. humains (plaque Lumière bleue).
- 3. Cumulus dessinant un profil de lion (plaque Lumière bleue).
- 4. L'ombre d’un cumulo-nimbus dans l’atmosphère (plaque Vérilas écran jaune).
- 5. Tête de chien dessinée par la réunion de petits cumulus à contre-jour (plaque laclate Guilleminot).
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- L’AVION STRATOSPHÉRIQUE
- Actuellement, dans divers pays, en France, en Italie, en Allemagne, des travaux se poursuivent pour la mise au point d’« avions stratosphériques » destinés à atteindre des altitudes de 15 à 20 000 mètres. Étant donné le grand intérêt militaire de ces recherches, il est assez difficile d’avoir des renseignements sur ce qui se fait à l’étranger; on sait néanmoins que la firme allemande Junhers a essayé, du reste à altitude modérée, un appareil de 800 ch destiné à l’exploration de la stratosphère ou haute atmosphère. Bien que subventionnées par le gouvernement du Reich, ces expériences semblent avoir été fortement retardées par les circonstances économiques.
- En France, deux modèles sont en présence : le Guer-chais (fig. 1) construit par l’initiative privée et le Farman, modèle Waseige, dont le prototype a été commandé par le Ministère de l’Air. Ce dernier appareil (fig. 2), très étudié dans le détail, est particulièrement intéressant au point de vue des nombreux problèmes techniques soulevés par les conditions du vol dans la stratosphère et des solutions qui y ont été apportées; seul, du reste, un essai à grande altitude pourra nous fixer définitivement sur la valeur de ces solutions.
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- Fig. 1. — Avion stralosphêrique Guerchais.
- En C, cabine de pilotage étanche; M, moteur; H, hélice à trois pales et pas variable.
- En dehors des questions purement scientifiques qu’elle permettra de résoudre, l’exploration de la haute atmosphère présente un grand intérêt en ce qui concerne l’aviation; on espère en effet pouvoir réaliser dans ces régions des vitesses très considérables, de l’ordre de 1000 km à l’heure et davantage, grâce à la diminution de la résistance à l’avancement provenant de la raréfaction de l’air. A ce point de vue, les essais de l’ingénieur Martinot-La garde avec un Goliath bi-moteur à compresseur, volant à 6000 m, ont permis de constater une augmentation de vitesse avec une diminution de la consorm mation d’essence au kilomètre. Néanmoins, les espoirs que l’on fonde actuellement sur le vol stratosphérique restent subordonnés aux conditions physiques de la haute atmosphère et en particulier des vents stratosphériques dont le régime est très mal connu.
- QU’EST-CE QUE LA STRATOSPHÈRE?
- On s’accorde aujourd’hui à délimiter la stratosphère à 12 000 m environ, par opposition à la région inférieure appelée troposphère. Cette distinction n’a de sens que
- s’il existe entre ces deux zones des différences physiques bien tranchées et en effet cette altitude correspond à une limite assez nette des phénomènes nuageux généralement observés. La courbe des températures que nous reproduisons ci-contre d’après Wagner (fig. 4) (l) présente également à 11 000 m un coude prononcé montrant que la température qui est alors de — 60°, cesse pratiquement de décroître au-dessus de cette altitude. Il faut observer que les températures utilisées pour l’établissement de cette courbe sont fort incertaines; d’autres courbes donnent à 11 000 m une températui'e de — 40°; néanmoins un coude subsiste toujours dans le tracé, témoignant d’un changement dans la constitution physique du milieu entre 11 et 13 000 m. De plus, bien qu’il soit délicat d’extrapoler des courbes déjà mal connues, on peut admettre que la température ne doit pas s’abaisser au-dessous de — 60° à —. 75° avant l’altitude de 20 000 m qui constitue la limite des projets actuels. Cette température rigoureuse demeure une difficulté très sérieuse pour le vol à haute altitude, en particulier du fait de la résistance des métaux qui se trouve sensiblement diminuée.
- L’incertitude n’est pas moins grande en ce qui concerne le régime des vents dans la zone stratosphérique ; certains auteurs supposent que cette région bénéficie d’un calme parfait, ce qui constituerait un avantage très important pour l’aviation; c’est, en particulier, l’hypothèse de Wagner qui repose sur F « isothermie » ou température uniforme de la stratosphère. Cette opinion a été combattue par M. Wehrlé (-) qui, à la suite de nombreux sondages, a reconnu des différences de température très marquées entre divers points d’un • même plan horizontal; en hauteur, par contre, les différences de température seraient beaucoup plus progressives, de sorte que le calme théorique de la stratosphère n’existerait en réalité que suivant la verticale. Les remous seraient également très faibles, mais il paraît probable que cette région est constamment balayée par des courants horizontaux constants et de forte intensité, avec des vitesses de l’ordre de 300 km à l’heure; c’est* ainsi que certains ballons-sondes qui avaient effectué une partie de leur trajet dans la stratosphère ont été retrouvés à des distances de leur point de lancer telles qu’ils avaient dû dépasser momentanément 300 km à l’heure.
- Dans ces conditions, l’intérêt du vol à de si hautes altitudes n’apparaîtrait plus très clairement, car la vitesse commerciale des avions se trouverait singulièrement compromise quand ils auraient à lutter contre des vents aussi intenses. M. Henry Farman estime que dans nos régions un vent violent et permanent existe ordinairement à l’altitude de 16 000 m., dirigé de l’ouest à l’est, et décelé régulièrement par les ballons-sondes; cependant le professeur Piccard a trouvé dans son ascension un calme idéal... Le problème est donc loin d’être résolu et il ne le sera vraisemblablement que par une
- 1. Wagner, Meteorologische Zeitschrift, 1923.
- 2. Wehrlé. La stratosphère et la navigation aérienne, Rapports du Premier Congrès International de la sécurité aérienne, tome 2.
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- série d’explorations méthodiques de la haute atmosphère; il faut du reste remarquer que ces courants horizontaux ne constitueraient pas un obstacle à l’ascension des avions qui bénéficieront au contraire de l’absence de remous et de « trous d’air » si dangereux pour leur stabilité.
- LE PROBLÈME DU MOTEUR STRATOSPHÉRIQUE
- Faire fonctionner un moteur d’avion à une altitude de 15 à 20 000 m constitue un problème difficile; la puissance du moteur décroît en même temps que la pression qui règne à l’admission ; la cylindrée du moteur, en effet, reste constante; mais la masse du mélange explosif, c’est-à-dire en définitive l’énergie motrice diminue proportionnellement à la pression; à 20 000 m, par exemple, la pression atmosphérique se trouve réduite à 40 mm de mercure, soit approximativement 5 pour 100 de la pression au sol. Par contre, les résistances passives du moteur restent sensiblement constantes, de sorte qu’à mesure que l’on s’élève, la puissance disponible sur l’arbre de l’hélice tend vers zéro. Le colonel Martinot-jMgarde a montré que la puissance d’un moteur à explosion quelconque s’annule aux environs de 17 000 m, cette altitude étant indépendante du type et de la puissance du moteur. Des dispositions spéciales doivent donc être prévues nécessairement pour compenser cette baisse de puissance. Si l’on suppose ce problème résolu, on aperçoit tout de suite l’intérêt du vol à haute altitude, car la résistance que l’air oppose à l’avancement de l’avion, proportionnelle à la densité de l’air, diminue, elle aussi, proportionnellement à la pression. D’où, à puissance motrice égale, vitesse de propulsion fortement accrue.
- La solution adoptée consiste à équiper le moteur avec un ou plusieurs turbo-compresseurs destinés à rétablir la pression de l’air admis dans le moteur à une valeur voisine de la pression au sol, le moteur se trouvant ainsi suralimenté par les compresseurs. Ce dispositif, déjà employé sur certaines voitures de course, modifie profondément la caractéristique « puissance-vitesse » du moteur, qui, au lieu de présenter un maximum, conserve dans toute son étendue une allure ascendante. Au point de vue de l’aviation, les compresseurs permettent de rétablir le coefficient de remplissage des cylindres, au prix il est vrai, d’une puissance assez grande (180 ch sur le Farman stratosphérique absorbés par les compresseurs pour leur fonctionnement). Il faut remarquer d’autre part que la puissance du moteur se trouve augmentée par la faible contre-pression opposée par l’atmosphère à l’échappement, le moteur travaillant comme une machine à vapeur débouchant dans un condenseur.
- Deux dispositions peuvent être employées pour l’emplacement des compresseurs; on peut d’abord les placer entre les carburateurs et le moteur de façon que la compression s’effectue sur l’air chargé de vapeurs d’essence : c’est la solution de l’ingénieur Barbarou, adoptée sur le moteur « Radium » de 2400 ch qui devait figurer aux épreuves de la coupe Schneider. On peut également placer les compresseurs en amont des carburateurs, ceux-ci se trouvant maintenus sous pres-
- Fig. 2. — Avion slralosphérique Farman.
- Cet appareil est dérivé du type 190 du même constructeur mais avec une augmentation de la voilure qui passe de 45 à 60 m2. En C, cabine étanche; M, moteur; L, compresseur; II, hélice de 4 m 60 à pas variable.
- sion ainsi que les réservoirs d’essence; c’est le système qui a été choisi pour les avions stratosphériques, aussi bien chez Guerchais que chez Farman. Les deux conceptions ont été également étudiées par la Société Rateau et toutes deux semblent présenter des avantages.
- COMMENT ON CALCULE LES COMPRESSEURS D’ALIMENTATION
- L’avion Guerchais doit être équipé avec un moteur Lorraine « Orion » de 700 ch, construit par la Société Générale Aéronautique (fig. 6); ce moteur comprend 18 cylindres, en trois rangées de six, avec disposition en W et refroidissement par eau; alésage, 125 m, course 180 m, vitesse de rotation du moteur 2100 tours-min., la vitesse de l’hélice étant abaissée dans le rapport 17 /Il par un réducteur. La « cylindrée » totale est de 40 litres et le poids total d’environ 700 kg.
- Le compresseur, étudié par Brown Booeri, est du type centrifuge à trois plateaux tournant à 12 500 tours-min. ; son poids est de 75 kg; il est entraîné par le moteur avec interposition d’un embrayage progressif; jusqu’à 300 m, le moteur fonctionne sans compresseur, son excédent de puissance (le moteur donne 825 ch au sol en régime poussé) restant suffisant; à partir de 300 m, le volet d’aspiration à l’air libre est fermé et le compresseur embrayé, la quantité d’air insufflée étant proportionnée à l’altitude par une vanne placée à l’entrée du compresseur et commandée par le pilote. Le compresseur rétablit la pression normale à l’admission du moteur jusqu’à 7000 m, la puissance absorbée alors étant de 133 ch; au-dessus de 7000 m, la compensation devient insuffisante et la puissance du moteur décroît jusqu’au « plafond » prévu de 15 000 m. Les
- Fig. 3. -— Avion Farman type 190 dont est dérivé le « slralosphérique ».
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- Limite^
- Fig. 4. — Courbes de la température (T), de la pression (P) et de la vitesse moyenne du vent (V) selon l'altitude (d’après Wagner).
- carburateurs sont au nombre de neuf, chaque carburateur alimentant deux cylindres, et disposés de façon à permettre le vol sur le dos de l’avion.
- Passons maintenant au moteur de l’avion stratosphérique Farman;; c’est un moteur Farman d’une puissance nominale de 350 ch à 8 cylindres en V à 90°, refroidis par circulation de liquide et inversés, le vilebrequin se trouvant en haut; cette solution, qui présente de nombreux avantages, est indispensable ici par suite du grand diamètre de l’hélice (4 m 60). Le compresseur est triple, comportant trois corps cylindriques parallèles disposés en triangle à l’arrière du moteur. Ces compresseurs travaillent en cascade, chacun refoulant l’air dans le sui-
- vant, jusqu’au troisième qui refoule dans les carburateurs (fig. 7); la compression se fait ainsi en trois étages, l’air étant refroidi au sortir de chaque compresseur grâce à des radiateurs. Cette disposition, compression étagée avec refroidissement intermédiaire, est celle qui procure le meilleur rendement global et elle est couramment employée dans les installations « terrestres » où le poids n’intervient pas.
- Pour déterminer le nombre de compresseurs nécessaires, on s’est basé sur un rapport de compression de 2,5, ce qui signifie que l’air entré dans l’un des compresseurs à une pression P en ressort à la pression 2,5 P. Dans ces conditions, si P0 est la pression initiale à l’entrée du premier compresseur, la pression finale obtenue avec n compresseurs sera : P0 X (2,5) n. Cette formule montre qu’à l’altitude de 20 000 m, où la pression ambiante est de 40 mm de mercure, 4 compresseurs étagés seraient nécessaires pour rétablir la pression « normale » de 760 mm aux carburateurs. Ce nombre de 4 a paru excessif aux constructeurs, pour des raisons de poids, d’encombrement et de complication mécanique, chaque compresseur tournant à 25000 tours (plus de 400 tours par seconde !) et comportant chacun un embrayage individuel à masselottes centrifuges ; la puissance absorbée ne peut non plus être négligée : elle est de l’ordre de 16 pour 100 de celle du moteur pour chaque compresseur. Le chiffre adopté, de 3 compresseurs, constitue donc un compromis. On estime néanmoins qu’à cette altitude de 20 000 m (en admettant que l’avion puisse l’atteindre) la puissance du moteur sera très supérieure à la puissance au sol (480 ch contre 350) du fait de la faible pression ambiante du côté de l’échappement. Compte tenu des 180 ch absorbés par les compresseurs, on disposerait donc encore de 300 ch sur l’arbre de l’hélice. Le premier compresseur entrera en fonctionnement à 6000 m, le deuxième vers 10000 m et le troisième aux environs de 15000 m.
- La conception du « stratosphérique » Farman diffère donc sensiblement de la conception Guerchais sur ce point capital du compresseur. Sur l’avion Guerchais, un moteur à grande puissance (700 ch), avec un compresseur ne procurant qu’une compensation partielle; sur le Farman un moteur de puissance modérée (350 ch) mais alimenté par une batterie réglable de compresseurs assurant, en principe, une compensation à peu près complète jusqu’à 20 000 m. Ces deux conceptions dérivent du reste des buts assez différents que se proposent les deux constructeurs : l’avion Guerchais est destiné à des voyages effectifs et à une exploi-
- Fig. 6. — Moteur Lorraine-Orion de 700 ch à 18 cylindres (Production Société générale aéronautique).
- Fig. 5. — Croquis schématique de l'avion slratosphérique Junkers.
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- tation immédiate des nouvelles voies aériennes de la basse stratosphère (12 à 15000 m); l’avion Farman, au contraire, a pour unique objet de monter le plus haut possible en vue d’observations scientifiques. Nous retrouverons dans la constitution de la cellule des différences provenant de ces conceptions différentes de l’exploration stratosphérique.
- Le moteur Farman sera refroidi par liquide inconge-lable Preystone déjà employé aux Etats-Unis; ce liquide, à base d’éthyl-glycol, ne bout qu’à 160° et permet de réduire les dimensions du radiateur; la pression de 760 mm de mercure sera maintenue à la surface du liquide afin de conserver cette température d’ébullition qui diminuerait considérablement aux hautes altitudes. Outre les carburateurs et les réservoirs d’essence, les carters d’huile eux-mêmes seront maintenus sous pression, en vue d’éviter une évaporation rapide.
- LE PROPULSEUR ET LA CELLULE
- L’hélice constitue un des problèmes les plus délicats de l’avion d’altitude ; la diminution de densité de l’air influe sur la vitesse du propulseur, qui tend à s’accroître et à dépasser le chiffre correspondant au rendement optimum. Les deux auti'es caractéristiques de l’hélice, qui sont le pas et le diamètre, devraient également posséder des valeurs variables avec l’altitude ; comme il est impossible d’agir simultanément sur tous les paramètres, on a tourné la difficulté en agissant uniquement sur le pas. Ce réglage s’effectue par rotation de la pale sur elle-même, ce qui constitue en réalité un réglage de Y incidence : pour régler correctement le pas dans toute la longueur de la pale, il faudrait la déformer d’un angle donné en chaque point, ce qui est impossible.
- L’avion Guerchais sera muni d’une hélice Ratier à trois pales à incidences variables (fig. 8 et 9); les pales sont en duralumin forgé et le moyeu en acier forgé. La principale difficulté, dans ce type d’hélice, réside dans Y équilibrage des efforts que doit vaincre la commande : efforts centrifuges très considérables pour des pales grandes et rapides et couple de torsion provenant des efforts aérodynamiques, qui tendent à redresser la pale et à la mettre dans le plan de rotation. Le montage Ratier permet de compenser l’un par l’autre ces deux efforts en emmanchant le pied de la pale dans une rampe hélicoïdale à faible pas avec interposition de billes d’acier au nombre de 1700; l’effort aérodynamique de torsion tend ainsi à visser la pale, ce qui neutralise la force centrifuge. Le réglage est obtenu par un petit moteur électrique commandé par le pilote; un Bowden transmet au contrôleur du tableau de bord le chiffre de l’incidence variable.
- L’hélice du Farman a été étudiée par les constructeurs eux-mêmes ; elle possède 4 pales avec un très grand diamètre, de 4 m 60; les pales sont à incidence variable, réglable par engrenages.
- Si nous considérons maintenant la cellule, c’est-à-dire l’avion lui-même, nous trouvons entre les deux modèles des différences marquées; l’avion Guerchais (fig. 1, 10 et 11) est un monoplan tout en bois à ailes surbaissées en cantilever avec le minimum de ferrures toutes logées à
- l’intérieur, ceci en vue principalement de soustraire les parties métalliques au froid très vif des altitudes qui pourrait en altérer les caractéristiques mécaniques. L’envergure est de 18 m, la longueur de 11 m 70, la hauteur de 3 m 80, la surface de 45 m2 seulement.
- Les ailes forment deux longerons de 80 mm d’épaisseur à l’encastrement dans le fuselage ; elles sont entièrement couvertes de bois contreplaqué, comme le fuselage lui-même. Nous retrouvons ici la conception d’un appareil de vitesse élevée, assez peu différent dans l’ensemble des avions « tropo- Fig. 7.— Schéma montrant la disposition en sphériques » ordi- cascade des compresseurs de l'avion Farman.
- naires, ce qui s’ex- A’ entrée de rair à la Passion P0; C„ . C2,C5, compresseurs; R,,R2,R5, radiateurs;
- plique par les a 1- moteur. Les pressions sont indiquées
- tudes relativement en regard.
- Fig. 8. — Hélice métallique Ratier à trois pales, à pas variable en vol. Diamètre 4 m., poids total 158 kg.
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- Fig. 9. —Moyeu central de l’hélice Ralier à pas variable. La régulation est effectuée par un petit moteur électrique.
- modérées (14 à 15 000 m) où se place le plafond probable de cet appareil.
- Par contre l’avion stratosphérique Farman (fig. 2) dérive du type bien connu 190 (fig. 3) de ce constructeur avec une augmentation sensible de la surface de voilure, qui passe de 45 m3 dans le 190 ordinaire à 60 m* dans le
- 190 stratosphérique ; les organes de gouverne, stabilisateur, ailerons et gouvernail de direction, ont été augmentés dans les mêmes proportions. Le coefficient de résistance de l’ensemble est calculé à 4, de façon à obtenir une légèreté maxima, cet avion n’étant pas desliné à des « acrobaties » aériennes. Son poids en ordre de vol sera d’environ 2500 kg et sa vitesse au sol de 240 km à l’heure. Quant à la vitesse aux hautes altitu-
- des, elle dépend de trop d’inconnues pour qu’on puisse l’estimer dès à présent, même d’une façon approximative.
- LE PROBLÈME PHYSIOLOGIQUE :
- LA CABINE ÉTANCHE
- Il existe à notre aéroport du Bourget un appareil constitué par un caisson cylindrique en tôle de 4 m de diamètre sur 4 m. de profondeur, et. qui est utilisé pour l’épreuve physiologique des pilotes; une pompe pneumatique commandée électriquement permet de raréfier l’air en même temps qu’un système frigorifique permet d’abaisser la température. On peut ainsi reproduire artificiellement les conditions physiques des hautes altitudes, c’est-à-dire faire subir aux pilotes de véritables « ascensions artificielles »; ces ascensions fictives peuvent être poussées jusqu’à 40 000 m.
- De nombreuses expériences ont montré que si des sujets de complexion moyenne peuvent ainsi atteindre 8000 m dans le « cylindre altimétrique », l’altitude de 12 000 m ne saurait être dépassée ni maintenue longtemps sans danger, même avec un masque à oxygène. La raréfaction de l’air exerce deux effets distincts, l’un par privation d’oxygène, qui oblige le patient à des aspirations précipitées et l’autre par la dépression proprement dite qui produit dans l’organisme les classiques « troubles des plongeurs » : dégagement de gaz dissous dans le sang et dans la lymphe, provoquant de véritables émulsions locales quelquefois suivies d’embolie, rupture des petits vaisseaux, etc. Pratiquement, on est conduit à considérer le masque à oxygène comme nécessaire à partir de 5000 m; au-dessus de 10 000 m, une cabine étanche, semblable à celle employée par le professeur Piccard dans son ascension à 16 000 m, est indispensable.
- Les fig. 1, 2 et 12 montrent la disposition des cabines étanches ou caissons à bord des avions Guerchais et Farman; ces cabines sont en duralumin; la pression est maintenue constante à l’intérieur par un compresseur à pistons, cette pression n’étant du reste pas nécessairement la pression atmosphérique au sol; vraisemblablement on fermera la cabine vers 3 ou 4000 m. Le problème du réchauffage de la cabine ne semble pas se poser, puisqu’il sera au contraire nécessaire de refroidir l’air échauffé par la compression. Le passage des gouvernes sera assuré par des axes traversant des joints spéciaux en caoutchouc durci avec amalgame d’une pâte dure analogue à la plombagine.
- En cas d’arrêt du moteur, et, par suite, du compresseur, il a été prévu une bouteille d’oxygène comprimé; ce système semble préférable aux émanations d’oxygène liquide employées par le professeur Piccard, et dont la régularité est sujette à caution.
- Quant à la visibilité, il n’y a pas à se dissimuler qu’elle sera pratiquement nulle, les hublots étant nécessairement de dimensions réduites et le pilotage devant s’effectuer, à peu près inévitablement, à l’aide des instruments de vol sans visibilité utilisés aujourd’hui par toutes les aviations du monde. Sur le Farman, un siège télescopique est prévu pour le pilote, lui permettant de sortir
- Fig. 10 (en haut). — Avion Guerchais, vu de face.
- Fig. 11 (en bas). — Avion Guerchais, vu en plan.
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- la tête hors du cylindre étanche par une trappe, au moment des manœuvres de décollage et d’atterrissage.
- DE NOMBREUSES INCONNUES SUBSISTENT ENCORE DANS LE PROBLÈME DE LA NAVIGATION STRATOSPHÉRIQUE
- Tels sont les deux prototypes d’avions français qui se présentent pour la conquête de la stratosphère; cette conquête peut-elle être envisagée comme prochaine ? Malgré les études minutieuses dont les appareils ont été l’objet de la part des meilleurs spécialistes, on n’oserait l’affirmer. De nombreuses inconnues subsistent, dont la moins inquiétante n’est pas la résistance des métaux soumis à des froids intenses; la fragilité, en particulier, est sensiblement accrue dans ces conditions, sauf pour l’aluminium pur.
- On peut aussi se demander comment se comporteront à 20 000 m les instruments de vol sans visibilité dont le fonctionnement est basé sur les mouvements de l’air ou la dépression de l’air ? L’indicateur de vitesse Badin par exemple, ordinairement employé, est basé sur la dépression produite par la vitesse : aura-t-on le droit d’extrapoler les indications de cet appareil pour des vitesses de 6 à 700 km à l’heure dans un milieu dont la pression ne dépasse pas 40 mm de mercure ? Et que deviendra la stabilité de l’avion, si le pilote est renseigné d’une façon erronée par ses appareils de bord ? Le givre constitue également un danger pour les avions, qu’il surcharge en se déposant en abondance sur les ailes. Bien que les constructeurs aient gardé le silence sur ce point, il paraît probable que les avions stratosphériques
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- seront munis d’un dispositif pneumatique permettant de briser le givre au fur et à mesure de sa formation, comme cela existe à bord de certains avions américains. Ce sont là des problèmes dont on ne saurait sous-estimer l’importance. Il en est d’autres encore; les vitesses escomptées approchent de la .vitesse du son, dans ces hautes régions de l’atmosphère; la vitesse périphérique de l’hélice dépassera peut-être cette vitesse. Quels sont les phénomènes qui interviendront alors ? On sera dans le domaine mal connu de la balistique plutôt que dans celui de l’aérodynamique usuelle.
- A vrai dire, le vol stratosphérique n’existe aujourd’hui qu’à l’état d’espérances et de projets.
- M. Henry Barman considère comme probable que dans un avenir plus ou moins pioche on se rendra en vingt-quatre heures de Paris à New-York par la stratosphère : souhaitons qu’un avion français inaugure ces nouvelles routes de l’air.
- Pierre Devaux.
- Ancien élève de l’École Polytechnique
- Fig. 12. — Cabine étanche de l’avion Guerchais.
- S, siège du pilote; V, et P, organes de pilotage.
- LE GRAND CANAL D’ALSACE
- ET LES TRAVAUX DE KEMBS
- Naguère, les Français se laissaient accuser volontiers de ne pas voir grand. Mais ce reproche, s’il fut jamais justifié, est aujourd’hui sans fondement. La reconstitution des régions libérées, la mise en valeur du Maroc, l’électrification du territoire, l’aménagement de l’étang de Berre et du canal de Marseille au Rhône, l’agrandissement de nos ports sont des travaux de large envolée témoignant de vues grandioses et logiques à la fois. L’exécution du Grand Canal d’Alsace constitue encore une œuvre de grande envergure qui attire fortement l’attention de l’étranger et montre que notre pays voit juste et sait proportionner ses efforts à ses besoins.
- L’état des travaux actuellement engagés à Kembs nous permet d’en présenter une vue d’ensemble, première étape vers la réalisation du Grand Canal d’Alsace.
- Rappelons d’abord que le traité de Versailles reconnaît à la France le droit de prélever, sur le débit du Rhin, l’eau nécessaire à l’alimentation de canaux de navigation ou d’irrigation construits ou à construire et la propriété exclusive de l’énergie électrique produite par l’aména-
- gement du fleuve, sous réserve du paiement à l’Allemagne de la moitié de la valeur de l’énergie effectivement produite, en tenant compte des travaux effectués pour la production de cette énergie.
- En vertu de ces stipulations, la France peut donc exécuter, dans le fleuve et sur la rive allemande, tous les travaux nécessaires à l’exploitation du Rhin, sous réserve de ne pas nuire à la navigabilité du fleuve.
- Bien avant la guerre, le problème de la navigation du Rhin entre Strasbourg et Bâle s’était posé à différentes reprises et c’est à un ingénieur de Mulhouse, M. René Kœchlin, que l’on doit la première idée de ce projet. N’ayant pu aboutir, elle put être reprise en 1918, aussitôt après la fin des hostilités parce que, pendant la guerre, en 1915, M. Daniel Mieg, président de la Société industrielle de Mulhouse, était parvenu à faire adopter, par le comité d’études économiques et administratives d’Alsace-Lorraine, réuni à Paris, un certain nombre de vœux qui avaient servi de base aux articles du traité de Versailles relatifs à la navigation du Rhin.
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- C’est que, si le Rhin est navigable sur toute la longueur de son cours en aval de Strasbourg, cette navigabilité demeure précaire entre Strasbourg et Bâle où il n’existe qu’un chenal de 80 m de largeur faisant suite à celui de 200 à 250 m creusé en aval de Strasbourg. Ce chenal et les travaux de correction exécutés auparavant, ont eu pour conséquence d’augmenter la profondeur du fleuve ainsi que la vitesse du courant. De plus, à 5 km en amont de Kembs, où le lit du fleuve, au lieu d’être constitué par des graviers, est fait d’une masse rocheuse, les érosions ont provoqué la naissance de la « barre d’Istein », déjà observée par M. René Koechlin en 1906. Depuis cette époque, l’afïouillement à l’aval du rocher n’a fait que s’accentuer à tel point que cet endroit est devenu un très sérieux obstacle à la navigation. C’est, en effet, un véritable rapide de 150 m de longueur
- Mulhouse
- F R
- Babshsim
- USINE DE LKEMBS
- ’uningue
- vers Belfort
- Echelle
- SUISS
- Fig. 1. — Situation du canal de Kembs.
- qui s’est constitué et qui pourrait plus tard devenir une nouvelle chute du Rhin. La navigation n’y est d’ailleurs presque plus possible pour les remorqueurs et les péniches se dirigeant sur Bâle ; à peu près seuls les convois vides descendent la barre à hautes eaux.
- LA NAVIGATION SUR LE RHIN ENTRE BALE ET STRASBOURG
- Le Rhin est alimenté, en Suisse, par 700 km2 de glaciers et 1000 km2 de lacs dans un bassin total de 35 930 km2. Son débit, assez variable, est de 1000 m3 par seconde pendant 6 mois de l’année et de 380 m3 aux plus basses eaux; il ne descend au-dessous de ce chiffre que pendant une dizaine de jours par an.
- Pendant les crues ordinaires dont la durée moyenne annuelle est de 3 jours seulement, le débit atteint
- 2400 m3. La crue exceptionnelle de 1876 a porté ce débit à 6000 m3 par seconde; il n’a jamais été atteint depuis .
- Le Rhin est un fleuve rapide : cependant sa pente moyenne n’est pas excessive : 1,1 mm par m en aval de Bâle et 0,65 mm à Strasbourg. Les vitesses relevées, très variables sur tout le parcours, sont en moyenne de 2 m 80 à Strasbourg, 4 m 90 à Brisach : elles atteignent 5 m à la barre d’Istein, par bonnes eaux, comme on dit dans la navigation. Dès que le niveau du fleuve augmente, la vitesse de ses eaux augmente également et ne tarde pas à rendre toute circulation impossible.
- C’est pourquoi, en temps normal, les remorqueurs de 800 à 1000 ch sont incapables d’atteindre la Suisse avec plus de deux chalands de 500 tonnes chacun, alors que, jusqu’à Strasbourg, les mêmes remorqueurs sont attelés à deux chalands de 1000 à 1200 tonnes et, jusqu’à Mannheim, à deux chalands de 2500 tonnes.
- Le passage de la barre d’Istein ne s’effectue d’ailleurs qu’avec les plus grandes difficultés puisque le remorqueur doit s’amarrer en amont et tirer les chalands l’un après l’autre à l’aide d’un treuil. De plus, si la navigation est possible pendant toute l’année en aval de Strasbourg, elle est interrompue, entre Strasbourg et Bâle, pendant la moitié de l’année en moyenne.
- On voit par là combien la Suisse est peu favorisée par la navigation sur le Rhin.
- L’approfondissement du chenal et son élargissement auraient été susceptibles, dans une certaine mesure, de remédier à cet état de choses, mais l’augmentation de vitesse du courant qui en serait résultée aurait eu pour conséquence de rendre la navigation peu économique ; de plus, le procédé n’eût pas permis de tirer parti des énormes sources d’énergie électrique que représentent les eaux du Rhin. C’est pourquoi il fut décidé, aussitôt après la guerre, de construire le Grand Canal d’Alsace, seul capable de doter la navigation d’une voie économique, ininterrompue pendant toute l’année et de produire une abondante quantité d’énergie électrique.
- LE GRAND CANAL D’ALSACE
- Le Grand Canal d’Alsace ne sera donc pas seulement une voie navigable de tout premier ordre : il remplira en même temps un rôle industriel extrêmement important dont bénéficieront toutes les régions avoisinantes.
- Son tracé suit la rive gauche du Rhin depuis le barrage de Kembs jusqu’à Strasbourg, sur toute la longueur de la plaine d’Alsace si riche et si fertile. Cela sans épouser aucun des méandres du fleuve afin de raccourcir encore la durée du trajet des chalands entre les deux villes extrêmes qui sont Bâle et Strasbourg.
- Il comportera, en dehors des écluses de navigation, huit stations hydro-électriques situées à : Kembs, Ott-marsheim, Fessenheim, Vogelgrün, Marckolsheim, Sundhouse, Gerstheim, et Strasbourg. La première est construite et sera exploitée par la Société l'Energie électrique du Rhin.
- Lorsque ce vaste programme sera exécuté, on verra pour la première fois réalisée la mise en valeur, du point
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- Cité du Schâferhof
- Poste de transformation
- 7uningue
- Village Neuf
- rRosenau
- Canal de dparinâqe
- R nu te de service
- CANAL D'AMEMzM
- tel uses
- Barrage
- Barre d'Istein
- Canal de fuite
- Echelle
- Fig. 2. — Les ouvrages de Kembs.
- de vue énergie hydro-électrique, d’une fraction importante du cours de l’un des plus puissants fleuves de l’Europe.
- Les travaux de la section de Kembs, commencés en 1928, sont poussés avec vigueur et l’usine pourra fonctionner partiellement à la fin de cette année. Ils constituent la première section du canal d’Alsace et comportent cinq grands ouvrages : le barrage, le canal (Tamenée, l'usine hydroélectrique, deux écluses et le canal de fuite. Le premier de ces ouvrages est destiné à relever le niveau de l’eau du Rhin pour assurer l’alimentation permanente du canal d’amenée qui dirige les eaux sur les turbines de l’usine hydroélectrique d’où elles s’échappent par le canal de fuite pour retourner au fleuve.
- Une dérivation du canal d’amenée constitue le bras réservé à la navigation; il est pourvu de deux écluses permettant aux chalands de passer du canal de fuite au canal d’amenée et vice versa. Ce dispositif était nécessaire puisque l’usine hydroélectrique franchit le canal d’amenée sur toute sa largeur.
- Ainsi que le montre le plan (fig. 2) le canal d’amenée prend naissance dans le Rhin à 5 km en aval de la frontière franco-suisse et le barrage, construit à 500 m en aval de la prise d’eau permet de relever de 7 m le niveau amont du fleuve en eaux moyennes. Ce relèvement du plan d’eau se fera sentir jusqu’à l’embouchure de la Birse qui se jette dans le Rhin un peu en amont de Bâle; il a nécessité des travaux de modification des égouts dans cette ville, d’ailleurs prévus dans le projet, et exécutés aux frais de l’entreprise française ainsi que ceux qui sont imposés par le réglage de l’écoulement des eaux souterraines.
- On a donné au canal d’amenée (fig. 5) une largeur de 80 m au plafond et de 150 m au niveau du plan d’eau maximum qui est fixé à 12 m de hauteur.
- Ces chiffres font nettement ressortir l’avantage que présentera la nouvelle voie
- navigable sur le chenal du Rhin dont la largeur est fortement réduite par places. D’autant plus que la vitesse du courant, dans le canal, sera seulement de 0 m 70 par seconde au lieu de 2 m 50 à 5 m dans le fleuve.
- Quant aux digues qui assurent la sécurité du canal de chaque côté, on leur a donné une largeur de 15 m au couronnement. Cependant, malgré ces précautions, il convient toujours de prévoir des infiltrations; s’il s’en produit elles seront évacuées par le Rhin sur la rive droite du canal, et sur la rive gauche par une rigole d’évacuation qui borde la digue sur toute sa longueur.
- D’ailleurs les rives du Rhin, en amont et en aval du barrage, ainsi que celles du canal d’amenée et du canal
- Fig. 3. — Barrage de Kembs.
- Coupe transversale dans l’axe d’une ouverture. Vue d’une pile et section d’un seuil. Remarquer les deux vannes et leurs organes de manoeuvre, les grues amont et aval pour la mise en place des batardeaux destinés à fermer la passe en cas de besoin.
- Portique
- Grue aval
- Logement du batardeau amont
- Retenue max. 24-4-, OO
- Logement du batardeau / aval
- Basses eaux 234- T2Q
- ±
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- de navigation, sont protégées en aval, contre les alïouil-lements, en amont contre les infiltrations par des couches d’argile revêtues d’énormes dalles de béton armé de 15 cm d’épaisseur.
- LE BARRAGE
- Le barrage est un ouvrage d’art d’une conception grandiose dont l’exécution n’a pu s’effectuer que progressivement, puisqu’il était nécessaire de réserver une passe à la navigation.
- Il enjambe le fleuve sur toute sa largeur comme un pont immense fortement surélevé dominant toute la région. Les deux culées sont à 180 m de distance et quatre piles divisent l’ensemble en cinq travées de 30 m d’oüverture.
- La culée de la rive droite et la première pile ainsi que la protection de la rive sur 75 m en amont et 45 m en aval ont été fondées à ciel ouvert, à l’abri de batardeaux
- entretoisées fonctionnant électriquement et sans contrepoids; elles sont guidées dans des logements ménagés de chaque côté des piles. En amont et en aval de ces logements ont été creusés deux autres logements semblables destinés à recevoir des poutrelles métalliques qui, abaissées, isoleront complètement les vannes et permettront, après pompage de l’eau, d’effectuer sur place les réparations nécessaires. Ces poutrelles pourront également tenir lieu de vannes en cas d’immobilisation de l’une ou de l’autre des portes.
- Sur la rive gauche du barrage deux constructions originales sont en cours d’exécution. Ce sont un ascenseur et une échelle pour poissons. On sait que certains poissons, particulièrement le saumon dans le Rhin, remontent périodiquement les cours d’eau à l’époque du frai. Il n’était pas possible d’arrêter leur élan par un barrage. L’ascenseur est un vaste panier qui descend dans un puits foncé jusqu’au niveau du lit du fleuve et pourvu
- Fig. 4. — Le barrage vu de la rive droite (lre et 5° passes terminées).
- constitués par des palplanches métalliques. Par contre, sur la rive gauche, tous les ouvrages ont nécessité l’emploi de caissons : en béton armé pour ceux de protection de la rive et de la culée, métalliques pour les piles.
- Chaque seuil des cinq travées est assis sur deux murs parallèles d’une hauteur totale de 9 m, y compris l’épaisseur du seuil, vers l’amont, et de 12 m vers l’aval.
- Chaque travée est fermée par deux vannes Stoney superposées. Ce système, déjà appliqué en Suisse et sur différents barrages du Rhône, permet de laisser passer une vague déferlante entraînant les glaces, par l’abaissement de la porte supérieure. L’évacuation des graviers se fera en aval par la porte inférieure. Quant au canal d’amenée, il se trouvera à l’abri des inondations puisque, toutes vannes relevées, le fleuve évacuera ses eaux comme si le barrage n’existait pas. La hauteur totale des deux vannes est de 12 m, dont 4 m 50 pour la vanne supérieure. Ce sont des fermes métalliques très fortement
- d’une ouverture par laquelle pénètrent les poissons, Chaque quart d’heure un moteur remonte automatiquement le panier et le déverse dans un canal ménagé, dans la culée même et débouchant à l’amont du barrage. L’échelle à poissons est située à côté de l’ascenseur et débouche comme lui au niveau du lit du fleuve. Elle est constituée par une triple rangée de palplanches métalliques entre lesquelles sont disposés des gradins peu élevés et que franchissent aisément les poissons. L’extrémité libre de cet escalier débouche dans la même galerie que l’ascenseur. Naturellement cet ensemble est entièrement submergé en permanence.
- La partie supérieure de la construction est occupée par un pont équipé avec les treuils de manœuvre des vannes. Ce pont est encadré par un portique utilisé pour la mise en place du matériel. Un chemin de roulement flanque ce portique vers l’amont pour supporter une grue utilisée pour la mise en place des poutrelles du batardeau. A l’aval une autre grue intervient avec le même objet:
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- Fig. 5. — Le canal d’amenée.
- Son origine; à droite, le barrage en construction sur le Rhin.
- elle servira également pour combler avec des blocs de béton de 5 tonnes et de 3 tonnes, les trous d’alïouillement qui se produiront infailliblement.
- L’USINE HYDROÉLECTRIQUE
- L’usine hydroélectrique ne le cède en rien aux plus belles et aux plus puissantes usines de ce genre installées en Europe. Certes elle ne bénéficie pas du décor des stations de montagnes alimentées par d’imposantes conduites forcées qui dévalent de hauteurs parfois vertigineuses ; mais le pittoresque n’y perdra pas ses droits parce que, jetée comme un autre barrage au-dessus du canal d’amenée elle nous reportera à l’époque des vieux moulins enjambant les cours d’eau qui leur apportaient la force motrice. Mais que de chemin parcouru depuis 1
- Aux approches de la station, les digues du canal
- d’amenée sont fortement relevées afin de permettre l’accumulation d’une masse d’eau considérable dont le niveau s’établira à 9 m au-dessus du sol environnant. Par contre le canal de fuite qui ramène au Rhin les eaux, après leur passage sur les turbines, a été profondément creusé pour amener le plan d’eau, au sortir de l’usine, à 8 m au-dessous du sol. On réalise ainsi une hauteur de chute variant de 12 m à 16 m 50. Le canal de fuite n’est d’ailleurs que provisoire ; il disparaîtra dès que la section suivante du canal d’Alsace sera creusée, mais la hauteur de chute sera nécessairement maintenue.
- C’est dans le barrage même que l’on a aménagé les logements des turbines. Ces logements, indépendants les uns des autres, sont au nombre de 6. La puissance de chaque groupe sera de 33 000 kvA sous la chute maximum qui est de 16 m 50.
- Fig. 6. — Écluses et usines de Kembs. — Vue du canal de fuite.
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- Les turbines appartiennent au type à hélice, elles ont été construites par la Société alsacienne de Constructions mécaniques à Mulhouse. Elles débitent 187 m3 d’eau par seconde en fournissant une puissance maxima de 36 600 ch à la vitesse de 93 tours 7 par minute. La vitesse d’emballement est de 235 tours. L’hélice, qui constitue le rotor, comporte 6 pales fixes et le diamètre total est de 5 m 60.
- L’arrivée d’eau s’effectue pour chaque turbine par quatre entrées latérales de 3 m 25 de largeur et de 6 m de hauteur. L’alimentation est régularisée par un certain
- Fig. 7. — Intérieur de t'usine pendant le montage des deux premiers
- groupes.
- nombre de vannes, disposées autour de la bâche spirale, et appartenant à un cercle de vannage actionné par un servomoteur que commande un régulateur, lui-même sous la dépendance de la vitesse de la turbine.
- L’arbre de la turbine est suspendu à l’arbre de l’alternateur.
- Chaque alternateur est à 64 pôles et donne 31000 kvA. Le diamètre du stator est de 7 m 770.
- En cas d’arrêt d’un groupe électrogène, l’eau qui devrait le traverser pour alimenter les usines situées à l’aval, est dirigée dans le canal par un déversoir situé entre la turbine et l’alternateur. L’arrêt, même total, de
- l’usine de tête ne prive donc pas de force motrice les usines suivantes.
- Pour donner une idée de l’importance de ces groupes, nous ajouterons que la hauteur totale de la turbine et de l’alternateur est d’environ 20 m.
- LES ÉCLUSES
- Nous avons dit que le canal d’amenée comporte une dérivation destinée à la navigation et dans laquelle sont aménagées deux écluses. L’une de 185 m de longueur peut recevoir un convoi formé d’un remorqueur et de deux chalands accouplés; l’autre, de 100 m seulement est réservée aux bateaux isolés. La largeur de chaque sas est de 25 m; ils sont fermés de part et d’autre par des vannes levantes équilibrées.
- Ici encore, nous nous trouvons en présence de constructions qui par leur importance peuvent être comparées à celle de l’usine. L’équipement avec vannes a nécessité, en effet, la construction d’édifices très élevés, à trois étages, comportant, au premier, les treuils de manœuvre, au deuxième les moteurs électriques et au troisième les tableaux de commande automatique des manœuvres.
- Vers l’aval, les deux sas se terminent à la même hauteur, une seule construction, enjambant toute la largeur du canal et reposant au centre sur le terre-plein des bajoyers centraux, a été élevée. A chaque extrémité des sas une autre construction équipée comme la première domine l’amont. Ce groupe de trois unités est fort imposant.
- Ces écluses sont les plus importantes du monde entier, considérées au point de vue de la hauteur de chute qui peut atteindre 17 m.
- Les vannes sont au nombre de quatre seulement pour les deux sas : chacun d’eux est donc fermé, à chaque extrémité, par une seule porte; les vannes aval pèsent près de 500 tonnes. Ces portes sont actionnées, au début de la levée, par un petit moteur de démarrage qui a pour but de provoquer le décollement à la base ; intervient ensuite un autre moteur à grande vitesse qui relève entièrement la porte. Cette double commande s’effectue automatiquement par la simple manœuvre d’un bouton appartenant aux tableaux de l’étage supérieur.
- Un pont roulant de 16 tonnes court sur toute la longueur de la passerelle; il a été utilisé pour les montages et servira ultérieurement à la manœuvre des pièces lourdes pour les démontages et remontages.
- Nous avons déjà eu l’occasion d’étudier ici l’électrification de l’écluse de Janville qui fut l’une des premières écluses électrifiées. Celle des écluses de Kembs est beaucoup plus parfaite, sinon au point de vue des installations électriques, du moins pour ce qui concerne l’appareillage mis en œuvre. Ici, non seulement les vannes sont actionnées par la simple manœuvre d’un bouton, mais aussi l’ouverture et la fermeture des énormes aqueducs qui courent sur toute la longueur des bajoyers et dont les eaux se déversent dans les sas ou s’en échappent.
- Des panneaux légèrement obliques ont reçu les boutons de commande qui, une fois actionnés, mettent en mouve-
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- Treuils des vannes
- Appareil nettoyeur de grilles
- Galeries des cable:
- ffateau
- Treuil de commande des batardeaux ayal
- Pont dp service
- Amont
- Turbine
- Vannes de turbines
- Batardeau ami
- Fig. 8. — Coupe de l’usine hydroélectrique.
- Fig. 9. — Le chantier des écluses. — Mise en œuvre du béton, octobre 1930.
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- ment tous les appareils qui interviennent dans la manœuvre. Lorsque celle-ci est terminée, une lampe s’allume pour avertir l’éclusier, lequel est d’ailleurs en relation téléphonique avec les mariniers demandant l’éclusage.
- En face de ces panneaux, une autre série, disposée verticalement, comporte des indicateurs à index permettant à l’éclusier de suivre à chaque instant, par exemple, la montée de l’eau ou sa descente dans les sas, la montée et la descente des portes.
- Ajoutons que la durée des manœuvres, pour effectuer une éclusée complète, est de (j minutes seulement, au lieu de 20 minutes à Janville.
- Les deux écluses ont nécessité l’emploi de 220 000 m3 de béton ; pendant les périodes de grande activité, la
- Fig. 10. — Vue prise dans la grande écluse vers Vamont.
- vitesse de travail a atteint 27 000 à 28 000 m3 de béton par mois.
- ORGANISATION DES CHANTIERS
- Après avoir décrit sommairement l’ensemble des installations, il nous paraît nécessaire de nous arrêter quelque peu à l’organisation des chantiers.
- L’importance des travaux effectués peut être évaluée par le cube des déblais et celui de la maçonnerie. Cette première section donne déjà des chiffres impressionnants. Il a été nécessaire de déblayer au préalable 1 900 000 m3 de terre végétale impropre à tout emploi dans la construction; les graviers extraits ensuite et presque entièrement utilisés dans la confection des digues, ont fourni 7 millions de m3 et les déblais rocheux 115000 m3. Enfin on estime à 450 000 m3 le volume total des maçonneries.
- Une comparaison s’impose entre ce nouvel ouvrage et ceux de Panama et de Suez. Au point de vue de la longueur, le canal de Suez l’emporte sur l’un et l’autre avec ses 168 1cm grâce à ses avancées en mer. Le canal d’Alsace vient ensuite avec 160 km et le
- canal de Panama avec 73 km. Ces longueurs sont d’ailleurs loin de constituer des records, puisque, de par le monde, les canaux de plusieurs centaines de kilomètres abondent, même en France.
- Mais le cube des déblais est plus impresionnant si on tient compte de la faible longueur. L’esprit admet facilement que l’on ait extrait 20 millions de m3 de terre pour construire un canal de 500 km de longueur; mais quand ces 20 millions de m3 sont tirés de quelques kilomètres seulement, on peut évaluer par là l’importance des chantiers.
- Le canal de Panama tient le record avec 200 millions de m3, si on tient compte des éboulements qu’il a fallu extraire de la tranchée de la Cuîebra, depuis l’achèvement du canal. Le canal de Suez vient ensuite avec 70 millions de m3 à l’époque de sa construction : mais les terrassements nécessités par son approfondissement et les élargissements successifs ont doublé le premier chiffre.
- Le canal d’Alsace, complètement terminé aura exigé le déplacement de quelque 80 millions de m3 de terrassements, à peu près autant que le canal de Kiel.
- Le métropolitain de Paris, qui constitue une œuvre autrement grandiose en raison des difficultés qu’il a fallu surmonter presque à chaque pas, n’a exigé que 8 millions de m3 de terrassements. Les tunnels souterrains du Rove, du Simplon, du Saint-Gothard, creusés en pleine roche et qui sont eux aussi des travaux de tout premier ordre n’ont sorti de terre respectivement que 2 300 000, 1 600 000 et 1 000 000 de m3 de rochers, mais qu’il a fallu émietter sur place avant de les extraire.
- Avant de commencer les travaux, on a dû procéder à l’organisation générale des chantiers. Ils comportaient l’établissement d’une voie de 14 km de longueur qui longe le canal jusqu’à l’usine et se raccorde au réseau général des chemins de fer d’Alsace à la gare de Huningue. De cette voie principale partaient divers embranchements, qui la reliaient aux chantiers du barrage et des écluses et à un petit poste construit sur le canal de Huningue à proximité de la gare centrale de l’usine. Une route de service reliait également les divers chantiers.
- Dans chaque chantier un matériel mécanique important et très perfectionné a été mis en œuvre.
- Vapeur, électricité, essence et huiles lourdes, air comprimé, ont été utilisés, suivant les cas, à actionner les machines et les outils de tous genres qui y fonctionnèrent pendant de longs mois.
- Les épuisements. — Les travaux ont eu lieu dans des terrains alluvionnaires constitués presque exclusivement par du sable et des graviers recouvrant des marnes, des argiles et des parties rocheuses. Dans ces conditions, la profondeur des eaux souterraines est limitée par la couche imperméable qui se trouve en moyenne entre 7 et 10 m au-dessous du niveau des eaux souterraines; toutes les fouilles ont toujours été descendues à une profondeur inférieure à ce niveau. -
- Ces travaux pouvaient être exécutés par deux procédés différents : à l’air comprimé ou à l’air libre après épuisement des eaux souterraines dans les fouilles. Cette dernière solution a été adoptée.
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- Il parut d’abord impossible d’isoler les fouilles de la nappe souterraine en établissant des cloisons de palplanches descendant jusqu’au rocher.
- On décida d’adopter l’épuisement permanent avec des pompes, malgré l’importance de la surface des fouilles (1 million de m2) et l’arrivée continue des eaux souterraines.
- On commença par dériver la partie du ruisseau dit « La Roseraie » qui traversait la zone des travaux, puis on creusa trois canaux de drainage dont un partant de l’usine et les deux autres des écluses et qui se déversaient en commun dans le Rhin. Deux autres rigoles bétonnées assuraient l’évacuation des eaux de pompage de l’usine et des écluses.
- Un quatrième canal d’assé?hement débouchant dans le Rhin en aval de la barre d’ Istein, permit de vider un étang situé sur le passage du canal d’amenée; un cinquième, creusé sur une grande partie de la longueur de ce dernier et à un niveau inférieur au plafond, permit de diriger les eaux souterraines dans le précédent.
- On est ainsi parvenu à exécuter les fouilles à sec, par les basses eaux. Par moyennes et hautes eaux il a fallu recourir à une station de pompage comportant six pompes d’une puissance totale de 260 kw.
- Dans les écluses, asséchées superficiellement par deux canaux, l’exécution des fouilles a exigé l’établissement d’un certain nombre de puits périphériques et reliés les uns aux autres par une rigole. Une pompe relevait l’eau de chaque puits pour l’envoyer dans la rigole d’évacuation. Lorsque la fouille parvint à la limite d’assèchement obtenue par ces puits, on creusa une seconde ceinture de puits jusqu’à la profondeur des fondations des maçonneries. Un système analogue de rigoles et de pompes permit de continuer les fouilles et d’exécuter ensuite les travaux de maçonnerie. Ajoutons que la rigole des derniers puits, qui entoure extérieurement l’écluse, a été creusée dans le rocher pour recueillir en permanence les eaux d’infiltration.
- Le canal de fuite et l’usine hydroélectrique ont fait l’ohjet d’une seule fouille à l’aide d’excavateurs. Mais il a fallu creuser d’abord une tranchée descendant jusqu’au rocher pour y établir la station de pompage et, pour permettre ce premier travail, foncer des puits d’assèchement à l’air comprimé. Comme aux écluses, la tranchée entourée de puits a été ceinturée par une rigole d’assèchement utilisée pour rejeter les eaux d’infiltration dans la rigole d’évacuation.
- Pendant l’été de 1929 le débit total pompé fut en moyenne de 600 litres par seconde seulement, en raison de la sécheresse de la saison : mais l’ensemble des stations de pompage était capable d’assurer un débit de 2700 litres par seconde, suffisant pour parer à une période de crues.
- Travaux et machines de terrassement.
- — Les défrichements et l’arrachage des souches ayant été effectués à la main, les excava-
- Fig. 11. — Grand dragline travaillant dans le canal d’amenée.
- teurs mécaniques entrèrent en action pour enlever les terres végétales d’abord, ensuite les déblais.
- Ces excavateurs sont toujours des machines imposantes remplissant toutes les fonctions qui incombent habituellement aux terrassiers; certaines sont même capables d’effectuer le transport des déblais sur de petites distances, surtout, comme ce fut souvent le cas dans l’entreprise de Kembs, lorsque les déblais doivent être utilisés sur place. Il en existe différents modèles.
- Les deux plus puissants sont les draglines électriques, énormes grues à flèche de 42 m portant un godet d’une capacité de 3 ou 4 m3, qui ont creusé le canal d’amenée. Ils pèsent 350 tonnes et, malgré ce poids, obéissent admirablement à toutes les commandes. Montés sur des trucs de roulement à chenilles, ils reçoivent directement, du réseau voisin, le courant électrique triphasé à 6000 volts et le transforment en courant continu pour alimenter les moteurs.
- Le rendement horaire moyen a été de 100 à 150 m3 de déblais, lesquels ont été puisés dans un rayon de 42 m autour de la machine et transportés à une distance de plus de 80 m de leur lieu de chargement, par la seule rotation de la flèche. C’est ainsi que l’appareil excavait le gravier dans le lit du canal et le déposait directement
- Fig. 12. — Excavateur électrique à grand rendement exécutant les fouilles de l’usine.
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- à l’emplacement des digues. Dans les conditions les plus favorables, le rendement horaire a atteint 207 m3, ce qui représente le travail de 50 manœuvres à l’heure.
- Pour creuser le canal de fuite et déblayer le sol à l’emplacement de l’usine, on a employé un excavateur à godets. La machine diffère des précédentes en ce sens que la flèche, au lieu de porter un godet unique à son extrémité, est parcourue par une chaîne sans fin à laquelle sont attachées 18 énormes cuillers de 750 litres de capacité chacune. La flèche, soutenue par des câbles, s’abaisse jusqu’au niveau du sol et les cuillers se chargent pendant leur course inférieure pour se déverser à l’intérieur même du portique sur rails dans les wagons qui passent au-dessus. Elles retournent à vide jusqu’à l’extrémité de la flèche où elles recommencent leur travail d’excavation. Il y a donc constamment 9 cuillers — ou godets —• en travail.
- Cet excavateur a travaillé jusqu’à une profondeur de 11 m au voisinage du rocher, c’est-à-dire à peu près au niveau du plafond du canal de fuite. Son rendement est de 250 m3 à l’heure; d’un poids de 365 tonnes, il se déplaçait sur 3 rails à la vitesse de 7 m par minute. Il recevait lui aussi du courant triphasé à 6000 volts redressé par lui-même pour l’alimentation de ses moteurs qui exigent 365 kw.
- Du côté du canal, le portique reposait, par les deux bogies entre lesquels passent les godets, sur deux rails de roulement et de l’autre côté par un autre bogie sur un rail unique. La voie de chargement était située entre les trois rails. Mais il arriva un moment où l’élargissement du canal obligea l’excavateur à se déplacer latéralement pour continuer le terrassement.
- C’est alors qu’une machine nouvelle, très ingénieuse, intervint. C’est une ripeuse de voie, qui déplace les rails de la quantité voulue. Elle comportait une charpente métallique reposant sur deux bogies : un à l’extrémité et l’autre vers le milieu. L’extrémité libre se prolongeait par un avant-bec en porte-à-faux pourvu de quatre galets. Du poste de commande, des leviers permettent d’écarter et de rapprocher deux à deux les galets qui saisissent les deux rails, les soulèvent avec leurs traverses, les courbent ensuite de la quantité voulue pour les reporter sur la droite ou sur la gauche du terre-plein suivant les cas (fig. 13).
- Les fouilles des écluses et quelques travaux du canal d’amenée ont été effectués à l’aide de huit pelles à vapeur
- sur chenilles munies de godets de 1 m3 ou de 1,5 m3. Ces engins ont attaqué le terrain par tranches horizontales de 3 à 5 m de hauteur. Enfin le canal de drainage, qui longe la rive gauche du canal d’amenée sur toute sa longueur, a été creusé par un excavateur à cuillers à peu près semblable à celui que nous avons décrit plus haut.
- Le bétonnage. — Les déblais rocheux provenant des fouilles, convenablement concassés, sont entrés dans la préparation du béton. Pour effectuer le revêtement du canal d’amenée, on a utilisé deux autres appareils non moins puissants et ingénieux que ceux dont nous venons de parler. Imaginez une charpente métallique épousant le talus, montée sur un rail à la base et portant une bétonnière, également mobile sur rails, à la partie supérieure. Pendant son mouvement de translation, cet appareil déroule le treillis métallique qui sert d’armature, dépose le béton et le pilonne. L’appareil passé, le revêtement est terminé. Chacun d’eux déposait 25 m3 de béton à l’heure.
- Les chantiers de maçonnerie des écluses ont été alimentés au béton de ciment, par gravité, procédé très employé dans toutes les grandes entreprises modernes. Deux tours métalliques, de 60 m de hauteur peuvent se déplacer sur deux voies établies de chaque côté de la fouille. Une bétonnière est associée à chaque tour et une benne élève le béton jusqu’au sommet d’où il se déverse dans une goulotte oblique suspendue à des câbles qui le dirigent directement sur le lieu d’utilisation.
- A l’usine ont été installées, de part et d’autre de la fouille, deux grues à câbles chargées d’alimenter le chantier en fers d’armement et planches de coffrage. Entre elles, deux passerelles longitudinales, établies sur des pylônes métalliques noyés dans la maçonnerie, ont été utilisées pour le transport du béton par wagonnets et par une trémie de 3 m3 roulant sur un câble. Cette trémie versait le béton dans des goulottes qui le distribuaient dans tout le chantier. Ces grues sont encore utilisées actuellement dans la construction du barrage pour porter les pièces métalliques sur le chantier.
- Quant à la construction du barrage sur le Rhin, elle présente une grosse difficulté en ce sens que la navigation sur le fleuve ne peut être interrompue pendant la durée des travaux. Il a donc fallu constituer sur les rives, deux installations complètement indépendantes, qui sont reliées par la grue à câble.
- La culée de la rive droite a été construite à l’abri d’un batardeau, en fouille ouverte par conséquent; mais les piles ainsi que la culée de la rive gauche ont été fondées pneumatiquement.
- Le seuil central reste seul à entreprendre; il le sera bientôt à l’abri d’un batardeau.
- Le canal de navigation est terminé et les chalands, empruntant cette voie depuis le 1er mai 1932, laissent la liberté aux chantiers pour terminer la partie centrale de l’ouvrage.
- Déjà, à la fin de cette année, les deux
- Fig. 13. — Schéma du fonctionnement de la ripeuse de voies.
- igies de roulement le la ripeuse
- Charpente métallique
- Vue en plan
- Fbsition primitive des rails
- Vue en élévation
- Galets effectuant.
- , (a déviation des rai fs
- Tbsition des rails après ripage
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- 121 =
- Fig. 14. — Installations de bétonnage pour la construction d'une écluse double. (Débit 50 à 75 m8 de béton par heure.)
- premières turbines électriques de l’usine seront prêtes à fonctionner et on espère que l’installation complète de l’usine sera terminée l’année prochaine.
- L’Alsace possédera alors la plus importante station
- hydroélectrique de toute l’Europe, puisqu’elle produira annuellement 800 millions de kilowatts-heure.
- Lucien Fournier.
- LES PROGRÈS DES TUBES LUMINEUX =
- A GAZ RARES
- M. Georges Claude oient de présenter à VAcadémie des Sciences (Tl juin 1932) la note suivante que nous reproduisons in extenso.
- Les résultats obtenus avec les tubes à gaz rares ont donné l’ambition de réaliser des sources lumineuses applicables à l’éclairage proprement dit.
- Des résultats importants, déjà utilisés en pratique, mais non encore publiés, ont été obtenus avec la collaboration de mon jeune parent André N. Claude et des ingénieurs de la Société Claude-Lumière.
- On s’est proposé, d’une part, d’obtenir une lumière voisine de celle du jour, d’autre part, d’atteindre des rendements égaux ou supérieurs à ceux des sources actuelles. Dans les conditions nouvelles où l’on a été ainsi amené, la question de durée des tubes, complètement résolue pour les applications à la décoration et à la publicité lumineuses par mes travaux sur la surface d’électrodes (*), s’est posée à nouveau et il a fallu la résoudre également.
- En ce qui concerne l’obtention d’une lumière voisine de celle du jour, une première solution a été obtenue en
- 1. Voir, entre autres, Comptes rendus, 152, 1911, p. 1377.
- améliorant la lumière livide de Yhélium, grâce à une remarque que j’ai faite autrefois (1) : alors qu’en général une trace d’impuretés (Az, H, etc.) suffit à masquer les aptitudes du nçon à la luminescence, une petite proportion de néon, au contraire, peut modifier la lumière de l’hélium, en la dotant des radiations rouges dont elle est trop pauvre. On obtient ainsi dans certaines conditions une lumière d’un beau blanc, plus ou moins rosé.
- Mais le rendement lumineux des tubes ainsi réalisés était fort "mauvais, en raison de la forte pression, de l’ordre du centimètre, à laquelle il fallait les charger pour obtenir une durée acceptable, l’hélium étant, toutes choses égales, beaucoup plus absorbable que le néon. Or nous avons constaté que le rendement augmente beaucoup quand la pression diminue au-dessous de ces valeurs, la pression optimum étant d’autant plus faible que le tube est plus gros : c’est ainsi (fig. 1) que, pour un tube à hélium de 36 mm, l’optimum correspond aux pressions de quelques dixièmes de millimètre.
- Mais si ces faibles pressions sont favorables au rendement, elles intensifient la désintégration des électrodes. La question de durée se reposait donc, surtout
- 1. Comptes rendus 156, 1913, p. 1317.
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- == 122 :...........................-............-..:—=
- avec l'hélium, ccn.me il vient d’être dit : or M. André C]aride, ayant étndié les causes et les effets de la désintégration, a pu, par des dispositifs appropriés, consistant en gros à empêcher le métal désintégré d’atteindre les parois du tube, en atténuer les effets très efficacement.
- A surface égale d’électrodes, ces nouveaux tubes à hélium à faible pression (1 mm pour un diamètre de 15 mm), malgré des courants trois fois plus intenses, atteignent les milliers d’heures; ils sont couramment employés en pratique depuis la fin de 1930. En outre, les moyens ainsi appliqués, qui ont été étendus aux autres tubes luminescents, ont pratiquement supprimé les perturbations que les tubes luminescents mal faits provoquent dans les installations de T. S. F. Toutefois la consommation spécifique de ces tubes n’est guère inférieure à 1,2 watt par bougie et la tension d’alimentation est élevée.
- Partant des résultats ainsi acquis dans un cas difficile, une autre voie, indiquée par moi dès 1911 (‘) pour l’obtention de la lumière blanche, a été reprise et a conduit à des résultats économiques bien meilleurs. Elle consiste à associer des tubes à néon et des tubes à mercure, dont les radiations se complètent, les tubes à mercure étant préférablement réalisés, non d’après le principe de Cooper-EIewitt, qui exige, pour l’allumage, des artifices tels que ] a rupture d’une colonne de mercure, mais d’après le principe que j’ai indiqué, très utilisé à l’heure actuelle, consistant à placer un peu de mercure dans un tube à néon (qu’on peut remplacer par un autre gaz rare). Ge tube s’allume alors comme un tube à néon, mais le passage du courant volatilise bientôt le mercure, dont la lumière y devient seule visible. Le néon et le mercure des tubes associés fournissant l’un et l’autre un bon rendement, on peut ainsi obtenir économiquement la lumière blanche et pénétrer dans le domaine de l’éclairage.
- La recherche du meilleur rendement dans cette voie
- Pression en m.m. de Hg
- Fig. 1. — Consommation spécifique d’un tube à hélium de 36 mm de diamètre en fonction de la pression.
- a d’abord amené à reconnaître l’intérêt, signalé ci-dessus à propos de l’hélium, des faibles pressions de gaz rares, tant pour la charge des tubes à néon que pour celle du gaz auxiliaire des tubes à mercure. Abstraction faite de la durée, il y a intérêt, pour le meilleur rendement, à descendre au-dessous des pressions usuelles de l’ordre
- 1. Voir en particulier brev. fr., 28 nov. 1910, et Soc. des Ing. clv., 21 nov. 1913.
- des millimètres qui étaient jusque-là nécessaires pour obtenir une bonne durée.
- Or, là encore, ces pressions optima très faibles ont pu être utilisées sans même avoir à augmenter les électrodes, en construisant celles-ci d’après les principes qui viennent d’être esquissés pour les tubes à hélium.
- Cette possibilité d’introduire les tubes à gaz rares dans le domaine de l’éclairage proprement dit a donné une autre ambition : celle d’abandonner les voltages élevés des tubes luminescents et de réaliser des tubes capables de s’allumer sous les 110 ou 220 v des distributions urbaines.
- Or, si l’on divise, par exemple, les volts par 10, il faudra multiplier les ampères par 10 pour obtenir la même intensité lumineuse. Ces tubes à bas voltage seront donc des tubes à grosse intensité ; cette conception paraît d’autant plus intéressante que, surtout pour les tubes à néon, l’amélioration du rendement avec le diminution de la pression croît avec le diamètre. C’est ainsi (fig. 2) que pour un tube à néon de 66 mm de diamètre, la consommation spécifique mesurée avec un tube étalonné par l’Institut d’Optique (Lampe étalon de MM. Ch. Fabry, L. Roux et E. Perrin (Revue d’Optique, n° 1, janvier 1929, p. 1)) passe de 0,9 w : b à 0,30 w : b quand la pression s’abaisse de 22 mm à 0 mm 2.
- La basse pression sera donc la clef des bons rendements si la durée peut être obtenue.
- Or, étant ai nsi conduit à des tubes de gros diamètre et à des courants très intenses, on serait amené, surtout sous ces faibles pressions, à des électrodes énormes, inadmissibles, si l’on devait y appliquer les règles des électrodes des tubes usuels à régime luminescent.
- Mais de pareils tubes fonctionnent sous un régime bien différent du régime luminescent, c’est-à-dire sous le régime d'arc. On sait depuis longtemps que lorsque certaines conditions quant à la nature de la cathode, l’intensité du courant et l’excitation sont réalisées, la totalité du courant est émise, non plus par la totalité de la cathode, mais par une partie minuscule de sa surface, dite tache cathodique : et ce passage par une si petite surface d’un courant qui peut être énorme se fait avec une telle facilité que la chute cathodique, d’une centaine de volts en régime luminescent, tombe à 2 ou 3 volts en régime d’arc. C’est d’ailleurs ce qui permet à ces tubes de fonctionner sous les faibles voltages des réseaux de distribution.
- C’est par ce mécanisme que fonctionnent les tubes à mercure de Cooper-Hewitt, mais on sait aussi depuis longtemps que les tubes à gaz rares peuvent fonctionner aussi en régime d’arc avec des cathodes appropriées et par exemple en mercure (*) ou en potassium.
- Ici, la densité de courant dans la tache cathodique atteignant l’ordre des ampères par millimètre carré, est des milliers de fois celle de ma règle du décimètre carré de demi par ampère, dont la portée se limite donc au seul régime luminescent. En régime d’arc, par contre, la volatilisation intense qu’entraîne cette densité énorme à la tache cathodique provoquerait une absorption rapide de gaz si des dispositions n’étaient .pas prises pour
- 1. Brevet français, 7 mars 1910.
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- que les vapeurs de potassium, par exemple, se condensent exclusivement à l’état liquide et retombent à la cathode ,dite de ce fait régénérable : elles ne peuvent dès lors emprisonner les gaz.
- Cependant, ceci ne suffit pas encore pour employer pratiquement les tubes à néon en régime d’arc. Car, la cathode rendue inofïensive, c’est Yanode, la vaporisation et l’occlusion qu’elle entraîne qui prennent le rôle prépondérant, d’où de faibles durées, même avec des pressions élevées, préjudiciables au rendement lumineux. Mais les moyens signalés à propos des tubes à hélium sont si efficaces ici encore qu’ils ont permis d’employer ces basses pressions si favorables au rendement et d’atteindre des durées très grandes, malgré les courants très intenses de ces régimes d’arc. Ces résultats étaient vraiment inespérés.
- Voici un de ces tubes à néon de 66 mm de diamètre, de 1 m 10 de long, chargé à 4/tOes de millimètre, muni d’une cathode de potassium et de deux anodes, qui fonctionne pratiquement à 25 ampères sous 120 v alternatifs. Le cos o de l’installation est de 0,9. Six de ces sources ti'ès puissantes alimentées en courant triphasé 200 v vont servir à des essais de balisage pour la Marine nationale.
- M. André Claude et ses collaborateurs ont d’autre part réussi à faire fonctionner directement sur courant alternatif de basse tension les tubes à mercure et gaz rare amorceur. En combinant ces deux espèces de tubes, on obtient, comme on le voit, une très belle lumière blanche. Une installation analogue de ce genre, celle-ci sur courant continu 200 v a été faite au journal Le Matin, où elle fonctionne déjà depuis de longs mois, les tubes étant dissimulés derrière un verre légèrement dépoli.
- C’est encore d’une façon analogue qu’a été réalisée, sous la direction de M. Aycoberry, l’importante installation faite à YOffice central électrique (O. C. E. L.), avec 56 tubes à néon et 28 tubes à mercure disposés derrière un vitrage dépoli de 120 m2.
- Cet ensemble donne, dans une salle de plus de 200 m2, une lumière diffuse uniforme très sensiblement blanche
- = ' - ..... — 123 =====
- d’un bel effet; l’éclairement moyen au sol est de l’ordre de 400 lux, la consommation totale, de 36 kw. Le même éclairement, dans les mêmes conditions, aurait coûté 50 kw avec des lampes dites demi-watt, qui n’eussent pas donné cette qualité de lumière.
- Les tubes à mercure de cette installation ont dès à présent dépassé 1000 heures, et plus de 2000 heures en
- Pression en mm de H g
- Fig. 2. — Consommation spécifique d’un tube à néon de 66 mm de diamètre en fonction de la pression.
- essais de laboratoire. Ces tubes à mercure sont alimentés sous courant diphasé de 300 v, l’intensité redressée est de 5 ampèi'es.
- Dans des ateliers, ces tubes à basse tension néon et mercure combinés pourront être employés nus sans inconvénient et le rendement net en lumière blanche dépassera de plus de 20 pour 100 celui des lampes à incandescence dites demi-watt.
- Je crois intéressant, en terminant, de montrer un ancêtre déjà très vieux des tubes dont je viens de parler. C’est un tube à régime d’arc et basse tension construit sur les indications données par moi en 1910 (brev. fr. 7 mars 1910) et qui, grâce à l’emploi d’une cathode en mercure convenablement refroidie, donne à lui seul une colonne lumineuse mi-partie rouge et bleue, fournissant par son ensemble de la lumière à peu près blanche. »
- Georges Claude.
- LE CHAMP ELECTRIQUE DE L’ATMOSPHERE AUX GRANDES ALTITUDES
- LES TRAVAUX DE L’OBSERVATOIRE DE TRAPPES
- Nous allons d’abord exposer à nos lecteurs, qui ne seraient pas au courant de la question, ce qu’est le champ électrique de l’atmosphère.
- LE CHAMP ÉLECTRIQUE DE L’ATMOSPHÈRE
- Supposons qu’on observe, en plein air et au-dessus du sol (fig. 1), les indications d’un électroscope formé d’une tige métallique isolée A S terminée en pointe à l’une de ses extrémités, portant des feuilles d’or à l’autre
- extrémité, et d’une cage métallique C à laquelle est fixée une tige métallique horizontale, elle aussi terminée en pointe SC Lorsque la pointe S se trouve à un niveau plus élevé que la pointe S', les feuilles d’or divergent; au moyen d’un bâton de résine frotté, on peut s’assurer que, par temps serein, elles sont électrisées positivement (*).
- 1. Voir pour plus de détails le remarquable traité d’électricité atmosphérique publié sous la direction de M. Mathias.
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- Si on remplace la tige rectiligne A S par une tige deux fois recourbée A S( dont la pointe S4 se trouve à un niveau inférieur de celui de la pointe S', les feuilles divergent de nouveau et prennent une électrisation de signe contraire à celle du cas précédent, c’est-à-dire négative. Enfin, les pointes S' et S( étant au même niveau, la divergence des feuilles est insensible lorsqu’on opère dans un endroit découvert, plat sur une assez grande étendue. De cette dernière observation, on peut conclure que les surfaces de niveau sont horizontales au moins approximativement et, des deux précédentes, que la force électrique est dirigée de haut en bas. Les lignes de force aboutissent donc normalement à la surface de la Terre qui, suivant les idées de Faraday, serait recouverte d’une charge d’électricité négative, ainsi que l’avait imaginé Peltier.
- Dans le voisinage d’un sol tourmenté, d’une habitation, d’un arbre ou encore de toute surface conductrice présentant du relief, en particulier le long du flanc incliné
- Fig. 1. — Appareil pour la mesure du champ électrique atmosphérique.
- d’une montagne, les surfaces de niveau ne sont plus horizontales, elles contournent les points et suivent les accidents de terrain; elles se resserrent au-dessus et au voisinage des points anguleux, par exemple sur les bords des toits de maisons, aux sommets des collines, aux extrémités des murs, etc... A mesure qu’on s’élève, elles apparaissent de moins en moins déformées et, lorsque la hauteur est assez grande pour qu’elles échappent à l’influence du sol, elles redeviennent sensiblement parallèles à la surface de la terre.
- Si l’on est placé dans des conditions où les surfaces équipotentielles sont sensiblement horizontales, c’est-à-dire en plaine et dans un endroit bien découvert, la mesure du champ électrique consiste, d’après ce qui a été dit dans le paragraphe précédent, à déterminer le
- dV
- rapport — où dY est la différence de potentiel entre de
- deux surfaces de niveau situées l’une au-dessus de l’autre à des altitudes différant de de. Ce rapport s’appelle le gradient du potentiel et représente la chute de potentiel en volts entre deux différences de niveau de 1 m. Les instruments nécessaires pour enregistrer ce champ
- électrique se composeront donc d’un électromètre muni d’un procédé d’enregistrement et de deux prises de potentiel à des niveaux différents destinées à mettre les deux bornes de l’électromètre au potentiel des deux couches.
- La prise de potentiel doit seulement être munie d’un égaliseur de potentiel assurant automatiquement et plus rapidement qu’une simple pointe effilée l’égalisation du potentiel avec l’atmosphère en contact : plusieurs procédés promettent d’arriver à ce résultat; celui qui a été utilisé dans les mesures exposées plus loin consiste dans l’emploi de mèches incandescentes rendues conductrices par une solution convenable.
- Ce champ électrique de l’atmosphère est depuis longtemps étudié d’une manière systématique dans un grand nombre d’observatoires répartis un peu sur toute la surface du globe. Les variations en sont très fortes, paraissent très irrégulières et ne semblent pas jusqu’ici se rattacher de manière un peu nette aux divers changements d’état de l’atmosphère et du temps.
- Mais ces études se font au voisinage immédiat du sol, à quelques mètres tout au plus au-dessus de lui et ne donnent aucun renseignement sur ce qui se passe en altitude, loin du sol et des effets perturbateurs dont son voisinage peut être cause. Aussi, des mesures en ballon libre ont-elles été entreprises par plusieurs savants de différents pays, tels que Exner, André, le Cadet, Ger-dien, etc.
- Il résulte de ces travaux que le champ électrique de l’atmosphère, très irrégulier dans les 1500 premiers mètres, diminue en moyenne de manière à se réduire à 25 v par mètre environ à cette altitude (alors qu’il est de l’ordre de 100 v au voisinage du sol). Au delà, les observations (d’ailleurs en nombre très restreint) qui ont été faites indiquent une plus grande régularité, mais avec diminution moyenne de l’altitude. Linke a choisi, parmi les séries des nombres observés, celles qui lui ont paru les plus certaines ; il en a calculé les moyennes et tracé le diagramme de la variation de potentiel avec l’altitude que nous reproduisons ici, et que nous empruntons au remarquable ouvrage de MM. Mathias et Maurain sur l’électricité atmosphérique (fig. 2).
- Il faut toutefois noter que les parties élevées de la courbe ne correspondent qu’à un nombre très faible de mesures et sont, par conséquent, très incertaines.
- Ces observations n’ont nécessairement pu dépasser les altitudes possibles à atteindre en ballon libre et ne sont que le résultat de mesures isolées, ne présentant pas l’intérêt d’un enregistrement continu.
- LA MESURE DU CHAMP ÉLECTRIQUE AUX HAUTES ALTITUDES
- Nous avons donc pensé à utiliser à Trappes le ballon non monté pour essayer d’obtenir des séries continues de mesure et atteindre la stratosphère, en couche isotherme, encore complètement inexplorée au point de vue de l’électricité atmosphérique, et qui présente un si grand intérêt dans la dynamique de l’atmosphère.
- Le problème ici est toutefois beaucoup plus compliqué qu’en ballon libre; il faut en effet imaginer un électromètre de faible capacité qui soit à la fois enregistreur
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- très sensible, léger, d’un prix de revient abordable et pouvant supporter les oscillations du ballon.
- Dans ce but, nous avons fait appel au procédé si ingénieux de la lampe bigrille, imaginé par M. l’abbé P. Lejay, et qu’il a exposé dans les Comptes rendus de l’Académie des Sciences, t. 178, 1924, p. 2171.
- Ce procédé, qui d’ailleurs a été contrôlé par comparaison à l’Observatoire de M. Maurain au Val-Joyeux, consiste à employer une lampe bigrille dont la plaque et la grille intérieure sont à des potentiels positifs de quelques volts. Dans ces conditions, l’examen des caractéristiques montre que, lorsqu’on abaisse le potentiel de la grille extérieure au-dessous du potentiel du filament, le courant de grille intérieure varie et, au delà d’une certaine valeur, diminue jusqu’à s’annuler, et ceci avec un débit pratiquement nul de la grille extérieure. L’appareil peut donc servir d’électromètre, l’intensité du courant de grille intérieure permettant de connaître le potentiel auquel est portée la grille extérieure, celle-ci ne débitant plus (ou du moins ayant un débit négligeable à côté de celui d’une prise de potentiel), si son potentiel est inférieur à celui du filament.
- Le montage a donc été fait à Trappes de la manière suivante (fig. 3).
- La plaque et la grille intérieure sont réunies ensemble et portées à un potentiel de 9 v au-dessus du pôle positif du filament, lequel est chauffé par un petit accumulateur de 4 v. Le débit de la grille intérieure est mesuré au moyen d’un milliampèremètre enregistreur spécialement construit à cet effet et dont il sera parlé plus loin. Le pôle positif du filament est relié à une prise de potentiel placée latéralement au niveau de l’appareil et la grille extérieure est reliée, par un fil pendant dans le vide au-dessous de l’instrument, à une seconde prise de potentiel placée à un nombre bien déterminé de mètres en dessous.
- Le milliampèremètre enregistreur a été constitué de la façon suivante (fig. 4).
- On prend un milliampèremètre M à pivot léger et bien équilibré dont on remplace le cadran gradué, par une surface noircie, sur laquelle se détache en blanc l’aiguille indicatrice. On forme alors, au moyen d’un objectif photographique o,l’image de cette aiguille blanche sur une fente / perpendiculaire à la direction moyenne du déplacement de l’aiguille. Derrière cette fente se déroule sur un tambour T une pellicule photographique.
- L’aiguille de l’ampèremètre est éclairée par la lumière du jour, sauf pour les ascensions nocturnes où l’on ajoute à l’appareil deux lampes entretenues par un petit accumulateur auxiliaire. Un système automatique, imaginé par M. Geoffre, permet à l’obturateur de se fermer de lui-même, au bout d’un temps déterminé, deux heures par exemple.
- Lorsqu’on développe la pellicule impressionnée, on obtient une courbe qui reproduit toutes les variations de position de l’aiguille, donc après un étalonnage préalable l’intensité du courant et par conséquent les variations de différence de potentiel entre les deux prises.
- On arrive ainsi à avoir un électromètre enregistreur donnant en fonction du temps (abscisses) les varia-
- 6.000
- Fig. 2. — Courbe montrant la diminution du potentiel atmosphérique quand l’altitude augmente.
- tions de potentiel entre les deux prises (ordonnées).
- La différence de potentiel entre la grille extérieure et le filament n’étant pas une fonction linéaire de l’intensité du courant de grille intérieure, on construit pour chaque lampe une courbe d’étalonnage donnant les variations de potentiel en fonction de l’intensité du courant (fig. 5). On peut d’ailleurs, si on le désire, se placer dans telle partie de la courbe que l’on veut en interposant entre la première prise de potentiel et le pôle positif du filament un certain nombre de piles de charge. Ceci est nécessaire, entre autres si l’on veut vérifier l’existence d’inversions ; le procédé indiqué ne permettant que de déceler des potentiels de la grille extérieure plus bas que ceux du pôle positif du filament.
- Afin de réduire le poids des appareils et augmenter l’étendue du domaine exploré, on n’a en général pas mis de pile de charge auxiliaire, sauf dans quelques ascensions où une pile de 18 v a été intercalée afin d’examiner les cas d’inversion du champ.
- Les prises de potentiel ont été constituées par des mèches imbibées d’azotate de plomb dont la durée de combustion pouvait dépasser deux heures, temps néces-
- Fig. 3. — Montage d’un électromètre constitué par une lampe bigrille, pour mesurer le champ électrique aux hautes altitudes.
- F, filament; g i, grille intérieure; ge, grille extérieure.
- P, plaque; Pr, prises de potentiel.
- F gi ge P
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- saire à l’ascension et qui présentent l’avantage d’un prix de revient très modéré. Elles donnent un débit très suffisant pour compenser les fuites inévitables de l’électromètre, ainsi qu’il fut constaté par des expériences directes. Afin de maintenir leur différence de niveau constante, elles étaient enroulées sur une baguette horizontale.
- Afin d’éviter l’influence du ballon sur la répartition des surfaces équipotentielles de l’atmosphère, les appareils étaient placés à 12 m au moins au-dessous de lui.
- Une baguette d’orca, servant de suspension, permet d’isoler complètement les appareils électriques, du ballon, de ses agrès et du barothermo-hygro-enregistreur qu’il emporte également.
- Enfin, la charge négative emportée par le ballon au départ du sol et qui pourrait occasionner des perturbations est annulée, aussitôt le lancer, par deux mèches spéciales à l’azotate de plomb éloignées de la verticale des appareils.
- On se trouve ainsi dans des conditions bien supérieures à celles que l’on peut obtenir en ballon libre, où l’on est nécessairement gêné par la masse énorme du ballon et des agrès et surtout par les charges électriques accessoires occasionnées, comme l’a montré Gerdien, par les jetées successives de lest.
- Avant chaque ascension, on remplace les prises par des sources à différence de potentiel connue, de manière
- Fig. 5. — Courbe d’étalonnage de la lampe bigrille, donnant les variations de potentiel en fonction de l’intensité du courant.
- à avoir directement sur la pellicule les principaux repères d’étalonnage.
- Le dépouillement se fait en comparant en fonction du temps les données du barothermohygro et celles de l’électromètre enregistreur. De la courbe donnée par celui-ci, on déduit les variations du champ électrique avec l’altitude.
- Les essais se firent au début avec de gros ballons (de 2 m de diamètre non dilatés), munis de parachutes pour la descente. Etant donné le prix élevé de ces ballons, et pour faciliter par un signal aérien la recherche des instruments après l’atterrissage, le procédé des ballons en tandem fut ensuite repris. On sait toutefois que ce système présente l’inconvénient d’imprimer de fortes secousses aux instruments. Nous y remédions à Trappes en plaçant les deux ballons côte à côte attachés l’un à l’autre par leur manche. Les appareils sont alors extrêmement stables. Un seul ballon éclate en général et l’autre sert de parachute à la descente et ensuite de signal. Un parachute de secours peut d’ailleurs s’adapter pour le cas où les deux ballons viendraient accidentellement à éclater ensemble.
- On s’assure enfin du bon fonctionnement des instruments en faisant des ascensions avec les deux prises au même niveau et en vérifiant que les appareils restent bien au zéro.
- Les lampes bigrilles sont étalonnées après chaque ascension, le choc subi à la descente pouvant modifier parfois leurs caractéristiques.
- RÉSULTATS OBTENUS
- Depuis le 15 mai 1926, où les premiers essais ont été faits jusqu’au 31 décembre 1927, 60 ascensions ont été exécutées avec les appareils qui viennent d’être décrits.
- Un certain nombre d’appareils sont revenus détériorés ou avec des inscriptions inutilisables, quelques ballons ont éclaté trop tôt, et enfin plusieurs autres n’ont jamais été retrouvés.
- En définitive, sur ces 60 ascensions, 44 ont donné des résultats utilisables. Nous présentons quelques-uns de ceux-ci, sous forme de courbes donnant pour chaqne ascension les variations du champ électrique avec l’altitude enregistrées à la montée. Les résultats relatifs à la descente des ballons sont en général inutilisables après l’éclatement du ballon.
- Ces courbes sont accompagnées de la date du lancement du ballon, de la phase indicatrice du temps, de la caractéristique nuageuse, de la pression et de la température au départ ainsi que de la direction et de la vitesse du vent (fig. 6 et 7).
- Afin d’obtenir une plus grande précision dans les lectures des courbes, on a dû se limiter dans l’étendue du voltage maximum à enregistrer. En général, on s’est ainsi borné à 65 v par mètre, les parties des courbes recouvertes de hachures indiquant simplement que le voltage dépassait ce nombre.
- En bas de chaque courbe a été marquée sur une échelle une graduation en volts dépendant de la caractéiistique de la lampe bigrille employée, la répartition étant sen-
- Fig. 4. — Comment le milliampèremètre est rendu enregistreur.
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- siblement linéaire dans les intervalles entre les chiffres marqués. Enfin, les chiffres réunis par un trait signifient que, en raison de la forme de la caractéristique, on peut seulement affirmer qu’en ces points le potentiel était compris entre les nombres indiqués.
- Il serait évidemment prématuré de fonder des conclusions quelconques sur un nombre aussi restreint d’observations. Certains faits frappent cependant à première vue lorsque l’on examine l’ensemble de ces résultats : c’est d’abord la reprise de valeurs importantes du champ aux grandes altitudes, particulièrement à une altitude un peu inférieure à la stratosphère, entre 5000 et 10 000 m, c’est-à-dire près de la région de formation des cirrus. Une seconde recrudescence se produit également parfois vers 12 000 ou 13 000 m .Toutefois, ce phéno-
- parfois à la descente à un nombre assez considérable de kilomètres de la montée. On en a un exemple dans les ascensions du 22 novembre 1927, où les mêmes variations se retrouvent à la descente.
- A titre de renseignement, nous avons calculé de 500 en 500 m les valeurs moyennes du champ électrique de l’atmosphère pour les ascensions de nuit, du matin et de l’après-midi : les résultats en sont donnés ci-après sous forme de courbes (fig. 8). On notera l’accentuation de certains maxima et minima et leur déplacement suivant l’heure du jour, ainsi que la diminution très nette du champ moyen à la fin de la nuit.
- Tels sont les premiers résultats de cette nouvelle exploration des hautes régions de l’atmosphère dans le domaine électrique. Nous adressons à ce sujet nos vifs
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- Fig. 6. — Résultats de sondages d'électricité atmosphérique exécutés dans la nuit.
- mène, comme presque tous les phénomènes d’électricité atmosphérique, d’ailleurs, ne présente aucune régularité et le nombre des résultats est encore insuffisant pour parler d’une liaison avec les phénomènes météorologiques.
- On remarque encore la présence très fréquente, vers 6000 à 7000 m, d’une couche électrisée, généralement de faible épaisseur, mais qui paraît avoir une certaine stabilité, quoiqu’on ne la trouve pas toujours. Elle se présente souvent sous la forme d’une pointe de la courbe, par exemple dans les ascensions de nuit du 17 mars, du 23 avril, des 4 et 17 juin 1927, etc.
- Si la présence de ces couches électrisées de grande altitude paraît irrégulière, il semble, par contre, qu’elles soient souvent étendues en distance; on les retrouve
- remerciements aux collaborateurs qui nous ont aidé dans ces recherches, à MM. Geoffre et Fresnay, qui ont fait preuve de beaucoup de science et d’habileté pour la construction et le montage des appareils; à M. Coude-reau pour le dépouillement des sondages.
- LE CHAMP ÉLECTRIQUE DE L’ATMOSPHÈRE EST-IL UTILISABLE?
- Quelques lecteurs se demanderont peut-être, après la lecture de cet exposé, s’il n’est pas possible d’utiliser industriellement d’aussi formidables différences de potentiel qui se chiffrent par milliers de volts sur 100 mètres de hauteur.
- Malheureusement, la réserve d’énergie ainsi mise en
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- Fig. 7. — Résultats de quelques sondages effectués de jour.
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- jeu est, malgré cela, très faible; elle est en effet proportionnelle au produit de la différence de potentiel par la charge électrique; cette dernière est minuscule : nous sommes dans un cas analogue à celui d’une cascade qui aurait plusieurs centaines de mètres de hauteur et qui ne pourrait débiter que quelques gouttes d’eau à la minute: c’est inutilisable.
- Cette étude n’est quand même pas sans utilité en raisons de l’intérêt considérable qui s’attache à la connaissance de la structure électrique de la haute atmosphère dont le domaine, jusqu’ici presque inexploré, tend de plus en plus à être pénétré au fur et à mesure des altitudes croissantes qu’arrivent à atteindre les nouveaux aéronefs.
- La météorologie d’une part, la navigation aérienne d’autre part, sont fortement intéressées aux progrès de nos connaissances, encore insuffisantes, sur l’électricité atmosphérique. Celles-ci ne pourront se préciser qu’en multipliant les observations, dans les lieux les plus divers et dans les circonstances les plus variées, et, lorsque le bagage expérimental sera suffisant, en cherchant à en dégager des lois générales.
- P. Idrac.
- Fig. 8. — Valeurs moyennes du champ électrique de l’atmosphère relevées au cours d'ascension de nuit, du matin et de l’après-midi.
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- EXPÉRIENCES sur CERTAINS EFFETS THERMIQUES DE LA D’ARSONVALISATION A ONDES COURTES
- (RADIOTHERMIE)
- Étant en possession d’un générateur pour « d’Arsonvali-sation à ondes courtes » construit par la maison Beaudouin, j’ai commencé, avant de faire des applications thérapeutiques, par étudier le champ oscillant entre deux plateaux-condensateurs reliés aux bornes de cet appareil dont le montage est celui de Eccles et Mesny : la fréquence obtenue est de 30 millions de périodes par seconde, soit une longueur d’onde de 10 m. Le courant étant établi, on règle l’accord sur le circuit extérieur jusqu’à ce que l’aiguille de l’ampèremètre atteigne une valeur maxima; puis on augmente l’intensité totale jusqu’au maximum : quoique l’indication de l’ampèremètre thermique n’ait pas de rapport avec l’intensité passant dans le circuit d’utilisation, c’est un moyen commode pour se rendre compte du bon fonctionnement de l’appareil générateur des ondes courtes.
- L’effet le plus manifeste de ce champ de très haute fréquence est réchauffement des milieux placés entre les deux condensateurs.
- J’ai cherché tout d’abord à connaître l’effet de la d’Arson-valisation à ondes courtes sur différents liquides de résistance spécifique différente : mes expériences ont porté sur de l’eau distillée, de l’eau de la ville, et une solution forte à 15 pour 100 de sel marin. Au début de ces expériences, j’avais placé les liquides étudiés'dans des boîtes en carton paraffiné : je trouvais des échauffements très irréguliers; ainsi, dans une expérience avec de l’eau de la ville, la température est passée de 18°,2 à 39°,2, soit un échauffement de 21° en 2 minutes, et en même temps de la fumée se dégageait de la boîte paraffinée. L’action thermique du champ se produisait ici surtout sur les parois du récipient plutôt que sur le contenu. Aussi, j’ai été amené à prendre des godets en terre non poreuse : chaque liquide était versé en même quantité dans un des godets de 18 mm de profondeur et les trois godets étaient disposés au centre sur un des plateaux-condensateurs dont ils étaient séparés par une lame de carton épais, l’autre plateau étant à 53 mm au-dessus du premier.
- Dans une expérience, la température initiale de ces trois liquides était de 20°,5. Voici les nombres relevés :
- Eau Eau Eau
- distillée de la ville salée forte
- Après 2 minutes. . 21o,2 22°, 1 21°
- — 3 — . . 21°,6 23° 2lo,2
- — 5 — . . 22o,5 25° 22o,l
- — 7 — . . 23°, 5 26o,5 230,5
- — 9 — . . 24o,4 28o,5 26
- — 10 — . . 24o,8 29°,5 27°,5
- On remarquera que pendant les sept premières minutes, réchauffement de la solution salée, se fait moins vite que celui de l’eau distillée, mais qu’ensuite la température de l’eau salée croît plus vite que celle de l’eau distillée.
- Le tableau précédent montre que réchauffement est loin d’être le même pour les trois milieux : la température de l’eau distillée et de l’eau salée croît beaucoup moins vite que celle de l’eau ordinaire, dont la résistivité est intermédiaire à celle des deux autres liquides. Cela est d’accord avec les résultats de Schliephake sur des solutions à concentrations faible et forte; de mon côté, en opérant sur trois solutions salées de concentrations différentes, j’ai constaté, en partant de la solution physiologique à 7 pour 1000, que réchauffement allait en diminuant à mesure que la concentration augmentait.
- Solution à 7 0/00; échauffement par minute 2°,4
- — 45 0/00; — . — 10,65
- — 205 0/00; — — lo,08
- D’autre part, en opérant sur différents milieux de gi’ande
- résistivité, j’ai trouvé que réchauffement est moins rapide et moins important qu’avec de l’eau ordinaire.
- Voici les échauffements constatés après 4 minutes :
- Eau sucrée à 15 %...................... 6°,3
- Albumine (blanc d’œuf)................. 5°,3
- Huile de vaseline...................... 7°
- Huile d’olive..........................12°
- Dans les mêmes conditions, réchauffement de l’eau de la ville était de 14°.
- Il est intéressant de noter que la d’Arsonvalisation à ondes courtes pourrait peut-être servir à établir une nouvelle constante physique et en particulier à caractériser les différentes huiles, dont les falsifications pourraient ainsi être reconnues.
- On avait déjà observé que les liquides très conducteurs, de même que les liquides très mauvais conducteurs, s’échauffent moins dans le champ oscillant de très haute fréquence que les liquides médiocrement conducteurs. C’est aussi ce qu’avait constaté M. d’Arsonval avec les courants de diathermie (*).
- Comme on le voit, les mêmes phénomènes sé retrouvent aussi bien avec les courants de diathermie, dont la fréquence oscille autour de 3 millions par seconde suivant les appareils, qu’avec les courants de radio-thermie, dont la longueur des ondes électriques est 10 fois plus petite. Il y a lieu, toutefois, de remarquer qu’avec ces dernières les échauffements se manifestent, dans les milieux traversés, à distance, tandis qu’avec les premières les milieux doivent être en contact avec les électrodes. Ce qui différencie, en effet, les ondes courtes des ondes longues, c’est que les premières agissent par capacité, tandis que dans la d’Arsonvalisation diathermique les ondes de haute fréquence agissent par conductibilité et capacité.
- Dr H. Bordier, Professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Lyon.
- 1. Voir H. Bordier, Diathermie et diathermothérapie, 6e édition,
- p. 86.
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- CE QUE L’ON PEUT FAIRE AVEC UN CERF-VOLANT
- Dans notre précédent article (voir n° du 1er juillet 1932), nous avons donné des détails sur la construction et le réglage des cerfs-volants.
- Indépendamment du plaisir que l’on peut avoir à faire
- Fig. 1. — Construction d’un postillon.
- évoluer un cerf-volant convenablement, dans des conditions de vents très variables ou à chercher à lui faire atteindre le plus de hauteur possible, on peut l’utiliser pour de nombreuses applications pratiques et amusantes. En effet, d’une part le câble tendu du sol au cerf-volant constitue un va-et-vient qui peut nous permettre d’élever en l’air quantité d’objets différents, animés ou non; d’autre part, l’action de l’air sur le vent produit une traction sur la corde que nous pourrons également utiliser pour divers usages.
- Nous nous proposons de décrire dans cet article quelques applications amusantes, faciles à réaliser, tout en laissant délibérément de côté les applications pratiques qui nécessitent des cerfs-volants plus puissants et un matériel assez coûteux.
- I. - LES POSTILLONS
- Une des applications les plus connues du public consiste
- à faire glisser le long de la corde des objets légers qui sont
- entraînés par le vent, et montent jusqu’au cerf-volant. On leur a donné le nom de postillons ou dépêches. Le postillon le plus simple consiste en un morceau de papier d’environ 10 cm de côté, percé d’un trou au centre et que l’on enfile dans la corde. Il est préférable de se servir de papier fort
- qui se déforme moins, on lui donne la forme d’un
- cône très évasé dont la
- pointe est tournée vers le cerf-volant. Le vent s’engouffre dans le papier et l’entraîne rapidement.
- On trouve d’ailleurs dans le commerce de nombreux modèles qui fonctionnent parfaitement. Il est facile de les construire soi-même; pour cela nous nous procurerons deux baguettes de bois blanc de 30 cm de lon-
- gueur ayant une section carrée de 10 mm de côté, que nous réunirons l’une à l’autre à l’aide d’une vis, de façon à former un T (voir fîg. 1). La baguette AB sera munie à ses extrémités de deux pièces en forme de crochets P et P' découpées dans de la tôle de laiton ou d’aluminium, et dans lesquelles viendra s’engager la corde. La partie sur laquelle viendra frotter la corde devra être arrondie à l’aide d’une pince et convenablement polie pour faciliter le glissement. Il y a intérêt à monter les crochets tête-bêclie pour que la corde ne puisse sortir.
- La barre CD sert de vergue à une petite voile carrée de 30 cm de côté en toile ou papier fort et dont les quatre angles seront munis de goussets triangulaires.
- La tension de la voile s’obtient par deux petits bambous ou joncs montés en diagonales.
- Nous nous procurerons maintenant chez un quincaillier un morceau de fil d’acier de 2 mm environ de diamètre (corde à piano ou rayon de bicyclette), et de 50 cm de longueur dont une extrémité sera coudée en forme de boucle ou mieux d’ovale allongé (diamètre minimum 5 cm), et l’autre extrémité en forme d’U, cette pièce sera fixée le long de la barre AB de telle sorte que la boucle dépasse en avant de quelques centimètres. On se servira pour cette fixation de petits pitons fermés (un à chaque extrémité). La petite branche de l’U sera tournée vers le bas et engagée dans deux pitons vissés en dessous de la barre AB. Deux petites ficelles / et /' partent des angles inférieurs de la voile et viennent s’attacher à un anneau. Leur longueur sera telle que, une fois l’anneau engagé dans la petite branche de l’U formant verrou, la voile sera perpendiculaire à la barre AB.
- Le fonctionnement de notre postillon est très simple : on le met à cheval sur la corde, on enfile l’anneau dans le verrou et le vent l’entraîne sur la corde. Il vient bientôt heurter une butée que nous aurons préalablement fixée sur la corde non loin du cerf-volant (morceau de bois ou bouchon). Le choc de la boucle de fil métallique sur la butée produit l’ouverture du verrou qui libère l’anneau. La voile n’étant plus maintenue se couche sous le vent et notre postillon redescend à terre. Il ne reste plus qu’à recommencer.
- Si l’on désire obtenir un meilleur roulement il faudra remplacer les patins de glissement par des petites poulies de laiton. Les dimensions que nous donnons peuvent être naturellement agrandies ou diminuées. Chacun, dans ce domaine, pourra exercer son ingéniosité.
- Les évolutions du postillon sur la corde sont par elles-mêmes fort attrayantes, car tout ne va pas forcément pour le mieux. Le vent, les noeuds sur la corde, sont des causes d’incidents nombreux et variés et posent quantité de petits problèmes intéressants à résoudre.
- Lorsque notre postillon est bien réglé et mis au point, il peut nous servir à d’intéressantes expériences. Nous avons là, en effet, un petit funiculaire en miniature et il vient tout naturellement à l’esprit de l’utiliser pour le transport de voyageurs ou de marchandises. Une petite boîte en carton attachée par quatre ficelles au postillon, fera une nacelle très convenable pour des poupées, ou tout autre objet figurant des marchandises.
- D’autre part, on trouve dans le commerce de petits parachutes avec aviateur miniature; il devient alors fort amusant de les attacher dans le verrou de notre postillon. Arrivé à la butée, le verrou du postillon en s’ouvrant abandonnera le parachutiste au gré des vents.
- Si nous disposons de plusieurs parachutes sèmblabïes il devient alors possible d’imaginer un concours de distance
- Fig. 2. —- Postillon distributeur de confettis.
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- parcourue. Vous pouvez être assuré d’avoir beaucoup de succès au bord de la mer et surtout de nombreux spectateurs.
- On peut encore fixer au postillon une boîte munie d’un fond à charnière. Une petite ficelle relie le fond au verrou de façon à l’empêcher de s’ouvrir. Au départ on remplit la boîte soit de confettis, soit de morceaux de papiers multicolores, soit encore de petits drapeaux réclames. Arrivé au bout de sa course, le verrou du postillon s’ouvre ainsi que le fond de la boîte et son contenu est dispersé dans toutes les directions
- (fig- 2).
- Enfin terminons cette énumération en signalant aux personnes qui s'occupent de modèles réduits de planeurs que notre postillon constitue un admirable instrument de lancement, du fait même que le lâcher peut s’effectuer à toute hauteur depuis quelques mètres jusqu’à plusieurs centaines de mètres suivant la longueur de corde dont on dispose. 11 est, bien entendu, nécessaire d’imaginer un mode d’attache spécial qui permette au planeur d’être lâché soit contre le vent, soit sous le vent.
- II. - ILLUMINATIONS AÉRIENNES
- Tandis qu’à la campagne, en règle générale, le vent tombe au coucher du soleil, à la mer, par contre, lorsque la nuit tombe, il y a presque toujours une légère brise appelée vent de terre, créée par le fait que la terre se refroidissant plus vite
- que l’eau, il se crée un appel d’air au-dessus de la mer. Il devient donc facile de lancer un cerf-volant à la tombée de la nuit.
- L’illumination aérienne par cerf-volant est un amusant passe-temps qui a toujours le don d’intriguer vivement les spectateurs, car le cerf-volant et la corde sont invisibles; seuls se voient en l’air des lumières qui dansent à la façon de feux follets.
- Un simple lampion de papier accroché quelque part sur la corde, et à bonne hauteur, produit, surtout lorsque la nuit est bien noire, un effet merveilleux. Si nous disposons d’un cerf-volant, assez grand il y a intérêt à accrocher plusieurs lampions, ce qui en augmente encore l’attrait.
- Pour faire cette petite expérience nous nous procurerons une douzaine de lampions cylindriques en papier, ou mieux en étoffe ignifugée (lampions de bicyclette), de couleurs variées. Chaque lampion est muni d’une corde ou mieux d’un fil de fer fin au moins de 1 m de longueur et terminé à son extré-’ mité par une boucle.
- Une fois le cerf-volant lancé, on fixe sur la corde, en les espaçant de 5 à 10 m, de petits morceaux de bois (cabillots), ayant une demi-douzaine de centimètres de longueur. Il en faut un par lampion. C’est après ces cabillots que nous attacherons nos lampions. Voici comment il faut procéder pratiquement : le premier cabillot doit être placé au moins à 50 m du cerf-volant; on attache le lampion et on allume, puis on continue ainsi successivement pour chaque lampion en déroulant chaque fois la longueur de corde nécessaire.
- Une fois l’opération terminée, on déroule de la corde de façon que notre série de lumières soit la plus élevée possible. Par l’effet de la distance, les lampions paraissent
- Fig. 3. — Illuminations par cerf-volant.
- rapprochés les uns des autres et du pied de la corde, ils sont vus les uns au-dessous des autres, constituant ainsi les anneaux d’une immense chenille lumineuse se contorsionnant en tous sens. Si la nuit est sans lune, la chenille peut être vue dans un rayon de 10 km.
- Nous nous sommes souvent livrés à cette distraction pendant les vacances et il nous est arrivé plusieurs fois d’entendre le lendemain matin des personnes raconter qu’elles avaient été témoins d’un phénomène astronomique nouveau.
- L’opération de l’allumage des lampions en plein vent est toujours assez délicate et nous ne saurions trop conseiller aux expérimentateurs de se munir d’allumettes tisons.
- On peut également accrocher un ou plusieurs lampions à un postillon; l’effet obtenu est très réussi. A noter que cette expérience est sans danger; si par malheur un lampion se détachait, il serait instantanément soufflé soit par le vent de chute, soit par le choc à terre. La figure 3 donne une idée, quoique bien imparfaite, de cette expérience.
- Lampion postillon. — Les lampions en carton étant très légers et offrant une assez grande surface on peut facilement les envoyer en postillon. Le lampion sera muni d’une corde-
- posiillon.
- lette de 1 à 2 m de longueur terminée à sa partie supérieure par un anneau brisé. Sur la cordelette on attache tous les 20 cm des papillotes de papier assez larges (voir fig. 4), qui faciliteront la montée. Une fois l’anneau enfilé dans la corde de retenue du cerf-volant et le lampion allumé, on l’abandonne à lui-même; il ne tarde pas à s’élever rapidement sur la corde. On peut ainsi en envoyer plusieurs les uns derrière les autres, mais alors il faut que les cordelettes qui les retiennent soient toutes de longueur différente de façon qu’arrivés en haut il n’y ait pas de collision fâcheuse.
- III. - FEUX D’ARTIFICES AÉRIENS
- Dans un même ordre d’idées il est facile d’élever en l’air des pièces d’artifice dont l’effet est toujours beaucoup plus beau que sur le sol. Cette attraction très goûtée est malheureusement d’un prix de revient assez élevé. Les pièces d’artifice qui conviennent le mieux pour cette expérience sont les pétards, feux de Bengale et chandelles romaines.
- On prendra une boîte à biscuits en fer-blanc de peu de profondeur (fig. 5), suspendue par les quatre coins à des fils de fer qui viennent se joindre sur un anneau. On fixera l’ensemble sur la corde de retenue du cerf-volant à l’aide d’un cabillot de bois et d’une cordelette d’un mètre de longueur pour éviter les brûlures. Dans la boîte on disposera une ou plusieurs pièces d’artifices dont les mèches auront été préalablement nouées à des fils d’amadou de longueur convenable. Au départ, on allume les mèches d’amadou et on lâche du câble pour permettre à la boîte de s’élever. Si on désire que les pièces d’artifices de la boîte s’allument successivement, il n’y aura qu’à mettre des mèches de longueurs différentes. Pour que l’effet produit soit intéressant, il faut élever la boîte au moins à une cinquantaine de mètres de hauteur. En variant judicieusement les pièces d’artifice, on peut arriver à consti-
- Fig. 5. — Feux de Bengale aériens.
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- tuer une attraction de premier ordre pour la Fête Nationale ou toute autre manifestation de nuit.
- IV. - REMORQUAGE PAR CERFS-VOLANTS
- La traction exercée par un cerf-volant n’est pas négligeable : on peut très bien l’utiliser au remorquage d’une petite voi-turette ou d’un canoë. Bien qu’il soit impossible de diriger un cerf-volant dans tous les sens, on peut cependant par des méthodes appropriées, le faire dévier d’un angle appréciable par rapport au vent. Ces méthodes sont assez délicates et nous n’en parlerons pas ici où nous nous sommes uniquement proposé un but de distraction. Si nous disposons d’un espace assez vaste, bien exposé au vent, c’est le cas pour beaucoup de plages, il est facile de construire un chariot léger à quatre roues que nous ferons remorquer par notre cerf-volant. Le démarrage est assez dur; mais une fois parti, on peut atteindre une vitesse assez considérable qui dépend de la vitesse du vent. Arrivé* au bout de notre terrain, nous en serons quitte pour revenir au point de départ par nos propres moyens, après avoir abattu le cerf-volant. N’est-ce pas d’ailleurs de cette façon que procèdent les amateurs de luge qui, une fois arrivés en bas de la piste, sont le plus souvent obligés de remonter leur traîneau à pied ?
- Si le remorquage d’un véhicule sur terre ne présente qu’un
- intérêt relatif, il n’en est pas de même sur l’eau. La mode est, à l’heure actuelle, aux sports nautiques, canoës, radeaux, etc. Si on organise une promenade en mer ou sur un lac, il devient intéressant de pouvoir effectuer la moitié du trajet sans fatigue. Soit à l’aller, soit au retour, il y aura un moment où le vent soufflera dans la direction de la marche à suivre, c’est alors qu’il sera facile de se faire remorquer. Les canoës légers et de faible tirant d’eau ne demandent qu’un effort très faible pour assurer leur marche; d’autre part, à surface égale, le rendement d’un cerf-volant est beaucoup plus élevé que celui d’une voile puisqu’il tend à soulever l’embarcation
- de l’eau alors que la voile tend au contraire à l’enfoncer.
- Quant au cerf-volant à employer, nous pourrons, à la rigueur, utiliser le type « Conyne » décrit dans notre article précédent. Mais il vaut mieux lui faire subir une modification dans la forme des ailes qui a pour but à la fois d’augmenter la traction spécifique au détriment de l’angle et de simplifier les opérations de montage et de démontage. La figure 6 donne l’aspect et les côtes de notre appareil transformé. Les voiles étant symétriques, le centre de pression est légèrement abaissé, d’où augmentation de la traction. D’autre part, par suite de la nouvelle forme des ailes, une seule vergue est nécessaire pour la tension de tout l’appareil, d’où simplification du montage. Avantage appréciable si l’on veut pouvoir monter l’appareil en pleine mer à bord d’un canoë, car tout le monde sait que la stabilité de ces esquifs est précaire et qu’elle ne permet pas aux occupants des mouvements de grande amplitude.
- D’autre part, notre cerf-volant devant, par destination, prendre de nombreux bains involontaires, il y. a intérêt à ce que la toile de sa voilure soit imperméabilisée avec un vernis très léger (du type de ceux employés pour les avions). Dans ce cas l’air ne pouvant filtrer à travers le tissu, il faut, pour que l’appareil soit stable, prévoir des trous et des fentes judicieusement répartis sur chaque aile.
- Une trentaine de mètres de corde sera largement suffisante au bord de la mer; elle sera enroulée en fuseau sur un morceau de bois ou mieux sur un dévidoir de canne à pêche.
- Si notre bateau possède un gouvernail et une bonne dérive, il sera possible avec un peu d’expérience de dévier d’un ceitain angle par rapport à la direction du vent; il est donc possible d’avoir un certain contrôle de la marche du bateau.
- Indépendamment des promenades que l’on peut faire, le remorquage par cerf-volant permet la traversée sans fatigue, soit d’estuaires, soit de bras de mer. Citons à titre d’exemple, la traversée de la Manche effectuée par ce moyen par M. le capitaine Cody, quelques années avant la guerre.
- Il semble bien que cette application du cerf-volant pourrait intéresser de nombreux amateurs de sport nautique. Nous avons, personnellement, plusieurs fois remorqué des bateaux et des radeaux et nous y avons toujours trouvé beaucoup d’attrait; souhaitons qu’il en soit ainsi pour les lecteurs qui voudront bien se livrer à cette distraction.
- Notons enfin, en terminant, que pour le remorquage, le cerf-volant devra être bridé le plus bas possible de façon à obtenir la traction maximum qu’il peut donner.
- Chardon.
- Fig. 6. — Cerf-volant remorqueur.
- FABRICATION RAPIDE DE la GLACE A DOMICILE
- LE BAC A GLÀCE M. P, V.
- Pour fabriquer industriellement de la glace, on procède généralement de la façon suivante : des récipients métalliques à parois minces, nommés « mouleaux », sont remplis d’eau à congeler; on les plonge dans un bac où circule une saumure continuellement refroidie à — 5° C environ, par un compresseur frigorifique. L’eau, peu à peu, se congèle en blocs. Pour obtenir de la glace transparente, il faut employer de l’eau épurée, voire distillée, et l’agiter pendant une grande partie de l’opération afin de permettre le dégagement des bulles d’air. Pour que les blocs fabriqués se conservent longtemps, il faut que leurs dimensions soient suffisantes; on fabrique
- en général des pains de 40 kg au moins ; mais leur congélation est nécessairement lente, et ne dure pas moins d’une quarantaine d’heures. Il faut prévoir les moyens de manutention mécanique pour retirer les mouleaux du bac, puis pour démouler et manier ces lourdes masses, enfin pour remplir et replacer à nouveau les mouleaux; on conçoit que cette fabrication, en raison de sa lenteur et de l’encombrant matériel qu’elle exige, ne puisse être économique que si elle est pratiquée en grand; les machines frigorifiques de petite et moyenne puissance, dont nous voyons se multiplier les emplois aujourd’hui, ne se prêtaient guère jusqu’ici à une fabrication économique et
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- commode de la glace. Les boucheries, les hôtels, bien que pourvus de meubles frigorifiques de puissance déjà respectable, servant à la conservation des denrées périssables, se trouvaient forcés de recourir à un fournisseur extérieur pour la glace dont ils ont toujours besoin.
- La chose est d’autant, plus regrettable que, lorsque les meubles sont bien isolés, et c’est toujours le cas aujourd’hui, le compresseur frigorifique n’a pas à fonctionner en permanence; pendant la plus grande partie de la nuit, notamment, il reste inactif, ne se remettant en marche que lorsque la température du meuble s’est élevée, par suite de l’ouverture des portes ou de l’introduction de nouvelles marchandises chaudes. On dispose donc bien, la plupart du temps, d’une réserve de puissance frigorifique utilisable pour fabriquer de la glace; mais qui songerait à s’encombrer d’une usine d’exploitation délicate et incommode ?
- Grâce à l’ingénieuse invention d’un spécialiste du froid, M. Velut, le problème fort heureusement ne se pose plus ainsi.
- M. Velut a réalisé, en effet, un bac à glace, à congélation rapide, à manutentions automatiques, qui peut s’associer à toute machine frigorifique de puissance moyenne, et qui résoud de façon très élégante le problème de la fabrication domestique de la glace à bon marché.
- Les mouleaux sont placés côte à côte dans un meuble isolé; ils peuvent pivoter autour d’un axe sur lequel ils sont fixés au moyen d’un palier.
- Ils se remplissent de l’eau à congeler à l’aide d’un collecteur d’eau douce, possédant un ajutage par mouleau; le remplissage s’effectue donc très simplement, dans les mouleaux en place, sans aucune manutention, par la simple ouverture d’un robinet.
- La saumure, refroidie par le compresseur, arrive dans la cuvette supérieure et ruisselle sur l’extérieur des mouleaux; ce ruissellement assure une transmission rapide du froid de la saumure à l’intérieur du mouleau; c’est lui qui permet la congélation rapide; un mouleau de 40 kg se trouve, grâce à cet artifice, congelé en 10 heures.
- Quand la congélation est terminée, la circulation de saumure s’arrête automatiquement; par l’ouverture d’un robinet on envoie dans la cuvette un peu d’eau à la température ordinaire qui décolle, en ruisselant, la glace de la paroi du mouleau.
- La glace est prête à démouler et le meuble forme glacière de conservation. On extrait la glace au fur et à mesure des besoins en basculant chaque mouleau autour de son axe (fig. 2); le mouleau se dégage de lui-même, et le mouleau se remet en place.
- Quand la provision de glace est épuisée, on recommence la congélation dans tous les mouleaux, en remettant le compresseur en route.
- L’agitation nécessaire, en cours de congélation, pour obtenir de la glace transparente, est assurée, sans aucune manipulation, par insufflation d’air.
- Comme on le voit, tout a été étudié dans cet appareil pour réduire les manutentions à quelques manœuvres simples, n’exigeant aucune dépense de force; toute la fabrication s’effectue dans un meuble de dimensions réduites qui sert en outre à emmagasiner et conserver, jusqu’au moment de l’emploi, la glace fabriquée. Quand la fabrication de la glace est terminée, au bout de 10 heures tout s’arrête et il n’est plus rien dépensé en courant.
- On aperçoit immédiatement l’avantage d’un appareil fournissant ainsi à domicile et dans les meilleures conditions de commodité et de propreté, une ample provision de glace.
- Saumure Eau de démoulage
- Aspiration de_
- <L Vidange deleau de démoulage
- la pompe
- Fig. 1. — Vue du bac à glace H. P. V. juxtaposé à un meuble frigorifique.
- Cet avantage sera d’autant plus apprécié qu’il n’est pas acquis au prix d’une dépense supplémentaire; le mode de fabrication qui vient d’être décrit est au contraire fort économique, il supprime d’abord toutes les pertes par fusion qui surviennent nécessairement au cours des transports et manutentions de la glace achetée au dehors.
- Il n’exige aucune main-d’œuvre; le plus souvent on actionnera le compresseur frigorifique au moyen du courant électrique de nuit, peu coûteux; avec le kilowatt-heure à 1 fr. le prix des 100 kg de glace ainsi produits est bien inférieur à 10 fr. ; le propriétaire de l’appareil peut donc réaliser de substantielles économies, et même grâce à lui, tirer par la vente de la glace, un bénéfice d’une installation frigorifique qui, en général, lui apparaît, au contraire, comme une assez lourde charge.
- Au besoin, si le courant électrique local est trop cher, on actionnera le compresseur frigorifique au moyen d’un petit moteur Diesel.
- Ce genre de moteurs, très économiques grâce à leur faible consommation, commence à se répandre.
- Constructeur : Anciens Établissements Mille-Pourcel-Velut, 38, rue du Louvre, Paris.
- Eau de rem plissa\
- Démou lape
- Fig. 2. — Coupe transversale du bac à glace M. P. V., montrant comment s’effectuent le remplissage et le démoulage automatique des
- mouleaux.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOÛTE CÉLESTE EN SEPTEMBRE 1932 (')
- Une belle éclipse de Lune, presque totale, et visible en de bonnes conditions à Paris, se produira le 14 septembre.
- La lumière zodiacale sera bien visible le matin, à 1 Est, du 1er au 10 septembre.
- Vénus atteindra sa plus grande élongation du matin, le 8 septembre. Elle sera magnifiquement visible.
- L’automne astronomique commencera le 23 septembre à 6».
- Enfin, la lumière cendrée de la Lune et la lueur anti-solaire se présenteront en de bonnes conditions de visibilité à la fin du mois.
- Mercure sera bien visible au début de septembre.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en septembre, passe de + 8° 16' le Ier à — 2° 49' le 30. La durée du jour décroît très vite : de 13h 26“ le 1er, elle tombera à llh 43“ le 30. La diminution du jour est surtout très sensible le soir.
- Voici le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure du passage du Soleil au méridien de Paris. L’ombre d’un fil à plomb sur le sol indique, alors, exactement, la direction du méridien.
- Date. Heure ; du passage,
- Sept. 1er 11 » 50» 1 37s
- — 3 11 49 52
- — 5 11 49 19
- — 7 11 48 39
- — 9 11 47 58
- — 11 11 47 16
- — 13 11 46 34
- — 15 11 45 51
- — 17 11 45 9
- — 19 11 44 26
- —- 21 11 43 44
- — 23 11 43 2
- — 25 11 42 20
- — 27 11 41 40
- — 29 11 41 0
- Fig. 1. — Aspect de l'éclipse presque totale de Lune du 14 septembre 1932.
- Observations physiques. — Ne pas manquer d’observer le Soleil chaque fois que le temps le permet. Dessiner (ou mieux photographier) les taches et facules. On orientera les dessins et photographies en s’aidant des données ci-après :
- Dates.
- Sept.
- E. Premier contact de la Lune avec l’ombre delaTerre,à 19'T3in. M, milieu de l’éclipse, il restera un mince croissant en dehors de l’ombre (21h0,n). S, dernier contact delà Lune avec l’ombre de la Terre, à 22h43‘".
- P B„ r1 o
- 3 + 12°,63 + 7°,23 218°,04
- 8 + 22»,78 + 7°,25 152°,00
- 13 + 23°,79 + 7°,22 85°,98
- 18 + 24°,64 + 7°,14 19°,97
- 19 + 24»,79 + 7°,12 6°,77
- 23 + 25°,33 + 7°,00 313°,97
- 28 + 25°,85 + 6°,82 247°,19
- 1. Toutes les heures données dans le présent « Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel (T. U.) compté de 0h à 241'
- Pour l’emploi de ce tableau et le calcul des surfaces tachées, voir la notice spéciale sur « Le Soleil » parue dans VAnnuaire astronomique Flammarion.
- Lumière zodiacale. — Elle sera très bien visible en septembre, au début du mois, alors que la Lune ne gênera pas l’observation. On notera sa forme en la repérant sur le ciel par rapport aux étoiles. La lumière zodiacale est plus «effilée »le matin que le soir. Comparer son éclat à la Voie lactée, noter sa couleur, etc.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de septembre, se produiront aux dates ci-après :
- P. Q. le 7, à 12» 49“
- P. L. le 14, à 21» 6“
- D. Q. le 23, à 0» 47“
- N. L. le 30, à 5» 30“
- Age de la Lune, le 1er septembre, à 0» (T. U.) = 0i,2; le 30, à 0» = 29-1,2. Pour avoir, pendant tout le mois, l’âge de la Lune à 0», ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er septembre.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en septembre : le 8 = — 28°37'; le 22 = + 28°37'. On remarquera la faible hauteur de la Lune, au-dessus de l’horizon, le lendemain du premier quartier à son passage au méridien, vers 19».
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 3 septembre, à 19». Parallaxe =60'0/'. Distance = 365 470 km. Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 19 septembre, à 16». Parallaxe = 54' 6". Distance = 405 320 km.
- Occultation d’étoile par la Lune. — Le 11 septembre, occultation de 27 Capricorne (gr. 6,1). Immersion à 18» 43“ 0.
- Lumière cendrée de la Lune. — Elle sera très intense, le matin, les 26 et 27 septembre. L’observation sera facilitée par la grande déclinaison de la Lune.
- Eclipse partielle de Lune. — Une éclipse de Lune, presque totale, se produira le 14 septembre et sera bien visible à Paris. La grandeur de cette éclipse sera de 0,981, c’est-à-dire qu’au moment de la phase maximum il ne restera plus que les 19 . . 1
- —— , soit environ — du diamètre lunaire en dehors du cône 1000 50
- d’ombre. C’est ce qu’a représenté M. Lucien Rudaux dans la figure 1 qui accompagne cet article. Ainsi, il ne restera au moment du milieu de l’éclipse qu’un très mince filet lumineux, sur le limbe Nord-Ouest de la Lune. Le dessinateur a
- à partir de 0» (minuit). Pendant la période d’application de l'heure d’été, ajouter une heure à toutes les heures indiquées ici pour qu’il y ait concordance entre la production des phénomènes et l’heure marquée par les horloges.
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- figuré en E (moment de l’entrée dans l’ombre) et en S (moment de la sortie de l’ombre), l’aspect de la Lune alors que le cône d’ombre commence à cacher le disque ou bien va quitter ce disque.
- Voici maintenant les diverses données de cette belle éclipse :
- Lever de la Lune à Paris, le 14 septembre, à . . . 17“ 59m
- Entrée de la Lune dans la pénombre, à................18 5,2
- Coucher du Soleil à Paris, à.........................18 C
- Entrée de la Lune dans l’ombre, à..................19 18,2
- Nuit complète (fin du crépuscule astronomique) à
- Paris...........................................20 0
- Milieu de l’éclipse..................................21 0,5
- Pleine Lune........................................21 6
- Sortie de l’ombre.................................. 22 42,8
- Passage de la Lune au méridien..................... 23 49,9
- Sortie de la pénombre (fin de l’éclipse)........... 23 55,8
- Si le temps est très pur, on pourra voir en même temps le Soleil couchant et, à l’opposé, la Lune déjà éclipsée (observation à faire entre 18* 5m et 18* 6“ et possible grâce à la réfraction atmosphérique qui relève les astres et aussi au fait que les heures ci-dessus se rapportent au centre de la Lune et du Soleil).
- Cette éclipse sera probablement assez lumineuse et colorée, suivant la loi qui a été indiquée par M. Danjon. Nous recommandons de tenter des photographies en couleurs au moyen des plaques « autochromes » de la partie éclipsée de la Lune. Nous avons réussi, en 1920, en collaboration avec M. Léon Gimpel, pour la première fois, une photographie en couleurs d’une éclipse de Lune. Il faut, pour cela, un objectif très lumineux ou un miroir de télescope à foyer court, des plaques autochromes hypersensibilisées et placer devant elles l’écran jaune spécial.
- Pendant l’éclipse, l’étoile 14 des Poissons, de magnitude 5,9, sera occultée pour tous les lieux de la Terre situés entre les latitudes australes de •—17° à —90°.
- Nous transmettrons à la Société astronomique de France toutes les observations que l’on voudra bien nous adresser
- de cette éclipse : photographies, dessins, remarques sur les colorations observées, etc.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront surtout au début du mois puis à la fin, à l’époque de la nouvelle Lune. Voici, pour Brest, quelques-unes de ces plus grandes marées :
- Marée du matin. Marée du soir.
- Date. Heure. Coefficient. Heure. Coefficient
- Sept. 1er Hm 96 16* 30“ 100
- — 2 4 49 104 17 7 106
- — 3 5 26 107 17 45 106
- — 4 6 3 104 18 22 100
- — 5 6 42 94 19 2 86
- — 29 3 5 91 15 23 99
- — 30 3 42 105 16 1 110
- Le mascaret, en raison de la grande amplitude des marées, se produira plusieurs fois ce mois-ci.
- Coefficient Arrivée du Mascaret à :
- Date. de la marée. Quillebeuf. Villequier. Caudebec.
- Sept. 2 106 20* 39“ 21*16“ 21* 25“
- — 3 107 8 58 9 35 9 44
- — 3 106 21 18 21 55 22 4
- — 30 105 7 19 7 56 8 5
- — 30 110 19 36 20 13 20 22
- III. Planètes.—Le Tableau ci-après, qui est établi à l’aide des données contenues dans VAnnuaire astronomique Flammarion, pour 1932, contient les renseignements pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois de septembre 1932.
- Mercure va se trouver à sa plus grande élongation le 3 septembre à 16h, à 18° 4' à l’Ouest du Soleil.
- Il sera donc visible le matin, en des conditions assez favorables dans les premiers jours du mois.
- ASTRE Dates : Septembre. Lever à Paris. Passage au Méridieix de Paris (x). Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre appa- rent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ.
- 1 5 5* 13“ 11* 49“ 19s 18 h 25m 10* 56“ + 6 » 48' 31'47",2 Lion
- Soleil . . . 15 5 27 11 45 51 18 4 11 32 + 3 1 31 52 ,4 Lion »
- ( 25 5 41 11 42 20 17 42 12 8 — 0 52 31 57 ,6 Vierge
- 1 5 3 35 10 42 17 49 9 47 + 9 34 7,0 Ç Lion )
- Mercure . . 15 4 17 11 4 17 57 10 47 + 2 16 5,4 Lion > Le matin, au début du
- » 5 20 11 33 17 46 11 56 — 5 29 4,8 Vierge mois.
- 5 1 16 8 46 16 17 7 51 + 18 8 24,6 Ç Cancer Magnifique le matin.
- Vénus. . . 15 1 24 8 48 16 12 8 32 + 16 56 22,8 o Cancer > Plus grande élongation
- 25 1 38 8 51 16 5 9 15 + 14 57 20,2 Lion le 8.
- \ 5 0 26 8 23 16 20 7 28 + 22 40 4,8 x Gémeaux
- Mars. . . . ) 15 0 18 8 10 16 11 7 55 + 21 44 5,0 Gémeaux > Le matin, avant l’aurore.
- 25 0 11 7 56 15 41 8 20 •f 20 36 5,2 0 Cancer *
- Jupiter. . . 15 3 5 10 53 17 40 10 38 + 9 36 29,0 p Lion Le matin, à l’aube.
- Saturne . . 15 15 55 20 15 0 34 20 2 — 20 57 16,0 4 Capricorne Première partie de la nuit.
- Uranus. . . 15 18 59 1 40 8 20 1 24 + 8 11 3,6 v Poissons Presque toute la nuit.
- Neptune . . 15 4 10 10 55 17 40 10 41 + 9 12 2,4 49 Lion Inobservable.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de [Paris.
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- Voici la phase et la grandeur stellaire de Mercure :
- Date. Disque illuminé. Diamètre. Magnitude stellaire.
- Sept. 2 0,38 7"6 + 0,2
- — 7 0,60 6 ,5 — 0,4
- 12 0,79 6 ,0 — 0,9
- — 17 0,91 5 ,3 — 1,2
- — 22 0,97 5 ,0 — 1,2
- — 27 0,99 4,8 — 1,2
- Mercure sera en conjonction supérieure avec le Soleil le
- 29 septembre, à 9».
- Vénus se trouvera également à sa plus grande élongation du matin le 8 septembre à 13», à 45° 55' à l’Ouest du Soleil. Elle sera visible dans des conditions parfaites, brillant d’un admirable éclat dans l’aurore.
- Voici, comme pour Mercure, la phase et la magnitude stellaire de Vénus (voir aussi le dessin n° 9 de la figure 1 du Bulletin astronomique pour mai 1932, n° 2878).
- Disque Magnitude
- Date. illuminé. Diamètre. stellaire.
- Septembre 2 0,47 25"t5 — 4,0
- — 7 . 0,50 24 ,1 — 4,0
- — 12 0,52 22 ,8 — 3,9
- — 17 0,55 21 ,7 — 3,9
- — 22 0,57 20 ,7 — 3,9
- — 27 0,60 19 ,8 — 3,8
- Nous avons expliqué, dans un précédent Bulletin astro-
- nomique ce que signifie la magnitude négative d’un astre.
- Mars devient bien visible à la fin de la nuit. Son diamètre commence à croître, mais il est de 5" environ et ne permet pas encore d’effectuer d’utiles observations des détails de la surface.
- Iris, la petite planète n° 7, sera encore bien visible au début du mois, l’opposition ayant eu lieu le 31 août. On se reportera, pour la trouver, à la petite carte spéciale de son mouvement sur le ciel (Bulletin astronomique du n° 2882, du 1er juin). Magnitude à l’opposition : 7,5.
- Une toute petite lunette est suffisante pour voir Iris.
- Jupiter se levant, le 15 septembre vers 3h du matin, on pourra le trouver à l’aube. Mais il sera très bas sur l’horizon et il faut attendre le mois prochain pour commencer les observations.
- Saturne est encore bien visible, dès l’arrivée de la nuit.
- Voici les éléments de l’anneau, à la date du 16 septembre :
- Grand axe extérieur................ . 40',15
- Petit axe extérieur................ 14",81
- Hauteur de la Terre au-dessus du
- plan de l’anneau.................-f- 21°,64
- Hauteur du Soleil au-dessus du
- plan de l’anneau.................-f- 20°,02
- On trouvera Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, lors de ses élongations maxima. Les voici pour septembre : Date. Elongation. Heure.
- Septembre 1er Orientale 22h 6
- — 10 Occidentale 4 ,4
- — 17 Orientale 20 ,7
- — 26 Occidentale 2 ,7
- Uranus sera en opposition au milieu du mois prochain et
- il devient visible presque toute la nuit. On le trouvera, en s’aidant d’une jumelle, d’une bonne carte céleste et des positions ci-après :
- Date. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre apparent.
- Septembre 5 1» 25“ -f 8» 18' 3",6
- — 15 1 24 + 8 18 3 ,6
- — 25 1 23 + 8 18 3 ,6
- Neptune est inobservable, s’étant trouvé en conjonction
- avec le Soleil le 31 août.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- . •—.—-zsTafr
- Le 10, à 16h, Saturne en conjonction avec la Lune, à 3° 38' N.
- Le 13, à 12», Mercure Le 14, à 1», Mercure Le 17, à 12», Uranus Le 18, à 21h, Jupiter Le 19, à 10h, Mercure
- Le 25, à 15», Mars Le 26, à 18», Vénus Le 28, à 5», Mercure
- Le 28, à 7», Neptune Le 28, à 10», Jupiter Le 30, à 9», Mercure
- Jupiter, àO“47'N. Neptune à 0° 58' N. la Lune, à 4° 7' S. Neptune à 0° 9' N. <7 Lion (gr. 4,2).
- à 0° 9' S. la Lune, à 2° 45' S. la Lune, à 3° 37' S. '6 Vierge (gr. 3,9), à 0° 3'N. la Lune, à 0° 1' N. la Lune, à 0° 21' N. la Lune, à 3° 30' N.
- Etoile Polaire; temps sidéral. — Voici quelques passages de l’Étoile Polaire au méridien de Paris :
- Date.
- Passage.
- Temps sidéral Heure. à 0» (T. U.)
- Septembre 7 Supérieur
- — 17 —
- — 27 —
- 2» 25“ 35 1 46 23 1 7 10
- 23» 3“ 268 23 42 51 0 22 17
- jÉtoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (P Persée), observables à l’œil nu : Le 1er septembre, à 19» 18m; le 16, à 3» 26“; le 19, à 0» 15“; le 21, à 21» 8“.
- Étoiles filantes. — Liste des essaims météoriques actifs en septembre (d’après Y Annuaire du Bureau des Longitudes) :
- Ascension Étoile
- Date. droite. Déclinaison. voisine.
- Sept. 1er 282» + 41“ a Lyre
- — 3 354“ + 38“ 14 Andromède
- — 3 au 14 346“ + 3“ |+y Poissons
- — 6 au 8 62“ +•37“ e Persée
- 8 au 10 78“ + 23“ Ç Taureau
- — 13 68“ + 5“ Piazzi IV» 236
- — 15 au 20 10“ + 35“ ^ Andromède
- — 15 et 22 6“ + 11° y Pégase
- — 20 et 21 103“ + 68“ 42 Girafe
- — 21 et 22 74“ + 44° oc Cocher
- — 21 et 25 30“ + 36“ P Triangle
- — 21 31“ + 18“ a Bélier
- — 29 au 30 24“ + 17“ y Bélier
- V. Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le 1er septembre, à 21», ou le 15 septembre, à 20», sera le suivant :
- Au Zénith : Le Cygne; la Lyre.
- Au Nord : Le Cocher; la Grande Ourse.
- A l’Est : Pégase; Andromède; le Bélier.
- Au Sud : Le Capricorne; le Verseau; le Dauphin; l’Aigle; le Sagittaire.
- A l’Ouest : Ophiuchus; le Serpent; Hercule; la Couronne; le Bouvier. La Balance et le Scorpion se couchent.
- A l’horizon sud, le Poisson austral, avec Fomalhaut, l’étoile de lre grandeur la plus australe visible de Paris (déclinaison = — 29° 59'). Em. Touchet.
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- LIVRES NOUVEAUX
- ptlOtogrammetry. (Collected lectures and essays.) Edited by
- O. von Gruber. Traduit de l’allemand en anglais, par G. F. Mc Caw
- et F. A. Cazalet. 1 vol. illustré, 454 p. Chapman et Hall, London,
- 1932. Prix net : relié, 30 sh.
- Ce livre, rédigé sous la direction de M. O. von Gruber, un des hauts techniciens de la maison Zeiss, d'I.éna, est la reproduction d’un de ces cours de vacances qu’organise régulièrement la célèbre maison d’optique. L’ouvrage, dédié à la mémoire de Pulfrich, le père de la stéréo-photogrammétrie, est composé d’un certain nombre d’excellents exposés rédigés chacun par des spécialistes,’ la plupart appartenant à l’état-major de la maison Zeiss. Le volume ainsi composé montre, d’une façon complète et précise, comment se pose le problème de l’exécution de levés cartographiques à l’aide de photographies; il fait l’iiistorique détaillé des diverses solutions proposées depuis que Laussedat, le premier, montra la voie à suivre; il discute à fond et compare les méthodes actuellement en vigueur. Ce livre montre la haute valeur pratique des méthodes cartographiques reposant sur la photogrammétrie; il peut servir de guide à ceux qui ont intérêt à y recourir; il facilite en outre la tâche de ceux qui voudront faire progresser encore ces intéressantes méthodes, car dans une revue critique des brevets pris sur la question, il relève clairement les voies qui déjà ont été battues. L’ouvrage est très bien présenté et d’une lecture fort agréable.
- Introduction à la mécanique des fluides, par A. Foch.
- 1 vol., 200 p., 55 fig. Armand Colin, Paris, 1932. Prix : 10 fr. 50.
- L’étude théorique ou expérimentale de la mécanique des fluides a été fort négligée en France, chose curieuse, depuis l’époque même où est née la navigation aérienne. Une vive réaction contre cet état de choses s’est opérée en ces dernières années; de nombreuses publications récentes en font foi; le petit traité que publie aujourd’hui M. Foch, professeur de mécanique des fluides à la Sorbonne, en est une nouvelle preuve. C’est un ouvrage d’initiation qui présente d’abord, avec beaucoup de clarté, les points essentiels de la cinématique et de la dynamique théoriques du fluide parfait; il montre ensuite brièvement comment s’effectuent les mesures dans les fluides en mouvement; puis donne des notions sur l’écoulement des fluides visqueux, et montre comment on peut aborder ce problème, d’une façon simplifiée, mais fort utile en pratique, en s’aidant de l’hypothèse de la couche limite. L’ouvrage se termine par d’intéressants aperçus sur les autorotations, la propagation des ondes de pression, la résistance de l’air aux vitesses voisines de la vitesse du son et l’écoulement des gaz dans les tuyères.
- Saiiplanes (planeurs), by C. H. Latimer Needham. 1 vol.
- 268 p., 196 fig. Chapman et Hall, éditeurs, 11, Henrietta Street,
- Covent Garden, London W. C. 2. Prix : 15 sh.
- Le vol à voile, pratiqué avec tant de succès en Allemagne, se développe assez rapidement en Angleterre. En France, il commence aussi à recruter des adeptes; mais nous ne possédons pas chez nous d’ouvrage comparable à celui de M. Needham qui fournit des données précises pour le calcul complet et la construction de planeurs de divers modèles. Outre cette si utile étude de la construction du planeur, précieuse pour quiconque voudra essayer de mettre au point un planeur, M. Needham consacre quelques pages substantielles au pilotage du planeur, notamment à l’utilisation des courants ascendants provoqués par réchauffement du vol ou la proximité de nuages. Il aborde également le problème si intéressant du remorquage.
- Traité de chimie minérale, publié sous la direction de
- P. Pascal. Tome VII. 1 vol., 644 p., 100 fig. Masson et Cie.
- Paris, 1932. Prix : 120 fr.
- Le 7 e tome du grand traité de chimie de Pascal, paraît peu de temps après les trois premiers; il y a donc une lacune de 3 tomes, qui sera sans doute rapidement comblée. Le nouveau volume est consacré au glucinium, au magnésium, au zinc, au cadmium, à l’aluminium, au gallium et à l’indium. Pour sa rédaction, le même plan a été observé que pour les précédents; la première partie du volume est consacrée à des monographies scientifiques : propriétés physiques et chimiques, modes de préparations des métaux envisagés et de leurs composés; c’est le résumé, présenté avec clarté et élégance, d’une prodigieuse documentation. Mlle Marchai a traité le chapitre du glucinium, M. C. Duval celui du magnésium, M. P. Renaud, celui du zinc, M. Tombeck celui du cadmium, Mlle Veil celui de l’aluminium, MM. Bardet et Tchakirian, celui du gallium et de l’indium. La seconde partie de l’ouvrage est consacrée aux applications industrielles; on y trouvera trois études du plus haut intérêt pratique, l’une de M. Paul Baud sur l’élaboration des métaux légers; l’autre de M. Ren-gade sur les liants hydrauliques, le seul aperçu complet que l’on possède actuellement en France sur la chimie des ciments; le troisième, enfin, de M. Samsœn sur le verre et son industrie.
- A monograph of the recent Cephalopoda, par G.
- C. Robson. Part. II. The Octopoda. 1 vol. in-8, 359 p., 79 fig., 6 pl. British Muséum (Natural History), London, 1932.
- Cette monographie est vraiment la très bienvenue. Les Céphalopodes ne furent longtemps connus que par quelques formes littorales rencontrées par les pêcheurs (pieuvre, sèche, calmar, etc) et il fallut attendre les grandes expéditions océanographiques pour avoir une idée de la multiplicité et de la diversité de leurs formes. Ce sont, en effet, pour la plupart, des animaux du grand large, très rapides, difficiles a capturer. Peu à peu, un grand nombre d’espèces ont été décrites dans des mémoires épars et il devenait urgent d’en opérer le recensement, le classement et plus encore la révision, beaucoup de types n’ayant été vus qu’une ou quelques fois. Utilisant les riches collections du British Muséum et celles des autres grands musées européens et américains, l’auteur a entrepris cette œuvre aussi utile que difficile. Voici le deuxième volume qu’il consacre aux Octopodes (Céphalopodes à 8 bras). Il y passe en revue les particularités et les variations anatomiques, puis les modes de vie qui posent deux délicates questions : celle de l’habitat, celle de la reproduction et des stades juvéniles. 11 essaie ensuite d’une classification logique, tenant compte de la phylogénie et des multiples phénomènes de convergence, qui fait apparaître une différenciation très complexe. Les espèces sont ensuite traitées systématiquement, par familles et par genres, avec l’indication précise de toutes les. captures et de toutes les études auxquelles elles ont donné lieu.
- Précis d’hygiène, par Jules Courmont, avec la collaboration de Ch. Lesieur et A. Rochaix. 4e édition revue et corrigée. Paul Courmont et A. Rochaix. 1 vol. in-16, 956 p., 225 fig. Collections de Précis médicaux. Masson et Cie, Paris, 1932. Prix broché : 65 fr. ; cartonné toile, 80 fr.
- Bien que ce précis classique et connu ait été surtout écrit pour les médecins, l’hygiène occupe une place suffisamment grande dans la vie privée et dans la vie publique, pour qu’il puisse avoir beaucoup d’autres lecteurs.
- Les médecins y trouveront d’abord les principes essentiels de la médecine préventive, puis tous ceux qui doivent se spécialiser en hygiène : inspecteurs départementaux, directeurs de bureaux d’hygiène, médecins des écoles, médecins des épidémies, médecins vaccinateurs, etc., les éléments de leur préparation. Ce précis est en plus un guide parfaitement au courant des découvertes scientifiques et des obligations légales, adapté aux possibilités pratiques. Il est donc le guide des pharmaciens, vétérinaires, ingénieurs, architectes, professeurs, et plus encore des maires, conseillers municipaux et parlementaires. Cette nouvelle édition a été mise à jour des organisations nouvelles et des progrès de l’épidémiologie, de la prophylaxie, et de l’hygiène sociale.
- L’armée d’orient délivrée du paludisme, par Edmond et Étienne Sergent. 1 vol. in-8, 91 p. nombreuses figures. Masson et Cie, Paris, 1932. Prix : 25 fr.
- Voici agréablement contée une bonne et grande œuvre. En 1916, l’armée d’Orient avait vu fondre ses effectifs à tel point qu’elle ne pouvait plus attaquer. On lui envoya deux simples aide-majors, deux maîtres du paludisme et, sous les yeux d’abord incrédules, puis peu à peu conquis du commandement, ils organisèrent cette mission antipaludique qui prêcha partout la quinine, la moustiquaire, l’irrigation. En 1917, on enregistra 10 fois moins de malaria et 23 fois moins de décès. De charmants croquis, un texte alerte rappellent ces souvenirs.
- Le pH en dermatologie, par Louis Spillmann, Marcel Vérain et Jacques Weiss. 1 vol. in-8, 195 p. Masson et Cie Paris, 1932. Prix : 32 fr.
- Voici la notion d’acidité, d’alcalinité, exprimée finement par le pH’ qui fait son entrée en dermatologie, après avoir pénétré dans toutes les sciences physico-chimiques et toutes les industries de matières aqueuses. Les auteurs ont étudié 117 malades atteints de diverses maladies cutanées : eczéma, urticaire, prurigo, érythème, etc.; dans 93 pour 100 des cas, ils ont trouvé un déséquilibre acido-basique et ils en ont tiré des moyens de diagnostic, de pronostic et de traitement. C’est dire tout l’intérêt de pareilles recherches en clinique et la lumière qu’elles peuvent apporter à une thérapeutique le plus souvent difficile.
- La population du Trièves, par Terras, Valence, imprimerie Céas, 1932, in-8, 72 p. avec photographies et une carte.
- Bonne petite monographie d’une région du Dauphiné qui est peu connue et qui mérite de l’être davantage. Après quelques considérations géographiques et historiques, l’auteur s’occupe de la race, de l’habitat, de la maison, des mœurs, du folk-lore, de la démographie, et termine par des aperçus sur le caractère des habitants et sur leur dialecte.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- AVIATION
- La traversée de l’Atlantique en avion en 12 h. 30 m.
- Ce sont les deux aviateurs américains MM. Bennett Griffin et James‘Mattern qui viennent le 6 juillet dernier d’accomplir ce bel exploit, à bord d’un monoplan « Locklieed-Viga » muni d’un moteur Pratt et Wliitney « Wasp » de 425 cli. Partis à 5 heures le matin (heure locale) de New-York, le
- 5 juillet, ils arrivent dans l’après-midi à Terre-Neuve qu ils quittent à 21 h. 30, pour passer au-dessus de l’Irlande le
- 6 juillet à 10 h. 30 ; continuant ensuite leur route, ils n’atterrissaient à Berlin qu’à 17 h. 45, ayant effectué un parcours sans arrêt de 4500 km. Leur intention était de faire le tour du monde; aussi repartaient-ils presque aussitôt en direction de Moscou; mais une avarie survenue aux commandes les obligea en pleine nuit, près de Minsk, à un atterrissage difficile où l’appareil fut mis hors de service et les deux pilotes légèrement blessés.
- ASTRONOMIE Nouvelles comètes.
- Les circulaires n08118, 119 et 120, de la British astronomical Association, que reproduisent les circulaires 8 F et 9 F de la Société astronomique de France, annoncent la découverte de deux comètes, dont les positions sont très voisines.
- Voici d’ailleurs un résumé de ces circulaires.
- Une première comète a été découverte par M. Newman à la position suivante, le 20 juin, à 4h 49m 4S :
- Ascension droite = 15h 37m 163; déclinaison = + 7° 56'; magnitude = 13,0.
- M. W. H. Steavenson, qui a observé cette comète le 21 juin, l’a estimée un peu plus brillante, de magnitude 12,0, et lui a trouvé un diamètre de 1' environ, avec une faible condensation centrale et un noyau stellaire de 14e magnitude.
- C’est dire que cette petite comète ne peut être observée qu’avec des instruments très puissants.
- En effectuant des recherches sur des clichés photographiques pris quelque temps auparavant, on a pu la retrouver sur deux clichés des 1er et 7 juin 1932, et, utilisant ces positions photographiques, MM. Whipple et Cunningham ont calculé une orbite parabolique et une éphéméride indiquant, pour une période d’une quinzaine de jours, la position du nouvel astre.
- Nous ferons grâce à nos lecteurs de ces éléments et de ces positions, qui ont d’ailleurs un caractère tout provisoire.
- Le 25 juin, M. Schmidt, à l’Observatoire d’Alger, a découvert, de son côté, une nouvelle comète dont la position était, à 20 47m 4S :
- Ascension droite = 15h 28m 36s; déclinaison = -j- 11° 45/.
- C’est là une position fort voisine de celle qu’aurait dû occuper la comète Newman, d’après l’épliéméride de MM. Whipple et Cunningham.
- Le Dr Steavenson, l’infatigable observateur des comètes, a vraisemblablement observé le nouvel astre le 1er juillet, mais il l’a pris pour la comète Newman et on s’explique ainsi, qu’il fut surpris de lui trouver une magnitude plus grande que la nuit précédente.
- D’autre part, les observations faites ce jour-là par le Dr Steavenson indiquent une position qui ne concorde pas avec les orbites calculées pour la comète Newman soit par
- MM. Whipple et Cummingham, soit par un autre calculateur, M. Davidson.
- On est ainsi en présence de deux comètes voisines, tout au moins en apparence. Il se peut, ajoute la circulaire n° 120, de la British Astronomical Association, qu’il y ait quelque connexion physique entre les deux astres et qu’on se trouve en présence d’une comète divisée, ce qui serait d’un intérêt considérable.
- Ce n’est pas la première fois que l’on observe des dislocations de comètes, mais la plus célèbre est, sans contredit, celle de la comète de Biela, qui, en 1846, parut un soir s’allonger en forme de poire pour se dédoubler, dix jours plus tard, le 19 février 1846, d’après l’observation de Strune, en deux comètes distinctes cheminant côte à côte. Les deux astres restèrent visibles ainsi pendant quatre mois. On les revit en 1852. Depuis, la comète de Biela a disparu.
- On s’attendait à la revoir en 1872, époque où elle devait passer près de la Terre et son retour était attendu avec curiosité.
- On ne vit pas la comète, mais, le 27 novembre 1872, on assista à une magnifique averse d’étoiles filantes et il s’en produit encore de nos jours, à la même date. C’est tout ce qu’il reste de la comète de Biela. E. T.
- ZOOLOGIE
- Longévité et croissance des Tortues géantes en captivité.
- Pour compléter notre article sur les Tortues géantes, paru dans le n° 2882 de La Nature, nous rappellerons quelques exemples cités par Flower, qui donnent une idée de la longévité et de la croissance des grands Chéloniens conservés en captivité dans les réserves ou dans les parcs zoologiques.
- Au Muséum national d’Histoire naturelle, à Paris, une Tortue éléphantine mourut en 1892, après 14 ans de captivité. Au Zoo de Londres, d’après Boulenger, des individus de cette espèce ont vécu 7 ans, 10 ans, 11 ans et 12 ans et demi au maximum.
- Sous un climat plus favorable, en Egypte, où Flower fit de longs séjours, les grands Testudinés vivent sensiblement plus longtemps; à Gizeh, la durée moyenne de leur vie, en captivité, et observée en 25 ans, est de 19 ans 8 mois 14 jours. En 1924, deux Tortues éléphantines vivaient encore, à Gizeh, au bout de 22 ans de captivité.
- Dans la réserve des Iles Seychelles, une Tortue éléphantine vivait en juin 1910, après 28 ans et demi de captivité.
- D’autre part, Duméril a écrit, dans le Morning Post, le 15 juillet 1850, qu’il a vu en Angleterre, une très volumineuse Tortue éléphantine qui, selon les renseignements fournis par les familles auxquelles elle avait appartenu, était âgée de 179 ans : elle avait été envoyée du Cap de Bonne-Espérqnce, en présent à la reine Victoria.
- Lord Rothschild a dit, en 1915, que le grand mâle conservé monté au Tring Muséum, est un très vieil animal d’au moins 300 ans et qui, vivant, devait peser 269 kg.
- On cite également un mâle de Tortue de Daudin transporté au xvme siècle d’Aldabra à l’Ile Maurice; il y vivait en 1795. Il fut porté à Londres, où il mourut en 1899.
- Un autre grand mâle, dit Tortue de Marion, fut apporté des Seychelles à l’Ile Maurice par le Chevalier Marion de Fresne, en 1766. Il vécut dans les baraquements d’artillerie à Port-Louis. Il devint aveugle en 1908. Et il vivait encore en 1915, ayant 150 ans ou davantage.
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- Un mâle de Tortue de Darwin, des Galapagos, compta 85 ans de captivité.
- De même que l’âge des grandes Tortues ne peut pas être déterminé d’après la taille de l’animal, il ne peut pas l’être non plus d’après l’aspect des écailles, car les caractéristiques des écailles dépendraient du terrain sur lequel vivent les Tortues et du nombre de variétés vivant dans une même région et susceptibles de se croiser. On sait que les hybrides sont fertiles.
- Quant à la croissance des grands Chéloniens captifs, elle est assez rapide.
- Ainsi une Tortue des Galapagos qui pesait 63 kg 54 quand elle arriva à New-York, en 1904, pesait 133 kg 78 en 1914 et 142 kg 9 en 1916.
- Une autre Tortue des Galapagos, un jeune sujet, à son arrivée à New-York pesait 13 kg 15 seulement en 1912, de là elle passa à 133 kg 78 en 1919 et à 158 kg 78 en 1921.
- Lorsque le climat leur est propice, les grandes Tortues s’élèvent facilement et, comme nous l’avons dit, elles vivent mieux, en captivité, que les petites espèces de nos régions, soumises à l’hivernage.
- En leur patrie, les grands Chéloniens étaient encore très nombreux au xvme siècle et au début du xixe siècle.
- A. Feuillée-Billot.
- MÉCANIQUE
- Vanalyseuse différentielle, machine pour résoudre
- les équations différentielles les plus compliquées.
- Le Dr V. Bush, professeur à l’Ecole des Ingénieurs du Massachusetts Institute of Technology, à Cambridge, Mass., avait, il y a déjà plusieurs années, mis au point certaines machines fort intéressantes pour accomplir des opérations mathématiques très compliquées, machines se conqrortant, sous bien des rapports, comme de véritables êtres pensants. Il vient de réaliser une machine de construction plus remarquable encore, Vanalyseuse différentielle. Cette machine est capable de résoudre les équations différentielles les plus compliquées et de faire, en quelques heures, un travail qui exigerait des jours et des semaines pour des calculateurs exercés.
- Pour soumettre au calcul les phénomènes dont la vitesse ou l’intensité non seulement varient, mais varient suivant des rapports également variables, le physicien et l’ingénieur doivent recourir au calcul infinitésimal.
- La nouvelle machine à calculer sert précisément à résoudre les équations différentielles souvent fort difficiles qui expriment ces phénomènes et ces effets.
- Malgré sa construction assez compliquée, l’ana-lyseuse différentielle est d’un maniement assez simple.
- Elle se compose de plusieurs unités dont chacune est, elle-même, une machine à calculer particulière — tables d’entrée du problème et tables des résultats, multiplicatrices, additionneuses, intégratrices, etc.
- Chacune de ces unités comporte plusieurs — le plus souvent trois — axes, accouplés entre eux de façon à faire varier leurs vitesses de rotation suivant des rapports donnés, de façon, par exemple, à indiquer les sommes ou les produits les uns des autres.
- Ces diverses unités peuvent s’accoupler entre elles
- Fig. 1. — Le Dr Bush, inventeur de Vanalyseuse différentielle, en train de poser les données d’un problème sous la forme d'une série de courbes.
- suivant les données de chaque problème. Il va sans dire que certaines pièces du mécanisme de la table où sont posées les données du problème doivent être guidées d’accord avec l’équation qu’il s’agit de résoudre. Dans un cas des plus simples — celui de la marche, à vitesse variable, d’une auto — l’un des axes de la table doit, par exemple, s’ajuster de façon à faire varier sa vitesse de rotation d’accord avec la vitesse de marche de la voiture. On trace, à cet effet, des courbes correspondant à l’équation en question et le long desquelles un index se déplace. La solution se présente sur la table des résultats, au centre, vers la droite de la figure 2.
- D1' A. Gradenvvitz.
- Fig. 2. — L’analgseuse différentielle.
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- PETITES INVENTIONS
- CONSTRUCTION D’AMATEURS
- Miroir à nuages et observateur d’avions à faire soi=même.
- Voici un instrument dont la présence dans un jardin sera aussi intéressante que celle d’une statue ou de quelque beau vase décoratif. Cet instrument sert à deux choses. C’est d’abord un miroir à nuages. Sa glace peut être placée bien horizontalement, horizontalité que l’on obtient grâce à la présence du petit niveau d’eau 1 placé sur la glace (lig. 1). Autour de la glace sont marqués les points cardinaux et quelques lignes intermédiaires correspondant aux N. E., S. O., S. S. O., etc. La glace n’est pas noire comme dans les classiques miroirs à nuages, parce qu’on n’observe pas longtemps et qu’il n’y a de ce fait, nulle fatigue; mais avec ce miroir, on peut suivre la marche des nuages, et, de l’observation de cette marche,
- déterminer la direction du vent. Il faut aussi, tout d’abord, que l’instrument, tournant sur son pivot 2, soit placé de façon telle que la tige 3 vienne se placer devant la ligne 4 : cela indique alors que le miroir est en bonne place, le nord du miroir correspondant au nord astronomique.
- L’instrument sert aussi à observer les évolutions et la marche des avions. Lorsque le miroir horizontal est bien mis, comme ci-dessus, au nord, il permet de déterminer le sens, l’orientation de marche des avions.
- Lorsqu’on veut se contenter d’observer simplement les avions, par pure curiosité, et en ne s’occupant nullement de la rose des vents, il suffit de suivre le plus commodément possible cette marche des machines volantes en plaçant la glace au mieux : or, elle évolue dans tous les sens. Regarder en l’air est bien désagréable. Regarder commodément dans une glace, est chose parfaite.
- La construction de cet objet est simple.
- La glace, entourée d’un carton collé où sont indiqués les
- points cardinaux, est fixée sur une planche (sapin ou chêne.) Aux quatre coins enlevés de la glace, des vis (5) enfoncées dans la planche retiennent ladite glace à l’aide de leur tête modérément serrée sur une rondelle de cuir appuyant sur le verre. La planche est fixée, vissée, sur la pièce de bois G. Aux deux extrémités de cette pièce de bois, deux tiges de fer sont enfoncées à force, très serrées. Ces tiges tournent dans deux pièces de fer 8, et deux vis 9 viennent serrer à volonté leurs extrémités. Un étrier de fer plat, 10, fait suite, Sur lui est vissé l’axe 2. Vissée encore sur 2 est la rondelle 11. L’ensemble (miroir et support) tourne dans la pièce de bois 13, sur la rondelle 12 vissée sur la pièce de bois. Cette pièce de bois 13, est enfoncée dans la terre du jardin (fig. A, B, C).
- La figure D montre la chose en plan.
- Nulle dimension fixe n’est donnée pour tout cela. On fait comme l’on veut; mais noter cependant que la glace doit être à la hauteur de la poitrine d’une personne debout. Monnier.
- OBJETS UTILES
- Table à coulisses automatiques.
- Un constructeur a imaginé récemment un système de table à coulisses, combinée de manière que sur chacun des côtés de la table se trouvent des coulisses reliées par un système cinématique qui les solidarise les unes avec les autres.
- De cette manière, quand on agit sur une seule coulisse, on entraîne par le fait même, le déplacement de toutes les autres.
- Voici la description du système tel qu’il a été réalisé :
- Sous la table, on dispose un encadrement qui est constitué de la manière suivante :
- Le long des grands côtés, et sur toute leur longueur, on prend deux fers à U, dont les creux se font face, et on complète l’encadrement au moyen de fers à U, dont les creux se font également face deux à deux et qui se trouvent deux en dessus et deux en dessous. Ces quatre U, qui complètent l’encadrement, ont une longueur qui correspond à celle des petits côtés de la table, que nous supposons rectangulaire, mais qui pourrait avoir évidemment toute autre forme : ovale, carrée ou ronde.
- Deux tirettes se déplaçant dans le sens de la longueur du rectangle auront une largeur moindre que la moitié du grand côté dudit rectangle et elles coulisseront dans les creux des fers à U à nu ou par roulements à galets, à billes ou similaires.
- Deux autres tirettes se déplaceront dans le sens du petit côté du rectangle et elles pourront avoir une largeur presque égale à la longueur de ce petit côté. En effet, chacune aura ses glissières propres.
- Au milieu de chaque tii*ette et sur leur bord intérieur, on fixe une plaquette ou tringle, chacune percée d’un œil. Ces yeux serviront au passage d’axes de pivotement pour des tringles de longueurs égales, qui constitueront une sorte de losange articulé assurant la liaison cinématique des tirettes.
- L’importance de la saillie des tirettes dépend de la longueur
- K..\ InI /-sq
- /M.V
- i • ' V
- Fig. 1. — Schéma du miroir à nuages et observateur d'avions.
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- Losange articulé
- Tirettes
- Fig. 1. — Le mécanisme de la labié à coulisses automatiques.
- A) Tirettes rentrées. B) Tirettes demi-sorties. C) Tirettes sorties.
- des bielles que l’on a intérêt à faire aussi longues que possible.
- On peut échancrer, par exemple, les fers à U vers leur milieu, les partager en deux et ménager une niche dans les traverses longues de la table, de manière à avancer les œils le plus près possible des bords.
- Quand on déplacera une tirette quelconque pour la faire saillir ou la rentrer, le losange dont on a parlé se déformera à la demande, les deux sommets les plus éloignés se déplaçant des bords vers le centre, tandis que les sommets rapprochés du centre s’en éloigneront, et inversement pour la marche contraire des tirettes.
- Bien entendu, la table est construite soit en bois, soit en métal, de manière à s’appliquer à toutes sortes d’usages : aussi bien à des meubles de style ou à des meubles ordinaires, qu’à des tables de « camping » et le système peut être établi quelle que soit la forme de la table que l’on prévoit; il suffira d’adap • ter le système au modèle de la table choisie.
- Constructeur : Lannes à Montréal de l’Aude Fig. 2.— Vue de la table. (Aude).
- Avertisseur d'effraction.
- Les sonneries avertisseuses d’effraction sont simples à installer. Il est évident que si la porte, lorsqu’elle s’ouvre, provoque la fermeture d’un contact électrique, il est possible d’actionner des appareils avertisseurs aussi puissants qu’on le désire.
- Il faut, bien enten-
- '.:.......’................ = 141 ==
- du, avoir pour cela un dispositif déjà installé, ce qui n’est généralement pas le cas lorsqu’on se déplace et qu’on est dans une chambre d’hôtel qui ne comporte pas de contact de passage avertisseur.
- On a bien imaginé différents systèmes qui verrouillent la porte à l’intérieur, mais ils ont un inconvénient, c’est qu’en cas de malaise, par exemple, si celui qui habite la chambre ne peut se lever, personne ne peut plus entrer, ni lui prêter secours.
- Voici un système évidemment plus compliqué que les appareils verrouilleurs de porte, mais qui offre l’intérêt de permettre à quiconque d’ouvrir la serrure au moyen d’une clé, comme à l’habitude. Dans ce cas évidemment la sonnerie fonctionne, mais cela n’a aucune importance s’il s’agit d’un voyageur qui désire, au contraire, qu’on pénètre dans sa chambre, par exemple en cas de maladie imprévue.
- L’appareil est constitué par un bloc qui comporte une sonnerie avertisseuse et la pile destinée à l’alimenter. Le commutateur de sonnerie a une forme particulière; il est constitué par une petite plaque où se trouvent les contacts, et par une tige formant fiche que l’on enfonce dans le trou de la serrure.
- Ainsi le bloc de la sonnerie est accroché avec son étui ou
- Fig. 3. — Avertisseur d’effraclion adapté à une serrure.
- sans étui, tout simplement, à la poignée de la porte, soit au moyen de la bretelle de l’étui, soit plus simplement avec la boucle que forme le fil torsadé unissant le bloc et la fiche.
- La fiche pénètre à fond dans l’entrée de la serrure, et en faisant tourner, bien entendu, vers le haut, la cache entrée s’il y a lieu. Une petite manette fixée sur la plaque de contact est relevée vers le haut, à droite; on pousse ensuite cette manette plus en avant, jusqu’à ce qu’on puisse la faire tourner de gauche à droite et l’amener soit dans la position basse, soit dans la position relevée à gauche. Dans ces conditions, la plaque de contact est armée et prête à fonctionner. Si l’on veut ouvrir la porte en mettant une clé dans la serrure de l’extérieur, immédiatement on agit sur la fiche qui s’enfonce plus ou moins et qui assure le contact fermant le circuit de la pile sur la sonnerie.
- On voit combien cet appareil peut être pratique pour des voyageurs, des représentants de commerce qui veulent être assurés de ne pas être cambriolés la nuit, et qui, cependant, craignent de verrouiller leur porte.
- Constructeui : Henri Rouet, 110, route de Chatillon, Malakoff.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Sauvetage de l’équipage des sous=marins coulés.
- Comme suite à l’article publié dans notre Numéro du l8r juin sur le sauvetage de l'équipage d’un sous-marin coulé, nous croyons devoir citer les travaux du capitaine de vaisseau A. de Kerraoul, traitant particulièrement des dangers qui menacent le scaphandrier en habit caoutchouté : dangers d’embolie gazeuse et d’empoisonnement, celui-ci pendant l’immersion, celle-là pendant la remontée.
- Le commandant de Kerraoul montre en outre comment le simple scaphandre permet de travailler en eau profonde de 100, 200 mètres et davantage.
- Ces intéressantes études, susceptibles de contribuer considérablement au progrès de si importantes questions, sont résumées en deux brochures publiées par les Presses bretonnes, à St-Brieuc, sous les titres : En scaphandre ordinaire à 200 mètres de profondeur, et Plus haut, plus bas — Pour les aéronautes, Pour les scaphandriers.
- A propos du monde des serpents (n° 2882).
- Mme S. Lafay a envoyé à La Nature une note recueillie dans la revue Progreso sur une Couleuvre d’Esculape qui s’était nouée et étranglée dans une touffe de Gui. Je ferai simplement remarquer que l’article initial a été publié dans le Bulletin de VAssociation des Naturalistes de la vallée du Loing (') n° 3-4 de 1930, sous le titre de Couleuvre d’Esculape victime du gui, et signé du Chanoine J. Guignon.
- L’observation datait de la mi-mars de 1915. En trois pages pleines d’intérêt, M. le Chanoine Guignon raconte comment un bûcheron aperçut, au sommet d’un gigantesque Peuplier, en lisière de la forêt de Fontainebleau, une touffe de Gui d’où pendait un objet bizarre qu’il prit pour une ceinture de cuir. Après avoir abattu l’arbre, le journalier constata qu’il s’agissait d’une Couleuvre morte et s’empressa d’en avertir M. i’abbé G. Goury, amateur de curiosités naturelles; celui-ci fit part de la trouvaille au Chanoine Guignon, et tous deux partirent sur les lieux. Ils virent une superbe Couleuvre d’Esculape, longue de 1 m 58, au corps intact, sauf un renflement qui s’était produit à l’endroit où les efforts faits par l’animal pour se dégager avaient amassé les intestins, car la Couleuvre s’était empêtrée dans le Gui, « cravatée » et asphyxiée.
- L’auteur pense qu’elle s’était introduite dans la touffe de Gui, soit pendant la nuit, soit en croyant pénétrer dans un nid de Corvidé pour y dérober les oeufs ou les petits, selon son habitude; en explorant le Gui, elle se sera lovée sans pouvoir se dénouer : « le mouvement en avant lui était facile, mais celui en arrière impossible à cause de l’imbrication spéciale de ses écailles qui s’accrochaient aux tiges suivantes : plus elle avançait, plus elle resserrait le nœud, car les écailles carénées favorisent l’ascension sur l’écorce rugueuse des arbres, mais rendent difficile la descente. Que l’on compare avec elle le Chat dont les griffes des pattes antérieures l’aident à grimper facilement, mais ne lui sont guère utiles pour descendre, sinon à reculons ». L’élasticité des tiges du Gui augmentait la difficulté, et finalement la Couleuvre fut victime de ce singulier accident.
- La touffe de Gui et le Serpent furent portés au presbytère de Samois-sur-Seine, afin d’y être photographiés. Par malchance, le cliché fut
- 1. Dont le siège social est à Moret-sur-Loing (S.-et-M.).
- manqué « Ce fut vraiment dommage, — regrette M .le Chanoine Guignon, — car on aurait pu constater la manière dont la Couleuvre s’était bouclée, la partie antérieure du corps étant passée dans la boucle et pendante. » En terminant, le naturaliste demande si un cas analogue a été observé, et il engage ses collègues à inspecter du regard les toufïes de Gui, au printemps, avant l’apparition des feuilles.
- A notre connaissance, l’observation est unique.
- A. Feuiu.ée-Billot.
- liés oiseaux vus de la route.
- L’observation de M. Minvielle sur la vitesse des Pigeons (voir n° 2883 de La Nature) m’a fort intéressée et elle m’incite à dire que fréquemment des Oiseaux escortent les véhicules sur la route. Souvent même, ils suivent les trains. J’ai remarqué, en particulier, qu’au passage d’un train sur le pont du chemin de fer d’Argenteuil, de petits Oiseaux semblent s’amuser à voler latéralement comme pour montrer qu’ils peuvent aller aussi vite que nos bruyantes machines. Mais je n’ai pas pu distinguer les espèces de ces Passereaux.
- Sur la route, et surtout d’un side-car ou d’une petite torpédo, j’ai observé le comportement des Oiseaux. La « conduite intérieure », plus confortable sans doute, ne permet pas de voir les mille petits incidents qui ajoutent du charme au voyage. Donc, cheminant à une allure moyenne de cinquante kilomètres à l’heure, nous avions de nombreux compagnons ailés.
- D’abord des Hirondelles : elles vous encerclent, vous suivent en tournant, :— et vous dépassent!... Des Pinsons, des Chardonnerets nous ont escortés. Le Pinson qui marche si gracieusement sur la route, lorsqu’il est dérangé par un véhicule, s’envole dans l’intention de se poser devant ledit véhicule : j’ai vu des Pinsons s’entêter à vouloir ainsi se poser devant nous ; quand ils avaient pris de l’avance, ils tou, chaientlesol et, naturellement, repartaient aussitôt, jusqu’à ce qu’ils aient reconnu l’inutilité de leurs efforts.
- En présence d’une voiture en marche, de jeunes Oiseaux s’affolent-se jettent sur vous au lieu de vous éviter. Ce sont eux qui forment le contingent des victimes de l’automobile trop rapide.
- Les Oiseaux qui suivent nos machines ont l’air de s’en faire un jeu : il y a quelque chose de fier et de joyeux dans leur élan. Seulement, ces Oiseaux ne vous suivent pas longtemps, car chacun désire généralement rester en son canton.
- Dans la campagne paisible et solitaire, la route réserve parfois de jolies surprises. Je me souviens avoir vu, un jour de printemps, un couple de belles Huppes qui nichait au creux d’un arbre en bordure de la route, en pleine Beauce.
- Près de Soissons, j’ai vu une jeune Crécerelle, perchée sur un lil électrique, d’où elle inspectait l’espace. Plus loin, l’Alouette cochevis trottinait en lisière des champs, et le timide Traquet motteux, posé sur une pierre, hochait la queue, prêt à saisir au vol l’Insecte qui passerait à sa portée.
- Tout le long du parcours sur route, l’ami de la Nature trouve matière à observation. Et quand les ornithologistes voyageront en avion, ils pourront noter avec précision la vitesse et la hauteur de vol des Oiseaux migrateurs : jusqu’à présent, rien de précis n’a été signalé à ce sujet. A. Feuillée-Billot.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- De tout un peu.
- M. Maillard, à Damvant. •— 1° L’extraction des principes actifs contenus dans les plantes médicinales comporte de nombreuses variantes suivant les cas; seul un traité de pharmacie tel que l’Officine de Dorvault que vous trouverez à la Pharmacie centrale de France, 7, rue de Jouy, à Paris, vous permettra de résoudre des questions aussi diverses.
- 2° La Maison Neveu, 16, rue Monsieur-le-Prince, construit de petites pompes à vide, mues à la main, qui, pensons-nous, seront susceptibles de vous donner satisfaction.
- M. Claude à Valdivia-Chili. — La transformation du citrate
- d’argent en cyanure ne présente aucune difficulté, le citrate d’argent ayant la propriété de se décomposer à température élevée avec légère explosion.
- Comme conséquence de cette observation il convient donc de porter d’abord au rouge le creuset ouvert, puis de n’y projeter le citrate sec que par petites portions.
- Une fois la réaction terminée, on reprend le résidu par l’acide nitrique, et étend avec de l’eau distillée, pour ne pas apporter de chlorures, l’addition d’une solution de cyanure de potassium précipitera alors l’argent à l’état de cyanure qu’on filtre et lave soigneusement.
- M. Dessart, à Liège. — A notre avis, le procédé le plus pratique
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- pour imperméabiliser votre toile serait celui du Dr Jacquemet qui •onsisterait à la badigeonner étant bien sèche avec la solution suivante :
- Vaseline blonde............................... 10 grammes
- Lanoline anhydre.............................. 10 —
- Essence pour autos........................... 500 —
- Tétrachlorure de carbone.................... 500 —
- Si vous disposez d’un pistolet à air comprimé pour peindre, il est évident que celui-ci peut être utilisé, mais il devra être soigneusement débarrassé de tout pigment sous peine de produire des maculatures de la toile.
- M. Nicolas, à Lunéville. — Le remplissage des tubes de baromètre se fait très facilement en soudant à l’extrémité libre une ampoule de laquelle partent deux tubes, l’un étiré en pointe d’abord fermé, l’autre ouvert que Ton met en communication avec une pompe à vide, on chauffe légèrement le tube du baromètre à mesure que le vide se fait de sorte qu’on expulse ainsi en même temps l’air et l’humidité.
- Une fois le vide très poussé réalisé, on plonge la pointe dans du mercure chaud et on la brise, le mercure monte peu à peu et remplit le tube barométrique.
- La pointe doit être assez fine pour que le remplissage dure environ deux heures, on coupe ensuite la jonction en dessous de l’ampoule, après avoir retourné le tube.
- M. Senéclanze, à Lyon. — 1° Le noircissement de l’argenterie est dû à une sulfuration, le plus souvent par du gaz d’éclairage qui renferme des traces d’hydrogène sulfuré, dans ce cas l’argent sert de réactif pour révéler la présence de ce gaz.
- 2° Les taches d’encre, quel que soit le support, s’enlèvent facilement en touchant avec un pinceau imbibé d’eau de Javel étendue et légèrement acidulée par quelques gouttes d’acide chlorhydrique.
- Rincer ensuite à l’eau pure très soigneusement pour ne pas laisser de traces de chlore.
- 3° Les taches d’urine sur les tapis sont dues à l’efflorescence de l’urée libérée par évaporation. Pour les faire disparaître, il suffit de laver à l’eau tiède.
- 4° La cellule photo-électrique transforme l’énergie lumineuse en énergie électrique par utilisation de la propriété que possèdent les métaux alcalins d’émettre des électrons sous l’influence de la lumière.
- Essentiellement, une cellule photo-électrique est constituée par une ampoule de verre où on a fait le vide, dans laquelle se trouvent d’une part une cathode réalisée par une couche mince de sodium ou potassium et d’autre part une anode formée d’un fil ou treillis métallique.
- Chacune de ces électrodes est reliée à un circuit extérieur très résistant, ordre de 100 000 ohms, alimenté sous 100 à 200 v.
- En l’absence de toute lumière, la résistance peut être considérée comme infinie, mais si une lumière, même très faible, intervient, il y a émission d’électrons par la cathode, qui se dirigent vers l’anode en déterminant un courant intérieur dans l’ampoule et conséquemment dans le circuit extérieur, courant que Ton peut mesurer et qui est proportionnel au flux lumineux tombant sur la cathode.
- F. I. D., à Buenos-Aires. — 1° Une simple solution aqueuse de gélatine blanche doit vous donner satisfaction, pour fixer vos étiquettes, la gélatine est en effet insoluble dans l’alcool et s’il s’agit d’eau formolée, le formol rendant la gélatine insoluble dans l’eau, l’insolubilisation de la colle sera réalisée par la solution elle-même.
- 2° Voici quelques formules employées par le Musée chimique de Londres qui devront convenir pour conserver vos préparations d’ani-
- maux divers en bon état : I II III IV V
- Sel gris .... . 1250 gr 1250 gr 2500 gr 2500 gr 2500 gr
- Alun 60 60 — — ,
- Sublimé. . . . 1 2 1 — —-
- Acide arsénieux . — — — 1 1
- Chacune de ces doses est établie pour dix litres d’eau. I convient
- dans la plupart des cas. II est à recommander pour les tissus délicats. III est destiné aux pièces où il y a des os. IV sert pour les vieilles préparations dont on change le liquide; enfin V sera réservé à celles ayant une tendance au ramollissement.
- M. Le Dr Segonzac, à Albi. — D’après le brevet français Manesse et Sechehage n° 714 388, on peut obtenir un produit souple, pouvant remplacer le verre, à base d’urée et formol en condensant 2 kg 700 d’aldéhyde formique, I kg d’urée, 0 kg 400 de lactose ou glucose et 5 gr d’ammoniaque ou sel ammoniacal.
- On chauffe doucement et évapore jusqu’à formation de bulles cre-
- vant lentement à la surface, on coule alors dans des moules appropriés.
- IVI. Guillebaud, à Pantin. — 1° Les souillures résultant du frottement sur les paletots de cuir, s’enlèvent avec facilité au moyen des solvants des matières grasses : essence de pétrole ou gazoline, tétrachlorure de carbone, benzine légère, etc.
- 2° La décoloration des vins se pratique au noir animal que le commerce vinicole livre en pâte pour cet usage, la dose à employer varie suivant la coloration du vin de 200 gr à 500 gr par hectolitre.
- 3° Vous trouverez une formule de préparation d’encaustique à l’essence de térébenthine dans le n° 2774, page 528. Veuillez bien vous y reporter. 4° On peut prendre comme base de composition d’une colle-bloc telle qu’on la rencontre actuellement dans le commerce, les données suivantes :
- Dextrine................................... 30 grammes
- Gélatine.................................... 5 —
- Eau froide................................. 35 —
- Sirop de glucose...........................150 —
- Faire gonfler la gélatine dans l’eau froide pendant quelques heures ainsi que la dextrine, liquéfier au bain-marie, ajouter le'sirop de glucose, puis, après avoir rendu bien homogène, incorporer :
- Blanc de zinc.................................... 5 grammes
- Pour assurer la conservation, additionner de 15 gouttes d’une solution à 1 pour 100 de sublimé par 100 cm3 de colle.
- Suivant la compacité désirée, on peut faire varier la quantité de glucose, lequel est destiné à donner de là souplesse.
- Tissages de Saint-Denis, Westrem. — Nous pensons que la fluatation de vos, cuves en ciment vous permettrait de les adapter à l’emploi que vous avez en vue. Tous renseignements sur cette question vous seront donnés par la Maison Teisset-Kesler de Clermont-Ferrand qui est spécialisée dans la fabrication des différents fluates.
- Pensionnat de Reims-Momignies. — Si votre miroir n’était atteint que de quelques piqûres, nous pourrions vous indiquer comment faire des réparations locales, mais comme il s’agit, dites-vous, d’une grande surface, le mieux est de le remettre entre les mains d’un miroitier pour une réargenture totale qui sera plus économique et avec un résultat meilleur.
- Gergovia, à Clermont-Ferrand. — Le collage sur fer-blanc doit s’effectuer avec des colles alcalines qui agissent sur l’étamage en le rendant granuleux, la formule suivante vous donnera très probable-
- ment satisfaction :
- Poudre de chaux éteinte tamisée ...... 30 grammes
- Carbonate de soude cristallisé pulvérisé ... 20 —
- Caséine en poudre.................................50 —
- Délayer dans l’eau tiède au moment de l’emploi pour amener à consistance convenable.
- L. R, en Berry.— 1° Les taches blanches qui apparaissent sur votre parquet sont dues au développement de moisissures. Pratiquement, le seul remède serait de relever les feuillets et de les reposer sur bain de bitume.
- 2° La préparation des camemberts s’effectue ainsi : le lait résultant de la traite du soir est le plus souvent écrémé et mélangé avec le lait entier de la traite du matin, on le met en présure à la température de 27° G de manière que le caillé se prenne en quatre heures environ; on en garnit des moules de 0 m. 12 de diamètre et autant de hauteur, percés de trous et .reposant sur des paillassons ou des nattes en jonc. Il faut 2 litres de lait pour faire un fromage et la quantité de caillé correspondante est ajoutée au fur et à mesure du tassement.
- Deux jours après la mise en moule, les fromages sont retournés et salés sur les deux faces, puis transportés au séchoir.
- Là ils sont placés sur des claies en paille, la température y est d’environ 15° C et, au bout de 15 jours, on les fait passer dans la cave d’affinage où ils acquièrent le goût particulier et le moelleux qui les fait apprécier.
- M. Borriès, à Colombes. •— Le moyen le plus sûr pour éviter la chute de vos objets en faïence accrochés au mur est d’y percer deux petits trous avec un drille léger muni d’un foret fin en acier bien trempé, imbibé d’essence de térébenthine. Une ficelle solide avec boucle en arrière vous permettra ensuite une fixation parfaitement dissimulée.
- M. OC B, à Paris. — Pour nettoyer les petits pots à colle en aluminium, il faut d’abord faire bouillir dans de l’eau seule pour détacher toutes les parcelles de dextrine séchées. Après avoir bien rincé à l’eau chaude, faire bouillir quelques minutes dans une solution de carbonate de soude à 5 pour 100 environ (cristaux du commerce). Rincer à nouveau pour enlever toute trace d’alcali et sécher à l’air.
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Fig. 1. •— L'électrification de la Palestine à l'aide des forces hydrauliques du Jourdain. — Vue extérieure de l’usine. (Ph. Wide World.) Fig. 2. — L’inauguration de l’usine hydroélectrique de Naharaym, sur le Jourdain, par le Haut-Commissaire britannique-, en face de lui l'émir Abdullah de Transjordanie; à la gauche de celui-ci, M. Rutenberg, ingénieur sioniste, auteur du plan d’électrification. (Ph. Wide World.)
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- Fig. 5. — L’alcool-moteur en Allemagne.
- L’alcool mélangé à l’essence est employé en Allemagne par tous les véhicules olficiels. Un centre de ravitaillement à Berlin. (Ph. Wide World. ) Fig. 6.— Le solarium tournant de M. Saïdman installé à Aix-les-Bains,
- (Ph. Keystone.)
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- Fig. 3 et 4.
- L’église de Hombleux (Somme), détruite pendant la guerre, a été relevée de ses ruines et dotée d'un magnifique carillon qui fut inauguré par M. Lenfanl, carillonneur de Rouen.
- (Ph. Roi.)
- Le Gérant : G. Masson.
- 2808. — Paris, lmp. Lahure. — 1-8-1932.
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- LA NATURE
- N° 2887. — 15 Août 1932* Prix du Numéro: 4 francs
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- LA NATURE
- MASSON et C*8, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI* (R. C. Sein* ; i5.234) Tél. Danton 56-tt.
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n*‘), 90 fr. ; — 6 mois (12 n“), 45 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 4 ir.
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois 24 n0*), 105 fr. ; — 6 mois (12 n*') 53 fr.
- Tarif pour l’étranger
- Tarif n° 1
- Un an . Six mois
- 110 fr. 55 fr.
- Tarifa* 2
- Un an . Six mois
- 130 fr. 65 fr.
- Tarif extérieur n" 1 valable pour tous les pays ayant accepté une réduction de 50 pour iOO sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chilie, Colombie, Congo belge, Costa-llica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce. Guatemala, Haiti, Hedjaz, Honduras, Hongrie, Lettonie-, Liberia, Lilhuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U.R.S. S.), San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela. Tarif extérieur n* 2 valable pour les autres pays.
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- LA NATURE
- 15 Août 1932.
- L’ACCUMULATEUR A L’IODE
- Mettre l’énergie électrique en réserve par un procédé permettant de la retrouver aisément sous la même forme est un problème qui n’a encore été résolu que d’une façon très imparfaite; le moyen électro-chimique, le seul actuellement utilisable, qui est mis en œuvre dans les accumulateurs au plomb, au fer-nickel et au cadmium-nickel, a jusque maintenant présenté des inconvénients tels que, dans les cas où il n’est pas possible de relier l’instrument à alimenter à un réseau de distribution, on a le plus souvent renoncé à utiliser l’électricité lorsqu’il était possible de recourir à un autre agent.
- Grâce à l’automobile et à la radiophonie, l’accumulateur au plomb a pénétré dans le domaine des applications domestiques, mais n’a guère réussi à se faire apprécier. C’est que cet appareil reste, malgré. tout, malpropre et délicat et exige la présence d’un liquide corrosif. L’accumulateur au fer-nickel, plus robuste, mais aussi plus coûteux et plus encombrant et de rendement médiocre -— 50 pour 100, alors qu’avec le plomb on peut atteindre 76 pour 100 — n’a réussi à s’imposer que dans certains cas spéciaux. Aucune des autres solutions proposées n’avait d’ailleurs pu passer du laboratoire à l’application industrielle : toutes présentaient des inconvénients qui rendaient illusoires les avantages théoriquement acquis.
- Les échecs récents des accumulateurs au plomb-zinc, au borozincate.de potassium et au chlorure de brome n’ont cependant pas découragé les inventeurs et l’un d’eux, François Boisier, en religion, Frère Ciro Francisco, des Frères des écoles chrétiennes, a réussi, avec le concours des Frères Arêtas et Archangel, professeurs à l’École d’Arts et Métiers d’Erquelinnes, à réaliser un accumulateur qui, d’ores et déjà, présente des avantages patents sur ceux au plomb ou au fer-nickel. Mettant en œuvre seulement des corps simples dont les réactions ne peuvent donner lieu à la production d’aucun gaz, le nouvel accumulateur est, contrairement à tous ceux qui l’ont précédé, hermétiquement clos; de là, deux conséquences particulièrement intéressantes : 1° il ne
- peut se produire aucune perte de substance; 2° la propreté est absolue. A priori, l’accumulateur à l’iode semble donc être d’exploitation économique et offrir de remarquables facilités d’isolement.
- L’ACCUMULATEUR A IODE ET SON MÉCANISME
- Le premier accumulateur de ce genre réalisé par le Frère Ciro était constitué par une pile de boîtiers renfermant chacun un tampon imprégné d’iodure de zinc et
- dont les faces étaient formées, l’une par une plaque de zinc, l’autre par une plaque de charbon, encastrées de part et d’autre d’un châssis en matière isolante. En serrant ces éléments les uns contre les autres, faces charbon contre faces zinc, on avait une batterie dont l’aspect rappelait celui de la pile de Volta. Au bout de quelques mois d’expérience, il fut constaté que cette solution laissait à désirer : les plaques de charbon n’étaient pas rigoureusement imperméables et l’iodure de zinc, les traversant à la longue de part en part, atteignait la face extérieure du zinc de l’élément voisin.
- Le Frère Ciro adopta alors la forme cylindrique, l’accumulateur à l’iode (fig. 1) prit ainsi l’aspect d’une pile « sèche », l’anode étant constituée par un bâton axial de charbon à grain serré entouré de granules de charbon absorbant et séparé de la cathode en zinc par un diaphragme poreux en cellulose; l’électrolyte, une solution d’iodure de zinc à 60° Baume, imprègne les grains de charbon et le diaphragme. Notons en passant qu’il importe, pour obtenir un fonctionnement normal, de n’utiliser que des produits purs; la cathode, en particulier, doit être en zinc électrolytique et non en zinc amalgamé.
- Le tube de zinc est fermé, à la partie supérieure, par un bouchon hermétique; la tête du charbon est coiffée d’une capsule de laiton, sur laquelle est soudé un fil métallique permettant d’établir une liaison avec un autre élément.
- Lorsqu’un tel élément est parcouru par un courant
- Bouchon de bnai
- T
- -Charbon -Gaine iso/anh -Zinc -
- • Diaphragme
- -Charbon absorbant
- Fig. 1. — Coupes longitudinale el transversale de Vaccumulateur à l’iode.
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- continu allant du charbon au zinc, l’électrolyte se dissocie, le métal descend le courant et se fixe sur la cathode, cependant que l’halogène le remonte et est absorbé par le charbon granulé. Peu à peu, l’électrolyte s’appauvrit en iodure, la résistance intérieure diminue, passe par un minimum lorsque le titre de la solution s’est abaissé à 27° Baumé, puis remonte très rapidement et atteint une valeur plus élevée que celle qu’elle avait au début de la charge. A un certain moment, le degré de concentration de l’iodure de zinc s’est abaissé à un point tel que 1 iode libéré ne trouve plus de solvant et se recombine aussitôt avec le zinc : la charge est terminée. Si on ne coupe pas le courant, il se produit une simple élévation de température sans conséquence aucune : l’élément étant hermétiquement clos, il ne peut y avoir ni évaporation de l’iode, ni dessiccation de l’électrolyte.
- Lors de la décharge, il s’établit un courant de sens inverse : le zinc en descendant le courant, l’iode en le re,If?ntant’ se rej°ignent et se combinent à nouveau. L’élément débite jusqu’à ce que la totalité .de l’iode libéré ait été fixée par le zinc. L’équation de charge et de décharge peut s’écrire : Zn I2 ^ Zn -f 2 I.
- On pourrait croire que la cathode, qui alternativement reçoit un dépôt électrolytique de zinc et l’abandonne, se détériore assez vite ; en réalité il n’en est rien : grâce à la présence du diaphragme poreux en cellulose en contact avec la cathode, l’iode nécessairement libéré en même temps que le métal se diffuse avec une lenteur telle que les aiguilles métalliques qui pourraient tendre à surgir seraient immédiatement réduites par action locale reconstituant l’iodure de zinc. Par un mécanisme analogue le diaphragme assure, lors de la décharge, la dissolution régulière du zinc déposé lors de la charge et de celui-là seulement.
- Toute détérioration des électrodes étant impossible, aucun dégagement de gaz ou de vapeurs ne pouvant se produire, la conservation des qualités de l’élément est
- Fig. 2. — Courbes de charge (C, C' C") et courbes de décharge (D D' D"), comparées des accumulateurs à l’iode, au fer-nickel, au plomb.
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- assurée d’une façon parfaite et il n’est besoin d’aucun entretien.
- LES CARACTÉRISTIQUES DE L’ACCUMULATEUR A L’IODE
- En comparant des courbes de charge et de décharge (fig. 2) d’accumulateurs à l’iode, au fer-nickel et au plomb, on constate que celles du premier présentent une partie rectiligne nettement plus étendue et de pente plus faible et plus régulière, ce qui révèle, pour un débit donné, une tension plus constante. Alors qu’avec le plomb et le fer-nickel la tension de décharge varie respectivement, sur la partie utilisable de la courbe, de 2,1 à 1,94 v et de 1,48 à 1,2 v., avec l’iode elle s’abaisse seulement de 1 /10 de v. On remarquera aussi que les deux courbes se rapportant à ce dernier accumulateur sont plus proches l’une de l’autre que celles afférentes aux deux autres types.
- D’après les essais officiels effectues par le Laboratoire central d’Électricité de Paris, le rendement de l’accumulateur à l’iode oscille entre 70 et 80 pour 100, suivant le modèle, même après un long usage ; on sait que celui de l’accumulateur au plomb, qui peut atteindre 78 pour 100 lors de la mise en service, s’abaisse peu à peu, et que celui de l’élément au fer-nickel n’excède guère 50 pour 100. La sùpériorité de l’accumulateur à l’iode est, à ce point de vue, absolument indiscutable.
- La faiblesse de la tension du courant débité par l’élément à l’iode semble, a priori, devoir être regardée comme une infériorité; en réalité, il en est rien, et cela constitue même un avantage : en effet, grâce à la faiblesse de la tension, il ne peut se produire dans l’élément aucun phénomène d’hydrolyse et par conséquent aucune production de gaz, puisque par ailleurs les réactions de charge et de décharge ne déplacent que des corps liquides ou solides. Il est ainsi possible de fermer l’élément hermétiquement, ce qui prévient toute évaporation de l’électrolyte et toute perte de substance, permet d’assigner à l’accumulateur n’importe quelle position et assure une propreté absolue.
- Ce qui importe le plus n’est d’ailleurs pas la tension, mais bien le produit de celle-ci par l’intensité du courant et sa durée, c’est-à-dire l’énergie disponible, que 1 on peut exprimer en watts-heure et rapporter à une masse ou à un volume donnés. Le chiffre auquel s’élève l’énergie massique de l’accumulateur à l’iode, 25 w-h par kg, n’est, sans doute, que légèrement supérieur à celui de 23 w-h atteint par l’élément au plomb; mais il convient de remarquer, d’une part que ce dernier n’a atteint une telle capacité qu’après plusieurs années de recherches et de profondes modifications apportées à la préparation des électrodes, d’autre part que, contrairement à ce qui se passe pour l’accumulateur à l’iode, son énergie massique diminue graduellement au fur et à mesure que s’accroît le nombre des charges et décharges et peut être considérée comme réellement voisine de 17 w-h en moyenne.
- Alors que dans les accumulateurs réalisés jusqu’à ce jour il faut 10 à 12 g d’iode par ampère-heure, la théorie indique qu’une quantité de 4 g 7 est suffisante ;
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- il est hors de doute que l’on parviendra, par des perfectionnements successifs, notamment par la mise en œuvre de charbons d’un pouvoir absorbant plus considérable, à augmenter l’énergie massique : on atteindra vraisemblablement 60 et peut-être même 70 w-h par kg.
- Dès à présent, l’accumulateur à l’iode soutient avantageusement la comparaison avec l’élément au plomb ; si, à un certain point de vue, celui de l’énergie volumétrique, il lui est encore inférieur, ce désavantage est largement compensé par le fait que, grâce à leur étanchéité, à leur parfaite propreté et à la dispense d’entretien, les éléments à l’iode peuvent être groupés en blocs compacts, ce qui permet d’utiliser beaucoup mieux l’espace disponible.
- Voici, à titre d’exemple, quelques données numériques sur la constitution d’un accumulateur à l’iode de 1 A-h débitant en 10 h la totalité de l’énergie emmagasinée :
- Charbon collecteur . _........................ 5 g
- Charbon absorbant.............................10 g
- Diaphragme de cellulose (Épaisseur = 3 mm) . . 7 g
- Zinc électrolytique (Épaisseur = 3 /10 mm) ... 4 g
- Iodure de zinc................................25 g
- La surface utile du zinc est ici voisine de 60 cm2 et la densité du courant n’excède pas 1,67 milliampère par cm2.
- Il a été réalisé des modèles à grand débit, capables de fournir 100 mA par cm2. On peut simplement, en faisant varier la surface des électrodes et l’épaisseur du diaphragme, obtenir de l’accumulateur à l’iode le rendement optimum pour des régimes très différents. Notons que cet accumulateur peut d’ailleurs, sans aucun inconvénient, être chargé ou déchargé à des allures très variées; il ne souffre pas de la surcharge, ou charge au delà du point voulu, à la condition toutefois que celle-ci ne s’exerce pas à une allure par trop supérieure au régime normal de charge ; réchauffement des éléments qui en résulterait est évidemment à éviter.
- On reprochera peut-être à l’accumulateur à l’iode de ne pas révéler, par un signe particulier, la fin de charge; il est facile, pour les applications où il y a avantage à être renseigné sur ce point, d’utiliser des éléments contenant, outre l’iodure de zinc, une très faible quantité de bromure ou de chlorure de zinc : de la sorte, la tension s’élève, en fin de charge à un peu plus de 1,5 v.
- L’emploi de l’accumulateur à l’iode est plus facile que celui d’une batterie au plomb ou au fer-nickel; il n’entraîne d’ailleurs aucune des sujétions impliquées par l’usage de ces derniers. La seule précaution à prendre est de ne jamais inverser la polarité du courant de charge : avec tous les accumulateurs cette faute a de fâcheuses conséquences.
- LES APPLICATIONS
- Les applications de l’accumulateur à l’iode s’avèrent dès à présent devoir être des plus nombreuses; elles se développeront d’autant plus facilement que l’on dispose aujourd’hui, avec le redresseur sec Oxymétal Westinghouse, d’un moyen de recharge simple et silencieux, ne nécessitant, lui non plus, ni précautions spéciales, ni entretien.
- L’éclairage portatif, pour lequel l’électricité n’est
- hormis certains cas spéciaux, que peu employée, offrira à l’accumulateur à l’iode de très importants débouchés.
- La radiophonie trouvera, dans le nouvel instrument un moyen d’alimentation particulièrement bien a-daptéà ses besoins ; la Société Etern, qui en a acquis la licence pour la France, a cru à juste titre d’ailleurs, devoir s’occuper en premier lieu de cette application et construit dès maintenant des accumulateurs de chauffage et de tension anodique, qui se présentent sous la forme de boîtes en aluminium pourvues sur un côté de deux bornes. L’accumulateur de chauffage comporte 4 éléments ; sa tension oscille de 4,8 v à 4,2 v environ, selon l’avancement de la décharge; il suffit d’intercaler dans le circuit un rhéostat de 15 ohms pour pouvoir, dans tous les cas, ramener la tension à la valeur convenable. Cette batterie se fait en deux capacités, 2 et 4 A-h, parfaitement suffisantes pour un instrument dont la recharge est aussi facile.
- L’accumulateur pour tension anodique contient 40 éléments ; sa tension varie donc de 48 à 42 v ; il existe en deux capacités, 125 et 300 mA.
- La Société Étern construit également des blocs métalliques, les Indépendex (fig. 3) qui renferment une ou plusieurs batteries à l’iode et les organes nécessaires à la charge; ces blocs sont équipés pour être chargés, les uns au moyen de courant alternatif, les autres de continu. Les Indépendex constituent de véritables boîtes d’alimentation; aussi pratiques, aussi faciles à conduire que ces dernières, elles ont l’avantage de permettre d’isoler le radiophone du secteur pendant l’écoute, ce qui supprime radicalement les parasites véhiculés par le réseau de distribution et, dans le cas d’un récepteur à cadre, conserve intégralement les qualités directives et sélectives du collecteur.
- L’accumulateur à l’iode aura sans doute beaucoup d’autres applications : le démarreur pour automobile, l’éclairage pour voitures de chemin de fer, la commande, la manœuvre et le contrôle électrique des aiguilles et signaux, l’éclairage de secours des postes de block automatique, trouveront en lui la source secondaire idéale. Sans même envisager son emploi en traction ou en propulsion, on peut dire dès à présent que de belles perspectives d’avenir s’ouvrent devant lui.
- Mais nous nous garderons d’anticiper : nous préférons nous réserver de revenir plus tard, lorsque les réalisations seront imminentes, sur les remarquables possibilités offertes par l’accumulateur à l’iode.
- André Bourgain.
- Fig. 3. — Boîte d’alimentation totale « Independex ».
- Formée de batteries à l’iode, avec redresseur Oxymétal pour la charge, et fournissant toute l’alimentation nécessaire à un radiorécepteur : courant de chauffage sous 4 volts, 4 tensions anodiques échelonnées de 20 à 180 v. et 2 tensions de polarisation.
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- NOUVELLES METHODES DE TRAVAIL
- DU VERRE
- Fig. 1. — Pièce de verre montée sur le tour.
- Le verre qui a tant d’emplois en aurait encore davantage si on pouvait l’usiner avec précision, sans être obligé de recourir aux laborieux polissages que pratique l’industrie optique.
- Les procédés d’usinage usuels : le soufflage et la compression, ne permettent guère d’assurer des dimensions rigoureusement exactes; d’autre part, le moulage, en raison du prix des moules, n’est admissible que pour la fabrication en grandes séries.
- Mais les propriétés des outils aux carbures de tungstène apportent, aujourd’hui, à cet égard, une véritable révolution dans les méthodes de travail du verre. L’étude de ces carbures est partie des usines Krupp. Ces établissements ont mis au point, notamment, un alliage, le « Widia », qui se prête au travail des substances les plus dures et les plus fragiles. Les carbures de tungstène se prêtent également, on le sait, au travail des
- Fig. 2. — Tuyère en verre fabriquée au tour.
- métaux et fournissent des outils qui à certains égards ont une grande supériorité sur les aciers rapides. Mais c’est surtout pour le travail des matières non métalliques : marbre, porcelaine, caoutchouc dur, résines artificielles, fibre vulcanisée, etc., qu’ils semblent appelés à rendre les services les plus éclatants.
- C’est ainsi que le « Widia » vient de se révéler comme une excellente matière pour l’usinage du verre. Des essais récents ont été faits par la Société Wolfram qui, pour ses études de nouvelles sources lumineuses, a besoin de récipients en verre des formes les plus diverses. Ils ont montré que le verre, grâce à l’emploi de ce merveilleux alliage, se tourne, se fore, se rabote et se fraise, à l’égal des métaux, — avec les mêmes outils et sur des machines-outils identiques à celles dont on se sert pour les travaux mécaniques et sans qu’on ait à y faire la moindre modification.
- Il est vrai que, lors de ces essais, dirigés par M. A. Fehse, il a été impossible de transposer immédiatement, comme on le voulait d’abord, au travail du verre, les règles que l’expérience a dictées pour le travail des métaux. Bien au contraire, on nejtarda pas à reconnaître qu’il s’agit, au fond, d’un processus essentiellement différent; ainsi il ne s’accompagne point, comme dans le cas des métaux, de la production de copeaux. Quand on tourne, par exemple, une pièce de métal, on voit la lame de l’outil s’introduire, comme un coin, en la scindant, dans la masse du métal. Ce dernier cède à l’endroit où il est le plus faible, et un copeau prend naissance guidant l’outil dans son mouvement tandis que la fissure conique s’oppose aux vibrations violentes.
- 11 en va tout autrement lors du tournage du verre : l’outil doit alors être appliqué avec une extrême précaution sur la pièce en rotation. Il s’accroche aux moindres accidents de la surface du verre, en arrachant de petites particules, il laisse une nouvelle cassure accidentée qui doit préparer la voie à la passe suivante. On ne produit pas de copeaux, mais de petites inégalités sur la surface qu’on gratte ou qu’on arrache, ces violents efforts irréguliers impriment au tour des vibrations souvent gênantes. Le verre mou se comporte d’une façon un peu différente du verre dur; il provoque, en général, des difficultés moins graves. Pour chaque sorte de verre, et pour une machine-outil donnée, il faut, au préalable, établir, par de longs tâtonnements, le meilleur mode de travail. Étant donnée l’impossibilité d’employer des lubrifiants, il faut recourir au refroidissement par l’eau; comme les vibrations violentes s’opposent à un travail précis, il convient de choisir, pour le travail du verre, les meilleures machines-outils, en ayant soin d’affûter, d’une façon spéciale, les outils dont on se sert.
- Cette expérience toute spéciale acquise, on voit les
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- outils en Widia travailler avec une rapidité qui en rend l’usage très économique : On réalise alors des surfaces d’une qualité impeccable, qui ne peut être obtenue par aucun autre moyen; toutes les dimensions s’obtiennent avec une très grande précision; les goupilles en verre tourné, par exemple, s’adaptent si parfaitement sur leurs supports qu’il faut un grand effort pour les en retirer ou les y enfoncer.
- Dès maintenant, on peut affirmer que ces nouvelles méthodes de travail approchent de très près la précision qu’on exige dans la construction des machines; aussi, le verre, comme matière première, trouvera-t-il de nombreux emplois nouveaux. l)r A. Gradenwitz.
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- Fig. 3.
- Objets en verre travaillés à l’aide d’outils en « Widia ».
- De gauche à droite : Cavités creusées dans une plaque de verre, cube en verre taillé et foré, verre fraisé et tourné.
- LA STÉRILISATION DES EAUX PAR L’ARGENT
- L’alimentation en eau potable est certainement la préoccupation la plus vive et la plus justifiée que puisse avoir l’homme moderne pour son alimentation personnelle, pour sa famille, ou pour ses concitoyens s’il occupe une fonction publique.
- Les procédés efficaces dont on dispose aujourd’hui sont nombreux, mais aucun n’atteint la perfection. L’ébullition prolongée, le plus simple au point de vue domestique, enlève les gaz dissous et donne un liquide désagréable à boire. La filtration sur bougies de porcelaine présente plus de dangers que de sécurité; en effet, le contrôle du degré de pollution des bougies est une sujétion qui laisse place à la négligence et à l’accident. Les traitements physiques par rayons ultra-violets ou effluves électriques nécessitent des installations importantes et une organisation, malgré les progrès réalisés dans la construction des appareils. La stérilisation la plus répandue et la plus sûre, par addition de réactifs chimiques tels que le chlore, nécessite un contrôle du dosage constant et très précis, et donne trop souvent à l’eau un goût et une odeur désagréables.
- Un procédé de stérilisation donnant instantanément, par simple contact, à froid, à une eau polluée, les qualités requises pour devenir potable, sans aucun souci de surveillance, d’entretien ou de contrôle, pourrait paraître un paradoxe, surtout si ce procédé assure la stérilisation sans modifier le goût. Cependant, ce procédé existe, maintenant, sous le nom de procédé Katadyn; il utilise les propriétés antiseptiques de l’argent métallique.
- Il est piquant de remarquer en passant que se trouve ainsi confirmée par l’expérience scientifique la coutume populaire, pratiquée depuis la plus haute antiquité, d’employer pour les besoins de la boisson et de l’alimentation des gobelets ou des couverts d’argent.
- La première observation scientifique du pouvoir antiseptique de l’argent est probablement due à un disciple de Pasteur, le docteur Raulin, qui montra son action empêchante pour le développement de la moisissure Sterigivaxtocystis nig/ et. Plus tard, Nægeli apporta une contribution à l’étude de ce phénomène. Depuis, l’action bactéricide de l’argent a donné lieu à de nombreux travaux et, finalement, le Dr Krausse, de Munich, a réalisé une méthode pratique de stérilisation des eaux, utilisant l’argent sous une forme très divisée et très stable.
- LE PROCÉDÉ KATADYN
- Le métal argent préparé selon la méthode du Dr Krausse présente une surface considérable qui stérilise l’eau par simple contact suivi de repos. IL est évident que pour obtenir ce
- contact avec toutes les particules de l’eau, la méthode la plus rationnelle est la filtration. Si toutes les particules d’eau ont été en contact avec la matière Katadyn, elles deviennent impropres à la vie des germes, et même plus, elles acquièrent des propriétés stérilisantes, du fait de la dissolution de traces d’argent. Il est donc nécessaire de créer un contact intime de l’eau et de la matière stérilisante, mais cela n’est pas suffisant. Il faut ensuite un certain temps pour que l’argent dissous accomplisse son travail d’anéantissement microbien. De même que dans tous les autres procédés chimiques ou physiques, un certain temps de repos doit s’écouler entre le traitement stérilisant et la consommation de l’eau, de même il faut prévoir une durée bien déterminée entre le passage sur Katadyn et la disparition des microbes.
- Sans entrer dans la discussion des théories émises au sujet de ce mode de stérilisation, on peut admettre que l’argent entré en solution se trouve sous la forme ionique. Les ions argent attireraient l’oxygène dissous dans l’eau, d’ou résulterait une tension électrique, un champ, et on suppose que les bactéries passant dans ce champ sont tuées.
- On ne peut dire que ce soit là l’explication définitive du phénomène, mais il est expérimentalement certain que la destruction des bactéries nécessite la présence simultanée de l’argent et de l’oxygène.
- La mise en solution de l’argent étant considérée comme dynamique et l’attraction de l’oxygène par l’argent comme catalytique, le mot Katadyn a été constitué pour indiquer cette action à la fois catalytique et dynamique.
- Après traitement par Katadyn, suivi de repos, non seulement l’eau est devenue stérile, mais elle a acquis la propriété de stériliser d’autres masses d’eau. L’infime quantité d’argent dissous a donné un nombre d’ions si considérable que non seulement les bactéries présentes ..sont détruites, mais qu’il reste encore un grand excès d’ions capables de rendre l’eau bactéricide.
- On pourrait évidemment se demander si l’argent ainsi introduit dans l’eau n’aurait pas pour effet de faire absorber aux humains des quantités anormales de métal dont l’accumulation dans l’organisme pourrait avoir,,, avec «le temps, dés effets nuisibles. Mais cette crainte n’est pas justifiée.
- En effet, des recherches très précises ont permis de déterminer quelle est la masse d’argent mise en solution dans un volume déterminé d’eau.
- La quantité maximum qui puisse passer en solution, quelle que soit la prolongation du contact, est de 0 gr 00006 par
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- litre d’eau. La quantité d’argent ainsi dissoute est si faible qu’elle est inférieure à la quantité absorbée par les humains qui utilisent chaque jour des timbales ou des couverts d’argent.
- L’expérience millénaire a prouvé que des enfants peuvent sucer impunément leurs cuillers d’argent à bouillie ou leurs timbales d’argent. L’usure marquée des anciens couverts prouve que la quantité d’argent absorbée dans ce cas n’est pas négligeable.
- On pourrait également supposer que le grand pouvoir bactéricide de l’argent a pour effet de détruire non seulement les microbes, mais aussi les ferments. L’expérience a prouvé que cette critique, si elle est justifiée pour la plupart des méthodes stérilisantes, n’est pas fondée pour Katadyn, parce que l’argent respecte les ferments et ne détruit que les individus microbiens, éléments de vie inférieure. On a constaté en effet que les eaux destinées à la fabrication de la bière, traitées par Katadyn, restent un milieu extrêmement favorable au développement des fermentations, soit que l’argent les excite, soit qu’il les favorise seulement en empêchant les actions microbiennes
- LES EMPLOIS DU PROCÉDÉ KATADYN
- Toute nouvelle méthode de stérilisation trouve immédiatement des emplois. Celle-ci a le mérite de ne nécessiter aucun dosage; elle se prête donc particulièrement à la stérilisation
- des petites quantités d’eau, là où les grandes installations et les contrôles répétés sont impossibles. C’est dire qu’elle a son utilisation indiquée dans les fermes isolées, dans les petites agglomérations, pour le voyageur, le colonial, l’explorateur.
- Combien de municipalités sont actuellement dans l’impossibilité d’avoir une distribution d’eau potable, convenablement stérilisée, pour des raisons budgétaires, parce qu’il leur est impossible de s’assurer le concours constant de l’homme de l’art pour veiller au bon fonctionnement des appareils distributeurs de réactifs, au contrôle de la qualité de l’eau ?
- Une mention particulière doit être faite des applications du procédé Katadyn à la stérilisation de l’eau des piscines. On sait combien sont grands les risques de maladies dans les bains publics, où la pollution des eaux est constante en dépit de toutes les précautions prises. Une eau, non seulement stérile, mais bactéi'icide, y est particulièrement désirable.
- L’emploi des eaux katadynisées est tout indiqué pour la fabrication des boissons ou des eaux destinées à l’alimentation, la stérilisation des eaux minérales, la fabrication des boissons gazeuses, les préparations culinaires où l’eau n’est pas portée à l’ébullition, la stérilisation des récipients destinés à contenir des boissons (par exemple, le lavage des bouteilles dans les stations thermales, etc.
- Les applications de ce principe nouveau de stérilisation, à froid, sans dosage, sans contrôle, sont innombrables, et nous ne saurions toutes les énumérer. Sarrot du Bellay.
- =ZI LA GLACE “ ACTIVE ” —........—
- GLACE STÉRILE ET PUISSAMMENT STÉRILISANTE
- La glace généralement employée pour refroidir les boissons et les vivres renferme toutes sortes de germes morbides et, par conséquent, compromet gravement la santé des consommateurs. Celle qu’on produirait avec de l’eau soigneusement stérilisée serait à la vérité, au début, exempte de germes, mais
- Fig. 1 (à gauche). — La glace « active » est aussi claire et transparente que la glace ordinaire.
- Fig. 2 (à droite). — Installation de stérilisation électrique par l'argent pour production de glace active.
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- les multiples contacts lors du transport de l’usine aux endroits de consommation, l’exposeraient fatalement à de nouvelles infections.
- Les usines de glace de la ville de Dresde, cette année, livrent à leurs consommateurs, pour la première fois, une glace non seulement stérile, mais fortement bactéricide, c’est-à-dire capable de tuer les bactéries avec lesquelles elle viendrait en contact. Cette glace dite « active » est produite avec de l’eau argentée, suivant le procédé « Katadyn » du Dr Krausse expliqué dans l’article précédent. Inutile de dire que le métal actif est en teneur si faible que son innocuité est absolue.
- Avant de procéder à cette application intéressante, les usines de glace ont établi 1’efïicacité de la nouvelle méthode par des essais fort rigoureux : l’eau destinée à se congeler avait été souillée de grandes quantités — jusqu’à 20 000 par centimètre cube — de bacterium coli, choisi à cause de sa grande analogie avec les bactéries causant les principales maladies infectieuses de l’intestin — typhoïde, dysenterie, choléra.
- Or, la glace faite avec de l’eau katadynisée, malgré cette inoculation artificielle, s’est trouvée, au sortir des cellules
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- à congélation, parfaitement dépourvue de germes morbides; ces résultats restaient les mêmes quel que fût le mode de fabrication de la glace.
- Les germes introduits, après coup, dans l’eau à 0° constituée par la glace fondante, ont été, à leur tour, tués intégralement. La vitesse de ce processus dépendait, à la vérité, du procédé de fabrication de la glace, mais elle était, dans tous les cas, suffisante pour garantir la stérilité permanente de la glace, malgré les contacts ultérieurs.
- Les récipients où se fait la lcatadynisation électrique sont garnis, à l’intérieur, d’une matière isolante spéciale. Ils renferment des électrodes d’une forme particulière, soumises, au préalable, à un traitement spécial et dont la polarité change à des intervalles donnés. On prévoit, le cas échéant, des réservoirs destinés à accumuler une certaine quantité d’eau stérile.
- Un appareil de ce genre peut se combiner à une glacière quelconque. Les frais d’installation et de service sont peu importants : le prix de revient de la glace s’en trouve majoré de 10 centimes par 100 kilogrammes au maximum.
- Dr Alfred Gradenwitz.
- LES ROUTES
- Le développement et la perfection des voies de communication de tous genres témoignent du degré de civilisation matérielle d’un pays.
- Parmi elles, les routes occupent, grâce surtout à l’automobile, une place primordiale : mais si la locomotion automobile ressuscite la route, elle la soumet à de dures épreuves. Le problème de la route durable et roulable fait aujourd’hui l’objet des préoccupations des gouvernements et des techniciens.
- USURE ET ENTRETIEN
- Ce n’est pas la première fois que les ingénieurs et que les gouvernements ont à résoudre une question de cet
- ordre. La raison de l’usure excessive que l’on constate à une certaine période est toujours un accroissement du nombre des véhicules, de leur masse, de leur vitesse et de leur mode d’action; ainsi, l’équilibre qui s’était établi entre l’action du roulage et la réaction de la route se trouve rompu et cette dernière en souffre terriblement.
- Le développement des voies ferrées avait, avant l’automobile, détourné des chemins ordinaires tous les transports à grande distance; mais on ignore généralement que cette période calme avait été précédée d’une crise, dans les premières années du règne de Louis-Philippe. Une commission extraordinaire fut chargée de trouver le moyen de construire des routes assez résis-
- Fig. 1 (à gauche). — Construction d’une roule en béton aux Etats-Unis. Trémie dosant les agrégats des bétons routiers.
- Fig. 2 (à droite). — Construction d’une route en béton dans le Michigan. Chargement de wagonnets de sable et de gravier.
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- tantes pour un roulage dont l’importance et le poids ne cessaient de progresser, et favorables à la traction animale.
- Très sagement, les savants ingénieurs qui constituaient cette commission (') où siégeaient Navier et Coriolis, illustres mathématiciens et mécaniciens, poursuivirent des expériences dont ils avaient étudié le programme, en vue d’organiser des chaussées et des routes solides, aussi économiques pour l’Etat que pour le roulage. Le diamètre des roues, la largeur de jante, les ressorts des véhicules furent considérés avec autant d’attention et de science que la constitution même des revêtements routiers et de la plate-forme où ils reposent.
- Les intérêts du Trésor qui paie les routes, du roulage qui paie la traction et du public qui paie le tout sont,
- 1. Nommée en juillet 1S32, la commission était présidée par M. Tarbé de Vauclaire, inspecteur général; elle comprenait MM. Du-tens et Bérigny, inspecteurs généraux; MM. Desvilliers et Letellier, inspecteurs divisionnaires; MM. Navier et Jollois, ingénieurs en chef; MM. Coriolis et Raucourt, ingénieurs ordinaires.
- en effet, intimement liés. Ainsi la route doit être telle qu’elle soit facilement entretenue en bon état pour un roulage aisé; mais les véhicules ne doivent être ni trop lourds, ni trop rapides. La masse des détritus formés représente une double perte, d’abord en efforts inutiles, puis en reconstitutions que l’on aurait évitées si les deux systèmes en présence, chaussées et véhicules, avaient été harmonieusement combinés. Toute pierre broyée sur le chemin est un double gaspillage : frais de traction et dépenses d’entretien.
- Les routes n’étant pas, comme les chemins de fer, confiées à une seule entreprise qui entretient, répare et exploite, le gouvernement qui paie les travaux pourrait être tenté d’économiser sur les dépenses. Ce serait là une politique à courte vue, car il est plus onéreux de maintenir les routes dans un état médiocre que de les conserver en bon état.
- On ne peut négliger, non plus, les dépenses de carburants ou d’huiles, que l’on achète surtout à l’étranger. Si de bonnes méthodes d’entretien font baisser ces consommations, on pourra, peut-être, augmenter un peu l’impôt et y trouver des ressources nouvelles. D’autre part, cette diminution dans la consommation d’essence, de benzol ou d’huiles, prouvera que les résistances passives et inutiles sont atténuées et, par conséquent, que la route s’est moins usée. On pourra donc prévoir une diminution des frais de réfection.
- Nous venons de parler de l’impôt. Quel qu’il soit, n’est-il pas équitable de le fonder sur le pouvoir destructeur relatif de chaque véhicule taxé ? Cela peut même stimuler les progrès de l’industrie automobile. Mais, pour établir une échelle indiscutable de taxes, il convient de poursuivre méthodiquement un certain nombre d’essais.
- LES ESSAIS DES INGÉNIEURS
- Malheureusement ces essais sont très compliqués. Il y a, entre les routes de France, trop de différences qui tiennent au sous-sol, à la fondation, à la constitution de la chaussée, au climat, à la circulation locale, etc... pour qu’on puisse apprécier les causes d’usure mesurables.
- C’est donc sur une piste appropriée, comprenant diverses routes types, que l’on doit faire circuler, d’abord le même véhicule pour comparer les routes, puis des voitures différentes pour élucider les avantages et les inconvénients des châssis, des moteurs et particulièrement des bandages de roues, de leurs suspensions élastiques et de leurs amortisseurs. C’est ce que l’on fait actuellement sur la piste de Vincennes et ail-
- Fig. 3 et 4. — Construction d’une route en béton dans le Michigan.
- Emploi de deux bétonnières travaillant en série, l’une parachevant le travail de l’autre; ce système assure un gain de temps.
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- 1 eurs. On aura ainsi une comparaison entre les différents types de routes que l’on peut construire sur un fond indéformable et l’on pourra confronter aussi les différents types de véhicules qui peuvent circuler sur ces routes. L’influence des sols et des fondations pourrait être étudiée ensuite sur une autre piste où l’on construirait, sur différentes fondations, les chaussées des meilleurs types retenus.
- Longue et laborieuse sera cette méthode scientifique consistant à diviser les difficultés pour les mieux résoudre, ne faisant varier à la fois qu’un élément simple du problème, et à procéder ensuite à des vérifications d’ensemble de plus en plus complexes... Que l’on essaie d’abord dix types de routes, trois types de fondations et cinq types de châssis et de roues, la question aura avancé singulièrement. Nous connaissons déjà le résultat de certains essais, en France et à l’étranger, aux États-Unis particulièrement, et nous pouvons espérer avoir, à bref délai, de précieuses conclusions. En matière de routes, l’étude approfondie de quelques mètres est plus utile que l’examen superficiel de cent lieues.
- SOUS L’ACTION DE L’AUTOMOBILE
- La pression exercée sur la route par la jante d’une roue est sans doute capable d’écraser un caillou isolé, de disloquer ou de fissurer les pierres ; mais on peut mettre en œuvre des matériaux résistants et limiter, sinon les charges, du moins les pressions transmises par unité de largeur de jante : le code de la route limite à 150 kilogrammes par centimètre de largeur de bandage la pression de tout véhicule sur la chaussée.
- Mais, tandis que les voitures à chevaux n’exerçaient, à peu près, qu’une pression avec une action tangen-tielle modérée, dirigée dans le sens de la marche, — de sorte que la roue à chaque passage tendait à ramener et à mieux encastrer toute pierre incomplètement fixée dans son alvéole, — les voitures à moteur mécanique ont un effet tout différent.
- Les premières mettent si bien la chaussée en ordre, que pendant longtemps on a pu se passer des rouleaux-compresseurs et que la véritable maçonnerie mosaïque, constituant la route, se formait et se parachevait sous l’influence même du roulage; il suffisait d’une fondation sèche, de bons cailloux solides et bien calibrés et de quelques soins élémentaires, où les cantonniers excellaient, pour que cette maçonnerie fût parfaite. La route s’améliorait lentement et quand elle s’usait, un nouvel emploi de matériaux, suivant des règles parfaitement élucidées, permettait de réincorporer dans la chaussée ce qu’elle avait lentement perdu. Les petits éclats et les matières pulvérulentes résultant de l’usure, qui se trouvaient entre les pierres de cette mosaïque, suffisaient à lier ses éléments, puisque le roulage n’avait guère d’autre action immédiate que de les mieux fixer à leur place. On peut donc dire que les voitures à chevaux sont, pour une chaussée, des auxiliaires précieux de conservation.
- Au contraire, les roues motrices des automobiles sont des agents de désordre, non pas tant parce que le pneumatique « boit l’obstacle » et peut exercer certains effets
- Fig. 5. — Chargement d'une bétonnière à l’aide d’une benne basculante, sur un chantier de roule en béton.
- de succion, — les bandages pneumatiques des roues ordinaires ne sont pas redoutables, au contraire, — mais à cause de l’effort moteur transmis par l’essieu et dont les accélérations, positives ou négatives, sont particulièrement gênantes. On comprend facilement que les freinages énergiques et les glissements latéraux râpent énergiquement la surface de la route; mais il est plus malaisé d’expliquer simplement les actions réciproques des roues motrices et de la chaussée.
- Lorsque la chaussée n’est pas parfaitement unie, tout élément qui dépasse un peu les autres reçoit, du bandage, un choc d’abord dirigé vers l’avant; puis, au moment où le bandage abandonne cette pierre, il tend à la chasser violemment vers l’arrière. Ainsi toute pierre qui montre un peu la tête est énergiquement secouée dans un sens et dans le sens opposé; elle ne tarde pas à être arrachée si un ciment convenable ne la retient. On voit pourquoi.il ne serait pas possible de compter sur la circulation automobile pour faire entrer dans la' chaussée dés matériaux neufs; on comprend les raisons du calibrage régulier des matériaux, du cylindrage et des liants spéciaux autres que le sable et l’eau.
- Des trous, justement dits « nids de poules », caractérisent une route trop peu résistante pour une circulation automobile intense. Dès que ces creux apparaissent, leur développement se fait avec une rapidité inimaginable, les pierres du bord étant très facilement arrachées sous l’effet de la double action que nous avons signalée.
- Quelques chiffres vont fixer les idées. A une vitesse parfaitement uniforme de 55 kilomètres à l’heure, en palier, sur un macadam sec en bon état, l’effort de l’essieu moteur détermine, aux contacts de la jante des roues motrices et du sol, une action tangentielle de 6 kilogrammes. Lorsqu’une rampe de 3 pour 100 se présente, il faut, si l’on veut conserver la même vitesse, augmenter l’effort moteur; et l’action tangentielle à la jante de chacune des roues motrices, passe de-6 à 28,5 kilogrammes, c’est-â-dire qu’elle est presque quintuplée. Il y a des montées beaucoup plus raides où les actions sont beaucoup plus considérables.
- Même lorsque la route est parfaitement de niveau,
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- toute accélération de vitesse entraîne des actions destructives notables. Qu’on en juge : pour passer seulement de la vitesse de 55 kilomètres à l’heure à la vitesse de 58,5 kilomètres, on fait croître l’action tangentielle de 79 kilogrammes.
- Ce n’est donc pas la vitesse elle-même qui est désastreuse pour les routes et pour les pneumatiques ; ce sont ses variations incessantes par suite des déclivités du chemin et de toutes les circonstances qui obligent le conducteur à accélérer ou à ralentir la marche de son véhicule.
- Encore, les calculs très simples dont nous venons de rapporter les résultats, à titre d’exemple, n’expriment-ils pas toutes les perturbations provenant des aspérités et des irrégularités superficielles, des chocs, des oscillations et des bonds de la voiture, du patinage des bandages qui augmentent, — et de beaucoup, — l’intensité des actions tangentielles. Chaque fois qu’un obstacle fait bondir la voiture et qu’une roue motrice abandonne un instant le sol, l’augmentation immédiate de la vitesse
- Fig. 6. — Bétonnière routière au travail.
- angulaire de cette roue fait agir son bandage à la manière d’une meule, dès qu’il reprend contact avec le sol.
- La destruction d’une chaussée en macadam ordinaire est donc toujours rapide dès que la circulation automobile prend, relativement à la traction animale, une certaine importance ; on le voit bien au soulèvement considérable de poussière qui accompagne les voitures automobiles. Ainsi la chaussée se pulvériserait si l’orx ne la défendait en empêchant la formation de cette poussière.
- LES REMÈDES
- Le premier remède a donc consisté à étendre, sur la chaussée, des goudrons qui, pénétrant peu à peu, forment un tapis protecteur suffisant pour la circulation de voitures légères.
- D’autre part, on a demandé aux constructeurs de voitures, de proportionner les charges à la largeur des jantes, de limiter la vitesse d’après le poids, d’améliorer les bandages et l’élasticité des suspensions, d’employer des amortisseurs efficaces, etc..., toutes conditions aussi favorables, d’ailleurs, aux voitures qu’à la route. On ne pouvait aller plus loin dans la réglementation sans porter préjudice au tourisme, au roulage commercial et à notre industrie ; et il fallait bien ensuite offrir, aux bonnes voitures, des routes aussi parfaites et agréables que possible.
- On s’aperçut vite qu’il fallait faire subir, au tracé et au profil des routes existantes, des corrections convenables pour éviter des efforts anormaux de traction et surtout des variations trop brusques d’accélération ; relever les virages, afin de réduire les actions centrifuges et les dérapages; élargir les chaussées selon le trafic; améliorer les tournants et les croisements, notamment en dégageant les vues, etc... Mais, pardessus tout, il fallait constituer des revêtements unis, solides, intimement liés, en vue d’éviter les trois graves inconvénients que nous connaissons : développement anormal des actions tangentielles et de choc, écrasement des matériaux par les charges, déplacements et dislocations causés par les roues motrices. Nous avons vu que toute irrégularité dans la surface de roulement est aussi nuisible aux automobiles qu’aux chemins.
- LE SOL
- Les fondations de nos routes sont, depuis longtemps, assises. Il faut rendre hommage aux anciens constructeurs des routes et aux générations successives d’ingénieurs qui en ont consolidé définitivement le sol. Les voies nouvelles, au contraire, notamment aux colonies, exigent à ce point de vue, beaucoup d’attention et.de science.
- Quand on le peut, il faut toujours, entre deux tracés, choisir celui qui assure la meilleure fondation; mais, souvent, il faut bien traverser de mauvais sols. Il s’agit alors, avant tout, d’affermir le terrain.
- Un des sols les plus médiocres est celui de certaines grandes plaines d’alluvions, constituées, en partie, par du sable très fin, impalpable, que l’on appelle.silt aux États-Unis d’Amérique. Entre les grains de cette poudre, l’humidité peut s’accumuler au point de gonfler le ter-
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- rain, surtout s’il vient à geler. (Nous avons vu, dans les plaines de l’Ohio, une chaussée de béton qui avait été soulevée, ainsi, de plus de trois mètres.) Ces terrains doivent être amendés par des apports d’autres roches et convenablement drainés. Ils peuvent alors supporter une chaussée de béton armé.
- Les tourbières, autre sol difficile, exigent aussi une chaussée à base de ciment portlarid avec des armatures, pour assurer la répartition des pressions sur une surface étendue. La tourbe est, d’ailleurs, en général, un sol élastique préférable au sût.
- En Amérique, où l’on rencontre beaucoup de mauvais terrains, on a classé — pour mieux étudier les remèdes •— les sols en huit catégories, qui admettent évidemment une série de combinaisons. L’étude comprend, naturellement, la recherche des caractéristiques mécaniques, physiques et chimiques, déterminées par de nombreux essais, portant sur diverses propriétés élémentaires.
- De ces données en apparence théoriques, les Américains, notamment M. liogentogler, du Laboratoire fédéral des routes à Arlington, près de Washington, ont tiré des conclusions pratiques. Ce savant nous a montré, sur les rives du Potomac, d’anciens marécages remblayés à l’aide des matériaux dragués dans le fleuve. Parmi les terres ainsi exhaussées pour des constructions futures, on distingue facilement celles dont l’aménagement a été dirigé d’après les nouvelles méthodes rationnelles. Les territoires conquis précédemment par simple déversement de tout-venant : sables et limons tels qu’ils venaient des dragues, quoique beaucoup plus anciens, sont encore si mobiles, que l’on y risque l’enlisement, tandis que les derniers apports du fleuve répandus avec art sont déjà très fermes. Cette application illustre tout l’intérêt de la méthode scientifique résultant des essais de laboratoire.
- On pourrait citer bien d’autres exemples de l’efficacité de cette méthode. On peut être tenté de consolider un terrain en battant des pieux. L’opération est souvent désavantageuse, la fondation en devient moins solide. Si les sols vierges résistent mieux que les sols bouleversés, c’est que la résistance d’un sol est une somme de composantes dont il ne faut rien retirer. En gros, elle comprend la friction interne des grains du terrain les uns contre les autres et la cohésion proprement dite. Celle-ci, qui comprend, elle-même, la cohésion du sol et les attractions moléculaires de l’eau, est indépendante de la pression. On ne gagne rien à la compression du sol par le pieu, on perd beaucoup de cohésion par suite de l’ébranlement provenant du battage.
- Grâce à l’étude des sols, on peut apporter des remèdes plus efficaces, empêcher aussi les glissements, les fissures, les soulèvements, et assurer, en tout cas, la fondation convenable des chaussées.
- LES REVÊTEMENTS
- Une chaussée est une maçonnerie dont les matériaux sont exposés à une désintégration, d’autant plus active qu’ils sont plus humides.
- On connaît, depuis longtemps, les effets des intempéries et notamment du gel, sur les roches. Les pierres
- Fig. 7. — Épandage cl régalage de béton plastique pour la confection d’une chaussée.
- artificielles, le béton de ciment portland, ne sont pas invulnérables, mais l’étude des phénomènes facilite la lutte.
- Une dalle en béton peut se détériorer par la base et par la surface.
- A la base, l’altération est due au contact d’un sous-sol acide ou alcalin. *'
- A la surface, se forment des cristaux par évaporation de l’eau, chargée de sels plus ou moins actifs, qui montent par évaporation. La fissuration aide la formation et la propagation de haut en bas de ces cristaux qui grossissent en désintégrant le béton. 11 s’agit donc d’éviter la fissuration initiale. On y arrive par des soins qui diminuent le retrait pendant la première période du durcissement : protection contre le soleil, arrosages, etc... Cela réussit d’autant mieux que le béton a été bien dosé et convenablement serré. Les recherches sur la meilleure composition granulométrique tendent à loger les plus petits éléments dans les vides que formeraient les plus gros. C’est ainsi que l’on fait un béton compact. Les grains de ciment eux-mêmes forment avec l’eau une pâte qui colle les agrégats les uns aux autres. L’énergie de cette colle dépend de sa concentration en ciment : il ne faut donc que juste la quantité d’eau utile aux réactions chimiques de prise. L’économie conduit à épargner la colle, mais il faut pour cela n’avoir à combler que le minimum de vides. Les procédés de serrage par pilonnage, vibration ou même désaération sont aussi fort utiles.
- La vibration chasse d’ailleurs une partie de l’air emprisonné, mais ce qui reste suffit à empêcher la vibration de donner tous ses avantages. D’où l’idée de dësaèrer à l’aide d’une machine à vide. On arrive ainsi à fabriquer des bétons d’une haute compacité, très résistants et imperméables. Il ne s’agit plus que de diminuer le prix de revient de ces opérations.
- L’imperméabilisation des bétons ordinaires repose aussi sur dés recherches physico-chimiques fort délicates. On emploie notamment les goudrons et les bitumes.
- Le goudron a été une première solution contre la
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- poussière, son emploi répété sur de bons macadams peut, parfois, faire durer indéfiniment certaines sections de route; mais les goudrons ne sont pas assez plastiques à froid, il faut les chauffer et ne pas les employer l’hiver. Les huiles dérivées des pétroles, surtout les émulsions de ces produits dans l’eau, sont préférables et l’on a fait aussi des émulsions de goudron dont l’usage se généralise.
- Le tonnage d’hydrocarbures employé sur' les routes de France est passé de moins de 10 000 tonnes en 1913 à plus de 210 000 tonnes en 1927, dont 40 000 tonnes de bitume, 27 000 ayant été employées sous forme d’émulsion aqueuse.
- Il est de la plus haute importance d’utiliser avec le maximum d’effet utile des substances qui coûtent cher et qui contiennent des constituants indispensables à d’autres industries, en vue d’éviter un véritable gaspillage d’argent et de matière première. Un service des goudrons et bitumes a donc été créé au Laboratoire de l’École des Ponts et Chaussées, dont les analyses et
- Fig. 8. — Machine à faire les joints sur une chaussée en béton.
- les recherches ont permis, notamment, l’emploi de goudrons préparés, dits reconstitués, à la place des goudrons bruts, dont les huiles légères, les benzols, les phénols et une partie des huiles de créosote deviennent disponibles pour d’autres applications.
- Le silicatage. — Une question d’apparence bien simple exigea des études fort complexes. Le sol français comprend une quantité considérable de calcaires, matériaux faciles à extraire et à préparer, malheureusement trop fragiles pour nos chaussées; mais il se trouve que, sous l’action du silicate de soude, — autre produit français, — le calcaire durcit, devient plus résistant, moins poreux; ainsi un mélange de pierres calcaires convenablement calibrées forme, avec des solutions de silicate de soude, un aggloméré dont les morceaux sont parfaitement collés, et qui paraissait constituer, pour une chaussée, une maçonnerie assez résistante, présentant au roulage une surface tout à fait unie.
- Venue de Suisse, cette méthode a été perfectionnée par le regretté ingénieur Guelle, de Besançon. Elle a reçu différentes modifications suivies de nombreuses applications ; mais des échecs partiels, se traduisant par une abondante poussière et des désordres plus profonds, sont venus troubler les espérances que l’on avait d’abord formées à ce sujet.
- Tous les calcaires, ni tous les silicates, ni toutes les méthodes d’emploi, n’étaient donc pas recommandables.
- Au Laboratoire de l’École des Ponts et Chaussées, un chimiste de talent, H. P. Deslandres, étudia, d’abord, les calcaires à l’aide d’une échelle de dureté qu’il imagina, plus précise que celle de Mohr en usage pour les minéraux, puis les solutions de silicates elles-mêmes, enfin les agglomérés. Simultanément, les transformations des corps en présence ont été observées au microscope et en lumière polarisée par M. Jodot, chef des travaux de géologie à l’École des Mines et, d’autre part, par M. P. Gavelle, directeur du laboratoire des établissements Kuhlmann.
- À la vérité, les phénomènes en question ne sont pas encore complètement élucidés, mais l’on sait maintenant que les solutions de silicate de soude ont les propriétés caractéristiques des solutions colloïdales. Une solution de silicate, pénétrant par capillarité dans un calcaire, se décompose pour former à la partie superficielle un dépôt siliceux, tandis que, plus profondément, s’infiltre une solution alcaline avec très peu de silice, une partie de la soude passant d’ailleurs à l’état caustique, ce qui est la conséquence du gel de silice formé.
- Quoi qu’il en soit, le silicatage ne peut être appliqué utilement que sur les chemins secondaires à circulation moyenne.
- Le silicate de soude est aussi employé dans la préparation de diverses émulsions de bitume.
- Béton de ciment. — Nous retrouverions le même déploiement de notions scientifiques pour les routes en béton de ciment : le durcissement des liants hydrauliques, le choix et le mode d’emploi des porphyres, des granits et des autres agrégats, l’étude du retrait et de la dilatation, sont l’objet de recherches très compliquées qui semblent se parachever.
- Assurément, le béton de ciment est une matière moins
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- Fig. 9. — Machine à surfacer, au travail sur le béton fraîchement épandu, pour la construction d'une chaussée en béton.
- résistante que le pavé, mais ce qu’on perd sur la résistance propre est compensé par la perfection de la surface, réduisant à de faibles fractions les actions destructives qui s’exercent sur les routes ordinaires, à cause précisément des irrégularités, saillies et flèches, que ces dernières ne peuvent pas ne pas présenter. A ces facilités de roulement doux et silencieux, le béton joint des commodités pour le nettoiement et une propriété, précieuse pour les automobiles rapides, celle de n’être pas glissant.
- La première chaussée cimentée a été exécutée à Grenoble, il y a cinquante ans, mais c’est à l’étranger, surtout en Amérique, que les routes en béton se sont développées. C’est leur prix de revient qui empêche, ici, leur application à grande échelle; aussi s’est-on ingénié, par économie, à utiliser au mieux le ciment en le répandant à la surface au moment du cylindrage de la chaussée : on obtient ainsi un macadam-mortier beaucoup plus satisfaisant que le macadam ordinaire.
- D’une manière générale, il semble utile de revêtir le béton d’enduits hydrocarbonés ou de mélanges bitumineux ou même de silicate de soude ; mais on peut aussi constituer des chaussées en bétons bitumineux et asphaltiques sur une fondation solide en béton de ciment assez peu perméable pour que les eaux souterraines ne viennent jamais jusqu’au revêtement, qui en souffrirait beaucoup. Pour la même raison, le revêtement doit être parfaitement comprimé et homogène. Il s’agit ici, de revêtements, d’ailleurs très coûteux, qui n’ont rien de commun avec les revêtements en asphalte comprimé, employés à Paris par exemple, lesquels présentent
- le grave inconvénient d’être glissants en temps humide.
- Les revêtements asphaltiques exigent des ouvriers expérimentés et un matériel spécial.
- La mise en œuvre du béton de ciment est aussi délicate. Les procédés modernes requièi’ent des appareils puissants. L’opération se termine souvent par le pilon-nage (pilettes pneumatiques), le vibrage et le surfaçage à l’aide de machines diverses. Elle se parachève par des arrosages (curing) pendant le durcissement.
- Le pavage. — Des revêtements plus minces, bitumineux, peuvent protéger et améliorer les pavages, que l’on établira sur une fondation de béton, mais toujours avec une couche intermédiaire de sable, sans laquelle les pavés les plus durs se briseraient sous les chocs du roulage; les joints peuvent être faits au ciment, mais un liant bitumineux est bien préférable. Un pavage bien exécuté forme une chaussée idéale pour une circulation lourde.
- Nous ne décrirons pas les méthodes ingénieuses qui permettent de choisir les meilleurs pavés. Il existe, en France, des pierres très résistantes comme les granités porphyroïdes des Vosges, mais il faut commander en Belgique (grès d’Yvoir-lez-Dinant, par exemple), et même en Suède, les pavés de choix que nous ne pouvons tirer de notre sol. L’Allemagne nous en envoie aussi, au titre des prestations en nature.
- Aux Etats-Unis, on fabrique des briques vitrifiées, qui peuvent constituer de bons pavages et quelques usines céramiques en France se sont orientées dans cette voie. On fait aussi des pavés de béton dont les formes régulières permettent d’obtenir une sui’face parfaitement
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- unie. Nous ne citerons que pour mémoire les pavages en bois, voire en caoutchouc, qui ne peuvent convenir que pour les voies urbaines. Au contraire, les pavages mosaïques, que tout le monde a pu voir à Paris, peuvent être employés sur les routes; ils sont formés de petits pavés que l’on peut tailler à la machine en utilisant les gros pavés que l’on a dû réformer.
- Revêtement métallique. — On a imaginé des solutions beaucoup plus hardies. La plus originale (et peut-être la plus intéressante) consiste à doter les chaussées les plus fatiguées d’un revêtement métallique.
- D’ores et déjà, différents pavés métalliques, pleins au Mans, creux sur la route de Bondy à Rosny-sous-Bois, sont à l’essai. La fonte aciérée inventée par le colonel Herment, vers 1910, permettrait, semble-t-il, d’avoir des pavés allégés très solides ; mais c’est l’acier qui permettrait d’obtenir, à égalité de résistance, les éléments les moins lourds, qui seraient remplis de béton, sur place.
- L’inconvénient de tous les pavages, c’est la dénivellation des joints, toujours possible si l’on ne réussit pas à assembler les éléments de manière à constituer un tout indéformable. Un revêtement bitumineux peut d’ailleurs empêcher le glissement. Dans certains terrains marécageux, on pourrait constituer, de cette manière, de solides plates-formes sur appuis régulièrement espacés. Le béton armé est un autre moyen d’employer le métal dans la chaussée, mais la récupération en serait beaucoup plus difficile que dans le cas des pavés de fonte.
- Un autre procédé, renouvelé de certaines voies antiques, consisterait à disposer des chemins de roulement
- métalliques, ce qui suppose que toute les roues sont au même écartement et que les véhicules marchent à la queue-leu-leu. On reviendrait ainsi à la voie ferrée.
- POUR ÉVITER LES ACCIDENTS
- Pour faciliter la circulation automobile et éviter les accidents, on préconise souvent la route spécialisée, Yciutostrade, comme on la nomme en Italie, le premier pays qui en ait créé. La place nous manque pour étu-diée en détail cette intéressante question qui a fait l’objet d’assez nombreuses publications récentes.
- Mais est-il bien nécessaire de prévoir des routes spéciales pour automobiles ? Le cheval de trait disparaît (il y a aux États-Unis moins de chevaux que d’automobiles) et toute grande route devra être aménagée pour les voitures rapides, d’une part, pour les lourds camions automobiles, d’autre part.
- La circulation rapide demande une signalisation convenable des obstacles et des directions.
- A ce dernier point de vue, rappelons la borne proposée par André Michelin, une borne solide aux indications précises et très visibles, même la nuit.
- La signalisation des automobiles elles-mêmes, indicateurs d’arrêt et de bifurcation, signaux sonores et projecteurs lumineux, improprement dénommés « phares » est également importante; l’éblouissement des conducteurs qui viennent en sens inverse est un très grave inconvénient qu’on n’évite guère qu’en coupant l’éclairage principal avant le croisement au moment où la lumière est bien nécessaire. En Amérique, on n’hésite pas à éclairer certaines sections de route pour éviter les
- Fig. 10. — Dérouleuse de toiles pour la protection du béton, au cours de la construction d’une chaussée en béton.
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- projecteurs aveuglants des voitures. Dans notre pays, qui est la patrie d’Augustin Fresnel, on doit faire mieux et l’on nous a suggéré diverses solutions fort intéressantes.
- On aurait moins de signaux à entretenir si le dégagement des bifurcations, la suppression de passages à niveau, de tournants et virages, ainsi que d’autres obstacles, réduisaient les plus graves dangers de la route.
- Le passage à niveau est le point où le risque est maximum, mais on ne peut songer à les supprimer tous : M. Moutier, ingénieur en chef du Chemin de fer du Nord, a calculé que la dépense pour toute la France serait de 20 à 25 milliards, et seulement pour les passages importants. C’est donc dans la signalisation qu’il faut surtout chercher le moyen d’éviter tout accident, mais toutes les localités importantes, traversées par les trains de chemins de fer, doivent avoir un projet de suppression de passages à niveau et s’efforcer d’acheter, à temps, les terrains nécessaires, non seulement au point à construire, ce qui est peu de chose, mais à ses approches, ce qui est autrement dispendieux.
- Si la suppression des tournants et virages est un peu plus facile parfois, regrettons cependant que notre réseau routier n’ait pas eu des directeurs aussi inflexibles que ce tzar-qui, en présence de diverses suggestions pour le tracé de la voie ferrée Saint-Pétersbourg-Moscou, mit tout le monde d’accord en traçant, de sa main impériale, la ligne droite que l’on peut voir sur la carte des chemins de fer russes, entre ces deux capitales.
- Il est bon de noter qu’on s’ingéniait au contraire, — il n’y a pas quarante ans, —- à remplacer les montées trop raides pour les chevaux, par des lacets qui permettaient de se passer de renfort. Les automobiles ont renversé le problème et, si les déclivités excessives restent condamnables, des rampes à 5 pour 100 de pente sont moins gênantes et surtout moins dangereuses que les virages, même les mieux relevés. Ainsi, l’automobile fait apprécier les longs alignements des routes royales.
- A des besoins nouveaux, les ingénieurs adaptent les anciennes routes; ils ont obtenu, d’ores et déjà, des résultats extrêmements encourageants et particulièrement remarquables en regard de la modicité des crédits alloués. Mais pour continuer et parachever le réseau routier national, il faut appliquer jusqu’au bout cette
- Fig. 11. — Chaussée bétonnée recouverte de toiles.
- méthode scientifique qui conquiert progressivement toutes les industries, armature géométrique solide qui n’exclut ni la finesse, ni l’ingéniosité, auxquelles elle donne des bornes pour les mieux soutenir, qu’elle enferme, pourrait-on dire, pour les mieux utiliser.
- L’automobile ne doit pas, non plus, être considérée comme une force de la nature, mais comme une machine qu’on peut améliorer; et les techniciens de l’un des deux systèmes, route et voiture, ne doivent pas se désintéresser de l’autre. Nos ingénieurs n’ont d’ailleurs pas la réputation d’avoir des œillères, leurs yeux et leur esprit sont largement ouverts sur l’ensemble du problème et, si le Trésor était aussi riche que leurs cerveaux, nous aurions bientôt les plus belles routes du monde.
- Nous supportons encore le poids lourd des réparations de la guerre et nous ne pouvons faire beaucoup mieux pour que nos routes soient plus agréables. Il conviendrait, toutefois, de doter davantage le laboratoire de l’Ecole des Ponts et Chaussées, qui contrôle tous les matériaux nécessaires à l’exécution annuelle de plus d’un milliard de francs de travaux publics de toutes natures.
- Le rôle du laboratoire grandit, on a le sentiment qu’il doit devenir l’organe central de coordination, non seulement des expériences et recherches diverses sur les matériaux, mais encore des méthodes de construction, d’entretien ou de réparation. Edmond Marcotte.
- LA MISE EN VALEUR DE LA CRAU
- La Compagnie des Chemins de fer du P.-L.-M. a pris, l’an dernier, l’heureuse initiative de tenir un congrès pour étudier un plan de mise en valeur de la Grau. Un projet a été approuvé et mis au point. D’ici peu, une immense région jusqu’à ce jour déserte va peut-être devenir une oasis florissante.
- LE DÉSERT DE CAILLOUX ACTUEL
- Dans toute l’étendue de la Crau, le sol a une nature très caractéristique. Il est constitué par une quantité prodi-
- gieuse de cailloux, généralement siliceux, en partie libres à la surface, en partie incorporés dans une masse de terre argilo-siliceuse. Sous cette première couche, dont l’épaisseur va de quelques centimètres à un mètre au maximum, on trouve un poudingue très dur formé de cailloux agglutinés par un ciment calcaire. Au-dessous du poudingue, existe partout, à une profondeur très variable, une immense nappe d’eau douce, sur l’importance et l’origine de laquelle les avis diffèrent.
- L’extrême sécheresse est la caractéristique de la Crau
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- Les pluies y sont rares et jamais abondantes. Dès leur chute, elles sont absorbées par le sol très perméable. D’autre part, sous l’action du chaud soleil de la Provence et du mistral, l’évaporation est intense. Aussi, sur cette vaste superficie de 50 000 hectares, n’y a-t-il qu’un seul cours d’eau permanent et deux étangs.
- Les terrains incultes qui occupent plus de 25 000 hectares sont très secs. Ils ont l’aspect désertique. Le regard n’y voit qu’immenses étendues recouvertes de pierrailles, où paissent quelques rares troupeaux de moutons. C’est la mise en valeur de cet immense territoire.que l’on se propose de réaliser.
- Mais une première question se pose : ces immenses étendues, jusqu’à présent stériles, peuvent-elles devenir prospères ? Tous les techniciens sont sur ce point nettement affirmatifs. Tous, ils estiment qu’à la condition qu’on veuille bien s’en occuper, la Crau peut devenir l’une des régions les plus riches de notre pays.
- Entre les cailloux de la Crau, croît une herbe courte et dure qui est l’une des plus nourrissantes qui soient. Depuis deux mille ans, elle sert de pâture chaque année à de nombreux troupeaux transhumants qui, l’été, séjournent dans les Alpes. Comme le note M. Beccat, ancien élève de l’Ecole Polytechnique, qui s’est fait l’apôtre de la mise en valeur de la Crau, ce fait indique déjà que la terre est favorable à la végétation. Elle devient remarquablement fertile lorsqu’on lui fournit l’eau qui lui manque. Elle est alors propre à toutes les productions : le vin de Crau s’apparente aux bons crus des Côtes du Rhône, le blé de Crau est lourd et riche en gluten, le foin de Crau a toujours été estimé en France et en Italie et son prix dépasse constamment celui dès meilleurs fourrages d’autres régions réputées.
- Les prix de vente pratiqués montrent à quel degré de richesse peut atteindre l’hectare de Crau en plein
- rapport; cet hectare vaut 20 000 francs environ, tout comme un hectare herbager de Normandie.
- LES PROJETS D’IRRIGATION
- Que faut-il faire alors pour donner à ces terres tout leur rendement ? Depuis plusieurs siècles l’expérience a prouvé que la culture est facile et qu’elle donne en toutes circonstances de remarquables résultats, mais à la condition impérieuse que les terres soient abondamment irriguées. Le problème qui se pose est de savoir comment procéder à l’irrigation de 25 000 hectares dans un pays où l’évaporation est particulièrement importante.
- On a pensé utiliser les eaux de l’immense nappe souterraine dont l’existence a été reconnue sous le sol de la Crau. Mais des difficultés d’ordres divers se sont rencontrées.
- D’abord, cette nappe est plus ou moins éloignée du sol. A partir de 10 m de profondeur, il serait très onéreux de l’aller chercher.
- D’autre part, l’eau ainsi recueillie est une eau froide. Cette eau froide a la propriété d’« enrhumer » les plantes qu’elle arrose, plantes soumises dans ce pays à une température élevée, à une ambiance beaucoup plus chaude.
- Enfin, cette eau de nappe est très pure. Si on veut l’utiliser seule, sans la mélanger, cette eau de nappe, en raison de la porosité de la terre, s’infiltre en très grande quantité dans le sol. Il est impossible de la transporter au loin puisque, en raison de sa limpidité, elle est incapable de colmater les rigoles.
- Dans l’impossibilité où l’on est d’utiliser les eaux de la nappe souterraine, on ne pouvait plus songer qu’à demander aux rivières voisines l’eau nécessaire à l’irrigation.
- Le projet prévoit qu’il faut un débit d’un litre et demi par hectare et par seconde, ce débit paraissant de nature à couvrir toutes les pertes par infiltration ou évaporation, et à assurer à l’arrivée sur le terrain à arroser un débit de 1 litre 20, qui est reconnu nécessaire pour l’irrigation des terrains neufs.
- On pense pouvoir irriguer 13 000 hectares au moyen d’un volume à dériver aux prises de 17 400 litres par seconde, savoir : 3000 litres à provenir du canal des Baux et 14000 litres à provenir du Rhône, par l’intermédiaire du canal de Marseille au Rhône, étant entendu que 4600 litres seraient échangés contre un volume égal d’eau de Durance, par l’intermédiaire du canal de Craponne.
- Les usines de pompage seront munies de pompes centrifuges actionnées par l’électricité, parce qu’avec ce type de pompes on réalise toute la gamme des débits désirables, depuis quelques centaines de litres jusqu’à plus de 1000 mètres cubes à l’heure. D’autre part, ces pompes sont déjà utilisées, avec plein succès, en agriculture.
- On sait que, dans la pompe centrifuge, l’eau entraînée par le mouvement de la roue mo-
- Fig. 1. — Carte de la Crau : Usines et canaux projetés pour l'irrigation.
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- Fig. 2 à 6.
- Aspects de la Crau et sa mise en valeur par le P.-L.-M.
- De gauche à droite et de haut en bas :
- Un paysage de cailloux (la bergerie de la Péronne);
- Le verger du P.-L.-M. en cours de plantation et d’irrigation;
- La pépinière de cyprès du P.-L.-M. en cours d’irrigation;
- Le Luquier (vue prise en avion);
- Domaine de Cabane-Neuve : luzernière créée au printemps 1930.
- bile actionnée par le moteur arrive au centre de la pompe, rencontre les aubes de cette roue et est chassée vers la périphérie où se trouve l'orifice de la conduite de refoulement. Ces pompes présentent l’avantage de ne pas offrir de surfaces frottantes et, par conséquent, de limiter ainsi l’usure; de plus, leur rendement dynamométrique est de l’ordre de 60 pour 100 et même de 75 pour 100 pour les gros débits.
- Ces pompes centrifuges seront entraînées par des moteurs électriques, d’abord parce que ces moteurs présentent la gamme la plus étendue des puissances utilisables et qu’ensuite, du fait de la proximité des grands barrages des Alpes, le prix du courant électrique est bon marché.
- Où installer ces usines d’élévation et de distribution d’eau ?
- On verra sur la carte (fig. 1) les emplacements qui ont été choisis.
- Pour l’élévation de 3000 litres du canal des Baux, écrit l’auteur du projet, l’inspecteur général honoraire des Ponts et Chaussées, M. Denizet, deux usines seront établies au pied des falaises descendant de la Crau-sur-Durance : l’une élèvera 700 litres à la cote 44, pour l’irrigation de la partie ouest de la Crau-sur-Durance ; l’autre élèvera 2300 litres à la cote 50, pour l’irrigation de la partie est du même territoire.
- L’élévation des eaux du Rhône se fera au moyen de deux usines, une usine principale et une usine de relais.
- L’eau ne sera pas prise dans le fleuve, mais dans le canal de navigation, ceci pour éviter de creuser un long canal d’amenée compliqué d’ouvrages difficiles et coû-
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- teux à travex-s la digue de défense et sous le chemin de fer et le canal.
- L’usine principale contiendra deux groupes de motopompes : le premier élevant 3400 litres à la cote 12 m, pour l’alimentation d’un premier canal principal de distribution suivant sensiblement la courbe de niveau 10 m et assurant l’arrosage des terrains en contrebas de ce niveau; le second groupe élevant les 11 000 litres restant à la cote de 21 m d’où partira un grand canal suivant sensiblement le sommet de l’éperon.
- Après un parcours de 5 km, indique M. Denizet, ce canal se divisera en deux branches : la première, d’un débit de 2750 1, se détachant vers la droite, suivra la courbe de niveau 20 m et formera le second canal principal de distribution qui permettra l’arrosage des terrains compris entre cette courbe de niveau et la courbe 10 m; la deuxième branche, celle de gauche, d’une longueur de 5 km, conduira les 8250 1 restant à l’usine élévatoire de relais.
- Cette usine de relais, située près du « mas » de la Gar-diole, renfermera, elle aussi, deux groupes de motopompes : l’un qui élèvera 3650 1, à la cote 36 m, pour former le troisième canal principal de distribution, qui suivra la courbe de niveau 35 m et permettra l’arrosage des terrains compris entre celle-ci et la courbe 20 m; le second groupe élèvera les 4600 1 restant à la cote 31 m, d’où un canal d’une longueur de 2 km les conduira en amont du 'moulin de Chambrement pour être déversés dans le canal de Craponne en remplacement d’un volume égal prélevé dans ce canal en amont de ce point pour l’irrigation de la Haute-Crau.
- La Crau étant un plan incliné, il était logique d’y établir des usines élévatrices qui distribueraient l’eau par l’intermédiaire de canaux d’irrigation suivant la pente naturelle du sol. Ces canaux doivent eux-mêmes se subdiviser pour arroser la plus grande étendue possible.
- Les canaux d’amenée qui devront avoir une certaine profondeur et traverser le poudingue imperméable, pour pénétrer dans la couche sous-jacente de sable et gravier, seront en principe revêtus partout où des pertes sont à craindre. Au contraire, comme le proposent MM. Denizet et Habert, les canaux de distribution seront établis en principe de façon que soient évitées le plus possible les déperditions. Aussi prévoit-on une assez grande largeur et un faible tirant d’eau, pour pénétrer le moins possible dans le poudingue qu’il serait coûteux d’entamer et dangereux de traverser.
- Les trois canaux principaux de distribution de la Basse-Crau ont des longueurs de 20 à 25 km. Ils déverseront leurs eaux en excédent en un même point dans l’étang du Galéjon. Le troisième canal principal à la cote 35 pourra, en passant, donner un complément d’alimentation au canal d’Istres et Entressen. Les canaux secondaires, dirigés suivant les lignes de plus grande pente de la Crau, seront espacés de façon à laisser entre eux des surfaces de 500 à 1000 h.
- Pour ce qui est de l’alimentation en énergie électrique, a Compagnie nationale du Rhône, dont le département des Bouches-du-Rhône est actionnaire, entreprendra, sans doute, dans un avenir peu éloigné, la première
- tranche de ces travaux qui comprendra l’aménagement des forces motrices du Haut-Rhône, lesquelles seront transportées le long du Bas-Rhône et devront être vendues, notamment pour les entreprises agricoles d’utilité générale, à un tarif extrêmement réduit. C’est à cette source que pensent s’adresser MM. Denizet et Habert, les auteurs du remarquable projet de mise en valeur de la Crau, pour l’alimentation en énergie électrique des usines élévatoires.
- Une étude extrêmement serrée du montant global des dépenses de premier établissement montre qu’une somme de 80 millions serait largement suffisante pour réaliser le projet.
- La dépense annuelle pour l’entretien et le fonctionnement (charges de premier établissement, fourniture de l’énergie électrique, dépenses d’entretien et dé fonctionnement proprement dites) doit s’élever à 200/250 francs à l’hectare.
- Ces frais étant indiqués, il faut voir si l’entreprise est rentable, c’est-à-dire, si, du point de vue financier, les capitaux immobilisés peuvent fructifier.
- Le projet prévoit la mise en valeur de 25 000 h environ. Un hectare de bonne terre de Crau, muni de tout ce qu’il faut pour l’exploitation, vaut 20 000 fr. Jusqu’à ce jour, les parties cultivées l’ont été en prairies, dont le foin est particulièrement apprécié, ce qui explique les hauts prix atteints par la propriété foncière.
- Bien entendu, dans l’avenir, toute la Crau ne sera pas transformée en région herbagère. On estime qu’un tiers sera en prairies, le reste étant consacré aux autres cultures (blé, vigne) dont le rendement net sèi'a inférieur au rendement des prairies. Aussi évalue-t-on généralement à 9000 fr l’hectare moyen de la Crau, une fois qu’elle sera irriguée. 25 000 h X 9000 fr = 225 millions. On voit le bénéfice considérable réalisé par les propriétaires fonciers, dont les terrains ont actuellement une valeur absolument dérisoire, ce qui s’explique par l’impossibilité de retirer du sol un bénéfice intéressant.
- D’autre part, l’Etat verra la matière fiscale augmenter. Enfin la Compagnie du P.-L.-M. espère retirer de la mise en valeur de la Crau un surcroît appréciable de trafic.
- Quant aux frais courants d’entretien et d’exploitation des usines, ils seraient couverts par une taxe spéciale, semblable à celle prélevée pour l’assèchement des marais.
- Telle est l’économie du projet qui doit permettre de transformer une plaine aride et déserte en une contrée prospère et fertile.
- Si on compare l’état actuel de la Crau avec ce qui a été réalisé soit dans le delta du Nil, soit dans le delta du Pô, soit encore dans l’immense étendue du Zuydersee, on comprend qu’un ministre de l’Agriculture ait pu dire qu’il-n’était pas digne de la France de laisser incultes les terrains pierreux de la Crau. La Compagnie du P.-L.-M., dont les initiatives heureuses sont nombreuses, l’a compris. Grâce à son impulsion, un projet pratique et simple a été mis au point et adopté. D’ici quelques années, le désert de Crau deviendra une oasis florissante.
- Paul Millon.
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- ASPECT NOUVEAU DE LA CARBONISATION DE LA HOUILLE A BASSE TEMPÉRATURE
- l. - EXPOSÉ
- Peu après la fin de la guerre, une abondante littérature technique a traité de la carbonisation de la houille à basse température. On désigne par là une opération suivant laquelle le charbon est porté en vase clos à une température inférieure à '600°, ce qui correspond déjà à un niveau thermique élevé. En choisissant ce qualificatif de « basse », on a voulu établir une séparation tranchée entre cette méthode et la carbonisation effectuée à 950° environ, dite à haute température, telle qu’on la pratique dans les usines à gaz et dans les cokeries. On connaît trop bien le but de cette dernière pour qu’il soit besoin de le rappeler ici.
- Nous indiquerons dans cette étude :
- L’objet de la carbonisation à basse température ;
- L’état actuel de son développement dans le monde ;
- Les moyens les mieux appréciés pour la réaliser ;
- Les procédés pour transformer en carburants et en combustibles liquides le goudron, dénommé couramment « primaire », que cèdent les charbons à forte teneur en matières volatiles, dits bitumineux, lorsqu’on les carbonise en vase clos à une température inférieure à 600°, terme extrême de la carbonisation à basse température.
- Les données techniques que nous réunirons et commenterons à ce propos nous paraissent d’autant plus capables d’intéresser qu’elles représentent le fruit de nos observations effectuées au cours de nos récentes missions en France et-à l’étranger.
- Fig. 2. — Vue d'une plaie-forme de chargement de 36 cornues dans la \ fabrique de coalite d’Askern.
- Fig. 1. — Une usine de carbonisation à basse température en Angleterre. La fabrication de la coalite à l’usine d’Askern (Yorkshjre).
- II. - OBJET DE LA CARBONISATION DE LA HOUILLE A BASSE TEMPÉRATURE
- Jusqu’à ces deux ou trois dernières années, on envisageait principalement la carbonisation à basse température comme une opération destinée à fournir des car-burants. Elle permet, en effet, d’obtenir ceux-ci soit directement sous la forme d’essences extraites du gaz, soit de goudron primaire « toppé », c’est-à-dire distillé de manière à en expulser les constituants légers, soit indirectement par l’hydrogénation du goudron primaire en se conformant à une technique que nous définirons plus loin.
- Depuis lors, on a reconnu qu’il convenait d’assigner, en premier lieu, à cette technique le rôle de préparer un combustible domestique possédant plusieurs caractéristiques physiques essentielles destinées à leur valoir une faveur spéciale sur le marché. Ceci se conçoit sans peine, car le résidu solide de l’opération de prédistillation de la houille représente 75 à 80 pour 100 du poids de cette dernière, alors que cette proportion ne dépasse jamais 6 à 10 pour 100 pour le goudron primaire.
- En outre, convenablement préparé, c’est-à-dire pourvu qu’il se présente en morceaux de la grosseur du poing, durs, cohérents et faciles à enflammer, le semi-coke se vend très aisément et sans conditionnement autre que celui de son classement par grosseur. Déjà, par exemple, deux mines du Pas-de-Calais vendent au prix de 200 fr la tonne sur wagon-départ du semi-coke qui répond‘à ces conditions et qu’apprécie fort la clientèle.
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- Quant au goudron primaire, il ne vaut guère plus de 350 fr la tonne, à l’état brut.
- En rapprochant le chiffre des recettes possibles sur ces deux produits de la prédistillation, on se rend immédiatement compte que le semi-coke doit attirer l’attention beaucoup plus que le goudron primaire.
- Il convient d’observer, en outre, que la transformation du goudron primaire en carburants nécessite des opérations complexes et onéreuses que, seules, des usines spécialement organisées et outillées peuvent mener à bien. Le problème de la vente rémunératrice du goudron primaire subit, par contre-coup, de nombreuses entraves.
- L’objet même de la carbonisation de la houille à basse température se trouvant défini d’une manière pratique, il devient aisé d’indiquer entre quelles limites de températures doit s’effectuer cette opération.
- A ce point de vue, les travaux du Fuel Research Board, organisme anglais d’Etat pour les recherches sur les combustibles, nous renseignent avec précision.
- Elles amènent à fixer à 620° la température de prédistillation. Reste-t-on en dessous, on produit du coke très friable et parfois difficile à défourner par la simple action de la gravité. On doit déconseiller, en effet, l’emploi d’engins mécaniques pour expulser le semi-coke hors des cellules de carbonisation. Sa fragilité s’y oppose.
- Veut-on dépasser 620° ? Le semi-coke se manifeste alors notablement plus dur, mais son allumage nécessite trop de temps et de soins. Il rebutera la ménagère.
- Toutefois, dans une certaine mesure, on réussit à tourner cette difficulté en procédant à des mélanges appropriés de combustibles de diverses natures. Pour l’opération correspondante ou «blending » on fait surtout appel à des corps infusibles jouissant delà propriété d’absorber l’excédent de résines que peut contenir la houille bitumineuse mise en œuvre et que, pour cette raison, on appelle « agents dégraissants ». On se sert, maintenant, d’anthracite, de poussier de coke, de semi-coke à 15 pour 100 de matières volatiles ou, mieux encore,
- Fig. 3. — Transporteur de coalile vers les cribles, à la fabrique d’Askern.
- ayant subi une recuisson spéciale à 800°. Cette opération a pour effet de lui enlever ses matières volatiles sans modifier sa texture poreuse. Les résultats obtenus dans cette voie sont pleinement encourageants.
- III. - ÉTAT ACTUEL DU DÉVELOPPEMENT DE LA SEMI-CARBONISATION DANS LE MONDE
- Qui veut comprendre avec quelle attention la technique de la semi-carbonisation est actuellement suivie, doit se reporter, en premier lieu, aux importantes communications présentées à son sujet au troisième Congrès international des charbons bitumineux. Cette manifestation a réuni, à Pittsburgh, fin novembre 1931, les spécialistes les plus éminents de l’industrie houillère. Qu’y discernons-nous ?
- Première constatation : préoccupés de la vente de leurs charbons bitumineux, qui représentent la portion principale de leur extraction — en 1929,. sur une production globale de 551 millions de tonnes, les charbons bitumineux entraient pour 48' millions de tonnes, soit 87,8 pour 100 de l’ensemble, les anthracites représentant le solde —, les Etats-Unis envisagent maintenant de se créer un débouché nouveau pour cette qualité de houille en recourant à la semi-carbonisation.
- Comment ? Installations conçues, à leur échelle, traitant 1000, 1500 tonnes de charbon par jour et nécessitant pour leur service un minimum de personnel.
- De leur côté, les délégués anglais ont fait ressortir l’immense effort accompli chez eux pour que la technique de la semi-carbonisation parvienne enfin sur le plan industriel. La Grande-Bretagne y trouverait, comme Sir Richard Redmayne l’a justifié, plusieurs avantages majeurs, d’où surcroît d’activité procuré à ses houillères. Qu’on le comprenne. Pour préparer les 40 millions de tonnes de combustibles que consomment, chaque année, ses foyers domestiques, il faut extraire 40 millions de tonnes de houille seulement, si ce combustible est du charbon cru, ou 53 millions de tonnes — ce qui correspond à du travail supplémentaire pour 45 000 mineurs — si c’est la flamme du semi-coke qui égaie le « home ». Par surcroît, cette industrie de la semi-carbonisation contribuerait à la production indigène de carburants et de combustibles liquides pour les moteurs d’avions et d’automobiles du Royaume-Uni ainsi que pour sa flotte ; à l’hygiène meilleure des cités industrielles dont l’atmosphère, désormais sans fumée, deviendrait plus ensoleillée. Il apparaît ainsi que le développement de la semi-carbonisation correspond à une nécessité pour l’Angleterre.
- Qu’on ne perde pas non plus de vue que le Royaume-Uni ne veut plus se trouver exposé aux risques si lourds qu’il a encourus durant la guerre. A une certaine époque, ses disponibilités en combustibles liquides ne correspondirent qu’à ceux d’une semaine seulement.
- Stinnes prophétisait : « A moins que l’Angleterre ne prédistille son charbon, elle périra ».
- Même préoccupation au Capada, important consommateur de charbon : 36 millions de tonnes par an dont 19 millions d’importation. Les hivers y sont longs et rigoureux. Il s’agit surtout d’utiliser pour les besoins domestiques les charbons bitumineux de la Côte de
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- l’Atlantique, provenant de la Nouvelle-Écosse (gisement connu de Sydney, qui donne lieu à une exploitation sous-marine d’un charbon à 29 pour 100 de matières volatiles et à 4 pour 100 de cendres).
- En résumé, dans les pays anglo-saxons, on constate un accord général au sujet de l’intérêt technique et économique de la semi-carbonisation. Accord également sur la nécessité de monter des installations traitant environ 1000 t de charbon par jour, soit quatre fois la puissance de celles qui sont actuellement en service et de se servir de cornues à marche discontinue. C’est la condamnation des fours tournants trop fragiles et trop coûteux.
- Accord toujours et enfin, pour reconnaître que les procédés de la coalite et ceux d’Illingworth fournissent du très bon coke.
- Un courant de même tendance et de même force s’établit en France. Rien ne le montre mieux que les observations présentées au sujet de la carbonisation à basse température à l’Assemblée ordinaire des actionnaires des Mines de Courrières qui vient de se tenir à Douai le 24 mai 1932. Détachons notamment celle-ci.
- « Aux fours Illingworth de distillation du charbon « à basse température, nous avons mis à feu un premier « groupe de 20 fours et le second groupe de 20 fours « est en construction. Le semi-coke obtenu, soigneuse-« ment calibré, a reçu, sous le nom d’Anthralux, un accueil « très favorable des consommateurs, qui l’emploient « notamment dans des calorifères et autres appareils « de chauffage domestique ouverts ou fermés. Il rem-« place avantageusement les charbons classés maigres « anthraciteux et les produits similaires. La batterie « actuelle de jours nous permettra de produire environ « 150 tonnes d’anthralux par jour, et de valoriser sous forme « de produits de choix, employés au chauffage domestique, u des fines qui, sur le marché des charbons industriels, « n auraient quune valeur bien inférieure. Ceci est d’au-« tant plus intéressant pour nous que, comme nous « l’avons déjà dit, nous manquons de charbons pour « chauffage domestique ».
- Véritablement, ce rapport met le doigt sur le nœud du problème économique qui doit préoccuper tous les charbonnages. De quelle façon ?
- Une compagnie houillère n’a ses débouchés économiques convenablement équilibrés que si elle livre non seulement des charbons industriels, mais encore des charbons pour foyers domestiques. On se l’explique fort bien :
- 1° En Europe occidentale, les foyers domestiques absorbent 25 pour 100 de la consommation de houille d’un pays. Ceci correspond à un débouché considérable et d’autant plus intéressant que le charbon pour les besoins domestiques se vend aux prix les plus rémunérateurs pour les fournisseurs.
- 2° Si la consommation de houille des foyers domestiques reste, bon an, mal an, à un étiage à peu près constant, il en advient tout autrement pour les charbons industriels lorsque surgit une crise économique. Ils restent alors entassés sur les carreaux des mines.
- Aujourd’hui, chacun de nous s’en rend bien compte, le prix des charbons domestiques n’a que peu varié en
- Fig. 4.-— Aspecl du semi-coke Illingworth à sa sortie du four de semi-carbonisation.
- Europe occidentale tandis que les charbons industriels se vendent à des a prix de misère ». Par exemple, les fines grasses de Liévin, de Lens, de Bruay ne valent, à cette époque, que 45 fr la tonne sur wagon-départ, soit beaucoup moins que le prix de revient.
- 11 y a donc un intérêt manifeste, notamment pour les pays importateurs d’anthracite, à transformer leurs fines bitumineuses grasses en semi-coke, spécialement apte aux besoins des foyers domestiques. Cet exemple est donné aujourd’hui par les Mines de Courrières, de Bruay. Ce sera le tour demain de celles de Liévin. La Pologne, la Tchécoslovaquie, qui disposent en abondance de fines bitumineuses à très bas prix, alors que les anthracites manquent, totalement sur leur marché, ne restent pas insensibles devant ce courant de faits.
- Une première constatation mérite d’être enregistrée, dès à présent. Le public consent à payer le semi-coke plus cher que le charbon. Il a fini par se rendre compte que le premier combustible, parce qu’il brûle sans fumée et a un pouvoir rayonnant élevé, produit un effet utile supérieur à celui du second.
- En Angleterre, on trouve ainsi que la coalite, semi-coke aujourd’hui très estimé, payée 57 sh la tonne, revient en définitive moins cher que le charbon qui, dans les mêmes conditions, se vend 47 sh la tonne.
- En France, le semi-coke en gros morceaux, spécialement l’anthralux des Mines de Courrières, se paie actuellement 200 fr la tonne sur wagon-départ. C’est un com* bustible tellement apprécié par la clientèle que la demande dépasse très notablement la production.
- Même remarque, d’ailleurs, pour les créalites des Mines de Bessèges, très recherchés à cause de leur den-
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- site apparente élevée. Ils se surclassent à cause de cette caractéristique. On les vend 250-260 fr sur wagon-départ.
- IV. - PROCÉDÉS MODERNES DE SEMI-CARBONISATION
- Reportons-nous à l’expérience acquise dans le Royaume Uni durant quelque vingt années d’échecs successifs qui ont entraîné la perte de plus d’un milliard de francs.
- Instruits par ces dures épreuves, les Anglais disent :
- Si la carbonisation à basse température présente un indéniable intérêt, il s’agit avant tout :
- 1° De ne point faire usage d’une cornue métallique, l’expérience établit qu’elle se trouve mise hors d’usage au bout d’un temps trop court. La « Fuel Research Station » a mis au point deux cornues verticales en matériaux réfractaires répondant à ce besoin. Elles rendent, au point de vue de la qualité et de la quantité du semi-coke, les mêmes services que les cornues métalliques.
- 2° D’obtenir un rendement élevé en semi-coke commercial. Dans ce but, il convient d’extraire le semi-coke à certains intervalles de temps. La périodicité des détournements et des enfournements qui les suivent dépend :
- a) de la largeur de la chambre que l’on fixe généralement à 18 cm.
- b) de la température dans les piédroits et de l’épaisseur des parois du four.
- On estime que la température dans les piédroits ne doit pas excéder 850°, ce qui correspond à 680°-690° dans les chambres de carbonisation. Quant à l’épaisseur des parois, elle se définit plus difficilement. On fait usage de briques profilées dont l’épaisseur atteint 10 cm sur les tranches et 2 cm seulement dans l’âme.
- La périodicité des défournements et enfournements dépend encore :
- c) De la température extrême à laquelle le charbon
- cesse de passer par l’état visqueux. Ce phénomène a été spécialement étudié par le Docteur lllingworth qui a montré qu’entre 410 et 520°, une houille bitumineuse peut passer par quatre états variés de plasticité. Il est évidemment souhaitable que le semi-coke ne soit point déplacé dans la chambre de carbonisation tant qu’il n’a pas acquis une cohésion durable. Ceci explique pourquoi les fours à alimentation continus donnent lieu plus que les fours à chargement périodique à une production élevée en poussier de faible valeur, ce qui atténue les bénéfices.
- En bonne moyenne, il convient d’espacer de 1 heure 1 /2 environ les intervalles entre deux défournements. On ne saurait trop recommander, à ce propos, d’étudier attentivement les courbes de plasticité du charbon mis en oeuvre, entre 350 et 550°. Pour traiter convenablement un charbon, il faut évidemment connaître son individualité.
- Mentionnons maintenant l’indéniable succès de la « Low Température Carbonisation » qui, depuis une quinzaine d’années, s’occupe de mettre au point la fabrication du semi-coke vendu sous le nom de coalite.
- Aujourd’hui, cette firme dispose de trois installations qui marchent avec une régularité tout à fait remarquable, lndiquons-les.
- La première installation est à Barrugh (Yorkshire). En moyenne, elle traite maintenant 275 tonnes de charbon par jour. Depuis le 1er juillet 1927 jusqu’au 31 décembre 1931, on y a prédistillé quelque 300 000 tonnes de charbon.
- La seconde, c’est celle d’Askern, près de Doncaster. Elle a été mise à feu en juillet 1929. On y traite 250 t de charbon par jour. Elle marche avec une régularité parfaite.
- La troisième, celle de la « South Metropolitan Gas Company», met en œuvre, depuis le mois de janvier 1931, 300 tonnes de charbon par jour. Les Anglais estiment que c’est l’installation la plus moderne du Royaume-Uni.
- Rappelons que la cornue employée dans le procédé Coalite est du type vertical à chargement discontinu. Elle est constituée par un bloc de fonte dans lequel sont fixés 12 tubes en acier. Il n’y a aucun organe mécanique dans cet appareil.
- Le semi-coke obtenu, dénommé coalite, ré-
- pond aux caractéristiques que voici :
- Matières volatiles........ 9 %
- Cendres .................. 6,5 %
- Soufre...........moins de 1 %
- Ou obtient le rendement que voici à la prédistillation par tonne de houille sèche :
- Coalite...................710 kg
- Goudron primaire .... 80 »
- Essence................... 9 »
- Sulfate d’ammoniaque . . 1,8 »
- Le goudron primaire obtenu à Barrugh et à Askern est fractionné dans une distillerie installée à Barrugh. Le goudron primaire de la « South Metropolitan Gas»sera dépolymérisé dans une installation édifiée à East Greenwich,près de Londres.
- Fig. 5. — Procédé Bergius pour l’hydrogénation du charbon.
- Vue de l'ace des trois bombes capables de traiter une tonne de charbon par jour à la station expérimentale du « Fuel Research Board » (d’après The Industrial
- Chernisl).
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- Fig. 6. •— Vue arrière des trois bombes de l'installation Bergius du Fuel Research Roard, à Easl Greenwich.
- Passons maintenant à l’étude des frais de premier établissement et d’exploitation de l’installation d’Askern.
- En complet ordre de marche, cette usine, qui traite 250 tonnes de charbon par jour, a coûté 90 000 livres. Ceci correspond à un investissement de l’ordre de 140 fr par tonne-an de coalite, ce qui est admissible.
- En 1931, le bilan d’exploitation s’est établi comme suit : en livres sterling.
- Bénéfices bruts . . . 25 788 £
- Frais généraux ... 5 421 £
- Différence.......... 20367 £
- Cette différence représente la somme qui reste pour les amortissements et rémunérer le capital investi qui s’est élevé à 113175 livres.
- Grosso modo, ceci correspond, après amortissement, à une rémunération de 6 pour 100 du capital investi.
- Ne quittons point l’Angleterre sans décrire ce qui y a été obtenu au sujet de l’hydrogénation du charbon et du goudron primaire.
- V. - LES PROCÉDÉS DE PRÉPARATION DE PÉTROLES ARTIFICIELS
- Actuellement, l’industrie des pétroles se transforme à cause du développement des procédés d’hydrogénation. Ceux-ci portent non seulement sur les goudrons obtenus par distillation de la houille, mais encore sur la houille elle-même et, depuis peu, sur les pétroles résiduaires.
- Le nœud du problème de la préparation de pétroles artificiels d’hydrogénation, quant à ses possibilités de développement, dépend du prix d’achat et du coût de la transformation de la matière première. On peut constituer celle-ci soit par des produits houillers, soit par des résidus du raffinage des pétroles naturels.
- Le produit houiller peut être représenté soit par du charbon finement moulu et rnis en pâte avec un peu d’huile, soit par du goudron extrait de la houille par carbonisation à basse température de préférence.
- Techniquement, ce procédé nécessite l’intervention d’une pression d’hydrogène de 150 atmosphères et d’un catalyseur que nous définirons un peu plus loin. En contre-partie, au point de vue prix, l’essence fabriquée soit à partir du charbon, soit à partir des goudrons et huiles lourdes de houille revient beaucoup plus cher que l’essence ordinaire. L’Impérial Chemical C°, qui vient de faire une série d’expériences à Billingham, annonce un prix de 60 fr les 100 1. Or, l’essence vaut aujourd’hui 17 fr aux raffineries américaines. L’essence de houille ne constitue donc pas, actuellement, une concurrence sérieuse pour les sociétés pétrolifères.
- Dans un avenir plus ou moins incertain, ces conditions peuvent se modifier et il est permis de considérer l’essence de houille comme un futur régulateur du marché mondial du pétrole.
- Néanmoins, il convient de citer les résultats les plus marquants obtenus en prenant les produits houillers comme point de départ.
- Mentionnons, en premier lieu, les résultats obtenus par le « Fuel Research Board ».
- Pour dépolymériser le goudron primaire, on a expérimenté deux méthodes. La première consiste à opérer sur la totalité du goudron primaire et la seconde sur celle qui distille au-dessus de 230°. Dans l’un et l’autre cas, on recourt à l’action de catalyseurs. Il est nécessaire de faire intervenir l’action de pressions élevées, sauf lorsque l’on traite des huiles légères.
- Le catalyseur qui s’est révélé le meilleur, c’est un mélange d’acide molybdique et de soufre. Parmi les principaux résultats expérimentaux obtenus jusqu’à ce jour, il convient de mentionner les suivants :
- On obtient un rendement maximum en essence quand on donne comme support au paramolybdate d’ammonium soit du charbon de bois, soit du gel de silice. Il convient d’additionner le soufre séparément. Le chlore, le carbonate de soude, le chloroforme, l’acide chlorhydrique altèrent plus ou moins profondément l’activité du molybdate d’ammonium. L’eau et l’ammoniaque en modifient l’action suivant un mécanisme qui n’a pas encore été élucidé.
- Les résultats obtenus sur du goudron « toppé » sont remarquables en employant le catalyseur molybdate d’ammonium, charbon de bois, soufre. En opérant sur 90 litres de ce goudron, on a recueilli 63 litres d’essence distillant en dessous de 170° et 27 litres d’huile exempte de brai, directement utilisable pour l’alimentation de moteurs Diesel. 11 a fallu employer pour cela 33,75 m3 d’hydrogène.
- Terminons en citant les travaux de MM. Kling et Florentin qui, à Pittsburgh, ont montré que l’hydrogénation des molécules organiques lourdes intervient seulement après une scission de leurs molécules sous l’action de la chaleur. D’où le recours obligé à quatre facteurs de transformation : chaleur, haute pression, atmosphère d’hydrogène et catalyseurs.
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- La pression (200 kg) et la température élevée (470 à 4.80°) déterminent la scission des molécules. Intervient à ce moment l’hydrogène — 7,7 à 9,0 pour 100 du poids du corps à transformer — qui, en « cicatrisant la blessure » des molécules dissociées, limite la réaction à la formation d’hydrocarbures aromatiques au lieu de la laisser se poursuivre jusqu’à la formation de coke et de gaz, produits extrêmes du craquage.
- Il reste à définir le rôle des catalyseurs.
- En premier lieu, ils permettent d’abaisser le seuil de décomposition des molécules quand leur stabilité se prolonge jusqu’à une température trop élevée. Par exemple, avec le phénol, en déterminant le départ des groupes hydroxyles. Les catalyseurs déshydratants : alumine, oxyde de chrome, oxyde molybdique, thorine, etc... permettent d’arriver à ce résultat, spécialement quand on les a chauffés préalablement eux-mêmes, à 750°. Ce traitement préliminaire qui les active, provoque le départ de leur eau de combinaison et augmente leur porosité ainsi que leur pouvoir absorbant. Cette action se renforce encore, c’est-à-dire que le rendement en benzène s’accroît, si on les additionne de catalyseurs hydrogènants : oxyde de nickel, oxydes de molybdène, etc...
- Enfin, s’il s’agit de traiter des hydrocarbures à noyau polycyclique de la série aromatique, stables à haute température; naphtaline, anthracène, on recourt aux catalyseurs dits « de rupture ». On dénomme ainsi des catalyseurs hydrogènants additionnés de soufre ou d’acide sélénieux lequel est particulièrement actif. C’est
- CONFITURIERS
- Nous voici à l’époque où Pomone nous prodigue ses présents ; on peut cependant en toutes saisons parler des confitures et de leur préparation, car, si le temps de celle-ci est bien court pour la ménagère, il dure toute l’année pour le confiturier. Je dirais même que c’est pendant la saison des fruits que le confiturier prépare le moins de confitures. Les moyens industriels sont donc différents des moyens familiaux, quoique la technique d’obtention soit sensiblement la même.
- En se basant sur les 15 000 quintaux de sucre utilisés annuellement en France dans la confiturerie, il ressort que nous consommons environ 30 millions de kilogrammes de confiture. Un tel chiffre vaut bien la peine que l’on s’intéresse à cette industrie alimentaire.
- LES CONFITURES D’AUTREFOIS
- Les confitures ou condits « ont été inventées en intention de conserver les parties des végétaux dans leur vertu, tant pour les usages de la Médecine que pour le délice de la bouche ». C’est ainsi que l’on conserva, à l’aide du miel d’abord, et du sucre ensuite, les diverses parties d’une plante, aussi bien la racine que les feuilles, les fruits ou même l’écorce. Ces préparations médicamenteuses vendues par les apothicaires sous le nom de « con-
- ce que le « Fuel Research Board » a observé de son côté.
- Des résultats du même ordre ont été obtenus par M. Tropsch, le collaborateur du professeur Fischer. Ils font ressortir qu’en dehors des catalyseurs déshydratants et déshydrogénants, les sulfures de molybdène, de tungstène et de cobalt conviennent pour transformer les crésols en hydrocarbures benzéniques ou pour alléger le gas oil, c’est-à-dire pour le convertir en essence.
- CONCLUSIONS GÉNÉRALES
- A la suite du tour d’horizon que nous venons de parcourir, il n’est pas téméraire d’affirmer que la technique de la semi-carbonisation est définitivement entrée dans le domaine industriel.
- On aurait pu croire que la crise économique aurait freiné ce mouvement.
- En réalité, à cause de la nécessité dans laquelle se trouvent les compagnies minières d’équilibrer leur marché de charbons domestiques et de charbons industriels et de trouver des débouchés nouveaux à leur charbon fin, la crise économique a puissamment contribué à l’accélération des progrès de la prédistillation de la houille.
- Retenons encore que si les procédés d’hydrogénation semblent capables d’améliorer notamment le rendement des usines pétrolifères, ils ne s’appliqueront sans doute au traitement rémunérateur des produits houil-lers que dans un avenir sans doute éloigné. Il faudra pour cela d’autres conditions sur le marché des carburants.
- Ch. Bertiielot.
- ET CONFITURES :....................... .
- serves » semblent maintenant reléguées, en grande partie, dans le domaine du souvenir.
- Autrefois, le confiseur était celui qui fabriquait des confitures et le confiturier était celui qui les vendait. Les confiseurs de Paris faisaient partie du corps de l’Épicerie qui était le second parmi les six corps des marchands; en faisaient également partie les confituriers, les droguistes et les cirîers.
- Le corps de l’Épicerie comprenait deux sections : celle des épiciers et celle des apothicaires. On s’imagine difficilement de nos jours cette réunion de l’épicier et du pharmacien, frères ennemis, sans cesse en procès, s’interdisant mutuellement la vente de certains produits, et dont la séparation ne date que de 1775. N’oublions pas que du temps de Louis XIII, le sucre était à peine connu de nom et qu’il fit son entrée dans le monde par l’officine des apothicaires.
- Les épiciers pouvaient vendre des conserves, des dragées, des confitures préparées par leurs soins et en outre toutes sortes de drogues telles, que la thériaque, la mithridate, l’alkermès, mais ceci sous le contrôle de la Faculté qui leur en interdisait la préparation. Le corps de l’épicerie était, gouverné par un comité de six Maîtres et Gardes dont l’élection avait lieu chaque année le jour
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- de la Saint-Nicolas, patron des Épiciers. Ce comité comprenait trois de ceux-ci et trois apothicaires. Ces Maîtres et Gardes étaient les dépositaires des étalons des poids et mesures royaux qu’ils devaient faire vérifier tous les six ans à la Monnaie. En outre ils devaient vérifier eu-x-mêmes, au moins trois fois par an, les poids et les balances dans les boutiques des détaillants. Ils remplissaient les fonctions de nos actuels vérificateurs des poids et mesures, aussi leur devise était-elle : « Lances et Pondéra servant », Aux apothicaires était réservé l’emblème bien connu, représentant une vipère enroulée autour d’un palmier dans un paysage montagneux, pour montrer l’extraction de leurs produits du règne animal, végétal et minéral.
- La Confrérie du corps de l’Épicerie se tenait à Paris en l’église des Augustins ; la rivalité entre épiciers et apothicaires était telle que, pour se rendre à l’offrande, les uns avaient le pas sur les autres, très exactement pendant la moitié de l’année.
- Parmi les taxes établies en 1349 par Philippe VI sur les diverses denrées à l’entrée dans Paris, on trouve bien « ... item toutes confitures et dragées, 6 deniers pour livre », mais, il semble que la plus ancienne réglementation du corps de l’Épicerie remonte à 1484, sous Charles VIII. Par la suite, de nombreux statuts furent édictés par le Parlement : l’un des plus importants date du 27 novembre 1632, précédant les lettres patentes de Louis XIII en 1638. Cependant, il est curieux de relever en passant le statut de 1560 réformant les abus commis par la corporation des merciers qui empiétait sur le commerce de l’épicerie. Ce n’est donc pas une nouveauté pour nos grands merciers-drapiers modernes de tenir étal de produits alimentaires !
- On doit également signaler le très intéressant arrêt du Parlement du 1er septembre 1689, à la suite de sérieuses divergences entre les épiciers, les apothicaires, et cette fois, les marchands fruitiers. Il donne le droit aux épiciers et apothicaires de vendre les sucres et cas-
- Fig. 2.— L’épicier apothicaire au xvie siècle. (D’après Jost Amman.)
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- Fig. 1. — Le confiseur au xvi“ siècle. (D’après Jost Amman.)
- sonades, les confitures de toutes sortes, les huiles médicamenteuses et à brûler etc., et n’autorise aux marchands fruitiers que la vente des œufs, du beurre frais, des fromages blancs et autres et de tous les fruits crus. Cette réglementation commerciale était renforcée d’une réglementation technique qui interdisait à MM. les épiciers et apothicaires, sous menace de peines sévères, d’employer dans la préparation de leurs médecines, drogues, confitures, conserves, huiles et sirops, aucune drogue sophistiquée, éventée ou corrompue, ou encore de vieux sirops. C’était l’ancêtre de notre loi de 1905 actuellement en vigueur pour la répression des fraudes !
- Enfin, si la profession d’épicier apportait alors quelques considérations, elle n’était pas accessible d’emblée, car, pour être aspirant épicier, il fallait être français et justifier de six années d’apprentissage.
- Je ne pousserai pas plus loin cet aperçu sur l’histoire de la confiture et de son commerce qui cessa peu à peu d’être une sorte de monopole de l’épicier-apothicaire pour devenir une fabrication familiale. Ce fut vers 1880 qu’apparurent les premières confitureries industrielles, leur nombre augmenta soudain en 1914 pour répondre à des besoins alimentaires exceptionnels. Les usines fondées à cette époque subsistent encore actuellement pour la plupart.
- LE PROBLÈME DES FRUITS
- Ce que j’ai déjà dit ici (1) à propos des bénéfices apportés par l’industrialisation dans la préparation de certains produits alimentaires s’applique sans conteste aux confitures. Divers facteurs militent en faveur de ce point de vue. La ménagère trouve tout préparé un aliment d’une valeur alimentaire indiscutable qu’elle n’a plus
- 1. La Nature, 15 février 1932.
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- le loisir de préparer, étant, plus qu’autrefois, absorbée par les soucis de l’existence ; elle trouve ce produit dans des conditions de qualité et de fraîcheur meilleures que si elle le préparait à domicile. Bien souvent, la ménagère achète ses fruits de seconde ou de troisième main, ils sont de maturation variable, plus ou moins tarés ou abîmés, puis les confitures seront plus ou moins bien réussies, elles moisiront ou « monteront en sucre ».
- Le confiturier achète ses fruits pour ainsi dire sur pieds, il les reçoit en quantités importantes, il les classe par espèces et degré de maturation, puis il les conserve au naturel dans des récipients en fer étamé ou des bouteilles. Après pasteurisation, ceux-ci vont garnir le magasin d’approvisionnement où l’on viendra puiser selon les besoins. Non seulement le confiturier prépare sa
- réserve de fruits régionaux, mais il reçoit encore des fruits préparés sur place à l’étranger, comme les pulpes d’abricots des Baléares ou de Murcie. Sans doute le temps n’est-il pas très éloigné où, ayant profité des leçons que nous donnent l’Amérique, l’Angleterre, l’Italie, l’Espagne, nous saurons importer des fruits au naturel-de nos colonies pour le plus grand bien de notre balance commerciale et de notre palais qui pourra ainsi déguster des confitures de fruits encore inconnus ou qui ne sont qu’une rareté coûteuse dans la métropole.
- Alors qu’en 1925 l’Angleterre ne possédait que quatre fabriques de conserves de fruits et de légumes, elle en possède actuellement une cinquantaine. Cet essor est dû à la création d’une marque nationale, sorte de label, et à la coopération intime des producteurs de fer-blanc (fabricants de boîtes), des constructeurs de machines, des
- chimistes, des biologistes, des médecins et du Ministère de l’Agriculture et des Pêches. L’Italie est entrée dans l’industrialisation de la culture fruitière soutenue par l’Etat et un Institut National pour l’Exportation qui donne les directives.
- De semblables organisations créent à nos fruits français, une concurrence grave qui ne semble pas devoir s’atténuer. Ce n’est pas que nos fruits soient moins bons, mais les efforts pour conserver leurs qualités, au besoin les améliorer, sont produits, pour ainsi dire, en ordre dispersé, chacun agit à sa guise, sans directives générales. Lorsque nous serons organisés, car il est à espérer que nous le serons un jour, nous risquons de voir accaparés par nos devanciers tous les marchés d’exportation. Actuellement les producteurs de pêches de Montreuil semblent avoir été les seuls à utiliser ces mêmes moyens qui sont utilisés sur notre sol par nos concurrents étrangers : les entrepôts et transports frigoriliques. Mais seul le fruit sain, préparé et emballé avec soin, est susceptible de se conserver en frigorifique.
- Evidemment, il s’agit là de fruits de table —• produits de luxe, si on les compare à certains fruits vendus sur nos marchés ; à côté de ce choix spécial, il est à prévoir pour l’arboriculteur l’uti lisation du fruit commun, non conser-vable par le froid, mais seulement par la pasteurisation : là le confiturier est intéressé. Qu’importe en effet cette pasteurisation préalable à la cuisson que comporte toute préparation de confitures ? Ces conserves de fruits au naturel constitueraient une sorte d’industrie agricole, annexe de toute confiturerie.
- Une certaine ordonnance est cependant nécessaire, car la nature du fruit, son origine, sa maturation plus ou moins avancée, sont des facteurs importants dans la préparation d’une confiture.
- LA TECHNIQUE INDUSTRIELLE
- Le confiturier prépare des confitures, des gelées et parfois des marmelades, nous retiendrons les deux premières, en commençant par les gelées. La composition de tous les fruits n’est pas biologiquement identique; certains, comme les pommes, les groseilles, les coings contiennent une quantité importante d’un principe, isolé par Braconnot en 1831 et dénommé par lui « pectine ». Sous l’influence d’une diastase découverte ensuite par Frémy, et dénommée « pectase », laquelle se rencontre dans les tissus des fruits, la pectine se transforme en acide pectique gélatineux. On peut ainsi faire à froid une gelée, en mettant en contact du jus de groseille riche en pectine, avec du jus de framboise riche en pectase.
- Les diastases étant détruites au delà de 70°, ce n’est donc pas à ce phénomène que l’on doit imputer la prise en gelée d’une confiture. La mise en liberté de l’acide
- Fig. 3. — Dans une confiturerie parisienne.
- Nettoyage et préparation de cerises. Les cerises lavées dans des tonneaux passent dans une machine qui les débarrasse de la queue et du noyau.
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- pectique peut également avoir lieu en présence du sucre, grâce à l’intervention d’un acide se trouvant naturellement dans le fruit en proportions variant avec sa maturation. Selon la nature du fruit on se trouvera en présence d’acide tartrique, citrique ou malique, seuls ou mélangés.
- La préparation d’une gelée exige donc un fruit riche en pectine et également possédant une certaine acidité. Tous les fruits ne contiennent pas ces principes en quantité suffisante, aussi ne peuvent-ils donner des gelées, mais seulement des confitures au sens étymologique du terme. Certaines de ces confitures ne seraient pas transportables par leur trop grande fluidité, elles ne constitueraient même pas un aliment agréable et économique. Pour remédier à ces inconvénients, on ajoute à ces fruits dépourvus en-grande partie de pectine une certaine quantité d’un autre fruit riche en ce principe et qui, par conséquent, donnera du corps et de la tenue au produit, le rendant ainsi plus approprié à la consommation courante.
- C’est à la pomme que l’on emprunte la pectine supplémentaire, soit que l’on utilise le fruit broyé et tamisé, ou bien le produit résultant de la macération des marcs de pommes. Le traitement des marcs de pommes pour extraction et concentration d’un jus riche en pectine a donné lieu à la création d’une véritable industrie annexe des distilleries. Sans entrer dans les détails, qu’il importe de savoir que l’on extrait la pectine de la pomme à un état de concentration tel, qu’il suffit d’une très faible proportion de ces jus pectiques pour provoquer la gélification d’une confiture à base d’un fruit insuffisamment pectique.
- L’industrie de la confiture est parmi les plus réglementées. Le décret du 16 septembre 1925 classe les confitures en quatre catégories dont les dénominations doivent figurer sur les étiquettes complétant le conditionnement de chaque pot, ce sont : 1° pur sucre, pur fruit (au singulier); 2° fruits et pommes, pur sucre, purs fruits (au pluriel); 3° pommes et fruits,pur sucre,purs fruits; 4° les produits dits de fantaisie, ou acidulés ou colorés. L’acheteur sait ainsi qu’il lui est vendu un produit ne contenant pas plus de 40 pour 100 d’humidité, composé de sucre pur, c’est-à-dire de saccharose à 98 pour 100 au minimum, et de fruits frais ou conservés au naturel ou dans un sirop de sucre. Il verra également s’il y a prédominance ou non de la pomme par rapport à l’autre fruit composant la confiture, leur mélange étant éventuel.
- L’acheteur est donc parfaitement protégé, il lui est loisible de consommer en toute connaissance de cause un produit naturel, déterminé, vis-à-vis duquel il ne doit avoir aucune suspicion, ou un produit de fantaisie dans lequel il n’entrera aucun fruit, mais uniquement des composants dont l’emploi est autorisé. Je dois dire qu’en France, pays de fruits, de tels ersatz ne sont pas de fabrication courante.
- Quant à la fabrication proprement dite des confitures, elle est excessivement simple, par cuites successives et
- Fig. 4. — Dans une confiiurcrie parisienne. La cuisson.
- rapides. Le mélange de sucre et de fruits est facilité dans la bassine par un peu d’eau dont on évapore ensuite rapidement l’excès par une cuisson à l’ébullition. Le point de concentration est observé soit au densimètre, soit au jugé, par formation de la nappe, qui n’est autre chose qu’un commencement de prise en gelée que l’on constate sur l’outil qui sert à agiter la masse, lorsqu’on le refroidit par agitation dans l’air.
- Ceci est le tour de main propre à chaque cuiseur, celui-ci peut être plus ou moins parfait, plus ou moins régulier, l’industriel devient ainsi l’esclave de son cuiseur. Aussi certains fabricants ont-ils tenté de remplacer l’em-pirisme par des données plus scientifiques. Parmi
- Fig. 5. — Dans une confiturerie parisienne. La stérilisation des récipients.
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- celles-ci, les indications fournies par l’emploi du thermomètre semblent intéressantes à retenir.
- Elles sont basées sur le fait qu’un mélange de sucre et de fruits maintenu à l’ébullition est arrivé à la densité voulue, c’est-à-dire celle correspondant au taux d’humidité légalement admis, lorsque le thermomètre indique une température variable de 103,5 à 106,5 degrés centigrades.
- Il s’ensuit que l’on peut mettre la première personne venue devant une bassine et lui faire appliquer une formule de fabrication ainsi conçue :
- x Kg de fruits x Kg de sucre
- ouvrir les vannes de vapeur, les fermer lorsque le thermomètre atteint x degrés, puis procéder à la mise en pots.
- Cette méthode permet de concevoir un automatisme complet, par exemple : thermomètres enregistreurs, ouverture et fermeture des vannes de vapeur par relais électriques, etc.
- La confiture, une fois à point, est immédiatement versée dans les pots, puis on prépare une autre opération dans la bassine devenue libre.
- Le chauffage de la bassine a lieu par la vapeur sous pression, ce qui permet de monter rapidement la température et de mieux saisir le fruit en évitant sa désagrégation. En somme la fabrication industrielle des confitures est calquée sur la fabrication familiale, sans vastes complications. Cette simplicité dans la fabrica-
- tion contraste singulièrement avec tous les à-côtés comme la préparation et la conservation des fruits, ou les conditions délicates d’achat des matières premières comme le sucre et les fruits, ou encore l’organisation commerciale, assez complexe par la multiplicité et la division des articles.
- L’importance d’une confiturerie peut donc se traduire, non pas par le volume des appareils, mais par leur nombre, autrement dit par l’importance de la série de bassines. Un ouvrier-cuiseur peut conduire deux bassines placées côte à côte, le service de la répartition en pots étant effectué par des femmes.
- Maintenant, les confituriers ne sont plus des épiciers et encore moins des apothicaires, ce sont des industriels, ils sont groupés en un syndicat de la Confiturerie Française qui l’an dernier a tenu son premier congrès national sous la présidence d’honneur du Ministre des Colonies, et au cours duquel ont été envisagées les multiples questions techniques et commerciales intéressant la corporation. L’étude d’une publicité collective y a été largement envisagée, elle se traduit par des tracts et des affiches que nous pouvons voir sur les murs et aussi par des appels que nous pouvons entendre à la T. S. F. ; souhaitons-lui, comme pour tout ce qui est français, le succès qu’elle mérite. Marc Fouassier,
- de l’Institut Pasteur, Chimiste-Expert près les Tribunaux.
- Les vues d’usine ont été prises à la Confiturerie de Montrouge.
- SUR UN SIGNE NOUVEAU DE LA MORT REELLE
- L'ÉPREUVE DIATHERMIQUE1’
- A la suite d’une proposition adoptée par la Chambre des Députés le 4 février 1931, l’Académie de Médecine a été appelée à s’occuper de la question des inhumations prématurées et de la vérification des décès par une expérience médico-scientifique. L’étude demandée avait pour but de restreindre le plus possible le nombre des inhumations en état de mort apparente.
- Dans un remarquable rapport, le professeur Balthazard (séance du 2 février 1932) passe en revue les différents signes expérimentés jusqu’à présent pour le diagnostic de la mort réelle. Comme il le reconnaît, certains de ces moyens sont bons, mais tous ne sont pas d’une application facile ni pratique.
- Je viens aujourd’hui apporter un nouveau signe qui peut être mis en œuvre très aisément et qui ne peut pas laisser de doute pour établir le diagnostic de la mort réelle. Dans un pli cacheté déposé à l’Académie des Sciences le 22 juin 1931, j’ai décrit ce moyen qui repose sur la reconnaissance de l’arrêt complet de la circulation sanguine et lymphatique et par conséquent aussi de l’arrêt total des mouvements cardiaques. Comme l’a fait remarquer avec raison M. "Balthazard, les battements du cœur peuvent n’être pas perçus dans les états consécutifs soit à la submersion, soit à l’intoxication oxy-carbonique, soit à l’électrocution, etc..., dans tous ces cas, la circulation peut ne pas être arrêtée complètement quoique
- 1. Communication faite à l’Académie de médecine, séance du 19 juillet 1932.
- l’auscultation ne fasse entendre aucun bruit, aucun battement cardiaque.
- Le signe que je propose est basé sur ce fait que sur le vivant un courant de diathermie appliqué sur une partie du corps, par exemple sur l’abdomen et la région lombaire, fait monter en quinze ou vingt minutes la température du sujet prise en un point situé loin des électrodes, sous l’aisselle ou dans la bouche; cette élévation atteint facilement 1°,5 après 20 minutes ou une 1 /2 heure, avec une intensité de 1500 à 2000 milliampères. L’élévation thermique est due à l’échaufïement du sang et des liquides circulants pendant leur passage dans les tissus compris entre les deux électrodes. Mais si la circulation est totalement arrêtée, c’est-à-dire si le cœur ne présente plus la moindre contraction, la température axillaire ou buccale, dans les mêmes conditions, ne subit aucun accroissement : on peut alors affirmer que la mort est bien réelle.
- Sur un sujet dont le décès remontait à 26 heures, la température axillaire était de 23°,5. Deux électrodes en étain de 15 cm sur 20 cm sont appliquées sur la face postérieure des cuisses, puis le courant fourni par un appareil de diathermie puissant est porté à 1500 milliampères. Après 30 minutes, le thermomètre marquait toujours 23°,5.
- Si le sujet est décédé depuis peu de temps, et si sa température n’a pas atteint l’équilibre thermique avec le milieu ambiant, on verra celle-ci continuer à descendre, malgré le passage du courant de haute fréquence.
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- Voici un exemple de ce cas : un thermomètre sensible au cinquième de degré étant placé sous l’aisselle du cadavre, on fixe sur chaque cuisse une électrode d’étain de 15 cm/20; avant le passage du courant, à 10 heures et demie le thermomètre axillaire marque 28°4. On établit alors le courant qui est porté jusqu’à 1500 milliampères.
- à 10 h. 30 le thermomètre marque 28°4
- à 10 h. 40 — — 28°3
- à 1 ) h. 45 — — 28°2
- à 10 h. 50 ... — 28°
- à 10 h. 55 — — 27°2
- à 11 h. — — 27°8
- Ainsi, après 30 minutes, la température axillaire, non seulement n’a pas augmenté, malgré la forte intensité appliquée, mais elle a subi une diminution progressive. Le sujet étant mort dans la nuit précédente, le corps n’était qu’incomplè-tement refroidi. Si la mort n’avait pas été réelle et définitive, on aurait constaté d’abord un arrêt dans la chute thermométrique suivi d’une élévation lente de la température pendant le passage du courant.
- Le diagnostic de la mort réelle se fera donc aisément par le moyen proposé : si, après le passage d’un courant de diathermie de 1500 à 2000 iu-a, la température axillaire ou buccale n’augmente pas, on doit conclure à la réalité de la mort. Si au contraire la circulation sanguine n’était pas complètement arrêtée, si elle existait à un rythme même imperceptible, la température axillaire subirait une élévation, si faible soit-elle.
- Le signe que je décris est d’une application très facile :
- ..... —— = 173 =
- il suffît d’avoir un appareil de diathermie et du courant alternatif. Or, aujourd’hui l’électrification est devenue à peu près générale, même dans les campagnes. Quant aux appareils de diathermie, il en existe des modèles variés et certains, sinon tous, sont facilement transportables. Si la famille du parent dont elle redoute l’inhumation prématurée désire faire l’épreuve de la diathermie, elle n’aura qu’à s’adresser à un médecin possédant un appareil — et aujourd’hui beaucoup de médecins s’occupent de diathermie — et à lui demander de pratiquer l’épreuve qui vient d’être décrite. Il va sans dire que le thermomètre médical ordinaire ne peut pas servir dans ce cas; c’est donc à un thermomètre à mercure ou à alcool gradué de 0° à 40°, par exemple, qu’il faudra avoir recours.
- Il serait désirable, devant la valeur de l’épreuve par la diathermie, que tous les médecins de l’état civil possèdent un appareil de diathermie transportable avec tous les accessoires, électrodes, prise de courant, thermomètre sensible, etc...
- Je ferai enfin remarquer que l’épreuve de la diathermie, en plus de sa précieuse propriété de pouvoir mettre en évidence la persistance de la circulation sanguine, si ralentie soit-elle, olîre un moyen de rappeler à la vie les sujets dont la circulation est à peine existante et d’empêcher, par suite, que cet état n’aboutisse à la mort définitive : le courant de diathermie par l’intense hyperémie produite dans les tissus et par leur échaufïement pourrait, après un temps plus ou moins long, rétablir progressivement la circulation d’une manière de plus en plus active et réveiller ainsi les contractions cardiaques.
- Dr H. Bordier.
- LA GLACE “ SECURIT
- On sait le danger que font courir les glaces aux occupants des voitures automobiles; en cas de choc même peu grave la glace se brise et vole en éclats tranchants qui peuvent causer de sérieuses blessures, parfois mortelles; il arrive ainsi trop souvent que des accidents qui eussent dû n’entraîner aucune conséquence sérieuse, prennent un caractère tragique.
- Le remède, on le sait, réside dans l’emploi des glaces dites de sécurité, qui, au choc, ne donnent pas d’éclats.
- Il existe aujourd’hui deux catégories de glaces qui répondent à cette condition : le verre Triplex et la glace « Securit ».
- Le verre Triplex, sandwich de deux glaces séparées par une colle transparente à l’acétate de cellulose, inventé en 1903 par le curieux personnage que fut Benedictus, a été souvent décrit dans cette Revue. Nous n’y reviendrons pas, nous bornant à dire que grâce aux progrès accomplis dans sa fabrication, son emploi s’est beaucoup développé en ces dernières années. On sait que sous un choc le verre Triplex s’étoile, mais les morceaux retenus par la colle intérieure ne se séparent pas.
- La glace « Securit », invention récente de la Société de Saint-Gobain, repose sur un principe tout différent.' Lorsqu’elle se rompt, elle se divise en une multitude d’éclats minuscules, aux formes arrondies, dépourvues de toutes arêtes coupantes, donc inofïensifs; littéralement elle tombe en poussière.
- Ce résultat est obtenu par la trempe du verre. Les matières premières employées ne paraissent pas difïérenles de celles
- qui sont utilisées dans la fabrication des glaces normales; la composition de celles-ci ne diffère, du reste, de celle du verre usuel que par le plus grand soin apporté au choix, au broyage et au mélange des matières.
- Pour fabriquer les glaces ordinaires, le verre fondu au creuset est coulé, visqueux, sur une table, puis laminé entre deux rouleaux. Les feuilles ainsi obtenues sont ensuite recuites au four, pour faire disparaître les tensions internes et on les refroidit ensuite lentement à température décroissante. A ces glaces brutes, il reste à faire subir les opérations qui leur donneront une surface plane, une épaisseur régulière et un poli parfait, c’est le rôle des opérations dites : doucissage, savonnage et polissage, qui consistent à user les aspérités de la surface à l’aide d’une succession d’abrasifs de plus en plus fins, gradués depuis le mélange d’eau et de grains de sable jusqu’à la potée rouge de peroxyde de fer.
- C’est à des glaces ainsi traitées que l’on fait subir la trempe.
- La trempe du verre est un phénomène bien connu; dans tous les ateliers où l’on souffle du verre, on connaît les larmes bataviques, gouttes de verre en fusion coulées dans l’eau. Extraordinairement dures, elles résistent au marteau, mais tombent en poudre si l’on brise la fine queue qui les termine.
- Mais autrefois la trempe se pratiquait en opérant sur des verres portés à des températures de 800°, donc notablement ramollis; il était alors impossible d’éviter des altérations de la planéité et du polissage; la trempe ne pouvait guère
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- recevoir d’applications industrielles. M. Samsoen a montré que les verres, prototypes des substances amorphes, c’est-à-dire non cristallines, chauffés progressivement, ne passent pas d’une façon continue, comme on l’a cru longtemps, de l’état de solide vitrifié à l’état pâteux, puis liquide; pour toutes les substances de nature vitreuse, hrai, résines, gel d’acroléine, glycérine, aussi bien que verres proprement dits, il existe une zone assez étroite de températures de transformation, zone critique, marquée par une variation brusque des propriétés physiques de la matière : dilatation, chaleur spécifique, indice de réfraction. L’existence de ce point de transformation, tout différent d’un point de fusion, est une propriété générale remarquable des corps vitreux. C’est seulement à partir de ce point que, par la chaleur, l’état amorphe passe d’une façon progressive à l’état fluide en même temps que toutes les propriétés varient désormais avec la température sans le moindre saut brusque.
- Pour réaliser industriellement la trempe des glaces, il faut, nous apprend M. Samsoen, dans le Nouveau Traité de Chimie minérale de Pascal (tome VII), les porter à des températures à peine supérieures au point de transformation soigneusement déterminé, grâce à la méthode dilatométrique par exemple. A cette température, une glace finie ne court aucun risque de déformation à la trempe.
- Il faut, avant la trempe, découper les glaces aux dimensions voulues; car après trempe elles ne se prêtent plus à la coupe; le moindre trait de diamant les pulvérise.
- Pour procéder à la trempe, on place les glaces dans une gaine métallique uniformisant la température et on les chauffe dans un four électrique à résistance.
- Lorsque l’équilibre de température est atteint, la glace est sortie rapidement du four et soumise à l’action de violents jets d’air jusqu’à refroidissement complet. Ces glaces trempées ont une très grande résistance à la flexion et au choc.
- LE MELANGE DES LIQUIDES PAR LES TURBO-AGITATEURS
- Fig. 1. — Vue en coupe èt en plan d’un turbo-agilaleur Moritz.
- Il est assez curieux de constater que, malgré la généralisation du machinisme qui est la règle de notre temps, on trouve encore des ateliers où le mélange des liquides se fait à la main dans des cuves même de capacité importante.
- Il est impossible d’obtenir ainsi de bons mélanges parfaitement homogènes; la qualité des produits s’en ressent. D’autre part la dépense de main-d’œuvre est excessive.
- On a déjà proposé quelques appareils munis de palettes tournant à grande vitesse pour améliorer ce travail, mais ces appareils sont dangereux et ne se sont pas généralisés.
- Les progrès actuels de l’hydraulique ont permis d’utiliser certaines propriétés de la force centrifuge pour créer un appareil qui porte le nom de « Turbo-agitateur >, et grâce auquel on peut réaliser le brassage énergique de toutes sortes de liquides, sans qu’il y ait aucun danger pour le personnel ouvrier appelé à les manier.
- Ces appareils créés par M. R. Moritz sont appelés à rendre de grands services dans de nombreuses industries : produits chimiques, peintures, vernis, couleurs, produits pharmaceutiques, etc...
- Un turbo-agitateur se compose d’une partie mobile, appelée turbine, animée d’une grande vitesse de rotation et tournant au centre d’une couronne d’aubes fixes appelée diffuseur (fig. 1).
- L’entraînement de la turbine peut être assuré par divers dispositifs mécaniques, et, entre autres, au moyen d’engrenages ou de moteurs électriques directement accouplés.
- Parmi les différents types de turbo-agitateurs, nous distinguerons : — les turbo-agitateurs industriels, — les turbo-agitateurs portatifs, et les turbo-agitateurs de laboratoire, tous reposent sur le même principe, leurs dimensions seules diffèrent.
- Principe du turbo-agitateur. — La turbine tournant à grande vitesse chasse par son action centrifuge le liquide à sa périphérie, mais grâce à un dispositif d’au-bages fixes l’entourant, le liquide quitte tangentielle-ment la turbine pour venir rencontrer ces aubes qui le renvoient radialement au niveau du fond de la cuve. Il se produit ainsi un véritable balayage du fond, qui a pour but de créer une pénétration violente des veines liquides animées d’une grande vitesse dans une masse de liquide immobile, d’où une interpénétration excessivement favorable des molécules.
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- Le liquide animé de mouvement qui vient rejoindre ainsi la paroi monte verticalement le long de celle-ci pour venir rejoindre le centre de la turbine et il se crée un mouvement excessivement méthodique dans l’intérieur de la masse fluide à brasser.
- Ce fonctionnement peut être comparé à celui d’une pompe centrifuge qui serait placée directement dans le liquide à mettre en circulation, mais cette pompe, qui n’a aucune tuyauterie, et dans laquelle les aubages sont prévus en conséquence, possède un rendement très élevé et, par suite, l’appareil n’exige qu’une très faible puissance pour la mise en mouvement de masses importantes.
- Turbo-agitateur industriel. — Sur ce principe, il a été réalisé jusqu’à présent des centaines de modèles de turbo-agitateurs qui s’échelonnent de 20 centimètres à 1,40 m en diamètre.
- Certains modèles sont établis à simple face, d’autres à double face, suivant la forme des réservoirs dans lesquels doit s’effectuer le brassage.
- Ils se construisent en fonte, aluminium, plomb, cuivre, bronze, acier inoxydable, grès et matières moulées, etc.
- Les grands modèles couramment employés ont 1,20 m de diamètre et servent à mettre en agitation des cuves de 30-35 m3 d’huile, dans les raffineries.
- La viscosité du liquide à brasser joue un très grand rôle et, grâce à une forme judicieuse donnée aux turbines, les turbo-agitateurs industriels peuvent brasser des mélanges visqueux pouvant atteindre jusqu’à 20° Engler, à froid.
- La puissance mise en jeu à ce moment est évidemment plus élevée, mais l’expérience a montré qu’elle était toujours plus faible que celle de tous les dispositifs précédemment employés pour ces brassages.
- Turbo-agitateur portatif. — Le turbo-agitateur représenté sur la figure 3 comporte à sa partie inf erieure le turbo-agitateur proprement dit, et d’autre part, à sa partie supérieure, le moteur électrique assurant directement l’entraînement de la turbine.
- Le turbo-agitateur est composé d’une sphère immobile portant différents-orifices et des aubes fixes; au centre, entre les aubes, tourne la turbine animée de grande vitesse.
- Aucun organe dangereux n’est apparent; et le maniement de l’appareil est très aisé, il pèse une vingtaine de kg pour le modèle moyen ; un homme peut facilement le déplacer d’une cuve à l’autre pour assurer le brassage de n’importe quel liquide dans des cuves de 2500 litres environ de capacité.
- Le nettoyage est facile; il suffit de plonger l’instrument dans un seau rempli d’eau ou de solvant approprié et de faire tourner la turbine un petit instant. L’agitation très violente qui se produira entraînera toutes les matières qui auraient pu être accrochées aux parois intérieures de l’appareil.
- L’alimentation du moteur se fait au moyen de courant électrique qui peut être pris même sur le ré-
- Fig. 2 et 3.
- A gauche : Fixation d’un turbo-agitateur portatif dans une cuve. droite : La roue et les aubes directrices du turbo-agitateur portatif.
- seau d’éclairage, étant donné la faible consommation.
- Notre photographie (fig. 4) représente un turbo-agitateur portatif, équipé avec moteur blindé étanche, permettant à l’appareil de fonctionner dans les ateliers de fabrication de peinture, de laques ou de vernis, ou dans les ateliers traitant diverses essences volatiles susceptibles de prendre feu au contact d’étincelles électriques.
- Fig. 4. •— Vue d’un urbo-agilateur portatif.
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- Le turbo-agitateur portatif est également utilisé pour mélanger des solides à des liquides, pour fabriquer des émulsions, etc...
- Grâce à une pince disposée pour être fixée sur le bord
- Fig. 5. — Montage du turbo-agitateur de laboratoire dans un ballon.
- de la cuve où l’on désire brasser le liquide, son immobilisation est assurée en quelques secondes.
- Turbo-agitateur de laboratoire. — Dans les travaux chimiques de laboratoire, l’agitateur joue toujours un grand rôle; depuis que le petit moteur électrique est devenu pratique, on s’est empressé de recourir à lui pour dispenser le chimiste ou ses assistants de la besogne fastidieuse, mais nécessaire qui consiste à remuer l’agitateur dans les liquides à mélanger. C’est qu’en effet, pour opérer correctement les réactions, préparer des mélanges, des émulsions ou des suspensions, il importe que les substances soient constamment brassées, et mélangées de façon homogène. Le turbo-agitateur trouve ici encore un emploi. Il à suffi de l’adapter à ces tâches nouvelles où les masses à agiter sont plus faibles, mais où il importe de pouvoir réaliser toutes les gammes de vitesse.
- Comme le montre la photographie (fîg. 6), le turbo-agitateur de laboratoire comprend un moteur électrique fixé à un support qui maintient à la partie inférieure l’agitateur proprement dit. Ce moteur entraîne la turbine intérieure par l’intermédiaire d’un manchon semi-élastique.
- La disposition choisie permet d’immobiliser l’ensemble, moteur et turbo-agitateur, le long d’une tige verticale servant de guide, ce qui facilite le changement ou l’installation du vase dans lequel le travail doit s’effectuer. • •
- La vitesse de l’appareil peut être variée à volonté, au moyen d’un rhéostat en vue d’obtenir toujours le brassage optimum, quelle que soit la viscosité du liquide brassé.
- Grâce à la disposition de la turbine au centre de l’appa-
- reil on peut placer dans le vase, sans risque de le briser, un thermomètre ou tout autre objet fragile, tous les organes mobiles de l’agitateur se trouvent en effet hors de portée.
- Le turbo-agitateur est d’un emploi très commode pour préparation des émulsions : dans ce cas, à la périphérie des aubes fixes, on place une couronne de broches fixes contre lesquelles viendront se briser les veines de liquide animées de grande vitesse.
- Le modèle de laboratoire se construit généralement en acier ou en acier inoxydable. Il peut, du reste, être construit en tout autre métal convenable.
- L’axe de la turbine se trouve entouré par un tube maintenant les diffuseurs à aubes fixes ; cette disposition rend inutile, dans le montage de laboratoire, le recours à des joints à mercure à la partie supérieure de l’appareillage en verre. Lorsque l’on doit faire agir des gaz sur les liquides, par exemple, les montages s’en trouvent bien simplifiés et leur solidité accrue.
- Ce rapide aperçu n’a pas la prétention d’énumérer toutes les applications que peut recevoir le turbo-agitateur ni toutes les formes qui peuvent lui être données. Il montre que son domaine est considérable et s’étend depuis les préparations en quantités minuscules jusqu’aux mélanges en grandes masses.
- On en retiendra surtout que l’étude rationnelle d’un problème en apparence fort simple et la mise en œuvre de moyens rationnels et éprouvés, empruntés à d’autres techniques, ont permis de réaliser toute une classe d’appareils nouveaux et efficaces. Grâce à eux, on peut, dans une foule d’opérations indispensables dans les industries les plus diverses, obtenir des résultats plus parfaits que
- Fig. 6. — Un turbo-agitateur au laboratoire.
- par le passé, tout en réduisant le temps de ces opérations, ainsi que les dépenses de force motrice et de main-d’œuvre. Un important progrès a donc été réalisé.
- R. Villers.
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- L’EUROPE CENTRALE D’APRÈS GUERRE=177
- L’Europe centrale a été profondément remaniée par la guerre. Sur les ruines d’un ancien Empire, hétérogène par les nationalités, mais qui offrait une unité géographique et qui représentait une des plus anciennes communautés de notre civilisation, ont surgi de nouveaux Etats, jaloux de leur indépendance et qui se sont hérissés de barrières douanières. Leur avenir pose de graves problèmes : s’il n’y a plus de minorités dominantes, il reste toujours des minorités opprimées, tandis que les frontières, tracées d’après des préoccupations ethniques, mais à l’avantage de certains groupements, n’ont pas tenu un compte suffisant des nécessités géographiques et économiques.
- C’est sur cette Europe centrale, le grand point névralgique de l’Europe actuelle, que M. de Martonne s’est penché. Connu surtout par ses remarquables travaux de géographie physique, il s’affirme aussi comme un maître de la géographie humaine. Nul mieux que lui aujourd’hui ne sait mettre en relief les rap-ports entre la terre et l’homme, les réactions réciproques et complexes entre le climat, l’orographie, les ressources du sol et du sous-sol, et l’évolution politique. Cette Europe centrale, il l’a longuement étudiée sur place avant et après la guerre : il nous apporte les résultats, mieux, la synthèse de sa documentation et de ses enquêtes (’).
- Un petit pays seul, au milieu de l’Europe en feu, a échappé à la conflagration de 1914 et est sorti indemne de la tourmente : la Suisse (1 2). Son histoire est une leçon, un grand exemple. Etat alpin, il a su vivre et prospérer sur un sol ingrat, tirer parti des routes internationales qu’il commandait et retrouver, après la secousse de la guerre, son équilibre, en modifiant ses débouchés, voire ses lieux d’approvisionnement. La Suisse a réalisé depuis longtemps la pratique de la tolérance, tant au point de vue des religions que des races.
- Fragment détaché d’un grand Empire, l’Autriche est un nouvel Etat alpin qui cherche sa voie. L’énormité de sa capitale, qui s’était développée à la tête d’un État de cinquante millions d’âmes, pose un problème d’adaptation des plus difficiles. Attirée vers l’Allemagne par des liens de race, vers la Hongrie par une ancienne communauté, la géographie
- 1. Europe centrale, t. IV de la collection « Géographie universelle » (Paris, Armand Colin, 1932), 2° partie, in-4°, 466 p., 97 cartes, 173 photographies, broché, 120 fr. La première partie était consacrée à l’Allemagne.
- 2. Dans la carte « formation territoriale de la Suisse » (p. 383), quelques erreurs se sont glissées. Parmi les « pays sujets » des treize cantons devaient figurer la majeure partie de l’Argovie et le pays de Vaud, sujets de Berne. D’autre part la légende « adhésions complétant les treize cantons, 1797 » pourrait faire croire que les treize cantons n’étaient agrégés qu’en 1797, alors que cette première Confédération était formée dès 1513.
- rattache l’Autriche, Vienne surtout, au bassin du Danube. L’isolement de la Hongrie, amputée de tous ses débouchés naturels et même de territoires à majorité hongroise, est encore plus tragique. La Tchécoslovaquie, malgré une forme géographique paradoxale, malgré une forte proportion d’éléments allogènes, apparaît plus vivace parce qu’elle se suffit mieux au point de vue économique : riche à la fois par son agriculture et son industrie.
- Car le point de vue économique, en dépit de la vivacité des antagonismes nationaux, commande tous les autres problèmes dans l’Europe d’après-guerre : M. de Martonne l’a fort bien exprimé dans sa magistrale conclusion. Depuis que la crise actuelle s’est fait durement sentir, une fédération économique de l’Europe centrale apparaît de plus en plus nécessaire. La diplomatie de la France, appuyée cette fois par les grandes puissances, la prépare : sera-ce la préface d’une fédération politique encore lointaine ?
- La Pologne est la résurrection d’une ancienne nation. La fixation de ses nouvelles frontières suscitait de graves difficultés : la géographie, sauf sur les Carpathes et peut-être vers les marais du Pripet, n’imposait aucune borne; la carte ethnographique se présentait comme une gageure. Remis au point à la suite de deux plébiscites, le traité de Versailles a tracé ici les frontières les plus discutées. Économiquement, la Pologne est bien partagée. Son organisation laisse encore à désirer. Mais le gros danger, que le géographe n’a peut-être pas suffisamment marqué, est d’ordre politique : il vient de l’Allemagne, qui n’acceptera jamais le « corridor » et qui peut un jour associer ses revendications à celles de la Lithuanie et de la Russie.
- La Roumanie est « l’État peut-être le moins mûr de l’Europe centrale », mais sa configuration géographique et ethnographique est assez homogène; « les possibilités y sont nombreuses et variées, l’équilibre et l’harmonie réalisables dans des conditions de vie normales ». Les revendications de la Hongrie et de la Russie ne représentent pas un danger aussi grave, ni surtout aussi prochain que la menace allemande pour la Pologne.
- Cet ouvrage si neuf, très documenté mais aussi très vivant — car l’auteur est de ceux qui dominent leur sujet — a une illustration remarquable, surtout en ce qui concerne la Suisse et l’Autriche. De nombreux graphiques et cartes, en particulier une grande carte ethnographique (dressée surtout d’après des critères linguistiques) et des cartes démographiques, de types très variés, ajoutent encore à l’intérêt et à la valeur de ce volume qui est un des meilleurs de la collection.
- Albert Dauzat,
- Directeur d’études
- à l’École pratique des Hautes Études.
- RECREATIONS MATHEMATIQUES
- LE BILLET
- L’identité des billets de la Banque de France est assurée par une double notation inscrite sur chacun d’eux. Il existe d’abord, au milieu du recto du billet, un nombre en petits caractères représentant son numéro d’ordre dans l’ensemble des billets de même type; une seconde notation,en gros caractères se trouve dans les angles, composée de deux nombres, l’un n précédé
- DE BANQUE
- d’une lettre majuscule, l’autre n' seul et formé de 3 chiffres.
- Le numéro du billet peut se déduire de la notation en gros caractères et inversement, ce qui assure son identité en cas de détérioration.
- Les deux questions suivantes se trouvent ainsi naturellement posées :
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- 1° Comment le numéro du billet se déduit-il des deux autres nombres P
- 2° Comment reconstituer ces deux derniers nombres avec, le numéro du billet P
- lre QUESTION
- Le numéro du billet est formé de deux parties que l’on obtient en séparant les 3 chiffres de droite ; ceux-ci ne sont que la reproduction du nombre n . La partie gauche, appelons-la N, provient du nombre n et de la grande lettre qui le précède.
- Les lettres sont d’abord rangées et numérotées de 1 à 25, dans l’ordre alphabétique, en remarquant que la lettre I est supprimée (pour éviter toute confusion avec le chiffre 1) et que la lettre W est mise à la fin, ce qui donne le tableau suivant :
- Lettres : A B C D E F G H J K L M
- Rang : 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
- Lettres : N O P Q R S T U V X Y Z W
- Rang : 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25
- Pour trouver N, il suffira de retrancher 1 du nombre n, de
- 100 „ .
- multiplier par 25 ou plus rapidement par -------- et d ajouter le
- 4
- rang de la lettre moins 1, ce qui se traduit par la formule suivante :
- N = (n — 1) 25 + [l — 1)
- l désignant le rang de la lettre majuscule.
- Supposons que l’on ait le nombre P. 2243, on trouverait N = 2242 x 25 + 14 = 56064.
- 2e QUESTION
- La reconstitution du nombre n et de la lettre qui le précède, à l’aide du nombre N, se fera par une opération inverse. On rendra N multiple de 25 en lui retranchant un nombre d’unités variant de 0 à 24, puis on divisera par 25 ou plus rapi-
- dement par
- 100
- le nombre retranché augmenté de 1 donnera
- le rang de la lettre et la fera connaître, le quotient de la division augmenté de 1 sera le nombre n, comme le montre la formule suivante déduite de la première :
- n =
- N — {l — 1) 25
- + 1
- Supposons que N soit le nombre 56064; en retranchant 14 on le rend divisible par 25 et l’on a pour quotient 2242. On retrouve donc bien 15 pour le rang de la lettre qui est P et 2243 pour le nombre n.
- Remarque importante. —- Quand le nombre n' est 000> il n’y a plus lieu de retrancher 1 du rang de la lettre pour trouver N; inversement quand le nombre N est suivi de 3 zéros, on le rend multiple de 25 en lui retranchant un nombre d’unités variant de 1 à 25, puis on continue comme plus haut; mais il n’y a plus lieu d’ajouter 1 au nombre retranché, pour obtenir le rang de la lettre qui précède n.
- Les formules précédentes deviennent dans ce cas particulier :
- N — l
- N = (n — 1) 25 4- l et n = ——------------------h 1.
- 25
- Conclusion. — Après avoir vérifié sur un plus on moins grand nombre de billets variés l’exactitude des formules données, on en peut conclure la manière dont les billets d’un même type sont distribués par les nombres n, n’ et la série des 25 lettres majuscules :
- A chaque valeur de n correspond un ensemble de 25 000 billets; ceux-ci sont distribués en 25 séries de 1000 billets par les 25 grandes lettres prises dans l’ordre du tableau; enfin dans chacune de ces séries les billets sont classés de î à 1000 par le nombre n' (001 à 000).
- Pour terminer nous mentionnerons une autre notation qui accompagne habituellement la date d’émission des billets : elle consiste en une ou deux lettres placées à droite et à gauche de cette date, à droite seulement pour les billets de 1000 fr.
- Les lettres employées pour cette notation sont au nombre de 24 et diffèrent de la série donnée plus haut par l’absence du W. Chaque lettre, simple ou double, correspond à une seule valeur de n et représente par suite un ensemble de 25 000 billets.
- Le nombre des lettres utilisées dépend de la valeur du billet et de l’importance de l’émission. Si les premières lettres de la série simple sont en général suffisantes pour les billets de 1000 fr., par contre pour les coupures, après l’emploi de la série de 24 lettres, on fait usage des séries à double lettre, AA, AB, AC, AD,..., BA, BB, BC,..., CA, CB, etc.
- L’emploi d’une série entière correspond ainsi à l’émission de 25 000x24, soit 600 000 billets.
- Léon David.
- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- JUIN 1932, A PARIS
- Mois très sec et bien ensoleillé, à périodes chaudes et froides alternées.
- La pression barométrique moyenne, réduite au niveau de la mer, au Parc Saint-Maur, a été de 762 mm 7, et est sensiblement normale.
- La moyenne mensuelle de la température, 17°,0 est en excédent de 0°,6. Les températures journalières n’ont été inférieures à la normale que pendant deux périodes assez courtes, s’étendant, la première du 4 au 9 inclus, la seconde du 19 au 24. Le minimum absolu au Parc Saint-Maur a été de 7°,1 noté le 9; le maximum absolu de 28°,4, le 27. Dans la région avoisinante, les ëxtrêmes absolus ont été : 3°,7 à Villepreux et 31°,8 à Vaucluse.
- *La hauteur totale de pluie recueillie à Saint-Maur, 19 mm 4,
- est inférieure de 64 pour 100 à la normale. Elle classe le mois qui vient de s’écouler au cinquième rang parmi les mois de juin les plus secs observés depuis 1874. Il n’y a eu que quatre jours de pluie appréciable, contre 12, nombre moyen, et dont un n’a fourni qu’une quantité d’eau égale à 0 mm 1. A l’Observatoire de Montsouris, la durée totale de chute, 11 heures, est inférieure de 63 pour 100 à la moyenne 1898-1922. Les hauteurs de pluie les plus grandes en 24 heures ont été : pour Paris, 13 mm 6 à la Villette, du 3 au 4 et, pour les environs, 10 mm 9 à Bagatelle, du 4 au 5.
- On a enregistré à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques, 257 h. 35 m de soleil, durée supérieure de 19 pour 100 à la normale. Il n’y a eu aucun jour sans soleil.
- Au parc Saint-Maur, l’on observa 6 jours d’orage, 1 jour de
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- brouillard, 16 jours de brume, 25 jours de rosée; les vents dominèrent du nord-est; la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 69,4 pour 100 et celle de la nébulosité de 56 pour 100. Quoique la température du mois ait été supérieure à la normale, on constatait encore aux derniers jours
- ... : : 1 ~..... .........= 179 =====
- un retard d’une semaine environ dans les dates de floraison.
- Il a grêlé par places, dans la région, cinq jours, mais aucun dégât n’a été signalé.
- Orage assez important, le 3 dans la matinée, qui a sévi surtout sur le nord de Paris. Em. Roger.
- EEELE HYGIENE ET SANTE
- LA CARIE DENTAIRE ET LES CÉRÉALES
- La carie dentaire est l’objet des préoccupations de tous les hygiénistes depuis déjà bien longtemps, car cette affection qui est assurément la plus répandue de toutes celles que nous connaissons, est considérée, avec raison, comme cause d’une quantité de maladies graves indépendamment des souffrances plus ou moins passagères qu’elle inflige quand du fait de cette lésion, une inflammation de la pulpe, puis un abcès se sont produits.
- Mais jusqu’ici, les recherches poursuivies n’ont pas eu tous les résultats qu’on aurait pu espérer. Ainsi, par exemple, la vitamine D, qui se montre si puissamment récalcifiante dans le rachitisme, ne suffit pas pour prévenir complètement la carie dentaire. D’autres facteurs doivent donc intervenir. En fait, déjà depuis bien des années, Mellanby a pu montrer, qu’un régime riche en céréales aggrave beaucoup les effets qu’a, sur les dents, un régime pauvre en vitamine D. De toutes les céréales c’est encore l’avoine qui, à cet égard, serait la plus nocive. Viennent ensuite le maïs, l’orge, le riz et enfin la farine de blé. Le germe de blé lui-même a une action défavorable.
- Pour contre-balancer les effets des céréales, il suffit d’ailleurs d’un peu d’huile de foie de morue, de lait, de jaune d’œuf et d’autres aliments également riches en vitamines A et D.
- Ces recherches ont été poursuivies notamment par Pattison, collaborateur de Mellanby, qui a étudié les effets de régimes riches en céréales sur le taux du calcium dans la salive. Cet auteur a constaté que, sous l’influence tout spécialement de la farine d’avoine, ce taux diminue appréciablement. Inversement, l’administration de vitamines l’augmente. Or, il faut savoir que des recherches récentes montrent, comme le rappelle Zullig, que la chaux de la salive peut se déposer sur les débuts de carie, réaliser une récalcification de la lésion, en prévenir l’extension, voire la guérir. L’intérêt qui s’attache aux faits de ce genre est donc considérable.
- Mellanby et Pattison qui se sont fait, en quelque sorte, une véritable spécialité d’étudier ces questions-là, ont voulu procéder à une expérience vraiment démonstrative. Pour cela, ils ont étudié un groupe d’enfants auxquels ils supprimèrent complètement les céréales y compris l’avoine, le riz et le tapioca et remplacèrent ces produits surtout par des pommes de terre, des légumes, du lait, des graisses, de la viande et des œufs. Par contre, les produits sucrés comme les confitures et les sirops furent autorisés dans les proportions habituelles.
- Les effets de ce régime spécial sur les dents furent comparés à ceux que donnent les régimes usuels riches en céréales et qui ont été bien précisés par Mellanby et Pattison. Des points nouveaux de carie dentaire ne furent observés que dans une proportion insignifiante au cours des vingt-six semaines que dura l’observation des enfants privés de céréales. En outre, les caries existantes au début de l’expérience ne progressèrent
- pas ou commencèrent à manifester un certain degré de récalcification et de durcissement. Les résultats ainsi obtenus sont supérieurs non seulement à ceux qui sont constatés avec un régime ordinaire, mais encore à ceux que donne l’administration de vitamines D.
- Ils sont d’autant plus remarquables qu’il s’agissait d’enfants aux dents souvent malformées et, de ce fait, particulièrement sensibles à la carie.
- Les enfants qui furent soumis au régime sans céréales étaient au nombre de 36. On serait donc bien tenté d’admettre qu’il n’y a pas encore là de quoi généraliser et songer à conseiller une réduction importante des céréales dans l’alimentation. Cependaixt, et c’est ce qui fait l’intérêt particulier des recherches de Mellanby et Pattison, d’autres constatations confirment, de la façon la plus remarquable, les faits établis par les deux expérimentateurs anglais.
- Voici, par exemple, les constatations faites par Boyd, Drain et Nelson. Ces auteurs ont observé un grand nombre d’enfants diabétiques et ils ont constaté que, chez eux, la carie dentaire ne progresse pas. Le régime des diabétiques, surtout chez les enfants, est sévèrement réglé et ne comporte aucun hydrate de carbone et tout spécialement pas de céréales qui peuvent provoquer des accidents graves. Les constatations faites au cours de cette expérience involontaire furent si frappantes qu’il fut procédé à une nouvelle série de recherches méthodiques. On soumit 13 enfants qui ne présentaient pas de diabète à un régime dépourvu d’hydrates de carbone. On constata ainsi que les lésions de carie active présentées au début de l’expérience par ces 13 enfants étaient arrêtées par ce régime.
- A ces expériences plus ou moins limitées et d’apparence plus ou moins artificielle vient s’en ajouter une de beaucoup plus grande envergure et fort remarquable. Il s’agit des observations faites sur les habitants de Tristan Da Cunha. On sait qu’il s’agit là d’une petite île extrêmement isolée du Sud-Atlantique et si loin de toutes les routes que les bateaux n’y abordent guère que tous les ans et encore avec de très grandes difficultés.
- Le 8 janvier dernier, un bateau de la flotte anglaise, le Carliste, conduisit à Tristan Da Cunha, une mission sanitaire comprenant deux médecins et des dentistes ainsi que toutes sortes de produits de ravitaillement. Je passe sur les détails romanesques du débarquement au cours duquel un des membres de la mission faillit se noyer. Ils ont été contés par René Puaux dans le Temps du 3 avril.
- Ce qui est plus important pour nous, ce sont les résultats de l’enquête, principalement dentaire, à laquelle a procédé la petite mission d’hygiénistes. Cet examen a, en effet, donné des résultats remarquables. La carie dentaire chez les 163 habitants de l’île (90 hommes et 73 femmes), d’origine anglaise, écossaise, hollandaise et italienne, est plus rare que dans n’importe quelle autre communauté humaine. Pour le groupe
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- d’âge de 33 à 45 ans, on trouve, sur 688 dents examinées, 8 cas de carie et 10 dents de perdues.
- Voici d’ailleurs un résumé du tableau qu’on trouve dans le rapport officiel :
- Nombre total de personnes examinées.......... 156
- — — dents temporaires examinées . . 879
- — — — permanentes examinées . . 3181
- — — — temporaires cariées. ... 1
- — — —- permanentes cariées ... 74
- — — — — tombées. . . 119
- La pyorrhée alvéolaire, qui est si fréquente chez les Européens, n’a pas non plus été observée chez les indigènes do Tristan Da Cunha. Seuls, deux des habitants de cette île en présentaient. Il s’agissait d’Européens installés dans l’île depuis peu, à la suite d’un naufrage. Dans la pyorrhée, rappe-lons-le, les gencives perdent l’adhérence qu’elles ont normalement avec les dents. Il se crée ensuite des poches où des détritus alimentaires et les microbes s’accumulent. Ces sources d’infections sont considérées comme capables d’avoir des retentissements désastreux sur les viscères tels que les reins ou le foie et sur les articulations.
- Quel est donc le régime alimentaire des habitants de Tristan Da Cunha ? Les enquêteurs l’ont naturellement noté avec soin et nous allons voir que ce régime se rapproche beaucoup, coïncidence remarquable, du régime qui s’est montré, selon Mellanby et Pattison, capable de prévenir ou d’arrêter la carie dentaire.
- Le mets principal de ces habitants est représenté par le poisson.
- La viande de bœuf ou de mouton est consommée parfois, en hiver, mais c’est plutôt un luxe.
- Les céréales ne poussent pas dans l’île. Les habitants ignorent complètement le pain et la farine sauf quand il arrive qu’un bateau leur en apporte. Par contre, les pommes de terre constituent avec le poisson, l’alimentation de base. Le lait, qui semble très abondant, est consommé en grandes quantités. Les œufs de poule et de pingouins forment également un appoint important du régime. Le sucre n’est guère connu, car, comme pour les céréales, on n’en a que lorsqu’un bateau en apporte.
- Les légumes semblent assez médiocrement représentés au point de vue diversité. On mange cependant des choux et des carottes. Notons encore que le sel est rare, que les condiments sont à peu près inconnus, que le thé, le café et le cacao ne sont consommés qu’exceptionnellement et que l’alcool n’est pas utilisé.
- Le plus caractéristique dans ce régime, c’est l’absence de céréales et l’abondance des pommes de terre, du lait et vraisemblablement de vitamines récalcifiantes. Ainsi se retrouveraient donc confirmées les recherches expérimentales si minutieuses de Mellanby et Pattison. Avant de tirer une conclusion pratique de ces observations, il est peut-être sage d’attendre encore des confirmations complémentaires. Néanmoins il semble qu’il y ait tout à gagner à remplacer une partie des céréales par des pommes de terre, surtout chez les jeunes enfants.
- Notons encore que les brosses à dents sont, à Tristan Da Cunha, un luxe dont on n’use pas.
- Dr P.-E. Morhardt.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- SIMPLIFIONS ! SIMPLIFIONS !
- LES FORMULES D’ENCRES A STYLOS
- Un de nos lecteurs assidus, M. Léon Laffitte, a la complaisance de nous informer que la formule d’encre à stylos à laquelle nous nous étions arrêtés, sur les conseils de M. Pierre Bernard de la Faculté de Pharmacie de Lausanne (n° 2882 du 1er juin 1932, page 587) peut être ramenée à une expression d’une simplicité extrême.
- Eau distillée, inutile — alun inutile — alcool, inutile, glycérine, nuisible en retardant le séchage; ce qui conduit simplement à faire dissoudre 7 à 8 grammes de bleu de méthylène dans un litre de bonne eau de rivière pas trop dure — et voilà tout.
- Nous nous empressons de faire connaître à nos lecteurs, ces simplifications et serons heureux d’apprendre que la formule « squelettique * ci-dessus leur a donné entière satisfaction.
- CONSERVATION DES OBJETS PRÉHISTORIQUES
- On sait qu’une conférence internationale s’est tenue à Rome, au mois d’octobre dernier, où se réunirent des représentants de tous les grands musées d’Europe. M. Champion, chef de l’atelier technique du musée des antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye, y présenta une importante étude sur l’identification et la conservation des objets préhistoriques, que vient de publier Mouseion, la revue de l’Office international des musées. La compétence’de l’auteur rend précieux les conseils qu’il a bien voulu donner sur la préparation des objets de fouille. Ceux-ci sont toujours fragiles; ceux en os, en ivoire, en bois sont trop souvent trouvés mous et gonflés d’eau et il est nécessaire de les préserver et de les durcir avant toute manipulation, si l’on ne veut pas les perdre irrémédiablement.
- Bien des recettes ont été données que M. Champion classe en défectueuses et en recommandables.
- Il déconseille le soufre fondu pour la restauration des armes et des objets en fer et en cuivre, la stéarine, les silicates, les vernis, la gélatine, la colle de poisson, les huiles acides ou siccatives, qui ont été employés et préconisés, mais n’assurent pas la conservation.
- Il recommande seulement les techniques suivantes qui mettent les objets à l’abri plus sûrement et les font résister à l’épreuve du temps.
- Cire. — La cire d’abeille, en solution à 5 pour 100 dans l’essence de térébenthine, est un bon moyen de traiter les petits ossements pré-
- historiques; on les immerge dans un bain porté de 35 à 45°; les pièces-plus grandes nécessitent l’emploi d’un autoclave donnant une faible pression. La cire isole les objets de l’air, les durcit un peu, ne les teinte pas et son application peut être renouvelée sans inconvénient.
- Alun. — Les solutions d’alun, incolores, peuvent servir à durcir les pièces préhistoriques, mais il faut, après chaque immersion, essuyer les pièces au sortir du bain pour éviter un aspect laiteux et désagréable.
- Borax. — Les solutions saturées de borax employées bouillantes durcissent suffisamment les os pour permettre leur manipulation.
- Cérésine. — Cette graisse neutre, fondue, isole de l’air les objets en fer; on l’emploie seulement après nettoyage, lavage et séchage parfait. Pour les os, il faut éviter de la chauffer à trop haute température.
- Paraffine. — Moins dure que la cérésine, elle présente les mêmes avantages, mais résiste moins aux manipulations.
- Watco. — En Angleterre, on emploie pour la préservation des bois-des produits liquides, dénommés « Watco » et « Hope-Woodworm qui pénètrent en désinfectant, mais teintent les objets.
- Cire. — Dissoute dans l’essence de térébenthine sous forme d’encaustique, la cire a un effet désinfectant et antiparasitaire particulièrement efficace pour les bois vermoulus, mais elle doit être appliquée à l’autoclave sous pression. Bien employée, elle assure la destruction des parasites du bois et, en emplissant les trous et les canaux creusés par les « vers », consolide les objets qu’elle rend insensibles à l’humidité.
- Alginose. — Les produits extraits et dérivés des algues : algi-nose, alginalaque, durcissent et imperméabilisent les matériaux calcaires, mortiers, chaux, etc.
- Fluosilicate de magnésie. — Appliqué au pinceau ou au pulvérisateur, ce produit ne forme qu’un enduit superficiel, mais employé dans un autoclave, sous pression, pour de petits objets, il durcit bien les os, les pierres altérées, les vieux plâtres en voie de désagrégation. Il ne modifie pas les couleurs.
- Bakélite. —• Très résistante à de nombreux agents chimiques, imputrescible, M. Champion la préconise pour la consolidation et la protection des bois, ossements, ivoires, lignites, ambres, céramiques peu cuites, etc.
- La plupart des traitements gagnent à être pratiqués dans un bain placé en vase clos qu’on peut chauffer et dont on peut faire varier à volonté la pression pour faciliter la pénétration du liquide conservateur et l’évacuation des bulles d’air.
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- EEE LES PROGRÈS DE LA PHOTOGRAPHIE =181 ET DE LA CINÉMATOGRAPHIE D AMATEUR
- Nous avons montré, dans des articles précédents, la vogue justifiée prise depuis quelques années par les appareils photographiques de forma t éduit, et, spécialement par ceux qui fonctionnent à l’aide de films du format standard cinématographique à double rangée de perforations, permettant d’obtenir des vues de 24 sur 36 mm.
- Ces appareils, d’un encombrement extrêmement réduit, se chargent en plein jour à l’aide de bobines d’un format standard, ils permettent à peu de frais d’obtenir d’excellentes photographies, grâce à la perfection de leurs objectifs et à la précision de leur fabrication. Une fois le négatif obtenu, on peut en exécuter facilement des agrandissements ou des films positifs pour la projection.
- 11 nous paraît intéressant d’indiquer les caractéristiques d’un nouvel appareil de cette catégorie, qui vient d’être récemment introduit en France, et qui semble présenter des particularités assez originales.
- Cet appareil dont on aperçoit l’aspect sur la figure 2 est en métal léger fondu d’une rigidité absolue. L’obturateur
- est pourvu d’un rideau métallique et non en toile caoutchoutée; il ne se casse pas par temps froid, et ne se colle pas sous l’influence de la chaleur. Il permet d’obtenir à volonté la pose ou les instantanés de 1 /25 à 1 /1000e de seconde, et la régularité de son fonctionnement n’est aucunement compromise par des variations de température. Le réglage des vitesses peut êti'c fait avant ou après l’armement de l’obturateur.
- Le système comporte un télémètre permettant d’obtenir la mise au point avec une précision absolue, et c’est la manoeuvre même du télémètre qui commande la mise au point.
- La base du télémètre est constituée par un miroir de 10 cm, largeur remarquable dans les dispositifs pour appareils photographiques. Ainsi la précision de la mise au point est au moins égale à celle des appareils réflexes. Ce télémètre à grande base permet, en outre, comme dans les appareils réflexes, de suivre les sujets animés d’un mouvement rapide, et de corriger la mise au point jusqu’au moment précis de l’exposition.
- L’obturateur est solidaire du mécanisme actionnant l’enroulement du film, de telle sorte que si ce dernier n’a pas avancé, le rideau ne peut pas être armé ; il est ainsi impossible de faire deux vues sur le même film.
- Comme le montre la figure 1, le chargement de l’appareil avec des bobines de film normal est aussi simple que celui d’un appareil à pellicules. Une fois le couvercle enlevé, on introduit la bobine, on expose, et on enlève la bobine. Il n’y a aucun réembobinage à effectuer.
- Grâce à un grand choix d’objectifs variés, interchangeables par un seul mouvement, le système peut servir à un grand
- nombre d’emplois quels que soient la distance et l’éclairage du sujet, et plusieurs ouvertures d’objectifs jusqu’à une ouverture de F 1,4, de distance focale variée, objectifs normaux grand angulaire et téléobjectif permettent d’obtenir des résultats extrêmement intéressants, même pour des amateurs très avertis, malgré le faible encombrement de l’appareil.
- LES FORMATS DE FILMS CINÉMATOGRAPHIQUES POUR AMATEURS
- Le cinématographe d’amateur a pris en France, depuis quelque temps, un grand développement, et des articles consacrés à cette question ont déjà paru plusieurs fois dans la revue. Pour l’amateur qui veut débuter en cinématographie, le choix du format est la première question à résoudre, car elle détermine évidemment le type de la « caméra » de prises de vues et du projecteur à utiliser.
- On trouve dans le commerce quatre formats de films que l’on désigne par la largeur totale de la bande exprimée en millimètres. Ce sont le 35 mm, le 17,5, le 16 mm et le 9,5 mm (bg. 3).
- Le 35 mm est le format industriel, comme on le sait, et, bien qu’on trouve dans le commerce des caméras simplifiées, qui permettent son usage facile, il ne peut plus être considéré à l’heure actuelle comme un format d’amateur. A la cadence normale de 16 images, c’est, en effet, près de 20 m de pellicule qui sont débités par minute, d’où une grande difficulté pour utiliser des bandes correspondant à une durée de projection suffisante, et aussi un prix de revient élevé.
- Le fdm de 17,5 mm a été étudié spécialement par Pathé-Rural pour l’exploitation des salles de campagne. Sur une bande réduite de moitié, en largeur et en pas, par rapport au 35, on est parvenu à inscrire une image de 9,5x15, tout en conservant l’avantage de la perforation symétrique.
- Malheureusement, une seule maison peut fournir à l’heure actuelle des caméras et des projecteurs pour l’emploi de ce fdm, de sorte que pour les amateurs proprement dits, le choix est circonscrit entre le 16 et le 9,5 mm.
- Le fdm de 9,5 mm a été créé en France vers 1924 par Pathé. C’est le type du fdm
- économique. M al g ré pig_ 3> _ Le magasin du f Cmlax „ une largeur de bande réduite d’un tiers, on est parvenu à inscrire une image de 6x7,4 mm grâce à la perforation centrale unique.
- Enfin, le 16 mm est le premier en date des formats d’amateurs.
- Créé par Kodak vers 1921, aux États-Unis,
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- Fig. 4. —Dimensions comparées des divers formais de films.
- Image............
- A. Film 35 mm
- B.
- C.
- D.
- E.
- 17,5 mm 16 mm 16 mm 9,5 mm
- Pas 20 mm
- — 10 mm
- — 7.6 mm — 7,6 mm
- — 7,5 mm
- Image spéciale Paillard. Image....................
- 18 X 24 9,5 X 14 7,4X 10 7,4 x 12 6 X 9,5
- Mais le film de 16 mm présente le grand avantage d’être international, d’être fabriqué par la plupart des grandes maisons dans une très grande variété d’émulsions; l’image plus grande, le grain plus fin assurent une projection plus claire et plus détaillée. Ce format permet également certains travaux spéciaux comme la prise de vues en couleurs naturelles, et l’apparition du film de 16 mm Ko-dacolor a constitué sous ce rapport une intéressante nouveauté.
- On peut enfin remarquer avec plaisir que le prix de vente des bobines de 16 mm a pu récemment être abaissé dans d’assez grandes proportions, de manière à permettre sa diffusion dans un public plus étendu.
- LES PERFECTIONNEMENTS DES CAMERAS DE PRISE DE VUES
- son usage est aujourd’hui universel. Il constitue en quelque sorte seulement une réduction du film de 35 mm, dont il garde la disposition des perforations latérales.
- Le pas est de 7,6 mm, c’est-à-dire que 30 m de bande permettent d’assurer une projection de 6 minutes à la cadence de 16 images par seconde. L’avantage sur le format standard est donc très net.
- L’image ne mesure que 7,4x10 mm, mais cependant on peut encore mieux utiliser la surface disponible sur certains appareils, et M. Antoine Tailliez, qui a bien voulu nous fournir les documents nécessaires à la préparation de cet article, nous a par exemple indiqué que, sur les appareils de prise de vues Paillard-Bolex, l’image mesurait 7,4x12 mm, soit en surface le double exact du format utile du 9,5, soit 88,8 mm2, contre 44,4.
- Sous le rapport de l’économie, l’avantage est marqué pour le 9,5 mm, mais cette considération n’est pas la seule sans doute à observer; il faut tenir compte de la facilité de ravitaillement, de la diversité du choix des émulsions, de la variété même des films positifs qu’on peut se procurer pour les projecteurs, etc.
- Le film de 9,5 mm a conquis un grand public en France grâce au faible encombrement de ses appareils de prise de vues et de ses projecteurs, à la facilité de leur emploi et aux dépenses relativement peu élevées qu’ils entraînent.
- Fig. 5. — Disposition des organes dans une Ciné-Camera 16 mm Paillard.
- 1, objectif; 2, film; 5, corps de la caméra; 6, bobine débitrice; 7, débiteur; 8 et 13, boucles du film; 9 et 10, couloir; 11, griffe; 12, excentrique; 14, bobine réceptrice; 15 et 16, galets d’appui; 17, obturateur.
- On peut distinguer à l’heure actuelle deux tendances dans la construction des caméras. Dans la technique européenne, on recherche la simplicité et l’économie. Au contraire, la technique américaine conduit parfois à une complication excessive, même supérieure à celle des appareils professionnels.
- De plus en plus, la construction en bois ou en tôle emboutie est remplacée par l’emploi d’un corps en aluminium fondu qui assure le maximum de robustesse et de précision pour un poids réduit. C’est la solution qui a été adoptée par exemple sur le modèle récent indiqué par la figure 6.
- L’objectif d’une caméra cinématographique doit être aussi lumineux que possible, puisque l’appareil fonctionne toujours à l’instantané. L’emploi d’un court foyer permet d’ailleurs facilement l’utilisation courante d’objectifs anastigmats sans trop de frais; l’ouverture F/4 est un minimum, et la plupart des appareils sont munis d’objectifs ouverts de F /3,5 à F /1,5.
- Le court foyer et la profondeur de champ des objectifs ouverts à F /3,5 permettent le plus souvent de se dispenser de mise au point jusqu’à 1 m. Généralement on prévoit un dispositif de mise au point avec ouverture F /2,5. Ce sont ces ouvertures qui conviennent le mieux aux débutants.
- L’emploi d’un objectif ouvert à F/1,9 ou F/1,5 exige une précision beaucoup plus grande et doit être réservé à un opérateur entraîné, mais cet emploi seul permet la cinématographie en couleurs et la prise de vues en lumière artificielle.
- L’objectif monté à vis ou à baïonnette peut le plus souvent être facilement enlevé et remplacé pour certains travaux spéciaux.
- A l’heure actuelle, sauf sur quelques modèles à bas prix, un mouvement d’horlogerie assure toujours le débit automatique de tout ou partie du film sous la simple pression d’un déclencheur. On voit ainsi sur la figure 5 la disposition schématique des différents organes dans une caméra Bolex-Paillard d’un modèle intermédiaire entre les conceptions européennes et américaines et déjà très répandu sur le marché français.
- On voit en 6 la bobine débitrice et en 14 la bobine réceptrice. Le déroulement et l’enroulement réguliers du film sont assurés parle débiteur unique 7 entouré de galets 15 et 16. A la sortie du débiteur, le film fait une boucle 8, qui le garantit contre les déchirures et vient s’engager dans le couloir formé par les cadres presseurs 9 et 10. L’obturateur 17 est du type rotatif. Le transfert du film pendant l’obturation est assuré par la
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- griffe 11 commandée par l’excentrique 12. A la sortie du couloir, le film fait une nouvelle boucle, puis est repris par le débiteur et vient s’enrouler sur la bobine 14 entraînée par une courroie à frottement doux.
- On remarque dans cette disposition le soin pris pour éviter au film tout effort de traction saccadée de la part de la griffe, et l’emploi d’un dispositif amortisseur est toujours à recommander.
- La constance du débit assurée par un régulateur centrifuge est indispensable, mais il est beaucoup moins indispensable d’avoir un système assurant le déroulement d’une bande entière de 15 m ou 30 xn. On alourdirait ainsi la caméra et l’emploi de bobines aussi longues pour une seule scène est assez rare.
- Parmi les accessoires, de la chambre de prise de vues, le viseur est trop souvent négligé. Un bon appareil doit comporter un viseur direct pour prise de vues à hauteur de l’œil et un viseur réfléchi pour prise à hauteur de la poitrine.
- L’appareil doit également comporter un compteur de métrage complété sur certains modèles par un indicateur sonore. Quant aux divers accessoires et aux procédés de développement, ils ont été maintes fois indiqués dans la revue.
- Nous noterons d’ailleurs à ce propos, en ce qui concerne le film de 16 mm, que certains fabricants comprennent le prix de tra-
- Fia. 8.
- Fig. 7. — Projecteur bifilm Paillard 16 et 9,5 mm.
- vaux de dé-v e1op-pement et de
- tirage du positif dans celui de la pellicule. Il suffit ainsi de la leur retourner après impression.
- On trouve des films négatifs et des films inversibles, mais l’emploi de ces derniers ne permet pas l’emploi des émulsions spéciales à très grande sensibilité.
- LES PROJECTEURS POUR FILMS DE FORMAT RÉDUIT
- En dehors des projecteurs Pathé-Baby pour films de 9,5 mm, on trouve maintenant en France de nombreux types de projecteurs pour films de 16 mm de manœuvre très simplifiée, et dont les qualités optiques de l’objectif permettent d’obtenir des images d’excellente luminosité. La plupart de ces appareils sont, d’ailleurs, munis d’un moteur électrique d’entraînement.
- Un certain nombre de constructeurs, par exemple, la maison Paillard, établissent maintenant des pro-
- jecteurs dits bifilms, pouvant servir indifféremment à la projection des films de 16 ou de 9,5 mm parle simple remplacement du débiteur et du couloir.
- Ces appareils sont ainsi vraiment universels ; ils permettent d’utiliser un beaucoup plus grand nombre de films positifs des grandes maisons d’édition et peuvent également servir pour les amateurs privilégiés qui possèdent à la fois un appareil de 9,5 mm et un appareil de 16 mm (fijf. /).
- Enfin, dès à présent, on a réussi à synchroniser des projecteurs cinématograp h i q u e s de 16 mm avec des phonographes à reproduction électrique munis d’un plateau tourne-disques à vitesse réduite de 33 1 /3 ou de 78-80 tours (fig. 8).
- Les systèmes de synchronisation sont uniquement mécaniques ou électro-mécaniques et les appareils sont d’une manœuvre, extrêmement simple. Grâce à eux, on peut faire aisément des projections sonores, documentaires, amusantes ou même artistiques dont l’attrait est indéniable. Un certain nombre d’éditeurs cinématographiques mettent dès maintenant à la disposition du public un choix varié de films de 16 mm avec les disques d’accompagnement correspondants.
- L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Zeiss-Ikon, 18, faubourg du Temple, Paris.
- Samok-Paillard, 6, rue Marc-Seguin, Paris.
- — Groupe sonore Paillard comportant un projecteur bifilm et un plateau lourne-disques synchronisé, à deux vitesses (33 tours et 78 tours).
- Fig. 6.
- Aspect général d'une caméra Paillard 16 mm.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE
- Santos=Dumont.
- Avec Santos-Damont qui est mort le 24 juillet dernier à Sao-Paulo, disparaît un des plus hardis et des plus ingénieux pionniers de la navigation aérienne. Ses exploits, à l’aube des temps héroïques, ne sont pas encore tombés dans l’oubli; et il y aurait ingratitude à les oublier, car ils ont donné l’élan qui a abouti à la conquête de l’air et c’est notre pays surtout qui en a bénéficié.
- Né au Brésil en 1873, d’une famille de descendance française, Santos-Dumont vint, jeune encore, s’établir en France attiré par les facilités qu’il comptait y trouver pour s’adonner à la navigation aérienne; excellent aéronaute, il commence en 1918 la construction de dirigeables : imperfections, déboires, accidents, rien ne le rebute. En octobre 1901 il gagne le prix Deutsch de la Meurthe, en doublant la Tour Eiffel et en revenant à son point de départ, à Saint-Cloud en 29 m 30 s. Démonstration éclatante de la possibilité de la navigation aérienne par dirigeable, encore niée malgré l’expérience de Renard et Krebs à bord de la « France » quelque vingt ans plus tôt. Santos-Dumont construisit 14 dirigeables et risqua sa vie à maintes reprises pour les expérimenter. D’autres ont continué dans la voie qu’il a frayée et le dirigeable est devenu un engin pratique de navigation.
- Les premiers hommes oiseaux commençaient en France à essayer maladroitement leurs ailes et pendant de longs mois sans résultats; depuis peu Wright avait volé en Amérique; mais les détails manquaient et tout le monde était sceptique. Santos-Dumont aborde alors l’aviation avec la même décision et le même courage que la navigation aérienne par ballon; il s’acharne à construire léger, sort indemne de mille accidents; enfin il vole; c’est à Bagatelle, le 24 octobre 1906^ le 12 novembre de la même année ; il conquiert sur un biplan à moteur Antoinette de 50 ch, un record sensationnel, le record de durée sur 220 m en 21 s, 1 /5 à la vitesse de 41 km 3 à l’heure. A vrai dire, c’étaient là les premiers vols publics réalisés dans le monde et officiellement contrôlés.
- Ici, encore, Santos-Dumont administrait, le premier, la preuve publique et irréfutable de la possibilité du vol par plus lourd que l’air. En 1909, il créait le célèbre petit monoplan surnommé « La Demoiselle » à moteur de 20 ch, qui volait à 90 km à l’heure et entre autres mérites eut celui de former le célèbre aviateur Garros.
- PHYSIQUE
- Un nouveau phénomène photoélectrique.
- M. G. Majorana vient de signaler à l’Académie des Sciences une nouvelle action de la lumière sur le courant électrique.
- Le phénomène se manifeste quand une pellicule métallique très mince, traversée par un courant électrique, est soumise à l’action d’un faisceau lumineux. Les variations dans l’intensité de ce faisceau se traduisent par des variations de la résistance électrique apparente de la pellicule.
- Voici comment le phénomène fut mis en évidence par M. Majorana : les métaux expérimentés : argent, or, platine, étain, aluminium, étain, étaient pris sous forme de pellicules de très faible épaisseur, de l’ordre de 100 microns à 20 microns et même moins dans le cas de l’argent, de l’or, ou du platine.
- Ces pellicules étaient découpées en rectangles de 1 cm sur 5 cm. On y envoyait un courant sous tension de 2 à 16 v; ce courant à la sortie de la pellicule était reçu dans le primaire d’un transformateur dont le secondaire était réuni à la grille de la première lampe d’un amplificateur amplifiant 100 000 fois.
- Sur la pellicule on concentrait avec des lentilles en quartz ou en verre, un faisceau intense de lumière provenant soit d’un arc à mercure de 300 w, soit d’une lampe à incandescence de 500 w.
- Le rayon, avant de tomber sur la pellicule, était interrompu périodiquement par un disque percé de trous, à la fréquence de 5 à 600 pér : sec. Dans ces conditions, on entendait au téléphone le son correspondant à la vitesse de rotation du disque, lorsque la pellicule était en argent, or, platine ou étain.
- L’intensité du son paraît d’autant plus grande que la pellicule est plus mince. L’argent paraît particulièrement sensible aux radiations ultraviolettes. 11 ne semble pas, d’après les premières expériences de M. Majorana, que 1’elïet
- soit lié à des variations de température des métaux expérimentés; il semble bien qu’il y ait une action directe de la lumière sur leur conductibilité électrique.
- PHYSIQUE INDUSTRIELLE
- On examine, aux rayons X, la nacelle du professeur Piccard.
- La réussite d’un voyage aérien aussi hasardé que le vol, à travers la stratosphère, du professeur Piccard, dépend, évidemment, dans une grande mesure, de l’état impeccable des matières premières utilisées pour la construction du ballon, mais surtout, pour celle de la nacelle hermétiquement fermée qui loge les hardis explorateurs. Aussi, avant d’entreprendre son second vol, M. Piccard a-t-il tenu à soumettre celle-ci à un examen des plus rigoureux.
- Or, comme l’œil nu est incapable de déceler les défauts de la structure intérieure, on a dû recourir aux rayons X qui, plus que tout autre agent, permettent d’en vérifier tous les détails. Ce sont surtout les endroits appelés à résister à la
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- pression élevée de l’intérieur, dans l’atmosphère hautement raréfiée des couches supérieures, qui furent soumis à l’examen radioscopique, au moyen d’un appareil transportable « Meta-lix » à rayons X.
- Après une soigneuse radioscopie de la nacelle — surtout des lignes de soudure —- les poutres la portant ont dû subir un examen analogue.
- Les résultats de ces essais sont fort encourageants : un examen méthodique n’a pas permis de déceler le moindre petit défaut. Aussi, la nacelle paraît-elle présenter toutes les garanties de succès. Dr A. Gkadenwitz.
- Une nouvelle lampe électrique à grand rendement.
- Nous avons signalé, en ces derniers temps, plusieurs types de lampes électriques étudiés de divers côtés et promettant des rendements bien supérieurs à ceux de la lampe usuelle à filament incandescent. Toutes ces lampes sont à décharge électrique dans une atmosphère gazeuse.
- Au même type appartient la lampe que la Société Philips va mettre sur le marché. La décharge électrique s’y produit dans une atmosphère de gaz rares et en présence d’un peu de sodium métallique. La lampe possède une cathode à oxyde et une ou deux anodes. L’ampoule a une forme cylindrique; il faut la chauffer jusqu’à une température déterminée en vue de provoquer la vaporisation du sodium. Elle est enveloppée dans un second cylindre qui empêche les déperditions de chaleur. La lumière produite, pratiquement monochromatique, est jaune, ce qui limitera ses emplois, surtout à l’intérieur des maisons. Ces lampes sont d’une puissance de 100 w et donnent 500 à 600 bougies.
- TRAVAUX PUBLICS La vitesse des trains.
- Il est des automobilistes qui se targuent de dépasser sur routes la vitesse de 100 km à l’heure, et malheureusement, ce n’est pas toujours une simple vantardise. On sait trop de quel prix se payent ces excès de vitesse, et la liste funèbre des accidents s’allonge chaque jour pour atteindre en fin d’année un total impressionnant. Il est bon de constater, par contraste, que la vitesse commerciale des trains de voyageurs ne cesse de s’accroître; elle dépasse aujourd’hui en bien des cas, en France tout au moins, la moyenne de 100 km à l’heure; la sécurité y est, pratiquement parfaite; le rapport entre le nombre des personnes victimes d’accidents de transport et le nombre des voyageurs transportés est infime.
- Chaque été, les compagnies de chemins de fer font publier les vitesses de leurs principaux itinéraires; on y constate que les longs trajets parcourus à grande vitesse deviennent chaque année plus nombreux : c’est le résultat d’améliorations incessantes apportées au matériel roulant, à la voie et aux signaux.
- Le réseau du Nord a quatre parcours respectivement de 153,2 km, 192,5 km, 215,6 1cm et 237,9 km, parcourus à une vitesse moyenne supérieure à 100 1cm à l’heure. Le dernier de ces parcours est compris dans le trajet Paris-Liège : 365 1cm sans arrêt, parcouru en 3 h 50 m, c’est-à-dire à la moyenne de 95 km à l’heure. C’est là probablement un record du monde, la portion de ce parcours comprise en territoire français, Paris-Jeumont, soit 237,9 km, est parcourue à la moyenne de 106,5 1cm à l’heure.
- Le réseau de l’Est a la vitesse commerciale du monde la plus élevée entre deux grands centres : Nancy-Paris, 352,6 km parcourus en 3 h 31 m., malgré un profil de voie assez accidenté; le trajet s’effectue avec un seul arrêt à Bar-le-Duc : on.va.de
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- Nancy à Bar-le-Duc (99 1cm), en 59 minutes, soit à la vitesse de 100,6 1cm à l’heure, puis de Bar à Paris : 253,6 1cm en 2 h 30 soit 101,4 1cm à l’heure. Le parcours Paris-Troyes (166,2 km) est egalement effectué avec une vitesse supérieure à 100 km ^ 1 heure. L Est possède plusieurs parcours comme Paris-Epernay, Chaumont-Paris, Belfort-Troyes, etc., qui sont effectués à des vitesses supérieures à 96 km à l’heure.
- L Etat met Rouen à 1 h 24 m de Paris (139,5 1cm) et Le Havre (227,9 km), à 2 h 24 m, ce qui représente une moyenne de 94,2 km à l’heure.
- Sur l’Orléans, le parcours de 118,9 1cm sur la section électrifiée Paris-Les Aubrais, est effectué en 1 h 14 m, soit à 96,3 1cm à 1 heure; c est la plus grande vitesse réalisée sur nos chemins de fer électrifiés; on voit que la locomotive à vapeur conserve encore, sans aucune peine, sa suprématie quant à la vitesse.
- Les 584,4 km de Paris-Bordeaux sont parcourus en 6 h 27 m à la vitesse moyenne de 90,6 km à l’heure.
- Notons que le parcours le plus rapide du monde se trouve en Angleterre, entre Swindon et Londres sur le réseau du Great-Western; ses 124,2 km ont été couverts voici quelques jours en 56 m 47 sec., ce qui représente une moyenne de 131 km, et par moments des vitesses de 148 1cm. Pour comparer cette vitesse à celle de nos chemins de fer français, il ne faut pas oublier que les règlements de police français interdisent les vitesses supérieures à 120 km à l’heure.
- CHIMIE INDUSTRIELLE Usages et fabrication des charbons actifs.
- Tout le monde connaît les propriétés absorbantes du noir animal vis-à-vis non seulement des matières colorantes, mais encore vis-à-vis des odeurs et des gaz.
- Ces propriétés sont attribuées à l’attraction qu’exerce le noir animal, attraction qui est d’ailleurs en relation étroite avec la surface de contact mise en jeu.
- Il était dès lors normal que l’on songeât à augmenter cette surface de contact de manière à « activer » le pouvoir adsorbant du noir animal, ou de tout autre charbon poreux, et à réaliser par là de nouveaux produits dits « charbons activés » ayant un pouvoir d’absorption considérable.
- L’industrie des charbons actifs s’est développée au fur et à mesure que les débouchés et les emplois de ces charbons s’accroissaient. A l’heure actuelle on en consomme des quantités considérables, notamment pour la récupération des solvants volatils.
- Par exemple, nous citerons la récupération des vapeurs de benzine dans les manufactures de caoutchouc, celles des vapeurs de xylène dans la fabrication du camphre synthétique, des vapeurs d’éther et d’alcool dans les poudreries et dans les fabriques de soie au collodion, le dégazolinage des gaz naturels, et la récupération des vapeurs produites lors du « cracking » des huiles minérales.
- A côté de ces « grandes industries », mentionnons l’emploi des charbons actifs dans la protection contre les gaz de combat et parfois dans la purification de l’hydrogène, en vue de la fabrication de l’ammoniaque. On l’utilise également comme catalyseur, dans de nombreuses réactions, notamment pour l’oxydation du gaz sulfhydrique, et pour la fabrication du phosgène où il remplace très avantageusement la terre d’infusoire employée jusqu’à ces derniers temps.
- Le pouvoir absorbant du charbon étant en corrélation avec sa surface, il était normal que l’on recherchât à augmenter cette surface de contact par différents artifices.
- Le charbon de bois obtenu en calcinant le bois de pin ou celui de sapin retient dans ses pores des matières goudronneuses qui en diminuent la surface, et qu’il convient de
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- détruire par carbonisation, sans toucher au charbon.
- Une des méthodes d’activation consistera donc à additionner le bois de matières chimiques carbonisantes, tels que le chlorure de zinc (Carhoraffis) ou l’acide phosphorique (procédé Ed. Urbain), et à chauffer le tout à haute température à l’abri de l’air.
- Une autre méthode repose sur le traitement à haute température dans une atmosphère semi-oxvdante de manière à détruire les produits goudronneux, sans toucher au squelette de charbon extra-poreux.
- Comme modèle type de fabrication des charbons du premier groupe, nous rappellerons le procédé d’Edouard Urbain, consistant à activer le charbon par l’acide phosphorique. On utilise comme matière première de la tourbe finement broyée et intimement mélangée par malaxage à de l’acide phosphorique; on obtient ainsi un produit pâteux que l’on peut filer, puis couper en petits bâtonnets si l’on désire produire un charbon actif sous cette forme.
- Ces petits bâtonnets sont soumis à l’action des gaz chauds s’échappant des fours de carbonisation à haute température; ils subissent ainsi une première carbonisation.
- La calcination à haute température s’effectue dans des cornues à gaz reliées à une chambre de combustion où l’on récupère le phosphore .à l’état d’acide phosphorique. La calcination se fait au-dessus de 900° et dure de 8 à 10 h.
- Après refroidissement le charbon obtenu est soigneusement lavé à l’acide chlorhydrique de manière à éliminer tous les sels minéraux calcaires apportés par la tourbe, puis à l’eau, et enfin séché à 300° avant d’être stocké dans des fûts en tôle ondulée, bouchés hermétiquement afin d’éviter l’absorption de l’humidité atmosphérique.
- Tout différent est le mode de fabrication de la Société « Carbonisation et Charbon actif »; aucun agent chimique spécial n’y entre en jeu.
- La matière première est du charbon de bois ordinaire que l’on place dans une cornue en terre poreuse, bien bouchée et que l’on chauffe pendant plusieurs heures dans une atmosphère de four vers 850°.
- La marche est continue et la matière première descend par gravité. Il se produit des échanges gazeux par endosmose et suivant la loi de Graham entre les gaz de chauffage des cornues et le charbon de bois en cours d’activation, si bien que celui-ci subit une oxydation modérée suffisante pour détruire les matières goudronneuses contenues dans les pores du charbon.
- Le principe de l’absorption des vapeurs par le charbon actif consiste à faire passer ces vapeurs sur une couche de charbon. Quand ce dernier est saturé, on le réchauffe vers 130-140° au moyen de la vapeur circulant dans un serpentin, et on condense dans un réfrigérant le produit obtenu.
- H. Soyer.
- Les applications du sélénium.
- Une statistique, toute récente, établit que la consommation du sélénium augmente rapidement.
- D’où provient cet accroissement de la consommation de ce métalloïde semi-rare?
- Nous allons en énumérer les utilisations actuelles :
- I. L’agent le meilleur pour la décoloration des verres qui conservent une teinte légèrement jaunâtre et indésirable due aux sels ferreux est l’acide sélénieux.
- Autrefois on corrigeait ce jaune léger par l’addition de traces de bioxyde de manganèse, en quantités soigneusement calculées. On s’efforçait de ne pas atteindre une teinte légèrement rosâtre.
- On dit qu’avec des proportions infimes d’acide sélénieux on arrive à des résultats meilleurs.
- IL On fabrique le verre dit « Rubis » par adjonction aussi de minimes quantités d’acide sélénieux. 11 est vraisemblable que l’on s’arrange pour avoir une atmosphère réductrice qui produit du sélénium métallique, à l’état colloïdal dans la masse.
- Ce produit était obtenu dans le passé par l’adjonction de cuivre qui, en atmosphère réductrice, produisait une coloration rouge rubis dans la masse. C’était ainsi qu’on produisait les verres dits « doublés ».
- Le procédé au sélénium serait très supérieur au procédé au cuivre.
- III. La mode a mis en vogue les porcelaines dont la « couverte » est orangé éclatant ou même rouge, pourpre.
- Ces porcelaines et faïences sont à base de sulfures ou de séléniosulfures de cadmium et connexes.
- Dans l’industrie caoutchoutière, on commence à employer les rouges et orangés de sélénium pour des articles de prix.
- IV. On a fait, à base de sélénium, des enduits permettant à l’aluminium de résister à l’attaque des eaux saumâtres et de l’eau de mer.
- V. Le doublage des câbles de caoutchouc emploie aussi de petites quantités de sélénium.
- VI. Voici enfin la maîtresse application du sélénium : c’est la fabrication de cellules de télévision.
- Les sources actuelles de sélénium ne sont pas considérables. Actuellement ce sont les boues plombifères des chambres de plomb, et les poussières antérieures au Glover sans parler des boues de l’acide du Glover, qui constituent les matières premières de cette extraction. Suivant la règle habituelle de l'économie industrielle, il va sans dire que, si demain on trouvait encore de nouvelles applications à ce métalloïde jusqu’ici sans applications ou presque, les sources nouvelles de ce métalloïde devenu alors précieux ou presque ne tarderaient pas à abonder. Il ne manque pas de pyrites complexes contenant en petites quantités, il est vrai, du sélénium exploitable. Pour fixer les idées de nos lecteurs, le sélénium vaut actuellement 120 francs le kg. Albert Hutin.
- ZOOLOGIE
- Un boa avec un œil de verre.
- C’est au Zoological Garden de Londres que l’on peut voir ce cas curieux. Il s’agit d’un superbe boa de Madagascar. On sait que les seipents changent de peau à intervalles réguliers; cette mue est quelquefois laborieuse et l’animal éprouve des difficultés à se débarrasser de sa peau; celle-ci recouvre le corps entier y compris les yeux; il arrive que des fragments de l’ancienne peau restent fixés sur l’œil, provoquant des troubles qui entraînent la cécité et font beaucoup souffrir le patient.
- C’est ce qui est arrivé au boa du Zoological Garden.
- Son œil se trouvait en si mauvais état que l’ophtalmologiste consulté décida d’en effectuer l’ablation; le serpent se trouva fort bien de cette opération exécutée sous anesthésie locale et recouvra la santé; mais son infirmité lui donnait un aspect fort peu esthétique; le chirurgien pour y remédier songea à poser un œil de verre; il réussit à le mettre en place sans difficulté, en faisant glisser le globe de verre sous la peau. Le boa supporta fort bien son œil artificiel. L’animal vient de muer à nouveau, il s’est dépouillé de sa peau sans incident et, bien entendu, l’œil de verre que celle-ci maintenait en place est tombé avec elle; on le remettra en place, au moment propice sous le nouvel épiderme.
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- LIVRES NOUVEAUX
- La projection desk noyaux atomiques par un rayonnement très pénétrant. L’existence du neutron, par Irène Curie et F. Joliot. 1 broch., 22 p. Hermann et Cie. Paris, 1932. Prix : 6 fr.
- Cette brochure reproduit la remarquable et récente conférence dans laquelle Mme Curie-Joliot et M. Joliot ont exposé l’ensemble de leurs beaux travaux et de leurs découvertes sur la radioactivité provoquée par le choc de particules a très pénétrantes contre des métaux légers : glucinium, aluminium, etc. L’interprétation de ce phénomène conduit à l’hypothèse du neutron, nouveau constituant de l’atome. Le lucide exposé de M. et Mme Joliot fait clairement comprendre tout l’intérêt théorique qui s’attache à ces nouveaux phénomènes.
- Le mécanisme de la nature, par E. N. da C. Andrade, traduit de l’anglais par G. Malgorn. 1 vol. Vlll. 163 p. Dunod. Paris, 1932. Prix broché : 24 fr. 05.
- Les savants anglais ont toujours tenu la vulgarisation en honneur; à cette tradition nous devons toute une série d’ouvrages célèbres depuis ceux de Faraday jusqu’aux publications toutes récentes d’Eddington et de Jeans. Le livre de M. da Andrade, professeur de physique à l’Université de Londres, est digne de ses illustres devanciers; en quelques pages claires et attrayantes, l’auteur met à la portée de tous les lois fondamentales de la physique et fait comprendre les idées directrices de la nouvelle physique contemporaine : relativité, quanta, constitution de l’atome, mécanique ondulatoire. C’est un ouvrage dont la lecture, du reste facile, s’impose à tout esprit soucieux de culture générale.
- Ce qu’il faut savoir en électricité, par P. Thirrion. 2' Livre (magnétisme, induction, machines). 1 vol. 388 p., 182 flg. Chez l’auteur, 16, rue Saint-Pierre, Metz. Prix : 18 fr.
- Dans le premier livre paru sous le même titre, M. Thirrion exposait d’une façon très claire, à l’usage des jeunes élèves débutants, les lois générales de l’électricité. Voici la suite de l’ouvrage, consacrée à des questions plus complexes; il s’agit ici, en effet, d’aborder l’étude des machines. Après avoir donné au lecteur les connaissances indispensables sur les lois du magnétisme, les propriétés des circuits magnétiques, les phénomènes et les lois de l’induction, sur les appareils de mesure, après avoir fort clairement expliqué ce qu’est un courant alternatif, l’auteur expose d’une façon excellente comment sont construits les dynamos et les moteurs à courant continu, comment ils fonctionnent, comment on utilise leurs caractéristiques, puis il étudie les machines à courant alternatif, les piles et les accumulateurs. Le livre, rédigé dans un esprit à la fois pédagogique et pratique, toujours exact, malgré son caractère élémentaire, éclairé par de nombreuses applications numériques, peut être hautement recommandé à quiconque veut une initiation facile, mais sérieuse à l’électricité industrielle.
- T ravaux maritimes. Ouvrages extérieurs et accès des ports, par G. de Joly et Ch. Laroche, 1 vol., 528 p., 295 fig. J.-B. Baillière. Paris, 1932. Prix broché : 90 francs.
- Cet ouvrage est la remise à jour du cours professé jadis à l’École des ponts et chaussées, par M. G. de Joly. Son successeur, qui a dirigé de nombreux travaux de port de grande envèrgure, a apporté à cette révision, une documentation précieuse. Après avoir rappelé la disposition générale des ports, ce volume étudie d’abord les digues, les jetées et estacades; li définit le rôle de ces ouvrages, décrit les divers types utilisés en précisant les conditions qui se prêtent ou s’opposent à leur emploi et montre comment s’effectuent les travaux. Dans le même esprit, il aborde ensuite l’étude des écluses de navigation et de leurs divers organes, puis celle de l’aménagement des fleuve"s maritimes, et enfin celle des canaux maritimes.
- I nstruction pratique sur la défense passive contre les attaques aériennes, 1 broch., 71 p. et Annexes, 6 broch. Berger-Levrault. Paris, 1932.
- La Direction de la Sûreté générale du Ministère de l’Intérieur, chargée de l’organisation de la défense des populations civiles contre les attaques aériennes, vient de publier une longue instruction expliquant l’organisation de la protection dans le cadre de l’État, des départements et des communes. On y trouve les renseignements sur l’alerte, Je guet, l'extinction des lumières, les abris, les masques, les secours, la lutte contre l’incendie, etc. Des annexes traitent spécialement des principales questions. C’est le guide officiel des municipalités pour la réalisation des nouvelles charges qui leur incombent.
- La protection contre le danger aéro-chimique,
- par le Dr Jacques Parisot et Mme A. Ardisson. 1 vol. in-8, 140 p., 2 pi. Berger-Levrault, Paris, 1932. Prix : 10 fr.
- Le danger de guerre aérienne a conduit à se préoccuper de la protection des populations civiles et l’on commence depuis peu à l’organiser en France. Des manoeuvres ont lieu pour la mettre au point et l’an dernier, Nancy a fourni à ce sujet la plus profitable expérience. Le professeur Parisot qui y collabora activement et organisa les postes de secours présente ici, sous l’égide de la Société de secours aux blessés militaires et spécialement à l’usage des infirmières qui veulent se dévouer à ce genre de soins, tout ce qu’il faut savoir des dangers des gaz toxiques. Avec la collaboration de l’infirmière-major du service Z, Mme Ardisson, il expose les effets des gaz, les mesures de prévention et de protection, l’organisation des équipes et des postes de secours, les soins à donner aux intoxiqués. C’est un livre très complet, très clair et un parfait manuel d’instruction.
- Les poissons et le monde vivant des eaux, par le
- Dr Louis Roule. Tome V. Larves et métamorphoses. 1 vol. in-8,
- 309 p., 74 fig., 16 planches en couleurs. Delagrave. Paris, 1932.
- Prix : 42 fr. ; relié, 70 fr.
- L’habitude s’était perdue d’écrire pour le grand public, en langage simple, sans termes techniques, sans fatras d’érudition, sans surcharges bibliographiques. L’auteur l’a ressuscitée. 11 a choisi le groupe d’êtres qu’il conserve, examine et enseigne au Muséum et dans une série de neuf volumes, il se propose de les faire servir à des < études ichthyologiques et philosophiques » dans lesquelles il présentera leurs mœurs, leurs vies, leurs curiosités et leurs merveilles. Quatre volumes ont déjà paru et voici le cinquième, consacré aux formes larvaires et aux métamorphoses. Comme exemple de développement embryonnaire, le professeur Roule suit l’histoire de la truite, puis il passe aux aspects divers qu’on trouve dans les Corégones, les Carpes, la Sardine, pour aboutir aux étrangetés des larves à épines, à tentacules, à carènes, aux formes inattendues des poissons volants, des Argyropelecus, des soles, des Luvarus. 11 tire de tous ces faits les conclusions qu’ils comportent sur le mystère du développement de l’être.
- Zoologie de Mad agascar, par G. Grandidier et G. Petit.
- 1 vol. in-8, 258 p., 48 pl. Société d’éditions géographiques, maritimes et coloniales. Paris, 1932.
- Madagascar, disait Commerson, est un sanctuaire. Avec l’Australie, c’est certainement la grande île la plus curieuse au point de vue de la faune. Peu éloignée de l’Afrique, mais ayant plus d’affinités avec l’Inde et l’Australie, elle renferme nombre d’espèces très particulières, notamment parmi les Lémuriens voisins des singes et les oiseaux. De nombreux naturalistes ont exploré cette faune, parmi lesquels les deux auteurs de ce livre se classent au premier rang. Ils groupent ici tout ce qu’on sait des vertébrés et des invertébrés, sous une forme brève mais suffisante pour guider les collectionneurs futurs et ils complètent leur exposé par une exacte bibliographie. Les zoologistes prendront grand intérêt à cette étude qui pose de multiples problèmes d’origine, de distribution géographique, d’adaptation, etc.
- L’homme des cités lacustres, par Georges Goury.
- 2 vol. in-8, 778 p., 319 fig., 40 pl. Auguste Picard, Paris, 1932.
- Prix : 60 fr.
- L’auteur a entrepris d’écrire un précis d’archéologie préhistorique et il a déjà consacré un volume à l’origine et l’évolution de l’homme. Cette fois-ci, il aborde l’époque néolithique, et comme les restes les plus complets s’en trouvent enfouis au bord des lacs, il adjoint les cités lacustres aux autres documents. Il esquisse le climat, la flore, la faune, avant d’aborder les habitats : stations terrestres et lacustres, types de constructions. L’industrie est connue avant tout par des silex, mais aussi par des poteries, des objets de bois, de corne, d’os. La vie sociale s’entr’aperçoit dans les restes des tombes et dans les dolmens, allées couvertes, etc. ; elle apparaît mieux dans les gravures dont on connaît quelques beaux restes. L’anthropologie et la pathologie préhistoriques complètent ce que nous pouvons actuellement savoir et reconstituer de la vie des hommes à cette lointaine époque.
- Indices généraux du mouvement économique en
- France (publication de la Statistique générale de la France).
- 1 vol. 166 p. Imprimerie Nationale, Paris, 1932.
- La Statistique générale de la France a groupé, dans cette brochure très maniable, les séries rectifiées des principaux indices économiques : indices annuels de 1900 à 1919, indices mensuels depuis 1919 ou 1920. Ces chiffres sont précédés d’un exposé sommaire des méthodes utilisées pour les établir et d’une note sur les principaux services d’observation et de prévision économiques en divers pays. Ce travail sera, sans conteste, d’un précieux secours à tous ceux qui veulent suivre de près l’évolution de l’économie au cours de la période actuelle.
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- PETITES INVENTIONS
- PHYSIOLOGIE
- Le diélectrographe, dispositif nouveau pour enregistrer le fonctionnement du cœur.
- Le cœur est, de tous nos organes, celui dont le fonctionnement s’étudie et s’enregistre le plus facilement. Depuis qu’on sait que celui-ci s’accompagne de la production de courants « d’action » on est, en mesure d’en inscrire la courbe caractéristique dite électro-cardiogramme.
- Le Prof. E. Atzler, Directeur de l’Institut Empereur Guil-
- Fig. 1.— Maladeexaminéaudiéleclrographe. laume de la 1 hysiolc
- gie du Travail, à Dort-mund, vient tout récemment de préconiser, dans le même ordre d’idées, une méthode nouvelle présentant l’avantage d’une grande simplicité et permettant, semble-t-il, de scruter, plus à fond, les moindres détails du fonctionnement cardiaque. Cette méthode se base sur l’emploi d’un appareil conçu d’après des principes radiophoniques et que son inventeur désigne sous le nom de Diélectrographe.
- Le malade se place, sur une chaise-longue tournante, de façon que son cœur se trouve dans l’intervalle de deux plaques de condensateur électrique. Un circuit oscillant, dont ce condensateur fait partie, est excité de telle sorte qu’il émette des ondes ultra-courtes. La capacité du condensateur varie évidemment, toutes les fois que varie sa cohésion diélectrique, c’est-à-dire toutes les fois, par exemple, qu’un corps disposé entre les deux plaques s’allonge ou se contracte.
- On n’aura donc qu’à enregistrer les ondes ainsi produites,
- Fig. 2. — Courbe d’un cœur sain tracée par le diélectrographe (au-dessous, Vélectrocardiogramme correspondant).
- pour se faire une idée très exacte du fonctionnement du cœur.
- Les courbes cardiaques ainsi obtenues sont particulièrement suggestives et instructives. Toute dilatation du cœur correspond à une branche ascendante, toute contraction à une branche descendante de la courbe; entre les deux, se trouve un « plateau », section de hauteur constante, où le cœur se prépare à une nouvelle contraction. Les dents qu’on aperçoit partout sont également fort significatives; leurs formes sont caractéristiques de certaines affections cardiaques.
- En dehors de l’examen ordinaire du cœur, M. Atzler a l’intention de se servir de son instrument pour étudier les effets pharmocologiques des remèdes du cœur.
- En outre, le diélectrographe doit se prêter également aux reproductions acoustiques de l’activité du cœur; on n’aura, à cet effet, qu’à le relier à un haut-parleur.
- Alfred Gradenwitz,
- Lait
- Eau- g _ tl
- = ~ ! Sifflet
- Fig. 3.
- Coupe du pasteurisaleur Sirène.
- ÉCONOMIE DOMESTIQUE Le pasteurisateur Sirène.
- Faut-il faire bouillir le lait ? C’est ce que font, ou ce que croient faire toutes les ménagères prudentes, soucieuses d’éviter l’accident du lait tourné, si fréquent par les temps de chaleur.
- Les physiciens nous apprennent que le lait bout à 101°, température sensiblement supérieure à celle à laquelle tous les germes nuisibles sont détruits. L’opération rituelle à laquelle se livrent les ménagères donne donc, semble-t-il, toute sécurité.
- Il n’en est rien cependant ; il arrive fréquemment que du lait soi-disant « bouilli » tourne quelques heures après.
- En réalité, il n’a pas bouilli ; on a été victime d’une illusion ;
- quand le lait chauffé dans un récipient ordinaire arrive en certains points à la température d’ébullition, l’air dissous tend à s’échapper en fines bulles qui restent prisonnières dans le liquide et forment avec lui une véritable émulsion; le lait monte et si le récipient n’est pas assez grand, le lait se sauve, mais sans avoir atteint réellement, dans toute sa masse, la température d’ébullition. La température moyenne est de l’ordre de 80° environ. Aussi le lait n’est-il pas alors totalement stérilisé.
- Par contre, si on prolonge suffisamment le chauffage pour que Tébullition ait lieu réellement, c’est-à-dire pour qu’il se dégage du liquide de grosses bulles gazeuses, on atteint une température qui détruit non seulement des germes nuisibles, mais aussi des principes précieux pour la nutrition : vitamines, ferments digestifs; le lait prend un goût de cuit, bien différent de la saveur du lait frais et qui atteste que le liquide a subi de fâcheuses modifications. Celles-ci tiennent surtout au fait que certaines parties du lait, les plus voisines de la flamme, se trouvent portées à des températures sensiblement supérieures à celle de l’ébullition.
- Ces divers inconvénients sont évités si l’on se sert d’un nouvel appareil, le pasteurisateur Sirène; celui-ci facilite singulièrement la cuisson du lait, tout en lui maintenant sa saveur et en lui conservant toutes ses qualités nutritives.
- Le pasteurisateur Sirène est un récipient bain-marie en aluminium, à double paroi, muni d’un sifflet sur le côté et
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- d’un couvercle. On retire le sifflet, pour introduire de l’eau entre la double paroi (environ 1 /8 de litre d’eau pour le récipient de 1 1,1 /4 de litre pour le récipient de 3 1) ; puis, dans le récipient intérieur, on verse le lait à pasteuriser. On replace le sifflet et l’on met l’appareil sur le feu.
- Le lait n’est pas soumis à l’action directe de la chaleur du foyer, mais à celle du bain de vapeur qui se forme dans la double enveloppe. La température du lait s’élève progressivement, sans brutalité, en restant toujours inférieure à celle de la vapeur; il ne peut y avoir d’élévation locale de température dans le lait, provoquant les fâcheuses transformations signalées plus haut. Le lait se trouve amené dans toute sa masse à une température voisine de 100°, mais légèrement inférieure, et ne peut la dépasser, tandis que la vapeur d’eau s’échappe par le sifflet, indiquant la fin de la cuisson. La température à l’intérieur du lait est alors de 98°,5; la stérilisation est parfaite, mais on est resté au-dessous du point où les vitamines sont détruites, et le lait garde ses qualités digestives.
- Avec le pasteurisateur : pas d’ébullition tumultueuse entraînant des pertes de liquides, pas de lait brûlé formant sur les
- parois des adhérences difficiles à nettoyer. Ce sont là des avantages qu’apprécieront toutes les maîtresses de maison.
- En vente chez A. Farges, 3, rue Milton, Paris (4e).
- OBJETS UTILES
- Moutardier automatique.
- On connaît déjà plusieurs systèmes de moutardiers de table qui permettent de distribuer la moutarde sur une assiette, sans qu’on ait à soulever un couvercle ou à manipuler une cuillère. Tous ces appareils se manœuvrent, en général, à l’aide des deux mains, certains nécessitent le retournement de l’appareil, et l’action continue de l’organe de manœuvre pour faire sortir la moutarde par des ouvertures appropriées. Lorsque l’usager estime que la quantité de moutarde distribuée est suffisante, il cesse d’agir sur l’organe de manœuvre et les conduits restent pleins de moutarde ; ils risquent de s’obstruer; en tout cas la moutarde s’y altère et donne à l’objet un aspect malpropre.
- Un nouveau moutardier remédie à tous ces inconvénients. Il comporte un dispositif à piston qui se commande aisément avec une seule main, le moutardier pouvant rester posé sur la table, distribue immédiatement une quantité de moutarde déterminée qui est projetée sur le bord de l’assiette et qui, ensuite, par le rappel automatique du piston, provoque une aspiration dans les conduits d’évacuation. Ceux-ci se trouvent ainsi parfaitement libres de moutarde sans risque d’engorgement ultérieur.
- Ce dispositif peut aussi distribuer la moutarde en
- quantité plus restreinte et pour ainsi dire goutte à goutte si l’on agit sur le piston lentement et progressivement, en ne tenant le moutardier que d’une seule main, et en produisant la pression sur la tige du piston de préférence au moyen du pouce.
- Le récipient est muni d’un couvercle qui est agrafé à baïonnette et qui assure une certaine étanchéité; un logement à la partie supérieure permet à la partie prolongeant le bouton de coulisser avec un certain jeu. Un ressort d’assez grande longueur Fi9- 5- ~ Coupe du moutardier parfaitement dissimulé rappelle automatique.
- normalement le bouton à la
- partie supérieure. La tige du piston est renflée, ce qui évite des projections de moutarde dans les cavités du haut.
- Une pièce souple placée sur le piston constitue le piston proprement dit, le piston rentrant dans la cavité inférieure formant cylindre; quand on appuie brusquement sur le bouton, le piston pénètre violemment dans ladite cavité, projette la moutarde, laquelle s’applique sur le bord de l’assiette, à condition bien entendu, qu’on ait approché le moutardier de celle-ci.
- La manœuvre se fait d’une seule main. Le moutardier n est jamais rempli qu’aux trois quarts avec la moutarde. Dès qu on lâche le bouton, le ressort rappelle le piston en arrière, produit une certaine aspiration dans le cylindre, et tous les conduits sont complètement vidés de la moutarde qu’ils contenaient.
- Ce moutardier a encore un autre avantage, c’est d’être d un démontage très facile, car le piston étant logé dans la cavité supérieure, il n’est pas nécessaire d’exercer de violents efforts pour 1 arracher du cylindre, comme cela se présente dans beaucoup de modèles.
- Constructeur : Postel, 100, Bd Richard-Lenoir, Paris.
- DIVERS
- Compte=gouttes du DT Bengué.
- Ce nouveau compte-gouttes a pour but de supprimèr les défauts du compte-gouttes courant avec capsule en caoutchouc.
- Tous ceux qui ont eu à se servir dudit compte-gouttes savent que la capsule en caoutchouc s’use très vite, de plus il débite parfois plus de gouttes qu3il ne faudrait.
- Le compte-gouttes du Docteur Bengué est inusable.
- Une capsule en cuivre se visse sur la bague collée au verre; en dévissant on Jait le vide et le liquide monté.
- En revissant vous obtenez les gouttes avec toute la précision voulue.
- _ Inventeur et vendeur : Dr Bengué, pharmacien, 16, rue Ballu, Paris (9e).
- Fig. 6. — Compte-gouttes du DT Bengué.
- Bouchon
- Ressori
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Erratum.
- Khmers et Cambodgiens (n° 2880. — lor mai 1932} :
- Dans la légende de la figure 1 de cet article, il a été commis un lapsus que nous signale un de nos lecteurs, M. Mérimée avocat à Vinhlong et dont nous nous excusons auprès de nos lecteurs.
- Cette photographie représente bien le roi Sisowàth; mais celui-ci n’est plus le roi régnant, comme il est indiqué; il est décédé depuis
- plusieurs années et c’est actuellement S. M. le roi Monivong qui règne sur le Cambodge.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Constructeurs de l’appareil portatif « Metallix » C. H. F. Mueller, à Hambourg-Fuhlbüttel.
- Les lurbo-agitateurs. Constructeur : René Moritz, 3, avenue de Pommereu, Chatou.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Ouvrages sur ta télévision.
- Il n’existe en France qu’un ouvrage ou traité élémentaire sur la télévision, intitulé « Principes de télévision », par Aisberg, édité par Chiron, 42, rue de Seine, à Paris.
- Au mois de septembre prochain, notre collaborateur, M. Hémardin-quer, publiera un ouvrage plus complet chez Dunod, 92, rue Bonaparte, à Paris. Réponse à M. Messaguer, à Barcelone.
- Comment on obtient des épreuves photographiques au prussiate directement en positifs.
- Le procédé suivant permet d’obtenir par insolation derrière un positif ces épreuves directement en positif, ce qui est très utile, par exemple dans le cas de reproduction de plans, sans qu’il soit nécessaire de passer par un négatif; les manipulations en sont très simples puisqu’il
- suffit de préparer les trois solutions suivantes :
- A Gomme arabique........................... 20 grammes
- Eau....................................100 —
- B Citrate de fer ammoniacal................... 50 grammes
- Eau....................................100 —
- C Perchlorure de fer sec.................. 20 grammes
- Eau....................................100 —
- Pour obtenir la solution sensibilisatrice, on prend dans l’ordre :
- Solution A....................................100 cm3
- — B.................................... 25 cm3
- — C.................................... 30 cm3
- Le mélange est abandonné à lui-même trois ou quatre jours pour maturation, puis on l’étend au pinceau sur du papier bien encollé et laisse sécher librement à l’air dans l’obscurité en suspendant les feuilles par un coin.
- Pour le tirage, on place le papier ainsi préparé comme d’habitude sous le calque à reproduire et on expose au soleil.
- La durée de l’exposition se détermine expérimentalement au moyen de bandes témoins constituées par du même papier que l’on place en même temps sous le calque et retire une à une pour les immerger dans
- la solution suivante servant de révélateur :
- Ferrocyanure de potassium ou prussiate jaune 50 grammes Eau.......................................100 cm3.
- Lorsque l’on juge par les bandelettes que l’intensité voulue est acquise, on développe à son tour l’épreuve dans le même bain ci-dessus en la faisant flotter sur le bain, émulsion en dessous, sans l’immerger, ce qui provoquerait l’apparition de l’image dans l’épaisseur du papier et non en surface.
- Quand l’apparition de l’image est complète et suffisamment intense, on plonge quelques minutes pour brillanter et dégager les blancs dans un bain contenant :
- Acide sulfurique............................ 50 grammes
- Eau......................................... 1000 cm3
- Il ne reste plus qu’à laver à fond et à faire sécher.
- Les épreuves ainsi obtenues sont de ton bleu, elles peuvent être virées au noir, en les passant d’abord dans un bain contenant 20 grammes par litre d’acide nitrique, puis dans un autre contenant 50 grammes par litre de carbonate de soude. L’épreuve est alors décolorée. Cela fait, le virage au noir proprement dit s’obtient par passage dans une solution contenant :
- Acide pyrogallique.............................. 20 grammes
- Carbonate de soude.............................. 10 —
- Eau........................................... 1000 cm3
- Le noir obtenu étant terne, après lavage soigné, il suffit pour le rendre franc de passer dans une solution chlorhydrique à 2 pour 100.
- Les épreuves obtenues peuvent être, comme celles sur gélatine, durcies et stérilisées en bain d’alun à 5 pour 100 additionné d’un peu de gomme arabique pour brillanter. Réponse à M. Rolland, à Paris.
- De tout un peu.
- IWI. Marjan-Habelman, à Warzawa. — 1° La construction industrielle des petits moteurs électriques est devenue tellement courante, soit sous forme de jouets comme curiosités, soit comme moteurs utilisables de faible puissance qu’il n’y a aucun intérêt pour un amateur à entreprendre une construction de ce genre avec tâtonnements inévitables et résultats toujours imparfaits; le mieux, sous tous les rapports, est de prendre un modèle du commerce dont le constructeur a déjà fait le travail de mise au point.
- 2° Le polissage du marbre se fait au moyen des éléments suivants employés successivement : pierre ponce de plus en plus fine, pierre naturelle bleue dite Gotland, pierre artificielle obtenue en fondant ensemble de la gomme laque et de la potée d’étain, râpure de plomb et sel marin; toutes ces opérations se font bien entendu avec imbibi-tion d’eau.
- 3° Pour coller sur fer-blanc, employer une colle alcaline constituée
- par exemple de :
- Caséine en poudre...........................50 grammes
- Poudre de chaux éteinte tamisée.............30 —
- Carbonate de soude cristallisé pulvérisé ... 20 —
- Délayer au moment de l’emploi avec quantité suffisante d’eau tiède • 4° Les produits employés avec les balais en coton sont généralement constitués par 85 pour 100 de pétrole et 15 pour 100 d’huile de vaseline.
- 5° Pâte pour brillanter les métaux :
- Oléine du commerce......................... 220 grammes
- Ammoniaque liquide.......................... 55 —
- Kaolin pulvérisé........................... 200 —
- Essence minérale........................... 525 —-
- Verser peu à peu l’ammoniaque dans l’oléine, incorporer ensuite le kaolin; finalement amener à consistance voulue par l’essence dont la proportion peut varier à volonté sans modifier l’aptitude au brillantage.
- IVI. Hugo-Burta, à Porto Ancon. — La « sauce » habituellement employée pour vieillir et aromatiser les eaux-de-vie est du type suivant :
- Baume de tolu pulvérisé...................... 10 grammes
- Cachou.......................................100 —
- Essence d’amandes amères. . .................. 1 •—
- Vanille....................................... 5 —
- Alcali volatil............................... 20 cent cubes
- Alcool à 85°................................ 500 —
- Faire macérer pendant une huitaine de jours en agitant fréquemment, filtrer au papier et ajouter par petites portions à un hectolitre d’alcool à bonifier jusqu’à ce que l’arome ait atteint l’intensité cherchée.
- N. B. — Éviter de dépasser la dose convenable en arrêtant à temps les additions.
- T K, à Shanghaï. — 1° D’après les caractéristiques que vous
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- indiquez, le liquide que l’on vous fournit pour préparer du cirage est non pas de l’essence de térébenthine, mais de l’essence de pétrole, sa volatilité est cause du durcissement rapide de la masse en été. Vous pourrez facilement remédier à cet inconvénient en y ajoutant un peu de pétrole lampant à point d’ébullition peu élevée. L’expérience, après quelques essais systématiques vous fera connaître les proportions convenables.
- 2° L’ouvrage • Manuel de la fabrication des encres » par Desma-rest et Lehnec, éditeur Gauthiers-Villars, 55, quai des Grands-Augus-tins, traite longuement la question des encres d’imprimerie, vous y trouverez tous renseignements utiles sur cette question.
- IVI. P., à Lyon. — Le produit qui est vaporisé dans le Métropolitain, est l’essence de citronnelle, nous avons traité cette question assez longuement dans un article ayant pour titre « Le Parfum du Métro » paru dans le n° 2813, page 95, réponse à M. M. J. à Lyon-Vaise; veuillez bien vous y reporter.
- M. Huart, à Bonnes, Var. — Nous ne connaissons pas, même de nom, la spécialité à laquelle vous faites allusion et regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
- M. Forbin,à Haiti. — 1° Les maisons suivantes de Paris produisent des levures hautes pour fermentations industrielles. La Parisienne, 15, rue du Louvre. L’Ile-de-France, 78, rue Richelieu. La Fleur de Lys, 7, rue d’Anjou. L’Hirondelle, 16, rue de l’Abbé-de-l’Épée. La levure de Picardie, 42, rue de Bondy. La levure Springer, 62, rue Tiquetonne.
- 2° Comme levures spéciales sélectionnées : Les Levures Boulard, 49, rue de Clichy, ixe. Les levures Lamothe et Abiet, 108, rue de Bercy, xne.
- 3° Les levures Jacquemin se trouvent à l’Institut de Malzéville près Nancy, Meurthe-et-Moselle.
- 4° Le sel employé dans les cultures de levures est le phosphate d’ammoniaque ou le phosphate de soude à la dose de 2 à 3 grammes par litre, chaque fournisseur dans une notice indique du reste les meilleures conditions de prolifération de sa levure et la constitution du milieu auquel elle est acclimatée.
- M. Cattenoz, à Rabat, Maroc. — Les enduits calorifuges pour tuyaux sont essentiellement constitués par de la poudre de liège agglutinée au moyen de colle forte silicatée. Vous pouvez prendre comme base d’une préparation de ce genre :
- Eau ordinaire.....................................100 litres
- Colle forte....................................... 10 kg
- Silicate de soude à 36° B......................... 50 —
- Faire gonfler la colle dans l’eau froide pendant 12 heures, liquéfier en chauffant doucement, ajouter le silicate, puis incorporer progressivement :
- Liège en poudre...................................100 kg
- Après application sur la tuyauterie, recouvrir de bandes de toile (vieux sacs de jute) enroulées en spirale, préalablement trempées dans la colle silicatée.
- M. I., à Paris. — Le moyen le plus simple de détartrer vos bouillottes et casseroles en aluminium est d’y faire bouillir une solution de carbonate de soude (cristaux des ménagères) qui transforme le sulfate de chaux très adhérent en carbonate de chaux d’après la réaction CaSG4 + CO3 Na2 = CaCO3 + SO4 Na2.
- Comme en même temps il se produit un léger dégagement d’hydrogène par action de l’alcali sur l’aluminium, le dépôt se détache bientôt avec facilité.
- M. Maffîiers, à Montsoult. — 1° Le zinc s’oxydant facilement, l’épandage du chlorate de soude au moyen d’arrosoirs confectionnés avec ce métal n’est pas à conseiller, il vaut mieux se servir de récipients en fer.
- 2° La graduation de votre vieux baromètre en bois a évidemment été faite en pouces, car étant donné que l’ancien pouce français vaut 2 cm 70 on voit que 76 cm correspondant à la pression normale représentent 76 : 2,7 = 28 pouces 1, le chiffre 28 que vous relevez au milieu de l’appareil est donc bien l’équivalent de notre 760 millimètres actuel.
- Ecole supérieure de Rouiilac. — Nous avons donné avec détails dans le n° 2810, page 528, la manière de procéder pour métalliser un écran de projection. Veuillez bien vous y reporter.
- Casino de Zaragoza. — Toutes les essences peuvent être employées pour parfumer les savons liquides; on les emploie habituellement à la dose de 2 à 3 cc par litre après les avoir préalablement broyées avec du carbonate de magnésie ou du kaolin.
- On agite fortement, laisse en contact un jour ou deux, puis on filtre au papier dans un endroit frais.
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- M. Mignard, à Biganel, Aude. — Vous ne précisez pas la nature de l’article à recouvrir de vernis cellulosique, ne sachant s’il s’agit de bois, métal ou toute autre substance, nous ne pouvons donc vous donner d’indication précise à ce sujet.
- Comme d’autre part, il vous sera assez difficile de vous procurer par petites quantités les éléments d’une préparation de ce genre, nous pensons que le mieux serait de faire l’acquisition du vernis tout préparé dans une maison spécialisée, par exemple Clément et Rivière, 42, rue Beaurepaire, à Pantin, ou Gaillard, 134, boulevard Félix-Faure à Aubervilliers, Seine.
- M. Servier, à Orléans. — Nous pensons que le.moyen le plus pratique pour reboucher les trous dans la poignée de votre canne à pêche, serait de confectionner un mastic en délayant de la râpure de liège (utilisation de vieux bouchons), avec un des vernis cellulosiques du commerce par exemple genre Duco, après évaporation du solvant il n’y aura aucune adhérence aux mains et en outre la réparation sera imperméable à l’eau.
- N. B. — Opérer, bien entendu, sur la poignée parfaitement sèche pour assurer la prise.
- M. Plassard, à Paris. — Il vous suffira de mettre l’acide dans une petite ampoule de verre fermée au chalumeau, ce qui évitera tout contact avec le second produit, puis de placer au-dessus de la pointe de l'ampoule un percuteur, sur lequel un léger choc avec la paume de la main, amènera la rupture et par conséquent la libération de l’acide.
- M. Sevin, à Sées, Orne. — 1° Vous aurez tous renseignements sur la permutite ainsi que le prix du matériel nécessaire à son application chez Phillips et Pain, 42, avenue Friedland, Paris.
- 2° L’Office national météorologique est situé, 196, rue de l’Université. Son directeur, M. Delcambre, vous fixera sur les conditions d’affiliation.
- 3° Nous donnerons prochainement dans les Recettes et procédés utiles, une formule de colle américaine dont il est dit le plus grand bien.
- M. Robert, Collège de La Salle, à Cuba. -— Le plus simple pour nettoyer votre casque colonial est de l’enduire avec une bouillie faite à froid en délayant dans l’eau parties égales d’amidon et de kaolin, Après séchage un léger tapotage enlèvera l’enduit qui entraînera toutes les impuretés.
- M. Santon, à Bahia, Brésil. — On peut prendre comme base de préparation d’une crème à fixer les cheveux la formule ci-dessous :
- Gélatine blanche.......................... 5 grammes
- Eau ordinaire.............................100 —
- Faire gonfler la gélatine dans l’eau pendant douze heures, liquéfier au bain-marie, puis ajouter en battant comme s’il s’agissait d’une mayonnaise :
- Glycérine............................... 200 grammes
- Formol du commerce...................... 2 cm3
- Une fois en possession de ladite préparation ajouter à volonté la quantité d’eau nécessaire pour que la crème présente une fois refroidie la consistance désirée, consistance qui est variable dans les produits du commerce.
- M. Le Dr Mayrac, à Lille. — Nous pensons que la préparation suivante vous permettra de réaliser les plaquettes légères, dures et résistantes à la flexion que vous avez en vue :
- Sciure de bois fine....................... 300 grammes
- Celluloïd.................................150 —
- Acétone du commerce................................. 550 —
- Faire dissoudre le celluloïd dans l’acétone, en flacon bouché, puis délayer la sciure au moyen du liquide obtenu.
- Une fois l’acétone évaporée, le produit sec peut être coupé, poli ou verni, recevoir des clous ou des pointes; il ne cloque pas, résiste à l’eau et aux intempéries.
- N. B. — Laisser le séchage se faire à l’air libre, non à la chaleur ni à proximité d’une flamme, le solvant étant inflammable.
- M. Belleval à El Biar-Alger. Vous pouvez prendre comme base de l’utilisation des déchets de marbre moulés la formule suivante :
- Ciment...................................... 740 grammes
- Marbre concassé..............................140 —
- Sable. . . ................................ 500 —
- Eau......................................... 250 —
- Ce mélange peut être coloré au besoin par addition de matières colorantes minérales, pour produire des imitations.
- Bien que le produit soit de dureté suffisante, on ne peut toutefois envisager sa substitution au grès pour le pavage des routes.
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- Comme autres utilisations des déchets de marbre, nous vous signalons le taillage en cubes pour mosaïques et la cuisson pour obtenir une chaux très pure.
- M. Vasselin, à Paris. 1° Vu le bas prix des petits appareils électriques, le mieux est d’acheter tout fait le condensateur dont vous avez besoin, par exemple chez Goussu, 46, rue de Rome, Paris, qui tient le petit appareillage électrique d’occasion.
- 2° La céramique se perce comme le verre au moyen d’un drille et d’une mèche d’acier bien trempé, imbibée d’un mélange d’essence de térébenthine et de jus d’ail.
- 3° Le nougat de Monîélimar se prépare en prenant :
- Sucre cristallisé.............................500 grammes
- Miel blanc....................................500 —
- On cuit au cassé, puis on y mélange cinq blancs d’œufs battus en neige et laisse épaissir à feu doux.
- Finalement on incorpore :
- Amandes douces mondées....................... 835 grammes
- Pistaches mondées.............................165
- La masse est étendue sur un marbre huilé et amenée à l’épaisseur voulue, puis on met sur chacune des faces une feuille de pain azyme et charge de poids pour assurer la compacité.
- N. B. La cuisson est dite au cassé lorsqu’après avoir mouillé le doigt et l’avoir trempé dans le sirop, puis dans l’eau froide, on peut en détacher le sucre et le former en boule.
- Cette boule, projetée sur le carreau, doit se rompre soit en se déformant ( petit cassé), soit en donnant des morceaux durs (grand cassé). Dans le cas considéré il ne s’agit que du petit cassé.
- A. G. à Lyon. A notre avis, la difficulté de collage tient au système défectueux de cartonnage qui ne permet pas de présenter simultanément les huit dents en concordance exacte avec l’hexagone formant le fond parce que ces dents n’ont pas la commissure inférieure juste sur le prolongement des génératrices du prisme, ce dont vous pourrez vous rendre compte en essayant un collage instantané avec la cire à cacheter.
- Aucune colle, même à séchage très rapide, ne pourra permettre de réussir dans ces conditions, c’est pourquoi nous vous conseillons de revenir à l’empaquetage courant de forme rectangulaire, le fond se fixant par engagement de pattes dans les fentes du rabattement opposé.
- Si vous désirez quand même vous en tenir à cette forme de boîte, le mieux serait encore de cacheter en remplaçant la cire à cacheter du commerce par des bâtons de colophane (résine) qui donnent une meilleure adhérence et sont plus maniables, mais le fixage sera toujours pénible pour les raisons mentionnées ci-dessus.
- M. Ftodier, à Vars (Charente). — 1° Vous obtiendrez un badigeon mat, résistant très convenablement pour les travaux d’extérieur, en prenant simplement la préparation du commerce désignée sous le nom de blanc gélatineux » et en y ajoutant 10 pour 100 d'huile de lin vraie, cette huile contenant elle-même 10 pour 100 de son volume de siccatif liquide.
- Étendre, si besoin est, avec un peu d’eau, toujours tamiser et remuer à chaque reprise, afin de n’employer qu’une préparation bien homogène.
- 2° Cette préparation peut être utilisée sur une peinture déjà effectuée à l’huile, ainsi que sur plâtres bruts, anciens fonds de colle ou de chaux.
- N. B. Le blanc gélatineux se trouve chez tous les marchands de couleurs.
- MM. Perrin, à Nice. —- Tardy, à Pleterje. — Guerrier, à Vienne (Isère) — Tiodor, à Paris. — D'après les brevets Midgley et Hoch-walt, on peut préparer un excellent décalaminant pour les moteurs d’autos en prenant :
- Furfurol ou pyridine......................... 700 grammes
- Naphtaline................................... 300 —
- Benzol....................................... 800 —
- Alcool dénaturé.............................. 600 —
- On introduit à la dose d’une cuillerée à bouche dans chaque cylindre du moteur et fait tourner celui-ci à la main, puis on laisse séjourner le liquide quelques heures.
- On met ensuite le moteur en marche, le carbone dissous se trouve alors expulsé avec lez gaz d’échappement.
- A la place de la pyridine on peut, paraît-il, employer les amines suivantes:
- Amines aromatiques primaires : Aniline, toluidine, xylidine, cumi-dine.
- Amines aromatiques secondaires : monométhylaniline, monomé-tliyltoluidine, monométhylxylidine et leurs homologues.
- Amines tertiaires hétérocycliques : Quinoléine et homologues.
- Amines aromatiques tertiaires : Diméthylaniline diéthylaniline, diméthyltoluidine, diméthylxylidine et leurs homologues.
- M. Saclier, à Chalon-sur-Saône. — 1° Vous trouverez tous renseignements sur la fabrication des objets moulés dans les ouvrages suivants : Les matières plastiques, par Clément et Rivière; éditeur, Baillière, 19, rue Hautefeuille. Les matières plastiques, par Fritsch; éditeur Desforges, 27, quai des Grands-Augustins.
- 2° Les fils employés dans les ampèremètres thermiques sont constitués par un alliage nickel-chrome ayant la propriété de ne pas s’oxyder à l’air et dont la résistivité n’est pas modifiée par le temps.
- W. V. K-, à Anvers. — Vous pourrez facilement préparer une eau de table lithinêe magnésienne en prenant :
- Bicarbonate de soude......................... 45 grammes
- Acide tartrique pulvérisé.................... 35 —
- Carbonate de lithine......................... 10 —
- Carbonate de magnésie........................ 10 —
- Faire dissoudre 3 grammes de ce mélange par bouteille d’eau d’environ un litre, boucher aussitôt et conserver en lieu frais.
- Bien entendu l'eau employée doit être pure et exempte de toute contamination.
- M. Servier, à Orléans. — 1° Nous n’avons pas encore eu en main le produit spécialisé qui vous intéresse, nous pouvons seulement supposer qu’il s’agit d’une solution alcoolique de pyrèthre.
- 2° Seul l’alcool est susceptible d’être employé comme solvant des essences aromatiques sans en altérer le parfum et les qualités.
- Ecole supérieure de Carpentras. — Vous pourrez facilement préparer du mastic à greffer en fondant ensemble :
- Poix blanche................................. 1500 grammes
- Résine ordinaire.............................. 500 —
- Après fusion, en prenant toutes précautions contre l’inflammation, ajouter :
- Acide stéarique (vieilles bougies)............ 400 grammes
- Ocre rouge ou jaune en poudre............. 600 -r-
- Rendre bien homogène et couler en boîtes. Pour l’emploi, ramollir entre les mains ou chauffer légèrement.
- M. Gœthals, à Wolverthem. — 1° Nous ne connaissons pas cette spécialité, mais il est fort probable qu’elle renferme de la soude caustique granulée d’où résulte l’onctuosité de la solution.
- 2° La forme la plus économique d'encaustique est celle à l’eau que
- l’on prépare ainsi :
- Prendre : . .
- Cire jaune d’abeilles..................... 200 grammes
- Savon blanc en copeaux............. . . 100 —
- Eau....................................... 3000 —
- Carbonate de potasse...................... 30 —
- Faire dissoudre le savon dans l’eau tiède, puis porter à l’ébullition et verser dans le liquide sous forme de filet la cire préalablement fondue à feu doux, en remuant avec une cuiller en bois; ajouter enfin le carbonate de potasse et continuer à remuer et chauffer jusqu’à saponification de la cire.
- Appliquer l’encaustique au pinceau, bien laisser sécher et faire reluire au chiffon de laine, plutôt qu’à la brosse.
- M. Vuillame, à Arbois. — Nous avons déjà indiqué à maintes reprises la composition générale des produits employés pour le nettoyage des carrosseries d’autos, par exemple dans le n° 2789, page 94. Veuillez bien vous y reporter.
- M. Rebuschini, à Albate. — Si vous trouvez que la glu telle que vous l’avez préparée est trop fluide, il suffit de diminuer la quantité de pétrole et de benzine de façon à obtenir la consistance voulue, les propriétés n’en seront nullement modifiées.
- M. Penchinat, à Nîmes. — 1° Vous éviterez facilement la poussière dans votre atelier en arrosant le sol en ciment avec une solution de chlorure de magnésium à 30° B ; deux applications à un jour d’intervalle sont en général nécessaires et suffisent pour quelques mois, on compte environ un demi-litre par mètre carré, mais cela dépend, bien entendu, de la perméabilité.
- En opérant ainsi, la poussière ne vole plus et est enlevée en totalité par le balayage.
- 2° Vous trouverez tous produits chimiques par quantités industrielles chez Pelliot, 24, place des Vosges, Paris.
- Le Gérant : G. Masson.
- 5. —Paris, lmp. Lahure. — 15-8-1932
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- N' 2888.
- LA NATURE
- 1er Septembre 1932.
- NOTRE ENQUÊTE SUR LA TÉLÉVISION =
- Les premières transmissions d'images à distance sont bien antérieures aux premières transmissions de sons à distance aae.c ou sans fil. Il suffit de rappeler ici le projet de Carey qui remonte au dernier quart du XIXe siècle.
- C'est cependant depuis quelques années seulement, depuis 1925 environ, que, grâce aux progrès combinés de la radiotechnique et de la cinématographie, de Vacoustique, et par les efforts d'une armée d’inventeurs, la télévision commence à entrer dans le domaine des réalisations pratiques. D'immenses difficultés ont été vaincues et de grands progrès accomplis. Il ne faut ni exagérer, ni sous-estimer l’importance des résultats. On a pu dire par comparaison avec l'histoire de la radiophonie que la télévision en était encore à l'â,ge de la galène.
- La télévision suivra-t-elle l'exemple de sa sœur aînée qui, née à peine vers 1919, nous émerveille par son ascension rapide vers la perfectiop?
- Fig. 1. — M. R. Barthélémy.
- Les obstacles innombrables qui barrent la route aux pionniers de la télévision ne permettent pas d'espérer des étapes aussi rapides. De toutes parts des recherches se poursuivent, les mises au point se précisent et pour un public, à la fois curieux, averti et indulgent, la télévision est déjà, une distraction passionnante, comme le fut la T. S. F. d'amateur à ses débuts. La télévision comme la T. S, F. aura ses applications utilitaires, industrielles, commerciales, voire militaires. Il nous a donc paru utile et intéressant de chercher à faire le point. Où en est-on? Quels sont les résultats acquis ? Que peut-on espérer dans un prochain
- avenir ?
- Nous avons donc demandé leur avis aux techniciens les plus qualifiés de France et de l'étranger. Nous sommes heureux de pouvoir publier ci-dessous leurs réponses et leurs auteurs au nom de nos lecteurs.
- P. H.
- LA TELEVISION EN FRANCE
- Réponse de M. R. Barthélémy. — M. Barthélémy est, sans doute, parmi les techniciens qui ont étudié la télévision en France au cours de ces dernières années, celui qui a pu obtenir les résultats pratiques les plus prometteurs. Il a créé des dispositifs originaux, en particulier, une méthode de synchronisation électro-mécanique que nous décrivons d’autre part ; il a réussi, à l’aide de moyens relativement simples, des réceptions d’images télévisées à la fois plus éclairées et plus détaillées que toutes celles réalisées jusqu’à ce jour avec des moyens analogues.
- Nous avons pu joindre M. Barthélémy dans son beau laboratoire de la Compagnie des Compteurs à Montrouge, où il a fait installer un studio d’émission de télévision prêt dès maintenant à effectuer des transmissions régulières, dès que celles-ci pourront être entreprises.
- « En ce qui concerne les résultats pratiques de la radiovision à l’usage des amateurs, nous a-t-il dit, et sans vouloir tenir compte des essais ou des rapports très divers qui nous parviennent de l’extérieur, nous pouvons affirmer, d’après les résultats des deux cents démonstrations au minimum que nous avons effectuées nous-même depuis un an et demi à l’aide du poste émetteur de la Compagnie des Compteurs à Montrouge, que des résultats certains sont déjà acquis.
- « Depuis plus d’une année l’émission et la réception de télévision et de télécinéma s’effectuent avec autant
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- de sécurité que celles de la radiophonie. Il n’v a eu, en effet, qu’un pourcentage de « pannes » de 1 pour 100 au cours de cette période.
- « La stabilité réalisée est telle que durant une émission de plusieurs heures, on ne retouche pas le réglage de phase de l’image à la réception.
- « La qualité jugée suffisante par certains correspond à celle qu’on peut obtenir avec une exploration à trente lignes, c’est-à-dire que cette finesse d’analyse rend possible avec assez de détails la transmission d’une physionomie en télévision, ou de scènes très simples de télécinéma, telles que des dessins animés.
- « Ces résultats auraient pu être l’objet d’une exploitation immédiate, mais, étant donné la possibilité contrôlée en laboratoire d’une plus grande perfection du système, et ce dans un délai relativement court, il n’a pas été jugé opportun d’organiser dès à présent des émissions régulières.
- « Il est, d’ailleurs, évident qu’une telle organisation est assez complexe, et demande à être soigneusement étudiée à l’avance, car il faudra maintenir l’intérêt du spectateur lointain chaque jour pendant plusieurs heures, et avec des scènes quotidiennement différentes. On n’aura pas la ressource, en effet, comme au théâtre, de répéter la même pièce pendant trois mois ! Il faut donc prévoir une organisation artistique et technique coûteuse, car il faut évidemment assurer simultanément la transmission radiophonique, et il existe bien d’autres problèmes, administratifs ceux-là, qui demanderont également beaucoup de temps pour être résolus.
- « Quant à la visiotéléphonie par fil avec liaison bilatérale, je ne prévois pas sa vulgarisation très large, car il faut à chaque bout d’un fil un poste émetteur, et l’on sait ce que cela signifie en télévision. Il ne peut s’agir pour l’instant que d’installations ayant surtout un caractère de démonstration ou même publicitaire.
- « Mais si nous considérons maintenant les perfectionnements à apporter dans un avenir immédiat, il nous est loisible de prévoir qu’ils seront toujours considérables, car nous ne sommes qu’au début de cette nouvelle application scientifique. Nous avons' pu obtenir la stabilité de l’image (problème du synchronisme) et même sa luminosité avec projection sur écran. Notre ambition immédiate consiste à transmettre des scènes et des films à plusieurs personnages, ce que nous obtenons d’ailleurs déjà en laboratoire. C’est alors que le public pourra probablement commencer à apprécier la télévision.
- «Mais ensuite la liste des progrès est longue : substitution des analyseurs statiques aux explorateurs tournants, augmentation du nombre d’images par seconde, dû nombre de lignes par image, et ceci donne encore sans doute quelque espoir aux ingénieurs de la radio, qui ont ainsi une belle besogne en perspective, puisque ces problèmes se traduisent, en définitive, parla transmission d’une bande de fréquences de plus en plus étendue.
- « J’ajouterai, à l’intention de vos lecteurs, que les émissions du poste de Montrouge ont lieu assez souvent en fm de journée sur une longueur d’onde voisine de 200 m. La cadence des images est de seize par seconde, et l’exploration est prévue pour le télécinéma, c’est-à-dire actuellement avec trente lignes horizontales.
- «La Station de l’École supérieure des P. T. T. a déjà plusieurs fois relayé nos émissions par fil avec un plein succès. Un émetteur de radiophonie est également en service à Montrouge, et, lors de l’inauguration du Poste Parisien, c’est cette dernière installation qui assura la transmission de l’accompagnement sonore des images télévisées. Ces images étaient transmises directement par la station de Montrouge avec une puissance antenne de 500 watts. »
- Fig. 2. — M. P. Brenot.
- Réponse de M. P. Brenot, Président du Syndicat Professionnel des Industries Radiotélectriques. — M. le Colonel P. Brenot, ancien collaborateur du général Ferrié, est une des personnalités marquantes de l’industrie radio-électrique française. Il a bien voulu nous donner sur l’état actuel de l’industrie radioélectrique et* de la radiodiffusion en France des détails très complets que nous publions plus loin. Nous lui avons demandé également son avis sur les progrès possibles de la télévision en France et sur les résultats obtenus jusqu’ici.
- « A mon avis, nous dit-il, les réceptions de télévision ne pourront présenter un intérêt vraiment certain pour la grande masse du public, qu’au moment où les images télévisées pourront être reçues sur un écran. Ainsi qu’on l’a dit fort justement, la vision directe de la lampe luminescente à l’aide des procédés électromécaniques simplifiés
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- correspond un peu à la réception des émissions radiophoniques à l’aide d’écouteurs téléphoniques des débuts de la radiodiffusion. La réception sur écran correspond, au contraire, à l’audition à l’aide des haut-parleurs. Comment pourrait-on concevoir à l’heure actuelle la réception radiophonique sans haut-parleur ?
- « Les difficultés pratiques qui s’opposent à l’organisation d’émissions régulières de radiovision sont encore très diverses et très graves. Aussi, pendant un certain temps, faut-il s’attendre à ce que l’usage des récepteurs de télévision soit réservé plutôt à un groupe plus ou moins important d’amateurs-constructeurs, et intéresse assez peu les usagers, c’est-à-dire la grande masse du public.
- « Les résultats pratiques obtenus jusqu’à présent me semblent nettement insuffisants, mais ceci ne signifie nullement que le problème de la télévision n’offre pas un intérêt certain pour les techniciens, les amateurs-constructeurs, et même pour le grand public. Il faut simplement renseigner ce dernier sur les véritables possibilités de cette application scientifique, et je souhaite, pour ma part, qu’un progrès nouveau, et tout à fait original, vienne transformer les conditions du problème, et donner à la réserve rationnelle de mon opinion un éclatant démenti. »
- Réponse de M. A. Dauvillier, directeur du laboratoire de recherches physiques sur les rayons X. — M. Dauvillier a étudié particulièrement la télévision cathodique, c’est-à-dire la transmission des images animées à l’aide de systèmes analyseurs et de synthèse à rayons cathodiques, ou du moins à l’aide de systèmes électromécaniques à l’émission, et de systèmes statiques à la réception. Ses belles recherches ont abouti à la réalisation d’un appareil extrêmement intéressant auquel il a donné le nom de Tèlèphotc. M. Dauvillier a publié, d’autre part, dans différentes revues scientifiques, des études très documentées sur l’histoire de la télévision. Il a bien voulu nous écrire la lettre suivante :
- « Vous me demandez mon avis sur l’avenir de la télévision. Depuis dix ans, il n’a pas changé : il faut laisser la transmission des documents compliqués, comme les films cinématographiques, à la téléphotographie, et se contenter d’images simples, comme le portrait, transmises avec quelques milliers de signaux seulement.
- «De plus, à mon avis, la télévision sera cathodique ou elle ne sera pas. La réception de l’image de son interlocuteur au téléphone, ou celle du héros du jour par l’amateur sans-filiste exige un automatisme absolu, par conséquent, l’usage d’un procédé statique, à l’exclusion de tout dispositif mécanique nécessitant un synchronisme et une mise en phase à rechercher et à conserver.
- «Bref, je crois à l’avenir de ce mode de télécommunication, à condition que son usage soit limité, et qu’il ne lui soit pas demandé plus qu’il ne peut donner, c’est-à-dire des images rudimentaires. »
- Réponse de M. Edouard Belin. — M. Édouard Belin, le pionnier de la téléphotographie, voit, par contre, sous un jour assez sombre, l’avenir de la visiotéléphonie et de la télécinématographie.
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- Fig. 3. -— AJ. Dauvillier.
- « Vous me posez, dit-il, deux questions. La première est relative au progrès de la télévision et de la téléphotographie et vous désirez savoir si je les estime susceptibles d’aboutir dans un avenir prochain à des résultats pratiques intéressants pour les amateurs. Vous précisez d’ailleurs en disant : Pensez-vous qu’on puisse assurer régulièrement des services de visiotéléphonie et de télécinématographie ?
- « Je mets complètement hors de cause la téléphoto-graphie proprement dite qui est entrée d’une façon tout à fait définitive et très régulière dans le domaine de l’exploitation pratique. 11 n’y a qu’à parcourir les quotidiens de Paris et de Province ainsi que ceux de l’Étranger pour en être aussitôt convaincus.
- Quant à l’avenir immédiat de la visiotéléphonie et de la télécinématographie, je suis beaucoup plus sceptique et je dirai même que je suis très pessimiste.
- A votre seconde demande, je réponds que les principaux perfectionnements à apporter aux dispositifs actuels de Télévision résideraient surtout dans le fait d’inventer quelque chose d’entièrement nouveau. ».
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- Fig. 4. — M. von Ardenne.
- LA TÉLÉVISION EN ALLEMAGNE
- Réponse de M. Manfred von Ardenne. — Le baron Manfred von Ardenne est connu par ses travaux d’électrotechnique et par ses recherches sur l’oscillographe cathodique. Ce savant qui possède un laboratoire extrêmement bien organisé, a étudié des systèmes de transmission et de réception d’images télévisées comportant uniquement des oscillographes cathodiques, et c’est un de ceux, semble-t-il, dans le monde entier qui a pu obtenir jusqu’à présent les meilleurs résultats, du moins en ce qui concerne les procédés statiques de télévision.
- Il a bien voulu nous adresser des détails assez complets sur l’état actuel de la télévision en Allemagne, et nous publions ci-dessous son intéressante réponse :
- « Les premiers résultats pratiques en télévision semblent avoir été obtenus de 1922 à 1926, et, pendant ces quelques années, les techniciens allemands ont montré justement une indifférence étonnante pour la technique de la télévision. Cette indifférence est peut-être due en partie à la publication d’une étude scientifique de haute tenue, où la possibilité pratique de la télévision était résolument niée.
- « Le travail en question exposait, en effet, la nécessité de l’emploi d’un réseau d’exploration et de synthèse très fin correspondant à l’emploi de fréquences extrêmement élevées ; mais, par la suite, un grand nombre d’essais pratiques ont permis de reconnaître que, pour des images animées, l’emploi d’un réseau relativement grossier est suffisant pour réaliser les transmissions capables d’intéresser le public profane.
- «Une fois cette notion acquise, les ingénieurs allemands s’efforcèrent de combler l’avance obtenue par les ingénieurs anglais et américains, et ils furent aidés dans leurs efforts par l’initiative du docteur Krukew des services des postes du Reich (‘).
- « Les travaux de Karolus, Sehroter, Thun, etc... permirent de déterminer les limites des possibilités dans la transmission des images, et l’on commença à étudier méthodiquement tous les procédés employés à la transmission.
- « 11 est possible aujourd’hui de transmettre des images décomposées en 20 000 points par image, et à la cadence de 20 à 25 images par seconde. Ces transmissions ont pu être obtenues régulièrement, et on a pu étudier théoriquement et pratiquement la fabrication des appareils récepteurs.
- « En effet, au début de cette année, on a pu dépasser le minimum de netteté acceptable pour un public profane, et, dès lors, il fallait penser à l’introduction des récepteurs de télévision dans le grand public.
- « Une communication officielle de Berlin annonçait, d’autre part, l’entrée en service prochaine d’un puissant émetteur radioélectrique sur ondes ultra-courtes spécialement étudié pour la transmission des larges bandes de fréquence nécessaires, on le sait, à la transmission des images finement détaillées. L’exploitation de l’émetteur en question ne signifiera pas, d’ailleurs, et ne peut pas signifier, l’introduction officielle de la télévision dans la région berlinoise. L’entrée en service de ce poste constitue, en quelque sorte, un événement comparable aux premiers «essais de transmission puissante des radio-concerts en 1920 et 1921, essais qui ont précédé de plusieurs années l’avènement réel de la radiodiffusion.
- «L’existence d’un puissant centre d’émission de télévision en activité dans une région où l’industrie électrotechnique est concentrée beaucoup plus que dans tout autre pays exercera sans doute l’action la plus féconde sur le développement et le perfectionnement de la télévision. L’émetteur prévu pour la transmission des images de 10 000 à 20 000 points permettra aux techniciens et aux industriels d’améliorer la construction de leurs appareils, et de les adapter le mieux possible aux besoins de la pratique.
- « Il est difficile de pousser cette adaptation en laboratoire au delà d’une certaine limite. Au cours des périodes d’expérience qui vont commencer à Berlin, on pourra peut-être apporter des solutions aux différents problèmes qui se posent, et, en tout cas, déterminer quel est réellement le meilleur système de réception.
- «C’est dans ce but qu’on s’est proposé de faire émettre, par ce poste où est utilisé un explorateur électromécanique, des impulsions synchrones susceptibles d’être reçues aussi à l’aide de tubes de Braun.
- «On se propose également de construire des récepteurs pratiques qui seront mis en vente le plus tôt possible
- 1. Il est inutile d’insister à ce propos sur la différence qui existe en France et en Allemagne en ce qui concerne les rapports de l’administration et des techniciens. L’aide gouvernementale allemande se fait sentir ainsi efficacement aussi bien en télévision qu’en radiophonie et dans toutes les applications scientifiques. (N. D. L. R.)
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- après la mise en serviee du poste émetteur; aussi les travaux sont-ils activement poussés, tant du côté des installations d’émission que de la .fabrication des récepteurs.
- «La crise économique est de nature à exciter l’ardeur des chercheurs plutôt qu’à la calmer. Le marché des appareils de radiophonie est, en effet, plus ou moins restreint à l’heure actuelle, et il s’est produit, en quelque sorte, en Allemagne une saturation plus ou moins complète, qui paraît vouloir durer un ou deux ans. Si l’on arrive avant la lin de cette période à améliorer la radiovision, de telle sorte qu’elle puisse être répandue dans le public, l’industrie radioélectrique aura vaincu la crise.
- « On porte en Allemagne la plus grande attention à l’amélioration des récepteurs cathodiques. 11 s’agit de construire des tubes à rayons cathodiques fabriqués en série, de créer des méthodes simples de synchronisation pour les tubes de Braun, et surtout d’établir des récepteurs d’ondes ultra-courtes pour la réception d’ondes sur une bande de fréquences très étendue.
- « Les résultats obtenus ont été déjà si encourageants, qu’on peut espérer, sans trop d’optimisme, une augmentation très marquée de l’intérêt témoigné par le grand public envers la télévision, et cela même avant l’hiver prochain. »
- Fig. 5. — M. J. L. Baird.
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- LA TÉLÉVISION EN ANGLETERRE
- Réponse de M. J. L. Baird.— C’est à M. J. L. Baird que revient l’honneur d’avoir le premier, après des efforts tenaces, organisé en Europe des émissions régulières de télévision. Dans un autre article de ce numéro on trouvera quelques détails sur les appareils d’amateurs construits par la Société Baird, et les émissions régulières de télévision entreprises en France par la station des P. T. T. avec la collaboration de la Société Baird-Pathé Natan sous la direction de MM. Robert Lion et Stoyanowski sont effectuées, en réalité, suivant le dispositif Baird.
- Malgré ses multiples occupations, M. Baird à bien voulu nous indiquer en quelques mots son opinion sur les progrès de la télévision.
- « Je pense que les progrès de la télévision en Angleterre et dans le monde entier seront très rapides et que, dans un avenir assez prochain, on pourra même organiser des services réguliers de télévision bilatérale.
- Il y a déjà depuis deux ans un service régulier de radiovision organisé dans nos studios et radiodiffusé avec l’aide de la British Broadcasting Corporation. Nous avons aussi établi des transmissions de télécinématographie sonore (télétalkies) et ce service prend un développement rapide.
- Il faut avant tout évidemment augmenter le détail et la netteté de l’image, mais il est possible d’affirmer que des améliorations importantes ont déjà été obtenues dans les laboratoires, et je puis prévoir qu’elles seront bientôt mises à la portée du public dans un prochain avenir ».
- LA TÉLÉVISION AUX ETATS-UNIS
- Réponse de M. Hugo Gernsback, Président de la Technicrajt Publishing Corporation. — M. Hugo Gernsback s’est consacré depuis le début de la radiophonie à la diffusion des publications x*adioélectriques. Il ne s’est d’ailleurs, pas contenté d’éditer des revues techniques et des ouvrages pratiques et scientifiques, il a lui-même effectué des recherches radiotechniques, et trouvé des dispositifs souvent fort originaux.
- Ancien directeur de Radio-News, la plus grande revue de T. S. F. du monde, il édite, à l’heure actuelle, un très, grand nombre de magazines parmi lesquels Radioeraft> Télévision News, Short Wavecraft et Science and Méchantes sont spécialement connus des amateurs français..
- D’origine luxembourgeoise, M. Gernsback est un ami sincère de la France. Il a dernièrement fait un séjour-en France, et c’est au cours d’un entretien avec lui que nous avons pu recueillir son avis autorisé sur les résultats déjà obtenus aux États-Unis :
- « La télévision n’est peut-être pas encore définitivement sortie du domaine du laboratoire, mais nous la verrons certainement jouir bientôt de la même vogue que la radiophonie à l’heure actuelle.
- « Je suis persuadé, d’ailleurs, que la vraie solution du problème de la télévision réside dans la construction de tubes électroniques convenables. L’électron n’a ni
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- Fig. 6. — M. Gernsback.
- inertie, ni fatigue, et on le commande plus aisément qu’un dispositif mécanique à moteur et à disques.
- « Il faut également trouver une méthode de combinaison de la radiophonie et de la télévision. Peut-être sera-t-il possible de transmettre le son et l’image sur une même onde porteuse sans utiliser deux longueurs d’onde différentes, comme on est obligé de le faire actuellement.La télévision ne devrait pas conquérir seulement la radiodiffusion, mais encore permettre une exploitation régulière dans les salles de télécinéma, dans lesquelles l’écran téléviseur diffusera pour un grand nombre de spectateurs la vision des événements importants survenant au moment même à de très grandes distances, et pourra ainsi remplacer les actualités parlantes actuelles, mais d’une manière encore bien plus saisissante.
- « Tous les procédés actuels qui ont permis d’obtenir
- des résultats pratiques en télévision sont basés sur la transmission successive des différents points de l’image et c’est le seul système de télécommunication, dans lequel il a été nécessaire de recourir à cet expédient.
- « Dans le téléphone, ou dans un récepteur de radiophonie, nous entendons simultanément les sons des différentes fréquences qui sont produits par des instruments de musique. Avec un appareil photographique, nous pouvons enregistrer simultanément toutes les parties d’une image et avec nos yeux, nous examinons immédiatement un objet, de même que dans la projection cinématographique, nous projetons simultanément tous les points de l’image.
- « Certes, à l’heure actuelle, il n’est pas question de tenter d’utiliser à nouveau les systèmes de transmission simultanée qui ont été préconisés par les premiers chercheurs, mais il n’est pas défendu de croire qu’on pourra un jour trouver une nouvelle méthode de transmission d’images télévisées permettant la transmission simultanée de tous les points de l’image avec un détail suffisant.
- « Aux Etats-Unis, des essais de véritables téléthéâtres, avec un écran de télévision de plusieurs mètres carrés, ont été effectués à New-York au théâtre Broadway, et c’est la première fois dans l’histoire, semble-t-il, que deux théâtres ont été reliés par l’intermédiaire de la télévision. Les résultats ont été suffisants, en tout cas, pour attirer l’attention d’un public nombreux.
- « Il semble que le télécinéma pourra fort bien être combiné avec des projections de cinématographie sonore, et que, pendant un certain temps, on pourra tout au moins remplacer la projection des actualités parlantes par des transmissions de télécinéma parlant.
- « Je crois d’autre part, qu’avec les moyens techniques actuels, le développement des émissions de radiodiffusion est avant tout lié à l’emploi des ondes très courtes pour la radiodiffusion. C’est seulement en employant des ondes très courtes qu’on pourra obtenir des images assez détaillées sans risques d’interférence des différentes émissions.
- «Les émissions de radiovision doivent être organisées de manière à permettre la réception d’images sur lesquelles figurent plusieurs personnages. Pourquoi au début ne pas employer plusieurs récepteurs avec des systèmes d’analyse différents ?
- De plus en plus, la réalisation des appareils récepteurs de radiophonie, du moins sur la gamme ordinaire de radiodiffusion, devient une question industrielle. La fabrication des récepteurs est effectuée en série par des fabricants spécialisés.
- « Il reste encore, au contraire, tant d’améliorations nouvelles à apporter aux récepteurs de télévision que la construction d’appareils d’essais offre de merveilleuses possibilités à tous les amateurs-constructeurs, et peut, en tout cas, constituer un agréable passe-temps pour tous les «bricoleurs ». Que tous ceux qui aiment.la radiophonie, sont habiles de leurs mains, et passionnés d’études l’adiotechniques s’intéressent donc à la télévision. »
- Réponse de Ai. V. K. Zworykin. — Au dernier moment nous recevons de M. Zworykin, du ser-
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- vice des Recherches de la R. C. A. Victor Corporation la réponse suivante. M. Zworykin est bien connu par ses travaux sur les cellules photoélectriques auxquelles il a consacré un livre traduit en français, et par ses recherches sur le tube cathodique, poursuivies d’abord à la Société Westinghouse.
- « Répondant à la première de vos questions, dit-il, au point de vue du développement dans un prochain avenir, je suis certain que l’emploi du tube à rayons cathodiques sera le plus grand progrès dans l’art de la télévision. Ces tubes, employés dans le transmetteur, non seulement permettront de transmettre plus de détails, mais encore permettront la transmission de scènes d’extérieur. L’absence de tout organe mécanique mobile écarte la limitation dans le nombre des lignes et permet un grand nombre d’autres améliorations dans l’exploration de l’objet. Dans le récepteur, l’emploi du tube cathodique
- amène des simplifications, augmente l’éclat de l’image et rend l’appareil plus adaptable à l’emploi domestique.
- Il est plus difficile de répondre avec certitude à votre seconde question. Il est sans doute très facile de réaliser une transmission de télévision bilatérale sur deux faisceaux d’ondes, mais celle-ci serait d’usage beaucoup plus limité que l’emploi des fils téléphoniques. Théoriquement, il est possible aussi de construire une ligne de transmission corrigée sur une bande de fréquence assez large pour la télévision. Mais une telle ligne, au moins autant que nous sachions actuellement, serait beaucoup plus coûteuse que la ligne téléphonique ordinaire et cela peut créer une limitation de son emploi par le grand public.
- Personnellement mon opinion est que la télévision, du point de vue de la mise au point technique, sera bientôt prête pour l’usage par le public. »
- L’ORGANISATION DE LA RADIOPHONIE
- EN FRANCE
- L’OPINION DE M. P. BRENOT
- Malgré ou peut-être par suite de la crise économique qui sévit en France comme dans le reste du monde, le nombre des usagers de la radiophonie semble avoir augmenté en France dans de très grandes proportions en ces derniers mois. Une circonstance très favorable à l’industrie radio-électrique française, c’est la faible densité radiophonique du pays, c’est-à-dire la faiblesse de proportion du nombre des amateurs sans-filistes par rapport au nombre des habitants.
- D’après les statistiques les plus récentes, il y aurait aux États-Unis, 10 500 000 postes en fonctionnement, soit 1 poste pour 11 habitants; ce nombre tombe à 3 312 000 en Angleterre, soit 1 pour 13 habitants, à 3 241 000 en Allemagne, soit 1 pour 19 habitants. Malgré le manque de statistiques précises en France, on peut estimer que le nombre des récepteurs n’est que de 1 500 000, soit environ 1 pour 25 habitants seulement.
- Cette faible densité radiophonique laisse une belle marge au développement de l’industrie; domaine d’au-
- Vorganisation du réseau national et du réseau privé. — « Je voudrais dénoncer encore une fois, nous a-t-il dit, le préjudice que cause à tout le pays le manque de statut concernant la radiodiffusion en France, et, malgré les améliorations récentes apportées par l’inauguration de stations d’émissions puissantes telles que le nouveau Radio-Paris, le Poste Parisien, je pourrais reproduire les termes mêmes de mon discours prononcé l’an dernier au Salon de la T. S. F.
- Faute des ressources, et sans statut fixant les droits et les devoirs des uns et des autres et donnant les garanties d’avenir nécessaires, les programmes restent le plus souvent misérables malgré les admirables efforts de beaucoup pour obtenir le maximum de rendement d’émis-
- tant plus facile à conquérir aujourd’hui que le dublic est attiré tout naturellement par les nouveaux récepteurs alimentés sur le secteur et grâce auxquels, sans autre peine que de tourner un bouton, on entend chez soi le monde entier en haut-j)arleur. Si les récepteurs se sont perfectionnés, les postes émetteurs ainsi que les auditions se sont multipliés et améliorés.
- Cependant, malgré ces perspectives favorables, les industries radioélectriques françaises traversent des jours difficiles, quelle en est la raison ? Comment s’annonce l’avenir de la radiodiffusion et par contre-coup des industries radioteehniques ?
- C’est ce que nous avons été demander au Colonel Paul Rrenot, qui, comme Président du Syndicat Professionnel des Industries Radioélectriques, connaît mieux que quiconque la situation de la radiophonie française, et de l’industrie radioélectrique en général. Nous publions ci-dessous un résumé des intéressantes déclarations qu’il a bien voulu nous faire.
- sions dont la plupart sont de trop faible puissance et d’une grande médiocrité. Notre industrie frappée par la crise générale, et privée de cette sève nourricière que constitue pour elle la radio-diffusion, est dans une situation exceptionnellement grave au moment où les industries étrangères, fortes de la puissance que leurs radiodiffusions nationales leur ont infusée, cherchent sur notre propre territoire qu’elles saturent de leurs stocks souvent démodés et liquidés à bas prix à nous donner le coup de grâce.
- Voilà défini le mal essentiel dont souffre notre corporation. C’est en effet l’existence même et le développement de notre industrie qui sont menacés, car ils dépendent entièrement de ce que vaut, de ce que vaudra la radiodiffusion dans notre pays.
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- Devant les retards excessifs apportés par le Parlement à fixer le statut de la radiodiffusion, il faut pourtant reconnaître que les trois derniers gouvernements ont tenté d’apporter quelques améliorations à la situation actuelle en prenant des mesures provisoires, compte tenu des lois en vigueur et de la situation parlementaire.
- C’est ainsi que furent créées et réorganisées les stations de Strasbourg, d’Alger, de Bordeaux dans le réseau d’Etat ; de Radio-Paris, du Poste Parisien dans le réseau privé.
- M. Germain-Martin prépara en outre un projet de loi réorganisant la radiodiffusion française ; il est malheureu-
- sement resté en suspens devant la Commission des Travaux publics de la Chambre des Députés.
- Pour l’avenir, le précédent Ministre des P. T. T., M. Guernier, envisageait l’organisation d’un réseau d’État comprenant quelques stations importantes, dont une dite nationale, en nombre suffisant pour qu’en tout point du territoire, puissent être reçues une émission nationale et une émission régionale.
- Des studios organisés dans les diverses villes présentant des ressources artistiques importantes seraient reliés aux stations du réseau.
- A côté du réseau d’Etat, serait en outre autorisé
- Fig. 1.— L’organisation de la radiodiffusion; le projet de réseau national.
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- Fig. 2. — L’organisation delà radiodiffusion ; les stations privées.
- un réseau de postes privés soumis à des cahiers des charges et à la surveillance de l’Etat.
- Les régimes auxquels est soumise la radiodiffusion dans les divers pays sont des plus variés : liberté presque entière sous de simples mesures de surveillance et de police comme aux États-Unis; exploitation d’État, exploitation par des Compagnies privées, système mixte comme en Allemagne... chaque peuple a adopté la règle convenant le mieux à son génie, à ses possibilités.
- Le projet Germain-Martin, comme plusieurs des avant-projets précédents, comme celui de M. Guernier, comporte postes d’Etat et postes privés, soumis à la
- surveillance de l’État et à des cahiers des charges. C’est une formule prudente et souple.
- Dans une application de la science en pleine évolution et qui touche à l’art sous ses formes les plus diverses, il faut éviter toute armature rigide, il faut aider les initiatives et non les étouffer. De l’émulation qui s’établit entre postes privés et postes d’État naissent progrès et perfectionnements.
- Supprimer les postes privés serait d’ailleurs étrangler l’essor de la technique française : c’est dans l’exploitation journalière qu’apparaissent les enseignements générateurs des idées nouvelles.
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- Le laboratoire, auxiliaire utile, ne saurait suffire, et on ne peut entretenir dans une usine, à seule fin d’études, des organismes comme le sont les stations de radiodiffusion, véritables usines elles-mêmes, de plusieurs centaines de kilowatts.
- Il est d’ailleurs facile de coordonner l’effort des réseaux d’Etat et des réseaux privés par des Comités spéciaux.
- Il est beaucoup plus aisé enfin de surveiller la presse parlée que la presse écrite.
- Et si l’on veut une censure a priori, son organisation technique est d’une simplicité évidente. En appuyant sur un bouton le « censeur » pourrait couper instantanément l’émission subversive et passer les rectifications jugées nécessaires.
- Une Commission technique, présidée par le regretté Général Ferrié, avait été chargée par les précédents Gouvernements de dresser un premier plan d’ensemble et d’indiquer quelle devait être l’ossature essentielle des émissions françaises de radiodiffusion.
- Le premier élément de réseau d’État devait comprendre :
- 1° Un poste national à onde longue remplaçant hors Paris l’émission de la Tour Eiffel;
- 2° Un poste de la région parisienne remplaçant l’émission actuelle de la rue de Grenelle;
- 3° Un poste dans la région de Marseille;
- 4° Un poste dans la région de Lyon;
- 5° Un poste dans la région de la Bretagne.
- Diverses questions pratiques se sont posées, difficultés d’achat des terrains, etc... et Tordre d’urgence a été quelque peu modifié depuis.
- Une Commission récente a proposé en premier lieu la création du poste de la région parisienne remplaçant le poste de la rue de Grenelle, et celle des postes de Toulouse, de Nice, de Lyon.
- L’administration des P. T. T. a procédé à l’établissement des projets nécessaires.
- Les puissances mises en jeu varieront de 60 à 200 kilowatts antenne suivant les cas.
- On ne peut pas compter sur la mise en marche de toutes les stations projetées avant quinze ou dix-huit mois.
- Je veux espérer d’ailleurs que les travaux seront poussés avec la plus grande activité, non seulement pour que l’amélioration des émissions d’État soit obtenue, mais aussi pour que certaines de ces émissions effectuées au centre des grandes villes où elles apportent aux auditeurs de graves perturbations, soient reportées dans la banlieue.
- La constitution du réseau dont je viens de vous parler a soulevé quelques objections imposées par le souci de mieux coordonner les efforts de l’État et les efforts privés, et de réduire l’encombrement de l’éther où les ondes s’entre-croisent de plus en plus nombreuses.
- Pour l’établissement du réseau d’État et du réseau privé en France, nous avons étudié une solution spéciale et vous intéresserez sans doute vos lecteurs en l’indiquant. Elle est schématisée sur les figures 1 et 2 ci-contre.
- L’étude a été conduite en admettant que les auditeurs doivent autant que possible entendre les auditions qui leur sont destinées aussi bien le jour que la nuit. Elle tient
- compte, dans la mesure du possible, de la constitution et du relief du sol et des conditions qui en résultent pour la propagation de Tonde employée par chaque poste.
- Étant donné l’encombrement de l’éther, la difficulté de pourvoir aux besoins de tous, les emplacements des postes doivent s’imposer surtout par les questions de propagation des ondes et non par des considérations de villes.
- Les inconvénients et les dépenses résultant du déplacement de postes existants, la pose de tronçons de câbles supplémentaires que d’excellentes lignes aériennes pourraient remplacer avantageusement dans bien des cas, compensent largement ce qu’imposerait l’exploitation d’un réseau mal conçu.
- Sur les cartes ci-contre et qui représentent ainsi un des projets les plus récents des systèmes de radiodiffusion française, puisqu’il date de fin juin 1932, on a tracé pour chaque poste :
- 1° Le cercle correspondant au champ d’un effet très intense (100 millivolts), champ qui doit se trouver largement au dehors de toute agglomération pour y éviter les perturbations excessives dues à une réception par trop forte ;
- 2° La courbe diurne (5 millivolts) correspond à une forte audition avec un récepteur ordinaire, et à une audition suffisante avec un récepteur à galène muni d’une antenne convenable;
- 3° La courbe diurne (1 millivolt) correspond à une audition encore très suffisante avec des récepteurs ordinaires.
- La réception, la nuit, peut être effectuée beaucoup plus loin, surtout avec les ondes moyennes, mais des irrégularités, des effets d’évanouissement (fading), interviennent alors pour réduire notablement l’agrément de la réception.
- Comme il a été dit très justement, il y a nombre de postes qu’on entend, mais qu’on n’écoute pas. Ceci s’applique à la plupart des postes qu’on reçoit la nuit seulement, mais alors avec des variations telles, en général, que l’audition d’une œuvre musicale devient sans intérêt.
- On n’a pas tenu compte non plus des zones de réception exceptionnelles que Ton trouve parfois au voisinage des côtes, dans certaines vallées. Les résultats moyens ont seuls été pris en considération.
- Dans l’étude considérée, un poste national d’État d’une puissance de 150-1200 kilowatts antenne, c’est-à-dire d’une puissance au moins équivalente à celle des grands postes de la Pologne, du Luxembourg, de la Tchécoslovaquie, etc..., serait placé au centre de la France.
- Avec cette puissance et par suite de la position du poste au centre de la France,on pourrait obtenir un rayonnement homogène et suffisant sur tout le territoire, et améliorer l’écoute dans les régions méridionales, entourées de montagnes, et sujettes, surtout en été, à des perturbations électriques plus intenses.
- Il y a d’autre part un inconvénient grave à placer dans la région parisienne tous les principaux moyens de radiodiffusion. En cas de troubles, en cas de guerre,
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- toutes ces installations seraient exposées aux mêmes risques particulièrement importants.
- Dans la répartition internationale, la France peut enfin justifier de ses besoins de deux ondes si elles sont destinées à desservir deux régions différentes dont l’une est montagneuse. Elle pourra difficilement défendre sa position si les deux stations à ondes longues sont très voisines.
- On sait que les ondes longues disponibles sont peu nombreuses. Comme elles permettent de réaliser les plus grandes portées diurnes, avec une grande régularité, et franchissant plus aisément les montagnes, elles sont l’objet de vives compétitions internationales.
- On a objecté l’inconvénient de commander du studio de Paris une station éloignée de plusieurs centaines de kilomètres, mais cela se fait couramment. Le poste anglais de Daventry n’est pas aux abords de Londres, mais au centre de l’Angleterre.
- Les postes régionaux seraient d’autre part situés dans la banlieue parisienne (120 kw), dans la région de Bordeaux (120 kw), dans la région de Lyon (60 kw), à Marseille (10-120 kw), à Rennes (120 kw), à Nancy (160«kw), à Strasbourg (15 kw). Les courbes indiquent les zones de fort rayonnement, et de rayonnement moyen.
- La solution la meilleure consiste à desservir les centres de population importants, et que l’expérience montrerait ne pas se trouver dans le rayonnement normal diurne des stations régionales, par des stations locales de puissance relativement faible, quelques kilowatts, travaillant autant que possible sur ondes communes, synchronisées ou non.
- De telles dispositions sont recommandées en particulier pour Brest, Grenoble et Montisellier. Le poste de Lille qui est au centre d’une zone extrêmement peuplée dont les habitants, en majorité de situation modeste, n’ont que des récepteurs très simples, pourrait être traité de façon particulière et prendre place avec une puissance d’une trentaine de kilowatts entre les postes régionaux et les postes locaux.
- Le réseau national ainsi constitué comporte donc une onde internationale mixte avec la météorologie, 6 à 7 ondes moyennes exclusives, une ou deux ondes communes.
- Quant au réseau privé, il est indiqué sur une autre carte suivant sa constitution la plus probable en ce qui concerne tout au moins les postes de puissance notable. Les postes les plus importants seraient ainsi Radio-Paris (100-120 kw), le Poste Parisien (60 kw), Radio-Toulouse (60 kw), Radio-Lyon X kw, Nice X kw.
- Quelques-uns font à peu près double emploi avec les stations du réseau d’Etat, ce qui se justifie par l’importance particulière des agglomération desservies.
- Des postes de puissance plus faible pourraient également être prévus comme dans le réseau d’État. Le réseau privé absorberait donc une onde longue, 4 ondes moyennes exclusives.
- Le territoire français pourrait être parfaitement desservi dans le plan que nous venons d’étudier en utilisant seulement, tant pour le réseau national que pour le réseau
- privé, un total de deux ondes longues, dont une commune avec la météorologie, 10 ou 11 ondes moyennes exclusives. *
- Le problème du contingentement.— On sait que le contingentement des postes et du matériel de T. S. F. en France consiste à ne laisser importer pendant un laps de temps donné qu’une certaine quantité de matériel de T. S. F. provenant de chaque pays et indiquée à l’avance, au lieu de se contenter comme on le faisait auparavant de prélever des droits de douane plus ou moins élevés sur les marchandises importées. C’est une mesure de défense contre une concurrence étrangère qui devient, à un moment donné, par trop dangereuse par suite de circonstances anormales momentanées.
- Non seulement les importateurs de matériel étranger, mais même une partie du public se sont élevés avec plus ou moins de violence contre ces mesures de contingentement. Certes, au point de vue de la théorie économique pure, la prospérité industrielle ne peut résulter que du jeu assez libre de la concurrence, mais il faut bien se rendre compte que ces mesures de contingentement étaient absolument nécessaires, au moment où elles ont été prises, pour préserver la vie même de l’industrie radioélectrique française.
- La situation de l’industrie française radioélectrique comparée à celle des industries étrangères similaires dans leurs applications à la production du matériel destiné au grand public était de plus en plus inquiétante depuis plusieurs années par suite des retards apportés par les pouvoirs publics à organiser les émissions de radiodiffusion.
- Le chiffre d’affaires du marché français d’appareils récepteurs est actuellement sept fois plus petit qu’en Allemagne ou en Angleterre.
- Cette situation déjà grave est devenue désastreuse en 1931 quand les producteurs étrangers frappés par la crise générale, obligés de liquider les stocks accumulés et tentés par la solidité de la monnaie française, ont cherché à envahir le marché français et à s’en emparer à tout prix.
- A la fin de l’année 1931, les producteurs français avaient perdu les 3/4 du marché national et plusieurs faillites de maisons comptant parmi les plus anciennes furent enregistrées au cours de 1931 et au début de l’année 1932.
- Il fallait sauver toute une industrie, dont la technique s’était d’ailleurs révélée excellente, qui avait un rôle particulièrement important comme industrie de communication et qui occupait des milliers d’ingénieurs et d’ouvriers.
- La ruine de l’industrie et de la technique radioélectrique française se serait bientôt retournée contre les intérêts du public et du pays.
- C’est alors que le Gouvernement décida au début de l’année 1932 des mesures de contingentement avec un taux établi sur la base de la moyenne des importations 1930-1931 réduites de 30 pour 100, ce qui réservait ainsi à l’industrie française la moitié du marché français.
- Des calculs basés sur la valeur de la main-d’œuvre rentrant dans un appareil de T. S. F. ou dans ses pièces
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- détachées et accessoires permettent d’affirmer que l’introduction dans notre pays de chaque appareil de cette sorte prive les ouvriers français de quatorze journées de travail.
- Si l’on considère qu’il était vendu en France en 1931 sur 200 000 appareils près de 150 000 importés, on trouve que c’est en fait 2 100 000 journées de travail qui étaient enlevées aux ouvriers français, ce qui correspond au travail possible de 7000 chômeurs,
- Les mesures prises par le Gouvernement au début de l’année 1932 ont relevé d’environ 25 pour 100 le chiffre d’affaires de l’industrie radioélectrique et d’ores et déjà on peut estimer entre 3000 et 4000 le nombre d’ouvriers, techniciens, employés qui ont été réembauchés ou ont pu n’être pas débauchés.
- Il est important de signaler que les mesures de contingentement n’ont entraîné aucune hausse des prix. Au contraire les producteurs français ont actuellement tendance à diminuer les prix et à réduire les remises des intermédiaires. La diminution partielle de la concurrence étrangère ne les a pas incités à diminuer leurs efforts techniques, bien au contraire.
- Us ont considéré le contingentement comme une mesure de répit provisoire accordée à l’industrie française pour lui permettre de lutter sur le terrain économique contre l’écoulement des stocks étrangers constitués par des usines à production exagérée.
- Ils se sont contentés d’un contingentement très libéral tenant compte des situations acquises par l’industrie étrangère et maintenant une concurrence qui réserve les intérêts des commerçants et des consommateurs.
- Il ne faut pas en ces matières faire de théories générales, sous peine d’aller aux pires désastres. Quand un homme risque de se noyer, on lui jette une bouée, sans se soucier de sa future manière de vivre, sans discuter des meilleures manières d’organiser l’humanité !
- Les perturbations radiophoniques. — Il ne suffit pas d’augmenter la puissance des émissions, et leur
- qualité, de rechercher des programmes de haute tenue et de perfectionner la technique de la réception si par ailleurs subsistent ou se développent des troubles excessifs qui brouillent souvent la réception et détournent de la T. S. F. de nombreux auditeurs.
- Le problème de l’élimination des parasites industriels est d’ailleurs tout autant un problème juridique qu’un problème technique.
- Nous avons vu paraître ces derniers temps un nombre important d’arrêtés de Maires poussés par le souci d’assurer la tranquillité de leurs administrés sans-filistes et ces interventions ont entraîné un mouvement irrésistible qui a contribué pour une grande part à attirer l’attention des pouvoirs publics.
- Il est certain que les recommandations municipales ne constituent qu’un palliatif et il importe que le problème soit traité dans son ensemble par une réglementation générale. La 25e Commission de l’Union des Syndicats de l’Électricité que je préside a réalisé l’accord entre les diverses branches de l’industrie électrique sur un ensemble de mesures propres à remédier aux perturbations radiophoniques.
- Nous avons obtenu d’autre part que la Commission pour l’étude de ses perturbations qui existait au Ministère des Travaux Publics soit élargie en vue d’aboutir à une solution tenant compte de tous les intérêts en présence.
- Le problème est maintenant posé dans toute son ampleur. Il nécessitera l’intervention du Parlement, par une loi spéciale.
- Souhaitons que les délibérations de la Commission du Ministère des Travaux Publics, qui travaille d’ailleurs très activement, aboutissent rapidement à la promulgation d’une réglementation ardemment souhaitée par tous ceux qui constructeurs, commerçants ou usagers ont hâte de voir porter un remède aux gênes multiples entravant la réception des émissions radiophoniques. »
- LES PROGRES ET LES TRANSFORMATIONS DU RADIO-REPORTAGE
- L’INTÉRÊT DES RADIO-REPORTAGES
- Les radio-reportages forment désormais la partie la plus saisissante, la plus essentiellement radiophonique des radio-programmes. Les concerts, les pièces de théâtres transmis par radiodiffusion sont encore bien rarement, en effet, composés spécialement pour le microphone des auditoriums, alors que seules les émissions radiophoniques permettent de faire assister des milliers d’auditeurs, tout au moins d’une manière sonore, sinon visuelle, aux grands événements politiques, sportifs, religieux, artistiques, etc... au moment même, et quel que soit l’endroit où ils ont lieu.
- Les « journaux parlés » transmis régulièrement par nos
- grandes stations ont certes leur intérêt, mais ils sont composés simplement d’informations et « d’articles parlés », plus spécialement composés en vue de leur radiodiffusion. Ils donnent des nouvelles qui souvent précèdent celles des journaux. Mais ils ne peuvent présenter le caractère vivant, et parfois émouvant, de l’écoute directe des bruits, de la musique, des discours, qui composent, en quelque sorte, un « événement sonore ».
- DIFFICULTÉS TECHNIQUES ET ARTISTIQUES DU RADIO-REPORTAGE
- Dès leurs débuts, la réalisation des émissions de radioreportage a soulevé des difficultés tant techniques qu’artistiques.
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- Fig. 1. — La première radiodiffusion mondiale de haute altitude.
- A, l’arrivée de la caravane au sommet du Mont-Blanc; B, l’opérateur se met en liaison avec la vallée; C, l’installation de l’antenne dont les haubans sont amarrés à des bâtons de skis fichés dans la neige.
- (Ph. Wide World.)
- Le microphone du radio-reporter doit être essentiellement mobile, de manière à pouvoir être transporté dans le plus court délai à l’endroit où a lieu l’événement ou la cérémonie considérée. Mais il faut que les courants microphoniques de modulation ainsi recueillis puissent être transmis immédiatement à la station d’émission.
- Deux procédés peuvent être utilisés, la liaison par câbles téléphoniques, la retransmission par ondes très courtes.
- Dans le premier cas, le microphone est relié simplement à un amplificateur de puissance analogue à ceux qui sont employés dans les auditoriums d’émission. Les courants à fréquence musicale ainsi ampliliés sont transmis le long des lignes téléphoniques jusqu’au poste émetteur, où ils sont encore ampliliés, s’il y a lieu, avant de moduler les oscillations à haute fréquence de l’émetteur.
- On utilise, dans le deuxième cas, un petit poste émetteur mobile sur ondes très courtes, sur la gamme de 15 à 25 m de longueur, par exemple. Les courants microphoniques modulent les ondes électi’iques transmises par ce poste.
- Un poste récepteur de T. S. F. accordé sur cette longueur d’onde est disposé à la station de radiodiffusion. Ce récepteur amplifie en haute fréquence, détecte et, enfin, amplifie en basse fréquence les ondes courtes reçues ; finalement, on obtient des courants musicaux correspondant aux courants musicaux primitifs, et qui servent à moduler les ondes normales de l’émetteur, comme s’il s’agissait des courants microphoniques ordinaires produits dans l’auditorium habituel.
- La liaison par câble est très sûre, mais exige évidem-
- Fig. 2. — Machine complète d'enregistrement individuel sur disques souples permettant l’enregistrement microphonique, téléphonique, et radiophonique ainsi que la retranscription.
- Cette machine peut être établie à deux plateaux. (Radio-recorder
- Galliavox)
- ment une entente préalable avec l’Administration des P. T. T., des essais préliminaires, et une mise au point souvent assez longue. Elle ne peut, de plus, être effectuée partout, ce qui restreint la mobilité du microphone.
- L’emploi des ondes hertziennes courtes donne au microphone du radio-reporter une mobilité, une rapidité de déplacement merveilleuses, d’autant plus qu’on peut construire des émetteurs très réduits, guère plus encombrants qu’une caméra cinématographique (nous voulons parler d’une caméra muette, car les appareils de prises de sons sont assez encombrants !). Mais on connaît les irrégularités de propagation des ondes courtes, surtout à faible distance, de telle sorte que la sûreté de la liaison ainsi effectuée ne peut encore être considérée comme absolue.
- Cependant deux difficultés matérielles se présentent encore souvent. Le moment où se passe l’événement à radiodiffuser peut ne pas coïncider, tout d’abord, avec l’horaire normal du poste émetteur, de sorte qu’on est parfois obligé d’effectuer une émission supplémentaire à un moment où les auditeurs peuvent difficilement se mettre à l’écoute, par suite de leurs occupations habituelles. * . ' - •* .<'
- D’un autre côté, il existe un décalage horaire souvent, important entre les différents spays ; ce décalage djeyîent très sensible entre la métropole et les colonies, de sorte
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- que les émissions spécialement destinées aux colonies sont effectuées à des heures tout à fait différentes des émissions françaises, pour que nos colons puissent se mettre à l’écoute à des heures de la journée normales pour eux.
- Dans ces conditions, comment effectuer simultanément des radio-reportages destinés à la France et aux colonies, comment même réaliser, en général, des radiodiffusions de ce genre à l’intention de nos colonies qui ne peuvent recevoir que des émissions transmises pendant la nuit ?
- Les difficultés artistiques, maintenant, ne sont pas moins complexes. Le radio-reporter doit savoir placer son microphone, non seulement dans les meilleures conditions électro-acoustiques, mais encore de manière à faire entendre à ses auditeurs les bruits, les paroles, la musique qui peuvent les intéresser et uniquement ceux-là. Il doit donc opérer une sélection, amplifier certains sons, affaiblir les autres, de même que pendant les prises de vues cinématographiques l’opérateur, sous la direction du metteur en scène, déplace l’objectif de sa caméra, prend les vedettes en premier plan, et ne laisse pas les figurants occuper tout le champ disponible.
- Le radio-reporter ne se contente pas, souvent, de disposer convenablement son microphone, il cherche, par un commentaire verbal, à rendre, en quelque sorte, visibles à ses auditeurs, du moins par la pensée, le décor où se passe l’action, et même la physionomie des personnages dont ils entendent les paroles.
- Rien de plus difficile à composer que ce commentaire. Il doit être simple et facile à comprendre immédiatement, car il est destiné à un public très divers; il ne doit contenir que des indications essentielles, être présenté tour à tour sous une forme artistique, amusante, ou émouvante, suivant le caractère de l’événement
- considéré, mais surtout il doit être improvisé sur place sans aucune préparation possible, au fur et à mesure des péripéties de l’action.
- Les difficultés sont telles qu’on a été amené, lorsqu’il s’agit de radiodiffuser une cérémonie d’un caractère national, à supprimer presque toujours ce commentaire, afin de conserver au radio-reportage, par l’écoute exclusive de l’événement sonore, son caractère de sobriété pathétique.
- LES PROGRÈS DE LA RETRANSMISSION PAR ONDES COURTES
- Nous avons indiqué l’extrême mobilité que donnait au microphone du radio-reporter l’emploi de la retransmission par ondes courtes.
- Des expériences continuelles permettent d’améliorer chaque jour la technique de la retransmission, en déterminant notamment les longueurs d’onde les plus favorables à utiliser suivant les conditions locales ou les heures considérées. On réussit de plus à établir des postes émetteurs de plus en plus réduits, de plus en plus légers.
- C’est à l’aide de ces postes qu’on a pu récemment réaliser des radio-reportages en automobile, en avion, et même sur des locomotives de trains rapides.
- La première radiodiffusion mondiale de haute altitude a même été organisée en France par la station d’État Lyon-La Doua. Les guides Alfred Couttet et Roger Frison-Roche, de Chamonix ont réussi à atteindre le sommet du Mont-Blanc à 4810 mètres d’altitude en portant un poste portatif à ondes courtes, et à installer le poste au sommet, de sorte que leurs impressions verbales ont pu être transmises immédiatement aux auditeurs par l’intermédiaire de la station (fig. 1).
- L’EMPLOI DE L’ENREGISTREMENT PHONOGRAPHIQUE
- La nécessité de radiodiffuser les événements sonores au moment même où ils ont lieu constitue, nous l’avons montré, tant au point de vue technique qu’artistique, la difficulté essentielle d’un grand nombre de radio-reportages. On peut maintenant atténuer cette difficulté grâce à l’enregistrement phonographique, qui permet de mettre, pour ainsi dire, en réserve, les sons recueillis par le microphone, jusqu’au moment opportun où on pourra les transmettre par une émission normale effectuée dans les meilleures conditions techniques.
- On pourrait même théoriquement supprimer ainsi la liaison entre le système microphonique et le poste émetteur. Il suffirait de rendre mobile le dispositif d’enregistrement phonographique et de transporter au poste émetteur les disques enregistrés. On peut ainsi effectuer la radiodiffusion unique ou même répétée, si l’événement est particulièrement important, quelques heures ou même quelques jours après que l’événement a eu lieu.
- Fig. 3. — Le Radio-Car de l’Intransigeant pendant le Tour de France cycliste. MM. Jean Antoine et Pelissier radiodiffusant les péripéties d’une étape. (Ph. Intran-Match.)
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- En fait, on conserve presque toujours la liaison par câbles ou par ondes courtes, parce qu’il est nécessaire pourtant de maintenir au radio-reportage son caractère d’actualité en réduisant au minimum le décalage entre l’enregistrement et la radiodiffusion.
- L’enregistrement phonographique peut être également employé dans les stations d’émission pour la retransmission des émissions de stations nationales ou étrangères.
- Nos grandes stations d’émission possèdent maintenant des installations de ce genre qui rendent les plus grands services.
- Lors des funérailles de M. André Maginot, en janvier 1932, le discours de M. Pierre Laval, alors président du Conseil, était radiodiffusé le matin par l’ensemble des postes du réseau d’Etat et des stations privées françaises. Le soir de ce même jour, les auditeurs de Radio-Toulouse purent de nouveau, grâce à l’enregistrement phonographique, entendre M. Pierre Laval prononcer ce même discours aussi clairement que si l’audition avait été directe !
- C’est aussi grâce à l’enregistrement phonographique que le « Poste Colonial » transmettant sur ses deux longueurs d’onde de 19,68 m et de 25,63 m put diffuser les funérailles du Président Paul Doumer aux heures convenant seules pour les transmissions destinées aux colonies.
- Cet enregistrement phonographique, qui pourrait être exécuté par des procédés photophoniques analogues à ceux adoptés en cinématographie sonore sur des films sensibles, est, en [fait, réalisé en France sur des disques tournant à vitesse réduite, de manière à obtenir une durée assez longue sans augmenter outre mesure leur diamètre.
- Comme il est nécessaire d’adopter des appareils relativement simples, et d’obtenir des enregistrements pouvant être reproduits dans le délai le plus court, on n’utilise pas les machines de grande précision de l’édition phonographique normale destinées à l’enregistrement de disques en cire par des procédés électro-mécaniques. Ces disques en cire prototypes ne peuvent, en effet, servir à la reproduction, et sont utilisés seulement pour la fabrication des matières ' métalliques de pressage des disques épreuves, après une série d’opérations électrolytiques complexes.
- On est donc obligé d’avoir recours aux systèmes d’enregistrement phonographique individuels dans lesquels le disque même qui a été enregistré sert pour la reproduction sans aucune opération difficile. Nous avons montré dans plusieurs articles parus dans La Nature les difficultés de ce procédé intéressant, difficultés dues surtout au choix de la matière constituant le disque qui devrait théoriquement être assez tendre pour permettre une gravure facile des sillons, et pourtant aussi résistante après un traitement simple qu’une composition à base de gomme-laque ou d’acétate de cellulose.
- En fait, cette matière idéale n’est pas encore trouvée et l’on se contente d’utiliser des disques en composition à base de gélatine, à la surface desquels on étend, après l’enregistrement, une mince couche de pommade à base de vaseline et de formol pour favoriser le glissement de
- Fig. 4. — Le Studio du Radio-Car de l’Intransigeant. (Pli. Intran-Match.)
- l’aiguille et produire un durcissement plus ou moins marqué des sillons.
- Malgré cette difficulté, les résultats obtenus sont déjà fort satisfaisants, et sont, d’ailleurs, améliorés constamment. On établit des machines fort complètes à un ou deux plateaux permettant la réception des émissions radiophoniques, l’enregistrement microphonique, téléphonique ou radiophonique et même la retranscription des disques phonographiques (fig. 2).
- LES RADIO-CARS
- Une installation perfectionnée de radio-reportage comportant les microphones, amplificateurs, poste émetteur permettant la liaison constante par câbles ou par ondes courtes avec les stations de radiodiffusion, et renfermant une installation complète d’enregistrement individuel, constitue un ensemble nécessairement assez complexe. Il existe dès à présent, en France, des ensembles de ce genre montés sur des camions automobiles, et de la sorte aussi mobiles, par exemple, qu’un camion des « actualités cinématographiques parlantes » que l’on peut voir circuler maintenant dans toute la France.
- Nous devons signaler particulièrement sous ce rapport l’initiative du journal quotidien « L’Intransigeant » dont les services radiophoniques, vivement encouragés dar le Directeur, M. Bailby, ont installé et mis au point
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- Fig. 5. •— Le laboratoire du Radio-Car de l’Intransigeant (Ph. Intran-Matcli.)
- un car de radio-reportage, muni de tous les perfectionnements désirables (fig. 3). Ce car vient de faire ses preuves en suivant les étapes du Tour de France cycliste; MM. Antoine et Pélissier ont pu en diffuser les péripéties à l’intention des auditeurs sportifs et réussir ainsi un reportage extrêmement vivant.
- LE RADIO-CAR DE « L’ INTRANSIGEANT »
- M. Menecier, de Y Intransigeant, a bien voulu, le 13 juillet dernier, nous adresser à ce sujet la lettre suivante qui fait bien comprendre les résultats obtenus et les difficultés vaincues :
- « Vous m’avez demandé divers renseignements sur notre car radiophonique. Vous m’excuserez d’avoir tardé à vous répondre, mais vous comprendrez que, nous lançant dans une nouvelle aventure, nous ne voulions pas qu’il en soit trop parlé avant que nous ayons fait nos preuves.
- « Ces preuves, nous les avons eues hier au cours de la diffusion depuis Bagnères-de-Bigorre, relative à l’étape du Tour de France cycliste Pau-Lucbon, diffusion au cours de laquelle, pour la première fois officiellement, nous nous sommes servis de disques enregistrés sur la route (et depuis lors à chaque étape).
- « Notre expérience, je le répète, a été un succès, parce qu’en effet nous ne bénéficions pour cette émission que d’une mauvaise ligne téléphonique (l’émission fut impossible le soir) ; malgré cela, les six disques passés à bord du car, au sujet du passage des coureurs au sommet du col de l’Aubisque, furent dans l’ensemble (toute modestie mise de côté) bons et, notamment pour l’un d’eux, je gage qu’il fut impossible à quiconque de distinguer s’il
- s’agissait d’un enregistrement ou de la voix naturelle de Jean Antoine devant le microphone.
- « Lors du premier radio-reportage du Tour de France, en 1929, Jean Antoine, qui fut le premier à déplacer un micro sur d’aussi grandes distances, et en tout cas à lui donner une mobilité journalière, s’aperçut qu’il lui était impossible de raconter, plusieurs heures après, avec la même vérité, les impressions que lui avait données l’ascension de la montagne par les coureurs cyclistes.
- « Dès son retour, et un article de notre collaborateur C. A. Gonnet en septembre de la même année l’a laissé entendre, Jean Antoine s’attacha à trouver un matériel susceptible de pouvoir enregistrer les impressions directes pour les restituer dans les diffuseurs quelques heures après. Nous fîmes nos premiers essais, mais ils ne furent pas, de loin, concluants. Nous poursuivîmes nos recherches et, depuis l’automne 1931, nous effectuâmes de façon suivie des enregistrements, tout d’abord sur disques de métal, aluminium, laiton; puis nous essayâmes le fil magnétique. Là encore, résultats peu appréciables. Enfin, après bien des tâtonnements, et en collaboration avec une Station du Midi, nous arrivâmes à trouver l’appareil qui nous parut le meilleur, encore qu’imparfait; c’est cet appareil, modifié et transformé, que nous avons utilisé pour l’émission du 12 juillet.
- « Voici maintenant comment est équipé notre car, et vous trouverez là les indications relatives à cet appareil :
- « Il nous fallut trouver un véhicule pouvant atteindre des vitesses minima en palier de 80 km. Nous fixâmes notre choix sur un châssis Citroën C 6 avec un moteur suffisamment puissant pour tirer la charge du car (poids total, en ordre de route, 5400 kg). Sur les indications de Jean Antoine, une carrosserie spéciale fut établie qui divisait le car en trois compartiments :
- « Le premier compartiment, à l’avant, pour le chauffeur et le transport des collaborateurs (six places confortables).
- « Le compartiment technique renferme le matériel nécessaire aux émissions et enregistrements, et comprenant un préampli et un ampli pour l’enregistrement qui se fait sur un double plateau monté sur rotules avec niveau; l’amplificateur de ligne, comme ceux qui servent habituellement aux retransmissions radiophoniques, un amplificateur reproducteur, un récepteur et son cadre, plus un arrîpli microphonique de secours. L’alimentation de tous ces appareils est assurée par une batterie d’accus de 24 v 200 AH, une batterie de 8 v, deux batteries de 6 v, deux batteries de 4 v, 400 v de piles à grosses capacités, une génératrice, un transformateur pour la recharge des batteries et un rechargeur. En outre, dans ce compartiment se trouve un grand tableau de commandes électriques, permettant, par le simple jeu des manettes, de donner l’alimentation à tel ou tel appareil. Le contrôle se fait par casque à l’intérieur de ce laboratoire,
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- et dans le compartiment avant au moyen d’un petit haut-parleur de contrôle relié au poste récepteur, assurant ainsi un double contrôle : contrôle à la sortie de l’ampli, contrôle à la réception. Un téléphone mural se trouve également dans ce compartiment, ainsi que les inverseurs nécessaires pour l’utilisation d’un, deux ou trois micros (fig. 5).
- « Le troisième compartiment, à l’arrière, est le studio. Tapissé de tissu insonore, quatre personnes peuvent y prendre place. Il est entièrement vitré, ce qui permet au parleur, en cas de besoin, de décrire, tout en étant à l’abri, ce qui se passe dehors. Le microphone est installé contre une des cloisons sur un bras dépliant, analogue à ceux dont se servent les dentistes pour poser leurs plateaux d’instruments. Juste en-dessous du microphone se trouve le double plateau reproducteur de disques. Dans le studio se trouve une petite armoire renfermant les microphones, les diamants enregistreurs, les pick-ups de rechange, les disques vierges et les disques enregistrés, bref tout le petit matériel indispensable à ce genre de travail. On y remarque également une échelle de fer fixe. Cette échelle permet, par un panneau mobile aménagé dans la toiture du car, d’accéder à une plateforme sur le toit de celui-ci, plate-forme munie d’une rambarde pliante, haute d’un mètre, du haut de laquelle les radio-reporters peuvent effectuer leur travail. A cette rambarde on peut accrocher un diffuseur de puissance pour permettre de donner des concerts, de faire entendre le radio-reportage qui est effectué, ou de faire toutes annonces nécessaires (fig. 3 et 4).
- « J’oubliais de vous signaler que l’on pouvait communiquer du compartiment-studio avec le compartiment-laboratoire au moyen d’un double guichet vitré, qui assure, étant fermé, l’isolement complet. Par les glaces
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- mobiles du studio, on peut, à loisir, parler dans le silence, ou faire entendre les bruits du dehors, et les régler avec l’intensité désirable.
- « Le car mesure à sa hauteur maximum 2 m 90, sa longueur est de 6 m 50. De nombreux coffres y sont aménagés, qui renferment, par exemple, les accus du laboratoire dont l’aération est assurée par deux ventilateurs placés sur le toit et par des panneaux à joues d’aération. Les sept coffres, dissimulés dans la carrosserie ou dans les compartiments, permettent aux six personnes transportées de ranger leurs valises sans encombrement, comme aussi de ranger tout le matériel de réparation ou de secours qu’exige le déplacement d’un semblable véhicule qui est le premier, à notre connaissance du moins, ayant jamais circulé en Europe et, croyons-nous, dans le monde. »
- PHONO-MONTAGES
- L’enregistrement phonographique permet enfin une modification artistique du radio-reportage, le phonomontage. Au lieu d’improviser son commentaire, le radioreporter pourra le composer à loisir, le corriger sur épreuves même, à la manière d’un article écrit, avant la radiodiffusion. Il pourra ensuite l’enregistrer sur disque, et composer par retranscription un montage sonore, comme on effectue le montage sonore d’un film cinématographique. Le fond sonore demeurera intact, et suffira pour maintenir à la diffusion son caractère de vérité indiscutable.
- Ainsi le radio-reportage se modifie chaque jour pour le plus grand bien de la radiophonie, ses diverses formes constitueront peu à peu sans doute un des attraits essentiels de la radiodiffusion.
- P. Hémardinquer.
- LES ONDES ULTRA-COURTES
- LEURS APPLICATIONS
- Dans un article, paru ici-même (v. n° du 1er avril 1932), les difficultés de la génération des ondes ultra-courtes ont été exposées en détail; on a pu se rendre compte des méthodes employées pour « descendre » jusqu’aux longueurs d’onde de 10 centimètres.
- Les applications de ces oscillations très rapides découlent des propriétés que j’ai déjà signalées; pour plus de clarté dans l’exposé, je les rappellerai dans chaque cas particulier. Nous verrons ensuite la technique, puis les résultats obtenus.
- On m’excusera de me risquer, après avoir parlé des applications actuelles, à soulever un peu le voile dont s’entoure l’avenir en cherchant à entrevoir les domaines nouveaux que ces ondes pourront un jour s’annexer.
- 1° LES APPLICATIONS ACTUELLES
- A) Les émetteurs radioélectriques. — Nous avons dit comment on produit les ondes de très courte lon-
- gueur. Ces oscillations sont entretenues ; elles sont aptes à être utilisées telles quelles pour certaines applications, mais, pour d’autres, il est nécessaire de leur faire subir quelques transformations. Il en est ainsi quand on veut les employer à la transmission de signaux radioélectriques.
- Quand on envisage la télégraphie, il faut les découper en tranches correspondant aux points et traits de l’alphabet employé. De très nombreux dispositifs, mis au point pour des ondes plus longues, sont aptes à donner ici satisfaction; je signale-
- Fig. 1. — Modulation d’un oscillateur par variation de la tension de plaque.
- Le microphone agit par l’intermédiaire du transformateur T.
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- Fig. 2.
- Dispositif pratique de réflexion des ondes.
- L’oscillateur est placé au foyer du miroir sphérique, cylindrique ou parabolique.
- rai, en passant, le procédé consistant à agir sur l’aérien au lieu du poste ; on obtient ainsi une grande stabilité de l’émission.
- Pour transmettre les sons (parole ou musique), il faut moduler l’oscillateur; on peut essayer de se servir du circuit de plaque comme on le fait pour la grille dans les montages ordinaires (fig. 1) : ce système semble présenter l’inconvénient de procurer des émissions peu pures. Il me paraît que l’idéal est la modulation par absorption, dans laquelle on shunte un des circuits de l’oscillateur (grille ou plaque) par une lampe (espace filament-plaque) dont la grille est conduite par le microphone.
- Pour des raisons qui apparaîtront mieux plus loin, mais que l’étude des ondes normales fait aisément prévoir, il est indispensable de maintenir la longueur d’onde très stable et, à cet effet, de la contrôler très souvent. A ce point de vue, un circuit très faiblement couplé à l’oscillateur et agissant sur un ensemble couple-galvanomètre donne toute satisfaction.
- On pourrait être tenté, à la suite des essais si concluants réalisés sur les autres ondes, de prôner l’emploi de cristaux piézoélectriques pour « conduire » les oscillations. Mais on éliminera cette solution ; les dimensions des cristaux seraient très petites et il serait à peu près indispensable de recourir à des harmoniques ; heureusement, le fonctionnement même des oscillateurs permet d’assurer aisément la constance de la fréquence sans introduire de nouveaux organes dans le montage.
- On a vu, dans l’article rappelé ci-dessus que la longueur d’onde dépend des constantes géométriques de la lampe employée et des tensions d’alimentation de plaque et grille ; les premières données sont constantes dans le temps pour une lampe bien construite dans laquelle il ne doit pas se produire de déformation. Il faut donc maintenir les tensions d’alimentation bien constantes; ceci est facile avec des dispositifs simples.
- B) Les récepteurs radioélectriques. -— La réception des émissions de très courte longueur d’onde constitue, évidemment, un problème important.
- La méthode employée se rattache soit à la superréaction, soit à la super-hétérodynation. On conçoit
- qu’il soit impos-
- Fig. 4. — La zone dans laquelle la récep- sible de mener à lion d'un émetteur sur ondes ultra-courtes est bien la réalisation possible est limitée par l’horizon tout comme d’une amnlifica-pour la lumière. . , , 1 „ ,
- tion a haute fréquence déjà très difficile et peu opérante sur ondes de plus grande fréquence. Il est délicat de se prononcer sur le choix
- de l’une ou l’autre méthode d’autant plus que, comme cela arrive souvent, les résultats sont essentiellement fonction de l’habileté de l’opérateur (il s’agit alors, de toute évidence, d’un amateur).
- En tout cas, quelle que soit la méthode mise en oeuvre, il faut réaliser, au poste récepteur, une fréquence très peu différente de celle de l’émission ; dans le premier cas, ceci a pour but d’amener la détectrice aussi près que possible de la limite d’entretien; dans le second cas, il s’agit de se procurer une fréquence de battements susceptible d’être efficacement amplifiée en haute fréquence.
- Pour atteindre ce but, diverses conditions doivent être remplies : en premier lieu, il est nécessaire, comme nous l’avons dit, de maintenir une très grande stabilité de l’émission. En second lieu, pour que l’oscillation locale ait une fréquence stable et voisine de celle à recevoir, il faut d’abord, la stabilité étant fonction de la constance de l’alimentation, que celle-ci soit aisée à obtenir en se munissant de sources appropriées ; mais la stabilité dépend aussi des dimensions géométriques de la lampe utilisée; il faut donc que les électrodes aient une rigidité suffisante. Il est indispensable, d’autre part, que la longueur d’onde locale soit très voisine de celle à recevoir : pour arri -ver à ce résultat, il faut soit que la triode employée ait des caractéristiques g é o m é-triques très voisines de celle oscillant à l’émission, soit que les réglages sur l’alimentation donnent une marge suffisante.
- Il semble bien que la première condition soit irréalisable ; en effet, les triodes émettrices dissipent une puissance beaucoup plus importante que celle utilisée à la réception ; il est donc logique que leurs caractéristiques soient différentes. Il reste la possibilité de régler la longueur d’onde entretenue en agissant sur l’alimentation, comme je l’ai signalé dans le premier article. On obtient ainsi des résultats très satisfaisants.
- C) Le rayonnement des ondes ultra=courtes.^— Il est intéressant de chercher comment les ondes se comportent entre les deux postes.
- La propagation des ondes électromagnétiques varie suivant leur fréquence ; c’est là un fait que les expériences des dernières années ont mis en relief. Le rôle de la haute atmosphère dans laquelle elles voyagent est des plus important. Quand on envisage des fréquences de l’ordre de celles qui nous intéressent, la propagation a lieu en ligne droite, comme pour la lumière; il s’ensuit que les communications ne sont possibles qu’entre deux correspondants qui « se voient ». Il ne faut toutefois pas entendre par là deux points desquels on se voit réellement, mais bien qui sont situés de telle sorte que
- Fig. 3. — Système de direction Chireix-Mesny.
- Un rideau assure un rayonnement privilégié dans une direction normale à son plan; des combinaisons d’antennes de ce type peuvent procurer un gain notable d’énergie tant à l’émission qu’à la réception.
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- la ligne qui les joint ne l’encontre aucun obstacle sur son trajet (lig. 4). Ils peuvent être séparés par des nuages mais non par des montagnes; les premiers sont, en elïet, traversés par les ondes tandis que les secondes sont opaques pour elles.
- Ceci ne saurait constituer un inconvénient majeur pour deux raisons au moins. La première est la très grande facilité de relais de telles ondes; on revient ainsi, et il est curieux de le noter, au système du télégraphe Chappe. La très faible énergie mise en œuvre dans chaque relais assure une exploitation qui reste quand même économique.
- En outre, dans un grand nombre de régions, il est possible de trouver des points situés à une altitude telle que la portée atteinte soit intéressante. Des essais furent faits, par exemple, entre Nice et Toulon ; les stations étant placées au Mont-Agel et au Coudon, les altitudes de ces deux points permirent d’excellentes transmissions. On constate alors toute l’utilité d’appliquer la théorie des phares lumineux pour se rendre compte de l’augmentation de la zone visible avec l’accroissement de la hauteur de l’œil au-dessus de la terre.
- Si une très faible énergie assure des portées intéressantes, c’est que ces oscillations se prêtent à merveille aux effets de directivité. On se souvient que le problème de la direction des ondes n’a pas reçu de solution pratique avant ces dernières an nées; seules, les ondes courtes de l’ordre de dix mètres ont permis de réaliser des systèmes directionnels pratiques. A l’appui de cette affirmation on se souviendra que les dispositifs employés dans ce but doivent avoir des dimensions de l’ordre de grandeur des ondes émises. On se trouve donc dans une situation idéale avec les oscillations que nous étudions.
- La directivité dans un plan horizontal est celle que l’on a cherché à réaliser le plus tôt; ceci s’explique par le fait qu’elle se traduit par une économie évidente d’énergie. Pour ce faire, on emploie des projecteurs exactement semblables à ceux d’automobiles (fig. 2). Plus leurs dimensions sont grandes, plus l’effet directionnel obtenu est important, c’est-à-dire plus l’ouverture du faisceau au départ est petite ; il en résulte une économie importante puisque l’énergie mise en jeu est concentrée dans une plus faible zone. Il existe, pourtant, une limite à l’étroitesse du faisceau, c’est la difficulté croissante dans la recherche et la conservation du correspondant. On conçoit que le gain réalisé à l’émission est notablement amélioré par l’adoption, au poste récepteur, d’un dispositif analogue.
- Un tel ensemble émetteur est non seulement économique, il peut aussi être utilisé comme phare; il suffit de communiquer à l’émetteur un mouvement de rotation pour que l’horizon soit balayé. Il est d’ailleurs possible de recourir, en outre, à un système de commutation donnant un signal d’identification comme on le fait pour les phares lumineux. Les avantages de cette manière de faire sont importants : en premier lieu, les indications ne sont pas gênées par la brume et la solution d’un angoissant problème est ainsi trouvée. Ensuite, il est possible de traduire à bord d’un navire les indications d’un tel engin par un dispositif mécanique simple permettant d’avoir toujours sous les yeux un relèvement important. Enfin — et ceci n’est pas négligeable en période d’hostilités — rien ne révèle à l’adversaire l’emplacement d’un phare qui est exactement situé beaucoup plus difficilement. De plus, on peut faire de la téléphonie.
- La directivité dans le plan horizontal est réalisée par des projecteurs sphériques ou paraboliques ; on peut se demander si les antennes Chireix-Mesny ne donneraient pas des résultats satisfaisants (fig. 3). A ma connaissance aucun essai dans ce sens n’a encore été tenté, mais leur application à des ondes de cet ordre de grandeur n’irait pas sans quelques difficultés par suite de la délicatesse des réglages entre les différentes parties.
- On peut aussi réaliser une directivité dans un plan vertical; cette dernière, qui présente de l’intérêt pour des ondes moins courtes par suite des phénomènes de réflexion sur les hautes couches de l’atmosphère n’est guère susceptible de rendre des services dans ce cas puisque la propagation se fait en ligne droite ne donne lieu à aucune variation de la direction du rayon issu de l’émetteur.
- D) Applications expérimentales. — Il est important d’envisager ce chapitre sous son double aspect : expériences de confirmation et expériences de recherches. Je m’explique d’abord sur ces deux expressions, car je m’en voudrais qu’on puisse les interpréter d’une manière différente de celle dont je les comprends. La pre-mière, dans laquelle on peut faire rentrer les célèbres expériences de Hertz, com-
- Couple
- Galvanomètre
- Fig. 6. — Le pont représenté sur la fig. 5 peut être constitué au moyen d’un condensateur C, aux bornes duquel on connecte un couple relié à un galvanomètre-, on déterminera ainsi les positions pour lesquelles la tension est minima.
- Fig. 5.
- Les fils de Lecher consistent en deux morceaux de fil couplés à l’oscillateur ; en déplaçant un pont sur ces conducteurs, on observe des phénomènes périodiques.
- Fig. 7. — Expériences de réflexion.
- Un oscillateur est placé à une certaine distance d’un miroir; on constate que la réception varie fortement quand on change la position du récepteur par rapport au miroir.
- Miroir
- Emetteur
- V Ehrcours du récepteur
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- porte les mises en œuvre destinées à confirmer ou à infirmer telle ou telle théorie : l’expérience de Michel-son, par rapport à la théorie d’Einstein, rentre dans cette catégorie. La seconde partie est relative, si j’ose dire, aux prospections des laboratoires ; nous en verrons des exemples dans la suite; elles ont pour but de mettre en lumière directement telle ou telle propriété de la matière.
- Dans la première série trouvent place les célèbres expériences de M. Mesny sur la réédition des vérifications de l’identité des lois de la lumière et des ondes électromagnétiques ; elles furent remarquablement mises en relief lors de l’Exposition de Physique et de T. S. F. en 1926; on met ainsi en lumière les effets de propagation le long d’un fil et dans l’espace, les phénomènes de réflexion, de réfraction, etc. (fig. 5-6-7-8), qui furent le but des expériences de Hertz et l’occasion de la première réalisation des ondes courtes, comme je l’ai dit dans le premier article. Un amateur peut aisément, avec un matériel très restreint, recommencer ces très intéressantes démonstrations qui devraient trouver place dans tous les cours de physique.
- La seconde série, moins connue du public, est tout aussi importante, mais d’une mise en œuvre plus délicate ; c’est au cours de travaux entrepris dans ce but que M. Pierret a mis au point l’oscillateur dont j’ai déjà parlé. L’intérêt de telles expériences est très grand du fait que les fréquences de ces oscillations sont de l’ordre de grandeur des périodes d’oscillation des molécules. On peut ainsi étudier la constitution moléculaire et provoquer des phénomènes de résonance dans ces particules matérielles. Il y a là un vaste champ de
- recherches ouvert à Fig. 9. — Pénétration relative des diffé- la sagacité des sa-renls rayons; on remarque que la courbe vants.
- passe par un minimum. E) Applications
- médicales.— L’application de l’électricité au traitement de certaines maladies remonte au professeur d’Arsonval; la forme sous laquelle le courant est utilisé ici est très différente de celle sous laquelle le célèbre professeur l’avait mise au point. On fait appel, dans
- le cas qui nous intéresse, à réchauffement dû au passage du courant dans l’organisme au lieu de chercher une action due à la variation très rapide du potentiel élevé fourni par une source à haute tension (machine à plateau ou redresseur). Le passage du courant semble, par l’échaufîement qu’il provoque, activer la sécrétion de certaines glandes (fig. 9).
- Les résultats obtenus laissent prévoir une extension possible de la méthode, extension qui apporterait la solution de nombreux problèmes préoccupant les médecins.
- 2“ LES APPLICATIONS POSSIBLES
- Je m’en voudrais de ne pas conclure cet exposé par une énumération des domaines dans lesquels il me semble que la mise au point des ondes très courtes puisse amener sinon une révolution, tout au moins une évolution notable.
- Je passerai sous silence l’extension que pourrait recevoir la zone des émissions de radiodiffusion ; d’aucuns m’objecteraient, sans doute, qu’il vaut mieux moins d’émetteurs et une meilleure qualité des émissions.
- A) Télévision. — Contrairement à ce qui a lieu en téléphonie, pour assurer une transmission acceptable en télévision, il faut moduler sur une bande de fréquence de l’ordre de 50 000 périodes.
- La simple réflexion montre qu’en dehors de toute considération sur l’encombrement de l’éther une telle émission est impossible sur ondes longues; à 2000 m, par exemple, il faudrait moduler uniformément de 3000 à 1500 m. Plus on augmente la fréquence porteuse, plus le problème est, à ce point de vue facile. Il y a là, quand certaines questions de détail auront reçu une solution satisfaisante, un champ d’action tout indiqué pour les oscillations de très courte longueur d’onde.
- B) Actions chimiques. — Il semble que l’action de telles oscillations sur des solutions colloïdales puisse donner lieu à des applications chimiques, même dans le domaine industriel. Les études, dans cette voie, ne sont pourtant pas assez poussées pour que l’on puisse encore rien affirmer avec certitude.
- C) Communications interplanétaires. — Je n’ai pas l’intention de désigner par là un échange possible de télégrammes avec les Martiens ou les Siriens; les ondes de plus faible fréquence se propagent, si les idées actuelles reçoivent une confirmation expérimentale, entre la surface de la terre et une couche ionisée située à une certaine altitude; elles y subissent des réflexions successives et font plusieurs fois le tour de notre boule ronde.
- Il paraît très probable, par contre, que des ondes ultra-courtes rayonnées dans une direction proche du zénith traverseraient la couche conductrice à la manière de la lumière et pourraient sortir de la prison électrique dont la porte ne peut être franchie par les autres ondes.
- D. Jussieu.
- Prisme
- J~es expériences de réfraction montrent qu'un prisme dévie les rayons vers sa base.
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- LE NOUVEAU TRANSMETTEUR DE BERLIN
- A ONDES ULTRA-COURTES
- LE PLUS PUISSANT DU MONDE
- Berlin possède aujourd’hui le plus puissant émetteur d’ondes courtes qui soit au monde. Il s’agit, ici, d’ondes de l’ordre de 7 mètres; jusqu’ici on n’avait pas réussi à pousser au delà de 3 kilowatts la puissance émise sur des ondes de cet ordre; le poste qui, l’année dernière, à Berlin, a servi à des essais remarquables de radiodiffusion sur ondes courtes, n’était que de 1,5 kilowatt, puissance qui paraissait alors considérable. Le nouveau poste dépasse ce chiffre de fort loin puisqu’il peut émettre une puissance de 15 kilowatts.
- Ce sont les besoins de la télévision qui ont poussé les constructeurs à chercher à battre leurs précédents records. Tant qu’il ne s’agissait que de radiodiffusion proprement dite, acoustique — musique et langage —, avec un intervalle de modulation de 10 000 cycles, les puissances de l’ordre de 1 kilowatt, étant donnée la possibilité d’améliorer la réception par réaction, étaient, en effet, parfaitement siiffisantes. Mais, actuellement, on veut faire appel aux ondes ultra-courtes pour réaliser des réceptions télévisuelles avec une richesse de détails impossible dans le cas d’une transmission par ondes normales. A moins de renoncer‘aux fréquences élevées, on se trouve donc dans l’impossibilité d’utiliser la réaction du récepteur; aussi faut-il, pour une bonne réception d’images télévisuelles, une émission bien plus puissante que pour la réception acoustique ordinaire (*).
- Voici quelques détails sur le poste transmetteur construit par la Société Telefunken. Les nouvelles lampes, au nombre de deux dans l’étage terminal, sont d’une construction spéciale, à refroidissement par l’eau; leur émission électronique, sous une tension continue de 6000 volts, est de 10 ampères. En dépit de leurs dimensions relativement grandes, il a été possible de réduire la longueur d’onde à 6 mètres, grâce à une utilisation rationnelle des capacités parasites et en éliminant tous les conducteurs superflus. Le nouveau transmetteur a été, dans tous ses détails, étudié avec le même soin qu’un transmetteur normal. Il se compose de 7 étages; un réglage par cristal assure une fréquence d’une grande constance.
- L’onde du cristal est de 56 mètres ; elle est réduite à 7 mètres, avec une fréquence huit fois plus grande, en trois étages de doublement et d’amplification. Les quatre premiers étages comportent des lampes à grille-écran d’une construction spéciale. Les amplifications des différents étages sont les suivantes :
- 1° Etage à cristal (56 mètres), environ 0,1 watt.
- 2° Premier étage de redoublement (28 m), environ 0,8 w.
- 3° Deuxième étage de redoublement (14 m), environ 4 w.
- 1. Voir à ce sujet l’opinion de M. Von Ardenne, p. 196.
- 4° Quatrième étage d’émission (14 m), environ 70 w. 5° Cinquième étage d’émission (3e ét. de redoublement) (7 m), environ 150 w.
- 6° Sixième étage d’émission (7 m), environ 1, 5 kw. 7° Étage terminal (7 m), environ 15 kilowatts.
- La modulation du transmetteur se fait dans l’avant-
- Le poste à ondes courtes de 15 kilowatts.
- dernier étage, en agissant sur la tension initiale des grilles des lampes ; l’amplificateur à résistance servant de modulateur comporte, pour la région des transmissions acoustiques, c’est-à-dire pour l’intervalle de 30 à 10 000 cycles, un transformateur du côté de la grille. Des dispositifs particuliers réduisent au minimum les distorsions. Lors des essais de télévision, le modulateur permet de passer une bande de 300 000 cycles, c’est-à-dire de transmettre 300 000 éléments d’images.
- Le nouveau transmetteur, d’un fonctionnement aussi simple qu’un transmetteur normal à ondes longues ou courtes, peut, sans échange de bobines ni condensateurs, servir pour l’intervalle tout entier entre 6 et 8 mètres. Il contribuera sans doute, dans une large mesure, à la solution de certains problèmes de télévision et de radiophonie exempte de perturbations.
- Dr A. Gradenwitz.
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- LE DROIT DES AUDITEURS DE RADIODIFFUSION
- ET L’ÉLIMINATION DES “ PARASITES ” EN T. S. .F
- I. INTRODUCTION ET RAPPEL DES PROCÉDÉS D’ÉLIMINATION
- La question de l’élimination des « parasites » industriels qui viennent troubler les auditions de radiodiffusion est d’une actualité brûlante. Mais elle est aussi de celles qu’il ne faut aborder qu’avec une certaine circonspection et un large esprit de tolérance, car l’on se heurte trop souvent en cette matière non seulement à des préjugés assez excusables, mais aussi à des intérêts parfois fort respectables.
- Il importe d’abord de proclamer qu’à part quelques rares exceptions qui donnent encore lieu à des mécomptes, tels que les relais d’ascenseurs, les trolleys des tramways, certains appareils de radiologie et d’électricité médicale, les perturbations électriques produites par des appareils industriels ou ménagers peuvent être supprimées grâce aux moyens dont dispose actuellement la technique.
- Nous ne nous étendrons pas ici sur le problème technique de l’élimination des parasites qui a été traité par ailleurs (1).
- Il nous suffit de savoir que pratiquement l’élimination des parasites n’est plus une chimère, mais une réalité. Et ce n’est pas l’un des moindres arguments qu’on peut faire valoir au point de vue légal.
- En fait, les dispositions antiparasitaires consistent à placer sur les appareils, machines et installations perturbatrices, à des emplacements convenablement choisis, des condensateurs fixes de grande capacité, des prises de terre, des bobines de choc, des écrans électrostatiques
- 1. Michel Adam. Comment supprimer les parasites et les brouillages en T. S. F. Éditions de Radio-Magazine, 61, rue Beaubourg, Paris.
- Fig. 1. — M. Alphonse Mellet, avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de Cassation, président du Comité d’action contre les parasites en-T. S. F.
- et blindages électromagnétiques, des conducteurs sous tube métallique formant cage de Faraday. Mais il n’existe aucun filtre placé sur les récepteurs de T. S. F. eux-mêmes qui permettrait d’arriver au même résultat.
- Le problème technique étant ainsi résolu, nous allons examiner comment se pose la question de l’élimination des parasites tant au point de vue juridique qu’au point de vue administratif, quelle assistance l’auditeur de T. S. F. peut trouver dans ces domaines et quelle est la procédure qu’il lui convient de suivre pratiquement.
- II. LE POINT DE VUE LÉGAL ET LA JURISPRUDENCE
- Le « di’oit à l’écoute » ou droit de l’auditeur de radiodiffusion n’est à l’heure actuelle reconnu en France et dans la plupart des pays étrangers par aucune loi spéciale. Dans notre pays, le vote de cette loi est lié à celui du statut de la T. S. F., qui, promis depuis de nombreuses années, n’est encore pas venu en discussion au Parlement. Seul l’article 4 du décret-loi du 28 décembre 1926 stipule que les postes récepteurs ne devront être l’objet d’aucune gêne pour les voisins. En ce qui concerne le droit de l’auditeur, c’est une protection de principe contre les méfaits de la réaction, mais en fait elle ne saurait jouer. Rappelons qù’en février 1931, MM. Raoul Aubaud et Jammy Schmidt, députés, ont déposé une proposition de loi aux termes de laquelle toute machine ou installation électrique devrait être munie de dispositifs antiparasitaires (blindages, condensateurs, prises de terre, double archet aux tramways, etc...), destinés à empêcher la radiation d’oscillations électriques (parasites) et leur propagation le long des conducteurs.
- En ce qui concerne les dispositions légales spécifiques, tout se borne donc à une proposition de loi, très intéressante d’ailleurs.
- Mais en l’absence d’une loi spéciale garantissant le droit de l’auditeur, celui-ci trouve, en principe comme en fait, son fondement dans les articles du Code civil. C’est dans ce sens que du 19 janvier 1930 au 1er avril 1932, quatorze jugements intéressant cette question ont été rendus, dont treize en faveur de l’auditeur, que nous étudierons plus loin.
- Voici déjà plusieurs années que M® Marcel Cartault, le regretté conseil juridique du Syndicat professionnel des Industries radioélectriques, montrait que le droit de l’auditeur est reconnu par les art. 1382, 1383 et 1384 du Code civil obligeant chacun à réparer les dommages arrivant à autrui par sa faute, sa négligence, son imprudence ou du fait des objets ou personnes placés sous sa garde.
- La jurisprudence a, depuis deux ans, donné raison à Me Cartault, en s’inspirant des usages de mitoyenneté et des rapports de voisinage. En fait comme en droit, c’est sur l’appareil perturbateur lui-même qu’il convient de placer le filtre ou l’installation antiparasite, pour
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- deux raisons primordiales : 1° Il n’existe pas de filtre antiparasites susceptible de séparer les ondes à recevoir des ondes perturbatrices apériodiques, aux bornes de l’appareil récepteur. 2° Un seul appareil perturbateur est capable de déranger pratiquement un très grand nombre de récepteurs, et même en principe une infinité. M. Raymond Braillard, président de la Commission technique de l’Union internationale de Radiodiffusion, démontrait à la deuxième conférence de l’Énergie (1930) qu’un seul régulateur de tension dans une usine génératrice d’électricité de quelques dizaines de milliers de kilowatts peut troubler la réception de dizaines de milliers de récepteurs alimentés par le réseau électrique de cette usine, mais qu’un filtre unique placé sur ce régulateur permet, à très bon marché, de supprimer radicalement cette source de parasites.
- Cette thèse du droit de l’auditeur est défendue par diverses personnalités au nombre desquelles nous devons citer Me Mellet, avocat au Conseil d’État et à la Cour de Cassation, Me Robert Homburg, directeur de la Revue juridique internationale de Radioélectricité, M. Petit-Cuénot, avocat général près la Cour d’Appel de Besançon, M. Jean Le Duc, vice-président du Syndicat professionnel des Industries radioélectriques, Me Fraipont, en Belgique.
- Au point de vue pratique, qui seul intéresse directement l’auditeur, nous donnons-ci-dessous le résumé des différents cas jugés.
- Brouillage par phonographe électrique. — Le
- moteur du phonographe électrique d’une voisine brouillait depuis décembre 1928 les réceptions d’un docteur de Bapaume. Le 19 janvier 1930, ouï les experts, le tribunal civil d’Arras condamne la perturbatrice à 500 francs de dommages-intérêts, et à rendre le moteur silencieux dans la huitaine, sous peine d’une astreinte de 50 francs par jour de retard, ainsi qu’aux dépens. Les experts ont montré que pratiquement le moteur pouvait être rendu silencieux.
- La défenderesse ayant fait appel, l’arrêt du 1er décembre 1930 de la Cour d’appel de Douai (3e chambre civile) confirme le premier jugement du Tribunal d’Arras. La perturbatrice est condamnée à tous dépens de lre instance et d’appel, frais d’expertise et de référé.
- De l’arrêt de la Cour de Douai, il y a lieu de retenir les points suivants :
- a) Les experts ont constaté le 8 février 1928 et le 26 octobre 1929 que le moteur du phonographe n’avait été muni d’aucun filtre pour éliminer les perturbations.
- b) « On ne saurait imputer au propriétaire du récepteur de n’avoir pas diminué la sensibilité de son poste, ce qui aurait eu pour conséquence de réduire dans la même proportion la légitime jouissance qu’il en tire ».
- c) « Les parasites n’étant pas utiles au fonctionnement de ce moteur, la défenderesse n’a pas d’intérêt légitime à les conserver ». Elle doit donc les faire disparaître, par exemple en utilisant un filtre, ce qui ne saurait porter atteinte à son droit de propriété et d’usage.
- d) « Le préjudice résulte non seulement de la privation de l’agrément que le possesseur du poste de radiophonie
- Fig. 2. — M. Robert Hombirg, avocat à la Cour d'appel
- de Paris, membre de la Commission ministérielle des perturbations radioélectriques, conseil juridique du Comité d’action contre les parasites. (Photo Christophe, Colmar.)
- pouvait en attendre, mais aussi des avantages qu’il entendait en tirer. »
- 2° Brouillage par un appareil indéterminé. —
- Le propriétaire d’un poste de T. S. F. « régulièrement déclaré à l’administration des P. T. T. », mais dont le fonctionnement est rendu impossible par les perturbations produites par certains appareils utilisés par son voisin, a obtenu le 8 octobre 1930 du Tribunal civil de Rouen une ordonnance de référé aux termes de laquelle des experts ont élé commis pour examiner le poste, apprécier son fonctionnement, indiquer la cause des perturbations et évaluer le préjudice subi. Les experts ayant concilié les parties dans le délai de 2 mois imparti, l’affaire n’est pas venue en délibéré.
- Le 25 mars 1931, le tribunal civil de Rouen rendait une ordonnance de référé dans un cas analogue où le Radio-Club de Normandie s’était porté partie civile. Il s’agissait d’un marchand de fournitures d’électricité et appareils de T. S. F. dont les auditions étaient troublées par les brouillages produits par les appareils électriques installés chez un voisin. L’expert commis avait pour mission d’examiner les récepteurs, d’apprécier l’origine et l’importance des perturbations, d’en indiquer le remède, d’évaluer le préjudice et de concilier les parties, ce qui fut fait.
- 3° Brouillages par enseigne lumineuse. — Ce cas
- est assez fréquent dans les grandes villes. Il se complique lorsque le demandeur est un commerçant en appareils de T. S. F.
- Une première affaire a été jugée le 30 décembre 1930 par le Tribunal civil de la Seine. Un fabricant d’appareils récepteurs se plaignait des troubles imposés par son voisin qui possédait un moteur et une enseigne à tubes au néon. M. Wattinne, président, désigna un expert qui concilia les parties.
- Le jugement rendu le 8 février 1932 par le Tribunal de Commerce de la Seinë (première chambre) eut des conséquences plus graves.* Un commerçant de la rue de
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- Rivoli cédait le 25 avril 1927 le bail d’un magasin contigu au sien, à la condition pour le preneur d’y exercer le commerce des appareils de T. S. F. à l’exclusion de tout autre. Depuis 1930, l’installation d’une enseigne lumineuse au néon par le locataire principal empêchait le revendeur de donner des démonstrations à sa clientèle et ses affaires s’en ressentirent. Des rapports concordants furent faits sur ce point par l’huissier le 24 février 1931 et par l’expert du Tribunal par jugement du 10 avril 1931. Le Tribunal de Commerce condamna donc le locataire principal à 50 000 francs de dommages-intérêts envers le revendeur, à la non-utilisation de l’enseigne au néon tant qu’elle n’aura pas été munie d’un filtre antiparasites, et à une astreinte de 500 francs par jour de retard.
- Enfin une troisième affaire de brouillage par tubes au néon a eu son épilogue le 13 juin 1932 au Tribunal de Commerce de Nice. Un commerçant en appareils de T. S. F. de cette ville se plaignait des perturbations créées par l’enseigne lumineuse d’un hôtelier voisin. Faisant état des progrès de la technique contre les parasites, des arrêtés des maires, principalement de celui du maire de Nice, et de la jurisprudence antérieure, le Tribunal de Commerce de cette ville a condamné l’hôtelier à payer au commerçant 10 000 francs de dommages-intérêts.
- 4° Brouillage par un cinéma. —- A la requête du Radio-Club de Vichy, le Tribunal de Cusset (Allier) ordonnait, le 31 décembre 1930, une expertise dans le cas suivant : les auditions radiophoniques d’un cafetier de Vichy étaient troublées par les moteurs et installations électriques d’un cinéma de cette ville. L’ordonnance de référé fut donc suivie d’une expertise qui, cette fois encore, concilia les parties.
- Fig. 3. — M. Charles Petit-Cuénot, avocat général près la Cour
- d’appel de Besançon, dont le discours de rentrée sur la jurisprudence de la T. S. F. a élé remarqué.
- 5° Brouillage par appareils d’électrothérapie.
- — Il s’agit en l’espèce d’un appareil de diathermie utilisé par un médecin d’Amiens. Le 26 mars 1930, un revendeur d’appareils de T. S. F. faisait assigner le médecin en question en paiement de 50 000 francs de dommages-intérêts en réparation du préjudice subi, car les brouillages produits nuisaient à son commerce et l’empêchaient de mettre au point ses appareils. Sur le vu des constats d’huissier des 2 et 17 avril 1930 signalant que le fonctionnement de l’appareil d’électrothérapie produisait dans les récepteurs « le bruit d’un moteur d’avion », le tribunal civil d’Amiens ordonnait l’expertise le 3 janvier 1931. Le médecin argua qu’il ne faisait qu’exercer librement sa profession. Le juge conclut que les deux parties ont les mêmes droits et ne peuvent les exercer librement chacune, qu’à la condition que l’autre partie ne soit pas gênée dans son travail, que d’ailleurs les troubles peuvent être supprimés par l’emploi d’un filtre qui n’affecte en rien le fonctionnement de l’installation de diathermie.
- L’expert nommé le 3 janvier n’ayant pu concilier les parties, le tribunal rendit son jugement le 30 juillet 1931, en condamnant le perturbateur aux dépens et à 2000 fr de dommages-intérêts envers le demandeur. L’expertise avait révélé que les brouillages coïncidaient avec le fonctionnement de la commutatrice monophasée alimentant l’appareil de diathermie. Le médecin avait bien posé des filtres, mais aux bornes du primaire du transformateur, au lieu de les mettre aux bornes de la commutatrice.
- 6° Brouillage par allume=feu électrique. — Un
- auditeur de Dijon se vit obligé de renoncer à la radiophonie par ce qu’un de ses voisins se faisait un malin plaisir de troubler ses réceptions par le fonctionnement d’un allume-feu électrique. Ce n’est qu’au bout de plusieurs mois qu’il parvint à identifier la cause de ce trouble, après avoir engagé des frais pour découvrir le perturbateur, faire vérifier son appareil et même le changer.
- Le 13 mai 1931, le juge de paix du Canton sud de Dijon condamnait le perturbateur à 750 fr de dommages-intérêts et aux dépens.
- 7° Brouillages par moteurs. — Aux environs de Nîmes, le voisin d’une usine utilisant de nombreuses machines électriques dépose au Tribunal Civil une plainte contre le perturbateur qui l’empêche d’entendre les auditions de radiodiffusion.
- Le 31 décembre 1931, le Tribunal civil de Nîmes condamnait l’industriel à installer aux bornes de ses machines des filtres antiparasites. La conclusion du jugement est basée sur le rapport des experts constatant le mauvais état du collecteur de l’excitatrice de l’alternateur, sur lequel les balais ressautent en produisant des étincelles, ce qui est contraire aux prescriptions de l’arrêté préfectoral autorisant l’installation de cette usine. Le rapport des experts précise d’ailleurs que ce filtre sera constitué par deux condensateurs de 5 microfarads, isolés pour 500 v, reliés à la terre et protégés par des fusibles. Le
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- jugement stipule que les travaux devront être exécutés dans le délai de deux mois, sous peine d’une astreinte de 100 fr par jour de retard.
- Notons que ce jugement est basé uniquement sur un arrêté préfectoral particulier et non pas sur les principes généraux condensés dans les articles 1382 à 1384 du Code civil, qui, en l’absence de textes législatifs plus précis, définissent dans tous les cas le droit de l’auditeur.
- 8° Brouillages par sonnerie. — Le locataire d’une maison de Lyon se plaignait que la sonnerie électrique du commerçant du rez-de-chaussée, actionnée chaque fois que s’ouvrait la porte de la boutique, l’empêchait par ses brouillages de recevoir les émissions de radiodiffusion. Le commerçant en question n’a jamais contesté qu’il était la cause de ce trouble, à telle enseigne que le tribunal ne nomme pas d’experts. Dans son jugement du 13 janvier 1932, la deuxième chambre du Tribunal civil de Lyon se refuse à appliquer l’article 1384 du Code civil, sous prétexte qu’en utilisant cette sonnerie perturbatrice, le commerçant exerce un droit constituant une obligation de voisinage, qui ne saurait dépasser la tolérance admise.
- En conséquence, fait unique jusqu’à ce jour dans les annales de la jurisprudence antiparasite, le tribunal déboute l’auditeur de sa demande et le condamne aux dépens. Si le tribunal avait ordonné l’expertise, l’expert aurait prouvé qu’un condensateur de 2 microfarads d’une dizaine de francs suffisait à éliminer définitivement tous les brouillages et le droit de l’auditeur aurait, une fois de plus, été reconnu.
- 9° Brouillages produits par un service public (réseau d’électricité). — Jusqu’à ce jour les jugements rendus en matière de perturbations industrielles intéressaient seulement les particuliers (Tribunal civil) et les commerçants (Tribunal de Commerce). Pour la première fois le 1er avril 1932, le Tribunal de Commerce de Morlaix a été appelé à statuer dans une affaire mettant en cause un service public, en l’espèce une Compagnie de distribution d’électricité.
- Le 31 décembre 1931, un commerçant en appareils de T. S. F. de Landivisiau assignait par huissier la Société d’électricité d’avoir à éliminer les perturbations produites par ses appareils, moteurs et transformateurs et à réparer le préjudice à lui causé. Le 18 janvier 1932, des filtres antiparasite étaient montés par la Société sur ses génératrices et le demandeur ne réclamait plus que le maintien de l’installation en bon état et une indemnité moindre pour le préjudice éprouvé. Le jugement retient qu’il s’agit bien, en l’espèce, d’un service public, mais que la société « n’a nullement la tâche ou le travail de produire directement ou indirectement des ondes parasites qui peuvent troubler autrui..., qu’elle ne peut même pas soutenir sérieusement que l’émission d’ondes parasites est inhérente à son travail », que les parasites ne résultent pas d’une exploitation normale et sont une défectuosité de l’installation, que d’ailleurs des filtres antiparasites simples peuvent les absorber. Le Tribunal con-
- Fig. 4. — M. A. Perret-Maisonneuve, magistral, qui a publié un ouvrage réputé sur « la T. S. F. et la loi ».
- (Photo Delvaux-Madelaine, Rouen.)
- damne, en conséquence, la société à 1000 francs de dommages-intérêts envers le demandeur, à tous les dépens et en outre au maintien en bon état des appareils antiparasites.
- III. LE POINT DE VUE ADMINISTRATIF.
- LES ARRÊTÉS DES MAIRES
- Nous venons de voir comment la jurisprudence antiparasitaire s’est élaborée progressivement en statuant sur toute une série de cas particuliers. En fait, il n’est réellement pas pratique, chaque fois que l’on veut affirmer son bon droit, d’être obligé de faire un procès. Quand bien même l’auditeur serait certain de le gagner, ce qui est le cas, en fait, en matière de parasites, la procédure n’est à recommander qu’en dernier ressort, après que tous les moyens de conciliation ont été tentés. D’ailleurs la juridiction civile est lente et compliquée, si bien qu’on a songé à recourir à la juridiction répressive, au moyen d’arrêtés municipaux entraînant des sanctions pénales.
- Depuis le début de l’année 1931, qui vit les premiers arrêtés municipaux contre les parasites pris par le maire de Canteleu-Bapeaume et celui de Bihorel (Seine-Inférieure) à l’instigation du Radio-Club de Normandie, plus de 100 arrêtés analogues ont été promulgués en France. Les arrêtés de Cannes (26 avril 1931) et surtout de Reims (18 mai 1931) ont servi de modèle. Aux termes de leurs dispositions, les appareils perturbateurs .doivent être munis de fdtres antiparasites, blindages, écrans, prises de terre, etc.. Les infractions sont poursuivies en justice correctionnelle par application de l’art. 471, paragraphe 15 du code pénal. La légalité de ces arrêtés a été contestée et certains services publics (sociétés de distribution d’électricité, compagnies de tramways) se sont pourvus
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- contre eux en Conseil d’État. Dans une consultation écrite précise (*), Me Mellet, avocat au Conseil d’État, démontre que la légalité de ces arrêtés repose sur l’article 97 de la loi du 5 avril 1884.
- Il est bien certain que jugements et arrêtés ne constituent qu’une étape de la question; ils préparent la voie à l’établissement d’une loi. Cette loi, dont le principe n’est plus guère contesté, sera d’une application fort délicate, étant donné la nature insidieuse, clandestine, apériodique et bizarre des parasites. En liaison avec l’Union des Syndicats de l’Électricité, le Syndicat professionnel des Industries radioélectriques élabore une réglementation aussi juste que précise. Il est aidé dans cette tâche par la Commission pour l’élimination des perturbations industrielles, créée le 7 novembre 1931 au Ministère des Travaux Publics.
- IV. L’ASSISTANCE TECHNIQUE ET JURIDIQUE LA PROCÉDURE PRATIQUE POUR L’ÉLIMINATION DES PARASITES
- Notre pays n’ayant pas encore de statut légal de la radiodiffusion, il n’est pas étonnant que la protection des auditeurs contre les parasites y rencontre de sérieuses résistances. Par bonheur ce mouvement a suscité en sa faveur de nombreuses bonnes volontés, ce qui explique pourquoi la guerre contre les parasites paraît actuellement en très bonne voie.
- C’est l’œuvre éclairée et persévérante des initiatives privées. Le 7 avril 1924, le Syndicat professionnel des Industries radioélectriques mettait la question à son ordre du jour. Le 26 juin 1925, le rapporteur de la commission technique de ce syndicat présentait une étude documentée qui fut envoyée au Ministre du Commerce. Le 20 janvier 1927, les divers membres de la Commission technique reçurent chacun le mandat d’étudier la protection contre un certain type de brouillages. Au commencement de 1928, M. Jean Le Duc, vice-président du Syndicat professionnel des Industries radioélectriques, déposait un rapport documenté. Sous le patronage de ce syndicat et de l’Union des Syndicats de l’Électricité, le laboratoire central d’électricité procéda à des essais techniques.
- Entre temps s’affirmait la jurisprudence, comme nous l’avons vu ci-dessus, tant par les jugements que par les arrêtés municipaux.
- Dans ces conditions, il apparut à la confédération générale des Radio-Clubs que le moment était venu de prendre parti. C’est alors qu’en juillet 1931 fut constitué, sous la présidence de Me Mellet, avocat au Conseil d’État et à la Cour de Cassation, le Comité d’action juridique et technique contre les parasites, comprenant en outre MM. Robert Ilomburg, conseil juridique, C. M. Savarit, Cartault, Armand Givelet et Michel Adam. Ce comité étudia les nombreuses questions techniques et juridiques soulevées par ce problème. Il organisa les 17 et 18 octobre 1931 un premier congrès de défense contre les parasites industriels, congrès dont les rapports constituèrent une intéressante mise au point. La ques-
- tion fut particulièrement bien exposée au point de vue juridique par Me Robert Homburg.
- A l’issue de ses travaux, le Congrès émit un certain nombre de vœux d’une utilité pratique. De son côté l’Union des Syndicats de l’Électricité émit vers la même époque des vœux analogues, qui furent précisés le 18 mai 1932 au cours de l’Assemblée générale du Syndicat professionnel des Industries radioélectriques.
- Au point de vue pratique, le Comité d’action contre les parasites a déjà, depuis un an, rendu de grands services en donnant aux intéressés, auditeurs ou radio-clubs, des consultations techniques et juridiques.
- Grâce à des délégués provinciaux qui étendent ses ramifications dans toute la France, il a pu constituer un réseau de protection et d’assistance analogue à celui organisé en Allemagne sous le nom de « Funkhilfer » et dont l’action s’est déjà révélée si efficace.
- Pratiquement, voici la procédure que l’on peut suivre en l’état actuel de la technique et de la jurisprudence :
- 1° Déterminer la nature et la localisation du brouillage, au besoin en faisant appel à un radio-club local ou au Comité d’action.
- 2° Appliquer à l’appareil perturbateur le filtre qui s’impose ou s’inspirer des mesures générales de protection en usage.
- 3° Rechercher une entente à l’amiable avec le perturbateur. Lui signaler à quels ennuis il s’expose, en lui montrant les jugements qui font jurisprudence; le persuader qu’il est de son intérêt de faire cesser les perturbations.
- 4° Ne recourir à la justice qu’en dernier ressort, lorsque tous les procédés de conciliation ont été employés en vain. Le commissaire de police ou le garde champêtre ne sont compétents que si le maire a pris un arrêté. Sinon, il faut porter plainte au juge de paix ou au Tribunal civil (ordonnance de référé). Dans tous les cas, il est préférable, avant d’engager une action, de prendre l’avis du conseil juridique du Comité d’action.
- CONCLUSION
- Voici donc, dans ses grandes lignes, l’état actuel de la question des parasites industriels. Bien qu’une solution pratique ne lui ait pas encore été donnée, il n’est pas douteux que depuis deux ans elle ait fait de grands progrès : Le droit de l’auditeur s’affirme et est partout reconnu, tant au Tribunal civil qu’au Tribunal de commerce et au Tribunal correctionnel. Mais il n’en est pas moins évident que la protection complète de l’auditeur ne peut être assurée que par une loi, suivie d’un arrêté précis formant règlement d’application. Remercions, en terminant, les organismes qui ont déjà tant fait pour aboutir à une solution : Syndicat professionnel des Industries radioélectriques, Union des Syndicats de l’Électricité, Commission du Ministère des Travaux Publics, Comité d’action contre les parasites, auditeurs, radio-clubs, presse technique, magistrats et juristes. Grâce à ces efforts coordonnés, nous voici bien près du but.
- 1. Michel Adam. Comment supprimer les parasites, loc. cit., p. 79.
- Michel Adam.
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- LES BLOCS ANTI-PARASITES ET LEUR EMPLOI
- LES PARASITES INDUSTRIELS ET LES POSTES-SECTEUR
- Les bruits perturbateurs qui viennent troubler les émissions radiophoniques se manifestent sous des formes diverses, à fréquences musicales plus ou moins nettes : ronflements, bourdonnements, sifflements, ou encore bruits proprement dits : craquements, bruissements, grésillements, claquements, soit plus ou moins continus et périodiques, soit absolument irréguliers.
- Ces différentes perturbations sont dues à quatre catégories de causes distinctes :
- 1° Des défauts ou détériorations du poste récepteur;
- 2° Des phénomènes atmosphériques.
- 3° Des courants parasites transmis par les secteurs de distribution ou des oscillations haute fréquence produites dans des moteurs ou des appareils électriques plus ou moins voisins du récepteur.
- 4° Des brouillages déterminés par des émissions de longueurs d’onde voisines de celle de l’émission à recevoir, ou même par des postes récepteurs voisins mal réglés ou mal constiuits.
- Dans nos régions, où les bruits produits par les parasites atmosphériques sont relativement peu gênants durant la plus grande partie de l’année, ce sont surtout les parasites dits industriels de la troisième catégorie qui sont à craindre et la lutte entreprise contre ces perturbations est essentielle pour l’avenir de la radiodiffusion en France. Q îant aux perturbations de la première et de la troisième catégorie, elles sont, en général, assez faciles à faire disparaître.
- L’action des perturbations parasites provenant de causes quelconques extérieures au poste récepteur dépend, non pas de l’énergie absolue des signaux perturbateurs, mais du rapport antiparasite entre l’énergie reçue provenant du poste d’émission, et celle provenant de la perturbation. Ainsi, les parasites seront d’autant plus à craindre que l’on voudra recevoir des émissions provenant de postes plus lointains et de plus faible puissance; la réception des émissions locales n’est, au contraire, que fort rarement troublée par des bruits perturbateurs assez intenses pour devenir gênants.
- Les postes-secteur de modèles récents, et, en particulier, les postes superhétérodynes à lampes à chauffage indirect, sont très sensibles et, en même temps, très puissants parce qu’ils sont munis d’étages de sortie à lampes de sortie à forte tension plaque, reliées à des haut-
- Fig. 2.-—• Dispositif antiparasite simple agissant sur le système d’accord.
- Fils du secteur
- Bobine d'accord
- Terre séparée
- Bobine antiperturbatrice
- Emplacem Ÿ de là lampe
- tiers le poste
- Secteur
- cj D o{
- Fig. 1. — Présêlecleur amplificateur à lampe triode à chauffage indirect s’adaptant sur un poste pour en augmenter la sélectivité et la sensibilité (système Hewittic).
- Schéma du montage et vue du bloc en perspective, capot enlevé. A, condensateur variable; B, inverseur grandes ondes-petites ondes; C, bobine petites ondes; D, bobines grandes ondes; E, F, condensateurs fixes de 1/4 ml'.; G, lampe à chauffage indirect; H, transformateur d’alimentation; L, élément redresseur haute tension; M, bloc condensateur (deux condensateurs de 2 microfarads chacun); N, résistance de 40 000 ohms; P, résistance de 1000 ohms; Q, corr densateur de 10/1000 de mfd.
- parleurs électrodynamiques. Par leur construction même, destinée à permettre la réception des émissions étrangères même faibles sur antenne très courte, ils sont spécialement sensibles à l’influence des perturbations de toutes sortes, et notamment des parasites industriels. On remarquera, à ce propos, que le haut-parleur électrodynamique, par sa fidélité électro-acoustique même, reproduit dans des conditions, hélas ! beaucoup trop satisfaisantes, les bruits parasites et, en particulier, les craquements et claquements, souvent trop rapides pour agir de la même manière sur l’armature relativement plus inerte d’un haut-parleur électro-magnétique.
- D’un autre côté, le poste-secteur est relié, non seulement électriquement mais radioélectriquement, d’une
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- manière plus ou moins franche, au réseau de distribution qui constitue un collecteur d’ondes parasites malheureusement trop efficace.
- Ainsi, la question de l’élimination des parasites industriels est devenue plus impoi'tante encore depuis l’avènement des postes-secteur.
- TROUBLES D’AUDITION ET BROUILLAGES
- Il ne faut pas attribuer tous les troubles d’audition aux parasites industriels, et lorsqu’on entend des bruits perturbateurs, dont la « forme acoustique » n’est pas absolument caractéristique, il faut tout d’abord se rendre compte s’ils ne proviennent pas d’une détérioration ou d’un réglage défectueux du récepteur.
- Un moyen simple pour déterminer si les troubles sont dus à une cause intérieure ou extérieure au récepteur consiste à court-circuiter les bornes d’entrée du récepteur ou encore à supprimer la première lampe du poste, en l’enlevant de ses douilles, du moins lorsque cela est possible sans troubler le fonctionnement des autres lampes. Si l’on continue encore à entendre le bruit perturbateur, il est dû au récepteur lui-même, au dispositif d’alimentation, ou encore à des courants parasites transmis par le réseau de distribution, mais jamais, évidemment, à des phénomènes atmosphériques ou à des parasites recueillis par le collecteur d’ondes (en admettant que celui-ci ne soit pas constitué par un fil du réseau).
- Il est nombre de détériorations plus ou moins graves du récepteur pouvant déterminer des craquements, des grésillements, des sifflements, des bourdonnements. Le mauvais état des lampes, des connexions de leurs culots ou des cathodes, les contacts défectueux, les détériorations des résistances, potentiomètres, condensateurs variables, etc., déterminent des craquements ou grésillements, alors que les couplages parasites à haute fréquence ou basse fréquence produisent des sifflements ou des ronflements.
- La recherche des causes de ces troubles multiples, ainsi que des remèdes à y apporter, se rattache à la question très importante également, mais d’un ordre différent, des pannes de réception. Indiquons seulement, pour le moment, que la recherche des causes les plus fréquentes de pannes peut être facilitée dans de très grandes proportions, même pour un amateur non technicien, par l’emploi d’un des petits appareils de contrôle, d’encombrement et de prix réduits, que l’on peut maintenant trouver dans le commerce.
- Une boîte de contrôle de ce genre permet de mesurer (en courant continu) des basses ou des hautes tensions dans le circuit de chauffage, de polarisation ou de tension plaque ; elle permet également d’évaluer deux ou trois gammes d’intensités.
- Les brouillages produits d’un autre côté par des émissions de longueurs d’onde trop rapprochées, par des postes récepteurs voisins à réaction, ou même par des parasites basse fréquence agissant sur l’antenne, ne peuvent pas parfois être évités en modifiant le collecteur d’ondes ou le récepteur, mais seulement en s’attaquant à la cause perturbatrice elle-même, lorsque cela est possible, du moins.
- Il est cependant des cas où les brouillages proviennent d’un défaut de sélectivité ou d’une particularité électroacoustique. Nous avons, par exemple, donné déjà dans cette Revue des détails suffisants sur les phénomènes de transmodulation ou modulation croisée constitués par des brouillages à haute fréquence ou à basse fréquence déterminés lorsqu’on fait agir des signaux puissants sur un radio-récepteur muni de lampes amplificatrices à écran à forte pente.
- Sans modifier en rien le montage d’un récepteur, on peut parfois améliorer sa sélectivité et faire disparaître les phénomènes de transmodulation en lui adaptant un filtre présélecteur, ou même un bloc présélecteur amplificateur comportant une lampe de couplage triode à chauffage par batteries ou courant redressé, ou à chauffage indirect, alimenté par les mêmes batteries ou la même boîte d’alimentation que le récepteur ou par un dispositif antonome (fig. 1).
- LA PRODUCTION ET LA PROPAGATION DES PARASITES INDUSTRIELS
- Les parasites industriels peuvent être classés en deux catégories essentielles : les parasites à fréquence musicale, les parasites à haute fréquence.
- Ils sont produits presque toujours par le courant du secteur à basse tension (110-220 volts) alimentant le poste-secteur ou les appareils perturbateurs.
- D’autres parasites à haute fréquence ou même à basse fréquence peuvent être provoqués par la présence d’une ligne de haute tension à proximité du récepteur. Ce cas est beaucoup plus rare, et le récepteur n’est évidemment jamais en liaison directe avec le réseau haute
- vers la masse
- basse fréquence H1? tension
- Fig. 3. — Filtre simple de tonalité pour lampe trigrille de sortie.
- Fig. 5.
- Réception sur cadre. Variation de l’intensité en l'onction de l’ angle du cadre avec la direction du poste. L’intensité de la réception est représentée par le rayon vecteur OA ; les deux cercles C C1 forment le diagramme polaire de réception.
- Poste
- * Bornes de sorties
- 0,1 Mfd
- Fig. 4. — Filtre de sortie avec mise à la terre d’une fraction du bobinage.
- Fig. 6. — Quand l’effet d’antenne AB, constant et inférieur à l’effet de cadre OA vient s’ajouter à celui-ci, variable avec la direction du cadre, le diagramme devient un limaçon de Pascal.
- Cadre
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- tension. Les seuls remèdes à appliquer, dans ce cas, indi-quons-le de suite, sont l’emploi d’antennes ou de cadres spé cialement établis, ou l’adoption de dispositifs présélecteurs.
- Les perturbations de fréquence audible des courants à basse tension sont souvent de fréquence égale à la fréquence fondamentale du secteur alternatif, 50 périodes par exemple, mais très souvent aussi, il y a superposition de fréquences harmoniques, 100, 300, 600 et 1200 périodes dans le même cas.
- Les sources de ces harmoniques sont assez diverses : alternateurs de la centrale, surtout sur les petits réseaux à circuits aériens, moteurs à collecteurs, moteurs asynchrones, lampes à arc, appareils à lames vibrantes, etc., toutes les fois qu’il y a coupure d’un circuit.
- Sur un réseau à courant continu, les harmoniques de denture des dynamos et des commutatrices ne sont pas moins redoutables.
- Quant aux parasites à haute fréquence, ils sont encore plus fréquents et plus dangereux ; ils sont produits chaque fois qu’il y a étincelle, décharge, ou effluve électrique. Ce sont, d’ailleurs, les étincelles électriques qui constituent l’origine la plus normale de ces perturbations. Elles sont déterminées par des interrupteurs, des moteurs à collecteurs, des appareils à lames vibrantes, des sonneries, des chargeurs, des contacteurs, des appareils médicaux, téléphoniques, des tramways, des dispositifs d’ascenseurs, etc., et les craquements, claquements, grésillements ou bruissements par lesquels elles se manifestent dans le haut-parleur sont les plus fréquents et les plus gênants des bruits parasites radiophoniques.
- Les étincelles perturbatrices initiales déterminent dans les circuits de l’appareil électrique correspondant la formation d’oscillations électriques à haute fréquence très amorties. C’est justement cet amortissement qui est cause de la difficulté qu’on éprouve à lutter contre elles.
- Elles ne présentent pas, en effet, une fréquence bien
- définie, et peuvent même agir « par choc », c’est-à-dire déterminer des oscillations dans les circuits récepteurs sans que leur fréquence propre intervienne. Si des circuits reliés à l’appareil perturbateur sont également excités, il peut se produire pourtant des oscillations plus complexes mais à fréquences mieux
- définies, agissant plus spécialement sur une gamme déterminée de longueurs d’onde.
- Ces oscillations électriques à haute fréquence se propagent soit par rayonnement dans l’atmosphère, comme des ondes hertziennes ordinaires, soit par propagation le long des lignes de distribution.
- Dans l’atmosphère, l’amortissement est rapide, mais une induction magnétique peut cependant s’exercer dans un rayon assez restreint sur l’appareil récepteur, surtout si le collecteur d’ondes est placé dans des conditions défavorables. Mais la plus grande partie des perturbations est propagée par les lignes du réseau; elles se propagent directement par les circuits haute fréquence lorsque le fil du réseau est employé comme antenne, ou, d’abord, dans le circuit d’alimentation pour les postes-secteur ordinaires à collecteur d’ondes séparé. La propagation se fait généralement par choc, comme nous l’avons indiqué; les condensateurs intercalés dans les circuits haute fréquence sont portés brusquement à une tension élevée, leur décharge détermine dans les circuits correspondants des oscillations amorties à la fréquence propre des circuits ; ces oscillations sont amplifiées par les circuits suivants, puis redressées dans le détecteur, ce qui produit enfin des craquements ou des grésillements dans le haut-parleur.
- L’intensité des perturbations et leur rayon d’action dépendent de l’intensité du phénomène initial qui leur a donné naissance, étincelles ou effluves, et de leurs facilités de propagation; un rayon de 200 mètres paraît un maximum; une distance de 100 mètres est considérée comme moyenne.
- Pour lutter contre les troubles produits par les parasites industriels, le moyen le plus efficace est d’agir sur leurs causes mêmes, de supprimer les étincelles ou les effluves qui leur donnent naissance le plus souvent ou, du moins, d’atténuer leurs effets, en disposant sur l’appareil perturbateur un système éliminateur aussi simple que possible.
- Les moyens techniques que l’on peut employer sont de mieux en mieux déterminés, mais ils sont souvent complexes et coûteux. Lorsqu’il s’agit
- Cèdre
- Fig. 7. — Quand l'effet de cadre est égal à l'effet d’antenne, le diagramme est une car-dioïde.
- Fig. 9. — Transformateur Toulon à tôles rectangulaires pour assurer la liaison antiparasite du poste avec le secteur.
- Cadre
- Fig. 8. — Forme du diagramme lorsque l’effet de l’antenne est supérieur à l’effet cadre.
- Fig. 10. — Transformateur Toulon à tôles triangulaires pour assurer la liaison antiparasite d’un poste avec le secteur.
- , Secondaire frès k éloigné du primaire et du circuit magnétique
- Primaire très près du circuit magnétique
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- Fig. 11. — Vue d’ensemble du transformateur Toulon.
- de les appliquer sur des appareils domestiques ou des dispositifs électriques appartenant à l’auditeur lui-même, la solution est généralement aisée; mais, s’il s’agit d’empêcher les perturbations provenant d’installations industrielles, médicales ou commerciales se trouvant dans le voisinage, ou encore d’installations de services publics : de distribution, lignes téléphoniques ou télégraphiques, tramways, chemins de fer électriques, etc., le problème technique se double parfois d’un problème juridique, si le propriétaire des dispositifs perturbateurs ne consent pas à l’amiable à accéder aux demandes des auditeurs.
- Il est pourtant toute une autre catégorie de moyens de lutte contre les parasites, d’une application encore plus facile, beaucoup moins sûre sans doute, mais donnant cependant le plus souvent des résultats utiles, ce sont les moyens indirects. Ils consistent à munir le radio-récepteur d’un dispositif le soustrayant aux influences perturbatrices ou, du moins, atténuant leur action. Les plus efficaces de ces dispositifs sont évidemment les montages qui s’opposent à la propagation des parasites par les lignes du réseau d’alimentation. Nous voudrions donc borner surtout le sujet de notre article à l’indication de quelques-uns de ces moyens indirects souvent trop peu connus.
- COMMENT MODIFIER LE RÉCEPTEUR
- POUR ÉVITER L’INFLUENCE DES PARASITES
- Les postes sensibles sont plus soumis à l’influence des parasites que les postes du type « local »; et les postes-secteur plus aussi que les postes à batteries ou à courant redressé. Ce fait tient à leur construction, et il est impossible de le modifier, mais on peut vérifier la qualité des organes du poste en fonction de l’élimination des parasites.
- On pourra de la sorte augmenter la sélectivité, par l’adjonction d’un présélecteur ou d’un bloc haute fréquence, comme nous l’avons indiqué, renforcer les cellules de filtrage d’alimentation plaque, augmenter le blindage des organes d’alimenta-
- tion, si des ronflements à la fréquence du secteur se produisent, etc.
- Il est recommandé surtout, en général, d’utiliser une antenne séparée, ou plutôt un cadre comme collecteur d’ondes, et une bonne prise de terre aussi indépendante que possible, ou même un contrepoids électrique, toutes les fois que l’influence des perturbations est particulièrement dangereuse.
- La disposition du collecteur d’ondes, et même sa construction spéciale, peuvent le rendre moins apte à recueillir les oscillations parasites. On peut ainsi avoir des cadres ou même des antennes orientés spécialement, blindés en partie, ou comportant un dispositif compensateur additionnel, destiné à supprimer, ou du moins à atténuer l’influence perturbatrice par une influence égale, mais de sens contraire, déterminée sur le dispositif par la même cause.
- Il existe d’assez nombreux procédés de cette catégorie, souvent malheureusement d’application difficile, surtout pour des amateurs. Nous ne pouvons nous étendre sur ce point. Indiquons seulement le montage simple de la figure 2, arrêtant en même temps la propagation des parasites le long des fils du secteur, et introduisant un effet compensateur dans le système collecteur d’ondes.
- Les courants transmis par le réseau sont dérivés vers la terre par deux condensateurs de 2/1000 à 0,5 microfarad ; ils traversent une bobine en hélice, en fond de panier ou même en nid d’abeilles, de 25 à 80 spires, et couplée avec la bobine d’accord du poste récepteur dans un sens convenable, de manière à produire une induction égale et de sens contraire à l’induction directe. Il est préférable d’utiliser une prise de terre distincte de celle du poste récepteur, toutes les fois que cela est possible, et d’adopter une connexion courte et en fd de gros diamètre.
- Un autre moyen, électro-acoustique, celui-là, adopté sur un grand nombre de postes modernes, est basé sur la fréquence musicale élevée, généralement supérieure à 4000 périodes-seconde, des bruits parasites. On établit donc un filtre de tonalité qui atténue la reproduction des notes musicales au-dessus de cette limite; l’audition manque alors de « brillant », maiè les craquements et les bruits de fond sont affaiblis.
- Nous signalons dans l’article qui suit les filtres de tonalité des appareils récents américains ou français comportant simplement l’ensemble d’une résistance variable et d’un condensateur fixe en shunt sur le transformateur de sortie. Des systèmes équivalents peuvent être toujours facilement adaptés, quel que soit le récepteur considéré. On voit ainsi sur la ligure 3 un montage
- Fig. 13. — Transformateur antiparasite l'oulon construit par les Etablissements Lefébure.
- Fig. 12. — Vue d’un transformateur antiparasite Toulon construit par les Etablissements Charlin.
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- QÜÜOÜÜÜÜDÜ'
- Poste à alimenter
- Poste à alimenter
- Secteur I
- Secteur
- 'OOODDDÜOD'
- Poste à alimenter
- Secteur
- Poste à alimenter
- Secteur
- 1 Poste à ~r alimenter
- Secteur
- Fig. 14. — Les différents ensembles de condensateurs et de bobinages que l’on peut utiliser pour empêcher la propagation des courants industriels.
- de ce genre sur une lampe trigrille de sortie alimentant un haut-parleur électro-magnétique. En faisant varier le potentiel appliqué à la grille auxiliaire d’une lampe trigrille, on détermine également une variation de tonalité généralement suffisante.
- On pourrait encore tenter, sans doute, de monter un véritable filtre à la sortie du récepteur s’opposant au passage des fréquences indésirables, mais l’emploi de ce filtre est très délicat si sa construction paraît facile. 11 faut, en effet, ne produire aucune distorsion acoustique.
- On peut tenter d’utiliser le montage simplifié de la figure 4. Ce dispositif comporte simplement un filtre de sortie ordinaire à impédance-capacité pour haut-parleur électro-magnétique ou magnéto-dynamique, mais une prise sur le bobinage permet d’en relier une fraction à la terre par l’intermédiaire d’une capacité. Pour constituer les deux fractions du bobinage, on peut simplement utiliser deux transformateurs à basse fréquence, dont les bobinages sont montés en série.
- Fig. 16. — Bloc de condensateurs. Parasecleur Bectox-Hewillic.
- Fi/s de secteur
- FU souple 2 condual teurs à relier au secteur L.
- Bouchon fusible de protection^
- FU souple conducteur à reliera/a terre
- Bouchon fusible de protection
- LES TRANSFORMATEURS D’ALIMENTATION ET LA PROPAGATION DES PARASITES
- L’emploi des postes-secteur ne constitue certes pas un progrès au point de vue de la suppression des parasites, l’adoption d’une antenne courte ou même d’un fil du secteur comme collecteur d’ondes
- encore moins.
- Avec un cadre et une alimentation par batteries, il était possible d’obtenir l’élimination approximative de parasites intenses provenant d’une direction déterminée. Avec un cadre et un poste-secteur, on constate, au contraire, que l’effet directif s’atténue ou même disparaît; le réseau constitue toujours, qu’on le veuille ou non, un collecteur d’ondes même plus efficace que le cadre; il ne faut plus considérer seulement l’effet de cadre mais également l’effet d’antenne.
- On peut représenter à l’aide d’un diagramme polaire la valeur de l’intensité de réception en fonction de l’angle que fait le cadre avec la direction du poste dont on veut entendre l’émission; lorsque l’effet du cadre existe seul, le diagramme polaire a la forme de deux, cercles (fig. 5).
- Si l’effet d’antenne se superpose à l’effet du cadre, le diagramme polaire prend la forme d’une conchoïde de cercle ou limaçon de Pascal (fig. 6). La forme de cette courbe varie, d’ailleurs, suivant l’importance relative des deux effets; s’ils sont égaux, elle devient une car-dioïde (fig. 7).
- La plupart du temps, l’effet d’antenne demeure supérieur à l’effet du cadre, et on ne peut obtenir aucune élimination, même si l’effet directif pour les réceptions radiophoniques est encore très notable (fig. 8).
- Pour rendre au cadre son effet directif complet, il faudrait supprimer l’effet d’antenne produit par le secteur, et mettre le poste-secteur dans les mêmes conditions qu’un poste alimenté par batteries. On empêcherait par cela même la transmission des oscillations parasites propagées le long des fils du réseau.
- Pour tenter d’obtenir ce résultat, on peut établir des filtres plus ou moins complexes s’opposant au passage des oscillations haute fréquence, mais il serait encore bien préférable d’adopter, comme l’a proposé M. P. Toulon, un transformateur sans capacité permettant d’emprunter au secteur l’énergie nécessaire à l’alimentation, mais ne présentant aucune capacité livrant passage aux courants haute fréquence.
- La caractéristique essentielle de ce transfor-
- Fig. 17. — Montage à bobines d’arrêt et condensateur intercalé dans Vinstallation.
- Compteur
- Coupe-circuit
- Fusibles
- Bobines darrêt-
- Fusibles
- Coupe-circuit
- Compteur
- Fusibles
- Fig. 15. — Montage antiparasite simple adapté au compteur d’électricité.
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- Fig. 18. — Montage d’un dispositif antiparasite à condensateur près du récepteur. (La position I est préférable à la position II.)
- mateur consiste en ce que la longueur des tôles du circuit magnétique est très grande, de sorte qu’il est possible d’écarter beaucoup l’enroulement primaire de l’enroulement secondaire.
- L’enroulement primaire peut être, par exemple, bobiné en contact direct avec la tôle du circuit, tandis que l’enroulement secondaire est placé à plusieurs centimètres. Aucun contact direct n’existe entre les deux bobinages et leurs supports sont en matières isolantes.
- Pour la réalisation pratique du système, on utilise soit des tôles en forme de triangle, soit des tôles en forme de rectangle (fîg. 9 et 10).
- Les fils de connexion venant du secteur sont aussi écartés que possible des câbles d’alimentation de façon à présenter le minimum de capacité. L’ensemble du système constituant, en principe une véritable coupure pour la haute fréquence, peut être monté dans un boîtier facile à adapter à tout poste-secteur, comme le montre la figure 11.
- Des modèles d’essai ont déjà été établis industriellement, et pourront rendre des services certains dans un avenir rapproché, en faisant disparaître un des inconvénients les plus graves des postes-secteur (fig. 12 et 13).
- LES FILTRES ANTIPARASITES D’ARRÊT
- Pour empêcher les oscillations parasites de se propager le long des fils du secteur jusqu’au poste récepteur, on peut utiliser des systèmes de condensateurs dérivant ces oscillations vers la terre, des bobinages d’arrêt s’opposant au passage de ces courants haute fréquence, ou même des filtres complets s’opposant au passage de courants de fréquences déterminées (fig. 14-A).
- Presque tous les systèmes utilisés ont ainsi uniquement pour but de s’opposer au passage des oscillations haute
- Fig. 20. — Système d’arrêt à condensateurs avec bobinages et bloc antiparasite F. A. R.
- fréquence, mais, par ce fait même, ils s’opposent au passage des oscillations radiophoniques. Lorsqu’on dispose donc un système antiparasite sur les câbles d’alimentation d’un poste-secteur, on ne peut plus utiliser un fil du réseau comme collecteur d’ondes.
- Les condensateurs utilisés ont une capacité de 5/1000 à 2 microfarads. Us doivent avoir été essayés à une tension triple ou quadruple de la tension normale de service, c’est-à-dire à 500 volts pour un secteur 110 volts, à 1000 volts pour un secteur 220 volts. Il est bon, de plus, d’intercaler des fusibles de sécurité dans les connexions afin d’éviter tout risque de court-circuit.
- La prise de terre employée pour éliminer les perturbations doit avoir une faible résistance ohmique, et aussi une faible résistance aux courants haute fréquence. Il est préférable de ne pas utiliser la même prise de terre que pour le poste récepteur; un tube ou une plaque métalliques enfouis dans le sol humide permettent d’obtenir les meilleurs résultats, lorsque l’installation en est possible. La connexion reliant le système antiparasite doit être très courte, et formée par un fil ou un ruban de cuivre de forte section.
- Sur les réseaux continus, le fait de relier les fils du réseau à la terre par l’intermédiaire de capacités ne détermine aucune consommation d’énergie électrique; il n’en est pas de même sur un réseau alternatif. La consommation de courant est alors proportionnelle à la tension du courant, à sa fréquence, et à la capacité des condensateurs. On a donc intérêt à diminuer cette capacité au minimum compatible avec un effet efficace.
- Il ne faut pourtant rien exagérer. L’intensité pour un condensateur de 1 microfarad sur un secteur de 110 volts 50 périodes-seconde n’est que de 0,035 ampère environ, ce qui est très faible.
- Les bobines d’arrêt qui s’opposent au passage des oscillations haute fréquence doivent avoir une self-induction suffisante, une capacité propre très réduite, et des enroulements formés de fil de section suffisante pour laisser passage au courant d’alimentation, puisqu’ils sont intercalés dans les câbles d’alimentation, et non montés en dérivation (fig. 14-B).
- On peut employer des bobinages sans fer ou à noyau de fer. On se contente souvent de bobinages en hélice, d’une self-induction de l’ordre de 100 microhenrys, comportant 50 tours au minimum sur un mandrin de 8 centimètres de diamètre. Le fil a une section de 6/10 de millimètre de diamètre au minimum, et sans inconvénient on peut augmenter le nombre de spires même au delà de 100, si l’effet obtenu n’est pas suffisant.
- Enfin, lorsque l’action des condensateurs ou des bobines
- Secteur
- Récepteur
- Fig. 19. — Emploi d’une bobine d’arrêt pour s’opposer à la propagation des parasites.
- A, principe des bobinages;
- B, mode d’emploi' d’un bobinage Siemens.
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- d’arrêt employés séparément n’est pas suffisante, on peut conjuguer leur action à l’aide de plusieurs montages assez divers (fig. 14, C, D, E).
- La meilleure position d’un dispositif antiparasite se trouve près du compteur d’électricité. Car ainsi les fils traversant l’appartement ne sont plus parcourus par des oscillations perturbatrices et ne peuvent troubler le fonctionnement du poste par rayonnement sur le collecteur d’ondes.
- Il suffit généralement, dans ce but, de relier chacun des fils du coupe-circuit ou du fusible du tableau du compteur à une armature d’un condensateur d’une capacité de l’ordre de 0,1 microfarad, les armatures libres des condensateurs sont connectées ensemble et à une prise de terre (fig. 15).
- On trouve dans le commerce des blocs de capacités munis de fusibles de sécurité permettant d’eüectuer immédiatement ce montage, ainsi que tous les autres similaires (fig. 16).
- Lorsque ce dispositif n’est pas suffisant on emploie, en outre, deux bobines d’arrêt intercalées en série dans les fils du secteur (fig. 17). Mais, dans ce cas, il est essentiel de remarquer que les bobinages sont parcourus par
- Fig. 22.
- Système antiparasite de réseau combiné avec un dispositif compensateur d’antenne.
- le courant total alimentant les installations électriques de l’habitation, c’est-à-dire par un courant de l’ordre de 5 à 10 ampères ; la section du fil constituant leur enroulement doit donc être assez élevée.
- Les usagers préfèrent, d’ailleurs, en général, placer le dispositif antiparasite à proximité de leur poste, ou sur la prise de courant elle-même servant à alimenter ce dernier. On peut alors également utiliser un bloc de condensateurs avec prise médiane à la terre (fig. 18).
- Des bobinages bien étudiés, par exemple des bobinages doubles à fer, dont les enroulements sont de sens différents, de façon à neutraliser les champs créés, donnent également d’excellents résultats, et sont d’une adaptation facile, mais sont souvent plus coûteux (fig. 19).
- Le dispositif simple formé de deux condensateurs en shunt et de deux bobines d’arrêt en série peut être facilement établi par l’usager au moyen d’un bloc de condensateurs de modèle courant et de deux bobinages cylindriques, mais il existe, dès à présent, dans le commerce, des appareils réduits s’adaptant immédiatement à tout poste récepteur normal et donnant les meilleurs résultats (%. 20).
- On peut, enfin, tenter d’établir des filtres encore plus
- Fig. 21. — Bloc antiparasite de M. Budna-Littizt.
- complexes, tel celui de la figure 21. Ce montage antiparasite comporte deux bobines d’arrêt, L( et L, en fil sous gaine métallique mise à la terre, et deux autres bobinages L„ et Lt en fil isolé normal. On peut faire varier les fractions des bobinages L3 et L4 mises en circuit, d’après les résultats d’écoute, et le condensateur avec prise variable forme dérivation vers la terre. Le condensateur C2, enfin, accorde la cellule de filtre sur une fréquence basse convenable.
- Tous ces montages peuvent être évidemment combinés avec un dispositif antiparasite monté sur le collecteur d’ondes et destiné à éviter l’influence par rayonnement (fig. 22). Ils sont, enfin, applicables évidemment au cas du courant continu, et lorsqu’il s’agit d’un courant d’alimentation à faible intensité, comme le courant d’alimentation plaque seul, on peut fort bien utiliser des bobinages en fil plus fin, comportant un plus grand nombre de spires (fig. 23).
- Nous disposons ainsi d’un grand nombre de montages divers, tous relativement simples, destinés à empêcher la propagation des parasites industriels vers les postes-secteur. Si l’emploi de ces montages ne permet pas toujours d’assurer une complète élimination, il détermine du moins certainement dans presque tous les cas une amélioration marquée.
- P. Hémardinquer.
- Fig. 23. — Dispositif de tension anodique pour courant continu avec filtre antiparasite (type Croix).
- Secteur IIO-USYcontinu
- Bobine nid dabeide 400 tours
- Bobine nid débet!le 400 tours
- 20000
- LlOûâSOÛ fi O \COS/tOOO
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- 226 = LA CONSTRUCTION DES RÉCEPTEURS RADIOPHONIQUES EN 1932-33
- L’INFLUENCE AMÉRICAINE
- LES APPAREILS DE T. S. F. AMÉRICAINS EN FRANCE
- Les appareils de T. S. F. américains étaient presque inconnus de la masse des usagers français, il y a peu d’années encore, mais ils ont trouvé auprès des sans-filistes un succès si rapide que le gouvernement a été obligé de prendre récemment des mesures de contingentement pour protéger l’industrie radioélectrique
- française contre une
- haut parleur électrodynamiffue
- réqlaq l'intensité sonore cadran de repéré éclairé
- réglage de la tonalité defaudihon
- concurrence qui menaçait de l’anéantir complètement.
- La faveur qui s’attache en France aux marchandises venues du dehors ne fut sans doute pas étrangère à ce succès. Mais il faut reconnaître qu’il était justifié partout un ensemble de qualités qu’on ne rencontrait pas alors au même degré dans les produits français.
- La leçon a, du reste, porté et les constructeurs français, s’inspirant des modèles venus d’outre-Atlantique, ont su perfectionner leurs appareils, en rendre l’usage plus commode, tout en abaissant le prix de vente.
- Us ont su, d’autre part, conserver, dans leurs montages, des particularités originales adaptées spécialement aux conditions de la réception en France, et surtout aux caractéristiques des lampes européennes.
- L’influence américaine a donc été profonde, en ces derniers mois, sur la construction française et sur ses progrès techniques; par l’impulsion qu’elle a exercée, elle a été, en définitive, salutaire. Elle ne s’est pas manifestée dans de simples copies; l’étude des méthodes américaines a provoqué chez nous d’intéressants perfectionnements. Comme il est de règle, on a vu le progrès jaillir du heurt des inspirations venues de sources diverses.
- Fig. 1. — Forme générale du poste « Midgel » américain.
- LES CARACTÉRISTIQUES DE LA CONSTRUCTION RADIOÉLECTRIQUE AMÉRICAINE
- La crise économique a atteint plus rapidement et plus durement encore les Etats-Unis que la plupart des nations européennes. On conçoit donc que pendant un
- certain temps les fabricants américains d’appareils radioélectriques aient tenté de liquider leurs stocks sans se soucier des prix de revient, ce qui a pu justifier les mesures de contingentement prises en France.
- Mais, même en période normale, les constructeurs américains, grâce à la fabrication en grandes séries, peuvent établir des récepteurs à des prix bien inférieurs à ceux des appareils français similaires, et malgré les frais de douane et de transport les vendre en France à des prix inférieurs à ceux de nos constructeurs.
- La fabrication en grande série ne peut être entreprise que si les différentes pièces détachées entrant dans la composition des montages sont suffisamment standardisées, leurs caractéristiques bien constantes, et leur mise au point assez facile.
- Ce résultat a été atteint, en général, et il a surtout été rendu possible par les caractéristiques des lampes à vide utilisées, car les postes de T. S. F. actuels sont plus faits pour les lampes, que les lampes ne sont faites pour les postes.
- Le nombre des types de lampes utilisées aux États-Unis est beaucoup plus restreint qu’en France; la lampe à deux grilles y est complètement inconnue, et (pour le moment !) seules, des lampes à chauffage indirect sont normalement adoptées. Mais surtout tous les fabricants établissent des modèles analogues, de caractéristiques similaires, destinés à des usages déterminés, et ils ont accepté de désigner à l’aide d’un numéro commun pour toutes les marques un type de lampe présentant des caractéristiques données.
- Aussi n’est-il pas besoin de nos tableaux de concordance français, véritables répertoires techniques qui seuls permettent à l’usager ou même au technicien de connaître les analogies existant entre les lampes de différentes marques. Il suffit aux États-Unis d’indiquer le numéro de la lampe, quelle que soit sa marque, pour éviter tout risque d’erreur.
- On remarquera qu’aucun de ces types de lampes ne présente une pente très accentuée de la caractéristique, correspondant, comme nous l’avons montré dans plusieurs articles parus dans La Nature, à un pouvoir amplificateur accru, alors qu’à l’heure actuelle les lampes à forte pente sont très employées en France.
- Ce fait essentiel explique les différences techniques qui séparent les montages américains des montages français. Ainsi il faut, en principe, un nombre d’étages d’amplification plus élevé avec des lampes américaines qu’avec des lampes françaises pour obtenir le même résultat, mais, par contre, la mise au point est plus facile. Les inconvénients électro-acoustiques particuliers de surmodulation et de modulation croisée dus à l’emploi des lampes haute fréquence ou même moyenne fréquence à forte pente, et sur lesquels nous
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- avons donné des indications détaillées, sont beaucoup moins à craindre.
- On peut rapprocher ce principe de construction radioélectrique du principe de la construction automobile américaine qui consiste à adopter des moteurs à cylindres de grand alésage tournant à vitesse relativement réduite pour effectuer un travail qu’on pourrait réaliser avec des moteurs français de faible cylindrée à grande vitesse de rotation.
- Le principe a des avantages indéniables tant en automobile qu’en radioélectricité et c’est pourquoi, nombre de fabricants français ont adopté des lampes américaines.
- D’ailleurs, quelques constructeurs français de lampes de T. S. F., tels que Visseaux, Mazda-Radio, établissent maintenant en France des tubes à vide de caractéristiques analogues à celles des lampes américaines d’origine, et de qualité absolument équivalente. 11 faut dire, à ce propos, que la réalisation de ces lampes américaines « peu poussées » est beaucoup moins délicate que celle des modèles français à forte pente.
- Dans de précédents articles de cette Revue, nous
- Fig. 3. — Disposition des organes d’un châssis récepteur américain dans leurs blindages respectifs.
- A droite : coupe d’un transformateur moyenne fréquence blindé pour superhétérodyne.
- avons expliqué, en détail, les avantages des lampes à pente variable. Ces lampes, en quelque sorte à pouvoir amplificateur variable, permettent de faire varier la sensibilité du récepteur suivant la nature de l’émission à recevoir.
- S’il s’agit d’une émission intense „ provenant d’une station puissante ou rapprochée, on diminue la sensibilité; s’il s’agit, au contraire, d’une émission faible provenant d’une station peu puissante ou éloignée, on utilise la sensibilité maxima. De cette manière, on évite tous les défauts de distorsion, de brouillage, ou de saturation qui peuvent se produire lorsqu’on fait agir des oscillations d’amplitude trop grande sur la grille de la première lampe du poste.
- On commence à employer ces lampes en France, comme nous le rappellerons plus loin, mais leur usage est encore plus répandu aux Etats-Unis.
- Il n’existe aux Etats-Unis qu un seul
- Fig. 2. — Châssis blindé de poste américain avec condensateur triple commandé par un seul bouton de réglage et cadran de repère éclairé.
- modèle de ces lampes à pente variable : le type 35,
- L’usage de la lampe à écran (type 24) est de plus en plus exclusif en haute fréquence, en moyenne fréquence, ou même en première amplification basse fréquence, et la tri gril le (pentode) de puissance (type 47) commence à être aussi couramment adoptée qu’en France.
- LES MONTAGES RÉCEPTEURS AMÉRICAINS RÉCENTS
- Le prix des récepteurs américains ne varie pas d’une manière aussi marquée qu’en France, proportionnellement au nombre des étages, c’est-à-dire des lampes, et nous avons indiqué que par suite du pouvoir amplificateur ï'elativement faible de ces lampes les appareils sensibles devaient nécessairement comporter de nombreux étages d’amplification. Il y a donc aux États-Unis fort peu d’appareils du type « local » à trois ou quatre lampes ; la majorité des postes ont au minimum cinq ou six lampes; et les montages à dix ou onze lampes qui ont presque disparu en France sont encore fort employés.
- La grande majorité des appareils est présentée sous la forme « Midget » bien connue, qui s’est peu à peu imposée
- Fig. 4. —- Schéma de montage d’un poste type américain à 3 étages 1 d’amplification haute fréquence à résonance à lampes écran.
- R, = 15 000 ohms; R, = 500 ohms; Rs = 25 000 ohms; R4 = 250 000 ohms;
- 21 000 ohms; R7 = 6000 ohms; Rs ='350 OOO^ohms
- R5 = 18 000 ohms; R9 = 25 000
- ohms;
- 500 000
- 75 Ô00 ohms.
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- ÛOSMFD ZOO.OOOohms -27 ÎOIMFB / OOBMFD
- '•ohms
- \ohms
- ohms
- I250ohms.
- Fig. 5. — Un montage type de superhélérodyne américain récent.
- dans le monde entier (fig. 1). Cette forme monobloc, très souvent d’encombrement réduit, permet de placer dans une ébénisterie de forme originale dont le caractère est, du reste, assez discutable, le système récepteur proprement dit, les étages d’amplification basse fréquence, le bloc d’alimentation par le courant du secteur, avec sa valve électronique biplaque le plus souvent et, enfin, le haut-parleur électrodynamique dont le petit diffuseur conique est encastré dans la partie supérieure de l’ébénisterie.
- Il y a d’autres formes de présentation, par exemple, la forme meuble (console) surtout adoptée pour les radio-phonographes, mais le Midget est adopté presque exclusivement pour l’exportation.
- Les manœuvres de réglage sont toujours extrêmement simples. Sur la face antérieure de l’appareil, on ne voit guère qu’un bouton moleté pour le réglage unique des condensateurs variables, avec cadran ou tambour de repère transparent, éclairé par derrière à l’aide d’une petite ampoule à incandescence, un bouton de « volume-contrôle » ou réglage de l’intensité d’audition, et presque toujours, du moins sur les appareils vendus en France, un bouton de commutation pour les diverses gammes de longueurs d’onde considérées.
- Le cadran ou le tambour de repère n’est pas gradué
- en longueurs d’onde, comme sur beaucoup de postes français, mais il porte une graduation arbitraire ou quelquefois en fréquences.
- Sur les appareils les plus récents, on remarque deux organes de réglage supplémentaires, de manœuvre simple. Le premier est un bouton de réglage de la tonalité, permettant d’éliminer les fréquences aiguës, et par cela même une certaine partie des bruits parasites comportant, comme on le sait, surtout des sons de fréquences élevées. Ce contrôleur de tonalité comporte simplement, en général, un ensemble formé d’un condensateur de 25/1000 et d’une résistance variable de 100 000 ohms shun-tant le primaire du transformateur de sortie.
- Tous les appareils comportant des lampes à pente variable sont enfin munis d’un bouton de commande permettant d’agir sur la polarisation négative de la grille, ou, ce qui revient au même, sur la polarisation positive de la cathode par rapport à la grille reliée à la masse. On peut ainsi faire varier à volonté la sensibilité du poste.
- Tous les appareils fonctionnent à l’aide d’une antenne très courte et jamais au moyen d’un cadre, et la plupart des appareils d’origine sont encore disposés pour la réception des émissions sur la gamme de 200 à 600 m de longueur d’onde environ. On sait, en effet, que si le nombre des postes émetteurs en service aux Etats-Unis est de plusieurs centaines, la gamme des longueurs d’onde est très restreinte.
- C’est pourquoi beaucoup d’appareils vendus en France ont dû être modifiés en vue de la réception de toute la gamme de radiodiffusion européenne de 250 à 1800 m environ. Lorsqu’il s’agit de superhétérodynes, le système adaptateur est classique ; on utilise simplement une lampe oscillatrice spéciale et la longueur d’onde intermédiaire n’est pas modifiée, mais, pour les appareils à étages d’amplification haute fréquence à résonance à transformateurs accordés, le dispositif est beaucoup plus curieux.
- Pour la réception des émissions de 1000 m à 1800 m environ, les étages haute fréquence sont utilisés comme des étages moyenne fréquence, une lampe hétérodyne supplémentaire produisant le changement de fréquence. Mais, à l’inverse du principe normal du changement de fréquence, la fréquence d’oscillation de cette hétérodyne est fixe et cest la longueur d’onde intermédiaire que Von fait varier en agissant sur le système d’accord ordinaire des étages à résonance.
- Depuis quelque temps, pourtant, le nombre des postes américains d’origine établis pour la réception des ondes moyennes a fortement augmenté. Beaucoup de constructeurs s’intéressent beaucoup plus que par le passé (la raison est facile à comprendre !) à l’exportation en Europe. Les techniciens américains coftimencent à comprendre, d’autre part, l’intérêt que présente pour la radiodiffusion, l’emploi des longueurs
- Fig. 6. — Le poste Synchrovox Radio LL vu de face et par derrière. (Type du poste moyen à un étage d’amplification haute fréquence.)
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- d’ondes moyennes qui seul assure des réceptions régu lières sans « zones de silence », ni fading.
- Il est donc question d’établir prochainement des postes émetteurs de ce genre et les constructeurs réalisent déjà des appareils en vue de cette éventualité.
- Enfin, on peut noter la réalisation de postes « toutes ondes » (all-wave) de plus en plus appréciés des auditeurs. Ces appareils à changement de fréquence permettent la réception des émissions depuis 10 m de longueur d’onde. Des adaptateurs à lampes à chauffage indirect permettent aussi la transformation immédiate des postes ordinaires en vue de la réception des ondes très courtes. Nous les étudierons plus spécialement dans un article d’un prochain numéro consacré à la réception des ondes courtes avec des postes-secteur.
- Enfin, quel que soit le montage adopté, la construction est toujours réalisée sur châssis métallique, chaque organe est presque toujours blindé isolément, et souvent les lampes sont elles-mêmes enfermées dans des tubes en métal non magnétique (lîg. 2 et 3).
- Quel est maintenant le principe de ces montages ? Nous avions montré, dans le numéro spécial de T. S. F. de La Nature, de 1931, que la majorité des appareils comportaient à ce moment des étages d’amplification haute fréquence directe en cascade à réglage unique des circuits de résonance par condensateurs à rotors accouplés ; nous pouvons noter maintenant un changement très net.
- Certes, il y a encore des postes à étages à résonance. Le schéma de la figure 4 montre ainsi un montage relativement simple à cinq lampes, dont trois haute fréquence à écran, une détectrice de puissance, également à écran, par utilisation de la courbure inférieure de la caractéristique de plaque, et une pentode (trigrille) de puissance en basse fréquence avec liaison à résistance-capacité.
- On remarquera sur ce schéma le potentiomètre Rj du circuit d’accord permettant de régler l’amplification et produisant un certain effet antiparasite, ainsi que la résistance variable Rn du circuit de sortie qui permet de faire varier la tonalité d’audition. L’alimentation plaque est assurée par une valve de redressement biplaque.
- Cependant, de plus en plus, techniciens et usagers américains reconnaissent les avantages des superhétérodynes transformées, d’ailleurs, suivant les données les plus récentes de la radiotech-nique. Presque tous les modèles de postes américains sont donc à changement de fréquence, et cette évolution a été facilitée aussi, paraît-il, par l’octroi plus généreux des licences de fabrication par les compagnies possédant les brevets correspondants.
- Le schéma de la figure 5 indique les caractéristiques et les perfectionnements essentiels du poste-secteur superhétérodyne américain le plus moderne, et l’on retrouve ces particularités sur tous les appareils actuels avec plus ou moins de modifications de détails.
- L’accord d’antenne est effectué avec un filtre de bande à couplage par induction. On
- Fig. 7. —• Un poste genre américain à étages haute fréquence avec lampes à pente variable (type Cosmos).
- utilise très souvent un circuit intermédiaire, bien entendu avec condensateur accouplé également à réglage unique. Nous avons, d’ailleurs, expliqué en détail, dans les chroniques de Radiophonie Pratique de La Nature, les principes et l’emploi des différents filtres de bande d’accord ou présélecteurs.
- Une première amplification haute fréquence est effectuée par une lampe à écran à pente variable type 35 reliée à la lampe modulatrice chargeuse de fréquence type 24 par un transformateur haute fréquence à secondaire accordé.
- Le changement de fréquence est obtenu à l’aide de cette lampe modulatrice à écran type 24 et d’une triode oscillatrice type 27. Mais on remarquera essentiellement que la grille-écran de la modulatrice est portée à un potentiel positif fixe, alors que l’on fait parier le potentiel de la cathode sous l’action des oscillations de la lampe hétérodyne. C’est là un montage curieux sur lequel nous reviendrons plus loin à propos des solutions françaises.
- L’emploi d’une oscillatrice séparée évite les « blocages » pour la réception des émissions sur ondes courtes. Cette oscillatrice peut comporter, en outre, un circuit indépendant seul accordé, couplé aux deux bobines de grille et de plaque. Ce montage a pour but d’éviter l’influence des harmoniques possibles produits par l’hétérodyne, ou du moins de l’atténuer complètement.
- 8. — A. Montage classique radiomodulaleur à lampe bigrille.
- B. Montage en Hartley.
- Fig.
- Bobinages
- d'osciUatrice
- Bobine de choc
- Tes/a de liaison
- K [g | vers les § B -y- étages Sj g | moyenne fréquence
- vers les étages moyenne fréquence
- Circuit d'entrée
- Circuit d'entrée
- Bobinage d’hétçnodyne à prise, médiane
- H_tension
- H-tension
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- 230
- Oscillairice
- Modulairice
- Testa de liaison MF
- vensairw/ificateun
- Tensions plaque oscillairice
- Tensions plaque lampe à écran
- Modulairice
- Oscillairice
- Testa de iention
- M.F U.
- Circuit grillé'
- Circuit
- d’entrée
- Tension plaque lampe à écran
- Fbtentie!
- fixe
- Bobine plaque
- Tension plaq oscH/arrice
- Fig. 9. — Principe des montages actuels à changement de fréquence.
- A, montage employé en France avec modulation par la grille écran de la première lampe; il peut fonctionner avec des lampes à chauffage direct ou indirect.
- B, montage américain à modulation par la cathode de la première lampe, s’emploie uniquement avec des lampes à chauffage indirect.
- souvent une lampe auxiliaire. Ce système joue plus ou moins imparfaitement le rôle d’anti-fading.
- La lampe détectrice comporte, en outre, dans son circuit de plaque un système de filtrage soigné des courants de différentes fréquences évitant les effets de saturation électro-acoustique.
- La détectrice est munie de deux étages d’amplification basse fréquence à résistance-capacité munis de lampes type 27, et, enfin, l’étage de sortie de puissance est constitué par deux trigrilles (pentodes) type 47 montées en push--pull.
- L’alimentation plaque est assurée par une valve biplaque type 80 et le bobinage du circuit de filtrage est constitué par le bobinage d’excitation du haut-parleur électro-dynamique.
- Le transformateur d’alimentation comporte deux secondaires séparés XX, et YY, servant l’un pour le chauffage des filaments des étages haute fréquence, changeurs de fréquence, moyenne fréquence, détecteur, et première basse fréquence, le deuxième pour le chauffage des filaments des lampes push-pull.
- Il existe, sans doute, des montages analogues plus simplifiés à 6 ou 7 lampes, mais ces caractéristiques essentielles se retrouvent toujours.
- La première lampe moyenne fréquence est une lampe à écran à pente variable type 35, le tesla de liaison est à peu près classique. La fréquence intermédiaire adoptée est de l’ordre de 100 à 175 kilocycles (correspondant à 1700 ou 3000 m de longueur d’onde), c’est-à-dire beaucoup plus élevée que pour les appareils français employés jusqu’à présent dont la fréquence intermédiaire était de l’ordre de 60 kilocycles seulement (3000 m).
- Cette première lampe à pente variable est suivie d’une
- deuxième lampe
- Fig. 10. — Le poste-secteur superhétérodgne Pathé, type Carlton, vu de face.
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- .Cmibinginuf . . Meiitiamitre idam/iteur
- moyenne fréquence à écran type 24 à liaison par transformateur passe-bande à deux circuits1 accordés.
- La détection est assurée par une lampe type 27 par utilisation de la courbure de la caractéristique de plaque. Cette lampe est munie d'un système de régulation automatique de l’intensité so-nore, comportant, d’ailleurs, le plus
- LES CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES POSTES FRANÇAIS RÉCENTS
- Les constructeurs français ont su depuis quelques mois, comme nous l’avons indiqué, effectuer un vigoureux effort de redressement, adopter les meilleures solutions américaines tout en les adaptant aux conditions techniques et psychologiques d’utilisation rencontrées en France.
- Si la forme Midget est presque toujours adoptée à cause de ses qualités pratiques, et malgré ses inconvénients techniques pour l’usager, déjà signalés dans cette revue, les ébénisteries utilisées ont généralement un aspect plus esthétique, et surtout sont mieux étudiées au point de vue électro-acoustique.
- Il ne faut pas oublier, en effet, que l’ébénisterie d’un poste Midget joue aussi le rôle d’écran acoustique pour le haut-parleur à cône mobile qu’elle contient. Il faut donc louer nos constructeurs de donner à leurs ébénisteries une surface suffisante, et de ne plus les munir d’un panneau arrière produisant des contre-pressions empêchant les libres mouvements du cône, et déterminant des résonances sur les notes graves. Il faut les louer également de ne pas tenter d’établir des appareils d’encombrement trop réduit, de construction plus délicate tant au point de vue mécanique que radioélectrique, et dans lesquels réchauffement trop intense produit par les lampes à chauffage indirect trop resserrées peut amener rapidement de graves détériorations.
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- Le nombre des postes du type local, à amplification haute fréquence directe ou même sans amplification, est encore très important, d’autre part, et, si les superhétérodynes sont de plus en plus en majorité, comme aux États-Unis, l’emploi des lampes à forte pente a déterminé des différences essentielles de montage portant entre autres sur la diminution générale du nombre des étages d’amplification.
- Enfin, si l’emploi du haut-parleur électrodynamique est général, il n’est pas exclusif. Les avantages de ce type de haut-parleur sont très réduits pour les appareils du type local à faible puissance, d’autant plus que les modèles électro-magnétiques et magnéto-dynamiques beaucoup plus sensibles ont été perfectionnés constamment; il vaut donc toujours mieux un bon électro-magnétique qu’un mauvais électro-dynamique.
- LES APPAREILS FRANÇAIS DU TYPE LOCAL ET A AMPLIFICATION HAUTE FRÉQUENCE DIRECTE
- Lampe hétérodyne Philips E. 438
- Plaquette pour adapta' tion du poste sur U ten-
- Lampe î détectrice Philips E. 452 T.
- Connexions de plaques des lampes à écran
- Lampe Philips €. 452 T., moyenne fréquence
- Prise d'antenne courte :
- Fiche du haut-parleur
- Philips 1561
- Prise de
- Lampe Philips E. 438 2* détectrice.
- Condensateur ajustable
- Lampe Philips C. 443 Penthode de puissance
- Prise d'antenne longue :
- Prises de pick-up. P U.
- Fig. 11. — Le châssis du superhétérodyne Pathé-Carllon.
- Le poste du type local proprement dit comportant une lampe détectrice à réaction suivie d’un ou deux étages basse fréquence est par excellence l’appareil simple pouvant être utilisé par l’usager qui veut se contenter surtout de l’écoute des émissions nationales. Si son dispositif d’amplification musicale simplifié est bien étudié, et si le haut-parleur électromagnétique dont il est muni est bien choisi et bien adapté, la qualité musicale de l’audition peut être fort satisfaisante. Ainsi pour un prix relativement modique, l’ensemble peut rendre des services appréciables, surtout en province.
- Cependant l’absence complète de tout étage d’amplification haute fréquence ne permet pas d’obtenir une sensibilité et surtout une sélectivité accentuées. Ainsi l’auditeur urbain déplore les brouillages inévitables, surtout s’il n’utilise qu’une antenne de fortune, et, d’ailleurs, le nombre des sans-filistes qui ne désirent pas recevoir au moins les principales émissions étrangères européennes est relativement réduit, il faut malheureusement l’avouer !
- Ainsi, il semble qu’on en vienne de plus en plus à la solution « moyenne » du poste local, c’est-à-dire au type C 119 modernisé bien connu, poste-secteur comportant une lampe haute fréquence à résonance à écran, une lampe détectrice, et deux étages basse fréquence ou encore un étage de sortie équipé avec une pentode de puissance. L’alimentation plaque est assurée par une valve de redressement biplaque et le haut-parleur est électromagnétique ou magnétodynamique.
- Grâce à l’emploi d’une lampe à écran à forte pente, la sensibilité est déjà suffisante pour la réception des grandes émissions européennes, du moins avec un collecteur d’ondes convenable et si la sélectivité n’est pas aussi poussée que celle d’un superhétérodyne, elle est néanmoins suffisante pour éviter la majorité des brouillages (fig. 6).
- En France, comme aux États Unis, les postes sensibles sont de plus en plus équipés avec des montages à changement de fréquence, et non à plusieurs étages d’amplification directe.
- Il faut, d’ailleurs, noter la vogue constante depuis des années des superhétérodynes dans notre pays, vogue qui n’a jamais été atteinte par les appareils à amplification directe, par suite surtout des difficultés de leur construction.
- Il faut pourtant rappeler la belle réussite technique qu’a constitué la réalisation du poste « *Super-Inductance » Philips, ou du Radiola 535 à deux étages haute fréquence à lampes à forte pente et dispositif présélecteur décrits en détails dans de précédents numéros de cette Revue. Dans cette catégorie d’appareils, Philips présente cette année un nouveau modèle, perfectionnements du type précédent, caractérisé par un ensemble de dispositions pratiques qui simplifie grandement la réception.
- Fig. 12. — Le poste superhélérodyne Lemouzy, vu de face et par derrière.
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- Volume
- contrôle
- —^nnr<raT>T)iP—1-------
- Excitation dynamique
- Fig. 13. — Un exemple caractéristique de poste « Américain » construit en France, suivant la technique d'outre-Atlantique et adapté aux besoins européens.
- •Cet appareil comprend une lampe chang-euse de fréquence à écran, dont la bobine de modulation est insérée dans le circuit de la cathode, une lampe moyenne fréquence à pente variable, une détectrice et une pentode basse fréquence à liaison par résistance-capacité. Présélecteur à liaison à induction. Les modèles analogues à 8 ou 10 lampes comportent un régulateur automatique d’intensité sonore. (Modèle National Radio.)
- Le récepteur 830 étudié pour fonctionner sur le courant alternatif (830 A) ou sur le courant continu (830 C) possède deux circuits à superinductance ; le montage comprend deux étages haute fréquence, une détectrice, une lampe E. 424 N en premier étage B. F. et une pentode C. 443. L’appareil ne comporte pas de compensateur d’antenne comme sur les anciens modèles, sa sélectivité est grande sur les stations éloignées distantes de
- Fig. 14. — Poste « Américain » à changement de fréquence de la figure 13. •On distingue les 3 condensateurs variables accouplés des deux circuits d’accord et du circuit de changement de fréquence. Le cadran d’accord unique est gradué en longueur d’ondes. (Modèle National Radio.)
- 9 Kc; la sensibilité du récepteur a été considérablement accrue grâce à l’emploi d’un haut-parleur ferro-dyna-mique.
- Nous pouvons aussi trouver en France des appareils de la même catégorie, mais d’un caractère plus essentiellement américain, équipés avec des lampes américaines. Dans l’appareil Cosmos, les étages d’amplification sont munis de lampes à écran à pente variable, ce qui permet d’obtenir les avantages bien connus par l’atténuation des brouillages et des distorsions lors de la réception d’émissions puissantes ; la détection est obtenue par une lampe à écran de puissance reliée à la lampe de sortie (pentode) par une liaison résistance-capacité (fig. 7).
- Dans le même ordre d’idées, signalons les appareils Sonora Radio, superhétérodynes à 7 lampes, également inspirés par la construction américaine. L’appareil, à commande unique, est muni d’un dispositif de contrôle du volume, et présente d’excellentes qualités de sélectivité. Il est intéressant de noter que la fabrication de cet appareil franco-américain vient d’être entreprise en série dans une usine de Puteaux.
- LES SUPERHÉTÉRODYNES FRANÇAISES
- L’emploi des lampes à forte pente a permis de diminuer le nombre des étages moyenne fréquence de cette catégorie de postes, qui a pu être réduit souvent à deux ou même à un.
- On a compris, d’autre part, tout l’intérêt que présentait l’emploi d’une lampe amplificatrice haute fréquence et éventuellement d’un système présélecteur avant le changement de fréquence. On augmente ainsi encore la sensibilité et la sélectivité malgré l’emploi d’une antenne courte ou d’un fil du secteur comme antenne, et non d’un cadre, et surtout on évite l’apparition des phénomènes de distorsion et de brouillage.
- A ce point de vue, l’utilisation d’une lampe à pente variable comme première amplificatrice haute fréquence ou même comme première amplificatrice moyenne fréquence est susceptible de rendre les plus grands services.
- Mais c’est surtout le système changeur de fréquence lui-même qui a été modifié, à l’instar des principes américains, mais avec des variantes françaises.
- Le dispositif radiomodulateur à lampe bigrille du type classique ou du genre Hartley perfectionné avait l’avantage de la simplicité, et il peut encore être adopté avec une lampe bigrille à chauffage indirect (fig. 8). Cependant ce montage simple se révèle assez irrégulier quelquefois sur les postes-secteur; les phénomènes de blocage, entre autres, s’amplifient souvent. La fabrication des lampes bigrille à chauffage indirect est délicate, de sorte que leur qualité n’est pas toujours constante.
- C’est pourquoi la vogue du montage à lampe bigrille diminue beaucoup ; on revient au dispositif à deux lampes séparées utilisé, d’ailleurs, au début de l’emploi pratique des superhétérodynes mais assez modifié.
- Le procédé le plus employé consiste à utiliser une lampe à écran modulatrice sur la grille de laquelle agissent les oscillations produites par une lampe hétérodyne triode séparée (fig. 9, A).
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- Nous avons noté précédemment qu’un montage du même genre était utilisé sur les postes américains, mais dans ce montage américain la grille écran est portée à un potentiel fixe et on fait agir sur la cathode de la modu-latrice les variations de tension (fig. 9, B). Le procédé américain s’applique ainsi uniquement aux lampes à chauffage indirect, alors que le procédé français peut être employé avec tous les types de lampes (fig. 13).
- La construction générale et la présentation des postes superhétérodynes français qui constituent donc la grande majorité des appareils actuels rappellent celle des appareils américains avec les réserves déjà formulées (fig. 10, il, 12, 13, 14).
- Le poste Pathé-Carlton comporte ainsi seulement cinq lampes et une valve de redressement (fig. 10 et 11).
- L’accord d’antenne est réalisé par un présélecteur à liaison par bobinage et capacité relié à une lampe à écran modulatrice à forte pente. Sur cette lampe agit une lampe oscillatrice triode (fig. 11).
- La seule lampe moyenne fréquence est à écran à pente variable, elle est reliée à la détectrice, et l’étage de puissance de sortie comporte une pentode à forte tension plaque de 250 volts reliée au haut-parleur électro-dynamique.
- Les trois condensateurs d’accord antenne et d’hétérodyne sont montés sur le même arbre. Le profil des lames du condensateur d’hétérodyne est calculé de façon à assurer au récepteur une commande rigoureusement unique.
- Les circuits moyenne fréquence à filtre passe-bande sont accordés sur une longueur d’onde de 2726 m 66 seulement. Un bouton de renforcement agit sur la lampe à pente variable, un bouton de volume contrôle sur le circuit de sortie et enfin l’appareil peut être disposé immédiatement pour la reproduction phonographique à l’aide d’un pick-up.
- L’appareil « Super Résonance » Lemouzy est d’un type analogue, mais présente des caractéristiques très particulières. Comme son nom l’indique, il possède les qualités conjuguées des postes à résonance et des superhétérodynes, c’est-à-dire que l’amplification haute fréquence, précédant le changement de fréquence, est spécialement étudiée.
- L’étage correspondant est équipé avec une lampe à écran à pente variable, tandis que le changement de fréquence est obtenu avec une lampe à écran modulatrice, sur laquelle agit une triode oscillatrice. Une lampe à écran également à pente variable est employée en moyenne fréquence; la détectrice est aussi à écran et fonctionne par utilisation de la courbure de plaque; enfin la lampe de sortie est une pentode de 6 watts qui agit sur un haut-parleur électrodynamique dont la bobine d’excitation est utilisée comme impédance de filtrage du courant-plaque.
- Le réglage unique s’effectue par un seul bouton entraînant par démultiplication trois condensateurs jumelés ; une aiguille de repère se déplace devant un cadran lumineux à lecture
- Circuit
- dentree
- = Testa de liaison
- Polarisation
- vers amplification
- Tension'
- plaque
- Tension
- plaque
- Fig. 15. — Schéma initial du système à changement de fréquence « Slro-bodyne », lampe haute fréquence précédant la lampe triode à changement de fréquence.
- directe des longueurs d’onde. Un volume contrôle très progressif permet de faire varier l’intensité des sons; il assure l’arrêt du poste à fin de course, tandis qu’un poussoir permet d’obtenir à volonté une tonalité aiguë ou grave, ce qui atténue les bruits des parasites industriels, comme nous l’avons indiqué.
- La sensibilité est suffisante pour assurer la réception des principales émissions européennes sur fil d’un mètre de long, et la sélectivité permet la séparation des émissions dont les fréquences porteuses diffèrent de 9 kilo-cycles seulement (fig. 12).
- Signalons encore l’emploi 'très heureux du système changeur de fréquence strohodyne, montage essentiellement français dû à M. Lucien Chrétien, et qui permet le changement de fréquence à l’aide d’une seule lampe triode équilibrée (fig. 15).
- Le montage strobodyne Bouchet et Aubignat, le plus récent, comporte cinq lampes seulement, mais possède aussi une sensibilité équivalente à celle du poste précédent.
- La première lampe haute fréquence est à écran, elle agit sur la lampe changeuse de fréquence triode, montée
- Fig. 16. — Le Strobodyne Bouchet et Aubignat vu de face et par derrière.
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- suivant le procédé strobodyne. Le seul étage moyenne fréquence à filtre de bande est équipé avec une lampe à écran à forte pente, tandis que la détectrice triode est connectée à une triode de puissance agissant sur un haut-parleur électrodynamique.
- Comme le montre la photographie de la figure 16 le réglage du poste s’effectue à l’aide d’un seul bouton de réglage. Un commutateur permet de passer de la gamme
- 250-600 m à la gamme 1000-2000 m et une manette de correction, de parfaire le réglage des longueurs d’onde.
- Le poste superhétérodyne sans bigrille devient ainsi peu à peu un montage universel, mais on a pu se rendre compte, par cet article, à la fois de l’influence de la technique américaine sur la construction française et des particularités essentielles des postes français.
- P. Hémardinqueu.
- LA RECEPTION DES ONDES COURTES ET LES POSTES-SECTEUR
- Nous avons maintes fois signalé dans cette revue l’intérêt croissant que présente la réception des émissions sur ondes courtes. C’est l’emploi de la gamme de 10 à 80 m environ qui seul permet en France la réception des émissions très lointaines : comme les émissions américaines, ou celles de transmissions très spéciales, Vatican, Société des Nations, Moscou, etc. ; c’est sur ondes courtes que les colonies entendent la métropole.
- On sait qu’il existe, en principe, deux systèmes de réception des émissions sur ondes courtes. Le premier utilise une lampe détectrice à réaction plus ou moins modifiée; et quelquefois précédée d’une lampe d’amplification haute fréquence à écran. Le second recourt à un poste à changement de fréquence; un système adaptateur permet de disposer un poste à changement de fréquence ordinaire en vue de la réception des ondes courtes.
- Un poste à une lampe détectrice à réaction suivi de deux étages basse fréquence permet, si l’on dispose d’une antenne suffisante, c’est-à-dire même de courte longueur mais bien placée, de recevoir les émissions les plus lointaines, grâce à l’extrême facilité de propagation de ces ondes courtes, mais, pour obtenir des résultats satisfaisants, il est absolument nécessaire que l’appareil soit construit avec le plus grand soin,
- Fig. 1. —• Poste Universel à ondes courtes à self unique du commandant Péri (type Radio-Source).
- et soit muni d’un système de réglage extrêmement précis. En outre, les réglages doivent être à la portée de la science d’un amateur non spécialiste, et, aux colonies, le poste doit en tous ses organes, être à l'abri des agents destructeurs. On construit aujourd’hui en France des postes répondant à ces conditions.
- L’appareil de la figure 1 a été étudié par le commandant Péri, ex-chef du service radiotélégraphique en Indochine. Il comporte des transformateurs à enroulements séchés dans le vide, imprégnés sous pression et noyés dans un isolant spécial pour résister à l’humidité des climats tropicaux. Muni d’un condensateur à démultiplication directe de rapport l/130e, il permet la recherche des stations de la gamme de
- 10 à 100 m avec la plus grande facilité.
- Il présente surtout deux particularités extrêmement intéressantes. Tout d’abord, toute la gamme de 10 à 100 m est couverte avec un seul bobinage comme le montre la figure 2.
- 11 suffit de placer la prise d’antenne à la section choisie suivant l’onde à recevoir et les éléments non utilisés sont mis automatiquement hors circuit.
- De plus, à l’aide d’une résistance convenablement placée, la réaction est rendue extrêmement douce, il est dès lors facile de recevoir sans déformation les émissions radiophoniques, puisqu’on sait que, pour ces émissions, il est toujours nécessaire de se maintenir à la limite « d’accrochage » de la réaction, tandis que l’accrochage doit être complet pour la réception des émissions radiotélégraphiques.
- L’emploi d’une lampe à écran comme amplificatrice haute fréquence en avant de la détectrice à réaction a surtout pour but de faciliter le réglage du poste. Nous avons déjà décrit des appareils de ce genre, en particulier les postes Dyna.
- Nous avons également signalé l’emploi des systèmes adaptateurs à une lampe autodyne se plaçant en avant d’un poste récepteur quelconque, soit à changement de fréquence, soit même à amplification haute fréquence, et permettant la réception des ondes très courtes en fonctionnant comme changeuse de fréquence, ou comme lampe déteçtrice ordinaire. Nous pouvons citer, par exemple, les dispositifs Gody, Lénier, etc., qui ont été récemment perfectionnés, et que nous aurons l’occasion de décrire plus en détail dans une chronique prochaine.
- Cependant, la plupart de ces appareils fonctionnent à l’aide de batteries ou de courant redressé utilisé pour le chauffage des filaments et l’alimentation des plaques. Il est beaucoup plus difficile de faire fonctionner un poste à ondes très courtes en l’alimentant à l’aide du courant du secteur, parce que, dans ce cas, les lampes employées n’ont pas les mêmes caractéristiques, et surtout parce que le poste est relié plus ou
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- moins directement au réseau formant collecteur d’ondes plus nuisible qu’utile.
- Comme les postes secteur sont maintenant en majorité, beaucoup d’usagers voudraient les utiliser pour la réception des ondes courtes. Grâce aux perfectionnements de la radio-technique, on a pu établir des postes secteur toutes ondes, permettant la réception de la gamme de 12 à 3000 m et munis de lampes à chauffage indirect.
- Même un poste secteur quelconque destiné normalement à la réception des émissions de 250 à 2000 ni peut servir à la réception des ondes courtes. 11 suffit pour cela d’utiliser un adaptateur comportant une seule lampe à chauffage indirect à forte pente, et constituant une lampe détectrice à réaction montée suivant le système Sclinell perfectionné.
- Pour obtenir de bons résultats, il faut un appareil d’un réglage facile et de bon rendement. Le rendement est lié avant tout à la qualité des condensateurs d’accord et de réaction et à celle des enroulements.
- Signalons le système de bobinage extrêmement intéressant représenté par la figure 3. 11 comporte un mandrin fileté creux, maintenu entre deux plaques d’ébonite, dont l’inférieure porte six broches de connexion du type banane. Sur ce mandrin, sont enroulés les trois bobinages : primaire secondaire et de réaction, la réaction se trouvant au milieu des enroulements. Cette combinaison réalise le montage à antenne, couplage-grille, couplage-plaque fixes et on peut
- Bobine choc
- Vers douille plaque détectrice du poste
- Fig. 3. — Schéma du montage d'un adaptateur aulodyne pour ondes
- courtes.
- A droite : bobinage interchangeable d’accord et de réaction et disposition des six broches sur le culot (type Lénier).
- ainsi étalonner le récepteur une seule fois, aucun organe n’étant mobile.
- L’emploi de ce bobinage est combiné avec l’adoption d’une bobine de choc haute fréquence, qui renvoie vers le circuit d’entrée les courants haute fréquence ayant traversé la lampe détectrice.
- Un tel système muni d’une lampe détectrice à chauffage indirect peut être adapté immédiatement au moyen d’un bouchon à cinq broches normal sur les douilles correspondantes de la lampe détectrice du poste, dont on n’utilise plus ainsi, en réalité, que les étages basse fréquence. Le réglage est relativement facile. Avec un peu d’habitude on élimine aisément les sillle-ments, en agissant sur le condensateur de réaction, puisque évidemment on ne peut faire varier le chauffage de la lampe à chauffage indirect. On obtient ainsi très simplement un poste à ondes très courtes à une lampe détectrice suivie de deux étages basse fréquence. Dans le cas où le poste-secteur ne comporte qu’un seul étagé basse fréquence, la réception est encore possible, mais elle est évidemment moins puissante.
- L’adaptation du système sur le poste secteur est immédiate, jmisqu’il suffit, pour le mettre en service, d’enfoncer le bouchon adaptateur sur les douilles, l’alimentation de la lampe séparée étant assurée automatiquement par les mêmes sources que celles du poste-secteur.
- On peut ainsi obtenir avec une antenne très courte de quelques mètres de long la réception en haut-parleur des émissions européennes sur ondes courtes telles que Radio-Colonial, Moscou, Radio-Vatican, etc., et avec une bonne antenne la réception des émissions américaines.
- On remarquera que sur un poste-secteur à changement de fréquence on n’utilise pas de cette manière les étages moyenne fréquence. Le dispositif qui devrait être utilisé dans ce cas est un peu plus complexe et nous nous réservons de le décrire par la suite. P. Hémardinquer.
- Fig. 2. •—• Disposition schématique du bobinage unique d’accord et de réaction avec prises mettant automatiquement hors circuit les parties non utilisées.
- LES PERFECTIONNEMENTS DU PHONOGRAPHE ET LES DISQUES A LONGUE DURÉE
- LES APPAREILS CHANGEURS DE DISQUES
- Les disques actuels du commerce de 20 à 30 centimètres de diamètre tournant à une vitesse de 78 à 80 tours-minute ne permettent guère d’obtenir qu’une audition de trois minutes 1/2 au maximum. C’est peu.
- Pour l’augmenter on a songé à recourir à des machines effectuant automatiquement le changement des disques.
- Une machine récente de ce type permet de jouer ainsi dix disques de dimensions quelconques. La mise en place des disques est extrêmement facile : on les enfile en quelque sorte sur l’axe d’un chargeur et leur changement ainsi que la mise en place du pick-up reproducteur s’effectuent sans à-coups et sans risques de détérioration
- des différents enregistrements (fig. 1). Le disque se répète jusqu’à ce que les autres soient mis en place sur l’arbre supérieur ou que l’interrupteur soit fermé.
- On peut répéter à volonté un disque quelconque. Le changeur est muni en outre d’un dispositif de déclenchement permettant de supprimer l’audition d’un disque et d’un levier de déchargement. Le moteur d’entraînement conçu soit pour tourner à 78 soit à 33 1/3 tours-minute permet de jouer les disques de loxigue durée et on peut ainsi théoriquement du moins obtenir une durée d’audition continue de l’ordre de deux heures.
- Ce système de reproduction continue n’est pas très encombrant et il peut facilement être monté sur un phonographe électrique quelconque. Il constitue donc déjà
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- Fig. 1. — Dispositif changeur de disques automatique pour 10 disques (type Cosmos).
- un dispositif intéressant, d’autant plus que sa réalisation mécanique semble lui assurer une durée de fonctionnement très longue sans risques d’interruption.
- La réalisation de dispositifs électromécaniques de ce .genre ne diminue pas pourtant évidemment l’intérêt du problème de la fabrication des disques à longue durée et c’est en prévision de l’apparition prochaine de ces disques sur le marché français que de nombreux constructeurs de moteurs d’entraînement phonographiques ont établi des types de moteurs permettant d’obtenir un entraînement du plateau poi’te-disques soit à la vitesse normale de 78-80 tours, soit à la vitesse réduite de 33 1/3 tours-minute.
- Ce changement de vitesse peut être réalisé de différentes façons. On peut l’obtenir par déplacement du plateau, par modification du réglage du régulateur centrifuge et enfin par un changement de démultiplication obtenu en tirant sur une tige reliée au changement de vitesse.
- LE MOTEUR
- Depuis quelque temps nous assistons, d’ailleurs, à une évolution assez nette du moteur d’entraînement phonographique.
- Fig. 2. — Moteur extra-plat synchrone sans régulateur (type Ragonot).
- Le moteur à ressort est toujours employé sur les appareils portatifs de prix restreint, mais bien souvent sur les modèles plus luxueux il est combiné avec un moteur électrique, de sorte que l’amateur peut à volonté'se servir de son moteur à ressort pendant ses déplacements et utiliser le moteur électrique lorsqu’il est chez lui.
- Sur les modèles coffrets de phonographes et en tout cas sur tous les modèles à reproduction électrique on n’emploie plus que des moteurs électriques, mais on n’adopte plus guère de moteurs universels comportant des balais et des collecteurs à cause de l’entretien nécessité par ces moteurs et surtout parce qu’ils déterminent des perturbations parasites dans les radio-récepteurs voisins.
- On n’emploie donc en général, lorsqu’on dispose du courant alternatif d’un secteur, que des moteurs à induction dont la vitesse de rotation est réglable à l’aide d’un régulateur centrifuge et des moteurs synchrones dont la vitesse de rotation est déterminée une fois pour toutes d’après la fréquence même du courant alternatif qui l’alimente et sans qu’il soit besoin en général d’un réglage ultérieur.
- Le mécanisme de ces moteurs est réduit à sa plus simple expression. Ils ne sont pas influencés par les variations de voltage du courant ni par les variations du couple résistant. Comme ils sont très plats, ils peuvent être placés très facilement dans des coffrets de modèles réduits.
- Ainsi le moteur Ragonot représenté sur la figure 2 n’a que 54 millimètres de haut et son poids est inférieur à 4 kg. Le plateau est fixé sur l’axe même du moteur et un dispositif additionnel évite tout balancement du plateau et toute vibration. Le chevrotement et les vibrations parasites dus souvent à des variations du mouvement du plateau porte-disques sont ainsi supprimés.
- On peut établir ainsi des moteurs extrêmement réduits, sans régulateur et d’un prix assez modique. Citons, encore, par exemple, le modèle Gnome de la maison Braun. La commande s’effectue directement par vis sans fin.
- PHONOGRAPHES A FILMS
- Il existe cependant dès à présent de véritables phonographes à audition continue dans lesquels on emploie non pas des disques, mais des films photophoniques enregistrés comme les films de cinématographie sonore suivant le procédé à surface variable et à opacité constante. Les films sont en papier et ils sont éclairés, non pas par transparence comme les films sonores, mais par réflexion. Le faisceau lumineux modulé réfléchi est envoyé dans une cellule photo-sensible reliée à un amplificateur de puissance. Nous avons d’ailleurs déjà indiqué dans La Nature les caractéristiques de l’appareil Sélénophone étudié en Autriche. On peut voir maintenant à Paris un des premiers exemplaires pratiques de ce dispositif
- (fig. 3).
- REPRODUCTION ÉLECTRIQUE DES DISQUES
- En ce qui concerne la reproduction électrique des disques, le pick-up électro-magnétique est toujours exclusivement employé. On a pourtant continué à perfectionner ses qualités électro-acoustiques et surtout ses
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- qualités mécaniques, c’est-à-dire la détermination exacte cle son poids, la disposition plus pratique sur son bras-support et surtout le système d’amortissement de son armature vibrante qui avec les systèmes à caoutchouc nécessitait de nouveaux réglages au bout de peu de temps.
- Le modèle que représente la ligure 4 paraît ainsi très heureusement réalisé; le bras très compact avec compensateur est muni d’un bouton de volume-contrôle qui permet facilement de régler l’intensité de la reproduction. Sa résistance ohmique est de 1600 ohms et son impédance de 9500 ohms à 1000 périodes permet son adap-tation directe à la lampe d’entrée. Sa sensibilité est de l’ordre de 2 volts au minimum et la fidélité de i*eproduc-tion satisfaisante de 50 périodes au minimum jusqu’au delà de 3000 périodes-seconde.
- ENREGISTREMENT D’AMATEUR
- Enfin, l’enregistrement phonographique individuel dont nous avons plusieurs fois noté les progrès et qui s’applique si heureusement au radio-reportage et même
- Fig. 4. — Un modèle récent de pick-up électro-magnétique à bras perfectionné portant le régulateur d’intensité sonore (type Sidley).
- aux radiodiffusions en général, comme nous l’avons montré au début de ce numéro, a été constamment perfectionné.
- On peut maintenant trouver des dispositifs d’enregistrement acoustiques très simples s’adaptant sur n’importe quel phonographe, même du type portatif et fonctionnant généralement à l’aide de disques en aluminium.
- Les modèles les plus perfectionnés à fonctionnement électro-mécanique nécessitent l’emploi d’un microphone et d’un système d’amplification et peuvent être utilisés pour des usages semi-professionnels. Ils sont généralement employés avec des disques à base de gélatine.
- On peut d’ailleurs employer ces appareils non seulement pour effectuer des enregistrements à vitesse ordinaire de 78-80 tours, mais encore à vitesse réduite, à condition simplement d’avoir un moteur d’entraînement assez puissant. Dans ces conditions, la durée d’enregistrement peut être facilement portée à 5 minutes, ce qui est déjà très intéressant. De cette manière, on peut enregistrer des communications radiophoniques ou même sonoriser des films d’amateur.
- Le modèle récent de la figure 5 présente des particularités tout à fait spéciales. Le pont supportant la vis sans fin d’entraînement n’est pas soutenu par deux montants verticaux séparés, mais par un seul montant à
- Fig. 3. — Le premier phonographe pratique à film dit Sélénophone. Le film est en papier, et le faisceau lumineux modulé qui agit sur une cellule photosensible se réfléchit sur cette bande photophonique.
- (Pli. Wide World).
- rotule assez massif pour assurer un équilibre stable pendant la marche. Un système d’entraînement comportant une vis sans fin verticale est monté sur l’axe du plateau et cette vis vient s’engrener sur un pignon en fibre porté à l’extrémité de l’arbre de la vis sans fin entraînant le pick-up enregistreur.
- Pour monter l’appareil sur un dispositif phonographique quelconque à moteur suffisamment puissant, il suffit de fixer un seul plateau de petit diamètre sur le côté du système et l’enregistreur se déplace dans les meilleures conditions suivant le diamètre même du plateau porte-disques. Il est d’ailleurs muni de poids réglables afin aie faire varier la pression de la pointe sur le sillon et d’obtenir un enregistrement parfaitement régulier. Les sillons sont assez serrés, de sorte qu’avec une vitesse normale de 78 tours-minute, on obtient un enregistrement de 4 minutes 1/2 pour un disque de 25 cm et de 5 minutes pour un disque de 30 cm.
- En réduisant la vitesse comme nous l’avons indiqué précédemment on pourrait encore augmenter cette durée d’enregistrement.
- Ainsi, on peut indiquer qu’il existe dès à présent des
- Fig. 5. — Enregistreur électromécanique pour disques en gélatine. (Type Home-Record Braun).
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- systèmes d’enregistrement phonographique individuels pratiques. Sans doute leurs avantages sont avant tout fonction des qualités mêmes des disques utilisés, et il reste encore à trouver la matière idéale qui doit constituer ces disques.
- Les récents travaux effectués pour améliorer la com-
- position des disques souples de ce genre ou pour réaliser des disques à âme métallique, ou en carton et à surface cellulosique, permettent d’espérer que des perfectionnements importants seront également obtenus dans cet ordre d’idées.
- P. riÉMARDINQUEK.
- = BOITE AUX LETTRES
- ADRESSES RELATIVES AUX APPAREILS DÉCRITS
- Postes radiorécepteurs :
- A. C. R. M. 19, avenue Jean-Jaurès, Montrouge, As. Radio, 31, rue Danrémont, Paris; Bouchet et Aubignat, 30 bis, rue Cauchy, Paris; Cosmos, 6, rue Blanqui, Saint-Ouen; Carlton-Patlié, 79, avenue de la Grande-Armée, Paris. Éclair-Radio. 28, rue Rennequin, Paris; Emyradio, 198, boulevard Saint-Germain, Paris; Gody, Amboise; Hewittic, 11, rue du Pont de Suresnes; Ikavox, 77, rue Rambuteau, Paris; Jupiter-Radio, 61, rue Damrémont, Paris; Lemouzy, 121, boulevard Saint-Michel, Paris; Lœwe-Radio, 19, rue Frederick-Lemaître, Paris; National-Radio. 35, rue Brunei, Paris; Phrare-Radio. 202, rue Saint-Denis, Paris; Philips. 2, cité Paradis, Paris; Radio-broadcast, 27, rue Pastourelle, Paris; Radio-prim. 5, rue de l’Aqueduc, Paris; Radio-Saint-Lazare. 3, rue de Rome, Paris; Radio-Technique (Radiola). 51, rue Carnot, Suresnes: Sonora-Radio. 5, rue de la Mairie, Puteaux; Ixa Radio. 15, rue de Chabrol, Paris; Synchrovox, Radio L. L. 5, nie du Cirque, Paris.
- Ampoules et redresseurs.
- Alsthom, 173, boulevard Haussmann.
- Postes sur ondes courtes :
- Radio-Source. S2, avenue Parmentier, Paris.
- Présélecleurs :
- Hewittic, 11, rue du Pont, à Suresnes.
- Adaptateurs pour ondes courtes :
- Gody, Amboise; Lénier, 43, rue Magenta, Asnières.
- Appareils antiparasites :
- Ets Charlin. 181 bis, route de Chatillon, Montrouge; Croix. 3, impasse Thoreton, Paris; F. A. R. 13, rue Charles-Lecoeq, Paris; Hewittic. 11, rue de Pont, à Suresnes; Lefebure-Ferrix. 5, rue Mazet, Paris; Siemens : Saint-S. I. A. M. 53, rue Claude-Bernard, Paris.
- Condensateurs :
- Varret et Collot. 7, rue d’FIautpoul, Paris; Langlade et Picard. 10, rue Barbés, Montrouge; Broadcasting-Television. 222, avenue du Maine, Paris.
- Alimentation sur secteur :
- Hewittic. 11, rue du Pont-de-Suresnes; M. S. V. 31, avenue Tru-daine, Paris.
- Lampes de T. S. F. :
- Grammont. 41, rue Cantagrel, Paris; Radioteclmique. 51, rue Carnot, Suresnes; Philips. 2, cité Paradis, Paris; Sidley. 86, rue de Grenelle, Paris; Visseaux. 87, quai Pierre-Scize, Lyon.
- Haut parleurs :
- Brunet. 30,rue des Usines,Paris; Sidley. 86, rue de Grenelle, Paris.
- Transformateurs :
- Brunet.30,rue des Usines,Paris; Croix.3,impasse Thoreton, Paris Hewittic. 11, rue du Pont de Suresnes; Sidley, 86, rue de Grenelle, Paris.
- Pièces détachées-Accessoires divers :
- Chabot. 43, rue Richer, Paris; Langlade et Picard. 10, rue Barbés, Montrouge; Phare Radio. 202, rue Saint-Denis, Paris; Radioprim, 5, rue de l’Aqueduc, Paris; Gamma, 21, rue Dautancourt, Paris; Giress, 110, boulevard Jean Jaurès, Clichy.
- Moteurs électriques de phonographe :
- Mac Braun, 31,rue de Tlemcen,Paris; Ragonot, 15, rue de Milan, Paris; Sidley. 86, rue de Grenelle, Paris.
- Appareils de contrôle pour vérification des postes de T. S. F. :
- Da et Dutilh, 81, rue Saint-Maur, Paris.
- Appareils changeurs de disque :
- Cosmos. 6, rue Blanqui, Saint-Ouen.
- Appareil d’amateurs pour enregistrement phonographique
- Max Braun, 31, rue de Tlemcen, Paris.
- Aiguilles de phonographe :
- Torrès. 51, rue Greneta, Paris (marque Herold).
- QUESTIONS ET REPONSES
- Amélioration d'un poste superhétérodyne.
- Le poste à changement de fréquence que vous possédez comportant une lampe bigrille changeuse de fréquence, trois étages moyenne fréquence, une lampe détectrice, et deux étages basse fréquence est un appareil extrêmement sensible, du moins s’il est bien construit, comme nous le supposons.
- Les perfectionnements qu’on peut lui apporter doivent donc porter ainsi plutôt sur l’augmentation de sa sélectivité et de la qualité musicale des auditions, que sur sa sensibilité proprement dite.
- Par son montage même, un tel appareil est destiné essentiellement à la réception sur cadre, et nous pensons même que vous ne pouvez l’utiliser qu’avec une antenne extrêmement réduite, pour éviter les
- effets de saturation, qui ne manqueraient pas de se produire avec un collecteur d’ondes trop développé.
- L’emploi du cadre avec un tel poste est donc immédiat. Il suffit de supprimer le système d’accord utilisé auparavant pour la réception sur antenne, et d’effectuer seulement l’accord de l’enroulement du cadre avec le condensateur variable qui doit avoir une valeur de l’ordre de 0,5/1000 de microfarad.
- Cette simple opération augmentera certainement dans de très grandes proportions la sélectivité de l’appareil, et elle n’exige évidemment aucune modification du montage intérieur du poste.
- Pour moderniser les étages moyenne fréquence, vous pouvez adopter, au lieu des trois lampes moyenne fréquence triodes ordinaires, deux lampes seulement à grille écran. Mais, pour cela, il faut changer en
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- même temps le tesla de liaison, et deux transformateurs moyenne fréquence, le troisième étant supprimé. Vous pouvez choisir alors des transformateurs à deux circuits accordés du type blindé, jouant le rôle de filtres passe-bande. Nous en avons décrit différents modèles dans nos chroniques de Radiophonie Pratique.
- On augmente encore ainsi la sélectivité, et on améliore la qualité musicale de l’audition, parce que ces transformateurs laissent passage à la bande radiophonique tout entière, sans mutiler les fréquences musicales aiguës. Enfin, vous pourriez adopter une lampe de sortie triode de puissance à forte tension plaque convenablement polarisée et reliée, soit à votre haut-parleur actuel, s’il vous donne satisfaction, soit même à un haut-parleur électro-dynamique.
- De telles transformations peuvent permettre d’améliorer dans de grandes proportions les qualités du poste, mais il ne faut sans doute rien exagérer, car des modifications trop nombreuses et trop profondes seraient presque aussi délicates à effectuer, aussi longues, et aussi coûteuses, que la construction d'un nouveau poste complet plus moderne. Vous pouvez, d’ailleurs, consulter à ce sujet soit l’article sur « la modernisation des postes récepteurs » paru dans le Nü spécial de T. S. F. de La Nature de septembre 1931, soit l’ouvrage « Comment perfectionner un poste de T. S. F. » (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris). Réponse à M. Lamy à Alger (Algérie).
- Choix d'un haut=parleur.
- Le choix d’un haut-parleur doit être déterminé en fonction des caractéristiques du poste récepteur dont on dispose, et surtout du type de lampe de sortie adopté. 11 ne faut, d’ailleurs, rien exagérer et, étant donné les perfectionnements des modèles électro-magnétiques actuels, on peut fort bien obtenir une audition de bonne qualité musicale sans utiliser nécessairement un haut-parleur électro-dynamique, bien que ce dernier constitue, en principe, le meilleur modèle existant.
- L’adoption d’un haut-parleur électro-magnétique est surtout indiquée lorsqu’on ne dispose que d’un récepteur assez peu sensible, par exemple du type « local », et surtout peu puissant, avec un étage de sortie fournissant une puissance modulée inférieure ou égale à un watt. C’est le cas de la plupart des postes à batteries, qui comportent des étages de sortie alimentés avec une tension rarement supérieure à 120 v, et aussi des petits postes-secteur comportant une lampe bigrille de puissance du modèle courant, genre B 443 Philips par exemple.
- Si vous pouvez cependant utiliser une lampe triode de sortie ou une trigrille de modèle plus puissant, avec une tension plaque de l’ordre de 150 à 200 v au moins, donnant une puissance modulée supérieure, à 1,5 w, l’adoption d’un bon haut-parleur électro-dynamique peut vous donner d’excellents résultats.
- L’enroulement d’excitation de ce haut parleur peut être parcouru par le courant redressé provenant d’un système de valve séparée ou par le courant-plaque lui-même du poste secteur. Il importe, d’ailleurs, comme on le sait, de prendre également des précautions pour le montage du haut-parleur dans son ébénisterie, qui joue le rôle d’écran acoustique.
- Vous pouvez trouver des modèles de haut-parleurs électro-dynamiques américains aux adresses suivantes :
- Établissements Sidley, 86, rue de Grenelle, à Paris.
- Établissements Melodium, 296, rue Lecourbe, Paris (16 e).
- Réponse à M. Simon à Paris.
- Variations d'intensité de réception.
- On constate généralement des variations d’intensité d’audition lors de la réception des émissions sur ondes courtes. Ce phénomène, qu’on appelle fading, ne provient aucunement du récepteur, mais des conditions de propagation des ondes radiophoniques, qui varient suivant leur longueur et la position locale du récepteur.
- Pour les ondes longues de la gamme de 1000 à 2000 m, le phénomène de fading n’est guère sensible; il est très sensible et assez lent, c’est-à-dire que la cadence des variations d’intensité est peu rapide, sur la gamme normale de radiodiffusion de 150 à 200 m.
- Enfin, pour les ondes très courtes, de 10 à 80 m environ, la cadence du fading est très rapide, de sorte qu’en certains cas il deviendrait presque inaudible.
- Il est évidemment impossible de faire cesser complètement les
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- effets de fading, puisqu’il s’agit de phénomènes atmosphériques; on peut simplement utiliser des dispositifs dits anti-fading, qui ont pour but.de diminuer la sensibilité du poste lorsque l’intensité de la réception augmente, et, au contraire, de l’augmenter lorsqu’elle diminue. On n’utilise plus à cet effet, à l'heure actuelle, que des lampes compensatrices, et nous étudierons prochainement dans la revue les différents systèmes proposés aux États-Unis et en France pour obtenir ce résultat.
- Un assez grand nombre de postes comportent, d’ailleurs, déjà maintenant des systèmes anti-fading; en particulier la maison Bouchet et Aubignat, 30 bis, rue Cauchy, à Paris (15°), avait réalisé, suivant les brevets de M. Lucien Chrétien, un dispositif anti-fading donnant de bons résultats.
- Réponse à M. C. à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord).
- Disques phonographiques pour l’enregistrement indi= viduel.
- Nous avons donné plusieurs fois, dans la Revue, des renseignements détaillés sur le choix des disques destinés à l’enregistrement individuel. Il semble que de plus en plus on réserve les disques métalliques,, généralement en aluminium, pour l’enregistrement purement mécanique effectué avec des dispositifs très simples s’adaptant immédiatement sur un appareil acoustique quelconque, même portatif, et de petite puissance.
- Pour l’enregistrement électro-mécanique, on emploie, au contraire, des disques plastiques en composition à base de gélatine, et on aurait, paraît-il, tenté de réaliser des disques de ce genre comportant simplement une couche cellulosique sur une âme en carton ou même métallique. Des disques de ce genre présenteraient sans doute les mêmes avantages acoustiques que les disques ordinaires plastiques, et auraient, de plus, des qualités mécaniques indéniables, parce qu’ils conserveraient une planéité beaucoup plus grande, même si leur diamètre était assez grand.
- Nous tiendrons, d’ailleurs, nos lecteurs au courant des résultats obtenus, dès que des essais pratiques auront eu lieu.
- Voici, en attendant, des adresses de fabricants de disques plastiques :
- Établissement Max Braun, 31, rue de Tlemcen, Paris (20e).
- Établissements Laporte, 13, rue Félix-Faure, Paris (15e).
- Réponse à M. B. à Tunis.
- Amélioration acoustique d'une salle de spectacle.
- Les matériaux absorbants qu’on peut placer sur une salle de spectacle ou de cinématographie sonore ont pour but d'empêcher les réflexions sonores en augmentant l’absorption et, par cela même, de diminuer les résonances, les échos, ou plutôt ce qu’on appelle les réverbérations, constituées par des ondes sonores réfléchies prolongeant immédiatement l’onde directe.
- Ces matériaux ne sont donc pas employés pour augmenter ce que vous appelez, d’ailleurs, d’une manière assez vague, le rendement acoustique, mais ils exigent, au contraire, la mise en action d’une énergie sonore plus importante, à égalité d’intensité d’audition. Seule, la qualité de l’audition est améliorée et non son intensité.
- Nous avons déjà indiqué dans « La Nature » comment on pouvait déterminer les qualités acoustiques d’une salle, et nous avons décrit notamment la sonde phonique de M. Cellerier. Pour avoir des renseignements plus détaillés sur cette question, vous pourriez consulter La Technique Cinématographique (78, avenue des Champs-Élysées, à Paris). Réponse à M. Déjouany, à Boufarik (Algérie).
- Montage d'un poste superhétérodyne sensible.
- Puisque vous voulez alimenter votre poste récepteur à l’aide de batteries, nous pensons, qu’en pratique, il n’y a pas un avantage très grand à employer deux lampes pour le changement de fréquence, au lieu d’une bigrille radio-modulatrice ordinaire. Cependant, comme vous désirez surtout recevoir les émissions sur ondes courtes, entre 150 et 600 m, il y a certainement intérêt à adopter le montage en Hartley, au lieu du montage classique, et vous pouvez trouver également dans le commercé des blocs oscillateurs très simples rendant immédiate la réalisation de ce montage.
- Le poste comporterait donc une bigrille changeuse de fréquence,
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- deux lampes moyenne fréquence à écran avec transformateur moyenne fréquence à deux circuits accordés, une lampe détectrice, et un ou deux étages basse fréquence. Dans le cas où vous voudriez utiliser un seul étage basse fréquence, vous pourriez adopter une lampe trigrille de puissance, avec une tension plaque de l’ordre de 150 v.
- Vous pouvez trouver des renseignements sur la construction d’un poste de ce genre dans un fascicule des Récepteurs Modernes (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris).
- Vous pouvez trouver les pièces nécessaires à la construction de ce montage et même les châssis tout préparés, aux adresses suivantes :
- Établissements A. C. R. M., 35, rue Marcellin Berthelot, à Montrouge.
- Établissements Gamma, 21, rue Dautancourt, Paris (8e).
- Réponse à M. Drecq à Ribécourt (Oise).
- Amélioration d’un poste secteur.
- 1° Votre appareil établi avec un accord Bourne, un étage amplification haute fréquence à lampe à écran à transformateur accordé, une lampe détectrice à forte pente et un étage basse fréquence à lampe trigrille de puissance, est, en effet, du type classique qu’on pourrait appeler assez justement C 119 modernisé.
- A notre avis, et ainsi que nous l’avons indiqué plusieurs fois dans nos chroniques de Radiophonie Pratique, la construction d’un poste récepteur sensible et sélectif comportant deux étages amplification haute fréquence à lampes à écran est extrêmement délicate. Bien peu de constructeurs même ont réussi à la réaliser d’une manière parfaite ; aussi, a fortiori, un tel travail semble-t-il bien difficile pour un amateur constructeur.
- Si vous voulez donc augmenter la sensibilité et la sélectivité de votre appareil, nous pourrions simplement vous conseiller de remplacer votre lampe amplificatrice à écran par une lampe à forte pente, ou par une lampe à-pente variable avec les modifications correspon-. dantes que nous avons déjà indiquées dans la Revue, ou que vous pourriez trouver dans un ouvrage spécialisé, comme par exemple « Les lampes de T. S. F..modernes (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris).
- Au lieu d’essayer d’employer un autre étage haute fréquence » supplémentaire, vous pourriez "tenter d’adapter, en avant de votre poste, un bloc présélecteur à liaison apériodique, par exemple genre Hewittic (11, rue du Pont, à Suresnes, Seine).
- 2° Pour monter un appareil possédant une sensibilité et une sélectivité beaucoup plus accentuées, nous vous conseillons d’adopter un montage à changement de fréquence et de suivre, à ce sujet, les données récentes indiquées dans le présent numéro de La Nature, ou dans un livre spécialisé comme Les progrès des Superhété-rodynes (Chiron, éditeur). Vous pourriez ainsi constituer votre poste par un étage haute fréquence à résonance à lampe à pente variable, un système changeur de fréquence, constitué par exemple par une lampe à écran modulatrice et une lampe triode oscillatrice, une lampe moyenne fréquence à écran à forte pente, une détectrice de puissance à écran, et deux étages basse fréquence. Le 1er étage serait muni d’une lampe à forte pente à liaison par résistance capacité, et le deuxième comporterait une lampe trigrille à forte puissance, genre C. 443, actionnant un haut-parleur électro-dynamique.
- On peut constituer un montage de ce genre à commande unique avec des condensateurs accouplés à variation linéaire de fréquence, et lorsque le montage est bien réalisé, les résultats obtenus sont excellents.
- Il ne faut pourtant pas se dissimuler qu’il s’agit d’un poste assez complexe, et vous pourriez peut-être rendre le travail plus facile en utilisant un châssis de montage, par exemple un châssis Gamma (21, rue Dautancourt, à Paris).
- 3° Il est indispensable qu’un poste récepteur de ce genre soit soigneusement blindé, et dans ce sens nous vous avons indiqué que l’emploi d’un châssis métallique de. montage pouvait rendre le travail plus facile.
- 4° Un moteur tourne-disque à induction n’ayant pas de collecteur ne produit, en principe, aucun parasite radiophonique, et son emploi ne peut amener aucun trouble de réception. Il faut seulement prendre soin d’éloigner suffisamment les câbles d’alimentation du moteur, afin d’éviter les effets d’induction. Il est toujours facile de mettre la masse du moteur à la terre en prenant la précaution d’intercaler sur le câble de connexion un condensateur de 1 microfarad.
- 5° Le diamètre des disques phonographiques ordinaires du commerce est de 25 à 30 cm. ; seuls les disques à longue durée à vitesse de rotation réduite pour cinématographie sonore ont un diamètre de l’ordre de 40 cm.
- Réponse à M. Marécaux, à Nancy (Meurthe-et-Moselle).
- Emploi d’un système présélecteur.
- Votre appareil superhétérodyne comportant une lampe bigrille changeuse de fréquence, deux étages moyenne fréquence, une détectrice et deux étages basse fréquence, devrait avoir une sélectivité très suffisante, du moins s’il était bien construit et fonctionnait à l’aide d’un cadre de modèle bien étudié. Nous pensons donc que l’adoption d’un bloc présélecteur n’est pas du tout recommandable dans votre cas, et nous vous conseillons plutôt, tout d’abord, d’adopter ou de construire un bon cadre de réception, dont les circuits présentent un faible amortissement. S il y a lieu, vous pourriez également augmenter la sélectivité de votre appareil en découplant légèrement les bobinages du tesla de liaison, en réglant les condensateurs qui shuntent les secondaires des transformateurs moyenne fréquence, ou encore en adoptant des lampes à écran en moyenne fréquence, et des transformateurs moyenne fréquence blindés, du type passe-bande, dont les caractéristiques ont été indiquées plusieurs fois dans la Revue. Réponse à M. R. S., à Nice.
- Atténuation de la surmodulation.
- Comme nous l’avons indiqué, les effets de surmodulation sont des phénomènes de distorsion électro-acoustique, tandis que la transmodulation est un phénomène de brouillage. L’un et l’autre de ces phénomènes sont dus aux propriétés particulières des lampes à écran à forte pente, aussi le meilleur moyen de les faire cesser consisterait-il à remplacer le premier étage de votre poste moyenne fréquence à lampe à écran à forte pente par une lampe à pente variable.
- L’emploi d’un dispositif présélecteur permettrait sans doute, dans votre cas particulier, d’atténuer plutôt les phénomènes de brouillage que l’inconvénient de la distorsion par surmodulation. Vous pourriez donc essayer d’utiliser un bloc présélecteur amplificateur alimenté par le secteur, du type Hewittic, à liaison à résistance, et avec lequel votre circuit d’accord jouerait le rôle de circuit à résonance.
- Un bloc présélecteur passe-bande à deux circuits accordés et liaison par capacité ou inductance capacité n’est, en réalité, qu’un système d’accord particulier. Pour le construire, vous pourriez consulter le fascicule 2 des Récepteurs Modernes (Chiron, éditeur).
- Réponse à M. L. G. à Lyon (Rhône).
- Questions radiophoniques diverses.
- 1° Une bonne prise de terre est celle qui introduit le moins d’amortissement dans le circuit d’accord, c’est-à-dire présente la plus faible résistance et, d’autre part, ne transmet pas de courants parasites. Il ne suffit pas que sa résistance ohmique soit faible, il faut encore que sa résistance aux courants haute fréquence soit aussi basse que possible. C'est pourquoi on conseille de réunir toujours le poste récepteur à la prise de terre, au moyen d’une connexion aussi courte et d’aussi gros diamètre que possible, et on conseille également de choisir une prise de terre indépendante constituée, de préférence, par une plaque métallique ou un tube enfouis dans le sol humide.
- 2° 11 n’y a aucun intérêt à intercaler un condensateur fixe en série sur la connexion de la prise de terre si l’accord est déjà facilement obtenu par le moyen ordinaire. L’emploi de ce condensateur n’est indispensable que si l’on utilise un fil du secteur comme antenne de fortune, et si l’on veut éviter tout risque de court-circuit.
- 3° Lorsque vous reliez votre antenne à l’une des bornes du cadre, c’est l’enroulement du cadre qui joue le rôle de bobines d’accord; vous, pouvez dope déterminer l’accord en plaçant en série dans la connexion d’antenne un condensateur variable de 0,5/1000 de microfarad, comme on le fait avec un montage d’accord ordinaire sur antenne.
- 4° Le produit que vous nous indiquez, et qui est destiné à être étendu sur la membrane d’un diffuseur sert à éviter les résonances propres et les vibrations parasites de cette membrane. Il peut donc vous rendre des services si vous constatez de tels défauts, mais il ne peut évidemment pas augmenter l’intensité des auditions que vous obtenez. Réponse à M. Simounet, à Alger Algérie).
- Le Gérant : G. Masson.
- 2897. —Paris, lmp. Lahure. — 1-9-1932.
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- N° 2889
- LA NATURE
- 1 5 Septembre 1932.
- LA TÉLÉVISION
- HISTORIQUE - PRINCIPES - ÉTAT ACTUfey
- Il y aurait une belle discussion grammaticale à ouvrir sur la valeur du néologisme télévision; pris à la lettre, ce mot composé de latin et de grec signifie vision à distance, ce qui est proprement un pléonasme. Quoi qu’il en soit,le mot a fait fortune, il est adopté dans toutes les langues et il faut bien nous en contenter.
- Le but de la télévision est de faire assister le spectateur, en dépit des distances, à des scènes qui se déroulent fort loin de lui. Elle se distingue de la télécinématographie et de la phototélégraphie qui transmettent, par des voies analogues, non plus les scènes ou les personnages eux-mêmes, mais leurs photographies. La différence essentielle est que le temps disponible pour la transmission de chaque élément d’image est infiniment plus réduit dans le cas de la télévision ; et c’est là du reste que gît l’obstacle à l’assaut duquel se lancent aujourd’hui tant d’inventeurs.
- HISTORIQUE
- Panneau émetteur avec ses cellules au sélénium.
- Panneau récepteur avec ses lampes
- Sujet à téléviser
- Objectif
- Chambre noire photographique
- Image
- reçue-
- Ligne de transmission . Un cible à 2conducteurs relie chaque cellule à chaque lampe avec interposition d'une batterie et d'un re/ai.
- Fig. 1. — Le premier dispositif de télévision imaginé par Careij en 1875. Le panneau récepteur aurait été évidemment orienté de manière que l’image soit vue dans sa position normale.
- Substituer à l’œil humain un œil plus parfait, indifférent aux obstacles qui gênent habituellement notre vision à la surface de la terre, c’est un rêve qui sans doute a hanté, à toute époque, plus d’un cerveau d’inventeur.
- Il n’a commencé à prendre corps que vers 1875, après la découverte, en 1873, des propriétés photoélectriques du sélénium; le téléphone électrique de Bell ne devait naître que deux ans plus tard en 1877. La télévision compte donc parmi les ancêtres en matière de télécommunications; et cependant, malgré les progrès de ces dernières années, elle est encore dans l’enfance.
- Néanmoins, dans ces dix dernières années, de grands progrès ont été accomplis, et des succès encourageants enregistrés. Déjà il faudrait un livre entier pour résumer la technique de cette branche nouvelle de l’activité humaine (‘).
- Nous devrons nous contenter ici d’un coup d’œil rapide.
- L’IDÉE INITIALE
- Les. premiers chercheurs en télévision se sont tout naturellement inspirés de la physiologie de l’œil et ont cherché à l’imiter.
- Lorsque nous regardons un objet, son image réelle vient se former sur la rétine, surface composée d’une grande quantité de cellules photosensibles de quelques millièmes de millimètre de diamètre seulement , et nous apercevons ainsi simultanément tous les points de l’objet.
- L’apparition des cellules au sélénium, dont les propriétés rappelaient un peu celles de la rétine, inspira l’idée de véritables rétines électriques, formées d’un grand nombre de cellules au sélénium accolées.
- Dès 1875, le physicien Carey concevait un
- 1. La télévision et ses progrès, Radiovision, Télécinématographie, Visiotéléphonie du même auteur (en préparation). Dunod, éditeur.
- Fig. 2. — Le système d’exploration de Sawger (1877).
- Chambre noire photographique
- l Faisce au d'explore tion
- Lignes d'exploration
- /Vrt I * m
- Ecran sur lequel se forme v l’image ou l’objet
- à téléviser Oscillations T L verticales
- Tube oscillant I
- de l'image
- Lentille .—*-
- Oscillations
- horizontales
- Centre d'oscillation
- Cellule au sélénium
- Chambre noire
- Vers ta ligne de
- liaison
- *
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-
- dispositif de ce genre ; sur un panneau placé au fond d’une chambre noire munie d’un objectif auraient été juxtaposés un très grand nombre d’éléments au sélénium.
- L’image réelle de Fig. 3. l’objet serait venue
- Le projet de Maurice Leblanc (1880). gg former sur cette
- rétine artificielle, et les eelhiles du panneau auraient été reliées, par l’intermédiaire de conducteurs et de relais, à des lampes électriques minuscules disposées également sur un panneau comme les cellules émettrices (fig. 1). L’image projetée sur l’émetteur aurait ainsi déterminé au récepteur, et par éléments minuscules, la reconstitution d’une image identique.
- Le principe est simple, mais sa mise en application aurait exigé^fa décomposition de l’image en milliers de points à Paido de milliers de cellules, de milliers de lampes, de milliers de circuits.
- Pour éviter cette multiplicité de circuits, plusieurs inventeurs, beaucoup plus tard, après 1910, conservant le principe de la transmission simultanée, ont proposé de faire transmettre au récepteur les signaux émis par les cellules, non plus à l’aide de courants électriques continus, mais de courants alternatifs, un même conducteur pouvant, comme l’on sait, transmettre simultanément un grand nombre de courants de fréquences différentes.
- Malgré les efforts de nombreux techniciens de valeur, les procédés par transmission simultanée des différents points de l’image n’ont pas abouti à des résultats pratiques. Les appareils récents reposent tous sur la transmission successive des éléments de l’image. Mais, en présence des difficultés immenses auxquelles se heurte à son tour cette méthode, peut-être reviendra-t-on à la vieille idée de Carey.
- LA TRANSMISSION SUCCESSIVE DES ÉLÉMENTS DE L’IMAGE
- La transmission télégraphique des dessins, contem-Fig. 5. •— Principe de la roue à miroirs de Weiller.
- ^Lignes de balayage vertical
- Ecran sur lequel se forme l 'image réelle
- Cellule sensible
- s
- y
- y y y y
- Petit miroir plan
- Tiges vibrantes rectangulaires
- Ecran sur lequel se forme l'image
- Lentille
- ® Source lumineuse ou cellule photosensible
- poraine des débuts de la télégraphie électrique, a précédé d’un quart de siècle les premiers balbutiements de la télévision. Elle procède par transmission successive de signaux représentant les points du dessin. Un système explorateur, à l’émission, balaie successivement toutes les parties de l’image, et, à la réception, se trouve un organe analogue reproducteur fonctionnant en synchronisme, qui reconstitue point par point l’image transmise. On emploie une seule ligne de liaison, un seul système émetteur, et un seul élément récepteur.
- Sawyer, le premier, en 1877, eut l’idée d’appliquer à la télévision ce principe en faisant appel à la persistance de l’impression rétinienne (lig. 2). Il n’est pas nécessaire pour déterminer une sensation visuelle continue que la vision des différents points de l’image soit continue. Il suffit que les visions successives ne soient pas séparées par un intervalle de temps, supérieur à la durée de l’impression rétinienne, qui est de l’ordre de l/10e à l/16e de seconde.
- Ce phénomène bien connu est, d’ailleurs, beaucoup plus complexe qu’on ne le croit au premier abord; il
- Fig. 4. — Le disque de Nipkow. Chaque perforation explore en tournant une bande AB de largeur égale à son diamètre et dont les côtés peuvent être considérés comme rectilignes. — Dans le bas de la figure : disposition du disque à la réception et à l’émission (exploration directe).
- Cellule
- 1 Œil J;
- de l'observateur !
- Sujet a
- Réception
- Emission
- met en jeu des éléments purement physiologiques et des éléments psychologiques. La durée de la persistance de l’impression rétinienne dépend de caractéristiques optiquës, telles que l’éclairement de l’objet considéré, mais aussi de la nature du sujet animé.
- Dans les appareils actuels de télévision, on explore donc successivement tous les éléments des objets télévisés à l’aide d’un système analyseur, et on reproduit l’image à l’aide des éléments correspondants, dans le même ordre à l’aide d’un dispositif de synthèse en synchronisme absolu avec le système analyseur. L’analyse et la synthèse correspondantes doivent donc s’effectuer en un temps inférieur à celui de la persistance des impressions rétiniennes, et cette limitation de durée est une des causes des difficultés pratiques de la télévision.
- Remarquons la différence entre la cinématographie et la télévision. Dans la projection cinématographique, nous voyons simultanément tous les points de l’image
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- projetée, puis cette image est brusquement remplacée par une autre légèrement différente.
- Au contraire, dans la vision des images télévisées, nous ne voyons, en réalité, à un moment donné, qu’un scaiI point de l’image, et ce point n’impressionne la rétine que pendant un temps extrêmement court.
- LES SYSTÈMES ÉLECTRO-MÉCANIQUES PRIMITIFS
- L’EXPLORATION PAR MIROIRS OSCILLANTS
- Sawyer avait proposé de former l’image de l’objet à téléviser sur un écran disposé au fond d’une chambre noire photographique, et de l’explorer au moyen d’un petit tube oscillant muni d’une lentille et orientable dans toutes les directions autour de son centre de gravité. On aurait pu viser ainsi successivement tous les points de l’image à transmettre, en projetant le faisceau lumineux correspondant sur un élément photosensible placé en arrière de la lentille (lig. 2).
- Ce tube explorateur aurait été animé d’un mouvement d’oscillation complexe, l’un rapide, vertical, de haut en bas, l’autre horizontal et beaucoup plus lent de droite à gauche, de manière à pouvoir viser la totalité de l’image. Les oscillations verticales plus nombreuses auraient
- Fig. 7. —• Le disque à lentilles de Brillouin.
- permis d’augmenter la finesse d’exploration de l’image, tandis que les oscillations horizontales auraient correspondu à la cadence de transmission des images complètes, analogue, en quelque sorte, à la cadence de projection cinématographique.
- La reproduction aurait été effectuée par un mécanisme analogue.
- M. Maurice Leblanc, le grand inventeur, avait imaginé en 1880 un système d’analyse et de synthèse à double mouvement extrêmement ingénieux (fig. 3). L’image de l’objet à téléviser était encore formée sur un écran plan, et elle était analysée à l’aide d’un petit miroir oscillant. La cellule sensible était de petites dimensions. Pour chaque point de l’image exploré un rayon réfléchi par le miroir atteignait la cellule.
- Le miroir était animé d’oscillations dans deux sens différents; des oscillations verticales rapides autour d’un axe parallèle au plan de l’écran, et un mouvement plus lent dans le sens horizontal, perpendiculaire à celui qui réalisait le balayage de l’image de haut en bas. On obtenait ainsi l’exploration de tous les points de l’image
- Fig. 6. — Tambour de Weiller à 60 miroirs utilisé par la Cie Baird-Palhé-Nalhan.
- par lignes verticales et parallèles telles que AB et CD.
- M. Leblanc avait songé à fixer le miroir sur un dispositif composé de tiges vibrantes rectangulaires, l’une animée d’un mouvement vibratoire rapide de 500 périodes-seconde, pour effectuer le balayage vertical, l’autre d’un mouvement horizontal assez lent de 10 à 12 périodes par seconde seulement, correspondant à la durée de la persistance rétinienne. Le même résultat aurait pu être obtenu en utilisant deux miroirs séparés animés d’oscillations de sens et de fréquences différentes.
- Au poste récepteur, le système inverse était employé, mais le projet restait nécessairement imprécis quant aux systèmes à adopter pour la traduction et la modulation de la lumière, étant donnée l’imperfection des cellules photoélectriques et des lampes luminescentes de l’époque.
- Cette idée de l’exploration par miroir a été reprise par de nombreux inventeurs, au cours de ces dernières années, mais il ne semble pas qu’ils aient abouti. C’est qu’il faut des oscillations très rapides pour le balayage dans un sens, et l’inertie inhérente à tous les systèmes mécaniques est alors un obstacle invincible.
- LE PREMIER SYSTÈME PRATIQUE :
- LE DISQUE DE NIPKOW
- Les premiers systèmes à miroirs oscillants étaient d’une réalisation extrêmement délicate, et, pour téléviser
- Fig. 8. — Principe d’éclairemenl d’Ekstrom.
- Miroir a double joscillation
- Lentille
- Source
- tumineuse
- d'éclairement
- I Cellule Ippotosensible
- Objet à téléviser.
- Système optique.
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- Fig. 9. —• Le grand studio d’émission et le petit studio du poste émetteur de Montrouge établi par M. Barthélémy.
- Le petit studio sert pour les transmissions de physionomies ou de bustes; le grand studio permet la prise de vues d’un premier plan de théâtre, comportant plusieurs acteurs. — On utilise pour l’éclairement le principe d’Ekstrom; les cellules, sur lesquelles sont envoyés les rayons réfléchis sur le sujet, sont placées dans les cadres en ébénisterie et la lumière pénètre par les larges l'entes verticales et horizontales.
- un objet, il était d’abord nécessaire d’en former sur un écran l’image réelle, qui seule pouvait être transmise. C’est à l’ingénieur allemand P. Nipkow que revient le mérite d’avoir imaginé, en 1884, un dispositif plus simple, d’une construction aisée, évitant cet inconvénient, et qui est employé aujourd’hui sur la plupart des appareils industriels.
- Ce système, explorateur ou synthétiseur, est disposé à l’émission sur le passage du faisceau lumineux éclairant l’objet à téléviser, et, à la réception, entre le système modulateur de lumière et l’œil de l’observateur ou l’écran de projection (fig. 4).
- Fig. 10. •— Schéma de la transmission d’un film sonore.
- (L’image est transmise par le rayon explorateur passant à travers les trous du disque.)
- Disque
- analyseur
- diiiiii Cellule iyddiphoto électrique jïySy pour la mgy transmission SSJ des images
- Bande sonore -
- Vers le poste ^ émetteur
- d'images
- ^-Vers le poste émetteur radiophonique
- Cellule photoélectrique
- pour la transmission des sons
- C’est un disque opaque percé d’ouvertures de petite dimension, disposées le long d’une spirale de telle sorte, qu’à aucun instant, on ne peut voir une surface élémentaire de l’objet ou de l’image par plus d’un trou. La distance des ouvertures est constante, et égale aux côtés de l’image supposée carrée (du moins dans les modèles primitifs). Leur distance au centre varie par deux trous consécutifs d’une quatité égale à leur diamètre, et celui-ci est égal à la longueur du côté de l’image divisé par le nombre de trous. Le pas de la spirale est égal à la largeur de l’image.
- Ce disque est animé d’une vitesse de rotation constante, assez grande pour que les ouvertures se présentent successivement et sans interruption devant les parties de l’image. Chaque ouverture décrit ainsi et explore sur l’image une bande en arc de cercle, mais pratiquement rectiligne et verticale ; la largeur de cette bande est à peu près égale au diamètre du trou du disque. Lorsque le disque a fait un tour complet, on a exploré la totalité de l’image par une série de petites bandes élémentaires contiguës.
- A l’émission, la cellule sensible placée derrière le disque est ainsi impressionnée successivement par tous les points de l’objet ou de l’image à téléviser. A la réception, on utilise un disque identique derrière lequel est placée une source lumineuse modulée par les courants d’émission, on aperçoit ainsi, successivement et à l’enqdacement voulu, des points lumineux reconstituant l’objet primitif. La vitesse d’exploration ne varie pas beaucoup pour les différents trous, malgré la disposition en spirale, parce que le côté de l’image est petit par rapport au rayon moyen du disque.
- L’analyse s’effectue ainsi d’une manière continue. La
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- finesse de l’image est . d’autant plus grande que les trous du disque sont plus Fig. 11.— La forme primitive du lube petits et de dia-
- de Braun (1897). mètres plus ré-
- duits.
- Quant à la vitesse de rotation du disque, elle correspond, en quelque sorte, à la cadence de projection des images de cinématographie. Plus le disque tourne vite, plus nous avons la sensation du mouvement de l’image transmise, sans phénomène de scintillation.
- LA. ROUE A MIROIRS DE WEILLER
- Diaphragme
- Ecran fluorescent
- En 1889, Lazare Weiller proposait un dispositif d’analyse et de synthèse analogue à celui de Nipkow, mais les disques y étaient remplacés par des tambours portant plusieurs centaines de petits miroirs plans ; ceux-ci, disposés tangentiellement sur la jante, étaient orientés à la transmission, de manière à renvoyer successivement les différentes parties de l’image sur une cellule au sélénium et, à la réception, de manière à réfléchir synchroniquement les rayons lumineux correspondants provenant d’une source lumineuse modulée, et à faire apparaître l’image sur un écran.
- Les arcs de cercle d’exploration et de synthèse du disque de Nipkow sont remplacés par des droites comme le montre la ligure 5. Ces droites sont d’autant plus nombreuses et plus rapprochées que le nombre des miroirs est plus grand, et la vitesse de rotation de la roue correspond encore à la cadence de vision des images. Ce dispositif est très souvent utilisé à l’heure actuelle, mais rarement dans les systèmes d’amateur parce qu’il est d’une réalisation délicate et assez coûteuse. On l’emploie au contraire fréquemment dans les dispositifs industriels perfectionnés, surtout à l’émission.
- UN DISQUE DE NIPKOW PERFECTIONNÉ :
- LE DISQUE A LENTILLES
- En 1890, M. Marcel Brillouin proposa une modification optique intéressante du disque de Nipkow primitif.
- Le flux émis par un élément M lumineux de l’image dans un disque ordinaire et qui atteint un point de la cellule sensible M', ne constitue qu’une faible partie du rayonnement total, parce qu’il est limité par le cône très mince ayant pour sommet le point de l’image et pour base le trou percé dans le disque.
- M. Brillouin eut l’idée de substituer à ce trou D une lentille L recevant un flux lumineux plus grand, et concentrant le faisceau reçu sur la cellule sensible S disposée dans le même plan que l’image de l’objet par rapport à la lentille (fig. 7).
- De très nombreux inventeurs ont eu l’idée de modifier la disposition des perforations des disques de Nipkow, de manière à obtenir des formes d’analyse spéciales, plus ou moins préfé-
- Fig. 13. — Le tube cathodique de J. J. Thomson.
- Cathode Anode
- m~y4\ Tache
- JE C TM fluorescente
- ~ avec ~ y ombre portée
- 0 Flux de 1“ rayons cathodiques V
- Fig. 12. — Le tube de Crookes.
- rentielles, ou destinées à des buts particuliers, par exemple à la transmission d’images en couleurs et en reliefs. On a également songé aux combinaisons de disques parallèles disposés les uns derrière les autres,
- de manière à obtenir des analyses par lignes ou par arcs de cercle.
- Aucun de ces dispositifs ne paraît av pénétré dans la pratique.
- L’ECLAIREMENT DE L’IMAG LE PRINCIPE D’EKSTRüM
- Dans tous les procédés primitifs, l’objet à téléviser était considéré comme émettant assez de lumière pour former sur un écran une image réelle, ou, en tout cas, pour impressionner la cellule photoélectrique à l’aide du système analyseur. Cette condition supposait un éclairement très violent par des sources lumineuses intenses. Ce moyen est inadmissible, lorsqu’il s’agit de téléviser des êtres vivants ou des objets fragiles quelconques.
- Le suédois Ekstrom a proposé en 1910 une méthode d’éclairement basé sur le principe du retour inverse de la lumière. Au lieu d’éclairer tout l’objet d’une manière intense, et d’analyser directement l’objet ou son image, on fait l’obscurité dans la pièce où se trouve l’objet à téléviser, et on explore celui-ci à l’aide d’un mince pinceau lumineux mobile puissamment concentré, permettant d’illuminer l’un après l’autre chaque élément de surface utile. La lumière réfléchie par chaque point permet d’impressionner la cellule, et l’objet n’est plus éclairé en totalité. L’éclairement local est très intense, mais il ne dure que peu de temps, de sorte qu’il n’est pas
- gênant. Par la suite on a, d’ailleurs, adopté, en général, des rayons lumineux de couleur bleue et même parfois des rayons invisibles infra-rouges. La méthode d’Ekstrom supprime les intermédiaires optiques et mécaniques d’exploration entre l’objet visé et la cellule sensible et l’éclat instantané est beaucoup plus intense que lorsqu’il s’agit d’un éclairement uniforme permanent (fig. 7). Elle est, désormais, adoptée dans presque tous les studios d’émission, du moins lorsqu’il s’agit de transmettre des images de personnages vivants ou d’objets opaques. Au contraire, dans la télécinéma-tographie, le film portant les images à téléviser peut être exploré directement par le rayon analyseur (fig. 10).
- L’EXPLORATION
- CATHODIQUE
- Le rayon explorateur est ici un faisceau d’électrons, rigoureusement dépourvu d’inertie. La méthode repose tout entière sur les pro-
- Fig. 14. — L'oscillographe de Wenhell.
- Batterie de chauffage
- Filament recouvert
- Plaques sur lesquelles sont appliquées les tensions à
- étudier
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- Fig. 15. — Déviation électrostatique et déviation électromagnétique du faisceau cathodique.
- priétés de l’oscillographe cathodique réalisé pour la première fois par Ferdinand Braun, professeur à l’Université de Strasbourg, en 1897, et qui a reçu depuis des perfectionnements incessants.
- Si dans un tube de verre hermétiquement scellé, et où règne un vide poussé, on réunit deux électrodes métalliques placées à l’intérieur du tube aux deux pôles d’une source de courant de forte tension, on constate l’apparition d’une phosphorescence verdâtre sur la paroi du tube opposé à l’électrode négative ou cathode (fig. 12).
- C’est que de la cathode et normalement à sa surface partent des rayons à propagation rectiligne, à la rencontre desquels le verre devient fluorescent : ce sont les rayons cathodiques. Nous savons aujourd’hui que les rayons cathodiques sont des projections d’électrons, particules élémentaires d’électricité négative, projectiles très rapides, mais de niasse pratiquement négligeable et par suite à peu près dépourvus d’inertie mécanique.
- Les rayons cathodiques sont déviés par le champ électrique, et par le champ magnétique, et ces faits s’expliquent tout naturellement quand on admet la nature particulaire des rayons cathodiques, établie vers 1898 par l’illustre physicien anglais J.-J. Thomson (fig. 15).
- Le rayon cathodique obéira donc instantanément, à toute variation du champ électrique ou du champ magnétique auquel il sera soumis, et manifestera son obéissance par une déviation proportionnelle à cette variation et perpendiculaire à la direction du champ agissant. U est facile, à l’aide d’un diaphragme, ou d’un tube, sorte de canons à électrons, d’isoler un pinceau
- très fin de ces rayons ; sur le fond de l’ampoule cathodique on place un enduit fluorescent ; le pinceau vient le frapper en y traçant un « spot » lumineux. Le spot obéit fidèlement à des variations même extrêmement rapides des champs électromagnétiques, ce qui a permis d’utiliser l’appareil comme oscillographe particulièrement adapté à l’étude des phénomènes de haute fréquence.
- Wenhelt, en 1905, apporta à l’oscillographe
- Fig. 17. — L’exploration de l’image suivant une bande AB détermine des variations de lumière représentées schématiquement par la courbe de gauche.
- Maximum de lumière .Minimum „ ,,
- cathodique un perfectionnement capital en employant comme cathode émettrice d’électrons un filament recouvert de chaux et porté à l’incandescence (fig. 14).
- Les travaux exécutés depuis 1925 ont permis de idéaliser des oscillographes à spot plus fin, de manœuvre plus facile, et surtout à luminescence plus accentuée.
- Le faisceau cathodique, si obéissant à toute influence électrique ou magnétique, paraît l’explorateur idéal pour les images à transmettre ou à reproduire en télévision.
- On explorera par exemple l’image à transmettx-e avec le pinceau rendu mobile par l’action combinée de deux champs électriques variables qui lui impriment un mouvement sinusoïdal convenable, et lui font balayer l’image. Le spot fluorescent, plus ou moins intense, impressionnera ensuite une cellule photoélectrique.
- La luminosité de la tache fluorescente est pourtant très faible. Ce fait a constitué, et constitue encore, un obstacle pour l’émission. C’est pourquoi la plupart des systèmes dans lesquels on utilise un tube catho-
- Fig. 16. — Une photogravure à trame lâche peut donner une idée approchée de la décomposition d’une image en éléments de télévision.
- dique sont souvent munis au poste émetteur d’un analyseur électro-mécanique. Cet analyseur est couplé en synchronisme avec un tube cathodique disposé au poste récepteur.
- Le faisceau cathodique mobile reconstitue, élément par élément, les différentes parties de l’image sur l’écran fluorescent, et des modulations simultanées du faisceau lumineux permettent d’obtenir les modulations correspondantes, sans emploi d’une source de lumière modulée séparée.
- C’est en 1906 qu’on eut pour la première fois l’idée d’associer à un tube de Wenhelt un appareil de transmission mécanique pour réaliser un système de téléphotographie.
- Le physicien russe Rosing eut, en 1907, le mérite d’établir un système de modulation de l’intensité du spot cathodique par le courant photoélectrique.
- M. Dauvillier eut le mérite d’étudier en France dès 1923 un système de télévision cathodique extrêmement complet qui fut réalisé pratiquement, et auquel il avait
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- Emetteur
- Cellules photo électriques
- Amplificateur
- Fig. 18. — Schéma des postes d’émission et de réception pour radiovision système Baird.
- donné le nom de têléphote. L’analyse de l’image était obtenue à l’aide de deux miroirs plans vibrant rectangu-
- Fig. 19. — Vue d’ensemble d’un « Télévisor » Baird.
- lairement, et portés par des diapasons. Le système récepteur était un oscillographe cathodique de la Western Electric modifié, muni de deux diaphragmes, dans lesquels on modulait la faisceau cathodique par un système statique, à l’aide d’un courant photoélectrique amplifié. Dès 1925, l’appareil a permis de transmettre l’image instantanée et modulée d’un point lumineux.
- Au cours de ces dernières années, les perfectionnements ont porté plus spécialement sur l’augmentation de l’intensité de la tache fluorescente, les modifications du procédé de modulation et l’amélioration du synchronisme.
- C’est seulement en 1911 que Campbell Swinton eut l’idée d’employer un oscillographe à l’émission, et un autre à la réception, en obtenant le mouvement simultané des deux faisceaux cathodiques par variations magnétiques au moyen de bobines placées à angle droit l’une de l’autre, parcourues deux à deux par les mêmes courants alternatifs de synchronisation.
- Des travaux plus récents ont été entrepris à la Compagnie Westinghouse par le Dr Zworykin, mais les
- résultats pratiques les plus intéressants ont été sans doute obtenus en Allemagne par Manfred Von Ardenne.
- QUALITÉS ET IMPERFECTIONS DES IMAGES TÉLÉVISÉES
- La solution idéale de la télévision consisterait à obtenir au poste récepteur une image de grandes dimensions, très bien éclairée en couleurs naturelles et donnant la sensation du relief. Après plus de trente ans d’efforts on est arrivé à obtenir. en cinématographie des projections de grande surface, d’une excellente qualité optique, mais ces projections sont exécutées en noir et blanc, et la sensation du relief, qui repose encore sur le phénomène psychologique du pseudo-relief, est la plupart du temps très peu marquée. Cette simple constatation suffit sans doute pour nous indiquer que la solution idéale de la télévision intégrale en couleurs et en relief est absolument utopique, malgré les recherches déjà entreprises dans ce sens avec une hâte assez inopportune !
- Jusqu’à présent, on n’a pu obtenir que des projections de surface restreinte, en lumière colorée, avec une finesse et un contraste très imparfaits.
- Une image télévisée doit avoir, non seulement une surface suffisante, ne pas présenter de déformations ou de défauts parasites, mais encore offrir un éclairement satisfaisant, un contraste assez accentué, être assez détaillée, et d’une couleur agréable; enfin, elle doit nous donner sans fatigue et sans difficulté la sensation du mouvement.
- En pratique, il faut se contenter d’un compromis.
- En ce qui concerne la
- fidélité optique, il faut, Fig_ 20> _ Aspect de la roue pho_ bien entendu et jusqu’à nique du « Télévisor » Baird avec nouvel ordre, faire le les électro-aimants de synchronisme. sacrifice du relief et de la couleur, en télévision.
- En outre, des défauts de proportionnalité entre les valeurs lumineuses des différentes parties de l’image à l’émission, et
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- à la réception, peuvent provenir des imperfections des systèmes traducteurs et modulateurs de lumière utilisés au poste émetteur, et au poste récepteur, ou des défectuosités des appareils d’amplification ou de transmission du courant électrique. La couleur des radiations utilisées pour l’exploration des objets à téléviser et l’éclairement de l’image reçue ont également une importance essentielle. Les rayures, taches, stries, etc..., et, en général, tous les troubles optiques sont dus, le plus souvent, à l’influence nuisible de courants parasites à haute fréquence d’origine industrielle ou atmosphérique, sur les appareils récepteurs. Malgré les avantages de la projection animée sur la projection fixe, il ne semble pas malheureusement que les récepteurs de télévision soient moins sensibles que les récepteurs de radiophonie à l’influence des oscillations parasites de toutes sortes.
- Les distorsions optiques les plus graves proviennent, d’ailleurs, jusqu’à présent, des défauts de construction mécanique dans les appareils électromécaniques, ou des défectuosités électriques dans les appareils cathodiques, et du réglage des systèmes de synchronisation utilisés entre l’analyseur et le synthétiseur.
- De très grands progrès ont pu être obtenus pourtant, et les images à peu près informes de 1925-1926 ont fait place en 1932 à des images encore floues, sans
- Fig. 23. — Le récepteur de télévision « Broadcasting Televisor ». Vue d’ensemble, où l’on aperçoit le disque de Nipkow et en son centre le cercle stroboscopique.
- doute, et peu détaillées, mais dont les contours sont aisément discernables.
- La surface extrêmement réduite des images reçues jusqu’à présent constitue un des défauts les plus graves des appareils actuels. Dans les appareils d’amateurs, la surface réelle initiale n’est que de l’ordre de 8 à 12 cm2, et l’amplification optique possible est toujours extrêmement limitée, si l’on ne veut pas exagérer les défauts de l’image. M. Barthélémy aurait réussi à obtenir, il y a déjà longtemps, par réflexion, une surface plus importante de l’ordre de 600 cm2, et les essais les plus récents de télévision professionnelle aux États-Unis auraient permis d’employer un écran de 4 m2 avec des dispositifs spéciaux modulateurs de lumière, des cellules de Kerr, surtout, dont l’emploi est pourtant assez délicat.
- Remarquons à ce sujet que la télévision directe, dans laquelle on examine directement l’image reçue à travers un système optique, paraît de plus en plus réservée aux amateurs. Le système de l’avenir, même pour les usagers
- Fig. 22. — Appareil de télévision Tekadé à disques interchangeables et disposition double de la lampe au néon.
- (A droite, l’appareil monté dans une ébénisterie.)
- de la télévision, sera certainement constitué uniquement par la réception sur écran.
- Mais, pour obtenir une image projetée sur écran, même de surface réduite, permettant une vision agréable, il faut une image suffisamment éclairée, et présentant des contrastes satisfaisants.
- Dans les appareils de projection cinématographique d’amateurs, l’éclairement de l’écran est de l’ordre de 50 lux. Une perception visuelle, d’ailleurs assez peu agréable, ne peut être obtenue qu’avec 10 à 15 lux. Or, dans les appareils actuels de télévision d’amateur, l’éclairement de l’image n’est encore que de l’ordre de deux à trois lux. On se rend compte ainsi des progrès à accomplir !
- Enfin, la stabilité de l’image est fonction de la qualité du synchronisme entre le dispositif analyseur et le dispositif de synthèse. On remarque souvent dans les appareils récepteurs de télévision un déplacement horizontal ou vertical de l’image. Cette sorte de balancement périodique est du aux défauts de la régularité de mouvement du système analyseur électromécanique,
- HL.e tension
- Lampe de sortie du radio récepteur
- Lampe ai
- Fig. 21.
- Montage d’une roue phonique.
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- et non à lin défaut de synchronisme entre l’émetteur et le récepteur.
- Enfin, la scintillation est produite, comme en cinématographie, par le manque de vitesse de projection des images. Comme un éclairement faible augmente la durée de persistance de l’impression rétinienne, la cadence de projection des images télévisées, le plus souvent assez mal éclairées, peut être relativement réduite.
- Pour les appareils d’amateur, elle n’est ainsi que de l’ordre de 12 ou même de 10 images par seconde, et c’est seulement pour la télécinématographie sonore qu’elle doit être obligatoirement portée à 24 images par seconde, puisqu’on transmet des images et des sons enregistrés sur des films standard.
- LE PROBLÈME DE LA TÉLÉVISION EST ESSENTIELLEMENT UN PROBLÈME DE TRANSMISSION DE FRÉQUENCE
- La transmission de l’image à téléviser se fait par éléments successifs. Pour obtenir de bons résultats, il faut
- Top de
- synchronisme
- Interruption
- élémentaire
- Interruption | élément^après] chaque explora- ' tion d une bande
- //.<?.25. — Forme de modulation de l'onde transmise dans le système Barthélémy.
- transmettre le plus grand nombre possible de détails de l’image, c’est-à-dire avoir une image aussi fine que possible, pour qu’on puisse discerner les parties caractéristiques des objets, reconnaître les traits des personnages télévisés.
- Nous pouvons avoir une idée approximative des qualités d’une image en fonction du nombre d’éléments qu’elle contient en regardant les illustrations exécutées au moyen de la photogravure. Ces illustrations sont toujours formées de petits cercles blancs ou noirs plus ou moins resserrés et aussi de surface plus ou moins grande (fig. 16). L’assemblage de ces surfaces élémentaires donne l’impression à distance d’une image continue, mais cette impression est d’autant plus agréable que l’image est plus fine, c’est-à-dire que le nombre d’éléments au centimètre carré est plus grand.
- Les trames les plus grossières, de l’ordre de 600 points au centimètre carré, sont réservées aux journaux quotidiens imprimés sur du papier non glacé.
- Si l’on voulait ainsi obtenir en télévision, avec un appareil récepteur d’amateur, une image de quelque dix centimètres carrés seulement, contenant autant d’éléments
- Réception Tétéhor r.. • •iy. Réception
- Loupe Ecran
- Ecran^
- Moteur
- Image Téléhor Sens de l'analyse
- Image Baird
- Sens de l'analyse
- Fig. 24. — Disposition de l'appareil Integra avec disque à double
- spirale et entraînement par poulie à deux démultiplications.
- que l’image, même très grossière, d’un journal quotidien, il faudrait qu’elle renfermât plus de 6000 éléments distincts. Dans la réalité, elle en contient généralement beaucoup moins que cent au centimètre carré, soit mille au total.
- Les premiers techniciens de la télévision indiquaient que le diamètre des éléments composant l’image télévisée ne devait pas dépasser l/20e de millimètre. Sans doute, à l’heure actuelle, le grain d’un film cinématographique négatif n’est que de l/50e de millimètre et celui d’un film positif de l/100e de millimètre. Cependant s’il fallait encore observer la condition énoncée par les techniciens, il y a quelque vingt-cinq ans, le problème de la télévision pourrait être considéré comme absolument insoluble.
- L’expérience a fort heureusement montré qu’on pouvait se contenter d’une finesse beaucoup moins accentuée pour obtenir des résultats fort satisfaisants. On peut considérer une finesse d’une centaine de points au centimètre carré comme un premier résultat de début, mais si l’on pouvait augmenter cette finesse jusqu’à 500 ou 600 points on obtiendrait des résultats excellents.
- La finesse nécessaire varie, d’ailleurs, non seulement suivant le sujet télévisé, comme pour les images fixes, mais aussi suivant le mouvement plus ou moins rapide de l’image animée. Plus le mouvement est rapide, plus nous pouvons nous contenter d’une finesse moins accentuée, car notre œil discerne moins bien les détails.
- La projection sur écran présente à ce point de vue encore des avantages immenses sur la vision directe, parce que l’observateur peut toujours se placer à la distance de vision la plus convenable. Bien souvent une
- Fig. 26. — Schéma d’un oscillographe cathodique moderne.
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- = 250 • ......................................1==:=:
- image qui paraît assez détaillée à une certaine distance paraît grossière lorsqu’on la regarde de près, l’expérience est facile à faire avec une photogravure d’un journal quotidien. A une distance de 1 m 50 ou même de 1 mètre, l’image paraît fort acceptable. Dès que nous la rapprochons de nos yeux, nous apercevons les éléments distincts de la trame et l’illusion disparaît.
- Dans un système explorateur quelconque à transmission successive des points, lorsque le faisceau lumineux explore l’objet à téléviser, il se produit des variations de l’intensité de la lumière traversant l’objet, si celui-ci est transparent, ou se réfléchissant sur lui, et ces variations de lumière sont d’autant plus intenses que les différences d’opacité ou de tonalité des différents éléments de l’image sont plus grands, et sont d’autant plus nombreuses que le nombre des éléments distincts est aussi plus grand (flg. 17).
- La cadence de modulation de la lumière est ainsi proportionnelle au nombre des éléments de l’image. Il ne
- Fig. 27. — Image reçue en télévision cathodique par le système von Ardenne.
- peut y avoir variation de l’intensité lumineuse, évidemment, que si le pinceau lumineux explore deux éléments contigus de teintes ou d’opacités différentes. La fréquence de modulation est donc égale à la moitié du nombre des éléments de V image. Ainsi, lorsqu’une image comporte 9000 éléments distincts, il se produit 4500 variations de lumière pendant son exploration.
- Pour obtenir la synthèse du mouvement, grâce à la persistance de l’impression rétinienne, il est nécessaire de transmettre, pendant une seconde, non pas une seule image, mais un certain nombre d’images, de l’ordre de 10 à 24. Le nombre des oscillations électriques transmises en une seconde est ainsi également fonction du nombre des images transmises pendant le même temps.
- Si, dans l’exemple précédent, nous voulons téléviser un objet avec une trame de 9000 éléments et une cadence de transmission de 10 images à la seconde seulement, le courant électrique modulé aura une fréquence de 4500 X 10 = 45 000 périodes-seconde.
- Pour être parfaitement détaillée, une image de 10 centimètres carrés devrait contenir environ 5000 éléments
- distincts. On voit qu’il faudrait employer pour sa transmission des oscillations électriques d’une fréquence de l’ordre de 25 000 périodes-seconde. Pour une image de 100 cm2, ce qui n’est pas encore bien grand, la fréquence correspondante serait de l’ordre de 200 000 à 300 000 périodes-seconde. Si l’on songe que, pour la transmission des communications téléphoniques, on n’emploie guère que des courants d’une fréquence de l’ordre de 3000 périodes-seconde, et que pour la radiodiffusion on ne considère qu’une gamme de fréquences qui ne dépasse jamais 5000 périodes-seconde, on voit combien le problème est différent.
- En admettant même que nous puissions produire et amplifier des oscillations aussi rapides, comment les transmettre aux postes récepteurs ? L’emploi des fils téléphoniques utilisés suivant les méthodes normales, du moins à grande distance, est à rejeter a priori. Il reste sans doute le recours aux ondes hertziennes et les procédés de radiovision sont en fait ceux qui ont permis jusqu’ici d’obtenir les résultats les plus probants.
- Mais on sait que les transmissions modulées radiophoniques ne s’effectuent pas uniquement sur la fréquence porteuse de l’émission, mais sur une bande de fréquences s’étendant, de part et d’autre de la fréquence porteuse, sur une largeur d’autant plus grande que la gamme de modulation est elle-même plus étendue. Pour les émissions ordinaires actuelles, avec des fréquences de modulation acoustique de l’ordre de 4000 à 5000 périodes environ, cette bande radiophonique occupe dans l’éther une largeur de 9 à 10 kilocycles. Avec les données que nous venons d’indiquer, ce n’est pas 10 kilocycles qu’il faudrait réserver à la bande des fréquences d’un poste émetteur de télévision, mais, au minimum, le double ou le triple pour des images réduites d’amateur, et 200 ou 300 kilocycles si l’on voulait obtenir des résultats vraiment satisfaisants. Inutile sans doute d’insister sur le fait que de telles transmissions ne pourraient s’effectuer qu’en utilisant des émissions sur ondes très courtes.
- Jusqu’à présent, les émissions régulières de télévision en Europe n’ont été effectuées que sur une bande des fréquences du même ordre que la bande des fréquences radiophoniques, c’est-à-dire 9 kilocycles environ. On n’a ainsi pu, sans doute, transmettre que des images très peu détaillées.
- Il est bien certain cependant qu’il faut tenter non seulement d’étendre si possible la bande des fréquences transmises, mais encore d'utiliser au mieux la bande des fréquences possibles. Un jeune ingénieur français, M. De France, aurait, paraît-il, réussi à mettre au point un système de modulation très ingénieux permettant d’effectuer une transmission de modulations beaucoup plus étendues sans augmenter la bande des fréquences utilisées. Il y aurait là un premier résultat très important. On a proposé d’autres procédés consistant, par exemple, à proportionner la vitesse d’exploration du faisceau lumineux à la tonalité ou à la finesse des détails de la partie de l’image considérée.Tous ces dispositifs ne constituent sans doute que des artifices, et non des solutions vraiment radicales.
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- LES APPAREILS ÉLECTROMÉCANIQUES DE TÉLÉVISION EN FRANCE
- Jusqu’à présent, en France, la station d’émission des P. T. T. a seule procédé à des émissions plus ou moins régulières d’images télévisées sur sa longueur d’onde normale de 447 mètres et sur une bande de fréquences habituelle. Ces émissions sont effectuées suivant les procédés Baird exploités en France par la Compagnie Baird Pathé Nathan et MM. Robert Lion et Stoyanowsky. Le studio d’émission est situé à Paris, rue du Faubourg-Saint-Honoré, il est relié par des câbles téléphoniques au poste des P. T. T.
- Dans le système Baird actuel destiné aux émissions d’amateur, le sujet à téléviser est exploré au moyen d’un faisceau lumineux infrarouge transmis par un disque de Nipkow. A la réception, on utilise également un disque de Nipkow tournant en synchronisme devant une lampe au néon.
- L’image est explorée verticalement par 30 lignes correspondant à 30 perforations du disque; elle est rec-1 angulaire et mesure 21 sur 49 millimètres (fig. 18). La fréquence de modulation est approximativement de 4500 périodes-seconde, la bande de fréquences ne dépasse donc pas la largeur d’une bande de transmission normale radiophonique.
- Dans le système récepteur, l’observateur, placé devant un système optique amplificateur, aperçoit, en réalité, la plaque luminescente d’une lampe au néon à travers les trous du disque.
- Cette plaque mesure 35 X 50 mm. On peut monter la lampe sur un poste récepteur de T. S. F. assez puissant, à la place du haut-parleur habituel, mais il est nécessaire que ce récepteur n’introduise aucune déformation et qu’il présente une sélectivité très peu accentuée, au contraire de la qualité recherchée pour un récepteur radiophonique ordinaire.
- On emploie donc très rarement des systèmes à changement de fréquence. Il vaut beaucoup mieux utiliser un appareil sans amplification haute fréquence ou à amplification haute fréquence bien étudiée. Pour obtenir une profondeur de modulation suffisante correspondant à un contraste accentué de l’image, il est, de même, nécessaire de réaliser une amplification basse fréquence considérable de manière à obtenir une puissance modulée de l’ordre de plusieurs watts ; ainsi il est bien préférable d’utiliser entre le récepteur de T. S. F. et la lampe au néon un amplificateur basse fréquence bien étudié, généralement à résistance-capacité (fig. 19).
- Enfin, les résultats ne peuvent être satisfaisants que si un synchronisme absolu existe entre les disques émetteur et récepteur. Ce synchronisme est réalisé dans le système Baird par un dispositif très ingénieux. Deux bobinages d’électro-aimant sont montés en série dans le circuit de la lampe au néon, et dans l’entre-fer de cet électro-aimant est placée une
- Fig. 28. •— La cabine de visiotéléphonie installée en France par la Cie Baird-Pathé-Natlian. (Procédés Robert Lyon et Stoyanowsky.) Au centre l’écran sur lequel apparaît l’image du correspondant. A droite et à gauche, les groupes de cellules sur lesquelles agissent les rayons réfléchis infra-rouges analyseurs. (Pli. Roi.)
- roue dentée en fer comportant autant de dents qu’il existe de trous sur le disque ; dans le cas actuel, ce nombre est donc de 30. Cette roue est destinée à jouer le rôle de frein ou d’accélérateur électrique de manière à maintenir la rotation du disque analyseur isochrone de celle du disque émetteur.
- A la fin de l’exploration de l’image par chaque trou du disque, il se produit une interruption du courant modulé de télévision, c’est-à-dire qu’il y a 30 interruptions par tour de disque et en même temps envoi d’un signal de synchronisme intense. Si au moment où le courant de synchronisme correspondant passe dans l’électro-aimant, les dents de la roue ne se sont pas encore présentées devant les pièces polaires, elles sont attirées par
- Fig. 29. —• L’installation arrière de la eabine.
- Au centre l’émetteur à disque analyseur, à gauche le récepteur à tambour à miroir et écran, à droite les amplificateurs. (Ph. Roi.)
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- celles-ci. Au cas, au contraire, où elles ont déjà dépassé les pièces polaires, elles sont freinées. Il y a ainsi régularisation (fig. 20 et 21).
- Cette action de freinage et d’accélération est uniquement, d’ailleurs, une action régulatrice, de sorte qu’il est en outre nécessaire d’employer un rhéostat de réglage pour ajuster approximativement la vitesse du moteur à la valeur convenable.
- On trouve à l’heure actuelle dans le commerce les appareils Baird, dits Têlévisor, montés, et aussi des pièces pour les monter soi-même (fig. 23).
- Il existe des récepteurs à disques de Nipkow et lampes au néon à plaque luminescente qui présentent la particularité de posséder des disques interchangeables, pour la réception des émissions anglaises, allemandes ou françaises.
- Il existe aussi des appareils récepteurs comportant sur un même disque deux rangées de perforations, l’une servant pour la réception des émissions du type anglais Baird, l’autre pour la réception du type allemand Téléhor. Pour la réception du type anglais, l’image est, comme nous l’avons indiqué, explorée par bandes parallèles verticales, tandis que, pour la réception des images Téléhor, elle est explorée par bandes parallèles horizontales (fig. 22 et 24). Ainsi, pour la réception des émissions anglaises la lampe luminescente au néon est placée sur un côté du disque de sorte que l’observateur l’aperçoit à travers un système optique agrandisseur qui, d’ailleurs, n’a pas besoin d’être corrigé, puisqu’on ne voit à la fois qu’un des éléments de l’image. Pour la réception des émissions allemandes, le système luminescent est placé à l’extrémité du diamètre vertical du disque.
- Comment obtenir, dans ces appareils très simples, le synchronisme nécessaire entre le mouvement du disque récepteur et le mouvement du disque émetteur ? On peut tout d’abord, lorsqu’il s’agit d’essais tout à fait de début, se contenter d’un réglage approximatif de la vitesse à l’aide du rhéostat, ou d’un système mécanique quelconque, freinage à la main ou par une courroie en s’aidant des indications d’un stroboscope.
- Ce système de synchronisation est évidemment tout à fait rudimentaire. Si l’on veut obtenir des résultats
- réguliers, il est indispensable de le remplacer par un dispositif automatique. Le plus simple de ces dispositifs consiste à commander la rotation du disque au moyen d’un moteur synchrone alimenté par le même secteur alternatif à fréquence bien constante que le moteur du poste émetteur.
- Le deuxième moyen, utilisé dans les appareils Baird, consiste à caler sur l’arbre du moteur une roue phonique, qui est, également, une sorte de petit moteur synchrone alimenté par du courant basse fréquence. Dans les appareils Baird, cette roue phonique est actionnée par un signal envoyé après chaque exploration partielle de l’image, mais le dispositif ne joue que le rôle de frein ou d’accélérateur, et ne permet pas d’obtenir un synchronisme absolu et automatique.
- M. Barthélémy a eu l’idée d’un système de synchronisme original qui semble donner des résultats très supérieurs (fig. 25).
- A la fin de chaque ligne d’exploration, de l’image à l’émission, exploration réalisée d’ailleurs au moyen d’un tambour de Weiller, il y a encore une très courte interruption de la modulation, mais cette interruption n’est plus destinée à maintenir le synchronisme, et simplement à permettre une meilleure transmission des courants de modulation.
- C’est à la fin de chaque transmission d’une image complète, c’est-à-dire à chaque rotation du tambour, qu’un rayon lumineux produit un éclat bref d’une durée de 1/10 000e de seconde sur une cellule photoélectrique. Cette cellule photoélectrique est intercalée dans le circuit de modulation de l’onde de télévision, d’où une modulation supplémentaire avec une amplitude beaucoup plus grande.
- Une petite lampe au néon auxiliaire est montée en circuit à la sortie du récepteur. Elle ne s’allume que sous l’action du signal intense de synchronisme, et permet la décharge d’un condensateur qui détermine, à l’aide d’un système amplificateur, la conservation de la phase du mouvement d’un moteur bipolaire à induit mobile alimenté par le courant de plaque du dernier étage du système.
- P. Hémardinquer.
- LA SECONDE MORT DE PHILAE
- En 1908, Loti écrivait : « Encouragés par le succès, les Anglais vont, l’année prochaine, élever encore de six mètres le barrage du Nil; du coup le sanctuaire d’Isis aura complètement plongé... » Il aura fallu un quart de siècle pour que le travail d’exhaussement du barrage d’Assouan se trouve réalisé et pour que le malheur de l’île de Philae, perle de l’Égypte, soit consommé : non plus par la main des Anglais,mais par celle des Égyptiens eux-mêmes.
- PHILAE ET SES TEMPLES IMMERGÉS
- Il a été dit sur la question de Philae tant de choses, et parfois si vaines, qu’il n’est pas mauvais de mettre au
- point les faits, dans le temps où s’accomplissent des travaux grandioses.
- Cette petite île, longue de 270 mètres et large de 240, est située, comme l’on sait, en amont de la Première Cataracte ; il faut se représenter cette « cataracte » comme des rapides galopant parmi d’innombrables têtes de rochers, noirs et aiguës, et l’île, à l’origine, comme un temple et comme un jardin. Philae et sa voisine d’aval, Éléphantine, marquaient pour les Anciens, une limite du monde et. la porte méridionale de l’Égypte. Par une singulière rencontre, il se trouve que le tropique du Cancer passe presque exactement à Assouan, si bien que la Première Cataracte fixe en quelque sorte l’entrée de cette
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- zone où le soleil peut passer au zénith, et le gnomon, ne pas donner d’ombre.
- Mais Philae n’a pas qu’une importance symbolique; c’était une « marche », l’avant-poste de la civilisation nilotique, vers les Barbares nubiens. Et c’est sans doute à ce titre que la petite île a porté tant de temples, et que les historiens et les voyageurs lui ont donné tant de renommée. Cependant, parmi les édifices que les hommes et le temps ont épargnés, il n’y en a point qui soit de haute époque. Le fameux temple d’Isis (') est œuvre ptolémaïque et bien des égyptologues en parlent avec
- .. ....:== 253 =
- bientôt, sont dans leur genre une des œuvres les plus fines et les plus pures non pas de l’art égyptien, mais de tous les arts ».
- De même, le petit kiosque, popularisé par l’image, qu’Auguste fit édifier et qui fut attribué à Trajan, révèle le suprême achèvement d’un art délicat, respecté par les conquérants.
- Chacun sait que l’île est inondée depuis la construction du barrage. Mais seulement pendant la période des basses eaux, qui va de décembre à juin : comme les touristes ne viennent pas en Egypte entre juin et novembre, il ne
- Fig. 1. — Vue aérienne de Vile de Philae.
- En avant le temple de Trajan. Au fond le temple d’Isis. (Phot. Royal Air Force.)
- une sorte de mépris, oubliant sans doute que l’un des plus grands d’entre eux, Maspero, écrivait : « L’hypostyle du grand temple d’Isis, à Philae, renferme à coup sûr ce qu’ils nous ont légué de plus parfait.... Ces colonnes peintes que l’accroissement du barrage d’Assouan ruinera
- 1. Rappelons que dans l’intérieur du grand pylône du temple d’Isis on trouve gravée la célèbre inscription suivante : « L’an VI de la République le 13 messidor, une armée française commandée par Bonaparte est descendue à Alexandrie. L’armée ayant mis, vingt jours après, les Mameluks en fuite aux Pyramides, Desaix, commandant la lre division, les a poursuivis au delà des cataractes où il est arrivé le 13 ventôse de l’an VII ».
- résulte que les temples ne sont plus jamais vus qu’à demi immergés. Qu’ils en aient souffert, et pour certains, de façon irréparable, il n’y a malheureusement pas de doute. Une faudrait pourtant pas croire qu’ils soient abandonnés ; chaque année, durant le temps des basses eaux, le Service des Antiquités fait poursuivie des restaurations et des consolidations, relève des colonnes, consolide des chapiteaux, bouche des fissures... Cela n’empêche pas le travail lent et sournois des eaux.
- Karnak même a souffert de l’humidité excessive du sol, les imprégnations qui remontent le long de la pierre
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- LE BARRAGE D’ASSOUAN
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- font apparaître des moisissures, des lèpres, et on a construit un énorme drain circulaire qui entoure les temples et protège le sous-sol contre les alïouillements, à la décrue. La merveilleuse conservation des édifices égyptiens n’est pas due seulement à la qualité des matériaux employés, à leur dureté légendaire, mais aussi, mais surtout à la qualité de l’air, à l’absence de pluies. J’ai vu, dans les cimetières d’Alexandrie — pourtant plus pluvieuse — et du Caire, des monuments de marbre datant de soixante ou quatre-vingts ans et qui semblent érigés de la veille. Ne croit-on pas que l’obélisque de Louqsor a plus souffert /le’ ses. .cent années de Paris, que de cinquante siècles d’Egypte? Quant à la fameuse « aiguille de Cléopâtre » des Américains, elle s’en va par grandes plaques, comme
- Si nous nous plaçons au point de vue de l’ingénieur, nous reconnaîtrons la beauté de l’entreprise. Avec ses 28 mètres de hauteur, ses 1960 mètres de développement, ses centaines de portes-écluses, toutes commandées ensemble, à l’électricité; avec son immense lac artificiel, formant un rései'voir de deux milliards et demi de mètres cubes, le barrage d’Assouan est un des plus grands et des plus utiles travaux du monde. Aucun autre barrage ne pouvait lui être comparé jusqu’à ce que fût édifié le barrage Wilson, sur la Tennessee River, barrage d’ailleurs destiné à la production de force électro-motrice bien plus qu’à l’irrigation.
- si son granit était malade.
- Que feront les granits de Philae, soumis en plein courant à un bain annuel, contre les effets duquel toutes les restaurations du Service des Antiquités ne pourront lutter que faiblement?
- La question se posait depuis vingt-cinq ans, sans qu’on eût fait quoi que ce soit pour la résoudre.
- Mais du moins avait-on la consolation de penser qu’une partie, une faible partie des temples était encore visible même au plus fort de la crue. Or, les travaux engagés maintenant vont avoir pour effet
- de surélever le barrage, et par conséquent le réservoir d’amont, de plus de sept mètres. Il suffit de voir les photographies po*ur se rendre compte que durant l’hiver Philae disparaîtra de la surface du globe, aussi totalement que la ville d’Ys ou les cités légendaires de l’Atlantide. On viendra circuler en barque au-dessus de ces édifices sacrés où Ton pouvait encore, l’hiver dernier, pénétrer en pèlerin navigateur. Finis, les propylones et la colonnade et le kiosque. Une blancheur les révélera à peine dans les eaux limoneuses du fleuve nourricier.
- Fig. 2 (à gauche). — Le kiosque de Trajan hors d’eau pendant la crue quand le barrage est ouvert. (Phot. Tourist Development.)
- Fig. 3 (à droite). — Le kiosque de Trajan tel qu’il apparaît maintenant quand le barrage est fermé. (Ph. Kodak-Egypt).
- Fig. 4 (en bas). — Un chapiteau du kiosque de Trajan.
- (Ph. Kodak-Egypt.)
- Cependant, pour assurer l’irrigation régulière de toute la vallée du Nil, depuis Philae jusqu’à la mer U réservoir d’Assouan était tout à fait insuffisant; on a pensé à plusieurs autres réservoirs, et le projet qui entre actuellement en voie d’exécution est celui de Djebel Awlia. Mais c’est à As-souan même que les travaux se poursuivent depuis des mois. Ils ont pour but d’exhausser de plus de 7 mètres le niveau actuel; au premier abord, cela ne semble pas considérable si on se rappelle la hauteur de 28 mètres du barrage ; mais l’effort exercé par le réservoir sur le barrage croît beaucoup plus vite que la hauteur de ce barrage. Plutôt que d’entrer ici dans des calculs que les hydrau-liciens connaissent et qui seraient fastidieux pour le profane, donnons cette seule proportion : en surélevant le barrage d’im quart de sa hauteur, on double la capacité du réservoir créé en amont. Cinq milliards de mètres cubes d’eau seront contenus par les murs de granit du barrage. L’Egypte moderne rejoint l’antique dans le gigantesque.
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- Fig. 5.
- Les pylônes du temple d’Isis (le barrage fermé).
- On voit les ravages causés par l’humidité. (Ph. Kodak-Egypte.)
- L’exhaussement du barrage a donc nécessité de renforcer puissamment la butée d’aval. D’autre part, pour construire le haut de la muraille, les ingénieurs ont dressé au faîte du barrage des échafaudages supportant une voie ferrée qui court à une dizaine de mètres au-dessus du mur. Des grues roulantes se déplacent sur cette voie et la construction se poursuit ainsi dans les meilleures conditions.
- On ne'saurait se faire aussi sévère que Loti, Fig. 7. — Travaux de reslauration dans le temple d'Isis. et condamner la construction, et la suréléva-
- tion du barrage, dont profite toute l’Egypte : le prétexte des temples détruits pèse assez peu, il faut l’avouer, en face de l’intérêt matériel de millions d’individus. Et d’ailleurs, rien ne servirait de récriminer. Le mal — artistique — étant fait, il n’y a qu’à chercher les remèdes, puisque jadis on ne voulut pas adopter le projet français qui plaçait le barrage en amont de Philae.
- COMMENT SAUVER LES MONUMENTS DE PHILAE
- Ce remède paraît simple. Puisque l’île de Philae n’est plus un lieu habitable pour un temple, il faut enlever les temples que l’on veut conserver. Il ne s’agit pas ici de déplacer la salle hypostyle de Karnak ou les colonnes de Louqsor. Les constructions de Philae sont de dimensions relativement restreintes; il n’y a aucune impossibilité, disons plus, il n’y a aucune difficulté grave, à démonter, par exemple, le temple d’Isis, pierre par pierre,
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- et à le reconstruire sur l’île d’Eléphantine. Le décor sera à peine changé; un emplacement se prête à cette construction. De Philae à Éléphantine, là distance n’est pas grande; au lieu d’être totalement submergés, les temples jouiront toute l’année du soleil et de l’air sec qui ont été de merveilleux préservateurs. Sans doute voudrait-on n’avoir pas à déménager des temples vénérables, construits par les artisans des Ptolémées et les architectes d’Auguste. Mais on a bien transporté les trésors du pauvre Tout-Anlch-Amon et exposé à la lumière vive du Musée du Caire ses sarcophages d’or destinés aux ténèbres éternelles de l’hypogée. Le sacrilège serait moindre.
- Restent les difficultés matérielles. La preuve évidente de la possibilité architecturale nous est donnée à Paris même.
- Nous verrons quelles autres solutions ont été proposées. Nous arrêtant à celle-ci, il faut encore en voir les possibilités. Du point de vue architectural, nous savons, par l’exemple de l’hôtel de Massa, qu’on peut abattre un édifice, même en pierres tendres, et le transporter morceau par morceau pour le reconstruire ailleurs. Si l’on se contente de déplacer le kiosque de Trajan et même une partie du temple d’Isis, l’opération garde des proportions restreintes. Encore faudra-t-il trouver des capitaux et se résigner à détruire l’ensemble architectural de Philae
- pour n’en sauver qu’une partie. On voit la double objection.
- « Faisons mieux, ont proposé certains architectes : puisqu’on a surélevé le niveau du fleuve en amont, surélevons aussi le niveau de l’île ». C’est vite dit. Ce serait moins vite fait, et les millions nécessaires subiraient un coefficient de majoration qu’on ne peut guère estimer. Car il faudrait construire l’île, si on ne veut pas que le courant la balaie; et avant de la construire, il faudrait en déraciner toutes les ruines, les transporter à l’abri, puis les ramener sur place. L’entreprise est gigantesque. Où trouver les capitaux nécessaires? Au vrai, il serait assez imprudent de s’engager dans cette voie, sous peine de voir une puissance assez riche faire le sacrifice, mais saisir en revanche une occasion de main-mise sur l’archéologie égyptienne, qui doit être au-dessus des nationalismes.
- Troisième solution : ne rien changer à l’île, la conserver intacte grâce à une sorte de digue, ou de batardeau qui l’environnerait complètement et la protégerait contre l’inondation. 11 n’y a pas impossibilité matérielle, certes; mais du point de vue artistique, imagine-t-on ce que serait Philae, au fond de cette cuvette, à quelques mètres en contre-bas des eaux?
- L’idée artistique étant l’essence même de toute cette question, la solution semble impraticable, parce qu’elle
- Fig. 8. — Travaux de surélévation du barrage d’Assouan au début de l’opération. (Ph. Tourist Development.)
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- Fig. 9. — Contreforts d’aval au barrage d’Assouan. L’exhaussement atteint 7 m et la hauteur totale de chute sera de 35 m.
- (Ph. Tourist Development.)
- substituerait à la tristesse des ruines détruites, une sorte de ridicule odieux.
- On voit comme il est difficile de tirer une conclusion nette, de l’examen de tant de possibilités et d’obstacles. La première condition d’une entreprise de ce genre est de trouver des capitaux. Dès que des temps meilleurs seront revenus, on devrait pouvoir les réunir. Mais il faut que ce soit avec une entière liberté d’action — qu’ils aient été souscrits bénévolement par des gouvernements, des associations ou des particuliers, sans que quiconque cherche à en tirer un avantage au détriment d’une organisation archéologique qui a donné depuis cent trente ans des preuves éclatantes de sa vitalité.
- Si nous écartons comme inesthétique la construction
- du bâtardeau et comme financièrement impraticable l’exhaussement de toute l’île, il ne reste plus que le transport du kiosque de Trajan et d’une partie du sanctuaire d’Isis, sur Eléphantine. Les inconvénients éclatent : l’unité de l’île de Philae détruite, les temples arrachés du décor pour lequel ils ont été faits, un ensemble architectural et archéologique disjoint, la substitution d’une île indifférente à une île sacrée... Mais que peut-on de mieux? Du moins aura-t-on sauvé, pour le plaisir des siècles à venir, des édifices d’une grâce exquise, où se reflète, dans un suprême achèvement harmonieux, l’ultime floraison de la civilisation égyptienne, qui est une depuis Sakkara jusqu’à Philae.
- Christian de Caters.
- : UNE ANCIENNE ENTREPRISE : DE L’OBSERVATOIRE DE PARIS
- UN ATLAS NATIONAL
- Il y a soixante ans, l’Observatoire, alors dirigé par M. Delau-nay, entreprit la publication d’un Atlas destiné à faire connaître notre pays dans le plus grand détail, et où l’agriculteur, l’industriel, le négociant, comme aussi l’homme politique et l’homme d’étude, auraient trouvé immédiatement les renseignements dont ils peuvent avoir besoin et qu’ils ne savent où chercher.
- M. Delaunay avait été nommé directeur de l’Observatoire après la révocation de Le Verrier, arrivée le 5 février 1870. Grand théoricien, universellement connu par ses immenses travaux sur le mouvement de la Lune, professeur admirable, il ne s’était jamais occupé d’astronomie pratique, et, à son âge, il lui était difficile d’acquérir ce talent indispensable.
- Mais la guerre vint tout troubler. On dut, quand il fut
- certain que Paris serait assiégé, démonter les instruments et les mettre en lieu sûr. Les astronomes, selon leur âge et leurs aptitudes, concoururent à la défense nationale. C’est parmi eux que le colonel Laussedat trouva ses meilleurs auxiliaires pour dresser, jour par jour, le plan des travaux de l’ennemi. Quant à M. Delaunay, peu propre à rendre des services comme observateur, il employa son temps à mettre en ordre les archives de l’Observatoire, les plus riches peut-être du monde dans leur spécialité, et qui faillirent être détruites par le feu quand les insurgés de la Commune, qui avaient fait de l’Observatoire une véritable forteresse, tentèrent d’incendier l’édifice.
- Quand l’ordre fut rétabli, voici le plan de travail que le directeur se proposa de suivre :
- « Continuer la réobservàtion du catalogue de Lalande, la
- + * +
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- construction de l’Atlas des étoiles de l’écliptique commencé par Chacornac, observer les étoiles doubles, et, finalement, se préparer à de nouvelles déterminations des longitudes de Brest, de Greenwich et de Neuchâtel. » De plus, conformément à la convention faite entre MM. Le Verrier et Airy, qui fut maintenue jusqu’en 1881, l’Observatoire continua à rechercher et à observer les petites planètes nouvellement découvertes, pendant la seconde moitié de chaque lunaison.
- L’insuffisance de la Connaissance des Temps était alors telle, qu’à l’Observatoire, on ne faisait usage que du Nautical Almanac. Pour y suppléer, on commença la publication d’un Bulletin, qui ne dura pas très longtemps et où l’on trouvait les positions apparentes des étoiles fondamentales pour le moment de leur passage supérieur au méridien de Paris, de dix en dix jours. Pour seize étoiles voisines des pôles, les positions étaient données de jour en jour. Ce Bulletin donnait aussi tous les renseignements qu’il importait de faire connaître sans retard au public scientifique.
- En même temps, au point de vue météorologique, on continuait la publication du Bulletin international, confié maintenant à l’O. N. M. Un autre Bulletin, mensuel, résumait chaque mois les progrès accomplis et servait de lien entre l’Observatoire et les Commissions météorologiques départementales. C’est aussi à cette époque que commença à paraître VAnnuaire de l’Observatoire de Montsouris, alors succursale du grand Observatoire. Delaunay et Marié-Davy espéraient ainsi vulgariser la météorologie, surtout parmi les agriculteurs et les amener à mieux utiliser leurs connaissances pratiques sur les signes du temps, car l’époque était douloureuse et il y avait urgence à réparer bien des ruines : « Sans déserter la science pure, écrivait Delaunay, les hommes d’étude doivent envisager plus que jamais le côté pratique de leurs travaux et s'efforcer de répandre dans le public des doctrines et des procédés utiles. »
- D’ailleurs, si l’Annuaire était un ouvrage de vulgarisation, à côté de lui, un Atlas annuel devait représenter sur une grande échelle les phénomènes observés, de façon à en faciliter l’étude à tête reposée. Le Verrier avait publié quatre atlas analogues. Son successeur voulait d’abord liquider l’arriéré, et, ensuite, continuer. Il rêvait même d’agrandir le format de cet atlas.
- Et les résultats de toutes ces études, Delaunay voulait les condenser dans un grand atlas physique et statistique de la France. Cette entreprise avait un double but :
- 1° Continuer, en les appropriant aux circonstances, les traditions de l’Observatoire des Cassini.
- 2° Donner au mouvement intellectuel dans les départements un nouveau stimulant par l’attrait d’un travail à la fois national et local.
- Les Commissions météorologiques départementales devaient, en effet, prendre une grande part à ce travail. Parmi ces commissions, il faut citer, comme ayant rendu des services appréciables, celles des Bouches-du-Bhône et de la Gironde, et aussi celle dé la Meuse, dont la cheville ouvrière était un ingénieur des ponts et chaussées, M. Poincaré, père de l’ancien président de la Bépublique.
- Des travaux poursuivis pendant trois générations, Cassini III et IV obtinrent, comme conséquence, la construction d’une
- grande carte de France à l’échelle de
- 1
- 86 400
- ou une ligne pour
- cent toises. Ce travail fut pendant longtemps un modèle inégalé. Notre carte actuelle d’état-major l’a remplacée, mais ne l’a pas fait oublier.
- S’il en eût eu la possibilité, Cassini IV aurait complété cette grande œuvre par un Dictionnaire général, géographique, physique et politique de la France : « C’est par là que je me proposais et qu’il convenait de terminer la carte générale de la
- France. Ce dictionnaire,qui nous manque, un ouvrage aussi utile que grand, était digne de servir de couronnement à ce beau monument que nous avons été assez heureux pour élever à la géographie dans le cours du xvme siècle. Chaque lieu eût été classé et rapporté par ordre alphabétique, avec sa distance à la méridienne et à la perpendiculaire, sa longitude et sa latitude. On y eût joint les noms de l’ancienne province et des généralités auxquelles il appartenait jadis, celui de son nouvel arrondissement et de son département, suivi de courtes notes et indications, relatives au commerce, à l’agriculture, à la population et à la physique. »
- Voilà l’œuvre que Delaunay prenait pour modèle et qu’il se proposait de reprendre en lui faisant subir les modifications imposées par les circonstances. Ajoutons que, dès 1847, Charles Sainte-Claire Deville avait conçu un projet analogue. De là des réclamations, complètement oubliées au bout de soixante ans.
- Le premier des Annuaires de l’observatoire de Montsouris a publié le programme que M. Delaunay se proposait de suivre. Sans le reproduire, nous dirons qu’il se partageait en six sections composées chacune d’un certain nombre de cartes, nombre qui n’était d’ailleurs nullement fixé d’avance avec rigueur. Voici les titres de ces sections.
- I. Etat politique et administratif de la France.
- IL Le sol et les eaux de la France.
- III. Climatologie de la France.
- IV. Agronomie.
- V. Industrie, commerce et navigation.
- VI. Population.
- Ce n’était à coup sûr qu’une ébauche, et l’expérience aurait fait voir quelles lacunes il importait de combler. Pour ne citer que la plus importante, M. Delaunay ne disait pas un mot des colonies, pas même de l’Algérie qui avait fourni des soldats si dévoués en 1870; mais il fallait commencer par le plus facile et le reste serait venu en son temps. Si cette entreprise avait été menée à bonne fin, elle aurait rendu de grands services et aurait fourni une foule de renseignements que ne peuvent pas toujours se procurer ceux qui en ont besoin. Il va sans dire, d’ailleurs, que certaines cartes auraient dû être rééditées à intervalles réguliers, tous les dix ans, par exemple, et la comparaison de ces diverses éditions eût montré les transformations qu’éprouve notre pays, dans un sens ou dans un autre.
- Maintenant, la composition de cet atlas devait-elle être une tâche nécessairement confiée à l’Observatoire de Paris?
- Il semble bien que non, au moins pour la totalité de l’œuvre; mais, n’oublions pas que l’Observatoire était alors chargé des études météorologiques et qu’il construisait chaque année des cartes représentant les phénomènes atmosphériques. On voit immédiatement le rapport qui existe entre ceux-ci et l’état des cours d’eau, les périodes de sécheresse et d’humidité excessive, et, par suite, avec les productions du sol. Donc, quelles qu’eussent été les circonstances, si la composition de l’Atlas avait été décidée, l’Observatoire aurait dû y prendre une grande part. D’un autre côté, transporter cet établissement à la campagne était un des buts que se proposaient les adversaires de Le Verrier. Les travaux astronomiques auraient été interrompus, au moins en partie. Les astronomes auraient eu des loisirs forcés qu’ils auraient pu consacrer à l’exécution de ce grand travail national.
- Le 9 octobre 1871, Delaunay présenta à l’Académie la première carte de l’Atlas. Le ministre de la Guerre avait confié à l’Observatoire des documents qui servirent au dessin
- 1
- et à la gravure d’une carte de France à l’échelle de ^ qqq qqq
- sur laquelle on devait porter les différentes indications statistiques dont nous avons parlé. Dans les marges, des légendes
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- auraient été insérées. Auraient-elles suffi, et l’Atlas n’aurait il pas eu besoin d’un commentaire qu’aurait pu fournir une nouvelle édition du remarquable livre Palria, publié en 1847?
- Des Atlas départementaux seraient venus compléter cette grande œuvre nationale. Un tel Atlas, pour le département de l’Aveyron, fut composé par M. Boisse, ingénieur civil qui siégea à l’Assemblée de Versailles. Il a été publié, au moins en partie.
- L’Atlas national fut abandonné après la mort de M. Delau-nay, arrivée le 5 août 1872. Ce qui en a été publié est devenu
- ::.= GOUTTES
- Un article, déjà vieux de quelques mois (voir, n° du 15 mars 1932), a conduit les lecteurs de La Nature, parmi les curiosités du Monde minuscule, où se peut accomplir, presque sans changer de place, un instructif voyage. Paysa-
- === :.. :-:z:................: = 259 =====
- absolument introuvable, si bien qu’il n’existe même pas à la bibliothèque de l’Observatoire.
- Ce n’en a pas moins été une tentative remarquable que celle de Delaunay et il y a peut-être quelque intérêt à la rappeler au moment où, sous la direction de M. de Martonne, cette tentative va être reprise par le Comité national de géographie français. Une première livraison a déjà été mise sous les yeux des géographes qui se sont réunis en congrès à Paris l’an dernier. Espérons que les suivantes ne tarderont pas à paraître.
- E. Doublet.
- DE ROSÉE E-
- ges et sites, dans ce domaine dont l’exploration ne réclame que la peine de se baisser (muni au besoin d’une loupe), sont volontiers des répliques de ceux au milieu desquels nous évoluons. Mais ces spectacles ne sont pas les seuls qui se
- Fig. 1. — La rosée sur une toile d’araignée, dans le soleil du malin.
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- puissent ainsi contempler. D’autres encore, et d’un ordre tout différent, méritent également de retenir l’attention, et peut-être plus facilement même, en raison de la multiplicité des exemples. Cette fois c’est, avec un peu d’imagination, un monde qui devient d’autant plus féerique qu’on s’attache — aisément d’ailleurs — à rechercher certaines conditions d’observation. Il est même permis d’ajouter qu’il serait déconcertant pour le contemplateur, si ce dernier, comme il était supposé dans l’article précité, avait la faculté de réduire sa taille à celle d’un infime puceron. Cette imagination que nous venons de réclamer, c’est donc pour nous mettre dans la peau du personnage, en essayant de concevoir l’impression qu’il éprouverait devant de tels spectacles, s’ils avaient ainsi une proportion exorbitante, eu égard à sa taille. Mais de même que dans le cas envisagé précédemment, il est encore possible d’en avoir au moins la notion visuelle, par le subterfuge de l’amplification photographique.
- C’est à l’eau, sous ses divers états, que nous allons nous adresser. A l’échelle où nous nous transposons, ses aspects et ses propriétés peuvent facilement dérouter nos impressions courantes. Tout d’abord elle va cesser de paraître le liquide classique par excellence, qui coule et . s’étale partout où il peut se répandre pour former une nappe
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- que nous jugeons horizontale. Un petit être, auquel les lois de la physique seraient inconnues, aurait à son égard des idées essentiellement différentes des nôtres; et sans passer en revue, en les analysant, toutes les remarques qu’il pourrait faire ou les expériences qu’il serait susceptible d’entreprendre, résumons quelques-unes de ses impressions premières.
- Supposons ce tout petit être perché au bord d’un vase, d’un récipient quelconque. Pour lui, la surface du liquide (que nous estimons dessiner un niveau parfaitement horizontal) est concave, se relevant au contact des bords. Et par un mystérieux phénomène inverse, s’il a affaire à une autre quantité d’eau (énorme pour lui, minime pour nous) répandue sur une surface solide, non absorbante, elle se présentera alors sous l’aspect d’un mamelon aplati dont l’escarpement des bords arrondis est assez relevé. Nous autres, nous nous expliquons ces phénomènes dus à la tension superficielle et à la viscosité, lesquels sont absolument insignifiants en regard de notre taille et des masses en jeu autour de nous.
- A l’échelle de notre petit bonhomme, le plus bel exemple — du moins dans son aspect — qu’il soit possible d’examiner et qui se produit tout naturellement, c’est la Rosée. Sur les corps refroidis par la radiation nocturne la vapeur d’eau atmosphérique se condense, comme elle se condense sur une bouteille que l’on sort d’une cave en été pour la transporter dans une pièce beaucoup plus chaude, par temps humide. Et l’on sait que ces dépôts se font sous la forme invariable de gouttelettes, aux dimensions très différentes, d’ailleurs, suivant les circonstances.
- La rosée est un phénomène en apparence banal et si universellement connu qu’on n’y prête guère attention, si ce n’est pour estimer qu’il est bien désagréable de mettre les pieds dans l’herbe qui en est recouverte... On admire cependant volontiers à cette époque de l’année, favorable par excellence à sa formation, le joli spectacle des myriades de gouttes qui scintillent alors dans le clair soleil du matin (fig. 1). Remarquons d’autre part qu’une
- légère pluie, fine, sans vent, aura les mêmes conséquences.
- C’est l’examen de l’eau, dans ces conditions, qui exciterait très vivement la curiosité de notre petit explorateur; et la multiplicité des exemples (sur une faible étendue pour nous) le porterait à admettre que c’est l’état normal sous lequel l’eau se présente. Mais pourrait-il attribuer la qualité de liquide à ces globes brillants, s’aplatissant légèrement sur la surface de diverses plantes (fig. 3), ou se superposant en englobant des tiges (fig. 4), ou encore s’allongeant,suspendus (fig.2) à l’extrémité recourbée d’autres formations végétales? Quel merveilleux spectacle que celui de ces gros ballons translucides dans lesquels se joue la lumière, où il verrait
- se dessiner, retournée, l’image du ciel entier (fig. 5) et qui se comportent comme des corps élastiques ; cette dernière constata -tion, il la ferait aisément au souffle du vent, et mieux encore en essayant ses forces contre de telles sphères.
- D’autre part, si agissant énergiquement, il arrivait à modifier leur équilibre, il les verrait glisser, aller se coller plus loin en happant de nouvelles formations leur servant de support (ou peut-être lui-même à son grand effroi, car il ne pourrait plus se dégager !) le tout sans rien mouiller dans leur déplacement. Enfin, phénomène qui le comblerait d’étonnement, au fur et à mesure que le soleil s’élève sur l’horizon, il les verrait mystérieusement s’amoindrir et disparaître sans laisser de traces...
- Ainsi que nous le disions plus haut, ces quelques lignes ne visent nullement au cours de physique. Leur seul but est de rappeler les spectacles que peut fournir la condensation de la vap'eur d’eau dans la nature, et d’inciter à les examiner attentivement, car vus de près, ils sont admirables et instructifs.
- Le monde où nous nous promenons ici devient non moins beau sous l’influence du froid, déterminant la formation des gelées blanches et du givre.
- Les petits cristaux de glace qui remplacent alors à nos yeux le dépôt de la rosée,, ou celui des gouttelettes du
- Fig. 5. — Un document météorolog que : l’image renversée du ciel,, avec le soleil et les nuages {cumulus), dans une goutte de rosée de 3 mm de diamètre.
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- Fig. 6. — La gelée blanche sur des feuilles de menthe.
- brouillard sont moins curieux sans doute dans leurs propriétés ; mais ils parent toutes choses d’une splendeur décorative, et valent, eux aussi, d’être regardés de très près (fig. 6 et 7).
- Des principaux détails dont il vient d’être question ici, nous avons essayé de donner, par l’image, quelques exemples frappants. Mais ce qu’il faut contempler directement, c’est l’immense variété dans leur présentation, et surtout les jeux de lumière que le moindre changement dans l’orientation de la vue peut modifier profondément.
- Sans doute n’est-il pas toujours commode de se livrer à de tels examens, dont la prolongation, afin de rechercher les plus favorables conditions, pourrait être rendue désagréable par une impression nettement glaciale : l’enthousiasme risquerait en effet de se refroidir par une station à plat ventre dans l’herbe trempée ! Notre petit voyageur, lui, n’a pas à craindre une telle sensation, se faufilant librement parmi les obstacles de ces véritables palais des Mille et une Nuits.... La difficulté peut être cependant tournée de plusieurs manières, soit en choisissant des herbes
- ou des plantes en bordure d’allées sablées, de chemins, soit en s’adressant à ces petites formations végétales qui comme les mousses se rencontrent partout sur des murs, etc.
- Ces dernières conditions sont évidemment les plus favorables pour essayer d’entreprendre des photographies, par le moyen d’un appareil à long développement, décrit dans le premier article. Cependant si les difficultés de mise au point restent les mêmes, l’obtention du cliché s’aggrave de la non-immobilité du sujet, dans la majeure partie des cas. Alors que nous croyons l’air absolument calme, un jour estimé sans vent, des souffles imperceptibles impriment un léger balancement aux brins végétaux, aux gouttes élastiques souvent suspendues dans un équilibre étonnant. Puis lorsqu’un effet d’éclairage est jugé parfait, après l’avoir recherché par vision sous tous les angles, le temps d’installer l’appareil, de le mettre au point, etc., ces conditions sont détruites en raison du déplacement du soleil !
- Pour parer à la première difficulté, on est volontiers tenté de cueillir un brin d’herbe, par exemple, couvert de Rosée, et de l’amener dans un endroit clos où l’on aura tout le loisir d’opérer.
- Oui mais... si vous voulez exercer votre patience, essayez de vous livrer à cet exercice. Dès la première tentative, vous constaterez qu’il est digne d’un équilibriste consommé ! On finit par y arriver plus ou moins par hasard, et la photographie (fig. 3) qui a été réalisée dans ces condi-
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- tions n’a demandé que deux heures et demie de* manœuvres. Il est vrai que cela peut devenir une sorte de sport... Ne désespérons pas cependant, ces obstacles peuvent être tournés, en prenant soin de faire déposer la rosée sur des plantes en pots, sur une motte découpée préalablement, etc., que l’on transportera ensuite
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- délicatement, sans avoir à toucher aux feuilles ou aux tiges elles-mêmes. Ainsi, devient-il possible d’opérer alors dans une pièce obscure, à la lumière d’une puissante ampoule électrique qui permettra, par son déplacement, de réaliser un effet choisi pour le mieux.
- Lucien Rudaux.
- LES STATIONS UVALES
- Du latin uva, raisin. Leur rôle est de favoriser la consommation du raisin de table.
- On estimait, avant la guerre, que 5 millions de Français, seulement, utilisaient ce fruit. Rapporté à la population totale, le taux unitaire moyen n’atteignait pas tout à fait 2 kg, alors qu’il s’élevait à 135 à 150 litres, pour le vin.
- Malgré son climat et la qualité de ses cépages, la France vient bien loin, dans la liste des pays producteurs.
- L'Espagne récolte, en moyenne, 40 millions de quintaux de raisins de table, et en exporte beaucoup, principalement l’Alméria, à peau épaisse, ou raisin d’embarquement (uva de embarque), le Valinsy real d’Alicante, le Malaga frais.
- U Italie prend une prédominence marquée sur tous les marchés de l’Europe centrale.
- Les Etats-Unis sont approvisionnés par la Californie, qui, en 10 ans, surtout avec le «régime sec », a doublé sa production.
- Viennent ensuite la Roumanie, la Grèce, l’Australie, la Syrie et le Liban.
- Ces deux derniers pays récoltent 1 million 300 000 quintaux, et la France 1 million 200 000.
- Il est curieux de constater que ce ne sont pas toujours les pays les plus gros producteurs qui absorbent le plus. Ainsi, en Angleterre la consommation par habitant est bien plus élevée que la nôtre.
- Si le chiffre atteignait, chez nous, 30 kg, tant en raisin frais que sous forme de jus pasteurisé, moût concentré, sirop, les craintes de crise viticole seraient grandement écartées dans les années d’abondance; ce serait, même, une source de prospérité nouvelle pour les régions à vignobles.
- C’est ce but que visent divers organismes, tels que la Fédération des stations uvales, V Union internationale pour le développement des stations uvales (constituée sous l’égide de l’Office international du vin), en collaboration étroite avec les Syndicats de producteurs, les Chambres de commerce, d’Agriculture, les Syndicats d’initiative et du tourisme, les Syndicats d’hôteliers, le Corps médical, etc.
- Rappelons que le premier Congrès national du raisin de table fut tenu à Agen, en août 1925, sur l’initiative des Services commerciaux de la Cie des chemins de fer d’Orléans.
- Des voyages d’études sont aussi organisés dans les centres de production, à l’intention des restaurateurs, hôteliers, membres des Chambres de commerce, etc.
- On étudie encore les possibilités d’étendre davantage les exportations dans certains pays de l’Europe centrale,
- de favoriser la consommation dans les régions à vignobles de l’Afrique du Nord et des Iles méditerranéennes, ou de la côte d’Asie, peuplées de millions de musulmans, auxquels le Coran interdit le vin, mais non le raisin.
- LA VALEUR ALIMENTAIRE ET LES PROPRIÉTÉS DU RAISIN FRAIS
- La propagande, qui s’intensifie chaque année, en faveur des stations uvales, invoque surtout deux qualités principales du fruit de la vigne.
- Fig. 1. — Marché aux raisins à Châteaurenard (Bouches-du-Rhône). Ph. Rolet.
- Il n’est pas seulement agréable au palais, savoureux, c’est aussi un aliment complet, facilement assimilable. On connaît l’histoire de ce bébé de trois mois, qui fut alimenté pendant cinq jours, sans aucun dommage, avec du jus de raisin frais étendu d’eau, en attendant l’arrivée de sa nourrice. D’où l’hyperbole « lait végétal », appliquée quelquefois au liquide en question.
- Mieux encore, ce dernier est un agent thérapeutique intéressant, tonique, diurétique, dépuratif, etc., dont le corps médical a souvent fait l’éloge, et que l’on peut mettre
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- à profit dans bien des affections des voies digestives, de l’appareil urinaire, du foie, du cœur, etc.
- Il n’est pas rare, dans les campagnes du Midi, d’entendre dire, parmi l’entourage d’une personne sérieusement malade, « pourvu qu’il puisse arriver jusqu’aux raisins ! »
- Faut-il rapprocher de ce problématique espoir la crainte qui hantait Clément Marot, poète qui vivait, comme l’on sait, au début du xvie siècle?
- « Je sui taillé de mourir en yver,
- Et en danger, si en yver je meurs,
- De ne voir pas les premiers raisins meurs.
- Mais les médecins célèbres de l’Antiquité, Hippocrate, Celse, Dioscoride, Galien, etc., ne célébraient-ils pas, déjà, les vertus du raisin?
- Nous pourrions entrer dans de longs détails, relatifs aux principes auxquels ce dernier doit ses propriétés alibiles et médicamenteuses, et aux maladies contre lesquelles il peut lutter victorieusement. On les trouvera dans les brochures de propagande publiées, par exemple,
- Fig. 2. — Exposition de raisins de table. (Photo Rolet.)
- par la « Ligue nationale pour le vin » (L. N. P. Y.), à Nîmes, 18, rue de l’Étoile, par le Syndicat d’initiative d’Avignon (tourelle de la porte de la République).
- LA CURE DE RAISIN
- On verra aussi, dans cette documentation, la façon de conduire le traitement uval, qui a ses règles (la manière et la mesure), comme toute cure systématique et bien ordonnée.
- Il est prudent, pour un malade, de consulter le médecin, qui indiquera la dose maximum, à laquelle on doit arriver progressivement, les moments de la journée (généralement au lever, dans la matinée, à midi, dans l’après-midi, toujours au début des repas, ou, mieux, une demi-heure avant, jamais avant de se coucher); le, ou les parties à rejeter (dans certains cas il est recommandé d’avaler la peau, dans d’autres les pépins, dans d’autres encore ces deux déchets).
- Il y aurait bien, aussi, quelques détails concernant les variétés de raisin, la situation du vignoble (plaine ou
- coteau), mais le régime ne reste pas moins facile à suivre, et il est, certes, plus agréable que celui des drogues nauséabondes.
- Ceux qui sont à proximité d’une vigne n’ont qu’à aller se rassasier de moût au pied même des ceps, ou du fouloir, car, à défaut de raisins de table (grappes à ailerons, lâches, grains bien mûrs, juteux, à peau line, pas trop doux, car ils amèneraient vite le dégoût), on peut adopter les raisins de cuve.
- Ceux qui n’ont pas de raisins à leur disposition, ont la ressource du jus frais stérilisé par la chaleur, mais sans antiseptique, que l’on rencontre couramment dans le commerce (nous avons parlé de sa préparation, au Mas de-la-Ville, près Arles-sur-Rhône, dans le numéro du 30 octobre 1909).
- Ce jus pasteurisé, dit aussi vin sans alcool, n’est plus, évidemment, le suc vivant qui gonfle la grappe que l’on vient de cueillir, la chaleur a tué les levures et les fermants, et modifié un peu certains principes, vitamines,etc.
- On peut en dire autant des sirops, gelées, raisinés, obtenus à haute température. Mais il en est autrement des moûts concentrés avec les appareils frigorifiques.
- Ces produits permettent donc, à un degré plus ou moins efficace, de faire la cure chez soi, et aussi après la période des vendanges.
- LES RÉGIONS DE PRODUCTION DES RAISINS DE TABLE
- Rappelons d’abord quelques variétés, parmi les plus cultivées.
- Chasselas doré, qui domine de beaucoup les autres, au moins au point de vue quantité, angevine Oberlin (blancs, précoces), œillade, cinsault (noirs, époque moyenne), panse (nom générique, époque moyenne), clairette, servant (gros vert), Saint-Jeannet, Nonay (blancs, tardifs), etc.
- La plupart de ces cépages permettent la prolongation du régime uval à domicile, soit qu’on laisse les grappes sur pied, assez avant dans la saison, soit qu’on les conserve à rafle fraîche dans un fruitier. Mais pour les malades, on reproche, à certains d’entre eux, leur peau et leur pulpe épaisses.
- Les principales régions de production se trouvent, évidemment, dans le Midi. Par oydre de précocité, mais non d’importance : Algérie, Pyrénées-Orientales, Hérault, Vaucluse, Vallée de la Garonne.
- Le Vaucluse : 35 millions de kg, surtout le chasselas et le gros vert. Le Thor, centre le plus considérable, a expédié, en 1930, près de 3000 wagons (13 millions de kg); il faut ajouter le tonnage transporté, dans les régions environnantes, par les camions automobiles, etc.
- En 1931, les deux gares du Thor et de Cavaillon ont expédié 29 millions de kg.
- Les envois se font aussi sur la Hollande, la Belgique, la Suisse, l’Allemagne.
- Citons encore, dans le Vaucluse : Gadagne, l’Isle-sur-Sorgues, Morières, Carpentras.
- Vallée de la Garonne : deux départements grands producteurs du chasselas, Tarn-et-Garonne, 22 millions de kg (Moissac, Montauban), Lot-et-Garonne, 14 millions
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- de kg (Nicole, Port-Sainte-Marie, Saint-Iiilaire). Avant la guerre, cette région exportait dans le Palatinat, la Rhénanie, la Westphalie, etc.
- Hérault : 14 millions de kg (Villeneuve-les-Mague-lonne, le Pouget, Pignan); surtout le chasselas.
- Signalons encore, Thomery, Fontainebleau (S.-et-M.); l’Algérie, avec le chasselas de Guyotville, etc.
- LA TECHNIQUE DES STATIONS UVALES
- Elles ont tout intérêt, évidemment, à s’installer dans les centres de production, ou à proximité.
- Le bénéfice retiré par le commerce local et les viticulteurs est d’autant plus marqué que la ville, et ses environs, présentent plus de possibilités aux points de vue distractions, tourisme, etc., et que les hôtels, restaurants, offrent à la clientèle de passage tout le confort nécessaire.
- La station comporte des comptoirs de vente, avec dispositifs pour la consommation sur place.
- Les raisins à emporter sont livrés en paniers, boîtes, cartons, sachets, contenant une notice vantant les propriétés curatives du raisin et la façon de conduire la cure.
- On livre aussi du jus extrait devant l’acheteur. Il est de petites presses, simples, qui permettent au client d’opérer à la maison.
- Les restaurants, hôtels, cafés, brasseries, bars offrent également les grappes et le jus.
- Il importe qu’on ne livre que des raisins de choix, très frais, mûrs à point, et présentés d’une façon irréprochable, à un prix abordable. Un service de contrôle peut être organisé à cet effet. Les arrivages quotidiens, de grand matin, sont donc indispensables, d’où l’utilité de la rapidité et de la facilité du transport et de la livraison.
- En Italie, les pouvoirs publics favorisent l’écoulement des raisins par une réduction notable des prix sur les chemins de fer, pour les commerçants et les particuliers, et par le transport gratuit, pour les institutions publiques ou fascistes. On veille aussi, dans les stations uvales, à ce que le prix de vente ne soit pas trop élevé; il était, en septembre 1931, de 2 fr le kg.
- LES ORGANISATIONS CONNEXES
- Aux stations uvales viennent souvent s’adjoindre des « Fêtes des vendanges » (Canton de Yaud, en Suisse), « Fêtes du raisin » (Italie), « Journées du raisin » (journée du chasselas, au Thor, etc., à Guyotville), des « Foires-Expositions ». On sait qu’il est question, chez nous, d’instituer une « Journée nationale du raisin » en 1933.
- En Italie, la « Fête nationale du raisin » (Festa dell’uva) est célébrée fin septembre, au milieu des réjouissances populaires, avec des cortèges symboliques formés de chars traînés par des bœufs, et sur lesquels des paysans et paysannes, en costumes locaux, distribuent aux passants des grappes de raisin, des cartes souvenir, des brochures illustrées faisant l’éloge du raisin.
- Dans les églises, on offre l’image de la « Madone du Raisin », de Mignard.
- Une ample répartition de grappes est faite aux pauvres et aux malades des hôpitaux, aux soldats, aux marins et aux fascistes.
- Fig. 3. — Le nettoyage des grappes. (Photo Rolet.)
- Il se consomme ainsi, dans ces journées, des millions de kg de fruits de la vigne.
- Dans certaines villes, le programme comprend aussi l’étude de questions se rapportant. au développement de la production et du commerce du raisin de table, à la propagande en faveur du jus de raisin frais et des moûts concentrés, à la visite de vignobles, de salles d’emballage, etc.
- QUELQUES STATIONS UVALES
- La saison 1931 a vu éclore, en France, plusieurs stations
- Fig. 4. — L'emballage des raisins. (Photo Rolet.)
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- de cures de raisin, de sorte qu’actuellement on en compte un nombre imposant, installées, il est vrai, dans des conditions très diverses (9 seulement reconnues.
- Avignon, du 23 août au 1er novembre, a écoulé, par jour, 1000 kg de raisins et 300 verres de jus. La station est installée dans le square Saint-Martial. Le Thor. Tarascon (B.-du-R.), est alimenté aussi par le bourg voisin de Boulbon. Les hôtels et restaurants portent, en écriteau « Faites votre cure de raisin à Tarascon, station uvale, centre de production ». Ils donnent, à chaque repas, y compris le petit déjeuner, des raisins frais de première qualité, à discrétion, au prix du gros.
- Montpellier, en 1931, a écoulé 70 000 kg. A la gare, une enseigne dit : « Ne quittez pas la ville avant d’avoir fait votre cure de raisin ».
- Lamalou-les-Bains, Palavas-les-Flots, Valras-la-Plage (Hérault), Nîmes, Euzet-les-Bains (Gard), Béziers, Carcassonne (Aude), Perpignan (P.-O.), Moissac (T.-et-G.), où en 1931, 25 000 kg ont été consacrés à la cure sur place, Agen (L.-et-G.), Bordeaux, Colmar (25 000 kg en 1931), Fontainebleau (S.-et-M.), Tours (I.-et-L.)., etc.
- Il est question de nouvelles créations à Nice, Toulon, Bormes, Sanary-sur-Mer (Var), Marmande (T.-et-G.), Sancerre (Cher), Arles, Grau-du-Roi, etc.
- On a suggéré les stations thermales, Vichy, Vittel, Evian, Bagnols, Pau, etc., et les stations balnéaires, le Touquet, Paris-Plage, Deauville, La Baule, Biarritz, Saint-Raphaël.
- A l’étranger, certaines stations uvales sont connues depuis longtemps.
- Allemagne : Baden-Baden (dans l’établissement thermal), Bad-Homburg, Bingen, Kreuznach, Mannheim, etc.
- Suisse : Vevey, Montreux, Lausanne, Aigle.
- Tyrol : Méran.
- Grèce : Patras.
- Russie : Odessa, Yalta.
- Italie : stations uvales, ou établissements de cure : Bolzano, Pallanza, Ramiola, Milan.
- A Milan, il y a plus de 300 autorisations accordées par la ville, pour la vente du raisin dans les kiosques, baraques et même roulottes. Il existe aussi des comptoirs municipaux. Certains kiosques sont décorés d’affiches et de placards artistiques, vantant les bienfaits du raisin. Les grappes sont dans des sachets ornés d’une peinture figurant « L’Enfant vendangeur », de Dupré, et dans des paniers ouvragés.
- Les approvisionnements sont assurés, tous les matins, par des camions automobiles venant des vignobles de la province de Plaisance, ou par voie ferrée, les wagons voyageant la nuit et apportant les récoltes de l’Émilie de la Toscane, du Latium et même de la Campine et des Pouilles.
- Les arrivages aux halles de la ville se chiffrent par 350 tonnes chaque jour.
- Antonin Rolet,
- Professeur à l’Ecole d’Agriculture d’Antibes (A.-M.).
- LA CONSTITUTION DES ATOMES
- ET LES DENSITÉS STELLAIRES
- Les substances radioactives émettent trois radiations de propriétés différentes : les rayons alpha, les rayons béta et les rayons gamma.
- Les deux premiers, constitués par des particules douées de masse et provenant de la désagrégation de la matière, sont de nature corpusculaire. Ils sont porteurs de charges électriques : les rayons alpha portent des charges positives et les rayons béta des charges négatives; c’est pourquoi ces particules obéissent à l’action des champs électriques. Lorsqu’une particule alpha passe à proximité d’un corps portant une charge électrique positive, elle est repoussée, tandis qu’elle est attirée par un corps portant une charge négative.
- Les rayons gamma — qui sont, comme les rayons X, des vibrations électromagnétiques -— n’étant pas corpusculaires ne sont pas déviés par un champ électrique.
- Les particules alpha sont projetées à une vitesse faible comparativement à celle de la lumière (20 000 à 30 000 km-sec), mais comme leur masse est importante (environ deux fois la masse d’un atome d’hydrogène), leur énergie est cependant très grande. Par suite de leur peu de vitesse, leur force de pénétration est faible. Au contraire, les rayons béta sont formés de particules très légères (leur masse est le 1 /1830 e de celle d’un atome d’hydrogène) dont la vitesse est très grande, parfois voisine de celle de la lumière (vitesse de la lumière : c =
- 300.000 km/sec.). Les particules qui composent les rayons béta sont appelées électrons. L’étude quantitative de l’action d’un champ électrique sur les électrons permet de déterminer la charge de ceux-ci : elle est de 1589.10-22 coulombs ou encore de 1589. 10-20 u. e. m., c’est la plus petite quantité d’électricité négative qui ait été observée. Par la suite, nous la représenterons par e.
- D’autre part, on sait que l’électricité, comme toute autre forme d’énergie, a de l’inertie et, par conséquent, de la masse. Lorsqu’on établit une différence de potentiel entre les deux extrémités d’un conducteur le courant met un certain temps à s’établir. La masse d’une quantité donnée d’électricité est d’autant plus grande qu’elle est concentrée dans un volume plus petit. Nous n’avons aucun moyen de mesurer directement le volume d’un électron, mais il est tentant de supposer que sa masse est entièrement due à sa charge électrique : il serait donc une quantité élémentaire d,’électricité sans support matériel. En admettant que la charge de l’électron soit répartie sur une sphère, on est conduit à admettre pour celle-ci un rayon de 2,10 ~13 cm. Dans ces conditions, la masse d’origine électrique est égale à la masse totale de l’électron.
- La constitution électrique de la matière. — Les particules alpha peuvent traverser une feuille métallique; ceci conduit à admettre que la matière possède une structure lacu-
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- naire.l Lorsque les particules a traversent des atomes elles subissent des déviations. Ce fait montre qu’il existe dans l’atome des champs de forces électriques. L’atome étant électriquement neutre, on doit admettre qu’il contient deux charges électriques égales en valeur absolue et de signes contraires. |Le modèle atomique proposé par Rutherford permet d’expliquer d’une manière satisfaisante les propiiétés de perméabilité de la matière aux rayons x, ainsi que les déviations qu’ils subissent en la traversant.
- Rutherford admet que l’atome a une structure planétaire et peut être considéré comme un système solaire extrêmement petit. Les charges positives sont concentrées au centre et jouent le rôle de soleil, tandis qu’autour d’elles gravitent des électrons négatifs. La masse de l’atome est la somme de la masse du noyau positif et de celle des électrons; mais la masse des électrons est très faible, ce qui fait que la masse de l’atome est pratiquement concentrée dans le noyau.
- L’atome. Ses électrons et son noyau. — Considérons tout d’abord un atome contenant un seul électron et une charge positive égale; cette dernière sera donc égale en valeur absolue à la charge d’un électron. C’est la plus petite quantité d’électricité positive observée jusqu’ici; on admet que c’est l’unité élémentaire d’électricité positive : on l’appelle cation ou proton. L’électron décrit autour du centre une courbe fermée que l’on peut, en première approximation, assimiler à un cercle. Ainsi que nous l’avons dit plus haut, on peut, en première approximation également, considérer la masse de l’électron comme négligeable vis-à-vis de celle du centre. Dans ces conditions, l’électron est soumis à deux forces : (fig. 1) la force F, — force d’attraction électrique qui tend à l’attirer vers le centre — et la force F2 -— force centrifuge qui tend à l’en éloigner. L’électron choisit donc une trajectoire telle que ces deux forces s’équilibrent en tout point.
- Les divers éléments se différencient les uns des autres par la charge électrique de leur centre et, par conséquent, par le nombre d’électrons qui gravitent autour de lui. Le cas le plus simple est celui de la figure 1 où le noyau comprend un seul proton : cet atome est celui d’hydrogène. Le cas suivant est celui de l’atome d’hélium. Celui-ci possède un centre positif dont la charge est 2e (— e = charge d’un électron; + e = charge d’un proton). Autour de ce centre gravitent deux électrons de charge — e. D’une manière générale, un atome est composé d’un noyau positif de charge E = Ze autour duquel gravitent Z électrons de charge — e. Le nombre Z est nommé nombre atomique, c’est lui qui caractérise un élément donné.
- La charge du noyau positif est égale à Ze, mais ce noyau n’est pas nécessairement formé uniquement de protons : il peut contenir également des électrons qui sont neutralisés par un nombre égal de protons. Ainsi, le noyau d’hélium (Z = 2) contient 4 protons et 2 électrons. Sa charge est donc bien + 2e. Deux autres électrons gravitent autour du noyau.
- Ainsi que nous l’avons dit plus haut, le poids d’un électron est négligeable vis-à-vis du poids d’un proton. Le poids d’un atome dépend donc uniquement du nombre de protons contenus dans son noyau, il est égal à ce nombre multiplié par une constante : le poids d’un proton. Si l’on prend celui-ci comme
- unité, la constante de-2?i0. 2. vient égale à 1. Dans ce
- Répulsion de deux atomes ionisés. système d unité, le poids
- atomique (poids d’un a-tome) est égal au nombre de protons contenus dans le noyau. Ce nombre ne doit pas être confondu avec le nombre ato-
- mique Z qui est la différence entre le nombre de protons et le nombre d’électrons contenus dans le noyau.
- Aucune expérience directe ne permet de déterminer de quelle manière les électrons sont groupés autour du centre positif.
- L’hypothèse suivante présente une forte probabilité de réalité et permet d’expliquer les propriétés chimiques des éléments. Cette hypothèse, émise à propos du système périodique des éléments, a été confirmée par la mécanique quantique.
- Les électrons se groupent autour du centre positif en zones concentriques. Chaque zone comprend un certain nombre de places : 2, 8, 18, 32. Supposons que nous passions successivement de l’hydrogène (Z = 1) à l’uranium (Z = 92) en ajoutant un à un 91 électrons. Il se forme tout d’abord une première zone de deux électrons et on obtient de l’hélium (Z = 2). La deuxième zone comprend 8 électrons et vient se placer après la première. On passe ainsi de l’hélium (Z = 2) au néon (Z = 10). La troisième zone comprend également 8 électrons et aboutit à l’argon (Z = 18). La quatrième zone vient se placer entre la deuxième et la troisième, elle comprend 18 électrons et aboutit au krypton (Z = 36). La cinquième zone de 18 électrons également vient se placer entre la quatrième et la troisième et aboutit au xénon (Z — 54). La sixième zone — de 32 électrons — vient se placer entre la quatrième et la cinquième et aboutit à l’émanation (Z — 86). Les 6 électrons nécessaires pour passer de l’émanation à l’uranium (Z = 92) se placent dans une septième zone. On ne connaît pas d’élément à nombre atomique supérieur à 92, mais la septième zone n’est pas complètement remplie dans le cas de l’uranium.
- Comme déjà dit plus haut, on peut admettre que l’électron est une quantité élémentaire d’électricité négative sans support matériel. On peut étendre cette hypothèse et admettre que le proton est une quantité élémentaire d’électricité positive sans support matériel également. Comme sa masse est beaucoup plus forte que celle de l’électron, on est conduit à lui attribuer un volume beaucoup plus faible, puisque la masse d’une quantité donnée d’électricité est d’autant plus forte que sa concentration est plus grande.
- Cette hypothèse est particulièrement élégante, puisqu’elle conduit à admettre que la matière est composée entièrement d’électricité et n’est donc qu’une forme d’énergie.
- L’étude quantitative de l’action des particules alpha sur la matière montre que la masse d’un proton est 1830 fois plus grande que celle d’un électron. Son rayon doit donc être 1830 fois plus petit. En admettant que l’électron soit sphérique, on doit lui attribuer, comme nous l’avons vu ci-dessus, un rayon d’environ 2,10~13 cm. Celui du proton est donc d’environ 10~lfl cm. Or, c’est dans les protons du centre positif qu’est concentrée toute la masse de l’atome; la densité des protons doit donc être énorme. A titre d’illustration, nous allons calculer la densité du noyau d’un élément : le plomb.
- L’électro-chimie permet de calculer qu’un atome-gramme de chaque élément contient environ 65. 1022 atomes (on nomme*alome-gramme un nombre de grammes égal au poids atomique). Le plomb a le nombre atomique Z — 82. Son poids atomique est 207.
- 65. 1022 atomes de plomb pèsent 207 grammes. Le noyau positif du plomb contient 207 protons — 82 — 125 électrons. L’électron a un rayon de 2.10“13 cm, son volume est donc :
- Fig. 1.
- L’atome d’hydrogène. — Action du noyau sur l'électron unique.
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- == 268 "---------------—................-,-:z=........;. =
- 4/3 tï r3 = 4/3 X 3,14 X (2,10-13)3 = env. 3.10~38 cm3.
- De même, le proton ayant un rayon de 10~ir> cm, son volume est de 4. 10~‘8 cm3.
- Le volume du centre positif d’un atome de plomb est donc :
- 207 X 4 X 10-48 + 125 X 3 X 10~38.
- volume des protons ' volume des électrons
- Le volume des protons étant très petit par rapport à celui des électrons, on peut le négliger et ne considérer que le volume des électrons. Le volume de tous les centres positifs contenus dans un atome-gramme de plomb sera donc :
- 65.1022 X 125,3,10-rs = env. 25.10~13 cm3.
- Le poids de ces 65.1022 centres positifs sera celui d’un atome-gramme de plomb, soit : 207 gr. Les centres positifs qui occuperaient un espace de 1 cm3 pèseraient donc :
- 207
- -----—- — env. 8.1013 = 80 millions de tonnes.
- 25.10_lj
- Ce chiffre ne doit être considéré que comme un ordre de grandeur très approximatif. Nous avons, en effet, supposé tout à fait arbitrairement que la quantité d’électricité contenue dans l’électron (ou mieux : constituant l’électron) était répartie sur une sphère; sa répartition est peut-être tout autre. Nous avons admis en outre dans ce qui précède que les électrons et les protons constituant le centre positif de l’atome sont comprimés les uns contre les autres et ne laissent aucun vide entre eux. Ce n’est pas le cas. L’étude du passage des rayons a. à travers la matière a montré en effet que l’on doit attribuer au centre positif de l’atome de plomb un volume environ 27 fois plus grand, 1 cm3 de centre positif pèserait environ 3 millions de tonnes. Sa densité est donc 3 000 000 000.
- Dans quelles conditions une concentration de masse de cet ordre pourrait-elle se produire? Il faudrait pour cela que les atomes perdissent complètement leurs électrons et que les centres restant se touchassent.
- L’ionisation par élévation de température. Les densités stellaires. — Lorsqu’on élève la température d’un atome, ses électrons s’éloignent du centre. Il arrive un moment où les électrons de la dernière zone en sont trop éloignés pour que sa force attractive compense la force centrifuge : ils partent alors par la tangente.
- L’atome ayant perdu un ou plusieurs de ses électrons n’est plus électriquement neutre, il a une charge positive puisqu’il possède moins d’électrons que de protons : on dit qu’il est ionisé.
- Si l’on continue à élever la température, les électrons s’éloigneront de plus en plus du centre et il arrivera un moment où ceux de l’avant-dernière zone partiront également par la tangente. On* peut concevoir qu’en élevant suffisamment la température on élimine tous les électrons d’un atome.
- La température la plus élevée que nous puissions produire en laboratoire est 6000°. A cette température l’ionisation est relativement faible et dépasse rarement la dernière couche d’électrons.
- Par contre, les étoiles se trouvent à des températures beaucoup plus élevées, de l’ordre de plusieurs dizaines de millions de degré (d’après Eddington, la température interne du soleil serait de 40 millions de degrés). Dans les étoiles à très haute température, les atomes sont très fortement ionisés, ils ont perdu la plus grande partie de leurs électrons, et, tout en conservant le même poids, occupent un espace beaucoup plus faible. Les centres positifs qui restent
- exercent les uns sur les autres une force de répulsion d’autant plus forte que leur charge apparente est plus grande. Mais la force de gravitation intervient et les oblige à se rapprocher.
- Ces faits ont permis à Eddington, puis à Jeans de prévoir que les étoiles à haute température ont une densité énorme.
- En fait, de telles étoiles ont été observées. Le compagnon de Sirius a une densité de 61 000 (1 litre pèse 61 tonnes). Nous sommes loin des densités que l’on observe sur la terre où l’élément le plus dense, l’osmium, a une densité de 22,5, mais nous sommes également encore loin de la densité du centre positif de l’atome de plomb. Nous ne savons pas si les atomes composant le compagnon de Sirius sont complètement ionisés, il est au contraire probable qu’il leur reste au moins une zone d’électrons. Bien entendu, nous ne parlons pas de la photosphère qui, étant à une température beaucoup plus basse que le reste de l’étoile, est formée d’atomes peu ionisés; mais la photosphère intervient pour une quantité négligeable dans le calcul de la masse totale de l’étoile. D’autre part, il n’est pas possible — par le fait qu’ils sont ionisés — que les atomes composant l’étoile se touchent. En effet considérons deux atomes ionisés A et. B (fig. 2) ; supposons pour simplifier notre raisonnement qu’ils soient de même masse et portent la même charge électrique -j- E, ces deux atomes vont se repousser avec une force :
- d = distance des deux atomes.
- En effet, la loi de Coulomb dit que deux charges électriques de même signe se repoussent avec une force égale au produit de ces charges divisé par leur distance.
- Si maintenant une force centrifuge intervient, tendant à rapprocher les deux atomes, ceux-ci se placeront à une distance telle que les deux forces (centrifuge et électrique) soient égales en valeur absolue. Si les deux atomes se touchaient
- , „ E2 a F - - - °°.
- Il faudrait donc une force de gravitation infinie pour les maintenir dans cette position : les atomes composant l’étoile se trouveraient donc toujours à une certaine distance les uns des autres.
- Moins une étoile est chaude, plus les atomes qui la composent contiennent de zones d’électrons, et moins elle est dense. Les astronomes ont constaté que 95 pour 100 des étoiles sont à peu près du même poids : leurs dimensions dépendent donc presque uniquement de leur densité. Le compagnon de Sirius — dont nous avons indiqué ci-dessus l’énorme densité — a un très faible volume, tandis que Bételgeuse, dont la densité par rapport à l’air n’est que de 0,000 001 a, au contraire, un volume énorme. Ainsi que le remarque très justement Jeans, la dimension d’une étoile est proportionnelle aux dimensions des atomes qui la composent.
- En résumé, l’étude de la constitution des atomes montre que la masse d’un atome, est localisée dans une toute petite partie de celui-ci : son noyau positif. Ce dernier a, par conséquent, une très forte densité. Dans les étoiles qui se trouvent à une température très élevée, les atomes ont — par suite de leur ionisation — un volume beaucoup plus faible que sur terre, tout en conservant le même poids : ce fait explique que l’on observe des étoiles à densité énorme. Au contraire les étoiles dont la température est relativement basse sont composées d’atomes très peu ionisés occupant un grand volume et ont, par conséquent, une densité très faible.
- (d — 0) leur force de répulsion serait égale
- Y. Mayor.
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- LA 2ME ASCENSION DU PROFESSEUR PICCARD
- DANS LA STRATOSPHÈRE
- Le 18 aotit dernier, le Pr Piccard de Bruxelles accompagné de son assistant M. Cosyns, a effectué avec plein succès une nouvelle ascension dans la stratosphère.
- Le ballon employé était le même que l’an dernier, mais muni d’une nouvelle nacelle en aluminium à laquelle avaient été apportés un certain nombre de perfectionnements dictés par la précédente expérience, et concernant surtout les fermetures. Aux appareils scientifiques disposés à l’intérieur de la nacelle avait été adjoint un poste de T. S. F. émetteur et récepteur qui permit aux aéronautes de rester en liaison avec le monde extérieur.
- Le gonflement du ballon et le départ ont eu lieu à Dübendorf près de Zurich, en présence d’une foule nombreuse.
- L’ordre de lâcher tout était donné à 5 b. 5 m. et le ballon gagnait rapidement l’altitude de 1000 à 1500 m où il trouvait des vents du nord qui le poussèrent vers le Sud. Trois heures plus tard, il atteignait les régions de la stratosphère et s’y maintint plusieurs heures, cinq ou six environ.
- Franchissant les Alpes Suisses, les aéronautes arrivaient vers midi dans la région du lac de Garde où ils décidèrent d’atterrir pour éviter l’Adriatique.
- En l’absence de vent, ils durent attendre un certain temps, au-dessus du lac, avant de se trouver porter au-dessus de la terre ferme.
- L’atterrissage s’effectua sans incidents à 17 h 15 dans la région au sud du lac, à Cavallaro di Monzandano, à 22 1cm de Desenzano. Au cours de cette opération, à la suite d’un choc violent de la nacelle contre le sol, les délicats appareils de mesures physiques qui avaient servi aux investigations effectuées pendant l’ascension, ont été détériorés. Mais tous les enregistrements et autres documents scientifiques étaient intacts. L’altitude maxima atteinte a été de 16 500 m, dans l’ascension de l’an dernier le ballon ne s’était élevé qu’à 15 781 m.
- Le Pr Piccard, interrogé par les journalistes, a déclaré que cette année le froid avait été beaucoup plus intense que l’an dernier : le thermomètre extérieur marquait — 55° et le thermomètre intérieur est descendu jusqu’à — 16°.
- Les résultats scientifiques de l’exploration ne pourront du reste être connus que dans quelques semaines, lorsque les observations effectuées auront été dépouillées et étudiées à fond. Ils sont attendus avec une vive curiosité par le monde scientifique et l’on compte qu’ils contribueront notablement aux progrès de nos connaissances sur la physique du globe.
- Rappelons que le but principal de l’expédition du Pr Piccard était de réunir des observations permettant, si possible, de tirer au clair la question encore énigmatique du rayonnement cosmique ultrapénétrant; ce problème paraît présenter une importance capitale pour la physique de notre globe.
- Nous recevons, en effet, des rayons ultrapénétrants dont la nature paraît s’apparenter à celle des rayons X, ou des rayons y du radium; mais leur pénétration est bien supérieure à celle de ces derniers rayons, les plus pénétrants cependant que nous puissions réaliser sur notre globe. A côté de ces rayons de nature électromagnétique, maintes observations laissent
- supposer qu’il existe également des corpuscules électriques, porteurs d’une énergie prodigieuse.
- Quelle est la constitution exacte de ce rayonnement que l’on sait aujourd’hui être d’origine cosmique, quelle est sa provenance, c’est à ce problème que les observations faites par le Pr Piccard à haute altitude combinées avec les observations faites au niveau du sol, peuvent apporter des éléments de
- Fig. 1. — Le PT T iccard et son assistant le D1 Cosyns arrivant et examinant, à Dübendorf, la nacelle du ballon, avant l'ascension vers la stratosphère. (Ph. Keystone.)
- solution. Au cours de son ascension, le Pr Piccard et son assistant se sont attachés en effet, à l’aide d’une chambre d’ionisation perfectionnée, à mesurer le rayonnement cosmique aux différentes altitudes.
- On espère aussi que les deux savants auront pu faire dans la stratosphère des observations sur la composition de l’atmosphère, question sur laquelle on ne sait encore que fort peu de choses, malgré les investigations faites à l’aide de ballons-sondes munis d’instruments enregistreurs.
- La nacelle et le ballon ont pu sans difficultés regagner Bruxelles quelques jours après l’atterrissage.
- Rappelons, pour terminer, que les dépenses de l’ascension du Pr Piccard ont été couvertes, comme l’an dernier, par le Fonds national pour les Recherches scientifiques de Bruxelles.
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- LE CANAL DES DEUX-MERS
- La modernisation du canal des Deux-Mers est un problème qui revient périodiquement à l’ordre du jour. En ces derniers temps, pour diminuer le chômage, on a songé à de vastes programmes de travaux publics, et de nouveaux projets se sont fait jour pour créer, entre l’Atlantique et la Méditerranée, une voie navigable accessible aux navires modernes.
- L’un de ces projets, conçu par la Sté d’Études Techniques et Economiques pour l’aménagement du Canal des Deux-Mers, est actuellement soumis à l’examen du Conseil supérieur des Travaux publics.
- Prévu pour des navires de 8000 tonnes, il emprunte le lit de la Garonne rectifié, puis longe le fleuve, le traverse entre Grenade et Toulouse, suit la vallée de l’Hers, franchit le col de Naurouze et prend la vallée de l’Aude. Cette voie d’eau aurait 400 km de long; la largeur au plafond serait de 60 m, la largeur au miroir de 150 à 200 m, la profondeur de 16 m 50; l’altitude du bief de passage de 148 m 50. Le cube de déblais serait de l’ordre de 1 milliard de m3; les écluses, au nombre de 14, comprendraient chacune 4 sas avec des hauteurs de chute de 20 à 22 m 50. Il y aurait en outre à créer un grand nombre de ponts à grands tirants d’air ou de passages souterrains.
- Est-il matériellement possible de mener à bien, dans un temps raisonnable, un travail de cette envergure ? En présence des immenses progrès réalisés dans les engins excavateurs et les machines de terrassement, il semble au premier abord que la réponse doive être affirmative.
- Il convient toutefois d’examiner le bilan probable d’une telle entreprise.
- Sous les auspices du Syndicat professionnel des Entrepreneurs de Travaux publics de France, d’Algérie et des Colonies, M. Ch. Moreau vient de procéder à une étude approfondie de ce problème. La compétence de l’auteur donne un grand poids à ses conclusions franchement pessimistes.
- Pour exécuter en quatre ans les déblais et terrassements du Canal, il faudrait mettre en œuvre 480 engins puissants, appropriés aux terrains à traiter. La dépense d’achat de ce matériel s’élèverait à 1055 millions de francs.
- Ls travaux exécutés avec ces machines, servies par une armée de plus de 66 000 hommes, coûteraient 7382 millions.
- Quant aux ouvrages d’art, leur prix, matériel d’exécution compris, peut être évalué aux environs de 9400 millions de francs et la main-d’œuvre à 3200 ouvriers travaillant pendant 5 ans environ.
- Les revêtements coûteraient 1- milliard et exigeraient 2000 ouvriers.
- Les usines hydroélectriques et l’équipement électrique des écluses coûteraient 600 millions; les réservoirs en haute vallée nécessaires pour l’alimentation du canal ne coûteraient pas moins de 2 milliards.
- Si à ces sommes on ajoute les intérêts intercalaires et les frais d’administration, on arrive au total impressionnant de 26 milliards 500 millions. Et il subsiste maintes incertitudes, notamment au sujet de l’alimentation du canal.
- Quels sont les avantages à mettre en regard de ces charges et aléas ? Au point de vue commercial, on ne peut compter que sur le gain de temps que le canal assurerait à des navires se dirigeant de l’Atlantique Nord vers la Méditerranée ou inversement. Pour un navire se rendant de Soutliampton à Port-Saïd, l’économie de distance serait de 1349 1cm, représentant une durée de 19 à 40 heures; mais comme la traversée du canal ne s’effectue qu’à vitesse réduite, de 6 à 8 nœuds au maximum, et que la durée totale des éclusages ne saurait être inférieure à 8 heures, le temps gagné en définitive se réduirait à quelques heures à peine et ne justifierait pas le péage élevé qu’il faudrait imposer au navire.
- On met souvent aussi en avant l’argument militaire, mais quelle valeur militaire posséderait un tel canal, d’où les bâtiments ne pourraient déboucher que lentement et un par un, en face d’une flotte ennemie maîtresse de la mer?
- Pour conclure, M. Moreau propose un projet de canal des Deux-Mers, beaucoup moins ambitieux, mais de réalisation plus aisée, et vraisemblablement payante. Il s’agirait de créer une voie accessible aux chalands de 1500 à 2000 tonnes, analogues à ceux qui naviguent actuellement sur le Rhin entre Bâle et Strasbourg. Ce canal pourrait escompter un trafic annuel de 15 à 30 millions de tonnes; aux recettes qui en résulteraient s’ajouterait la vente du courant produit par les usines hydroélectriques aménagées sur le canal.
- Nous croyons intéressant, avant de terminer, de signaler un autre projet tout différent qui nous a été soumis par M. Bernard Marque, professeur honoraire du Lycée de Tulle. M. Marque a été frappé par les inconvénients des écluses sur un canal destiné à la grande navigation. Mais devant l’impossibilité manifeste de créer ici un canal à niveau libre et à ciel ouvert, il envisage une solution radicale : celle d’un canal à niveau libre, souterrain sur la majeure partie de son parcours.
- Le souterrain, long de 340 km, aurait son origine à 10 km de la Grave d’Ambarès, à proximité du cours de la Dordogne et déboucherait vers Portel, au voisinage des étangs de Boges et de Sigean.
- Le projet de M. Marque a, évidemment, l’avantage de supprimer tous les ouvrages d’art et tous les passages reliant les deux rives du canal. Mais est-il possible, à notre époque, de réaliser dans les conditions de rapidité et d’économie nécessaires, un tunnel de 30 m de haut et 50 m de large, long de 340 km? A cette question, seuls les spécialistes peuvent répondre.
- AU MUSEE D’ETHNOGRAPHIE DU TROCADERO
- EXPOSITION DE LA MISSION RIVET
- Avec l'exposition de la Mission Rivet, le Musée d’Ethno-graphie du Trocadéro manifeste, pour la première fois, la résurrection de son département asiatique. Il y avait bien eu, jadis, au Trocadéro, des collections d’Asie, mais elles avaient été dispersées, les unes et les autres, entre differents musées de province, bref, en 1928, il n’en restait plus une seule ! En entreprenant la réorganisation du
- Musée d’Ethnographie, son directeur actuel, le professeur. Rivet, a pris à cœur de combler cette trop fâcheuse lacune; à l’heure présente, un nouveau fonds existe, très riche déjà, et qui s’accroît sans cesse : dépôts du musée Guimet et de St-Germain-en-Laye, collections que nous avons admirées à l’Exposition coloniale et données par le Commissariat de l’Indochine, dons divers, envois du
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- Musée de Taïping, mission Bacot — qui fera l’objet d’une prochaine exposition — enfin, envois réguliers et fréquents de l’Ecole française d’Extrême-Orient, dont un des membres, M. Clayes, travaille en liaison étroite avec le Musée d’Ethnographie, et centralise, pour les lui expédier, de nombreux objets et documents, recueillis par des chercheurs, dans les différentes régions de l’Indochine. Organiser ces enquêtes sur place, a d’ailleurs été un des résultats de la récente mission du professeur Rivet en Indochine, et dans la péninsule malaise; mais il a récolté aussi, lui-même, une belle collection que le musée d’Ethnographie expose du 6 août au 2 octobre 1932.
- C’est toute la vie des peuples chez lesquels ils ont été recueillis que ces objets évoquent, en effet, non seulement sous un aspect matériel, mais, plus encore, parce qu’ils reflètent des idées, traduisent des croyances et des coutumes. Les carquois et sarbacanes salcaï et l’arbalète nung, les pagnes d’écorce des negritos de Pnak, les somptueuses jupes de fête des femmes lolo du Yunnam et les bijoux ciselés et émaillés du Tonkin, représentent chacun une circonstance déterminée, un moment de vie, car ceux qui les fabriquèrent eurent, pour chacun d’eux, une technique, une intention spéciales.
- Voici, par exemple, le chapeau lamé d’or de la fiancée, celui que porte communément la femme au marché et contre le soleil, un turban d’étoffe et la pièce de bois qui le soutient; à côté, le professeur Rivet rassemble l’équipement nécessaire pour la saison des pluies : au Tonkin, capuchon et manteau en feuilles de latanier; chez les Sedang, chapeaux-parapluie en vannerie polychrome, pour les coolies du Yunnam, manteau de pluie en fibres de coco.
- Fig. 2 et 3. — Statues funéraires Moi (mission Eivet).
- Fig. 1. — « Bokbul », personnage qui, placé sur le poteau de la
- terrasse d’une maison Moi la défendait contre les mauvais esprits (mission Rivet).
- Des corbeilles peuplent une vitrine : hottes à couvercle portées sur le dos, paniers à fruits ou à légumes, boîtes à côtés pyrogravés. Auprès d’elles, nous trouvons le balancier de bois que l’indigène place en équilibre sur son épaule et aux extrémités duquel il suspend ses fardeaux. Les différents types d’armes et les instruments agricoles conduisent notre pensée vers la rizière ou la montagne, tandis qu’une belle étoffe, tissée par les femmes de Cao-Bang, un rouet banhar, nous ramènent à la maison où nous admirons, entre autres, des séries de pipes et d’oreillers. Et voici, ailleurs, des instruments de musique : orgues à bouche à 2 ou 6 tuyaux ouverts, tambour servant à annoncer la venue du mandarin, sonnailles de cuivre des danseuses.
- La maladie et la mort ne pouvaient être oubliées dans cette enquête ethnographique : le professeur Rivet a ramené, du pays Moï, de belles statuettes funéraires : hommes à l’attitude de prière, oiseau hiératique. Chez les Moï, aussi, il a trouvé cet étonnant « Bokbul », personnage à l’allure de guerrier, fait de vannerie et d’herbes, qui coiffait un poteau de la terrasse d’une maison où il y avait eu des malades, et en protégeait les habitants contre les mauvais esprits. « Prends-le, si tu n’as pas peur », répondirent les indigènes à la demande du professeur Rivet, et c’eût été dommage, vraiment, de priver cette exposition d’un de ses plus grands intérêts et du document qui, mieux que tout autre, méritait d’être recueilli.
- Enfin, l’humanité se compose, a-t-on dit, de « plus de morts que de vivants », nous pouvons faire aussi une incursion dans le passé : il est très loin de nous, sans doute, avec les poteries et les haches préhistoriques de Malacca, qui font songer parfois à notre âge du bronze, mais en Indochine, le professeur Rivet a rencontré un passé plus proche, historique celui-là, qui se perpétue encore, grâce aux traditions ancestrales : depuis le xve siècle, tel tambour de bronze servait, en grand
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- Fig. 4 (à gauche).
- Moi actuels portant leurs coupe-coupe sur l'épaule.
- Fig. 5 (à droite. •— Bas-relief d'Angkor-Val.
- Un chef, dans le haut, porte un coupe-coupe sur l’épaule.
- apparat, pour commémorer les funérailles d’un chef muong. Enterré ensuite en un lieu secret, il n’était remis au jour que pour les funérailles du fils. Il ne s’est tu, définitivement, qu’il y a quelques années, le dernier chef de la famille étant mort sans postérité. Et ces « coupe-coupe » que les Moï, nos contemporains, chargent sur leur épaule, ne ressemblent-ils pas, exactement, à ceux que portaient, de la même manière et en signe, sans doute, de leur pouvoir, les chefs guerriers figurés sur les bas-reliefs d’Angkor-Vat?
- Ainsi, en replaçant les objets dans leur milieu de vie, l’ethnographie se défend-elle de présenter des documents morts ; elle tend au contraire à les rendre vivants, parlants, pourrait-on dire, et parfois même, grâce au présent qui l’éclaire, ressuscite-t-elle le passé.
- Marcelle Bouteiller.
- Fig. 6. •— Tambour Muong du XVe siècle, servait à commémorer les funérailles d’un chef (mission Rivet).
- Fig. 7. — L’outillage du bijoutier (Tonkin-Pou Eum).
- De haut en bas et de gauche à droite : lre rangée : 2 creusets, une enclume, un autre creuset, 2e rangée : une tenaille, un marteau, une pince; 3° rangée : une petite pince, une filière, un ciseau (mission Colani).
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- r ..££E RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES ^ 2
- SOLUTION DES PROBLÈMES PROPOSÉS DANS “ LA NATURE
- DU 1er JUILLET 1932 (N° 2884)
- Rappelons suivant l’usage l’énoncé des problèmes.
- A. Un nombre N de quinze chiffres est réciproque ainsi que tous ses diviseurs. Sa racine carrée N' admet comme diviseurs premiers les 3 nombres réciproques P Q R. Le nombre P a autant de chiffres que Q et R ensemble, et le plus petit en a au moins 2. Trouver N.
- B. Trouver un nombre de 4 chiffres, tel qu’en le multipliant par 4, on trouve ce nombre renversé.
- C. Effectuer l’addition ci-dessous sachant que le 2e nombre est double du 1er et que dans toute l’opération on trouve les 9 premiers nombres une seule fois chacun.
- xxx 1er nombre xxx 2e nombre xxx
- Problème A. — Réponse N—123456787654321.— La racine carrée de N est N' = 11111111. Ce problème contenait, comme nous allons le voir, une erreur dans sa donnée; plusieurs de nos lecteurs ont cependant trouvé la solution, mais seuls M. Charles Benoît, ingénieur civil des mines, et M. l’abbé L. Morrier ont aperçu l’erreur et l’ont signalée.
- Le nombre N ayant 15 chiffres, sa racine carrée est un nombre de 8 chiffres, lui-même réciproque par hypothèse.
- Comme ce nombre réciproque de 8 chiffres multiplié par lui-même doit reproduire un nombre réciproque, on voit aisément que la multiplication ne doit donner lieu à aucune retenue, pas plus dans les produits partiels que dans l’addition finale.
- Si Ton représente cette racine carrée par a b c d d c b a, on voit en particulier que la somme 2 (a2 + b2 + c2 -j- d2) doit être plus petite que 10; des nombres a, b, c, d, trois au moins sont donc égaux à 1 ou à zéro, le quatrième ne pouvant être supérieur à 2. Le plus grand nombre qui puisse convenir pour N' est donc 12 11 11 21.
- Les diviseurs premiers auront, d’après les données du problème, le plus petit 2 chiffres, les deux autres 3 et 5 chiffres.
- Le seul nombre premier réciproque de 2 chiffres est 11 ; comme diviseurs réciproques de 3 chiffres, nous ne pouvons envisager que ceux qui commenceraient par 1 ou 2, puisque le nombre N' ne peut contenir de chiffres supérieurs à 3; mais les nombres réciproques commençant (et se terminant) par 2 sont pairs et non premiers.
- Les nombres réciproques de 3 chiffres, commençant par 1 et premiers, sont 101, 131, 151,181,191 ; seul est donc à retenir 101.
- Le produit 101 X11 =1111.
- , . 12111121
- Le troisième diviseur de N sera donc inférieur à ———-—
- 1111
- c’est-à-dire à 10901. Mais il ne peut contenir de chiffres supérieurs à 2; son produit par 1111 ne peut davantage contenir de chiffres supérieurs à 2 ; ce qui élimine tous les chiffres autres que 10001 et 10101; mais ce dernier ne peut convenir parce que son produit par 1111 donne pour le nombre N' un nombre réciproque, il est vrai, mais contenant quatre fois le chiffre 2, ce qui ne lüi permettrait pas d’avoir pour carré un nombre réciproque.
- Le troisième diviseur est donc 10001 et le nombre N est 10001+1111=11111111 dont le carré est le nombre cherché : 123456787654321.
- Remarque. — Contrairement à l’énoncé, le nombre 10001, comme le fait remarquer M. Benoît, n’est pas premier : il
- est égal à 137 X 73. Le problème était néanmoins complètement déterminé par les conditions qu’il y eût un diviseur premier réciproque de 2 chiffres et un autre de 3 chiffres.
- M. Véber, de l’École apostolique de Florennes, fait observer que non seulement les diviseurs premiers sont réciproques 11, 101, mais que tous les diviseurs de N sont réciproques également.
- Ils sont 25 et s’échelonnent de 11 101 121... 1 234 321... 12 344 444 321... au dernier 11 223 344 332 211.
- Problème B. — Voici la solution de M. Maurice Simon, directeur d’École à Paris.
- Soit abcd le nombre primitif.
- 1° Je vois que a — 2 puisque multiplié par 4, le premier nombre donne un produit de 4 chiffres, qui sera plus grand que 4000 ;
- 2° De plus, d X 4 donnera toujours un nombre pair, d’où un seul chiffre possible aux unité^;[du premier nombre, c’est 8 et par suite 2 aux c-en tarâtes; /wA'X-Le premier nombre est donc :
- 26c8
- Si Ton écrit :
- (1000 a + 100 b + 10 c + d)4 = 1000 d + 100 c + 10 b + a soit
- 4000 a + 400 b + 40 c + 4 d = 1000 d + 100 c + 10 b + a ou 3999 a + 390 b = 996 d + 60 c
- ou en divisant par 3 : 1333 a + 130 b — 332 d + 20 c on a en remplaçant a par 2 et d par 8 2666 + 130 b = 2656 + 20 c ou 10 = 20 c — 130 b et 1—2c-— 13 b
- donc 1 + 13 b = 2 c
- 2 c — 18 donc 13 6^17 — b étant entier,la seule solution possible est 6 = 1
- donc 2 c = 14 et c = 7.
- Le nombre cherché est 2178 Preuve : 2178 X 4 = 8712.
- Problème C. — Réponses :
- A = 192 — 219 — 273 — 327 B = 384 — 438 — 546 — 654 C = 576 657 8Ï9 981
- Raisonnement. — Soit A le premier nombre, B son double, C la somme.
- 1° Le chiffre des unités de B sera toujours pair, soit : 2, 4, 6, 8.
- Essais. — On peut avoir 2 aux unités de B avec 1 aux unités de A (ou C).
- . . 1 . . 6
- . . 2 . . 2' ’
- 3 8
- (I) (II)
- Dans le cas I (pas de retenue aux unités) le chiffre des dizaines de B sera encore pair.
- Il ne pourra être 2 — ni 4 (par 2 doublé ou par 7 ce qui donnerait 7 + 4 = 11 — 1 déjà employé).
- Il ne pourra être 6 par 3 (déjà employé) doublé. — 8 serait possible, mais on aurait alors :
- .81
- .62
- 743
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-
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- ===== 274 1111 —=........— - =
- et il resterait 9, 7, 5, inutilisables aux centaines, attendu que l’on ne peut avoir dans cette colonne que le maximum 9 au total, par 3 + 6. — On ne peut trouver aux dizaines de B, 8 (double de 4) car on aurait 8 + 4 — 12 (2 déjà employé) — 8 par 9 + 9 donnerait
- 91
- 82
- 73
- il resterait pour les centaines 4, 5, 6, inutilisables.
- Il ne reste à essayer aucun chiffre pair, donc la disposition est impossible. Un raisonnement analogue permet de vérifier les 4 dispositions données dans la réponse ci-dessus.
- M. Cornet, directeur du bureau d’hygiène à Amiens, fait remarquer que la somme des chiffres significatifs est respectivement 12, 15, et 18 : que 12 + 15 + 18 = 45 et qu’aussi la somme des 9 premiers nombres est 45. Remarquer aussi que les solutions prises 2 à 2 sont obtenues par permutation tournante.
- On voit qu’on est en période de vacances: les lecteurs de La Nature sont en villégiature et le nombre de solutions envoyées a été un peu moins nombreux que d’habitude.
- Ont envoyé des solutions justes :
- Pour les 3 problèmes A, B, C :
- Abbé Lapied, curé de Magny (Moselle) ; André Adenot, Bruges (Belgique); Toyon, agent technique de la Marine; André Arnaud, Marseille; Launay Robert, employé des P. T. T., Paris; Richardel, électricien à Besançon; Malliary, ingénieur E. C. P., Vichy; Georget, conducteur des travaux de Paris, Champigny-sur-Marne; Maurice Simon, directeur d’École, Paris; Eug. Kreux, E. P. S., Saint-Avold (Moselle); Gouron, Bourges ; Ch. Dael, Ledeberg-Gand (Belgique) ; Raoul Castaing, ingénieur à Bordeaux; M. Streel, ingénieur des Mines à Uccle-Bruxelles; Jean Monning, étudiant à l’Université de Bruxelles; Santerre, Oignies-Oiseau (Belgique); Henry Buisson, à Lisieux (Calvados); Hugglebault, à Anvers; Claverie, directeur d’École en retraite, à Samatan (Gers) ; Internet, ingénieur des mines, à Carmaux (Tarn) ; M. Weber, Ecole apostolique Florennes (Belgique); Arabi Verdera, Ibiza (Iles Baléares) ; Louis Mercier, Chancelade (Dordogne) ; Leudeville, à Marolles (Seine-et-Oise) ; Mme Marie Duroquier, Chargé (Indre-et-Loire); MM. F. Mercx, à Ways-le-Genappe (Belgique); Dessoffy, 70, avenue de Versailles; Thomas de Palacio, ingénieur à Barcelone; M. G. Brenot, à Paris; abbé L. Morrier, à Huy.
- Pour les problèmes B et C :
- MM. Louis Schœfïer, ingénieur à Lausanne; M. Noiret, à Charleville; Pierre Valol, étudiant à la Faculté catholique de Lyon; Mme Suzanne Duchez, à Alger; MM. M. Emery, Saint-Clément (Allier) ; Bouleau, élève de l’Ecole des Arts et Métiers, Châlons-sur-Marne; Courbier, Petit Séminaire de Gourdon (Lot) ; Raoul Alphandery, à Montpavet (Vaucluse) ; Dr Beu-rois, à Dax (Landes); F. Gélinotte, Versailles; Sagot, commis des postes, Paris; W. Robert, Math, élém., Lycée de Metz; Rameau Fernand, Cholette (Loiret); Dr Pekoslanski Léon, Varsovie; M. Schumacher, élève à l’Ecole Apostolique des Missions coloniales de Cellule (Puy-de-Dôme) ; Caporal Rémond, 15e Génie, Toul; M. Solari, Alger; M. Albert Lépine, élève sortant du Collège de l’Immaculée-Conception, Laval; Thié-baud, à Porrentruy (Suisse).
- Pour les problèmes A et B :
- MM. Ulpat, vérificateur des poids et mesures, à Bizerte (Tunisie) ; Ch. Benoît, ingénieur civil des mines à Crusnes (Meurthe-et-Moselle) ; M. Sochet, Ecole Normale, Moulins.
- Pour le problème A :
- M. Pelatant, à Ténériffe (Canaries) ; M. A. Cohen-Adad, élève de cours complémentaire, Alger.
- Pour le problème B :
- M. Marcel J’osserand, à Lyon; Mlle Renée Dupenay, clève-maîtresse à l’Ecole Normale d’institutrices de Lyon; Mlle Odile Jourdan, à Bougé-Cliambalud (Isère); MM. Samuel Marti, Montbéliard (Doubs); Reynard, Eug. Lasserre, à Muret, Glodin, à Luxembourg; M. F. David, au Ternes (Cantal); M. E. de Coulon à Aïn-el-Iiadjar (Dép. d’Oran) ; Ch. Dabezies, étudiant à Buenos-Ayres; L. Matamoros, ingr à San José (Costa-Rica).
- Pour le problème C :
- MM. Jean Lotir, ingénieur à Mulhouse (Haut-Rhin) ; Jourdan, Bougé-Chambalud (Isère).
- Rappel. — La Nature du 1er mai étant arrivée en retard à Hanoï, M. Fraysse, architecte en cette ville, nous adresse en retard également les solutions des problèmes 1 et 2 de La Nature du 1er mai et M. Lê-Van-Tri, élève du Lycée Pétrus-ky (Cochinchine) celles des trois problèmes.
- Pour cette fin de vacances, nous proposons à la sagacité des lecteurs deux problèmes auxquels on ne refusera pas le mérite de l’originalité : un problème philathélique... et un problème historique. Pour ce dernier, quelques connaissances historiques seront nécessaires.
- Problème A. — Pierre Paul et Jean sont trois frères. Pierre a deux ans de plus que Paul et celui-ci deux ans de plus que Jean.
- Tous les ans, à Noël, leur gçand-père leur donne à chacun la même somme. Collectionneurs de timbres, ils se rendent chez un marchand, qui leur met devant les yeux trois collections, la collection A, la collection B et la collection C. Les timbres de chaque collection ont la même valeur, mais cette valeur augmente d’une même quantité quand on passe de la première à la seconde et de celle-ci à la troisième.
- Jean ne prend de timbres que dans la collection A; Paul n’en prend que dans la collection B et Pierre, seulement dans la collection C. De plus, Jean prend trois fois plus de timbres que Paul et six fois plus que Pierre.
- Leurs achats une fois faits, ils passent à la caisse. Il se trouve que Jean n’a pas assez d’argent pour payer ses timbres; il lui manque 50 centimes ; sur son billet, on rend à Paul une somme de 2 fr. 50 et à Pierre, sur le sien, une somme de 4 fr. 25.
- Ceci posé, on demande :
- 1° Le nombre de timbres pris par chacun des enfants;
- 2° Les prix des timbres de chaque collection;
- 3° L’âge de chacun des enfants.
- (Proposé par M. l’Abbé Iluelle, aumônier du Lycée d’Amiens.)
- Problème B. — Au cours de la guerre 1914-1918 fut découverte la tombe d’un soldat français mort jadis, le dernier jour d’un mois, au cours d’une expédition en terre étrangère.
- La date du décès était gravée sur la pierre tombale.
- Diverses armes de l’époque, dont une pertuisane, furent retrouvées en cet endroit.
- Un fanatique du calcul s’amusa à faire le produit du nombre de jours du mois inscrit sur la pierre tombale par la longueur en pieds de la pertuisane, puis par la moitié du nombre entier d’années écoulées depuis le décès du soldat jusqu’à la découverte de sa tombe, enfin par la moitié du nombre des années qu’avait le commandant de l’expédition française à l’époque où le soldat trouva la mort. Ce produit de 4 facteurs est 451 066.
- Quel est le nom de celui qui commandait l’expédition où mourut ce soldat ?
- (Proposé par M- Cornet, directeur du Bureau d’Hygiène, à Amiens.) Virgile Brandicourt.
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- A PROPOS DE L’ACCLIMATATION DU “ LIOTHRIX ’
- DIT “ ROSSIGNOL DU JAPON "
- Dans le n° 2885 de La Nature, Mme et M. Moll-Weiss ont vanté le charme du délicieux « musicien » qu’est le Rossignol du Japon, et ils ont émis le vœu que cet Oiseau soit acclimaté et mis en liberté dans nos campagnes, dont il pourrait être un brillant et mélodieux ornement.
- Or, la question de l’acclimatation du Liothrix sous nos climats a tenté depuis longtemps les amis des Oiseaux. A plusieurs reprises, des couples de cette espèce ont été lâchés, on France et en Angleterre notamment. Mais les essais réalisés n’ont pas donné de résultats bien concluants.
- Avant de rappeler quelques-uns de ces essais d’acclimatation, qu’il me soit permis, une fois de plus, de protester contre le nom français du Liothrix : il n’a rien de commun avec le Rossignol et il n’habite pas le Japon !...
- Le Liothrix jaune (Liothrix lutea Scopoli) (') est le type de la famille des Timéliidés, groupe d’Oiseaux insectivores et frugivores qui s’apparentent assez aux Grives et aux Fauvettes. Il habite les régions montagneuses de la Chine, de l’Inde et du Tonkin.
- Au cours des missions scientifiques dont il a été chargé, M. J. Delacour a vu les Liothrix dans l’Himalaya, — depuis Sinila, à l’ouest, jusqu’au nord de la Birmanie, — au Yunnan, dans tout le sud de la Chine, et dans le nord du Tonkin.
- A l’Exposition coloniale de Vincennes, dans le Pavillon de la Chasse et de la Pêche de la Section Indochinoise, on pouvait voir parmi les Oiseaux du Tonkin, des Liothrix montés, perchés sur des arbustes.
- Les Liothrix aiment à se cacher dans les fourrés épais; ils placent leur nid dans un buisson touffu. Le nid, en forme de coupe, est fait de feuilles mortes, de racines d’herbes et de mousse. La ponte est de trois œufs d’un vert pâle marqué de brun rouge.
- En montagne, ils nichent en altitude et descendent vers les vallées quand vient l’hiver, par bandes de huit à vingt individus. Assez près du sol, ils cherchent les baies dont ils se nourrissent, et surtout les Insectes, les Vers, les petits Mollusques. De leur allure vive et gaie, si caractéristique, on les voit se déplacer à travers les bois, les forêts, les plantations.
- Attirés par du riz cuit, ils sont capturés en grande quantité par les indigènes pour être exportés en Europe, où ils sont très appréciés comme Oiseaux de volière. Je ne dis pas : de cage, car il serait vraiment cruel de mettre en cage un oiseau qui a tant besoin de mouvement. Il doit pouvoir sauter et voleter à son aise.
- Je tiens mon couple de Liothrix dans une volière d’appartement et, de temps à autre, je le laisse voler dans la pièce. Mes charmants amis viennent me demander et prendre à mes doigts un Insecte ou une miette de mie de pain roulée en forme de Ver. Posé sur le dossier de ma chaise, le mâle gazouille une jolie chanson, à bec fermé, tandis que la gentille femelle lance son appel, toujours le même, mais modulé à l’infini : « Pleu-pleu-pleu ».... Puis, brusquement, tous deux se précipitent sur l’évier de la cuisine et se trempent dans la cuvette à demi pleine d’eau, vingt fois de suite, avec une rapidité surprenante. Après quoi, ils procèdent au séchage et au lustrage de leur plumage, se secouant et se peignant avec des gestes si prompts et si drôles !...
- Je les nourris de miel, d’oranges ou d’autres fruits juteux : abricots, poires de William’s; de pâtée composée de biscottes imbibées de lait et assaisonnée de graines d’œillette bleue; enfin d’insectes : Vers de farine, Mouches, chenilles, etc...
- 1. On écrit aussi : Leiolrix. Ce nom vient du grec leios : lisse et Ihrix : cheveu, et fait allusion au plumage lisse de l’Oiseau.
- Pendant leurs heures de liberté, ils font la chasse aux Moustiques, aux Mites, à tous les Insectes qui entrent dans les maisons. Mes Liothrix n’ont jamais accepté d’autres graines que l’œillette, ni de salade : celle-ci ne les intéresse que pour la recherche des Pucerons, voire des Arions collés à ses feuilles.
- Les Liothrix ont souvent niché en captivité. Le mâle et la femelle couvent tour à tour, se relayant à de courts intervalles car leur vivacité naturelle ne leur permet pas une immobilisation prolongée. La difficulté consiste, pour l’élevage des petits, à leur procurer des Insectes. Un ami des Oiseaux l’a résolue en laissant les parents aller chercher dans la campagne environnante les abondantes proies qui leur sont nécessaires.
- Pour donner une idée de l’énorme consommation d’insectes faite par une famille de Rossignols du Japon, je citerai l’observation notée par M. J. Durel, de la Société d’Acclimatation : un couple élevant quatre petits absorbait au moins quatre cents Vers de farine par jour!.... Mais les larves du Ténébrion constituent une nourriture trop échauffante qui ne saurait convenir à de jeunes Oiseaux. C’est pourquoi notre collègue permit aux parents d’aller chasser dans les bois et les champs.
- M. Durel a été du nombre des amateurs d’Oiseaux qui ont lâché des Liothrix en France. En Seine-et-Marne, notre collègue a libéré de 16 à 18 individus, et, à Antibes, il a enregistré le départ volontaire de trois Oiseaux : deux mâles et une femelle.
- Dès avant la Grande Guerre, M. J. Delacour lâcha des Liothrix dans sa belle propriété de Villers-Bretonneux (Somme). Depuis, d’autres lâchers eurent lieu dans ce paradis des animaux qu’est le parc de Clères (Seine-Inférieure) ; le dernier date de 1922.
- M. Delacour a dit que ses Liothrix sont restés sur les lieux quelque temps, parfois plus d’une année ; puis, ils ont disparu. Peut-être ont-ils été détruits par des Rapaces. Peut-être se sont-ils déplacés. Cependant ce ne sont pas des migrateurs, ils sont tout au plus erratiques.
- Leurs plus redoutables ennemis sont sans doute les Chats qui anéantissent les nichées.
- L’expérience d’acclimatation du Liothrix a été pratiquée en Angleterre. En 1929, lord Tavistock écrivait à M. Delacour que des Liothrix avaient été lâchés dans son domaine de Woburn; pendant plusieurs saisons, ces Oiseaux ont vécu et se sont reproduits dans un épais fourré, pr s d’une pièce d’eau; puis ils ont diminué de nombre jusqu’à extinction. Après la guerre, lord Tavistock lâcha des couples dans les îles de Wight et de Hayling. On les revit quelque temps après, mais ils n’étaient pas assez nombreux pour se multiplier.
- De plus, depuis leur introduction en Europe, — qui, je crois, remonte à une quarantaine d’années, — des Liothrix échappés des cages sont retournés à la vie libre; mais pour combien de temps? Quoiqu’ils puissent s’accommoder de nos climats et se tirer d’affaire, grâce à leur régime omnivore, il ne semble pas qu’ils aient pu s’établir chez nous. Du reste, leur caractère confiant les expose aux attaques de nombreux ennemis.
- Pourtant il est arrivé que des Oiseaux libres aient été vus ; ainsi, M. G. de la Brosse a conté qu’en 1929, un couple de Liothrix est venu près d’une volière où vivaient trois femelles de cette espèce. Les deux Oiseaux libres, et brillant du plus vif éclat, appelaient les captives et paraissaient vouloir les entraîner, puis ils s’éloignèrent; mais l’une des gracieuses prisonnières mourut dans la nuit, soit qu’elle se soit assommée contre les barreaux de la cage, soit qu’elle ait succombé à un vif chagrin.
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- La revue L’Oiseau, éditée par la Société Nationale d’Accli-matation et par la Société Ornithologique et Mammalogique de France, a publié, en 1929 et en 1930, de très intéressants et attachants comptes rendus des tentatives d’acclimatation des iothrix, dont je donne ici un bref résumé.
- En particulier, M. J. Durel a ajouté au récit de ses observations, une note captivante sur le chant du Rossignol du Japon, — qu’il considère « comme le plus intéressant des Oiseaux chanteurs ». L’auteur montre chaque Liothrix chanteur comme étant l’auteur original de sa musique particulière, et il attire l’attention sur « le caractère profondément humain des brèves mélodies » de ces Oiseaux. M. Durel développe sa pensée et conclut ainsi : « Si, comme d’aucuns l’ont dit, l’art est l’imitation de la nature, je tiens le Liothrix lutea pour le premier maître de musique de l’homme »...
- En retour, le Liothrix aime à entendre le chant et l’orchestre humains. Ce lui est une joie visible d’écouter de la belle musique — et non du jazz ! —- qu’il accompagne en sourdine, quitte à donner toute sa belle voix vibrante dans les crescendo.
- Mais quant à cela, le Liothrix n’est pas le seul Oiseau mélomane et j’ai pu constater chez les autres habitants de mes
- volières, et spécialement chez les Astrilds, un goût très vif pour l’audition des mélodies harmonieuses et douces. A coup sûr, ce ne sont pas des amateurs de musique ultra-moderne, car les discordances les font crier de frayeur !
- Pour finir, je dirai que le Rossignol du Japon peut parler. Quand j’étais tout enfant, et pour satisfaire ma passion innée des Oiseaux, on me mena chez une dame âgée et paralysée qui habitait en face du Musée du Luxembourg, à Paris, et à qui un Liothrix apportait la consolation de son aimable compagnie. A cette époque, il était rare de voir cet oiseau chez les amateurs et j’admirai beaucoup celui de la pauvre infirme; mais ce qui me frappa, ce fut de l’entendre parler : de lui-même, il s’était mis à répéter les cris des marchands des quatre-saisons. Et c’était étrange de voir le bel oiseau échappé, eût-on dit, d’un décor chinois, s’évertuer à crier : « Pois verts ! pois verts ! »... Il articulait fort bien. C’est le seul Liothrix que j’aie entendu parler. Etait-ce exceptionnel ? Je ne le pense pas : on rencontre de temps en temps de petits Passereaux aptes à parler. En tous cas, le Liothrix peut se passer de cette faculté : son chant suffit à notre délectation.
- A. Feuillée-Billot.
- LE MOIS METEOROLOGIQUE
- JUILLET 1932, A PARIS
- 1 *
- Mois pluvieux avec température normale, légèrement frais et insolation déficitaire.
- La pression barométrique, réduite au niveau de la mer, au Parc Saint-Maur, a été de 760 mm 8 inférieure de 2 mm 0 à la normale.
- La température moyenne du mois, 18°, 1 ne présente, par rapport à la normale, qu’un très léger déficit (— 0°,06). Il n’en est pas de même des maxima et des minima qui sont en moyenne, les premiers trop bas de 0°,7, les seconds trop élevés de 0°,8. Le minimum absolu 9°,0, a été noté le 24; le maximum absolu, 29°,8, le 11. Dans la région les extrêmes de température ont été : 5°,7 à Villepreux (le 24) et32°,5àlvry (le 11).
- Le total pluviométrique mensuel, 78 mm 0, est en excédent de 40 pour 100. Il a été recueilli en 17 jours de pluie appréciable (au lieu de 12, nombre moyen). A l’Observatoire du parc Montsouris, la durée totale de chute, 27h 40m, est inférieure de 1» 20m à la moyenne 1898-1922. Dans la région, les hauteurs d’eau recueillies pendant le mois varient de 39 mm 6 (Trappes) à 144 mm 1 (Asnières) ; la plus grande partie de
- ce dernier chiffre est imputable à l’orage du 11 qui a fourni à Asnières 104 mm 2 en 1“ 45m. Jamais, d’après M. Besson directeur du Service météorologique de la Ville de Paris, une averse unique n’avait donné, dans la région parisienne, une aussi grande quantité de pluie.
- On a noté à St-Maur : 4 jours d’orage; 3 jours de brouillard; 19 jours de rosée; 6 jours de halos solaires. Les vents ont été dominants des régions d’entre S. et O. La moyenne de l’humidité relative a été de 74,8 pour 100 et celle de la nébulosité de 71 pour 100.
- Dans la région pai’isienne, outre l’orage du 11 qui a versé une quantité d’eau considérable au Nord-Ouest de Paris, on en a ohservé d’autres, peu importants, les 13, 15 et 23. On a signalé, de plus, quelques coups de tonnerre, les 18, 21 et 30 et des éclairs lointains le 21 au soir. Il a grêlé légèrement le 12 à la porte d’Ivry et à Montmartre.
- On a enregistré, à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques, 215h 55“ de soleil, durée inférieure de 4 pour 100 à la normale.
- Em. Roger.
- LES FORTES CHALEURS D’AOUT 1932
- A Paris, comme dans la plus grande partie de la France et même ailleurs, en ce mois d’août 1932, du 10 jusqu’au 20, il régna une période de « fortes chaleurs » : le thermomètre a été jusqu’à atteindre, à l’ombre et sous l’abri, 35°,7, aussi bien à l’Observatoire du Parc Saint-Maur qu’à celui de Montsouris, lev19 et à l’O. N. M. 35°,8 le même jour.
- Rarement la chaleur est aussi constante, cependant en août 1876 le thermomètre avait déjà, pendant dix jours consécutifs, dépassé 30°. Il faut remonter jusqu’à l’année 1911 pour retrouver des chaleurs semblables même plus fortes et aussi prolongées; le mois d’août, en cette année-là, se trouve être parmi les plus chauds connus, avec ceux des années 1807, 1802 et 1842 surtout; bien antérieurement, ceux de 1765 et de 1780 auraient été encore plus chauds, semble-t-il, que celui de 1842.
- Voici, à titre de comparaison, les maxima absolus de température à l’ombre atteints au mois d’août, à Paris, depuis 1757 et dépassant 35°.
- 1763, 36°,2; 1765, 35»,3 le 26; 1773, 35»,3; 1800, 35»,5 le 18; 1802, 36»,4 le 8; 1826, 36»,2 le 1»; 1842, 36»,7 le 18; 1857, 36»,2 le 4; 1863, 35»,9 le 9; 1873, 37»,2 (obs. de Montsouris) le 8; 1875, 35»,8 le 17 (Obs. de Montsouris); 1876, 36»,2 (Obs. de Montsouris) le 13; 1892, 35»,5 (obs. de Montsouris) le 18; 1893, 35»,7 (Obs. du Parc St-Maur) le 18; 1898, 35»,2 (Obs. de Montsouris) le 21; 1899, 35»,7 (Obs. du Parc St-Maur) le 4; 1911, 37°,7 (Obs. de Montsouris) et 36°,5 (Obs. du Parc St-Maur) le 9; 1918, 36°,4 le 22 (Obs. de Montsouris); 1919, 35°,2 le 10 (Obs. de Montsouris), 1923, 36°,1 (Obs. de Montsouris) et 35°,4 (Obs. du Parc St-Maur) le 9.
- Em. Roger.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- 277
- LA VOUTE CÉLESTE EN OCTOBRE 1932 (')
- Au point de vue astronomique, le mois d’octobre présente un grand intérêt. A signaler la très belle visibilité de Vénus, l’opposition d’Uranus, puis, placées dans de bonnes conditions d’observation, les planètes Mars et Jupiter. La lumière zodiacale et la lueur anti-solaire, de nombreuses conjonctions, quelques occultations d’étoiles par la Lune, plusieurs essaims d’étoiles filantes et de nombreux minima d’éclat de la variable Algol retiendront certainement l’attention des amateuis du ciel.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en octobre, devient fortement australe. Elle passe de — 3° 13; le 1er à — 14° 8’ le 31. La durée du jour diminue, en conséquence, très fortement pendant ce mois, et de U*1 40“ le 1er elle tombe à 9“ 56m le 31. Cette durée est celle de la présence du centre du Soleil au-dessus de l’horizon. On remarquera que, par suite de l’heure légale adoptée en France (temps de Greenwich ou temps universel, qui retarde de 9m 21“ sur le temps moyen de Paris), il se produit une grande inégalité entre le matin et le soir. Ainsi le 15 octobi*e, le Soleil se lève à 6“ llm, passe au méridien à U1* 36m 29“ et se couche à 17“ 1“. Il se lève donc 5h 49m avant midi et se couche 5“ lm après. La matinée est plus longue que l’après-midi de 48 minutes.
- Voici le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire à l’heure du
- sur « Le Soleil » de l’Annuaire astronomique Flammarion-
- Lumière zodiacale; lueur anti-solaire. — Le mois d’octobre est très favorable à l’observation de la lumière zodiacale, le matin, et de la lueur anti-solaire, dont la hauteur au-dessus de l’horizon s’accroît au fur et à mesure de l’augmentation de la déclinaison australe du Soleil.
- La lumière zodiacale pourra être observée le matin avant l’aube, à l’Est, du l»r au 10 octobre, puis du 28 au 31, périodes pendant lesquelles la Lune ne gênera pas son observation.
- La lueur anti-solaire pourra être recherchée, vers minuit, le 1er octobre dans les Poissons.
- Le 3, elle sera située vers o Poissons. Du 25 au 31, elle sera dans le Bélier.
- IL Lune.— Voici les phases de la Lune, en octobre :
- P. Q. le 6, à 20“ 5m P. L. le 14, à 13“ 18“
- D. Q. le 22 ,à 17“ 14“ N. L. le 29, à 14“ 56“
- passage du Soleil au méridien
- Date. Heure du passage.
- Octobre ; 1 11“ 40“ 21»
- 3 11 39 43
- 5 11 39 7
- --- 7 11 38 32
- —- 9 11 37 58
- — 11 11 37 27
- — 13 11 36 57
- — - 15 11 36 29
- --- 17 11 36 4
- — - 19 11 35 41
- —- 21 11 35 20
- — 23 11 35 2
- — 25 11 34 47
- — 27 11 34 35
- 29 11 34 26
- — 31 11 34 21
- Rappelons que , pour Paris,
- l’ombre d’un fil i à plomb sur ]
- Age de la Lune, le 1er octobre = 0i,4.
- Pour toute autre date
- octobre, 0“ (T. U.) = 01,8; le 30
- du
- Fig. 1. — Marche de la planète Uranus à travers la constellation des Poissons pendant l’année 1932.
- Uranus peut être facilement vu et suivi avec une simple jumelle.
- de donner, trace exactement la direction du méridien. Pour un lieu autre que Paris, tenir compte de la différence de longitude et aussi du mouvement propre du Soleil.
- Observations physiques. — Voici les éléments permettant d’orienter les dessins ou les photographies du Soleil.
- Date.
- B0
- îtobre 3 + 26»,21 + 6°,58 182»,01
- — 8 + 26°,38 + 6»,29 116»,05
- — 13 + 26 “,-38 + 5°, 96 50»,08
- — 16 + 26»,29 + 5°,74 10»,51
- — 18 + 26°, 19 + 5»,58 344»,13
- — 21 + 25»,98 + 5°,33 304»,56
- — 26 + 25°,48 + 4°,89 238»,62
- — 31 + 24°,79 + 4»,40 172»,69
- Consulter, pour l’emploi de ce tableau, la notice spéciale
- mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 30.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en octobre : le 5 = — 28° 34'; le 20 — + 28° 29'.
- On remarquera la faible hauteur de la Lune le 5 octobre, veille du premier quartier, vers 17“, au moment de son passage au méridien.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 1er octobre, à 17“. Parallaxe = 60'50". Distance = 360 460 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 17 octobre, à 6“. Parallaxe — 53'59". Distance = 406 200 1cm.
- Périgée de la Lune, le 30 octobre, à 2“. Parallaxe = 61'21". Distance = 357 420 1cm.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 11 octobre, occultation de 96 Verseau (gr. 5,7). Immersion à 18“ 55“,5.
- Le 20, occultation de 406 B. Taureau (gr. 5,6). Emersion à 2“ 31“,5.
- Lumière cendrée de la Lune. — Elle sera surtout remarquable à l’époque du dernier quartier, du 22 au 25 octobre.
- Marées, mascaret. -— Les plus grandes marées du mois se produiront au début du mois, époque de la nouvelle Lune, puis à la fin du mois (nouvelle Lune suivante). Voici quelques-unes de ces plus grandes marées, pour Brest :
- 1. Toutes les heures données dans le présent «Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel (T. U.) compté de 0“ à 24“ à partir de 0h (minuit). Pendant les premiers jours du mois, l’heure d’été sera encore en vigueur : ajouter pendant cette période 1 heure à toutes les heures indiquées ici.
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- Date Marées du matin Marées du soir
- Heure Coefficient Heure Coefficient
- Octobre 1er 4h 21m 112 16" 39m 113
- — 2 4 58 113 17 17 112
- — 3 5 38 107 17 58 99
- — 4 6 19 91 18 42 82
- .—. 28 2 30 93 14 51 100
- — 29 3 10 105 15 31 108
- — 30 3 51 110 16 13 110
- — 31 4 34 108 16 56 105
- Comme on le voit, les marées du début du mois seront tri
- fortes.
- Le mascaret se produira fréquemment ce mois-ci.
- Coefficient Arrivée du Mascaret à :
- Date de la marée Quillebeuf Villequier Caudebec
- Octobre 1er 112 7“ 55” 8“ 32“ 8“ 41”
- — 1 113 20 12 20 49 20 58
- — 2 113 8 30 9 7 9 16
- — 2 112 20 49 21 26 21 35
- — 3 107 9 11 9 48 9 57
- — 29 105 6 52 7 29 7 38
- — 29 108 19 10 19 47 19 56
- — 30 110 7 27 8 4 8 13
- — 30 110 19 47 20 24 20 33
- — 31 108 8 7 8 44 8 53
- — 31 105 20 27 21 4 21 13
- III. Planètes.— Le tableau ci-après qui est établi à l’aide des données contenues dans VAnnuaire astronomique Flammarion, renferme les données les plus utiles pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois d’octobre 1932.
- 11 sera donc inobservable en octobre.
- Vénus brille d’un éclat splendide dans le ciel du matin. C’est une excellente occasion pour la suivre à la lunette pendant le jour et, ensuite, pour la voir à l’œil nu en plein midi.
- Voici la phase et la magnitude stellaire de Vénus.
- Date. Disque illuminé Diamètre Grandeur stellaire.
- Octobre 2 0,62 18 ,9 — 3,8
- — 7 0,64 18 ,2 — 3,7
- — 12 0,66 17 ,5 — 3,7
- — 17 0,68 16 ,9 — 3,7
- — 22 0,70 16 ,3 — 3,6
- — 27 0,72 15 ,8 — 3,6
- Vénus, le 12 octobre, présentera l’aspect d’une petite lune avec la phase figurée sur le dessin n° 10 de la ligure 1 du Bulletin astronomique pour mai 1932, n° 2878.
- Mars, au début du mois, sera très près de l’étoile y Cancer. Vers le milieu du mois il passera à peu de distance de l’étoile 63 Cancer. Sa trajectoire, pendant les derniers mois de l’année, sera jalonnée par les étoiles rt Cancer, 63 Cancer, a Lion, o Lion. Son diamètre augmente et maintenant il se lève vers minuit. Les observations utiles avec des instruments puissants vont pouvoir commencer. Mais le diamètre de Mars restera petit puisqu’au moment de son opposition le 1er mars 1933, il atteindra seulement 13'V
- C’est une opposition aphélique.
- Nous voyons à présent le pôle boréal et nous allons assister à la fusion, des neiges qui recouvrent ce pôle.
- Jupiter se lève encore tard dans la nuit, mais on peut l’observer avant l’aurore. Nous donnons à la page suivante quelques-uns des phénomènes produits par les satellites dans leur rotation autour de Jupiter.
- Remarquer, le 26 octobre, le curieux rapprochement des
- ASTRE Dates : Octobre Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (') Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- , 5 5f 56” 11" 39“ 78 17" 22ll! 12" 44“ 4° 46' 32' 3"0 Vierge
- Soleil. . . . 15 6 11 11 36 29 14 1 13 21 — 8 33 32 8 ,6 Vierge ))
- ' 25 6 27 11 34 47 16 42 13 59 — 12 8 32 14 ,0 Ralance '
- 5 6 20 11 57 17 35 12 59 — 5 29 4,8 7 Vierge
- Mercure . . 15 7 14 12 18 17 22 13 59 12 32 4,8 y. Vierge Inobservable.
- 25 8 3 12 37 17 11 14 58 — 18 25 5,0 a Balance
- i 5 1 56 8 56 15 55 9 59 12 12 18,4 a Lion
- Vénus . . . 15 2 17 9 0 15 43 10 42 + 8 48 17,2 p Lion ^ Splendide le matin avant
- 25 2 40 9 5 15 29 11 26 + 4 51 16,0 Lion I aurore.
- \ 5 0 4 7 41 15 18 8 45 + 19 18 5,4 Cancer
- Mars. ... 15 23 55 7 25 14 55 9 8 + 17 52 5,6 Cancer ^ Seconde partie de la nuit.
- 25 23 47 7 8 14 29 9 31 + 16 20 5,8 Ç Lion ’
- Jupiter. . . 15 2 41 9 17 15 54 11 1 + 7 19 30,0 y Vierge Le matin avant l’aurore.
- Saturne . . 15 13 57 18 16 22 36 20 2 — 20 59 15,2 4 Sagittaire Dès l’arrivée de la nuit.
- Uranus. . . 15 16 55 23 33 6 12 1 20 + 7 45 3,6 e Poissons Toute la nuit.
- Neptune. . 15 2 17 9 1 15 44 10 45 + 8 50 2,4 p Lion Le matin, avant l’aurore.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Mercure s’est trouvé en conjonction supérieure avec le satellites II, III et IV, groupés ensemble, à l’Est de Jupiter. Soleil le 29 septembre. Suivre leurs déplacements.
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- Phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Date. Octo- bre Heure Satel- lite. Phéno- mène Date. Octo- bre Heure Satel- lite. Phéno- mène.
- 2 4 > 41m Il O. c. 20 3“53m I E. c.
- 4 5 38 11 E. c. 21 3 20 1 O. f.
- 5 5 4 I O. f. 21 4 10 1 P. f.
- 5 5 12 I O. c. 27 3 29 11 P. c.
- 5 5 41 III P. f. 27 4 24 11 O. f.
- 10 4 14 I O. c. 27 5 46 I E. c.
- 11 5 44 IV Em. 27 6 11 II P. f.
- 12 4 41 II O. c. 28 2 57 1 O. c.
- 12 5 24 I P. c. 28 3 53 .1 P. c.
- 13 5 0 I Em. 28 5 13 I O. f.
- 16 5 38 I Em. 28 6 9 I P. f.
- 18 4 4 III E. c. 29 3 27 1 Em.
- 20 3 28 II P. f.
- Saturne est encore visible le soir des l’arrivée de la nuit. Voici les éléments de l’anneau, à la date du 14 octobre :
- Grand axe extérieur...............................+ 38 ',39
- Petit axe extérieur...............................+ 14", 19
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau . + 21°,64
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau . + 19°,76
- Voici les élongations de Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne. Ces dates sont celles où la visibilité de Titan est le plus favorable :
- Date. Elongation. Heure.
- Octobre 3 Orientale 19“ ,2
- — 12 Occidentale 1 ,5
- — 19 Orientale 18 ,2
- — 28 Occidentale 0 ,7
- Saturne sera stationnaire le 1er octobre, à 16“ et sera en quadrature orientale avec le Soleil le 22 octobre, à 1“.
- Uranus est visible toute la nuit, son opposition avec le Soleil se produisant le 14 octobre, à 23“.
- On trouvera Uranus en s’aidant d’une bonne jumelle et de la petite carte spéciale que reproduit la figure 1.
- Uranus brille comme une étoile de 6e grandeur, à la limite de la visibilité à l’œil nu. Avec une lunette, il offre un petit disque bleuâtre de 4" de diamètre.
- Neptune devient visible le matin avant l’aurore. Il est très bas sur l’horizon et encore placé dans de mauvaises conditions. Nous en parlerons le mois prochain.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 7, à 21“, Saturne en conjonction avec la Lune, à 3°35' N. Le 12, à 0“, Vénus — o Lion (gr 4,0) à 0°14 N.
- 279
- Le 14, à 17“, Uranus en conjonction avec la Luire, à 3°59 S
- Le 15, à 12“, Vénus Le 20, à 3U, Vénus Le 24, à 6“, Mars Le 25, à 19h, Neptune Le 26, à 6\ Jupiter Le 26, à 18“, Vénus
- Neptune,à 0°13' S. Jupiter, à 0° 7' S. la Lune, à 0°55' S. la Lune, à 0°13' N. la Lune, à 1° 5' N. la Lune, à 2° 1' N.
- Etoile polaire; temps sidéral. — Voici quelques passages de l’Etoile Polaire au méridien de Paris.
- Temps sidéral
- Date. Passage Heure à 0“ ((T. U.
- Octobre 7 Supérieur 0“ 27“ 56b 1“ lm 428
- 14 — 0 0 26 —
- —- 14 — 23 56 31 —
- 17 — 23 44 44 1 41 8
- — 27 — 23 5 25 2 20 33
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (p Persée), visibles à l’œil nu : le 6 octobre, à 5“ 8m; le 9, à 1“ 57m; le 11, à 22“ 46m; le 14, à 19“ 34m; le 29, à 3“ 39m.
- Maximum d’éclat de / Cygne (variable de 4,2 à 13,4), le 17 octobre.
- Minima d’éclat de p Lyre : octobre 13,2 et 26,1.
- Etoiles filantes. — Voici la liste des radiants météoriques actifs en octobre :
- Ascension Etoile
- Dates. droite. Déclinaison voisine.
- Octobre 1er au 9 74° + 17° y Bélier
- — 7 31 + 18 a Bélier
- — 8 43 + 56 7| Persée
- •— 15 et 29 108 + 23 o Gémeaux
- — 16 au 22 90 + 15 v Orion
- •— 18 au 27 108 + 12 P Petit chien
- — 20 au 27 328 + 62 a Céphée
- •— 21 au 25 112 + 30 P Gémeaux
- -— 30 29 + 8 ç Baleine
- — 31 31 + 22 e Bélier
- Les Orionides, qui, du 16au 22 octobre, surgissent d’un point du ciel situé près de l’étoile v Orion, apparaissent comme des météores rapides, avec traînées.
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le 1er octobre, à 21“, ou le 15 octobre, à 20“, est celui-ci :
- Au Zénith : le Cygne. Autour du Zénith : Andromède, Cassiopée, Céphée.
- Au Nord : La Grande Ourse; la Petite Ourse; le Cocher. A l’Est : Le Bélier; le Taureau; Persée.
- Au Sud : Pégase, le Verseau; le Capricorne; le Poisson Austral (remarquer Fomalhaut, a de cette constellation. C’est l’étoile de 1re grandeur la plus australe visible en France). A l’Ouest ; La Lyre; l’Aigle; Hercule; Le Serpent.
- . Em. Touchet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- CONTRE LES PIQURES DE MOUSTIQUES
- Pendant les villégiatures estivales, nos épidermes se trouvent à nouveau exposés aux piqûres des malencontreux diptères némocères appelés vulgairement cousins (culex pipens), causes de démangeaisons insupportables que chacun désire éviter; c’est pourquoi nous signalerons à nos lecteurs, le traitement bien simple du D' Blanchod qui consiste à frotter énergiquement l’endroit piqué avec un peu d’ouate imbi-
- bée de teinture d’aloès. Par cette petite précaution la douleur disparaît aussitôt sans qu’il se produise ni rougeur, ni œdème ou réaction locale.
- Rappelons que la teinture d’aloès que l’on trouve du reste chez tous les pharmaciens à un prix minime (environ 1 fr. les 30 grammes)
- s’obtient en prenant :
- Aloès du Cap pulvérisé ....................... 20 grammes
- Alcool à 60°..................................100 cm3
- Laisser digérer quelques heures, puis filtrer.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Exposé électronique des lois de l’électricité, par
- Marcel Boll. 1 vol. 72 p., 22 fig. Hermann et Cie, Paris 1932. Prix : 15 fr.
- Il est généralement admis aujourd’hui que l’électricité a une structure discontinue; et dans les phénomènes électriques usuels, c’est le corpuscule élémentaire d’électricité négative, l’électron, qui joue le rôle essentiel. Par son intervention, bien des phénomènes s’expliquent d’une façon quasi intuitive, en tout cas plus simple que par les méthodes rendues classiques dans l’enseignement. On doit même être surpris de l'acharnement qu’a mis l’Université à faire disparaître de l’enseignement des lycées l’électrostatique, introduction rationnelle à l’électronique, aussi bien qu’à l’électro dynamique classique.
- En montrant très clairement que les lois usuelles de l’électricité se déduisent d’une façon logique et en général simple de la notion d’électron associée aux lois fondamentales de la mécanique, M. Marcel Boll rend un signalé service qui sera vivement apprécié des techniciens de l’électricité, et qui aura quelque jour une heureuse répercussion sur notre enseignement de l’électricité, aujourd’hui égaré dans des sentiers bien abrupts et décourageants pour les débutants.
- Les problèmes de la biochimie moderne, par G. Florence et J. Enselme. 1 vol. in-8, 312 p., 8 fig. G. Doin et Cie, Paris, 1932. Prix : 45 fr.
- Les progrès sont tels dans cette science que l’enseignement les suit difficilement. C’est pourquoi les auteurs ont entrepris cet exposé de toutes les nouveautés et des questions à l’ordre du jour. Dans la première partie, ils étudient l’atome et la molécule dans leur rôle biologique statique; dans la seconde, ils passent en revue les agents de transformation : catalyseurs, diastases, etc.; dans la troisième, enfin, ils résument les grands problèmes physiologiques actuels. Ils n’ont pas craint d’exposer, par quelques exemples, les techniques modernes employées en biologie. Enfin, convaincus de l’importance toujours grandissante des disciplines de la physico-chimie dans le domaine des sciences de la vie, ils résument en un appendice les notions de thermodynamique indispensables pour permettre au lecteur de comprendre les données , parfois un peu abstraites de la biologie moderne. C’est une excellente mise au point de tous les problèmes actuels et de l’effort qui se poursuit pour introduire les notions et les lois de la physico-chimie dans le domaine de la physiologie classique.
- L’œuvre psycho-biophysique de Charles Henry,
- par Francis Warrain. 1 vol. in-8, 550 p., 1 portrait. Nouvelle Revue française. Paris, 1932. Prix : 120 francs.
- Charles Henry, directeur de laboratoire à l’Ecole des Hautes Etudes, est mort en 1926, laissant une œuvre considérable, quelque peu hermétique, qui avait suscité les opinions les plus diverses. Il avait en effet tenté d’obtenir une expression mathématique des phénomènes biologiques et même psychologiques, de lier numériquement l’objectif et le subjectif, de chiffrer les impressions de qualité que provoquent les lignes, les couleurs, les sons. Cette psychophysique avait donné lieu à un grand nombre de notes et de mémoires, souvent plus bourrés de calculs que d’explications claires. Ce livre groupe et reproduit les principaux aspects de l’œuvre d’Henry. Il rappelle d’abord la carrière scientifique de l’homme, puis expose sa méthode de représentation objective des phénomènes dynamiques, perceptifs, esthétiques qui aboutit à la mathématique du vivant; il donne ensuite les lois psychophysiques dont il essaya la synthèse; enfin, il cherche à ramener la vie à un rayonnement énergétique et à l’inscrire ainsi tout entière dans le cosmos. Une bibliographie complète termine l’ouvrage.
- L’homme fossiled’Asselar (Sahara), par Marcellin Boule et Henri Vallois. 1 vol. in-4, 91 p., 33 fig., 8 pl. Archives de l’Institut de paléontologie humaine, n° 9. Masson et Cie, Paris, 1932. Prix : 70 fr.
- En 1927, au cours de là mission saharienne Angiéras-Draper,MM. Bernard et Monod trouvaient à 400 kilomètres au nord-est de Tombouctou un squelette humain enrobé dans une couche gréseuse. Son étude minutieuse, longuement exposée ici, s’est montrée des plus intéressantes. Son gisement, sa fossilisation prouvent qu’il est ancien, et même pléistocène; les caractères anatomiques conduisent à le comparer avec les types actuels et fossiles connus et il vient se placer entre les négroïdes de Grimaldi et les hommes fossiles de l’Afrique du Sud trouvés à Boskop, voisins des Boschimans actuels.il forme donc un lieu géographique précieux dans la complexité constamment croissante des affinités des hommes préhistoriques.
- Mers et océans, par Camille Vallaux. 1 vol. in-8, 100 p., 60 pl. Rieder, Paris, 1932. Prix : broché, 20 francs; relié, 25 francs.
- Donner en cent pages une idée des mers est une entreprise difficile, même quand elle dispose en plus de 60 pages d’héliogravures. L’auteur
- s’y est efforcé et a réussi à grouper et condenser dans cet étroit espace nombre de faits et de théories traditionnelles. Les photographies sont très bien venues et le livre plaira à ceux qui y découvriront les mers et les océans.
- Thermionic Vacuum Tubes, par E. V. Appleton. 1 vol., 117 pages, 68 fig. Methuen et C° Editeur, 36, Essex Street. London W. C. Prix relié : 2 sh 6 d.
- Ce petit livre de vulgarisation dû à un des plus brillants spécialistes de la radiotechnique renferme, sous un faible volume, beaucoup de substance. Il existe d’une façon claire, concise, et cependant complète, les propriétés fondamentales des lampes électroniques à deux, trois, quatre et cinq électrodes. Il analyse les phénomènes qui s’y manifestent et passe en revue leurs applications essentielles. Il donne au lecteur une excellente initiation au maniement de ces lampes qui peuvent, on. le sait, rendre des services, dans les domaines les plus variés, du laboratoire à l’industrie, sans oublier bien entendu les amateurs de T. S. F.-
- Wireless. Receivers, par C. W. Oatley. 1 vol. 104 pages, 41 fig. Methuen et C°, 36. Essex Street. London W C. Prix relié : 2 sh. 6 d.
- Cet ouvrage appartient à la même collection de vulgarisation que le livre de M. Appleton sur les lampes thermioniques. Il présente les mêmes qualités de clarté, de concision et de compétence. Après un rapide rappel des qualités exigées d’un radio-récepteur, des propriétés des triodes et des antennes, l’auteur analyse le mécanisme de la détection et de l’amplification par lampes; il étudie le rôle de chaque étage, et montre les difficultés à vaincre pour assurer dans les montages à plusieurs étages, la sélectivité et la pureté de la réception, exigences toujours plus ou moins contradictoires. Les méthodes de réception par changement de fréquence ne sont pasabordées. Cette monographie, au courant des travaux les plus récents, sera très utile à l’étudiant désireux d’aborder la radiotechnique; c’est un guide parfait dans une région fort touffue.
- Les propos de la cabine, par P. Graugnard. 1 vol. 104 p., 34 fig. Éditions Film et Technique, 78, avenue des Champs-Elysées. Paris, 1932. Prix : 15 fr.
- La cabine dont il s’agit ici est la cabine des projecteurs de cinéma sonore. L’auteur, un ingénieur spécialiste, fait ici l’apprentissage des opérateurs et ses sages conseils seront utiles non seulement au débutant, mais aussi au praticien expérimenté. Son livre est rempli, en effet, d’indications pratiques qui sont le fruit d’une longue expérience. Le lecteur y apprendra la manière de tenir les appareils en bon état de marche et de les contrôler; il y trouvera le diagnostic des principales pannes et les moyens d’y remédier; il sera initié aux principales difficultés auxquelles se heurte l’opérateur dans le maniement et le réglage des amplificateurs, des cellules, des pick-up, des appareils optiques, etc.; il y trouvera également l’indication de moyens fort intéressants pour améliorer les installations existantes; et des schémas bien compris lui permettront, le cas échéant, de faire lui-même une partie des montages électriques.
- Exploitation technique des chemins de fer, par
- Ferdinand Maison. 1 vol. 372 pages, 270 fig., Ch. Béranger, éditeur, Paris 1932. Prix : 150 fr.
- Ce livre contient le cours que l’auteur, inspecteur général des mines, professe à l’École des Mines. Ce n’est pas un traité complet des chemins de fer, il se limite à l’étude de l’ensemble des dispositions adoptées pour organiser les trains et en assurer la sécurité : ainsi sont traitées successivement avec beaucoup de clarté les questions suivantes' : circulation des trains, signaux, freinage, block System, enclenchements, horaires. Cet exposé est précédé d’un aperçu des dispositions réglementaires qui régissent l’exploitation des chemins de fer.
- Recherches sur la biologie et la systématique des desmidiées, par L.-J. Laporte. 1 vol. in-8, 150 p., 22 pl. Encyclopédie biologique. Lechevalier. Paris, 1931. Prix : 75 francs.
- Les desmidiées sont des algues unicellulaires qu’on trouve en abondance dans les eaux douces et les lieux humides, elles forment des associations très variables et caractéristiques de la région et du milieu. Les nombreuses récoltes faites un peu partout en France depuis 1925 par l’auteur et par divers botanistes ont permis cette monographie toute neuve. On y trouve l’étude particulière des associations typiques : aériennes, subaériennes, alpines, ubiguistes, neutrophiles, flottantes, benthiques, etc., des observations intéressantes sur la biologie, la forme, la structure, la division et une description systématique des espèces dont beaucoup sont nouvelles, suivies d’une abondante bibliographie.
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- LA RADIOPHONIE PRATIQUE
- LES PIÈCES DÉTACHÉES
- La radiophonie en France est entrée depuis longtemps déjà dans la période industrielle et même dans celle de la fabrication en série.
- Au cours de cette évolution qu’est-il advenu de ces indépendants que sont les amateurs-constructeurs, c’est-à-dire ceux qui établissent eux-mêmes leurs appareils à l’aide de pièces détachées achetées dans le commerce et prennent plus de plaisir peut-être à cette construction qu’à l’usage même de l’appareil? N’oublions pas que ces amateurs ont formé le premier public de la radiotélégraphie, puis de la radiophonie, et que de leur milieu sont parties les impulsions vers le progrès qui ont créé la radio-industrie d’aujourd’hui.
- Cette phalange d’élite semble, fort heureusement, maintenir ses effectifs. On peut, semble-t-il, attribuer le fait à deux causes bien nettes. D’une part, beaucoup d’amateurs continuent, et avec raison, à établir des montages fonctionnant à l’aide de batteries ou de boîtes d’alimentation à courant redressé.
- D’un autre côté, les fabricants de pièces détachées, et ils sont particulièrement nombreux et ingénieux en France, ont su établir à l’intention des amateurs-constructeurs toute une série de pièces nouvelles destinées au montage des postes-secteur avec le minimum de difficultés et le maximum de chances de succès.
- LES CHÂSSIS DE MONTAGE
- L’emploi des lampes à écran pour l’amplification haute fréquence ou moyenne fréquence a familiarisé depuis longtemps déjà l’amateur-constructeur avec la notion du blindage. Pour employer, en effet, ces lampes dans les meilleures conditions possible, il est nécessaire d’éviter les couplages possibles entre les circuits de grille et les circuits de plaque. Cette séparation peut être réalisée au moyen d’un blindage qui prolonge, en quelque sorte, à l’extérieur de l’ampoule l’écran de grille de la lampe.
- Pour une raison analogue, on a pris l’habitude d’enfermer les bobinages Me liaison, transformateurs moyenne fréquence ou haute fréquence, par exemple, ou même les bobinages d’accord (présélecteurs) dans des boîtiers en métal non magnétique, en aluminium, ou en cuivre.
- Enfin, l’emploi d’un panneau antérieur en métal relié à la terre, et sur lequel sont montés les organes de réglage : condensateurs, potentiomètres, rhéostats, etc., évite les variations de réglage qui se produisent souvent par effets de capacité déterminés par l’approche de la main de l’opérateur (reliée à la terre).
- L’assemblage des organes sur un bâti métallique donne un ensemble plus indéformable et plus robuste.
- Les fabricants ont donc établi des châssis tout préparés, comportant un panneau frontal sur lequel on adapte les condensateurs, potentiomètres, interrupteurs, etc., et un boîtier métallique horizontal supportant les douilles de lampes, les transformateurs de liaison et d’alimentation,etc., tandis que des blindages auxiliaires convenables sont dis-
- Masse
- Fig. 1.
- Un montage très employé par les amateurs constructeurs.
- Le poste à changement de fréquence avec lampes à écran en moyenne fréquence et transformateurs moyenne fréquence à deux circuits accordés.
- posés autour des transformateurs ou même des lampes.
- Ces châssis sont particulièrement précieux pour la réalisation de montages à changement de fréquence à plusieurs étages moyenne fréquence à lampes à écran, si employés actuellement (fig. 1, 2).
- Il peut, d’ailleurs, en exister différentes variantes. Tantôt ils sont livrés sans aucun accessoire, et sont disposés pour permettre une modification facile du nombre et de l’emplacement des pièces détachées, tantôt ils portent déjà les différents organes de montage, de sorte que la finition complète du radio-récepteur devient très rapide, même pour l’amateur le moins averti.
- Ils sont destinés, en principe, à la réalisation d’un type de montage particulier, mais l’amateur averti peut apporter à ce montage primitif des modifications plus ou moins profondes.
- L’emploi de ces châssis est tout spécialement recommandable pour la construction des postes-secteur à lampes à chauffage indirect. Les éléments de ces postes doivent être mis à l’abri des effets d’influence perturbatrice dus au courant alternatif d’alimentation non redressé ou imparfaitement redressé. 11 y a donc intérêt à enfermer également les organes d’alimentation, transformateurs et valves d’alimentation, bobines de filtrage, etc., dans des boîtiers blindés. Des châssis, très bien étudiés sous ce rapport également, sont maintenant aussi à la dispo-
- Fig. 2. — L’emploi d’un châssis métallique facilite la construction d’un poste du genre de celui de la figure 1.
- A, châssis métallique nu; B, montage réalisé sur le châssis (type A C R M).
- J^glL îilDlK.
- il Jv o o 4"^ P
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- sition des amateurs-constructeurs (fig.3).
- Pour l’établissement d’appareils plus simples du type local, c’est-à-dire sans amplification haute fréquence, ou du moins à une seule amplification haute fréquence, il n’est nullement besoin de blindages si complets, et le montage de ces excellents dispositifs de réception, devient extrêmement rapide lorsqu’on adopte un de ces blocs d’accord et de réaction si perfectionnés, dont on trouve maintenant différents modèles dans le commerce (fig. 4).
- Ainsi, le montage secteur si populaire à trois lampes, dont le schéma de principe est indiqué sur la figure 5, peut être établi dans les meilleures conditions de rapidité et de rendement, en adoptant le bloc d’accord et de réaction B.
- Ce bloc comporte deux bobinages de réaction séparés, mais solidaires du même bâti, fin Ire ces deux bobinages un jeu de paillettes, entraîné avec l’ensemble, et venant tous les demi-tours en contact avec une came fixe de forme semi-circulaire, sert de pivot de base et de sortie d’enroulement (fig. 4 C).
- Sur un demi-tour de l’ensemble, un bobinage seul est mis en circuit (75 spires); au demi-tour suivant l’ensemble des deux bobinages est utilisé (200 spires). De plus, sur un demi-tour, en supposant que la réaction pivote dans le champ du secondaire, nous avons en position perpendiculaire un effet nul, puis de part et d’autre de cette position un effet de réaction, puis de contre-réaction.
- La rotation de l’ensemble des deux bobinages commande sa commutation, et maintient celle-ci constante durant tout le temps que dure le cycle des phénomènes engendrés.
- La commutation des bobinages d’accord primaire et secondaire constituant le système d’accord Bourne est
- Fig. 5. — Posle-secieur à trois lampes, dit « Sectady-trois ».
- 11 peut être réalisé aisément à l’aide de bloc d’accord et de réaction automatique de la figure 5.
- Ant.longue
- Ant.courte
- Terre
- commandée simultanément et automatiquement par la tige de commande déterminant la mise en circuit des bobinages de réaction, comme il est indiqué plus haut. Ceci constitue la particularité essentielle du système.
- La tige de commande porte donc une came de profil identique à celle figurant dans la réaction. Cette came suit les mouvements de rotation, et agit alternativement sur deux jeux de paillettes connectées aux circuits secondaires et primaires, petites ondes, grandes ondes.
- Ainsi, les différentes manœuvres sont synchronisées et la simplification est poussée au maximum. Un hublot lumineux rouge et un blanc, respectivement connectés aux paillettes petites ondes, grandes ondes du bloc, restent respectivement illuminés pendant tout le temps que la position d’écoute est maintenue, et chacune des
- Fig. 4. — Deux modèles de bloc d'accord à réaction :
- A, bloc servant de liaison haute fréquence ou auto transformateur à réaction, uniquement destiné au circuit de plaque d’une lampe à écran; B, bloc à automaticité intégrale, avec signaux lumineux; C> schéma du montage du bloc B.
- lampes éclaire de biais le cadran du condensateur variable, dont la lecture est ainsi aisée. Notons, de plus, que le bobinage primaire comporte une prise avec douille et fiche, de manière à choisir la fraction la plus convenable suivant la longueur de l’antenne utilisée.
- A l’aide de ce bloc, on peut donc établir facilement le montage-secteur à une lampe à réaction suivie de deux étages basse fréquence à transformateurs (fig. 5). Les organes de montage sont fixés sur une plaque en aluminium fixée par des équerres à un panneau avant en métal contreplaqué, composé d’une plaque d’aluminium recouverte sur une face d’une feuille de bakélite.
- Des dispositions spéciales du transformateur d’alimentation et des circuits de filtrage rendent encore plus facile la réalisation de ce poste qui peut être ainsi entre prise presque sans aucune connaissance technique.
- Fig. 3.— Châssis de montage « Gamma » pour postes à changement de fréquence à lampes à chauffage indirect.
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- LES NOUVEAUX ACCESSOIRES DE MONTAGE
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- L’adoption de plus en plus générale des systèmes d’accord à réglage essentiel unique exige l’emploi de condensateurs variables, d’accord, de résonance, et d’hétérodyne.
- Ces condensateurs à variation linéaire de longueurs d’onde, ou plutôt à variation linéaire de fréquence, sont combinés par deux ou par trois, soit l’un à côté de l’autre, soit les uns derrière les autres, et leurs «rotors» (lames mobiles) ont des arbres liés solidairement de telle sorte qu’on peut obtenir un réglage unique des circuits. Sur les modèles destinés aux superhétérodynes, on peut réaliser le décalage d’un « stator », de manière à maintenir le réglage unique sur une gamme étendue de longueurs d’onde.
- Lorsqu’ils sont placés l’un à côté de l’autre, ces condensateurs portent des tambours de repère éclairés par une
- Fig. 7. — Des accessoires indispensables.
- A, volume contrôle bobiné; B, résistance variable à curseur perfectionné; C, résistance potentiométrique à prises (types Cosmos, Igranic).
- petite ampoule à incandescence; s’ils sont montés l’un derrière l’autre, le tambour est remplacé par un cadran également éclairé (lig. 6).
- La construction des postes-secteur, le désir de plus en plus net des auditeurs de pouvoir régler avec précision la tonalité et l’intensité de l’audition attirent d’autre part, de plus en plus, l’attention sur la construction des résistances fines et variables.
- Le potentiomètre, qui sert à faire varier l’intensité d’audition, ou « volume-contrôle », doit posséder un enroulement de résistance suffisante, permettre un réglage très progressif et surtout ne produire aucun bruit parasite. On peut maintenant en trouver des modèles bien étudiés à fixation centrale, d’une résistance de 1000 à 50 000 ohms et pouvant être traversés par des courants de 10 à 50 milliampères (fig. 7).
- Des résistances variables de valeurs plus grandes, de 50 000 ohms à 5 mégohms, sont de même souvent utiles pour faire varier la polarisation des grilles, la tension de
- Fig. 6. — Formes de condensateurs modernes à monolecture, stator décalable et tambour de repère éclairé.
- plaque, etc. Il importe aussi essentiellement d’obtenir un contact parfait du curseur, ne produisant aucun bruit ni aucune usure (lig. 7 B).
- Enfin, de très nombreuses résistances avec ou sans prises, bobinées ou en matières à forte résistance, sont utilisées dans les postes-secteur ;deleur qualités, dépendent essentiellement le bon fonctionnement et la durée de service du poste.
- Il est,, enfin, utile de rappeler les perfectionnements récents des filtres de bande, utilisés pour la liaison des étages moyenne fréquence, des superhétérodynes. Ces transformateurs moyenne fréquence et teslas de liaison accordés sur une fréquence d’une centaine de kilocycles permettent de limiter la bande passante à 9 kilocycles. Destinés à être utilisés avec des lampes à écran, ils sont presque toujours blindés, nous citerons ainsi les modèles Gamma, Cosmos-Gyronic, A.-C. Ron, F.-A.-R., etc.
- Fig. 8. — Haut-parleur électrodynamique à diffuseur perfectionné avec son système d’excitation (type Sidley).
- LES PERFECTIONNEMENTS DES HAUT-PARLEURS ÉLECTRODYNAMIQUES
- En théorie, le haut-parleur électrodynamique est celui qui donne les meilleurs résultats électro-acoustiques. La pratique confirme la théorie, à condition que le modèle de haut-parleur adopté soit bien étudié, et surtout qu’il soit adapté de façon convenable à une lampe de sortie de puissance sulli-sante.
- L’excitation d’un haut-parleur électro-dynamique peut, d’ailleurs, on le sait, être obtenue à l’aide du courant redressé d’alimentation plaque. L’enroulement d’excitation de l’électro-aimant joue ainsi le rôle d’une bobine de filtrage.
- Le système est tout à fait économique, et il suffit d’avoir une valve de redressement produisant un courant d’une tension suffisante
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- pour que la chute de tension produite par le bobinage ne trouble pas le fonctionnement de l’appareil (fig. 9).
- Il existe aussi des haut-parleurs électrodynamiques à aimant permanent, bien construits, s’adaptant à la lampe de sortie du poste comme un haut-parleur électro-magnétique ordinaire, avec simple interposition du transformateur de liaison habituel. Pour un poste de puissance moyenne surtout, un «Midget», par exemple, un haut-parleur de ce genre, dont l’aimant permanent au cobalt de forme spéciale produit dans l’entrefer très réduit un champ de 7000 à 8000 gauss, permet d’obtenir des résultats tout à fait comparables à ceux fournis par un modèle à électro-aimant (ûg. 8).
- L’organe essentiel du haut-parleur électrodynamique est son diffuseur conique.
- Théoriquement, ce diffuseur agit sur les masses d’air à la façon d’un piston de surface indéformable. En fait, il n’en est pas ainsi, et le cône présente toujours des lignes nodales diversement disposées suivant les fréquences.
- On conçoit ainsi que le choix de la matière constituant le diffuseur soit essentiel, ainsi que son mode de fabrica-
- Dynamique
- Fig. 9. •— Schéma de principe d’un redresseur de tension plaque et d’excitation pour haut-parleur électrodynamique (type Croix).
- tion, de manière qu’aucune déformation ne se produise, et qu’il n’y ait pas de résonances accentuées, surtout sur les notes graves.
- Beaucoup de ces diffuseurs sont simplement formés de papier fort collé suivant une génératrice, ce qui présente parfois des inconvénients à la longue, si le collage est insuffisant. Les diffuseurs de sparterie (toile et papier), et les diffuseurs de toile encollée moulée sont peut-être préférables.
- Les modèles les plus récents en papier embouti moulés d’une seule pièce sous pression sur des moules en tamis, extrêmement légers, de caractéristiques constantes, utilisés d’abord aux Etats-Unis, sont maintenant fabriqués aussi en France, et leur emploi semble capable d’améliorer encore les qualités des haut-parleurs.
- LES ACCESSOIRES POUR ONDES TRÈS COURTES
- La réception et l’émission des ondes très courtes ne peuvent être obtenues qu’avec des pièces d’une qualité radioélectrique particulière, étant données les fréquences très élevées mises en jeu.
- ©
- Fig. 10. —• Accessoires de réception et d’émission sur ondes très courtes.
- A, bobine de choc; B, mandrin de bobinage; C, support de pié-zoquartz; D, condensateur iso-lé au quartz; E, borne isolée au quartz.
- C’est ainsi que pour la réception il faut employer des bobines d’accord et de réaction à faible capacité répartie, et à faibles pertes, des bobines de choc à une seule couche à enroulement cylindrique en spires non jointives, des montures nervurées en ébonite comme supports de bobinages, des lames isolées au quartz, des condensateurs variables également isolés au quartz (fig. 10 A, B, C, D).
- Enfin f emploi des cristaux de quartz pour le maintien de la constance de la longueur d’onde d’émission est de plus en plus répandu. Ces cristaux conviennent tout particulièrement pour le contrôle des petits émetteurs d’amateurs.
- Un bon support de quartz doit assurer une planéité et un parallélisme rigoureux des électrodes garantissant une oscillation facile du quartz.
- Il doit, de plus, être étanche pour soustraire le cristal à l’action de l’air et des agents atmosphériques, et, enfin, il doit être facilement amovible, pour permettre le remplacement instantané d’un échantillon de fréquence donnée par un autre de fréquence différente.
- Le modèle de support facilement amovible à broches indiqué sur la figure 10 E possède bien ces qualités. Les électrodes sont en laiton poli; l’inférieure forme socle du support; elle est fixée sur un anneau en ébonite. L’élec-
- Fig. 11. — Fer à souder électrique à résistance interchangeable (type Dyna).
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- trode supérieure se visse dans cet anneau, et peut être éloignée ou rapprochée du cristal tout en conservant par rapport à celui-ci un parallélisme rigoureux et constant. Un contre-écran annulaire permet le blocage à la distance jugée optima, et qu’on peut, d’ailleurs, évaluer à l’aide d’un système de repère simple et ingénieux.
- A signaler encore pour les amateurs-constructeurs la réalisation d’un 1er à souder électrique très pratique à résistance chauffante facilement amovible, et corps de fer très étroit pouvant passer facilement entre les diff erents organes d’un poste (lig. 11).
- LES BLOCS D’ALIMENTATION
- La généralisation des postes-secteur à lampes à chauffage indirect ne doit pas faire oublier les perfectionnements des systèmes d’alimentation par courant redressé et filtré.
- . ................. — 285 =
- A l’intention des sans-filistes qui ne disposent que du courant continu 110 volts et veulent alimenter leurs postes avec une forte tension plaque produite par des batteries, signalons un dispositif de recharge à résistances obscures en nickel chrome permettant des recharges immédiates à l’aide d’un commutateur automatique, et pouvant même utiliser à la place de la résistance de 4 volts un appareil domestique quelconque, ce qui permet la recharge sans aucune dépense.
- Toute pile, toute batterie d’accumulateurs de plaque peut être remplacée immédiatement par un bloc de tau-sion plaque à éléments oxycuivre et circuit de filtrege n’exigeant aucun entretien, tandis que la construction de tous les montages peut être encore facilitée par l’adoption d’un bloc d’alimentation blindé à valve biplaque permettant un montage immédiat.
- P. Hémardinqukr.
- LES EMPLOIS DES ACIDES NAPHTÉNIQUES
- ET DE LEURS DÉRIVÉS
- La création de l’industrie pétrolifère en France va amener la production de sous-produits très intéressants, mais trop peu connus du public. Nous croyons donc utile de résumer ici, les emplois des acides naphténiques et de leurs dérivés.
- Au point de vue de la nomenclature chimique, les acides naphténiques sont des dérivés des naphtènes et répondent à la formule :
- CnH2”—2 O2
- ils existent dans les huiles de pétrole naturelle.
- Dans l’industrie pétrolifère, on a pris l’habitude de désigner sous le nom d’acides naphténiques, non seulement les acides ci-dessus, mais encore tous les acides sulfoconjugués, résultant de l’attaque par l’oleum, lors du raffinage, des hydrocarbures contenus dans les huiles.
- L’huile ainsi traitée par l’oléum, est, après décantation de ce dernier, neutralisée par la soude.
- Les acides naphténiques, pris dans le terme industriel du mot, sont transformés en savons qui se déposent. On peut alors traiter ces savons par un acide pour libérer les acides naphténiques.
- Les acides naphténiques bruts tels qu’ils sont extraits des lessives de raffinage peuvent être utilisés pour imprégner les traverses des voies de chemin de fer et les rendre imputrescibles.
- On s’en sert également pour la régénération du caoutchouc. On utilise dans ce cas la propriété qu’ont ces acides de dissoudre le caoutchouc vulcanisé. Pour cela, on traite les vieilles
- gommes par l’acide naphténique jusqu’à l’obtention d’une solution que l’on filtre pour éliminer la charge.
- Les acides naphténiques possèdent également la propriété de dissoudre les résines comme le copal. Ils peuvent donc servir de base à la fabrication des vernis.
- Les acides naphténiques possèdent des propriétés antiseptiques considérables. On signale leur aptitude à détruire les bacilles du choléra et de la fièvre typhoïde. Leur emploi est, grâce à cette propriété, indispensable dans la régénération du caoutchouc provenant des instruments de chirurgie.
- Parmi les dérivés des acides naphténiques, il faut signaler l’emploi de leurs sels alcalins en savonnerie, pour les produits de basse qualité.
- Les naphténates d’aluminium sont utilisés pour faire des peintures à bon marché. Ils peuvent aussi servir de factice dans les gommes naturelles, lorsqu’ils sont additionnés d’huile de colza. On les utilise encore pour imperméabiliser les papiers, toiles, bâches et cartons.
- Les naphténates de plomb sont employés comme siccatifs de l’huile de lin.
- Les naphténates de cuivre sont des colorants verts solubles dans les corps gras.
- Les naphténates de chrome trouvent des débouchés en tannerie, dans les industries des encres et des cirages.
- Signalons enfin l’emploi des glycérines naphténiques utilisables en savonneries, tanneries, chamoiserie, et dans l’industrie des huiles solubles. H. Soyer.
- LA POPULATION DE LONDRES
- Au recensement de 1931, la ville de Londres, c’est-à-dire la Cité et les 28 bourgs métropolitains qui constituent le comité administratif de Londres, possédait une population de 4 397 003 personnes, dont 2 044 108 hommes et 2 352 895 femmes. Ce chiffre accuse une diminution de 87 250 habitants sur le précédent recensement effectué en 1921; celui-ci du
- reste ainsi que celui de 1911, montraient déjà eux aussi une diminution de la population amassée au cœur de la grande agglomération londonienne; ce phénomène s’observe également à Pai’is pour l’agglomération intra-muros.
- Quant au Grand Londres qui occupe un cercle d’environ 50 km de diamètre, il a une population de 8 203 942 habitants.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ÉLECTRICITÉ Une turbine ionique.
- Ce curieux appareil a été construit par MM. Henri Chaumat et Ed. Lefrand, à l’occasion de recherches en électrostatique. C’est un véritable petit moteur qui utilise l’énergie cinétique d’ions gazeux et permet d’obtenir des couples relativement élevés sous des différences de potentiel de quelques milliers de volts seulement.
- Voici comment il est constitué, d’après une communication faite à l’Académie des Sciences, le 25 juillet dernier, par MM. Chaumat et Lefrand.
- Un condensateur à diélectique gazeux comprend deux armatures métalliques différentes : une pointe et une armature plane.
- On sait que, lorsqu’un champ électrique de valeur assez grande existe entre les armatures, le gaz s’ionise et les ions se déplacent dans le champ électrique. Si, entre ces armatures, on interpose un disque en matière isolante, mobile autour d’un axe, de telle façon que la trajectoire moyenne des ions rencontre obliquement, dans le sens convenable, le plan du disque, un couple mécanique apparaît.
- En effet, de part et d’autre du disque mobile, l’ionisation est beaucoup plus intense du côté de la pointe que du côté de l’armature plane. On obtient ainsi une véritableturbine ionique.
- On réduit beaucoup l’ionisation du côté de l’armature plane en recouvrant sa surface d’un isolant. On peut multiplier les condensateurs élémentaires tout autour du disque.
- Le moteur qui a été construit comprend huit condensateurs élémentaires. Le disque a un diamètre de 21 cm; son épaisseur-est de 1 mm. Le gaz utilisé est l’air à la pression ordinaire.
- Alimenté en courant continu, il démarre seul sous 6000 v. A 15 000 v, son couple au démarrage est de 80 centimètres-grammes ; sa vitesse atteint 2800 tours par minute. A 1500 tours par minute, le couple utile est de 50 centimètres-grammes, ce qui correspond à une puissance utile de 0,77 watt.
- Ce moteur, alimenté par une tension alternative de 50 périodes par seconde, fonctionne à peu près dans les mêmes conditions si le disque est d’une matière médiocrement isolante (bois, carton). Si le disque est en ébonite, lç moteur, qui démarre toujours seul, se synchronise. Dans ce cas, en effet, les charges apportées par les ions demeurent sur le disque et subissent des actions synchrones de la part des armatures planes. La vitesse angulaire, au synchronisme, dépend directement du nombre des condensateurs périphériques.
- BIOLOGIE VÉGÉTALE
- Une carieuse greffe de Châtaignier et de Poirier.
- M. Lucien Daniel a communiqué, le 25 juillet dernier, à l’Académie des Sciences des observations sur un cas de greffe fort singulier. Il s’agit de la greffe d’un Châtaignier sur un Poirier à cidre à la ferme duSouil, en Châtillon-sur-Colmont (Mayenne).
- Elle est formée d’un gros Poirier plus que centenaire dont le tronc régulier à 0 m 80 d’épaisseur et se divise en deux branches inégales à 2 m au-dessus du sol. Dans la fourche de celles-ci est inséré un Châtaignier qui s’y est développé à la façon d’une greffe ordinaire à deux greffons de vigueur semblable. Il est formé de deux grosses branches dont l’une s’est soudée, sur une longueur de 1 m, avec la plus grosse branche du Poirier et est devenue libre ensuite. L’autre qui, au début de sa croissance, a traversé obliquement la seconde branche du Poirier, a pris par la suite un tel développement qu’elle a étouffé celle-ci en grande partie tout en restant soudée à elle à son passage au travers des tissus, comme dans les greffes à la tarière des Anciens.
- D’autres branches de Châtaignier, plus petites, sont per. pendiculaires à l’axe du tronc du Poirier, situées à son extérieur et sont en continuité directe avec lui.
- Le 17 juillet dernier, la charpente de l’association présentait deux parties : d’une part se voyaient les larges feuilles dentées et les chatons en pleine floraison du Châtaignier; de l’autre les feuilles plus petites et d’un vert différent du Poirier. A l’automne l’arbre donne des poires et des châtaignes bien que l’appareil aérien complexe soit porté par un tronc commun. Cette dualité d’aspect constitue un saisissant contraste qui attire l’attention du passant et si le fait n’a pas encore été signalé, c’est que le phénomène est situé à l’intérieur des terres dans un coin peu fréquenté.
- M. Daniel, ayant perforé le tronc du Poirier avec une mèche étroite et longue, a constaté qu’il est creux et contient du Châtaignier à son intérieur. Il s’agit donc, non d’une hémi-biose dont l’association a l’aspect extérieur, mais d’une para-biose complexe et bizarre dont l’auteur ne connaît pas d’autre exemple.
- « Pour expliquer sa formation, une seule hypothèse, dit-il, est plausible. Dans la fourche du Poirier, alors qu’il était déjà assez gros, un animal (geai ou écureuil) a dû laisser tomber une châtaigne. Celle-ci y a germé; sa racine s’est introduite dans le bois du Poirier en le décomposant et le digérant; finalement elle a atteint le sol et. y a puisé directement sa nourriture. L’appareil aérien, au cours de son développement concomitant, s’est soudé au Poirier en trois endroits de façon différente, avec les deux blanches du Poirier et avec le tronc, en prenant l’aspect d’une greffe ordinaire.
- « Ces soudures différencient nettement la parabiose en question des semis naturels qui se rencontrent dans les arbres creux de familles éloignées qui ne sont pas des greffes pui -qu’ils sont complètement indépendants de leur support. »
- ETHNOGRAPHIE
- Les anciens types d’habitation rurale.
- Mon article du 1er aoâit m’a valu une communication foit intéressante de M. Charles Rabot. L’éminent géographe me signale un type de construction, tout à fait analogue au mazot valaisan, mais plus grand, de construction plus soignée, et qui existé au nord de la péninsule Scandinave : il est appelé stabbar en Norvège. Chaque gurd a son stabbar qui abrite la farine et les hardes des habitants du gârd.
- L’existence de ce type dans une troisième région archaïsante de l’Europe, fort éloignée des deux autres (Valais, Asturies), confii-me singulièrement la thèse que j’ai soutenue : survivance d’un type d’habitation préhistorique commun à une grande partie de l’Europe.
- Par la même occasion, je signalerai à mes lecteurs des observations que j’ai faites récemment dans l’Afrique du Nord, où on relève trois sortes de constructions indigènes, représentant les apports de trois civilisations différentes : la hutte berbère, celle des indigènes les plus anciens, en torchis avec couverture de paille; la maison latine,.importée par les Romains, qui s’est conservée fort nette en Kabylie (') (un instituteur du Puy-de-Dôme avait été frappé naguère par la ressemblance de ces villages avec ceux de la Basse Auvergne) ; enfin la maison orientale à terrasses, qui s’est propagée ici à la suite de l’invasion arabe. Ici encore, c’est l’histoire qui explique seule l’existence et la répartition de ces types. A. Dauzat.
- 1. Sur un iront de mer, colonisé à l’époque romaine par la voie maritime, et isolé ultérieurement de l’invasion arabe, venue par voie de terre.............
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- PETITES INVENTIONS
- ÉLECTRICITÉ
- Galvanomètre enregistreur « Sparkographe ».
- Cet appareil, imaginé par M. Savary, utilise un procédé nouveau d’enregistrement par étincelle au moyen d’un papier spécial. Une étincelle jaillit entre l’extrémité de l’aiguille du galvanomètre et une pièce fixe, et perfore le papier enregistreur, ce dernier est déroulé à l’aide d’un mouvement d’horlogerie. Comme la perforation serait insuffisante pour donner une trace visible, on emploie un papier noir revêtu d’un enduit qui lui donne un aspect gris et qui, devenant transparent sous l’action de l’étincelle, laisse apparaître la teinte noire du papier. Pour rendre négligeable l’usure de l’aiguille du galvanomètre, l’étincelle est produite par un courant de haute fréquence.
- Ce système présente l’avantage que l’enregistrement se fait sans aucun contact ni’ frottement entre l’aiguille du galvanomètre et le papier II est donc possible d’employer, pour l’enregistrement, des galvanomètres très sensibles à pivot ou même à suspension, sans qu’il soit nécessaire d’avoir recours à des dispositifs photographiques, qui sont d’un emploi plus compliqué et dans lesquels le tracé de l’enregistrement ne peut apparaître au fur et à mesure de l’inscription.
- Cet appareil introduit donc un perfectionnement fort intéressant dans les instruments enregistreurs de mesures électriques. Il contribuera à répandre la pratique des enregistrements, pour le plus grand bien des exploitations bien conduites et pour la plus grande commodité des recherches scientifiques.
- Le « Sparkographe » se présente sous une forme qui tend à en faire un enregistreur universel, car les galvanomètres et les mouvements d’horlogerie sont interchangeables et facilement amovibles, ce qui permet, avec plusieurs éléments de rechange, de couvrir de grandes étendues de mesures suivant les applications.
- Les galvanomètres sont enfermés dans des boîtiers métalliques et disposés de manière à pouvoir servir comme appareils indicateurs ordinaires lorsqu’ils sont séparés de l’enregistreur, lis peuvent recevoir des bobines de résistance ou des shunts extérieurs suivant les mesures à effectuer.
- Enfin le « Sparkographe » donne des coordonnées rectilignes, ce qui facilite l’interprétation des enregistrements, et le déroulement du papier est continu.
- Construction. — Le « sparkographe » comprend un bâti destiné à être posé sur une table et dont tous les éléments sont accessibles lorsque le capot métallique de protection est enlevé. Il porte les systèmes de déroulement et d’enroulement du papier et le générateur de courant haute fréquence. Il peut recevoir différents galvanomètres ou différents mouvements d’horlogerie suivant la sensibilité exigée pour les mesures ou la vitesse de déroulement du papier.
- Leur adaptation sur l’enregistreur se fait en quelques instants. Pour les galvanomètres elle est presque immédiate puisqu’il n’est même pas nécessaire d’enlever le capot.
- Les galvanomètres sont prévus pour permettre l’adjonction de résistances ou de shunts extérieurs se serrant sur les bornes et permettant de changer à volonté la sensibilité.
- Le générateur à haute fréquence du type à trembleur est fixé sur le bâti de l’enregistreur.
- Il est prévu pour fonctionner normalement sur courant continu ou alternatif 110 volts.
- Le courant de haute fréquence est amené par une première étincelle sur l’extrémité avant de l’aiguille du galvanomètre;
- celle-ci est isolée de l’enroulement du galvanomètre afin que le circuit dans lequel est intercalé l’appareil de mesures n’ait aucun point commun avec le circuit haute fréquence.
- Un fijtie anti-parasite, constitué par des condensateurs est placé dans le socle du Sparkographe pour éviter que des perturbations de haute fréquence ne puissent se transmettre par les fils sur lesquels le sparkographe est branché. La protection est rendue plus efficace si le bâti de l’appareil peut être mis à terre.
- Le papier se déroule pour l’enregistrement suivant une portion de surface cylindrique dont l’axe coïncide avec l’axe de rotation de l’aiguille.
- L’enregistrement est continu; le papier fourni en rouleaux d’environ 20 m s’enroule automatiquement après enregistrement.
- Fig. 1 (à gauche). — Vuc d'ensemble du Sparkographe.
- «
- Fig. 2 (à droite). —- Le Sparkographe sur son socle, capol el papier enregistreur enlevés.
- Le changement de papier se fait sans enlever le capot, en ouvrant la porte de l’appareil.
- La vitesse de déroulement du papier peut être modifiée entre certaines limites pour chaque mouvement d’horlogerie, en changeant les engrenages, sans qu’il soit nécessaire de démonter le mouvement.
- Pour des variations dépassant le rapport 1 à 6 ou à 10, il est indispensable de changer le mouvement, opération qui n’offre aucune difficulté.
- On voit qu’on s’est efforcé, dans-cet appareil, de réunir toutes les commodités d’emploi. Aussi n’est-il pas douteux qu’il trouve de nombreuses applications dans les laboratoires et dans les usines.
- Constructeurs : Ateliers Da et Dutilh, 81, rue Saint-Maur, à Paris.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- De tout un peu.
- Bibliothèque technique des Aciéries d’Unieux. — Pour reboucher les Irous qui peuvent exister dans les angles du soufflet de votre appareil photographique, il vous suffira d’appliquer à ces endroits une ou deux gouttes de la solution courante de caoutchouc dissous dans la benzine (solution pour pneus), à laquelle vous ajouterez un peu de noir de fumée pour teinter et donner de l’opacité. La réparation ainsi faite n’enlèvera aucune souplesse au soufflet et ne sera nullement influencée par l’humidité.
- M. Escot, à Lyon. — Les petits flacons servant à enlever l’encre contiennent respectivement : l’un une solution de permanganate à 5 pour 100 légèrement acidulée par quelques gouttes d’acide sulfurique, l’autre simplement la solution de bisulfite de soude du commerce.
- M. Chabel, à Valence. — Les fards employés pour le maquillage de théâtre sont le plus souvent à base de cêrésine et de vaseline, produits dérivés des pétroles.
- Nous pensons que vous obtiendrez le meilleur résultat dans l’enlèvement des taches produites par eux sur les vêtements, en vous servant d’une flanelle imbibée de gazoline et en frottant le plus légèrement possible, sans chercher à enlever le pigment, mais seulement l’excipient du fard.
- Ce n’est qu’après absorption par la flanelle dudit excipient et séchage complet que l’on devra brosser pour enlever la matière colorante (très probablement oxyde de fer dans le cas que vous considérez), celle-ci s’éliminera alors sans difficulté n’étant plus fixée par la cérésine et étant à l’état de poudre libre.
- Avoir soin de placer une seconde flanelle propre sous l’étoffe à détacher pour pomper le liquide d’apport, la changer de place à chaque intervention du tampon chargé de gazoline.
- N. B. Opérer de préférence au jour, loin de tout foyer pour éviter une inflammation fâcheuse.
- M. Jung-Lancrey, à Quétigny. — Vous obtiendrez très probablement un meilleur résultat pour le collage des filets métalliques dans les rainures de bois, en utilisant la formule suivante :
- Colle de poissons.............................. 40 grammes
- Alcool à 90°................................... 20 —
- Eau ordinaire..................................180 —
- Acide nitrique.................................. 2
- Faire d’abord gonfler la colle dans l’eau alcoolisée, terminer en tiédissant au bain-marie, si cela est nécessaire, sans toutefois chasser l’alcool, puis ajouter l’acide nitrique et rendre homogène.
- Cette colle présente l’avantage de rendre le laiton rugueux, ce qui facilite l’adhérence.
- Laisser enfin sécher plusieurs jours sous pression par moyen approprié à la forme de l’objet, lamelles de bois maintenues par serre-joints ou garrots, finalement polir pour arraser.
- École normale de Lyon. — La grande absorption du plâtre vous fera consommer, par application directe, une quantité trop importante de peinture à l'aluminium; d’autre part il est à craindre que le solvant, pénétrant trop rapidement à l’intérieur de la masse, ne laisse à la poudre d’aluminium qu’une quantité insuffisante de liant, généralement éther cellulosique.
- En conséquence, nous vous conseillons d’appliquer d’abord une couche de peinture ordinaire dite « d'impression », à l’huile de lin; d’effectuer ensuite un rebouchage au mastic et de ne faire intervenir la peinture à l’aluminium, qu’après s’être assuré que l’huile de lin est bien sèche, autrement dit oxydée.
- IVi. i_e Pr A. P. à St-Loup de la Salle. — D’après Le Florentin (Les Cosmétiques, éditeur Desforges), les teintures Oréal (brevet français 383920-1907) se composent de mélanges d’un réducteur à une solution d’un corps à groupements phénoliques et d’un-sel métallique, en proportions telles que les constituants ne puissent réagir dans la solution où il y a excès de réducteur. A l’air, au contraire, cet excès s’oxyde plus ou moins lentement et il y a formation de laques colorées.
- Les corps susceptibles d’être employés sont ceux pouvant donner des laques colorées, l’hematoxyline, etc., d’une part et les sels de cobalt, de nickel, de fer et de cuivre d’autre part.
- Tous les réducteurs ne peuvent être utilisés, on doit préférer l’anhydride sulfureux et les sulfites ,1e méthanol, l’acide méthanoïque.
- On fait d’abord réagir le réducteur sur l’un des deux éléments, puis on ajoute l’autre. On peut en faisant varier les quantités de sels métalliques et en les combinant entre eux obtenir toutes les teintes allant du blond au noir, on peut en outre ajouter quelques matières colorantes pour nuancer les couleurs obtenues. Enfin il convient d’ajouter au mélange un peu d’une solution dans un solvant organique d’une association d’étlier glycérique, d’acides gras ou d’une solution aqueuse d’une graisse sulfonée.
- M. Conjard, à Moras (Drôme). —Dans les conditions habituelles de température, le fer, pas plus que son oxyde n’est susceptible de réagir sur les huiles. L’emploi d’un vernis quel qu'il soit ayant nécessité un solvant vous exposerait au contraire â des mécomptes. A notre avis le mieux est de vous servir des fûts tels quels avec la seule condition qu’ils soient propres et très secs.
- Établissements G. F., à Clichy. — 1° Nous avons donné dans le n° 2824, page 48, une formule de diluant pour enduits cellulosiques, veuillez bien vous y reporter.
- 2° Aucun lustrage n’est nécessaire pour les laques cellulosiques, celles-ci étant brillantes par elles-mêmes.
- 3° Le dégraissage des pièces métalliques à la soude caustique est encore le procédé le meilleur et le plus économique.
- 4° Vous pouvez prendre comme type d’huile soluble pour marchines-
- oulils, la formule suivante :
- Huile végétale sulfurée.................... 840 grammes
- Lessive de soude caustique à 20° B. . . . 80 —
- Ammoniaque à 22°........................... 20 —
- Eau de pluie............................... 60 —
- A. D., à Para. — Lorsque les mouches ont souillé les tranches des livres, pour en faire disparaître les traces, on commence par serrer fortement le volume, par exemple au moyen de deux planchettes et d’un serre-joint pour bien rapprocher les feuillets, puis on brosse énergiquement la tranche. Cela fait, on imbibe un tampon de flanelle propre d’alcool â brûler additionné de 5 pour 100 environ d’ammoniaque (alcali volatil) et frotte doucement, ce qui amène la dissolution des souillures, on essuie avec une flanelle sèche et laisse l’alcool s’évaporer avant de libérer les feuillets.
- Si l’opération a été bien conduite, l’alcool ne doit avoir pénétré que très faiblement.
- M. Ribeiro, à Inhambane. — Pour colorier le plumage de vos pigeons, il vous suffira d’employer de l’huile de vaseline dans laquelle vous aurez fait dissoudre une couleur au stéarate de la teinte choisie. A défaut d’huile de vaseline, on peut également se servir de toute autre huile végétale ou anomale, mais celles-ci ont l’inconvénient de rancir.
- P.-S. Pour mémoire nous vous signalons que vous nous avez posé même question en 1924 et y avons répondu dans le n° 2633, page 95, de la Boîte aux lettres du 20 septembre 1924.
- M. Lavachery, à Casablanca. — Vous obtiendrez facilement une émulsion de goudron, asphalte ou bitume en utilisant les propriétés émulsives du bois de Panama (Quillaja saponaria) en prenant par exemple :
- Goudron de houille....................... 1000 grammes
- Teinture de bois de Panama au 1/5°. . . 4000
- Placer le goudron dans un récipient muni d’un couvercle telle une marmite en fonte émaillée, chauffer au bain-marie pour liquéfier, puis ajouter progressivement la teinture de Panama, laisser sur le bain-marie en remuant de temps à autre pendant une heure environ et recouvrir aussitôt.
- Finalement laisser refroidir en continuant à remuer et ajouter un gramme de saponine, ce qui assurera à l’émulsion une bonne tenue pouvant durer plusieurs années.
- M. Le Dr Gommés. — Pour éviter que les parquets cirés ne deviennent trop glissants, il suffit de répandre à la surface, un peu de colophane (résine ordinaire, finement pulvérisée, dont la répartition uniforme sera assurée au moyen d’un balai; la circulation dans la pièce fera ensuite le reste).
- N. B. La résine se trouve chez tous les marchands de couleurs.
- Le Gérant : G. Masson.
- 2901. — Paris, lmp. Lahure. — 15-9-1932.
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- LE PROBLÈME DU “ VENT D’ÉTHER
- LA RÉPÉTITION, A IÉNA,
- DES EXPÉRIENCES DE MICHELSON
- Le sous-sol d’un des bâtiments faisant partie des Usines Zeiss, à Iéna loge, depuis quelque temps, un appareil étrange. Extérieurement, il affecte la forme d’une grande croix, constituée par quatre tubes de deux
- à résoudre un problème fondamental de la physique moderne, celui du « vent d’éther ».
- On sait que les expériences classiques de Michelson, aux Etats-Unis, n’avaient révélé aucune variation de la
- Fig. 1. — Le grand interféromèlre construit à Iéna pour reprendre l’expérience de Michelson.
- mètres de longueur et d’un diamètre considérable, tournant, d’un mouvement uniforme, autour d’un axe vertical. La lumière d’une lampe suspendue au-dessus de cette croix se dédouble, au centre de celle-ci, en deux faisceaux qui, après avoir subi de multiples réflexions, vont interférer sur une plaque photographique disposée dans la partie inférieure de l’axe. Cet appareil est appelé
- vitesse de la lumière, que celle-ci fût dirigée dans la direction du mouvement de translation de la Terre ou perpendiculairement à cette direction. A l’inverse de l’air atmosphérique, immobile à peu de distance, par exemple, d’un train express et qui, aux voyageurs de celui-ci, semble animé d’un mouvement violent, l’éther ne se déplacerait donc aucunement par rapport à la Terre.
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- Fig. 2. — La trajectoire des rayons à l’intérieur de l'interfêromèlre.
- Or, des expériences récentes d’un autre physicien américain, le Professeur Miller, ancien collaborateur de Michelson, en contradiction évidente avec ces résultats, hase de la théorie de relativité, avaient semblé démontrer l’existence d’un « vent d’éther » considérable, de quelques dizaines de kilomètres et qui, chose para-
- Fig. 4. — Les plaques en forme de croix suspendues à l’intérieur de la croix tubulaire.
- doxale, augmenterait avec l’altitude, prenant, sur les cimes des montagnes de Californie, des valeurs bien plus grandes que dans la plaine.
- Un contrôle de ces résultats s’imposait et les physiciens d’Iéna, en collaboration avec les ingénieurs de Zeiss, se mirent à l’oeuvre, en recourant à l’arsenal d’instruments et d’appareils de haute précision dont dispose cette usine d’optique.
- Pour soumettre les observations de Miller au contrôle d’une expérimentation rigoureuse, il fallait évidemment une méthode d’une précision supérieure — méthode exempte, autant que possible, des erreurs personnelles provenant de l’expérimentateur. Michelson et Miller s’étaient, l’un et l’autre, contentés d’observations visuelles directes. Aussi, le professeur Joos, à Iéna, proposa-t-il d’éliminer absolument l’œil humain et de le remplacer par l’appareil photographique. Voilà comment fut construit l’appareil que représentent nos figures et qu’il fallut de longs tâtonnements pour mettre au point.
- Fig. 3. — Coupe verticale à travers l’interfêromèlre.
- La figure 2 représente la trajectoire des rayons, à l’intérieur de la croix.
- Une petite lampe punctiforme en quartz P de 25 watts seulement (fig. 3) est disposée au-dessus de l’appareil, à la rotation duquel elle prend part. Un prisme à réflexion totale projette la lumière suivant la direction de l’axe vertical et un objectif 0 dont la distance à la source de lumière est égale à la distance focale sert à la rendre parallèle. Cet objectif comporte aussi le filtre monochromatique. Un miroir, incliné sous 45 degrés et disposé au-dessus du milieu de la croix, réfléchit la lumière vers un autre miroir plan disposé à l’extrémité d’un des bras de celle-ci. La lumière va ensuite frapper la plaque à dédoublement à partir de laquelle chacun des deux faisceaux subit des réflexions multiples, le projetant trois fois, en sens opposés, dans le plan de la croix.
- Le chemin ainsi parcouru par chaque faisceau est de
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- 20,99 mètres. Les deux faisceaux s’étant, de nouveau, réunis, la lumière va frapper le miroir concave reproduisant les interférences et qui la projette sur un miroir situé un peu plus haut, à l’extrémité opposée de la croix et, de là, sur un auti'e miroir plan, incliné sous un angle de 45 degrés et disposé au centre; ce dernier amène les rayons dans l’axe de la croix, comportant, dans sa partie inférieure, le châssis photographique. Devant le miroir reproduisant les interférences, on a disposé un repère constitué par trois fds métalliques minces.
- Cet appareil doit sa haute précision au parfait montage des miroirs et des lentilles. On avait, d’abord, pensé à employer l’invar, mais un calcul approximatif montra que la magnéto-striction dans le champ terrestre aurait alors produit des effets du même ordre de grandeur que ceux qu’on s’attendait à mesurer. Le quartz pur aurait, naturellement, été la matière la plus appropriée, mais la croix tournante — aux bras de 2 mètres de longueur — était bien trop grande pour permettre son emploi. C’est pourquoi on lui substitua la matière quartzique fabriquée
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- Fig. 6,
- Dispositif de commande électrique faisant tourner Vinter/éromèlre
- et avancer, d’un mouvement uniforme, le châssis photographique.
- par la maison Scliott et qui, malgré de légères inhomogénéités (dues à de nombreuses petites bulles d’air) présente un coefficient de dilatation sensiblement égal à celui du quartz parfaitement clair. Des essais préliminaires ayant montré la constance très rigoureuse de ses dimensions, on n’hésita point à monter les systèmes optiques (miroirs et lentilles) sur une croix constituée par quatre plaques de cette matière et entourée par la croix tubulaire.
- Comme l’appareil, en raison de la rotation de la Terre, occupe, au courant de la journée, les positions les plus diverses par rapport à la Terre et au Soleil, il a fallu prendre des vues photographiques incessantes au courant de 24 heures.
- Afin d’éliminer les perturbations dues aux vibrations, on choisit, pour les expériences décisives, la période de repos dominical — de samedi midi à dimanche midi.
- Fig. 5. — Suspension des plaques en quartz : des centaines de ressorts hélicoïdaux amortissent les vibrations.
- L’appareil tournait, pendant ces 24 heures, sans interruption, autour de son axe — à la vitesse de 1 tour toutes les 10 minutes; on a pris deux séries de vues toutes les heures.
- La figure 7 fait voir les résultats d’une de ces séries : Les stries blanches, parfaitement rectilignes, prouvent, dans les limites des erreurs expérimentales, l’absence de tout « vent d’éther ». S’il existe un effet de vent, il est inférieur à 1/1000 de la largeur de la strie, c’est-à-dire que ce vent d’éther serait lui-même inférieur à 1,5 km par seconde.
- Les considérations suivantes font comprendre l’extrême précision des mesures.
- Les rayons lumineux, à l’intérieur de l’appareil, parcourent, nous l’avons vu, un chemin d’environ 21 m. Or, les vues photographiques permettaient de constater, dans ce chemin, des variations dans le rapport de 1 centimètre à 384 000 km, distance séparant la Terre de son satellite. Cette précision aurait, on le voit, permis de constater, dans la distance de la Terre à la Lune, une variation de 1 centimètre.
- On peut donc dire que le résultat annoncé pour la première fois, il y a près de 50 ans aujourd’hui, par Michelson, à savoir l’absence de vent d’éther, est à nouveau pleinement confirmé par les nouvelles expériences exécutées à Iéna.
- Dr Alfred Gradenwitz.
- Fig. 7. — Les résultats d’une série d'observations.
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- LA VOITURE RAILROUTE DUNLOP
- Fig. 1. — Là voilure liailroule Dunlop arrive sur la voie ferrée.
- La lutte entre le rail et la route se poursuit, ardente. Les transports en camion sur route ont l’avantage de la souplesse ; ils réduisent les manutentions au minimum ; les marchandises sont transportées de porte à porte. Le chemin de fer se défend en développant l’emploi des cadres mobiles, en combinant l’emploi du rail et celui de la route et en créant, à cet effet, des services automobiles liés intimement aux services par voie ferrée. Mais il a contre lui la lourdeur de ses trains, la difficulté du triage des wagons; la rigidité de ses méthodes administratives.
- Qui ne voit cependant que le transport des marchandises sur routes ne peut constituer une solution générale ? Imaginez que les marchandises, chargées actuellement sur des milliers de wagons chaque semaine, circulent
- toutes sur routes ! celles-ci se trouveraient vite embouteillées ; les chaussées se dégraderaient rapidement exigeant en permanence des équipes d’entretien, les accidents, déjà trop nombreux, se multiplieraient et l’on serait vite amené à réglementer la route aussi sévèrement que l’est aujourd’hui la voie ferrée. Sans doute s’apercevrait-on alors que la voie ferrée est la chaussée idéale pour les automobiles.
- Les dirigeants des chemins de fer n’ont pas attendu ce moment critique pour en être persuadés; aussi voyons-nous se multiplier les essais et les études tendant à utiliser sur les voies ferrées des véhicules possédant les qualités de l’automobile routière. Nous avons relaté ici déjà les intéressants essais des Michelines et des Paulines.
- Voici une nouvelle solution, proposée tout récemment par Dunlop ; la voiture « Railroute » est en quelque sorte un véhicule amphibie capable de circuler à volonté sur le rail ou sur la route ordinaire; on peut dire qu’il tend à supprimer la concurrence entre le rail et la route, en fusionnant ces deux modes de transport; le véhicule empruntera l’une ou l’autre voie au mieux des exigences de F exploitation. Le dispositif est très simple : les roues caoutchoutées de la voiture doivent présenter le même écartement que les rails; dans ces conditions il suffit de leur adjoindre pour la circulation sur voie ferrée un dispositif de guidage qui oblige les roues à suivre le rail.
- Ce dispositif qui, dans le véhicule expérimental actuellement en essais, se monte au moment d’engager la voiture sur la voie ferrée, comporte, encadrant chaque roue, deux galets de guidage, assez semblables à des roues de bogies ; leur profil est celui des bandages des roues usuelles de chemin de fer, avec leur boudin de guidage. Les deux galets sont placés aux extrémités de deux tiges, formant les deux grands côtés d’un triangle fixé sur l’essieu de la roue, et reliées entre elles par un tirant élastique. Grâce à ce système, les galets sont constamment, appliqués sur le rail, même si la roue garnie du pneumatique tend à se soulever.
- De plus des butées interviennent qui limitent l’allongement du tirant de telle manière qu’en cas de dégonflement du pneu, toute la charge se trouve reportée sur les galets .En cas d’éclatement, on en est quitte pour rouler quelque temps moins confortablement, l’enveloppe elle-même est sauvegardée.
- Les roues avant conservent leur faculté d’orientation individuelle, sous réserve de leur liaison par bielle d’accouplement. C’est là un point très important et très nouveau en matière ferroviaire, la direction de la voiture se trouve en effet assurée dans les mêmes conditions sur route et sur rail par les roues directrices : la direction d’un wagon ordinaire sur le rail résulte de la réaction des rails sur les boudins des roues, réaction appliquée directement à toute la masse du wagon; on comprend que, malgré la quasi-perfection de la voie ferrée, comparée à
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- la route, le confort en wagon ne soit assuré que difficilement; les petites irrégularités de la voie sont violemment transmises à tout le véhicule et à son contenu. Dans le cas actuel rien de tel; ce sont les galets guides, de masse relativement faible, qui seuls subissent la réaction du rail et l’utilisent pour guider les roues, comme ferait sur la route le conducteur à son volant. Il n’y a plus pratiquement de chocs transmis à la voiture, et celle-ci se trouve dans les conditions du parfait confort.
- Un autre avantage du guidage indépendant réside dans le fait que le boudin guideur reste placé dans lès conditions normales par rapport à la voie et qu’il ne participe en rien aux fluctuations verticales du pneu. Il est ainsi assuré, au meme degré que les boudins des roues du wagon normal, de rester dans les limites imposées : 25 mm au moins, 35 mm au plus au-dessous de la table du rail.
- Des expériences ont été faites avec ce système le 4 août dernier sur la nouvelle ligne de Gannat à la Ferté-Hauterive. La voiture expérimentée était une automobile Hotehkiss de série; arrivée en travers de la voie, à l’aide du « Ro-torlift » dont elle était munie, on la souleva de terre, ses quatre roues quittant simultanément le sol.
- Aussitôt les mécaniciens mirent en place les galets de guidage, et le véhicule décrivant un quart de tour sur l’axe de son « Rotorlift » s’orienta au-dessus de la voie et vint s’y poser doucement. Après quoi, chargé d’invités de marque, il effectua plusieurs voyages entre Mayet-d’École et La Ferté-Hauterive. Les passagers purent se rendre compte de la douceur du roulement, du confort et du silence de
- la voiture, de la rapidité des démarrages et des freinages, de la parfaite inscription du véhicule dans les courbes. La vitesse a pu atteindre 100 km à l’heure aux endroits où la voie s’y prête.
- Dans les voitures définitives que l’on se propose maintenant de réaliser, les galets ne se démonteront plus; ils s’effaceront automatiquement pour les trajets et le véhicule sera parfaitement amphibie. On envisage également l’adjonction d’une remorque à la voiture; on créerait ainsi un petit train automobile capable de transporter d’une façon très économique, sur rail comme sur route, une cinquantaine de voyageurs accompagnés de 1000 kg de bagages.
- R. VlLLERS.
- Fig. 3. — La voiture Railroule sur le. rail.
- THÉORIES ET MÉTHODES MODERNES
- D’ANESTHÉSIE
- Dans un précédent article (') nous avons exposé sommairement les théories concernant le mécanisme intime de la narcose et les faits physiologiques les plus généraux qui s’y rattachent. Mais, à vrai dire, chaque anesthésique possède une façon un peu particulière d’impressionner l’organisme et il convient, pour l’étude clinique que nous allons entreprendre brièvement, de marquer les caractères propres à chacun d’eux.
- LE CHLOROFORME
- Le chloroforme autrefois très employé est de plus en plus abandonné de nos jours. L’expérimentation précise du laboratoire autant que l’analyse objective des accidents cliniques ont en effet établi de façon indiscutable ses dangers ou pour le moins ses graves défauts : toxicité absolue élevée et dose utile voisine de la dose dangereuse 1. La Nature, n° 2883, du .15 juin 1932.
- — action cytolytique marquée sur le foie, le rein, le globule rouge — dépression bulbo-cardiaque — action néfaste sur les glandes endocrines, etc... Pourtant le chloroforme a, sur son rival l’éther, un avantage incontestable : il est inoffensif pour le poumon et d’autre part, il donne un faible saignement opératoire; il garde donc ses indications pour les malades pulmonaires et pour les opérations où le saignement est particulièrement gênant (trépanation mastoïdienne). Dans les cas où il y a avantage à l’utiliser, le chloroforme doit être néanmoins donné aussi parcimonieusement que possible; pour cela, on utilise, surtout en France, l’appareil de Fredet qui, d’un maniement facile, donne des mélanges titrés d’air et de chloroforme d’action progressivement croissante. On peut ainsi porter la dose de chloroforme jusqu’à 12 gr pour 100 litres d’air et entretenir l’anesthésie avec 8, 6, ou même 4 %. Quoi qu’il en soit de la perfec-
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- tion de son administration, c’est un fait que le chloroforme trahit, de temps à autre, les mains les plus expertes et qu’ainsi se trouve légitimé son abandon au profit de l’éther.
- L’ÉTHER
- On peut dire que l’éther n’a conquis la première place parmi les agents d’anesthésie que grâce à l’appareil du Professeur Ombredanne, fruit de quatre années de recherches méthodiques et de l’application de principes généraux d’inhalation que toutes les expériences ultérieures n’ont fait que confirmer. Ces principes d’éthérisation, peu connus, même des anesthésistes, méritent d’être rappelés. Voici comment le Professeur Ombredanne les a énoncés : « Pour obtenir une bonne anesthésie par l’éther, « il faut un générateur de vapeurs d’éther adjacent au « masque d’inhalation et ne comportant que des tubes à « section très large; le malade doit respirer dans l’air « confiné, mais il faut une adjonction d’air frais. La sur-« face d’évaporation de l’éther doit être considérable ». Ces principes se trouvent fort ingénieusement appliqués dans l’appareil que nous voyons aujourd’hui dans toutes les cliniques et dont nous reproduisons ici le schéma (fig. 1). Grâce à ce précieux appareil, l’éther a pu devenir un agent de narcose de premier ordre, offrant une sécurité d’emploi incomparable et pouvant à la rigueur être confié à un aide non spécialisé.
- « Nous prétendons, écrivait dès 1905 le Professeur « Ombrédanne, avoir diminué considérablement la noci-« vité de l’éther pour les poumons en abaissant les « doses nécessaires à l’anesthésie, en permettant de ne « donner au malade que juste ce qu’il faut pour obtenir « la résolution complète et en substituant à l’anesthésie « par à-coup une anesthésie continue ». L’expérience a montré que ces affirmations étaient exactes, mais que, même parfaitement administré, l’éther conservait quelques inconvénients inhérents à ses caractères chimiques et physiologiques : il est d’odeur désagréable, inflammable, vaso-dilatateur, liypertenseur et congestionnant pour tous les organes; enfin, il donne lieu à des vomissements post-opératoires qui, pour être moins constants et moins persistants que ceux du chloroforme n’en sont pas moins fort pénibles pour les malades. Nous verrons ultérieurement par quels procédés d’association anesthésique on a pu corriger largement ces défauts. Mais nous devons signaler, pour en terminer avec l’éther, qu.’on a tendance à exagérer sa non-toxicité.
- Nicloux a montré en effet que la dose anesthésique correspondait à la présence dans le sang de 130 à 140 milligrammes par 100 cm3, alors que la dose mortelle est de 160 à 175. La marge de sécurité (étendue narcotique) est donc beaucoup plus étroite qu’on ne se le figure généralement.
- LE CHLORURE D’ÉTHYLE
- Le chlorure d’éthyle jouit de même comme agent de narcose d’une réputation d’innocuité qui n’est pas absolument justifiée, car il a causé beaucoup plus de cas de mort que l’on ne le croit en général. Mais il possède un grand avantage sur le chloroforme et l’éther, c’est
- son extrême volatilité (il bout à -f- 11°) qui fait que son absorption comme son élimination sont extrêmement rapides. Administré avec l’appareil de Camus, ou même sur une large compresse, c’est l’anesthésique de choix de l’oto-rhino-laryngologie, qu’on a cherché en vain à appliquer à la chirurgie générale. La résolution musculaire et le silence respiratoire si utiles pour la chirurgie abdominale sont en effet difficilement obtenus avec le chlorure d’éthyle. En outre, ce dernier possède une action hypertensive et congestionnante au moins aussi marquée que celle de l’éther, donc aussi néfaste pour les poumons.
- Ce que nous venons de dire des trois anesthésiques liquides les plus employés nous montre que le chloroforme et l’éther possèdent des qualités et des défauts différents. On pouvait se demander dans ces conditions si leur mélange et leur association au chlorure d’éthyle ne les corrigerait pas mutuellement en donnant un produit supérieur à chacun des constituants. De cette conception est né un grand nombre de formules dont la plus connue est actuellement le mélange de Schleich ainsi composé : éther 6 p., chloroforme 2 p., chlorure d’éthyle
- I p. Ce produit d’après ses partisans endormirait plus vite, plus régulièrement qu’un autre et fournirait des suites particulièrement simples. La réalité ne nous paraît pas correspondre tout à fait à cette opinion. En fait, tous les anesthésistes ont signalé une plus grande fréquence de syncopes respiratoires avec le Schleich qu’avec l’éther.
- II semble donc que, conformément à l’opinion généralement admise, il faille la plupart du temps préférer l’éther au Schleich et ne donner ce dernier que dans les cas où l’éther est contre-indiqué (malades âgés, pulmonaires).
- LES ANESTHÉSIQUES GAZEUX PROTOXYDE D’AZOTE, ÉTHYLÈNE, PROPYLÈNE, ACÉTYLÈNE
- A côté de ces anesthésiques qui sont utilisés à l’état de vapeur, on trouve la très intéressante classe des anesthésiques gazeux : le protoxyde d’azote, l’éthylène, le pro-pylène et l’acétylène. Ces corps, comme on peut en juger à 1’inspection de leurs formules, ne sont pas saturés. Ils
- H H
- N=N H H I I H
- \/ ; XC = CX ; H-C-C = C/ ; H-C='CH. O H/ XH I x H
- H
- sont en outre relativement assez solubles dans l’eau et davantage encore dans l’alcool et dans l’huile. Ils ont pour trait commun de n’endormir qu’en présence d’une quantité limitée d’oxygène et à assez forte concentration (80 à 100 pour 100 pour le protoxyde, 90 pour 100 pour l’éthylène, 50 à 80 pour 100 pour l’acétylène et 30 à 60 pour 100 pour le propylène). Leur toxicité absolue semble extrêmement réduite quand ils sont bien purs, et ils ne laissent à peu près aucune trace de leur passage dans l’organisme. Le protoxyde n’est pas inflammable, mais les trois autres corps le sont, et leur mélange à l’air ou à l’oxygène est même détonant, ce qui est un grave inconvénient. D’autre part — protoxyde excepté — ils ont une odeur assez désagréable. Enfin ils sont tous
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- d’administration difficile. Ils doivent être (sauf le propy-lène avec lequel on peut donner de l’air) associés à l’oxygène pur, nécessaire pour assurer l’hématose dans un mélange où le gaz anesthésique occupe le plus grand volume. C’est cette nécessité de faire extemporanément le mélange de ces gaz et de l’oxygène qui oblige à avoir des appareils d’administration très compliqués avec des tubes d’acier contenant les gaz liquéfiés ou comprimés, des dispositifs de détente, un grand ballon mélangeur, etc... De plus il faut titrer à chaque instant le mélange sous peine de voir apparaître l’asphyxie ou au contraire de réveiller brusquement le patient. Ce titrage varie avec chaque malade et avec chaque moment de la narcose, aussi ne peut-il être réalisé automatiquement, mais doit-il être réglé par un anesthésiste rompu à cette technique.
- Que valent cliniquement ces narcoses si intéressantes au point de vue physiologique ?
- Le protoxyde d’azote, l’éthylène, le propylène et l’acétylène agissent très rapidement sur le cerveau; le malade perd donc très vite conscience, mais ils respectent si bien le bulbe (ce qui est parfait) et la moelle épinière que les réflexes demeurent souvent vifs, la résolution musculaire incomplète, la détente de la paroi abdominale insuffisante, ce qui ne peut guère convenir pour la grande chirurgie. Par contre le réveil est très net, extrêmement rapide et les nausées plus exceptionnelles qu’avec aucun autre produit. N’était la qualité chirurgicale de la narcose, inférieure souvent à celle que fournit l’éther, ces gaz anesthésiques et plus particulièrement le protoxyde et le propylène, auraient conquis la première place. De la revue d’ensemble rapide que nous venons de faire de la narcose générale par inhalation, il ressort qu’il n’existe aucun procédé absolument parfait ou même nettement supérieur à tous les autres. Le choix de l’anesthésie reste donc un problème à résoudre pour chaque cas particulier, choix où il y aura lieu détenir compte à la fois de l’état du patient, de la nature de l’opération et des exigences du chirurgien.
- Ces dernières années on a beaucoup étudié la question de l’anesthésie générale obtenue par d’autres voies que la voie pulmonaire. Le but cherché était d’une part d’éviter l’angoisse pré-opératoire au malade en l’endormant dans son lit et sans lui mettre de masque d’inhalation sur le visage; d’autre part, d’avoir un sommeil très calme, exempt de vomissements au réveil et ne laissant pas un mauvais souvenir à l’opéré. A cette fin on a eu recours soit à la voie intra-veineuse (barbituriques), soit à la
- voie rectale (lavement d’avertine) et l’on a tenté ainsi d’obtenir l’anesthésie complète, suffisante pour l’intervention projetée ou plus simplement un sommeil « crépusculaire » devant être complété par inhalation. Quelquefois même on n’a eu en vue que la recherche d’un état de détente nerveuse améliorant la narcose ultérieure (bromure).
- De ces différentes tentatives semble bien ressortir cette vérité que la voie pulmonaire a pour elle l’énorme avantage de permettre de régler à chaque instant par l’inhalation, l’entrée ou la sortie de l’organisme du poison qu’est l’anesthésique et que l’introduction en quantité importante d’un produit dont l’élimination est lente et l’action irréversible n’est légitime que si la dose injectée ne risque à aucun moment de devenir une dose toxique. Or, dans l’état actuel de la question, aucun corps ne nous fournit une marge de sécurité assez grande pour pouvoir — dans tous les cas — donner sans risque une anesthésie complète. On a donc fort judicieusement renoncé à obtenir systématiquement la narcose absolue et l’on se contente d’une anesthésie « de base » fort intéressante et dont il nous reste maintenant à décrire les variantes.
- LA MORPHINE
- Une des premières substances grâce à laquelle on a cherché à améliorer la narcose a été la morphine (ou ses succédanés) ; seule ou associée à l’atropine ou à la scopolamine qui complète son action narcotique et corrige son action nauséeuse, elle rend de grands services en réduisant la période d’induction et en donnant le calme pré-opératoire ; mais elle ne saurait être administrée impunément qu’à de petites doses qui ne facilitent nullement la résolution musculaire et ne diminuent presque pas la quantité d’anesthésique inhalée.
- L’ÉSÉRINE
- Récemment on a recommandé l’emploi pré-opératoire de l’ésérine de la fève de Calabar. Cet alcaloïde a pour propriété principale d’exciter le parasympathique et .de rendre le sujet plus « réceptif » au narcotique; elle provoque en outre une rétraction de la masse intestinale qui présente un grand intérêt pour les opérations abdominales, mais elle n’endort pas à proprement parler le malade, elle ne le rend même pas somnolent. Telle est au contraire l’action de l’avertine, substance venue d’Allemagne, déjà largement étudiée et sur laquelle les opinions sont loin d’être concordantes.
- L’AVERTINE
- L’avertine est de l’alcool éthylique tribromé; elle est donc proche parente du bromal, lui-même homologue
- Fig. 1. — L’appareil du P1 Ombrédanne pour l’administration de l’éther dans une anesthésie.
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- du chloral. C’est une poudre blanche assez altérable, utilisée le plus souvent en dissolution dans l’hydrate d’amylène et sous forme de lavement aqueux tiède. La préparation de ce lavement doit se faire entre 25 et 40° pour éviter une décomposition du produit, libérant des corps corrosifs (dibromacétaldéhyde -j- acide bromhy-drique) pour l’intestin. A la dose de 7 à 10 cgr par kg suivant la résistance du sujet, l’avertine absorbée rapidement par la muqueuse du côlon passe dans le sang et ne tarde pas à produire le sommeil avec analgésie et diminution du tonus musculaire et des réflexes pouvant aller jusqu’à la narcose complète. Cet état dure de 1 à 3 heures après lesquelles le malade se réveillé progressivement et presque toujours sans nausées. Dans la plupart des cas, la narcose est incomplète et il convient de donner pour la parfaire soit quelques bouffées d’éther, soit mieux encore une inhalation de protoxyde d’azote, ce dont le malade ne garde aucun souvenir. La qualité chirurgicale de la narcose ainsi obtenue étant généralement bonne, tout ceci serait extrêmement séduisant si l’avertine ne restait pas malgré tout un produit de toxicité spécifique assez élevée ; les doses pré-toxiques ne sont guère supérieures que de 40 pour 100 aux doses efficaces et même en restant dans les limites d’un dosage prudent, on assiste parfois à une action dépressive bulbaire, caractérisée par de l’apnée et la chute de la tension artérielle à laquelle on peut remédier sans doute, mais qui n’en est pas moins assez peu engageante. On ne saurait affirmer d’autre part que ce produit n’ait pas une certaine action hépato-toxique de sorte qu’il est peut-être encore prématuré de le prôner formellement en dehors des interventions longues ou dont le siège contre-indique l’inhalation continue.
- LE CHLORAL
- Moins toxique que l’avertine, le chloral donné à la dose de 3 à 6 gr en lavement peut améliorer considérablement la narcose générale. Nous l’avons vu utiliser à la clinique de la Salpêtrière et il nous a paru qu’il permettait d’obtenir du protoxyde d’azote une anesthésie très supérieure à celle que fournit habituellement ce gaz.
- LES BARBITURIQUES
- La voie intra-veineuse a été utilisée aussi pour produire l’anesthésie de base au moyen des barbituriques. On sait qu’on désigne sous ce nom générique les dérivés alcoylés de la malonylurée. Le véronal, qui est le prototype de ces corps, a été aussi un des premiers employés, il constitue la diéthyl-malonylurée bien connue comme soporifique. Solubilisés par l’eau alcaline et injectés dans les veines, les produits de cette série provoquent le sommeil et même, à haute dose, la disparition des réflexes médullaires nécessaire à l’anesthésie. Toute une gamme de barbituriques a été ainsi essayée. On conçoit en effet qu’en remplaçant un ou deux des groupements éthyle du véronal par un groupement propyle, butyle, isobu-tyle, amyle, etc... on puisse obtenir des corps plus ou
- moins toxiques, actifs, et stables. Pratiquement ce qui importe est d’avoir un produit d’élimination pas trop lente et présentant un assez gros écart entre la dose active et la dose toxique (étendue narcotique). D’après des expériences récentes, il semble qu’il y ait plus d’avantage à s’adresser à des corps contenant au moins 5 ou 6 carbones qu’à des groupes d’éthyle seuls. En France, le DrFredet, qui depuis longtemps poursuit des recherches sur ce sujet, utilise l’allylisopropylmalonylurée. En Amérique on a vanté la butyléthylmalonylurée et en Allemagne le bromopropénylbutyle (pernocton).
- - Presque tous les auteurs qui ont tenté au début d’avoir avec ces différents produits des anesthésies complètes y ont par la suite renoncé et se contentent généralement d’un sommeil « crépusculaire » qui peut être complété par de très faibles doses d’anesthésique volatil. La narcose reste ainsi « gouvernable » et c’est au protoxyde ou à l’éthylène qu’on s’adresse de préférence pour le faire. Il ne faut pas perdre de vue, dans cette question de l’anesthésie de base, la façon dont le narcotique utilisé est éliminé ou détruit; ce n’est plus le poumon en effet qui sert dans ce cas, mais le rein comme pour l’urée elle-même. La condition primordiale de l’utilisation des malonylurées est donc la bonne perméabilité rénale et on fera bien de s’assurer qu’il n’existe pas chez les futurs opérés un chiffre d’urée sanguine élevé. Cette importante réserve faite, il faut reconnaître qu’en général les barbituriques sont assez bien supportés et qu’ils présentent sur l’avertine le gros avantage de ne pas déterminer aux doses narcotiques de dépression bulbaire et cardiaque. Cette méthode d’injection intraveineuse paraît donc présenter un assez grand intérêt si l’on songe qu’elle supprime l’angoisse du patient, facilite la narcose et élimine presque totalement les vomissements. Le réveil est par contre assez souvent retardé, aussi parfois suivi d’une période de légère agitation; les douleurs post-opératoires sont diminuées.
- D’autres corps viendront peut-être aussi concurrencer les barbituriques ; tout récemment le D1 Bréchot a indiqué l’avantage que présente l’injection intra-veineuse préopératoire du bromure de sodium.
- Beaucoup moins toxique que son homologue potassé, le bromure de sodium est admirablement supporté dans tous les cas à la dose d’une dizaine de grammes. Il ne provoque pas d’engourdissement cérébral net, mais seulement une détente musculaire précieuse pour le chirurgien, une grande économie d’anesthésique et une suppression presque absolue des vomissements postopératoires.
- *
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- De cette revue rapide des tentatives faites et des résultats obtenus en anesthésie, il semble donc ressortir que d’importants progrès aient été faits pour réaliser cet idéal du chirurgien : la suppression de tout danger comme de toutes douleurs.
- Dr Amiot.
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- LES CIMENTS ET LEUR FABRICATION 297
- Fig. 1. — Une carrière de calcaire pour ciments.
- Pelle électrique en action à l’usine de Guerville (Seine-et-Oise) de la Société des Ciments français.
- Les liants destinés à unir les unes aux autres les pièces de maçonnerie ont une origine très ancienne.
- La terre, plus ou moins argileuse, fut d’abord employée par les peuplades primitives pour la construction de leurs habitations ; de nos jours elle est encore fréquemment utilisée sous le nom de « pisé ».
- Les Egyptiens et les Grecs connaissaient déjà les mortiers de chaux.
- Les Romains perfectionnèrent ces derniers en mélangeant à la chaux des cendres volcaniques; le produit avait, comme nous le verrons au cours de cette étude, la propriété de former avec l’eau un tout compact et résistant.
- L’argile, qui est une des matières constituantes des ciments, durcit d’elle-même à l’air par un processus uniquement physique.
- La chaux seule durcit par suite d’un changement purement chimique, en fixant l’acide carbonique de l’air qui la transforme en carbonate de chaux. Mais cette carbonatation est très lente en raison de la dilution du gaz carbonique et n’a lieu qu’au contact de l’air. Les mélanges d’argile et de chaux, au contraire, durcissent en se combinant à l’eau par une transformation chimique d’hydratation.
- Ce dernier phénomène est le principe de base d’utilisation des ciments.
- Le mot « ciment » (du latin cœmenlum, qui signifie mortier) est le nom générique d’une catégorie de produits servant à la construction et qui sont à base de calcaire, de silice, d’alumine et de différentes autres matières dans des proportions variables.
- Additionnés d’eau, ces ciments ont la propriété de « prendre » et de durcir.
- Les ciments se classent d’après la valeur de leur indice
- Fig. 2. — Concasseur à mâchoire pour le broyage des matériaux destinés à la fabrication du ciment (ateliers d’Arlod).
- d’hydraulicité, qui est le rapport à la chaux de la somme des éléments silice et alumine.
- Si cet indice varie de 0 à 0,10, nous nous trouvons en présence de chaux pure.
- De 0,10 à 0,20 : chaux faiblement hydraulique.
- De 0,20 à 0,40 : chaux hydraulique.
- De 0,40 à 0,60 : ciment Portland.
- De 0,60 à 1,50 ; ciments naturels.
- Jusqu’à 3 : ciments limites.
- Au delà : les pouzzolanes.
- Nous laisserons de côté la fabrication de la chaux, qui sort de notre sujet.
- Par contre, nous passerons en revue les chaux hydrauliques, les ciments romains, les ciments Portland, auxquels, étant donné leur importance, nous nous arrêterons quelque peu, les ciments de laitier et de pouzzolanes, les ciments de grappiers ; puis nous dirons quelques mots des ciments spéciaux, tels que ciments fondus, superciments, ciments blancs et ciments gaize.
- Nous terminerons enfin par quelques indications sur les méthodes et les appareils employés pour les essais des ciments.
- I. - CHAUX HYDRAULIQUES
- Elles sont produites par la cuisson d’un calcaire mélangé naturellement ou artificiellement d’argile dans les proportions indiquées ci-dessus.
- Mais les gisements de calcaire argileux sont tellement nombreux que la fabrication des chaux hydrauliques artificielles a été abandonnée.
- Étant donné, suivant les carrières, les différences de proportions entre les éléments constitutifs de la matière première, le résultat de la cuisson sera un mélange de poussières de silicate tricalcique et de chaux libre.
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- On éteint alors complètement la chaux pour éviter un gonflement. Le produit se présente, après broyage, sous la forme d’une poudre fine, mélange de chaux hydratée et de silicate tricalcique, donnant l’hydraulicité.
- Il contient aussi des grains de silicate tricalcique aggloméré; ces nodules qui constituent les « grappiers » sont séparés par blutage. On peut d’ailleurs augmenter la résistance des chaux hydrauliques en y incorporant une certaine quantité de grappiers.
- II. - CIMENTS ROMAINS
- En 1796, l’anglais Parker découvrit un ciment prompt dit « romain », qu’il obtint en calcinant, puis en pulvérisant du calcaire contenant de l’argile.
- Actuellement, on fabrique ces ciments en cuisant vers 1200° des calcaires argileux qu’on rencontre abondam-
- ment en France, notamment à Boulogne-sur-Mer, à Pouilly, à Vassy, etc.
- Le ciment romain doit subir une cuisson peu intense, à une température inférieure à celle du fritage ou début de vitrification.
- Cette cuisson s’opère dans des fours coulants identiques à ceux employés pour la fabrication de la chaux, mais généralement plus hauts; le séjour de la matière y est d’environ dix jours, une cuisson plus rapide risquerait d’être incomplète.
- Le combustible employé est ordinairement de l’anthracite pulvérisé; il peut même être plus maigre, certaines usines utilisant, pour produire la chaleur nécessaire, les résidus imbrûlés des chaudières.
- On alterne les couches de combustible et de calcaire ; la masse cuite est alors disposée dans des fosses, exposée à l’air et à l’humidité, afin d’éteindre la chaux vive qui aurait pu se forcer par suite de la présence de noyaux
- calcaires mal triés. 11 est donc indispensable d’ensiler les ciments romains avant leur utilisation.
- Ils sont livrés en sacs de 50 kg sous forme de poudre jaune brun clair, dont la densité est voisine de 2,8 et dont la finesse doit être telle que le produit ne doit laisser qu’un refus de 5 pour 100 à la toile n° 80 (900 mailles au cnr).
- Pour ces ciments, la durée de prise est d’environ 5 à 15 minutes; elle doit s’opérer sans dégagement de chaleur et le volume doit rester inaltéré.
- La prise et le durcissement, qui, dans la chaux, étaient dus à la carbonatation, sont causés dans ces ciments par ifne réaction entre la chaux et le silicate d’alumine.
- L’addition de petites quantités de sels peut accélérer ou retarder la prise de ces ciments. L’adjonction de plâtre a un effet retardateur; cette propriété est utilisée pour régler la durée de la prise, mais le plâtre a un effet nuisible et ne doit être mélangé au ciment que dans de faibles proportions (moins de 3 pour 100).
- Les bons ciments prompts doivent résister au bout de 24 heures à 10 kg à l’arrachage et à 50 kg à la compression.
- Ils sont utilisés pour la confection des mor-grande dureté, pour les travaux de conduite d’eau et la construction des aqueducs. Ils sont peu sensibles à la gelée et peuvent ainsi servir à la fabrication de revêtements en pierre factice et de poteaux en ciment armé.
- Les mortiers sont généralement composés de 1 partie de ciment et de 3 parties de sable, avec adjonction de l’eau nécessaire.
- Etant donné leur prise rapide, ces mortiers aux ciments prompts doivent être gâchés en faible quantité pour être toujours utilisés avant le début de durcissement. Un mortier gâché à nouveau après commencement de prise n’a pas la tenue d’un mortier appliqué après gâchage initial. Un bon mortier atteint sa dureté au bout de 8 jours et peut résister à l’action de l’eau.
- III. - CIMENTS PORTLAND
- Le ciment Portland est un mélange de 60 à 65 pour 100 de chaux, de 20 à 25 pour 100 de silice et de 5 à 12 pour 100 d’oxyde de fer et d’alumine.
- Ces éléments sont chauffés jusqu’à la température de fritage, puis broyés.
- Les ciments Portland sont naturels ou artificiels suivant qu’ils proviennent de la calcination de calcaires argileux naturels ou qu’ils résultent de la cuisson d’un mélange des constituants opéré artificiellement.
- Ces ciments sont d’origine anglaise. Dès 1736, Smeaton prépara un ciment hydraulique qui fut employé pour la construction de la tour de Eddystone.
- Le ciment. Portland actuellement employé fut préparé pour la première fois par le français Yicat en 1817 et breveté par Aspdin en 1824.
- Depuis cette époque, l’emploi du ciment Portland s’est
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- généralisé de telle façon que ce matériau est actuellement la base de toute construction moderne. Deux nombres permettent d’ailleurs de se faire une idée du développement de sa fabrication au cours de ces dernières années; en 1880 la production mondiale était de 1 500 000 tonnes; en 1925, elle atteignait 12 000 000 de tonnes. Le résultat de cette statistique est une éloquente illustration de l’importance prise par le ciment Portland au début de ce siècle.
- Les Ltats-lJnis sont les principaux producteurs de ciment Portland (environ 50 pour 100 de la production mondiale); viennent ensuite et dans l’ordre : l’Allemagne, l’Angleterre et la France.
- La préparation du ciment Portland a lieu en trois étapes.
- 1° Mélange des matières premières et fondants;
- 2° Calcination à haute température;
- 3° Broyage des scories (elinkers).
- Ces trois stades de la fabrication du ciment doivent entrer en ligne de compte pour le choix de l’emplacement des usines, elles doivent pouvoir se ravitailler, sans frais de transport excessifs, en matières premières, combustible, force motrice, fondants et retardateurs.
- a) Matières premières. Leur traitement. — Le calcaire, qui entre dans la composition du ciment Portland, doit avoir une teneur minima de carbonate de calcium de 40 pour 100.
- Les principales impuretés du calcaire sont la silice, la magnésie, le sesquioxyde et le sulfure de fer, les alcalis et les sulfates.
- Rappelons, en passant, que sous l’action de la chaleur, le carbonate de calcium se décompose en gaz carbonique et chaux vive.
- L’argile, sur la composition de laquelle nous ne nous étendrons pas, est un silicate d’alumine hydraté. C’est une matière plastique lorsqu’elle est crue et qui durcit à la cuisson.
- Pour être utilisée dans la fabrication du ciment, elle doit être autant que possible exempte de sable.
- L’ardoise est également une matière à ciment.
- Il en est de même des sous-produits de la fabrication de la soude par le procédé à l’ammoniaque.
- Les laitiers de hauts fourneaux entrent dans la composition de certains ciments, comme nous le verrons au cours de cette étude ; ce sont des silicates fusibles provenant de la combinaison ignée de la gangue et des fondants.
- Le séchage des matières premières se faisait autrefois sur des plates-formes au-dessous desquelles on brûlait du coke.
- Aujourd’hui, il a lieu soit dans des fours à coupole, soit dans des séchoirs à tambours où le produit, préalablement concassé, est soumis à l’action de la chaleur et à une active ventilation (fig. 3). .
- Le concassage s’opère généralement en deux temps.
- Le concassage primaire a pour but de dégrossir le travail ; il se fait dans des broyeurs à mâchoires ou dans des concasseurs divers dont les plus employés sont : les concasseurs giratoires et à cône oscillant, les concasseurs à cylindre (le concasseur Fairmont est un appareil dans lequel un cylindre à grosses dents tourne devant une
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- Fig. 4. — Fabrication par voie sèche.
- Broyeur à cylindres doubles pour effectuer le mélange intime des matières premières (ateliers d’Arlod).
- ÂTUIERS O'ARLOD-im
- Séparateur à air pour effectuer le classement des matières premières pulvérisées (ateliers d’Arlod).
- Fig. 5.
- Fabrication
- par
- voie sèche.
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- mâchoire fixe), les concasseurs à cylindre dénié et les concasseurs à marteaux.
- Le concassage secondaire a pour Lut de mieux pulvériser la matière; il s’opère dans des granulaleurs à mâchoires, dans des concasseurs giratoires ou dans des broyeurs à cylindres lisses (lig. 2).
- Les matières ainsi séchées et concassées sont ensuite ensilées, cette réserve permettant à l’usine de marcher pendant quelque temps.
- b) Mélanges.— Il faut se rapprocher le plus possible de la formule du silicate tricalcique Si02Ca3. i Mais ce sel, par combinaison directe de la silice et du calcaire, ne pourrait être obtenu théoriquement qu’au four électrique, trop coûteux pour la fabrication d’une matière d’usage courant.
- Il faut donc avoir recours à ce qu’on appelle des fondants. Ce sont des matières, qui, ajoutées au mélange,
- Fig. 6. ;— Fabrication par voie humide.
- Un délayeur d’argile (ateliers d’Arlod).
- ont la propriété de faciliter la combinaison des éléments silice et calcaire. On se sert pour cela d’alumine et d’oxyde de fer, qui, par leur adjonction au mélange, permettent d’abaisser la température d’union des éléments siliceux et calcaires. ; j
- Les éléments qui entrent dans la composition du ciment \Pprtland sont :
- 1° Les ^calcaires préparés comme nous l’avons vu plus haut;
- 2° La magnésie qui peut remplacer la chaux; toutefois le ciment ne doit pas contenir plus de 5 pour 100 de magnésie.
- • 3° La silice qui donne au ciment sa résistance.
- Elle peut se présenter sous plusieurs formes :
- à) Silice combinée, apte à s’unir à la chaux pour former un fondant avec l’alumine.
- b) Silice hydratée, qui se combine sans difficulté. ;
- c) Silice quartzeuse, qui est un élément de perturbation.
- 4° L’alumine. C’est aux alurninales qu’est attribuée la prise du ciment sur la théorie de laquelle nous dirons quelques mots à la fin de cette étude.
- Mais la présence des alurninales dans le ciment destiné aux travaux maritimes est contre-indiquée, car les alu-minates sont la cause de la désintégration des mortiers par l’eau de mer, par suite de formation de sulfo-alumi-nate de chaux qui gonfle et détruit la masse (Le Châte-licr).
- On remplace alors l’alumine par l’oxyde de fer, qui ne réagit pas avec le sulfate de chaux.
- 5° L’oxyde de fer est ordinairement en proportions négligeables.
- 6° Le soufre se rencontre sous forme de pyrites mélangées au calcaire ou sous forme de sulfates provenant du gypse.
- 7° Les alcalis qui sont des impuretés volatilisées pendant la cuisson.
- 8° Enfin, les fondants, destinés, comme nous l’avons dit, à réduire la température de combinaison de la silice et du calcaire (clinkérisation).
- L’oxyde de fer donne un ciment à prise lente. Mais l’argile ferrugineuse est préférable.
- Les cendres de charbon, le spath fluor, le carbonate de soude abaissent la température de scorification, mais donnent un résultat nuisible pour le ciment.
- On peut d’ailleurs éviter l’adjonction massive de fondants en poussant très loin la finesse de mouture, qui, en augmentant la surface de contact, favorise la combinaison.
- c) Préparation du mélange. — Elle peut avoir lieu soit par voie sèche, soit par voie humide.
- Par voie sèche, on mélange les éléments avant traitement et on conserve la matière sèche.
- Par voie humide, au contraire, la méthode consiste à former une boue avec 30 pour 100 . d’eau environ. On façonne avec cette boue Mes briques qu’on calcine ensuite.
- Mais, on opère aujourd’hui plus généralement par voie sèche au four rotatif.
- Chaque procédé a ses avantages :
- La voie sèche permet, avec des matières de composition régulière, une plus grande production du four.
- Par contre, la voie humide économise le séchage préalable, donne une homogénéisation parfaite et permet l’élimination par lavage des galets siliceux; c’est un procédé économique pour les très grands fours, et qui donne un produit de qualité constante.
- On peut également fabriquer, comme nous le verrons plus loin, du ciment Portland avec du laitier de hauts fourneaux, par mélange après broyage, puis par remplacement du calcaire par de la chaux éteinte; le mélange est effectué sur les matières humides, puis il est ensuite séché dans des calcinateurs rotatifs.
- On peut enfin opérer par double cuisson en remplaçant le carbonate de chaux par la chaux éteinte. On décarbo-
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- Fig. 7. ;— Fabrication par voie humide.
- Bassins doseurs de pâte à ciment (Sté des Ciments français. Usine de Boulogne-sur-Mer).
- nate le calcaire, on hydrate la chaux obtenue qui se désagrège : on mélange ensuite avec un correctif qui est généralement soit du carbonate, soit de l’argile, puis le produit est briqueté et cuit au four vertical.
- Nous allons décrire succinctement les deux procédés : voie sèche et voie humide.
- Voie sèche. — Le séchage destiné à calciner le calcaire et l’argile est effectué dans des sécheurs rotatifs à chauffe directe, qui sont méthodiques ou antiméthodiques.
- Ce sont des tubes armés de palettes intérieures qui brassent la matière; ils sont munis, à l’extrémité, d’un foyer fonctionnant par tirage mécanique.
- Dans les sécheurs Cumuler, les gaz circulent d’abord autour du tube ; dans les sécheurs Vernon la matière progresse dans le trommel légèrement incliné pour être évacuée sèche à l’extrémité opposée à l’entrée.
- Un kilogramme de charbon permet d’évaporer environ 6 à 8 kilogrammes d’eau; à l’entrée, la température des gaz est d’environ 200°; à la sortie elle est tombée à 60°.
- Le dosage des éléments s’opère soit dans des doseurs en volume pour les matières à grains fins, soit dans des doseurs en poids (bascules automatiques) quand on se trouve en présence de masses contenant des morceaux d’assez gros volume.
- La mouture, qui doit donner de 15 à 20 pour 100 de refus dans un tamis de 4900 mailles au cnr s’opère dans des broyeurs et des séparateurs.
- Les broyeurs à boulets sont des cylindres métalliques où la matière est enfermée avec des sphères d’acier de grosseur variable; le cylindre, mis en mouvement, en traîne le long de ses parois les boulets qui retombent en cascade et broient la matière.
- Les séparateurs à air sont constitués par une enveloppe cylindro-conique dans laquelle tourne un ventilateur.
- La matière à classer est déposée sur un plateau tournant qui la disperse dans le courant d’air créé par le ventilateur; les parties fines sont soulevées et refoulées contre la paroi, les grosses tombant dans le cône central (fig. 5).
- Si la cuisson doit avoir lieu au four vertical, on procède alors à l’humidification dans un malaxeur à palettes, avec adjonction de 8 à 15 poui 100 d’eau, puis au briquetage, car la poudre empêcherait tout tirage.
- On introduit généralement dans la
- matière à briqueter le charbon nécessaire à sa cuisson.
- Le briquetage s’opère dans des presses à choc, à genouillères ou à colonne (système Candlot).
- Le séchage a lieu dans des séchoirs où les briques sont empilées sur des wagonnets avec intervalles entre elles pour la circulation de l’air chaud.
- Voie humide. — Le délayage s’opère dans des bassins
- Fig. 8. — Fours rotatifs pour cuisson de la pâte à ciment.
- Diamètre : 2 m 50 •— Longueur : 60 m — Production : 175 t de clinker par jour ' et par four (Société des Ciments Français, usine de Couvrot, Marne).
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- == 302 -......^..... ........-...=
- cylindriques où tournent des palettes formées de herses, les silex tombant au fond par gravitation.
- Au cas où l’un des constituants n’est pas délayable, il y a lieu, au préalable de le broyer en présence d’eau, le moulin jouant alors le rôle de déjayeur ((Ig. 0).
- Le stockage de la pâte est fait dans des bassins doseurs où elle est constamment brassée, soit mécaniquement (arbres à palettes), soit pneumatiquement, par injection d’air dans le sein de la masse par le fond de la cuve, (méthode par bouillonnement), soit enfin de façon mixte, par des bras avec raeloirs, munis eux-mêmes de tubulures d’air (fig. 7).
- La matière est alors manutentionnée par vis et élévateurs; elle est pompée dans les bassins et amenée au four par des systèmes de distributeurs.
- d) Cuisson. — Les fours utilisés pour cette opération sont de constructions et de fonctionnements très divers.
- A) Fours fixes. — Les fours à cuve sont semblables à ceux qu’on utilise pour la fabrication de la chaux. Ce sont des fours intermittents dans lesquels la cuisson dure de 1 à 2 semaines.
- En Allemagne, on emploie même des fours Hoffmann, semblables à ceux qui servent pour la cuisson de la-brique.
- Les fours fixes modernes sont de modèles nombreux. Parmi eux, citons le four Candlot qui est composé d’une
- chambre circulaire à parois refroidies; sa partie supérieure est raccordée à la cheminée et munie d’une porte pour le chargement des briques. Dans le soubassement se trouve une grille souillée.
- Le four Candlot possède trois zones : la première de réchauffage, la seconde de cuisson, et la troisième de refroidissement.
- Le réchauffage a lieu progressivement; la zone de cuisson est bien déterminée et la combustion est activée par le ventilateur. Quant au refroidissement, il doit être rapide, de là dépend la qualité du ciment.
- L’enfournement est automatique; il se fait par transporteur à ruban. Le dél'ournement est également automatique; il s’opère soit par l’intermédiaire d’une grille tournante placée à la partie inférieure du four et qui pivote sur son centre, soit, par cylindres dentés, soit enfin par grille à mouvement alternatif, cette dernière agissant à la manière d’une râpe.
- La production journalière d’un four Candlot de 2 m 50 de diamètre et de 12 ni de haut est d’environ 40 tonnes.
- B) Fours rotatifs. — Les fours rotatifs furent utilisés pour la première lois en Angleterre en 1885.
- Ce sont actuellement les fours le plus généralement employés pour la fabrication des ciments. D’ailleurs, un four de 3 ni de diamètre et de 50 à 00 m de longueur peut produire de 150 à 200 tonnes de ciment par jour.
- Fiy. ü. — Tête de four rululif.
- (Usine d’Angoulêmc, de la Société de Lafarge et du Teil.)
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- Fig. 10. — Une grande cimenterie moderne : l’usine de Gargenville de la Slé Poliel el Chausson (Pli. Cie Aérienne Française).
- Le four lui-même est composé d’un tube en forte tôle, incliné à 4 pour 100 sur l’horizontale.
- Son extérieur est muni de trois anneaux de roulement en fonte. Sa vitesse de rotation est d’environ 1/2 tour par minute.
- La matière, introduite par la tête mobile du four située à la partie la plus élevée du tube, est brassée par la rotation du cylindre et la pente la fait s’acheminer lentement vers l’extrémité de sortie où elle rencontre les gaz de chauffage produits par la combustion de poudre de charbon (fig. 8 et 9).
- Le four est muni d’un refroidisseur, sorte de cylindre en tôle dans lequel tombe le « clinker », où il est soumis à l’action de l’air froid, qui, réchauffé lui-même, est utilisé pour être mélangé à la poudre de charbon servant de combustible.
- Dans le refroidisseur Mosser, le clinker, monté dans une tour, y est arrosé d’eau.
- Dans le four Pfeiffer, les tambours de refroidissement sont au nombre de 4 ou 6 et directement reliés au four.
- Les gaz passent ensuite de la chambre à fumées et à poussières, où le four débouche à son extrémité supérieure, dans un cylindre où ils sèchent la matière brute finement moulée qui y est contenue.
- Ils sont ensuite évacués à la cheminée.
- On a avantage à augmenter la longueur du four et la
- surface de chauffe et à établir un contact intime entre la matière et le gaz. -
- Nous verrons plus loin comment on peut utiliser les chaleurs perdues.
- Pour obtenir un produit toujours égal et comparable à lui-même, il est utile d’alimenter le four de façon uniforme.
- Autrefois, aux Etats-Unis, le chauffage de ces fours était obtenu par la combustion de pétrole brut. Aujourd’hui, comme on l’a vu plus haut, on utilise presque uniquement le chqrbon.
- Mais le four rotatif est un gros mangeur de combustible; 38 pour 100 des calories seulement sont utilisées pour la cuisson, alors que le bilan thermique des fours fixes fait ressortir un rendement de 65 pour 100 ; les chaleurs perdues par les clinkers, les tôles et l’eau sont récupérées d’abord dans les refroidisseurs ; on les utilise encore pour le séchage des matières premières installées contre la chambre du four.
- Pendant la cuisson, l’eau est vaporisée, l’acide carbonique des carbonates de chaux et de magnésie est expulsé, le fer est oxydé et le soufre est brûlé.
- e) Mouture des clinkers. Silotage. Bnsachage. — Le clinker, au sortir des refroidisseurs, se présente sous l’aspect de petites concrétions à demi fondues, très denses, rugueuses et de couleur vert gris.
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- On les conserve, dans des hangars, exposés à l’air et à l’humidité; la matière s’effrite, sa coloration s’éclaircit et la chaux vive s’éteint.
- Pour transformer les clinlcers en ciment, il suffit de les broyer, ce qui se fait en deux phases.
- La première opération consiste en un dégrossissage dans des concasseurs et des moulins à boulets qui réduisent la matière à la finesse du tamis 20; puis la mouture secondaire s’opère dans des tubes broyeurs placés à la suite.
- La finesse de la mouture influe sur la prise et la résistance du ciment ; les grains ne passant pas au tamis 80 (900 mailles au cm2) s’hydratent difficilement tandis que ceux qui passent au tamis 200 (4900 mailles au cm2) s’hydratent trop rapidement.
- Au sortir de l’atelier de broyage et si l’usine dispose de place, le ciment est emmené pour être aéré dans des chambres basses à grande surface ; sinon, il est emmagasiné dans de hauts silos. De toute façon, il doit être conservé ainsi pendant plusieurs semaines avant d’être ensaché, cette précaution ayant pour but d’apporter, dans la composition du produit, des modifications d’hydratation et de carbonisation qui lui donnent les qualités voulues.
- Enfin, des additions convenables permettent de modifier la vitesse de la prise. Les carbonates alcalins, le sulfate d’alumine et le chlorure de calcium l’accélèrent ; tandis que le borax et le sulfate de potasse la retardent.
- Le ciment est ensuite ensaché ou embarillé par des machines automatiques.
- Les propriétés physiques du bon ciment Portland sont les suivantes :
- Refus à la toile n° 50 0 pour 100
- Refus à la toile n° 80 (900) 5 pour 100
- Refus à la toile n° 200 (4900) 25 pour 100
- Fig. 11. — L'aiguille de Vicat.
- Son poids spécifique doit être au maximum de 3 et sa densité apparente comprise entre 1000 et 1200.
- Son indice d’hydraulicité doit être compris entre 0,44 et 0,48.
- 11 ne doit pas prendre avant 1 heure et, au bout de 24 heures, il doit être insoluble dans l’eau. Un mortier composé d’une partie de ciment et de 3 parties de sable, doit, après 7 jours, pouvoir supporter une pression de 120 kg par cm2 et de 220 kg au bout d’un mois.
- Mélangé avec des cailloux de rivière et du sable, le ciment constitue le béton, qui, associé, avec des armatures de fer, forme le ciment armé.
- Le ciment Portland demi-lent sert en outre à la construction des ponts, des réservoirs, des aqueducs, des cuves de gazomètres, de tout à l’égout et de voûtes de caves.
- IV. - CIMENTS DE POUZZOLANES.
- CIMENTS DE LAITIER
- Les Romains ne connaissaient pas la fabrication du ciment, en dépit de l’appellation du produit que nous avons étudié plus haut. Mais ils faisaient d’excellents mortiers hydrauliques en mélangeant de la chaux avec des tufs volcaniques de Pouzzoles, près de Naples. Ces argiles volcaniques ou « trass », qu’on trouve aussi dans l’île de Santorin, l’une des Cyclades, ont été refroidies brusquement par leur contact avec l’eau de mer.
- Les scories de hauts fourneaux mêlées à de la chaux parfaitement éteinte et blutée pour éviter les incuits et les surcuits, donnent également des ciments de bonne qualité ; leur poids spécifique est plus faible que celui du Portland.
- Le ciment Portland de fer est un mélange de 70 pour 100 de clinkers obtenus par cuisson jusqu’à scorification d’un mélange de laitier et de pierre calcaire et de 30 pour 100 de scories basiques granulées.
- Le ciment de laitier Portland est composé d’un mélange de 70 pour 100 de ciment Portland et de 30 pour 100 de scories (silicates basiques de chaux et d’alumine) qui forment le principal facteur de durcissement.
- V. - CIMENTS DE GRAPPIERS
- Comme nous l’avons vu plus haut en étudiant la chaux hydraulique, les grappiers sont des nodules de silicate tricalcique à peu près pur qu’on trouve au cœur de la masse après blutage. Le résidu de la cuisson se compose de ces grappiers et d’incuits.
- Théoriquement donc, en broyant ce mélange, on doit obtenir un bon ciment ; pratiquement, la difficulté provient de ce que les nodules en question sont enrobés de chaux non éteinte, qui rendrait le ciment gonflant.
- L’extinction de cette chaux vive se fait alors soit par silotages avant et après broyage, soit par contact du produit broyé avec de la vapeur d’eau. Cette opération a lieu dans des cylindres tournants à une température déterminée de façon à permettre l’hydratation complète et rapide de la chaux sans réaction sur les constituants hydrauliques.
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- VI. - CIMENTS SPÉCIAUX
- a) Ciment fondu. — La Société des Ciments de Lafarge et du Teil le fabrique, en chauffant vers 1500° au four water-jacket un mélange par parties égales de bauxite et de calcaire. L’opération se fait dans un cubilot semblable à ceux qui sont utilisés pour la métallurgie du cuivre.
- Après la fusion, a lieu la coulée par un trou situé en bas de l’appareil. Refroidie, la masse solidifiée se présente sous la forme d’un agrégat compact noirâtre ; on la soumet au séparateur magnétique, on la triture, puis on la pulvérise.
- Par sa composition, le ciment fondu est absolument différent de tous les liants connus, car la silice n’y figure qu’à titre accessoire et c’est l’aluminate monocalcique qui en est le constituant essentiel.
- Le ciment fondu préparé au four électrique prend le nom d’« électro-fondu ».
- b) Ciments gaize. —- Les chaux et ciments employés couramment pour les constructions terrestres sont décomposés généralement par l’eau de mer par suite de l’action sur la chaux des sels de magnésie qui y sont dissous.
- Les ciments fondus dont nous venons d’exposer la fabrication sont indécomposables par l’eau de mer, mais en raison du prix élevé de la bauxite et du mode de fabrication de ces produits leur prix est d’environ deux fois celui des ciments ordinaires.
- La Société des Ciments Français s’est consacrée à l’étude de ce problème et produit actuellement un ciment-gaize, inattaquable par l’eau de mer et dont le prix de revient est à peu près égal à celui d’un bon ciment Port-land artificiel.
- La gaize est une roche siliceuse, argileuse, poreuse et tendre, renfermant une forte proportion de silice soluble dans les alcalis. Son gisement principal en France se trouve en Argonne.
- La gaize employée doit avoir un certain degré de cuisson, car, à l’état cru, elle est moins active et donne des mortiers boueux.
- La gaize torréfiée et le ciment sont moulus ensemble de façon à obtenir une proportion de refus de 12 pour 100 sur le tamis de 4900 mailles au cm2; on additionne le produit d’un peu de plâtre pour éviter une prise trop rapide.
- Ce ciment peut être employé, sans précaution spéciale, même par un cimentier peu expérimenté.
- c) Superciments. — Ce sont des ciments artificiels élaborés avec beaucoup de soin. Du fait que les fabricants de ciment ont sans cesse perfectionné leur mode opératoire, la transition entre les ciments courants et les supers est actuellement presque insensible.
- d) Ciments blancs. — Le ciment théoriquement pur devrait être blanc, puisque ses constituants : chaux, silice et alumine, ainsi que leurs combinaisons sont incolores. Mais, pratiquement, les ciments sont toujours colorés par suite de la présence d’impuretés (fer et manganèse) provenant, soit des matières premières, soit des cendres de charbon ayant servi à la cuisson.
- Le ciment, pour être parfaitement blanc, doit donc
- Fig. 12. — La machine Michaelis pour l'essai des ciments.
- provenir de matières absolument pures. La Société de Lafarge et du Teil fabrique un ciment extra-blanc provenant d’un calcaire spécialement trié et ne contenant que quelques traces de fer. La cuisson a lieu dans des fours chauffés par gazogènes, ce qui élimine l’influence des cendres.
- Ce ciment blanc est employé pour les revêtements.
- ESSAIS DES CIMENTS
- Nous terminerons cette étude par quelques considérations générales et indications sommaires sur les mesures à effectuer pour les essais des ciments.
- La « prise », dont il a été souvent question dans le cours de cette étude est la solidification du ciment gâché avec de l’eau.
- La théorie de la prise du ciment a fait l’objet de nombreuses études et de controverses ardentes; jusqu’alors, la question n’a pas encore été absolument résolue. Citons, sans prendre parti, les différents points de vue des savants qui ont étudié la prise des ciments.
- Vicat pensait qu’au cours de la cuisson il se formait un silicate de chaux anhydre qui s’hydratait pendant le gâchage pour donner une matière dure.
- Fuchs prétendait que la cuisson rendait la silice soluble et qu’au gâchage la chaux se combinait avec elle pour donner un sel hydraté.
- M. Le Châtelier admet la présence d’un silicate trical-cique qui libérerait par hydratation le silicate monocalcique et de la chaux. Ces composés hydratés étant moins solubles dans l’eau que le silicate tricalcique, il s’ensuit la formation d’une solution sursaturée qui cristallise tout d’un coup ; cette brusque cristallisation serait la prise du ciment.
- Rohland, enfin, affirme que, pendant la cuisson, la chaux se polymérise, tandis qu’au contraire, le silicate d’alumine se dépolymérise ; l’ensemble forme un système en équilibre à la température de fabrication des Portland; par refroidissement, le système devient instable. L’eau détermine, à la manière d’un catalyseur, la réaction de la chaux peu active sur le silicate d’alumine actif avec
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- production de silicates et d’aluminates de chaux hydratés. Toutefois Rohland ne précise pas davantage la nature de ces produits ultimes de la prise, car il considère leur analyse comme un problème très compliqué et non encore résolu.
- Le temps de prise est le temps mis par le ciment pour durcir au point de résister à la pression de l’ongle.
- Cette définition un peu vague a été précisée par Yicat qui a construit un appareil dit « aiguille de Vicat » où le temps de prise du ciment à étudier est mesuré par la durée qui sépare le moment du gâchage de l’époque où une aiguille ne peut plus entrer dans la masse durcie (fig. 11).
- L’appareil se compose essentiellement d’une aiguille ayant 1 mm2 de section et pesant 300 grammes. Elle est solidaire d’un index qui se déplace le long d’une règle graduée verticale. On gâche à la truelle et pendant 5 minutes, avec l’eau nécessaire, le ciment à essayer; on en remplit une boîte cylindrique de 4 cm de hauteur et de 8 cm de diamètre, dans laquelle on le tasse ; on place alors le récipient ainsi garni sous l’aiguille.
- Le début de la prise est le moment où la masse ne laisse plus pénétrer l’aiguille jusqu’au fond de la boîte. La fin de la prise est indiquée par le fait que l’aiguille ne peut plus entrer dans la masse.
- Les matières premières riches en acide silicique donnent des ciments à prise lente ; si elles sont riches en oxyde de fer et alumine, elles donnent des ciments à prise rapide.
- Les ciments pour coulées ont une durée de prise de 5 minutes environ; ils sont utilisés dans tous travaux où il faut boucher rapidement des arrivées d’eau.
- Les ciments à prise rapide mettent pour prendre de 15 à 20 minutes, ceux à prise normale de 1 à 3 heures et ceux à prise lente de 3 à 12 heures.
- Après la prise, le ciment commence à durcir soit sous l’eau, soit à l’air.
- Pour opérer les mesures de résistance à la traction, on coule des éprouvettes composées de 1 partie de ciment et de 3 parties de sable normal (sable de Leucate). Ces éprouvettes N (fig. 12) ont à peu près la forme d’un corps de guitare. Leur épaisseur est de 0 m 0222 et leur largeur à la partie la plus étroite de 0 m 0225, ce qui leur donne à cet endroit une section de 5 cm2. Après leur confection, ces briquettes sont placées sur une plaque à la température de 15°, puis ensuite exposées dans le milieu choisi pour les épreuves.
- L’instrument employé pour la mesure de la résistance à la traction est la machine de Michaelis (fig. 12). Celle-ci sç compose de deux leviers L et L' dont l’effet est de
- Fig. 13. — Un grand ouvrage récent en béton.
- Le pont de Plougastel sur l’Elorn, récemment achevé.
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- Fig. 14. — Un autre grand ouvrage récent en béton de ciment.
- Le pont de la rue Lafayette à Paris sur la ligne du chemin de fer de l’Est (Ph. Chevojon).
- multiplier par 50 l’effort de traction produit sur le point de suspension de la briquette (prise elle-même entre les mâchoires G et G') par de la grenaille de plomb s’écoulant par la vanne V dans un seau Z. Au moment de la rupture de la briquette, la chute du seau ferme automatiquement, par l’intermédiaire de l’ergot A, l’arrivée de la grenaille de plomb, dont l’écoulement avait été préalablement réglé à 100 gr par seconde. On pèse alors le seau, son poids est le 1/10 de la résistance par cm2 de la briquette à étudier.
- La résistance à la compression s’opère sur des cubes de 50 cm2 de surface, qu’on comprime à la presse hydraulique jusqu’à rupture.
- La résistance à la flexion se mesure en plaçant la barre en ciment sur deux couteaux; on charge le milieu de l’éprouvette jusqu’à rupture.
- La porosité, qui est le rapport du volume des vides au volume apparent total, est une mesure qu’on obtient en faisant le quotient des deux quantités sus-indiquées. Le volume total se calcule par mesure directe des dimensions de l’éprouvette; quant au volume des vides, il est égal à la différence entre le volume apparent total et le volume des pleins, qu’on détermine par la différence de poids de l’éprouvette dans l’air et dans l’eau.
- La perméabilité se calcule par la mesure du nombre de litres d’eau sous une pression déterminée qui s’écoule à travers un bloc cubique de 50 cm2 de surface de côté.
- Pour la mesure de l’adhérence, on place le mortier à essayer sur un parallélépipède en marbre ou en verre auquel il adhère. Un moule permet de donner au mortier une forme telle qu’il puisse être saisi par une griffe à la
- partie supérieure, le bloc étant fixé à une griffe inférieure. L’effort exercé entre les deux griffes produit le décollement ; de la mesure de cet effort on déduit l’adhérence du mortier à éprouver.
- La variation de volume se mesure directement; elle doit être nulle ou très minime ; une cuisson incomplète ou une teneur trop forte en gypse ou en magnésie favorisent une augmentation de volume.
- LES EMPLOIS DES CIMENTS
- Disons, enfin, pour terminer, un mot sur l’emploi des liants.
- Les chaux hydrauliques servent dans la confection des mortiers; elles sont également utilisées pour les ravalements et les enduits.
- Les ciments Portland sont employés dans tous les travaux de béton armé ou non, constructions de bâtiments, hangars, ponts, barrages, tuyaux pour canalisation d’eau, etc.
- Les ciments de hauts fourneaux ou ciments métallurgiques sont indiqués pour la confection de dallages, enduits et agglomérés.
- Les ciments de laitiers trouvent leur emploi dans les travaux en milieu humide, barrage, fondations, chaussées, etc.
- Les ciments de grappiers sont particulièrement indiqués pour la confection des agglomérés.
- Les ciments fondus et le ciment gaize, en raison de leur inattaquabilité par l’eau de mer, sont utilisés dans les travaux maritimes.
- Quant aux ciments blancs, ils sont employés en raison
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- de leur pureté aux revêtements de façades, pour simuler la pierre.
- Le béton est un mélange de ciment, de sable, de gravier et d’eau, dont la résistance dépend d’abord de la qualité du ciment employé, puis de la proportion d’eau de gâchage, de la grosseur et de l’humidité du sable, et enfin du milieu de conservation.
- Afin de ne pas atteindre une proportion d’eau de gâchage nuisible à la bonne tenue du béton, il faut contrôler la plasticité de ce dernier. On se sert pour cela du cône d’Abrams. C’est un tronc de cône en tôle de 20 cm de diamètre à la partie supérieure, de 10 cm de diamètre à la partie inférieure et de 30 cm de hauteur. On le remplit du béton à essayer et on tasse. On soulève le moule et on mesure immédiatement l’affaissement du tas de bétom
- Pour les travaux ordinaires en béton armé, on ne dépasse pas un affaissement de 10 cm; pour les sections à armatures rapprochées, on peut tolérer un affaissement de 15 cm, tandis que pour les ouvrages massifs l’affaissement doit être de 5 cm environ; et pour les routes en béton et les dallages, il ne faut pas dépasser 2 cm 5.
- Les agrégats de béton doivent être exempts de matières organiques et ne contenir ni sels solubles, ni sulfates, ni grains de pyrites.
- La température a une action sur la prise du béton; tandis que le froid la retarde (le décoffrage ne doit être effectué que très prudemment en hiver), la chaleur, au contraire, l’accélère. 11 faut donc redouter en été une dessiccation rapide du béton, qui, en lui enlevant l’eau nécessaire aux réactions chimiques'du durcissement, nuit à sa résistance. Un autre inconvénient de la dessiccation est d’augmenter le retrait, ce qui occasionne dans la masse des fentes et fissures; il est donc bon, en été, de protéger le béton par de la paille, ou, s’il s’agit de dallages, par du sable humide.
- Ce rapide exposé ne nous a permis d’étudier que très superficiellement la grande question des liants hydrauliques, qui est plus que jamais à l’ordre du jour.
- Nous serions toutefois heureux d’avoir réussi à faire entrevoir à nos lecteurs les progrès d’une industrie qui, depuis 70 ans, a transformé complètement l’art de bâtir.
- Jacques Senart.
- DANS L’OUEST DE L’AUSTRALIE
- Lorsque de Rougemont — le grand explorateur français -— exposa à l’Association britannique les résultats de son voyage à travers l’Australie inconnue et sauvage de l’Ouest et raconta qu’il y avait rencontré des hommes vivant encore à « l’âge de la pierre » et des tortues géantes sur lesquelles ces hommes montaient à cheval comme sur une monture, une incrédulité générale accueillit son récit et pour longtemps on ne le prit pas au sérieux.
- Si le hardi explorateur français avait eu à sa disposition le film et la photo comme nous les avons eus — un bon demi-siècle plus tard — il aurait pu donner à ses auditeurs la preuve de ses affirmations comme nous pouvons la donner aujourd’hui en honorant ainsi la mémoire d’un pionnier dont les exploits resteront fameux dans l’histoire des conquêtes scientifiques mondiales.
- Il n’est point facile de voyager en Australie; les villes y sont aussi éloignées que des planètes. Perth, à 2500 milles de Sidney, est aussi à 2000 milles de Broome, le centre perlier que de Rougemont visita le premier. Nous voyagions en aéroplane à travers ce territoire immense qui — comme un désert africain — n’a que quelques oasis, les colonies que des pionniers ont créées par-ci, par-là, où les moutons se massent par dizaines de milliers en formant ainsi les « stations » du désert. A l’horizon d’énormes troupeaux de chameaux se profilent assez souvent. Ce sont des chameaux sauvages si abondants qu’une prime a été fixée pour leur destruction. Lorsque les premiers colonisateurs importèrent en Australie le chameau pour les aider dans leurs transports, ils ne pouvaient prévoir l’immense développement que le chemin de fer, l’auto et l’avion donneraient aux communications rapides.
- Ainsi le chameau, depuis quelques dizaines d’années, est devenu presque inutile en Australie ; lâché et redevenu sauvage, il forme des hordes si nombreuses et si gênantes pour les « stations » qu’il a fallu favoriser leur chasse en mettant les têtes à prix.
- A Broome, nous descendîmes de l’avion pour monter dans l’auto qui, arrivée par mer de Perth, nous attendait pour notre « grande aventure » à travers le désert, vers l’intérieur et l’inconnu.
- Une mission catholique a bien pénétré sur une trentaine de milles en apportant un embryon de civilisation, mais plus loin, a 4 ou 500 milles, c’est encore le territoire vierge et inexploré.
- La contrée abonde en kangourous ; il y en a de toutes sortes et de toutes dimensions ; je comprends maintenant pourquoi l’Etat Australien l’a choisi comme emblème sur son écusson et sur ses timbres. Tout le monde connaît le kangourou et tout le monde sait que maman kangourou cache ses petits dans une poche sur son ventre, mais peu savent qu’un kangourou bébé ne mesure que 3 cm et qu’un jeune kangourou de 6 mois fait un rôti aussi délicat qu’un agneau. Les kangourous sont des champions de la course et du saut ; ils peuvent atteindre 45 km l’heure et je les ai vus faire des sauts de 12 m sans hésiter.
- Un autre animal que l’on rencontre souvent est le « dingo » ou « chien sauvage » dont les indigènes ont grand respect, car ils le considèrent comme un animal sacré. C’est dans cette région qu’on rencontre aussi — réunis en petites tribus de 60 à 80 personnes — les derniers sauvages n’ayant encore jamais vu de blancs. Ils vivent dans des grottes ou de petites cabanes et en sont restés
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- à l’âge de la pierre », le fer leur est totalement inconnu. Leurs lances sont en pierre, mais si linalement aiguisées qu’elles servent aussi bien pour chasser que pour couper la viande, le gibier ou le bois. Le feu est allumé unique-
- ment en frottant la pierre contre le bois, Les danses sont le grand sport des villages. Elles durent longtemps, parfois des semaines entières. Les hommes seuls les exécutent, nus et recouverts de peintures de la tête au pieds, ornés
- Fig. 1. — Un indigène dans la brousse, armé de lances à flèche en pierre. Fig. 2. •— L’arl de faire du feu, en frottant la pierre contre le bois.
- Fig. 3. — Coiffures faites d’herbes magiques destinées à effrayer les démons.
- Fig. 4. —• Autres costumes de danse. L’indigène de droite tient en main un boomerang. Fig. 5. — Promenade sur une tortue.
- Fig. 6. :— Résultats d'une chasse à la tortue : les animaux sont retournés sur le dos pour qu'ils ne puissent fuir.
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- des coiffures les plus étranges, portant à la main soit des boucliers en bois, soit des « boomei’angs », soit encore des branches qui servent à repousser les esprits méchants. Rien de plus étrange que ces hommes dansant, qui, presque comme des bêtes ivres, atteignent à un paroxysme les faisant tomber épuisés et déments pour toute une journée.
- Mais il est d’autres surprises que ce voyage nous réservait.
- Nous voyagions depuis quelques jours le long de la côte dans un petit bateau acheté sur place, auquel nous avions fixé un moteur hors-bord, lorsque nous aperçûmes un îlot non marqué sur les cartes. Nos rameurs (deux indigènes) nous dirent qu’ils y voyaient des traces de tortues. Nous avions à peine débarqué que nous aperçûmes une tortue aussi grande qu’un requin, en train de creuser le sable de la plage comme si elle avait voulu y apprêter son nid. Nous l’observâmes pendant deux heures et la vîmes excaver un grand trou ovale, profond de deux pieds. A ce moment elle s’aperçut de notre présence et quitta son nid, en abandonnant, à notre grande surprise, une quantité d’œufs. Il y en avait exactement 58, tous ronds et magnifiques, de la grosseur de boules
- de billard. Nos deux hommes se jetèrent sur les œufs et en dix minutes les 58 avaient disparu tout crus dans leur estomac. Partout, autour de nous, des tortues se promenaient ou se reposaient ; l’une d’elles était un véritable monstre ; elle aurait pu transporter 3 hommes sur son dos.
- Les tortues cachent leurs œufs dans le sable chaud où ils s’éclosent en donnant sortie à des tortues minuscules de quelques centimètres de diamètre qui, instinctivement, s’acheminent vers la mer . Il y avait, sur ce petit îlot de quelques milles carrés, assez de tortues, semble-t-il, pour contenter d’innombrables gourmets, car la soupe qu’on en fait est savoureuse et leur chair est tendre et de digestion très facile. Le plus grand ennemi de ces tortues n’est point l’homme, mais un lézard géant qui possède une langue pointue et bleuâtre avec laquelle il perce les œufs ou tue les petites tortues qui viennent d’éclore. Les grosses tortues —- à leur tour — guettent le lézard — et avec leur forte mâchoire ou par leur poids réussissent souvent à le suffoquer.
- P. Stevenson,
- Membre de l’Expédition américaine aux Antipodes.
- LE NOUVEAU CANAL DE WÉLLAND
- Digne de la prospérité que lui assurent ou lui promettent ses énormes ressources naturelles, le Canada en organise- méthodiquement l’exploitation. Il manquait encore un secteur à la grande voie de navigation qui, s’amorçant au détroit de Belle-Isle, entre le Labrador et Terre-Neuve, remonte le Saint-Laurent, traverse les Grands Lacs et se termine, après un parcours de 3745 km, à la pointe occidentale du Lac Supérieur.
- La solution de continuité était imposée par les Chutes du Niagara : le nouveau Canal de Welland (quatrième du nom) supprime l’obstacle. Désormais, les paquebots et cargoboats, partis du Havre ou d’un port européen quelconque , pourront pénétrer jusqu’à Detroit, Chicago et Duluth, soit au cœur même du continent nord-américain. Et, de même, le blé du Far-West aura la possibilité de gagner l’Europe sans recourir à la voie ferrée, et sans subir de coûteux transbordements.
- L’HISTOIRE DU CANAL DE WELLAND
- Cette entreprise dont le Canada a le droit de se montrer fier possède une histoire qui est un peu plus que séculaire. Ce fut en 1824 que le Canadien William Hamilton Merritt mit à exécution son projet de creuser un canal à travers la péninsule de Niagara, qui sépare les lacs Erié et Ontario, dont les niveaux présentent une différence de 10 m.
- Dans ce but, il avait formé une société privée, sans faire appel au concours financier de la colonie. <Les travaux furent terminés en 1829, quand deux petits voiliers, l’un canadien, l’autre américain, halés à la corde, purent passer du lac Ontario dans le la.c Erié.
- Ce premier canal comportait 40 écluses aux portes de bois; les dimensions des chambres étaient de 36 m de long., 7 m de large, 2 m 50 de tirant d’eau. On modifia bientôt son tracé en reportant son terminus méridional de la rivière Niagara à Port-Colborne, sur le rivage même du lac Erié. Ainsi prolongé, il présentait une longueur totale de 44 km.
- En 1841, l’entreprise fut rachetée par l’Assemblée Législative du Haut-Canada (devenu plus tard la Province d’Ontario), qui décida de donner au canal un tirant d’eau de 2 m 75 et d’augmenter la puissance d’élévation des écluses, ce qui en réduisit le nombre de 40 à 27. Ce deuxième canal fut ouvert à la navigation en 1850. Supplanté, en tant que voie de communication, par le troisième canal, il a survécu, en conservant ses écluses, mais ne sert plus qu’à l’industrie hydro-électrique de la région.
- Dès que les colonies canadiennes se furent étroitement groupées en une Confédération (juillet 1867), l’amélioration de ce deuxième canal fut envisagée. En 1870, la commission désignée par le gouvernement fédéral recommanda un projet qui imposait des conditions uniformes à la route du Saint-Laurent et au Canal de Welland : 82 m de longueur et 13 m 70 de largeur pour les écluses, avec un tirant d’eau de 4 m 25.
- Ce troisième canal de Welland, parallèle au deuxième sur la plus grande partie de son tracé, fut inauguré en 1887 ; l’approfondissement et l’élargissement des canaux du Saint-Laurent (qui permettent de tourner les rapides entre Montréal et le lac Ontario), ne furent terminés qu’en 1901. Ce fut dans le courant de cette même année
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- qu’une flotte de quatre steamers, d’une capacité de 2000 tonnes, put partir de Chicago pour se rendre directement en Europe.
- Bien que le coût de ce troisième canal se fût élevé à plus de 33 millions de dollars, chiffre qui devait s’augmenter de près de 14 millions pour les travaux de réparation et l’entretien, on ne tarda pas à reconnaître qu’il ne répondrait bientôt plus à l’accroissement du commerce canadien et américain.
- En 1901, il avait vu passer un ensemble de navires totalisant environ 620 000 tonnes. En 1914, le total dépassait 3 860 000 tonnes. Après la période d’accalmie provoquée par la guerre, le trafic était tombé à 2 200 000 t en 1919. Mais Y ascension recommençait, par bonds formidables, et pour aboutir à 7 439 617 tonnes en 1928.
- LE NOUVEAU CANAL, SES ÉCLUSES
- Plusieurs années avant la guerre, le Gouvernement Canadien chargea ses ingénieurs d’étudier le tracé d’un nouveau canal, offrant un tirant d’eau de 25 pieds (7 m 60), et qui traverserait, lui aussi, la péninsule de Niagara. Commencée en 1913, retardée dans sa construction par les années de guerre, la nouvelle voie vient d?être ouverte à la navigation; elle est officiellement désignée du nom de « Welland Ship Canal ».
- Ses dimensions sont très supérieures à celles du troisième canal : 310 pieds (95 m) de largeur au niveau de l’eau, 200 pieds de largeur (61 m) au fond, avec une profondeur minima de 25 pieds (7 m 60), que l’on pourra facilement augmenter de 5 pieds (1 m 50).
- Le nombre des écluses a été ramené à huit. Les chambres ont une longueur de 820 pieds, soit près de 270 m; une largeur de 80 pieds (24 m 40), une profondeur de 30 pieds (9 m 15), c’est dire qu’elles peuvent recevoir la plupart des navires qui franchissent l’océan, les exceptions ne concernant que les plus grands transatlantiques. Sept de ces huit écluses ont une puissance d’élévation de 46 pieds et demi, soit 14 m 136.
- Fig. 2. — Tracé du nouveau canal de Welland (d’après Engineering).
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- Fig. 1. — Les grands lacs, et leurs accès à la mer.
- Ces sept écluses s’échelonnent en ligne droite sur l’escarpement qui descend presque à pic sur le lac Ontario, faisant suite à un plateau dont le niveau est à peine supérieur à celui du lac Erié. C’est ce même excarpement qui, à moins de 13 kilomètres à l’est du canal, donne naissance aux célèbres Chutes de Niagara. L’ensemble de ces sept écluses, leur disposition, leur puissance totale d’élévation, constituent la principale caractéristique du Welland Ship Canal et peuvent être considérés comme une innovation, en matière de grands travaux publics.
- De ces sept écluses, les trois qui se trouvent sur la partie la plus abrupte de l’escarpement (elles sont désignées par les numéros 4, 5 et 6) ont chacune deux chambres jumelées, ce qui permet aux navires de passer dans l’un et l’autre sens avec un minimum de temps. Ces trois écluses sont construites sur le même principe que celles de Gatun, sur le canal de Panama; mais ces dernières ne totalisent qu’une puissance d’élévation de 25 m 84, tandis que celles du canal de Welland en offrent une de près de 43 m.
- La huitième écluse, la plus grande de son genre dans le monde, avec sa longueur de 420 m, est dite « écluse de garde ». Sa fonction consiste à corriger les crues du lac Erié et à conserver le niveau normal dans la partie du canal qui traverse le plateau. La puissance d’élévation de cette grande écluse n’est que de 3 m 65, chiffre correspondant aux différences de niveau du lac Erié, entre la période des hautes eaux et celle des basses eaux. Ce dispositif d’une écluse de garde n’existait pas dans les canaux précédents, et les constantes fluctuations du niveau du lac Erié gênaient trop souvent la navigation.
- Les constructeurs se sont appliqués à supprimer les courbes que présentaient ces premiers canaux. Abandonnant Port-Dalhousie, leur terminus sur le lac Ontario, ils ont édifié, à quelque cinq kilomètres plus à l’est, un port artificiel (Port-Weller), formé par deux digues qui s'étendent dans le lac Ontario sur une longueur de deux kilomètres et demi. Séparées à l’entrée par une largeur de 121 m 50, elles s’écartent graduellement, le fond du port étant large de 243 m.
- Port-Colborne, qui servait déjà de terminus aux
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- Ecluse de
- gard<L Ecluse 7 f^lg| Ecluse 6 IZL-, Ecluse 5 450. 1s | L Ecluse k
- 4(in I Ecluse 3
- Ecluse 2
- Ec/usel Lac
- Ontanic
- 200pieds au dessus du niveau de la mer
- Fig. 3.
- Profil en long du canal de Welland (d’après Engineering).
- anciens canaux, sur le lac Erié, a été l’objet d’importantes améliorations. Elargi et approfondi, il a été d’un avant-port, constitué par trois brise-lames.
- Les travaux ont été compliqués par le nombre des routes et des voies ferrées qui sillonnent la péninsule de Niagara. Il a fallu construire 21 ponts sur le nouveau canal; la plupart sont du type dit à vertical lift, le tablier pouvant être soulevé verticalement à 40 m du niveau de l’eau, au moment du passage des navires.
- La brochure officielle à laquelle nous avons emprunté ces descriptions nous fournit d’autres chiffres qu’il est intéressant de citer. Long de 40 km, le canal peut être traversé en moins de 8 heures, le record de la brièveté descendant à 6 heures 10 minutes. Comme il est éclairé
- par de puissantes lampes électriques, les navires peuvent l’emprunter aussi facilement la nuit que le jour. Il ne faut que 8 minutes pour remplir une écluse.
- La force électrique nécessaire pour la manœuvre des portes d’écluses, des ponts, des pompes et autres machineries, ainsi que pour le service de l’élévateur à grain de Port-Colborne, est de 15 300 ch. Elle sera bientôt fournie par une tisine hydro-électrique que l’on achève d’installer sur le bord occidental du canal, au pied de l’escarpement.
- Parmi les innovations que présente le Welland Ship Canal, il en est une qui mérite d’être tout spécialement signalée : c’est le ponton gâte lifter, que l’on peut considérer comme la plus puissante grue flottante en existence.
- Fig. 4.
- Vue d'ensemble des trois écluses 4,5 et 6 qui escaladent l’escarpement le plus abrupt du tracé. (Vue prise pendant les travaux.)
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- Fig. 5.
- L’écluse n° 1 et Port Weller sur le lac Ontario.
- Construite par les chantiers navals canadiens Colling-wood, elle a pour mission de soulever et de transporter, en cas d’avarie, les portes d’écluse, dont le poids dépasse 490 tonnes. Ses chaudières, faites pour consommer indifféremment du charbon ou du mazout, actionnent un générateur d’électricité qui pourvoit à tous ses besoins, sauf qu’elle doit recourir à des remorqueurs dans ses déplacements.
- 24 000 tonnes de métal sont entrées dans la construction des portes d’écluses.
- La quantité de roche excavée a été de 7 millions de mètres cubes, et celle des déblais de terre, de 40 millions de mètres cubes.
- Les matériaux employés à la construction des murs étanches ont compris près de 4 millions de mètres cubes de pierre, plus de 2 millions et demi de mètres cubes de ciment et près de 50 mille tonnes d’acier.
- Le plus grand navire actuellement à flot sur les lacs de l’Amérique du Nord est le Le Moyne, d’une longueur de plus de 192 m, d’une largeur de 21 m, d’un tirant d’eau de 6 m 70.
- De pareilles dimensions lui interdisaient d’emprunter le troisième canal, alors que la nouvelle voie peut s’accommoder de navires beaucoup plus grands.
- Avec sa profondeur de 25 pieds (7 m 60),
- 65 pour 100 des navires qui ont franchi le
- qui peut être facilement portée à 30 pieds (soit 9 m 12), le nouveau canal, ainsi que nous l’avons déjà indiqué, peut accueillir la majorité des tableaux de haute mer. Les statistiques établies pour 1930 montrent que
- Fig. 6.
- Ponts de chemin de fer en « position ouverte », avec leur tablier soulevé à hauteur suffisante pour livrer passage à un paquebot.
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- canal de Panama avaient un tirant d’eau de moins de 25 pieds, et que ceux dont le tirant d’eau était de 30 pieds ou plus ne représentaient dans le nombre que 5 pour 100.
- Il faudrait un volume entier pour décrire toutes les particularités remarquables de ce gigantesque ouvrage qui par son importance occupe aujourd’hui le second rang dans le monde, immédiatement après le Canal de Panama. Nous en avons assez dit pour conclure que le Dominion Canadien, grâce à la clairvoyance et à l’esprit d’entreprise de ses hommes d’État, s’est doté, avec le Welland Ship Canal, d’un magnifique instrument de travail qui ne saurait qu’activer sa prospérité.
- Il y a tout lieu de croire, au surplus, que le canal Welland n’est que la première étape d’un programme de très vaste envergure. Le fleuve Saint-Laurent qui est la prolongation naturelle des lignes de navigation des grands lacs n’est pas encore, en effet, accessible à tous les bâtiments auxquels le canal Welland peut donner passage.
- L’amélioration de la voie du Saint-Laurent est à l’étude depuis de longues années. Elle a fait l’objet de nombreuses négociations entre le Canada et les États-Unis. Il a été dressé un projet comportant près de 200 km. de canaux ou de canalisations du fleuve, neuf écluses et des km de digues. Il comporte également l’aménagement de la puissance hydraulique du fleuve; on estime que près de 5000000 de chevaux-vapeur pourraient être équipés entre le lac Ontario et Montréal. L’exécution de ce projet grandiose coûtera un nombre respectable de milliards, Elle sera peut-être quelque peu retardée par la crise économique. Mais il n’est pas douteux qu’elle ne soit entreprise dans un avenir assez prochain
- Victor Forbin.
- Fig. 7.
- Le Ponton Gâte Lifter. Grue flottante soulevant une porte d’écluse de 490 tonnes.
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- LE COURLIS
- Il y a quelque temps, nous avons montré un Grèbe huppé (Podiceps cristatus L.) portant l’un de ses petits sur son dos (Voir n° 2833 de La Nature). Un cliché de M. Ad. Burdet a fixé le charmant tableau que forment la mère et son joli poussin en livrée rayée. C’est un très jeune poussin, âgé de deux ou trois jours que transporte, sur son épaule, le Grèbe attentif à ne pas laisser tomber le précieux fardeau.
- Aujourd’hui, nous présentons un Courlis sur le dos duquel un petit est curieusement juché, en une attitude amusante. Cette fois, le poussin est un peu plus âgé que le petit Grèbe, il commence à s’aventurer seul autour de sa mère, et il semble bien qu’il soit monté de lui-même sur la couveuse. Celle-ci dresse la tête et son œil grand ouvert traduit l’inquiétude que lui cause le bruit de l’appareil de prise de vues cinématographiques que M. Ad. Burdet a braqué sur elle.
- Il s’agit du Courlis cendré (Nume-nius arquatus L.), de la famille des Charadriidés. C’est l’espèce que nous voyons le plus souvent en nos régions; elle se tient au voisinage des eaux douces et marines, dans les marais. En France, le Courlis est surtout de passage. Les bandes migratrices volent sur une file, en ligne droite. Il n’est pas rare de voir quelques individus descendre en plein champ, dans les terres labourées, au cours de leur voyage, pour chercher à s’alimenter. Le régime des Courlis se compose principalement de petites proies : Vers, Insectes, Mollusques, etc...
- Le Courlis cendré a le dessus de la tête et le dos gris clair taché de brun noirâtre, les rémiges noirâtres; le dessous du corps est blanc, avec le cou et la poitrine roussâtre taché de brun, et des taches plus larges et plus espacées sur le ventre. Les sexes sont semblables et il y a très peu de changement saisonnier. L’Oiseau mesure de 60 à 70 cm de longueur totale.
- Le tarse, de couleur grise, est long de 7 cm 8 à 8 cm 6. L’œil est brun.
- Mais ce qui caractérise le Courlis, c’est son bec arqué et près de trois fois plus long que la tête (de 12 à 20 cm). Le nom de Numenius donné à l’Oiseau vient, d’ailleurs, de Noéménie : nouvelle lune, et évoque la forme du bec courbé en croissant.
- Le jeune Courlis a le bec plus court et moins arqué
- que l’adulte. Et l’on remarquera, sur l’un des clichés, que le poussin a le bec assez court et presque droit.
- Chez l’adulte, le bec est brun, grisâtre à la base. Il est assez robuste, relativement à sa longueur. Le sillon nasal est latéral; les narines oblongues sont percées à la base du sillon, dans une membrane. La mandibule supérieure est un peu plus longue que l’inférieure, lisse en dessus et dilatée.
- Le jeune ressemble beaucoup à l’adulte, mais le plumage est plus gris. Le poussin est couvert d’un duvet roux clair, taché de brun en dessus.
- Le Courlis, comme l’on sait, doit son nom français à l’imitation de son chant. On le surnomme parfois «Bécasse de mer ».
- Il va nicher dans le nord. Celui que nous montrons s’était établi dans les dunes de l’île de Texel, en Hollande.
- Le nid est des plus rudimentaire : quelques brins d’herbes apportés dans une légère excavation du sol, en font tous les frais.
- Les œufs, au nombre de 4, rarement 5, sont piriformes,
- à coquille mate, olivâtre, verdâtre ou brunâtre tachée de gris foncé et de brun olivâtre.
- Dans le nord de la France, le Courlis niche dans la Somme, en Normandie. Il a été signalé sur la côte sud-ouest. Certains auteurs croient qu’il niche au bord de la Méditerranée.
- Le Courlis cendré habite toute l’Europe, sauf l’extrême nord, et l’Asie jusqu’au Japon. Il hiverne en Afrique et dans l’Inde.
- Somme toute, le Courlis est une gracieuse espèce qui rappelle l’Ibis, moins le plumage, bien entendu; mais il y a entre les deux genres d’assez nombreuses analogies.
- En France, outre le Courlis cendré, on observe le passage du Courlis courlieu (Numenius phaeopus L.) — phaeopus : à pieds d’un brun cendré; — et du Courlis à bec grêle (N. tenuirostris Vieil.).
- Le Courlis courlieu, ou corlieu, a une calotte brune avec une ligne longitudinale médiane jaunâtre. Le dessous des ailes est très taché de brun foncé. Le bec est noirâtre à base rougeâtre, les pattes sont d’un gris bleuâtre. L’espèce est nettement plus petite que la précédente : elle mesure de 43 à 50 cm. Le tarse est long de 5,6 à 5,8 ; le bec a de 7.8 à 10 cm.
- Le Courlis corlieu passe chez nous surtout sur les côtes nord et ouest. Il niche dans les régions subarctiques ; en hiver il émigre jusqu’au sud de l’Afrique, l’Inde, la Malaisie.
- Quant au Courlis à bec grêle, dont la taille est sensi-
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- blement la même que celle du Courlis courlieu, et dont la calotte brune ne porte pas de ligne médiane, c’est une espèce méridionale que l’on rencontre parfois dans les marais du sud de la France, dans le delta du Rhône. Il niche en Grèce, en Asie Mineure, en Égypte.
- Les Courlis courlieu et à bec grêle font leur nid comme le Courlis cendré. Leur régime alimentaire est le même.
- Les Courlis sont timides, craintifs, déliants; ils sont difficiles à approcher : M. Ad. Burdet n’en a eu que plus de mérite à photographier la mère et le petit, dont il a su gagner la confiance. Nous le remercions ici de nous avoir permis de publier ces beaux clichés.
- A. Feuillée-Billot.
- UN METEOROGRAPHE
- Fig. 1. — Le méléorographe radioélectrique.
- A gauche : vu d’en haut. — A droite : vu d’en bas.
- Le dirigeable « Graf Zeppelin », lors de sa récente randonnée arctique, avait, à bord, un météorographe d’un nouveau système. L’appareil, suspendu à un ballon-sonde, devait gagner la stratosphère et faire connaître à distance les données météorologiques rencontrées aux diverses altitudes; au cours de l’ascension. Il a été conçu par un savant russe, le prof. P. Moltchanoff, pour remplacer les ballons-sonde usuellement employés en météorologie; ceux-ci, porteurs d’appareils enregistreurs, font explosion à une certaine hauteur, puis viennent atterrir à l’aide d’un petit parachute, mais cet atterrissage, toujours plus ou moins mouvementé, s’effectue rarement sans dommage pour les enregistrements.
- Le nouveau météorographe, porté également par un petit ballon, reste en communication permanente, par T. S. F., avec le poste de lancement, dans le cas actuel, le dirigeable. L’émission radiotélégraphique se fait d’une façon complètement automatique. L’appareil se compose de trois parties : 1) Le contacteur avec les instruments indiquant la pression, la température et l’humidité de l’air, 2) l’émetteur à ondes courtes avec ses accumulateurs et 3) la boîte protectrice et le canal aérodynamique abritant les instruments.
- Trois aiguilles, solidaires chacune d’un des trois instruments, se meuvent le long de la circonférence d’un cercle; un arc d’environ 100 degrés est réservé à chacune d’elles. Une quatrième aiguille, mise en rotation continue par un mouvement d’horlogerie, passe, à vitesse constante, au-dessus de ces aiguilles de mesure, en faisant contact
- EMETTEUR DE T. S. F.
- à chacun de ces passages. D’autre part, la circonférence du cercle comporte trois repères fixes à 120 degrés d’intervalle, lesquels, à chaque passage de l’aiguille tournante, font également contact.
- C’est la suite, dans le temps, des contacts de mesure par rapport aux trois repères qui permet d’apprécier les données caractéristiques. La fig. 2 fait voir la disposition du cercle gradué. Le baromètre comporte un intervalle de 0 à 800 millimètres de mercure, l’hygromètre un intervalle de 10 à 100 pour 100 d’humidité relative, le thermomètre les températures intermédiaires entre 30 et — 60 degrés.
- Fig. 3. — Le météorographe fermé et suspendu au ballon-sonde. (matériel Askania).
- ffepere II
- Fig. 2. — Le cadran gradué sur lequel s’effectuent les contacts électriques, transmettant au poste radio-émetteur les indications relevées par l’instrument.
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- L’émetteur à ondes courtes est disposé sur une plaque en pertinax, qui supporte les batteries de chauffage et de tension anodique et constitue le fond de la boîte renfermant les instruments. La longueur d’onde peut varier, à volonté, entre 25 m et 100 m. Un réglage au quartz évite les désaccords de l’onde d’émission que pourraient occasionner les déplacements des aiguilles. Toutes les fois que l’aiguille tournante vient au contact des aiguilles de l’instrument ou des repères fixes, le circuit anodique de l’émetteur se trouve fermé. On a soigné particulièrement la construction du mouvement d’horlogerie, appelé à fonctionner à des températures descendant jusqu’à — 60°. Le temps de rotation de l’aiguille tournante est d’environ 30 secondes : un balancier à compensation thermique le rend à peu près invariable. Lors d’un récent essai, on a constaté, à 20°, une valeur de 33 secondes; à —- 50°, une valeur de 33,3 secondes.
- Lors du voyage arctique du « Graf Zeppelin », les signaux se recevaient par voie acoustique et, en même temps, avec un traducteur Morse. Il est toutefois également possible de les inscrire immédiatement, soit avec un récepteur photo-télégraphique, système Dieckmann, soit avec un inscripteur à bride tombante. Le dépouillement des données recueillies lors du voyage arctique a montré que les météorographes avaient atteint des hauteurs de 16 à 17 kilomètres; la température décroît d’une façon continue, jusqu’à environ 10,5 kilomètres d’altitude; à partir de là, elle devient constante ou se met à augmenter légèrement. C’est dire que la stratosphère commence à l’altitude de 10,5 kilomètres environ, sous les latitudes arctiques.
- Le poids total d’un météorographe, y compris les batteries, n’est que d’environ 1,4 kg.
- Dr A. G.
- ^ LE QUARTZ FONDU EEEE
- ET LA LUTTE CONTRE L’INCENDIE
- Dans nombre d’établissements exposés aux dangers de l’incendie : filatures, usines de matières inflammables, entrepôts, etc., il existe un système d’arrosage automatique désigné vulgairement sous le nom de « pompier ».
- Il comporte un réseau de canalisations aboutissant à des tuyères : quand la température dans les pièces à protéger dépasse une valeur prédéterminée, les tuyères s’ouvrent automatiquement grâce à la fusion d’une pièce en alliage spécial, un diaphragme à dilatation agit automatiquement aussi sur un robinet qui admet l’eau dans les canalisations et aussitôt un torrent d’eau se déverse sur les points en danger.
- Ce système préventif, incessamment perfectionné depuis de longues années, rend les plus grands services. Un nouveau perfectionnement vient de lui être apporté, nous apprend M. G. Lockhart dans Scienlific American, par la Cie Grinnell de Providence (Etats-Unis).
- Le point faible du dispositif usuel est le suivant : restant inactif pendant de très longs intervalles de temps, ses pièces vitales, notamment les fusibles, peuvent se corroder à la longue, se détériorer sans qu’on s’en aperçoive si la surveillance n’est pas très vigilante, et finalement se trouver hors de service au moment critique. Les orifices des tuyères peuvent également se trouver obstruées par des dépôts de poussières agglomérées, formant ciment. En pareil cas l’appareil de protection ne confère qu’une fausse sécurité, fort dangereuse.
- Le nouveau perfectionnement réside dans l’emploi de tuyères en quartz fondu à fonctionnement automatique. Le quartz fondu, qui, on le sait, se fabrique au four électrique, est une substance pratiquement indifférente à tous les agents usuels de corrosion.
- Un ingénieux dispositif a permis de renoncer à l’emploi de
- tout alliage fusible, toujours plus ou moins attaquable par les agents corrosifs que contient l’atmosphère.
- Les orifices de projection de l’eau se trouvent enfermés dans des ampoules en quartz fondu hermétiquement closes ; celles-ci contiennent une certaine quantité d’un liquide convenablement choisi. Sous l’effet de la chaleur ce liquide se dilate et quand la température dépasse le point fixé, l’ampoule éclate, libérant l’orifice de la tuyère. On a choisi un liquide ayant son point de congélation à quelques degrés au-dessous de zéro, un coefficient de dilatation élevé, une chaleur spécifique faible et retenant beaucoup d’air en solution.
- L’ampoule au repos n’est pas entièrement remplie par le liquide, celui-ci reste surmonté par une bulle d’air. Quand la température s’élève, l’air se dissout progressivement dans le liquide sous l’effet de la pression croissante; le liquide qui se dilate finit par remplir entièrement l’ampoule, puis par la faire éclater. A ce moment, la pression tombant subitement, l’air dissous se dégage brusquement du liquide, avec une force explosive suffisante pour pulvériser l’ampoule de quartz et dégager parfaitement l’orifice de la tuyère.
- Ce dispositif, insensible à l’action du temps, est toujours prêt à fonctionner.
- Une application gigantesque vient d’en être faite dans les entrepôts du port de la Nouvelle-Orléans, aux États-Unis; cette ville, on le sait, est un centre important du commerce du coton. Sur ses quais existent d’immenses hangars abritant de grandes quantités de marchandises inflammables, trésor constamment en péril. On y a récemment mis en service une installation de protection automatique contre l’incendie comportant 118 000 tuyères au quartz fondu. Munie de 450 km de canalisation, elle est capable de déverser à la minute un torrent de 9000 m3 d’eau.
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- = L’ÉCREVISSE =
- RÉGAL DES GOURMETS
- On a prétendu que dans les considérants d’un jugement rendu dans une petite ville figurait cette phrase : « L’écrevisse est un petit poisson rouge nageant à reculons ».
- On peut à la rigueur ignorer que l’écrevisse ne devient rouge qu’à la cuisson; mais il suffit d’avoir vu, une seule fois, un de ces crustacés vivant ou cuit pour ne pas le confondre avec un poisson. C’est encore une légende de croire que l’écrevisse nage et marche à reculons: l’écrevisse ne rampe à reculons que pour fuir un danger en y opposant devant elle ses pinces qui constituent ses armes offensives et défensives. Du reste, celui qui la saisit sans précaution, s’aperçoit que leur étreinte n’est pas à dédaigner.
- Pour compléter ces notions tout à fait élémentaires, ajoutons que l’écrevisse se meut au moyen de quatre paires de pattes articulées. Le bouclier qui couvre la partie antérieure du corps se termine en une épine aiguë de chaque côté de laquelle se trouve un œil monté sur un pédoncule susceptible de tourner dans toutes les directions.
- Le dessous de l’abdomen est membraneux dans sa partie médiane, il porte des appendices filamenteux et flottants, vulgairement dénommés « filets », au nombre de trois paires chez les mâles et de quatre paires chez les femelles.
- La queue se termine par une sorte d’éventail étoilé formé de cinq lamelles ovales et écailleuses réunies par des filaments et servant de nageoires. En frappant l’eau avec cet appendice de haut en bas et d’arrière en avant, l’animal peut se mouvoir à reculons.
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- Fig. 1. — L’écrevisse (photo Keystone View).
- VARIÉTÉS
- Il existe cinq variétés d’écrevisses dont les plus intéressantes sont : l’écrevisse à pattes rouges et l’écrevisse à pattes blanches. La première acquiert un fort développement, sa chair est de qualité supérieure. On la reconnaît à la couleur de sa carapace qui est brun verdâtre plus ou moins foncé et au-dessous de ses pinces qui est rosé. L’autre a la carapace d’un vert clair et le dessous des pinces pâle. En outre, ses pinces sont bien plus fluettes que celles de la première variété.
- L’écrevisse à pattes rouges se plaît dans les eaux profondes, tranquilles et pas trop froides. Au contraire, l’écrevisse à pattes blanches s’accommode des eaux courantes, cascadeuses, vives et recherche les petits fonds.
- On a même fait deux espèces différentes de ces variétés qu’on trouve en France : Astacus nobilis et Astacus pal-lipes; mais il est plus rationnel de n’y voir que l’espèce Astacus fluviatïlis.
- LA MUE
- Une particularité curieuse de l’écrevisse, c’est la mue. Une fois formé, le squelette dur d’une écrevisse est incapable de s’étendre. L’accroissement du corps exige donc le rejet et la reproduction de son enveloppe.
- Voici comment le célèbre Réaumur raconte cette bizarre opération : Quelques heures avant la mue, l’écrevisse frotte ses membres les uns contre les autres, et, sans changer de place, les remue chacun à son tour; elle se jette sur le dos, replie sa queue, l’étend brusquement. La partie membraneuse molle du squelette qui réunit l’extrémité postérieure de la carapace avec le premier anneau de l’abdomen cède alors et le corps fait saillie couvert du nouveau revêtement mou dont la couleur brun sombre le rend facile à distinguer du brun verdâtre de l’ancien tégument.
- Arrivée à ce point, l’écrevisse se repose un certain temps, puis, l’agitation des membres recommence. La carapace est forcée en haut et en avant par la sortie du corps et ne demeure plus attachée que dans la région buccale. Puis, la tête est tirée en arrière, les yeux et les autres appendices sont extraits de leur ancien revêtement; enfin, les pattes sont retirées. Une fente qui se produit dans l’ancien tégument le long du membre facilite l’opération.
- Lorsque les pattes sont dégagées, l’animal retire complètement sa tête et ses membres de leur revêtement primitif, et faisant un brusque saut en avant pendant qu’il étend son abdomen, il dégage ce dernier et abandonne ainsi son ancien squelette.
- Fatigué par les violents efforts, l’animal demeure abattu pendant quelque temps. Au lieu d’être recouverts d’une coque dure, ses téguments sont mous et flasques, comme du papier mouillé. Ces téguments restent mous
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- pendant une période qui varie d’un à trois jours. L’animal semble tout à fait avoir conscience de sa faiblesse, il se retire dans les trous profonds pour se mettre à l’abri. Trois semaines après, la carapace nouvelle est aussi dure que l’ancienne et l’écrevisse en bonne voie de rétablissement.
- NOURRITURE
- L’écrevisse passe la journée entière cachée dans son trou; elle sort entre le coucher et le lever du soleil pour chercher sa nourriture.
- Ce crustacé est omnivore et très vorace : il aime la chair, sans toutefois dédaigner les végétaux. On peut le conserver assez longtemps en lui donnant des carottes, des feuilles d’ortie. Il affectionne particulièrement les petits mollusques, les larves d’insectes, des proies animales vivantes ou mortes. Il dévore les escargots en entier, coquille comprise, cette dernière lui donnant la matière nécessaire à la confection de la carapace. Tout lui est bon, il n’épargne même pas ses propres enfants. Un seul poisson est à l’abri de ses attaques : le chabot. Pourquoi? Nous ne saurions le dire. La chair du chabot — dont la peau est très visqueuse — ne convient-elle pas au goût de l’écrevisse? C’est possible.
- REPRODUCTION
- La femelle pond, en l’espace de trois jours, ses œufs qu’elle place aux filets situés sous son abdomen, où ils sont maintenus par des filaments visqueux très adhérents. Les œufs sont alors d’un brun vermeil, ils deviennent rougeâtres et demi-transparents vers avril, puis groseille à l’éclosion qui a lieu fin mai, début de juin. La femelle qui, pendant tout ce temps, avait gardé la queue repliée pour protéger ses œufs, l’étend alors au moment de l’éclosion.
- Durant quelque temps après l’éclosion, les jeunes écrevisses se cramponnent aux pattes natatoires de leur mère et sont ainsi transportées à l’abri de son abdomen, comme dans une chambre d’incubation.
- A ce moment, elles sont tout à fait transparentes et lorsqu’une écrevisse en cet état (une femelle chargée de ses petits) est apportée sur la table, elle semble peu appétissante à ceux qui ne savent point ce que sont les jeunes. En les examinant avec soin et surtout à l’aide d’une loupe, on voit avec plaisir que les petites écrevisses sont déjà parfaites et ressemblent à la grosse sous tous les rapports.
- Lorsque ces petits animaux ont commencé à se mouvoir avec une certaine activité, si leur mère vient à rester tranquille un moment, ils l’abandonnent pour se traîner çà et là, à une petite distance; mais au moindre danger, au moindre mouvement insolite qui agite l’eau, il semble que la mère les rappelle par un signal, car tous reviennent promptement sous la queue protectrice, se réunissent en grappe et la mère se retire en un lieu de sûreté aussi vite qu’elle peut. Cependant, quelques jours plus tard, les jeunes l’abandonnent peu à peu, pour aller « vivre leur vie ».
- Fig. 2. — A gauche,[face dorsale; à droite, mâle et femelle vus parla
- face ventrale.
- LA PÊCHE
- Le moment le plus propice à la pêche est août et septembre. Les adultes ont terminé leur mue, ils sont gros, dodus et bien en chair.
- Elle se fait à l’aide de « balances » ou « pêchettes » qui se composent d’un cercle en fil de fer d’environ 30 centimètres de diamètre sur lequel se monte un filet à petites mailles en losange formant une poche peu profonde. Au milieu de ce réseau, on attache un appât : tête de mouton fraîche coupée en morceaux, des intestins de volaille ou une grenouille dépouillée. On fixe, au cerceau de fer, trois cordelettes réparties à égale distance et réunies à leur extrémité à une corde unique terminée par une boucle. On passe alors dans cette boucle la « corde de levée » longue de trois mètres.
- Pour lever et poser l’appareil on utilise une simple branche fourchue coupée sur le terrain. Cette gaule a l’avantage de faciliter la pose de la balance dans les endroits éloignés du pêcheur. Et souvent aussi, la fourche est utile pour écarter à l’air libre ou dans l’eau les obstacles empêchant la mise en place de l’engin.
- Quand on veut relever la pêchette, on s’approche doucement du bord et, passant la fourche sous la ficelle, on tire celle-ci de la main droite, tout en élevant le bras gauche de manière à remonter rapidement la balance. On s’empare ainsi facilement des crustacés qui s’y risquent imprudemment.
- L’écrevisse se pêche aussi au fagot. On fabrique le fagot avec des menues branches d’arbres bien rameuses et tordues, mettant au centre quelques morceaux de viande crue. On fait descendre le fagot au fond de l’eau, on le laisse une nuit ou deux pour le retirer à l’aube. On prend également l’écrevisse avec des nasses de formes diverses, de petites dimensions, placées au pied des berges, sous les racines des arbres ou près des rochers, amorcées comme pour les autres genres de pêche.
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- Fig. 3. — Emballages pour l’expédition (photo Keystone View).
- Ces diverses méthodes de capture donnaient toujours satisfaction à ceux qui les pratiquaient dans les rivières de la Creuse, du Lot, du Limousin, de la Meuse, de l’Alsace et de la Lorraine; malheureusement par suite d’une pêche inconsidérée, ces crustacés y sont devenus assez rares. On les prenait sans se soucier du lendemain, sans se soucier surtout de la taille. Il faut au moins six ans à une écrevisse pour atteindre la taille de 12 cm et le poids de 28 à 32 gr, et l’écrevisse n’est pas prolifique comme un poisson : la femelle pond à peine une centaine d’œufs dont raffolent du reste l’anguille, la truite, le rat d’eau, le héron, etc. Et puis, nos écrevisses ont été décimées par une maladie excessivement contagieuse qui ravagea la population de ruisseaux entiers en peu de temps.
- ÉLEVAGE
- On a tenté de remédier à la pénurie des écrevisses par l’élevage. Ainsi, il y eut, aux portes de Paris, au château de Villiers-sur-Marne, une ferme d’écrevisses créée par le marquis de Selves. Cette exploitation florissante fut détruite en 1870 par les Allemands et son propriétaire n’eut pas le courage de reconstruire les, canaux, barrages et autres installations très coûteuses.
- L’élevage de l’écrevisse n’exige pas de grands soins. Des novateurs avisés, surtout à l’étranger, sont parvenus à mettre en valeur, par des peuplements d’écrevisses, en appliquant des méthodes simples, des ruisseaux et même des étangs où l’eau se renouvelle. Il suffît pour réussir d’étudier de près les mœurs et la physiologie du crustacé, de connaître ses besoins alimentaires, de lui procurer des refuges appropriés, de savoir favoriser sa multiplication, éloigner de lui tous les ennemis dont il est trop souvent la victime.
- Un élevage d’écrevisses bien conduit ne peut manquer d’être d’un bon rapport. Comme il se concilie parfaitement avec les autres pratiques orientées du côté de la production des salmonidés et des cyprins, tout propriétaire qui
- se trouvera dans une situation favorable aura le plus grand intérêt à aménager les eaux pour y faire vivre et prospérer le crustacé qui se vend actuellement, sept, huit, dix fois plus cher qu’avant la guerre. 11 faut, cependant, savoir patienter, car, étant donnée l’extrême lenteur de croissance de l’écrevisse, une station d’élevage créée cette année, par exemple, ne pourrait commencer à rendre qu’en 1938 ou 1939.
- On commence à revoir les écrevisses dans nos ruisseaux et rivières ; en bien des régions, en Auvergne par exemple, la pêche aux écrevisses devient une amusante distraction, un bon exercice de plein air pour les touristes. Mais ce n’est pas cette pêche qui peut alimenter nos marchés et satisfaire les exigences des gourmets de la ville; pour l’instant nous restons encore tributaires de l’étranger, principalement de la Pologne et de la Lithuanie où des maisons d’importations de Paris possèdent des pêcheries d’écrevisses fournissant jusqu’à 200 000 bêtes par jour.
- L’espèce qu’on trouve en Europe centrale et orientale diffère d’ailleurs delà nôtre par la forme et parle goût; c’est YAstacus leptodactylis.
- Comme ces crustacés peuvent vivre fort longtemps hors de l’eau, leur transport est facile. Pour lps expédier on les fait égoutter au grand air, puis, enveloppés de mousse sèche, on les place dans des petits paniers à claire-voie, les uns à côté des autres, de façon qu’ils ne puissent bouger et se battre ; au besoin, on les laisse jeûner un jour ou deux avant de les emballer; on les expédie généralement à raison de 80 à 100 individus par panier. Leur voyage dure environ 48 heures. Dès leur arrivée à Paris, on les installe dans des viviers d’eau courante où ils se remettent rapidement de leurs émotions, comme nous avons pu nous en convaincre « de visu ».
- Tout le monde sait qu’un buisson d’écrevisses est un plat qui brille sur les tables les plus distinguées; leur couleur vive, rouge, brillante, le goût exquis et savoureux de leur chair en font un mets des plus fins et des plus recherchés. Cela suffirait à expliquer l’intérêt de leur pêche et de leur étude.
- L. Kuentz.
- Fig. 4. — Le triage par grosseurs (photo Keystone View).
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- MATIÈRES PLASTIQUES DÉRIVES DE L’URÉE
- ET DE SES COMPOSÉS
- Les produits de condensation de l’urée et de ses substitués avec les aldéhydes, ont attiré, en ces derniers temps, l’attention des spécialistes. La multiplicité des brevets pris et des communications faites à ce sujet, prouvent l’intérêt que présentent ces produits, tant au point de vue scientifique pur, qu’à celui des applications.
- Cette abondante littérature pourrait laisser croire que la fabrication de ces produits est aujourd’hui très répandue. Il n’en est rien, cependant. A notre connaissance, il n’existe que quatre maisons qui en fabriquent avec succès, l’une à Zittau, en Saxe (procédés Jones et H. Goldschmidt), une autre en Autriche, à Vienne (procédés Pollak), une autre à Bâle, et enfin deux en France, à Villetaneusc et à Paris.
- C’est que la préparation de ces corps se heurte à de sérieuses difficultés.
- Ici, la concentration en ions hydrogènes doit être contrôlée par le chimiste, à chaque instant de la réaction. Ici rien du tour de main cher aux cuisiniers et insuffisant au point de vue scientifique. Des chiffres, rien que des chiffres.
- Dans le procédé Pollak, la condensation a lieu à 120° et il a été fait 250 kg de Pollapas d’un seul coup. Le professeur Baly qui a donné quelques détails (The Chemical Age, 27 novembre 1926), sur les grandes difficultés de préparation de ces produits, si peu connus et si mal définis, dit que ce procédé dépend de la présence de certains sels à des teneurs bien définies, et de la concentration en ions hydrogène. Il ne donne, d’ailleurs, délibérément semble-t-il, aucune précision.
- Le produit de l’union de l’urée et du formol, une fois soumis à l’action du catalyseur, est projeté dans un grand volume d’eau : il s’y précipite, on le lave, et on évapore l’excès d’eau. On le coule dans des moules chauffés à 85°; là il se gélatinise. 11 est alors semblable à de la gelée. Sa dessiccation complète exige les soins les plus grands. Nous donnerons plus loin en détails le procédé employé par l’une des sociétés précitées, qui fabrique une poudre destinée à être comprimée, avec ou sans charge, avec ou sans couleurs pigmentaires ou sub-stantives.
- 11 faut noter que, lorsque ces poudres contiennent encore un peu d’eau, on peut arriver, par moulage, à obtenir un produit d’aspect et de densité analogues à l’écume de mer, laiteux ou non.
- LES PROPRIÉTÉS DES MATIÈRES DÉRIVÉES DE L’URÉE
- Parlons d’abord des propriétés de ces substances. Ce sont les seules actuellement connues parmi les produits de synthèse, qui possèdent la curieuse propriété d’être perméables aux rayons ultra-violets. On a donné le nom de « verre synthétique organique » à ce genre de produits.
- Cette perméabilité aux rayons ultra-violets peut en faire un matériau très utile pour la construction d’appareils thérapeutiques mettant en œuvre ces rayons.
- Ces produits à base d’urée ont le grave inconvénient d’être hydrophiles, dans les pays humides et chauds de l’Orient, il s’y développe des craquelures. Dans nos pays ils se comportent bien.
- D’ailleurs, en substituant à 5 pour 100 d’urée, 5 pour 100 de thio-urée, on aurait, dit-on, un produit ne donnant plus de craquelures.
- Des vitres découpées dans la masse, par tranchage, ont une formidable résistance au choc et aux accidents.
- On avait couçu des espérances au sujet de l’emploi de
- l’urée comme verre d’optique, à haut indice de réfraction.
- Force a été d’en rabattre. Ce corps, colloïde entre tous, est instable. Sa composition varie avec le temps; son indice, son pouvoir rotatoire, varient constamment avec sa comjm-sition ; il s’y produit des stries. Le corps n’est pas homogène, ce qui est indispensable en optique. Souvent il s’opacifie légèrement. Au point de vue élastique, il est, par contre, extraordinaire. M. Barthélémy, dans une conférence donnée au Cercle de la Chimie, nous a présenté une bille de billard en « Prystal » (Société Industrielle des Matières Plastiques), actuellement Société Française Nobel, faite par lui et de pouvoir rebondissant extraordinaire. Lancée à toute volée, sur du marbre, sur du bois, non seulement elle n’a nullement souffert, mais encore elle a rebondi à plus des trois quarts de sa hauteur de chute.
- A notre avis, l’industrie naissante en France des billes de billard, en matières de synthèse (résinés synthétiques, acéto-cellulose, nitrocellulose et leurs mélanges), tirera parti des curieuses propriétés de ces matières.
- Sur une vitre faite de ces produits, on peut lancer un bon coup de poing, dit M. Baly, à toute volée, sans danger ni pour la vitre, ni pour Je poing. Nous avouons n’avoir pas été à même de vérifier le fait.
- On a fait, à bord de cuirassés anglais, des expériences comparatives entre des hublots garnis de verre épais et d’autres garnis de résines d’urée, lors de « coups durs » dus à des décharges de gros canons. Ces résines, et en particulier le « Pollapas » de Pollak, n’ont pas bronché, là où le verre épais, éclatait ou se fendait.
- Le succès du Pollapas et autres marques a surtout été décisif dans la fabrication de vernis blancs et clairs, pour la carrosserie. Mais là encore, il y a des progrès à réaliser.
- Dans la tabletterie (manches de parapluie, fume-cigarettes, boutons de fantaisie, teints ou non, dans les pendulettes (imitation de hyacinthe, quartz rosé et enfumé, gemmes les plus fines et les plus belles), les résultats sont admirables... mais les produits sont coûteux.
- Baly a signalé un nouvel emploi curieux de ces matières.
- On imprime la résine uréique sur du tissu et on forme des perles : elle imprègne ce dernier, et en pénètre la fibre, de telle sorte que ces perles qui sont de toute beauté, n’ont pas besoin d’être cousues au tissu. On voit d’ici l’avantage pour les robes de haut luxe.
- Ces résines résistent à 250°, ne commençant à se décomposer qu’à 270°.
- On peut les soumettre à la vapeur surchauffée à 150°, pour les tremper brusquement dans l’air liquide, renouveler vingt fois l’opération, et ce, sans nulle altération.
- LA FABRICATION
- Voici comment ces produits sont fabriqués en grand, en Allemagne, par un procédé un peu désuet (il ne date pourtant que de trois ans), mais dont nous avons nous-même vérifié la véracité au laboratoire.
- On procède en vase ouveit. On part de 10 kg de formol à 30 pour 100 et de 2 kg 500 d’urée pure (urée de la Société des Produits Azotés). On obtient 75 pour 100 de rendement, soit 9 kg 4 de gel.
- On chauffe dans une capsule émaillée de 30 à 40 litres de formol à 30 pour 100, sous une. hotte à fort tirage, à l’aide de becs Wienegg. Le formol ne remplit que le tiers de la capsule pour permettre les mousses. On atteint une légère
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- ébullition. On ajoute les 2 kg 500 d’urée par petites portions de 100 gr, en agitant après chaque addition, vigoureusement,.
- On a ainsi de fortes pertes d’eau et de formol, ce qui est un des inconvénients de ce procédé.
- La masse reste fluide. Dans cet état elle peut servir de base à des vernis de carrosserie incolores ou à pigmentation claire.
- Par refroidissement, la masse épaissit et devient presque solide. On doit agiter vigoureusement et constamment durant toute la durée du refroidissement.
- Le gel perd sa transparence et devient opaque. Sa consistance est celle d’une pâte de gélatine semi-dure qui se détache totalement et aisément de l’émail de la capsule, sans l’abîmer en rien. Cette masse est alors moulue au hachoir à viande. On obtient ainsi des bâtonnets en forme de nouilles, que l’on sèche à l’air chaud; il est important de se tenir au-dessous de 40°. Ces nouilles sèches sont pulvérisées. Elles sont très dures à pulvériser. La poudre est tamisée au tamis 40/50. Cette poudre est infusible, néanmoins sous 200 ou 300 kg de pression par centimètre carré et à chaud (120-150°), la matière se soude à elle-même. Elle est transparente après la pression, alors qu’elle était opaque à froid. Il arrive parfois
- que quand on a mal opéré elle redevient opaque, se craquelle et tombe en miettes.
- C’est en somme une vraie cuisine, mais une cuisine difficile et raffinée, où l’ouvrier a son rôle à côté du chimiste.
- Ajoutons que la pression doit être maintenue pendant toute la durée du refroidissement.
- On démoule à froid; le produit ne colle pas.
- Pour les objets chargés on mélange 30 pour 100 de résine uréique tamisée, ou son équivalent en gel, à 70 pour 100 de farine de bois.
- On peut aussi ajouter 10 pour 100 de poudre uréique ou son équivalent en gel, à 90 pour 100 de pâte à papier humide. On doit avoir des moules avec des évents pour l’élimination île l’humidité sans à-coups.
- Terminons en disant quelques mots de la méthode « au reflux ».
- On distille dans un récipient fermé sous le vide, à 40°. Le gel est moins humide (10 pour 100 d’eau, au lieu de 40 pour 100). Ce gel est coulé dans un moule à gélatine et sèche.
- On a actuellement beaucoup amélioré tout cela.
- Albert Hutin.
- L’INTRUS
- Je voulais appeler ces quelques notes « Anschluss ». On me fait remarquer, premièrement qu’il ne saurait y avoir rien d’aussi ridicule qu’un rapprochement entre les événements politiques et les faits naturels; deuxièmement que le fond même de la question diffère puisque ce n’est pas l’assaillant, l’intrus, qui annexe quelque chose ou quelqu’un, mais que c’est lui qui est l’annexé.
- Je laisse à nos lecteurs, si nous en avons, le soin de décider. *
- Voici d’ailleurs de quoi il s’agit. Devant nos croisées nous avons, attachée par quelques pattes, installé une planche à rebords. Sur cette planche sont placés tous les matins les reliefs de la volière; parfois aussi quelques morceaux de pain.
- A tous ceux qui ont la joie de dominer un parc ou un jardin, je donne cette facile manière de créer de la beauté; tous les oiseaux du voisinage, moineaux, merles, pigeons, tourterelles, rouges-gorges et mésanges viennent tour à tour se percher sur le rebord de la planche, puis, après avoir dégusté les graines qui s’y trouvent exposées et avant de tracer dans l’espace la courbe exquise de leur vol, ils nous donnent — en reconnaissance je pense — un petit échantillon de leur chant. Parfois même — c’est au merle que je fais allusion — il en est qui affirment leur gratitude avec trop d’ampleur et de véhémence, car si la voix du merle est harmonieuse dans le lointain d’un fourré, sur le rebord d’une croisée et quand il insiste, elle est assez fatigante.
- Parmi nos visiteurs, un moineau magnifique et hàrdi a franchi la ligne de démarcation et, sans crier gare, est venu s’installer sur la cage. On la lui a ouverte, il y est entré et, sans méfiance, avec la lourdeur d’un gros monsieur, qui, arrivé en retard, écrase les orteils de tous les occupants de l’orchestre, a foncé sur le groupe raffiné des pinsons, des rossignols, des tarins, des rouges-gorges, des fauvettes, des canaris et des chardonnerets. Famille délicate d’artistes de premier ordre qu’une pareille intrusion a scandalisée. Toute la troupe a fait bloc et s’est précipitée sur le moineau. Agile et preste, il a eu beau fuir à droite, à gauche, en haut, en bas, toujours il
- était rejoint, lardé de coups de becs, tiraillé par ses plumes, honni et malheureux.
- A-t-il, en langage d’oiseau, fait quelque soumission, je l’ignore, mais aprè^ un assez long combat la bande l’abandonna.
- 11 en profita pour se repaître avec goinfrerie; puis, oubliant la leçon reçue, il s’élança à nouveau au sein du groupe et de nouveau en fut honteusement expulsé.
- Des jours ont passé, les batailles ne se livrent plus guère, mais Pierrot continue à vivre dans le milieu où il est tombé sans en tirer autre chose qu’une nourriture abondante et les quelques coups de becs bien assénés que lui vaut sa turbulence. Et c’est à elle sans doute qu’il doit de rester l’intrus. Il m’a semblé, en effet, que ce monde ailé et sympathique par plus d’un point ressemble au nôtre et que les méthodes — oserai-je dire de travail ? — diffèrent d’une espèce à l’autre. Pour les moineaux s’agiter le plus possible, manger autant de graines et de bestioles que possible, constitue la charte du travail; pour les oiseaux chanteurs le calme — puis-je dire de la réflexion ? — succède à l’animation du bain et de la promenade et l’étude assourdie des chants que nous entendrons demain est la suite logique du repas dégusté ! Ainsi les hommes se divisent eux aussi en deux catégories de travailleurs; ceux qui besognent du matin au soir et qu’on est convenu d’appeler des vaillants; ceux qui réduisent Vapparence de l’effort au minimum et qui utilisent les heures de repos, qui résultent de cette manière de faire, à penser et à réfléchir; on les appelle souvent les paresseux. S’ils étaient oiseaux, c’est à eux sans doute que nous devrions les concerts sylvestres que nous aimons, les trilles et les admirables roulades qui des larynx délicats et fragiles montent dans l’atmosphère et enchantent les oreilles. Hommes, le fruit de leur pensée se traduit souvent en découvertes admirables, qui permettent à ceux du premier groupe de travailler sans trop de peine ou en poèmes merveilleux qui disent la beauté d’une nature qu’eux seuls savent faire comprendre.
- Augusta et Maurice Moll-Weiss.
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- PLIAGES DE PAPIERS
- LA GRENOUILLE SAUTEUSE
- Prenez une feuille de papier résistante, mais pas trop épaisse, car les plis sont nombreux. Coupez-la en carré parfait de dimension quelconque : vingt centimètres de côté vous donneront un bon résultat.
- Plaçant la feuille devant vous (lig. I) pliez-la suivant AB, ouvrez-la et pliez suivant CD, puis toujours en l’ouvrant chaque fois, pliez suivant les diagonales EF et GH, vous aurez tous les plis du même côté de la feuille. Cette condition est essentielle pour que vous puissiez arriver au résultat final.
- Retournez la feuille et marquez sur cette nouvelle face un
- de la fig. IV. Prenez NF à l’extérieur et appliquez sur FA. Faites de même pour FM que vous appliquez également sur FA. Ce faisant, A se soulèvera et sans permettre à FN et à FM de quitter FA, vous appliquez A sur le pliage vers la pointe O.
- Faites de même pour les trois autres faces semblables et vous obtiendrez la figure V. Appuyez fortement tous les plis en les glissant entre la pouce et l’index puis passez à la fig. VI. Pliez suivant le pointillé SF, pour que la ligne RF’ vienne coïncider avec OF. Faites de même pour l’autre côté de OF’,
- Fig. 1 à 7 (de gauche à droite). —• Les différentes phases de construction de la grenouille sauteuse. La dernière figure à droite représente la grenouille sauteuse terminée.
- nouveau pli, juste au milieu de ceux qui existent déjà. Vous y arriverez en faisant toucher la demi-diagonale OF au demi-pli OA (fig. II), puis les trois autres demi-diagonales aux demi-plis OD, OB, OC. Veillez à ce que tous les plis aboutissent exactement au point O.
- Vous avez fait le travail préliminaire : la moitié des plis étant faite sur un des côtés de la feuille et l’autre moitié sur l’autre côté, vous pouvez passer au pliage définitif. Ayez soin de ne pas retourner la feuille, prenez-la en O, de la main gauche et abattez les plis, à peu près comme si vous fermiez un parapluie (fig. III), les derniers pliages fox-més seront en l’elief et les premiers AB, CD, EF, GH en creux. Vous aurez huit plis creux, quatre petits formés par AB, CD et quatre longs pi’O-venant des diagonales EF, GH.
- Placez le pliage devant vous sur la table, dans la situation
- puis pour les trois faces semblables. Vous avez alors en F quatre pointes qui vont être les pattes : relevez deux pointes comme dans la fig. VII, cc sont les pattes de devant. Retournez le paquet de pliage et dégagez les pattes de derrière suivant le dessin. Vous donnerez à ces pattes les pliages successifs indiqués sur le croquis; ce sont eux qui font l’essort. Votre grenouille est tenninée. Si vous appuyez légèrement au point d’intersection des pattes et que vous retiriez rapidement le doigt en amère, la grenouille bondira en avant.
- Ainsi que je l’ai déjà fait observer, les dessins ixe sont pas tous à la même échelle et ceci afin de faciliter la compi'éliension du pliage.
- Alber.
- Remei’ciements à MM. Devaux à P. de V. et à M. G. Bi'enot de Paris pour leurs intéi-essantes communications.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN NOVEMBRE 1932 ('
- Très beau programme astronomique pour novembre : Une occultation des Pléiades par la Lune, le 13 et le 14, une occultation de Régulus par la Lune, le 21 ; les étoiles fdantes Léonides et Andromêdides, le retour de la planète Mars; de nombreux minima d’éclat de l’étoile Algol; des éclipses ou occultations des satellites de Jupiter, etc., etc.
- A noter la possibilité d’une importante recrudescence d’activité de l’essaim des Léonides, du 13 au 18 novembre. Phénomène à vérifier malgré l’obstacle qu’apportera le clair de Lune.
- I. Soleil. — Le Soleil, en novembre, descend de plus en plus dans l'hémisphère austral. Sa déclinaison, de — 14° 28' le 1er novembre, atteindra — 21° 40 le 30. Nous approchons des jours les plus courts. La durée du jour, qui sera de 9U 52ra le 1er novembre, ne sera plus que de 8h 33m le 30. Le Soleil en novembre, passe au méridien vers 11“ 35m. Donc à midi, il a parcouru plus de la moitié de sa trajectoire diurne. Ainsi la diminution de durée du jour se remarque surtout le soir : il fait jour à 7“ du matin et nuit à 17h.
- Voici le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure du passage du Soleil au méridien de Paris.
- La lueur anti-solaire pourra être recherchée, les 1er et 2 novembre, à minuit, vers s Belier et du 25 au 29, à minuit, dans le Taureau.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de novembre, seront les suivantes
- P. Q. le 5, à 6“ 50" P. L. le 13, à 7h 28"
- D. Q le 21, à 7“ 58m N. L. le 28, à 0“ 43»
- Dates Heure du passage
- Dates. Heure du passage.
- Age de la Lune le 1er novembre à 0" (T. U.) = -21,4 ; le 28 novembre, à 0" (T. U.) = 01,0. Pour une autre date du mois à 0\ ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 28. Et pour une heure donnée, ajouter 01,0417 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en novembre : le 2, à 0" = — 28°25' ; le 16, à 9" = + 28°19';le 29, à 12“ = —-28°16'.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre) le 13 novembre, à 10". Parallaxe = 53'57". Distance = 406 450 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 27 novembre, à 15". Parallaxe = 61'23''. Distance = 357 230 km.
- Occultations d’étoile par la Lune. — Le 8 novembre occultation de 60 B. Poissons (gr. 6,0). Immersion à 21“ 39m,5.
- Les 13 et 14 novembre, occultation des Pléiades : phénomène
- Novembre 1er 11" 34” 19" Novembre 17 11" 35“ 41" 19 ou q Taureau (Taygète) et
- — 3 11 34 18 — 19 11 36 6 tées, aux heures suivantes :
- — 5 11 34 20 — 21 11 36 35 Etoile Magnitude
- — 7 11 34 25 — 23 11 37 7 — —
- — 9 11 34 33 — 25 11 37 42 17 Electre 3,8
- — 11 11 34 45 — 27 11 38 21 19 TaygèU 4,3
- — 13 11 35 0 — 29 11 39 2 20 Maia 4,1
- — 15 11 35 19
- Immersion
- 22" 40”,5
- 22 49 ,5
- 23 5 ,5
- Emersion
- 23" 9”,5 0 10 ,5 0 26 ,5
- Observations physiques. — Certains amateurs ont pris l’excellente habitude d’observer chaque jour le Soleil, du moins chaque jour où cela est possible. En cela, ils ont raison. L’observation très fréquente du Soleil peut seule permettre de déceler un phénomène rapide comme on en a déjà observé. Pour l’orientation des dessins ou des photographies, on utilisera les données du tableau ci-âprès.
- Dates. P B0 L0
- Novembre ! 5 + 23o,90 + 3o,88 106o,76
- — 10 + 220,81 + 3o,33 40,84
- — 13 + 22°,06 + 2",99 1,29
- —. 15 + 21°,52 + 2°,76 334,93
- — 20 + 20°,05 + 2°,16 269,01
- —. 25 + 18o,40 + 1°,54 203,11
- — 30 + 16°,58 + 0°,91 137,22
- P désigne l’angle de position de l’axe de rotation du Soleil, compté en sens inverse de la marche des aiguilles d’une montre, à partir du point nord du disque.
- B0 et L0 sont respectivement la latitude et la longitude héliographiques du centre du disque ou encore du centre de la Terre vu du centre du Soleil.
- Lumière zodiacale; lueur anti-solaire. — La lumière zodiacale sera bien visible le matin, surtout au début du mois, époque où la Lune ne gênera pas les observations.
- 1. Toutes les heures données dans le présent « Bulletin astronomique » ont pour base le temps universel (T. U.), ou temps de Greenwich, compté de 0" à 24" , à partir de 0" (minuit).
- tâtions, à la carte spéciale des Péliades que nous avons donnée au Bulletin astronomique du N° 2884, du 1er juillet 1932, fig 1.
- La Lune sera presque pleine. Les immersions auront lieu au bord est ou nord-est; les émersions au bord ouest ou sud-ouest.
- Le 18 novembre, occultation de 35 B. Cancer (gr. 6,4). Emersion à 23" 57m,5.
- Le 12 novembre, occultation de a Lion (Régulus) (gr. 1,4).
- Immersion à 7" 58™,0. Emersion à 8" 57”,5. La Lune sera au dernier quartier; L’étoile disparaîtra derrière le bord éclairé et réapparaîtra derrière le bord obscur. Le Soleil se levant, à Paris, ce jour-là, à 7" 10m, on voit que le phénomène sera entièrement visible en plein jour. Il faudra, pour le suivre, une bonr.c petit lunette montée sur un pied stable.
- Très curieux phénomène recommandé aux amateurs des curiosités célestes.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la pleine Lune du 13 et surtout de la nouvelle Lune du 28 novembre. Voici quelques-unes de ces plus grandes marées, pour Brest :
- Dates. Marée élu malin. Marées du soir.
- -- —— i~—^... " -- - —— . ——
- Heure. Coefficient. Heure. Coefficient.
- Novembre 26 1" 55'" 85 14" lo- 90
- — 27 2 43 94 is 5 97
- — 28 3 28 99 15 53 100
- •— 29 4 19 99 16 43 97
- — 30 5 7 94 17 33 90
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- Le phénomène du Mascaret, en raison de l’amplitude assez faible des marées n’est pas annoncé ce mois-ci.
- 111. Planètes. —- Le tableau ci-après, qui est dressé d’après les éléments de VAnnuaire astronomique Flammarion pour 1932 renferme les principales données pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de novembre 1932.
- minuit. Il nous présente cette fois son pôle boréal et nous allons pouvoir assister à la fusion des neiges polaires. Mars se trouvera en quadrature occidentale avec le Soleil le 29 novembre à 15“. L’opposition prochaine de Mars sera une opposition aphélique, et la planète sous-tendra, au maximum, 13" de diamètre. L’observation des petits détails en souffrira, en raison de l'éloignement de la planète.
- ASTRE Dates : Novem. Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris ('). Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 1 6 6“ 46m 11“ 34m 22s 16‘ 22m 14“ 46“ — 16° 1 32'20",0 Balance
- Soleil . . . 16 7 2 11 35 30 16 9 15 26 — 18 46 32 24",6 Balance > ))
- 26 7 17 11 38 1 15 59 16 8 — 20 58 32 28",2 Scorpion
- 6 8 54 12 59 17 3 16 7 — 23 24 5,6 8 Scorpion 1 Le soir, au milieu du
- Mercure . . 16 9 16 13 9 17 1 16 57 — 25 18 6,8 Scorpion mois. Plus grande élon-
- 26 8 49 12 47 16 45 17 18 — 24 28 8,6 6 Scorpion | gation le 14.
- 6 3 9 9 10 15 11 12 19 — 0 20 14,8 Vierge
- Vénus . . . 16 3 35 9 15 14 56 13 4 — 4 49 14,0 a Vierge Très belle, le matin.
- 26 4 2 9 22 14 42 13 50 — 9 15 13,4 Vierge
- 6 23 35 6 46 13 57 9 46 + 14 27 6,2 a Lion
- Mars. . . . 16 23 23 6 26 13 29 10 15 + 12 54 6,6 p Lion Seconde partie de la
- 26 23 8 6 4 13 0 10 33 + 11 25 7,0 p Lion nuit.
- J upiter. . . 16 1 5 7 32 13 58 11 22 + 5 17 32,0 5 Vierge Le matin, avant l’aurore.
- Saturne . . 16 51 56 16 17 20 38 20 8 — 20 42 14,4 4 Capricorne Dès l’arrivée de la nuit.
- Uranus. . . 16 14 47 21 23 3 59 1 16 + 7 18 3,6 £ Poissons Presque toute la nuit.
- Neptune . . 16 0 15 5 57 13 40 10 47 + 8 34 2,4 p Lion Seconde partie de la nuit
- 1. Cetté colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Mercure atteindra sa plus grande élongation du soir le 14 novembre, à 22°27' à l’Est du Soleil. Mais il sera visible en de très mauvaises conditions d’observation, en raison de sa forte déclinaison australe. Voici la phase et la magnitude stellaire de Mercure en novembre 1932 :
- Dates. Disque illuminé. Diamètre. Magnitude stellaire.
- •—• — —• —.
- Novembre |er 0,85 5",3 — 0,2
- — 6 0,79 5",8 — 0,2
- — 11 0,71 6",1 — 0,1
- — 16 0,60 6",7 0,0
- —- 21 0,45 7",5 + 0,2
- — 26 0,25 8",6 + 0,7
- Vénus est toujours admirablement visible dans le ciel du matin. Elle se lève environ 3 heures avant le Soleil.
- Le 16 novembre, Vénus présentera, au télescope, l’aspect du dessin n° 11 de la figure 1 du Bulletin astronomique pour mai 1932, n° 2878. Voici, comme pour Mercure, la phase, le diamètre
- et la magnitude stellaire de Vénus : Disque Dates. illuminé. Diamètre. Magnitude stellaire.
- Novembre |er 0,73 15",3 -3,6
- — 6 0,75 14",9 — 3,6
- —- 11 0,77 14",4 — 3,5
- — 16 0,78 14",1 — 3,5
- — 21 0,80 13",7 — 3,5
- — 26 0,81 13'*,4 — 3,5
- Mars devient maintenant bien visible, se levant avant
- On pourra commencer dès maintenant les observations physiques de Mars, mais le diamètre apparent très faible (moins de 7 secondes) limitera singulièrement le nombre des détails visibles. Une lunette puissante sera, pour le moment, fort utile pour ces observations.
- En novembre, Mars présentera une petite phase, il ne sera pas circulaire. Cette phase sera de 0",6 pour un diamètre de 6",4 environ.
- Vesta, la 4e des petites planètes dans l’ordre des découvertes atteint parfois la visibilité à l’œil nu. Elle va passer en opposition le 22 novembre prochain et atteindra la magnitude 7,0. Elle sera donc visible avec une jumelle. Du 21 au 23 novembre, elle passera très près de l’étoile X du Taureau.
- Voici quelques positions de Vesta pour le mois de novembre :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison.
- Novembre 5 4“ 14m,8 + 12° 42'
- — 13 4 7 ,2 + 12 27
- — 21 3 58 ,8 + 12 15
- — 29 3 50 ,2 + 12 8
- Jupiter devient bien visible le matin, avant l’aurore. En novembre, il se déplacera entre les étoiles <7 et 83 du Lion.
- Une de ses curiosités est certainement l’observation des configurations changeantes des satellites qui gravitent autour de lui. On pourra observer, en novembre, les phénomènes ci-après.
- Dans le tableau suivant : E.c. ou E.f. signifient, commencement ou fin d’une éclipse d’un satellite dans l’ombre que Jupiter projette derrière lui par rapport au Soleil; P.c. ou P.f. : commencement ou fin du passage d’un satellite devant le disque de Jupiter. O. c. ou O. f. : commencement ou fin du passage
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- du cône d’ombre d’un satellite sur la surface de Jupiter. Im. ou Em. : disparition ou réapparition d’un satellite passant derrière la planète.
- Phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Dates. Nov. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Dates. Nov. Heure Satel- lite. Phéno- mène.
- 3 4" 13“ II O. c. 20 5" 22” I O. f.
- 3 4 27 III P. f. 20 6 31 I P. f.
- 3 6 12 II P. c. 21 2 12 IV E. c.
- 4 4 50 I O. c. 21 2 52 III Em.
- 4 5 51 I P. c. 21 3 33 II P. f.
- 5 3 26 II Em. 21 3 46 I Em.
- 5 5 24 I Em. 21 6 26 IV E. f.
- 6 2 37 I P. f. 26 6 22 II E. c.
- 10 4 25 III O. f. 27 5 0 I O. c.
- 10 5 25 III P. c. 27 6 11 I P. c.
- 12 4 0 I E. c. 28 2 12 III E. f.
- 12 6 10 II Em. 28 2 14 I E. c.
- 13 2 18 I P. c. 28 3 31 II P. c.
- 13 2 36 IV P. c. 28 3 45 III Im.
- 13 3 29 I O. f. 28 3 51 II O. f.
- 13 4 34 I P. f. 28 5 41 I Em.
- 13 6 24 IV P. f. 28 6 10 II P. f.
- 17 5 1 III O. c. 28 6 58 III Em.
- 19 3 46 II E. c. 29 1 44 I O. f.
- 19 5 53 I E. c. 29 2 55 I P. f.
- 20 3 6 I O: e. 30 1 12 IV P. f.
- 20 4 15 I P. c.
- Le 10, à 21h, Uranus, en conjonction avec la Lune, à Le 16, à 13", Vénus —• 0 Vierge
- Le 21, à 18“, Mars Le 22, à 5", Neptune Le 22, à 23h, Jupiter Le 23, à 11“, Mercure
- Le 23, à 12“, Vénus
- Le 25, à 18", Vénus Le 28, à 22", Mercure
- 3° 57' S. (gr. 3,5), à 0° 7' N. la Lune, à 1° 16' N. la Lune, à 0° 32' N. la lune, à 1°51' N. 0 Ophiuchus (gr.
- 3,5), à 0° 3' S. m Vierge (gr. 6,4), à 0° 13' N. la Lune, à 5° 58' N. la Lune, à 4° 8' N.
- Etoile Polaire; temps sidéral. — Voici quelques passages de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- Dates.
- Novembre 6 — 16 — 26
- Passage.
- Supérieur
- Temps sidéral Heures. à 0" (T. U.)
- 22" 26“ 6S 21,46 44 21' 7 20
- 2" 59” 593
- 3 39 25
- 4 18 50
- Étoiles variables. — Minima d’éclat de l’étoile variable Algol ([1 Persée), visibles à l’œil nu : le 1er novembre, à 0"28'"; lé 3, à 21"17”; le 6, à 18»6”; le 18, à 5"23”;le 21, à 2"12m;le 13, à 23"1“; le 27, à 19"50”.
- Minima d’éclat de l’étoile variable (i Lyre : 8 novembre, 21 novembre.
- Le 2 novembre, maximum d’éclat de T Baleine;
- Le 14 —• — de R Serpent;
- Le 17 — — de R Cygne;
- Le 21 — — de U Orion.
- Saturne est encore un peu visible, bas sur l’horizon, dès la tombée de la nuit.
- Voici les éléments de l’anneau à la date du 15 novembre :
- Grand axe extérieur............................. 36",45
- Petit axe extérieur.............................+ 13",21
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau, -j- 21°,25 Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau, -j- 19°,44
- Etoiles filantes. — Le mois de novembre a été caractérisé, autrefois, par de magnifiques chutes d’étoiles filantes. De nos jours un certain nombre de radiants sont actifs à cette époque
- de l’année. En voici la liste :
- Epoque. Ascension Déclinaison Étoile
- droite. voisine.
- On pourra encore observer Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, lors de ses élongations maxima :
- Dates. Élongation. Heure.
- Novembre 4 Orientale 17", 7
- — 13 Occidentale 0h,4
- — 20 Orientale 17h,6
- — 29 Occidentale - 0h,5
- Uranus est encore visible presque toute la nuit. On pourra le trouver à l’aide de la petite carte donnée au Bulletin du n° 2889. Une jumelle suffit pour voir Uranus. Avec une bonne lunette, il présente un petit disque bleuâtre de 4" de diamètre environ.
- Neptune va se trouver très prochainement en quadrature occidentale avec le Soleil. On le trouvera aux positions suivantes en novembre .
- Dates. Ascension Déclinaison. Diamètre
- droite. apparent.
- Novembre 6 10" 47“ + 8°38' 2",4
- — 16 10 47 + 8° 34 2",4
- — 26 10 48 + 80 32 2",4
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 4, à 3", Mercure en conjonction avec o Scorpion (gr. 2,4) à 0° 22' N.
- Le 4, à 5", Saturne — le Lune, à 3° 20' N.
- Le 5, à 8", Vénus — 7) Vierge (gr. 3,9), à 0° 15' N.
- Novembre | er au 4 43° + 22« e Bélier
- — q er au 8 58 + 20 A Taureau
- — 13 et 14 53 + 32 o Persée
- •— 13 au 18 149 + 23 C Lion
- — 13 et 14 279 + 56 2348 Bradley
- — 16 au 28 154 + 40 u. Grande Ourse
- — 17 au 23 25 + 43 y Andromède
- — 20 et 27 62 + 22 w2 Taureau
- — 28 328 + 62 a Céphée.
- Les Lêonides, dont le radiant est voisin de l’étoile £ Lion, donnent, du 13 au 18 novembre, des météores rapides, laissant des traînées. D’après le P1’ Shapley, de Harvard College, on pourrait, cette année, s’attendre au retour du grand essaim de ces météores. A observer avec soin. Malheureusement la Lune sera pleine et gênera considérablement les observations.
- Les Andromédides, dont le radiant est voisin de l’étoile y Andromède, donnent, de 17 au 23 novembre, des météores lents, avec tramées.
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le 1er novembre, à 21", ou le 15 novembre à 20", est celui-ci :
- Au Zénith : Cassiopée; Andromède; Persée.
- Au Nord : La Petite Ourse; Céphée; la Grande Ourse;
- A l’Est : Les Gémeaux; le Cocher; le Taureau; Orion.
- Au Sud : Pégase; le Bélier; le Verseau; les Poissons; la Baleine; à l’extrême sud : le Poisson Austral avec Fomalhaut.
- A l’Ouest : Le Cygne; l’Aigle; la Lyre.
- Au Sud-Ouest : Le Capricorne. Em. Touchet.
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- LA RADIOPHONIE PRATIQUE =
- LA RÉGULATION DU COURANT D’ALIMENTATION DANS LES POSTES-SECTEUR
- L’ALIMENTATION DES POSTES-SECTEUR ET LES VARIATIONS DU COURANT DU SECTEUR
- Pour assurer le bon fonctionnement d’un radio-récepteur il est nécessaire de maintenir aussi constantes que possible les tensions sous lesquelles sont alimentées les cathodes et les anodes des lampes.
- Avec l’alimentation par accumulateurs, ou même par batteries de piles, il n’y avait pas à craindre de variations brusques et momentanées de tension.
- Avec le courant alternatif du réseau de distribution, il n’en est plus de même. Dans les grandes villes, la tension, en général, est suffisamment stable, mais en province, à la campagne et même dans la banlieue parisienne, elle est soumise à des sautes brusques qui la font varier de 10 à 20 pour 100 et même davantage. Sur certains secteurs de la banlieue parisienne ou de la province dits de « 110 volts » on peut constater aux heures « creuses » des surtensions de 125 ou 130 v, et, au contraire, aux « pointes », des sous-tensions de 95 ou même 90 v.
- Ces variations agissant sur le transformateur de chauiï'age d’un poste-secteur, peuvent faire varier le voltage du secondaiie entre 3,2 v et 4,8 v, par exemple, et provoquer des désordres graves dans le fonctionnement du poste, par sous-alimentation ou surchaulîage des cathodes.
- L’auditeur redoute avec juste raison la mise hors service prématurée des lampes à chauiï'age indirect dont le jnix est élevé. Seules les surtensions sont à craindre à ce point de vue, et les sous-tensions ne peuvent être nuisibles que pour l’amplification obtenue.
- La fabrication des tubes à cathodes chauffées indirectement a été perfectionnée au cours de ces derniers mois, de sorte que les éléments d’émission électronique sont plus robustes et peuvent résister plus facilement à des surtensions. Il n’en est pas moins vrai que la température de la cathode est fonction de la tension appliquée à l’élément chauffant; lorsque celle-ci est trop élevée, la cathode peut être détériorée, par suite de la température excessive à laquelle elle est portée.
- Inversement, si la température de la cathode, par suite d’un manque de tension, est trop basse, l’émission électronique est trop faible; en même temps, et ailleurs, la tension anodique baisse, puisque la valve de redressement est alimentée par le même transformateur.
- Il en résulte des variations de réglage, plus désagréables encore sur les postes à réglage unique, des variations d’amplification, des amorçages d’oscillations locales parasites, etc.
- Les surtensions ne sont pas seulement nuisibles, d’autre part, pour les cathodes, mais aussi pour la plupart des éléments du poste, en particulier j>our les condensateurs de filtrage qui, soumis à des efforts brutaux et répétés, peuvent « claquer » rapidement, malgré la qualité de leur fabrication.
- Les variations de tension du secteur se rangent en deux catégories : les variations continuelles apériodiques, les variations de longue durée se produisant à des heures plus ou moins régulières.
- Les variations irrégulières, comportant constamment des surtensions et des sous-tensions, proviennent des appareils producteurs de courant eux-mêmes; elles sont, heureusement, assez rares.
- Par contre, les fluctuations périodiques quotidiennes sont
- généralement plus importantes, et par conséquent plus dangereuses, surtout pour la durée des lampes. Elles proviennent des surcharges imposées à certaines heures à des canalisations et à des transformateurs insuffisants.
- Pour remédier à cet inconvénient inhérent à l’alimentation sur secteur, il existe aujourd’hui différents types de dispositifs régulateurs. Les uns sont manuels, et ne peuvent s’opposer alors évidemment qu’aux variations de tension de la deuxième catégorie, les autres sont automatiques.
- UN PROCÉDÉ GÉNÉRAL RECOMMANDABLE
- Les surtensions pouvant réduire fortement la durée de service utile du filament, il vient immédiatement à l’esprit de chauffer les filaments ou les éléments chauffants avec un courant d’une tension minimum compatible avec le fonctionnement normal du tube à vide. Les constructeurs des lampes à chauffage indirect indiquent toujours la valeur de la tension normale de fonctionnement et de la tension maximum du courant de chauffage des cathodes.
- On a donc intérêt à choisir un type de transformateur d’alimentation donnant au secondaire un courant correspondant environ à cette tension minimum, dans les conditions d’utilisation. S’il se produit ainsi des surtensions accidentelles, elles ne peuvent dépasser un certain maximum, inoffensif pour la cathode. Ainsi, pour une lampe pouvant être chauffée entre 3,G v et 4 v, on choisira un transformateur fournissant au secondaire pour le débit nécessaire une tension d’environ 3,7 v et non de 4 v, lorsque le primaire est parcouru par un courant de 110 v. De cette manière, s’il se produit des surtensions, elles ne dépasseront pas 4 v, et la protection des lampes sera assurée.
- UN PREMIER SYSTÈME DE RÉGULATION SIMPLE : LE SURVOLTEUR-DÉVOLTEUR
- Le procédé que nous venons d’indiquer n’est pas toujouis suffisant et du reste est sans action contre les sous-tensions. Toutes les fois qu’il s’agit d’éviter seulement l’influence d’irrégularités de tension d’assez longue durée, se produisant à des heures bien déterminées de la journée, on peut avoir recours à un dispositif très simple, s’adaptant entre la prise de courant et le poste : un survolteur-dévolteur.
- Cet appareil se compose d’un auto-transformateur, ou transformateur à un seul enroulement, dont le rapport est normalement 1/1, mais qu’on peut faire varier suivant les fluctuations du courant. Pour s’opposer aux sous-tensions, on augmente le nombre des spires du primaire en circuit; au contraire, pour faire disparaître les effets des surtensions, on diminue le nombre des spires du primaire ; on peut ainsi obtenir des variations régulatrices de 10, 20 et 30 pour 100. Mais il est bien évident que cet appareil simjjle doit être combiné avec un voltmètre suffisamment précis, afin que l’opérateur puisse toujours s’opposer d’une manière convenable aux variations de tension du courant en dessus ou en dessous de la normale.
- La figure 1 donne le schéma d’un dispositif de ce genre. Sept prises à plots permettent de faire varier le primaire en circuit à l’aide d’un commutateur tournant. Le plot 4 correspond à une tension normale du secteur, les trois premiers plots permettent d’obtenir une tension inférieure, les trois derniers une tension supérieure; un voltmètre comportant
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- un trait rouge de repère sert à ramener le courant d’alimentation du poste à la tension normale en manœuvrant le commutateur à gauche ou à droite.
- Il existe des distributions à 220 v; quand on veut faire fonctionner à l’aide d’un tel courant un poste étudié poulie courant usuel de 110 v, le système dévolteur - survolteur peut être combiné avec une prise spéciale du bobinage auto-transformateur, ou avec un bobinage primaire spécial séparé, de manière à permettre indifféremment l’alimentation du poste 110 v sur le réseau 110 ou 220 v (lig. 2). Le survolteur-dévolteur est un appareil simple qui peut rendre de grands services pour des secteurs déterminés à variations périodiques de tension, mais il n’est efficace que si l’auditeur veut bien prendre la peine de le régler, ce qui est très facile et presque instinctif avec un peu d’habitude.
- UN RÉGULATEUR AUTOMATIQUE SIMPLIFIÉ :
- LA LAMPE HYDROGÈNE
- Fig. 1. — Le plus simple des dispositifs survolteurs-dcvolteurs pour régulation du courant d’alimentation d'un poste - secteur (type Hewittic).
- Pour obtenir une régulation automatique de la tension, il vient à l’idée d’utiliser un système intercalé dans le primaire d’alimentation, dont la résistance augmente lorsqu’il y a surtension et au contraire diminue lorsqu’il y a sous-tension. Le plus simple des dispositifs de ce genre est constitué par une lampe régulatrice fer-hydrogène; le principe en est connu depuis longtemps déjà; elle a même figuré sur les amplificateurs allemands pendant la guerre, pour le réglage du courant de chauffage des filaments.
- On sait qu’en général, la résistivité d’un fil métallique augmente quand la température s’élève; c’est le phénomène utilisé dans la lampe fer-hydrogène.
- Elle est constituée par un filament de fer pur très fin, enfermé dans une atmosphère d’hydrogène pur et sec sous quelques centimètres de pression (fig. 3).
- Le fer a été choisi parce que, à partir d’une certaine température, une faible augmentation de la température détermine une forte augmentation de résistance. L’atmosphère de gaz inerte constituée par l’hydrogène bon conducteur de la chaleur permet, d’autre part, une rapide propagation de réchauffement, tout en empêchant l’oxydation du filament à haute température.
- Fig. 2. — Survolleurs-déüolleurs disposés pour l'alimentation des postes à volonté sur 110 ou sur 220 volts.
- A. Système à un seul enroulement. B. Système à deux enroulements (type Ferrix).
- Si l’on applique ainsi aux bornes d’une résistance fer-hydrogène une tension croissante, la température du filament croît, ainsi que l’in-tensilé du courant qui traverse l’ampoule. Lorsque la température du filament atteint une zone con-- venable, à partir du moment où il commence à rougir, tout accroissement de température entraîne une augmentation considérable de la résistance interne; l’intensité du courant traversant l’ampoule reste pratiquement constante même pour une élévation importante de la tension.
- Le fonctionnement de ce système simple peut être satisfaisant, mais à la condition expresse d’employer l’ampoule dans des conditions absolument déterminées, parce que la lampe régulatrice tend à maintenir la constance de l’intensité et non la constance de la tension du courant.
- Etablissons la courbe caractéristique d’une lampe fer-hydrogène en lui appliquant des tensions croissantes, et en notant les intensités correspondantes, nous obtenons une forme de courbe représentée schématiquement sur la figure 4.
- On voit sur cette courbe une zone de régulation, pour laquelle l’intensité que laisse passer la résistance reste sensiblement constante malgré l’augmentation de la tension. Cette zone s’étend entre deux tensions Yj et V2, qui, dans les modèles actuels, sont dans le rapport de 1 à 3. Les valeurs de It et de I.), intensités limites correspondantes, ne diffèrent de l’intensité moyenne que de 5 pour 100 au minimum.
- Au-dessus et au-dessous de la zone de régulation, la tension aux bornes et l’intensité suivent à peu pics la loi d’Olim. L’effet de régulation ne se produit que si l’intensité du courant qui traverse la résistance est comprise entre des limites très rapprochées, et bien déterminées. 11 est donc indispensable de déterminer avec soin le type de lampe à adopter suivant le type de poste à alimenter, et le transformateur utilisé.
- Le montage de la résistance dans le primaire du transformateur d’alimenta'ion crée normalement une chute de tension. On ne- disposera plus ainsi, par exemple, que de 110-40 v, au lieu de 110 v, si la chute de tension dans l’ampoule est de 40 v. Il faut tenir compte de ce fait, et le transformateur doit être établi pour une tension primaire égale à la tension du réseau, moins la chute de tension moyenne du régulateur.
- D’un autre côté, la consommation du transformateur en charge doit correspondre aussi exactement que possible à l’intensité moyenne de régulation.
- Avant d’établir ou d’utiliser un régulateur à fer-hydrogène, il est donc indispensable de connaître avec précision l’intensité du courant demandée par le transformateur établi
- Fig. 3.
- Principe d’une
- ampoule, régulatrice fer-hy-drogène.
- Une ampoule à culot à vis (type Visseaux).
- Fig. 4. — A. Principe de l'emploi des tubes au néon pour régulariser le courant de tension-plaque; B. Un ensemble d’alimentation complet avec deux lampes au néon en série (montage Touly-Hewittic).
- —js'rnntTn-----mwmv
- =4=
- Tube au néon
- Redresseur
- ters le poste
- Redresst ur
- Tube au néon
- Redresseur
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- d’ailleurs, spécialement. Cette intensité dépend de la charge du circuit secondaire, c’est-à-dire du nombre et du type de lampes du poste.
- Si W est la puissance nécessaire pour alimenter le poste, si on appelle Vj et Vâ les valeurs extrêmes de la tension du réseau, V la valeur moyenne de la tension, et I l’intensité moyenne du courant de régulation, on peut démontrer facilement que :
- t w
- V-(V,-V,)
- Cette formule très simple permet de déterminer immédiatement le type de lampe régulatrice convenable pour un usage déterminé. Les modèles sont désignés par les tensions extrêmes de régulation, et par l’intensité moyenne du courant.
- Comment monter une lampe de ce genre ? 11 suffit théoriquement de la disposer en série dans le primaire du transformateur (fig. 5 A). Mais pratiquement les lampes à chauffage indirect sont surtout sensibles aux surtensions, et la perte de puissance pendant les sous-tensions est assez lente.
- Si nous considérons la courbe caractéristique réelle d’un tube fer-hydrogène, il est donc préférable de ne pas choisir le point de fonctionnement normal en A, au milieu du « palier de régulation », comme on pourrait théoriquement le croire, mais en B, au premier tiers environ de ce palier. On dispose
- Chauffage
- Secteur
- Secteur
- Tension
- plaque
- Tension
- plaque
- Régulateur
- Secteur
- Alimentation du poste
- Fig. 5. — Les différents montages de régulateurs fer-hydrogène.
- A, montage simple. B, Avec résistance réglable. C, Bloc régulateur d’alimentation.
- ainsi d’une grande marge au survoltage, et d’une plus faible, mais suffisante encore au dévoltage. Ici 35 v et 15 v respectivement (fig. 4).
- Le nombre de types de résistances est cependant forcément limité; on conçoit donc qu’il soit fort difficile de se placer exactement dans les conditions optima de fonctionnement. C’est pourquoi il est bon d’utiliser un dispositif correcteur permettant d’obtenir un effet compensateur exact, ainsi que le recommandent les fabricants spécialistes, entre autres les établissements Yisseaux.
- En parallèle avec le primaire du transformateur, on dispose une résistance réglable de 1500 ohms à 2000 ohms, pouvant dissiper normalement 10 à 15 w au minimum, une résistance au mica, par exemple, avec « cavalier » bloqué à la position convenable (fig. 5 B).
- Le transformateur étant en pleine charge, le poste fonctionnant, on dispose un régulateur dans le circuit, en choisissant un modèle admettant une intensité de 0,10 ou 0,05 ampère de plus que la consommation du primaire du transformateur. On dispose un bon voltmètre électromagnétique aux bornes du régulateur, et, en agissant sur la résistance réglable, on détermine une chute de tension correspondant au point de fonctionnement optimum.
- Sur le même principe, on peut constituer un bloc régulateur additionnel complet, se plaçant entre la prise de courant
- et un poste récepteur quelconque, dont on connaît approximativement la consommation. Ce bloc comporte un transformateur permettant d’obtenir une tension régularisée de 110 v au secondaire, et contient une résistance de compensation dans le primaire, et une autre dans le secondaire (fig. 5 C).
- On trouve dans le commerce des blocs régulateurs de ce genre. Ils permettent d’obtenir un effet de régulation de ± 20 v, la variation est réduite au quart environ. L’adaptation du bloc à l’appareil à alimenter se fait facilement en agissant sur une manette, d’après les indications d’un voltmètre de repère, servant en même temps de témoin constant de bon fonctionnement (fig. 6).
- On voit ainsi que, malgré leur simplicité apparente, les régulateurs fer-nickel sont d’un emploi relativement délicat. Leur consommation piopre, et réchauffement qu’ils produisent sont des inconvénients très limités; les effets nuisibles produits par toute variation de charge du transformateur sont plus graves, lorsqu’il n’existe pas de système compensateur.
- Ces dispositifs sont cependant susceptibles de rendre des services utiles aux amateurs avertis, ou aux constructeurs, et de permettre la réalisation de blocs de régulation à l’intention des usagers.
- LES RÉGULATEURS ÉLECTROMÉCANIQUES
- On pourrait avoir l’idée d’établir des dispositifs électromécaniques commandant la mise en circuit dans le primaire du transformateur de résistance de valeur variable, suivant la tension du courant d’alimentation; ce courant (redressé), traversant également le dispositif de commande, un électroaimant par exemple (fig. 7).
- Des dispositifs de ce genre sont employés avec succès dans d’autres problèmes de régulation, pour la régulation de la vitesse des moteurs d’entraînement des projecteurs cinématographiques sonores, par exemple. Il ne semble pas, cependant, qu’on ait réussi à construire des appareils pratiques de ce genre dans le but qui nous occupe ici. P. Hémardinquer.
- (A suivre).
- Adresses relatives aux
- APPAREILS DÉCRITS :
- Ferrix-Solor, 5, rue Mazet, Paris.
- Hewitic, 5, rue du Pont,
- Suresnes (Seine).
- Visseaux-Radio, 87, quai Pierre-Scize, Lyon.
- Elcosa, 26, rue de la Pépinière, Paris.
- 329
- Fig. 6. — Bloc de régulation semi-automatique Elcosa à lampe fer-hydrogène.
- Fig. 7. —- Dispositif électromécanique régulateur.
- Résistance variable
- Court régularisé -Armature mobile
- électro-
- aimant
- Courant à régulariser
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- LIVRES NOUVEAUX
- Armais of the Astrophysical observatory of the Smithsonian Institution. (Vol. V), by c.-G. Abbott, L.-B. Aldrich et F.-E. Fowle. 1 vol. illustr., 296 p., 33 fig., 10 pl. hors texte. Government Printing Office Washington, 1932.
- L’Observatoire de la Smithsonian Institution des États-Unis, se consacre à l’étude quotidienne de la radiation solaire en vue d’en déceler et d’en mesurer les variations. Le présent ouvrage résume les travaux effectués dans les 10 dernières années, au cours desquelles ont été organisés aune station permanente au mont Montezuma (Chili), un observatoire à Mount Harqua Ala (Arizona) transféré ultérieurement à Table Mountain (Californie) et une station au Mont Brultke-ros (Afrique du Sud). On trouvera ici la description des perfectionnements successifs apportés aux appareils de mesure de la radiation solaire, ainsi que des méthodes de mesure et des procédés de correction employés, et surtout le relevé des chiffres observés dans les différentes stations.
- Barrages conjugués et installations de pompage,
- par G. Laporte. 1 vol. XL 144 p., 20 fig. Gauthier-Villars. Paris, 1932. Prix : 35 fr.
- Les usines hydroélectriques fonctionnant à l’aide d’un barrage à grande réserve d’eau ont été amenées à créer à l’aval, un bassin, dit de compensation, destiné à éviter aux riverains d’aval des fluctuations trop violentes dans le débit de la rivière. D’autre part, aux heures où la clientèle demande peu de courant, pour utiliser au mieux la puissance installée de l’usine, on fait souvent fonctionner celle-ci pour pomper de l’eau dans un réservoir artificiel, assez élevé, l’énergie ainsi emmagasinée étant restituée aux heures de pointe. La création de ces réservoirs artificiels est très coûteuse. L’auteur, considérant deux barrages avec usines hydrauliques sur une même rivière, comprenant entre eux le bassin de compensation du barrage amont, envisage le pompage dans l’un des réservoirs d’amont, il étudie et discute à fond les diverses solutions qui peuvent être données au problème ainsi posé. Dans de nombreux cas, elles se révèlent avantageuses et économiques.
- Les mines et les carrières en Algérie, par D. Dus-sert et G. Bétier. 1 vol. 410 p., 50 planches illustrées et 25 cartes et tableaux hors texte. Larose, Paris, 1932.
- Dans cet ouvrage qui appartient à la collection du Centenaire de l’Algérie, les auteurs présentent un bilan détaillé et critique des richesses minérales de l’Algérie. Leurs fonctions les désignaient pour cette œuvre; feu l’inspecteur général des Mines Dussert a passé 20 ans de sa carrière en Algérie; la mort l’a empêché d’achever la rédaction du présent livre; son successeur, M. Bétier, l’a reprise et terminée.
- L’ouvrage donne tout d’abord des renseignements généraux sur la nature et le mode de gisement des produits que recèle le sous-sol de l’Algérie; puis il relate l’histoire de la découverte et de la reconnaissance des gisements; il décrit leur exploitation actuelle, il termine enfin par un coup d’œil sur l’avenir de l’industrie minière en Algérie. Celui-ci semble devoir rester relativement modeste. Les deux principaux produits : le minerai de fer et le phosphate paraissant limités dans leur développement, l’existence en abondance de la houille et du pétrole restant problématique, et les minerais métalliques les plus répandus en Algérie,le zinc et le plomb, se trouvant trop rares et trop disséminés pour donner lieu à une exploitation constamment rémunératrice.
- Faune de France. 23. Diptères Chironomidæ IV, par M. Gœtghebuer. 1 vol. in-8, 204 p., 315 fig. Paul Lechevalier, Paris, 1932. Prix : 45 fr.
- L’œuvre collective de l’Office central de faunistique se poursuit régulièrement. Voici son 23e volume, et le 40 consacré aux Diptères de la famille des Chironomidés. Il traite de 4 sous-familles encore bien peu étudiées en France, dont le nombre des espèces doit être grand à en juger par les récoltes faites dans les pays voisins. C’est dire que ce livre pourra initier des entomologistes à la recherche de formes, nouvelles pour notre pays. Selon la règle de la Faune de France, on trouve tous les renseignements de biologie précédant la description minutieuse des genres et des espèces et ensuite une bibliographie complète.
- La culture des tissus, par Boris Ephrussi. 1 vol. in-8, 236 p., 95 fig. Collection des actualités biologiques. Gauthier-Villars, Paris, 1932. Prix : 45 francs.
- Depuis une vingtaine d’années, la culture des tissus s’est révélée comme une technique très riche d’exploration des fonctions cellulaires. On a réussi à isoler quelques espèces de cellules et à les conserver vivantes in vitro, à les faire multiplier et certaines cultures se poursuivent ainsi depuis fort longtemps sans traces d’épuisement ni de
- déchéance. L’auteur qui pratique très habilement ces méticuleuses techniques les décrit et en indique les résultats les plus récents dans le premier volume parq de cette nouvelle collection de monographies. Il discute entre autres les caractères de cette croissance, les modifications cellulaires qu’on y observe, les facteurs qui l’activent ou l’empêchent. C’est tout un nouveau domaine qui s’entr’ouvre, qui donne actuellement de riches espoirs et présente un vif intérêt.
- Manuel scientifique d’éducation physique, par le
- Dr M. Boigey, 3e édition entièrement remaniée, 1 vol. in-8, 618 p., 230 fig. Masson et Cie, Paris, 1932. Prix : 65 francs.
- Publié en 1922, alors que l’auteur était médecin de l’école de Joinville, ce livre a eu un succès tel que le voici arrivé à sa 3« édition. Le Dr Boigey en a profité pour le mettre complètement à jour des études physiologiques récentes, mais il lui a conservé le caractère didactique qui le rend très commode à consulter. On connaît la thèse si sage soutenue ici : les sports athlétiques mal équilibrés, la recherche des acrobaties et des records sont un danger certain; par contre, l’éducation physique réfléchie est un bienfait tel qu’elle devrait être pratiquée partout et préconisée par tous les médecins. Pour guider les éducateurs, l’auteur explique la physiologie de l’exercice, ses rapports avec la respiration, l’alimentation, la croissance, ses limitations selon l’âge et les maladies, les différences de l’entraînement, de la fatigue et du surmenage, les manières de mesurer les résultats, enfin l’organisation matérielle des stades, terrains de jeux et d’exercices. C’est dire qu’on trouve dans cet ouvrage tous les conseils utiles soit pour diriger les groupes qu’on organise, soit pour comprendre ce qu’il faut faire soi-même pour son perfectionnement.
- Tuberculose. Contagion, hérédité, par Auguste Lumière, 2e édition, revue et augmentée. 1 vol. in-8, 424 p., 50 fig. Johannès Desvigne et Cie. Lyon, 1931. Prix : 35 francs.
- Il y a deux ans, M. Auguste Lumière à qui la science doit tant, aussi bien en photographie et en cinématographie qu’en biologie et en médecine, publiait un livre révolutionnaire soutenant que la tuberculose est avant tout une maladie héréditaire et remettant en discussion la question de contagion. Depuis, l’idée a été discutée, critiquée, sans que des arguments péremptoires l’aient entamée sérieusement. Cette nouvelle édition reproduit la thèse de l’auteur, les faits sur lesquels il l’appuyait et ajoute les discussions qui ont suivi l’apparition de l’édition originale.
- Esquisses cliniques de physicothérapie, par A. Joseph Rivière. Tome II. 1 vol. in-8, 300 p. Maloine, Paris, 1932.
- Ayant depuis longtemps pratiqué les diverses ressources thérapeutiques que fournit l’électricité, ayant personnellement imaginé plusieurs techniques, notamment la scintillation, l’auteur groupe dans cet ouvrage les principaux résultats obtenus : physico-cyto-lyse, fulguration, électrocoagulation, dessiccation, diathermie, etc. C’est l’œuvre d’un des pionniers des moyens physiques de traitements des cancers et des maladies chroniques.
- Précis de grammaire historique de la langue française, par Ferdinand Brunot et Charles Bruneau. Nouvelle édition entièrement refondue. 1 vol. in-16, 780 p., 22 fig. Masson et Cie, Paris, 1932. Prix : cartonné toile, 60 francs.
- L’autorité du premier auteur est universellement reconnue; elle s’est encore affirmée tout récemment, et d’une manière retentissante dans ses réflexions sur la nouvelle grammaire de l’Académie Française. Le second, élève du premier, est professeur à l’Université de Nancy et il a aidé son maître à reprendre, refondre et étendre cet ouvrage de jeunesse pour lui donner sa forme définitive. M. Brunot étudie la langue française avec les méthodes de l’historien et du naturaliste, comme un être vivant qui s’est constamment transformé, qui a subi mille vicissitudes et mille apports et qui continue d’évoluer sous nos yeux. C’est dire que la grammaire n’est pas un ensemble de règles mortes, figées, mais bien une histoire et un devenir. Les textes anciens et même certains du xvii® siècle risqueraient d’être mal compris sans le secours d’une grammaire historique éclairant leur sens du moment. A ce titre, le précis que nous indiquons ici est l’indispensable clé de toute lecture classique. Mais en outre, il est plein de charme, bourré d’exemples, de citations admirablement choisis pour leur clarté, leur vigueur et même souvent leur finesse, si bien qu’il se lit de bout en bout comme un roman.
- Il débute par un tableau chronologique de l’histoire de la langue française tracé à larges traits, puis viennent des notions de phonétique générale et leur application aux sons du français. Trois parties traitent ensuite des mots, des formes et de la syntaxe, de la versification.
- On ne saurait analyser en détails un tel livre. Tout ce qu’il en faut dire, c’est qu’on doit le lire, le relire, le posséder.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- RECHERCHES SCIENTIFIQUES La Maison du Savant à Paris.
- Sous le nom de « La Maison du Savant », s’est constituée récemment à Paris une association ayant pour but de « soutenir les savants dans leurs recherches et études et de créer un centre d’action et de réunion propre à contribuer, dans lu plus large mesure, au progrès de la science ».
- Voici comment, suivant l’article premier de ses statuts, elle se propose d’atteindre ce but.
- « 1° Par l’édification et la mise en usage d’un immeuble, comprenant : restaurant, jardin d’hiver, salle de réunions salle de lecture, etc., chambres, constituant une sorte de cercle où les savants français pourront, dans des conditions philanthropiques, se réunir ou recevoir leurs collègues étrangers, tenir des congrès, etc., etc.
- 2° Par la création d’un bureau d’informations et d’études dont les fonctions seront les suivantes :
- a) L’examen des diverses questions techniques et scientifiques, qui pourraient lui être proposées;
- b) L’étude de tous projets, l’amélioration de laboratoires existants, la construction d’un « institut scientifique », etc., etc.
- c) Les questions de propagande afin de resserrer ou de faire naître les relations indispensables à la réalisation du but et du programme de l’Association.
- En conséquence, il sera organisé des congrès, expositions, concerts et conférences en vue de faire connaître l’œuvre et les découvertes et inventions d’intérêt général.
- Un journal ou périodique illustré pourra tenir les membres au courant des travaux de l’Association ainsi que des progrès réalisés dans le monde scientifique.
- Aussi, à cet effet, l’Association prendra à bail, acquerra ou construira tous locaux appropriés où tous les membres de l’Association auront accès permanent.
- Elle aménagera et organisera des bureaux, salons de lectures, salles de conféi'ences et de fêtes, etc.
- 3° Par la subvention et la participation totale ou partielle, dans la mesure des possibilités, pour la réalisation des projets étudiés par le bureau d’informations et d’études.
- 4° Enfin, l’Association viendra en aide aux savants, ou leur conjoint ou enfants, quand ils se trouveront dans le cas de grande gêne ou de détresse telle que : maladie grave, accident, opération, cure, dénuement, trousseau ou bourse à fournir à un enfant étudiant dans une université officielle ou libre.
- Etant expressément observé que la qualité de savant sera suffisamment prouvée par le fait d’être ou d’avoir été :
- Soit pensionné par la Société des « Amis des Sciences », soit professeur dans un des établissements d’enseignement supérieur de France, officiels ou libres, de sciences pures ou appliquées, mathématiques, physiques, naturelles, chimiques, biologiques ou médicales, etc.
- Cette énumération purement énonciative devra être interprétée dans son esprit. »
- L’Association fondée par le général Ferrié et M. G. Lécuyer est placée sous le haut patronage du Président de la République. Elle compte dans son comité de patronage des savants comme MM. P. Painlevé, Le Chatelier, G. Claude, Lacroix, Charcot, Lecornu, L. Mangin, le duc de Broglie, J.-L. Breton, Dr Calmette, Dr Ch. Richet, etc.
- Son siège social est 5, avenue de l’Opéra.
- Elle se compose de membres associés (cotisation annuelle 100 fr), de membres titulaires (cotisation annuelle : 200 fr), de membres bienfaiteurs (s’engageant à verser pendant 10 ans
- consécutifs une cotisation annuelle de 1000 fr) et de membres d’honneur.
- Il est à souhaiter que cette utile association recrute rapidement un grand nombre d’adhérents.
- AVIATION
- Avion à volet de courbure et à aile à fente commandée et automatique.
- L’ingénieur français Bodiansky a conçu un type d’avion nouveau , qui, en utilisant une fente automatique et un volet de courbure conjugué avec une fente commandée, jouit des derniers perfectionnements de la technique aéronautique en ce sens que ces dispositifs allient heureusement les deux facteurs, jusqu’ici antagonistes, mais indispensables à tout appareil volant, à savoir : vitesse en palier et sécurité par suite de rapidité de décollage et de lenteur d’atterrissage.
- L’avion de tourisme Bodiansky n° 20 est un monoplan à aile surbaissée de 15 m2 de surface, mais se comportant, grâce
- Volet de courbure gauche
- Supports de. Slot
- Support d'engrenage
- Slot gauche.
- Secteur
- Levier de commande
- Fig. 1. — Le volel de courbure de l'avion Bodiansky.
- au système de fente commandée et automatique, comme s’il avait 30 m2.
- L’utilisation de l’aile à fente a donc permis en réduisant la surface, et par conséquent l’échelle et le poids de l’appareil, de gagner en vitesse maxima tout en conservant une vitesse d’atterrissage réduite.
- Au départ, à l’aide d’un levier commandé à la main, le pilote ouvre entièrement les fentes, l’effort à fournir est insignifiant du fait que le montage des commandes est effectué par roulements à billes; la fente étant, ouverte, la surface portante de l’avion se trouve doublée et l’appareil quitte le sol sous une vitesse relativement réduite.
- Quand l’appareil est en l’air, le facteur important est la vitesse. Le pilote réduit alors la surface en fermant les volets, diminuant ainsi considérablement la résistance à l’avancement. La manœuvre à effectuer se trouve facilitée par la pression de l’air sur les volets qui les fait se fermer presque au tomati quement.
- Pour l’atterrissage en terrain inconnu ou peu dégagé, il suffit de déclencher la commande des volets, qui, en s’ouvrant, freinent l’appareil et amoindrissent sa vitesse. Pour cela, le
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- Fig. 1. — Le pont de Pontoise. Le nouveau tablier mis en place; à gauche, l’ancien tablier. (Ph. Iveystone.)
- pilote fait cabrer légèrement l’avion, ce qui, en réduisant sa vitesse, facilite l’ouverture des volets.
- L’appareil descend alors sous un angle différent à vitesse réduite, se pose très lentement au sol et s’immobilise, presque sans avoir roulé. J. S.
- TRAVAUX PUBLICS
- Le lancement du nouveau pont de chemin de fer de Pontoise.
- Le 13 septembre dernier la Cie des Chemins de fer du Nord a procédé à un travail remarquable : la pose en 8 heures d’un tablier de pont métallique long de 110 m et pesant 1800 t.
- Il s’agissait de remplacer le tablier, devenu insuffisant, du pont qui fait franchir l’Oise à la voie ferrée entre Pontoise et Saint-Ouen l’Aumône. L’opération ne devait interrompre la circulation des trains que pendant le minimum de temps. Le problème fut résolu de la façon suivante :
- Fig. 2. —• Ouvriers travaillant à ta translation du tablier. (Ph. Roi.
- Le nouveau tablier fut construit et monté aux côtés de l’ancien; au moment du déplacement les deux tabliers furent rendus solidaires puis on ripa latéralement, de 15 m.( environ, l’ensemble ainsi formé. •
- Le nouveau tablier se trouva ainsi amené à son emplacement définitif; sous les deux tabliers on avait placé des échaufaudages sur lesquels ils reposaient par l’intermédiaire de chemins de roulement.
- La translation s’effectuait à l’aide de treuils et de vérins manœuvrés par des équipes d’ouvriers se relayant suivant un rythme rapide.
- Le trafic, arrêté le matin, reprenait avant la nuit sur le nouveau pont.
- CHIMIE INDUSTRIELLE
- La destruction des parasites en horticulture et en agriculture.
- Les insectes ne détruisent pas seulement ‘les fruits, les fleurs et même les plantes, mais ils peuvent en outre arrêter en partie leur développement et les produits qu’ils laissent subsister sont de qualités inférieures.
- On obvie à cet inconvénient en détruisant tous les parasites.
- Le procédé le plus employé jusqu’à ces derniers temps, et principalement dans le cas des arbres fruitiers, consistait à utiliser les propriétés toxiques de l’acide cyanhydrique et à détruix-e les insectes au moyen de cet acide.
- Ce procédé était compliqué et coûteux, car l’acide cyanhydrique étant très volatil, il fallait envelopper les arbres de manière à éviter une évaporation trop rapide de l’acide, afin que celui-ci ait le temps de détruire tous les parasites.
- Il va sans dire que ce procédé présentait certains dangers par suite du haut pouvoir toxique, connu de tous, de l’acide cyanhydrique.
- A l’heure actuelle cette méthode de destruction est de plus en plus délaissée pour un procédé nouveau, facile à appliquer et x*elativement économique. Son principe est le suivant : si l’on répand une émulsion huileuse peu stable sur une surface, cette dernière se recouvre d’une couche d’huile empêchant le contact de l’air. Par conséquent si l’on recouvre d’huile, une fleur ou un fruit, tous les insectes parasites seront également recouverts d’une mince pellicule d’huile et. périront par asphyxie.
- Pratiquement on prépare des émulsions concentrées d’huiles minérales que l’on dilue au moment de l’emploi dans une très grande quantité d’eau, et l’on arrose, soit avec des arrosoirs, soit avec des lances, les végétaux à protéger.
- Les huiles employées doivent être l’objet d’une sélection rigoureuse, elles ne doivent être ni trop visqueuses ni trop fluides sans quoi elles se répandraient mal sur toute la surface à recouvrir, ou elles s’écouleraient trop rapidement de cette dernière; elles doivent, d’autre part, être suffisamment volatiles pour ne pas séjourner trop longtemps sur les végétaux qui périraient par asphyxie.
- D’autre part, elles ne doivent pas être toxiques.
- Enfin, elles doivent pénétrer facilement dans les trachées des insectes et se dissoudre dans la matière cireuse qui recouvre leurs trachées.
- Comme on peut le voir par ces quelques lignes le problème à résoudre a été délicat et a demandé des études très poussées.
- P. B.
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- PETITES INVENTIONS
- CONSTRUCTION L'escalier d’Archimède.
- L’escalier, vieux comme l’humanité, n’a jamais bénéficié d’aucun progrès. Tel le construisit le premier homme ingénieur à la porte de sa caverne, tel il est resté depuis. On pourrait même dire qu’il a dégénéré, car le peu de place dont disposent les architectes dans la construction moderne les oblige à en réduire la longueur et à les rendre pour cette raison très difficiles à gravir.
- Il en résulte une fatigue très préjudiciable à la santé puisque, souvent, les maladies de cœur n’ont pas d’autre origine. Quant aux personnes impotentes ou âgées, la montée de ces escaliers leur impose un véritable supplice.
- Un escalier comporte des marches d’une hauteur normale de 16 à 16,5 cm, et le giron, c’est-à-dire la largeur, est de 32 cm. Cette largeur ne peut être réduite, car le pied doit disposer d’une surface suffisante pour lui servir de point d’appui. On pose en principe que deux hauteurs de marches augmentées de la largeur du giron ont obligatoirement un développement de 64 à 64,5 cm. Ce n’est que dans les cas exceptionnels, lorsque l’architecte dispose d’un emplacement suffisant, que la hauteur des marches peut être ramenée à 15 et quelquefois 12 cm.
- L’escalier est alors très doux à gravir, même pour des personnes fatiguées.
- Ne serait-il pas possible de réaliser une sorte de compromis entre la hauteur normale de 16 cm et la facilité d’ascension, sans toucher au giron qui doit obligatoirement conserver ses 32 cm, cela, en se maintenant dans les limites d’encombrement minimum ?
- Une solution originale à ce curieux problème vient d’être trouvée par un ingénieur, M. C. Contai. Elle est représentée figure 1.
- Au lieu d’occuper toute la largeur de l’emplacement disponible, les marches de l’escalier ordinaire s’arrêtent à 20 cm environ de la rampe, la largeur disponible étant occupée par un autre escalier ayant même hauteur de marches et même giron. Mais les marches de ce dernier sont décalées d’une demi-hauteur par rapport aux autres. La première marche sera à 8 cm au-dessus du sol, toutes les autres ayant, par exemple, 16 cm.
- De sorte que, si l’on commence à gravir la montée en engageant le pied droit sur la marche de droite, ce pied n’aura à supporter l’effort imposé par le poids du corps que pendant un temps correspondant à la moitié de la hauteur totale d’une marche.
- Le pied gauche se posera ensuite sur la première marche voisine, à 8 cm au-dessus, et ainsi de suite.
- Le système attribue donc un escalier spécial à chaque pied.
- On gravit ainsi la hauteur totale sur des marches de 16 cm disposées de telle sorte que l’effort de montée est réduit de moitié, cela grâce à leur alternance. L’escalier, qui conserve toujours le même encombrement, devient ainsi d’une douceur d’ascension telle que les personnes âgées, les infirmes peuvent le gravir presque sans fatigue, mais nécessairement à une vitesse réduite. Absolument comme le fait un moteur d’auto mis en première vitesse pour monter une côte.
- On conviendra que voilà un progrès d’ordre humanitaire parfaitement inattendu.
- Peut-être pourrait-on craindre une maladresse du pied, l’un venant buter contre la marche voisine? Pour obvier à ce que l’on pourrait considérer comme un inconvénient, une
- Limon
- Cloison
- Marches alternées
- Fig. 1. — Principe de l’escalier d’Archimède.
- cloison sépare les deux séries de marches afin de retenir l’un et l’autre pied sur leur escalier respectif.
- Le principe s’applique à tous les genres d’escaliers. Notre photographie (fig. 2) montre un agencement qui convient tout à fait aux grands magasins, aux musées, aux salles de spectacle, à tous les lieux publics.
- La partie centrale comporte un escalier ordinaire laissé à la disposition des personnes valides; il est flanqué, à droite et
- Fig. 2.-— Un escalier ordinaire flanqué de deux escaliers d’Archimède.
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- Gousset
- Limon
- JBouJons Jde fixation
- Manches
- Fers profilés
- Fig. 3. — Application du principe à un escalier métallique.
- à gauche, d’un double escalier à marches décalées réservé aux impotents qui l’utiliseront aussi bien à la montée qu’à la descente.
- Dans les usines électriques, où les escaliers métalliques se rapprochent fortement de la verticale, rien n’empêchera les architectes d’appliquer le même principe en adoptant le mode de construction représenté figure 3.
- Les marches des perrons, des escabeaux même, peuvent être établies sur ces données. L.-F.
- Inventeur : M. C. Contai, ingénieur, G, avenue Magenta, Saint-Cloud (S.-et-O.).
- SPORT
- Ski nautique.
- On a imaginé déjà depuis longtemps, des appareils permettant de marcher sur l’eau, sorte de flotteurs sur lesquels se placent les pieds de celui qui désire se déplacer sans risquer de tomber à l’eau.
- Un nouvel appareil de ce genre, très perfectionné, vient d’être mis au point, et il présente la particularité de permettre le déplacement sur l’eau comme on le fait en ski, sur la neige.
- Les flotteurs sont très allongés, ils ont leur avant relevé comme les skis à neige; ils sont démontables rapidement par le simple serrage ou desserrage à la main de quelques écrous à oreille. Le remontage consiste tout simplement à réunir deux flotteurs entre eux par un léger châssis supportant un siège mobile, lequel est prolongé vers l’avant par un repose-pieds.
- Dans chaque flotteur est une ouverture étanche imaginée de manière que l’usager puisse se maintenir aussi bien debout que confortablement assis sur le siège.
- L’appareil pèse 28 kg pour un encombrement maximum de 2 m 25 de longueur. Il est construit en tôle métallique, et absolument insubmersible; par conséquent, il ne présente aucun danger pour les personnes qui ne savent pas nager, et sa stabilité permet de l’employer aussi bien en eau calme que sur mer. L’appareil constitue par lui-même une sorte de bouée qui pourra rendre de grands services pour les sauvetages, en cas d’inondation, etc.
- On peut manoeuvrer l’appareil ainsi établi, à la pagaie, mais
- Fig. 5. — Emploi du ski nautique pour la chasse.
- Fig. 4. —- L'e ski nautique.
- on peut très bien l’équiper avec des avirons; si l’on veut se propulser comme avec des skis, on dispose alors de deux piolets à eau formés par des sortes d’entonnoirs renversés, que l’on fait agir sur l’élément liquide exactement comme les piolets à neige.
- Cet appareil est évidemment l’engin rêvé des amateurs de pêche et de chasse sur l’eau; en raison de sa légèreté, on peut le transporter directement sur les lieux et se diriger ensuite rapidement et sans bruit vers le bon coin repéré à l’avance.
- Rien n’empêche d’ailleurs de fixer un châssis propulseur à hélices ou à aubes au lieu du siège mobile, et de réaliser ainsi un appareil très intéressant.
- On peut également équiper un flotteur avec des contrepoids équilibreurs qui donnent une stabilité très grande.
- Les réservoirs étanches utilisés pour la position des pieds peuvent servir en cas de pêche pour disposer les appâts, hameçons, plombs de rechange. L’un des réservoirs pourra d’ailleurs être rempli d’eau et transformé en vivier, ou boutique à poissons. Dans ce cas, l’usager repose ses pieds sur le repose-pieds.
- Quant aux chasseurs, ce canot-glisseur ne faisant pour ainsi dire aucun bruit, ils pourront s’approcher rapidement du gibier sans éveiller son attention, et même se camoufler au moyen de quelques joncs ou branchages.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos de la barre des côtes du golfe de Guinée.
- M. Le Roy nous écrit, de Guiglo (Côte d’ivoire) :
- « Dans le n° 2882 du Ier juin 1932 vous répondez à M. Pélican à Coto-non que la barre se produit à l’embouchure de certains fleuves, etc., etc.
- « Permettez-moi de vous signaler que dans le cas que vous proposait votre correspondant le phénomène est différent.
- « 11 s’agit certainement de la barre qui se produit tout au long du golfe de Guinée et pas seulement aux embouchures, mais sur toute la côte sans solution de continuité.
- «Je ne puis vous assurer les raisons qui provoquent le phénomène; mais j’ai entendu dire qu’il y avait entre autres motifs : 1° un courant marin parallèle à la côte; 2° la direction générale des vents Nord-Sud vers la mer; 3° un fond généralement plat en bordure.
- « Cette barre cause très souvent des accidents aux pirogues et baleinières et oblige à installer des warfs coûteux pour l’embarquement et le débarquement des marchandises et passagers; les bateaux restent au large et n’accostent pas au warf. Des vedettes et baleinières font le transit du bateau au warf. » E. Le Roy.
- Rectification :
- Le Pasleurisaleur Sirène (voir n° du 15 août 1932).
- L’adresse du fabricant de cet utile appareil a été défigurée par une coquille d'imprimerie, le pasteurisateur Sirène est en vente chez M. Farges, 3, rue de Crillon, Paris.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- De tout un peu.
- M. Guyonnet, à Juvisy. — La formule suivante de bain pour dépôt d’aluminium, nous a été indiquée comme donnant de bons résultats :
- Alun...................................... 500 grammes
- Chlorure d’aluminium.......................100 —
- Cyanure de potassium.................... 400 —
- Eau........................................ 10 litres
- L’anode doit être en aluminium, la densité de courant voisine de un ampère par décimètre carré, le bain est maintenu de 25° à 30° C.
- Bien entendu les conditions indiquées ci-dessus sont susceptibles de varier suivant la nature du métal support et l’aspect du dépôt à réaliser, une mise au point dans chaque cas est nécessaire.
- M. Durand, à Toulouse.—'Le moyen le plus sûr pour fixer votre objet en cristal sur la monture métallique est de mettre sur ladite monture quelques lamelles de gomme laque en écailles, d’y placer l’objet en bonne position, puis de mettre le tout sur un bain de sable que vous chaufferez doucement de façon à attendre une température de 80° à 90° C. A ce moment la gomme laque se liquéfiera, vous en profiterez pour assurer un contact parfait et il ne restera plus qu’à laisser refroidir complètement avant d’enlever du bain de sable.
- M. Daumer, à Fourmies. — 1° N’ayant pas encore eu en main la spécialité qui vous intéresse, nous ne pouvons vous renseigner, sur sa composition.
- 2° L’hyposulsulflte d'argent est un composé relativement instable qui avec le temps libère du soufre lequel se combinant à l’argent donne naissance à du sulfure d’argent. C’est pour cette raison que les bains ayant servi au fixage des plaques photographiques, noircissent après usage prolongé.
- 3° Le sel marin fait fondre la neige parce que le point de fusion du mélange se trouve abaissé et que la solidification de la solution saline ne peut plus avoir lieu avant que la température de — 22° C soit atteinte.
- 4° D’après la loi du refroidissement d’une solution saline, les cristaux de glace formés sont exclusivement constitués par de l’eau pure et la solution saline s’enrichit en sel jusqu’à une certaine température qui, pour le sel marin, est de —22° C, toute la solution se prend alors en masse, les cristaux de sel et de glace sont alors juxtaposés les uns aux autres, ce mélange s’appelle un mélange euteclique et la température à laquelle il s’est produit est le point d’eutexie.
- M. Bournel-Aubertol, à Paris. — La composition suivante vous donnera très probablement satisfaction pour le nettoyage de vos reliures
- anciennes en cuir:
- Savon blanc de Marseille en copeaux ... 90 grammes
- Eau de pluie tiède............................. 60 —
- Laisser macérer vingt-quatre heures, liquéfier au bain-marie, rendre homogène, puis ajouter après refroidissement :
- Alcali volatil..............ï.................. 5 cm3
- Pour l’emploi frotter légèrement avec le doigt recouvert d’une
- flanelle bien propre sur laquelle on aura déposé un peu de la préparation. Changer le chiffon dès qu’il sera sali; essuyer avec une flanelle sèche, puis pour terminer, encaustiquer avec une bonne encaustique à la cire d’abeille vraie et à l’essence de térébenthine.
- M. Emilio Lataste, à Santiago. — Pour Y assèchement des murailles, veuillez vous adresser à la Société Sisma, 71, rue Chauveau, à Neuilly-sur-Seine (Seine), qui vient de mettre au point après étude, un procédé très intéressant.
- M. Le Dr Dolne-Dehan, à Liège. — Le produit désigné commercialement sous le nom de « Meta » ou charbon blanc, fabriqué par la Société suisse la Lonza, n’est autre que le métaldéhyde, isomère et l’aldéhyde éthylique ou acétal, lequel possède encore un autre isomère, le paraldéhyde.
- Le métaldéhyde qui est utilisé comme petit combustible d’un facile transport pour chauffer en voyage bouillotte, fer à friser ou réchauds de faibles dimensions s’obtient comme sous-produit au cours de la polymérisation à basse température de l’acétaldéhyde sous l’influence d’acides ou de sels, qui agissent comme catalyseurs.
- Le métaldéhyde d’après les dernières recherches correspond à la formule (CH3 COOH)3, il se présente sous forme de fines aiguilles blanches, qui commencent à se sublimer sans fondre, vers 115° C et sont insolubles dans l’eau, peu solubles dans l’alcool, l’éther, l’acétone, le sulfure de carbone, leur pouvoir calorifique est voisin de 6000 calories par kilogramme.
- Pour la mise sous forme commerciale, lesdites aiguilles sont fortement comprimées; mis au contact d’une allumette enflammée, ces comprimés brûlent avec une flamme bleue, résultant en réalité de la combustion non du métaldéhyde lui-même, mais de l’acétaldéhyde libéré par dissociation, comme celle-ci est endothermique le comprimé reste froid et peut même être tenu dans la main.
- Les conditions du processus chimique donnant naissance au métaldéhyde, ont été particulièrement étudiées par Holmann, Z. Physik. Chem., vol. 43, p. 129 (1903^ et par Smith et H. de Lœw, ibid., vol. 77, p. 269 (1911).
- M. Brunet, au Vigeant (Vienne). — Le rechappage des pneumatiques nécessite un matériel spécial que vous pourrez vous procurer à la Société des Procédés F. I. T, rue St-Jacques, à Grenoble.
- L’opération, en elle-même très simple, consiste à mettre à nu la toilej en la dégageant de l’ancien revêtement, puis à appliquer une couche de la dissolution courante, ensuite on place la bande de caoutchouc contenant la quantité de soufre voulue et on dispose le tout dans une sorte de gouttière à double enveloppe dans laquelle on fait arriver de la vapeur pour produire la vulcanisation; en même temps, au moyen de vis de serrage on exerce une pression suffisante pour faire épouser à la pièce tous les détails du moule.
- Bien que les appareils soient relativement peu coûteux, il est évident qu’une installation de ce genre ne peut être intéressante que pour un petit professionnel ayant à effectuer assez souvent des réparations, non pour un amateur qui aurait avantage à s’adresser à un professionnel.
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- M. Meisse, à Zoufîtgen (Moselle). — Les principales utilisations de la sciure de bois sont les suivantes :
- 1° Fleurages de boulangerie; 2° Emballage des denrées fragiles (œufs); 3° Filtrage des huiles épurées à l’acide sulfurique; 4° Fabrication de l’acide oxalique; 5° Epuration du gaz d’éclairage (mélange de Laming);6° Séchages des pièces dérochées en galvanoplastie;7° Fabrication d’objets moulés par addition de colle-forte et de plâtre; 8° Incorporation sous forme de farine à diverses substances plastiques destinées à faire des objets moulés.
- Enfin on peut tout simplement en constituer des briquettes combustibles par addition de brai de houille en comprimant par exemple un mélange de :
- Sciure de bois............................. 870 grammes
- Brai de houille.............................130 —
- M. Carlos Aquirre, à Bogota. — 1° L’encre à tampon pour timbres en cuivre est une encre grasse, elle se prépare sans difficultés en prenant :
- Noir de fumée................................ 15 grammes
- Huile de lin cuite.......................... 85 —
- Ajouter progressivement l’huile au noir de fumée placé dans un mortier, broyer soigneusement de manière que le produit devienne bien homogène.
- N. B. Il es essentiel d’employer de l’huile de lin cuite, c’est-à-dire siccativée et non de l’huile crue qui ne sécherait pas.
- Pour les encres bleues ou rouges, remplacer le noir de fumée par de l’indigo ou du cinabre.
- 2° La Réaction de Wassermann-Hecht est une simplification de la méthode Wassermann type, elle est basée sur l’observation que le sérum non chauffé du sang du sujet lui-même contient à la fois le complément et les hémolysines.
- Le sérum humain étant mis en contact avec une dilution de globules sanguins du mouton, s’il y a syphilis, le complément se fixe sur l’antigène et il n’y a pas d’hémolyse.
- Si au contraire, il n’y a pas syphilis les globules sanguins sont hémo-lysés.
- La réaction Wassermann-Hecht a l’avantage de supprimer l’intervention du cobaye dans la première partie du Wassermann classique et celle de l’anti-mouton dans la seconde.
- M. Guérard-Legendre, à Paris. — A notre avis la meilleure utilisation de vos déchets de liège consisterait à les agglomérer au moyen d’une colle à la caséine pour en constituer par pression de nouvelles plaquettes.
- Vous pouvez prendre comme type de colle à la caséine la formule
- suivante :
- Chaux éteinte tamisée...................... 350 grammes
- Carbonate de soude crist. pulvérisé .... 150 —
- Caséine en poudre.......................... 500 —
- Délayer au moment de l’emploi dans quantité suffisante d’eau tiède et ajouter environ 1 pour 100 de formol du commerce pour assurer la conservation ultérieure du produit moulé.
- M. Monnerot-Dumaine, à Villebrumier. — Une peinture à la standolie, genre ripolin, est ce qui conviendra le mieux pour la protection de voire réservoir métallique destiné à contenir l’eau d’alimentation de la maison. Prendre une peinture blanche dont le pigment serait absolument exempt de céruse et constitué par exemple de sulfate de baryte inoffensif, ce que vous pouvez exiger de votre fournisseur.
- N. B. La Standolie est de l’huile de lin rendue visqueuse par une longue cuisson à l’abri de l’air, l’excipient pour peinture se compose généralement de :
- Standolie................................. 8000 grammes
- Essence de térébenthine................... 2000 —
- Siccatif incolore.......................... 200 —
- que l’on utilise pour délayer la quantité convenable de pigment préalablement « infusé » pendant douze heures en le couvrant d’un peu d’huile.
- Ecole Normale de Périgueux. — La difficulté de réparation des fentes de cuvettes de lababos, provient de la présence de matières grasses, savonneuses et débris divers dans les fissures, ce qui empêche l’adhérence, il convient donc autant que possible, de mettre à vif les parties à réunir par grattage, nettoyage à l’alcool à brûler et à l’essence ou benzine, de façon à bien dégager par tous les moyens.
- Cela fait, on pourra alors préparer un mastic, en délayant du blanc d’Espagne dans une quantité suffisante de silicate de soude du com-
- merce à 36° B., mastic que l’on emploiera aussitôt. Après lissage, on ne remettra en service qu’après séchage parfait, ce qui peut demander quelques jours.
- Ecole Gréco-française de Patras. — Pour le traitement de vos déchets d’or que vous désirez purifier, il est tout à fait défectueux d’employer dès le début de l’eau régale qui solubilise inutilement l’or; il vaut beaucoup mieux opérer ainsi :
- 1° Traiter par l’acide chlorhydrique seul qui dissoudra le bismu.h» l’étain, l’antimoine, le zinc, bien laver à l’eau chaude pour éliminer ces éléments ainsi solubilisés.
- 2° Employer alors l’acide nitrique également seul dont l’action portera sur le plomb et l’argent, laver à nouveau.
- Dans ces conditions il ne doit rester que de l’or presque pur, qui pourra être présenté favorablement à la vente, ou transformé facilement en chlorure d'or par l’eau régale, son intervention étant alors logique.
- M. Lowenstein, à Paris. — La préparation du sulfate de nickel pur s’effectue facilement en partant du produit commercial en opérant ainsi :
- Après dissolution on précipite en solution légèrement acide le cuivre, le plomb, l’arsenic par l’hydrogène sulfuré; on filtre, ramène dans la solution le fer au maximum par l’acide nitrique et le précipité par l’ammoniaque.
- On traite ensuite la liqueur filtrée par le sulfure d’ammonium, lave le précipité des sulfures à l’acide chlorhydrique étendu, puis on les redissout dans l’eau régale; on évapore la solution à sec et on reprend le résidu par l’eau aiguisée d’acide chlorhydrique. On traite alors la liqueur par le carbonate de baryum et le chlore qui précipite le cobalt. Après séparation de la baryte en excès par l’acide sulfurique on fait évaporer la solution à cristallisation, on redissout les cristaux dans l’eau aiguisée d’acide chrlorhydrique et on précipite la solution par une solution concentrée et froide d’acide oxalique, ce qui donne de l’oxalate de nickel insoluble dans un excès d’acide oxalique.
- L’oxalate ainsi obtenu fournit par calcination de l’oxyde pur qu’il suffit de redissoudre dans l’acide sulfurique pour avoir le sulfate.
- Cercle de l’Union, à Roanne. — 1° Ainsi que nous l’avons signalé à plusieurs reprises, la préparation des vernis par l’amateur ne donne le plus souvent que des résultats imparfaits eu égard à la difficulté de se procurer en petite quantité les éléments constituants et l’absence du matériel convenable. Dans le cas qui vous intéresse, recouvrement intérieur de boîtes à conserves, le mieux est de vous procurer le produit tout préparé dans une maison spécialisée pour vernis, par exemple Soehnée frères, 58, rue de St-Mandé, à Montreuil-sous-Bois, en précisant toujours l’emploi qui doit en être fait.
- 2° Pour lubrifier le pas de vis de vos couvercles en aluminium, le plus simple est d’y mettre un peu de vaseline blanche ou de le frotter avec un morceau de paraffine.
- M. Roehrich.à l’Orme (Saone-et-Loire). — Une peinture au silicate sera celle qui convient particulièrement à la protection de vos bacs en tôle destinés à contenir de l’essence, de l’alcool, ou un mélange des deux, vous pourrez sans difficultés la préparer en prenant :
- Lithopone. ................................ 500 grammes
- Silicate de soude à 36° B.................. 200 —
- Eau ordinaire....................... 200 —
- Pour l’emploi, opérer ainsi :
- 1° Donner une première couche au silicate non teinté à 22° Baumé.
- 2° Appliquer une seconde couche avec la peinture proprement dite indiquée ci-dessus.
- 3° Terminer par une couche de silicate simple, mais à 26° Baumé.
- Bien entendu chaque couche doit être parfaitement sèche avant application de la suivante.
- A. C., à Egletons. — 1° Vous pourrez utiliser vos déchets de cuir comme fumure en les arrosant d’une solution d’acide sulfurique à 5° Baumé de façon à avoir une imbibition parfaite, puis en laissant en tas un temps suffisant pour que le cuir se réduise en une masse friable, temps variable suivant la température.
- Un peu avant l’épandage, mélanger avec un tiers environ de marne (calcaire) pour saturer l’acidité et faciliter la nitrification de manière à constituer un compost qui sera employé de la façon habituelle.
- 2° Le simple mastic de vitrier vous permettra de reboucher la fissure entre l’allège et le bois de votre fenêtre et d’éviter ainsi toute, infiltration.
- Le Gérant : G. Masson.
- 2933. — Paris, lmp. Lahure. — 1-10-1932.
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- Adresser ce qui concerne la rédactions. MM les rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germa n. Paris VIe. Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et O, 120, boulevard Saint-Germain, P. ris-Vl“
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- N” 2891
- LA NATURE
- 1 5 Octohr
- LE TRANSPORT DES MARCHANDIS
- SUR VOIE FERRÉE PAR CADRES MOBILES
- || Un wagon à marchandises est, comme l’on sait, corn-posé de deux parties : le train ou châssis, et la caisse.
- Si le véhicule est construit de telle sorte que cette caisse soit amovible et non plus, comme d’habitude, solidaire du châssis, il constitue un wagon plat, et la
- grue sur un wagon plat, puis acheminé à destination par la voie ferrée. A la gare d’arrivée, il subit les opérations inverses, pour être finalement vidé de son contenu à la porte même de la personne à laquelle il est adressé.
- Il est rare aujourd’hui d’employer un autre procédé
- Fig. 1. — Truck à bagages du Réseau du Nord, chargé de 4 caisses métalliques; ce truck présente, en outre, dans sa partie centrale, un compartiment à bagages et une vigie. (Photo Chemins de fer du Nord.)
- caisse prend le nom de « cadre » ou, suivant le vocable anglais, de container.
- L’idée du cadre n’est assurément pas neuve, mais, jusqu’à ces derniers temps, elle n’a guère été appliquée que dans le cas bien délimité des déménagements.
- Il faut toutefois aussi mentionner l’emploi déjà ancien, par la Compagnie du Nord, de cadres à bagages dans les relations avec l’Angleterre.
- Chacun connaît, pour y avoir eu recours personnellement, ces grandes caisses en bois que les déménageurs appellent des « cadres capitonnés » et qui sont spécialement aménagées pour le transport des meubles.
- Amené sur un véhicule hippomobile ou automobile, le cadre de déménagement est rempli dans la rue, devant la maison même de l’expéditeur; il est ensuite camionné à la gare la plus voisine, où il est chargé à l’aide d’une
- pour assurer le transport de son mobilier d’une localité dans une autre, et en tout cas personne ne songerait à expédier isolément chacun de ses meubles, après l’avoir emballé avec soin.
- Cet exemple bien connu étant rappelé, examinons les raisons qui ont, depuis peu, conduit à envisager la généralisation d’un tel mode de transport, par l’emploi de cadres mobiles pour les expéditions de détail.
- LA CONCURRENCE DE L’AUTOMOBILE ET DU CHEMIN DE FER
- La concurrence de l’automobile est, depuis plusieurs années, le sujet de sérieuses préoccupations pour les réseaux de chemins de fer. Or, dans de nombreux cas, le prix des transports par route reste cependant supérieur à celui des transports par voie ferrée. La faveur
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- dont ils jouissent peut sembler paradoxale, mais le prix n’est pas le seul élément qui détermine le choix d’un mode de transport.
- La nécessité d’un transport rapide, le souci d’éviter en cours de route, aux marchandises, des manipulations susceptibles d’amener leur détérioration et leur vol, l’emportent fréquemment sur les considérations de prix.
- L’automobile peut rapidement transporter les marchandises, de la porte de l’expéditeur à la porte du destinataire, et son emploi diminue les risques signalés plus haut. t«
- Le chemin de fer, lui, ne peut assurer ce transport « de porte à porte » que dans le cas assez peu fréquent
- Fig. 2. — Caisse métallique à bagages du Réseau du Nord. Cette caisse est ici posée sur un petit chariot qui permet de la déplacer facilement. (Photo Chemins de fer du Nord.)
- où l’expéditeur et le destinataire possèdent l’un et l’autre un embranchement particulier relié aux voies des grands réseaux.
- Les transports de l’usine au magasin ou réciproquement exigent donc en général, aux deux extrémités du trajet par voie ferrée, l’emploi de véhicules intermédiaires, avec l’inconvénient des transbordements et des manipulations des marchandises dans les gares.
- Sauf dans le cas d’expéditions importantes où elles peuvent être envoyées en « wagons complets », les marchandises doivent être réunies en un certain nombre de colis, au moyen d’emballages capables de résister aux intempéries et de diminuer les-risques de vol.
- Chacun de ces colis est l’objet de diverses formalités; au départ, il est enregistré et reçoit des marques distinc-
- tives. Le pointage des colis est effectué contradictoirement au départ, à l’arrivée, et s’il y a lieu en cours de route aux gares de transbordement.
- La responsabilité qui incombe en principe au chemin de fer, en ce qui concerne les risques de vol, de perte ou de détérioration, conduit celui-ci à établir en conséquence ses tarifs de transport pour les expéditions de détail, sans y trouver d’ailleurs en général une juste compensation.
- Ces diverses considérations expliquent pourquoi les chemins de fer ont cherché à offrir aux usagers des conditions réunissant les avantages des transports par automobile et ceux des transports par voie ferrée.
- LES AVANTAGES DU CADRE
- La solution du problème consiste, ainsi que nous l’avons déjà indiqué plus haut, à rendre amovible la caisse du wagon à marchandises, ce qui permet au départ de placer sur wagon le cadre ainsi constitué, après l’avoir rempli chez l’expéditeur. A l’arrivée on l’enlève et on le dépose chez le destinataire où il est vidé.
- Bien entendu, il n’est nullement indispensable que le cadre ait les dimensions de la caisse même du wagon qu’il remplace. Il est possible de prévoir des cadres qui constituent chacun une fraction : le quart, le huitième, par exemple, de cette caisse.
- Il faut noter ici que l’emploi des cadres permet d’utiliser un matériel roulant plus perfectionné. En effet, sous le régime actuel, les avantages évidents que présente pour les usagers et pour les réseaux le « wagon complet » ont conduit à adopter d’une façon générale des wagons de tonnage réduit, ce qui a l’inconvénient de multiplier le nombre des véhicules, la longueur des trains, les manœüvres d’attelage et les difficultés de freinage, enfin d’augmenter le poids mort à transporter.
- Les avantages du « wagon complet » étant assurés également par les cadres aux expéditions de détail, l’emploi généralisé de ces cadres permettrait d’utiliser des wagons plats de grandes dimensions qui, à tonnage égal, ont un rendement bien supérieur à celui des petits wagons.
- L’emploi des cadres supprime, en outre, une part importante des emballages qui, dans certains cas, atteignent jusqu’à 30 pour 100 du poids de la marchandise, et. qui sont transportés aux mêmes tarifs que cette dernière.
- Il entraîne aussi une économie de place et par suite une économie des moyens et des dépenses d’exploitation. Il a été reconnu, en effet, que le tonnage transporté par des wagons remplis de marchandises en vrac est sensiblement moindre que celui des wagons de même type équipés avec des cadres.
- Il permet un transbordement facile des marchandises entre voies ferrées d’écartement différent. Tel est le cas aux points de jonction des grands réseaux avec les chemins de fer départementaux à voie étroite, ainsi qu’à la frontière franco-espagnole. (La voie ferrée française est, en effet, à l’écartement de 1 m 440, dit normal, alors que la voie espagnole a une largeur de 1 m 676.)
- Dans le cas de transports par mer, les cadres évitent
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- Fig. 3 (à droite). — Cadre destiné au transport des briques; on aperçoit les boulons et les écrous à oreilles qui assurent l’assemblage des faces entre elles.
- (Photo Établissements Arbel.)
- Fig. 4 (à gauche). — Ce cadre peut être démonté pour le retour à vide à l'expéditeur. (Photo Établissements Arbel.)
- aussi les manipulations de marchandises dans les ports, assurant ainsi des avantages comparables à ceux des ferry-boats.
- C’est d’ailleurs dans ce but que, depuis de nombreuses années déjà, ainsi que nous le signalions au début de cet article, la Compagnie du chemin de fer du Nord effectue dans des cadres mobiles le transport des bagages à destination ou en provenance de l’Angleterre.
- LES DIVERS TYPES DE CADRES
- Cette compagnie a, de plus, étudié et construit, ces temps derniers, une cinquantaine de cadres de types divers, ouverts ou fermés, métalliques ou en bois.
- La figure 1 représente un modèle des trucks à bogies, chargés de quatre caisses métalliques à bagages, qui entrent actuellement dans la composition des rapides Paris-Calais ou Paris-Dunkerque, et que l’on peut voir chaque jour à la gare du Nord.
- La figure 2 montre l’un de ces cadres, monté sur un petit chariot qui en facilite la manœuvre, avant le chargement sur le truck. Ces cadres sont entièrement métalliques à l’exception du plancher qui a été prévu en chêne pour faciliter l’arrimage des marchandises à l’intérieur. Ce sont des caisses entourées de bretelles en fer plat; celles-ci portent à leur partie supérieure quatre anneaux de levage et sont disposées de façon à assurer une bonne répartition des efforts, au cours des manœuvres. Les deux parois latérales et la paroi de fond sont, pour raison d’allégement, formées par une feuille de métal déployé emprisonnée entre deux tôles minces. Le métal déployé assure la résistance du panneau, tandis que la tôle extérieure le protège, et que la tôle intérieure permet de présenter une paroi plane évitant toute avarie à la marchandise.
- La toiture est cintrée pour faciliter l’écoulement des eaux.
- Sur la face avant, s’articulent trois panneaux de conception analogue à celle des parois : le panneau inférieur se rabat et peut servir de plan incliné pour accès à l’intérieur du cadre; les deux panneaux supérieurs ont des charnières verticales. Ils se ferment par deux verrous et un fléau s’opposant à la poussée du chargement. La fermeture est douanable.
- Des persiennes d’aération ont été prévues pour permettre certains transports.
- Les caractéristiques de ce type de cadres sont les suivantes : tare : 8*30 kg; volume :
- 8,5 m3; chargement : 3000 kg.
- Le poids mort est à peine égal à 21 pour 100 du poids brut du cadre chargé.
- Certains cadres, destinés aux marchandises délicates, peuvent être, capitonnés intérieurement.
- Ceux qu’on emploie au transport de produits
- fragiles : bouteilles, faïence, etc., sont munis de deux rayons intermédiaires qui les partagent en trois compartiments.
- Lorsque les cadres sont chargés sur les wagons plats construits pour les recevoir, leur calage et leur arrimage sont des plus aisés. Ils s’emboîtent, en effet, exactement à leur place, et sont munis de crochets auxquels correspondent des tendeurs fixés sur le wagon.
- L’emploi des cadres a paru particulièrement indiqué pour certains courants de transports réguliers et il est même parfois avantageux d’utiliser des cadres spécialement adaptés aux objets à transporter, surtout s’il s’agit de marchandises fragiles.
- C’est ainsi que certains cadres sont affectés au trans-
- Fig. 5. —Déchargement des cadres à primeurs P.-L.-M.; passant rapidement du wagon au camion, les cadres sont dirigés sans perte de temps sur les Halles.
- (Photo P.-L.-M.)
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- port de baignoires en fonte émaillée fabriquées en France et expédiées vers l’Angleterre et vers le Maroc.
- Ils peuvent rester ouverts sans inconvénient, à leur partie supérieure, leur contenu ne craignant pas les intempéries ni le vol. Ce ne sont d’ailleurs que de simples châssis dont les parois à claire-voie sont constituées par des feuilles de métal déployé; seul le plancher est en bois.
- Ils peuvent recevoir chacun quatre piles de sept baignoires chacune, soit vingt-huit baignoires par cadre; le poids mort est de 25 kg seulement par baignoire.
- La simplicité de leur construction permet, én outre, de donner à ces cadres l’intéressant avantage d’être pliants. Ils peuvent ainsi être retournés à vide sous un faible volume.
- Certains matériaux, comme les briques, les tuiles, ou les ardoises, demandent, à l’expédition et à la réception, de longues manutentions qu’on peut éviter avec les cadres.
- La figure 3 représente un cadre spécialement construit
- Fig. 6. — Cadre à primeurs P.-L.-M.; on aperçoit le mode de fermeture du panneau entr’ouvert. (Photo P.-L.-M.)
- pour le transport des briques par une importante société de la région du Nord.
- Ouvert à sa partie supérieure, le cadre est encore ici constitué d’un simple châssis garni de métal déployé. Il peut être démonté pour le retour à vide.
- Les cadres pour transports d’ardoises sont de construction identique, mais les panneaux latéraux sont doublés intérieurement d’une tôle pleine pour éviter les bris d’ardoises dans les mailles du métal déployé.
- Certains transports, comme ceux des primeurs : fruits et légumes, entre l’Algérie et Paris, sont particulièrement délicats. Pour les faciliter, là Compagnie des Chemins de fer P.-L.-M., après des essais effectués avec la Compagnie Générale Transatlantique, a fait construire un certain nombre de cadres en bois, munis de crochets permettant les manutentions à la grue. Chacun de ces cadres (fîg. 6), à parois pleines et à toiture doublée en tôle, forme une caisse complète; les six pan-naux se démontent facilement; on peut ainsi réduire beaucoup l’encombrement pour le transport à vide ou le magasinage.
- Deux persiennes, ménagées sur chacune des parois verticales, assurent la ventilation intérieure.
- Les quatre verrous du cadre permettent de réaliser la fermeture par plombs ou par cadenas de douane.
- Le transport de ces cadres s’effectue sur des wagons plats, aménagés pour six cadres, munis du frein à air comprimé du chauffage par la vapeur.
- Le volume intérieur des cadres du réseau P.-L.-M. est d’environ 3 m3; leur poids à vide de 430 kg.
- Les cadres ont trouvé d’autres applications dans le domaine des produits alimentaires. Les transports d’une grande maison d’alimentation ont été, pendant un certain temps, assurés en grande partie, au moyen de cadres fermés de 8 m3 de capacité, et de 3000 kg de tare; on a également effectué, avec deux cadres frigorifiques, des essais de transport de beurre et de viande de boucherie qui ont parfaitement réussi.
- Le principe des cadres a également été appliqué, pour le transport des minerais, à des bennes embouties qui peuvent s’arrimer aisément sur des wagons spécialement construits pour les recevoir et qui permettent une manutention très rapide et économique (fig. 7).
- Les entreprises de déménagement, dont nous parlions au début de cet article et qui font, en l’espèce, figure de précurseurs, ont saisi les avantages que présente dans de nombreux cas la substitution de cadres en acier aux anciens cadres en bois, en particulier dans les transports par mer. Plus solides, les cadres en acier résistent mieux aussi aux intempéries : pluie, eau de mer, eaux de lavage du bateau.
- Sur voie ferrée, ils apportent une sérieuse simplification en supprimant la bâche à l’aide de laquelle on protège les cadres en bois et qui est parfois l’objet de discussions entre les usagers et les compagnies.
- La figure 8 représente un cadre de 12 m3 de capacité, employé pour les transports de mobilier à destination de l’Afrique du Nord et de l’Angleterre. Bien entendu, ces cadres sont capitonnés intérieurement.
- Les rapports entre les propriétaires de cadres et le chemin de fer sont régis par des documents récents (10 juillet 1931) dont nous extrayons les renseignements suivants :
- Les plans des cadi’es doivent être soumis à l’approbation du chemin de fer, avec l’indication des matériaux qui seront employés pour la construction de la tare des cadres, et des marchandises auxquelles ils sont destinés. Les demandes d’admission ne peuvent comprendre moins de dix cadres semblables.
- Les demandeurs doivent donner au chemin de fer les moyens de constater la bonne exécution des cadres suivant les plans acceptés.
- L’examen et le contrôle exigés ne sont faits qu’au point de vue de la sécurité et de la facilité de l’exploitation.
- Les cadres doivent porter des inscriptions indiquant leur tare, leur contenance et leur charge normale. Une fois agréés par le chemin de fer, ils sont marqués et numérotés par ses soins.
- Les transports en cadres bénéficient, en grande et en petite vitesse, de tarifs particuliers.
- Le chargement des cadres sur wagon et leur décharge-
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- Fig. 7. — Wagon pial spécialement construit pour recevoir les bennes à minerais et un cadre mobile. (Photo Établissements Arbel.)
- ment étant assurés en gare par les usagers, i] leur est consenti, en outre, une réduction sur les frais de transport.
- Enfin le retour des cadres vides est taxé d’une façon modérée.
- En raison de la nouveauté de ce mode de transport, les tarifs en vigueur depuis la date que nous indiquions plus haut ne sont prévus que temporairement, pour une période d’essai qui, sauf prorogation, prendra fin le 31 décembre 1932.
- Les tarifs définitivement arrêtés après cette expérience devront être assez favorables pour permettre un large développement qui, du point de vue général, paraît souhaitable.
- Il semble, en effet, qu’on doive y trouver, en ce qui concerne le transport des marchandises, l’occasion d’une collaboration féconde entre la voie ferrée et la route, actuellement concurrentes; le train reliant entre eux un nombre restreint de centres de distribution d’où le trafic rayonnerait par camions automobiles, et le camion s’abstenant des transports à longue distance qu’il n’assure actuellement, malgré tout, que dans de mauvaises conditions.
- Les cadres pourront être la propriété soit des usagers, soit des réseaux qui dans ce dernier cas percevront une sorte de loyer des cadres.
- LES CADRES A L’ÉTRANGER
- Donnons quelques indications sur l’état de la question à l’étranger où le transport des marchandises par cadres mobiles est d’ailleurs jusqu’à présent beaucoup plus développé qu’en France, notamment aux États-Unis, en Angleterre et en Allemagne.
- Le trafic par containers fut institué à la fin de 1920 aux États-Unis et il y a pris une importance considérable.
- Les cadres sont employés pour la petite vitesse, la grande vitesse et la poste. On a construit des wagons plats spéciaux où ils s’encastrent exactement et sans arrimage.
- Il existe, entre les principaux centres urbains, des trains complets de containers qui, grâce à leur agencement particulier, ont une marche exceptionnellement rapide.
- Les compagnies de chemins de fer envisagent que l’emploi généralisé des containers leur permettra de supprimer tous leurs fourgons.
- Alors qu’aux États-Unis ce mode de transport est surtout réservé aux gares de grand trafic, le nombre des gares anglaises ouvertes au transport par containers est considérable.
- La Compagnie du « London Midland and Scottish Ry », notamment, possédait, en 1930, plus de deux mille cadres. Pour résoudre le problème du parcours minimum des cadres vides, le réseau est divisé en un certain nombre de districts possédant chacun un certain nombre de containers. Un agent régulateur, qui se tient au centre du réseau, suit la marche des cadres, ce qui lui permet de donner satisfaction aux demandes de chacun des
- chefs de district et d’acheminer au mieux chacun des containers après déchargement.
- Les premiers cadres ont été inaugurés en Allemagne en 1926 pour le trafic des marchandises entre le marché de Munich et la gare principale. Depuis cette époque, les résultats obtenus n’ont cessé de s’améliorer et l’emploi de petits cadres s’est beaucoup répandu ces dernières années. L’introduction de ce mode de transport a permis d’accélérer notablement le trafic; on a calculé qu’on a ainsi réduit le temps de chargement de 1 /8 et celui de déchargement de 1 /5.
- Signalons enfin qu’une compagnie de tramways a fait récemment construire un wagon spécial qui sert au transport des paquets par cadres dans la ville de Munich.
- Il nous reste, en terminant, à dire un mot d’une solution qui a été aussi proposée pour le problème faisant l’objet de cet article et qui, si elle s’écarte des conditions de celui-ci, n’en présente pas moins le mérite d’une certaine originalité.
- Des essais ont été récemment entrepris pour réaliser Fig. 8.
- Cadre métallique employé pour le transport des meubles à destination du Maroc. Le volume intérieur est de 12 m8.
- (Photo Établissements Arbel.)
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- le transport routier des wagons de chemins de fer par remorques automobiles porte-wagons.
- On sait que le transport des lourdes charges est un art très ancien; rappelons seulement qu’on transporte couramment des transformateurs, des chaudières, des éléments de ponts ou de machines dont le poids est souvent supérieur à celui d’un wagon chargé de 20 tonnes utiles.
- Le problème a été traité dans le cas présent, d’une part, par emploi de tracteurs attelés à des remorques très surbaissées, munies de rails pour recevoir les wagons et comportant aussi des plateaux amovibles pour recevoir éventuellement d’autres charges;
- d’autre part, par emploi de tracteurs attelés direc-
- tement aux wagons qui reposent alors sur bogies routiers.
- La principale difficulté consiste évidemment à satisfaire aux prescriptions du Code de la Route.
- Enfin, la méthode exactement inverse, pour ainsi dire, vient d’être inaugurée par les chemins de fer à voie étroite de l’île de Chypre. Un camion de 1500 kg est transporté sur un wagon plat à bogies. A la gare la plus proche de sa destination, le camion est descendu et effectue la fin du trajet par ses propres moyens.
- Il est permis de douter du caractère pratique de ces deux derniers procédés et de garder ses préférences à l’emploi des cadres mobiles.
- Ph. T.
- LA NECESSITE DU GRAISSAGE
- Redier, qui fut un des maîtres de l’horlogerie au xixe siècle, et qui rie manquait ni d’esprit ni de causticité, a dit un jour : « Le grand service que la Science a rendu à l’horlogerie, c’est d’avoir montré aux horlogers qu’ils avaient raison de faire ce qu’ils faisaient ». Sauf erreur, cette boutade humoristique eut pour occasion les beaux travaux de Phillips sur le spiral et ses courbes terminales théoriques. Les courbes de Phillips ont en effet justifié celles de Breguet, et même celles bien plus anciennes que Gourdain, autre horloger de valeur, appelait courbes tâtées.
- C’est qu’en réalité, dans la nature, il est bien rare qu’on ne trouve pas des antériorités, plus ou moins précises, plus ou moins ingénieuses, aux inventions les plus utiles. L’homme a toujours été un chercheur. 11 serait bien extraordinaire que les chercheurs du passé n’aient pas au moins flairé le progrès, autant que le leur pouvaient permettre les connaissances et les observations de leur temps.
- Au fond de tout, n’y a-t-il pas en effet une source unique
- Fig. 1. — Variations avec le temps du couple de frottement d’un pivot tournant sur un saphir à la vitesse de 150 tours par minute.
- Courbe I. — Système non huilé, il s’arrête après 1 million de révolutions environ. Courbe II. — Système huilé.
- Md/ions de révolutions
- de vérité ? Une observation bien faite, répétée, appuyée sur la saine logique, ne peut conduire ailleurs qu’à la vérité scientifique.
- Parmi les questions techniques qui ont été le plus agitées, le plus discutées, celle de l’huile de graissage est assurément au premier plan. Il en est peu qui soient aussi complexes, qui demandent un soin aussi minutieux et des recherches aussi larges et aussi profondes.
- Dans ses Recherches sur l’huile employée en horlogerie ('), Henri Robert, qui fut un des maîtres chronométriers du siècle dernier, écrivait en 1852 :
- « La qualité principale de l’huile, celle que le praticien demande avant toute chose, c’est qu’elle conserve sa fluidité le plus longtemps possible. »
- Et un peu plus loin :
- « Lorsqu’on a acquis une très grande habitude de l’expérimentation des huiles, il en est beaucoup dont on peut déterminer en très peu de jours la mauvaise qualité; mais il en est quelques-unes qui dissimulent longtemps leur tendance à l’épaississement qui ne se prononce qu’après huit ou dix mois et augmente ensuite avec une rapidité remarquable ».
- Il est enfin curieux de constater qu’Henri Robert termine son étude en recommandant aux futurs expérimentateurs, chimistes et savants, « le mode d’expérimentation sur des plaques, le seul qui puisse, quant à présent, donner des indications sur les qualités comparatives de deux huiles ».
- Une justification des réserves d’Henri Robert relativement à la durée des observations a été donnée il n’y a pas bien longtemps dans un important et remarquable travail de Fichter, publié en 1924 par la Revue
- 1. Cette étude fait partie d’un volume intitulé Etudes sur diverses questions d’horlogerie. Et Henri Robert s’y intitule : l’un des horlogers de la Marine de l’Etat, chevalier de la Légion d’honneur, auteur de plusieurs ouvrages sur l’horlogerie, de divers articles de l’Encyclopédie moderne. Fabricant de chronomètres et fabricant d’huile, d’une huile qu’il préparait avec des olives de première qualité, Henri Robert peut être considéré comme le type des observateurs minutieux et précis, qui cherchent à ne rien laisser au hasard. Son travail est un véritable modèle d’analyse.
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- Fig. 2. — Surface d’une pierre après 1 million de révolutions du pivot.
- Sans graissage (grossissement 175).
- générale d'électricité. D’observations très précises et minutieuses, mais pas assez longtemps poursuivies, M. Fichter avait cru pouvoir conclure que l’huile était à peu près inutile dans les frottements « pivots d’acier sur pierres » adoptés dans les appareils de mesures électriques. D’après lui, c’est tout au plus si l’huile était en état de donner une amélioration de 30 pour 100 dans la friction. Or, cette conclusion vient d’être formellement contredite par les recherches et expérimentations fort curieuses exécutées au National Physical Labora-tory, de Teddington.
- Voici plusieurs années déjà que ces recherches ont été entreprises et se poursuivent, avec le concours et la collaboration des deux sections de Métrologie et d’Électricité de ce grand établissement scientifique et technique. Elles ont été récemment résumées dans un beau travail magnifiquement illustré de M. V. Stott, assistant au Département de Métrologie (1).
- Grâce à l’obligeance de ces messieurs et avec l’autorisation du Stationery Royal Office , nous sommes en mesure de reproduire quelques-unes des gravures accompagnant
- 1. Ce mémoire est intitulé : An investigation of problems relating to the use of pivots and jewels in instruments and melers. (Recherches sur les problèmes relatifs à l’emploi des pivots et pierres dans les instruments et appareils de mesure). C’est une étude d’ordre général dans laquelle la question de l’huile entre naturellement. Au sujet de cette question, voici comment s'exprime l’auteur dans le résumé (Abstract) qui précède son travail :
- « Toutes les fois qu’un pivot d’acier a tourné en contact avec un saphir sans graissage, il y a eu un fort (heavy) dépôt de poussière. Cette poussière a été produite du fait de la rotation. Il ne s’en produit pas lorsque la pierre et le pivot ne sont pas en mouvement l’un par rapport à l’autre. L’accroissement du frottement est en grande partie dû à la présence de cette poussière.
- « On a reconnu que le graissage ne modifie pas matériellement le moment de friction du système pivot-pierre, mais que la présence de l’huile augmente considérablement la. durée de la vie utile du système ».
- Fig. 3. — Surface d’une pierre après 10 millions de révolutions.
- Avec graissage (grossissement 175).
- le mémoire de M. Stott et de donner un aperçu des résultats obtenus à Teddington, et exposés au chapitre 12 du travail mentionné.
- Ce chapitre est intitulé Lubrification and Wear (Graissage et usure). Il débute ainsi :
- « Les essais d’usure ont été faits avec un pivot et une pierre sans graissage, et avec un pivot et une pierre semblables, fonctionnant dans les mêmes conditions, mais avec de l’huile logée dans la courbure de la pierre.
- « Les deux pivots étaient en fil d’acier durci de Stub, de 2 mm de diamètre, terminés en cône de 60°, avec à l’extrémité, une portion de sphère de 0,4 mm de diamètre. Les pivots de ce genre sont employés dans les mesures électriques. En relation avec ces pivots on a employé des saphirs artificiels (aussi identiques que possible).
- « Un poids de 22 gr était utilisé dans ces essais d’usure, déterminant au centre de la surface de contact du pivot et de la pierre une pression calculée de 217 kg. par mm2. Les éléments en mouvement ayant un poids de 22 gr se rencontrent couramment dans les mesures de courant alternatif. »
- La première de nos gravures est la réunion en un seul de quatre graphiques représentant schématiquement le couple de frottement en dynes-centimètre, d’un pivot tournant sur un saphir à la vitesse de 150 tours à la minute.
- Ce graphique est absolument typique et probant.
- Les ordonnées représentent le couple de frottement (Torque) en dynes-centimètre; les abscisses : le nombre de révolutions du système, exprimé en millions.
- Voici comment se sont comportés le système non huilé et le système graissé avec de l’huile superfine d’horlogerie.
- Pendant les premiers 500 000 tours, il y a eu presque
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- Fig. 4 (en haut). — Profil d'un pivot après 1 million de révolutions. Sans graissage (grossissement 100).
- Fig. 5 (au milieu).— Profil d’un pivot après 1 million de révolutions. Avec graissage (grossissement 100).
- Fig. 6 (en bas). — Profil d’un pivot après 10 millions de révolutions. Avec graissage (grossissement 100).
- identité entre la conduite des deux pivots-pierres. Mais à partir de 500 000, le changement a été complet, absolu. Le système non huilé s’est mis à piquer vers la verticale. Au bout d’un million de révolutions, la friction était d’environ 50 dynes-centimètre. Elle était devenue excessive.
- Le système huilé s’est maintenu aux environs de 2 dynes-centimètre pendant près de 15 millions de révolutions. A 17 millions il n’était encore qu’au voisinage de 10 dynes-centimètre.
- « La présence de l’huile, écrit M. Stott, bien qu’elle n’ait pas au début influé sur la friction, a permis au système pivot-pierre lubrifié de vivre trente fois plus longtemps que le système non lubrifié. » Il est, dans ces conditions, très intéressant de se rendre compte de l’aspect que présentent après expériences, les deux parties en contact, pierre et pivot. Cet aspect
- est donné par les photographies des figures 2, 3, 4, 5, 6, dont le grossissement est de 175 et 100.
- Écoutons M. Stott :
- « Le dépôt typique de poussière apparaît rapidement sur le pivot et la pierre qui tournent à sec. Après un million de révolutions, ce dépôt est très large. Une microphotographie de la surface de la pierre est donnée en 2, à la fin de l’expérience. Le grossissement est de 175, de sorte que seul le centre de la courbure de la pierre apparaît. Les taches sombres irrégulières sont de la poussière. Les lignes droites indiquent le dommage causé à la surface du saphir.
- « La microphotographie 3 de la pierre huilée, a été prise après 10 millions de révolutions du système. Les taches noires du bord sont encore de la poussière. Mais la surface claire du centre est bien plus large que dans la figure 2 et il n’apparaît aucune trace d’altération à la surface de la pierre. Quoique la poussière apparaisse à la fin sur la surface de la pierre huilée, elle ne s’y remarque que beaucoup plus tard. Au bout de 3 millions et demi de révolutions, par exemple, on n’en apercevait encore qu’une faible trace. »
- Les figures 4, 5 et 6 donnent les profils des pivots avec un grossissement de 100 (environ).
- Le pivot ayant tourné à sec est représenté, en 4, après un million de révolutions. L’aspect du pivot lubrifié est indiqué en 5 et 6, en 5 après un million de révolutions, en 6 après 10 millions. La comparaison de 4 et de 5 montre combien l’absence de lubrifiant est dure pour le pivot.
- Les travaux du National Physical Laboratory ont été exécutés au département de Métrologie (*) en liaison avec celui d’électricité et les arbres en rotation sont d’un usage courant dans les appareils de mesure électrique.
- Les figures 7 et 8 représentent, la première la disposition respective du pivot et de la pierre sur laquelle il roule, la seconde, le dispositif de mise en mouvement du pivot sur sa pierre.
- Des expériences comme celles dont il vient d’être question dans ces lignes montrent d’une façon lumineuse l’importance de cette question de l’huile et de la lubrification des pièces animées d’un mouvement de rotation. Elles soulignent le service rendu à l’horlogerie en particulier, et à la construction de tous les instruments de mesure par un établissement comme le Laboratoire de la Compagnie française de raffinage, et par les travaux de M. Paul Woog.
- 1. Le National Physical Laboratory comporte les départements suivants : Physique, Électricité, Métrologie, Art de l’ingénieur, Aérodynamique, Métallurgie, Administration du fonds William Froude. L’établissement compte environ 600 personnes. Il est sous la direction générale de Sir Joseph Petavel, successeur de Sir Richard Glazebrook. Le département de Métrologie est sous la direction de M. J. E. Sears, membre du Comité international des poids et mesures. C’est ce département qui est chargé de la vérification et du contrôle des montres et chronomètres de précision. Le temps fait en effet, à Teddington, partie des mesures. Tous les instruments, quelles qu’en soient l’origine et la nationalité, sont admis aux épreuves et figurent dans le classement. Il en est tout différemment en France où les chronomètres, pour être classés, doivent avoir été fournis par des maisons ayant un siège à Besançon.
- Fig. 7. — Schéma du pivot et de la pierre.
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- Il existe une analogie tout à fait remarquable entre le rôle de l’huile et celui de la bille dont l’importance est si grande dans le roulement des surfaces.
- Les molécules infinitésimales de l’huile ne sont-elles pas en elïet des billes réduites au minimum de volume ? ou les billes des molécules infiniment agrandies ? des molécules dans lesquelles la viscosité est à peu près nulle et qui ne conservent que la fluidité ?
- Il y a longtemps que cette observation a été faite par les horlogers. C’est ainsi que Ferdinand Berthoud, dans son Essai sur l’horlogerie, a écrit que « les éminences des pivots glissent sur les parties très déliées de l’huile comme sur de petits rouleaux » (tome II, 1859).
- Quoi qu’il en soit d’ailleurs, la nécessité de l’huile apparaît comme évidente dans tous les domaines où il y a frottement et mouvement .Et également la nécessité d’avoir une huile aussi irréprochable que possible, une huile qui réponde aux divers besoins du machinisme moderne parfois fort exigeant, une huile qui ne dissimule pas ses défauts et qui ne laisse altérer ses qualités ni par la lumière ni par d’autres causes plus ou moins subtiles.
- Et les mécaniciens ne peuvent qu’être reconnaissants au National Physical Laboratory dont les expérimentations ont montré d’une façon aussi nette l’action
- Fig. 8. — Appareil pour mesurer le couple du frottement entre le pivot et la pierre.
- conservatrice des bons lubrifiants. Ils le doivent être aussi à ceux qui travaillent, comme M. Woog et ses collaborateurs du Laboratoire de la Compagnie française de raffinage, à leur préparer ce lubrifiant.
- Léopold Reverchon.
- L’ECLAT APPARENT DES ETOILES
- La diversité d’éclat des étoiles a conduit les anciens — et conduit encore de nos jours les personnes non prévenues — à les imaginer plus ou moins grosses, plus ou moins « grandes ». De là le nom de « grandeur » que l’on a adopté comme mesure de l’éclat. « Voyez la grosse étoile », dit-on communément, — surtout dans les campagnes — pour désigner Vénus ou Jupiter, si brillants en ces derniers mois. Ce faisant, on confond ces planètes avec des étoiles, mais l’idée maîtresse est toujours la même : ces astres sont très éclatants, donc ils doivent être très grands.
- L’erreur que l’on commet ainsi est du même ordre que celle qui consisterait à considérer, lorsque nous sommes en présence d’une ville illuminée, que les lumières les plus rapprochées sont les plus brillantes : une bougie à 10 m est plus lumineuse qu’un arc voltaïque placé à 3 km.
- Toutefois, dans cet exemple, il nous arrive de corriger instinctivement, en partie du moins, l’impression reçue, car nous estimons les distances et une lumière éloignée pourra être jugée plus lumineuse qu’une autre plus rapprochée, mais plus faible parce que, inconsciemment, nous faisons la correction due à l’éloignement. Pour les étoiles qui, toutes, nous paraissent à la même distance, nous n’avons plus le moyen de faire aucune correction, et l’éclat apparent seul intervient dans notre appréciation.
- La classification des étoiles en diverses catégories de grandeurs, pour distinguer leurs éclats, remonte déjà assez loin dans l’histoire, puisque Hipparque et Ptolémée ont classé les étoiles visibles à l’œil nu — on n’en connaissait pas d’autres à leur époque — en six groupes, d’après l’intensité de leur lumière, chacun de ces six groupes se subdivisant en dix sous-grandeurs.
- Le premier groupe comprenait les étoiles les plus lumineuses, celles de la grandeur 0,0 à la grandeur 1,0, le deuxième groupe
- les étoiles moins lumineuses, de la grandeur 1,0 à la grandeur 2,0, etc.; et le sixième, les étoiles les plus faibles de la grandeur 5,0 à la grandeur 6,0 —- ces dernières juste à la limite de la visibilité.
- De nos jours, on a substitué le mot magnitude à celui de grandeur qui peut introduire dans l’esprit une certaine confusion avec la grosseur réelle. Les deux mots sont synonymes, mais le mot magnitude — que nous allons maintenant employer, —se rapporte uniquement à l’intensité lumineuse sans évoquer aucune idée de dimension effective.
- John Ilerschel, en 1830, avait remarqué que l’éclat des étoiles de magnitude 1,0 était environ 100 fois supérieur à celui des étoiles de magnitude 6,0. Autrement dit, en plaçant ensemble, côte à côte, 100 étoiles de magnitude 6,0, on aurait l’apparence d’une étoile de magnitude 1,0 de l’époque (nous allons dire pourquoi). C’était là une mesure approximative, mais elle a servi, de nos jours, à définir l’éclat des étoiles de magnitude 1,0, et l’on admet aujourd’hui que les étoiles de magnitude 1,0 sont celles dont l’éclat est 100 fois supérieur à celles de magnitude 6,0 figurant dans le célèbre catalogue stellaire connu sous le nom de Bonner Durchmusterung. Ainsi, on a bien défini de quelles étoiles de magnitude 6,0 on se sert, car les étoiles les plus faibles visibles à l’œil nu peuvent différer d’un observateur à l’autre.
- Recherchons à présent la loi qui régit la décroissance d’éclat d’une magnitude à la suivante. Soit r cette raison de décroissance. Nous pourrons écrire qu’une étoile d’éclat et de magnitude 1,0 est r fois plus lumineuse qu’une étoile d’éclat e2 (de magnitude 2,0), et ainsi de suite:
- r ;
- ei — e3t",
- *
- *
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-
-
- = 346 . ,, ....................-,....::.:.=
- En multipliant ces égalités membre à membre et simplifiant, il vient :
- «i = eflr5.
- Mais on a vu plus haut que l’on admet (c’est la condition d’Herschel) que r5 = 100, donc :
- r = Ç/ÏÔÔ - 2,512.
- Ainsi l’éclat d’une étoile de magnitude donnée est 2,512 fois plus grand que celui d’une étoile de la magnitude immédiatement inférieure d’une unité.
- Cette échelle de magnitudes a été proposée par Pogson dès 1850. Elle a été étendue dans les deux sens et va depuis le Soleil lui-même jusqu’aux étoiles télescopiques les plus faibles que révèlent les instruments géants (actuellement magnitude 21,0).
- Mais pour les astres très brillants, il devient nécessaire d’adopter pour la magnitude des valeurs négatives. Ainsi une étoile de magnitude — 2,0 est 2,512 fois plus lumineuse qu’une étoile de magnitude —1,0 ou bien 2,512 X 2,512 fois plus lumineuse qu’une étoile de magnitude 0,0, etc.
- Cette échelle de magnitudes stellaires, d’un usage général aujourd’hui, a évidemment quelque chose d’illogique en soi. D’abord, ces valeurs négatives, pour les étoiles brillantes
- de lire, quelques éclats calculés au moyen de la formule précédente, l’éclat d’une étoile de magnitude 1,0 étant pris pour unité.
- Magnitude Éclat Magnitude Éclat
- — 1,5 10, 2,0 0,40
- — 1,0 6,3 3,0 0,16
- — 0,5 4,0 4,0 0,063
- 0,0 2,5 5,0 0,025
- 1,0 1,0 6,0 0,010
- Ce tableau montre bien qu’il faut 100 étoiles de magnitude 6,0 pour obtenir le même éclat qu’une étoile de magnitude 1,0; ou encore 100 de magnitude 4,0 pour avoir l’éclat d’une étoile de magnitude —1,0.
- Il est intéressant — la demande nous en a été faite — de donner ici le tableau des étoiles don'' la magnitude surpasse 1,0. Il y en a 13 en tout.
- Étoile Nom Magnitude Étoile Nom Magnitude
- oc Grand Chien Sirius — 1,6 jâ Orion Rigel 0,3
- 7] Carène (') Tseen-She — 1,0 a Petit Chien Procyon 0,5
- oc Carène Canopus — 0,9 a Eridan Achernar 0,6
- oc Centaure Rigilkentarus 0,1 oc Orion Bételgeuse 0,9
- oc Lyre Véga 0,1 P Centaure Agena 0,9
- a Bouvier Arcturus 0,2 oc Aigle Altaïr 0,9
- oc Cocher Capella 0,2
- 1. Variable de — 1,0 à 7,8.
- (Sirius, magnitude : —1,6) déroutent quelque peules personnes peu au courant de l’astronomie stellaire; d’autre part, le chiffre qui exprime la magnitude croît au fur et à mesure que l’éclat diminue. Mais l’échelle offre le grand avantage de la continuité et on peut l’étendre indéfiniment dans les deux sens.
- On aurait pu éviter les valeurs négatives en adoptant pour magnitude 1,0 ou 0,0 l’étoile la plus brillante du ciel; on aurait pu encore adopter comme unité d’éclat cette étoile, et alors celui de toutes les autres étoiles aurait été inférieur. Mais, sans nous étendre davantage, on voit la fragilité d’un système basé sur la lumière d’un astre qui est et en tout cas a été variable.
- Les formules précédentes permettent de calculer aisément l’éclat d’une étoile de magnitude m en fonction de l’éclat d’une étoile de magnitude 1,0.
- En effet, la formule ci-dessus :
- «1 =eBr*
- peut être généralisée et pour une magnitude m devient : *i = em rm—h
- Remplaçons r par sa valeur 2,512 et prenons les logarithmes : log ey = log em + (m — 1) log 2,512.
- Si enfin nous adoptons l’éclat de la magnitude comme unité, on a finalement :
- log ern = (1 — m) 0,4.
- Nous empruntons à Y Annuaire astronomique Flammarion, d’où nous tirons une partie des renseignements qu’on vient
- Inversement, la formule précédente :
- log em = (1—m) 0,4,
- permet de calculer la magnitude m d’un astre quand on connaît le rapport de son éclat à l’éclat d’une étoile de magnitude
- 1,0.
- La comparaison photométrique des quantités de lumière envoyées par le Soleil, les planètes et les étoiles a ainsi permis de calculer leur magnitude stellaire. Pour le Soleil, ce chiffre atteint —26,72. Cela veut dire que l’éclat stellaire du Soleil surpasse celui d’une étoile de magnitude 1,0 de 27,72 magni-
- 7__ ... _____27,72
- tudes et le Soleil équivaut ainsi en éclat à celui de 2,512 étoiles de magnitude 1,0. Je laisse au lecteur le soin de faire ce petit calcul.
- Pour Vénus (Voir « Bulletin astronomique » du N° 2874, du 1er février 1932) dont la magnitude stellaire a atteint la valeur —3,8 en mars dernier et a atteint —4,2 en mai et en août de cette année, l’éclat est encore bien considérable.
- Faisons le calcul pour la valeur —4,2, soit 5,2 magnitudes au-dessus d’une étoile de magnitude 1,0.
- _____5,2
- L’éclat sera de 2,512 = 120 étoiles de première grandeur!
- Quoi d’étonnant alors que, dans le ciel si pur de nos campagnes, Vénus brille comme un phare, produise des halos ou plutôt des couronnes quand de légers nuages passent devant, et porte une ombre déjà très accusée ?
- Em. Touchet.
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- LE VICTORIA REGIA
- On voit actuellement en fleurs dans l’aquarium des serres chaudes du Jardin des Plantes de Paris (Muséum national d’Histoire naturelle), une plante remarquable, considérée comme l’un des représentants les plus extraordinaires du règne végétal : le Victoria regia.
- Cette superbe Nymphéacée, proche parente de notre Nymphéa, ou Nénuphar blanc (Nymphæa alla), la plus belle de nos plantes aquatiques indigènes, s’en dis-
- En 1819, Bonpland trouva au Paraguay une plante que d’Orbigny vit également en 1827 à Corrientes et dénomma : Victoria Cruziana; mais celle-ci n’est en réalité qu’une variété du V. regia, dont elle se différencie par ses feuilles concolores (vertes sur les deux faces), au lieu d’être discolores.
- Bonpland rencontra le V. regia proprement dit en 1820, sur la Berbice (Guyane anglaise).
- Fig. 1. — Le Victoria regia dans l’aquarium des serres chaudes du Muséum.
- tingue par les dimensions beaucoup plus grandes de ses feuilles et de ses fleurs.
- ORIGINE
- Le Victoria regia Lindley, est originaire de l’Amérique équatoriale, où il croît dans les lagunes voisines des fleuves.
- Haenke, botaniste du roi d’Espagne, fut le premier Européen qui l’observa, et cela vers 1801, dans la province bolivienne de Moxos, sur le Rio Mamora, l’un des principaux affluents de l’Aipazone. « Transporté d’admiration, il se précipita à genoux, adressant à l’auteur de cette magnifique création les hommages de reconnaissance que lui dictaient son étonnement et sa profonde émotion. » (A. d’Orbigny, Annales des sciences naturelles, tome 13, p. 55). Haenke ne put avertir le monde savantffe sa découverte, la mort ayant interrompu ses voyages. L’Europe reçut seulement une partie de ses collections qui fut étudiée longtemps après.
- Pœppig le découvrit en 1832, à Ega ; il n’en parla que dans une publication ultérieure.
- L’année suivante (1833), d’Orbigny le retrouva au même endroit que Haenke, mais il ne le mentionna pas spécialement.
- D’autres voyageurs, parmi lesquels Paul Marcoy, le virent aussi en diverses régions : sur le Mamora, le San-José et différents tributaires de l’Amazone.
- Pourtant, jusqu’en 1833, cette plante ne fut que vaguement signalée aux Européens.
- Le 1er janvier 1837, Robert Hermann Schomburgk, accomplissant une mission d’études à l’intérieur de la Guyane anglaise pour le compte de la Royal Geogra-phical Society, remontait la rivière Berbice quand il arriva en un point où cette rivière s’élargit et forme un bassin tranquille. Voici comment il raconta l’événement dans une lettre qu’il adressa à la Société royale de Géo graphie de Londres : « Un objet placé à l’extrémité méridionale de cette espèce de lac attira mon attention, sans
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- que je pusse me faire une idée de ce que ce pouvait être; mais animant mes rameurs par l’espoir d’une récompense, nous fûmes bientôt près de l’objet qui excitait ma curiosité et je pus contempler une véritable merveille. Toutes mes infortunes furent oubliées; j’étais botaniste et je me trouvais récompensé. »
- Il dessina la magnifique et gigantesque plante qu’il dénomma : Nymphæa Victoria, puis envoya ces dessins coloriés, ainsi que des échantillons de feuilles et de fleurs, à la Société anglaise de Géographie.
- Lettre et dessins firent sensation. La Société de Géographie de Londres et celle de Paris lui décernèrent, la première une médaille d’or, la deuxième une médaille d’argent pour ses travaux de géographie et d’histoire naturelle.
- La lettre de Schomburgk, écrit Sir W. Hooker. ( Journal of Botany, 1850, p. 314), a paru dans le Magazine of Zoology and Botany livraison du 1er novembre 1847, avec un article du zoologiste J. E. Gray qui changeait le nom de Nymphæa Victoria en : Victoria Regina.
- C’est le Dr Lindley qui, après examen des documents, publia deux ou trois mois plus tard les dessins de Schomburgk, avec une description complète et donna à la plante le nom désormais consacré de Victoria regia, en l’honneur de la reine d’Angleterre (Lindley [John], Victoria regia, Londres, 16 octobre 1837, in-folio, une planche en couleurs).
- La luxueuse publication de Lindley ne fut tirée qu’à un petit nombre d’exemplaires. L’un d’eux fut offert à Delessert. D’Orbigny y reconnut l’une des plantes qu’il avait trouvées en Amérique, dont il avait expédié des échantillons et dessins au Muséum d’Histoire naturelle de Paris en 1827, et qu’il avait citée dans sa relation de voyage, mais de façon incomplète. Il revendiqua la priorité de la découverte (Echo du Monde savant, 1837 ; Annales des Sciences naturelles, janvier 1846) et publia des détails très intéressants sur les Victoria, qui constituaient pour lui deux espèces. Nous avons vu que cette opinion n’a pas été admise par les botanistes.
- INTRODUCTION EN EUROPE
- La première tentative d’introduction de cette plante en Europe a été faite par Schomburgk.
- Les exemplaires importés ne tardèrent pas à périr.
- Des vingt-cinq graines achetées par le Jardin de Kew, en 1846, à un voyageur qui revenait de Bolivie et les avait transportées dans de la terre humide, il n’en germa que deux. Les plantes ainsi obtenues vécurent jusqu’à l’automne en bon état et moururent en décembre, sans avoir fleuri.
- Bridges avait rapporté des fleurs dans de l’alcool. Leurs caractères combinés avec ceux des dessins de Schomburgk servirent à Hooker pour l’illustration d’un article du Botanical Magazine (1847, tab. 4275-4278), article accompagné de renseignements précieux pour les horticulteurs et fournis par Bridges. D’autres notes importantes avec figures en couleurs fuent très remarquées dans le monde scientifique et chez les horticulteurs, notamment celles de la Flore des serres et des jardins,
- de Van Houtte, vol. 3 (1847) et vol. 6 (1850-1851).
- Un nouvel essai d’intr’oduction échoua en 1848.
- Des rhizomes et des graines récoltés aux frais d’un médecin anglais et envoyés à Kew arrivèrent, les ' uns desséchés, les autres ne pouvant plus germer.
- Inlassablement, les tentatives continuèrent.
- En 1849, trente-cinq pieds adultes de Victoria furent apportés à Georgetown (Demerara) par une expédition d’indiens équipée par des Anglais. Plantés à cet endroit, ils périrent.
- Mais- des graines déposées dans des fioles d’eau pure furent adressées au Jardin de Kew à quatre reprises successives. Le premier lot, reçu le 28 février 1849, donna six plantes qui prospérèrent. L’une d’elles, transportée à Chastworth (chez le duc de Devonshire) le 3 août, y fleurit le 8 novembre et y fructifia.
- L’introduction du Victoria regia était enfin réalisée en Europe.
- En 1850, l’horticulteur belge Van Houtte cultivait, dans un bassin vitré, un pied dé Victoria provenant des graines récoltées à Chastworth en février de la même année, et qui commença de fleurir le 5 septembre. Des graines fertiles furent produites.
- Le Victoria, cultivé en 1861 au Muséum de Paris dans l’aquarium des serres chaudes, eut cinquante-trois fleurs mais ne fleurit pas en 1862, à cause de 1’ « absence de soleil ».
- Une serre spéciale fut construite à Schœnbrunn où il fleurit en 1862.
- La floraison d’un pied planté en plein air à New-York en 1888 fut un événement. L’eau était maintenue à la température de 25° par des tuyaux d’eau chaude circulant à la partie inférieure du bassin.
- Le Victoria, cultivé sans abri à l’Exposition universelle de Paris (1889) dans une pièce d’eau chauffée à 35°, située en face du pavillon du Brésil, près de la tour Eiffel, ne fleurit pas.
- Au Muséum de Paris, cette plante porta des fleurs en 1892, ce qui n’était pas arrivé depuis 1861, mais se renouvela en 1893. A partir de cette époque, la plante n’y a plus été cultivée, pour diverses raisons, jusqu’à la restauration de la serre-aquarium accomplie en 1931 avec l’aide financière des « Amis du Muséum ».
- En France, on peut voir le Victoria regia au Parc de la Tête d’Or à Lyon, et chez quelques amateurs de plantes, particulièrement chez Mme de la Moissonnière, près de Rouen. II existe dans les principaux jardins botaniques de l’étranger. Je l’ai admiré en superbes exemplaires, à l’air libre, au Jardin botanique de Buitenzorg (Java).
- DESCRIPTION
- Cette plante, vivace dans son pays d’origine, dit-on, est annuelle dans nos serres d’Europe et les graines qu’elle y produit servent à la multiplier.
- Ses feuilles ont une préfoliaison indupliquée (à bords enroulés en dedans). Elles se développent progressivement du fond de l’eau à la surface, où le limbe finit par s’étaler complètement.
- Ces feuilles se succèdent de plus en plus grandes depuis
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- la naissance de la plante jusqu’au moment où elles parviennent au maximum de leurs dimensions.
- Chaque plante peut avoir jusqu’à dix feuilles.
- Les pétioles, nervures foliaires, pédoncules, calices et fruits sont fortement épineux.
- Pétioles et pédoncules sortent directement de la souche ; ils sont cylindriques, plus ou moins longs suivant la profondeur de l’eau. Les limbes entièrement développés sont orbiculaires, plans, leurs bords étant relevés à angle droit sur une hauteur de 5 à 10 cm, ce qui leur donne un peu l’aspect de tourtières. Le diamètre des limbes est de 1 m à 1 m 50 et plus, d’après certains auteurs. Ils sont verts en dessus; la face inférieure, pourpre, est relevée de nombreuses nervures très proéminentes,
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- lobes ovales, concaves, caducs, un peu plus courts que les pétales.
- Les pétales (une centaine) sont disposés en plusieurs séries; les extérieurs étalés, oblongs et obtus; les intérieurs, devenant plus étroits et acuminés à mesure qu’ils approchent du centre, se transforment enfin en étamines. Leur couleur passe du blanc au rose, puis au rose violacé foncé.
- Des étamines fertiles, pétaloïdes, les extérieures larges, les intérieures plus étroites, entourent d’autres étamines, stériles, difformes, dont la base s’incurve au-dessus des stigmates, alors que leur partie supérieure est redressée.
- L’ovaire est infère, à plusieurs loges.
- Après la fécondation, le pédoncule s’infléchit, la fleur
- Fig. 2. — Deux fleurs épanouies de Victoria regia et trois boutons prêts à s’ouvrir dans l’aquarium des serres chaudes du Muséum.
- rayonnant du point d’insertion du pétiole et s’étendant jusqu’aux bords relevés de la feuille, diminuant de volume et disparaissant sur l’extrême bord. Ces nervures sont réunies entre elles par des nervures secondaires moins saillantes qui se ramifient et s’entre-croisent, hérissées d’épines aiguës, à base élargie.
- Les pédoncules, plus longs que les pétioles, s’élèvent hors de l’eau, chacun d’eux portant une seule fleur qui, avant l’épanouissement, se présente en un gros bouton recouvert d’épines.
- La fleur épanouie a un diamètre de 30 à 35 cm et parfois plus. Chaque plante peut produire de trois à huit fleurs qui se montrent successivement pendant un mois environ.
- Le calice, brunâtre, est profondément divisé en quatre
- plonge dans l’eau, où le fruit se développe et mûrit. C’est une grosse baie spongieuse, épineuse, qui se rompt irrégulièrement et d’où s’échappent de nombreuses graines noires de la grosseur d’un pois.
- LA FLORAISON
- Cette année, au Muséum, nous constatons que les boutons à fleur laissant entrevoir quelque peu les pétales s’épanouissent la nuit suivante; la fleur, d’un blanc pur, reste complètement ouverte toute la nuit et jusque vers 11 heures du matin ; elle se ferme, puis s’ouvre à nouveau vers 4 à 5 heures de l’après-midi, ayant pris une couleur rose qui tourne au rose pourpre foncé lorsqu’elle se fane.
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- Le même soir, vers 8 heures, elle s’infléchit ayant duré à peu près vingt-quatre heures.
- L’activité du développement de la plante est en rapport avec la température de la serre et de l’eau dans lesquelles on la cultive, ainsi qu’avec l’insolation; elle est ralentie ou même suspendue par temps couvert à luminosité réduite.
- Drude, à l’aide d’un instrument spécial inventé par Sachs, Yauxanomètre, a étudié la vitesse et les intermittences de croissance de la plante (ses recherches ont paru dans le Monatsschrift, de Berlin). En vingt-quatre heures, dans un simple aquarium, la croissance du Victoria peut atteindre 20 cm environ. Le maximum du développement se fit durant l’expérience. En trente-six heures, le pétiole s’allongea de 281 mm et le limbe de 284 mm. La moyenne de l’élongation fut, en une heure, de 78 mm pour le pétiole et de 79 mm pour le limbe.
- CULTURE
- Dans les serres chaudes, les graines du Victoria regia sont récoltées en novembre, conservées dans des flacons remplis d’eau et semées en février-mars en serre chaude, en terrines maintenues dans un petit bassin dont l’eau recouvre de 2 ou 3 cm la surface des terrines. Cette eau est chauffée à environ 30° C. Au bout de trois semaines, la germination commence.
- Quand les jeunes plants ont une ou deux feuilles, chacun d’eux est repiqué dans un godet légèrement immergé jusqu’au moment de la mise en place définitive dans l’aquarium, c’est-à-dire en mai.
- A cet effet, on prépare au milieu du bassin une butte de terre formée d’un compost approprié (constitué par de la terre franche (terre à blé), à laquelle on associe de puissants éléments nutritifs : terreau de fumier très décomposé, sang desséché, etc.), et dont le sommet se trouve à 15 ou 20 cm au-dessous de la surface de l’eau. Celle-ci doit avoir une température de 25 et même 30° tant que la plante n’a pas sa taille maximum. La température de la serre est-au début de 15 à 20° et s’élève peu à peu jusqu’à 25°. Elle dépasse 30° dans les journées chaudes de l’été.
- Les fleurs apparaissent en août-septembre.
- Avant que les fleurs fanées s’enfoncent dans l’eau, on les enveloppe dans un sac d’étamine ou de crin pour éviter la dispersion des graines après la rupture du fruit.
- Il faut bâtir les serres-aquariums à Victoria à l’écart de tout ce qui diminuerait la lumière : autres constructions, arbres. Habituellement, elles sont de forme circulaire.
- LES SERRES DU MUSÉUM
- Celle du Muséum est rectangulaire. Le bassin mesure 13 m de long, 7 m de large, et 1 m de profondeur au milieu.
- L’eau doit être aussi pure que possible, afin de ne pas amener de spores d’algues dont le développement entraverait celui du Victoria.
- Nous avons dû, au Muséum, remplacer l’eau de Seine par celle de la Vanne. L’eau de pluie serait préférable, parce que dépourvue de calcaire nuisible à certaines plantes (calcifuges). Cette amélioration n’a encore pu
- être réalisée dans notre établissement que pour les serres Lionet (serres à Orchidées) récemment construites.
- Malgré l’apport d’eau de source, il a fallu lutter activement contre les algues par des nettoyages fréquents du bassin et par l’introduction de petits poissons du genre Girardinus, le G. Guppyi, du Venezuela, qui s’en nourrissent. Ainsi avons-nous réussi cette année à débarrasser l’aquarium de ses hôtes indésirables.
- La serre-aquarium du Jardin des Plantes est envahie depuis le début de la floraison de la « Reine des eaux » par une foule de visiteurs admirant la célèbre Nymphéacée et les innombrables plantes tropicales qui l’encadrent comme une cour somptueuse, dont l’arrangement fait honneur au chef de culture du service des serres et à ses aides.
- Parmi ces formes et ces couleurs étonnantes par leur beauté, leur diversité ou leur étrangeté, les passants s’arrêtent avec un égal intérêt devant les plantes utiles que signalent les étiquettes.
- Au voisinage immédiat du Victoria, et dans l’eau comme elle, se tiennent YEuryale ferox, Nymphéacée asiatique, fortement épineuse, à très grandes feuilles mais à fleurs violettes relativement petites; un Nymphéa à fleurs bleues (Nymphæa stellata Willdenow) apporté de Madagascar par M. Delacour; des Eichhornia, à pétioles renflés, vésiculeux, permettant à la plante de flotter à la surface de l’eau, et dont les fleurs en épis d’un beau bleu ont fait donner à cette plante le nom de « Jacinthe d’eau ».
- En l’air, plusieurs espèces de Nepenthes cultivés dans des paniers à Orchidées laissent pendre leurs urnes (ascidies).
- Le bassin est entouré de rocailles où se pressent, entre une multitude d’autres plantes, des Çlrotons, des Caladium, des Bégonias brillamment colorés, des Marantacées; les Manguiers, Goyaviers, Papayers, le Manioc; les Poivriers, Colatiers, Cacaoyers, Maté, Théier, Caféiers, Vanille, Canne à sucre, diverses sortes de caoutchoutiers ; le Bois de Rose, l’Acajou, l’Ébène; les Cotonniers, Kapolciers, Sansevières; l’Ylang-Ylang, le Vétiver, le Patchouly; des Quinquinas; le Strychnos Nux-çomica, de la graine duquel on tire la strychnine ; YErythroxylon Coca, d’où vient la cocaïne, etc., etc.
- Outre la serre-aquarium, le public en visite deux autres qui la précèdent et la suivent, ainsi que le pavillon chaud.
- Dans cet ensemble se trouvent réunies des collections importantes de Ptéridophytes : Fougères (nombreux Pla-tycerium, etc.); Sélaginellacées, Lycopodiacées; d’Aroï-dées ; de Broméliacées (en particulier une très importante collection de Tillandsia, plantes épiphytes) ; de Palmiers.
- Dans le Pavillon chaud on voit des plantes de grande taille parmi lesquelles des Palmiers : Sabal Blachburniana, Aréquier (Areca Catechu), Palmier à vin de l’Inde (Caryota urens) ; Sapotillier, Rocouyer, Arbre du voyageur (Rave-nala madagascariensis) ; l’Avocatier, le Camphrier, etc.
- Malheureusement, à cause de l’exiguïté des allées, il a fallu renoncer à ouvrir ces serres aux foules du dimanche. D. Bois,
- Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle,
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- CULTURES IRRIGUÉES AU SOUDAN FRANÇAIS
- LE BARRAGE ET LE CANAL DE SOTUBA
- LES TERRES IRRIGABLES DU SOUDAN
- Nous occupons en Afrique des territoires très étendus dont certains sont absolument improductifs. Depuis longtemps cette question préoccupe les hommes qui ont la charge de nos possessions lointaines et pour chacune d’elles un vaste programme a été établi, en vue de les mettre progressivement en valeur.
- Les terres d’Afrique sont en général assez fertiles, d’autant plus qu’elles sont « neuves », n’ayant pas encore été cultivées, mais elles manquent d’eau, car pendant une partie de l’année la sécheresse est absolue et ne permet aucune végétation, pas même, souvent, celle de plantes sauvages.
- En Afrique du Nord (Maroc, Algérie, Tunisie) un vaste plan hydraulique est établi depuis plusieurs années : il
- Fig. 2. — Les rapides du Niger en aval de Bamako.
- est en partie réalisé et se continue progressivement. On termine actuellement les barrages de l’Oued N’fis, Bahkada, Oued Fodda, Ghrib, M’Sila, Zardezas, etc., et il en est prévu qui sont à l’étude sur l’Oued El Abid, sur l’Oued Moulouya, à Beni-Bahdel, Bon Boumi, Foum el Guersa, etc.
- Tous ces ouvrages, ainsi que ceux déjà termi-. nés, n’ont d’autre but que de créer de vastes réservoirs où l’eau doit être maintenue pendant la saison des pluies pour être ensuite répartie pendant la saison sèche par tout un système de canaux irriguant des milliers d’hectares.
- Le même problème existe en Afrique Occidentale, mais il est plus complexe, car la période pluvieuse y est beaucoup plus courte qu’en Afrique du Nord et il n’existe pas de hautes montagnes, comme l’Atlas ou l’Aurès, recevant des chutes de neige et formant régulateurs. On ne peut donc compter là que sur les fleuves.
- Lorsqu’on traverse le Sénégal et le Soudan, par la piste de Dakar à Bamako, on est frappé
- par la stérilité due à la sécheresse des territoires parcourus. Sur près de 2000 km on ne voit presque uniquement que la « brousse », c’est-à-dire un terrain à peu près plan couvert de hautes herbes desséchées avec quelques maigres arbustes épineux assez rabougris. De place en place, des baobabs sont les seuls arbres de quelque hauteur.
- Mais, quand on approche du lit encaissé d’un des cours d’eau comme le Sénégal ou la Falémé, qui est un de ses affluents les plus importants, on est tout étonné de rencontrer une bande de terrain travaillé par les noirs et portant de fort belles récoltes de mil ou de maïs.
- Malheureusement les lits des rivières, à la saison sèche, sont très encaissés et il n’y a guère de possibilités, sauf en certains points particuliers, d’exécuter des prises permettant l’irrigation par simple gravité. D’autre part, on ne peut, économiquement parlant, installer des stations de pompage.
- Lorsque, après avoir abandonné le bassin du Sénégal, on passe dans celui du Niger, après Kita, on ne constate pas grand changement, mais en poussant plus loin, et en arrivant à Bamako, on trouve une immense plaine dans laquelle serpente le fleuve dont la largeur.dépasse parfois-un kilomètre. Il était apparu depuis longtemps que cette vallée pourrait produire des récoltes si on l’irriguait.
- Une première mission fut confiée en 1919 à M. Bélime,
- Fig. 3, — Le canal de Soluba. A gauche, vannes de désablage; au centre, prise d’eau (pli. Agence économique de l’A. O. F.).
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- LES TRAVAUX SUR LE NIGER
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- Fig. 4. — Déversoir de la Fara, sur le canal de Soluba (pli. Agence économique de l’A. O. F.).
- Le barrage et le canal de Sotuba ont été exécutés sous la direction de M. Bélime, maintenant inspecteur général du service des textiles et de l’hydraulique agricole de l’A. O. F., secondé par le colonel du génie Doiselet, chef des travaux d’irrigation du Niger (S. T. I. N.).
- L’ensemble du travail a permis de se rendre compte des possibilités d’entreprises de ce genre dans une région difficile et d’expérimenter dans des conditions normales les meilleures méthodes de colonisation en effectuant parallèlement les recherches indispensables en matière de sélections végétales et animales.
- L’ouvrage de Sotuba comprend d’une part le barrage proprement dit et d’autre part le canal d’amenée. Le barrage est lui-même constitué par trois éléments situés à quelques kilomètres en aval de Bamako : ils obstruent trois
- ingénieur chargé à cette époque de l’inspection de l’hydraulique agricole. Il proposa de choisir une zone comprise entre Bamako et Ségou, sur la rive droite du fleuve, dans une partie où le Niger coule rapidement : et une autre située en aval de Ségou (plus exactement de Sansan-ding) sur la rive gauche.
- La première zone devait être desservie par le barrage de Sotuba, la seconde par celui de Sansanding, le travail le plus important et le plus productif étant celui de Sansanding. Des raisons de crédits et de possibilités du moment firent commencer par le travail de Sotuba.
- L’économie générale du système consiste à rendre utilisables des milliers d’hectares devant supporter des cultures vivrières telles que riz, mil, maïs, et des cultures industrielles (coton, arachides), les premières destinées à fortifier la race noire locale, sous-alimentée depuis de nombreuses générations, les secondes en partie pour le ravitaillement de la métropole.
- Fig. 6. — La ferme expérimentale de Sotuba.
- Fig. 5. — Distributeur final du canal de Sotuba (ph. Agence économique de l’A. O. F.).
- passes, dont une très étroite, entre les rives et des îles situées dans le lit du fleuve. Le dernier élément qui comporte la prise d’eau est muni de vannes de désablage perpendiculaires au lit du Niger. Ces vannes sont manœuvrables du haut d’une passerelle métallique et permettent, par une chasse violente, d’expulser les accumulations de sable se produisant devant elles. A côté de ce dispositif, légèrement en amont et perpendiculaire à lui (c’est-à-dire parallèle au Niger), se trouve l’ouvrage de prise d’eau, qui, par cette disposition, est à l’abri de l’ensablage.
- Le canal d’amenée part naturellement de la prise d’eau et se déroule dans la vallée du Niger sur une longueur de 22 km environ, traversant, près du barrage, un éperon rocheux, dit de Sotuba, qui resserre son lit. Ce canal aboutit à la plaine de Baguinda où l’on
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- Fig. 7 (en haut, à gauche). — Jardin potager. Fig. 8 (en haut, à droite). — Culture de mil. Fig. 9 (en bas, à gauche). — Champ de manioc. Fig. 10 (en bas, à droite). —• Village de colonisation (photos Agence économique de l’A. O. F.)
- a installé une ferme expérimentale chargée des essais et de la colonisation.
- Voici, en effet, comment est envisagée actuellement la mise en valeur des terres irriguées. Des familles indigènes, locales ou amenées sur place, reçoivent une parcelle, une case, une charrue et des animaux : elles doivent cultiver suivant les directives générales qui leur sont données et rembourser en un certain nombre d’annuités la valeur du cheptel confié. Les résultats obtenus jusqu’à ce jour sont tout à fait remarquables et constituent un précieux encouragement pour les travaux à venir.
- Un nouveau programme va entrer en exécution, sous peu : il comporte la construction, en travers du Niger, d’un grand barrage de plus de 1200 m de long, situé à Sansanding, à une quarantaine de kilomètres en aval de Ségou.
- Au point de vue technique, ce barrage est intéressant, car il ne présentera pas de fondations extrêmement profondes.
- En liaison avec le bariage de Sansanding, on va commencer la constitution d’un vaste réseau de canaux d’amenée, de distribution et d’irrigation dans les régions du Macina et du Sahel. Cet ensemble de travaux se répar-
- tira naturellement sur plusieurs années et le plan général est absolument remarquable.
- LES RÉSULTATS
- Comme nous l’avons vu plus haut, tout le centre du Soudan français voisin du Niger en sera fertilisé et les expériences en cours à Sotuba permettent d’affirmer
- Fig. 11. — Le service technique d'irrigation du Niger à Ségou.
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- que la région pourra produire du riz, du coton, de l’arachide, ainsi que du mil, du maïs et du manioc. En outre, l’élevage des bovins, moutons et chèvres est possible, car les cultures fourragères irriguées ont donné des résultats encourageants.
- Mais coloniser un pays signifie également lui permettre d’exporter ses produits. Or, actuellement, la première zone aménagée, celle de Sotuba, peut exporter en atteignant Bamako, puis la ligne ferrée Dakar-Thies-Niger ; mais il n’en est pas de même de la zone principale qui est en voie d’aménagement, c’est-à-dire le Sahel et le Macina (alimentés par Sansanding). Ces régions se trouvent à quelque 500 km au moins de Bamako.
- On examine la possibilité de transport par eau jusqu’à Bamako. Le canal de Sotuba qui permet de franchir les rapides du Niger, en aval de la fameuse chaussée submersible, a été prévu pour la navigation; le barrage de
- Sansanding aura, à l’une de ses extrémités, un groupe d’écluses.
- D’un autre côté se présentent les débouchés par les chemins de fer de Konakry au Niger et d’Abidjan au Niger. Enfin les partisans du transsaharien font valoir les possibilités que présente cette nouvelle artère sans parler de ses fins générales, impériales comme on dit maintenant, et militaires.
- Lorsqu’on a eu le bonheur de pouvoir examiner sur place ce qui a déjà été fait, et de s’entendre expliquer ce vaste projet par ceux qui l’ont édifié, et le mènent à bien, on reste en admiration devant la volonté et l’énergie de tels hommes. Ce sont de vrais colonisateurs dont les noms resteront attachés à l’œuvre entreprise. Ici, au Soudan, nous devrons nous souvenir de M. Bélime et du colonel Doiselët.
- J. Sers.
- LES IRRIGATIONS DANS LE MONDE ANTIQUE
- CAUSES DE LEUR DÉCADENCE
- La Revue générale des Sciences a publié, dans son numéro du 15 mai dernier, un aperçu de M. Audebeau Bey sur les irrigations de l’Egypte et de la Mésopotamie aux époques depuis longtemps disparues. Nous en donnerons quelques extraits.
- Sans arrosages artificiels ces deux contrées célèbres auraient été des déserts, puisque les précipitations atmosphériques y sont soit à peu près inexistantes, soit de hauteur trop faible pour que l’agriculture eût pu s’y développer.
- ÉGYPTE
- Le Nil Blanc a une aire d’alimentation de 965 000 kilomètres carrés, s’étendant de 7° 1/2 de latitude sud à une douzaine de degrés de latitude nord. Cette aire reçoit des pluies pendant deux saisons de l’année ; leur hauteur annuelle varie de 0 m 60 à 1 m 20 suivant les points. Les grands lacs équatoriaux, dont le plus important, le Victoria, ne mesure pas moins de 67 000 kilomètres carrés d’étendue, servent de régulateurs aux rivières de la contrée. Les deux saisons dé précipitations atmosphériques et les lacs équatoriaux assurent au Nil une assez grande pérennité de débit pendant les différents mois, de l’année. Le Nil Blanc contient peu de troubles en suspension dans ses eaux.
- Le Nil Bleu et l’Atbara sont, au contraire, des fleuves torrentiels charriant beaucoup de sédiments arrachés annuellement aux montagnes de l’Abyssinie. Leur aire d’alimentation effective mesure 640 000 kilomètres carrés ; elle est comprise entre les 7e et 13e degrés de latitude nord. Le régime des pluies s’effectue une seule fois par année, de mi-juin à mi-septembre. La hauteur de ces pluies varie de 0 m 80 à plus de 1 m 40 selon les régions.
- Le Nil Bleu et l’Atbara sont les agents de la crue annuelle du Nil, dont la majesté a frappé les anciens d’admiration. Dans les temps modernes, Shakespeare et Théophile Gautier l’ont magnifiée, dans des pages lyriques.
- Le Nil Blanc et le Nil Bleu se réunissent à Khartoum, après que le premier de ces fleuves a déjà parcouru 3615 1cm depuis ses sources les plus lointaines, et le second 1623 km. De Khartoum à la Méditerranée, le Nil a un parcours de 3040 km;
- il ne reçoit plus que l’Atbara, à 325 1cm en aval de Khartoum. Sur ce long parcours, les précipitations atmosphériques sont à peu près milles.
- En aval du grand réservoir d’Assouan, le terrain cultivé est à la cote 94 m. La pente longitudinale du sol, sur les 1161 km qui séparent cette ville de la mer en suivant les méandres du fleuve, est de 81 mm seulement par kilomètre.
- Le réservoir d’Assouan repose sur des roches granitiques. Il contient 2 400 000 000 m3 d’eau. Après sa seconde surélévation, actuellement en cours, l’emmagasinement sera à peu près doublé.
- D’Assouan à la Méditerranée, le substratum rocheux appartient aux époques crétacée et éocène.
- La vallée d’Égypte s’est comblée, en partie, au cours des pluies diluviennes de la période pléistocène, par les galets, les graviers et les sables descendus des plateaux de la chaîne Arabique. D’Assouan jusqu’à la pointe du Delta, les dépôts ainsi formés ont une épaisseur d’une trentaine de mètres. Dans la Basse-Egypte, ou Delta, leur puissance est beaucoup plus grande, cette portion du pays ayant constitué un golfe méditerranéen aux premiers âges de l’époque quarternaire.
- Lorsque le Nil se fut frayé un chemin vers la mer à travers la cataracte granitique d’Assouan, il recouvrit de ses sédiments de crue les dépôts pléistocènes antérieurs. Leur épaisseur varie de 7 à 10 et 12 m selon les points. On peut estimer sensiblement à un kilogramme et demi par mètre cube la proportion des troubles en suspension dans les eaux de la crue annuelle.
- Au cours des millénaires, le Nil a exhaussé son lit et ses bords puisqu’il coule au milieu des alluvions qu’il dépose. Il en a été de même des canaux, notamment de ceux de grande section. Les sédiments argileux, les plus légers, se déposent avec lenteur, loin du fleuve. Dans le sens longitudinal de la vallée, les terres deviennent de plus en plus argileuses à mesure qu’on avance vers le nord. La vallée d’Égypte est donc convexe dans le sens transversal. Cette morphologie de surface en a fait de tout temps le pays rêvé de l’irrigation.
- L’exhaussement du sol, sous l’effet des dépôts alluvionnaires, a été d’environ dix centimètres par siècle.
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- Longtemps avant les dynasties protohistoriques, l’irrigation était en pratique dans la vallée d’Égypte, puisque Ménès, le premier roi humain connu, trouva une langue écrite, une administration avancée, un système religieux développé, une année solaire à peu près exacte et que les pluies sont inexistantes dans la Haute et dans la Moyenne Égypte et insuffisantes dans le Delta. Le climat a peu varié, d’autre part, pendant la période historique.
- Au cours de la préhistoire, des hommes avisés eurent l’idée de substituer l’inondation régularisée à l’inondation désordonnée. Ils établirent des digues massives courant du fleuve vers les monts qui enserrent la vallée, de façon à obtenir des bassins. Ils creusèrent des canaux d’adduction avec une pente inférieure à celle du fleuve pour l’alimentation de ces bassins ainsi que des canaux de rejet de l’inondation dans le Nil lorsque les eaux de ce dernier étaient rentrées dans leur lit mineur.
- L’eau d’inondation séjournait de 50 à 70 jours sur les bassins et atteignait une hauteur de 1 m à 1 m 50. Elle se dépouillait ainsi de la plus grande partie de ses sédiments. Elle imbibait profondément les couches alluvionnaires et combinait ses effets à ceux de la sous-pression due à l’abondante alimentation des sables et des graviers pléistocènes inférieurs à travers le lit du fleuve, eu égard à la pression hydrostatique de la crue. C’est le plus bel exemple de dry farming que le monde ait connu.
- Après le retrait des eaux, les semences étaient jetées dans la boue, sans qu’il fût fait usage de labour dans les terres suffisamment imbibées. L’aération du sol, très complète, avait lieu pendant les mois chauds qui précédaient la crue annuelle, grâce au crevassement intense des terres, que MM. Victor Mosséri et Audebeau bey ont étudié et auquel ils attribuent la fertilité légendaire du pays. Les sels, montés par capillarité à la surface du sol, étaient lavés par l’inondation et rejetés dans le fleuve ou dans les lacs côtiers au moment de l’évacuation des eaux. On ne faisait pas usage de fumier de ferme ni d’engrais d’aucune sorte.
- On ne doit donc pas être surpris que les anciens, étonnés d’une fécondité continue, aient attribué l’invention des bassins d’inondation à Osiris, dieu des morts, mais aussi dieu-Nil à l’origine.
- Ce système admirable d’irrigation ne comportait pas de barrage en travers du fleuve. Il était d’une stabilité aussi grande que les demeures éternelles des grands morts : pyramides et hypogées.
- Il importait toutefois que la pente des canaux, le rapport de leur section d’eau à leur périmètre mouillé fussent maintenus. La discipline des populations était donc indispensable. On trouve un écho de cet état d’âme dans la confession négative des défunts devant les juges redoutables du tribunal de l’Amenti.
- Au cours d’une immense durée, il se produisit nécessairement des hauts et des bas dans le fonctionnement des bassins d’inondations, mais dans la Haute et dans la Moyenne Égypte, dans le sud et le centre du Delta, la fertilité ne fut pas entamée puisque les récoltes étaient encore satisfaisantes à l’arrivée de l’armée de Bonaparte sur les bords du Nil et bien qu’à ce moment l’incurie fût à son comble (lettre du général en chef à son frère Joseph, du 7 thermidor an VI).
- Mais les terres du nord du Delta étaient devenues incultes et plus ou moins salées jusqu’à près de 80 1cm de la mer. Une superficie d’un million d’hectares environ n’était plus qu’une morne solitude où on rencontrait de nombreux monticules de décombres, vestiges de villes et de villages abandonnés. On y trouvait des débris de poterie de toute nature, des ruines de temples, des naos en granit venus d’Assouan, des statues de dieux et de rois, des amulettes, des monnaies pto-lémaïques, romaines et arabes des premiers siècles de l’Islam. Alexandrie, métropole intellectuelle du monde antique pendant
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- sept siècles, célèbre par ses mathématiciens de génie et son école néoplatonicienne, n’avait plus qu’une population de 5000 à 6000 habitants.
- Dans le nord de la Basse Égypte, la pente devient très faible. Les canaux des bassins dérivés du Nil étaient de grande longueur. Mal curés en des époques de troubles politiques et religieux, ces canaux s’envasèrent peu à peu. Il en fut de même des artères d’évacuation des eaux dans les lacs côtiers. Au moment des semailles des produits d’hiver (novembre), l’eau continuait de séjourner sur les bassins, s’y évaporait très lentement, sans qu’on pût cultiver les terres. En mars, l’évaporation devenait plus active. Les bassins s’asséchaient. L’eau du sous-sol montait à la surface par capillarité, s’y évaporait à son tour en abandonnant les sels, notamment le chlorure de sodium, à l’état d’efflorescences. La stérilité gagna de proche en proche les bassins plus au sud.
- C’est aux approches de l’an 1000 de notre ère qu’un historien arabe place l’abandon de la région la plus voisine des lacs en bordure de la Méditerranée.
- Les savants de l’Expédition française, dont plusieurs sont à jamais illustres, furent unanimes à vanter la fécondité des terres de la vallée d’Égypte, exception faite de celles du nord cultivées pendant tant de milliers d’années et qu’ils trouvèrent dans un état lamentable de désolation, ainsi qu’il vient d’être dit. La Description de l’Egypte, monument indestructible élevé à la gloire de l’admirable épopée de ces Argonautes d’un nouveau genre, est pleine de leurs observations et de leurs vues géniales.
- Mais, dans la prescience du nouveau stade de civilisation mondiale qui commençait à poindre, l’ingénieur Girard, dans la Description de l’Egypte, et Napoléon, à Sainte-Hélène, projetèrent les premières lueurs sur le remplacement de l’irrigation au moyen des bassins d’inondations par l’irrigation pérenne qui permettrait les cultures de produits d’été peu employés jadis : cotonnier, canne à sucre, entre autres, qu’ils prévoyaient destinés à un grand rôle. Ces idées furent mises en application par le grand souverain que fut Mohamed Aly, par ses successeurs et, notamment sous l’occupation britannique. Aujourd’hui, l’irrigation par bassins d’inondations est confinée à la Haute Égypte. Après la surélévation du réservoir d’Assouan, actuellement en cours d’exécution, les derniers bassins auront cessé d’exister.
- Passant en revue les avantages et les inconvénients de l’un et l’autre système, l’auteur dit qu’il sera permis de regarder, avec quelque mélancolie, la disparition prochaine des antiques bassins qui donnèrent à l’Égypte une fécondité légendaire pendant des amoncellements d’âges et d’émettre l’espoir que leurs enseignements ne soient pas oubliés quand ils ne seront plus.
- MÉSOPOTAMIE
- L’Euphrate supérieur est formé par la réuniomdu Mourad Tchaï et du Kava-Sou. Le Mourad Tchaï prend naissance au nord de lac de Van, au pied du contrefort du Mont Ararat, c’est-à-dire à une haute altitude. Le Kava-Sou naît au nord d’Erzeroum, à près de 2000 m d’altitude.
- L’Euphrate contourne le Taurus, puis prend la direction sud-est. Après avoir traversé le désert de Syrie, il arrive à Anah, puis à Hitt et à Ramadi, où il se ramifie. La branche la plus importante est le Hiddelcel ou Sakhlawieh qui déverse dans le Tigre, un peu au sud de Bagdad, une partie importante des eaux de l’Euphrate. La branche occidentale alimente le lac de Pison et le Gihon qui traverse les lacs babyloniens et chaldéens. La branche orientale, ou Euphrate proprement dit, passe à Sippara, Kouta, Nil, Nifïour et Souripalc. A Eridou, elle se réunit au Tigre et au Gihon pour former le Chatt-el-Arab, dont la longueur jusqu’au golfe Persique est de 250 kpn Sur ce parcours, le Chatt-el-Arab reçoit, sur sa rive gauche, le
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- Karoun dans lequel tombe le Kerkha. Le Karoun a formé un delta vers son embouchure.
- Le Tigre prend naissance au pied du Taurus arménien. Dans son cours supérieur, il, est formé de deux rivières. Il traverse de nombreux défilés et reçoit divers affluents torrentiels sur sa rive gauche avant d’arriver à Ninive. Après avoir reçu encore quelques rivières sur la même rive, le Tigre atteint Samara, puis Bagdad. Au sud de cette ville, il reçoit la Sakh-lawieh dont il a été parlé. Le Tigre passe ensuite entre -les ruines de Ctésiphon et de Séleucie, à Kout-el-Amara, à Tello et à Eridou où il aboutit au Chatt-el-Arab. La longueur du Tigre, un peu inférieure à celle de l’Euphrate, est de 2000 km.
- Le régime d’alimentation de l’Euphrate et du Tigre est différent de celui du Nil. Leur crue se produit au printemps, à la fonte des neiges. La crue dévale avec une grande vitesse à travers la Mésopotamie, contrairement à la majestueuse lenteur de la crue du Nil d’Assouan à la Méditerranée.
- La pente des terres selon une direction transversale au cours de l’Euphrate et du Tigre est beaucoup plus accentuée que celle de la vallée d’Egypte. Quand ces deux fleuves ne sont pas endigués et contrôlés dans leur régulation, ils forment d’immenses marécages : marais de Susiane à l’est du Tigre, marais babylonien et chaldéen près de l’Euphrate.
- L’insuffisance des pluies, l’élévation des isothermes de printemps et d’été, l’évaporation active, la présence de deux cours d’eau importants et l’importance des troubles en suspension au moment de la crue devaient inciter les hommes à utiliser les eaux de ces cours d’eau. Cette utilisation date d’une époque si reculée que l’histoire ne l’a pas enregistrée, pas plus qu’en Egypte. Babylone existait antérieurement au xxxvme siècle avant Jésus-Christ. C’est dire que l’irrigation, la plus ancienne des sciences appliquées, était déjà en pratique à ce moment et, vraisemblablement, depuis longtemps déjà.
- Sir William Willcocks a parcouru la Mésopotamie de 1908 à 1911, en qualité de conseiller technique du gouvernement ottoman ('). Il a établi des projets en vue de la palingénésie de la contrée. Il a souvent entretenu M. Audebéau de ses idées, de ses projets. Selon lui, les centres de civilisation se déplacèrent suivant les époques, en remontant du sud vers le nord. Aux premiers âges, ils se trouvaient à Our, patrie d’Abraham, Eridou, Tello; plus tard à Babylone et à Sippara, ensuite à Ctésiphon, Opis et Samara.
- L’irrigation par bassins d’inondation n’aurait pas connu de succès en Mésopotamie comme en Egypte, les époques de crue de l’Euphrate et du Tigre étant.différentes de celle du Nil.
- On eut recours à l’irrigation au moyen de barrages établis dans le lit des deux fleuves. Sir W. Willcoks a reconnu que leurs emplacements font le plus grand honneur aux ingénieurs qui les choisirent en ces temps très éloignés.
- Les digues étaient massives pour résister à la pression des eaux et à l’érosion pendant les crues violentes. D’autres digues parallèles et perpendiculaires aux premières séparaient les terres de niveaux différents. De nombreux canaux conduisaient les eaux au loin, sur les terres à desservir.
- Ce système d’irrigation était plus compliqué et, de sa nature, plus artificiel et moins stable que celui des bassins d’inondation de l’Égypte.
- De Anah à Hitt sur l’Euphrate, de Ninive à Samara sur le Tigre, les jardins succédaient aux jardins. Le dattier, l’oranger, îe prunier, le pêcher, le figuier, la vigne prospéraient. Dans la Chaldée, on cultivait les céréales et on rencontrait beaucoup de palmiers. Sir W. Willcoks situe les jardins d’Eden, de la Genèse, entre Anah et Hitt. L’éminent hydraulicien a symbolisé l’état d’âme des anciens habitants de la Mésopotamie dans une lutte
- 1. Le célèbre auteur d.u réservoir d’Assouan est mort au Caire en juillet dernier. Sir William Willcocks était un grand hydraulicien et une âme très noble.
- sans cesse renaissante entre Abel et Caïn, l’un désirant une bonne conservation des digues du pays pour l’arrosage des terres hautes, l’autre voulant, au contraire, les couper pour amener plus d’eau sur les pâturages de ses troupeaux. Les irrigations de la contrée exigeaient une discipline des populations plus grande encore qu’en Égypte.
- La fertilité du pays était exceptionnelle, bien qu’il ne faille cependant pas prendre à la lettre les récits d’Hérodote, dont l’imagination était souvent trop fertile.
- Une civilisation avancée, savante, fleurit en Mésopotamie pendant de nombreux millénaires. L’astronomie y fut particulièrement en honneur. La transparence de l’air, qui donne aux étoiles l’apparence de clous d’or, n’était pas étrangère à cet amour de la science d’Uranie, mais cet amour était une passion quand il aboutissait à des observations continuées pendant près de deux mille ans. La découverte de la période de Saros témoigne de la sagacité, de l’esprit d’observation des astronomes babyloniens. Les Chaldéens, auxquels nous devons la division du temps et de la circonférence, n’étaient pas moins avancés dans les autres sciences exactes et appliquées. Leurs connaissances se répandirent dans le monde grec après la conquête d’Alexandre. Pendant la période hellénistique, Hipparque, Eratosthène, Apollonios de Perga, Archimède, etc. les recueillirent vraisemblablement et leur donnèrent la forme inhérente au génie grec, sous laquelle elles nous sont parvenues.
- Les Assyriens et les Chaldéens possédaient un art sûr. La sculpture nous a conservé des représentations très fidèles et très artistiques des animaux, du lion en particulier. Leurs célèbres tours à étages planétaires, leurs palais, bâtis en briques cuites, eu égard au manque de pierre, ne pouvaient malheureusement pas résister aux outrages du temps et des hommes, comme certains temples de l’Égypte.
- La prospérité de la contrée ne fut pas affaiblie sous les Achéménides ni sous la domination macédonienne. Mais au temps d’Auguste, l’irrigation ne couvrait plus les mêmes étendues que dans un lointain passé. Babylone, dont l’enceinte n’avait pas mesuré moins de 90 km, n’avait plus qu’une faible population. Les matériaux des édifices avaient servi à la construction de Ctésiphon et de Séleucie. Des Juifs, venus de Jérusalem après la destruction de leur ville en 70 après Jésus-Christ, y rédigèrent le Talmud dit de Babylone.
- Il semble que des barrages et des canaux furent abandonnés sous les Arsacides. Les Sassanides essayèrent de lutter contre la décadence. Au vne siècle, les conquérants arabes s’établirent à Wassit et Bassorah et les Khalifes bâtirent Bagdad au siècle suivant. Sous leur gouvernement éclairé, notamment sous celui d’Haroun el Rachid et de son fils Mamoun, les lettres, les sciences et les arts brillèrent d’un vif éclat. Mais quelques siècles plus tard, les barrages, les canaux disparurent les uns après les autres. Le Nil et l’Euphrate, abandonnés à eux-mêmes, changèrent de lit. Le pays entier se transforma en désert.
- Parmi ces barrages, citons celui de la Sakhlawieh, utilisé après la bataille de Cunaxa pour le passage de l’armée de Cyrus le jeune et dans lequel Artaxerxès fit pratiquer des brèches, ce qui obligea les mercenaires grecs de Cyrus à regagner l’Asie Mineure en remontant le Tigre (Retraite des Dix Mille). Citons aussi le barrage de Nemrod, sur le Tigre, dont la destruction fit baisser le niveau du fleuve de 7 m 1/2 laissant à sec le canal Nahrouan, large de 125 m et profond de 4 m 50.
- La Mésopotamie ne s’est plus relevée d’une semblable catastrophe. Une des plus anciennes civilisations du monde, grande dans les sciences et les arts, disparut ainsi sans presque laisser de traces et sans que les autres peuples s’en soient beaucoup aperçus.
- Il appartenait au xixe siècle de dévoiler le secret des caractères cunéiformes, de retrouver les immenses bibliothèques, les bas-reliefs aux magnifiques décorations ensevelis dans de gigantesques tumulus.
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- LES AFFAISSEMENTS DE LA SURFACE
- DUS AUX EXPLOITATIONS SOUTERRAINES
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- Il s’agit d’un phénomène dont les données échappent bien souvent aux personnes qui n’habitent pas les pays minieis, c’est pourquoi, il nous a paru intéressant d’en présenter les caractéristiques essentielles.
- Répercussion à la surface, formation des lignes de fracture, ce que devraient être les constructions dans les régions affectées, moyens de diminuer les affaissements, tel sera le plan de notre exposé.
- I. - RÉPERCUSSION A LA SURFACE
- Dans des terrains de grande résistance, et c’est le cas de certaines mines métalliques, les vides créés par les travaux souterrains se maintiennent intacts sans aucun soutènement. Ces vides peuvent être considérables, comme par exemple les impressionnantes chambres cylindriques de 40 m de hauteur et de 20 m de
- Fig. 2. — La profondeur h de la cuvette représente l’intensité moyenne d’un affaissement.
- diamètre qu’il m’a été possible d’admirer aux mines de plomb et de zinc de Pertusola, en Sardaigne.
- Dans d’autres cas, un support s’impose — boisage, remblayage — pour permettre aux mineurs de défruiter le gîte, mais les vides ainsi soutenus ou comblés ne le sont toujours qu’imparfaitement.
- Deux sortes de phénomènes peuvent alors se produire, l’éboulement en grand ou l’affaissement progressif.
- L’éboulement en grand est un véritable désastre tant par sa soudaineté que par son amplitude. De mémorables catastrophes sont là pour le prouver : mine de mercure d’Idria (Carniole) en 1552, mine d’étain d’Altenberg (Saxe) en 1620 dont l’effondrement a laissé un abîme encore visible de plus de 130 m de profondeur, mine de pyrite cuivreuse de Fahlun (Suède) en 1687, de soufre de Lescara (Sicile) en 1860, mine de sel gemme de Varan-géville (Meurthe-et-Moselle) en 1873 à la surface de laquelle on vit une étendue de 10 hectares s’affaisser de plus de 3 m en moins d’une minute.
- C’est là une manifestation d’exception, tandis que l’affaissement progressif est une règle quasi générale et c’est de lui que nous allons dire quelques mots.
- Un sous-sol parcouru par un réseau serré de centaines de kilomètres de galeries, bouleversé parles vides d’exploitation (une houillère de moyenne importance du Nord de la France crée annuellement plus de 4 millions de m5 de vide), constitue un ensemble à équilibre rompu dont
- Age de l'exploitation (en années)
- Sol 777T‘ _ j 1—4 | | | | r 0l\ 234-5678
- Fig. 1. •— Amplitude des affaissements en fonction du temps pendant la phase active.
- l’instabilité se manifeste par des tassements se répercutant jusqu’à la surface qui se dérobe et où apparaissent des cuvettes d’affaissement.
- Les dénivellations de la surface sont la cause de dégâts importants précisément là où la densité de la population est particulièrement accusée (dégâts aux immeubles, aux ouvrages d’art, modifications des profils des voies de communication, perturbation du régime des eaux...).
- Pour donner une idée de l’amplitude de ces mouvements nous citerons le cas de Lens, où de 1870 à 1914, le sol s’est tassé de 4 m, soit de 10 cm par an.
- On a établi par des observations nombreuses que les affaissements commencent de 6 à 9 mois après le début de l’exploitation et se continuent pendant 7 à 8 ans quand l’épaisseur des morts terrains est de l’ordre de 150 m.
- Quant à l’intensité des affaissements, elle est fonction de l’épaisseur du gîte, de la profondeur d’exploitation, de l’étendue des couches, de leur inclinaison.
- Avec Kampmann, on admet généralement la loi suivante :
- Fig. 3. — Détermination des lignes principales de fracture AB, A'B'.
- nde AA
- ( veine exploitée)
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- L’intensité moyenne h d’un affaissement varie, toutes choses égales par ailleurs, en raison inverse du carré de la profondeur et la pente de la cuvette varie en raison inverse du cube de la profondeur (fig. 2).
- IL - FORMATION DES LIGNES DE FRACTURE
- L’étude de la formation des lignes de fracture a pour but de délimiter la zone où sont à craindre les affaissements pour une exploitation donnée. C’est une étude difficile à cause du grand nombre de facteurs mis en jeu : cohésion entre bancs, nature et résistance des bancs, leur inclinaison, l’épaisseur et l’inclinaison des couches, l’importance et la constitution des morts terrains qui recouvrent le gîte....
- Nous examinerons le cas des houillères parce qu’il est le plus fréquent.
- Le problème comprend deux parties : formation des lignes de cassures dans le houiller proprement dit et dans les morts terrains.
- A. -— Dans le houiller. — Nous supposerons que nous avons affaire à ^des bancs homogènes d’inclinaison i. Les différents bancs sont assimilables à des poutres obliques encastrées à leurs extrémités.
- Soient AN, A'N' les normales aux strates et AV, A'V' les verticales passant par A et A' (fig. 3).
- On démontre (Banneux, Thiriart) que les lignes de cassure AB, A'B' passent par les milieux m, n, p, m', n', p' des éléments ah, cd, ef, a'h', c'd', e'f.
- D’où l’on déduit :
- 1
- 6 = «j *•
- 8 désigne l’angle de déviation de la ligne de cassure par rapport à la normale aux strates.
- C’est ce qu’on exprime par la loi de la tangente : la déviation est égale à la mi-pente des terrains rompus.
- L’angle de rupture (3 est, si la pente est assez faible (plus petit que 25°), égal à :
- P = 90O-1.
- Les lignes AB, A' B' ainsi définies s’appellent lignes principales de fracture. C’est qu’en effet, à côté de ces lignes de fracture, il faut envisager des lignes secondaires de fracture se propageant à l’extérieur des
- précédentes et élargissant ainsi la zone affectée. Ces lignes secondaires sont dues à l’action combinée de la pesanteur et de la poussée des roches. Leur détermination découle de la « théorie du prisme de plus grande pression » développée par Rebhann.
- Cette théorie peut se résumer comme suit (fig. 4) : les terres forment un talus naturel ac d’inclinaison X si la cohésion entre grains est nulle. Si, au contraire, une certaine cohésion existe, les terres peuvent former un talus plus penté que ac, mais cette pente exceptionnelle peut être détruite au cas où la cohésion disparaîtrait pour une raison quelconque, de sorte que la construction d’un mur de soutènement s’impose.
- On démontre que la direction ad de la poussée maximum des terres sur le mur est telle que :
- w = 45° + -
- Or, la cassure principale A'B7 par exemple (voir fig. 3) est assimilable à un « mur de soutènement » soumis à l’action des roches comprises entre A 'B 7 et l’horizontale A'X7. Soient A' C7 le talus naturel des roches et A'D7 la direction de la poussée maximum de ce massif (fig, 5).
- A'D7 représente la fracture secondaire cherchée.
- Si A = 60°, on a :
- 60°
- oj = 45« + — = 75°.
- À
- La direction A'D7 délimitera la zone du houiller influencée par les affaissements dus au vide considéré pour le côté amont du gîte. On déterminerait de même la direction de la ligne secondaire de fracture pour la côte aval.
- B. — Dans les morts terrains ou terrains de recouvrement. — La même considération du « mur de soutènement » permettra de tracer les lignes de fracture DE, D'E7 à travers les morts terrains et les points EE' marqueront les bords extrêmes de la zone d’affaissement à la surface.
- Le développement qui précède ne présente évidemment pas un caractère absolu et dans la pratique on se contente en général de règles empiriques parmi lesquelles nous citerons celle de l’inspection des mines de district de Dortmund (Ruhr) :
- Dans le houiller. — En amont pendage, la ligne de cassure fait 75° avec l’horizontale quel que soit i.
- En aval pendage, on a a = 75° si i <C. 15°.
- AD perpendiculaire aux strates si 15° <( i <C 35° (fig. 6). a = 55° si i 35°.
- Dans les morts terrains, on adopte 70° dans la craie, 30 à 40° dans les sables boulants.
- III. - COMMENT CONSTRUIRE DANS LES RÉGIONS SUJETTES AUX AFFAISSEMENTS
- Considérons les immeubles Mj M2Mg (fig. 7) situés dans la zone d’affaissement (cuvette abc). La maisonplacée sur le bord, en porte-à-faux, subira des fissures importantes surtout à sa partie supérieure. Dégâts très graves.
- La maison M2 qui occupe le centre de la cuvette ne souffrira pas beaucoup, surtout si l’affaissement est suffisamment lent.
- La maison Ms située dans une position intermédiaire
- Mur de soutènemi vfè )
- Fig. 4. — Théorie du prisme de Rebhann.
- Fig. 5. — Détermination des lignes de fracture secondaires.
- Vide (veine exploitée)
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- entre M, et M2 supportera des efforts de même nature que M(, mais moins intenses.
- Après les premières fissures, signe avertisseur du début du mouvement, ce sera la segmentation de l’ouvrage, la dislocation et la ruine si l’on n’intervient pas à temps.
- Sans aller jusqu’à la ruine, ni même jusqu’aux premières fissures, une simple dénivellation de très faible amplitude dans une salle de machines peut détruire l’horizontalité des lignes d’arbres et compromettre la marche d’une installation.
- Pour atténuer les effets des affaissements, il est bon de s’inspirer des quelques données suivantes :
- A. Maisons d’habitation. — a) Maçonner avec du mortier de ciment et non du mortier de chaux afin d’augmenter l’adhérence des joints ainsi que leur résistance.
- b) Ancrer par des chaînages soigneusement noyés dans la maçonnerie au niveau de chaque plancher pour solidariser les différents éléments de la construction.
- c) Utiliser autant que possible le béton armé pour l’ossature principale et faire le remplissage en matériaux légers. Les grands cataclysmes de Messine ont montré
- Fig. 7. — Diverses positions d'un immeuble sur une cuuette d’affaissement.
- que les édifices en béton armé se sont tous bien comportés.
- Dans tous les cas, il faut :
- 1° Calculer le bâtiment comme une pièce soumise à la flexion.
- 2° Adopter des formes ramassées, isoler les habitations par paquet de 2, 3, 4 au maximum et ne pas chercher à les réunir pour utiliser la mitoyenneté des murs.
- 3° Réduire le poids de la construction.
- B. Bâtiments industriels. — Adopter également le système mixte : carcasse monolithe en béton armé faite d’un poutrage à membrures horizontales et verticales avec remplissage en briques. Prévoir des joints de rupture si cela est nécessaire en divisant le bâtiment en segments indéformables et indépendants les uns des autres.
- C. Eglises. — Le plan en croix latine qui exagère la longueur de la construction par rapport à sa largeur est à éviter; il faut lui préférer la croix grecque.
- D. Ouvrages d’art. — Proscrire les voûtes en maçonnerie dont la stabilité propre est très faible. Les ponts en arcs encastrés ou à articulation se comportent mal, la meilleure solution consiste dans le simple tablier sur culées indépendantes.
- E. Châteaux d’eau, bassins.... — Des dispositions spéciales sont à prendre : élargissement du plan de fondation, segmentation des ouvrages.... C’est ainsi qu’on a érigé en
- Surface
- Mort terrain
- Houiller
- Fig. 9. — Lignes de fracture ADE, A'D'E' dans le houiller el dans les morts terrains (règle de Dortmund).
- Ruhr un bassin de natation sur 3 rotules munies de dispositif de relevage.
- D. Conduites d’eau, de gaz.... — Utiliser des joints flexibles permettant une compression, une traction, une déviation.
- E. Murs. — De soutènement : les diviser en segments en prévoyant des joints de rupture, chaque segment étant monolithé.
- De clôture : Le procédé le plus usité consiste à utiliser des piliers en béton armé portant des rainures dans lesquelles sont glissées de minces dalles en béton armé. Chaque dalle est ainsi libre à ses extrémités et suit aisément les affaissements du terrain.
- A titre d’exemple de constructions industrielles, nous
- Fig. 8. — Chevalement à base triangulée du puits Mauritz (État Hollandais).
- ^ Salle des machines d’extraction
- ----Salle
- des molettes
- 1jambe en V
- 1jambes oblique,
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- = 360 —...............^..’......... ....... =
- citerons : a) le chevalement en béton armé du puits de Maurits du domaine de l’État hollandais.
- La forme triangulée constitue un système isostatique.
- b) La gare de Lens (P.-de-C.).
- C’est un bâtiment de 86 m de longueur et 17 m de largeur édifié après guerre. L’ensemble est divisé en 11 compartiments en béton armé, assez espacés pour que l’un quelconque puisse se déverser légèrement.
- Deux compartiments voisins sont séparés par des joints de rupture masqués par des couvre-joints.
- Des emplacements pour vérins hydrauliques allant jusqu’à 100 tonnes sont ménagés pour relever chacun de ces compartiments isolés. Un bourrage sous radier avec du sable injecté sous pression d’eau est prévu après chaque relevage.
- IV. - REMÈDES POUR ATTÉNUER LES AFFAISSEMENTS
- Les deux principaux sont le remblayage et l’investison.
- Le remblayage consiste à combler avec des matériaux d’apport les .vides créés par le déhouillement du gîte. Malgré tout le soin apporté, même avec une bonne qualité des remblais, on n’arrive pas à annuler le tassement général.
- C’est ainsi qu’un excellent remblai sec en stériles menus donne un tassement de 25 pour 100 au moins,, et que celui d’un remblai hydraulique çst de l’ordre de 10 pour 100.
- La question est très controversée et actuellement on a tendance à copier, même en Allemagne où l’on remblaie beaucoup, les méthodes anglaises de foudroyage ou l’on ne remblaie que très peu.
- C’est que le remblayage est une opération fort onéreuse et le mineur l’envisage plutôt comme un moyen qui lui permet de travailler en sécurité. Aussi, emploie-t-on en général la méthode de remblai partiel surtout quand les installations à protéger n’ont qu’une importance secondaire.
- Uinvestison ou massif de sûreté consiste, étant donné un ouvrage à protéger (église, puits...), à laisser intacte, vierge de tous travaux, une partie du gîte.
- Le grand nombre de formules proposées pour délimiter le massif prouvent combien le problème est complexe. Le système des investisons risque d’ailleurs de supprimer complètement le gisement si le nombre des ouvrages à protéger est grand. Tous ces investisons doivent, en effet, s’élargir en profondeur et s’ils sont nombreux, ils
- finissent par se rejoindre. L’exploitation cesserait ainsi non par la faute du fond, mais par celle du jour !
- Sans aller, comme certains mineurs l’ont fait, jusqu’à appeler ces massifs de protection des massifs de destruction à cause des efforts d’écrasement qui y régnent surtout si les investisons sont calculés trop justes, on peut dire que la méthode suivante semble préférable, dans le cas d’un puits à protéger par exemple : défruiter entièrement, remblayer avec soin et ne faire le revêtement définitif qu’après la fin de la phase la plus active des affaissements.
- En fait, l’exploitant cherche à concilier deux points de vue : réduire au minimum la perte par abandon d’une fraction de son gisement et diminuer le plus possible l’intensité des affaissements.
- Les rapports entre les propriétaires superficiaires et concessionnaires peuvent être la source de graves conflits. Deux systèmes sont en présence pour définir ces rapports,
- Celui du législateur : responsabilité de droit commun, c’est-à-dire que la réparation des dommages incombe à celui qui a commis une faute; celui du juriste : le concessionnaire est tenu de réparer tous les préjudices causés par son fait sans qu’on ait à rechercher s’il est ou non en faute juridique ou technique.
- C’est ce dernier système qui prévaut en général. Le juge s’est substitué au législateur et consacre la suprématie de la surface sur la mine, même si l’immeuble est postérieur au début de l’exploitation.
- Une réserve s’impose pour éviter le dol et la fraude. Si le propriétaire superficiaire bâtit avec plus ou moins de bonne foi sur des points où, par suite des travaux, il y a danger à le faire, s’il est établi qu’il n’élève une maison que pour la voir s’écrouler et se la faire payer, le dol est net et pourtant la responsabilité du concessionnaire n’est pas entièrement dégagée. Dans ce cas particulier, le concessionnaire doit non seulement avertir le propriétaire de la surface qui va construire sur un terrain dangereux, mais il doit en outre « acheter l’interdiction de bâtir » (Cour de Lyon).
- La réparation du préjudice est une question de stricte équité, mais il semble que le concessionnaire devrait être mieux défendu contre quiconque cherche à abuser de la situation et n’hésite pas à bâtir mal pour se faire indemniser à coup sûr.
- Telle est, brièvement résumée, l’importante question des affaissements miniers qui a fait et fait encore l’objet de nombreuses recherches. L. de Chaumont.
- AU PAYS DES GORALS1
- t Ne crois pas en l'œil gauche, tant que le droit n’a pas vu! »
- Proverbe gérai.
- Au point de vue ethnographique, la nation polonaise se compose de nombreuses populations ayant pour la plupart conservé leurs qualités originales, leurs tradi-
- 1. Prononcer Gourais.
- tions, leurs mœurs. Cette variété de caractères extérieurs et de dispositions intellectuelles, loin de nuire à l’unité nationale, lui communique au contraire une diversité extrêmement pittoresque.
- L’individualité de ces différents peuples n’a pas toujours subsisté au même degré; néanmoins, en dépit de la civilisation qui peu à peu tend à en faire disparaître
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- les manifestations originales, on retrouve encore chez les Gôrals, montagnards des Tatras, un riche et curieux folklore.
- LA RÉGION DES TATRAS
- Les géographes nous apprennent que dans la région la plus septentrionale de la courbe des Karpathes, prolongement du système alpin, se dressent les Tatras, telle une grandiose île rocheuse, qui visiblement forme un massif autonome, entouré de quatre dépressions formées par les vallées des fleuves ayant leurs sources dans les Tatras : vallée de Podhale ou du Dunajec au nord, vallée de Spisz ou du Poprad au sud-est, vallée de l’Orawa au nord-ouest, vallée de Liptow ou du Waag au sud-ouest. Les deux premieis fleuves sont, par la Vistule, tributaires de la Baltique, les deux derniers, par le Danube, de la mer Noire.
- La chaîne principale s’étend en une courbe concave d’où se ramifient de nombreux chaînons latéraux. Dans leurs1 parties occidentales et orientales les Tatras sont
- difficilement accessibles. Les Tatras constituent actuellement un parc national. Quoique d’une faible étendue et beaucoup moins élevées que les Alpes, elles appartiennent cependant aux plus belles chaînes de montagnes d’Europe. Partout des ravines déchirées, des éboulis chaotiques qui dévastent le fond des vallées. Les neiges éternelles ne se trouvent en été, par plaques, que sur les déclivités tournées vers le nord. A part ces quelques vestiges, il n’existe plus actuellement de glaciers à l’état constant. On attribue à la forte inclinaison des sommets et à la chaleur des vallées cette rapide disparition des neiges.
- On reconnaît cependant les traces évidentes de l’action glaciaire dans les vallées profondes des Tatras qui recèlent de nombreux petits lacs. Ils emplissent des vasques de
- Fig. 1 (à gauche).
- Le plus haut sommet des Tairas : le Gierlach (2663 m). (Photo Zwolinski, de Zakopane.)
- Fig. 2 (à droite). — Le Lac glacé (Zmarzly Staw).
- (Photo Zwolinski, de Zakopane.)
- généralement foimées de roches sédimentaires (calcaires, dolomites, grès). Au centre du massif toutes les variétés de granit dominent. Le versant nord des Tatras, du côté polonais, est en général très escarpé.
- C’est dans le massif des Hautes Tatras polonaises que se dressent les dentelures chauves des Rysy (2503 m), de la Swinica (2306 m), des Mieguszowieckie (2437 m), du Mnich (2064 m). Le sommet le plus élevé des Tatras, le Gierlach (2663 m) (fig. 1), est situé sur le versant slovaque. Leurs flancs granitiques ébréchés, déchiquetés, sont comme rayés par une herse; leurs arêtes tranchantes, anguleuses s’enfoncent en raides murailles dans de profondes vallées creusées par les eaux et par les anciens glaciers. L’œil cherche en vain des pentes gracieusement inclinées. Ces monts aux escarpements sauvages, d’une beauté farouche et austère, sont pour la plupart
- granit s’étageant hardiment les unes au-dessus des autres.
- Lacs de légendes, lacs mystérieux et enchantés, insondables, prétendent les Gôrals, un certain nombre d’entre eux doivent leur nom à la transparence de leurs eaux diversement coloréés par les roches du fond : Lac noir (Czarny Staw), Lac vert (Zielony Staw), Lac rouge (Czerwony Staw), etc.
- Dans la vallée des Cinq Lacs polonais s’égrène tout un chapelet de lacs dont le W’ielki Staw (Grand Lac) est le plus vaste des Tatras (34 hectares de superficie et 78 m de profondeur).
- Au pied du col de Zawrat, le Lac Glacé (Zmarzly Staw) (fig. 2), à 1800 m d’altitude, couvert de glace jusqu’au milieu de l’été, entouré de blocs erratiques, miroite comme une large plaque d’acier.
- L’Œil de la Mer (Morskie Oko, 1400 m) est le plus
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- beau.des lacs des Tatras (fig. 3). Au milieu de pins rabougris qui rampent en tordant leurs tiges horizontales et d’orgueilleux pins « cembra » « montant à l’assaut des cimes », son eau verte a des reflets d’émeraude. Le matin, par beau temps, les têtes pelées des Mieguszowieckie éclaboussées de lumière, s’y mirent avec une sérénité divine. D’après la légende, l’Océan aurait fait monter souterrainement ses eaux pour refléter au milieu des monts la beauté des rocs et des neiges. Chaque tempête de la mer agiterait en même temps les flots du lac.
- Parfois la brise le plisse et un léger chuchotement parcourt les rocs : c’est le dialogue des lacs.... En automne on peut entendre leur longue plainte tramante : « Dormez-vous ?... Les fantômes blancs sont déjà descendus sur les cimes... »
- Au printemps, dès les premiers vents « halny » (fbhn) qui balaient les crêtes, ils murmurent légèrement : « Etes-vous éveillés ?... Les sommets apparaissent dans la brume scintillante... Le tapis mauve et irisé des crocus s’étend sur les pâturages.... Et voici les batsas (') avec leurs
- pins (pinus alpinus, pinus cembra, mugho) s’arrête à 1960 m. Au delà, seuls les lichens et les mousses ont la hardiesse de s’aventurer vers les pics dénudés, que hantent les chamois et les marmottes.
- Quelques rares ours vivent encore dans les Tatras. Les cerfs, les chevreuils, les renards y abonderaient s’ils n’étaient, malheureusement, décimés par les braconniers. Quant aux loups, il y a fort longtemps que les derniers ont été exterminés.
- Fréquemment la masse sombre des forêts est bariolée de larges carreaux d’un vert égal et magnifique : ce sont les pâturages que les Gôrals nomment « haie ». Deux ou trois chalets de bergers sont assis sur la pente adoucie
- Fig. 3 (à gauche). — L'œil de la mer (Morskic Oko). (Photo Zwolinski, de Zakopane.)
- Fig. 4 (à droite). — Le lac noir, au-dessus de l’œil de la mer. (Photo Zwolinski, de Zakopane.)
- brebis... Réveillez-vous !... » Fictions naïves et suaves des peuples enfants qui exprimèrent ainsi leur idée de la nature !
- Le Morskie Oko est relié à Zakopane par la seule route carrossable en haute montagne de toutes, les Karpathes. Au milieu de cette nature éclatante et sombre, tourmentée et magnifique, le fil télégraphique a l’air d’un anachronisme.
- Partout ailleurs, les Tatras ont conservé leur sauvage aspect primitif. On n’y rencontre ni funiculaire, ni caravansérail de grand luxe. Point de fausse note. Au-dessus de 1300 m, on découvre parfois, blotti au creux d’une dépression, un rustique et accueillant chalet-refuge, dont les formes habilement conçues se fondent dans le décor des monts.
- La limite extrême des hautes futaies (hêtres, ormes, sorbiers, sapins, pins) atteint 1550 m. La zone des
- 1. Chefs des pâtres.
- — trapus — pour qu’ils puissent résister aux neiges de l’hiver; leur toit très bas ne laisse point de prise au vent
- (fig. 5).
- Les croupes latérales des Tatras sont traversées de pittoresques vallées — gorges étroites et profondes dont les parois abruptes dissimulent de ténébreuses grottes romantiques ayant autrefois servi de repaire aux brigands dans la vallée de Koscieliska; des grottes et des cavernes aux noms évocateurs (Okna Zbojnickie) (Fenêtres des Brigands », Mylna « La Trompeuse », etc. sont couvertes d’un nombre incalculable de noms et de signes bizarres; lunes, soleils, croix, cercles, échelles, flèches... Longtemps on a pensé que les brigands avaient enfoui là leurs trésors et que ces signes indicateurs, gravés d’une main maladroite, leur auraient permis de retrouver l’endroit précis où était entassé leur butin.
- Ainsi se créa la légende des Trésors, qui s’est d’ailleurs perpétuée jusqu’à nos jours. Les Gorals croient encore à
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- l’existence de fabuleux trésors dans leurs montagnes. Il est parmi eux des « Chercheurs » qui ne craignent point de braver la colère vengeresse des « Fantômes souterrains » gardiens implacables de ces richesses.
- Au pied des Tatras s’étend une région de légers vallonnements. C’est le Podhale (600 m à 1100 m), où sont éparpillés les bourgs et les villages gôrals : Nowy Targ, Szaflary, Poronin, Bukowina, Zakopane, etc. Ce dernier s’étale paresseusement dans une merveilleuse vallée bien abritée, sur laquelle veille le Giewont que les montagnards comparent à la silhouette d’un chevalier endormi. La sauvage poésie des monts, la douceur de son climat, ont fait de Zakopane la station climatique la plus fréquentée de Pologne. L’hiver ajoute encore à son charme. De pittoresques chalets, enfouis sous les sapins, accueillent les nomhreux touristes et les amateurs de sports d’hiver.
- LES HABITATIONS
- Les « chat as » (') ont un caractère très spécial — charpente en relief, toit raide d’une certaine ligne brisée dont le faîte s’orne d’une rayonnante image solaire (fig. 6). La porte basse, 'massive, cintrée, est curieusement travaillée. Un couloir sépare l’habitation en deux parties : à droite, l’« Izba (2) blanche », qui est la plus jolie chambre (fig. 7). Des panneaux de bois recouvrent les murs formés par de grosses poutres de sapin brunies. Sur le fond sombre se détachent parfois encore de naïfs tableaux sur verre, aux couleurs très vives, peints par les Gôrals d’autrefois — tableaux saints, danses de brigands (fig. 8). Le bois patiné des crédences, des étagères, des chaises et des plus petits objets, est originalement décoré de motifs sculptés rappelant l’art ancien slave.
- On se croirait reporté trois siècles en arrière. C’est là le pittoresque désordre d’un intérieur de Teniers, qu’animerait un subtil clair-obscur de Rembrandt.
- La « komora » fait suite à l’izba blanche. Ici, sont entassés les gigantesques coffres à blé, ainsi que les coffres à linge et à vêtements, munis de cadenas primitifs et peints en bleu ou en vert, avec une décoration florale du plus gracieux effet.
- A gauche se trouve 1’ « izba noire » (fig. 9). Un monumental poêle en maçonnerie, dont la hauteur atteint parfois 2 ou 3 m, y répand une chaleur douce, égale et continue. Pendant l’hiver, long et rigoureux, une paillasse étendue sur la partie supérieure, le transforme en couchette — très confortable — assurent les vieux qui frileusement s’y réfugient dès la tombée du jour.
- L’art est ici à peu près immobile en ses principes. Le style des églises s’inspire des motifs de l’architecture populaire qui constituent un monument de l’ancienne architecture polonaise du bois. La chapelle de Jasz-czurôwka, près de Zakopane, est une merveille du genre (fig. IC).
- LES GORALS
- Sur le ruban sinueux de la route, une tache claire et mouvante approche. C’est une. bande joyeuse de Gôrals.
- 1. Prononcer hatas, chalets.
- 2. Chambre.
- Fig. 5. •— Groupe de pâtres dans la « hala ». (Photo Zwolinski, de Zakopane.)
- !'.
- Grands, bien découplés, élégants ils parlent une langue sonore et chantante ayant beaucoup d’analogie avec le vieux polonais. Leurs longues foulées élastiques laissent deviner une musculature fine, mais puissante. Il y a une harmonie dans ces corps mâles et forts et l’on est séduit par cette gaieté, ce mouvement, cette belle santé des hommes et des choses.
- Sous le chapeau rond et plat, ceinturé d’une bande de petits coquillages, les traits apparaissent souvent d’une véritable beauté : regard droit et fier, nez aquilin, profil superbe.
- Sur la chemise de toile blanche, le montagnard revêt un serdak, justaucorps de fourrure, sans manches, orné de riches applications. Il jette sur ses épaules une veste brodée, en épaisse bure blanche qu’il a lui-même tissée et avec laquelle sont aussi confectionnés les longs pantalons collants, rehaussés sur la partie supérieure de broderies aux couleurs vives et harmonieuses. En guise de chaussures, les Gôrals portent encore parfois des kiernce, sortes de mocassins cloutés de cuivre. Ce costume, assez semblable à celui des chevaliers et des nobles du moyen âge est complété par une haute ceinture de cuir, à larges
- Fig. 6. — Une « chaia » gôrale. (Photo Zwolinski, de Zakopane.)
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- boucles métalliques et par une ciupaga, petite hache à long manche sculpté servant également de canne.
- Un vieux « gazda » (*), en longue veste brune, le visage tanné et sillonné, de rides comme l’écorce d’un chêne, s’appuie sur une ciupaga dans une attitude sculpturale. Il possède la sereine noblesse des races primitives.
- Voici les couleurs éclatantes des amples jupes, des corselets pailletés, des châles fleuris : le jaune des tournesols, le rouge flamboyant, le bleu des gentianes, dont les tons crus se heurtent et se mêlent, les jours de fête, dans le tournoiement de la danse. Ces teintes criardes, blesseraient peut-être les yeux sous le soleil ardent de Naples ou de Séville, mais ici le ciel, d’un bleu pâle, up ciel des tableaux des primitifs, appelle les violents contrastes.
- Les danseurs trépignent, sautent, bondissent et
- Que vos genoux se ploient ! En invoquant Dieu, Commençons notre tâche,
- Récitons un Pater et prions le Ciel
- De toujours nous donner ici ce dont nous aurons besoin!
- Puis la chanson évoque le rite millénaire selon lequel doit être préparé le savoureux fromage de brebis. Humble et frugale existence du pâtre ! Un quignon de pain noir et une jatte de lait pour apaiser sa faim, une couche de rameaux odorants pour se reposer et le voilà heureux comme un pan (‘), car il possède les biens que Dieu fit pour tous : la nature, l’espace, le firmament, le soleil et la liberté !
- La liberté a poussé de tout temps sur cette terre qui faisait partie des biens de la Couronne. Alors que le paysan de la plaine, attaché à la glèbe, était «taillable et corvéable
- Fig. 7. — L’izba blanche.
- (Photo Zwolinski, de Zakopane.)
- tournent sans fatigue apparente, avec un entrain endiablé. Ils goûtent le plaisir du mouvement et le son aigu des violons accompagne les joyeux « héï » de leurs chants, dont le rythme est celui de la vie simple et puissante. Le musicien joue de mémoire, et sans y changer une accentuation, le répertoire d’il y a cent ans.
- Ils ont créé des chansons pour toutes les circonstances de leur vie rustique. Dans l’une, c’est le départ des brebis pour les haie,
- cornemuses et pipeaux en tête. La mélodie roule tout entière sur quelques notes lancées vivement :
- En partant pour les haie, nous passerons à l’église Faire bénir notre pauvreté.
- Cheminons tout en paissant, sans trop muser.
- Héï! Batsa emporte l’herbe bénie.
- Héï ! Voici la hutte que Batsa encensera,
- Puis vers nous il se tournera :
- 1. Propriétaire.
- Fig. 8. — La danse des brigands.
- Ancien tableau sur verre. (Photo ZwoJinski, de Zakopane.)
- Fig. 9. •— L’izba noire.
- (Photo Zwolinski, de Zakopane.)
- à merci », le Gôral était un homme libre.
- Aussi a-t-il une très haute idée de sa race; n’est-il pas noble, puisque la noblesse était le privilège des hommes libres !
- Au seizième siècle, les montagnards bataillèient aux côtés des paysans révoltés contre leurs seigneurs. Exaspérés, ils couraient sus aux nobles, pillant, rasant les châteaux et lançant aux oppresseurs ce farouche cri de défi :
- Héï! Seigneurs! Seigneurs! Vous serez Seigneurs,
- Mais pour nous, vous ne le serez point !
- Héï ! Seigneurs ! Il vous est permis de fouler les précieux tapis Et nous ne connaîtrons jamais que le froid silence de la tombe ! Héï ! Seigneurs ! Vous nous persécutez, mais nous vous le
- [rendrons
- Quand nous nous lèverons.
- Héï ! Seigneurs ! Quand je frapperai avec ma ciupaga,
- Héï! Le sang rouge coulera! »
- 1. Seigneur.
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- Terre de bravoure ! Vers 1650, l’armée suédoise, après avoir envahi la Pologne et s’y être installée sans coup férir, s’aventura dans les Tatras pour cerner les troupes du roi Jean-Casimir, réfugié à Spisz. Sous la conduite de chefs intrépides, les Gorals organisèrent la résistance. Dans les étroits défilés on pouvait arrêter l’ennemi au passage et l’écraser sous les roches. Ce fut une effroyable boucherie ! La chronique rapporte que « Les Gorals escortèrent le roi à travers la montagne. Ils le conduisirent avec fidélité, amour et attachement, sachant qu’il était le seul homme qui fût au-dessus de leur pire ennemi, le noble ! » (*).
- Héros et brigand fut ce Janosik, chef de bande, qui vers la fin du dix-septième siècle se proclama le défenseur des vilains. « Si les seigneurs ont le droit de battre les paysans, disait-il, les paysans ont le droit de battre les seigneurs ! » Et sa ciupaga magique voltigeait, tapait, taillait, tranchait avec une audace sublime
- Fier, hardi, chevaleresque, il était toujours le premier aux rudes coups et aux bonnes affaires. 11 faisait bon marché de la vie des autres, mais n’en était pas moins prodigue de la sienne et s’il pillait et rançonnait, c’était toujours de l’autre côté des monts, en Hongrie.
- Là, bonne chère et bon butin ! Les gaillards de Janosik prisaient fort les liquoreux vins ambrés, plus doux au palais que l’âpre wôdka (2). Et que de splendeurs dans les châteaux hongrois mis à sac ! Délicates soies de Pei’se, somptueux brocarts d’or et d’argent, moelleux tapis d’Orient, vaisselle précieuse, finement ciselée....
- « Ma mère, m’a appris à bien danser, chantaient-ils.
- Mon père à bien voler et à bien cacher ! »
- 1. Casimir Tetmayer : Légende des Tatras.
- 2. Eau-de-vie.
- Fig. 10. — La chapelle de Jaszczurowska. (Photo Zwolinski, de Zukopane.)
- Dans ces familles, le brigandage était une tradition, un honneur qui se transmettait de père en fils. D’ailleurs, le jeune brigand soumis à de très rudes épreuves devait, par son courage, son adresse et son habileté, s’v révéler digne de ses aînés.
- Las ! durant une périlleuse incursion dans la vallée d’Qrawa, l’audacieux Janosik fut pris et pendu haut et court !
- Le supplice purifie. La légende s’est emparée de cette figure. Elle lui a mis un nimbe autour du front, mais ce nimbe, en vérité, est quelque peu sanglant.
- Les amateurs de sensations grandguignolesques seraient fort déçus s’ils venaient ici avec l’espoir d’y éprouver le grand frisson. Les héros-brigands ont vécu ! Depuis le milieu du siècle dernier, la race s’en est éteinte. « Never
- more ! »
- »
- Fig. 11. — Un vieux cornemuseux. Fig. 12. — Jeune fille gdrale. Fig. 13. —• Vieux violoniste gérai.
- (Photo Zwolinski, de Zakopane.) (Photo Zwolinski, de Zakopane.) (Photo Zwolinski, de Zakopane.)
- I
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- Leurs descendants sont de paisibles montagnards, et la ciupaga a cessé d’être l’attribut des héros. Si les Gôrals la manient encore avec une remarquable dextérité, ce n’est plus pour « faire gicler le sang », mais pour couper le bois qu’ils transportent en hiver sur des traîneaux d’une simplicité rustique, dont l’invention remonte certainement au temps des premières tribus slaves. Ils sont composés d’une sorte de plate-forme en planches reposant sur deux longs patins de bois et attelés de chevaux très vifs, ils filent sur la neige dans un galop échevelé.
- Vivant sur une terre pauvre qui ne produit guère que l’avoine, le seigle et les pommes de terre, les montagnards s’adonnent à l’élevage des moutons et du gros bétail. Apres au gain, ils vivent chichement. Leur nourriture, peu variée, se compose surtout de bouillies d’avoine, de pommes de terre, de choucroute et de laitage. De leurs ruches, ils tirent un miel délicieusement parfumé, avec lequel ils préparent le miôd (4).
- Fig. 14. — Danseurs gdrals. (Photo Zwolinski, de Zakopane.)
- Autrefois les Gorals partaient en Hongrie à l’époque des moissons.
- Aujourd’hui, par suite du développement du mouvement touristique dans les Tatras, ils s’occupent de la location de leurs chalets; parmi eux se recrutent d’excellents guides.
- Très intelligents, très adroits, ils ont créé des formes originales d’ornementation qu’ils appliquent principalement à la sculpture sur bois, à laquelle ils excellent.
- En hiver, le rouet tourne joyeusement dans le chalet. Comme au temps d’Homère, les femmes filent et tissent 1 épaisse bure blanche ou brune, dans laquelle seront taillés les costumes et les gros gants.
- L’égalité absolue qui existe entre les époux est bien antérieure à la législation actuelle. Depuis la reconstitution de la Pologne, les femmes possèdent ici le droit de •vote.
- Tous les quatre ans, la montagnarde remplit ses devoirs de citoyenne en déposant son bulletin dans l’urne et
- 1. Hydromel.
- ce geste ne déclenche ni cataclysme, ni calamité!... La vie se poursuit dans son éternelle uniformité. Après avoir exercé sa « souveraineté », la baba(1), de retour au logis, prépare la maigre pitance des gens et des bêtes, houspille la marmaille, allaite son nourrisson tout en ravaudant les chausses de son très égal époux.
- Les temps ne sont plus où l’on « nettoyait la maison des vieux » en transportant les vieillards malades ou» infirmes dans la forêt, pour les y abandonner à leur lamen-'°f table sort.
- Le christianisme révéla à ces consciences obscures la divine pitié.
- Il y a bien des siècles, leur âme enfantine, naturellement poétique, ignorant encore le dogme établi, avait exprimé par des divinités païennes son culte de la nature. \
- Le terrible Swiatibôr, mi-ours, mi-cerf, régnait alors suk les forêts.
- Malheur à ceux qui pénétraient dans son domaine pour le dévaster. Le dieu redoutable apparaissait, ses yeux flamboyants lançaient des éclairs, une mystérieuse ciupaga assommait le profanateur....
- Une légion d’apparitions légères et ondoyantes, promptes comme le rêve, peuplaient les solitudes glacées de leurs montagnes.
- Dans les voiles diaphanes de la divine et capricieuse Pogoda, dispensatrice du beau temps, s’enroulaient le Jour d’Or et la Nuit d’Argent
- Des mains de la frêle Wiosna, couronnée de primevères, s’envolaient les vives alouettes.
- Les douces et tendres Zarnice semaient la rosée de diamants. Swit, l’aube ardente, aux ailes couleur de feu, portait tel un globe d’or, le soleil sur sa tête blonde.
- Les Nocturnes, fines et élancées comme des lis, assises en cercle, trempaient leurs pieds dans les lacs, sombres comme la nuit et jouaient dans l’eau avec les étoiles.... Leurs sœurs, les Demoiselles Lunaires, volaient au-dessus des cimes, la nuit, dans la brume argentée.
- Dans la languissante atmosphère des beaux soirs d’été, à l’heure mystérieuse où les montagnes bleuâtres apparaissent comme des fantômes vaporeux, les malicieux Polednice lutinent les filles. Ils les entraînent sous les hautes futaies résineuses. Un air chaud et grisant monte aux joues. Toute une vie animale s’agite dans les sous-bois. Les corps se ploient, ils veulent se réjouir de leur jeunesse et de leur force. Une bienheureuse torpeur les envahit... Un délire vague... Un rêve incertain, dans lequel flotte lointain et suave un son de flûte... Là-haut, près du torrent frémissant, les Fantômes des Eaux, fils de boucs et de bergères, célèbrent les noces païennes de la Nature et de la Nuit...
- A présent les dieux se sont réfugiés au fond de noirs ravins.
- Parfois ils pleurent et leurs gémissements s’unissent à la lugubre mélopée des pins qui semblent compatir à cet exil éternel....
- Suzanne Girod.
- 1. Femme mariée.
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- LE GARAGE VERTICAL DES AUTOMOBILES
- La multiplication et la démocratisation de la voiture automobile posent, dans toutes les villes, le problème du garage.
- Une solution ingénieuse a été imaginée par M. H. D. James, Ingénieur-Conseil de la Westinghouse Electric Company à Pittsburgh (États-Unis). C’est un garage qui n’occupe en surface guère plus de place que celle nécessaire à deux voitures placées l’une à côté de l’autre. Les voitures y sont garées en hauteur, mais sont descendues ou remontées au niveau du sol, pour être mises à la disposition de leur propriétaire.
- Le garage est, en somme, un élévateur formé d’une succession de caisses dont chacune est prévue pour un véhicule.
- Ces caisses sont soutenues par deux chaîne sans fin qui passent sur des roues à chaîne dans le bas et dans le haut du garage. Les chaînes sont actionnées par deux moteurs électriques, et au moyen d’appareils de contrôle appropriés, on peut provoquer l’arrivée au niveau du sol de n’importe quelle caisse, de manière que les portes étant ouvertes une voiture puisse y entrer ou en sortir.
- C’est donc un garage entièrement automatique. Dans le modèle qui en a été réalisé, on a prévu 24 automobiles ainsi réparties tout1 le long des chaînes qui actionnent le système.
- Bien entendu, il est possible de prévoir un plus grand nombre de véhicules, la hauteur du garage étant déterminée en conséquence, et la résistance des pièces mécaniques, notamment des chaînes, étant calculée à cet effet.
- Le promoteur de ce système a imaginé divers dispositifs de commande.
- Le premier est le système à clé, celui qui est adopté d’ailleurs par la société qui a installé le premier modèle de ces garages. Ce système s’adapte parfaitement bien à des garages où les compartiments sont loués pour un temps suffisamment long, par exemple pour un mois.
- A l’extérieur du garage est un tableau qui porte différentes serrures numérotées, chacune correspondant à un compartiment. Une serrure sert à ouvrir ou à fermer la porte. Chaque locataire d’une des cellules est muni d’une clé, il l’introduit, dans la serrure qui lui est affectée et il la tourne à angle droit, cette manœuvre provoque la mise en marche de la chaîne de façon que le compartiment vient s’arrêter au niveau du sol.
- Le locataire peut alors retirer sa clé de la serrure du tableau; il l’introduit dans la serrure de la porte et il tourne de 9C°, il s’établit un circuit électrique qui ouvre automatiquement la porte. On fait alors entrer ou sortir la voiture. Pendant toute cette manœuvre, Ja clé reste dans la porte et, grâce à une série d’enclenchements électriques, elle interdit à toute autre personne de faire fonctionner le système à partir du tableau. Il faut attendre son tour.
- Lorsque la sortie ou la rentrée de la voiture sont effectuées et que l’occupant a quitté le compartiment, il tourne la clé dans sa position verticale pour la retirer, et, ce faisant, il établit un autre circuit qui ferme la porte. C’en est fini pour lui, un autre locataire peut désormais prendre son tour.
- Dans une autre méthode, pour actionner le mécanisme, on utilise des boutons-poussoirs, c’est le dispositif destiné aux garages publics; les boutons-poussoirs y sont
- groupés dans le bureau de l’administration ; lorsqu’un client désire remiser son automobile, un employé le dirige vers une place vacante, ou bien encore, le client conduit lui-même sa voiture près de l’ouverture du garage où est allumé le signal indiquant une place libre, par exemple une lumière verte; au moyen d’un relais actionné par la lumière, une cellule photo-électrique par exemple, ou d’un interrupteur de passage, le client provoque l’ouverture de la porte.
- L’automobile remisée dans son compartiment, le conducteur sort, il actionne un levier qui lui délivre son bulletin. Ce levier établit en même temps un circuit qui ferme la
- Fig. 1. — Le mécanisme d’un garage vertical.
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- porte et prépare l’arrivée au niveau du sol d’un compartiment vide qui est alors prêt pour recevoir l’automobile suivante. La porte ne peut pas être fermée sans que le conducteur ait actionné le levier, et une disposition est prévue pour éviter que la porte ne puisse se fermer quand le conducteur est à l’intérieur.
- Quand on veut retirer sa voiture, on présente le bulletin au bureau; là le gérant agit sur le bouton-poussoir correspondant au bulletin, en même temps qu’il reçoit le prix de la location.
- La cellule qui contient sa voiture arrive au niveau du le conducteur fait sortir
- servant à l’entrée du véhicule et l’autre à la sortie. 11 n’y aura donc pas à faire marche arrière ni à exécuter des manœuvres compliquées pour sortir le véhicule.
- Bien entendu, il est possible de prévoir également des plates-formes d’entrée et de sortie à des étages supérieurs.
- Ce système de garages paraît devoir être particulièrement utile dans les endroits où la place est strictement mesurée ainsi que le temps accordé à la manœuvre des véhicules.
- Toutefois, il est permis de douter que ce système puisse se répandre pour assurer le garage des voitures dans les villes sur la voie publique. Les frais de construction et d’installation sont en elïet très importants, mais, par contre, ce système doit pouvoir s’appliquer dans différentes conditions, pour de grands garages installés dans un quartier où le m2 de terrain peut atteindre des prix très élevés.
- Les frais de dépense de construction sont alors justifiés, et tous comptes faits, cela permet d’avoir un bilan final intéressant.
- E. Weiss.
- Fig. 3. —Garage vertical installé aux usines Westinghouse à Pitlsburg.
- A droite, on aperçoit la première ébauche de garage vertical réalisée dans cette usine.
- es
- t alors établi qui ferme
- sol; la porte s’ouvre, le véhicule; un circuit la porte.
- Enfin, une troisième méthode également intéressante est celle du système à jetons ou pièces de monnaie.
- Elle est identique à celle des boutons-poussoirs, sauf qu’une machine à jetons est installée au lieu du système de boutons.
- Le conducteur dépose donc un jeton ou une pièce suivant le cas, ce qui ouvre la porte et met à sa disposition un compartiment pour garer le véhicule.
- Comme précédemment, il prend un bulletin qui lui permettra ultérieurement d’amener le compartiment au niveau du sol quand il désirera reprendre le véhicule.
- Si le temps pendant lequel la location a été payée est dépassé, la porte est fermée automatiquement, et il n’est pas possible de l’ouvrir sans déposer le prix additionnel.
- Il est évident que ce système est fort ingénieux, et qu’il économise beaucoup de temps, car on peut garer le véhicule ou le reprendre en moins d’une minute dans un système où la vitesse de chaînes est environ 30 mètres par minute.
- De plus, les moyens de sécurité prévus sont tout à fait complets.
- Il est impossible de faire fonctionner la machine si la porte n’est pas fermée.
- Enfin, pour faciliter encore les manœuvres, on prévoit une porte de chaque côté, l’une
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- LES VIEUX SAVANTS QUAND ILS ÉTAIENT JEUNES'11
- XII. DE FUTURS SAVANTS MALGRÉ L’OPPOSITION DE LEURS PARENTS
- Si, de nos jours, la science est entrée dans nos mœurs et si, généralement, les parents se réjouissent de voir leurs fils entrer dans cette noble carrière, il n’en a pas toujours été de même. Jadis, on ne pensait guère qu’à la Théologie, au Droit, à la Médecine, au Commerce, à la carrière militaire ou diplomatique, etc., et l’on n’était pas éloigné de regarder comme un peu fous les jeunes gens qui se sentaient attirés par la science pure, laquelle, d’ailleurs, n’existait guère à ces époques éloignées et n’avait pas plus de sens pour les père et mère que si on leur eût parlé de substances radioactives et d’hydravions. Si certains pères, cependant, toléraient cette « manie », d’autres, par contre, s’y opposaient formellement. Ce travers, qui nous étonne aujourd’hui, n’empêcha pas, pourtant, des savants tels que Bernouilli, Percy, Magendie, de Lacaze-Duthiers de passer à la postérité.
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- Jacques Bernouilli (1654-1705) dont nous avons déjà dit un mot, précédemment, au sujet de la célèbre et complexe famille « des Bernouilli » est bien connu par ses études sur la course des comètes, les perfectionnements qu’il apporta au calcul difïérenciel et au calcul intégral (les bases venaient d’en être posées par Leibniz), sa solution du problème des isopéri-» mètres (qui devait préparer la découverte de Lagrange sur le calcul des variations), sa découverte des remarquables propriétés de la spirale logarithmique, etc. Il chercha même, ce qui est assez singulier — pour l’époque -— à appliquer le calcul des probabilités aux questions de morale et de politique.
- Il était né à Bâle, où son père, Nicolas Bernouilli, avait des charges considérables et un rang important dans la république. Jacques Bernouilli reçut l’éducation ordinaire de son temps.
- « On le destinait, écrit Fontenelle (2), à y être ministre et on lui apprit du latin, du grec, de la philosophie scolastique, nulle géométrie : mais, dès qu’il eut vu par hasard des figures géométriques, il en sentit le charme, si peu sensible pour la plupart des esprits. A peiné avait-il quelque livre de mathématiques, encore n’en pouvait-il jouir qu’à la dérobée : à plus forte raison il n’avait pas de maître; mais son goût, joint à un grand talent, fut son précepteur. Il alla même jusqu’à l’astronomie; et comme il avait toujours à vaincre l’opposition de son père qui avait d’autres vues sur lui, il exprima sa situation par un dessin où il représentait Phaéton conduisant le char du Soleil, avec des mots latins qui signifiaient : Je suis parmi les astres malgré mon père. Il n’avait que dix-huit ans, et n’était presque encore mathématicien que par sa violente inclination pour les mathématiques, lorsqu’il résolut ce problème chronologique, assez difficile, où les années du cycle solaire, du nombre d’or et de l’indication étant données, il s’agit de trouver l’année de la période julienne. A 22 ans, il se mit à voyager. Etant à Genève il apprit à écrire à une fille qui avait perdu la vue deux mois après sa naisance, et il imagina un moyen nouveau. Après avoir vu la France, il revint chèz lui en 1680. Là, il commença à étudier la philosophie de Descartes. Cette excellente lecture l’éclaira plus qu’elle ne le persuada et il tira de cet excellent auteur assez de force pour pouvoir ensuite le combattre lui-même. »
- C’est alors qu’il se mit à l’étude des comètes et prédit leurs retours périodiques, ce qui, d’ailleurs, était aussi la pensée de Cassini. A ce propos, il est amusant de constater qu’on lui fit
- 1. Voir La Nature depuis le n° 2808.
- 2. Œuvres de Fontenelle. Tome I, lro partie, p. 70. Paris, 1818.
- très sérieusement une objection à laquelle il crut devoir répondre de même : c’est que les comètes sont des astres réglés et ne sont pas comme on le croyait des signes extraordinaires de la Colère du ciel. Ce fait montre combien, alors, les idées superstitieuses étaient encore répandues et quel mérite il y avait à les vouloir combattre avec un esprit vraiment scientifique.
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- Pierre=François Percy (1783-1825), qui fut Membre de l’Académie des sciences, était à vrai dire plus connu par des recherches chirurgicales que par des études de science pure.
- Il était né à Montagney (Haute-Saône) et ne fut guère poussé dans la carrière médicale par son père. « Celui-ci, a écrit Flou-rens (‘), chirurgien militaire, s’était retiré du service,fort mécontent et bien résolu à détourner son fils de cette carrière. Heureusement pour la chirurgie militaire, la vocation du fils fut plus forte que n’était l’aversion du père. Le jeune Percy fit ses humanités au collège de Besançon, où il remporta, chaque année, tous les premiers prix. C’était déjà, dans un âge si tendre, le même esprit d’assiduité, d’ordre; c’était la même pensée de bien faire qu’il devait porter plus tard sur de si grands théâtres, et qui furent en effet l’âme de sa vie. A peine sorti du collège, le jeune Percy se jeta dans l’étude de l’anatomie et de la chirurgie, et avec de tels progrès que, au bout d’une année, ses maîtres se l’associaient déjà sous le titre de prévôt de salle, et que, deux ans après, il obtenait le grade de docteur, presque gratuitement : sorte de faveur dont la Faculté de médecine de Besançon avait eu le si bon esprit de faire une distinction nouvelle. Docteur à vingt et un ans, Percy eût été trop jeune pour inspirer à ses malades beaucoup de confiance, et il était trop instruit pour en avoir beaucoup sur lui-même ; il s’empressa donc de se rendre à Paris et d’y continuer ses études. Malheureusement son peu de fortune ne lui permit pas d’y faire un long séjour; et, bientôt obligé de prendre parti dans la chirurgie militaire, il se vit attaché, en qualité de chirurgien aide-major, à la compagnie écossaise du corps de la gendarmerie en garnison à Lunéville. Cependant, quelque court qu’il eût été, le séjour de Paris ne fut pas perdu pour Percy. Il y avait entendu de grands maîtres ; il avait été accueilli par Louis; il avait vu ce point de grandeur qu’un art quelconque n’atteint guère que dans une capitale, et que même l’art de la chirurgie n’avait encore atteint que dans la capitale de la France. Cette image de la grandeur d’un art qu’il aimait avec passion ne le quitta plus. »
- Percy concourut ensuite pour divers prix sur des sujets proposés par l’Académie de Chirurgie et les remporta tous, à un tel point qu’on le pria, poliment, de s’abstenir désormais. Singulière manière d’encourager les travaux...
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- Si Magendie (1783-1855) est devenu un grand savant et, notamment, un grand physiologiste, ce n’est, certes, pas du fait de son père qui, un moment, rêva d’en faire... un ignorant.
- Né à Bordeaux, il avait pour père un chirurgien qui exerçait sa profession dans cette ville. Il perdit sa mère de bonne heure. Son père, bon, intègre, mais incapable de laisser passer une folie sans en prendre sa part, imagina, afin de doter son fils d’une vigueur civique qui se trouvât à la hauteur des principes qu’il professait, de l’élever selon les préceptes émis par Jean-Jacques Rousseau.
- 1. Mémoire de l’Académie royale des Sciences de VInstitut de France. Tome XIII. Paris, 1835.
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- « Le nouvel Emile, absolument livré à lui-même, errait à sa guise dans une liberté qui ressemblait fort à l’abandon. Pour le sauver des enseignements corrupteurs, on le laissa, par principe d’occupation, dans une ignorance complète. Son unique recours vers le monde intelligent était l’observation, qui, seule, disait son guide, pouvait lui conserver toute son indépendance. Trouvant, peut-être avec raison, moins de difficulté à réformer les abus qu’à combattre les maladies, le patriote enthousiaste abandonna une clientèle qui l’ennuyait, pour se laisser accabler de dignités improductives. La clientèle emportait avec elle toute l’aisance de la maison; mais qu’était-ce qu’un pareil sacrifice ? L’exagération du dévouement et la réalité de la gêne allèrent si loin qu’il voulait contraindre son élève, en cherchant à lui persuader que ce serait un moyen d’indépendance, à fabriquer lui-même ses chaussures. A ce coup, le bon sens du jeune homme se révolta; il prostesta contre toutes ces folies et déclara qu’il préférait être indépendant et bien chaussé et qu’il demandait qu’enfin on l’instruisît. » (Flourens) (’).
- Magendie suivit, dès lors, les cours de l’école primaire et y fut un très brillant élève. Son père ne lui en garda pas rancune et, même, battit des mains en lui entendant décerner — il avait alors quatorze ans — le grand prix De la connaissance des Droits de l’homme et de la Constitution, suivi bientôt par un prix de vertu.
- « Selon l’habitude à peu près constante de ceux qui prônent la liberté, le père de Magendie s’en réservait l’usage exclusif. Il déclara à son fils que le soin de ne pas déroger à sa race exigeait qu’il endossât la robe et le bonnet de docteur. Introduit dans les hôpitaux, le nouvel adepte y commença ses études. Boyer le choisit pour son prosecteur, et, dès les premiers mois, ce prosecteur se transforma en professeur d’anatomie. Ayant obtenu par le concours une place d’interne, à dix-huit ans, Magendie parvint à se suffire. De son temps il fit trois parts : à l’étude fut consacrée la plus large;la seconde appartint à un enseignement qui, commencé dès ce début, s’étendit à tout ce qu’il apprit et devint à la fois la joie et la ressource de sa jeunesse; dans sa pauvreté fière, bien que les impressions reçues de son père l’eussent colorée de la rudesse républicaine, par une sorte d’instinct, vivace et dernière étincelle de la distinction de sa mère, il aimait, il recherchait les délicatesses de la bonne compagnie, coupables raffinements monarchiques qui élèvent l’esprit, forment le goût, et font vivre de la vie de l’intelligence; elles avaient pour lui comme le prestige d’un fruit défendu. Il consacrait donc la troisième part de son temps à s’introduire dans ces salons qui, après la tempête révolutionnaire, s’étaient ouverts à la première éclaircie, où l’on se cherchait, où l’on se comptait, où le malheur avait fait tout le monde ami : on l’y accueillit comme un élégant jeune homme, et il y dissimula, avec un stoïcisme tout romain, sa profonde détresse. « Cependant, racontait-il gaiement plus tard, pendant un temps qui m’a paru assez long, tous frais faits, il ne me restait plus pour vivre que cinq sous par jour; et encore j’avais un chien. Nous partagions : par exemple, il n’éta'ît pas gras, ni moi non plus ». Magendie devint aide, puis prosecteur à la Faculté. Cet apprentissage d’école lui ouvrit une carrière. Mais la vie de camaraderie forcée, d’égalité mise en pratique, le contact de ses rivalités qui ne se laissent point désarmer, fut, pour cette nature âpre, et dominatrice, une épreuve orageuse. De cette épreuve naquit une invincible répugnance pour toute concurrence acceptée. Afin d’échapper à ce danger il abandonna la chirurgie. Notre ombrageux jeune homme rêvait si mélancoliquement aux difficultés de l’avenir que parfois il laissait s’introduire dans un refuge le découragement amer que la longue souffrance amène, et que l’homme jeune, et surtout le 1. Mêm. de l’Ac. des Sciences, Tome XXXIII. Paris, 1861.
- jeune médecin, ne manquent jamais d’attribuer à l’une de ces maladies, prétendues incurables, qui, devant un peu de bonheur, ne se montrèrent jamais rebelles. »
- Il attendait la mort tranquillement lorsqu’un homme de loi lui apporta vingt mille francs dont il héritait. La suite de cette histoire u’est pas banale et témoigne d’une singulière mentalité, sans doute un peu inhérente à l’époque et, peut-être aussi à l’amour de Magendie pour les animaux, dont, plus tard, il devait étudier la physiologie.
- « Notre malade se trouva instantanément en état de convalescence. Ne prenant toutefois que comme un temps d’arrêt dans sa vie sévère, cette surprise si inattendue, il s’ordonna l’acquisition de jolis chevaux, de chiens gracieux; la surveillance en fut confiée à un groom coquet, élégant, qui était chargé, en outre, de tenir un léger équipage à la disposition de l’imprévoyant, mais heureux possesseur de toutes ces superfluités. Pour ne perdre aucun des instants de ce bonheur passager et cependant pour ne rien enlever au travail, tout cet attirail fut logé le plus près possible de l’hospice. « Dès que je trouvais un moment dont je puisse disposer, j’y courais, disait, plus tard, Magendie, passant alors toutes mes récréations à l’écurie. » Bientôt les vingt mille francs furent dissipés; mais un peu de détente fait tant de bien ! Les forces s’étaient renouvelées. L’indépendance, ce rêve doré de la jeunesse, se concentrait, pour Magendie, dans un cercle qui paraissait ne devoir le conduire qu’à être médecin malgré lui. Il le fut, en effet, mais il s’en dédommagea en se tenant dans un état permanent de révolte, en refusant opiniâtrément de rendre foi et hommage à ce qu’il appelait la grande idole de la crédulité humaine. Cette lutte, dans laquelle il a déployé infiniment d’esprit, de finesse, de bon sens, dévoile le sceptique dégageant des préjugés l’art qu’il respecte, et se donnant ainsi le droit de faire payer son acquisition à un Corps qui devait beaucoup honorer la supériorité de ses lumières et la sévère probité de son caractère. »
- A ce moment une nouvelle science, la Physiologie, venait véritablement de naître. Magendie s’y consacra corps et âme en y apportant la plus grande précision.
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- Henri de Lacaze=Duthiers (1821-1901), qui eut une si grande influence sur la zoologie par ses remarquables travaux et par la création, si féconde, des laboratoires maritimes de Roscofî et de Banyuls, était né au château de Stiguederne, près de Montpezat, dans le Lot-et-Garonne. Issu d’une vieille famille de Gascogne, il était le second fils du baron J. de Lacaze-Duthiers, qui s’étàit marié avec la fille du pair de France Cassi-gnoles. Il fit ses premières études au collège de Villeneuve-sur-Lot et semble ne pas y avoir annoncé une précocité particulière puisqu’il ne fut reçu bachelier ès lettres qu’à vingt ans.
- « On peut soupçonner, a écrit M. Pruvot (-1), par les rares allusions qu’il faisait parfois à la période de sa première jeunesse que le milieu familial n’était pas propre à la prompte éclosion d’une vocation scientifique en ce château lointain, fermé au mouvement de dehors par les difficultés des communications, fermé plus encore aux idées nouvelles par les traditions et les préjugés de l’Ancien régime. Le grand-père paternel avait porté, en 1793, à Agen, comme suspect, sa tête sur l’échafaud. Le père n’avait rien appris et rien oublié. En outre, de caractère froid et autoritaire, il entendait que tout pliât sans murmure devant sa volonté; la plus légère contradiction lui semblait une atteinte à son autorité de chef de famille; tout ce qui s’écartait de ses idées le choquait. Un jour que son fils, déjà pris par le goût de l’histoire naturelle, lui parlait des fourmis
- 1. G. Pruvot, Henri de Lacaze-Dulhiers. Sa vie et son Œuvre. Archives * de zoologie expérimentale, 3 e série, T. X, 1902).
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- ailées, il lui marqua, avec impatience, sa désapprobation, et comme Henri, fier de sa jeune science, insistait et multipliait les détails, il lui enjoignit sèchement de cesser cette plaisanterie irrespectueuse. Sur quoi le fils répliqua avec vivacité qu’il se taisait, mais qu’il ne voyait pas en quoi son silence empêcherait les fourmis de voler. Bien des heurts durent se produire entre ces deux caractères sans souplesse. »
- Malgré l’opposition de son père, qui ne l’aida, pour ainsi dire, presque jamais, ni intellectuellement, ni pécuniairement, Henri de Lacaze-Duthiers partit pour Paris commencer ses études de médecin, qu’il poursuivit régulièrement tout en se laissant séduire par l’histoire naturelle, goût qu’avaient ravivé en lui les enseignements de de Blainville et, surtout celui d’Henri Milne-Edwards, dont il devint le préparateur en 1845. Aussitôt reçu docteur en médecine, en partie pour assurer sa «matérielle»,il accepta le poste de répétiteur de zootechnie dans le service dirigé par Baudement à l’Institut agronomique de Versailles, fonction qu’il occupa jusqu’au coup d’Etat, époque où il fut révoqué pour avoir refusé de prêter serment à l’Empire.
- Sans place, presque sans ressources, car la rigueur paternelle n’avait pas désarmé, il fut réduit à une pénible situation, mais ne voulut pourtant pas renoncer à l’avenir de science désintéressée qu’il rêvait. Il acheva et passa sa thèse pour le doctorat ès sciences sur l’armature génitale des insectes. Mais déjà l’enseignement et l’exemple de son maître Milne-Edwards avait tourné ses pensées vers le monde marin, qui devait être, désormais, jusqu’à son dernier jour, l’objet de ses études passionnées (G. Pruvot).
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- C’est alors qu’accompagné d’un ami, il se rendit dans diverses localités maritimes, où il entreprit des recherches sur divers animaux marins et cela, dans des conditions si précaires (il ne recevait guère que 900 francs par an de son père et était obligé de travailler dans de misérables chambres d’auberges) que c’est à cette époque certainement, qu’il comprit de quelle utilité serait la création de laboratoires maritimes, où l’on pourrait travailler tout à son aise, rêve qu’il ne put — et avec quelles difficultés — réaliser que beaucoup plus tard, en 1872 (Roscofï) et 1883 (Banyuls), laboratoires fameux qui dépendent de la Sorbonne, où Lacaze-Duthiers était professeur de zoologie (ou, plus exactement, d’« Anatomie et de Physiologie comparée », dénomination qui n’a plus guère de sens de nos jours), chaire qu’il occupa avec ardeur et autorité pendant de longues années, où tous les zoologistes de notre génération l’ont tous connu et admiré bien qu’il fût un peu aigri (*) et vaniteux, — mais si convaincu et si entraînant. Henri Coupin.
- 1. Ses accès d’humeur, qui frisaient le délire de la persécution, ne reposaient, bien souvent, que sur des vétilles. Je me souviens, en particulier, qu’il me fit, en public, une scène épouvantable parce que je m’étais fait nommer boursier d’agrégation au Muséum, ce qui, de toute évidence, ne pouvait le gêner en rien — j'étais un modeste étudiant d’uneinsigniflance absolue — ;il est vrai qu’alors, dans cet établissement, était professeur M. E. P., que pour des raisons que j’ignore, il avait « en abomination »; je n’eus d’autre ressource que de me replier en bon ordre pour éviter sa malédiction et ses sarcasmes. D’ailleurs, dans ce temps-là, les naturalistes, comme je crois l’avoir déjà dit, étaient pour la plupart, de mauvais coucheurs...
- LE MOIS METEOROLOGIQUE
- AOÛT 1932, A PARIS
- Le mois d’août 1932 a été exceptionnellement chaud, assez souvent orageux et tout en apportant dans la région de Saint-Maur des pluies qui, pour être un peu moins fréquentes qu’en moyenne (10 jours de chutes appréciables, au lieu de 12 nombre moyen), n’en ont pas moins versé 67 mm 4 d’eau, soit 28 pour 100 de plus que la normale. Les journées orageuses du 13 et du 14 ont fourni à elles seules les 61 centièmes du total mensuel (19 mm 2 le 13 et 21 mm 9 le 14).
- La pression barométrique, très élevée, atteint au Parc Saint-Maur 764 mm 2 au niveau de la mer, en excès de 1 mm 8, à la normale.
- La moyenne mensuelle de la température, 21°,2, classe le mois qui vient de s’écouler au deuxième rang parmi les mois d’août les plus chauds observés depuis 1874. L’écart à la normale atteint + 3°,5. La moyenne d’août 1911 avait été de 21°,4 sans que la chaleur ait paru aussi pénible à supporter; cela s’explique par le fait que le refroidissement nocturne avait été beaucoup plus marqué. La moyenne des minima d’août 1932, bat en effet tous les records contenus dans la série des observations du Parc Saint-Maur depuis 1874 : elle atteint 15°,9; en août 1911, on avait eu 14°,3 et en août 1899, 14°,4; seule la moyenne de juillet 1900 (15°,5) peut lui être comparée. Le minimum absolu 11°,0, le 25, est tout à fait exceptionnel. En ce qui concerne la moyenne des maxima, 27°,3, elle n’a été dépassée, jusqu’à présent, que deux fois, en août 1899 (27°,7) et en août 1911 (29°,1). Le maximum absolu, 35°r,7 a été observé le 19, et la température moyenne de cette journée, 27°,5, est sans précédent à pareille époque; elle a dépassé la normale correspondante de 9°,9. Dans la nuit du 19 au 20, la
- température n’est pas descendue au-dessous de 20°, fait qui n’avait jusqu’ici été observé en août que deux fois depuis 1874.
- Les extrêmes de la température pour le mois, dans les environs, ont été contenus entre 8°,7, le 2 à Villepreux et 37°,8, le 19 à Boulogne.
- A l’Observatoire de Montsouris la hauteur totale de pluie recueillie n’a été seulement que 27 mm 6, inférieure de 44 pour 100 à la moyenne des 50 années 1873-1922. La durée totale de chute, 13 h 50 m, est inférieure de 50 pour 100 à la moyenne 1898-1922. Hauteur maxima en 24 h : 63 mm 8 à Rosny, du 14 au 15.
- Plusieurs orages se sont produits en banlieue, le 1er, le 4, le U, le 12; en banlieue puis sur Paris le 13; en banlieue et à Paris, le 14. (la foudre est tombée l’après-midi sur l’église d’Alfortville) ; sur plusieurs points le 15, le 20 et le 21 ; dans toute la région le 26; le 29 et le 30 dans les environs. Il a grêlé le 11 à Villepreux, Marly et Montesson, le 12 à Villepreux et au Mont-Valérien, le 13 et le 14 sur divers points.
- On a enregistré, à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques, 281 h 55 m de soleil, durée supérieure de 27 pour 100 à la normale qui n’avait été dépassée que quatre fois depuis 1894. Il n’y a eu aucun jour sans soleil.
- Au Parc Saint-Maur la moyenne mensuelle de l’humidité relative de l’air a été de 75,4 pour 100 et celle de la nébulosité’ de 47 pour 100; on y a relevé 6 jours d’orage, 2 jours de brouillard, 23 jours de brume, 24 jours de rosée, 2 jours d’éclairs sans tonnerre.
- Em. Roger.
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- LA RADIOPHONIE PRATIQUE
- LA RÉGULATION DU COURANT D'ALIMENTATON DANS LES POSTES-SECTEUR (Suite du N° 2m)
- LES RÉGULATEURS DE TENSION ÉLECTROMAGNÉTIQUES
- Un régulateur de courant idéal devrait produire, non pas une régulation de l’intensité, mais une régulation de la tension, avec une chute intérieure très faible, un bon rendement, une inertie très réduite et un fonctionnement indépendant de la puissance prise au régulateur.
- Les dispositifs à circuits magnétiques plus ou moins saturés, d’une réalisation, d’ailleurs délicate, semblent les plus capables, à l’heure actuelle, de remplir ces différentes conditions.
- Voici le principe de l’ingénieux appareil construit, dans cet ordre d’idées, par la Société Hewittic. Il s’appuie sur les faits suivants : quand une bobine contient un noyau magnétique et que celui-ci est encore loin de la saturation, une augmentation de tension du courant alimentant la bobine provoque un accroissement rapide du champ magnétique de la bobine, et, par suite, de la tension induite soit dans un circuit voisin, soit sur la bobine elle-même; par contre si le circuit est au voisinage de la saturation magnétique, le champ
- magnétique et, par suite, la tension induite ou self-induite reste à peu près stationnaire quand la tension d’alimentation croît.
- Partant de là on peut réaliser une combinaison de deux bobinages de self-induction, l’un à noyau saturé, l’autre à noyau non saturé, donnant une tension pratiquement constante pour de larges variations de la tension d’alimentation.
- La figure 1 nous montre comment varie, en fonction de la tension d’alimentation, la tension induite dans un circuit nS, non saturé et dans un circuit S saturé; au delà de la tension O, par exemple, nous avons une augmentation rapide pour nS; lente ou nulle pour S; on s’aperçoit que sur une étendue assez grande des tensions du réseau, la différence AB entre les ordonnées des courbes représentant les tensions induites reste constante; si on peut recueillir cette différence de tension, on a réalisé un régulateur.
- C’est ce que l’on obtient avec le montage schématique de la figure 2.
- Le courant à régulariser arrive en AB; on recueille le courant régularisé en A'B', Lt est une self à noyau saturé; L2 est une self non saturée. La tension finale qui pourrait être souillée d’harmoniques et très déformée, est préalablement filtrée par le condensateur C.
- L’appareil fonctionne comme un auto-transformateur, et peut fournir une puissance assez élevée pour suffire à tout poste. Un appareil de 40 w à 110 v comporte seulement 1 kg
- U selfs
- U Réseau
- Fig. 1. — Courbes caractéristiques de la tension induite par le courant de tension U dans une self saturée S et dans une self non saturée nS.
- A droite de U, il y a une région où les différences de tensions — nS restent à peu près constantes, AB = AtB,).
- de tôles, et un condensateur de 6 microfarads (fig. 3).
- La régulation étant effectuée par des phénomènes magnétiques instantanés, le régulateur agit immédiatement, et, par suite de sa construction, sa résistance interne est faible.
- La régulation obtenue est excellente, une variation de itl5 pour 100 est réduite à zh 1,5 pour 100.
- Un autre principe de régulation peut être également appliqué, c’est celui de la résonance-série dans un système comportant des bobinages et des capacités (fig. 5).
- Pour certaines valeurs de la capacité Cj, du bobinage L^ et de la fréquence du courant d’alimentation, le courant dans le circuit atteint une valeur limitée seulement par la résistance du bobinage, et sa valeur ne dépend plus guère de la tension; on obtient ainsi un effet régulateur aux bornes de l’enroulement secondaire
- W
- Mais, pour que l’effet obtenu ne soit pas limité, et ne dépende pas de la charge du transformateur, il est nécessaire d’étudier tout particulièrement la construction du transformateur.
- La mise en résonance du circuit est très délicate, car elle dépend de la valeur de C, et de L4, et cette dernière valeur dépend de l’intensité du courant primaire.
- Cet appareil statique réduit facilement au 1/10 e les variations du réseau, et présente même l’avantage de produire un effet antiparasite marqué, pour les courants perturbateurs transmis par les lignes du réseau.
- Bien que nous manquions de précisions à ce sujet, il est probable que l’appareil « Super-Régleur » Elcosa est basé sur un principe analogue; il permettrait, semble-t-il, dans des conditions optima, d’obtenir une tension secondaire constante pour une
- tension primaire variant entre 70 et Principe du
- 17Q régulateur de tension à
- résonance série.
- UNE QUESTION IMPORTANTE
- Une autre difficulté apparaît souvent dans les postes - secteur, mais surtout dans les postes à courant re-
- Fig. 3. — Le régulateur Hewittic, type 25 watts pour l'alimentation des postes de T. S. F.
- Courant
- régularisé
- Secteur
- Fig. 2. — Schéma de régulateur de tension Hewittic.
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- dressé et lampes à faible consommation; elle se rapporte également à une variation de tension de courant, mais dans le circuit secondaire et non primaire, et ne provient pas des irrégularités du secteur.
- La tension du courant plaque redressé fourni par le système d’alimentation varie beaucoup avec le débit, même si le courant du secteur est bien constant; ainsi cette tension devient fonction du nombre de lampes et du chauffage de celles-ci.
- Dans les dispositifs de chauffage à courant redressé, il est impossible, de même, de modifier le chauffage d’une lampe sans agir en même temps sur les autres et, si une lampe vient à « claquer », les. autres lampes sont soumises à un survoltage qui peut les détériorer ou détruire leurs filaments.
- Pour régulariser l’alimentation plaque, on peut utiliser des lampes au néon, qui ne comportent pas de filament incandescent, et contiennent deux électrodes métalliques plongées
- dans une atmosphère de néon raréfié, dans laquelle se développent des lueurs cathodiques.
- Les modèles que l’on emploie pour la régulation sont de petites dimensions, et peu coûteux.
- On les dispose en parallèle à la sortie du filtre
- Fig. 5. — Aspect de la caractéristique plaque-
- d’une ampoule fer-hydrogène. Si la tension aux bornes
- Amorçage
- Intensité
- limite
- Intensités
- 373
- de la lampe est légèrement inférieure à la tension d’amorçage pour laquelle des effluves jaillissent entre les électrodes, la lampe n’est traversée par aucun courant. Au contraire, lorsque le débit dans le circuit d’alimentation vient à diminuer, la tension aux bornes de la lampe croît rapidement, et atteint la tension d’amorçage (fig. 6). L’effluve jaillit et, à partir de ce moment, la lampe commence à débiter, et d’autant plus que le débit du circuit à alimenter diminue.
- La tension aux bornes de la lampe, dans le circuit, demeure constante, tant que le courant dans la lampe ne dépasse pas une certaine valeur limite, qui correspond aux conditions dans lesquelles la luminescence recouvre entièrement les électrodes.
- A partir de ce moment, la chute de tension commence à croître; pour les lampes du commerce la limite est de 40 milliampères environ.
- On peut utiliser plusieurs lampes en série, la tension de régulation obtenue étant voisine de la source des tensions d’amorçage des diverses lampes.
- On voit ainsi que les problèmes de la régulation des courants sont nombreux et complexes sur les postes-secteur, mais ils ont reçu des solutions efficaces.
- P. Hèmardinquer.
- Fig. 6. — Courbe caractéristique d’une lampe au néon.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- COMMENT PRÉPARER UN LAIT D’IRIS POUR LE VISAGE
- Les préparations du commerce étant, une fois conditionnées, vendues très cher, il peut être intéressant d’obtenir soi-même sans grandes difficultés, une très bonne émulsion analogue ayant mêmes propriétés; voici d’après Cerbelaud comment il convient d’opérer :
- Prendre :
- Savon blanc de Marseille..................... 12 grammes
- Cire blanche d’abeilles...................... 12
- Blanc de baleine............................. 12
- Teinture de benjoin au 1/5 ; . .............. 20
- Teinture de bois de Panama................... 20 —
- Eau distillée de roses.......................800
- Glycérine neutre.............................150
- Ionone pure................................... 1
- Essence d’ylang-ylang................ 0,50 •
- Chauffer dans une capsule de savon, la cire et le blanc de baleine, puis après liquéfaction tout en maintenant chaud, ajouter lentement en remuant avec un pilon, d’abord le mélange d’eau de roses et de glycérine, puis goutte à goutte les teintures de benjoin et de panama. Retirer du feu et incorporer dans la préparation seulement tiède l’essence d’ylang-ylang etl’ionone, rendre homogène en brassant quelque temps, mettre en flacons. Réponse à M. Vandevelde, à Bruxelles.
- DRAINAGE PAR BAMBOUS
- M. Ch. Broquet vient de faire connaître dans la Revue d’Hygiène une nouvelle utilisation du bambou qu’a imaginée l’inspecteur sanitaire Jacq dans l’exploitation des mines de bauxite de la Guyane anglaise. Ces mines se trouvent au bord de la rivière Demerara, dont les rives forment une plaine marécageuse au sol argileux et imperméable sur lequel sont établies les habitations du personnel.
- M. Jacq a réussi à drainer le sous-sol et à évacuer les effluents des maisons en se servant uniquement des bambous, dans une région où l’importation des tuyaux et des poteries était prohibitive.
- Les bambous sont choisis parmi les plus gros, ayant de 10 à 15 cm de diamètre. On les emploie aussitôt coupés, sans les laisser sécher, ce qui causerait leur éclatement. On les coupe à une longueur de 4 m 50 environ, en supprimant les bourgeons, puis on les entaille de place en place jusqu’au milieu et on brise les cloisons internes. Si ces
- bambous sont aussitôt enterrés, ils dureront dans le sol plusieurs années sans pourrir.
- Ils forment de parfaits tuyaux de drainage qu’on peut poser sous une pelouse pour l’assécher. On les couche dans les drains, les entailles en dessous, sur des traverses en rondin de 4 cm environ, placées de distance en distance, de façon qu’ils ne touchent pas le sol. Les drains sont remplis de scories, de débris de briques, de vaisselle ou de verre et couverts de terre sur 50 cm. Le terrain est ensuite nivelé au-dessus.
- Des systèmes en arêtes de poisson permettent d’assécher des prairies marécageuses et de petites mares insalubres.
- Quand on ne dispose pas d’évacuation pour les eaux usées des camps, des cases indigènes, des cuisines et des bains, on peut encore employer les bambous. Il suffit alors de désinfecter les éviers et les poutrelles pour empêcher les mauvaises odeurs.
- Ce dispositif mérite d’être connu dans tous les pays tropicaux, où les bambous sont souvent en abondance.
- ENTRETIEN DE MEUBLES DE CUISINE EN BOIS BLANC
- Contrairement à l’usage, évitez les lessivages à grande eau, qui éclaboussent les objets avoisinants et mouillent les boiseries. Chaque soir, passez sur les tables, les portes des buffets et les tiroirs un chiffon très propre roulé en tampon, mouillé d’eau chaude et aspergé d’eau de javel. Répétez cette opération durant une ou deux semaines, plus s’il le faut; non seulement le bois devient d’une blancheur éclatante, lisse et satiné, mais les portes et plateaux des tables ne jouent plus.
- Ensuite, une fois ou deux par semaine, promenez ce même chiffon javellisé sur tous les meubles, et notamment sur les pieds des tables, les barreaux et dossiers des chaises, les marches d’escabeaux, etc.
- PERCEMENT DU VERRE ET DE LA PORCELAINE
- On perce facilement des trous dans le verre ou la porcelaine en employant comme instrument perforant une tige courte et pointue à section carrée trempée de temps à autre dans un mélange composé d’une gousse d’ail finement pelée, de 15 grammes de sel d’oseille (bioxalate de potasse) et de 20 grammes d’essence de térébenthine.
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- 374 = LE CINÉMATOGRAPHE D’AMATEUR
- LES RÉVÉLATEURS ET L’INVERSION
- Dans une série d’articles (x), nous avons examiné successivement le développement par inversion, le tirage des copies, les propriétés et l’utilisation des émulsions des fdms de 9,5 millimètres. Depuis, nous avons étudié le révélateur habituellement employé, ses avantages, ses inconvénients et la possibilité de son remplacement par d’autres. Ce travail nous a permis de mesurer les difficultés inhérentes à la recherche d’un révélateur idéal qui donnerait plus de souplesse à la rigide méthode de Y inversion par reste.
- Revenons sur le principe du procédé afin de bien mettre en lumière les qualités que doit posséder le révélateur : 1° la pellicule impressionnée est développée d’abord en négatif; 2° l’image négative est dissoute (inversion) ; 3° après un blanchiment au bisulfite, l’image positive qui reste est noircie par un deuxième développement en pleine lumière. Il saute aux yeux que toute l’image résiduaire noircit. Il ne doit donc rester que juste ce qu’il faut pour avoir un positif convenable, c’est-à-dire bien nuancé, avec des valeurs correctes, et surtout avec des blancs bien purs qui lui confèrent une bonne transparence aux rayons lumineux.
- Pour un produit révélateur donné, il est relativement facile d’obtenir des images satisfaisantes. C’est une question de dosage des constituants du bain, particulièrement de la quantité de bromure de potassium. Mais c’est certainement pour obtenir des blancs purs qu’on se heurte aux plus sérieuses difficultés. Il n’est pas question, naturellement, des colorations diverses ou des voiles provenant de lavages insuffisants, d’inversions imparfaites, ou de mauvais blanchiments. Ce sont des fautes opératoires à ne pas commettre.
- Pour que les blancs d’un positif inversé soient purs, il faut que les parties correspondantes de l’image négative noircissent dans toute l’épaisseur de l’émulsion. Il ne subsiste alors après inversion aucune trace de sel d’argent susceptible de noircir au deuxième développement.
- En résumé, ünbon révélateur pour inversion doit se comporter lors du développement de telle façon que, au moment où la réduction du sel d’argent est intégrale dans toute l’épaisseur de l’émulsion pour les grands blancs, il reste juste assez d’argent non réduit dans toutes les autres parties pour donner après traitement complet des valeurs relatives correctes et un rendu convenable du modelé.
- Il semble que ce problème comporte une infinité de solutions puisque, théoriquement au moins, pour un produit révélateur donné, on peut faire varier la « pénétrabilité » de la réduction dans l’épaisseur de la couche sensible par un dosage variable de la dose d’alcali d’une part, et d’autre part modifier les valeurs relatives de l’image restante par variation de la quantité de bromure de potassium.
- Plus l’alcalinité croît, plus la réduction est énergique et profonde. Pratiquement, il y a une limite qu’impose l’altération de la gélatine par les produits caustiques. En augmentant la quantité de bromure, on rend les contrastes plus marqués, ce qui corrige la tendance qu’ont les bains alcalins de donner des images grises et sans valeurs.
- Toutes ces considérations doivent être retenues pour des films pris avec des diaphragmes corrects. La prise de vue introduit un facteur supplémentaire : tel révélateur ne vaudra que pour des films bien diaphragmés ou surexposés, tel autre pour des vues plutôt sous-exposées.
- Nous verrons le parti qu’on peut tirer de cette observation
- 1. La Nature, n°B 2801, 2815, 2826.
- pour augmenter la possibilité de prises de vues avec insuffisance de lumière.
- Le révélateur à la paraphénylènediamine. C’est le révélateur classique pour le traitement par inversion. Voici une formule qui nous a donné toute satisfaction, particulièrement avec la méthode de développement rationnel exposé précédemment. [La Nature, n° 2801).
- Eau distillée............................. 1000 cm3.
- Sulfite de sodium anhydre................... 20 gr.
- Paraphénylènediamine........................ 10 gr.
- Bromure de potassium........................ 10 gr.
- Soude caustique (à l’alcool)................ 10 gr.
- Phénosafranine au 1/10006................... 50 cm3.
- Dissoudre dans l’ordre, filtrer sur ouate.
- La phénosafranine n’est pas indispensable. Nous préférons d’ailleurs opérer la désensibilisation dans un bain préliminaire de safranine ou d’aurantia.
- Duclair-Northy donne la formule suivante :
- Eau chaude ayant bouilli................ 1000 cm3.
- Paraphénylènediamine...................... 10 gr.
- Sulfite de sodium anhydre................. 45 gr.
- Bromure de potassium....................... 4 gr.
- Phénosafranine au l/1000e................. 50 cm3.
- Dissoudre la paraphénylène dans l’eau très chaude après ébullition de quelques minutes, ajouter le sulfite après refroidissement, puis le bromure, la phénosafranine et filtrer sur ouate.
- La principale qualité du révélateur à la paraphénylènediamine est de donner des blancs bien dépouillés. Par contre, il est difficilement soluble dans l’eau de lavage, ce qui est une cause fréquente de coloration jaune en cas de mauvaise élimination avant inversion. Il se colore lui-même rapidement à l’usage et ne peut guère servir que quatre à cinq fois dans de bonnes conditions. Son pouvoir réducteur est relativement faible et il ne convient pas à des films sous-exposés. Dans ce cas, il faut prolonger la durée du développement et il s’ensuit un grossissement anormal et inacceptable des grains de l’émulsion. Par contre, les films surexposés s’en accommodent fort bien. Il faut, bien entendu, abréger la durée du traitement en conséquence. Malgré cela, les blancs seront transparents et l’image a de bonnes valeurs.
- La paraphénylènediamine a la propriété curieuse de donner des images à grains fins avec des émulsions à grains relativement grossiers, mais il ne faut pas alors se trouver en présence d’alcali libre ou même carbonaté, ce qui n’est pas le cas pour les formules précédentes. La composition d’un révélateur pour grain fin est la suivante :
- Eau......................................... 1000 cm3.
- Paraphénylènediamine.......................... 10 gr.
- Sulfite de soude anhydre..................... 60 gr.
- Borax cristallisé........................... 50 gr.
- Malheureusement, ce bain, à pouvoir réducteur faible, ne convient pas pour l’inversion. Il nécessite de la surexposition et dans ce cas il donnera d’excellents négatifs avec l’émulsion négative à laquelle nous reprochions {La Nature, n° 2826) un
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- grain trop grossier. Les figures 1 et 2 permettent de se rendre compte de la différence des granulations notées sur un film négatif développé avec le révélateur habituel (fig. 1) et le même film développé à la paraphénylènediamine boratée (fig. 2). Ce bain est un révélateur lent. La venue de l’image demande environ une heure.
- Révélateurs à l’hydroquinone. — Voici une formule de révélateur à l’hydroquinone, formule Featherstone).
- Eau chaude ayant bouilli.................. 1000 cm3.
- Hydroquinone................................ 12 gr.
- Sulfite de sodium anhydre................... 50 gr.
- Soude caustique............................. 12 gr.
- Bromure de potassium......................... 5 gr.
- Phénosafranine au l/1000e................... 50 cm3.
- N’ajouter la soude caustique, le bromure et la phénosafranine qu’après refroidissement. Nous donnons cette formule sans commentaire, n’ayant pas eu l’occasion de l’appliquer.
- Nous avons cherché à nous affranchir de l’alcalinité caus-
- Fig. 1. — Émulsion négative développée, au révélateur à la paraphénylène-diamine alcalin. Grossissement 340 diam. Cliché de l’auteur.
- tique qui est une gêne, surtout en été lorsqu’il est difficile d’avoir de l’eau et des bains au-dessous de 20°.
- Nous avons réussi de bons films avec la formule suivante :
- Eau.................................... 1000 cm5.
- Genol..................................... 3 gr.
- Hydroquinone.............................. 3 gr.
- Sulfite de sodium anhydre................ 30 gr.
- Carbonate de sodium anhydre.............. 30 gr.
- Bromure de potassium...................... 8 gr.
- La durée du développement normal est de 15 minutes. L’image obtenue a des tonalités agréables, des noirs moins heurtés qu’avec la paraphénylènediamine et plus détaillés, enfin la facilité du lavage simplifie le traitement. Ce révélateur s’accommode d’une légère sous-exposition, plutôt que d’une surexposition pour laquelle il donnera des blancs grisaillés et une image terne.
- Nous avons essayé le bain à la métoquinone employé en autochromie, mais les émulsions sont assez différentes et ce qui convient à la couche d’une extrême minceur des autochromes
- ...........: :.........: , := 375 -=
- ne donne que des images grises sur le film inversible de 9,5 millimètres.
- Révélateurs au paramidophénol. — Nous avons attaché un soin particulier à l’étude des révélateurs au paramidophénol.
- Dans une communication au 9 e Congrès de Chimie Industrielle à Barcelone en 1929, M. A. Seyewetz avait préconisé l’emploi d’un révélateur dont la composition est la suivante :
- Eau...................................... 1000 cm5.
- Chlorhydrate de paramidophénol .... 14 gr.
- Métabisulfite de potassium................. 72 gr.
- Potasse caustique (à l’alcool)............. 60 gr.
- Le premier développement est terminé en trois minutes environ, on lave, inverse dans le bain habituel de permanganate acide, rince et redéveloppe en pleine lumière sans blanchiment dans le bain du premier développement.
- Nous avons essayé ce pcocédé qui tend à la simplification des opérations. La suppression du bain de blanchiment nous a toujours donné des films teintés en jaune et nous ne croyons pas, pour l’instant, que cette suppression soit un bien. Le fait
- Fig. 2. — Émulsion négative développée au révélateur à la paraphény-lène-diamine boralé. Grossissement 340 diam. Cliché de l’auteur.
- de faire noircir dans le révélateur n’est qu’une simplification apparente, car l’économie du bain d’hydrosulfite ne se fait qu’aux dépens du révélateur, plus coûteux, et qui s’altère d’autant plus vite que le film, même bien lavé en sortant du permanganate, introduit dans le développateur des sels de manganèse qui catalysent son oxydation. Ensuite, pour ceux, la majorité, qui utilisent les châssis où le film est sur plusieurs couches, les spires inférieures sont généralement mal ou irrégulièrement noircies. Le fait de traiter deux fois la pellicule dans le bain alcalin est très préjudiciable à la tenue de la gélatine. Enfin les images manquent de vigueur.
- On pourrait être surpris de la quantité de potasse introduite dans cette formule, mais on remarquera que le paramidophénol est sous forme de chlorhydrate. La potasse libère la base en donnant du chlorure de potassium, qui remplace dans une certaine mesure le bromure absent de cette formule. La fonction phénol est salifiée et absorbe une partie de l’oxyde alcalin. Enfin et surtout, le métabisulfite de potassium (K2S2Os) se combinera avec la potasse pour donner du sulfite de potassium. En somme, la formule du bain Seyewetz revient à peu près à celle-ci :
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- Paramidophénol base libre................. 10 gr.
- Sulfite de potassium..................... 104 gr.
- Potasse caustique......................... 20 gr.
- Chlorure de potassium...................... 7 gr.
- Eau..................................... 1000 cm3.
- Nous avons repris la question, car l’énergie réductrice du paramidophénol nous paraissait bien convenir au développement par inversion.
- Avec la formule suivante nous avons obtenu d’excellents résultats.
- Eau distillée.............................. 1000 cm3.
- Sulfite de sodium anhydre................... 100 gr.
- Paramidophénol base libre.................... 10 gr.
- Soude caustique.............................. 15 gr.
- Bromure de potassium......................... 14 gr.
- Pour une prise de vue correctement diaphragmée et une température du bain de 18° C la durée du développement est de dix minutes. On lave cinq minutes à l’eau courante. On inverse dans :
- Eau......................................... 1000 cm3.
- Permanganate de potassium...................... 2 gr.
- Acide sulfurique à 66° B...................... 10 cm’.
- Après lavage, blanchir dans le bain au bisulfite :
- Eau.......................................... 100 cm3.
- Bisulfite de sodium à 40 %.................... 20 cm3.
- Le noircissement est fait en pleine lumière dans :
- Eau......................................... 1000 cm3.
- Bisulfite de commerce......................... 20 cm3.
- Hydrosulfite de sodium........................ 20 gr.
- Il importe de pousser bien à fond le noircissement. Nous sommes d’avis de rejeter le bain de blanchiment et de préparer un bain de noircissement frais ou lieu de se contenter d’ajouter l’hydrosulfite à la solution de bisulfite. Lorsque le noircissement est bien complet, nous le faisons suivre, après soigneux lavage, d’un bain d’hyposulfite de sodium qui, s’il n’est pas indispensable, nous a paru donner des images plus limpides. Dans ce cas il faut, bien entendu, terminer sur un lavage très prolongé.
- L’emploi du révélateur au paramidophénol nous a donné et nous donne couramment d’excellents résultats. Les images ont un modelé plus adouci et plus de détails dans les noirs qu’avec la paraphénylènediamine.
- A l’inverse de celle-ci qui est le révélateur de la surexposition, on peut dire qu’il est le révélateur de la sous-exposition, qualité précieuse en cinématographie.
- En abaissant la dose de bromure à 7 grammes on peut se permettre un décalage de l’échelle des diaphragmes comme suit :
- f. 1 : 14 pour f. 1 : 11 11 » 7
- 7 » 5
- 5 » 3,5
- 3,5 » pour insuffisance habi-
- tuelle de lumière.
- Les images sont aussi bonnes et gagnent en netteté puisque, pour chaque cas, l’ouverture est plus petite.
- Ce procédé permet d’obtenir des intérieurs bien détaillés à f : 3,5 lorsque le temps est beau et que la luminosité générale de la pièce est .convenable. Bien entendu, il faut pousser le développement en conséquence. Malgré cela, le grain ne sera pas grossi. Dans le cas particulier des vues sous-exposées comme les intérieurs, il est bon de prendre tout le film par lumière uniforme, et, avant de le développer en entier, de déterminer la durée exacte du développement par des essais.,.** sur deux ou trois fragments du film. La rapide venue de l’image dans le paramido ne permet guère d’apprécier la durée du traitement par mesure du temps d’apparition des premiers contours.
- Nous ne saurions trop recommander la pratique de la désensibilisation préalable qui permet de suivre le développement en lumière relativement claire, jaune ou verte. Se reporter à ce sujet à un article de M. André Bourgain dans le n° 2836 de La Nature.
- Ainsi, tout se passe comme si l’amateur disposait d’une pellicule plus sensible. L’emploi de ce révélateur permet enfin d’utiliser la pellicule positive pour l’inversion. La ténuité de son grain donne des images très fines. Dans ce cas, ouvrir le diaphragme comme d’habitude et employer le révélateur bromuré à 7 grammes.
- Pour terminer cet article, nous exposerons encore un bon procédé d’inversion qui donne des images brillantes et limpides.
- La pellicule (inversible) est impressionnée correctement, nous voulons dire avec le diaphragme normal. On développe au paramido bromuré à 14 grammes, mais en écourtant le développement de deux à trois minutes. Soit 7 minutes au lieu de 10. On termine comme d’habitude. Le film est alors légèrement sombre. On l’immerge après lavage de vingt minutes au moins dans :
- Eau....................
- Permanganate de potassium.
- 1000 cm3. 1 gr.
- Attention, ne pas mettre d’acide !
- en agitant le châssis sans arrêt. Le temps d’action du bain de permanganate ne doit guère excéder 50 à 60 secondes suivant l’intensité du sujet, rincer et blanchir dans :
- Eau........................................ 1000 cm3.
- Bisulfite de sodium à 40 %................... 20 cm3.
- Le blanchiment est assez long et ne saurait être inférieur en durée à une dizaine de minutes. Laver.
- Les blancs sont parfaitement nettoyés et l’image a acquis une belle transparence.
- En prolongeant l’action du bain de permanganate, on provoque un affaiblissement marqué de l’intensité des vues, ce qu’on peut mettre à profit pour éclaircir des films trop sombres.
- Par suite des propriétés particulières du révélateur au paramidophénol dans les cas de sous-expositions accidentelles (temps très sombre) ou voulues (intérieurs ou décalage de l’échelle des diaphragmes), l’amateur a sous la main la possibilité d’étendre le champ de ses prises de vues, ce que lui refusait la paraphénylènediamine dont les qualités sont indéniables, mais dont l’emploi manque totalement de souplesse.
- Nous saurions gré aux lecteurs qui ont appliqué ou appliqueront les méthodes que nous préconisons, de nous donner leur avis sur les succès obtenus ou les insuccès rencontrés.
- D’avance nous les en remercions.
- Gilbert F. Pouchon.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- d’être différents suivant la nébulosité, l’évaporation,
- MÉTÉOROLOGIE
- Création d’une Commission nationale française de météorologie agricole française.
- En 1929, la Conférence Internationale des Directeurs des services météorologiques avait, lors de sa réunion de Copenhague, adopté la proposition suivante :
- « La Conférence Internationale des Directeurs, convaincue que la météorologie agricole ne pourra rendre de réels services à l’agriculture que par une collaboration étroite entre les agronomes, les biologistes et les métérorologistes, émet le vœu que les Directeurs des Instituts météorologiques s’efforcent de créer dans leurs pays des Commissions nationales de météorologie agricole composées de météorologistes , de biologistes et d’agronomes qualifiés, et dont le rôle sera de travailler au développement de la météorologie agricole en accord avec la Commission Internationale de Météorologie Agricole ».
- Pour répondre à ce vœu en ce qui concerne la France, le Directeur de l’Office National Météorologique s’est mis en rapports avec tous les grands groupements agricoles du pays et a demandé à chacun d’eux de désigner deux délégués pour constituer la Commission nationale française de météorologie agricole. Celle-ci s’est réunie le 7 juin dernier et a élu pour président M. Wery, Directeur honoraire de l’Institut National Agronomique, ancien Président de l’Académie d'Agriculture.
- Au cours de cette première séance, diverses questions ont été examinées dont deux intéressent particulièrement les praticiens de la terre.
- La première a trait à la collaboration qui doit exister entre les services météorologiques officiels et le monde agricole. Comment établir une pareille collaboration ? Que désirent les agriculteurs à ce point de vue et quels services attendent-ils de la météorologie ? De quelle manière estiment-ils qu’ils peuvent eux-mêmes coopérer aux travaux des météorologistes ? La Commission désirerait avoir au sujet de cette importante question l’avis autorisé des Chambres d’agriculture, Offices, Syndicats et journaux agricoles ainsi que celui des Ecoles d’Agri-culture et Etablissements de recherches agronomiques. Une semblable enquête est actuellement faite dans les milieux ruraux de tous les pays à la demande du Comité météorologique international : il importe donc que l’agriculture française fasse connaître nettement son point de vue.
- La deuxième sujet intéressant particulièrement les populations rurales et dont s’est préoccupée la Commission, ne constitue en quelque sorte qu’un point spécial de la question précédente : il s’agit de savoir comment établir des prévisions du temps adaptées aux besoins des agriculteurs. Malgré la complexité du problème, la Commission a estimé cependant acquis que c’était la présence ou l’absence de pluie qui devait être la première indication fournie par une prévision. Mais que doit-on entendre par pluie ? Dans certains cas, des averses n’entraveront pas les travaux agricoles, et dans d’autres elles risqueront de les arrêter complètement. Quelles sont donc les hauteurs d’eau minima qu’on doit considérer comme défavorables pour les travaux de la terre ? Que faut-il entendre par une forte ou une faible pluie au point de vue agricole ? Une forte averse donnant 15 mm d’eau en une demi-heure et suivie d’un temps ensoleillé sera moins à redouter qu’une pluie fine se prolongeant pendant 3 à 4 heures et ne fournissant cependant que 2 à 3 mm d’eau. Dans ce même ordre d’idées, la moindre trace d’eau peut amener un désastre dans les régions de vignobles, où elle risque de provoquer des invasions cryptogamiques. D’autre part, les effets agricoles des précipitations risquent
- du vent.
- On voit par ce rapide exemple qui ne porte que sur un seul facteur atmosphérique, la pluie, les difficultés qui se présentent. La première chose à faire est de poser nettement le problème ; ceci ne sera possible que lorsque les agriculteurs auront indiqué exactement ce qu’ils désirent en répondant, par exemple, aux questions qui précèdent et à toutes celles du même ordre que soulèvent les questions de températures, de vents, d’insolation. Une fois en possession de ces réponses, la Commission pourra alors étudier, d’accord avec les services météorologiques officiels, comment satisfaire aux desiderata exprimés.
- La Commission nationale de météorologie agricole adresse donc un pressant appel à tous les organismes agricoles, à tous les cultivateurs, à tous ceux qui s’intéressent à la terre pour qu’ils lui exposent d’une manière détaillée comment, à leur avis, la météorologie peut venir en aide d’une façon pratique à l’agriculture.
- PHYSIQUE
- Le mirage est maintenant un phénomène commun dans nos régions.
- Il est inutile, pensons-nous, de faire ici la théorie du mirage, phénomène commun dans les pays tropicaux; nos lecteurs en connaissent l’explication ainsi que les apparences auxquelles il donne lieu. Il nous suffira d’en résumer rapidement les
- Chien
- Boute
- Partie
- réfléchissante
- Chien
- Coupe AB
- Image
- réfléchie
- Fig. 1. — Mirage sur une route.
- conditions de production. Il faut, qu’en contact avec le sol surchauffé se trouve une couche d’air calme dont la densité va en augmentant à mesure qu’on s’élève. Des rayons lumineux peuvent alors subir la réflexion totale et il semble qu’on aperçoive une étendue d’eau à la surface de laquelle se reflètent les objets éloignés.
- Ce phénomène de dimensions réduites est devenu très commun dans nos régions depuis que nous avons des routes goudronnées. En effet, le goudron, de couleur noire absorbe beaucoup de chaleur et l’air à la surface de la route est à une température qui peut atteindre 50°. Or quand on observe la surface de la chaussée sous une incidence rasante (c’est-à-dire que la droite issue de l’œil est tangente à la surface de la route) il arrive fréquemment de croire que la route est mouillée et elle ressemble alors à un véritable miroir (fig. 1).
- Si une personne ou un animal traverse à ce moment, on aperçoit nettement son image renversée, la surface
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- du sol jouant le rôle d’une glace. Le phénomène est également saisissant à la tombée de la nuit après une journée chaude. Quand une auto arrive vers l’observateur phares allumés et que les conditions ci-dessus décrites sont réalisées, on voit nettement les phares se réfléchir momentanément sur la surface de la route, 4 taches lumineuses sont alors apparentes et se détachent sur l’obscurité environnante.
- Et voilà comment le goudronnage des routes a transporté dans nos pays un des plus curieux phénomènes de la nature.
- M. Paumier,
- Inspecteur de l’Enseignement primaire à Quimperlé.
- ÉLECTRICITÉ
- Vemploi de l’acide borique dans les fusibles.
- Tout le monde connaît les fusibles, ce petit dispositif de sûreté employé dans toutes les installations électriques; c’est un conducteur formé de métal fusible et qui fond lorsque l’intensité électrique dans les canalisations dépasse une limite prédéterminée jugée dangereuse pour l’installation, cette fusion entraîne la rupture du conducteur et l’arrêt du courant.
- Quand le fusible est destiné à protéger un conducteur traversé par un courant de forte intensité, et c’est le cas des fusibles dans les centrales électriques par exemple, la fusion s’accompagne de violentes étincelles, de crachements qui peuvent donner naissance à l’amorçage d’un arc; dans ce cas le courant n’est pas coupé, l’intensité dangereuse reste en circulation; la protection n’est plus assurée et un grave accident peut survenir.
- On a longtemps attribué aux vapeurs et aux particules dégagées par le fusible au moment de la fusion un rôle favorable à la formation des arcs.
- M. Slepian, ingénieur de la Société américaine Westinghouse, a montré que cette opinion est erronée. Il a prouvé, au contraire, qu’une émission abondante de vapeurs non explosives s’opposait à la formation des arcs. Pour réaliser des fusibles réellement efficaces, il fallait donc incorporer au dispositif protecteur un corps susceptible de dégager rapidement une grande quantité de vapeur extinctrice. L’acide borique solide, qui chauffé dégage une grande quantité de vapeur d’eau, s’est trouvé être le corps le mieux adapté à cette fonction. Partant de là, M. Slepian a réalisé un fusible capable de rompre sans difficultés un courant de 20 000 ampères sous 13 200 volts. Au centre d’un cylindre d’acide borique de forte épaisseur est placé un plongeur maintenu par un ressort en contact intime avec le fil fusible. Quand celui-ci vient à fondre, un arc s’amorce à l’intérieur du cylindre d’acide borique; une grande quantité de vapeur d’eau se dégage instantanément et l’arc est éteint aussitôt.
- SYLVICULTURE
- Le reboisement par la méthode des briquettes.
- Cette méthode nouvelle est signalée par le professeur Svend Heidberg du département de sylviculture du collège forestier de l’Etat de New-York, à Syracuse, dans un bulletin de Science Service que signale notre confrère anglais Nature. M. Heidberg a rencontré en Norvège cette nouvelle méthode de semis des arbres. On prépare des briquettes de bonne terre; ce sont des cubes de 4 centimètres 4e côte environ. On y place 3 ou 4 graines à une extrémité, près de la surface. La briquette est alors revêtue de paraffine à l’exception du côté où ont été placées les graines. On obtient ainsi un produit aisément transportable et que l’on place dans le sol à l’aide d’un outil spécialement construit pour cette tâche. Les briquettes se font à la machine; une machine peut en faire 16 000 par jour. Le professeur Heidberg propose de reboiser, par cette méthode,
- les terrains déserts des États-Unis, au lieu d’employer le procédé des plantations. Les expériences du Dr Heidberg n’ont pas eu une durée suffisante pour qu’on puisse se prononcer déjà sur la valeur économique du procédé; il aurait, en tout cas, sur la méthode par plantation, l’avantage de rendre inutiles les pépinières; en outre il éviterait au jeune arbre les inconvénients de la transplantation.
- TRAVAUX PUBLICS
- Un ouvrage gigantesque : le barrage Hoover sur le Colorado.
- Le Colorado est ce fleuve des Etats-Unis qui est, sur une partie de son parcours, emprisonné au fond de canons profonds dont le plus célèbre est le grand canon de l’Arizona. La région de l’Arizona qu’il traverse avant de se jeter dans le golfe du Mexique est formée de vastes étendues, désertes faute d’eau. Depuis longtemps, le projet avait été formé d’utiliser les eaux du Colorado pour fertiliser cette contrée désertique.
- Ce projet est actuellement en voie d’exécution; il comporte la construction sur le Canon Noir, d’un gigantesque barrage créant une énorme retenue d’eau, destinée à la fois à alimenter une usine hydroélectrique et des canaux d’irrigation. La dépense prévue n’est pas inférieure à 4125 millions de francs.
- Au lieu choisi pour l’implantation du barrage, qui portera le nom de barrage Hoover, à 700 km de l’embouchure, le canon creusé dans des roches volcaniques a une largeur, au niveau du fleuve, de 90 à 110 mètres.
- Le barrage en construction mesurera 159 m depuis la base de la fondation jusqu’au sommet de la digue. C’est un barrage poids, au profil incurvé en arc de cercle d’un rayon de 150 m environ. Son épaisseur sera de 195 m à la base; 13 m 50 au sommet. La longueur de la digue au sommet sera de 354 m. La capacité maxima du réservoir créé par ce barrage sera de 370 millions de m3 environ; sur ce volume 50 à 80 millions de m3 serviront à l’emmagasinement progressif des dépôts solides; 140 à 150 millions de m3 constitueront la réserve active pour l’irrigation et la force motrice; le surplus servira à régulariser les crues. On estime que les dépôts dans le réservoir ne dépasseront pas 36 millions de m3 en 50 ans.
- L’usine hydroélectrique qui utilisera la chute d’eau créée par le barrage pourra fournir en puissance continue 660 000 ch environ. Les chantiers ont été ouverts en mars 1930.
- GÉOGRAPHIE
- A travers les Rocheuses canadiennes.
- Le transport des énormes quantités de blé que produisent ses trois provinces centrales, dites « Provinces de la Prairie », est une question vitale pour le Canada. Tant que la culture de cette céréale ne déborda pas d’une zone relativement étroite, occupant les régions méridionales du Manitoba, de la Saskatchewan et de l’Alberta, les réseaux transcontinentaux de la Canadian Pacific et du Canadian National, avec leurs nombreux embranchements, suffirent à la tâche. Mais cette culture a envahi, depuis quelques années, le district de la Peace River, dans le nord de l’Alberta; et le blé qu’il produit doit supporter les frais d’un très long détour, en passant par Edmonton avant d’atteindre Vancouver et la côte du Pacifique.
- La construction d’un embranchement qui relierait le réseau du Northern Alberta à la grande ligne du Canadian National, en un point situé sur le versant occidental des Rocheuses, abrégerait d’un millier de kilomètres la distance imposée jusqu’alors au transport de ce blé, réalisant ainsi une économie de l’ordre de 50 pour 100. Mais ce projet se heurtait à un obstacle que l’on finissait par croire insurmontable. La ligne envisagée devrait franchir les Montagnes Rocheuses à travers un secteur que l’on ne connaissait encore que de loin, où les trap-
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- peurs, et les guides indiens eux-mêmes refusaient de s’aventurer, et que les cartes affublaient de cette désignation, aussi vague que peu engageante : région de hautes montagnes neigeuses et de glaciers, inexplorée.
- Trois expéditions, organisées successivement par le gouvernement canadien, échouèrent dans leurs tentatives ou ne rapportèrent que des études topographiques incomplètes. Une quatrième vient enfin d’atteindre le but. Son chef, M. Prentiss N. Gray, publie sa relation, écrite d’une plume alerte, dans la dernière livraison du Geographical Journal, l’organe de la Royal Geographical Society de Grande-Bretagne.
- L’expédition avait deux objectifs : le relevé des chaînes de montagnes et des cours d’eau de ce district; la détermination des aires d’habitat de deux espèces de mouflons : Ovis cana-densis et Ovis stonei. Ces espèces diffèrent par la coloration comme par la taille; il était intéressant de savoir si elles se mélangeaient par croisements, dans cette région mystérieuse où leurs domaines respectifs sont limitrophes.
- Le point de départ de l’expédition fut Hudson-Hope, poste situé sur la rivière Peace, l’un des cours d’eau les plus remarquables de l’Amérique du Nord. Il prend sa source sur le versant occidental des Montagnes Rocheuses; mais, au lieu de s’écouler vers le Pacifique, il franchit la formidable barrière par une tranchée longue de 36 km, dont les parois verticales ont plus de 200 m de hauteur. Personne n’a encore exploré cette gorge, où la rivière n’est plus qu’une succession de rapides et de tourbillons, qu’aucune embarcation n’a osé affronter. Née sur le versant du Pacifique, cette puissante rivière poursuit son cours dans le bassin de l’Océan Glacial.
- Après avoir chevauché pendant plus d’une semaine à travers un labyrinthe de montagnes, de défilés et de marécages, les exjilorateurs dressaient leur camp à la source de la Kinuseo Creek, tributaire du Murray. M. Prentiss N. Gray et deux de ses compagnons partaient de ce point pour aller reconnaître une cataracte, signalée en 1914 par un voyageur et qui, d’après leurs calculs, ne devait être éloignée du camp que d’une vingtaine de kilomètres, à vol d’oiseau. Bien convaincus qu’ils seraient de retour dans les vingt-quatre heures, alourdis déjà par leurs appareils photographiques, ils n’emportaient que quelques sandwiches et un peu de thé, négligeant d’ajouter des couvertures à leurs charges... Mais les obstacles accumulés retardaient leurs pas et allongeaient l’itinéraire. Parfois, il leur fallait traverser de vastes espaces encombrés de tant d’arbres couchés que leurs pieds ne touchaient pas le sol pendant des kilomètres, car ils ne pouvaient avancer qu’en sautant de tronc en tronc. Des pluies torrentielles se mettaient de la partie. Bref, ayant épuisé leurs maigres provisions depuis le matin, ils n’atteignaient le but que le soir du troisième jour, mais oubliaient, pour un moment, leur faim et leur fatigue, en contemplant la magnifique cataracte : grossi par la pluie, le Murray bondissait d’abord sur les arêtes de roches étagées en travers de son lit, et se précipitait soudain dans le vide, d’une hauteur de plus de 77 mètres.
- Reprenant le chemin du camp, les voyageurs avaient la chance d’abattre un jeune ours grizzly, dont les grillades leur rendaient des forces; et, le lendemain, après cinq jours d’absence, ils retrouvaient leurs compagnons qui, déjà, les croyaient perdus. Et l’on comprend mieux, à en juger par les tribulations et les fatigues endurées pour un aussi court trajet, l’échec des expéditions précédentes, dont l’une, plutôt que de succomber à la faim, avait dû tuer et manger ses chevaux de bât.
- Mais les obstacles qui avaient arrêté leurs devanciers sont désormais conquis : s’orientant vers le sud, M. Gray et ses collaborateurs sont bientôt au centre même de la région portée sur les cartes comme inexplorée. Le narrateur la décrit, d’une plume enthousiaste, déclarant qu’il n’en a jamais rencontré de
- plus belles, au cours de ses parties de chasse dans les Rocheuses. Le sol des forêts aux arbres gigantesques, couvert de gazon fleuri, les ruisseaux serpentant dans des prairies où s’éparpillent les boqueteaux, l’épais tapis de verdure qui décore les montagnes environnantes, tout contribue à donner à cette région l’aspect d’un immense parc, qu’anime la présence de nombreuses bandes de caribous.
- L’un des objectifs de l’expédition est enfin atteint, quand elle rencontre un gros troupeau de mouflons, si peu habitués à la vue de l’homme qu’ils se laissent approcher à faible distance. Les explorateurs tirent parti de cette familiarité. Avisant une crête dominant la prairie où la bande se livre chaque matin à ses ébats, ils y plantent un écran de verdure et grimpent s’y installer, avec leurs pesants appareils cinématographiques. Et, pendant trois heures, ils peuvent « tourner » les faits et gestes de leurs sujets.
- Mais ils n’ont pas encore rempli leur programme : il leur reste à découvrir une passe praticable à travers la ligne de partage des eaux. Ils finissent par la trouver, en remontant le cours d’une rivière torrentueuse, le Narraway, à une altitude de 4250 pieds (soit 1398 m), dans l’encadrement d’épaisses forêts de sapins qui la cachaient à leur vue. Ce col, nous apprend M. Gray, a l’aspect d’un ranch (domaine d’élevage) ; on en oublie que l’on se trouve sur le sommet des Montagnes Rocheuses. La dépression est couverte de verdoyantes prairies que traversent en ligne trois lacs, qu’il a baptisés Sherman Lakes. Celui qui est situé le plus au sud s’écoule vers le Pacifique. par la rivière Barbara et le fleuve Fraser; les deux autres forment la source du Narraway, qui appartient au bassin de l’Océan Glacial.
- « Nous ne pouvions nous arracher aux charmes de cette haute vallée, dit le narrateur. Nous nous y attardâmes pendant plusieurs journées, que les tiédeurs de septembre rendaient délicieuses. Les gelées nocturnes avaient enrichi de riches couleurs automnales la végétation d’alentour, drapant de merveilleuses tapisseries les flancs des montagnes. Les caribous nous assuraient d’amples provisions de viande fraîche; les grouses bleues, les « poules de sapins » et les truites valaient à nos menus une diversité gastronomique qu’aucun de nous ne dédaignait... »
- Sur le chemin du retour, l’expédition découvrait quatre beaux lacs formant chaîne, alimentés par les neiges éternelles et les glaciers de deux montagnes, les plus hautes du Canada après le Mont Robson, et dont elle déterminait l’altitude : le Teepee a 10 135 pieds de hauteur (soit 3333 m) ; le Kitchie, 10 980 pieds (environ 3611 m). Ces lacs, dont le chapelet offre une longueur de 7 1cm, ont reçu le nom de Barbara Lakes qui était déjà celui de la rivière dont ils sont la principale source.
- Les explorateurs adoptèrent pour route le cours de cette rivière Barbara, qui franchit, en une série de cascades, la base du Mont Teepee, avant de grossir les eaux de la rivière Mac Gregor, qui draine les pentes méridionales du Mont Kitchie. Finalement, ils atteignaient, sur le Fraser, la station de Dome-Creek, en Colombie Britannique, petite gare de la ligne transcontinentale des Canadian National Railways, où l’expédition prenait fin.
- Depuis lors, une mission topographique a repris l’itinéraire tracé par M. Gray et s’est assurée que la construction d’une voie ferrée reliant Beaverlodge, terminus actuel du réseau de Northern Alberta, à Dome-Creek, ne présenterait pas de difficultés insurmontables; elle aurait 165 milles (264 km) de longueur et épargnerait aux exportations d’une vaste partie de la province d’Alberta l’énorme boucle qu’il leur faut décrire jusqu’ici pour atteindre Vancouver et le rivage du Pacifique.
- Victor Forbin.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Traité de chimie minérale, publié sous la direction de P. Pascal, tome V (Carbone, Silicium, Titane, Germanium, Zirconium, Ammonium), 1 vol. 872 pages, 86 fig. Masson et Cle, Paris, 1932. Prix : 165 francs.
- On retrouve, dans ce volume, la même discipline qui a présidé à la rédaction des volumes déjà publiés du même traité et qui confère à l’ouvrage son caractère d’unité : pour chaque corps étudié sont exposés tout d’abord lés propriétés physiques et chimiques, les modes de préparation du corps simple, puis ceux de ses différents composés, ensuite sont examinées les applications pratiques essentielles des corps ou de ses dérivés. Le chapitre si important du carbone a été rédigé par M. Picon; M. Amiel traite des dérivés oxygénés et sulfurés du carbone, M. Brun, des composés cyanés. Une remarquable étude de M. A. Mailhe sur les combustibles résume l’essentiel des connaissances actuelles sur ce vaste sujet, notamment en ce qui concerne la distillation de combustibles et la fabrication des combustibles synthétiques. Le chapitre du silicium et de ses composés non azotés est dû à M. Sainsœn; il contient entre autres une excellente et très complète étude de la silice. Le titane, ses composés, ses applications font l’objet d’un travail intéressant et documenté de M. Billy. Le germanium est étudié par MM. J.BardetetTchakirian, le zirconium etle celtium par MM. Pied et Camescasse; enfin M. Paul Pascal a groupé dans un dernier chapitre l’examen des sels d’ammonium.
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- Etalons photométriques, par P. Fleury. 1vol. 122 pages, 41 fig. Éditeur : Revue d’optique, 3, boulevard Pasteur, Paris, 1932. Prix : 25 francs.
- Aucune science ne peut dépasser le stade descriptif sans se pourvoir d’un système de mesures; et sans définir au préalable des unités, c’est-à-dire des étalons de comparaison pour les grandeurs essentielles. En photométrie, on recourt jusqu’ici à des étalons d’intensité lumineuse, définis par certaines sources de lumière plus ou moins arbitrairement choisies. M. Fleury expose d’une façon très complète les raisons pratiques qui obligent à se contenter actuellement d’étalons aussi peu satisfaisants au point de vue logique, puis il définit les qualités exigées pratiquement d’un étalon d’intensité lumineuse, il passe en revue les différents étalons primaires utilisés ou proposés depuis que la photométrie a commencé à se développer, il montre comment ils sont constitués et discute leurs qualités au point de vue des mesures : lampes Carcel, Hel’ner, Vernon-Harcourt, et autres étalons à flammes, lampes électriques à filament incandescent, il rappelle les recherches de Violle, Petarel, Siemens, Lummer et Kurlbaum pour obtenir un étalon plus satisfaisant basé sur les propriétés rayonnantes d’un corps déterminé à son point de fusion. Il étudie ensuite à fond la question de l’emploi du « corps noir » comme étalon photométrique, en tenant compte des plus récents travaux effectués à ce sujet. Il est vraisemblable que d’ici quelques années le corps noir fournira le parfait étalon fondamental que la photométrie attend depuis si longtemps.
- Traité de photogrammétrie aérienne et terrestre, par O. von Gruber. Traduction française par A. An-
- sermet. 1 vol. 422 p., 353 fig. et 1 carte hors texte. Éditions
- La Concorde, Lausanne. 1931.
- Il a paru récemment une traduction anglaise de l’excellent traité de photogrammétrie du professeur von Gruber de la maison Zeiss d’Iéna. Nous en avons rendu compte ici même. Il existait déjà du même ouvrage une très bonne traduction française. Elle permet aux lecteurs de langue française de profiter, sans peine, des parfaites leçons rédigées par M. von Gruber et ses collaborateurs : Gundlach, Merté, Kuppenbender, Finsterwalder, Sander et Fritz et résume des travaux en grande partie originaux. On sait l’importance qu’a prise, depuis le développement de la navigation aérienne, la photogrammétrie pour l’exécution des levés et des cartes. On trouve dans le présent volume, exposés avec une compétence toute particulière, les points essentiels relatifs à la théorie, à l’histoire, à la mise en pratique et aux conditions d’emploi de la photogrammétrie.
- Liesegang rings and other periodic structures,
- by E. S. Hedges, 1 vol. 122 pages, 14 fig. Chapman et Hall,
- 11, Henrietta Street, Covent Garden, London, W. C. 2, 1932. Prix :
- 10 sh 6 d.
- En 1896, le physiologiste allemand Liesegang observait qu’une goutte de nitrate d’argent versée sur une feuille de gélatine imprégnée de bichromate de potassium provoque la formation d’anneaux concentriques de bichromate d’argent précipité au sein de la gélatine. Le phénomène de précipitation périodique au sein d’un gel colloïde a, depuis lors, fait l’objet de très nombreuses investigations; on a constaté sa grande généralité; on peut le provoquer au sein de n’importe quel gel entre deux sels réagissant pour donner un précipité. On peut entrevoir par là un moyen d’expliquer nombre de phénomènes biologiques.
- M. Hedges, à qui l’on doit déjà d’importants travaux expérimentaux sur la question, nous donne ici un excellent résumé des connaissances aujourd’hui acquises sous le phénomène de Liesegang : après un bref rappel des propriétés essentielles des colloïdes, il indique les conditions expérimentales qui permettent la formation des précipités périodiques dans les différents cas connus, il formule les lois qui régissent le phénomène, et il expose et critique les diverses théories formulées pour l’expliquer. Théories de la sursaturation, de l’adsorption, de la coagulation, de l’onde de diffusion, de la diffusion, etc. L’auteur passe ensuite en revue un certain nombre d’autres phénomènes de nature analogue donnant lieu à des formations périodiques : diffusion avec coagulation périodique et au sein d’un gel sans réaction chimique, installations périodiques, formations périodiques, biologiques ou minérales dans la nature. Une bibliographie de 500 titres complète cette très utile monographie.
- Les unités électriques par J. Sudria. 1 vol. 84 pages. Vuibert, Paris, 1932, Prix : 10 francs.
- La question des unités est de celles sur lesquelles il importe de donner, dès le début, aux étudiants des idées nettes. Le petit livre de M. Sudria relatif aux unités électriques, domaine où beaucoup de controverses restent ouvertes, est à la fois très clair et très complet; c’est une explication très logique des divers systèmes en présence, avec un bref rappel historique pour chacun d'eux. De nombreux exercices entraîneront le lecteur au maniement correct des unités. La lecture de cet utile ouvrage doit être recommandée à tous ceux qui désirent éviter les écueils de calcul si fréquents pour les personnes qui n’ont pas approfondi le sens des unités employées.
- Universal Drehtischmethoden. (Einführung in die Kris-talloptischen Grundbegriffe und die Plagioklasbestimmung.) Von M. Reinhard. 1 vol. 120 pages, 49 fig., 5 tableaux. Wepf et Cie, Bâle, 1931. Prix : 10 fr. suisses.
- La méthode de Fedoroff, employée par les minéralogistes, pour la détermination des propriétés géométriques des cristaux, consiste à examiner en lumière polarisée, dans diverses positions, une section du cristal; les extinctions et les réapparitions de la lumière renseignent sur la position des axes cristallins. L’application de la méthode de Fedoroff exige l’emploi d’une table tournante universelle. Dans cet ouvrage consacré à la méthode de Fedoroff, l’auteur, professeur à l’Université de Bâle, en explique très clairement le principe, puis il étudie très en détail la table tournante universelle dont il a lui-même réalisé un modèle perfectionné; il en décrit les organes, les réglages, et en expose le mode d’emploi, avec de nombreux exemples pratiques à l’appui.
- Les gisements préhistoriques de Bourdeilles (Dordogne), par D. Peyrony. 1 vol. in-4, 98 p., 60 fig., 11 pl. Archives de l’Institut de paléontologie humaine, n° 10, Masson et Cie, Paris, 1932. Prix : 80 francs.
- Bourdeilles est un charmant village au nord-ouest de Périgueux. La Drôme qui le traverse est bordée de falaises calcaires creusées d’abris, de grottes dans lesquelles furent trouvés nombre de pièces qui sont décrites et figurées ici : silex taillés, bracelets, boutons, aiguilles, manches, sans compter de magnifiques sculptures en ronde bosse qui rappellent celles déjà trouvées par le Dr Henri Martin au Roc, plus près d’Angoulême.
- Manuel de coutellerie, par H. Cabanié, 1 vol. 232 pages, 200 fig. J.-B. Baillière, Paris, 1932. Prix : 18 francs.
- Ce manuel décrit les principaux articles de coutellerie, étudie les traitements que doit subir l’acicr pour donner un métal apte à la coutellerie, puis examine la fabrication des divers articles : couteaux, ciseaux, rasoirs, lames de rasoirs de sûreté.
- Étude mécanique du vol de l’avion, par Max Robin, 1 vol., 255 p., 234 fig. Ch. Béranger et Cie. Paris, 1932. Prix : 70 francs.
- Après avoir rappelé s’une façon abrégée les notions théoriques essentielles aujourd’hui acquises sur la résistance de l’air, après une étude rapide de l’hélice, l’auteur établit les équations du vol rectiligne de l’avion, il montre comment s’effectue la détermination d’une hélice adaptée à un avion, ou plutôt à des vols déterminés; il explique comment se calculent les performances d’un avion; puis il aborde l’étude de la stabilité de l’avion, du virage, etc. L’ouvrage se continue par d’intéressants aperçus sur le pilotage, les acrobaties, le rayon d’action. Enfin pour illustrer les théories exposées précédemment, le livre, rédigé à l’usage des jeunes ingénieurs commençant leurs études, se termine par des notions sur l’établissement d’un projet d’avion et par une série de problèmes constituant d’utiles exercices.
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- PETITES INVENTIONS
- PHYSIQUE INDUSTRIELLE
- Appareil de contrôle à rayons ultraviolets : le Callophane.
- Chacun sait que l’atmosphère dans laquelle nous vivons est parcourue par des vibrations de nature et de longueur 'ondes différentes; mais tandis que les unes, comme celles dues au son, à la lumière, à l’électricité, sont nettement perceptibles par le toucher, l’ouïe ou par la vue, d’autres encore pas ou peu définies, exercent une influence sur notre organisme, sans que nous puissions déceler immédiatement leur présence, tels les rayons ultra-violets.
- L’ultra-violet que l’on trouve au delà du violet dans le spectre solaire, mais qui nous est invisible, possède d’ailleurs, à des degrés differents toutefois, les qualités calorifiques, chimiques et optiques de la lumière ordinaire ; ces radiations subissent la réflexion, la réfraction, la double réfraction, etc., elles peuvent, d’autre part, être transformées par les corps qu’elles rencontrent et par un processus de transformation de l’énergie, phosphorescence ou fluorescence, être réfléchies par eux, en rendant ces corps luminescents.
- Par ordre de puissance, les sources donnant lieu à des rayons ultra-violets sont : le soleil, l’arc voltaïque, la lampe à vapeur de mercure dans le quartz, l’étincelle à haute fréquence. On remarque de suite que la source la plus intéressante est le soleil ou la lumière diurne, l’intérêt primordial est donc l’utilisation de cette source naturelle pour la production de la lumière de Wood. L’ultra-violet a la propriété de déterminer la fluorescence d’un nombre considérable de corps en leur faisant émettre des rayons lumineux nouveaux, de longueur d’onde plus grande que celle des rayons excitateurs, et par conséquent de teinte différente; cette fluorescence est visible dans l’obscurité malgré soir intensité relativement faible. Les rayons excitateurs sont obtenus en interposant entre la source et le corps un objet, un filtre d’une couleur généralement violet foncé et à peine transparente.
- Ceci fait comprendre la possibilité de déterminer au moyen de ces fluorescences et d’une façon absolue, non seulement deux corps identiques, mais de fabrication ou de pureté différente, et par voie de conséquence de déceler l’imitation ou la falsification.
- Jusqu’ici le prix élevé des appareils comme aussi le caractère fixe, c’est-à-dire non transportable des installations limitaient considérablement l’application industrielle des rayons U.-V. dits « lumière de Wood ». Le Callophane par sa simplicité, sa maniabilité, sa transportabilité, son prix modique, ne nécessitant pour la plupart des cas que la lumière du jour, est donc l’appareil idéal. Étant à la fois un appareil de contrôle permettant de comparer immédiatement des marchandises d’après un échantillon-type ou d’après une gamme d’observations déjà établie et un appareil d’investigations et de recherches, et cela à la portée de tous, on comprend qu’il soit, notamment pour le chef d’entreprise, un moyen de vérification rapide permettant d’écarter les produits qui pourraient être préjudiciables à la fabrication, à la vente ou pour quelque cause que ce soit, et pour le chimiste un moyen supplémentaire d’une utilité incontestable pour ses recherches. Le Dr W. Fridrich, directeur de l’Institut pour l’étude des rayons lumineux de l’Université de Berlin, auquel cet appareil avait été soumis, déclare qu’à son avis le callophane représente un progrès considérable dans l’analyse technique au moyen des
- rayons U.-V., d’autant que jusqu’ici, ajoute-t-il, aucun autre appareil employant comme source lumineuse la lumière naturelle du jour n’avait pu encore être réalisé.
- Voici le mode d’emploi du callophane : libérer les deux petits crochets de chaque côté de l’appareil, lever la partie supportant les verres, puis les deux petits côtés et les encastrer dans les petites rainures de chaque côté du couvercle; placer l’objet-type et celui à contrôler sur la petite trappe en velours et encastrer la figure, la partie supérieure incurvée à la hauteur des sourcils et le menton à la partie inférieure prévue (la figure doit s’adapter parfaitement pour ne laisser pénétrer aucune lumière). Pour une meilleure vision des objets, retirer la petite trappe de velours, placer dans l’encastrement le petit angle de bois, la face lisse en dessous et le côté le plus élevé vers le fond de l’appareil et replacer la trappe, cette disposition permet un meilleur angle visuel.
- Pour les grosses pièces : tapis, tableaux ou documents, etc., retirer la trappe et placer l’appareil à même l’objet à examiner. Éviter toujours d’exposer les verres aux rayons directs du soleil, même l’hiver, et par grande lumière de jour (été), ou pour l’examen au moyen d’une lampe électrique (200 watts), mettre le filtre ou second verre sur le premier en le faisant coulisser de haut en bas sur ses guides métalliques.
- On peut se servir de l’appareil dans une pièce en captant la lumière à travers les vitres d’une fenêtre, à condition toutefois que ces vitres soient dans un état de grande propreté; orienter l’appareil selon la meilleure réception de la lumière, généralement légèrement penché en avant.
- Certains corps ne donnant de fluorescences qu’a-près quelques instants d’exposition aux rayons U.-V., il faut, dans ce cas, toujours regarder avec un peu d’insistance pour pouvoir juger d’une façon précise. Pour les liquides, utiliser des petits godets en quartz ou en pyrex.
- Ce qui précède montre que le callophane rend possible rapidement et sans grands frais le contrôle des produits chimiques, matières premières, matières colorantes et leurs applications, papiers, textiles, peintures et vernis, verrerie et optique, huiles de graissage, produits alimentaires, caoutchoucs, produits pharmaceutiques, etc. ; il est également un excellent moyen de constatation et de vérification pour la douane, l’octroi, les banques et les administrations, puisqu’il permet de déceler immédiatement, notamment une paille blanchie, un benzol additionné d’essence, un faux billet ou un faux chèque, de faux timbres et de faux cachets, etc. M. B.
- Constructeur : Établissements O. de Santis et Cie, 26, rue de la Pépinière, Paris (8e).
- CHAUFFAGE
- Le chauffage par catalyse de l’essence.
- De tous les combustibles, l’essence de pétrole est certainement celui que l’on peut se procurer le plus facilement en
- Fig. 1.— Emploi du « Callophane ».
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- tous pays et qui, sous le moindre volume, représente le plus grand nombre de calories disponibles.
- Son emploi au chauffage domestique a été jusqu’ici à peu près écarté en raison des craintes d’incendie qu’il faisait naître. Grâce à une invention relativement récente de M. Louis Lumière, l’inventeur du Cinématographe et de la Photographie en couleurs et de M. Herck, le chauffage à l’essence est devenu le plus commode, le plus économique et, ce qui peut sembler paradoxal, celui qui présente le plus de garanties de sécurité à l’égard des risques d’incendie.
- Au lieu de la combustion ordinaire, accompagnée de flammes et généralement d’une fumée épaisse et malodorante, MM. Louis Lumière et Herck ont réalisé cette combustion par catalyse en présence du platine et cette combustion est effectuée à basse température, environ 320° C., c’est-à-dire à une température très inférieure à celle de l’inflammation spontanée des vapeurs d’essence qui excède 650°.
- Les appareils Therm’x de chauffage par catalyse, réalisés sous différentes formes adaptées aux nombreuses applications auxquelles se prête ce chauffage, sont employés surtout comme réchauffeurs de moteurs d’automobiles et d’avion et, à ce titre, sont réglementaires dans l’Armée française et adoptés par la plupart des principales armées du monde. Ils sont utilisés également pour le chauffage des appartements et pour différentes applications industrielles.
- Ces appareils sont de dimensions extrêmement réduites
- de poids très faible; ils fonctionnent sans odeur, sans dégagement d’aucun gaz nocif, sans production de poussières ni de cendres ; ils ne comportent ni tuyaux ni canalisations et sont essentiellement mobiles.
- Leur fonctionnement est
- entièrement automatique
- - Fig. 2.- Appareil « Therm’x. et> dans certains modèles,
- un fonctionnement d’une semaine sans rechargement est obtenu, sans que pendant toute cette durée l’appareil exige aucun soin ni aucune surveillance. Le rechargement s’opère du reste en pleine marche sans aucun danger.
- En considérant ces différentes qualités on ne s’étonnera pas de voir que ces appareils sont employés pour le chauffage des cabines d’avion de la plupart des lignes de transport aérien.
- Ils ont du reste fait leurs preuves pour le chauffage de l’Expédition Amundsen au Pôle Nord et ce sont eux qui équipent la Mission française de l’année polaire internationale qui effectue actuellement un séjour d’une année au Scoresby-Sund sur la côte orientale du Groënland.
- Fabricant : Société des Appareils Therm’x, route des Soldats, Lyon-Saint-Clair.
- OBJETS UTILES Meuble=lit.
- On connaît déjà des dispositifs permettant de dissimuler, dans un meuble, un sommier et toute la literie, mais les systèmes actuellement en usage ont l’inconvénient de nécessiter, malgré tout, un meuble d’une certaine importance soit en hauteur, soit en largeur, le lit complet basculant autour de l’une de ses extrémités.
- On dissimule également, sous l’aspect d’un meuble, un lit-cage quelconque, mais il ne s’agit là uniquement que d’une
- Fig. 3. — Le meuble-lil ouvert.
- sorte de coffrage qui ne constitue pas par lui-même l’armature du lit.
- Quant aux nombreux systèmes de divans depuis longtemps connus, ils ont l’inconvénient d’exiger aussi une certaine place pour leur installation.
- Un nouveau dispositif de lit pliant a l’aspect extérieur d’une desserte pour salle à manger ou d’une commode pour chambre à coucher, la partie extérieure du meuble constituant le bâti du lit et s’ouvrant en deux parties articulées à charnière sur le plateau du bas; à chacune des deux extrémités, deux pieds s’escamotant et se mettant en position quand on veut déplier le lit.
- Le sommier est fixe comme dans un lit-cage, sur l’intérieur du meuble, et l’on peut mettre dans le meuble toute la literie nécessaire, qui est ainsi complètement dissimulée.
- On arrivé alors à obtenir pour une personne adulte, un lit mesurant environ 2 m de long sur 0 m 85 de large, alors que le meuble fermé a une hauteur de 1 m, une largeur de 0 m 90 et une profondeur de 0 m 47 seulement. L’encombrement est donc réduit au minimum, tout en réalisant l’aspect d’un meuble.
- La tablette supérieure forme fond de lit à la tête tandis qu’aux pieds est une petite tablette dissimulée sous la grande tablette, lorsque le lit est replié. Sur la tablette supérieure, on peut disposer un objet décoratif : potiche, vase, sujet, etc.
- Comme détail d’exécution, le meuble se compose d’une partie avant et d’une partie arrière qui s’appliquent l’une contre l’autre suivant une ligne de jonction, et qui sont articulées par le fond au moyen de charnières qui régnent sur toute la largeur. La tablette supérieure dissimule une petite tablette qui termine le lit au pied.
- Vers l’avant, on a représenté des fausses portes, et les moulures de côté peuvent s’ouvrir. Elles dissimulent un logement où se trouvent placés les pieds d’extrémité qui, une fois dépliés, sont maintenus par des contrefiches articulées à la tête du lit.
- Les pieds sont également dépliés de la même manière, et comme ils sont sur le fond du meuble, on n’a pas prévu de logement.
- Sur le plateau supérieur, à la tête du lit, un dispositif de butée ou d’arrêt maintient le meuble quand il est fermé.
- Fabricant : Cordonnier, 35 bis, avenue des Batignolles, Saint-Ouen.
- Fig. 4. -—• Le meuble-lit fermé.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Les bambous noirs en fleurs.
- M. H. L. Rochet, de Châteauneuf-sur-Charente, nous écrit :
- « Je vous serais obligé de bien vouloir signaler dans La Nature le fait suivant, dont quelque lecteur pourra sans doute donner l’explication :
- J’ai remarqué que cette année, dans les Basses-Pyrénées — et également en Charente, mais là mon observation se borne à un seul cas — tous les bambous noirs que j’ai ous ont fleuri. Je n’ai pas remarqué pareil fait depuis 30 ans que je fréquente ce pays. Je n’affirme pas que toutes les plantes de cette espèce aient fleuri, mais toutes celles que j’ai pu observer, c’est-à-dire dans plus de dix lieux différents, certains à 80 kilomètres de distance. Des pieds transplantés l’an dernier ont fleuri tout comme des touffes en place depuis plus de trente ans.
- Les autres bambous, dorés, etc..., dans les mêmes jardins, n’ont pas fleuri, du moins je n’en ai pas aperçu.
- Le résultat est que toutes les feuilles sont tombées et que les touffes ont un aspect de tiges de graminées sèches.
- Je me demande si le pied périra définitivement ou non. »
- Contre les piqûres de moustiques.
- M. Gayr, à Chartèves, par Château-Thierry, nous écrit :
- « Dans le dernier numéro de votre intéressante publication (n° 2889 du 15 septembre), il est donné une recette concernant les piqûres de moustiques. Je puis vous signaler deux produits procurant aussi d’excellents résultats.
- Le lor, chacun l’a sous la main : c’est le carbonate de soude (cristaux des ménagères) que nous avons employé avec succès contre les piqûres d’insectes, moustiques, guêpes, abeilles, etc., et de plantes, orties par exemple. Voici le mode opératoire :
- On mouille l’endroit de la piqûre avec un peu de salive, et on le frotte pendant 20 à 30 secondes avec un cristal de carbonate; la douleur ou la démangeaison disparaît rapidement, et lorsqu’il y a enflure, celle-ci se résout en peu de temps. On remarque la formation d’une tache blanche quelques instants après la friction : c’est le sel qui apparaît, l’eau de cristallisation s’étant évaporée.
- Je vous citerai comme exemple le cas qui s’est présenté pour ma femme. Elle a été poursuivie un jour par de grosses guêpes des bois et piquée particulièrement à l’un des avant-bras. Ayant aussitôt effectué son retour à la maison, elle a utilisé le cristal en question, et a pu ainsi enrayer et faire disparaître l’enflure qui, pendant la route, s’était étendue au bras. Ce dernier fait aurait] pu être évité en agissant sur place, mais le morceau de carbonate avait été oublié ce jour-là.
- Le 2° produit est un liquide dont la création est due à un de mes vieux amis, et que l’on trouve à la seule pharmacie Delange, rue Dulong, 3, Paris (17°). On fait sur la piqûre un simple badigeonnage avec un peu de coton hydrophile, et on laisse sécher à l’air. On demandera du « Génovital externe », c’est le nom du produit; un prospectus, joint au flacon, renseignera sur les diverses applications qu’on en peut faire, en dehors des piqûres, et avec une surprenante efficacité. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- De tout un peu.
- M. le Dr Catat, à Cirfontaine. — 1° Les bouillies employées pour lutter contre les maladies de la vigne sont préparées de la façon sui-
- vante :
- Bouillie bordelaise :
- Sulfate de suivre (vitriol bleu)................. 2 kg
- Chaux grasse éteinte............................ 2 kg
- Eau ordinaire...................................100 litres
- Bouillie bourguignonne :
- Sulfate de cuivre................................ 2 kg
- Carbonate de soude Solvay....................... 1 kg
- Eau ordinaire. ............................... 100 litres
- Dissoudre séparément le sulfate de cuivre dans la moitié de l’eau, la chaux ou le carbonate de soude dans l’autre moitié, puis mélanger en versant toujours les 50 litres de lait de chaux ou de carbonate de soude dans les 50 litres de solution cuivrique et ne jamais faire l’inverse.
- Il faut employer, suivant l’étendue du dommage, de 15 à 18 hectolitres de bouillie à l’hectare, en se servant d’un pulvérisateur.
- 2° Vous détruirez facilement les herbes qui poussent entre les pavés de votre cour en arrosant à deux reprises différentes à 48 heures d’intervalle, par temps sec avec la solution :
- Eau ordinaire. ............. 100 litres
- Sel dénaturé......................... 10. kg
- 3° La présence d’un ergot supplémentaire à la patte d’un chien n’est qu’un cas de polydactylie ou malformation congénitale, sans signification particulière, le plus souvent le lien est uniquement formé de chair et l’ablation peut en être faite par simple ligature.
- M. Rolland, à Lyon et G. de Grelins, à St-Etienne du Grès. — L’emploi du sel marin comme nous l’indiquons ci-dessus vous donnera très probablement satisfaction pour la destruction des herbes, vous pouvez également utiliser une solution de chlorate de soude à 5 pour 100 alcalinisée par l’ammoniaque ou si vous vous trouvez dans un centre industriel vous servir de résidus de chlorure de calcium amenés à une concentration de 200 grammes par litre de ce sel.
- M. le Dr Pereira Brandao à Bissan, Guinée portugaise. — Le meilleur agent de destruction des miles est encore le Pyrèthre (Pyre-thrum cenerariæ folium ou Willemoti) sous la seule condition que la récolte en soit récente. (La Nature, n° 2847, page 575).
- Comme dans les conditions où vous vous trouvez il doit être assez difficile de vous procurer ce produit, nous pensons que le mieux serait pour vous d’en cultiver quelques pieds, en vous procurant de la semence, chez un fournisseur de graines sérieux, par exemple Vilmorin-Andrieux, 4, quai de la Mégisserie, à Paris.
- L’obtention de la poudre ne présente aucune difficulté puisqu’il suffit de laisser sécher de préférence à l’air jseul, les capitules du Pyre-thrum Willemoti, de les pulvériser dans un mortier de fer et de passer au tamis.
- M. Le Dr Chevalier, à Marolles-lès-Braux. — 1° On peut prendre comme type de diluant des vernis cellulosiques, le mélange suivant :
- Acétate de butyle..........................400 cm8
- Acétate d’étbyle............................... cms
- Alcool butylique........................... 200 cm3
- 2° Le craquelé se produit lorsque l’on superpose à une couche de vernis initial, une nouvelle couche riche en pigment et dont le solvant est très volatil. Comme condition essentielle,le solvant du vernis craquelant doit aussi être un solvant de vernis support, le retrait de la pellicule de surface laisse alors apparaître le vernis de fond.
- Vous pourrez vous procurer des vernis de ce genre chez Clément et Rivière, 42, rue Beaurepaire, à Pantin (Seine) ou Mouquet, 83, boulevard Richard-Lenoir, Paris (11°).
- 3° La Maison Soehnée frères, 58, rue de Saint-Mandé à Montreuil-sous-Bois (Seine), vous fournira du vernis pour dorure à la feuille.
- 4° On donne aux statuettes de plâtre l'aspect de l’ivoire en les trempant dans un bain de stéarine fondue (acide stéarique pour bougies) puis en laissant séjourner à l’étuve vers 50°-60° C. pour laisser s’écouler l’excès de produit.
- 5° Pour éviter les empâtements, on ne doit donner la couche d’impression sur plâtre qu’avec une peinture peu chargée en pigment et attendre que cette couche qui ne doit pas être donnée à refus, soit parfaitement sèche, avant de donner les suivantes.
- 6° Le durcissement du plâtre se pratique au moyen du fluate de magnésie, vous trouverez ce produit prêt pour l’emploi ehez Teisset-Kesler - à Clermont-Ferrand.
- 7° Nous avons donné dans le n° 2788, page 47, tous renseignements sur la fabrication du stuc, veuillez bien vous y reporter.
- 8° Pour couper le verre, il suffit de faire un trait d’amorçage avec une
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- lime, puis d’appliquer à cet endroit l’extrémité d’une tige de verre rougie au chalumeau.
- M. J. de Greliny, à St-Etienne du Grès. — 1° L’instrument dont vous nous avez soumis le croquis est un ancien calibre d’artillerie au « Pieds de Roi » 0 m 3248, qui servait aux officiers d’artillerie, pour trouver l’ouverture d’un canon ou d’un mortier correspondante au boulet dont on disposait ou inversement.
- Les calibres des bouches à l'eu tirant des projectiles pleins indiquaient le poids en livres des projectiles ; pour les mortiers ou obusiers tirant des projectiles creux le calibre s’indiquait par le diamètre^:de l’âme en pouces.
- A partir de la Révolution les calibres furent indiqués en kilogrammes pour les canons et en centimètres de diamètre d’âme pour les obusiers.
- De nos jours tous les calibres désignent le diamètre de l’âme en millimètres.
- 2° Si votre palette est uniquement destinée aux couleurs d’aquarelle vous pouvez la laquer au ripolin blanc.
- 3° Le chlorate de soude peut également servir à la destruction des souches, en y faisant des trous avec une tarière et en les bourrant directement de sel tel quel; le prix du chlorate de soude est d’environ 7 francs le kilogramme, chez Neveu, 16, rue Monsieur-le-Prince, à Paris.
- 4° Les cheveux ou les crins pour hygromètres se préparent simplement en les dégraissant dans une solution chaude de carbonate de soude à 5 pour 100 environ. Les cheveux sont plus sensibles que lesj crins aux variations hygrométriques de l’air.
- Rochefort. Abonnée 99-3. — La remise en état des manches de couteaux en corne, que l’usage a ternis s’effectue ainsi
- 1° On polit d’abord au moyen d’un tampon en linge fin, sur lequel on applique une pâte composée de :
- Tripoli très fin............................... 60 grammes
- Glycérine...................................... 20 —
- Huile d’olives................................. 20 —
- Le poli ainsi obtenu est mat.
- 2° Pour brillanter on frotte avec un morceau de drap bien sec sur lequel on a répandu du tripoli en poudre impalpable et sans addition d’aucun liquide.
- Il est évident que si on dispose d'un tour sur lequel on peut monter des molettes en drap, imprégnées des préparations précédentes, les opérations sont beaucoup plus rapides et faciles.
- M. Mielsen, à Malines. — La réponse à la demande que vous avez faite d’une formule d’encre pour cyclostyles a bien paru dans le n» 2850 du Ier février 1931, page 143, 2e colonne. Nous venons[de nous en assurer, vous n’avez donc pas été oublié.
- M. Mausour, à Fontenay-sous-Bois. — 1° Vous pouvez prendre comme type de pâte à brillanter les métaux la formule qui suit :
- Oléine................................ 220 cm3
- Ammoniaque liquide...................... 55 —-
- Essence de pétrole..................... 525 —
- Kaolin............................... 200 grammes
- Le kaolin peut être remplacé par la terre d’infusoires ou kieselguhr.
- 2° Les taches de graisses sur les étoffes s’enlèvent au moyen des dissolvants habituels des corps gras, gazoline ou essence légère de pétrole, tétrachlorure de carbone, benzine, etc. Avoir bien soin d’opérer loin de tout foyer pour les produits combustibles (gazoline, benzine). Quant au tétrachlorure, il est ininflammable.
- Mlle R., à Ruffec. — Pour atténuer très sensiblement le goût de fût que peut avoir contracté votre vin, verser pour une pièce de 220 litres, environ un demi-litre de bonne huile d’olives bien fraîche, puis battre énergiquement le liquide au moyen d’une baguette fendue en quatre, comme s’il s’agissait de coller le vin, afin que l’huile vienne en contact avec toutes les parties du vin.
- Laisser ensuite reposer quelques heures pour que l’huile remonte à la surface entraînant avec elle le mauvais goût, puis la faire déborder par la bonde du tonneau en effectuant un remplissage avec du vin de bon goût.
- Il ne reste plus qu’à soutirer dans un fût frais.
- Th. à St-Genis (Ain). — 1° Nous ne vous conseillons pas d’entreprendre la réparation de votre bobine de Ruhmkorff, car, si en principe l’opération ne présente pas de difficultés, pratiquement' il n’en est pas de même, le bobinage correct nécessitant l’emploi d’un tour et une certaine habileté professionnelle.
- 2° Le meilleur moyen de protéger vos tables de laboratoire est de les recouvrir de feuilles de bois bakelisé, que vous pourrez vous procurer 1, rue Mondétour à Paris.
- 3° La colle suivante vous donnera très probablement satisfaction
- pour coller vos étiquettes sur fer-blanc :
- Poudre de chaux éteinte tamisée................... 30 grammes
- Carbonate de soude cristallisé...............'. . 20 —
- Caséine en poudre................................. 50 —
- Broyer finement pour obtenir un produit homogène. Au moment de l’emploi délayer dans quantité suffisante d’eau tiède pour obtenir la consistance voulue.
- 4° Vous pouvez préparer facilement un bon dépilatoire en px*enant
- Monosulfure de sodium.................. 5 grammes
- Chaux vive en poudre.................. 10 —
- Amidon de riz.......................... 10 —
- Délayer pour l’usage au moyen d’un peu d’eau pour constituer une pâte épaisse que l’on appliquera de trois à cinq minutes sur la partie à épiler, laver aussitôt sans frotter, avec un tampon imbibé d’eau tiède, puis poudrer à l’amidon ou à l’oxyde de zinc.
- Pour se familiariser avec le procédé, faire au préalable un petit essai sur le bras, de manière à se rendre compte du temps nécessaire pour que les poils tombent en passant le doigt.
- M. Chardin, à Pantin. — La filtration des liquides visqueux est toujours aléatoire à cause du colmatage qui au bout de très peu de temps arrête le passage du liquide. Le mieux est de recourir à la centrifugation qui ne présente pas cet inconvénient; nous pensons que dans le cas qui vous intéresse la supercentrifugeuse Sharpless, 1, rue Tait-bout, vous donnera satisfaction. —• Voir également les Centrifugeuses Alfa-Laval, 10, rue Charles-V, Paris (4°).
- M. Lannaud, à Quimper. — Pour peindre à l’huile sur les étoffes de soie, il suffit trois ou quatre jours à l’avance de dégorger les couleurs à l’huile, que l’on trouve toutes préparées en tubes dans le commerce.
- Pour cela on les dépose simplement sur du papier buvard ou à filtrer disposé en plusieurs doubles, pour assurer l’absorption de l’excès d’huile.
- Une fois bien dégorgées, on se sert de ces couleurs en les délayant dans quelques gouttes d’essence de térébenthine.
- Lorsqu’il s’agit de peluches, quand la peinture est bien sèche on brosse de manière à rendre le velouté.
- M. Beilin, au Raincy. — Si le goudron qui recouvre les planches du fond de votre bateau est du goudron végétal ou goudron de Norvège, vous pourrez l’enlever facilement au moyen de l’eau seconde des peintres (lessive de soude caustique à 5° Baumé), application suivie d’un rinçage, à l’eau tiède; mais dans le cas d’un goudron de houille ou coaltar, il faudra vous servir d’un hydrocarbure, benzine ou essence d’autos, employé sur le bois parfaitement sec.
- M. Obrè, à Meudon. — Vous pourrez sans difficultés, réaliser des inscriptions jaunes indélébiles sur votre drap de billard en vous servant d’une encre obtenue en délayant du chromate de plomb au moyen d’une solution composée de :
- Acétate de cellulose .......................... 5 grammes
- Acétone........................................100 cm3
- L’application se fera avec un pinceau fin du genre de ceux servant à l’aquarelle.
- Ecole Normale de Moulins et R. P. à Paris. — La formule de colle cellulosique suivante vous donnera très probablement satisfaction pour coller le cuir sur métal :
- Celluloïd non chargé........................... 25 grammes
- Acide oxalique.................................. 1 —
- Acétone........................................100 cm3
- Le métal doit être soigneusement décapé, dégraissé à l’essence et parfaitement sec au moment de l’application.
- On peut également employer l’acétate de cellulose en prenant :
- Acétate de cellulose........................... 30 grammes
- Acétate de méthyle.............................120 cm3
- Méthyléthylacétone............................ 50 —
- Acétate de phényle............................. 2 grammes
- L’addition de 5 pour 100 d’huile de ricin augmentera la souplesse de la colle si on le désire.
- M. Escudier, à Nice. — Vous trouverez les renseignements les plus complets sur le Moulage dans l’ouvrage : Manuel du Mouleur en plâtre, ciment, argile, cire, soufre, gélatine, par Lebrun et Magnier,. de VEncyclopédie Roret, édité par Mulo, 12, rue Hautefeuille, Paris.
- N. B. Les pâtes à base de gélatine ou d’agar-agar ne conviennent pas pour les moulages de la bouche car elles demandent pour durcir de revenir à très basse température.
- Le Gérant G. Masson.
- 2992. — Paris, lmp. Lahure. — 15-10-1932.
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- MASSON et Cie, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI* (T{. C. Seine : iS.2^4) Tel. 'Danton 5b-]t.
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- N“ 2892.
- J“ Novembre 1932.
- LA NATURE
- = L’EXTENSION DE L’HABITAT = DU BŒUF MUSQUÉ ET DU RENNE
- Les Norvégiens et à leur exemple les Islandais et les Américains sont en train d’apporter de remarquables modifications à la distribution géographique des mammifères terrestres dans les zones circumpolaires. Depuis plusieurs années, chez ces trois peuples, on travaille à acclimater deux espèces de cette classe d’animaux, caractéristiques de la faune arctique, le bœuf musqué et le renne, dans des régions d’où elles ont disparu depuis les temps géologiques et dans d’autres où elles n’ont jamais existé. Un comble dans cet ordre d’idées, pourrait-on dire, c’est que les Norvégiens ont transporté un de ces hôtes du nord dans l’hémisphère austral.
- Les limites de l’habitat de ces deux mammifères telles qu’elles sont indiquées dans les ouvrages de zoologie ne correspondent donc plus à la réalité.
- LE BŒUF MUSQUÉ
- Occupons-nous d’abord du bœuf musqué. Comme son nom scientifique d ’Ovibos mosrc/tatusl’indique, ce ruminant tient à la fois du bœuf et du mouton, du bœuf par la forme générale de son corps, du mouton par l’épaisse toison qu’il porte en hiver. Sa taille au garrot atteint 1 m 20, sa longueur 2 m, son poids 200 kg. Ainsi que le montrent les photographies ci-contre prises par M. K. Orvin, membre d’une des expéditions scientifiques norvégiennes à la côte orientale du Gronland, ce bovin a tout l’air d’un animal antédiluvien. M. B. Lynge, naturaliste (*) également norvégien, le qualifie de survivant de la faune des âges géologiques. Répandu pendant et après la période glaciaire dans toute l’Europe septentrionale et centrale, en Sibérie, ainsi que dans l’Amérique du Nord, il n’occupe plus aujourd’hui, qu’un territoire relativement de médiocre étendue. Son aire de disper-
- 1. Lynge (B.). — Moskusoxen i Osl-Grdnland. (Norsk Geografisk Tidsskrift. Oslo. B. III, H. 1, 1930.)
- sion actuelle comprend seulement la partie du Canada boréal, s’étendant au delà de 60° de latitude entre la baie d’Hudson et le Grand Lac de l’Ours, la plupart des îles de l’archipel polaire américain, enfin les côtes nord et est du Gronland, cette dernière jusqu’au Scoresby Sound (70° de latitude) en direction sud. Au Canada ces animaux sont peu nombreux; à la suite de la chasse acharnée qui leur a été faite, on xa’en
- compterait guère plus de 500 sur le continent et 12 500 dans les îles (x) ; par contre ils paraissent abondants sur la côte orientale du Gronland.
- Cela tient à ce que les surfaces dépouillées de glaciers n’occupant dans cette région qu’une faible étendue, les bœufs musqués s’y trouvent concentrés sur un espace restreint, et à ce que, longtemps,ils ont pu se multiplier en toute sécurité dans cette contrée. L’approche de la côte orientale du Gronland est, nulnel’ignore, défendue par une formidable banquise, à telle enseigne qu’antérieurement à 1889, seulement deux expéditions avaient réussi à aborder dans la zone où se rencontrent ces ruminants, au nord du Scoresby Sound. Mais cet obstacle ne pouvait arrêter longtemps les merveilleux navigateurs des mers polaires que sont les Norvégiens. En 1889 l’un d’eux, le capitaine K. Knudsen, attiré par les promesses de la chasse dans ces parages vierges, parvint à s’ouvrir un passage à travers cette redoutable masse de glace et à débarquer en plusieurs points du Gronland oriental de part et d’autre du 73° de latitude; il fit un butin considérable; il abattit notamment 24 bœufs musqués. Les gains réalisés au cours de cette campagne allumèrent les convoitises de ses compatriotes, et à partir des dernières années du
- 1. Forest and Outdoors, Ottawa et Montréal, vol. 27, n° 12, décembre 1931, p. 21.
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- Fig. 1. — Distribution géographique du bœuf musqué et localités où l’acclimatation de ce mammifère est tentée ou a été tentée, et régions dans lesquelles le renne domestique a été introduit récemment.
- |§§§ Zone occupée par le bœuf musqué.
- O Localités où l’acclimatation du bœuf musqué est tentée ou a été tentée. gj§j Régions où le renne domestique a été récemment introduit.
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- xixe siècle, pas un été ne s’est écoulé sans que des chasseurs norvégiens aient bravé les dangers de la banquise pour venir tenter leur chance dans cette contrée entre le 70° et le 75° de latitude. De 1898 à 1920, ils y ont effectué pas moins de quatre-vingt-trois voyages et depuis, leur activité sur cette côte s’est encore développée. Finie dès lors la vie de paradis terrestre que les bœufs musqués avaient menée jusque-là dans le Grônland oriental. Avec leur esprit pratique, les Norvégiens comprirent aussitôt que ces ruminants pourraient leur fournir de bons profits. Les jardins zoologiques n’en possédant pas d’exemplaire, nul doute que ces établissements ne fussent disposés à payer un prix élevé ceux qu’on leur amènerait en bon état. Si l’opération promettait d’être rémunératrice, elle était fort délicate. S’attaquer aux adultes, c’eût été s’exposer à de dangereux coups de cornes; force fut donc de se rabattre sur les jeunes, sur les veaux, dirons-nous. Pour s’en rendre maître, point d’autre moyen que de tuer au préalable tous les taureaux et toutes les vaches qui ne manqueraient pas de charger le chasseur lorsqu’il s’approcherait pour lancer son lazzo sur les jeunes animaux du troupeau. Une fois privés de leurs défenseurs, les veaux se laissent capturer sans résistance et s’apprivoisent ensuite rapidement. En employant ce procédé, plus de cent cinquante de ces animaux ont été capturés et amenés en Norvège.
- Dès l’arrivée des premiers bœufs musqués dans les ports de la péninsule Scandinave, l’éminent naturaliste suédois, feu A. G. Nathorst, émit l’idée d’acclimater ce mammifère dans le nord de la Suède, afin de procurer de nouvelles ressources à ses habitants. Dans ces pays septentrionaux où l’engraissement du bétail n’est pas pratiqué, le bœuf musqué fournit d’excellente viande de boucherie. D’autre part, sa peau est recherchée, son épaisseur la rendant impénétrable au froid (2). En outre
- 1. Isachsen (Gunnar). Norske fangstmænds fœrder til Grdnland. (Det Norske Geografiske Selskabs Aarbok, XXXI-XNXII, 1919-1921, p. 220 et suiv.)
- 2. Poland (Henry). Fur-Bearing Animais in Nature and in Commerce. Londres, 1892, p. 201.
- la laine très fine dont ce ruminant est couvert en hiver peut servir à fabriquer un tissu aussi solide que celui que l’on obtient avec le poil de chameau (1).
- Suivant les suggestions de Nathorst, cinq veaux musqués furent importés pendant l’automne 1900 dans la Suède septentrionale, deux à Boden, près du cercle polaire, dans la région littorale du golfe de Botnie, les trois autres plus au sud (63° 30' de latitude), dans les froides montagnes du Jemtland. Nous savons que ces animaux ont vécu pendant un an, mais sur leur sort ultérieur les renseignements font défaut.
- Récemment, un second essai d’acclimatation a été entrepris dans un milieu tout différent. A la fin de l’été 1924, douze veaux musqués capturés quelques semaines auparavant dans le Grônland oriental étaient débarqués sur une petite île de l’archipel côtier de la Norvège occidentale, au sud d’Aalesund (62° 15' de latitude), par conséquent dans un climat essentiellement marin. Peu de temps après leur arrivée, cinq succombèrent. L’accident ayant été attribué à la nature trop grasse des pâturages sur lesquels le troupeau avait été parqué au début, il fut transporté dans la grande île voisine de Gurskoy, sur des alpages élevés, convenant mieux à son alimentation, supposait-on. Un jour ces bêtes étant descendues paître dans des prairies basses, deux nouvelles morts se produisirent; preuve que, seule, une herbe maigre convient à ces ruminants. L’année suivante trois autres veaux également capturés au Grônland vinrent grossir ce troupeau. Les renseignements à son sujet sont ensuite rares et incertains. On sait toutefois que ces animaux vivaient en 1926. D’après des témoignages qui n’ont pu être vérifiés, deux auraient été rencontrés en 1929, accompagnés de tout jeunes veaux. Ces mammifères se seraient donc reproduits en Norvège. Une enquête minutieuse, poursuivie l’été dernier, a donné un résultat négatif. On n’a découvert à Gurskoy aucun bœuf musqué, non plus qu’aucun
- 1. Voir à ce sujet : Werner von Bergen, Musk-Ox Wool and its possibilities as a new textile Fiber. (Melliand Textile Monthly, vol. 111, n08 6 , 7, 8 , 9, 10 (sept., oct., nov. déc. 1931 et janv. 1932).
- Fig, 2. — Bœuf musqué sur la côte orientale du Grdnland.
- Fig. 3. — Bœuf musqué sur les bords du fjord François-Joseph, Grdnland oriental.
- (Photos de M. A. K. Orvin, membre de l’expédition scientifique norvégienne au Grônland oriental).
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- Fig. 4. — Veau musqué capturé vivant sur la côte orientale du Griinland et embarqué à destination de la Norvège.
- (Photos de M. A.. K. Orvin, membre de l’expédition
- Fig. 5. — Le repas des veaux musqués à bord du navire « Veslekari ».
- scientifique norvégienne au Grônland oriental).
- ossement provenant de ces animaux, nous écrit M. Adolf Hoel, le savant directeur de l’Office norvégien des recherches scientifiques au Spitsberg et dans l’Océan glacial qui très obligeamment nous a communiqué une foule de renseignements sur l’acclimatation du bœuf musqué. Il est donc vraisemblable que quelque braconnier a abattu les bœufs de Gurksoy et ensuite fait disparaître tout vestige révélateur de son délit.
- Dans une île voisine, un bœuf musqué a vécu environ neuf mois. Il avait été si complètement domestiqué qu’il allait au pâturage avec le bétail. Sa gourmandise causa sa perte. Se plaisant à aller brouter les champs d’orge, son propriétaire dut l’abattre.
- L’expérience tentée en Norvège semble donc donner des indications favorables. D’ailleurs à New York où les chaleurs sont parfois très fortes, beaucoup plus élevées, en tout cas, que sur la côte occidentale de la presqu’île Scandinave, des bœufs musqués ont vécu plusieurs années au jardin zoologique et s’y sont même reproduits.
- Pendant l’automne 1929, les Norvégiens ont entamé un autre essai d’acclimatation particulièrement intéressant. Grâce à la libéralité du baron de Wedel-Jarlsberg, ancien ministre de Norvège à Paris, ils ont amené au Spitsberg dix-sept veaux musqués qu’ils ont lâchés sur les bords de l’Advent bay, au centre de la grande île occidentale. Dans cette région existent de vastes espaces dépourvus de glaciers et même de neige en été, avec de larges vallées couvertes de pacages. Cette expérience a parfaitement réussi. Au début de septembre dernier on a, en effet, observé trois de ces mammifères accompagnés de deux jeunes individus. Les bœufs musqués importés au Spitsberg se sont donc reproduits dans cet archipel. En nous communiquant cette intéressante nouvelle, M. Adolf Hoel ajoute que cette constatation nous apprend, en outre, que ces ruminants deviennent adultes à l’âge de quatre ans.
- Afin de protéger les bœufs musqués du Spitsberg contre les attaques des trappeurs, une ordonnance du
- roi de Norvège, souverain de ces îles, a interdit la chasse de ces animaux dans l’étendue de l’archipel.
- Pendant que nous nous occupons de cette terre, signalons que les Norvégiens y ont également introduit, tout récemment, le lièvre polaire (Lepus borealis), absent jusque-là dans cette région de l’Arctique. Pour cela, ils ont mis en liberté, toujours dans la partie centrale de la grande île, des exemplaires de ce rongeur provenant de la Norvège septentrionale. L’expérience a réussi. Comme celle du bœuf musqué, elle a été entreprise afin de pouvoir fournir des ressources alimentaires aux mineurs du charbonnage de l’Advent bay. Ajoutons que la peau du lièvre polaire est recherchée pour la fabrication des imitations de renards blancs.
- Les Islandais, eux aussi, veulent acclimater le bœuf musqué dans leur île. En 1929, une expédition qu’ils ont envoyée à la côte orientale du Grônland ramena sept veaux qui furent placés dans l’intérieur du pays; peu de temps après leur arrivée, six moururent. Le septième vécut, au contraire, pendant dix-sept mois. Cet échec n’a pas découragé le gouvernement de Reykjavik, et, en automne 1930, il acquérait d’un chasseur norvégien, au prix de 6400 francs l’un, cinq nouveaux veaux capturés quelques semaines auparavant; de son côté, un insulaire en achetait un couple. Ces animaux ont été l’objet de soins particuliers; ils ont été vaccinés, placés durant l’hiver sous un abri et nourris, comme des bahies anglais, de porridge (bouillie d’avoine au lait). Malgré ces précautions tous sont morts pendant l’été 1932.
- De son côté le Service biologique du ministère de l’Agriculture des États-Unis se propose de reconstituer les troupeaux de bœufs musqués qui jadis ont peuplé le nord de l’Alaska et, qui ont été exterminés à une époque récente par une chasse abusive. Notons que l’exposé des motifs accompagnant la demande au Congrès américain des crédits nécessaires pour cette acclimatation, présente l’entreprise comme devant être payante. Pour l’exécution de son programme, le service en question a acheté
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- à deux chasseurs norvégiens un lot de trente-quatre bœufs musqués, dix-sept bêtes d’un an et demi, et dix-sept de l’année. Avant d’arriver en Alaska ce troupeau a accompli un voyage qui n’est pas banal. D’abord, entre le Gronland et la Norvège, navigation de plus d’une semaine sur deux petits bateaux où les bêtes demeurèrent entassées ; ensuite traversée de l’Atlantique, de Norvège à New York. Une fois débarqué dans ce port, le troupeau fut conduit par camions automobiles, puis par chemin de fer à une station où il demeura un mois en
- Fig. 6. Distribution du renne domestique dans la Norvège méridionale.
- observation. Aucune maladie ne s’étant déclarée pendant cette période, les animaux furent mis en route pour l’Alaska. Ce furent d’abord cinq jours de chemin de fer à travers le continent américain, puis arrivé à Seattle, sur les bords du Pacifique, nouvel embarquement et nouvelle navigation de cinq jours jusqu’à Seward, ensuite de nouveau quatre jours de chemin de fer. Finalement le 4 novembre 1930, plus de deux mois après leur départ du Gronland, les bœufs musqués arrivaient en parfait état à Fairbanks, au centre de l’Alaska. Signalons qu’après avoir été nourris jusqu'à leur arrivée à New York avec
- du fourrage coupé au Gronland, ils ont été ensuite alimentés exclusivement avec de la luzerne.
- A la date du 4 mars dernier, cet essai d’acclimatation était en bonne voie.
- LE RENNE
- Les essais d’acclimatation du bœuf musqué et du lièvre polaire ne portent que sur des territoires restreints, ceux que nous allons maintenant exposer, concernant le renne embrassent, au contraire, d’immenses espaces.
- Une première extension considérable de l’habitat de ce cervidé s’est produite en Norvège. Dans cette contrée comme dans toutes les. régions du nord, la viande et la peau de ce mammifère constituent de précieuses ressources et font l’objet de nombreuses transactions. Aussi, vers 1880, les habitants des massifs montagneux de la Norvège méridionale résolurent d’introduire l’élevage du renne dans leur pays et à cet effet constituèrent des sociétés coopératives. L’affaire était en voie de formation, lorsque survinrent des concurrents qui par la suite devinrent les artisans de son succès. Précisément à la même époque, les Lapons pasteurs et leurs troupeaux de rennes qui jusque-là n’avaient jamais dépassé, en Norvège, le froid plateau de Roraas (62° 30' de latitude), partirent vers le Sud à la recherche de nouveaux pâturages. Tandis que dans la province d’Hedmark, quelques familles descendaient le long du grand lac Færnund, d’autres s’infiltraient à travers les montagnes de la Norvège occidentale, jusque dans la partie la plus méridionale du royaume, dans le Sætersdal supérieur, la longue vallée aboutissant au Skagerack, près de Kristiansand. De violents conflits s’élevèrent alors entre ces nomades et les Norvégiens qui se voyaient dépossédés par ces intrus de la jouissance de leurs pâturages en haute montagne. Les contestations acquirent une telle violence que le parlement d’Oslo fut amené à voter une loi refoulant les Lapons dans leur ancien domaine autour de Roraas (x). Un certain nombre restèrent toutefois dans la Norvège méridionale, comme domestiques des habitants, pour soigner leurs rennes. Grâce à l’expérience de ces auxiliaires, cet élevage obtint un succès complet ; pendant les premières années du xxe siècle, l’effectif de ces animaux dans les départements du sud s’est élevé à 30 ou 35000, peut-être même à 40 000 (2). Ensuite ce troupeau a subi une diminution considérable; en 1916, il ne comptait plus que 15 600 têtesLa décroissance a continué; un document obligeamment communiqué par le Rureau central
- 1. (Jette migration n’a procuré aux Lapons que de bien médiocres gains au delà de leur limite de 1880 : une étroite bande de terrain sur la rive orientale du lac Faemund et quelques pâturages dans le massif de Trollheimen à l’ouest de Roraas.
- 2. Nissen (Kristian). Lapper og ren Norge (Det Norske Geograüske Selskabs Aarbok. XXVI-XXVII Christiania 1914-1916, p. 103).
- 3. Ibid., p. 110.
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- de statistique de Norvège évalue, à la date du 29 juin 1929, à 9959 le total des rennes dans le sud du royaume. Les plus forts contingents se trouvent dans les départements de Buskerud (3050), de Sogn et de Fjordane (2770) et d’Opland (2672). Depuis on a observé un léger accroissement, à la suite de la formation d’un troupeau de. 1500 têtes dans l’Hedmarlt ('). Les groupes les plus méridionaux de ce cervidé domestique se rencontrent aujourd’hui par 62° de latitude environ. Depuis un demi-siècle l’habitat de ce mammifère à l’état domestique s’est donc étendu en Norvège, d’environ 250 km vers le Sud.
- L’élevage de ces ruminants, avons-nous dit, est pratiqué en vue de la production de la viande de boucherie. Les animaux sont abattus en automne, lors des premiers froids, et leurs carcasses aussitôt acheminées vers les centres de consommation. Pour reconstituer ensuite leur cheptel, les Norvégiens achètent des rennes aux Lapons établis en Suède. Primitivement les troupeaux acquis dans ces conditions accomplissaient par étapes et en caravane le long trajet séparant des montagnes de la Norvège méridionale leurs pâturages d’hiver situés sur le versant baltique de la péninsule. Les fatigues du voyage et les incidents de la route entraînaient des pertes parfois sévères; aussi, aujourd’hui, trouve-t-on plus pratique de faire voyager ces animaux en chemin de fer. Spectacle assurément peu banal que celui offert l’an dernier dans une gare de la ligne du Gud-bransdal par l’arrivée d’un convoi amenant 700 rennes.
- Dans le Nouveau Monde, le renne d’Europe est représenté par une variété, le caribou, que les Eskimos habitant les déserts glacés de l’Amérique boréale n’ont pas su domestiquer. Dans ces conditions, il y a une quarantaine d’années, lorsque l’on commenta à mettre en valeur les richesses de l’Alaska, le gouvernement des États-Unis, instruit des services que le renne rendait aux indigènes des régions boréales de l’Ancien Monde, résolut d’introduire ce mammifère dans le territoire en question, afin de pouvoir ravitailler ses colons en viande fraîche, et leur fournir des attelages pour leurs déplacements en hiver. A cet effet, il fit venir de Norvège et de Sibérie plusieurs centaines de rennes et des Lapons pour les soigner. Conduite par ces pasteurs, l’entreprise a admirablement réussi; aujourd’hui, il n’existe pas moins de 800 000 à 1000 000 de ces ruminants dans l’Alaska septentrional. Grâce aux produits de ce troupeau les Eskimos de cette région vivent dans l’abondance, quelques-uns même ont trouvé la richesse.
- Devant ce succès, le Canada a résolu à son tour d’acclimater le renne dans ses immenses territoires du Nord. Pour cela il a acheté un troupeau de 3 à 4000 bêtes en Alaska, qui a été amené par étapes à l’embouchure du Mackenzie où il a été pris en charge par des Lapons embauchés en Norvège. Ces animaux sont destinés à peupler le territoire compris entre ce dernier fleuve, le grand Lac de l’Ours, la rivière Coppermine et l’Océan glacial.
- En même temps, on va reprendre dans le Labrador et dans le nord de Terre-Neuve, l’essai d’acclimatation de ce cervidé domestique qui avant la guerre y avait été tenté
- 1. Aftenposlen. Oslo. Édition du matin du 31 janvier 1931.
- Fig. 7. — Rennes importés de Norvège en Géorgie du Sud. Celui de droite broute des touffes de « lussok ». (Poa flabellata).
- Photographie de M. Bryn, de Sandefjord. Reproduction interdite.
- avec le plus grand succès. Prochainement l’habitat du renne comprendra donc toute l’Amérique boréale.
- Pour terminer, il nous reste à exposer une remarquable expérience zoologique. Au début du xixe siècle, des baleiniers norvégiens installèrent à la Géorgie du Sud, jusque-là inoccupée, une base d’opérations pour la chasse des grands cétacés, dans l’Atlantique austral. Ils y construisirent des chantiers pour le dépècement des prises, des huileries, des villages pour le logement des ouvriers; bref une véritable colonie se fonda sur cette grande île montagneuse, isolée, à 1300 km environ dans l’est du Cap Ilorn. Quoique située entre le 54° et le 55° de latitude sud, soit sous des parallèles correspondant dans notre hémisphère à ceux de pays industriels et agricoles, tels que les comtés d’York et de Durham en Angleterre, elle renferme, comme le Spitsberg, d’immenses glaciers descendant jusqu’à la mer. Toutefois, son climat n’a rien de polaire; d’après l’explorateur suédois Gunnar Andersson, l’hiver n’y est guère plus rigoureux que dans le centre de la péninsule Scandinave; l’été, par
- Fig. 8. — Rennes au pâturage dans ta Géorgie du Sud. Photographie de M. Bryn, de Sandefjord. Reproduction interdite.
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- Fig. 9. — Troupeau de rennes dans le
- contre, y est plus froid. En raison de cette dernière circonstance, la végétation de la Géorgie du Sud-Est est fort pauvre : 15 phanérogammes seulement ! L’île ne donne pas cependant une impression de désolation, écrit le naturaliste suédois cité plus haut, les montagnes étant couvertes jusqu’à une hauteur de 250 à 300 m au-dessus de la mer, d’un épais tapis d’une graminée géante (Poa flabellala).
- Quoique avec les produits de leur chasse, les baleiniers n’eussent pas à craindre la disette dans leur nouveau domaine, ils eurent l’idée d’y introduire des rennes de Norvège, et, en 1909,1911 et 1928 ils lâchèrent 23 de ces cervidés en trois localités différentes de la Géorgie du Sud. Ces animaux ont supporté parfaitement le passage de la zone torride. A ce point de vue les mammifères de l’Arctique sont doués d’une force de résistance surprenante. En 1929, M. Lars Christensen, le généreux mécène des récentes expéditions norvégiennes dans l’Antarc-tique, ayant décidé l’érection d’une station météorologique permanente à l’île Bouvet, résolut de tenter sur ce rocher de l’Atlantique austral l’acclimatation de renards de l’extrême nord. Dans ce dessein, le bateau chargé du matériel de la future station embarqua deux renards argentés et six renards bleus. L’établissement projeté n’ayant pu être installé, ces animaux furent ramenés en Norvège. Ils ont ainsi passé deux fois la Ligne et les zones tropicales, et cela sans le moindre dommage.
- A leur arrivée dans l’hémisphère austral les rennes se sont trouvés complètement dépaysés. Dans nos régions, ils perdent leurs poils et leurs cornes au début du printemps et les femelles mettent bas à cette époque. Or, les animaux qui furent transportés à la Géorgie du Sud, après avoir accompli ces fonctions et passé ensuite l’été en Norvège, trouvèrent, en débarquant là-bas, un nouveau printemps, de telle sorte que la même année ils eurent deux printemps et deux étés. Au début de leur séjour
- Hardangervidda. (Photo Wilse, Oslo.)
- dans l’Austral, les rennes continuèrent à suivre le calendrier de l’hémisphère boréal, pourrait-on dire; c’est ainsi que l’année qui suivit leur débarquement, les femelles vêlèrent en mai, soit au milieu de l’automne de l’hémisphère sud, mais dès l’année suivante, elles suivirent le nouveau cours des saisons qui leur était imposé et mirent bas en octobre et novembre, soit pendant le printemps austral. Dans l’espace de deux ans également, ces animaux se sont adaptés aux conditions nouvelles pour l’époque de la mue et de la chute des cornes. En tout cas, les rennes se sont multipliés très rapidement dans ce milieu extraordinaire pour eux, si bien que les 23 exemplaires débarqués en 1909, 1911 et 1925 sont devenus en 1929 un troupeau de 400 à 500 têtes, bien que dans ces vingt dernières années, il ait été abattu 150 à 200 animaux (‘).
- Par cette acclimatation très réussie, les Norvégiens ont ainsi apporté de profondes perturbations dans la géographie zoologique. Non seulement ils ont transporté dans la zone australe un représentant de la faune arctique, mais encore ils ont introduit des mammifères terrestres dans une zone du globe qui en était dépourvue auparavant (2). Charles Rabot.
- 1. Olstad (O.). Trekk av Sydishavels dyreliv. (Noisk Geokgrafîsk Tidsskrift. Oslo. B. II. H. 8, 1929), et Olstad. Rats and Reindeer in the Antarctic. (Scientific Results of the Norwegian Antarctic Expéditions 1927-1928 and 1928-1929 instituted and ûnanced h y Consul Lars Christensen. n° 4).
- 2. Les baleiniers norvégiens ont introduit dans l’Antarctique un second mammifère. C’est le rat brun (Mus noruegicus Erxl) venu dans les cales des bateaux. Il à été observé à la Géorgie du Sud, et à l’île Déception (Shetlands du Sud) fréquentées par ces marins.
- D’autres chasseurs ont importéle lapin à Kerguelen. Dans ce nouveau domaine, ce rongeur s’est montré aussi prolifique que partout ailleurs, de telle sorte qu’il a détruit les meilleures pâtures de l’île qui auraient pu servir à l’élevage du mouton, au témoignage de Sir Douglas Mawson. Dans cette même île, rapporte cet explorateur, les chiens des traîneaux abandonnés par l’expédition du Gauss au début du siècle ont fait souche et sont revenus à l’état de loups.
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- - ACOUSTIQUE DES SALLES 2
- QUELQUES RÉALISATIONS DE L'ARCHITECTE A. PERRET
- Le problème de l’acoustique des salles est encore un de ceux devant lesquels la science moderne reste momentanément impuissante. Les quelques résultats heureux, obtenus en général tout à fait fortuitement, ne permettent pas d’établir des principes rigoureux; au contraire, les tentatives purement scientifiques ont souvent conduit à de retentissants échecs.
- Un peu de logique, du simple bon sens, beaucoup d’observation et d’expérience donneront certainement des résultats plus positifs que les calculs savants et les épures impressionnantes.
- Les souvenirs d’un lointain passé manquent de netteté et de régularité et peuvent d’autant moins nous servir que nous ignorons totalement quelles étaient les qualités
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- les plus prisées en ces temps-là. Les échos multiples pouvaient parfaitement plaire à certaines époques tandis que nous les considérons actuellement comme les plus graves défauts.
- En vérité, la tendance du siècle dernier qui s’appliquait à la forme d’ensemble des salles, s’est montrée généralement inopérante et souvent désastreuse. Il ne s’agit pas en effet de projeter les sonorités avec violence dans une direction déterminée ou de réaliser des foyers privi-
- légiés, mais au contraire de répartir les vibrations d’une façon uniforme.
- La forme générale de la salle n’a pas une importance déterminante. Quelques exemples de qualité nous le prouveront.
- Ce qui est déterminant, c’est la nature des parois qui se prêtent aux échos si elles sont dures, ou sont trop absorbantes si elles sont feutrées. Alors ? Alors, on cherche un moyen terme par de nombreux tâtonnements, par des combinaisons de deux défauts qui ne donneront jamais le jour à une qualité franche.
- Les vibrations refoulées brutalement par les parois planes et dures, absorbées par les parois tendres, doivent
- en réalité trouver aux limites de leur course, des « ressorts » qui les rendront sans heurt, en amortissant sans absorber en entretenant les ondes dans une atmosphère légèrement plus dense que celle de la salle. Seuls des matelas d’air, limités pour condenser les vibrations, pourront jouer ce rôle. Ces « condensateurs acoustiques » ont déjà fait leurs preuves depuis longtemps dans la facture instrumentale ; la caisse du violon en est une des plus parfaites réalisations.
- Il ne faut pas confondre « condensation » et « résonance ». Le résonateur est constitué, par un volume d’air déterminé mis en action par une seule note de l’excitateur — c’est le cas pour les tuyaux d’orgues — tandis que le « condensateur » est un matelas d’air qui absorbe les émissions brusques et les rend lentement en filtrant la sonorité, c’est-à-dire en développant le son fondamental au détriment des harmoniques aigus fournis par les excitateurs.
- Le violon se passerait parfaitement de caisse ou plus exactement de fond, mais alors, les sonorités seraient infiniment plus dures, plus criardes. C’était le cas pour les anciens banjos que l’on s’est empressé de munir d’une caisse.
- Le même dispositif adapté au piano a donné des résultats que les émissions par T. S. F. ont mis particulièrement en relief.
- Ce sont ces expériences qui ont mis en lumière le principe des « condensateurs acoustiques ».
- Mais pour l’application aux salles, la réalisation pratique n’est pas simple. En effet, si nous constituons dans les parois, des cases creuses communiquant avec l’intérieur par des ouïes, il restera toujours un maximum de surfaces dures contre lesquelles les vibrations se réfléchiront trop brutalement. Il faudrait donc adopter pour ces surfaces, des matières souples, offrant un minimum d’inertie, tel le papier ou les tissus employés dans la fabrication des diffuseurs. Pour réaliser des alvéoles dont l’air serait directement en contact avec la salle, on pourrait envisager l’emploi de tuyaux ronds ou hexagonaux, juxtaposés et fixés perpendiculairement aux parois, mais ce sont des éléments qui prendraient une place importante. Leur adoption pour le fond de la scène, derrière les exécutants et pour le fond des salles de forme allongée rendrait cependant de réels services.
- Reste enfin une solution intermédiaire qui consiste à faire communiquer les matelas d’air avec la salle par des fentes étendues, de préférence réglables en orientation et en dimensions, et de donner aux parois des formes convexes canalisant les vibrations vers les ouvertures. Ces formes auront une grande impoitance. Comme revêtement intérieur des murs, les plaques ondulées devraient être essayées, éventuellement avec des percements pratiqués dans les parties convexes.
- Un plafond dans lequel on fixerait une forêt de baguettes le faisant ressembler au dos d’un hérisson serait fort amélioré au point de vue acoustique. On pourrait éga-
- Fig. 3. — Vue intérieure de l’Eglise du Raincy. — Ph. Chevojon.
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- lement réaliser les doubles, parois au moyen d’éléments ayant la forme de gros champignons.
- Encore une fois, la théorie ou un principe général ne suffisent pas et il faudrait disposer d’un vaste laboratoire pour essayer de nom- ÇjTTT ^ breuses solutions. Cette organisation rendrait Tl T de grands services et épargnerait bien des déboires.
- Dans les dimensions à donner aux « condensateurs acoustiques », il faut dépasser la __
- capacité et le réglage d’orifice correspondant I
- à la note la plus basse pour éviter la résonance lJ---
- d’une note déterminée, ce qui produirait à certains moments des ronflements désagréables. C’est pour la même raison que des panneaux souples vaudront mieux que des panneaux élastiques, ces derniers ayant une vibration propre pouvaint concorder avec certaines notes.
- En résumé, l’expérience montre que la solution se trouve dans les alvéoles ou cloisonnements, limités au fond et sur les côtés par des matériaux durs, mais, vers la salle, soit par des panneaux durs et profilés, soit par des panneaux souples, à faible inertie.
- Ayant eu l’occasion de faire une expérience dans la salle des concerts de l’Ecole normale de musique de Paris, je fus émerveillé par la douceur et le charme des auditions. On peut dire que la Scala de Milan, par exemple, n’a pas de défaut acoustique, mais la salle de l’Ecole normale possède une qualité rare : elle chante. C’est ce qui fit dire à l’un de nos virtuoses du piano : « On nous promettait un violon, on nous a donné un stradivarius ». Il fallait percer le secret de cette réussite et après un examen général, je n’ai pas été peu surpris de retrouver une application assez poussée du principe de la « condensation » acoustique.
- Le plafond est muni d’un lanterneau d’aérage, de deux grands et de multiples condensateurs munis d’ouïes (fig. 1). Les parois verticales sont constituées par des panneaux de bois contreplaqué de 5 mm d’épaisseur fixés sur des traverses qui les maintiennent à quelques centimètres du mur en formant de nombreux matelas d’air qui cependant ne communiquent pas avec la salle. Je reste persuadé que le percement d’ouïes serait préférable encore, mais ici le bois mince, vibrant sur un matelas d’air, donne déjà un excellent résultat. La forme de la salle ? Un puits ! imposé malheureusement par les circonstances, mais preuve éclatante de l’affirmation : la forme générale de la salle n’a pas une importance déterminante.
- Le choix de ce local fait par certaines firmes étrangères qui viennent à grands frais avec leurs artistes, leur personnel et leur matériel pour y enregistrer des disques de phonographe est le plus beau des éloges.
- D’autres réalisations du même auteur, l’architecte Aug. Perret : le théâtre des Champs-Elysées, l’église du Raincy (fig. 2 et 3), ont les mêmes qualités acoustiques. Celles du théâtre ont été maintes fois proclamées par les chefs d’orchestres les plus exigeants.
- On remarquera dans le plan de l’église (fig. 2) le double
- Fig. 4. — Coupe et plan de la salle Pierre-Bordes à Alger. ( A. P erret, architecte. )
- plafond réalisant de grands « condensateurs acoustiques » munis d’ouïes constituées par les grandes rosaces très visibles sur la photographie (fig. 3).
- J’ai voulu savoir comment l’auteur de ces heureuses réalisations avait été amené à adopter ces matelas d’air et voici l’explication qui prouve ce que peut donner l’esprit d’observation.
- L architecte entendit un jour d’été, dans les Pyrénées, un chœur de pèlerins qui s’étaient groupés sous des
- Fig. 5. — Une partie de la salle Pierre-Bordes à Alger (A. Perret architecte.)
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- arbres très touffus. La douceur des harmonies contrastait avec les résultats obtenus à l’intérieur de l’église où les sonorités étaient dures et mêlées d’échos, tandis qu’en plein air et en terrain découvert, elles étaient ternes et froides. La voûte constituée par de larges feuilles réalisant entre elles des matelas d’air très élastiques donnait la solution idéale ; encore fallait-il adapter ce principe à des matériaux déterminés imposés par la construction et par l’architecture. Le problème a été résolu avec une réelle maîtrise. En confirmant un principe, ces solutions ouvrent un champ illimité aux recherches restées jusqu’ici si ardues et souvent si ingrates.
- La découverte ne s’applique pas seulement aux nouvelles salles à construire mais aussi à toutes celles qui ont de graves défauts acoustiques.
- Ici encore, M. Aug. Perret s’est appliqué à réaliser des éléments simples, faciles à adapter à des parois existantes. Les fig. 4 et 5 représentent une solution qui vient de donner des résultats fort encourageants dans une salle très vaste dont les défauts acoustiques étaient insupportables.
- Quand on aura réalisé les doubles parois munies d’ouies et communiquant entre elles dans le sens longitudinal, on s’apercevra peut-être que c’est par là qu’il sera préférable de conduire les sonorités au lieu de les envoyer directement dans le vaste espace occupé par les auditeurs. Pour les très grandes salles, de même que pour la correction des points faibles, les tuyaux acoustiques n’ont pas dit leur dernier mot.
- Il ne faut pas oublier que le haut-parleur est un instrument à table unique qui peut bénéficier grandement du principe des matelas d’air.
- Enfin, dans la campagne menée actuellement contre le bruit, on s’apercevra probablement que le problème consiste moins à supprimer la cause qu’à transformer les effets en les décomposant pour les rendre physiologiquement supportables.
- Il n’y a pas que les vibrations audibles qui influent sur notre système nerveux et un mal transposé peut devenir un bien.
- Au point de vue de l’isolement acoustique, l’architecte Aug. Perret a obtenu également des résultats concluants en partant du principe du cloisonnement. Deux orchestres au grand complet répètent quelquefois à la même heure et sans se gêner mutuellement dans des salles jumelles du Théâtre des Champs-Elysées, salles séparées par une simple cloison réalisée d’une façon extrêmement originale et à travers laquelle ne passe pas le moindre bruit.
- Le problème de l’amélioration acoustique et celui de l’isolement contre les bruits qui sont opposés dans leurs effets, dépendent donc d’éléments correctifs issus d’une même source.
- Dans un cas comme dans l’autre, que les chercheurs dirigent leurs études et leurs essais vers les meilleures réalisations des « matelas d’air ». Ils n’auront pas à le regretter.
- Paul Basiaux.
- LE REFROIDISSEMENT DES MOTEURS =
- D’AVIONS
- Le refroidissement des moteurs, autrement dit, l’évacuation des calories dégagées par la combustion et non transformées en travail et, comme conséquence, le maintien du métal à une température non dangereuse, constitue l’un des problèmes les plus ardus qu’ait à résoudre l’ingénieur d’aéronautique.
- Pour les avions et hydravions de course, pour lesquels la mise au point du moteur, et non celle de la cellule, constitue la tâche la plus délicate, la question du refroidissement devient primordiale. Il y a tout lieu de prévoir que les avions stratosphériques, et n’est-ce pas là la solution de l’avenir ? poseront à nouveau, et plus impérieusement encore, le problème.
- A l’heure actuelle, une société de construction de moteurs, l’une des plus importantes de France, étudie très sérieusement la question et poursuit la réalisation de très nombreux essais.
- Nous croyons savoir qu’elle aurait déjà obtenu des résultats remarquables; mais, sans qu’il nous soit possible d’anticiper sur l’avenir, nous pensons qu’il est intéressant d’entretenir nos lecteurs de l’état actuel de la question qui aboutira.
- Le refroidissement par air. — Les moteurs des avions aujourd’hui en service sont tous refroidis, soit par l’eau, soit par l’air. Dans les débuts de l’aviation, alors que l’unique problème était de « pouvoir voler », les moteurs, encore peu puissants, étaient exclusivement refroidis par l’air. C’était l’époque héroïque des moteurs rotatifs en étoile. Depuis, la puissance n’a pas cessé de croître; l’encombrement des moteurs, à air a augmenté dans les mêmes proportions. Aussi peut-on dire que pour ces types de moteurs les limites pratiques d’encombrement sont atteintes avec une puissance de 500 ch.
- Un moteur avec cylindres disposés en ligne permettrait de résoudre le problème. Mais là encore, le refroidissement crée un obstacle presque insurmontable. En effet, pour éviter les températures trop élevées, il faut canaliser l’air, ce qui a pour conséquence de compliquer le mécanisme et de rendre difficile l’accès aux organes essentiels. Si pour remédier à ce défaut d’accessibilité on supprime le recours au déflecteur d’air, on voit apparaître d’autres inconvénients dus au refroidissement inégal des cylindres.
- Les moteurs à eau. — Les progrès de la technique,
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- en même temps qu’ils créaient des nécessités nouvelles, permirent d’utiliser sur l’avion, comme cela est classique pour l’automobile, le moteur refroidi par circulation d’eau. Le moteur à eau est en réalité, tout comme les moteurs dits à air, un moteur à refroidissement par l’air; mais l’échange de chaleur se fait en deux étapes : les parois des cylindres sont refroidies par l’eau qui circule autour d’elles et cette eau, que l’on ne peut renouveler, cède sa chaleur à l’air par l’intermédiaire du radiateur. Cette méthode, bien que présentant l’avantage d’un refroidissement des cylindres sûr, régulier et constant, n’est pas sans inconvénient. Elle implique l’abandon des avantages du moteur à air : simplicité, légèreté, invulnérabilité. Malgré les progrès considérables de la métallurgie et de la construction mécanique, progrès qui ont permis d’obtenir des poids par cheval considérablement diminués, le moteur à eau n’est pas sans présenter de sérieux inconvénients qui font qu’aux États-Unis, les moteurs à air, du moins jusqu’à une certaine puissance, sont presque exclusivement employés. C’est que l’eau, par simple échaufïement, ne transporte que peu de chaleur : une calorie par kilogramme et par degré; et cette chaleur gagnée au contact des parois du cylindre, il faut à son tour la dissiper rapidement.
- C’est le rôle des radiateurs, organes présentant au contact de l’air une grande surface.
- Les radiateurs présentent donc l’inconvénient d’un encombrement souvent important, et toujours, en quelque endroit que ce soit, la place manque à bord d’un avion; autre conséquence obligée, les radiateurs offrent une grande résistance à l’avancement ; donc, augmentation de la traînée, et diminution de la vitesse pour une puissance donnée.
- Pour les avions racés, les appareils de course, exigeant des moteurs de très grande puissance, il faudrait trouver un mode de refroidissement ayant le bon fonctionnement des systèmes à liquides, présentant les avantages de légèreté, simplicité du moteur à air, sans posséder les inconvénients de poids et de résistance aérodynamique du moteur à eau.
- LES MÉTHODES NOUVELLES
- Du point de vue théorique, trois méthodes peuvent être envisagées.
- La première consiste dans l’emploi du refroidissement par vaporisation. Le liquide employé est l’eau. Celle-ci est transformée en vapeur dans les chemises des cylindres. En se vaporisant, 1 kg d’eau absorbe plus de 630 calories,
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- tandis qu’il faudrait, pour absorber la même quantité de chaleur, plus de 30 kg d’eau s’échauffant de 20° par exemple.
- Une deuxième méthode pourrait utiliser l’élévation de la température de fonctionnement du moteur, élévation obtenue en maintenant sous pression l’eau de refroidissement. Ainsi, sous une pression de 1 kg 750 par cm8, l’eau bout à 130° environ. La différence de température entre l’air extérieur, refroidisseur, et l’eau à refroidir, se trouve ainsi accrue d’une quantité importante, d’où augmentation du nombre de calories échangées.
- La troisième méthode, celle qui se présente le plus naturellement à l’esprit et, qui a donné lieu aux recherches les plus nombreuses, consiste dans l’emploi de liquides refroidisseurs à température d’ébullition plus élevée que celle de l’eau.
- Les avantages de ce système sont de plusieurs sortes : d’abord, comme dans le cas cité ci-dessus de l’eau sous
- pression, augmentation de la différence de température entre les radiateurs et l’air ambiant. La quantité de calories évacuées est proportionnelle à la différence de température entre les deux corps en contact. Cette différence est moindre et la somme totale de calories à céder à l’air ambiant est encore diminuée du fait de l’augmentation de la température de fonctionnement du moteur. Ces deux causes entraînent une réduction de la surface radiante nécessaire et par suite une diminution de la résis tan ce aérodynamique du radiateur.
- A ceci s’ajoute, comme conséquence avantageuse, une diminution de poids du liquidenécessaire et par suite de l’ensemble du système refroidisseur.
- Par contre, la diminution du remplissage des cylindres entraînera une perte de puissance du moteur, perte qui pourra être compensée en partie par l’amélioration du rendement thermique. Ces idées théoriques ont donné lieu à des essais nombreux tant en France qu’à l’étranger. Nous allons passer rapidement en revue ces réalisations pratiques et voir quels sont les résultats qui en ont été obtenus.
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- Le refroidissement par vaporisation. — Cette méthode, ainsi que nous l’indiquions ci-dessus, exige moins d’eau et règle automatiquement la température des chemises des cylindres à celle d’ébullition de l’eau à l’altitude considérée.
- Des essais assez nombreux furent effectués en Angle-
- Soupape de sûreté
- Tube de 22m.m avec trous de vapeur de 3 m.n
- Cylindres i.
- Fig. 1. — Refroidissement par vaporisation.
- Schéma de système de refroidissement par vaporisation employé sur l’avion de chasse Bristol, avec radiateur nid d’abeilles.
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- terre, quelques dangers se révélèrent. On avait prévu qu’il pourrait se former des poches de vapeur qui, n’étant pas balayées par la circulation d’eau, auraient pu créer des points chauds sur la culasse du moteur. Effectivement, lors des premiers essais, nombre d’incidents furent créés par des soupapes d’échappement chauffées ou des segments de pistons gommés.
- Ces difficultés peuvent être attribuées à une circulation irrégulièrement répartie des courants d’eau autour des cylindres. Les essais entrepris montrent qu’il y a une circulation différente pour chaque cylindre : la diminution de circulation se trouve accentuée par la formation de vapeur dans les chemises et il en résulte la surchauffe. C’est en modifiant les tubulures d’entrée que le courant d’eau pour chaque cylindre, ou même pour chaque bloc de cylindres, peut être égalisé. De plus, les tubulures de sortie doivent être suffisamment importantes pour que la vapeur dégagée entraîne avec elle aussi peu d’eau que possible.
- Dans les premiers essais effectués en Angleterre, l’avion utilisé 1 était équipé avec un radiateur nid d’abeilles triangulaire spécial, condensateur de vapeur. Il était placé au-dessus de la travée centrale. Le condenseur lui-même remplissait l’office de séparateur de vapeur.
- Le système est surtout intéressant, si les ailes elles-mêmes sont utilisées comme condenseur. Il faut alors que la quantité d’eau entraînée par la vapeur soit réduite au minimum. En effet, il ne faut pas qu’il y ait un poids d’eau excessif dans les ailes. De plus, en retenant une grande quantité d’eau dans les condenseurs, on risque d’entamer la réserve d’eau indispensable au bon refroidissement des chemises.
- Les seuls inconvénients enregistrés lors des essais furent de légères fuites au condenseur, fuites qui d’ailleurs furent facilement arrêtées.
- Les essais n’ont pas été assez nombreux pour qu’il soit permis de formuler une opinion catégorique sur la valeur du système. Celui-ci ne pourra être considéré comme fonctionnant d’une façon satisfaisante, tant qu’on enregistrera des pertes d’eau relativement importantes. Un avantage, intéressant dans certains cas,
- réside dans la diminution de la durée de la période d’échauffement du moteur : en effet, le réservoir ne contient qu’une faible quantité d’eau et la circulation ne commence que lorsqu’il y a vaporisation.
- En résumé, les avantages, outre celui déjà cité de rapidité d’échauffement du moteur au départ, résident dans la diminution du poids d’eau emporté, la régularisation de la température de fonctionnement et pour les appareils militaires, une possibilité plus longue de fonctionnement après perforation du radiateur par un projectile. La perte de vapeur est, en effet, beaucoup moins rapide avec un système refroidisseur à vaporisation que ne l’est la perte d’eau avec un système refroidisseur classique.
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- Le refroidissement par emploi d’eau sous pression. — Ce système qui peut présenter un gros intérêt poulies vols à haute altitude est à l’heure actuelle, en France, l’objet d’études de quelques constructeurs. Malgré ses avantages, la circulation sous pression est pratiquement très difficile à assurer. A la moindre fuite, l’eau se met à bouillir et le radiateur se. vide très rapidement. Malgré leur intérêt, les essais ne sont pas encore assez avancés pour que nous ayons pu obtenir du constructeur l’autorisation d’en publier les résultats.
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- Le refroidissement par liquide à point d’ébullition élevée. — C’est cette dernière méthode qni a donné lieu aux essais les plus intéressants, les plus nombreux et pour laquelle ont été obtenus, à ce jour, les résultats les plus probants.
- Et d’abord, quel peut être le liquide employé ? 11 doit satisfaire à un certain nombre d’exigences assez difficiles à concilier simultanément. Il faut d’abord, bien entendu, que sa température d’ébullition soit plus élevée que celle de l’eau, tout en ayant une température de congélation inférieure à 0°. Son ébullition doit être franche, sa température d’inflammation assez notoirement supérieure à celle choisie pour le fonctionnement.
- Il doit mouiller les surfaces et ne présenter que de faibles variations de sa viscosité dans les limites de températures de fonctionnement du moteur.
- Sa composition chimique doit être constante avec la température et il ne faut pas, bien entendu, qu’il attaque les parois avec lesquelles il est en contact.
- Enfin, sa chaleur - spécifique doit être la plus élevée possible.
- Des essais furent effectués avec différents liquides : glycérine, huile de transformateur, éthylène, glycol pur, aniline, diéthylène gly-col.
- Les différents liquides employés. — Les premiers essais, avec de l’aniline, ont été effectués, dès 1919, en Amérique. L’aniline bout à
- Fig. 2. — Montage du refroidissement par vaporisation à bord de l’avion Bristol.
- r n r Soypape desûreté.
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- Tubes de vapeur
- Pompe de condenseur
- Tube de condensation-Tube de va peur-
- Soupape de sûreté
- Soupape de sûreté ri
- Tube deau ,Pompe
- Retour d'eau condensée
- Event communiquant 'avec l'atmosphère
- Tube d aspiration
- litre Soupape de sûreté ’o!lecteur d’eau vRobinet de vidange
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- 184°,5 et se congèle à —6°; d’autres essais furent entrepris avec de la glycérine; mais celle-ci a une trop grande viscosité à basse température; elle ne peut circuler qu’à partir de 22° et encore à cette température elle ne se meut que très lentement; l’huile de transformateur bout à une température d’environ 200°, mais sa chaleur spécifique est trop faible pour que son emploi soit intéressant.
- Tous ces liquides, aniline, glycérine, huile de transformateur, furent successivement écartés ; les essais entrepris n’ont plus maintenant pour objet que l’étude du diéthylène glycol.
- Le prestone. — Ce diéthylène glycol, plus connu sous le nom industriel de prestone, est préparé à partir des gaz des puits de pétrole américains. Découvert par Würtz, il y a trois quarts de siècle, c’est le premier et le plus simple des alcools polyhédriques. 11 est incolore et inodore, transparent même. Il est très hygroscopique et est soluble dans l’eau en toutes proportions. Son point de congélation n’est pas très précis, mais il forme avec l’eau un mélange eutectique se solidifiant à — 50°. Malheureusement son point d’inflammation est trop bas.
- De nombreux essais ont été effectués avec le prestone, en Amérique, en Angleterre, en Allemagne et en France. La température de sortie du liquide est en général dans les environs de 150°.
- Dans tous les cas, on constate une baisse de puissance du moteur, celle-ci variant suivant les cas entre 3 et 7 pour 100. Par contre, il y a une économie due à l’emploi des hautes compressions. Des courbes furent dressées indiquant la variation de puissance développée (pour différentes températures de sortie du liquide refroidis-seur) en fonction du changement du rapport de compression. D’après les rapports américains l’économie maximum est obtenue à 82°,5 avec une perte de puissance de 7,5 pour 100; à 114° avec une perte de 6,5 pour 100 et à 149° avec une perte de puissance de 6 pour 100 seulement. L’emploi de ce liquide permet une réduction de poids du groupe motopropulseur assez importante. Pour une puissance supérieure à 600 ch, il apparaît comme possible de produire des groupes moteurs pesant environ 680 gr par ch, y
- Température moyenne du liquide
- Fig. 3. — Effet de la température moyenne du liquide refroidisseur sur la puissance.
- compris le radiateur, les tubulures et le liquide de refroidissement. C’est un chiffre comparable à celui des moteurs refroidis par l’air.
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- En conclusion, nous pouvons dire, d’après les résultats de ces différents essais, que par l’emploi du diéthylène-glycol, la consommation spécifique des moteurs se trouve diminuée, cette diminution pouvant atteindre 8 pour 100 à compression égale, la perte de puissance ne dépassant pas 7 pour 100 dans les plus mauvais essais; au total la consommation peut se trouver diminuée de 20 pour 100. La surface radiante étant diminuée de moitié et même plus, la traînée aérodynamique se trouve réduite dans les mêmes proportions. Enfin, pour un moteur de 600 cb. la réduction de poids du groupe moteur peut être évaluée à 90 gr par cheval.
- Pour les moteurs des appareils de course, le refroidissement par diéthylène-glycol présente des avantages certains. Mais nous croyons pouvoir dire, que dans un avenir pas trop éloigné, les résultats des essais entrepris en France permettront l’extension de ces méthodes aux moteurs d’utilisation courante.
- Jacques Desgranges.
- E L’ORIGINE ET L’ÉVOLUTION E DES COSTUMES RÉGIONAUX
- Le public, même cultivé, s’imagine généralement que les anciens costumes de nos campagnes, représentent une pure tradition particulariste, cristallisée depuis des siècles. Il n’en est rien. Les vieux costumes ruraux ne sont pas des produits du sol, mais des apports, plus ou moins modifiés, des métropoles. Loin d’être immobiles, ils ont évolué et n’ont cessé de se transformer que lorsqu’ils ont été frappés à mort (‘).
- 1. Bibliographie. — Pour la France, nous n’avons que de brèves études régionales, où, en général, le point de vue historique est négligé, sauf pour la Provence : J. Bourilly, Le costume en Provence au moyen
- âge, Aix, 1928; Mistral, Nouvelle prose d’almanach, Paris, Grasset 1927 (Le costume arlésien, p. 88 sqq)); J.-Ch. Roux, Le costume en Provence, Paris, 1904, 2 vol.; Le Bondidier, Les vieux costumes pyrê néens, Paris, 1918; Delà haye, L’ancien costume dauphinois, Lyon, 1929; J.-B. Bouillet. L’album auvergnat, Moulins, 1848; Maurice Bigot, Les coiffes bretonnes, Saint-Brieuc, 1928; E. Canziani, Coutumes, mœurs et légendes [de Savoie], Chambéry, 1920; A. Laugel, Costumes et coutumes d’Alsace, Strasbourg, 1902; H. Gelin, Costumes poitevins, Niort, 1896. Nombre de ces publications ont des illustrations. — Pour la Suisse et l’Allemagne, il y a deux bons ouvrages d’ensemble : Mme J. Heierli, Die Volkstrachlen der Schweiz, 2 vol., Zurich, 1924; Friedrich Hottenroth, Deutsche Volkstrachlen (costumes urbains et ruraux allemands du xvi® au xix® siècle), Francfort-sur-le-Mein, 3 vol. 1898-1902.
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- I. Origine des costumes régionaux. — Dans tous les pays où l’histoire des costumes ruraux a fait l’objet d’une étude scientifique, on est arrivé à la même conclusion. Le costume des paysannes d’Allemagne et de Suisse remonte au xvie siècle dans ses éléments essentiels, la jupe et le corselet, ainsi que pour la plupart des coiffes. Les costumes masculins, dans leur ensemble, ont des antécédents moins anciens, car l’homme, en cette matière, a été, jusqu’à nos jours, moins conservateur que la femme.
- En Suisse notamment, la plupart des costumes que portaient les paysans dans la seconde moitié du xxxe siècle (et qui, aujourd’hui, ont disparu en grande partie), dérivaient, avec certaines adaptations locales, de ceux des
- Fig. 1. — Ancien costume des paysans zurichois.
- patriciens du xviii0 siècle : ceux-ci suivaient, avec plus ou moins de retard, la mode de Paris.
- La vieille coiffure, aujourd’hui introuvable, des villageois du canton de Zurich (fîg. 1), c’est le tricorne Louis XV. Le vêtement national des Argoviens? c’est l’habit de la Convention et du Directoire. La culotte courte ? Nielle que portèrent les. gentilshommes jusqu’à la Révolution. Le bourgeois copie la Cour de Paris, le paysan l’imite à son tour; la mode chemine lentement, de la capitale à.la province, de la France à l’étranger, de la ville aux champs, de la plaine à la montagne. Et quand le berger d’Appenzell revêt la culotte et les bas de cérémonie de M. de Choiseul, Paris a fait plusieurs révolu-tiohs et en est, à son tour, à la mode anglaise : gibus, redingote, pantalon et lavallière dé 1850.
- En France, l’histoire des costumes ruraux reste à faire. Mais elle se présente de la même façon. Il suffit de suivre les gravures qui illustrent le volume consacré au costume (urbain) dans le Manuel d'archéologie française de Camille Enlart, pour y retrouver les prototypes de nombreuses coiffures, à ne s’en tenir qu’à cette partie du vêtement (il serait facile de compléter avec des collections d’anciennes estampes).
- La « frontière » de la Tarentaise (fîg. 2) est la simplification avec altération du nom, de la coiffure à frontel qu’on voit sur les effigies funéraires de Jeanne de la Tour (-j- 1435) et Françoise de Brézé (-j* 1460) aux Augus-tins d’Angers, et que rappelle, plus tard, la coiffure de Marie de Médicis. Le chapeau à deux bonjours du Bourbonnais et du Nivernais figure déjà, à très peu près, dans les Heures de Jean de Berri. Toutes les variétés d’« atours de lingerie » en faveur aux alentours de la Renaissance se retrouvent dans les coiffes rurales actuelles. L’aumusse, observe Enlart (p. 219) s’est perpétuée dans le capulet des Béarnaises. La vieille coiffe cauchoise, celle de Lan-grune (Calvados) (fig. 3), celle de l’Eure (1834, d’après Sébillot, ouvrage cité plus loin) représentent divers types du hennin, celle de Bessans (Maurienne) de la haute Ariège, de La Mothe-Sainte-IJéraye (Deux-Sèvres) des variantes du hennin tronqué. La coiffe dite longtemps « italienne »', encore portée dans quelques coins du Latium, conserve une vieille mode française dans le port du cheperon, que l’on voit sur diverses effigies tombales reproduites par Enlart dans ses figures 250, 251 et 254. En se rapprochant plus près de nous, la coiffe lorraine (fig. 4) est, à très peu près, celle que portaient les femmes du peuple à Paris pendant la Révolution et qu’on voyait encore en Auvergne (d’après Bouillet) vers 1850.
- Les coiffures des paysans remontent généralement moins haut. Toutefois le bonnet rouge catalan, qu’on voyait encore en Provence et en Italie du temps de Mistral ('), représente exactement le chaperon masculin, débarrassé de sa partie postérieure, tel qu’il était porté au xive siècle. Le haut bonnet de drap qui figure notamment dans les Heures de Jean de Berri a été conservé jusqu’à nos jours dans des régions archaïsantes d’Espagne et d’Italie, où je l’ai vu encore porté par quelques vieux pêcheurs de Ligurie et de Vénétie.
- U Album auvergnat de Bouillet (1853) nous donne d’intéressantes indications sur diverses survivances conservées chez les paysans de cette époque. A Cham-peix, les hommes portaient un large chapeau rond (comme les paysans actuels du Morbihan), type de la fin du xvne siècle; à Maringues, dans la plaine de la Limagne, plus près des influences urbaines, le tricorne Louis XV; dans la ville de Riom enfin, des bicornes très hauts, genre Directoire. Mon père (né en 1846) a vu dans son enfance à Monton, village conservateur, les derniers vieillards (paysans) qui portaient la culotte et le bicorne, mais aucun dans son village des Martres (situé sur une grande voie de communication et plus évolué). Côté femmes, j’ai
- 1. « A sa barreto escarlatirio, — coume an ligent di mar latino ». A son bonnet écarlate, comme en ont les gens des mers latines... (Mireille, chant II.)
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- encore vu, il y a moins d’un demi-siècle, une vieille bergère de Nonette portant la robe courte au pargané, dérivé simplifié, mais frappant, de la robe aux paniers de l’époque Louis XVI.
- Comme ensemble, l’un des exemples les plus frappants est celui du costume masculin breton, qui est une dérivation très nette du costume roturier du xvne siècle. Que l’on compare une estampe de Callot au vieux costume des monts d’Arrée (fig. 5) : guêtres, culotte, veste, gilet, chapeau, l’analogie est saisissante entre toutes les parties du vêtement.
- Le fichu disposé en pointe dans le dos des paysannes, tel qu’on le voit en Provence, en Maurienne, en Auvergne, en Bretagne et ailleurs, est la survivance d’une mode bien connue du xvnr siècle.
- Partout où l’on peut remonter aux origines, l’aboutissement est le même : les costumes ruraux tirent leur
- origine de tel ou tel costume citadin qu’ils ont conservé à travers les siècles, en le simplifiant ou le modifiant, mais en lui imprimant peu à peu une certaine rigidité. Comme en matière d’art ou de folklore, la campagne n’a rien créé : tout lui vient de la ville, costumes, coutumes, chansons (').
- Cette conclusion comporte un enseignement au point de vue régionaliste, en nous montrant qu’il ne faut pas Fig. 3. exagérer le particu-
- Ancien costume de Langrune {Calvados). larisme et que les
- membres, une fois de plus, ont toujours dépendu du moteur central, qu’on l’appelle estomac, cœur ou cerveau, — métropole sociale, capitale politique, foyer intellectuel.
- II. Transformation des costumes régionaux. —-Tant qu’un costume régional est vivant,il évolue, plus ou moins vite. On peut en donner de nombreux exemples, du moins pour la période moderne, car les documents antérieurs au xviiP siècle, voire au xixe, manquent pour la plupart des contrées.
- C’est sur la Provence que nous sommes le mieux renseignés. Pour nous en tenir à la période la plus voisine de nous, sur laquelle nous sommes le mieux documentés, quiconque visite à Arles le Musée Arlaten est frappé
- 1. Voir notamment la conclusion du livre d’Edgar Piguet, L'évolution de la pastourelle, Berthoud (Suisse), 1927, et les opinions analogues de MM. J. Bédier (littérature populaire), John Maier et Nau-mann (folklore), Mme Heierli (costumes), citées p. 175-177 (et les notes.).
- Fig. 2.
- Coiffe « frontière » : Haute-Tarenlaise.
- par la différence qu’offrent avec les costumes arlésiens actuels, ceux des Provençales du xvine siècle vulgarisés par Réattu, avec la camisolette et la capeline (fig. 6).(2).
- Dans une intéressante étude écrite en 1884 et reproduite dans la Nouvelle prose d'almanach, Mistral a retracé l’évolution de ce costume :
- « Une erreur assez commune, surtout hors de Provence, est de croire que le costume de nos Ar-lésiennes a toujours été tel quel, au
- temps passé. Le vêtement arlésien, tel qu’on le trouve aujourd’hui, est, au contraire, tout moderne; et les gens qui ont seulement une cinquantaine d’années peuvent avoir suivi les transformations qui l’ont fait tel que nous le voyons ».
- Le poète montre comment le costume actuel s’est formé peu à peu. Le fichu, mis à la mode par Marie-Antoinette, n’a été adopté en Provence qu’au début du règne de Louis-Philippe. Le ruban de velours de la coiffe date de 1830. A ce moment, les Arlésiennes portaient le chapeau « à la bérigoule », chapeau de paille plat qui s’est conservé jusqu’au début du xxe siècle chez les paysannes des Alpes-Maritimes et dans les Alpes italiennes jusqu’au delà de Bardonnèche (où les vieilles femmes le portaient en 1902). Le bonnet pointu, si caractéristique de la coiffe arlésienne, ne date que de 1848 : il représente (s’en serait-on douté ?) une stylisation du bonnet phrygien et s’appela, au début, « bonnet de la république ». A partir de ce moment, le bout du ruban retombe libre sur le côté droit.
- Puis «le ruban-diadème recule de plus en plus sur l’arrière de la tête, le chignon se fait petit, toujours plus petit ».
- La documentation de Mistral est précise et ne peut lais-
- 2. Celle-ci est à peu près celle qu’on voit sur les portraits de Marie Stuart,
- Catherine de Médicis, etc. et qui doit être, comme son nom l’indique, d’origine italienne.
- Fig.. 4.
- Costume de Lorraine.
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- ser place au doute. Là où le grand poète s’est trompé, c’est lorsqu’il a cru et écrit que ce cas était isolé et que « la plupart des costumes nationaux n’ont jamais subi de changement de mode ».
- Partout où notre documentation remonte à une période plus ou moins longue, souvent même de mémoire d’homme, on observe des évolutions du costume, plus ou moins rapides suivant l’époque, les milieux,
- . Fig. 5. —Ancien costume breton l’éloignement des
- de la Montagne d'Arrée. , .
- centres urbains.
- Nous avons de
- nombreux témoignages pour la Bretagne contemporaine. Le Dr Piquenard a écrit naguère une intéressante étude (*) sur l’évolution moderne du chupen et du jilet dans la région de Quimper.'
- Au sud-ouest de Quimper, l’évolution de la coiffe bigoudène (fig. 7 et 8) est particulièrement frappante : celle-ci est devenue de plus en plus haute et pointue chez les jeunes femmes, qui portent les cheveux bouffants, contrairement aux paysannes âgées. Pour le corsage, la jupe, les garnitures, la mode varie d’une année à l’autre : une personne fort bien informée, qui a des attaches dans la région, n’a jamais pu savoir d’où partait, chaque printemps, à Pont-l’Abbé, le mot d’ordre mystérieux qui est suivi aussi scrupuleusement par les paysannes que celui de la rue de la Paix par les élégantes de Paris.
- Si l’on passe aux hommes, il est facile de remarquer que, dans le sud du Finistère, et plus encore dans le Morbihan, jeunes et vieux ne portent pas le même type de chapeau (j’entends : de chapeau breton). Paul Sébillot avait fait des remarques analogues dans le nord-est de la Bretagne (*) : à Matignon (Côtes-du-Nord), il avait vu jusque vers 1860 des survivances du costume du premier Empire chez les paysans, comme mon père dans le Puy-de-Dôme, mais ici c’était le chapeau en feutre verni des matelots de Napoléon Ier et la veste courte, à collet piqué et rigide, dite « tout-rond »; il avait vu aussi (Bretagne du nord) des coiffures, genre hennin, qui se sont rétrécies peu à peu (3).
- Certaines évolutions se manifestent sur un vaste territoire à la même époque. Ainsi la tendance à montrer les
- 1. Lue au Congrès de Lesneven, publiée par la Revue de Bretagne puis (en librairie) à Vannes, 1904.
- 2. L'évolution du costume (Revue des traditions populaires, mai 1908.)
- 3. Mêmes changements en Poitou, d’après Sébillot. J’ai vu d’an-siennes gravures de coiffes saintongeaises qui ne rappelaient en rien celles qui étaient portées vers 1894.
- cheveux et à dégager le front, qui scandalisait les per' sonnes âgées, a été observée par Sébillot en Bretagne comme par moi-même en Auvergne. Vers la fin du siècle dernier, les vieilles paysannes de la Limagne portaient le bonnet rond très enfoncé (fig. 9), tandis que les jeunes de cette époque le relevaient pour dégager le front et les tempes, et avaient adopté un type plus allégé sans bordure tuyautée (fig. 10), formant un large papillon. Je présume (mais je ne peux l’affirmer faute de documents suffisants) que le « bonnet rond » de la basse Auvergne (dont le nom est français dans le patois local) est une mode relativement récente, et qu’il a remplacé la « coiffe au paillas » (fig. 11) conservée longtemps dans le village archaïsant de Saint-Babel; j’en ai vu, enfant, vers 1887-1893, quelques survivances, un peu plus au sud, à Nonette et Parentignat.
- III. Disparition progressive des costumes région naux. — Le remplacement des costumes ruraux par les costumes citadins, des costumes régionaux par ceux de la métropole n’est pas un phénomène nouveau. D’après ce qui précède, on a vu qu’à diverses époques, les modes de la ville, en particulier les modes de Paris, ont gagné les campagnes reculées, pour supplanter les costumes alors en usage. Ce qui est nouveau, c’est d’abord la rapidité avec laquelle la mode se propage, tandis qu’autre-fois elle cheminait lentement, surtout avant de gagner les masses paysannes; c’est ensuite l’uniformisation du costume. Jadis une mode donnée se répandait assez vite dans la noblesse de l’Europe occidentale, mais tous ou toutes, même dans ce milieu, ne l’adoptaient pas ; la variété restait la règle et le goût individuel conservait ses droits. La mode actuelle est devenue beaucoup plus tyrannique, ce qui avec les conditions de la vie moderne si centralisée empêche toute régionalisation ultérieure du costume. C’est l’aspect le plus pittoresque, le plus artis tique du particularisme qui s’en va.
- Comment et pourquoi disparaissept les costumes régionaux ? C’est, avant tout, une question de psychologie sociale. On peut dire, d’une façon générale, qu’ils ont été frappés de déchéance (comme les dialectes) du jour où la bourgeoisie n’en a plus fait usage, car dès lors, aux yeux des paysans, ils deviennent le symbole d’une infériorité de classe. L’intérêt que les touristes manifestent
- pig, 0, — Artésienne du XVIIIe siècle et Artésienne de nos ours.
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- à leur égard achève de les discréditer aux yeux des intéressés : on ne saurait croire combien la plupart des paysannes sont vexées ou irritées d’être regardées comme des bêtes curieuses. Elles sont donc ridicules ? Elles ne sont plus à la mode ? Du jour où la mode locale est déconsidérée et qu’on fait appel à la grande ville, c’en est fait du costume. J’ai été très frappé d’un fait qu’on m’a signalé en pays bigouden : plusieurs paysannes qui portent la coiffe en semaine la quittent le dimanche, s’estimant plus habillées avec un chapeau « parisien ». Un autre facteur est intervenu : le prix élevé de ces costumes, qui fait obstacle à leur remplacement.
- Le costume masculin disparaît partout plus rapidement ; contrairement à ce qu’on croit, la paysanne, jusqu’à nos jours, s’est montrée plus conservatrice, plus rebelle que l’homme à la mode de la métropole. Elle a d’ailleurs été plus sédentaire, l’homme voyageant davantage (service militaire, émigration saisonnière, etc.). Bretagne à part, on peut dire que les costumes régionaux masculins n’existent plus en France, à de rares exceptions près (par exemple les gardians de la Camargue). Ils sont en voie de disparition en Espagne, Suisse, Allemagne, mais encore bien conservés dans quelques coins de Hollande (Vollendam, Marken), dans les Alpes autrichiennes et dans les pays slaves (pour ne pas aller plus loin).
- Quant au costume féminin, en dépit d’efforts louables
- Fig. 8. — Brodeuses bigoudènes d’aujourd’hui.
- Fig. 7. — Bigoudènes portant l'ancienne coiffe (région de Pont-l’Abbè,
- Finistère).
- pour le sauver (comme les fêtes félibréennes de Provence et les fêtes du costume de Savoie), il perd du terrain très rapidement. En 1888-1894, les coiffes paysannes étaient encore très nombreuses aux environs de Saint-Malo et de Royan (celles-ci fort variées) : on n’en voit plus une seule. Dans le Puy-de-Dôme, le bonnet rond n’est plus porté que par les vieilles paysannes. Dans la vallée d’Ossau (Basses-Pyrénées) on ne voit plus les costumes que pour les fêtes et cérémonies ; il en sera bientôt de même à Arles. Une double anecdote montrera combien certains efforts sont factices : Mistral, de son vivant, avait voulu que sa femme portât le costume arlésien, et Botrel avait imposé de même le costume breton à la sienne ; après la mort de leur mari, chacune des deux veuves a quitté aussitôt le costume régional. v
- Les derniers costumes féminins encore vivants en France se trouvent dans les régions les plus archaïsantes, éloignées de Paris : quelques vallées des Alpes (Taren-taise, Maurienne, Briançonnais), le cœur du Massif Central, une partie du Roussillon, quelques coins reculés du Poitou, et surtout le centre et l’ouest de la Bretagne, où l’on peut voir, pour quelque temps encore, un ensemble pittoresque des plus variés.
- Les causes de la plus grande résistance de certaines régions sont souvent complexes. Si l’écart des grands centres et des voies de communications importantes est
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- un facteur capital, ainsi que l’isolement de certaines vallées montagneuses, si l’émigration temporaire accélère au contraire la disparition, il ne faut pas conclure que les costumes ne sont conservés que par les populations arriérées : en Suisse, par exemple, il y a des cantons très évolués, comme ceux d’Appenzell et d’Unterwalden, qui les ont gardés. Entrent aussi en ligne de compte le culte de la tradition et, plus encore peut être, la force du sentiment collectif, l’emprise de la collectivité (paroissiale, communale) sur l’individu, qui n’ose pas s’en dégager : c’est le cas de la Bretagne, et, à un degré moindre, de certains cantons ou vallées suisses.
- Il est à remarquer que le costume ne s’en va pas tout d’un coup, mais est remplacé pièce à pièce. Fait curieux : c’est la partie inférieure qui se transforme d’abord,
- montent un pantalon de type courant. De même pour les femmes : le corsage régional se conserve plus longtemps que la jupe; en Auvergne, les plus vieilles paysannes que j’ai connues dans mon enfance avaient une jupe que rien ne singularisait (sauf une seule, au pargané, dont j’ai parlé plus haut),tandis qu’elles portaient toutes, et même de plus jeunes, le coule (fichu) avec la pointe dans le dos. Partout c’est la coiffe qui se maintient la dernière, sans doute parce que la femme répugnait à changer ses habitudes de coiffure.
- Je n’ai noté qu’une exception : dans le canton de Berne, j’ai vu, l’été, de nombreuses paysannes avec le costume complet, sauf la coiffe, remplacée par un chapeau de paille à la mode (disparate horrible). Je suppose qu’il y avait une raison d’ordre pratique, car la
- Fig. 9. — Costume de vieille femme, Fig. 10.
- vers 1890-1895, Costume de jeune fille de la même région,
- de la région de Clermont et Jssoire. vers 1895.
- Fig. 11.
- Ancienne coiffe « au paillas » de la région d’Issoire.
- tandis que la coiffure subsiste fa dernière. A priori, on s’attendrait à l’inverse ; si l’on veut se mettre à la mode, n’est-ce pas la coiffure qui attire surtout le regard, tandis qu’on prête peu d’attention à la chaussure, qui joue surtout un rôle pratique ?
- En fait, c’est le soulier qui est le premier apport de la mode parisienne : on voit le soulier à talon Pompadour s’associer à des costumes régionaux, bretons, arlésiens, etc., qu’il dépare d’ailleurs complètement. Et cela n’est pas spécial à la France : on a signalé, en Algérie, des Ouled-Naïls, au costume intact, avec le soulier Louis XV, et j’ai vu récemment au Maroc des femmes indigènes dans le même cas.
- Sébillot a observé qu’en Bretagne le bragou disparaissait avant la veste. Aujourd’hui le bragou est introuvable : veste et gilets bretons, là où ils subsistent, sur-
- coiffe bernoise, évasée, garantit mal contre, le soleil.
- On voit quels problèmes d’ordres divers soulève l’évolution des costumes régionaux en France.
- Espérons qu’un érudit sera tenté un jour par ce beau sujet et nous donnera le pendant des ouvrages que possèdent déjà l’Allemagne et la Suisse.
- Pour écrire cette histoire, les matériaux ne font pas défaut, en particulier les vieilles gravures et estampes : encore faut-il avoir la patience de colliger ces documents, de réunir et de classer les observations de notre époque, et de les interpréter sans parti pris en recherchant les filiations des divers types et en laissant parler les faits.
- C’est une étude à entreprendre sans tarder.
- Albert Dauzat.
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- = LE RAYONNEMENT NOCTURNE = ET LA LUTTE CONTRE LES GELÉES
- Tous les corps exposés à l’air libre au cours d’une nuit claire éprouvent un refroidissement plus ou moins considérable et leur température devient inférieure à celle de l’air ambiant. Le refroidissement est très aisément appréciable lorsque le corps exposé à l’air libre est une substance filamenteuse telle que coton, duvet, brins d’herbe, susceptible d’emmagasiner beaucoup d’air. Un thermomètre plongé dans la masse peut, par une belle nuit claire, indiquer une température de plusieurs degrés inférieure à celle d’un thermomètre ordinaire placé à côté verticalement dans sa monture de bois. Le physicien Pouillet, il y a une centaine d’années, avait imaginé un petit appareil basé sur ce principe, pour apprécier le refroidissement nocturne et en suivre les variations avec les conditions météorologiques. Il lui avait donné le nom d’actinomètre à duvet de cygne. C’était un simple cylindre de fer-blanc comportant deux enveloppes séparées par du duvet. Le thermomètre était disposé au centre du cylindre intérieur, au-dessus de quatre disques superposés, également recouverts de duvet. On en comparait la température avec celle d’un thermomètre placé verticalement à côté de l’appareil.
- L’appareil de Pouillet permettait surtout de constater l’existence d’un refroidissement des corps à l’air libre. En modifiant légèrement le dispositif utilisé, il a été facile de débrouiller les lois relatives à ce refroidissement. On a utilisé pour cela deux thermomètres identiques dont on entoure les réservoirs d’un étui en fer-blanc, la surface extérieure de l’un des étuis étant polie tandis que l’autre est recouverte de noir de fumée. Si l’on dispose côte à côte horizontalement les deux thermomètres armés de leurs étuis, on constate que la température indiquée par le thermomètre entouré de la gaine noircie est toujours inférieure à celle indiquée par le thermomètre dont la gaine est polie. L’écart par temps clair atteint aisément 1°,5 à 2°. Ce résultat montre que le refroidissement d’un corps dépend de l’état de sa surface et est, toute autre chose égale, plus grand pour un corps noir que pour un corps brillant. Le refroidissement est beaucoup plus intense lorsque le thermomètre est entouré d’une substance filamenteuse, telle que coton, brin d’herbe, duvet, ou, plus simplement, lorsqu’il est posé sur l’herbe.
- Le refroidissement indiqué par le thermomètre diminue et peut s’annuler complètement lorsqu’apparaissent des nuages dans le ciel ou que l’on dispose au-dessus de lui le moindre abri constitué par une planche ou même un simple mouchoir de poche. Ainsi une table étant disposée à l’air libre par une nuit sereine, un thermomètre placé horizontalement au-dessus de la table, surtout si son réservoir a été noirci, marquera toujours une température nettement inférieure à celle d’un thermomètre identique disposé au-dessous. Le vent a pour effet d’atténuer le refroidissement des corps exposés à l’air libre, sans toutefois le supprimer lorsque le ciel est découvert.
- EXPLICATION GÉNÉRALE DU REFROIDISSEMENT NOCTURNE QU’ÉPROUVENT LES CORPS EXPOSÉS A L’AIR LIBRE
- L’interprétation de ces faits doit être rattachée à l’émission qui amène, par rayonnement d’ondes électromagnétiques, le refroidissement de tout corps dont la température est supérieure à celle du zéro absolu, et cette condition est toujours réalisée puisque la température du zéro absolu est impossible à atteindre. Le rayonnement, qui se propage à travers l’espace vide à la vitesse de la lumière, comprend théoriquement toute l’échelle des longueurs d’onde, depuis l’infra-rouge jusqu’à l’ultra-violet. Pratiquement, les seules radiations émises avec une intensité décelable s’étendent de part et d’autre d’une valeur moyenne de la longueur d’onde, d’autant plus faible que la température est plus élevée. Un corps très chaud comme le filament d’une lampe à incandescence fournit un rayonnement s’étendant de l’infra-rouge à l’ultra-violet et comprenant tout le spectre visible. Un morceau de fer porté au rouge sombre n’émet pas de radiations vertes, bleues, violettes ou ultra-violettes en quantité appréciable. L’émission n’est guère perceptible que dans le rouge, mais elle se continue loin dans l’infra-rouge où se trouve son maximum. Les parois d’un poêle, celles d’une bouillotte ou d’un corps quelconque pris à la température ambiante émettent un rayonnement qui se trouve tout entier dans l’infra-rouge.
- Le rayonnement émis par les corps constitue une forme particulière de l’énergie qui ne peut être produite qu’aux dépens d’une autre forme d’énergie, par exemple de la chaleur. Dans tous les exemples que nous venons d’envisager, l’énergie rayonnante est produite aux dépens d’une certaine quantité de chaleur empruntée au corps qui l’émet et, de ce fait, le corps a tendance à se refroidir si la perte d’énergie dont il est le siège n’est pas compensée par un apport extérieur.
- D’une manière plus générale, tout corps émet, sous forme d’ondes électromagnétiques de même nature que la lumière, un rayonnement complexe qui entraîne une perte de chaleur. D’autre part, il reçoit de tous les corps qui l’entourent un rayonnement qu’il absorbe sous forme de chaleur. Il peut également gagner ou perdre de la chaleur par conduction et convection. Il se refroidit si le total de l’énergie qu’il émet surpasse le total de Pénergie qu’il absorbe; il s’échauffe dans le cas contraire; enfin si les gains et les pertes s’équilibrent, sa température demeure stationnaire.
- Ceci nous permet de comprendre en gros que si les corps exposés à l’air libre se refroidissent au cours d’une nuit sereine, c’est qu’ils perdent plus d’énergie qu’ils n’en reçoivent. La température s’abaisse jusqu’à ce que l’énergie émise, qui diminue avec la température, devienne exactement égale à l’énergie absorbée. A partir de ce moment la température garde une valeur invariable.
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- Pour préciser les modalités suivant lesquelles s’accomplissent les échanges d’énergie entre le corps qui rayonne et l’ensemble des objets avoisinants, il ne sera peut-être pas inutile de rappeler quelques résultats généraux relatifs à l’émission des corps sous forme de rayonnement thermique.
- Un corps est dit noir, et une surface recouverte de noir de fumée remplit à peu près ce rôle, s’il absorbe et transforme en chaleur toutes les radiations qui le frappent; on dit que son pouvoir absorbant est égal à l’unité. Les autres corps n’absorbent jamais d’un rayonnement qui les frappe qu’une fraction inférieure à l’unité. La fraction des radiations qui n’est pas absorbée est renvoyée par diffusion ou réflexion. Une feuille de papier blanc qui renvoie par diffusion une grande partie de la lumière qu’elle reçoit, une lame d’un métal poli fonctionnant comme un miroir ont un pouvoir absorbant très faible.
- Un premier résultat général, établi théoriquement par Kirchhoff et vérifié par un grand nombre d’expériences, est que le pouvoir émissif d’un corps est, toutes autres choses égales, proportionnel à son pouvoir absorbant. Les corps noirs qui ont le plus grand pouvoir absorbant sont aussi ceux qui sont doués du plus grand pouvoir émissif. Un autre résultat tout à fait général est que le rayonnement émis croît très vite avec la température. Stéfan a montré que, pour les corps noirs, il varie proportionnellement à la quatrième puissance de la température absolue, c’est-à-dire de la température comptée à partir de —• 273°, qui est le zéro absolu. Un corps noir à la température de 600° absolus (+320° C) émettra seize fois plus d’énergie rayonnante qu’à la température de 300° absolus (-f- 27° C).
- Pour un corps non noir, il n’existe plus de relation simple entre l’énergie émise et la température du corps. Tout ce qu’on peut dire de plus général, c’est que l’énergie émise est toujours inférieure à celle qu’émettrait le corps noir à la même température; elle est égale au produit de celle qu’émettrait le corps noir par le pouvoir absorbant moyen de la surface rayonnante considérée. Si le pouvoir absorbant est 0,7, l’énergie émise dans un temps donné par une certaine surface du corps non noir sera égale aux 7/10 de celle qu’émettrait dans le même temps une surface égale du corps noir.
- INTERPRÉTATION DES DIVERSES PARTICULARITÉS DU REFROIDISSEMENT NOCTURNE
- Les quelques données théoriques que nous venons de rappeler permettent de comprendre pourquoi un corps exposé à l’air libre pendant la. nuit se refroidit. Supposons tout d’abord pour simplifier, qu’il s’agisse d’un corps présentant une surface noire horizontale dont la température soit initialement égale à celle de l’air ambiant, 15° par exemple. La surface noire émet vers l’espace un certain rayonnement Q, facile à calculer d’après sa température. L’atmosphère envoie sur le corps un rayonnement qu’il absorbe en totalité puisque sa surface est noire; mais le rayonnement q ainsi envoyé par l’atmosphère sur le corps est toujours inférieur à celui qu’émet le corps, d’une part parce que l’atmosphère est loin
- d’être assimilable à un corps noir, d’autre part parce que sa température, qui décroît avec l’altitude, est en moyenne très inférieure à celle qui règne au voisinage du sol. Finalement l’énergie r définitivement perdue par le corps rayonnant sera égale à la différence Q — q entre l’émission et l’absorption relatives à sa surface rayonnante :
- r=Q — q
- Le corps perdant plus d’énergie qu’il n’en reçoit va se refroidir; mais sa température ne s’abaisse pas indéfiniment, car, au fur et à mesure qu’elle s’écarte davantage de celle que possède l’air avoisinant, le corps reçoit de cet air, par conduction ou convection, une quantité de plus en plus grande de chaleur qui finit par compenser les pertes : la déperdition d’énergie par rayonnement r est alors exactement compensée grâce aux apports de l’air ambiant par convection et conduction, et la température du corps demeure stationnaire. Ainsi le refroidissement éprouvé par le corps est déterminé par la condition que l’énergie r qu’il perd par rayonnement vers l’espace, soit compensée par celle que lui apportent l’air ambiant et les corps avoisinants. Les diverses particularités que l’observation révèle sur le refroidissement des corps exposés à l’air libre pendant la nuit s’interprètent alors simplement.
- 1° Lorsque le temps est couvert, le pouvoir absorbant de l’atmosphère, et par suite son pouvoir émissif, deviennent plus grands. Le rayonnement q qu’elle envoie sur la surface du corps allant en augmentant, on conçoit que la perte r éprouvée par cette surface devienne plus faible et par suite que l’abaissement de température éprouvé par le corps aille aussi en diminuant;
- 2° Si au-dessus de la surface rayonnante du corps on dispose un écran, le corps exposé à l’air libre n’échange plus de radiations avec l’ensemble de l’atmosphère qui est, en moyenne, beaucoup plus froide que lui, mais seulement avec l’écran qui est à peu près à la même température. Dans ces conditions, le rayonnement envoyé par l’écran sur la surface du corps est très sensiblement égal au rayonnement que cette surface émet et on conçoit que la température du corps ne s’abaisse pas. C’est par un mécanisme analogue que les serres protègent contre le refroidissement nocturne les plantes qu’on y enferme : le verre à vitre se comportant très sensiblement comme un corps noir pour les radiations infra-rouges, les seules qui interviennent pendant la nuit, envoie vers les corps contenus dans la serre autant d’énergie que ceux-ci en perdent par rayonnement. Le seul refroidissement que puissent éprouver les corps situés à l’intérieur de la serre provient de la conduction à travers les parois qui sont au contact de l’air ambiant dont la température est plus basse. On conçoit de même que tout ce qui dans l’atmosphère peut jouer le rôle d’écran diminue le refroidissement nocturne des corps qui se trouvent au-dessous : ainsi la température d’un corps exposé à l’air libre sera-t-elle moins basse sous un arbre qu’en terrain découvert;
- 3° Le vent a pour effet de favoriser les échanges de chaleur entre le corps et l’air, l’air étant toujours plus chaud que le corps, la chaleur que celui-ci reçoit par
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- convection est plus considérable et son refroidissement est moindre.
- LE RAYONNEMENT NOCTURNE
- Si donc les corps exposés à l’air libre se refroidissent au cours d’une nuit sereine, c’est qu’ils émettent vers l’espace un rayonnement supérieur à celui qu’ils en reçoivent. Leur refroidissement provient du rayonnement effectivement perdu et l’on conçoit l’intérêt qu’il peut y avoir à définir et à mesurer avec précision ce rayonnement.
- On donne le nom de rayonnement nocturne à la quantité d’énergie que perd par unité de temps 1 cm2 d’une surface noire horizontale exposée à l’air libre et dont la température est celle de l’air ambiant. Cette énergie perdue par unité de temps doit s’évaluer en unités de puissance. On pourrait prendre l’erg par seconde ou encore le joule par seconde (c’est-à-dire le watt). Les météorologistes préfèrent habituellement exprimer le rayonnement nocturne en petites calories par minute.
- Pour l’évaluation de ce rayonnement nocturne, on peut, en principe, utiliser l’un quelconque des nombreux
- actinomètres destinés à la mesure du rayonnement solaire.
- Le principe de tels instruments est très simple. Considérons une boîte cylindrique ABCD pleine d’eau ou de mercure, dont l’une des faces AB a été recouverte de noir de fumée (fig. 1), un thermomètre, dont le réservoir se trouve dans l’eau ou le mercure, permettant d’en suivre la température. Pour mesurer le rayonnement nocturne, il suffira de disposer l’appareil à l’air libre pendant la nuit, de façon que la face AB soit horizontale et tournée vers le zénith. Sous l’influence du rayonnement émis par la face AB, le liquide contenu dans la boîte va se refroidir et de l’abaissement de température qu’il éprouve pendant un temps donné on pourra déduire la quantité de chaleur qu’a perdue la surface AB par rayonnement vers le zénith, pendant le même temps. En réalité le dispositif précédent manquerait de précision à cause des échanges de chaleur par conduction et convection qui se produisent entre la boîte et le milieu ambiant et dont il est difficile de tenir compte. Il faudrait se livrer à des corrections dont le calcul serait incertain.
- Des dispositifs ont été mis au point, en vue principalement d’éviter ces corrections. L’un des plus précis est celui de Knut Angstrom, le célèbre physicien suédois, très connu par ses recherches sur le rayonnement solaire. Deux petites lames métalliques sont fixées côte à côte sur un cadre horizontal. Les lames sont constituées par le même métal et sont physiquement identiques, mais l’une d’elles e^t noircie sur sa face supérieure tandis que
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- l’autre est polie et brillante. Les faces inférieures sont en contact avec deux soudures thermoélectriques faisant partie d’un circuit qui comprend un galvanomètre sensible.
- Quand l’appareil est exposé à l’air libre, pendant la nuit, la lame noircie se refroidit plus que la lame brillante. L’équilibre de température est détruit et le galvanomètre dévie. En faisant passer un courant électrique à travers la lame noircie, on rétablit l’équilibre de température et on ramène le galvanomètre au zéro (').
- La théorie de l’appareil montre que la puissance rayonnée par la lame noire est proportionnelle au carré de l’intensité du courant compensateur. Il suffit d’étalonner l’instrument en le faisant rayonner vers un corps noir à température connue de manière qu’on puisse calculer aisément les échanges de chaleur (2).
- Mais on peut faire de bonnes mesures de rayonnement nocturne au moyen d’une simple pile thermoélectrique, par exemple au moyen de ces piles thermoélectriques dites de Melloni, qu’on trouve dans tous les cabinets de physique. C’est ce que j’ai montré au cours de recherches déjà anciennes sur le rayonnement nocturne. On dispose la pile verticalement de manière qu’un groupe de soudures A (fig. 2) soit dirigé vers le zénith et l’autre B vers une lame brillante de métal L dont le pouvoir émissif est faible de façon que sa température soit celle de l’air ambiant; un écran en carton E, fixé sur la monture de la pile, empêche d’ailleurs la lame de métal placée sous les soudures B de se refroidir par rayonnement vers l’atmosphère.
- Dans ces conditions, la face A de la pile prend une température inférieure à celle de B, la différence de température étant d’autant plus grande que le rayonnement nocturne est plus intense. Un galvanomètre inséré dans le circuit de la pile fournit des déviations proportionnelles au rayonnement nocturne.
- Pour suivre commodément la variation qu’éprouve le rayonnement nocturne au cours de la nuit, il est commode d’utiliser un galvanomètre enregistreur dont
- 1. Afin d'éviter l’influence des courants de convection, on dispose les lames aussi près que possible l’une de l’autre et on emploie non pas deux, mais quatre lames, alternativement brillantes et noires, montées parallèlement sur le même cadre à 1 mm de distance.
- 2. On dispose l’appareil au centre d’une cavité hémisphérique noire dont les parois sont à une température 0 inférieure à la température T des lames. La puissance r perdue par la lame noire est donnée par la loi de Stéfan :
- r = cr (T4 — O4), \
- T et O désignant les températures absolues. En mesurant l’intensité i du courant compensateur pour diverses valeurs de 0 et de T, on constate qu’il y a proportionnalité entre g (T* — G4) et i2.
- Ou peut donc poser : !
- ' r = K i2. . I 1 ; j
- La mesure simultanée de T, 0 et i fait connaître la constante'instrumentale K. .i . ! ' ' . ‘'i '
- Fig. 1. •— Disposition schématique d’un aclinomètre.
- Fig. 2. •—- Pile de Melloni disposée pour l’élude du rayonnement nocturne.
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- Fig. 3. — Courbe d’enregistrement du rayonnement nocturne, Montpellier 14 et 15 janvier 1916. — Nuit claire.
- l’aiguille fournit un pointé toutes les minutes. J’ai fait ainsi autrefois de nombreux enregistrements du rayonnement nocturne. La figure 3 reproduit l’un de ces enregistrements obtenu au cours d’une nuit claire. On y voit que le rayonnement passe par un maximum peu après le coucher du soleil et décroît ensuite lentement et régulièrement jusqu’au matin.
- L’enregistrement sur la figure 4 est intéressant à considérer parce qu’on distingue nettement l’effet des nuages.
- Le ciel étant resté clair jusque vers 22 h, le rayonnement avait une valeur normale. Mais, à ce moment-là, le ciel s’étant couvert complètement par suite de l’arrivée d’un brouillard, le rayonnement est tombé sensiblement à zéro et est demeuré nul tout le reste de la nuit.
- Knut Angstrôm a également construit un appareil très simple permettant d’évaluer le rayonnement total au cours d’un intervalle de temps donné, d’une nuit entière par exemple, et fonctionnant comme un appareil intégrateur. Il utilise la propriété que possède une vapeur saturée de se condenser par refroidissement. Il comprend un réservoir e, en verre, contenant de l’éther, à l’intérieur duquel est soudé un deuxième réservoir l terminé par un tube vertical gradué b b d’environ 15 cm de longueur. Au-dessus du réservoir intérieur, se trouve la surface s noircie sur sa face externe. Une enveloppe métallique entoure l’appareil de toutes parts, laissant seulement un trou circulaire au travers duquel la cavité noircie peut rayonner vers l’atmosphère. Le refroidissement qui en résulte condense, sur sa face interne, de l’éther qui tombe goutte à goutte dans l’entonnoir et se rassemble dans le tube gradué. La hauteur d’éther recueilli au cours d’une nuit permet d’apprécier la valeur moyenne du rayonnement pendant la nuit.
- L’expérience étant terminée, on peut, en renversant
- l’appareil, ramener l’éther dans e, et l’instrument est alors prêt à servir pour de nouvelles observations.
- QUELQUES RÉSULTATS DES MESURES DE RAYONNEMENT NOCTURNE
- Des nombreuses mesures qui ont été faites sur le rayonnement nocturne dans divers pays, en Algérie et aux États-Unis par Anders Angstrôm, aux États-Unis par Kimball, en France par moi-même, on peut dégager quelques résultats généraux concernant ce phénomène.
- 1° Tandis que le rayonnement solaire qui parvient à la surface du sol est affaibli par la présence de poussières dans l’atmosphère, présence qui se traduit par une diminution dans la polarisation de la lumière diffusée par le ciel, on n’observe rien de semblable concernant le rayonnement nocturne : les valeurs de ce rayonnement sont à peu près indépendantes de la valeur que possède la polarisation de la lumière du ciel un peu avant le coucher du soleil ou un peu après son lever;
- 2° L’intensité du rayonnement nocturne croît avec la température de l’air au point où se fait 1’observation, c’est-à-dire avec la température de la surface rayonnante; elle varie en sens inverse de la pression que possède la vapeur d’eau dans l’atmosphère ambiante;
- 3° Au cours d’une nuit sereine, l’intensité du rayonnement nocturne prend sa plus grande valeur au moment du coucher du soleil puis décroît lentement et régulièrement jusqu’au matin;
- 4° Dans nos climats l’intensité du rayonnement nocturne est d’un ordre de grandeur voisin de 0,150 calorie par centimètre carré et par minute, ce qui fait environ
- 9 calories par heure et 90 calories pour une nuit de
- 10 heures. Cette perte de chaleur du corps rayonnant peut être compensée en partie par les apports extérieurs provenant de la convection, de la conduction ou du rayonnement de corps voisins. Elle peut l’être aussi par la formation de rosée : sous une température de 10°, la condensation d’un gramme de vapeur d’eau dégage environ 600 petites calories, en sorte qu’il suffirait d’un dépôt de rosée de 0 gr 15 par centimètre carré qui formerait sur celle-ci une couche de 1 mm 5 d’épaisseur, pour compenser la chaleur perdue par rayonnement au cours de la nuit. Par temps couvert, le rayonnement nocturne diminue dans de grandes proportions sans toutefois
- s’annuler jamais complètement.
- A QUOI SONT DUES LES GELÉES DE PRINTEMPS ET D’AUTOMNE
- Les récoltes sont souvent durement atteintes par les gelées tardives de printemps ou les gelées précoces de l’automne. Ces gelées font le désespoir des agriculteurs en général et des jardiniers en particulier qui ont depuis très longtemps observé les conditions dans lesquelles elles se produisent. Ils ont remarqué, qu’elles sont particulièrement à redouter lorsque les nuits sont claires et que la lune
- Fig. 4. — Courbe d'enregistrement du rayonnement nocturne; Montpellier 23 et 24 janvier 1916.—Nuit claire jusque vers 22 heures. Le ciel se couvre ensuite complètement. Brouillard et pluie fine.
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- brille dans le ciel, et ils les ont tout naturellement attribuées à une action malfaisante de cet astre.
- Dans son Astronomie populaire, Arago conte à ce sujet une plaisante anecdote : « Je suis charmé de vous voir réunis autour de moi, dit un jour Louis XVIII aux membres composant une députation du Bureau des Longitudes, qui étaient allés lui présenter la Connaissance des Temps et Y Annuaire, car vous m’expliquerez nettement ce que c’est que la lune rousse et son mode d’action sur les récoltes. » Laplace, à qui s’adressaient plus particulièrement ces paroles, resta comme atterré. Lui, qui avait tant écrit sur la lune, n’avait, en efl'et, jamais songé à la lune rousse. Il consultait tous ses voisins du regard, mais, ne voyant personne disposé à prendre la parole, il se détermina à répondre lui-même : « Sire, la lune rousse n’occupe aucune place dans les théories astronomiques; nous ne sommes donc pas en mesure de satisfaire la curiosité de Votre Majesté. » Le soir, pendant son jeu, le roi s’égaya beaucoup de l’embarras dans lequel il avait mis les membres de son Bureau des Longitudes.
- Laplace, pour qui le mouvement des astres n’avait aucun secret, qui eût été capable de calculer avec la plus grande exactitude une éclipse de lune, ignorait que les jardiniers donnent le nom de lune rousse à la lune qui, commençant en avril, devient pleine, soit à la fin de ce mois, soit plus ordinairement dans le courant de mai. Suivant eux, au cours de cette période, la lumière de la lune aurait la propriété de roussir les jeunes pousses des plantes, alors qu’un thermomètre placé dans l’atmosphère se maintient à quelques degrés au-dessus de zéro. L’apparition des nuages qui arrêtent ce rayonnement supprimerait l’action néfaste.
- . Sans doute les observations faites par les jardiniers sont-elles exactes dans leur ensemble. C’est bien par les nuits claires sans nuages, où la lune brille de tout son éclat, que les gelées printanières sont le plus à redouter. Seule doit être modifiée, l’interprétation qu’ils en proposaient. La lune ne semble intervenir en rien dans la cause des gelées printanières qui nous apparaissent aujourd’hui comme une conséquence du refroidissement qu’éprouvent pendant la nuit tous les corps exposés à l’air libre.
- COMMENT LUTTER CONTRE LES GELÉES
- Les gelées étant attribuables au refroidissement nocturne qu’éprouvent les corps exposés à l’air libre, les diverses particularités qu’elles présentent peuvent être rattachées à ce phénomène. Elles sont particulièrement à craindre lorsque les nuits sont claires, que l’air est calme, peu riche en vapeur d’eau, et que la température, au moment du coucher du soleil, s’approche déjà du zéro centésimal. Il paraît difficile d’énoncer des règles précises permettant de prévoir d’une manière certaine la production d’une gelée au cours de la nuit; mais dans une région donnée, un agriculteur, observant régulièrement chaque soir son thermomètre et son hygromètre, aura vite acquis empiriquement une connaissance suffisante des conditions permettant de craindre une gelée.
- Dans ce cas, quels moyens mettre en œuvre pour en
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- atténuer les effets ? De ce que nous avons dit à propos du refroidissement nocturne, il résulte qu’on pourra lutter contre les gelées : 1° soit en atténuant le rayonnement nocturne ; 2° soit en échauffant l’air au voisinage du sol.
- On diminue et même on supprime le rayonnement nocturne en disposant les plantes à protéger sous des serres ou des cloches en verre; ce sont là d’excellents moyens de protection employés depuis longtemps par les horticulteurs et les jardiniers. Dans bien des cas, on peut protéger efficacement les légumes en les recouvrant par de la paille, par du papier ou par un tissu quelconque.
- Fig, 5. — Adinomètre à condensation d’Angstrôm.
- Pour protéger contre la gelée des cultures d’une grande étendue, par exemple des vergers ou des plantations de vigne, on emploie souvent des fumées produites par la combustion de paille ou de feuilles humides imprégnées de goudron. Peut-être la vapeur d’eau dégagée par ces combustions, qui est très absorbante pour les rayons infra-rouges, réduit-elle un peu le rayonnement nocturne, mais il ne me semble pas qu’on puisse avoir une bien grande confiance dans l’efficacité des fumées. Au cours d’essais que j’ai effectués il y a une dizaine d’années
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- au moyen d’appareils fumigènes provenant des stocks de guerre, je n’ai constaté aucune diminution bien appréciable du rayonnement nocturne.
- Divers procédés ont été préconisés pour échauffer l’air au voisinage du sol et un certain nombre d’entre eux ont été mis en œuvre, notamment aux États-Unis. Le moyen le plus efficace consiste à allumer un grand nombre de petits foyers sur toute l’étendue de la surface à protéger. Il est couramment utilisé en Californie pour la protection d’arbustes délicats, orangers ou citronniers. On l’a appliqué également dans les mêmes régions à la protection des plantations d’oliviers contre les gelées d’automne.
- D’ailleurs, quand on s’élève au-dessus du sol, la température va d’abord en augmentant par les nuits claires et calmes. A une dizaine de mètres de hauteur, elle peut être supérieure de 8° à 10° à celle qu’on observe au niveau du sol. Aussi a-t-on préconisé d’ajouter, à l’action des foyers allumés dans la plantation à protéger, celle de puissants ventilateurs installés au-dessus du sol, qui, par un énergique brassage mécanique des couches d’air utilisant la convection, permettraient d’élever la température au voisinage du sol.
- Cependant cette solution qui est assez onéreuse n’est
- peut-être pas très efficace et les Américains semblent y avoir renoncé.
- Lorsque cela est possible, on peut utiliser l’inondation des terrains pour éviter les gelées. La chaleur dégagée par la masse d’eau réchauffe en effet, le sol et empêche la température de s’abaisser trop fortement. Cette méthode est souvent utilisée en Amérique. Les agriculteurs, qui cultivent les airelles dans les marais du Massachusetts et de New-Jersey, inondent leurs terrains lorsque les gelées sont à craindre. Pour protéger contre une gelée légère, il suffît de faire arriver quelques centimètres d’eau dans les fossés. Pour des gelées plus fortes, on augmente l’épaisseur de la couche d’eau. Dans certains cas, on est parvenu à protéger contre une forte gelée une plantation de vigne en immergeant presque entièrement les plants. On peut aussi — et le procédé, souvent très facile à mettre en œuvre, peut donner de bons résultats contre une gelée légère — asperger d’eau les cultures à protéger. Mais les divers procédés proposés pour combattre les gelées, s’ils peuvent rendre des services, ne résolvent pas complètement le problème et on est encore loin de posséder une méthode d’un emploi à la fois rsimple et peu coûteux, susceptible de protéger efficacement les récoltes. A. Boutaric.
- LES MESURES EN PHOTOGRAPHIE Z
- Dans toutes les sciences, des progrès considérables ont été réalisés dès que l’on a pu introduire la métrologie; c’est qu’un phénomène n’est vraiment connu que lorsque l’on est parvenu à mesurer les divers éléments qui le caractérisent. La photographie n’a pas échappé à la règle : restée nébuleuse tant que la détermination des conditions dans lesquelles les émulsions au gélatinobromure d’argent enregistrent les éclairements est restée
- Fig. 1. — Coin sensiiométrique Eder-Hecht à deux échelles de couleurs.
- empirique, la technique de la photochimie s’est affirmée du jour où les travaux de Hurter et Drifîield ont permis de formuler des lois du noircissement et de mesurer les sensibilités par des moyens suffisamment précis.
- LA SENSITOMÉTRIE DES ÉMULSIONS NÉGATIVES
- Pour étudier les conditions du noircissement, il faut produire côte à côte, sur une même plaque, un grand nombre d’impressions lumineuses dont l’intensité progresse suivant une raison déterminée. Il est plusieurs façons d’obtenir de telles impressions : on peut, par exemple, déplacer sur la surface sensible une fenêtre pratiquée dans un papier noir et produire successivement des impressions dont on fait varier l’intensité en agissant soit sur la puissance de la lumière, soit sur la distance à laquelle elle se trouve, soit encore sur la durée de l’exposition; on peut aussi démasquer, par fractions égales, des portions de plus en plus grandes de la surface sensible, ce qui revient à procéder par variation du temps de pose, ou encore impressionner à travers un milieu présentant des opacités variées.
- Ce dernier procédé, qui est évidemment le plus pratique, puisqu’il permet d’obtenir le résultat désiré au moyen d’une exposition unique a été, vers 1880, mis en œuvre par Warnecke, qui établissait alors des sensi-tomètres comportant, sur une plaque rectangulaire, vingt-cinq cases d’opacité croissante; la lumière étalon nécessaire à l’impression était fournie par un écran au sulfure de calcium que l’on soumettait préalablement
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- à l’action de la lumière dans des conditions déterminées. La plaque sensitométrique était obtenue en partant de feuilles de papier de soie que l’on superposait de façon à avoir de 1 à 25 épaisseurs croissantes et on moulait; un tirage à l’encre de Chine fait au moyen de cette planche en creux donnait une échelle de 25 opacités dont le premier terme était 1 et le dernier 16777216.
- On emploie aujourd’hui un instrument beaucoup plus précis, inventé par le professeur Goldherg : le coin gris, sorte de prisme en gélatine appliqué sur une glace et dont l’opacité croît d’une façon continue depuis le sommet jusqu’à la base. Un tel coin est obtenu en coulant sur une glace parfaitement plane une solution de gélatine teintée par un colorant noir extrêmement ténu et en chassant la matière en excès au moyen d’une seconde glace que l’on place sur la première, de telle façon qu’elle fasse avec celle-ci un angle déterminé.
- Pour des raisons d’ordre pratique, on remplace aujourd’hui en sensitométrie la notion d’opacité par celle de densité-, cette dernière est le logarithme de l’opacité; de même, lorsque l’on trace des courbes de noircissement, on porte en abscisse les logarithmes des éclairages, et non les éclairages eux-mêmes. Grâce à cet artifice, on obtient des tracés qui, tout en étant très précis pour les faibles ojiacités, les faibles éclairages, permettent de se rendre aisément compte de l’allujpjb suivant laquelle varie le noircissement lorsque les éclairages deviennent très importants. La quantité dont la densité du coin s’accroît sur une longueur de 1 cm se nomme la constante-, elle varie légèrement d’une coulée à l’autre, sous l’influence des écarts inévitables qui se produisent dans le titrage des solutions et surtout dans le dièdre formé par les deux glaces constituant le moule. Le coin, après qu’il a été fabriqué, doit donc être soigneusement étalonné. La constante est voisine de 0,2 pour les coins destinés à l’étude des papiers, et de 0,4 pour ceux destinés à l’essai des plaques et films. Le photographe qui désire s’en tenir à un seul coin doit évidemment accorder la préférence à ce dernier module.
- Le coin gris, qui est l’organe caractéristique de divers instruments propres à mesurer les sensibilités, les éclai-rements, l’actinisme, la densité des dépôts argentiques, s’impose aujourd’hui à l’attention non seulement des théoriciens, mais aussi de tous ceux qui pratiquent la photographie.
- Employé avec une source de lumière très soigneusement étalonnée, le coin permet de déterminer la sensibilité absolue d’une émulsion; nous n’insisterons pas sur cette application qui exige un étalon lumineux extrêmement précis et une grande dextérité : elle ne peut d’ailleurs intéresser que les spécialistes. La détermination de la sensibilité relative, par contre, peut rendre les plus grands services à tous les photographes, tant amateurs que professionnels; elle leur permet en effet, de faire, sur deux émulsions différentes, des mesures de comparaison grâce auxquelles on parvient très rapidement à apprécier à coup sûr la sensibilité générale, la sensibilité chromatique et la gradation que présente telle émulsion que l’on n’a jamais employée, par rapport à telle autre que l’on connaît déjà.
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- Fig. 2. — Impression d'essais sensiloméiriques à la lumière du magnésium.
- LES SENSITOMÈTRES EDER-HECHT
- De tous les sensitomètres, ceux qui se prêtent le plus facilement à cet usage sont les coins Eder-Hecht, fabriqués à Vienne par la Société Ilerlango et qui sont, pour la plupart, pourvus d’échelles graduées permettant de lire immédiatement, en degrés Eder-Hecht, la sensibilité atteinte.
- Ce procédé sensitométrique basé sur la seule détermination du seuil de sensibilité, c’est-à-dire du plus petit éclairage capable de produire une impression, ne saurait être considéré comme aussi rationnel que celui de Hurter et Driffield qui tient compte de l’allure de la courbe caractéristique dans toute la partie utilisable de l’échelle de noircissement. Il a, par contre, l’avantage d’être beaucoup plus expéditif et peut, sans le moindre inconvénient, être préféré lorsque l’on poursuit un but simplement pratique, dans le cas, par exemple, de la comparaison des émulsions.
- Les coins Eder-Hecht destinés à l’étude des émulsions photographiques se font en format 9 X 12 et présentent une constante voisine de 0,4; le prisme de gélatine teintée est coulé sur une glace parfaitement plane et protégé par une feuille de cellon. Ces coins sont établis en quatre variétés qui ne diffèrent que par la présence éventuelle d’indications plus ou moins nombreuses sur la feuille de cellon. Les coins sans graduation sont plus spécialement destinés à faciliter l’établissement de la courbe caractéristique ; c’est là un travail sur lequel nous n’insisterons pas. Les autres sont pourvus d’une échelle graduée de 2 en 2 mm comportant, de centimètre en centimètre, des cartouches dans lesquels sont inscrits les dizaines de millimètres, lesquels correspondent précisément aux degrés Eder-Hecht pour la constante 0,431. Sur l’une des variétés, la graduation laisse subsister un large champ gris neutre, sur lequel on peut placer côte à côte plusieurs bandes de papier en vue d’essais simultanés; sur une autre, la graduation comporte quatre échelles de couleurs permettant de mesurer, outre la sensibilité générale, la sensibilité aux radiations rouges, jaunes, vertes et bleues; sur la quatrième enfin (fig. 1), la graduation présente deux échelles de couleurs. C’est évidemment cette dernière qui est la plus intéressante pour le photographe, puisqu’elle permet de comparer
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- Fig. 3. — Essai comparatif d'une plaque orlhochromalique « sans écran » et d’une plaque de sensibilité extrême.
- avec la plus grande facilité les caractéristiques essentielles de deux émulsions différentes.
- Le coin sensitométrique Eder-Hecht est livré dans un châssis-presse en bois pourvu d’un volet grâce auquel on peut tenir masquée la fenêtre d’impression, jusqu’au moment où l’on est prêt à procéder à l’essai.
- Pour comparer deux émulsions au moyen de ce sensi-tomètre, il suffit de placer côte à côte, sur le coin, deux bandes 4,5 X 12 des surfaces sensibles à essayer, de les immobiliser en mettant le couvercle du châssis-presse et d’exposer à 3 m d’un fragment de 3 mg de magnésium que l’on allume à la flamme d’une lampe à alcool. Le meilleur moyen d’allumer convenablement le magnésium est de le piquer à la pointe d’une forte aiguille et de l’introduire ainsi dans le hapt de la flamme, l’aiguille étant perpendiculaire au plan du sensitomètre ; il importe,
- Fig. 4. — Essai comparatif de deux plaques panchromatiques.
- dès que le magnésium entre en combustion (fig. 2), de le porter vivement en avant, au dehors de la flamme d’alcool, de façon à éviter que le métal ne se vaporise sans produire de lumière. Il y a là une légère incertitude en raison de laquelle la précision ne peut, avec le magnésium, être aussi grande qu’avec les lampes spécialement étalonnées dont disposent les laboratoires de recherches, mais on acquiert très vite une dextérité suffisante pour que les résultats concordent avec ceux que l’on obtient par des moyens moins simples; lorsque l’on se borne à faire des mesures relatives, c’est-à-dire à comparer des émulsions entre elles, il est d’ailleurs absolument inutile d’avoir recours à un étalon lumineux de haute précision. Notons en passant que la lumière du magnésium a le grand avantage d’être celle qui, sans aucune correction spectrale, se rapproche le plus de la lumière du jour.
- Voici, parmi les essais que nous avons faits au moyen du sensitomètre Eder-Hecht, un cas typique : la comparaison entre deux plaques, l’une de « sensibilité extrême », l’autre « ortho sans écran et anti-halo » (fig. 3). Nous avons constaté que l’impression atteignait sur la première de ces émulsions 88° Eder-Hecht lorsque sur la seconde elle n’allait que jusqu’à 78°; les sensibilités relatives correspondantes sont représentées par les nombres 1351 et 536, dont le rapport est 2,5, alors que si Ton ajoutait foi aux renseignements donnés par les fabricants, on considérerait la première comme six fois plus rapide que la seconde; le fait que la lumière du jour est plus riche que celle du magnésium en rayons violets ne saurait justifier une telle différence. Les degrés lus sous les bandes colorées jaunes, vertes et bleues sont 44, 32 et 66 pour la plaque de sensibilité extrême et de 44, 10 et 60 pour la plaque ortho sans écran, mais il faut faire intervenir ici un correcteur pour compenser l’imperfection de la transparence des colorants. Compte tenu des divers facteurs, la première émulsion présente, pour les trois groupes de radiations considérées, des sensibilités relatives égales à 23, 7,6 et 177, alors que dans la seconde celles-ci sont de 23, 1 et 102. En rapportant, pour chacune de ces deux plaques, au bleu, la sensibilité que celles-ci présentent pour les autres radiations, nous trouvons que la sensibilité au jaune et au vert est de 0,13 et 0,042 pour la première, de 0,22 et 0,009 pour la seconde : constatation inattendue: si elle est proportionnellement plus sensible au jaune que la plaque de sensibilité extrême, la plaque orthochromatique l’est moins au vert !
- L’examen des parties les plus denses des impressions montre, par ailleurs, que cette dernière offre une plus grande résistance au halo que la plaque de sensibilité extrême.
- Un essai comparatif fait sur les plaques panchromatiques Chroma VR et Micro-panchro (fig. 4) nous a permis de constater qu’à une lumière magnésique d’une puissance donnée, les impressions atteignaient respectivement 86° et 76° E-H. correspondant à des sensibilités relatives de 1125 et 445, ce qui établit un rapport de 2,5, très voisin de celui annoncé par les notices. Rapportées, pour chacune de ces plaques, à la sensibilité au bleu, les sensibilités au rouge, au jaune et au vert se
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- sont montrées égales, dans la première, à 0,15, 0,33 et 0,15, dans la seconde, à 0,1, 0,18 et 0,1. Cette dernière, qui est deux fois et demie plus lente que la première, a donc, en outre, une sensibilité chromatique moins poussée.
- Avec le sensitomètre Eder-Heclit à deux échelles de couleurs, nous avons un moyen extrêmement facile de vérifier les émulsions et de nous faire une opinion basée, non sur des indications plus ou moins publicitaires, non sur des photographies exécutées dans des conditions arbitraires, mais sur des chiffres. Ce sensitomètre permet d’ailleurs de procéder à des essais d’autre nature; bornons-nous à signaler qu’il permet, en particulier, de comparer diff erentes sources de lumière.
- LE POSOPHOTOMÈTRE FILMOGRAPH
- Nous retrouvons le coin gris-neutre dans un autre instrument : le posophotomètre Filmograph (').
- Ici, le coin est utilisé pour atténuer la visibilité du filament d’une lampe étalon, jusqu’à l’amener à une brillance identique à celle du sujet que l’on se pro-. pose de photographier; il suffît de lire un chiffre sur l’échelle millimétrique fixée au coin et de se reporter
- Fig. 6. — Schéma du posophotomètre.
- à un tableau gravé sur l’instrument, pour trouver le temps de pose calculé en fonction du diaphragme pour les émulsions marquant 500° H. D. (environ 86° Eder-Hecht) employées par la plupart des amateurs.
- Le posophotomètre se présente aujourd’hui sous une nouvelle forme (fig. 5) plus pratique que l’ancienne, celle d’un tube à section carrée contenant, disposées sur une même ligne (fig. 6), la pile, la lampe et la glace inclinée à 45° grâce à laquelle l’image du filament se superpose au sujet.
- j* On sait qu’il faut, avant de procéder à une série de mesures, régler la luminosité de la lampe ; cette opération préliminaire, basée sur le repérage du point de la tirette du rhéostat qui correspond à l’extinction par insuffisance de débit, est facilitée par l’addition d’un disque à trois positions permettant à volonté d’obturer, d’ouvrir ou d’interposer, lorsque l’on mesure la luminosité d’un sujet plus brillant que le filament, un filtre bleu de densité 1; dans ce dernier cas, les poses doivent être 10 fois plus rapides que celles lues sur le tableau.
- Nous n’entrerons pas dans d’autres considérations au
- 1. Voir La Nature du 1er octobre 1929, p. 318.
- Fig. 5. — Posophotomètre Filmograph (nouveau modèle).
- sujet de cet instrument que nos lecteurs connaissent déjà, nous nous contenterons de dire qu’il est le seul réellement capable de mesurer les temps de pose; nous faisons, bien entendu, abstraction des luxmètres, beaucoup trop volumineux pour intéresser les photographes.
- LA SENSITOMÉTRIE DES PAPIERS
- Aujourd’hui, on emploie le plus souvent, pour le tirage, des papiers au bromure ou au chloro-bromure se traitant par développement; pour que ceux-ci donnent des résultats^parfaits, il est nécessaire de bien choisir la
- Fig. 7. — Courbes caractéristiques de papiers au gélatino-bromure.
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- (J -0.2 0A 0.6
- 0,8 ' 1 1.2 1.4- 1,6
- Logarithmes des éclairages
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- variété de papier convenant au négatif considéré et de l’impressionner dans des conditions déterminées. Les papiers au gélatino-bromure et au chloro-bromure se font en effet, en plusieurs sortes d’émulsion : on trouve couramment des papiers doux, normaux et durs ou « à contrastes », dont la gradation utile, autrement dit l’écart entre les luminosités extrêmes qu’ils peuvent enregistrer correctement, est respectivement voisine de 1,5, de 1 et de 0,6; le choix embarrasse souvent les débutants et, par suite, ceux-ci se bornent à utiliser une seule sorte de papier; ils ne peuvent, dans ces conditions, parvenir dans tous les cas à de bons résultats.
- Quelques indications sur la sensitométrie des papiers sont ici nécessaires.
- La loi de noircissement d’un papier peut, comme celle d’une plaque, être traduite par une courbe (fig. 7). Celle -ci présente une section à concavité supérieure, une partie rectiligne et une région à concavité inférieure, correspondant respectivement à la sous-exposition, à la pose correcte et à la surexposition; mais, alors que la courbe caractéristique d’une plaque s’élève aisément jusqu’à des densités de l’ordre de 3, celle d’un papier ne dépasse guère 1, 5, la densité représentant ici le logarithme de Y opacité de réflexion.
- De l’examen de cette courbe, nous allons tirer immédiatement des conclusions.
- Pour obtenir à la fois le gris le plus clair et le noir le plus profond, il est nécessaire d’utiliser, non seulement la partie rectiligne de la courbe, mais aussi les parties curvilignes. Il n’est pas possible, par suite, de reproduire fidèlement toutes les finesses de tons des luminosités extrêmes. Pour utiliser toute l’étendue utile de la courbe, il faut choisir un papier ayant une gradation aussi voisine que possible de l’intervalle de luminosités à enregistrer, autrement dit, de l’écart entre les densités extrêmes du négatif.
- Le meilleur moyen de connaître cet écart, c’est évidemment de le mesurer. Le coin gris, qui nous a déjà
- Fig. 8. — Coupe schématique d.u densitomètre Filmograph.
- permis de reconnaître les qualités d’une émulsion négative et de mesurer les temps de pose, nous offre un moyen facile de déterminer les densités des clichés.
- LE DENSITOMÈTRE FILMOGRAPH
- On emploie, pour effectuer les mesures de cette nature, le densitomètre-, le seul modèle qui puisse intéresser les photographes, tant amateurs que professionnels, est celui du Filmograph.
- Cet instrument comporte essentiellement deux lampes étalonnées A et B (fig. 8), un coin sensitométrique C, un juxtaposeur D constitué par une glace argentée jusqu’à mi-hauteur et une lunette d’examen E. Les lampes éclairent, l’une la surface transparente dont on veut mesurer la densité optique, l’autre le coin gris. L’axe de la lunette faisant un angle de 50 grades avec la glace du juxtaposeur, qui est elle-même perpendiculaire au plan sur lequel évoluent les surfaces à comparer, on voit côte à côte, en mettant l’œil à l’oculaire, deux plages respectivement éclairées à travers le cliché et à travers le coin gris; il suffit, pour mesurer, de faire glisser ce dernier jusqu’à ce que les deux plages soient de luminosité égale.
- Dans le densitomètre Filmograph du plus récent modèle (fig. 9), on emploie deux petites lampes de 3,5 volts alimentées par un transformateur ou, à défaut de courant alternatif, par l’intermédiaire d’un rhéostat ou au moyen d’une batterie. Ces lampes sont disposées dans une lanterne formée par le socle de l’instrument et un capot. Avant d’éclairer par transparence les surfaces à comparer, leur lumière traverse un diffuseur, puis un trou de 2 mm de diamètre. Le trou laissant passer la lumière destinée à éclairer le cliché est pratiqué, non sur le dessus de la lanterne, mais dans une tirette montée à glissières qui est pourvue d’un autre trou de plus grand diamètre; celui-ci démasque un disque de papier translucide percé d’un trou central de 1 mm, appliqué sur une fenêtre circulaire ouverte dans la face supérieure de la lanterne. Ce dispositif, qui constitue un chercheur, permet de trouver très rapidement, sur le cliché, les plages de densités extrêmes qu’il s’agit de mesurer.
- Le cliché est maintenu par deux ressorts contre la face supérieure de la lanterne, garnie en cet endroit d’un tissu; il ne peut de la sorte glisser inopinément, ni risquer d’être rayé lorsqu’on le déplace.
- Le coin gris, qui est gradué en densités, coulisse dans une glissière pourvue, vers le milieu, d’un trait de repère. Le coin peut ici être remplacé par une copie obtenue par voie photographique, qui a l’avantage d’être moins coûteuse; la copie de coin est graduée en millimètres, en raison du fait que, dans les zones extrêmes, la densité ne varie pas suivant une constante; un tableau spécial permet de trouver immédiatement les densités correspondantes.
- Pour mesurer une densité, on place la plage choisie au milieu du trou d’exploration, la tirette étant complètement rentrée, et on déplace le coin gris dans l’un ou l’autre sens, jusqu’à ce que les deux demi-cercles que l’on voit dans la lunette soient d’égale luminosité; il suffit alors de lire la densité correspondante.
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- Le densitomètre permet de faire d’une façon rationnelle les tirages sur papier au gélatino-bromure ou au chloro-bromure.
- On peut en.effet noter les densités extrêmes sur chacun des clichés et classer ceux-ci en trois ou quatre catégories qui seront respectivement tirées sur papier doux, normal, dur ou très dur.
- Le temps de pose sera déterminé d’après un temps de base établi une fois pour toutes, pour chacune des sortes de papier adoptées. Nous appelons temps de base celui qui, avec un cliché de densité maximum connue et à la distance habituelle de la lampe que l’on utilisera pour le tirage, donnera le meilleur résultat. Connaissant la différence entré la densité maximum du cliché à tirer et celle du cliché type avec lequel nous avons fait les essais, nous lirons sur un tableau fourni avec le densitomètre le coefficient de pose à appliquer pour obtenir d’emblée une excellente épreuve.
- On conçoit tout l’intérêt d’une telle méthode, qui permet de réaliser une économie de temps en même temps qu’une économie de matières.
- Cette méthode n’est d’ailleurs pas spéciale aux papiers : elle s’applique aussi au tirage des diapositifs à tons noirs et à tons chauds. Dans ce dernier cas notamment, elle permet d’obtenir à coup sûr des diapositifs de même ton avec des clichés présentant des écarts de densités extrêmes très différents; c’est là un résultat que, seuls, des spécialistes très entraînés à ce genre de tirages pouvaient obtenir sans grande difficulté.
- Outre ces applications d’ordre essentiellement pratique, le densitomètre en a beaucoup d’autres, qui intéressent plus particulièrement le technicien. C’est ainsi qu’il permet d’établir par points la courbe caractéristique d’une émulsion et, par suite, de mesurer l’intervalle de luminosités qu’elle peut enregistrer, de déterminer sa sensibilité par la méthode de Hurter et Driffield; il permet aussi d’étudier l’influence de la durée du développement et celle des modifications que l’on peut apporter à la composition du révélateur, le mode d’action des divers affaiblisseurs et renforçateurs; c’est avec lui, enfin, que l’on détermine la gradation utile des papiers. Il nous est impossible d’entrer ici dans le détail de tous ces essais; ceux de nos lecteurs qui s’y intéresseraient
- Fig. 9. — Densitomètre Filmograph (nouveau modèle).
- pourront se reporter à l’excellent Manuel de sensito-mêtrie (*), de MM. L. Lobel et Dubois.
- Grâce aux nouveaux moyens de mesure, il est aujourd’hui facile à tout amateur de se rendre exactement compte de la rapidité des émulsions qu’il emploie et de leur sensibilité chromatique, de calculer dans tous les cas avec une approximation suffisante le temps de pose nécessaire pour la prise de vue, d’adapter sans hésitation les papiers aux clichés, de faire ses tirages d’une façon rationnelle. Est-ce à dire que tout le monde peut aujourd’hui produire des chefs-d’œuvre photographiques ? Non, les procédés de mesure nous évitent simplement le souci d’apprécier empiriquement, c’est-à-dire avec des risques d’erreur, les conditions à réaliser pour obtenir des images présentant le contraste voulu, et ce n’est pas à dédaigner, car l’esprit libéré de cette besogne ingrate et difficile peut apporter toute son attention au choix du point de vue, à la répartition des ombres et des lumières, à l’encadrement du sujet, éléments qui relèvent bien plus du sentiment artistique que des mathématiques.
- André Bourgain.
- 1. Paul Montel, éditeur, Paris.
- LA SCIENCE A LA BUANDERIE
- LE RINÇAGE DU LINGE
- Le lavage des tissus se pratique depuis des milliers d’années, depuis que l’humanité se sert de vêtements. La technique de ce travail, réglée par une expérience séculaire, ne semblait guère susceptible de progrès, et par suite ne paraissait pas mériter d’investigations scientifiques. Il est vrai que, dans ces dernières années, la chimie a perfectionné les lessives et qu’on étudie la façon dont se comportent les différentes fibres textiles sous l’action de ces produits. Mais la phase la plus impor-
- tante du lavage, le rinçage, n’avait jusqu’ici fait l’objet d’aucune étude spéciale.
- Lors d’une récente visite à la Maison des Ingénieurs, à Berlin, nous avons pu examiner le très intéressant dispositif expérimental que deux jeunes savants, le DrM. Men-geringhausen et Mlle H. Fischer, emploient pour pratiquer une série d’essais méthodiques relatifs au lavage du linge, mais surtout à son rinçage.
- Ce dispositif (fig. 1) permet, en premier lieu, de pro-
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- Fig. 1. — Étude au moyen du pont de Wheatstone, de la concentration de la lessive, au cours du lavage.
- céder aux mesures usuelles de la consommation d’eau, de gaz et d’électricité, mesures nécessaires pour apprécier le rendement d’une lessiveuse. D’autre part, un procédé nouveau y sert à déterminer, par voie électrique, la concentration variable de la lessive pendant le lavage et le rinçage du linge.
- Une paire d’électrodes pénètre, des deux côtés, jusqu’au fond du cuvier de la lessiveuse : on y connecte, pour mesurer la conductivité de la lessive, un pont de Wheatstone, muni d’une paire de récepteurs téléphoniques, et l’on déplace le contact glisseur du pont jusqu’au moment où l’on ne perçoit plus aucun bruit indiquant le passage du courant électrique. C’est ainsi qu’on détermine la conductivité et, par conséquent, la concentration de la lessive; c’est ainsi qu’on établit le moment où, le rinçage étant terminé, la lessive n’est plus que de l’eau pratiquement pure. Il va sans dire que la température, lue sur un thermomètre sensible, est un facteur important dont il convient de tenir compte.
- ZFig. 3. — Fibres textiles examinées au microscope après lavage.
- A gauche : fibres lavées à l’eau calcaire, le savon calcaire s’attache aux interstices des fibres.
- A droite : fibres lavées à l’eau douce : les dernières traces de savon ont été enlevées au rinçage.
- Fig. 2. — A gauche : la chaux que renferme l’eau crue donne naissance à un savon calcaire.
- A droite : Veau douce dissout le savon tout entier en donnant de la mousse.
- Parmi les résultats que les deux savants viennent d’obtenir, notons, en premier lieu, qu’une lessiveuse remplie partiellement de linge permet un lavage et un rinçage bien plus rapides et complets que la même lessiveuse chargée au maximum de sa capacité. On en conclut qu’il est économique et rationnel de ne jamais laver une quantité relativement grande de linge à la fois, comme on avait jusqu’ici tendance à le faire.
- D’autre part, ces essais ont élucidé un autre problème intéressant : on admettait jusqu’ici que, dans le service d’une buanderie importante, il était économiquement impossible de se servir, pour le rinçage, exclusivement d’eau douce. C’est là une théorie erronée, on a reconnu les causes d’insuccès des tentatives de rinçage sans eau dure, et l’on est maintenant fondé à dire que le rinçage fait exclusivement avec de l’eau douce non seulement ménage la lessive, mais qu’il est bien plus efficace. Nos photographies permettent de se rendre compte des différences qui existent entre l’action de l’eau douce et celle de l’eau dure (calcaire).
- La figure 2 fait voir que la chaux que renferme l’eau dure forme, pendant le rinçage, un savon calcaire ; d’autre part, on voit, à droite, que l’eau douce dissout parfaitement le savon et qu’elle forme de la mousse. Par la figure 3, nous voyons que ce savon calcaire qui prend inva-riablement naissance dans une eau dure s’attache, pendant le rinçage, aux fibres du linge, tandis que le rinçage à l’eau douce élimine toute trace de savon, en même temps que toute impureté, des interstices du tissu.
- La figure 4 permet de se rendre compte de l’ef-
- Fig. 4.
- Aspect de fibres après lavage.
- A gauche : des fibres lavées à l’eau crue restent raides après rinçage.
- A droite : ces fibres lavées à l’eau douce restent souples.
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- fet nuisible que le savon calcaire caractéristique de l’eau crue exerce sur les libres textiles, lesquelles se raidissent et restent raides même après avoir été retirées de l’eau.
- Les tissus rincés à l’eau douce, au contraire, restent parfaitement souples et chaque fibre se redresse au sortir de l’eau.
- Dr Alfred Gradenwitz.
- les agents; de filtration
- Certains produits sont très difficiles à filtrer, car ils colmatent les filtres rapidement. On utilise alors pour faciliter leur passage des agents de filtration.
- Ces agents de filtration sont constitués par des ldeselgühr qui subissent des traitements correspondant à leurs emplois.
- Un bon agent de filtration doit être très poreux, léger et fin; il doit en outre être chimiquement inerte.
- La filtration s’effectue généralement en faisant passer un liquide sous pression à travers une toile filtrante. Le liquide passe à travers la toile et les impuretés en suspension restent sur la toile en obstruant les ouvertures. Dans lé cas où les particules à éliminer sont visqueuses, le colmatage du filtre est rapide et la filtration est arrêtée.
- Pour utiliser les agents de filtration, on opère comme suit : on mélange au liquide à filtrer la quantité voulue du produit; on agite soigneusement le mélange, puis on filtre. Les impuretés
- L’ÉCLIPSE DE LUNE
- Les observateurs qu’intéressait la belle éclipse presque totale de Lune du 14 septembre ne semblent pas, d’une manière générale, avoir été favorisés; en maintes régions un ciel lourdement chargé a dérobé la vue de ce magnifique spectacle céleste. De l’observatoire de Donville (Manche), il a pu être suivi longuement dans d’excellentes conditions, le rideau ininterrompu des nuées qui avait persisté toute la journée s’étant par miracle déchiré juste quelques instants avant la phase maximum.
- L’observation d’une éclipse de Lune peut paraître d’un intérêt purement contemplatif. Les circonstances de la production d’un tel phénomène n’ont pas à être rappelées, non plus que la succession des phases au fur et à mesure que le disque de notre satellite pénètre dans l’ombre terrestre — ou s’en dégage —, ombre aux contours fortement estompés ; cette dernière qualité de la limite de l’éclairement du disque exclut toute idée de notation très précise pour la vérification d’un instant déterminé. Mais,par contre, certaines apparences méritent d’être examinées attentivement et enregistrées aussi exactement que possible : en premier lieu, les colorations présentées par la partie plongée dans l’ombre, et qui rendent ce spectacle si admirable à contempler.
- Rappelons que la persistante visibilité et les nuances variées du disque lunaire éclipsé sont provoquées par la réfraction que notre atmosphère inflige aux rayons solaires dont une appréciable quantité, pénétrant à l’intérieur du cône d’ombre géométrique, en raccourcissent la véritable étendue. Ainsi la portion d’ombre
- sont retenues avec l’agent de filtration sur la toile filtrante.
- Dans de nombreux cas, on forme au préalable sur la toile filtrante un tourteau poreux en passant un mélange de liquide et d’agent de filtration à travers le filtre avant que le cycle soit commencé. La mince couche poreuse ainsi formée est ouverte au passage des liquides limpides, mais empêche hermétiquement le passage des impuretés solides. Elle a pour but principal d’éviter le contact direct entre le tourteau principal contenant les impuretés à éliminer et la toile filtrante.
- Les agents de filtration sont employés avec avantage pour la clarification des produits suivants :
- Cires, colles, cidre, eaux d’égouts, gélatine, glucose, glycérine, gomme laque, huiles animales, végétales et minérales, jus de fruits, mélasse, matières colorantes, lactose, laque, maltose, saindoux, soie artificielle, vernis, vin, vinaigre, lessive savonneuse, etc. H. Soyer.
- DU 14 SEPTEMBRE
- pure ne s’étend plus jusqu’à la lune, et celle-ci, finalement, nous apparaît dans une sorte de clair-obscur dont la luminosité et la coloration sont variables d’ailleurs d’une éclipse à l’autre. Ces variations ont pour cause, ainsi que l’a démontré M. Danjon, directeur de l’Obser-vatoiie de Strasbourg, l’état ou la transparence de l’atmosphère terrestre, en fonction de l’activité solaire. D’après cela, on conçoit aisément que leur notation ait une certaine importance pour une meilleuie connaissance générale de notre atmosphère.
- Les prévisions autorisées par la loi de Danjon s’étaient pleinement vérifiées lors des deux éclipses de l’an passé; cette fois encore, il fallait s’attendre à une belle visibilité du phénomène : cet espoir n’a pas été déçu.
- A l’œil nu, le disque lunaire s’est montré brillant d’une magnifique lueur cuivrée dont l’orangé était plus jaune et plus clair à l’ouest, plus rouge vers le centre de l’ombre (au bas). Cette répartition générale est donnée par des lettres sur la figure 1 qui, traduite forcément ici en noir et blanc, ne peut donner qu’imparfaitement une idée de l’aspect observé. Il faut noter d’autre part que dans le champ d’un instrument d’optique un peu puissant, ces nuances s’atténuaient très fortement; mais on reconnaissait alors au bord même de l’ombre une assez large bande grise ardoisée, très claire relativement, se fondant insensiblement dans les autres teintes ; la qualité bleuâtre de cette bande paraît d’ailleurs exagérée par un effet de contraste avec l’orangé environnant: Couronnée par le fin segment restant éclairé, et qui apparaissait écla-
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- Fig. 1 e 2. — Comparaison des aspects de l'éclipse, observée visuellement (à gauche) et photographiée avec une pose de 10 min.
- sur plaque Crypta avec écran Wratten A {à droite).
- Les lettres portées sur le dessin correspondent aux colorations : R, rouge; O-R, orangé rouge; O-J, orangé jaune; la ligne pointillée indique la limite approximative de la bordure gris bleuâtre.
- tant en comparaison, la Lune éclipsée se montrait ainsi avec un effet magique au milieu des étoiles visibles tout autour d’elle.
- On sait que les photographies prises dans des conditions ordinaires ne peuvent reproduire qu’imparfaitement les divers aspects d’un tel phénomène, d’abord en raison de sa coloration peu ou pas photogénique. Une pose instantanée, ou presque, nécessaire à l’égard de la partie restée éclairée, est insuffisante pour fixer l’image de la portion ombrée ; si l’exposition est prolongée suffisamment pour obtenir au moins la trace de cette dernière, elle exagère par trop l’intensité du segment lumineux et même de la bordure de l’ombre, dont la vraie limite cesse d’être une réalité. Cette limite, nous l’avons rappelé plus haut, est très dégradée en raison
- de la pénombre qui géométri quejm e nt l’environne, et suivant la rapidité du temps de pose, il est possible de mettre en évidence des effets très différents, comme on le voit sur les figures 3 et 4.
- Il y a un grand intérêt cependant, en connexion avec les notations visuelles de l’ensemble des nuances, de rechercher un enregistrement photographique susceptible d’utiles comparaisons et de me-
- Fig. 3. — La délimitation du contour de l'ombre obtenue sans exagération de pénombre.
- Photo prise à 22 h. 43, avec une pose de 5 sec., trop prolongée à l’égard de la partie éclairée qui ne comporte plus de détails.
- sures, photométriques par exemple. Les essais que nous avons pu faire ont montré l’excellent résultat qui peut être obtenu à l’aide des plaques spéciales Crypta (procédé Calzavara) ; ces plaques ont une sensibilité remarquable pour les rayons rouges et infra-rouges.
- Pour leur utilisation dans le cas présent, un écran Wratten A a été employé, qui admet en outre le filtrage de l’orangé et du jaune.
- La comparaison des figures 1 et 2 fait ressortir que, dans ces conditions, les clichés ainsi obtenus ont fourni des images reproduisant assez fidèlement les effets contemplés par l’œil, bien qu’avec quelque exagération, néanmoins, quant à l’éclat au bord de l’ombre.
- M a 1 h eureu s e ment les intermittences dans la pureté du ciel n’ont pas permis de nombreux essais comparatifs aux divers instants du phénomène ; mais il semble bien que même à l’aide de poses assez courtes, l’emploi de telles plaques, en utilisant des objectifs très lumineux puisse rendre de grands services dans l’enregistrement des éclipses de Lune.
- Lucien Rudaux.
- Observatoire de Donville.
- Fig. 4. — Enregistrement de la pénombre à l’aide d’une pose très courte.
- Alors que le disque lunaire semblait briller entièrement dans son plein,
- 20 minutes après sa sortie de l’ombre, la photographie révèle encore la pénombre, invisible pour l’œil.
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- LES LIMITES DE PUISSANCE DÉ L’HOMME
- Les jeux olympiques qui ont eu lieu cet été à Los Angeles ont quelque peu modifié les performances antérieures, telles qu’on les trouve indiquées, notamment dans l’excellent Manuel scientifique d’éducation physique du Dr Boigey('), où la physiologie des divers exercices est longuement étudiée.
- M. le Dr Encausse vient de grouper les records dans la Presse médicale et il a eu l’heureuse idée d’y ajouter les résultats d’autres compétitions sportives: si bien qu’on peut se faire une idée d’ensemble des limites actuelles de la puissance de l’homme. .
- Nous lui empruntons les données suivantes :
- Record du monde. Record de France. Record féminin.
- Courses à pied.
- 100 m 10“ 3/10 Williams (Canada) 1930 10“ 3/5 Mourlon 1927 11 “8/10 St. Walsh (Pol.) 1932
- — Tolan (États-Unis) 1932 Auvergne 1930
- — Metcalfe (États-Unis) 1932
- 200 m 208 3/5 Locke (États-Unis) 1926 21 “ 3/5 Mourlon 1924 24“7/10 Iiitomi (Japon) 1929
- 400 m 46“1/5 Carr (États-Unis) 1932 48“1/5 Moulines 1929
- 800 m 1“ 49“ 4/5 Hampson (Gr.-Bret.) 1932 1“ 50“ 3/5 Séra Martin 1928
- 1000 m 2» 23“3/5 Ladoumègue (France) 1930 — 3” 4“ 2/5 Lum (G.-B.) 1931
- 1500 m 3“ 49“1/5 Ladoumègue (France) 1930 '—
- Mile (1609,31 m) 4“ 9“1/5 Ladoumègue (France) 1931 —
- 3000 m 8“ 20“ 2/5 Nurjni (Finlande) 1926 8“ 40“ 4/5 Ladoumègue 1927
- 5000 m 14“ 17“ Lehtinen (Finlande) 1932 14“ 36“ 4/5 Bouin 1912
- 10 000 m 30” 6“ 1/5 Nurmi (Finlande) 1924 30” 58“ 4/5 Bouin 1911
- Demi-heure 9,957 1cm Nurmi (Finlande) 1924 9,921 km Bouin 1911
- Heure 19,210 1cm Nurmi (Finlande) 1928 19,021 1cm Bouin 1913
- Marathon (42 km 195) 2h 31“ 36“ Zabala (Argentine) 1932 2“32” 57“ El Ouafi 1928
- Courses d’obstacles.
- 110 m (*) 14“ 2/5 Wenstrom (Suède) 1929 14“ 4/5 Dr Sempé 1928
- — Sjoestedt (Finlande) 1931
- — Saling (États-Unis) 1932
- — Beard (États-Unis) 1932
- 400 m (s) 52“ Taylor (États-Unis) 1928 54“ Yiel 1928
- — Hardin (États-Unis) 1932
- 3000 m steeple (1 2 3 4) 9“ 8“ 2/5 Iso-Hollo (Finlande) 1932 9“ 27“ Dartigues 1929
- Courses à relais.
- 4 X 100 m 40“ Équipe des États-Unis 1932 41“ 3/5 1928 47“ Équipe des États-Unis 1932
- 4 X 400 m 3” 8“1/5 Équipe des États-Unis 1932 3“ 17“ 2/5 1930
- Sauts.
- Hauteur 2 m 03 Osborn (États-Unis) 1924 1 m 95 Lewden 1925 1 m 66 Sheeley (E.-U.) 1932
- Longueur 7 m 98 Nambu (Japon) 1932 7 m 485 Paul 1932 5 m 98 Hitomi (Japon) 1928
- Perche 4 m 31 Miller (États-Unis) 1932 4 m 07 Ramadier 1931
- Triple 15 m 72 Nambu (Japon) 1932 13 m 57 Rousset 1923
- Lancements.
- Javelot (5) 74 m 02 Jarwinen (Finlande) 1932 61 m 34 Degland 1928 43 m 71 Eirickson (E.-U.) 1932
- Poids (6) 16 m 05 Heljasz (Pologne) 1932 15 m 18 Duhour 1932
- Disque (7) 51 m 73 Jessup (États-Unis) 1930 49 m 44 Noël 1932 40 m 587 Coppeland (E.-U.)1932
- Marteau (8) 57 m 772 Ryan (États-Unis) 1913 . 45 m 43 Saint-Pé 1931
- Ensemble d’exercices. *.
- Décathlon (°) 8432 pts Bausch (États-Unis) 1932 6531 pts Mardel 1930
- 1. Masson et Cle, éditeurs, 3e édition, 1932.
- 2. Le 110 m haies comporte le saut de 10 haies de 1 m 06 de haut, espacées de 9 m 14.
- 3. Le 400 m haies comporte le saut de 10 haies de 0 m 914, espacées de 35 m.
- 4. Le 3000 m steeple comporte divers obstacles ne dépassant pas 0 m 914 et une rivière large de 3 m 66.
- 5. Le javelot pèse 800 gr et mesure 2 m 60 de long. Celui des championnats féminins pèse 600 gr.
- 6. Le poids est un boulet de 7 kg 257. Le lanceur doit rester dans
- un. cercle de 2 m 135 de diamètre.
- 7. Le disque pèse 2 kg. Le lanceur doit se tenir dans un cercle de 2 m 50 de diamètre. Le disque des championnats féminins pèse 1 kg.
- 8. Le marteau, adaptation d’un sport des forgerons irlandais, est une sphère de 7 kg. 257, liée à une poignée par un fil d’acier de 1 m 10.
- 9. Le décathlon est un ensemble de dix exercices exigeant des qualités physiques très diverses. En deux jours, les athlètes effectuent une course de 100 m, un saut en longueur avec élan, un lancement de poids, un saut en hauteur avec élan, une course de haies de 110 m, un lancement de disque, un saut à la perche, un lancement de javelot, une course de 1500 m.
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- Record du monde.
- Record de France.
- Record féminin.
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- Altitude : ballon avion
- Vitesse : hydravion avion
- Distance
- Vitesse
- 100 m départ arrêté départ lancé 500 m départ arrêté départ lancé 1000 m départ arrêté départ lancé
- 1 heure
- 1 km piste 1 heure piste — route
- Aéronautique.
- 16 770 m Piccard (Suisse) 1932
- 13 157 m Soucek (États-Unis) 1930 11 797 m Lemoigne 1930
- 657km076 Stainforth (Gr.-Bret.) 1931
- 476km500 Doolittle (États-Unis) 1932 448 km 171 Bonnet 1924 8065 km Boardman et Polando 7905 km Costes et Bellonte 1929
- (États-Unis) 1931
- Automobile.
- 408 km 720 Campbell (Grande-Bretagne) 1932
- Cyclisme.
- 9" Bonneau (France) 1928 —
- 58 2/5 Hourlier (France) 1912 —
- 348 2/5 Faucheux (France) 1931 —
- 298 4/5 Michard (France) 1932 —
- 1“ 108 4/5 Lemoine (France) 1931 —
- 1m 068 3/5 Michard (France) 1932 —
- 44 km 247 Egg (Suisse) 1914
- Marche
- 3m 358 4/5 Altimani (Italie) 4“ 07“ 4/5 Robillard 1929
- 13 km 403 Altimani (Italie) 1913 12 km 608 Cambrai 1931
- 12 km 780 Cambrai (France) 1931 —
- M otocyclisme.
- 1 km
- 1 heure
- Nage sous l’eau Séjour sous l’eau Plongeon
- A glace :
- 500 m 1000 m 1500 m 1 heure
- Saut en hauteur Saut en longueur
- A roulettes :
- 1000 m 1 heure 24 h sur piste
- 242 km 476 à l’heure : Wright (Grande-Bretagne) .
- Canot automobile.
- 192 km
- Kaye-Don (Grande-Bretagne).
- Natation.
- 50 m nage libre 27“ 1/5 Talmone 1931 3183/5 Mlle Godard 1931
- 100 m nage libre 578 2/5 Weismüller (E.-Unis) 1927 598 4/5 Taris 1931 1 m 68 2/5 Miss Madison (E.-U.) 1932
- 100 m brasse ^ m 13s 3/5 Cartonnet (France) 1932 —
- 200 m brasse 2m 448 3/5 Spence (Canada) 3m 38 Mlle Jacohsen (Dan.) 1932
- 400 m nage libre Zj.m 478 Taris (France) 1931 — 5“ 288 1/2 Miss Madison (E.-U.) 1932
- 800 m nage libre 10“ 15s 3/5 Taris (France) 1932 —
- 1000 m nage libre 12“ 57s 3/5 Taris (France) 1932 .—
- 1500 m nage libre 19m 78 Borg (Suède) 1927
- 90 m en lm 58s de Lalyman (France) 1920
- 4m 318 Pouliguen 1906
- 31m 48 Pevrussen 1888
- Patinage.
- 428 3/5 Thunberg (Finlande) 1931 1m 278 2/5 Thunbeig (Finlande) 1931 2m 178 4/5 Mathiesen (Norvcge) 1914 33 km 980 Quaglia (France) 1928 1 m Irwin
- 6 m 405 Mc Daniello
- lm 49s 1/5 Beaujard (Gr.-Bret.) 1924 29 km 253 Jourde (France) 1914 464 km 220 Nicod
- 468 4/5 Thaon 1929 2m 348 Quaglia 1924
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- Record du monde.
- Record de France.
- Record féminin.
- Ski.
- Saut
- Vitesse
- Jeté
- Arraché à droite Arraché à gauche Arraché à 2 bras Épaulé et jeté gauche Épaulé et jeté à 2 bras Développé à 2 bras
- 81 m Rund (Norvège) 1931 122 km-heure Gasperi (Autriche).
- 182 kg 5 101 kg 90 kg 126 kg 5 101 kg 167 kg 133 kg
- Poids et haltères.
- Rigoulot (France) Rigoulot (France) 1925 Luliaar (Esthonie) 1928 Rigoulot (France) 1925 Goessler (Allemagne) Nosseir (Égypte) 1931 Scliilberg (Autriche) 1931
- PRESTIDIGITATION
- COMME L’ÉCLAIR!
- C’est un très joli truc nouveau qui produit beaucoup d’effet sur les spectateurs absolument déroutés dans leurs suppositions. Lorsqu’on en connaît la combinaison, on peut autant admirer l’invention de la mise en scène que la précision du mécanisme.
- Au lever du rideau, on aperçoit, au milieu de la scène, une plate-forme métallique, très mince, soutenue par des tiges de métal très légères, renforcées et tenues rigides par des croisillons. Sur cette plate-forme, se trouve une caisse de cristal, à angles métalliques, munie sur le côté d’une porte également en cristal. Devant cette porte, un très léger escalier de trois ou quatre marches, également en métal, donne accès à la caisse (fig. 1).
- L’illusionniste fait remarquer aux spectateurs la légèreté, la transparence complète de cette installation ne permettant
- Fig 2. — Le mécanisme de la disparilion.
- aucun truquage, puis il fait entrer en scène, une jeune femme revêtue d’un costume oriental,culottes bouffantes, veste et turban, le tout en soie de couleurs voyantes. Deux aides apportent une large planche de 1 m 80 de haut, sur 0 m70 de large, munie de quatre anneaux de fer. Des spectateurs sont demandés pour attacher la jeune femme sur la planche qui a été dressée au fond de la caisse de cristal. Lorsque cela est fait, l’illusionniste emprunte le mouchoir d’un spectateur et bande les yeux de la j eune femme qui fume une cigarette.
- On la voit attachée, sur la planche, dans la figure 2. La porte de la
- cage de verre est alors fermée et les deux aides tenant chacun par un coin, au moyen d’une perche, un large rideau de soie légère, le jettent sur la cage, mais sans le laisser retomber entièrement afin que la femme soit toujours visible. A ce moment l’illusionniste ordonne de baisser le rideau, ce qui est fait, mais de façon à ne voiler que la cage, le dessous de la plate-forme restant toujours visible. Puis le rideau est immédiatement enlevé complètement : la jeune femme a disparu instantanément et elle reparaît à l’autre extrémité de la salle, derrière les spectateurs.
- Voici l’explication de cette mystérieuse disparition.
- La planche munie d’anneaux est fixée sur le plancher de la plate-forme dans deux pinces qui la tiennent verticale. La femme est attachée solidement et ses yeux sont bandés. Une cigarette lui est donnée et la porte est feimée. A ce moment les deux aides soulèvent le grand rideau de soie qui va recouvrir la cage, mais pendant les quelques secondes nécessaires à ce mouvement, la planche avec la femme glisse dans les
- Fig. 1. — La présentation.
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- dessous. Le glissement est guidé par un rail existant dans les tiges D (fig. 2) qui soutiennent le plancher. La planche emmène en même temps une partie du plancher R suffisante pour laisser passer la femme, mais cela libère en même temps une plaque P, placée sous le plancher. Elle pivote sur ses charnières CC et vient masquer l’ouverture. Par un jeu de bascule, alors que la planche s’enfonce, une fausse planche s’élève entre les tiges A et vient se dresser au fond de la cage.4
- Cette planche (fig. 2) est formée de deux parties, comme le serait une boîte plate MM et son couvercle NN. Aussitôt la fausse planche dressée, le couvercle, mince feuille métallique NN sur le plancher et laisse se gonfler un mannequin léger muni de ressorts vêtu exactement et attaché comme la femme. Le mouchoir sur les yeux et la cigarette actionnée
- du dessous par un tube ajoutent à la vraisemblance. Les spectateurs sont donc persuadés qu’ils ne perdent pas de vue la jeune femme, jusqu’à la dernière seconde, alors qu’elle est déjà partie pour faire sa réapparition.
- On abaisse le rideau, puis on le retire complètement : un instant a suffi pour que le couvercle NN soit revenu se plaquer sur MM en applatissant le mannequin et accomplissant le miracle de la disparition « comme l’éclair ».
- Tout est calculé pour l’illusion, le plancher métallique guilloché pour dissimuler les trappes, les caoutchoucs destinés à amortir le bruit des chocs, et surtout l’entente absolue des mouvements entre les deux aides qui enlèvent le voile et les machinistes du dessous qui échangent les planches et font agir les différents ressorts.
- Le prestidigitateur Alber.
- LA MORILLE
- Parmi toutes les productions que nous prodigue — en bonne mère qu’elle est — la nature, nous trouvons la Morille ou les Morilles, car les espèces de ce cryptogame sont nombreuses et croissent au nombre de 20 à 25 en notre France.
- Les Morilles se classent en deux genres principaux, caractérisés par la présence ou l’absence d’alvéoles sur leur chapeau.
- Mais sous le terme de Morilles, on veut surtout parler de ces Champignons terrestres facilement reconnaissables à leurs formes en relief ornant la surface du chapeau ou tête ; creux ou caverneux de la base au sommet, ils sont pédiculés et portent un capitule ou chapeau, plus ou moins large et haut, jamais visqueux, garni extérieurement de côtes saillantes ou de plis sinueux, formant, soit des alvéoles, plus ou moins profondes, soit des sillons contournés ou des circonvolutions, pareilles à celles que l’on observe sur un cerveau. Cette tête, fermée au sommet et aussi, le plus souvent à la base, présente ordinairement une forme ovoïde ou conique, plus ou moins courte ou oblongue, assez rarement arrondie. Le pied — stipe ou pédicule — est tantôt cylindrique, tantôt inégal, épaissi ou gonflé à la base, quelquefois sillonné par des plis, le plus fréquemment couvert de granules farineux ou de petits flocons furfuracés. Le bord inférieur du chapeau est ordinairement adhérent au sommet du pied ou n’en est séparé que par une vallécule ou renfoncement circulaire peu profond. Dans deux ou trois espèces seulement, il en est séparé par une cavité profonde, remontant à mi-hauteur de la tête, ce qui lui donne la forme d’une clochette.
- Les Morilles dont la tête est garnie d’alvéoles, séparés par des côtes, forment le genre Morchella ou Morilles proprement dites-, celles dont la tête ou chapeau est sans côtes, mais creusée de plis sinueux, forment le genre Gyromitra ou Morilles plissées. Le premier genre offre une vingtaine d’espèces environ; le second, deux ou trois seulement. Toutes les espèces sont parfaitement reconnaissables et comestibles.
- Enfin, le genre Morchella se subdivise lui-même en deux sous-genres : le sous-genre Morilla dont la tête, fermée en dessous, est adhérente au sommet du pied et le sous-genre Mitrophora (Morillons), dont la tête, ouverte en dessous, est séparée du pied par une profonde cavité. Ce dernier ne possède que deux ou trois variétés plutôt que des espèces.
- La détermination des espèces est assez difficile. Elle se base, non seulement sur les formes et les dimensions du chapeau et des alvéoles, mais encore sur les divisions de ceux-ci; on tient également compte des colorations observées sur les diverses parties de cet excellent champignon.
- La Morchella rotunda se reconnaît à la forme plus ou moins arrondie de son chapeau, à sa couleur crème ocrée ou fauve jaunâtre, plus rarement blanchâtre ou grisâtre, ainsi qu’à ses alvéoles larges et profonds, non divisés, et à son pied, épaissi à la base, blanc crème ou jaunâtre, parfois blanchâtre. Cette espèce, une des plus grandes, atteint de 0 m 10 à 0 m 20 de haut.
- La seconde, Morchella vulgaris, a une tête ovoïde-oblongue, de couleur brun noirâtre, avec des alvéoles très divisés et le pied blanchâtre; sa taille est un peu plus réduite que celle de la précédente.
- Le Mitrophora hybrida ou Morillon, à tête conique, petite et de couleur foncée, est bien reconnaissable à la cavité profonde qui la sépare du pied.
- Une autre espèce, assez commune, et de la même qualité que la precedente — Morchella conica — se distingue par sa forme conique, ses côtes longitudinales, ses alvéoles allongés, très divisés et sa teinte fauve ou fauve olivâtre.
- Les autres espèces, habituellement plus rares, ne peuvent guère être déterminées que par des mycologues compétents; mais comme elles sont toutes comestibles, l’essentiel pour les amateurs est moins de savoir leurs noms que de pouvoir les manger sans crainte.
- Dans tous les cas, les alvéoles qui garnissent les chapeaux des morilles présentent des formes variées, qui les rendent facilement reconnaissables. Généralement ces chapeaux sont anguleux ou polygonaux, souvent irréguliers, égaux ou inégaux, amples ou petits, allongés ou courts, larges ou étroits, simples ou divisés, suivant les espèces, toujours reconnaissables par leurs formes ou leur parfum. Les côtes les plus grandes et les plus épaisses (côtes primaires), celles qui forment les alvéoles les plus grands, sont généralement, dans le jeune âge, pubes-centes ou tomenteuses sur leur tranche, qui est toujours stérile et bien souvent de teinte autre que celle de l’alvéole. Il ne faut pas les confondre avec les plis fertiles et moins élevés, moins épais, qui les relient entre elles et qui, semblables à des cloisons transversales divisent, le plus souvent, les alvéoles en compartiments plus petits (alvéoles secondaires). C’est sur le fond et sur les parois des alvéoles èt des plis que se développe la fine couche d’hymenium qui donne naissance aux spores ou graines de champignon.
- Ces spores microscopiques, sont de forme ellipsoïde d’une longueur moyenne de 1 /50 à 1 /40 de millimètre. A la maturité, elles s’échappent des cellules fructifères (asques) qui les renferment et tombent sur le sol. Vues isolées, au microscope, ces
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- semences, sont blanchâtres; réunies en masse, elles présentent l’aspect d’une poussière légèrement pâle ou jaunâtre.
- L’intérieur du chapeau des Morilles est creux, plus ou moins bosselé ou rugueux; il est habituellement blanchâtre, grisâtre ou jaunâtre et couvert, comme le pied, de granulations floconneuses ou farineuses. Leur substance assez mince (3 à 4 millimètres), est formée de deux couches d’une sorte de chair sans fibres, ferme, fragile, facile à réduire en miettes, et de consistance un peu cèracée. Toujours odorante, légèrement parfumée, elle est ordinairement de saveur agréable, même crue. S’il fait très humide, elle finit par se décomposer et tomber en putréfaction; par contre, elle se dessèche facilement, s’il fait du soleil surtout, mais elle devient alors un peu coriace.
- Les Morilles paraissent au printemps, dès le mois de mars et fournissent jusqu’en juin. Elles croissent dans les lieux ombragés, dans les cours, les jardins, les serres, les vergers et les haies au bord des routes, des fossés et des bois de chênes et de sapins, dans les friches, les mousses, les bruyères et les charbonnières, etc. On les rencontre dans tous les sols, mais rarement dans les terrains siliceux, la plupart des espèces préfèrent les sols calcaires ou argileux.
- Certaines espèces affectionnent le voisinage de grands arbres : Pommiers, Pruniers, Prunelliers, Ormes, Frênes, Peupliers, etc. Leur taille varie suivant les espèces et atteignent de 0 m 05 à 0 m 20 de hauteur, avec un diamètre de 0 m 03 à 0 m 05, ou 0 m 07 à 0 m 10, et plus.
- Les Morilles sont communes un peu partout en France, et toujours d’une saveur exquise. Elles ne furent pas connues dans l’antiquité, ou du moins les naturalistes de ces époques reculées ne les mentionnent pas. Cependant, depuis des siècles, elles jouissent d’une réputation excellente, avec les Truffes, les Mousserons de la St-Georges, V Oronge, La P râtelle champêtre, les Cèpes, les Bolets et quelques autres champignons, recherchés parmi les meilleurs, soit comme assaisonnement,
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- soit comme aliment complet et, il n’est pas douteux que leur réputation n’est pas surfaite. Néanmoins, il est bon de ne pas en abuser, car mangés en excès, ils peuvent occasionner des indigestions graves. Il est toujours prudent d’observer ces règles avec toutes les espèces de Champignons, aussi bien qu’avec les meilleures viandes.
- Quoi qu’il en soit, les Morilles forment un des bons aliments connus et, il n’est pas étonnant que, depuis longtemps, on ait cherché à les cultiver, mais les résultats ne furent ni constants, ni appréciables. Rien n’empêche de tenter encore cette culture qui, si elle s’établissait en grand, deviendrait une source de réels profits. Pour ce faire, et obtenir quelques produits, on forme, en un endroit ombré, une couche de terre végétale, à laquelle on mélange de la gadoue et une forte proportion de terre où des Morilles ont poussé. On y ajoute de l’humus de sciure de bois pourri et aussi du marc de pommes fermenté, après la pression du cidre. Dans cette couche, épaisse de 0 m 10 à 0 m 15, on enterre, de distance en distance, des fragments de têtes de Morilles adultes, encore fraîches. On entretient frais (non mouillé) par des bassinages; mais le mieux est de laisser agir la nature, en préparant la couche de bonne heure, avant l’arrivée du printemps et, en ce cas, les jeunes Morilles pointeront en leur saison propre, de mars à juin.
- Si l’on peut recueillir assez de spores, lors de leur maturité, on les sème en automne, dans le voisinage de haies ou sous des futaies basses; pour ce faire, on mélange ces graines très fines, avec de la cendre tamisée et on répand le tout, comme il est dit ci-dessus, sans les enterrer ! La nature agissant fera le nécessaire, sans s’en occuper davantage.
- Il y en a qui ont préconisé la culture de ces Champignons, en faisant bouillir les déchets et en les répandant sur le sol; il est inutile de dire que ce qui est cuit ne saurait se reproduire vivant !
- R. de Noter.
- LE MOIS METEOROLOGIQUE
- SEPTEMBRE 1932, A PARIS
- Mois chaud, pluvieux.
- La pression barométrique moyenne, à l’observatoire du Parc Saint-Maur, ramenée au niveau de la mer, a été de 761 mm 3, en déficit de 2 mm 1 à la normale. La moyenne, mensuelle de la température, y a été de 17°,0, supérieure de 2°,2 à la normale des 50 années 1874-1923.
- Les moyennes journalières ont été constamment supérieures à leurs normales respectives pendant les vingt premiers jours, et ont présenté fréquemment des écarts dépassant 3°. Le 17, dont la moyenne des 24 heures a atteint 21°,3 (constatation qui n’avait pas encore été faite à pareille date), a été la journée le plus chaude du mois. La moyenne des maxima, 21°,7, ne dépasse la normale que de 0°,6, mais celle des minima, 12°,4, est en excès de 2°,5. Le refroidissement nocturne a donc encore été, comme en août, moins accentué que de coutume; aussi l’amplitude de la variation diurne de la température qui est en moyenne de 11°,5 en septembre, n’a pas atteint 9°,3. Le minimum absolu, 5°,0, a été enregistré le 27 et le maximum absolu, 28°,1, le 16.
- Les extrêmes absolus pour toute la région ont été : 3°,0 à Trappes, le 27 et 30°,9 à Vaucluse, le 16.
- On a recueilli, à Saint-Maur, un total de 64 mm 7 de hauteur d’eau, supérieur de 33 pour 100 à la normale, en 14 jours de chute, nombre supérieur de 3 à celui moyen. Jusqu’au 20 les pluies, quoique assez fréquentes, n’avaient alors apporté qu’une
- quantité d’eau insuffisante pour compenser l’évaporation (10 mm en 8 jours). Les six journées pluvieuses notées du 20 au 30 ont largement remédié à la sécheresse du sol.
- A l’observatoire du Parc Montsouris, la durée totale de chute, 28 h 10, est légèrement inférieure (de 5 pour 100) à la moyenne des 25 années 1898-1922. Les hauteurs maxima en
- 24 heures ont été pour Paris, 31 mm 5 aux Buttes-Chaumont et pour les environs, 31 mm 0 au Petit-Pantin, à la date du
- 25 au 26.
- Le 20, un orage assez violent s’est produit entre 6 h 30 et 9 h, accompagné de pluie abondante. Le 22, petit orage à Versailles vers 12 h. Le 23, tonnerre dans la banlieue S.E. à N.E. Le 24 et le 26, tonnerre au Mont-Valérien le matin.
- La transparence de l’air à Paris (Tour Saint-Jacques), a été satisfaisante. En banlieue, les brouillards ont été fréquents, le matin, mais peu durables. Le 20, entre 7 h et 7 h 30, il s’est produit un obscurcissement sur un grand nombre de points de la région.
- La moyenne mensuelle de l’humidité relative a été, au Parc Saint-Maur, de 80,8 pour 100 et celle de la nébulosité de 68 pour 100. On y a constaté : 3 jours d’orage, 5 de brouillards, 18 de rosée, 1 d’éclairs seuls.
- Les vents ont été dominants d’entre S. et S.O. et il est à noter la rareté de ceux de N. à E., qui sont d’ordinaire dominants en septembre. Em. Roger.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOÛTE CÉLESTE EN DÉCEMBRE 1932 (')
- Quand on compare la liste des phénomènes intéressants des mois de juin et de décembre, on est frappé de la pauvreté de ces phénomènes en juin comparée à leur richesse en décembre.
- Cela tient, évidemment, à la longueur des nuits du dernier mois de l’année, longueur à peu près double de celle des nuits de juin.
- Aussi le programme de ce mois est-il riche comme on le verra ci-après.
- A signaler, en particulier, un grand nombre de phénomènes du système des satellites de Jupiter plusieurs occultations, notamment celle de p Lion du 19 décembre, la visibilité des planètes Mars et Jupiter; l’essaim des Géminides; la réapparition, à la fin du mois, de la lumière zodiacale, etc.
- «f.
- I. Soleil. — Le solstice d’hiver se produira le 22 décembre,
- Dates. P B0 L0
- 0“, temps légal Décembre 5 + 14°, 61 + 0°,27 71°,33
- — 10 + 12°,50 — 0°,37 5°,44
- — 15 + 10°,28 — 10,01 299°,56
- — 20 + 7°,97 — lo,64 233°,69
- — 25 + 5°, 59 — 2°,26 1670,83
- — 30 + 3°,17 — 2°,86 101°,97
- Lumière zodiacale; lueur anti-solaire. — On pourra commencer à observer la lumière zodiacale, le soir, à la fin du mois, notamment du 26 au 30. On pourra rechercher la lueur anti-solaire, du 26 au 28, dans la région des étoiles -yj, p., v des Gémeaux, mais cette région correspond à la Voie lactée, qui gênera beaucoup cette observation.
- à 1“.
- Ce sera le commencement de l’hiver astronomique.
- Le Soleil, en décembre, descend de plus en plus dans l’hémisphère austral.
- Sa déclinaison, de — 21°20' le 1er, tombe à —23° 27' au moment du solstice pour remonter un peu, — 23° 6', à la fin du mois.
- La durée du jour atteint son minimum 8h 11“, du 21 au 24.
- Elle était de 8“ 31“ le 1” et remontera à 8“ 15“ le 31.
- Voici le temps moyen à midi or ai.
- C’est l’heure que marquent les horloges bien réglées lorsque le centre du Soleil passe au méridien de Paris!
- Fig. 1. — Marche de la petite planète Vesta sur le ciel pendant sa période d’opposition.
- Dates. Heure du passage Dates. Heure du passage
- Décembre 1er 11“ 39“ 468 Décembre 17 ' 11 “ 46“ 518
- — 3 11 40 32 — 19 11 47 50
- — 5 11 41 21 — 21 11 48 50
- — 7 11 42 12 — 23 11 49 50
- — 9 11 43 5 — 25 11 50 49
- — 11 11 43 59 — 27 11 51 49
- — 13 11 44 55 — 29 11 52 48
- — 15 11 45 52 — 31 11 53 46
- Obseroations physiques. — Continuer, chaque jour, l’obser-
- vation du Soleil, soit par observation directe avec la lunette munie d’une bonnette noire, soit par projection sur un écran fixé à la lunette. Ce dernier procédé permet la mise en place des taches sur un disque que l’on fait coïncider avec l’image du Soleil. On aura soin, en laissant la lunette immobile, de marquer sur le dessin la direction du mouvement diurne, qui est la direction est-ouest. Une perpendiculaire à cette direction donnera la direction Nord-Sud. On pourra alors utiliser les éléments suivants pour la mise en place des dessins et photographies du Soleil.
- Voir au dernier « Bulletin astronomique » la signification des lettres P, B0, L0.
- 1. Toutes les heures données dans le présent « Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel (T. U.), ou temps de Greenwich, compté de 0“ à 24“, à partir de 0h (minuit).
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de décembre, seront les suivantes :
- P. Q. le 4, à 21“ 45“ D. Q. le 20, à 20“ 22“
- P. L. le 13, à 2“ 21“ N. L. le 27, à 11“ 22“
- Age de la Lune, le lor décembre, à 0“ (T. U.) = 31,0; le 28 = 01,5.
- Pour les autres dates du mois ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 28.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en décembre : le 13,, à 15“ = + 28°13' ; le 26, à 21“ = — 28°14'.
- On remarquera la grande hauteur de la Lune dans le ciel le lendemain de la pleine Lune, le 14 à 1“ 22“ du matin.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 10 décembre, à 12“. Parallaxe = 53 59". Distance = 406 200 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 26 décembre, à 2“. Parallaxe = 60'52". Distance — 360 260 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 3 décembre, occultation de i Verseau (gr. 4,4). Immersion à 18“33m,5.
- Le 16 décembre, occultation de 5 B. Cancer (gr. 6,4) : Emersion à 0“ 17“,5.
- Le 18 décembre, occultation de p Lion (gr. 3,8). Immersion à 0“ 23“,0; émersion à 1“ 31“,5. — Occultation de 49 Lion (gr. 5,7). Émersion à 3“ llm,5.
- Marées-, Mascaret. — Les plus grandes marées se produiront au début du mois, puis au moment de la pleine Lune du 13 et enfin au moment de la nouvelle Lune du 27. Toutes ces marées seront de faible amplitude, leur coefficient atteignant, au maximum, 92 centièmes.
- En conséquence, le phénomène du mascaret ne se produira pas ce mois-ci.
- III. Planètes. — Le Tableau ci-après, qui a été dressé à l’aide des renseignements contenus dans Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1932 donne toutes les indications utiles pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois de décembre 1932.
- Mercure se trouvera en conjonction inférieure avec le Soleil le 4 décembre, à 17“. Il sera ensuite visible comme étoile du matin, à la fin du mois. Le 23 décembre, il atteindra sa
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- ASTRE Dates : Lever à Passage au Méridien de Paris (*). Coucher à Ascen- sion Déclinai- Diamètre Constellation et VISIBILITÉ
- Décemb. Paris. Paris. droite. son. apparent étoile voisine.
- 6 7» 30“ 11“ 41“ 46» 15“ 53“ 16“ 51“ . 22o 31’ 32'31",4 Scorpion
- Soleil . . . 16 7 40 11 46 21 15 53 17 35 — 23 20 32 33 ,6 Scorpion
- ( 26 71 45 11 51 19 15 57 18 20 — 23 22 32 34 ,8 Sagittaire
- Mercure . . i 6 16 [ 26 7 5 5 2 50 56 11 10 10 25 24 18 15 14 14 48 58 40 16 16 16 37 12 44 — 20 18 20 20 17 31 9,8 8,0 6,2 a Scorpion p Scorpion Scorpion Le matin, plus grande élongation, le 23.
- i 6 4 30 9 30 14 29 14 37 — 13 24 12,8 a. Balance
- Vénus . . . 16 4 58 9 39 14 20 15 26 — 17 3 12,2 y Balance ) Le matin, avant l’aurore.
- ;• 26 5 26 9 51 14 15 16 17 — 19 58 11,8 P Scorpion
- 6 22 52 5 41 12 30 10 49 ~f~ 10 3 7,6 l Lion
- Mars . . . 16 22 32 5 16 11 59 11 3 + 8 52 8,2 Lion Seconde partie de la nuit.
- 26 22 9 4 48 11 27 11 15 + 7 56 8,8 Lion
- Jupiter. . . 16 23 25 5 46 12 7 11 34 "T 4 5 34,8 cr Vierge Seconde partie de la nuit.
- Saturne. . . 16 10 6 14 30 18 54 20 19 — 20 9 14,0 4 Sagittaire A peine visible le soir.
- Uranus. . . 16 12 50 19 25 2 0 1 13 7 4 3,6 e Poissons Dès l’arrivée de la nuit.
- Neptune. 16 22 18 5 0 11 42 10 48 + 8 31 2,4 l Lion Seconde partie de la nuit.
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- plus grande élongation du Soleil, à 20“, à 21° 54' à l’Ouest du Soleil. Cette élongation est assez importante (la plus grande de l’année atteignait 26°53’, en juillet), mais la planète aura une forte déclinaison australe, et pour la région nord de la France, sera visible dans des conditions très défectueuses.
- Le tableau suivant donne la phase et la magnitude stellaire de Mercure.
- Dates. Disque illuminé Diamètre. Magnitude stellaire.
- Décembre 1 0,06 9",6 + 1,8
- — 6 0,01 9 ,8 + 2,6
- — 11 0,16 9 ,0 + 14
- — 16 0,38 7 ,9 + 0,3
- — 21 0,56 7 ,0 — 0,1
- — 26 0,69 6 ,3 — 0,2
- •— 31 0,78 5 ,8 -0,2
- Vénus est toujours bien visible dans le ciel du matin. Elle se lève, en effet, près de 3 heures avant le Soleil. Sa déclinaison australe augmente et elle devient moins bien aisément observable. Le 16 décembre, Vénus offrira, dans une lunette, l’aspect du dessin n° 12 de la figure 1 du « Bulletin astronomique » pour mai 1932, n° 2878. Voici la phase et la magnitude stellaire de Vénus.
- Dates. Disque illuminé. Diamètre. Magnitude stellaire.
- Décembre 1 0,82 13",1 — 3,5
- — 6 0,84 12 ,8 — 3,4
- —. 11 0,85 12 ,5 — 3,4
- — 16 0,86 12 ,3 — 3,4
- •— 21 0,87 12 ,1 — 3,4
- — 26 0,88 11 ,9 — 3,4
- — 31 0,89 11 ,7 -3,4
- Mars devient maintenant bien visible, se levant bien avant minuit. Une lunette puissante est toujours nécessaire pour effectuer des observations utiles.
- Voici quelques éléments aréographiques utiles :
- Date Angle de position Latitude du Dia- Angle deMagni-posilion de tude
- (à 0" T. U.) de l’axe centre mètre Phase la phase stell.
- Décembre 2 14°,1 + 22°,0 7" ,3 0" ,7 292°,0 + 0,9
- — 12 16°,4 + 22°,2 7 ,8 0 ,8 292°,2 + 0,7
- — 22 18°, 2 + 22°,3 8 ,5 0 :8 292°,2 + 0,5
- Mars tourne sur son axe à raison de 24“ 37“ 22e,65 pour un tour, soit 0°,24 en 1 minute et 14°,62 en 1 heure.
- Vesta, la petite planète n° 4, et la plus brillante de toutes (atteignant parfois la visibilité à l’œil nu) est passée en opposition le 22 novembre et elle a atteint la magnitude 7,0. La petite carte de la figure 1, que nous reproduisons d’après l’Annuaire astronomique Flammarion permettra de la trouver avec une petite lunette. La proximité des étoiles X et 30 du Taureau facilitera la reconnaissance de cette petite planète.
- Flora, la petite planète n° 8, découverte par Hind, en 1847," passera en opposition le 19 décembre et atteindra la magnitude 8,2. Elle sera bien placée pour les observations par sa proximité de l’étoile Ç. Taureau. Voici quelques positions qui faciliteront sa recherche.
- Date. Ascension droite. Déclinaison
- Décembre 7 5“ 59“ 1 + 17° 49'
- — 15 5 50 1 + 18° 18'
- — 23 5 50 1 + 18° 49'
- — 31 5 31 8 + 19° 24'
- Jupiter devient maintenant parfaitement visible, il plane dans la constellation du Lion. Il se trouvera en quadrature occidentale avec le Soleil le 14 décembre, à 12“.
- Une lunette de moyenne puissance (0m,108) permet de faire une excellente étude de la surface de Jupiter. La plus petite lunette montre les 4 principaux satellites dont les mouvements sont si curieux à suivre. Voici la liste des phénomènes du
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- = 424 ----------------— ——— 1 ..........................-
- système des satellites de Jupiter que l’on pourra observer en décembre.
- Phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Dates. Déc, Heure Satel- lite. Phéno- mène. Dates. Déc. Heure Satel- lite. Phéno- mène.
- 4 6*54m I O. c. 20 6 *23m I P. c.
- 5 2 47 III E. c. 20 7 25 I O. f.
- 5 3 42 II O. c. 21 2 21 I E. c.
- 5 4 7 I E. c. 21 3 27 II E. c.
- 5 6 7 II P. c. 21 5 50 I Em.
- 5 6 8 III E. f. 22 0 51 I P. c.
- 5 6 24 II O. f. 22 1 53 I O. f.
- 6 1 22 I O. c. 22 3 5 I P. f.
- 6 2 35 I P. c. 23 0 18 I Em.
- 6 3 38 I O. f. 23 0 29 II P. c.
- 6 4 50 I P. f. 23 0 45 II O. f.
- 7 2 4 I Em. 23 0 51 III O. c.
- 7 3 31 II Em. 23 3 6 II P. f.
- 9 1 6 III P. f. 23 4 9 III O. f.
- 12 6 0 II E. c. 23 5 53 III P. c.
- 12 6 15 II O. c. 25 2 17 IV Im.
- 12 6 44 III E. c. 25 5 22 IV Em.
- 13 3 15 I O. c. 27 7 2 I O. c.
- 13 4 30 I P. c. 28 4 14 I E. c.
- 13 5 31 I O. f. 28 6 3 II E. c.
- 13 6 44 I P. f. 29 1 31 I O. c.
- 14 0 28 I E. c. 29 2 43 I P. c.
- 14 0 51 I E. c. 29 3 47 I O. f.
- 14 3 57 I Em. 29 4 57 I P. f.
- 14 6 7 II Em. 30 0 37 II O. c.
- 15 1 13 I P. f. 30 2 8 I Em.
- 16 0 12 III O. f. 30 2 59 II P. c.
- 16 0 35 II P. f. 30 3 18 II O. f.
- 16 1 58 III P. c, 30 4 49 III O. c.
- 16 4 6 IV O. c. 30 5 35 II P. f.
- 20 5 9 ) • I O. c. 30 23 25 I P. f.
- L’Annuaire astronomique Flammarion recommande d’observer Jupiter le 24 décembre, à 3h45m. Les quatre principaux satellites seront groupés ensemble, à l’Ouest de la planète. Suivre leurs curieux déplacements avec une petite lunette.
- Voir au dernier « Bulletin astronomique », n° 2890, l’explication des phénomènes de la dernière colonne.
- Saturne devient difficilement observable, se couchant de très bonne heure. On pourra encore voir l’anneau, mais les images seront généralement défectueuses : faible hauteur que l’horizon, forte déclinaison australe, etc.
- Voici les éléments de l’anneau pour le 17 décembre.
- Grand axe extérieur + 35",04
- Petit axe extérieur + 12",17
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau. + 20°,32 Hauteur du Soleil au-dessus du plan de^l’eanneau -f- 19°,13
- Uranus est visible dès la tombée de la nuit. Nous avons donné au n° 2889 dans le « Bulletin astronomique » une petite carte permettant de le trouver sur le Ciel. Il sera stationnaire le 28 décembre, à 19*.
- Neptune s’élève maintenant avant minuit. On le trouvera aux ^positions ci-après.
- Dates. Ascension. droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Décembre 6 10*48m + 8°31' 2",4
- — 16 10 48 -f 8°31' 2 ,4
- — 26 10 48 + 8°32' 2 ,4
- — 30 10 48 + 8°33' 2 ,4
- Neptune sera en quadrature occidentale avec le Soleil le 2 décembre, à 13*.
- Il sera stationnaire le 12 décembre, à 11*.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 1er 517“, Saturne en conjonction avec la Lune, à 2° 57' N. Le 5, à 8*, Mars en conjonction avec Neptune, à 1° 38' N.
- Le 8, à 2h, Uranus Le 19, à 12“, Neptune Le 19, à 22“, Mars Le 20, à 11*, Jupiter Le 24, à 8h, Vénus Le 25,. à 13*, Vénus Le 26; à 0* , Mercure Le 29, à 9*, Saturne
- la Lune, à 4° 4' S.
- — à 0° 53' N.
- — à 3o 26' N.
- — à 2» 34' N.
- ' Scorpion (gr. 42)à 0° 15' S.
- la Lune, à 6° 29' N.
- — à 6°- 52' N.
- — à 2° 34' N.
- Etoile Polaire-, Temps sidéral. — Voici quelques passages de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- Dates. '•Passage. Heures. Temps sidéral à 0* (T. U.)
- Décembre 6 Supérieur 20* 27“ 54* 4* 58“ 16*
- — 16 — 19 48 27 5 37 41
- —- 26 — 19 8 59 6 17 7
- Etoiles variables. — Minima d’éclat de l’étoile variable Algol (visibles à l’œil nu) : le 11 décembre, à 3h56ra; le 14, à 0*45“; le 16, à 21*34“; le 19, à 18* 23“; le 31, à 5* 30“.
- Etoiles filantes. — Un essaim est surtout actif en décembre, celui des Gêminides qui donne, du 8 au 14, des étoiles filantes rapides et courtes, émanant de la région de a Gémeaux.
- Voici d’ailleurs la liste des principaux radiants ayant donné
- des météores en décembre :
- Ascension Etoile
- Époque. droite. Déclinaison. voisine.
- Déc. 1 »r 43° + 56° Y| Persée
- — 1cr au 10 117 + 32 a- -(3 Gémeaux
- — 6 80 + 23 Ç Taureau
- — 6 au 13 149 + 41 P. IX, 254
- — 8 au 14 107 + 33 a Gémeaux
- —10 au 12 130 + 46 1 Grande Our
- V. — Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le 1er décembre, à 21* ou le 15 décembre, à 20* est le suivant :
- Au Zénith : Persée; Andromède; Cassiopée.
- Au Nord : La Petite Ourse; Céphée; le Dragon; la Grande Ourse.
- A l’Est : Le Cocher; le Lion; le Cancer; les Gémeaux; le Petit chien; le Taureau; Orion.
- Au Sud : Les Poissons; le Bélier; la Baleine; l’Eridan. Au Sud-Ouest : Le Verseau.
- A l’Ouest : Pégase; le Cygne; la Lyre.
- La région Sud-Est du Ciel est constellée d’étoiles de lr0 et 2 ® grandeurs !
- Em. Touchet.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Dans te champ solaire, par P. Couderc. 1 vol. de VII-238 pages, 35 flg. et 36 planches hors texte dont un spectre solaire. Gauthier-Villars. Paris, 1932. Prix : 35 francs.
- L’architecture du système solaire est connue depuis longtemps; mais les rapides et admirables progrès de l’astrophysique qui ont renouvelé en quelques années la science du monde sidéral nous ont apporté, dans ce domaine également,des connaissances nouvelles; la structure, le mouvement et la vie du soleil, nous ont dévoilé quelques-uns de leurs secrets; l'astrophysique nous a apporté aussi quelques précisions sur la surface des planètes, ces voisines si mystérieuses à tant d’égards. M. Couderc nous présente ici, dans un tableau d’ensemble des plus attrayants, les résultats essentiels de ces recherches modernes. Après avoir rappelé brièvement l’historique de la découverte des lois newtoniennes du système solaire, après une courte description de la Terre et de son atmosphère, l’auteur expose ce que nous savons des planètes et décrit les méthodes qui nous permettent de tenter d’ici-bas leur exploration. Puis il aborde l’étude du Soleil, et montre ce que nous apprend le spectre solaire; le Soleil est une étoile, l’auteur l’étudie à ce point de vue d’une façon approfondie ainsi que son ambiance galactique et se trouve ainsi amené à jeter un coup d’œil sur l’univers sidéral dans son ensemble. Ce bel ouvrage se termine par un court chapitre sur les comètes et les débris cosmiques et par un aperçu des divers systèmes cosmogoniques jusqu’ici proposés.
- Elektrolyte, von D» Hans Falkenhagen, 1 vol. X-346 pages, 104 flg. S. Hirzel, éditeur. Leipzig 1932. Prix broché : 23 Marks.
- Le professeur de l’Université de Cologne expose dans cet ouvrage l'état actuel de nos connaissances théoriques et expérimentales sur les solutions; c’est une question qui, on le sait, a fait de grands progrès en ces dernières années, en particulier sous l’influence de P. Debye et de son école, à laquelle l’auteur lui-même appartient. Il rappelle d’abord la théorie thermo-dynamique classique des solutions infiniment étendues, et formule les lois de la pression osmotique, de la cryoscopie, de l’ébullioscopie, et de la tonométrie de ces solutions. 11 expose ensuite la théorie de la dissociation des électrolytes d’Arrhénius et les résultats qu’elle a donnés entre les mains d’Ostwald et de Nernst. Il montre les anomalies que les électrolytes forts en solutions diluées opposent à cette théorie; il introduit et précise la notion d’activité des solutions, et donne à cet égard de nombreux résultats numériques. Il reprend en détail ensuite la question des anomalies des électrolytes forts, résume les tentatives de Drucker, Van Laar, Kjellin, Bjerrum et autres pour établir des théories tenant compte de ces anomalies. Puis il expose d’une façon complète la théorie des électrolytes forts de Debye-Milner qui fait intervenir les forces électrostatiques régnant entre tous les ions en présence dans la solution; ceux-ci constituent un essaim caractérisé par sa densité et sa durée de relaxation. Il dresse une liste copieuses de confirmations expérimentales de la théorie, chiffres à l’appui, et montre les faits qu’elle a permis de prévoir et de découvrir. Il montre aussi que le problème des solutions concentrées recèle des difficultés que la théorie n’a pas encore entièrement surmontées. En résumé un beau livre, très complet, présentant la question sous toutes ses faces, dans son état actuel et groupant, sous une forme logique et lucide, une abondante et précieuse documentation.
- Les cellules photo électriques. Caractéristiques et application S , par C. Roy-Pochon, 1 brochure, 76 p., 28 flg. Etienne Chiron, édit., Paris, 1932. Prix : 8 francs.
- Cette brochure expose brièvement, mais clairement le principe de la cellule photoélectrique; elle en énumère les principales applications actuelles, avec quelques indications sur le mode d’emploi de la cellule dans chaque cas. Ce petit ouvrage d’initiation rendra service à ceux qui, de plus en plus nombreux, ont à manier des appareils munis de ces cellules.
- Discover y Re ports. Cambridge University Press. Mollusca : Gastropodâ thecosomata and gymnosomata, par Anne L. Massy, 30 p., 1 pi. Prix : 4 sh.
- Narrative of hydrographie survey operations in South Georgia and the South Shetland Islands, 1926-1930, par J. M. Chaplin, 48 p., 5 pl., 4 cartes. Prix : 10 sh.
- Oligochaeta. Part. I. Microdili, par J. Stephenson, 32 p. Prix : 4 sh. Oligochaeta. Part. II. Earthworms, par Grâce E. Pickford, 28 p. Prix : 3 sh. 6 d.
- Foraminifera. Part. I. The ice-free area of the Falkland Island and adjacent seas, par Edward Heron-Allen et Arthur Earland, 170 p., 12 pl. Prix : 25 sh.
- Amphipoda, par K. H. Barnard, 326 p., 1 pl. Prix : 40 sh.
- The vascular networks (relia mirabilia) of the fin whale (Balaenoplera physalus), par J. D. Ommanney, 36 p., 10 flg. Prix : 6 sh.
- La grande expédition anglaise qui a parcouru l’Atlantique sud dans le but de connaître le mode de vie des baleines n’a pas borné ses études
- au groupe des Cétacés. Elle a recueilli bien d’autres documents géographiques, océanographiques, zoologiques, etc., qui sont aussi l’objet de ces rapports dont le nombre et la variété vont s’amplifiant. Voici les derniers reçus. Parmi les renseignements d’ordre zoologique, il faut citer les nombreux Ptéropodes étudiés par feu Mme Massy, curieux mollusques pélagiques phosphorescents et les plus rares Gymnoso-rnates; les Enchytraeidés et les vers de terre, recueillis dans plusieurs îles, dont plusieurs espèces sont nouvelles, et qui touchent aux problèmes du peuplement des terres isolées. Les foraminifères et les amphipodes donnent lieu à deux volumineux et importants mémoires qui ajoutent beaucoup à nos connaissances de ces groupes. L’étude anatomique du « réseau admirable » vasculaire qu’on observe dans le thorax des cétacés soulève de curieux problèmes physiologiques : on sait que ces animaux peuvent plonger assez longtemps (jusqu’à une heure) et qu’ils ont une énorme masse de sang; le réseau servirait peut-être à transporter l’oxygène du sang à la graisse et inversement et à fournir ainsi une réserve. Le rapport du Lieut.-Commander Chaplin apporte beaucoup de précisions à la cartographie encore imparfaite de la Géorgie et des Shetland du Sud.
- Faune de France. Tome XXIV. Tardigrades, par L. Cuénot.
- 1 vol.in-8, 96 p., 98 flg. Lechevalier, Paris, 1932. Prix : 35 francs.
- Les Tardigrades sont de tout petits animaux de moins d’un millimètre, qu’on trouve soit dans la mer, soit dans l'eau douce, soit sur les mousses humides. Leur forme est étrange, avec 4 paires de moignons terminés par des griffes. Longtemps mal connus par suite de leur petitesse, ils ont eu leur heure de célébrité à cause de la possibilité de suspendre leur activité quand ils se dessèchent et de la reprendre quand l’humidité revient. On a beaucoup discuté de leur place dans la classification et il est probable qu’ils se placent au voisinage des Arthropodes. Aujourd’hui, on en connaît environ 150 espèces. L’excellent biologiste qu’est l’auteur, professeur à la Faculté des Sciences de Nancy, donne ici les indications pour recueillir les Tardigrades, étudier leurs formes et leur anatomie, connaître la littérature qui les concerne, puis il décrit soigneusement toutes les espèces qu’on peut trouver en France. Ainsi se continue l’œuvre collective de rofllce central de faunistique qui peu à peu dote notre pays et offre aux naturalistes un très précieux moyen d’études qui manquait.
- The races Of man, par Robert Bennet Bean. 1 vol. in-8, 134 p., 69 flg. University Society, New York, 1932.
- L’University Society se propose de publier une longue série d’ouvrages de vulgarisation de haute tenue donnant un aperçu des diverses connaissances, sans spécialisation excessive. Elle a déjà réussi dans plusieurs domaines et voici son douzième volume, écrit par le professeur d’anatomie de l’université de Virginie. C’est un bref exposé de l’histoire de l’homme et des races humaines, agréablement illustré de nombreuses photographies américaines. L’auteur passe en revue les races préhistoriques, l’évolution, la formation des races actuelles, les migrations qu’il situe dans le temps en 8 grandes invasions, les types d’aujourd’hui et leur classification. Cette revue d’ensemble est complétée par un lexique des termes techniques et par l’indication de références bibliographiques plus détaillées.
- La maladie et l’homme, par George Draper, 1 vol. in-8, 306 p., 59 flg. Collection franco-britannique. Doin et Cie, Paris, 1932. Prix : 35 francs.
- Suite d’études éparses du professeur de clinique de l’Université Colombia, qui toutes développent pittoresquement le même thème : l’homme est fait de sa génétique, de son anatomie, de sa physiologie, de son immunité, et aussi de sa psychologie. On retrouve sur chaque « panneau » de sa personnalité des caractères qui expliquent tout l’ensemble et que le médecin doit chercher pour réussir dans la lutte contre la maladie.
- Les voies de pénétration des membres, par le
- Dr F. M. Cadenat. Tome I. Membre supérieur. 1 vol. in-8, 210 p., 141 flg. Doin et Cie, Paris, 1932. Prix : 75 francs.
- Précis de médecine opératoire basé sur l’anatomie esthétique. L’auteur rappelle les notions nécessaires, puis préconise les ouvertures larges, choisies, par des voies privilégiées, des « maîtres-points ».
- Éducation et rééducation fonctionnelles de l’enfant, par le D» Henri Diffre. 1 vol. in-8, 170 p., 50 flg. Collection des manuels de rééducation. Doin et Cie, Paris, 1932, Prix : 28 francs.
- Pour maintenir l’équilibre physiologique chez l’enfant, ou pour s’efforcer de l’établir quand on constate des déficiences, l’auteur prescrit des règles de vie comprenant une éducation respiratoire précoce, une culture physique dont il donne les règles détaillées, allant jusqu’aux exercices gymnastiques.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE Ronald Ross.
- Sir Ronald Ross est mort à Londres le 16 septembre dernier dans sa 75e année. Son nom i'este attaché à l’une des découvertes primordiales du cycle des parasites du paludisme.
- En 1880, Laveran avait découvert dans le sang de l’homme atteint de fièvre paludéenne un sporozoaire évidemment introduit dans la circulation par la piqûre d’un moustique,
- chez le moustique; ce fut un trait de lumière qui éclaircit les données confuses acquises jusque-là chez l’homme.
- Rentré en Angleterre, chargé de cours à l’école de médecine tropicale de Liverpool, Ross entreprit la lutte contre le paludisme par la destruction des insectes, l’assèchement des mares et des flaques d’eau. On lui doit l’assainissement de nombreux points, notamment Ismailia,l’île Maurice,Clxypi*e, etc.
- Après la guerre, une souscription fut ouverte pour créer un institut qui porte son nom. Ross reçut le prix Nobel. Mais il mourut, n’avant eu toute sa vie que des facilités
- Fig. 1. — L’emplacement du futur barrage Hoover dans le Rio Colorado, photographié en avion (ph. Wide World).
- mais on ne connaissait pas l’évolution du parasite dans le corps de l’insecte.
- Ross, fils d’xin général de l’armée des Indes, après avoir tâté des letti'es, des arts, de la musique, des mathématiques, entra en 1881 dans le corps des médecins militaires de l’Inde, où il continua ses essais littéraires. Mais, en 1894, revenu en Angleterre, il fut mis en rapports avec Patrick Manson et s’attacha alors à la pathologie tropicale. Retouimé aux Indes, il poursuivit, de garnison en garnison, l’observation des moustiques et réussit, en 1898, à voir sur l’Anophèle toute la suite des transformations de l’hématozoaire du moineau des Indes : reproduction asexuée chez le dernier, reproduction sexuée
- médiocres pour poursuivie l’œuvre qui a protégé tant d’existences humaines.
- TRAVAUX PUBLICS Le barrage de Hoover.
- Dans noti*e n° du 15 octobre 1932, nous avons résumé les travaux gigantesques actuellement en cours sur le Rio Colorado, pour y créer un barrage réservoir à fins d’irrigation et de création d’énergie hydroélectrique. Ce sera le plus haut barrage du monde.
- Notre photographie ci-contre représente, photographié en
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- avion le cafion où sera édifié le barrage. Les travaux sont commencés. On a entrepris sur chaque rive du fleuve le percement de deux des quatre tunnels de 1200 m de long qui serviront à détourner le cours d’eau et permettront, d’elïectuer à sec les travaux de fondation.
- MÉTALLURGIE
- Des canons en acier coulé centrifugé.
- D’après Scientific American, l’Ordnance Department des Etats-Unis, sous la direction du colonel F. G. Dickson a mis au point, en ces dernières années, à l’arsenal de Watertown, un nouveau procédé pour la fabrication des tubes de canon en acier. Les tubes sont obtenus par coulée d’acier en fusion et centrifugation.
- Jusqu’ici les tubes de canon en acier ont été fabriqués à partir de lingots d’acier coulé, soumis ensuite au forgeage, puis forés. C’est là, comme on le sait, une fabrication très difficile. Il faut partir de lingots de qualité exceptionnelle et l’opération du forgeage est elle-même extrêmement délicate et fort lente. Il faut plusieurs jours pour préparer une ébauche de tube qui exigera elle-même de longs travaux de finition. Tout l'ensemble de la fabrication exige un personnel très expérimenté et un matériel fort coûteux. Aussi la fabrication des canons ne saurait-elle s’improviser. On l’a bien vu dans la dernière guerre.
- Avec la coulée centrifuge, on obtient immédiatement à partir de l’acier en fusion un tube rond et droit, percé d’une cavité circulaire bien centrée. En 20 minutes on obtient une ébauche très avancée, prête à subir les traitements thermiques. Les pertes de métal qui sont très élevées dans le premier cas (35 pour 100 au moins) sont ici réduites à moins de 5 pour 100. Cette ébauche aurait des qualités mécaniques au moins égales à celles de l’ébauche issue d’un lingot, forgé et les travaux de finition qui devront lui être appliqués sont manifestement de bien moindre envergure.
- Au point de vue des qualités mécaniques de la pièce finie, la coulée centrifuge de l’acier offre un autre avantage très sérieux : la résistance mécanique de la pièce est la même dans toutes les directions; en outre, grâce à la ségrégation produite par la force centrifuge, les parties les plus résistantes se trouvent au centre, c’est-à-dire précisément dans la région du canon qui, en service, sont soumises aux plus grands efforts.
- L’acier employé doit être de l’acier fondu de premier choix. On le prépare dans un four électrique d’induction à haute fréquence, en produisant à chaque coulée exactement les quantités nécessaires.
- La coulée de l’acier fondu s’effectue dans des moules en fonte, forés au diamètre voulu; le moule est monté sur une machine spéciale, à l’intérieur d’un four et est mis en rotation à la vitesse de 500 à 1500 tours par minute suivant ses dimensions; grâce à un dispositif approprié, on y coule alors l’acier liquide; quand la coulée est terminée on retire le four et on maintient le moule en rotation jusqu’à solidification complète de son contenu. L’opération n’exige au total que 10 à 20 minutes suivant les dimensions du canon. Une ébauche de 2 tonnes est achevée en 19 minutes. On retire alors le dispositif de remplissage et on refoule le lingot hors de son moule. Sa surface extérieure est alors à une température de 1000° environ. On le plonge aussitôt dans une fosse de trempe où il se refroidit lentement à la température ambiante.
- La nouvelle méthode paraît donc présenter de très grands avantages de rapidité et d’économie. Elle semble donner le moyen de créer rapidement une artillerie abondante, de bonne qualité, avec un matériel relativement simple, et une main-d’œuvre quelconque.
- Dans l’état actuel du problème des armements dans le monde, elle mérite de retenir l’attention non seulement des
- = ....= ....- = 427 =
- techniciens, mais encore des hommes politiques et des hommes d’Etat prévoyants.
- CHIMIE INDUSTRIELLE
- L’utilisation des boues acides dans le raffinage des huiles minérales.
- Lorsque l’on traite les huiles minérales par de l’acide sulfurique à 60° Baumé ou par de l’oléum, on obtient un dépôt boueux, noir et très acide qui a été pendant très longtemps une gêne considérable pour- les raffineries.
- Ce sous-produit a été tout d’abord vendu aux fabricants de superphosphates qui transformaient l’acide sulfurique en sel de soude ou d’ammoniaque. Le prix de vente était excessivement bas et ne compensait qu’incomplètement les frais d’élimination de ce sous-produit.
- A l’heure actuelle un grand nombre de raffineries ont trouvé des méthodes de traitement permettant de transformer en matière de premier ordre ces produits dévalorisés.
- Le point le plus important de tous ces procédés a été d’éliminer l’acide sans détruire le goudron qu’il imprègne.
- Divers procédés ont été proposés jusqu’à présent. Dans l’un d’entre eux on dissout les boues acides dans un solvant convenable tel que le toluène, le xylène, les huiles dérivées de la houille, etc., et on laisse décanter l’acide. Il suffit alors de chasser le solvant par distillation pour obtenir un asphalte utilisable pour le revêtement des chaussées.
- Un autre procédé, beaucoup plus simple et surtout plus original que le précédent, consiste à ajouter aux boues acides une petite quantité de soufre et à chauffer le mélange obtenu à 130° C.
- Le soufre donne, par réaction sur les boues acides de l’hydrogène sulfuré qui réduit l’acide sulfurique en libérant une quantité correspondante qui entre à nouveau en réaction d’après le processus indiqué ci-après.
- La fin d’opération est caractérisée par l’apparition de mousses.
- On obtient ainsi un bitume extrêmement brillant et ductile utilisable au lieu et place du goudron de houille.
- H. Soyer.
- PHYSIQUE INDUSTRIELLE Applications de la pulvérisation cathodique.
- Lorsqu’on réalise des décharges à haute tension dans le vide, avec cathode métallique, celle-ci se désagrège, le métal qui la constitue est transporté, très finement divisé, sur les parties environnantes. On utilise aujourd’hui ce phénomène pour effectuer des dépôts métalliques sur des corps même non conducteurs, à basse température et sans intervention de produits chimiques. C’est là un grand avantage sur les procédés électrolytiques usuels.
- Dans un article récent du Bell System Technical Journal, M. Fruth signale que la Western Electric C°, puissante société de construction de matériel téléphonique des Etats-Unis, utilise maintenant la pulvérisation cathodique pour dorer les diaphragmes en duralumin des microphones de radiodiffusion. Ce revêtement s’effectuait autrefois dans un bain électrolytique, mais les résultats étaient défectueux en raison de corrosions électrolytiques. Pour effectuer la dorure cathodique, les diaphragmes sont préalablement nettoyés à l’acétone et à l’éther, puis polis. La pulvérisation cathodique se pratique ensuite sous des cloches de verre de pyrex où l’on établit un vide de l’ordre du 1/10 de mm de mercure. La tension de décharge est de l’ordre de 10 000 volts.
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- PETITES INVENTIONS
- MICROSCOPIE
- Dispositif d’alimentation économique des lampes électriques ponctuelles.
- L’éclairage des appareils de projection, et surtout de microprojection, celui du microscope pour les observations délicates, et particulièrement pour la microphotographie nécessite un éclairage concentré, punctiforme. Après les lampes à filament de tungstène, à bas voltage, on a vu apparaître, il y a quelques années, une nouvelle lampe à source vraiment punctiforme dans une atmosphère gazeuse, la lampe Pointolite, construite par les établissements Philips. La Nature l’a décrite dans son n° 2646, du 20 décembre 1924.
- La lampe Pointolite est une véritable lampe à arc jaillissant
- Fig. 1. — La lampe et sa boîte d’alimentation.
- entre deux petites sphères de tungstène ainsi portées au blanc éblouissant, dans une atmosphère close formée de néon et d’un peu d’argon. L’amorçage de l’arc est obtenu automatiquement par ionisation des gaz de l’ampoule au moyen d’électrodes secondaires plus rapprochées.
- La lampe Pointolite donne un éclairage parfait, mais elle a le défaut de ne s’amorcer que sous 220 volts et de consommer beaucoup.
- M. Germain Arnaud a eu l’idée de remplacer les résistances habituelles par une boîte très bien présentée (fig. 1), d’un maniement très simple et qui réduit au dixième environ la consommation de courant. La boîte se présente avec deux prises à fiches non interchangeables pour éviter les erreurs. Une se branche directement sur une prise ordinaire de courant quelconque à 110 volts, l’autre se rend à la lampe placée derrière un condensateur sur un pied orientable. A gauche un bouton commande le circuit général qu’il ouvre ou ferme à
- Fig. 2. — Le globe d'Albert et le tracé planisphérique des mouvements.
- volonté ; à droite, un second bouton permet de passer de l’intensité forte nécessaire à l’amorçage de l’arc à l’intensité de régime beaucoup plus faible, suffisante dès que la lampe s’est allumée. La manoeuvre est donc on ne peut plus simple.
- La boîte renferme tout simplement un autotransformateur calculé pour que son secondaire porte le courant du secteur à 220 volts, nécessaires pour l’allumage, tandis que le primaire suffit à l’alimentation sous 110 volts et ne sert plus alors que de bobine de self.
- Dans ces conditions, l’éclairage par lampe Pointolite, si utile pour la projection et la microphotographie, peut être employé couramment et pendant de longues durées sans dépense exagérée de courant et sans risque d’échaufîement excessif des résistances.
- L’inventeur est M. Germain Arnaud, Institut de microscopie, 60, rue de Babylone, Paris (7e).
- PHYSIOLOGIE
- La mesure des mouvements des articulations.
- Le périgraphe du Dx Dann.
- Jusqu’à ces dernières années, le médecin, le chirurgien, l’expert des accidents du travail, l’orthopédiste, n’avaient à leur disposition que des instruments incommodes pour déterminer l’étendue des mouvements des articulations autrement que dans un seul plan. Cependant, dès 1883, Edouard Albert avait, par ses travaux sur l’articulation du fémur et du genou, indiqué une méthode plus parfaite. Albert fixait sur une table
- Fig. 3. — Projection des mouvements du poignet sur une sphère et sur un cône.
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- Fig. 4. — Principe du périgraphe du D1 Dann.
- le bassin et le fémur d’un mouton, au centre d’une sphère en fil de fer, formant un réseau de parallèles et de méridiens analogues à ceux d’un globe terrestre (fig. 2). Si l’on fait mouvoir le fémur dans son articulation, ses déplacements tracent à la surface de la sphère un anneau plus ou moins régulier représentant le champ du mouvement de l’articulation. Reporté sur un planisphère, cet anneau donne la représentation graphique du mouvement.
- Le globe d’Albert n’a jamais servi dans la pratique, et il a fallu attendre près de 50 ans pour qu’on en réalise l’application. Celle-ci est cependant fort simple.
- Supposons, sous le globe en fil de fer, une main, dont le majeur porte un petit cylindre d’où s’échappe un rayon lumineux (fig. 3). Quelle que soit la grandeur ou l’éloignement du globe, les mouvements de la main décriront une courbe fermée. Le Dr Dann inscrit directement ce mouvement sur
- Fig. 5. — Périgramme des mouvements de la tête obtenu avec l'appareil
- du DT Dann.
- un cône tangeant à la sphère par un parallèle de celle-ci; il a ainsi une projection réelle, cartographique, qui mesure l’amplitude des déplacements dans tous les azimuths. C’est le périgraphe.
- Dans sa réalisation, le périgraphe est formé (hg. 4) d’un cône creux d’aluminium,
- a, fermé hermétiquement à sa base par une rondelle de bois,
- b, de façon que l’intérieur fasse chambre noire.
- Dans l’axe du cône, à mi-hauteur, se trouve une source lumineuse c (lampe de 0,3 ampère), enfermée dans une boule opaque et percée d’un orifice e ne laissant passer qu’un étroit faisceau de lumière.
- La lampe est lestée et fixée à la cardan si bien que le faisceau lumineux est toujours vertical. Un petit fil à plomb extérieur g indique d’ailleurs la position. La face interne du cône est revêtue d’un papier-diagramme sensible à
- la lumière, gradué de 5 en 5° dans les deux sens. Le cône se charge dans une chambre noire, et le papier est développé après expérience, comme une photographie.
- La rondelle du périgraphe est liée par une rotule à une poignée pour le tenir à la main ou à une sangle qui peut entourer la tête, le bras, l’avant-bras, la cuisse, la jambe, le pied.
- Le fonctionnement est des plus simples. L’appareil étant tenu ou fixé dans une position d’abord verticale, on fait lentement exécuter tous les mouvements possibles autour de l’articulation qu’on veut étudier. Les déplacements du cône par rapport à la lampe incluse dont le rayon lumineux reste vertical s’inscrivent sur le papier sensible et l’on obtient un périgramme complet.
- Fig. 6.— Fracture de l’épiphyse radiale. Trois périgrammes successifs montrant les progrès de la mobilisation de l’avanl-bras.
- Fig. 7. — Comment on se sert du périgraphe pour enregistrer les mouvements de la main.
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- On peut ainsi révéler des ankylosés commençantes, évoluant lentement, des atrophies de groupes musculaires. On peut aussi garder la trace d’un état transitoire, suivre les progrès d’un traitement, d’exercices mécanothérapiques, d’un entraînement. On peut même dépister des simulations, les mouvements empêchés volontairement ne donnant pas à beaucoup près la même constance de courbes que les impotences organiques.
- Jointe à la radiographie, la périgrapliie apparaît comme le meilleur moyen d’étude du fonctionnement des articulations. Il a sa place dans les centres de physicothérapie aussi bien que dans ceux de culture physique et aussi de médecine légale ert sociale.
- Le périgraphe du D1 Dann est en vente chez M. Schaerer S. A., Berne (Suisse).
- MÉCANIQUE
- L’ensacheur universel Triou.
- Avez-vous déjà assisté à l’ensachage de charbon, de pommes de terre, de blé, de matières pulvérulentes ?
- Fig. 8 (à gauche). — L'appareil replié, prêt pour l’expédition. Fig. 9 (à droite). — L’appareil monté, reposant sur ses pieds.
- Si oui, vous avez pu constater que c’est là un travail dont il est très difficile, sinon impossible, de charger un homme seul.
- Au début de l’opération, c’est-à-dire lorsque le sac est encore vide et flasque, les bords de l’ouverture s’affaissent de tous côtés et l’ensachage présenterait des difficultés presque insurmontables si un aide ne roulait les bords du sac, sur tout le pourtour, afin de leur donner un peu de résistance, et s’il ne disposait l’ouverture de telle sorte que son compagnon n’ait qu’à verser les matières à ensacher.
- Au fur et à mesure que ces matières emplissent le sac, le travail est plus facile.
- Il faut, néanmoins, un aide, pour tenir les bords qui s’affaisseraient sans cette précaution, et pour les soulever au fur et à mesure que le sac s’emplit.
- L’ensacheur universel Triou économise cet aide.
- Construit tout en acier, d’un poids total de 8 kg, il comporte une tige centrale et verticale de 107 cm de hauteur et 35 mm de diamètre.
- Celle-ci repose sur une base faite de 2 tiges en croix, avec méplats aux extrémités, mesurant, ouverte, 80 cm
- Fig. 10 (à gauche). — L’appareil employé avec petit sac. Fig. 11 (au milieu). — L’appareil employé avec sac moyen. Fig. 12 (à droite) •— L’appareil employé avec grand sac.
- sur 80 cm, avec arcs-boutants assurant la verticalité de la tige centrale.
- Une tête mobile, avec butée à ressort, porte quatre bras réglables : deux bras supérieurs s’ouvrant du centre vers la droite et la gauche, et deux bras inférieurs s’ouvrant de haut en bas. Cette tête mobile s’introduit sur la tige verticale en poussant la butée à ressort. Elle y est ensuite immobilisée par cette butée.
- Pour se servir de cet ensacheur, il suffit :
- 1° De placer, en le pliant, 3 cm de l’ourlet sur les deux bras supérieurs de la tête mobile ;
- 2° De placer les deux bras latéraux et inférieurs de la tête mobile près du bord libre du sac et de replier l’ourlet en dessous ;
- 3° D’appuyer légèrement pour tendre le tout. Le sac est en place, et, mieux que cela ne pourrait être fait par un aide, présente le maximum d’ouverture, facilitant ainsi l’ensa-chage;
- 4° De régler en hauteur. Pour cela, rapprocher l’ensemble de la tige verticale pour décoincer, remonter vers le haut ou pousser vers le bas, et lâcher à la place voulue. L’ensemble se fixe isntantané-ment.
- L’ensacheur universel Triou permet donc l’emploi de sacs de toutes hauteurs et de toutes largeurs.
- Posé sur une bascule, avec un ou deux pieds repliés, il facilite l’ensachage et le pesage simultanés.
- Il ne déchire pas, est entièrement démontable et pliant, et est composé de pièces interchangeables toujours disponibles à l’usine.
- Il économise un homme, et, en raison de son prix modique, son achat constitue un placement de premier ordre.
- En vente aux Établissements Triou, à Montgeron (Seine-et^Oise) et chez tous les quincailliers et fournisseurs de matériel agricole.
- Fig. 13.—L’appareil vu de derrière, montrant la disposition des bras qui soutiennent le sac.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Pour peindre à l’aluminium sur plâtre.
- Dans la réponse donnée à l’École Normale de Lyon, n° 2889, 15 septembre 1932, Boîte aux Lettres, p. 288, au sujet de la peinture à l’aluminium sur plâtre, nous donnions le conseil d’appliquer une couche de peinture d’impression à l’huile de lin. A ce sujet, M. J. Berge, de Wis-sous, nous donne les intéressantes précisions qui suivent.
- » Me permettez-vous de vous donner un « tuyau » comme suite à votre réponse à l’École Normale de Lyon. L’impression du plâtre à l’huile revient cher et demande un long séchage. La colle de caséine remplace l’huile très avantageusement et sèche bien plus rapidement. Au lieu d’une lente oxydation il y a séchage proprement dit.
- J’ai aussi essayé d’appliquer l’aluminium à la caséine et j’ai fortbien réussi, même à l’extérieur. Mais il s’est produit plusieurs fois un phénomène curieux. A l’agitation, le mélange de colle de caséine et d’aluminium est monté de lui-même à plus de cent degrés et s’y est maintenu pendant 1/4 d’heure. » Jean Berge.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Le Ski nautique (voir n° 2890, 1er oct. 1932.)
- Le constructeur de cet appareil est M. Fontes, 5, rue des Sauvages, Montpellier (Hérault).
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Comment se prépare l’encaustique à l’eau.
- L’encaustique à l’eau présente l’avantage d’être très économique et convient particulièrement à l’enduisage des oa^quets; sa préparation qui est courante chez les peintres en bâtiments est relativement peu connue. C’est pourquoi nous croyons utile d’en vulgariser la formule.
- On prend :
- Cire d’abeilles vraie.................... 200 grammes
- Savon blanc.............................. 100 —
- Eau non calcaire........................ 3000 —
- Sel de tartre............................. 30 —
- Faire fondre d’une part la cire au bain-marie et d’autre part dissoudre le savon en copeaux dans l’eau bouillante.
- Verser alors goutte à goutte la cire dans la solution savonneuse en remuant avec une cuiller en bois, puis au moment de retirer l’encaustique du feu ajouter le sel de tartre en continuant à remuer jusqu’à dissolution.
- Appliquer l’encaustique, de préférence encore chaude sur le parquet, laisser bien sécher et faire reluire au chiffon de laine, non à la brosse.
- N. B. Le sel de tartre n’est autre que le carbonate de potasse, mais c’est plutôt sous le premier nom qu’on le trouve dans le commerce.
- Réponse au Cercle des Officiers de Toulon.
- Faisons nous=mêmes un excellent cirage.
- La préparation suivante permet de réaliser à très bon marché un excellent cirage du type cirage à l’eau tel qu’il était employé avant l’adoption des crèmes du type encaustique à l’essence, pour la réaliser on commence par préparer les trois mixtures qui suivent :
- Mixture A :
- Tanin...................................10 grammes
- Sulfate de fer cristallisé........... 7,5 —
- Eau ordinaire...........................60 —
- Dissoudre le tanin dans l’eau, ajouter le sulfate de fer, agiter et laisser à l’air jusqu’à obtention d’une teinte bien noire.
- Mixture B :
- Sulfate de fer cristallisé........... 7,5 grammes
- Acide sulfurique à 66° B................50 —
- Eau ordinaire...........................60 —
- Ne faire cette solution qu’au moment de l’emploi.
- Mixture C.
- Noir animal broyé très fin. ..... 250 grammes
- Mélasse à 45 % de sucre.............. 250 —
- A cette dernière mixture, ajouter en remuant la mixture B jusqu’à cessation de l’effervescence, puis la mixture A, bien mélanger puis passer au tamis à mailles de un millimètre pour retenir les grumeaux, finalement laver la toile du tamis, au-dessus de la préparation avec : Eau ordinaire...............................125 grammes
- Mélanger à nouveau et incorporer :
- Vaseline blonde..................... 25 grammes.
- Mettre en boîtes et laisser au repos, la consistance n’étant atteinte qu’au bout de quelques jours.
- Réponse à M. Dryobalanops, à Alger.
- P.-S. — 1° Le ronflement qui se produit dans votre conduite d’eau
- est dû au jeu de la vis trop fatiguée du robinet, il vous suffira pour supprimer l’inconvénient de remplacer ce dernier.
- 2° Vous préparerez très facilement une peinture à la colle en vous servant du blanc gélatineux que l’on trouve tout préparé chez les marchands de couleurs.
- 3° Pour coller les étiquettes et papiers de bureau, la colle à la gomme arabique est encore ce qui convient le mieux : vous assurerez sa conservation en ajoutant 10 à 15 gouttes d’une solution de sublimé à 1 pour 100 par 100 centimètres cubes de colle.
- Qu’est=ce que le verre organique?
- Sous le nom de verre organique on désigne le produit de condensation de l’urée et de formol qui se présente sous l’aspect d’une masse incolore transparente et solide comme le verre; elle est aujourd’hui mise dans le commerce sous la désignation de Pollopas en Allemagne et de Krystal en France.
- Ainsi que nous l’avons mentionné dans notre n° 2886, page 143, on obtient un produit de ce genre en condensant 2 kg 700 d’aldéhyde formique, un kilogramme d’urée, 0 kg 400 de lactose ou glucose et 5 grammes d’ammoniaque ou d’un sel ammoniacal.
- On peut également réaliser cette résine artificielle en remplaçant l’urée par la thiourée, la diméthylthiourée, même la cyanamide.
- Comme catalyseur on substitue aussi à la matière sucrée, soit l’hexaméthylène-tétramine', soit tout simplement l’acide chlorhydrique à la dose très faible de 0 gr. 15 d’HCl pour 200 grammes d’urée et 1000 grammes de formol à 30 pour 100 de formaldéhyde, en ayant soin de ne jamais dépasser 0 gr 05 d’acide pur pour cent du poids de l’urée mise en œuvre.
- D’après les travaux de Polack, une condition essentielle de réussite est que le produit fini ne contienne pas de formol en excès, ce que l’on obtient par addition d’une quantité convenable de phénol ou mieux encore d’eau oxygénée.
- Réponse à M. Huart, à Bormes (Var).
- Comment on imperméabilise les étoffes à l’acétate d’alumine.
- La plupart des tissus imperméabilisés du commerce, exception faite des articles caoutchoutés, sont obtenus par l’emploi de l’acétate d’alumine en utilisant la propriété de ce sel de se décomposer sous Faction de la chaleur, en laissant sur la fibre une mince couche d’alumine qui n’est pas mouillée par l’eau; de sorte que celle-ci glisse sans pénétrer, bien que l’espace existant entre les fibres ne soit pas obstrué, ce qui conserve aux étoffes leur perméabilité à l’air, avantage que n’ont pas les articles caoutchoutés.
- La préparation de l’acétate d’alumine se fait très facilement par double décomposition en préparant les deux solutions suivantes :
- Solution A :
- Alun pulvérisé............................... 1000 grammes.
- Eau chaude.................................... 12 litres.
- Solution B :
- Carbonate de soude cristallisé................. 50 grammes
- Eau chaude..................................... 2 litres.
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- On mélange les deux solutions, ce qui donne lieu à une effervescence, puis on y ajoute une troisième solution composée de :
- Acétate de plomb...................... 1000 grammes.
- Eau chaude............................ 8 litres.
- Il se produit un abondant précipité de sulfate de plomb qui est sans utilité, on laisse reposer du jour au lendemain et on décante le liquide limpide surnageant qui contient l’acétate d’alumine destiné à l’imperméabilisation.
- Les articles à traiter: draps : lainages, coutils, vêtements de chasse, sont immergés dans le liquide froid de manière qu’ils soient bien imprégnés. On laisse égoutter, puis sécher..
- Reste alors à porter à une température suffisante pour décomposer l’acétate d’alumine soit 50° à 60° C, ce que l’on réalise dans l’industrie au moyen d’étuves, opération que l’on peut remplacer dans la pratique courante par un repassage au fer chaud, ce qui toutefois donne un résultat moins parfait dans l’unisson de la teinte du tissu, bien que l’acétate d’alumine soit sans action sur la couleur proprement dite.
- N. B. — 1° Nous signalons que l’intervention de la chaleur est indispensable à la réussite, elle ne doit donc pas être omise.
- 2° Le carbonate de soude cristallisé, n’est autre que les cristaux achetés par les ménagères chez l’épicier.
- Réponse au Cercle lorrain à Nancy.
- De tout un peu.
- École de Témara, Maroc. — 1° Le ciment pour réparation de l'ébo-nite se prépare en faisant fondre à feu doux 60 grammes de gomme laque avec la même quantité de gutta-percha, puis on y incorpore en remuant 5 grammes de minium et autant de soufre.
- Ce ciment doit être employé à chaud sur parties bien décapées par grattage et sèches. On ébarbe ensuite les bavures avec une lame de couteau chauffée et on lisse au besoin au fer également chaud.
- 2° La gravure sur aliminium se pratique à l’acide chlorhydrique (acide muriatique du commerce) dilué de deux à trois volumes d’eau, on remplit ensuite les cavités d’un mélange composé de :
- Bitume de Judée............................... 15 grammes
- Cire d’abeilles............................... 60
- Gomme mastic................................. 15
- Asphalte...................................... 75
- Au besoin, on additionne d’un peu de noir de fumée pour obtenir un noir plus franc.
- M. Mouy, à Cambrai. — Pour rendre le poli aux endroits de la toile à calquer sur lesquels on a fait des grattages, deux moyens peuvent être employés :
- A. Saupoudrer de talc pulvérisé, puis frotter avec un tampon de flanelle bien propre.
- B. Badigeonner la toile avec un petit pinceau doux imbibé de collo-dion, puis laisser sécher complètement avant de tracer de nouveaux traits.
- M. Vignier, à Antibes. — Comme suite à la réponse que nous vous avons faite dans le n° 2883, page 576, du 15 juin dernier, nous pouvons vous indiquer les dépositaires suivants de graines de Képhijr : Maya bulgare, 252, rue St-Honoré; Carrion, 54, faubourg St-Honoré.
- Belfort. — Nous ne possédons pas sur les récents procédés de conservation des fruits, de données autres que celles que nous avons publiées à plusieurs reprises.
- Quant à l’application d’une couche de paraffine elle nous paraît peu probable et nous ne l’avons pas encore constatée.
- Studio-Bueno, à Charleville. — Les produits du commerce employés pour noircir les capotes d’autos sont des dissolutions de noir au stéarate dans la benzine. A notre connaissance, il n’existe pas de blanc de cette nature, car une aplication de blanc sur un fond déjà teint en noir ne donnerait que des résultats imparfaits.
- M. Penchinat, à Nîmes. — La façon la plus pratique à’imperméabiliser extérieurement votre mur est la fluatation, c’est-à-dire l’application d’une couche de fluate de magnésie ou de fluate de zinc; vous trouverez ces produits tout préparés chez Teisset Kessler à Clermont-Ferrand qui vous fournira également toutes indications sur le mode d’emploi suivant les conditions locales.
- IVI. Briam, à Paris. — Pour nettoyer les gravures jaunies ou sur lesquelles se sont développées des moisissures, on procède ainsi :
- La gravure est d’abord trempée au large dans un baquet d’eau, on l’applique ensuite sur une feuille de verre que l’on pose bien d’aplomb, puis on verse sur la gravure de l’eau oxygénée allongée de moitié d’eau
- et additionnée de quelques gouttes d’ammoniaque, on maintient ainsi humide par le même mélange pendant environ une heure en prenant soin que tout le papier soit bien imbibé.
- Quand on se rend compte que le blanchiment est suffisant on rince à grande eau toujours sur la feuille de verre, on essore avec quelques doubles de papier à filtrer et laisse sécher.
- L. R., à Péronne. — 1° La paraffine que vous avez fait fondre dans votre vase émaillé s’est introduite sous l’émail, c’est pourquoi il est si difficile de la déloger.
- Le moyen le plus commode de faire disparaître cette paraffine est de chauffer le récipient à sec sur un bain de sable dont vous élèverez progressivement la température jusque vers 300 à 350° C, la paraffine sera ainsi volatilisée ou dissociée. Lorsqu’il ne se dégagera plus de vapeurs, laisser refroidir doucement sur ce même bain de sable de façon que l’émail et son support se rétractent simultanément.
- 2° Le meilleur procédé pour lutter contre les punaises est encore l’emploi du pyrètlire soit à l’état de poudre de récolte récente, soit en pulvérisations d’une macération filtrée de 500 grammes de cette même poudre dans un litre de pétrole.
- Opérer bien entendu de jour et sans foyer à proximité quand il en est fait usage.
- 3° Producteurs de pyrèthre : domaine de Signao à Bagnols-sur-Cèze (Gard), Domaine d’Aquiera à Tavel (Gard).
- M. Olivier, à Salon-de-Provence. — Les alliages au ferro-cérium découverts en 1903 par Welsbach étaient primitivement constitués par 65 pour 100 de fer et 35 pour 100 de métaux rares : cérium, lanthane, didyme, néodyme, praséodyme et samarium; aujourd’hui il n’y a que 15 pour 100 de fer.
- La matière première est le résidu de la fabrication des manchons à incandescence, après traitement des sables monazités. Lorsqu’on a extrait le thorium, le résidu des métaux rares porte le nom de Misch-métal (métal de mélange) ; on les transforme en chlorure que l’on élec-trolyse à l’état anhydre, souvent on ajoute au mischmétal, 2 pour 100 de bismuth ou d’antimoine pour le durcir; au contraire, pour obtenir un métal doux on additionne de 5 pour 100 de cuivre. ,
- Les produits pyrophoriques renferment en outre presque toujours du silicium qui provient des creusets.
- M. le Dr Bernard, à Monteux. — Il s’agit très probablement d’une huile lourde très fluide, laquelle mélangée à l’essence réalise un superhuilage des pistons.
- Cette addition si elle est favorable au graissage aurait, paraît-il, pour inconvénient de donner lieu parfois au « cognement ».
- M. Bernard, à Salon. — 1° Pour le nettoyage des carrosseries d’auto, voir le n° 2789, page 94.
- 2° Nous avons publié un article très complet sur les anti-détonants dans le n° 2860 du 1er juillet 1931, page 13, veuillez bien vous y reporter.
- M. Lubert, à La Garde, Toulon. — Le celluloïd étant parfaitement mouillé par l’alcool, vous pouvez employer pour peindre tous les vernis colorés à l’alcool du commerce, ayant soin d’opérer par touches légères, sans charger le pinceau de façon qu’il n’y ait pas extension de la teinte.
- M. Chabanas,à Paris. — La préparation du tarlrate de chaux ne présente aucune difficulté, car il suffit de traiter le tartre brut provenant des lies de vin par l’eau bouillante en ajoutant la quantité d’acide chlorhydrique nécessaire pour obtenir l’éclaircissement.
- Ensuite on filtre à chaud, puis on neutralise le liquide filtré par l’eau de chaux jusqu’à ce qu’il soit neutre au papier de tournesol.
- Il ne reste plus qu’à ajouter une solution de chlorure de calcium jm léger excès; la totalité de l’acide tartrique est ainsi précipitée sous forme de tartrate de chaux insoluble, qu’on reçoit sur un filtre lavé à l’eau tiède et sèche à l’étuve.
- D. M., Tunisie. — 1° Vous pourrez facilement enlever les taches d’encre sur votre bureau en appliquant sur celles-ci au moyen d’un petit pinceau quelques gouttes d’eau de Javel légèrement acidulée par une trace d’acide chlorhydrique du commerce (acide muriatique). Rincer.
- 2° Le procédé le plus simple pour redonner du brillant est de se servir du produit spécial, que l’on trouve tout préparé chez les marchands de couleurs sous le nom de brillant-meubles, qui a l’avantage de pouvoir être employé par une personne ne sachant pas vernir.
- Adresse éventuelle au cas où vous ne trouveriez pas ce produit dans votre région : Sahnée frères, fabricants de vernis, 58, rue de Saint-Mandé, Montreuil-sous-Bois (Seine).
- Le Gérant : G. Masson.
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- N° 2893
- LA NATURE
- 1 5 Novembre 1932.
- LE CENT-CINQUANTENAIRE DE LA DÉCOUVERTE DES AÉROSTATS
- Dans son numéro du 18 novembre 1882, La Nature, alors dans sa dixième année, célébiait le « Centenaire de la découverte des Aérostats » sous la signature de son rédacteur en chef : Gaston Tissandier. Quelle plume était plus autorisée ? Les ascensions scientifiques de Gaston Tissandier, en particulier celle du 15 avril 1875, à bord du « Zénith », jusqu’à 86G0 m au cours de laquelle Sivel et Croeé-Spinelli avaient trouvé la mort, ses travaux poursuivis seul ou avec son frère sur la direction des ballons, le plaçaient au premier rang des esprits savants et inventifs que les ascensions du siège de Paris ramenèrent vers les questions aérostatiques.
- /'"Les^tÿîà
- i première,,as£ ‘
- * *
- l’aérostation fixent au 5 juin 1783 la lion d’un ballon libre à air chaud. A cette
- dateAén efféçifles frères Montgolfier exécutaient leur
- ^enence
- '*Xai§.
- monay devant les États particuliers du déjà, l’année précédente, en 1782, vers la ”,1f§5^Bfl^mbre, ils avaient, en Avignon, construit, gonflé d’air chaud et vu s’élever dans l’atmosphère la première « machine aérostatique ».
- Aucun doute n’est possible d’après le rapport fait à l’Académie Royale des Sciences « Sur la Machine Aérostatique de MM. de Montgolfier » par Le Roy, Tillet, Brisson, Cadet, Lavoisier, Bossut, de Condorcet et Desmarest : « Il paraît que le point de vue sous lequel MM. de Montgolfier envisageaient ce grand problème, d’élever des corps dans l’air, fut celui des nuages, de ces grandes masses d’eau qui, par des causes que nous n’avons pas encore pu démêler, parviennent à s’élever et à flotter dans les airs à des hauteurs considérables... Or tout annonce que leurs méditations sur ce sujet
- Fig. 2. — Ascension du 28 août 1783.
- Fig. 1. — Les frères Montgolfier.
- remontent au delà^du mois d’août de l’année dernière 1782, mais l’expérience qu’elle leur avait suggérée ne fut tentée que vers le milieu de novembre de la même année. Ce fut à Avignon que M. de Montgolfier l’aîné la fit pour la première fois : là il ne vit pas sans une vive joie, ce que l’on concevra sans peine, un petit parai lélépipède s’élever et monter à une hauteur de 7C pieds. »
- La date de la piemière expérience aérostatique doit donc, incontestablement, être fixée vers le 15 novembre 1782. Il y a, de cet événement, capital dans la vie des hommes, un siècle et demi.
- Pour célébrer cet anniversaire, nous voudrions présenter à nos lecteurs les médailles frappées en Fiance pour commémorer des aéronautes ou des ascensions célèbres.
- Voici d’abord — à tout seigneur tout honneur — la médaille frappée en 1783 en souvenir des frères Montgolfier « pour avoir rendu l’air navigable ». Gravée par Gatteaux sur une composition de Houdon, elle porte sur sa face les profils superposés des deux frères. Les traits sont spiritualisés. Les figures, levées, rayonnent d’intelligence, le regard dirigé très loin est plein de ce génie dont les cheveux dressés sur le front symbolisent la flamme. Nous y reconnaissons malaisément le Joseph Montgolfier portraicturé au crayon par Boissieu et qui est au Musée de Lyon. L’image est celle d’un homme massif, vigoureux, aux larges épaules, à la tête pensive, au front large. C’est un génie puissant et calme tandis que la médaille nous donne l’image d’un génie ardent et léger.
- A ce point de vue, la figure 3 nous indique un Étienne Montgolfier plus humain, plus vrai. Cette très belle médaille de F. Caqué, au relief accentué, fait partie
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- Fig. 3. — Étienne Monlgolfier.
- de la Galerie Métallique des Grands Hommes Français. Elle a été frappée en 1821.
- Le revers de la médaille n° 1 est délicieusement traité. Un globe aérostatique s’envole, montgolfière dont un Génie — flamme au front — mollement assis sur un nuage, entretient la force ascensionnelle à l’aide d’une torche... Au sol, une femme, l’Humanité sans doute, tend les bras vers ce miracle, tandis que deux lions, craintivement, se terrent. Deux clefs gisent, symbole de l’emprise que l’Homme venait d’imposer à son nouveau domaine, « Attonitus Orbis Terrarum ». « La Terre est stupéfaite ».
- L’enthousiasme des foules s’accommode mal des hésitations et des lenteurs. Paris s’impatientait de voir renouveler l’expérience d’Annonay. L’enthousiasme était échevelé. Faujas de Saint-Fond ouvre une souscription publique dont le produit devait servir à l’exécution d’une nouvelle expérience. Elle eut lieu le 28 août 1783 et la médaille n° 2 la commémore. La face représente les mêmes profils des deux frères Montgolfier qui ont « rendu l’air navigable », tandis que, chose singulière, le revers montre l’expérience du Champ-de-Mars, avec le ballon perdu construit par Charles et les frères Robert et gonflé non plus d’air chaud, comme le sphérique d’Annonay, mais « d’air inflammable », d’hydrogène. Ainsi donc, sous l’égide des deux glorieux frères, on célébrait un grand progrès dans l’art aérostatique, progrès qu’ils n’avaient pas soupçonné.
- Ce « ballon perdu » devait avoir une fin tragique. A Gonesse où il reprit terre, les habitants, excités par deux moines, virent en lui un monstre aérien et l’assaillirent à coups de pierres, de fourches et de fléaux. Finalement
- Fig. 5. — L’ascension du Flesselles.
- ils l’attachèrent à la queue d’un cheval qui le mit en pièces à travers champs, après l’avoir fait, comme juste, exorciser par leur pasteur...
- La médaille n° 4 est la plus belle de la collection. « Audacia Félix », elle réunit dans le même souvenir les deux premiers voyages aériens en « ballons montés » : celui du 21 novembre du marquis d’Arlandes et de Pilatre de Rozier à bord d’une montgolfière, celui du 1er décembre de Charles et Robert à bord d’un ballon gonflé à l’hydrogène.
- La médaille n’est pas signée et c’est grand dommage, car l’artiste qui l’a gravée mérite nos éloges. Au premier plan, la montgolfière du marquis d’Arlandes nous offre le luxe de sa décoration, qui se découpait en or sur un fond bleu d’azur. La partie supérieure, entourée de fleurs de lis, était garnie des douze signes du zodiaque, le milieu portait les chiffres du roi entremêlés de soleils, et la partie inférieure était ornée de mascarons, de guirlandes et d’aigles aux ailes éployées. Dans la galerie, les deux aéronautes saluent la foule, l’un du bras, l’autre de son chapeau.
- Au second plan, le ballon à nacelle de Charles et de
- Fig. 4. — Les premiers ballons montés.
- Robert. Il faut convenir qu’après 150 ans nos ballons libres ne sont point tellement différents. Nous y voyons une manche d’appendice et un filet destiné à supporter la nacelle, indépendante de l’enveloppe. Le ballon avait en outre une soupape supérieure qui, en laissant échapper le gaz, permet de descendre, et le ballon emportait des sacs de sable fin, du lest qui, en allégeant le ballon, permet de monter. Charles s’était muni d’une ancre pour l’atterrissage, d’un baromètre pour mesurer les hauteurs et de divers instruments de physique. Ainsi que le montrent les gravures du temps et les « assiettes au ballon », le cercle du filet coiffe le globe en biais et les aéronautes agitent des oriflammes. L’un d’eux a son chapeau, l’autre est tête nue. Sur les assiettes, le tricorne est toujours représenté dans sa chute. Au verso une devise latine associe dans la même gloire les deux frères Montgolfier et Louis XVI.
- La médaille n° 5 rappelle l’ascension de la montgolfière « Le Flesselles », à Lyon, le 19 janvier 1784. M. de Flesselles était gouverneur de la ville et promoteur de l’expéiience. C’était un globe énorme, de plus de 20 000 m3, et jusqu’à la construction du ballon
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- d’Henry Giffard, en 1878, il était resté le plus grand ballon que l’homme eût jamais construit. * Que ne peut le Génie », demande la devise en exergue sur la face qui porte une Renommée mollement assise sur un lion couché. A l’arrière-plan, le lieu du départ. Le revers indique les dimensions de l’aérostat et le nom des sept passagers, dont. Joseph Montgolfiei, Pilaire de Rozier et le prince de Ligne.
- Quelques années et c’est la Révolution. Entrevue dès les premièies ascensions, l’utilisation des ballons captifs comme instruments d’observation à la guerre ne fut réalisée que dix ans après l’expérience de Montgolfier. Coutelles, Conté, Selle de Beauchamp tiennent les grands rôles sur lès champs de bataille de Maubeuge, Charleroi, Fleurus. Mais la Révolution ne frappait point de médaille commémorative...
- Fig. 6. — Jeton des aèronaules du Neptune.
- Cependant les ascensions, depuis 1865, auront été les exercices où se forma un noyau de pilotes grâce auquel Paris dut de résister si longtemps sous l’encerclement prussien.
- Du 23 septembre 1870 jusqu’au 28 janvier 1871
- Fig. 7. — Médaille commémorative de s ascensions du siège de Paris, en 1S70.
- Du temps passa. L’invention de Montgolfier subissait , ,
- . , 1 . . , . . , t i Fig. 8. — Pigeons et ballons du siégé.
- 1 insécurité dans la gloire qui est la destinee ordinaire des
- choses humaines. Après la période révolutionnaire elle n’excita plus que la curiosité et bientôt même fut abandonnée des savants et tomba dans le domaine des fêtes populaires.
- Néanmoins, l’aérostation devait profiter du grand mouvement d’idées que produisit la Révolution de février. Poitevin triomphe à l’Hippodrome de l’Etoile,
- Eugène Godard commence à se faire connaître, Henri Giffard installe pour la première fois une machine — machine à vapeur — à bord d’un aérostat. Nadar,
- Camille Flammarion font leurs voyages. Mais peu à peu les efforts sont impuissants à vaincre l’indifférence, même l’indifférence officielle. A part quelques tenaces adeptes, le public regarde le ballon comme un jouet démodé ou une machine imperfectible et qui l’aurait déçu. On ne frappe point de médaille...
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- Fig. 9. — Ballon captif de 1879.
- soixante-six ballons ont franchi les lignes prussiennes. Les équipages recevaient au départ une médaille, un jeton plutôt, pièce d’identité en quelque sorte (fig. 6). Nous reproduisons celle frappée à l’occasion de l’ascension du premier de ces ballons, le « Neptune » qui s’envola le 23 septembre 1870 de la Place Saint-Pierre à Montmartre sous la conduite de Duruof. Toutes les médailles ne sont point semblables. Les légendes diffèrent évidemment, mais aussi les modules, et les métaux. Elles ne valent point par l’art qui les inspira ni par le soin apporté à leur frappe, mais elles sont un précieux témoin du dévouement et de l’esprit de sacrifice des aéronautes, souvent improvisés, du siège.
- Quelques années après l’année terrible, alors que la France se sentait renaître, la Ville de Paris confia à Chaplain le soin de commémorer par une médaille (fig. 7) « l’emploi des aérostats pour la défense de Paris ». La légende au verso est entourée d’une couronne vigoureuse
- Fig. 10. — Ballon captif de 1889.
- de feuilles de chêne. Sur la face, la Ville de Paris, drapée, mais dont la tête se découpe sur de longs voiles flottants — de longs voiles de deuil — donne l’envol à un ballon libre qui se dirige vers l’horizon au-dessus d’un paysage de fortifications, où l’on reconnaît le Mont-Valérien.
- Dans une autre médaille, de Degeorge, d’un module plus petit (fig. 8), la Ville de Paris, assise sur un affût de canon tend les bras vers un pigeon voyageur qui accourt vers elle, tandis qu’un ballon captif s’en éloigne, deux moyens de communiquer avec le reste de la France associés dans la même reconnaissance comme au monument de Bartholdi à la Porte des Ternes.
- Les ascensions du siège eurent un retentissement très grand et ramenèrent les esprits vers les questions aérostatiques. Partout elles sont étudiées, de grands savants se passionnent à les résoudre, les ballons ne sont plus les instruments des seuls aéronautes de fête publique.
- Dans le parc de l’ancien château de Meudon, à l’endroit même où Coutelle et Conté avaient travaillé, où avaient été construits les ballons des guerres de la Révolution, où sera installé ensuite le Musée de l’Aéronautique, Charles Renard, Krebs, d’autres officiers s’installent et leurs travaux redonnent vie à l’aérostation.
- Aux deux expositions universelles de 1879 et 1889, un ballon captif survole la capitale. Henri Giffard a installé le premier, Louis Godard le second. Une médaille souvenir (fig. 9 et 10) en bronze doré était remise aux passagers, qui l’accrochaient à leur boutonnière, par un petit « cabillot » passant dans un ruban tricolore. Les panoramas de Paris sont frappés sans grand relief. Dans la seconde médaille on voit la Tour Eiffel, un ballon libre, et un ballon dirigeable.
- C’est que, cinq ans plus tôt, le capiLaine Renard et le lieutenant Krebs avaient construit et fait naviguer le premier ballon dirigeable, « La France », le premier ballon qui soit revenu à son point de départ. La véritable navigation aérienne était réalisée par deux officiers français et le ballon cessait d’être une simple bouée atmosphérique que l’on pouvait faire seulement mouvoir à volonté dans le sens vertical.
- Les travaux des officiers de Chalais-Meudon servaient de directives à toutes les armées. A notre exemple, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Italie, la Russie, etc... créent des parcs de ballons captifs. Les dirigeables sont étudiés dans toutes les nations du monde. Les ballons libres sont engagés dans des compétitions internationales.
- Cette activité, cette foi en l’avenir de la science aéronautique valent qu’une médaille commémorative leur soit dédiée (fig. 11).
- Au revers, le sculpteur A. Patey représenta une femme, la Renommée, la Gloire, la Science, devant un arrière-plan ou l’on distingue la Seine et les hauteurs qui entourent le parc de Chalais. Assise contre un amas de livres et d’appareils de physique et de mécanique, elle montre la silhouette allongée de « La France » à la longue nacelle de bambous, naviguant au-dessus de nuages et d’oiseaux. « Sic itur ad astra », dit l’exergue et la légende porte la date 1885 et commémore les travaux accomplis.
- A l’avers, un vieux forgeron, Vulcain moderne, lace les ailes qu’il a forgées, au bras d’un bel adolescent nu.
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- On devine celui qui va s’envoler sûr de soi et confiant en ses ailes « Labor improbus omnia vincit ».
- Ce sera la dernière médaille commémorative frappée en France à l’occasion d’ascensions célèbres, à part, toutefois, les médailles gravées en l’honneur de la traversée du Comte de la Vaulx à bord du « Méditerranéen » et de celles qui célèbrent les exploits de M. Santos-Du-mont, a Pionnier de l’Air », pilote du premier dirigeable qui doubla la Tour Eiffel, pilote aussi des premiers avions.
- *
- * *
- Je terminerai par l’expression d’un regret et par un vœu. En 1911 l’Aérostation captive militaire était supprimée en France. La guerre la fit renaître et en peu de mois notre aérostation déborda d’une sève nouvelle qu’alimenta la mort de tant d’observateurs. Les noms de tous ceux qui furent des héros par leur travail acharné, par les dangers qu’ils coururent, par la mort atroce qu’ils rencontrèrent dans leurs ballons échevelés de flammes
- Fig. 11. — Médaille commémorative des travaux de Chalais-Meudon.
- sont trop nombreux pour être inscrits au revers d’une médaille. Mais, sur l’avers, autour d’un ballon captif et de sa hune aérienne, je voudrais voir cette légende : « Je suis monté, j’ai vu et nous avons vaincu ».
- Max Verneuil.
- LES ORNEMENTS SONORES
- DE M. FISCHINGER
- M. O. Fischinger, à Berlin, créateur de films truqués d’un nouveau genre, a tenté une intéressante expérience. Il a, en effet, voulu essayer quels sons rendrait, dans
- Fig. 1. — La note ut, dans trois octaves différentes. — Au-dessous, une note molle et flottante.
- un projecteur de cinéma sonore, une suite d’ornements réguliers tracés sur le film à la façon des enregistrements sonores usuels. Il a fait une surprenante constatation : il existe une étrange corrélation entre les figures géométriques — les formes rigoureusement mathématiques et
- Fig. 2. — Trois notes différentes empruntées à autant d’octaves.
- les ornements, — d’une part, et les œuvres musicales, d’autre part. Les sons sont des ornements et les ornements, dans un projecteur de cinéma sonore, rendent des sons
- Fig. 3. — Les trois notes, fa dièse, ut dièse, ré dièse.
- harmonieux. L’expérience permet d’établir les relations acoustiques immédiates qui existent ainsi entre différents systèmes géométriques donnés et leur timbre musical.
- Fig. 4. — Trois notes identiques, déplacées, l’une par rapport à l’autre d'un tiers de ton.
- Se basant sur cette découverte, M. Fischinger affirme ce qui suit : « Si, devant l’oreille humaine, vous désirez évoquer des harmonies connues ou nouvelles, point
- Fig. 5. — Cinq ut différents, intercalés l'un dans l'autre.
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- Fig. 6. — La même noie, avec une intensité acoustique variable. Grande intensité. Intensité moyenne. Intensité faible.
- n’est besoin de vous préoccuper des enregistrements de films et de disques et du dédale de leurs courbes. 11 vous suffira, en effet, de vous installer devant votre table à dessiner et d’y tracer des contours géométriques, des angles et des courbes, mais surtout des ornements simples ou compliqués — et, tout ce que vous dessinerez ainsi rendra, au projecteur de fdm sonore, des sons mélodieux d’une parfaite pureté, reproduira des timbres familiers ou créera des harmonies nouvelles ».
- L’effet des différentes longueurs d’ondes résulte des exemples suivants :
- La figure 1 montre l’onde correspondant à la note dans trois octaves différentes, la figure 2, trois notes différentes empruntées à autant d’octaves, la figure 3 les trois notes fa dièse, ut dièse, ré dièse, et la figure 4 trois notes identiques déplacées, l’une par rapport à l’autre, d’un tiers de ton. La figure 5 est l’image de cinq ut différents, insérés l’un dans l’autre.
- Les ondes aplaties donnent des sons faibles, semblant venir d’une grande distance, tandis que celles tracées à angle droit correspondent aux sons d’intensité normale, et les ondes abruptes, aux sons d’intensité excessive. La figure 6 fait comprendre, d’une façon saisissante, comment les différents tracés se comportent à ce sujet. La figure 7 fait voir comment le timbre des sons peut se modifier, en modifiant la forme de l’onde, comment on produit à volonté des sons faibles et flottants d’une part, puissants et abrupts, d’autre part.
- Le timbre caractéristique d’instruments donnés se rend, au moyen de figures géométriques, avec une fidélité
- Fig. 7. — Le timbre des sons varie suivant la forme de l’onde : Son massif et lourd. Son fort et abrupt. Son mou et diffus.
- Fig. 8. — Imitation du timbre de divers instruments, de haut en bas : Sons ligneux du xylophone. — Sons d’une sonnerie électrique. — Sonnerie à deux voix. — Basson. — Flûte. — Instrument aux sons caractérisés par leur richesse en harmoniques supérieurs. — Basson. — Sons délicats et hauts.
- surprenante. Une série d’anneaux concentiiques, comme ceux figurés sur le deuxième tracé de la figure 8, reproduit les sons d’une sonnerie électrique, que rappelle un peu, d’ailleurs, la disposition ornementale elle-même du tracé. Une autre figure géométrique, qui, au projecteur de cinéma sonore, correspond aux sons d’une flûte, ressemble, d’une façon frappante, à l’image conventionnelle d’un serpent et un troisième ornement, caractérisé par des accents de basson, présente même une certaine ressemblance avec cet instrument.
- Les différentes nuances de gris que présentent les ornements musicaux sont d’une importance capitale : Puisque les contrastes des ondes sont caractéristiques des effets prédominants, on peut mettre en relief certains sons, tout en leur superposant d’autres notes, en nuances de gris variables. C’est ainsi qu’on réalise des tonalités fort compliquées qui, sous la forme d’ornements, produisent également des effets visuels agréables.
- Fig. 9. — Formation abrupte de la voix, caractéristique des chanteurs
- allemands.
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- Nous nous contenterons de cet apeiçu sommaire pour montrer comment on peut ainsi combiner une infinité de systèmes sonores. Les possibilités, dans cet oidre d’idées, sont illimitées; on peut même représenter, par des ornements donnés, les caractéristiques personnelles ou nationales. Les chanteurs allemands, par exemple, ont une préférence pour une formation abrupte, plutôt violente, de la voix, d’accord avec la courbe représentée à la figure 9, tandis que les Français et les Italiens préfèrent une formation plus douce et graduelle, d’accord avec des ornements caractéristiques.
- Nos figures représentent des agiandissçments de bandes de films sonores de largeur normale (3 millimètres). On peut, même sur ces bandes étroites, tracer plusieurs ornements, à côté l’un de l’autre ; mais en utilisant la largeur toute entière du film, on dispose évidemment de possibilités incomparablement plus grandes et dont les compositeurs musicaux ne manqueront pas de profiter.
- Les films ainsi composés ne reproduisent pas seulement avec une précision mathématique, toute note voulue, mais ils représentent le timbre caractéristique de chacun des instruments dont se compose un orchestre. La précision des rythmes et des cadences qu’on réalise de cette
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- façon ne saurait s’obtenir avec aucun instrument de musique. L’œuvre du compositeur peut même, grâce à ce procédé graphique, se reproduire bien plus en détail que par le système ordinaire d’écriture musicale, car les nuances personnelles, individuelles, tout ce qu’on laisse autrement à l’interprétation du chef d’orchestie, se trouve ainsi fidèlement enregistré. De même que la copie d’une peinture à l’huile est, tout au plus, une reproduction approximative, mais presque toujours une altération partielle du caractère original, — la reproduction d’une pièce de musique par un chef d’orchestre ne répond jamais entièrement aux intentions originales du compositeur : Or, d’après le nouveau procédé décrit ci-dessus, le compositeur se trouve, pour la première fois, en mesure de rendre parfaitement ses créations et de les garantir contre toute interprétation inexacte et les déformations inévitables.
- L’industrie fournira, sans doute, les appareils spéciaux qui permettront aux personnes proprement douées d’utiliser le procédé. Il faudra, en premier lieu, un appareil photographique de prise de vues et un dispositif permettant d’écouter tout son autant de fois qu’on voudra.
- Dr A. Gradenwitz.
- LE MYSTÈRE DES RUINES RHODÉSIENNES
- DE ZIMBABWE
- En Rhodésie du Sud, par 31° de latitude Est, et un peu au Sud du vingtième parallèle austral, au sein de cette savane boisée qui s’étend en longues ondulations
- sur des centaines de kilomètres de longueur, des ruines s’élèvent. Les explorateurs du siècle dernier les ont fait connaître au monde, après des siècles d’oubli. Combien
- Fig. 1. — Les ruines de Zimbabwe, en Rhodésie du Sud. Vue générale de l'Acropole. (Phot. South African Railway.)
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- de siècles? Le problème s’est posé tout de suite; il est demeuré entier. Auprès de ces ruines, on a trouvé trop peu de documents humains; les légendes locales sont si vagues, les indigènes sont si arriérés, que les murs, les tours, les parapets, les donjons ne trahissent rien de leurs constructeurs.
- Ruines de Zimbabwe. On a mis un nom sur la chose; et les patientes investigations des savants s’acharnent à trouver un indice, comme des détectives interrogent la maison du crime. Et ils font des hypothèses. « Ce sont, « disent les uns, les restes d’une place forte construite « par des envahisseurs venus vingt siècles avant l’ère « chrétienne. Ils connaissaient la présence d’or dans le « pays, et les ruines de Zimbabwe marquent une étape « de la route de l’or... » Mais des envahisseurs venus d’où ? Des Égyptiens envoyés par Pharaon ? Des aventuriers plus hardis que ceux qui, pour la reine Hatsepsuth ou Hatasou, explorèrent le pays de Pount et en rapportèrent de l’ivoire, des gazelles et des aromates ? Des émissaires de Salomon lancés vers une reine de Saba ? Mais comment se fait-il alors qu’aucun objet, aucun tesson de poterie,
- aucune monnaie, aucune inscription lapidaire, ne viennent trahir ces hautes ci\ilisations du Nord? Et où reconnaître, dans l’architecture de Zimbabwe, celle de l’Égypte ou de la Palestine ?
- Quand je voyageais en Angola, vers le huitième parallèle, et de l’autre côté de l’Afrique, à quelque deux mille kilomètres de Zimbabwe, je me suis arrêté un soir, dans une auberge, avec mon compagnon de route, le brillant écrivain américain William L. Smyser. L’aubergiste portugais nous apporta un jeu de petites matraques indigènes. La plupart étaient assez pauvrement taillées en frustes têtes aux traits de négroïdes. Par quel miracle, par quel souvenir atavique l’une d’entre elles offrait-elle un profil d’une extraordinaire pureté, un contour assuré et raffiné, délicat sans mièvrerie, mystérieux sans recherche, comme le profil de Tout-ankh-Amon au dossier de son trône doré ? Longtemps et en vain nous nous sommes demandé l’origine de cette effigie subtile, et s’il était possible que le génie égyptien se fût infiltré, par le Haut Nil, dans tout le bassin congolais, et jusqu’à ces plateaux angolans qui en forment la limite. Mais ce peut être un hasard, pour un simple objet, et l’on n’en saurait tirer aucune conclusion. Lorsqu’il s’agit de ruines importantes, le problème a plus d’ampleur, et la recherche des solutions s’entoure de plus de garanties.
- « Par conséquent, disent les tenants d’une « seconde hypothèse,, ces ruines que l’on ne peut « rattacher sérieusement à rien de connu, sont « tout simplement l’œuvre de tribus bantoues, « et n’ont pas plus de six cents ans d’existence. » ' Les conditions climatériques permettraient des erreurs d’approximation chronologique aussi graves, qu’on ne commettrait pas pour des ruines normandes ou poitevines. Mais comment expliquer que des tribus parvenues au degré de civilisation nécessaire pour de telles constructions, soient retombées à la quasi-barbarie ?
- Tout espoir n’est pas perdu, cependant, de découvrir la véritable origine de Zimbabwe. Il y a en Rhodésie d’autres ruines, et des puits creusés pour la recherche de l’or. Des recherches systématiques permettront peut-être de retrouver des jalons d’une route reliant Zimbabwe au port de Sofala, ce vieux poste de la côte orientale, à 400 kilomètres de distance. Il serait facile d’imaginer que des navigateurs Indiens ou Arabes, suivant les côtes, se soient aventurés jusqu’à Sofala, tout comme d’autres Indiens s’en sont allés dans les îles de la Sonde, à Java, à Bali, à Madoura. C’est l’opinion du grand ethnologue qu’est le Dr Frobenius; il assigne aux ruines environ 33 siècles d’existence.
- La question n’est pas résolue et le voyageur qui vient dans les solitudes rhodésiennes pour interroger ce lieu étrange peut donner à son imagination toutes les libertés.
- UNE VISITE DANS LES RUINES
- Un chasseur et trafiquant américain, du type
- Fig. 2. — La tour conique apparentée à des constructions phéniciennes et qui est un des éléments caractéristiques des ruines rhodésiennes de Zimbabwe. (Ph. South African Railway.)
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- Fig. 3. — Un des passages parallèles dans les ruines de Zimbabwe (Ph. South Ai'rican Railway.)
- de ces aventuriers de jadis, Adam Renders, découvrit les ruines par hasard, en 1868. Sur une butte, dans la savane semée de rochers, d’acacias et d’euphorhes, se dressait une singulière acropole de granit. Nul voyageur blanc ne s’était jamais aventuré dans ce réseau de vallées et de collines d’accès difficile et d’une beauté solitaire et sauvage. Mais la végétation gêna Ran-ders pour examiner les ruines; on revint plus tard, les murailles furent dégagées et amenées à leur état présent.
- On ne trouve rien, à les voir, de ce qui fait la beauté des ruines helléniques, siciliennes ou nilotiques. Ces massives constructions de granit sont puissantes, certes, et construites avec une parfaite connaissance du métier; elles rappellent plutôt des fortifications de château médiéval. Et si l’on ignore ce que sont devenus les architectes, on a pu du moins déchiffrer le sens des ruines et tenter d’en deviner le destination.
- L’ensemble de Zimbabwe se compose du Temple Elliptique, de la Vallée des Ruines, et de l’Acropole.
- Cet emplacement sacré a déjà fort excité l’imagination des romanciers britanniques, en particulier de Sir Rider Haggard qui s’en est servi pour ses « Mines du Roi Salomon », pour « Allan Quatermain » et enfin pour « She », dont on a tant parlé lors de la publication de VAtlantide. Les écrivains portugais et hollandais ont aussi associé les ruines au souvenir du grand monarque hébreu et de la reine « noire mais belle ».
- Le Temple Elliptique se trouve être le premier groupe que l’on visite, avant la montée à l’Acropole. Ici comme là, les murailles sont entièrement construites en blocs de granit, ayant environ 22 cm de longueur et 17 de largeur; les pierres ne sont pas jointoyées et l’on ne trouve de mortier que sur le sol et le long des marches. Certains éléments sont faits de dalles naturelles brisées suivant des angles droits; d’aiitres ont été dressés avec des outils de métal; d’autres encore, avec des marteaux de diorite.
- Le plan du Temple est elliptique; les murs, hauts de 7 à 10 m, sont larges à la base, plus minces au faîte, et cette ligne en retrait donne à l’ensemble de la construction un aspect très caractéristique. Le contour extérieur du temple est de 250 m; le contour intérieur, de 202 m, avec un développement de galeries découvertes atteignant 100 m. Les murs ont 4 m 50 d’épaisseur à la base, et 3 m dans le haut. Aucune trace de toiture n’a pu être relevée et ce détail caractéristique appartient à toutes les ruines de Rhodésie du Sud.
- On a découvert des statuettes d’oiseaux sculptés dans de la pierre tendre, assez grossièrement exécutées, et l’on pense se trouver en présence d’objets dus à des colons étrangers ignorants de la sculpture, mais ayant gardé le souvenir des emblèmes familiers de leur patrie.
- Or le culte du faucon symbolique n’appartient pas
- aux races bantoues ; et les cônes sacrés que l’on remarque dans le temple s’apparentent singulièrement à ceux des temples phéniciens de Byblos ou à ceux qui, selon Lucien, se dressaient dans le temple d’Hiéropolis en Mésopotamie.
- Il y a deux entrées. L’entrée de l’Ouest offre une forme particulière, en raison de la courbe des murailles qui la flanquent. Le retrait des murs vers le haut donne à cette ouverture une ligne en V, très caractéristique.
- Connues des marchands arabes du xvie siècle', toutes ces ruines furent signalées aux Portugais ; elles étaient déjà considérées très anciennes; cependant on y pouvait voir alors des inscriptions qu’il n’a pas été possible de retrouver. Depuis, à la fin du xixe siècle, le vandalisme des visiteurs a beaucoup détruit les sols cimentés, avec l’espoir de mettre au jour des reliques de .valeur, espoir souvent déçu.
- On ne saurait décrire tout l’intérieur du temple, complexe et sans ligne définie. Mais l’enceinte sacrée est particulièrement intéressante par les découvertes qu’on
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- y a faites et qui par malheur ont été, pour la plus grande partie, dispersées à travers le monde. Cependant le Musée du Cap possède un cylindre de stéatite orné de rosettes qui rappelle de façon frappante un cylindre trouvé au temple de Paphos à Chypre.
- La grande tour conique a une circonférence de 17 m à la base et une hauteur d’une dizaine de mètres; il est malaisé de connaître sa forme originale puisque le sommet en a été dégradé au point que quand on la découvrit, des buissons importants y avaient crû. Mais le plus intéressant est sa construction si parfaite qu’on ne peut glisser une lame de canif entre les pierres ; ceci marque un ajustage extrêmement précis et dénote, de la part des constructeurs, non seulement de l’adresse, mais le sens de la stéréotomie et des outils assez perfectionnés.
- Ce que l’on a appelé le Passage Parallèle offre aussi un
- Fig. 4. — Plan des ruines de l’Acropole de Zimbabwe.
- (D’après « Great Zimbabwe » de R. N. Hall. Methuen, éditeur.)
- intérêt assez vif, car on suppose que c’est la voie empruntée habituellement par les prêtres du Dieu inconnu adoré dans le Temple Elliptique. Mais on en reste aux simples hypothèses.
- Enfin, l’entrée Nord, ou entrée principale de l’enceinte, qui était couverte de 2 m de débris de toutes sortes, a révélé un escalier à marches courbes. La seule présence de ces quelques marches est fort importante, car on ne connaît pas d’escalier de ce genre dans tous les monuments rhodésiens.
- Une série de ruines, attestant l’importance que put avoir jadis la cité de Zimbabwe, s’étendent dans la dépression à laquelle elles ont donné leur nom, entre le Temple et l’Acropole. Mais, faute de pouvoir nous étendre davantage et considérant que les ruines de la Vallée, encore mal explorées, ne donnent guère de précisions,
- c’est par un coup d’œil sur l’Acropole que nous terminerons.
- La disposition des lieux est rendue complexe par le fait que l’éperon rocheux est hérissé de boulders, de blocs erratiques de toutes formes, d’ailleurs très pittoresques, et comme on en rencontre indéfiniment dans de vastes régions d’Afrique australe. Les architectes de l’Acropole de Zimbabwe ont dû conformer leur plan à la disposition de ces masses de roc qu’ils n’auraient pu remuer. C’est donc un vrai lacis de murailles, appuyées sur des contreforts naturels, avec des passages entre des blocs, dans d’étroites cievasses. Un vrai décor de roman d’aventures. Cependant, quand on en regarde le plan, on trouve un dessin d’ensemble, un réduit central autour duquel des fortifications se sont peu à peu étendues ; des rampes d’accès encaissées entre des murs ou des parapets et par conséquent très aisées à défendre, tout un système de protection. La butte sur laquelle se dressent ces ruines domine le pays environnant d’une centaine de mètres.
- UNE EXPLICATION DU MYSTÈRE DES RUINES
- Ce /topje granitique constitue donc une place forte sans égale, par soi-même, et par les défenses compliquées que les constructeurs ont su y accumuler. Or, de l’avis de tous les ethnologues — ou presque — l’intelligence guerrière des Bantous est absolument incapable de concevoir un système de défense aussi raisonné, aussi méthodique, que celui-ci.
- On est presque obligé de concluie à la présence d’une race plus civilisée que celles qui vivent maintenant en Rhodésie ; an a d’ailleurs trouvé des ornements d’or dispersés dans les enceintes et, pour la plupart, brisés comme ils auraient pu l’être au cours d’un combat, puis abandonnés par des vainqueurs pillards, insoucieux de débris d’or qu’ils eussent été incapables de souder.
- Depuis soixante ans, on a exhumé plus de 30 kg de bijoux d’or assez grossiers, il est vrsi.
- Ici a donc pu fleurir une civilisation qui fut l’ultime prolongement austral des civilisations méditerranéennes. Envoyés de Judée, d’Egypte, de Chypre ou de Phénicie, transfuges, esclaves échappés, chercheurs d’aventures, ravitailleurs d’or, les uns comme les autres porteurs de souvenirs imprécis de leurs religions, de leurs rites et de leurs industries, ces hommes construisirent une ville, édifièrent un temple, et couvrirent de murailles leur réduit suprême : ils durèrent des années ou, peut-être, des siècles. Et puis, un jour, amollis par les débauches ou stupéfiés par l’orgie rituelle, ils se laissèrent surprendre par les Barbares, qui étaient ici les ancêtres des Bantous. Les uns furent tués, les autres emmenés en captivité. Le silence tomba sur Zimbabwe, avec la mort. Et le secret fut à jamais perdu.
- Christian de Caters.
- LES RUINES DE L’ACROPOLE DE ZIMBABWE
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- LES PLANTES MINUSCULES DE FRANCE
- Je convie aujourd’hui les lecteurs de La Nature h une promenade dans le royaume lilliputien des plantes.
- Les traités de botanique pittoresque nous font connaître le géant du monde végétal, le Séquoia gigan-tea, les Baobabs, les Cèdres, la Victoria regia.
- Ils nous décrivent les merveilles des forêts vierges avec leurs lianes immenses et leurs orchidées épi-phytes. Us ne tarissent pas sur la luxuriance des savanes ou des pampas de l’Amérique. Us ne nous renseignent guère sur ces merveilles de la création que sont les plantes minuscules, joie du botaniste qui les découvre ou sur les bords de la Méditerranée ou dans les sables de l’Atlantique, ou mieux encore dans
- les pentes élevées, les pâturages, les éboulis des Alpes et des Pyrénées, quelquefois à la limite des neiges éternelles.
- Beaucoup de ces plantes naines sont organisées pour résister à la fois aux ardeurs du soleil comme aux froids de l’hiver, également très vifs à ces altitudes.
- Nous ferons cette promenade en suivant l’ordre des familles végétales adopté dans les principales flores françaises (').
- Myosurus minimus (fig. 1). — Petite plante très curieuse, de 2 à 12 cm, qui fleurit d’avril à juin dans les champs, aux bords des chemins et dont les longs fruits effilés •— souvent plus de 30 fois plus longs que larges — se distinguent plus facilement que les petites
- fleurs jaunâtres le fruit dépasse en longueur le reste de la plante. Son nom commun Queue de souris. Ratun-cule, n’est que la traduction de son nom scientifique; on la trouve un peu partout en France.
- C eratocephalus falcatus (fig. 2). — Petite plante annuelle de là 10-cm, qui fleurit en mars et avri dans les champs ou dans les vignes où elle développe ses minimes fleurs jaunes et ses fruits relativement très gros
- 1. Cf. Abbé Coste. Flore descriptive et illustrée de la France. — 3 vol. Bonnier. Flore complète illustrée en couleurs de France, de Suisse et de Belgique : en cours de publication.
- Fig. 3.
- Cardamina alpina.
- Ceralocephalus falcatus.
- Fig. 1,
- Myosurus minimus.
- en forme de houpe crochue.
- Parfois la plante entière ne montre au-dessus du sol qu’une petite rosette de feuilles entourant une seule fleur qui se transforme en un fruit plus grand que le reste de la plante.
- Draba verna. — La plus petite et la plus printanière de nos crucifères. Dans les hivers doux, on peut récolter, dès le mois de janvier, cette gracieuse plante, élevant au-dessus d’une rosette de feuilles sa hampe fleurie de petites fleurs blanches aux pétales divisés. Toute la plante avec fleurs, fruit et racines ne mesure pas plus de 2 à 3 cm.
- Draba Aizoïdes. — La drave faux Aizoon, c’est-à-dire qui ressemble à un saxifrage, est une cousine germaine de la précédente, mais qui affectionne les régions montagneuses.
- Elle ne craint pas de grimper jusqu’à 3600 m, mais dédaigne de descendre plus bas que 300 m d’altitude. Elle épanouit des fleurs jaunes au-dessus d’une rosace de feuilles coriaces et luisantes.
- Quatre à 10 cm de hauteur est la taille normale de cette plante.
- Cardamine alpina. —
- Les cardamines voisinent, au début du printemps dans nos prairies, avec les hampes brunâtres de nos carex : leurs fleurs violettes ou blanches peuvent fournir d’agréables bouquets.
- La Cardamine des Alpes (fig, 3) croît, elle, dans les hautes altitudes et est une des caractéristiques de la zone alpine dans les Alpes et les Pyrénées. C’est une toute petite plante de 2 à 8 cm. Sa hampe est garnie de petites fleurs blanches qui s’épanouissent presque toutes ensemble de mai à juillet. Plante vivace, à tiges souterraines très développées, elle se perpétue par des bourgeons souterrains qui se développent sous la neige. Elle se tient entre 2000 et 3200 m d’altitude.
- Iberis spathula. — Plante naine qui ne dépasse pas quelquefois 1 cm et peut en atteindre 10. Fleurs d’un lilas
- Fig. 6.
- Linum radiola.
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- poui'pre, très rarement blanches : fleurit de juin à août. Les fruits mûrs sont serrés les uns contre les autres sur des pédoncules très rapprochés, sans doute pour se préserver du froid intense qui sévit aux altitudes de 2800 m que ces plantes affectionnent.
- C’est encore une crucifère que la gracieuse et minuscule Hutchinsia alpina au nom bien français de Cresson des chamois, qui croît dans les rochers et les pâturages rocailleux où ses feuilles forment des gazons d’où émergent des tiges à fleurs d’un beau blanc. Elle est assez accommodante : elle vit entre 750 m et 2900 m d’altitude. Nous arrivons maintenant aux violettes, charmantes plantes qui n’atteignent jamais de grandes proportions, mais celles qui recherchent des positions élevées, qui ne craignent pas de grimper jusqu’à 2000 ou 2500 m, sur les pentes des Alpes comme la Viola pennata (fig. 4), restent fort petites et ne dépassent pas 10 cm. Cette violette est très remarquable par ses feuilles très profondément divisées et disposées en éventail : ses fleurs d’un violet clair sont sans odeur.
- Avec les Sagines nous pénétrons dans une famille minuscule — quant à la taille de ses individus — et nous les foulons aux pieds constamment.
- Sagina procumhens ou Sagina apetala forment dans nos rues, entres les pavés, le long des maisons, de petites touffes de tiges fleuries produisant de très petites fleurs verdâtres qui durent d’avril à octobre.
- Les Sabli.nes (Arenaria) sont de la même grande famille : les Caryophyllées, que les Sagines : et sont aussi de très petite taille : nous en citerons deux surtout : Arenaria diantha, Sabline à fleurs par deux, très rare, elle se trouve en de très peu nombreuses localités des Alpes de Suisse entre 1890 et 3000 m d’altitude. Sa sœur Arenaria aretioïdes est encore plus petite (1 à 6 cm) et aussi rare ; elle ne montre ses petites fleurs verdâtres que d’août à septembre, en de rares localités des Alpes
- de Suisse.
- Des sommets des Alpes ou Fig. S. Sedum andegavense. des Pyrénées descendons pour
- trouver avec quelque difficulté Elatine paludosa (fig. 5), Ela-tine des marais, assez commune dans nos marais de France où s’épanouissent ses petites fleurs blanches. On distingue souvent deux ports différents chez ces plantes : celles qui croissent plus ou moins immergées ou sur la vase très humide ont ordinairement des tiges vertes et dressées et des fleurs assez longuement pédonculées ; celles
- Fig. 7.— Tillea muscosa.
- qui croissent sur le limon des étangs sont souvent rougeâtres.
- Connaissez-vous la radiole, le Petit Lin,
- Linumradiola (fig. 6) de Linné? C’est une plante remarquable par l’exiguïté de toutes ses parties : 2 à 6 cm de haut.
- Ses minimes fleurs blanches se montrent de juin à août, à ceux qui ont d’assez bons yeux pour la distinguer au milieu des gazons ou des bruyères.
- Elle préfère les terrains siliceux et ne s’élève pas au-dessus de 1600 m.
- Trifolium Savianum. — Plante de 2 à 6 cm, extrêmement rare dans notre flore où on ne la trouve guère que dans une localité de Provence, au Môle de Cassis, sur des coteaux peu élevés. Les très petits rameaux portent une ou deux fleurs à leur sommet, s’épaississent en massue et se recourbent en S lorsque les fleurs sont passées. C’est une plante vivace dont la racine principale, très allongée, persiste pendant de nombreuses années.
- Le Trifolium suffocatum, ou trèfle étouffé, dénomination assez bizarre, est beaucoup moins rare que le précédent encore qu’il soit aussi minuscule. On le trouve dans les prés secs, principalement sur le littoral de la Méditerranée, de l’Océan et de la Manche. Ses pétioles sont très longs par rapport aux folioles presque triangulaires. Elle aussi est vivace et se cramponne à la terre par de solides racines.
- La tribu des Potentilles renferme un grand nombre de plantes très gracieuses qui épanouissent leurs gentilles fleurs jaunes sur nos talus et les accotements de nos routes; dans nos prairies où elle prennent le nom de Tormentilles. Toutes sont assez petites mais la plus nabote de toutes est celle qui porte si bien le nom de Potentilla minima et qui habite les éboulis des Alpes ou des Pyrénées à l’altitude de 2000 à 3000 m, où elle enfonce ses robustes racines.
- La famille des Paronychiées, représentée surtout par le dur Scleranthus de nos moissons et par le Mille-grains ou Herniaire glabre, ne comprend pas de plantes élevées. Une des plus petites est cependant celle qui répond au nom un peu bizarre de Loe-
- flingia hispanica (quoique ve- Fig. 10. — Euax exigua. nant d’Espagne, elle a eu pour parrain un botaniste suédois du nom de Lœfling). Elle ne dé passe pas 2 à 3 cm et dissimule ses petites fleurs verdâtres dans les endroits sablonneux de la région méditerranéenne.
- Les Crassulacées forment une famille très nombreuse ; un grand nombre de ses membres habitent
- Fig. 9. — Eryngium viviparum.
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- Fig. 11.
- Androsace imbricata.
- volontiers les montagnes des Alpes ou des Pyrénées, ils se niellent surtout dans les anfractuosités des rochers, s’accrochent aux corniches et forment des touffes plus ou moins grosses, qui se couvrent, à la belle saison, de jolies fleurs roses, blanches, jaunes.
- Certaines restent minuscules : telle Tillea muscosa (fig. 7), en français mousse grasse, qui ne s’aventure pas dans les montagnes, mais qui se contente d’étaler ses toutes petites touffes de gazons le long des rivières, sur les pelouses sablonneuses et les sables maritimes, dans une grande partie de la France. De toutes petites fleurs blanches se montrent de mars à juin. Lui ressemblant comme un frère est la bulliarde, Bulliardia Vaïllantii, qui ne dépasse jamais 6 cm, elle fréquente les mêmes habitats que la tillée, mais se rencontre beaucoup moins fréquemment.
- Le pain des oiseaux, est un sedum à fleurs jaunes qui garnit souvent le sommet des murs un peu dégradés. C’est une plante très commune qui n’atteint jamais une grande taille, mais qui est un géant, comparé au Sedum rubens ou au Sedum andegavense (fig. 8), qui eux affectionnent surtout les pentes abruptes des montagnes.
- Les Saxifrages renferment un assez grand nombre des plus petites plantes de France. Comme les Sedum, elles affectionnent les rochers et se logent dans leurs anfractuosités. Rien de plus gracieux dans sa petitesse que le Saxifraga diapensoïdes qu’on rencontre dans les hautes altitudes des Alpes ou des Pyrénées; ses feuilles en rosette ont moins de 4 mm sur 11 mm de longueur; au centre de la rosette, s’élève une tige mince portant de jolies fleurs groupées par 5 ou 10. Plus loin voici le Saxifraga stenopetala, à fleurs jaunes, comme le Saxifraga Seguireri qui paraît son frère jumeau, tout aussi nain que lui. Avant de quitter cette intéressante famille, saluons le Saxifraga planifolia, qu’on rencontre habituellement entre 2100 et 3500 m d’altitude : ce qui est déjà bien joli, et qu’on a rencontré une fois au mont Cervin, à 4200 m, ce qui paraît constituer un record pour une aussi petite plante.
- Dans les Ombellifères, les individus sont souvent d’une assez belle taille : pensons à notre Carotte sauvage, aux à notre modeste Cerfeuil.
- Il faut gravir les Alpes pour trouver une plante naine, très rare d’ailleurs et qu’on ne peut récolter que dans quelques localités des Basses-Alpes, dans les rochers de montagnes.
- Ou bien, il faut aller sur le bord des ruisseaux de quelques-uns de nos départements du Midi pour rencontrer YHelosciadium intermedium, curieuse et délicate petite plante aquatique, qui ne dépasse jamais 12 à 15 cm et qui forme de petits gazons dans les
- Berces et même
- Fig. 12. Centunculus minimus.
- endroits tourbeux, inondés pendant l’hiver.
- On la trouve quelquefois sur la tourbe i'elativement peu humide des départements du Sud-Ouest, dans le Berry aussi; très rare dans l’Indre, on ne la trouve nulle part ailleurs. Ses ombelles formées de minuscules fleurs blanches s’épanouissent de juillet à septembre. Certaines formes de cette plante sont submergées et ne produisent pas de fleurs, elles constituent des gazons placés de 0 m 30 à 0 m 80 au-dessous du niveau de l’eau.
- Tout le monde connaît le Panicaut des Champs, le Chardon Roland, qui occupe tous les terrains en friche. Les gens qui vont à la mer récoltent pour en garnir des jardinières l’Eryngium mantimum aux feuilles d un beau violet, tout comme le Panicaut des Alpes, mais peu ont rencontré Y Eryngium çioiparum (fig. 9), le Panicaut vivipare, petite plante de 3 à 12 cm, d une teinte vert bleuâtre et curieuse par son mode de reproduction. On ne la trouve dans notre flore que'dans les pâturages inondés pendant l’hiver des côtes de Morbihan. Ses fleurs d’un bleu clair, peu nombreuses dans chaque capitule, s’épanouissent de juillet à septembre. C’est une plante vivace, à tige souterraine courte, dont la racine principale a disparu peu de temps après la germination. Vers l’automne, il se développe, aux dépens de bourgeons nés près du sommet de la tige souterraine, plusieurs rosettes de feuilles, qui, en s’accroissant, font paraître latérales les tiges portant les capitules fructifères. La première rosette qui a produit la tige fleurie se dessèche et meurt, tandis qu’à sa base chacune des nouvelles rosettes émet plusieurs racines adventives. Dans les années humides, des bourgeons produisant des rosettes de feuilles analogues naissent à l’aisselle de feuilles supérieures. (On trouve parfois des exemplaires dont toutes les tiges, qui devaient normalement être fleuries, sont transformées en tiges végétatives, ne portant que des rosettes de feuilles.)
- L’edelweiss est une composée, du genre Gnapkalium, qui habite les hautes montagnes. Des plantes cousines germaines font partie de la toute petite classe qui nous occupe : par exemple les Eoax, qui tirent leur nom d’une origine bien lointaine, un naturaliste du ier siècle de l’ère chrétienne. Elle n’ose pas s’aventurer sur les hauteurs mais habite les sables maritimes, les garrigues du territoire méditerranéen où ses capitules de fleurs blanchâtres s’épanouissent au sommet de
- Fig. 13.—Gentiana alpina.
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- tiges de 1 à 4 cm. Aussi petite et beaucoup plus rare est V Evax exigua (fig. 10), qu’on ne peut cueillir que dans une localité de la Charente-Inférieure, dans les chaumes de Sèche-Bec, près Saint-Savinien. Ces petites plantes sont souvent très rares ; très petites, elles échappent sans doute, aux yeux si exercés des botanistes, ou bien frêles à cause de leur petite taille, elles résistent mal aux intempéries. Voici encore une composée qui ne dépasse pas 7 cm et qui croît dans les gazons des hautes altitudes en Suisse et en Savoie; elle s’élève jusqu’à 3000 m d’altitude; son .fruit présente jusqu’à 20 côtes, visibles au microscope
- La grassette appartient à l’étrange famille des Lenti-bulariées. Elle porte aussi le nom de Pinguicule et elle passe pour être carnivore, les poils des feuilles sécrétant un suc digestif capable de digérer des insectes.
- Bonnier affirme que des expériences précises ont démontré l’inexactitude de cette manière de voir.
- En tout cas la grassette alpine, Pinguicula alpina, celle qui n’atteint quelquefois pas 5 cm, serait bien incapable de dévorer le moindre moucheron, même le cirori de Pascal. Les prairies humides situées à 2200 m d’altitude les voient développer de juin à août de petites fleurs blanches tachées de pourpre.
- Qu’elle vienne de France, de Chine ou des Alpes, la primevère est toujours annonciatrice de printemps et c’est avec joie qu’à Pâques les enfants recueillent les fleurs couleur de soufre des coucous pour en faire des pelotes. Voulez-vous avec moi monter jusqu’à 2500, 3000 m, parcourir les prairies, les tourbières de grandes altitudes, nous ferons une ample récolte de Primula variées et toutes plus minuscules les unes que les autres :
- Primula farinosa, Primula glutinosa, integrefolia, et leurs variétés ; nous ad-Pig, ns. mirerons la robustesse de leurs racines Phdipœa ramosa. qui leur permet de s’implanter solidement au sol, de s’y nourrir abondamment et de résister aux gelées sévères qui régnent à ces hauteurs ?
- Voici des Àndrosaces encore mieux adaptées que les plantes précédentes à la vie dure et âpre des hautes altitudes.
- Androsaceimbricata (fig. 11), Androsace imbriquée, est une petite plante, de 2 à 5 cm, très intéressante par son adaptation ;; spéciale contre les grands froids, qui lui permet de s’élever à de très hautes altitudes. Les tiges et les rameaux forment de petits cônes renversés enveloppés parles nombreuses petites feuilles entières réunies entre elles et se recouvrant en partie comme les tuiles d’un
- Fig. 15. — Limosetla aqualica.
- toit; et ces rameaux coniques sont serrés les uns contre les autres.
- Les fleurs, dont la corolle est blanche et à tube pourpre, sont solitaires et situées au sommet des rameaux, le plus souvent à peine saillantes (très rarement sur un pédoncule plus long que le calice) : la plante fleurit depuis le mois de juin jusqu’au mois d’août. On la rencontre sur les rochers, dans la zone alpine supérieure des montagnes siliceuses. Les feuilles, relativement très petites, de 1 à 2 mm de longueur, persistantes, sont étroitement ovales, obtuses au sommet, blanches, cotonneuses, un peu argentées, à poils étoilés. Les rameaux feuillés, en cône renversé, mesurent environ 9 à 13 mm de longueur sur 3 à 7 mm de largeur.
- Ces Androsaces naines sont assez nombreuses dans la flore d’Europe. Certaines comme l’Androsace de Charpentier ne se rencontrent que dans le Tessin, d’autres affectionnent les éboulis des Pyrénées comme Androsace pyrenaïca, qui présente beaucoup d’analogie au point de vue de la lutte contre le froid avec Androsace imbricata.
- Les champs et les vignes des environs de Clermont-Ferrand donnent asile à une Androsace qui doit être la benjamine de la tribu : ses fleurs sont si petites qu’elles sont à peine visibles. Cette plante se plaît si bien dans les environs de Clermont-Ferrand qu’elle ne veut pas quitter cet habitat et qu’on ne la rencontre pas ailleurs.
- La Centenille (fig. 12) n’est peut-être pas la plus petite plante, mais tout chez elle est très humble, très abaissé (1 à 3 cm) ; son nom latin est bizarre et sordide : c’est Cen-tunculus qui veut dire très petit lambeau d’étoffe, c’est un lambeau et un très petit lambeau de plante, son nom commun, Centenille bassette, la rapetisse encore.
- Elle est assez abondante dans toute la France sauf dans la partie méditerranéenne, dans les terrains sablonneux, dans les bois humides. Elle est signalée dans la Somme où j’herborise depuis 40 ans; je ne l’ai jamais rencon- , pi lg
- trée. Sans doute m’a-t-elle échap- Gagea bohemica\
- pé puisque des confrères en botanique ont eu la chance de la recueillir. Le fruit est une minuscule capsule dont le couvercle se soulève et laisse apparaître des graines semblables à de la fine poussière.
- Dans la nomenclature des plantes, la Petite Centaurée est voisine des Primulacées, famille à laquelle appartient la Centenille. Celle qui : sert en mé-décine, qui a beaucoup de noms
- Fig. 17.
- Euphorbia polggonifolia.
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- vulgaires, comme herbe à la lièvre, fiel de Terre, herbe au Centaure, atteint facilement deux à trois cm de hauteur, mais d’autres de la même famille, comme Erythrea pul-c/tella, sont beaucoup plus petites. Ces fleurs possèdent cette propriété d’être sommeillantes et de ne s’épanouir que si la température atteint 28°. Elles ne s’ouvrent rapidement qu’à
- 32«. .
- Les Gentianes sont de jolies plantes, de taille élevée pour la plupart; mais les pâturages des Hautes-Alpes, les éboulis, sont égayés des délicieuses fleurs de la Gentiana acaulis, ne dépassant pas 5 cm et quelquefois n’ayant que 1 cm de hauteur. Il est vrai de dire que c’est une plante acaule, c’est-à-dire sans tige et que la fleur sort immédiatement de la petite rosette de feuilles étalée sur le sol. Dans la même classe enfantine, nous rencontrons Gentiana alpina (fig. 13), Gentiana oerna, Gentiana niva-lis, variété minima (naturellement). Tout ce gentil petit monde déploie ses grâces a 2500 ou 3000 m d altitude et ne se montre qu’à un certain nombre de privilégiés. Dans certaines parties de l’Europe centrale, les paysans se servent de ces fleurs pour colorer en bleu les œufs de Pâques.
- Le myosotis, le ne m oubliez pas, le oergiss mein nicht des blondes Gretchen, n’est jamais une plante imposante, mais certaines espèces sont vraiment naines.
- Le myosotis du Roussillon (Myosotis ruscinonensis), ne dépasse pas souvent 5 cm et quelquefois ne s’élève qu’à 2 cm. C’est encore une plante rare qu’on ne trouve que dans quelques localités des Pyrénées-Orientales où elle montre ses petites fleurs blanches, quelquefois bleu clair.
- Une plante voisine qu’un botaniste allemand, Schrader, a affublée d’un nom peu euphonique, Eritrichium nanum (fig. 14), est de la même taille à peu près que la précédente, mais elle ose escalader les Alpes et s’établir sur les éboulis, près des névés et des glaciers, à plus de 3000 m de hauteur. Elle aussi se préserve du froid par une adaptation spéciale. Les tiges sont serrées les unes contre les autres et couvertes des feuilles desséchées qui se sont développées pendant les saisons précédentes : leur ensemble
- constitue une masse compacte.
- Est-il rien de plus gracieux que le Limosella aquatica (fig. 15), petite Scrofulariée, qui croît aubord des étangs, dans les lieux inondés de presque toute la France, sauf sur le littoral méditerranéen ? Les feuilles, plus ou moins dres-
- sées, ont un pétiole très étroit et un limbe ovale allongé très caractéristique.
- Les Orobanches sont des plantes bien bizarres ; plantes parasites, vivant sur les racines d’autres plantes, elles sont dépourvues de chlorophylle et présentent l’aspect de plantes mortes, desséchées. D’autres sont de couleur rouge, ou bleue ou violette, comme les Phelipœa, qui vivent sur le chanvre. Une variété du Phelipœa ramosa, dite nana (fig. 16), est toute petite, possède des fleurs d’un violet intense et ne dépasse pas 5 à 7 cm, on ne la rencontre que dans la Haute-Garonne et les Pyrénées-Orientales.
- Les Plantains sont des plantes généralement robustes, qui affectionnent les prairies, les accotements des routes, les places des villages ; ils ne craignent pas d’être foulés aux pieds. Quelques espèces naines comme Plantago subulata, Plantago capitellata, qui ne dépasse pas 6 cm, forment des gazons épais au milieu des pelouses ou sur les rochers dans le Midi et l’Ouest de la France.
- De 2 à 6 cm de hauteur, la plante se perpétue et se multiplie par la division de sa tige souterraine, qui produit au niveau du sol ou en dessous des tronçons ligneux en forme de cônes renversés, couverts de nombreuses écailles.
- Tous nos lecteurs connaissent cette Euphorbiacée que le populaire appelle Réveille-matin, parce que si le soir on se frotte les yeux avec le latex de cette plante la douleur est telle qu’elle vous empêche de dormir, et qu’ainsi on est réveillé de grand matin. Beaucoup plus rare est la petite Euphorbia polygonifolia (fig. 17), qui habite les sables maritimes du Sud-Ouest, la Vendée par exemple.
- Dans les premiers mois de l’année, mars, avril, le Gagea aroensis, l’Etoile jaune des Champs, anime de ses fleurs jaunes et vertes nos champs en friche ou les champs cultivés un peu rocailleux. Ce n’est pas une plante imposante : elle atteint rarement 20 cm. Reaucoup plus délicate est le Gagea bohemica (fig. 18), rare liliacée de 4 à 8 cm de hauteur, qui se trouve, rarement il est vrai, sur les coteaux schisteux de l’Ouest de la France.
- La plante n’a généralement qu’une seule fleur. Elle se multiplie par son bulbe de la manière suivante. Pendant la période de végétation, le bulbe produit une tige florifère et développe 2 bourgeons en 2 bulbes inégaux, dont le plus gros est le bulbe de remplacement et le plus petit un caïeu. Quand on arrache la plante à la fin de la floraison, le bulbe semble formé par la réunion, dans une même
- Fig. 20. — Althenia filifonnis.
- Fig. 21. — Lemna polurhiza
- Fig. 22. Fimbristylis dichoioma.
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- enveloppe, de deux bulbes d’entre lesquels part la tige. Ces bulbes deviennent ensuite libres, par la destruction de la base de l’ancien bulbe qui les reliait.
- Le Gagea Soleirollii est presque aussi petit, mais extrêmement rare en France ; on ne le trouve que dans les Pyrénées ariégeoises et dans les Pyrénées orientales. Il atteint une haute altitude.
- La famille des Allium contient des plantes qui nous sont très familières, l’ail, l’oignon, l’échalote qui sont plutôt des plantes de taille élevée. Sur les sables et les coteaux herbeux de la Méditerranée, on rencontre çà et là une curieuse liliacée, Allium Chamaemoly (fig. 19), toute petite, remarquable par ses feuilles étalées sur le sol et d’entre lesquelles semblent naître les fleurs de couleur blanche qui s’épanouissent, de février à mars. Les feuilles sont pliées en gaines qui entourent complètement la tige, cette plante ne s’élève pas sur les montagnes.
- Nous voici arrivés maintenant à l’étrange famille des Orchidées dans laquelle les fleurs affectent des formes bien diverses, depuis celle de sabot, comme dans les Cypripedium ou sabot de Vénus jusqu’aux Ophrys qui présentent la forme de mouche, d’abeille, d’araignée, de frelon, de singe, d’homme-pendu. 11 n’y a pas de plante vraiment naine : la plus petite de la famille mesure 5 à 15 cm, c’est le Chamorchis alpina, qui montre jusqu’à près de 3000 m d’altitude ses petites fleurs vertes à labelle jaunâtre. C’est une espèce vivace rare ou très rare dans les Alpes de Savoie et du Dauphiné.
- Descendons du sommet des Alpes et, traversant la France des Alpes à l’Atlantique, allons herboriser sur le littoral de l’Ouest, en Charente-Inférieure ou Loire-Inférieure. Peut-être aurons-nous la joie de trouver là, assez abondante, une plante très rare ailleurs en France, c’est YAlthenia filiformis (fig. 20), une potamée, aux fleurs verdâtres, au bout de tiges disposées en faisceau et qui ne dépassent pas 2 cm. C’est une espèce vivace, à tiges extrêmement minces et très courtes, prenant naissance sur une tige rameuse qui rampe au fond de l’eau.
- Avec le Lemna (fig. 21), ou lentille d’eau, nous entrons dans le domaine des infiniment petits. Les plantes de cette famille n’ont ni tiges, ni feuilles et se présentent sous l’aspect de très petites lames minces, vertes, flottant à la surface des eaux. Elles portent sur le côté une fleur réduite à 1 pistil, ou à 1 ou 2 étamines. Tout le monde a vu à la surface des petits fossés, sur les mares dans les vil-
- lages, ces petites lentilles, réunies en telle abondance qu’elles forment un véritable tapis vert, isolant la pièce d’eau de l’air ambiant et quelquefois causant la mort des poissons, l’air n’arrivant plus à se renouveler dans l’eau. Au milieu du Lemna, se trouve quelquefois le Wolf fia arrhiza, la Wolffie sans racine, véritable poussière végétale dont les petites feuilles ont à peine 1 mm de longueur. Elle est assez rare en France et en Belgique, sans doute aussi parce que très difficile à distinguer au milieu des autres Lemnacées.
- Ne quittons pas les « humides bords du royaume des vents » et partons à la recherche de cette rarissime cypéracée qu’on ne rencontre que sur les sables du bord du lac de Genève :
- Scirpus atropurpureus est une très petite plante à tiges filiformes, surmontées d’épillets de petites fleurs noirâtres. Tout est minuscule dans cette plante, ses racines sont extrêmement minces.
- Une espèce voisine, très petite aussi, qui porte un nom bien lourd pour une plante aussi délicate, Fimbri-stylis dichotoma (fig. 22), est excessivement rare, elle croît parcimonieusement dans les sables des bords du Var, dans les Alpes-Maritimes.
- Avant d’aborder les Graminées, ilous devons rendre visite aux Carex, tribu très nombreuse aussi, qui compte de nombreux représentants dans les marais, les prairies où ils montrent leur épillets de fleurs brunâtres, plus ou moins tirant vers le noir. Si nous herborisions dans les Pyrénées, ce serait une véritable bonne fortune pour nous que d’y rencontrer le Carex décevant, Carex deci-piens, qui croît dans les pelouses sèches de la zone alpine. C’est une espèce spéciale aux Pyrénées.
- Parmi les Graminées, il n’existe pas beaucoup d’espèces spécifiquement naines. Mais un certain nombre d’espèces, des paturins, par exemple, qui forment ce qu’on appelle « l’herbe du pavé », dans quelques circonstances, quand elles sont dans les villes, foulées aux pieds, peuvent n’atteindre que 2 ou 3 cm et former de petites touffes gazonnantes, entre les pavés.
- Mibora minima (fig. 24) est une minuscule et gracieuse graminée, aussi gentille que son nom, avec ses tiges capillaires en touffes ; l’inflorescence est unilatérale. Cette graminée est répandue à peu près dans toute la France. Elle ne dépasse pas quelquefois 3 cm et ne s’élève jamais plus haut qu’un cm.
- Coleanthus subtilis (fig. 23) est bien différente et quoique très petite aussi, n’a pas l’aspect gracile et aimable de la précédente. Elle est plutôt un peu contrefaite et manque de lignes; on la trouve sur les bords vaseux des étangs desséchés dans l’Ouest de la France.
- Fig. 23. — Coleanthus subtilis.
- Fig. 24.
- Mibora minima.
- Fig. 26. — Poa exigua.
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- Les Phalaris (Alpiste en français) sont bien connus de tous ceux qui élèvent des oiseaux de volière : leurs graines sont fort goûtées des serins et des chardonnerets. De la même espèce est le Phalaris crypsoïdes (fig. 25), une toute petite graminée trapue, de 3 à 5 cm, à tiges dressées, feuillue, jusqu’au sommet. Elle est assez rare en France; on en a trouvé quelquefois à Toulon, mais surtout en Corse.
- Nous avons parlé plus haut des paturins qui forment souvent T herbe du pavé. Voici cependant une espèce naine, le Poa exigua (fig. 26), qui ne dépasse pas 6 cm et n’en a souvent que 3. C’est une plante vivace, à souche gazonnante, qu’on ne rencontre que sur les hauts sommets de la Corse, près des glaciers.
- Parmi les Fougères qui sont des cryptogames vasculaires, il y a peu d’espèces naines. U Asplénium germanicum
- (fig. 27) est une fougère bien minuscule, mais la Rue des murailles (Asplénium ruta-muraria, qui se faufile entre les joints des murailles, est plus petite encore et on trouve bien souvent des plantes entières qui ne mesurent que 2 ou 3 cm.
- Les rhizocarpées sont des cryptogames vasculaires aquatiques caractérisés par les fructifications qui naissent à la base des feuilles, sur les rhizomes ou entre les racines ; comme les Pilularia (fig. 28).
- Les Salviniées et les Azollées, plantes nageantes qui ressemblent aux lentilles d’eau, aux feuilles elliptiques, ne mesurent pas plus d’un cm dans le plus grand diamètre. Elles habitent les eaux stagnantes du Midi de la France.
- Pendant plusieurs années, des Azolla se sont répandus sur les fossés des marais de la baie de Somme, ils ont disparu à la suite du curage de ces fossés.
- Virgix.e Brandicourt.
- Fig. 27.
- Asplénium germanicum.
- Pilularia minuta.
- Fig 28.
- = LA LUTTE CONTRE LA SECHERESSE =
- LA CAPTATION DE LA VAPEUR D'EAU ATMOSPHÉRIQUE
- SOURCES D’HUMIDITÉ DU SOL
- L’eau est un élément indispensable à la vie des hommes, des animaux et des végétaux, mais tandis que les hommes peuvent aller la chercher plus ou moins loin, ou constituer pendant les périodes d’abondance des réserves qu’ils utilisent pendant les périodes de disette, les végé-
- Fig. 1. — Températures mensuelles et hauteurs mensuelles de pluie à Montpellier (moyennes de 50 ans : 1873-1922).
- taux doivent trouver sur place, et au moment opportun, toute celle dont ils ont besoin.
- Il s’ensuit, qu’au point de vue de l’alimentation humaine, le facteur quantité totale d’eau disponible est le facteur essentiel, alors, qu’au point de vue de la végétation, on doit aussi accorder une très grande importance à sa répartition dans le temps.
- Quand on étudie le régime des pluies, dans certaines contrées méridionales, on est surpris de l’écart qui existe entre la hauteur de pluie qui y tombe, pendant la saison chaude, et la quantité d’eau que consomment
- Pendant la saison chaude, alors que la température est très élevée, les précipitations sont peu abondantes.
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- Fig. 2. — Courbes de l’évaporation totale et de la hauteur totale de pluie à Montpellier, pendant chaque demi-décade de la saison chaude 1929.
- L’évaporation est très supérieure aux précipitations et c’est aux demi-décades où il ne pleut pas que l’évaporation est la plus intense.
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- Fig. 3. — Graphique montrant la captation de la vapeur d’eau par le sol, à Montpellier, les 30-31 août 1927.
- La quantité horaire d’eau fixée est indiquée par les ordonnées; la courbe inférieure donne les valeurs horaires du point de rosée de l’air; la supérieure, la température horaire de la couche superficielle de la terre. — La température de la terre étant constamment restée au-dessus du point de rosée de l’air, ce n’est pas de la rosée proprement dite qui s’est déposée.
- Fig. 4. — Croquis du capteur installé à la Station de physique el de climatologie agricoles de Bel-Air (Montpellier).
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- les cultures pendant la même période.
- Dans la région de Montpellier, en particulier, la hauteur totale annuelle de pluie est assez élevée (754 mm), mais sa répartition saisonnière et mensuelle est très irrégulière et la quantité d’eau consommée par le vignoble en juin, juillet et août n’est qu’exception-nellement inférieure au triple de la hauteur totale de pluie recueillie dans ces trois mois. L’écart moyen est de 2500 m3 à l’ha. Pour que la vigne s’y développe normalement, il faut que d’autres sources que les précipitations lui fournissent ces 2500 m3 d’eau.
- Les observations et les calculs effectués montrent que l’ascension par capillarité des eaux profondes (à laquelle on attribuait autrefois une grande importance), les brouillards, la rosée et la condensation dans l’intérieur de la terre, n’apportent ensemble et au maximum que 100 à 200 m3 par ha. Même en tenant compte de ces diverses sources secondaires de l’humidité, il reste, encore, un déficit supérieur à 2000 m* par ha.
- Des recherches poursuivies depuis 1921 à la Station de physique et de climatologie agricoles de Bel-Air nous ont montré que ce déficit peut être comblé par la vapeur d’eau atmosphérique que le sol et les plantes fixent par adsorption. Ce mode d’alimentation de la terre en eau, souvent masqué par l’évaporation, est assez difficile à observer et quand on le constate, on le considère en général comme étant de la rosée.
- La dénomination de rosée désigne habituellement deux sortes de dépôts aqueux nocturnes d’origine différente qu’il convient de séparer; ce sont : 1° la rosée proprement dite : c’est-à-dire la condensation de la vapeur d’eau atmosphérique sur les corps dont la température est inférieure à celle du point de rosée de l’air qui les entoure; 2° les dépôts résultant de l’adsorption de la vapeur d’eau atmosphérique par la terre : phénomène qui n’est qu’un cas particulier de l’attraction et de la fixation des gaz par les surfaces des solides.
- Tandis que la rosée proprement dite est un phénomène accidentel plus ou moins fréquent, la fixation de l’humidité de l’air par adsorption est un phénomène régulier et permanent. La vapeur d’eau atmosphérique que les particules de terre retiennent ainsi à leur surface augmente l’humidité de la couche d’air qui est en contact avec elles. Un faible abaissement de température est alors suffisant pour réaliser la saturation de cet air à humidité renforcée et provoquer la formation d’un dépôt aqueux à une température bien supérieure au point de rosée des couches situées à une plus grande distance des particules.
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- Fig. 5. -— Parlie aérienne du capteur avant l’édification du revêtement extérieur. Les cailloux calcaires sont entassés sur une plate-forme en ciment imperméabilisé, placée dans un endroit bien découvert.
- FIXATION DE LA VAPEUR D’EAU DE L’AIR PAR LES SOLS AGRICOLES
- Les diagrammes que nous avons obtenus avec des appareils enregistreurs aménagés à cet effet indiquent que, pendant la saison chaude, les dépôts dus à l’adsorption du sol commencent à être visibles vers 14 heures et qu’ordinairement ils continuent à se manifester jusqu’au lendemain matin 6 heures. Entre ces deux limites il y a souvent des périodes d’arrêt et même des périodes pendant lesquelles l’évaporation prédomine.
- La durée journalière moyenne du dépôt est voisine de 12 h et son intensité est égale à 6 m3 5 par ha, ce qui fait pour les trois mois chauds un total de 595 m3. Ce nombre, bien que relativement grand, est très inférieur à la réalité; dans les expériences qui ont servi à le déterminer on n’a considéré la terre que sous quelques centimètres d’épaisseur alors qu’en pratique le dépôt se produit dans toute la couche aérée. Un calcul très simple montre d’ailleurs que chaque fois que sous l’influence de l’humidité de l’air la teneur en eau de la terre augmente de 1 pour 100 (ce qui se produit fréquemment dans le Midi de la France les nuits d’été), la quantité d’eau fixée par ha, sur une profondeur de 0 m 10 égale 13 m8, soit le double du nombre trouvé dans les mesures faites.
- Il est certain que toute cause qui multiplie la surface de contact entre le sol et l’air facilite l’adsorption; ainsi peuvent s’expliquer les bons effets de la culture superficielle dans les terrains secs et aussi le vieux proverbe : « deux binages valent un arrosage ».
- A côté de la vapeur d’eau atmosphérique fixée par le sol, il faut tenir compte de la vapeur d’eau atmosphérique fixée par les végétaux. Des expériences faites, ces cinq dernières années, nous ont permis de voir son importance dans le grossissement des raisins et de comprendre pourquoi la forte humidité de certaines matinées et soirées d’août a sur le rendement une action favorable bien connue des viticulteurs méridionaux.
- La pellicule des grains étant dépourvue de stomates et protégée par une cuticule qui la rend à peu près imperméable, c’est surtout par les feuilles et les rafles que l’eau extérieure pénètre dans les raisins. Les résultats satisfaisants obtenus dans différents essais en bassinant le feuillage des vignes pendant les périodes de sécheresse peuvent être attribués, au moins en partie, à ce mode de pénétration.
- L’accumulation de la vapeur d’eau à la surface des organes aériens des plantes présente, par contre, un inconvénient : celui d’augmenter l’humidité de l’air qui les entoure et dans lequel se développent les parasites qui les attaquent.
- PRODUCTION D’EAU POTABLE PAR CAPTATION DE L’HUMIDITE ATMOSPHERIQUE
- Les remarques précédentes montrent qu’à la condition de se placer dans une atmosphère relativement calme et humide et de multiplier suffisamment les sur-
- faces de contact entre un solide convenablement choisi et l’air, il est possible de capter d’assez grandes quantités d’eau.
- Il résulte des travaux de M. Diénert que normalement la pluie est le principal pourvoyeur en eau de la nappe souterraine, tandis que la condensation de la vapeur d’eau de l’air entretient l’humidité de la surface du sol et fournit aux plantes la quantité d’eau nécessaire à leur évaporation. Toutefois, dans quelques cas particuliers, l’adsorption et la condensation de la vapeur d’eau atmosphérique par la terre peuvent prendre une intensité suffisante pour donner naissance à de véritables sources. C’est ainsi que MM. Caries, Hegly, Alquier et Mengel expliquent l’origine de plusieurs sources existant dans les grès du Liban, dans les dunes des environs de Bizerte, en Tripolitaine, dans les Hauts-Plateaux algériens et même en France, dans les Pyrénées-Orientales. Ces sources se trouvent, le plus souvent, à la base de terrains meubles ou fissurés dans lesquels l’aération est active et la surface de contact avec l’atmosphère développée : ce qui favorise l’adsorption. De plus, elles
- Fig. 6. — Partie souterraine du capteur.
- Le réservoir qui reçoit l’eau est fermé par une épaisse porte en fonte et est muni à sa partie inférieure d’un robinet permettant d’extraire et de mesurer l’eau captée.
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- sont situées dans des régions où le rayonnement intense provoque une grande amplitude journalière de température et, par suite, une abondante condensation de la vapeur d’eau atmosphérique.
- Il est évident qu’en réalisant artificiellement des conditions analogues, on doit obtenir des résultats semblables. Dans une communication à l’Académie d’Agri-culture, en 1925, M. H. Hitier a indiqué qu’il existait, autrefois, en Crimée, des condensateurs destinés à capter la vapeur d’eau de l’air. On a découvert, sur les hauteurs qui dominent l’ancienne ville de Théodosia, 13 proéminences formées par l’amoncellement de pierres calcaires concassées. Chacune de ces proéminences mesurait environ 30 m de longueur, 25 de largeur et 10 de hauteur. Des tuyaux de grès réunissaient ces amas de pierres aux 114 fontaines qui alimentaient la ville de
- agricoles de Bel-Air, près Montpellier, en un point bien exposé aux vents marins.
- Sur une plate-forme carrée en ciment imperméabilisé, mesurant 3 m de côté, on a entassé, sur une hauteur de 2 m 50, des pierres calcaires non marneuses, débitées en morceaux irréguliers, ayant des dimensions comprises entre 0 m 05 et 0 m 10 (fig. 4).
- L’ensemble, qui a l’aspect d’un tronc de pyramide quadrangulaire, est recouvert par un revêtement en béton dans lequel sont ménagés, vers la base et vers le sommet, des trous d’aération.
- La plate-forme est légèrement inclinée vers le centre et de la partie la plus basse part un conduit aboutissant à un réservoir étanche creusé dans le sol.
- Ce petit capteur nous a donné, pendant la saison chaude (avril-septembre 1930), déduction faite de l’eau
- Fig. 1. — Vue d’ensemble du capteur de Bel-Air en état de fonctionnement.
- Théodosia et pouvaient débiter environ 720 m3 d’eau par jour.
- Ces installations, qui datent de plus de 2000 ans, sont complètement hors d’usagé, la poussière et la végétation ayant comblé les vides qui existaient entre les cailloux. Une tentative de reconstitution commencée, il y a 25 ans, par l’ingénieur Zibold a été détruite au moment'de la révolution russe.
- Les résultats de nos expériences sur la fixation de la vapeur d’eau atmosphérique par le sol et les analogies qui existent entre le climat de Théodosia et celui de Montpellier nous ont amené a essayer d’obtenir, à Montpellier, de l’eau potable en captant l’humidité atmosphérique par le procédé employé autrefois à Théodosia, c’est-à-dire par un tas de cailloux.
- A cet effet, le dispositif suivant a été installé au début de 1929, à la Station de physique et de climatologie
- provenant des précipitations, 87 lit., 835 d’eau de captation et en 1931, les conditions ayant été moins favorables, 40 lit., 510.
- Le rendement quotidien maximum a été 2 lit., 528, le 16 mai 1930, 28 fois le capteur a fourni plus d’un litre d’eau en 24 heures; 4 fois plus de 2 litres.
- COMMENT SE PRODUIT LA CAPTATION
- Les observations effectuées montrent que, pendant les périodes de dépôt, la température à l’intérieur du capteur est toujours supérieure de plusieurs degrés à la température minima de l’air extérieur et, à plus forte raison, à celle des corps exposés au rayonnement. Ce n’est donc que tout à fait exceptionnellement qu’il peut se produire pendant la nuit, à l’intérieur du capteur, de la rosée proprement dite. On n’a d’ailleurs constaté aucune concordance entre la quantité d’eau recueillie
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- et la production d’une rosée plus ou moins abondante sur le sol environnant.
- Le jour, l’écart assez grand qui existe entre la température maximum de l’air et la température du capteur pourrait permettre la formation d’un peu de rosée, à condition que l’humidité de l’atmosphère soit assez élevée. Comme les variations quotidiennes de l’état hygrométrique sont normalement opposées à celles de la température, au moment où la différence de température entre l’air et le capteur est maximum, l’état hygrométrique est minimum, et ce n’est encore que tout à fait exceptionnellement qu’il peut se former ainsi de la rosée sur les cailloux.
- Pendant la saison chaude, on retire cependant régulièrement de l’eau du capteur matin et soir. Pour que la condensation se produise, il est indispensable que l’air, situé au voisinage immédiat des surfaces de dépôt, soit saturé. Les surfaces de dépôt ayant une température qui varie très faiblement au cours d’une journée, il faut que l’air qui les entoure soit plus riche en vapeur d’eau que l’air extérieur. On est ainsi amené à admettre que l’eau recueillie est due :
- 1° A l’adsorption de la vapeur d’eau atmosphérique par les surfaces de dépôt ;
- 2° A la condensation consécutive de cette humidité accumulée autour des cailloux.
- Nous retrouvons ici les deux phénomènes que nous avons mis en évidence en étudiant la fixation de la vapeur d’eau par les couches superficielles du sol : adsorption et condensation.
- Il est certain que le dépôt aqueux qui se forme est d’autant plus abondant que l’écart entre la quantité d’eau que contient l’air extérieur et la quantité maximum qu’il peut en contenir à la température, peu variable, des assises profondes du capteur, est plus faible. Cette condition est d’autant mieux réalisée que :
- 1° L’état hygrométrique de l’air extérieur est plus élevé ;
- 2° Pour un même degré d’humidité de l’atmosphère, l’écart entre la température de l’air et la température du capteur est plus grand;
- 3° Pour un même degré d’humidité et un même écart entre la température de l’air et celle du capteur, cette dernière est basse. Plus cette troisième condition est satisfaite, plus la quantité d’eau correspondant au point de rosée est faible et par conséquent la saturation de l’air situé au voisinage des cailloux facile à réaliser.
- D après ces remarques, pendant une période de beau temps présentant des courbes quotidiennes de variations de l’humidité semblables, c’est la journée la plus chaude qui doit fournir le plus d’eau de captation. Nous avons eu plusieurs fois l’occasion de vérifier cette déduction, aussi importante qu’inattendue.
- Les conditions pratiques de rendement maximum d’un capteur, encore mal connues, sont difficiles à déterminer et à réaliser.
- Les observations faites nous permettent
- Fig. 8. — Puits aérien de l’ingénieur Knapen, pendant la construction. Dans la masse centrale en béton de porphyre, sont noyés des tubes spéciaux débouchant à la surface. L’enveloppe extérieure est constituée par un mur très épais présentant plusieurs rangées d'ouvertures. On aperçoit la disposition de la première assise d’ouvertures inférieures.
- cependant d’indiquer que pour avoir un bon rendement il faut :
- 1° Que l’aération soit suffisante pour assurer le renouvellement de l’air à l’intérieur afin de permettre l’adsorp-tion ;
- 2° Que la ventilation ne soit pas trop violente, car, dans ce cas, l’évaporation consomme les dépôts aqueux à mesure qu’ils se forment;
- 3° Faire pénétrer de l’air chaud et humide qui dépose de l’eau en se refroidissant;
- 4° Maintenir l’intérieur à une température aussi basse que possible et pour cela favoriser le rayonnement nocturne et empêcher réchauffement diurne.
- On ne peut réaliser ces conditions, parfois contradictoires, qu’en modifiant à chaque instant la position et le nombre des ouvertures selon la température, l’état hygrométrique, la direction et la force du vent.
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- ESSAI D’UNE INSTALLATION A GRAND RENDEMENT
- Les dimensions du capteur décrit sont trop restreintes pour que l’on puisse évaluer, même approximativement, les quantités d’eau que pourraient donner des dispositifs plus volumineux. Quand on augmente le volume, on augmente non seulement la surface de dépôt, mais aussi l’inertie thermique de l’ensemble et par suite le rendement par unité. Les résultats obtenus laissent toutefois supposer que la production serait assez élevée pour être pratiquement intéressante.
- C’est afin de bien déterminer les conditions de rendement maximum et de se rendre compte du rôle économique que peuvent jouer les capteurs, que M. Knapen, qui étudie depuis de nombreuses années les diverses questions relatives à l’humidité de l’air et des constructions, a édifié à Trans, en Provence, un condensateur qu’il a dénommé puits aérien.
- Le puits aérien a l’aspect d’une vaste cloche en maçonnerie, mesurant 12 m de diamètre à la base et 12 m de hauteur et dont la paroi a une épaisseur de 2 m 50. Cette paroi porte à la partie inférieure et à la partie supérieure plusieurs rangées d’ouvertures faisant communiquer l’extérieur avec l’intérieur. Sous la cloche, et séparée d’elle par un assez grand espace, se trouve une masse de béton en grenaille de porphyre et mortier au ciment dans laquelle on a disposé, suivant des directions déterminées, des tubes poreux spéciaux connus sous le nom de siphons aériens. Sur la face externe de cette masse bétonnée on a implanté une grande quantité de morceaux d’ardoises afin d’augmenter la surface de contact entre l’air et les solides destinés à recevoir les dépôts aqueux. Au centre se trouve une cavité cylindrique de 1 m de diamètre et 9 m de haut dont l’axe est occupé par un tube métallique de 0 m 30 de diamètre qui traverse la cloche et la dépasse de 0 m 50.
- Voici comment M. Knapen conçoit le fonctionnement
- de son puits : la nuit, l’air froid pénètre par le tube métallique central, remonte ensuite par le vide annulaire qui entoure ce tube, glisse le long de la face externe de la masse en béton et sort par les orifices inférieurs de la cloche. Dans la journée, l’air chaud pénètre par les orifices supérieurs de l’enveloppe, arrive au contact des ardoises et de la masse interne à basse température, se refroidit, laisse déposer une partie de son humidité et s’échappe par les ouvertures inférieures. Les gouttelettes formées à l’intérieur du condensateur tombent sur le plancher et sont conduites par des rigoles dans un réservoir souterrain.
- Au Congrès des Ingénieurs civils, qui a eu lieu à Paris, en septembre 1931, M. Knapen a fait connaître que la construction de son puits était à peu près terminée, mais qu’il fallait attendre que les maçonneries échauffées par la carbonatation des mortiers aient repris leur température normale. Bien que cet état thermique ne soit pas encore atteint, la condensation a commencé à se produire, faisant prévoir un prochain fonctionnement de l’installation.
- Dès maintenant, les divers résultats acquis permettent de dire que la captation de la vapeur d’eau atmosphérique par les sols agricoles et les cailloux est un phénomène complexe qui comprend une attraction par différence de température, une immobilisation consécutive par adhérence superficielle, et enfin une condensation par refroidissement.
- Dans les régions méridionales, c’est elle qui pendant les périodes de sécheresse compense l’insuffisance des précipitations et permet aux plantes de poursuivre leur cycle végétatif.
- Quand on réalise artificiellement les conditions nécessaires à la captation de l’humidité atmosphérique, on obtient de l’eau potable en quantité suffisante pour envisager la possibilité d’assurer par ce procédé le ravitaillement en eau de certaines régions arides.
- L. Ciïaptal.
- LES GISEMENTS DE POTASSE EN EUROPE
- Jusqu’en 1914, la production mondiale de la potasse était presque entièrement allemande ou alsacienne, et encore cette dernière, vieille seulement de quatre ans, était-elle limitée aux 5 pour 100 de l’extraction allemande. Dans les autres pays, cette industrie était à peu près inexistante, et c’est la suppression des exportations allemandes pendant la guerre qui les incita surtout à rechercher ou à développer leurs ressources potassiques.
- Dans quelques pays, d’importantes ressources furent ainsi mises à jour, ressemblant ou à peu près aux gisements précédemment connus; dans d’autres, on s’ingénia à retirer la potasse de roches en renfermant des quantités appréciables; dans d’autres enfin, on s’attaqua aux eaux salées lacustres. Si bien qu’aujourd’hui la concurrence est déjà née sur certains marchés. Il est vrai que les besoins toujours grandissants de potasse dans le monde entier demandent des extractions de plus en plus importantes et que malgré tout, cette précieuse
- substance reste, au même titre que le pétrole, une des plus activement recherchées actuellement.
- On peut résumer comme suit la situation actuelle de l’industrie de la potasse en Europe. Les gisements allemands et alsaciens restent néanmoins et de beaucoup les sources principales d’extraction, mais l’Espagne avec ses gîtes de Catalogne arrivera rapidement à se suffire ainsi que la Pologne qui fait de gros efforts dans ce sens. L’Italie semble avoir résolu le problème en demandant la potasse qui lui est nécessaire aux roches leucitiques dont son sol abonde et même la Russie ne reste pas inactive dans la zone potassique récemment découverte dans l’Oural (fig. 1).
- Nous allons jeter un coup d’œil rapide sur les producteurs nouveau venus, nous bornant pour les gîtes allemands et alsaciens très souvent décrits aux chiffres d’actualité qui s’y rapportent.
- Le bassin de Stassfurt, avec son satellite de Borth,
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- couvre plus de 10 000 kilomètres carrés et renferme toute la gamme des sels potassiques :
- SyU’inite. KC1 + NaCl chlorure de potassium et chlorure de sodium.
- Kaïnite KC1 + Mg SCP -j- 3H20 chlorure de potassium et sulfate de magnésie.
- Carnallite KC1 + Mg Cl! + 6H20 chlorure de potassium et chlorure de magnésium.
- Kiesèrile KC1 + MgSCP + H20 chlorure de potassium et sulfate de magnésie.
- Polyhalite (K2. Ca. Mg) 4 S0‘ + 211*0 sulfate de potassium, de calcium et de magnésium.
- Leur teneur va de 9 à 15 pour 100 de potasse pure (K20) ; il produit une moyenne annuelle de 12 500 000 tonnes de sels bruts, soit 1 G50 000 t de potasse pure. Ses réserves sont évaluées à 2 milliards de tonnes de potasse pure.
- Le bassin de Mulhouse, dont la découverte ne remonte qu’à 1904 et la véritable mise en activité qu’à 1920, est déjà connu sur 200 kilomètres carrés sans tenir compte des extensions en cours ; avec ses 2 couches de 4 à 6 m de puissance totale et leur teneur moyenne en potasse pure comprise entre 15 et 25 pour 100 (teneur beaucoup plus élevée qu’à Strassfurt), on table sur une importance totale de 1 870 000 0001 de sel brut, soit 300 millions de tonnes de potasse pure. Dans les chiffres ci-dessus ne figurent pas les nouvelles découvertes de Blodelsheim, ni celles de la rive gauche du Rhin vers Mulheim. Le minerai est composé uniquement de sylvinite avec assez peu d’impuretés et l’extraction annuelle s’est élevée à 3 200 000 t de produits bruts, soit 500 0001 de potasse pure.
- La potasse de Catalogne. — Depuis de longs siècles, on exploite dans la Catalogne un gisement situé au pied du Montserrat et qui s’étend depuis le rio Llobregat jusqu’à la vallée de la Sègre, mais ce n’est qu’en 1912 qu’on y constata la présence de la potasse. De nombreux sondages furent immédiatement entrepris et permirent de délimiter une zone de 60 1cm sur 25 à 30 de large dans laquelle les dépôts de sels potassiques sont irrégulièrement disséminés à la partie inférieure des assises miocènes. Cette zone est hachée de plissements de direction Nord-Est qui affectent à la fois les terrains tertiaires et leur substratum
- Fig. 2. — Gisements de potasse de Catalogne.
- Perpignan
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- GISEMENTS DE POTASSE DE CATALOGNE
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- Fig. 1. — Gisements de potasse en Europe.
- et bouleversent par suite les sédiments salins potassiques
- (fig- 2).
- Les sondages ont donné des résultats très dissemblables, les uns ont recoupé des masses importantes de sylvinite et de carnallite, d’autres sont restés complètement stériles. A Clar-della par exemple, un forage de 1522 m de profondeur a traversé 34 m de sylvinite à 14,50 pour 100 de potasse pure et à Suria un puits a atteint une formation de 25,50 de puissance dont 20 m de carnallite (en tête et au milieu) et 5 m 50 de sylvinite des plus pures, à teneur moyenne de 24 pour 100 en potasse pure.
- La partie la plus connue, parce que le réseau de sondages y a été à mailles plus serrées, est celle de Suria et Cardona; l’exploitation y a commencé dès 1925 par un puits de 327 m de profondeur et s’y poursuit par d’autres sièges, sans compter ceux en installation. De 28 000 t de minerai brut en 1925, la production est passée à 300 000 t en 1930.
- D’autres points bien repérés ont donné des carnallites à 22 pour 100 de potasse pure, mais pour les atteindre il faudra des puits dépassant de beaucoup 1000 m de profondeur; ce qui fait que malgré des sels d’une richesse incontestable, il faut tenir compte de toutes les conditions d’exploitation. Or, outre la dispersion des dépôts et leur irrégularité dont la coupe de Suria (fig. 3) donne une idée, on aura parfois affaire à des morts terrains très aquifères qui risqueront de rendre l’extraction économiquement prohibitive. Il serait donc imprudent d’assigner des chiffres aux ressources catalanes.
- Nous savons qu’on a voulu voir à Suria et son voisinage un bassin au moins aussi important que celui de Mulhouse; rien ne le prouve encore; on peut simplement établir une analogie entre eux par la formation géologique qui les renferme. Au point de vue des difficultés d’exploitation, c’est plutôt au gisement allemand qu’on pourrait comparer l’espagnol.
- On signale encore la potasse dans les salines de la région de Pampelune; rien ne s’oppose, malgré la distance de Suria qui est de 300 km, qu’une liaison s’établisse entre ces deux régions, l’une et l’autre sur la grande bande tertiaire sud-pyrénéenne. Des travaux sont en cours pour se rendre compte de la valeur de ces découvertes.
- La potasse de Pologne. — En Pologne les découvertes de sels potassiques ont eu lieu aussi sur des gisements salins. Le seul groupe en exploitation se trouve en Galicie, sur le versant nord des Karpathes; on le désigne souvent sous le nom de Kulusz; son principal centre se trouve à 100 1cm environ au Sud de Lemberg.
- Dès 1885 on connaissait ces dépôts soudo-potassiques
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- d’âge oligocène comme ceux alsaciens, mais ils n’étaient que faiblement exploités et par intermittence, ne pouvant lutter contre les produits de S^tassfurt. Le nouvel Etat de Pologne chercha dès 1918 à se libérer de cette tutelle étrangère et lit entreprendre de nombreuses prospections. Elles aboutirent à des minerais relativement riches (12-16 pour 100 de potasse pure, inconnus auparavant) qui firent ouvrir de suite des exploitations. Dès 1921, les mines polonaises produisaient 25 000 t de sels bruts.
- Le minerai le plus fréquent est la sylvinite, parmi laquelle on rencontre quelques veines de sylvite (KC1) ou chlorure de potassium presque pur; on rencontre aussi la kaïnite et enfin un produit complètement local, la langbeinile (K2SOl + 2 MgSO1) sulfate double de potassium et de magnésium.
- Quoique très imparfaitement fixé sur les limites des sédiments potassiques, on a déjà évalué à plus de 20 millions de tonnes, en potasse pure, les réserves de la zone galicienne; et la production a atteint son maximum en 1929 avec 360 000 t. Elle a eu lieu avec les deux mines de Kalusz et de Stebnik; depuis 1931, un troisième centre de production, armé aussi d’une usine de concentration, a été mis en marche à Holyn, permettant de porter l’extraction à des chiffres bien supérieurs à ceux de 1929.
- Mais la question des débouchés s’est dressée aussitôt, car juste à l’organisation des gîtes correspondait la crise agricole qui faisait passer la consommation de potasse du pays de 80 000 t (1928) à 16 000 t (1931). On a tenté d’aborder l’exportation et déjà plus de 15 000 t de sels concentrés ont transité par le port de Gdnyia pour diverses destinations. Néanmoins l’écoulement des produits paraît la grosse difficulté d’avenir des gisements polonais.
- On a d’ailleurs découvert la potasse dans d’autres points du territoire, mais jusqu’à maintenant on en a différé la mise en oeuvre. Dans les provinces de Posen et de Lodz, des sondages exécutés sur des gisements salins très anciennement connus ont démontré la carnallite, généralement à grande profondeur. On croit être en présence de dépôts d’âge permien ayant quelque parenté avec ceux allemands. Il en est de même, à Gora, au sud-ouest de Varsovie où cependant les sels de soude paraissent dominer de beaucoup.
- En résumé, la Pologne est riche en sels potassiques. Mais ses débouchés naturels semblent être vers l’Est.
- La potasse de l’Oural. — Les salines du gouvernement de Perm, au long de la rivière la Kama, remontent au vi* siècle. Dans l’une d’elles, des plus importantes, celle de Solikamsk, un sondage ramena au jour un échantillon potassique. Ce fait retint d’autant plus l’attention qu’il avait lieu en 1916, moment où l’approvisionnement en engrais allemands était impossible.
- Des études commencèrent tout de suite, mais les troubles prolongés du pays ne permirent qu’en 1925 de véritables investigations. Elles portèrent sur une bande parallèle à la Kama, longue de 50 km environ, ayant Solikamsk pour centre et, descendant au Sud jusque vers Beresnilci, tête du chemin de fer allant sur Perm. Elles rencontrèrent plusieurs couches
- de sylvinite et de carnallite avec des teneurs de 14 à 16 pour 100 de potasse pure, noyées dans une masse de sel gemme (fig. 4). Ces couches seraient comprises entre 100 et 400 m de profondeur; en un seul forage on aurait atteint, sous le sel, les grès du permien inféx’ieur à 650 m, ce qui fixerait parfaitement l’âge de la formation. L’ensemble aurait une tendance à la plongée au Nord-Est et serait surmonté la plupart du temps par des alluvions plus ou moins aquifères, surtout dans la région sud.
- D’après les évaluations des géologues soviétiques, et quoique les reconnaissances réelles portent sur une quarantaine de km carrés, la surface utile du bassin serait supérieure à 300 km carrés et les ressources considérables. L’extraction a commencé à Solikamsk, par des puits de 300 m et atteint, en 1931, 135 000 t de sels bruts; de nombreux autres puits sont en creusement et d’après les données du plan quinquennal la production devrait atteindre 1 million et demi de tonnes dès 1932 pour être portée graduellement à 6 millions de tonnes en 1935.
- Ces chiffres nous paraissent bien optimistes, eu égara aux mécomptes possibles sur l’étendue encore hypothétique du bassin et surtout aux difficultés d’extraction et d’évacuation qui se montrent déjà (on relie les mines par voie ferrée normale à celle de Perm pour suppléer à la mauvaise navigabilité du cours supérieur de la Kama).
- Il reste néanmoins acquis que le gisement de Solikamsk possède de grandes richesses potassiques et doit figurer parmi les plus importants connus.
- La potasse en Italie. — Quoique l’Italie renferme d’assez nombreux gisements salins, jamais, jusqu’à présent du moins, la présence de la potasse utilisable n’y a été constatée. Devant cette pénurie et devant les besoins agricoles du pays qui dès l’après-guerre, importait plus de 10 000 t de potasse pure, le gouvernement italien mit tout en œuvre pour industrialiser le traitement des roches leucitiques très répandues sur son sol. Ces roches d’origine volcanique, formées essentiellement d’un silicate double de potasse et d’alumine étaient depuis longtemps l’objet de travaux de laboratoire pour arriver à la séparation de ces deux substances.
- L’industrialisation des divers procédés débuta vers 1919, elle traversa des phases pénibles qui firent souvent douter des résultats. Aujourd’hui elle est à peu près au point et dès 1925, l’Italie est entrée au nombre des pays producteurs de sels potassiques. Actuellement, les besoins italiens sont en partie couverts par la potasse leucitique et si on envisage les tonnages é-normes et facilement exploitables de cette roche, on peut estimer que d’ici quelques années l’Italie seraunpays exportateur.
- En effet, les tentatives d’évaluation pour les laves leucitiques de Naples (Vésuve), de Rome (Frascati), de l’Ombrie (Pérouse) donnent des chiffres compris entre
- Fig. 3. — Coupe schématique de la couche de potasse aux mines de Suria.
- Fig. 4. — L ensemble des gisements de potasse de Solikamsk (Oural).
- iësniki
- Bassin
- potassique
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- 8 et 10 milliards de tonnes avec des teneurs de potasse allant de 18 à 20 pour 100. Si l’on ajoute qu’en même temps, on récupère l’alumine, on voit de suite l’énorme avenir que cette nouvelle industrie a devant elle.
- Le gisement potassique des Landes. — Nous terminerons ce rapide exposé des gisements potassiques européens par un mot sur une découverte récente faite en France aux environs de Dax. Là aussi des salines et sources salées sont en activité depuis fort longtemps et il a fallu toute une campagne de sondages commencée en 1928 pour se rendre compte de la présence de la potasse.
- Ces forages ont eu lieu dans la vallée de l’Adour, recouverte de sédiments tertiaires ; ils amenèrent la reconnaissance de trois dômes triasiques inconnus en surface, renfermant des dépôts de sel gemme de plusieurs centaines de mètres de puissance, ayant dans leur sein plusieurs veines importantes de sylvinite. De nombreuses analyses ont donné des teneurs moyennes de 10 à 12 pour 100 de potasse pure et exceptionnellement de 24 pour 100. On a rencontré aussi des zones riches en sulfate de magnésie (lcieserite). L’ensemble est encore assez mal défini et comme étendue et comme richesse, mais une concession minière qui vient d’être instituée courant 1931 pour potasse et magnésie et qui a permis d’entreprendre d’importants travaux apportera rapidement des précisions. D’ores et déjà, on semble pouvoir déduire que
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- le trias pyrénéen est non seulement salifère mais aussi potassique et que son existence est certaine sous beaucoup de sédiments plus récents qui le recouvrent.
- En dehors de l’Europe, il n’y a guère que les États-Unis qui aient déjà découvert des sels potassiques dans leur sous-sol; c’est d’ailleurs des sondages en vue d’atteindre le pétrole qui les ont amenés. Deux gisements sont aujourd’hui en activité : Carlsbad et Eddy dans le Texas et le Nouveau Mexique; ils renferment de la sylvinite, de la carnallite et de la polyhalite dont les teneurs en potasse pure vont de 10 à 16 pour 100. La production qui n’est que de 100 000 t annuelles de sels bruts est à la veille d’entrer dans la période industrielle, qui sans doute suffira à tous les besoins des États-Unis.
- De grands projets sont faits pour retirer la potasse des eaux de la mer Morte qui, déjà concentrées, en renferment des quantités énormes; on a songé aussi aux lacs quelque peu semblables de la Lybie et de la Cyrénaïque. On a fait en outre d’intéressantes découvertes en Abyssinie et tout porte à croire qu’elles auront une suite : demain les continents africains et asiatiques ajouteront certainement des ressources à celles déjà connues.
- Nous voilà bien éloigné du temps où le célèbre gisement de Stassfurt était l’unique fournisseur de potasse minérale de toute la planète, et cependant de cela il n’y a pas encore 20 ans. V. C.
- MISSION SCIENTIFIQUE A L’ILE KERGUÉLEN
- Notre empire colonial compte des possessions moins étendues que celle qui nous occupe ici; mais aucune n’est aussi peu peuplée, puisque sa population sédentaire n’est que... d’une âme, une seule, si nous en croyons sir Douglas Mawson, qui a visité récemment (novembre 1930), l’île Kerguélen, et dont le Geographical Journal, de Londres, publie la relation.
- Rappelons que l’île, située à mi-distance entre l’Afrique et l’Australie, fut découverte en 1772 par le lieutenant de vaisseau Yves de Kerguélen, qui lui donna son nom ('). Sa superficie est de 3700 km carrés. Presque constamment enveloppée de brumes, elle offre une température qui ne varie guère autour de + 4°.
- L’explorateur australien déclare que l’île Kerguélen, en dépit de sa mauvaise renommée qui lui a valu le nom de « l’île de la Désolation», présente un grand intérêt. Partant de régions basses, qui sont marécageuses et tourbeuses, les collines s’élèvent, étage par étage, vers des sommets majestueux, coiffés de neige, et dont le plus haut est le Mont Ross, ancien volcan dont l’altitude est de 6120 pieds (2103 m) au-dessus du niveau de la mer.
- Selon l’expression du savant australien, l’île poursuit actuellement son émersion d’un cycle glaciaire, au cours duquel elle fut presque entièrement ensevelie sous une couche de glace; en voie de régression, la croûte ne résiste que sur quelques points; mais les chutes de neige sont fréquentes, et l’île en reste couverte, sauf pendant un très bref été.
- Ce n’est plus que sur le littoral sud-ouest que l’on trouve des glaciers débouchant sur la mer, où ils se fragmentent périodiquement en icebergs. Mais, sur toute l’étendue de l’île, on rencontre des vallées profondes qui furent creusées et occupées par des glaciers, et qui s’allongent, entre leurs parois abruptes, depuis les sommets des montagnes jusqu’au rivage, et même bien au delà, des dépressions sous-marines révélant leur prolongement. Ces tranchées glaciaires sont
- 1. Voir Auguste Dupouy. Le breton Yves de Kerguélen. La Renaissance du livre, Paris.
- comme serrées les unes contre les autres, sur une grande partie de la côte, qu’elles déchirent de fjords profonds. Les crêtes, taillées à pic, qui les séparent, offrent une apparence de terrasses, en raison de leur formation, due à l’émission successive de flots de laves; en atteignant le rivage, elles revêtent l’aspect de longues péninsules que prolonge une ligne d’îlots et de récifs.
- En grande majorité, les roches sont d’origine volcanique, leur âge pouvant être fixé entre la fin du Tertiaire et le Pléis-tocène. Les magmas sont principalement basaltiques, et même ultra-basiques ; cependant, sur un point situé au sud du Royal-Sound (baie où s’abrite Jeanne-d’Arc, poste de ravitaillement des baleiniers), on constate plusieurs intrusions de roches phonolithes, d’un âge beaucoup plus récent et qui est, en réalité, post-basaltique.
- Ailleurs dans l’île, sous une grande épaisseur de matériaux volcaniques, on découvre de non moins épaisses couches de conglomérat, composé de galets, auxquels s’associent souvent des sédiments de grain plus fin, d’origine fluviale, ainsi que des couches de charbon brun, de très pauvre qualité, où l’on discerne clairement d’épaisses tiges d’arbres. Ces couches végétales sont probablement du milieu du Tertiaire. Sur les hauteurs, parmi les roches basaltiques, on rencontre une couche de sédiments marins où abondent des fossiles de mollusques, qui datent vraisemblablement de la fin du Tertiaire.
- Les arbres ont complètement disparu de l’île, ce qu’il convient d’expliquer moins par la basse température que par les vents ininterrompus et plus ou moins violents. Dans les régions basses, la terre est couverte, d’une façon très dense, par une végétation fort variée, composée d’herbes, de plantes herbacées et de fougères. Les espèces qui prédominent sont celles que l’on rencontre dans toutes les îles subantarctiques du Grand Océan. Les espèces d’herbes les plus robustes ont tendance à former de gros buissons, principalement dans les riches terres marécageuses situées au niveau de la mer. Les
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- Fig. 1. —~Rivage occidental des îles Kerguélen.
- pimprenelles sauvages et les renoncules poussent à peu près partout, ce qui est le cas du fameux « chou de Kerguélen » (Pringlea anliscorbutica), plante à laquelle tant de naufragés ont dû leur salut.
- Kerguélen et les myriades d’îlots qui lui font escorte servent d’asiles à des multitudes d’oiseaux de mer (pétrels, frégates, mouettes, etc.). Pendant la période de nidaison, on peut voir, du lever au coucher du soleil, leurs bandes innombrables aller et venir entre la mer et les nids, où ils apportent la pitance des oisillons : c’est comme un vol massif ininterrompu. L’activité cesse à la tombée du jour; mais elle renaît aussitôt, quand les espèces les plus timides, qui n’ont pas osé affronter les attaques d’un faucon marin (Situa antarciicus), en pleine lumière, regagnent leurs colonies, sans que l’obscurité les gêne pour retrouver les nids. L’île ne possède que deux espèces d’oiseaux qui n’appartiennent pas à la faune marine : l’une (Chionis alba) vit aux dépens des autres oiseaux, dont elle dévore les œufs; l’autre est une variété de sarcelle, très abondante, à la chair savoureuse.
- Au début de ce siècle, l’île était encore habitée par d’énormes colonies de manchots; on aurait pu les compter par centaines de milliers, sinon par millions, aux dires des navigateurs. Leur multitude n’est plus qu’un souvenir; et c’est à peine s’il en survit quelques bandes. Ces inofîensifs palmipèdes, dont la chair n’est pas comestible, ont été massacrés par les équipages des navires baleiniers : leurs carcasses cédaient, à la cuisson, une huile très estimée par certaines industries.
- Sir Douglas Mawson nous apprend encore que l’île abonde en insectes, qui sont, en grande majorité, dépourvus d’ailes. Leur seul moyen de protection est de feindre la mort, ce qu’ils font avec une rare habileté : au moindre signe de danger, ils deviennent rigides et se laissent choir sur le sol, où leur corps immobile se fond, pour ainsi dire, dans la couleur du gravier et demeure totalement, invisible.
- Jadis, le littoral de Kerguélen recevait périodiquement la visite de vastes troupeaux de phoques, dont l'éléphant de mer, ou phoque à trompe. Ces énormes mammifères ont été pratiquement exterminés par les baleiniers, qui les tuaient pour leur graisse. Ils ne sont plus représentés que par de rares individus, cachés dans quelques baies isolées, que des récifs protègent contre les incursions des barques de chasse.
- Tout en appauvrissant ainsi la faune de la grande île antarctique, l'homme l’a dotée de deux fléaux, dont le plus redoutable est le lapin.L’erreur commise en Australie s’est répétée à Kerguélen : les rongeurs domestiques, introduits par on ne sait plus quelle tentative de colonisation, s’y sont multipliés à ce point qu'ils sont en train de détruire toute la végétation « ulile », celle qui aurait pu servir à l’élevage du mouton ou du renne.
- Le second fléau contribue, heureusement, à limiter les progrès du premier. Relâchant, jadis dans une baie de Kerguélen, une expédition antarctique laissa échapper des chiens de traîneaux, provenant de l’Alaska. Retournant à l’état sauvage, leurs descendants vivent comme les loups, leurs ancêtres, dont ils ont repris la forme et les habitudes.
- Rappelons, en terminant, que la F rance se désintéressa longtemps de cette possession lointaine, qui n’était guère visitée que par des navires britanniques ou américains. Ce ne fut qu’en 1803 que notre souveraineté y fut formellement proclamée, par l’envoi d’un navire de guerre, l'Eure. Depuis cette date, agent français vit en permanence sur un point du littoral, appelé Bassin de la Gazelle. Une compagnie française y avait transporté une petite colonie de pêcheurs bretons; la presse eut l’occasion de parler de cette tentative, il y a deux ans quand le naufrage d’un navire, chargé de ravitailler ces braves gens, les exposa à la famine.
- Victor Forbin.
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- Fig. 1. — La maquellé du paquebot Normandie.
- LE LANCEMENT DU TRANSATLANTIQUE
- “ NORMANDIE ”
- LE PLUS GRAND NAVIRE DU MONDE
- Le lancement du grand paquebot Normandie, actuellement et pour quelques années au moins le plus grand navire du monde, construit par les chantiers de Saint-Nazaire et Penhoet pour la 0e générale Transatlantique, s’est effectué avec plein succès le 29 octobre dernier. La présence du Président de la République à cette impressionnante cérémonie atteste l’intérêt national qui s’attache à cet événement. Il marque en effet une date dans les annales de la construction maritime nationale et même dans celles de la construction mondiale.
- La Normandie est la plus grande coque actuellement à flot dans le monde; en outre elle inaugure pour les navires de fort tonnage et de grande vitesse le recours à la propulsion électrique; ce système n’a été jusqu’ici appliqué que sur une dizaine de paquebots et son emploi sur le plus puissant des paquebots actuels constitue une expérience audacieuse, quoique réfléchie, qui sera suivie attentivement par tous les techniciens.
- D’autre part, le lancement du nouveau géant des mers suit de quelques mois la mise en service des deux transatlantiques allemands ultrarapides, le Bremen et VEuropa-, il coïncide à quelques jours près avec les premiers voyages des grands paquebots italiens à moteurs : le Rex et le Conte-di-Savoia. En Angleterre, la Cle Cunard a en chantier un bâtiment de dimensions analogues à celles du Normandie, mais sa construction est suspendue momentanément en raison des diffi-
- cultés financières. Ainsi s’atteste le renouveau de l’ardente émulation qui animait, avant guerre, les principales nations d’Europe pour la conquête commerciale de l’Atlantique. Dans le domaine technique, elle se manifeste par l’effort vers le progrès et l’économie d’exploitation, entraînant l’accroissement du tonnage, de la
- La coque en construction aux ateliers et chantiers de Penhoet.
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- vitesse, l’amélioration de la machinerie, l’emploi de moteurs de plus en plus sobres et économiques. Et c’est à nouveau la course au tonnage et à la vitesse.
- Dans le domaine économique, il faut bien constater que ces constructions gigantesques dépassent les moyens financiers des compagnies privées, même les plus puissantes; il leur faut l’appui de l’Etat; dans les divers pays qui prennent part à cette lutte, les finances publiques doivent concourir, pour une part très importante, aux frais de construction et couvrir les risques d’exploitation de ces cités flottantes. Leur mise à flot et leur succès deviennent donc, au premier chef, des questions nationales; Le lancement du Normandie, au' plus fort d’une
- crise économique sans précédents dans les temps modernes, est un énergique témoignage de l’optimisme français ; c’est une marque de confiance de notre pays dans la fin prochaine de la guerre économique qui paralyse actuellement le commerce international; à quoi bon, en effet, construire des navires de commerce si les échanges entre nations sont rendus impossibles par les barrières douanières sans cesse surélevées, les contingentements, les prohibitions de plus en plus vastes et serrées, l’immobilisation des monnaies et la congélation volontaire des crédits?
- LES CARACTÉRISTIQUES DU « NORMANDIE »
- Le Normandie, quand il entrera en service dans 18 mois
- environ, avec son tonnage de quelque 75 000 tonnes, sera le plus grand navire existant. Le plus grand paquebot actuellement en exploitation est le Majestic de 57 000 tonnes. La C‘e Cunard a en chantier un paquebot de 73 000 t., mais sa construction est suspendue pour des raisons financières. La vitesse du Normandie sera comparable, probablement supérieure à celle des bateaux actuellement les plus rapides : les paquebots allemands Bremen et Europa de 52 000 t. et 28 nœuds.
- Grâce au fort tonnage du bâtiment, il n’y a pas eu à chercher, pour arriver à ce résultat, des économies de poids acrobatiques et coûteuses sur les machines et la coque. Tout est calculé largement; toutes les parties du
- navire seront robustes et sûres. Enfin, grâce à sa grande longueur, le navire offre une résistance plus réduite à la mer et est moins sensible à la houle, ce qui lui permet de maintenir sa vitesse, quel que soit l’état de mer.
- Voici les caractéristiques principales de la coque qui vient d’être mise à flots : longueur hors tout : 313 m 75; longueur entre perpendiculaires 293 m 20; largeur au fort hors membre : 35 m 90 ; largeur au pont promenade en encorbellement : 36 m 40; creux sur quille au livet du pont-promenade 28 m ; hauteur, du dessous de quille au plafond de la timonerie : 39 m. Tirant d’eau moyen en charge : 11 m 16; déplacement en charge : 67 500 tonneaux; jauge brute approximative : 75 000 tonneaux; volume des réservoirs à mazout ; 9600 m3; volume
- Fig. 3. — Vue du pont au cours de la construction.
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- Fig. 4. — L'élambol.
- Cette pièce gigantesque a été fabriquée à Pilsen (Tchéco-Slovaquie).
- des cales et entreponts à marchandises : 3775 mJ.
- Une comparaison instructive : des mêmes chantiers de Penhoet, en 1912, sortait un paquebot, France, un fort beau et confortable bâtiment pour l’époque bien qu’il ne battît aucun record ; le France achève sa carrière, et va être désaffecté; ce navire jaugeait 23 500t., mesurait 220 m de long, et sa machinerie développait 40 000 ch. ; il pouvait transporter 1925 passagers. Le Normandie, avec ses 75 000 tonnes, et une machinerie de 160 000 ch., sera aménagé pour 2170 passagers. La comparaison des tonnages donne une idée de l’effort déployé pour augmenter le confort et les aises des passagers. Le France en 1912 avait coûté 27 millions de francs, soit 135 millions de francs papier actuels ; le Normandie ne coûtera pas moins de 600 à 700 millions de francs.
- Mais revenons à la cocpie du paquebot : entièrement métallique elle ne pèse pas moins de 30 000 tonnes et comporte des pièces fort lourdes : l’étambot pèse plus de 100 t ; il est en deux tronçons dont l’un atteint
- 74 t. Le poids du gouvernail et de sa mèche atteint 125 t. Les quatre supports d’arbres pèsent une cinquantaine de tonnes chacun. On se représente aisément les difficultés de fabrication, de transport et de mise en place de pareilles pièces.
- Un point intéressant à signaler est le large emploi qui a été fait d’acier à haute résistance, en vue de réduire le poids de la construction. Cet acier dont la résistance à la rupture atteint 60 kg par mm2, a été employé pour les parties du navire soumises aux plus grands efforts de flexion longitudinale : bordés extérieurs des fonds et ponts supérieurs. Il en a été employé 5000 t environ.
- Pour l’assemblage dès éléments de la charpente, il a été fait un emploi assez étendu, mais non exclusif de la soudure électrique; le rivetage classique joue ici le rôle essentiel : on a mis en place plus de 11 millions de rivets, qui placés bout à bout représenteraient une longueur totale de 650 kilomètres.
- La coque est divisée dans sa longueur par 11 cloisons
- Fig. 5. — Le paquebot à la veille du lancement.
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- étanches transversales et dans sa largeur par des cloisons longitudinales formant double coque, et régnant sur toute la longueur occupée par l’appareil moteur et évapo-ratoire.
- Le waterballast régnant sur toute la longueur du navire est fractionné en 42 compartiments étanches (20 pour l’eau douce, 4 pour l’eau salée, 18 pour le mazout). .
- La double coque latérale est subdivisée en 54 compartiments étanches (30 pour le combustible, 22 pour l’eau douce et 2 vides).
- Dans le sens de la hauteur le navire possède 11 ponts dont cinq s’étendent sans interruption de l’extrême arrière à l’extrême avant.
- LES MACHINES MOTRICES.
- La grande originalité du Normandie réside dans sa machinerie; quatre turbines alimentées par des chaudières à vapeur feront tourner quatre alternateurs débitant du courant alternatif triphasé sous tension de 5000 volts. Ce courant sera distribué à 4 moteurs électriques attelés chacun à un arbre d’hélice. Cette disposition permet de donner aux hélices la vitesse de rotation réduite qui leur convient : 238 à 248 tours par minute, tout en laissant tourner turbines et alternateurs à la vitesse élevée qui permet le meilleur rendement et le plus faible poids. C’est en somme un changement de vitesse ; mais qui, comparé au changement de vitesses par engi’enages utilisé le plus souvent à bord des navires rapides à turbines, présente les avantages suivants : suppression de l’accouplement mécanique entre le moteur à vapeur et l’hélice; il en résulte la suppression des longues lignes d’arbres si difficiles à placer dans les fonds du bateau, et exposés à tant d’accidents dangereux; les arbres de couche disparus, on peut placer la machinerie à l’endroit le plus commode de la coque. Enfin le changement de vitesse électrique est parfaitement silencieux et offre une grande souplesse de manœuvres. Par contre, il est plus lourd et d’un rendement plus faible que la transmission par engrenages.
- Il existe actuellement plusieurs paquebots américains, anglais, et français munis de ce système de propulsion, qui a fait ses débuts pendant la guerre sur le modeste cargo Jupiter. Les résultats obtenus ont été assez probants pour décider les ingénieurs de la C‘e Transatlantique à appliquer le système au plus grand paquebot existant : décision qui fait époque dans l’histoire des navires à vapeur.
- Signalons enfin, que la vapeur proviendra de 29 chaudières à tubes d’eau d’un nouveau modèle, et sera engendrée à la pression de 28 kg. C’est un chiffre élevé pour une installation marine. Mais l’expérience des pressions bien plus hautes pratiquées dans les installations à terre ôte tout caractère aléatoire à cette solution.
- La puissance de l’appareil moteur : 160 000 ch sera suffisante pour permettre en circonstances normales d’effectuer en 5 jours la traversée Havre-New-York avec escale à Plymouth. Le navire pourra ainsi, dans chaque sens, réaliser un départ tous les 15 jours, ce que les navires antérieurs de la Transatlantique ne pouvaient faire que toutes les trois semaines.
- LE LANCEMENT
- Le lancement d’une coque de 30 500 t est une opération jusqu’ici sans précédents. Elle a exigé des calculs délicats et des préparatifs minutieux.
- On sait que, pour le lancement, le navire est amené sur un berceau et des couettes vives ; cet ensemble, qui ne pèse pas moins de 31 715 t, doit au moment du lancement glisser sur des couettes fixes en bois de chêne, abondamment lubrifiées par une couche épaisse de suif et de savon.
- Les couettes fixes représentaient à elles seules un volume de 1800 m3 de bois et le volume total du bois nécessaire à la construction atteignait 2200 m3. Pour le lancement, il n’a pas fallu moins de 43 t de suif, 1,1 t de savon, 2,5 t de saindoux, d’une valeur totale de plus de 150 000 francs.
- L’opération du lancement consiste à faire passer le navire, des supports fixes sur lesquels il a été construit, au berceau; puis celui-ci étant débarrassé de ses dernières entraves, l’ensemble navire-berceau est abandonné à lui-même, se met en mouvement, et glisse sur les couettes à une vitesse qui ne doit jamais dépasser 5,5 m à la seconde, il entre dans l’eau, où il faut l’arrêter sur un parcours n’excédant pas 400 m. L’arrêt était obtenu par des paquets de chaînes, d’un poids de 100 t utilisés de chaque bord. La pénétration de la coque dans l’eau, au moment du lancement, était de l’ordre de 15 m, ce qui ne laissait qu’une distance de 1 m 20 entre le dessous de la quille et le fond du chenal. On conçoit combien ont été délicates les mesures à prendre pour éviter tout désordre au cours de l’opération. Il a fallu, pour le lancement, mobiliser un effectif de près de 600 t.
- LES AMÉNAGEMENTS
- Des aménagements nous nous bornerons à dire qu’ils ont été prévus avec le maximum de confort et un grand souci artistique. Ils comporteront notamment des salles communes luxueusement décorées, des salles de spectacles, de jeux, de danses, etc. Les installations radiophoniques seront mises à la hauteur des derniers progrès ; les passagers auront à leur disposition la téléphonie et la télégraphie sans fil pour communiquer, s’ils le veulent, avec le reste du monde.
- Les engins de sécurité et de .sauvetage ont été multipliés et munis des derniers perfectionnements.
- Le paquebot en service pourra transporter : 930 passagers de lre classe, 680 de seconde classe, 560 de 3e classe. L’équipage, état-major compris, s’élèvera à 1320 personnes. Il y aura donc près de 3500 âmes à bord.
- Le lancement de la coque a été effectué avec plein succès le 29 octobre ; la gigantesque construction va entrer dans la cale, non moins gigantesque qui a été construite spécialement pour elle et qui est aujourd’hui la plus vaste et la mieux outillée. C’est là que le navire recevra ses aménagements définitifs.
- Dans moins de 2 ans, il représentera brillamment le pavillon Français sur les lignes de l’Atlantique Nord.
- R. Villers.
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- UN AVERTISSEUR DU DANGER D’INCENDIE
- POUR FORÊTS
- Au temps d’été, sec et chaud, une menace plane sur nos forêts de bois tendre : l’incendie. Les aiguilles des pins, les brindilles, les débris de bois s’amoncellent sur le sol de mousse sèche, d’herbes mortes, de bruyères ou de thym desséchés. Une couche végétale, le « tuf », s’étend sous la forêt et le soleil lui enlève ses derniers atomes d’eau. Elle est desséchée, comme l’amadou. Qu’un promeneur, un chasseur fasse une imprudence et le feu court; la forêt est vite transformée en un brasier.
- Le Laboratoire des produits forestiers rattaché au Service des Forêts, en Amérique, a étudié un appareil avertisseur du danger d’incendie. C’est un simple hygromètre destiné à mesurer le pourcentage d’eau contenue par le « tuf ».
- L’utilité de cet hygromètre à « tuf » est basée sur le fait que la probabilité d’incendie, la rapidité d’extension et l’intensité du désastre sont en relation directe avec l’humidité de la litière jonchant le sous-bois.
- C’est ainsi qu’on a établi, dans l’Idaho du Nord, la relation de l’inflammabilité de la couche de « tuf » avec le pourcentage d’humidité qu’elle contient : au-dessus de 25 pour 100 d’humidité aucune inflammabilité — de 25 à 19 pour 100 très faible inflammabilité — de 18 à 14 pour 100 faible inflammabilité — de 13 à 11 pour 100 inflammabilité moyenne —- de 10 à 8 pour 100 grande inflammabilité — 7 pour 100 ou moins, extrême inflammabilité.
- L’instrument est conçu pour indiquer l’humidité du « tuf » directement et par simple lecture, sans retard appréciable s’il est installé à poste permanent; avec un retard d’une demi-heure s’il est transporté et installé temporairement. Son usage est préférable à l’analyse de prélèvements effectués sur le « tuf », cette analyse étant compliquée, faussée par le transport des prélèvements ét plus coûteuse.
- L’hygromètre à « tuf » est un guide très sûr de l’annonce du danger d’incendie, surtout si l’on complète ses indications par les prévisions météorologiques, les annonces de*“sécheresse et de vent chaud.
- Le principe de l’appareil est que le rotin change très
- sensiblement de longueur avec l’humidité qu’il contient.
- Un bâton de rotin (voir schémas ci-contre) d’un seizième de pouce de diamètre est introduit dans un tube métallique perforé dont une extrémité pointue est destinée à être enfoncée dans le sol.
- Le rotin est fixé d’une part à cette partie du tube et, d’autre part, relié à un système de leviers équilibrés par un léger ressort et qui transmettent les variations de longueur du rotin à une aiguille se déplaçant devant un cadran.
- Le tube étant introduit tout entier dans la couche de débris végétaux, le rotin se mettra en équilibre d’humidité avec celle-ci, s’allongera plus ou moins selon l’importance de cette humidité et déplacera l’aiguille en conséquence. Le rotin cesse de s’allonger lorsque l’humidité du milieu dans lequel il est implanté dépasse 35 pour 100.
- Les pourcentages ci-dessus donnant les risques d’inflammabilité montrent que seules les indications inférieures à ce chiffre sont utiles à connaître.
- L’instrument construit sera étalonné individuellement, car chaque brin de rotin, on le conçoit, réagit dans des conditions propres imposées par son diamètre, sa contexture, etc. Des tubes sont remplis de « tuf » dont l’humidité a été déterminée avec soin et l’instrument à étalonner est introduit dans le tube. Il est possible de considérer qu’au bout de 6 à 12 heures le rotin a pris sa longueur d’équilibre, et l’emplacement de la flèche est marqué sur le cadran. Les points intermédiaires seront déterminés par interpolation.
- L’échelle entière doit être contrôlée au commencement et à la fin de chaque saison d’emploi.
- Cet avertisseur de possibilité d’incendie donnant des indications à vue, sans mécanisme, robuste et peu coûteux, mérite d’être connu et généralisé dans son emploi.
- Ses indications permettraient de prendre toute mesure utile pour la sauvegarde de nos forêts : avertissements au public, renforcement de la surveillance, alerte des moyens de secours et au besoin interdiction totale de pénétrer en forêt. Il est à souhaiter que son emploi soit expérimenté dans celles de nos forêts qui sont particulièrement exposées au péril du feu.
- Max Verneuïl.
- Elévation
- Section horizontale
- leviers
- Fixai ion du rotin
- Trous de ventilation
- Celluloïd
- transparent
- Trous de ventilatioi
- Section verticale
- Echelle
- Fig. 1. — L'hygromètre à tuf.
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- = UN NOUVEL OKAPI =
- AU JARDIN ZOOLOGIQUE D’ANVERS
- Fig. 1. — L'okapi femelle arrivé en 1928 au « Zoo » d'Anvers.
- La Société royale de Zoologie d’Anvers possède l’un des plus beaux parcs d’animaux d’Europe.
- Une de ses plus grandes curiosités est certainement l’okapi, animal singulier qui vit dans un enclos du parc des ruminants du Temple égyptien. C’est d’ailleurs lui qui illustre les alfiches de la Société royale, apposées sur les murs de la ville d’Anvers.
- C’est un animal de haute taille, ongulé, et qui s’apparente par le corps au zèbre et par la tête à l’antilope. Il habite exclusivement les forêts de l’Ituri, de l’Arru-wini et de TOuellé, dans l’Afrique Equatoriale. Il ne fut connu des Européens que vers 1900. Les Pygmées en avaient signalé autrefois l’existence, à l’époque d’Hérodote, mais pendant longtemps on crut à un mythe.
- Au début de ce siècle, Sir Ilarry Johnston, gouverneur de l’Ouganda, en confirma l’existence.
- Il avait remarqué la peau d’un okapi que les indigènes avaient utilisée pour faire un article d’habillement. Il apprit que si l’okapi avait échappé pendant de 'nombreuses années aux nemrods, c’est qu’il était inapprochable et que sa nature , fort craintive lui conseillait pendant le jour de ne pas s’aventurer hors de sa retraite inaccessible. Parfois, dans des embuscades nocturnes, les Pygmées avaient pu en tuer. A leurs chasses participèrent quelques Européens, et c’est ainsi que pendant la guerre on put envoyer un exemplaire empaillé au Musée colonial de Tervueren, à Bruxelles. Mais l’on désespérait de prendre un okapi vivant.
- Or, en 1918, les indigènes des environs de Buta
- (Ouellé) réussirent, dans le Bas-Ouellé, à capturer une femelle âgée de quelques jours et qui avait été abandonnée par sa mère, atteinte d’un coup de lance. Elle fut entourée des soins les plus attentifs et quatorze mois plus tard, grâce aux soins de Mme Landeghem, qui l’éleva au biberon avec du lait condensé et après le sevrage lui donna des plantes fraîches, elle débarqua par le paquebot Anversville, en août 1919, à Anvers. Ce fut un événement zoologique qui eut son écho dans le monde entier. On installa notre jeune okapi dans le parc des girafes. En 1920, il y mourut d’une maladie de reins. Ce fut une grande perte pour la Société royale de Zoologie. Mais il fut remplacé, le 28 septembre 1928, par un autre okapi femelle, don de Sa Majesté le Roi des Belges. Depuis cette époque, il fait l’ornement et l’attraction du Jardin zoologique, dirigé avec un zèle, une constante clairvoyance, par M. Michel L’Hoëst qui,avec une amabilité charmante, vient de nous faire visiter ses nombreuses collections d’animaux. L’okapi, en particulier, a toute sa sollicitude, car sa valeur est inestimable et les compagnies refusent de l’assurer. Des savants du monde entier viennent lui rendre visite,.
- La principale préoccupation de M. Michel L’Hoëst était d’avoir un okapi mâle afin de pouvoir étudier et expérimenter la reproduction de cet étrange animal en captivité. Son désir vient d’être réalisé, un nouvel okapi vient d’arriver à Anvers. La traversée à bord du paquebot Y Albertville, de Buta à Matadi et de Matadi à Anvers, s’est bien effectuée, ainsi que celle d’une importante collection d’animaux. C’est un exemplaire magnifique, plus grand, plus fort et plus beau que la femelle. Les deux okapis font actuellement bon ménage et mangent en commun du trèfle frais et du pain.
- Nous donnons ici le portrait du nouveau pensionnaire du « Zoo » d’Anvers.
- Ali Héritier.
- Fig. 2. — A gauche, l'okapi mâle, récemment arrivé au « Zoo d’Anvers; à droite, la femelle dans la même cage.
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- = L’IMPRESSION TRICHROME = EN ANGLETERRE ET EN FRANCE
- AU XVIIIe SIÈCLE
- Il est admis sans contestation que la découverte de l’in -pression trichrome est due à Charles Cros et à Ducos du Hauron qui, en 1869, ont, en même temps et sans se connaître décrit ce procédé : telle était aussi mon opinion, quand furetant un jour dans les catalogues de la Bibliothèque nationale je tombe sur le titre d’un volume dont la date me parut singulière par rapport au sujet : « L’art d’imprimer les tableaux, traité d’après les écrits, les opérations et les instructions verbales de Jacques Christophe Le Blon, à Paris chez Le Mercier imprimeur libraire. Rue Saint-Jacques, à l’enseigne du livre d’or MDCCLVI, avec privilège du Roi ».
- Le livre qui m’arriva bientôt sous la forme d’un in-8, relié en maroquin rouge frappé aux armes de Louis XV, contient plusieurs parties, écrites par Gaultier de Mondorge, d’après les dires et ouvrages de Le Blon, peintre et graveur allemand, né-à Francfort et venant de Londres où il avait exercé son art et exploité sa découverte.
- Le Blon avait écrit son traité en anglais, il l’avait traduit en français, qu’il possédait assez mal, il ne savait même pas écrire correctement son nom qui est en français le même qu’ en allemand, avec l’article en plus (il orthographie Le Blon).
- La lre partie est une description de la « manière universelle facile et expéditive de mêler les couleurs ». La recomposition de toutes les couleurs au moyen de trois couleurs primitives bleu, rouge et jaune, est très exactement décrite, l’auteur précise même qu’il est mieux d’employer 3 couleurs composées, le violet, le vert et l’orangé : les imprimeurs trichromistes ont lutté longtemps avant de retrouver ce tour de main qui évite les duretés.
- La 2 e partie est une « Epistre à son excellence M. Robert Walpole, chancelier de l’Echiquier ». C’est un placet descriptif demandant un privilège pour l’Angleterre où .Le Blon avait exercé son art avant de venir à Paris.
- La 3e partie traite de «l’harmonie du coloris dans la peinture réduite en pratique méchanique et à des règles sûres et faciles ».
- Elle précise les conditions de composition et surtout d'emploi des couleurs mêlées comme il est dit dans la première partie.
- La 4e partie traite des « Opérations nécessaires pour graver et imprimer des estampes à l’imitation de la peinture par J. C. Le Blon ».
- Les différentes méthodes de gravure et les outils nécessaires sont décrits minutieusement ainsi que les auteurs de ces différents procédés : Le Blon rappelle à chaque instant la base de son système : utilisation des trois teintes primitives. Il semble que Le Blon eut l’idée de l’impression trichrome par les travaux d’un certain Félibien qu’il cite; voici le passage essentiel de la 4e partie :
- « Les opérations nécessaires pour graver et imprimer des estampes à l’imitation de la peinture résultent de l’observation que les trois couleurs primitives (dont il est parlé dans la lre partie) donnent par leur mélange au tant de teintes qu’il en puisse naître de la palette du plus habile peintre.
- « Comme on ne saurait en les imprimant l’une après l’autre les fondre comme le pinceau le fait sur la toile, il faut que ces couleurs soient employées de façon que la première perce à
- travers la seconde, et la seconde à travers la troisième afin que la transparence supplée à l’effet du pinceau.
- « Chacune de ces couleurs sera distribuée par une planche particulière, ainsi trois planches sont nécessaires (une quatrième est prévue pour renforcer les ombres et fortifier le trait)-.
- « Ces planches seront bien grainées avec l’outil à grainer appelé berceau et l’on calquera sur ces planches le dessin du tableau à imprimer.
- « La première planche que l’on gravera et tirera sera celle qui sera encrée en bleu, elle donnera les tournants et les fuyants et tous les endroits du tableau où il y a du bleu pur ou du bleu mêlé à du rouge et à du jaune.
- « La seconde planche sera la jaune qui donnera les couleurs tendres et les reflets, et aussi les parties du tableau où il y a du jaune pur ou du jaune mêlé à du bleu et à du rouge.
- « La troisième planche sera la rouge qui animera le tableau, fortifiera les bruns jusques au noir, donnera les rouges purs et les parties où le rouge est mêlé au jaune et au bleu. »
- Le Blon eut le privilège du Roi en 1740, il était alors très âgé et mourut un an après : sa découverte avait été faite 18 ans auparavant.
- Il semble bien que l’on doive lui attribuer la paternité de la trichromie puisqu’il la décrit très complètement 100 ans avant que Ch. Cros publiât son livre sur la « solution générale du problème de la photographie des couleurs ».
- Ceci n’empêche pas Cros d’avoir été un génie vraiment extraordinaire. Rappelons que nous lui devons le phonographe, décrit et exécuté par lui un an avant qu’Edison daignât se l’approprier, Cros exécuta le phonographe à cylindre et décrivit le phonographe à disque.
- Nous devons donner à cet extraordinaire génie un souvenir attendri, car si nous le connûmes tous sans savoir ce qu’il était, nous récitions ses monologues, le Hareng saur, le Bilboquet, Y Homme propre, nous lisions les vers délicieux du Cofjret de Santal, mais nous ne savions pas que le poète était aussi un physicien, un mathématicien, un chimiste, et qu’il parlait couramment à 18 ans le sanscrit et l’hébreu. Il fut aussi répétiteur à l’Institut des sourds-muets, il réalisa la synthèse de pierres précieuses. Que ne fit-il encore avant de mourir dans la misère en 1888!
- Son prédécesseur en trichromie, le Rhénan Le Blon semble tout à fait inconnu, et pourtant il eut le privilège du roi, grava des estampes, qui, dit-il, « si Vintention des trois planches a été bien comprise, soutiendront la comparaison d’un tableau ». J’ai vu de lui une reproduction d’une palette à pouce avec les taches de couleurs comme celles que nous voyons au poing des peintres, il grava un portrait du Roi d’après le buste fait par Blackey, un morceau d’anatomie d’après M. Tardieu, et différents autres morceaux d’après M. Robert (Hubert?) Il eut des élèves et « Monsieur Yignier, possesseur de la moitié du privilège, à l’enseigne du Comte de Provence, derrière le grand Conseil, rue Bailleul, à Paris, donne facilité pour graver, imprimer et débiter les gravures en couleurs aux artistes qui désirent (en 1756) travailler par le procédé de M. Jacques Christophe Le Blon ».
- G. Lallement.
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- 466 = DEUX COURGES A HUILE DE VALEUR
- Parmi toutes les productions de la nature, dont depuis plus d’un demi-siècle, j’entretiens les agriculteurs, les horticulteurs, de même que les amateurs de curiosités végétales, il en est deux des plus intéressantes pour les colonies intertropicales. En Afrique du Nord où j’en ai tenté la culture jadis, j’ai constaté qu’il n’y faisait pas assez chaud pour ce végétal, qui croît à l’état sauvage et est cultivé à Zanzibar, sur la Côte d’Afrique, dans une atmosphère surchauffée.
- Les indigènes de cette partie de la côte africaine cultivent depuis longtemps cette plante extraordinaire par son faciès, sa taille, le peu de chair fibreuse, amère, que contient son fruit et qui enrobe une grande quantité de graines plates, larges comme notre ancienne pièce de cinq francs et épaisses d’un centimètre, environ. La première enveloppe de cette graine est fibreuse, la seconde est solide encore, mais s’amollit facilement; quant au contenu de ces enveloppes, autrement dit l’amande, elle est douce, grasse, onctueuse et sa saveur est celle de la noisette.
- Au demeurant, c’est une courge, ne contenant que des graines, se serrant les unes contre les autres; le volume de ce fruit est assez grand et il atteint le poids de 15 à 20 kg.
- Les indigènes de Zanzibar, d’où cette courge est originaire, extraient de ces semences, une huile de valeur, au point de vue industriel et de qualité supérieure comme aliment, ce qui ne les empêche pas de les manger comme friandise, après les avoir fait griller sur la braise, car je ne crois pas qu’ils possèdent des grilloirs spéciaux pour cette opération.
- Le moulin qu’ils utilisent encore pour la pression de ces semences et en extraire l’huile, est tout à fait rudimentaire; il dérive des appareils romains, qu’on trouve encore en Afrique du Nord, c’est-à-dire, une roue en pierre, dressée sur sa tranche, tournant sur son axe, au moyen d’une perche mue par un homme. Cette roue est posée droite sur une autre pierre contenant une rigole qui reçoit les graines à casser; elles sont écrasées en faisant agir la roue qui fait jaillir l’huile de ce compresseur primitif : ce liquide est recueilli dans des sortes de baquets en pierre également, puis emmagasiné dans des outres en peau de bœuf ou d’autres animaux. Cette huile, dont j’ai dégusté des échantillons, est grasse, onctueuse, de goût agréable et est généralement consommée sur la côte orientale d’Afrique; Zanzibar seul l’exporte à un prix abordable.
- J’ignore si ce petit pays pourrait en faire de grandes fournitures en Europe, mais quoi qu’il en soit, cette huile de choix est supérieure pour la fabrication d’un savon très fin et je serais surpris qu’un industriel de nos pays ne se soit pas déjà préoccupé de son utilisation.
- Cette courge porte le nom scientifique de Telfeiria pedata; elle est connue depuis fort longtemps ; on en a tenté vainement, je crois, la culture dans bien des pays, ou sans succès appréciable !
- Et cependant, ce n’est qu’une courge que les cultivateurs indigènes de Zanzibar font croître sans peine, alors que j’ai essayé d’en faire germer les graines en serre chaude. Peut-être m’y suis-je mal pris, ou bien, je dois inférer que les semences qu’on m’a toujours envoyées étaient rendues infertiles, par un moyen quelconque que j’ignore afin d’empêcher la propagation de cette précieuse espèce.
- Dans tous les cas, il n’y a pas de jardin à Zanzibar, qui n’ait au moins un pied de Telfeiria, à cause de ses belles et grandes fleurs aux teintes vives, de son odeur délicate, et de son superbe feuillage.
- On sait que les Orientaux aiment les parfums, et le jardin du sultan de l’île de Zanzibar est rempli de végétaux aux
- fleurs suaves ou violentes qui y croissent sans entretien apparent.
- Les indigènes de cette partie de l’Afrique ne sont pas des agriculteurs bien savants, ils agissent généralement par routine. Le travail de la terre, pour eux, est un supplice, aussi les riches ont-ils des tenanciers qui exécutent pour eux les travaux les plus durs et les plus ingrats : ils se contentent de regarder en dévidant leur chapelet.
- La terre, à la fin de la saison des pluies, est travaillée avec de rudimentaires instruments; quand cette besogne est faite, les esclaves ou ouvriers ouvrent de distance en distance de grands trous de deux pieds de diamètre et de un de profondeur; ils les emplissent de fumier provenant de leurs animaux, le tassent fortement, puis les recouvrent de terre légère, (habituellement sortie du trou), en ménageant une cuvette au fond de laquelle ils enterrent deux graines à 0 m 05 de profondeur environ.
- Lorsque la germination a lieu, ils dédoublent les plants, s’il y a lieu, puis, ils pratiquent des rigoles d’arrosages, car le Telfeiria réclame beaucoup d’eau, au cours de l’été; puis ils ne s’occupent plus de leur culture que pour la désherber, si le besoin s’en fait sentir.
- Chaque plant produit ce qu’il veut, les jardiniers ne limitent pas les récoltes par des pincements salutaires; mais je crois bien, que s’ils agissaient comme nous pour les melons, leurs cultures de plein champ donneraient moins de fruits peut-être, mais à coup sûr plus gros, partant plus productifs en huile car les graines en seraient gorgées davantage : c’est à voir.
- Quoi qu’il en soit, le Telfeiria pedata est une plante intéressante, que les colons de la côte orientale d’Afrique devraient tâcher d’implanter chez eux, ils trouveraient en ce végétal un auxiliaire de fortune qui ne serait pas à dédaigner, et avec lequel ils n’auraient pas à attendre des années pour faire d’énormes récoltes.
- J’ai parlé longuement du Telfeiria pedata, parce que j’estime cette Cucurbitacée vivace, comme pouvant donner de grands rendements, ce qui m’incite à donner quelques détails sur une autre espèce de cette intéressante famille. Il s’agit du Lagenaria edulis, originaire de l’Ouganda; c’est également une plante africaine, dont les noirs retirent une huile, de bonne qualité et grignotent les graines comme une friandise.
- Ce Lagenaria ou Gourde est une grande plante annuelle, aux fleurs blanches laciniées, à tube très long, odorantes, auxquelles succèdent des fruits en forme de poire ai'rivant au poids de 15 à 25 kg, dans la chair amère et épaisse de laquelle sont disséminées de nombreuses graines allongées, à carapace dure mais qui s’entr’ouvrent facilement pour émettre le gei’me, qui formera la plante. Le feuillage est énorme ; il forme une ombre épaisse, quand on conduit les tiges pour en couvrir une tonnelle, par exemple.
- Cette espèce de. Courge est de facile culture, elle donnerait des résultats appréciables en Afrique du Nord où elle serait rustique.
- La carapace qui forme le fruit est dure, ligneuse et peut être utilisée à bien des usages, comme le font les noirs de l’Ouganda, qui n’ont pas, comme nous, des ustensiles de ménage compliqués.
- Quoi qu’il en soit de la qualité de ces deux Cucurbitacées, j’estime qu’elles ont leur valeur et peuvent dans bien des régions rendre de sérieux services. En appelant l’attention des coloniaux sur elles, je suis persuadé qu’encore une fois je rendrai service : c’est toute mon ambition !
- R. de Noter.
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- LE DÉCAPITÉ RÉCALCITRANT
- Après avoir présenté de plusieurs manières le corps humain transpercé d’épées aiguës, de larges glaives, et cela sans suites lâcheuses, les illusionnistes ont cherché un autre truc sensationnel, capable d’étonner le public et ils ont repris la vieille idée de la décapitation, la première présentation de ce genre fut le décapité parlant inventé par Talrich et présenté par lui en 1855, à l’endroit où se trouve actuellement la salle des Capucines. Je dois dire que ce premier « décapité » était présenté d’une façon assez originale et artistique qui en atténuait l’effet lugubre, tandis que celui dont je vais parler est d’un caractère macabre qui tout en attirant l’attention des spectateurs, n’obtient pas le succès dû à son ingéniosité.
- En scène se trouve une guillotine, assez semblable au meuble officiel dont tout le monde connaît la forme, sinon pour l’avoir aperçue au naturel, tout au moins pour en avoir vu des reproductions dessinées. L’opérateur rappelle en quelques mots l’histoire de cet instrument, dont l’idée fut simplement émise par Guillotin, mais dont le plan véritable fut donné par le chirurgien Louis, puis il fait fonctionner le couperet, expliquant que ce couperet lesté d’un plomb pèse 60 kg et que sa hauteur de chute étant de 2 m 80 c’est un poids de 16 800 kg qui arrive sur la tête du patient en moins de 3/4 de seconde.
- Plaçant alors sa tête dans la lunette, il annonce qu’il va se faire décapiter, mais cela sans dommage pour sa personne, grâce à son pouvoir aussi magique que mystérieux. En effet, un aide s’approche, touche le bouton de déclenchement et l’on voit le couteau s’abattre avec une rapidité foudroyante ets’ar-rêter en bas des montants après avoir passé au travers du cou du patient. L’aide relève le couteau en haut des montants, ouvre la lunette et l’illusionniste sort intact de l’appareil.
- Voici comment se produit l’illusion. Le couteau ou couperet en acier poli ou nickelé, de façon à être bien visible est surmonté d’un plomb (fig. 1.) Ce plomb, ou soi-disant tel, semble
- faire partie du couperet, alors qu’il n’est qu’une simple boîte dans laquelle la partie brillante rentrera en diminuant de moitié la hauteur de cette partie de l’appareil.
- Les deux fractions de la lunette sont chacune un peu plus hautes qu’il ne faudrait, mais ce petit détail échappe aux spectateurs. Lorsque l’illusionniste va mettre la tête en position, l’aide soulève la demi-lunette L (fig. 2) qui glisse dans la coulisse B. La demi-lunette L' est fixe et c’est sur elle que s’appuie le cou du patient. La lunette L du haut est baissée et la tête est solidement prise dans l’ouverture N.
- A ce moment, l’aide presse un déclic qui libère le couteau suspendu au-dessus de la tête, le couteau violemment éclairé par les projecteurs, tombe, mais logiquement, il devrait glisser dans la rainure A alors qu’il glisse dans la rainure C et arrive derrière la demi-lunette L sur la nuque del’illusionniste. Au point R la boîte simulant le plomb est arrêtée par la fin de la glissière, et le couteau rencontrant le cou de l’illusionniste protégé par un cuir sous le faux col, rentre dans la boîte. Le plomb est ainsi caché par la demi-lunette L.
- Au moment où le plomb a touché le fond de la glissière, il a libéré en S un faux couteau muni comme l’autre d’un plomb simulé et ce couteau apparaît avec son plomb, au bas de la lunette, semblant reposer par la pointe de son triangle sur la base de la machine (fig 3).
- Pour le public, toujours un peu impressionné au moment de la chute et ébloui par l’éclair du métal,l’illusion est complète.
- Pour remonter le couteau l’aide se place devant la machine pendant une seconde, le temps nécessaire à la disparition du couteau du bas dans la demi-lunette L' et à l’apparition du vrai couteau, remontant doucement vers le haut des montants, au-dessus de la tête du patient qui sort bien vivant de la terrible expérience.
- Le prestidigitateur Alber.
- Fig. 1 à 4. — Les différentes pièces de la guillotine.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- DÉSINFECTION DE PUITS PAR LA VAPEUR D’EAU
- Les procédés de désinfection des puits contaminés sont très nombreux : javellisation, vapeurs de brome, addition de permanganate de potassé, d’eau oxygénée, etc., chacun d’eux présentant des avantages et'des inconvénients.
- Voici d’après le Bulletin de biologie pharmaceutique un procédé encore peu connu, lequel consiste à faire barboter par un tuyau, au sein de la couche d’eau du puits à stériliser, la vapeur d’eau provenant d’une chaudière de locomobile maintenue en action durant une journée entière, temps nécessaire pour amener la stérilisation du puits.
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- L’AUTOMOBILE PRATIQUE ...
- NOUVEAUTÉS TECHNIQUES ET CONSEILS PRATIQUES
- LA CONSTRUCTION AUTOMOBILE FRANÇAISE DE 1932-1933
- Nous aurons l’occasion de revenir dans nos prochaines chroniques sur les nouveautés techniques présentées au Salon de l’Automobile de 1932, mais il est dès à présent possible d’en indiquer les caractères généraux essentiels.
- Les modifications de la construction automobile ne sont pas déterminées uniquement par des raisons de mode ou de technique, mais aussi par des causes économiques. 11 y avait l’an dernier au Salon un assçz grand nombre de modèles de puissance réduite, de 5, 6 ou 7 ch, mais beaucoup de types nouveaux étaient des automobiles dites à surpuissance. Ces voitures comportaient des châssis et des carrosseries relativement légers, et, au contraire, un moteur assez puissant, nominalement de l’ordre de 15 à 20 ch, de sorte qu’on pouvait ainsi obtenir dans des conditions excellentes une vitesse moyenne élevée, quel que fût le profil de la route.
- Par la diminution du poids et de l’encombrement on visait à créer une voiture de grande vitesse à bon marché. Néanmoins, avec les barèmes établis en France pour les impôts, pour les assurances, et même pour tous les frais accessoires, par exemple ceux de garage, une voiture qui comporte un moteur de puissance nominale élevée est d’un entretien toujours coûteux, son « amortissement » est toujours plus élevé aussi par suite des difficultés de revente. La crise économique ne cessant pas, bien au contraire, la clientèle pour ces modèles à surpuissance est devenue assez restreinte, et les constructeurs ont dû à nouveau orienter leur activité vers la réalisation de modèles plus économiques.
- Les modèles de très petite puissance de 5 à 6 ch ont été étudiés depuis longtemps en France et ils ont même été réalisés dans les meilleures conditions dans notre pays puisqu’ils n’existaient pas, il y a peu de temps encore à l’étranger, et particulièrement aux Etats-Unis. Cependant, ces petites voitures paraissent désormais insuffisantes à la majorité de la clientèle; malgré des progrès techniques constants dans le sens du confort de la carrosserie et de la vitesse; l’usager moyen désire posséder un véhicule pouvant transporter quatre personnes dans les meilleures conditions de confort, de sécurité, et de vitesse. Il existait, d’autre part, également depuis longtemps, d’excellentes voitures de 10 à 12 ch, mais, dans les conditions économiques actuelles, elles paraissent d’un entretien encore trop coûteux, de sorte que, pour le moment, les constructeurs envisagent surtout un modèle type moyen, le modèle de 8 ch. Ainsi, le Salon de 1932 pourra être surnommé le Salon de la Voiture de 8 ch.
- C’est également pour des raisons d’économie, et parce qu’à égalité de puissance, la consommation en carburant des moteurs 6 cylindres, surtout de faible cylindrée, est .toujours plus élevée que celle des moteurs à 4 cylindres, que de plus en plus les modèles moyens sont équipés avec des moteurs, monoblocs à quatre cylindres, souvent munis d’autre part de soupapes à culbuteurs qui permettent d’obtenir un meilleur rendement.
- Cette voiture moyenne de 8 ch, grâce aux progrès de la technique et de la carrosserie, est un véhicule utilitaire et élégant à la fois, robuste et économique, qui peut transporter à une vitesse moyenne élevée quatre personnes et leurs bagages. Des progrès très marqués ont été réalisés, d’ailleurs, cette année, dans la construction des châssis souvent tubulaires, très robustes, ainsi que dans l’établissement des carrosseries.
- Les carrosseries actuelles sont tôlées et recouvertes de peinture cellulosique comme l’an derni-er, mais elles sont assemblées à la soudure électrique par grands panneaux, et forment ainsi un ensemble rigide qui augmente la solidité du véhicule, en cas de choc ou même évite le jeu qui se produisait dans les anciens véhicules, et causait au bout de peu de temps des bruits insupportables.
- D’autre part, on a plus ou moins étudié les lignes, la forme extérieure de ces carrosseries dites profilées, afin de diminuer la résistance à l’avancement sans nuire à leur confort.
- Enfin, en dehors de ces modifications essentielles, les constructeurs ont adopté ou mis au point un certain nombre de perfectionnements de détail destinés surtout à augmenter le confort du véhicule, et à faciliter sa conduite, même par l’usager le moins habile.
- Les pneumatiques qui étaient autrefois gonflés à une pression élevée de l’ordre de 3 à 4 kg, et qui depuis l’apparition des modèles dits « confort », dans lesquels les couches de toile ont été réduites, n’étaient plus gonflés qu’à 2 kg ou même moins, ont encore été modifiés dans le sens de la diminution de la pression.
- Les pneus dits superconfort ou superballon les plus récents ne comportent plus de fils de trame dans leur entoilage et le tissu n’est plus croisé. Les fils de chaîne sont maintenus simplement en contact par la gomme et collés les uns aux autres; de la sorte, la largeur de la jante actuelle est presque double de 1923 et le gonflage est très réduit, de l’ordre de 1 kg 400 seulement. Ainsi, l’enveloppe est de plus en plus souple et peut, suivant l’expression consacrée, de mieux en mieux « boire l’obstacle », c’est-à-dire s’adapter à toutes les irrégularités du sol sans transmettre de vibrations au châssis. Grâce à la surface de plus en plus large en contact avec le sol l’adhérence est encore augmentée, et les risques de dérapage sont beaucoup moindres.
- Descendra-t-on plus bas encore ? On nous annonce qu’aux Etats-Unis on a réalisé des modèles dont la pression ne serait guère plus élevée que la pression atmosphérique, mais l’inconvénient évident peut alors devenir très grave par suite des dimensions de plus en plus grandes du pneumatique. Un dégonflage, même partiel, amène un déséquilibre du véhicule, et les enveloppes deviennent tellement peu rigides qu’il se produit facilement une sorte de balancement plus ou moins rythmé, et plus ou moins accentué qui peut incommoder les passagers et même déterminer dans certains cas des ruptures mécaniques, ou un manque de précision dans la direction.
- L’an dernier, nous avions signalé l’apparition du carburateur inversé et des dispositifs starters adjoints au carburateur, et assurant la mise en marche immédiate du moteur ; ces dispositifs ont été mis au point et adoptés plus généralement cette année pour le plus grand bien des usagers.
- Nous avons vu également se généraliser sur certains modèles l’emploi facultatif des dispositifs de roues libres. Les effets de cette roue libre peuvent être obtenus également par un nouveau procédé, le débrayage automatique avec système à dépression, que nous aurons l’occasion de décrire, et qui rend la manœuvre du changement de vitesse presque automatique, en supprimant l’emploi de la pédale de débrayage.
- C’est également pour rendre plus facile la manœuvre du changement de vitesse, et éviter les bruits qui se produisent au cours de cette manœuvre, lorsque le conducteur n’est pas très habile, que les constructeurs adoptent désormais des boîtes de vitesse à engrenages synchronisés, c’est-à-dire dans les-
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- quelles les engrenages qui doivent entrer en prise sont amenés automatiquement à la même vitesse.
- Alors que les dispositifs de roue libre et même de débrayage automatique présentent d’assez nombreux inconvénients lorsque l’usager n’est pas un habile conducteur, surtout pour le service de ville, l’emploi des changements de vitesse synchronisés ne semble comporter, par contre, que des avantages, et c’est avec raison que de nombreux constructeurs l’ont adopté sous des formes diverses.
- Enfin, les petits détails d’équipement sont de plus en plus soignés, toutes les voitures de série sont livrées avec tous leurs accessoires, et même bien souvent leur malle-arrière. Les amortisseurs sont à réglage automatique thermostatique, ou à réglage à distance, à la volonté du conducteur ; la garniture, et en particulier les coussins sont de plus en plus étudiés pour assurer le confort des passagers et éviter la fatigue. L’emploi des glaces de sécurité se généralise même sur les voitures de série. Sur un nombre de modèles relativement grand, l’adoption des roues avant indépendantes augmente encore le confort, tandis que l’adoption des moteurs flottants, ou du moins amortis, atténue les vibrations.
- Signalons, pour terminer, l’adoption plus générale de la conduite à gauche, solution qui semble, d’ailleurs peu heureuse dans notre pays où la circulation se fait à droite.
- LA SIGNALISATION ROUTIÈRE ACTUELLE
- La forme et la couleur des signaux réglementaires désormais adoptés sur toutes les routes et qui sont destinés à signaler aux automobilistes les directions, les indications de vitesse ou les précautions à prendre, ont maintenant une signification précise, depuis quelques mois, et il est nécessaire que les conducteurs de véhicules les connaissent.
- Le triangle et la couleur jaune clair annoncent l’obstacle, c’est-à-dire le danger et une obligation de ralentir. Le disque et le rouge prescrivent l’arrêt, c’est-à-dire l’interdiction de passer.
- Enfin, le rectangle et le bleu sont réservés aux signaux donnant de simples indications. 11 est fait exception pour le disque bleu qui prescrit une obligation à observer et ne s'applique, en principe, qu’au sens de direction obligatoire.
- Les signaux sont, d’autre part, répartis en six catégories. Les signaux de danger sont des triangles jaune clair bordés de noir avec figurine noire. Ils sont employés pour les croisements, les cassis, les virages, les passages à niveau et la priorité de passage. Pour ce dernier signal, le triangle est placé la pointe en bas.
- Les signaux d’interdiction comportent un disque rouge avec figurine rouge ou noire pour préciser les interdictions. Ce sont des signaux de sens interdits, de circulation interdite à certains véhicules, de défense de doubler, d’indication de vitesse interdite, de douane, d’interdiction de parquer, d’indications de poids, de défense de doubler, etc...
- La catégorie des signaux d’obligation ne comporte qu’une seule unité : un disque bleu avec une flèche blanche qui prescrit le sens obligatoire.
- Les signaux de prudence sont des triangles jaunes à figure noire inscrite dans un rectangle bleu pour les distinguer des signaux de danger. Ils indiquent notamment le ralentissement, la proximité d’une école, d’un passage- pour piétons, de travaux sur la voie publique, etc...
- Les signaux de simples indications sont des panneaux rectangulaires de couleur bleue avec partie rectangulaire centrale blanche. Ils ont pour objet de donner un renseignement : emplacement des parcs de stationnement, postes de secours, hôpitaux, etc...
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- Enfin, les signaux de direction sont des panneaux bleus avec lettres blanches donnant des indications de direction et de noms de localités. Ils peuvent être remplacés ou doublés, d’ailleurs, par des signaux lumineux rouges ou jaunes, le feu rouge indiquant l’interdiction de passer, et le feu jaune la proximité d’un obstacle et la nécessité de ralentir.
- Signalons, enfin, que par suite d’une modification très récente du Code de la route, la priorité de passage à droite sera supprimée pour certains croisements de routes nationales avec des chemins d’intérêt secondaire. Un signal spécial sera placé aux croisements, afin d’avertir les conducteurs de cette particularité essentielle.
- MOTEURS FLOTTANTS ET MOTEURS AMORTIS LEURS AVANTAGES ET LEURS INCONVÉNIENTS
- Les vibrations du moteur, transmises à la carrosserie par l’intermédiaire du châssis, sont en général nuisibles aux organes de la voiture, elles sont en tout cas extrêmement désagréables pour les passagers.
- Elles peuvent déterminer, par résonance, des mouvements perceptibles de certaines parties de la carrosserie, et, en particulier, des ailes et des glaces, d’où des bruits plus ou moins violents, et qui parfois affectent péniblement le conducteur; chez les passagers, elles finissent toujours par déterminer une certaine fatigue nerveuse, et, en tout cas, elle diminuent le plaisir du voyage. Enfin, dans certains cas, elles amènent à la longue le desserrage des boulons ou même des ruptures des organes fragiles, par exemple, des tubulures d’huile ou d’essence ou des canalisations électriques.
- Ces vibrations du moteur proviennent avant tout des chocs dus aux variations du couple moteur et des effets d’inertie des pièces massives en mouvement alternatif rapide dans le moteur : pistons et bielles, organes de distribution.
- Ces effets d’inertie s’accentuent, bien entendu, avec la vitesse du moteur et sont des conséquences inéluctables du fonctionnement même du système. Cependant on peut les combattre, en compensant en quelque sorte un effet par un autre en sens inverse.
- On n’y peut parvenir théoriquement qu’à la condition d’utiliser une multiplicité de cylindres, convenablement disposés. Pour un moteur de forme usuelle, il faut un minimum de 6 cylindres pour réaliser l’équilibrage théorique.
- Une autre catégorie de phénomènes dangereux se rattache aux vibrations. Ce sont ce qu’on appelle les vitesses critiques. Certaines pièces importantes de la voiture, par exemple le vilebrequin, l’arbre de transmission, etc., ont une fréquence propre d’oscillation et sont susceptibles d’osciller quand elles sont excitées à un régime qui se rapproche de cette fréquence. S’il se produit, pour une raison quelconque, provoquée par le moteur, ou par toute autre cause, un régime de vibrations qui se rapproche de cette fréquence critique, la pièce en question entre en résonance avec la vibration qui l’excite; les vibrations qu’elle subit peuvent s’amplifier et faire travailler le métal à un taux dangereux. L’ingénieur qui étudie une voiture doit calculer toutes les pièces de façon que le phénomène ne puisse jamais se produire. La chasse aux vitesses critiques est le devoir du constructeur.
- L’idéal est de déterminer les caractéristiques du moteur de manière que la période de vibration critique corresponde à une vitesse de rotation extrêmement élevée qui n’est pas employée en service normal.
- On diminue, d’autre part, les vibrations en réduisant le poids des pièces en mouvement : allégement des bielles, pistons en aluminium, demain en magnésium, etc. Les moteurs
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- sont soigneusement équilibrés, et pour annihiler l’effet des forces d’inertie non compensées, on emploie des systèmes d’amortissement ou dampers, qui étouffent notamment les vibrations du vilebrequin.
- Le meilleur remède consiste pourtant dans la multiplication du nombre des cylindres. C’est là malheureusement une solution qui a pu être adoptée en Amérique à une époque de prospérité, mais qui ne peut plus être utilisée pratiquement en France, comme nous l’avons indiqué plus haut, puisqu’il faut se contenter maintenant le plus souvent du moteur à 4 cylindres.
- Dans ce cas, on sait qu’il est impossible de faire disparaître les vibrations du moteur, c’est-à-dire d’obtenirl’équilibrage parfait. On a alors recours à un artifice-, on s’efforce d’empêcher leur propagation du châssis à la carrosserie, ou, du moins, d’en atténuer les effets.
- Les moteurs alternatifs employés dans l’industrie sont montés sur des fondations aussi lourdes et aussi rigides que possible ; de cette manière, l’amplitude des vibrations est très réduite. Pourtant, lorsqu’on emploie des moteurs à grande vitesse, il Se produit des vibrations à haute fréquence, et on est obligé d’utiliser des tampons élastiques en liège ou
- en caoutchouc, qui servent d’isolants et les amortissent.
- Jusqu’à présent, la majorité des moteurs était montée sur un berceau à trois points ou même à quatre points d’appui, fixé au châssis d’une manière rigide, mais il y a déjà de nombreuses années que des constructeurs avaient eu l’idée d’adopter de petits ressorts, ou même des tampons de caoutchouc, pour amortir les vibrations rapides, et éviter leur transmission au châssis.
- C’est une solution du même genre qui a été reprise cette année dans les moteurs dits amortis et, par exemple, dans les moteurs Renault. L’avant du moteur porte alors des semelles spéciales qui s’appuient sur deux coussins de caoutchouc. L’arrière est enserré dans un autre coussin de caoutchouc. Ce montage permet simplement une oscillation légère du moteur autour d’un axe longitudinal. Le montage des leviers directement sur la boîte de vitesse évite l’emploi de transmissions flexibles plus ou moins complexes (fig. 1).
- Ce mode de montage tient seulement compte des vibrations dues aux forces d’inertie, et ne modifie pas l’effet du couple-moteur, si la rotation autour de l’axe ne peut avoir une amplitude suffisante.
- L’effet amortisseur est dû aux frottements internes dans le caoutchouc.
- Le montage breveté par Chrysler et adopté sur les moteurs Citroën, constitue ce qu’on peut vraiment appeler le moteur flottant, c’est-à-dire moteur à suspension souple, et l’on remarquera à ce propos que l’expression américaine floating power, puissance flottante, n’a pas une signification très précise !
- Dans le système Chrysler, le moteur repose, en effet, sur le châssis par deux supports en caoutchouc spécial A et B.
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- Fig. 1. — Mode de suspension d’un moteur amorti.
- A. Coussins de caoutchouc serrés par deux semelles métalliques, et sur lesquels s’appuie l’avant du moteur. B. Fenêtre arrière dans laquelle est placé un autre caisson de caoutchouc maintenant l’arrière du moteur.
- Fig. 2. — Le moteur flottant repose sur deux supports seulement A et B en caoutchouc, le support A vient s’emboîter dans la boite C.
- Le support B est constitué par une lame de caoutchouc soudée à deux pièces courbes en acier (fig. 2).
- Quand le moteur est en place, le support avant A vient s’emboîter dans une chape située au-dessous du ventilateur, et le support concave B vient épouser l’arrière du carter derrière la boîte de vitesses. Le bloc moteur peut ainsi osciller de petites quantités autour de l’axe qui joint le support au centre du support B, et passe par le centre de gravité (fig 3).
- Pour assurer la stabilité du moteur, on utilise un demi-ressort R qui a pour but d’empêcher le basculement complet sous l’effort
- de la réaction motrice, et un tampon en caoutchouc joue le rôle d’amortisseur des oscillations.
- On remarquera que la position oblique de l’axe d’oscillation diffère de l’axe du vilebrequin. Le degré de liberté d’oscillation en est diminué.
- D’autre part, les effets du couple-moteur sont bien arrêtés, grâce à la réaction élastique du ressort de stabilisation, mais le choc produit sur les paliers de suspension n’est qu’atténué ; de même, les impulsions horizontales des forces d’inertie sont partiellement arrêtées, les impulsions verticales sont transmises au châssis. Ainsi, la suspension flottante arrête une grande partie des vibrations, mais une partie seulement.
- D’autre part, pour que le « moteur flottant » produise son véritable effet, il ne faut pas qu’il existe un contact, si minime soit-il. entre le moteur et le châssis. Les pédales de commande sont donc montées sur le châssis lui-même, et agissent par l’intermédiaire d’organes élastiques, de même qu’il faut employer des tuyauteries souples en caoutchouc entoilé pour les canalisations d’eau et d’essence, et prendre des précautions spéciales pour la disposition des tuyauteries d’échappement et du silencieux.
- Enfin, le châssis n’est plus entretoisé à l’avant, comme à l’habitude, par le carter du moteur. Il faut ainsi le renforcer spécialement,
- si l’on veut éviter des déformations possibles.
- Il résulte de tout ceci que si la solution du moteur amorti est une solution simple et déjà ancienne, sans doute incomplète, mais du moins assez facile à réaliser, le montage d’un véritable moteur flottant, ou plutôt oscillant, doit être entrepris avec le plus grand
- Fig. 3. — Le moteur flottant oscille autour de l’axe XX' réunissant le support A au centre du support B et passant par le centre de gravité G.
- Le ressort R réuni au châssis par des amortisseurs en caoutchouc sert de stabilisateur comme le montre le schéma II représentant une vue de l'ace suivant l’axe YY1.
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- soin, et avec les plus grandes précautions, car il peut comporter, surtout à l’usage, des inconvénients graves.
- Son emploi peut cependant procurer à l’usager d’une modeste voiture à 4 cylindres l’illusion heureuse qu’il possède un modèle silencieux à 6 cylindres, ou même davantage. Mais, bien entendu, il ne peut s’agir là que d’une illusion, et les véritables inconvénients, en particulier, les vibrations du moteur à 4 cylindres, n’ont pas été supprimées. Elles existent toujours, on ne les sent plus sans doute, et l’avantage est déjà grand; il n’en demeure pas moins que le conducteur ne doit pas demander à son moteur à 4 cylindres les services que pourrait rendre un modèle à 6 ou à 8 cylindres, par exemple, un fonctionnement en prise directe à une vitesse de rotation trop réduite, ou un démarrage avec une multiplication trop forte.
- UNE NOUVELLE LANTERNE ARRIÈRE SIMPLIFIÉE
- D’après les prescriptions les plus récentes du Code de la route, la plaque arrière d’une automobile doit être éclairée la nuit, de manière que le numéro réglementaire soit très visible.
- On construit depuis quelque temps des plaques éclairées par transparence, ou ajourées, qui permettent une très bonne visibilité, mais les plaques opaques métalliques utilisées jusqu’à présent et éclairées par réflexion, peuvent encore fort bien servir, à condition que le système d’éclairage soit convenablement établi; c’est ce qui fait défaut le plus souvent.
- Rien de plus simple cependant, pour le propriétaire d’une automobile, que d’obéir aux prescriptions réglementaires, et de modifier son système d’éclairage pour une somme très modique.
- Si la plaque est de forme rectangulaire, il suffit de placer en son centre une lanterne à deux ampoules et à quatre feux du modèle indiqué sur la figure 4. La lanterne est montée simplement en perçant trois trous au centre de la plaque, et les ampoules à incandescence se posent en enlevant les deux chapeaux retenus par des petites vis.
- Si la plaque est de forme allongée, à une seule ligne d’inscription, on adopte une seule rampe lumineuse de la forme indiquée sur la figure 8, et cette lanterne peut même être fixée à l’aide de pattes sur les malles arrière, lorsque celles-ci portent les numéros, ce qui a lieu assez fréquemment.
- UNE NOUVELLE BOBINE D’ALLUMAGE ÉLECTRIQUE A INDUCTION
- L’intensité du courant nécessaire pour obtenir le fonctionnement d’un système d’allumage électrique à induction du genre Delco n’est sans doute pas très grande, mais elle est encore plus grande qu’on ne le croit généralement, ou même que ne l’indiquent certains auteurs ou certains constructeurs. Elle est généralement de l’ordre de 1 à 2 ampères.
- L’avantage du système d’allumage à induction consiste justement en ce que théoriquement l’étincelle d’allumage est toujours constante, quelle que soit la vitesse de rotation du moteur, et même au départ. Malheureusement, cet avantage n’est bien souvent que théorique, et si la batterie d’accumulateurs est déchargée, ou si l’on se sert inconsidérément du démarreur lorsque le moteur est froid et n’est pas muni d’un dispositif starter de carburateur, la tension du courant primaire diminue dans de fortes proportions, et l’étincelle obtenue au secondaire n’est plus assez chaude pour provoquer l’allumage.
- l'ig. 4. — Lanternes d'éclairage arrière type Safe.
- A. pour plaques rectangulaires. B. pour plaques allongées.
- Nous avons déjà signalé dans nos chroniques différents systèmes ingénieux permettant d’éviter cet inconvénient et, en particulier, nous avons décrit un dispositif à batteries d accumulateurs de sûreté dont la charge est maintenue automatiquement, et dit Reserwatl qui serait utilisé seulement au moment du démarrage.
- Un dispositif encore plus simple peut être utilisé. Il consiste à augmenter la tension du courant primaire en montant en série une petite pile de fortune, ou bien à employer au moment du démarrage un enroulement auxiliaire spécial permettant au système d’allumage de fonctionner même sous une tension inférieure à la tension normale de la batterie.
- Fig. 5. — Bobine d'induction A star à enroulement primaire auxiliaire pour le dépari même avec batterie déchargée.
- o est ce procédé très simple qui est utilise dans une nouvelle bobine de fabrication récente dite Astar (fîg 5).
- L’enroulement primaire supplémentaire s’ajoute parallèlement à l’enroulement normal, quand on actionne le démarreur.
- Dès que le contact du démarreur est levé, l’enroulement auxiliaire est mis automatiquement hors circuit, et la bobine fonctionne avec son enroulement normal.
- Ainsi, l’allumage peut être effectué même avec une batterie en mauvais état, ou insuffisamment chargée.
- L. Picard. Adresses relatives
- AUX
- APPAREILS DÉCRITS :
- Lanternes arrière perfectionnées « Safe ».
- Établissements René Presle, 1, avenue de la Défense, Puteaux (Seine).
- Bobine Astar, Société S. E. V., à Issy-Les Moulineaux.
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- LIVRES NOUVEAUX
- La théorie de la quantification dans la nouvelle mécanique, par Louis de Broglie. 1 vol. 250 p. Hermann et Cie. Paris, 1932. Prix : 70 fr.
- La publication d’un nouvel ouvrage du créateur de la nouvelle mécanique ondulatoire est toujours un événement scientifique important. Vers 1925, la physique s’est renouvelée dans deux voies en apparence divergentes : d’une part les travaux de Bohr et Heisenberg ont donné naissance à ce qu’on a appelé la nouvelle mécanique des quanta, mécanique de nature entièrement statistique, d’autre part la mécanique ondulatoire avec de Broglie et Schrodinger établissait un lien intime entre les deux notions, en apparence irréductibles l’une à l’autre, d’onde et de corpuscule matériel. On put bientôt montrer que nulle contradiction ne règne entre ces deux théories, bien au contraire, elles ne sont que deux aspects opposés d’une théorie plus générale. C’est ce que fait ressortir, par une méthode nouvelle, aussi nette qu’élégante, le nouveau livre de M. de Broglie. 11 débute par un lucide exposé d’ensemble de la théorie de la mécanique ondulatoire; on y aperçoit comment la notion de quantum s’y introduit d’une façon toute naturelle; mais si élégante et séduisante que soit la théorie ainsi présentée, son interprétation physique n’est pas entièrement satisfaisante; la théorie en effet apparaît incomplète et insuffisamment homogène. La seconde partie de l’ouvrage, la plus neuve et la plus importante, est destinée à montrer, comment en rattachant l’idée de quantification à la théorie abstraite et générale des « transformations », la théorie générale de la mécanique ondulatoire se trouve du même coup simplifiée, complétée et unifiée; l’ensemble en est parfaitement cohérent et satisfaisant au point de vue logique, quoique déroutant parfois pour les esprits habitués aux anciennes conceptions de la matière.
- L’ouvrage de M. de Broglie est toujours d’une parfaite clarté, mais il comporte un appareil mathématique développé qui ne permet sa lecture qu’aux lecteurs pourvus d’une instruction suffisamment poussée à Cet égard. Mais ceux-ci y prendront un vif intérêt.
- L’idée générale de la mécanique ondulatoire et de ses premières applications, par Marcel Boll. 1 vol., SO p., Hermann et Cle, Paris, 1932. Prix : 15 fr.
- La physique théorique moderne a subi plusieurs révolutions dans le dernier quart de siècle. Elle a été à nouveau bouleversée depuis 1925 par la création de la mécanique ondulatoire qui concilie en les confondant les deux notions de particules matérielles en mouvement, et d’ondes propagées. La mécanique ondulatoire, sous les efforts de L. de Broglie, Heisenberg, Schr kiinger, Dirac et leurs élèves, s’est rapidement constituée en un corps de doctrine cohérent, groupant et expliquant d’une façon satisfaisante le plus vaste ensemble de phénomènes. Bien mieux, elle a permis de prévoir dans l’ordre physique et chimique des phénomènes encore inconnus et qui ont pu être ensuite mis en évidence expérimentalement, comme l’existence de deux atomes d’hydrogène. La mécanique ondulatoire s’est développée si vite, elle met en œuvre des moyens mathématiques si abstraits et d’un ordre si élevé qu’il est difficile au profane d’en suivre ou même d’en comprendre les progrès. M. Boll en donne ici en quelques pages un aperçu général accessible à tout lecteur pourvu de notions suffisantes de physique mathématique. B fait clairement comprendre les idées essentielles qui ont présidé à la naissance de la nouvelle théorie, il montre les voies suivant lesquelles elle progresse actuellement. L’autgur rend un grand service en facilitant ainsi à de nombreux lecteurs la compréhension ou l’accès d’une doctrine féconde, mais difficile.
- Collected scientifîc Papers op William Henry Dînes, 1 vol. illustré 462 pages, publié par The Royal Meteo-rological Society, 49, Cromwell Road, South Kensington, S. W. 7, London, 1931. Prix : 15 sh. net.
- En France, quand on veut honorer la mémoire d'un savant, on lui érige un buste et on fait prononcer quelques discours par d’anciens collègues et par des hommes politiques. En Angleterre on réunit et on publie ses œuvres complètes. N’est-ce pas là le moyen le plus efficace de perpétuer la véritable physionomie d’un* homme de science? Les amis de feu W. H. Dînes viennent d’accomplir ce pieux devoir en l’honneur de l’éminent savant à qui la science météorologique doit tant de progrès. On trouve ici réunies toutes les publications de Dines; les premières remontent à 1889.
- La plupart portent sur l’étude expérimentale de l’atmosphère: structure des vents, courants aériens, répartition des températures, investigation dans la haute atmosphère. Grand expérimentateur. Dines fut un grand créateur d’instruments d’observation excellents, bien que réalisés par les moyens les plus simples; l’anémométrie lui doit de grands progrès; il fut un des premiers à rechercher, par une voie expérimentale précise, les lois de la résistance de l’air. Ses investigations dans la haute atmosphère à l’aide de cerfs-volants, puis de ballons-sonde munis d’appareils enregistreurs ont eu également une très grande importance. L’ensemble des publications ici réunies met
- nettement en évidence le caractère d’unité de l’œuvre de Dines, poursuivie avec une magnifique persévérance et un remarquable talent. Les météorologistes d’aujourd’hui y puiseront d précieuses leçons.
- Teoria atomica délia evoluzione degli esseri viventi, par Pietro Bertacchini. 1 vol. in-8, 156 p., 6 fig. Societa tipografica modenese, Modène, 1930. Prix : 15 lires.
- A mesure que les grandes théories de l’évolution se sont révélées insuffisantes, on en a vu paraître d’autres pour les corriger. Ainsi celle-ci qui loge toute la vie dans une molécule complexe d’albuminoïdes, fidioplasme. La nutrition provoque de légères adaptations, mais n’agit pas sur l’évolution qui est due aux modifications atomiques et à l’action des facteurs cosmiques; elle n’est ni dichotomique, ni prédéterminée. De ce point de vue, l’auteur discute un grand nombre de problèmes, depuis la fécondation, l’hybridation, la variation, etc., jusqu’au peuplement des terres et, bien entendu, l’origine de l’homme. Les races humaines lui paraissent distinctes dès leur origine première; les oiseaux et les mammifères dérivent, selon lui, d’un progéniteur commun, situé quelque part entre les monotrèmes et l’apteryx, etc. C’est un nouvel effort pour mettre un ordre logique, expliquer la diversité extrême des formes animales, mais il part d’une base problématique.
- Oceanography, 1 vol. in-8, 581 p. Bulletin of the National Research Council, Washington, 1932. Prix : 4,50 dollars.
- Œuvre collective d’un sous-comité du comité de physique du globe du Conseil national des recherches, ce rapport examine les divers aspects et les multiples problèmes de l’océanographie : formes des mers, dépôts d’eau profonde, propriétés physiques et chimiques de l’eau, vagues, marées, dynamique et circulation des eaux, glaces, instruments, rapports de l’océanographie avec la météorologie, la biologie, la géologie. 11 est précieux par sa documentation, ses bibliographies, mais par moments on y sent trop uniquement la lecture et pas assez l’expérimentation personnelle, infiniment plus délicate. On aimerait, entre autres, une discussion plus serrée des techniques fondamentales. C’est là heureusement une œuvre proche, puisque le laboratoire maritime de Wood’s Hole vient de.s’enrichir d’un département d’océanographie.
- La transplantation animale, par Raoul May. 1 vol.
- in-8, 347 p., 170 flg., 1 pl. Gauthier-Villars et Cie, Paris, 1932. Prix : 70 fr.
- A côté de la culture des tissus, à laquelle M. Ephrussi vient de consacrer une monographie, on a beaucoup étudié ces derniers temps, la transplantation et la greffe comme moyen de mettre des cellules des tissus, des organes vivants dans des conditions inhabituelles et de voir leurs réactions. La transplantation réussit généralement bien sur le même individu (autogreffe), moins bien chez un autre individu de même espèce (homogreffe), moins bien encore entre espèces différentes (hétérogreffe). Elle est plus heureuse chez le jeune que chez l’adulte, chez les Invertébrés que chez les Vertébrés. Un cas particulier est la greffe de parties d’embryons sur un adulte, qui provoque souvent des malformations non sans analogies avec des tumeurs.
- L’autehr analyse tous les travaux connus et signale en passant de curieuses réussites telles que l’implantation de membres et même d’yeux. De son ouvrage se dégage un grand intérêt théorique pour ces nouvelles pratiques chirurgicales appliquées par des biologistes, qui posent souvent d’intéressants problèmes d’organisation.
- Manuel des procédés photomécaniques des reproductions en noir et en couleurs, par A. Pierson.
- 1 vol.,, 450 p., 259 fig. et planches en noir et en couleur. J.-B. Baillière et fils. Paris, 1932. Prix cartonné : 30 fr.
- L’auteur montre d’abord comment on prépare le document destiné à la reproduction par voie photomécanique en vue de fournir un cliché d’imprimerie : établissement de dessins au trait sur papier ordinaire ou spécial, retouche ds photographies;-puis il étudie successivement les différentes opérations qui permettent de passer de cet original au cliché d’imprimerie, opérations variant du reste suivant le procédé auquel on a recours; sont ainsi décrites les reproductions photomécaniques polychromes, la similigravure, l’héliogravure, etc.
- Plans et construction d’un planeur d’entraînement, par G. Sablier, 1 brochure illustrée, 24 p. F. L. Vivien, 48, rue des Ecoles, Paris, 1932.
- Le vol sans moteur, si utile aux progrès de l’aviation, commence à se développer en France. Il est à souhaiter qu’il fasse beaucoup d’adeptes. L’auteur donne ici les plans d’un planeur de sa conception qui paraît assez facile à construire, même par un amateur.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- MUSIQUE ÉLECTRIQUE
- L’inauguration de l’orgue électronique Coupleux=Qivelet.
- Nous avons déjà décrit l’orgue Coupleux et Givelet qui utilise des lampes avec des circuits oscillants à fréquence acoustique de manière à obtenir des courants qui sont amplifiés, filtrés et, finalement, aboutissent à un haut-parleur qui reproduit les sons. (Voir La Nature du 15 septembre 1930, n° 2841.)
- Il n’y a là rien d’inédit, si l’on ne veut produire qu’un son à la fois, c’est-à-dire obtenir un instrument monophonique. La complication est tout autre, si l’on veut au contraire obtenir la polyphonie, c’est-à-dire avoir, dans un même haut-parleur, plusieurs sons à la fois donnés par les lampes. Que dire alors de la réalisation, au moyen de lampes, de l’orgue qui a été inauguré le 26 octobre dernier, au Studio d’émission du Poste Parisien, devant une brillante assemblée.
- On est surpris tout d’abord par l’aspect de l’instrument :
- Au lieu de la forêt de tuyaux que comporte le buffet d’un orgue pneumatique, un simple panneau où se découpent des sortes de hublots qui correspondent chacun à un haut-parleur.
- L’orgue comporte ainsi dix-huit haut-parleurs qui sont actionnés par trois claviers, avec un nombre considérable de touches permettant d’obtenir les jeux les plus divers au nombre de soixante-seize, dont soixante-six purement électroniques.
- Il n’est pas possible de résumer ici, même brièvement, toutes les combinaisons ingénieuses que l’expérience et les essais ont amené les inventeurs à imaginer.
- Dans une brève causerie, M. Givelet, le jour de l’inauguration, retraça l’historique de l’invention et les merveilleuses possibilités de l’appareil actuel, fruit de plusieurs années d’efforts.
- C’est Givelet qui, le premier ayant imaginé un instrument de musique fonctionnant au moyen de lampes, en a entrepris et poursuivi la réalisation avec une foi que rien ne put abattre. Comme il l’a dit lui-même, partout où il laissait entrevoir la réalisation future d’un orgue à lampes, il était traité de fou et de visionnaire, et cela dans tous les pays.
- Mais, sans se décourager, il mit au point un clavier fort modeste, avec lequel il donna des auditions dans différentes villes, en France et à l’étranger.
- Le principe était posé, ce modeste début de réalisation fut remarqué par des constructeurs d’orgues et de pianos de Lille, MM. Coupleux, que Givelet eut la bonne fortune de rencontrer sur sa route.
- Grâce aux efforts combinés de ces constructeurs, et notamment de M. Eloi Coupleux, doué également d’un génie inventif remarquable, après plusieurs années de patientes recherches, d’études parfois décourageantes, de mises au point minutieuses, les inventeurs sont arrivés finalement, par des lampes, des claviers, des organes de réglage et des haut-parleurs, à donner l’illusion absolue de l’orgue à tuyaux, avec sa variété infinie de timbres et de nuances.
- Mais l’orgue électronique est plus et mieux qu’une imitation de l’orgue pneumatique. Il a sur celui-ci d’immenses avantages. L’orgue pneumatique, en effet, est tributaire de l’inertie de colonnes d’air qu’il faut mettre en vibration pour obtenir les sons. Rien de semblable avec les circuits oscillants, qui entrent en service aussitôt que le contact est fermé. Mais que d’études pour mettre ce contact à la place voulue, pour obtenir une attaque à volonté douce ou brutale de la note, pour assurer le réglage de la tonalité!
- Cependant, si l’on examine le bâti où sont placés tous les
- appareils de réglage et tous les circuits, on constate que, pour chaque note, tout ce qui la concerne est rassemblé dans un bloc, quel’onpeut remplacer comme on change un tiroir de place.
- Sur le bloc se trouve apparente la lampe à trois électrodes; à l’intérieur de blindages sont les bobinages, les condensateurs, les relais, les résistances, etc. Seul est accessible un bouton moletté qui règle la culasse d’une self à fer et permet d’accorder le circuit oscillant avec une précision extrême.
- Des filtres électriques sont combinés de manière à obtenir les timbres voulus, avec une diversité infinie. On a la possibilité de modifier à volonté tous les timbres dans un même sens, d’obtenir des mutations qu’on prépare à l’avance, en employant, comme harmoniques, les notes mêmes de l’orgue avec celles du jeu spécial prévu à cet effet. Ces harmoniques sont commandés par des contacts disposés à partir de la note fondamentale du clavier, aux intervalles nécessaires pour l’effet désiré.
- Que de combinaisons curieuses à envisager qui seront certainement réalisées par la suite ! Tout d’abord, on peut très bien n’avoir qu’un seul haut-parleur puissant, avec un amplificateur approprié, et cela conduit à envisager le fonctionnement de l’orgue directement sur un poste émetteur.
- On peut supprimer alors le haut-parleur unique, et on branche les bornes de sorties de l’ensemble directement sur un poste d’émission sans avoir besoin d’un microphone. Ce poste émetteur actionnera, à des distances considérables, des postes récepteurs agencés pour reproduire, dans des haut-parleurs, les sons de l’orgue fournis par les circuits oscillants de l’appareil principal, lequel restera parfaitement muet. C’est le moyen, a dit M. Givelet, de desservir, par un seul orgue et un seul organiste, plusieurs églises, plusieurs salles ne possédant chacune qu’un seul appareil récepteur.
- Sans pousser aussi loin les anticipations, on peut d’ores et déjà pratiquement envisager la combinaison de plusieurs batteries de haut-parleurs en des points différents d’une même nef. Rien n’empêche, en effet, de disposer un panneau de haut-parleurs à la tribune d’une église, un autre dans le chœur, etc. ; l’organiste, par la simple manœuvre d’un commutateur, actionnera le groupe qu’il désirera faire jouer.
- C’est une solution extrêmement ingénieuse pour l’installation des orgues dans de très grandes églises, installation d’ailleurs fort économique, car il n’est pas difficile d’établir et de loger un panneau de haut-parleurs, ce qui n’est certes, pas le cas pour la forêt de tuyaux des orgues ordinaires.
- Lorsqu’il y a deux ans déjà nous avions prédit le succès de l’orgue électronique Coupleux-Givelet, certains et non des moindres nous ont critiqué, en affirmant que cette musique synthétique ne serait jamais qu’une copie toujours incolore de celle obtenue avec un orgue ancien.
- Ils sont certainement obligés de reconnaître aujourd’hui, et certains l’ont déjà fait d’ailleurs depuis quelque temps, que nous avions vu juste. L’orgue Coupleux-Givelet est d’ailleurs actuellement le seul instrument à fonctionnement statique indéréglable, qui donne la polyphonie avec la variété de jeux et la richesse sonore, comme les auidteurs de la séance d’inauguration ont pu le constater. Cet instrument est désormais entré dans le domaine de la pratique, et l’on peut, à coup sûr, lui prédire l’avenir le plus brillant. E. Weiss.
- GÉOGRAPHIE;
- Nouvelle expédition au Mont Everest
- Lors de l’expédition de 1924, le colonel Norton arriva à moins de 250 m d’altitude du sommet et il est possible
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- que Mallory et Irvine atteignirent le point culminant, mais ils n’en revinrent malheureusement pas. Depuis, le comité du Mont Everest n’avait pu envisager une nouvelle expédition, le Dalaï-lama et le gouvernement du Thibet s’y opposant. En effet, non seulement les Thibétains n’aiment guère voir circuler des étrangers dans leur pays, mais en outre ils croient que leurs dieux habitent le sommet et ils leur ont attribué les pertes de vies humaines des trois tentatives déjà effectuées.
- Le Geographical Journal annonce que le gouvernement de l’Inde, par l’entremise du colonel Weir, en service à Sikkim, vient d’obtenir du Dalaï-lama la levée de l’interdiction. Aussitôt, le comité de Londres a choisi un chef pour la nouvelle expédition en la personne de M. Hugh Ruttledge, du service civil de l’Inde. M. Ruttledge a déjà, en ces dernières années, fait de remarquables explorations dans les hautes montagnes de la région et est tenu en particulière estime par les Hindous et les Bouddhistes depuis qu’il a participé à un pèlerinage indigène autour du mont sacré de Kaïlas.
- D’autre part, le colonel Norton et M. Somerwell ont réussi à s’acclimater, sans appareils respiratoires à oxygène, jusqu’à 8400 m; il semble donc possible d’atteindre le sommet à 8670 m.
- L’expédition aura lieu l’an prochain, et il faut souhaiter bonne chance aux courageux alpinistes qui y participeront.
- CHIMIE INDUSTRIELLE
- Emplois de Valuminium dans les industries du caoutchouc.
- Nous avons publié naguère ici même quelques indications sur la préparation et les emplois des peintures aux bronzes et poudres d’aluminium.
- Durant ces dernières années, et depuis ledit article, de nombreuses applications nouvelles des bronzes et poudres d’aluminium se sont fait jour, surtout dans les industries caoutchoutières (Cf. la Revue générale du Caoutchouc, août 1932.)
- Actuellement, on incorpore, dans la masse des mélanges pour bandages pleins pour camions, de la poudre d’aluminium, en vue d’augmenter l’adhérence entre la jante et le bandage.
- Les peintures pour caoutchouc, dont nous avons déjà parlé, agissent par leur aluminium protecteur contre l’action des rayons ultra-violets.
- La poudre d’aluminium est, en effet, très opaque pour la lumière solaire.
- Dans l’industrie du caoutchouc, on matrice des plaquettes de tôle, pour numéroter les pièces à vulcaniser. Actuellement, on remplace ces plaques de tôle par des plaques d’aluminium, qui ne sont attaquées ni par le soufre, ni par les vapeurs sulfureuses.
- On fait aussi de plus en plus, dans les ateliers de caoutchou-terie, les tuyauteries en aluminium, puisque ce dernier est cinq fois plus conducteur de la chaleur que le fer.
- Le prix de la première installation est vite récupéré.
- La peinture à l’aluminium sert de plus en plus à protéger contre l’oxydation les distributeurs d’essence placés sur la voie publique.
- Certains sous-produits de l’industrie de l’aluminium sont de plus en plus employés, comme adjuvants-charges, et pigments du caoutchouc. Ainsi, dans certains « roulements », on incorpore de la bauxite rouge qui agit comme antidérapant. Et aussi quelquefois, comme. rouge chaudron, bien que la nuance ne soit pas belle, une fois la vulcanisation faite.
- La bauxite rouge, débarrassée partiellement de son alu--
- mine, par un traitement alcalin sans pression, donne aussi un pigment (de Fe2 O3 + Ti O'2 + AP O') apprécié, et très bon marché.
- On emploie aussi l’aluminate de chaux (blanc satin) ainsi que l’alumine pure volumineuse (« Aluminium Elake ») ; mais ces produits sont trop chers pour un emploi courant (5 à 6 fr le kg) contre des charges à 0 fr 50. On se sert aussi de l’alumine activée pour extraire l’eau des benzines employées pour faire la solution de chlorure de soufre et les rendre absolument exemptes d’humidité.
- Nous laissons de côté les applications de l’aluminium pur, dans le matériel général de l’usine, car cette question a été amplement traitée ici même. Nous nous bornerons pour terminer, à noter, en ce qui concerne les industries caoutchoutières, les nouvelles applications suivantes :
- a) Garnissage de toutes tables d’ébarbage, de matriçage, habituellement en bois, avec des feuilles d’aluminium, car il est indispensable, qu’aucune sciure, qu’aucune écharde, ne puissent venir souiller l’objet destiné à la vulcanisation.
- b) Notons aussi la tendance de plus en plus marquée, à la substitution aux moules, faits jusqu’ici en fonte malléable ou en acier, de moules en aluminium L’aluminium 'est trois fois moins dense, environ, que les métaux ferreux. Il s’usine, se soude aisément, et il est inattaquable par tous les composés du soufre. Sa densité réduit au minimum la fatigue de l’ouvrier. De plus, la conductibilité de l’aluminium, est cinq fois plus grande que celle des métaux ferreux. On l’obtient en feuilles, en plaques, en barres, en baguettes et en fds, de toutes dimensions.
- Tous les procédés de moulage habituels lui conviennent, ainsi que tous les procédés de soudure connus. Mais nous étant proposé de parler des emplois de l’aluminium dans les industries du caoutchouc, nous bornerons là notre rapide aperçu. A. H.
- L’activation des terres à foulon.
- On sait que l’on utilise depuis longtemps déjà les terres à foulon comme agent de décoloration des huiles minérales et végétales, des graisses, des cires, et de toutes autres substances analogues.
- On admet que les terres à foulon agissent par adsorption sur les matières colorantes des huiles. Le phénomène de décoloration est donc un phénomène de surface de contact; il était dès lors tout à fait naturel que l’on songeât à augmenter cette dernière de manière à « activer » la terre à foulon.
- Le problème de l’activation des terres à foulon est un problème des plus complexes et des plus délicats et où entre en jeu une quantité de facteurs considérables.
- Pour montrer la complexité de ce phénomène, nous citerons le cas suivant à peu près général. Si l’on chauffe une terre à foulon activée aux environs de 250-300°, on amoindrit son pouvoir décolorant vis-à-vis des huiles minérales, et on l’augmente vis-à-vis des huiles végétales. Ce fait montre combien il faut être prudent dans l’évaluation du pouvoir décolorant d’une terre, et qu’il convient d’accompagner la valeur numérique de ce pouvoir décolorant du nom de l’huile employée pour le déterminer.
- Pratiquement, pour l’évaluer, on décolore une huile déterminée avec une terre qui sert de témoin, et avec la terre qui est à étudier et on compare la quantité de chacune des terres employées. Par exemple, si pour blanchir une huile, il faut x grammes d’une terre A, et y grammes d’un terre B,
- le pouvoir décolorant de A par rapport à B est
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- Certains auteurs se contentent pour évaluer la valeur comparative de deux terres d’ajouter une même quantité de ces
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- terres à une même huile, d’agiter le mélange de terre et d’huile pendant une vingtaine de minutes et d’examiner, après filtration, la coloration de l’huile au colorimètre. Cette méthode est inexacte à cause de l’adsorption sélective des terres.
- On trouve dans le commerce des terres activées; la majeure partie de celles-ci viennent d’Allemagne, ce sont des terres activées aux acides portant le nom de Tonsil, Clarit, Alsil, etc., suivant la maison qui les produit. La Sirius-Werke produit environ le 1/3 de la totalité de la production allemande; son usine est située à Deggendorf-sur-Danube, et produit environ 30 tonnes de terre activée par jour.
- La terre porte la marque Terrana, et il en existe plusieurs sortes sur le marché dont la qualité dépend du prix.
- Pour la préparer, on place dans des cuves de bois la matière première constituée par de la terre blanche de Bavière, puis on en fait une boue avec de l’eau, on ajoute la quantité voulue d’acide chlorhydrique et on chauffe au jet de vapeur directe durant de longues heures.
- La réaction une fois terminée, on envoie la bouillie obtenue sur filtres-presses, et on lave sur ces filtres la terre jusqu’à ce qu’elle soit débarrassée de son acide.
- On la sèche ensuite à une température modérée pour la débarrasser de son eau hygroscopique.
- Il faut avoir soin de ne pas dépasser une certaine température pendant ce séchage, sans quoi on provoquerait le départ de l’eau de constitution et on amoindrirait ainsi le pouvoir décolorant de la terre en question vis-à-vis de certaines huiles. Il est à remarquer que l’industrie des terres activées existe surtout en Allemagne et est localisée en Bavière; on est donc amené à penser que la matière première joue un rôle primordial.
- A côté des terres activées à l’acide, il existe des terres activées en additionnant des terres à foulon avec une petite quantité de charbon actif, on peut arriver ainsi à produire un excellent produit décolorant ne possédant aucun défaut.
- Le reproche que l’on fait aux terres activées à l’acide, c’est qu’il est impossible de désacidifier complètement ces dernières et c’est ce qui gêne leur emploi pour la décoloration des huiles végétales, car il se produirait des mises d’acides gras en liberté.
- P. B.
- AU JARDIN DES PLANTES
- Passage éphémère d’un couple de fourmiliers à la ménagerie.
- M. Ed. Clavery, correspondant du Muséum, nous a adressé, le 29 septembre, l’intéressante lettre qui suit :
- « Il y a cinq jours, différents organes de la presse quotidienne ont annoncé que le Muséum d'Histoire naturelle ^venait de s’enrichir d’un Fourmilier de grande taille.
- Or l’apparition, dans nos murs, de ce curieux édenté, appelé naguère Tamanoir, n’aura guère eu que la durée d’un éclair.
- En effet, un couple de ces animaux, originaire sans doute du littoral de l’Equateur, région de Manta et de Guayaquil, est bien entré à la Ménagerie il y a huit jours environ. Mais l’un des deux est mort presque aussitôt; l’autre a été retii’é immédiatement par la société qui avait remis les bêtes en dépôt à notre grand établissement national.
- Donc ceux d’entre les lecteurs de La Nature qui auraient songé à aller examiner eux-mêmes cette curiosité zoologique n’ont plus, désormais, à se déranger à ce propos. Il reste d’ailleurs au Jardin des Plantes assez d’autres objets intéressants pour déterminer une visite profitable et agréable.
- Rappellerai-je, à cette occasion, que, comme je l’ai signalé dans La Nature du 17 octobre 1925, un Père jésuite français, sans doute, le P. Milde — dont les travaux botaniques remar-
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- quables ont heureusement continué ceux du P. Leclère — a découvert, en 1921, en compagnie de ses élèves du noviciat, à Coticollao près de Quito, le crâne et divers ossements provenant du squelette fossile d’un Mylodon, conservé dans le terrain pliocène de l’ère tertiaire, ancêtre du Fourmilier ou Tamanoir actuel ? »
- PHYSIOLOGIE
- U altitude maxima accessible à un pilote muni d’appareil respiratoire à oxygène?
- Quelle est l’altitude maxima accessible à un être humain muni d’un appareil respiratoire à oxygène ? C’est une question qui se pose pour les alpinistes désireux d’atteindre les plus hauts sommets de notre globe. Elle se pose également aujourd’hui pour les pilotes d’avion qui tenteront d’explorer la haute atmosphère, sans s’enfermer dans une cabine étanche spécialement aménagée. Malgré les travaux de Paul Bert (1878) et de Schrotter (1904), elle n’a pas encore reçu de réponse précise.
- Léonard Hill, un physiologiste anglais réputé, apporte dans Nature de Londres une nouvelle contribution à l’étude de ce problème.
- Il a placé à plusieurs reprises, dans des chambres remplies d’une atmosphère d’oxygène pur (98 pour 100 environ), 4souris, 7 rats, 2 cochons d’Inde, 1 lapin, et 2 chèvres. On faisait ensuite le vide dans ces chambres. Aucun de ces animaux n’éprouvait de malaise dans une atmosphère d’oxygène à la pression de 100 mm de mercure. A la pression de 90 mm,les signes de malaise commencent à apparaître. A une pression comprise entre 85 et 70 mm de mercure, les animaux sont prostrés ou convulsés. Les deux chèvres ont donné des résultats très caractéristiques : quand la pression descendait au-dessous de 100 mm, les deux chèvres se léchaient les lèvres et remuaient un peu comme si elles se trouvaient mal à l’aise; à 90 mm environ, elles se couchaient; vers 84 mm apparaissaient des mouvements convulsifs dus au manque d’oxygène.
- Tous les animaux se rétablissent dès qu’on renvoie de l’oxygène et qu’on augmente la pression.
- De ces expériences, M. Hill tire la conclusion suivante : muni d’un bon appareil respiratoire à oxygène, et après avoir préalablement passé 1 heure par exemple à respirer de l’oxygène afin d’évacuer l’azote des poumons, un pilote pourrait certainement atteindre des altitudes de 15 000 mètres, jusqu’à peut-être 16 500 m, où la pression atmosphérique reste supérieure à 100 mm de mercure.
- Les prix Nobel de 1932.
- Le prix Nobel de physiologie et de médecine vient d’être partagé entre deux savants anglais : sir Charles Sherrington, professeur à l’Université d’Oxford, et M. E.-D. Adrian, professeur à l’Université de Cambridge.
- Sir Sherrington est très connu des physiologistes par ses belles recherches sur le système nerveux; il a notamment analysé nombre d’actions réflexes qui révèlent comment les centres contrôlent et ordonnent les divers mouvements du corps. Il a réuni ses travaux et développé ses idées dans un ouvrage devenu classique : The intégrative action of the ner-vous System.
- Le professeur Adrian, éiève du regretté Keith Lucas, tué en avion pendant la guerre, a continué l’œuvre de son maître dans le domaine du fonctionnement des nerfs où la France a aussi un remarquable chercheur, le professeur Lapicque. En ces dernières années, Adrian a surtout appliqué les méthodes électrométriques aux nerfs sensoriels. Il a exposé ses résultats dans un livre récent : The basis of sensation.
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- PETITES INVENTIONS
- Fig. 1. — Vue d'ensemble de l’appareillage de microcinématographie.
- A. caméra. — B, support de la caméra. — C, microscope. — D, lampe à arc et son banc d’optique. — E, diaphragme tournant. — F, système de commande et réglage mécaniques et appareils de comptage. — G, Pupitre de commande électrique et d’appareils de mesures électriques.
- prises de vues à intervalles éloignés, peut être indisponible pour longtemps. On peut continuer avec le deuxième appareil à prendre dés vues de courtes durées.
- A côté de la colonne qui porte la chambre, est disposé le socle du microscope; c’est un bâti creux, également robuste et pesant; les deux supports sont indépendants l’un de l’autre.
- C’est cette indépendance et ce caractère massif des supports qui permettent la microcinématographie ultrarapide, les secousses de la caméra ne pouvant se transmettre au microscope. Tout microscope peut se monter sur ce support.
- Le dispositif d’observation permet d’observer l’objet avant et pendant la prise de vues ; il est fixé sur la chambre cinématographique; c’est là une des originalités de l’appareil; il n’absorbe que 3 pour 100 de la lumière qui pénètre dans la chambre. Cette disposition facilite beaucoup l’observation et permet de changer commodément le microscope.
- La commande de l’appareil de prises de vues est automatique; le dispositif de commande usuel permet de prendre des vues depuis la vitesse normale de 16 à 18 images par seconde jusqu’à 2 images par minute. Un autre contrôleur permet d’espacer les vues successives de 20 secondes jusqu’à 10 heures. Enfin l’on peut pousser la fréquence de prises jusqu’à 100 images par seconde, en vue de faire du microcinéma au ralenti. Le mécanisme de prises de vues est actionné
- Fig. 2. — Colonne support à 2 caméras.
- L’une d’elles est montée sur un microscope et est prête à enregistrer.
- CINÉMATOGRAPHIE
- Un appareil de microcinématographie.
- La cinématographie de l’infîniment petit, dont l’un des initiateurs fut, voici de longues années, le savant français Comandon, est considérée aujourd’hui comme un précieux moyen d’investigation, surtout pour le physiologiste, parfois même pour le physicien.
- Il est donc intéressant aujourd’hui de posséder des appareils spéciaux, de maniement assez aisé, pour permettre à tous les savants intéressés de pratiquer la microphotographie sans avoir à se soumettre préalablement à une initiation et à un entraînement de longue durée.
- La Société Askania Werke, de Berlin, a réalisé, dans cet esprit, un intéressant ensemble qui paraît répondre à toutes les exigences des laboratoires. Il permet à la fois la microcinématographie à la cadence usuelle du cinéma, la prise de vues à poses espacées, la prise de vues à cadence rapide.
- L’appareil se compose essentiellement des organes suivants : la chambre cinématographique, le dispositif microscopique avec son support et un banc d’optique, le dispositif d’observation, le système de commande et de contrôle, le système d’éclairage, le système de repérage du temps, enfin les organes de montage et de connexion.
- La chambre cinématographique ou de prise de vues, contenant 120 m de film, est montée sur une solide et pesante colonne verticale, le long de laquelle, suspendue à des chaînes à contrepoids, elle peut se mouvoir sur des rails de haut en bas ou de bas en haut. Cette colonne est assez massive pour recevoir, si on le désire, une deuxième chambre, et les deux appareils pourront fonctionner côte à côte sans se transmettre de secousses gênantes. La possibilité d’utiliser simultanément deux appareils de prises de vue juxtaposés est souvent fort intéressante, car l’un des appareils, par exemple, en cas de
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- par un moteur électrique muni d’un rhéostat et relié à la caméra par une commande flexible.
- Pour avoir, après la prise de vues, un repérage des temps, une lampe à effluves produit, à intervalles déterminés (de 1 à 10 sec environ), un trait lumineux qui s’inscrit au niveau des perforations.
- Le socle creux de l’appareil microscopique contient une lampe électrique à incandescence à bas voltage qui illumine directement la préparation et l’objectif. Cette lampe peut suffire pour les prises de vues à vitesse normale sous faible grossissement; elle sert aussi comme lampe de réglage et évite de recourir, pour la mise au point, à la lumière excessive de l’arc.
- La plupart du temps, en effet, il faut recourir à l’arc électrique pour éclairer la préparation; cette source de lumière étant seule assez puissante pour fournir le flux capable d’impressionner le film après avoir traversé la préparation et les systèmes optiques. La lampe à arc est disposée sur un banc d’optique indépendant; la lumière est renvoyée sur l’objectif du microscope par un jeu de miroirs. On peut avantageusement interposer sur son passage un diaphragme tournant, rigoureusement synchrone avec le diaphragme de la caméra. Le diaphragme tournant est actionné à l’aide d’un flexible par le moteur électrique même qui commande la caméra. Au moyen d’un index porté sur le pupitre de commande, on met aisément les deux diaphragmes en parfaite concordance de phases.
- Ce système évite d’illuminer et par suite d’échauffer inutilement la préparation.
- Un dispositif automatique commandé par une horloge permet d’arrêter la prise de vues et d’interrompre le couraixt à un moment quelconque fixé à l’avance.
- Cet appareil, on le voit, permet de fixer fidèlement sur le film à telle cadence, à tels intervalles, et pendant telle durée que l’on désire, les aspects microscopiques continuellement variables que l’observateur, autrefois, devait péniblement
- noter à la main et reconstituer par des croquis toujours plus ou moins infidèles. La tâche de l’observa-teur est simplifiée, et le domaine des investigations s’en trouve immensément étendu.
- Constructeur : Aska-nia Werke ; représentant, J. Charles, 2, villa Mont-calm, Paris (18°).
- HYGIÈNE
- Un appareil de poche excitant la respiration: Sparklet.
- Depuis longtemps, on connaît l’ingénieuse invention qui permet de rendre une boisson gazeuse instantanément au moyen d’une petite capsule, un sparklet, fixé sur la tête d’un siphon.
- Ce sparklet contient de l’acide carbonique liquéfié; percé, il le libère à l’état gazeux.
- L’idée devait venir d’appliquer le même moyen commode de transport et de distribution de l’acide carbonique à la respiration.
- On sait en effet que l’acide carbonique stimule beaucoup les échanges respiratoires : quand il diminue dans l’air pulmonaire et dans le sang, les mouvements respiratoires se ralentissent, puis s’arrêtent (apnée) ; quand il s’accumule, ces mouvements s’accélèrent et s’amplifient.
- On peut en faire l’expérience sur soi-même : après une série d’exercices respiratoires, on arrive à retenir sa respiration quelque temps; quand elle reprend, elle est beaucoup plus active.
- C’est pourquoi on a proposé de faire respirer aux asphyxiés non pas de l’oxygène pur, mais bien .ce gaz mélangé de 5 pour 100 de gaz carbonique.
- De même, pour les anesthésies par les vapeurs d’éther ou de chloroforme, on obtient une meilleure ventilation et un sommeil plus rapide en faisant respirer le patient dans un air confiné plus riche en gaz carbonique.
- Avec le concours du professeur Briggs, du service des mines de l’université d’Edimbourg, la société Sparklet vient de réaliser un appareil très pratique pour donner dans ces cas de l’acide carbonique d’une manière régulière.
- L’appareil comporte un petit obus de 18 cm de long sur 2 de large, renfermant 25 gr de gaz liquéfié.
- On le place dans une enveloppe qu’on visse; celle-ci est surmontée d’une pointe à soupape formant robinet pointeau.
- Un tour de clé perfore la capsule et donne un dégagement d’environ 12 litres de gaz, à la vitesse de 1,5 à 2 litres par minute.
- Ce gaz peut être envoyé devant les orifices respiratoires, sous une compresse ou dans un masque, ou bien encore dirigé dans la poche régulatrice en caoutchouc d’un appareil respiratoire à oxygène.
- Il fournit l’excitation respiratoire pendant 5 à 6 minutes, ce qui est souvent suffisant.
- On peut d’ailleurs remplacer le sparklet et recommencer.
- Ce moyen résout parfaitement la question posée au^sujet des inhalations d’oxygène aux asphyxiés.
- La société Sparklet fait aussi de petits obus d’oxygène pur (3,5 litres) et de mélange carbogène (4,1 litres de O2 à 93 pour 100 et CO2 à 7 pour 100), mais leur trop faible capacité rend la durée du débit beaucoup trop courte et obligerait à un remplacement incessant des sparldets. On sait que les sacs de caoutchouc remplis d’oxygène, d’une capacité de 20 litres, qu’on trouve encore chez les pharmaciens, sont inefficaces et que seuls les grands débits d’oxygène, correspondant à la respiration au repos (8 litres au moins par minute), résolvent la question.
- Constructeurs : Sparklet, 20-22, rue de la Duée, Paris, 20».
- Fig. 3. — Le socle creux du microscope. Il contient intérieurement un dispositif rentré d’éclairage par lampe à incandescence.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- La nécessité du graissage (n° 2891).
- M. Fichter, docteur ès sciences, directeur aux Faïenceries de Sarre-guemines, Digoin et Vitry-le-François, à Digoin (Saône-et-Loire), nous prie, à propos de l’article de M. Reverchon, d’insérer la lettre suivante :
- « Je suis mis en cause dans un article signé « Léopold Reverchon », paru dans le numéro 2891 de La Nature.
- Or il est bon que vos lecteurs sachent que jamais je n’ai écrit « que l’huile est tout au plus en état de donner une amélioration de 30 pour 100 dans la friction ».
- Si M. Reverchon, qui aimablement m’oppose les scrupules d’expérimentateur d’Henri Robert, avait lu attentivement mon texte, il n’aurait pu me prêter pareille affirmation.
- En fait, j’ai dit textuellement que « lorsqu’il se produit une résinification de l’huile, celle-ci forme, sur le fond de la crapaudine, une pellicule facilement décelable. Cette pellicule est entraînée par le pivot et augmente le couple de frottement ».
- Quelques lignes plus loin, j’indique que, sur l’un des appareils dans lequel on avait provoqué artificiellement Yalléralion de l’huile, l'augmentation du couple de frottement avait été trouvée égale à 30 pour 100.
- Ainsi donc, votre rédacteur a lu « amélioration » de la friction (autrement dit diminution du couple de frottement) alors que j’avais écrit « augmentation ».
- En réalité, et ceci pour entrer dans le fond du' sujet, il faut distinguer, dans le modeste travail que j’ai effectué de 1922 à 1924 :
- QUESTIONS
- De tout un peu.
- Mlle Par et, à Carpentras.— Pour pouvoir vous répondre utilement il serait nécessaire de connaître à la destruction de quels insectes est destinée la poudre en question.
- M. le Dr Privey,à Tournus.— Nous ne connaissons pas particulièrement cette spécialité, mais nous pensons qu’il s’agit d’une préparation au paradichlorobenzène qui est très employé actuellement sous les formes commerciales, pour la destruction des mites..
- M. Bauret, à Rochefort-sur-Mer.— 1° Le produit désigné sous le nom de cellophane est une pellicule transparente de cellulose pure résistante, souple, de texture homogène, sans fibres et sans pores; elle n’adhère pas aux doigts, est inexplosible, insoluble dans l’eau, même bouillante, inaltérable sous tous les climats, sa conservation est indéfinie; elle est imperméable à l’air, aux corps gras, aux essences et conserve parfaitement l’arome des produits enveloppés; elle est sans odeur et sans goût, tout à fait inoffensive et peut s’appliquer directement sur les aliments, sans subir de fermentation, ni développement de moisissures.
- Son seul dissolvant serait le réactif de Schweitzer (ammoniure de cuivre), mais il serait sans intérêt de chercher à en faire une dissolution puisqu’on pourrait partir directement de la cellulose (coton) sans perdre le fruit des soins qu’a nécessités la fabrication de la cellophane.
- 2° La cellophane se trouve en toutes quantités 58 bis, rue de la Chaussée-d’Antin, sous des présentations variées : unie, soyeuse, chagrinée, en taffetas, etc.
- M. Landrieu, à Loure-Barousse. — Vous pourrez réaliser une très bonne pâte à récurer en prenant :
- Acide oléique........................ 200 grammes.
- Alcali volatil........................ 55
- Essence de pétrole................... 525 —
- Carbonate de chaux pulvérisé......... 200 —
- Mélanger intimement au mortier et conserver en flacons bien bouchés pour éviter le départ de l’ammoniaque.
- M. Plassard,à Epernon. — Le dissolvant le plus pratique des asphaltes est le pétrole, mais nous vous signalons que les asphaltes
- 1° Des résultats d’expériences;
- 2° L’interprétation de ces résultats et leur application à la technique.
- Bien que n’ayant pas lu Henri Robert (et j’avoue humblement cette lacune), mes expériences ont été faites scrupuleusement et leurs résultats, qui ont servi de point de départ aux travaux de nombreux continuateurs, n’ont jamais été infirmés.
- Quant aux conclusions tirées par moi en 1924, il est certain que celles relatives au graissage sont à modifier en grande partie, du fait que ce qui était vrai en 1922 — époque à laquelle j’opérais — ne l’est plus aujourd’hui, puisque l’on a pu éliminer les inconvénients dus aux huiles.
- La question « durée de vie » des pivots n’a du reste pas été traitée dans le travail publié par la R. G. E. en 1924, et cité par M. Reverchon.
- Non pas que je me sois désintéressé de ce problème; ceux de vos lecteurs qui voudront se reporter à mon ouvrage sur les compteurs (Dunod, éditeur, 1929), pourront s’en rendre compte. Mais, en raison de l’importance industrielle de la question, c’est volontairement que je me suis abstenu de publier mes résultats. »
- A propos de la floraison des bambous noirs
- (n° 2891).
- M. Henri Lepage, de Pithiviers, nous signale qu’il existe dans le jardin de l’hôtel de ville de cette ville une touffe de bambous noirs qui a également fleuri cette année. L’aspect de cette touffe est bien celui décrit par M. Rochet. Toutes les feuilles sont maintenant tombées et la touffe a un aspect de graminée sèche.
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- ET RÉPONSES
- renferment toujours des matières minérales insolubles, seules les matières bitumineuses sont donc susceptibles de se dissoudre.
- M. Marcellet, à Nice. — Le produit employé pour brillanter les vernis cellulosiques est le cyclohexanol.
- Imprimerie Rapide, à Tunis. —Vous trouverez également des renseignements relatifs à la fabrication des encres courantes dans le Dictionnaire de Chimie de Wurtz,C.G. pages 1226 et suivantes, édité par la Librairie Hachette, 79, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Duncombe, à Lisieux. — Nous avons déjà donné à plusieurs reprises le moyen de traiter les gravures piquées de moisissures, en particulier dans le n° 2855, page 384, veuillez bien vous y reporter.
- M. Audy, à Paris. — La formule suivante vous donnera très probablement satisfaction pour coller du caoutchouc sur métal :
- Prendre :
- Gomme para pure....................... 95 grammes.
- Gomme laque........................... 55
- Térébenthine de mélèze................ 55 —
- Cire de Candelila..................... 40 —
- Sulfure de carbone................... 755 —
- Faire digérer le caoutchouc dans le sulfure de carbone (en vase bien bouché) pendant plusieurs jours jusqu’à dissolution en agitant, fréquemment.
- Ajouter ensuite les résines pulvérisées ainsi que la cire en copeaux, laisser macérer à nouveau avec agitations répétées, jusqu’à obtention d’un produit homogène.
- Dans l’industrie, la dissolution est favorisée par intervention de chaleur en autoclave, mais l’apiateur doit se contenter d’une digestion à froid, le chauffage du sulfure de carbone présentant de grands-dangers d’incendie.
- M. Brosset,à Lyon. —La spécialité à laquelle vous faites allusion destinée à diminuer la transpiration est très probablement à base d’aldéhyde formique, il vous sera facile de préparer quelque chose d’analogue par dilution alcoolique au dixième environ du formol commercial.
- M. Maillard, à Evreux. —A notre connaissance, Lovenhœck, en 1703, fut un des premiers observateurs des diatomées; viennent.
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- ensuite Jabloh (1714), Scrauk, Muller (1773), de Candolle (1805), qui créa le genre et le classa parmi les algues, puis Gréville, ïurpin, Gray, Kutzing en poursuivirent l’étude.
- A partir de cette époque les travaux des diatomistes sont très nombreux, vous en trouverez une mise au point très sérieuse dans : Les Diatomées, leur recherche et leur préparation, par Lemardelay, qui a paru en 1897 dans Le Journql de Micrographie, pages 124 et suivantes. Nous pensons qu’elle existe également en opuscule, chez l’auteur, Lemardelay, 127, rue de la Glacière, Paris (13e).
- M. Blancher, à Orléans. — L’addition d’essence de térébenthine ou d’ammoniaque aux lessiues de blanchissage est tout à i'ait judicieuse, car elle active la saponification et la solubilisation des matières grasses qui retiennent les impuretés à la suri'ace du linge; mais cette addition doit se l'aire au moment de l’emploi et à froid eu égard à la volatilité de l’ammoniaque et aux possibilités de résinification de l’essence de térébenthine.
- Même observation serait à taire pour l’emploi des hydrocarbures retirés du pétrole.
- En résumé c’est la déperdition qui est à craindre encore plus que l’altération.
- M. de Moissac,à Lavoux (Vienne). — 1° L’essence dite Tourisme pour autos doit présenter les caractéristiques suivantes :
- Densité à 15“...........................0,728
- Pointd’inllammabilité...................<j 35°
- Début de distillation...................<( 60°
- Passage 5 pour 100......................avant 75°
- — 50 pour 100.....................de 75° à 115°
- — 40 pour 100.....................dell5°àl50°
- Résidu 5 pour 100..................de densité maxima 0,778.
- Une distillation fractionnée est donc nécessaire pour identifier une qualité d’essence pour autos. Cette opération qui comporte un matériel spécial de laboratoire n’est évidemment pas du domaine de l’amateur.
- 2° Nous n’avons pas connaissance que le sureau ait été employé comme insecticide, cependant son action est parfaitement possible si on considère que cette plante contient dans toutes ses parties, racines, tiges et feuilles de Lavide valérianique Cs H10 O2 (travaux de Kramer) qui est légèrement caustique et jouit de propriétés vermifuges. Il paraîtrait donc tout à fait logique d’essayer la décoction, dont vous parlez, son efficacité étant accrue par l’addition de sel marin. Nous vous conseillons donc d’en faire l’expérience et serons heureux d’en
- M. Phusis, à Paris. — 1° Voici la composition de quelques décapants pour peintures tels qu’on les trouve dans le commerce :
- Acétone ... 40 40 120 150 50 150
- Benzine ... 48 — 20 40 90 40
- Sulfure de carbone .... . . . 60 60 60
- Alcool méthylique .... . . . 60 — 60 60 —
- Acétate d’amyle . . . — 10 — — 10
- Paraffine ... 3 3 3 10
- Cire . . . » — 2 3
- 2° Nous recevrons avec plaisir communication de la formule que vous voulez bien nous proposer.
- M. Combler, à Ceuves (Rhône). — 1° Il vous sera très facile de blanchir votre plafond, en vous servant du produit appelé blanc gélatineux que l’on trouve tout préparé chez les marchands de couleurs et auquel on ajoute la quantité d’eau tiède suffisante pour lui donner la consistance qui convient pour une application au pinceau.
- Nous vous signalons qu'il est indispensable de faire préalablement, un lessivage soigné à l’éponge avec de l’eau tiède contenant environ 5 grammes par litre de carbonate de soude (cristaux) et de bien rincer. Faute de cette précaution, l’enfumage du plafond serait délayé et vous auriez un résultat désastreux.
- 2° Le mieux est de recouvrir vos tables de laboratoire avec des feuilles minces de « bois bakélisé » que vous trouverez, 1, rue Mondé-tour, à Paris.
- M. Le Dr Fédou, à St-Simon. — Ainsi que nous l’avons répété bien des fois, la fabrication des vernis n’est pas du domaine de l’amateur, car elle nécessite la préparation des gommes, la connaissance de certains tours de main et l’emploi d’un matériel spécial; c’est pourquoi nous vous conseillons comme plus économique et avec une réussite beaucoup plus certaine l’acquisition du vernis tout préparé dans une maison sérieuse, par exemple Sœhnée, frères, 58, rue de St-Mandé, Montreuil (Seine), en leur exposant, au préalable, l’emploi particulier qui doit être fait du vernis.
- IVI. Elosègui, à Tolosa. — Peur reboucher la fissure qui se trouve dans votre corps de pompe, vous pouvez employer le mastic pour fonte qui est ainsi constitué :
- __ Selummrjmac. . .-............... 20 grammes.
- ' Fleur de soufre...................... 10 —
- Limaille de fer fine............... . . 400 —
- connaître les résultats.
- M. Rochet, à Châteauneuf-sur-Charente. — Vous pourrez trouver du ferment bulgare chez Carrion, 54, faubourg St-Honoré. Quant à la Maison de la Maya bulgare, l’adresse exacte est 352, rue Saint-Honoré et non 238 ou 268; nous pensons que cette société existe encore, car elle figure dans le Bottin de 1932.
- IVI. Leurquin, à Avesnes. — Si le terrain dans lequel se trouve votre puisard est de nature calcaire, vous pouvez tenter un décolmalage en versant dans ledit puisard quelques litres d’acide chlorhydrique ordinaire, vulgairement appelé « esprit de sel », le dégagement d’acide carbonique amènera un soulèvement de l’enduit, ce qui permettra au terrain d’absorber à nouveau vos eaux usées.
- Si cet artifice ne réussit pas, vous n’aurez d’autre ressource que de faire recreuser à nouveau pour rétablir la perméabilité.
- M. Jourdan-Barry, à Marseille. — Le sel à employer pour imprégner les souches d’arbres que l’on veut détruire est le nitrate de potasse ou salpêtre que vous trouverez facilement dans le commerce, les conditions d’emplois sont bien celles que vous avez prévues.
- ~M. Gilly, à Boufarik. — 1° Le Manuel des fabricants d’alcool de Barbet et Arachequesne a été édité par la Librairie Bernard et Cie, 53 ter, quai des Grands-Augustins. Le volume qui figure dans notre bibliothèque date de 1894, nous ignorons si cette édition n’a pas fait l’objet d’une réimpression.
- 2° Vous obtiendrez un produit analogue à la plupart des liquides insecticides à vaporiser, en faisant macérer pendant une huitaine 100 grammes de poudre de pyrèthre de récolte récente dans un litre de pétrole lampant, puis en filtrant.
- Pêcheries de l’Océan. — Le raccordement que vous avez en vue ne présente aucune difficulté, puisqu’il vous suffira de mettre un bouchon en caoutchouc sur le tube d’étain et de munir le tube de verre d’un entonnoir cylindrique à son extrémité, par exemple tube à entonnoir de sûreté, dans le montage classique de l’appareil producteur d’hydrogène dans les cours de chimie.
- Les composants étant bien mélangés à sec, délayer la quantité convenable suivant l’importance de la réparation, avec un peu d’eau de manière à former une pâte, appliquer sur les parties à reboucher, bien exemptes de graisse, au besoin faire un dégraissage préalable à la benzine, non seulement de la fonte, mais aussi de la limaille, laquelle peut être imprégnée d’huile.
- M. Kéou, à Bruxelles. — 1° Les encres à stylos étant presque tou -jours à base de bleu de méthylène, vous enlèverez facilement les taches produites par elles au moyen d’eau de Javel étendue acidulée par quelques gouttes d’acide chlorhydrique.
- 2° Le Baume du Canada est généralement employé en solution dans le chloroforme qui est son dissolvant de choix.
- 3° Pour que le mastic de vitrier ne durcisse pas, il vous suffira de le préparer avec une huile non siccative, arachide ou olive.
- 4° Vous pourrez trouver du latex de caoutchouc chez Berger, importateur des Indes néerlandaises, 24, rue de la Pépinière ou Berjonneau, caoutchoucs de toutes provenances, 33, boulevard des Batignolles. A défaut s’adresser à la Chambre syndicale du Caoutchouc, Bourse de Commerce, rue du Louvre ou au Syndicat du Caoutchouc, 18, rue Duphot, Paris (1er).
- 5° Les ciments de dentistes pour obturations soht basés sur la formation d’un oxychlorure de zinc par Réaction d’une solution de chlorure de zinc sur une poudre à base d’oxyde de zinc.
- Le ciment de Tetchtinger est, par exemple, composé de :
- Poudre : Oxyde de zinc pur...........30 grammes.
- Verre pulvérisé.............10 —
- Liquide : Borax...................... 1 gramme.
- Chlorure de zinc à 1,5 de densité. ... 50 —
- 6° Nous ne connaissons pas la spécialité dont vous parlez et ne pouvons vous renseigner sur sa composition; une analyse serait nécessaire et serait de l’ordre d’une centaine de francs.
- 7° Adresse demandée : Société lorraine de charbons, rue d’Aguesseau, Paris.
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Fig. 1 et 2. — Le nouveau laboraioire de M. Branly, à VInsiiiul Catholique et l’illustre savant à sa table de travail.
- (Ph. Harlingue.)
- Fig. 3.
- Le lancement à Dunkerque, du nouveau torpilleur Vauquelin. (Ph. Roi.)
- Fig. 5.
- Le nouveau pont de la Caille sur le torrent des Usses, fait d’une arche unique de ciment de 147 m. (P. Roi.)
- Fig. 4.
- La construction du nouvel hydravion Blériot de 2400 ch.
- (Ph. Roi.)
- Fig. 6.
- Un nouveau mode de locomotion, le Dynasphère, inventé par M. Purves, de Taunton (Angleterre), est expérimenté à Brooklands. (Ph. International Press Service.)
- Fig. 7.
- Cet automate métallique, qui a figuré à la dernière exposition de T. S. F. de Londres, parle, chante, écrit, obéit aux ordres. (Ph. International Press Service.)
- Le Gérant : G. Masson.
- 3i53.
- Paris, lmp. Lahurf. — i5-r 1-1932.
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- LA NATURE
- N° 2894 — Ier 1 Décembre11932. Prix du Numéro : 4 fran<
- pour la vente en France.
- Paraît le ieT et le i5 de chaque mois.
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Cle, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI* (T{. C. Seine : 15.234.) Tel. Danton 56-/J.
- PRIX DE L'ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n0*), 90 fr. ; — 6 mois (12 n01), 45 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 4 fr.
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois 24 n0’), 105 fr. ; — 6 mois (12 n0’) 53 fr.
- Tarif pour l’étranger
- Tarif n' 1
- Un an . Six mois
- 110 fr. 55 fr.
- Tarif n° 2
- ( Un an.
- I Six mois
- 130 fr. 65 fr.
- Taiif extérieur n" 1 valable pour tous les pars ayant accepté une réduction de 50 pour -100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chilie, Colombie, Congo belge, Costa-Bica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce. Guatemala, Haïti, Iledjaz, Honduras, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, lJerse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie [U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, 'Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela. Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
- Réglement par mandat, chèques postaux (compte n° 599, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et Gu, sur une banque de Paris.
- Les abonnements sont payables d’avance et partent du l<ir de chaque mois.
- 1, Pour tout changement d'adresse, joindre la bande et un franc.
- Dans le cas de majoration des tarifs postaux, la différence des frais de poste serait demandée aux abonnés.
- Adresser ce qui concerne la rédaction a MM les rédacteuis en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain. Paris-VI*. Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et Cio, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-Vl*
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- \ ..............-. ...
- = LE PROBLÈME DU BON PAIN T~
- 11 est de mode, depuis un certain temps, de médire du pain.
- A notre connaissance, on n’a malheureusement pas expliqué les causes qui ont pu modifier sa qualité. Essayons donc d’examiner quelles différences il y a entre
- matières azotées absolument différentes l’une de l’autre comme propriétés chimiques et surtout physiques. Ces propriétés physiques influencent la valeur boulangère des blés, celle de la farine extraite de ces blés, et se font également sentir à la panification. Un gros problème a
- Fig. 1. — Quelques types de pains de belle triture .fabriqués à V École de boulangerie des Grands Moulins de Paris (ph. Chevojon). *
- les matières premières que l’on avait à sa disposition avant la guerre et celles qu’on a aujourd’hui.
- Comparons également les méthodes de panification employées généralement à cette époque, à celles usitées de nos jours, et tâchons d’examiner ce qu’il serait possible de faire pour revenir à la qualité d’avant-guerre.
- jDn sait que le blé est, de toutes les céréales, la seule qui puisse être employée pour la panification, grâce au gluten qu’elle renferme. Celui-ci est composé de deux
- été résolu le jour où, grâce à l’extensimètre Chopin, on a pu se rendre compte de cette valeur boulangère.
- On avait bien commencé à étudier les différents blés, et rien qu’en faisant le dosage du gluten humide on s’était aperçu que le gluten de nos blés français diminuait en qualité et en quantité; mais l’extensimètre a, avec bien plus de précision, mis en évidence le danger que les blés nouveaux à grand rendement allaient faire courir à la qualité de la farine. La confirmation de ceci se fait sentir depuis plusieurs années.
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- LES BLES D’AVANT-GUERRE
- Ceci dit, voyons un peu ce qu’étaient les blés d’avant-guerre, comparativement à ceux qui sont produits aujoui’-d’hui. i \
- Presque chaque région a:vait une semence de blé qui lui était particulière, qui convenait à son climat, aux habitudes du pays, etc... On retrouvait encore facileYnent, il y a quelques années, l’influence de ces blés sur le goût des habitants pour telle sorte de pain ; par exemple, la région du Nord exigeait du pain bien blanc et à mie compacte, du fait que cette région produisait des blés blancs peu riches en gluten. L’Est est habitué à uxx pain plus gris, à grand développement, du fait des blés rouges d’Alsace donnant des farines moins blanches mais plus riches en gluten. La Provence était habituée aux blés
- Fig. 2. — Fournil de VÉcole de boulangerie.
- Salle de pétrissage : pétrissage à bras, pétrissage mécanique pour et pétrissage de pâte pour viennois (pli. Chevojon).
- Tuzelle donnant un pain très blanc, une croûte peu colorée, etc...
- Après guerre, la surface emblavée étant restreinte du fait des territoires dévastés, l’utilité de variétés de blés à grand rendement s’imposa ; mais devant l’accroissement de gain obtenu, l’usage de ces variétés augmenta considérablement, et à part la Bretagne, le Midi et quelques régions de l’Est, on ne trouve plus que ces nouvelles variétés à gluten inférieur.
- Les sélectionneurs cherchent actuellement à trouver dés variétés à grand rendement et à meilleur gluten; il en existe déjà quelques-unes, mais elles sont peu répandues et il est à craindre qu’elles ne dégénèrent rapidement.
- La meunerie a donc actuellement à sa disposition des blés français ayant une qualité boulangère bien moindre qu’avant guerre ; voilà un premier point à retenir.
- Si nous nous occupons des blés exotiques, nous remar-
- quons qu’avant la guerre, la meunerie avait la liberté d’incorporer à sa mouture telle quantité de blés exotiques qu’il lui plaisait ; en réalité, elle en employait relativement peu ; quelques usines étaient seules équipées pour les travailler convenablement; les blés de pays étaient d’ailleurs souvent de qualité assez bonne.
- On sait qu’aujoui'd’hui en raison de la production trop importante du blé, et afin de protéger l’agriculture nationale, cette proportion est rigoureusement régle-ixientée et est réduite au minimum.
- Les farines sont donc fabriquées avec des blés moins bons, et la qualité de ces blés 11e peut pas pratiquement être corrigée par l’addition de blés exotiques plus riches en gluten.
- LES FARINES
- Voyons maintenant quelle différence il y a entre la farine fabriquée avant guerre et celle fabriquée de nos jours.
- On peut dire d’unè façon générale que la meunerie a grandement amélioi'é son matériel depuis la guerre. Les moulins ont rivalisé d’efforts pour arriver à avoir un meilleur outillage, outillage fort coûteux non seulement à installer, mais à entretenir.
- . Les principales améliorations techniques se rapportent au classement, et ensuite au mélange des blés, à leur épierrage, lavage, séchage, et conditionnement pendant lequel la masse du blé n’est pas portée à une température supérieure à 45° et ce. pendant un temps très court. Grâce à ce traitement, on arrive à des résultats qui permettent d’obtenir des farines ren-fermaixt moins de débris d’enveloppes.
- Les blés arrivent à la mouture bien plus propres, débarrassés de la plupart des graines étrangères, des pierres, des poussières, bactéries, moisissures, etc... La farine obtenue est donc bien plus pure.
- La mouture, faite à l’aide de cylindres, est progressive, et l’épuisement des produits est fait méthodiquement.
- Le taux d’extraction a bien varié depuis la guerre, faisant toujours l’objet de décrets; depuis le 27 septembre dernier, il a été fixé à 66 pour 100.
- Les taux d’extraction élevés auxquels on a dû tirer les farines, depuis la guerre, ont habitué le meunier à fabriquer des farines moins soignées, et il a dû faii’e un effort sérieux pour se remettre à la fabrication délicate d’aujourd’hui. On sait que la mouture des blés doit être l’objet d’une surveillance de tous les instants si on veut obtenir'une fai'ine de qualité irréprochable.
- Au point de vue meunerie proprement dit, il y a donc une amélioration nette des farines fabriquées.
- La farine mise à la disposition de la boulangerie est donc d’une fabrication plus soignée qu’avant-guerre, mais elle est loin d’avoir la même qualité boulangère qu’alors; elle est, de ce fait plus difficile à travailler, et exige de la part du boulanger plus d’habileté professionnelle.
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- LA PANIFICATION
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- Fig. 3. — Fours de l'École de boulangerie des Grands Moulins de Paris. A gauche : tour au mazout;
- à droite : four chauffé au charbon avec ventilateur (ph. Chevojon).
- Comment fabriquait-on le pain avant guerre ?
- La fabrication en différait selon les régions ; aujourd’hui également. La fabrication ou le travail, comme on dit en boulangerie, se faisait surtout à l’aide de levains.
- Ces levains, on le sait, consistent en une certaine quantité de pâte provenant de la fabrication de la veille et dont on a soigné la fermentation par des rajeunissements successifs.
- Dans le Nord, on travaillait déjà à peu près exclusivement à l’aide de levure de grains ; à Paris, les viennois qui travaillaient le gruau employaient également de la levure pour leur travail sur poulish; mais la plupart des boulangers travaillaient sur levain.
- Le système le plus couramment employé et le plus ancien, était le travail à trois levains.
- Le levain initial, c’est-à-dire la pâte prélevée sur le travail de la veille, était désigné sous le nom de chef; ce premier levain fermentait pendant un temps variable selon l’importance de la boulangerie, par exemple 17 heures. Après ce temps, il était pétri avec une certaine quantité de farine; il fermentait encore deux heures; c’était le levain de seconde. Après quoi il était pétri pour former le levain de tout point, ou troisième levain, qui fermentait encore environ deux heures, à la suite de quoi on pétrissait la première fournée.
- Ce travail était très long, il nécessitait la présence d’un ouvrier ou d’un aide de 4 heures de l’après-midi à 8 heures du matin. Le travail réel pour les ouvriers durait de 8 heures du soir à 8 heures du matin ; tandis que l’aide finissait à 6 heures du matin, ce qui faisait 12 heures de labeur pour les ouvriers cuisant six fournées de pain, soit environ 700 kg de pain. Cela exigeait la présence de quelqu’un au fournil pendant près de 18 heures, et obligeait les ouvriers à travailler toutes les nuits.
- Cette panification convenait très bien pour les farines de blés de pays courantes ; lorsque le travail était bien conduit, on obtenait un bon pain, savoureux, qui pouvait très bien se manger rassis, car il ne faut pas oublier qu’il s’agissait ici de pains de 2 kg.
- Pour remédier à cette journée de 12 heures, on imagina ensuite le travail à deux levains, qui était un peu plus simple que le précédent ; mais il n’a pas été appliqué bien longtemps.
- On arriva enfin à ce qu’on appelle le travail à l’appareil ou travail à un levain, qui consistait à garder un levain plus important que l’ancien chef, dans de bonnes conditions de température qui, elle, agit naturellement sur la marche de la fermentation et par suite la qualité du levain.
- A une date plus rapprochée de nous, on vit se répandre dans la boulangerie française le travail sur poulish; genre de travail importé par
- les ouvriers viennois venus chez nous pour travailler les gruaux de Hongrie que la France ne fabriquait pas à cette époque.
- Pour la confection de cette poulish, on emploie comme agent de fermentation, non plus de la pâte fermentée, mais de la levure.
- La poulish est en somme une bouillie formée de farine délayée dans l’eau; la levure ayant été délayée au préalable dans cette eau. Cette bouillie fermente pendant des temps variables, 3 à 4 heures. On pétrit sur cette
- Fig. 4. — Fournil de l’École de boulangerie des Grands Moulins de Paris. Four à vapeur à chauffage indirect : croissants et tire-bouchons prêts à être enfournés (ph. Chevojon).
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- poulish, et une fermentation de 45 minutes suffit ainsi.
- On voit de suite quelle facilité de travail cette méthode a apportée à la boulangerie. C’est vers 1867 qu’on com mença ce genre de panification à Paris, mais uniquement sur gruau pour faire du pain viennois, et c’est vers 1885 qu’on vit apparaître les croissants qui se faisaient aussi*avec de la levure.
- Vers 1910 fut déposée une proposition de loi tendant; à supprimer le travail de nuit en boulangerie ; cette proposition émut principalement la boulangerie parisienne qui chercha un genre de travail permettant de pouvoir donner du pain chaud à sa clientèle dès le matin.
- Elle imagina une nouvelle méthode, dénommée travail direct: c’est-à-dire qu’il y à dans ce genre de travail suppression de toute préparation préalable. On délaie la levure en quantité déterminée selon le genre de pain à fabriquer dans de l’eau tempérée; on ajoute la farine; on pétrit de suite ; on laisse fermenter environ 4 heures ; on façonne les pains, et après une fermentation de 30 à 45 minutes, on peut enfourner la pâte.
- Ce travail, on le voit, est très rapide, très commode; mais il exige quelques soins pour donner de bons résultats.
- Cette fabrication a eu tout de suite un succès assez grand ; principalement à Paris et dans les grandes villes, par suite des résultats obtenus.
- A l’époque où cette méthode s’est vraiment répandue, c’est-à-dire après guerre, on n’avait certes pas de farines très blanches ; mais elles renfermaient une certaine quantité de gluten, et celui-ci était de bonne qualité. On obtenait alors des pains très bien développés, ayant bon goût, belle texture, et par conséquent agréables à manger; on fabriquait d’ailleurs aussi bien de gros pains que de la fantaisie par cette méthode; il fallait simplement modifier: la dose de levure, et par conséquent le temps de fermentation. Si donc à cette époque on avait eu une farine . un peu plus blanche, nous aurions connu une époque de bon pain.
- Les années qui suivirent, c’est-à-dire 1926-1927-1928, nous eûmes en France de mauvaises récoltes, été pluvieux, moissons faites dans de mauvaises conditions, blés se conservant mal, et enfin valeur boulangère baissant rapidement par suite yle la propagation toujours plus grande des blés à grands rendements.'
- Pendant ces années, la qualité du .pain baissa sérieusement et la consommation suivit, .comme tc’est l’habitude. w
- En décembre 1928, une liberté relative fut accordée à la meunerie au poiiit.de vue de l’incorporation des blés exotiques, la récolte. ayafit été moins forte cette année-là; mais cette liberté devait être reprise l’année suivante^ le 1er décembre 1929; la moisson ayant été abondante., on ramenait la proportion des blés exotiques à 3 pour 100, et depuis cette époque la meunerie livre donc des farines dont la qualité varie chaque fois qu’un nouveau décret paraît, ce qui est arrivé 17 fois depuis le 1er janvier 1932. Enfin depuis le 27 septembre 1932, comme nous le disions, le taux d’extraction est abaissé à 66 pour 100.
- Tout ceci montre nettement que la tâche de la bou-
- langerie, non plus que celle de la meunerie, n’est facilitée par tous ces décrets qui font que pendant les quelques mois qui suivent la récolte on ne peut incorporer que 3 pour 100 de blés exotiques. Vers la fin de la récolte on en incorpore de 30 à 50 pour 100. Ceci a le gros inconvénient de produire des farines trop faibles à certaines époques et trop fortes à d’autres. La boulangerie ne peut naturellement pas fabriquer la même qualité de pains avec des farines de qualités si variables, et le consommateur n’est jamais satisfait.
- Il faut reconnaître que pour travailler des farines aussi différentes, et réussir à en faire du bon pain, la tâche n’est pas toujours facile; il faut être bon boulanger. Or, la crise qui a sévi pour to\ites les professions après la guerre n’a pas épargné la boulangerie.
- Les boulangers, depuis 1914, avaient perdu l’habitude de travailler ce qu’on appelait les farines fleurs, et lorsqu’en 1928 on mit à leur disposition des farines plus fines que ce qu’on avait appelé les farines entières, les anciens boulangers mirent un certain temps à s’habituer au travail de ces farines,et les jeunes qui n’avaient jamais eu à les employer,' éprouvèrent des difficultés plus grandes; la qualité du pain ne fut pas alors ce qu’elle aurait pu être.
- Tout le monde lit un effort pour revenir au bon pain, et comme il fallait (jour arriver à ce but une main-d’œuvre experte, une entreprise privée, les Grands Moulins de Paris, créèrent et ouvrirent au début de 1929 la première école de boulangerie française à laquelle les dirigeants de la boulangerie voulurent bien apporter leur concours. C’est ainsi qu’on commença à former de jeunes ouvriers apprenant à fabriquer non seulement gros pains et pains de fantaisie, mais également le gruau importé autrefois, comme nous le disions, par des viennois, et pour lequel on ne trouvait presque plus d’ouvriers.
- On a ainsi commencé à former une phalange d’ouvriers ayant toutes les connaissances se rapportant à leur métier, et comme cet exemple a été suivi, et que d’autres écoles ont été créées depuis, on finira par avoir, dans un certain temps, des ouvriers boulangers qualifiés.
- LA LEVURE
- Jusqu’ici nous avons parlé de la qualité des blés, des farines, mais nous avons omis de parler de l’agent de la fermentation : la levure. Cette dernière a connu aussi les vicissitudes de la guerre ; alors qu’elle était en somme un résidu de la distillerie de grains, elle e.st devenue l’objet d’une fabrication créée à cet effet. Par suite de la suppression de la distillerie de grains, il a fallu imaginer une fabrication de levure sans produire, ou presque, d’alcool. On est parti pour cela de la mélasse et on est arrivé évidemment à fabriquer une levure d’aspect aussi beau que l’ancienne, mais n’ayant plus la même valeur au point de vue fermentation panaire ; voilà donc encore un facteur ne favorisant pas la fabrication du beau pain.
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- En résumé, les principales matières entrant dans la fabrication du pain ont baissé de qualité ; la main-d’œuvre
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- en général, a baissé aussi, comme d’ailleurs dans toutes les professions ; enfin la suppression du travail de nuit, l’application de la loi de 8 heures, ont amené de grosses perturbations dans le travail courant de la boulangerie.
- Comment remédier à tout cela, et arriver à fabriquer malgré tout du bon pain ?
- Au point de vue de la qualité boulangère des blés, qualité variant tous les ans, même avec les mêmes semences, il serait urgent que l’on s’occupât, non pas uniquement comme l’Etat a l’habitude de le faire, de la quantité de blé, mais aussi de la qualité. Pourquoi ne pas encourager par des primes la propagation des blés à
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- quer que, depuis, la meunerie a apporté à cela une amélioration en cherchant à fabriquer des farines se travaillant plus rapidement. On ne peut donc que conseiller à la boulangerie de ne pas diminuer exagérément son temps de fermentation, en changeant, si besoin en est, sa façon de mener son travail.
- Remédier à la faible valeur boulangère des farines est certes le problème le plus important, surtout au cours d’une année comme celle que nous traversons où il y a surproduction de blé. On ne peut pas conseiller à la boulangerie de revenir au travail sur levains, ce qui est à peu près impossible avec les lois sociales actuelles ;
- Fig. 5. — Vue d’ensemble de l’École de boulangerie des Grands Moulins de Paris (ph. Chevojon).
- bonne valeur boulangère ? Il ne faut pas perdre de vue que si cette valeur continue à baisser, on aura les plus grandes difficultés à faire un bon pain.
- On doit exiger de la meunerie qu’elle ne fournisse à la boulangerie que des farines ayant les qualités de là farine supérieure. Un type standard doit être établi au-dessous duquel la farine ne pourrait être employée à la panification. On ne peut naturellement pas songçr à supprimer les -Jqis sociales qui régissent le travail en boulangerie ; mais l’application-de la loi de 8 heures a cependant amené un certain trouble dans'la fabrication, du fait qu’il a fallu faire le même travail efi un temps plus court. Ceci na pu se faire qu’en réduisant le temps de fermentation, au détrimçntde la qpalité du pain; il est bon de remar-
- mais cependant ce qu’on lui demande actuellement, c’est de faire du bon pain avec des farines à faible valeur boulangère, tout en respectant les lois sociales et en diminuant le prix de revient, puisqu’on cherche à abaisser la prime que touche le boulanger pour faire son pain.
- Le problème, comme il est facile de s’en rendre compte, n’est pas aisé, et cependant le boulanger doit y porter toute son attention, car la boulangerie industrielle le guette, et jusqu’à présent elle n’a pu battre que les boulangers travaillant mal ou dans de mauvaises conditions. .On sait que la plupart des boulangers sont en somme des artisans, et de. ce fait il leur est beaucoup plus facile de soigner leur travail, de satisfaire le goût de leur clientèle
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- qu’à l’usine à pain qui doit adopter une fabrication à peu près uniforme.
- En période de farine à valeur boulangère faible, il leur faudra donc chercher à remédier à la mauvaise qualité du gluten ou à son insuffisance, par un travail approprié, travail sur poulish au lieu de travail sur direct ; surveiller plus attentivement leur fermentation, afin d’obtenir des pains ayant bel aspect, et agréables à manger. En cette période de crise, le travail du boulanger n’est pas facilité du fait que la quantité de pain fabriquée diminue, et qu’il faut cependant fabriquer gros pains et pains de fantaisie. Or la fabrication de ces pains n’est pas la même ; il faut préparer des pâtes differentes, de durée de fermentation différente.
- Si donc le boulanger n’a plus suffisamment de pains de chacune de ces catégories à fournir, il lui devient très difficile de fabriquer les deux qualités de pain convenablement, d’autant plus que les consommateurs exigent du pain chaud presque toute la journée, au moins dans les grandes villes.
- D’après ces explications, on voit que si l’on veut obtenir du bon pain, il faut d’abord mettre à la disposition de la boulangerie des farines qui soient d’un emploi facile, qu’elles soient aussi régulières que possible au moins pendant des périodes assez longues. En un mot, il faut faciliter la tâche du boulanger qui est parfois bien difficile.
- La meunerie peut évidemment jouer un certain rôle dans cette action, par un mélange judicieux de ses blés, par l’amélioration qu’ellë peut apporter au gluten au cours de la préparation des blés et de la mouture ; mais actuellement elle est à peu près au maximum de ce qu’elle peut faire de ce côté.
- La question réellement primordiale, à l’heure actuelle) est donc l’amélioration de la valeur boulangère des farines par les mélanges de blés, les blés de pays actuels étant dans leur ensemble insuffisants au point de vue qualité. Si l’on veut revenir au bon pain, le remède principal est l’adjonction d’un certain pourcentage de blé de qualité; pourcentage d’autant plus élevé que la qualité du blé est moindre. Comme actuellement il n’existe pas suffisamment de ces blés de qualité, il faut donc augmenter l’adjonction de blés exotiques.
- Cette mesure n’est pas impossible malgré l’importance de la récolte.
- Il suffit de permettre à la meunerie de faire des échanges, avec l’étranger, de farines françaises contre l’équivalçnt de blés exotiques.
- La vraie solution du problème nous paraît être là, toutes les autres mesures qu’on peut envisager, comme la suppression de la fermeture obligatoire des boulangeries un jour par semaine, ont une importance beaucoup moindre. Des expériences de consommation ont d’ailleurs été faites il y a deux ans, et on a d’abord constaté que chaque fois que la qualité du pain baissait, la consommation suivait le même chemin; ceci est naturel. Mais l’intérêt de ces essais a été de démontrer que plus on augmentait la proportion des blés exotiques, plus la consommation augmentait, et qu’en dessous de 10 à 15 pour 100 de blés exotiques ou de qualité équivalente, il était impossible de faire du bon pain.
- Pour avoir du bon pain, c’est donc vers l’agriculture qu’il faut en définitive se retourner, et il faut l’encourager, par les moyens appropriés, à produire les blés de qualité qui manquent actuellement à notre production nationale.
- R. Villers.
- LA SIMILITUDE EN HYDRODYNAMIQUE
- ET LE CRITÉRIUM DE REYNOLDS
- INTRODUCTION
- L’extrême complexité du mouvement des fluides naturels est restée longtemps rebelle à toute tentative, non seulement d’explication rationnelle à partir de lois élémentaires convenables, mais encore de simple description et classification scientifiques. Si, grâce aux travaux des fondateurs de la dynamique, notamment Euler, d’Alem-bert, Bernouilli et Lagrange, certaines applications de l’analyse à la mécanique des fluides se sont développées de bonne heure en un corps de doctrine cohérent et définitif, qui est l’hydrodynamique des fluides parfaits, sa confrontation avec l’expérience est restée longtemps si décevante que les praticiens de l’hydraulique considéraient encore il y a peu d’années cette construction idéale comme devant rester à jamais, sauf pour quelques cas limites relativement rares, éloignée de la réalité. Un premier progrès important (Navier à Stokes), consistant à tenir compte de la viscosité, a permis d’élucider com-
- plètement un certain nombre de phénomènes, mais la majeure partie des faits d’observation courante, notamment du domaine de l’hydraulique usuelle (rivières, vents...) défiaient encore les efforts de la théorie. Cependant la conviction s’imposait déjà à la fin du siècle dernier (lord Kelvin, Helmholtz, Brillouin....) que, sauf dans des cas exceptionnels, les lois élémentaires se trouvaient déjà acquises dans leur intégrité, et que leur succès définitif ne restait plus subordonné qu’au progrès souvent difficile de leur adaptation et de leur mise en œuvre.
- Entre temps d’ailleurs, les progrès de l’expérimentation, que les besoins de l’aéronautique ont accélérés dans ces dernières années, permettaient, en fournissant enfin une description plus complète et détaillée de phénomènes demeurés longtemps insoupçonnés (parce que même pour l’eau ils échappent plus ou moins à la perception directe de nos sens), tout d’abord d’écarter les hypothèses ou explications fantaisistes, ensuite de préciser les cas limites ou typiques sur lesquels doit d’abord porter utilement
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- l’effort de la théorie, enfin de suggérer les notions fondamentales et les hypothèses fécondes, aptes à construire cette dernière.
- Parmi les progrès de cette adaptation, l’un des plus importants a été la reconnaissance des lois de similitude qui régissent le mouvement des fluides et qui, si elles ne peuvent sans doute suppléer à l’explication complète des phénomènes ou à leur investigation expérimentale détaillée, permettent du moins de ramener, l’infinie variété des cas que nous offre la nature à un ensemble beaucoup plus restreint de cas distincts, parmi lesquels il est possible de ne comprendre que les plus accessibles à l’observation.
- FACTEURS PHYSIQUES DONT DÉPEND
- LE RÉGIME D’ÉCOULEMENT
- y
- En toute généralité, le mouvement des flüides naturels dépend d’un nombre très grand de propriétés physiques qui sont, outre Y inertie et la gravité que caractérise leur masse spécifique, la compressibilité ou résistance aux changements de volume, la viscosité ou frottement interne qui s’oppose aux mouvements de déformation, la conductibilité calorifique par laquelle s’échangent les quantités de chaleur mises en jeu par la compression ou le frottement interne, la dilatabilité, etc.; au contact des parois solides doivent encore intervenir, si l’épaisseur du fluide est très faible, des propriétés nouvelles comme Y onctuosité, enfin, à la surface de séparation entre deux fluides, les phénomènes de tension superficielle ou de capillarité.
- Mais dans le cas, très important pratiquement, où le fluide incompressible ne comporte pas au voisinage de la région envisagée de surface, libre, par exemple, remplit entièrement l’enceinte qui le contient (canalisations et machines hydrauliques en bâche fermée), la gravité, dont l’influence sur la pression demeure alors la même qu’en hydrostatique, n’intervient plus aucunement' dans les conditions du mouvement.
- Les deux seules propriétés du fluide dont dépendent les lois de l’écoulement ne sont plus ainsi que l’inertie et la viscosité. Bien que les gaz soient compressibles, la plupart des phénomènes aérodynamiques qui interviennent dans la ventilation, dans la pression du vent sur les édifices, dans la résistance de l’air au mouvement
- Fig. 2. — Le régime initial fugitif d’écoulement autour d'un cylindre; tend encore à suivre la théorie du fluide parfait.
- Poussée sur l'aile
- Fig. 1. — Écoulement d’un fluide de faible viscosité autour d’un profil fuselé.
- Les lignes de courant, et le fait expérimental que la réaction du fluide est presque normale au courant, sont sensiblement conformes à ce que fait prévoir la théorie du fluide parfait.
- des véhicules, enfin en navigation aérienne, peuvent être rangés dans cette catégorie ; en effet, sauf dans le cas extrême des avions les plus rapides dont la vitesse atteint 150 m : s, les surpressions dues à l’inertie, qui dépendent du carré du rapport de la vitesse du fluide à la vitesse du son, demeurent si faibles que les variations de densité qu’elles déterminent peuvent être pratiquement négligées.
- Nous nous bornerons donc ci-dessous à l’examen de cette catégorie de phénomènes de beaucoup la plus importante au point de vue pratique, et dans laquelle les conditions de similitude sont régies par une loi fondamentale due au physicien anglais Osborne Reynolds. Un premier classement sommaire, mais très suggestif, peut tout d’abord être établi en séparant dans l’ensemble ceux des phénomènes pour lesquels l’effet de l’une des propriétés, viscosité, ou inertie, prédomine nettement sur l’autre.
- PRÉDOMINANCE DE L’INERTIE LE PARADOXE DE D’ALEMBERT
- Les cas où les effets de la viscosité peuvent être négligés sans que la théorie cesse de représenter avec un haut degré d’approximation les phénomènes réels ont été étudiés depuis longtemps puisqu’ils font l’objet de l’hydrodynamique des fluides parfaits ; ils comprennent, outre les cas classiques de la houle, des ondes, des déversoirs, des ajutages, des tuyères (Torricelli, Bernouilli), tous ceux en général dans lesquels le fluide, relativement dense, est soumis à une accélération rapide, qui assure aux forces d’inertie une large prépondérance sur celles qui proviennent du frottement interne. Ces cas sont, en dépit de leur caractère théorique et simpliste, beaucoup plus communs en réalité qu’il ne paraissait il y a seulement quelques années, alors que n’étaient connus que certains faits d’observation courante, qui s’en écartent considérablement. Les modes d’écoulement correspondants, s’ils sont remarquablement simples, présentent par contre un caractère insolite que souligne une de leurs conséquences théoriques, le paradoxe de d’Alembert. D’après cette proposition célèbre, un obstacle plongé dans un courant devrait n’éprouver en régime permanent aucune résis-
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- Couple
- feehgnjhleau sun la caréné
- Fig. 3. — Écoulement d’un fluide parfait autour d’un plan, réalisé dans le disque de Lord Rayleigh pour la mesure de l’intensité du son.
- Sous l’action du couple que déterminent les deux zones de surpression relative en tête de la face antérieure et en queue de la face postérieure, le disque tend à se placer normalement au courant.
- Fig. 3 bis. — Cas analogue d’un bateau dérivant transversalement sous l’action combinée du vent sur sa superstructure et de la résistance de l’eau sur sa carène.
- tance au mouvement, mais seulement un couple, avec dans certains cas une réaction transversale ne mettant en jeu aucune perte d’énergie (lord Rayleigh, Kutta, Joukowsky). Cette conséquence théorique, en contradiction flagrante avec les faits d’observation les plus usuels, est cependant très près d’être vérifiée pour les corps fuselés convenablement effilés à l’arrière, qui constituent, outre le corps des poissons, des dirigeables, des oiseaux.... etc., les ailes portantes utilisées en aviation, et les aubes des turbo-machines ; pour les meilleurs de ces profils ou les plus « fins », la résistance à l’avancement n’est ainsi que le trentième à peine de celle d’un plan
- Fig. 4. — Formation usuelle d’un sillage plus ou moins stagnant, dans l’écoulement en régime permanent autour d’un obstacle peu ou pas fuselé (cylindre, sphère, profil épais, etc.).
- Zone morte ou sillage,turbulente et en dépression
- normal de section égale au maître couple, ou le centième de la poussée transversale qu’ils peuvent éprouver d’autre part, dans l’hypothèse du fluide parfait, tant le courant suit de près le contour du profil et se conforme fidèlement au tracé théorique pour lequel la résistance serait rigoureusement nulle (fig. 1). Ce mode d’écoulement sans résistance se manifeste même avec des corps non fuselés tels qu’un cylindre (fig. 2) ou un plan (fig. 3) au début de la période transitoire très comte qui précède l’établissement du régime permanent d’écoulement, lorsque ce dernier est rapidement établi à partir du repos. C’est ainsi que des photographies dues à Prandtl mettent nettement en évidence dans cette période la forme approximativement symétrique des lignes de courant en amont et en aval, que prévoit l’hydrodynamique, et à laquelle le paradoxe de d’Alembert associe une résistance nulle ; tandis que les formes usuelles d’écoulement, familières au praticien, comportent en aval, tant de la sphère (fig. 4) que du plan (fig. 5 : pare-brise d’automobile), une zone de fluide mort plus ou moins stagnant, dont la dépression contribue, avec la surpression en amont, à produire la poussée importante qu’exerce le fluide sur l’obstacle. Le régime sans zone morte ou sans décollement des lignes de courant se maintient d’ailleurs indéfiniment si l’écoulement oscille à fréquence élevée, et le couple que fait prévoir le calcul pour un corps oblong symétrique tel qu’un disque (fig. 3), incliné par rapport au courant, a pu être utilisé par lord Rayleigh pour la mesure, au ventre d’une onde stationnaire, de la vitesse de l’air, et, par suite, de l’intensité du son.
- Le caractère commun à tous ces modes d’écoulement sans frottement est d’être irrotationnels, c’est-à-dire de ne donner lieu pour les petits éléments de volume du fluide qu’à de simples déformations (allongements ou contractions suivant trois directions rectangulaires), sans aucune rotation (fig. 6). Par suite lorsque, pat-exemple, les filets fluides sont incurvés, la vitesse croît de l’extérieur vers l’intérieur (fig. 7 et 8) ; cette répartition est d’ailleurs déterminée par la force centrifuge, qui, pressant les filets sur la paroi externe, entretient du côté interne une dépression relative, dont l’appel fait acquérir au fluide amont, d’après le théorème de Ber-nouilli, une vitesse plus grande. Corrélativement, le fluide glisse le long des parois et présente même toujours sur les portions convexes de celles-ci sa plus grande vitesse.
- PRÉDOMINANCE DE LA VISCOSITÉ
- A l’extrémité opposée de notre classification se rangent les phénomènes pour lesquels les forces d’inertie sont tout à fait négligeables par rapport aux forces dues à la viscosité. A cette catégorie appartiennent les mouvements relativement lents de fluides très visqueux, ou considérés à une échelle de dimension très petite, par exemple l’écoulement de beau dans les tubes capillaires, de la sève dans les ea-naux des plantes, des huiles épaisses, de la mélasse dans les conduites industrielles, ou encore les mouvements séculaires de la portion de la croûte terrestre ou sima, non absolument rigide, mais extraordinairement visqueuse, sur laquelle flottent les Continents d’après la théorie de Wegener.
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- Dès qu’intervient, si peu que ce soit, la viscosité, la vitesse relative, loin d’être maximum le long des parois comme dans le cas du fluide parfait, est au contraire nulle à leur contact immédiat, et, si son influence est prépondérante, le ralentissement que détermine ainsi pour les filets fluides le voisinage des obstacles solides qu’ils baignent se fait sentir de proche en proche jusqu’à une grande distance (fig. 9), de sorte qu’il se pourra que la vitesse décroisse maintenant vers la concavité des lignes de courant.
- Entre ces deux extrêmes se placent tous les autres cas dans lesquels interviennent à la fois l’inertie et la viscosité dans une proportion respective qu’indique précisément le critérium de similitude de Reynolds, dont la reconnaissance, qui domine aujourd’hui les applications les plus nombreuses de l’hydraulique et de l’aviation,
- Fig. 6. — Mode de déformation d’un petit élément abcd du fluide dans un mouvement irrotaiionnel.
- Deux directions rectangulaires (ici ac et bd) n’éprouvent que de simples déformations (respectivement d’extension et de contraction) sans rotation, tandis que les directions intermédiaires, telles que celles des côtés ab, cd, d’une part et ad, bc d’autre part subissent des rotations de sens opposés qui se compensent pour l’ensemble.
- constitue le progrès le plus important que ces sciences appliquées aient fait dans ces dernières années.
- Si, à première vue, l’allure des phénomènes dépend principalement de la viscosité, en ce que l’observation usuelle la montre par exemple toute différente pour la mélasse d’une part et l’essence d’autre part, un examen plus attentif met en évidence, avec le caractère relatif de cette classification, l’influence tout aussi importante des dimensions et de la vitesse.
- Par exemple l’éther ou l’essence, habituellement considérés comme fluides ou mobiles, peuvent se comporter plutôt comme visqueux dans des canaux étroits ou aux faibles vitesses ; tandis que la viscosité, prépondérante dans les conditions usuelles, des liquides épais comme le sirop de sucre ou le mazout, s’efface lorsque ces fluides sont observés en grandes masses ou aux grandes vitesses, au point de les faire ressembler alors aux liquides beaucoup plus mobiles tels que l’eau.
- CRITERIUM DE SIMILITUDE
- ' Pour que la similitude des mouvements imprimés à deux systèmes géométriquement semblables puisse s’étendre à toute leur masse fluide, il faut que les forces d’inertie d’une part, et celles de viscosité d’autre part, qui, agissant isolément, tendraient comme nous l’avons vu, à réaliser des modes d’écoulement très différents, se
- Sillage en repos réfat/P
- Fig. 5. — Cas du plan (pare-brise d’automobile).
- voient assigner une part proportionnelle dans les deux systèmes, afin de concourir pour chacun au même mouvement résultant.
- Considérons par exemple deux éléments de volume semblables quelconques, et deux points homologues sur des trajectoires correspondantes des deux systèmes.
- Puisque les deux régimes d’écoulement sont semblables, la résultante des forces d’inertie sur tout élément de volume doit être, pour les deux systèmes, dans le même rapport avec le produit par cet élément de la force centri-o p2 ,
- fuge *— sur l’unité de volume, en désignant par p la
- masse spécifique du fluide, v sa vitesse, et r le rayon de courbure de la trajectoire au point considéré.
- Les éléments de volume homologues sont proportionnels aux cubes des dimensions homologues des deux systèmes, dont l’indication d’une dimension particulière convenable d (par exemple le diamètre d’une conduite, d’un câble, la profondeur d’une aile d’avion, la largeur d’une pale d’hélice ou d’une aube de turbine, etc.) permet de caractériser la grandeur; et comme d’autre part la similitude supposée entraîne la proportionnalité du rayon de courbure r à la longueur de référence d, les forces d’inertie
- Fig. 7. — Dans un tel mouvement irrotaiionnel, la vitesse, croissant vers la concavité des filets fluides, présente son maximum le long des parois.
- Diagramme des vitesses
- Vitesse maximum à la paroi
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- Fig. 8. — Le mouvement de l’eau au front d’une pile de pont ou d’une péniche illustre les caractères généraux de ce mode d'écoulement par les relèvements et dépressions de la surface libre, hors tout au moins d'une couche limite turbulente, d’épaisseur croissant vers l’aval, immédiatement adjacente à la paroi.
- totales sont en définitive proportionnelles à -— X d? ou
- r
- \ 2 72
- a pv a .
- La viscosité enfin, ou cette propriété qu’ont les fluides naturels, non de s’opposer comme la rigidité aux efforts de déformation, mais, en cédant au contraire à tout effort de ce genre, si petit soit-il, de ne réagir que dans la mesure où la déformation se produit rapidement, fait intervenir en plus des pressions normales, seules présentes dans les fluides parfaits, des forces tangentielles sur les éléments de surface, notamment les parois. L’expression de ces
- v
- forces par unité de surface est u — en désignant par u. le
- x 1
- coefficient de viscosité, v la différence des vitesses que présentent, parallèlement à l’élément de surface considéré (fig. 10), deux points distants de a; suivant la normale à cet élément.
- L’ensemble de ces forces est donc proportionnel à o
- p. - d' ou \xvd, puisque x est proportionnel à d si x et v sont mesurés en des points homologues.
- Fig. 9. — Répartition réelle de la vitesse au voisinage immédiat d’une paroi solide, pour un fluide non dénué de viscosité.
- La vitesse s’annule à la paroi et croît rapidement suivant la normale.
- La condition de similitude ou de proportionnalité des forces d’inertie et de viscosité dans les deux systèmes s’exprime donc par l’égalité du rapport des deux grandeurs
- p d
- de même nature p o'd^ et \xod, soit ----, pa-
- ramètre purement numérique ou sans dimension, indépendant par conséquent du système d’unités choisi pourvu qu’il soit cohérent, et qui a reçu le nom de nombre de Reynolds R.
- (Le quotient v = p. : p de la viscosité par la masse spécifique, qui rassemble au dénominateur toutes les grandeurs dépendant de la nature particulière du fluide, s’appelle viscosité cinématique.)
- Ce seul paramètre de Reynolds, qui mesure la part respective de l’inertie et de la viscosité et est ainsi commun à tous les systèmes dynamiquement semblables, suffit dès lors à caractériser et à classer tous les types différents d’écoulement auxquels peuvent donner lieu, avec des fluides et des vitesses quelconques, l’ensemble des systèmes de même configuration.
- Chaque grandeur caractéristique du problème contient une fonction de cet unique paramètre, et si la détermination de cette fonction doit presque toujours être demandée à l’expérience, la connaissance en entraîne la solution complète des problèmes relatifs à tous les systèmes géométriquement semblables au système expérimenté, pour toutes les vitesses et pour toute espèce de fluide.
- Ainsi la résistance à l’avancement d’un solide immergé (dirigeable, poisson), caractérisé par exemple par un diamètre maximum d, et se déplaçant à la vitesse v est
- de la forme p dîoîf ^ ^ °ù vitesse v et la viscosité
- cinématique v = p. : p, interviennent toutes deux dans la fonction / à demander à l’expérience, mais par l’intermédiaire de l’unique paramètre purement numérique
- — = R, de sorte que d’une série complète d’expériences v
- effectuées par exemple dans de l’eau à différentes vitesses, sur un modèle, il est possible de déduire la résistance d’une carène quelconque semblable pour toute espèce de fluide.
- EXEMPLES DE RÉGIMES SEMBLABLES CHUTE DES SPHÈRES
- Considérons par exemple la chute d’une bille de 1 cm de diamètre dans un fluide épais tel que du miel; pour réduire la vitesse à 1 cm par seconde, la viscosité absolue doit atteindre environ 50 unités CGS ou poises ('). Le
- 1 • 1
- nombre de Reynolds correspondant est donc—— = 0,02
- 1. C’est-à-dire que pour déplacer l’un par rapport à l’autre, à la vitesse relative de 1 cm : sec, deux plateaux parallèles enfermant une couche de 1 cm d’épaisseur du fluide, il faut exercer, en vertu même de la définition de la viscosité un effort tangentiel de 500 dynes ou environ 1/2 gramme-force par cm de surface des plateaux.
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- puisque la masse spécifique du fluide est voisine de 1. Des conditions entièrement semblables se retrouvent pour la chute dans l’air dont la viscosité cinématique est 0,14 stokes, à la vitesse de 0,14 cm : s, d’une gouttelette de brouillard de 2 dixièmes de millimètre de diamètre, puisque le nombre de Reynolds correspondant,
- possède la même valeur,
- 0,14 • 0,02 0,14
- 0,02.
- Dans ce domaine où, comme l’indique la petitesse du nombre de Reynolds, les forces d’inertie peuvent être négligées vis-à-vis de celles dues à la viscosité, la résistance du fluide, proportionnelle à la vitesse, au diamètre et à la viscosité, est donnée par une loi célèbre de Stokes, qui, amplement vérifiée par l’expérience, a été notamment utilisée par Millikan dans ses déterminations précises de la charge de l’électron par l’observation du mouvement dans un champ de gouttelettes d’huile électrisées.
- Par contre l’ascension d’un ballon libre de 2 m de diamètre à la vitesse de 1,4 m : s met déjà en jeu dans le mouvement des filets d’air qui le contournent des effets d’inertie considérables (comme l’indique la valeur élevée
- du nombre de Reynolds : -—— = 200 000) d’où
- résulte pour le sillage une structure extrêmement turbulente dont la complexité, défiant jusqu’à présent le calcul, ne peut guère relever que de l’observation directe. Mais à l’analyse expérimentale de l’objet même ci-dessus, pourra légitimement se substituer, grâce à la similitude hydrodynamique des deux cas, l’investigation d’un modèle présentant le même nombre de Reynolds, par exemple d’une sphère de 20 cm de diamètre dans un courant d’eau de 1 m : s.
- ÉCOULEMENT DANS LES CONDUITES.
- DIVERS RÉGIMES
- L’écoulement d’un fluide très visqueux tel que le mazout, d’une viscosité 5 CGS, dans une conduite de 10 cm de diamètre à la vitesse de 1 m ; s, est de même semblable à celui de l’eau dans un tube capillaire de 1 mm de diamètre à la vitesse de 20 cm : s; les pertes de charge relèvent dans les deux cas de la loi de Poiseuille, valable pour les faibles vitesses ou les viscosités élevées. Mais, si la vitesse, les dimensions ou la fluidité augmentent, le régime, primitivement laminaire, ou tranquille et permanent, fait brusquement place, pour le même nombre de Reynolds voisin de 2000, à un régime turbulent qui n’est plus qu’en moyenne permanent; c’est ce qu’ont mis en évidence les expériences mêmes de ce dernier physicien à l’aide de filets colorés (fig. 11). Au delà de ce nombre critique, la résistance augmente brusquement en suivant une série de lois semi-empiriques valables dans un intervalle plus ou moins étendu (loi de Blasius de R = 5000 à R = 100 000).
- Les figures 12, 12 bis empruntées aux belles expériences de M, Camichel illustrent, dans le cas du cylindre, la succession des régimes qui correspondent à des valeurs croissantes du nombre de Reynolds. Pour les vitesses les plus faibles, l’écoulement est d’abord approximati-
- £
- Effort tangentie! sur le Fluide par unité de Surfa et
- ftv : x
- Fig. 10. — La viscosité caractérise cette propriété physique qu’ont les fluides réels, interposés par exemple entre deux plateaux parallèles, de résister à leur mouvement de glissement relatif, avec une force qui, par unité de surface, est proportionnelle au taux de variation ou gradient de vitesse tangentielle v : x d’un plateau à l’autre.
- vement symétrique en amont et en aval (fig. 12), puis pour les valeurs de R avoisinant 100 se forment en aval deux tourbillons stationnaires à l’intérieur desquels le fluide ne se renouvelle pas.
- Lorsque la vitesse continue à croître, ces tourbillons deviennent instables, et de R = 200 à R = 3000, le sillage consiste en une allée régulière de tourbillons en quinconce (Bénard et V. Karman) que le courant détache et entraîne alternativement aux deux côtés du cylindre (fig. 13).
- Cette alternance détermine sur l’obstacle une réaction transversale alternative de même période, qui, tendant à le mettre en oscillation rend compte, d’une part du chant des fils télégraphiques (harpes éoliennes) (d — 4 mm, V = 7 m : s, v = 0,14 CGS (') ou des vibrations accidentelles à fréquence beaucoup plus basse qu’un vent presque insensible provoque parfois sur les plus gros câbles des lignes de transport d’énergie ou sur les fils chargés de givre (d = 28 mm, v = 1 m : s), d’autre part de l’oscillation incessante que manifestent parfois les roseaux dans un cours d’eau relativement lent (d = 2 cm, v = 10 cm : s, v = 0,01). Toutes ces manifestations correspondent à des régimes d’écoulement semblables caractérisés par le même nombre de Reynolds de l’ordre de 2000.
- L’expérience montre ainsi d’une manière générale que pour certaines valeurs critiques du nombre de Reynolds, se manifeste un changement souvent brusque de la forme de l’écoulement et en même temps de la loi de résistance. Par exemple la résistance d’un cylindre, sensiblement proportionnelle au carré de la vitesse entre R = 15 000 et R = 200 000, tombe au quart de la valeur antérieure,
- 1. La Nature, n° 2471, 13 août 1921. Les phénomènes sonores dans la nature.
- Fig. 11. •— Détermination par Reynolds à l’aide de filets colorés de la vitesse critique d’apparition du régime turbulent faisant suite au régime tranquille ou laminaire.
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- immédiatement au delà de cette dernière valeur critique.
- Pour cette vitesse, en effet, la couche de transition ou couche limite, constituée par les portions du fluide voisines de la paroi et principalement affectées par le frottement, cesse d’être tranquille ou laminaire et, devenant instable, acquiert une turbulence qui brasse activement le fluide mort du sillage avec le courant environnant: les lignes de courant tendent ainsi à reprendre derrière l’obstacle, le cours, symétrique de celui au front, que prévoit l’hydrodynamique du fluide parfait, et la substitution partielle de la surpression corrélative, à la dépression caractéristique du premier régime, explique en même temps la chute brusque de la résistance (fig. 4 et 2).
- LES LABORATOIRES AÉRODYNAMIQUES ET LES ESSAIS DE MODÈLES
- Pour les prolils finement fuselés, le régime d’écoulement se conforme de bonne heure, lorsque la vitesse croît, à la limite que fait prévoir l’hypothèse d’un fluide parfait, de sorte que l’influence du nombre de Reynolds, n’affectant qu’une couche limite relativement mince, peut être souvent négligée en première approximation. C’est ce qui légitime l’étude en soufflerie aérodynamique sur modèles réduits, bien que l’impossibilité d’adopter une vitesse d’essai en raison inverse des dimensions (‘) exclue la conservation du nombre de Reynolds ; à condition toutefois que la maquette ne comporte la reproduction d’aucun organe tel que hauban, corde à piano, dont le coefficient de résistance, variant énormément avec le nombre de Reynolds, rendrait illusoire toute extrapolation.
- Puisque la vitesse de l’air ne jreut pratiquement être
- 1. Outre l’objection de la puissance prohibitive nécessaire (en raison inverse des dimensions), l’emploi de vitesses trop voisines de celle du son, en mettant en jeu la compressibilité, ferait sortir du domaine de validité de la loi de Reynolds.
- Fig. 12. — Écoulement' de l'huile à vitesse très faible autour d’un
- cylindre droit à base circulaire.
- La disposition des fdets est à peu près symétrique à l’amont et à l’aval.
- Diamètre : 2 cm — vitesse : 2 cm : s.
- Viscosité cinématique : 4 CGS.
- augmentée dans les essais de modèles réduits, il n’est possible de respecter le paramètre de similitude de vd
- Reynolds —, qu’en réduisant dans le rapport des dimensions la viscosité cinématique v qui se trouve au dénominateur. C’est ce que réalisent les souffleries aérodynamiques en atmosphère comprimée, construites ou en cours d’installation aux Etats-Unis (') et en Angleterre; en effet, tandis que la viscosité absolue p. des gaz est indépendante de la pression (*), la viscosité cinématique p. : p, est en raison inverse de la pi'ession à température constante; de sorte que l’essai en atmosphère comprimée à 8 atm. assure, pour la même vitesse du vent, la similitude hydrodynamique dans l’emploi de modèles réduits à l’échelle 1 : 8.
- Les efforts par unité de surface sont 8 fois plus grands dans le modèle, mais les efforts totaux et la puissance dépensée sont par contre 8 fois plus petits. L’emploi de fluides plus lourds tels que le gaz carbonique pourrait aussi être envisagé, mais seul celui de l’eau, dont la viscosité cinématique est 14 fois moindre, méritera en général d’être pratiquement retenu ; car bien que les forces mises en jeu soient alors 4 fois plus grandes que dans l’air pour les mêmes dimensions, la puissance nécessaire est par contre environ 3 fois plus faible, à nombre de Reynolds égal. Cette substitution de l’eau à un gaz est particulièrement avantageuse lorsque le modèle peut être plus grand que l’original, par exemple pour l’étude des aubages de turbines à vapeur qui ne se prêtent guère à une investigation directe, tant en raison des faibles dimensions des canaux, que des vitesses élevées du fluide, peu favorables par exemple à la photographie instantanée.
- La figure 14 représente par exemple l’installation d’essai de la Société Brown Boveri à Baden, qui, avec des modèles d’aubes de 10 à 20 cm de longueur placés entre deux glaces parallèles dans un courant d’eau d’une vitesse de quelques mètres par seconde, permet de réaliser
- 1. Voir La Nature, n° 2871, 15 décembre 1931.
- 2. Ce résultat paradoxal et imprévu a été un des premiers succès de la théorie cinétique des gaz (Maxwell).
- Fig. 12 bis. — Forme d'écoulement autour du même cylindre pour une
- vitesse plus élevée : 4 m : s.
- Ces deux figures sont extraites d’une note de MM. Camichel, Escande et Ricaud aux C. B. Ac. Sc., t. 180, p. 557, 1925.
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- Fig. 13. —• Tourbillons alternés ou allée de tourbillons de Bénard-Karman.
- (Figure extraite d.e l’Initiation aux progrès récents de la mécanique des fluides. Soc. des Ing. civ. de France, sept.-oct. 1926).
- des conditions d’écoulement entièrement semblables à celles que présentent des aubes deux à cinq fois plus petites dans un courant de vapeur d’une vitesse de l’ordre de 100 à 200 m par seconde, avec en particulier le même rendement, puisque ce dernier facteur ne dépend que du nombre de Reynolds.
- CONCLUSION
- Bien que la loi de similitude de Reynolds représente l’aboutissement d’un long effort d’analyse des phénomènes naturels, nous espérons avoir montré, par quelques exemples empruntés de préférence à l’observation la plus familière, que cette loi n’est que l’expression élémentaire et nécessaire d’un petit nombre de faits et de relations essentiels.
- A ce titre elle partage avec plusieurs autres lois physiques du même type (*), découvertes à peu près à la
- 1. Loi « du déplacement » de Wien pour la structure du rayonnement dans une enceinte. Loi de similitude de Reech-Froude pour le mouvement de la surface libre d’un liquide pesant. Loi de Sarrau-Bairstow pour l’écoulement des gaz aux grandes vitesses mettant en jeu la compressibilité, etc.
- Fig. 14. — Modèle hydraulique à grande échelle d’aubage de turbine à vapeur, utilisant la loi de similitude de Reynolds.
- Des ülets colorés dessinent les lignes de courant. Remarquer l’accélération du courant au dos des aubes, conforme aux lois du mouvement irrotationnel (extrait de la revue BBC, janv. 1928).
- même époque, le privilège de ne pas dépendre du sort parfois précaire des théories, et, en exprimant un aspect plus fondamental et permanent de la vérité, de représenter ainsi une conquête quasi définitive de la science. Ce caractère impératif, dans son domaine légitime, de la loi de similitude, longtemps ignoré, est demeuré ensuite trop souvent méconnu et contesté, et beaucoup de résultats expérimentaux anciens demeurent inutilisables faute de certaines données essentielles que sa reconnaissance eût soulignées.
- Permettant par contre aux expériences entreprises, dans les conditions ou les domaines à première vue les plus éloignés, de se prêter un mutuel appui, la loi de Reynolds est acceptée aujourd’hui par l’expérimentateur comme le critérium le plus immédiat et le plus sûr de la correction et de la justesse de ses mesures; il est donc permis de penser que, plus généralement comprise et plus familière, elle est sans doute destinée à jouer à l’avenir dans la recherche scientifique et dans l’art de l’ingénieur un rôle encore plus important.
- G. Darrieus.
- L’AVIONNETTE ET LE PLANEUR “ LEYAT
- L’avion est-il arrivé aujourd’hui à sa forme parfaite ? Il serait bien téméraire de l’affirmer. Bien des chercheurs ne considèrent pas la silhouette actuelle de l’avion comme définitive et l’on voit, en effet, surgir fréquemment des formes nouvelles, des modifications d’organes, dans le but de simplifier et de perfectionner le fonctionnement de l’appareil.
- Parmi ces inventeurs animés par la foi dans le progrès, il faut citer M. M. Leyat qui vient, dans ces derniers mois, de réaliser deux appareils remarquables à bien des égards : une avionnette et un planeur.
- M. Leyat compte, du reste, parmi les précurseurs en matière d’aviation. N’est-ce pas lui qui, dès 1908, pour
- rendre plus sûr et plus rapide l’apprentissage de la conduite des appareils, préconisait la méthode du planeur remorqué soit par avion, soit par véhicule terrestre. Cette idée a été reprise, avec le succès que l’on sait, par l’école allemande de vol à voile; et depuis lors elle a été mise maintes fois, en pratique en France comme en Allemagne. M. Leyat lui-même y est revenu, comme on le verra plus loin,, pour les essais de son planeur.
- L’AVIONNETTE HÉLICA
- Nous dirons tout d’abord quelques mots de l’avionnette « Hélica ».
- Dans les avions usuels, tous les éléments sont rigide-
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- Fig. 1. — L’avionneile Ilélica.
- Munie d’un moteur ABC de 35 eli; elle possède une voilure articulée librement et un train de roues monotrace.
- ment solidaires les uns des autres, et les déformations nécessaires à la conduite des appareils sont produites uniquement par le jeu des organes de gouverne, seules pièces mobiles.
- Dans l’avionnette Leyat, l’aile est rendue indépendante du fuselage, de façon qu’elle se présente dans le vent relatif sous une incidence constante. Cette incidence est commandée non plus par le fuselage, mais par un petit gouvernail de profondeur solidaire de la cellule mobile. L’aile est ainsi indépendante du fuselage; l’inertie longitudinale, toujours considérable, de celui-ci n’a plus d’effet sur l’orientation de l’aile, qui conserve fidèlement l’angle d’attaque que lui impose son gouvernail de profondeur.
- L’avionnette « Hélica » a été expérimentée, en vol à Beaune et a donné les résultats suivants.
- 1° Identité des réflexes en vol et au sol : un amateur s’asseyant, pour la première fois, dans un appareil aérien, s’il n’a pas été déformé par la pratique d’un autre avion, conduit correctement au sol et apprend à voler seul et sans danger en moins d’une heure de totalisation.
- 2° La maniabilité au sol de cette machine s’est montrée telle que des virages corrects ont pu être réussis à la vitesse de vol, sur un rayon de 45 m malgré un fort vent.
- 3° L’arrêt à l’atterrissage, sous l’angle de vitesse
- maxima, a pu se faire sans redressement du pilote, en moins de 17 m.
- 4° Des décollages ont été elîectués sur le terrain de Beaune, de la façon suivante : le départ est pris en vent arrière, l’Hélica effectue un virage court, incliné à l’intérieur du virage comme une motocyclette, quelle que soit la vitesse du vent et décolle en entrant vent debout. Cette manœuvre s’effectue sur une bande de terre de 100 m sur 40, située perpendiculairement au vent, sur une bande si réduite qu’aucun autre avion n’eût pu prendre le départ.
- LE PLANEUR A AILES SOUPLES LEYAT
- Les résultats obtenus avec l’avionnette « Hélica » ont conduit M. Leyat, en collaboration avec M. André Jacquemin, à réaliser les curieux et originaux planeurs que nous allons maintenant décrire. Le premier modèle construit était un planeur monoplan, les ailes entièrement articulées autour d’un axe parallèle au longeron unique de l’appareil, pivotaient autour d’une charnière à axe longitudinal. Le haubanage sustentateur était élastique. Les ailes étaient munies de plans de profondeur, se manœuvrant parallèlement et dilîérentiellement. Ces plans commandaient l’inclinaison des ailes autour de l’axe parallèle au longeron. Le corps de l’appareil était un fuselage monotrace. Une roue à l’avant et une béquille à l’arrière protégeaient un vaste gouvernail, comportant un plan fixe.
- La construction de l’appareil était achevée à la fin de l’année 1931. La saison d’hiver ne se prête guère aux essais en vol. Les inventeurs tenaient cependant à se rendre compte au plus tôt de la stabilité de la machine. M. Leyat estime d’autre part que les essais en soufflerie ne donnent que des renseignements insuffisants sur la stabilité d’un appareil, car elles ne permettent d’en étudier les mouvements qu’en courants d’air de direction constante; tandis que, dans la réalité, le courant d’air change constamment de direction par rapport à l’appareil volant.
- M. Leyat, s’inspirant de ses anciennes recherches sur le vol remorqué, organisa de concert avec M. Jacquemin un laboratoire roulant. Une automobile Bu-gatti de 2,3 litres à suralimenteur, munie d’un treuil, servit d’appareil remorqueur et permit d’essayer ainsi des maquettes au quart de la grandeur réelle.
- Les essais eurent lieu sur route par tous les temps ; les inventeurs en tirèrent d’utiles leçons ; ils modifièrent le modèle primitif pour le simplifier radicalement.
- Sur le nouveau planeur construit en 1932, les plans de profondeur sur chaque aile ont disparu; le manche à balai actionne un différentiel qui par l’intermédiaire de deux câbles de 1 m 50 agit directement sur les ailes. Plus de gouvernail de profondeur, plus d’ailerons, deux ailes seulement articulées et mobiles, deux ailes vivantes. Les commandes sont réduites à leur plus simple expression, et permettent de s’accommoder d’un poste de pilotage peu encombrant.
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- Les premiers essais de vol réel furent des plus satisfaisants.
- L’appareil, lancé par remorquage, aussitôt libéré du câble se maintenait, à peu de distance du sol et dans un air fort agité, avec une stabilité et une précision jusqu’alors inconnues.
- A l’atterrissage, le planeur se posait et restait immobile, horizontal, sans tomber, le vent debout le maintenait au gré du pilote qui, au bout d’une minute, laissait poser délicatement le bout de l’aile à terre.
- Le premier modèle avait donné lui aussi une ample
- Fig. 4. — Voiture de course de M. Jacquemin, transformée en laboratoire aéronautique, pour étudier la stabilité de modèles d’ailes au 1/4 de la grandeur naturelle.
- moisson d’utiles enseignements. Ses ailes avaient été construites hâtivement et présentaient des défauts que l’expérience révéla.
- On entreprit aussitôt la construction de deux nouvelles ailes calculées pour satisfaire au programme suivant : construction d’un planeur devant être essayé en vraie grandeur au treuil, le seul laboratoire admis, reconnu et employé par M. Leyat depuis 1908, et en outre capable de recevoir un groupe propulseur de 1200-cm3.
- Les constructeurs s’imposèrent un coefficient de sécurité minimum de 5. Ici, une remarque est nécessaire : ce coefficient n’a absolument rien de commun avec l’indice des essais statiques officiels. C’est un coefficient de sécurité, réel, c’est-à-dire qu’aucune pièce ne subira
- Fig. 3. — Le planeur Legal vu de côté.
- donc effectivement, en fonctionnement, un effort supérieur au cinquième de sa charge de rupture ; en vertu des principes mêmes de la machine, on peut, en effet, déterminer rigoureusement ces efforts pour chaque pièce et les limiter en conséquence.
- Le fuselage reste celui du premier appareil ; il adonné satisfaction, il a résisté aux atterrissages, dans les terres labourées, et, avec son train, il ne pèse que 22 kg.
- On construisit d’abord une seule aile, ce qui permit d’essayer un deuxième profil, plus constructif. L’aile définitive mesure 6 m de longueur, 7 m’2 de surface. Avec son monolongeron et ses ferrures, elle pèse 10 kg sans toile, 14 kg 300 avec toile. Essayée statiquement, elle tient sans déformation permanente la charge 4 de l’appareil à moteur. D’où un coefficient de sécurité au moins égal à 10 en planeur sans moteur.
- La deuxième aile achevée, le 10 août dernier, on procéda à des essais au treuil pour déterminer le régime et la vitesse de l’appareil. Et dès le 11 août, après réglage définitif, l’appareil lancé par le treuil remorqueur exécutait ses premiers vols, vols splendides effectués comme
- Fig. 5. — Le poste de pilotage du planeur Leyat-Jacquemin. (Un débutant fait son apprentissage.)
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- pour un numéro de cirque : à l’altitude, à la vitesse et à l’angle et la distance voulus.
- M. Jaquemin qui pilote à la perfection la nouvelle machine obtient le décollage dans les 20 m, un seul aide tenant l’aile au départ et raccompagnant pendant 4 à 5 m : la montée dure 11 secondes, au bout desquelles le câble se déclenche seul. Les essais ainsi effectués ont permis de conclure qu’un moteur de moins de 2 ch
- suffirait pour donner à l’appareil en vol horizontal une vitesse de 60 km à l’heure.
- En présence de ce succès, les inventeurs ont décidé de monter sur le planeur le groupe mo-topropulseur prévu plus haut; des essais intéressants ont eu lieu dans les derniers beaux jours, nous nous réservons d’y revenir quand les inventeurs auront achevé la mise au point définitive de ce petit avion.
- Les résultats que nous avons mentionnés sont déjà fort prometteurs : le planeur Hélica
- aspect :
- pas de gouvernail de profondeur, pas d’ailerons, un seul et immense gouvernail vertical, des ailes mobiles qui pendent mollement au repos pour ne se déployer et ne se raidir qu’en vol. Mais il a déjà à son actif mieux qu’une originalité de forme; c’est un appareil extrêmement maniable et qui semble se prêter admirablement à la formation des apprentis pilotes.
- Une expérience a été faite par M. Leyat pour étudier l’adaptation des réflexes humains à cette machine; il a pu constater que des débutants réussissaient à totaliser 45 minutes de vol sur place, vol équivalent à un vol par rafale. Sur des appareils de ce genre, qui offrent le minimum de dangers, l’apprentissage, facilité par la pratique du remorquage, doit être remarquablement rapide. E. Weiss.
- UN PORT EN EAU PROFONDE POUR LE TONKIN
- Lorsqu’en 1885, il fut décidé de procéder à l’occupation définitive du Tonkin, le seul point qui parut se prêter
- au débarquement des troupes destinées à cette opération et du matériel considérable qui les accompagnait se trouva être la ville ou plutôt la bourgade d’Haïphong, située sur le Cua-Cam, l’un des nombreux bras que le fleuve Rouge projejte jusqu’aux eaux du Golfe du Tonkin, et à 30 kilomètres environ de son embouchure.
- Le corps d’occupation trouvait dans ce port une base commode située sur la voie fluviale qui pouvait le conduire directement et rapidement au centre du pays où il s’agissait de s’établir solidement. Cette route d’eau permettait en outre d’amener facilement à pied d’œuvre, tout le ravitaillement nécessaire. Ce furent donc des raisons d’ordre purement militaire, qui firent adopter Haïphong comme base fluviale. Du point de vue maritime, la solution ainsi donnée au problème du débarquement était loin d’apparaître comme satisfaisante. En effet, les navires qui amenèrent les troupes de la métropole possédaient tous un tirant d’eau qui ne leur permettait
- Fig. 1. — Plan montrant une nouvelle solution envisagée pour améliorer le port de Haïphong. (D’après l’Agence économique de l’Indo-Chine.)
- PORT COURBET
- Ile .des Deux
- taux Cerfs
- l.de la Mangue
- ILE DE LA
- BAIE DE
- Cua t<
- Echelle
- 10 km
- Hondau
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- pas d’accéder à Haïphong, et il devenait nécessaire de les transborder sur des navires cet accès fût possible. Les régiments et leur matériel durent ainsi subir les inconvénients et les retards de transbordements qui s’opéraient dans les eaux tranquilles et profondes de la baie d’Halong, située à environ 80 km. C’était une solution médiocre, mais il n’en existait pas d’autre. On comprend aisément que cet afflux de troupes et le mouvement qu’il entraînait, furent, pour Haïphong, la cause principale d’un développement considérable. Un centre commercial important s’installa sur les rives boueuses du fleuve, le long desquelles on dut aménager des points d’accostage pour les navires, des estacades pour le débarquement du matériel, etc...
- Lorsque la conquête fut achevée, une ville grande et prospère avait remplacé la primitive bourgade : le commerce maritime ne trouvant ailleurs aucune ressource ni installations commodes, se voyait contraint de remonter jusqu’à llaï-
- Fig. 3. — Cargo en déchargement à Haïphong.
- phong, qui devint ainsi l’unique et important port du Tonlcin. Mais à mesure que le mouvement maritime s’accroissait, les inconvénients de la situation de ce port se révélaient jusqu’à faire apparaître la nécessité de rechercher la possibilité de doubler le port fluvial d’un véritable port maritime, en eau profonde.
- Voici, en effet, comment peut se caractériser cette situation.
- Haïphong est placée à près de 30 km de la mer, en plein delta du fleuve Rouge et du Thai-Binh, lesquels, drainant une immense partie de la plaine tonkinoise, charrient une énorme quantité d’alluvions. D’après M. Gauthier, chef du Service hydraulique du Tonkin, (Digues du Tonkin), le fleuve Rouge a un débit de 700 m3 seconde en régime normal, de 30 000 m3 seconde en temps de crue.
- En temps normal, il charrie de 100 à 500 grammes de terre par m3, 3 kg 500 par m3 en crue.
- La masse de limon transportée annuellement est de 130 millions de tonnes, présentant 80 millions de m2.
- Le delta empiète sur la mer de 10 km tous les 100 ans. « C’est par suite de ce travail mathématiquement réglé d’avancée du rivage, dit le Commandant Castex dans une note de 1930, qu’on retrouve dans les plaines, au milieu des rizières, des rochers rappelant à s’y méprendre les îlots de la baie d’Halong. La presqu’île accidentée de Do-Son est déjà reljée à la terre, ce sera demain le tour de l’île de Hon-Dan. Au vne siècle, Hanoï était un port maintenant perdu à 100 kilomètres dans l’intérieur des terres, au xvne siècle les flots s’avançaient jusqu’à Hung-Yen, a présent à 60 kilomètres de la mer. "
- « De plus la partie de ces apports vaseux qui ne s’arrêtent pas en route vont former, à l’embouchure même des voies menant à la mer, au point où ils se heurtent aux courants de marée, une barre devant laquelle un certain nombre de navires doivent renoncer à pénétrer dans le fleuve, d’autres attendre que la marée montante ait mis
- Fig. 4. — Navire au mouillage devant Haïphong dans le Cua-Cam.
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- Fig. 5. — Les rives plaies et vaseuses du Cua-Cam à Haiphong.
- assez d’eau sur ]a barre pour leur permettre de la franchir.
- Le bras du Cua-Cam, qui mène le plus directement à Haiphong, est, à son embouchure, obstrué par deux barres, l’une, intérieure de vase, l’autre de sable dur, sur lesquelles, aux plus basses mers, il ne reste que 2 m 80
- Fig. 6. — Jonques descendant le Cua-Cam.
- d’eau, et la mer y monte seulement de 3 m en vive-eau de sizygies et de 2 m 50 en vive-eau moyenne. L’accès en est donc limité aux navires calant au maximum 5 m et encore ceux-ci ne peuvent-ils passer les barres qu’à la pleine mer ». Le Cua-Cam fut jusqu’en 1896 la seule voie ouverte vers Haiphong.
- A cette époque, devant les difficultés qui se présentaient à la navigation, on mit à exécution un projet étudié depuis 1894 et qui consistait à emprunter un autre bras du flleuve Rouge, le Cua-Nam-Trieu dont la barre était de 70 cm plus basse que celle du Cua-Cam.
- Mais une fois entrés dans le Cua-Nam-Trien, les navires ne pouvaient passer dans le Cua-Cam, seule voie d’accès à Haiphong, qu’en empruntant un chenal tortueux et difficile nommé le Vong-Chau.
- La Chambre de Commerce d’Haiphong n’hésita pas à adopter une solution consistant à creuser à même dans les vases de l’île de Dinh-Vu, un chenal rectiligne réunissant les deux bras du fleuve Rouge et permettant le passage du Cua-Nam-Trieu dans le Cua-Cam.
- Comme complément de ce travail, on devait draguer la barre du Cua-Nam-Trieu de façon à augmenter la profondeur de l’entrée. Ces travaux furent exécutés en 1896. Ils comprenaient, en outre, d’importants aménagements des rives mêmes du Cua-Cam devant Haï-phong.
- Mais les énormes dépenses qu’entraînèrent ces travaux ne purent faire de cette ville un grand port d’accès commode. Il ne reste toujours sur la barre du Cua-Nam-Trieu que 3 m 60 d’eau aux plus basses mers. Et comme les jdIus fortes marées n’y apportent que 3 autres mètres, on voit que le tirant d’eau des navires désireux d’atteindre le port ne peut dépasser 6 m en leur laissant seulement une marge de sécurité de 60 cm. C’est assurément plus que modeste. Avec les marées moyennes, et les mortes-eaux, ce chiffre se verra encore notablement abaissé. Or c’est au moins 10 mètres qu’un port moderne se doit d’offrir aux navires qui le visitent, et cela en tout état de marée. Le canal de Panama admet le tirant d’eau de 12 m et celui de Suez va être creusé à 13 m.
- Enfin pour maintenir ces 6 m si péniblement et si chèrement obtenus, la Chambre de Commerce doit consacrer chaque année un nombre respectable de millions à des dragages incessants, tant dans les chenaux que sur les barres.
- Or, en 1883, le très distingué ingénieur hydrographe de la Marine, Renaud, auquel, ainsi qu’à son collègue Rollet de l’Isle, l’amiral Courbet confia l’établissement des premières cartes de la côte du Tonkin, disait déjà «• On ne drague pas une barre telle que celle du Cua-Cam », opinion que confirma récemment M. Roger Ducamp, inspecteur des Eaux et Forêts, dans les termes suivants :
- « Le port de Haiphong, sans que personne ose dire le contraire, est voué à un envasement plus ou moins rapide et complet. Le système des dragages est ici insuffisant. Il s’envasera malgré les millions dépensés déjà, et il s’envasera malgré ceux que l’on demande encore pour maintenir l’accès de la mer ».
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- La solution d’un vrai et bon port pour notre colonie tonkinoise doit donc être cherchée ailleui’s qu’à Haïphong.
- Et il serait d’autant plus insensé de s’entêter à vouloir le fixer en ce point que la nature a placé au fond de la baie d’Halong, à Port-Courbet, sur la partie Nord de l’île des Buissons un excellent port naturel, en eau profonde, où tout envasement est impossible.
- Il y a deux ans, les questions relatives aux ports de l’Indo-Chine furent étudiées par une commission technique opérant sur les lieux. Les travaux de cette commission se sont poursuivis pendant les 4 premiers mois de 1930 et ont abouti à l’établissement d’un très intéressant programme d’équipement dont M. de Rouville, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, vice-Président de cette Commission, a publié un résumé dans le Génie civil (n08 des 21, 28 février, 7 mars 1931).
- Nous en extrairons ce qui concerne spécialement le port d’Haïphong. « L’existence « au Tonkin d’un grand port capable de rece-« voir les navires à fort tirant d'eau est une nécessité cc inéluctable pour le développement économique du « nord de la Colonie indo-chinoise.
- cc Or, malgré l’importance de son trafic (*) et de ses « industries, Haïphong, grand port autonome bien « outillé, ne répond pas encore à cette nécessité, à cause cc de l’insuffisance et de l’instabilité des fonds dans le cc chenal le réunissant à la mer.
- « L’amélioration durable des accès maritimes d’Haï-« phong constituait, on peut l’affirmer, le problème « le plus urgent et le plus délicat de ceux soumis à la « commission.
- « Le chenal actuel conduisant au large suit le parce cours ci-dessous indiqué : Le Cua-Cam, la coupure ce artificielle de Dinh-Vu, traversant l’île du » même nom, et le Cua-Nam-Trieu.
- ce Mais, en raison de l’importance des ap-cc ports alluvionnaires dans les bouches de ce ce fleuve, il faut exécuter chaque année, à la ce barre du Cua-Nam-Trieu, d’énormes dra-cc gages, environ 1 250000 m3 de vase dont ce l’enlèvement coûte 2500000 francs de face çon à conserver au débouché du chenal une cc profondeur de 5 m 50 permettant, avec « l'aide des marées, le passage de navires calant « 7 m.
- « Or, pour maintenir à Haïphong sa situation cc de grand port du Nord, on doit pouvoir y « admettre en tout temps des navires calant « 9 m et par suite réaliser un chenal d’accès cc gardant, sans travaux excessifs, la cote cc de 7 m 50. »
- Il est permis de penser, que de la lecture de ceci ressort la condamnation définitive de
- 1. En 1928, Haïphong a reçu, entrées et sorties, long cours et cabotage réunis, plus de 17 000 navires, jaugeant ensemble 4 500 000 tonnes
- Fig. 7. — Une passe dans les îles rocheuses de la Baie d'Iialong.
- Haïphong comme grand port maritime. Cependant la Commission ne paraît pas s’y résoudre, et elle préconise ma solution du problème dont le moins qu’on puisse en dire est qu’elle taille dans le grand !
- Haïphong resterait, comme il l’est, un port fluvial, accessible seulement aux navires calant 7 m au maximum.
- Ces navires y ^arriveront toujours par la coupure de Dinh-Vu. Mais un avant-port annexe sera créé à l’Est de la coupure de Dinh-Vu, dans une concavité de la rive droite du Cua-Nam-Trien où l’on a des profondeurs naturelles de 10 m et où pourraient mouiller les navires calant 9 m.
- Ce port serait réuni à Haïphong par une voie ferrée
- Fig. 8. •— Le port de'Hongay.
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- et une route de 9 km de longueur, franchissant le Cua-Cam sur un pont à travées mobiles.
- De l’avant-port du Cua-Nam-Trien on irait à la mer par une route entièrement nouvelle comportant une seconde coupure de 6 km de long, de 150 m de large et de cote — 7 m 50 réunissant le Cua-Nam-Trien au Lach-Huyen, à travers les vases de l’île de lla-Nam. Un chenal serait creusé dans le Lach-Huyen à la cote — 7 m 50 avec 150 m de largeur (fig. 1).
- Ce Lach-lluyen présente, au point de vue de son accès, un avantage sur les bras du fleuve Rouge, c’est que ses eaux sont relativement claires, n’étant pas en relation directe avec le fleuve Rouge, et qu’elles sont en conséquence beaucoup moins chargées en vase.
- Vers son embouchure, ce chenal serait couvert, sur sa rive droite, par une digue de 12 600 m atteignant en mer les fonds de 7 m 50.
- A noter que, par cette nouvelle voie, ne pourraient encore accéder à l’avant-port du Cua-Nam-Trieu, à toute heure de marée, que les navires calant au maximum 7 m 30, et à la pleine mer seulement ceux de 9 m de ealaison. La commission estime néanmoins que la solution qu’elle préconise donnerait des communications aisées pour les grands navires entre Haïphong et la mer, et pour les chalands charbonniers entre Haïphong et la baie d’Halong.
- Cette nouvelle et troisième solution laisse cependant subsister, notons-le, la nécessité, avec les frais qu’il comporte, d’un transbordement des chargements à l’avant-port pour tous les navires calant plus de 7 m 50. Quant au coût de ces travaux, il* est estimé (?) à 10 400 000 de piastres, soit 140000 000 de francs ! Celui des travaux d’entretien et de dragage de la barre du Lâch-LIuyen n’est pas chiffré, mais on peut, d’avance, le tenir pour non négligeable.
- Quant à l’amélioration possible de la voie du Cua-Nam-Trieu, la commission pense qu’il vaut mieux y renoncer parce qu’elle coûterait 14 millions de piastres !
- Fig. 9. •— Un quai à Kamfa-Port.
- Et pour quel résultat ? Dans tous ces projets on ne trouve donc point là encore ce port en eau profonde, accessible à tout état de marée, dont le Tonkin doit être obligatoirement doté un jour ou l’autre.
- Ce port en eau profonde, où donc le trouver ?
- Le plus simple examen répond à cette question, s’il est fait en toute indépendance. Il existe, au fond de la baie d’Halong, où la nature a creusé, à Port-Courbet, à liongay, une série de ports et d’anses admirablement disposés, et qu’il serait aisé d’aménager pour recevoir les grands navires.
- Dans la baie même d’Halong qui sert de vestibule et de grande rade à ces ports en puissance, dans ces ports eux-mêmes, la hauteur du fond reste immuable (x), aucun fleuve, aucun cours d’eau n’y venant déverser la moindre quantité de vase.
- Pour permettre de façon définitive l’accès de ces ports, il suffirait de creuser en travers de la baie d’Halong dans une direction à peu près Nord-Sud un chenal de 10 m de creux au-dessous du 0 des cartes, et de 60 m de largeur sur 8 à 9000 m de longueur conduisant de la passe de 15 m de la sortie de Port-Courbet à celle de 10 m où aboutissent les diverses passes qui conduisent au large à travers les pittoresques rochers de la baie célèbre. Déjà l’exploitation des importants gisements de charbon de Hongay a provoqué la création des ports de Hongay et de Kam-fa où les vapeurs qui viennent charger le combustible trouvent des quais (3 quais de 80 m à Hongay, 1 quai de 300 m à Kam-fa) avec appa-reils de chargement. Actuellement ces deux ports sont accessibles aux bâtiments calant 8 à 9 m, mais ils doivent tenir compte qu’il existe une barre de 5 m 50 à l’entrée.
- On trouve donc, dans la partie Nord de la baie d’Halong, l’amorce de ce port en eau profonde, accessible à toute heure du jour et de la nuit aux navires à grands tirants d’eau, dont notre colonie du Tonkin ne peut se passer, et qui ouvrira à une exploitation intensive le magnifique bassin houiller et les autres gisements de cette partie du Tonkin.
- La création de ce port aura comme corollaire la construction d’une voie ferrée de 110 km environ, qui reliera Port-Courbet et ses alentours à Hanoï.
- Est-ce à dire que le port d’Haïphong doit disparaître ? Nullement. Il doit rester ce qu’il est, un bon port fluvial, aboutissement de l’intéressante voie d’eau qu’est le fleuve Rouge avec ses nombreux bras et canaux, port de cabotage et de chalandage, auquel la présence, à courte distance d’un excellent port en eau profonde, bien outillé à la moderne apportera un nouvel élément d’activité et de prospérité.
- 1. Ces fonds n’ont pas varié depuis 30 ans, époque à laquelle la carte a été établie. (Lieutenant de vaisseau commandant la canonnière Moqueuse, 1926.)
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- Écoutons ce que disait, dès 1885, l’éminent ingénieur hydrographe Renaud.
- «Prendre un port dans les bras du fleuve Rouge, où les alluvions mettent aux embouchures des barres infranchissables aux grands navires, c’est donner à notre belle colonie un organe qui n’est pas en rapport avec sa vitalité, avec son avenir.
- « Ce serait assumer pour l’avenir, la plus lourde responsabilité et ce serait certes encore, rendre vraisemblable l’opinion de ceux qui prétendent que nous ne sommes pas colonisateurs, et que nous avons le talent de nous installer toujours aux plus mauvais endroits.
- « Seul Ilongay ou Port-Courbet peut devenir, à très peu de frais, port profond; il est en communication intérieure par eau avec les centres du delta, il peut êlre relié à lianoï par voie ferrée établie économiquement. 11 est le seul remplissant ces trois conditions. Il sera « dans Vavenir le port définitif du Tonkin ».
- Si les suggestions si sages de Renaud avaient été comprises et suivies, le Tonkin posséderait actuellement en baie d’IIa-long un port magnifique, répondant à tous les besoins, qui aurait puissamment contribué à l’essor commercial de notre colonie tonkinoise, et dont l’installation n’aurait coûté qu’une minime partie des sommes et des efforts, toujours d’ailleurs à aventurer, que Haïphong et ses voies d’accès ont englouties et continueraient d’engloutir si la logique et le bon sens ne devaient un jour triompher.
- Cl Sauvaire-Jourdan.
- Tien -yen
- Kébao
- ixBambous
- PORT
- ong-wong
- I. du Sud
- iong -laï-tao
- Echelle
- Chenal ou passage___
- Courbes et cotes de
- profondeurs
- Fig. 10. — Le port de Kam-Fa dans l’archipel des Faï-Tsi-long, côte Est du Tonkin.
- LE PROBLEME DE VENUS
- Si d’une manière générale nous connaissons les principaux caractères des mondes célestes qui avec la Terre font partie du système solaire, bien des problèmes restent encore à élucider, à leur égard... Vénus, notre plus proche voisine parmi les planètes importantes, s’est montrée la plus rebelle à une investigation satisfaisante ainsi que divers articles parus ici même p), l’ont exposé avec évidence. Connue volontiers sous le nom à’Etoile du Berger, d’Etoile du soir, ou du Matin, elle est celle qui s’impose le plus aux regards humains, en raison de son exceptionnel éclat. Rappelons encore les feux qu’elle jetait dans le ciel du soir au printemps dernier; on la vit ainsi briller magnifiquement jusqu’au début 1. Voir notamment : n° 2802, lorfév. 1929 et n°2824, 1er janv. 1930.
- de juin, puis ensuite se noyer rapidement dans le crépuscule, pour réapparaître le matin dans l’aurore, en juillet, après une courte période de disparition. Dans la course que nous lui voyons accomplir autour du.Soleil, elle est passée entre ce dernier et la,Terre le 29 juin» Un tel événement n’aurait en lui-même rien de particulier, s’il ne nous offrait l’occasion d’effectuer certaine^ observations d’un grand intérêt, sur lesquelles nous devons insister tout d’abord.
- On connaît le mécanisme des phases de Vénus. Au moment où elle se trouve sur le même alignement que l’astre du jour, la planète tourne alors entièrement vers nous la moitié non illuminée de son globe ; autrement dit celui-ci reste invisible dans l’espace. Mais, par contre,
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- dans ces conditions, Vénus nous permet de contempler directement l’atmosphère dont elle est environnée; en effet, cette enveloppe gazeuse, réfractant et diffusant les rayons solaires, apparaît alors illuminée tout comme l’est le ciel terrestre au crépuscule, longtemps après le coucher du Soleil (fig. 2), ou bien avant son lever, à l’aurore. Rien que ceci apparaît comme un témoignage de sa réelle importance, encore qu’il soit bien difficile
- d’avoir des données très précises à cet égard.
- Ne qualifions pas de fait nouveau la visibilité de l’atmosphère de Vénus, telle qu’il a été facile de l’apercevoir le 29 juin. Cette enveloppe a été observée maintes fois déjà, et plus spécialement lors des passages de la planète devant le Soleil en 1874 et 1882; lors de ce dernier, quelques remarques ont été faites, qui sont en conformité avec celles que j’ai pu faire récemment. Langley avait distingué non seulement l’auréole brillante au moment de l’entrée sur le Soleil, mais aussi en un certain point, un élargissement semblable à une lueur s’étendant vers l’intérieur du disque obscur. Le 29 juin, le ciel étant très pur, j’ai vu l’auréole avec des inégalités d’épaisseur et d’éclat, rappelant, mais avec moins d’évidence, le phénomène précédent (fig. 1). Il faut noter que la planète, sur son orbite inclinée, se trouvait ce jour-là à 3° au-dessous du Soleil et que le décalage en perspective amoindrissait l’importance de la lueur crépusculaire sur le contour opposé à la direction de l’astre du jour; de ce côté, au contraire, Vénus présentait un éclat très vif dû à la présence d’un très mince croissant que la perspective laissait découvrir. Enfin, soit illusion, soit réalité, à l’intérieur de ce croissant dont les pointes très prolongées se perdaient dans l’anneau lumineux, le globe de Vénus paraissait légèrement plus sombre que le ciel environnant ; il est permis de penser, comme on l’a déjà supposé, que la planète se détache légèrement sur l’extension de la couronne solaire, apparence qui, d’ailleurs, peut être renforcée par illusion d’optique.
- De ces observations seulement résumées ici, la conclusion générale s’impose que l’atmosphère de Vénus, avec des inégalités de transparence, joue certainement un rôle important dans la visibilité de la surface même de la planète, laquelle ne peut se distinguer qu’à travers ce voile aérien. Sur sa qualité, on se perd en conjectures, par suite des résultats contradictoires fournis par l’analyse spectrale : après l’avoir crue très riche en vapeur d’eau, d’autres déterminations fournissent des conclusions diamétralement opposées... Cependant, les belles recherches polari-métriques de Lyot admettent la présence de nuées formées comme les nôtres de gouttelettes aqueuses ; une appréciation analogue semble pouvoir être formulée d’après les photographies obtenues en lumière ultraviolette par Ross.
- De toutes façons, nous devons admettre une enveloppe dont la base serait rendue assez opaque par la présence de troubles quelconques,
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- Nord
- 3 ç
- Sud ——il............... I —...................—.... !.. _.......
- Fig. 3. — Carie générale, dressée à Vobservatoire de Donville, des configurations de la surface de Vénus, sur la seule moitié de son globe recevant l’éclairement solaire.
- Les configurations représentées ici, sous trois perspectives principales différentes, correspondant aux élongations et à la conjonction supérieure sont reconstituées par raccordement des détails partiellement et successivement distingués à travers les troubles atmosphériques de Vénus.
- (Les coordonnées sont seulement approximatives.)
- tandis qu’à sa partie supérieure, sur une épaisseur assez faible sans doute, elle reste suffisamment pure pour engendrer l’effet crépusculaire défini plus haut.
- Quelle que soit la nature des troubles de la zone inférieure de cette atmosphère, ils apparaissent comme des
- voiles blanchâtres qui d’une part, réfléchissent vivement la lumière solaire et dont l’extension, d’autre part, masque en grande partie la surface du globe, qui, même lorsqu’elle se découvre, peut être voilée par la diffusion de la lumière dans ce milieu encore mal connu.
- Fig. 4. — Trois aspects télescopiques de Vénus, permettant de reconnaître les mêmes configurations masquées plus ou moins partiellement
- et successivement, par des voiles blanchâtres dont l'extension ou la position ont varié.
- (La valeur des contrastes est exagérée, pour mieux mettre ces phénomènes en évidence.)
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- Fig. 5. — Quelques aspects, à des époques de phases différentes, de la région polaire australe avec les mêmes taches blanches qui paraissent correspondre à des surélévations, en raison des déformations qu'elles infligent à la limite de l’éclairement.
- A cet état de choses, sans doute aucun, devons-nous l’incertitude qui règne à l’égard des configurations du sol et du mouvement de rotation.
- Un article datant déjà de quelques années (x) résumait l’ensemble de mes observations de Vénus, effectuées depuis 1892 jusqu’en 1927. L’examen des dessins pris au cours de cette période semblait autoriser quelques conclusions, notamment à propos des aspects parfois fort différents d’une époque à l’autre; de même se rencontraient des contradictions évidentes dans l’appréciation du mouvement de rotation qui tantôt s’est trouvé conforme à la durée de 225 jours, affirmée par Schia-parelli, tantôt a paru relativement rapide, d’après d’appréciables déplacements de certains détails.
- Ces divergences conduisaient à admettre que la non-conformité des aspects reconnus — dont la visibilité
- 1. N° 2802, 1er fév. 1929.
- rappelons-le, est très délicate ou difficile— pouvait s’expliquer par l’existence de troubles importants au sein de l'atmosphère de Vénus, troubles nous dérobant en majeure partie les détails de la surface et dont, soit la persistance prolongée par rapport à la direction de la radiation solaire, soit le déplacement, engcndraienta lors des apparences autorisant des conclusions diverses.
- Depuis, de nouvelles et nombreuses observations, obtenues plus favorablement aussi, m’ont fourni des arguments plus serrés grâce à quelques particularités apportant les éléments qui manquaient pour interpréter, ou relier des faits paraissant incohérents.
- La comparaison de tous les dessins maintenant rassemblés révèle finalement que les aspects observés doivent se rapporter à la simultanéité de phénomènes différents. En effet, si les aspects dessinés ne semblent pas comparables à première vue, leur examen attentif révèle que (tenant compte de la perspective suivant la phase) certaines plages grises, lorsqu’elles sont visibles, occupent toujours les mêmes points du globe. Lorsque ces plages cessent d’être facilement reconnaissables, on en retrouve au moins l’un des contours ; ou bien si elles restent invisibles, on constate dans les deux cas que la modification ou la disparition se rapporte à la présence d’une plage blanchâtre plus ou moins discernable dans sa qualité et son extension (fig. 4). Ces dernières formations paraissent essentiellement variables, tout aussi bien en superficie qu’en emplacement ; certaines séries permettent également de constater des changements de positions qui peuvent correspondre au déplacement réel d’un voile entier, ou bien à une apparence de même ordre, née d’un phénomène se propageant de proche en proche.
- En conclusion, les aspects visibles résulteraient donc de la présence de formations aériennes se superposant, variablement, aux configurations propres de la surface, qu’elles laisseraient entrevoir inégalement. La contradiction entre les divers aspects observés tantôt à une époque, tantôt à une autre, s’expliquerait alors aisément; de même les différentes valeurs trouvées pour la durée de la rotation pourraient être imputables aux modifications progressives de l’emplacement des portions de plages grises visibles seulement dans les intervalles des plages claires se déplaçant ou se modifiant dans leurs limites. Mais la persistance des premières, dans des positions fixes par rapport au terminateur, indique d’une part qu’elles appartiennent au sol de la planète dont elles représentent des détails permanents, et d’autre part confirme la rotation de même durée que la révolution, en 225 jours, découverte par Schiaparelli. Ainsi une seule moitié de Vénus, qu’éclaire constamment le Soleil, peut se découvrir à nos yeux. Sur cet hémisphère où nous ne les voyons en tous les cas que voilés par la diffusion atmosphérique (ce qui justifierait leur faible visibilité), les accidents de la surface ne pourraient se découvrir presque jamais ni simultanément ni dans leur étendue complète. Il semble possible cependant, d’après les
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- nombreux documents que j’ai pu recueillir de relier les points lixes et toujours identifiables. Cette tentative de l'accord s’est trouvée satisfaisante, et a fourni, dans ses grandes lignes, une image du sol de la planète, tel qu’il se découvrirait dégagé du voile troublé et instable de l’atmosphère.
- La carte ainsi obtenue (fig. 3) représentant sous diverses perspectives principales la partie de la surface de Vénus éclairée par le Soleil, ne doit être considérée encore que comme une esquisse en première approximation, faute de mesures précises et en raison de lacunes ou d’inexactitudes probables dans un tel essai de reconstitution.
- Sur la-nature des détails du sol de Vénus, il est difficile de se prononcer; les configurations aperçues et montrées par la carte ci-dessus représentent-elles une distribution de continents et d’océans comme sur noire monde ? Des investigations plus étendues et plus complètes, à tous égards, sont à poursuivre encore. Mais, de l’examen de ces aspects, on croit plutôt voir se dégager une nature rappelant la complexité de la surface lunaire, du moins quant à la façon dont se relient ses grandes étendues grisâtres aux tonalités multiples. Une telle comparaison
- se soutiendrait mieux sans doute si nous faisions la supposition de notre satellite environné d’une atmosphère trouble et vu de très loin. Ces conditions, d’ailleurs, peuvent se réaliser approximativement en considérant une toute petite image de la Lune, manquant de netteté ou aperçue à travers le voile laiteux d’un fort papier à calquer. Cette expérience reproduit assez correctement, non dans leur distribution, bien entendu, mais dans leurs caractères, les aspects de la surface de Vénus.
- De toutes façons, cette surface doit posséder quelques surélévations notables à en juger par certaines particularités visibles comme des régions très blanches dans la région polaire australe (fig. 5).
- Malgré toutes ces incertitudes encore, quelques remarques s’imposent à l’égard de la planète Vénus. Sans alternatives de jour et de nuit comme ici-bas, recevant une radiation certainement très intense en raison de la proximité relative du Soleil (fig. 6), ce monde, si semblable au nôtre en dimension, s’en différencie totalement à tous autres points de vue.
- Lucien Rudaux, Observatoire de Donville.
- BRESLAU. SON NOUVEL EMETTEUR
- ET SON ANTENNE A TOUR UNIQUE
- On sait que les phénomènes de distorsion et le fading si gênant se produisent, pour les ondes moyennes, déjà à environ 70 km de distance d’un émetteur de T. S. F. Ces phénomènes sont dus à l’interférence du rayonnement à travers le sol avec le rayonnement à travers l’espace, réfléchi par la couche de Heaviside. Pour les éviter, il faut chercher à supprimer le rayonnement à travers l’espace, tout en renforçant, dans la mesure du possible, le rayonnement propagé à travers le sol.
- Le poste émetteur ultra-puissant récemment installé à Breslau, fait appel à une solution nouvelle de ce problème, solution due aux ingénieurs de la Société Tele-funken. Elle se présente sous la forme d’une antenne à tour unique.
- Cette antenne est constituée par une tour de bois de 140 m de haut (la tour de bois la plus élevée du monde) qui, à l’intérieur, renferme un fil d’acier vertical, coïncidant avec son axe; à l’inverse des antennes émettrices usuelles, oscillant à 1/4 de la longueur d’onde, cette antenne comporte un nœud d’intensité à environ 1/12 de sa hauteur au-dessus du sol. La pointe de cette tour est couronnée par une capacité annulaire terminale, constituée par un anneau de bronze de 10,6 m de diamètre et qui, grâce à sa capacité, équivaut, pour la hauteur de la tour, à une hauteur supplémentaire de 40 m.
- Les essais ont pleinement confirmé les calculs théoriques. Une mesure faite au sol, à environ 2 km de l’émetteur, a permis de constater une intensité de champ supérieure de 26 % à celle qu’on mesure avec une
- Fig. 1. — Latour en bois de 140 m de haut servant de support à l’antenne du nouveau poste de radiodiffusion de Breslau.
- Au fond le .bâtiment abritant l’émetteur proprement dit.
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- Fig. 2. — Le poste de Breslau.
- Le dernier étage émetteur comportant 4 lampes de 150 kilowatts chacune dont deux servent de rechange.
- antenne de la forme usuelle. Cette amélioration de la réception équivaut à un surplus de 50 % de la puissance de l’émetteur.
- D’autre part, à 80 km de distance de l’émetteur, l’intensité du champ entre 19 h 30 et 1 h du matin, a, avec une antenne du type normal, subi des fluctuations de 1 à 30, fluctuations compliquées d’une distorsion très marquée. Avec la nouvelle antenne, la fluctuation maxima de l’intensité du champ, pendant le même intervalle, a été de 1 à 2, tandis que les fluctuations normales ne dépassaient pas 1 à 1,2. C’est dire que la nouvelle antenne à tour unique donnait une réception presque parfaitement stable, alors que l’antenne normale ne permettait pas de réaliser une réception régulière.
- Cette supériorité s’est révélée, d’une façon encore plus
- Fig. 3. — Les serpentins en porcelaine parcourus par l’eau refroi dissant les anodes des tubes émetteurs.
- saisissante, lors des essais de réception à 160 km de distance de l’émetteur. Avec une antenne normale on a, en effet, constaté, à cette distance, des fluctuations de 1 à 50, c’est-à-dire bien trop fortes pour qu’on puisse encore écouter un programme de T. S. F.
- Avec la nouvelle antenne, la fluctuation maxima, pendant toute la série d’essais, a été de 1 à 12, tandis que les fluctuations normales ne dépassaient pas 1 à 3. En d’autres termes, grâce à la substitution de la nouvelle antenne à celle du 1ype normal, on a réalisé, à 160 km de distance, une réception considérablement meilleure qu’à 80 km, avec l’antenne normale. Le rayon de réception stable se trouve ainsi augihenté d’au moins 100 pour 100, en même temps que la superficie où une réception libre de fading est assurée est quadruplée. Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que ce résultat remarquable se trouve réalisé avec une antenne d’une conception particulièrement simple, tandis que toutes les constructions jusqu’ici imaginées dans un but analogue prévoyaient un grand nombre de mâts d’antennes, couvrant une superficie considérable.
- On pouvait craindre que la réduction du rayonnement spatial ne donnai lieu à des difficultés, pour les réceptions à grande distance. Les confirmations de réceptions reçues de Grèce, d’une part, des pays Scandinaves et de Finlande, d’autre part, font voir que ces appéfiensions sont dénuées de fondement. On constate, en effet, partout que Breslau est actuellement de tons les émetteurs allemands, y compris Kœnigswusterhausen, celui qu’on reçoit avec l’intensité acoustique la plus forte.
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- Quant à l’émetteur lui-même, il est d’une conception analogue à celle du nouvel émetteur de Langenberg, mis en service, il y a six mois. L’énergie lui est fournie par l’usine centrale de Silésie, sous la forme de eourant triphasé à 10 000 volts, converti en courant continu à 12 000 volts, par un redresseur à vapeur de mercure. Les anodes des grands tubes émetteurs sont soumises à cette tension.
- Les étages principaux de l’émetteur sont à découvert et, par conséquent, d’un accès facile. La constance de la fréquence est assurée par l’emploi, dans le premier étage, d’un contrôle par cristal de quartz maintenu à température constante. La modulation se fait dans le 5e étage; dans le 6e étage, on se sert de lampes de 20 kw refroidies à l’eau, tandis que le 7e étage comporte des lampes de 150 kw (fi g. 2).
- Des dispositifs de refroidissement absorbent la chaleur très considérable développée dans les lampes: ils comportent des serpentins en porcelaine d’une grande longueur qu’on voit en partie sur la figure 3.
- Dr A. Gradf.nwitz.
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- LA DÉSAGRÉGATION DE LA MATIÈRE
- LE MÉCANISME DES TRANSFORMATIONS RADIOACTIVES
- La constitution des atomes et des isotopes. —
- Ainsi que nous l’avons exposé dans un article précédent (1), l’atome est constitué par un noyau positif autour duquel gravitent — telles des planètes autour d’une étoile —des électrons négatifs. Ces derniers sont des charges élémentaires d’électricité négative. L’atome est neutre, le noyau ayant une charge positive égale en valeur absolue à celle des électrons qui gravitent autour de lui. La charge positive du noyau est due à la présence de protons. Ceux-ci sont des charges élémentaires d’électricité positive. La charge d’un proton étant en valeur absolue la même que celle d’un électron ils se neutralisent exactement. Le noyau positif n’est pas composé uniquement de protons, il contient également toujours — sauf dans le cas de l’hydrogène — un certain nombre d’électrons; mais les protons y sont toujours en excédent. Sa charge positive est donc mesurée par la différence entre le nombre de protons et le nombre d’électrons. Un nombre de ces derniers égal à cette différence constitue la périphérie de l’atome. La masse de l’atome est presque entièrement concentrée dans les protons, ceux-ci étant 1830 fois plus lourds que les électrons. L’atome est caractérisé par deux , nombres entiers :
- 1) Le nombre de protons qui détermine le poids atomique (en prenant comme unité le poids d’un proton).
- 2) Le nombre atomique déterminant le nombre d’électrons qui gravitent autour du noyau et, par conséquent, l’individualité chimique de l’atome. Tout élément est caractérisé par son nombre atomique.
- Mais ce nombre atomique représente aussi le résultat d’une différence : il est égal au nombre de protons moins le nombre d’électrons contenus dans le noyau. Or il n’y a pas de rapport fixe entre ces deux nombres. Le même nombre atomique peut donc être obtenu de diverses manières. Ainsi, le nombre atomique 3 qui caractérise le lithium peut provenir de la différence (6-3) ou de (7-4). En fait, il existe dans la nature des atomes de lithium dont le noyau contient 6 protons et 3 électrons, et d’autres dont le noyau contient 7 protons et 4 électrons ; le nombre atomique est le même dans les deux cas, on a donc bien affaire au même élément. Les atomes de lithium à 6 protons et ceux à 7 protons ont des propriétés chimiques rigoureusement identiques. Il est impossible de les séparer par l’analyse chimique. Mais leurs poids atomiques sont différents : l’un a le poids atomique 6 et l’autre le poids atomique 7. Les atomes qui ont même nombre atomique mais se différencient par leurs poids atomiques sont dits isotopes. Le lithium que l’on rencontre dans la nature est un mélange d’isotopes de P. A. 6 et de P. A. 7. Le mélange est en proportion telle que son poids atomique est 6,94. Le poids atomique d’un corps étant égal au nombre de protons contenus dans le noyau d’un de ses atomes ne peut être qu’un nombre entier; mais la plu-
- (1) La constitution des atomes et les densités stellaires. (La Nature du 15 septembre 1932, p. 266.
- part des éléments sont en réalité des familles d’isotopes inséparables par l’analyse chimique. Ces mélanges d’isotopes se trouvent dans la nature en proportions à peu près fixes : c’est pourquoi les poids atomiques que l’on détermine en chimie analytique sont en général fractionnaires. Ainsi le magnésium (P. A. 24,32) est un mélange d’isotopes de poids atomiques 24, 25 et 26; le chlore (P. A. 35,457) est un mélange d’isotopes de poids atomiques 35, 37 et 39; le krypton (P. A. 82,9) est un mélange d’isotopes de poids atomiques 78, 80, 82, 83, 84, 86, etc...
- Jusqu’ici, aucune théorie ne permet de prévoir quels isotopes existent. Leur existence a été déterminée expérimentalement par Aston en étudiant l’action sur des atomes électrisés et très disséminés d’un champ électrique et d’un champ magnétique. Cette action est, en effet, proportionnelle à la charge et inversement proportionnelle à la masse de l’atome.
- On connaît peu de choses sur la structure du noyau; on sait qu’il occupe un volume très faible et qu’il est composé de protons et d’électrons. L’hvdrogène, dont le noyau n’est composé que d’un proton, a le nombre atomique 1. L’élément suivant, l’hélium — de nombre atomique 2 —• a un noyau formé de 4 protons et 2 électrons. Il serait assez difficile de concevoir que 2 ou plusieurs protons puissent exister, seuls, aussi rapprochés qu’ils le sont dans le noyau : ils exerceraient les uns sur les autres une répulsion violente qui les éloignerait. Les électrons assurent l’équilibre du noyau et l’empêchent d’éclater. Toutes les combinaisons possibles existent sans doute. Tout élément pour lequel plusieurs combinaisons approximativement stables — correspondant toutes à son nombre atomique — existe a des isotopes. A ce point de vue, on peut séparer les éléments en deux catégories : les uns ont un noyau parfaitement stable; les autres se désagrègent peu à peu : ce sont les corps radioactifs.
- La radioactivité et ses lois. •— Les corps radioactifs émettent deux sortes de particules : les particules a et les particules [3. Ces émissions matérielles sont parfois accompagnées d’émission d’énergie sous forme de radiation électro-magnétique : les rayons f. Les particules a sont composées de 4 protons et de 2 électrons, ce sont donc des noyaux d’hélium (nombre atomique 2). Les particules p sont constituées par des électrons. Les premières comme les secondes proviennent du noyau de l’atome; leur émission change son individualité chimique. Lorsqu’un atome émet une particule a (4 protons et 2 électrons) la charge positive de son noyau diminue de 4 — 2 — 2 unités. Son nombre atomique diminue donc de 2 unités et son poids atomique diminue de 4 unités, puisque seuls les protons entrent en ligne de compte pour le calcul du poids atomique. Lorsque l’atome émet une particule P, la charge positive de son noyau, et par conséquent son nombre atomique, augmentent d’une unité. Le poids
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- atomique reste inchangé puisqu’il ne dépend pas des électrons. Les lois des transformations radioactives sont les suivantes :
- 1) Une émission a provoque un abaissement du nombre atomique de 2 unités et un abaissement du poids atomique de 4 unités.
- 2) Une émission provoque une élévation du nombre atomique de 1 unité et laisse inchangé le poids atomique.
- Tous les corps radioactifs proviennent de la désagrégation de deux d’entre eux : Y uranium et le thorium. En se désagrégeant, chacun de ces deux éléments donne successivement naissance à une série d’autres éléments eux-mêmes radioactifs. Les deux séries aboutissent à des isotopes stables du plomb. Nous indiquons dans les tableaux I et II les décompositions successives du thorium et de l’uranium.
- Une des principales caractéristiques d’un élément radioactif est sa période : c’est le temps au bout duquel la moitié de ses atomes seront désagrégés. Le nombre de particules aoujü émises par une masse contenant un corps radioactif donné est proportionnel à tout instant au nombre d’atomes non transformés qu’elle contient. Considérons la transformation — par émission d’une particule [3 —-du radium de poids atomique 228 en actinium de même poids atomique. (Voyez tableau I, transformation II). La période de cette transformation est de 6,7 années. Supposons que nous possédions 1000 atomes de ce radium : au bout de 6, 7 années 500 atomes auront émis une particule [8 tandis que les 500 autres seront restés inaltérés. Au bout d’une nouvelle période de 6,7 années 250 de ces derniers auront émis leur particule [3 et il restera 250 atomes de radium de poids atomique 228, etc. Chaque atome émettra une, et une seule particule [3,
- mais, tandis que certains d’entre eux l’émettront sitôt après leur formation, d’autres resteront stables pendant plusieurs dizaines d’années. Ceci ne provient pas du fait qu’un certain travail s’opère dans l’intérieur de l’atome — durant de nombreuses années sans que nous puissions le constater — aboutissant à l’émission d’une particule (3. L’atome de radium de poids atomique 228 qui vient d’être formé (par désagrégation d’un atonie de thorium) a autant de chances de se transformer immédiatement qu’un atome existant depuis plusieurs dizaines d’années. La désagrégation n’est pas due à un phénomène de vieillissement, mais au hasard.
- Pour pouvoir poursuivre notre raisonnement, nous devons maintenant ouvrir une assez longue parenthèse pour dé Unir exactement ce que nous entendons par « hasard ».
- Le mécanisme des émissions radioactives. — Prenons un jeu de 52 cartes, tirons-en une, notons quelle est cette carte, reinettons-la dans le jeu, brassons-le et tirons à nouveau une carte, etc... Si après avoir répété cette opération un très grand nombre de fois nous additionnons le nombre de fois que chaque carte est sortie, nous trouverons des nombres égaux à une très faible différence près. Supposons que nous ayons tiré A cartes : chaque carte devrait être sortie A/52 fois; retenons la valeur de l’écart pour la carte où il est le plus grand et exprimons-le en pour 100 de A/52. Nous pourrons dire d’une manière générale que chaque carte est sortie A/52 ± a pour 100 fois. Plus A augmente, plus a diminue et il arrivera un moment où il sera suffisamment petit pour que nous puissions le négliger. A ce moment nous pourrons dire que le calcul des probabilités s’applique à l’étude du phénomène. Les lois de probabilités ne sont applicables
- que lorsqu’on considère de grands nombres et sont d’autant plus exactes que ces nombres sont plus grands. Remarquons que la carte que l’on vient de tirer et de remettre dans le jeu a la même probabilité de sortir de nouveau que n’importe quelle autre carte. Il n’est pas possible de prédire quelle carte sortira à un coup donné, ni dans quel ordre sortiront successivement les cartes ; il n’y a aucun rapport de cause à effet entre la sortie d’une carte et celle de la suivante, pas plus qu’entre deux sorties successives de la même carte. Par contre, nous pouvons dire combien de fois chaque carte sortira lors de la succession d’un grand nombre de coups.
- Nous allons maintenant introduire trois hypothèses sur la structure du noyau atomique ; elles nous permettront tout d’abord de poursuivre notre
- Fig. 1. — Les éléments radioactifs de la famille du Thorium.
- Po ids atomi
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- définition du hasard, puis d’expliquer par le hasard la vitesse de désagrégation.
- Voici ces trois hypothèses :
- 1) Les protons et les électrons qui constituent le noyau atomique sont en mouvement constant les uns par rapport aux autres.
- 2) Ces mouvements sont désordonnés, c’est-à-dire qu’ils ne se succèdent pas dans un ordre quelconque. On peut supposer que le mouvement de chaque proton ou de chaque électron est constamment modilié par ses rencontres avec les autres ou par son passage à leur proximité. La configuration du noyau se modifie donc sans cesse.
- 3) Un corps est radioactif lorsque les configurations que peut présenter son noyau sont en partie instables.
- Chaque configuration possible a une certaine probabilité de se réaliser.
- C’est-à-dire que — tout comme dans le cas des cartes qui sortent — on pourrait, si l’on avait les éléments nécessaires à ce calcul, déterminer combien de fois chaque configuration possible se reproduira dans une suite assez longue de changements successifs, ou combien de fois cette configuration se produira dans un grand nombre d’atomes pendant un temps donné. La vitesse de désagrégation doit donc pouvoir être prévue par une loi ayant la même forme qu’une loi de probabilité. Cette loi n’a pu, jusqu’à présent, être déterminée qu’expé-rimentalement. On peut l’énoncer comme suit :
- La vitesse de désagrégation est proportionnelle à tout instant au nombre d’atonies non désagrégés ; elle est indépendante de l’âge de la préparation.
- Cette loi ne permet pas de prévoir la destinée d’un atome pris isolément : elle n’est applicable qu’à l’ensemble d’un grand nombre d’atomes. On dit que la désagrégation d’un atome plutôt que d’un autre est due au hasard. Ceci veut dire que la méthode que nous utilisons pour étudier le phénomène conduit à des lois statistiques, c’est-à-dire à des lois qui ne sont valables que pour un grand nombre. Mais, bien entendu, la destinée de chaque atome est réglée par des lois qui ne nous sont pas connues, mais qui ne sont probablement pas inconnaissables. Elles ont du reste moins d’intérêt puisque nous avons toujours à considérer non un atome isolé mais un grand nombre d’atomes.
- Ainsi que nous l’avons dit ci-dessus, toutes les substances radioactives proviennent de la désagrégation de deux d’entre elles : l’uranium et le thorium. Lorsque l’on abandonne une certaine quantité de l’un de ces corps, sa composition se modifie peu à peu. Chaque atome de substance mère se transforme successivement en atomes de toute une série de corps radioactifs. Mais les périodes de ces diverses transformations sont très différentes les unes des autres. Nous indiquons ci-contre les périodes des diverses transformations du thorium :
- Les éléments radioactifs de la famille de l'uranium.
- Transformation. Durée.
- I 90 000 000 000 années
- II 6,7 années
- II 6,2 heures
- IV 1,9 année
- V 3,64 jours
- VI 54,5 secondes
- VII 0,14 seconde
- VIII 10,6 heures
- IX 60,8 minutes
- X 0 000 000 000 001 seconde
- XI 3,2 minutes
- Les périodes des substances radioactives s’étagent donc entre une faible fraction de seconde et plusieurs milliards d’années. La composition d’une préparation fraîche va donc en se modifiant; au bout d’un certain temps l’équilibre radioactif est atteint. A ce moment, il se forme et se décompose la même quantité de chaque terme intermédiaire. Sauf en ce qui concerne la substance mère et la substance finale, la composition de la préparation reste constante. La proportion de chaque constituant dépend alors de sa période et de celle du constituant qui lui a donné naissance. Les périodes indiquées ci-dessus ont du reste été calculées en se basant sur la composition de préparations en état d’équilibre radioactif. Par'contre, il est évident que la proportion de substance mère va constamment en diminuant et celle de la substance finale constamment en augmentant.
- Le rapport entre les quantités de substance mère et de substance finale permet de calculer l’âge de la préparation : ceci peut s’appliquer à la détermination de l’âge de la Terre. C’est une 'question que nous examinerons dans un prochain Numéro.
- (A suivre.) Y. Mayor.
- Poids atomiques 230 226 222
- Fig. 2.
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- = COMME LE JEU DE L’OIE =
- LE YO-YO EST RENOUVELÉ DES GRECS
- II est des circonstances ou l’on aime à supposer que les astrologues ont raison, qui prétendent que les constellations les plus lointaines ont une influence sur la destinée des hommes et que, par conséquent, nous sommes complètement irresponsables de nos actes, soumis à des lois cosmiques auxquelles rien ne nous permet d’échapper.
- C’est, du moins, entre autres, l’excuse que l’on voudrait trouver aux personnes respectables, aux vénérables vieillards que nous voyons en ce moment, de tous côtés, s’exercer, avec la gravité que comporte une telle occupation, à faire descendre et remonter le long d’une ficelle le double disque du « yo-yo », jeu dont ces âmes ingénues expliquent la passion avec laquelle elles l’adoptèrent, en prenant pour prétexte sa nouveauté.
- On étonnerait sans doute beaucoup de ces amateurs, en leur apprenant qu’ils défendraient mieux leur cause s’ils invoquaient au contraire la haute antiquité de leur jouet favori et ses vieux titres de noblesse.
- Sous des noms divers, en effet, on le retrouve dans l’histoire.
- Il a été le jeu des rois, après avoir été celui des héros de la Grèce homérique. Il a inspiré le pinceau des artistes, la verve des pamphlétaires, la fantaisie des chroniqueurs. 11 a été le symbole de toute une classe sociale qui s’est consolée avec lui de ses infortunes, le compagnon des exilés, leur introducteur auprès des peuples qui les accueillirent...
- Toutes ces lointaines vertus ne plaident-elles pas
- Fig. 1. — Une joueuse de yo-yo dans l'antiquité. Peinture sur un vase grec du Musée de Berlin.
- mieux en sa faveur que l’incertain succès d’une trop éphémère actualité ?
- Refaisons à contre-pied le chemin suivi par ce petit instrument, qui pourrait également revendiquer l’honneur de figurer dans cette revue en rappelant que son fondateur, Gaston Tissandier, y fit dès le début bonne place aux jouets de « physique amusante ». La force d’inertie, l’élasticité de la matière et bien d’autres grandes lois mécaniques ne sont-elles pas ici en cause ? Pour un peu, les yoyoteurs les plus acharnés seraient en droit de prétendre qu’ils ne s’occupent que de résoudre des problèmes de science pure. En leur laissant cette illusion, contentons-nous de nous arrêter un instant aux étapes successives que leur inofîensif divertissement a parcourues.
- Sa dernière trace n’est pas lointaine. Sauf erreur, c’est en 1907, lors du seplième concours Lépine, au jardin des Tuileries, qu’on observe sa résurgence.
- Pour les petits inventeurs, l’heure est grave. Il ne s’agit de rien moins que de détrôner, dans la faveur du public, un autre ressuscité, le Diabolo, qui connaît alors une vogue aussi inattendue et aussi universelle que le yo-yo actuel.
- L’un de ces téméraires rivaux s’appelle le Spiro-Came. Si ce n’est le yo-yo, c’est donc son frère, car, sauf un détail qui n’est qu’un perfectionnement, il lui ressemble en tous points.
- Son démonstrateur, M. A. Denis, nous le présente {La Nature, supplément au n° 1794), comme un disque de bois, portant une gorge profonde, où s’enroule une ficelle.
- On laisse tomber le disque « qui se met à tourner jusqu’à ce que la ficelle soit complètement déroulée; puis le mouvement continue en vertu de la vitesse acquise et, la ficelle s’enroulant en sens inverse, le disque remonte. »
- Si ce n’est pas là le yo-yo, qu’est-ce donc ?
- La seule différence consiste en ce fait qu’au lieu d’être tenue à la main, la ficelle s’attache par l’autre bout à une sorte de crochet où doivent, si le joueur est habile, venir s’insérer les tiges débordantes de l’axe qui passe par le centre du disque. Cela augmentait un peu la difficulté.
- Peut-être les enfants de 1907, à qui le Spiro-Came était exclusivement destiné, étaient-ils plus exigeants pour leurs récréations que les adultes de 1932 ?
- En tout cas, ce petit appareil ne semble pas avoir connu le triomphe du yo-yo, ni celui du Diabolo son rival, répandu à ce moment sous toutes les formes imaginables.
- Il en était de bois, de métal, de celluloïd, de liège, de caoutchouc, d’étoffe. On en trouvait de toutes les tailles et de tous les prix, à partir de 10 centimes. Il existait même des diabolos pneumatiques, pouvant être envoyés sans dommage dans la figure des passants ou sur les meubles de famille.
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- Il n’y avait pas à essayer de lutter et la concurrence était impossible. Le Diabolo resta maître du terrain.
- Continuons notre marche rétrograde. Elle nous amène, aux environs de 1862, en présence d’une respectable lady, indignée de recevoir dans son auguste face victorienne, une « sensation bail » qui n’est, encore une fois, que notre yo-yo, irrévérencieusement lancé par un « rude boy » à l’esprit sarcastique.
- Le témoignage de cet événement est gravé pour l’immortalité dans une page du Punch, le fameux journal satirique anglais. Un commentaire nous apprend que ce jeu est, à l’époque, la nouvelle plaisanterie en faveur sur la voie publique.
- . De même que le yo-yo, l’irrespect des jeunes couches pour les anciennes n’est pas un phénomène de notre temps.
- Nous entrons maintenant dans la période de gloire du yo-yo, son âge héroïque.
- La Révolution vient de chasser de France les ci-devant nobles.
- Us s’en vont, emportant à l’étranger leurs précaires instruments de travail, leurs pinceaux de miniaturistes ou leur pochette de maîtres à danser. Et la plupart d’entre eux exportent aussi leur émigrette : traduisez, une fois de plus, yo-yo.
- C’est, là comme ici, un jeu, mais c’est aussi, avons-nous dit, un symbole. Son mouvement d’aller et retour, n’exprime-t-il pas le regret du départ vers la terre d’exil en même temps que l’espoir de revenir un jour sur la terre des aïeux ?
- Et, comme c’est un jouet d’aristocrates, les fabricants en font un objet de luxe.
- Les disques sont tournés dans le bois de rose, dans l’ivoire, dans l’écaille, dans les métaux précieux, rehaussés de riches incrustations.
- L’étranger accueille avec faveur le nouveau-venu. Ses parrains lui ouvrent les portes jalousement gardées de la high-life. Et les mains royales elles-mêmes ne dédaignent pas de s’en emparer.
- Il faut croire même que cette occupation les absorbe et les distrait au delà de toute mesure, car elle apporte le trouble jusque dans la vie sentimentale de leurs Augustes Majestés !
- Une gravure de 1791 ne nous laisse en effet, aucun doute sur ce sujet délicat.
- Elle nous présente le prince de Galles d’alors, le futur George IV, sous un aspect beaucoup moins flatté que par le pinceau de Gainsbôrough, dans les célèbres portraits de Windsor ou du Cabinet des Estampes, mais probablement plus ressemblant, au moins au moral, s’il faut s’en référer à l’histoire, qui nous a laissé un souvenir peu édifiant de ce prince, de ses goûts frivoles. de sa pauvreté d’esprit, des désordres de sa vie privée.
- Sur cette image, l’héritier du trône se montre si profondément occupé, absorbé, hypnotisé par un certain jouet que sa main fait sauter en mesure, qu’il en oublie non seulement la présence à ses côtés d’une de ses favorites, Mrs Fitzherbert, mais, fait plus grave, ignore
- Fig. 2. — Le dauphin, fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette, tenant un yo-yo.
- (Tableau de Mme Vigée-Lebrun du Musée d’Auxerre (ph. Harry).
- aussi celle du fameux chef whig, Sheridan, chez qui l’admiration passionnée qu’il éprouve pour les idées de la Révolution française n’exclut pas celle qui le domine à cette heure pour les charmes de la dame en question.
- Or, le jeu qui retient à ce point l’attention princière est, vous l’avez deviné, le yo-yo, désigné dans le texte qui accompagne l’illustration sous le nom de Bandelure. Cette orthographe est d’ailleurs contestable, car plusieurs documents contemporains, entre autres un texte d’Horace Walpole, daté de 1790, écrivent Bandalore, forme qui paraît être à l’époque communément adoptée.
- Quoi qu’il en soit, c’est l’émigrette, introduite par les Français, mais que la rumeur populaire désigne déjà autour d’eux sous le nom de Prince of Wales’s toy, jouet du prince de Galles, ou, plus simplement, sans doute par onomatopée : quiz.
- Mais si les Français sont les importateurs de l’objet, on doit le retrouver en France à la même époque. Cher-chons-le.
- C’est encore la peinture qui va nous renseigner; et c’est encore un enfant royal qu’elle nous représentera, porteur du jouet-protée.
- Le portrait, que chacun peut voir, et même admirer,
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- Fig. 3. — Un yo-yo de la période napoléonienne.
- Le jouet est fait de deux joues d’ivoire réunies par un axe en bronze
- au musée municipal d’Auxerre, est dû au pinceau de l’amie de Marie-Antoinette, Mme Vigée-Lebrun et est celui du dauphin, fils de Louis XVI.
- L’œuvre, évidemment antérieure à 1792, comme suffirait à le prouver le décor, qui n’a rien de celui de la prison du Temple, doit être cependant postérieure à 1789, à en juger par l’âge apparent de l’enfant.
- La question posée à ce propos par un journal quotidien sur le nom du jouet ne semble donc pas justifiée.
- Il devait, dès ce moment, s’appeler l’émigrette. Et c’est sans doute par une allusion facile à saisir que le peintre l’a mis entre les mains de celui que l’Histoire devait appeler Louis XVII.
- Cependant, le principe de l’émigrette n’avait pas été inventé par les émigrés.
- On retrouve en effet sa trace, sous le nom de diable (qu’il ne faut pas confondre avec le diabolo) à diverses époques de notre histoire, et notamment sous le règne de Henri III, où le jeu essaya peut-être de rivaliser, mais sans succès, avec le bilboquet, cher au roi et à ses favoris.
- D’où venait-il ?
- A la même époque, on l’aperçoit qui glisse le long de sa ficelle, à la cour du pape Grégoire XIII, où un moine anonyme l’a introduit, sous, le nom de motopendolo, pendule mouvant, pour ridiculiser, s’il faut en croire les Historiæ et Facetiæ de Jacopo du Luco, les récentes et subversives théories d’un certain Galilée, sur l’isochronisme du pendule.
- Mais ce moine sceptique n’est pas encore l’inventeur.
- L’objet existait bien avant lui, probablement sous ce nom de Bandalore que nous avons retrouvé en Angle-
- terre et -dont fa vague sonorité hindoue pourrait bien nous remettre sur la voie, en tournant notre attention vers le monde oriental.
- Dans le texte d’Horace AValpole auquel il est fait plus haut allusion, cet auteur parle d’un certain sir Harry Englefield, devenu professeur de Bandalore, jeu. auquel il attribue une origine arabe, tandis que lui, Walpole, le croit plutôt une invention turque. Comme il ne donne pas de preuves de son assertion, elle est assez difficile à contrôler.
- Ici, les témoignages graphiques font défaut.
- L’art arabe n’a jamais songé à représenter de telles scènes.
- Allons donc plus loin que l’Arabie. Jusqu’en Extrême-Orient. Nous verrons bien...
- Nous y voilà. Et le voici ! Le voici sur une estampe japonaise, plus moderne il est vrai puisqu’elle date de 1720, mais qui, dans ce pays immuablement fidèle alors à la tradition, représente sans doute une scène très ancienne.
- L’image, due au pinceau de Mitsunobu, dans un livre de biographie édité à Osaka, nous montre un père de famille faisant sauter la teguruma, la « petite roue à main », devant ses enfants émerveillés... Cette fois nous devons être près de la source, dans ce pays du Soleil-Levant, d’où la lumière nous vient.
- Pas encore !
- Elle est beaucoup plus loin, la source, et non pas aux fontaines de la lumière, mais à celles de la civilisation.
- Voici en effet deux importants documents antiques.
- C’est d’abord un vase grec, présentement au musée de Berlin, et sur lequel figure une incontestable joueuse de yo-yo, tenant le jouet déroulé, de sa main droite. Et c’est ensuite et surtout un vase peint du musée d’Athènes où le yo-yo est représenté en coupe transversale, puis sur ses deux faces, décorées de scènes mythologiques où apparaissent Thétis, Poséidon et Héraclès, armé de sa massue et les épaules couvertes de la peau du lion néméen.
- Après cet exemple là, il semble qu’il n’y ait plus qu’à tirer... la ficelle.
- Il resterait cependant une suprême découverte à faire, que nous apporteront peut-être un jour les maîtres de la préhistoire : ce serait un yo-yo de bronze, ou de pierre, ou taillé dans un bois de renne, et où demeureraient encore visibles les vestiges d’une corde en boyau de loup ou de chat tigre !...
- Une telle découverte n’a, théoriquement, rien d’impossible.
- Car, enfin, nos ancêtres des cavernes avaient des loisirs...
- Et, s’il faut én juger d’après nos contemporains, comment saurait-on mieux occuper ses loisirs qu’en jouant au yo-yo ?
- Fig. 4.
- La résurrection du yo-yo en 1907.
- Le spiro-came. (Figure extraite de La Nature n° 1794).
- R. ThÉVenin.
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- LES BROUILLARDS NOCIFS
- A la séance du 17 octobre dernier de l'Académie des Sciences, M. Matignon, professeur au Collège de France, a rappelé une ancienne-observation de brouillard nocif dans la vallée de la Meuse qui appuie singulièrement les sages conclusions auxquelles on est arrivé après étude du brouillard récent
- Nous croyons intéressant de reproduire in extenso cette note.
- Le brouillard intense qui s’est maintenu dans la vallée de la Meuse pendant les quatre premiers jours de décembre de l’année 1930 a causé la mort de 70 personnes et entraîné la maladie de plusieurs milliers d’habitants.
- Les experts ont montré que les éléments nocils provenaient des foyers industriels et domestiques de la région et étaient surtout constitués par les acides sulfureux et sulfurique (x).
- 11 me paraît intéressant de signaler à l’Académie l’observation d’un brouillard malfaisant faite par le pharmacien militaire Paissé le 14 nivôse, an VIII (4 janvier 1800) à Maestricht (alors chef-lieu d’un département français) également dans la vallée de la Meuse.
- « Le 14 nivôse, un brouillard peu épais couvrait l’horizon, à 9 heures il s’éleva de quelques mètres, à 11 heures il devint plus considérable, à midi il était si épais que deux personnes près l’une de l’autre avaient beaucoup de peine à s’apercevoir, à 3 heures sa densité était encore plus grande (température +9°).
- « Il exhalait une odeur si fétide qu’il gênait fortement la respiration; l’odeur et l’âcreté de ce météore étaient si désagréables, que j’ai cru un instant que cette propriété lui était communiquée par les vapeurs du combustible bitumeux dont on fait usage dans le pays, et je n’ai été entièrement désabusé qu’en m’éloignant de la ville; en pleine campagne, je me suis trouvé aussi vivement affecté de ses effets; mes yeux étaient irrités au point de laisser couler des larmes involontaires. Je suis rentré chez moi après avoir surmonté les plus grandes difficultés.
- « Le brouillard ne se dissipa qu’à 9 heures du soir.
- « Le lendemain j’ai vu plusieurs personnes se plaindre d’avoir éprouvé, dans la nuit du 14 des insomnies, et moi-même j’étais dans ce cas; il est également entré à l’hospice militaire de cette place plusieurs militaires atteints d’engorgement aux glandes parotides et aux testicules; cette affection était généralement accompagnée de surdité.
- « Un pharmacien de cet hospice, qui paraissait bien portant le jour du brouillard, éprouva pendant la nuit du 14 un irisson fébrile, qui détermina une inflammation à la gorge, avec extinction de voix, un violent mal de tête et une surdité complète (2j ».
- Parmentier, dans un Mémoire qui fait suite (3), propose tout un programme d’essais pour déterminer la nature des vapeurs qui constituent ces brouillards, établir les différences qui
- 1. Mage et Batta. Chimie et Industrie, 27, 1932, p. 961.
- 2. Paissé. Annales de Chimie, 34, an VIII, 1800, p. 119.
- 3. Ibid., p. 225.
- existent entre elles et, par des expériences bien exactes, fixer leurs propriétés physiques et chimiques.
- Il voit d’ailleurs, dans les fumées des foyers (on consommait déjà la houille dans la vallée de la Meuse), la cause des malaises, évidemment beaucoup moins graves qu’en 1930, en raison du petit nombre d’usines existant alors dans la vallée.
- Il note également une observation faite à l’occasion d’un grand brouillard qui se manifesta à Paris l’année précédente.
- « Je remarquai que, dans la cour de la maison où je me trouvais, l’odeur de ce brouillard était comme bitumeuse, et que sa saveur était si âcre qu’elle faisait mal à la gorge ; mais qu’à une distance de 400 m environ, cette odeur et cette saveur étaient bien moins fortes, et par conséquent plus supportables.
- « Pour me rendre raison de cette différence, je m’informai si, dans le voisinage de la maison où j’étais, on ne brûlait pas du charbon de terre. J’appris en effet qu’à très peu de distance il y avait un forgeron. »
- La fumée, à la sortie de la cheminée, ne se répandait pas dans l’atmosphère, mais était refoulée dans le brouillard.
- « J’en conclus que l’odeur bitumeuse dont j’étais frappé devait être attribuée, en grande partie, à la fumée de la forge; ce qui acheva de me le prouver, c’est qu’à 200 m plus loin, l’odeur était infiniment moins sensible.
- « Je tirai encore de cette observation une autre conséquence, c’est qu’il devait en être de la fumée qui sortait de toutes les maisons voisines, comme de celle de la cheminée de la forge dont j’avais examiné la marche. La fumée des combustibles ordinaires ayant toujours, comme on sait, une odeur et une saveur désagréables, il me semblait qu’en se mêlant avec le brouillard, elle devait nécessairement produire, sur ceux qui étaient exposés à son contact, des effets différents de ceux qu’ils auraient éprouvés s’ils avaient seulement été entourés d’un broaillard dans lequel il n’y aurait pas eu de fumée mêlée.
- « J’aurais bien désiré pouvoir vérifier si ma conjecture était fondée; mais des obstacles s’y opposèrent.
- « Au reste, en admettant que la fumée n’influe pas d’une matière aussi marquée que je le présume sur la saveur et l’odeur des brouillards, lorsqu’on les respire dans des lieux très populeux et où les habitations sont très rapprochées, on ne disconviendra pas au moins que les vapeurs de différente nature, qui s’élèvent continuellement de ces endroits, et qui, dans un temps ordinaire, sont emportées par l’air; que ces vapeurs, dis-je, ne pouvant pas être aussi facilement dissipées lorsque l’air est chargé de brouillard que lorsqu’il est pur, il doit en résulter qu’elles doivent agir sur nos organes, et y produire les effets dont nous nous plaignons, et que nous attribuons mal à propos au brouillard, tandis que ces vapeurs ne lui appartiennent pas réellement, puisque ces effets n’ont pas lieu lorsqu’on le respire en pleine campagne. »
- Camille Matignon.
- PLIAGES DE PAPIERS
- LE KIOSQUE JAPONAIS
- La marche de début du pliage de ce kiosque est à peu près la même que celle indiquée dans l’explication de la grenouille japonaise publiée naguère ici même.
- Prenez d’abord une feuille de papier bien carrée; cela est essentiel pour bien réussir le pliage; la grandeur est indifférente, mais 0 m 20 de côté est une bonne proportion.
- -La feuille étant à plat sur la table (fig. 1) pliez les deux dia-gnonales DD, DD, et les deux plis PP. Il est indispensable que la partie creuse de ces 4 plis soit d’un même côté de la feuille donc en ce moment du pliage au recto de la feuille que vous avez sous les yeux. Retournez maintenant cette feuille de façon à voir le verso et faisant coïncider une des lignes CP
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- avec la ligne voisine CD, marquez le pli CM de ce nouveau côté de la feuille. Faites de même pour marquer tous les autres plis CM. Maintenant placez votre feuille de papier sur la table de façon que le creux des plis D et P soit sous vos yeux ainsi que le relief des plis MM. Pincez deux de ces plis M qui soient en face l’un de l’autre, par exemple M et M’. Si vous pincez près du bord du papier et que vous rapprochiez vos deux mains, le papier se pliera presque de lui-même comme un parapluie qui se ferme. Cela se fera d’autant
- plus facilement que les plis auront été plus fortement marqués. Si le pliage en parapluie ne se fait pas absolument de soi-même, poussez en creux sous les plis M, chacun d’eux étant entre un pli D et un pli P.
- Maintenant aplatissez votre pliage, vous
- C
- à/ \j
- \ /
- \ /
- D D
- aurez la figure 2, et si vous regardez vous trouverez quatre fois cette figure dans le pliage.
- Prenez maintenant la ligne DM et amenez-la exactement sur DP, vous sentirez PM se rentrer en dedans.1 Vous l’y aiderez et vous le pousserez à l’intérieur dans le sens de la flèche jusqu’à ce que le pli qui se formera soit horizontal.
- Vous constaterez que DJ est égal à JC. Vous ferez un pliage semblable sur l’autre côté de la figure et la face ainsi travaillée sera semblable à la figure 3.
- Vous aurez encore à faire de même sur les trois autres faces semblables à la figure 2.
- Mai n t e n a il t marquez fortement les plis J J sur chaque face, puis relevez horizontalement les quatre triangles JPJ du pliage.
- Le kiosque se fera très facilement, car les lignes CJ se toucheront formant un toit pointu à quatre faces avec les 4 pointes P formant des saillies triangulaires. Les pointes DDDD seront les supports du kiosque. Toutes ces explications à lecture ne disent rien, mais étudiez-les papier en main, et vous ne trouverez aucune grande difficulté.
- Alber.
- Fig. 3.
- — HYGIENE ET SANTE =
- UN NOUVEAU TRAITEMENT DE L’EMPOISONNEMENT
- PAR LES CHAMPIGNONS
- Tous les ans, on signale des intoxications causées par des champignons. On ne saurait trop répéter que ces accidents sont uniquement dus à l’imprudence et à l’ignorance des récolteurs.
- On voit encore trop souvent répétées des recettes inefficaces pour distinguer les bons champignons des mauvais. Le fait qu’un champignon ne noircit pas quand on le casse, qu’il a un anneau ou une bague, qu’il est mangé par les limaces, qu’il brunit un oignon et qu’il noircit un couvert ou une pièce d’argent quand on le cuit ne signifie rien. Un champignon vénéneux ne perd pas sa toxicité parce qu’on le sale ou qu’on y ajoute du vinaigre ou du vin blanc. Il serait temps que tous ces préjugés disparaissent.
- En .fait, les champignons n’ont pas été créés spécialement pour satisfaire la gourmandise de l’homme. Il en est d’exquis, surtout quand ils sont frais et en bon état; il en est de médiocres, sans goût ou coriaces; il en est de désagréables, amers, âcres, poivrés ; il en est aussi quelques-uns toxiques et même mortels.
- Il n’est d’autre moyen de s’en préserver que d’apprendre à connaître parfaitement leurs caractères botaniques.
- L’Amanite phalloïde est le plus dangereux de tous; l’empoisonnement qu’elle provoque est toujours très grave, souvent fatal. Les accidents se déclenchent tardivement, quand le poison passe dans le sang et il est alors trop tard pour provoquer l’élimination par des vomissements. Seules restent possibles les injections de sérum artificiel et les médicaments toni-cardiaques : éther, caféine, spartéine.
- La fausse oronge (Amanita muscarià) et sa voisine VAmanita panlherina, moins toxiques que la précédente, causent cependant des troubles digestifs violents et rapides, accompagnés de délire et de vertige ; les accidents durent peu et sont très rarement mortels; on les combat par des vomitifs et des purgatifs, on calme le malade par du chloral ou du bromure de potassium.
- Le Clitocybe rivulosa et plusieurs Inocybe doivent être évités car ils “provoquent une intoxication par la muscarine : troubles visuels, palpitations, sudation extrêmement abondante.
- L’jEntoloma lividum, d’aspect tentant, le Tricholoma par-dinum du Jura, non moins engageant, le Clitocybe olearia du Midi, plusieurs Russules et Lactaires produisent par-
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- fois des troubles gastro-intestinaux intenses et prolongés.
- L’amanite phalloïde est le seul chanxpignon vraiment elïrayant, et il l’est d’autant plus qu’on peut le confondre avec les « rosés » des prés, si l’on n’examine pas, pied par pied et chapeau après chapeau, toute sa récolte.
- Ses effets sont tels qu’on a déjà cherché à diverses reprises à réaliser un sérum thérapeutique.
- Depuis peu, on parle beaucoup d’un nouveau moyen curatif expérimenté par M. Henri Limousin, professeur à l’Ecole de Médecine de Clermont-Ferrand, et signalé par lui en ces derniers mois à l’Académie de Médecine et dans la Presse médicale.
- Les possibilités de lutte contre l’intoxication phalloïde sont tellement limitées que nous croyons utile de faire connaître dès maintenant, malgré le peu d’expérience qu’on en a encore, le nouveau traitement préconisé par le Dr Limousin.
- Celui-ci est parti de l’expérience suivante : si l’on fait absorber à un chat 10 gr d’amanite phalloïde, on le voit mourir en 48 heures d’une gastro-entérite très violente; si on donne la même dose à un lapin, celui-ci survit sans incidents. Mais si ce même lapin reçoit en injection sous la peau 0,5 cm3 de suc d’Amanite phalloïde, même chauffe à 120°, il meurt tout comme le chat, en 3G heures environ, son foie brutalement nécrosé. L’estomac du lapin semble donc détruire le poison.
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- Si un chat mange en même temps de l’estomac cru de lapin et de l’amanite phalloïde cuite, il ne présente plus de gastro-entérite aiguë, mais il meurt cependant d’autres troubles nerveux en 5 à 6 jours, comme si le champignon contenait un autre poison que l’estomac de lapin 11’a pas détruit, mais auquel les centres nerveux du lapin étaient insensibles. Si l’on donne maintenant au chat un mélange d’estomacs et de cervelles de lapin crues en même temps que des amanites phalloïdes, le chat survit.
- Partant de là, le Dr Limousin essaya le même traitement sur des hommes. En septembre 1931, on amenait à l’Iiôtel-Dieu de Clermont-Ferrand une famille de 4 personnes empoisonnées; une mourut presque aussitôt; aux trois autres il fit absorber des estomacs frais broyés et des cervelles fraîches de lapin; leur état s’améliora aussitôt et ils guérirent. Le mois suivant, trois nouveaux cas d’empisonnement se produisirent; le même traitement eut le même succès. Cette année, huit cas furent encore traités efficacement et sans difficulté.
- 11 semble donc qu’on se trouve maintenant pourvu, grâce au Dr Limousin, d’un moyen thérapeutique très spécifique contre les terribles effets de l’amanite phalloïde. 11 est bon qu’on le sache et qu’on s’en serve le cas échéant.
- René Merle.
- ^ ETHNOGRAPHIE =
- I. LES COSTUMES RÉGIONAUX
- Mon article sur les costumes régionaux (1) m’a valu un certain nombre de communications intéressantes.
- Je m’excuse de ne pas avoir signalé à nos lecteurs le récent livre de MM. André Blum et Charles Chassé, Les modes au XIXe siècle (Paris, Hachette). Dans ce volume, orné d’une riche illustration documentaire, et qui embrasse même l’évolution des costumes militaires en France, M. Chassé a écrit d’excellents chapitres sur l’évolution des costumes régionaux et développe, avec de nombreux faits à l’appui (surtout pour la Bretagne), une théorie identique à celle que j’ai exposée ici. L’auteur va même plus loin : il estime que la diversification de ces costumes date, en principe, du début du xixe siècle et il confirme qu’ « en eux revivent les traditions abandonnées par les villes; » sous l’ancien régime, les paysans portaient « des vêtements de caste plutôt que de région », les lois leur interdisant le luxe; ils ont célébré leur émancipation, après la Révolution, en imitant la tenue de leurs anciens maîtres. Ces costumes se sont adaptés aux nouveaux milieux, certains paraissent porter la trace (Bretagne) d’anciennes livrées féodales, de différences de classes. Ils évoluent tant qu’ils sont vivants, soumis à la mode. Chez la femme, la coiffe subsiste la dernière,
- 1. Voir La Nature, l'r novembre 1932.
- rejetée de plus en plus vers le haut de la tête. Les hommes ont eu un costume moins diversifié : l’ancien costume breton se retrouvait dans tout l’Ouest; la veste, qui était portée partout, est une survivance du xvne siècle; la blouse, création (sans doute urbaine), du xixe siècle, a joué un rôle important, avant de disparaître à son tour. Et la conclusion est à retenir : « Au fond, le costume régional, comme tel, n’aura pas duré beaucoup plus de cent ans : il caractérise l’époque de transition pendant laquelle le paysan français passa des modes de l'ancien régime aux modes du régime nouveau ».
- En ce qui concerne plus spécialement la Bretagne, M. Aubert, de Saint-Brieuc a publié d’intéressants documents sur l’évolution du costume breton dans les derniers numéros de la revue Bretagne. D’autre part j’ai eu tout récemment l’occasion de constater la ressemblance frappante du capulet blanc de la haute Ariège avec des coiffures féminines portées à Paris et ailleurs à la fin du moyen âge.
- Enfin la Société la Verlugade me prie de faire savoir qu’elle organise une enquête pour réunir des reproductions de costumes régionaux français en vue de la fondation d’un musée du costume, d’accord avec la Société de l’Histoire du Costume. Notices et conseils sont envoyés aux amateurs par le président, M. Lequime, 15, rue du Colonel-Moll, Paris (17e).
- II. HABITATIONS RURALES
- J’ajoute encore un post-scriptum à mon article sur les anciens types d’habitations rurales ('). J’ai revu, en septembre dernier, le hameau de Ponteix (commune d’Aydat, Puy-de-Dôme) où je n’étais pas allé depuis 1899 : j’ai été stupéfait de la transformation qui s’était produite en 33 ans. Des chau-1. Voir La Nature, lor janvier 1932.
- mières, type « gaulois » qui formaient alors la presque totalité des maisons, il ne reste que cinq ou six, dont quelques-unes en ruines. Les autres ont été démolies ou transformées, pour faire place à la maison de la plaine, type « latin », généralement à étage, murs à pierres apparentes, toits peu inclinés couverts de grosses tuiles, etc. ; bien entendu, le village descend vers la
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- route. La substitution d’un village provençal à un village normand ne paraîtrait pas plus brutale. Cet exemple s’ajoute à ceux que j’ai donnés pour montrer l’élimination progressive du type primitif. — Des survivances que m’avaient signalées M. du Ronquet en basse Limagne, j’ai retrouvé encore quelques spécimens (près de St-Clément de Régnât et de St-Sylvestre-Prégoulin).
- J’ajoute que la construction en torchis étant adoptée pour nombre de ces maisons primitives, notamment à Ponteix, où le fait est d’autant plus remarquable que c’est ici le pays de la pierre : laves, basaltes, granit affleurent partout. Bien mieux : les pierres toutes prêtes pour moellons émergent de toutes parts, comme dans certains causses, au point que, pour s’en
- débarrasser, on multiplie les clôtures de pierres sèches. Encore un fait qui montre que le type de construction est déterminé par la tradition, par l’histoire, bien plus que par le sol.
- J’ai oublié enfin de rappeler une survivance très curieuse, celle qu’offre la cheminée centrale (en voie de disparition) du haut Aragon, qui s’ouvre au milieu de la pièce (longtemps pièce unique) par un auvent conique : elle ramène aux vieilles huttes coniques des Gaulois, que j’ai rappelées dans un premier article (*), et sur lesquelles M. Albert Grenier est revenu récemment dans sa magistrale Archéologie gallo-romaine.
- Albert Dauzat.
- 1. La Nature, 26 janvier 1924, p. 58.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- IMPERMÉABILISONS NOS CHAUSSURES POUR L’HIVER
- Les deux recettes suivantes permettent de donner aux chaussures une imperméabilité parfaite, mettant leur porteur à l’abri des rhumes, bronchites et indispositions résultant de la saison pluvieuse.
- lie formule :
- Saindoux................................ 60 gr
- Suif de mouton......................... 120 —
- Cire jaune.............................. 30 —
- Essence de térébenthine................. 30 —
- Huile d”olives.......................... 30 —
- 28 formule :
- Suif de mouton......................... 250 gr
- Cire jaune............................. 180 —
- Colophane............................... 30 —
- Huile d’œillette ..................... 1000 —
- Faire fondre au bain-marie en remuant constamment ; appliquer la mixture chaude sur les chaussures, y compris la semelle, et laisser le cuir s’imbiber au moins une journée avant de mettre en service.
- COMMENT ON ATTRAPE UNE MOUCHE
- Nous ne disons pas comment on attrape des mouches, mais bien une mouche, car nous ne considérons que le cas où un de ces malencontreux insectes votttte au travers de la chambre d’un malade, bourdonne autour du lit d’un enfant endormi et trouble ainsi le repos de celui auquel on voudrait assurer la tranquillité.
- Si on se fie à son habileté manuelle, on constate que le plus souvent, la mouche se trouve mal placée, pour que d’un geste rapide de la main, on puisse l’emprisonner; en tout cas, il peut en résulter une secousse fâcheuse, c’est pourquoi il est beaucoup plus simple d’opérer ainsi :
- Après s’être muni d’un verre à boire un peu épais et d’une feuille de papier quelconque un peu rigide ou d’un carton, on prend le verre de la main droite, la feuille de la main gauche et on l’approche doucement sur le côté de la mouche posée jusqu’à une distance de 8 à 10 cm, ce qui ne l’effraie nullement, puis on déplace latéralement le verre sans se presser de façon à couvrir la mouche.
- A ce moment celle-ci s’envole pour fuir, mais elle vient fatalement se cogner sur le fond du verre sans songer à s’échapper sur les côtés. On a alors tout le temps de glisser la feuille de papier ou le carton en dessous du verre et voilà la mouche prise.
- Pour s’en débarrasser, ou bien on lui donnera la liberté en la transportant au dehors, ou bien on la mettra en léthargie en arrosant la feuille de quelques gouttes d’alcool, ou encore on la tuera en mouillant le papier de quelques gouttes d’essence; bientôt elle roulera inerte sur le dos et il suffira de la laisser tomber sur le sol pour l’écraser.
- COMMENT DÉTERMINER LA PURETÉ DE L’HUILE D’OLIVE?
- Agiter 5 à 6 cnv d’huile avec 1 cm:| d’une solution d’éosine dans l’acétone, une coloration rose fugace apparaît et disparaît immédiatement si on chauffe légèrement.
- Dans les mêmes conditions, les huiles de sésame, coton, etc., donnent également une coloration rose ou rouge, mais cette coloration ne disparaît pas sous l’action de la chaleur, au contraire, elle devient plus intense à la longue.
- Avec l’huile d’olive falsifiée, il y a aussi une coloration permanente dont la tonalité dépend évidemment du degré de falsification. Bien entendu, les huiles essayées doivent être exemptes d’eau, sinon la réaction ne se produit pas.
- PROTECTION DU BOIS PAR LA PEINTURE A L’ALUMINIUM
- La peinture à l’aluminium, employée pour protéger les métaux, convient également pour la protection du bois. Le meilleur mélange pour délayer la poudre d’aluminium est de l’huile de lin cuite, étendue de 40 pour 100 d’essence de térébenthine avec addition de siccatif. Non seulement cette peinture est durable, mais aussi elle est peu perméable à l’humidité, ce qui diminue la détérioration et les craquelures dues aux alternatives de gonflements et de contractions provoquées par l’absorption et l’exsudation de l’humidité.
- Dans quatre tableaux, la revue La Technique moderne donne les résultats obtenus avec diverses peintures appliquées sur un même bois et avec différents bois enduits de là même peinture. On y remarque notamment que le sapin blanc, le cyprès, le pin jaune et le bois rouge recouverts de trois couches de peinture à l’aluminium, n’ont pas subi la moindre attaque après deux ans d’exposition à l’air; la peinture elle-même est restée intacte.
- Egalement, des panneaux recouverts d’une première couche d’aluminium à laquelle on superposait ensuite deux couches de peinture blanche (à l’oxyde de titane et de zinc ou à la céruse), ont mieux résisté que ceux protégés par trois couches de peinture blanche.
- M. Bousquet.
- VERNIS INCOLORES POUR MÉTAUX
- Ces vernis ont pour but principal de préserver les métaux polis contre les divers agents de détérioration. En voici quelques-uns dont les formules sont données par la revue La Pharmacie nouvelle :
- 1° Acétate de cellulose............ 50 gr
- Tétrachloréthane.................. 500 cm3
- Alcool éthylique.................. 250 —
- Benzène........................... 250 —
- 2° Acétate de cellulose............ 14 gr
- Tétrachloréthane................... 42 •—
- Alcool éthylique.................... 8 —
- Toluol............................. 45 —
- Acétone............................ 10 —
- Huile de ricin 5 •—
- Ces vernis s’appliquent soit au pinceau, soit au trempé, ou encore au vaporisateur. Comme ces vernis n’ont pas toujours une adhérence suffisante sur les objets très bien polis, ci-dessous une autre formule
- dans laquelle est incorporée une gomme.
- 3° Acétate de cellulose............ 10 gr
- Tétrachloréthane................... 33 —
- Alcool éthylique.................... 7 —
- Huile légère d’acétone rectifiée . 16 —
- Benzol 100 pour 100................ 45 —
- Copal.............................. 18 —
- Ce dernier vernis est préparé par dissolution du copal dans une partie du tétrachloréthane et tout le benzol, en s’aidant au besoin de la chaleur d’un bain-marie; l’acétate de cellulose se trouve dissous dans les produits restant. Les deux solutions sont ensuite mélangées.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOÛTE CÉLESTE EN JANVIER 1933 (')
- Ce mois-ci, encore, beau programme astronomique : occultations d’étoiles par la Lune, très nombreux phénomènes du système des satellites de Jupiter, planètes bien placées pour l’observation, lumière zodiacale, lueur anti-solaire, étoiles filantes, etc. Si les nuages ne viennent pas étendre leur écran devant le ciel, l’étudiant astronome aura ses nuits bien employées !
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en janvier, passe de — 23° 1' le 1,r à — 17° 26' le 31. C’est dire que, pendant ce mois-là, le Soleil remonte sérieusement dans l’hémisphère nord, et la durée du jour croît très sensiblement (8U 16m le 1 er à 9h 10m le 31).
- Voici le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges parfaitement réglées, lorsque le centre du Soleil passe au méridien de Paris :
- Dates. Heure du passage. Dates. Heure du passage
- Janvier i b r lltl 54“ 15e Janvier 17 12“ 0“ 498
- — 3 il 55 11 — 19 12 1 27
- — 5 il 56 6 — 21 12 2 3
- — 7 il 56 59 — 23 12 2 35
- .— 9 il 57 49 — 25 12 3 5
- .— 11 il 58 38 — 27 12 3 31
- — 13 il 59 24 — 29 12 3 54
- — 15 12 0 8 — 31 12 4 13
- Observations physiques. — On se reportera au dernier « Bulletin astronomique » (n° 2892), où nous avons donné quelques indications succinctes sur les procédés pour l’observation utile du Soleil.
- Voici la suite des épliémérides permettant l’orientation des dessins et photographies :
- Dates.
- (0\tempslégal.) P B0 L0
- Janvier 1er + 2°,20 —3°,09 75°,63
- 6 — 0,24 — 3,66 9,78
- — 11 — 2,66 — 4,20 303,94
- — 16 — 5,03 — 4,71 238,10
- — 21 — 7,34 — 5,18 172,26
- — 26 — 9,57 — 5,61 106,44
- — 31 — 11,70 — 6,00 40,60
- Lumière zodiacale ; lueur anti-solaire. — La lumière zodiacale est une sorte de fuseau lenticulaire lumineux, qui s’étend de chaque côté du Soleil, et dont l’axe correspond à peu de chose près avec l’écliptique.
- La lumière zodiacale devient visible le soir, en janvier, après le crépuscule. On pourra l’observer par les belles soirées, loin des lieux éclairés et en l’absence du clair de Lune, notamment entre le 14 et le 27 janvier.
- La lueur anti-solaire pourra être recherchée du 21 au 27 janvier, vers minuit, entre les Gémeaux et le Cancer, et ensuite dans le Cancer.
- 1. Toutes les heures données dans ce «Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel (T. U.), compté de 0h à 24h à partir de O1' (minuit).
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de janvier, seront les suivantes :
- P. Q. le 3, à 16“ 24m D. Q. le 19, à 6“ 15m
- P. L. le 11, à 20“ 36” N. L. le 25, à 23“ 20“
- Age de la Lune, le 1er janvier, à 0“ (T. U.) == 41,5 ; le 26 janvier = 01,0. On sait que pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois, il suffit d’ajouter, aux nombres précédents, un jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 26.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en janvier : le 9, à 21“ = + 28° 16'; le 23, à 6“ == — 28° 19'.
- On remarquera notamment la très grande élévation de la Lune au-dessus de l’horizon lors de son passage au méridien, le 9 janvier, vers 22 heures.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le
- 7 janvier, à 2“. Parallaxe = 54' 17". Distance — 403 950 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le
- 23 janvier, à 3“. Parallaxe = 60' 0". Distance = 365 470 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. -— Le 1er janvier, occultation de 316 B. Verseau (gr. 6,5). Immersion à 17“ 33”,5.
- Le 3, occultation de 6 Poissons (gr. 4,5). Immersion à 16“ 45”.
- Le 9, occultation de 38 B Cocher (gr. 6,5). Immersion à 2“ 3”,5.
- Occultation de 406 B. Taureau (gr. 5,6). Immersion à 20“ 27”,0.
- Le 13, occultation de 12 B. Lion (gr. 6,3). Émersion à 21“ 48”,0.
- Le 20, occultation de 9 G. Balance (gr. 6,5). Émersion à 3“ 25“.
- Marées, mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront du 26 au 28 janvier, à l’époque de la nouvelle Lune. Elles seront de faible amplitude, le coefficient de la marée la plus importante étant de 96 centièmes. Les marées du 5 au 7 janvier auront une très faible amplitude (coefficient 40 centièmes).
- Le phénomène du mascaret ne se produira pas ce mois-ci.
- III. Planètes. — Le tableau de la page suivante, qui a été dressé à l’aide des renseignements extraits de VAnnuaire astronomique Flammarion pour 1933, contient les données les plus importantes pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de janvier 1933.
- Mercure se trouvera en conjonction supérieure avec le Soleil, le 8 du mois prochain. Il sera inobservable ce mois-ci.
- Vénus est encore un peu visible le matin, se levant 1“ 1/2 avant le Soleil. Elle s’achemine vers sa conjonction supérieure, qui se produira en avril prochain.
- Voici la phase et la magnitude stellaire de Vénus pour
- le mois de janvier
- Disque Dates. illuminé. Diamètre. Magnitude stellaire.
- Janvier 1er 0,89 11"6 — 3,4
- — 6 0,90 11,4 — 3,4
- — 11 0,91 11,3 ' -3,4
- — 16 0,92 11,1 — 3,4
- — 21 0,93 11,0 — 3,3
- - 26 0,94 10,8 — 3,3
- — 31 0,94 10,7 — 3,3
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- ASTRE Dates : Janvier Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (x). Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ.
- 5 7“ 46 m 11“ 56 68 16“ 6m 19“ 4» — 22° 38' 32' 35"0 Sagittaire
- Soleil. . . . 15 7 41 12 0 8 16 19 19 47 — 21 9 32 34,2 Sagittaire > ))
- 25 7 33 12 3 5 16 34 20 30 — 19 0 32 32,4 Capricorne
- 5 6 26 10 34 14 41 17 39 — 22 58 5,4 Sagittaire
- Mercure . . 15 6 57 10 58 15 0 18 42 — 23 55 5,0 ce Sagittaire Inobservable.
- 25 7 18 11 27 15 36 19 50 — 22 46 4,8 Sagittaire
- 5 5 51 10 4 14 18 17 9 — 21 59 11,4 6 Scorpion
- Vénus . . . 15 6 11 10 18 14 26 18 3 — 22 56 11,2 [X Sagittaire Un peu visible le matin.
- 25 6 24 10 33 14 42 18 57 — 22 43 10,8 a Sagittaire
- \ 5 21 41 4 17 10 53 11 24 + 7 19 9,6 c Lion |
- Mars. ... 15 21 8 3 43 10 18 11 29 + 7 9 10,4 g Lion Se lève, le 15, à 21“ 8m.
- 25 20 28 3 5 9 41 11 30 + 7 19 11,4 a Lion '
- Jupiter. . . 15 21 31 3 51 10 11 11 37 -f 3 55 38,0 P Vierge Se lève, le 15, à 21“ 31m.
- Saturne . . 15 8 17 12 45 17 14 20 33 — 19 23 13,6 p Sagittaire Inobservable.
- Uranus. . . 15 10 50 17 25 0 0 1 13 + 7 6 3,4 e-v Poissons Première partie de la nuit.
- Neptune. 15 20 19 3 1 9 44 10 47 + 8 39 2,4 l Lion Se lève, le 15, à 20“ 19“
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Nous avons explique dans un article récent sur « L’éclat apparent des Étoiles » (n° 2891), ce qu’il faut entendre par magnitudes stellaires négatives et le lecteur est prié de s’y reporter.
- Flammarion ne manquait pas de faire remarquer que, aussi bien pour Vénus que pour Mercure, la phase observée est généralement plus faible que la phase calculée. On doit donc faire de fréquentes mesures de la phase apparente. On peut, en partie, expliquer ce phénomène par le dégradé du terminateur. Alors que le calcul fixe la position du terminateur théorique, l’observation ne montre pas la partie la moins éclairée d’autant plus que la brillante lumière du reste du disque, par son contraste, vient éteindre cette zone dégradée. En outre, comme les observations de Vénus sont effectuées très souvent en plein jour, la lumière du ciel vient encore diminuer la largeur du disque visible, en se superposant, en quelque sorte, à la partie la plus sombre, dégradée, du terminateur.
- Mars devient de mieux en mieux visible, se levant maintenant entre 21h et 22h. Son diamètre augmente rapidement, car son opposition va se produire le 1er mars prochain.
- Voici quelques données qui permettront de bien définir la position du disque de Mars visible aux dates ci-après :
- Angle de
- Angle de Latitude position Magni-
- Dates. position du Dia- de la tude
- 1933 de l’axe. centre. mètre. Phase phase. stellaire.
- Janv. 1 " ' 19°,6 + 22°,2 9",2 0",8 291°,9 + 0,3
- — 11 20,5 + 22,0 10,1 0,7 291,3 + 0,1
- — 21 2(3,9 + 21,7 11,0 0,6 290,2 — 0,2
- — 31 20,6 + 21,4 12,0 0,4 288,5 — 0,4
- L'Annuaire astronomique Flammarion donne, de deux en deux jours, l’heure du passage du méridien 0 (zéro) de Mars,
- par le centre du disque. On peut, avec cette donnée, calculer, à tout moment, le méridien de Mars tourné vers la Terre, connaissant la durée de rotation : 24u 37“ 228,65 de la planète sur son axe.
- Au moment de son opposition, Mars se trouvera dans le Lion, à la hauteur de Régulus. A ce point de vue, on obtiendra donc, en France, de bonnes images, grâce à la grande hauteur de la planète dans le ciel. Mais nous avons dit précédemment qu’il s’agissait cette fois d’une opposition apliélique, et Mars, au maximum atteindra 13",9 (nous sommes loin du diamètre de 25",1 de 1924).
- Dès maintenant, on pourra observer Mars avec les instruments de moyenne puissance.
- Les observations vraiment profitables sont réservées aux très grands instruments.
- Jupiter devient de mieux en mieux visible, son opposition se produisant dans deux mois.
- Voir, à la page suivante, la liste des curieux phénomènes auxquels donnent lieu les satellites. Ces phénomènes sont visibles avec les petits instruments.
- Saturne sera en conjonction avec le Soleil le 27 janvier, à 12h.
- Il sera donc inobservable.
- Voici, toutefois, les éléments de l’anneau, à la date du 14 janvier 1933 :
- Grand axe extérieur................ 34",42
- Petit axe extérieur................ + 11",34
- Hauteur de la Terre au-dessus du
- plan de l’anneau................ + 19°,23
- Hauteur du Soleil au-dessus du
- plan de l’anneau................ -j- 18°,84
- Le signe + indique que nous voyons la face nord de l’anneau.
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- Phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Date. Janv. Heure Satel- lite. Phéno- mène. Date. Janv. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 1 0“29“ II Em. 19 P 57“ IV P. c.
- 2 1 59 IV O. f. 19 4 37 IV P. f.
- 2 23 29 III Im. 20 4 21 I E. c.
- 3 2 32 III Em. 20 23 46 m P. f.
- 4 6 7 1 E. c. 21 1 39 i O. c.
- 5 3 24 I O. c. 21 2 38 i P. c.
- 5 4 33 I P. c. 21 3 55 i O. f.
- 5 5 40 I O. f. 21 4 53 i P. f.
- 5 6 48 1 P. f. 21 22 49 i E. c.
- 6 0 35 I E. c. 22 2 2 i Em.
- 6 3 9 II O. c. 22 3 9 il E. c.
- 6 3 58 I O. f. 22 22 24 i O. f.
- 6 5 26 II P. c. 22 23 20 i P. f.
- 6 5 51 II O. f. 23 21 32 ii O. c.
- 6 23 1 I P. c. 23 23 25 h P. c.
- 7 0 8 I O. f. 24 0 13 ii O. f.
- 7 1 15 I P. f. 24 2 0 ii P. f.
- 7 22 26 I Em. 24 6 30 ni E. c.
- 8 2 57 II Em. 25 20 58 n Em.
- 9 22 35 III E. c. 27 2 10 IV E. c.
- 10 1 53 III E. f. 27 6 1 IV E, f.
- 10 3 11 III Im. 27 6 14 I E. c.
- 10 6 13 III Em. 27 23 55 III O. f.
- 10 22 4 IV Em. 28 0 19 III P. c.
- 12 5 18 I O. c. 28 3 16 III P. f.
- 12 6 23 I P. c. 28 3 33 I O. c.
- 13 2 28 I E. c. 28 4 25 I P. c.
- 13 5 42 II O. c. 28 5 49 I O. f.
- 13 5 47 I Em. 28 6 40 1 P. f.
- 13 23 46 I O. c. 29 0 42 I E. c.
- 14 0 50 I P. c. 29 3 48 I Em.
- 14 2 2 I O. f. 29 5 45 II E. c.
- 14 3 4 I P. 1. 29 22 1 1 O. c.
- 15 0 14 I Em. 29 22 52 I P. c.
- 15 0 33 II E. c. 30 0 17 I O. î.
- 15 5 24 II Em. 30 1 6 I P. f.
- 16 . 21 40 II O. f. 30 22 15 I Em.
- 16 13 38 II P. f. 31 0 5 II O. c.
- 17 2 32 III E. c. 31 1 44 II P. c.
- 17 5 49 III E. f. 31 2 46 II O. f.
- 17 6 49 III Im. 31 4 20 II P. f.
- Uranus est visible dès la tombée de la nuit. Le 15 janvier, il se couche juste à minuit. Voir la petite carte de son mouvement sur le ciel au « Bulletin astronomique » du n° 2889, sur laquelle on reportera les positions ci-après pour le trouver :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- Janvier 5 1“ 13“ -4- 7° 4' 3",4
- — 15 1 13 + 76 3,4
- — 25 1 14 + 7 11 3,4
- Uranus sera en quadrature orientale avec le Soleil le 10 janvier, à 5h.
- Neptune est observable surtout dans la seconde partie de la nuit, aux positions ci-après :
- Ascension
- Dates. droite. Déclinaison. Diamètre.
- Janvier 5 10“ 48“ + 8° 35' 3",4
- — 15 10 47 + 8 39 2,4
- — 25 10 46 + 8 43 2,4
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 4, à 9“, Uranus en conjonction avec la Lune, à 4° 19' S.
- Le 15, à 17“, Neptune — à 1° 6' N.
- Le 16, à 14“, Mars — à 5° 8' N.
- Le 16, à 18“, Jupiter à 3° 0' N.
- Le 24, à 8“, Vénus — à 4° 25' N.
- Le 25, à 6“, Mercure — à 1° 51' N.
- Le 26, à 1“, Saturne — à 2° 15' N.
- Le 31, à 18“, Uranus — à 4° 33' S.
- Temps sidéral. — Voici quelques valeurs du temps sidéral
- à 0“ (T. U.) :
- Dates. Temps sidéral.
- Janvier 5 6“ 56 “ 33“
- — 15 7 35 58
- — 25 8 15 24
- Étoiles variables. — Minima d’éclat de l’étoile variable Algol (pPersée), visibles à l’œil nu : 3 janvier à 2“15“;5, à 23h 4“; 8, à 19“ 54m; 23, à 4“ 0m; 26, à 0h 49m; 28, à 21“ 39“; 31, à 18h 28“.
- Étoiles filantes. — Les 2 et 3 janvier, essaim des Bootides, donnant des étoiles filantes rapides, à longues trajectoires.
- Voici, d’ailleurs, la liste des essaims actifs en janvier :
- Époque. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Janv. 2 119° + 16° Ç Cancer
- — 2 et 3 232 + 49 P Bouvier
- — 4 au 11 180 + 35 N Chevelure
- — 18 232 + 36 Ç Couronne
- — 28 236 + 25 a. Couronne
- — 1er au 31 105 + 44 63 Cocher
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le 1er janvier, à 21** 30“, ou le 15 janvier, à 20“ 30“, est le suivant :
- Au zénith : Persée; le Cocher; Andromède.
- Au Nord : La Petite Ourse; Céphée; Cassiopée; le Dragon. A l’Est : Le Lion; le Cancer; les Gémeaux.
- Au Nord-Est : La Grande Ourse.
- Au Sud : Orion; le Taureau; le Bélier,
- Au Sud-Est : le Grand Chien.
- A l’Ouest : les Poissons; Pégase. A l’horizon : la Baleine et le Cygne.
- Em. Touchet.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Traité d'analyse par les rayons ultra-violets filtrés, par G. Bernheim et M. Guyot. 1 vol. in-8, 365 p., 90 fig. Maloine, Paris, 1932. Prix : 40 fr.
- Les rayons ultra-violets, la lumière de Wood, les fluorescences, ont déjà été appliqués à d’innombrables substances et montré qu’ils sont un moyen très précieux de différenciation et d'analyse. Les auteurs décrivent l’appareillage, les filtres, puis indiquent les méthodes rationnelles d’examen, les procédés donnant les meilleurs résultats, le moyen de chiffrer et définir les colorations de fluorescence, et signalent les multiples applications à l’analyse qualitative, quantitative, volumétrique et spectrophotométrique. Dans le chapitre suivant les résultats trouvés par de nombreux chercheurs sont classés par ordre alphabétique; un chiffre renvoie à l’index bibliographique où plus de 2000 travaux sont cités. Un grand nombre de photographies aident à comprendre les résultats que l’on peut attendre de ces nouvelles méthodes de recherches.
- Colorimetry. Its applications in analytical and clinical practice, par le Dr Hugo Freund. Traduit en anglais par Frank Bamford. 1 vol. in-8, 255 p., 7 flg. Ernst Leitz, Wetzlar. Prix : cartonné, 10 sh.
- La colorimétrie a fait récemment de grands progrès, tant dans sa technique que dans ses applications aux analyses chimiques les plus diverses. Quand on a réussi à la ramener à une mesure pliotomêtrique correcte en lumières diversement colorées, on peut aisément s’en servir pour de multiples problèmes d’analyse qui seraient beaucoup plus longs ou laborieux à résoudre par les méthodes pondérales ou volumétriques. La preuve en est ce manuel qui explique rapidement ses principaux emplois pour la détermination des pH, en biochimie, en médecine, en agriculture, dans les services d’eau, dans les industries alimentaires et métallurgiques.
- Le livre est à lire et suggère des solutions élégantes à bien des dosages laborieux.
- Annales de l'Institut de Physique du Globe
- (tome X), publiées sous la direction de Ch. Maurain. 1 vol. 138 p. Les Presses Universitaires de France, Paris, 1932.
- Ce volume contient le résumé des observations magnétiques faites au Val-Joyeux, et à Nantes, en 1930, des observations séismologiques, météorologiques et actinométriques faites au Parc Saint-Maur, en 1930.
- En outre, MM. Maurain, Salles et Gibault ont rassemblé en tableaux les valeurs du champ électrique de l’atmosphère observées au Val-Joyeux, près de Paris, de 1923 à 1931. Signalons encore une étude de M. Kostitzin sur les constantes de l’appareil Sterneck de l’Institut de Physique du Globe, appareil destiné aux mesures relatives de la pesanteur; et enfin l’étude magnétométrique de M. Thellier, sur l’aimantation rémanente et induite des argiles crues et cuites, et les recherches statistiques de M. Smetana sur les relations entre les phénomènes solaires et les phénomènes magnétiques terrestres.
- L'Office national des Recherches scientifiques, industrielles et des Inventions. Son historique, ses attributions, son organisation, ses installations, ses résultats. 1 vol. in-4, 88 p., 204 fig. A l’Oflice, à Bellevue (Seine-et-Oise). 1932. Prix : 15 fr.
- L’Office national des Recherches scientifiques et industrielles et des Inventions, ayant été créé par la loi du 29 décembre 1922 et devant, par conséquent, bientôt avoir dix années d’existence, vient de résumer dans une notice, son histoire, son organisation et ses résultats. Très abondamment illustrée, elle permet, par un rapide examen, de se rendre compte de l’importance des installations expérimentales réalisées, de la variété des recherches poursuivies et des très nombreuses réalisations obtenues.
- La pépinière, par M. Ebel. 1 vol. in-16, 288 p., 100 fig. Librairie agricole de la Maison rustique, Paris, 1932. Prix : 16 fr. 50.
- L’auteur est un praticien qui a voulu faire bénéficier de son expérience les amateurs d’arbres et d’arbustes d’ornement et les professionnels. Il décrit successivement les divers modes de multiplication, le choix des pieds mères, les semis et les manipulations à faire subir aux graines, les marcottages, les bouturages, les greffages, l’aménagement d’une pépinière horticole et professionnelle, la pépinière de l’amateur et du petit propriétaire, les pépinières d’arbres fruitiers, les pépinières d’arbres forestiers et d’alignement, l’éducation des arbres à tiges, la plantation et la contreplantation, le sol artificiel et les plantes de terre de bruyère, l’arrachage, l’emballage.
- Revista chilena de historia natural pura y apli-cada, par le prof. Carlos E. Porter. Atlo XXXV, 1931, 1 vol.
- in-8, 196 p., fig., planches. Instituto de Zoologia, Casilla 2974, Santiago.
- Cet ouvrage apporte chaque année la contribution du Chili aux études de sciences naturelles. On y trouve des mémoires originaux sur la biologie, les animaux (surtout les insectes), les plantes, les fossiles, l’ethnographie, l’histoire des sciences dans le grand pays sud-américain, des notes biographiques, les comptes rendus des sociétés scientifiques : société et académie chilienne de sciences naturelles, société scientifique du Chili, les nouvelles des musées et des jardins zoologiques, la liste des espèces nouvelles découvertes dans le pays.
- Le déterminisme du sexe et l’intersexualité, par
- Richard Goldschmidt. 1 vol. in-16, 193 p, 93 fig. Nouvelle collection scientifique. Félix Alcan, Paris, 1932. Prix : 20 francs.
- En cinq conférences à la Faculté des Sciences de Paris, l’auteur, directeur de l’Institut Kaiser-Wilhelm de biologie de Berlin-Dalliem a exposé l’état actuel du problème du déterminisnie du sexe, tel qu’il résulte de ses longues recherches effectuées sur des animaux très divers. Généticien, il voit dans certains chromosomes du noyau des cellules sexuelles la cause très simple de la répartition des sexes dans la descendance. Les gènes de ces chromosomes catalysent des réactions qui produisent les substances morphogènes déterminant la différenciation sexuelle. Chez les Vertébrés, il s’y ajoute des hormones qui complètent le tableau de la morphologie et de la physiologie. Cette construction est une des plus complètes qu’on ait tentées jusqu’ici pour expliquer un problème fondamental particulièrement obscur. Tout le livre se lit facilement.
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- Eléments de technique physiologique, par Jean Gautrelet. 1 vol. in-8, 420 p., 287 fig. Masson et Cl#, Paris, 1932. Prix : 60 francs.
- C’est une initiation à la technique physiologique d’un style concis et d’une illustration abondante comme il convient, appelée à rendre les plus grands services à quiconque veut faire de l’expérimentation animale. L’auteur s’est attaché à décrire les techniques courantes sur le chien, animal de choix, sur le lapin, d’une grande ressource pour les organes isolés, sur la grenouille qui fournit un admirable matériel pour l’étude de l’excitabilité neuromusculaire. L’ouvrage renferme les techniques essentielles concernant l’anesthésie; la circulation, mesure de la pression, cardiographie, pléthysmographie, anastomoses vasculaires, etc.; la respiration, pneumographie et mesure des échanges; la digestion, fistules et mouvements; les ablations et perfusions d’organes; les organes isolés; les systèmes nerveux et musculaire, section des racines, excitation des nerfs, trépanation, destruction des centres, mesure de la chronaxie, myographie, etc.
- Il expose également quelques techniques classiques sur le chat, le pigeon, la tortue et l'escargot. Une courte bibliographie permet au lecteur de se documenter sur les ouvrages, monographies, de parution récente ayant trait à la physiologie générale et à la pharmacodynamie. Après chaque technique, sont décrites sous la rubrique « Essais » quelques applications physiologiques et l’action pharmacodynamique de quelques substances, et sont données de courtes références d’ordre expérimental. Toutes les techniques, parfaitement claires, sont accompagnées de dessins et schémas, originaux pour la plupart, destinés à les faciliter et de tracés démonstratifs. L’ouvrage est précédé de deux chapitres d’introduction, dans lesquels l’auteur traite des modifications physiologiques qu’imprime l’anesthésique à l’animal et des réactions fonctionnelles marquées différenciant le chien et le lapin; l’expérimentateur ne saurait indifféremment s’adresser à l’un ou l’autre de ces animaux. Une série de tableaux termine le volume exposant notammen les constantes physiologiques essentielles, les doses utilisées en pharmacodynamie, etc.
- En un mot, cet ouvrage éminemment pratique et documentaire constitue un manuel appelé à devenir classique et à se trouver entre les mains de tout travailleur désirant pratiquer l’expérimentation physiologique ou médicale.
- L'Adrar Ahnet. Contribution à l’étude archéologique d’un district saharien, par Théodore Monod. 1 vol. in-8, 201 p., 103 fig., 3 pl., 3 cartes. Travaux et mémoires de l’Institut d’ethnologie, 191, rue Saint-Jacques, Paris, 1932. Prix : cartonné toile, 37 fr 50. L’auteur, connu déjà par de bons travaux de zoologie, a vécu, en 1929, comme méhariste, dans une des régions les plus désertiques et les moins explorées du Sahara : l’Ahnet, au sud du Tidikalt et au nord-ouest de l’Ahaggar. Il en a profité pour relever nombre de faits d’autant plus précieux qu’aucun Européen n’avait exploré le pays avant ce siècle. Il a fouillé les tombeaux et monuments, copié les gravures, peintures et inscriptions rupestres, noté les outillages lithiques et les céramiques. Il apporte ici ses observations qui représentent un matériel considérable offert à l’étude des futurs ethnographes du Sahara.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- TRAVAUX PUBLICS •
- Un nouveau mode de revêtement des chaussées.
- Le problème de la construction des chaussées reste à l’ordre du jour dans tous les pays, on n’a pas encore découvert le revêtement parlait, capable de résister longtemps à une circulation automobile intense, peu altérable aux intempéries, non dérapant, etc.
- Signalons la solution qu’expérimente actuellement l’Institut autrichien des recherches. C’est un revêtement de métal et de mortier de ciment qui constitue la surface de roulement de la chaussée : la surface sous-jacente, mise préalablement
- à une hélice d’avion, portant deux ailes et une petite carlingue où est juché le pilote. Le moteur, un Gipsy III de 120 ch, est disposé au milieu du tunnel; l’ensemble porté par deux roues a réussi à décoller, aussi bizarre que la chose puisse paraître. Mieux même, si l’on en croit le pilote, la machine aurait donné de très bons résultats dès les premiers essais. » Quels sont les avantages que l’inventeur attend de ce nouveau dispositif ? D’abord le rendement de l’hélice serait augmenté de 12 à 15 pour 100. Ensuite on bénéficierait d’un effet favorable d’interaction qui se traduirait par une force appliquée au tube et dirigée vers l’avant. Des mesures au laboratoire auraient montré que la poussée de l’ensemble
- Fig. 1. — La construction du nouveau revêtement.
- De gauche à droite et de haut en bas : 1° Mise en place du chevronnage en tubes d’acier; 2° Jonction des tubes d’acierles uns aux autres;
- 3° Remplissage des intervalles avec le béton; 4° La chaussée achevée.
- au profil voulu et bien aplanie, est revêtue de tubes d’acier disposés en chevrons comme le montrent les figures ci-dessus. Les intervalles compris entre les tubes sont remplis d’un béton de ciment de composition convenable. Le revêtement en service a l’avantage de s’opposer au dérapage; le prix de revient en serait peu élevé.
- AVIATION
- L’avion Stipa. — Une hélice soufflant dans un tube
- de Venturi.
- C’est un avion fort curieux et même paradoxal que l’avion conçu par l’ingénieur italien Stipa et à qui le pilote Anto-nini vient de faire accomplir ses premiers vols. « Imaginez, dit notre confrère les Ailes, à qui nous empruntons ces renseignements, un tube de Venturi assez grand pour servir de tunnel
- est, pour la même puissance, supérieure de 40 pour 100 à celle de l’hélice isolée.
- ZOOLOGIE
- Les serpents au vivarium du Muséum,
- Les collections d’animaux vivants du Muséum national d’Histoire naturelle sont plus intéressantes que jamais; àaucune époque elles n’ont été aussi peuplées d’espèces variées et rares. Jamais non plus elles n’avaient attiré un aussi grand nombre de visiteurs, avides de prendre des leçons de choses dans le cadre charmant et vieillot du Jardin des Plantes, ou dans le décor très moderne de son annexe, le Zoo de Vincennes.
- Il est, entre autres, un établissement particulièrement visité, c’est le Vivarium où, comme l’on sait, de petits animaux vivants sont présentés dans une réduction de leur habitat,
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- fort habilement aménagé. Là, en 65 terrariums ou aquariums d’eau douce, vivent des Invertébrés et des Vertébrés; ces derniers, quoique moins nombreux, ne sont pas les moins regardés : petits Mammifères, Reptiles et Batraciens.
- En ce moment, le public est vivement intéressé par une présentation de Vipères aspics qui partagent un terrarium avec des Couleuvres à collier, dans la travée de la faune d’Europe, maintenue à une chaleur de 18° à 20°.
- Cette température constante permet aux Serpents, même en fin d’automne, d’être bien éveillés et doués d’un appétit encore robuste, tandis que leurs frères, dans les conditions normales de la nature, ont cessé de s’alimenter depuis longtemps et ont pris leurs quartiers d’hiver.
- Le terrarium comporte une mare minuscule et une plage de sable qui supporte des pierres garnies de branches de fragon.
- Le public stationne longuement devant ce terrarium, il compare les espèces et apprend à distinguer les Vipères des Couleuvres : c’est, en vérité, un savoir très utile !... Un peu de connaissance des habitudes des Vipères éviterait nombre d’accidents.
- Un puissant éclairage tient lieu de la lumière solaire, et il favorise un examen minutieux des animaux. Le public découvre que les Vipères, pour moins gracieuses que les Couleuvres, n’ont rien de la hideur imaginée.
- Elles sont là, une dizaine, offrant au regard l’extrême diversité de leurs couleurs. Leur robe est marquée de brun noir sur un fond plus ou moins rougeâtre, ou gris, ou jaune.
- Le plus souvent, elles sont lovées sur les pierres et autour des fragons secs; mais je les ai vues descendre dans la petite mare et s’y étirer un instant. Cette observation illustre le fameux problème : « Les Vipères vont-elles à l’eau ? »
- — Oui, répondait Rollinat. Comme tous les Serpents, les Viiières aiment boire et se baigner, car les Reptiles sont d’une grande propreté ; mais elles ne stationnent pas longtemps au bord de l’eau ; elles retournent aux lieux secs, qu’elles préfèrent.
- Et Rollinat avait raison. Nous voyons les Vipères du Vivarium s’allonger dans l’eau, boire, puis remonter sur leur aride point d’appui.
- Sveltes et fines, deux Couleuvres à collier, en robe “d’un joli gris bleuté, rampent, de leur allure légère, pour se joindi'e aux Vipères emmêlées qui les accueillent en sœurs. Leur claire parure, égayée d’un collier presque blanc, contraste avec les teintes plus chaudes ou plus sombres des Vipères.
- Alors que la Couleuvre a de gros yeux à pupilles rondes, la Vipère a l’œil petit, enfoncé, à pupille verticale, ce qui lui donne une physionomie très particulière. Les Vipéridés progressent assez lourdement, leur corps massif, à queue très courte, épouse le sol. Quant à l’Aspic, ce qui le caractérise nettement, c’est son museau retroussé.
- Les Tropidonotes ne paraissent pas aimer la violente clarté des lampes et ne s’attardent pas sur les pierres desséchées, elles s’en vont bientôt se cacher, comme elles peuvent, ou se rafraîchir dans l’eau.
- Les Tropidonotes du Vivarium ont un collier très apparent ; il n’en est pas toujours ainsi. Les individus très adultes ont des couleurs foncées et le collier devient peu visible. Au reste, le collier peut être blanchâtre, jaunâtre, orangé ou rougeâtre.
- Nous regrettons l’absence d’un Tropidonote vipérin. La ressemblance que présente cette Couleuvre avec la Vipère péliade est légendaire. Cependant la Vipérine a des formes moins ramassées, une queue plus longue que la Vipère; elle a sur la tête de grandes plaques, et son ventre est orné de taches en damier, tandis que la tête de la Vipère est revêtue de petites écailles, et que la face inférieure de son corps est gris foncé ou noirâtre, avec de petites taches irrégulières. Les Vipères de France ne dépassent pas 70 cm de longueur, alors que les
- Couleuvres Vipérines peuvent mesurer de 0 m 80 à 1 m. J’ai vu chez Rollinat, en août 1931, de superbes exemplaires de Vipérines; très douces, elles se laissaient manier à volonté.
- Plus encore que la Couleuvre à collier, la Vipérine est un Serpent d’eau; mais toutes deux vont parfois explorer les prairies.
- Tout à fait inoffensives pour l’homme et pour les grands animaux, les Tropidonotes à collier et vipérin ont pourtant des glandes parotides venimeuses, et « leur sang est aussi toxique pour le Cobaye que celui de la Vipère aspic ». D’après Mme le Dr M. Phisalix, la proie qui a été ensalivée meurt du venin dont elle a été imprégnée, même si elle parvient à s’échapper de la bouche du Serpent.
- On nourrit les Tropidonotes de Grenouilles. Ils avalent leur proie vivante.
- Les Vipères sont nourries de Souris. On leur a enlevé les crochets à venin; mais ces crochets repoussent rapidement et, les Vipères étant d’un maniement dangereux, elles seront probablement changées de local.
- En face, dans la travée de la faune du nord de l’Afrique et faune tropicale (à gauche en entrant), règne un chaud climat de 20° à 25°. Nous y admirons deux Couleuvres diadème (Zamenis algirus Jan.) de l’Afrique septentrionale.
- Très allongée, très élancée, cette espèce est couleur de sable, parée de fins dessins. Elle habite un désert en miniature, accidenté de pierres et de bois mort; un Agave met une note verte dans l’étroit paysage blond où les Couleuvres se dissimulent parfaitement.
- Soudain, le plus grand sujet, étendu sur la branche morte, a levé la tête : Une Souris vient d’être jetée dans le terrarium ! Folle de terreur, la pauvre bête se précipite sous les pierres. Le gardien essaie de la déloger au moyen de longues pinces dont l’aspect inquiète le Zamenis qui se dresse, menaçant. La Souris traverse le terrarium, à la recherche d’une autre cachette, mais elle est saisie au passage par le Zamenis qui la maintient un instant dans sa bouche, attendant sans doute le dernier soubresaut de la proie, ensuite le Serpent avale lentement le Rongeur, la tête la première. Le grand Zamenis a très bon appétit et accepte volontiers une Souris par jour.
- En France, le genre Zamenis n’est représenté que par la Couleuvre verte et jaune (Zamenis viridiflavus ou gemonensis), le plus beau de nos Serpents, mais irritable et agressif. Sa morsure n’est nullement dangereuse; « la sécrétion de sa glande parotidienne ne semble pas venimeuse toute l’année ».
- Nous ne savons rien du venin de la Couleuvre diadème. Certains Zamenis, quoique ayant une glande venimeuse très petite, sécrètent un venin très actif pour leurs proies. Le venin du Z amenis hippocrepis, d’Espagne et d’Algérie, provoque sur le Cobaye « des phénomènes asphyxiques se rapprochant. de ceux produits par le venin de Cobra ». (Mme le Dr Phisalix).
- Du nord de l’Afrique, passons à l’Amérique tropicale. Là, dans un décor de verdure et de mousse, muni d’un petit bassin, habite le plus gracieux des Serpents vivants du Muséum, la Couleuvre à anneaux variés [Liophis pœcilogyrus Wied) habillée de rose et de gris.
- La Couleuvre rose aime l’ombre humide. Elle parait d humeur pacifique. Un sujet qui vécut antérieurement au Vivarium, se laissait prendre et caresser. Nourrie de Grenouilles, la Couleuvre actuelle est en très bon état. Les nuances carminées et argentées se marient délicatement sur sa robe, d autant plus brillante que l’animal vient de muer.
- Mais la beauté et l’innocence ont moins de succès qu’un objet d’effroi, et les visiteurs du Vivarium sont plus nombreux et plus attentifs devant les Aspics d’Indre-et-Loire que devant la Couleuvre rose du Brésil. A. Feuillée-Billot.
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- PETITES INVENTIONS
- MÉCANIQUE
- L’Outilervé.
- L’Outilervé est un outil universel, à commande électrique, d’un maniement simple et commode, qui peut se brancher étant donné sa faible consommation (200 v), sur n’importe quelle prise de courant ou douille de lampe existantes.
- Grâce à la disposition judicieuse de tous ses accessoires, l’Outilervé est susceptible d’exécuter les travaux les plus variés, et de ce fait est appelé à rendre d’immenses services à tous ses adeptes, qu’ils soient usiniers, artisans ou amateurs.
- L’Outilervé se compose essentiellement d’une perceuse électrique de construction robuste, à poignée pistolet et interrupteur à gâchette, pourvue d’un démultiplicateur entièrement composé de pignons et d’engrenages à taille hélicoïdale assurant un entraînement très doux. Elle est munie d’un mandrin concentrique de précision ayant 8 mm de capacité de serrage. De nombreux accessoires permettent de transformer cet organe moteur en une série de petites machines-outils les plus diverses, à savoir :
- 1° Tour en l’air ou entre pointes, pour le travail du bois ou des métaux, à l’aide d’outils à la main. Il peut, en outre, être muni d’un chariot à coulisses croisées et avance par vis, avec un régleur de précision de la contrepointe, grâce auquel l’outil pourra effectuer le tournage parallèle des métaux;
- 2° Touret à meuler et à polir avec support, meule disque et plateau lapidaire à support orientable;
- 3° Scie circulaire à bois ou métaux tendres (aluminium, laiton, etc.), avec tables à guides, inclinables, pour coupes droites, obliques ou biaisés;
- 4° Perceuse verticale sensitive avec plateau porte-pièce;
- 5° Toupie ou limeuse de jjrécision utilisant des petites fraises à bois ou à métaux tendres, des limes rotatives, etc., pour l’exécution de moulures droites ou courbes, rainures et languettes, etc.
- Cette énumération permet de se rendre compte de tous les emplois qui peuvent être donnés à ce précieux outil.
- Voici, pour préciser, et à titre d’exemple, quelques-uns des travaux auxquels il se prête. Commençons tout d’abord par les emplois de l’appareil sans son support : il permet le perçage à la main de trous allant jusqu’à 8 mm dans l’acier, 12 à 15 mm dans le bois. Il permet également de fraiser à la main les trous pour têtes de vis, les logements d’écrous, etc.
- Muni de petites limes, râpes ou fraises rotatives concaves, l’outil ébavurera toute pièce de métal ou de bois après sciage ou limage, et lui donnera des arêtes adoucies, évitant tout risque de blessure; muni de limes cylindriques ou coniques, il deviendra un outil limeur à main. Muni de limes ou de petites fraises en pointes ou en boules, il permettra d’effectuer, avec un fini très poussé, des travaux de ciselure sur des pièces fondues ou découpées. Muni de râpes à bois rotatives, il se prêtera, après un bref apprentissage, à l’exécution de motifs de sculpture sur bois ou matière tendre. Armé de râpes fines, ce sera un outil extrêmement pratique pour les réparations des pneumatiques ou chambres à air; il décapera rapidement le caoutchouc avant collage des pièces. Pour décalaminer un moteur, on emploiera de même l’Outilervé en montant une brosse en bout dans son mandrin.
- De même, par montage en bout d’un lapidaire rotulé muni d’une peau de mouton et convenablement imprégné de produit à polir, le lustrage d’une carrosserie automobile ou le ravivage de surfaces vernies ou cii'ées sont obtenues rapidement.
- Si au lieu de peau de mouton, on garnit- le lapidaire d’une peau de chamois humide imprégnée d’un peu de blanc
- d’Espagne, on a un excellent outil pour le nettoyage des carreaux ou des glaces.
- Monté sur son support horizontal, l’Outil ervéremplace une quantité vraiment extraordinaire de petites machines-outils et permet d’effectuer une foule d'opérations; nous ne saurions les énumérer toutes. En voici quelques-unes : tournage de pièces en bois à la main entre pointes, la pièce étant fixée avec la pointe à trois dents dont l’appareil est muni, un support-éventail fourni avec l’appareil permettant de placer dans la position voulue l’outil qui doit mordre dans la pièce;
- Fig. 1. — L’Outilervé monté en perceuse sensitive sur son support vertical.
- le tournage en l’air s’effectuera de même, la pièce étant fixée par brides ou collage sur le grand plateau. Le tournage en l’air ou entre pointes de métaux tendres s’effectue de façon analogue sans, difficultés; on peut également faire du repoussage léger. En munissant l’appareil des brosses convenables, on pourra lui demander du gratte-bossage, du ravivage ou du polissage.
- Par le montage d’une meule et de la tablette à meuler, l’Outilervé se transforme, comme nous l’avons dit, en un banc à meuler ou affûter très pratique, permettant les petits ébar-bages, l’affûtage des outils, etc.
- Quelques indications encore sur le lapidage : ce travail
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- s’effectue sur la face d’un plateau préalablement muni, par collage, d’un disque en toile émerisée ou en papier verré; il permet le dressage très précis de surfaces planes, en l’air ou au moyen de la tablette-support, cet organe, convenablement incliné, permettant de présenter la pièce contre le lapidaire dans toutes les positions désirées.
- Sur son support horizontal, l’Outilervé permettra également les sciages droits ou biais, les découpages à la scie sauteuse, les tournages parallèles, le limage à la lime droite, etc.
- Enfm, l’outil dans cette position se prête encore à une application fort intéressante^; à l’aide d’une poulie à étages s’adaptant au mandrin, on le transformera en un moteur à main capable d’actionner mille accessoires ménagers jru autres, à des vitesses différentes, suivant l’étage choisi sur la poulie conique.
- Quand l’Outilervé est disposé sur son support vertical, ses transformations et applications sont tout aussi nombreuses et intéressantes : il est manifeste qu’il se prête, comme il a été indiqué plus .haut en passant en revue les emplois à la main, à tous perçages, fraisages, ébavurages, po-
- Fig. 5. — L'appareil utilisé comme toupie limeuse.
- Fig. 2 (en haut, à gauche). — L’Uulilervé utilisé comme tour. Fig. 3 (en haut, à droite). — L’appareil utilisé comme lourd à rneuler. l^ig.-i (en bas, à gauche).— L’appareil utilisé comme scie circulaire.
- lissages, moulurages, limages et ponçages. 11 suffit de l’armer des outils appropriés. Cette ingénieuse et remarquable petite machine est fournie normalement avec une boîte contenant tout le lot d’accessoires et d’outils nécessaires pour toutes les transformations et la ijlupart des travaux que nous venons de passer rapidement en revue.
- Constructeur ; Société anonyme René Volet, à Valenton.
- PHOTOGRAPHIE Nouvelle lampe à magnésium.
- Les photographies d’intérieurs, par temps sombre, exigent un éclairage artificiel intense. On le réalise dans les studios par des batteries de lampes électriques à arc et partout ailleurs par la combustion d’un ruban ou d’une pincée de poudre de magnésium.
- Mais tous les photographes connaissent les défauts de cette manière d’agir; tantôt, l’amorce d’allumage rate et avant qu’on en ait préparé une nouvelle le sujet qu’on voulait prendre a disparu; tantôt, la composition fuse plus ou moins vite; toujours, la combustion du magnésium dégage une abondante fumée blanche qui va se déposer partout.
- Voici un nouveau
- Fig. G.— La lampe « Osa-Vacublilz » à magnésium.
- mode d’emploi du magnésium en vase clos qui supprime tous ces inconvénients. La lampe Osa-Vacublitz est une lampe à bas voltage qu’on | peut visser sur la douille d’une lampe de poche branchée sur une batterie de trois piles sèches ou d’accus, etc. Elle nécessite seulement 4,5 volts. L’ampoule de verre contient un filament entouré d’une feuille très mince d’aluminium, dans une atmosphère d’oxygène à basse pression (fig. 6). Quand on fait passer le courant, on obtient
- Fig. 1. — La lampe «Osa-Vacublilz» montée . sur un réflecteur « Unil ».
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- instantanément une lumière vive qui dure de 1/25 à 1/50 de seconde, puis s’éteint sans dégager ni fumée ni poussière, puisque tout s’est passé en vase clos.
- L’ampoule peut être dirigée dans toutes les directions, au besoin fixée sur un pied à rotule ou sur un support à poignée (fig. 7). Ellepermetdoncd’éclairerparleliaut sans ombre portée.
- Pour obtenir le meilleur rendement de la lampe Osa-Vacu-blitz, il est préférable de la monter sur un réflecteur spécial qui se fait en deux diamètres : 28 et 41 centimètres; il projette la lumière dans une seule direction, sans éclairer l’objectil.
- Dépositaires : Etabliss. Union, 6, rue du Conservatoire, Paris (6°).
- JOUETS
- Un nouveau jouet de construction : L’Assemblo.
- La création d’un nouveau jouet est toujours un événement remarquable. Le monde des joujoux est très vaste; il contient
- Fig. 9. — Quelques objets simples construits avec les éléments « Assemblo
- en miniature tous les objets qui servent aux occupations habituelles des grands. Cependant il se renouvelle et se modifie beaucoup plus lentement qu’on ne le pense généralement.
- C’est un monde fort conservateur; rien n’est plus difficile que d’amuser les enfants; les parents ou amis, à la recherche de jouets, commencent par consulter les souvenirs de leur propre expérience qui remonte toujours à une époque assez lointaine : ce qui a amusé le père ne doit-il pas amuser les enfants ?
- Le nouveau jouet, Assemblo, fait appel au goût instinctif de tous les enfants pour la construction, et il met à leur disposition des pièces détachées qui leur permettent de réaliser les combinaisons diverses. L’idée de départ n’est pas neuve; c’est d’elle que dérivent le célèbre jeu Meccano et toutes ses imitations, aujourd’hui innombrables. L’Assemblo se distingue cependant complètement du Meccano ; le but jroursuivi est atteint par des moyens entièrement nouveaux et originaux. Aussi ce nouveau jeu a-t-il remporté à juste titre, le premier prix du Concours Lépine de 1932.
- « Assemblo » se compose de plaques métalliques de formes géométriques, planes ou courbes, telles que carrés, rectangles, triangles, trapèzes, etc. Ces plaques ont sur leurs côtés de petits charnons permettant d’assembler les pièces entre elles au moyen de broches métalliques, qu’on enfile dans les charnons. Signalons que pour permettre d’augmenter ou diminuer aisément et à volonté le serrage de la broche, sur chaque côté des plaques, il existe un charnon freiné. Le cylindre
- qui constitue le charnon est entaillé sur une partie de sa périphérie ce qui découpe une sorte de petite languette assez souple. Pour diminuer le serrage, il suffit de faire passer plusieurs fois une broche dans les charnons; pour l’augmenter il suffit d’exercer sur la languette de freinage une légère pression à l’aide d’une broche comme indiqué sur la figure 8- Les côtés de ces plaques sont de longueurs égales, multiples ou sous-multiples les unes des autres, permettant ainsi d’assembler n’im-côté d’une plaque avec une plaque de même dimension ou avec fies plaques plus grandes ou plus petites et de formes semblables ou différentes.
- On peut ainsi exécuter, en nombre illimité, des ensembles rigides ou articulés et de toutes dimensions : l’enfant a les éléments pour réaliser toutes les constructions que son jeune esprit peut concevoir : maisons, meubles, véhicules, etc.
- Rien n’est à la fois plus distrayant et plus instructif.
- Ajoutons que les plaques « Assemblo » sont revêtues d’un émail très résistant sur lequel on peut peindre des motifs décoratifs appropriés aux ensembles réalisés. Et c’est là un nouvel exercice excellent et dont les résultats augmentent encore le plaisir que prend l’enfant à ces jeux, premier et fécond apprentissage des réalités de l’existence.
- Constructeur : Société Assemblo, 19, rue Ybry, Neuilly-sur-Seine. L’Assemblo est en vente dans tous les grands magasins.
- Fig. 10. — Une cathédrale construite en éléments « Assemblo ».
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos du mirage (voir n° du 15 oct. 1932).
- M. le Pharmacien-Commandant J. Languepin a Relizane (Oran), nous écrit :
- « A propos d’un article paru dans le numéro de La Nature du 15 octobre sur « le mirage sur une route », je me permettrai de faire remarquer qu’il ne s’agit pas là d’un effet de mirage, mais d’une simple réflection sur une route goudronnée faisant l’effet d’un miroir.
- Or le mirage est tout autre chose et la vieille explication qu’en a donnée Monge et que l’on continue à décrire dans tous les livres de physique est, à mon avis, fausse ou tout au moins trop simple.
- En effet l’explication des livres de physique nous montre, dans le mirage, l’image des objets renversée et dans le vrai mirage des pays chauds, l’image est vue à l’endroit.
- Et d’ailleurs si Monge avait réfléchi et s’était rappelé les vieux contes relatant l’histoire de voyageurs trompés par le mirage, il aurait dû penser que les voyageurs n’auraient pas été trompés par des images à l'envers.
- Permettez-moi de vous décrire le plus beau mirage que j’ai pu admirer au Maroc. J’allais en auto au mois de juillet, par un jour de formidable sirocco, d’Oudjd aà Taferalt. Je connaissais la route et je
- savais qu’il n’y avait pas une goutte d’eau dans les environs. Or, à partir de 10 kilomètres environ après Oudjda nous avons vu sur le côté gauche de la route un grand lac à l'endroit avec des rochers et des plantes marines sortant de l’eau. Cette image paraissait être à une centaine de mètres en avant et à une vingtaine de mètres à gauche de la route, et parfois s’approchait à près de cinquante mètres de nous. Elle reculait en même temps que nous avancions et nous l’avons suivie ainsi pendant près de cinq kilomètres. J’ai compris alors que des voyageurs assoiffés aient pu être trompés par des apparitions semblables.
- Quelle est l’explication de ce phénomène ? Je n’en sais rien, mais je crois que celle donnée dans les traités de physique est fausse puisqu’elle implique une image à l’envers. » J. Languepin.
- Rectification. — Acoustique des salles. — Quelques réalisations de l’architecte A. Perret (N° 2892 du 1er novembre 1932).
- M. Auguste Perret nous signale une erreur dans l’article ci-dessus.
- La salle Ch. Bordes à Alger a été conçue par M. J. Guiaucliain, architecte à Alger et M. Aug. Perret n’est intervenu, comme le dit l’article, que pour la correction acoustique.
- L’inscription : Aug. Perret, arch. sous les figures 4 et 5 est donc erronée. Paul Basiaux.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Emploi d’un poste=récepteur sur courant alternatif 25 périodes.
- Un appareil construit pour fonctionner sur le courant alternatif 25 périodes, peut fonctionner « a fortiori » sur un courant de même tension 50 périodes. Le résultat au contraire doit être encore meilleur, puisque les circuits de filtrage sont encore établis avec plus de soins. Inversement, un appareil construit pour fonctionner sur le courant 50 périodes ne peut fonctionner sur le courant 25 périodes sans modifications.
- Le défaut de fonctionnement dont vous vous plaignez dans votre poste ne peut donc provenir de ce que vous utilisez avec du courant 50 périodes un appareil établi pour du courant 25 périodes. Il doit être dû sans doute à un mauvais contact dans le récepteur, dans la connexion d’une lampe, ou à une détérioration causée par le transport du poste. Réponse à M. Prunetti, à Guelma {Algérie).
- Choix d’un poste=secteur.
- 1° Nous ne pouvons vous conseiller, en général, d’employer des récepteurs téléphoniques avec un appareil-secteur à lampes multiples.
- Les appareils de ce genre sont, en réalité, très sensibles; ils comportent généralement une lampe de sortie alimentée sous une forte tension plaque, et fournissant un courant modulé d’une puissance élevée. Dans ces conditions, malgré les qualités des dispositifs récents de ce genre, il se produit toujours des ronflements et des bruits parasites de toutes sortes. Ces bruits sont, en général, peu désagréables en haut-parleur, parce qu’ils sont couverts par l’audition utile. Pour l’écoute au casque, ils deviendraient au contraire presque assourdissants.
- Il serait, en tout cas, nécessaire d’utiliser un système de sortie avec transformateur bien établi, de façon que le courant continu de plaque de la lampe de sortie, courant dont la tension est fort élevée et dont l’intensité est souvent assez considérable, ne traverse pas les enroulements de l’écouteur. On évite ainsi les détériorations de ces enroulements et, en même temps, les désagréments sinon les dangers produits par le passage de ce courant à haute tension en cas de fausse manœuvre.
- 2° Les perfectionnements des postes récepteurs sont tels que tous les appareils industriels donnent maintenant des résultats satisfaisants, et on peut comparer sous ce rapport la construction radioélectrique à la construction automobile. Toutes les automobiles d’aujourd’hui fonctionnent, les pannes sont rares, quelle que soit la marque; il y a seulement des différences de vitesse, de consommation, de confort et d’élégance.
- De même, entre les postes de différentes marques, il y a des diffé-
- rences de sensibilité, de sélectivité et de qualité d’audition musicale.
- Nous pouvons vous indiquer les marques suivantes :
- Établissements Lemouzy, 121, boulevard Saint-Michel, Paris.
- Société Philips, 5, cité Paradis, Paris.
- Société Radiola, 79, boulevard llaussinann, Paris.
- Établissements Bouchet et Aubignat, 30 bis, rue Cauchy, Paris.
- Établissements Hewittic, 5, rue du Pont, Suresnes (Seine).
- Établissements Sonora, 5, rue de la Mairie, Puteaux (Seine).
- Vous trouverez, d’ailleurs, en général, dans nos chroniques de radiophonie, et dans le numéro spécial de septembre 1932 la description d’un grand nombre de postes-secteur récents.
- Réponse à M. G..., à Draguignan (Var).
- Emploi pratique d’un appareil d’enregistrement individuel des disques.
- 1° Plusieurs articles concernant l’enregistrement individuel pho-nôgraphique ont paru dans la Revue, et nous reviendrons encore sur cette question. On peut, d’ailleurs, trouver des pièces pour l’enregistrement électrique des disques dans le commerce, et nous pouvons vous indiquer en particulier l’adresse suivante :
- Établissements Max Braun, 31, rue de Tlemcen, Paris.
- Les dispositifs récents établis par ce fabricant ont été indiqués dans le numéro du lor septembre 1932 de la Revue.
- 2° Il semble que, de plus en plus, les enregistrements individuels de disques par un procédé électro-mécanique s’effectuent avec des disques en composition plastique à base de gélatine, ou avec des disques en aluminium recouverts d’une couche cellulosique.
- Les disques métalliques sont réservés à l’enregistrement simple par un procédé acoustique.
- Cependant, en prenant les précautions nécessaires, il semble qu’on puisse encore parfaitement obtenir des résultats suffisants avec des disques métalliques. Il est seulement indispensable d’étudier avec le plus grand soin l’inclinaison du diamant ou du saphir sur la surface du disque, et de régler le poids de l’outil enregistreur.
- 3° Quel que soit le disque utilisé, il faut que l’armature de l’outil graveur- soit actionné par un courant microphonique amplifié d’une puissance convenable, et que le moteur d'entraînement soit assez puissant. Il ne faut pourtant pas que la puissance modulée du courant microphonique soit trop intense, car il en résulterait des déformations et des vibrations parasites nuisibles.
- Cette puissance du courant microphonique dépend de l’intensité du courant microphonique traversant le primaire du transformateur d’entrée, et du type d’amplificateur de puissance utilisé.
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- Pour faire varier l’intensité du courant microphonique traversant le circuit primaire du transformateur, on peut faire varier dans certaines proportions la tension de la petite batterie intercalée dans le circuit à l’aide d’un rhéostat progressif.
- D’autre part, le transformateur servant à relier le microphone à la lampe d’entrée de l’amplificateur doit être déterminé suivant les caractéristiques de cette lampe, et, en particulier, suivant sa résistance interne. On utilise généralement .un transformateur à très grand rapport avec des prises au primaire et au secondaire, de manière à obtenir les meilleurs résultats en connectant la portion convenable de l’enroulement primaire et de l’enroulement secondaire.
- Tout amplificateur phonographique peut ainsi en général servir pour l’amplification microphonique, à condition d’employer un transformateur de liaison convenable, mais comme, en général, les courants produits par le microphone à grenaille sont plus intenses que ceux produits par un pick-up, on peut souvent supprimer une lampe d’entrée, si l’on emploie un microphone suffisamment sensible.
- 4° En connectant un haut-parleur quelconque à la place de l’outil graveur d’un*système d’enregistrement électro-mécanique, on peut contrôler le fonctionnement de l’appareil ou obtenir des auditions microphoniques, cependant si le haut-parleur est trop rapproché de l’amplificateur, des sifflements violents s’amorcent. 11 est nécessaire d’écarter le haut-parleur de quelques mètres de l’amplificateur, et de réduire autant que possible la tension du courant microphonique.
- Réponse à M. Brunei, à Rouen.
- Ds tout un peu.
- M. Letouzé, à Périers. — Vous trouverez toute documentation sur les parquets sans joints dans les n°» 2752 PVI et 2850 P144, veuillez bien vous y reporter.
- A. P., à Châteauroux. — Les insecticides liquides que l’on emploie en pulvérisations sont presque toujours constitués par une macération d’environ 100 grammes de poudre de pyrèthre dans un litre de pétrole lampant, il vous sera donc facile de préparer vous-même une solution de ce genre.
- M. Servant, à Béziers. —La pâle qui imprègne les cuirs à rasoirs
- est composée de :
- Axonge.............................40
- Cire jaune.........................20
- Sanguine en ardoise porphyrisée .... 40
- La seule condition est que l’abratif' soit en poudre impalpable. Si on veut que le tranchant du rasoir atteigne toute la finesse désirée.
- IV1. Maignan,à St-Germain-en-Laye. — 1° Les produits vendus ces derniers temps pour détruire la nicotine contenue dans le tabac peuvent être préparés à peu de frais en versant dans un litre d’eau trois centimètres cubes de perchlorure de fer officinal que l’on trouve dans toutes les pharmacies, le liquide absolument inoffensif est injecté à la dose d’une ou deux gouttes, à un centimètre de profondeur à chacune des extrémités de la cigarette ou du cigare, on constitue ainsi un barrage filtrant qui fixe la nicotine sans modifier sensiblement l’arome de la fumée du tabac.
- 2° Les dimensions de la pièce à tarauder se déterminent expérimentalement en amenant l’ouverture à un diamètre convenable pour recevoir le taraud immédiatement inférieur à celui qui doit donner le pas de vis final.
- T. S., à Paris. — Le décrassage des vieux meubles et leur éclaircissage est pratiqué par les ébénistes au moyen de la préparation qu’ils désignent sous le nom de « popote » obtenue en prenant :
- Huile de lin........................ 65 grammes.
- Pierre ponce lavée fine............. 200 —
- Acide sulfurique du commerce ..... 20 —
- puis en complétant à un litre avec de l’alcool dénaturé.
- Après avoir bien agité au moment de l’emploi on imprègne de la mixture un tampon de vieux lainage et on frotte énergiquement la surface du meuble jusqu’à ce qu’elle soit bien nettoyée.
- Ensuite on essuie avec une vieille toile fine et sèche.
- Il ne reste plus qu’à revernir au tampon en se servant d’un vernis à la gomme laque comme d’habitude, vernissage qui doit se faire rapidement et sans aucune, poudre, les pores du bois étant remplis par l’ancien vernis.
- M. P. Lions, à Castres.— 1° Vous trouverez tout renseignements sur le mercerisage dans l’ouvrage « Mercerisage et Blanchiment » de Lederlin, directeur de la Blanchisserie de Thaon-les-Vosges, édité par Baillière, 19, rue Hautefeuille, à Paris.
- —...........................= 527 =
- 2° Comme constructeurs d’appareils pour effectuer cette opération, nous pouvons vous indiquer : Niepce et Fetterer, 11, rue Blanche, à Paris, Bonnet à Villefranche (Rhône), Scharp and Sons, 9, avenue du Maréchal-Foch, à Mulhouse — Deliaître, 6, rue d’Oran, à Paris.
- IWI. Bousquel,à St-Lô. — Vous pourrez très facilement vieillir le bois de vos chaises ainsi que leurcannage en employant une encaustique à la cire que vous aurez additionnée d’une macération d’orca-nette dans l’essence de térébenthine, après avoir passé le bois et le rotin à l’alcali volatil.
- M. Fombonne,à Dakar. — Si, réellement, l’enduit de votre court de tennis est bitumineux, il vous suffira d’employer pour tracer les bandes blanches, une mixture préparée en délayant du blanc d’Espagne au moyen d’huile de schiste, de manière à lui donner la consistance d’une peinture.
- Moulins Nielsen,à Malines.—L'huile de lin siccaiivée n’est pas de l’huile additionnée de siccatif, ce qui la fait durcir très rapidement, mais de l’huile de lin cuite pendant plusieurs heures en présence de litharge; vous la trouverez dans le commerce sous le nom d’huile cuite par opposition à l’huile crue, telle qu’elle résulte de l’extraction; c’est donc sous la forme cuite qu’elle doit être employée à la préparation que nous avons indiquée.
- M. Entressangle, à Alger. — 1° La séparation des acides gras contenus dans le savon commercial et l’évaluation de leur quantité, ne présente aucune difficulté, car il suffit de dissoudre un poids connu de savon, dix grammes par exemple, dans environ 200 c. c. d’eau en portant à une douce ébullition, puis d’aciduler par de l’acide sulfurique étendu préalablement de deux volumes d’eau ; les acides gras se séparent, montent à la surface et s’y rassemblent, on filtre alors sur un filtre mouillé dont on a soin de prendre un filtre témoin de même poids.
- Si le filtre est bien mouillé, condition essentielle, seule l’eau acide chargée de sulfate de soude passe au travers du filtre, les acides gras sont retenus;on les lave à l’eau chaude, jusqu’à ce que l’eau filtrée ne soit plus acide.
- Il ne reste plus qu’à mettre le filtre chargé d’acide gras dans une capsule tarée et à tenir dans une étuve à 105° C jusqu’à poids constant, en mettant le filtre témoin également séché dans l’autre plateau de la balance; le poids d’acides gras trouvé multiplié par 10 donne la quantité pour 100 grammes de savon.
- 2° La détermination de l’origine des acides gras est du domaine du chimiste spécialisé et demande une grande expérience, vous ne pourriez l’entreprendre avec succès.
- M. Del Valle, à Vergara.— Pour remédier à la disparition de l’enduit isolant de vos câbles, le mieux est de vous servir de chatterton dont l’usage est courant et qui est composé de :
- Goudron de Norvège......................100 grammes.
- Collophane..............................100 —
- Gutta-percha........................... 300 —r
- Tremper des bandes de toile dans la mixture liquéfiée par la chaleur et les appliquer encore chaudes sur les endroits dénudés.
- N. B. — Des bandes toutes préparées au moyen de cette composition se trouvent dans le commerce.
- M. Ambielle, Collège San José à Buenos-Aires. — Lorsqu’on fait réagir l’acide chlorhydrique sur le chlorate de potasse, surtout si ce dernier contient du chlorure de potassium, l’acide perchlorique libéré est décomposé par l’acide chlorhydrique en un mélange de chlore et de peroxyde de chlore.
- C105H + HCl = CIO2 + Cl + HaO.
- Davy avait donné le nom d’euchlorine au mélange qui se dégage dans ces conditions, à ce moment les avis sur sa constitution exacte étaient très partagés; tandis que Humphry Davy, Gay-Lussac et Thénard considéraient l’euchlorine comme une combinaison, «d’autres chimistes l’envisageaient comme un mélange, sa composition exacte fut réellement élucidée par les travaux de Soubeiran, Millon et de Febal (Liebig’s Ann. Chem., t. CLXXVII, p. 1).
- De ces observations, il résulte que la réaction ne doit pas être utilisée pour produire le chlore, car elle est dangereuse à cause de la présence du peroxyde de chlore qui l’accompagne toujours.
- M. Perrin, à St-Etienne (Loire).— Nous avons indiqué dans le n° 2873, page 82, un procédé de reproduction des documents sans chambre noire, consistant à mettre en contact par la face sensible une feuille de papier contraste, avec le document à reproduire, puis à faire une exposition à la lumière, par le dos du papier sensible après l’avoir recouvert d’un écran filtre jaune ou jaune vert. Pour plus de détails, veuillez bien vous reporter à l’article sus-indiqué.
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Fig. 1. — La cinémathèque installée dans les sous-sols du Trocadéro, où sont conservés' les clichés et les films documentaires. Fig. 2. — Une des salles de la cinémathèque contenant quelques films du début du cinéma et de la grande guerre. (Ph. Roi.)
- Fig. 3. •— A l'exposition internationale de culture mécanique à Essonnes (1er oct. 1932). — Le motocultivateur Gravelg. (Ph. Roi.)
- Fig. 5. — Un autobus sur rail en Allemagne, sur une voie secondaire.
- (Ph. Keystone.
- Fig. 4. — Une pipe de six mètres de long en feuilles de bananiers, vue prise à Bahuma (Congo Belge).
- (Ph. Internat. Press. Service.)
- V Fig. 6. — Une fenêtre pour observer l'estomac d’une vache. > M. Clausen, vétérinaire à Saint-Paul (Minnesota) a pratiqué dans le flanc de l’animal une fenêtre réunie à une ouverture dans l’estomac; il peut ainsi observer l’intérieur de.'l’estomac. (Ph. Keystone.)
- Le Gh'a.nt : G. Masson.
- 3239 — Pari-.. lmp. Lahurf. — i-i2-iq32.
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- 1\H
- Paraît le Ier et le 15 de chaque mois (jR t'eues f'Ar numéro)
- LA NATURE
- MASSON et C'e, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI* (T{. C. Seine ; iS.234) Tel. Danton 56-u.
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intéreur, France et Colonies ; 12 mois (24 n0'), 90 fr. ; — 6 mois (12 n"), 45 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 4 fr.
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n01), 105 fr. ; — 6 mois (12 n”) 53 fr.
- « Tarif pour l’étranger : Tarif n* 1 i Um an.
- .. ,1 --------------— ( Six mois
- 110 fr. 55 fr.
- Tarifa* 2
- Un an. Six mois
- 130 fr. 65 fr.
- Tarif extérieur n" 1 valable pour tous les pays ayant accepté une réduction de 50 pour iOO sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chilie, Colombie, Congo belge, Costa-Rica, Cuba, Egypte, hquateur, Espagne, Eslhonie, Ethiopie, Finlande, Grèce. Guatemala, Haïti, ILedjaz, Honduras, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U.R.S. S.), San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela. arif extérieur n* 2 valable pour les autres pays.
- Réglement par mandat, chèques postaux (compte n* 599, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et C1*, sur une banque de Paris.
- Les abonnements sont payables d’avance et partent du 1" de chaque mois.
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- N° 2895
- LA NATURE
- 15 Décembre 1932.
- L’ANNÉE POLAIRE
- Fig. 1. — La mission française de /’« Année Polaire » au Scoresbg-Sund.
- A gauche, 1 e Pollux, à droite le Pourquoi Pas ?. Cette vue a été prise pendant l’inauguration des bâtiments de la « station Doumer », à Rosenvinge (l).
- Le 16 septembre, le Commandant Charcot, à bord de son célèbre yacht polaire le Pourquoi Pas P a débarqué à Brest. 11 revenait d’accompagner au Scoresby-Sund, sur la côte orientale du Groenland, la « mission Mabert » qui représente la contribution française à la grande œuvre internationale de l’« Année polaire » 1932-1933.
- Outre le détachement Mabert, qui est demeuré au Groenland et qui naviguait sur le Pollux, l’expédition de cette année comportait un certain nombre de savants embarqués à bord du Pourquoi-Pas ? « en amateurs », si l’on peut dire, munis pour la plupart de leurs instruments personnels et qui formaient comme une mission indépendante. Ce n’est pas tous les jours, en effet, qu’une occasion se présente d’aller passer un mois au Groenland et il importait, pour le progrès de la science, que toutes les observations et les mesures possibles fussent exécutées.
- C’est l’histoire de ce magnifique voyage polaire que nous voudrions relater aujourd’hui en même temps que nous décrirons les préparatifs scientifiques effectués pour la mission Habert dont le programme d’observations et de recherches est particulièrement chargé.
- QU’EST-CE QUE L’ “ ANNÉE POLAIRE ” INTERNATIONALE ?
- L’idée de grouper les différentes nations en une seule entreprise scientifique dirigée vers les régions polaires, date actuellement d’une cinquantaine d’années. En 1882, en effet, un projet analogue fut mis à exécution
- sur l’initiative du savant autrichien Karl Weyprecht qui venait de mourir. Douze nations seulement participèrent à cette première « année polaire ». La France s’était récusée pour des questions purement diplomatiques et cette abstention parut tellement absurde -qu’un groupe de savants, parmi lesquels Joseph Bertrand, l’amiral Fleuriais, J.-B. Dumas, Mascart, Milne-Edwards,' élevèrent une protestation. Une mission purement française fut alors constituée et envoyée au cap Ilorn, où elle séjourna quatre mois, du mois d’avril au mois d’août.
- Cette campagne de 1882 fut donc loin d’avoir le développement de celle qui vient de s’ouvrir cette année et qui ne groupe pas moins de vingt-six nations. De plus, à cette époque, la« physique du globe » était encore dans l’enfance; elle se bornait à une étude assez empirique des phénomènes météorologiques et du magnétisme, terrestre. Ce premier essai devait faire néanmoins ressortir l’intérêt d’un ensemble d’observations simultanées et coordonnées, comme seule peut en réaliser une grande coopération internationale.
- Ces avantages sont encore plus marqués aujourd’hui que l’étude des anomalies du champ magnétique et électrique du globe, les théories nouvelles du mécanisme des aurores boréales,
- 1. Les photographies illustrant cet article nous ont été communiquées par MM. Parat et Devaux, membres de la mission Charcot, à qui nous adressons nos remerciements.
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- Fig. S. — Un sommet islandais au-dessus de la mer de nuages, près d’Akureyri.
- basées sur l’action ionisante des électrons solaires dans l’atmosphère, différentes séries démesures, enfin, comme celles concernant les «rayons ultra-pénétrants» de Millikan, l’ionisation et la conductibilité de l’air à diverses altitudes, nécessitent impérieusement un programme d’action coordonné ainsi qu’une extension des opérations sur toute la périphérie des régions polaires. La T. S. F. avait aussi .son mot à dire, les ondes hertziennes fournissant un moyen d’explorer électriquement la zone inaccessible par des transmissions entre des stations diamétralement opposées.
- LES PRÉPARATIFS DU COMMANDANT CHARCOT
- L’un des principaux instigateurs de l’actuelle Année polaire fut le regretté général Ferrié. L’entreprise elle-même fut décidée et arrêtée dans ses grandes lignes au congrès de Stockholm en 1930. Deux ans de délais étaient donc accordés aux différents pays pour leurs préparatifs; l’été de 1931 devait leur permettre, en particulier, d’envoyer sur place des expéditions préparatoires destinées à reconnaître les lieux et à prendre toutes mesures utiles pouf l’installation.
- En ce qui concerne la France, un retard dans le vote
- Fig. 4. — Manœuvres de l’hydravion danois apporté par la mission française à l'exploraleur Lauge Koch.
- des crédits définitifs (environ 3 millions et demi) faillit rendre impossible, en 1931, cette expédition préparatoire, ce qui aurait gravement compromis le succès définitif. Fort heureusement, le Président Doumer put procurer au Commandant Charcot un crédit provisoire de 80 000 fr. Grâce à cette somme modique, le Pourquoi Pas P put partir pour le Groenland. Un charpentier danois, nommé Hansen, fut laissé sur place, muni d’une provision de bois pour construire les bâtiments destinés à loger la mission polaire. Dans cette première campagne, le commandant Charcot était accompagné du professeur Mercanton, de l’université de Lausanne.
- LE DÉPART DU “ POURQUOI-PAS ? ”
- «ET DU “ POLLUX ”
- Cette année, l’expédition française comprenait deux navires, le Pollux, un ancien brise-glaces du port d’Arkhan-' gel, transportait la mission Habert, destinée à rester un an au Scoresby-Sund et ainsi composée : lieutenant de vaisseau Habert, chef de Mission; lieutenant de vaisseau Douguet, l’enseigne Auzanneau, MM. Dauvillier et Rothé, géophysiciens, docteur Le Méhauté, M. Tcher-niakofsky, biologiste et quelques marins.
- A bord du Pourquoi-Pas ? s’étaient embarqués le Commandant Charcot, le professeur Maurain, doyen de l’université de Paris, le docteur J.-L. Faure, le Dr Parat et M. Drach, spécialistes des questions zoologiques et M. J. Devaux, météorologue, de l’observatoire du Pic du Midi de Bigorre. Ce navire, spécialement établi pour résister à la pression des glaces dérivantes, est construit en bois; sa coque, renforcée intérieurement par un vaigrage ou fausse coque particulièrement robuste, atteint 80 cm d’épaisseur à l’étrave. Outre une voilure de trois-mâts, il possède une machine à vapeur auxiliaire de 500 ch destinée à faciliter ses évolutions parmi les glaces. Son équipage est de 28 hommes.
- Le Pourquoi-Pas ? appareilla de Saint-Servan le 3 juillet, toucha à Guernesey puis se dirigea vers le nord en traversant la mer d’Irlande; le Pollux, venant de Glasgow, où il avait fait escale, rejoignit à Stornoway, dans les Hébrides. Ce bâtiment, qui compte 120 hommes d’équipage, transportait la presque totalité du matériel.
- Les deux navires s’élevèrent ensuite dans le nord-ouest; à Thorsavn, dans les îles Feroë, on s’arrêta pour embarquer une maison de bois démontée. Ces îles sont parmi les plus tristes paysages du monde, noires, terminées par de grandes falaises de basalte qui tombent dans une mer grise, sillonnée de pluies errantes; les pêcheurs montent des barques relevées aux deux extrémités selon le galbe millénaire des Vikings. Leurs rames ne présentent pas de « pelles », elles sont presque rondes, afin d’offrir moins de prise aux brusques coups de vent qui tombent de ses hauteurs accores.
- Un moment saisissant fut l’apparition de l’Islande, sous un ciel de tempête, avec ses phares qui s’allumaient à l’embouchure des fjords et sous les flottantes draperies d’une magnifique aurore boréale. On fit escale à Aku-reyri, où une réception fut donnée par F « Alliance française». Peu après l’Islande, on rencontra les glaces : elles étaient plates et minces, d’abord dispersées, puis
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- réparties en bandes de plus en plus serrées pour former le pack. Les deux navires se frayaient un chemin au milieu de ces floes provenant de la banquise en débâcle. Le Pollux passait le premier en les écrasant sous sa proue ; le Pourquoi Pas ? évoluait dans les chenaux « par carambolage ».
- Les glaces disparurent aux approches du Groenland et après quelques jours de brouillard on trouva à l’entrée du Scoresby-Sund une mer bleue, méditerranéenne, traversée d’icebergs en dérive. Le soleil était bas, la terre de Scoresby se trouvant par 70° de latitude; c’était une lumière comme nous en aurions en hiver sur les Alpes, mais une lumière qui ne brûlait pas, par suite de l’absorption presque complète des rayons ultra-violets par l’atmosphère. Le soleil ne descendait plus sous l’horizon, qu’il venait toucher à minuit en s’y enfonçant d’environ un quart de son diamètre.
- LE SCORESBY-SUND, LE PLUS GRAND FJORD DU MONDE
- Le fjord du Scoresby-Sund est vraisemblablement le plus vaste de tous les fjords polaires ; il compte déjà plus de 100 km de longueur jusqu’à une bifurcation qu’il forme, au cap Leslie, et se continue ensuite par de multiples canaux. Sa largeur moyenne varie de 50 à 60 km, mais la pureté de l’air y est telle qu’on voit facilement d’une rive à l’autre.
- Tout le littoral du fjord est occupé par des falaises coupées de glaciers qui s’« écoulent » progressivement à la surface des eaux en donnant naissance à des icebergs. On sait que les icebergs, ou montagnes de glaces flottantes, ne proviennent pas, normalement, de la banquise qui ne produit que des glaces de peu d’épaisseur. Les icebergs proviennent de glaciers terrestres et particulièrement de ceux du Groenland dont la vitesse d’écoulement est relativement grande; les vitesses de 2 à 3 m par jour ne sont pas rares et sur certains promontoires de glace, on aurait relevé le chiffre considérable de 50 m par jour, soit 1500 m par mois.
- Lors de l’arrivée de la mission française, toute l’étendue du Scoresby-Sund était couverte de ces masses énormes, la plupart régulières, taillées en escaliers, en tours, en séracs aigus, en flèches de cathédrale, avec de grandes terrasses étagées qui rappelaient les glaces antarctiques, dérivant lentement sur les courants du fjord. C’était là un périlleux voisinage pour les deux navires, à cause de la tendance des icebergs à se retourner brusquement par suite de la fusion progressive de la partie immergée. Même au mouillage, les navires furent incommodés à plusieurs reprises par ces glaces errantes qu’il fallait repousser avec la vedette à moteur.
- UN ESSAI DE REPEUPLEMENT AU GROENLAND
- Le Scoresby-Sund n’est pas entièrement un désert. A l’endroit où devait s’effectuer l’hivernage s’élève une petite «ville», Rosenvinge, composée de quelques maisons et d’un temple, bâtis en bois. Là résident un officier danois de T. S. F., sa femme, sa fille, quelques familles d’Esquimaux et le gouverneur qui est un métis de danois et d’esquimau nommé Henderick Hoegh.
- Fiy. 5. — Grande lenue féminine au Groenland.
- Cette petite population est d’implantation artificielle. En effet, pour une raison assez mal connue, la côte orientale du Groenland est aujourd’hui à peu près déserte, alors que des centres relativement importants, avec entrepôts et églises, existent aux mêmes latitudes sur le rivage
- Fig. 6. — Enfants esquimaux à Rosenvinge.
- Sur la demande du gouvernement danois, ces enfants venaient d’être vaccinés par les docteurs français. Ils portent des pantalons en peau de phoque.
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- Fig. 7. — Un membre de la mission anglaise Walkins à bord de son « kayak».
- ouest. Or, la côte orientale, elle aussi, a été peuplée autrefois, comme erx témoignent des traces irrécusables. Les Danois ont donc essayé d’y ramener des familles de volontaires, convenablement encadrées et assistées au point de vue social et médical; ces familles trouvent une nourriture suffisante dans la pêche, la chasse au phoque et la chasse au bœuf musqué (Ovihos) qui prospère encore sous cette latitude rigoureuse.
- Cette survivance d’un animal supérieur, comme le bœuf, qui n’« hiverne » pas à proprement parler à la manière des marmottes, constitue du reste un singulier problème biologique. Ces animaux se nourrissent de très petites plantes, graminées et mousses, ainsi que d’un lichen épais, le cétraire gris qu’ils découvrent en grattant la neige.
- QUATRE CENTS TONNES DÉBARQUÉES A BRAS AVEC DES RADEAUX!
- Hansen, à lui tout seul, n’avait pu achever entièrement les bâtiments de la station Doumer; il restait à terminer l’installation intérieure ainsi qu’à débarquer et à mettre en place un grand nombre d’appareils. C’est
- Fig. 8. — Un voisin inquiétant.
- Iceberg en dérive, présentant des traces de fusion à la flottaison et une amorce de cassure oblique.
- à quoi s’employèrent les 120 hommes du Pollux et les 28 hommes du Pourquoi-Pas P Quatre cents tonnes furent ainsi débarquées, à l’aide de radeaux et en faisant la chaîne. Ce sont là des manœuvres pénibles, sur un littoral encombré de plaques persistantes de neige et où la température de la mer ne dépasse pas 3 à 4 degrés.
- A 6 km de la station principale et à 425 m d’altitude, une station « aérologique » avait été prévue, sous le nom de Ker Virginie(Q. Là encore, tout un système de transports dut être organisé à l’aide de brancards sur lesquels les marins assujettissaient le matériel à l’aide de ces nœuds compliqués dont ils ont le secret. Trente accumulateurs de 50 kg, un moteur de 200 kg, des tubes d’hydrogène furent ainsi amenés à Ker Virginie à travers des champs de pierres éclatées par la gelée et des plaques de névés de consistance friable. La piste traversait même un glacier ! Cette « altitude » de 425 m, qui serait insignifiante sous nos climats, est déjà fatigante au Groenland; la station de Ker Virginie fut environnée à plusieurs reprises, durant les travaux, de brouillards froids formés d’aiguilles de glace, identiques à ces cirrus qui plafonnent, dans notre ciel, entre 8000 et 11 000 m !
- LE PROGRAMME DES RECHERCHES SCIENTIFIQUES
- Voici maintenant comment se présente le vaste programme d’observations et de mesures qui s’offre au Commandant Habert et à ses compagnons d’hivernage.
- Tout d’abord, leur étude devra porter sur le champ magnétique terrestre qui est de beaucoup le chapitre le plus important de ce programme scientifique. Le champ terrestre est représenté en chaque point de l’espace par un vecteur qui nécessite, pour être entièrement défini, la connaissance de trois paramètres; ceux que l’on choisit d’habitude sont la déclinaison (angle du plan vertical contenant le vecteur champ avec le plan du méridien géographique du lieu), Vinclinaison (angle du champ avec l’horizontale) et la composante horizontale du champ ; ce choix n’a d’ailleurs rien d’absolu. Au Scoresby Sund, la déclinaison et la composante horizontale seront mesurées par la méthode classique du théodolite magnétique. Pour la mesure de l’inclinaison, on emploiera la boussole d’inclinaison ainsi qu’un appareil spécial, l’inclinomètre à induction, dont nous donnons le principe fig. 11.
- Les variations d’une grandeur physique sont bien souvent plus révélatrices que sa valeur absolue. Les « constantes » du champ terrestre n’échappent pas à cette loi; leurs changements, brusques ou progressifs, seront donc mesurés et enregistrés au moyen de vario-mètres. L’élément essentiel des divers variomètres est constitué par une aiguille aimantée mobile et portant un miroir; un pinceau lumineux est ainsi dirigé sur une bande de papier photographique que déroule un mouvement d’horlogerie.
- A cette étude des variations du champ terrestre se rattache étroitement . celle des courants telluriques, soit que l’on doive considérer ces derniers comme des courants de Foucault induits dans la masse du globe
- 1. En mémoire de Mme Virginie Hériot, qui avait donné des fonds pour l’expédition.
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- par les variations du champ, soit que les variations magnétiques se présentent, au contraire, comme une conséquence des changements d’intensité des courants. Cette question, si importante pour la physique du globe, est presque impossible à résoudre dans les contrées civilisées où les parasites industriels sont nombreux et intenses. Par contre, la situation du Scoresby-Sund, au voisinage du pôle magnétique et dans une zone absolument déserte, permet d’escompter des résultats du plus haut intérêt.
- Deux lignes seront établies pour l’étude de ces courants,
- Fig. 9. — Observatoire aérologique de Ker-Virginie.
- Situé à 425 ni d'altitude et à une distance de 6 km de la station principale. Cet observatoire nécessita pour son installation les transports les plus pénibles, effectués à bras et à travers un glacier.
- dépendre étroitement à la fois des variations du magnétisme terrestre et des troubles solaires. On admet généralement aujourd’hui que les variations magnétiques de grande amplitude (« orages magnétiques ») sont dues à un afflux exceptionnel, au voisinage de la Terre, de particules électrisées de provenance solaire. Les « rayons » des aurores boréales ne seraient alors autre chose que les trajectoires lumineuses de ces particules dans les couches électrisées de la haute atmosphère.
- Au Scoresby-Sund, qui se trouve à peu près dans la zone de fréquence maxima de ces phénomènes, l’observation des aurores sera surtout synoptique, c’est-à-dire
- Fig. 11. — Principe de /’« inclinomèlre à induction » utilisé par la mission de l’année polaire pour mesurer l’inclinaison du champ magnétique
- terrestre.
- Une bobine B peut être mise en rotation rapide autour d’un axe AA', à l’aide d’une transmission flexible F. Elle produit, par suite de sa rotation dans le champ terrestre, un certain courant que l’on reçoit dans un galvanomètre (non représenté sur la figure). Or, l’axe de rotation A A'est monté à la Cardan sur les deux cercles ACA'C' et DD'; il est donc possible de l’orienter par tâtonnements dans la direction du champ terrestre, la coïncidence exacte étant décelée par le fait que le galvanomètre demeure au zéro malgré la rotation de la bobine.
- l’une orientée du nord au sud, l’autre est-ouest; chaque ligne comprend deux prises de terre distantes de 1 km au minimum et réunies par un conducteur isolé dans lequel se trouve intercalé un galvanomètre. L’ordre de grandeur des voltages à mesurer est de 0,2 volt par km.
- Aurores boréales. —- La présence au Scoresby Sund de M. Dauvillier, dont on connaît les travaux sur les aurores polaires, montre tout l’intérêt qui s’attache pour les géophysiciens à ces phénomènes si importants et encore si mal connus. L’apparition des aurores semble
- Fig. 10. — Carte du Groenland et de l'Islande montrant la position du Scoresby-Sund où réside actuellement la mission française Habert (lire Rosenvinge au lieu de Roveninge).
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- Fig. 12. — Appareil Gerdien pour la mesure de la conductibilité
- de l’air.
- L’air, aspiré par un ventilateur V, traverse un tube métallique T au centre duquel se trouve une électrode oblongue E ; ce tube et cette électrode forment les électrodes d’un condensateur chargé. L air s’échappe par le chemin CC' et les variations progressives de charge du condensateur TE, caractéristiques de la conductibilité de l’air, sont décelées par un électromètre de Wolf très sensible W, à double fil d’or.
- que l’on s’efforcera d’en dresser un catalogue méthodique, comportant des mesures de durées et d’altitudes; ces dernières, voisines de 100 km pour la frange inférieure, seront déterminées par des mesures télémétriques à l’aide d’une « base » de plusieurs dizaines de kilomètres.
- Grâce au réseau serré
- Fig. 14. — Schéma^des connexions de la girouette électrique.
- L’axe O de la girouette porte un contact tournant C qui parcourt des plots disposés en cercle et reliés à des résistances : la résistance de l’ensemble dépend, par suite, de la position delà girouette. Les indications du milliampère-mètre M, alimenté par’ la source à potentiel constant S, permettent donc de suivre à distance tous les mouvements de la girouette.
- de stations qui entoure actuellement le pôle nord, on pourra savoir si l’aurore est un phénomène local ou s’il intéresse la totalité des régions arctiques : on saisit ici, sur un point de détail, tout l’intérêt d’une vaste coopération internationale. Ces mensurations seront complétées par des observations spectrographiques et photographiques.
- Champ électrique terrestre et conductibilité de Pair. — Dans nos régions, le champ électrique terrestre ou « gradient vertical » du potentiel atmosphérique est de l’ordre de 150 volts par m au voisinage du sol, par beau temps.
- Notre atmosphère peut être considérée comme le « diélectrique » ou isolant d’un condensateur sphérique dont les deux armatures seraient la couche ionisée conductrice où se produisent, notamment, les aurores polaires, et par le globe terrestre lui-même. L'étude du champ électrique présente, par suite, un intérêt tout particulier au voisinage des pôles qui constituent incontestablement des « zones singulières » de ce condensateur.
- La mission Habert dispose pour cette étude de deux électromètres à quadrants, enregistreurs, du système Bendorff, reliés à une antenne isolée placée à 2 m du sol. Cette antenne est constamment maintenue au potentiel de l’atmosphère ambiante par une « prise de potentiel » radioactive à base d’ionium qui rend l’air conducteur par ionisation locale.
- Si l’atmosphère terrestre constitue le diélectrique d’un condensateur, il faut avouer que ce diélectrique est fort imparfait. Une ionisation générale et permanente de l’air existe normalement; elle se traduit par une certaine conductibilité de cet air qui donne lieu à un « courant » vertical de l’ordre de 2,2 micro-amp ère par km2. La conductibilité de l’air du Scoresby-Sund a fait l’objet d’un certain nombre de mesures de la part du professeur Maurain, aidé de M. J. Devaux, pendant le séjour du Pourquoi Pas ? à Rosenvinge.
- Ces mesures seront poursuivies méthodiquement à l’aide mécanisme des contacts électriques de l’annareil Ger- est enferm^ dans le boîtier (voir schéma
- dien (fig. 12); cet flg’ 14^"
- appareil permet de
- déterminer la conductibilité de l’air, aspiré par un ventilateur, en observant la durée de la décharge d’un condensateur dont cet air en mouvement forme précisément le diélectrique.
- Rayons de Millikan; couche d'Heaveside. .— Les
- rayons cosmiques ou a rayons pénétrants » de Millikan, seront observés à l’aide de l’éleetromètre de Kolhorster, monté sur une chambre d’ionisation pleine d'argon comprimé à 100 atmosphères. L’argon a été choisi à cause de son poids atomique élevé qui le rend peu péné-trable.
- Les expériences projetées présentent un grand intérêt à cause de l’énorme épaisseur du glacier continental groenlandais qui assure une protection contre les roches radioactives.
- Pour mesurer la hauteur de la couche ionisée conductrice de la haute atmosphère, ou couche de Kenelly-
- n
- Fig. 13.
- Girouette donnant électriquement des indications à distance, destinée aux observations dans les pays froids.
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- Fig. 15.
- Périlleuse exploration d’un iceberg par un membre de l'expédition.
- Des sondages thermiques, à l’aide de sondes thermo-électriques, ont été effectués sur divers icebergs. Ce sont là des entreprises dangereuses par suite de l’instabilité des glaces flottantes; l’une d’elles ayant basculé, l’opérateur, M. J. Devaux, commença à glisser et ne dut son salut qu’à la
- prompte intervention de la vedette à moteur du Pourquoi Pas ?.
- Heaveside, on aura recours à un phénomène d’écho. Un poste d’émission de 50 watts placé à Rosenvinge émettra un bref signal qui sera reçu après réflexion, par un poste muni d’un oscillographe apériodique ultra-rapide Blondel, situé à 5 km; du temps employé par l’onde électromagnétique pour monter et redescendre, on déduira la hauteur de la couche conductrice réfléchissante.
- Dans le même ordre d’idées, des transmissions radioélectriques seront organisées entre les différentes stations internationales afin de déterminer comment s’effectue la transmission des ondes pendant la nuit polaire.
- Ce sont là de véritables « sondages électromagnétiques » qui permettront sans doute de savoir ce que devient la couche ionisée dans l’obscurité ininterrompue, au-dessus du pôle.
- Météorologie. — Dans le domaine de la météorologie, les observations classiques seront effectuées à intervalles réguliers, les appareils différant seulement de ceux utilisés d’ordinaire par des dispositifs de lecture électrique à distance qui épargneront aux observateurs de nombreuses sorties dans la nuit glacée. Les figures 13 et 14 donnent le schéma de la girouette à transmission électrique.
- Ce principe sera du reste poussé plus loin encore,
- car des sondages stratosphériques doivent être effectués à l’aide de ballonnets munis d’un léger baromètre, d’un thermomètre et... d’un petit poste de T. S. F. automatique! Un appareil enregistreur situé au sol reproduira fidèlement, sous forme conventionnelle de « tops » séparés par des intervalles plus ou moins longs, les indications des instruments emportés par le ballonnet.
- Fig. 16. — « Kayak » d’honneur offert par les Esquimaux au Commandant Charcot.
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- Fig. 17. — Les adieux du Pourquoi Pas ? aux membres de la mission Habert, demeurés pour un an au Groenland.
- Ceux-ci regagnent dans leur canot à moteur la côte du Scoresby-Sund. Au premier plan, les haubans du Pourquoi Pas ?
- LES DERNIERS TRAVAUX DU “ POURQUOI-PAS ?
- De nombreuses observations scientifiques ont pu être effectuées également par les membres de la mission provisoire, passagers du Pourquoi-Pas P. Au cours de leur séjour de 25 jours au Scoresby-Sund, MM. Parat et Drach ont eu l’occasion d’explorer un très riche gisement d'ammonites fossiles, qui avait été aimablement signalé à la mission française par l’explorateur danois Lauge Koch.
- M. J. Devaux a poursuivi ses recherches sur la répartition des températures internes de la glace à l’aide de sondes thermo-électriques et a même failli inscrire son nom sur le martyrologe de la science en opérant sur un iceberg qui s’est renversé au cours de l’expérience !
- De magnifiques spectacles célestes s’offrirent aux passagers du Pourquoi-Pas P peu avant leur départ; des parhêlies brillantes furent observées, encadrant trois soleils égaux et bordées des couleurs du prisme. Il y eut également des arcs-en-ciel lunaires, des effets de mirage dus à la superposition des couches glacées de l’air et qui prolongeaient, qui étiraient les masses blanches des glaces vers le haut en colonnes de lumière...
- Le retour du Pourquoi-Pas P s’effectua sans trop d’encombres, au milieu des glaces déjà plus abondantes, malgré l’absence du Pollux qui l’avait précédé de 14 jours vers l’Europe.
- Une violente tempête assaillit peu après le navire et il fallut s’y reprendre à quatre fois avant de doubler les caps de l’Islande. On mouilla à Brest le 16 septembre.
- Pour les membres de la mission Habert, demeurés au Scoresby-Sund, le soleil ne se lève déjà plus depuis les premiers jours d’octobre. La mer est prise : au gros de l’hiver, la banquise s’avancera jusqu’à l’Islande. La T. S. F. doit leur permettre de nous envoyer régulièrement de leurs nouvelles et nous pouvons les suivre par la pensée au milieu de leurs longs et silencieux travaux, dans la nuit polaire.
- P. D.
- LA DÉSAGRÉGATION DE LA MATIÈRE <v»
- DÉTERMINATION DE L’ÂGE DE LA TERRE
- Les pressions et les températures que nous pouvons produire en laboratoire sont, parce que trop faibles, sans influence sur les phénomènes radioactifs. Mais il n’en est certainement pas de même des pressions et des températures énormes existant à l’intérieur des étoiles et de la Terre. 11 est en particulier infiniment probable que les pressions qui y existent empêchent la désagrégation. 11 est donc logique d’admettre que c’est au moment où l’uranium et le thorium sont apparus à la surface de l’écorce terrestre qu’ils ont commencé à se désagréger.
- On peut se représenter de la manière suivante les grandes lignes de la formation de l’écorce terrestre. Lorsque — pour des raisons qui ne sont encore qu’hypo-thétiquement connues — la Terre et les autres planètes se sont détachées du Soleil, elles étaient constituées par des masses gazeuses portées à des températures de plusieurs
- millions de degrés. Par suite de la force de gravitation, les différents éléments chimiques se sont classés dans Tordre de leurs densités, les plus lourds vers le centre, les plus légers à la périphérie. Cette dernière s’est refroidie par suite de son rayonnement. On ne sait évidemment rien de certain sur la façon exacte dont s’est formée l’écorce terrestre pendant ce refroidissement. De nombreuses hypothèses ont été émises parmi lesquelles la plus vraisemblable nous paraît être celle de Wegener (‘). D’après lui, le globe terrestre est formé d’un premier noyau, le nife, composé essentiellement de fer et de nickel fondus ou vaporisés, comprimés à très haute pression, et formant une sphère d’environ 5000 km de rayon. Au-dessus du nife se trouve une deuxième couche d’une épaisseur de 1500 km environ, le sima. Celui-ci aurait une
- 1. La genèse des continents et des océans. Albert Blanchard, 1924.
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- composition très analogue à celle de la lave volcanique et serait, au point de vue physique, à considérer comme un corps visqueux, c’est-à-dire susceptible d’être déformé. Au-dessus du sima se trouve la croûte terrestre ou sial de 100 km d’épaisseur environ.
- Au début du refroidissement, la couche de sial devait être répartie uniformément sur toute la surface de la Terre et entourée d’une couche également uniforme d’eau, puis d’une couche de gaz incondensables ayant approximativement la même composition que notre atmosphère actuelle. Par suite d’un refroidissement plus intense, d’éruptions volcaniques et de phénomènes de marées, la couche de sial s’est déchirée en divers endroits et s’est plissée, formant les chaînes de montagnes actuelles; elle s’est ainsi séparée en plusieurs morceaux qui constituent les continents. Ceux-ci flottent dans le sima comme des morceaux de glace dans l’eau, laissant entre eux de grands espaces où le sima est à découvert et qui constituent les mers, la plus grande partie de l’eau du globe étant venue s’y réunir. Le fond des mers serait donc d’une nature bien différente de celle de la surface de la Terre.
- Deux causes principales sont alors intervenues pour modifier l’aspect de l’écorce terrestre :
- 1) L’érosion. — L’eau dissout peu à peu les principes solubles de l’écorce terrestre et les transporte vers les mers. Les rivières transportent d’autre part des corps insolubles en suspension dans leurs eaux. Ils se déposent peu à peu dans les endroits où les courants sont faibles ou dans le fond des océans, des mers intérieures et des lacs.
- 2) Les éruptions volcaniques. — Celles-ci amènent à la surface de la Terre des corps se trouvant sous l’écorce.
- Ces deux causes provoquent la formation, sur la première couche provenant de la cristallisation de la surface de la masse en fusion, de nouvelles couches que l’on nomme les sédiments.
- .Mais, vraisemblablement sous l’influence de causes astronomiques, les continents se déplacèrent; ces déplacements donnèrent lieu à la formation de plissements qui modifièrent périodiquement le régime de circulation et de répartition des eaux. Certaines régions se trouvèrent successivement immergées puis émergées. Dans une région donnée, les apports de sédiments furent successivement interrompus et repris. C’est pourquoi ils sont disposés en couches successives présentant des séparations parfois très nettes. Chaque couche est caractérisée par des fossiles déterminés : ce sont eux qui permettent, dans la plupart des cas, de prouver que des sédiments se trouvant à des points géographiques différents ont été formés dans la même période géologique.
- Les géologues sont ainsi arrivés à classer les divers sédiments dans l’ordre de leur formation et à partager en périodes la vie passée de la Terre. Ils se sont heurtés à des difficultés énormes lorsqu’ils ont voulu évaluer en années ces périodes. Toutes les évaluations sont restées très hypothétiques jusqu’à ce que la méthode de déter-
- ..—..—..................... ..= 537 =
- lumination de l’âge d’une préparation radioactive, dont nous avons parlé plus haut, ait été élaborée.
- On a étudié des minerais radioactifs trouvés dans de* sédiments de diverses périodes. La détermination de leur âge a tout d’abord confirmé le classement qu’en avaient fait les géologues. Elle a ensuite montré que les différentes périodes sont de durées à peu près égales; les géologues étaient déjà arrivés à cette conclusion par la considération de l’épaisseur moyenne des sédiments.
- L’étude des minerais radioactifs montre que chaque période est d’environ 30 millions d’années. Or, il y a 20 périodes correspondant à des sédiments contenant des animaux ou des plantes fossiles.
- On peut donc reporter à 600 millions d'années l’apparition de la vie sur la Terre. D’autre part, les minerais radioactifs trouvés dans lès terrains ignés (première croûte formée par refroidissement) ont un âge de 1500 millions d'années environ.
- La Terre est plus ancienne encore puisqu’il faut ajouter à ce chiffre le temps de refroidissement avant la formation de l’écorce, mais on a tout lieu de croire qu’il n’a pas été très long; on peut estimer que depuis que la Terre s’est détachée du Soleil il s’est écoulé un temps de l’ordre de 2 milliards d'années.
- La désagrégation artificielle des éléments. —
- Pour terminer cette étude, nous allons dire quelques mots des essais de désintégration artificielle des éléments que poursuivent divers savants. Ces essais sont effectués principalement à Cambridge sous la direction de Rutherford et de Chadwick, et à Vienne sous la direction de Pettersson et de Kirsch.
- Pour réaliser la désintégration artificielle des éléments non radioactifs, ces savants les bombardent avec des particules a provenant du radium. En heurtant les centres positifs, ces particules en arrachent des protons. Dans d’autres cas, les particules a sont absorbées par le noyau. On arrive ainsi à transformer artificiellement un élément en un autre élément. Jusqu’à présent, les rendements de ces transformations sont infimes, mais ils sont suffisants pour prouver leur possibilité.
- Toutes ces recherches ont fait ressortir de l’oubli le vieux rêve des alchimistes : la transmutation des métaux. Divers savants s’y sont attaqués en utilisant des méthodes diverses (catalyseurs, décharges électriques, etc...). Jusqu’ici ils ont échoué.
- L’industrie fournit actuellement du courant électrique sous une tension maxima de 1 000 000 de volts. Matignon estime que, lorsque l’on arrivera à produire des voltages 6 à 7 fois plus forts, on pourra peut-être expulser par l’arc électrique des protons des atomes.
- En tout cas, l’état actuel de la science permet d’envisager comme possible la transmutation des métaux, mais on ne sait pas encore quelles énergies devront être mises en oeuvre.
- Il est probable qu’elles seront telles que cette transmutation ne présentera jamais d’intérêt industriel.
- Y. Mayor.
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- LES LAMPES A AIR COMPRIMÉ
- Fig. 1. .— Vue et coupe d’une lampe électrique à air comprimé.
- Le titre de cet article pourra étonner nos lecteurs, car on ne voit pas bien, a priori, le rapport qu’il peut y avoir entre l’air comprimé et la lumière et comment le premier peut produire la seconde. Notre but est d’attirer l’attention sur une des applications les plus ingénieuses de l’air comprimé qui, on le sait, est aujourd’hui l’un des moyens les plus employés pour la transmission de l’énergie à distance. Il a remplacé la vapeur dans beaucoup de cas et il est préféré à l’électricité dans un certain nombre
- Fig. 2. — Lampe à cloche.
- d’usages en raison de la simplicité et de la robustesse des appareils producteurs et récepteurs d’énergie, ainsi que de leur rendement élevé. Diverses industries, telles que les mines et les carrières, lui ont donné un vaste essor. Il n’est pas de mine équipée de façon moderne qui ne possède un réseau de tuyauterie distribuant l’air comprimé dans les différentes parties de l’exploitation.
- On emploie les marteaux pneumatiques pour la perforation des trous de mine, les haveuses pour l’abatage, les marteaux-piqueurs pour la division des blocs, les treuils à air comprimé, genre « Turbinair » pour la traction des wagonnets. On utilise encore l’air comprimé pour l’épuisement des eaux, pour actionner les sondeuses servant à la reconnaissance des gisements, pour le forgeage et la réfection du taillant des instruments de choc, etc... mais on n’avait pas songé jusqu’ici à s’en servir pour produire la lumière nécessaire à l’éclairage des travaux.
- Pourtant cette question de l’éclairage dans les travaux souterrains et en particulier dans les houillères est une de celles qui présentent le plus de difficultés. Ces mines connaissent deux grands dangers : le grisou, trop connu pour qu’il soit utile d’en parler et les poussières tout aussi dangereuses. Dans les galeries de mine flotte une poussière impalpable de charbon qui, lorsque sa proportion par rapport à l’air ambiant atteint un certain chiffre, constitue un mélange susceptible, comme le grisou, de s’enflammer et de détoner avec une rapidité et une violence effrayantes. II faut donc éviter toute flamme ou toute production d’étincelles qui pourraient causer une catastrophe. On a recours pour l’éclairage, soit aux lampes de sûreté dérivées du type Davy lesquelles éclairent mal, mais offrent toute sécurité aussi longtemps que l’enveloppe protectrice est en bon état et qu’un ouvrier imprudent ne cherche pas à l’ouvrir, soit aux lampes électriques à accumulateurs fournissant un éclairage plus intense mais qui sont lourdes, demandent beaucoup de soins et des recharges fréquentes.
- Il ne peut être question d’installer des lignes électriques en raison des dangers d’inflammation par court-circuit, rupture des fils, etc... que ce système ferait courir, mais par contre, on a sous la main, si l’on peut dire, une source d’énergie abondante et sans aucun danger grâce à la distribution d’air comprimé. Que l’on réunisse dans un carter étanche, une turbine à air actionnant une génératrice de petites dimensions et l’on obtiendra une source de lumière indépendante, facile à entretenir et ne présentant aucun danger.
- Même dans les travaux où le grisou et les poussières ne sont pas à craindre, la lampe à air comprimé se révèle comme un appareil pratique pour produire facilement de la lumière. Son plus grand avantage est son indépendance. Point n’est besoin d’établir une ligne spéciale comme pour l’électricité. Au front de taille, par exemple, nous disposons presque toujours de l’air comprimé qui actionne les outils d’avancement. Une simple dérivation à faire sur la conduite et le personnel ne travaillera plus en aveugle, à la maigre lueur d’une lampe à huile ou ne subira plus la lumière intermittente des lampes à acétylène qui
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- répandent leur mauvaise odeur dans un milieu déjà confiné. La lampe à air comprimé s’allume et s’éteint aussi facilement qu’une lampe électrique ; un seul robinet à tourner pour ouvrir ou fermer l’admission d’air, suivant le cas. De plus, cet air que la lampe à turbine répand dans l’atmosphère est une contribution appréciable à l’aération.
- Dans les chantiers à ciel ouvert, la lampe à air comprimé trouve son emploi lorsqu’il s’agit de travaux temporaires de nuit parce qu’elle constitue une source de lumière indépendante, facile à placer et à transporter.
- Enfin, il est un cas où son emploi est particulièrement indiqué, c’est pour l’éclairage des locomotives de mine à air comprimé employées dans les mines grisouteuses ou poussiéreuses et qui sont les seules à fournir un moyen de traction mécanique de rendement satisfaisant et de sécurité absolue. Grâce à une seule prise faite sur le réservoir et commandée par une vanne d’arrêt, on dispose de la lumière à volonté.
- DESCRIPTION DE LA LAMPE A AIR COMPRIMÉ
- Nous donnerons ci-dessous une description rapide des lampes Friemann et Wolf dont l’emploi est autorisé en France depuis octobre 1930 dans les mines grisouteuses ou poussiéreuses. Les photographies ci-contre que nous devons à l’obligeance de la Sté d’Éclairage et d’applications électriques à Arras montrent les différents types de lampes existants. La figure 1 nous donne une coupe de ces appareils qui comprennent :
- a) Une turbine à air comprimé dont les roues motrices sont calées sur un arbre commun à la génératrice.
- b) Une magnéto du type à aimant mobile et induit bobiné fixe.
- c) Une ampoule à atmosphère gazeuse, à culot « petite baïonnette » de 35 watts sous 6 volts, protégée par une cloche en verre d’au moins 6 mm d’épaisseur et un treillis métallique dont l’enlèvement est rendu impossible grâce à un verrou magnétique. Dans le type projecteur, représenté par les figures 3 et 4, l’ampoule est placée au foyer d’un réflecteur parabolique argenté et protégée par un disque de verre de 7 mm d’épaisseur sur lequel est placée une couronne grillagée.
- d) Un ajutage d’admission d’air comportant un détendeur d’air avec un régulateur à ressort muni d’un dispositif d’arrêt destiné à empêcher le déréglage frauduleux de l’appareil et l’augmentation abusive de la puissance.
- e) Des appareils de suspension variant suivant le type de lampe, c’est-à-dire un étrier monté sur tourillons pouvant être bloqué à l’aide d’écrous à oreilles et terminé par un crochet pour les lampes qui doivent être suspendues ou par un manchon carré adaptable à un porte-lampe dans le cas des projecteurs destinés aux locomotives.
- /) Enfin un dispositif de sûreté dont le principe est le suivant : En marche normale, une bride disposée dans le plan diamétral de la cloche (ou du disque de verre pour les projecteurs) prend appui dans le fond de celle-ci et comprime le ressort du pôle central de l’ampoule. En cas de bris de la cloche (ou du verre) la hride perd son point d’appui; le ressort — d’une force de 5 kg — pousse l’ampoule et provoque un court-circuit d’où résultent la rupture d’un fusible et l’interruption du
- Fig. 3. — Projecteur.
- courant. En outre, par 5 orifices, une fraction de l’air d’échappement débouche de la carcasse de l’alternateur vers l’ampoule et refoule l’atmosphère extérieure éventuellement grisouteuse.
- L’admission d’air est munie d’un filtre qui arrête les grosses impuretés de l’air comprimé, mais dans le cas où celui-ci serait trop chargé d’huile ou d’eau, il est préférable de le faire passer au préalable dans un épurateur. L’intérieur de la lampe reste ainsi plus propre et nécessite moins de démontages et de nettoyages.
- Le turbo-alternateur est monté sur paliers à billes munis de graisseurs. Le poids des appareils complets varie de 6 à 8 kg suivant les types. Ils sont remarquables par leur grande puissance, soit 35 watts avec une vitesse de 7500 tours-minute et une consommation d’air de 7 m3 à l’heure ou 50 watts à la vitesse de 9000 tours/minute avec consommation de 9 m3/heure.
- Ils sont établis pour pouvoir fonctionner une semaine entière sans renvoi à la lampisterie, mais en raison des grandes vitesses de rotation du turbo-alternateur, il est nécessaire que les ouvriers chargés du nettoyage et de la révision périodiques agissent avec beaucoup de soins pour éviter de fausser les arbres ou d’introduire des poussières ou des matières étrangères qui risqueraient d’entraîner un grippage de l’appareil. A.-F. Pellat.
- Fig. 4. — Projecteur de locomotive.
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- LES PERFECTIONNEMENTS DE LA CELLULE DE KERR ET SON EMPLOI EN TÉLÉVISION
- Liaison par fil ou ondes hertziennes
- Amplificateur
- Récepteur
- Soient Meme Amplificateur
- téléviser anaJ'seurTraducteur 0'u
- lumière courant (cellule photoelectr.)
- ® Ondes t
- sonores t ______
- Traducteur Système courant lumière intégrateur
- Liaison pat ondes hertzie
- Haui-par/eur
- sonore
- Récepteur Amplificateur
- Microphone AmptifiœU
- Emetteur
- ,Fig. 1. •— A. Représentation schématique des différents organes d'un système émetteur et récepteur de télévision.
- B. Comparaison avec un système émetteur et récepteur de radiophonie.
- UNE OPÉRATION ÉLÉMENTAIRE EN TÉLÉVISION.
- — LA TRADUCTION LUMIÈRE-COURANT ET LA TRADUCTION COURANT LUMIÈRE
- La transmission et la réception d’une image télévisée exigent, dans les conditions actuelles, la réalisation des diverses opérations suivantes, indiquées schématiquement sur la figure 1. A.
- 1° Analyse de l’objet ou de l’image à téléviser en un certain nombre d’éléments optiques, ayant chacun une intensité lumineuse ou une teinte propre, au moyen d’un système analyseur.
- 2° Traduction des intensités lumineuses relatives à chaque élément analysé en courants électriques d’intensité correspondante, à l’aide d’un système traducteur lumière-courant.
- 3° Amplification de ces oscillations électriques, et transmission par fil téléphonique ou ondes de support hertziennes ou lumineuses.
- 4° Réception et amplification au poste récepteur
- des oscillations ainsi transmises.
- 5° Retraduction des oscillations électriques en ondulations lumineuses de caractéristiques correspondantes, au moyen d’un système traducteur courant-lumière.
- 6° Reconstitution de l’image télévisée à l’aide d’un appareil intégrateur distribuant le flux lumineux obtenu, et agissant en synchronisme avec le système analyseur de l’émetteur.
- Dans les appareils de télévision cathodique, les deux dernières opérations de traduction courant-lumière et de synthèse, et même quelquefois les deux premières opérations d’émission, peuvent être effectuées a l’aide d’un seul appareil : l’oscillographe cathodique.
- Quel que soit le système de télévision considéré, l’opération essentielle consiste à traduire en courant électrique un flux lumineux au poste émetteur, et à retraduire au poste récepteur le courant électrique obtenu en un flux lumineux correspondant au flux initial.
- La première partie de l’opération s’effectue au moyen d’une cellule photoélectrique-, l’opération inverse de retraduction exige l’utilisation d’un dispositif traducteur ou modulateur de lumière.
- On peut comparer grossièrement à cette opération le phénomène de la transmission radiophonique (fig. 1 B). Pour transmettre les radio-concerts, on traduit d’abord les ondes sonores en courants électriques à fréquences musicales à l’aide d’un microphone, puis on transmet ces oscillations électriques à l’aide des ondes hertziennes. On fait de nouveau apparaître au poste récepteur les oscillations électriques musicales, qui actionnent un haut-parleur reproduisant théoriquement les ondes sonores primitives ayant frappé la plaque du microphone.
- D’après cette comparaison, la cellule photoélectrique en télévision est grossièrement comparable au microphone radiophonique, de même que le traducteur de lumière peut être comparé à un haut-parleur. Pourtant, en télévision on ne transmet que des variations de lumière, au contraire, en radiophonie, on transmet bien les ondes sonores avec leurs variations d’intensité et de hauteur.
- Ces opérations élémentaires de la traduction lumière-courant et de la retraduction correspondante sont absolument essentielles pour le bon fonctionnement des appareils de télévi-
- Fig. 2. — La constitution d’une onde lumineuse.
- I. pour un rayon de lumière ordinaire OA, les vibrations rectilignes sont normales au rayon et situées dans tous les plans passant par ce rayon.
- II. Les champs électrique et magnétique d’un rayon lumineux polarisé.
- du champ magnétique
- Plan de vibration
- Plan de vibration do champ électrique
- a Direction A du rayon
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- sion. C’est seulement dans le cas où elles sont effectuées d une manière satisfaisante qu’on peut obtenir des images bien éclairées, bien contrastées, et d’une surface suffisante. On n’a pu réaliser des appareils de télévision vraiment pratiques qu’au moment où l’on a disposé de cellules photoélectriques et de traducteurs de lumière suffisamment perfectionnés. Les progrès obtenus récemment dans la fabrication de ces organes ne peuvent permettre sans doute intrinsèquement d’obtenir des images plus détaillées, mais ils peuvent donner à des images, môme relativement grossières encore, un intérêt certain. Les résultats obtenus récemment avec différents appareils industriels que nous décrirons plus loin démontrent d’une manière très nette la réalité de cette constatation.
- Laissant de côté l’étude des cellules photoélectriques, nous limiterons notre étude à l’examen des progrès réalisés dans la construction des modulateurs de lumière.
- LES PROPRIETES DES TRADUCTEURS DE COURANT-LUMIÈRE ET LES DIFFÉRENTS SYSTÈMES EMPLOYÉS
- Le traducteur courant-lumière employé dans un poste récepteur de télévision est destiné uniquement à transmettre des variations de lumière. Il doit donc déterminer un éclairage moyen du système récepteur, même en l’absence de toute émission, et les courants électriques qui lui sont transmis par le système récepteur servent seulement à faire varier l’intensité de cet éclairage.
- Ces variations d’intensité sont très rapides, et même d’autant plus rapides que l’image est plus détaillée; l’inertie du système doit être très faible, et elle devrait théoriquement être aussi l'éduite que celle de la cellule photoélectrique du poste émetteur, afin de pouvoir* restituer exactement les teintes de l’objet télévisé.
- Enfin, le système doit être sensible, c’est-à-dire que sous l’action d’oscillations électriques même très faibles, il doit produire des variations de luminosité aussi grandes que possible, autour d’un éclairement moyen, de manière à obtenir à la fois une image bien éclairée et bien contrastée.
- La disposition optique de la source lumineuse ainsi modulée varie suivant le système intégrateur utilisé, et la couleur des rayons lumineux produits présente également, de toute évidence, une importance extrême pour la qualité de l’image et pour l’agrément du spectateur.
- On peut distinguer aujourd’hui deux classes de traducteurs lumière-courant. Certains dispositifs, les plus nombreux, constituent par eux-mêmes des sources de lumière d’intensité variable. On range dans cette catégorie les lampes luminescentes, spécialement les lampes au néon et les oscillographes cathodiques.
- Les autres systèmes sont uniquement des modulateurs de lumière, c’est-à-dire font varier l’intensité d’un faisceau lumineux émis par une source lumineuse auxiliaire constante. Cette catégorie renferme les valves de lumière de tous genres, particulièrement électro-magnétiques, dispositifs très employés en cinématographie sonore, et surtout les cellules de Kerr, appareils fort intéressants, tant par leur principe que par les résultats qu’ils per-
- Analogies entre les vibrations d’une Corde et les phénomènes de polarisation de la lumière.
- Fig. 3.
- mettent d’obtenir, et que nous voulons décrire ici. La cellule de Kerr est en effet le modulateur de lumière le plus sensible et le plus juste qui existe aujourd’hui. Elle est employée non seulement en télévision, mais encore pour l’enregistrement photographique des sons dans le procédé à opacité variable.
- LA POLARISATION DE LA LUMIÈRE
- Malgré son nom, la cellule de Kerr n’a rien de commun avec une cellule photoélectrique et son fonctionnement est basé sur des phénomènes de rotation du plan de polarisation de la lumière-, il est donc sans doute utile, tout d’abord, de rappeler sommairement ce qu’est la polarisation de la lumière.
- La lumière naturelle normale, suivant l’hypothèse de Fresnel, consiste en vibrations transversales dirigées dans tous les plans que l’on peut faire passer par la direction du rayon lumineux. Si nous considérons un rayon de lumière OA, les vibrations lumineuses transversales sont ainsi dirigées dans tous les plans que l’on peut faire passer par OA (fig. 2 A).
- Si l’on examine à un instant donné la constitution d’une onde lumineuse, on peut indiquer, d’après les travaux de Maxwell sur la nature électromagnétique’”, de la lumière, que l’onde en chaque point de sa trajectoire consiste en deux champs, l’un électrique vibrant par
- Fig. 4. — Le phénomène de la double réfraction dans le spath d’Islande.
- (Â) Rayon incident (B) de lumière naturelle
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- Lumière
- naturelle
- _________/ Rayon
- X^/ex tra ord in Rayon ordinaire
- NicoI
- . analyseur
- Nicol
- polariseur
- Fig. 5. — Le nicol.
- A. Marche des rayons lumineux. B. Disposition de deux niçois croisés.
- exemple dans le plan vertical, l’autre magnétique vibrant alors dans un plçn horizontal. Ces champs sont synchrones, ils s’annulent en même temps, et atteignent en même temps leur valeur maximum. Sur la figure 2 B, le plan de l’onde à l’endroit X considéré est vertical, et les champs électrique et magnétique sont au maximum (1).
- Dans les cours élémentaires de physique, on donne d’ailleurs une idée approximative de la constitution d’une onde lumineuse par l’expérience classique suivante, utile à rappeler (fig. 3 A). On fixe une corde de plusieurs mètres de long à un anneau scellé dans un mur, on peut employer à cet effet une corde à stores de 5 m de long par exemple, ou mieux un long tube de caoutchouc. Si l’on prend alors à la main l’extrémité libre de la corde ou du tube, et si on lui imprime un mouvement de rotation, il se produit des déformations de la corde dans tous les plans, et les ondulations représentent assez bien celles de la lumière naturelle.
- Ceci posé, en quoi consiste le phénomène de polarisation de la lumière mis pour la première fois en évidence, par le physicien français Malus au commencement du xixe siècle? Essentiellement à orienter les vibrations lumineuses dans un seul plan bien défini.
- Reprenons la corde précédente dont les ondulations
- se produisaient dans toutes les directions, et faisons la passer dans la fente verticale d’un écran en bois (ouverture de 30 sur 5 cm par exemple). On constate que, du côté de la main, la corde conserve un mouvement circulaire non orienté, alors qu’entre l’écran et le mur les oscillations s’effectuent seulement dans le sens vertical (fig. 3 B).
- Si l’on dispose, de même, la fente horizontalement, les oscillations de la corde entre l’écran et le mur n’ont plus lieu que dans le sens horizontal (fig. 3 C).
- On dit alors qu’on a affaire à des ondes polarisées dans le sens vertical ou dans le plan horizontal, et la fente constitue un polariseur.
- Si l’on utilise, de la même manière, un deuxième écran identique, on constate toujours qu’entre la main et le premier écran les ondulations restent circulaires; entre le premier écran et le deuxième elles se produisent dans un seul plan, et enfin elles ne sont transmises intégralement au delà du deuxième écran que si les deux fentes sont parallèles, toutes les deux verticales, par exemple (fig. 3 E).
- Si la deuxième fente est perpendiculaire à la première, les ondulations ne se propagent pas au delà du deuxième écran, et la corde reste immobile dans cette partie (fig. 3 D). Le deuxième écran constitue un analyseur, parce qu’il indique ainsi si l’onde est polarisée.
- Enfin, si les écrans sont placés de telle sorte que les fentes ne soient ni parallèles, ni rectangulaires, les ondulations de la corde entre le deuxième écran et le mur sont d’autant plus prononcées que la position de la deuxième fente est plus proche du parallélisme (fig. 3 F).
- 1. Dans certains livres récents, par exemple dans le livre de M. Marcel Boll, Qu’esl-ce-que la lumière^ on peut trouver des explications plus détaillées, mais sans mathématiques, de ces phénomènes.
- Fig. 6. — Schéma du fonctionnement d’une cellule de Iierr.
- OC. rayon lumineux présentant initialement des vibrations en tous
- sens p.
- A. B. électrodes plongées dans une cuve pleine de nitrobenzène.
- N, Nj niçois croisés
- N, N2 direction des vibrations lumineuses pour lesquelles les niçois N, No sont transparents.
- K, polarisation circulaire produite par la cellule de Kerr sous tension, Le nicol N, ne laissera passer que la composante p3 de la vibration, parallèle à Nâ.
- LA BIRÉFRINGENCE OPTIQUE
- Les phénomènes de la polarisation de la lumière sont comparables à ces effets mécaniques élémentaires, et on peut polariser les rayons lumineux naturels de différentes façons, par réflexion sur un miroir de verre noir convenablement orienté, ou par réfraction à travers un cristal biréfringent. Un certain nombre de cristaux transparents naturels sont biréfringents. Ce phénomène a été découvert en 1669 par Erasme Bartholin sur le spath d’Islande, carbonate de chaux cristallisé sous la forme d’un parallélépipède, le plus biréfringent des corps connus.
- Si l’on fait tomber un rayon de lumière naturelle dans un plan de section principale, normalement à la face d’entrée, on observe une double réfraction. L’un des rayons n’est pas dévié, ce qui est normal, on l’appelle le rayon ordinaire; l’autre est dévié, malgré l’incidence normale, et ne suit pas les lois de la réfraction ordinaire. On l’appelle le rayon extraordinaire. Les deux rayons ont donc des indices de réfraction différents. En outre ils sont polarisés : le rayon ordinaire dans le plan de la section principale ; le rayon extraordinaire dans le plan rectangulaire (fig. 4).
- Cette propriété de la biréfringence est utilisée pour construire des systèmes polariseurs et analyseurs ayant
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- ’avantage de produire des effets très complets et de conserver une très grande clarté (fig. 5).
- Un prisme de Nicol ou plus simplement uiijnicol, employé comme polariseur ou comme analyseur, est un cristal de spath d’Islande assez allongé que l’on a sectionné par un plan perpendiculaire à une section principale, et dont on a recollé les deux moitiés avec une mince couche de Baume du Canada. L’indice de réfraction du spath est de 1,65 pour le rayon ordinaire; 1,48 pour le rayon extraordinaire, celui du baume est de 1,55. Si on fait tomber sur le nicol, parallèlement aux arêtes latérales un rayon de lumière naturelle, celui-ci donne naissance aux deux rayons ordinaire et extraordinaire; le premier rencontre dans le baume du Canada un milieu d’indice de réfraction moins élevé, la longueur du prisme a été choisie de telle sorte que ce rayon rencontre la surface : séparation spath-baume sous l’angle de réflexion totale; il est donc réfléchi latéralement et vient s’absorber dans un enduit noir qui recouvre les faces latérales ; autrement dit il est éliminé. Le rayon extraordinaire, au contraire, qui rencontre des milieux à indices de réfraction plus élevés, pénètre sans réflexion dans la deuxième partie du prisme et le nicol se comporte pour lui comme une lame à faces parallèles.
- Le rayon extraordinaire est polarisé dans le plan de la section principale du nicol, qui porte aussi le nom de plan de polarisation de nicol.
- On se sert du nicol en recevant le rayon lumineux à polariser parallèlement aux arêtes. Le nicol est monté en général de façon à pouvoir tourner autour du rayon de lumière comme axe ; ce qui permet de donner au plan de polarisation du rayon émergent l’orientation que l’on veut.
- Si l’on place un deuxième nicol identique jouant le rôle d’analyseur derrière un premier constituant un polariseur, la lumière ne pourra traverser ce dernier que si son plan de polarisation coïncide avec celui du premier. Si les plans sont perpendiculaires, aucune lumière ne peut traverser le deuxième système; s’ils sont obliques l’un par rapport à l’autre, une partie plus ou moins grande de la lumière polarisée sera absorbée par le deuxième nicol.
- On peut rapprocher ce phénomène de l’exemple mécanique indiqué plus haut, lorsque la corde vibrante traversait les deux fentes d’orientation variable, mais on peut aussi comparer les niçois à deux sortes de grilles à barreaux parallèles que l’on peut orienter différemment.
- Considérons cependant une source lumineuse ponctuelle envoyant ses rayons sur deux niçois croisés, c’est-à-dire dont les plans de polarisation sont perpendiculaires l’un à l’autre ; aucun rayon ne traversera le deuxième nicol pour les raisons indiquées plus haut (fxg. 5 B).
- En faisant tourner ce deuxième nicol autour de son axe, une partie plus ou moins grande de la lumière pourra traverser le système. Au lieu de faire cette opération, plaçons entre les deux niçois un dispositif permettant de faire tourner le plan de polarisation des rayons ayant traversé le premier nicol; nous obtiendrons évidemment un résultat analogue. La cellule de Kerr est justement un dispositif qui permet sous l’action des oscillations électriques de faire tourner plus ou moins le plan de
- Réglage
- ’nicromêtnique
- Armatures
- /
- Analyseur
- Nitrobenzène
- Polariseur
- Fig. 7. — Schéma de la constitution d’une cellule de Kerr. A. Disposition ordinaire. B, cellule à armatures multiples.
- polarisation de rayons lumineux, et d’obtenir ainsi avec l’aide de deux niçois croisés une modulation correspondante de l’intensité du flux lumineux de sortie (fig. 6).
- LA BIRÉFRINCENCE ÉLECTRIQUE
- Kerr a découvert qu’un diélectrique solide ou liquide, placé dans un champ électrique devient biréfringent, et ses propriétés sont celles d’un cristal uniaxe dont l’axe est parallèle au champ électrique.
- Dès 1834, Faraday avait théoriquement prévu le phénomène, mais ce fut seulement en 1875 que John Kerr, un collaborateur de Sir Willam Thomson (Lord Kelvin), le célèbre physicien anglais, put observer expérimentalement la rotation du plan de polarisation d’un faisceau lumineux polarisé passant dans un milieu transparent diélectrique soumis à un champ électrique intense. L’effet produit était fonction de la différence de potentiel appliquée sur les armatures du condensateur.
- Cet effet est d’autant plus net que le milieu transparent traversé par le flux polarisé, et sur lequel s’exerce le
- Fig. 8. — A gauche : Une cellule de Kerr. — A droite : son carter (sans les niçois). D’après l’ouvrage Ton film de Fischer-Lichte.
- Hirzel, éditeur.
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- champ électrique, est plus réfringent. Il est particulièrement accusé pour le sulfure de carbone, et surtout pour le nitroben-zène, liquide légèrement jaunâtre et le nitrotoluol.
- La rotation du plan de polarisation varie suivant la longueur d’onde, Fig. 9. -— Courbe caractéristique d’une C est-à-dire la COU-cellule de Kerr, représentant l’intensité de leur du flux lundis lumière issue de l’appareil en fonction neux La rotation de la tension appliquée aux électrodes. , ,
- est plus grande
- pour les courtes
- longueurs d’ondes (violettes). Pour employer une cellule de Kerr, notons donc, dès à présent, qu’on supprime les rayons infra-rouges du faisceau d’éclairage à l’aide de filtres convenables.
- La réalité du phénomène, d’abord discutée, ne fut parfaitement établie qu’en 1883, et jusqu’en 1904, on ne s’intéressa guère à cette question que du point de vue purement théorique, du reste fort important; le phénomène de Kerr, en effet, lié aux facultés d’orientation des molécules sous l’action d’un champ électrique, révèle une dissymétrie dans la forme de celles qui lui donnent naissance et peut fournir quelques données sur leur configuration. Mais l’observation du phénomène était si délicate qu’il semblait en dehors du domaine des applications pratiques. Un physicien allemand, Karolus, a réussi cependant, après de longs travaux, à créer des modulateurs de lumière utilisant ce phénomène-de Kerr et employés depuis plusieurs années déjà dans les enregistrements sonores Klangfilm.
- Il est facile de se rendre compte des propriétés de biréfringence dans le spath d’Islande. Il suffit de poser le cristal sur des caractères imprimés et de regarder au travers : on aperçoit une doùble image (fig. 4 B).
- Il est plus difficile de se rendre compte de la biréfringence électrique.
- On peut cependant réaliser dans ce but le dispositif suivant. Dans une cuve à faces planes et transparentes, on place le liquide à étudier, par exemple du sulfure de carbone ou du nitrobenzène. On immerge dans le liquide les deux armatures d’un condensateur, et on place l’ensemble entre deux niçois croisés (fig. 6).
- Lorsqu’on fait traverser le système par un faisceau lumineux qui passe entre les deux armatures du condensateur, et qu’aucune tension électrique n’est appliquée, on constate, comme nous l’avons indiqué plus haut, qu’aucun rayon de lumière ne traverse plus le système analyseur.
- Si on établit une tension entre les deux armatures, le liquide devient biréfringent; sur le rayon polarisé admis dans le liquide, il fait réapparaître des vibrations, d’égale amplitude, à angle droit l’une de l’autre et présentant une certaine différence de phase l’une par rapport à l’autre; il provoque ce que l’on appelle une polarisation circulaire de la lumière. Le second nicol analyse cette vibration complexe, et ne laisse sortir que les composantes dirigées suivant son plan de polarisation.
- La différence de phase entre les deux vibrations dans le liquide biréfringent est proportionnelle au carré de la tension appliquée. On conçoit que l’intensité du rayon lumineux issu du second nicol, dépende de cette tension et varie avec elle. Un calcul assez complexe permet d’établir la fonction qui lie l’intensité lumineuse à la tension. 11 nous suffira de savoir que l’on peut, dans la pratique, obtenir entre des limites de tension déterminées, une parfaite proportionnalité entre ces deux grandeurs.
- On a donc ainsi un moyen de faire varier l’intensité d’un faisceau lumineux en correspondance avec la tension d’un courant alternatif.
- LES CARACTÉRISTIQUES DE LA CELLULE DE KERR ET SON EMPLOI
- Une cellule de Kerr se compose donc, en principe, d’une cuve de verre à faces parallèles contenant un liquide très réfringent, par exemple du nitrobenzène, et dans lequel plongent deux électrodes métalliques (fig. 7.)
- Ces électrodes en métal non attaquable par le liquide, en aluminium ou en argent par exemple, doivent être séparées pour les usages de télévision par une distance de 1 à 2 cm, et la lumière ne doit pas traverser une épaisseur de nitrobenzène supérieure à 12 mm environ.
- . La distance des armatures métalliques est souvent réglable par vis mi-crométrique, et la cuve elle-même porte les deux niçois. Les niçois peuvent être parallèles ou perpendiculaires l’un à l’autre, ou encore orientés suivant un angle quelconque. On emploie en général des niçois perpendiculaires l’un à l’autre.
- Les deux électrodes peuvent avoir simplement la forme de deux petits plateaux, mais on pèut .aussi utiliser des types comportant des J électrodes multiples analogues aux plaques dès conden-
- Fig. 10. •— Disposition schématique du récepteur d’amateur Baird-Pathé Natan,
- à cellule de Kerr.
- Ecran translucide mobile
- Vers te récepteur de
- télévision
- Analyseur
- Po/ariseur
- Ampoule
- Cellule de Kerr "Baird 6rid
- lainage
- 200 400 600 800.
- Tension électrique delà cellule
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- sateurs fixes à air employés en T. S. F. ou encore aux plaques d’accumulateurs (fig. 7). Cette dernière disposition a l’avantage de permettre d’appliquer sur les plaques des tensions moins élevées.
- Il faut, d’ailleurs, appliquer sur les armatures des tensions moyennes auxiliaires non seulement pour obtenir la proportionnalité des variations de lumière à la sortie du second nicol aux variations de tension aux bornes de la cellule de Kerr, mais encore pour empêcher le doublement de fréquence de la modulation du faisceau lumineux par rapport à la fréquence des oscillations électriques.
- Dans ces conditions, on obtient une courbe caractéristique de fonctionnement tension-lumière analogue à celle de la figure 9. Dans l’exemple indiqué le fonctionnement est obtenu à partir d’une tension de 300 volts, et une proportionnalité linéaire est constatée entre 400 et 650 volts environ.
- Sur certains modèles récents, très simplifiés, sans réglage, et qui se fixent sur des supports à peu près comme des lampes de T. S. F., la tension auxiliaire moyenne ne dépasse guère 200 ou 250 volts, ce qui facilite leur emploi liour les usages d’amateur ou semi-professionnels.
- Une lampe à incandescence de 30 à 100 watts environ est adoptée pour l’éclairage constant sur des modèles moyens d’amateurs, mais, lorsqu’il s’agit d’obtenir une projection sur grand écran, on utilise un arc électrique.
- Ainsi que nous l’avons indiqué, les rayons de différentes couleurs ne suivent pas la même marche dans le système et, pourtant, on obtient à l’aide d’un faisceau de lumière blanche incident une coloration à la sortie qui nous paraît également blanche. En réalité, la composition spectrale du faisceau de sortie est différente de celle de la lumière blanche ordinaire, mais notre œil est un instrument d’analyse complaisant qui ne peut faire la différence.
- Jusqu’à présent cependant, il faut convenir que le rendement lumineux de la cellule était fort mauvais, et de l’ordre de quelques centièmes, de sorte qu’à ce point de vue surtout, ses avantages sur les lampes à luminescence en télévision paraissaient moins grands qu’on pourrait le croire a priori.
- C’est qu’en effet, les corps diélectriques employés étant mauvais isolants, réchauffement dû aux pertes par effet Joule est considérable; c’est là une difficulté pratique d’emploi qu’on a atténuée peu à peu dans les dispositifs récents.
- On a soutenu assez longtemps que l’inertie des cellules de Kerr était considérable et ne pouvait permettre d’obtenir de bons résultats au delà d’une fréquence de 10 000 périodes-seconde. D’après des résultats de mesure entreprises par M. Gutton, il semble cependant que la limite soit beaucoup plus élevée, et analogue à celle des lampes à luminescence ou même des cellules photoélectriques. En cinématographie sonore, on n’a d’ailleurs jamais à considérer de fréquences supérieures à 10000 périodes-seconde. En télévision, la limite actuelle est à peu près la même, mais lorsqu’il s’agira d’obtenir des transmissions d’images très détaillées à l’aide d’ondes très courtes, il faudra facilement considérer des fréquences
- Fig. 11. — Le récepteur Baird-Palhé Nalan. A gauche : l’écran mobile avec son soufflet.
- de l’ordre de 100 000 périodes-seconde; nous avons donné à ce sujet dans notre article sur la télévision des indications suffisantes (').
- Ainsi donc, la cellule de Kerr paraît actuellement présenter comme modulateur de lumière en télévision des avantages très appréciables; non seulement elle permet d’obtenir des images en noir et blanc, ce qui ne peut être réalisé que très difficilement avec des lampes à luminescence, mais encore, grâce à l’utilisation d’une source de lumière constante, indépendante du système modulateur, elle permet d’obtenir dès à présent des projections sur écrans d’assez grande surface. Ses inconvénients résident dans son prix élevé, sa durée plus ou moins limitée et dans son emploi souvent plus délicat pour les non-techniciens que celui d’une lampe à luminescence. Des progrès industriels prochains permettront sans doute d’atténuer encore ces défauts.
- 1. On peut consulter également à ce sujet l’article de M. Labin dans le n° 10 de La Technique Cinématographique.
- Fig. 12. — L’intérieur du récepteur Baird.
- A droite : le tambour de Weiller avec son moteur d’entraînement; en dessous : la lampe~d’éclairage, le système optique et la cellule.
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- Fig. 13. — Vue d'ensemble de la nouvelle caméra orientable de télévision du studio Baird.
- UN EXEMPLE D’EMPLOI RÉCENT DE LA CELLULE DE KERR EN TÉLÉVISION : LE NOUVEL APPAREIL BAIRD-PATHÉ NATAN
- Il existe, on le sait, deux catégories de récepteurs de télévision. Les uns sont à vision directe de la source de lumière modulée à travers un système optique amplificateur ; les autres permettent la projection sur écran d’une surface plus ou moins grande. Les premiers peuvent être comparés aux postes-récepteurs de T. S. F. à écouteurs téléphoniques, les autres aux postes plus puissants à haut-parleur.
- Il y a déjà quelques années qu’on avait tenté d’établir à l’aide d’une cellule de Kerr des systèmes récepteurs de télévision sur écran, ou de télécinématographe en blanc et noir. Alexanderson, en particulier, a réussi, aux Etats-Unis à obtenir ainsi des projections de plusieurs
- mètres carrés; il serait fort intéressant de les décrire et nous espérons pouvoir les étudier à propos du développement du télécinématographe.
- Cependant, on n’avait pas réussi jusqu’à présent à construire un récepteur de radiovision d’amateur comportant une cellule de Kerr, à cause des diiïicultés d’emploi de la cellule, et surtout de la nécessité d’appliquer sur ses électrodes une tension très élevée.
- Les techniciens de la Société Baird-Pathé-Natan paraissent avoir résolu ce problème, et ils ont présenté récemment, d’abord en Angleterre et ensuite en France, un modèle de récepteur de télévision sur écran qui paraît présenter des caractéristiques fort intéressantes en faisant presque un dispositif industriel.
- Dans ce système, la source de lumière constante est constituée par une lampe à incandescence de 100 watts ponctiforme.
- Les rayons envoyés par cette lampe, et réfléchis par un miroir, sont envoyés sur un système modulateur composé de deux niçois croisés et d’une cellule de Kerr spéciale, dont les armatures sont connectées au récepteur de télévision. Ainsi le faisceau est modulé en correspondance avec les courants reçus.
- Après sa sortie du nicol analyseur, ce faisceau est réfléchi par un miroir incliné, et concentré par une lentille sur un tambour de Weiller à 30 miroirs, entraîné par un moteur électrique muni du système de synchronisme habituel des appareils Baird.
- Le tambour reconstitue ainsi l’image par lignes successives sur un écran translucide, et la mise au point est obtenue par déplacement de cet écran à l’aide d’un système à soufflet analogue à celui d’un appareil photographique (fig. 10, 11 et 12).
- L’image peut avoir ainsi 28 cm de haut et 12 cm de large, dimensions qui peuvent déjà être considérées comme suffisantes pour un récepteur d’amateur.
- Sans doute, l’image obtenue n’est-elle pas ainsi plus détaillée que celle qu’on obtient dans les autres appareils présentés jusqu’ici, mais son éclairement en noir et blanc
- Fig. 14. — Détails de la caméra d’émission Baird avec son tambour de Weiller et son arc électrique.
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- est déjà très supérieur, et suffisant pour permettre une vision agréable en lumière atténuée. La qualité n’est pas encore comparable à celle d’une image cinématographique d’amateur, mais elle en est du moins rapprochée.
- Notons, d’ailleurs, que la société Baird utilise en même temps des systèmes d’émission de télévision à tambour de Weiller d’une présentation nouvelle et qui par leur mobilité rappellent un peu les caméras cinématographiques (fig. 13 et 14).
- De tels systèmes émetteurs sont déjà montés à Londres dans la fameuse « Maison de la Radio » installée par la British Broadcasting Corporation, et il faut espérer qu’ils
- seront bientôt aussi en fonctionnement en France.
- Ainsi, il semble, dès à présent, et malgré les imperfections initiales des principes actuels de télévision, qu’on puisse, grâce à la cellule de Kerr, obtenir des images télévisées sur écran d’une qualité suffisante. Ceci n’indique pas, d’ailleurs, qu’on doive complètement abandonner les lampes à luminescence; il faut constater qu’elles ont de leur côté été fort perfectionnées, et les amateurs peuvent aussi, grâce à elles,obtenir des résultats intéressants. C’est ce que nous montrerons dans un prochain article.
- P. 11 ÉM AUDI N Q UER.
- UN CROISEMENT ANTILOPE-VACHE
- Lorsqu’il y a déjà presque un siècle furent introduites dans les parcs seigneuriaux d’Angleterre les grandes antilopes africaines (Oreas canna ou Taurotragus oryx) que l’on dénomma alors Elans du Cap, leur aspect quelque peu bovin frappa d’autant plus les observateurs que, mêlées sur les pâturages à des troupeaux de bétail, elles s’entendirent si bien avec ces commensaux que des accouplements spontanés purent être constatés.
- Et, bien qu’il n’en résultât aucune suite, on émit dès lors l’hypothèse que cette alliance pourrait être mise à profit pour l’amélioration par croisement du bétail domestique, au point de vue viande, celle de ces antilopes étant reconnue d’une qualité supérieure.
- Cette hypothèse fut hautainement jugée par I. Geoffroy St-Hilaire, comme contraire à la distinction des genres et il la qualifia même d’absurdité indigne de la moindre discussion.
- Malgré que pendant un très long espace de temps aucun fait patent et authentique n’ait infirmé ce décret doctrinaire, il ne fut pas accepté comme rigoureusement prohibitif de toutes recherches.
- En particulier, pratiquant pour mion compte en Algérie
- Fig. 1. — Hybride d’Orceas canna et de vache, tétant sa mère vache..
- l’élevage bovin par croisement avec le Zébu indien (Bos indicus), je conjecturais l’espoir d’une possibilité de parvenir par la voie de cette race, considérée comme chaînon, à des fécondations que l’on n’avait jamais obtenues avec le bétail européen, ni même sud-africain.
- Malheureusement il ne me fut pas possible de me procurer des Antilopes cannas et je quittais au bout de quelques années l’Algérie, sans avoir pu tenter cette expérience.
- Tout ceci, j’eus occasion de le rappeler au cours d’une communication à mes collègues de la Sté d’Acclimatation en mai 1931, sans me douter encore qu’à peine un an plus tard, c’est-à-dire tout récemment (en mars 1932), un éleveur anglais de l’État d’Orange allait y parvenir.
- Ce succès est aujourd’hui officiellement confirmé et ce praticien a déjà vu naître deux produits de vaches suf-africaines d’origine frisonne, fécondées par un mâle canna.
- •Ces produits accusent quelques-unes des caractéristiques paternelles, notamment dans leur pelage. Leur développement suivi attentivement jour par jour présentera sans doute un curieux amalgame des deux espèces.
- Le pas est donc franchi. La dénégation dogmatique est démontrée abusive. Des êtres vivants et d’apparence
- Fig. 2. — L’hybride entre les deux parents : élan du Cap et vache, obtenu en 1932 dans l’état d’Orange.
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- normale, ont été mis au monde en infraction, presque, à la classification établie et sans même qu’ont ait eu à recourir à un procédé artificiel, comme l’idée m’était venue qu’on pourrait l’essayer.
- Y a-t-il passage d’un genre à un autre ou bien la frontière de principe n’était-elle que théorique et conventionnelle ?
- Peut-on dire qu’il y ait eu là une sorte d’opération d’alchimie biologique, une véritable transmutation ?
- Il est plus plausible de penser que le canna est une espèce intermédiaire, un antilopo-bovidê et l’on peut accepter la dénomination de Cattleland (Elan-bétail) qui a été donnée à ces hybrides.
- Seront-ils des métis féconds ? On verra bien. L’essen-
- tiel et le plus important intérêt de leur production, restât-elle au stade de croisement industriel, c’est qu’elle permettra le peuplement et la mise en valeur de régions infestées d’endémies qui jusqu’à présent empêchaient le séjour du bétail domestique.
- Elle constitue le moyen de parer au fléau de la mouche tsé-tsé, de même que le croisement Zébu X bétail européen, a donné en Afrique du Nord, des sujets rebelles à la piroplasmose.
- Il faut donc applaudir à ce succès et je le fais, quant à moi, avec toute la satisfaction de l’avoir espéré et souhaité alors qu’on semblait ne plus pouvoir l’envisager.
- P. BoUI.INF.AU.
- Fig. 3. —-Les deux veaux hybrides.
- Photographie prise en octobre 1932. Noter les cornes droites et les jambes de derrière caractéristiques de l’élan du Cap.
- OUTILS ÉLECTRIQUES POUR LA FABRICATION
- DES TONNEAUX
- Malgré les progrès de la mécanique, la fabrication des tonneaux, au moins dans les ateliers modestes, utilise encore les antiques méthodes où le travail manuel joue le rôle „ essentiel. Il existe évidemment des machines ingénieuses pour assurer la préparation des différentes pièces et les assembler, mais elles ne sont intéressantes
- que si l’atelier de fabrication doit entreprendre des séries importantes de tonneaux identiques. Il faut, en effet, régler ces machines pour chaque sorte de fût, ce qui exige un certain temps; de plus, l’encombrement d’une part, les frais d’achat d’autre part font que ce genre d’outillage n’intéresse pas le petit tonnelier. Celui-ci
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- la plupart du temps est tenu de fabriquer des tonneaux de dimensions diverses, souvent très voisines les unes des autres, mais malgré tout différentes.
- On est fort surpris d’apprendre, en parcourant le classement des fûts de diverses capacités en usage, qu’il existe depuis le baril de Madère de 15 litres jusqu’au tonneau de Bordeaux de 900 litres, 158 sortes de fûts, sans compter en plus 23 futailles, depuis la pièce de Beaune de 228 litres jusqu’à la Pipe d’esprit de 613 litres. 0'n conçoit que dans cette liste imposante, il y ait des contenances et partant des dimensions qui diffèrent, très peu les unes des autres. On trouve ainsi voisinant dans la liste, vers 200 litres, successivement les sortes suivantes Barrique de Champagne, 200; barrique de l’Hermitage, 205; barrique de Cognac, 205; barrique de Charente, 205; barrique de Freusies, 208; barrique de la Drôme, 210; 1/2 queue de Saint-Dizier, 213, ainsi que la pièce analogue de Mâcon, de Montigny, de Charlieux, d’Orléans. Par contre la barrique de Châlons, celle du Tarn et de l’Hérault sont de 214 litres. Puis viennent : 1/2 queue de l’Hermitage, 215; 1/2 queue de Garonne, 217; barrique du Rhône, 220; 1/2 queue de Cahors, 221, etc.
- Arrêtons là cette énumération et convenons qu’il est bien difficile à un tonnelier modeste, qui doit envisager
- Fig. 2. — Le travail avec la machine A chanfreiner, rogner et jabler. La machine est tenue par des galets réglables sur un cercle de forme placé sur le fût. L’ouvrier avec le levier, fait tourner le mécanisme et l’outil; avec une petite poignée qu’il tient de la main droite, il peut régler la position de la fraise par rapport à l’axe de la machine.
- Fig. 1. — Outil électrique à chanfreiner, rogner et jabler en une seule opération.
- toutes les réparations et fabrications possibles, de prendre à son service des machines compliquées et peu commodes à adapter pour un petit nombre de fûts d’une commande.
- Cependant il existe en particulier des opérations comme le jablage, le rognage, le chanfreinage, le raclage des fûts, qui sont plus ou moins délicates et parfois pénibles, quand on les fait à l’outil à main.
- Pour venir à l’aide des tonneliers en cette circonstance, un inventeur, lui-même de la partie, M. Jules Capmas, a eu l’idée d’utiliser le moteur électrique, afin de réaliser des outils facilement maniables et réglables, susceptibles de s’adapter presque immédiatement suivant les dimensions du fût à travailler, et n’exigeant de la part de l’ouvrier aucune technique compliquée, ni aucun effort pénible.
- LA MACHINE A ROGNER, CHANFREINER ET JABLER
- La.première machine conçue est l’outil à rogner, chanfreiner et jabler en une seule opération.
- On sait que le fût assemblé, avant qu’on puisse poser le fond, exige que les douves soient rognées pour que le fût puisse être posé debout bien verticalement. Il faut ensuite un chanfrein pour que le tonneau puisse être manœuvré plus facilement et pour éviter les éclats du bois.
- Dans la fabrication à la main, on fait d’abord le chanfreinage. On fixe le fût sur la selle à rogner et on utilise
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- un outil appelé asse, outil tranchant en forme de coquille. Le biseau obtenu empêche l’eau de pluie de séjourner sur le bord, car elle coule sur ce biseau. Le rognage vient ensuite. Il se fait au moyen d’un rabot que l’ouvrier passe circulairement sur les extrémités des douves et il ne faut pas d’inégalités, ni de ressauts, car le rognage doit guider le jabloir, outil avec leqiiel on pratique intérieurement une rainure circulaire ou jable, destiné à l’encastrement du fond.
- Avec la machine dont nous parlons, toutes ces opérations s’exécutent en même temps, avec un arbre porte-fraise muni d'un équipage de fraises reproduisant le profil
- Fig. 3. — Le travail avec la racleuse électrique.
- L’ouvrier appuie sur le levier portant l’outil et avec l’autre main peut faire tourner le mécanisme de l’outil autour d’un axe central sur le bâti qui reste fixe.
- à obtenir. Le moteur électrique qui actionne la machine est fixé sur deux bras reliés à un bâti formant glissière. L’arbre du moteur met en rotation, par une série d’engrenages coniques, l’arbre porte-fraise.
- La fraise peut être réglée à l’écartement voulu suivant le diamètre du fût, en agissant sur une vis au moyen d’une chaîne passant par un pignon de commande que fait tourner le levier que tient l’ouvrier. Naturellement l’arbre qui actionne par pignon conique l’arbre porte-fraise est susceptible de coulisser à clavette longue dans son autre pignon de commande actionné par le pignon conique de l’arbre du moteur.
- La machine est posée sur le fût grâce à un cercle de forme sur lequel viennent s’appliquer quatre cônes groupés par paires. Chaque paire de cônes est montée sur une traverse qui coulisse à queue d’aronde sur la glissière. L’écartement, d’une paire à l’autre, est réglable au moyen d’une vis à filets contraires, qu’on fait tourner avec une manivelle; ainsi on ajuste les galets coniques suivant le diamètre du fût que l’on doit travailler.
- Tout l’ensemble du mécanisme, qui relie le moteur à l’outil, tourne sous l’action d’un levier que tient l’ouvrier, mais le bâti de la machine reste fixe sur le fût. On a donc une très grande stabilité et de la précision dans le travail, car l’extrémité d’un des bras de levier peut faire tourner la chaîne, qui règle à volonté la distance de la fraise au centre de la machine, même pendant que l’outil travaille.
- Enfin pour éviter qu’au moment où la fraise attaque le bois la réaction provoque une rotation de l’équipage autour de l’axe de la machine, on prévoit une roue à rochet sur la pièce qui tourne et un cliquet de blocage que l’on engage ou dégage à volonté. On bloque l’équipage tournant au moment de l’attaque et on le libère dès qu’on le peut sans inconvénient.
- LA MACHINE A RACLER LES FUTS
- Une autre machine imaginée par le même inventeur est celle qui permet de racler mécaniquement les fûts dans le sens du fil du bois.
- Il existe bien des machines à racler la surface extérieure, mais en réalité ce sont de véritables tours et l’outil travaille perpendiculairement aux douves, c’est-à-dire dans de mauvaises conditions. Ces machines sont en outre encombrantes et assez longues à adapter pour chaque dimension de fût.
- Quant au raclage à la main, il est particulièrement pénible, car il se fait de bas en haut dans le sens du fil du bois et souvent l’ouvrier est obligé de s’accroupir sur le fond supérieur du fût que l’on a mis debout. La racleuse imaginée par M. Capmas reproduit le mouvement de l’ouvrier racleur, mais c’est un moteur électrique qui agit, l’opérateur se contentant d’appliquer l’outil contre la surface, tout en le guidant.
- Un socle porte le moteur électrique et le bâti supportant le mécanisme. Il est susceptible de tourner autour d’un axe central. Sur une barre en queue d’aronde; dans laquelle est planté l’axe central, coulissent deux barrettes transversales qui sont munies à chaque extrémité d’un pied prévu avec un galet tronconique. Une vis de tendeur actionnée par une clé permet d’écarter ou de rapprocher à volonté les paires de galets l’une de l’autre, afin de les adapter au diamètre du fond du fût sur lequel la machine est ainsi stabilisée et centrée. Le socle, avec tout ce qu’il comporte, peut ainsi tourner librement autour de l’axe central et mettre l’outil en contact avec toute la surface du fût.
- Sur l’extrémité de l’arbre du moteur est une vis sans fin qui commande une roue hélicoïdale portant un goujon excentré, lequel se déplace dans la mortaise formant glissière d’une bielle pivotant autour d’un point fixe : mécanisme bien connu dans certains étaux-limeurs.
- A son extrémité, qui reçoit ainsi un mouvement de va-
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- et-vient, la bielle porte une tige par l’intermédiaire d’un petit axe : c’est à l’extrémité de cette tige que se trouve le racloir et sur la tige est monté un levier à poignée, ce qui permet à l’ouvrier d’appuyer plus ou moins fortement le racloir contre la surface à travailler. Le racloir est de plus monté à articulation réglable pour qu’on puisse lui donner l’orientation en rapport avec la courbure de la partie de la surface en travail. Enfin la tige est réglable en longueur par montage télescopique pour que l’outil atteigne le haut et le bas du fût quand il le faut.
- L’ouvrier agit donc avec sa main droite sur l’outil et avec la main gauche, il s’appuie sur une barre solidaire
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- du bâti du mécanisme, de manière à faire tourner celui-ci et par conséquent l’outil, tout autour du fût.
- L’outil racleur travaille absolument comme l’outil à main suivant le fil du bois et avec toute la souplesse voulue, l’action étant réglée par l’ouvrier à chaque instant. C’est un grand avantage pour un travail délicat en raison des inégalités fréquentes sur la surface d un fût brut. Enfin on voit avec quelle facilité l’ouvrier peut adapter son outil et passer d’une sorte de fût aune autre sorte.
- Voilà donc encore, grâce au moteur électrique, le petit tonnelier doté d’outils ingénieux, d’usage pratique incontestable. E. Weiss.
- = LÉS DERNIERS LOUPS DE FRANCE =
- CONTRIBUTION A L’ENQUÊTE SUR LA DISPARITION
- DES LOUPS EN FRANCE
- Il n’est point d’animal sauvage qui ait fait parler de lui autant que le Loup.
- Doué d’un robuste appétit, dangereux quand il est affamé, de tous temps il préleva un tribut sur les animaux domestiques. Il est l’ennemi-né des bergers. Il fut la terreur des peuples primitifs qui vivaient en nomades et desquels les troupeaux constituaient la richesse. Dans toutes les langues anciennes, il est appelé « Loup ravissant ». Son nom aryen signifie : le ravisseur; son nom sanscrit, varka, veut dire : voleur. Et dans les prières païennes d’Europe et d’Asie revient la même supplication: O dieu, éloigne le Loup rapace ! O dieu, délivre-nous du Loup!...
- Très intelligent, avisé et beaucoup plus rusé que le Renard, — n’en déplaise au fabuliste! — le Loup s’est maintenu chez nous, en nombre, jusqu’au milieu du xixe siècle. Depuis une cinquantaine d’années, il a diminué de plus en plus et sa présence est exceptionnelle de
- Fig. 2. — Les mêmes.
- (En haut, au premier plan, l’hybride sauvage de Louve et de Chien de berger, tué en 1884, dans le canton d’Argenton.)
- Photo. R. Rollinat
- Fig. 1. — Loups tués près d’Argenton-sur-Creuse (Indre).
- (En haut, à droite, tête de l’hybride sauvage de Louve et de Chien tué en 1884, près d’Argenton.) Photo. R. Rollinat.
- nos jours. Bientôt les histoires de Loups paraîtront des mythes inventés pour effrayer les enfants.
- Dernier fauve de nos forêts, le Loup a tenu une grande place dans la faune française. C’est pour cela que, sans délaisser ses études erpétologiques, M. Raymond Rollinat a composé un très important travail sur « le Loup commun (Canis lupus Linné) : Quelques-uns de ses méfaits, sa disparition presque complète de France ». Ce travail a été publié par la Société Nationale d’Acclimatation de France dans sa Reçue à?Histoire Naturelle (nos 4, 7 et 9 de 1929).
- Passionnant comme un roman, l’ouvrage de M. Rollinat
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- contient des pages d’un puissant effet dramatique, notamment celles qui dépeignent les ravages causés par les Loups enragés et celles qui évoquent le souvenir de « la bête du Gévaudan ». A ce réquisitoire contre le Loup, nous ajouterons quelques faits conservés par l’Histoire :
- En 1427, des Loups dévorèrent 14 personnes, à Paris, entre Montmartre et la Porte Saint-Antoine : — c’était alors la campagne — et l’on nous dit que ces Loups attaquaient les bergers de préférence aux moutons. Sous Louis XIII, en quatre ou cinq ans, 300 personnes furent tuées par les Loups. En 1712, en forêt d’Orléans, les Loups tuèrent une centaine de personnes en peu de jours; le roi envoya son équipage sur les lieux. En 1763, un Loup vint tuer, dans Verdun, 5 personnes et en blessa 12. Il fut abattu par la garnison. En 1765, les bûcherons de la forêt de Sainte-Menehould furent contraints d’abandonner leur travail; 130 Loups furent tués en deux ans dans la région. En 1801, deux grands Loups firent 17 victimes dans le canton de Varzy (Nièvre). Chassés des forêts par la famine, en 1812, les Loups vinrent attaquer les voyageurs jusqu’aux portes des villes. En 1817, un Loup sema la terreur dans la Savoie, faisant une vingtaine de victimes humaines. En 1850, un porteur de contraintes fut dévoré par les Loups, à Sarrancolin (Hautes-Pyrénées), à neuf heures du soir. En 1851, une Louve de Bretagne tua plusieurs personnes. Elle attaquait ses victimes à la face, puis les saisissait à la nuque. Alors qu’elle s’était jetée sur un paysan et avait saisi entre ses dents le canon de son fusil, l’homme la tua à bout portant.
- Arrêtons là une liste qui serait interminable.
- M. Rollinat s’est livré à une enquête sur la destruction des derniers Loups de France, enquête qui a porté sur la majorité des départements, et qui a demandé deux années de travail; de 1926 à 1928. Néanmoins, quelques départements manquent à la liste, soit qu’ils aient été oubliés, soit qu’aucun renseignement sur eux ne soit parvenu au savant zoologiste.
- Devant le vif intérêt que nous avons témoigné pour la question, M. Rollinat nous a conseillé de compléter notre documentation. Et afin d’apporter une modeste contribution à l’enquête entreprise par notre éminent et regretté collègue, nous avons cherché à savoir quand et comment ont été tués les derniers Loups dans les départements de Seine-et-Oise, Seine-et-Marne, Oise, Loir-et-Cher, Sarthe, Hérault, Gard, Allier.
- En ce qui concerne le département de Seine-et-Oise, M. l’Archiviste départemental nous a répondu que, sauf une mention de battue datée de 1815 et opérée dans les bois de Rosny, il n’a rien trouvé dans les dossiers de louve-terie. Les statistiques qu’il possède datent de 1900 seulement et, à cette époque, il n’est plus signalé de Loups en Seine-et-Oise.
- M. l’Archiviste départemental de l’Oise nous a adressé à M. le comte de l’Aigle, président du groupement des Lieutenants de Louveterie de l’Oise, et maire de Rethondes.
- M. le comte de L’Aigle a eu l’amabilité de nous envoyer immédiatement quelques renseignements très intéressants. Une bande de quatre Loups a traversé, en 1845, une petite plaine située entre les forêts de Compiègne et de Laigue ;
- elle a été « reinbuchée » dans un bois, appelé « Le Ban du Val » ,en bordure de la forêt de Laigue. L’un des Loups fut tué dans une battue organisée.
- Avant 1845, plusieurs Loups furent chassés dans la région; mais depuis cette date, M. le marquis ni M. le comte de L’Aigle n’ont plus entendu parler de leur venue.
- « Néanmoins, les habitants du pays affirment en avoir « vu quelques-uns en 1850; mais tout porte à croire que « ce n’étaient que des Chiens-Loups, c’est-à-dire des sujets « provenant du croisement des deux espèces. »
- C’est M. le comte Greffulhe, oncle du comte de L’Aigle, qui nous a obligeamment donné des précisions sur les derniers Loups tués en Seine-et-Marne. Notre correspondant fait observer que du jour où les chemins de fer ont remplacé les diligences, les Loups ont disparu de la région. Il faut donc remonter assez loin pour retrouver mention des dernières chasses. Et voici la nomenclature des chasses à courre de Y équipage du comte Henri Greffulhe :
- 3 août 1837. Forêt de Saint-Germain-Laval : 1 Louve,
- 2 Louveteaux.
- 27 septembre 1837. Bois de Saint-Martin : 1 Louveteau.
- 11 août 1838. Bois des Bordes : 1 Louveteau;
- 27 août 1838. Forêt de St-Germain-Laval : 1 Louveteau ;
- 4 mars 1839. Dans les fonds de Sandoy : 1 grand Loup;
- 11 août 1839. Forêt de Villefermoy : 2 Louveteaux;
- 21 août 1840. Bois du Thoult : 4 Louveteaux;
- 10 septembre 1840. Forêt de Rambouillet (déplacement) 2 Louveteaux; (ceci est à ajouter à la documentation de Seine-et-Oise) ;
- 19 mars 1841. Forêt de la Traconne : 2 grands Loups;
- 1er août 1841. Forêt de Forge : 6 Louveteaux;
- 25 août 1841. Bois de Pont-sur-Seine : 1 grand Loup et
- 2 Louveteaux;
- 31 août 1841. Forêt de la Traconne : 3 Louveteaux ;
- 25 septembre 1841. Bois de Chapton : 3 Louvards;
- 29 septembre 1841. Bois de Chapton : 3 Louvards;
- 1er sept. 1845. Bois de Balloy : 1 Louve, 3 Louveteaux;
- 13 sept. 1845. Forêt de Chenoise : 2 Louveteaux;
- 19 août 1846. Forêt de Chenoise : 3 Louveteaux;
- 23 août 1846. Bois de Forge : 4 Louveteaux;
- Soit, du 3 août 1837 au 23 août 1846, un total de 47 animaux, dont : 4 grands Loups, 2 Louves, 5 Louvards et 36 Louveteaux.
- En outre, en 1869, les valets de limiers de l’équipage du Comte Greffulhe, neveu du Comte Henri Greffulhe, ont eu connaissance d’une portée de Loups dans la forêt de Chenoise. Là s’arrêtent les renseignements sur les derniers Loups tirés en Seine-et-Marne.
- Dans le département de Loir-et-Cher, les Loups ont dû disparaître en 1871, nous dit M. l’Inspecteur des Eaux et Forêts Rivé, qui n’a pu nous fournir de précisions, les archives de l’inspection ayant été détruites par un incendie, il y a quelques années. Mais M. Rivé a transmis notre demande à M. Légisse, lieutenant de Louveterie, à Oucques, qui s’est souvenu des détails suivants, se rap-, portant à la région de Marcheiioir.
- L’avant-dernier Loup tué dans la forêt de Marchenori a été abattu par un vieux garde, nommé Fournier, vers 1860. Le Loup, entièrement naturalisé, a été conservé par la veuve du garde, puis par sa fille.
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- Le dernier Loup tué en forêt de Marchenoir a été découvert par surprise. Après la guerre de 1870, c’est-à-dire au printemps de 1871, les chasseurs de la commune de Saint-Léonard-en-Beauce furent autorisés à détruire les Lapins en bordure de la forêt de Marchenoir. La limite d’autorisation ne dépassait pas la largeur d’un « carreau », soit : 430 mètres. (Climat de Motheux, lieu dit Les quatre Chênes). Dans l’une de ces chasses, un excellent tireur, Anatole Darde, de Saint-Léonard, qui avait l’habitude d’ajouter quelques grains de gros plomb à ses petites cartouches à Lapin, fut très étonné de voir débusquer un Loup, dont rien n’avait décelé la présence. Il le tira et le tua net.
- Dans sa nomenclature des Vertébrés de Loir-et-Cher, M. l’abbé G. Etoc dit que, de 1874 à 1878,1179 Loups ont été tués en France, dont deux Louves à Romorantin (M. de la Selle étant Louvetier), et un Louvard dans les mêmes parages (M. Venaille, louvetier). Depuis cette époque et par suite de la chasse qu’on leur a faite, les Loups n’ont plus fait que des apparitions accidentelles dans le département.
- Une anecdote montrera que le Loup ne craignait pas de s’introduire dans les cours, près des habitations, quand il savait le maître absent. M. D..., agriculteur à Blois, nous a raconté comment il vit un Loup en son enfance. Cela se passait en 1867 ou en 1868. M. D.... habitait alors dans le domaine du château d’Herbault, au lieu dit « L’étang de Pêcheux ». Un soir de fin d’hiver, Mme D. était à la maison avec son petit garçon, le père s’étant absenté tout le jour; Mme D., profitant de la belle soirée, voulut sortir son mouton; mais celui-ci, au lieu de paître, s’attacha à sa maîtresse en bêlant plaintivement. Mme D. essaya de l’écarter d’elle, mais en vain. Le petit garçon vit d’un peu loin, près d’une haie, un animal qu’il prit pour un Chien. La nuit venant, la femme, l’enfant et le mouton rentrèrent. Peu après M. D. fut de retour; on lui raconta que le mouton n’avait pas voulu manger dans le champ et qu’il paraissait effrayé. A quoi le père répondit qu’il venait de voir, en entrant dans la cour, un animal aux yeux flamboyants, couché à la porte de l’étable, animal que, dans l’ombre, il avait pris pour le Chien de la maison. C’était un Loup qui rôdait autour du mouton depuis la fin de l’après-midi. On prévint la gendarmerie et une battue fut organisée; on vit, en effet, un Loup qui se rembûcha et qui ne se remontra plus dans la contrée.
- Ainsi ce Loup avait remarqué l’absence de l’Homme, et n’ayant nulle crainte des femmes, des enfants ni des chiens, il espérait s’emparer du mouton et se l’offrir pour son souper!
- Il semble bien que le pays blésois ait été un pays de Loups, par excellence, s’il faut en croire l’étymologie. Le savant archéologue qui depuis de longues années se livre à de patientes recherches, — M. E.-C. Florance,— conservateur du Musée d’Histoire Naturelle de Blois, ne fait-il pas observer que les noms de Blois et Beauce viennent tous deux de Belsia ou Blesia, qui eux-mêmes viennent primitivement de Bleiz. Or, Bleiz en dialecte celtique signifie : Loup. M. Florance rappelle également que l’historien De La Saussaye attribue aux Carnutes certaines monnaies gauloises sur lesquelles figure une
- tête de Loup, et croit qu’elles ont été frappées à Blois. Du reste, les numismates appellent lesdites monnaies : des blésences.
- Dans les armes de la ville de Blois, nous retrouvons le Loup. Ces armes sont : d’argent à l’écusson d’azur chargé d’une fleur de lys d’or en champ accosté à dextre d’un Porc-épic, et à senestre d’un Loup de sable. C’est Louis II d’Orléans, le futur roi Louis XII qui autorisa, en 1492, la ville de Blois à adopter ces armes. Mais très antérieurement, un Loup figurait sur le sceau de la ville.
- M. le Préfet de la Sarthe a bien voulu nous faire parvenir un exemplaire d’une conférence faite par M. Henry Roquet, instituteur honoraire à Laigné-en-Belin. Cette conférence a été publiée en 1929 dans le Bulletin de la Société d’Agriculture, Sciences et Art de la Sarthe. Elle est intitulée : Un animal disparu du Haut-Maine : le Loup.
- Elle montre que les Loups ravagèrent longtemps les campagnes mancelles. Nombreux sont les lieux-dits dont les noms évoquent le féroce animal : « les Bois-des-Loups, le Chêne-aux-Loups, Chanteleux, Chanteloup, Chante-louve, Crieloup, La Fosse-aux-Loups, Guetteloup, Huche-loup, Huloup, Hupeloup, La Louverie, la Louveterie, la Louvetière, Migeloup, Pend-Loup, Pince-Loup, Saute-Loup, Trousseloup, Loup-pendu, etc... Ce nom de Loup-pendu indique « que là, on pendit un Loup par représailles ou pour effrayer ses congénères ».
- Les Loups terrorisaient les campagnes et venaient parfois jusque dans les cours des fermes chercher une proie. Ils dévoraients les enfants, et M. Roquet cite les mentions faites par les vieux registres de l’état civil depuis le début du xvrie siècle.
- Le 27 septembre 1602, on enterre les restes d’une fillette, Cécile Le Boet, « dévorée en la forest de Douvres, par une beste farouche », le jour précédent. Le 20 janvier 1603, « la beste qui mange les gens » dévore en plein jour un enfant, Jehan Corart; le lendemain, un autre enfant, au bourg d’Assé-le-Boisne ; le surlendemain, un troisième enfant, appelé Soreau, à Villepainte, près de Fresnay. Quelques jours après, c’est une femme qui est étranglée par un Loup, — la femme de Noël Guineron, de Saint-Rigomer-des-Bois...
- L’impressionnante énumération continue qui fait revivre les drames d’autrefois. Telle cette histoire d’un Loup, peut-être enragé, qui, en 1753, après avoir tué des enfants et des femmes, osa ravir une petite fille de neuf ans Marie Yérité, placée « à la teste de la procession des Rogations ».
- « Le fauve fut traqué à plusieurs reprises par plus de trois cents personnes, armées de fusils, crocs et vougues, y compris le vieux marquis de Mailly monté sur sa Mule blanche. Mais le Loup réussit à s’échapper, et l’on racontait que cet être fantastique se changeait en femme ou en bête à volonté. Cependant, à ce que rapporte Pesche (dans le dictionnaire statistique de la Sarthe), — un garde du prieuré de Château-1’Hermitage, à qui le prieur avait remis des balles bénites, surprit le Loup sur la butte de Montagenet, et l’occit. Mais l’heureux tireur fut tellement épouvanté des cris que jeta la bête blessée,’qu’il mourut de frayeur. » *
- Pendant longtemps, les forêts de la Sarthe furent infes-
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- tées de Loups « qui rayonnaient dans leurs environs et y répandaient l’épouvante et la désolation ». Assez près de nous, en juin 1826, une Louve qui rôdait autour du bourg de Mayet enleva par ses vêtements un jeune enfant et l’emporta à peu de distance au milieu de ses Louveteaux pour leur servir de pâture. Poursuivie par la mère et par plusieurs personnes accourues à ses cris, la Louve se sauva, abandonnant l’enfant sans lui faire du mal. Les Louveteaux furent aussitôt détruits.
- En 1839, rapporte M. Roquet, un Loup fut tué, aux environs de La Flèche, dont le pelage était d’un noir profond et uniforme avec « une ligne étroite de poils blancs sur la poitrine, se prolongeant un peu éntre les pattes de devant, et quelques poils blancs sous les aisselles ». C’est un cas de mélanisme. Ce Loup noir est conservé au Musée du Mans.
- Finalement, au milieu du xixe siècle, étant « traqués, « empoisonnés, pourchassés de toutes façons, les Loups « devinrent de plus en plus rares dans le Haut-Maine. En « 1868, une Louve prit gîte au camp de Saint-Evroul, « en Gesne-le-Gandelin, sous une pierre qui, d’après la « légende, recouvre un trésor, et a gardé le nom de Pierre-« aux-Loups. Le père Charles, de la Roche, y captura une « demi-douzaine de Louveteaux. Un champ voisin s’ap-« pelle encore le champ de la Louve.
- « Les trois derniers Loups furent tués, le premier dans « la forêt de la Charnie, en 1873; le deuxième, dans celle « de Sillé-le-Guillaume, en 1887 ; et le troisième, dans la « forêt de Perseigne, en 1890, dans les fonds de la Croix-« Gravelle. C’était un beau mâle adulte, mesurant 1 m 10 « de longueur et pesant 42 kilogrammes. »
- Enfin, pour le département de l’Hérault, les renseignements obtenus ont été les suivants : M. l’Inspecteur principal des Eaux et Forêts, ayant prescrit une enquête sur la disparition des Loups, a reçu de M. F Inspecteur-adjoint Fontanel, la note ci-après :
- « Les derniers Loups ont été tués dans la région de La Salvetat-Lacaune vers 1878.
- « M. Rivière, du Bousquet d’Orb, a déclaré que son grand-père avait tué les derniers Loups, il y a soixante-dix ans environ, dans le domaine des Abencals, à un kilomètre à l’Ouest de la gare des Cabrils (ligne Béziers-Bédarieux-Milhau). Ces Loups, mâle et femelle, étaient venus prendre, devant la maison, un agneau mort. »
- Mon père, qui est originaire de l’Hérault (Saint-Félix de Lodez, arrondissement de Lodève), n’a jamais entendu parler de Loup rencontré par un membre de sa famille; mais quand il était enfant, vers 1856, on disait qu’il y avait des Loups dans les bois de Cabrières, au S.-O. de Clermont-1’ Hérault.
- Avant de quitter le pittoresque département méridional, qu’il nous soit permis de rappeler un récit légendaire, qui n’y fut pas inventé, mais qui prit ici une jolie couleur locale. Le héros est un pauvre musicien ambulant qui se rendait de village en village pour faire danser les jeunes gens. Un jour du commencement de l’hiver, sous le règne de Louis-Philippe, notre violoneux avait été appelé dans un petit pays accroché au flanc des Garrigues. La fête s’étant prolongée fort tard, notre homme passa la nuit au village et se mit en route à l’aurore pour rentrer
- chez lui. Il lui fallait traverser les bois et, bientôt, le musicien s’aperçut qu’un Loup le suivait. Or, rencontrer un Loup et n’avoir sur soi aucune arme, ni même aucun moyen d’allumer du feu, c’était une mauvaise affaire...
- Le voyageur n’avait que son violon, mais dans son sac, il emportait à ses enfants une belle « fouace » que les villageois lui avaient donnée : il jeta au Loup un morceau du gâteau. Il se hâtait, mais le Loup se rapprochait de plus en plus. Morceau par morceau, le violoneux lui jeta toute la galette dorée et savoureuse. Il commençait à avoir réellement peur. Enervé, il prit mal son élan pour sauter un fossé, manqua de tomber et une épine accrocha l’une des cordes du violon. Au son de l’instrument, le Loup s’effraya et s’enfuit. Et le musicien de dire : « Ah ! si j’avais su !... Je lui aurais joué un air, et j’aurais conservé ma « fouace ». Cette légende se transmit dans toute la France, mais le nom du gâteau changea selon la province. Peut-être l’historiette repose-t-elle sur un fond partiellement véridique.
- Dans le Gard, les Loups n’étaient pas rares vers 1880; ils habitaient les bois et les Garrigues des arrondissements d’Alès et du Vigan. Les deux derniers Loups furent tués en 1887 : un Loup, le 10 février, sur la commune de Garn, canton de Pont-Saint-Esprit, et une Louve, le 20 août, dans la commune de Bousquet, canton de Saint-Ambroix. (Galien Mingaud. Notes pour servir à l’histoire des Loups dans le Gard et les départements limitrophes depuis 1880 jusqu’en 1892.)
- Un instituteur de l’Ailier, M. Victor Martin, a consigné ses observations dans un ouvrage intitulé : « Au cœur de la forêt ». Il y retrace la vie de la forêt de Tronçais. Nous ramenant au temps de François Ier, l’auteur campe la sinistre silhouette du meneur de Loups, bandit qui attaquait les diligences et épouvantait les voyageurs et les Chevaux en lançant contre eux des Loups à demi dressés, tandis que des compères habillés de peaux de bêtes fouillaient les gens affolés.
- M. Martin raconte le règne des Loups dans la forêt d’autrefois, un autrefois pas très lointain. L’enquête de M. R. Rollinat indique que le dernier Loup de l’Ailier a été tué en 1875. Mais depuis, des Loups ont encore traversé le département. Vers 1878, un couple de Loups chassa un jeune Cerf; un capitaine Louvetier lança sur les fauves sa meute de braves Chiens ; d’autres louvetiers se mirent à la poursuite des Loups qui couraient comme le vent : « au lever du jour, ils avaient parcouru quarante lieues ». Les Loups traversèrent la Sioule et se mirent à monter, monter toujours jusqu’en haut des pays d’Auvergne où ils se blottirent dans les anfractuosités des rochers. Ils avaient dit adieu, pour toujours, aux bois du Bourbonnais ».
- Pourtant, le 1er janvier 1907, M. Martin vit sur la neige, dans la forêt, la trace du Loup, une trace absolument récente et indiscutable.
- Dans quelques départements, on a totalement oublié les méfaits du Loup : dans l’Aube, l’Yonne, la Loire, les Landes, les Basses-Alpes, le Lot, la Corrèze, la Vendée, la Loire-Inférieure, l’Ille-et-Vilaine, la Manche,... le Loup ne s’est plus montré depuis très longtemps.
- Cependant, au cours des hivers rigoureux, le Loup reparaît, de temps à autre. Et la Grande Guerre a favorisé
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- son retour dans quelques régions. Ainsi en 1914, des Louveteaux ont été trouvés dans la Meuse. Pendant l’hiver de 1916-1917, un Loup a été vu dans l’Indre, en forêt de Lancosme. Dans la Marne, de 1916 à 1918, 27 Louveteaux et un Loup ont été tués. Des Louveteaux ont été détruits en Haute-Saône, en 1918.
- C’est également en 1918 que la dernière victime humaine a péri sous la dent du Loup, en notre pays : ce fut une pauvre vieille femme de la Haute-Vienne (octobre 1918).
- En 1919, un Loup, une Louve et un Louveteau furent tués dans les Vosges. En 1920, un Loup a été tué dans l’Aisne. Une Louve, en 1921, dans la Meurthe-et-Moselle. En 1922, c’est en Ardèche qu’un Loup a été tué. En 1924 un Loup a été tué en Haute-Loire. Encore en 1924, on a signalé trois Louves tuées en Dordogne.
- Ouvrons ici une parenthèse pour dire combien les Loups étaient communs en Dordogne, il y a une quarantaine d’années. M. le professeur E. Bourdelle, Directeur du Laboratoire de Mammalogie au Muséum National d’Histoire Naturelle, nous a appris, en séance de la Société d’Acclimatation, qu’en son enfance il a vu des Loups aux environs de Périgueux. Vers 1886-1890, au lendemain des fêtes régionales, on voyait les Loups venir se régaler des reliefs des victuailles jetés. Quand la famille partait pour le chef-lieu, il était fréquent qu’un Loup suivît la voiture : on le montrait aux enfants. Aussi, dans la vaste cheminée de toute maison, deux fusils chargés étaient suspendus de chaque côté, avec une hallebarde posée en travers : ces armes étaient là, toutes prêtes en cas d’attaque possible de la part d’un Loup affamé. Ne vit-on pas, un jour d’hiver, un Loup pénétrer dans Périgueux?
- Et voici la triste aventure du Petit Chaperon Rouge : le 26 janvier 1914, une fillette de huit ans revenait de l’école; en traversant un bois, elle rencontra le Loup qui la mangea : « On ne retrouva que des ossements, des fragments de vêtements et le petit panier de la victime ». Les parents étaient cultivateurs aux environs de la Coquille (Dordogne).
- Reprenant notre brève énumération, nous voyons qu’une Louve pleine a été tuée, en 1925, dans la Vienne, — où chaque hiver des Loups sont aperçus.
- En 1926, des Loups ont été tués en Charente, Haute-Vienne et dans les Pyrénées-Orientales.
- En 1927, des Loups ont été vus traversant la Côte-d’Or. Un Loup fut tué dans les Deux-Sèvres. Et en Cantal, un Loup fut abattu qui venait d’étrangler et de dévorer un Ane.
- Enfin, pendant l’hiver de 1929, en février, deux Loups auraient été vus en Haute-Vienne.
- En résumé, il ne reste plus en France que de rares Loups errants, signalés çà et là. Peut-être reste-t-il quelques individus cachés au fond de bois sauvages ; peut-être aussi, ces Loups viennent-ils d’Espagne : on sait combien est rapide la marche du Loup et combien grande est la distance qu’il franchit en une nuit.
- En effet, le Loup ne craint nul rival à la course. Cela est proverbial depuis toute antiquité : Un prophète hébreu en décrivant l’Assyrien ennemi, n’a-t-il pas dit :
- Ses chevaux sont plus légers que les Léopards et plus rapides que les Loups qui courent le soir...
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- On ne peut forcer un vieux Loup. A titre d’exemple, rapportons que le duc de Beaufort, venu d’Angleterre, en 1863, tout exprès pour forcer un Loup poitevin, ne put l’atteindre, malgré l’emploi de meutes nombreuses.
- A propos des Loups d’Espagne, nous avons relevé dans Comœdia (n° du 8 octobre 1929) un curieux entrefilet relatant l’exploit récent d’un petit berger espagnol.
- « Ce jeune berger était parti à la recherche d-e plusieurs Chèvres égarées lorsqu’il se trouva en face de trois Loups, qui s’enfuirent à son approche. Ensuite, il vit un animal qui mangeait un Chevreau, et qu’il prit tout d’abord pour un Chien; il voulut le chasser à coups de pierres, mais l’animal, qui, en réalité était un Loup, se jeta sur lui, le mordant cruellement. Mais le jeune garçon saisit au cou la bête et tenta de l’étrangler; ne pouvant y parvenir, il mordit le Loup au museau, réussissant ainsi à le mettre en fuite. Au cours de cette lutte peu banale, le petit berger reçut plusieurs blessures aux mains et aux jambes. Il se nomme Antonio Lucio et il est du pays d’Albuquerque. »
- En Galice, a dit André Corthis, les femmes racontent que, l’hiver, elles entendent passer sous la porte le souffle des Loups.
- Notons que, dans nos départements pyrénéens, il n’y a plus de Loups, mais plutôt quelques Ours (dans les forêts de l’Ariège).
- De même, dans les Alpes, les Loups ont disparu et il reste peut-être encore des Lynx (Basses-Alpes).
- Mais en Italie, il y a parfois des Loups. En séance de la Société d’Acclimatation, M. de Germiny a déclaré que des Loups ont attaqué des Moutons de ses troupeaux, en Italie, en 1928. Ils ont commencé par tuer 12 Moutons et en ont blessé 6; puis, ils ont tué deux autres Moutons, en laissant les têtes sur place. Ils portèrent ensuite leurs ravages, à une trentaine de kilomètres de là, sur un autre troupeau, dont le propriétaire, alerté, réussit à tuer un couple de Loups. Un troisième fauve fut tué, et un quatrième put s’échapper. On suppose que ces Loups sont venus de Bosnie, pendant la Guerre.
- Les Loups, sont nombreux dans les Balkans, en Pologne, Plus nombreux encore en Russie et en Asie, où ils constituent un danger redoutable pour les voyageurs.
- Parce qu’elles sont des îles, l’Angleterre, l’Ecosse et l’Irlande ont pu se débarrasser des Loups. Ceux d’Angleterre furent exterminés à la fin du Xe siècle; ceux d’Ecosse vers 1680 et ceux d’Irlande vers 1710. Les Anglais soumettaient chaque village à un impôt d’une certaine quantité de têtes de Loups.
- En France, on ne sut pas prendre des mesures aussi sévères, et puis, au fur et à mesure de la destruction des Loups, des bandes nouvelles arrivaient de l’étranger.
- Sous Henri IV les primes de destruction étaient de 300 fr pour une Louve, 250 fr pour un Loup et 100 fr pour un Louveteau. En 1873, les primes étaient tombées à 18 fr pour une Louve pleine, 15 fr pour une Louve, 12 fr, pour un Loup et 6 fr pour un Louveteau, ce qui était peu encourageant ; aussi les Loups pullulaient-ils. A cette époque, sur une moyenne de 25 ans, 1200 Loups furent tués en France, dont : 300 vieux Loups, 200 Louves et 700 Louveteaux. La situation était telle, qu’en 1882, les primes de destruction durent être augmentées et
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- portées à 200 fr pour une bête qui s’était attaquée à des personnes, 100 fr pour une bête adulte et 40 fr pour un Louveteau.
- A partir de ce moment, la destruction devint plus intensive, destruction que seconda grandement le progrès de la civilisation. Nous n’entendons plus nos bois retentir, le soir, du sombre chant du Loup... A propos du hurlement du Loup, nous ferons remarquer que le hurlement est le cri de tous les Canidés sauvages. L’aboiement est un cri d’animal domestique1. Quand le Chien hurle, il fait retour à son cri naturel. Par contre, les Chacals du Jardin des Plantes ont appris à aboyer en entendant les Chiens.
- Pour voir des Loups vivants, il nous faut aller visiter les Ménageries. Au Muséum d’Histoire Naturelle, il y a quelques Loups. Récemment nous regardions un superbe Loup du Mexique (Canis occidentalis Rich.), offert par le Parc zoologique de Chapultepec, à Mexico, en 1926. En très bon état, cet animal au pelage gris et fauve, ombré de noir, n’a nullement l’aspect d’une bête féroce ;
- 1. Le Renard aboie en chassant pendant la nuit. R. Rollinat.
- couché ce en rond », il a l’aspect d’un bon Chien de berger allemand...
- Dans les galeries de Zoologie, d’assez nombreux sujets montés permettent d’examiner les caractères de l’espèce et les différences des variétés. Un Loup de France montre sa robe d’un roux fauve marquée de noir sur le dos et sur le devant des pattes antérieures ; la tête, large, présente un front bombé, de petites oreilles pointues. On devine une très puissante musculature et des mâchoires terribles.
- Auprès de ce Loup, sont placés deux Louveteaux nés à la Ménagerie.
- Parmi les sujets étrangers, le Loup de Russie est le plus beau : de grande taille, il a un pelage clair, teinté de brun sur le dos. Le Loup de Laponie est énorme; celui du Kurdistan, très fort également, a la tête plus étroite et allongée. Le Loup de l’Himalaya est laineux.
- Dans les ménageries foraines, les dompteurs apprennent leur métier en dressant des Loups. Le Loup est l’animal qui coûte le moins cher, paraît-il : un Loup vaut, à Anvers, 2400 fr seulement, contre un Jaguar : 12000 fr et un Ours blanc : 25000... Alex. Feuillée-Billot.
- ... LE CINQUANTENAIRE =.
- DES PROCÉDÉS BASIQUES DE DÉPHOSPHORATION
- DE L’ACIER
- La Société des Ingénieurs Civils de France vient de commémorer solennellement sous la présidence de M. A. Lebrun, président de la République, le cinquantenaire de la découverte des procédés basiques de déphosphoration de l’acier. Cinquantenaire un peu approximatif, car l’invention et sa mise au point se placent entre les années 1877 et 1880. Mais, au milieu des innombrables commémorations actuellement à la mode, celle-ci mérite de ne point passer inaperçue. Elle constitue, en effet, un hommage justifié rendu à deux inventeurs anglais, auxquels notre pays doit une particulière reconnaissance : c’est grâce à eux, en effet, que la France a pu reconstituer sa sidérurgie mutilée par le traité de Francfort et se ranger parmi les plus importants producteurs de fer et d’acier du monde.
- Ces deux bienfaiteurs de notre pays se nomment Thomas et Gilchrist ; leurs noms sont peu connus du grand public. C’est cependant une carrière bien émouvante que celle de Thomas, le principal inventeur du procédé basique de déphosphoration.
- M. Léon Guillet en a fait un exposé saisissant. Pour comprendre la genèse de l’invention, et son importance, il faut remonter à un quart de siècle en arrière, au moment où Bes-semer, en 1855, introduit dans la sidérurgie son célèbre convertisseur.
- Jusqu’alors le fer ne se fabriquait que par petites quantités, par des méthodes pénibles et coûteuses ; l’acier était un produit rare et de fabrication difficile, fabriqué à partir du fer.
- Bessemer eut l’idée de produire l’acier à partir de [la fonte du haut fourneau, en faisant disparaître par oxydation une portie du carbone et la presque totalité des impuretés qu’elle pouvait contenir. Dans la fonte en fusion, placée dans un récipient rotatif, il insuffle un violent courant d’air; la combustion
- du carbone, du soufre, des impuretés dégage une chaleur suffisante pour maintenir le masse en fusion sans apport de chat leur extérieure; en quelques minutes la transformation es-efïectuée; on coule le métal; c’est de l’acier. Le procédé Bessemer, allait en quelques années révolutionner toute la sidérurgie; grâce à lui s’ouvre l’ère de l’acier; on peut désormais produire ce métal rapidement, par grandes quantités, par suite à bon marché.
- Grâce à lui les chemins de fer, la construction métallique, peuvent se développer. De gigantesques industries naissent dans les pays que la nature a favorisés de charbon et de minerais convenables.
- Aux récipients destinés à traiter les métaux en fusion, il faut des revêtements réfractaires, suffisamment durables, qui n’introduisent pas d’impuretés fâcheuses dans le métal, qui contribuent au contraire à l’épurer.
- Bessemer avait été amené à son invention par la recherche d’un acier à canon : il avait proposé à Napoléon III un obus à ailettes qui avait paru remarquable au comité technique de l’artillerie; mais on avait fait observer à l’inventeur qu’il n’existait aucun métal à canon permettant de tirer pareil projectile. C’est alors que naît, dans l’esprit de l’inventeur. la conception géniale, le convertisseur, Bessemer passe immédiatement à la réalisation; mais les premiers essais effectués en France, avec un convertisseur à revêtement en briques de silice, échouent. Bessemer retourne en Angleterre; sans se décourager il recommence de nouveaux essais, avec des fontes anglaises; succès éclatant cette fois.
- C’est que les fontes françaises contenaient une forte proportion de phosphore; et le phosphore est l’ennemi du procédé Bessemer. Celui-ci prend en Angleterre un rapide développe-
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- ment. Un savant métallurgiste français, Grüner, cherche à approfondir les causes de l’échec du procédé avec les fontes phosphoreuses ; il publie en 1859 et 1867 d’importants mémoires sur cette question : il montre que c’est le revêtement acide qui en est la cause, le phosphore ne pouvant se combiner avec la silice et restant dans le métal qu’il rend cassant et impropre aux usages industriels. Et Grüner l’indique dès cette époque : pour remédier à ce défaut, il faudra recourir à des revêtements basiques, magnésiens par exemple.
- Un ingénieur français, Em. Muller, céramiste et professeur à l’Ecole Centrale, éclairé par la lecture des mémoires de Grüner prend même en 1869 un brevet de convertisseur à revêtement basique. Mais la guerre de 1870 l’empêche de procéder à des essais réels.
- Des années passent; à côté du Bessemer qui triomphe commence à s’élever un concurrent, le four Martin, mais qui lui, aussi, travaille le métal sur sol acide. Les minerais phosphoreux, que l’on sait abondants, restent bannis de l’industrie de l’acier.
- C’est ce qu’exposait, un jour, vers 1876, dans un cours populaire du soir, un professeur anglais de métallurgie, en commentant les mémoires de Grüner.
- Parmi les auditeurs figurait un jeune employé de la police anglaise, nommé Thomas. Ce jeune homme qui se sentait doué pour les sciences et qui brûlait d’une belle flamme philanthropique avait voulu se consacrer à la médecine; la pauvreté l’avait empêché de poursuivre ses études; il avait dû se résigner à un modeste emploi de bureau. Mais attiré par la chimie dans laquelle il voyait un moyen de soulager les souffrances de l’humanité, il suivait les cours du soir d’une institution analogue à notre Conservatoire des Arts et Métiers. Les remarques de son professeur sur la métallurgie des minerais de fer phosphoreux frappent son esprit; de suite il conçoit un appareil où le revêtement s’unissant au phosphore donnerait, au cours des opérations de convertissage, une scorie phosphatée; cette scorie est l’objet des méditations du jeune inventeur; car dès l’abord il y voit un engrais excellent et bon marché; et la préoccupation dirigeante de Thomas est d’adoucir les misères humaines. N’y parviendrait-on pas en augmentant la production agricole et en abaissant le prix des vivres ?
- Thomas a trouvé sa voie ; il se consacrera à la déphosphoration de l’acier. Il s’ouvre de son projet à son cousin Gilchrist, qui est chimiste, et qui lui accorde sa collaboration. Les deux
- inventeurs choisissent un revêtement basique fait de dolomie agglomérée au goudron; et en 1877 ils procèdent à une première expérience encourageante. En 1879, ils sont sûrs de leur méthode, et en font l’objet d’une communication à l’Iron and Steel Institute. Nul en Angleterre n’y prête attention. Une nouvelle communication présentée l’année suivante à un Congrès de la même société tenu à Paris avait passé également inaperçue; mais au cours d’excursions, accompagnement habituel des grandes réunions scientifiques, Thomas à l’occasion d’entrer en relation avec deux grands maîtres des forges français : Schneider et de Weindel; ils comprennent la valeur du travail de Thomas et Gilchrist; et décident l’un au Creusot, l’autre à Jœuf de procéder à des essais industriels. En deux ans la méthode est au point et le convertisseur basique naissait à la vie industrielle, donnant à la fois un acier d’excellente qualité et un engrais phosphaté de premier ordre.
- Thomas ne put jouir longtemps du succès de ses travaux, atteint d’une maladie de poitrine, causée par les privations de son enfance, il s’éteignit à Paris, à 35 ans, en 1885; son corps repose au cimetière de Passy.
- Notons encore que le travail de Thomas et Gilchrist suscitait les recherches de deux éminents métallurgistes français Wallerand au Creusot, et Pourcel à Terre-Noire, travaux qui aboutirent vers la même époque au four Martin à sole basique.
- Il est facile de comprendre ce que représente le procédé Thomas pour la France si l’on se souvient que la majeure partie de nos minerais de fer Lorrains sont des minerais phosphoreux. La découverte des minerais de fer phosphoreux du bassin de Briey, qui vint si heureusement compenser la perte des territoires ferrifères ravis à dessein par l’Allemagne en 1871, aurait été stérile, sans l’invention de Thomas et Gilchrist; grâce à elle la région lorraine à pris le magnifique essor que l’on sait.
- Notre pays qui, en 1880, produisait 1 354 000 tonnes de fer et d’acier, en fabriquait 3 776 000 en 1912 et 9 447 000 en 1930; sur ce dernier chiffre 98 pour 100 ont été obtenus sur garnissage basique.
- En outre la sidérui’gie française a mis à la disposition de l’agriculture 1 400 000 tonnes de scories phosphatées, chiffre équivalent à la production indigène de superphosphates. L’agriculture française a consommé 800 000 tonnes de cet engrais excellent. A. T.
- UNE COURSE DE GRANDS NAVIRES A VOILES
- EN 1931
- On sait bien que la Manche, la Méditerranée et même l’Atlantique Nord voient, chaque année, se succéder un grand nombre de régates ou d’épreuves diverses, que se disputent en quantité toujours croissante des yachts à voiles. Ces compétitions ont redonné à nos côtes un mouvement nautique dont il faut se féliciter, car il marque une très intéressante renaissance du plus beau des sports, la voile.
- Mais ce qu’on ignore généralement, en dehors des milieux purement marins, c’est que ces années dernières, et en 1931 encore, un certain nombre de navires de haute mer, uniquement mus par leurs voiles, se sont engagés
- dans un match dont le point de départ était Adélaïde, port australien, et celui d’arrivée Falmouth en Angleterre.
- Ces voiliers font ainsi près de la moitié du tour du monde avec un chargement de blé, et ils ont pris la suite, dans la tradition maritime, de ces navires célèbres, connus sous le nom de clippers qui pendant de longues années se disputèrent le prix de la Course du thé, réservée au premier de ces bâtiments apportant les caisses de la précieuse feuille nouvelle des ports de la Chine jusque dans la Tamise.
- Cette compétition soulevait, en Angleterre, un intérêt sportif passionné; chez les marins qui s’y livraient, elle
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- provoquait une émulation intense laquelle se traduisait par de remarquables prouesses nautiques, tant chez les équipages qui manœuvraient les voilures gigantesques dont se couvraient les clippers, que chez les capitaines acharnés à la recherche des meilleures conditions de navigation.
- Elle stimulait également à un haut degré les facultés des constructeurs navals, à l’afl'ût des formes les plus propres à assurer aux coureurs du thé les belles vitesses sans nuire à la solidité et aux qualités nautiques indis-
- Fig. 1. — Le voilier « Herzogin-Cécillie ».
- 4 mâts-barque, Finlandais, de 3100 tonnes.
- pensables à des navires qui devaient affronter les dures mers du Cap Horn.
- Quelques-unes de ces unités ont porté les noms restés célèbres, d’Ariel, Lightening, Thermopyle, Cutiy Sork, tous capables d’atteindre, sous des allures favorables et par grandes brises, des vitesses de 15 à 16 nœuds. Donc en 1928, 1930, 1931, une petite escadre de voiliers finlandais est allée cherchée du fret en Australie (l). Le fait peut être étrange au premier abord, que les derniers représen-
- 1. Revue de la Marine de Commerce. Les derniers Clippers, par le commandant G. Bourge.
- tants de la marine à voiles se trouvent chez cette petite nation, nouvelle venue au monde, alors qu’ils ont à peu près disparu des rangs des vieilles marines. Ceci tient à ce que les lois finlandaises exigent des élèves oiliciers de la Marine marchande un embarquement d’une durée de 2 ans à bord de voiliers long-courrier. Grâce à ces lois les armateurs finlandais bénéficient gratuitement, ou presque, des équipages qui leur sont nécessaires.
- Ces navires trouvent à charger en Australie les grains destinés à l’Europe, et partent aussi leurs cales pleines. C’est d’ailleurs une vieille conviction ancrée dans l’esprit des chargeurs, que le blé voyage dans de bien meilleures conditions dans la cale des voiliers que dans celle des vapeurs.
- En 1928, 3 voiliers ont pris part à la course. Ce sont : les 4 mâts barque (') llerzogin-Cecillie, de 3100 tonnes, construit à Brême, en 1902, Béatrice, de 2100 tonnes, et Petersen de 2200 tonnes.
- L’Herzogin Cécillie est arrivé premier effectuant un parcours de 15 000 milles (27 800 kilomètrs) en 96 jours. Notons que son commandant, capitaine au long cours R. de Claire, âgé de 46 ans descend d’une famille française venue à Aland depuis deux siècles.
- Les prix attribués au gagnant étaient un globe terrrestre en argent, offert par les armateurs anglais, prix attribué au navire et demeurant sa propriété, puis une coupe et une aiguière en argent offertes par des armateurs suédois et attribués au capitaine.
- La Béatrice entrait dans la rade terminus le 114e jour de sa traversée.
- En 1930 la même course a été disputée entre :
- U Herzogin-Cécillie, vainqueur en 1928.
- Le Mozart, 4 mâts goélette de 2500 tonnes.
- Le C. B. Petersen.
- C’est encore YHerzogin-Cécillie qui arriva le premier, ayant effectué le trajet en 110 jours.
- En 1931, 8 voiliers, tous battant pavillons finnois ont pris part à la course, dont 4 proviennent de chantiers anglais, 2 de ceux de Brême, un de chez Burmeister, de Copenhague, et un enfin des chantiers Bacini, de Gênes.
- L’imbattable Herzogin-Cecillie est encore en tête, battant ses précédents records, avec 92 jours de traversée de Port-Wallaroo, en Australie, à Falmouth où il arrive le 25 avril, ayant doublé le Cap Horn le 5 mars. Son capitaine est M. Sven Erikson, 27 ans. Sur son journal de bord on relève des journées de 360 milles, 15 nœuds de moyenne ! C’est là une magnifique perfor-
- mance.
- Le pavillon français ne figure point, on le voit, dans ces compétitions. C’est qu’en réalité, la flotte française à voiles de haute mer n’existe plus.
- Quelques belles unités ont cependant encore pris la mer pendant la Grande Guerre. Et en remontant aux environs de 1900, la seule compagnie Bordes, de Bordeaux, en vérité la plus puissante, avait à la mer une magnifique flotte de 40 à 45 navires, à 3 et 4 mâts, ces derniers jaugeant 4370 tonnes. Ils étaient du type 4 mâts barque. Leurs mâts en acier, en 3 parties coupées par 2 hunes.
- 1. Le 4 mâts barque porte des voiles carrées aux 3 premiers mâts, une brigantine et des voiles latines au dernier.
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- Ils s’élevaient à 52 m au-dessus du pont et l’édifice de voiles qu’ils portaient ne mesurait pas moins de 4500 m2. C’était un magnifique spectacle que de les rencontrer courant sous toutes voiles devant les grandes brises et au milieu des vagues en montagne des mers du Sud !
- Pour manœuvrer cette voilure immense, un équipage de 20 hommes suffisait. C’étaient, en vérité, de solides et excellents marins bretons. Spécialisés dans ces longues et dures traversées, et admirablement entraînés, sous belle allure, et pour employer le propre terme marin, avec vent sous vergue (*) la vitesse se maintenait aisément aux environs de 11 nœuds, et exceptionnellement atteignait 10 nœuds avec brise fraîche. Il faut savoir que le vent ainsi dénommé en navigation est officiellement de 12-14 m à la seconde, ce qui ne correspond pas très exactement à l’idée qu’on se fait généralement d’une brise ! Ces voiliers partant de Dunkerque, allaient prendre en Angleterre un chargement de charbon. Puis ils faisaient route sur Iquiqué (Chili) où ils se remplissaient de nitrate, qu’ils rapportaient en Europe.
- La durée moyenne de la traversée était de 70 à 90 jours. Les fins voiliers abaissaient exceptionnellement ce chiffre à 52 jours.
- Les capitaines à qui on confiait ces bâtiments étaient, on le pense bien, choisis avec soin. Après 2 ou 3 voyages complets, aller et retour, ils se reposaient à terre pendant la durée d’un voyage. Us recevaient une prime de 500 fr pour une traversée de moins de 90 jours, et 50 fr par jour au-dessous de 90 jours.
- La route d’aller se dirigeait d’abord sur le Cap Ilorn, puis ce Cap une fois doublé, on remontait au plus près du vent (2) dans le Pacifique au milieu des grandes brises d’Ouest qui régnent constamment dans ces parages et soulèvent des vagues énormes, atteignant parfois 14 m, et dans le creux desquelles la coque du navire disparaissait en entier.
- C’était la partie la plus sévère de la traversée, le bâtiment ne portait que ses basses voiles et ses huniers, dont les amarres et écoutes en câble d’acier, étaient fixées à demeure.
- La mer balayait le pont de bout en bout presque sans arrêt, et on n’y circulait pas, ou le moins possible. Pour l’accomplissement du service, on utilisait une passerelle laquelle pardessus le pont reliait le gaillard d’avant à la dunette. Toutes les ouvertures du pont étaient, bien entendu, hermétiquement bouchées, et les portes de la dunette, en acier, bouclées et calfatées. L’eau qui embarquait sur le pont
- L Le vent souflant un peu de l’arrière du travers, ou de la perpendiculaire au grand axe du navire.
- 2. Au plus près du vent signifie que le navire navigue, avec toutes ses vergues orientées le plus près possible de l’axe du navire. Un navire à voiles carrées peut, dans cette position, faire route à 70 à 80 degrés de la direction d’où vient le vent.
- Fig. 2. — Le Melbourne.
- 4 mats-barque de 3000 tonnes.
- retournait à la mer par des panneaux spécialement destinés à cet usage et qui suppléant les dalots ordinaires, notoirement insuffisants, n’étaient utilisés que dans cette partie de la traversée.
- Lorsqu’on arrivait au 38e degré de latitude Sud, par le travers de la dernière île des canaux latéraux, le temps redevenait maniable et on pouvait naviguer sans trop de peines.
- L’équipage était logé dans un poste en acier édifié sur le pont, à toucher le gaillard d’avant. Chaque marin y avait sa couchette et son coffre.
- Un grand roof central, également en acier, contenait la cuisine, des chaudières, des treuils servant à manœuvrer les cabestans et les cordages des voiles, et un appareil à distiller l’eau de mer.
- On trouvait encore un deuxième roof sur l’arrière du
- Fig. 3. — Le Viking.
- 4 mâts-barque de 2850 tonnes.
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- = 560
- 3 mâts-barque de 1150 tonnes.
- 3e mât. Celui-ci était réservé aux jeunes officiers, qui y avaient leur carré et 4 cabines. Sous la dunette enfin, se trouvait l’appartement du commandant et composé d’un bureau, salon, chambres, w.-c. et salle de bain.
- On y voyait encore 4 cabines pour les passagers qui, si étrange que le fait puisse paraître, sollicitaient d’entreprendre le grand voyage, où cependant les promesses d’agrément manquaient totalement. Il leur fallait évidemment posséder le véritable amour de la mer.
- Le second, les 1er et 2e lieutenants habitaient sous la dunette. Toutes les cabines et le grand salon, où pouvaient se réunir 12 à 15 personnes, étaient très confortablement installées et munies de hublots.
- Quand on se trouvait dans les parages à grosse mer, l’accès des roofs et logements ne pouvait se faire par les toits dans lesquelles des ouvertures de secours étaient ménagées.
- Il régnait naturellement sur ces bâtiments appelés à affronter de sérieux dangers, une discipline stricte, mais loyalement et . intelligemment acceptée et obéie.
- Deux mousses de chambre d’au moins 12 ans, dont un particulièrement attaché au service du capitaine, -assuraient l’entretien des cabines et salon et servaient à table. Ils n’avaient aucune relation avec l’équipage.
- Dans les rangs de celui-ci, par contre, on comptait quelques novices, ou apprentis marins, âgés d’au moins 16 ans, qui faisaient à bord l’apprentissage de leur dur métier, dans des conditions qui devaient en faire rapidement d’excellents marins.
- Les navires de la maison Bordes effectuaient toujours le même voyage du Chili.
- Mais d’autres voiliers appareillaient encore de Nantes et surtout de Marseille pour les Indes ou les Antilles.
- Le capitaine partait pour 2 ou 3 ans : il était libre de tirer de son navire le parti commercial qu’il jugeait le plus utile.
- On rendait les comptes au retour. Revenu au port le capitaine était logé et nourri à terre aux frais de l’armateur.
- Le second avait seul la charge de l’entretien du navire pendant ce temps. La veille du jour fixé pour le départ, le commandant, connu sous le sobriquet « Le grand mât » réapparaissait. Puis après une dernière visite de l’armateur au cours de laquelle celui-ci embrassait son capitaine, on hissait la voilure et le beau navire saluant du pavillon le sanctuaire vé des marins « la Bonne Mère » faisait sa route pour sa lointaine destination (').
- La grande navigation à voiles est aujourd’hui reléguée parmi les choses du passé ; il nous a paru intéressant d’attirer l’attention sur les quelques vestiges qui en subsistent et qui apparaissent comme des curiosités archaïques. Toutefois c’était une fière école de marins et de navigateurs, tout le monde est d’accord pour le reconnaître. Il est impossible, c’est bien évident, de songer à faire renaître une marine à voile de commerce, encore moins une marine de guerre. Mais il est à souhaiter, pour toutes les marines, que la pratique de la navigation à voile survive, sous la forme sportive, à toutes ses applications pratiques. C’est ce que peut faire déjà le yachting à voiles dont nous avons entretenu naguère nos lecteurs.
- C* Sauvaire-Jourdan.
- 1. Je suis redevable de la plupart de ces renseignements à la bonne grâce du capitaine Jordanne. qui a longtemps pratiqué, tant sur la ligne du Chili que sur celles des Antilles et des Indes, cette navigation si intéressante dont le souvenir lui-mëme ne peut survivre bien longtemps.
- Fig. 5. — Un voilier français d’autrefois.
- 3 mâts descendant la Loire.
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- RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
- SOLUTION DES PROBLÈMES PROPOSÉS DANS “ LA NATURE
- DU 15 SEPTEMBRE 1932 (N® 2889}
- Donnons l’énoncé des 2 problèmes proposés :
- Problème A : Pierre, Paul et Jean sont trois frères. Pierre a deux ans de plus que Paul et celui-ci, deux ans de plus que Jean.
- Tous les ans, à Noël, leur grand-père leur donne à chacun la même somme. Collectionneurs de timbres, ils se rendent chez un marchand, qui leur met, devant les yeux, 3 collections : la collection A, la collection B et la collection C. De plus, Jean prend 3 fois plus de timbres que Paul et 6 fois plus que Pierre.
- Leurs achats faits, ils passent à la caisse. 11 se trouve que Jean n’a pas assez d’argent pour payer ses timbres. Il lui man-manque 50 centimes ; sur son billet, on rend à Paul une somme de 2 f. 50 et à Pierre, sur le sien, une somme de 4 f. 25.
- Ceci posé, on demande :
- 1° Le nombre de timbres pris par chacun des enfants.
- 2° Les prix des timbres de chaque collection.
- 3° L’âge de chacun des enfants.
- Problème B : Au cours de la guerre 1914-1918 fut découverte la tombe d’un soldat français mort jadis, le dernier jour d’un mois, au cours d’une expédition en terre étrangère.
- La date du décès était gravée sur la pierre tombale.
- Diverses armes de l’époque, dont une pertuisane, furent retrouvées en cet endroit.
- Un fanatique du calcul s’amusa à faire le produit du nombre de jours du mois inscrit sur la pierre tombale par la longueur en pieds de la pertuisane, puis par la moitié du nombre entier d’années écoulées depuis le décès du soldat jusqu’à la découverte de sa tombe, enfin par la moitié du nombre des années qu’avait le commandant de l’expédition française à l’époque où le soldat trouva la mort. Ce produit de 4 facteurs est 451 066. Quel est le nom de celui qui commandait l’expédition où mourut ce soldat ?
- Nous empruntons à M. Rambal de Mulhouse la solution des deux problèmes. *
- Problème A :
- 1° Nombre de timbres de chacun des enfants :
- Pierre : 5; Paul : 10; Jean : 30.
- 2° Prix des timbres de chaque collection : Collection A : 15 centimes; B : 25 centimes; C : 35 centimes.
- 3° Age de chacun des enfants : Pierre : 12 ans; Paul : 10 ans; Jean : 8 ans.
- En posant : a âge de Jean.
- n nombre de timbres pris par Pierre. k somme versée annuellement par le grand-père. o prix de chaque timbre de la collection A. x montant dont le prix augmente d’une collection à l’autre, on aura les trois relations :
- 1° pour Jean : 6 no = a k + 0,50.
- 2° pour Paul : 2n (o + x) = (a -f- 2) k — 2,50.
- 3° pour Pierre : n (o -j- 2x) — [a + 4) k —- 4,25.
- t, ‘ ' „ ak -TT-0,50 ,
- L équation l„se met sous la forrpe : no —--------------
- L’éqùation 3 soustraite de 2 élimine' x et donne :
- d’où
- ak
- no — -— 0,50
- - 2 k 4- 1,75 ,
- = — 2 k -f 1,75
- d’où l’on tire :
- a+ 12
- k étant supposé naturellement un nombre entier de centimes et l’âge a de Jean situé entre 0 et 20, les valeurs de a + 12 pouvant convenir se limitent à 20 et 25; on vérifiera aisément que 25 ne donne pas de solution convenable du problème; nous aurons donc :
- d’où a = 8.
- et no = 0,75
- en introduisant ces valeurs dans l’équation 2, nous en tirerons :
- nx = 0,50.
- Le seul chiffre qui divise à la fois 0,75 et 0,50 en donnant pour x et o des nombres entiers de centimes est n — 5 d’où : n — 0,15 et x ----- 0,10.
- Problème B :
- Nom de celui qui commandait l’expédition : Gaston de Foix.
- Le nombre 451 066 étant le produit de plusieurs facteurs, nous le décomposerons tout d’abord en facteurs premiers, qui sont :
- 7 29 2 11 et 101
- Le seul facteur susceptible d’indiquer le nombre de jours du mois est le chiffre 29.
- La pertuisane ne saurait de même avoir pour longueur un autre chiffre que celui de 7 pieds.
- Reste pour situer l’année de l’expédition et celle de naissance du commandant de celle-ci, les 3 facteurs :
- 2 11 101
- 2 solutions se présentent : ou 101 représente la moitié de la durée depuis le décès du soldat, c’est-à-dire depuis la bataille, ce qui porterait la date de celle-ci en 1712 ou 1716 et l’âge du commandant à 44 ans, ou 202 représente cette moitié, ce qui porte la date de l’événement à 1512 et l’âge du commandant à 22 ans. Celui-ci serait donc né en 1489 ou 1490. A noter que l’année de la mort du soldat doit être bissextile en raison du nombre 29. Les années 1712 et 1716 ne fournissent pas d’expédition en terre étrangère; et à cette date la pertuisane n’était plus en usage, par contre nous trouvons la bataille de Ravenne en 1512 avec Gaston de Foix, né en 1489, à la tête des troupes françaises.
- Ont résolu les 2 problèmes :
- MM. Rousselet Guy, à Epernay (Marne) ; Infernét, à Car-maux (Tarn) ; Léon Jeannin, Ingénieur à Vincennes (Seine) ; G. A. M., Carmaux (Tarn) ; Robert Launay, employé des P.T.T. Paris ; Jean Vesserau, Châteauroux (Indre) ; M. Saisse, professeur de Lettre, Le Caire (Egypte); R. Fleury, Ingénieur-Chimiste, Rennes (Ille-et-Vilaine) ; Rémond, Cherbourg (Manche) ; Rambal à Mulhouse (Haut-Rhin) ; Louis Schaeffer, Ingénieur à Lausanne (Suisse) ; Maurice Georget, conducteur de travaux, Paris; V. Dreyer, à Roussillon (Isère); Hibou, à Paris.
- a + 12 == 20 nous aurons aussi :
- , 10
- *=ro = °-50
- 6
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- = 562 ——;.................. ...............=
- On résolu le problème A :
- M. Samuel Marti, Montbéliard (Doubs).
- Ont résolu le problème B.
- MM. Allary à Alfortville, à qui appartient la paternité de ce problème; Félix David, Les Ternes (Cantal) ; Decoux, élève aux Hautes Etudes commerciales, Limoges; Emery, instituteur à St-Clément (Allier) ; Blondiaux, professeur d’histoire à l’Athénée royal de Charleroi (Belgique) ; Gouron à Bourges (Cher) ; Charles Dael, Ecole abbatiale de St-André à Lophem les Bruges (Belgique) ; Camille Gerday, Val-St-Lambert (Belgique); Robert Sagot, commis des Postes, Paris; Dr Kosch et J. Kosch, Sidi-bel-Abbès (Algérie) ; Mercx, ingénieur Ways-les-Gemappe (Belgique) ; Mlle Arensdorf, élève à l’école primaire supérieure, Reims (Marne); Francis Delafond Math, spec., Rouen; Lambette, élève de l’Ecole technique des Chemins de fer Liège (Belgique) ; Gauthier, Saint-Fons (Rhône) ; H. Buisson, étudiant, Lisieux (Calvados) ; Abbé Hazard, à Euville (Meuse) ; Edmond Heirmann, ingénieur, Uccle (Bruxelles) ; Arabi Verdera, Ibiza (Iles Baléares) ; Grésillon, à Cambrai (Nord) ; Abbé Lapied, curé de Magny (Moselle) ; Lwopold Port, ingénieur mécanicien honoraire, Brest; Minier, Montferrand (Puy-de-Dôme) ; un abonné de La Nature, à. Porto-Alègre (Brésil).
- Ces récréations ayant l’agrément d’un grand nombre de nos lecteurs, nous pensons utile de les continuer et nous proposons cette fois 3 problèmes d’un genre bien différent.
- Problème A (proposé par M. Allary, d’Alfortville).
- Un chef d’institution avait inscrit N élèves en vue de la rentrée d’octobre. *
- Chaque élève devait recevoir un nombre de crayons égal au double de ses condisciples diminué de 35.
- Il serait resté 2150 crayons à l’économat.
- A la rentrée, 10 élèves ont manqué.
- Chacun d’eux a reçu un même nombre de crayons et il en est resté 450 à l’économat.
- 1° Combien y avait-il d’élèves inscrits ? Combien y a-t-il eu d’élèves présents ? Combien chacun d’eux a-t-il reçu de crayons ?
- 2° Combien chaque élève présent aurait-il dû recevoir de crayons pour qu’il n’en restât plus à l’économat?
- Problème B :
- Un avion part de Granville rpour Le Bourget. Cet avion possède une vitesse bien régulière. Au moment du départ l’horloge de l’aérodrome marque exactement 8 heures. Quand il arrive au Bourget, l’horloge de ce nouvel aérodrome marque 10 heures 35.
- Le même avion part du Bourget au moment où l’horloge marque exactement midi, mais la vitesse, à cause du vent d’ouest, est diminuée de 30 kilomètres à l’heure, sans cesser d’être régulière.
- Quand l’avion rentre à Granville, l’horloge de cet aérodrome marque 3 h. 50.
- Le lendemain, le même avion part de Granville encore à 8 heures, mais sa vitesse régulière est plus grande de 30 kilomètres à l’heure que la vitesse à l’aller de la veille. L’avion arrive au Bourget quand l’horloge de ce dernier aérodrome marque 10 h. 02 minutes.
- On demande : 1° La distance des 2 aérodromes; 2° La vitesse de l’avion dans chacun des trois voyages.
- Problème C (proposé comme le précédent par M. l’Abbé Huelle, aumônier du Lycée d’Amiens).
- Il nous a paru très joli.
- Quel est le plus petit nombre qui divisé par 10 donne 9 pour reste, divisé par 9 donne 8 comme reste, divisé par 8 donne 7 comme reste, etc., divisé par 2 donne 1 comme reste. Virgile Brandicourt.
- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- OCTOBRE 1932, A PARIS
- Mois pluvieux, assez doux, avec pression barométrique basse et insolation déficitaire.
- La pression barométrique moyenne, 758 mm 0, ramenée au niveau de la mer, au Parc Saint-Maur est inférieure de 3 mm 9 à la normale.
- La moyenne mensuelle de la température, 10° 8 est en excédent de 0° 7, excédent dû presque exclusivement aux minima, dont la moyenne a été plus élevée qu’elle ne l’est ordinairement. 11 y a eu quatre journées froides, du 4 au 7 et deux journées de gelée blanche, le 6 et le 7; c’est à cette dernière date qu’a eu lieu le minimum absolu du mois, 1° 0. A partir du 12 Je temps s’est adouci et est devenu chaud entre le 21 et le 26. A la date du 24 la moyenne journalière de la température a atteint 14° 2, température normale du 20 septembre. A Saint-Maur, depuis 1874 on n’avait pas encore noté une température aussi élevée à cette date de l’année. Cependant le maximum absolu mensuel, 21° 0, n’appartient pas à cette période; il a été constaté le 1er.
- La hauteur totale, de pluie, 76 mm 9 d’eau, est supérieure de 32 pour 100 à la moyenne normale. 18 journées de pluie
- appréciable ont été enregistrées, contre 15, nombre moyen. Les journées les plus pluvieuses, celles des 10 et 24 ont fourni respectivement 15 mm 0 et 10 mm 5 d’eau.
- A l’Observatoire de Montsouris, la durée totale de chute, 55 h. 30 m; surpasse de 20 pour 100 la moyenne des 25 années 1898-1922. Hauteurs maxima en 24 heures : pour Paris, 20 mm 6 à Charonne et pour les environs, 39 mm 0 à Verrières.
- Le 27, un orage de très courte durée a été observé à Sevran vers 13 h 40 et le même jour, à Vaucluse, on signala un orage lointain vers 14 h.
- Les brouillards, dans la région, ont été fréquents le matin, mais presque toujours de faible opacité.
- Le vent a soufflé rarement de la moitié Est, et beaucoup plus souvent, que d’ordinaire d’entre Ouest et Nord.
- La moyenne mensuelle de l’humidité relative de l’air a été, au Parc St-Maur, de 83, 4 pour 100 et celle de la nébulosité de 64 pour 100. On y a relevé : 1 jour de grêle, 6 jours de brouillards, 13 jours de brume, 12 jours de rosée.
- Em. Roger.
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- LA CHAYOTTE
- La Chayotte (Sechium edule) est un légume très intéressant, appartenant à la grande famille des Cucurbilacées. C’est une plante alimentaire de premier ordre, précieuse entre toutes, originaire, très probablement, du Mexique, d’où elle se serait répandue et popularisée dans toute l’Amérique du Sud. Cependant on trouve différents types de Chayottes, à l’état sauvage, au Guatemala ; ce qui me fait hésiter sur l’origine réelle de ce produit agricole, c’est que, lors de la conquête du Mexique par Fernand Cortez, on le trouvait en abondance sur tous les marchés de ce pays ; alors que vient donc faire le Guatemala dans cette circonstance ?
- En résumé, que la Chayotte provienne d’un pays ou d’un autre, il n’en est pas moins vrai que lorsque les Espagnols mirent le pied en ces contrées, ce légume formait l’un des mets favoris des habitants de l’Amérique du Sud et, s’il se rencontre dans toutes les régions chaudes ou tempérées, c’est à son seul mérite alimentaire qu’il le doit. Originaire du Mexique ou du Guatemala, son aire d’expansion fut d’abord les Indes Orientales, puis les autres régions équatoriales. Partout ce végétal est cultivé et son fruit considéré comme de premier ordre, de même qu’il l’était du temps des Astèques, Mayas et autres peuples de l’Amérique du Sud.
- C’est une plante de grande importance alimentaire, parce que d’une production énorme, que ses fruits sont excellents et peuvent s’acquérir à bas prix sur les marchés, ce qui en a toujours fait le succès. On a vu fréquemment un seul pied donner l’approvisionnement d’hiver d’une famille nombreuse.
- Si la Chayotte était mieux connue en Europe, il n’est pas douteux que sa consommation serait considérable, encore qu'il faudrait l’importer à grands frais des colonies d’où il faudrait la tirer. Mais l’Afrique du Nord est à deux pas de la Métropole, elle devrait être productrice de ce légume de choix, son climat littoralien étant des plus favorables à sa culture. La colonie pourrait en exporter en quantité : les Colons Nord-Africains feront bien de méditer ce que je dis, car ce produit serait pour eux d’un rendement énorme et leur assurerait des revenus certains.
- La Chayotte ne ressemble et ne supplée à aucun légume connu; quoique Cucurbitacée, elle n’a aucun rapport avec la Courge : elle est elle-même et. se recommande par elle-même !
- La Chayotte qu’on nomme aussi chouchoute aux Antilles, Chocho, à la Jamaïque, Végetable pear ou poire légume, dans les colonies anglaises et en Amérique du Nord, est une grande plante vivace grimpante, très sarmenteuse comme la vigne, par ses vrilles qui s’accrochent solidement et vigoureusement! Elle s’est adaptée facilement à tous les climats ayant une température douce — tard en automne — et cela, malgré la routine des habitants, tant ses qualités furent appréciées dès le début de son introduction.
- Si la Chayotte (prononcez Chiotti) est bien cultivée, son rapport est prodigieux et un seul pied — je le répète — suffît à l’approvisionnement de toute une famille, en hiver, sans que celle-ci se lasse de manger le fruit de ce végétal, qui est sain, agréable, suffisamment nutritif, pour compter dans l’alimentation; de plus, il se conserve plusieurs mois avec ses qualités excellentes.
- Pour la culture de cette Cucurbitacée, le sol doit être léger, profond, bien travaillé et rendu fertile par l’apport de fumiers d’étables ou d’engrais chimiques, entre autres le sulfate d'ammoniaque.
- Il faut également que le terrain soit parfaitement perméable, ou rendu tel, afin que les irrigations profitent à tout son système radiculaire qui est très étendu. Cependant cette plante se plaît dans n’importe quel sol, — même glaiseux — pourvu
- que de profondes façons lui soient données ainsi que des amendements.
- Dans ces conditions, le travail général étant fait, on ouvre des trous de forme arrondie, de 0 m 60 à 0 m 80 de diamètre sur 0 m 25 à 0 m 30 de profondeur, ces excavations sont bourrées de fumier décomposé, afin que les puissantes racines de ce végétal puissent s’y développer et trouver la nourriture indispensable à sa nature vorace. Après avoir rempli ces trous de fumier jusqu’au bord, on le tasse fortement avec les pieds, on le recouvre de terre légère et la place est prête à recevoir la graine.
- Habituellement on opère au début du printemps et, aussitôt après, on plante debout un fruit entier — car il ne contient qu’une seule semence, qu’il ne faut pas dégager de la chair qui l’entoure, sous peine de le voir périr — le point d’attache en haut, la partie étroite en bas, en recouvrant de 5 à 6 cm de sable de rivière, si l’on plante dans une terre forte. On maintient alors le sol en bon état de propreté, par des binages et des sarclages, qui hâtent le départ de la végétation, jusqu’au moment où l’on commence à ouvrir les rigoles d’irrigation, comme d’usage, quand il s’agit de légumes réclamant des arrosages
- En quelques jours, la chaleur aidant, on voit poindre le germe, qui croît avec une extrême rapidité et forme la plante : quatre mois après ou un peu plus tard, suivant la chaleur et les irrigations, la floraison commence, — nous sommes alors en septembre. — Celle-ci se produit à toutes les attaches des feuilles et les fruits bientôt apparaissent, grossissant rapidement, au point de surcharger ce végétal, si extraordinairement prolifique— on en a vu donner jusqu’à 600 fruits — qu’il lui faut de solides soutiens pour supporter le formidable poids de sa fructification, qui se continue tard en automne, si la nature se montre clémente.
- Si l’on cultive la Chayotte commercialement, il est indispensable de lui procurer de solides tuteurs, reliés entre eux par des fils de fer galvanisés, placés à 1 m du sol, afin de faciliter la cueillette des fruits. Ces fils de fer (n° 10 ou 12), sont rendus rigides par des tendeurs. Les forts piquets qui servent à cet usage doivent être plantés en terre profondément, à 1 m de distance les uns des autres, sur un rang et à 8 ou 10 m en longueur; c’est sur eux que l’on tend les fils de fer. En plantant un fruit tous les 8 ou 10 m sur la longueur que l’on veut, c’est amplement suffisant pour tout couvrir, ce qui représente une douzaine de plants environ par 100 m, soit 1200 pieds à l’hectare. Chaque plante pouvant produire une moyenne de 70 à 80 fruits, suivant l’année, je ne pense pas exagérer la production de 8400 à 8600 fruits, à 0 fr 50 pièce, qui équivaudront de 4200 francs à 4800 francs, ce qui est très joli, déjà, mais je suis en dessous de la vérité, pour l’une ou l’autre manière de cultiver la Chayotte, car il y en a deux.
- La plantation peut aussi se faire sans appui, en laissant courir les longues tiges à même le sol — comme n’importe quelle Courge ou Melon — dans ce cas, on plante sur des rigoles d’arrosage, à 6 m en tous sens : il faudra alors environ 1670 pieds à l’hectare. La production sera un peu moindre par sujet, peut-être, mais les fruits ne seront pas abîmés en tombant, jetés par terre par le vent.
- Il n’est pas douteux que le meilleur des engrais, lors de la plantation, est celui des animaux, si on peut se le procurer; ce n’est pas toujours possible, on y supplée par du terreau de détritus végétaux, fertilisé au moyen de sels chimiques, car de même que toutes les cucurbitacées,la Chayotte, très vorace, exige des engrais, quels qu’ils soient; de plus, de temps à autre — tous les mois -— on leur distribue 50 gr par pied de
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- nitrate de soude et de sulfate d’ammoniaque mêlés, qu’on met à l’entour et non contre la souche, afin de stimuler la végétation par une nouvelle dose d’azote. Ces engrais sont enfouis par un crochetage, très utile pour l’allègement et l’aération du sol, puis on donne de fortes irrigations.
- Les fruits se produisent par un, à l’insertion de chaque feuille, rarement par deux; ceux-ci, autant que possible, ne doivent pas dépasser 500 gr, pour être de qualité parfaite ; il ne faut les cueillir, du reste, qu’à moitié formés, ils sont alors tendres et succulents. Pour la semence destinée aux plantations futures, on laisse complètement mûrir les Chayottes quel que soit leur poids. ...
- Au fur et à mesure de la l'écolte, on rentre toute la production, à l’abri sous un hangar, où elle se ressuie, puis on en commence l’expédition sur les centres que l’on veut exploiter, par paniers de 12 fruits, comme font les Américains.
- II existe un certain nombre de variétés de Chayottes, originaires, pour la plupart, du Guatemala : elles diffèrent entre elles par la grosseur et le coloris de l’épiderme, plus ou moins lisse ou épineux. On en connaît qui dépassent un kilogramme : quelques-unes sont vertes, d’autres presque noires ou blanc d’ivoire, presque toujours allongées, en forme de cœur ou en poire. Les fruits, à peine épineux du reste — épines molles — sont les meilleurs et les plus recherchés.
- Les tiges sèches produisent une fibre solide, d’une grande légèreté, avec laquelle on confectionne, en Amérique, des chapeaux, des paniers, des nattes, voire des portières, etc., etc., cette matière pourrait être utilisée industriellement; enfin, le bétail est avide du large feuillage de la Chayotte, qui est très nourrissant. D’autre part les volumineuses racines de ce végétal sont d’une grande richesse en amidon.
- L’analyse des fruits irais de la Chayotte, récoltés au début
- de l’automne, donne :
- Eau..................................... 90,2
- Protéine................................ 1,1
- Graisse................................. 0,2
- Carbo-hydrate....................... 7,5
- 1 Fibres.................1............ 1,0
- Total..............................100,00
- La valeur nutritive de ce légume est donc un peu plus élevée que celle de la Courge, mais sa saveur est infiniment plus fine : elle est tout simplement exquise !
- L’expédition au loin de ce produit agricole si généreux est facilitée par sa texture qui est ferme et solide : le moyen le plus pratique est de l’emballer en paniers ou caissettes de 12, enveloppé de papier en les calant avec de la fibre de bois, ces fruits arrivent ainsi à destination en parfait état de conservation.
- Les cultures de Chayottes sont parfois atteintes — dans les régions chaudes, tempérées ou humides — par des maladies cryptogamiques, que l’on combat avec une solution de sulfate de cuivre (1 pour 100 par litre d’eau) ou par des pulvérisations de fleur de soufre qu’on répète tous les mois. Un ver attaque quelquefois le fruit : on s’en préserve avec des pulvérisations d’eau nicotinée à 5 pour 100, sur les branches et les feuilles, et préventivement : cela vaut mieux. Un insecte ronge les feuilles et occasionne leur chute, on l’écarte avec des aspersions au pulvérisateur et partout, d’arséniate de soude à 2 pour 100, dilué dans l’eau. Ces quelques soins qui sont rarement nécessaires, suffisent pour rester maître de la situation.
- La Chayotte se consomme de diverses façons et les recettes sont nombreuses. Après avoir été préalablement pelée, on la coupe en morceaux (rondelles) que l’on fait blanchir à l’eau un peu salée et bouillante. La cuisson dure quelques minutes. On prépare alors ces morceaux : à la crème, au beurre fondu avec du persil haché, à la tomate, frites au beurre, ou à l’huile d’olives, en sauce blanche, à la poulette avec du jus de citron, farcis avec de la viande hachée, au gratin avec une sauce Bécha-melle et du fromage de gruyère râpé, à 1 ’étuvée avec du veau, du mouton ou du poulet, en salade, en Pickles, etc., dans tous les cas, ces préparations exigent un assaisonnement relevé ou pimenté.
- Il faut, aux colonies, planter des chayottes, c’est un légume de choix, de vente facile sur les marchés-, sa production considérable assure de sérieux bénéfices. Je ne saurais trop insister sur sa valeur marchande, qui dépasse de beaucoup les prévisions les plus extravagantes !
- * *
- Etant donné que l’Afrique du Nord est à quelques heures de Marseille, la Chayotte est tout indiquée dans ces belles colonies. Les climats littoraliens surtout sont favorables à cette plante; quelques coins des côtes du Midi de la France lui sont propices, mais en aucun cas la Chayotte ne pourrait y être une plante économique, à cause de sa fructification tardive.
- Jadis, on cultivait dans les jardins algériens des Chayottes qui se couvraient de fruits, dont on faisait peu de cas : il y a plus de 60 ans de cela, on ne recherchait pas les nouveautés, on avait trop à faire de se défendre contre les maraudeurs arabes. Aujourd’hui, il ne reste que des souvenirs de ces temps déjà lointains et comme la Chayotte est un légume essentiellement d’hiver, il est évidemment appelé à rendre de sérieux services aux petites et aux grandes bourses, aussi, j’engage fortement les colons de l’Afrique du Nord, à adopter cette culture, qui n’est d’ailleurs ni difficile ni nouvelle et pour eux, ce sera une véritable manne céleste ! R. de Noter.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- POUR DÉBOUCHER UN FLACON
- Dans nptre n° 2884, page 39, nous avons indiqué un moyen pour déboucher les flacons munis d’un bouchon à émeri. A ce sujet un de nos abonnés, M. le colonel Andrieu, nous signale une simplification très intéressante qui consiste à placer le bouchon entre le montant d’une porte et le,.chambranle, à serrer doucement, puis à imprimer au flacon un mouvement de rotation, on peut ainsi agir très énergiquement et bientôt le débouchage se trouve effectué à la satisfaction de l’opérateur.
- RÉPARATION DES PIERRES ENDOMMAGÉES
- U arrive fréquemment que des marches d’escalièrs, des dalles de perrons, des appuis de fenêtres, par suite d’accidents ou d’intempéries
- se trouvent écornées ou effritées, leur réparation peut s’effectuer avec un peu de soin, de la manière suivante : ' '
- Après avoir délayé du bon ciment, mélangé d’un tiers de sable de rivière tamisé, avec une quantité de silicate de potasse suffisante pour former une pâte consistante, on applique le mélange sur la partie endommagée, préalablement humectée de la solution de silicate de potasse, précaution indispensable si on veut assurer l’adhérence, on lisse à la truëlle' et protège par quelques planches la réparation.
- Au bout de six à huit heures le durcissement est réalisé et si le travail a été soigneusement fait,?toute trace de l’accident a disparu.
- N. B. Dans le cas où la pierre à réparef serait grisée "par l’anèienneté, on pourra faciliter le raccordement, des teintes en incorporant au mélange un peu de noir de fumée, sans excès bien entendu pour rie pas obtenir un résultat contraire.
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- LA CINÉMATOGRAPHIE D AMATEUR = 565
- L’INVERSION-TIRAGE
- Dans le présent article, nous allons étudier une méthode de développement des films qui réunit les avantages de l’inversion, car elle n’exige qu’une pellicule, et du tirage, puisque comme oii le verra, l’opérateur a toute latitude pour faire varier l’intensité de l’image positive d’après la valeur de l’image négative.
- i Voici, la suite des opérations de ce procédé que nous appellerons Y inversion-tirage :
- 1° Le film est développé en négatif, c’est le premier développement.
- 2° Après lavage et essorage, il est exposé à une lumière convenable dans des conditions déterminées. Le bromure non réduit se trouve alors impressionné à travers l’image négative en raison inverse de la densité de ce négatif, c’est le tirage. ' j
- 3° L’argent réduit est dissous dans le bain de permanganate acide (inversion).
- 4° L’image positive est développée jusqu’à intensité convenable, dans le même bain qu’au début (2e développement).
- 5° On fixe à l’hyposulfite bisulfité.
- Les première, troisième, quatrième et cinquième opérations sont faites en chambre noire, à la lumière rouge.
- Le matériel. — L’inversion-tirage ne peut être pratiquée avec le matériel qu’emploient habituellement les amateurs. Les nécessités du tirage imposent des conditions particulières : le film, enroulé sur une seule couche, doit être appliqué sur une surface continue et noire. Il importe que les rayons lumineux traversant l’émulsion ne puissent, par réflexion, produire du halo, et en aucun cas ils ne doivent frapper la pellicule par le côté support. Nous avons réalisé un matériel convenable à l’aide d’un tube cylindrique d’ébonite de 5 mm d’épaisseur, d’un diamètre extérieur de 200 mm et de 190 mm de longueur (fig.l, I). Ces dimensions permettent d’enrouler en hélice un film de 10 m (film de 9,5 mm). Les traitements se font dans une cuvette de 13 X 18 cm.
- L’ébonite doit être choisie assez tendre et assez souple pour diminuer les risques de casse pendant le montage et la fragilité à l’usage.
- Pour que les spires ne chevauchent pas, il est indispensable de fixer, sur cinq ou six génératrices, de petits cavaliers en fil de cuivre ou mieux de nickel dont le profil et le mode de fixation sont représentés par les figures II et III. Ce montage, qui demande un peu de soin, est fait de la façon suivante : Tracer sur l’ébonite deux génératrices distantes d’environ 20 à 25 mm. Sur ces génératrices, marquer à l’aide d’un poinçon très aigu la place des trous qui seront espacés de 12 mm (fig. II), percer, à l’aide d’un porte-foret ou d’un drille des trous de 1 mm. On préparera des cavaliers en fil de nickel ou de cuivre de ll/10eetà l’aide d’un petit marteau on les enfonce à force par petits coups légers jusqu’à ce que l’extrémité affleure de l’autre côté de l’ébonite. On recommence ainsi sur 5 ou 6 génératrices. Ce travail n’est pas aussi fastidieux qu’il paraît a priori, l’habileté et la dextérité nécessaire étant rapidement acquises dès les premiers essais. On fixe à chacune des bases du cylindre deux bandes de 20 mm de large découpées dans des feuilles de cuivre ou de nickel, de 1 mm d’épaisseur. Ces
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- Fig. I à 4. — I. Cotes du tube d’ébonite constituant le châssis. — II. A. Cotes d’écartement et disposition des cavaliers. B. Mode de fixation des extrémités du film. — III. Cavalier avant et après sa fixation dans l’ébonite. — IV. Ensemble de l’équipage sur
- son support.
- bandes, disposées en croix, sont tenues à l’ébonite par des vis à tête fraisées et des écrous en cuivre. Elles sont traversées en leur centre par l’axe en cuivre (tringle filetée aux deux extrémités) servant à faire tourner le tout. L’examen des figures renseigne assez sur le montage de l’appareil et la disposition du support qui doit le recevoir pour qu’il soit inutile d’insister sur ce point. Notons cependant que la hauteur de pivotement sur le support doit être telle que le tambour trempe largement à sa partie basse dans une cuvette 13/18 cm en verre ou en faïence contenant 250 à 300 cm3 cubes de liquide,
- Le matériel ainsi constitué peut servir avec avantage au développement des films de 9,5 mm par une méthode quelconque. On peut suivre aisément la venue de l’image sur toute la longueur de la pellicule. Et son mouvement continu dans le liquide donne une grande régularité à l’action des bains. La faible quantité nécessaire de produit procure, en outre, une sérieuse économie.
- Usage du matériel. —
- Le film doit être enroulé très tendu sur le tambour, car il s’allonge un peu au mouillage, ce qui pourrait provoquer un chevauchement des spires. Sa fixation est assurée par la pression d’un petit écrou mo-leté qui le pince sous une rondelle (fig. II B.) Le film étant soigneusement enroulé ët ar-
- Fig. 5. — Ensemble du tambour, du support et de la cuvette de développement.
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- rêté sur le tambour, le mouiller par immei’sion de l’équipage pendant quelques minutes dans un seau d’eau. Placer la cuvette qui contient le révélateur sur la planchette du support (lequel sera bien horizontal), présenter l’axe du tambour tenu à deux mains en face des fentes des montants en tôle du support, l’engager franchement et faire tourner rapidement au début, plus lentement ensuite pour suivre la venue des images. Le négatif ayant acquis l’intensité voulue, on retire le tambour qu’on lave pendant cinq minutes par rotation dans un seau d’eau deux fois renouvelée pendant ce temps, on enlève la cuvette et replace le tambour sur son support où on le fait tourner rapidement jusqu’à ce qu’une inspection attentive ne révèle plus de gouttes sur la surface du film.
- A ce moment on procède au tirage par exposition à une vive lumière. La source lumineuse peut être une ampoule demi-watt à atmosphère gazçuse d’au moins 200 watts munie d’un réflecteur qui concentre les rayons lumineux sur le tambour. On peut aussi réaliser une rampe d’au moins quatre ampoules de 50 à 75 watts, munies chacune d’un réflecteur.
- Pratique du procédé. — L’émulsion qui nous a donné les meilleurs résultats est l’émulsion positive à cause de sa finesse de grain. L’inversible donne par ce traitement des images beaucoup trop granuleuses. Avec la positive, la prise de vues se fait en respectant les valeurs habituelles de diaphragme. Son emploi n’implique donc aucune précaution spéciale.
- Les deux développements se font dans un révélateur classique. Pour nos essais, nous avons utilisé le génol-hydroqui-none de Lumière, vendu en tubes dosés pour 200 cm3.
- Le révélateur doit être énergique et on aura intérêt à rechercher un négatif plutôt contrasté et bien défini dans ses détails. Les révélateurs pour inversion aux alcalis caustiques conviendraient bien si leur action néfaste sur la gélatine, aggravéepar le deuxième développement, ne les rendait inemployables.
- Le premier développement ne doit pas être poussé, sinon la durée de l’exposition au tirage du positif serait trop longue et la minceur de l’émulsion résiduelle donnerait des images sans valeurs. Lorsque le négatif est bien venu dans ses détails, avant que ceux-ci ne se fondent dans le grisaille, et que l’image s’empâte, on arrête l’action du bain, lave et essore comme il est dit plus haut.
- Avec le génol-hydroquinone Lumière, et un film correctement diaphragmé, le développement n’excède guère deux minutes à deux minutes et demie. Ne pas oublier que les révélateurs à base d’hydroquinone perdent beaucoup de leur énergie au-dessous de 16° C. Il est bon de toujours travailler avec une température contrôlée de 18-19° C.
- Après lavage et essorage, on procède au tirage. Le tambour sur son support est placé à environ vingt centimètres de la source lumineuse allumée. On le fait tourner à vitesse modérée et régulière pendant un temps variable suivant l’intensité des images, mais de l’ordre de 10 à 15 minutes pour un négatif correctement venu. Bien entendu, il y a là, tout comme pour le tirage de positifs ordinaires, un apprentissage à faire pour acquérir le coup d’œil qui renseigne, au simple examen de la bande négative, sur la distance à mettre entre le châssis et la lumière, et le temps d’exposition à choisir. Ne pas oublier que lorsqu’on double, triple, quadruple, etc., la distance, l’éclairement du châssis se trouve divisé par 4, 9, IG, etc.
- Pour des images d’une intensité donnée, mais peu contrastées par exemple, on adoptera une distance double et un temps d’exposition quadruple de ceux nécessaires pour un film d’intensité moyenne semblable, mais dur et heurté.
- Pratiquement, les cinéastes amateurs, habitués par le procédé d’inversion classique à choisir judicieusement leur diaphragme, n’auront pas ou très peu de modifications à apporter à un mode opératoire que quelques essais leur auront fait adopter.
- Le tirage terminé, refaire l’obscurité au laboratoire et procéder, en lumière rouge, à l’inversion dans le bain de permanganate à 2 grammes par litre et acidifié. L’emploi du bichromate pour l’inversion est à proscrire ici, car il détruit l’image latente. L’inversion doit, bien entendu, être jxmssée à fond.
- Après rinçage, pour éliminer l’excès de permanganate, on procède au deuxième développement en faisant tourner (toujours en lumière rouge) le châssis dans la cuvette du révélateur ayant servi au premier bain.
- Les images montent assez lentement, et lorsque tous les détails sont bien sortis, que le film paraît sombre, laver et fixer, jusqu’à complète élimination de l’argent non réduit, dans un bain d’hyposulfite à 10 ou 15 pour 100 additionné de bisulfite ou de métabisulfite de sodium. Le blanchiment après inversion est inutile, il se fait au deuxième développement et se parfait au fixage.
- Les films donnés par le procédé de l’inversion-lirage sont tout à fait comparables à ceux obtenus par tirage d’après négatifs, ils ont la même limpidité, la même douceur dans les noirs et les demi-teintes. Il est naturellement facile, à l’aide d’une tireuse ou d’un projecteur aménagé en tireuse (voir La Nature, n° 2815), d’obtenir des duplicata qui, développés par inversion-tirage sont des copies aussi parfaites que l’original.
- Les résultats obtenus, vraiment remarquables, et l’économie du procédé payent l’amateur de la peine occasionnée par la fabrication de son matériel. Gilbert-F. Pouchon.
- ABATAGE PAR CARTOUCHE
- D’ACIDE CARBONIQUE LIQUIDE
- Un nouveau procédé d’abatage a été mis au point dans plusieurs mines de charbon anglaises : c’est le système Cardox qui utilise la vaporisation instantanée d’une charge d’acide carbonique liquide. Un trou de mine ordinaire est foré et une cartouche Cardox y est placée, puis lutée avec de l’argile. La mise de feu se fait par un fil électrique dont le courant provoque la vaporisation du liquide par l’intermédiaire d’un détonateur. Le gaz s’échappe par suite de la rupture d’un disque d’acier à l’extrémité de la cartouche et provoque l’abatage de charbon plutôt par sa poussée que par choc. Le charbon obtenu est de meilleure qualité qu’avec les explosifs habituels dont la détonation provoque la formation de petits morceaux et de
- poussière; de plus le toit de la galerie ne risque pas d’être ébranlé. L’opération est très sûre ne pouvant causer aucun allumage de coup de grisou ou de poussières, et le gaz dégagé étant absolument inofîensif.
- Les cartouches utilisées sont récupérées et chargées à la mine même d’acide carbonique à 63 kg après remplacement du disque de rupture et du détonateur. L’installation de recharge comporte un compresseur alimenté en gaz carbonique par des bouteilles de gaz comprimé.
- Les cartouches utilisées ont une largeur variant de 53 cm à 1 m 06 contenant une charge de 340 gr à 1 kg 350 d’acide carbonique liquide.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Einführung in die Schwingungslehre, par le Dr
- Barkhausen. 1 vol., 128 p., 118 11g. Hirzel, éditeur. Leipzig, 1932. Prix broché : 5 R. M.
- Cette introduction à l’étude des oscillations est écrite avec la clarté et l’originalité qui caractérisent tous les ouvrages,du Dr Barkhausen. Après avoir rappelé comment s’établissent les équations et les propriétés fondamentales des oscillations mécaniques et électriques sinusoïdales, il étudie les systèmes oscillants à différents degrés de liberté en mettant toujours en parallèle les systèmes mécaniques et les systèmes électriques. Il étudie de la même façon les systèmes générateurs d’oscillation. Rien n’est plus instructif que cette constante mise en regard des phénomènes mécaniques et électriques, qui s’éclairent mutuellement. L’ouvrage du D' Barkhausen est une parfaite introduction à l’étude des phénomènes acoustiques aussi bien que des phénomènes radioélectriques.
- Les radiocommunications modernes, par P. David, I vol. 150 p., 72 üg. J.-B. Baillière et Cie, Paris 1932. Prix broché : 20 francs.
- M. David, spécialiste des plus distingués en matière de radioélectricité, fait faire ici à ses lecteurs un voyage rapide à travers la T. S. F. moderne; sous la direction d’un guide aussi averti, le voyage est accessible à tous, et aussi attrayant qu’instructif. Les progrès essentiels des radiocommunications en ces dernières années, les moyens mis en œuvre, les problèmes à l’ordre du jour y sont mis en évidence avec une remarquable clarté. L’auteur expose d’abord brièvement les lois générales de la propagation des ondes, et rappelle la surprise féconde provoquée par la découverte des étonnantes propriétés des ondes courtes, découverte due à un groupement de jeunes « amateurs » de T. S. F. Il explique en quelques pages les merveilleuses propriétés des lampes thermoioniques, à 3, 4 et 5 électrodes et indique leurs diverses applications à la réception comme à l’émission, il explique également le mécanisme des haut-parleurs; il jette un coup d’œil sur l’organisation des radiocommunications et passe en revue, outre la radiotélégraphie, la radiophonographie et les applications de la radiodiffusion telles que : téléphotographie, télévision, télémécanique, guidage des navires, téléphonie multiple sur conducteurs. Excellent livre, bien fait pour éveiller, guider et satisfaire la curiosité du lecteur.
- Short Wawes Wireless. Communication, by A. W.
- Ladner et C. R. Stoner. 1 vol. 348 p., 201 fig. Chapman et Hall, ll,Henrietta-street, Covent-Garden. London, 1922-1932. Prix : 15 sh.
- Les communications radioélectriques sur ondes de 10 à 400 m, dites ondes courtes ont pris en ces dernières années une très grande importance pratique. La Société Marconi compte, à juste titre, parmi les pionniers de cette branche des radio-connnunications. MM. Ladner et Stoner, deux ingénieurs de cette Société, exposent ici, d’une façon claire et détaillée, la technique actuelle des communications sur ondes courtes, mais en décrivant presque exclusivement les appareils et les procédés créés par la Société Marconi. L’ouvrage débute par un rapide historique, suivi d’un rappel des propriétés essentielles des ondes électromagnétiques et d’un excellent résumé des phénomènes qui caractérisent la propagation des ondes courtes. Il étudie ensuite, d’une façon fort intéressante, le problème de la modulation, puis il explique et décrit les divers organes, circuits et montages auxquels fait appel un système complet de transmission et de réception. Il se termine par un rapide exposé des travaux effectués par la Cie Marconi sur les ondes ultra-courtes de l’onde de 2 m. Ce livre, bien composé et bien présenté, intéressera tous les techniciens de la radioélectricité.
- Traité général de photographie en noir et en couleurs, par Ernest Co.ustet, nouvelle édition entièrement refondue, complétée et mise à jour par Remi Geillier. 1 vol. 600 p., 132 fig. Delagrave, éditeur, Paris. Prix broché : 26 francs.
- Le traité de photographie de notre regretté collaborateur Coustet a remporté un succès mérité par sa clarté et son caractère encyclopédique. C’est une œuvre qui ne pouvait être abandonnée. M. Remi Ceillier l’a reprise, pour la perfectionner et la compléter, et il en a fait un ouvrage qui ne laisse dans l’ombre aucun point de la technique photographique ni aucune de ses applications. L’ouvrage débute par une excellente étude générale des appareils et par l’exposé de données précises et pratiques sur l’organisation du laboratoire et de l’atelier; puis viennent l’étude détaillée de la production de l’image négative, avec l’exposé précis des procédés de développement, de renforcement ou d’affaiblissement, et de retouche de phototype. L’exposé des divers procédés de tirage des positifs n’est pas moins complet. L’auteur aborde ensuite la photographie en couleur; l’ouvrage se termine par l’examen des principales applications : stéréoscopie, photographie documentaire et topographique, agrandissements et projections, cinématographie, microphotographie, photographie astronomique, radiographie, etc.
- La genese des espèces animales, par Lucien Cuénot,, 3° édition refondue. 1 vol. in-8, 822 p., 162 fig. Félix Alcan, Paris, 1932. Prix : 80 francs.
- En 1911, l’auteur, professeur à la Faculté des Sciences de Nancy, avait exposé les grandes questions de biologie générale telles que l’hérédité, la distribution géographique des êtres, l’évolution, dans un ouvrage didactique qui eut le plus grand succès. Voici la 3 e édition, beaucoup plus longue, mise tout à fait à jour, et remaniée jusque dans l’ordre de ses parties. Elle y gagne plus d’unité, tout en traitant des mêmes sujets étendus, même au besoin jusqu’au domaine de la botanique quand les faits y apparaissent plus clairs. L’ouvrage est divisé en six parties : 1° une brève histoire du transformisme posant clairement les problèmes de l’évolution; 2° la discussion des preuves du transformisme fournies par la paléontologie, l’ontogenèse, l’anatomie comparée, la chimie biologique; 3° l’étude des facteurs de l’évolution : hérédité, variations continues et discontinues; mutations, somation, sélection;4° la genèse des espèces et des adaptations; polymorphisme, isolement, peuplement des espaces vides, orthogenèses; 5° les principaux problèmes, transformistes : origine de la vie et de l’homme, mimétisme, etc.; 6° le peuplement de la terre, les milieux etleurs faunes, la géographie zoloogique. Remarquablement documenté sans considérations métaphysiques, c’est un excellent exposé de faits précis, heureusement choisis, pour faire bien comprendre la position exacte, objective, des questions fondamentales. On ne saurait trop en recommander la lecture à toux ceux — ils sont légion — que passionne l’explication de la vie.
- La. régénération et les problèmes de la morphogenèse, par Marcel Abeloos. 1 vol. in-8, 253 p., 54 fig. Collection des actualités biologiques. Gauthier-Villars, Paris, 1932. Prix : 50 francs.
- Cette collection des actualités biologiques répond à un besoin. Tandis que les travaux s’accumulent partout avec une telle vitesse et une telle abondance qu’il devient impossible de les suivre, alors qu’à l’étranger se font périodiquement de volumineuses mises au point, la France ne trouvait guère d’auteurs pour s’astreindre à cette œuvre si utile de lecture, d’expérience, de méditation, qui seule peut soulager l’esprit, éclairer la voie, susciter de nouveaux aperçus. Après la culture des tissus d’Ephrussi, voici la régénération mise en ordre, grâce à de jeunes savants qu’on ne saurait trop remercier de leur labeur.
- Bien observée dès le xviii0 siècle, celle-ci n’est devenue expérimentale qu’avec les progrès de l’embryogénie et de la physiologie cellulaire et ce n’est qu’en ces derniers temps qu’elle a montré toute son ampleur.
- La première partie de l’ouvrage est consacrée à une revue sommaire des aspects variés sous lesquels se présente la régénération dans les différents organismes. Dans la deuxième, sont abordés les problèmes histologiques de la régénération. La troisième groupe un certain nombre de questions, qui dans le cadre de la régénération, se rapportent aux problèmes généraux de la croissance. Enfin, la quatrième est consacrée à l’analyse des mécanismes qui assurent la différenciation des organes régénérés. Cet ordre suit les principales étapes du processus régénérateur : constitution d’un blastème de régénération, croissance et différenciation. On a ainsi une vue très exacte des divers points de vue actuellement envisagés dans les recherches. Une ample bibliographie permet à chacun de pousser plus avant sa documentation sur les parties qui l’intéressent spécialement.
- L’état réactionnel. Évolution du tissu lymphoïde en réaction, par A. Guieysse-Pellissier. 1 vol. in-16, 224 p., 54 fig. — Félix Alcan, Paris, 1932. Prix : 20 francs.
- Entre l’état de santé paifait, domaine de l’histologiste, et l’état de maladie, domaine de l’anatomo-pathologiste, l’auteur voit un stade intermédiaire, l’état réactionnel. Dans l’appareil respiratoire qu’il a spécialement étudié, cet état réactionnel se manifeste principalement par une apparition en abondance de tissu lymphoïde qui devient une gêne, une surcharge, puis qui régresse en laissant des amas scléreux. Ce tissu n’assure nullement la défense de l’organisme.
- Les livres à la ville. 1 vol. in-8, avec planches en noir et en couleurs. Numéro de Noël du Bulletin officiel des maîtres imprimeurs de France, 7, rue Suger, Paris. Prix : 70 francs.
- Chaque année, le Bulletin officiel des maîtres imprimeurs de France publie, à Noël, un numéro spécial qui est un vrai régal de composition et de typographie, que goûtent fort les bibliophiles. En 1930, ce numéro avait été consacré aux grandes bibliothèques publiques sous le titre : « les livres chez eux ». Cette fois, il traite des collections particulières. Il se présente sous une magnifique couverture en héliochromie et renferme 70 hors-texte en couleurs reproduits par les procédés les plus divers d’impression. Le texte a été rédigé avec le concours de nombreux bibliophiles. Un tournoi typographique le complète qui montre les recherches actuelles d’esthétique, peut-on dire, dans les caractères d’imprimerie.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- CHIMIE INDUSTRIELLE
- Emploi des pigments de Cadmium en tannerie.
- Nous avons dans une précédente information noté les diverses applications du métal Cadmium et de ses composés.
- Selon le Cuir technique du 2 octobre dernier. MM. M.-C. Lamb et J. A. Gulman, du Lathersellers Technical College de Londres proposeraient l’emploi de lithopones cadmifères, dans le finissage des Cuirs pour chaussures jaunes de grand luxe. Ces lithopones des plus dépréciés pour l’emploi habituel en peinture, se présentent sous trois formes : jaunâtre, orangé et rouge. En réalité les teintes qu’on peut obtenir seraient au nombre de 9, partant du jaune citron pâle et aboutissant au marron foncé.
- Ces pigments ne sont pas vénéneux, et peuvent concurrencer avantageusement les chromâtes de plomb indésirables pour la peau, et même les laques d’aniline, couramment employés dans les « finishes et les polishes ».
- Voici les nuances des divers lithopones de Cadmium : citron, primerose, or, orange, claire, claire moyenne, intense, marron. Ces pigments possèdent : souplesse, pouvoir conservant, plénitude de la nuance, solidité à la lumière. On les mélange aisément au liant, sans broyage dispendieux à la dose de 10 parties de pigment pour 100 de« finishe » brut.
- L’examen de ces pigments à la lampe de Wood, à vapeur de mercure, a été satisfaisant, même durant longtemps.
- Par des mélanges adéquats au but à atteindre, on a des résultats intéressants.
- C’est ainsi qu’un mélange avec des bleus produit des nuances brunes très appréciées commercialement.
- A. H.
- Colles basées sur de nouveaux principes.
- Il serait vain d’adopter a priori telle ou telle opinion sur la façon dont agissent les colles, matières agglutinantes, et adhé-•sives diverses. Il y a, en matière de composition et d’application des colles, des cas d’espèces que la pratique, parfois séculaire, a consacrées et que la science respecte, n’ayant parfois pas trouvé mieux.
- Certaines colles agissent après l’élimination de leur solvant (eau ou autre véhicule) ; telles sont les colles à la gélatine, à l’amidon, aux gommes formant sel ou gel. La pression et le temps parachèvent le collage. D’autres colles (colles aux albuminoïdes) telles que les colles à la caséine, ou au « sang •cristallisé » pour panneaux contreplaqués, n’ont leur action complète qu’à chaud, et sous de fortes pressions. Enfin, à en croire le Chemical Trade du 26 août dernier, il existerait une troisième catégorie de colles dont l’action reposerait sur un principe entièrement nouveau.
- Certains corps organiques cristallisés, dont nous allons donner une brève nomenclature, portés un peu au-dessus de leur point de fusion et appliqués sur les surfaces à coller, puis soumis à de fortes pressions, développeraient entre les surfaces à coller, une adhérence énorme, de l’ordre de 150 kg par cm5.
- C’est ainsi què le triphénylcarbinol appliqué entre deux surfaces métalliques « poli glace » produirait, sous le minimum d’épaisseur possible, une adhérence incroyable.
- Les produits de la série grasse ne présenteraient que très rarement cette propriété qui appartiendrait, en propre, à la série aromatique.
- Citons parmi les produits susceptibles d’adhérence : la cou-marine, Taurine, l’acide rosolique, le trinitrotoluène, etc. Il semblerait que la présence de groupes CO et OH favoriserait les propriétés de collage.
- Ces collages réussissent entre bois et bois, métal et bois, métal et métal. Avec la saligénine, si le chauffage du produit est fait bien au-dessus du point de fusion, on augmente considérablement la résistance à l’arrachement.
- La combinaison de l’acide glycolique et de la gomme laque a une force adliésive remarquable, due sans doute à la formation d’une lactone, sous l’action de la chaleur.
- Il se peut que Ton arrive à prévoir si tel corps chimique cristallisé, ou tel mélange de sels, peut constituer, ou non, une colle de cet ordre pour un but déterminé.
- Les auteurs de l’étude citée, MM. J.-W. Mc Bain et W. B. Lee donnent toute une liste de corps classés par ordre d’adhésivités décroissantes. A. H.
- HYGIÈNE
- Protection contre les rayons Xpar les carreaux barytés.
- On sait que dans les salles.de radiologie, l’isolement acti-nique est assuré par des plaques de plomb. Il existe cependant un matériau dont la mise en œuvre est plus facile en même temps que plus économique, c’est un carreau à la matière duquel sont incorporés, en proportion déterminée, des sels de baryte.
- Ce matériau dû à M. H. Béclère, chef des laboratoires radiologiques du service de clinique du professeur P. Duval et réalisé par MM. Chevrotière et Lumière, se présente sous la forme ordinaire d’un carreau de ciment ou de faïence ! Comme ces derniers, il se pose sans difficultés, est d’un lavage aisé et son coefficient d’usure, lorsqu’il sert de dallage, est très faible, il peut enfin se colorer. Si Ton considère que de façon constante, les services radiothérapiques à haute tension (thérapie profonde) ont un isolement actinique réalisé par une lame de plomb de 2 mm d’épaisseur, et que le carreau baryté a une épaisseur de 22 mm, correspondant d’après les expériences du professeur A. Brocq et de son collaborateur N. Loisel, à un pouvoir protecteur égal à celui d’une épaisseur de 10 mm de plomb — soit 5 fois plus —, on en conclue à une très large marge de sécurité en faveur du carreau baryté.
- II est recommandé toutefois, lors de la pose et pour que la protection soit absolue, de ne laisser aucun vide perméable aux rayons X entre chaque élément, ce qui peut être obtenu par l’usage du ciment baryté qui s’emploie au lieu et place du ciment ordinaire, et réalise, comme jes applications le mo ntrent, une oblitération actinique parfaite.
- PRÉHISTOIRE
- Découverte d’une sépulture néolithique.
- L’Office international des Musées signale que des squelettes humains ayant été mis à jour au cours de travaux agricoles à Yilleneuve-Saint-Vitres près de Châlons-sur-Marne, des fouilles furent pratiquées sous la direction de M. Roland, archéologue, et permirent de découvrir une sépulture néolithique. Outre des ossements humains, on recueillit des flèches en silex à tranchant, des couteaux en silex de grès et une gaine de hache. On croit que la sépulture découverte appartient à une tribu occupant il y a cinq ou six mille ans une habitation bâtie sur pilotis au milieu d’un étang aujourd’hui disparu et dont les traces sont encore apparentes en certains endroits.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- OPTIQUE
- Une lunette destinée à l’observation des coups portants.
- Les tireurs attendent, en général, avec impatience le moment de voir l’index de la cible leur apprendre le résultat de leur coup; ils s’aident quelquefois de jumelles pour observer eux-mêmes l’endroit où il a porté. C’est, en effet, le meilleur moyen de s’entraîner et d’augmenter la justesse du tir, pour les coups qui leur restent à faire.
- Or, si le trou de 5-7 mm de diamètre, fait par la balle, se détache, en général, parfaitement sur la partie blanche, extérieure, de la cible, les petits cercles obscurs correspondant aux coups portants ne sont que peu visibles dans la partie noire du centre. A l’œil nu, il est impossible de les déceler au delà de 2-4 m de distance, les jumelles ne se prêtent qu’aux distances moyennes et les lunettes à grande ouverture d’un grossissement considérable donnent, bien
- Fig. 1. — Emploi de la lunette « Asiola ».
- souvent, une image rendue indistincte par les courants d’air.
- C’est pourquoi la maison Zeiss vient de mettre au point une lunette spéciale, grossissant 42 fois, ce qui est juste le maximum désirable, au delà duquel les images cessent d’être précises. Cette lunette, désignée sous le nom d’ « Asiola », est d’une construction particulièrement légère et compacte avec son pied en métal, elle se loge facilement dans la serviette du tireur.
- Un coup d’œil dans cette lunette fait voir immédiatement le résultat du tir et, dans le cas d’un tir rapide, permet de reconnaître immédiatement un grand nombre de trous faits par les balles. La cible se présente avec la même précision que si on l’observait, à l’œil nu, à 1/2-1 m de distance. Tout coup portant se décèle immédiatement-, comme cercle noir, au milieu de ceux faits par ses devanciers.
- Pouvant s’ajuster jusqu’à 12 m, cette lunette peut être utilisée aussi pour faire, à faible distance, des observations d’animaux. Dr A. G.
- Constructeur : Cari Zeiss, à Iéna (Allemagne).
- ÉCLAIRAGE
- Amplificateur de lumière « Amplilux ».
- Cet accessoire qui est une application des propriétés optiques des prismes, est tout simplement un anneau circulaire, en verre clair spécial, de section prismatique, mais dont la face extérieure présente une courbure particulière, légèrement concave, comme on le voit. 11 est placé à l’extérieur de l’ampoule, concentriquement à sa partie la plus renflée, et à une hauteur telle que le bord supérieur de l’anneau corresponde à la base du filament spiralé de la lampe, du moins pour les utilisations normales.
- Une monture simple, dont la construction varie avec le genre et la puissance de la lampe permet, en prenant appui sur le culot de la lampe ou sur la douille, de maintenir l’anneau en position correcte; d’autre part, cette monture est mécaniquement conçue pour permettre un réglage précis en hauteur, de la position de l’anneau. Les essais, tant en France qu’à l’Etranger, ont montré notamment que des lampes de 75 à 300 watts sur 110 volts voyaient leur intensité lumineuse devenir près de 3 fois plus grande avec l’amplilux. Pour des lampes placées dans des appareils d’éclairage ou munies d’un abat-jour, les résultats ne sont pas moins probants, et les valeurs de l’augmentation de l’intensité lumineuse maximum atteignent, dans ce cas, des chiffres pouvant aller jusqu’à 100 à 200 pour 100 pour les abat-jour normaux et 70 à 150 pour 100 pour de très bons modèles de diffuseurs.
- Ajoutons qu’étant fait de verre compact, il n’est pas susceptible de s’écailler, pas plus que de jaunir ou de se ternir.
- Fabricant : « Sté Bilux », 179, rue de la Pompe, Paris (XVI0).
- ÉCONOMIE MÉNAGÈRE Un panier à salade étanche.
- Le panier classique à claire-voie qui, depuis des temps immémoriaux, sert à égoutter la salade par l’effet de la force centrifuge, est un outil bien barbare aujourd’hui. Comment le manier en effet dans les appartements et dans les cuisines de plus en plus minuscules qui caractérisent les habitations modernes. Secouer le panier par la fenêtre n’est pas une solution : arroser les voisins ou les passants provoque en général des réactions désagréables, quoique bien naturelles.
- Le panier représenté sur la figure ci-contre fait disparaître tous ces ennuis. C’est un récipient étanche en aluminium repoussé, muni d’une grille perforée et d’un double fond en entonnoir; celui-ci est percé d’un trou central pour l’écoulement de l’eau qui se rassemble à la partie inférieure du récipient où elle est recueillie. Cette grille et ce double fond sont,
- Fig. 3. — Panier à salade étanche.
- Double fond perforée
- Fig. 2.—Amplificateur « Amplilux ».
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- Entonnoir
- Moteur
- électrique
- Enclume \
- Vis de \ réglage Sj
- Marteau
- concasseur
- liiE
- Tiroir \
- Fig. 4.— Coupe schématique du « Moulinsol ».
- bien entendu, amovibles et s’enlèvent aisément pour le nettoyage.
- On se sert du panier en le secouant comme un panier à salade ordinaire, l’eau ne peut remonter pendant l’opération. Aucune projection extérieure n’est possible.
- Au surplus, grâce à sa forme et à sa contenance, 3 litres environ, ce récipient peut servir, grille et double tonds enlevés, à de nombreux usages.
- En vente chez « Les Produits industriels » 99, rue de Charonne, Paris.
- Un nouveau moulin électrique à café.
- Le Moulinsol.
- L’électricité conquiert peu à peu tous les domaines de l’économie ménagère. Le moteur électrique, en particulier, robuste, peu encombrant, facilement maniable, peut être chargé d’une foule de travaux qui autrefois ne s’exécutaient qu’à bras, au prix d’une fatigue corporelle qui peut aujourd’hui être évitée.
- C’est donc une idée toute naturelle que celle de recourir à lui pour actionner le moulin à café; mais si l’idée vient naturellement à l’esprit, sa mise en pratique est beaucoup moins simple qu’il ne paraît au premier abord.
- Se contentera-t-on d’adapter un moteur électrique au moulin à main classique ? Cette solution simpliste ne peut donner que des résultats défectueux. Le moulin à main est un outil parfait pour l’usage auquel il est destiné; mais il n’est parfait que tant qu’il est actionné à la main, moteur puissant et souple, qui de lui-même proportionne son effort à la résistance rencontrée; ses organes ont été étudiés et adaptés en vue d’une rotation lente. Qu'on l’entraîne par un moteur électrique à vitesse de rotation toujours très élevée, tout change, une grande démultiplication devient nécessaire, avec ses organes mécaniques toujours complexes : engrenages, vis sans fin, etc.; l’appareil ainsi équipé est lourd et bruyant. Ce n’est pas tout; à moins d’adopter une démultiplication excessive, la meule broyé use sera entraînée à une vitesse toujours bien supérieure à celle du mouvement à main, c’est-à-dire à celle qui en réalité convient le mieux; le café sera moulu plus vite, sans doute; mais il se sera échauffé au cours de l’opération et aura
- perdu une partie de son arôme, les gourmets savent toute l’importance d’une parfaite mouture pour la qualité finale du breuvage.
- En réalité, il fallait trouver un outil broyeur adapté au moteur électrique et s’accommodant des grandes vitesses de celui-ci.
- C’est ce qu’a compris M. Solère, l’inventeur d’un moulin présentant un dispositit tout nouveau et original, fruit de plusieurs années d’études. L’appareil ne comprend aucun engrenage, la transmission du mouvement entre le moteur et le dispositif broyeur s’effectue à l’aide de poulies et courroies, avec une démultiplication modérée. Elle est remarquablement silencieuse.
- - Quant au dispositif broyeur, il est caractérisé, comme on le voit sur la coupe de la figure 4, par une sorte de marteau métallique dont la face de travail est dentelée suivant un profil spécialement étudié; il est articulé sur une bielle, montée excentriquement sur l’arbre de la grande poulie du système de transmission ; il est relié d’autre part, à l’aide d’un ressort, au bâti de l’appareil. En regard du marteau est une enclume dont, en vue de régler la finesse de la mouture, on peut faire varier la position en manœuvrant une vis placée à l’extérieur du moulin. Enclume et marteaux sont disposés au-dessous et au débouché d’un entonnoir contenant le café à moudre; quand le moteur électrique est mis en marche, le marteau prend un mouvement de va-et-vient rapide, à chaque course il laisse d’abord pénétrer un certain nombre de grains de café entre lui et l’enclume; puis se rapprochant de l’enclume, à grande vitesse, il brise et écrase ces grains ; on voit que la mouture se fait progressivement et de plus en plus finement, depuis le haut du marteau jusqu’au bas; le café moulu tombe dans un tiroir.
- Grâce à ce dispositif très simple, la mouture est parfaite et cependant le café ne reste qu’un temps extrêmement court au contact des pièces broyeuses ; d’autre part celles-ci ne frottent
- Fig. 5. — Le moulin électrique à café « Moulinsol ».
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- jamais l’une sur l’autre; il n’y a donc pas d’échaulïement dans cette partie vitale de l’appareil; le café la traverse et y est moulu sans s’échauffer lui-même et sans rien perdre de son arôme.
- Ajoutons que tous ces organes étant d’une construption très simple, l’ensemble est très robuste, d’un fonctionnement très sûr et cependant d’un prix modéré. Il se prête en outre, comme la figure 5 permet de s’en rendre compte, à une présentation très élégante.
- C’est donc un outil qui trouvera sa place dans les cuisines modernes, dans les hôtels et les restaurants, partout enfin où l’on se soucie d’augmenter le confort ou de réduire au minimum la main-d’œuvre.
- Constructeur : M. Solère, 7, rue de Nemours, Paris.
- JOUETS
- Jouet scientifique « Le Moto=Ballon ».
- Qui dit jouet scientifique, pense en général à un jouet compliqué. En voici un tout à fait curieux et particulièrement
- simple; c’est un hélicoptère stabilisé par un ballonnet élastique, gonflé de gaz légers ou d’air.
- L’appareil comporte deux hélices sustenta-trices montées suivant le même axe : l’une est montée à l’extrémité d’un arbre avec moteur à torsade de caoutchouc, logé à l’intérieur d’un fût tubulaire concentrique sur lequel sont fixées les pales d’une seconde hélice.
- Des cordelettes en fibres légères et souples sont fixées sur le fût par l’une de leurs extrémités. L'autre extrémité aboutit à un anneau qui se place autour de l’orifice de gonflement du ballonnet.
- Si l’on gonfle le ballon avec un fluide quelconque, soit plus léger que l’air, soit simplement avec de l’air, le ballonnet, en augmentant de volume, vient presser par sa partie inférieure l’extrémité supérieure du fût, en même temps que les cordelettes se tendent et s’appliquent sur le ballon à la manière d’un filet de nacelle d’aérostat. Le fût est alors solidarisé avec le ballonnet, contre lequel il s’applique d’autant plus fortement que la pression de gonflement est plus grande.
- Une cordelette qui se place suivant le grand cercle horizontal du ballonnet, maintient, au moyen de nœuds, l’écartement convenable entre les cordelettes fixées au fût.
- Le ballonnet est muni d’une soupape qui permet de le gonfler en soufflant; cette opération faite, le ballonnet, le fût et l’hélice d’anti-rotation se trouvent solidarisés. On tourne à la main l’hélice de sustentation pour armer le moteur de caoutchouc; le fût étant muni d’une seconde hélice, celle-ci concourt à la sustentation et ajoute son effet à celui de la première hélice. Bien que tournant sur lui-même, le ballonnet joue son rôle de
- Moteur___
- a caoutchouc
- Hélice dantirotation
- Hélice sustentatrice
- Fig. 6.
- Le « Moto-Ballon ».
- stabilisateur en ce sens que les centres de poussée et de gravité n’étant pas confondus, toute inclinaison de l’appareil engendre la tiig. 7. — L’appareil doseur « Simplidose ». production d’un couple de rappel, si bien que la position stable est la verticale pour laquelle la poussée aérostatique, le poids de l’appareil et l’effort de traction des hélices agissent suivant une même verticale passant par le centre de gravité.
- La rotation du ballonnet sur lui-même est sans importance à l’œil, sa forme sphérique ne permettant pas de s’en apercevoir et l’appareil garde l’aspect d’un ballon sphérique en équilibre statique dans l’air pendant toute la durée du vol.
- Aucune précaution n’est à prendre pour le lancement, l’appareil étant automatiquement stable et se remettant lui-même à la verticale comme il a été dit.
- Au cours du vol, l’appareil est plus ou moins dérivé par le vent sans jamais quitter la position verticale; lorsque l’hélice s’arrête par épuisement de la force du caoutchouc torsadé, l’appareil redescend en chute libre à la verticale absolue, mais sa chute est amortie par le ballonnet qui forme frein en raison de la résistance que l’air oppose à son déplacement.
- Il est évident que le poids total du fût, des hélices et du ballonnet lui-même, etc., est calculé pour assurer un bon fonctionnement de l’appareil.
- En vente chez : Jouet Valentinois, 9, rue de Bourgogne, Valentigney (Doubs).
- OBJETS UTILES
- L'appareil doseur Simplidose pour matières pulvérulentes.
- Ce petit appareil, très simple et très pratique, permet de prendre rapidement des doses déterminées de matières pulvérulentes. Sa précision est très suffisante pour une foule d’opérations de dosages qui se présentent dans des fabrications courantes et dans les travaux culinaires.
- L’appareil se compose d’une cuiller et d’une boîte de remplissage. La cuiller est un tube semi-cvlindrique, emmanché sur une poignée en bois et muni d’un curseur mobile. En réglant la position de ce curseur, on fixe la longueur utilisée de la cuiller.
- La poudre à prélever par quantités déterminées est versée dans la boîte de remplissage. Celle-ci est ouverte vers l’avant et munie d’un racloir en fer plat. Le curseur ayant été fixé à la position voulue sur la cuiller, on plonge celle-ci dans la poudre; on retire la cuiller en l’appuyant contre le racleur qui fait retomber l’excès de poudre et fait affleurer la prise exactement au niveau des rebords de la cuiller.
- Les doses ainsi prélevées sont toujours les mêmes, tant que le curseur reste à la même position.
- U existe de ce doseur différents modèles de capacités échelonnées entre 6 et 110 cm3.
- Constructeur : Office général d’installations et de matériel, 87 bis, avenue d’Orléans, Paris (XIV").
- Fig. 8. — Divers emplois du « Simplidose ».
- Ràcloir
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos de la floraison des bambous noirs (n° 2891).
- M. le Dr Th. Nogier, professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Lyon, nous écrit :
- « Ainsi que l’a très bien signalé M. Rochet dans La Nature du 15 octobre 1932, les bambous noirs que j’ai pu observer aux environs de Lyon et en particulier à Orliénas (Rhône) ont tous (leuri cette année, phénomène rare qui a étonné tous ceux qui l’ont constaté.
- Il est très probable que les bambous mourront après cette floraison. On lit en effet dans le Nouveau Dictionnaire des Sciences de Paul Poiré et de Edmond Perrier, p. 343 :
- « Les graines, que certaines espèces de bambous produisent en quan-« tité considérable, lorsqu’elles ont acquis leur complet développent ment après un temps souvent fort long, servent à l’alimentation « au même titre que le riz; mais la plante meurt après celle pro-« duction de graines, la seule qu’un Bambou peut donner. »
- « Ce qu’il y a de curieux c’est que d’un bout à l’autre de la France les Bambous noirs aient trouvé les conditions optima nécessaires à leur floraison en l’année 1932. Tous les Bambous observés ne dériveraient-ils pas du même échantillon exporté de la Chine ou du Japon ?
- A propos des îles Kerguelen (n° 2893).
- M. Auzelet, membre du Comité de direction du Club alpin français nous écrit :
- « Votre collaborateur V. Forbin nous parle des Iles Kerguelen d’après un livre américain. On serait tenté de penser que la France se
- désintéresse de cet archipel. Or, un Français, M. Aubert de la Hue a exploré Kerguelen en 1928, 29 et 31. 11 apporte une contribution de premier ordre à la connaissance de ces îles et a publié le résultat de ses recherches sous forme de thèse de doctorat dans la Revue de Géographie physique, dirigée par M. Lutaud, professeur à la Sorbonne (l'asc. 1 et 2 de 1932).
- Ce remarquable travail (') est accompagné de photographies très belles et absolument inédites.
- Le même explorateur a étudié St-Paul, Amsterdam et l’île lleard.
- J’ajoute que cette thèse contient une carte au 250 000e, la plus complète (ou la moins incomplète) jusqu’à ce jour.
- Enfin, M. Forbin attribue à l’archipel 3500 km2 ou à peu près, alors qu’il a une surface de 6000 à 7000 km2. »
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Garage vertical des automobiles (n° du 15 octobre 1932).
- Les Etablissements Eydoux-Samain, 72, rue Lecourbe, Paris, nous informent qu’ils sont les concessionnaires exclusifs de la Stô Westinghouse, pour la construction en France du parc vertical automatique décrit dans l’article ci-dessus.
- Carreaux barytés. —• Fabricants : Brevets Lumière, 49, rue Villon, à Lyon.
- 1. Étude géologique et géographique de l’archipel de Kerguelen (avec bibliographie, 35 fig., 25 planches et 2 cartes hors texte). Société de Géographie physique, 1, rue Victor-Cousin, Paris.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Réception des cartes météorologiques transmises par téléphotographie.
- La réception des cartes météorologique transmises par la Tour-Eiffel peut s’effectuer à l’aide d’un appareil récepteur téléphotographique d’amateur, et l’on peut employer, par exemple, l’appareil établi par les Établissements Belin, 296, avenue de Paris, La Malmaison, par Rueil (Seine-et-Oise).
- Vous pouvez également trouver dans ces établissements, les accessoires nécessaires, tels que papier spécial, solution électrolytique, aiguilles, etc.
- Ce modèle d’appareil est pourtant relativement coûteux. Nous pouvons vous signaler qu’il existe, à l’heure actuelle, quelques appareils de téléphotographie d’un prix beaucoup moins élevé du système Fui ton, pouvant être modifiés assez facilement pour la réception de ce genre d’émissions. Ces appareils sont en vente, par exemple, aux Établissements Beausoleil, 4, rue de Turenne, à Paris.
- Nous ne connaissons pas de livre consacré spécialement à la construction de cet appareil, construction, d’ailleurs, assez délicate. Vous pourriez trouver quelques articles sur la question dans la revue La Télévision (40, rue de Seine, à Paris), ainsi que dans le livre Les effets électriques de la lumière, par P. Hémardinquer (Baillière, éditeur).
- Réponse à M. Bouly, à Paris.
- Emploi des cellules au sélénium et à contact impar= fait.
- 1° Plusieurs articles ont été consacrés dans la revue aux cellules au sélénium et à contact imparfait, et à leurs emplois. Vous pourriez trouver des détails à ce sujet dans l’ouvrage Les Effets électriques de la Lumière, par P. Hémardinquer (Baillière, éditeur).
- 2° La construction des cellules au sélénium est extrêmement délicate, et nous ne pensons pas que vous puissiez obtenir facilement de bons résultats en tentant des essais de ce genre. Vous pourriez, d’ailleurs, trouver facilement des cellules au sélénium fabriquées en France. Nous vous indiquons, par exemple, l’adresse suivante :
- Établissements Rio, Chaumié et Cie, 17, rue de Châteaudun, Nanterre (Seine).
- Avec des cellules au sélénium ou à contact imparfait, qui sont assez sensibles, mais présentent des désavantages bien connus pour cer-
- taines applications, lorsqu’il s’agit de traduire les variations de lumière de fréquence élevée, on peut constater des effets photoélectriques déjà très nets sans l’aide d’étages d’amplification à lampes à vide. Nous vous signalons cependant que le dispositif employé par vous jusqu’à présent ne peut vous donner de résultats; les variations d’intensité lumineuse assez lentes agissant simplement sur une cellule montée dans un circuit comportant un écouteur téléphonique, ne produisent évidemment aucun son dans le récepteur.
- Pour constater la traduction des variations de lumière en oscillations électriques par ce procédé, il faut que les variations de lumière se produisent à une fréquence audible. On obtient, par exemple, ce résultat à l’aide d’un disque perforé d’ouvertures disposées sur un cercle placé entre la source de lumière et la cellule, et qu’on fait tourner plus ou moins vite suivant qu’on veut obtenir des variations de lumière plus ou moins rapides.
- Nous pouvons vous indiquer, d’autre part, les adresses suivantes de constructeurs ou de représentants, vendeurs de cellules à contact imparfait :
- Établissements Cerna, 236, avenue d’Argenteuil, à Asnières (Seine).
- Société Film et Technique, 78, avenue des Champs-Élysées, Paris.
- Réponse à M. Noncle, à Tourcoing (Nord).
- Choix d’un poste secteur et d’un système de régu= lation du courant d’un secteur.
- 1° Ainsi qu’il a été expliqué dans le numéro spécial de La Nature du 1er septembre 1932, il existe à l’heure actuelle deux catégories générales de postes-secteur sensibles et sélectifs; ces appareils peuvent d’ailleurs, tous, quel que soit leur montage, être présentés sous la forme midget avec le haut-parleur contenu dans l’ébénisterie, et être munis d’un système de réglage essentiel unique à un seul bouton.
- Les premiers sont des appareils à deux étages d’ampliflcatiofl haute fréquence directe, souvent précédés d’un dispositif de présélection. Les autres sont des postes à changement de fréquence comportant la plupart du temps deux lampes pour assurer le changement de fréquence et souvent un étage d’amplification haute fréquence à lampes à pente variable avant le dispositif changeur de fréquence.
- 2° Parmi les appareils de la première catégorie, nous pouvons vous citer les postes Philips, et tout spécialement le dernier modèle
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- 630 à 4 circuits accordés, ou les appareils Ilewittic et Radiola. Parmi les superhétérodynes de la deuxième catégorie, on peut placer les appareils Ducretet, Lemouzy, Ariane, Loewe, etc... Vous pourriez, d’ailleurs, vous référer au numéro de la revue cité précédemment pour avoir des détails sur les caractéristiques de ces postes et trouver les adresses de leurs différents constructeurs.
- Un assez grand nombre de postes-secteur de modèles récents sont munis à l’heure actuelle de dispositifs régulateurs de la tension du courant du secteur, et surtout de dispositifs anti-fading. Nous avons étudié assez longuement le problème de la régulation de la tension dans les chroniques de « Radiophonie pratique » de la revue, et nous pensons pouvoir publier également un article sur la question des « antifading » dans des numéros prochains. Nous avons déjà donné quelques notions à ce sujet dans le numéro du 1er septembre.
- Nous vous signalons pourtant que la difficulté de réception des émissions sur ondes courtes durant le jour n’est pas due essentiellement au phénomène du l'ading, mais bien aux difficultés de propagation des ondes de cette catégorie pendant la journée. Le l'ading se rapporte à des variations d’intensité plus ou moins rapides, mais non pas à une diminution constante et durable de l’intensité d’audition. 11 se manifeste donc surtout à partir de la tombée de la nuit, et ses effets sont, d’ailleurs, variables suivant la longueur d’onde des émissions.
- Les dispositifs anti-fading ont pour but de diminuer la gène provenant de ces variations, en maintenant l’intensité d’audition à une valeur moyenne à peu près constante. Il est donc bien évident qu’ils ne peuvent être appliqués que sur des postes très sensibles, puisqu’il est nécessaire d’avoir, en quelque sorte, un excédent de puissance au moment de la réception maximum et, d’autre part, il faut que la réception minimum ne s’abaisse jamais au-dessous d’un niveau d’audition facile et agréable.
- Réponse à M. Roque-Chevenard, à La Rivière-Saint-Sauveur (Calvadosb
- Emploi d’un ondemètre à ondes très courtes.
- Les ondemètres à lecture directe sont des appareils qui permettent de déterminer immédiatement la longueur d’onde de l’émission que l’on reçoit, ou de l’émission qu’on transmet, en lisant sur un cadran gradué les indications données par l’aiguille de repère, en se basant sur les variations d’audition produites par un buzzer, ou sur la variation d’éclat du filament incandescent d’ime petite ampoule électrique.
- Nous pensons que vous pourrez trouver un appareil de ce genre aux établissement « La Précision électrique », 10, rue Croce-Spinelli, Paris (15e).
- Réponse à M. Manchon, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Emploi des appareils d'analyse à rayons ultra= violets.
- 1° Nous pensons qu’un appareil d’analyse à rayons ultra-violets vous permettra d’obtenir des résultats dans la comparaison de compositions de poudres à l’état pur, et de contrefaçons diverses.
- 2° Nous avons fait paraître dans La Nature, un article détaillé donnant tous les détails nécessaires, en principe, sur l’analyse par les rayons ultra-violets. Nous vous signalons, d’autre part, le livre de M. Bernheim, intitulé Traité d'analyse par les rayons ultra-violets filtrés qui vient de paraître àlalibrairie Maloine.
- 3° Dans un appareil d’analyse simple par les rayons-ultra-violets, les organes principaux sont la lampe émettrice de rayons, et le filtre qui ne laisse arriver sur la composition à analyser que les rayons de longueurs d’onde convenables. 11 est impossible à un amateur non professionnel d’établir ces deux organes; il est, par contre, assez facile de monter le bâti même du système. Vous pouvez, en tout cas, vous adresser aux Établissements Hanovia, 35, rue des Écoles à Paris, qui construisent des appareils de ce genre.
- Réponse à M. B., à Paris.
- Emploi d'un phonographe à fil aimanté et perfection= nements des machines phonographiques.
- Dans le modèle initial du « Télégraphone » de Poulsen le fil en alliage d’acier utilisé pour l’enregistrement et la reproduction présentait des inconvénients mécaniques et électro-acoustiques assez graves. Son diamètre était trop gros, sa composition métallurgique mal étudiée, de sorte que la rupture du fil était fréquente, et que l’aimantation correspondant à l’enregistrement n’était pas durable. On a réussi
- ~~.... ' 1 . == 573 =
- à l’heure actuelle à établir des fils de diamètre très réduit, d’une résistance mécanique plus grande et sur lesquels l’enregistrement se conserve fort longtemps. Grâce à l’emploi de l’amplification par lampes à vide, on peut, d’ailleurs, obtenir de bien meilleurs résultats au point de vue électro-acoustique, tant à l’enregistrement qu’à la reproduction.
- Nous pouvons signaler un modèle très perfectionné de machine parlante à fil aimanté, intitulé « Dayligraph », construit par la Société des Machines de bureaux, 24, rue de l’Arcade, à Paris, et qui, d’ailleurs, sera prochainement décrit dans la revue.
- 2° Il y a sans doute encore beaucoup de perfectionnement à apporter à l’enregistrement et à la reproduction des films sonores, tant pour étendre la gamme des fréquences musicales reproduites que pour diminuer le bruit de fond. L’étude de ces deux questions doit, d’ailleurs, être entreprise d’une manière simultanée, car elles sont solidaires l’une de l’autre. Nous serons très heureux de recevoir communication des travaux que vous avez effectués dans ce sens.
- Réponse à M. Desbrière, à Marseille.
- Défauts de fonctionnement d'un récepteur de radio= phonie américain.
- Les longueurs d’onde des postes émetteurs de radiophonie américains ne dépassent pas 500 m environ, et, dans ces conditions, il est inutile que les postes-récepteurs employés aux États-Unis soient établis en vue de la réception des émissions sur ondes moyennes, sur la gamme de 1000 à 2000 m de longueur d’onde.
- Pour cette raison, la plupart des postes américains vendus en France, du moins il y a quelque temps encore, n’étaient pas à l’origine destinés à la réception des émissions sur la gamme de 1000 à 1800 m. Pour permettre cette réception, les représentants français des maisons américaines ont été obligés, la plupart du temps, d’établir sur ces postes un petit montage additionnel. Le système le plus employé consistait à établir un dispositif de changement de fréquence à l’aide d’une lampe hétérodyne oscillant sur une fréquence fixe. Dans ces conditions, les étages d’amplification haute fréquence directe (lorsquele système était à amplification haute fréquence directe) servaient d’étages d’amplification intermédiaire, et, à l’encontre de ce que l’on constate sur les superhétérodynes ordinaires, c’est la longueur d’onde moyenne qu’on faisait varier, en agissant sur le bouton de réglage unique de l’appareil.
- Dans les appareils superhétérodynes, on employait une lampe hétérodyne spéciale, ou bien on essayait de modifier le système d’accord et d’utiliser les oscillations harmoniques produites par la lampe hétérodyne normale.
- Nous pensons que votre poste est un appareil superhétérodyne, mais il est évident que les modifications qui lui ont été apportées pour la réception des émissions sur ondes moyennes ne peuvent permettre d’effectuer cette réception d’une manière aussi satisfaisante que celle des émissions sur ondes courtes. Un usager ne peut tenter d’effectuer les transformations qui seraient nécessaires. Peut-être pourriez-vous vous adresser à un spécialiste réparateur de montages américains. Nous pourrions vous indiquer les Établissements Debor, 39, avenue du Roule, à Neuilly-sur-Seine, ou les Établissements Sidley, 86, rue de Grenelle, à Paris.
- Nous ne croyons pas, pourtant, qu’on puisse améliorer beaucoup les résultats obtenus, et vous pourriez plus simplement, sans doute, avoir une audition plus satisfaisante sur cette gamme, en adoptant une antenne plus longue et bien dégagée, tout en conservant, si vous le désirez, un collecteur d’ondes très réduit pour la réception des émissions sur ondes courtes.
- Réponse à M. Rocket, à Pau (Basses-Pyrénées).
- Utilisation du secteur continu 110 volts pour l'ali= mentation d'un récepteur.
- Avec votre courant continu d’une tension de 125 volts, il est évidemment impossible d’obtenir directement, sans emploi d’un commutateur rotatif, une tension plaque de 150 à 200 volts pour la lampe finale de votre récepteur.
- Le moyen le plus simple, comme vous l’indiquez d’ailleurs, consiste dans ce cas à employer également une batterie d’accumulateurs de 80 volts, rechargée, d’ailleurs, facilement, à l’aide du courant continu du secteur, en intercalant simplement une résistance en série, et qui servira à appliquer sur la dernière lampe la tension nécessaire.
- Vous pourrez donc employer le courant du secteur filtré à l’aide
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- d’une cellule comportant un ou deux bobinages à fer, et deux condensateurs de l’ordre de 4 microfarads, avec interposition, si vous le désirez, d’une ampoule à incandescence de sécurité, pour l’alimentation générale de votre poste. La batterie additionnelle d’accumulateurs sera simplement connectée dans le circuit plaque de la dernière lampe, et montée ainsi, en quelque sorte, en série avec la source de courant filtré. Il faudra, bien entendu, que vous preniez comme à l’habitude toutes les précautions nécessaires pour éviter les courts circuits et, en particulier, que le poste soit relié à la prise de terre, si elle existe, par l’intermédiaire d’un condensateur de un microfarad.
- Réponse à M. Fauvel, à Vire (Calvados).
- Augmentation de la sélectivité d’un poste à galène.
- Par définition, et par suite de la faible résistance d’un détecteur à galène, il est impossible d’obtenir avec cet appareil la même sélectivité qu’avec un poste à lampes. En employant un système d’accord bien étudié, on peut pourtant augmenter beaucoup cette sélectivité, sans rendre pourtant le réglage trop difficile. On peut ainsi coupler l’antenne par un auto-transformateur avec le circuit du détecteur, et le circuit du détecteur peut être, d’autre part, branché sur une partie seulement du bobinage, afin de réduire l’amortissement du circuit d’accord produit par la faible résistance du système, et augmenter ainsi la sélectivité. Le circuit secondaire est accordé à l’aide d’un condensateur variable à air de 0,511 000 de microfarad. On augmente encore un peu la sélectivité en accordant exactement le primaire d’antenne à l’aide d’un condensateur variable, ou bien, plus simplement, si l’antenne est assez longue, en mettant un petit condensateur variable ou même fixe en série, de l’ordre de 0,511 000 de microfarad au maximum.
- Vous pouvez trouver de très nombreux schémas de montages de ce genre dans le tome III des Récepteurs modernes de T. S. F., par P. Hémardinquer, intitulé : Les récepteurs simples (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, à Paris).
- Comment on prépare les engrais désignés sous le nom de superphosphates.
- L’acide phosphorique se rencontre parfois en très grande abondance sous forme de gisements d’apatite ou phosphate tricalcique (P04)2Ca3, généralement accompagné de carbonate de chaux et d’un peu de fluorure de calcium.
- Ce phosphate tricalcique étant insoluble dans l’eau et par suite n’étant utilisable que lentement par les racines des plantes, on en augmente l’assimilabilité en le transformant en phosphate monocalcique soluble (PO4 H2)2 Ca ou phosphate acide de calcium qui constitue le superphosphate.
- Pour réaliser cette modification, on arrose le phosphate tri calcique d’une quantité d’acide telle que deux molécules de chaux sur trois soient enlevées par l’acide sulfurique.
- Soit par exemple un phosphate naturel ayant pour composition :
- Acide carbonique = 7 k. 204 %
- Ghaux ' = 9 169 —
- Carbonate de chaüx
- Phosphate tricalcique
- ( Acide phosphorique = 33 152 —
- Chaux = 38 039 —
- On doit employer une quantité d’acide sulfurique suffisante pour décomposer d’abord tout le carbonate, puis pour neutraliser deux équivalents de chaux du phosphate tricalcique, soit 9,169 de chaux
- 2
- du carbonate et 38,039 x 0 = 25 du phosphate.
- Au total : 34 k, 528 de chaux.
- Or, d’après les équivalences de la chaux et de l’acide sulfurique monohydraté, pour saturer 34 k 528 de chaux, il faudra employer : 49 x 34 528
- -------------- 60 k 424 d’acide à 66° Baumé.
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- En pratique, il est bon d’augmenter la dose de 1 à 2 kg. D’autre part, pour obtenir un bon mélange et favoriser l’attaque, il faut ajouter à cet acide 32 litres d’eau; économiquement on peut remplacer les 65 kg d’acide à 66° B par 97 kg d’acide à 53° et dans ce cas, il n’y a pas d’eau à ajouter. Réponse à M. Arlabosse, à Versailles.
- Par quels procédés peut=on blanchir les cheveux.
- Commercialement parlant, les cheveux blancs ont une valeur plus grande que les cheveux noirs, châtains et même blonds, c’est pourquoi l’industrie s’est attachée au blanchiment de ces derniers pour en tirer un plus grand profit.
- Les procédés employés reposent tous sur une oxydation plus ou moins complète du pigment soit par l’oxygène à l’état naissant dégagé de l’eau oxygénée, soit par l’emploi de persels, persulfates, percarbonates, persilicates, etc., susceptibles de" libérer également de l’oxygène en revenant à l’état de sels normaux.
- Généralement on se sert de l’eau oxygénée plus ou moins.concentrée de 12 à 20 volumes, suivant que l’action doit être plus ou moins énergique, alcalinisée par l’ammoniaque. La condition essentielle de réussite est un dégraissage préalable parfait des cheveux dans une solution tiède de savon additionnée de carbonate de soude ou de peroxyde de sodium, mais dans ce dernier cas, il faut bien prendre garde que la solution ne soit trop alcaline, la soude caustique résultant de la décomposition du peroxyde étant susceptible de dissoudre le cheveu.
- Les cheveux, après avoir été maintenus dans le liquide pendant quatre à cinq heures, à la température de 50° à 60°C, sont rincés â l’eau tiède, puis immergés dans la solution oxygénée ammoniacale portée elle-même aux environs de 30 à 35°C; les bulles d’oxygène qui se dégagent ayant une tendance à amener les cheveux à la surface, il convient de maintenir toujours ceux-ci immergés par foulages répétés.
- La durée d'immersion est très variable suivant l’intensité de coloration des cheveux et souvent il est nécessaire de remplacer la solution par du liquide neuf à plusieurs reprises. Dans l’industrie, on réalise une économie de produits en même temps que l’on diminue la durée de l’opération èn opérant sous pression, c’est-à-dire dans un récipient hermétiquement clos ce qui empêche le départ de l’oxygène, une douce température étant également maintenue.
- Quand le blanchiment a été réalisé, il ne reste plus qu’à rincer soigneusement, puis à faire sécher à l’air libre, de préférence à l’ombre ; les cheveux sont ensuite lustrés et assouplis en passant à la surface une brosse douce à peine imprégnée d’un mélange à parties égales d’huile de ricin et de glycérine.
- Réponse à M. Cantrel, à Elisabethville, Congo belge.
- De tout un peu.
- M. Kirk-Coste, à Casablanca.— 1° L’ouvrage de Graffigny ayant pour titre Les industries d’amateur, éditeur Baillière, 19, rue Haute-feuille, à Paris, vous renseignera sur les différentes manières de dépolir le verre, en particulier par le procédé au sable.
- 2° L’addition de quelques gouttes de glycérine à la solution de gomme arabique lui donnera la souplesse que vous désirez lui communiquer.
- M. Alphandéry, à Montfavet (Vaucluse). — Presque toujours les tuyaux de lavabos sont obstrués par des bouchons de cheveux qui ont été entraînés avec les eaux de toilette. Le moyen le plus simple pour faire disparaître l’obstruction est d’introduire dans le tuyau quelques morceaux de soude caustique qui dissout très rapidement le tampon.
- L’addition d’un peu de poudre d’aluminium facilite grandement l’opération, car il se produit ainsi au contact du liquide alcalin, un dégagement d’hydrogène, qui détermine un brassage lequel amène au contact des cheveux du nouveau liquide et le résultat se trouve bientôt obtenu.
- Collège Franco-Mexicain. — Lorsque les débris d’abattoirs n’ont pas encore subi la putréfaction, l’azote qu’ils contiennent est sous la forme albuminoïde; comme cette putréfaction serait accompagnée d’un dégagement d’odeurs intolérables, il ne faut donc pas essayer d’amener l’azote sous la forme ammoniacale, le mieux est de traiter les déchets par l’acide sulfurique à 52° Baumé, ce qui donne une sorte de cirage dont on sature ensuite l’acidité par du phosphate de chaux, puis que l’on fait absorber par une matière poreuse telle que la tourbe, on obtient ainsi un excellent engrais.
- M. Ehrmann, à Paris. — Pour supprimer la vitalité des souches d’arbres, il suffit d’y faire quelques trous au moyen d’une tarière puis de verser dans ceux-ci de l’acide sulfurique étendu de trois à quatre fois son volume d’eau. Une fois le bois mort, la souche ne tarde pas à pourrir, surtout si on a soin, quelques jours après l’opération de saturer l’acidité en bourrant les trous de poudre de chaux éteinte.
- M. Simillon,à Paris.— Vous décolorerez sans difficulté votre vinaigre en y ajoutant du noir animal en pâte, puis filtrant au papier à filtres après quelques jours de contact.
- Le noir en pâte se trouve chez tous les fournisseurs de produits œnologiques aux alentours de la Halle aux Vins; à défaut vous pouvez vous adresser à la Société des Noirs d’Auvergne à La Faye près Menât (Puy-de-Dôme).
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- M. Naim-Khalyl ,à Beyrouth.— 1° Nous avons publié un article très complet sur le chromage éleclrolgtique dans le n° 2831 du 15 avril 1930, page 359, veuillez bien vous y reporter et remarquer que les caractéristiques sont : de fortes-intensités de courant, le chauffage du bain à 30°-35° G et qu’une ventilation est nécessaire dans les ateliers pour évacuer l’hydrogène dégagé, ainsi que les vésicules chargées d’acide chromique très irritantes pour les voies respiratoires.
- 2° Le vernis d’or pour laiton a la composition suivante :
- Sandaraque.......................... 140 grammes.
- Sang-dragon.......................... 20 —
- Curcuma............................... 2 -—
- Gomme gutte........................... 2 —
- Essence de térébenthine............. 420 —-
- Essence d’aspic (lavande)........... 420 —
- 3° Le produit employé pour le polissage est la potée d’étain, mélange de bioxyde d’étain et d’oxyde de plomb.
- 4° Pour confectionner les moules dans lesquels on coule la fonte, on emploie deux sortes de matières- :
- a) Le sable de carrière (sable à lapins) rendu homogène et additionné de poussier de charbon de bois, pour faciliter le dégagement des gaz lors du moulage.
- b) La terre de fonderie ou argile contenant deux tiers de sable, pour le procédé à la trousse et la confection des noyaux destinés à réserver les vides.
- Pour prévenir les fendillements, on ajoute de la bourre de chanvre ou filasse.
- 5° Les famés des accumulateurs sont en plomb antimonié, plus dur que le plomb pur, elles sont creusées d’alvéoles de formes variées, suivant les constructeurs, dans lesquelles on introduit une pâte d’oxyde de plomb et d’eau acidulée. Cet oxyde est de la liiharge PbO pour les plaques dites négatives qui constitueront le pôle négatif de l’accumulateur et le minium Pb304 pour les plaques devant former le pôle positif.
- On réunit ensuite la plaque positive au pôle positif d’un générateur de courant (dynamo) et la négative au pôle négatif. Lorsque le courant produit passe dans l’accumulateur, la plaque positive étant l’anode et la négative la cathode, lîeau acidulée est décomposée, l’ion SO4 dégagé à l’anode agit sur l’eau et donne lieu à une libération d’oxygène [SO4 + H20 = S04H2 + O.
- l’oxydation transforme le minium en peroxyde de plomb PbO2. Pb:’04 + O2 = 3 PbO2.
- l’hydrogène dégagé à la cathode réduit la litharge en libérant du plomb spongieux et cristallisé.
- PbO + H2 ~ Pb -f H20.
- A la fin de cette opération les gaz dégagés par l’électrolyse ne produisant plus aucune action se dégagent du liquide avec abondance, faisant ainsi connaître que la formation de l’accumulateur est terminée.
- La lame positive présente alors la couleur rouge du peroxyde et la lame négative l’aspect gris du plomb.
- Mlle Dubuisson, à Lille. — Le collage des étiquettes sur fer-blanc doit s’effectuer avec une colle alcaline de façon que l’étain soit légèrement attaqué et devienne rugueux, on peut par exemple utiliser une colle à la caséine du type suivant :
- Poudre de chaux éteinte.........................30 grammes
- Carbonate de soude cristallisé..................20 —
- Caséine.........................................50
- Mélanger intimement par broyage et conserver en flacon bouché.
- Au moment de l’emploi délayer la poudre dans une quantité d’eau tiède suffisante pour obtenir la consistance voulue.
- M. Leleu,à Mouvaux. — Le phosphate de soude, par l’acide phospho-rique qu’il contient; pourrait constituer un engrais, mais la soude d’une manière générale ne convient pas aux végétaux terrestres, il est donc préférable d’employer le phosphate de potasse dont les deux éléments acide phosphorique et potasse sont du meilleur effet.
- M. Nielsen, à Matines. — Il ne nous est guère possible à distance de nous rendre compte de la composition de votre adhésif pour courroies, nous supposons toutefois que vous pouvez prendre comme type d’une préparation de ce genre la formule suivante :
- Cire jaune .......................... 400 grammes
- Poix................................ . 500 —
- Résine............................... 300 —
- Huile................................ 1300 —
- = 575 =
- Quelques essais seront, bien entendu, nécessaires pour mettre cette question au point.
- M. Roubaud,à Avignon.— 1. Les carrosseries d’autos se nettoient parfaitement sans risques d’altération par un mélange de 15 parties d’huile de vaseline et 85 de pétrole lampant.
- 2. Le dissolvant de choix pour les taches de goudrons est la benzine commerciale, que ces taches soient sur la caisse de l’auto ou sur les vitres.
- M. Canal, à Bois-Colombes. — La formule que nous avons donnée dans le n° 2871 pour la préparation du sel de fruits eu égard aux proportions d’acide citrique et d’acide tartrique, est bien prévue pour donner un produit acide, le consommateur recherchant surtout le goût acidulé, mais il est facile comme vous l’avez trouvé vous-même, de rendre la préparation mousseuse par addition d’un peu de bicarbonate de soude à la préparation déjà faite, froide et pulvérisée, on se trouve alors en présence d’un mélange de tartrate acide de sodium et de bicarbonate qui est effervescent.
- 2° Il vous sera facile de teinter vos ampoules électriques de façon à ne leur faire émettre que la lueur bleuâtre dite « lumière du jour » en les trempant dans une solution tiède à 5 pour 100 environ de gélatine blanche additionnée de quelques gouttes d’une autre solution aqueuse de bleu de méthylène.
- N. ‘B. — Le colorant ayant un effet intense, il est préférable de préparer à part sa solution pour ne l’ajouter que goutte à goutte jusqu’à l’intensité voulue; autrement dit si on mettait directement le bleu de méthylène dans la solution de gélatine on risquerait de dépasser la mesure.
- M. Cousin, à Nîmes. — 1° Pour vieillir vos pierres qui ont l’aspect trop neuf, il vous suffira de les badigeonner avec une solution de carbonate de soude à 50 gr par litre environ dans laquelle vous aurez délayé un peu de noir de fumée (l’alcalinité est nécessaire pour que le noir soit mouillé).
- Faire quelques essais préalables, avant de passer sur l’ensemble, l’expérience seule pouvant indiquer suivant la porosité de la pierre, la quantité de noir à employer.
- 2. Votre idée est ingénieuse; mais il serait à craindre qu’un liant artificiel ne présente pas une solidité suffisante eu égard aux ouvertures ménagées.
- M. Bariquand,à Paris. — Le moyen le plus pratique pour détruire les tarels qui rongent vos poutres est de badigeonner celle-ci avec une solution de zincate de soude que vous obtiendrez facilement en prépa-
- rant les deux mélanges suivants :
- A. Chlorure de zinc à 45° Baumé............... 480 cm3.
- Eau ordinaire................................ 1000 —
- B. .Lessive de soude caustique à 36° B....... 400 —
- Eau ordinaire................................. 2250 —
- Verser la première solution dans la seconde, agiter, passer à la toile métallique de fer pour séparer les grumeaux, puis appliquer sur le bois en se servant d’une brosse à peindre, assez dure, pour faire bien pénétrer.
- M. Seval, à Agen. — 1. Nous pensons que vous pourrez assez facilement fixer vos motifs décoratifs sur la toile support en interposant entre les deux une mince feuille de gutta-percha telle qu'on la trouve dans le commerce, puis repassant au fer chaud.
- 2. Vos prévisions sont exactes, car il s’agit en effet d’un mélange de divers condiments dans le vinaigre, les éléments en sont très variables suivant les fabricants, chacun cherchant à satisfaire le goût particulier de ses consommateurs.
- J. P., à Clermont-Ferrand. — 1. Vous trouverez une mise au point très claire et complète de la question résines synthétiques dans l’ouvrage de W. Main « Enduits cellulosiques », éditeur Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins ; et une documentation copieuse sdr la composition, la fabrication et les propriétés des résines artificielles dans l’ouvrage de Carleton Ellis : Syntlietic Resins and their plastic que vous pourrez vous procurer chez Boiveau et Chevillet, librairie étrangère, 22, rue de la Banque ou Perche, 45, rue Jacob.
- 2. Le Manuel de Laboratoire pour l'Industrie des Vernis, par Hans Wolfï, traduit de l’allemand par Jouve. Béranger, éditeur, 15, rue des Saints-Pères, ouvrage récent, vous sera, pensons-nous, très utile, ainsi que celui ayant pour titre Vernis, émaux et mastics de nilro-cellulose, par Wilson, traduction Tissot qui intéresse l’automobile, l’aviation, l’équipement des trains, la métallurgie, les industries électriques, celles du bois, du verre, du cuir, de la soie artificielle, etc. Editeur Dunod, 92, rue Bonaparte 6°.
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Fig. I. — L’Académie de médecine a fêté récemment les cent ans d un de ses membres, le Dr Guénoî (ph. Keystone).
- Fig. 2. — Le transatlantique italien Conte de Savoia, récemment. mis en service est muni d’un stabilisateur gyroscopique antiroulis, système Sperry. (Pruni Photo Agenzia.)
- Fig. 3. — Le Conte di Savoia, transatlantique à moteur, un des plus grands paquebots actuellement en service. (Ph. Keystone.)
- Fig. 4. — Essai d'une fusée Tilling.
- Arrivé au sommet de sa trajectoire, les ailes de l’engin se replient et il descend en vrille pour atterrir. (Ph. Wide World.)
- Fig. 5. —• Les fusées siraiosphériques de l’ingénieur Tilling exposées à Tempelhof (près Berlin). Chacune mesure 3 m de long et 4 m d’enseigne.
- Le Gérant : G. Masson.
- 3316. — Paris, lmp. Lahore. — 15-12-1932.
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- LA NATURE
- SOIXANTIÈME ANNEE — 1932
- DEUXIÈME SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Abatage : cartouche d’acide carbonique, 566. Acclimatation du Liothrix, 275. Accumulateur à l’iode, 145.
- Acide borique dans les fusibles, 378.
- Acides naphténiques : emplois, 285.
- Aciers : nitruration, 60.
- Acoustique des salles, 391.
- Acoustique d’une salle : amélioration, 239. Aérostats : cent-cinquantenaire de la découverte, 433.
- Affaissements de surface dus aux exploitations souterraines, 357.
- Age de la terre, 536.
- Air comprimé (lampe à), 538.
- Altitude maxima avec oxygène, 475. Aluminium et caoutchouc, 474. Amplificateur de lumière Amplilux, 569. Analyseuse différentielle, 139.
- Anesthésie : théories et méthodes modernes, 293.
- Angle : division en 3 parties égales, 47. Année polaire, 529.
- Antilope-vache (croisement), 547.
- Argent : stérilisation des eaux, 149.
- Art du Bénin, 97.
- Asphaltes, 19.
- Astronomie : bulletin, 37, 134, 277, 324, 422, 517.
- Atlantique : traversée en avion, 138.
- Atlas national astronomique, 257.
- Atomes : constitution, 266.
- Australie : dans l’ouest, 308.
- Automobile : construction française, 468. Avertisseur d’effraction, 141.
- Avertisseur d’incendie de forêts, 463.
- Avion à volet de courbure et aile à fente, 331. Avions : refroidissement des moteurs, 394: Avions remarquables, 96.
- Avions Stipa, 521.
- Avion stratosphérique, 106.
- Avion : traversée de l’Atlantique, 138. Avionnette et planeur Leyat, 493.
- B
- Bac à glace M. P. V., 132.
- Bambous noirs en fleurs, 383, 478, 572. Barrage de Kembs, 111.
- Barrage Iloover sur le Colorado, 378, 426. Barre du golfe de Guinée, 335.
- Bénin : art, 97.
- Bitumes, 19.
- Blocs anti-parasites, 219.
- Boa avec œil de verre, 186.
- Bobine d’allumage à induction, 471.
- Bœuf musqué : extension, 385.
- Bois : protection par la peinture à l’aluminium, 516.
- Bolinden : mines d’or, 27.
- Bondérisation, 77.
- Bossut : statue, 45.
- Bouchon émeri : débouchage, 39.
- Breslau : poste de T. S. F., 505.
- Brouillards nocifs, 513. Buanderie : science, 413.
- c
- Câbles à haute pression, 45.
- Cadmium en tannerie, 568.
- Cadres mobiles pour transport de marchandises, 337.
- Callophane, 381.
- Canal d’Alsace, lit.
- Canal des deux mers, 270.
- Canal de Welland, 310.
- Canons en acier centrifugé, 427.
- Caoutchouc et aluminium, 474. Carbonisation de la houille à basse température, 163.
- Carie dentaire et céréales, 179.
- Cartouche d’acide carbonique liquide, 566. Cellules au sélénium, 48.
- Cellules au sélénium : applications industrielles, 74.
- Cellule de Kerr, emploi en télévision, 540. Céréales et carie dentaire, 179.
- Cerf-volant : construction, 34.
- Cerf-volant : utilisations, 130.
- Chaleurs d’août 1932, 276.
- Champ électrique de l’atmosphère, 123. Champignons : traitement de l’empoisonnement, 514.
- Charbons actifs : usages et fabrication, 185. Charbons activés en sucrerie, 44.
- Chauffage par catalyse de l’essence, 381. Chayotte, 563.
- Supplément au n® 2895 de La Nature du 15 Décembre 1932.
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- Chaussées : nouveau revêtement, 521. Chaussures : essais, 89.
- Chaussures : imperméabilisation, 516. Cheval : situation de l’élevage, 79.
- Cheveux, blanciment, 575.
- Cheveux humains : curieuse utilisation, 80 Cheveux : teinture en blond, 85.
- Ciments, 297.
- Cinématographie d’amateur, 374, 565. Cinématographie d’amateur : progrès, 181. Cinquantenaire de la déphosphoration de l’acier, 556.
- Cirage : formule, 431.
- Colles nouvelles, 568.
- Comètes nouvelles, 138.
- Compresseurs, 93.
- Compte-gouttes du DrBengué, 189. Confituriers et confitures, 168.
- Conservation des objets préhistoriques, 180. Costumes régionaux : origine et évolution, 397. Courges à huile de valeur, 466.
- Courlis, 315.
- Cratères de météorites, 58.
- Crau : mise en valeur, 159.
- Courses de grands navires à voiles, 557. Croisement Antilope-vache, 547. Croiseur-école « Jeanne-d’Arc », 11.
- Cultures irriguées au Soudan français, 351.
- D
- D’Arsonvalisation à ondes courtes, 129. Débouchage de flacon, 564.
- Découpage des fruits, 92.
- Désinfection des puits par la vapeur, 467. Détecteur d’incendie thermo-électrique, 66. Diélectrographe, 188.
- Disques à longue durée, 235.
- Disques phonographiques pour enregistrement individuel, 239, 526.
- Doseur simplidose, 571.
- Drainage par bambous, 373.
- E
- F
- Filtration : agents, 415.
- Flacon : débouchage, 564. Fourmiliers au Muséum, 475. Fruits : découpage, 92.
- Fusibles à l’acide borique, 378.
- G
- Galvanomètre enregistreur sparkographe, 287. Garage vertical des automobiles, 367.
- Gelées : lutte, 403.
- Glace à domicile, 132.
- Glace « active », 150.
- Glace « Securit », 173.
- Gôrals, 360.
- Gouvernail : invention, 49.
- Graissage : nécessité, 342, 478.
- Greffe de châtaignier et de poirier, 286.
- H
- Habitations rurales : types, 1, 286. Haut-parleur : choix, 239.
- Ilerbe-aux-puces, 31.
- Homme fossile à Java, 45.
- Homme : limites de puissance, 417.
- Houille : carbonisation à basse température, 163.
- Huile d’olive : examen de pureté, 56.
- Huiles minérales : raffinage par boues acides, 427.
- J
- Jouet l’Assemblo, 525. Jouet motoballon, 571.
- K
- Kembs : barrage, 111.
- Kerguélen : mission scientifique, 457,572. Kerr (cellule de), 540.
- L
- Lait d’iris pour le visage, 373.
- Lampe au magnésium, 524.
- Lampe électrique à grand rendement, 185. Lampes électriques ponctuelles : alimentation économique, 428.
- Lampe à air comprimé, 538.
- Lanterne arrière simplifiée, 471.
- Larynx : mécanique phonatoire, 15.
- Liothrix : acclimatation, 275.
- Livres nouveaux, 46, 86, 137, 187, 280, 330, 380, 425, 472, 520, 567.
- Londres : population, 285.
- Loups de France (les derniers), 551.
- Lune : éclipse du 14 septembre, 415.
- Lunette de tir, 569.
- M
- Éclipse de lune du 14 septembre, 415. Effraction : avertisseur, 141. Écrevisse, 318.
- Électroosmose et électrophorèse, 6. Encaustique à l’eau, 431.
- Encres à stylos : formules, 180. Ensacheur Triou, 430.
- Escalier d’Archimède, 333.
- Étoiles : éclat apparent, 345. Ethnographie, 515.
- Europe centrale d’après-guerre, 177. Everest : nouvelle expédition, 473.
- I
- Imperméabilisation à l’alumine, 431. Imperméabilisation des chaussures, 516. Incendie de forêts : avertisseur, 463. Indochine : mission Rivet, 270.
- Intensité de réception : variations, 239. Intrus, 322.
- Irrigations dans le monde antique, 354. Isturitz : nouvelles découvertes dans la grotte, 90.
- Maison du savant à Paris, 331.
- Mastic à greffer, 85.
- Mathématiques : récréations, 33, 177, 273. Matière : désagrégation, 507, 536.
- Métaux : nouveaux procédés de protection, 77. Météorites : cratères, 58.
- Météorographe émetteur de T. S. F., 316. Météorologie agricole : commission française, 377.
- Météorologie : mois, 85, 178, 276, 371, 421. Meubles en bois blanc : entretien, 373. Meuble-lit, 382.
- Mexique : tremblement de terre, 45. Microcinématographie, 476.
- Mirage, 526.
- Mirage dans nos régions, 377.
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- Miroir à nuages et observateur d’avions, 140. Morille, 420.
- Mort : signe nouveau, 172.
- Moteurs flottants et amortis, 469.
- Mouche : capture, 516.
- Moulin à calé électrique, 570.
- Moustiques : contre les piqûres, 279, 383. Moutardier automatique, 189.
- Musicien, 84.
- N
- Navires à voiles (courses de), 557. Nécrologie : Ronalds Ross, 426. Nécrologie : Santos-Dumont, 184. Nitruration des aciers, 60.
- Nuages : photographie, 101.
- O
- Observatoire de Trappes, 123.
- Oiseaux vus de la route, 142.
- Okapi au Jardin zoologique d’Anvers, 464. Ondes courtes et postes-secteur, 234.
- Ondes ultra-courtes, 209.
- Ondes ultra-courtes : nouveau transmetteur de Berlin, 213.
- Ondemètre à ondes très courtes, 573. Orgue électronique Coupleux-Givelet, 473. Ornements sonores de Fischinger, 437. Outilervé, 523.
- Outils électriques pour la fabrication des tonneaux, 548.
- P
- Pain bon, 481.
- Panier ù salade étanche, 569.
- Parasites agricoles : destruction, 332. Pasteurisation Sirène, 188.
- Peinture à l’aluminium sur plâtre, 431. Percement du verre et de la porcelaine, 373. Périgraphe Dann, 428.
- Perspectives : exécution rapide, 91.
- Pétroles : importations françaises, 88. Philae : seconde mort, 252.
- Phonation et larynx, 15.
- Phonographe : perfectionnements, 235. Phonographe à fil, 573.
- Photoélectricité : nouveau phénomène, 184. Photographies, 96, 144, 480, 528. Photographie d’amateur : progrès, 181. Photographie des nuages, 101.
- Photographie : développement à grain lin, 73. Photographie : épreuves au prussiate, 190. Photographie : mesures, 408.
- Piccard : ascension dans la stratosphère, 269. Pierres endommagées, réparations, 564. Pigeons : vitesse, 93.
- Plantain-psylon, 31.
- Plantes minuscules de France, 443.
- Pliages de papiers, 323, 513.
- Pontoise : lancement du pont, 332. Population de Londres, 285.
- Poste haute fréquence et ondes très courtes, 93.
- Poste récepteur type américain, 573.
- Poste récepteur, à galène, 48, 574.
- Poste récepteur sur courant à 25 périodes, 526. Poste-secteur : amélioration, 240. Poste-secteur : choix, 526, 572.
- Poste-secteur sur courant continu, 573. Potasse : gisements en Europe, 454. Préhistoire : conservation des objets, 180. Présélecteur, 240.
- Prestidigitation, 84, 419, 467.
- Prix Nobel de médecine, 475.
- Prospection électro-magnétique, 27. Protalisation, 77.
- Puissance de l’homme : limites, 417.
- Puits : désinfection par la vapeur, 467. Pulvérisation cathodique : utilisations, 427.
- Q
- Quartz fondu et lutte contre l’incendie, 317.
- R
- Radiodiffusion : droit des auditeurs, 214. Radiophonie, 240.
- Radiophonie : organisation en France, 199. Radiophonie pratique, 40, 87, 281, 327, 372. Radiophonie : récepteurs en 1932, 226. Radio-reportage, 204.
- Radiothermie, 129.
- Raisins : stations uvales, 263.
- Rayons ultra-violets : contrôle, 381.
- Rayons X : examen de la nacelle strato-sphérique, 184.
- Rayons X : protection par carreaux barytés, 568.
- Rayonnement nocturne, 403.
- Reboisement par briquettes, 378.
- Récréations mathématiques, 33,177, 273, 561. Refroidissement des moteurs d’avion, 394. Régulation du courant de secteur, 572. Renne : extension, 385.
- Rinçage du linge, 413.
- Rivet : mission en Indochine, 270. Rocheuses canadiennes, 378.
- Rosée : gouttes, 259.
- Ross : nécrologie, 426.
- Rossignol du Japon : acclimatation, 275. Routes, 151.
- Rôtîtes : signalisation, 469.
- S
- Santos-Dumont : nécrologie 184.
- Savants quand ils étaient jeunes, 81, 369.
- Sécheresse : lutte, 449.
- Sélénium : applications, 186.
- Sélénium : applications industrielles des cellules, 74.
- Sélénium, cellules, 572.
- Serpents, 142.
- Serpents au Vivarium, 521.
- Sépulture néolithique, 568.
- Signalisation routière, 469.
- Signaux horaires de la Tour Eiffel, 48. Similitude en hydrodynamique, 486.
- Ski nautique, 334.
- Soie Lilienfeld, 90.
- Sons : ornements de Fischinger, 437.
- Sotuba : barrage et canal, 351.
- Soudan français : cultures irriguées, 351. Sous-marins : sauvetage de l’équipage, 142. Sparklet respiratoire, 477.
- Stérilisation des eaux par l’argent, 149. Stratosphère : 2° ascension du professeur Piccard, 269.
- Superhétérodyne : amélioration, 238. Superhétérodyne sensible : montage, 239. Supei’phosphates : préparation, 574. Surmodulation : atténuation, 240.
- T
- T. S. F. : poste de Breslau, 505.
- Table à coulisses automatiques, 140.
- Teinture en blond des cheveux, 85. Télévision, 241."''
- Télévision : enquête, 193.
- Télévision : ouvrages, 190.
- Télévision: cellule de Kerr, 540. *'
- Terres à foulon : activation, 474.
- Tonkin : port en eau profonde, 496. Tonneaux (outils électriques pour la fabrication), 548.
- Tortues géantes : longévité et croissance, 138. Trains : vitesse, 185.
- Transatlantique « Normandie » : lancement, 459.
- Travailleuse-portative, 47.
- Tremblement de terre du Mexique, 45. Trichromie au xvme siècle, 465.
- Turbine ionique, 286.
- Tubes lumineux à gaz rares, 121. Turbo-agitateurs, 174.
- U
- Udylite, 77.
- Ultra-filtre Canonne, 91.
- Ultra-violets : appareils d’analyse, 573. Urée, matière plastique, 321.
- Uvales (stations), 263.
- V
- Vaisseau de Boro-Boudour, 49. Vénus, 501.
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- Vénus : lumière, 24. Vivarium : serpents, 521.
- Vent d’éther, 2S9. Vivier llottanl, 92.
- Vernis incolore pour métaux, 51G. Voilure railroute Dunlop, 292.
- Verre : nouvelles méthodes (le travail, 14S.
- Verre organique, 431.
- Verres transparents à ru.-V., S9.
- Victoria regia, 347. Y
- Village-musée en Norvège, 90.
- Vinaigreries modernes, 69.
- Vitesse des pigeons, 92.
- Vitesse des trains, 185. Yo-yo, 510.
- Z
- Zimbabwe : mystère des ruines rhodésiennes, 439.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Alber. — Les tubes du mystère, 34. — La grenouille sauteuse, 323. — Comme l’éclair, 419. — Le décapité récalcitrant, 467. — Le kiosque japonais, 513.
- Adam (Michel). — Le droit des auditeurs de radiodiffusion, 214.
- A. G. (I)r). — Lunette destinée à l’observation des coups portants, 569.
- Amiot (I)r). •— Théories et méthodes modernes d’anesthésie, 293.
- IL (M.). •— Exécution rapide de perspectives linéaires, 91. — Le callophane, appareil de contrôle à rayons ultra-violets, 381.
- B. (B.). — Destruction des parasites en agriculture, 332. — Activation des terres à foulon, 474.
- Basiaux (Paul), — L’acoustique des salles, 391.
- Berthei.ot (Cil). — Aspect nouveau de la carbonisation de la houille à basse température, 163.
- Bois (D.l. — Le Viclorin regia, 347.
- Bordier (l)r IL). — Expériences sur certains effets thermiques de la d'Arsonvalisation à unies courtes, 129. •— Sur un signe nouveau de la mort réelle, 172.
- Boulineau (P.). — IJn croisement Antilope-vache, 547.
- Bouruain (André). —- Le développement photographique à grain fin, 73. —• L’accumulateur à l’iode, 145. •— Les mesures en photographie, 408.
- Boutaiuc (A.). •— Électroosmose et électrophorèse, 6. —• Le rayonnement nocturne et la lutte contre les gelées, 403.
- Bouteiller (Marcelle). — Exposition de la mission Rivet au Trc-cadéro, 270.
- Boyer (Jacques). — Le plantain psyllon ou herbe-aux-puces, 31.
- Brandicourt (Virgile). — Récréations mathématiques, 33, 273, 561. — Les plantes minuscules de France, 443.
- C. (V.). — Importations françaises de produits pétroliers, 88. — Les gisements de potasse en Europe, 454.
- Caters (Christian de). — La prospection électromagnétique, 27. — La seconde mort de Pliilae, 252. — Le mystère des ruines rhodé-siennes de Zimbabwe, 439.
- Chaptal (L.). — La lutte contre la sécheresse, 449.
- Chardon (H.). —• Comment construire un cerf-volant, 34. —• Ce qu’on peut faire avec un cerf-volant, 130.
- Chaumont (L. de). — Affaissements de surface dus aux exploitations souterraines, 357.
- Claude (Georges). — Les progrès des tubes lumineux à gaz rares, 121.
- Coupin (Henri). —• Les vieux savants quand ils étaient jeunes, 81, 369.
- Darrieus (G.). — La similitude en hydrodynamique, 486.
- Dauzat (Albert).— Anciens types d’habitations rurales, 1, 286, 515. — L’Europe centrale d’après-guerre, 177. •— Origine et évolution des costumes régionaux, 397, 515.
- David (Léon). — Récréations mathématiques, 177.
- Desgranges (Jacques).— Le refroidissement des moteurs d’avion, 394.
- Devaux (Pierre).-— Où en est la nitruration des aciers, 60.— L’avion stratosphérique, 106.
- Diekloth (Paul). — Situation actuelle de l’élevage du cheval, 79.
- Doublet (E.). — Une ancienne entreprise de l’Observatoire de Paris, 257.
- Feuillée-Billot (A.). — Longévité et croissance des tortues géantes en captivité, 138. — A propos du monde des serpents, 142. — Les
- oiseaux vus de la route, 142. — L’acclimatation du Liothrix, 275.
- — Le courlis, 315. — Les serpents au vivarium du Muséum, 521. Les derniers Loups de France, 551.
- Forbin (Victor). — Le nouveau canal de Welland, 310. •— A travers les Rocheuses canadiennes, 378. — Mission scientifique à l’île Kerguelen, 457.
- Fouassier (Marc). — Confituriers et confitures, 168.
- Fournier (Lucien). — Le grand canal d’Alsace et le barrage de Kembs, III.
- G. (Dr A.). —- Météorographe émetteur de T. S. F., 316.
- Girod (Suzanne). — Au pays des Gonals, 360.
- Gradenwjts (Dr A.). — Les câbles à haute pression, 45. — Éltrange façon de maltraiter des chaussures, 89. — L’analyseuse différentielle, 139. — Nouvelles méthodes de travail du verre, 148. •— La glace « active », 150. —- Examen aux rayons X de la nacelle du professeur Piccard, 184. •— Le diclectrographe, 188. — Nouveau transmetteur de Berlin à ondes ultra-courtes, 213. — Le problème du vent d’éther, 289. —• La science à la buanderie, 413. — Les ornements sonores de M. Fiscliinger, 437. — Breslau, son nouvel émetteur, 505.
- II. (A.). — Emplois de l’aluminium dans les industries du caoutchouc, 474.
- Hémardinouer (P.). — Radiophonie pratique, 40, 87, 281, 327, 372.
- — Applications industrielles des cellules au sélénium, 74. — Les progrès et transformations du radio-reportage, 204. — Les blocs antiparasites, 219. — La construction des réceptions radiophoniques en 1932, 226. — La réception des ondes courtes et les postes-secteur,
- 234. — Perfectionnement du phonographe et disques à longue durée,
- 235. — La télévision, 241. •— Les perfectionnements de la cellule de Kerr et son emploi en télévision, 540.
- Héritier (Ali). •— Un nouvel okapi au jardin zoologique d’Anvers, 464.
- Husson (Raoul). — La mécanique phonatoire du larynx, 15.
- Hutin (Albert). — Applications du sélénium, 186. — Matières plastiques dérivées de l’urée, 321.
- Idrac (P.). — Le champ électrique de l’atmosphère aux grandes altitudes, 123.
- Jussieu (D.). — Les ondes ultra-courtes, 209.
- Kuiïntz (L.). — Curieuse utilisation des cheveux humains, 30. — L’écrevisse, 318.
- Lallement (G.). — L’impression triclirome au xvmc siècle, 465.
- Lefebvre des Noettes (Commdt). — Autour du vaisseau de Bora-Boudour : l’invention du gouvernail, 49.
- Luquet (G.-H.). — L’art du Bénin au musée du Troqadéro, 97.
- Marcotte (Edmond). — Les routes, 151.
- Matignon (Camille). — Les brouillards nocifs, 513.
- Mayor (Y.). — La constitution des atomes, 266. — La désagrégation de la matière, 507, 536.
- Merle (René). — Nouveau traitement de l’empoisonnement par les champignons, 514.
- Millon (Paul). — La mise en valeur de la C.rau, 159.
- Moll-Weiss (Augusta et Maurice). •— Le musicien, 84. — L’intrus, 322.
- Monnier. — Miroir à nuages et observateur d’avions à faire soi-même, 140.
- Morhardt (DrP.-E.).-— Carie dentaire et céréales, 179.
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- Noter (R. de). — La morille, 420. •— Deux courges à huile de valeur, 426. — La chayotte, 563.
- Paumier (M.). — Le mirage, phénomène commun dans nos régions, 377.
- Pellat (A. F.). — Les lampes à air comprimé, 538.
- Picard (L.). — Progrès de la photographie et de lu cinématographie d’amateur, 181. — L’automobile pratique, 468.
- P. D. — L’année polaire, 529.
- Pouchon (Gilbert F.). — La cinématographie d’amateur, 374,565.
- Rabot (Charles). — Extension de l’habitat du bœuf musqué et du renne, 385.
- Reverchon (Léopold). — La nécessité du graissage, 342.
- Roger (Em.). — Le mois météorologique, 85, 178, 276, 371, 421, 562. — Les fortes chaleurs d’août, 1932, 276.
- Rolet (Antonin). •—• Les stations uvales, 263.
- Rudaux (Lucien). — La lumière de Vénus, 24. — La photographie des nuages, 101. — Gouttes de rosée, 259. —- L’éclipse de lune du 14 septembre, 415. — Le problème de Vénus, 501.
- S. (J.). — Avion à volet de courbure et aile à fente, 331.
- Sarrot du Bellay. — La stérilisation des eaux par l’argent, 149.
- Sauvaire-Jourdan (Comm‘). — Le croiseur-école « Jeanne-d’Arc ». 11. — Un port en eau profonde pour le Tonkin, 496. — Une course de grands navires à voiles en 1931, 557.
- Senart (Jacques). — Vinaigreries modernes, 69. — Les ciments et leur fabrication, 297.
- Sers (J.). — Cultures irriguées au Soudan français, 351.
- Soyer (IL). — Emploi des charbons activés en sucrerie, 44. — La soie Lilienfeld, 90. — Usages et fabrication des charbons actifs, 185. — Emplois des acides naphténiques, 285. — Les agents de filtration, 415. — Utilisation des boues acides dans le ralFinage des huiles minérales, 427.
- Stevenson (P.). — Dans l’ouest de l’Australie, 308.
- T. (A.). — Cratères de météorites, 58. — Cinquantenaire des procédés basiques de déphosphoration de l’acier, 556.
- T. (E.). — Nouvelles comètes, 138.
- T. (Pli.). —- Transport des marchandises sur voie ferrée par cadres mobiles, 337.
- Thomas (Jacques). — Bitumes et asphaltes, 19.
- Thévenin (R.). •—• Le yo-yo est renouvelé des Grecs, 510.
- Toucijet (Em.). — Bulletin astronomique, 37, 134, 277, 324, 422, 517. — L’éclat apparent des étoiles, 345.
- Verneuil (Max). — Cent-cinquantenaire de la découverte des aérostats, 433. — Un avertisseur du danger d’incendie en forêt, 463.
- Villers (R.). — Nouveaux procédés pour la protection des métaux, 77. — Mélange des liquides par turbo-agitateurs, 174. — La voiture railroute Dunlop, 292. — Le lancement du transatlantique « Normandie », 459. — Le problème du bon pain, 481.
- Weiss (E.). — Détecteur d’incendie thermo-électrique, 66. — Le garage vertical des automobiles, 367. — Inauguration de l’orgue électronique Coupleux-Givelet, 473. — L’avionnette et le planeur Leyat, 493. — Outils électriques pour la fabrication des tonneaux 54S.
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- TABLE DES MATIÈRES
- I. — MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE
- La lumière de Vénus (L. Rudaux)................................ 24
- Statue de Bossuet................................................. 45
- Nouvelles comètes (E.-T.).........................................138
- Analyseuse différentielle (A. Gradenwitz).........................139
- Ancienne entreprise de l’Observatoire de Paris (E. Doublet) 257
- L’éclat apparent des étoiles (E. Touchet)...............• • • 345
- L’éclipse de lune du 14 septembre (L. Rudaux)..................415
- Le problème de Vénus (L. Rudaux)..................................501
- Bulletin astronomique (E. Touchet), 37, 134, 277, 324, 422, 517
- Récréations mathématiques :
- Problèmes (V. Brandicourt),................... 33, 273, 501
- Le billet de banque (L. David).........................177
- II. — SCIENCES PHYSIQUES
- 1. Physique.
- Électroosmose et électrophorèse (A. Boutaric)............... 0
- Verres transparents pour les rayons ultra-violets........... 89
- Les progrès des tubes lumineux à gaz rares (G. Claude). . . . 121
- La glace active (A. Gradenwitz)...............................150
- Nouveau phénomène protoélectrique.............................184
- Examen aux rayons X de la nacelle du professeur Piccard (A.
- Gradenwitz)................................................184
- La constitution des atomes (Y. Mayor).........................266
- Turbine ionique...............................................286
- Le problème du vent d’éther (A. Gradenwitz). Répétition à
- léna des expériences de Michelson..........................289
- Nécessité du graissage (L. Reverchon)................. 342, 478
- L’acoustique des salles (P. Basiaux)..........................391
- Les agents de filtration (H. Soyer).......................... 415
- Applications de la pulvérisation cathodique...................427
- La similitude en hydrodynamique (G. Darrieus).................486
- La désagrégation de la matière (Y. Mayor)............. 507, 536
- 2. Chimie.
- Charbons activés en sucrerie (H. Soyer)........................ 44
- Où en est la nitruration des aciers (P. Devaux)................ 60
- Nouveaux procédés pour la protection des métaux (R. Villers) 77
- La soie Lilienleld (H. Soyer).................................. 90
- . Usages et fabrication des charbons actifs (H. Soyer).........185
- Emplois des acides naphténiques (H. Soyer).................. 285
- Matières plastiques dérivées de l’urée (A. Hutin)..............321
- Boues acides dans le raffinage des huiles minérales (H. Soyer) 427
- Emplois de l’aluminium dans les industries du caoutchouc (A. H.) 474
- Activation des terres à foulon (P. B.)......................474
- III. — SCIENCES NATURELLES
- 1. Géologie. — Physique du Globe.
- Le tremblement de terre du Mexique.......................... 45
- Cratères de météorites (A. T.).............................. 58
- Le champ électrique de l’atmosphère aux grandes altitudes (P.
- Idrac)....................................................123
- Le mirage, phénomène commun dans nos régions (M. Paumier) 377 Le rayonnement nocturne et la lutte contre les gelées (A. Boutaric) .....................................................403
- L’annee polaire (P. D.)......................................529
- 2. Météorologie
- Gouttes de rosée (L. Rudaux).................................259
- Les fortes chaleurs d’août 1932 (E. Roger)...................276
- Commission de météorologie agricole française................377
- Le mois météorologique (E. Roger). . 85, 178, 276, 371, 421 562
- 3. Zoologie. — Physiologie.
- Mécanique phonatoire du larynx (R. Husson)................ 15
- Situation actuelle de l’élevage du cheval (P. Diffloth). ... 79
- Le musicien (A. et M. Moll-Weiss)......................... 84
- Longévité et croissance des tortues géantes en captivité (A.
- Feuillée-Billot)......................................... 138
- Le courlis (A. Feuillée-Billot)..............................315
- L’écrevisse (L. Kuentz)......................................318
- L’intrus (A. et M. Moll-Weiss)............................322
- Extension de l’habitat du bœuf musqué et du renne (Ch. Rabot). 3S5
- Les limites de puissance de l’homme..........................417
- Un nouvel okapi au jardin zoologique d’Anvers (A. Héritier) 464 Passage éphémère d’un couple de fourmiliers au Muséum. . . 475
- Les serpents au vivarium du Muséum (A. Feuillée-Billot) 521
- Un croisement antilope-vache (P. Boulineau)..................547
- Les derniers loups de France (A. Feuillée-Billot)............551
- 4. Botanique. — Agriculture.
- Le plantain-psyllon ou herbe aux-puces (J. Boyer)............ 31
- Un boa avec un œil de verre..................................186
- Les stations uvales (A. Rolet)...............................263
- L'acclimatation du Liothrix (A. Feuillée-Billot)............... 275
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-
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-
- 584
- Curieuse greffe de châtaignier et de poirier.................28(3
- Destruction des parasites en agriculture (P. B.)............. . 332
- Le Victoria rcgia (D. Rois). '...............................347
- Reboisement par des briquettes...............................378
- La morille (R. de Noter).....................................420
- J.es plantes minuscules de France (V. Bhandicoukt)...........413
- Deux courges â huile de valeur (R. on Noter).................400
- Le problème du bon pain (R. Vii.i.khs).......................4SI
- La Chayolt.e (R. de Noter)...................................503
- IV. - GÉOGRAPHIE. — ETHNOGRAPHIE ARCHÉOLOGIE
- La glace « Seeurit »...........................................173
- Mélange des liquides par turbo-agitateurs (R. Villers). . . 174
- Les ciments et leur fabrication (J. Sénart)....................207
- Le quartz fondu et la lutte contre l’incendie..................317
- La science â la buanderie (A. Guadenwit/.)..................... 113
- La lutte contre la sécheresse (L. Ciiaptai.)...................440
- Les gisements de potasse en Europe (V.-C.)..................... 151
- Avertisseur du danger d’incendie pour forêts (M. Yehneihi.). . 103
- L’impression trichrome au XVIIIe siècle (<L Lai.lkment). . . 403
- Les lampes à air comprimé (A. F. Peli.at)......................538
- Outils électriques pour la fabrication des tonneaux (K. Weiss) . 548
- Cinquantenaire des procédés basiques de déphosphoration de
- l’acier.....................................................556
- 2. Photographie. — Phonographie.
- Anciens types d’habitations rurales (A. Dauzat)............... 1
- Homme fossile nouveau à Java.................................. 45
- Nouvelles découvertes dans la grotte d’Isturitz............... 90
- Village-musée en Norvège......................................... 90
- L’art du Bénin au Trocadéro (G.-1I. Luouet)................... 97
- L’Europe centrale d’après-guerre (A. Dauzat).....................177
- Seconde mort de Pliilae (G. de Caters). . . ..................252
- Exposition de la mission Rivet au Trocadéro (M. Bouteiller) 270
- Population de Londres............................................285
- Anciens types d’habitations rurales (A. Dauzat)...............286
- Dans l’ouest de l’Australie (P. Stevenson)....................308
- Au pays des Gôrals (S. Girod).................................360
- A travers les Rocheuses canadiennes (V. Forbin)...............378
- Origine et évolution des costumes régionaux (A. Dauzat). . . 397
- Ronald Ross : nécrologie.........................................426
- Le mystère des ruines rhodésiennes de Zinbabwe (C. de Caters) 439
- Mission scientifique à l’île Kerguélen (V. Forbin)...............457
- Nouvelle expédition au Mont Everest..............................473
- Ethnographie (A. Dauzat)........................................ 515
- V. - HYGIÈNE. - MÉDECINE
- Expériences sur certains effets thermiques de la d’Arsonvalisation
- à ondes courtes (Dr H. Bordier).......................... 129
- La stérilisation des eaux par l’argent (Sarrot du Bellay). . . 149
- Sur un signe nouveau de la mort réelle (Dr H. Bordier). . . . 172
- Carie dentaire et céréales (Dr P.-E. Morhardt)..............179
- Théories et méthodes modernes d’anesthésie (Dr Amiot). . . 293
- Les prix Nobel de médecine....................................475
- Les brouillards nocifs (C. Matignon)..........................513
- Nouveau traitement de l’empoisonnement par les champignons (R. Merle)..................................................514
- VI. — SCIENCES APPLIQUÉES
- Développement photographique à grain fin (A. Bourgain). . 73
- Photographie des nuages (L. Rudaux).........................1U1
- Progrès de la photographie et de la cinématographie d’amateur
- (L. Picard). . ..........................................181
- Perfectionnements du phonographe et disques à longue durée
- (P. Hémardinquer)........................................235
- La cinématographie d’amateur (G. Poucuon)......... 374, 565
- Les mesures en photographie (A. Bourgain)...................408
- Les ornements sonores de M. Fischinger (A. Gradenwitz). . 437
- 3. Électricité.
- La prospection électro-magnétique (C. de Caters)............... 27
- Les câbles à haute pression (A. Gradenwitz).................... 45
- Applications industrielles des cellules au sélénium (P. Hémar-
- dinquer)..................................................... 74
- L’accumulateur à l’iode (A. Bourgain)..........................145
- Nouvelle lampe électrique à grand rendement....................185
- Applications du sélénium (A. Hutin)............................186
- Enquête sur la télévision......................................193
- L’organisation de la radiophonie en France.....................199
- Progrès et transformations du radioreportage (P. IIémarihn-
- ouer).......................................................204
- Les ondes ultra-courtes (D. Jussieu)...........................209
- Le nouveau transmetteur de Berlin à ondes ultra-courtes (A.
- Gradenwitz)................................................ 213
- Le droit des auditeurs de radiodiffusion (M. Adam).............214
- Les blocs anti-parasites (P. Hémardinquer).....................219
- Construction des récepteurs radiophoniques en 1932 (P. Hémardinquer) ....................................................226
- Réception des ondes courtes et postes-secteur (P. Hémardinquer) .......................................................234
- La télévision (P. Hémardinquer)................................241
- Météorographe émetteur de T. S. F. (A.-G.).....................316
- Emploi de l’acide borique dans les fusibles....................378
- Inauguration de l’orgue électronique Coupleux-Givelet (E.
- Weiss)......................................................473
- Breslau, son nouvel émetteur (A. Gradenwitz).................. 505
- Les perfectionnements delà cellule de Kerr et son emploi en télévision (P. Hémardinquer).....................................540
- I. Mécanique. — Industrie. — Outillage.
- Bitumes et asphaltes (J. Thomas)............................... 19
- Curieuse utilisation des cheveux humains (L. Kuentz). ... 30
- Détecteur d’incendie thermo-électrique (E. Weiss)............. 66
- Vinaigreries modernes (J. Senart)............................. 69
- Importations françaises de produits pétroliers (V.-C.)........ 88
- Btrange façon de maltraiter des chaussures (A.'Gradenwitz). . 89
- Fabrication rapide de la glace à domicile.....................1.32
- Nouvelles méthodes de travail du verre (A. Gradenwitz). . 148
- Aspect nouveau de la carbonisation de la houille à basse température (Ch. Bertiielot)...................................... . 163
- Confituriers et confitures (M. Fouassier).....................168
- Radiophonie pratique (P. Hémardinquer) :
- Distorsion et construction.............................. 40
- Présélection.............................................. 41
- Remise à l’heure automatique.............................. 87
- Pièces détachées..........................................281
- Châssis de montage........................................281
- Haut-parleurs électrodynamiques..........................283
- Accessoires pour ondes très courtes.......................284
- Blocs d’alimentation . . . ...............................285
- Postes-secteur : alimentation............................ 327
- Survolteur-dévolteur..................................... 327
- Lampe hydrogène . ........................................328
- Régulateurs électromécaniques..................., 329, 372
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- 4. Travaux publics. — Art de 1 ingénieur.
- VIII. - VARIA
- 585
- Le grand canal d’Alsace et le barrage de Kembs (L. Fournier) 111
- La mise en valeur de la Crau (P. Millon)..................159
- Le canal des deux mers....................................270
- Le nouveau canal de Welland (V. Forbin)...................310
- Cultures irriguées au Soudan français (J. Sers).............351
- Les irrigations dans le monde antique . . ................354
- Affaissements de surface dus aux exploitations souterraines (L.
- de Chaumont)..............................................357
- Le barrage Iloover sur le Colorado.................. 378, 420
- Un port en eau profonde pour le Tonkin (Comm* Sauvaire-
- Jourdan)..........................».....................400
- Nouveau revêtement des chaussées............................512
- Prestidigitation (Alber) :
- Les tubes du mystère............................................ 84
- Comme l’éclair..................................................419
- Le décapité récalcitrant........................................746
- Pliages de papiers (Alber) :
- La grenouille sauteuse..........................................323
- Le kiosque japonais.............................................513
- La maison du savant à Paris..........................................331
- 5. Transports.
- I K. — RENSEIGNEMENTS PRATIQUES
- Les routes (E. Marcotte)........................................151
- Vitesse des trains..............................................185
- La voiture railroute Dunlop (R. Villers)........................292
- Lancement du nouveau pont de chemin de 1er à Pontoise. . . . 332
- Transport des marchandises sur voie ferrée par cadres mobiles
- (Ph. T.).....................................................337
- Garage vertical des automobiles (E. Weiss)......................367
- L’automobile pratique (L. Picard) :
- Construction française de 1932-33......................... 468
- Signalisation routière.....................................469
- Moteurs flottants et amortis...............................469
- Lanterne arrière simplifiée................................471
- Bobine d’allumage à induction............................. 471
- 6. Aviation et Aéronautique.
- Comment construire un cerf-volant (IL Chardon)............... 34
- Ouelques avions remarquables................................... 96
- L’avion stratosphérique (P. Devaux)............................106
- Ce qu’on peut faire avec un cerf-volant (Chardon)..............130
- Traversée de l’Atlantique en avion en 12 h. 30 m............. 138
- Santos-Dumont..................................................184
- Deuxième ascension du professeur Piccard dans la stratosphère 269
- Avion ix volet de courbure et aile à fente (J.-S.)...........331
- Refroidissement dés moteurs d’avion (J. Desgranges). . . . 394
- Cent-cinquantenaire de la découverte des aérostats (M. Verneuil) 433 Altitude maxiina accessible à un pilote muni d’appareil respiratoire à oxygène............................................. 175
- L’avionnelle et le planeur Loyat (E. NVeiss)...................493
- L’avion Stipa..................................................521
- 7. Guerre et Marine.
- 1. Petites inventions.
- Division d’un angle en 3.................................
- Travailleuse portative...................................
- Perspectives : exécution rapide..........................
- Ultrafiltre Canonne......................................
- Vivier flottant..........................................
- Fruits : découpage.......................................
- Miroir à nuages et observateur d’avions..................
- Table à coulisses automatiques...........................
- Avertisseur d’effraction.................................
- Diélectrographe..........................................
- Pasteurisateur Sirène....................................
- Moutardier automatique...................................
- Compte-gouttes du Dr Bengué..............................
- Galvanomètre enregistreur sparkographe...................
- Escalier d’Archimède.....................................
- Ski nautique.............................................
- Callopliane..............................................
- Chauffage par catalyse de l'essence......................
- Meuble-lit...............................................
- Lampes électriques ponctuellex : alimentation économique
- Périgraphe Dann..........................................
- Ensacheur Triou..........................................
- Microcinématographe......................................
- Sparklet respiratoire....................................
- Outilervé................................................
- Lampe au magnésium.......................................
- Jouet l’Assemblo.........................................
- Lunette destinée à l’observation des coups portants. . . .
- Amplificateur de lumière Amplilux........................
- Panier à salade étanche..................................
- Moulin à café électrique Moulinsol...................• . .
- Jouet scientifique « Motoballon ». . . ..................
- Doseur simplidose........................................
- 47
- 47
- 91
- 91
- 92 92
- 140
- 140
- 141 188 188 189 18 287
- 333
- 334 381
- 381
- 382 428 428 430
- 476
- 477
- 523
- 524
- 525 569 569
- 569
- 570 570 570
- Le croiseur-école « Jeanne-d’Arc » (C‘ Sauvaire-Jourdan). . . 11
- Autour du vaisseau de Boro-Boudour (Lefebvre des Noettes) 49
- Canons en acier coulé centrifugé..........................427
- Le lancement du transatlantique « Normandie » (R. Villers) 459 Une course de grands navires à voiles en 1931 (Cl Sauvaire-Jourdan)....................................................557
- VII. - HISTOIRE DES SCIENCES
- Les vieux savants quand ils étaient jeunes (11. Cuupin). . 81, 309
- Le yo-yo est renouvelé des Grecs (R. Tiiévenin)...........510
- 2 Recettes et procédés utiles.
- Bouchon émeri : débouchage.................................. 39
- Mastic à greffer..................................‘ . . . 85
- Teinture en blond des cheveux............................... 8p
- Encres à stylos.............................................180
- Conservation des objets préhistoriques......................180
- Piqûres de moustiques ............................... ,279, 383
- Lait d’iris pour le visage............................... . 373
- Drainage par bambous........................................373
- Meubles en bois blanc : entretien...........................373
- Percement du verre et de la porcelaine...................373
- Désinfection de puits par la vapeur d’eau................467
- Chaussures : imperméabilisation............................ 516
- Mouche : capture.....................,...................516
- Huile d’olive : examen de pureté........................... 516
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-
-
- 586
- Bois : protection par la peinture à l’aluminium.......516
- Vernis incolore pour métaux..............................516
- Pour déboucher un flacon.................................564
- Réparation des pierres endommagées.......................564
- 3 Boite aux Lettres.
- Poste récepteur à galène................................... 48
- Horaire des signaux de la Tour Eiffel...................... 48
- Cellules au sélénium....................................... 48
- Vitesse des pigeons........................................ 93
- Compresseurs............................................... 93
- Ondes très courtes sur poste MF............................ 93
- Sauvetage en sous-marin....................................142
- Serpents.................................................. 142
- Oiseaux : vitesse..........................................142
- Télévision.................................................190
- Épreuves au prussiate. ....................................190
- Superhétérodyne : amélioration.............................238
- Haut-parleur : choix.......................................239
- Intensité de réception : variation.........................239
- Disques phonographiques pour enregistrement individuel
- 239, 526
- Acoustique d’une salle : amélioration......................239
- Superhétérodyne sensible...................................239
- Poste-secteur: amélioration................................240
- Présélecteur...............................................240
- Surmodulation : atténuation................................240
- Barre du golfe de Guinée...................................335
- Bambous noirs en fleurs...................... 383, 471,
- Peinture à l’aluminium sur plâtre.......................
- Encaustique à l’eau.....................................
- Cirages...................................................
- Verre organique.........................................
- Imperméabilisation des étoffes..........................
- Poste-secteur : choix...................................
- Poste sélecteur sur courant 25 périodes.................
- Mirages.................................................
- Iles Kerguelen..........................................
- Cartes météorologiques par téléphotographie.............
- Cellules au sélénium....................................
- Choixd’un poste-secteur et régulation du courant........
- Ondeniètre à ondes très courtes.........................
- Analyse par rayons ultraviolets.........................
- Phonographe à fil aimanté...............................
- Défauts d’un radiorécepteur américain...................
- Récepteur sur courant onctinu llü volts.................
- Sélectivité d’uix poste à galène........................
- Superphosphates, préparation............................
- Blanchiment des cheveux.................................
- 572
- 431
- 431
- 431
- 431
- 431
- 526
- 526
- 526
- 572
- 572
- 572
- 572
- 573 573 573 573
- 573
- 574
- 575 575
- 4. Livres nouveaux.
- Livres nouveaux, 46, 86, 137, 187, 280, 330, 380, 425, 472,
- 520, 567
- 5. Documents photographiques.
- Documents photographiques .... 90, 144, 480, 528, 570
- Le Gérant : G, Masson.
- Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
- 1932.
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